Iran: La syrianisation a commencé (Death to farmers: As in Syria, water mismanagement and massive corruption could finally tip the balance against the Iranian regime)

 En plein cœur du lit de la mythique Zayandeh rud, la rivière qui a donné naissance à l'ancienne cité d'Ispahan. (Yann Leymarie)

Station d’approvisionnement en eau dans un village non loin de Khasab (Sultanat d’Oman), dans le détroit d’Ormuz, face à l’Iran, le 1er mai 2008 | REUTERS/Ahmed Jadallah
L’ennemi est ici, on nous ment que c’est l’Amérique ! Slogan du peuple iranien
 Lâchez la Syrie occupez-vous de nous ! Slogan du peuple iranien
Où est passée notre rivière? Slogan de paysans iraniens
Mort aux paysans ! Vivent les oppresseurs ! Slogan (ironique) de manifestants paysans iraniens
Ce n’est pas toujours en allant de mal en pis que l’on tombe en révolution. Il arrive le plus souvent qu’un peuple qui avait supporté sans se plaindre, et comme s’il ne les sentait pas, les lois les plus accablantes, les rejette violemment dès que le poids s’en allège. Le régime qu’une révolution détruit vaut presque toujours mieux que celui qui l’avait immédiatement précédé, et l’expérience apprend que le moment le plus dangereux pour un mauvais gouvernement est d’ordinaire celui il commence à se réformer. Il n’y a qu’un grand génie qui puisse sauver un prince qui entreprend de soulager ses sujets après une oppression longue. Le mal qu’on souffrait patiemment comme inévitable semble insupportable dès qu’on conçoit l’idée de s’y soustraire. Tout ce qu’on ôte alors des abus semble mieux découvrir ce qui en reste et en rend le sentiment plus cuisant : le mal est devenu moindre, il est vrai, mais la sensibilité est plus vive. La féodalité dans toute sa puissance n’avait pas inspiré aux Français autant de haine qu’au moment elle allait disparaître. Les plus petits coups de l’arbitraire de Louis XVI paraissaient plus difficiles à supporter que tout le despotisme de Louis XIV. Le court emprisonnement de Beaumarchais produisit plus d’émotion dans Paris que les dragonnades. Tocqueville (L’ancien régime et la révolution, 1856)
La révolution à plus de chances de se produire quand une période prolongée de progrès économiques et sociaux est suivie par une courte période de retournement aigu, devant laquelle le fossé entre les attentes et les gratifications s’élargit rapidement, devenant intolérable. La frustration qui en résulte, dès lors qu’elle s’étend largement dans la société, cherche des modes d’expression dans l’action violente. James Chowning Davies
De nombreux sociologues contemporains reprennent cette analyse de Tocqueville, en expliquant les conflits sociaux par la frustration résultant de l’écart croissant « entre ce que les gens désirent et ce qu’ils ont ». Pour Ted Gurr (Why men rebel, 1970), la révolution de 1917 serait due au contraste entre les attentes suscitées par les progrès accomplis depuis les années 1880 et la situation réelle de la paysannerie, du prolétariat naissant ou de l’intelligentsia. Pour James Davies (Toward a theory of Revolution, 1962), le concept de frustration relative trouvé chez Tocqueville a une plus grande portée que celui de frustration absolue attribué à Marx; il explique en effet que les révoltes naissent rarement dans les populations écrasées de misère mais chez ceux qui relèvent la tête et réalisent ce qui leur manque car ils ont plus. (…) Les grands conflits sociaux ou les changements révolutionnaires s’expliquent donc moins par des mécontentements à propos de grandes inégalités que par des sentiments « relatifs » basés sur des différences minimes, ou réduites par l’égalisation des conditions. Jean-Pierre Delas
Une opposition classique met en vis-à-vis la lecture marxienne, selon laquelle la dégradation des conditions de vie agirait comme facteur déterminant et explicatif des soulèvements révolutionnaires, à celle de Tocqueville, pour qui, au contraire, l’amélioration des situations économiques serait à l’origine des évènements révolutionnaires. James Chowning Davies, sociologue américain, tente une synthèse des deux points de vue dans un modèle associant l’idée d’une genèse progressive (liée à l’amélioration des conditions de vie sur plusieurs décennies) d’aspirations sociales longtemps contenues et la thèse des frustrations surgissant plus brutalement à l’occasion de retournements de conjonctures. Le modèle psycho-sociologique de James C. Davies (« Toward A Theory of Revolution » …) tente d’expliquer les renversements de régimes politiques par l’augmentation soudaine d’un écart entre les attentes de populations motivées par des progrès économiques et les satisfactions réelles brutalement réduites par un retournement de conjoncture économique (ex. : mauvaises récoltes, récession économique…) ou politique (ex. : répression brutale, défaite militaire…). (…) James C. Davies schématise sa théorie par une courbe devenue fameuse, dite « courbe de Davies » formant comme un « J » Inversé (…), qui pointe la période « t2 » comme début probable de la dynamique révolutionnaire. La première étude James C. Davies porte sur la rébellion conduite par Thomas W. Dorr – dite « Rébellion Dorr » – au milieu du 19e siècle à Rhode Island dans le nord-est des Etats-Unis. Durant la première moitié du 19e siècle l’industrie du textile se développe et prospère, attirant vers la ville des populations rurales jusqu’en 1835/1840 quand s’amorce une période déclin. La Rebellion Dorr, en 1841/1842 fut durement réprimée. A partir de cette étude de cas, l’auteur construit sont modèle et l’utiliser pour interpréter la Révolution française de 1789, la révolution du Mexique de 1911, la révolution russe de 1917, le coup d’état nassérien de 1952. L’exemple de la révolution russe lui permet de montrer que l’écart est d’autant plus fort que des progrès économiques importants marquèrent le XIXe siècle : à partir du milieu du 19e siècle les serfs s’émancipèrent, l’exode rural entraîna une processus d’urbanisation, le nombre d’ouvriers travaillant en usine augmenta en leur apportant des salaires supérieurs à ce qu’ils gagnaient comme paysans et des conditions de vie également améliorées. Ainsi la période allant de 1861 à 1905 peut être considérée comme celle d’une progression des aspirations sociales jusqu’à une conjoncture de frustrations qui intervient au début du XXe siècle dans différents groupes sociaux : intelligentsia choquée par la répression brutale des manifestations de 1905, paysannerie affectée par les effets des réformes et par une succession de mauvaises récoltes, armée humiliée par la défaite dans la guerre contre le Japon. La détresse et la famine qui affectent la majorité de la population pendant la Première Guerre mondiale achèvent d’agréger ces frustrations de préparer ainsi la révolution de 1917. Jérome Valluy
Many of the wars of this century were about oil, but wars of the next century will be about water. Ismail Serageldin (former World Bank vice-president of the World Bank, 1995)
La légitimité et la crédibilité d’un régime politique ne s’apprécie pas qu’à la seule aune du vote populaire, mais également à celle de sa capacité à assurer le bien être de son peuple et d’œuvrer pour l’intérêt national dans le respect des droits de l’homme. Un pouvoir qui ne puisse satisfaire cette double exigence est aussi digne de confiance qu’un gouvernement d’occupation, c’est hélas, Monsieur Khamenei, le cas de l’Iran de ces trente dernières années. (…) Il n’existe, de par le monde, qu’une poignée de régimes ayant privé leurs peuples aussi bien des droits humains fondamentaux que conduit leurs pays à la faillite économique. Il n’est donc pas étonnant de compter parmi vos rares pays alliés la Syrie, le Soudan ou la Corée du Nord. Reza Pahlavi
The uprising, once again showed that overthrowing theocracy in Iran is a national demand. Prince Reza Pahlavi
Le monde entier comprend que le bon peuple d’Iran veut un changement, et qu’à part le vaste pouvoir militaire des Etats-Unis, le peuple iranien est ce que ses dirigeants craignent le plus. Donald Trump
Les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais, et le jour viendra où le peuple iranien fera face à un choix. Le monde regarde ! Donald Trump
L’Iran échoue à tous les niveaux, malgré le très mauvais accord passé avec le gouvernement Obama. Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années. Il a faim de nourriture et de liberté. La richesse de l’Iran est confisquée, comme les droits de l’homme. Il est temps que ça change. Donald Trump
Les Iraniens courageux affluent dans les rues en quête de liberté, de justice et de droits fondamentaux qui leur ont été refusés pendant des décennies. Le régime cruel de l’Iran gaspille des dizaines de milliards de dollars pour répandre la haine au lieu de les investir dans la construction d’hôpitaux et d’écoles. Tenant compte de cela, il n’est pas étonnant de voir les mères et les pères descendre dans les rues. Le régime iranien est terrifié de son propre peuple. C’est d’ailleurs pour cela qu’il emprisonne les étudiants et interdit l’accès aux médias sociaux. Cependant, je suis sûr que la peur ne triomphera pas, et cela grâce au peuple iranien qui est intelligent, sophistiqué et fier. Aujourd’hui, le peuple iranien risque tout pour la liberté, mais malheureusement, de nombreux gouvernements européens regardent en silence alors que de jeunes Iraniens héroïques sont battus dans les rues. Ce n’est pas juste. Pour ma part, je ne resterai pas silencieux. Ce régime essaie désespérément de semer la haine entre nous, mais il échouera. Lorsque le régime tombera enfin, les Iraniens et les Israéliens seront à nouveau de grands amis. Je souhaite au peuple iranien du succès dans sa noble quête de liberté. Benjamin Netanyahou
What’s called drought is more often the mismanagement of water. And this lack of water has disrupted people’s income. Varzaneh journalist
Towns and villages around Isfahan have been hit so hard by drought and water diversion that they have emptied out and people who lived there have moved. Nobody pays any attention to them. And people close to Rouhani told me the government didn’t even know such a situation existed and there were so many grievances. Hadi Ghaemi (Center for Human Rights in Iran)
Farmers accuse local politicians of allowing water to be diverted from their areas in return for bribes. While the nationwide protests in December and January stemmed from anger over high prices and alleged corruption, in rural areas, lack of access to water was also a major cause, analysts say. In Syria, drought was one of the causes of anti-government protests which broke out in 2011 and led to civil war, making the Iranian drought particularly sensitive. Approximately 97 percent of the country is experiencing drought to some degree, according to the Islamic Republic of Iran Meteorological Organization. Rights groups say it has driven many people from their homes. A United Nations report last year noted, “Water shortages are acute; agricultural livelihoods no longer sufficient. With few other options, many people have left, choosing uncertain futures as migrants in search of work.” In early January, protests in the town of Qahderijan, some 10 km (6 miles) west of Isfahan, quickly turned violent as security forces opened fire on crowds, killing at least five people, according to activists. One of the dead was a farmer, CHRI said, and locals said water rights were the main grievance. Hassan Kamran, a parliamentarian from Isfahan, publicly criticised energy minister Reza Ardakanian this month, accusing him of not properly implementing a water distribution law. “The security and intelligence forces shouldn’t investigate our farmers. The water rights are theirs,” he told a parliamentary session. In early March, Ardakanian set up a working group comprising four ministers and two presidential deputies to deal with the crisis. Since the January protests, Rouhani has repeatedly said the government will do what it can to address grievances. But there is no quick fix for deeply rooted environmental issues like drought, observers say. Reuters
According to the agreement, Kuwait will get 900 million litres of water daily, Shaikh Ahmad said, without providing the financial details of the agreement. Earlier reports have said the project foresees building a pipeline to channel water from the Karun and Karkheh rivers in southwestern Iran to Kuwait at a cost of $2 billion. The Kuwaiti minister said the project is « vital » for Kuwait and is classified as « one of the highly important strategic projects ». Al Jazeera (2003)
Les médias sont rares à s’intéresser à la question, mais l’Iran fait face à une grande catastrophe, sauf si des mesures techniques sont immédiatement prises: la pénurie d’eau devient dramatique. L’Occident se polarise sur le programme nucléaire ou sur le maintien des sanctions économiques contre l’Iran mais élude le problème de l’eau, qui risque d’entraîner une agitation sociale en Iran avec pour conséquence une migration des populations. Pour camoufler la véritable rupture avec le gouvernement, les contestations sont pour l’instant étouffées dans les grandes villes. (…) Le problème ne date pas d’aujourd’hui puisque des mises en garde ont été publiées dès 2014. (…) En cause: l’absence d’investissements depuis plusieurs années dans les infrastructures des réseaux de distribution d’eau potable alors que la sécheresse sévit dans le pays et que plusieurs rivières iraniennes se sont asséchées. La seule mesure prise par les autorités consiste à rationner l’eau dans la capitale de huit millions d’habitants, avec pour conséquence les nombreuses protestations qui se sont élevées contre les coupures d’eau. (…) Il y a bien sûr des raisons climatiques qui expliquent cette pénurie mais les négligences du pouvoir sont immenses. Par manque d’eau, seules 12% des terres (19 millions d’hectares) sont exploitées pour l’agriculture alors que l’ensemble des terres arables est évalué à 162 millions d’hectares. Or, si des solutions techniques évoluées ne sont pas mises en place, la quantité d’eau n’augmentera pas dans les années à venir alors que le pays connaît une croissance démographique et une urbanisation accélérée. Par ailleurs, l’Iran n’a pas été économe de son eau. À force de pompages désordonnés, son sous-sol s’est vidé et la pluie n’est pas suffisamment abondante pour remplir les nappes souterraines. De nombreux puits ont été creusés illégalement par les Iraniens malgré une eau puisée polluée. L’agriculture iranienne n’est plus suffisante pour permettre une indépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger. À peine 40% des eaux usées sont traitées tandis que le reste est déversé dans les lacs et les rivières, aggravant la pollution. Par ailleurs, les sanctions ont aggravé la disponibilité de produits chimiques pour les installations d’eau. (…) Mais au lieu de prendre des mesures structurelles, le gouvernement a usé de l’arme du rationnement. Eshagh Jahanguiri, le premier vice-président, a prévenu: «Il y aura d’abord des coupures d’eau et, ensuite, des amendes pour les gros consommateurs.» C’est la meilleure manière de se mettre à dos la population qui menace le régime. Et pourtant l’Iran avait beaucoup appris d’Israël mais il a préféré choisir la rupture totale pour des motifs purement idéologiques. En raison de son climat semi-désertique, Israël avait beaucoup souffert d’un manque d’eau, même si certaines années les pluies ont été, par exception, abondantes. L’angoisse de la pénurie d’eau a poussé Israël à mettre en œuvre les techniques de dessalement de l’eau de mer parce que les risques de guerre à cause de l’eau grandissaient. Il s’est fondé sur les éléments qui ont conduit à la Guerre des Six Jours. La décision des Arabes et de l’Union soviétique de se livrer à un chantage avec les eaux du Jourdain ont créé la dynamique qui a conduit à la guerre en 1967. Régler les problèmes de l’eau, c’est éloigner les risques de guerre. Les gouvernements israéliens, avec l’aide de l’entreprise française Veolia, ont créé quatre usines de dessalement durant ces dix dernières années et une cinquième doit être mise en service à la fin de cette année 2015. La production couvrira 70% de l’eau consommée par les ménages israéliens. Par ailleurs, les efforts de traitement de 90% des eaux de récupération ont donné un coup de fouet à l’agriculture israélienne, qui a bénéficié d’une quantité d’eau presque illimitée provenant du recyclage des eaux usées. La plus grande usine mondiale de dessalement, par osmose inverse, a vu le jour en 2013 à Sorek. Elle est devenue la vitrine technologique d’Israël pour de nombreux pays du monde. Alors certains se mettent à rêver. (…) Israël en tant que plus gros producteur mondial d’eau désalinisée pourrait apporter son expertise à l’Iran dans le traitement de l’eau de mer. Israël s’était trouvé dans une situation comparable, avec 60% du pays occupé par le désert. Or, aujourd’hui, il dispose d’un trop-plein d’eau, qui lui permet, d’une part, de développer ses cultures de fruits et légumes à l’exportation pour plusieurs milliards de dollars et, d’autre part, d’exporter son eau en Jordanie, à Gaza et en Cisjordanie. La coopération n’est pas un leurre puisqu’elle a déjà existé jusqu’à la révolution islamique de 1979 avec des projets d’eau en Iran conçus et gérés par les Israéliens. Le Shah avait conscience de ce problème et, en 1960, il avait demandé de l’aide à la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), qui lui a envoyé trois experts israéliens. Ces ingénieurs ont alors prôné le creusement de puits et ont parallèlement enseigné aux agriculteurs iraniens la technique pour augmenter les rendements tout en consommant moins d’eau. Il a alors fait appel aux hydrologues et aux ingénieurs de l’eau de l’université de Ben Gourion, dans le Néguev, qui travaillèrent en Iran depuis 1962 pour ensuite quitter le pays in extremis par le dernier vol direct Téhéran-Tel Aviv en 1979. Les experts israéliens étaient intervenus dans la province de Qazvin dès 1962 après le tremblement de terre qui avait fait 12.000 morts et détruit tout le réseau de tunnels d’eau. (…) Les Iraniens ont alors collaboré sans complexes avec les Israéliens, qui ont formé pendant dix-sept ans des hydrologues iraniens. Longtemps après la Révolution, ils ont gardé d’excellentes relations avec les techniciens iraniens, dont beaucoup, d’ailleurs, se sont exilés, ce qui explique leur absence aujourd’hui en Iran. Jacques Benillouche
Où est passée notre rivière ?

Pour ceux qui n’ont toujours qu’Israël et que le nucléaire à la bouche …

Et qui s’étonnent de voir se soulever
Après 40 ans de corruption et de mauvaise gestion …
Des paysans iraniens ruinés par la pénurie d’eau …
Pendant qu’outre leur gaz et leur pétrole, leurs dirigeants bradent au plus offrant pour remplir leurs poches …
Comme au Koweit voisin depuis 15 ans 900 millions de litres d’eau par jour
Comment ne pas voir le scénario syrien qui s’annonce …
Pour un régime qui tout occupé à ses jeux géopolitiques en Syrie/Irak ou contre Israël …
S’obstine à refuser de voir comme son homologue de Damas avant lui …
La catastrophe depuis longtemps annoncée ?

Pour l’Iran, l’essentiel n’est pas le nucléaire mais l’eau

Régler les problèmes de l’eau, c’est éloigner les risques de guerre. Notamment en passant par une collaboration (renouvelée) entre l’Iran et Israël.

Les médias sont rares à s’intéresser à la question, mais l’Iran fait face à une grande catastrophe, sauf si des mesures techniques sont immédiatement prises: la pénurie d’eau devient dramatique. L’Occident se polarise sur le programme nucléaire ou sur le maintien des sanctions économiques contre l’Iran mais élude le problème de l’eau, qui risque d’entraîner une agitation sociale en Iran avec pour conséquence une migration des populations. Pour camoufler la véritable rupture avec le gouvernement, les contestations sont pour l’instant étouffées dans les grandes villes.

Infrastructures insuffisantes

Les dirigeants, à tous les échelons, prennent au sérieux la pénurie d’eau. Le Guide suprême lui-même s’en inquiète car aucune mesure concrète n’est pour l’instant planifiée. Le problème ne date pas d’aujourd’hui puisque des mises en garde ont été publiées dès 2014. En février 2015, l’adjoint du ministre de l’Énergie, Hamid-Reza Janbaz, a reconnu que «les villes de Bandar-Abbas [au sud], Sanandaj [à l’ouest] et Kerman [au sud-est] ainsi que 547 villes et villages à travers le pays sont confrontés à un problème de manque d’eau». En cause: l’absence d’investissements depuis plusieurs années dans les infrastructures des réseaux de distribution d’eau potable alors que la sécheresse sévit dans le pays et que plusieurs rivières iraniennes se sont asséchées.

La seule mesure prise par les autorités consiste à rationner l’eau dans la capitale de huit millions d’habitants, avec pour conséquence les nombreuses protestations qui se sont élevées contre les coupures d’eau. Le conseiller militaire de Khamenei, Rahim Safavi, a précisé que «des projets étaient en préparation pour échanger avec le Tadjikistan de l’eau contre le pétrole. Les crises de l’eau et de l’énergie sont étroitement liées avec la sécurité nationale et la défense». Mais il s’agit de mesures temporaires purement externes au pays. Le directeur de l’administration chargée de la gestion de l’eau potable et des eaux usées de la ville de Téhéran a prévenu, le 14 août, que les réserves d’eaux disponibles dans les barrages pouvaient seulement satisfaire les besoins des habitants de la capitale pendant un mois. Cinq barrages de la province de Khorasan sont totalement à sec, privant d’eau beaucoup de villes. Pour les mollahs, le problème de l’eau est devenu une question de sécurité d’État.

Nappes phréatiques vides

Il y a bien sûr des raisons climatiques qui expliquent cette pénurie mais les négligences du pouvoir sont immenses. Par manque d’eau, seules 12% des terres (19 millions d’hectares) sont exploitées pour l’agriculture alors que l’ensemble des terres arables est évalué à 162 millions d’hectares. Or, si des solutions techniques évoluées ne sont pas mises en place, la quantité d’eau n’augmentera pas dans les années à venir alors que le pays connaît une croissance démographique et une urbanisation accélérée.

Pour les mollahs, le problème de l’eau est devenu une question de sécurité d’État

Par ailleurs, l’Iran n’a pas été économe de son eau. À force de pompages désordonnés, son sous-sol s’est vidé et la pluie n’est pas suffisamment abondante pour remplir les nappes souterraines. De nombreux puits ont été creusés illégalement par les Iraniens malgré une eau puisée polluée. L’agriculture iranienne n’est plus suffisante pour permettre une indépendance alimentaire vis-à-vis de l’étranger. À peine 40% des eaux usées sont traitées tandis que le reste est déversé dans les lacs et les rivières, aggravant la pollution. Par ailleurs, les sanctions ont aggravé la disponibilité de produits chimiques pour les installations d’eau.

Isa Kalantari, l’un des conseillers du président Rohani, avait mis en garde les dirigeants iraniens contre les conséquences d’une pénurie d’eau sur la population de 75 millions d’habitants. Cet expert, agronome de formation, avait réussi à sensibiliser les gouvernements dont il a fait partie en tant que ministre de l’Agriculture de 1989 à 1997 sous la présidence de Rafsandjani et de 1997 à 2001 sous le président Mohammad Khatami. Il a bien fait comprendre que le régime jouait gros et qu’il pouvait tomber sur cette question parce qu’elle était minimisée face au problème du nucléaire. Mais au lieu de prendre des mesures structurelles, le gouvernement a usé de l’arme du rationnement. Eshagh Jahanguiri, le premier vice-président, a prévenu: «Il y aura d’abord des coupures d’eau et, ensuite, des amendes pour les gros consommateurs.» C’est la meilleure manière de se mettre à dos la population qui menace le régime.

Iran partenaire d’Israël

Et pourtant l’Iran avait beaucoup appris d’Israël mais il a préféré choisir la rupture totale pour des motifs purement idéologiques. En raison de son climat semi-désertique, Israël avait beaucoup souffert d’un manque d’eau, même si certaines années les pluies ont été, par exception, abondantes. L’angoisse de la pénurie d’eau a poussé Israël à mettre en œuvre les techniques de dessalement de l’eau de mer parce que les risques de guerre à cause de l’eau grandissaient. Il s’est fondé sur les éléments qui ont conduit à la Guerre des Six Jours. La décision des Arabes et de l’Union soviétique de se livrer à un chantage avec les eaux du Jourdain ont créé la dynamique qui a conduit à la guerre en 1967. Régler les problèmes de l’eau, c’est éloigner les risques de guerre.

Les gouvernements israéliens, avec l’aide de l’entreprise française Veolia, ont créé quatre usines de dessalement durant ces dix dernières années et une cinquième doit être mise en service à la fin de cette année 2015. La production couvrira 70% de l’eau consommée par les ménages israéliens. Par ailleurs, les efforts de traitement de 90% des eaux de récupération ont donné un coup de fouet à l’agriculture israélienne, qui a bénéficié d’une quantité d’eau presque illimitée provenant du recyclage des eaux usées. La plus grande usine mondiale de dessalement, par osmose inverse, a vu le jour en 2013 à Sorek. Elle est devenue la vitrine technologique d’Israël pour de nombreux pays du monde.

Les Israéliens ont formé pendant dix-sept ans des hydrologues iraniens

Alors certains se mettent à rêver. À présent que le problème du nucléaire est réglé pour au moins dix ans, Israël en tant que plus gros producteur mondial d’eau désalinisée pourrait apporter son expertise à l’Iran dans le traitement de l’eau de mer. Israël s’était trouvé dans une situation comparable, avec 60% du pays occupé par le désert. Or, aujourd’hui, il dispose d’un trop-plein d’eau, qui lui permet, d’une part, de développer ses cultures de fruits et légumes à l’exportation pour plusieurs milliards de dollars et, d’autre part, d’exporter son eau en Jordanie, à Gaza et en Cisjordanie.

La collaboration entre l’Iran et Israël sur le problème de l’eau est une question de volonté nouvelle malgré les antagonismes politiques car elle a déjà fonctionné dans le passé. Le côté commercial ne serait pas le seul soulevé. Sur le plan politique, cette nouvelle coopération pourrait rassurer les Israéliens face au projet nucléaire de l’Iran et satisferait les États-Unis, qui cherchent d’une part à réduire l’influence des pays arabes en réintroduisant l’Iran dans le concert des Nations et d’autre part à mettre fin à l’isolement d’Israël. Pour les États-Unis, l’Iran n’est plus l’ennemi; il a été remplacé par Daech et ses troupes sanguinaires.

Une expérience sous le Shah

La coopération n’est pas un leurre puisqu’elle a déjà existé jusqu’à la révolution islamique de 1979 avec des projets d’eau en Iran conçus et gérés par les Israéliens. Le Shah avait conscience de ce problème et, en 1960, il avait demandé de l’aide à la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture), qui lui a envoyé trois experts israéliens. Ces ingénieurs ont alors prôné le creusement de puits et ont parallèlement enseigné aux agriculteurs iraniens la technique pour augmenter les rendements tout en consommant moins d’eau. Il a alors fait appel aux hydrologues et aux ingénieurs de l’eau de l’université de Ben Gourion, dans le Néguev, qui travaillèrent en Iran depuis 1962 pour ensuite quitter le pays in extremis par le dernier vol direct Téhéran-Tel Aviv en 1979.

Les experts israéliens étaient intervenus dans la province de Qazvin dès 1962 après le tremblement de terre qui avait fait 12.000 morts et détruit tout le réseau de tunnels d’eau. Au Moyen Âge, Qazvin était surnommée la «ville aux réservoirs d’eau». Sur la centaine de réservoirs d’eau (Ab anbar), seulement dix survivent aujourd’hui, Qazvin était le grenier de Téhéran mais la catastrophe avait laissé les agriculteurs sans eau. Les Iraniens ont alors collaboré sans complexes avec les Israéliens, qui ont formé pendant dix-sept ans des hydrologues iraniens. Longtemps après la Révolution, ils ont gardé d’excellentes relations avec les techniciens iraniens, dont beaucoup, d’ailleurs, se sont exilés, ce qui explique leur absence aujourd’hui en Iran.

Filière des eaux lacunaires

Malgré la richesse tirée de son pétrole, l’Iran n’a jamais investi pour former de bons professionnels de l’eau et ceux qui ont été en contact avec les Israéliens avaient une formation très insuffisante pour faire de bons techniciens. Ils avaient besoin au préalable d’une formation en mathématiques avancée, en géologie, en hydrologie et en chimie. Les Israéliens avaient progressivement comblé ces lacunes et ils avaient tellement passé de temps à Qazvin que les commerçants avaient fini par apprendre l’hébreu pour faciliter les contacts et le commerce. Immédiatement après la Guerre de Six Jours, le Shah avait fait l’honneur d’une visite à Qazvin pour rencontrer et remercier les Israéliens pour leur excellent travail. Il avait par la suite préconisé l’envoi de militaires et de scientifiques iraniens en Israël pour apprendre les techniques avancées. Mais, signe annonciateur des futures relations, les Israéliens avaient été introduits dans tous les milieux sauf dans les milieux religieux. Les ordres venaient de Khomeiny en exil, qui avait besoin du soutien de Yasser Arafat pour sa conquête du pouvoir.

Malgré la richesse tirée de son pétrole, l’Iran n’a jamais investi pour former de bons professionnels de l’eau

L’expérience iranienne avait permis à Israël de commercialiser ses techniques de pointe en créant le groupe Tahal (planification de l’eau pour Israël), spécialisé dans le traitement de l’eau et devenu rapidement une multinationale. Cette société avait ensuite hérité d’un contrat complémentaire consistant à distribuer du gaz dans les appartements de la deuxième grande ville d’Iran, Machhad. Mékorot, la compagnie israélienne des eaux, avait obtenu de son côté le contrat pour le percement et l’installation de conduites d’eau en Iran tandis que le constructeur Solel Boneh avait été chargé de la réalisation de barrages. Toute la filière des eaux était sous la responsabilité israélienne mais elle n’a pas survécu à leur départ.

En effet, durant l’année 1968, la société gouvernementale israélienne, IDE, avait construit trente-six petites unités de dessalement d’eau de mer sur commande des forces aériennes iraniennes. Le hasard a voulu que les Iraniens contactent en 2007 l’un des dirigeants d’IDE, à une foire commerciale en Europe, pour chercher une ouverture avec sa société. Ils lui avaient précisé que les unités de dessalement construites par les Israéliens avaient vieilli et qu’ils n’avaient pas réussi à les reconstruire, sous-entendu qu’ils étaient prêts à trouver un nouvel accord si les véritables maîtres-d’œuvre apparaissaient masqués. Ils avouaient en fait que l’Iran avait perdu cette technicité enseignée par les Israéliens, d’une part parce que les experts avaient fui le pays et, d’autre part, parce que d’autres avaient été exécutés pour des raisons obscures, sous accusation de complicité avec les sionistes.

L’industrie de l’eau en Iran a subi un coup irréversible, qui a créé la pénurie. Les Iraniens peuvent toujours trouver des solutions temporaires touchant uniquement la population et pénalisant leur agriculture. Mais si les dirigeaient iraniens choisissaient le pragmatisme en s’adressant au spécialiste mondial qui a transformé la pénurie en excédent, alors ils sauveraient leur régime dans leur intérêt et celui de leur population. Mais il faudrait pour cela des mollahs courageux et pragmatiques qui cesseraient de vouer aux gémonies l’État juif. Seul le problème crucial de l’eau pourrait réconcilier les deux ennemis irréductibles.

Voir aussi:

La crise de l’eau en Iran : tensions sociales et impasses économiques (1/2)
Jonathan Piron

Les Clés du Moyen-orient

14/03/2018

Jonathan Piron est historien et politologue. Conseiller au sein d’Etopia, centre de recherche basé à Bruxelles, il y suit les enjeux liés à l’Iran.

L’Iran est aujourd’hui frappé par une série de dégradations environnementales, aux répercussions potentiellement déstabilisatrices. Parmi différents éléments, la question de l’accès à l’eau occupe un rôle central. Les pénuries dans les irrigations des terres agricoles, la diminution des nappes phréatiques et des zones humides, la déforestation et la désertification sont les principaux défis. Cette situation problématique s’aggraverait avec les effets des changements climatiques. La réduction des précipitations et l’élévation des températures pourraient rendre certaines régions inhabitables, entraînant une hausse des flux migratoires. Les conséquences en seraient un accroissement des tensions sociales et économiques voire politiques à l’échelle du pays.

Comprendre ces dynamiques en cours permet d’éclairer, sous un autre jour, les mutations actuelles en Iran. Cette approche se déclinera en quatre points, autour des causes et des impacts de cet épuisement des ressources en eau, suivi des réactions tant sociales que politiques.

1. Un épuisement généralisé des ressources en eau

Dans un premier temps, il est nécessaire de définir ce que l’on entend par « crises » de l’eau. Le Département des affaires économiques et sociales du Secrétariat général des Nations unies définit la rareté de l’eau comme étant « le point auquel l’impact de tous les utilisateurs affecte l’approvisionnement ou la qualité de l’eau selon les arrangements institutionnels existants dans la mesure où la demande de tous les secteurs ne peut être pleinement satisfaite (1) ». La pénurie d’eau peut être due à des phénomènes naturels ou humains voire une conjonction de ces deux facteurs. Parmi les facteurs humains affectant son accès figurent la distribution inégale de l’eau mais aussi le gaspillage, la pollution et une mauvaise gouvernance. Enfin, les changements climatiques ont une nouvelle influence sur ces ressources, plaçant un nombre croissant de régions dans une situation de manque parfois chronique.

L’Iran cumule plusieurs de ces causes. Sa situation géographique rend déjà le pays fragile par rapport à la disponibilité de ces ressources. Qualifié d’aride et semi-aride, l’Iran se caractérise par des précipitations annuelles variées : alors que la moyenne des précipitations est de 50mm par an sur le plateau central, certaines régions autour de la mer Caspienne affichent un taux de 1600mm par an. Avec une moyenne annuelle de 250mm, pour une moyenne mondiale de 860mm, l’Iran subit, en outre, différents autres phénomènes tels que l’évapotranspiration, empêchant une partie des eaux de pluie de descendre dans le sol.

Les changements climatiques affectent ces stocks d’eau disponibles, via un accroissement des températures et une diminution des précipitations. Au cours des 50 dernières années, le pays a fait face à 10 sécheresses sévères dont celle de 2001-2004 a eu de profonds impacts au sein de différents secteurs économiques. Sous le poids du réchauffement climatique, la récurrence de ces phénomènes tendrait à s’accroître. Rien qu’en 2017, près de 96% de la superficie totale de l’Iran aurait souffert de différents niveaux de sécheresse prolongée, selon le responsable de la gestion des sécheresses et des crises à l’Organisation météorologique iranienne (2). Les prévisions pour la prochaine décennie ne sont guère optimistes. Plusieurs projections semblent montrer qu’à moyen terme, en Iran, les précipitations continueraient à décroître alors que la température, de son côté, connaîtrait une tendance à la hausse, accroissant la fréquence des périodes de sécheresses.

Cette situation s’aggrave sous le poids de la surconsommation et de l’absence d’une gouvernance efficace dans la distribution de l’eau. Cette surconsommation, particulièrement problématique, est aussi bien individuelle que collective. Elle trouve une partie de ses origines dans la forte augmentation de la population iranienne en quarante ans. De 37 millions d’habitants en 1979, celle-ci est passée à près de 83 millions d’habitants en 2016. Cette hausse a d’autant plus réduit la quantité d’eau disponible par personne que les habitudes de consommation se sont accrues de leur côté. La consommation du pays est ainsi passée de 100 millions de m³ par an en 1979 à 11 milliards de m³ en 2014. Reportée par habitant, la moyenne de consommation était, en 2016, de 250 litres par personne par jour, avec une pointe à 400 litres par personne par jour à Téhéran.

Un secteur est particulièrement pointé du doigt : celui lié au milieu agricole. Ce dernier, à lui seul, exploite 90 % des ressources hydriques. Cette disproportion résulte d’un sous-investissement et d’un manque de stratégie sectorielle. En vue d’asseoir l’auto-suffisance du pays, une politique de subsides inadaptés, notamment envers les fertilisants, a dramatiquement endommagé nombre de terres arables. De plus, face à la hausse du prix de l’énergie, de nombreux agriculteurs n’ont eu d’autres choix que de recourir à des pompages illégaux, à la fois pour diminuer leurs frais mais également pour dégager de nouveaux accès face au tarissement de leurs nappes phréatiques. Les stocks d’eau restants se retrouvent confrontés à une pression accrue, échappant au contrôle des autorités publiques. Les zones asséchées sont finalement abandonnées, contribuant au processus de désertification. Cet assèchement des terres trouve une autre origine dans différents grands projets de constructions hydrauliques menés depuis les années 1990 et 2000. La construction frénétique de barrages a accéléré l’assèchement des rivières et des zones humides telles que marais, landes et lagunes dont le rôle écologique est pourtant important. En 2015, pas moins de 647 de ces ouvrages d’art étaient en service en Iran, dont l’utilité est aujourd’hui remise en question au regard de ces conséquences. Enfin, différents projets industriels ont gravement saccagé les rivières et nappes phréatiques de diverses régions. Dans le Lorestan, des rejets provenant d’installations minières ont pollué plusieurs sources irriguant des terres agricoles tandis que sur la rivière Karun, ces rejets ont rendu toxique une importante partie du cours d’eau.

2. Les conséquences : déstabilisations locales et migrations environnementales

Les conséquences de ces différentes perturbations sont lourdes. En 50 ans, l’Iran a épuisé 70 % des capacités aquifères de ses ressources souterraines. Sur les 32 provinces de la République islamique, 13 sont dans une situation critique. À l’est, dans la province de Kerman, 1 455 villages sur 2 064 ont vu les capacités de leurs réservoirs descendre sous le seuil du volume nécessaire à la population. En 2015, 541 villages de la province dépendaient d’un approvisionnement d’eau assuré par des camions citernes. Les économies locales et régionales en sortent directement affectées. Toujours dans l’est, des cultures comme celle de la pistache ou du safran souffrent de profonds problèmes d’irrigation. Les principaux lacs et rivières du pays sont tout autant mis à rude épreuve. Le lac Orumiyeh, un des plus grands lacs salés du Moyen-Orient, situé dans le nord-ouest de l’Iran, a quasiment disparu. Dans la province de Fars, la construction de barrages sur les rivières Pulvar et Kor afin d’irriguer les terres arides, a contribué à l’assèchement des lacs de Tashk et de Kâftar.

Confrontées à ces situations problématiques, de nombreuses communautés d’habitants n’ont souvent d’autres choix que de migrer, face à l’effondrement à la fois environnemental et économique. Les villages de moins de 100 habitants, parmi les plus vulnérables, se vident de leurs habitants, comme dans le sud du Khorasan. Dans la province de l’Azerbaïdjan, dans le nord-ouest de l’Iran, 3 millions d’habitants seraient susceptibles de quitter leur région suite à l’assèchement du lac Orumiyeh. Ces migrations environnementales intensifient l’exode rural vers les villes moyennes du pays, déjà soumises à un fort afflux de nouveaux habitants. Les migrants n’ont d’autres choix que de s’installer dans les banlieues des villes moyennes, saturées par un étalement urbain non coordonné. Pauvreté, chômage, manque d’accès aux services publics finissent par déstabiliser encore plus des couches sociales fragiles qui s’enfoncent dans le cercle vicieux de la précarité.

Enfin, à ce tableau doit s’ajouter un autre facteur, exogène. Les différents conflits dans la région, tel que le conflit afghan, ont eu à leur tour des conséquences néfastes sur les ressources en eau en Iran. Le lac Hamoun, à cheval sur la frontière irano-afghane, s’est retrouvé asséché suite aux conflits entourant le contrôle de l’Helmand, qui l’alimente depuis l’Afghanistan. Le recul des berges a entraîné des pertes d’emplois importantes pour les pécheurs et les familles de la région, ainsi que la disparition d’une faune et d’une flore stabilisant le biotope local. 800 villages aux alentours du lac ont ainsi été confrontés à un déplacement d’une partie de leurs habitants.

Notes :
(1) Water scarcity, in International Decade for Action « Water for life » 2005-2015, New York, United Nations Department of Economic and Social Affairs, 2014, [en ligne], http://www.un.org/waterforlifedecade/scarcity.shtml.
(2) « 96% of Iran experiencing prolonged drought : official » in Tehran Times, Téhéran, 8 janvier 2018, [en ligne], http://www.tehrantimes.com/news/420112/96-of-Iran-experiencing-prolonged-drought-official.

La crise de l’eau en Iran : tensions sociales et impasses économiques (2/2)

Jonathan Piron

Les Clés du Moyen-orient

14/03/2018

Jonathan Piron est historien et politologue. Conseiller au sein d’Etopia, centre de recherche basé à Bruxelles, il y suit les enjeux liés à l’Iran.

3. Mobilisations et contestations

Face à cet épuisement généralisé des ressources en eau, différentes mobilisations sociales se sont organisées pour tenter de dégager des solutions et interpeller les autorités. Des dynamiques traditionnelles ont refait surface, comme à Birjand dans le Khorasan, au début de l’année 2018, où une prière de la pluie a rassemblé plusieurs centaines de personnes appelant à la clémence de la providence face à la sécheresse en cours. Au-delà de ces mobilisations traditionnelles, d’autres modes de conscientisations se sont développés au cours des dernières années. Une forme nouvelle d’activisme, centré sur les enjeux environnementaux, est apparue en Iran depuis les années nonante, renforcée ces dernières années par l’ouverture que la présidence Rouhani a laissée aux associations et ONG diverses.

Ces différents groupes peuvent se décliner suivant deux catégories d’actions : la conscientisation du grand public face aux enjeux écologiques, d’une part, et l’action de lobbying, d’autre part, destiné à porter des demandes de réformes principalement au niveau local. Pour parvenir à porter ces actions, les réseaux sociaux se sont révélés être des outils utiles aux différents mouvements, via des plates-formes numériques telles que Facebook, Instagram, Twitter ou Telegram. Des groupes tels que Une goutte d’eau (Yek ghatreh ab) et Traces d’eau (Seda-ye pa-ye ab) sont ainsi spécialement dédiés aux enjeux hydriques. D’autres canaux, plus génériques, comme La voix du peuple (Seda-ye mardom) sur Telegram servent aussi de lieux d’échanges d’images et d’informations sur les sécheresses et le manque d’accès à l’eau. La presse joue également, de son côté, un rôle de diffuseur d’informations important. Loin d’être un tabou, la question environnementale fait l’objet de reportages et débats, aussi bien écrits que radiodiffusés. Des magazines spécialisés n’hésitent pas à s’emparer de la question, à l’image de Femmes d’aujourd’hui (Zanan-e Emrouz) via un focus sur le rôle que les femmes peuvent jouer dans de nouveaux modes de gestions efficaces.

À ces mobilisations pacifiques doivent s’ajouter des périodes de contestations remettant ouvertement en question l’autorité publique. Depuis plusieurs années, le nombre de manifestations dénonçant les carences et crises environnementales ne cesse de croître dans le pays. Touchant l’ensemble de l’Iran, ces manifestations rassemblent aussi bien des agriculteurs dénonçant l’absence de redistribution efficace d’eau pour les cultures (comme à Ramshir, Rafsanjan, Ispahan, Rabor, etc.) que des citoyens faisant part de leurs protestations face à la pollution des cours d’eau (comme à Ahvaz, Yasooj, Sarkhoon, Orumiah, etc.). En général non-violentes, ces manifestations rassemblant en moyenne une centaine de personnes, insistent sur l’importance de l’eau en tant qu’outil non seulement économique mais également en tant que droit dont l’accès doit être garanti à tous.

Certains événements prennent cependant plus d’ampleur. En février 2017, à Ahvaz, dans le sud-ouest du pays, la conjonction de coupures de courants, de tempêtes de poussières et de mauvaise gestion des ressources en eau a entraîné une série de protestations populaires s’étalant sur plusieurs jours. Ville d’un peu plus d’un million d’habitants, bordée par la seule rivière navigable d’Iran, le Karun, Ahvaz rassemble les différents éléments déstabilisant les écosystèmes iraniens. Profondément affectée par les périodes de sécheresse, la ville et sa région subissent les effets d’une construction de barrages mal planifiée, ayant provoqué l’assèchement des marais locaux, ce qui a augmenté le niveau de particules de poussière dans l’air jusqu’à atteindre des niveaux records. Conjugué au phénomène des tempêtes de poussières, ces facteurs ont entraîné une détérioration progressive des ressources en eau de la région ainsi qu’un accroissement de la pollution pour les sources restantes. Ces différentes tensions dues aux questions liées à l’eau pourraient également avoir alimenté les manifestations ayant secoué l’Iran en décembre 2017 et janvier 2018. Même si l’enjeu économique occupait la première place dans les récriminations des manifestants, les différentes cités touchées par ces rassemblements sont aussi celles faisant face à divers problèmes environnementaux, dont ceux liés à un approvisionnement correct en eau.

Plusieurs sondages réalisés début 2018 ont montré l’importance que revêt, pour nombre d’Iraniens, une prise en compte correcte des enjeux environnementaux, aussi bien en ce qui concerne un meilleur accès à l’eau que dans le cadre de la lutte contre la pollution ou du soutien aux agriculteurs en difficulté. Néanmoins, la défense de l’environnement reste un activisme encore difficile en Iran. Le pouvoir en place soutient peu les organisations environnementales. Celles-ci disposent de faibles moyens et ne reçoivent qu’un maigre écho de la part des autorités. En outre, les arrestations de militants environnementaux ne sont pas rares et peuvent avoir des conséquences tragiques comme avec le décès de Kavous Seyed Emami, environnementaliste renommé, mort en prison dans des circonstances floues en février 2018.

4. Quelle prise de conscience politique ?

Le régime iranien est cependant conscient des enjeux en cours. Déjà, la Constitution de la République islamique reprend plusieurs éléments en faveur de l’environnement. Les articles 45, 48 et 50 soutiennent que les éléments naturels doivent bénéficier au bien public. L’article 50, de son côté, met en avant le principe même de protection de l’environnement (1). Ensuite, loin d’être un tabou, cette crise environnementale fait l’objet de débats et d’interpellations dans les différents cercles du pouvoir, du Parlement (Majles) aux think-tanks proches de la présidence comme le Centre d’études stratégiques. Durant la précédente campagne présidentielle de 2017, plusieurs candidats pointaient la mauvaise gouvernance, l’exploitation effrénée des ressources et le manque d’entretien des plans d’eau comme étant les principales causes de ces dégradations. Le sommet du pouvoir insiste de son côté sur l’importance de ces questions. En 2015, dans une directive adressée à la présidence, au moment du Sommet climat de Paris, le guide de la Révolution, Ali Khamenei, insistait sur la nécessité de gérer les changements climatiques et les menaces environnementales telles que la désertification, en particulier la pollution par les poussières et la sécheresse.

Néanmoins, la politique du pouvoir en place se caractérise par une série de pratiques particulièrement dommageables pour les ressources en eau. Sous la présidence Ahmadinejad, malgré plusieurs aides accordées aux couches les plus précaires, les constructions industrielles endommageant les nappes phréatiques n’ont guère cessé. De son côté, la présidence Rouhani s’est caractérisée par la volonté de relancer avant tout la croissance économique, au risque de fragiliser à nouveau des espaces déjà menacés.

En outre, le régime manque non seulement de moyens mais peut-être surtout d’une vision stratégique concernant son avenir environnemental. À la différence de nombreux autres États, la République islamique ne dispose pas d’un Ministère de l’Environnement à part entière. Le Département de l’Environnement, sous l’autorité du Président de la République, pèse peu face à d’autres puissants ministères tels que celui du pétrole. L’administration est aussi faiblement efficace dans la poursuite des comportements polluants réalisés par certaines entreprises. Enfin, les luttes intestines entre différents départements traitant les questions économiques et environnementales ainsi que la corruption finissent par rendre inopérantes des mesures pourtant indispensables. Insistant prioritairement sur des investissements internationaux, notamment dans la promotion de l’énergie verte, les différents responsables iraniens semblent rétifs à promouvoir d’autres modes de gouvernance ou à engager une politique environnementale systémique, permettant une approche suffisamment efficace que pour répondre aux dégradations en cours. La crise de l’eau n’est, en effet, pas la seule crise environnementale à laquelle doit faire face le pays. D’autres phénomènes tels que l’accroissement des tempêtes de poussière, la déforestation et la pollution de l’air contribuent à plonger l’Iran dans une crise profonde. Cette conjonction de différents phénomènes complique à la fois la coordination des politiques à mettre en place tout en accroissant les tensions sur les ressources et milieux naturels du pays.

5. Un avenir incertain ?

L’Iran se retrouve confronté à de nombreuses incertitudes quant à ses moyens et à ses capacités à sortir de cette crise profonde. Le débat qui se pose aujourd’hui est celui de la sécurité environnementale présente et à venir. Un signe positif est la prise de conscience qui semble dorénavant acquise au vu de l’essor de mouvements sensibilisant à ces questions ainsi qu’aux différentes manifestations en cours. Loin d’être uniquement centré sur la question de l’accès aux ressources, ces débats touchent d’autres questions telles que celles liées aux emplois locaux et à la lutte contre les inégalités.

Des solutions existent autour de différentes politiques à soutenir et mettre en place. Tout d’abord via des investissements massifs tout d’abord dans des techniques agricoles plus responsables ainsi que dans la restauration des capacités hydriques des lacs et rivières. Les mécanismes de micro-crédits ainsi que la promotion de bonnes pratiques auprès des milieux agricoles sont une autre voie à suivre. Des expériences pilotes d’agriculture durable sont ainsi menées dans certaines régions du pays, dont les résultats semblent prometteurs (2). La valorisation du système des Qanats est aussi une autre piste. Galeries souterraines ancestrales acheminant les eaux des nappes phréatiques vers les zones à irriguer, les Qanats sont un système toujours en activité et reposant sur une gouvernance laissée aux mains des agriculteurs. Représentant encore 9 % du système d’extraction souterrain iranien, les 32.000 Qanats représentent donc aussi un potentiel pouvant aider à la sécurité hydrique de l’Iran. Enfin, une meilleure coopération internationale est une dernière voie à approfondir, autour d’une « diplomatie de l’eau » dont les effets positifs s’étendraient au-delà des seules frontières nationales.

La résolution de ces crises ne pourra passer par une approche unique. Seule une vision basée sur des politiques multiples, à différents niveaux, sera à même de répondre aux enjeux à court et moyen termes.

Lire la partie 1 : La crise de l’eau en Iran : tensions sociales et impasses économiques (1/2)

Notes :
(1) Qanun-e asasi-ye Djomhouri-ye Eslami-ye Iran, Téhéran, Islamic Parliament Research Center, [en ligne], http://rc.majlis.ir/fa/content/iran_constitution. Pour une version en français : La Constitution de la République Islamique d’Iran, Téhéran, Alhoda, 2010, [en ligne], http://www.imam-khomeini.com/web1/uploads/constitution.pdf.
(2) Tamara Kummer, Sustainable Agriculture Around Lake Parishan, New York, United Nations Development Programme, 2016, [en ligne], URL : http://www.ir.undp.org/content/iran/en/home/ourwork/Environment_sustainable_development/impacting_lives/env_success/.

 Voir aussi:

En Iran, la problématique de la gestion de l’eau devient une urgence

Les noms des personnes interrogées ont été modifiées afin de protéger leur identité. La problématique de l’eau est une question qui est prise très au sérieux en Iran, tout comme elle l’est dans l’ensemble de la région du Moyen-Orient et d’Asie Centrale.

Depuis plusieurs décennies et la Révolution de 1979, la République Islamique d’Iran est en proie à de nombreux challenges économiques et politiques majeurs. Entre négociations sur le nucléaire, crises géopolitiques en Syrie et au Yémen et manifestations pour les droits de l’Homme et de la Femme à l’intérieur du pays, le gouvernement d’Hassan Rohani a les bras plutôt chargés ces derniers temps. Cependant le pays est aussi confronté à un adversaire très silencieux mais absolument redoutable : le climat. De Kashan à Chiraz, nous avons visité plusieurs lieux en Iran à quelques jours du Norouz, le Nouvel An perse (célébrant l’arrivée du Printemps entre le 20 et le 21 mars), afin de constater les dégâts causés sur les ressources en eau du pays. Entre changement climatique, sanctions internationales, exploitation agricole critiquable, explosion démographique et gestion de l’eau déraisonnée, l’Iran est pour la première fois face à un adversaire qu’il ne peut plus combattre seul. Dans une région où la plupart les relations sont déjà très tendues sur la question de l’eau, il se pourrait bien que l’Iran apporte également son petit grain de sel dans les mois à venir.

Un système millénaire à la source de la gestion de l’eau

Si la question de l’eau fut souvent au cœur des histoires persanes, elle n’en fut pas toujours le problème. En effet, la civilisation perse a très souvent été à la pointe des avancées techniques et architecturales pour permettre une gestion raisonnée et adaptée de cette ressource très demandée. Déclarés patrimoine mondial par l’UNESCO en 2016, les qanats sont des réseaux souterrains vieux de 2700 ans pour certains permettant encore la diffusion des réseaux d’eau par les voies souterraines. Cependant l’explosion démographique et les besoins en agriculture ne permet plus à ces systèmes de fournir assez d’eau pour toutes les nouvelles demandes.

À Kashan, le lieu de fabrication de la très renommée eau de rose, les maisons possèdent des étages souterrains pour atteindre les sources d’eau souterraines plus facilement. De nombreux producteurs d’eau de rose utilisaient donc un moulin naturellement actionné par le débit de la rivière pour écraser les pétales de roses. Aujourd’hui la fabrication doit se faire artificiellement, comme nous l’explique Ardashir :

Le moulin a fonctionné avec l’eau de la source souterraine pendant plus de 100 ans, mais depuis 8 ans il n’y a plus assez de débit. C’est une architecture de plusieurs centaines d’années qui est mise en péril.

“L’eau est utilisée en en priorité pour l’agriculture, mais ils ne savent pas comment s’en servir”

Kaveh Madani est un expert environnemental au London Imperial College. Interrogé en plein milieu du lit asséché de la Zayandeh rud par la réalisatrice Gelareh Darabi et Al Jazeera, il est catégorique,  pour lui,  l’Homme est le premier responsable :

Je ne dis pas que la nature n’a pas d’effet sur cela mais nous avons épuisé l’eau en amont et c’est tout ce qu’il nous reste.

Cette situation de crise prend racine autour de trois problématiques majeures :

1. Une hausse rapide de la population : L’Iran est passé de 37 millions d’habitants en 1979 à plus de 80 millions en 2016 suite aux politiques gouvernementales pour booster la natalité. Après des années de vasectomies gratuites pour mettre un frein à l’explosion des naissances, l’Ayatollah Ali Khamenei se dit depuis prêt et voir le pays dépasser la barre des 150 millions d’habitants.

2. Un système agricole inadapté et improductif : Pendant longtemps le système agricole du pays fut l’un des piliers de la vie iranienne et notamment lors de la guerre avec l’Irak ; aujourd’hui c’est l’une des causes majeures de la pénurie en eau puisqu’elle utilise 92% des réserves en eau fraîche souterraine et n’obtient qu’un taux de rendement de 30%, soit moitié moins que la moyenne mondiale. Un point de vue défendu par Cyrus, vendeur de tapis au souk d’Ispahan :

La rivière a besoin d’eau et de neige, seulement aucune d’elles n’est venue. L’hiver est très sec. Et de toute façon, l’agriculture et les industries sont les priorités, il n’y a plus assez d’eau pour ouvrir la rivière.

Et partagé à Chiraz par Darius, le père de Xerxès :

L’eau est utilisée en en priorité pour l’agriculture, mais ils ne savent pas comment s’en servir. Ils noient les champs et l’eau s’évapore, c’est une perte énorme.

A l’extérieur de la ville, on retrouve en effet de nombreuses cultures de riz disséminées à travers celles de colza. La situation est ubuesque, il fait quasiment 25° dehors, le soleil est au zénith et l’on peut clairement observer des rizières baignant dans l’eau. Nous demandons donc à Xerxès de nous expliquer :

Même si la culture du riz est interdite par la loi ici, le gouvernement ne peut pas ou ne veut pas intervenir car la situation économique est déjà très mauvaise et le peuple doit survivre.

Dans une période délicate sur le plan politique et économique, le gouvernement iranien détourne donc le regard pour éviter d’envenimer une situation sociale déjà très tendue et ce, tout en faisant la promotion de cultures moins gourmandes en eau.

3. La mauvaise gestion de l’eau de manière générale :

Beaucoup de personnes ont des jardins privés autour de Chiraz. Quelques centaines de mètres carrés avec une construction et une piscine. C’est désormais illégal d’avoir une piscine sans permis et ces derniers ne sont plus délivrés ces temps-ci.

La phrase de Xerxès est symptomatique de la relation des Iraniens avec l’or bleu. Le pays a continué à utiliser ces ressources en eau sans se soucier de l’impact sur le long terme. Interrogée par Al Monitor, Claudia Sadoff, directrice générale de l’International Water Management Institute, explique ainsi que:

 90% de la population et de la production économique du pays se situent dans des zones de fortes, voire très fortes, contraintes en eau.

« Un jour le sol rejettera de l’eau salée et ce sera alors un véritable désastre »

Depuis début mars, les manifestations d’agriculteurs se succèdent à Ispahan, avec pour slogan une question simple : où est passée notre rivière ? Ces fermiers sont au chômage technique car il n’y a plus assez d’eau dans le réservoir pour satisfaire l’intégralité des demandes.
Et si le gouvernement annonçait sa volonté d’ouvrir Zayandeh rud pour le Nouvel An perse, les habitants n’étaient pas dupes. Cambyses, un jeune retraité, commentait laconiquement la main sur la télécommande et les yeux rivés sur les images de la manifestation du 9 mars :

Je ne pense pas (qu’ils pourront ouvrir la rivière), le réservoir est trop bas.

Il ne s’était pas trompé,  le lit de la rivière était toujours aussi aride le 20 Mars.

La situation à Ispahan est à l’image de la crise environnementale et sociale dans laquelle est plongée l’ensemble du pays ces dernières années, entre disparition des zones humides, assèchement des lacs et désertification de masse. À Chiraz, c’est le lac Maharloo qui sert de baromètre comme nous l’explique Xerxès :

Vous ne pouvez pas toujours juger les ressources en eaux par le débit de la rivière mais plus par sa destination finale. Nous les évaluons en fonction de la couleur du lac : s’il a une couleur « eau » alors c’est bon, s’il est rose (la couleur du sel et des autres minéraux) ce n’est pas bon signe.

Et lorsqu’on lui demande la couleur actuelle du lac à la fin de la saison des pluies, la réponse est directe :

Rose (rires)

Mais pour Darius, son père, le vrai risque est à prévoir sur le long terme :

C’est simple. Le sol ici repose sur des strates de sel, un jour il rejettera de l’eau salée et ce sera alors un véritable désastre.

« On a besoin d’aide »

Aujourd’hui le pays ne peut plus gérer la situation par lui-même et le risque de sécheresse devient extrêmement inquiétant, comme le montre la simulation ci-dessous :

Le pays ne possède pas les compétences nécessaires pour gérer la problématique de l’eau convenablement et la mise en place des sanctions est toujours un frein supplémentaire majeur. Alors qu’une crise financière nationale est toujours probable en Iran, il est particulièrement compliqué pour les donateurs internationaux de venir soutenir le gouvernement dans ses projets environnementaux. Si la Russie s’est toutefois présentée en 2015 pour permettre la recherche de nouvelles sources d’eau dans les zones désertiques, les experts demeurent sceptiques. En effet, plus que la pénurie de stocks d’eau, c’est bien la mauvaise gestion de la ressource qui apparaît comme la véritable source du problème.

Pour Darius, c’est un véritable appel au secours dont il est question :

On a besoin d’aide.

Voir également:

Kuwait to tap Iranian water

Kuwait and its Gulf neighbour Iran will sign an agreement at the weekend to supply the desert emirate with fresh water through a pipeline, Kuwait’s energy minister has said.

« I will lead a high-level delegation to Iran next week to sign an agreement for supplying Kuwait with fresh water from Iran, » Shaikh Ahmad Fahd al-Sabah said, quoted by the KUNA news agency on Tuesday.

KUNA said the visit would take place on Saturday.

The two countries signed a memorandum of understanding on the issue in January during a visit by Kuwait’s prime minister, Shaikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, who was then the foreign minister.

According to the agreement, Kuwait will get 900 million litres of water daily, Shaikh Ahmad said, without providing the financial details of the agreement.

Earlier reports have said the project foresees building a pipeline to channel water from the Karun and Karkheh rivers in southwestern Iran to Kuwait at a cost of $2 billion.

Vital project

The Kuwaiti minister said the project is « vital » for Kuwait and is classified as « one of the highly important strategic projects. »

Negotiations between Tehran and Kuwait City on the project began more than two years ago, when former Iraqi President Saddam Hussein was still in power.

According to initial plans, the pipeline will extend 330km across Iranian territory and then via a 210km pipeline under the Gulf to Kuwait, thus avoiding Iraqi territory.

Kuwait depends almost entirely on sea water desalination for its fresh water requirements which is sold to consumers at heavily subsidised prices.  The oil-rich emirate produces around 1.3 billion litres of desalinated water daily and consumes almost all of it.

The two countries are also locked in negotiations for exporting natural gas to Kuwait after signing a memorandum of understanding in January.

SOURCE: AFP

3 Responses to Iran: La syrianisation a commencé (Death to farmers: As in Syria, water mismanagement and massive corruption could finally tip the balance against the Iranian regime)

  1. jcdurbant dit :

    LOOK WHAT THEY’VE DONE TO MY CLOUDS, MA ! (Guess who’s complaining Israel is stealing their clouds ?

    « The changing climate in Iran is suspect. Foreign interference is suspected to have played a role in climate change. Israel and another country in the region have joint teams which work to ensure clouds entering Iranian skies are unable to release rain. On top of that, we are facing the issue of cloud and snow theft as above 2,200 meters all mountainous areas between Afghanistan and the Mediterranean are covered in snow, except Iran. »

    Brigadier General Gholam Reza Jalali (Iran’s Civil Defense Organisation)

    The general’s allegations of weather pilfering were not the first time an Iranian official has accused the country’s foes of stealing its rain. Former president Mahmoud Ahmadinejad in 2011 accused Western countries of devising plans to « cause drought » in Iran, adding that « European countries used special equipment to force clouds to dump » their water on their continent…

    http://www.israelnationalnews.com/News/News.aspx/248323

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  2. jcdurbant dit :

    CHERCHEZ L’ERREUR ! (L’effondrement politique et économique du régime khomeiniste est en cours et devinez de quel côté sont l’Europe en général et la France en particulier ?)

    L’Iran est en ébullition depuis plusieurs mois. Les Iraniens manifestent sans cesse dans la rue. Des slogans appelant sans ambiguïté à la chute du régime pourri des mollahs et louant la dynastie des Pahlavi sont scandés sur l’ensemble du territoire avec souvent la complaisance des forces en charge du maintien de l’ordre public. Pourtant,depuis des semaines, l’établissement politico-médiatique européen s’échine à dissimuler ces événements pour protéger les contrats juteux passés avec les enturbannés corrompus qui tiennent le peuple iranien sous leur joug depuis 39 ans. C’est en vain que les décideurs de la vieille Europe s’efforcent par tous moyens de venir en aide à la cléricature dont les jours sont comptés. L’effondrement politique et économique du régime khomeiniste est en cours et l’avenir de leurs espérances commerciales paraît à terme irrévocablement compromis.

    La sortie des Etats-Unis du JCPOA (ou « Iran deal ») a condamné cet accord honteux aux poubelles de l’Histoire. Il est manifeste que celui-ci n’a été conclu, s’agissant de l’Iran, que dans l’intérêt exclusif de l’ochlo-théocratie, au détriment d’une population exsangue dont les richesses sont pillées sans discontinuité par une mafia islamo-terroriste dénuée de tout scrupule.

    Dans ce contexte, Israël, qui a été l’un des rares pays à critiquer, à juste titre, la pertinence de ce sinistre accord et à voir dans sa signature le signe annonciateur d’une expansion terroriste du régime mollahrchique, a lancé plusieurs opérations aériennes en Syrie qui ont eu pour effet d’éradiquer une grande partie des installations militaires déployées à grand frais par les mollahs dans le territoire de ce pays. En dépit de maintes annonces de représailles, la réponse des mollahs et de leurs sbires a été inexistante. A l’armée israélienne, qui a éliminé, en quelques raids, plusieurs dizaines de Pasdaran et de mercenaires khomeinistes, les enturbannés n’ont pu répondre qu’en griffonnant des drapeaux israéliens sur les bottes « made in China » de leurs miliciens vociférant leurs habituels slogans usés lors des traditionnels défouloirs de haine du régime.

    A la face du monde, est ainsi apparue la faiblesse de la théocratie milicienne, qui crie fort mais qui, en réalité, n’est pas en mesure de se défendre. Son expansion dans la région n’est en rien imputable à une quelconque puissance militaire mais à sa seule capacité de tirer profit de l’effondrement ou de l’affaiblissement de plusieurs Etats de la région (Irak, Syrie, Yémen, Liban…) en recourant à des réseaux terroristes tissés depuis plusieurs décennies dans une quasi-indifférence générale.

    Cette incapacité du régime enturbanné de répliquer par des moyens conventionnels n’est en rien surprenante. Les mollahs se sont appliqués depuis quatre décennies à affaiblir l’armée iranienne pour la réduire matériellement à une peau de chagrin. Pendant que les Pasdaran se gavent comme des hyènes insatiables sur les richesses du pays, l’armée nationale, qui était en 1979 l’une des plus puissantes et des mieux équipées du monde, n’a plus aujourd’hui aucune capacité aérienne à l’exception des F-14 acquis par le Shah dans les années 1970. Leur vétusté les rend cependant inutilisables… Il est donc logique de voir de nombreux soldats de l’armée régulière soutenir le mouvement populaire anti-mollah pour se débarrasser de la gangue théocratique qui enserre l’Iran depuis près de 40 ans.

    Le saccage écologique auquel se sont livrés les mollahs et leurs chiens de garde Pasdaran est l’un des aspects les plus méconnus de ce régime macabre et de son bilan catastrophique sur tous les plans. De nombreux lacs et rivières ont littéralement disparu du plateau iranien. Le fleuve Zayandé-roud, auquel la ville millénaire d’Ispahan doit son existence, est désormais à sec quasiment toute l’année. La région du Khouzestan, particulièrement choyée sous le Shah, dont la beauté ainsi que la richesse de la faune et de la flore étaient louées avant l’arrivée au pouvoir des enturbannés, est aujourd’hui une zone sinistrée à l’air irrespirable pour la plupart de ses habitants. Cette situation résulte essentiellement de l’incurie et de l’incompétence de dirigeants minables qui ont multiplié les projets coûteux et anarchiques ignorant délibérément toute norme environnementale ainsi que le simple bon sens qui doit présider à toute politique sérieuse d’aménagement du territoire.

    Plusieurs universitaires iraniens qui ont tenté d’attirer l’attention nationale et internationale sur ces fléaux ont rapidement été confrontés à une répression féroce qui est la seule réponse dont est capable ce régime face à des problèmes majeurs. Le 8 février dernier, le professeur et écologiste Kavous Seyed-Emami, arrêté pour des motifs fallacieux d’espionnage, a ainsi été retrouvé « suicidé » en prison pour reprendre la formule utilisée candidement par la plupart des médias occidentaux, trop heureux de relayer, une nouvelle fois, la version officielle du VAJA (« services de renseignement des mollahs »).

    A cette occasion, le milicien pachydermique, Hassan Firouzabadi, qui a longtemps fait office de chef d’état-major des armées et qui sévit actuellement en tant que conseiller militaire de Khamenei, n’avait alors pas hésité à affirmer que l’Occident utilisait des lézards et des caméléons, déposés par des scientifiques et des écologistes sur des sites sensibles, pour espionner le programme nucléaire du régime grâce aux propriétés de leur peau qui attirerait les ondes atomiques… En réalité, la répression qui frappe les personnalités iraniennes liées à la protection de l’environnement a pour principale origine la volonté du complexe milicien qui tient l’Iran sous sa coupe de maintenir ses innombrables installations clandestines, construites sans aucun égard pour l’écosystème, à l’abri des regards indiscrets.

    La catastrophe écologique que connaît l’Iran est encore aggravée par les épisodes de sécheresse qui ne cessent de se multiplier et la disparition de l’eau courante dans plusieurs provinces du pays qui ont été à l’origine d’importants soulèvements populaires à l’instar de ceux qui ont lieu aujourd’hui dans des régions comme celles de Khorramshahr et Bouchehr.

    Pour se dédouaner de sa responsabilité indiscutable, ce régime sordide a fait une nouvelle fois le choix d’incriminer, sans grande originalité, Israël qui « volerait » des nuages et empêcherait ainsi la pluie de tomber en Iran…Le général milicien en charge de la sécurité civile, Gholam Reza Jalali, lequel n’a rien à envier à son collègue Firouzabadi en termes de débilité et de tour de taille, est à l’origine de cette sortie pitoyable, pourtant allègrement reprise par les médias occidentaux, notamment français, qui l’ont rapportée en se gardant bien d’en discuter la pertinence.

    Contrairement aux allégations crétines de ce loubard en surcharge pondérale et aux allusions simplistes faites au changement climatique par des journalistes fainéants (dans le meilleur des cas), la sécheresse en Iran est essentiellement causée, d’une part, par l’utilisation intensive des nappes phréatiques pour alimenter les nombreuses cimenteries liées aux réseaux affairistes du clan Rafsandjani et, d’autre part, à des accords conclus par le régime, dès 2003, prévoyant l’acheminement de quantités importantes d’eau potable vers le Koweït et l’Irak en contrepartie de leur soutien à l’ochlo-théocratie.En dépit de la chute inévitable, à brève échéance, du régime islamiste, l’Iran mettra beaucoup de temps à se remettre des méfaits causés à son sol par quarante années de gestion calamiteuse du turban.

    Dans ce contexte, les Européens, Français en tête, persistent à rechercher dans ce système condamné par ses propres turpitudes, des individus présentables à leurs yeux, qu’ils appellent suivant les cas : « réformateurs », « pragmatiques » ou « modérés », tous invariablement associés aux réseaux Rafsandjani. Ce cirque dure depuis 30 ans et la mort de Khomeini. Il achoppe aujourd’hui sur une difficulté majeure. Le camp dit de la « modération » ou du « réformisme » qu’ils veulent trouver à tous prix, pour sauver le régime et les contrats qu’ils ont signés avec lui, a perdu définitivement son patron depuis janvier 2017. Les Zéropéens avec à leur tête, Frederica Mogherini, la passionaria des mollahs, semblent être les seuls à croire encore à cette fable inventée de toutes pièces par le Requin au turban blanc pour sauvegarder la théocratie mafieuse en s’appuyant sur la stratégie du « bon flic » et du « mauvais flic » qu’affectionnent depuis longtemps les enturbannés.

    Certaines élites occidentales, en France et aux Etats-Unis notamment, ont cependant pris acte de la disparition inévitable de la pétromollarchie et misent désormais sur l’organisation des « Moudjahedines du Peuple » dirigée par le couple Radjavi pour la remplacer… Persevarere diabolicum. Les Moudj sont les opposants que les mollahs adorent détester et qu’ils vouent régulièrement à la vindicte populaire. L’organisation des Radjavi doit tenir pour eux le rôle dévolu à l’opposition dirigée par l’énigmatique Emmanuel Goldstein contre Big Brother dans le roman 1984 de George Orwell. Khamenei, qui fait office de « Guide Suprême » de la voyoucratie enturbannée, ne s’y trompe d’ailleurs pas. Il sait pertinemment que le nom des Pahlavi est systématiquement scandé dans tout le pays depuis des mois, Mais, lorsque le « petit père des mollahs » prétend, dans ses discours ronflants, dénoncer les « forces » derrière le soulèvement populaire, il ne manque pas une occasion de mettre fallacieusement en cause l’organisation des Radjavi, alors que ces derniers ne sont jamais cités par les manifestants, à la différence de l’héritier du dernier Shah. Sans s’attarder excessivement ici sur le cas des « Moudj », il n’est pas inutile de rappeler le rôle fondamental qu’ils ont joué dans la révolution khomeiniste de 1978-79. Ils furent, à ses débuts, parmi les thuriféraires les plus enthousiastes de Khomeini et les soutiens les plus inconditionnels de sa féroce politique de répression tous azimuts. Beaucoup paraissent oublier que l’hideuse face surgie tout droit des ténèbres du touriste de Neauphle-le-Château a orné pendant plusieurs mois les drapeaux de l’organisation. Comme toute révolution, celle-ci a dévoré ses enfants et les partisans de Radjavi ont rapidement été marginalisés par la cléricature, jusqu’à la rupture définitive survenue en juin 1981 et la destitution de Bani-Sadr de son poste de président de la république islamique, à la suite des manœuvres de la clique menée par Rafsandjani et Khamenei. Les « Moudj » en ont gardé une rancœur extrême contre les mollahs qui n’a fait que s’accentuer avec la répression sauvage dont ils ont fait l’objet par leurs anciens alliés enturbannés, laquelle a culminé avec le massacre ordonné expressément par Khomeini de plus de 30 000 prisonniers politiques en seulement quelques jours durant l’été 1988.

    L’Occident, la France en tête, étant attachée à la survie d’une révolution dont ils ont grandement contribué au succès, il n’est guère étonnant de voir certaines de leurs élites, qui ont fait leur deuil des « réformateurs » en carton du régime, se raccrocher aujourd’hui à ce mouvement rival des mollahs, avec l’espoir non dissimulé de préserver leurs intérêts commerciaux dans l’Iran de demain. Ils comprendront bientôt qu’ils ne poursuivent que des chimères et que leur obsession à agir contre l’intérêt du peuple iranien pour des motifs mercantiles les a amplement disqualifiés pour l’avenir/

    Il est toujours consternant d’entendre de prétendus experts, qui sont souvent des lobbyistes contraints ou convaincus de la kleptocratie enturbannée, expliquer doctement qu’il n’existerait pas d’alternative à la dictature des turbans noirs et des turbans blancs. Ils enchaînent en général en récitant le couplet usé jusqu’à la corde, depuis plus de trois décennies, de la nécessaire évolution de ce régime scélérat par des réformes dont la première se fait toujours attendre… Non, Messieurs les « experts », un régime criminel n’est pas réformable comme le démontre quarante années de terrorisme, de pillage et de mensonges. Vous insultez l’intelligence humaine lorsque vous prétendez qu’il n’y a pas d’alternative à un régime idéologique et terroriste. Cela revient à dire que la kleptocratie intégriste est une fatalité pour un peuple exsangue. C’est faire injure aux Iraniens que d’affirmer qu’ils ne sont pas dignes d’autre chose. L’alternative est évidente. Elle est défendue par celui que tous les Iraniens reconnaissent comme le véritable chef de l’opposition à la ripoublique des mollahs : Reza Pahlavi.

    L’Europe et la France doivent comprendre, une fois pour toutes, que l’Iran de demain ne sera dirigé ni par les islamistes prétendument modérés du régime, ni par les « Moudj » ou quelque autre groupe politico-religieux stipendié par l’Occident. La seule alternative pour l’Iran est celle fondée sur les bases constitutionnelles non négociables définies par Reza Pahlavi : la séparation des sphères politiques et religieuses, l’égalité de tous les Iraniens devant la loi civile et la protection effective des libertés publiques. Elle est celle d’un Iran débarrassé définitivement de l’idéologie mortifère khomeiniste. Un Iran démocratique, laïque et progressiste. Un Iran dans lequel les femmes ne seraient pas contraintes de se bâcher pour satisfaire le fanatisme de bigots libidineux. Un Iran qui serait pour tous les Iraniens, quels que soient leur genre, leur ethnie ou leur religion. Un Iran qui renouerait avec le sillon tracé par Reza Shah Pahlavi le Grand et la dynastie qu’il a fondée.

    Un Iran qui naîtra du courage des manifestants de tous âges qui, à travers tout le pays, clament aujourd’hui haut et fort à la face du monde :

    Reza Shah, que ton âme soit bénie !
    Nous mourrons mais nous reprendrons l’Iran !

    Sam Safi
    Patriote iranien
    © IRAN-RESIST.ORG

    http://www.iran-resist.org/article6859.html

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