Nous, militantes et militants socialistes sans responsabilité au sein du parti ni mandat électif, vous demandons de rendre votre carte d’adhérent au Parti socialiste, au nom de notre engagement sur lequel s’est appuyée votre élection.

Par cette lettre ouverte, nous souhaitons vous rappeler que sans nous, qui vous avons d’abord investis au nom de notre parti pour représenter le peuple au niveau local ou national, sans nous, qui avons contribué aux réflexions dans nos sections, sans nous qui avons soutenu vos candidatures et fait campagne pour vous, sans nous, sans nos tractages, nos boîtages, nos actions sur les réseaux sociaux, il est fort peu probable que vous auriez été élus. Un jour, un mentor vous a peut-être repéré et a facilité votre carrière dans l’appareil du parti, mais un mentor sans la base, cela ne permet pas d’être un élu du peuple.

L’article 5.3.1 des statuts du Parti socialiste stipule que le candidat à la présidence de la République est désigné au travers de primaires ouvertes à l’ensemble des citoyens adhérant aux valeurs de la gauche et de la République, dans le projet d’une société de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité, de justice et de progrès solidaire. Les règles sont claires et vous les connaissez. Règles qui peuvent d’ailleurs amener à la désignation d’une candidate ou d’un candidat n’appartenant pas à notre formation politique.

Ni loyal ni respectueux

Or le 29 janvier, environ 58% des plus de 2 millions d’électeurs qui ont pris part au scrutin ont désigné un socialiste comme candidat à l’élection présidentielle prochaine. Benoît Hamon est membre de notre parti depuis trente et un ans, membre du bureau national depuis vingt-quatre ans, élu de la République sous les couleurs du PS depuis treize ans. Et vous choisissez non seulement de ne pas soutenir sa candidature, mais encore de faire campagne pour un autre qui a refusé de se soumettre au suffrage des militants et de nos électeurs, et qui n’a pas d’autre étiquette que celle du mouvement qu’il a créé ex nihilo.

Emmanuel Macron n’a adhéré au Parti socialiste que pendant trois ans ; il n’a jamais été investi par les militants pour être candidat à un mandat républicain et n’a jamais été élu par le peuple, a fortiori sous les couleurs de notre parti. Devons-nous vous rappeler que si M. Macron a été membre d’un gouvernement mené par un socialiste, son passage à l’exécutif ne dura que deux ans et quatre jours. Qu’est-ce que deux ans et quatre jours dans une vie de militant ? Qu’est-ce que deux ans et quatre jours dans l’histoire centenaire du parti ? Pas grand-chose. Et lorsqu’on l’entend admettre sur France Culture qu’en 2016, il a dépensé en huit mois 80% des crédits annuels de fonctionnement de son ministère, on est porté à croire qu’en acceptant sa fonction de ministre de l’Economie, il avait sans doute déjà le projet de mettre un terme à sa mission avant la fin du quinquennat, ce qui ne nous semble ni loyal vis-à-vis de qui l’a nommé ni respectueux de la République.

«Ecolo-gauchistes»

Vous invoquez vos convictions pour justifier votre choix, mais avez-vous une idée du nombre d’entre nous qui, ayant voté pour une motion, une candidate ou un candidat mis en minorité, ont cependant milité activement pour celle ou celui qui avait été désigné par un vote interne ou lors de primaires ouvertes ?

Nous ne comprenons pas que vous ne respectiez pas les statuts de notre parti. Nous ne comprenons pas que vous ne respectiez pas le choix des militants et des électeurs ayant accepté de prendre part au vote de désignation de notre candidat.

Nous ne voyons pas comment vous pourriez rester adhérents au Parti socialiste et vous demandons de rendre votre carte du parti avant de vous engager auprès d’un autre candidat que celui désigné par les primaires citoyennes. A savoir : Benoît Hamon.

Une dernière chose : nous ne nous reconnaissons pas dans l’étiquette d’«écolo-gauchistes» que certains d’entre vous nous accolent. Nous sommes tout simplement socialistes et n’avons pas oublié ce que cela signifie.

Les signataires des sections : Levesque Sylvie, Cachan (94); Rutili Yan, Guénange (57); Lajournade Jeanne, Saint-Lizier (09); Yoann Jacquet, Ussel (19); Jeanjeau Lionel, Saint-Avertin (37); Nguene Étienne, Les Mureaux (78); Mascarin Manu, Vence (06); Aguilera Michel, Nîmes-Nord (30); Le Sellin Benoît, Brest (29); Ekim Melek, Villeneuve-la-Garenne (92); Dolo Pascal, Lille-Moulins (59); Musard Clarisse, Nancy (54); Peschet Denise, Joué-lès-Tours (37); Peschet Jean-Claude, Joué-lès-Tours (37); Saimbault Françoise, Ballan-Miré (37); Ferrisse Denise, Joué-lès-Tours (37); Seguin Dominique, Saint Avertin (37); Paris Jean-Christophe, Val de l’Indre (37); Paris Jacky, Val de l’Indre (37); Lajournade-Bosc Francine, Commune de Paris – Paris 20e (75); Marty Anne-Marie, Champigny-sur-Marne (94); Schweig William, Fédération 37; Boutet Françoise, Fédération 37; Vu Pascal, Nogent-sur-Marne (94); Antras Gérard, Saint-Lizier (09); Sauvion Julien, Saint-Pierre-des-Corps (37); Lacotte Christian, Bléré (37); Bouakouir Samir, Villeneuve Le-Roi-Ablon (94); Dhenaux Sophie, L’Haÿ-les-Roses (94); Houx Christine, Fédération 37; Millo Nicole, Nice (06); Paumerelle de Lormel Chantal, Maisons-Alfort (94); Lescastreyres Gérard, Bléré (37); Metais Jean-Pierre, Val de l’Indre (37); Cheron Patrice, Cachan (94); Milleret Jean-Philippe, Cachan (94); Berger Alain, Cachan (94); Archambaud Jacques, Saint-Mandé (94); Vogler Jean, Saint-Mandé (94); Di Franco Jocelyne, Pont Saint Esprit (30); Roger Judicaël, Nîmes centre (30); Pronesti Joseph, Villeneuve-lèz-Avignon (30), Piret Sarah, Nîmes 4 (30), Oukrate Françoise, Lédignan (30); Cuozzo Vincent, Uzès (30); Bergougnoux Josiane, Pézenas (34); Lajournade Hervé, Pézenas (34); Chevalley Anne, Le Vigan (30); Richard Philippe, Cachan (94); Meysen Félix, Nîmes-Nord (30); Kobbi Sarah, Villeneuve-la-Garenne (92); Brunier-Zsigray Philippe, Villeneuve-la-Garenne (92); Werb Ethan, Montrouge (92); Bourgeois Michel, Nancy (54); Tricard Perrine, Colombes (92); Crocicchia Clément, Neuilly-sur-Seine (92); Laprévote Gabrielle, Meudon (92); Fadallalah Haoua, Saint-Ouen (93); Breil Thierry, Pays de Romans (26); Lajournade Jean, Saint-Lizier (09); Mansouri Mina, Colombes (92); Youssef Ihsen, Colombes (92); Tchangodeï Anna, Claude Estier – Paris 18e (75); Geneix Christophe, Nîmes (30); Mouillard Arnaud, Pavilly (76); Jacquet Alain, Cachan (94); Macquoy Christian, Duclair-Saint Pierre de Varengeville, Val de seine (76); Dembele Fatimata, Ivry-sur-Seine (94); Corblin Jannick, Charleville-Mézières (08); Naït Abdelaziz Mezhoura, Charleville-Mézières (08); Alquier Jean-Philippe, Colombes (92); Quezada Victor, Colombes (92); Danquigny Jean-Marc, Levallois-Perret (92); Guerard Marie-Françoise, Les Clayes Sous Bois (78); Bouchikhi Sheer, Paris 11e (75); Chehab Stéphanie, Paris 12e (75); Rosel Rosine, Commune de Paris 20e (75); Caullier Gérard, Beauvais (60); Jidal Aurélie, Jean Jaurès (80); Verkin Lucile, Jean Jaurès (80); Tekiner Meryem, Mulhouse (68); Treviso Catherine, Troyes (10); Nizar Ayad, Metz Nord (54).

Voir par ailleurs:

The Middlebury Aftermath
Robert George and Cornel West issue a defense of free speech.
The Wall Street Journal

March 14, 2017

Amid the icy Nor’easter that hit the east coast Tuesday, a clear ray of intellectual sunshine emerged: Professors Robert George of Princeton University and Cornel West of Harvard University posted online, for national signatures, a petition in defense of freedom of speech. You may find it at http://jmp.princeton.edu/statement.

Their statement—“Truth Seeking, Democracy, and Freedom of Thought and Expression”—follows on the heels of last week’s remarkable free-speech statement by professors at Middlebury College, which now has more than 100 signatures at that small Vermont institution.

Both efforts come in the aftermath of a protest at Middlebury against scholar Charles Murray of the American Enterprise Institute. That protest turned into a mob action, including an assault on Middlebury professor Allison Stanger, who had questioned Mr. Murray on stage.

For years, Professors George and West, the former a conservative and the latter a socialist, together taught a class at Princeton on how to listen to contrary points of view. Middlebury’s violence drove home what many in academia have come to see more clearly now—that the most basic tenets of free inquiry and exchange are under unprecedented pressure in the U.S., not least at universities.

The George-West statement stands as a forceful rebuttal to the all-too-frequent attempt to stigmatize opponents into silence. We hope it gains the national support it deserves.