Présidentielle 2017: Vous avez dit retour vers le futur ? (L’étrange béguin des Chiraquiens pour Macron)

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Je suis le seul à avoir mené neuf réformes législatives. Quand on fera le bilan de Chirac, on ne se souviendra de rien. Sauf de mes réformes. Je vais m’investir à fond dans l’UMP, préparer les échéances futures pour Nicolas Sarkozy en 2007. En me virant du gouvernement, ils ont fait de moi un directeur de campagne avant l’heure. François Fillon (2005)
La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers. Dominique de Villepin (Paris, automne 2001)
Il y a à Gaza l’aboutissement d’un engrenage dont Israël est prisonnier, l’éternel engrenage de la force. (…) Cette logique mène à la surenchère, toujours plus d’usage de la force, toujours plus de transgression du droit, toujours plus d’acceptation de l’inacceptable. (…) Après le 11-Septembre, l’Amérique a été livrée, elle aussi, à la peur. Son aspiration à la sécurité était justifiée. Mais, en s’engageant dans l’aventure irakienne, les Etats-Unis ont fait primer la force sur le droit, s’enfermant dans un conflit qu’ils ne peuvent gagner. (…) On le voit en Cisjordanie, un autre avenir est possible. (…) Ce chemin passe par la création d’un Etat palestinien, car seule la reconnaissance d’un Etat palestinien souverain peut être le point de départ d’un nouvel élan pour la région. Dans ce processus, tout le monde le sait bien, il faudra impliquer le Hamas dans la dynamique de paix. Comme pour tout mouvement radical, chaque défaite devant la force est une victoire dans les esprits, par un effet de levier imparable. L’enjeu, c’est bien aujourd’hui d’avancer vers une unité palestinienne qui offre un interlocuteur crédible pour la paix. (…) C’est un enjeu pour la stabilité du Moyen-Orient. Car ceux qui veulent œuvrer à la stabilité du Moyen-Orient sont affaiblis par la logique de force. La spirale sert de justification à d’autres spirales, comme celle de la prolifération nucléaire en Iran. Villepin
Dans l’immédiat, notre attention doit se porter en priorité sur les domaines biologique et chimique. C’est là que nos présomptions vis-à-vis de l’Iraq sont les plus significatives : sur le chimique, nous avons des indices d’une capacité de production de VX et d’ypérite ; sur le biologique, nos indices portent sur la détention possible de stocks significatifs de bacille du charbon et de toxine botulique, et une éventuelle capacité de production.  Dominique De Villepin (05.02.03)
Les visées militaires du programme nucléaire iranien ne font plus de doute mais les possibilités de négociations avec le régime de Téhéran n’ont pas été épuisées. (…) De l’avis des experts, d’ici deux à trois ans, l’Iran pourrait être en possession d’une arme nucléaire. Rapport parlementaire français (17 décembre 2008)
La droite républicaine a besoin d’une colonne vertébrale. Villepin
Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres. Jean-Luc Mélenchon
C’est un Corrézien qui avait succédé en 1995 à François Mitterrand. Je veux croire qu’en 2012, ce sera aussi un autre Corrézien qui reprendra le fil du changement. François Hollande
Je laisserai à mon successeur un pays en bien meilleur état que celui que j’ai trouvé. François Hollande
When I turn over the keys to the next occupant, one thing I’m confident about, and maybe why I don’t feel obliged to yearn for a third term, is I’m very confident I’ll be able to say that things are a lot better now than they were when I came into office. And, you know, that’s a pretty good eight years’ worth of work. Barack Hussein Obama
Il s’est passé à l’époque quelque chose qui m’intéressait beaucoup, qui était un gouvernement qui partageait la rente pétrolière avec le peuple et avec les pauvres, si bien que des millions de gens ont été sortis de la pauvreté. Mais je ne suis pas gouvernant du Venezuela. Je voyais un partage extrêmement intéressant et fécond entre le partage de la rente pétrolière au Venezuela, et l’accaparation de cette même richesse au Qatar ou en Arabie Saoudite où les pauvres gens n’ont accès à rien. (…) «Et bien oui ce sont des manifestations d’opposition»(…)«Vous ne m’interrogez pas sur Bahreïn, sur le Yémen Monsieur Bourdin, vous avez vos prédilections… Vous avez vos massacres préférés.» «Vous passez votre temps, vous et quelques autres, à essayer d’effrayer à mon sujet» (…) «Je ne fais pas campagne au Venezuela, je suis en train de faire campagne en France. Jean-Luc Mélenchon

Monsieur Villepin ne déçoit jamais dans sa capacité à marquer des buts contre son camp. C’est l’homme de la dissolution qui a amené Lionel Jospin au pouvoir, c’est l’homme des coups bas contre Nicolas Sarkozy. Il poursuit aujourd’hui dans la collaboration avec Emmanuel Macron. Eric Ciotti
Son parti s’est effondré, le candidat PS Benoit Hamon est crédité de moins de 10% dans les sondages, le chômage est toujours au plus haut, les tensions identitaires et religieuses, notamment liées à l’islam politique, sont extrêmement vives. Mais le “Premier secrétaire de la République” se vante. “Je laisserai à mon successeur un pays en bien meilleur état que celui que j’ai trouvé”. Valeurs actuelles
L’ancien président américain Barack Obama s’est entretenu aujourd’hui avec Emmanuel Macron pour évoquer « l’importante élection présidentielle à venir en France », a indiqué son porte-parole, précisant que l’objet de cet appel n’était pas d’apporter un soutien au candidat centriste du mouvement « En Marche ». Le candidat de 39 ans, qui est l’un des favoris du scrutin présidentiel, a « chaleureusement remercié Barack Obama pour son appel amical », selon son équipe de campagne. Barack Obama, qui s’est montré très discret depuis son départ de la Maison Blanche le 20 janvier, a « apprécié l’occasion d’entendre Macron évoquer sa campagne et l’importante élection présidentielle en France », a indiqué son porte-parole, Kevin Lewis. Ce dernier a souligné l’importance que l’ex-président démocrate accordait à la France, « en tant que proche allié des Etats-Unis » et en raison de son rôle dans la défense « des valeurs progressistes en Europe et à travers le monde ». Lewis a précisé que Obama n’apporterait son « soutien officiel » à aucun candidat avant le premier tour de l’élection, prévu dimanche. Le Figaro
Le président américain Barack Obama a écrit une lettre à Jacques Chirac, confirme à nouvelobs.com le cabinet de l’ancien président français, vendredi 20 mars. La nouvelle avait d’abord été annoncée par Le Figaro. « Je suis certain que nous pourrons au cours des quatre années à venir collaborer ensemble dans un esprit de paix et d’amitié afin de construire un monde plus sûr », a écrit le successeur de George W. Bush. Jacques Chirac a qualifié ce courrier de « très sympathique », selon Le Figaro. « L’échange de courrier date de la mi-mars », précise le cabinet de Jacques Chirac, qui confirme également à nouvelobs.com le contenu de l’échange. L’ancien président français avait d’abord écrit à Barack Obama après son élection. Cette relation épistolaire peut-elle déboucher sur des projets communs? Pour l’instant, aucune rencontre n’est prévue entre les deux hommes, qui ne se connaissent pas personnellement. Mais les objectifs de la Fondation Chirac – développement durable et dialogue entre les civilisations – rejoignent les préoccupations du président américain. Les deux hommes ont également en commun de s’être opposés à la guerre en Irak, qui a débuté il y a tout juste 5 ans, le 20 mars 2003. Le Nouvel Obs (mars 2009)
Sarko a fait passer des messages à l’équipe Macron : il appellera à voter Macron dès dimanche, 20h15 », en cas de second tour Macron-Le Pen à l’élection présidentielle, affirme au JDD un proche du candidat d’En Marche!. En cas d’élimination de François Fillon dès le premier tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy s’exprimera « dès dimanche soir », confirment de leur côté plusieurs sources sarkozystes. Le JDD
Je n’ai pas regardé précisément ce point 62. (…) Ecoutez, je vais regarder dans le détail ce point-là. (…) Je ne sais pas exactement ce qui a conduit à ce point 62. (…) Ce qui compte, c’est la logique générale. Clémentine Autain
L’élection présidentielle de 2012 se jouait sur des clivages droite/gauche traditionnels. Nicolas Sarkozy portait les valeurs classiques de la droite (autorité, identité, mérite valeur travail) et François Hollande incarnait quant à lui les symboles de la gauche traditionnelle, à savoir: l’égalité et le travail comme moyen d’émancipation sociale. On était dans un débat frontal qui se jouait sur des visions quasi antagonistes. Aujourd’hui, on observe trois candidats -Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon- qui ont chacun des discours transversaux par rapport au clivage traditionnel entre la droite et la gauche. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon opposent ainsi davantage le peuple aux élites, la souveraineté populaire à l’union européenne ou bien encore les classes populaires aux classes dirigeantes. Emmanuel Macron, le candidat de la conciliation, brouille pour sa part les clivages par son discours qui fait la synthèse entre la droite et la gauche. (…) Tous les candidats ont des points aveugles. Chez Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon, par exemple, on ne retrouve pas les mots «islamisme» ou «immigration». Le candidat de La France insoumise préférera utiliser les termes «les violents» ou «les criminels» au terme «les terroristes». À droite ou à l’extrême droite, on note par contre un grand silence autour des mots «environnement» («pesticide» ou «réchauffement climatique» sont quasi absents). (…) Le mot «liberté» est surreprésenté chez le candidat des Républicains. Un concept qu’il emploie presque uniquement dans son sens économique. Il n’est pas question ici des libertés individuelles ou sociétales, mais de la liberté d’entreprendre. On observe aussi la fréquence du mot sécurité dans ses discours depuis la réorientation de sa campagne de ces derniers mois. (…) Le candidat du parti En Marche! procède par couplage de mots. Il accole par exemple les termes «liberté» et «protection». «La liberté» reprend un mot-valeur de la droite (la liberté d’entreprendre et économique) tandis que «la protection» renvoie pour sa part à des marqueurs de gauche. Emmanuel Macron est le candidat de la synthèse, il cherche toujours à mettre en couple des concepts qui sont traditionnellement opposés. C’est son credo. Il veut montrer qu’il est à la fois de droite et de gauche. Et cette volonté se manifeste très clairement dans ses discours. S’il dit par exemple qu’«il faut être extrêmement ferme sur la laïcité» il ajoutera immédiatement «et respectueux de la liberté religieuse des uns et des autres». Emmanuel Macron a un vocabulaire émotionnel très développé et use d’un registre très positif. Il est dans le coaching de ses électeurs, dans l’émotion et la bienveillance. Il a parfois même un vocabulaire à la Johnny, intimant à ses supporters d’avoir «l’envie». On peut d’ailleurs comparer ses discours à ceux d‘un Obama et de son slogan de campagne Yes We Can. Macron semble nous dire avec son énergie: «Oui, on peut y arriver». Mais comme ses mots sont extrêmement abstraits et vagues, on a parfois l’impression d’un discours qui tourne à vide. (…) Celui qui utilisait par le passé un vocabulaire issu de la sphère trotskiste, socialiste et d’extrême gauche est aujourd’hui dans un discours populiste. Ce concept de science politique signifie que son discours n’utilise plus le vocabulaire et les symboles de la gauche radicale (drapeau rouge, «prolétariat», «classes») mais une rhétorique fondée sur l’opposition entre un «peuple souverain» qui serait spolié de son pouvoir et «l’oligarchie», représentée par les «puissances d’argent» et «l’union européenne». Jean-Luc Mélenchon ne parle plus beaucoup de capitalisme, ni des travailleurs. Il parle aujourd’hui de «peuple», un concept plus attrayant car plus beaucoup plus vague. (…) Presque tous les candidats ont conscience aujourd’hui qu’un mot de trop pourrait leur coûter énormément politiquement. Ils savent aussi que s’ils parviennent à imposer leur formulation des problèmes contemporains, le gain politique sera assuré. Imposer sa grille de lecture du monde ou son vocabulaire à l’opinion publique, c’est imposer aussi ses propres solutions comme naturelles donc in fine gagner sa voix. Cécile Alduy
Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus. (…) Il ne s’agit pas de transposer les lois de l’atome à l’humain, mais plutôt d’aborder des questions sociales et politiques comme un physicien face à un problème complexe. Par exemple, comment des personnages aux convictions inflexibles peuvent influencer le comportement d’électeurs plus ouverts et donc changer le résultat d’une élection. (…) Exactement. Dans le cas de la peine de mort, par exemple, une majorité d’individus pense qu’il faut maintenir son abolition. Mais si on faisait un référendum, il y aurait de forts risques que par le débat les gens changent d’opinion. Alors qu’on aurait enrichi notre vision du problème, on aboutirait à une rationalité manipulée qui suivrait nos préjugés communs les plus archaïques. L’impact des préjugés est l’un des composants de mon modèle. L’impact des gens inflexibles en est un autre. (…) Les inflexibles sont ceux qui sont sûrs de leur vote. Par exemple, Marine Le Pen bénéficie d’un fort électorat d’inflexibles. Coûte que coûte, ils voteront pour elle. Mais il existe aussi une catégorie d’inflexibles anti-FN qui ne voteront jamais pour elle. Eux non plus ne changeront pas d’avis. Et ils sont plus de la moitié. Ce qui fait que, pour l’instant, elle ne peut pas gagner au second tour. [Mais] pour la première fois, des électeurs anti-FN ne sont pas prêts à aller voter pour le challenger. La pilule est trop difficile à avaler. La victoire de Le Pen est improbable mais n’est plus impossible. (…) C’est l’intensité de la campagne et des discussions avec les inflexibles qui peuvent faire basculer la distribution de votes. D’après mon modèle, Fillon détient le plus grand nombre d’inflexibles (ceux capables de convaincre les autres). Il suffit que ces influenceurs augmentent de 2-3 points pour que Fillon batte Macron (qui a moins d’inflexibles) au premier tour. Quant à la montée de Mélenchon, si elle se poursuit, elle pourrait contribuer à faire redémarrer Fillon. (…) Aujourd’hui, les discussions peuvent amener les macronistes (refroidis par les affaires de Fillon) à voter Mélenchon. Mais d’après mon modèle, dans un deuxième temps, si Mélenchon devient un candidat sérieux face à Marine Le Pen, ces ex-Macron pourraient, poussés par les inflexibles pro-Fillon, se tourner vers Fillon pour s’opposer à la politique économique de Mélenchon. Serge Galam
Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée. (…) Cette abstention inavouée va générer une abstention différenciée qui peut inverser le rapport minorité-majorité donné par les intentions de vote. (…) Une situation bien différente que celle de 2002, où voter Chirac ne représentait pas un coût inavouable pour certains électeurs. Aujourd’hui, il y a une pilule très amère à avaler. Serge Galam
« D’expérience, ce ne sont pas nos indicateurs publiés juste avant une élection qui sont les plus précis mais plutôt ceux datant de cinq jours avant le jour du scrutin », prévient Jérôme Coutard. Celui en date du 18 avril prévoit un quarté François Fillon-Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon-Emmanuel Macron. Verdict dimanche soir. Les Echos
Emmanuel Macron aime à dire qu’il bénéficie de soutiens de gauche, du centre, comme de droite. Ce n’est pas faux, même si ce n’est pas dans la même proportion : la très grande majorité de ses soutiens, comme des électeurs qui se prononceront pour lui dimanche prochain, vient d’un centre-gauche gestionnaire et responsable. Reste que les soutiens à la « macronie » venus de la droite existent bel et bien. Ces soutiens, cependant, sont loin d’être issus uniformément des différentes écoles qui composent la droite française. L’immense majorité d’entre eux vient d’un seul cercle : celui qui entourait l’ancien Président Jacques Chirac, chef de l’Etat entre 1995 et 2007, que l’âge et la maladie empêchent désormais de participer au débat politique. (…) Plus ambiguë est la position de deux anciens Premiers ministres de Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. Le premier, après avoir perdu contre François Fillon lors des primaires de la droite et du centre, a officiellement annoncé, après s’être fait prier, qu’il soutiendrait le candidat de son propre camp. Mais il multiplie les migraines de diva quand il s’agit de venir prouver ce soutien sur le terrain ou devant les caméras, et les mises en garde ronchonnent quand on lui en parle. Après avoir parlé des militants de son propre parti, soutiens de son propre candidat, comme d’un « noyau radicalisé » de militants (une expression généralement réservée aux soutiens de l’Etat islamique), Juppé, avant-hier, a déclaré qu’il se « retrouverait dans l’opposition » si un Président Fillon faisait entrer au gouvernement des représentants de la droite catholique conservatrice. (…) Quant à Villepin, Premier ministre de Chirac entre 2004 et 2007, sa politique semble être de tout faire pour indiquer son soutien à Macron, sauf de l’annoncer explicitement. Les deux hommes se déclarent réciproquement leur amitié à l’antenne, dans l’intimité de quelques millions d’auditeurs. Lundi dernier, BFM (surnommée « radio Macron » pour son engagement constant et caricatural en faveur du candidat) a suggéré que Villepin ferait un bon Premier ministre pour un Président Macron. Et Macron n’a pas dit le contraire. Ce ralliement massif, qu’il soit explicite ou implicite, de chiraquiens à Macron est-il l’indice d’une orientation idéologique particulière du candidat ? Probablement pas – ne serait-ce que parce qu’Emmanuel Macron, tout occupé qu’il est à mettre sa personne au centre de l’image, n’accorde pas la moindre importance à la cohérence idéologique. Il a annoncé successivement que la colonisation avait été un crime contre l’humanité, et qu’il fallait en assumer les aspects positifs. Qu’il n’y a pas de culture française et que la France ne serait jamais, sous son principat, un pays multiculturel. Que les opposants au mariage pour tous ont été injustement humiliés par le Président Hollande, et que l’idée même de donner à l’un d’entre eux un secrétariat d’Etat au Sport est le signe d’une insupportable radicalité. Qu’il renvoyait un de ses correspondants départementaux convaincu de sympathie islamiste, puis qu’il ne le renvoyait pas, puis qu’il l’écartait, ce qui, semble-t-il, est très différent et revient exactement au même, selon la personne à qui on s’adresse. Mais si Macron n’a aucune cohérence idéologique, aucune colonne vertébrale mentale, les chiraquiens, eux, en ont une. Leur entrée en masse dans les équipes Macron, avec la chasse aux postes qui en résulterait nécessairement s’il était élu, fera revenir au pouvoir des réflexes et des raisonnements caractéristiques de toute cette école de la droite française. Tout d’abord, les chiraquiens – à l’exemple de leur maître, lorsqu’il était encore lucide – sont des partisans résolus du multiculturalisme. S’il y a une chose sur laquelle Jacques Chirac n’a jamais varié, c’est sur l’idée que toutes les cultures se valent, que toutes doivent être également respectées, et que seule une arrogance raciste peut conduire les Occidentaux à préférer leur propre culture à celle des autres. Dans une déclaration restée fameuse, parce qu’aussi fausse en fait qu’elle était psychologiquement révélatrice, le président Chirac avait affirmé en 2003 à un homme politique catholique, Philippe de Villiers, que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Au nom de cette vision fantasmatique de l’histoire, la France de Chirac avait bloqué la tentative d’autres pays européens de faire figurer dans le préambule du projet de Constitution européenne une référence à ces « racines chrétiennes », historiquement exactes mais politiquement déplacées. Multiculturalistes de principe, les chiraquiens ont aussi une attitude, disons, sans sévérité excessive en matière de morale financière. Là encore, l’exemple vient du sommet. L’ancien président vit, depuis qu’il a quitté l’Elysée, dans un appartement parisien appartenant à l’actuel Premier ministre libanais Saad Hariri, qui le met gratuitement à sa disposition. De nombreux témoins, à Paris, rapportent en confidence que cette dépendance financière personnelle envers des intérêts étrangers était déjà en place lorsque Jacques Chirac et le père de Saad, Rafic Hariri, étaient tous deux aux affaires. (…) Les bonnes habitudes ne se perdant pas si facilement, Dominique de Villepin, depuis qu’il a pris sa retraite de la politique, vit une existence de millionnaire grâce à des missions d’avocat et de conseil. Parmi ses clients les plus généreux figure, en première place, l’Emirat du Qatar. On ne peut pas exclure que si Villepin, comme la macronie le laisse désormais entendre, devenait le Premier ministre ou le ministre des Affaires Etrangères d’un jeune président sans expérience internationale, les intérêts géopolitiques de ses bienveillants parrains auraient au moins autant d’influence sur son action que ceux de la France. Enfin, le mélange de multiculturalisme de principe et de vénalité à la bonne franquette des chiraquiens les conduit presque tous à ne pas avoir une vision particulièrement favorable de l’Etat d’Israël en particulier et des Juifs en général. Jacques Chirac a une rue à son nom à Ramallah – un hommage généralement réservé aux dictateurs sunnites ou aux auteurs d’attentats suicide. Une de nos sources régulières à Paris, qui travaillait alors à l’Elysée, a personnellement entendu Villepin, pendant la deuxième Intifada, expliquer – tout en regrettant les assassinats suicide – que ceux-ci étaient inévitables car « le Moyen-Orient a toujours rejeté les éléments étrangers ». En parfait accord avec cette vision fantasmagorique de l’histoire, la présidence de Chirac, surtout lorsque Villepin était son Premier ministre, a caractérisé le point le plus bas de toute l’histoire des relations franco-israéliennes. (…) S’il reste aujourd’hui des nostalgiques de cette époque, il y a pour eux une bonne nouvelle : presque tous ceux qui étaient aux commandes, en politique comme dans la presse, sont encore vaillants et prêts à reprendre du service. Et tous, en masse, se sont ralliés à la candidature Macron – un candidat trop profondément ignorant de ces questions pour pouvoir contrer leur influence s’il était élu. Amram Castellion

Au secours ! La Chiraquie revient !

Dissolution imposant la cohabitation à Chirac, coups tordus de l’affaire Clearstream contre Sarkozy, trahison des alliés historiques israéliens et américains de la France, fricotage de haut vol et contre espèces sonnantes et trébuchantes pour le compte de nos amis et fourriers notoires du djihadisme qataris, saoudiens ou iraniens …

Alors qu’à trois jours à peine du premier tour d’une élection présidentielle …

Aussi inédite que décisive entre deux attaques ou menaces terroristes …

Et après les cinq années d’immobilisme de la présidence Hollande …

Devinez qui nous sort de son chapeau …

Pour corriger son statut désormais un peu trop voyant de dauphin de François Hollande …

Et contrer le seul candidat d’une véritable alternance

Le champion supposé d’un renouveau depuis si longtemps espéré ?

L’étrange béguin des Chiraquiens pour Macron
Amram Castellion
Metullah press Agency

20 avril 2017

Emmanuel Macron aime à dire qu’il bénéficie de soutiens de gauche, du centre, comme de droite. Ce n’est pas faux, même si ce n’est pas dans la même proportion : la très grande majorité de ses soutiens, comme des électeurs qui se prononceront pour lui dimanche prochain, vient d’un centre-gauche gestionnaire et responsable.

Reste que les soutiens à la « macronie » venus de la droite existent bel et bien. Ces soutiens, cependant, sont loin d’être issus uniformément des différentes écoles qui composent la droite française. L’immense majorité d’entre eux vient d’un seul cercle : celui qui entourait l’ancien Président Jacques Chirac, chef de l’Etat entre 1995 et 2007, que l’âge et la maladie empêchent désormais de participer au débat politique.

Plusieurs de ces soutiens sont explicites et officiels. Jean-Paul Delevoye, ancien ministre de la Fonction Publique de Chirac, est chargé de la sélection des futurs candidats du parti macroniste aux législatives de juin prochain. Un ancien ministre des Affaires Etrangères de Chirac, Philippe Douste-Blazy, et un ancien ministre de l’Economie, Jean Arthuis, se sont également prononcés pour le candidat du « ni droite ni gauche ». D’autres anciens ministres macronisés incluent Jean-Jacques Aillagon, Anne-Marie Idrac, Dominique Perben et Noëlle Lenoir.

En plus de ces ralliements ministériels, d’autres membres du cercle de proches de l’ancien président se sont engagés pour le jeune candidat. C’est le cas dans sa famille ; son petit-fils, Martin Chirac, a rejoint le parti macroniste. Sa fille, Claude Chirac, et son gendre, Frédéric Salat-Baroux, n’ont pas franchi le pas, mais ne cachent pas, dans les dîners en ville, le bien qu’ils pensent de l’impétrant. La famille de l’ancien maire de Paris, Jacques Tibéri, qui avait succédé à Chirac avec sa bénédiction à la mairie de la capitale, s’est elle aussi macronifiée.

Plus ambiguë est la position de deux anciens Premiers ministres de Chirac, Alain Juppé et Dominique de Villepin. Le premier, après avoir perdu contre François Fillon lors des primaires de la droite et du centre, a officiellement annoncé, après s’être fait prier, qu’il soutiendrait le candidat de son propre camp. Mais il multiplie les migraines de diva quand il s’agit de venir prouver ce soutien sur le terrain ou devant les caméras, et les mises en garde ronchonnent quand on lui en parle.

Après avoir parlé des militants de son propre parti, soutiens de son propre candidat, comme d’un « noyau radicalisé » de militants (une expression généralement réservée aux soutiens de l’Etat islamique), Juppé, avant-hier, a déclaré qu’il se « retrouverait dans l’opposition » si un Président Fillon faisait entrer au gouvernement des représentants de la droite catholique conservatrice. Comme par exemple Christine Boutin, qui fut déjà ministre du Logement pendant deux ans, entre 2007 et 2009, sans que la France subisse exactement les affres d’une terreur blanche.

Quant à Villepin, Premier ministre de Chirac entre 2004 et 2007, sa politique semble être de tout faire pour indiquer son soutien à Macron, sauf de l’annoncer explicitement. Les deux hommes se déclarent réciproquement leur amitié à l’antenne, dans l’intimité de quelques millions d’auditeurs.

Lundi dernier, BFM (surnommée « radio Macron » pour son engagement constant et caricatural en faveur du candidat) a suggéré que Villepin ferait un bon Premier ministre pour un Président Macron. Et Macron n’a pas dit le contraire.

Ce ralliement massif, qu’il soit explicite ou implicite, de chiraquiens à Macron est-il l’indice d’une orientation idéologique particulière du candidat ? Probablement pas – ne serait-ce que parce qu’Emmanuel Macron, tout occupé qu’il est à mettre sa personne au centre de l’image, n’accorde pas la moindre importance à la cohérence idéologique. Il a annoncé successivement que la colonisation avait été un crime contre l’humanité, et qu’il fallait en assumer les aspects positifs. Qu’il n’y a pas de culture française et que la France ne serait jamais, sous son principat, un pays multiculturel. Que les opposants au mariage pour tous ont été injustement humiliés par le Président Hollande, et que l’idée même de donner à l’un d’entre eux un secrétariat d’Etat au Sport est le signe d’une insupportable radicalité. Qu’il renvoyait un de ses correspondants départementaux convaincu de sympathie islamiste, puis qu’il ne le renvoyait pas, puis qu’il l’écartait, ce qui, semble-t-il, est très différent et revient exactement au même, selon la personne à qui on s’adresse.

Mais si Macron n’a aucune cohérence idéologique, aucune colonne vertébrale mentale, les chiraquiens, eux, en ont une. Leur entrée en masse dans les équipes Macron, avec la chasse aux postes qui en résulterait nécessairement s’il était élu, fera revenir au pouvoir des réflexes et des raisonnements caractéristiques de toute cette école de la droite française.

Tout d’abord, les chiraquiens – à l’exemple de leur maître, lorsqu’il était encore lucide – sont des partisans résolus du multiculturalisme. S’il y a une chose sur laquelle Jacques Chirac n’a jamais varié, c’est sur l’idée que toutes les cultures se valent, que toutes doivent être également respectées, et que seule une arrogance raciste peut conduire les Occidentaux à préférer leur propre culture à celle des autres.

Dans une déclaration restée fameuse, parce qu’aussi fausse en fait qu’elle était psychologiquement révélatrice, le président Chirac avait affirmé en 2003 à un homme politique catholique, Philippe de Villiers, que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ». Au nom de cette vision fantasmatique de l’histoire, la France de Chirac avait bloqué la tentative d’autres pays européens de faire figurer dans le préambule du projet de Constitution européenne une référence à ces « racines chrétiennes », historiquement exactes mais politiquement déplacées.

Multiculturalistes de principe, les chiraquiens ont aussi une attitude, disons, sans sévérité excessive en matière de morale financière. Là encore, l’exemple vient du sommet. L’ancien président vit, depuis qu’il a quitté l’Elysée, dans un appartement parisien appartenant à l’actuel Premier ministre libanais Saad Hariri, qui le met gratuitement à sa disposition. De nombreux témoins, à Paris, rapportent en confidence que cette dépendance financière personnelle envers des intérêts étrangers était déjà en place lorsque Jacques Chirac et le père de Saad, Rafic Hariri, étaient tous deux aux affaires.

Si cela est exact, cela signifie que la politique extérieure de la France a été définie en fonction de paiements personnels d’un dirigeant à l’autre. On ne peut que constater, qu’au Moyen-Orient, la politique française sous Chirac a suivi les virages des intérêts de la famille Hariri : fortement pro-syrienne jusqu’à 2004, puis en première ligne contre la république baathiste après la rupture entre Bachar Assad et Rafiq Hariri la même année et l’assassinat du second sur l’ordre du premier en 2005.

Les bonnes habitudes ne se perdant pas si facilement, Dominique de Villepin, depuis qu’il a pris sa retraite de la politique, vit une existence de millionnaire grâce à des missions d’avocat et de conseil. Parmi ses clients les plus généreux figure, en première place, l’Emirat du Qatar. On ne peut pas exclure que si Villepin, comme la macronie le laisse désormais entendre, devenait le Premier ministre ou le ministre des Affaires Etrangères d’un jeune président sans expérience internationale, les intérêts géopolitiques de ses bienveillants parrains auraient au moins autant d’influence sur son action que ceux de la France.

Enfin, le mélange de multiculturalisme de principe et de vénalité à la bonne franquette des chiraquiens les conduit presque tous à ne pas avoir une vision particulièrement favorable de l’Etat d’Israël en particulier et des Juifs en général. Jacques Chirac a une rue à son nom à Ramallah – un hommage généralement réservé aux dictateurs sunnites ou aux auteurs d’attentats suicide. Une de nos sources régulières à Paris, qui travaillait alors à l’Elysée, a personnellement entendu Villepin, pendant la deuxième Intifada, expliquer – tout en regrettant les assassinats suicide – que ceux-ci étaient inévitables car « le Moyen-Orient a toujours rejeté les éléments étrangers ».

En parfait accord avec cette vision fantasmagorique de l’histoire, la présidence de Chirac, surtout lorsque Villepin était son Premier ministre, a caractérisé le point le plus bas de toute l’histoire des relations franco-israéliennes. La France a condamné en 2002 l’opération Rempart – la vaste opération de sécurisation des territoires palestiniens qui a permis de mettre fin à la seconde Intifada. Elle a condamné l’attaque du Hezbollah par Israël en 2006, considérant sans doute que la violation de la frontière par le Hezb et l’assassinat spontané de huit soldats en territoire israélien constituaient un fait sans importance. Chirac s’était même permis, dans un premier temps, de critiquer le retrait de Gaza en 2005 pour son « unilatéralisme », avant de changer d’avis et de féliciter Sharon.

En France même, si les chiraquiens ont toujours maintenu un soutien sans faille des forces de l’ordre à la protection physique de la communauté juive, la période Chirac a été marquée par une intimidation intellectuelle systématique des pro-israéliens. C’est l’époque où la télévision d’Etat passait en boucle et à répétition des images falsifiées de « cruauté israélienne » dans les territoires, refusait de donner la moindre voix aux sceptiques, et présentait trois fois par jour la cause palestinienne comme l’accomplissement de la moralité universelle.

S’il reste aujourd’hui des nostalgiques de cette époque, il y a pour eux une bonne nouvelle : presque tous ceux qui étaient aux commandes, en politique comme dans la presse, sont encore vaillants et prêts à reprendre du service. Et tous, en masse, se sont ralliés à la candidature Macron – un candidat trop profondément ignorant de ces questions pour pouvoir contrer leur influence s’il était élu. Il appartiendra à tous les Français d’en tenir compte, dimanche, dans la solitude solennelle de l’isoloir.

Voir aussi:

Pour ses discours, Macron s’inspire d’Obama et de Johnny HallydayAlice Develey
Le Figaro
20/04/2017

INTERVIEW – Cécile Alduy, auteur et professeur à l’université de Stanford, a passé au crible les éléments de langage des cinq principaux candidats à la présidentielle.

Les candidats à la présidence de la République ont rivalisé ces derniers mois de mots percutants pour marquer les esprits. L’auteur de Ce qu’ils disent vraiment (Seuil), Cécile Alduy, a passé au scanner ces éléments de langage qui parsèment les discours des politiques. «Immigration», «liberté», «sécurité»… Elle revient pour Le Figaro sur leurs tactiques lexicales.

LE FIGARO. – Pour réaliser votre livre, Ce qu’ils disent vraiment, publié aux éditions Seuil, vous avez étudié plus de 1300 discours de nos hommes et femmes politiques français ces dernières années. Avez-vous constaté des changements de lexique entre la présidentielle de 2012 et celle de 2017?

Cécile ALDUY. – L’élection présidentielle de 2012 se jouait sur des clivages droite/gauche traditionnels. Nicolas Sarkozy portait les valeurs classiques de la droite (autorité, identité, mérite valeur travail) et François Hollande incarnait quant à lui les symboles de la gauche traditionnelle, à savoir: l’égalité et le travail comme moyen d’émancipation sociale . On était dans un débat frontal qui se jouait sur des visions quasi antagonistes.

Aujourd’hui, on observe trois candidats -Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon- qui ont chacun des discours transversaux par rapport au clivage traditionnel entre la droite et la gauche. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon opposent ainsi davantage le peuple aux élites, la souveraineté populaire à l’union européenne ou bien encore les classes populaires aux classes dirigeantes. Emmanuel Macron, le candidat de la conciliation, brouille pour sa part les clivages par son discours qui fait la synthèse entre la droite et la gauche.

Y a-t-il des mots tabous dans cette campagne présidentielle? Et si oui, quels sont-ils?

Tous les candidats ont des points aveugles. Chez Benoît Hamon ou Jean-Luc Mélenchon, par exemple, on ne retrouve pas les mots «islamisme» ou «immigration». Le candidat de La France insoumise préférera utiliser les termes «les violents» ou «les criminels» au terme «les terroristes». À droite ou à l’extrême droite, on note par contre un grand silence autour des mots «environnement» («pesticide» ou «réchauffement climatique» sont quasi absents).

Quels sont mots qui reviennent le plus souvent dans le discours de nos candidats?

● Marine Le Pen

On retrouve très nettement le mot «immigration». C’est un concept largement surutilisé chez elle. On note son retour toutes les minutes dans ses discours. Une récurrence sans commune mesure comparée aux discours des autres candidats.

● François Fillon

Le mot «liberté» est surreprésenté chez le candidat des Républicains. Un concept qu’il emploie presque uniquement dans son sens économique. Il n’est pas question ici des libertés individuelles ou sociétales, mais de la liberté d’entreprendre. On observe aussi la fréquence du mot sécurité dans ses discours depuis la réorientation de sa campagne de ces derniers mois.

● Emmanuel Macron

Le candidat du parti En Marche! procède par couplage de mots. Il accole par exemple les termes «liberté» et «protection». «La liberté» reprend un mot-valeur de la droite (la liberté d’entreprendre et économique) tandis que «la protection» renvoie pour sa part à des marqueurs de gauche. Emmanuel Macron est le candidat de la synthèse, il cherche toujours à mettre en couple des concepts qui sont traditionnellement opposés. C’est son credo. Il veut montrer qu’il est à la fois de droite et de gauche. Et cette volonté se manifeste très clairement dans ses discours. S’il dit par exemple qu’«il faut être extrêmement ferme sur la laïcité» il ajoutera immédiatement «et respectueux de la liberté religieuse des uns et des autres».

Emmanuel Macron a un vocabulaire émotionnel très développé et use d’un registre très positif. Il est dans le coaching de ses électeurs, dans l’émotion et la bienveillance. Il a parfois même un vocabulaire à la Johnny, intimant à ses supporters d’avoir «l’envie». On peut d’ailleurs comparer ses discours à ceux d‘un Obama et de son slogan de campagne Yes We Can. Macron semble nous dire avec son énergie: «Oui, on peut y arriver». Mais comme ses mots sont extrêmement abstraits et vagues, on a parfois l’impression d’un discours qui tourne à vide.

● Benoît Hamon

Le candidat du PS a repris un vocabulaire plus traditionnel à gauche, fondé sur des valeurs fondamentales de son camp politique: l’égalité et les luttes contre les discriminations. On retrouve notamment de façon récurrente dans son vocable les mots «social», «écologique», «démocratie» et «égalité». Son corpus fait le lien entre les discours du PS des années 1990 et l’écologie politique d’aujourd’hui.

● Jean-Luc Mélenchon

Celui qui utilisait par le passé un vocabulaire issu de la sphère trotskiste, socialiste et d’extrême gauche est aujourd’hui dans un discours populiste. Ce concept de science politique signifie que son discours n’utilise plus le vocabulaire et les symboles de la gauche radicale (drapeau rouge, «prolétariat», «classes») mais une rhétorique fondée sur l’opposition entre un «peuple souverain» qui serait spolié de son pouvoir et «l’oligarchie», représentée par les «puissances d’argent» et «l’union européenne». Jean-Luc Mélenchon ne parle plus beaucoup de capitalisme, ni des travailleurs. Il parle aujourd’hui de «peuple», un concept plus attrayant car plus beaucoup plus vague.

En quoi ces éléments de langage jouent-ils un rôle majeur dans la campagne présidentielle?

Presque tous les candidats ont conscience aujourd’hui qu’un mot de trop pourrait leur coûter énormément politiquement. Ils savent aussi que s’ils parviennent à imposer leur formulation des problèmes contemporains, le gain politique sera assuré. Imposer sa grille de lecture du monde ou son vocabulaire à l’opinion publique, c’est imposer aussi ses propres solutions comme naturelles donc in fine gagner sa voix.

Voir encore:

Le pro-BDS Mélenchon, les Juifs de France et Israël
Son accession à l’Elysée paraît moins improbable : retour sur ses positions radicalement anti-israéliennes, ses propos controversés – et ses amours
Olivier Chalautre
The Times of Israel
20 avril 2017

A quelques jours du premier tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon progresse dans les sondages avec 18 à 20 % des intentions de vote, à telle enseigne que sa présence au second tour semble possible. Il pourrait être opposé à Marine Le Pen.

L’éventualité d’un match entre la candidate d’extrême droite et le leader de la gauche radicale affole la classe politique modérée… et la plupart des Juifs de France. Du côté des institutions communautaires, on considère que l’élection de Jean-Luc Mélenchon à la magistrature suprême – probable s’il fait face à la patronne du Front national – serait une catastrophe et provoquerait une vague d’alyah massive.

Francis Kalifat, président du CRIF, a refusé de les inviter au dîner annuel de l’organisation, en février dernier, arguant « qu’ils trainaient dans la haine ». Tout comme le Consistoire, qui représente le culte juif dans l’Hexagone, le CRIF appelle au « rejet des extrêmes » lors des scrutins des 23 avril et 7 mai.

Soutien au BDS

L’inquiétude porte sur l’attitude hostile de Jean-Luc Mélenchon à l’encontre d’Israël et, au-delà, sur son soutien aux « islamo-gauchistes » dont les motivations antisémites, réelles ou supposées, sont inlassablement dénoncées par des intellectuels juifs aussi médiatisés qu’Alain Finkielkraut ou Bernard-Henri Lévy.

Melenchon, 65 ans, ancien ministre socialiste, est né de parents espagnols dans ce qu’est aujourd’hui le Maroc. Il soutient un boycott général contre Israël. Fidèle à son style oratoire populiste, il a déclaré que permettre à Israël de conserver même quelques implantations en Cisjordanie « est comme laisser les voleurs de banque garder l’argent ».

Le programme diplomatique du chef du Front de gauche pour Israël : création d’un état palestinien avec Jérusalem Est pour capitale, droit au retour des réfugiés de 1948.

Il préconise également l’abolition de la circulaire de 2010 interdisant tout appel au boycott d’Israël dans l’Hexagone et la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Etat juif.

Le Front de gauche milite officiellement pour le boycott depuis novembre 2013, aux côtés du mouvement BDS, « en réponse à la politique d’oppression » d’Israël.

A la même époque, le mouvement a condamné la « rigidité » du Quai d’Orsay dans les négociations internationales en vue d’empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique, tout en réclamant la « dénucléarisation » de l’Etat hébreu.

Non au « peuple supérieur »

Pour le noyau dur du judaïsme français, l’un des plus mauvais souvenirs, concernant le candidat Mélenchon, date de fin août 2014. Peu après la guerre entre Israël et le Hamas, il a pourfendu « l’ennemi » israélien à l’occasion de l’université d’été de son parti.

À Grenoble, moins d’un mois après que neuf synagogues ont été attaquées en pleine vague de manifestations violentes et non autorisées contre Israël pendant et après la guerre contre le Hamas à Gaza pendant l’été 2014, Melenchon a salué les manifestants. Il a également condamné les Juifs français qui ont exprimé leur solidarité avec Israël lors d’un rassemblement de soutien devant l’ambassade d’Israël.

« Fidèles à la mémoire des meurtres de masse commis dans le passé, nous nous sommes portés aux avant-postes du soutien à la malheureuse population de Gaza », a-t-il dit avant de fustiger la frange militante de la communauté juive en ces termes : « Si nous avons quelque chose à dénoncer, ce sont nos compatriotes qui ont cru être bien inspirés en allant manifester devant l’ambassade d’un pays étranger [Israël, ndlr] ou servir sous ses couleurs les armes à la main ».

Et d’enfoncer le clou en lançant cette diatribe au sous-entendu nauséabond : « nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres ».

A propos des rassemblements pro-palestiniens de cette période tendue, où des injures antisémites ont fusé, Jean-Luc Mélenchon a carrément loué « une jeunesse ayant su se mobiliser dans la discipline et incarner dignement les valeurs de la République […]. La République, c’est le contraire des communautés agressives qui font la leçon au reste du pays », a-t-il conclu en référence à l’attitude du CRIF.

Il a également accusé le CRIF d’avoir essayé de l’étiqueter comme un antisémite afin de discréditer ses critiques d’Israël.

« Nous en avons assez du CRIF », s’est écrié Melenchon.

Melenchon n’a pas mentionné les attaques de la synagogue et la vague d’agressions antisémites qui ont suivi les manifestations. Mais il a continué à critiquer les milliers de Juifs français qui soutiennent Israël.

Evoquant ces remarques et d’autres encore, François Heilbronn, un enseignant en science politique, a écrit récemment dans un article qu’il ne voterait ni pour Le Pen, qu’il considère comme l’héritière de ceux qui ont collaboré avec les nazis, « ni pour ceux qui ont encouragé les progromistes et les antisémites »en 2014, une référence claire à Melenchon. « Votez pour empêcher l’accession au pouvoir ces deux candidats qui haïssent les démocrates, la modernité et la liberté ».

Récemment, le candidat de la gauche radicale a critiqué Valérie Pécresse, présidente de Les Républicains de la région Ile-de-France, pour son « engagement communautariste » consistant à combattre les tentatives de boycott des produits provenant des implantations juives de Cisjordanie et du plateau du Golan.

« Islamo-gauchisme »

Dès 2010, l’égérie du mélenchonisme, la journaliste et élue de Sevran (Seine-Saint-Denis) Clémentine Autain co-signait une tribune dans Le Monde en faveur du boycott total d’Israël, y compris de ses structures académiques et sportives.

Le texte prenait exemple sur la campagne « noble et efficace » menée autrefois contre le régime raciste d’Afrique du Sud. Ce type d’amalgame, comme les accusations récurrentes de « fascisme » à l’endroit du gouvernement israélien ou la défense jugée inconditionnelle des musulmans français, ont provoqué des polémiques.

En 2015, le Premier ministre socialiste Manuel Valls et son secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, ont dénoncé l’ « islamo-gauchisme » de Clémentine Autain et de ses amis, les accusant de complicité avec Tariq Ramadan, le fameux islamologue suisse qui se fend régulièrement de déclarations ambiguës sur le « lobby sioniste » et dont le frère, Hani, a récemment été expulsé de France.

Par ailleurs, certaines municipalités dirigées par le Parti communiste, composante du Front de gauche, ont élevé le leader palestinien Marwan Barghouthi au rang de « citoyen d’honneur ». Ce dernier est incarcéré en Israël pour avoir fomenté des attentats ayant causé la mort de dizaines de civils israéliens.

Ce genre d’initiative est source d’invectives et de procès à répétition entre les mélenchonistes et les associations juives communautaires, dont le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA).

Dérapages douteux

Il est vrai que la frontière entre critique radicale d’Israël et antisémitisme est parfois poreuse. De même, il est difficile de distinguer ce qui relève de l’anti-capitalisme et d’une forme de paranoïa « chaviste » (Jean-Luc Mélenchon soutient la « révolution vénézuélienne » d’Hugo Chavez) où les préjugés anti-juifs tiennent une place inquiétante.

En mars 2013, le candidat à la présidentielle de ce printemps 2017 fustigeait ainsi Pierre Moscovici, alors ministre socialiste de l’Economie : « Ce petit intelligent […] ne pense plus en français mais dans la langue de la finance internationale ».

Le PS a demandé immédiatement à Jean-Luc Mélenchon de « retirer ce vocabulaire des années 30 ». Pierre Moscovici a répliqué : « mes quatre grands-parents étaient étrangers. Mon père a été déporté. Et cette famille a choisi la France. Je suis français par tous mes pores ».

Le leader du Front de gauche n’a pas regretté sa sortie et a même prétendu qu’il « ignorait » la religion du ministre, pourtant connue. Cette excuse a été jugée hypocrite et inacceptable par les représentants de la communauté juive.

Bernard-Henri Levy, un intellectuel juif français de gauche, a établi des parallèles entre Le Pen et Melenchon. Ils ont « malheureusement souvent [le même] radicalisme anti-démocratique, antisioniste, [avec] des attitudes pro-Assad et pro-Poutine », a-t-il écrit dimanche sur Twitter.

Levy soutient Emmanuel Macron, un candidat centriste et un ancien banquier de la prestigieuse banque d’investissement Rothschild. Macron est en tête dans les sondages avant le premier tour avec environ 23 % d’intentions de vote et est légèrement en avance sur Le Pen. Le candidat Les Républicains Francois Fillon, dont la campagne a souffert en raison de l’affaire du Penelope Gate et sa mise en examen pour corruption, et Melenchon sont chacun crédités de 18 et 20 % d’intention de vote dans les sondages.

Étonnamment, ce ne sont pas seulement les Juifs qui trouvent qu’il y a une ressemblance entre les programmes de Melenchon et Le Pen. Le comédien Dieudonne M’bala M’bala, qui a été reconnu coupable de nombreuses fois de négationnisme et l’incitation à la haine des Juifs, pense que les politiciens d’extrême droite et d’extrême gauche se battent tous deux contre l’influence juive et extérieure.

« Certains disent que c’est une confrontation entre la vraie droite et la vraie gauche », a déclaré Dieudonne à propos de Le Pen et Melenchon dans une vidéo qu’il a publiée mardi et qui a été vue plus de 160 000 fois. « Je dis que c’est la vraie France qui combattra la France de Rothschild et du Qatar qui finance le terrorisme et la guerre dans le monde ».

Le Pen et Melenchon, a-t-il ajouté, « sont les candidats de la paix ».

JTA a contribué à cet article.

Voir par ailleurs:

Rebondissements, ruptures, candidats électrons libres, raisons et sentiments… Pour Serge Galam, professeur à Sciences-Po et précurseur de la sociophysique, le choix d’un bulletin serait soumis au résultat d’interactions humaines répondant à des lois physiques complexes. Qu’il tente d’élaborer et qui semblent se vérifier. Y compris pour cette élection présidentielle ?

Cette campagne est riche en inattendus, en désordres. Peut-on les prévoir et les modéliser ? Aucun modèle ne peut présager l’affaire Fillon, ce type d’événement n’est scientifiquement pas prévisible. En revanche, la sociophysique pourrait anticiper l’impact qu’il va avoir, les interactions entre individus qu’il va provoquer et comment elles peuvent se traduire dans les sondages.

« Le vote est régi par les interactions entre les individus »

N’est-ce pas ce que font les sondages ? 

Les sondages mesurent une situation à des instants figés. Mais ils sont difficilement extrapolables : ce qui va se passer n’est pas forcément inscrit dans ce qui est déjà arrivé. Prenons l’exemple de l’eau. Cette molécule peut passer de l’état liquide à gazeux ou glacé. Si je n’étudie que ses propriétés sous forme liquide sans prendre en compte les interactions entre les molécules, je ne pourrai pas prévoir son comportement sous forme solide. C’est la même chose pour les intentions de vote. Je fais le postulat qu’elles dépendent de discussions, de débats, que les dynamiques d’opinion sont régies par des lois d’interactions entre les individus.

Les lois physiques s’appliquent à la politique ? 

Il ne s’agit pas de transposer les lois de l’atome à l’humain, mais plutôt d’aborder des questions sociales et politiques comme un physicien face à un problème complexe. Par exemple, comment des personnages aux convictions inflexibles peuvent influencer le comportement d’électeurs plus ouverts et donc changer le résultat d’une élection.

Une sorte de phénomène inconscient de groupe ? 

Exactement. Dans le cas de la peine de mort, par exemple, une majorité d’individus pense qu’il faut maintenir son abolition. Mais si on faisait un référendum, il y aurait de forts risques que par le débat les gens changent d’opinion. Alors qu’on aurait enrichi notre vision du problème, on aboutirait à une rationalité manipulée qui suivrait nos préjugés communs les plus archaïques. L’impact des préjugés est l’un des composants de mon modèle. L’impact des gens inflexibles en est un autre.

« Pour l’instant, elle ne peut pas gagner au second tour »

Qui sont-ils ? 

Les inflexibles sont ceux qui sont sûrs de leur vote. Par exemple, Marine Le Pen bénéficie d’un fort électorat d’inflexibles. Coûte que coûte, ils voteront pour elle. Mais il existe aussi une catégorie d’inflexibles anti-FN qui ne voteront jamais pour elle. Eux non plus ne changeront pas d’avis. Et ils sont plus de la moitié. Ce qui fait que, pour l’instant, elle ne peut pas gagner au second tour.

Sauf que cette élection est très désordonnée… 

Oui, pour la première fois, des électeurs anti-FN ne sont pas prêts à aller voter pour le challenger. La pilule est trop difficile à avaler. La victoire de Le Pen est improbable mais n’est plus impossible.

Quels sont vos pronostics ? 

C’est l’intensité de la campagne et des discussions avec les inflexibles qui peuvent faire basculer la distribution de votes. D’après mon modèle, Fillon détient le plus grand nombre d’inflexibles (ceux capables de convaincre les autres). Il suffit que ces influenceurs augmentent de 2-3 points pour que Fillon batte Macron (qui a moins d’inflexibles) au premier tour. Quant à la montée de Mélenchon, si elle se poursuit, elle pourrait contribuer à faire redémarrer Fillon.

Comment ? 

Aujourd’hui, les discussions peuvent amener les macronistes (refroidis par les affaires de Fillon) à voter Mélenchon. Mais d’après mon modèle, dans un deuxième temps, si Mélenchon devient un candidat sérieux face à Marine Le Pen, ces ex-Macron pourraient, poussés par les inflexibles pro-Fillon, se tourner vers Fillon pour s’opposer à la politique économique de Mélenchon.

Voir encore:

La faille qui peut faire gagner Marine Le Pen

Présentée par Jean-Baptiste Labeur

RCF radio

jeudi 20 avril

​Et si Marine Le Pen l’emportait le 7 mai prochain ? Une hypothèse prise très au sérieux par Serge Galam, chercheur au Cevipof.

Pour ce physicien et fondateur de la sociophysique, il est possible que Marine Le Pen deviennent présidente même avec moins de 50 % des intentions de votes au second tour. Pour faire mentir les instituts de sondage ce scientifique s’appuie sur une formule de calcul mais surtout sur un point faible, la motivation des électeurs, et ce qu’il nomme « l’abstention différentiée ».

« Je montre la possibilité d’un paradoxe. C’est-à-dire que le jour de l’élection, si Marine Le Pen a 44 % d’intentions de votes, contre 56 % d’intentions de votes pour son challenger, normalement elle perd l’élection. Simplement, ce qui est inédit dans cette élection, c’est que beaucoup d’électeurs anti-FN vont se trouver face à un dilemme très difficile à résoudre car pour mettre en pratique leur refus du FN ils vont devoir voter pour un candidat pour lequel ils ont également une aversion, que ce soit Fillon, Macron ou Mélenchon. C’est une abstention inavouée » explique Serge Galam.

« Cette abstention inavouée va générer une abstention différenciée qui peut inverser le rapport minorité-majorité donné par les intentions de vote » ajoute-t-il. Une situation bien différente que celle de 2002, où voter Chirac ne représentait pas un coût inavouable pour certains électeurs. Aujourd’hui, conclut Serge Galam, il y a une pilule très amère à avaler.

Voir enfin:

Présidentielle : le scrutin donnera-t-il raison aux pronostics décriés de Filteris ?
Nicolas Richaud
Les Echos
21/04/17

Depuis quelques semaines, cette société canadienne fait le buzz avec sa méthode de prévision atypique. C’est une partie de sa réputation qui se joue au premier tour de l’élection présidentielle.

« Qu’on parle de moi en bien ou en mal, peu importe. L’essentiel, c’est qu’on parle de moi. » Cette maxime, Filteris semble l’avoir faite sienne. Installée au Canada, cette société est sous le feu des projecteurs et des critiques depuis plusieurs semaines, en raison de la publication, plusieurs fois par semaine, du « poids numérique » de chacun des candidats à la présidentielle, qu’elle convertit en pronostic concernant le résultat de chacun lors du premier tour de dimanche soir.

Ce vendredi matin, Filteris a publié ses dernières anticipations qui donnent François Fillon en tête devant Marine Le Pen, Jean-Luc-Mélenchon et Emmanuel Macron.

Pourquoi ce groupe, qui décrit son coeur d’activité comme étant « l’analyse d’image, la surveillance, la gestion et la sécurisation de l’identité numérique », consacre-t-il autant d’énergie et de temps à l’élaboration de ces mesures ?  » Ces contextes électoraux permettent de tester nos indicateurs, puis de les mettre à jour et les faire évoluer si besoin« , répond Jérôme Coutard, président de Filteris, qu’il a fondé en 2002.

« Poids numérique des candidats »

« Depuis quelques semaines, tout le monde parle de nous, mais nous faisons cela depuis 2006 et les élections fédérales canadiennes de l’époque « , rembobine ce Français qui a fait ses valises pour le Canada il y a près de 25 ans.

En 2006, Facebook n’a que deux ans et Twitter éclot à peine. Axée sur l’analyse de données, la société va alors puiser celles-ci sur les forums et les blogs, ainsi que les commentaires publiés sous les articles des sites d’informations.

Aujourd’hui, elle absorbe de la data en provenance de Twitter, mais aussi de Facebook (quand les publications sont publiques) et toujours du côté des commentaires publiés sur les sites d’info. Voilà pour le traitement quantitatif des données.

Filteris utilise ensuite des algorithmes ayant pour finalité de classer la nature des contenus en valeur « positive » ou « négative », en vue de déterminer si cela dessert ou sert le candidat mentionné dans la publication. Elle repasse ensuite ses données à la moulinette pour déterminer le « poids numérique » des prétendants à l’élection, puis fait une hypothèse de corrélation avec les résultats à venir.

C’est de la charlatanerie moderne pure et simple

Pour quels résultats ? En 2012, Filteris avait visé relativement juste en ce qui concerne le résultat du premier tour de la présidentielle française. Un peu moins lors des Primaires des Républicains où la société plaçait certes François Fillon en tête, mais avec 22,1% des voix (contre 44,1% au final) avec Nicolas Sarkozy en deuxième position et pas Alain Juppé. Et pas du tout lors des Primaires de la gauche puisque la société avait fortement sous-estimé le score de Benoît Hamon.

« C’est de la charlatanerie moderne pure et simple. Hamon, c’était pourtant clair comme de l’eau de roche qu’il allait être en tête au premier tour, tout le monde l’avait vu venir« , tacle Nicolas Vanderbiest, assistant et doctorant à l’Université Catholique de Louvain, et dont le sujet de thèse est « les crises de réputation des organisations sur les médias sociaux ».

« Près de 90% de leurs données viennent de Twitter car c’est la seule plate-forme de masse à être totalement ouverte et publique. Et c’est un échantillon non représentatif de la population, dominé par les CSP+, le citoyen lambda n’est jamais compris dedans« .

Les limites des algorithmes

« Ils se servent d’algorithmes de tonalité permettant de classer la nature des publications. Or, par rapport à un être humain, on estime que ces algorithmes ont une marge d’erreur de 30% quant à l’évaluation de ces contenus. L’intelligence artificielle interprète encore mal l’ironie ou l’humour par exemple« , poursuit-il.

Même des géants de la tech comme Facebook ou Google (propriétaire de YouTube) qui misent sur cette technologie pour juguler la publication de « fake news » et surtout de contenus à caractère extrémiste et terroriste sur leurs plate-formes respectives, peinent encore à la rendre véritablement efficace.

La prolifération des bots

Autre biais : la prolifération des bots (un programme informatique automatisé) qui pourraient altérer fortement la précision des analyses de Filteris. D’après une étude menée par l’université de Southern California, près de 50 millions de comptes Twitter seraient des bots (sur 319 millions d’utilisateurs actifs mensuels).

« On a hésité à les exclure de nos analyses. Mais en même temps, 1.000 tweets identiques publiés instantanément, cela augmente tout de même la visibilité de la personne concernée par ce contenu et cela peut atteindre des gens qui ne connaissent pas le phénomène, quand bien même il s’agit dans ce cas précis d’une activité de pure propagande politique« , fait valoir Jérôme Coutard.

« Plus globalement, on est beaucoup attaqué sur des données publiées sur une journée en particulier. Mais ce qui est important, c’est la tendance. Je rappelle aussi que nous ne calculons pas des intentions de vote mais un « poids numérique » à travers lequel on tente de faire une corrélation avec le résultat à venir« , précise-t-il. « Notre société n’est pas spécialisée dans la politique. Ce n’est pas notre marché, nous ne gagnons pas d’argent avec ça. Nous ne sommes affiliés à aucun parti politique et pas en guerre contre les sondeurs. ».

Ce sont les soutiens de Jean-Luc Mélenchon qui relaient le plus nos contenus, en termes de volumes

Ce sont pourtant les revers successifs des instituts de sondages n’ayant su prévoir ni le Brexit, ni la victoire de Trump, ou encore l’écrasante victoire de François Fillon lors de la Primaire des Républicains qui peuvent expliquer la visibilité inédite dont bénéficie Filteris depuis quelques semaines.

Mais ce n’est pas la seule explication. A rebours des sondages justement, Filteris anticipe, depuis plusieurs semaines, la présence de François Fillon au second tour de l’élection. Des publications partagées en masse par ses soutiens et militants et repris aussi, à chaque fois, sur le site de « Valeurs Actuelles ».

« On est beaucoup critiqué par rapport à ça. Pourtant, ce sont les soutiens de Jean-Luc Mélenchon qui relaient le plus nos contenus, en termes de volumes« , avance Jérôme Coutard dont la société positionnait, ce jeudi, le candidat de la France Insoumise en deuxième position de son indicateur.

La non-divulgation de leur méthode est aussi passablement dénigrée. « Il serait temps que vous soyez transparent sur votre méthodologie« , a ainsi tweeté lundi, Laurence Parisot, l’ancienne présidente du Medef.

« Je comprends la question. Mais c’est le savoir-faire de notre entreprise et nous n’avons pas à divulguer nos recettes comme ça« , répond Jérôme Coutard. Autre critique : la présence au capital de Daniel Quéro, qui a été un administrateur de l’Automobile Club de l’Ouest pendant près de 20 ans. Or, cette entité, qui organise la course des 24 Heures du Mans, est présidée depuis plus de cinq ans par Pierre Fillon, le frère du candidat des Républicains.

Après un article de LCP.fr sur le sujet, son nom a été retiré de l’organigramme de Filteris, disponible sur le site où il était auparavant décrit comme étant le vice-président à la coordination des affaires en Europe. « Il est associé minoritaire de la société et n’intervient en rien dans nos analyses et l’élaboration de nos indicateurs pour la présidentielle actuelle« , assure Jérôme Coutard.

Un bon coup marketing

Au final, la société Filteris ne prend-elle pas plus de risque qu’autre chose en produisant et publiant ses indicateurs ? « Comme à chaque fois, ça nous inquiète car on ne saura que dimanche si nos analyses ont été les bonnes. Tout cela nous permet de nous faire connaître, mais on n’avait pas du tout prévu qu’on aurait autant de buzz. En s’exposant ainsi, on prend un risque mais nous sommes des entrepreneurs, cela fait partie du jeu« , relativise Jérôme Coutard.

« C’est le coup marketing de l’année« , estime, lui, Nicolas Vanderbiest. « Ils sont seulement une poignée à travailler dans cette société et ils prétendent faire mieux qu’un groupe comme Linkdinfluence, où ils sont 150 salariés« .

Depuis 15 ans, Filteris vend ses services à des PME, grands groupes et institutions publiques. « Pour chaque mandat, nous travaillons avec une quinzaine de consultants externes et cela peut monter jusqu’à une cinquantaine en fonction de la taille de notre client.« 

Lancement d’une application payante

La société propose notamment de dresser un audit sur la web-réputation d’une personne morale comme physique. « Les tarifs vont de 15.000 euros pour une PME à 100.000 euros pour un grand groupe sur ce volet-là. Nous proposons aussi de formuler des recommandations et conseils si jamais notre client n’est pas satisfait de son image« , détaille Jérôme Coutard.

Filteris dit générer 45% de son chiffre d’affaires au Canada, 30% en France et 25% dans d’autres pays européens. La société prévoit aussi de lancer, dans quelques mois, une application payante permettant à tout un chacun d’analyser son image sur le web. « Beaucoup de gens s’inquiètent de leur web-réputation« , note Jérôme Coutard.

En attendant, la société pourrait subir une nouvelle avalanche de critiques si ses indicateurs sont loin du résultat du premier tour. « D’expérience, ce ne sont pas nos indicateurs publiés juste avant une élection qui sont les plus précis mais plutôt ceux datant de cinq jours avant le jour du scrutin« , prévient Jérôme Coutard. Celui en date du 18 avril prévoit un quarté François Fillon-Marine Le Pen-Jean-Luc Mélenchon-Emmanuel Macron. Verdict dimanche soir.

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10 Responses to Présidentielle 2017: Vous avez dit retour vers le futur ? (L’étrange béguin des Chiraquiens pour Macron)

  1. jcdurbant dit :

    Une autre source policière signale qu’un individu a été interpellé aux alentours de 20 heures dans le 1er arrondissement de Paris pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique et tentative de vol. En état d’ivresse, l’homme, âgé de 55 ans, aurait tenté de voler l’arme de militaires de « Sentinelle » qu’il croisait aux abords d’une station de métro. Il a rapidement été maîtrisé et placé en garde à vue. Ces faits seraient donc survenus avant l’attaque des Champs-Elysées.

    http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2017/article/2017/04/21/fillon-maintient-sa-version-d-autres-attaques-ont-eu-lieu-jeudi-soir-a-paris_5115053_4854003.html#RpLGeKXKyqKPawFS.99

    Selon nos informations, l’homme de la station Etienne Marcel était connu au traitement d’antécédents judiciaires “pour 21 rôles, (violences, vol, stupéfiant…)”. Il était assigné à résidence et devait être reconduit à la frontière, une mesure qui lui “avait été notifiée”, précise le document. La SRT Evangile, pôle de recherche de la brigade des réseaux ferrés, a été saisie des faits.

    http://www.valeursactuelles.com/politique/info-va-autre-tentative-dattentat-le-document-qui-prouve-que-fillon-na-pas-menti-81359

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  2. jcdurbant dit :

    GUESS WHO COMES CLOSEST TO WHAT FRANCE REALLY NEEDS ? (Let’s hope a French majority steps back from the political brink)

    Mr. Fillon’s agenda comes closest to what France needs to revive its stagnant economy, notwithstanding his affinity for Mr. Putin’s Russia. He promises to balance the budget within five years, cut €100 billion ($106.72 billion) in spending, slash the corporate-tax rate to 25% from nearly 35%, end the 35-hour work week and liberalize labor laws to encourage hiring. All of this is a hard sell in France at any time, but Mr. Fillon’s credibility has been compromised by news that he put family members on the public payroll.

    Mr. Macron’s reforms don’t go as far as Mr. Fillon’s, but he’d also cut the corporate-tax rate to 25%, reform the work week and reduce labor-related taxes for entrepreneurs. But the 39-year-old has never held elected office and failed to sell this program to the National Assembly when current Socialist President François Hollande made him economy minister.

    Mr. Hollande’s Socialists have made France the sickest of Europe’s large economies, with growth of merely 1.1% in 2016, a jobless rate above 10% for most of the past five years, and youth unemployment at nearly 25%. His predecessor Nicolas Sarkozy and the Republicans talked a good reform game but never delivered. Add the threats of Islamist terror and mass Syrian migration, and the stage is set for candidates who appeal to nativism or a cost-free welfare state. Let’s hope a French majority steps back from the political brink.

    WSJ

    https://www.wsj.com/articles/french-political-roulette-1492643863?mod=djemITPE_h

    Mr Fillon, too, who has been in trouble in the polls, may benefit: with his solemn look, and experience as a former prime minister, he appears the most presidential. The candidate with the most to lose may be the 39-year-old Mr Macron. A former economy minister and ex-banker, he has no direct experience of security matters, but will be hoping that edgy voters are ready to take a gamble on him all the same…

    http://www.economist.com/news/europe/21721269-marine-le-pen-could-be-last-minute-beneficiary-attack-paris-makes-french-election?cid1=cust%2Fddnew%2Fn%2Fn%2Fn%2F20170421n%2Fowned%2Fn%2Fn%2Fnwl%2Fn%2Fn%2Feu%2FDaily_Dispatch%2

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  3. jcdurbant dit :

    NE JAMAIS TRANSIGER SUR LA SECURITE D’ISRAEL !

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  4. jcdurbant dit :

    CHERCHEZ L’ERREUR !

    La situation est tragique mais les forces en présence au Moyen-Orient font qu’au long terme, Israël, comme autrefois les Royaumes francs, finira par disparaître. Cette région a toujours rejeté les corps étrangers.

    Dominique de Villepin (Paris, automne 2001)

    Nous ne croyons pas à un peuple supérieur aux autres.

    Jean-Luc Mélenchon

    Certains disent que c’est une confrontation entre la vraie droite et la vraie gauche. Je dis que c’est la vraie France qui combattra la France de Rothschild et du Qatar qui finance le terrorisme et la guerre dans le monde. Le Pen et Melenchon sont les candidats de la paix.

    Dieudonné M’bala M’bala

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  5. jcdurbant dit :

    Après la morale, enfin la politique !

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  6. jcdurbant dit :

    EXCLUSIF: LIBE DONNE LE RESULTAT DU PREMIER TOUR ! (dans l’ordre !)

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  7. jcdurbant dit :

    TRUE COLORS

    L’attentat qui a coûté la vie à un policier et en a grièvement blessé un autre, sur les Champs Elysées, à Paris, vient montrer une fois de plus que le danger constitué par le terrorisme islamique est un danger majeur, et, même, le danger majeur, aujourd’hui, non seulement pour la France, mais pour le monde occidental. Il vient de montrer une fois de plus à quel point les années de la présidence de l’islamo-gauchiste Barack Hussein Obama, sans qui l’Etat Islamique n’aurait pu naitre et prospérer, ont été délétères. (…) L’islamiste assassin abattu, Karim Cheurfi était fiché S, connu des services de police, menaçant, à l’évidence dangereux. Il avait été condamné à vingt ans de prison pour avoir tiré sur trois policiers, en 2001. Il apparaissait sur des fichiers de l’Etat Islamique sous son nom de combat Abu Yusuf al-Baljiki. C’était, comme on dit aux Etats Unis, un “loup connu” (known wolf), pas du tout un “loup solitaire”. Qu’il ait été en liberté, sans surveillance, est une preuve de plus du laxisme accablant de la justice française, de l’incompétence du gouvernement et du fait que la police est inefficace et débordée.

    L’attentat ayant eu lieu pendant une émission de fin de campagne électorale, il a permis de voir le vrai visage des candidats face à une situation d’urgence.

    Les deux candidats de gauche ont parlé en hommes de gauche, autrement dit en employant des mots vides destinés à éviter de regarder la réalité en face.
    Jean-Luc Mélenchon a opposé les “violents” aux “républicains” : il aurait pu faire pire. Il n’a, bien sûr, pas utilisé le mot “islamiste”. Il n’a pas non plus utilise le mot “terrorisme”. Que ceux qui pensent que le terrorisme islamique est simplement “violent” et qui pensent que Mélenchon est “républicain” votent pour lui.

    Emmanuel Macron a dit que l’ »impondérable” ferait partie du “quotidien” des prochaines années tout en parlant vaguement de la nécessité de “protéger”. Que ceux qui pensent que ce qui s’est passé est “impondérable”, et qui veulent cela dans leur quotidien, et que ceux qui pensent que l’efficace protection assurée par François Hollande depuis cinq ans peut se prolonger sous la présidence du fils spirituel de François Hollande votent Macron.

    Marine Le Pen a parlé de manière précise, digne, à hauteur de la situation, a appelé le terrorisme islamique par son nom, et a proposé des mesures que ne désavouerait pas Donald Trump. Si elle n’était pas la candidate du Front National, et si elle n’avait pas le programme économique qui est le sien, je dirais qu’elle a parlé en femme d’Etat et a eu des accents thatchériens. Elle a été aussi la seule à évoquer ces derniers jours l’antisémitisme islamique. Dommage qu’elle soit la candidate du Front National et qu’elle ait ce programme économique.

    François Fillon a lui aussi évoqué le terrorisme islamique. Il a été plus flou dans la façon de lutter contre celui-ci. Il a, hélas, évoqué une grande coalition pour lutter contre le terrorisme islamique dans laquelle il a inclus la Russie de Poutine, et, surtout l’Iran. Ou bien Fillon ne sait pas que l’Iran est un pays gouverné par des antisémites, financiers du terrorisme islamique, soutiens, outre le Hezbollah, que Fillon étrangement ne déteste pas, et du Hamas, et s’il ne sait pas il est incompétent. Ou bien il sait et il est complice. Dans les deux cas, c’est consternant.

    Une présidence Macron serait logique, au point où nous en sommes. Sous une présidence Fillon, l’ayatollah Khamenei serait-il invité aux festivités d’inauguration ?

    Hollande a fait une belle déclaration. “Nous sommes convaincus que les pistes sont d’ordre terroriste”, a-t-il dit. Quel fin limier! « Nous serons d’une vigilance absolue”, a-t-il ajouté.

    Au bout de cinq années de vigilance absolue, c’est rassurant.

    Guy Millière

    http://www.dreuz.info/2017/04/21/terrorisme-islamique-la-france-est-desarmee-physiquement-intellectuellement-et-moralement/

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  8. jcdurbant dit :

    http://www.valeursactuelles.com/politique/affaire-des-costumes-francois-fillon-avait-dit-la-verite-81499

    SURPRISE ! (A quand les non-lieux maintenant pour sa femme et lui si ou quand, comme pour Sarko avant lui, la justice ne réussit pas à trouver de preuves formelles dans un sens ou dans l’autre ?)

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