1917-2017: Au secours, Lénine revient ! (A la veille du premier tour d’une élection présidentielle décisive, un essayiste qui a connu la dictature de Ceausescu met en garde contre les conséquences potentiellement désastreuses de l’étrange obsession antilibérale française)
jcdurbant
It was probably too much to ask a basically medieval country to become modern in a decade. Instead, Russia reverted to its primal self, to Vladimir Putin, whose compact with the Russian people is a somewhat attenuated version of Josef Stalin’s own. Kennan, it seemed, had figured out the whole game before we even started to play it. One suspects that Donald Trump and his coterie have yet to read the “X” article. If they had, Secretary of State Rex Tillerson wouldn’t have flown to Moscow to discuss U.S.-Russia relations; Trump likely never would have made his now obsolete comment about the obsolescence of NATO; and former national security adviser Michael Flynn never would have discussed lifting sanctions with the seemingly ubiquitous Russian ambassador Sergey Kislyak. (…) Of course, Trump is not our first president to believe mistakenly that America can change Russia. Barack Obama was woefully ignorant of Russia, and it took George W. Bush four years to start putting the pieces together. Clinton seems to have believed his relationship with Yeltsin was more important than it was. Rex Tillerson, the secretary of state, observed earlier this week that the “current state of U.S.-Russia relations is at a low point.” But, really, U.S.-Russia relations have been at a low point since 2003, when Putin signaled, with the arrest of Yukos chief Mikhail Khodorkovsky, that the Yeltsin era, the era of intermittent liberalization, was over. Since then, there have been two periods of faux-warming: the reset, at the outset of the Obama era, and the lead-up to Trump’s inauguration. Both moments of ill-placed optimism had nothing to do with Russia and everything to do with America reaffirming its core belief that, if only it tried a little harder, or set about things a little differently, Russia would come around—which is to say that neither had any basis in reality. It’s heartwarming that the new secretary of state appears not to be under any illusions about the possibility—for now, at least—of a more durable friendship between Moscow and Washington. None of this is to say that Russia and the United States can’t one day be allies. They can. But, as Kennan understood better than any of our recent presidents, getting there will have nothing to do with the United States. It will have everything to do with Russia transcending Russia—embracing the rule of law, imposing checks and balances on the Kremlin, disentangling the innumerable holding companies and government ministries that control not only the Russian state but Russian society. This will almost certainly not happen this decade or even, perhaps, this century. Our faith in technology and progress blinds us to the glacial pace of human evolution, but it is glacial, and this is Russia, and we should stop pretending otherwise, stop being so American about it. Peter Savodnik
Je veux aller porter le témoignage de notre reconnaissance, éternelle, au combat des Russes lors de cette bataille. (…) Je pense que les Russes sont profondément européens. Ils appartiennent pour une très large part à la civilisation européenne, et c’est une raison suffisante pour mettre en œuvre tous les efforts nécessaires afin de faire progresser cette unité du continent européen. L’avenir commun de la Russie et de l’Europe est dans ce partenariat stratégique qui a été proposé.François Fillon
Fondé sous l’égide de Jean-Paul Sartre, le journal paraît pour la première fois le 18 avril 1973 et reprend le nom d’un titre de presse similaire créé en 1927 par le libertaire Jules Vignes, nom qui sera également celui d’un des journaux de la Résistance dirigé par Emmanuel d’Astier de La Vigerie. Situé à l’extrême gauche à ses débuts, Libération évolue vers la gauche sociale-démocrate à la fin des années 1970 après la démission de Jean-Paul Sartre en 1974. En 1978, le journal n’a déjà plus rien de maoïste : Serge July le décrit alors comme « libéral-libertaire ». Aujourd’hui, sa ligne éditoriale est toujours de centre gauche ou de gauche sociale-démocrate, selon l’échiquier politique français habituellement utilisé, et son lectorat est majoritairement de gauche.Wikipedia
Sale temps pour les sondages. Paniqués à l’idée de « rater » le premier tour de l’élection présidentielle, les voici challengés par de nouveaux venus : les spécialistes du big data, qui utilisent l’analyse des données à grande échelle pour établir une autre cartographie de l’opinion. Première mauvaise nouvelle pour les sondeurs, dont la méthodologie est ouvertement contestée : contrairement à eux, ces concurrents du big data ont su prédire la qualification de François Fillon au premier tour de la primaire à droite. Et aussi l’élection de Donald Trump et, pour Vigiglobe, la victoire du Brexit. Trois échecs cuisants pour les instituts de sondages. Deuxième mauvaise nouvelle : les prédictions de Filteris, de Vigiglobe et de l’algorithme Predict My President ne valident pas celles des sondages. Ceux-ci ne cessent d’annoncer un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au contraire, les trois initiatives misent sur la qualification de François Fillon. Ils diffèrent par contre sur le ou la candidate qui l’accompagnera au second tour. Une question de méthodologie qui révèle aussi les limites de l’exercice. [Filteris] Dans sa dernière mesure du vendredi 21 avril, François Fillon arrive en tête avec 22,09%. Il est suivi par Marine Le Pen, avec 21,75%, puis Jean-Luc Mélenchon (21,11%) et enfin Emmanuel Macron (19,92%). Les quatre candidats se tiennent à un peu plus de deux points. Autrement dit, dans un mouchoir de poche. C’est la 16è mesure d’opinion de Filteris depuis le 3 avril. Les 14 premières indiquaient que François Fillon et Marine Le Pen figureraient au second tour. Seule la 15è, du jeudi 20 avril, anticipait un second tour Fillon-Mélenchon. (…) Filteris a correctement prédit la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. L’entreprise n’a pas travaillé sur le Brexit. Contrairement aux sondages, Filteris a su prédire la première place de François Fillon à la primaire de la droite. Mais l’entreprise attendait Nicolas Sarkozy en deuxième position, alors que c’est Alain Juppé qui s’est qualifié. Elle s’est en outre trompée sur le premier tour de la primaire de la gauche : Benoît Hamon, qui est arrivé en première position, était donné troisième, derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg. (…) Contrairement à ses concurrents, Vigiglobe ne se risque pas au jeu des prédictions. En revanche, la startup estimait, jeudi 20 avril, que François Fillon a « de grandes chances de se qualifier pour le second tour ». Ses algorithmes d’analyse du sentiment voient se dégager un trio de tête dans un mouchoir de poche : François Fillon (qui dispose en plus du plus grand nombre de messages positifs), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Contrairement aux sondages et aux autres spécialistes du big data, Vigiglobe estime que Marine Le Pen est en sérieuse perte de vitesse, et qu’elle pourrait, par conséquent, ne pas se qualifier pour le second tour. Leendert de Voogd, le Pdg, précise toutefois que l’attaque des Champs-Elysées profitait vendredi 21 avril à François Fillon et à Marine Le Pen, en nette hausse par rapport aux jours précédents. (…) Vigiglobe a correctement identifié les dynamiques portant à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, à la victoire du Brexit au Royaume-Uni, de François Fillon à la primaire de la droite, et de Benoît Hamon à celle de la gauche. (…) Predict My President est un programme mené depuis plusieurs mois par cinq étudiants de l’école Télécom Paris tech pour l’hebdomadaire Le Point. L’objectif est de pallier les « failles » des sondages en remplaçant les enquêtes d’opinion par une analyse socio-économique des électeurs, couplée à une analyse de la popularité des candidats sur la Toile. (…) Le 19 avril, Predict My President voyait se profiler un duel entre Marine Le Pen (24,13%) et François Fillon (21,77%). Emmanuel Macron arriverait troisième avec 20,32%, suivi par Jean-Luc Mélenchon avec 18,66%. (…) les sondages (…) Dans la dernière ligne droite, tous notent une progression de François Fillon, confirmant ainsi la dynamique relevée par les spécialistes du big data, mais pas suffisamment pour atteindre le second tour. Tous les instituts le donnent troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen.La Tribune
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (2001)
La droite républicaine a besoin d’une colonne vertébrale.Villepin (2017)
Le Venezuela avait une politique sociale-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a jamais eu de nationalisation non plus. J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Et aujourd’hui le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien! Jean-Luc Mélenchon
[Chávez et Castro] sont morts tous les deux. Je les ai défendus dans des circonstances où ils étaient attaqués. Cuba a défendu tous les mouvements de libération nationale d’Amérique latine et dû subir l’embargo des États-Unis, pourtant condamné par l’Onu. Mais je n’ai jamais approuvé la façon dont était organisée politiquement Cuba. Je n’ai pas l’intention de faire Cuba en France. (…) Le Venezuela avait une politique de social-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a pas eu de nationalisations non plus. J’ai soutenu Chávez contre l’agression des Américains. Aujourd’hui, le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien. Je trouve que c’est un signe d’extrême désarroi intellectuel de m’affronter sur un terrain pareil avec une telle caricature.Jean-Luc Mélenchon
Il s’est passé à l’époque quelque chose qui m’intéressait beaucoup, qui était un gouvernement qui partageait la rente pétrolière avec le peuple et avec les pauvres, si bien que des millions de gens ont été sortis de la pauvreté. Mais je ne suis pas gouvernant du Venezuela. Je voyais un partage extrêmement intéressant et fécond entre le partage de la rente pétrolière au Venezuela, et l’accaparation de cette même richesse au Qatar ou en Arabie Saoudite où les pauvres gens n’ont accès à rien. (…) Et bien oui ce sont des manifestations d’opposition (…) Vous ne m’interrogez pas sur Bahreïn, sur le Yémen Monsieur Bourdin, vous avez vos prédilections… Vous avez vos massacres préférés. (…) Vous passez votre temps, vous et quelques autres, à essayer d’effrayer à mon sujet (…) Je ne fais pas campagne au Venezuela, je suis en train de faire campagne en France. Jean-Luc Mélenchon
Je n’ai pas regardé précisément ce point 62. (…) Ecoutez, je vais regarder dans le détail ce point-là. (…) Je ne sais pas exactement ce qui a conduit à ce point 62. (…) Ce qui compte, c’est la logique générale. Clémentine Autain
Monsieur Villepin ne déçoit jamais dans sa capacité à marquer des buts contre son camp. C’est l’homme de la dissolution qui a amené Lionel Jospin au pouvoir, c’est l’homme des coups bas contre Nicolas Sarkozy. Il poursuit aujourd’hui dans la collaboration avec Emmanuel Macron.Eric Ciotti
Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus. (…) Il ne s’agit pas de transposer les lois de l’atome à l’humain, mais plutôt d’aborder des questions sociales et politiques comme un physicien face à un problème complexe. Par exemple, comment des personnages aux convictions inflexibles peuvent influencer le comportement d’électeurs plus ouverts et donc changer le résultat d’une élection. (…) Exactement. Dans le cas de la peine de mort, par exemple, une majorité d’individus pense qu’il faut maintenir son abolition. Mais si on faisait un référendum, il y aurait de forts risques que par le débat les gens changent d’opinion. Alors qu’on aurait enrichi notre vision du problème, on aboutirait à une rationalité manipulée qui suivrait nos préjugés communs les plus archaïques. L’impact des préjugés est l’un des composants de mon modèle. L’impact des gens inflexibles en est un autre. (…) Les inflexibles sont ceux qui sont sûrs de leur vote. Par exemple, Marine Le Pen bénéficie d’un fort électorat d’inflexibles. Coûte que coûte, ils voteront pour elle. Mais il existe aussi une catégorie d’inflexibles anti-FN qui ne voteront jamais pour elle. Eux non plus ne changeront pas d’avis. Et ils sont plus de la moitié. Ce qui fait que, pour l’instant, elle ne peut pas gagner au second tour. [Mais] pour la première fois, des électeurs anti-FN ne sont pas prêts à aller voter pour le challenger. La pilule est trop difficile à avaler. La victoire de Le Pen est improbable mais n’est plus impossible. (…) C’est l’intensité de la campagne et des discussions avec les inflexibles qui peuvent faire basculer la distribution de votes. D’après mon modèle, Fillon détient le plus grand nombre d’inflexibles (ceux capables de convaincre les autres). Il suffit que ces influenceurs augmentent de 2-3 points pour que Fillon batte Macron (qui a moins d’inflexibles) au premier tour. Quant à la montée de Mélenchon, si elle se poursuit, elle pourrait contribuer à faire redémarrer Fillon. (…) Aujourd’hui, les discussions peuvent amener les macronistes (refroidis par les affaires de Fillon) à voter Mélenchon. Mais d’après mon modèle, dans un deuxième temps, si Mélenchon devient un candidat sérieux face à Marine Le Pen, ces ex-Macron pourraient, poussés par les inflexibles pro-Fillon, se tourner vers Fillon pour s’opposer à la politique économique de Mélenchon.Serge Galam
Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée. Serge Galam
Vous vous moquiez des codes. Vous étiez peu enclin aux règles du jeu politique traditionnel. Vous disiez que vous n’aimiez pas le microcosme. Vous étiez atypique dans ce milieu ». Vous disiez que vous aviez l’intention d’aller le plus loin possible. Vous vouliez renverser la table, changer la vie, faire la Révolution. Vous savez comment on vous surnomme (…) ? On vous surnomme « Monsieur ‘et en même temps’. Vous vouliez supprimer l’ISF et en même temps vous avez préféré le garder dans une version patrimoniale. Vous vouliez supprimer les 35 heures et en même temps vous vous êtes dit qu’il valait mieux rechercher des accords d’entreprises. Vous disiez vouloir préparer une réforme de la fonction publique et vous attaquer au statut des fonctionnaires et en même temps vous avez décidé de ne pas vous attaquer à ce statut mais de le moderniser ». (…) Sur Notre-Dame-des-Landes, vous avez dit qu’il y avait eu un référendum et qu’il fallait le respecter et en même temps vous avez proposé de nommer un médiateur. Sur la colonisation vous avez parlé de crimes contre l’humanité et en même temps, après avoir réfléchi vous avez déclaré qu’il s’agissait plutôt de crimes contre l’humain. Vous avez jugé que les anti-mariage pour tous ont été humiliés et en même temps vous avez estimé que l’humiliation avait été aussi du côté des pro-mariage. Et sur la peopolisation, vous avez déclaré que vous aviez fait une erreur de vous exposer avec votre épouse et en même temps vous avez continuez à vous prêter au jeu. (…) Sous vos airs polis, vous avez dit beaucoup de choses et leurs contraires.Alba Ventura
Son parti s’est effondré, le candidat PS Benoit Hamon est crédité de moins de 10% dans les sondages, le chômage est toujours au plus haut, les tensions identitaires et religieuses, notamment liées à l’islam politique, sont extrêmement vives. Mais le “Premier secrétaire de la République” se vante. “Je laisserai à mon successeur un pays en bien meilleur état que celui que j’ai trouvé”.Valeurs actuelles
Emmanuel Macron aime à dire qu’il bénéficie de soutiens de gauche, du centre, comme de droite. Ce n’est pas faux, même si ce n’est pas dans la même proportion : la très grande majorité de ses soutiens, comme des électeurs qui se prononceront pour lui dimanche prochain, vient d’un centre-gauche gestionnaire et responsable. Reste que les soutiens à la « macronie » venus de la droite existent bel et bien. Ces soutiens, cependant, sont loin d’être issus uniformément des différentes écoles qui composent la droite française. L’immense majorité d’entre eux vient d’un seul cercle : celui qui entourait l’ancien Président Jacques Chirac, chef de l’Etat entre 1995 et 2007, que l’âge et la maladie empêchent désormais de participer au débat politique. (…) Plus ambiguë est la position de deux anciens Premiers ministres de Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. Le premier, après avoir perdu contre François Fillon lors des primaires de la droite et du centre, a officiellement annoncé, après s’être fait prier, qu’il soutiendrait le candidat de son propre camp. Mais il multiplie les migraines de diva quand il s’agit de venir prouver ce soutien sur le terrain ou devant les caméras, et les mises en garde ronchonnent quand on lui en parle. Après avoir parlé des militants de son propre parti, soutiens de son propre candidat, comme d’un « noyau radicalisé » de militants (une expression généralement réservée aux soutiens de l’Etat islamique), Juppé, avant-hier, a déclaré qu’il se « retrouverait dans l’opposition » si un Président Fillon faisait entrer au gouvernement des représentants de la droite catholique conservatrice. (…) Quant à Villepin, Premier ministre de Chirac entre 2004 et 2007, sa politique semble être de tout faire pour indiquer son soutien à Macron, sauf de l’annoncer explicitement. Les deux hommes se déclarent réciproquement leur amitié à l’antenne, dans l’intimité de quelques millions d’auditeurs. Lundi dernier, BFM (surnommée « radio Macron » pour son engagement constant et caricatural en faveur du candidat) a suggéré que Villepin ferait un bon Premier ministre pour un Président Macron. Et Macron n’a pas dit le contraire. Ce ralliement massif, qu’il soit explicite ou implicite, de chiraquiens à Macron est-il l’indice d’une orientation idéologique particulière du candidat ? Probablement pas – ne serait-ce que parce qu’Emmanuel Macron, tout occupé qu’il est à mettre sa personne au centre de l’image, n’accorde pas la moindre importance à la cohérence idéologique. Il a annoncé successivement que la colonisation avait été un crime contre l’humanité, et qu’il fallait en assumer les aspects positifs. Qu’il n’y a pas de culture française et que la France ne serait jamais, sous son principat, un pays multiculturel. Que les opposants au mariage pour tous ont été injustement humiliés par le Président Hollande, et que l’idée même de donner à l’un d’entre eux un secrétariat d’Etat au Sport est le signe d’une insupportable radicalité. Qu’il renvoyait un de ses correspondants départementaux convaincu de sympathie islamiste, puis qu’il ne le renvoyait pas, puis qu’il l’écartait, ce qui, semble-t-il, est très différent et revient exactement au même, selon la personne à qui on s’adresse. Mais si Macron n’a aucune cohérence idéologique, aucune colonne vertébrale mentale, les chiraquiens, eux, en ont une. Leur entrée en masse dans les équipes Macron, avec la chasse aux postes qui en résulterait nécessairement s’il était élu, fera revenir au pouvoir des réflexes et des raisonnements caractéristiques de toute cette école de la droite française. Tout d’abord, les chiraquiens – à l’exemple de leur maître, lorsqu’il était encore lucide – sont des partisans résolus du multiculturalisme. S’il y a une chose sur laquelle Jacques Chirac n’a jamais varié, c’est sur l’idée que toutes les cultures se valent, que toutes doivent être également respectées, et que seule une arrogance raciste peut conduire les Occidentaux à préférer leur propre culture à celle des autres. Dans une déclaration restée fameuse, parce qu’aussi fausse en fait qu’elle était psychologiquement révélatrice, le président Chirac avait affirmé en 2003 à un homme politique catholique, Philippe de Villiers, que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Au nom de cette vision fantasmatique de l’histoire, la France de Chirac avait bloqué la tentative d’autres pays européens de faire figurer dans le préambule du projet de Constitution européenne une référence à ces « racines chrétiennes », historiquement exactes mais politiquement déplacées. Multiculturalistes de principe, les chiraquiens ont aussi une attitude, disons, sans sévérité excessive en matière de morale financière. Là encore, l’exemple vient du sommet. L’ancien président vit, depuis qu’il a quitté l’Elysée, dans un appartement parisien appartenant à l’actuel Premier ministre libanais Saad Hariri, qui le met gratuitement à sa disposition. De nombreux témoins, à Paris, rapportent en confidence que cette dépendance financière personnelle envers des intérêts étrangers était déjà en place lorsque Jacques Chirac et le père de Saad, Rafic Hariri, étaient tous deux aux affaires. (…) Les bonnes habitudes ne se perdant pas si facilement, Dominique de Villepin, depuis qu’il a pris sa retraite de la politique, vit une existence de millionnaire grâce à des missions d’avocat et de conseil. Parmi ses clients les plus généreux figure, en première place, l’Emirat du Qatar. On ne peut pas exclure que si Villepin, comme la macronie le laisse désormais entendre, devenait le Premier ministre ou le ministre des Affaires Etrangères d’un jeune président sans expérience internationale, les intérêts géopolitiques de ses bienveillants parrains auraient au moins autant d’influence sur son action que ceux de la France. Enfin, le mélange de multiculturalisme de principe et de vénalité à la bonne franquette des chiraquiens les conduit presque tous à ne pas avoir une vision particulièrement favorable de l’Etat d’Israël en particulier et des Juifs en général. Jacques Chirac a une rue à son nom à Ramallah – un hommage généralement réservé aux dictateurs sunnites ou aux auteurs d’attentats suicide. Une de nos sources régulières à Paris, qui travaillait alors à l’Elysée, a personnellement entendu Villepin, pendant la deuxième Intifada, expliquer – tout en regrettant les assassinats suicide – que ceux-ci étaient inévitables car « le Moyen-Orient a toujours rejeté les éléments étrangers ». En parfait accord avec cette vision fantasmagorique de l’histoire, la présidence de Chirac, surtout lorsque Villepin était son Premier ministre, a caractérisé le point le plus bas de toute l’histoire des relations franco-israéliennes. (…) S’il reste aujourd’hui des nostalgiques de cette époque, il y a pour eux une bonne nouvelle : presque tous ceux qui étaient aux commandes, en politique comme dans la presse, sont encore vaillants et prêts à reprendre du service. Et tous, en masse, se sont ralliés à la candidature Macron – un candidat trop profondément ignorant de ces questions pour pouvoir contrer leur influence s’il était élu. Amram Castellion
La France se rend aux urnes pour une élection plus incertaine que jamais, qui pourrait voir la gauche écartée du second tour laissant face à face droite réac et extrême droite. (…) Voter pour qui? Certainement pas pour les diviseurs des Français qui récupèrent le drame pour achalander leur douteuse boutique. Libération
Le monde entier a montré sa solidarité avec l’opposition vénézuélienne et condamné l’attitude du pouvoir chaviste. Et Mélenchon continue à défendre un régime coupable de multiples violations des droits de l’homme. Chaque fois qu’il en parle, Mélenchon décrit Chavez comme un grand humaniste. Tout le monde sait que c’est faux. Il ment quand il dit qu’il n’y a pas eu d’expropriations. Il doit le savoir! Il est venu si souvent dans mon pays. Avec un menteur comme lui, il n’y a pas de discussion possible. Aujourd’hui, au Venezuela, des gens fouillent dans les poubelles pour trouver à manger.Paula Osorio
Mélenchon est comme un mari trompé qui ne veut pas voir que sa femme lui est infidèle. Il nie la réalité alors qu’il la connaît. Il se ment à lui-même car il a trouvé dans son soutien à Chavez une part de romantisme qui le nourrit dans son combat politique. Mélenchon ne peut pas être un bon président s’il continue à vivre dans une utopie. Et pourtant de nombreux points de son programme me plaisent. Mais cet aveuglement sur mon pays est insultant pour tous les Vénézuéliens qui souffrent.Francisco Moreno (ancien cadre de la compagnie nationale pétrolière vénézuélienne PDVSA)
Mélenchon parle d’un Venezuela qui n’existe pas. Il nourrit ses fantasmes de révolution sud-américaine de l’histoire d’un pays où certains habitants n’ont même plus la possibilité de se soigner car il n’y a plus de médicaments dans les pharmacies et les hôpitaux depuis des mois. Manifestant vénézuélien à Paris
Alors que l’opposition vénézuélienne défile en masse dans les rues de Caracas pour demander l’organisation d’élections, de nombreux Vénézuéliens parisiens s’offusquent des déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur leur pays. Ils dénoncent les contre-vérités exprimées par le candidat à la présidentielle. (…) Par ailleurs, à une question sur France Info sur le point 62 du programme de Mélenchon qui prône l’adhésion de la France l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), Clémentine Autain a montré qu’elle ne connaissait pas ce point du programme du candidat dont elle est la porte-parole. L’Alba est une organisation fondée par Hugo Chavez qui visait à créer des solidarités avec les pays latino-américains et caraïbes adhérents aux préceptes du socialisme du XXIe siècle (Cuba, Bolivie, Nicaragua, République dominicaine, Équateur, notamment). Cette alliance est en train de péricliter. La rente pétrolière vénézuélienne ayant fondu, Caracas ne peut plus apporter son aide aux pays membres. La proposition d’adhésion de la France à cette alliance est pour le moins incongrue. (…) Mercredi 19 avril, dans la cour de la reine dans le 8e arrondissement de Paris, les opposants au régime chaviste se sont réunis au pied de la statue de Simon Bolivar pour montrer leur solidarité avec leurs compatriotes qui défilaient dans les rues de Caracas au même moment. Au milieu des slogans demandant le respect des droits à manifester et de la constitution ainsi que la libération des prisonniers politiques, la colère contre Jean-Luc Mélenchon était présente. La plupart des participants exprimaient spontanément leur consternation face aux «contre-vérités» exprimées par le candidat de la France insoumise sur le Venezuela.Le Figaro
C’était par les yeux de la France que je commençais à voir. Rudyard Kipling
[Le maoïsme], c’était de la poésie. Philippe Solers
Suite à la tribune de 25 prix Nobel d’économie rappelant l’erreur que constituerait une sortie de l’UE, un recours au protectionnisme ou à la dévaluation, une centaine d’économistes a décidé de prendre la plume pour signer, à son tour, une tribune en faveur du programme de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute ont-ils ressenti le message des « Nobel » comme une menace pour leur champion. Que nous apprend cette démarche qui interpelle davantage par le nombre de signataires que par le fond de leur analyse ? Il faut d’abord noter le pathétique de cette décision. Lorsque 25 Nobel, ayant des opinions politiques diverses et des méthodologies très différentes, rappellent que certains faits économiques sont indiscutables, ils démontrent qu’il existe un consensus scientifique qui dépasse les croyances individuelles. En s’opposant frontalement à leurs conclusions, pour mieux soutenir leur candidat, ces « économistes » relèguent la science économique au rang de simple débat d’idées. Selon eux, l’économie serait affaire de goûts et relèverait davantage de discussion de cafés du commerce que de science. Cela en dit long sur l’estime qu’ils ont de leur profession. Mais il y a plus grave. Un tel comportement favorise le relativisme ambiant qui, en matière économique, empêche tout consensus et donc toute discussion rationnelle et dépassionnée sur la pertinence des programmes électoraux. Voilà déjà un point choquant. Pourtant, celui-ci n’est rien en regard de ce que cette tribune révèle sur le système universitaire français. Parmi ces signataires, plusieurs appartiennent au mouvement des Economistes Atterrés qui n’a jamais caché son penchant anticapitaliste, anti-marché et révolutionnaire. Ceux-là sont donc dans leur rôle (sic) lorsqu’ils soutiennent le candidat qui pleure Castro et appelle de ses vœux un rapprochement avec l’Alliance Bolivarienne. Ceux qui le sont moins sont les nombreux signataires membres du CNU – Conseil National des Universités. Le CNU est l’institution déterminante pour la carrière des jeunes universitaires. Il délivre les précieuses « qualifications » sans lesquelles un docteur ne peut intégrer l’université au titre de Maître de Conférences. Et depuis peu, il est aussi l’instance qui octroie le prestigieux statut de Professeur. Or, comme en témoigne la liste des signataires soutenant cette tribune, ce Conseil sensé évaluer la recherche scientifique est composé, pour partie, d’idéologues niant les conclusions des Nobels et considérant au moins implicitement, que l’économie serait un art au service d’un idéal politique plus vaste. Voilà pourquoi l’économie est de moins en moins bien enseignée à l’université. Et voilà pourquoi les Français sont si ignorants en matière économique. Ce qui devrait être le temple de l’excellence scientifique est devenu l’arrière-boutique d’une idéologie dépassée, où se décident les carrières des futurs professeurs, non selon la qualité de leurs travaux mais selon leurs opinions politiques. Devenue un instrument politique au sein d’une institution dépossédée de sa nature scientifique, l’économie perd inévitablement son statut et son importance dans le débat politique, interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité. On s’interroge souvent sur les causes du marasme économique français. L’inculture et le relativisme économiques en sont les principales. Pour comprendre l’économie, pour choisir un programme économique plutôt qu’un autre, il faut déjà accepter que l’économie est une science, avec ses règles et ses mécanismes. Or, cela même les membres des plus hautes instances universitaires semblent l’avoir oublié, en faisant passer leur idéologie avant la réalité des faits, telle qu’énoncée par 25 Nobels ! Tant que les gardiens du temple seront des idéologues, favorables à un système qui n’a jamais fonctionné qui plus est, il n’y aura aucun débat rationnel. Et la France ne s’en remettra pas.Pierre Bentata (Université Panthéon Assas)
Quand je suis arrivé en France au début des années 1990, je pensais avoir laissé derrière moi le cauchemar de l’idéologie communiste. Je pensais ne plus revivre l’atmosphère sombre et pesante de l’époque, la tension et la peur permanentes, les files interminables devant les magasins vides et les pénuries – de la boîte d’allumettes jusqu’au papier hygiénique – et cette sensation terrible qu’on ne s’en sortirait jamais. Je croyais que c’en était fini des deux heures de télé par jour sur la seule chaîne, deux heures consacrées en grande partie au «Conducator bien aimé», le dictateur Ceausescu. (…) Plus de 25 ans après la chute du communisme, je suis en train de vivre une expérience que je n’aurais jamais pensé retrouver: la France, mon pays de cœur et d’adoption, manifeste une sympathie incorrigible pour les idées communistes que je n’ai cessé de combattre depuis mon enfance! Quelle ironie du sort: en 2017, sur onze candidats à l’élection présidentielle, neuf affichent clairement leurs penchants léninistes et leurs programmes marxisants. Sommes-nous en 2017 ou en 1917? (…) Quel décalage avec la France d’aujourd’hui! Un pays qui fait la couverture des magazines pour son taux de chômage qui bat des records ou pour sa bureaucratie sans équivalent dans les grands pays riches et démocratiques. Un pays dont l’économie étouffe sous la pression d’un État omniprésent et qui voit ses jeunes partir en masse à l’étranger. Un pays qui a envoyé aux oubliettes les vraies valeurs de l’école et les a remplacées par le pédagogisme et la sociologie égalitariste de Pierre Bourdieu ; une école phagocytée par les syndicats de gauche qui n’acceptent aucune réforme et par des enseignants complètement éloignés du monde de l’entreprise. Un pays qui chasse les jeunes, les chefs d’entreprise, les riches et qui n’attire plus les élites. Un pays dirigé par une classe politique en très grande partie déconsidérée et biberonnée à l’étatisme. Un pays où un parti dit d’extrême droite puise son programme dans les idées marxistes et obtient des scores électoraux impressionnants, un pays où plusieurs autres partis et candidats, enfin, se déclarent ouvertement communistes. Quel est ce pays qui renie ses racines chrétiennes et ses valeurs historiques? Qui a transformé l’antilibéralisme et l’antiaméricanisme en repères moraux? Qui passe son temps à insulter l’Europe et les présidents américains, parfaits boucs émissaires, et dresse des lauriers à des criminels comme Mao, Castro ou Che Guevara? (…) En France, le socialisme a toujours baigné dans la bienveillance, alors que le libéralisme a toujours souffert d’une présomption d’injustice et de culpabilité. L’étatisme marxisant bénéficie de la clause de l’idéologie la plus favorisée et c’est ce qui tue la France encore aujourd’hui. D’autres pays s’en sont sortis, en saisissant toutes les bouées de sauvetage que nous, nous repoussons. Souffririons-nous du syndrome de Stockholm à l’échelle nationale? D’une inconscience infantile qui pourrait se révéler lourde de conséquences? Où est la France de mon enfance?Bogdan Calinescu
Pour avoir, avec une centaine de ses collègues députés, tiré parti d’un système effectivement douteux mais à l’époque légal …
Et profitant de son titre prestigieux (repris d’un journal de résistance certes fondé par des compagnons de route du PCF et refondés par des maoïstes) …
Pour contrer dans le plus éhonté des amalgames « droite réac » et extrême droite …
Pendant qu’au nom du relativisme le plus échevelé et au moment même où à Caracas les manifestants tombent sous les balles du chavisme …
Une centaine d’économistes apportent leur soutien à l’appel, par un candidat ouvertement castriste et chaviste, à un rapprochement de la France avec l’Alliance bolivarienne …
Encourageant de fait, comme le rappelle le chercheur en économie Pierre Bentata, non seulement la notoire inculture des Français en matière économique …
Mais « interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité » …
Et qu’au prétendu centre et sur fond de sondages largement relativisés par une masse inédite d’indécis, un Monsieur Et en même temps nous ressort les restes quasi-momifiés d’une Chiraquie que l’on croyait morte et enterrée …
Comment ne pas voir …
Avec l’essayiste Nicolas Lecaussin qui a connu, lui, la dictature sous le Ceausescu de sa Roumanie natale …
FIGAROVOX/TRIBUNE- A deux jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’essayiste Nicolas Lecaussin, qui a connu la dictature de Ceausescu en Roumanie, met en garde contre les candidats d’extrême gauche et l’état marxisant qu’ils souhaitent mettre en place.
Bogdan Calinescu publie en France sous le pseudonyme de Nicolas Lecaussin. Il est directeur de l’IREF et a écrit plusieurs essais dont Cet État qui tue la France, L’absolutisme efficace, Au secours, ils veulent la peau du capitalisme, L’obsession antilibérale française, et Échec de l’État (coauteur).
Quand je suis arrivé en France au début des années 1990, je pensais avoir laissé derrière moi le cauchemar de l’idéologie communiste. Je pensais ne plus revivre l’atmosphère sombre et pesante de l’époque, la tension et la peur permanentes, les files interminables devant les magasins vides et les pénuries – de la boîte d’allumettes jusqu’au papier hygiénique – et cette sensation terrible qu’on ne s’en sortirait jamais. Je croyais que c’en était fini des deux heures de télé par jour sur la seule chaîne, deux heures consacrées en grande partie au «Conducator bien aimé», le dictateur Ceausescu.
Enfant, je voyais mon père, intellectuel, enseignant la littérature française, prendre d’énormes risques en critiquant le régime et je me rappelle très bien comment, lors d’une perquisition de la police politique chez nous, à 6 heures du matin, il avait réussi à glisser dans mon cartable, avant que je ne parte à l’école, quelques documents «compromettants» qui auraient pu lui coûter cher… En les déposant chez un ami de la famille qui les a brûlés tout de suite, j’avais – déjà, à 13 ans – la satisfaction d’avoir accompli l’acte d’un véritable résistant au régime. Malgré l’ubuesque et l’impitoyable dictature de Ceausescu, j’ai eu la chance de grandir dans une atmosphère francophile, j’ai eu la chance de pouvoir déchiffrer le monde libre, sa littérature, son actualité.
Plus de 25 ans après la chute du communisme, je suis en train de vivre une expérience que je n’aurais jamais pensé retrouver: la France, mon pays de cœur et d’adoption, manifeste une sympathie incorrigible pour les idées communistes que je n’ai cessé de combattre depuis mon enfance! Quelle ironie du sort: en 2017, sur onze candidats à l’élection présidentielle, neuf affichent clairement leurs penchants léninistes et leurs programmes marxisants. Sommes-nous en 2017 ou en 1917?
Je me souviens très bien du moment où la France est devenue pour moi l’objectif à atteindre, l’endroit où je devais absolument vivre. Adolescent, je suis tombé sur ce texte de Rudyard Kipling qui, en 1878, à l’âge de 12 ans, visite Paris avec son père. Il a l’occasion de grimper dans la statue de la Liberté qui n’avait pas encore été envoyée à New York. En regardant de l’intérieur à travers ses yeux, il comprend: «C’était par les yeux de la France que je commençais à voir»… Des années plus tard, en 1922, lors d’un discours à la Royal Society of St. George, ce grand amoureux de la France affirmait: «Les Français représentent le seul autre (avec les Anglais) peuple dans le monde qui compte.» Néanmoins, l’Angleterre devrait suivre l’exemple de la France… Et Kipling d’énumérer les atouts de notre pays: l’éthique du travail, son économie, la simplicité, l’autodiscipline et la discipline extérieure ainsi que «la vie rude qui fortifie l’être moral». «La France est un exemple pour le monde entier»!
Quel décalage avec la France d’aujourd’hui! Un pays qui fait la couverture des magazines pour son taux de chômage qui bat des records ou pour sa bureaucratie sans équivalent dans les grands pays riches et démocratiques. Un pays dont l’économie étouffe sous la pression d’un État omniprésent et qui voit ses jeunes partir en masse à l’étranger. Un pays qui a envoyé aux oubliettes les vraies valeurs de l’école et les a remplacées par le pédagogisme et la sociologie égalitariste de Pierre Bourdieu ; une école phagocytée par les syndicats de gauche qui n’acceptent aucune réforme et par des enseignants complètement éloignés du monde de l’entreprise. Un pays qui chasse les jeunes, les chefs d’entreprise, les riches et qui n’attire plus les élites. Un pays dirigé par une classe politique en très grande partie déconsidérée et biberonnée à l’étatisme. Un pays où un parti dit d’extrême droite puise son programme dans les idées marxistes et obtient des scores électoraux impressionnants, un pays où plusieurs autres partis et candidats, enfin, se déclarent ouvertement communistes.
Quel est ce pays qui renie ses racines chrétiennes et ses valeurs historiques? Qui a transformé l’antilibéralisme et l’antiaméricanisme en repères moraux? Qui passe son temps à insulter l’Europe et les présidents américains, parfaits boucs émissaires, et dresse des lauriers à des criminels comme Mao, Castro ou Che Guevara? Je me souviendrai toujours de ce que m’avait dit l’intellectuel Philippe Sollers lorsque je lui avais demandé pourquoi il avait été maoïste: «C’était de la poésie», m’avait-il répondu en balayant d’un revers de main sa sympathie pour le plus grand criminel de l’Histoire. Alors, les admirateurs d’Hitler, c’était aussi de la poésie? En France, le socialisme a toujours baigné dans la bienveillance, alors que le libéralisme a toujours souffert d’une présomption d’injustice et de culpabilité.
L’étatisme marxisant bénéficie de la clause de l’idéologie la plus favorisée et c’est ce qui tue la France encore aujourd’hui. D’autres pays s’en sont sortis, en saisissant toutes les bouées de sauvetage que nous, nous repoussons. Souffririons-nous du syndrome de Stockholm à l’échelle nationale? D’une inconscience infantile qui pourrait se révéler lourde de conséquences? Où est la France de mon enfance?
PRÉSIDENTIELLE 2017 – « Tout sauf eux ». Eux, c’est-à-dire Marine Le Pen et François Fillon, qui s’affichent ce samedi 22 avril à la Une de l’édition week-end de Libération, dominée par le scrutin du premier tour de dimanche.
« La France se rend aux urnes pour une élection plus incertaine que jamais, qui pourrait voir la gauche écartée du second tour laissant face à face droite réac et extrême droite. » A la veille d’un scrutin décisif pour la France, le quotidien renoue avec l’une de ses grandes traditions éditorialistes et prend clairement position dans la campagne.
Sur la Une et dans l’éditorial « Voter c’est se battre » de Laurent Joffrin, le journal d’opinion appelle les électeurs français à voter. « Voter pour qui? Certainement pas pour les diviseurs des Français qui récupèrent le drame pour achalander leur douteuse boutique », assène le directeur de la rédaction, en faisant allusion aux réactions politiques qui ont suivi l’attentat sur les Champs-Elysées jeudi 20 avril.
Un avertissement, un cri du cœur, qui n’est sans rappeler la prise de position de certains autres quotidiens nationaux, qui ont, au cours de la campagne, pris plusieurs fois position contre la candidate frontiste et le candidat de la droite.
« Voilà deux possibles futurs présidents de la République »
Le 18 avril, Le Monde publiait un éditorial cinglant contre Marine Le Pen, accusée d’avoir franchi « la frontière de l’indécence ». En ligne de mire la déclaration polémique de la présidente du FN sur la sécurité nationale et le terrorisme: « Avec moi, il n’y aurait pas eu de Mohamed Merah, Français grâce au droit du sol, il n’y aurait pas eu les attentats du Bataclan et Stade de France. »
Sauf qu' »on ne récolte pas de voix sur le dos des morts », comme le martèle le texte publié le lendemain sur le site du Monde. « C’est une sorte de ligne rouge d’ordre moral – et qui préserve l’avenir. Cette ligne rouge, la chef du Front national, Marine Le Pen, vient de la franchir. »
Le quotidien n’épargne pas non plus François Fillon, englué dans des scandales politique, financier et surtout moral. « François Fillon, Marine Le Pen: même au mépris de la loi », s’intitule ainsi un autre éditorial, paru cette fois le 15 mars, au lendemain de la mise en examen du candidat de la droite, et alors que la candidate frontiste est elle aussi visée par des soupçons d’emplois fictifs au Parlement Européen.
« Voilà deux possibles futurs présidents de la République –et, à ce titre, gardiens des institutions– qui invoquent sans vergogne le verdict des électeurs pour mieux écarter le jugement des magistrats. Voilà une campagne définitivement empoisonnée et le débat présidentiel torpillé par ces affaires. Voilà enfin, c’est inévitable, les Français confortés dans leur défiance à l’égard de la parole publique et dans leur rejet, voire leur dégoût, des responsables politiques. De cela, en tout cas, François Fillon et Marine Le Pen sont dès à présent coupables », tranche ainsi le journal.
Les 100 économistes signataires de la tribune pro-Mélenchon sont le révélateur d’un malaise dans l’enseignement de l’économie en France. Par Pierre Bentata, chercheur en économie à l’Université Panthéon Assas
Suite à la tribune de 25 prix Nobel d’économie rappelant l’erreur que constituerait une sortie de l’UE, un recours au protectionnisme ou à la dévaluation, une centaine d’économistes a décidé de prendre la plume pour signer, à son tour, une tribune en faveur du programme de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute ont-ils ressenti le message des « Nobel » comme une menace pour leur champion.
Que nous apprend cette démarche qui interpelle davantage par le nombre de signataires que par le fond de leur analyse ?
Consensus scientifique
Il faut d’abord noter le pathétique de cette décision. Lorsque 25 Nobel, ayant des opinions politiques diverses et des méthodologies très différentes, rappellent que certains faits économiques sont indiscutables, ils démontrent qu’il existe un consensus scientifique qui dépasse les croyances individuelles. En s’opposant frontalement à leurs conclusions, pour mieux soutenir leur candidat, ces « économistes » relèguent la science économique au rang de simple débat d’idées. Selon eux, l’économie serait affaire de goûts et relèverait davantage de discussion de cafés du commerce que de science. Cela en dit long sur l’estime qu’ils ont de leur profession.
Mais il y a plus grave. Un tel comportement favorise le relativisme ambiant qui, en matière économique, empêche tout consensus et donc toute discussion rationnelle et dépassionnée sur la pertinence des programmes électoraux. Voilà déjà un point choquant. Pourtant, celui-ci n’est rien en regard de ce que cette tribune révèle sur le système universitaire français.
Parmi ces signataires, plusieurs appartiennent au mouvement des Economistes Atterrés qui n’a jamais caché son penchant anticapitaliste, anti-marché et révolutionnaire. Ceux-là sont donc dans leur rôle (sic) lorsqu’ils soutiennent le candidat qui pleure Castro et appelle de ses vœux un rapprochement avec l’Alliance Bolivarienne. Ceux qui le sont moins sont les nombreux signataires membres du CNU – Conseil National des Universités. Le CNU est l’institution déterminante pour la carrière des jeunes universitaires. Il délivre les précieuses « qualifications » sans lesquelles un docteur ne peut intégrer l’université au titre de Maître de Conférences. Et depuis peu, il est aussi l’instance qui octroie le prestigieux statut de Professeur. Or, comme en témoigne la liste des signataires soutenant cette tribune, ce Conseil sensé évaluer la recherche scientifique est composé, pour partie, d’idéologues niant les conclusions des Nobels et considérant au moins implicitement, que l’économie serait un art au service d’un idéal politique plus vaste.
L’arrière-boutique d’une idéologie dépassée
Voilà pourquoi l’économie est de moins en moins bien enseignée à l’université. Et voilà pourquoi les Français sont si ignorants en matière économique. Ce qui devrait être le temple de l’excellence scientifique est devenu l’arrière-boutique d’une idéologie dépassée, où se décident les carrières des futurs professeurs, non selon la qualité de leurs travaux mais selon leurs opinions politiques. Devenue un instrument politique au sein d’une institution dépossédée de sa nature scientifique, l’économie perd inévitablement son statut et son importance dans le débat politique, interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité.
On s’interroge souvent sur les causes du marasme économique français. L’inculture et le relativisme économiques en sont les principales. Pour comprendre l’économie, pour choisir un programme économique plutôt qu’un autre, il faut déjà accepter que l’économie est une science, avec ses règles et ses mécanismes. Or, cela même les membres des plus hautes instances universitaires semblent l’avoir oublié, en faisant passer leur idéologie avant la réalité des faits, telle qu’énoncée par 25 Nobels !
Tant que les gardiens du temple seront des idéologues, favorables à un système qui n’a jamais fonctionné qui plus est, il n’y aura aucun débat rationnel. Et la France ne s’en remettra pas.
Voir encore:
La consternation des Vénézuéliens de Paris face à Mélenchon Le candidat de la France insoumise érige le régime chaviste en modèle et a inscrit l’adhésion de la France à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques dans son programme.
Patrick Bèle
Le Figaro
20/04/2017
Alors que l’opposition vénézuélienne défile en masse dans les rues de Caracas pour demander l’organisation d’élections, de nombreux Vénézuéliens parisiens s’offusquent des déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur leur pays. Ils dénoncent les contre-vérités exprimées par le candidat à la présidentielle. Dans un entretien accordé à Ouest France la semaine dernière, il déclarait: «Le Venezuela avait une politique sociale-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a jamais eu de nationalisation non plus. J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Et aujourd’hui le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien!» «Six affirmations et quatre purs mensonges», déplore Jose Ocariz, qui vit en France depuis une quinzaine d’années.
Une alliance en train de péricliter
Par ailleurs, à une question sur France Info sur le point 62 du programme de Mélenchon qui prône l’adhésion de la France l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), Clémentine Autain a montré qu’elle ne connaissait pas ce point du programme du candidat dont elle est la porte-parole. L’Alba est une organisation fondée par Hugo Chavez qui visait à créer des solidarités avec les pays latino-américains et caraïbes adhérents aux préceptes du socialisme du XXIe siècle (Cuba, Bolivie, Nicaragua, République dominicaine, Équateur, notamment).
Cette alliance est en train de péricliter. La rente pétrolière vénézuélienne ayant fondu, Caracas ne peut plus apporter son aide aux pays membres. La proposition d’adhésion de la France à cette alliance est pour le moins incongrue. «Le monde entier a montré sa solidarité avec l’opposition vénézuélienne et condamné l’attitude du pouvoir chaviste, explique Paula Osorio, en France depuis dix ans. Et Mélenchon continue à défendre un régime coupable de multiples violations des droits de l’homme. Chaque fois qu’il en parle, Mélenchon décrit Chavez comme un grand humaniste. Tout le monde sait que c’est faux. Il ment quand il dit qu’il n’y a pas eu d’expropriations. Il doit le savoir! Il est venu si souvent dans mon pays. Avec un menteur comme lui, il n’y a pas de discussion possible. Aujourd’hui, au Venezuela, des gens fouillent dans les poubelles pour trouver à manger.»
Consternation face aux «contre-vérités»
Pour Francisco Moreno, ancien cadre de PDVSA, le géant pétrolier appartenant à l’État vénézuélien, qui a quitté le pays au moment de la grande purge de la compagnie au début des années 2000, Mélenchon est «comme un mari trompé qui ne veut pas voir que sa femme lui est infidèle. Il nie la réalité alors qu’il la connaît. Il se ment à lui-même car il a trouvé dans son soutien à Chavez une part de romantisme qui le nourrit dans son combat politique. Mélenchon ne peut pas être un bon président s’il continue à vivre dans une utopie. Et pourtant de nombreux points de son programme me plaisent. Mais cet aveuglement sur mon pays est insultant pour tous les Vénézuéliens qui souffrent».
Jose Ocariz, qui se place plutôt à gauche, s’étonne lui aussi des «mensonges» de Jean-Luc Mélenchon. «Personne n’a été exproprié? Il suffit de taper «Expropiese» sur un moteur de recherche pour trouver de nombreux extraits des shows de télé réalité du colonel Chavez. Il s’agit d’humiliation publique, montrant des personnes réduites au silence à l’annonce en live de leur ruine car expropriés, suivie d’une salve d’applaudissements serviles.»
Mercredi 19 avril, dans la cour de la reine dans le 8e arrondissement de Paris, les opposants au régime chaviste se sont réunis au pied de la statue de Simon Bolivar pour montrer leur solidarité avec leurs compatriotes qui défilaient dans les rues de Caracas au même moment. Au milieu des slogans demandant le respect des droits à manifester et de la constitution ainsi que la libération des prisonniers politiques, la colère contre Jean-Luc Mélenchon était présente.
La plupart des participants exprimaient spontanément leur consternation face aux «contre-vérités» exprimées par le candidat de la France insoumise sur le Venezuela. «Mélenchon parle d’un Venezuela qui n’existe pas, s’insurgeait un participant qui préfère rester anonyme. Il nourrit ses fantasmes de révolution sud-américaine de l’histoire d’un pays où certains habitants n’ont même plus la possibilité de se soigner car il n’y a plus de médicaments dans les pharmacies et les hôpitaux depuis des mois.»
Filteris, Vigiglobe et Predict My President, trois initiatives différentes dans leur méthodologie de big data électoral, prédisent la qualification de François Fillon au second tour de l’élection présidentielle. Les derniers sondages, eux, continuent d’anticiper un duel Macron-Le Pen. Explications.
Première mauvaise nouvelle pour les sondeurs, dont la méthodologie est ouvertement contestée : contrairement à eux, ces concurrents du big data ont su prédire la qualification de François Fillon au premier tour de la primaire à droite. Et aussi l’élection de Donald Trump et, pour Vigiglobe, la victoire du Brexit. Trois échecs cuisants pour les instituts de sondages.
Deuxième mauvaise nouvelle : les prédictions de Filteris, de Vigiglobe et de l’algorithme Predict My President ne valident pas celles des sondages. Ceux-ci ne cessent d’annoncer un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au contraire, les trois initiatives misent sur la qualification de François Fillon. Ils diffèrent par contre sur le ou la candidate qui l’accompagnera au second tour. Une question de méthodologie qui révèle aussi les limites de l’exercice.
Retour sur ces trois trublions de la campagne, leur méthodologie, leur crédibilité, leurs prédictions. Puis celles, très différentes, des tout derniers sondages.
Filteris : un second tour Fillon / Le Pen
Qu’est-ce que c’est ? Filteris est une société canadienne créée en 2002 par Jérôme Coutard et Isabelle Dornic, tous deux docteurs en sciences sociales. L’entreprise est spécialisée dans l’analyse d’image, la gestion et la sécurisation de l’identité numérique des entreprises, institutions et personnalités. Depuis 2007, Filteris a développé une expertise dans l’analyse du buzz généré sur le web et les réseaux sociaux dans des contextes électoraux, baptisée BuzzPol.
Quelle méthodologie ? BuzzPol réalise, comme les sondages, des mesures régulières de l’opinion. Mais contrairement aux sondeurs, BuzzPol ne se base pas sur le recueil d’intentions de vote auprès d’un public représentatif, mais sur l’analyse à grande échelle des perceptions, avis et opinions exprimés sur le web et les réseaux sociaux. Son algorithme permet d’analyser ces points de vue de manière quantitative et qualitative, puis de générer un score sur 100, réparti entre les candidats.
Quel est son pronostic ? Dans sa dernière mesure du vendredi 21 avril, François Fillon arrive en tête avec 22,09%. Il est suivi par Marine Le Pen, avec 21,75%, puis Jean-Luc Mélenchon (21,11%) et enfin Emmanuel Macron (19,92%). Les quatre candidats se tiennent à un peu plus de deux points. Autrement dit, dans un mouchoir de poche.
C’est la 16è mesure d’opinion de Filteris depuis le 3 avril. Les 14 premières indiquaient que François Fillon et Marine Le Pen figureraient au second tour. Seule la 15è, du jeudi 20 avril, anticipait un second tour Fillon-Mélenchon.
Quelle crédibilité? Filteris a correctement prédit la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. L’entreprise n’a pas travaillé sur le Brexit. Contrairement aux sondages, Filteris a su prédire la première place de François Fillon à la primaire de la droite. Mais l’entreprise attendait Nicolas Sarkozy en deuxième position, alors que c’est Alain Juppé qui s’est qualifié. Elle s’est en outre trompée sur le premier tour de la primaire de la gauche : Benoît Hamon, qui est arrivé en première position, était donné troisième, derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg.
Vigiblobe : Fillon probablement qualifié, Macron et Mélenchon en embuscade, Le Pen hors de l’équation
Qu’est-ce que c’est ? Vigiglobe est une startup française dirigée par Leendert de Voogd, un ancien directeur mondial de l’institut de sondage TNS. Son credo : l’analyse des réseaux sociaux Twitter et Facebook pour repérer les tendances émergentes afin d’orienter la communication de ses clients, les marques. La startup a aussi développé des outils d’analyse spécialement conçus pour les élections, afin de repérer les signaux faibles qui traduisent des dynamiques qui échappent aux sondeurs – ou que ces derniers perçoivent trop tard.
Quelle méthodologie ? Vigiglobe utilise des algorithmes, développés en interne, de machine learning (apprentissage par la machine à base d’intelligence artificielle), capables d’analyser à la fois quantitativement (qui suscite le plus de réactions ?) et qualitativement (quelle tonalité ?) les messages postés sur les réseaux sociaux. Grâce à des partenariats exclusifs avec Facebook et Twitter, la startup a accès à l’ensemble des contenus publiés. La moitié des Français est sur Facebook, et Twitter revendique 15 millions de comptes en France.
Quel est son pronostic ? Contrairement à ses concurrents, Vigiglobe ne se risque pas au jeu des prédictions. En revanche, la startup estimait, jeudi 20 avril, que François Fillon a « de grandes chances de se qualifier pour le second tour ». Ses algorithmes d’analyse du sentiment voient se dégager un trio de tête dans un mouchoir de poche : François Fillon (qui dispose en plus du plus grand nombre de messages positifs), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.
Contrairement aux sondages et aux autres spécialistes du big data, Vigiglobe estime que Marine Le Pen est en sérieuse perte de vitesse, et qu’elle pourrait, par conséquent, ne pas se qualifier pour le second tour. Leendert de Voogd, le Pdg, précise toutefois que l’attaque des Champs-Elysées profitait vendredi 21 avril à François Fillon et à Marine Le Pen, en nette hausse par rapport aux jours précédents.
Quelle crédibilité? Vigiglobe a correctement identifié les dynamiques portant à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, à la victoire du Brexit au Royaume-Uni, de François Fillon à la primaire de la droite, et de Benoît Hamon à celle de la gauche.
Predict My President : Le Pen et Fillon au second tour
Qu’est-ce que c’est ? Predict My President est un programme mené depuis plusieurs mois par cinq étudiants de l’école Télécom Paris tech pour l’hebdomadaire Le Point. L’objectif est de pallier les « failles » des sondages en remplaçant les enquêtes d’opinion par une analyse socio-économique des électeurs, couplée à une analyse de la popularité des candidats sur la Toile.
Quelle méthodologie ? Les élèves ont bâti un logiciel nourri à partir des données numériques issues du réseau social Twitter et des recherches des internautes sur Google, pour déceler la popularité des candidats et analyser le contenu des messages les concernant. Ces data sont croisées par des données socio-économiques remontant jusqu’à 1981 (taux de chômage par département, résultats des élections locales, etc.), issues des plateformes gouvernementales d’open data et de l’Insee. Un algorithme pondère les différentes analyses et aboutit à des prédictions de vote. Ou quand le big data et l’analyse socio-économique remplacent les sondages.
Quel est le pronostic ? Le 19 avril, Predict My President voyait se profiler un duel entre Marine Le Pen (24,13%) et François Fillon (21,77%). Emmanuel Macron arriverait troisième avec 20,32%, suivi par Jean-Luc Mélenchon avec 18,66%.
Quelle crédibilité ? Verdict dimanche.
Et les sondages ?
Dans la dernière ligne droite, tous notent une progression de François Fillon, confirmant ainsi la dynamique relevée par les spécialistes du big data, mais pas suffisamment pour atteindre le second tour. Tous les instituts le donnent troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen.
Voici les résultats des derniers sondages publiés le vendredi 21 avril:
Odoxa pour Le Point
Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%.
BVA pour La Dépêche du Midi
Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%.
OpinionWay-ORPI pour Les Echos et Radio Classique
Emmanuel Macron (23%) vs Marine Le Pen (22%). François Fillon est troisième avec 21%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18%.
Ifop-Fiducial pour Paris Match, CNews et Sud Radio
Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (22,5%). François Fillon est troisième avec 19,5%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18,5%.
Elabe pour BFMTV et L’Express
Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (21,5%). François Fillon est troisième avec 20%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 19,5%.
Serge Galam avait prédit la victoire de Donald Trump, le Brexit ou encore l’élimination d’Alain Juppé à la primaire. Aujourd’hui, il révèle qui pourrait devenir le chef d’État français
Le Soir
23 avril 2017
Serge Galam ne se base pas sur de simples spéculations lorsqu’il prédit des événements politiques. Ce professeur à Science-Po est l’initiateur de la sociophysique. Une science qui tient compte du comportement, du choix des électeurs, des influences auxquelles ils sont confrontés corrélant le tout avec des statistiques souvent récoltées dans des sondages officiels. Serge Galam cherche à mathématiser le cheminement de l’opinion. Mais ces sondages ne peuvent pas être pris en compte seuls. Explications.
Une victoire improbable
« Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus » relaye le magazine Grazia. Ainsi, il explique comment Marine LePen pourrait gagner les élections. Une victoire qu’il estime aujourd’hui « improbable mais n’est plus impossible ». Car, en effet, l’élection française se montre presque imprévisible et la distribution des votes pourrait encore basculer.
Tout peut basculer
« Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée », rapporte RCF Radio.
Ainsi, le rapport minorité-majorité pourrait être inversé par les inflexibles – ceux qui voteront coûte que coûte pour un candidat – capables d’influencer les plus « flexibles ».
Donald Trump, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et François Fillon ont au moins un point commun. Ils veulent établir de meilleures relations, plus cordiales, plus compréhensives, avec la Russie de Poutine. Ils entendent ainsi «œuvrer pour la paix» et combattre avec l’aide de la Russie le terrorisme islamique.
Le problème, c’est que pour paraphraser François Mitterrand en 1983, les pacifistes sont à l’ouest et les missiles à l’est. C’est exactement ce que montre cette analyse de Vanity Fair. Soit, les Trump, Mélenchon, Le Pen et Fillon n’ont rien compris, soit ils ne veulent rien comprendre à la nature du régime au pouvoir à Moscou et à sa logique. Ils prennent leurs désirs pour la réalité.
Tout ceux qui ont tenté depuis des décennies d’amadouer les autocrates de Moscou, à l’époque de l’URSS ou plus récemment, ont échoué et en général l’ont payé cher.
Le dernier exemple en date est le fameux «reset» de Barack Obama en 2008. L’ancien Président des Etats-Unis tout comme son successeur voulait établir de nouvelles relations, «apaisées», avec la Russie. Son offre a été immédiatement comprise au Kremlin comme de la faiblesse. Cela s’est traduit par l’annexion de la Crimée, une guerre larvée à l’est de l’Ukraine, dont la Russie avait pourtant garanti les frontières en 1994, et une intervention massive de l’armée russe en Syrie pour sauver le tyran Bachar el Assad. Tout cela sous prétexte de combattre l’Etat islamique. Mais les forces russes et leurs affidés du Hezbollah et de l’Iran ont pris et détruit Alep, la base des rebelles, et pas Raqqa, la capitale de l’Etat islamique. Cherchez l’erreur.
La nature du régime russe est remarquablement décrite par Vanity Fair. C’est celle d’un pouvoir autoritaire, paranoïaque qui ne comprend que les rapports de force, ne s’embarrasse pas avec les moyens et n’est pas sensible aux jugements qu’on porte sur lui et aux mouvements d’opinion.
«La Russie est revenue à sa nature première…»
En 1946, George F. Kennan, un diplomate américain en poste à Moscou avait dans un texte devenu célèbre de 8.000 mots décrit le régime soviétique et la façon dont il fallait le traiter. Cette analyse, longtemps resté anonyme, montrait deux éléments essentiels: premièrement que l’Etat soviétique était fondamentalement instable et que la stratégie des Etats-Unis devait être de le contenir («containment») mais qu’il n’y avait pas grand chose d’autre à faire en attendant qu’il s’effondre.
Pour George F. Kennan, les Etats-Unis ne pouvaient et ne devaient rien faire pour améliorer les relations avec Moscou, parce que les crises et les différends n’étaient pas de son fait mais d’un régime qui avait assassiné des dizaines de millions de ses citoyens, s’était allié à Hitler et avait imposé la dictature communiste à toute l’Europe de l’est en la présentant comme une libération.
Pour Vanity Fair, le diagnostic et les conseils du diplomate sont toujours pertinents 75 ans plus tard. En dépit des intentions louables de Boris Yeltsin et de Bill Clinton, la Russie n’est pas devenue une démocratie et le pouvoir est aux mains d’un homme et d’une clique qui assassinent les opposants, contrôlent les médias et manipulent l’opinion publique. «C’était probablement trop demander à un pays aussi archaïque de devenir moderne en une décennie. De fait, la Russie est revenue à sa nature première».
Evidemment, Vladimir Poutine n’est pas Joseph Staline. Mais son pouvoir repose uniquement sur la force, la crainte, la subversion et la propagande.
«Nous avons imposé des sanctions à Moscou parce que nous considérons que c’est un pays dangereux et anti-démocratique. C’est un pays qui existe ailleurs que dans le paradigme occidental et tant que ce sera le cas, nous devons être sur nos gardes face à lui».
Cela ne veut pas dire que la Russie et les pays occidentaux ne pourront pas un jour être alliés. Mais comme George F. Kennan l’avait exposé en 1946, y arriver n’a rien à voir avec la politique des Etats-Unis et des pays occidentaux. Cela dépend seulement de la capacité de la Russie à devenir un Etat de droit, à imposer des contrôles et des contre-pouvoirs au Kremlin et à démanteler le réseau de grandes sociétés et de ministères qui contrôlent la société russe dans son ensemble. Il est peu vraisemblable que cela se produise demain. Entretemps, montrer de la bonne volonté et de la compréhension pour l’autocrate de Moscou ne conduira qu’à des désillusions et des désastres.
Voir encore:
Trump-Russia Relations What Trump Could Never Understand About Putin
As their bromance dwindles, history could teach a bewildered president a major lesson about one of America’s most significant adversaries
Peter Savodnik
Vanity Fair
April 13, 2017
In 1946, George F. Kennan, then a 44-year-old American diplomat based at the U.S. embassy in Moscow, wrote an 8,000-word “long telegram” delineating his views on the Soviet Union. The next year, the long telegram famously appeared in Foreign Affairs as “The Sources of Soviet Conduct,” or the “X” article, since it was published anonymously. (Everyone in the know was aware, of course, that Kennan had written the article, but, being a diplomat, he had to be discrete.) The “X” article essentially argued two fundamental points: first, that the Soviet state was inherently unstable; and second, that all the United States had to do to counter and, ultimately, prevail over the U.S.S.R. was to wait it out while simultaneously “containing” the state’s ambitions. The policy of containment guided Washington’s attitude toward Moscow for much of the duration of the Cold War.Kennan’s argument assumed that there was nothing that the United States could—or should—do to improve relations with the Soviet Union. Any fissures or crises that might arise between the superpowers had little, if anything, to do with the United States; they were instead functions of a criminal regime that had murdered tens of millions of its own citizens, allied itself with Adolf Hitler (before being invaded by him), and imposed a socialist dictatorship that masqueraded as “liberation” on the whole of Eastern Europe. The doctrine required of American presidents and policy makers an intelligence and a fortitude and patience that have been mostly absent in Washington since the end of the Cold War.And yet Kennan’s advice remains virtually as relevant today as it was 75 years ago. Of course, had the Soviet collapse facilitated a truly democratic flowering, this would not be the case. But that didn’t happen. It probably couldn’t have happened, despite the noble intentions of Boris Yeltsin, Bill Clinton, and Jeffrey Sachs. It was probably too much to ask a basically medieval country to become modern in a decade. Instead, Russia reverted to its primal self, to Vladimir Putin, whose compact with the Russian people is a somewhat attenuated version of Josef Stalin’s own. Kennan, it seemed, had figured out the whole game before we even started to play it.One suspects that Donald Trump and his coterie have yet to read the “X” article. If they had, Secretary of State Rex Tillerson wouldn’t have flown to Moscow to discuss U.S.-Russia relations; Trump likely never would have made his now obsolete comment about the obsolescence of NATO; and former national security adviser Michael Flynn never would have discussed lifting sanctions with the seemingly ubiquitous Russian ambassador Sergey Kislyak. Nor would White House spokesman Sean Spicer—impossibly unsophisticated, devoid of nuance or grammar—have made that asinine remark about Hitler and Bashar al-Assad. Recall that Spicer made his comment while trying to argue that the Kremlin had to decide whether it wanted to be allied with the Syrian regime. Perhaps most galling about Spicer’s suggestion that Hitler was Assad’s better because he hadn’t sunk to using chemical weapons was not its obvious falseness, in fact, but rather its implication that Russia could be appealed to on moral grounds. He was trying to embarrass Russia, which is an embarrassingly ignorant thing for a White House press secretary to do, since nothing embarrasses the Kremlin.Alas, these are things governments do when they are negotiating with governments that can—and, more to the point, ought to—be negotiated with. And not just negotiated with but changed. We belong to NATO and we imposed sanctions on Moscow because we believe Russia is an undemocratic and dangerous country. It is a country that exists outside the Western paradigm, and, so long as that’s the case, we ought to guard against it. Trump probably doesn’t care that Russia is undemocratic. In fact, he probably thinks that’s a good thing. But apparently he does, or did, believe that it can be made into a country that’s not dangerous, that doesn’t threaten elections, energy flows, or the prosecution of wars against terrorists.It’s unlikely that any of this has anything to do with the president’s understanding of Russia. He probably doesn’t have one. It has much more to do with the hodgepodge, Jackson Pollock nature of his foreign policy, which doesn’t appear to be a foreign policy so much as a series of leaps and lurches, ejaculatory outcries about Chinese currency manipulation and the Syrian gas attack followed by a lie or contradiction or bomb blowing up in eastern Afghanistan—the better to distract everyone’s attention for a few hours.Of course, Trump is not our first president to believe mistakenly that America can change Russia. Barack Obama was woefully ignorant of Russia, and it took George W. Bush four years to start putting the pieces together. Clinton seems to have believed his relationship with Yeltsin was more important than it was. Rex Tillerson, the secretary of state, observed earlier this week that the “current state of U.S.-Russia relations is at a low point.” But, really, U.S.-Russia relations have been at a low point since 2003, when Putin signaled, with the arrest of Yukos chief Mikhail Khodorkovsky, that the Yeltsin era, the era of intermittent liberalization, was over.Since then, there have been two periods of faux-warming: the reset, at the outset of the Obama era, and the lead-up to Trump’s inauguration. Both moments of ill-placed optimism had nothing to do with Russia and everything to do with America reaffirming its core belief that, if only it tried a little harder, or set about things a little differently, Russia would come around—which is to say that neither had any basis in reality. It’s heartwarming that the new secretary of state appears not to be under any illusions about the possibility—for now, at least—of a more durable friendship between Moscow and Washington.None of this is to say that Russia and the United States can’t one day be allies. They can. But, as Kennan understood better than any of our recent presidents, getting there will have nothing to do with the United States. It will have everything to do with Russia transcending Russia—embracing the rule of law, imposing checks and balances on the Kremlin, disentangling the innumerable holding companies and government ministries that control not only the Russian state but Russian society. This will almost certainly not happen this decade or even, perhaps, this century. Our faith in technology and progress blinds us to the glacial pace of human evolution, but it is glacial, and this is Russia, and we should stop pretending otherwise, stop being so American about it.
Voir enfin:861.00/2 – 2246: TelegramThe Charge in the Soviet Union (Kennan) to the Secretary of StateSECRETMoscow, February 22, 1946–9 p.m. [Received February 22–3: 52 p.m.]511. Answer to Dept’s 284, Feb 3 [13] involves questions so intricate, so delicate, so strange to our form of thought, and so important to analysis of our international environment that I cannot compress answers into single brief message without yielding to what I feel would be dangerous degree of over-simplification. I hope, therefore, Dept will bear with me if I submit in answer to this question five parts, subjects of which will be roughly as follows:(1) Basic features of post-war Soviet outlook.(2) Background of this outlook
(3) Its projection in practical policy on official level.
(4) Its projection on unofficial level.
(5) Practical deductions from standpoint of US policy.
I apologize in advance for this burdening of telegraphic channel; but questions involved are of such urgent importance, particularly in view of recent events, that our answers to them, if they deserve attention at all, seem to me to deserve it at once. There follows
Part 1: Basic Features of Post War Soviet Outlook, as Put Forward by Official Propaganda Machine
Are as Follows:
(a) USSR still lives in antagonistic « capitalist encirclement » with which in the long run there can be no permanent peaceful coexistence. As stated by Stalin in 1927 to a delegation of American workers:
« In course of further development of international revolution there will emerge two centers of world significance: a socialist center, drawing to itself the countries which tend toward socialism, and a capitalist center, drawing to itself the countries that incline toward capitalism. Battle between these two centers for command of world economy will decide fate of capitalism and of communism in entire world. »
(b) Capitalist world is beset with internal conflicts, inherent in nature of capitalist society. These conflicts are insoluble by means of peaceful compromise. Greatest of them is that between England and US.
(c) Internal conflicts of capitalism inevitably generate wars. Wars thus generated may be of two kinds: intra-capitalist wars between two capitalist states, and wars of intervention against socialist world. Smart capitalists, vainly seeking escape from inner conflicts of capitalism, incline toward latter.
(d) Intervention against USSR, while it would be disastrous to those who undertook it, would cause renewed delay in progress of Soviet socialism and must therefore be forestalled at all costs.
(e) Conflicts between capitalist states, though likewise fraught with danger for USSR, nevertheless hold out great possibilities for advancement of socialist cause, particularly if USSR remains militarily powerful, ideologically monolithic and faithful to its present brilliant leadership.
(f) It must be borne in mind that capitalist world is not all bad. In addition to hopelessly reactionary and bourgeois elements, it includes (1) certain wholly enlightened and positive elements united in acceptable communistic parties and (2) certain other elements (now described for tactical reasons as progressive or democratic) whose reactions, aspirations and activities happen to be « objectively » favorable to interests of USSR These last must be encouraged and utilized for Soviet purposes.
(g) Among negative elements of bourgeois-capitalist society, most dangerous of all are those whom Lenin called false friends of the people, namely moderate-socialist or social-democratic leaders (in other words, non-Communist left-wing). These are more dangerous than out-and-out reactionaries, for latter at least march under their true colors, whereas moderate left-wing leaders confuse people by employing devices of socialism to seine interests of reactionary capital.
So much for premises. To what deductions do they lead from standpoint of Soviet policy? To following:
(a) Everything must be done to advance relative strength of USSR as factor in international society. Conversely, no opportunity most be missed to reduce strength and influence, collectively as well as individually, of capitalist powers.
(b) Soviet efforts, and those of Russia’s friends abroad, must be directed toward deepening and exploiting of differences and conflicts between capitalist powers. If these eventually deepen into an « imperialist » war, this war must be turned into revolutionary upheavals within the various capitalist countries.
(c) « Democratic-progressive » elements abroad are to be utilized to maximum to bring pressure to bear on capitalist governments along lines agreeable to Soviet interests.
(d) Relentless battle must be waged against socialist and social-democratic leaders abroad.
Part 2: Background of Outlook
Before examining ramifications of this party line in practice there are certain aspects of it to which I wish to draw attention.
First, it does not represent natural outlook of Russian people. Latter are, by and large, friendly to outside world, eager for experience of it, eager to measure against it talents they are conscious of possessing, eager above all to live in peace and enjoy fruits of their own labor. Party line only represents thesis which official propaganda machine puts forward with great skill and persistence to a public often remarkably resistant in the stronghold of its innermost thoughts. But party line is binding for outlook and conduct of people who make up apparatus of power–party, secret police and Government–and it is exclusively with these that we have to deal.
Second, please note that premises on which this party line is based are for most part simply not true. Experience has shown that peaceful and mutually profitable coexistence of capitalist and socialist states is entirely possible. Basic internal conflicts in advanced countries are no longer primarily those arising out of capitalist ownership of means of production, but are ones arising from advanced urbanism and industrialism as such, which Russia has thus far been spared not by socialism but only by her own backwardness. Internal rivalries of capitalism do not always generate wars; and not all wars are attributable to this cause. To speak of possibility of intervention against USSR today, after elimination of Germany and Japan and after example of recent war, is sheerest nonsense. If not provoked by forces of intolerance and subversion « capitalist » world of today is quite capable of living at peace with itself and with Russia. Finally, no sane person has reason to doubt sincerity of moderate socialist leaders in Western countries. Nor is it fair to deny success of their efforts to improve conditions for working population whenever, as in Scandinavia, they have been given chance to show what they could do.
Falseness of those premises, every one of which predates recent war, was amply demonstrated by that conflict itself Anglo-American differences did not turn out to be major differences of Western World. Capitalist countries, other than those of Axis, showed no disposition to solve their differences by joining in crusade against USSR. Instead of imperialist war turning into civil wars and revolution, USSR found itself obliged to fight side by side with capitalist powers for an avowed community of aim.
Nevertheless, all these theses, however baseless and disproven, are being boldly put forward again today. What does this indicate? It indicates that Soviet party line is not based on any objective analysis of situation beyond Russia’s borders; that it has, indeed, little to do with conditions outside of Russia; that it arises mainly from basic inner-Russian necessities which existed before recent war and exist today.
At bottom of Kremlin’s neurotic view of world affairs is traditional and instinctive Russian sense of insecurity. Originally, this was insecurity of a peaceful agricultural people trying to live on vast exposed plain in neighborhood of fierce nomadic peoples. To this was added, as Russia came into contact with economically advanced West, fear of more competent, more powerful, more highly organized societies in that area. But this latter type of insecurity was one which afflicted rather Russian rulers than Russian people; for Russian rulers have invariably sensed that their rule was relatively archaic in form fragile and artificial in its psychological foundation, unable to stand comparison or contact with political systems of Western countries. For this reason they have always feared foreign penetration, feared direct contact between Western world and their own, feared what would happen if Russians learned truth about world without or if foreigners learned truth about world within. And they have learned to seek security only in patient but deadly struggle for total destruction of rival power, never in compacts and compromises with it.
It was no coincidence that Marxism, which had smoldered ineffectively for half a century in Western Europe, caught hold and blazed for first time in Russia. Only in this land which had never known a friendly neighbor or indeed any tolerant equilibrium of separate powers, either internal or international, could a doctrine thrive which viewed economic conflicts of society as insoluble by peaceful means. After establishment of Bolshevist regime, Marxist dogma, rendered even more truculent and intolerant by Lenin’s interpretation, became a perfect vehicle for sense of insecurity with which Bolsheviks, even more than previous Russian rulers, were afflicted. In this dogma, with its basic altruism of purpose, they found justification for their instinctive fear of outside world, for the dictatorship without which they did not know how to rule, for cruelties they did not dare not to inflict, for sacrifice they felt bound to demand. In the name of Marxism they sacrificed every single ethical value in their methods and tactics. Today they cannot dispense with it. It is fig leaf of their moral and intellectual respectability. Without it they would stand before history, at best, as only the last of that long succession of cruel and wasteful Russian rulers who have relentlessly forced country on to ever new heights of military power in order to guarantee external security of their internally weak regimes. This is why Soviet purposes most always be solemnly clothed in trappings of Marxism, and why no one should underrate importance of dogma in Soviet affairs. Thus Soviet leaders are driven [by?] necessities of their own past and present position to put forward which [apparent omission] outside world as evil, hostile and menacing, but as bearing within itself germs of creeping disease and destined to be wracked with growing internal convulsions until it is given final Coup de grace by rising power of socialism and yields to new and better world. This thesis provides justification for that increase of military and police power of Russian state, for that isolation of Russian population from outside world, and for that fluid and constant pressure to extend limits of Russian police power which are together the natural and instinctive urges of Russian rulers. Basically this is only the steady advance of uneasy Russian nationalism, a centuries old movement in which conceptions of offense and defense are inextricably confused. But in new guise of international Marxism, with its honeyed promises to a desperate and war torn outside world, it is more dangerous and insidious than ever before.
It should not be thought from above that Soviet party line is necessarily disingenuous and insincere on part of all those who put it forward. Many of them are too ignorant of outside world and mentally too dependent to question [apparent omission] self-hypnotism, and who have no difficulty making themselves believe what they find it comforting and convenient to believe. Finally we have the unsolved mystery as to who, if anyone, in this great land actually receives accurate and unbiased information about outside world. In atmosphere of oriental secretiveness and conspiracy which pervades this Government, possibilities for distorting or poisoning sources and currents of information are infinite. The very disrespect of Russians for objective truth–indeed, their disbelief in its existence–leads them to view all stated facts as instruments for furtherance of one ulterior purpose or another. There is good reason to suspect that this Government is actually a conspiracy within a conspiracy; and I for one am reluctant to believe that Stalin himself receives anything like an objective picture of outside world. Here there is ample scope for the type of subtle intrigue at which Russians are past masters. Inability of foreign governments to place their case squarely before Russian policy makers–extent to which they are delivered up in their relations with Russia to good graces of obscure and unknown advisors whom they never see and cannot influence–this to my mind is most disquieting feature of diplomacy in Moscow, and one which Western statesmen would do well to keep in mind if they would understand nature of difficulties encountered here.
Part 3: Projection of Soviet Outlook in Practical Policy on Official Level
We have now seen nature and background of Soviet program. What may we expect by way of its practical implementation?
Soviet policy, as Department implies in its query under reference, is conducted on two planes: (1) official plane represented by actions undertaken officially in name of Soviet Government; and (2) subterranean plane of actions undertaken by agencies for which Soviet Government does not admit responsibility.
Policy promulgated on both planes will be calculated to serve basic policies (a) to (d) outlined in part 1. Actions taken on different planes will differ considerably, but will dovetail into each other in purpose, timing and effect.
On official plane we must look for following:
(a) Internal policy devoted to increasing in every way strength and prestige of Soviet state: intensive military-industrialization; maximum development of armed forces; great displays to impress outsiders; continued secretiveness about internal matters, designed to conceal weaknesses and to keep opponents in dark.
(b) Wherever it is considered timely and promising, efforts will be made to advance official limits of Soviet power. For the moment, these efforts are restricted to certain neighboring points conceived of here as being of immediate strategic necessity, such as Northern Iran, Turkey, possibly Bornholm However, other points may at any time come into question, if and as concealed Soviet political power is extended to new areas. Thus a « friendly Persian Government might be asked to grant Russia a port on Persian Gulf. Should Spain fall under Communist control, question of Soviet base at Gibraltar Strait might be activated. But such claims will appear on official level only when unofficial preparation is complete.
(c) Russians will participate officially in international organizations where they see opportunity of extending Soviet power or of inhibiting or diluting power of others. Moscow sees in UNO not the mechanism for a permanent and stable world society founded on mutual interest and aims of all nations, but an arena in which aims just mentioned can be favorably pursued. As long as UNO is considered here to serve this purpose, Soviets will remain with it. But if at any time they come to conclusion that it is serving to embarrass or frustrate their aims for power expansion and if they see better prospects for pursuit of these aims along other lines, they will not hesitate to abandon UNO. This would imply, however, that they felt themselves strong enough to split unity of other nations by their withdrawal to render UNO ineffective as a threat to their aims or security, replace it with an international weapon more effective from their viewpoint. Thus Soviet attitude toward UNO will depend largely on loyalty of other nations to it, and on degree of vigor, decisiveness and cohesion with which those nations defend in UNO the peaceful and hopeful concept of international life, which that organization represents to our way of thinking. I reiterate, Moscow has no abstract devotion to UNO ideals. Its attitude to that organization will remain essentially pragmatic and tactical.
(d) Toward colonial areas and backward or dependent peoples, Soviet policy, even on official plane, will be directed toward weakening of power and influence and contacts of advanced Western nations, on theory that in so far as this policy is successful, there will be created a vacuum which will favor Communist-Soviet penetration. Soviet pressure for participation in trusteeship arrangements thus represents, in my opinion, a desire to be in a position to complicate and inhibit exertion of Western influence at such points rather than to provide major channel for exerting of Soviet power. Latter motive is not lacking, but for this Soviets prefer to rely on other channels than official trusteeship arrangements. Thus we may expect to find Soviets asking for admission everywhere to trusteeship or similar arrangements and using levers thus acquired to weaken Western influence among such peoples.
(e) Russians will strive energetically to develop Soviet representation in, and official ties with, countries in which they sense Strong possibilities of opposition to Western centers of power. This applies to such widely separated points as Germany, Argentina, Middle Eastern countries, etc.
(f) In international economic matters, Soviet policy will really be dominated by pursuit of autarchy for Soviet Union and Soviet-dominated adjacent areas taken together. That, however, will be underlying policy. As far as official line is concerned, position is not yet clear. Soviet Government has shown strange reticence since termination hostilities on subject foreign trade. If large scale long term credits should be forthcoming, I believe Soviet Government may eventually again do lip service, as it did in 1930’s to desirability of building up international economic exchanges in general. Otherwise I think it possible Soviet foreign trade may be restricted largely to Soviet’s own security sphere, including occupied areas in Germany, and that a cold official shoulder may be turned to principle of general economic collaboration among nations.
(g) With respect to cultural collaboration, lip service will likewise be rendered to desirability of deepening cultural contacts between peoples, but this will not in practice be interpreted in any way which could weaken security position of Soviet peoples. Actual manifestations of Soviet policy in this respect will be restricted to arid channels of closely shepherded official visits and functions, with superabundance of vodka and speeches and dearth of permanent effects.
(h) Beyond this, Soviet official relations will take what might be called « correct » course with individual foreign governments, with great stress being laid on prestige of Soviet Union and its representatives and with punctilious attention to protocol as distinct from good manners.
Part 4: Following May Be Said as to What We May Expect by Way of Implementation of Basic Soviet Policies on Unofficial, or Subterranean Plane, i.e. on Plane for Which Soviet Government Accepts no Responsibility
Agencies utilized for promulgation of policies on this plane are following:
1. Inner central core of Communist Parties in other countries. While many of persons who compose this category may also appear and act in unrelated public capacities, they are in reality working closely together as an underground operating directorate of world communism, a concealed Comintern tightly coordinated and directed by Moscow. It is important to remember that this inner core is actually working on underground lines, despite legality of parties with which it is associated.
2. Rank and file of Communist Parties. Note distinction is drawn between those and persons defined in paragraph 1. This distinction has become much sharper in recent years. Whereas formerly foreign Communist Parties represented a curious (and from Moscow’s standpoint often inconvenient) mixture of conspiracy and legitimate activity, now the conspiratorial element has been neatly concentrated in inner circle and ordered underground, while rank and file–no longer even taken into confidence about realities of movement–are thrust forward as bona fide internal partisans of certain political tendencies within their respective countries, genuinely innocent of conspiratorial connection with foreign states. Only in certain countries where communists are numerically strong do they now regularly appear and act as a body. As a rule they are used to penetrate, and to influence or dominate, as case may be, other organizations less likely to be suspected of being tools of Soviet Government, with a view to accomplishing their purposes through [apparent omission] organizations, rather than by direct action as a separate political party.
3. A wide variety of national associations or bodies which can be dominated or influenced by such penetration. These include: labor unions, youth leagues, women’s organizations, racial societies, religious societies, social organizations, cultural groups, liberal magazines, publishing houses, etc.
4. International organizations which can be similarly penetrated through influence over various national components. Labor, youth and women’s organizations are prominent among them. Particular, almost vital importance is attached in this connection to international labor movement. In this, Moscow sees possibility of sidetracking western governments in world affairs and building up international lobby capable of compelling governments to take actions favorable to Soviet interests in various countries and of paralyzing actions disagreeable to USSR
5. Russian Orthodox Church, with its foreign branches, and through it the Eastern Orthodox Church in general.
6. Pan-Slav movement and other movements (Azerbaijan, Armenian, Turcoman, etc.) based on racial groups within Soviet Union.
7. Governments or governing groups willing to lend themselves to Soviet purposes in one degree or another, such as present Bulgarian and Yugoslav Governments, North Persian regime, Chinese Communists, etc. Not only propaganda machines but actual policies of these regimes can be placed extensively at disposal of USSR
It may be expected that component parts of this far-flung apparatus will be utilized in accordance with their individual suitability, as follows:
(a) To undermine general political and strategic potential of major western powers. Efforts will be made in such countries to disrupt national self confidence, to hamstring measures of national defense, to increase social and industrial unrest, to stimulate all forms of disunity. All persons with grievances, whether economic or racial, will be urged to spelt redress not in mediation and compromise, but in defiant violent struggle for destruction of other elements of society. Here poor will be set against rich, black against white, young against old, newcomers against established residents, etc.
(b) On unofficial plane particularly violent efforts will be made to weaken power and influence of Western Powers of [on] colonial backward, or dependent peoples. On this level, no holds will be barred. Mistakes and weaknesses of western colonial administration will be mercilessly exposed and exploited. Liberal opinion in Western countries will be mobilized to weaken colonial policies. Resentment among dependent peoples will be stimulated. And while latter are being encouraged to seek independence of Western Powers, Soviet dominated puppet political machines will be undergoing preparation to take over domestic power in respective colonial areas when independence is achieved.
(c) Where individual governments stand in path of Soviet purposes pressure will be brought for their removal from office. This can happen where governments directly oppose Soviet foreign policy aims (Turkey, Iran), where they seal their territories off against Communist penetration (Switzerland, Portugal), or where they compete too strongly, like Labor Government in England, for moral domination among elements which it is important for Communists to dominate. (Sometimes, two of these elements are present in a single case. Then Communist opposition becomes particularly shrill and savage. [)]
(d) In foreign countries Communists will, as a rule, work toward destruction of all forms of personal independence, economic, political or moral. Their system can handle only individuals who have been brought into complete dependence on higher power. Thus, persons who are financially independent–such as individual businessmen, estate owners, successful farmers, artisans and all those who exercise local leadership or have local prestige, such as popular local clergymen or political figures, are anathema. It is not by chance that even in USSR local officials are kept constantly on move from one job to another, to prevent their taking root.
(e) Everything possible will be done to set major Western Powers against each other. Anti-British talk will be plugged among Americans, anti-American talk among British. Continentals, including Germans, will be taught to abhor both Anglo-Saxon powers. Where suspicions exist, they will be fanned; where not, ignited. No effort will be spared to discredit and combat all efforts which threaten to lead to any sort of unity or cohesion among other [apparent omission] from which Russia might be excluded. Thus, all forms of international organization not amenable to Communist penetration and control, whether it be the Catholic [apparent omission] international economic concerns, or the international fraternity of royalty and aristocracy, must expect to find themselves under fire from many, and often [apparent omission].
(f) In general, all Soviet efforts on unofficial international plane will be negative and destructive in character, designed to tear down sources of strength beyond reach of Soviet control. This is only in line with basic Soviet instinct that there can be no compromise with rival power and that constructive work can start only when Communist power is doming But behind all this will be applied insistent, unceasing pressure for penetration and command of key positions in administration and especially in police apparatus of foreign countries. The Soviet regime is a police regime par excellence, reared in the dim half world of Tsarist police intrigue, accustomed to think primarily in terms of police power. This should never be lost sight of in ganging Soviet motives.
Part 5: [Practical Deductions From Standpoint of US Policy]
In summary, we have here a political force committed fanatically to the belief that with US there can be no permanent modus vivendi that it is desirable and necessary that the internal harmony of our society be disrupted, our traditional way of life be destroyed, the international authority of our state be broken, if Soviet power is to be secure. This political force has complete power of disposition over energies of one of world’s greatest peoples and resources of world’s richest national territory, and is borne along by deep and powerful currents of Russian nationalism. In addition, it has an elaborate and far flung apparatus for exertion of its influence in other countries, an apparatus of amazing flexibility and versatility, managed by people whose experience and skill in underground methods are presumably without parallel in history. Finally, it is seemingly inaccessible to considerations of reality in its basic reactions. For it, the vast fund of objective fact about human society is not, as with us, the measure against which outlook is constantly being tested and re-formed, but a grab bag from which individual items are selected arbitrarily and tendenciously to bolster an outlook already preconceived. This is admittedly not a pleasant picture. Problem of how to cope with this force in [is] undoubtedly greatest task our diplomacy has ever faced and probably greatest it will ever have to face. It should be point of departure from which our political general staff work at present juncture should proceed. It should be approached with same thoroughness and care as solution of major strategic problem in war, and if necessary, with no smaller outlay in planning effort. I cannot attempt to suggest all answers here. But I would like to record my conviction that problem is within our power to solve–and that without recourse to any general military conflict.. And in support of this conviction there are certain observations of a more encouraging nature I should like to make:
(1) Soviet power, unlike that of Hitlerite Germany, is neither schematic nor adventunstic. It does not work by fixed plans. It does not take unnecessary risks. Impervious to logic of reason, and it is highly sensitive to logic of force. For this reason it can easily withdraw–and usually does when strong resistance is encountered at any point. Thus, if the adversary has sufficient force and makes clear his readiness to use it, he rarely has to do so. If situations are properly handled there need be no prestige-engaging showdowns.
(2) Gauged against Western World as a whole, Soviets are still by far the weaker force. Thus, their success will really depend on degree of cohesion, firmness and vigor which Western World can muster. And this is factor which it is within our power to influence.
(3) Success of Soviet system, as form of internal power, is not yet finally proven. It has yet to be demonstrated that it can survive supreme test of successive transfer of power from one individual or group to another. Lenin’s death was first such transfer, and its effects wracked Soviet state for 15 years. After Stalin’s death or retirement will be second. But even this will not be final test. Soviet internal system will now be subjected, by virtue of recent territorial expansions, to series of additional strains which once proved severe tax on Tsardom. We here are convinced that never since termination of civil war have mass of Russian people been emotionally farther removed from doctrines of Communist Party than they are today. In Russia, party has now become a great and–for the moment–highly successful apparatus of dictatorial administration, but it has ceased to be a source of emotional inspiration. Thus, internal soundness and permanence of movement need not yet be regarded as assured.
(4) All Soviet propaganda beyond Soviet security sphere is basically negative and destructive. It should therefore be relatively easy to combat it by any intelligent and really constructive program.
For those reasons I think we may approach calmly and with good heart problem of how to deal with Russia. As to how this approach should be made, I only wish to advance, by way of conclusion, following comments:
(1) Our first step must be to apprehend, and recognize for what it is, the nature of the movement with which we are dealing. We must study it with same courage, detachment, objectivity, and same determination not to be emotionally provoked or unseated by it, with which doctor studies unruly and unreasonable individual.
(2) We must see that our public is educated to realities of Russian situation. I cannot over-emphasize importance of this. Press cannot do this alone. It must be done mainly by Government, which is necessarily more experienced and better informed on practical problems involved. In this we need not be deterred by [ugliness?] of picture. I am convinced that there would be far less hysterical anti-Sovietism in our country today if realities of this situation were better understood by our people. There is nothing as dangerous or as terrifying as the unknown. It may also be argued that to reveal more information on our difficulties with Russia would reflect unfavorably on Russian-American relations. I feel that if there is any real risk here involved, it is one which we should have courage to face, and sooner the better. But I cannot see what we would be risking. Our stake in this country, even coming on heels of tremendous demonstrations of our friendship for Russian people, is remarkably small. We have here no investments to guard, no actual trade to lose, virtually no citizens to protect, few cultural contacts to preserve. Our only stake lies in what we hope rather than what we have; and I am convinced we have better chance of realizing those hopes if our public is enlightened and if our dealings with Russians are placed entirely on realistic and matter-of-fact basis.
(3) Much depends on health and vigor of our own society. World communism is like malignant parasite which feeds only on diseased tissue. This is point at which domestic and foreign policies meets Every courageous and incisive measure to solve internal problems of our own society, to improve self-confidence, discipline, morale and community spirit of our own people, is a diplomatic victory over Moscow worth a thousand diplomatic notes and joint communiqués. If we cannot abandon fatalism and indifference in face of deficiencies of our own society, Moscow will profit–Moscow cannot help profiting by them in its foreign policies.
(4) We must formulate and put forward for other nations a much more positive and constructive picture of sort of world we would like to see than we have put forward in past. It is not enough to urge people to develop political processes similar to our own. Many foreign peoples, in Europe at least, are tired and frightened by experiences of past, and are less interested in abstract freedom than in security. They are seeking guidance rather than responsibilities. We should be better able than Russians to give them this. And unless we do, Russians certainly will.
(5) Finally we must have courage and self-confidence to cling to our own methods and conceptions of human society. After Al, the greatest danger that can befall us in coping with this problem of Soviet communism, is that we shall allow ourselves to become like those with whom we are coping.
KENNAN
800.00B International Red Day/2 – 2546: Airgram
Kennan’s argument assumed that there was nothing that the United States could—or should—do to improve relations with the Soviet Union. Any fissures or crises that might arise between the superpowers had little, if anything, to do with the United States; they were instead functions of a criminal regime that had murdered tens of millions of its own citizens, allied itself with Adolf Hitler (before being invaded by him), and imposed a socialist dictatorship that masqueraded as “liberation” on the whole of Eastern Europe. The doctrine required of American presidents and policy makers an intelligence and a fortitude and patience that have been mostly absent in Washington since the end of the Cold War.
And yet Kennan’s advice remains virtually as relevant today as it was 75 years ago. Of course, had the Soviet collapse facilitated a truly democratic flowering, this would not be the case. But that didn’t happen. It probably couldn’t have happened, despite the noble intentions of Boris Yeltsin, Bill Clinton, and Jeffrey Sachs. It was probably too much to ask a basically medieval country to become modern in a decade. Instead, Russia reverted to its primal self, to Vladimir Putin, whose compact with the Russian people is a somewhat attenuated version of Josef Stalin’s own. Kennan, it seemed, had figured out the whole game before we even started to play it.
One suspects that Donald Trump and his coterie have yet to read the “X” article. If they had, Secretary of State Rex Tillerson wouldn’t have flown to Moscow to discuss U.S.-Russia relations; Trump likely never would have made his now obsolete comment about the obsolescence of NATO; and former national security adviser Michael Flynn never would have discussed lifting sanctions with the seemingly ubiquitous Russian ambassador Sergey Kislyak. Nor would White House spokesman Sean Spicer—impossibly unsophisticated, devoid of nuance or grammar—have made that asinine remark about Hitler and Bashar al-Assad. Recall that Spicer made his comment while trying to argue that the Kremlin had to decide whether it wanted to be allied with the Syrian regime. Perhaps most galling about Spicer’s suggestion that Hitler was Assad’s better because he hadn’t sunk to using chemical weapons was not its obvious falseness, in fact, but rather its implication that Russia could be appealed to on moral grounds. He was trying to embarrass Russia, which is an embarrassingly ignorant thing for a White House press secretary to do, since nothing embarrasses the Kremlin.Alas, these are things governments do when they are negotiating with governments that can—and, more to the point, ought to—be negotiated with. And not just negotiated with but changed. We belong to NATO and we imposed sanctions on Moscow because we believe Russia is an undemocratic and dangerous country. It is a country that exists outside the Western paradigm, and, so long as that’s the case, we ought to guard against it. Trump probably doesn’t care that Russia is undemocratic. In fact, he probably thinks that’s a good thing. But apparently he does, or did, believe that it can be made into a country that’s not dangerous, that doesn’t threaten elections, energy flows, or the prosecution of wars against terrorists.It’s unlikely that any of this has anything to do with the president’s understanding of Russia. He probably doesn’t have one. It has much more to do with the hodgepodge, Jackson Pollock nature of his foreign policy, which doesn’t appear to be a foreign policy so much as a series of leaps and lurches, ejaculatory outcries about Chinese currency manipulation and the Syrian gas attack followed by a lie or contradiction or bomb blowing up in eastern Afghanistan—the better to distract everyone’s attention for a few hours.Of course, Trump is not our first president to believe mistakenly that America can change Russia. Barack Obama was woefully ignorant of Russia, and it took George W. Bush four years to start putting the pieces together. Clinton seems to have believed his relationship with Yeltsin was more important than it was. Rex Tillerson, the secretary of state, observed earlier this week that the “current state of U.S.-Russia relations is at a low point.” But, really, U.S.-Russia relations have been at a low point since 2003, when Putin signaled, with the arrest of Yukos chief Mikhail Khodorkovsky, that the Yeltsin era, the era of intermittent liberalization, was over.Since then, there have been two periods of faux-warming: the reset, at the outset of the Obama era, and the lead-up to Trump’s inauguration. Both moments of ill-placed optimism had nothing to do with Russia and everything to do with America reaffirming its core belief that, if only it tried a little harder, or set about things a little differently, Russia would come around—which is to say that neither had any basis in reality. It’s heartwarming that the new secretary of state appears not to be under any illusions about the possibility—for now, at least—of a more durable friendship between Moscow and Washington.None of this is to say that Russia and the United States can’t one day be allies. They can. But, as Kennan understood better than any of our recent presidents, getting there will have nothing to do with the United States. It will have everything to do with Russia transcending Russia—embracing the rule of law, imposing checks and balances on the Kremlin, disentangling the innumerable holding companies and government ministries that control not only the Russian state but Russian society. This will almost certainly not happen this decade or even, perhaps, this century. Our faith in technology and progress blinds us to the glacial pace of human evolution, but it is glacial, and this is Russia, and we should stop pretending otherwise, stop being so American about it.Voir enfin:
Sale temps pour les sondages. Paniqués à l’idée de « rater » le premier tour de l’élection présidentielle, les voici challengés par de nouveaux venus : les spécialistes du big data, qui utilisent l’analyse des données à grande échelle pour établir une autre cartographie de l’opinion. Première mauvaise nouvelle pour les sondeurs, dont la méthodologie est ouvertement contestée : contrairement à eux, ces concurrents du big data ont su prédire la qualification de François Fillon au premier tour de la primaire à droite. Et aussi l’élection de Donald Trump et, pour Vigiglobe, la victoire du Brexit. Trois échecs cuisants pour les instituts de sondages. Deuxième mauvaise nouvelle : les prédictions de Filteris, de Vigiglobe et de l’algorithme Predict My President ne valident pas celles des sondages. Ceux-ci ne cessent d’annoncer un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au contraire, les trois initiatives misent sur la qualification de François Fillon. Ils diffèrent par contre sur le ou la candidate qui l’accompagnera au second tour. Une question de méthodologie qui révèle aussi les limites de l’exercice. [Filteris] Dans sa dernière mesure du vendredi 21 avril, François Fillon arrive en tête avec 22,09%. Il est suivi par Marine Le Pen, avec 21,75%, puis Jean-Luc Mélenchon (21,11%) et enfin Emmanuel Macron (19,92%). Les quatre candidats se tiennent à un peu plus de deux points. Autrement dit, dans un mouchoir de poche. C’est la 16è mesure d’opinion de Filteris depuis le 3 avril. Les 14 premières indiquaient que François Fillon et Marine Le Pen figureraient au second tour. Seule la 15è, du jeudi 20 avril, anticipait un second tour Fillon-Mélenchon. (…) Filteris a correctement prédit la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. L’entreprise n’a pas travaillé sur le Brexit. Contrairement aux sondages, Filteris a su prédire la première place de François Fillon à la primaire de la droite. Mais l’entreprise attendait Nicolas Sarkozy en deuxième position, alors que c’est Alain Juppé qui s’est qualifié. Elle s’est en outre trompée sur le premier tour de la primaire de la gauche : Benoît Hamon, qui est arrivé en première position, était donné troisième, derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg. (…) Contrairement à ses concurrents, Vigiglobe ne se risque pas au jeu des prédictions. En revanche, la startup estimait, jeudi 20 avril, que François Fillon a « de grandes chances de se qualifier pour le second tour ». Ses algorithmes d’analyse du sentiment voient se dégager un trio de tête dans un mouchoir de poche : François Fillon (qui dispose en plus du plus grand nombre de messages positifs), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon. Contrairement aux sondages et aux autres spécialistes du big data, Vigiglobe estime que Marine Le Pen est en sérieuse perte de vitesse, et qu’elle pourrait, par conséquent, ne pas se qualifier pour le second tour. Leendert de Voogd, le Pdg, précise toutefois que l’attaque des Champs-Elysées profitait vendredi 21 avril à François Fillon et à Marine Le Pen, en nette hausse par rapport aux jours précédents. (…) Vigiglobe a correctement identifié les dynamiques portant à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, à la victoire du Brexit au Royaume-Uni, de François Fillon à la primaire de la droite, et de Benoît Hamon à celle de la gauche. (…) Predict My President est un programme mené depuis plusieurs mois par cinq étudiants de l’école Télécom Paris tech pour l’hebdomadaire Le Point. L’objectif est de pallier les « failles » des sondages en remplaçant les enquêtes d’opinion par une analyse socio-économique des électeurs, couplée à une analyse de la popularité des candidats sur la Toile. (…) Le 19 avril, Predict My President voyait se profiler un duel entre Marine Le Pen (24,13%) et François Fillon (21,77%). Emmanuel Macron arriverait troisième avec 20,32%, suivi par Jean-Luc Mélenchon avec 18,66%. (…) les sondages (…) Dans la dernière ligne droite, tous notent une progression de François Fillon, confirmant ainsi la dynamique relevée par les spécialistes du big data, mais pas suffisamment pour atteindre le second tour. Tous les instituts le donnent troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen. La Tribune
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (2001)
La droite républicaine a besoin d’une colonne vertébrale. Villepin (2017)
Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres. Jean-Luc Mélenchon
Le Venezuela avait une politique sociale-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a jamais eu de nationalisation non plus. J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Et aujourd’hui le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien! Jean-Luc Mélenchon
[Chávez et Castro] sont morts tous les deux. Je les ai défendus dans des circonstances où ils étaient attaqués. Cuba a défendu tous les mouvements de libération nationale d’Amérique latine et dû subir l’embargo des États-Unis, pourtant condamné par l’Onu. Mais je n’ai jamais approuvé la façon dont était organisée politiquement Cuba. Je n’ai pas l’intention de faire Cuba en France. (…) Le Venezuela avait une politique de social-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a pas eu de nationalisations non plus. J’ai soutenu Chávez contre l’agression des Américains. Aujourd’hui, le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien. Je trouve que c’est un signe d’extrême désarroi intellectuel de m’affronter sur un terrain pareil avec une telle caricature. Jean-Luc Mélenchon
Il s’est passé à l’époque quelque chose qui m’intéressait beaucoup, qui était un gouvernement qui partageait la rente pétrolière avec le peuple et avec les pauvres, si bien que des millions de gens ont été sortis de la pauvreté. Mais je ne suis pas gouvernant du Venezuela. Je voyais un partage extrêmement intéressant et fécond entre le partage de la rente pétrolière au Venezuela, et l’accaparation de cette même richesse au Qatar ou en Arabie Saoudite où les pauvres gens n’ont accès à rien. (…) Et bien oui ce sont des manifestations d’opposition (…) Vous ne m’interrogez pas sur Bahreïn, sur le Yémen Monsieur Bourdin, vous avez vos prédilections… Vous avez vos massacres préférés. (…) Vous passez votre temps, vous et quelques autres, à essayer d’effrayer à mon sujet (…) Je ne fais pas campagne au Venezuela, je suis en train de faire campagne en France. Jean-Luc Mélenchon
Je n’ai pas regardé précisément ce point 62. (…) Ecoutez, je vais regarder dans le détail ce point-là. (…) Je ne sais pas exactement ce qui a conduit à ce point 62. (…) Ce qui compte, c’est la logique générale. Clémentine Autain
Monsieur Villepin ne déçoit jamais dans sa capacité à marquer des buts contre son camp. C’est l’homme de la dissolution qui a amené Lionel Jospin au pouvoir, c’est l’homme des coups bas contre Nicolas Sarkozy. Il poursuit aujourd’hui dans la collaboration avec Emmanuel Macron. Eric Ciotti
Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus. (…) Il ne s’agit pas de transposer les lois de l’atome à l’humain, mais plutôt d’aborder des questions sociales et politiques comme un physicien face à un problème complexe. Par exemple, comment des personnages aux convictions inflexibles peuvent influencer le comportement d’électeurs plus ouverts et donc changer le résultat d’une élection. (…) Exactement. Dans le cas de la peine de mort, par exemple, une majorité d’individus pense qu’il faut maintenir son abolition. Mais si on faisait un référendum, il y aurait de forts risques que par le débat les gens changent d’opinion. Alors qu’on aurait enrichi notre vision du problème, on aboutirait à une rationalité manipulée qui suivrait nos préjugés communs les plus archaïques. L’impact des préjugés est l’un des composants de mon modèle. L’impact des gens inflexibles en est un autre. (…) Les inflexibles sont ceux qui sont sûrs de leur vote. Par exemple, Marine Le Pen bénéficie d’un fort électorat d’inflexibles. Coûte que coûte, ils voteront pour elle. Mais il existe aussi une catégorie d’inflexibles anti-FN qui ne voteront jamais pour elle. Eux non plus ne changeront pas d’avis. Et ils sont plus de la moitié. Ce qui fait que, pour l’instant, elle ne peut pas gagner au second tour. [Mais] pour la première fois, des électeurs anti-FN ne sont pas prêts à aller voter pour le challenger. La pilule est trop difficile à avaler. La victoire de Le Pen est improbable mais n’est plus impossible. (…) C’est l’intensité de la campagne et des discussions avec les inflexibles qui peuvent faire basculer la distribution de votes. D’après mon modèle, Fillon détient le plus grand nombre d’inflexibles (ceux capables de convaincre les autres). Il suffit que ces influenceurs augmentent de 2-3 points pour que Fillon batte Macron (qui a moins d’inflexibles) au premier tour. Quant à la montée de Mélenchon, si elle se poursuit, elle pourrait contribuer à faire redémarrer Fillon. (…) Aujourd’hui, les discussions peuvent amener les macronistes (refroidis par les affaires de Fillon) à voter Mélenchon. Mais d’après mon modèle, dans un deuxième temps, si Mélenchon devient un candidat sérieux face à Marine Le Pen, ces ex-Macron pourraient, poussés par les inflexibles pro-Fillon, se tourner vers Fillon pour s’opposer à la politique économique de Mélenchon. Serge Galam
Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée. Serge Galam
Vous vous moquiez des codes. Vous étiez peu enclin aux règles du jeu politique traditionnel. Vous disiez que vous n’aimiez pas le microcosme. Vous étiez atypique dans ce milieu ». Vous disiez que vous aviez l’intention d’aller le plus loin possible. Vous vouliez renverser la table, changer la vie, faire la Révolution. Vous savez comment on vous surnomme (…) ? On vous surnomme « Monsieur ‘et en même temps’. Vous vouliez supprimer l’ISF et en même temps vous avez préféré le garder dans une version patrimoniale. Vous vouliez supprimer les 35 heures et en même temps vous vous êtes dit qu’il valait mieux rechercher des accords d’entreprises. Vous disiez vouloir préparer une réforme de la fonction publique et vous attaquer au statut des fonctionnaires et en même temps vous avez décidé de ne pas vous attaquer à ce statut mais de le moderniser ». (…) Sur Notre-Dame-des-Landes, vous avez dit qu’il y avait eu un référendum et qu’il fallait le respecter et en même temps vous avez proposé de nommer un médiateur. Sur la colonisation vous avez parlé de crimes contre l’humanité et en même temps, après avoir réfléchi vous avez déclaré qu’il s’agissait plutôt de crimes contre l’humain. Vous avez jugé que les anti-mariage pour tous ont été humiliés et en même temps vous avez estimé que l’humiliation avait été aussi du côté des pro-mariage. Et sur la peopolisation, vous avez déclaré que vous aviez fait une erreur de vous exposer avec votre épouse et en même temps vous avez continuez à vous prêter au jeu. (…) Sous vos airs polis, vous avez dit beaucoup de choses et leurs contraires. Alba Ventura
Son parti s’est effondré, le candidat PS Benoit Hamon est crédité de moins de 10% dans les sondages, le chômage est toujours au plus haut, les tensions identitaires et religieuses, notamment liées à l’islam politique, sont extrêmement vives. Mais le “Premier secrétaire de la République” se vante. “Je laisserai à mon successeur un pays en bien meilleur état que celui que j’ai trouvé”. Valeurs actuelles
Emmanuel Macron aime à dire qu’il bénéficie de soutiens de gauche, du centre, comme de droite. Ce n’est pas faux, même si ce n’est pas dans la même proportion : la très grande majorité de ses soutiens, comme des électeurs qui se prononceront pour lui dimanche prochain, vient d’un centre-gauche gestionnaire et responsable. Reste que les soutiens à la « macronie » venus de la droite existent bel et bien. Ces soutiens, cependant, sont loin d’être issus uniformément des différentes écoles qui composent la droite française. L’immense majorité d’entre eux vient d’un seul cercle : celui qui entourait l’ancien Président Jacques Chirac, chef de l’Etat entre 1995 et 2007, que l’âge et la maladie empêchent désormais de participer au débat politique. (…) Plus ambiguë est la position de deux anciens Premiers ministres de Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. Le premier, après avoir perdu contre François Fillon lors des primaires de la droite et du centre, a officiellement annoncé, après s’être fait prier, qu’il soutiendrait le candidat de son propre camp. Mais il multiplie les migraines de diva quand il s’agit de venir prouver ce soutien sur le terrain ou devant les caméras, et les mises en garde ronchonnent quand on lui en parle. Après avoir parlé des militants de son propre parti, soutiens de son propre candidat, comme d’un « noyau radicalisé » de militants (une expression généralement réservée aux soutiens de l’Etat islamique), Juppé, avant-hier, a déclaré qu’il se « retrouverait dans l’opposition » si un Président Fillon faisait entrer au gouvernement des représentants de la droite catholique conservatrice. (…) Quant à Villepin, Premier ministre de Chirac entre 2004 et 2007, sa politique semble être de tout faire pour indiquer son soutien à Macron, sauf de l’annoncer explicitement. Les deux hommes se déclarent réciproquement leur amitié à l’antenne, dans l’intimité de quelques millions d’auditeurs. Lundi dernier, BFM (surnommée « radio Macron » pour son engagement constant et caricatural en faveur du candidat) a suggéré que Villepin ferait un bon Premier ministre pour un Président Macron. Et Macron n’a pas dit le contraire. Ce ralliement massif, qu’il soit explicite ou implicite, de chiraquiens à Macron est-il l’indice d’une orientation idéologique particulière du candidat ? Probablement pas – ne serait-ce que parce qu’Emmanuel Macron, tout occupé qu’il est à mettre sa personne au centre de l’image, n’accorde pas la moindre importance à la cohérence idéologique. Il a annoncé successivement que la colonisation avait été un crime contre l’humanité, et qu’il fallait en assumer les aspects positifs. Qu’il n’y a pas de culture française et que la France ne serait jamais, sous son principat, un pays multiculturel. Que les opposants au mariage pour tous ont été injustement humiliés par le Président Hollande, et que l’idée même de donner à l’un d’entre eux un secrétariat d’Etat au Sport est le signe d’une insupportable radicalité. Qu’il renvoyait un de ses correspondants départementaux convaincu de sympathie islamiste, puis qu’il ne le renvoyait pas, puis qu’il l’écartait, ce qui, semble-t-il, est très différent et revient exactement au même, selon la personne à qui on s’adresse. Mais si Macron n’a aucune cohérence idéologique, aucune colonne vertébrale mentale, les chiraquiens, eux, en ont une. Leur entrée en masse dans les équipes Macron, avec la chasse aux postes qui en résulterait nécessairement s’il était élu, fera revenir au pouvoir des réflexes et des raisonnements caractéristiques de toute cette école de la droite française. Tout d’abord, les chiraquiens – à l’exemple de leur maître, lorsqu’il était encore lucide – sont des partisans résolus du multiculturalisme. S’il y a une chose sur laquelle Jacques Chirac n’a jamais varié, c’est sur l’idée que toutes les cultures se valent, que toutes doivent être également respectées, et que seule une arrogance raciste peut conduire les Occidentaux à préférer leur propre culture à celle des autres. Dans une déclaration restée fameuse, parce qu’aussi fausse en fait qu’elle était psychologiquement révélatrice, le président Chirac avait affirmé en 2003 à un homme politique catholique, Philippe de Villiers, que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Au nom de cette vision fantasmatique de l’histoire, la France de Chirac avait bloqué la tentative d’autres pays européens de faire figurer dans le préambule du projet de Constitution européenne une référence à ces « racines chrétiennes », historiquement exactes mais politiquement déplacées. Multiculturalistes de principe, les chiraquiens ont aussi une attitude, disons, sans sévérité excessive en matière de morale financière. Là encore, l’exemple vient du sommet. L’ancien président vit, depuis qu’il a quitté l’Elysée, dans un appartement parisien appartenant à l’actuel Premier ministre libanais Saad Hariri, qui le met gratuitement à sa disposition. De nombreux témoins, à Paris, rapportent en confidence que cette dépendance financière personnelle envers des intérêts étrangers était déjà en place lorsque Jacques Chirac et le père de Saad, Rafic Hariri, étaient tous deux aux affaires. (…) Les bonnes habitudes ne se perdant pas si facilement, Dominique de Villepin, depuis qu’il a pris sa retraite de la politique, vit une existence de millionnaire grâce à des missions d’avocat et de conseil. Parmi ses clients les plus généreux figure, en première place, l’Emirat du Qatar. On ne peut pas exclure que si Villepin, comme la macronie le laisse désormais entendre, devenait le Premier ministre ou le ministre des Affaires Etrangères d’un jeune président sans expérience internationale, les intérêts géopolitiques de ses bienveillants parrains auraient au moins autant d’influence sur son action que ceux de la France. Enfin, le mélange de multiculturalisme de principe et de vénalité à la bonne franquette des chiraquiens les conduit presque tous à ne pas avoir une vision particulièrement favorable de l’Etat d’Israël en particulier et des Juifs en général. Jacques Chirac a une rue à son nom à Ramallah – un hommage généralement réservé aux dictateurs sunnites ou aux auteurs d’attentats suicide. Une de nos sources régulières à Paris, qui travaillait alors à l’Elysée, a personnellement entendu Villepin, pendant la deuxième Intifada, expliquer – tout en regrettant les assassinats suicide – que ceux-ci étaient inévitables car « le Moyen-Orient a toujours rejeté les éléments étrangers ». En parfait accord avec cette vision fantasmagorique de l’histoire, la présidence de Chirac, surtout lorsque Villepin était son Premier ministre, a caractérisé le point le plus bas de toute l’histoire des relations franco-israéliennes. (…) S’il reste aujourd’hui des nostalgiques de cette époque, il y a pour eux une bonne nouvelle : presque tous ceux qui étaient aux commandes, en politique comme dans la presse, sont encore vaillants et prêts à reprendre du service. Et tous, en masse, se sont ralliés à la candidature Macron – un candidat trop profondément ignorant de ces questions pour pouvoir contrer leur influence s’il était élu. Amram Castellion
La France se rend aux urnes pour une élection plus incertaine que jamais, qui pourrait voir la gauche écartée du second tour laissant face à face droite réac et extrême droite. (…) Voter pour qui? Certainement pas pour les diviseurs des Français qui récupèrent le drame pour achalander leur douteuse boutique. Libération
Le monde entier a montré sa solidarité avec l’opposition vénézuélienne et condamné l’attitude du pouvoir chaviste. Et Mélenchon continue à défendre un régime coupable de multiples violations des droits de l’homme. Chaque fois qu’il en parle, Mélenchon décrit Chavez comme un grand humaniste. Tout le monde sait que c’est faux. Il ment quand il dit qu’il n’y a pas eu d’expropriations. Il doit le savoir! Il est venu si souvent dans mon pays. Avec un menteur comme lui, il n’y a pas de discussion possible. Aujourd’hui, au Venezuela, des gens fouillent dans les poubelles pour trouver à manger. Paula Osorio
Mélenchon est comme un mari trompé qui ne veut pas voir que sa femme lui est infidèle. Il nie la réalité alors qu’il la connaît. Il se ment à lui-même car il a trouvé dans son soutien à Chavez une part de romantisme qui le nourrit dans son combat politique. Mélenchon ne peut pas être un bon président s’il continue à vivre dans une utopie. Et pourtant de nombreux points de son programme me plaisent. Mais cet aveuglement sur mon pays est insultant pour tous les Vénézuéliens qui souffrent. Francisco Moreno (ancien cadre de la compagnie nationale pétrolière vénézuélienne PDVSA)
Mélenchon parle d’un Venezuela qui n’existe pas. Il nourrit ses fantasmes de révolution sud-américaine de l’histoire d’un pays où certains habitants n’ont même plus la possibilité de se soigner car il n’y a plus de médicaments dans les pharmacies et les hôpitaux depuis des mois. Manifestant vénézuélien à Paris
Alors que l’opposition vénézuélienne défile en masse dans les rues de Caracas pour demander l’organisation d’élections, de nombreux Vénézuéliens parisiens s’offusquent des déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur leur pays. Ils dénoncent les contre-vérités exprimées par le candidat à la présidentielle. (…) Par ailleurs, à une question sur France Info sur le point 62 du programme de Mélenchon qui prône l’adhésion de la France l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), Clémentine Autain a montré qu’elle ne connaissait pas ce point du programme du candidat dont elle est la porte-parole. L’Alba est une organisation fondée par Hugo Chavez qui visait à créer des solidarités avec les pays latino-américains et caraïbes adhérents aux préceptes du socialisme du XXIe siècle (Cuba, Bolivie, Nicaragua, République dominicaine, Équateur, notamment). Cette alliance est en train de péricliter. La rente pétrolière vénézuélienne ayant fondu, Caracas ne peut plus apporter son aide aux pays membres. La proposition d’adhésion de la France à cette alliance est pour le moins incongrue. (…) Mercredi 19 avril, dans la cour de la reine dans le 8e arrondissement de Paris, les opposants au régime chaviste se sont réunis au pied de la statue de Simon Bolivar pour montrer leur solidarité avec leurs compatriotes qui défilaient dans les rues de Caracas au même moment. Au milieu des slogans demandant le respect des droits à manifester et de la constitution ainsi que la libération des prisonniers politiques, la colère contre Jean-Luc Mélenchon était présente. La plupart des participants exprimaient spontanément leur consternation face aux «contre-vérités» exprimées par le candidat de la France insoumise sur le Venezuela. Le Figaro
C’était par les yeux de la France que je commençais à voir. Rudyard Kipling
[Le maoïsme], c’était de la poésie. Philippe Solers
Suite à la tribune de 25 prix Nobel d’économie rappelant l’erreur que constituerait une sortie de l’UE, un recours au protectionnisme ou à la dévaluation, une centaine d’économistes a décidé de prendre la plume pour signer, à son tour, une tribune en faveur du programme de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute ont-ils ressenti le message des « Nobel » comme une menace pour leur champion. Que nous apprend cette démarche qui interpelle davantage par le nombre de signataires que par le fond de leur analyse ? Il faut d’abord noter le pathétique de cette décision. Lorsque 25 Nobel, ayant des opinions politiques diverses et des méthodologies très différentes, rappellent que certains faits économiques sont indiscutables, ils démontrent qu’il existe un consensus scientifique qui dépasse les croyances individuelles. En s’opposant frontalement à leurs conclusions, pour mieux soutenir leur candidat, ces « économistes » relèguent la science économique au rang de simple débat d’idées. Selon eux, l’économie serait affaire de goûts et relèverait davantage de discussion de cafés du commerce que de science. Cela en dit long sur l’estime qu’ils ont de leur profession. Mais il y a plus grave. Un tel comportement favorise le relativisme ambiant qui, en matière économique, empêche tout consensus et donc toute discussion rationnelle et dépassionnée sur la pertinence des programmes électoraux. Voilà déjà un point choquant. Pourtant, celui-ci n’est rien en regard de ce que cette tribune révèle sur le système universitaire français. Parmi ces signataires, plusieurs appartiennent au mouvement des Economistes Atterrés qui n’a jamais caché son penchant anticapitaliste, anti-marché et révolutionnaire. Ceux-là sont donc dans leur rôle (sic) lorsqu’ils soutiennent le candidat qui pleure Castro et appelle de ses vœux un rapprochement avec l’Alliance Bolivarienne. Ceux qui le sont moins sont les nombreux signataires membres du CNU – Conseil National des Universités. Le CNU est l’institution déterminante pour la carrière des jeunes universitaires. Il délivre les précieuses « qualifications » sans lesquelles un docteur ne peut intégrer l’université au titre de Maître de Conférences. Et depuis peu, il est aussi l’instance qui octroie le prestigieux statut de Professeur. Or, comme en témoigne la liste des signataires soutenant cette tribune, ce Conseil sensé évaluer la recherche scientifique est composé, pour partie, d’idéologues niant les conclusions des Nobels et considérant au moins implicitement, que l’économie serait un art au service d’un idéal politique plus vaste. Voilà pourquoi l’économie est de moins en moins bien enseignée à l’université. Et voilà pourquoi les Français sont si ignorants en matière économique. Ce qui devrait être le temple de l’excellence scientifique est devenu l’arrière-boutique d’une idéologie dépassée, où se décident les carrières des futurs professeurs, non selon la qualité de leurs travaux mais selon leurs opinions politiques. Devenue un instrument politique au sein d’une institution dépossédée de sa nature scientifique, l’économie perd inévitablement son statut et son importance dans le débat politique, interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité. On s’interroge souvent sur les causes du marasme économique français. L’inculture et le relativisme économiques en sont les principales. Pour comprendre l’économie, pour choisir un programme économique plutôt qu’un autre, il faut déjà accepter que l’économie est une science, avec ses règles et ses mécanismes. Or, cela même les membres des plus hautes instances universitaires semblent l’avoir oublié, en faisant passer leur idéologie avant la réalité des faits, telle qu’énoncée par 25 Nobels ! Tant que les gardiens du temple seront des idéologues, favorables à un système qui n’a jamais fonctionné qui plus est, il n’y aura aucun débat rationnel. Et la France ne s’en remettra pas. Pierre Bentata (Université Panthéon Assas)
Quand je suis arrivé en France au début des années 1990, je pensais avoir laissé derrière moi le cauchemar de l’idéologie communiste. Je pensais ne plus revivre l’atmosphère sombre et pesante de l’époque, la tension et la peur permanentes, les files interminables devant les magasins vides et les pénuries – de la boîte d’allumettes jusqu’au papier hygiénique – et cette sensation terrible qu’on ne s’en sortirait jamais. Je croyais que c’en était fini des deux heures de télé par jour sur la seule chaîne, deux heures consacrées en grande partie au «Conducator bien aimé», le dictateur Ceausescu. (…) Plus de 25 ans après la chute du communisme, je suis en train de vivre une expérience que je n’aurais jamais pensé retrouver: la France, mon pays de cœur et d’adoption, manifeste une sympathie incorrigible pour les idées communistes que je n’ai cessé de combattre depuis mon enfance! Quelle ironie du sort: en 2017, sur onze candidats à l’élection présidentielle, neuf affichent clairement leurs penchants léninistes et leurs programmes marxisants. Sommes-nous en 2017 ou en 1917? (…) Quel décalage avec la France d’aujourd’hui! Un pays qui fait la couverture des magazines pour son taux de chômage qui bat des records ou pour sa bureaucratie sans équivalent dans les grands pays riches et démocratiques. Un pays dont l’économie étouffe sous la pression d’un État omniprésent et qui voit ses jeunes partir en masse à l’étranger. Un pays qui a envoyé aux oubliettes les vraies valeurs de l’école et les a remplacées par le pédagogisme et la sociologie égalitariste de Pierre Bourdieu ; une école phagocytée par les syndicats de gauche qui n’acceptent aucune réforme et par des enseignants complètement éloignés du monde de l’entreprise. Un pays qui chasse les jeunes, les chefs d’entreprise, les riches et qui n’attire plus les élites. Un pays dirigé par une classe politique en très grande partie déconsidérée et biberonnée à l’étatisme. Un pays où un parti dit d’extrême droite puise son programme dans les idées marxistes et obtient des scores électoraux impressionnants, un pays où plusieurs autres partis et candidats, enfin, se déclarent ouvertement communistes. Quel est ce pays qui renie ses racines chrétiennes et ses valeurs historiques? Qui a transformé l’antilibéralisme et l’antiaméricanisme en repères moraux? Qui passe son temps à insulter l’Europe et les présidents américains, parfaits boucs émissaires, et dresse des lauriers à des criminels comme Mao, Castro ou Che Guevara? (…) En France, le socialisme a toujours baigné dans la bienveillance, alors que le libéralisme a toujours souffert d’une présomption d’injustice et de culpabilité. L’étatisme marxisant bénéficie de la clause de l’idéologie la plus favorisée et c’est ce qui tue la France encore aujourd’hui. D’autres pays s’en sont sortis, en saisissant toutes les bouées de sauvetage que nous, nous repoussons. Souffririons-nous du syndrome de Stockholm à l’échelle nationale? D’une inconscience infantile qui pourrait se révéler lourde de conséquences? Où est la France de mon enfance? Bogdan Calinescu
Attention: un retour vers le futur peut en cacher un autre !
A l’heure où après des mois d’une véritable machination juridico-médiatique contre le seul candidat de la véritable alternance …
Pour avoir, avec une centaine de ses collègues députés, tiré parti d’un système effectivement douteux mais à l’époque légal …
Et profitant de son titre prestigieux (repris d’un journal de résistance certes fondé par des compagnons de route du PCF et refondés par des maoïstes) …
Le principal journal de gauche français appelle à voter littéralement n’importe quoi …
« Mélenchon, Poutou et Arthaud ne me font pas rire : moi, le communisme, je l’ai vécu ! »
Nicolas Lecaussin
Le Figaro
21/04/2017
FIGAROVOX/TRIBUNE- A deux jours du premier tour de l’élection présidentielle, l’essayiste Nicolas Lecaussin, qui a connu la dictature de Ceausescu en Roumanie, met en garde contre les candidats d’extrême gauche et l’état marxisant qu’ils souhaitent mettre en place.
Bogdan Calinescu publie en France sous le pseudonyme de Nicolas Lecaussin. Il est directeur de l’IREF et a écrit plusieurs essais dont Cet État qui tue la France, L’absolutisme efficace, Au secours, ils veulent la peau du capitalisme, L’obsession antilibérale française, et Échec de l’État (coauteur).
Quand je suis arrivé en France au début des années 1990, je pensais avoir laissé derrière moi le cauchemar de l’idéologie communiste. Je pensais ne plus revivre l’atmosphère sombre et pesante de l’époque, la tension et la peur permanentes, les files interminables devant les magasins vides et les pénuries – de la boîte d’allumettes jusqu’au papier hygiénique – et cette sensation terrible qu’on ne s’en sortirait jamais. Je croyais que c’en était fini des deux heures de télé par jour sur la seule chaîne, deux heures consacrées en grande partie au «Conducator bien aimé», le dictateur Ceausescu.
Enfant, je voyais mon père, intellectuel, enseignant la littérature française, prendre d’énormes risques en critiquant le régime et je me rappelle très bien comment, lors d’une perquisition de la police politique chez nous, à 6 heures du matin, il avait réussi à glisser dans mon cartable, avant que je ne parte à l’école, quelques documents «compromettants» qui auraient pu lui coûter cher… En les déposant chez un ami de la famille qui les a brûlés tout de suite, j’avais – déjà, à 13 ans – la satisfaction d’avoir accompli l’acte d’un véritable résistant au régime. Malgré l’ubuesque et l’impitoyable dictature de Ceausescu, j’ai eu la chance de grandir dans une atmosphère francophile, j’ai eu la chance de pouvoir déchiffrer le monde libre, sa littérature, son actualité.
Plus de 25 ans après la chute du communisme, je suis en train de vivre une expérience que je n’aurais jamais pensé retrouver: la France, mon pays de cœur et d’adoption, manifeste une sympathie incorrigible pour les idées communistes que je n’ai cessé de combattre depuis mon enfance! Quelle ironie du sort: en 2017, sur onze candidats à l’élection présidentielle, neuf affichent clairement leurs penchants léninistes et leurs programmes marxisants. Sommes-nous en 2017 ou en 1917?
Je me souviens très bien du moment où la France est devenue pour moi l’objectif à atteindre, l’endroit où je devais absolument vivre. Adolescent, je suis tombé sur ce texte de Rudyard Kipling qui, en 1878, à l’âge de 12 ans, visite Paris avec son père. Il a l’occasion de grimper dans la statue de la Liberté qui n’avait pas encore été envoyée à New York. En regardant de l’intérieur à travers ses yeux, il comprend: «C’était par les yeux de la France que je commençais à voir»… Des années plus tard, en 1922, lors d’un discours à la Royal Society of St. George, ce grand amoureux de la France affirmait: «Les Français représentent le seul autre (avec les Anglais) peuple dans le monde qui compte.» Néanmoins, l’Angleterre devrait suivre l’exemple de la France… Et Kipling d’énumérer les atouts de notre pays: l’éthique du travail, son économie, la simplicité, l’autodiscipline et la discipline extérieure ainsi que «la vie rude qui fortifie l’être moral». «La France est un exemple pour le monde entier»!
Quel décalage avec la France d’aujourd’hui! Un pays qui fait la couverture des magazines pour son taux de chômage qui bat des records ou pour sa bureaucratie sans équivalent dans les grands pays riches et démocratiques. Un pays dont l’économie étouffe sous la pression d’un État omniprésent et qui voit ses jeunes partir en masse à l’étranger. Un pays qui a envoyé aux oubliettes les vraies valeurs de l’école et les a remplacées par le pédagogisme et la sociologie égalitariste de Pierre Bourdieu ; une école phagocytée par les syndicats de gauche qui n’acceptent aucune réforme et par des enseignants complètement éloignés du monde de l’entreprise. Un pays qui chasse les jeunes, les chefs d’entreprise, les riches et qui n’attire plus les élites. Un pays dirigé par une classe politique en très grande partie déconsidérée et biberonnée à l’étatisme. Un pays où un parti dit d’extrême droite puise son programme dans les idées marxistes et obtient des scores électoraux impressionnants, un pays où plusieurs autres partis et candidats, enfin, se déclarent ouvertement communistes.
Quel est ce pays qui renie ses racines chrétiennes et ses valeurs historiques? Qui a transformé l’antilibéralisme et l’antiaméricanisme en repères moraux? Qui passe son temps à insulter l’Europe et les présidents américains, parfaits boucs émissaires, et dresse des lauriers à des criminels comme Mao, Castro ou Che Guevara? Je me souviendrai toujours de ce que m’avait dit l’intellectuel Philippe Sollers lorsque je lui avais demandé pourquoi il avait été maoïste: «C’était de la poésie», m’avait-il répondu en balayant d’un revers de main sa sympathie pour le plus grand criminel de l’Histoire. Alors, les admirateurs d’Hitler, c’était aussi de la poésie? En France, le socialisme a toujours baigné dans la bienveillance, alors que le libéralisme a toujours souffert d’une présomption d’injustice et de culpabilité.
L’étatisme marxisant bénéficie de la clause de l’idéologie la plus favorisée et c’est ce qui tue la France encore aujourd’hui. D’autres pays s’en sont sortis, en saisissant toutes les bouées de sauvetage que nous, nous repoussons. Souffririons-nous du syndrome de Stockholm à l’échelle nationale? D’une inconscience infantile qui pourrait se révéler lourde de conséquences? Où est la France de mon enfance?
Voir aussi:
MÉDIAS
« Tout sauf eux »: La Une engagée de Libération à la veille du premier tour de la présidentielle
Dans le viseur du quotidien, François Fillon et Marine Le Pen, « droite réac » et « extrême droite ».
Jade Toussay
Huffington post.fr
22/04/2017
PRÉSIDENTIELLE 2017 – « Tout sauf eux ». Eux, c’est-à-dire Marine Le Pen et François Fillon, qui s’affichent ce samedi 22 avril à la Une de l’édition week-end de Libération, dominée par le scrutin du premier tour de dimanche.
« La France se rend aux urnes pour une élection plus incertaine que jamais, qui pourrait voir la gauche écartée du second tour laissant face à face droite réac et extrême droite. » A la veille d’un scrutin décisif pour la France, le quotidien renoue avec l’une de ses grandes traditions éditorialistes et prend clairement position dans la campagne.
Sur la Une et dans l’éditorial « Voter c’est se battre » de Laurent Joffrin, le journal d’opinion appelle les électeurs français à voter. « Voter pour qui? Certainement pas pour les diviseurs des Français qui récupèrent le drame pour achalander leur douteuse boutique », assène le directeur de la rédaction, en faisant allusion aux réactions politiques qui ont suivi l’attentat sur les Champs-Elysées jeudi 20 avril.
Un avertissement, un cri du cœur, qui n’est sans rappeler la prise de position de certains autres quotidiens nationaux, qui ont, au cours de la campagne, pris plusieurs fois position contre la candidate frontiste et le candidat de la droite.
« Voilà deux possibles futurs présidents de la République »
Le 18 avril, Le Monde publiait un éditorial cinglant contre Marine Le Pen, accusée d’avoir franchi « la frontière de l’indécence ». En ligne de mire la déclaration polémique de la présidente du FN sur la sécurité nationale et le terrorisme: « Avec moi, il n’y aurait pas eu de Mohamed Merah, Français grâce au droit du sol, il n’y aurait pas eu les attentats du Bataclan et Stade de France. »
Sauf qu' »on ne récolte pas de voix sur le dos des morts », comme le martèle le texte publié le lendemain sur le site du Monde. « C’est une sorte de ligne rouge d’ordre moral – et qui préserve l’avenir. Cette ligne rouge, la chef du Front national, Marine Le Pen, vient de la franchir. »
Le quotidien n’épargne pas non plus François Fillon, englué dans des scandales politique, financier et surtout moral. « François Fillon, Marine Le Pen: même au mépris de la loi », s’intitule ainsi un autre éditorial, paru cette fois le 15 mars, au lendemain de la mise en examen du candidat de la droite, et alors que la candidate frontiste est elle aussi visée par des soupçons d’emplois fictifs au Parlement Européen.
« Voilà deux possibles futurs présidents de la République –et, à ce titre, gardiens des institutions– qui invoquent sans vergogne le verdict des électeurs pour mieux écarter le jugement des magistrats. Voilà une campagne définitivement empoisonnée et le débat présidentiel torpillé par ces affaires. Voilà enfin, c’est inévitable, les Français confortés dans leur défiance à l’égard de la parole publique et dans leur rejet, voire leur dégoût, des responsables politiques. De cela, en tout cas, François Fillon et Marine Le Pen sont dès à présent coupables », tranche ainsi le journal.
Voir également:
Un rappel aux économistes qui soutiennent Mélenchon
Pierre Bentata
La Tribune
20/04/2017
Suite à la tribune de 25 prix Nobel d’économie rappelant l’erreur que constituerait une sortie de l’UE, un recours au protectionnisme ou à la dévaluation, une centaine d’économistes a décidé de prendre la plume pour signer, à son tour, une tribune en faveur du programme de Jean-Luc Mélenchon. Sans doute ont-ils ressenti le message des « Nobel » comme une menace pour leur champion.
Que nous apprend cette démarche qui interpelle davantage par le nombre de signataires que par le fond de leur analyse ?
Consensus scientifique
Il faut d’abord noter le pathétique de cette décision. Lorsque 25 Nobel, ayant des opinions politiques diverses et des méthodologies très différentes, rappellent que certains faits économiques sont indiscutables, ils démontrent qu’il existe un consensus scientifique qui dépasse les croyances individuelles. En s’opposant frontalement à leurs conclusions, pour mieux soutenir leur candidat, ces « économistes » relèguent la science économique au rang de simple débat d’idées. Selon eux, l’économie serait affaire de goûts et relèverait davantage de discussion de cafés du commerce que de science. Cela en dit long sur l’estime qu’ils ont de leur profession.
Mais il y a plus grave. Un tel comportement favorise le relativisme ambiant qui, en matière économique, empêche tout consensus et donc toute discussion rationnelle et dépassionnée sur la pertinence des programmes électoraux. Voilà déjà un point choquant. Pourtant, celui-ci n’est rien en regard de ce que cette tribune révèle sur le système universitaire français.
Parmi ces signataires, plusieurs appartiennent au mouvement des Economistes Atterrés qui n’a jamais caché son penchant anticapitaliste, anti-marché et révolutionnaire. Ceux-là sont donc dans leur rôle (sic) lorsqu’ils soutiennent le candidat qui pleure Castro et appelle de ses vœux un rapprochement avec l’Alliance Bolivarienne. Ceux qui le sont moins sont les nombreux signataires membres du CNU – Conseil National des Universités. Le CNU est l’institution déterminante pour la carrière des jeunes universitaires. Il délivre les précieuses « qualifications » sans lesquelles un docteur ne peut intégrer l’université au titre de Maître de Conférences. Et depuis peu, il est aussi l’instance qui octroie le prestigieux statut de Professeur. Or, comme en témoigne la liste des signataires soutenant cette tribune, ce Conseil sensé évaluer la recherche scientifique est composé, pour partie, d’idéologues niant les conclusions des Nobels et considérant au moins implicitement, que l’économie serait un art au service d’un idéal politique plus vaste.
L’arrière-boutique d’une idéologie dépassée
Voilà pourquoi l’économie est de moins en moins bien enseignée à l’université. Et voilà pourquoi les Français sont si ignorants en matière économique. Ce qui devrait être le temple de l’excellence scientifique est devenu l’arrière-boutique d’une idéologie dépassée, où se décident les carrières des futurs professeurs, non selon la qualité de leurs travaux mais selon leurs opinions politiques. Devenue un instrument politique au sein d’une institution dépossédée de sa nature scientifique, l’économie perd inévitablement son statut et son importance dans le débat politique, interdisant toute réforme qui pourrait réconcilier la France avec l’emploi, l’innovation et la prospérité.
On s’interroge souvent sur les causes du marasme économique français. L’inculture et le relativisme économiques en sont les principales. Pour comprendre l’économie, pour choisir un programme économique plutôt qu’un autre, il faut déjà accepter que l’économie est une science, avec ses règles et ses mécanismes. Or, cela même les membres des plus hautes instances universitaires semblent l’avoir oublié, en faisant passer leur idéologie avant la réalité des faits, telle qu’énoncée par 25 Nobels !
Tant que les gardiens du temple seront des idéologues, favorables à un système qui n’a jamais fonctionné qui plus est, il n’y aura aucun débat rationnel. Et la France ne s’en remettra pas.
Voir encore:
La consternation des Vénézuéliens de Paris face à Mélenchon
Le candidat de la France insoumise érige le régime chaviste en modèle et a inscrit l’adhésion de la France à l’Alliance bolivarienne pour les Amériques dans son programme.
Patrick Bèle
Le Figaro
20/04/2017
Alors que l’opposition vénézuélienne défile en masse dans les rues de Caracas pour demander l’organisation d’élections, de nombreux Vénézuéliens parisiens s’offusquent des déclarations de Jean-Luc Mélenchon sur leur pays. Ils dénoncent les contre-vérités exprimées par le candidat à la présidentielle. Dans un entretien accordé à Ouest France la semaine dernière, il déclarait: «Le Venezuela avait une politique sociale-démocrate. Personne n’a été exproprié. Il n’y a jamais eu de nationalisation non plus. J’ai soutenu Chavez contre l’agression des Américains. Et aujourd’hui le problème de ce pays, c’est d’abord la baisse du prix du pétrole. Je n’y suis pour rien!» «Six affirmations et quatre purs mensonges», déplore Jose Ocariz, qui vit en France depuis une quinzaine d’années.
Une alliance en train de péricliter
Par ailleurs, à une question sur France Info sur le point 62 du programme de Mélenchon qui prône l’adhésion de la France l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (Alba), Clémentine Autain a montré qu’elle ne connaissait pas ce point du programme du candidat dont elle est la porte-parole. L’Alba est une organisation fondée par Hugo Chavez qui visait à créer des solidarités avec les pays latino-américains et caraïbes adhérents aux préceptes du socialisme du XXIe siècle (Cuba, Bolivie, Nicaragua, République dominicaine, Équateur, notamment).
Cette alliance est en train de péricliter. La rente pétrolière vénézuélienne ayant fondu, Caracas ne peut plus apporter son aide aux pays membres. La proposition d’adhésion de la France à cette alliance est pour le moins incongrue. «Le monde entier a montré sa solidarité avec l’opposition vénézuélienne et condamné l’attitude du pouvoir chaviste, explique Paula Osorio, en France depuis dix ans. Et Mélenchon continue à défendre un régime coupable de multiples violations des droits de l’homme. Chaque fois qu’il en parle, Mélenchon décrit Chavez comme un grand humaniste. Tout le monde sait que c’est faux. Il ment quand il dit qu’il n’y a pas eu d’expropriations. Il doit le savoir! Il est venu si souvent dans mon pays. Avec un menteur comme lui, il n’y a pas de discussion possible. Aujourd’hui, au Venezuela, des gens fouillent dans les poubelles pour trouver à manger.»
Consternation face aux «contre-vérités»
Pour Francisco Moreno, ancien cadre de PDVSA, le géant pétrolier appartenant à l’État vénézuélien, qui a quitté le pays au moment de la grande purge de la compagnie au début des années 2000, Mélenchon est «comme un mari trompé qui ne veut pas voir que sa femme lui est infidèle. Il nie la réalité alors qu’il la connaît. Il se ment à lui-même car il a trouvé dans son soutien à Chavez une part de romantisme qui le nourrit dans son combat politique. Mélenchon ne peut pas être un bon président s’il continue à vivre dans une utopie. Et pourtant de nombreux points de son programme me plaisent. Mais cet aveuglement sur mon pays est insultant pour tous les Vénézuéliens qui souffrent».
Jose Ocariz, qui se place plutôt à gauche, s’étonne lui aussi des «mensonges» de Jean-Luc Mélenchon. «Personne n’a été exproprié? Il suffit de taper «Expropiese» sur un moteur de recherche pour trouver de nombreux extraits des shows de télé réalité du colonel Chavez. Il s’agit d’humiliation publique, montrant des personnes réduites au silence à l’annonce en live de leur ruine car expropriés, suivie d’une salve d’applaudissements serviles.»
Mercredi 19 avril, dans la cour de la reine dans le 8e arrondissement de Paris, les opposants au régime chaviste se sont réunis au pied de la statue de Simon Bolivar pour montrer leur solidarité avec leurs compatriotes qui défilaient dans les rues de Caracas au même moment. Au milieu des slogans demandant le respect des droits à manifester et de la constitution ainsi que la libération des prisonniers politiques, la colère contre Jean-Luc Mélenchon était présente.
La plupart des participants exprimaient spontanément leur consternation face aux «contre-vérités» exprimées par le candidat de la France insoumise sur le Venezuela. «Mélenchon parle d’un Venezuela qui n’existe pas, s’insurgeait un participant qui préfère rester anonyme. Il nourrit ses fantasmes de révolution sud-américaine de l’histoire d’un pays où certains habitants n’ont même plus la possibilité de se soigner car il n’y a plus de médicaments dans les pharmacies et les hôpitaux depuis des mois.»
Voir par ailleurs:
Présidentielle 2017 : le big data donne Fillon au second tour, pas les sondages. Qui aura raison ?
Sale temps pour les sondages. Paniqués à l’idée de « rater » le premier tour de l’élection présidentielle, les voici challengés par de nouveaux venus : les spécialistes du big data, qui utilisent l’analyse des données à grande échelle pour établir une autre cartographie de l’opinion.
Première mauvaise nouvelle pour les sondeurs, dont la méthodologie est ouvertement contestée : contrairement à eux, ces concurrents du big data ont su prédire la qualification de François Fillon au premier tour de la primaire à droite. Et aussi l’élection de Donald Trump et, pour Vigiglobe, la victoire du Brexit. Trois échecs cuisants pour les instituts de sondages.
Deuxième mauvaise nouvelle : les prédictions de Filteris, de Vigiglobe et de l’algorithme Predict My President ne valident pas celles des sondages. Ceux-ci ne cessent d’annoncer un duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Au contraire, les trois initiatives misent sur la qualification de François Fillon. Ils diffèrent par contre sur le ou la candidate qui l’accompagnera au second tour. Une question de méthodologie qui révèle aussi les limites de l’exercice.
Retour sur ces trois trublions de la campagne, leur méthodologie, leur crédibilité, leurs prédictions. Puis celles, très différentes, des tout derniers sondages.
Filteris : un second tour Fillon / Le Pen
Qu’est-ce que c’est ? Filteris est une société canadienne créée en 2002 par Jérôme Coutard et Isabelle Dornic, tous deux docteurs en sciences sociales. L’entreprise est spécialisée dans l’analyse d’image, la gestion et la sécurisation de l’identité numérique des entreprises, institutions et personnalités. Depuis 2007, Filteris a développé une expertise dans l’analyse du buzz généré sur le web et les réseaux sociaux dans des contextes électoraux, baptisée BuzzPol.
Quelle méthodologie ? BuzzPol réalise, comme les sondages, des mesures régulières de l’opinion. Mais contrairement aux sondeurs, BuzzPol ne se base pas sur le recueil d’intentions de vote auprès d’un public représentatif, mais sur l’analyse à grande échelle des perceptions, avis et opinions exprimés sur le web et les réseaux sociaux. Son algorithme permet d’analyser ces points de vue de manière quantitative et qualitative, puis de générer un score sur 100, réparti entre les candidats.
Quel est son pronostic ? Dans sa dernière mesure du vendredi 21 avril, François Fillon arrive en tête avec 22,09%. Il est suivi par Marine Le Pen, avec 21,75%, puis Jean-Luc Mélenchon (21,11%) et enfin Emmanuel Macron (19,92%). Les quatre candidats se tiennent à un peu plus de deux points. Autrement dit, dans un mouchoir de poche.
C’est la 16è mesure d’opinion de Filteris depuis le 3 avril. Les 14 premières indiquaient que François Fillon et Marine Le Pen figureraient au second tour. Seule la 15è, du jeudi 20 avril, anticipait un second tour Fillon-Mélenchon.
Quelle crédibilité ? Filteris a correctement prédit la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. L’entreprise n’a pas travaillé sur le Brexit. Contrairement aux sondages, Filteris a su prédire la première place de François Fillon à la primaire de la droite. Mais l’entreprise attendait Nicolas Sarkozy en deuxième position, alors que c’est Alain Juppé qui s’est qualifié. Elle s’est en outre trompée sur le premier tour de la primaire de la gauche : Benoît Hamon, qui est arrivé en première position, était donné troisième, derrière Manuel Valls et Arnaud Montebourg.
Vigiblobe : Fillon probablement qualifié, Macron et Mélenchon en embuscade, Le Pen hors de l’équation
Qu’est-ce que c’est ? Vigiglobe est une startup française dirigée par Leendert de Voogd, un ancien directeur mondial de l’institut de sondage TNS. Son credo : l’analyse des réseaux sociaux Twitter et Facebook pour repérer les tendances émergentes afin d’orienter la communication de ses clients, les marques. La startup a aussi développé des outils d’analyse spécialement conçus pour les élections, afin de repérer les signaux faibles qui traduisent des dynamiques qui échappent aux sondeurs – ou que ces derniers perçoivent trop tard.
Quelle méthodologie ? Vigiglobe utilise des algorithmes, développés en interne, de machine learning (apprentissage par la machine à base d’intelligence artificielle), capables d’analyser à la fois quantitativement (qui suscite le plus de réactions ?) et qualitativement (quelle tonalité ?) les messages postés sur les réseaux sociaux. Grâce à des partenariats exclusifs avec Facebook et Twitter, la startup a accès à l’ensemble des contenus publiés. La moitié des Français est sur Facebook, et Twitter revendique 15 millions de comptes en France.
Quel est son pronostic ? Contrairement à ses concurrents, Vigiglobe ne se risque pas au jeu des prédictions. En revanche, la startup estimait, jeudi 20 avril, que François Fillon a « de grandes chances de se qualifier pour le second tour ». Ses algorithmes d’analyse du sentiment voient se dégager un trio de tête dans un mouchoir de poche : François Fillon (qui dispose en plus du plus grand nombre de messages positifs), Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon.
Contrairement aux sondages et aux autres spécialistes du big data, Vigiglobe estime que Marine Le Pen est en sérieuse perte de vitesse, et qu’elle pourrait, par conséquent, ne pas se qualifier pour le second tour. Leendert de Voogd, le Pdg, précise toutefois que l’attaque des Champs-Elysées profitait vendredi 21 avril à François Fillon et à Marine Le Pen, en nette hausse par rapport aux jours précédents.
Quelle crédibilité ? Vigiglobe a correctement identifié les dynamiques portant à l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis, à la victoire du Brexit au Royaume-Uni, de François Fillon à la primaire de la droite, et de Benoît Hamon à celle de la gauche.
Predict My President : Le Pen et Fillon au second tour
Qu’est-ce que c’est ? Predict My President est un programme mené depuis plusieurs mois par cinq étudiants de l’école Télécom Paris tech pour l’hebdomadaire Le Point. L’objectif est de pallier les « failles » des sondages en remplaçant les enquêtes d’opinion par une analyse socio-économique des électeurs, couplée à une analyse de la popularité des candidats sur la Toile.
Quelle méthodologie ? Les élèves ont bâti un logiciel nourri à partir des données numériques issues du réseau social Twitter et des recherches des internautes sur Google, pour déceler la popularité des candidats et analyser le contenu des messages les concernant. Ces data sont croisées par des données socio-économiques remontant jusqu’à 1981 (taux de chômage par département, résultats des élections locales, etc.), issues des plateformes gouvernementales d’open data et de l’Insee. Un algorithme pondère les différentes analyses et aboutit à des prédictions de vote. Ou quand le big data et l’analyse socio-économique remplacent les sondages.
Quel est le pronostic ? Le 19 avril, Predict My President voyait se profiler un duel entre Marine Le Pen (24,13%) et François Fillon (21,77%). Emmanuel Macron arriverait troisième avec 20,32%, suivi par Jean-Luc Mélenchon avec 18,66%.
Quelle crédibilité ? Verdict dimanche.
Et les sondages ?
Dans la dernière ligne droite, tous notent une progression de François Fillon, confirmant ainsi la dynamique relevée par les spécialistes du big data, mais pas suffisamment pour atteindre le second tour. Tous les instituts le donnent troisième derrière Emmanuel Macron et Marine Le Pen.
Voici les résultats des derniers sondages publiés le vendredi 21 avril:
Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%.
Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (23%). François Fillon et Jean-Luc Mélenchon sont tous les deux à 19%.
Emmanuel Macron (23%) vs Marine Le Pen (22%). François Fillon est troisième avec 21%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18%.
Emmanuel Macron (24,5%) vs Marine Le Pen (22,5%). François Fillon est troisième avec 19,5%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 18,5%.
Emmanuel Macron (24%) vs Marine Le Pen (21,5%). François Fillon est troisième avec 20%, Jean-Luc Mélenchon est quatrième avec 19,5%.
Voir enfin:
Il avait prédit la victoire de Trump, aujourd’hui il révèle qui pourrait être le président de la République
Serge Galam avait prédit la victoire de Donald Trump, le Brexit ou encore l’élimination d’Alain Juppé à la primaire. Aujourd’hui, il révèle qui pourrait devenir le chef d’État français
Le Soir
23 avril 2017
Serge Galam ne se base pas sur de simples spéculations lorsqu’il prédit des événements politiques. Ce professeur à Science-Po est l’initiateur de la sociophysique. Une science qui tient compte du comportement, du choix des électeurs, des influences auxquelles ils sont confrontés corrélant le tout avec des statistiques souvent récoltées dans des sondages officiels. Serge Galam cherche à mathématiser le cheminement de l’opinion. Mais ces sondages ne peuvent pas être pris en compte seuls. Explications.
Une victoire improbable
« Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus » relaye le magazine Grazia. Ainsi, il explique comment Marine LePen pourrait gagner les élections. Une victoire qu’il estime aujourd’hui « improbable mais n’est plus impossible ». Car, en effet, l’élection française se montre presque imprévisible et la distribution des votes pourrait encore basculer.
Tout peut basculer
« Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée », rapporte RCF Radio.
Ainsi, le rapport minorité-majorité pourrait être inversé par les inflexibles – ceux qui voteront coûte que coûte pour un candidat – capables d’influencer les plus « flexibles ».
Voir par ailleurs:
Slate
17.04.2017
Donald Trump, Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen et François Fillon ont au moins un point commun. Ils veulent établir de meilleures relations, plus cordiales, plus compréhensives, avec la Russie de Poutine. Ils entendent ainsi «œuvrer pour la paix» et combattre avec l’aide de la Russie le terrorisme islamique.
Le problème, c’est que pour paraphraser François Mitterrand en 1983, les pacifistes sont à l’ouest et les missiles à l’est. C’est exactement ce que montre cette analyse de Vanity Fair. Soit, les Trump, Mélenchon, Le Pen et Fillon n’ont rien compris, soit ils ne veulent rien comprendre à la nature du régime au pouvoir à Moscou et à sa logique. Ils prennent leurs désirs pour la réalité.
Tout ceux qui ont tenté depuis des décennies d’amadouer les autocrates de Moscou, à l’époque de l’URSS ou plus récemment, ont échoué et en général l’ont payé cher.
Le dernier exemple en date est le fameux «reset» de Barack Obama en 2008. L’ancien Président des Etats-Unis tout comme son successeur voulait établir de nouvelles relations, «apaisées», avec la Russie. Son offre a été immédiatement comprise au Kremlin comme de la faiblesse. Cela s’est traduit par l’annexion de la Crimée, une guerre larvée à l’est de l’Ukraine, dont la Russie avait pourtant garanti les frontières en 1994, et une intervention massive de l’armée russe en Syrie pour sauver le tyran Bachar el Assad. Tout cela sous prétexte de combattre l’Etat islamique. Mais les forces russes et leurs affidés du Hezbollah et de l’Iran ont pris et détruit Alep, la base des rebelles, et pas Raqqa, la capitale de l’Etat islamique. Cherchez l’erreur.
La nature du régime russe est remarquablement décrite par Vanity Fair. C’est celle d’un pouvoir autoritaire, paranoïaque qui ne comprend que les rapports de force, ne s’embarrasse pas avec les moyens et n’est pas sensible aux jugements qu’on porte sur lui et aux mouvements d’opinion.
«La Russie est revenue à sa nature première…»
En 1946, George F. Kennan, un diplomate américain en poste à Moscou avait dans un texte devenu célèbre de 8.000 mots décrit le régime soviétique et la façon dont il fallait le traiter. Cette analyse, longtemps resté anonyme, montrait deux éléments essentiels: premièrement que l’Etat soviétique était fondamentalement instable et que la stratégie des Etats-Unis devait être de le contenir («containment») mais qu’il n’y avait pas grand chose d’autre à faire en attendant qu’il s’effondre.
Pour George F. Kennan, les Etats-Unis ne pouvaient et ne devaient rien faire pour améliorer les relations avec Moscou, parce que les crises et les différends n’étaient pas de son fait mais d’un régime qui avait assassiné des dizaines de millions de ses citoyens, s’était allié à Hitler et avait imposé la dictature communiste à toute l’Europe de l’est en la présentant comme une libération.
Pour Vanity Fair, le diagnostic et les conseils du diplomate sont toujours pertinents 75 ans plus tard. En dépit des intentions louables de Boris Yeltsin et de Bill Clinton, la Russie n’est pas devenue une démocratie et le pouvoir est aux mains d’un homme et d’une clique qui assassinent les opposants, contrôlent les médias et manipulent l’opinion publique. «C’était probablement trop demander à un pays aussi archaïque de devenir moderne en une décennie. De fait, la Russie est revenue à sa nature première».
Evidemment, Vladimir Poutine n’est pas Joseph Staline. Mais son pouvoir repose uniquement sur la force, la crainte, la subversion et la propagande.
Cela ne veut pas dire que la Russie et les pays occidentaux ne pourront pas un jour être alliés. Mais comme George F. Kennan l’avait exposé en 1946, y arriver n’a rien à voir avec la politique des Etats-Unis et des pays occidentaux. Cela dépend seulement de la capacité de la Russie à devenir un Etat de droit, à imposer des contrôles et des contre-pouvoirs au Kremlin et à démanteler le réseau de grandes sociétés et de ministères qui contrôlent la société russe dans son ensemble. Il est peu vraisemblable que cela se produise demain. Entretemps, montrer de la bonne volonté et de la compréhension pour l’autocrate de Moscou ne conduira qu’à des désillusions et des désastres.
Voir encore:
Trump-Russia Relations
What Trump Could Never Understand About Putin
As their bromance dwindles, history could teach a bewildered president a major lesson about one of America’s most significant adversaries
Peter Savodnik
Vanity Fair
April 13, 2017
(3) Its projection in practical policy on official level.
(4) Its projection on unofficial level.
(5) Practical deductions from standpoint of US policy.
I apologize in advance for this burdening of telegraphic channel; but questions involved are of such urgent importance, particularly in view of recent events, that our answers to them, if they deserve attention at all, seem to me to deserve it at once. There follows
Part 1: Basic Features of Post War Soviet Outlook, as Put Forward by Official Propaganda Machine
Are as Follows:
(a) USSR still lives in antagonistic « capitalist encirclement » with which in the long run there can be no permanent peaceful coexistence. As stated by Stalin in 1927 to a delegation of American workers:
« In course of further development of international revolution there will emerge two centers of world significance: a socialist center, drawing to itself the countries which tend toward socialism, and a capitalist center, drawing to itself the countries that incline toward capitalism. Battle between these two centers for command of world economy will decide fate of capitalism and of communism in entire world. »
(b) Capitalist world is beset with internal conflicts, inherent in nature of capitalist society. These conflicts are insoluble by means of peaceful compromise. Greatest of them is that between England and US.
(c) Internal conflicts of capitalism inevitably generate wars. Wars thus generated may be of two kinds: intra-capitalist wars between two capitalist states, and wars of intervention against socialist world. Smart capitalists, vainly seeking escape from inner conflicts of capitalism, incline toward latter.
(d) Intervention against USSR, while it would be disastrous to those who undertook it, would cause renewed delay in progress of Soviet socialism and must therefore be forestalled at all costs.
(e) Conflicts between capitalist states, though likewise fraught with danger for USSR, nevertheless hold out great possibilities for advancement of socialist cause, particularly if USSR remains militarily powerful, ideologically monolithic and faithful to its present brilliant leadership.
(f) It must be borne in mind that capitalist world is not all bad. In addition to hopelessly reactionary and bourgeois elements, it includes (1) certain wholly enlightened and positive elements united in acceptable communistic parties and (2) certain other elements (now described for tactical reasons as progressive or democratic) whose reactions, aspirations and activities happen to be « objectively » favorable to interests of USSR These last must be encouraged and utilized for Soviet purposes.
(g) Among negative elements of bourgeois-capitalist society, most dangerous of all are those whom Lenin called false friends of the people, namely moderate-socialist or social-democratic leaders (in other words, non-Communist left-wing). These are more dangerous than out-and-out reactionaries, for latter at least march under their true colors, whereas moderate left-wing leaders confuse people by employing devices of socialism to seine interests of reactionary capital.
So much for premises. To what deductions do they lead from standpoint of Soviet policy? To following:
(a) Everything must be done to advance relative strength of USSR as factor in international society. Conversely, no opportunity most be missed to reduce strength and influence, collectively as well as individually, of capitalist powers.
(b) Soviet efforts, and those of Russia’s friends abroad, must be directed toward deepening and exploiting of differences and conflicts between capitalist powers. If these eventually deepen into an « imperialist » war, this war must be turned into revolutionary upheavals within the various capitalist countries.
(c) « Democratic-progressive » elements abroad are to be utilized to maximum to bring pressure to bear on capitalist governments along lines agreeable to Soviet interests.
(d) Relentless battle must be waged against socialist and social-democratic leaders abroad.
Part 2: Background of Outlook
Before examining ramifications of this party line in practice there are certain aspects of it to which I wish to draw attention.
First, it does not represent natural outlook of Russian people. Latter are, by and large, friendly to outside world, eager for experience of it, eager to measure against it talents they are conscious of possessing, eager above all to live in peace and enjoy fruits of their own labor. Party line only represents thesis which official propaganda machine puts forward with great skill and persistence to a public often remarkably resistant in the stronghold of its innermost thoughts. But party line is binding for outlook and conduct of people who make up apparatus of power–party, secret police and Government–and it is exclusively with these that we have to deal.
Second, please note that premises on which this party line is based are for most part simply not true. Experience has shown that peaceful and mutually profitable coexistence of capitalist and socialist states is entirely possible. Basic internal conflicts in advanced countries are no longer primarily those arising out of capitalist ownership of means of production, but are ones arising from advanced urbanism and industrialism as such, which Russia has thus far been spared not by socialism but only by her own backwardness. Internal rivalries of capitalism do not always generate wars; and not all wars are attributable to this cause. To speak of possibility of intervention against USSR today, after elimination of Germany and Japan and after example of recent war, is sheerest nonsense. If not provoked by forces of intolerance and subversion « capitalist » world of today is quite capable of living at peace with itself and with Russia. Finally, no sane person has reason to doubt sincerity of moderate socialist leaders in Western countries. Nor is it fair to deny success of their efforts to improve conditions for working population whenever, as in Scandinavia, they have been given chance to show what they could do.
Falseness of those premises, every one of which predates recent war, was amply demonstrated by that conflict itself Anglo-American differences did not turn out to be major differences of Western World. Capitalist countries, other than those of Axis, showed no disposition to solve their differences by joining in crusade against USSR. Instead of imperialist war turning into civil wars and revolution, USSR found itself obliged to fight side by side with capitalist powers for an avowed community of aim.
Nevertheless, all these theses, however baseless and disproven, are being boldly put forward again today. What does this indicate? It indicates that Soviet party line is not based on any objective analysis of situation beyond Russia’s borders; that it has, indeed, little to do with conditions outside of Russia; that it arises mainly from basic inner-Russian necessities which existed before recent war and exist today.
At bottom of Kremlin’s neurotic view of world affairs is traditional and instinctive Russian sense of insecurity. Originally, this was insecurity of a peaceful agricultural people trying to live on vast exposed plain in neighborhood of fierce nomadic peoples. To this was added, as Russia came into contact with economically advanced West, fear of more competent, more powerful, more highly organized societies in that area. But this latter type of insecurity was one which afflicted rather Russian rulers than Russian people; for Russian rulers have invariably sensed that their rule was relatively archaic in form fragile and artificial in its psychological foundation, unable to stand comparison or contact with political systems of Western countries. For this reason they have always feared foreign penetration, feared direct contact between Western world and their own, feared what would happen if Russians learned truth about world without or if foreigners learned truth about world within. And they have learned to seek security only in patient but deadly struggle for total destruction of rival power, never in compacts and compromises with it.
It was no coincidence that Marxism, which had smoldered ineffectively for half a century in Western Europe, caught hold and blazed for first time in Russia. Only in this land which had never known a friendly neighbor or indeed any tolerant equilibrium of separate powers, either internal or international, could a doctrine thrive which viewed economic conflicts of society as insoluble by peaceful means. After establishment of Bolshevist regime, Marxist dogma, rendered even more truculent and intolerant by Lenin’s interpretation, became a perfect vehicle for sense of insecurity with which Bolsheviks, even more than previous Russian rulers, were afflicted. In this dogma, with its basic altruism of purpose, they found justification for their instinctive fear of outside world, for the dictatorship without which they did not know how to rule, for cruelties they did not dare not to inflict, for sacrifice they felt bound to demand. In the name of Marxism they sacrificed every single ethical value in their methods and tactics. Today they cannot dispense with it. It is fig leaf of their moral and intellectual respectability. Without it they would stand before history, at best, as only the last of that long succession of cruel and wasteful Russian rulers who have relentlessly forced country on to ever new heights of military power in order to guarantee external security of their internally weak regimes. This is why Soviet purposes most always be solemnly clothed in trappings of Marxism, and why no one should underrate importance of dogma in Soviet affairs. Thus Soviet leaders are driven [by?] necessities of their own past and present position to put forward which [apparent omission] outside world as evil, hostile and menacing, but as bearing within itself germs of creeping disease and destined to be wracked with growing internal convulsions until it is given final Coup de grace by rising power of socialism and yields to new and better world. This thesis provides justification for that increase of military and police power of Russian state, for that isolation of Russian population from outside world, and for that fluid and constant pressure to extend limits of Russian police power which are together the natural and instinctive urges of Russian rulers. Basically this is only the steady advance of uneasy Russian nationalism, a centuries old movement in which conceptions of offense and defense are inextricably confused. But in new guise of international Marxism, with its honeyed promises to a desperate and war torn outside world, it is more dangerous and insidious than ever before.
It should not be thought from above that Soviet party line is necessarily disingenuous and insincere on part of all those who put it forward. Many of them are too ignorant of outside world and mentally too dependent to question [apparent omission] self-hypnotism, and who have no difficulty making themselves believe what they find it comforting and convenient to believe. Finally we have the unsolved mystery as to who, if anyone, in this great land actually receives accurate and unbiased information about outside world. In atmosphere of oriental secretiveness and conspiracy which pervades this Government, possibilities for distorting or poisoning sources and currents of information are infinite. The very disrespect of Russians for objective truth–indeed, their disbelief in its existence–leads them to view all stated facts as instruments for furtherance of one ulterior purpose or another. There is good reason to suspect that this Government is actually a conspiracy within a conspiracy; and I for one am reluctant to believe that Stalin himself receives anything like an objective picture of outside world. Here there is ample scope for the type of subtle intrigue at which Russians are past masters. Inability of foreign governments to place their case squarely before Russian policy makers–extent to which they are delivered up in their relations with Russia to good graces of obscure and unknown advisors whom they never see and cannot influence–this to my mind is most disquieting feature of diplomacy in Moscow, and one which Western statesmen would do well to keep in mind if they would understand nature of difficulties encountered here.
Part 3: Projection of Soviet Outlook in Practical Policy on Official Level
We have now seen nature and background of Soviet program. What may we expect by way of its practical implementation?
Soviet policy, as Department implies in its query under reference, is conducted on two planes: (1) official plane represented by actions undertaken officially in name of Soviet Government; and (2) subterranean plane of actions undertaken by agencies for which Soviet Government does not admit responsibility.
Policy promulgated on both planes will be calculated to serve basic policies (a) to (d) outlined in part 1. Actions taken on different planes will differ considerably, but will dovetail into each other in purpose, timing and effect.
On official plane we must look for following:
(a) Internal policy devoted to increasing in every way strength and prestige of Soviet state: intensive military-industrialization; maximum development of armed forces; great displays to impress outsiders; continued secretiveness about internal matters, designed to conceal weaknesses and to keep opponents in dark.
(b) Wherever it is considered timely and promising, efforts will be made to advance official limits of Soviet power. For the moment, these efforts are restricted to certain neighboring points conceived of here as being of immediate strategic necessity, such as Northern Iran, Turkey, possibly Bornholm However, other points may at any time come into question, if and as concealed Soviet political power is extended to new areas. Thus a « friendly Persian Government might be asked to grant Russia a port on Persian Gulf. Should Spain fall under Communist control, question of Soviet base at Gibraltar Strait might be activated. But such claims will appear on official level only when unofficial preparation is complete.
(c) Russians will participate officially in international organizations where they see opportunity of extending Soviet power or of inhibiting or diluting power of others. Moscow sees in UNO not the mechanism for a permanent and stable world society founded on mutual interest and aims of all nations, but an arena in which aims just mentioned can be favorably pursued. As long as UNO is considered here to serve this purpose, Soviets will remain with it. But if at any time they come to conclusion that it is serving to embarrass or frustrate their aims for power expansion and if they see better prospects for pursuit of these aims along other lines, they will not hesitate to abandon UNO. This would imply, however, that they felt themselves strong enough to split unity of other nations by their withdrawal to render UNO ineffective as a threat to their aims or security, replace it with an international weapon more effective from their viewpoint. Thus Soviet attitude toward UNO will depend largely on loyalty of other nations to it, and on degree of vigor, decisiveness and cohesion with which those nations defend in UNO the peaceful and hopeful concept of international life, which that organization represents to our way of thinking. I reiterate, Moscow has no abstract devotion to UNO ideals. Its attitude to that organization will remain essentially pragmatic and tactical.
(d) Toward colonial areas and backward or dependent peoples, Soviet policy, even on official plane, will be directed toward weakening of power and influence and contacts of advanced Western nations, on theory that in so far as this policy is successful, there will be created a vacuum which will favor Communist-Soviet penetration. Soviet pressure for participation in trusteeship arrangements thus represents, in my opinion, a desire to be in a position to complicate and inhibit exertion of Western influence at such points rather than to provide major channel for exerting of Soviet power. Latter motive is not lacking, but for this Soviets prefer to rely on other channels than official trusteeship arrangements. Thus we may expect to find Soviets asking for admission everywhere to trusteeship or similar arrangements and using levers thus acquired to weaken Western influence among such peoples.
(e) Russians will strive energetically to develop Soviet representation in, and official ties with, countries in which they sense Strong possibilities of opposition to Western centers of power. This applies to such widely separated points as Germany, Argentina, Middle Eastern countries, etc.
(f) In international economic matters, Soviet policy will really be dominated by pursuit of autarchy for Soviet Union and Soviet-dominated adjacent areas taken together. That, however, will be underlying policy. As far as official line is concerned, position is not yet clear. Soviet Government has shown strange reticence since termination hostilities on subject foreign trade. If large scale long term credits should be forthcoming, I believe Soviet Government may eventually again do lip service, as it did in 1930’s to desirability of building up international economic exchanges in general. Otherwise I think it possible Soviet foreign trade may be restricted largely to Soviet’s own security sphere, including occupied areas in Germany, and that a cold official shoulder may be turned to principle of general economic collaboration among nations.
(g) With respect to cultural collaboration, lip service will likewise be rendered to desirability of deepening cultural contacts between peoples, but this will not in practice be interpreted in any way which could weaken security position of Soviet peoples. Actual manifestations of Soviet policy in this respect will be restricted to arid channels of closely shepherded official visits and functions, with superabundance of vodka and speeches and dearth of permanent effects.
(h) Beyond this, Soviet official relations will take what might be called « correct » course with individual foreign governments, with great stress being laid on prestige of Soviet Union and its representatives and with punctilious attention to protocol as distinct from good manners.
Part 4: Following May Be Said as to What We May Expect by Way of Implementation of Basic Soviet Policies on Unofficial, or Subterranean Plane, i.e. on Plane for Which Soviet Government Accepts no Responsibility
Agencies utilized for promulgation of policies on this plane are following:
1. Inner central core of Communist Parties in other countries. While many of persons who compose this category may also appear and act in unrelated public capacities, they are in reality working closely together as an underground operating directorate of world communism, a concealed Comintern tightly coordinated and directed by Moscow. It is important to remember that this inner core is actually working on underground lines, despite legality of parties with which it is associated.
2. Rank and file of Communist Parties. Note distinction is drawn between those and persons defined in paragraph 1. This distinction has become much sharper in recent years. Whereas formerly foreign Communist Parties represented a curious (and from Moscow’s standpoint often inconvenient) mixture of conspiracy and legitimate activity, now the conspiratorial element has been neatly concentrated in inner circle and ordered underground, while rank and file–no longer even taken into confidence about realities of movement–are thrust forward as bona fide internal partisans of certain political tendencies within their respective countries, genuinely innocent of conspiratorial connection with foreign states. Only in certain countries where communists are numerically strong do they now regularly appear and act as a body. As a rule they are used to penetrate, and to influence or dominate, as case may be, other organizations less likely to be suspected of being tools of Soviet Government, with a view to accomplishing their purposes through [apparent omission] organizations, rather than by direct action as a separate political party.
3. A wide variety of national associations or bodies which can be dominated or influenced by such penetration. These include: labor unions, youth leagues, women’s organizations, racial societies, religious societies, social organizations, cultural groups, liberal magazines, publishing houses, etc.
4. International organizations which can be similarly penetrated through influence over various national components. Labor, youth and women’s organizations are prominent among them. Particular, almost vital importance is attached in this connection to international labor movement. In this, Moscow sees possibility of sidetracking western governments in world affairs and building up international lobby capable of compelling governments to take actions favorable to Soviet interests in various countries and of paralyzing actions disagreeable to USSR
5. Russian Orthodox Church, with its foreign branches, and through it the Eastern Orthodox Church in general.
6. Pan-Slav movement and other movements (Azerbaijan, Armenian, Turcoman, etc.) based on racial groups within Soviet Union.
7. Governments or governing groups willing to lend themselves to Soviet purposes in one degree or another, such as present Bulgarian and Yugoslav Governments, North Persian regime, Chinese Communists, etc. Not only propaganda machines but actual policies of these regimes can be placed extensively at disposal of USSR
It may be expected that component parts of this far-flung apparatus will be utilized in accordance with their individual suitability, as follows:
(a) To undermine general political and strategic potential of major western powers. Efforts will be made in such countries to disrupt national self confidence, to hamstring measures of national defense, to increase social and industrial unrest, to stimulate all forms of disunity. All persons with grievances, whether economic or racial, will be urged to spelt redress not in mediation and compromise, but in defiant violent struggle for destruction of other elements of society. Here poor will be set against rich, black against white, young against old, newcomers against established residents, etc.
(b) On unofficial plane particularly violent efforts will be made to weaken power and influence of Western Powers of [on] colonial backward, or dependent peoples. On this level, no holds will be barred. Mistakes and weaknesses of western colonial administration will be mercilessly exposed and exploited. Liberal opinion in Western countries will be mobilized to weaken colonial policies. Resentment among dependent peoples will be stimulated. And while latter are being encouraged to seek independence of Western Powers, Soviet dominated puppet political machines will be undergoing preparation to take over domestic power in respective colonial areas when independence is achieved.
(c) Where individual governments stand in path of Soviet purposes pressure will be brought for their removal from office. This can happen where governments directly oppose Soviet foreign policy aims (Turkey, Iran), where they seal their territories off against Communist penetration (Switzerland, Portugal), or where they compete too strongly, like Labor Government in England, for moral domination among elements which it is important for Communists to dominate. (Sometimes, two of these elements are present in a single case. Then Communist opposition becomes particularly shrill and savage. [)]
(d) In foreign countries Communists will, as a rule, work toward destruction of all forms of personal independence, economic, political or moral. Their system can handle only individuals who have been brought into complete dependence on higher power. Thus, persons who are financially independent–such as individual businessmen, estate owners, successful farmers, artisans and all those who exercise local leadership or have local prestige, such as popular local clergymen or political figures, are anathema. It is not by chance that even in USSR local officials are kept constantly on move from one job to another, to prevent their taking root.
(e) Everything possible will be done to set major Western Powers against each other. Anti-British talk will be plugged among Americans, anti-American talk among British. Continentals, including Germans, will be taught to abhor both Anglo-Saxon powers. Where suspicions exist, they will be fanned; where not, ignited. No effort will be spared to discredit and combat all efforts which threaten to lead to any sort of unity or cohesion among other [apparent omission] from which Russia might be excluded. Thus, all forms of international organization not amenable to Communist penetration and control, whether it be the Catholic [apparent omission] international economic concerns, or the international fraternity of royalty and aristocracy, must expect to find themselves under fire from many, and often [apparent omission].
(f) In general, all Soviet efforts on unofficial international plane will be negative and destructive in character, designed to tear down sources of strength beyond reach of Soviet control. This is only in line with basic Soviet instinct that there can be no compromise with rival power and that constructive work can start only when Communist power is doming But behind all this will be applied insistent, unceasing pressure for penetration and command of key positions in administration and especially in police apparatus of foreign countries. The Soviet regime is a police regime par excellence, reared in the dim half world of Tsarist police intrigue, accustomed to think primarily in terms of police power. This should never be lost sight of in ganging Soviet motives.
Part 5: [Practical Deductions From Standpoint of US Policy]
In summary, we have here a political force committed fanatically to the belief that with US there can be no permanent modus vivendi that it is desirable and necessary that the internal harmony of our society be disrupted, our traditional way of life be destroyed, the international authority of our state be broken, if Soviet power is to be secure. This political force has complete power of disposition over energies of one of world’s greatest peoples and resources of world’s richest national territory, and is borne along by deep and powerful currents of Russian nationalism. In addition, it has an elaborate and far flung apparatus for exertion of its influence in other countries, an apparatus of amazing flexibility and versatility, managed by people whose experience and skill in underground methods are presumably without parallel in history. Finally, it is seemingly inaccessible to considerations of reality in its basic reactions. For it, the vast fund of objective fact about human society is not, as with us, the measure against which outlook is constantly being tested and re-formed, but a grab bag from which individual items are selected arbitrarily and tendenciously to bolster an outlook already preconceived. This is admittedly not a pleasant picture. Problem of how to cope with this force in [is] undoubtedly greatest task our diplomacy has ever faced and probably greatest it will ever have to face. It should be point of departure from which our political general staff work at present juncture should proceed. It should be approached with same thoroughness and care as solution of major strategic problem in war, and if necessary, with no smaller outlay in planning effort. I cannot attempt to suggest all answers here. But I would like to record my conviction that problem is within our power to solve–and that without recourse to any general military conflict.. And in support of this conviction there are certain observations of a more encouraging nature I should like to make:
(1) Soviet power, unlike that of Hitlerite Germany, is neither schematic nor adventunstic. It does not work by fixed plans. It does not take unnecessary risks. Impervious to logic of reason, and it is highly sensitive to logic of force. For this reason it can easily withdraw–and usually does when strong resistance is encountered at any point. Thus, if the adversary has sufficient force and makes clear his readiness to use it, he rarely has to do so. If situations are properly handled there need be no prestige-engaging showdowns.
(2) Gauged against Western World as a whole, Soviets are still by far the weaker force. Thus, their success will really depend on degree of cohesion, firmness and vigor which Western World can muster. And this is factor which it is within our power to influence.
(3) Success of Soviet system, as form of internal power, is not yet finally proven. It has yet to be demonstrated that it can survive supreme test of successive transfer of power from one individual or group to another. Lenin’s death was first such transfer, and its effects wracked Soviet state for 15 years. After Stalin’s death or retirement will be second. But even this will not be final test. Soviet internal system will now be subjected, by virtue of recent territorial expansions, to series of additional strains which once proved severe tax on Tsardom. We here are convinced that never since termination of civil war have mass of Russian people been emotionally farther removed from doctrines of Communist Party than they are today. In Russia, party has now become a great and–for the moment–highly successful apparatus of dictatorial administration, but it has ceased to be a source of emotional inspiration. Thus, internal soundness and permanence of movement need not yet be regarded as assured.
(4) All Soviet propaganda beyond Soviet security sphere is basically negative and destructive. It should therefore be relatively easy to combat it by any intelligent and really constructive program.
For those reasons I think we may approach calmly and with good heart problem of how to deal with Russia. As to how this approach should be made, I only wish to advance, by way of conclusion, following comments:
(1) Our first step must be to apprehend, and recognize for what it is, the nature of the movement with which we are dealing. We must study it with same courage, detachment, objectivity, and same determination not to be emotionally provoked or unseated by it, with which doctor studies unruly and unreasonable individual.
(2) We must see that our public is educated to realities of Russian situation. I cannot over-emphasize importance of this. Press cannot do this alone. It must be done mainly by Government, which is necessarily more experienced and better informed on practical problems involved. In this we need not be deterred by [ugliness?] of picture. I am convinced that there would be far less hysterical anti-Sovietism in our country today if realities of this situation were better understood by our people. There is nothing as dangerous or as terrifying as the unknown. It may also be argued that to reveal more information on our difficulties with Russia would reflect unfavorably on Russian-American relations. I feel that if there is any real risk here involved, it is one which we should have courage to face, and sooner the better. But I cannot see what we would be risking. Our stake in this country, even coming on heels of tremendous demonstrations of our friendship for Russian people, is remarkably small. We have here no investments to guard, no actual trade to lose, virtually no citizens to protect, few cultural contacts to preserve. Our only stake lies in what we hope rather than what we have; and I am convinced we have better chance of realizing those hopes if our public is enlightened and if our dealings with Russians are placed entirely on realistic and matter-of-fact basis.
(3) Much depends on health and vigor of our own society. World communism is like malignant parasite which feeds only on diseased tissue. This is point at which domestic and foreign policies meets Every courageous and incisive measure to solve internal problems of our own society, to improve self-confidence, discipline, morale and community spirit of our own people, is a diplomatic victory over Moscow worth a thousand diplomatic notes and joint communiqués. If we cannot abandon fatalism and indifference in face of deficiencies of our own society, Moscow will profit–Moscow cannot help profiting by them in its foreign policies.
(4) We must formulate and put forward for other nations a much more positive and constructive picture of sort of world we would like to see than we have put forward in past. It is not enough to urge people to develop political processes similar to our own. Many foreign peoples, in Europe at least, are tired and frightened by experiences of past, and are less interested in abstract freedom than in security. They are seeking guidance rather than responsibilities. We should be better able than Russians to give them this. And unless we do, Russians certainly will.
(5) Finally we must have courage and self-confidence to cling to our own methods and conceptions of human society. After Al, the greatest danger that can befall us in coping with this problem of Soviet communism, is that we shall allow ourselves to become like those with whom we are coping.
KENNAN
800.00B International Red Day/2 – 2546: Airgram
Kennan’s argument assumed that there was nothing that the United States could—or should—do to improve relations with the Soviet Union. Any fissures or crises that might arise between the superpowers had little, if anything, to do with the United States; they were instead functions of a criminal regime that had murdered tens of millions of its own citizens, allied itself with Adolf Hitler (before being invaded by him), and imposed a socialist dictatorship that masqueraded as “liberation” on the whole of Eastern Europe. The doctrine required of American presidents and policy makers an intelligence and a fortitude and patience that have been mostly absent in Washington since the end of the Cold War.
And yet Kennan’s advice remains virtually as relevant today as it was 75 years ago. Of course, had the Soviet collapse facilitated a truly democratic flowering, this would not be the case. But that didn’t happen. It probably couldn’t have happened, despite the noble intentions of Boris Yeltsin, Bill Clinton, and Jeffrey Sachs. It was probably too much to ask a basically medieval country to become modern in a decade. Instead, Russia reverted to its primal self, to Vladimir Putin, whose compact with the Russian people is a somewhat attenuated version of Josef Stalin’s own. Kennan, it seemed, had figured out the whole game before we even started to play it.