Emmanuel Macron, c’est moi! François Hollande
Il n’y a pas une culture française, il y a une culture en France et elle est diverse. Emmanuel Macron
L’urgence est de libérer notre force économique qui étouffe sous les normes et les charges. Cette libération sera le tremplin de l’emploi. (…) C’est un changement de culture que je propose, qui allie fermeté et justice : le respect des forces de sécurité, concentrées sur leurs missions et déchargées de la bureaucratie ; la fin du laxisme et de l’excuse pénale pour que chacun assume la responsabilité de ses actes ; la lutte sans pitié contre le totalitarisme islamique. (…) La France unie commande de limiter l’immigration à son strict minimum afin que nos capacités d’intégration ne soient plus débordées. Il faut retrouver la fierté nationale. La France doit raffermir son identité et rayonner au-delà de ses frontières. Nous avons trop souvent douté de nous-mêmes alors que peu de nations sont assises sur un socle aussi riche et aussi ancien que le nôtre. Le relativisme culturel et la culpabilisation ont réussi à insinuer le doute sur nos valeurs et sur notre histoire. Nous devons au contraire être une nation rassemblée et sûre d’elle-même. Il ne faut rien renier de notre héritage et de nos racines. Nous sommes un pays avec une histoire, avec des traditions, avec une culture française. François Fillon
Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important. Jean-Pierre Mignard
Le changement – de visage – c’est maintenant ! », est suivi du sous-titre : « Et si Macron était le vrai successeur de la gauche de François Hollande ? Socialistes avec Macron
Le 29 janvier, environ 58% des plus de 2 millions d’électeurs qui ont pris part au scrutin ont désigné un socialiste comme candidat à l’élection présidentielle prochaine. (…) Et vous choisissez non seulement de ne pas soutenir sa candidature, mais encore de faire campagne pour un autre qui a refusé de se soumettre au suffrage des militants et de nos électeurs. (…) Nous ne comprenons pas que vous ne respectiez pas le choix des militants et des électeurs ayant accepté de prendre part au vote de désignation de notre candidat. Sylvie Levesque (militante PS)
Interrogé par L’Opinion, le hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard a affirmé que le chef de l’État «jouera évidemment un rôle important dans la future majorité». Il a immédiatement été recadré par Benjamin Griveaux, le porte-parole d’En Marche !. Le très porteur «ni droite ni gauche» a-t-il du plomb dans l’aile? À l’heure où Emmanuel Macron apparaît comme le grand favori de l’élection présidentielle, nombre de ses adversaires tentent de le discréditer en le faisant apparaître comme «l’hologramme de François Hollande en plus jeune». Un héritage dont le leader d’En Marche! tente tant bien que mal de se défaire, assurant qu’il n’est «pas un élément de continuité» du hollandisme… Mais qui lui colle à la peau malgré tous ses efforts. Car en plus d’être alimentée par les contacts qu’il entretient avec de très nombreux ministres – actuels ou passés – du quinquennat, cette proximité entre le chef de l’État et son ancien protégé est nourrie par plusieurs de leurs proches, qui se répandent dans la presse pour s’en féliciter. C’est notamment le cas de l’avocat hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard, qui a déclaré ce mercredi dans L’Opinion: «Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important». Le Figaro
It’s the presidential election in France next month that Americans really should be watching. With the coming and going of candidates and near-candidates, the French race has suddenly shaken out in a remarkably auspicious way. In the confrontation between Emmanuel Macron and Marine Le Pen, we basically have a confrontation of the two sides of Trumpism: pro-growth Donald Trump versus protectionist Donald Trump. While it remains uncertain which way the actual Mr. Trump will jump (or tumble) along this fundamental fault line in his administration, just possibly the French outcome could be more immediately decisive for the U.S. than for France. Mr. Trump himself likes to associate with whatever side is winning. He practically took credit for Brexit last spring. He occasionally likes to see himself as the progenitor of a global swing toward economic nationalism. If Mr. Macron, with his pro-euro, pro-reform, pro-openness policies, squashes Ms. Le Pen, with her National Front agenda of Frexit, it would amount to a psychological blow against the protectionist duo Steve Bannon and Peter Navarro. (…) Thus, more than any foreign election in a long time, the French presidential race lands at what might be a crucial moment in the internal White House debate over the future of trade and economic policy. Turned on its head here is much feverish reporting that suggests Europe’s future instead is being decided in Washington. It’s not. A Politico cover story, running at 5,000 words, claims that the European togetherness project is at the mercy of the Trump White House. “Europeans are starting to worry that Steve Bannon has the EU in his cross hairs,” the report says. Talk about gazing through the wrong end of the telescope. (…) OK, a metamorphosis into adulthood is unlikely to happen. It would require a Thatcherite, even Milton Friedmanesque, revolution in how Europeans run their domestic economies. (…) Europeans have long sold themselves a bill of goods. They tell themselves that the European Union and euro somehow have been the creators and keepers of the peace after World War II. Such flummery is irresistible for those trying to hold the rickety structure together but it has always been nonsense. It was the East-West divide, the NATO alliance and, more fundamentally, the invention of nuclear weapons that imposed peace on Europe. A Le Pen victory is deemed unlikely by pollsters, for whatever that’s worth. A decisive Le Pen defeat, however, might be the truly consequential outcome if it arrives in time to tilt the White House debate against the Bannonites in favor of the Goldmanites. That is, against an anti-internationalism that reflects a passing if understandable neuralgia, in favor of a grown-up view of our problems. Western electorates naturally resist an inconvenient truth. Foreigners are not the cause of their problems. Those problems have a lot more to do with the natural limits of the regulatory and welfare states that we in the West have let blossom over the past 70 years. Holman W. Jenkins jr.
Attention: un petit bout de la lorgnette peut en cacher un autre !
François Bayrou, Delanoë, Jacques Attali, Robert Hue, Patrick Braouzec …
A l’heure où derrière les costumes de Fillon mais pas les robes de luxe de Brigitte …
Et avec déjà plus de 400 élus socialistes, cinq communistes et dix écologistes au compteur …
Commence à pointer l’évidence qu’avait si bien décrite la fameuse formule bovarienne de François Hollande pour son ancien protégé et ministre de l’économie et des finances …
Et qu’assassinat juridico-médiatique de François Fillon oblige, nos médias nationaux comme internationaux ne se disputent plus désormais que sur l’ampleur de la victoire de Macron …
Pendant qu’entre l’activisme combiné des juges, des services secrets ou des médias et le politiquement correct des campus, la voix du peuple et de la liberté semble toujours menacée aux Etats-Unis …
Comment ne pas voir l’ironie …
D’un Wall Street Journal moquant chez ses confrères la dénonciation de la menace que serait censé représenter Trump pour la cohésion de l’Europe …
Alors qu’obnubilé par la seule question du protectionnisme économique et oubliant le fiasco de novembre dernier de l’ensemble de leur profession, il ne voit pas lui-même le rôle que pourrait bien jouer aussi en Europe …, il ne voit pas lui-même le rôle que pourrait bien jouer aussi en Europe …
La menace de dilution culturelle qui avait tant contribué à la victoire que personne n’attendait de Trump aux Etats-Unis …
Et qui, après les coups de semonce autrichien ou néerlandais et peut-être bientôt allemand, pourrait bien justement au dernier moment …
Faire celle du seul candidat, à la fois réformateur économiquement et ferme culturellement, de la véritable alternance en France ?
Two Trumps on the French Ballot
How France might influence the White House’s own debate of protection vs. growth.
Holman W. Jenkins jr.
The Wall Street Journal
March 14, 2017
Delayed by a blizzard, Angela Merkel arrives this week in Washington, an emissary of a worried Europe. But it’s the presidential election in France next month that Americans really should be watching.
With the coming and going of candidates and near-candidates, the French race has suddenly shaken out in a remarkably auspicious way. In the confrontation between Emmanuel Macron and Marine Le Pen, we basically have a confrontation of the two sides of Trumpism: pro-growth Donald Trump versus protectionist Donald Trump.
While it remains uncertain which way the actual Mr. Trump will jump (or tumble) along this fundamental fault line in his administration, just possibly the French outcome could be more immediately decisive for the U.S. than for France.
Mr. Trump himself likes to associate with whatever side is winning. He practically took credit for Brexit last spring. He occasionally likes to see himself as the progenitor of a global swing toward economic nationalism. If Mr. Macron, with his pro-euro, pro-reform, pro-openness policies, squashes Ms. Le Pen, with her National Front agenda of Frexit, it would amount to a psychological blow against the protectionist duo Steve Bannon and Peter Navarro.
If not Mr. Bannon’s banishment, it might at least result in Mr. Trump doubting whether the disheveled one really inhabits the global zeitgeist.
Wall Street likes pro-growth Trump. It doesn’t like protectionist Trump. And as multiple reports tell us, the White House is riven by a “civil war,” with the internationalists, led by Goldman Sachs alums Gary Cohn and Steven Mnuchin, lately gaining influence with everybody except Mr. Trump himself.
Mr. Trump is not a man of deeply held ideological convictions, even on trade, about which he has ranted for 30 years. He’s a deal maker, an opportunist (in the nondefamatory sense), a man who understands the flow of events and works within it. And it matters in this case, because a president has powers over trade that Congress and the courts are not necessarily well-positioned to counter.
Thus, more than any foreign election in a long time, the French presidential race lands at what might be a crucial moment in the internal White House debate over the future of trade and economic policy.
Turned on its head here is much feverish reporting that suggests Europe’s future instead is being decided in Washington. It’s not.
A Politico cover story, running at 5,000 words, claims that the European togetherness project is at the mercy of the Trump White House. “Europeans are starting to worry that Steve Bannon has the EU in his cross hairs,” the report says.
Talk about gazing through the wrong end of the telescope. Mr. Bannon is a nationalist opponent of globalization, all right. But if Europeans think he’s their major problem, consider it a symptom of their real trouble. The EU’s problems are massive and self-made, beginning with its inability to reconcile the euro with a crying need for economic growth.
No, the European Union need not fail. It can survive as a common organization of European states, serving the interests of its members without imposing so much regulatory overreach from Brussels.
The euro itself can survive without the politically impractical, and likely impossible, dream of member states ceding control of taxes and spending to Brussels-based Eurocrats. To survive, the eurozone would only have to become a currency zone in which members fully and truly accept the discipline of the markets over their borrowing, including the possibility of national default.
OK, a metamorphosis into adulthood is unlikely to happen. It would require a Thatcherite, even Milton Friedmanesque, revolution in how Europeans run their domestic economies. But the end of the euro in its present form would only be a bow to reality, strengthening the EU by helping prosperity to return to its weaker members.
Europeans have long sold themselves a bill of goods. They tell themselves that the European Union and euro somehow have been the creators and keepers of the peace after World War II.
Such flummery is irresistible for those trying to hold the rickety structure together but it has always been nonsense. It was the East-West divide, the NATO alliance and, more fundamentally, the invention of nuclear weapons that imposed peace on Europe.
A Le Pen victory is deemed unlikely by pollsters, for whatever that’s worth. A decisive Le Pen defeat, however, might be the truly consequential outcome if it arrives in time to tilt the White House debate against the Bannonites in favor of the Goldmanites. That is, against an anti-internationalism that reflects a passing if understandable neuralgia, in favor of a grown-up view of our problems.
Western electorates naturally resist an inconvenient truth. Foreigners are not the cause of their problems. Those problems have a lot more to do with the natural limits of the regulatory and welfare states that we in the West have let blossom over the past 70 years.
« Ce n’est pas l’économie qui est en crise mais le système politique. Quand la crise politique sera résolue, la France repartira », estime Jean-Pierre Mignard, qui retrace la longue tentative d’une partie du PS de se rapprocher du centre. L’avocat, soutien d’Emmanuel Macron, explique qu’au lendemain de la présidentielle, le chantier sera la construction d’« un grand parti démocrate et progressiste »
Jean-Pierre Mignard est avocat et… franc tireur politique. Après avoir été membre de la direction du PSU, il rejoint le Parti socialiste en 1984. Avec François Hollande, auquel le lie une profonde amitié, il fonde les « transcourants » au sein du PS, puis les clubs Témoin, derrière Jacques Delors. En décembre 2016, il quitte le PS et rejoint le mouvement d’Emmanuel Macron En Marche !.
Le renouveau politique souhaité par Emmanuel Macron est-il le signe d’une crise profonde du système ?
Le système politique français à bout de souffle. La Ve République s’est construite en 1958 sur une menace de coup d’État. Il ne faut pas oublier que les parlementaires s’étaient réfugiés à l’Assemblée nationale et que l’on racontait que des listes étaient dressées. Le Général de Gaulle n’est pas un dictateur mais un républicain d’ordre. Il installe au départ une majorité qui ressemblera un peu à ce que devra faire Emmanuel Macron. C’est-à-dire qu’il labellise une majorité présidentielle, au sein de laquelle il y a le parti qu’il a créé, l’UNR, le MRP, la démocratie chrétienne, mais aussi la SFIO, dont la grande majorité des socialistes, derrière Guy Mollet, vont participer au gouvernement du Général de Gaulle jusqu’en 1960.
Mais l’objectif du Général de Gaulle n’était-il pas au contraire d’en finir avec des majorités fluctuantes et ponctuelles ?
L’objectif premier du Général, c’est de casser les centres. Sous la Ve République, le scrutin uninominal et les ralliements que cela suppose entre les deux tours vont interdire aux centristes d’exister. Les centristes étaient dominants sous la IVe République, un système politique très décrié mais qui a produit beaucoup de choses : la Communauté européenne du charbon et de l’acier, le marché commun, le Conseil de l’Europe, la politique industrielle, le redressement économique, l’utilisation à bon escient des fonds du plan Marshall. De Gaulle estime qu’il faut des majorités claires, qu’elles ne peuvent provenir d’accords parlementaires qu’il voyait comme des combinaisons de partis. Le système politique binaire, bi partisan, induit par le mode de scrutin, provoque une partition du pays. Mais aujourd’hui, nonobstant l’esprit de la Ve République et le mode de scrutin, nous retrouvons une situation qui n’est pas loin de 1958. L’extrême droite était alors menaçante, elle est de nouveau aux portes du pouvoir, avec les mêmes ou les enfants des mêmes. L’échec du système est là.
Les primaires ne sont-elles pas le signe d’un sursaut démocratique ?
Le système est tellement à bout de souffle que les partis ne sont même plus capables de faire la démonstration de leur probité à l’intérieur de leur propre rang. On l’a vu pour le PS en 2008 lors du Congrès de Reims ou pour la présidence de l’UMP à l’automne 2012. D’où le système des primaires qui sont les seuls cataplasmes démocratiques que ces deux partis ont trouvés compte tenu de leur division interne pour fonctionner. Au PS, Manuel Valls a raison, il y a bien deux gauches irréconciliables. LR est divisé de son côté entre Alain Juppé et François Fillon. Quand je vois les caricatures odieuses contre Emmanuel Macron, je me rappelle la campagne « Ali Juppé ». Ce n’est pas un hasard. Il y a déjà dans les rangs de ce parti pourtant républicain de dénomination et qui en appelle aux mannes du Général, ce qui est un comble, des éléments tout droit issus de la pensée de Charles Maurras.
C’est trop tardif, mal fait, bricolé mais c’est Ségolène Royal qui installe l’idée qu’un centriste peut travailler avec un socialiste à la tête de l’exécutif
En 2007, Ségolène Royal fut la première socialiste à tenter de se rapprocher de François Bayrou…
La grande transgressive, c’est Ségolène Royal. Sans avoir construit sur le plan théorique ce qu’elle faisait, car c’est plus une intuitive pragmatique qu’une théoricienne, elle comprend qu’il faut sortir du cadre politique. C’est pourquoi elle commence à casser le système du PS en demandant des adhésions à 20 euros. Et surtout, après avoir été désignée comme candidate, elle a l’idée de demander à François Bayrou d’être son Premier ministre si elle était élue. C’est trop tardif, mal fait, bricolé mais c’est elle qui installe l’idée qu’un centriste peut travailler avec un socialiste à la tête de l’exécutif. En 2007, Ségolène Royal est perçue par les socialistes comme Emmanuel Macron l’est aujourd’hui. Elle n’était pas prévue, pas dans l’héritage et à l’époque si les dirigeants du PS avaient pu voter une loi salique, ils l’auraient fait. François Hollande ne soutient pas son initiative car à l’époque il reste dans l’étiage de la gauche plurielle, cette alliance qui avait pourtant fait la preuve de son échec : Lionel Jospin, un homme consciencieux, sérieux, intègre et bon Premier ministre, termine par un score lamentable. De surcroît, François Hollande est favorable à toutes les ouvertures à condition que le PS soit hégémonique au sein de la nouvelle alliance. Le PS peut ouvrir, mais à condition que les socialistes gardent les clefs. Une idée qu’Emmanuel Macron est en train de dynamiter.
Pourquoi en 2012 François Hollande n’a-t-il pas réalisé cette ouverture que vous appelez de vos vœux ?
Ne pas réaliser l’ouverture avec François Bayrou, c’est sa première erreur et sa plus grande erreur. En fait, le Président refuse de choisir car il pense qu’accepter la main tendue de François Bayrou, c’est acter une déclaration de guerre contre l’aile gauche du PS, l’extrême gauche et les Verts, qui ont appelé à voter pour lui. C’est pourquoi il prend Jean-Marc Ayrault comme Premier ministre. Un homme sympathique et gentil, qui doit distribuer la somme d’antalgique nécessaire à une majorité en lien avec la direction du PS, c’est-à-dire Martine Aubry. De surcroît, alors que c’est dans son programme, François Hollande ne veut pas de la proportionnelle que demande François Bayrou. Le Président est donc contraint de mener une politique économique en contrebande. Comme la droite auparavant. Une politique sans clarté, sans explication, qui mécontente tout le monde parce que personne ne comprend de quoi il s’agit. Si François Hollande avait été plus attentif en 1988, il se serait rappelé que François Mitterrand avait dit qu’il ne souhaitait pas que la majorité soit si forte que ça. A un moment, on ne peut plus faire de modernisation économique compte tenu des alliances induites par le système. C’est pourquoi la crise française est d’abord politique. Quand on aura résolu la crise politique, le pays repartira.
Depuis 1971, le PS a changé. Peut-il accompagner la rénovation du système ?
Dans un monde de plus en plus libéral, le PS a été contraint de reculer en bon ordre. C’est la construction européenne : on transfère à l’Europe une subsidiarité, un pouvoir que nous ne sommes plus en mesure d’exercer en tant que nation seule. Mitterrand va aller très loin avec Helmut Kohl. Il fonde la grande alliance de la social-démocratie et de la démocratie chrétienne. La France a vécu une grande schizophrénie. Elle a vécu au plan intérieur dans un affrontement droite-gauche, d’autant plus furieux que les marges de manœuvre des deux camps étaient faibles. Il y a la vie des socialistes en France, avec le Parti communiste, des meetings où l’on chante l’Internationale, et la vie en Europe, où l’on travaille avec les démocrates chrétiens. C’est pathologique. Mais progressivement, la gauche se divise, comme la droite, sur la question européenne. Voilà pourquoi le système est en crise. Ce n’est pas l’économie ou le social, même s’il y a d’immenses efforts à faire, qui sont en crise. C’est la politique qui tient le reste.
Avec François Hollande, dans les années quatre-vingt, vous aviez fondé au sein du PS, les « transcourants ». Était-ce la genèse du mouvement En Marche ! ?
Les transcourants avec Jean-Pierre Jouyet, Jean-Yves Le Drian et François Hollande, que j’ai présenté l’un à l’autre à l’époque, furent fondés sur le constat que l’idéologie ne fonctionne plus. Nous étions très transgressifs. Nous estimions que le cadre du travail était si rigide qu’il commençait à fabriquer du chômage. Dans un texte qui s’appelait « La gauche bouge », on imaginait même que les petits boulots pouvaient être un substitut au chômage. Nos réflexions se nouaient aussi autour du rapport Crozier, Huntington et Watanuki, qui avait fait le constat de l’épuisement de l’État providence et de la nécessité de trouver de nouvelles formes de redistribution. Plus tard, lorsque l’on préparait la candidature de Jacques Delors à l’élection présidentielle de 1995, on faisait des réunions avec Michèle Barzach, François Léotard, Patrick Devedjian ou Jean-Pierre Delalande, pour envisager comment des personnalités de la droite proeuropéenne pourraient converger avec nous. Nous étions pour des majorités de larges convergences. L’obsession de Jacques Delors était de ne pas être prisonnier de l’appareil socialiste.
Si des Français vont vers Marine Le Pen, ce n’est pas à cause de l’UMPS, mais parce l’UMPS, c’est la paralysie
Pourquoi Emmanuel Macron refuse-t-il des ralliements collectifs ?
Il ne veut pas négocier son programme avec des partis. Beaucoup de socialistes ne sont pas clairs et restent très attachés au Parti socialiste, ce que je peux comprendre. Se rallier en groupe, mais pourquoi ? Jusqu’où ? Pour faire quoi ? Il faut en dire beaucoup plus. Un ralliement ne peut simplement acter un désaccord avec Benoît Hamon ou avec François Fillon. Au deuxième tour, si un parti appelle à voter pour Emmanuel Macron, de gauche ou de droite, pour bloquer Marine Le Pen, il faudra trouver des formules de pacte, des formules transpartisanes. On ne fera pas comme Jacques Chirac qui en 2002 a demandé poliment à tout le monde de rentrer chez lui. Ces accords transpartisans pourront concerner 60 % de l’électorat sauf l’extrême gauche antieuropéenne et l’extrême droite antieuropéenne. Si des Français vont vers Marine Le Pen, ce n’est pas à cause de l’UMPS, mais parce l’UMPS, c’est la paralysie. En revanche, l’UMPS convergent c’eut été la force et l’efficacité. Après la présidentielle, il y a un autre chantier qui va s’ouvrir : créer un grand parti démocrate et progressiste qui sera au-delà d’En Marche !. Les socialistes, au sein du PS, devront se poser la question de savoir s’ils veulent continuer à vivre ensemble.
Le renoncement de François Hollande à se présenter à l’élection présidentielle n’est-il pas la preuve ultime que le système politique est à bout de souffle ?
Non… J’y verrais le fait que François Hollande a fait la preuve qu’il est plus attaché à un dépassement du système qu’à son propre avenir. C’est un acte civique de belle importance. Il avait le sentiment qu’il était lui-même porteur du renouveau et qu’il pouvait conduire la recomposition politique. C’est donc son renoncement qui la permet… Dans la future majorité, le Président jouera évidemment un rôle important.
Vous vous parlez toujours régulièrement ?
Oui.
Voir également:
Interrogé par L’Opinion, le hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard a affirmé que le chef de l’État «jouera évidemment un rôle important dans la future majorité». Il a immédiatement été recadré par Benjamin Griveaux, le porte-parole d’En Marche !.
Le très porteur «ni droite ni gauche» a-t-il du plomb dans l’aile? À l’heure où Emmanuel Macron apparaît comme le grand favori de l’élection présidentielle, nombre de ses adversaires tentent de le discréditer en le faisant apparaître comme «l’hologramme de François Hollande en plus jeune». Un héritage dont le leader d’En Marche! tente tant bien que mal de se défaire, assurant qu’il n’est «pas un élément de continuité» du hollandisme… Mais qui lui colle à la peau malgré tous ses efforts.
Car en plus d’être alimentée par les contacts qu’il entretient avec de très nombreux ministres – actuels ou passés – du quinquennat, cette proximité entre le chef de l’État et son ancien protégé est nourrie par plusieurs de leurs proches, qui se répandent dans la presse pour s’en féliciter. C’est notamment le cas de l’avocat hollando-macroniste Jean-Pierre Mignard, qui a déclaré ce mercredi dans L’Opinion: «Dans la future majorité autour de Macron, Hollande jouera évidemment un rôle important».
«L’amitié a pris le pas sur tout le reste…»
Une phrase qui n’a pas manqué de faire réagir les détracteurs d’Emmanuel Macron, qui s’en sont immédiatement saisis pour l’accuser de vouloir prolonger la politique actuelle. Cette sortie a également eu du mal à passer au sein d’En Marche!, à tel point que le porte-parole du mouvement, Benjamin Griveaux, a été contraint de se rendre sur BFMTV pour éteindre l’incendie. «Évidemment, François Hollande ne jouera pas de rôle important dans la future majorité d’Emmanuel Macron», a-t-il assuré.
«Nous contestons ces propos-là», a-t-il encore ajouté. «Nous disons simplement que François Hollande ne jouera pas de rôle, ni dans l’élection présidentielle ni dans la campagne. Chacun est libre d’apporter son soutien», a enfin conclu l’ex-élu de Saône-et-Loire. Un «recadrage» jugé nécessaire par l’entourage d’Emmanuel Macron, selon qui «l’amitié qui lie Jean-Pierre Mignard à François Hollande a pris le pas sur tous le reste…» «Il fallait réaffirmer la ligne, c’est désormais chose faite», conclut-on. Femez le ban?
Voir encore:
A ceux qui ont souhaité ou ont choisi de soutenir la candidature d’Emmanuel Macron à l’élection présidentielle, rendez votre carte !
Nous, militantes et militants socialistes sans responsabilité au sein du parti ni mandat électif, vous demandons de rendre votre carte d’adhérent au Parti socialiste, au nom de notre engagement sur lequel s’est appuyée votre élection.
Par cette lettre ouverte, nous souhaitons vous rappeler que sans nous, qui vous avons d’abord investis au nom de notre parti pour représenter le peuple au niveau local ou national, sans nous, qui avons contribué aux réflexions dans nos sections, sans nous qui avons soutenu vos candidatures et fait campagne pour vous, sans nous, sans nos tractages, nos boîtages, nos actions sur les réseaux sociaux, il est fort peu probable que vous auriez été élus. Un jour, un mentor vous a peut-être repéré et a facilité votre carrière dans l’appareil du parti, mais un mentor sans la base, cela ne permet pas d’être un élu du peuple.
L’article 5.3.1 des statuts du Parti socialiste stipule que le candidat à la présidence de la République est désigné au travers de primaires ouvertes à l’ensemble des citoyens adhérant aux valeurs de la gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire. Les règles sont claires et vous les connaissez. Règles qui peuvent d’ailleurs amener à la désignation d’une candidate ou d’un candidat n’appartenant pas à notre formation politique.
Ni loyal ni respectueux
Or le 29 janvier, environ 58% des plus de 2 millions d’électeurs qui ont pris part au scrutin ont désigné un socialiste comme candidat à l’élection présidentielle prochaine. Benoît Hamon est membre de notre parti depuis trente et un ans, membre du bureau national depuis vingt-quatre ans, élu de la République sous les couleurs du PS depuis treize ans. Et vous choisissez non seulement de ne pas soutenir sa candidature, mais encore de faire campagne pour un autre qui a refusé de se soumettre au suffrage des militants et de nos électeurs, et qui n’a pas d’autre étiquette que celle du mouvement qu’il a créé ex nihilo.
Emmanuel Macron n’a adhéré au Parti socialiste que pendant trois ans ; il n’a jamais été investi par les militants pour être candidat à un mandat républicain et n’a jamais été élu par le peuple, a fortiori sous les couleurs de notre parti. Devons-nous vous rappeler que si M. Macron a été membre d’un gouvernement mené par un socialiste, son passage à l’exécutif ne dura que deux ans et quatre jours. Qu’est-ce que deux ans et quatre jours dans une vie de militant ? Qu’est-ce que deux ans et quatre jours dans l’histoire centenaire du parti ? Pas grand-chose. Et lorsqu’on l’entend admettre sur France Culture qu’en 2016, il a dépensé en huit mois 80% des crédits annuels de fonctionnement de son ministère, on est porté à croire qu’en acceptant sa fonction de ministre de l’Economie, il avait sans doute déjà le projet de mettre un terme à sa mission avant la fin du quinquennat, ce qui ne nous semble ni loyal vis-à-vis de qui l’a nommé ni respectueux de la République.
«Ecolo-gauchistes»
Vous invoquez vos convictions pour justifier votre choix, mais avez-vous une idée du nombre d’entre nous qui, ayant voté pour une motion, une candidate ou un candidat mis en minorité, ont cependant milité activement pour celle ou celui qui avait été désigné par un vote interne ou lors de primaires ouvertes ?
Nous ne comprenons pas que vous ne respectiez pas les statuts de notre parti. Nous ne comprenons pas que vous ne respectiez pas le choix des militants et des électeurs ayant accepté de prendre part au vote de désignation de notre candidat.
Nous ne voyons pas comment vous pourriez rester adhérents au Parti socialiste et vous demandons de rendre votre carte du parti avant de vous engager auprès d’un autre candidat que celui désigné par les primaires citoyennes. A savoir : Benoît Hamon.
Une dernière chose : nous ne nous reconnaissons pas dans l’étiquette d’«écolo-gauchistes» que certains d’entre vous nous accolent. Nous sommes tout simplement socialistes et n’avons pas oublié ce que cela signifie.
Les signataires des sections : Levesque Sylvie, Cachan (94); Rutili Yan, Guénange (57); Lajournade Jeanne, Saint-Lizier (09); Yoann Jacquet, Ussel (19); Jeanjeau Lionel, Saint-Avertin (37); Nguene Étienne, Les Mureaux (78); Mascarin Manu, Vence (06); Aguilera Michel, Nîmes-Nord (30); Le Sellin Benoît, Brest (29); Ekim Melek, Villeneuve-la-Garenne (92); Dolo Pascal, Lille-Moulins (59); Musard Clarisse, Nancy (54); Peschet Denise, Joué-lès-Tours (37); Peschet Jean-Claude, Joué-lès-Tours (37); Saimbault Françoise, Ballan-Miré (37); Ferrisse Denise, Joué-lès-Tours (37); Seguin Dominique, Saint Avertin (37); Paris Jean-Christophe, Val de l’Indre (37); Paris Jacky, Val de l’Indre (37); Lajournade-Bosc Francine, Commune de Paris – Paris 20e (75); Marty Anne-Marie, Champigny-sur-Marne (94); Schweig William, Fédération 37; Boutet Françoise, Fédération 37; Vu Pascal, Nogent-sur-Marne (94); Antras Gérard, Saint-Lizier (09); Sauvion Julien, Saint-Pierre-des-Corps (37); Lacotte Christian, Bléré (37); Bouakouir Samir, Villeneuve Le-Roi-Ablon (94); Dhenaux Sophie, L’Haÿ-les-Roses (94); Houx Christine, Fédération 37; Millo Nicole, Nice (06); Paumerelle de Lormel Chantal, Maisons-Alfort (94); Lescastreyres Gérard, Bléré (37); Metais Jean-Pierre, Val de l’Indre (37); Cheron Patrice, Cachan (94); Milleret Jean-Philippe, Cachan (94); Berger Alain, Cachan (94); Archambaud Jacques, Saint-Mandé (94); Vogler Jean, Saint-Mandé (94); Di Franco Jocelyne, Pont Saint Esprit (30); Roger Judicaël, Nîmes centre (30); Pronesti Joseph, Villeneuve-lèz-Avignon (30), Piret Sarah, Nîmes 4 (30), Oukrate Françoise, Lédignan (30); Cuozzo Vincent, Uzès (30); Bergougnoux Josiane, Pézenas (34); Lajournade Hervé, Pézenas (34); Chevalley Anne, Le Vigan (30); Richard Philippe, Cachan (94); Meysen Félix, Nîmes-Nord (30); Kobbi Sarah, Villeneuve-la-Garenne (92); Brunier-Zsigray Philippe, Villeneuve-la-Garenne (92); Werb Ethan, Montrouge (92); Bourgeois Michel, Nancy (54); Tricard Perrine, Colombes (92); Crocicchia Clément, Neuilly-sur-Seine (92); Laprévote Gabrielle, Meudon (92); Fadallalah Haoua, Saint-Ouen (93); Breil Thierry, Pays de Romans (26); Lajournade Jean, Saint-Lizier (09); Mansouri Mina, Colombes (92); Youssef Ihsen, Colombes (92); Tchangodeï Anna, Claude Estier – Paris 18e (75); Geneix Christophe, Nîmes (30); Mouillard Arnaud, Pavilly (76); Jacquet Alain, Cachan (94); Macquoy Christian, Duclair-Saint Pierre de Varengeville, Val de seine (76); Dembele Fatimata, Ivry-sur-Seine (94); Corblin Jannick, Charleville-Mézières (08); Naït Abdelaziz Mezhoura, Charleville-Mézières (08); Alquier Jean-Philippe, Colombes (92); Quezada Victor, Colombes (92); Danquigny Jean-Marc, Levallois-Perret (92); Guerard Marie-Françoise, Les Clayes Sous Bois (78); Bouchikhi Sheer, Paris 11e (75); Chehab Stéphanie, Paris 12e (75); Rosel Rosine, Commune de Paris 20e (75); Caullier Gérard, Beauvais (60); Jidal Aurélie, Jean Jaurès (80); Verkin Lucile, Jean Jaurès (80); Tekiner Meryem, Mulhouse (68); Treviso Catherine, Troyes (10); Nizar Ayad, Metz Nord (54).
Voir par ailleurs:
The Middlebury Aftermath
Robert George and Cornel West issue a defense of free speech.
The Wall Street Journal
March 14, 2017
Amid the icy Nor’easter that hit the east coast Tuesday, a clear ray of intellectual sunshine emerged: Professors Robert George of Princeton University and Cornel West of Harvard University posted online, for national signatures, a petition in defense of freedom of speech. You may find it at http://jmp.princeton.edu/statement.
Their statement—“Truth Seeking, Democracy, and Freedom of Thought and Expression”—follows on the heels of last week’s remarkable free-speech statement by professors at Middlebury College, which now has more than 100 signatures at that small Vermont institution.
Both efforts come in the aftermath of a protest at Middlebury against scholar Charles Murray of the American Enterprise Institute. That protest turned into a mob action, including an assault on Middlebury professor Allison Stanger, who had questioned Mr. Murray on stage.
For years, Professors George and West, the former a conservative and the latter a socialist, together taught a class at Princeton on how to listen to contrary points of view. Middlebury’s violence drove home what many in academia have come to see more clearly now—that the most basic tenets of free inquiry and exchange are under unprecedented pressure in the U.S., not least at universities.
The George-West statement stands as a forceful rebuttal to the all-too-frequent attempt to stigmatize opponents into silence. We hope it gains the national support it deserves.