Présidence Macron: Cachez cet antisémitisme que je ne saurai voir (French-German broadcaster drops documentary for spilling the beans on the inherently anti-Semitic nature of anti-Zionism)

An image from the film that was dropped because it depicted antisemitism in a "pro-Israel" light.

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The EUMC requested its National Focal Points (i.e., contacts) throughout the then-15 EU member states to monitor and report on anti-Semitic violence and viewpoints from 15 May until 15 June 2002. It also asked for examples of the best practices implemented by states to prevent and reduce anti-Semitism. After collecting this information, the EUMC employed the ZfA, the Centre for Research on Anti-Semitism (CRA) at the Technical University in Berlin to analyze and summarize the findings. The CRA completed its document in October 2003. It found that violent attacks against Jews often rose from virulent anti-Zionism across the political spectrum. Moreover, it specifically identified young Muslims of Arab descent as the main perpetrators of physical attacks against Jews and the desecration and destruction of synagogues. Many were victims of racism and social exclusion themselves. The EUMC did not publish the study and insisted that the one month period covered in the CRA investigation was too short. It also claimed the report was never intended for publication. The CRA researchers commented that their focus on Muslim perpetrators of anti-Semitism and anti-Zionist attacks unsettled the EUMC. They stated that this EU Agency had repeatedly asked them to alter their ‘divisive’ findings. After the researchers refused this revisionism, the EUMC shelved their report in November 2003. The CRA’s exposure of the EUMC’s suppression of the report led to a scandal which, according to the Centre’s Director, presented the EU Agency with its ‘strongest challenge.’ (…) In November 2003, a Financial Times article about the CRA report’s suppression by the EUMC led to public outcry. Several European parliamentarians called for the document’s immediate release. In December, the World Jewish Congress published the CRA draft report on the Internet, exposing the EUMC’s manipulation. In April 2004, the EUMC released a final, lengthier study. This document reiterated and expounded upon the main points of the CRA report so often that it became difficult to pinpoint all the differences. Nonetheless, the most evident and important distinction was that the EUMC’s final report made few, if any, general statements about the perpetrators of anti-Semitic acts. That reluctance became especially pronounced when the perpetrators of anti-Semitism were not from the extreme right. For example, the CRA draft report contained an account from Sweden of a public gathering of 100 people in Stockholm to oppose anti-Semitism and anti-Muslim prejudice. According to the draft, the gathering was dis­rupted by between 100–150 demonstrators shouting, ‘Kill the Jews!’ and ‘We’ll blow you up!’ The CRA report stated that many of the most belligerent counter-demonstrators were extreme leftist youth. The final EUMC report deleted this observation. By expunging evidence of the extreme left’s role in fomenting anti-Semitism, the EUMC final report could imply that opposition to the far right alone is a sufficient response to anti-Semitism. The CRA suggested this is untrue, because some of the greatest threats to Jews come from the left and involve its deepening alliances with radical Islamists and other extreme anti-Semites throughout the political spectrum. (…) The report also offers no differentiation by country on these perpetrators as it does for other data such as those on victims, their concerns, and experiences. In withholding these data, the FRA obstructs information on anti-Semitism’s perpetrator categories that might help mitigate anti-Semitism.  This behavior is consistent with its repeated reference to ‘Jewish people’s perceptions and experiences’ of anti-Semitism, and not anti-Semitism as a fact. Amy Elman
La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique. (…) Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille. (…) Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable. Emmanuel Macron
Mais est ce-que quelqu’un peut penser raisonnablement que élu président, il aura une majorité présidentielle uniquement avec son parti ? Moi je n’y crois pas. Mais non seulement ça n’est pas possible, mais ça n’est pas souhaitable, car ce serait un hold-up. Emmanuel Macron
Monsieur le Premier Ministre, vous avez déclaré constater « la montée de l’antisémitisme, qui se nourrit dans les quartiers populaires » dont vous affirmez qu’ils seraient « antisémites ».(…) Oui, comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires. Non, nous qui venons des quartiers populaires ne sommes pas antisémites. Les gens qui habitent, travaillent, vivent dans les quartiers populaires ne sont pas antisémites dans leur ensemble, intrinsèquement, par essence. Présumer que la lutte pour la liberté du peuple palestinien ne pourrait qu’être de l’antisémitisme caché est un raccourci grossier. Ne peut-on pas lutter contre la politique d’un gouvernement sans être soupçonné de haïr l’ensemble d’un peuple? Lutter contre la politique de Berlusconi a-t-il fait de vous un raciste anti-Italiens? Votre déclaration, monsieur le Premier Ministre, est un dangereux cliché, stéréotypé et stigmatisant, contre les quartiers populaires. L’antisémitisme est un fléau, une horreur, une abomination. Il existe en France. Mais les quartiers populaires ne l’ont pas créé et il ne se nourrit pas à Belleville où des athées vont parfois rompre le jeûne du Ramadan avec des Musulmans et des Chrétiens dans un restaurant casher. (…) L’article 1er de la loi de 1905 prévoit que la République « ne reconnaît ne salarie ne subventionne aucun culte ». Ni plus ni moins. Interdire le voile c’est reconnaître le voile comme signe religieux, donc reconnaître une religion, interdire le voile à l’école est donc contraire à la loi de 1905. Interdire aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants relève ni plus ni moins de l’islamophobie. L’obligation de neutralité religieuse s’applique d’après la loi de 1905 aux fonctionnaires, représentants de l’Etat, pas aux parents d’élèves qui ne représentent qu’eux-mêmes.Le Président Hollande avait promis dans son programme, par l’engagement 59, de défendre la paix et la reconnaissance de la Palestine (…) A l’exception de quelques extrémistes violents, haineux, sectaires et contre-productifs comme il y en dans tous les bords, dans toutes les familles politiques y compris dans la nôtre, les habitants des quartiers populaires qui ont manifesté, réclamaient simplement l’application de l’engagement 59 de notre président. Marlène Schiappa (22.07.2014)
 Je n’en peux plus, d’entendre ce discours ultra-sécuritaire, qui n’a rien donné depuis dix ans. Je n’en peux plus d’entendre dire que dans nos quartiers, c’est la radicalisation. Caroline Reverso-Meinietti (candidate macroniste à Nice)
Nous vivons dans un temps bizarre. Une dénonciation anonyme se multiplie et à partir de là, on peut avoir des vagues extrêmement déstabilisantes. (…) On en jugera une fois que les faits seront établis. Je ne sais pas si ça a un lien avec la moralisation de la vie publique, mais en tout cas je (la) porterai. François Bayrou
Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal. Le MoDem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence. Corinne Lepage (2004)
« Je ne me retirerai pas. J’ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice. » Une semaine après la parution de l’article du Canard Enchaîné le mettant en cause, Richard Ferrand en est réduit à répéter inlassablement ces deux mêmes arguments. Malgré un mélange des genres manifeste entre ses activités professionnelles et sa vie privée, il n’a, a priori, rien fait d’illégal. En l’état actuel des choses, il n’est la cible d’aucune procédure judiciaire, le parquet de Brest ayant estimé qu’aucun des faits portés à sa connaissance ne justifiaient ne serait-ce que l’ouverture d’une enquête préliminaire. Problème: ces critères ne suffisent pas, ne suffisent plus devrait-on dire, à éteindre l’incendie d’une polémique qui parasite les premiers pas du gouvernement Philippe et fragilise chaque jour un peu plus le ministre de la Cohésion des territoires. Car le débat sur la moralisation de la vie publique (le terme à son importance) a depuis très largement dépassé le cadre normé des procédures judiciaires et des prétoires pour s’installer sur le terrain beaucoup plus mouvant de la morale publique. Voilà sept jours que les ténors du parti présidentiel et de l’exécutif se relaient dans les médias pour marteler que le « débat Ferrand » n’a strictement rien à voir avec « l’affaire Fillon ». L’ancien premier ministre était accusé d’avoir détourné de l’argent public, Ferrand rappelle qu’il était à la tête d’un organisme privé. Fillon se voyait reprocher d’avoir embauché des proches à des postes fictifs, Ferrand démontre que l’appel d’offres remporté par sa femme a été validé par son conseil d’administration et a bien été honoré. Le Parquet national financier s’était immédiatement saisi du cas Fillon, il s’est déclaré incompétent pour celui de Ferrand. Fillon avait promis de se retirer s’il était mis en examen avant de se raviser, Ferrand ne fait l’objet d’aucune plainte ni d’aucune poursuite. Et alors? Tout en rappelant que seule une mise en examen entraînera automatiquement la démission d’un de ses ministres, le premier ministre Edouard Philippe se voit lui-même contraint de reconnaître que « l’exaspération des Français » à l’égard de leur classe politique compte désormais au moins autant que les faits. « J’ai parfaitement conscience que des usages et des comportements passés qui ne sont pas illégaux mais qui ne sont plus acceptés aujourd’hui, ne peuvent plus être tolérés », a convenu le chef du gouvernement sur France2. Autrement dit, le problème n’est plus légal, il est moral et donc essentiellement politique. C’est précisément ce que pilonnent les adversaires de l’exécutif qui, tout en constatant l’absence de faits répréhensibles par la loi, placent l’affaire Ferrand sur le plan d’une exemplarité de principe. « Ça n’est pas illégal mais c’est moralement insupportable », a résumé l’ancien candidat à la présidentielle socialiste Benoît Hamon. (…) Effet pervers? Cette soif inextinguible de « moralisation » fait reposer sur les épaules des responsables politiques un impératif d’exemplarité aux contours fluctuants, certains comportements tolérés dans une entreprise privée étant désormais proscrits dans le domaine politique. « Dans les entreprises, vous ne croyez pas que l’on prend de préférence pour les jobs d’été les enfants des employés de l’entreprise? », a rappelé sur Europe1 le député René Dosière, « inquiet » de voir une morale politique s’appliquer à la vie privée des élus. « On a l’impression que tout comportement de type privé se trouve mis et jugé sur la place publique. Au nom de quoi? Au nom de la morale. […] On en a rien à faire de la morale », a-t-il mis en garde en pointant le risque de « chasse à l’homme ». De fait, l’exemplarité de principe qui est exigée d’eux place les responsables politiques la merci de la moindre manoeuvre de déstabilisation. Visée comme une vingtaine d’autres eurodéputés par la dénonciation d’une eurodéputée FN qui leur reproche l’embauche d’assistants cumulant travail au Parlement et fonctions politiques, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris. Une procédure judiciaire censée vérifier si les faits dénoncés sont potentiellement répréhensibles. La ministre a eu beau, comme nombre de ses collègues mis en cause, porter plainte pour dénonciation calomnieuse, le soupçon jeté par une adversaire politique, dont le parti est lui-même poursuivi pour des faits similaires, suffit à lui seul à remettre en cause sa place au sein du gouvernement. (…) Pour l’heure, le gouvernement fait mine de résister à cette pression « moralisatrice ». Le premier ministre chercherait même à éviter à tout prix d’utiliser le mot. Cité par Le Canard Enchaîné, Edouard Philippe aurait insisté pour que la grande loi en préparation ne contienne pas le terme « moralisation » dans son intitulé: « Il pourrait revenir comme un boomerang ». Il n’est pas le seul. Même la mise en examen, désignée comme un élément objectif pour contraindre un ministre à la démission, est un critère bancal pour juger de la probité d’un responsable politique. Poursuivi en diffamation par une association paloise pour des propos tenus en 2015 lors d’un conseil communautaire, le ministre de la Justice François Bayrou est mis en examen. Doit-il se démettre de ses fonctions comme le réclament certains de ses opposants dans l’attente d’un procès programmé… en 2019? Si tel était le cas, il suffirait alors à l’opposition ou à n’importe quel citoyen d’attaquer les ministres pour diffamation ou injure publique afin d’obtenir leur départ, ces deux procédures entraînant automatiquement une mise en examen. The Huffington Post
The elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge atrocities, we are still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives. These attackers are not “evil losers”. They are not “sick cowards”. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us. Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities? In his article in The Times yesterday, the communities secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions”, and issue challenges. Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and that it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s so, why should Muslims need to do anything at all? The West views Islam through its own cultural prism, which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance. In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent. Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia cleric in Australia who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.” Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists). But political, aggressive, jihadist Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world. Which is why in 2015 Egypt’s President Sisi remarkably told the imams of Al-Azhar university in Cairo — the epicentre of Islamic doctrinal edicts — that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants”, and so Islam had to have a “religious revolution”. (…) We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. An ICM poll of British Muslims two years ago found that nearly a quarter wanted Sharia to replace British law in areas with large Muslim populations. Four per cent — equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”. In other words, we must see jihadist Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society. So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood. We should also outlaw Sharia courts because, since Sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all. The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives. Melanie Phillips
Ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ». Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe. Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche (…) [le 7 janvier] du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ». (…) Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau. Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes. (…) Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l' »islamophobie » son principal slogan. Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar. Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire. (…) [Marwan Muhammad] est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix. (…) Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental. Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite. (…) Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité. A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues. (…) En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement. La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme. (…) Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront. (…) Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays. Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène. (…) Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément. Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde. (…) Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites. Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d' »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent… L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans… Gilles Kepel
C’est à ces occasions que saute aux yeux le système, dont d’ailleurs les défenseurs du festival n’ont pas dit un mot, celui de ces habitants des grandes métropoles connectées qui élisent scrupuleusement Anne Hidalgo et Sadiq Khan, en profitant grassement de la mondialisation et acclamant Emmanuel Macron. Qui sont généreux, humanistes, pas racistes pour deux sous, mais trouvent parfaitement normal que leurs domestiques, les nounous, les femmes de ménage, les plongeurs, les chauffeurs, les caissières soient parqués dans des banlieues pourries, et viennent les servir dans les centres-villes, en circulant de préférence sous la terre. Tôt le matin pour les femmes de ménage, et tard le soir pour les plongeurs, quand les « insiders » repus sortent des restaurants branchés où ils ont passé la soirée. Et surtout pas en voiture. En auraient-il qui n’ont pas été brûlées par les racailles dans leur quartier, la circulation est volontairement rendue insupportable, et les voies rapides confisquées pour la promenade de quelques-uns, et la valorisation du patrimoine immobilier de tous les autres. Une photo significative a été publiée dans la presse, et a circulé sur les réseaux. On y voyait un groupe de femmes noires manifestant devant l’Hôtel de Ville de Paris. Bel atelier non mixte, puisqu’il s’agissait des femmes de ménage de la Ville qui, soutenues par la CGT, exprimaient leur volonté de voir améliorer leurs conditions de travail dont on imagine facilement qu’elles ne doivent pas être folichonnes. Une autre photo lui succède ce matin, celle du « dîner en blanc », qui a eu lieu cette année sur… le même esplanade de l’Hôtel de Ville. Le « dîner en blanc » est ce «flash-mob» inventé il y a une trentaine d’années, c’est-à-dire bien avant Facebook, au cours duquel les grands, moyens, et petits-bourgeois de Paris, se rassemblent par centaines, voire par milliers, à un endroit connu au dernier moment pour y dîner, de pied en cap habillés de blanc. Investissant sans autorisation préfectorale, en plein état d’urgence, et avec une arrogance ingénue, l’espace public, ces gens-là festoient sans mesurer l’indécence de cette prétention à signifier que la règle commune ne leur est pas applicable. Autre façon de dire qu’ils sont les maîtres puisque les autorités laissent faire. Cette année, c’était sous les fenêtres d’Anne Hidalgo. Rapprochement absolument meurtrier, que de voir cet autre atelier non-mixte, où cette multitude de personnes blanches de peau et de tenue occupent illégalement l’espace commun. On imagine en plus que beaucoup d’entre eux protestent hautement (à juste titre et comme moi) contre les prières de rue. Sans mesurer qu’il y a quand même un petit problème et qu’ils ne sont pas idéalement placés. Les organisateurs, sûrs d’eux, nous annoncent encore plus grand pour le 30e anniversaire l’année prochaine. Rappelez-moi le score d’Emmanuel Macron à Paris le 7 mai. 89,69 % ? La « start-up nation », je crois que je vais avoir du mal. Causeur
Souvenez-vous, le 25 mars dernier, un camion avait roulé sur une dizaine de tombes juives dans le cimetière de Pantin. Des sites communautaires avaient alors crié au scandale, même s’il avait été clairement établi qu’il ne s’agissait que d’un simple accident. Le 4 avril, soit une semaine plus tard, on apprend la mort de cette femme. Cette affaire intervient dans un moment de doute et de peur du FN. Les sites communautaires basculent en faveur de Macron. Médias et institution judiciaire se montrent alors extrêmement prudents sur ce meurtre. Au fond, tout le monde redoute que cette affaire ne fasse exploser les votes en faveur du FN. Au fur et à mesure que l’enquête avance, la dimension antisémite se fait de plus en plus évidente. On est alors plusieurs à se dire que cette femme ne méritait pas de disparaître dans un silence aussi pesant. Fallait-il renoncer à qualifier cette réalité par peur de faire monter le FN ? C’est une logique qui me semble dangereuse et signer cette pétition, proposée par Alexandre Devecchio et Naomi Hal, nous a offert une forme de rédemption. (…) L’institution judiciaire a été prudente, elle a pu douter et se dire qu’il fallait calmer le jeu. Pour autant, il me semblerait malvenu de mettre en accusation le procureur Molins. Le contexte était inflammable et violent, nous avons tous été lents à la détente. L’erreur est humaine, on se réveille un peu tard, il nous faut maintenant agir. Nous voulons savoir pourquoi la police n’est pas intervenue et demandons la requalification des faits. (…) Les éléments dont nous disposons aujourd’hui conduisent à penser qu’il s’agit d’un meurtre à caractère nettement antisémite. Le profil du meurtrier indique que cet antisémitisme semble avoir été cultivé par des islamistes qui, comme tous les radicaux, ont besoin d’ennemis pour exister… Céline Pina
L’idéologie est un génie. Un mauvais génie, mais c’est un génie. Il gouverne sans bruit les esprits, ouvre des portes et en cadenasse d’autres plus hermétiquement que celle de la plus scellée des cellules. C’est l’idéologie qui a privilégié le débat économique durant la campagne présidentielle et a dissimulé sous le tapis les questions identitaires, sécuritaires, migratoires et islamiques. C’est la même idéologie qui aura fait resurgir des limbes Vichy , le Vel’ d’Hiv’ et le combat antifasciste. Seule cette idéologie innomée aura réussi à maintenir un tel surmoi paralysant que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral à privilégier la question migratoire sur la question économique, ne l’aura qu’à peine évoquée. Pour ceux qui douteraient encore des menées délibérées comme de la puissance de cette idéologie de l’occultation des thèmes dérangeants, rien de mieux- ou de pire- que des exemples aussi récents qu’irréfutables. C’est ainsi que je conseille aux germanophones le Berliner Zeitung de la semaine passée. Pour ceux qui sont peu familiers de la langue allemande, je recommande la lecture édifiante d’un article de Causeur publié le mercredi 17 mai et intitulé «Arte, la chaîne des maîtres censeurs».  (…) Il confirme que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive arabo-musulmane était trop mise en lumière… Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public. Rosenzweig explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…» Ainsi que Rosenzweig, qui a visionné le film, l’explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes». Autre faute de goût impardonnable, le film censuré aurait donné à voir comment le courageux François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur cette commune… visitée récemment de manière autrement plus consensuelle par notre nouveau président de la république. Dans la même implacable logique d’occultation idéologique, on apprenait (Marianne, 26 avril 2017) que le CSA avait décidé d’ouvrir l’instruction d’un dossier à l’encontre d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, pour avoir osé reprendre sur la chaîne C News, le sondage de l’institut Montaigne démontrant que «27 % des Français musulmans et 50 % des jeunes musulmans des cités se réclamaient au bout du compte de l’idéologie de l’État islamique» On se souvient que c’est le même CSA qui s’était saisi des propos de Georges Bensoussan sur l’antisémitisme islamique tenus dans le cadre de l’émission «Réplique» animée par Alain Finkielkraut sur France Culture. On connaît la suite judiciaire. (…) Dans ce contexte délétère, la nomination de Marlène Schiappa au poste stratégique de secrétaire d’État aux droits des femmes illustre au-delà de toute désespérance les doutes que m’inspire le nouveau pouvoir et que je confessais déjà dans ma précédente chronique. Celle-ci se sera en effet illustrée dans un article (22/7/14 Huffington Post) dans lequel elle s’en prenait violemment à Manuel Valls pour avoir osé désigner, lors d’un discours de commémoration du 72e anniversaire de la rafle du Vel d’hiv, au lendemain d’exactions antijuives, l’antisémitisme islamique et la détestation d’Israël comme les principaux vecteurs de la criminalité judéophobe.: «Comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires…» Difficile de ne pas constater dans ce déni borné, la régression intellectuelle en marche. C’est donc dans ce cadre idéologique d’occultation, de dénégation, de censure et de répression avérées que je veux enfin évoquer le sort funeste de Sarah Halimi, torturée et défenestrée par un musulman radical de 27 ans, le 4 avril dernier. Il est de mon devoir impérieux que je l’évoque puisque, très exactement pour les mêmes raisons que les affaires qui précèdent, celle-ci fait l’objet d’une sombre omerta dont les ressorts cachés viennent d’être démontés. Je connais bien le dossier, puisque la sœur de la défunte m’a demandé de la représenter. Je peux donc affirmer, en pleine connaissance de cause, que l’assassin présente le profil classique des criminels islamistes habituels: petit caïd bien connu des services de police du 11e arrondissement pour ses multiples condamnations, lui et sa bande faisaient régner la peur dans le quartier Bastille-Vaucouleurs. À plusieurs reprises, il avait insulté sa victime, qui le craignait, en la traitant de «sale juive». De multiples témoins et voisins attestent avoir entendu «Allah Akbar!» tandis qu’il s’acharnait sans fin sur la malheureuse, alors même que la police était depuis longtemps sur les lieux. Je dois encore constater, qu’alors que cet assassin exalté ne présentait aucun antécédent psychiatrique, en pleine période électorale, le processus habituel de psychiatrisation de l’assassin islamiste a été adopté. Celui-ci se trouve en conséquence dans un établissement de soins fermé et non une prison. Gilles-William Goldnadel 
Ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel. Dans mon activité professionnelle j’exige constamment que l’on prenne conscience politiquement de cette réalité pour alimenter un débat public dans la société et faire face à ces nouveaux défis. C’est pourquoi je trouve ce film important et nécessaire. Ahmad Mansour (psychologue arabe-israélien installé en Allemagne, défenseur d’un Islam éclairé)
Il faut que vous compreniez que le sujet est très délicat en France. Nous sommes coincés entre les lobbies juif et musulman. C’est la raison pour laquelle la conclusion de ce documentaire doit rester indéterminée. Marco Nassivera (directeur de l’information d’Arte)
Il n’y a nulle trace de la coopération d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre du film, pas plus qu’il n’y a le panorama annoncé. Alain Le Diberder (directeur des programmes d’Arte)
Ce qui gêne, c’est la triste spécificité de notre pays : son antisémitisme d’ordre criminel.(…) cela n’est pas audible pour une partie des gens d’Arte, il y a une difficulté en France à accepter le réel tel qu’il est, le verbaliser puis s’y confronter. Catherine Dupeyron
La direction de la chaîne culturelle franco-allemande passe à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme. On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la chaîne franco-allemande, qui va bientôt fêter son quart de siècle d’existence : le directeur des programmes, Alain Le Diberder, décide de ne pas diffuser un documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte. Il s’agit du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, écrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande. Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes d’Arte, composée à parité de représentants des pôles français et allemand de la chaîne, auxquels s’ajoutent quelques membres venant des petites chaînes européennes partenaires (Autriche, Belgique, etc.). Cette validation s’était heurtée d’emblée à l’opposition d’Arte France, qui avait subodoré que son contenu n’était pas en adéquation avec la ligne éditoriale de la chaîne sur la question de l’antisémitisme. Pour la présidente, Véronique Cayla, le directeur des programmes Alain Le Diberder et leurs responsables de secteurs, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders. Le film de Joachim Schroeder et Sophie Hafner reçut pourtant l’aval, de justesse, de la conférence des programmes après que les auteurs eurent accepté la suggestion de s’adjoindre comme coauteur Ahmad Mansour, un psychologue d’origine arabe israélienne exerçant depuis dix ans en Allemagne. Ce dernier est une personnalité reconnue outre-Rhin comme porte-parole d’un islam des Lumières, modéré et violemment hostile au djihadisme. Il joue dans le débat public allemand un rôle similaire à celui tenu naguère dans le débat français par le regretté Abdelwahab Meddeb. Le courant passe entre les cinéastes allemands et Mansour, mais ce dernier n’accepte qu’un rôle de conseiller de ce documentaire, son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à de chronophages phases de tournage à l’étranger et à d’interminables séances de montage. Il suit toutefois régulièrement la progression de la réalisation du film et répond à toutes les demandes de conseils venant des réalisateurs. Dans l’esprit des dirigeants d’Arte, Mansour devait jouer le rôle de « commissaire politique » du film, veillant à ce que les auteurs restent bien dans les clous d’une vision de l’antisémitisme épargnant autant que faire se peut sa version arabo-islamique et ce nouvel antisémitisme des banlieues européennes. Il n’en a rien été, et Schroeder et Hafner, soutenus par la responsable de la coopération avec Arte au sein de la WDR, Sabine Rollberg, ont persévéré dans leur projet de démasquer cet antisémitisme qui se camoufle sous le masque de l’antisionisme. Le couperet tombe en février 2017, sous la forme d’une sèche lettre de refus de diffusion du documentaire ainsi motivée : « Le film achevé ne correspond pas sur des points essentiels au projet accepté par la conférence des programmes. Par ailleurs, on ne voit pas la trace de la collaboration d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre et l’impartialité du projet… » (…)  Mis en cause, Ahmad Mansour réplique vertement aux assertions d’Alain Le Diberder dans un courrier adressé à Sabine Rollberg. Après avoir confirmé qu’il avait bien décliné la fonction de coauteur pour des raisons personnelles et que le contenu du film avait été établi avec son accord (…) Ce film, je l’ai visionné. Eût-il été présenté aux journalistes dans le cadre d’une promotion classique des programmes de la chaîne, je n’aurais pas manqué d’en souligner les défauts formels, communs, d’ailleurs, à l’ensemble de la production documentariste germanique : un pédagogisme un peu lourd, redondance entre l’image et le commentaire, etc. Mais là n’est pas la question. Il est victime d’une censure purement idéologique, car il met en lumière de manière crue les liens entre la propagande islamiste, singulièrement celle diffusée par les diverses factions palestiniennes (Fatah et Hamas) et l’antisémitisme le plus traditionnel, accusant les juifs de tous les maux de la terre. Contrairement aux assertions d’Alain Le Diberder (…), le retour, en France et en Allemagne, de l’antisémitisme fasciste est bien présent dans le film, avec ses cohortes de crânes rasés et de blousons de cuir éructant des « Mort aux juifs ! » dans les rues de Berlin et de Paris… Mais ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité avec le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que « les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres ». Ce « fake news » digne d’un Donald Trump, cette vieille fable antisémite est reprise telle quelle dans des ONG allemandes, notamment au sein de la puissante Église protestante, qui finance de nombreux projets dans les territoires palestiniens, une aide souvent détournée pour alimenter les groupes terroristes et les officines de diffamation d’Israël par des mensonges dignes de Goebbels. Au péché de pro-israélisme, le film de Schroeder et Hafner ajoute, aux yeux des pontes d’Arte, celui d’antiprotestantisme primaire, rédhibitoire alors que l’Allemagne célèbre cette année le 500eanniversaire de la Réforme initiée par Martin Luther, ce philosémite bien connu… Ce film a dit la vérité, au moins une part de celle-ci trop longtemps occultée, il doit donc être exécuté. Autre manque de bon goût, il donne à voir, et à entendre, comment François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur sa commune… (…) Hélas, cette mise au pas idéologique, cette uniformisation d’Arte dans un discours formaté à l’aune du tiers-mondisme, de la repentance de l’homme blanc, de l’adoption sans réserve du narratif palestinien dans le traitement du conflit proche-oriental, du déni du réel vécu dans les« territoires perdus de la République », est devenue la règle … Luc Rosenzweig
Je vais donner un exemple français. Parce qu’on ne voit plus que la Shoah, on ne comprend pas que l’antisémitisme qui se développe en France n’est pas de même nature. Ca n’est pas nazi, ça n’est pas la Nuit de Cristal, c’est autre chose. Je vous donnerai un exemple. Dans ce domaine, qui illustre mon propos au moment du meurtre d’Ilan Halimi en 2006, qui est un meurtre crapuleux mais aussi un meurtre antisémite. Non, on a du mal à comprendre que l’histoire ne se répète jamais, absolument jamais, et que donc que les formes de l’antisémitisme et ou de tout autre phénomène d’ailleurs, sont toujours nouvelles. Ca nous empêche de penser le présent, si vous voulez. C’est ça, le paradoxe. Ce qui était normalement une leçon d’histoire qui nous permettrait de mieux comprendre le présent, nous empêche aujourd’hui de le comprendre. c’est à force de l’enseignement de ne présenter les juifs que comme des victimes, on finit par croire qu’il n’y a pas de civilisation juive et que les juifs n’ont pas de raison d’existence que pour mourir. (…) L’histoire du sionisme est totalement inculpé. Finalement, à force de présenter les juifs essentiellement comme de victimes, on les socialise comme des victimes et c’est une façon qu’en les défendant on finit presque par justifier la persécution à venir demain. Georges Bensoussan
Valeurs actuelles s’est procuré le documentaire. La partie relative à la France représente moins d’un tiers des images. Les réalisateurs donnent à voir des faits inhabituels pour les médias occidentaux : les montants disproportionnés des subventions allouées aux palestiniens, la corruption des ONG et agences onusiennes, la question des réfugiés juifs, l’antisémitisme criminel qui sévit en France… Autant de faits qu’Arte semble préférer occulter. (…) Pour la journaliste Catherine Dupeyron qui a travaillé sur les séquences en France (…) la chaine reproche au documentaire de ne pas se cantonner à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite et d’aborder le sujet de la haine des Juifs liée au conflit israélo-palestinien … Valeurs actuelles

Cachez cet antisémitisme que je ne saurai voir !

Alors qu’après le hold up électoral que l’on sait à la présidentielle

Entre, au premier comme au deuxième tour, assassinat politique et excommunication des adversaires …

Et la mise à l’écart de plus de la moitié des électeurs qui a suivi au premier tour des législatives …

La machine infernale médiatico-juridique est en train de dévorer à son tour ceux là mêmes qu’elle avait portés au pouvoir

Y compris, l’histoire est décidément sans pitié, le nouveau ministre de la justice

Au moment même où il s’apprête à présenter sa loi de moralisation de la vie publique …

Quel meilleur et plus inquiétant exemple …

De la continuation sous la présidence Macron …

De ce déni du réel devenu devoir civique

Après l’occultation pendant la campagne de la défenestration par l’un de ses voisins musulmans d’une vieille dame juive en plein coeur de Paris …

Que ce reportage qu’Arte vient de déprogrammer …

Pour ne s’être pas « cantonné à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite » …

Et d’avoir révélé derrière la nouvelles alliance entre les gauchistes en perte de vitesse idéologique et leur nouveau prolétariat messianique chez les enfants d’immigrés musulmans …

La nature intrinsèquement antisémite de l’antisionisme actuel ?

CACHEZ CET ANTISÉMITISME QUE JE NE SAURAIS VOIR
Allegra
On sait maintenant la chape de plomb médiatique qui a pesé sur l’affaire du meurtre atroce de Sarah Halimi. Cet antisémitisme-là ne peut pas être mis en lumière. Parce qu’il l’avait illustré, Georges Bensoussan en a fait les frais. Comme on doit faire silence sur la traite négrière quand elle n’est pas le fait de l’Occident. Sinon, il vous en coûtera. Vous serez mis sur la sellette, et accusé de racisme.Ce que l’on connaît moins  c’est que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive…(celle qui sévit dans certains pays et dans une partie de la population française, pas celle qui existe souvent à l’extrême droite qui peut être nommée sans problème) était trop mise en lumière…Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public.Luc Rosenzweig, ex-journaliste à Libération, devenu rédacteur en chef adjoint du Monde et son correspondant en Allemagne jusqu’à sa retraite, explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…»  (d’après William Goldnadel ici).Rosenzweig, qui a visionné le film, explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes».Marlène Schiappa, la nouvelle Secrétaire d’Etat chargée de l’Égalité femmes-hommes, s’empresse également  de pousser une certaine crasse antisémite sous le tapis, et elle peut alors bravement annoncer qu’il n’y a pas d’antisémitisme dans les quartiers populaires.Nos idéologues sont pris le nez dans le pot de confiture, et pourtant ils disent qu’ils n’ont jamais vu ce pot.Mais le déni de réalité est un dangereux cancer continuellement alimenté par des choix idéologiques. Les cancers tuent. Jusqu’où nous conduira celui-ci ?
Voir aussi:

Censure. Un documentaire portant sur l’antisémitisme arabo-musulman aurait dû être diffusé prochainement sur Arte. Mais la chaine franco-allemande a décidé de le déprogrammer. Outre-Rhin, la polémique enfle et on demande les images.
Rachel Binhas 
Valeurs actuelles
12 juin 2017

Depuis quelques semaines, la controverse autour du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe (Auserwählt und ausgegrenzt – Der Hass auf Juden in Europa) ne faiblit pas au pays de Goethe, bien au contraire. Bild, Frankfurter Allgemeine Zeitung, Der Spiegel… autant de titres allemands qui se sont emparés de l’affaire.

Le 26 avril dernier, Alain Le Diberder, directeur des programmes d’Arte, prenait la décision de ne pas diffuser un documentaire pourtant commandé deux ans auparavant. Ecrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner, le projet, financé par la chaine allemande WDR, avait pourtant reçu la bénédiction d’Arte lors de la conférence des programmes. De l’Allemagne à la France, en passant par Israël et les territoires palestiniens, le documentaire dresse le tableau de l’antisémitisme qui a cours dans les milieux d’extrême droite et arabo-musulmans, à Gaza ou dans les banlieues françaises. Et c’est là où le bât blesse…

La chaine, à l’aise quand il s’agit de dénoncer l’Holocauste, n’aurait pas apprécié l’accent mis sur l’antisémitisme qui se cache derrière une obsession antisioniste.

Bras de fer avec Arte

Déjà, en 2015, Joachim Schroeder s’était heurté aux objections d’Arte France qui voyait d’un mauvais œil la production d’un film dont la ligne éditoriale semblait diverger avec celle de la chaine. “Il faut que vous compreniez que le sujet est très délicat en France. Nous sommes coincés entre les lobbies juif et musulman. C’est la raison pour laquelle la conclusion de ce documentaire doit rester indéterminée” confiera le directeur de l’information d’Arte, Marco Nassivera, au cinéaste. Si Arte France est plus que réservé, Arte Allemagne appuie le projet. Cherchant à se rassurer, Alain Le Diberder exige un coauteur au film : Ahmad Mansour, psychologue arabe-israélien installé en Allemagne, défenseur d’un Islam éclairé. Par manque de temps, celui-ci proposera à Joachim Schroeder d’assurer une mission de consultant à chaque étape de la réalisation. Sophie Hafner cosignera les 90 minutes.

En décembre 2016, le film est envoyé à la direction de l’information d’Arte qui refuse de le traduire. Le couperet tombe : “Il n’y a nulle trace de la coopération d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre du film, pas plus qu’il n’y a le panorama annoncé” affirme Alain Le Diberder. Une première pour les réalisateurs.

Les images interdites

Valeurs actuelles s’est procuré le documentaire. La partie relative à la France représente moins d’un tiers des images. Les réalisateurs donnent à voir des faits inhabituels pour les médias occidentaux : les montants disproportionnés des subventions allouées aux palestiniens, la corruption des ONG et agences onusiennes, la question des réfugiés juifs, l’antisémitisme criminel qui sévit en France… Autant de faits qu’Arte semble préférer occulter.

“Je suis surpris qu’une chaîne publique renommée comme Arte ait un problème avec la réalité” réagit Ahmad Mansour. Pour la journaliste Catherine Dupeyron qui a travaillé sur les séquences en France, “ce qui gêne, c’est la triste spécificité de notre pays : son antisémitisme d’ordre criminel.” Selon elle, la chaine reproche au documentaire de ne pas se cantonner à l’antisémitisme traditionnel d’extrême droite et d’aborder le sujet de la haine des Juifs liée au conflit israélo-palestinien : “cela n’est pas audible pour une partie des gens d’Arte, regrette-t-elle, il y a une difficulté en France à accepter le réel tel qu’il est, le verbaliser puis s’y confronter.”

Seul espoir à présent, que la chaine WDR, voyant la polémique grandir, trouve un accord avec Alain Le Diberder pour diffuser les 90 minutes. “J’ai espoir que les choses évoluent” confie Joachim Schroeder. Désormais, la balle est dans le camp d’Arte.

Voir également:

Antisémitisme en banlieue: Arte censure un documentaire

Pas en adéquation avec sa ligne éditoriale…

Luc Rosenzweig
Causeur

01 juin 2017

La direction de la chaîne culturelle franco-allemande passe à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme.

On n’avait jamais vu cela dans l’histoire de la chaîne franco-allemande, qui va bientôt fêter son quart de siècle d’existence : le directeur des programmes, Alain Le Diberder, décide de ne pas diffuser un documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte.

Il s’agit du film Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, écrit et réalisé par deux cinéastes allemands, Joachim Schroeder et Sophie Hafner. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande.

Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes d’Arte, composée à parité de représentants des pôles français et allemand de la chaîne, auxquels s’ajoutent quelques membres venant des petites chaînes européennes partenaires (Autriche, Belgique, etc.). Cette validation s’était heurtée d’emblée à l’opposition d’Arte France, qui avait subodoré que son contenu n’était pas en adéquation avec la ligne éditoriale de la chaîne sur la question de l’antisémitisme. Pour la présidente, Véronique Cayla, le directeur des programmes Alain Le Diberder et leurs responsables de secteurs, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders.

Sur Arte, la dénonciation de l’antisémitisme se limite à parler du nazisme et à mettre en accusation toutes les déclinaisons de l’extrême droite, du FN à Geert Wilders

Le film de Joachim Schroeder et Sophie Hafner reçut pourtant l’aval, de justesse, de la conférence des programmes après que les auteurs eurent accepté la suggestion de s’adjoindre comme coauteur Ahmad Mansour, un psychologue d’origine arabe israélienne exerçant depuis dix ans en Allemagne. Ce dernier est une personnalité reconnue outre-Rhin comme porte-parole d’un islam des Lumières, modéré et violemment hostile au djihadisme. Il joue dans le débat public allemand un rôle similaire à celui tenu naguère dans le débat français par le regretté Abdelwahab Meddeb. Le courant passe entre les cinéastes allemands et Mansour, mais ce dernier n’accepte qu’un rôle de conseiller de ce documentaire, son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à de chronophages phases de tournage à l’étranger et à d’interminables séances de montage. Il suit toutefois régulièrement la progression de la réalisation du film et répond à toutes les demandes de conseils venant des réalisateurs.

Dans l’esprit des dirigeants d’Arte, Mansour devait jouer le rôle de « commissaire politique » du film, veillant à ce que les auteurs restent bien dans les clous d’une vision de l’antisémitisme épargnant autant que faire se peut sa version arabo-islamique et ce nouvel antisémitisme des banlieues européennes.

Il n’en a rien été, et Schroeder et Hafner, soutenus par la responsable de la coopération avec Arte au sein de la WDR, Sabine Rollberg, ont persévéré dans leur projet de démasquer cet antisémitisme qui se camoufle sous le masque de l’antisionisme. Le couperet tombe en février 2017, sous la forme d’une sèche lettre de refus de diffusion du documentaire ainsi motivée : « Le film achevé ne correspond pas sur des points essentiels au projet accepté par la conférence des programmes. Par ailleurs, on ne voit pas la trace de la collaboration d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre et l’impartialité du projet… » (Cet extrait est une traduction de la lettre adressée en allemand aux responsables du pôle allemand d’Arte, dont la direction, contactée par nos soins, a refusé de nous transmettre sa version originale en français.) Précisons qu’Alain Le Diberder ne parle pas un mot d’allemand, et que le film qu’il condamne n’a pas de version française…

Un film remarquable

Mis en cause, Ahmad Mansour réplique vertement aux assertions d’Alain Le Diberder dans un courrier adressé à Sabine Rollberg. Après avoir confirmé qu’il avait bien décliné la fonction de coauteur pour des raisons personnelles et que le contenu du film avait été établi avec son accord, il poursuit : « Ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel. Dans mon activité professionnelle j’exige constamment que l’on prenne conscience politiquement de cette réalité pour alimenter un débat public dans la société et faire face à ces nouveaux défis. C’est pourquoi je trouve ce film important et nécessaire. »

Ce film, je l’ai visionné. Eût-il été présenté aux journalistes dans le cadre d’une promotion classique des programmes de la chaîne, je n’aurais pas manqué d’en souligner les défauts formels, communs, d’ailleurs, à l’ensemble de la production documentariste germanique : un pédagogisme un peu lourd, redondance entre l’image et le commentaire, etc. Mais là n’est pas la question. Il est victime d’une censure purement idéologique, car il met en lumière de manière crue les liens entre la propagande islamiste, singulièrement celle diffusée par les diverses factions palestiniennes (Fatah et Hamas) et l’antisémitisme le plus traditionnel, accusant les juifs de tous les maux de la terre. Contrairement aux assertions d’Alain Le Diberder (dont nous publions ci-dessous la réponse à nos questions), le retour, en France et en Allemagne, de l’antisémitisme fasciste est bien présent dans le film, avec ses cohortes de crânes rasés et de blousons de cuir éructant des « Mort aux juifs ! » dans les rues de Berlin et de Paris…

Mais ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité avec le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que « les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres ». Ce « fake news » digne d’un Donald Trump, cette vieille fable antisémite est reprise telle quelle dans des ONG allemandes, notamment au sein de la puissante Église protestante, qui finance de nombreux projets dans les territoires palestiniens, une aide souvent détournée pour alimenter les groupes terroristes et les officines de diffamation d’Israël par des mensonges dignes de Goebbels. Au péché de pro-israélisme, le film de Schroeder et Hafner ajoute, aux yeux des pontes d’Arte, celui d’antiprotestantisme primaire, rédhibitoire alors que l’Allemagne célèbre cette année le 500eanniversaire de la Réforme initiée par Martin Luther, ce philosémite bien connu… Ce film a dit la vérité, au moins une part de celle-ci trop longtemps occultée, il doit donc être exécuté. Autre manque de bon goût, il donne à voir, et à entendre, comment François Pupponi, maire (PS) de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur sa commune…

Une mise au pas idéologique d’Arte

Cette lamentable affaire pourrait être une péripétie, un dérapage isolé au sein d’une institution médiatique publique, comme il ne peut manquer de s’en produire dans un monde soumis aux tensions et pressions à l’œuvre dans les sphères du pouvoir et dans la société.

Hélas, cette mise au pas idéologique, cette uniformisation d’Arte dans un discours formaté à l’aune du tiers-mondisme, de la repentance de l’homme blanc, de l’adoption sans réserve du narratif palestinien dans le traitement du conflit proche-oriental, du déni du réel vécu dans les« territoires perdus de la République », est devenue la règle depuis le départ de Jérôme Clément et de ses principaux collaborateurs de la direction d’Arte. En témoigne l’exclusion des programmes de Daniel Leconte, producteur depuis deux décennies de documentaires pour des soirées Thema qui abordaient, sans complexes ni inhibitions, ce type de sujets dérangeants. La nouvelle présidente d’Arte, Véronique Cayla, voulait explicitement la peau de Leconte dès son arrivée. Et elle l’a eue. Dans le milieu des auteurs et producteurs de documentaires, il est maintenant acté qu’il y a des sujets impossibles à faire passer sur Arte. Seules la dureté du marché et la rareté des cases documentaires sur les chaînes de télé les retiennent, pour l’instant, de dénoncer publiquement cet état de fait.

Sabine Rollberg, elle aussi, jette l’éponge. Elle a demandé sa mise en retraite anticipée de la WDR, qui interviendra cet automne. Cette parfaite francophone, qui a participé à l’aventure d’Arte depuis sa création en 1992, est fatiguée de se battre, telle la chèvre de M. Seguin, contre le pôle allemand d’Arte qui considère cette chaîne comme une vache à lait destinée à financer des programmes conçus pour le seul public allemand, et une direction française qui a une conception du pluralisme dans la culture et l’information plus proche de celles d’unVladimir Poutine et d’un Recep Tayyip Erdogan que d’une grande démocratie occidentale.

Réponse d’Alain Le Diberder, directeur des programmes d’Arte GEIE, à Causeur

Strasbourg, 5 mai 2017

ARTE, chaîne franco-allemande, n’est pas une chaîne comme les autres, au sens où ses programmes proviennent de plusieurs pôles, répartis sur une quinzaine de sites en France et en Allemagne. Dès lors, depuis 25 ans, elle a dû adopter un fonctionnement original par rapport à ses confrères, certes plus lourd mais tout à fait transparent et contrôlable par tous. Une conférence des programmes, composée de quatre Allemands et de quatre Français, se réunit une fois par mois et accepte des projets après concertation. Par ses textes fondateurs, ARTE s’interdit de diffuser un programme qui n’a pas été accepté par la conférence, ou qui ne serait pas tel qu’il a été accepté par la conférence.

ARTE, chaîne résolument engagée contre l’antisémitisme, comme 25 ans de programmation en font foi, a ainsi accepté la proposition de la chaîne allemande WDR d’un programme présentant un panorama de la montée récente de l’antisémitisme en Europe. Il devait s’intégrer aux nombreuses émissions qu’ARTE consacre à l’Europe, autre thème cher à la chaîne, en particulier en cette année 2017 aux enjeux particulièrement importants. Le programme qui a été livré porte essentiellement sur le Moyen-Orient. Nous ne pouvions donc pas l’accepter. Cette position n’a rien à voir avec un quelconque jugement sur la qualité du film, et encore moins sur les thèses qu’il défend. Mais nous ne pouvons pas laisser l’initiative à un tiers de ne pas respecter nos procédures, quel que soit le thème du film, et de décider tout seul ce que nous devons ou pouvons diffuser. Ces « procédures » ne sont pas bureaucratiques, mais sont destinées au contraire à éviter tout arbitraire. Il ne s’agit donc pas d’un « blocage de la diffusion » ni d’un quelconque jugement de fond, mais bien de l’exercice de nos responsabilités collectives, dans le cadre de nos textes fondateurs. 

Voir de plus:

Franco-German TV network drops film on antisemitism because it is ‘pro-Israel’

Benjamin Weinthal
The Jerusalem Post
June 7, 2017

Television network ARTE is facing some serious backlash after deciding to drop a film it commissioned about antisemitism in Europe.

An image from the film that was dropped because it depicted antisemitism in a « pro-Israel » light. . (photo credit:screenshot)

Editors from the Franco- German TV network ARTE have reneged on showing a widely acclaimed documentary on the explosion of lethal antisemitism in Europe, because the film is considered pro-Israel.

ARTE commissioned the 90-minute documentary, Chosen and Excluded – Jew Hatred in Europe, in 2015.

Joachim Schroeder, who filmed the documentary, told The Jerusalem Post on Tuesday that the editors failed to recognize that “modern antisemitism is anti-Zionism.”

He added that there is fierce opposition within European television outlets to refrain from bashing Israel.

“You can’t make a film on antisemitism without saying every three minutes that the Palestinians are the victims of Israelis.”

Le Monde wrote in its headline about the row: “ARTE, a hint of the censor.”

Schroeder, along with Sophie Hafner from his Munich-based Preview Production company, covered the most serious outbreaks of violent antisemitism in Europe in the film, including the Islamic-animated murders of French Jews and Israelis in Belgium and France.

European political support of antisemitism targeting Israel is presented in the film, including a speech by the Palestinian Authority’s Mahmoud Abbas who told European lawmakers that rabbis urged Israel’s government to poison Arab water supplies.

The European Parliament rewarded Abbas with a standing ovation.

According to The New York Times, Abbas’s speech of June 23, 2016, recalled “antisemitic claims that led to the mass killings of European Jews in medieval times.” Martin Schulz, then-president of the European Parliament and currently the Social Democratic challenger to Chancellor Angela Merkel for the leadership of the German government, praised Abbas’s speech.

The film shows the growth of the BDS campaign targeting the Jewish state. The research into the film covered a BDS event in Munich, which in 2015 provided city-funded space to Christoph Glanz, a leading BDS advocate, to call for the boycott of Israel.

The Simon Wiesenthal Center cited Glanz, a public school teacher in the northern city of Oldenburg, in its list of the Top Ten Worst Anti-Semitic/ Anti-Israel Incidents in 2016.

“Glanz, who has tried posing as a Jew to avoid charges of antisemitism, recently called for the eradication of the State of Israel and relocation of its Jews to southwestern Germany,” the Wiesenthal Center noted.

Leading experts on antisemitism, Islamism and German history endorsed the film as an outstanding exposé on the new forms of antisemitism plaguing Europe.

Writing in the Berliner Zeitung daily, Götz Aly, a German historian who has written books about antisemitism, said ARTE’s decision to not show the film “stinks to high heaven.” He spoke of a censor at work. ARTE and its sister outlet in Germany, WDR, are publicly funded outlets.

Israeli-Arab psychologist Ahmed Mansour, in an email to Sabine Rollberg, the Cologne-based editor-in-chief of WDR/ARTE, said the film was “great” and “long-overdue.”

Mansour lives in Germany and is an expert on radicalization among Muslims.

Rollberg faced massive criticism because she voted at an editorial meeting to show the film. According to German media reports, ARTE editors ultimately decided not to show Chosen and Excluded – Jew Hatred in Europe because “The film is a provocation,” “The film pours oil into the fire,” “The film shouldn’t be shown because of terrorism,” “The film is anti-Protestant, anti-Muslim and pro-Israeli,” “The film is biased.”

ARTE, in a statement on Tuesday, said the accusation of antisemitism leveled against it is “grotesque,” and that for it “can attest to its engagement against antisemitism for the past 25 years and it will continue to do so in the future.”

ARTE claimed that Schroeder violated its program plan and focused largely on the Middle East, and did not address antisemitism in Norway, Sweden, the UK, Hungary and Greece.

Schroeder flatly denied ARTE’s account, saying that he delivered by filming antisemitism in Germany and France. A 90-minute film can’t possibly cover antisemitism “from Oslo to Minsk,” he added.

WDR said it “respects ARTE’s decision” and “rejects the accusation of antisemitism.”

Alex Feuerherdt, a journalist who has written extensively on German antisemitism, rejected ARTE’s assertion that it fights antisemitism. “ARTE has always in the past showed films in its program that present Israel in a dark light,” he noted.

A Post query to Tom Buhrow, the head of WDR in Cologne, was not immediately returned.

Voir encore:

G-W Goldnadel : « Ce que révèle l’indifférence vis-à-vis de la mort de Sarah Halimi »
Gilles William Goldnadel
Le Figaro
22/05/2017

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Dans sa chronique, Gilles-William Goldnadel dénonce l’occultation de la réalité qui entoure le « nouvel antisémitisme » en France. Avocat de la famille de Sarah Halimi, il revient notamment sur son assassinat, d’une violence inouïe.


Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.


L’idéologie est un génie. Un mauvais génie, mais c’est un génie. Il gouverne sans bruit les esprits, ouvre des portes et en cadenasse d’autres plus hermétiquement que celle de la plus scellée des cellules.

C’est l’idéologie qui a privilégié le débat économique durant la campagne présidentielle et a dissimulé sous le tapis les questions identitaires, sécuritaires, migratoires et islamiques. C’est la même idéologie qui aura fait resurgir des limbes Vichy , le Vel’ d’Hiv’ et le combat antifasciste. Seule cette idéologie innomée aura réussi à maintenir un tel surmoi paralysant que même la candidate qui aurait eu le plus grand intérêt électoral à privilégier la question migratoire sur la question économique, ne l’aura qu’à peine évoquée.

Pour ceux qui douteraient encore des menées délibérées comme de la puissance de cette idéologie de l’occultation des thèmes dérangeants, rien de mieux- ou de pire- que des exemples aussi récents qu’irréfutables.

C’est ainsi que je conseille aux germanophones le Berliner Zeitung de la semaine passée. Pour ceux qui sont peu familiers de la langue allemande, je recommande la lecture édifiante d’un article de Causeur publié le mercredi 17 mai et intitulé «Arte, la chaîne des maîtres censeurs».

Son auteur s’appelle Luc Rosenzweig. Après avoir officié longtemps dans les colonnes du journal Libération, il est devenu rédacteur en chef adjoint du Monde et son correspondant en Allemagne jusqu’à sa retraite.

Il confirme que la direction de la chaîne culturelle franco-allemande a volontairement passé à la trappe un documentaire sur l’antisémitisme en Europe. Seul motif: la haine antijuive arabo-musulmane était trop mise en lumière…

Il s’agit ainsi d’une première dans l’histoire d’Arte. Son directeur de programme a décidé de ne pas diffuser un documentaire produit et payé par la chaîne de service public.

Rosenzweig explique que pour la présidente de la chaîne franco-allemande-passionnée, on le sait, par la Shoah- la dénonciation de l’antisémitisme se limite exclusivement à l’exploration de «ce ventre fécond dont est sortie la bête immonde». Méfiants devant le projet, les dirigeants de la chaîne avaient exigé sa supervision par un auteur réputé en la personne de l’Arabe israélien Ahmad Mansour pour garantir l’impartialité du projet. Celui-ci est furieux de la censure intervenue: «ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaîne publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel…»

Ainsi que Rosenzweig, qui a visionné le film, l’explique: «ce qui gêne Arte aux entournures, c’est la démonstration implacable qu’il existe une continuité entre le discours propagandiste d’un Mahmoud Abbas déclarant devant le Parlement européen que «les Israéliens empoisonnent les sources de Cisjordanie pour faire fuir les paysans arabes de leurs terres» et l’antisémitisme d’une partie des O.N.G. gauchistes ou d’églises protestantes allemandes».

Autre faute de goût impardonnable, le film censuré aurait donné à voir comment le courageux François Pupponi, maire socialiste de Sarcelles, se désole de voir le pacte républicain français battu en brèche par les islamistes radicaux et antisémites à l’œuvre sur cette commune… visitée récemment de manière autrement plus consensuelle par notre nouveau président de la république.

Dans la même implacable logique d’occultation idéologique, on apprenait (Marianne, 26 avril 2017) que le CSA avait décidé d’ouvrir l’instruction d’un dossier à l’encontre d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro, pour avoir osé reprendre sur la chaîne C News, le sondage de l’institut Montaigne démontrant que «27 % des Français musulmans et 50 % des jeunes musulmans des cités se réclamaient au bout du compte de l’idéologie de l’État islamique»

On se souvient que c’est le même CSA qui s’était saisi des propos de Georges Bensoussan sur l’antisémitisme islamique tenus dans le cadre de l’émission «Réplique» animée par Alain Finkielkraut sur France Culture. On connaît la suite judiciaire.

Je précise, pour mettre en perspective, que le CSA ne s’était pas saisi, pas plus qu’il n’a encore répondu à ma saisine, des appels au meurtre d’un président démocratiquement élu à la présidence des Etats-Unis tenus par Laurent Ruquier sur la deuxième chaîne nationale de service public.

Dans ce contexte délétère, la nomination de Marlène Schiappa au poste stratégique de secrétaire d’État aux droits des femmes illustre au-delà de toute désespérance les doutes que m’inspire le nouveau pouvoir et que je confessais déjà dans ma précédente chronique.

Celle-ci se sera en effet illustrée dans un article (22/7/14 Huffington Post) dans lequel elle s’en prenait violemment à Manuel Valls pour avoir osé désigner, lors d’un discours de commémoration du 72e anniversaire de la rafle du Vel d’hiv, au lendemain d’exactions antijuives, l’antisémitisme islamique et la détestation d’Israël comme les principaux vecteurs de la criminalité judéophobe.: «Comme tant d’autres, je me sens visée par vos propos quand vous parlez de l’antisémitisme des quartiers populaires…»

Difficile de ne pas constater dans ce déni borné, la régression intellectuelle en marche.

C’est donc dans ce cadre idéologique d’occultation, de dénégation, de censure et de répression avérées que je veux enfin évoquer le sort funeste de Sarah Halimi, torturée et défenestrée par un musulman radical de 27 ans, le 4 avril dernier.

Il est de mon devoir impérieux que je l’évoque puisque, très exactement pour les mêmes raisons que les affaires qui précèdent, celle-ci fait l’objet d’une sombre omerta dont les ressorts cachés viennent d’être démontés.

Je connais bien le dossier, puisque la sœur de la défunte m’a demandé de la représenter.

Je peux donc affirmer, en pleine connaissance de cause, que l’assassin présente le profil classique des criminels islamistes habituels: petit caïd bien connu des services de police du 11e arrondissement pour ses multiples condamnations, lui et sa bande faisaient régner la peur dans le quartier Bastille-Vaucouleurs.

À plusieurs reprises, il avait insulté sa victime, qui le craignait, en la traitant de «sale juive».

De multiples témoins et voisins attestent avoir entendu «Allah Akbar!» tandis qu’il s’acharnait sans fin sur la malheureuse, alors même que la police était depuis longtemps sur les lieux.

Je dois encore constater, qu’alors que cet assassin exalté ne présentait aucun antécédent psychiatrique, en pleine période électorale, le processus habituel de psychiatrisation de l’assassin islamiste a été adopté. Celui-ci se trouve en conséquence dans un établissement de soins fermé et non une prison.

Mais ce qui serre le plus le cœur de l’homme et de l’avocat, ce qui révolte son esprit, ce qui fait chavirer son âme pourtant douloureusement habituée, s’appelle l’indifférence publique.

Je ne parle pas de l’opinion. La malheureuse est égarée depuis trop longtemps par ceux qui la font et la trompent, et lui montrent ce qu’ils veulent, et lui cachent ce qu’ils ne veulent montrer.

L’idéologie est un mauvais génie.

Elle s’appelait Sarah Halimi.

Voir par ailleurs:

Meurtre de Sarah Halimi : un appel pour que la lumière soit faite

Une quinzaine d’intellectuels français ont signé un appel pour que la vérité autour de ce meurtre soit enfin dite. L’essayiste Céline Pina nous explique pourquoi.

Le Point

02/06/2017

Au fur et à mesure que l’enquête avance, la dimension antisémite se fait de plus en plus évidente. On est alors plusieurs à se dire que cette femme ne méritait pas de disparaître dans un silence aussi pesant. Fallait-il renoncer à qualifier cette réalité par peur de faire monter le FN ? C’est une logique qui me semble dangereuse et signer cette pétition, proposée par Alexandre Devecchio et Naomi Hal, nous a offert une forme de rédemption.

Pensez-vous que l ‘institution judiciaire a fait preuve d ‘un doute coupable sur ce dossier ?

L’institution judiciaire a été prudente, elle a pu douter et se dire qu’il fallait calmer le jeu. Pour autant, il me semblerait malvenu de mettre en accusation le procureur Molins. Le contexte était inflammable et violent, nous avons tous été lents à la détente. L’erreur est humaine, on se réveille un peu tard, il nous faut maintenant agir. Nous voulons savoir pourquoi la police n’est pas intervenue et demandons la requalification des faits.

Est-ce un meurtre à caractère antisémite ? Un acte terroriste ? Un coup de folie ?

Les éléments dont nous disposons aujourd’hui conduisent à penser qu’il s’agit d’un meurtre à caractère nettement antisémite. Le profil du meurtrier indique que cet antisémitisme semble avoir été cultivé par des islamistes qui, comme tous les radicaux, ont besoin d’ennemis pour exister…

Voir aussi:

Ferrand, Sarnez, Bayrou… La spirale sans fin de la moralisation

Même sans suite judiciaire, les soupçons sur l’exemplarité des ministres sont devenus un motif d’appel à la démission. Pour le meilleur et pour le pire
Geoffroy Clavel
The Huffington Post
31/05/2017

POLITIQUE – « Je ne me retirerai pas. J’ai ma conscience pour moi, je ne suis pas mis en cause par la justice. » Une semaine après la parution de l’article du Canard Enchaîné le mettant en cause, Richard Ferrand en est réduit à répéter inlassablement ces deux mêmes arguments. Malgré un mélange des genres manifeste entre ses activités professionnelles et sa vie privée, il n’a, a priori, rien fait d’illégal. En l’état actuel des choses, il n’est la cible d’aucune procédure judiciaire, le parquet de Brest ayant estimé qu’aucun des faits portés à sa connaissance ne justifiaient ne serait-ce que l’ouverture d’une enquête préliminaire.

Problème: ces critères ne suffisent pas, ne suffisent plus devrait-on dire, à éteindre l’incendie d’une polémique qui parasite les premiers pas du gouvernement Philippe et fragilise chaque jour un peu plus le ministre de la Cohésion des territoires.

Car le débat sur la moralisation de la vie publique (le terme à son importance) a depuis très largement dépassé le cadre normé des procédures judiciaires et des prétoires pour s’installer sur le terrain beaucoup plus mouvant de la morale publique.

La polémique Ferrand n’est pas l’affaire Fillon: et alors?

Voilà sept jours que les ténors du parti présidentiel et de l’exécutif se relaient dans les médias pour marteler que le « débat Ferrand » n’a strictement rien à voir avec « l’affaire Fillon ». L’ancien premier ministre était accusé d’avoir détourné de l’argent public, Ferrand rappelle qu’il était à la tête d’un organisme privé. Fillon se voyait reprocher d’avoir embauché des proches à des postes fictifs, Ferrand démontre que l’appel d’offres remporté par sa femme a été validé par son conseil d’administration et a bien été honoré. Le Parquet national financier s’était immédiatement saisi du cas Fillon, il s’est déclaré incompétent pour celui de Ferrand. Fillon avait promis de se retirer s’il était mis en examen avant de se raviser, Ferrand ne fait l’objet d’aucune plainte ni d’aucune poursuite.

Et alors? Tout en rappelant que seule une mise en examen entraînera automatiquement la démission d’un de ses ministres, le premier ministre Edouard Philippe se voit lui-même contraint de reconnaître que « l’exaspération des Français » à l’égard de leur classe politique compte désormais au moins autant que les faits. « J’ai parfaitement conscience que des usages et des comportements passés qui ne sont pas illégaux mais qui ne sont plus acceptés aujourd’hui, ne peuvent plus être tolérés », a convenu le chef du gouvernement sur France2. Autrement dit, le problème n’est plus légal, il est moral et donc essentiellement politique.

C’est précisément ce que pilonnent les adversaires de l’exécutif qui, tout en constatant l’absence de faits répréhensibles par la loi, placent l’affaire Ferrand sur le plan d’une exemplarité de principe. « Ça n’est pas illégal mais c’est moralement insupportable », a résumé l’ancien candidat à la présidentielle socialiste Benoît Hamon. « La loi, elle ne suffit pas, il faut un climat de confiance. Il faut trouver un moyen d’éradiquer le doute », a renchéri la députée LR Nathalie Kosciusko-Morizet.

Les Français ne leurs donnent pas tort. 70% des personnes interrogées par Harris Interactive pour RMC et Atlantico estiment que le ministre de la Cohésion des territoires doit démissionner contre 30% qui estiment qu’il peut rester en place. D’après cette enquête, 73% des personnes interrogées jugent que les faits reprochés à Richard Ferrand sont graves.

Une dénonciation politique se mue en motif de démission

Effet pervers? Cette soif inextinguible de « moralisation » fait reposer sur les épaules des responsables politiques un impératif d’exemplarité aux contours fluctuants, certains comportements tolérés dans une entreprise privée étant désormais proscrits dans le domaine politique. « Dans les entreprises, vous ne croyez pas que l’on prend de préférence pour les jobs d’été les enfants des employés de l’entreprise? », a rappelé sur Europe1 le député René Dosière, « inquiet » de voir une morale politique s’appliquer à la vie privée des élus.

« On a l’impression que tout comportement de type privé se trouve mis et jugé sur la place publique. Au nom de quoi? Au nom de la morale. […] On en a rien à faire de la morale », a-t-il mis en garde en pointant le risque de « chasse à l’homme ».

De fait, l’exemplarité de principe qui est exigée d’eux place les responsables politiques la merci de la moindre manoeuvre de déstabilisation. Visée comme une vingtaine d’autres eurodéputés par la dénonciation d’une eurodéputée FN qui leur reproche l’embauche d’assistants cumulant travail au Parlement et fonctions politiques, la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet de Paris. Une procédure judiciaire censée vérifier si les faits dénoncés sont potentiellement répréhensibles.

La ministre a eu beau, comme nombre de ses collègues mis en cause, porter plainte pour dénonciation calomnieuse, le soupçon jeté par une adversaire politique, dont le parti est lui-même poursuivi pour des faits similaires, suffit à lui seul à remettre en cause sa place au sein du gouvernement. Selon l’étude Harris Interactive, 65% des Français jugent que les faits qui lui sont reprochés sont graves. 62% estiment qu’elle devrait démissionner.

La mise en examen, un critère bancal de démission

Pour l’heure, le gouvernement fait mine de résister à cette pression « moralisatrice ». Le premier ministre chercherait même à éviter à tout prix d’utiliser le mot. Cité par Le Canard Enchaîné, Edouard Philippe aurait insisté pour que la grande loi en préparation ne contienne pas le terme « moralisation » dans son intitulé: « Il pourrait revenir comme un boomerang ». Il n’est pas le seul.

Même la mise en examen, désignée comme un élément objectif pour contraindre un ministre à la démission, est un critère bancal pour juger de la probité d’un responsable politique. Poursuivi en diffamation par une association paloise pour des propos tenus en 2015 lors d’un conseil communautaire, le ministre de la Justice François Bayrou est mis en examen. Doit-il se démettre de ses fonctions comme le réclament certains de ses opposants dans l’attente d’un procès programmé… en 2019?

Si tel était le cas, il suffirait alors à l’opposition ou à n’importe quel citoyen d’attaquer les ministres pour diffamation ou injure publique afin d’obtenir leur départ, ces deux procédures entraînant automatiquement une mise en examen.

Voir de même:

Gilles Kepel : « Les islamo-gauchistes, ces charlatans ! »

Dans l’entretien qu’il nous accordait à l’occasion de la sortie de son livre « la Fracture », Gilles Kepel accusait une partie des intellectuels de gauche, idéologues utiles des islamistes, de minimiser le phénomène djihadiste. Une cécité criminelle, dénonce le spécialiste de l’islam.

Sara Daniel
L’Obs
02 novembre 2016

Directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’Ecole normale supérieure et professeur à Sciences-Po, Gilles Kepel publie cette semaine chez Gallimard « la Fracture », un livre conçu autour des chroniques radiophoniques qu’il a tenues chaque semaine sur France-Culture. Entretien.

Dans votre livre, vous dénoncez violemment « les autruches de la pensée dénégationniste », qui situent la cause du mal absolu dans l’islamophobie, notion que les islamistes et leurs compagnons de route ont fini par imposer pour interdire, dites-vous, tout débat sur la deuxième religion de France. A l’heure où le débat politique sur l’islam n’en finit pas de se crisper, y avait-il urgence à dénoncer le fonctionnement de ceux que vous qualifiez d' »islamo-gauchistes » ?

Oui, car ces intellectuels tétanisés par la culpabilité postcoloniale battent la campagne médiatique. Ils font de l’islamophobie le ressort exclusif des grandes manifestations antiterroristes du 11 janvier… Proclamer « Je suis Charlie », c’est pour eux faire acte d’islamophobie ! Cette cécité les conduit à minimiser le péril djihadiste de peur de désespérer Molenbeek comme les compagnons de route du Parti communiste s’interdisaient de dénoncer les exactions du stalinisme de peur de « désespérer Billancourt ».

Par-delà l’organisation terroriste Daech, qui a fracturé la cohésion rêvée de la patrie, je crois que deux forces de désintégration sont à l’œuvre dans la société française. D’une part, les mouvements communautaristes, qui font prévaloir l’appartenance religieuse et ses marqueurs dans l’espace public. De l’autre, une conception identitaire et étroite de la France, dont le fond est ethno-racial et xénophobe.

Mon livre est destiné à nourrir le grand débat de société qui doit absolument précéder les élections présidentielle et législatives de 2017. En tant qu’universitaire travaillant sur ces enjeux depuis trois décennies, je me livre à une analyse sans dramatisation mais sans complaisance du défi mortel que pose le djihadisme à notre pays et que cherchent à occulter une partie de nos intellectuels de gauche.

Selon vous, la fracture culturelle et civilisationnelle de la société française apparaît à la faveur des attentats du 7 janvier?

Précisément, ce qui fait que, du point de vue jihadiste, c’est l’attentat le plus réussi. Pourquoi ? Parce que les dessinateurs de « Charlie Hebdo » sont perçus, dans une partie de la jeunesse musulmane européenne et française, comme des gens qui l’ont bien cherché. De même qu’il y avait eu des milliers de like sur Facebook pour Merah, il y en a eu pour les frères Kouachi, pour Coulibaly, etc. Cela aboutit à ce clivage, qui est exacerbé par toute cette mouvance islamogauchiste dont Emmanuel Todd se fait le porte-parole, sans doute inconscient à l’époque, avec son livre « Qui est Charlie ? ».

Dans votre livre, vous revisitez l’incroyable enchaînement des faits de l’été 2016 : de l’attentat de Nice à l’irruption de la question du burkini dans le débat public.

L’attentat à Nice le 14 juillet tue 86 personnes sur la promenade des Anglais, parmi lesquels du reste plus du tiers sont des musulmans (30 personnes). La cible est double. D’un côté, c’est le symbole de la « fête païenne » du 14-Juillet. La Révolution française se produit au même moment que l’émergence du wahhabisme en Arabie saoudite, c’est-à-dire à la fin du XVIIIe siècle, et en est l’exact contraire. Une victoire de la laïcité détestée. En même temps, l’attentat survient sur le lieu emblématique de l’hédonisme mondialisé. La promenade des Anglais, comme son nom l’indique, c’est international, c’est connu dans le monde entier. La French Riviera, la Côte d’Azur… Un attentat contre la civilisation hédoniste européenne.

Ce qui est fascinant, c’est que, du 14 juillet jusqu’au 26 juillet (l’assassinat du père Hamel), la France est dépeinte dans la presse internationale et notamment anglo-saxonne comme victime de la terreur. Elle est plainte, il y a de la commisération. Et soudain, à partir du mois d’août, lorsque arrivent les arrêtés anti-burkini des municipalités du littoral méditerranéen, la victime va se transformer d’un jour à l’autre en bourreau.

Cette inversion paradoxale, qui est une imposture exceptionnelle, est menée en particulier par un groupe qui s’appelle le Collectif contre l’Islamophobie en France (CCIF), organisation proche des Frères musulmans, qui va tirer profit de la frustration de jeunes musulmans qui en ont assez de devoir rappeler qu’ils ne sont pas des terroristes.

Vous dites que se produit alors un refoulement psychanalytique, qui est l’occultation des attentats?

Oui, ce qui me ramène à une expérience personnelle. Au mois de mai dernier, j’ai été invité par le Bondy Blog à participer à un débat. J’ai beaucoup travaillé sur la Seine-Saint-Denis, à Clichy, Montfermeil, et j’avais des contacts avec leurs journalistes. Des jeunes issus de l’immigration qui étaient dans une logique d’insertion sociale, qui voulaient créer un journalisme alternatif et ouvert. A ma stupéfaction, les trois journalistes chargés de m’interviewer m’ont accusé pendant tout l’entretien d’être islamophobe ! C’était juste avant que je sois condamné à mort par Larossi Abballa dans sa vidéo du 13 juin au soir. Mais ils ne parlaient jamais des attentats et uniquement de l’islamophobie : les femmes voilées traînées par terre, la société française islamophobe, etc. J’ai compris depuis lors que le Bondy Blog avait été totalement repris en main par cette frange frériste qui a fait de l' »islamophobie » son principal slogan.

Pour les Frères musulmans, dans la mouvance de Tariq Ramadan, comme pour Marwan Muhammad (le directeur exécutif du CCIF), il y a une volonté manifeste de mobiliser cette jeunesse musulmane en occultant le phénomène des attentats, en se refusant à le penser. C’est la « forclusion », comme on dirait en psychanalyse lacanienne, des attentats, pour se focaliser sur une victimisation communautaire de la population concernée. Ce que les jihadistes ne parviennent pas à faire, c’est-à-dire à mobiliser, parce qu’ils font horreur, les Frères musulmans le réussissent en offrant un regroupement de défense identitaire. Les Frères musulmans ont été durablement affaiblis en Egypte par le régime du maréchal Sissi, et beaucoup sont aujourd’hui exilés en Turquie. Et c’est à partir de la Turquie que leur stratégie de conquête de l’Europe s’est construite, soutenue par le Qatar.

Le CCIF est le produit de cette stratégie. Le CCIF s’adresse à cette jeunesse qui a fait des études (Marwan Muhammad a été trader, formé à l’université Léonard-de-Vinci de Charles Pasqua) et qui se perçoit en dissidence culturelle avec la société française ; mais contrairement aux salafistes – qui visent la hijra, c’est-à-dire la rupture culturelle, éventuellement le départ – et contrairement aux jihadistes qui veulent tuer tout le monde –, eux sont dans la logique de construction d’un lobby communautaire.

Qui est Marwan Muhammad ?

C’est le directeur exécutif du Comité contre l’Islamophobie, le CCIF. Il a fait la une du « New York Times » comme porte-parole de l’islam de France, avant que ce quotidien ne dépeigne la France comme une sorte de goulag pour les musulmans, et dont la laïcité tiendrait lieu de stalinisme. Souvenez-vous de l’affaire de Tremblay-en-France, au cours de laquelle deux jeunes femmes voilées, dans des circonstances qui restent encore obscures, n’ont pas été servies par un restaurateur. Le lendemain, le 28 août, Marwan Muhammad s’est rendu à la mosquée de Tremblay. Là, il prononce un discours fondamental pour comprendre la stratégie des Frères musulmans… Il dit la nécessité de rassembler les musulmans de France autour de questions éthiques, et cela dans la perspective de l’élection de 2017, où le CCIF décernera aux différents candidats le label « islamophobe » ou « moins islamophobe » : il s’agit donc clairement de construire un lobby communautaire qui va monnayer politiquement ses voix.

Certains positionnements par rapport à l’affaire du burkini ont ainsi été conditionnés par la perspective des élections législatives de 2017.

Selon vous, l’affaire du burkini a donc été instrumentalisée à la fois par les islamistes au service d’une stratégie de construction identitaire et par les politiques par calcul électoral?

Oui, et aussi, pour certains politiciens, par idéologie. Ainsi, les gauchistes, qui sont en perte de vitesse idéologique dans la société, se sont mis à considérer les enfants d’immigrés musulmans comme leur nouveau prolétariat messianique. Faire un bout de chemin avec les musulmans exploités contre la bourgeoisie devenait plus important que de s’en tenir à la ligne qui faisait de la religion l’opium du peuple du marxisme fondamental.

Ce qui est cocasse, c’est qu’on a, d’un côté, un islam du gauchisme et, de l’autre côté, un communautarisme électoral porté par la droite – qui va aussi jusqu’à l’extrême droite.

D’ailleurs, dans un de vos livres précédents, « Passion française », vous décriviez la présence de candidats soraliens musulmans en banlieue aux élections de 2012…

Oui, ils s’inventent une vision du monde commune et paradoxale sur la base d’une « alliance anticapitaliste et antisioniste ». Lorsque Daech égorge des gens dans des vidéos, Soral et Dieudonné se gaussent de l’horreur que ressent la société en disant : mais, après tout, ça nous rappelle quelque chose, la « Terreur » n’était-elle pas le fondement de la Révolution ? Et la démocratie, la laïcité dont on se gargarise, sont bâties sur la décapitation de Louis XVI. Rachid Kassim, qui tient les têtes des chiites qu’il a exécutés, avant de faire un slam qu’il adresse à François Hollande, s’inscrirait dans cette continuité.

Comment expliquer l’omniprésence de l’islam dans les débats de la campagne électorale?

Aujourd’hui, le clivage entre la droite et la gauche sur lequel était fondée la vie politique française n’a plus de signification. La société comporte actuellement un néo-prolétariat dans les banlieues populaires, dans lequel il y a beaucoup d’enfants d’immigrés qui n’ont plus accès au marché du travail, non seulement à cause des discriminations, mais parce que notre système éducatif est découplé des besoins de l’économie numérique postindustrielle. Et c’est parmi ceux qui vont à l’université que la mouvance des Frères musulmans recrute – alors que le salafisme touche des milieux moins éduqués. En même temps, il y a une marginalisation croissante de classes populaires, si j’ose dire, « de souche », qui sont confrontées à des situations de précarité.

A la logique de clôture communautaire des uns s’oppose la logique de clôture identitaire des autres. C’est cet affrontement qui est en train de devenir un des éléments structurants du débat politique français. La petite bourgeoisie périurbaine, qui votait à gauche, est en train de basculer vers Marine Le Pen. Ainsi, une partie des enseignants votent pour le Front national parce qu’ils sont confrontés dans les collèges des ZEP et ailleurs à des élèves qui sont dans une telle logique d’affirmation communautariste qu’ils mettent en cause les enseignants qui, pour 2.000 euros par mois en fin de carrière, font un boulot extrêmement dur, et ne sont pas suivis par leur hiérarchie qui ne veut pas faire de vagues.

En 2012, les électeurs se déclarant musulmans ont voté majoritairement à gauche. Et, en 2017, comment vont-ils voter?

En 2012, Hollande a gagné avec une marge très faible. S’il n’y avait pas eu ce vote « musulman » massif en sa faveur, il ne serait pas passé. Or il le perd à partir du projet de mariage pour tous. Dès les élections partielles de décembre 2012, dans les circonscriptions où le Conseil constitutionnel a invalidé les résultats de juin, on voit que certains quartiers populaires basculent vers des candidats de droite, dont plusieurs m’ont dit leur stupéfaction. Ils avaient vu des bureaux de vote « musulmans » qui leur avaient donné moins de 10% des voix en juin 2012 leur conférer une large majorité en décembre. Pourquoi ? Parce que l’imam en chaire le vendredi précédent avait appelé à sanctionner dans les urnes les « socialistes corrupteurs sur la terre », qui avaient permis le mariage homosexuel. Et c’est un enjeu très important, qui va se traduire par la participation d’un certain nombre d’associations islamiques à la Manif pour tous. Ainsi Kamel Bechikh de Fils de France, par ailleurs proche du Front national, est l’un des porte-parole du mouvement.

La sanction électorale la plus frappante a lieu en Seine-Saint-Denis (municipales de 2014), où sur 40 communes 21 seront remportées par la droite et 19 par la gauche. C’est une tendance qu’a bien su exploiter Jean-Christophe Lagarde (le patron de l’UDI en Seine-Saint-Denis). Ainsi, Bobigny, qui était communiste depuis que le communisme existe, va basculer à droite. Les groupes islamistes s’y allient aux politiciens conservateurs au nom de revendications si j’ose dire « éthiques », disons plutôt de morale sociale contre l’hédonisme.

C’est la grande question qui déchire les spécialistes de l’islam : le salafisme conduit-il au jihadisme ? Peut-on dire qu’il est en expansion en France ?

Le mouvement salafiste émerge en France dans les années 1990, après que beaucoup de jeunes musulmans de l’époque ont soutenu Saddam Hussein contre l’Arabie saoudite, qui pourtant avait abondamment financé les mosquées. Pour regagner les cœurs, les Saoudiens vont envoyer de nombreux prédicateurs avec beaucoup d’argent pour développer des allégeances au salafisme en France. Ils ciblent les populations fragiles et en particulier les enfants de harkis, que ceux du FLN stigmatisent comme des agents de la France. Certains jeunes descendants de harkis, à ce moment-là, vont voir dans l’exacerbation de l’identité islamique une occasion de se défendre contre les gosses du FLN en se drapant dans le manteau du salafisme. Ce salafisme va se répandre dans la jeunesse en même temps que la situation sociale se dégrade dans les quartiers populaires. Lorsque j’ai publié en 1987 « les Banlieues de l’islam », les marqueurs de la salafisation (barbes, djellabas et niqabs) étaient inexistants. Un quart de siècle plus tard, ils sont monnaie courante.

Les salafistes ne préconisent pas la violence, puisqu’ils sont liés au système saoudien et que l’Arabie saoudite n’a aucune envie de faire la guerre avec ceux qui lui achètent son pétrole. Mais il fournit le socle de la fracture culturelle sur laquelle se construira assez aisément le passage à l’acte violent lorsque les jihadistes le prêcheront.

Olivier Roy réfute la thèse selon laquelle le jihadisme découle d’une radicalisation religieuse, et vous accuse de tout islamiser…

Olivier Roy, qui n’a plus fait de travail de terrain depuis des années et qui ignore la langue arabe, s’efforce de me « zemmouriser ». Je les renvoie l’un à l’autre : tel Ulysse, je m’efforce de mener ma barque universitaire entre les sirènes de ce Charybde et de ce Scylla sur lesquelles la pensée ne peut que se fracasser… Lorsqu’il dit que j’islamise tout, c’est de bonne guerre rhétorique, mais c’est faux. J’essaie simplement de montrer quelles sont les stratégies par lesquelles jihadistes d’un côté, salafistes d’un autre, Frères musulmans d’un troisième s’efforcent de capter la population musulmane de France, sans du reste y arriver pour l’instant. Je ne suis pas pessimiste. Je suis convaincu que la laïcité de la République, à condition d’être pensée comme une laïcité d’inclusion et non pas une laïcité de séparation, est porteuse de l’avenir de notre pays.

Maintenant, prétendre que la tentation du jihad découle d’un nihilisme mortifère, d’une volonté de suicide qui aurait revêtu par hasard les oripeaux de l’islamisme, c’est très insuffisant. Les individus qui sont prêts à sacrifier leur vie le font parce qu’ils sont sûrs que leur mort va amener la rédemption de l’humanité. Ce qui n’a rien à voir avec le suicide nihiliste. Je reste persuadé qu’il faut revenir aux textes : lire les écrits de Daech. Si on n’analyse pas la spécificité du jihadisme actuel, si on ne l’inscrit pas dans la relation avec le Moyen-Orient, avec l’Afrique du Nord, si on ne comprend pas ce que ça signifie que, dans l’idéologie du jihadisme de troisième génération, l’Europe soit identifiée spécifiquement comme le ventre mou de l’Occident … on passe à côté du phénomène.

Donc vous rejetez complètement la thèse qui explique la tentation jihadiste par l’islamisation de la radicalité d’une partie de la jeunesse, et dont le meilleur argument, semble-t-il, réside dans le constat de l’analphabétisme doctrinal des terroristes ?

Mais au nom de quoi les jihadistes devraient-ils tous être des docteurs d’université !? Ça n’a jamais été le cas. Que certains jeunes passent par la délinquance, et ensuite voient dans le jihadisme une rédemption, c’est un fait. Mais pour cela, ils passent par la case mentale du salafisme : la rupture culturelle. A partir du moment où quelqu’un comme vous ou moi est considéré comme un infidèle, un blasphémateur, la rupture est consommée. La condamnation à mort par les jihadistes s’ensuit aisément.

Je pense qu’il ne faut pas sous-estimer le pouvoir de l’idéologie religieuse, telle qu’elle est manipulée aujourd’hui dans un monde où internet fournit les imams numériques, de mobiliser les individus. Faire l’impasse là-dessus, c’est considérer que les acteurs sociaux sont totalement étrangers à leur destin. Or ce n’est pas le cas. Si on analyse les écoutes du téléphone d’Adel Kermiche, on comprend que celui-ci, pendant un an, en prison, a été exposé dans sa cellule à des prédicateurs qui lui ont appris l’arabe. J’ai vu la cassette de serment d’allégeance qu’il a faite. Son arabe n’est pas parfait, il bute sur les mots, mais il est très correct : la prison française, c’est l’ENA du jihad. D’autre part, pourquoi est-il allé tuer un prêtre ? Parce que les chrétiens représentent le mal, les kouffar (les mécréants) qui ne se sont pas dissociés du bombardement de la coalition des croisés sur l’Etat islamique. C’est bien au nom d’une vision salafiste de fracture du monde.

Comment combattre cette tentation jihadiste ?

En posant d’abord un diagnostic juste sur ce qui se passe en France. Quand en 2012 Mohamed Merah met en œuvre les injonctions d’un prédicateur, Abou Moussab al-Souri (que lui-même les ait lues ou pas, ça n’a pas d’importance, le monde du tweet les traduit et les dilue à l’infini), au fond notre haute fonction publique et nos politiciens n’y comprennent rien. Ils font de Merah un loup solitaire… Cinq ans après, le procès n’a toujours pas eu lieu. Il y a recours contre recours. Au fond, l’affaire Merah, c’est l’échec complet de la hiérarchie du renseignement à ce moment-là. Mais on est dans un monde pyramidal, où la haute fonction publique est incapable de se remettre en question; de ce point de vue, le quinquennat de François Hollande a été désastreux puisque l’université y a été méprisée, que les études arabes y ont été détruites.

Aujourd’hui, on est démuni face à ce phénomène, ce qui explique la floraison d' »experts » bidon, dont les constructions idéologiques se fondent sur l’ignorance du terrain comme des textes. Le postulat de l’islamo-gauchisme est : ce n’est pas la peine de connaître l’idéologie dont se réclament les jihadistes qui sont avant tout des nihilistes. On songe aux beaux esprits de la république de Weimar, qui tenaient « Mein Kampf » à sa parution en 1925, pour les élucubrations exaltées d’un peintre dénué de talent…

L’enjeu, aujourd’hui, c’est de poser le diagnostic le plus juste possible sur le phénomène : bien évidemment cela est fait de controverses, c’est tout à fait légitime, à condition que cela repose sur une vraie connaissance de ce dont on parle. Et comme ce sera largement à l’élu(e) de 2017 de mettre en œuvre la thérapie de la fracture, nos concitoyens ont le droit d’être informés pour se prononcer en connaissance de cause, et non de se faire balader par des charlatans…

Propos recueillis par Sara Daniel

* Directeur de la chaire Moyen-Orient-Méditerranée à l’École normale supérieure et professeur à Sciences-Po.

Voir aussi:

The elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge atrocities, we are still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives.

These attackers are not “evil losers”. They are not “sick cowards”. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us.

Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities?

In his article in The Times yesterday, the communities secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions”, and issue challenges.

Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and that it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s so, why should Muslims need to do anything at all?

The West views Islam through its own cultural prism, which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance.

In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent.

Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia cleric in Australia who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.”

Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists).

But political, aggressive, jihadist Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world. Which is why in 2015 Egypt’s President Sisi remarkably told the imams of Al-Azhar university in Cairo — the epicentre of Islamic doctrinal edicts — that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants”, and so Islam had to have a “religious revolution”.

We should be promoting and defending such Muslim reformers in the desperate hope that they succeed. Instead we knock the ground from under their feet by saying Islamist attacks have nothing to do with Islam. Until and unless Islam is reformed, we need to treat its practices on a scale ranging from extreme caution to outlawing some of them altogether.

Mrs May said we need to make people understand that our “pluralistic British values” were “superior to anything offered by the preachers and supporters of hatred”.

The problem is, though, that Islamists believe their values represent the literal word of God. So to them, no other values can possibly be superior. As a result, you can no more deradicalise them than you could have deradicalised the priests of the Inquisition.

We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. An ICM poll of British Muslims two years ago found that nearly a quarter wanted Sharia to replace British law in areas with large Muslim populations.

Four per cent — equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”.

In other words, we must see jihadist Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society.

So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood.

We should also outlaw Sharia courts because, since Sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all.

The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives.

The chances of any of these measures being taken, though, are slim. There will be inevitable claims that judge-made human rights law, which has often protected the “rights” of extremists rather than their victims, cannot be set aside without “destroying British values”.

Jihadist terrorists, however, are not trying to divide us, destroy our values or stop the general election. They are trying to kill us and conquer us.

If it is to defend itself, a liberal society may need to adopt illiberal measures. If we don’t do so now, we’ll be forced to eventually. The only question is how many will have to die before that happens.

 Voir également:

What must be done to stop terror in Londonistan

June 7, 2017

In the wake of the latest Islamist atrocities in Britain, the murderous vehicular rampage on London Bridge and then the frenzied stabbing of people enjoying a Saturday night out in local eateries, the ensuing blame game has merely highlighted the need to start facing up to what it takes to defend a free society.

Join me here for my take on these grievous events and what Britain should now be doing. A transcript follows below the video.

Does the Prime Minister read my column? In yesterday’s Times, I wrote that the chances of Theresa May doing what needs to be done to tackle Islamist extremism and terrorism are slim because of the constraints of human rights law.

Lo and behold: last night Mrs May announced she would take further condign measures, such as making it easier to deport extremists and restricting the movements of terrorism suspects when there was evidence they posed a threat but which wasn’t enough to present to a court.

“If human rights laws get in the way of doing those things,” she said, “we will change those laws to make sure we can do them”.

Well, I’ll believe that when I see it. The hue and cry that she is proposing to “rip up human rights laws”, as the Guardian put it in its usual tendentious manner, has already started.

The former Director of Public Prosecutions and Labour’s shadow Brexit spokesman, Sir Keir Starmer, claimed on the Today programme this morning (0810) that human rights law had never prevented any Islamist extremist from being properly dealt with. Yet in case after case human rights law has prevented deportations from taking place on the grounds that the suspect’s right to family life takes precedence, or the absence of human rights in the country to which he would be deported meant he couldn’t be sent there, and so on.

The Labour leader, Jeremy Corbyn, says would-be terrorists won’t be deterred by restricting our rights at home. Instead he’s been blaming Mrs May for failing to keep Britain safe from terrorist attacks.

Coming from him, this charge is just astounding. For Corbyn and his Labour party colleagues, backed by the judiciary and the civil liberties lobby, opposed just about every single attempt over the years to beef up security on the grounds that these measures supposedly eroded fundamental human rights. The human rights, that is, of the extremists and terrorists rather than their victims’ right to life and safety.

Faced with the courts’ refusal to deport, the government wanted to lock upon foreign terror suspects. Faced with protests that such detention without trial breached suspects’ human rights, the government introduced control orders. Face with protests that control orders breached suspects’ human rights, the government introduced the deeply inadequate T-PIM restrictions. Yet despite having helped emasculate, cripple and paralyse Britain’s security, the Corbyn Labour party has the gall to pose, on the eve of the general election, as the guardians of public safety.

In the wake of the recent atrocities in London and Manchester there are indeed legitimate and necessary questions to be asked about intelligence and policing mistakes. We’ve learned, for example, that some of these terrorists were on the security radar for a while but then dropped off.

But the police and security service have been foiling plot after Islamist plot: five over the last three months, in addition to the three attacks that tragically did succeed during this period. Maybe there are just too many Islamists in Britain nowadays to cope with. MI5 is monitoring no fewer than 3,500 homegrown terrorist suspects. So it’s not surprising that Britain’s top counter-terrorism police officer, Mark Rowley, says Britain needs to radically rethink its strategy because the terrorism threat is now at a “completely different” level of danger.

But any such new strategy will also fail unless basic assumptions change. Because the elephant is still in the room. Even now, with Theresa May saying “enough is enough” after the London Bridge attack, Britain is still refusing to identify correctly the threat that has already claimed so many lives.

These attackers are not “evil losers” or “sick cowards”, as some have described them. They are not nihilists or psychiatric cases or lone wolves. They are devout and ecstatic Muslim fanatics who are waging a war of religion against us.

Mrs May correctly referred to “Islamist” terrorism. Yet she also said this was a “perversion of Islam”. How can it be a “perversion” when it is solidly rooted in religious texts and theological doctrine validated and endorsed by the world’s most powerful Islamic authorities?

In an article in The Times, the Communities Secretary Sajid Javid tied himself up in knots. He rightly said it wasn’t enough for Muslims merely to condemn terror attacks; they must ask themselves “searching questions” and issue challenges.

Yet he also said the perpetrators were not “true Muslims” and it was right to say the attacks were “nothing to do with Islam”. Well if that’s really the case then why should Muslims need to do anything at all?

The west views Islam through its own cultural prism which equates religion with spirituality. The problem is that Islam is as much a political ideology as a source of spiritual guidance.

In 2010 a German study, which involved intensive questioning of 45,000 Muslim teenagers from 61 towns and regions across the country, found that the more religious they were the more likely they were to become violent.

In Australia Sheikh Mohammad Tawhidi, a Shia Muslim cleric who campaigns against Sunni extremism, has said: “The scriptures are exactly what is pushing these people to behead the infidel. Our books teach the beheading of people.”

Of course, millions of Muslims don’t subscribe to any of this. Some are merely cultural Muslims who observe no religious practices. Some, such as the Sufis or the Ahmadiyya sect, are pious Muslims who are truly peaceful (and are themselves victims of the Islamists).

But political, aggressive, jihadi Islam, constrained for so long by both the Ottoman empire and western colonialism, is now dominant once again in the Muslim world.

Which is why in 2015 Egypt’s President Abdel Fattah al Sisi remarkably told the imams of al Azhar university in Cairo – the epicentre of Islamic doctrinal edicts – that Islam’s corpus of sacred texts was “antagonising the entire world”, that it was “impossible” for 1.6 billion Muslims to “want to kill the rest of the world’s inhabitants” and so Islam had to have a “religious revolution”.

We should be promoting and defending such Muslim reformers in the desperate hope that they succeed. Instead we knock the ground from under their feet by saying Islamist attacks have nothing to do with Islam.

Until and unless Islam is reformed, we need to treat its practices on a scale ranging from extreme caution to outlawing them altogether.

Mrs May said we need to make people understand that our “pluralistic British values” were “superior to anything offered by the preachers and supporters of hatred”.

The problem is, though, that Islamists believe their values represent the literal word of God. So to them, no other values can possibly be superior. As a result, you can no more deradicalise them than you could have deradicalised the priests of the Inquisition.

We must require Muslims to take responsibility for the actions of all in their community. A poll of British Muslims last year found that nearly a quarter wanted sharia to replace British law in areas with large Muslim populations.

Four per cent – equivalent to more than 100,000 British Muslims — said they were sympathetic to suicide bombers fighting “injustice”. Only one in three would report to the police someone supporting terrorism in Syria.

In other words, we need to see jihadi Islam as at the extreme end of a continuum of beliefs which are themselves incompatible with British society.

So we shouldn’t just be stopping people coming back to Britain from Syria or Libya, or detaining terrorist suspects through control orders. We should also be closing down radical mosques, deporting those born in other countries who are involved in extremism, stopping foreign funding for Muslim institutions and banning the Muslim Brotherhood.

We should also outlaw sharia courts because, since sharia does not accept the superior authority of secular legislation, it inescapably undermines the core British value of one law for all.

The message should be that British Muslims are welcome citizens but on the same basis as everyone else: that they subscribe to the binding nature of foundational British laws and values. If not, they will be treated as subversives.

Subversion is the attempt to undermine and overthrow our free society. But the very concept of subversion has become identified with a suppression of free speech. The website of MI5 states:

“During much of the 20th century, subversion was a major concern for MI5. This threat diminished sharply following the end of the Cold War. We no longer undertake counter-subversion work, and would only resume doing so if our monitoring of emerging threats suggested an increase in the subversive threat”.

But the Islamic jihad aims to overthrow and conquer western society through both violence and cultural takeover. The Muslim Brotherhood has a stated programme of infiltrating western institutions to achieve that end. I’d say that represented a pretty major increase in the subversive threat, wouldn’t you? Isn’t it time the government banned the Muslim Brotherhood from Britain? Isn’t it time MI5 woke up from its politically-correct torpor to bring counter-subversion back from exile?

As I’ve said, though, any such measures will be opposed with inevitable claims that they will “cause social division” or “destroy British values”. Such protests are already being made.

Jihadi terrorists, however, are not trying to divide us, destroy our values or stop the general election. They are trying to kill us and conquer us.

If it is to defend itself, a liberal society may need to adopt illiberal measures. If we don’t do so now, we’ll be forced to eventually. The only question is how many will have to die before that happens.

Voir enfin:

Macron: “La langue française n’a pas à être protégée”

Notre entretien exclusif sur la France (1/2)

Causeur

12 avril 2017

Causeur. Après la polémique suscitée par vos déclarations en Algérie, vous avez tenu à revenir sur la question identitaire avec une tribune dans Le Figaro et un entretien auJDDC’est que, vous le savez, définir et préserver ce qui fait de nous un peuple importe à beaucoup de Français. Toutefois, on a l’impression que ces sujets ne vous passionnent pas et ne vous parlent guère. Vous dites que « notre nation est faite d’enracinement et d’ouverture » mais, au-delà de quelques gestes symboliques, vous êtes plus perçu comme le candidat de la nouveauté et de l’ouverture que comme celui de l’enracinement historique. Acceptez-vous ce diagnostic ?

Emmanuel Macron. Je ne l’accepte pas, mais il ne me surprend guère ! D’abord, sommes-nous si sûrs que l’identité n’est pas au cœur de la campagne ? J’entends, moi, le discours deMme Le Pen sur les frontières ou les propos de M. Fillon sur le « racisme antifrançais ». Si vous avez l’impression que ce discours ne prospère pas, c’est qu’il n’atteint pas les profondeurs du peuple français. Le génie français n’est pas dans ce culte rétréci d’une identité idéalisée. Il ne réside pas non plus dans le multiculturalisme, cette superposition de communautés hermétiques. Le génie français, c’est un imaginaire partagé. Cet imaginaire s’ancre dans notre langue commune. C’est notre premier enracinement. Il s’ancre dans une histoire, des territoires, des paysages. C’est notre second enracinement. Mais notre langue, notre histoire, nos territoires, nos paysages ne sont pas univoques. Ils ne sont pas une serge brute ni un patchwork mal cousu. La culture française est une moire. Alors oui, je le concède, la stérile opposition entre identité et multiculturalisme dans laquelle on veut nous enfermer et qui ne correspond à rien ne me passionne guère. La culture française me passionnelorsqu’elle est ce carrefour de sensibilités, d’expériences et d’influences. C’est ce que j’appelle l’ouverture. Je vois bien cependant l’usage politique que certains veulent faire de notre héritage commun pour l’opposer aux communautarismes : la passion de certains pour une identité française univoque et transhistorique est un geste de résistance aux dissolvants du multiculturalisme mondialisé. Eh bien, en ce qui me concerne, je ne souhaite pas transiger : je prends la culture française telle qu’elle est, avec ses complexités et ses confluences, et je l’oppose fièrement aux communautarismes rétrécis comme aux nationalismes simplistes.

Donc, vous aimez la culture comme carrefour. « Le fondement de la culture française,écrivez-vous, c’est une ouverture sans pareil. » Nous, c’est l’Autre. Alain Finkielkraut s’interroge et vous interroge : « Que partage-t-on quand on partage une ouverture ? »Vous dites aussi que la culture française est « un fleuve avec de nombreux confluents », mais vous semblez refuser l’idée que le fleuve, même ainsi enrichi, suit son propre cours…

Il est impossible de faire un pas dans notre culture sans tomber sur l’Autre. Cela en navrera certains mais c’est une vérité historique. Faut-il mentionner la civilisation romaine qui nous a façonnés ? Les invasions diverses qui ont irrigué nos territoires ? L’irruption de l’Italie au cœur de notre art ? La fascination de nos écrivains pour l’Angleterre, l’Allemagne, l’Espagne, la Russie, le Japon, le Maghreb, les États-Unis et tant d’autres cultures ? Nous nous sommes construits dans un tressage infini d’influences et d’attirances vertigineuses. Nous sommes un grand pays de passeurs et de traducteurs. Nous n’avons eu de cesse de sonder le génie de Shakespeare avec Stendhal et Hugo, celui de Dostoïevski avec Gide et Sartre, celui de Joyce avec Larbaud… mais notre creuset ultime reste la langue française, ce grand fleuve qu’alimentent tous ces confluents. Il y a influence, donc confluence. Ce n’est pas être multiculturaliste, cela. C’est regarder en face la vérité de notre culture. Les adeptes du repli identitaire trahissent notre génie national lorsqu’ils réduisent le panthéon de nos références culturelles à un corpus amaigri, excluant ce qui ne colle pas avec le projet politique qu’ils veulent porter. Voilà ce qu’on partage lorsqu’on partage l’ouverture : cette curiosité insatiable, cette recherche de l’autre qui n’est autre qu’une quête inlassable de l’universel. C’est cela, notre humanisme. D’autres cultures ont préféré explorer leurs racines, leur folklore, et s’inventer une identité où prime l’enracinement des générations, le legs ancestral d’une mémoire linéaire. Ils ont forgé une mythologie du sol et du sang. Le génie français ne repose pas sur le droit du sang.

Notre pays triomphe, dites-vous, avec des écrivains contemporains appelés Marie NDiaye, Leïla Slimani, Alain Mabanckou. Votre bibliothèque, comme le premier gouvernement de Sarkozy, ressemble à un casting. Et si on parle d’écrivains contemporains, il semble étonnant d’oublier des noms comme Houellebecq ou Carrère…

Permettez-moi de sourire devant tant d’assurance normative… Je vous laisse libre de votre jugement mais vous m’autoriserez à n’y pas souscrire. Ndiaye (dont la mère est française), Slimani (dont la mère est franco-algérienne), Mabanckou (qui est franco-congolais) sont advenus à la culture française par la langue française et ils y occupent une place éminente. C’est cela qui me semble essentiel. On devient français par la langue française. Michel Houellebecq fait par ailleurs partie des écrivains pour lesquels j’ai une admiration sincère car ses œuvres décryptent les vertiges et les peurs contemporains. Dans la même phrase, j’ai cité Kessel, Troyat et Apollinaire (sans doute encore un « casting »). J’aurais pu ajouter ici Alain Finkielkraut. Il est lui-même la preuve que sans avoir derrière soi des générations d’enracinés, on advient à la culture française d’éminente manière. Dans la langue française il a trouvé une mémoire, une sensibilité, une vision du monde, des valeurs qu’il a faites siennes et dont il est aujourd’hui un thuriféraire zélé et inquiet. Que l’Académie française l’ait accueilli dans ses rangs aux côtés d’héritiers patentés – qu’on songe à la longue histoire des d’Ormesson – est un motif de fierté nationale. Nous devons donc chérir notre héritage, mais faut-il oublier qu’il agrège des mémoires diverses ? La culture française n’a eu de cesse de se construire dans la contre-culture, de Villon à Artaud en passant par Sade et Baudelaire. La même année, Les Fleurs du mal et Madame Bovary furent condamnés et censurés par la justice. C’est cela, aussi, la France. Faut-il que la peur de la désagrégation nous fasse renoncer aux aspects subversifs de notre culture ? Faut-il que le désir d’opposer une identité marmoréenne aux aléas de la mondialisation nous fasse reconstruire une culture et une mémoire officielles ? On tombe dans les travers du casting lorsqu’on asservit notre culture à la visée politique de répliquer aux dérives multiculturalistes. Charles Péguy et Jeanne d’Arc deviennent les porte-enseignes de combats qu’ils n’ont jamais voulu livrer. Dans ma bibliothèque, comme vous dites, Saint-Simon côtoie Beckett, Ionesco fréquente Corneille, Proust voisine avec Kundera. Il n’y a là aucun relativisme culturel : simplement la certitude que notre culture, dont le socle est notre langue, n’a rien à gagner en s’efforçant de se réduire aux critères contemporains d’une « identité », c’est-à-dire à se ravaler elle-même au rang d’une communauté. Il n’y a pas de « communauté française », mais une nation et une culture qui transcendent absolument la géométrie réductrice des communautarismes.

Justement, vous affirmez la langue française est notre trésor commun. Fort bien. Que ferez-vous pour la protéger ? Que pensez-vous du slogan « Made for sharing » choisi pour la candidature de Paris aux JO ? Tout le monde a ricané sur la « clause Molière » mais si elle est une mauvaise réponse, n’y a-t-il pas une bonne question ?

La langue française n’a pas à être « protégée » : elle est la troisième langue la plus parlée dans le monde. Mais elle doit être enseignée avec intransigeance, car la cohésion nationale repose sur la maîtrise de la langue. Lire et écrire le français n’est pas seulement un passeport pour le marché du travail. C’est le vecteur premier d’intégration dans notre société. C’est pourquoi je souhaite que la lecture et l’écriture soient le premier combat de l’école. C’est pourquoi aussi j’assume une discrimination positive à l’égard de ceux qui sont les plus éloignés de la langue : c’est là un enjeu de reconquête républicaine comparable à celle menée dans nos campagnes reculées par les hussards noirs de Ferry. Ce combat, nous ne devons pas le perdre. Si nous ne partageons pas tous la langue française et ce qu’elle charrie de notre culture, notre pays se fragmentera en communautés hermétiques. La langue française est le remède antighetto. C’est pourquoi aussi je rétablirai l’enseignement du grec et du latin, qui en sont l’armature. C’est pourquoi enfin je souligne souvent la nécessité de revenir à l’histoire « chaude », celle des grandes figures et des héros de notre histoire : autour de ces figures, qu’il s’agisse de Bayard ou de Jean Moulin, nous construisons du commun. Je souhaite également que l’obtention de la nationalité repose sur la maîtrise de notre langue ; j’y veillerai. Enfin, je crois que la puissance publique doit donner l’exemple de l’amour et du soin de la langue française. J’ai ainsi proposé que l’emblématique château de Villers-Cotterêts, aujourd’hui laissé dans un état d’abandon contre lequel la mairie Front national se mobilise bien peu, devienne un haut lieu de la langue française et de la francophonie. Cela répond à votre question sur le choix fait par la Mairie de Paris. Quant à la clause dite Molière, elle me semble relever de Tartuffe : elle n’a rien à voir avec la promotion de la langue française et tout à voir avec la lutte contre les travailleurs détachés illégaux. Prenons ce problème économique à la racine au lieu de le faire par des voies de contournement un peu absurdes. Un travailleur détaché parlant français reste un travailleur détaché et cela ne résout pas le problème de fond.

Macron: “La France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle”

Notre entretien exclusif sur la France (2/2)

Causeur. On a souvent l’impression que vous tentez de satisfaire des aspirations opposées, ce qui est peut-être louable quand on prétend représenter et protéger l’intérêt général. Néanmoins, sur ce qui fait la cohésion culturelle de notre société, toutes les options ne sont pas conciliables. Historiquement, la France a préféré le modèle républicain (assimilation, puis intégration), qui demande aux nouveaux arrivants et à leurs enfants de s’adapter, au multiculturalisme, ce qui signifie que l’égalité entre les individus n’entraîne pas l’égalité entre les cultures. Ce modèle est-il rendu obsolète par la diversité de notre société ? Devons-nous rompre avec cette tradition pour accueillir des populations musulmanes venant de cultures plus « lointaines » ?

Emmanuel Macron. Le modèle républicain français repose sur l’intégration. Cela ne saurait être remis en cause. À son origine, il a pris pour s’imposer des mesures coercitives. Il a éliminé les parlers régionaux, uniformisé et centralisé les programmes scolaires, délégué dans les provinces nos hussards noirs. Puis, nous avons séparé l’Église et l’État pour asseoir la laïcité. Ce fut la République de conquête et de combat ; il le fallait. La victoire de la morale républicaine est passée par une certaine réécriture de l’histoire nationale, par la formation de canons littéraires un peu figés. La vision de l’identité nationale par la IIIe République, jacobine et laïque, put certes vaincre les communautarismes mais elle fit grincer des dents : l’Action Française lui opposa les beautés du félibrige et d’une France millénaire bâtie par la chrétienté. Il y a quelque miracle aujourd’hui à trouver dans le même camp des héritiers de Lavisse et des héritiers de Maurras. Les cris de joie des maurrassiens lorsque la IIIeRépublique s’effondra devraient à jamais séparer ces lignées. Mais la crainte du multiculturalisme communautariste aujourd’hui les réunit, et notamment le communautarisme musulman. Aux uns il semble défier radicalement les lois de la République, aux autres il semble contradictoire avec les racines chrétiennes de la France. Et lorsque je dis que je ne fais pas de la laïcité une arme de combat mais une arme de liberté, lorsque je dis que la France n’existe pas uniquement par ses racines chrétiennes, je déplais simultanément à M. Finkielkraut et à M. Buisson. Je suis en butte à la fois à Jacques Julliard et à Éric Zemmour. N’est-ce pas étonnant ?

Mais si vous êtes un défenseur de la langue française et de la laïcité, qu’est-ce qui vous distingue d’eux ?

La différence entre eux et moi, c’est que je n’ai pas peur : je n’ai pas peur pour notre culture, je n’ai pas peur pour la France. Je crois profondément que la France n’a jamais été et ne sera jamais une nation multiculturelle. Si un risque existe qu’elle le devienne, je le combattrai en redonnant à notre langue sa prééminence dans l’enseignement, en sanctionnant sans transiger tous ceux qui se soustraient aux lois de la République et à ses usages, en travaillant inlassablement sur ce qui nous est commun, non pas en satisfaisant des « aspirations opposées » mais en rappelant aux Français que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous sépare. C’est tout le sens de mon combat politique.

Tout de même, quand vous déclarez qu’il n’y a pas de culture française mais une culture en France, vous penchez vers le modèle multiculturel. Voilà ce qu’a écrit Alain Finkielkraut dans Causeur : « Les conservateurs défendent la culture française, les progressistes célèbrent la culture en France. Autrement dit, pour ceux qui se retrouvent sous cette bannière, la France n’est plus une histoire, la France n’est plus même un pays, c’est un pur espace. L’espace-France accueille la diversité et sur cette diversité des goûts, des pratiques, des musiques, des origines, nulle antériorité ne saurait prévaloir, nulle hiérarchie n’est en droit de s’exercer. Tout est égal et puisque tout est différent, tout est pareil. De “français” à “en France”, il y a la distance qui sépare une nation d’une société multiculturelle. Au nom du progrès, Emmanuel Macron nous invite à franchir ce pas. Au lieu de s’inquiéter de la désintégration française qui se produit sous nos yeux, il l’accompagne, il la conceptualise, il en recouvre la violence par l’éloge du multiple. » Que lui répondez-vous ?

Je regrette que le grand lecteur qu’est M. Finkielkraut n’ait pas fourni l’effort de lire mes propos plus attentivement. Il aurait constaté de lui-même que ce fantasme de l’égalisation culturelle, du « tout se vaut », du déracinement ne fait pas partie de mes valeurs ni de mes propositions. Il aurait vu combien le devenir de la langue française m’importe. Il m’aurait entendu dire combien j’aspire à ce que les enfants les plus éloignés de la culture s’en rapprochent – et non sous les dehors d’une culture adaptée à leur sociologie comme le rap ou le hip-hop, mais à travers le contact véritable avec les grandes œuvres. Si M. Finkielkraut m’avait lu, il saurait d’où je viens et sur quoi je fonde ma vision de la culture française. Il saurait par exemple que mon propos sur la « culture en France » s’oppose justement à la réduction par les identitaristes de notre culture à un arbre sans branches. André Chastel, dans son Introduction à l’histoire de l’art français, dit-il autre chose que cela ? Je le cite : « La France filtre. Elle reçoit et elle tamise. De tous les côtés, elle est pénétrable. Ses ouvriers, sûrs d’eux-mêmes, se servent à droite et à gauche, comme si tout leur appartenait de droit. En art, il n’y a jamais lieu d’établir des factures et de s’inquiéter de ses dus. On va de l’avant, outil en main. Cette démarche est constante dans le pays composite et riche de contraires qu’est la France. Si on la néglige, si on cherche une définition de l’art français en dehors de ces mouvements d’acquisitions et de filtrage, on n’arrive qu’à une notion pauvre et plutôt décevante, qui s’épuise vite dans la célébration de la finesse et de la clarté. » Ainsi, M. Finkielkraut a raison : je ne m’inquiète pas de la désagrégation française. Nous restons ces ouvriers sûrs d’eux-mêmes qui ne craignent pas de se dissoudre dans le divers, parce que nous avons derrière nous une histoire, un héritage, une force enfin qui nous préservent de la désagrégation. À nous de faire valoir cette force et cette volonté de poursuivre ensemble ce qui nous a fait. Craindre, s’inquiéter, redouter n’a jamais conduit à rien.

Si, à voir la réalité telle qu’elle est, y compris quand elle nous déplaît. Un certain nombre de Français pensent que notre identité collective est menacée par la montée de l’islam radical. Ont-ils tort ? Est-ce de l’islamophobie ?

Combattre l’islam radical, ce n’est pas de l’islamophobie : c’est le minimum qu’on puisse attendre de responsables politiques soucieux de préserver l’unité nationale et l’ordre public. Mais lorsque l’islam pratiqué par des millions de nos compatriotes devient lui aussi suspect de n’être pas compatible avec les lois de la République, lorsqu’on vous démontre qu’il est de la nature de l’islam d’être contraire à nos lois, alors commence l’islamophobie. Organiser et réguler l’islam de France, notamment en le coupant de ses liens consulaires, permettra de mettre un terme à ces craintes, et permettra à nos compatriotes musulmans de vivre leur foi à l’abri des suspicions. C’est mon projet, et ma détermination à cet égard est sans faille.

Cela suffira-t-il à endiguer la montée d’une forme de piété et de rigorisme qui tend à isoler du reste de la société. Au-delà du terrorisme, il y a un séparatisme pacifique. Le combattrez-vous et comment ? 

Le rôle d’un président de la République n’est pas de combattre les croyances mais de combattre les propos et les pratiques qui se placent en dehors de l’ordre public républicain. Si les courants religieux que vous décrivez aboutissent à remettre en cause l’ordre républicain, notamment dans la place qu’ils assignent à la femme, ils seront sanctionnés durement. Certains le sont déjà. Il faudra poursuivre. Pour détecter ces dérives, nous avons besoin de rétablir une police et des services de renseignements au plus proche du terrain. Je les rétablirai.

Notre pays est fracturé, là-dessus tout le monde est d’accord. Que proposez-vous pour faire aimer la France à tous les Français, ceux des banlieues et ceux de la Manif pour tous… ?

Notre société a peur. Peur d’un avenir incertain, peur des vents de la mondialisation, peur du terrorisme, peur de la montée des communautarismes radicalisés… Pourtant, nous tenons bon. La France reste un pays aux valeurs fortes, et qui sait s’unir dans l’adversité, comme elle l’a démontré lors de la vague d’attentats. Pour vaincre cette peur collective, il faut que les Français se rassurent sur leur destin dans ce monde nouveau. Nous devons retrouver la confiance dans ce que nous sommes, à savoir une nation faite pour l’universel, et non pour le repli identitaire ou communautaire, une nation entreprenante, une nation qui sait encore parler au monde et tenir son rang face aux tentations totalitaires qui renaissent. La France n’a jamais été tant aimée que lorsqu’elle portait un projet conforme à son histoire et à son génie, mobilisant tous les Français et non pas seulement une petite élite. Nous entrons dans ce monde neuf avec une histoire, des talents, une compréhension du monde qui constituent des atouts uniques. C’est de cela que je veux convaincre nos compatriotes, pour que cesse cette défiance envers nous-mêmes, qui m’est insupportable.

Voir par ailleurs:

How European Agencies Suppress Key Anti-Semitism Data

Interview with Professor Amy Elman: The EU Agency repeatedly asked the Center for Research on Anti-Semitism to alter their ‘divisive’ findings connecting Muslims with the phenomenon.

Contact Editor

Dr. Manfred Gerstenfeld
Israel national news
23/09/14 06

“From the year 2000 on, anti-Semitic incidents in many European Union member states increased substantially. They were fired up by the second Palestinian intifada, the anti-Israel incitement at the 2001 Durban world anti-racism conference and 9/11. Admission by official European bodies of this ‘new’ anti-Semitism’s impact, and exposure of the originators was slow and often distorted.

“The European Monitoring Center for Racism and Xenophobia (EUMC) was officially established through a European Council Regulation in 1997. Its creation coincided with the 1997 Year against Racism, an outgrowth of the 1994/5 Commission on Racism and Xenophobia (the Kahn Commission).  In 2002, the EUMC embarked on a study on anti-Semitism. Its handling of the findings led to an international scandal.”

R. Amy Elman is the Weber Professor in Social Science at Kalamazoo College, Michigan. Her upcoming book The European Union, Anti-Semitism and the Politics of Denial explores the EU’s efforts against anti-Semitism and their consequences.[1]

“The EUMC requested its National Focal Points (i.e., contacts) throughout the then-15 EU member states to monitor and report on anti-Semitic violence and viewpoints from 15 May until 15 June 2002. It also asked for examples of the best practices implemented by states to prevent and reduce anti-Semitism. After collecting this information, the EUMC employed the ZfA, the Centre for Research on Anti-Semitism (CRA) at the Technical University in Berlin to analyze and summarize the findings.

“The CRA completed its document in October 2003. It found that violent attacks against Jews often rose from virulent anti-Zionism across the political spectrum. Moreover, it specifically identified young Muslims of Arab descent as the main perpetrators of physical attacks against Jews and the desecration and destruction of synagogues. Many were victims of racism and social exclusion themselves.

“The EUMC did not publish the study and insisted that the one month period covered in the CRA investigation was too short. It also claimed the report was never intended for publication. The CRA researchers commented that their focus on Muslim perpetrators of anti-Semitism and anti-Zionist attacks unsettled the EUMC. They stated that this EU Agency had repeatedly asked them to alter their ‘divisive’ findings. After the researchers refused this revisionism, the EUMC shelved their report in November 2003.

“The CRA’s exposure of the EUMC’s suppression of the report led to a scandal which, according to the Centre’s Director, presented the EU Agency with its ‘strongest challenge.’ The CRA also suffered as the EUMC had characterized its research – of which the EUMC itself had established the parameters – as ‘methodologically unsound.’

“In November 2003, a Financial Times article about the CRA report’s suppression by the EUMC led to public outcry. Several European parliamentarians called for the document’s immediate release. In December, the World Jewish Congress published the CRA draft report on the Internet, exposing the EUMC’s manipulation.

“In April 2004, the EUMC released a final, lengthier study. This document reiterated and expounded upon the main points of the CRA report so often that it became difficult to pinpoint all the differences. Nonetheless, the most evident and important distinction was that the EUMC’s final report made few, if any, general statements about the perpetrators of anti-Semitic acts.

“That reluctance became especially pronounced when the perpetrators of anti-Semitism were not from the extreme right. For example, the CRA draft report contained an account from Sweden of a public gathering of 100 people in Stockholm to oppose anti-Semitism and anti-Muslim prejudice. According to the draft, the gathering was dis­rupted by between 100–150 demonstrators shouting, ‘Kill the Jews!’ and ‘We’ll blow you up!’ The CRA report stated that many of the most belligerent counter-demonstrators were extreme leftist youth. The final EUMC report deleted this observation.

“By expunging evidence of the extreme left’s role in fomenting anti-Semitism, the EUMC final report could imply that opposition to the far right alone is a sufficient response to anti-Semitism. The CRA suggested this is untrue, because some of the greatest threats to Jews come from the left and involve its deepening alliances with radical Islamists and other extreme anti-Semites throughout the political spectrum.

“Nowadays, the EUMC’s successor, the European Agency for Fundamental Rights (FRA) also seems reluctant to identify anti-Semitism and classify its perpetrators. In 2013, the FRA disavowed its predecessor’s working definition of anti-Semitism months before releasing its own report on anti-Semitism. Furthermore in a fact sheet summary of the methodology and key findings of the 2013 report (‘Jewish people’s experience of discrimination and hate crime in European Union Member States’) data pertaining to the perceived perpetrators is conspicuously absent.

“The report also offers no differentiation by country on these perpetrators as it does for other data such as those on victims, their concerns, and experiences. In withholding these data, the FRA obstructs information on anti-Semitism’s perpetrator categories that might help mitigate anti-Semitism.  This behavior is consistent with its repeated reference to ‘Jewish people’s perceptions and experiences’ of anti-Semitism, and not anti-Semitism as a fact.”

Sources:

[1] University of Nebraska Press, 2015

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3 Responses to Présidence Macron: Cachez cet antisémitisme que je ne saurai voir (French-German broadcaster drops documentary for spilling the beans on the inherently anti-Semitic nature of anti-Zionism)

  1. jcdurbant dit :

    ON NE RIT PAS !

    « J’ai donné des instructions écrites pour ne pas être informé de cette affaire. »

    Bayrou

    http://tempsreel.nouvelobs.com/rue89/rue89-nos-vies-connectees/20170614.OBS0709/bayrou-ou-est-passe-le-sage-de-pau.html

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  2. jcdurbant dit :

    RELIGION OF PEACE (Ramadan rage: More workplace violence from you know who)

    The Ramadan made me do it !

    In mitigation the court heard Aslam had been fasting for Ramadan on that day and for more than 20 days in total…

    http://www.dailymail.co.uk/news/article-4606844/Van-driver-mounted-pavement-drove-five-men.html

    J'aime

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