L’Occident s’achève en bermuda […] Craignez le courroux de l’homme en bermuda. Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis. Eh bien,nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement. Chers djihadistes, chevauchant vos éléphants de fer et de feu, vous êtes entrés avec fureur dans notre magasin de porcelaine. Mais c’est un magasin de porcelaine dont les propriétaires de longue date ont entrepris de réduire en miettes tout ce qui s’y trouvait entassé. […] Vous êtes les premiers démolisseurs à s’attaquer à des destructeurs. Les premiers incendiaires en concurrence avec des pyromanes. […] À la différence des nôtres, vos démolitions s’effectuent en toute illégalité et s’attirent un blâme quasi unanime. Tandis que c’est dans l’enthousiasme général que nous mettons au point nos tortueuses innovations et que nous nous débarrassons des derniers fondements de notre ancienne civilisation. Chers djihadistes, nous triompherons de vous. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts. Philippe Muray
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. Mais les tours détruites occupaient autant d’étrangers que d’Américains. Et par leur efficacité, par la sophistication des moyens employés, par la connaissance qu’ils avaient des Etats-Unis, par leurs conditions d’entraînement, les auteurs des attentats n’étaient-ils pas un peu américains ? On est en plein mimétisme.Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
Hitler sait que les êtres humains ne veulent pas seulement le confort, la sécurité, les heures de travail de courte durée, l’hygiène, le contrôle des naissances et, dans le bon sens commun. Ils ont également, au moins par intermittence, l’envie de lutte et de sacrifice de soi, pour ne pas mentionner les tambours, drapeaux et défilés. Peu importe comment sont leurs théories économiques, le fascisme et le nazisme sont plus sonores psychologiquement que toute conception hédoniste de la vie. Orwell
La tuerie de la Columbine High School a mis en lumière une double forme de criminalité qui ne retient pas habituellement l’attention du public. Il s’agit pourtant d’un acte sur lequel la police intervient à intervalles réguliers. Le Violence Policy Center estime que près de 1 500 « meurtres-suicides » (murder suicides) ont lieu chaque année. L’acte en question consiste à tuer un parent, un proche ou un étranger avant de se faire justice. Dans les vingt dernières années, quelques cas ont frappé par leur aspect aussi horrible que gratuit. Ils ont tous été ponctués par le suicide du meurtrier. En 1986, le postier Patrick Sherrill qui est menacé de licenciement abat dans l’Oklahoma 14 collègues et en blesse six autres. En 1991, George Hennard, un routier texan, lance son camion dans un restaurant. 23 clients sont tués et 20 autres blessés. En 1999, à Atlanta, Géorgie, Mark Barton tue sa femme et ses enfants avec un marteau et se rend ensuite chez un courtier où il abat neuf personnes et en blesse 13 autres. Au Texas en 1999, Larry Ashbrook pénètre dans une église baptiste avant un concert, tue sept spectateurs et lance des explosifs sans faire de victimes. En 2001, un employé de la firme Navistar en Illinois est armé jusqu’aux dents quand il tue quatre collègues et en blesse quatre autres. (…) La majorité des meurtres-suicides révèle que l’acte prétendument vengeur précède immédiatement l’autodestruction. Daniel Royot
Les images violentes accroissent (…) la vulnérabilité des enfants à la violence des groupes (…) rendent la violence ‘ordinaire’ en désensibilisant les spectateurs à ses effets, et elles augmentent la peur d’être soi-même victime de violences, même s’il n’y a pas de risque objectif à cela. Serge Tisseron
L’effet cliquet, ou effet de cliquet, est un phénomène ou procédé énoncé par Thomas M. Brown, qui empêche le retour en arrière d’un processus une fois un certain stade dépassé.Il est parfois lié à un « effet mémoire » : « une consommation atteinte est difficilement réduite du fait des habitudes et des engagements qui ont été pris ». L’« effet cliquet » fait analogiquement et métaphoriquement référence au cliquet d’horlogerie (mécanisme d’échappement à ancre interdisant tout retour en arrière d’une roue dentée). Cette métaphore est utilisée dans de nombreux domaines, de la politique au management et à la théorie de l’évolution. (…) Il est parfois lié à la théorie de l’effet de démonstration ou d’imitation développée par James Stemble Duesenberry en 1949. La consommation peut dépendre de la consommation de la classe sociale ou du groupe social de référence. Selon lui, c’est un effet de « démonstration » : il y a une démonstration des classes aisées sur les classes inférieures qui les imitent. De par ce fait, la classe immédiatement inférieure consomme alors de la même manière. Pour Duesenberry, la consommation, à une période donnée dépend non seulement du revenu de cette période, mais aussi des habitudes de consommation acquises antérieurement. Si la consommation dépend du revenu courant mais aussi de la consommation passée (…) Duesenberry évoque également l’effet d’imitation — « tout citoyen d’une classe sociale donnée tend à acquérir le comportement de la classe immédiatement au-dessus. ». De ce point de vue, le club des « privilégiés » servirait de modèle de référence aux autres catégories sociales qui tentent de suivre ses dépenses lorsque leurs revenus augmentent ou lorsque la production de masse banalise les objets. Pour Duesenberry, il s’agit donc d’une course poursuite au modèle supérieur. (…) L’hypothèse faite par Duesenberry est que la consommation dépend du plus haut niveau de consommation durant la période précédente. (…) Dans ce domaine, ce terme permet de décrire l’incapacité d’un gouvernement à réduire les énormes bureaucraties, une fois que celles-ci ont été mises en place, comme par exemple en temps de guerre pour couvrir l’ensemble des besoins des troupes. On peut retrouver ce phénomène dans la réforme des organisations internationales due aux nombreuses couches de bureaucratie créées précédemment. L’économiste Robert Higgs de l’école autrichienne a lui aussi utilisé le terme pour décrire l’apparente expansion irréversible du gouvernement en temps de crise dans son livre Crise et Leviathan. Le phénomène de cliquet a également été théorisé par Yves-Marie Adeline dans son ouvrage La Droite impossible paru en 2012 (édition modifiée de La Droite piégée datant de 1996) : il y démontre comment, dans un système démocratique dont les fondements sont de gauche, les lois sociétales de la gauche sont irréversibles, car la droite, quand elle revient au pouvoir, ne se sent pas libre de les abroger. Cela ne vaut pas pour l’économie (comme le montre le Thatcherisme qui a pu défaire l’Etat-providence issu de la guerre ), mais cela vaut pour les évolutions sociétales. (…) L’effet cliquet désigne « l’irréversibilité du progrès technique ». Wikipedia
Des millions de Faisal Shahzad sont déstabilisés par un monde moderne qu’ils ne peuvent ni maîtriser ni rejeter. (…) Le jeune homme qui avait fait tous ses efforts pour acquérir la meilleure éducation que pouvait lui offrir l’Amérique avant de succomber à l’appel du jihad a fait place au plus atteint des schizophrènes. Les villes surpeuplées de l’Islam – de Karachi et Casablanca au Caire – et ces villes d’Europe et d’Amérique du Nord où la diaspora islamique est maintenant présente en force ont des multitudes incalculables d’hommes comme Faisal Shahzad. C’est une longue guerre crépusculaire, la lutte contre l’Islamisme radical. Nul vœu pieu, nulle stratégie de « gain des coeurs et des esprits », nulle grande campagne d’information n’en viendront facilement à bout. L’Amérique ne peut apaiser cette fureur accumulée. Ces hommes de nulle part – Shahzad Faisal, Malik Nidal Hasan, l’émir renégat né en Amérique Anwar Awlaki qui se terre actuellement au Yémen et ceux qui leur ressemblent – sont une race de combattants particulièrement dangereux dans ce nouveau genre de guerre. La modernité les attire et les ébranle à la fois. L’Amérique est tout en même temps l’objet de leurs rêves et le bouc émissaire sur lequel ils projettent leurs malignités les plus profondes. Fouad Ajami
La même force culturelle et spirituelle qui a joué un rôle si décisif dans la disparition du sacrifice humain est aujourd’hui en train de provoquer la disparition des rituels de sacrifice humain qui l’ont jadis remplacé. Tout cela semble être une bonne nouvelle, mais à condition que ceux qui comptaient sur ces ressources rituelles soient en mesure de les remplacer par des ressources religieuses durables d’un autre genre. Priver une société des ressources sacrificielles rudimentaires dont elle dépend sans lui proposer d’alternatives, c’est la plonger dans une crise qui la conduira presque certainement à la violence. Gil Bailie
There are some of them (Javanese) who if they fall ill of any severe illness vow to God that if they remain in health they will of their … and as soon as they get well they take a dagger in their hands, and go out into the streets and kill as many persons as they meet, … These are called amuco. Duarte Barbosa (1516)
To run amock is to get drunk with opium… to sally forth from the house, kill the person or persons supposed to have injured the Amock, and any other person that attempts to impede his passage. Captain James Cook (1772)
C’est de la folie, une sorte de rage humaine… une crise de monomanie meurtrière et insensée. C’est lié sans doute, d’une certaine façon, au climat, à cette atmosphère dense et étouffante qui oppresse les nerfs comme un orage, jusqu’à ce qu’ils craquent… Un Malais, n’importe quel brave homme plein de douceur, est en train de boire paisiblement son breuvage… il est là, apathiquement assis, indifférent et sans énergie… et soudain il bondit, saisit son poignard et se précipite dans la rue… il court tout droit devant lui, toujours devant lui, sans savoir où… Ce qui passe sur son chemin, homme ou animal, il l’abat avec son kris, et l’odeur du sang le rend encore plus violent… Tandis qu’il court, la bave lui vient aux lèvres, il hurle comme un possédé… mais il court, court, court, ne regarde plus à gauche, ne regarde plus à droite, ne fait plus que courir avec un hurlement strident, en tenant dans cette course épouvantable, droit devant lui, son kris ensanglanté… Les gens des villages savent qu’aucune puissance au monde ne peut arrêter un amok… et quand ils le voient venir, ils vocifèrent, du plus loin qu’ils peuvent, en guise d’avertissement: « Amok! Amok! » et tout s’enfuit… Mais lui, sans entendre, poursuit sa course; il court sans entendre, il court sans voir, il assomme tout ce qu’il rencontre… jusqu’à ce qu’on l’abatte comme un chien enragé ou qu’il s’effondre, anéanti et tout écumant. Stefan Zweig (1922)
Alors que la pression de la communauté internationale se faisait de plus en plus forte en Indonésie afin de mettre fin à la montée des violences au Timor oriental, les analystes demeuraient perplexes face à deux questions fondamentales: qui est en train d’orchestrer ce carnage et pourquoi. Seth Mydals (NYT, le 8 septembre 1999)
L’amok est le fait d’une personne agissant seule. C’est un accès subit de violence meurtrière qui prend fin par la mise à mort de l’individu après que ce dernier a lui-même atteint un nombre plus ou moins considérable de personnes. Cette forme de l’amok observée par des voyageurs et des ethnologues notamment en Malaisie, Inde, Philippines, Polynésie, Terre de feu, Caraïbes, Région arctique ou Sibérie est un comportement exclusivement masculin. Si les causes du déclenchement sont socialement déterminées et de l’ordre des frustrations importantes (humiliations, échecs en public) induisant un désir de vengeance, le mécanisme est celui de la décompensation brutale. Parfois simplement qualifiée de « folie meurtrière », la course d’amok est assimilée à une forme de suicide. Bien qu’elle soit ordinairement perpétrée à l’arme blanche dans les sociétés traditionnelles, on peut en trouver un équivalent dans le monde contemporain avec certaines des tueries massives par arme à feu perpétrées par un individu seul, s’achevant par sa capture ou sa mort concrète parfois même auto-administrée, ou bien par sa mort sociale volontaire quand l’auteur de la tuerie se rend à la justice pour y être condamné ce qui dans certains cas le conduit à l’exécution. Le schéma central est alors similaire : forme de suicide accompagnée d’une libération des pulsions homicides. On trouve également le récit de décompensations correspondant à cette définition, dans des journaux personnels rédigés par des soldats dans les tranchées lors de la Grande Guerre. Dans de telles scènes l’auteur raconte comment un de ses camarades, de façon imprévisible, se dirige seul spontanément jusqu’à la tranchée ennemie dans l’intention d’en finir lui-même tout en supprimant autant d’ennemis qu’il lui sera possible. En correspondance avec la typologie des suicides établie par Durkheim, cette forme de la décompensation sous contrainte d’engagement patriotique est au comportement criminel ce que le suicide altruiste ou fataliste est au suicide égoïste. Andreas Lubitz, le copilote qui semble avoir volontairement crashé l’Airbus A320 du Vol 9525 Germanwings dans les Alpes en mars 2015, a été qualifié de « pilote amok » par la presse allemande. Introduit dans la langue française vers 1830, le terme « amok » provient du mot malais amuk qui signifie « rage incontrôlable » pouvant désigner aussi bien la personne atteinte que l’accès lui-même. Le mot a été utilisé par les Britanniques pour décrire un comportement meurtrier sans discernement. Il a ensuite été utilisé en Inde pendant l’Empire britannique, pour décrire un éléphant devenu incontrôlable et causant des dégâts importants dans sa fureur. Le mot a été rendu populaire par les récits coloniaux de Rudyard Kipling. Mais il est aussi usuellement utilisé en anglais pour désigner les comportements animaux insensés et destructeurs, même ceux des animaux domestiques. Le mot est toujours usité aujourd’hui, dans l’expression « to run amok », décrivant de manière plus large un comportement ou une situation devenant hors de contrôle. Wikipedia
Le berserk (ou berzerk) (en vieux norrois berserkr, pluriel berserkir) désigne, selon Régis Boyer, un guerrier-fauve qui entre dans une fureur sacrée (en vieux norrois berserksgangr, « marche, allure du guerrier-fauve ») le rendant surpuissant (« Et la Terre elle-même ressentit la peur devant sa rage… ») et capable des plus invraisemblables exploits, dignes des dieux. Quoique le personnage apparaisse surtout dans les sagas, et les mythologies nordiques et germaniques (exemples : Arnwulf, Bernhari, Berthramm, Gundhramm, Haimric, Hlodwig, Richari, Theudberga, Warinhari, Wilhem, etc.), il est néanmoins attesté dans des sources plus historiques, comme le Haraldskvæði2 (voir le récit de la bataille du Hafrsfjördr) où les berserkers sont également appelés úlfheðnar4, ou encore l’Histoire de Saint Olaf, dans la Heimskringla.Le terme a été adjectivé en anglais, où « to go berserk » signifie en langage familier « devenir fou furieux », « perdre le contrôle de soi », un peu l’équivalent du québécois « péter sa coche » ou du français « péter les plombs ». Wikipedia
Une forme distincte de trouble dissociatif inexistant dans les cultures occidentales est l’amok […] et la plupart des victimes sont de sexe masculin. Ce trouble a attiré l’attention parce que les personnes se trouvant en état d’amok, qui s’apparente à une transe, sont souvent prises de fureurs durant lesquelles elles agressent brutalement, voire parfois tuent des animaux ou des personnes et ne s’en souviennent généralement pas. Courir en amok n’est qu’un des nombreux syndromes consistant pour un individu à se trouver en état de transe et, soudainement empli d’une mystérieuse énergie, se mettre à courir ou à fuir pendant un long moment. David H. Barlow et V. Mark Durand
Depuis le XIXe siècle, il y a un consensus autour du fait que l’amok est un phénomène lié à la culture et qu’en Asie du Sud-Est, sur la péninsule malaisienne ou à Java, il suit un protocole particulier: de sourdes ruminations, un coup de sang, suivi par les attaques meurtrières, puis un suicide ou une perte de mémoire. Ce que l’on peut observer pour l’heure, en particulier en ce qui concerne les fusillades dans les établissements scolaires, me semble être, dans ce format nouveau et particulier, de la même façon limité à des environnements culturels, à l’Europe centrale et du Nord et à l’Amérique du Nord. Joseph Vogl (philosophe allemand)
Amok est un mot d’origine malaise pour désigner un «coup de folie meurtrière». La presse allemande l’utilise d’habitude pour qualifier les gens qui commettent des massacres dans les écoles. Ce matin, Bild titre «Der Amok-Pilot». C’est le tabloïd qui révèle les preuves de ce qu’on pressentait, après avoir eu accès à son dossier médical: Andreas Lubitz souffrait de graves troubles psychiatriques. Le Figaro
Bild revient longuement sur la personnalité du jeune homme, décrit comme dépressif, obsédé par les Alpes, et qui pourrait avoir été pris d’amok, cette «rage incontrôlable» qui pousse parfois certains hommes à commettre des tueries. Le mot, qui tire son origine du malais amuk, désigne un état soudain et explosif de folie meurtrière, souvent causé par une forte émotion. Cette transe furieuse, observée pour la première fois par les ethnologues en Indonésie, est toujours individuelle. Elle prend fin généralement par la mise à mort de l’individu. En cela, elle s’assimile à une forme de suicide. Selon la culture indonésienne, l’amok est causé par un esprit maléfique, qui s’empare de l’âme des hommes pour libérer leurs pulsions morbides, alors même qu’ils n’ont jamais montré de signe de colère particulier. Libération
« Andreas Lubitz. LE PILOTE AMOK» Voilà le titre qui s’étale, ce vendredi 27 mars, sur la une du tabloïd allemand Bild, qui publie sur la totalité de la page une photo du copilote de Germanwings fortement soupçonné d’être à l’origine du crash aérien. Un cliché pris en 2013 lors d’un semi-marathon organisé par la Lufthansa à Francfort. En le montrant en train de courir, le journal appuie son propos, le terme d’«amok» étant habituellement utilisé par la presse allemande et anglophone dans l’expression «Amok laufen» ou «to run amok», que l’on pourrait traduire par «courir en amok», en référence à des actes commis par des personnes sous l’emprise d’une folie meurtrière, tels les tueries d’Oslo et de l’île d’Utoeya ou les massacres commis par des adolescents dans les établissements scolaires. En allemand, les auteurs de ces bains de sang sont donc communément désignés sous le terme d’«Amokläufer», qui signifie «coureur d’amok». Ce terme est une retranscription approximative du mot indonésien et malais «amuk», qui désigne selon l’Urban Dictionary «une activité agressive qui tend à tout détruire», mais que l’on pourrait tout aussi bien traduire par les termes plus génériques de «folie furieuse» ou « rage incontrôlée ». Slate
D’après les premiers éléments de l’enquête disponible, Andreas Lubitz, le co-pilote qui a réalisé la catastrophe, a toutes les caractéristiques du profil d’un tueur de masse. Par tueur de masse, faut-il entendre en criminologie tout individu qui tue au moins trois personnes, sans en viser spécifiquement une en particulier, en un même lieu et lors d’un événement unique, comme par exemple les auteurs de la tuerie sur le campus de Columbine Eric Harris et Dylan Klebold en 1999. Dernièrement, un article scientifique est paru dans le Justice Quaterly sur le sujet. L’auteur de l’article, le professeur Adam Lankford, fait une différence claire entre les tueurs de masse qui se donnent la mort au moment de l’acte et ceux qui cherchent à survivre afin de bénéficier « des profits » de leur acte, à savoir notamment bénéficier d’une « reconnaissance » médiatique. Dans la première catégorie, catégorie à laquelle appartient selon nous, Andreas Lubitz, et qui est une catégorie moins importante que la seconde, le criminologue tente de cerner le profil de ces tueurs sur la base d’un échantillon de 88 cas. En moyenne, ils sont relativement jeunes puisqu’ils ont au alentour de 37 ans. Le copilote était un peu plus jeune. Il avait 28 ans. Ce sont dans 96% des cas, des hommes ayant des symptômes de dépression (ce qui semble être le cas de celui-ci) et qui se serait senti victime d’injustice, souvent au travail (à l’heure actuelle nous n’avons aucun élément qui démontrerait que le copilote était en conflit avec des personnes de l’entreprise). Ce phénomène, contrairement à ce que l’on pourrait penser, n’est pas nouveau. Par le passé, plusieurs pilotes se sont écrasés (ou ont tenté de s’écraser) de la sorte. 6 exemples au moins peuvent être recensés depuis 1982 et qui n’ont rien avoir avec des actes terroristes. Ainsi, pouvons nous citer par exemple trois événements marquants. Le premier qui s’est produit en 1994 sur un vol de Royal Air Maroc et qui entraina la mort de 44 personnes à bord. Le pilote aurait agi de manière intentionnelle suite à des problèmes sentimentaux. Le deuxième a eu lieu également en 1994. Un employé de la FedEx, qui allait se faire licencier, avait tenté de détourner un avion cargo de la compagnie pour le faire s’écraser. Il fut maîtrisé à temps par l’équipage. Enfin, le cas peut être le plus marquant fut certainement celui du crash provoqué par le pilote du vol Silk Air 185, le 19 décembre 1997. L’avion s’était écrasé dans une rivière, faisant 104 morts. Le pilote était un ancien aviateur militaire, traumatisé par un accident qui avait tué plusieurs de ses collègues lors d’un entrainement. Il connaissait des soucis financiers. Le crash n’a pas été reconnu comme intentionnel, mais des forts doutes subsistent. Ces actes n’ont donc rien avoir avec des actes terroristes, même si dans certains cas on peut se demander si les terroristes ne s’en inspirent pas (on pense naturellement au 11 septembre 2001). Mais ils se produisent, certes rarement, mais leur probabilité est non nulle. Tout porte à croire que le crash de l’A320 s’inscrive dans cette lignée de tuerie de masse que l’on appelle également « amok ». Olivier Hassid
Un jour, je vais faire quelque chose qui va changer tout le système, et tout le monde connaîtra mon nom et s’en souviendra. Andreas Lubitz (cité par son ex-petite amie)
Selon plusieurs médias américains, dont le New York Post, il aurait déclaré à la police: « Je voulais tous les tuer, et vous auriez dû me tuer », laissant penser à une opération « suicide-by-cop » consécutive à un meurtre de masse. Le Dauphiné
Il y a un «besoin d’être vu, pris en considération; la mort est secondaire, elle est la conséquence de ce besoin. (…) On qualifie cet acte de suicide car le sujet meurt. Mais était-ce la mort qui était recherchée? Ou bien attirer l’attention, se venger, régler un problème? Il y a tout une palette d’explications avant de parler d’acte suicidaire. Michel Debout (psychiatre)
Vous avez dit amok ?
En ces temps étranges …
Où pour réussir son suicide il faut à présent au premier imbécile venu entrainer pas moins de 150 personnes dans sa mort …
Retour avec la récente attaque à la voiture-bélier de Times Square …
Sur ce cas apparemment particulier de fureur sacrée moderne appelée suicide par police interposée …
Où combinée cette fois, mimétisme aidant, avec la volonté de crime de masse …
C’est à présent à la police qu’on demande, pour en maximiser les effets, de faire le sale travail …
Le «suicide par policier interposé» existe-t-il vraiment?
«Foncer à pied sur des policiers en armes, portant des gilets pare-balles, avec une fausse ceinture d’explosifs, paraît complètement farfelu. C’est même suicidaire.» Cité par Le Figaro, un policier anonyme réagissait ainsi à l’attaque d’un commissariat du XVIIIe arrondissement de Paris, le 7 janvier, quand un homme a été abattu après avoir tenté d’agresser des policiers. Armé d’un hachoir de boucher, il avait aussi en sa possession un «engin explosif factice», fait de pochettes scotchées d’où sortaient des fils électriques.
Aujourd’hui, l’identité de l’assaillant n’est toujours pas connue avec certitude, même si des proches affirment l’avoir identifié. Quant à ses motivations, l’enquête est toujours en cours: il est donc trop tôt pour affirmer quoi que ce soit. Mais le jour de l’attaque, sur Twitter, le journaliste du Monde spécialisé dans les questions de police Laurent Borredon évoquait une expression anglophone désignant la volonté, pour un individu, de forcer des policiers à le tuer: le suicide by cop.
#GouttedOr Tout ça commence furieusement à ressembler à un « suicide by cop », comme disent les Américains.
— Laurent Borredon (@LaurentBorredon) 7 Janvier 2016
«Forcer les policiers à les abattre»
En France, ce phénomène est qualifié de «suicide assisté par police interposée», mais il est bien plus répandu en Amérique du nord. Comme l’expliquait Slate.com en 2014, le concept suicide by cop y a été inventé au début des années 1980 par Karl Harris, «un officier de police devenu opérateur d’une ligne téléphonique d’aide aux personnes suicidaires». Dans une interview au New York Times publiée en 1998, ce dernier, devenu entre temps docteur, le définissait ainsi:
«Dans le domaine du suicide, j’ai vu toutes les différentes façons dont les gens tentent de se suicider et il s’avère que, peut-être, certains essayaient en réalité de forcer les policiers à les abattre parce qu’ils voulaient mourir.»
Ce n’est qu’après que le suicide by cop est devenu un sujet pris très au sérieux. Une étude publiée en 2009 par deux universités en Californie et à Toronto permet de mieux comprendre l’ampleur du phénomène en Amérique du Nord: 36% des fusillades impliquant des policiers y ont été qualifiées de suicide by cop entre 1998 et 2006, selon des données récoltées par les auteurs sur 707 affaires. Il s’avère également que dans 19% des cas, la personne voulant se suicider «simulait la possession d’une arme pour accomplir sa tentative de suicide». L’assaillant du commissariat de Barbès portait certes un hachoir mais aussi une fausse ceinture explosive, ce qui pourrait étayer l’hypothèse d’un suicide «provoqué».
En Grande-Bretagne, en 2003, un tribunal avait officiellement qualifié pour la première fois une mort de suicide by cop. Un homme du nom de Michael Malsbury avait été tué par un policier après avoir attaqué sa femme, armé d’un rouleau à pâtisserie, et s’être enfermé dans sa maison après avoir révélé à la police être armé d’un pistolet. Malsbury sera abattu et les policiers affirmeront par la suite qu’il avait adopté une attitude «téméraire et provocante».
Avec le temps, le phénomène est apparu en France, mais dans de moindres proportions. En janvier 2015, un homme a retenu en otage les vendeuses d’une bijouterie pendant deux heures à l’aide d’un pistolet factice, avant de les relâcher. Elles ont alors expliqué que l’homme leur avait révélé «en avoir marre de la vie» et «vouloir mourir sous les balles des policiers». Le preneur d’otages a ensuite tiré un coup de pistolet en l’air, affirmant que la police ne serait ainsi «pas venue pour rien».
Des situations extrêmement délicates pour les policiers
Du côté des policiers, ce genre de situation est «extrêmement complexe», explique Annie Gendron, chercheuse à l’École nationale de police de Québec et coauteure d’un rapport sur le sujet. Souvent, ces interventions prennent une tournure inattendue très rapidement et laissent peu de temps aux agents pour en reprendre le contrôle:
«Ce sont des interventions qui n’étaient pas forcément destinées au départ à une personne suicidaire. Au moment de l’appel, les policiers n’ont pas l’information, ils croient intervenir pour vol à l’étalage ou pour violence conjugale, mais cela prend une autre tournure.»
Au moment de l’appel, les policiers n’ont pas l’information, ils croient intervenir pour un vol à l’étalage ou pour violence conjugale
Annie Gendron,
de l’École nationale de police de Québec
C’est pour cela que, en France notamment, un ou plusieurs médiateurs sont souvent présents, afin de mieux évaluer les risques potentiels. «Ils permettent de savoir si cette personne n’exprime pas un désarroi, une détresse, une crise personnelle, si elle ne voit pas d’autre solution que d’affronter la police», explique Michel Debout, psychiatre et professeur de médecine légale et de droit de la santé.
Mais que ce soit au moment de l’intervention ou après, définir le profil de ces personnes suicidaires peut s’avérer très complexe. Dans son étude, Annie Gendron a défini trois types différents. Tout d’abord, les suicidaires dit «spontanés», qui bien souvent ont un casier judiciaire et qui, lorsqu’ils commettent un nouveau délit et se retrouvent à nouveau face à la police, songent soudainement au suicide. Ces personnes, explique la chercheuse, se mettent «en colère de façon impulsive, et souhaitent mettre fin à leurs jours car elles estiment que c’est préférable à un retour en prison. L’acte est donc plus souvent commis sous l’effet de la colère ou du désespoir».
Il existe aussi le «suicide by cop» planifié et verbalisé lors de l’affrontement avec la police: il s’agit «de personnes qui vont volontairement planifier une exaction, un délit, pour attirer les policiers et mettre leur plan suicidaire à exécution. En fait, elles vont commettre par exemple un vol à l’étalage et l’objectif est très clairement d’attirer les policiers pour, une fois qu’ils sont rendus sur place, tenter de les agresser pour qu’ils utilisent leur arme à feu.»
Enfin, le dernier type concerne les personnes dont le premier plan était un suicide «auto-commis»:
«Il y a des circonstances où des proches de ces personnes appellent les policiers pour qu’ils interviennent. Sauf qu’ils agissent un peu comme un effet déclencheur en dérangeant la personne dans son plan, qui devient très en colère, très agitée et va agresser les policiers pour trouver la mort, là encore en verbalisant sa volonté.»
Une notion tout sauf évidente
Il y a un «besoin d’être vu, pris en considération; la mort est secondaire, elle est la conséquence de ce besoin»
Michel Debout, psychiatre
D’un point de vue médical, cerner le profil psychologique des personnes qui ont recours au suicide dit «par police interposée» est là encore un exercice complexe. «Il faut être très prudent dans l’analyse de ces situations, encore faut-il qu’elles soient démontrées», explique le docteur Michel Debout. En effet, d’un point de vue clinique, une personne diagnostiquée comme suicidaire «cherche la disparition de soi comme la conclusion de quelque chose». Or, dans les cas de suicide par police interposée, il y a d’abord «le besoin d’être entendu, vu, pris en considération; la mort est secondaire, elle est la conséquence de ce besoin», explique encore l’auteur de Le suicide, un tabou français. Cette recherche de considération et de reconnaissance manifestée chez les sujets fait ressortir en eux «une certaine immaturité psychologique».
Les individus ayant recours à une tierce personne pour mettre fin à leurs jours doivent la provoquer et mener cette entité extérieure à eux. Dans une grande partie des cas de suicides par police interposée, la personne s’arrange donc pour attirer la police jusqu’à elle. Prise d’otages, menaces ou tentatives de violence physique: tous ces éléments font que la mort en soi n’est pas le but ultime de la personne, selon le chercheur, qui insiste sur l’importance de se préoccuper de cette «quête de reconnaissance tragique», mais sans «pour autant transformer ces actes d’agressions en suicides pour essayer de leur donner une explication.» «On qualifie cet acte de suicide car le sujet meurt. Mais était-ce la mort qui était recherchée? Ou bien attirer l’attention, se venger, régler un problème? Il y a tout une palette d’explications avant de parler d’acte suicidaire», souligne-t-il, expliquant que la notion de suicide par police interposée ne le «convainc pas au niveau clinique».
La frontière entre le désir réel d’agression et la volonté de se suicider est souvent compliquée à percevoir, et l’est évidemment d’autant plus après coup dans les cas où l’assaillant meurt. Comme l’écrivait récemment Le Monde, la propagande de l’organisation Etat islamique joue d’ailleurs largement sur la fragilité de personnes isolées, avec ses mots d’ordre «susceptibles de déclencher des passages à l’acte, y compris chez des personnes suicidaires souhaitant passer à la postérité».
Voir aussi:
Times Square maniac was allegedly attempting suicide-by-cop
A Navy washout on a suicide mission plowed his car through three blocks of sidewalk pedestrian traffic in Times Square on Thursday, killing a teenage tourist and injuring 22 others.
“You were supposed to shoot me! I wanted to kill them,” Richard Rojas, 26, told police after his bloody rampage, according to sources.
The killer, who has been arrested twice for drunken driving, was heading south on Seventh Avenue at 11:55 a.m. when he pulled a sudden U-turn at West 42nd Street, then barreled north — the wrong way — sending victims flying and witnesses running for their lives.
Rojas, of the Bronx, finally crashed his Honda Accord into a stanchion at Broadway and 45th Street — then got out of the car and ran toward a group of people with his arms outstretched before being tackled by law enforcement, including a transit cop and an FBI agent.
“He was driving like a madman and screaming,” eyewitness Michael Rickerby, 24, a tourist from Tennessee, told The Post. “It looked like he was trying to hit people. He had the angriest, craziest face, and he was literally going after people.”
Witnesses watched in horror as Rojas’ car raced up the sidewalk, killing Michigan tourist Alyssa Elsman, 18, who was standing near her 13-year-old sister, between 42nd and 43rd streets.
The incident sparked fears of terrorism, but officials said they have no reason to believe that played a role in the carnage.
“Based on the information we have at this moment, there is no indication that this was an act of terror,” Mayor Bill de Blasio said.
Of the 22 injured, four were rushed to hospitals in serious condition, with open fractures and “multiple traumas,” officials said.
“None of those four are likely to perish. We’re very hopeful . . . that they will survive,” said FDNY Commissioner Daniel Nigro.
Rojas was taken to the Midtown South Precinct station house, where he told police he had hoped to commit suicide-by-cop, sources said. He wasn’t drunk, but police suspect that he may have been using drugs, for which he was undergoing testing Thursday afternoon, sources said.
Rojas was arrested for drunken driving in 2008 and again in 2015. Most recently, he was busted on May 11 for threatening a man who had come to his home to get an annuity notarized.
“You’re trying to steal my identity,” he told the man as he held a knife to his throat, according to court papers.
In that incident, he was charged with menacing and criminal possession of a weapon but pleaded guilty to harassment.
Rojas served in the Navy as an electrician’s mate fireman apprentice from 2011 to 2014 and was dishonorably discharged, sources said.
He was arrested in 2012 at a naval base in Jacksonville, Fla., for allegedly attacking a cabdriver and threatening to kill cops, according to court records obtained by Reuters.
“My life is over,” he shouted at the cabby before his bust. Rojas was charged with misdemeanor battery and resisting an officer without violence.
In 2013, he also spent a couple months behind bars in a military prison in Charleston, SC, but it’s unclear why he was locked up. A pal said he was never the same after his stint in the military and took to drinking to relieve his stress.
“He finally came home, and it was hard for him to find a job,” said Harrison Ramos, 30. “He was having a lot of bad nightmares. He was talking crazy. He was acting strange.”
Rojas would rant about “demons and devils” and became wrapped up in conspiracy theories — a far cry from his behavior before his military service, Ramos said.
“He started drinking to help with his problems. He didn’t drink before,” the friend said. “I saw him about a week ago, and I asked him how’s he doing, and he sounded lost in the world, like he wasn’t with all his five senses.”
But on Wednesday night, Rojas appeared to be in “good spirits” as he celebrated getting his impounded car back, another friend said.
“He just got his car back, a Honda,” said José Medrano, 27. “He was happy about it. He said they had taken his car for lack of payment. He’d just gotten it back and was happy. He was drinking last night out here, with his friends.”
The next day, Rojas used the Honda for his deadly spree.
Witnesses recalled victims being lifted off the ground by his car, as frightened pedestrians ran for shelter.
“I see this woman was midair and this guy is revving his engine and just going full-speed,” said deliveryman Julio Sanchez River, 20.
“He was on the curb between 42nd and 43rd. It was a pretty scary sight. It was really gruesome. There were clothes and shoes everywhere.”
Rojas resisted until the end, punching a police officer while struggling to get away, witnesses said.
Civilians also sprang into action to help capture him, including Alphe Balde, 57, who works in Times Square for Gray Line Tours.
“I grabbed him by the neck,” he said. “I said, ‘You’re not getting away.’ ”
Pour ces possibles orphelins symboliques le sang est une façon de laisser une trace, de faire un trou dans la mémoire des autres, l’acte terrorisant devant être inoubliable: à ces dates, 7 janvier, 13 novembre, c’est de leur haine que l’on se souviendra, pas du nom du père. Paul-Laurent Assoun
La radicalisation est en effet avant tout un processus de socialisation dans lequel la dynamique de groupe (amis, famille) est bien plus importante que l’idéologie. Ces études nous ont fourni une compréhension plus détaillée des étapes de ce processus de socialisation. Avant d’en arriver à la violence, certaines étapes sont en effet franchies, plus ou moins progressivement, et généralement à travers une dynamique de groupe (de véritables « loups solitaires » comme Anders Breivik étant très rares). Au départ, il y a des sentiments de frustration, d’injustice, de mécontentement. Ces sentiments sont ensuite intériorisés, ce qui conduit à une séparation mentale de la société, considérée comme seule responsable. Subséquemment, les individus recherchent confirmation auprès d’autres personnes, qui partagent les mêmes sentiments. Ainsi se crée un “ in – group ” , où la loyauté envers l’ensemble solidifie les liens internes. A l’intérieur d’un tel groupe, les sentiments personnels d’origine se politisent (« qu’allons – nous faire pour réagir ? » ). La pensée de groupe ( “ groupthink ” ) écarte graduellement toutes les objections éventuelles à la pensée unique qui commence à se cristalliser. Si cette dernière s’oriente dans une voie extrémiste, voire violente, les membres ont – en principe – le choix soit d’y adhérer, soit de quitter le groupe. Mais la dynamique de groupe, et surtout le besoin qu’éprouvent les membres de maintenir les liens créés dans ce processus, rend ce choix généralement aléatoire. A ce stade, l’idéologie – qui n’est généralement pas à l’origine du processus – commence à jouer un rôle bien spécifique : contribuer à déshumaniser l’ out – group , c’est – à – dire le reste de la société et dès lors à transformer des innocents (qui ne portent aucune responsabilité personnelle dans les sentiments de frustration et d’injustice à l’origine du processus) en complices coupables. Dans ce processus de socialisation dans l’extrémisme, ce n’est donc pas le narratif (à savoir, l’idéologie) qui pousse un individu dans le terrorisme, mais le contexte et la dynamique de groupe. Il n’y a en effet aucun automatisme entre l’acquisition d’idées dites radicales et le choix délibéré de recourir à des actes terroristes. Les premières ne sont pas l’antichambre des secondes. Et pourtant, les stratégies de déradicalisation sont presque toujours basées sur cette thèse, comme en témoigne le point de vue du premier ministre belge Charles Michel: « On se trompe en cherchant des causes sociales à ce qui n’est rien d’autre qu’une idéologie fanatique qui veut imposer par la violence extrême sa vision obscurantiste. » L’accord du gouvernement Mich el d’octobre 2014 mentionne que : « La protection de l’Etat de droit démocratique et la sécurité de nos citoyens constituent une priorité absolue pour le gouvernement. Aujourd’hui, elle se trouve sous la pression de la menace croissante de la r adicalisation et du terrorisme. » Mais il se garde bien de définir sur quelle base a pu être déterminé qu’il y accroissement de radicalisation – sauf à se référer au nombre de Belges partis pour la Syrie. Mais la « radicalisation » explique – t – elle vraiment le phénomène des combattants étrangers d’aujourd’hui ? Qu’est – ce qui pousse des jeunes Belges vers la Syrie et vers le groupe le plus brutal et violent, Daesh ? L’actuelle génération de candidats combattants étrangers se compare difficilement à leurs ainés, partis dès les années 80 vers l’Afghanistan, la Bosnie, l’Irak et d’autres théâtres de guerre. Tout d’abord, leur âge moyen est maintenant nettement inférieur . Auparavant, l’âge moyen était de 27 ans, tandis qu’à présent l’âge caractéristique se situe entre 20 et 24 ans (même en tenant compte du fait qu’un tiers des belges partis pour la Syrie ont 30 ans ou plus). Des jeunes candidats au départ de 15 – 18 ans sont malheureuse ment loin d’être des exceptions en Europe . Ensuite, comparé aux générations antérieures de combattants étrangers, leur bagage politique et religieux est souvent fort léger. Pour Alain Grignard, islamologue, chargé de cours à l’université de Liège, et commissaire à la division antiterrorisme de la police fédérale belge, la différence avec leurs prédécesseurs est patente : « Auparavant, nous avions surtout affaire à des “ islamistes radicaux ” – des individus qui étaient poussés vers la violence par une interprétation extrémiste de l’Islam – mais maintenant nous sommes de plus en plus face à ce que l’on pourrait décrire des “ radicaux islamisés ” . » U ne fois arrivés en Syrie et en Irak, ils se montrent en outre très égocentriques et conscients de l’image qu’ils veulent afficher. Leur désir de se placer au centre des événements (avec de nombreux selfies et tweets dans un langage – jeune sur des thèmes d’adolescents) et d’attirer l’attention reflètent un degré de narcissisme qui était largement absent parmi leurs prédécesseurs. De plus, leur décision de partir est souvent le résultat d’ un empressement , plutôt qu e d ’une décision mûrement réfléchie. Des dynamiques de groupe jouent un rôle crucial, car ces jeunes se connaissent et s’influencent les uns les autres à l’école, dans les parcs publics, des clubs de sports, bref, leurs lieux de vie quotidiens. Mais leur décision de rejoindre la Syrie n’est plus lié à ce processus de radicalisation plus ou moins long, comme ce fut typiquement le cas des générations antérieures de combattants étrangers et fut tant étudié depuis 2004 . Elle est par contre généralement une réponse plus – ou – moins impulsive aux défis quotidiens du milieu et des quartiers où ils sont nés et ont grandi et avec lequel ils cherchent à rompre. Pour une parti e des candidats au départ, rejoindre Daesh est en effet le passage à une autre forme de comportement déviant , à c ôté d’une appartenance à des gangs, des émeutes de rue, de trafic de drogue, la délinquance juvénile ou d’autres comportements déviants 12 . Mais rejoindre Daesh ajoute une dimension aguichante à leur mode de vie – en fait les transformant de délinquants sans avenir en moudjahidines avec une cause. Mais les candidats au départ ne sont pas tous connus de la police pour un comportement déviant. Une partie des partants européens ne semblait en rien se distinguer. C eux – ci font par contre souvent référence à une absence d’ avenir, à des difficultés personnelles auxquels ils sont confrontés dans leur vie quotidienne, à des sentiments d’exclusion et d’ absence d’appartenance, comme s’ils ne disposaient pas d’un enjeu de société. Souvent aussi, ils sont solitaires, des adolescents isolés, en désaccord avec la famille et les amis, à la recherche d’ une appartenance et d’ une cause à rejoindre . À un certain moment, la succession de ces ruptures se transforme en colère et en quête d’ une échappatoire à cette vie sans perspective. Bien que différents dans leurs motivations, les deux groupes partagent certaines caractéristiques communes qui, prises ensemble, constituent la « culture jeune » dans laquelle la force d’attraction de Daesh trouve un terreau fertile. Tout d’abord, la religion n’y joue qu’un rôle mineur. Europol a fini par souscrire à la thèse que la religion n’est plus un élément – clé dans la radicalisation et va jusqu’à préférer abandonner le concept même de « radicalisation » : “ Compte tenu de la diminution de la composante religieuse dans la radicalisation, en particulier parmi les jeunes recrues, il peut être plus exact de parler d’une ‘tendance sociale de type extrémisme violent’ plutôt que d’utiliser le terme ‘radicalisation’ .” Un second trait commun est le sentiment largement partagé parmi les candidats au départ, que leur vie n’offre pas de perspe ctives. Le “ no future” apparait comme un élément crucial de cette culture jeune qui pousse au départ vers la Syrie. Le moteur principal est le vécu d’une partie de la jeunesse, qui a le sentiment que leur avenir ne leur appartient pas, qu’ils ne sont ni souhaités, ni acceptés, ni respectés. Fragilité, frustration, une perception d’iniquité et le sentiment qu’en partant pour la Syrie, ils n’ont rien à perdre et tout à gagner, animent l’ensemble des partants. Troisièmement, comme le chercheur français Olivier Roy le soutient également, cette culture jeune est aussi le résultat d’une révolte générationnelle, contre leurs parents, contre la société et contre les autorités. Jusqu’à un certain point, les mêmes mécanismes étaient en jeu lors des mouvements de contestation dans les années 1960 et les années 1970. Mais la société d’aujourd’hui contraste nettement avec la société de l’époque. Dr Rik Coolsaet (expert belge)
Ceux qui partent faire le jihad agissent ainsi à 90 % pour des motifs personnels : pour en découdre, pour l’aventure, pour se venger, parce qu’ils ne trouvent pas leur place dans la société… Et à 10 % seulement pour des convictions religieuses: l’islam radical. La religion n’est pas le moteur de ce mouvement et c’est ce qui en fait sa force. C’est pour cette même raison que placer la déradicalisation sous ce seul filtre ne pourra pas fonctionner. Marc Trévidic
Le Prof. Coolsaet indique que des études sur le terrorisme ont en effet révélé qu’un cercle d’amis constitue un média élémentaire pour la radicalisation d’un individu – plus crucial même que l’idéologie ou la religion. (…) Le Prof. Rik Coolsaet stipule que ce cas est un bel exemple d’auto-radicalisation ou d’autorecrutement. Muriel, Issam et les jeunes de Saint-Josse-Ten-Noode radicalisent presque entièrement par leur cercle d’amis ou leur famille. Un recrutement actif n’aurait pratiquement pas ou pas du tout joué un rôle. Il indique que les jeunes se prennent l’un l’autre pour modèle. Via l’Internet, ils ont construit une communauté virtuelle de personnes partageant les mêmes opinions. Il s’agissait entièrement d’un processus bottom-up (de bas en haut). Rapport Polarisation en radicalisation
Dans la nébuleuse des djihadistes, les frères qui se radicalisent, partent faire le djihad, et commettent parfois des attaques terroristes sont nombreux. On peut citer les al-Hamzi, pirates de l’air du 11 septembre 2001, les Oulad-Akcha, poseurs de bombes du 11 mars 2004 à Madrid, mais aussi la fratrie Merah, les frères Belhoucine, Karim et Foued Mohamed-Aggad ou encore les frères Clain. On se souvient aussi des frères Kouachi, qui ont préparé et perpétré les attentats de Charlies Hebdo. Du début à la fin, les deux hommes, dont la relation a été décrite comme «fusionnelle», ne se sont jamais quittés et sont morts ensemble à l’imprimerie de Dammartin-en-Goëlle, sous les balles du GIGN. Ces alliances fraternelles dans la radicalisation et dans le martyr se forgent plus facilement qu’entre amis. «Le sang ne ment pas. Quand on est frère, on ne peut pas se trahir», résume Farhad Khosrokhavar*, directeur d’études à l’EHESS, joint par Le Figaro. «Ils se connaissent très bien, peuvent se voir facilement et parfois communiquer d’un seul regard.» De quoi compliquer la tache des services de renseignement qui peinent à détecter ce genre de profils. «Deux frères qui se parlent, ça n’éveille pas forcément les soupçons», commente le spécialiste. «C’est une question de confiance», ajoute le psychiatre et ancien agent de la CIA Marc Sageman, interrogé par l’AFP. «Tu te fies à un proche, naturellement. Et quand il s’agit d’entraîner quelqu’un avec toi, la cible la plus logique est ton petit frère ou ton grand frère. C’est le même phénomène avec les gangs de rue. Il n’y a pas besoin de lavage de cerveau, d’endoctrinement.» «Nous sommes très proches (avec mon frère Mohamed, ndlr). S’il a besoin de quelque chose, je lui apporte mon aide et inversement», avait dit aux enquêteurs Medhi Belhoucine, apparu plus tard avec Hayat Boumeddiene – la compagne du tueur Amedy Coulibaly – à l’aéroport d’Istanbul. Bien que très solides, ces relations sont rarement égalitaires et le frère aîné n’est pas toujours celui qui entraîne l’autre dans sa dérive. Cherif Kouachi, le frère cadet, semblait avoir l’ascendant sur son frère aîné Saïd. Même hypothèse chez les frères Abdeslam. «C’est Salah qui connaît depuis l’enfance Abaaoud», expliquait à l’Express leur frère aîné Mohamed. «Je pense que c’est ce dernier qui lui a parlé des combats en Syrie. Brahim le connaît peu. Peut-être qu’ensuite Salah l’a convaincu à son tour». «Généralement, il y en a un qui commande et l’autre qui suit, ce qui facilite les opérations», synthétise Farhad Khosrokhavar. Les rapports entre parents et enfants peuvent avoir une incidence sur la radicalisation des fratries. Dans les familles patriarcales, où le père est en retrait, le grand frère prend souvent le relais et exerce une autorité sur les autres, quitte à les entraîner dans le sillage de la radicalisation. «Pour certains, il s’agit d’être plus musulmans que les parents. On essaie de racheter la défaillance du père et de sauver l’identité musulmane de la famille», estime le psychanalyste Patrick Amoyel, contacté par Le Figaro. Ces pactes familiaux peuvent toucher un cadre plus large et concerner les femmes, les cousins, les amis. Ainsi Souad Merah, la soeur du tueur de Toulouse, «avait clairement favorisé la radicalisation de son frère et est même aller jusqu’à déclarer qu’elle était fière de lui», rappelle le chercheur franco-iranien. «Les terroristes doivent sans cesse innover pour garder une longueur d’avance sur les services de sécurité», pense Farhad Khosrokhavar. «Je ne serai pas surpris qu’à l’avenir les femmes soient de plus en plus mises à contribution dans les projets d’attentats.» On se souvient notamment d’Abdelhamid Abaaoud qui s’était servi de sa cousine Hasna Ait Boulahcen pour se trouver une planque, après les attentats de Paris. Pour les spécialistes, il est compliqué de ramener ces fratries radicalisées vers la société. Patrick Amoyel en sait quelque chose. Au sein de l’association Entr’Autres, il suit une quinzaine de fratries radicalisées depuis plusieurs mois. «Leur prise en charge est plus difficile», constate le thérapeute. «Lorsqu’on commence à atteindre l’un des deux et à le déstabiliser dans ses convictions, l’autre revient à la charge et le rattrape. Et on doit repartir à zéro.» Le Figaro
Les terroristes s’appellent souvent entre eux « frère » ou se réfèrent aux « frères » de Syrie, d’Afghanistan ou de France. Un moyen d’indiquer une solidarité, un sentiment d’identité commune. Un jargon qui est d’ailleurs utilisé par les jeunes du monde entier et qui n’est pas réservé aux seuls terroristes ou jihadistes. Il est néanmoins troublant de constater que dans les filières terroristes, les liens de sang sont fréquents, fait remarquer le quotidien britannique The Guardian . Tout récemment, l’enquête sur les attentats de Paris , vendredi 13 novembre, a permis d’identifier deux frères, Brahim Abdeslam, 31 ans, le kamikaze qui s’est fait exploser boulevard Voltaire sans faire de victimes, et son frère Salah Abdeslam , toujours en fuite. Un troisième frère, Mohammed, a été arrêté lundi, a passé plusieurs heures en garde à vue, avant d’être finalement libéré. Abdelhamid Abaaoud , le cerveau présumé des attentats de Paris, avait, lui , fait la une des journaux belges dès 2014, après avoir enlevé son propre frère Younès, emmené en Syrie alors qu’il était âgé de 13 ans, et qui avait été surnommé « le plus jeune jihadiste du monde » par certains médias. Les frères Abdeslam et Abaaoud ne sont pas des cas isolés. Il existe de nombreux autres exemples identiques : les frères Kouachi , auteurs des attentats contre Charlie Hebdo en janvier dernier, ou bien les frères Tsarnaev, coupables des attentats de Boston en 2013. Il y a aussi le frère de Mohammed Merah, terroriste islamiste franco-algérien ayant perpétré les tueries de mars 2012 à Toulouse et Montauban, qui aujourd’hui est encore en détention provisoire pour complicité d’assassinat. Les liens fraternels sont aussi fréquents parmi ceux se rendant en Syrie, en Irak ou d’autres zones de guerre. En Grande-Bretagne, trois frères âgés de 17 à 21 ans originaires de Brighton sont partis pour la zone de combat syrienne en s’engageant pour un groupe lié à Al Qaïda. En France, les frères Bons sont partis combattre à Alep en 2013. Ils sont aujourd’hui décédés. Des exemples comme ceux-là il y en a à la pelle. Ils sont choquants mais pas surprenants. Il y a dix ans, des responsables américains du renseignement militaire en Irak avaient déjà noté qu’un homme impliqué dans l’extrémisme violent se révélait être un prédicateur très efficace face aux membres de sa famille. Cela peut être un frère ou un père. Abdel-Majed Abdel Bary, un britannique recruté par Daech est par exemple le fils d’Adel Abdel Bary, un militant égyptien venu au Royaume-Uni en 1991 qui a été reconnu coupable à New York dans les attentats des ambassades américaines en Afrique de 1998. Une étude récente, de l’Université de Pennsylvanie, a analysé les interactions de 120 supposés «loups solitaires» parmi les terroristes de tous horizons idéologiques et religieux. Elle a constaté que même s’ils ont effectivement combattu seul, dans 64% des cas, famille et amis étaient au courant de ses intentions. Tout cela apporte quelques éclaircissements sur la nature des recrutements des terroristes et sur la radicalisation. Les deux sont souvent compris comme un processus impliquant une personne « normale » subissant un « lavage de cerveau » venant de l’extérieur. Les faits, cependant, contredisent cette explication. Le terrorisme est d’abord une affaire sociale. Plutôt qu’une influence extérieure, ce sont les idées, les idéologies et les activités, même celles terriblement destructrices, véhiculées par des membres de la famille ou des amis proches, qui intéressent et fascinent. Les Echos
Militants often call each other “brother”, and refer collectively to the “brothers” in Syria, Afghanistan, Iraq or France. Why? Partly this is to indicate solidarity, attachment to a common cause, a sense of shared identity and endeavour. Partly it’s because that’s how young men speak, all over the world, but particularly in the kind of environments from which many contemporary militants come. But it is also because, remarkably often, the term is entirely accurate. Those speaking of being “brothers” are indeed blood relatives, children of the same parents, who often grew up together. The Paris attackers are reported to have included Ibrahim Abdeslam – a suicide bomber who blew himself up outside the Comptoir Voltaire restaurant – and Salah Abdeslam, who is on the run. (…) Abdelhamid Abaaoud, the suspected mastermind of the attacks, recruited his own 13-year-old brother, who travelled to Syria and then was seen in a video in a pickup truck dragging bodies of Syrian army soldiers. (…) There are many other examples, in different countries, on different continents: the two Kouachis who attacked the Charlie Hebdo offices in January. The Tsarnaev brothers, who bombed the 2013 Boston Marathon. The brother of Mohammed Merah, who killed seven in south-west France in 2012, remains jailed, although his role in the murders and the radicalisation of the perpetrator is not entirely clear. Fraternal ties are also common among those who travel to Syria, Iraq or other war zones, even if they do not turn to terrorism at home. Few travel alone: almost all make the journey with close friends or family members. Three brothers aged 17 to 21, from Brighton, left the UK to join al-Nusra Front, an al-Qaida affiliate, in Syria. There was Aseel Muthana, a 17-year-old schoolboy who travelled with his elder brother, a medical student, to join Isis. In October, a British court found that two brothers of Iftekhar Jaman, who spoke of “five-star jihad” on the BBC, had spent two years giving help and advice to people seeking to travel to Syria to establish an Islamic state. Both were convicted of terrorist offences.This vision of “jihad by family” may be shocking, but it should not be surprising. Ten years ago, US military intelligence officials in Iraqi identified having a close family member already involved as the greatest predictor of an individual becoming involved in violent militancy, Islamic or otherwis. This may be a brother, or it may be a father. Abdel-Majed Abdel Bary, a British aspiring rapper turned Isis recruit, is the son of Adel Abdel Bary, an Egyptian militant who came to the UK in 1991 and was later convicted in New York for his role in al–Qaida’s attack on US embassies in east Africa in 1998. In the UK more recently, along with siblings, parents of jihadis have been detained and some charged with Syria-related offences. Research by New America, a nonpartisan thinktank in the United States, showed that more than a quarter of western fighters have a familial connection to jihad, whether through relatives who are also fighting in Syria and Iraq, through marriage or through some link to other jihads or terrorist attacks. The research also found that of those western fighters with familial ties to jihad, three-fifths had a relative who has also left for Syria. Another recent study, at Pennsylvania State University, examined the interactions of 120 supposed “lone wolf” terrorists from all ideological and faith backgrounds, and found that, even though they launched their attacks alone, in a large majority of the cases others were aware of the individual’s commitment to a specific extremist ideology. In an astonishing 64% of cases, family and friends were aware of the individual’s intent to engage in a terrorism-related activity because the offender verbally told them. All this offers an important window into the nature of recruitment and radicalisation. Both are often understood to be processes which involve someone who is previously “normal” being “brainwashed” by some outside influence that turns them into someone who behaves abnormally. An alternative explanation for how people are drawn into militancy blames propaganda, via the internet. The facts, however, contradict this. Terrorism, like any activism, is highly social, only its consequences are exceptional. People become interested in ideas, ideologies and activities, even appallingly destructive ones, because other people are interested in them. (…) The psychological and social barriers to involvement in violence are certainly higher than in other less nefarious activities, but the mechanics of the process that draws people into them are the same. The Guardian
L’annonce a eu un air de déjà vécu. Deux frères ont été identifiés parmi les kamikazes des attentats de Bruxelles. Il s’agit de deux Bruxellois, Khalid et Ibrahim El Bakraoui, connus des services de police belges. Encore une fois, l’horreur a donc été commise en famille. Quelques mois plus tôt, on apprenait que deux frères faisaient partie des commandos ayant perpétré les attentats du 13 novembre à Paris: Brahim Abdeslam, qui s’est fait exploser devant un bar du boulevard Voltaire et Salah Abdeslam, dont le rôle dans les attentats de Paris reste flou, arrêté à Bruxelles le 18 mars dernier. Les deux fratries, El Bakraoui et Abdeslam, étaient proches l’une de l’autre. Ce n’est pas la première fois que des frères de sang deviennent frères d’armes. Avant eux, les frères Kouachi se sont attaqués à Charlie Hebdo, les frères Tsarnaev ont été les auteurs des attentats de Boston en avril 2013, le frère de Mohammed Merah, responsable des tueries de Toulouse et Montauban en 2012, est détenu pour complicité d’assassinat. Abdelhamid Abaaoud, « cerveau présumé » des attentats de Paris, est également connu pour avoir entraîné son plus jeune frère en Syrie alors qu’il n’avait que 13 ans. Selon une étude du think tank New America, plus d’un quart des jihadistes occidentaux ont un membre de leur famille ayant participé au jihad. Comment expliquer que tant de fratries se radicalisent ensemble et avancent main dans la main jusqu’au moment de passer à l’acte? Evidemment, le mode de recrutement dans les réseaux jihadistes « se fait essentiellement par des pairs », comme a pu le constater l’expert belge Rik Coolsaet. (…) Mais au-delà du fonctionnement presque « familial » du recrutement, le fait d’être du même sang, d’évoluer dans le même milieu, semble jouer un rôle important dans de nombreux cas de radicalisation. « C’est un phénomène tout à fait naturel », explique à l’AFP le psychiatre et ancien agent de la CIA Marc Sageman, l’un des premiers à avoir souligné le phénomène dans son livre Understanding Terror Networks. « On développe son identité sociale d’abord en parlant à ses proches. Et les proches, ce sont bien entendu d’abord les frères et les amis d’enfance ». (…) Ils se radicalisent, se confortent les uns les autres », dit-il. (…) Grandir ensemble, mais aussi et surtout avoir une confiance aveugle en quelqu’un, voici l’un des moteurs de ce phénomène. (…) De fil en aiguille, les frères s’influencent l’un et l’autre. (…) Jusqu’au moment fatidique, celui où ils décident de passer à l’acte ensemble, qui semble être pour eux un accomplissement. Huffington post
La confiance absolue qui existe entre deux frères est une garantie face aux services de renseignement. Même si un membre de la fratrie décide de ne pas participer, il ne va pas dénoncer son frère à la police. (…) Les frères s’unissent dans un pacte, recréent les liens familiaux sur une base de cohésion. Farhad Khosrokhavar
La diffusion d’un nouvel appel à témoins par la police Nationale, dimanche, a jeté le trouble sur l’identité de deux des trois kamikazes du Stade de France. Les similitudes physiques et le parcours quasi identique des deux terroristes interrogent quant aux liens qui les unissent. Dès lundi 16 novembre, dans un communiqué, le parquet affirmait avoir retrouvé un passeport syrien près d’un des corps des kamikazes. L’authenticité du document, au nom d’Ahmad Al Mohammad, 25 ans et né en Syrie, « reste à vérifier » mais « il existe une concordance entre les empreintes papillaires du kamikaze et celles relevées lors d’un contrôle en Grèce en octobre 2015 ». Si le nom d’Al Mohammad n’est pas certain, les enquêteurs ont une certitude : le jeune homme se serait enregistré le 3 octobre 2015 sur l’île de Leros en Grèce. Un premier appel à témoins est alors diffusé pour tenter d’obtenir la réelle identité du kamikaze. Ed Thomas, journaliste pour la BBC à Athènes, a enquêté sur le parcours emprunté par le supposé Al Mohammad. Le correspondant aurait découvert que le premier terroriste aurait voyagé avec un autre syrien nommé Al Mahmod. Les enquêteurs français de leur côté, ont précisé que le 3e kamikaze, dont la photo a été diffusée vendredi, a également été enregistré le 3 octobre 2015 sur l’île de Leros en Grèce. Si des traces de leur passage subsistent également aux camps de Presevo en Serbie puis d’Opatovac en Croatie, impossible de connaître la suite de leur itinéraire qui s’est achevé aux alentours de 21h20 ce vendredi 13 novembre, aux abords du Stade de France. En dehors de ces éléments, rien ne permet pour le moment d’affirmer un lien de parenté entre ces deux hommes. 20 minutes
Dans les enquêtes antiterroristes médiatisées, les fratries tiennent le haut du pavé. Les plus connus, les frères Merah, se sont radicalisés ensemble. Mais c’est le cadet qui est passé à l’acte. Bertrand Nzohabonayo, tué dans le commissariat de Joué-les-Tours alors qu’il s’apprêtait à porter des coups de couteau à des policiers, avait mis un drapeau de l’organisation de l’Etat islamique sur sa page Facebook. Deux jours après que son frère Brice eut posté le même drapeau… Saïd et Chérif Kouachi se sont formés et entraînés tantôt ensemble, tantôt chacun de leur côté, se rendant soit au Yémen, soit en Arabie saoudite. Mercredi 23 mars 2016, une nouvelle fois, ce sont des frères, Khalid et Ibrahim El Bakraoui, qui ont été identifiés comme deux des trois kamikazes des attentats de Bruxelles, a indiqué le procureur fédéral belge Frédéric Van Leeuw. (…) Mimétisme, entraide, endoctrinement mutuel, surenchère… (…) La famille devient alors le premier cercle dans lequel le jeune radicalisé va exercer son argumentation et mettre à l’épreuve son prosélytisme. Ainsi, l’aîné des frères Merah, Abdelkhader, mis en examen pour complicité d’actes terroristes, semble avoir été à l’origine de l’endoctrinement de son cadet. Chez les frères Kouachi, Saïd, est le premier à être parti s’entraîner à manier les armes au Yémen. Pareil pour la fratrie Belhoucine, où l’aîné, Mohamed, est le premier à avoir été condamné dans le cadre d’une filière d’acheminement de combattants à destination de la zone pakistano-afghane. C’est son petit frère Mehdi, qui a accompagné dans sa fuite vers la Syrie Hayat Boumeddiene, la femme d’Amedy Coulibaly, auteur de la prise d’otage à Vincennes et de la fusillade à Montrouge. Pour autant, toutes les fratries confrontées à la radicalisation d’un des leurs, ne basculent pas forcément dans l’endoctrinement. Le passage à l’acte n’est pas forcément toujours décidé de concert. Alors que Mohamed Merah a décidé, a priori seul, de tuer des militaires et des juifs, les frères Kouachi, eux, sont sortis du bois en même temps. Et sont morts, côte à côte, les armes à la main. 20 minutes