L’objectivité à la télévision, c’est cinq minutes pour les Juifs et cinq minutes pour Hitler. Jean-Luc Godard
L’assemblée générale (…) considère que le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. Résolution 379 (ONU, le 10 novembre 1975)
L’assemblée générale décide de déclarer nulle la conclusion contenue dans le dispositif de sa résolution 3379 (XXX) du 10 novembre 1975. Résolution 4686 (ONU, le 16 décembre 1991)
La création par Israël de colonies de peuplement dans les Territoires palestiniens occupés depuis 1967, y compris Jérusalem-Est, n’a aucun fondement en droit. Résolution 2334
The American vote against Israel in the Security Council Friday was, in a sense, the essential Carter. There was no good reason of state for the United States to reverse its previous refusal (…) That issue is whether friends should be treated differently from enemies. It’s a tough one. That is, it’s a tough one for the United States and especially for the Carter administration. No other country — no other president — has so indulged the luxury of deciding whether to support friends on all occasions regardless of their failings or whether to apply ostensibly universal values and condemn them in particular cases when they are deemed to fall short. (…) it cannot be denied that there is a pack and that it hounds Israel shamelessly and that this makes it very serious when the United States joins it. Jimmy Carter has regularly anguished on this score. This time, in perhaps his last U.N. act of consequence, there was a suggestion in the air that he was finally doing what in his heart he has always wanted to do: vote for what he regarded as virtue. To whatever effect, Ronald Reagan will do it differently. He lacks Jimmy Carter’s general readiness to court the Third World and to grant it, or at least its left-leaning part, something of an exemption from the standards by which nations are usually measured. He is unlikely to regard the United Nations as necessarily the most proper and useful forum in which disputes involving the Third World can be treated in the American interest. Few would expect him to agonize at length over the question of whether the United States should keep off Israel’s back in loaded global forums, funneling its disagreements into bilateral channels, or whether it should join the jackals, as Mr. Carter did on Friday. The Washington Post (Dec. 21, 1980)
Hollywood fut inventé par des gangsters juifs. Jean-Luc Godard
Ah, c’est toujours la même chose, les Juifs vous appellent quand ils entendent le bruit du tiroir-caisse. Jean-Luc Godard
Les attentats suicides pour parvenir à faire exister un Etat palestinien ressemblent à ce que firent les Juifs en se laissant conduire comme des moutons et exterminer dans les chambres à gaz, se sacrifiant ainsi pour parvenir à faire exister l’Etat d’Israël. Jean-Luc Godard
Ce n’est pas tous les ans que Noël et Hanouka sont fêtés le même jour ! Alors que les chrétiens fêteront la naissance de Jésus Christ, l’incarnation de Dieu pour eux, les juifs allumeront la première bougie de cette fête juive qui célèbre la victoire de la minorité contre la majorité, la lutte antique des Maccabé (une famille juive) contre l’assimilation à la culture grecque. Noël comme Hanouka sont des fêtes de la lumière et de l’espoir. Des fêtes qui font du bien lorsque, dans le monde, il fait noir. Nous sommes au cœur de l’hiver, mais ce noir a évidemment un sens politique et métaphysique. Dans cette obscurité, la lumière surgit toujours de manière inattendue. Nous avons encore plus besoin de cette étincelle que d’habitude. (…) Penser la fête de l’autre est une extraordinaire occasion de connaissance de soi. Lorsque j’étais à l’école rabbinique, nous avions un cours obligatoire intitulé « religions comparées ». Je n’ai jamais autant appris autant sur le Judaïsme que pendant ce cours. Regarder la maison de votre voisin, vous permet de prendre conscience de l’aménagement de votre salon ! Mais avant cela, il faut reconnaitre qu’il y a des chemins de vérité hors de sa tradition. Lors de Vatican II, les catholiques ont dit pour la première fois : hors de l’Église il y a un Salut. C’est très symbolique que cette concordance entre Noël et Hanouka arrive cinquante ans après l’Encyclique Nostra Aetate (déclaration en 1965 du Concile Vatican II sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes, en particulier le Judaïsme, NDLR). (…) En tant que juive, explorer la fête chrétienne de Noël, c’est explorer la question de l’incarnation de Dieu – une idée qui n’est fondamentalement pas juive. Le Judaïsme laisse une grande place à l’incarné, lors de la circoncision par exemple, mais rend un culte à un Dieu qui ne l’est pas. Cette différence nous oblige à réfléchir : l’idée commune est, je pense, celle d’une très grande humilité de Dieu. Il en faut de l’humilité pour, chez les chrétiens, naitre sous les traits d’un enfant. Il en faut tout autant, chez les Juifs, pour se retirer du monde. C’est l’idée juive du Tsimtsoum (Dieu aurait créé le monde en s’en retirant, laissant alors l’homme libre, NDLR). Ces visions de Dieu sont très différentes, mais j’aime le dialogue entre ces deux images, celle d’un Dieu-enfant, et celle d’un Dieu en retrait. (…) Le mot paix est sans doute l’un des plus connu en hébreu : Shalom. Sa signification hébraïque exacte est « complétude ». Le problème est que cela suggère que la paix est forcément « pleine », « Unité », « homogénéité ». Je crois au contraire que – pour faire la paix – nous avons d’abord besoin de reconnaitre nos brisures, individuelles comme sociales. Lors des mariages juifs, nous brisons un verre. C’est ce que cette pratique raconte : le vivre-ensemble et la paix ne sont possibles que si nous acceptons de vivre avec nos brisures… Rabbin Delphine Horvilleur
Le metteur en scène de la “Nouvelle Vague” s’est, à plusieurs reprises, illustré par des remarques et des attitudes antisémites virulentes. Il a mis fin à son amitié avec François Truffaut dès lors qu’il apprit que le père de ce dernier était juif. Ainsi qu’un “sale Juif” lancé à la figure du producteur Pierre Braunberger, dans les années 1960, en présence d’un François Truffaut scandalisé. Il estime également que “la démocratie, c’est d’accorder 15 minutes de temps de parole aux Juifs et 15 minutes à Hitler”… (…) Godard a toujours dérapé de l’antisioniste militant au réflexe antisémite, sur le mode de l’insulte, généralement éco¬no¬mique, associant la caricature du Juif et l’argent. C’est par exemple ce qu’il répond ironiquement à Jean-Pierre Gorin, Juif, quand celui-ci l’appelle en 1973 pour réclamer sa part de droits sur le film Tout va bien: “Ah, c’est toujours la même chose, les Juifs vous appellent quand ils entendent le bruit du tiroir-caisse…” (…) En 1976, ce cinéaste ant-juif, Jean-Luc Godard a réalisé et produit un film foncièrement anti-israélien, intitulé Ici et ailleurs, dédié à la “cause valeureuse” du peuple palestinien. (…)Dans cette charge vitriolique contre l’État d’Israël, l’idée est illustrée, parfois jusqu’à la provocation, quand les visages de Golda Meir, pionnière de l’État juif, Premier ministre d’Israël de 1969 à 1974, et de Hitler clignotent l’un sur l’autre, ou quand une déploration en hébreu sur les camps de la mort nazis, Auschwitz, Madjanek, Treblinka… recouvre des images de cadavres d’enfants Palestiniens ou des corps calcinés de fedayins tués en septembre 1970, durant des affrontements sanglants avec l’armée jordanienne. Le film justifie également la prise d’otages de la délégation israélienne par un commando terroriste palestinien lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972, et les tueries qui s’ensuivirent, au nom du fait qu’il aurait fallu “passer une image des camps palestiniens avant chaque finale des Jeux Olympiques”, rappelle dans son livre Antoine de Baecque. “À plusieurs reprises, Jean-Luc Godard est revenu, ou reviendra encore, sur cette question: il se définit clairement comme pro-palestinien et antisioniste, ne cesse d’établir un lien entre l’extermination des Juifs dans les camps de la mort nazis, la fondation de l’État d’Israël, l’impossibilité de régler le conflit israélo-palestinien, et plus généralement la guerre entre Juifs et Arabes. Comme si une malédiction historique pesait sur cette généalogie: Israël, né dans les camps nazis, se vengerait sur les Palestiniens de l’Holocauste, ce qui justifie tous les actes de résistance arabe, y compris le terrorisme, puisque, d’après Godard, Israël serait une forme paradoxale de résurgence historique du nazisme”, note son biographe. (…) Dans un petit documentaire tourné en 1970 par la télévision allemande, Godard tient devant son visage un tract militant où figure la contraction “NazIsraël”, et lance au caméraman: “Tu nous fais un chèque de la télévision allemande qui est financée par les Sionistes et par ce connard de social-démocrate, Willy Brandt, et ça nous permettra d’acheter des armes pour les Palestiniens pour attaquer les Sionistes…””, relate Antoine de Baecque. Ftouh Souhail
L’antisionisme est à cet égard une introuvable aubaine car il nous donne la permission, et même le droit, et même le devoir d’être antisémites au nom de la démocratie. L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite. Et si les juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. II ne serait plus nécessaire de les plaindre ; ils auraient mérité leur sort. Vladimir Jankelevitch (1971)
Le texte que nous avons ne se concentre pas exclusivement sur les colonies. Il condamne également la violence et le terrorisme. Il appelle aussi à éviter toute incitation émanant du côté palestinien, donc c’est un texte équilibré. L’objectif principal que nous avons ici est de préserver et de réaffirmer une solution à deux Etats » palestinien et israélien qui cohabiteraient dans la paix et la sécurité. François Delattre (ambassadeur de France auprès des Nations unies)
L’UNESCO est atteinte de deux maux qui risquent de la perdre: le reniement et le déni. Reniement de sa raison d’être en fermant les yeux sur l’éducation à la haine de certains de ses Etats membres, déni de l’histoire en amputant le peuple juif de son identité historique et culturelle. (…) L’Organisation se renie, se fait parjure lorsqu’elle ferme les yeux sur la propagation de la haine dans les manuels scolaires de la plupart des pays arabo-musulmans et de la Palestine. (…) Comment donner crédit à une Organisation qui tout en développant des programmes d’éducation à la paix et à la tolérance accepte que ses Etats-membre profèrent la haine? En rejoignant l’UNESCO les pays signataires ont adhéré aux fondements éthiques de l’Organisation tout en s’engageant à les mettre en œuvre notamment par l’éducation. (…) Reniement de ses valeurs lorsqu’il s’agit des pays arabo-musulmans, mais intransigeance lorsque Israël censure des contenus éducatifs qui appellent à sa destruction. (…) Maison des cultures du monde, de la pensée critique, du dialogue, l’UNESCO, dont un des grands programmes est consacré aux sciences sociales et humaines, joue dangereusement à réviser l’histoire, à se complaire dans un déni de réalité. Dans la pure tradition des révisionnistes, elle a fini par dénier tout lien entre le peuple juif et Jérusalem. Fin octobre 2015, par la décision 185 EX/15, elle a classé le caveau des Patriarches et la tombe de Rachel comme sites musulmans et palestiniens, et exigé qu’Israël les retire de son patrimoine national. Mais elle vient de franchir un pas supplémentaire dans le négationnisme. Le mois d’avril 2016 pourra être retenu dans son histoire comme le jour où le Conseil Exécutif, en grand falsificateur, a dénié tout lien entre les juifs, le Mont du Temple et le mur Occidental. Cette résolution 199 EX/19 a été adoptée par 33 pays, et parmi eux la France (mais pas l’Allemagne, l’Angleterre, l’Irlande du Nord ni les Etats-Unis, qui ont voté contre). Ainsi nos «Lumières» s’estompent sous un épais voile de fumée. Et l’on se demande s’il ne faudrait pas recommander aux Etats-membres de l’UNESCO de promouvoir maintenant une résolution visant carrément à supprimer dans l’Histoire de l’humanité (éditions Unesco) tous les passages relatifs à la présence juive à Jérusalem et dans le royaume de Judée. Conscience intellectuelle des Nations, l’UNESCO est devenue une organisation sous influence, s’inscrivant dans la pure tradition des totalitarismes du XXème siècle. Perdant ainsi sa légitimité, a-t-elle encore sa raison d’être? Bernard Hadjadj
L’hypocrisie de la France officielle vis-à-vis d’Israël me répugne depuis longtemps. Je viens d’achever un article en anglais, écrit pour le Gatestone Institute, qui fait le tour de la question. En l’écrivant, j’ai noté, avec accablement et colère, l’opiniatreté qui a été celle de la France à l’encontre d’Israël depuis le moment où le Général de Gaulle a choisi la cause arabe musulmane, en juin 1967, choix qu’il a confirmé en tenant les propos antisémites qui lui ont valu une réponse de Raymond Aron, sous la forme d’un livre que chacun devrait relire aujourd’hui, De Gaulle, les Juifs et la France *. J’ai relu les déclarations nauséabondes du dénommé Michel Jobert, ministre des Affaires étrangères de Georges Pompidou, qui, lors de la guerre de 1973, légitimait avec allégresse l’écrasement d’Israël qu’il pensait voir se profiler. J’ai relu Eurabia *, de mon amie Bat Ye’or, ce livre salubre et indispensable. Je me suis plongé en me pinçant le nez dans les turpitudes des années Chirac, un homme consacré « grand combattant » (Mujahid al-Akbar) de la cause arabe et islamique par la presse de Saddam Hussein, peu de temps avant la guerre de 2003, qu’il a tout fait pour entraver, lui qui avait fourni deux décennies auparavant à Saddam Hussein les moyens d’élaborer ce que ce dernier avait appelé les éléments devant mener à la première bombe atomique arabe : sans l’héroïsme de l’armée israélienne en juin 1981, la bombe en question aurait vu le jour, avec des conséquences aisées à imaginer. J’ai parcouru les années Mitterrand, qui ont précédé les années Chirac, qui n’ont pas été plus nobles, puisque Mitterrand a été le premier à recevoir Arafat en visite officielle à Paris, puis l’a sorti du trou à rats où il se terrait à Beyrouth en 1982 aux fins qu’il puisse continuer depuis Tunis à programmer des assassinats de Juifs, mais qui aurait attendu autre chose de l’ami de René Bousquet, co-organisateur de la Rafle du Vélodrome d’hiver ? J’ai parcouru aussi les années Sarkozy, et j’ai revu en vidéo ce moment inoubliable où Nicolas Sarkozy a comparé l’Autorité Palestinienne au Vatican (il fallait oser). J’aurais voulu imaginer que Manuel Valls était, lui, un véritable ami d’Israël. Mais un véritable ami d’Israël n’aurait pas admis si aisément le vote en faveur d’un Etat palestinien par la gauche dont il est issu à l’Assemblée Nationale, et aurait admis moins encore les manœuvres d’un Laurent Fabius, artisan avec Mahmoud Abbas d’une résolution infâme présentée à l’ONU fin décembre 2014 et, puisque la manœuvre a échoué en décembre 2014, d’une autre résolution infâme au contenu semblable destinée à être présentée à l’ONU à l’automne 2016. Il n’aurait pas admis cette volonté factice d’organiser une conférence pour la paix au Proche-Orient évoquée par Laurent Fabius avant qu’il quitte son poste et aurait dénoncé l’imposture que constitue l’idée d’une conférence dont l’organisateur annonce à l’avance la conclusion : la reconnaissance officielle par la France d’un Etat palestinien dans les « frontières de 1967 » (les lignes d’armistices de 1949), sans traité de paix entre cet Etat et Israël. (…) Quand je lis des déclarations récentes de Jack Lang, évoquant un Musée National palestinien censé être créé par la France à Ramallah quand la « Palestine » sera enfin « libre », j’éprouve du dégoût, et je sais que je lis la pensée de la France officielle. Les consuls de France en poste à Jérusalem se suivent et se ressemblent : le consul actuel, en présentant ses vœux pour la nouvelle année, parvient à ne pas utiliser une seule fois le nom d’Israël. Un communiqué en date du 21 janvier, publié au nom du consulat, parle, par contre de « colonies israéliennes » et de « terres agricoles » confisquées en Cisjordanie. L’expression « colonies » est biaisée et sous entend qu’Israël colonise la Judée-Samarie, qui ne serait sans doute pas « colonisée » si elle était ethniquement pure de toute présence juive. L’idée de confiscation de terres est très biaisée et sous entend qu’un vol est commis : aucune terre n’a jamais été volée par Israël, et on le sait au Consulat, mais on ment. L’idée que ces terres seraient « agricoles » sous entend que les Arabes de Judée-Samarie sont d’ardents cultivateurs, ce qui est une affirmation grotesque qui ne peut être proférée que par quelqu’un qui ne s’est jamais rendu en Judée Samarie. Continuer à parler de Cisjordanie pour qualifier des terres qui n’ont porté ce nom que pendant dix neuf ans, lorsqu’elles ont été prises de force par la Jordanie, équivaut à reconnaître que la Jordanie occupait ces terres légitimement et à falsifier l’histoire : pas seulement en ce qui concerne la guerre d’extermination contre Israël menée en 1948-49, mais aussi en ce qui concerne le Mandat palestinien confié au Royaume Uni après la Première Guerre Mondiale. (…) Une « semaine de la gastronomie française en Palestine » vient d’être organisée (consulfrance-jerusalem.org/Semaine-de-la-Gastronomie) : l’intitulé sous-entend qu’il existe déjà un pays appelé Palestine. On découvre dans le descriptif que des chefs français ont rejoint les « cuisines les plus prestigieuses de Palestine ». On découvre que Jérusalem est, pour les organisateurs, en « Palestine ». On découvre qu’il y a une gastronomie « palestinienne ». Ce type d’initiative en un moment où quotidiennement des « Palestiniens » usent publiquement de couteaux pas du tout à des fins gastronomiques, est obscène. Mais dès lors qu’il y a un centre culturel français dans le Hamastan de Gaza, devrais-je m’étonner ? La France officielle prétend incarner les droits de l’homme et lutter contre le terrorisme. Quand je la regarde sous l’angle de ses rapports à Israël, je la vois mépriser les droits de l’homme, et se coucher devant le terrorisme, en fermant les yeux de manière complice face aux crimes de l’Autorité Palestinienne. Et j’ai honte d’être français. Guy Millière
Si à Alep les deux côtés étaient abjects, c’est parce que la seule puissance occidentale qui aurait pu éviter ce qui s’est passé, les Etats-Unis, était absente ou presque. Et ce doit être rappelé, au moment où les huit longues années de la présidence Obama s’achèvent, l’absence des Etats-Unis est de la responsabilité de Barack Hussein Obama. C’est Barack Hussein Obama qui a retiré les troupes américaines de combat d’Irak, tout en sachant parfaitement ce que seraient les conséquences, car outre George Walker Bush dans un discours de juillet 2007, les services de renseignement américains avaient dit très exactement ce qui allait se passer en cas de retrait prématuré des troupes américaines de combat d’Irak : un retour des islamistes et de la guerre au sein du pays. C’est Barack Hussein Obama qui a permis que l’Etat islamique se constitue, et s’empare des deux tiers de la Syrie et de plus de la moitié de l’Irak, en commettant partout où il est passé des crimes sans nom. Et c’est Barack Hussein Obama qui a permis que le gouvernement de Bagdad devienne un satellite du régime iranien. C’est Barack Hussein Obama qui a permis que la guerre civile en Syrie prenne de l’ampleur, et qui n’a pas tranché avant que les carnages deviennent ce qu’ils sont devenus : il aurait pu appuyer le renversement du régime Assad au printemps 2011, il aurait pu aussi opter d’emblée pour un soutien au régime Assad. Il n’a pas appuyé le renversement du régime Assad parce que celui-ci était ce qu’il est toujours, l’allié de l’Iran et de la Russie, et parce qu’Obama voulait s’entendre avec l’Iran et ne pas se confronter à la Russie. Il n’a pas soutenu le régime Assad, car cela aurait montré de manière trop flagrante la volonté d’Obama de s’entendre avec l’Iran et de ne pas se confronter a la Russie. Il a donc laissé le chaos s’installer. Il a prétendu tracer une ligne rouge à ne pas franchir pour Assad, et quand Assad l’a franchie, il n’a rien dit. Il a vaguement soutenu des groupes « rebelles » et vaguement soutenu les Kurdes, sans que le soutien permette autre chose que de voir des morts s’ajouter aux morts. Il a entériné le retour de la Russie au Proche-Orient au côté d’Assad. Il laissera à son successeur une situation effroyable. En Irak, l’armée irakienne à la solde de l’Iran mène une offensive contre l’Etat islamique, et si l’Etat islamique devait être vaincu, ce serait une victoire pour l’Iran. En Syrie, l’écrasement d’Alep est une victoire pour l’Iran et la Russie. L’Etat islamique, lui, vient de reprendre Palmyre, ce qui signifie que la guerre n’est pas finie. D’autres victoires de l’Iran et de la Russie sont à attendre. Ce qui se profile est une hégémonie régionale de l’Iran, qui ira de Beyrouth à Téhéran, et sera acquise sur des montagnes de cadavres et de suppliciés. Ce qui se profile est aussi une installation de la Russie en position de puissance tutélaire au-dessus de l’Iran, en position de complicité avec l’Iran, qui est plus que jamais le principal soutien mondial au terrorisme islamique, quand bien même il peut éliminer des groupes terroristes islamiques qui le gênent, comme les groupes liés à al-Qaida à Alep. Comme on vient de le voir avec un grave attentat anti-chrétien au Caire, les islamistes sont toujours à l’offensive en Egypte. La Libye est toujours un grand champ de bataille contrôlé par diverses factions djihadistes qui ne valent pas mieux que celles qui tenaient Alep. Le monde musulman proche-oriental est en flammes et en cendres. Comme on vient de le voir à Berlin, les islamistes sont toujours à l’offensive en Europe aussi. Les huit années écoulées ont été positives pour le destructionnisme islamiste. Elles n’ont cessé de voir l’horreur s’ajouter à l’horreur. Elles ont été une immense défaite pour l’Occident tout entier. Elles ont montré ce qui découlait lorsque le peuple américain portait un gauchiste islamophile et né musulman à la Maison-Blanche. Elles ont montré que lorsque les Etats-Unis ne se conduisent pas en première puissance du monde libre, il n’y a plus de monde libre. Israël a dû se défendre et l’a fait remarquablement bien, mais Israël ne pouvait faire davantage et défendre le monde libre tout entier. Les dirigeants européens ont montré qu’ils n’étaient rien ou pas grand-chose quand les Etats-Unis glissaient vers l’ornière. La plupart d’entre eux ont suivi Obama, ce qui est indigne et honteux. Aucun d’entre eux n’a incriminé Obama pour ses crimes et pour les centaines de milliers de morts qui en ont résulté. Aucun d’eux n’a dit que la vague de réfugiés qui a déferlé sur l’Europe résultait de l’essor de l’Etat islamique, de la guerre en Syrie, de la destruction de la Libye, donc de la politique d’Obama. Aucun d’eux n’a même dit que, ce qui vient s’ajouter à l’ensemble, le glissement de la Turquie vers le totalitarisme islamique et le soutien d’Erdogan à l’Etat islamique s’étaient opérés avec le soutien tacite d’Obama. Aucun d’eux ne semble s’inquiéter de l’hégémonie régionale de l’Iran, et du rôle de principal soutien mondial au terrorisme islamique joué par l’Iran, à qui Obama a accordé des moyens financiers supplémentaires considérables : ils sont trop occupés à vendre à l’Iran la corde destinée à les pendre. Nombre d’entre eux, façon François Fillon ou Marine Le Pen, prennent Poutine pour un défenseur de l’Occident. Un article récent dans un quotidien français disait que ce qui s’est passé à Alep resterait une tache indélébile sur la présidence Obama, il serait plus exact de dire que la présidence Obama restera une immense tache de sang sur l’histoire des Etats-Unis. Nul article ne parle de l’hégémonie iranienne et russe qui s’installe au Proche-Orient grâce à Obama. De nombreux articles reprennent avec un crétinisme lamentable le discours de l’administration Obama finissante, disant que Donald Trump serait quasiment au service de la Russie. Si un homme a servi la Russie ces dernières années, c’est bien Obama. Il n’a, c’est vrai, pas seulement servi la Russie : il a servi l’Iran, l’islam et tout ce qui est anti-occidental. Guy Millière
Barack Obama a décidé de laisser à son successeur, Donald Trump, un héritage qu’il ne pourra défaire : la résolution 2334, adoptée au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), vendredi 23 décembre. Ce texte dénonçant la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés a recueilli quatorze voix en sa faveur, passant grâce à l’abstention américaine. Au terme de quarante-huit heures de tourbillon politique, l’administration Obama a décidé de replier le parapluie qu’elle avait systématiquement déployé depuis huit ans au-dessus d’Israël, au Conseil de sécurité. Ce coup de semonce est une défaite politique sévère pour le premier ministre Benyamin Nétanyahou et une sanction contre la promotion décomplexée de la colonisation par la droite israélienne. Le texte de la résolution, contrairement aux affirmations des responsables israéliens, n’est pas fondamentalement hostile à l’Etat hébreu. Il s’inscrit dans la lignée de la résolution 465, adoptée en 1980, qui dénonçait déjà l’extension des colonies, jugées illégales. En outre, il se place à la suite du rapport du Quartet – Etats-Unis, Russie, Union européenne (UE), ONU –, publié le 1er juillet, qui dressait un état des lieux alarmant de la réalité, sur le terrain. La résolution 2334 estime elle aussi que la construction et l’extension des colonies mettent « gravement en danger la viabilité de la solution à deux Etats ». Par ailleurs, dans un souci d’équilibre réclamé notamment par Paris et Washington, le texte « condamne tous les actes de violence contre les civils, dont les actes terroristes », une référence aux attaques palestiniennes. La résolution exige la « cessation immédiate » de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem-Est, et loue les efforts diplomatiques entrepris par la France, la Russie et l’Egypte, au cours des derniers mois, pour relancer un dialogue sur le conflit. (…) A l’origine, le texte avait été présenté mercredi soir par l’Egypte, à la surprise générale. Mais Donald Trump est intervenu pour peser de tout son poids de président élu des Etats-Unis auprès d’Abdel Fattah Al-Sissi. Il a demandé au président égyptien de renoncer à son initiative. Son interlocuteur n’a pas voulu compromettre ses futures relations avec le président américain, et a donc retiré son texte. Mais la volte-face de l’Egypte n’a pas condamné son initiative. Quatre membres non permanents du Conseil de sécurité – la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela – ont pris le relais du Caire, pour promouvoir la résolution dans une version identique. (…) Samantha Power a expliqué que les Etats-Unis ne votaient pas en faveur de la résolution parce qu’elle « se concentre trop étroitement sur les colonies » en ne tenant pas compte des autres facteurs dans le conflit. Mais l’abstention se justifie, selon elle, par la continuité de la position américaine, d’un président à l’autre, républicain ou démocrate, depuis des décennies : elle se résume par une condamnation de la colonisation et un soutien à une solution à deux Etats. En 2011, l’administration Obama avait ainsi opposé son veto à une résolution condamnant la colonisation, dont la formulation avait été jugée trop déséquilibrée. (…) Dans un tweet, Donald Trump a assuré vendredi soir que « les choses seront différentes après le 20 janvier ». Mais la résolution, elle, ne pourra être défaite. La seconde conférence pour la paix au Proche-Orient, que la France compte organiser le 15 janvier à Paris, après une première rencontre en juin, devrait se tenir dans une ambiance plus tendue que prévue. Le Monde
Pour la première fois en huit ans, l’ambassadeur américain à l’ONU s’est abstenu de bloquer une résolution du Conseil de sécurité sur le conflit israélo-palestinien, permettant à l’organe décisionnel de l’ONU d’adopter par quatorze voix à zéro un texte appelant Israël à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est », qui « met en péril la viabilité de la solution à deux États », non sans rappeler son caractère illégal en vertu du droit international. La résolution s’en prend également au camp palestinien en condamnant « tout acte de violence contre des civils, incluant les actes de terreur, aussi bien que les actes de provocation, d’incitation (à la haine) et de destruction ». (…) Il n’empêche, pour la première fois de son histoire, l’administration Obama n’a pas opposé son veto à une résolution mettant en cause Israël, son plus grand allié au Moyen-Orient. En 2011, Washington avait déjà empêché l’adoption d’une résolution similaire au Conseil de sécurité, arguant que l’adoption de ce texte pouvait donner un prétexte aux Israéliens et aux Palestiniens pour ne pas s’engager dans des négociations sérieuses. (…) Côté israélien, on estime que la colonisation n’est pas un vrai problème et que, si les gros blocs de colonies autour de Jérusalem-Est ne sont pas voués à être démantelés, d’autres en Cisjordanie pourraient faire l’objet d’échanges de territoire dans le cadre de négociations bilatérales avec les Palestiniens. (…) Depuis l’échec de l’initiative américaine en avril 2014, la relation entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu, déjà notoirement mauvaise, n’a fait que se dégrader. Au-delà du fiasco des pourparlers israélo-palestiniens, c’est surtout la volonté déclarée du Premier ministre israélien de torpiller les négociations sur le nucléaire iranien qui a irrité Barack Obama. En effet, le chef du gouvernement israélien est allé jusqu’à se faire inviter en mars 2015 au Congrès, dans le dos du président américain, pour fustiger cette initiative. Un geste sans précédent dans l’histoire des États-Unis, qui avait passablement heurté la Maison-Blanche. Si Barack Obama a tout de même réussi à conclure un accord historique avec l’Iran, il n’a pu que constater son échec sur l’épineux conflit israélo-palestinien. Dès lors, il se murmurait depuis plusieurs mois dans les couloirs de l’ONU que le président américain, libéré de toute contrainte électorale, pourrait consentir à un dernier « geste » à la fin de son mandat, pour débloquer cet inextricable dossier, qui plus est après la défaite de la démocrate Hillary Clinton au profit du républicain Donald Trump, défenseur inconditionnel de l’État hébreu. Pressentant le revirement américain à venir, Benjamin Netanyahu a de nouveau rompu avec les usages en appelant à l’aide le milliardaire américain avec lequel il entretient une très bonne relation. Si le président élu n’est toujours pas aux manettes, il a pourtant réussi à convaincre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de reporter jeudi un premier projet de résolution condamnant la colonisation israélienne. Or, un texte similaire a été présenté dès le lendemain à la demande de la Nouvelle-Zélande, de la Malaisie, du Sénégal et du Venezuela. (…) Si l’effet symbolique de ce revirement américain est considérable, et que l’isolement d’Israël aux Nations unies est croissant, il n’en reste pas moins vrai que cette résolution ne changera rien à court terme à la situation sur le terrain. « La résolution a été adoptée sous le chapitre 6 de la charte de l’ONU, ce qui signifie qu’elle est non contraignante et ne constitue qu’une déclaration publique d’intention ainsi qu’une recommandation », analyse Barak Ravid, correspondant diplomatique du quotidien israélien Haaretz. « Il s’agit d’un message diplomatique à Israël qui résume le consensus international sur la question des colonies. » Un texte gravé dans le marbre du Conseil de sécurité de l’ONU qui risque de contrarier la position israélienne, hostile aux frontières internationalement reconnues de 1967 (avant le début de la colonisation), dans le cadre de futures négociations avec les Palestiniens. Toutefois, Benjamin Netanyahu n’a pas dit son dernier mot, et a déjà les yeux fixés sur le 20 janvier prochain, date de l’entrée en fonction de Donald Trump, qui ne fait pas mystère de ses positions pro-israéliennes (il s’est déjà prononcé en faveur de la colonisation et pourrait établir l’ambassadeur américain à Jérusalem, et non plus Tel-Aviv, NDLR). Dans un tweet ravageur, le président élu a d’ores et déjà annoncé la couleur : « Quant à l’ONU, les choses seront différentes à partir du 20 janvier 2017. » Le Point
The applause in the Security Council room Friday was directed at Samantha Power, the American ambassador who declined to veto an anti-Israeli resolution, an act of diplomatic warfare against the Jewish state. The three-page text, now part of international law, can hurt all Israeli citizens and institutions. It will also likely harm any hope of renewal of peace talks between Israeli and Palestinians. And America’s loss of global leadership — don’t even get me started. Consider: Egypt, the Arab member of the Security Council, circulated the resolution’s draft Wednesday night. Then President-elect Donald Trump issued a statement calling on the US to veto it. Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu spoke with Trump and with Egyptian President Abdel Fattah al-Sisi. Sisi called Trump, who leaned on him to withdraw the resolution. Sisi agreed. (…) For months, as the Palestinian-initiated resolution was brewing, America declined to reveal intentions, leaving UN diplomats wondering what it would do. But when Egypt withdrew from presenting the resolution on Thursday, Obama’s lieutenants finally got busy, leaking anonymously that they were going to let the resolution pass. That signaled others to revive the resolution. Sure enough, Malaysia, Senegal, New Zealand and Venezuela brought the text up for a Friday vote. Caracas’s UN ambassador, Rafael Ramirez, who lives high on the hog in New York while Venezuelans can’t get food or medicine and while crime ravages their streets, lectured Israel on all the injustice it inflicts on Palestinians. (…) But why did the United States merely allow the UN resolution to pass? Maybe Obama thinks Israeli settlements are the key impediment to peace — so much so that it’s worth straying from the long US tradition of shielding the Jewish state from the ire of obsessed dictators at the United Nations, and going against the express wishes of his elected successor. But if so, shouldn’t American diplomats then write the resolution, rather than hide behind the backs of Palestine, which isn’t even a UN member, rather than ally with Venezuela? Instead, Obama passed the baton of handling Israeli-Palestinian relations to Turtle Bay. And there, the wolves gladly picked it up. Under the resolution, a young Israeli renting an apartment in Maale Edomim, a Jewish suburb of Jerusalem, may be tried at The Hague for “flagrant violation of international law.” If the mayor of Jerusalem decides to repaint a wall in the historic Old City’s Jewish Quarter, he can be hauled to court for refusing to “completely cease all settlement activity.” And, oh, the resolution mandates a UN report on its implementation every three months until eternity — assuring lasting harm. Sen. Lindsey Graham (R-NC) said on Friday he would launch a drive to slash US funding for the United Nations as result of this resolution. At the same time, members of the Security Council, who have long awaited an American president who would join their gang-up on Israel, applauded Power. NYP
It turned out that nothing could prevent President Obama from firing one last shot at Israel. Despite the pleas of the Israeli government and the warning from his successor that failing to veto a biased UN resolution on the Middle East conflict would be deeply unfair and soon repudiated, the administration broke with decades of U.S. policy, abstained from voting on a resolution that condemns Israeli settlements, and abandoned the Jewish state to its enemies at the United Nations Security Council. Today’s resolution brands the Jewish presence in any part of the West Bank or in parts of Jerusalem that were occupied by Jordan from 1949 to 1967 as illegal. And it makes the hundreds of thousands of Jews who live in those parts of the ancient Jewish homeland international outlaws. The excuse given by the U.S. was that increased building in the territories and Jerusalem is endangering the chances of a two-state solution. But, as I noted yesterday when the vote on the resolution was postponed, this is a canard. The reason why a two-state solution has not been implemented to date is because the Palestinians have repeatedly refused offers of statehood even when such offers would put them in possession of almost all of the West Bank and a share of Jerusalem. The building of more homes in places even Obama admitted that Israel would keep in the event of a peace treaty is no obstacle to peace if the Palestinians wanted a state. Rather than encourage peace, this vote will merely encourage more Palestinian intransigence and their continued refusal to negotiate directly with Israel. It will also accelerate support for efforts to wage economic war on Israel via the BDS movement. This lame duck stab in the back of America’s only democratic ally in the Middle East should only further encourage President-elect Donald Trump to make good on his promise to move the U.S. embassy to Israel from Tel Aviv to Jerusalem and let the world know that the new administration not only repudiates his predecessor’s betrayal but that the alliance is as strong as ever. (…) this is a moment for Democratic friends of Israel to apologize for eight years of excusing and rationalizing Obama’s growing hostility to the Jewish state. Though some will disingenuously argue that the president is trying to save Israel from itself, today’s vote must be seen for what it is. Freed of political constraints, the president finally showed his true colors by throwing Israel to the wolves at a United Nations where anti-Semitism and anti-Israel bias is integral to the culture of the world body. Jonathan S. Tobin
The Egyptian decision to withdraw the one-sided anti-Israel Security Council resolution should not mask the sad reality that it is the Obama administration that has been pushing for the resolution to be enacted. The United States was trying to hide its active ‘behind the scenes’ role by preparing to abstain rather than voting for the resolution. But in the context of the Security Council where only an American veto can prevent anti-Israel resolutions from automatically passing, an abstention is a vote for the resolution. And because of this automatic majority, an anti-Israel resolution like this one cannot be reversed by a future American president. A veto once cast cannot be cast retroactively. The effect, therefore of the Obama decision to push for, and abstain from, a vote on this resolution is to deliberately tie the hands of President Obama’s successors, most particularly President elect Trump. That is why Trump did the right thing in reaction to Obama’s provocation. Had the lame duck president not tried to tie the incoming president’s hands, Trump would not have intervened at this time. But if he had not urged the Egyptians to withdraw the resolution, he would have made it far more difficult for himself to try to bring about a negotiated resolution to the Israeli-Palestinian conflict. The reason for this is that a Security Council resolution declaring the 1967 border to be sacrosanct and any building behind those boarders to be illegal would make it impossible for Palestinian leaders to accept less in a negotiation. Moreover, the passage of such a resolution would disincentivize the Palestinians from accepting Israel Prime Minister Netanyahu’s invitation to sit down and negotiate with no preconditions. Any such negotiations would require painful sacrifices on both sides if a resolution were to be reached. And a Security Council resolution siding with the Palestinians would give the Palestinians the false hope that they could get a state through the United Nations without having to make painful sacrifices. President Obama’s lame duck attempt to tie the hands of his successor is both counterproductive to peace and undemocratic in nature. The lame duck period of an outgoing president is a time when our system of checks and balances is effectively suspended. The outgoing president does not have to listen to Congress or the people. He can selfishly try to burnish his personal legacy at the expense of our national and international interests. He can try to even personal scores and act on pique. That is what seems to be happening here. Congress does not support this resolution; the American people do not support this resolution; no Israeli leader – from the left, to the center, to the right – supports this resolution. Even some members of Obama’s own administration do not support this resolution. But Obama is determined – after 8 years of frustration and failure in bringing together the Israelis and Palestinians – to leave his mark on the mid-East peace process. But if he manages to push this resolution through, his mark may well be the end of any realistic prospect for a negotiated peace. One would think that Obama would have learned from his past mistakes in the mid-East. He has alienated the Saudis, the Egyptians, the Jordanians, the Emirates and other allies by his actions and inactions with regard to Iran, Syria, Egypt and Iraq. Everything he has touched has turned to sand. Now, in his waning days, he wants to make trouble for his successor. (…) As predicted, the United States allowed the anti-Israel resolution to be approved by the United Nations Security Council. Votes in favor were cast by Russia, which has occupied Kornengsberg since 1945, after capturing that ancient German city, ethnically cleansing its population and bringing in hundreds of thousands of Russian settlers; China, which has occupied Tibet and brought in thousands of Chinese settlers; France who occupied and settled Algeria for many years; Great Britain which has occupied and colonized a significant portion of the globe; and assorted other countries, several of which have horrendous human rights records. Israel on the other hand, offered to end the occupation and settlements in 2000-2001 and again in 2008 only to be rebuffed by the Palestinian leadership. But Israel is the only country to have been condemned by the Security Council for an occupation and settlement. This hypocrisy is typical of the United Nations as even our representative acknowledged when she explained why the United States abstained. Now peace will be more difficult to achieve, as the Palestinians become further convinced that they do not have to accept Netanyahu’s offer to negotiate without preconditions. Thank you, President Obama for completing your 8 years of failed foreign policy with a final blow against, peace, stability and decency. Congress can ameliorate the impact of this destructive resolution by enacting a statute declaring that the resolution does not represent the United States’ policy, which is that peace will not come through the United Nations but only by direct negations between the parties. The law should also prohibit any United States funds to be spent directly or indirectly in support of this Security Council resolution. I suspect that the incoming president will be willing to sign such a law. Alan M. Dershovitz
Une résolution réclamant l’arrêt de la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens a été adoptée aujourd’hui par le Conseil de sécurité de l’ONU après la décision des Etats-Unis de ne pas utiliser leur droit de veto. Dans un renversement de leur position habituelle sur ce dossier, les Etats-Unis se sont abstenus. Les 14 autres membres du Conseil de sécurité ont eux voté en faveur du texte. (….) Le vote, qui a été accueilli par des applaudissements, avait été réclamé par la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela. Ces quatre pays se sont impliqués après la volte-face du Caire qui avait proposé mercredi soir cette résolution rédigée par les Palestiniens et présentée au nom du groupe arabe à l’ONU. Mais l’Egypte avait demandé jeudi le report du vote initial, après une intervention du président élu américain Donald Trump auprès du président Abdel Fattah al-Sissi. (…) C’est en 2009, concernant un appel à un cessez-le-feu à Gaza, que les Etats-Unis se sont abstenus pour la dernière fois lors d’un vote au Conseil de sécurité quel qu’en soit le thème. En 2011, ils avaient opposé leur veto à une résolution similaire au projet égyptien. Mais cinq ans plus tard, la position de l’administration de Barack Obama, qui entretient des relations notoirement exécrables avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, faisait l’objet de nombreuses spéculations. Il est finalement apparu clair aux Israéliens qu’à quelques jours de céder le pouvoir à Donald Trump –dont l’une des promesses de campagne est de reconnaître Jérusalem comme « capitale indivisible » d’Israël–, l’équipe Obama n’avait pas l’intention de faire usage de son droit de veto. « Quand ils ont eu connaissance du fait que (l’administration américaine actuelle) ne mettrait pas son veto à cette résolution, des responsables israéliens ont pris contact avec des membres de l’équipe de transition de M. Trump pour demander l’aide du président élu », a affirmé vendredi à l’AFP un responsable israélien sous couvert d’anonymat. Donald Trump qui avait très vite plaidé pour un veto américain dans une rare prise de position pour un président élu, a alors appelé le président Sissi, selon un communiqué de la présidence égyptienne. « Les deux dirigeants se sont mis d’accord sur l’importance de donner à la nouvelle administration américaine (que dirigera M. Trump à partir du 20 janvier) une chance de gérer tous les aspects de la cause palestinienne pour arriver à un accord complet » sur le dossier, d’après ce communiqué. « Concernant l’ONU, les choses seront différentes après le 20 janvier », a réagi le magnat de l’immobilier sur Twitter. Le retournement du président égyptien a surpris mais il fait suite à de nombreuses preuves d’admiration pour M. Trump. Cet ancien officier de l’armée avait renversé son prédécesseur islamiste en 2013, un acte condamné par M. Obama. Un haut responsable israélien a aussi accusé vendredi Barack Obama et son secrétaire d’Etat John Kerry d’être à l’origine du projet de résolution égyptien. « L’administration américaine a secrètement concocté avec les Palestiniens une résolution anti-israélienne radicale, derrière le dos d’Israël, qui encouragerait le terrorisme et les boycotts », a-t-il déclaré à l’AFP sous couvert d’anonymat. Le Figaro
The Jerusalem Declaration of UNESCO seeks to Islamize, with the help of many governments in Europe and other Christian countries, the ancient history of the people of Israel. But what does this declaration mean for Europe and Christianity? Wasn’t Christianity born out of Israel? Wasn’t Jesus a Judean Jew, as were the apostles and evangelists? Or was it Islam that Jesus was preaching, in Arabic and in the mosques? (…) Where are the great Catholic or Protestant voices to protest against this Islamization of Christianity? This passivity, this indifference makes you think that Europe will soon look more like Lebanon. (…) European countries recognize terrorism everywhere except in Israel, where they themselves are allies of these terrorists whom they call « freedom fighters » or « militants », against « occupation ». (…) This alliance has ruined Europe — because the enemies of Israel are also enemies of Christianity and of Europe. How can you ally yourself with those who want to destroy you, without in fact dying yourself? (…) The same obsessive hatred Hitler had for Israel, which led to the ruin of Europe, has persisted today in the European Union against the Jewish State. The great irony is that in trying to destroy Israel, Europe has destroyed itself. Bat Ye’or
Honte à l’Administration Obama ! Honte à la Nouvelle-Zélande ! Honte à la Grande-Bretagne ! Honte à la France ! Honte à l’Espagne !
A l’heure où, rare coïncidence du calendrier, juifs et chrétiens s’apprêtent à fêter le même jour leur première bougie de Hanoukka pour les uns et leur veille de Noël pour les autres …
Sous, signe des temps et israélisation oblige, haute protection militaire jusque dans leurs propres églises et synagogues …
Comment ne pas voir …
Après l’infâme condamnation de son seul mouvement national il y a 41 ans (abrogée 16 ans plus tard) puis le vil lâchage d’un autre canard boiteux américain il y a 36 ans ou tout récemment l’islamisation de ses lieux saints et à present leur déligitimation juridique …
Mettant à profit avec une suspecte unanimité le dernier mois à la Maison Blanche d’un nouveau Carter qui, à l’instar de son Hussein de deuxième prénom, révèle enfin ses vraies couleurs …
Contre l’avis même du successeur que vient de se choisir le peuple américain et du premier pays initiateur de cette énième résolution de haine onusienne …
Et sous couvert du fameux « cinq minutes pour les juifs, cinq minutes pour Hitler » qu’avait dénoncé en son temps le cinéaste franco-suisse et par ailleurs antisémite notoire Jean-Luc Godard …
La confirmation de ce que l’historienne Bat ye’or qualifie de « haine compassionnelle » de l’Europe contre Israël ?
La haine compassionnée de l’Europe contre Israël
Bat Ye’or
4 janvier 2017
Traduction du texte original: Europe’s Compassionate Hatred of Israel
La résolution de l’UNESCO sur Jérusalem cherche, avec le soutien de nombreux gouvernements d’Europe et d’autres pays chrétiens, à islamiser l’histoire ancienne du peuple d’Israël.
- Mais qu’implique donc cette résolution pour l’Europe et le christianisme ? Le christianisme ne serait-il pas né d’Israël ? Jésus aurait-il cessé d’être un juif de Judée, comme les apôtres et les évangélistes? A moins que Jésus n’ait prêché l’islam, en arabe et dans les mosquées?
- Les grandes voix catholiques ou protestantes se sont-elles fait entendre contre cette islamisation du christianisme ? Cette passivité, cette indifférence laissent penser que l’Europe va bientôt ressembler au Liban.
- Les pays européens reconnaissent le terrorisme partout dans le monde, sauf en Israël, où ils sont alliés à ces mêmes terroristes qu’ils nomment « combattants de la liberté » ou « militants » contre « l’occupation ».
- Cette alliance a ruiné l’Europe – parce que les ennemis d’Israël sont aussi les ennemis du christianisme et de l’Europe. Comment peut-on s’allier avec ceux qui veulent vous détruire, sans s’éliminer soi-même ?
- La haine obsessionnelle d’Hitler contre Israël a fini par ruiner l’Europe. Cette haine a persisté à travers l’Union européenne contre l’Etat juif. La grande ironie est qu’en essayant de détruire Israël, l’Europe s’est elle-même détruite.
Voici venu l’avènement du califat mondial. Ce qui signifie que la vision musulmane de l’histoire s’est imposée au sein des organisations internationales. La résolution de l’UNESCO sur Jérusalem, ce palais du révisionnisme, en est le meilleur exemple. Cette résolution sur Jérusalem a entrepris, avec l’aide de nombreux gouvernements d’Europe et d’autres pays chrétiens, d’islamiser l’histoire ancienne du peuple d’Israël.
La Déclaration de Venise de la Communauté européenne en 1980, a tenté de forcer Israël à survivre dans un territoire indéfendable et prédisait déjà sa disparition et son remplacement par un peuple dont l’existence ne s’est pas manifesté avant 1969 – et tout cela avec l’aide de l’Union soviétique mais aussi et surtout de la France. L’islamisation de Jérusalem et la délégitimation de l’Etat d’Israël étaient déjà énoncées dans cette Déclaration de Venise que l’Union européenne, à ce jour, continue de considérer comme valide.
La Déclaration de Venise de 1980 était le cadeau fait par l’Union européenne à la Ligue arabe pour rétablir de saines relations économiques avec des pays arabes très courroucés du traité de paix signé entre Israël et l’Egypte en 1979, une paix que l’Europe n’a pas été en mesure de prévenir. Les lieux saints juifs et la survie de l’Etat juif ont ainsi été sacrifiés par la Communauté européenne sur l’autel des pétrodollars.
Depuis, l’Union européenne a certes exprimé des remords quant à l’Holocauste, de l’amour et de la compassion pour Israël, mais elle a continué de soutenir, financer et encourager une population qui s’est donné pour but la destruction d’Israël, comme le proclame une doctrine très familière à cette même Europe. Les pays européens dépensent des milliards pour promouvoir avec zèle une campagne mondiale de haine palestinienne contre l’Etat d’Israël. Ils reconnaissent le terrorisme partout dans le monde, sauf en Israël, où ils sont alliés à ces terroristes qu’ils appellent des « combattants de la liberté » ou des « militants » contre « l’occupation ». La soi-disant « occupation juive » de la Judée et de la Samarie se réfère à la terre qui a été conquise par la guerre contre la Jordanie qui l’occupait en 1949-1967, et ou les juifs palestiniens ont été tués et dans le meilleur des cas, dépossédés et expulsés.
Cette politique dont la France est le héraut ne vous rappelle-t-elle rien? Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Pétain, Hitler et les fascistes alliés au Mufti de Jérusalem, chef des Frères musulmans de Palestine, ont cherché à exterminer le peuple juif, qu’ils accusaient d’être la cause du mal. Aujourd’hui, cette même politique, cette même alliance, s’est fixé le même objectif avec la même motivation : Israël serait selon eux, la cause des guerres qui ravagent le Moyen-Orient et pour cette raison, doit être rayé de la carte. Les Hommes des années 1940 ont disparu, mais leurs héritiers poursuivent la même politique, toute recouverte de compassion et d’amour, dans le but de conduire Israël au suicide « pour son propre bien ». Bien sûr !
| Au cours de la Seconde Guerre mondiale, Pétain, Hitler et les fascistes alliés au Mufti de Jérusalem, chef des Frères musulmans en Palestine, ont cherché à exterminer le peuple juif, qu’ils accusaient d’être la cause du mal. Aujourd’hui, cette même politique, cette même alliance, s’est fixé le même objectif avec la même motivation: Israël doit être effacé. |
Maintenant, avec la déclaration de l’UNESCO, nous assistons à la suppression de l’histoire du peuple israélien – l ‘ « Holocauste de la mémoire », comme dit Giulio Meotti – auquel s’est joint l’UE.
Mais cette déclaration de l’UNESCO n’a-t-elle aucune signification pour l’Europe et le christianisme? Le christianisme n’a-t-il pas émergé d’Israël ? Les peintures, sculptures et vitraux de nos églises ne narrent-ils pas l’histoire du peuple d’Israël ? Et n’est-ce pas la Bible, ce sanctuaire historique du peuple d’Israël depuis plus de deux millénaires, qui est laissé ouvert sur les chaires de ces mêmes églises? Personne ne l’aurait lue ? Ni commentée depuis vingt siècles? Et Jésus, aurait-il cessé d’être un juif de Judée, comme les apôtres et les évangélistes?
A moins que Jésus n’ait prêché l’islam, en arabe et dans les mosquées.
Si l’histoire d’Israël n’est pas liée à celle de la Judée, alors le christianisme et la Bible ne sont que des mensonges. Et tous ces textes anciens qui attestent de l’existence d’Israël depuis les pharaons, l’Assyrie, les Grecs, les Romains… seraient-ils des mensonges aussi ? Et cette Menora qui orne l’Arche que Titus à ramené à Rome, proviendrait-elle d’une mosquée? Il n’y avait pas de mosquées alentour à l’époque – pas même en Arabie.
La résolution de l’UNESCO ne nous force pas seulement à accepter la destruction de notre identité et de notre culture, ainsi que le remplacement du christianisme – une greffe d’Israël – par la foi musulmane ; elle détruit également un principe sous-jacent de la civilisation occidentale : la raison, qui fait que l’homme s’élève au-dessus des animaux. En défendant le principe historique de sa légitimité, Israël protège également au plan théologique la légitimité du christianisme, également lié à la Bible.
Mais si cette résolution de l’Unesco est mensongère, alors la souveraineté de l’Etat juif sur Jérusalem est légale. Et si elle est légale, pourquoi n’entend-on pas les protestations des défenseurs des droits de l’homme ? Combien le monde compte-t-il de chrétiens ? Deux milliards et demi ? Combien ont protesté ? Un million ? Une centaine de millier ? Dix mille ? Cinquante ? Et où sont les grandes voix catholiques et protestantes qui ont protesté contre cette islamisation du christianisme ? Cette passivité, cette indifférence, incitent à croire que l’Europe ressemblera bientôt au Liban.
Cette résolution de l’UNESCO à laquelle l’Europe n’a rien objecté – à l’exception de quatre pays, dont l’abstention n’a été en rien une protestation, mais un acte de lâcheté – est la charte même de l’islamisation de l’Europe et du christianisme. Elle détaille une politique qui, à partir de 1973, concorde avec l’immigration de masse et ses conséquences ; c’est à cette date en effet que la Communauté européenne a décidé de s’allier avec l’ennemi d’Israël, l’OLP. C’est cette politique d’alliance avec les ennemis d’Israël qui a conduit à l’abandon des chrétiens libanais quand ils ont été attaqués par ces Palestiniens que l’Europe soutenait. C’est cette politique qui a conduit au déni de l’histoire du djihad, à la dhimmitude et à la tragédie des chrétiens, otages du monde arabe – et il ne pouvait en être autrement dans la mesure où les Palestiniens incarnent les valeurs du djihad et de la dhimmitude contre les juifs, les chrétiens et l’Europe.
L’alliance de l’Europe avec les ennemis d’Israël, dans le but de délégitimer et de détruire Israël, est la poursuite des politiques d’Hitler et Pétain; mais comment pouvez-vous détruire Israël sans détruire le christianisme ? Qu’est-ce que le christianisme sans la Bible, les prophètes, un Jésus juif, et les valeurs universelles dont ils sont porteurs ? Cette alliance a ruiné l’Europe – parce que les ennemis d’Israël sont aussi des ennemis du christianisme et de l’Europe. Comment peut-on s’allier avec ceux qui veulent vous détruire, sans s’éliminer soi-même ?
La haine obsessionnelle d’Hitler pour Israël a fini par ruiner l’Europe. Cette haine a persisté aujourd’hui dans l’Union européenne contre l’Etat juif. La grande ironie est qu’en essayant de détruire Israël, l’Europe s’est détruite elle-même.
Les peuples d’Europe ne retrouveront leur liberté et leur l’identité qu’en se dégageant de cette alliance euro-arabe qui les unit dans un schéma génocidaire contre Israël et l’Occident, schéma au sein duquel ils sont tout à la fois protagonistes et victimes. Alors, et alors seulement, ils seront en mesure d’aider ces musulmans qui luttent courageusement pour libérer leurs frères de la haine qui défigure le visage humain – la haine djihadiste – et les persuader d’accepter la diversité humaine. Nous avons négligé ces musulmans. Ils se battent seuls pour eux et pour nous. Il est impératif de les aider.
Bat Ye’or est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la dhimmitude, dont Eurabia: L’axe euro-arabe. Son prochain livre, Comprendre Eurabia, sera publié par Gatestone Institut et RVP Publishers en 2017.
Voir aussi:
Obama’s Betrayal
Jonathan S. Tobin
Commentary
Dec. 23, 2016
It turned out that nothing could prevent President Obama from firing one last shot at Israel. Despite the pleas of the Israeli government and the warning from his successor that failing to veto a biased UN resolution on the Middle East conflict would be deeply unfair and soon repudiated, the administration broke with decades of U.S. policy, abstained from voting on a resolution that condemns Israeli settlements, and abandoned the Jewish state to its enemies at the United Nations Security Council.
Today’s resolution brands the Jewish presence in any part of the West Bank or in parts of Jerusalem that were occupied by Jordan from 1949 to 1967 as illegal. And it makes the hundreds of thousands of Jews who live in those parts of the ancient Jewish homeland international outlaws. The excuse given by the U.S. was that increased building in the territories and Jerusalem is endangering the chances of a two-state solution. But, as I noted yesterday when the vote on the resolution was postponed, this is a canard. The reason why a two-state solution has not been implemented to date is because the Palestinians have repeatedly refused offers of statehood even when such offers would put them in possession of almost all of the West Bank and a share of Jerusalem. The building of more homes in places even Obama admitted that Israel would keep in the event of a peace treaty is no obstacle to peace if the Palestinians wanted a state. Rather than encourage peace, this vote will merely encourage more Palestinian intransigence and their continued refusal to negotiate directly with Israel. It will also accelerate support for efforts to wage economic war on Israel via the BDS movement.
This lame duck stab in the back of America’s only democratic ally in the Middle East should only further encourage President-elect Donald Trump to make good on his promise to move the U.S. embassy to Israel from Tel Aviv to Jerusalem and let the world know that the new administration not only repudiates his predecessor’s betrayal but that the alliance is as strong as ever.
That will have to wait until January 20th and Obama’s exit from the White House. In the meantime, this is a moment for Democratic friends of Israel to apologize for eight years of excusing and rationalizing Obama’s growing hostility to the Jewish state. Though some will disingenuously argue that the president is trying to save Israel from itself, today’s vote must be seen for what it is. Freed of political constraints, the president finally showed his true colors by throwing Israel to the wolves at a United Nations where anti-Semitism and anti-Israel bias is integral to the culture of the world body.
This is a moment when those who have been in denial about the harm the president has done to the U.S.-Israel alliance should admit their mistake. But for the pro-Israel community as a whole, a bipartisan coalition of Republicans and Democrats, conservatives and liberals, this is a moment of anger that will hopefully be followed by a determination to work with the next president to repair the grave damage Obama has caused.
Voir également:
Obama’s betrayal of Israel is an act of diplomatic war
Benny Avni
The NY Post
December 24, 2016
The applause in the Security Council room Friday was directed at Samantha Power, the American ambassador who declined to veto an anti-Israeli resolution, an act of diplomatic warfare against the Jewish state.
The three-page text, now part of international law, can hurt all Israeli citizens and institutions. It will also likely harm any hope of renewal of peace talks between Israeli and Palestinians.
And America’s loss of global leadership — don’t even get me started.
Consider: Egypt, the Arab member of the Security Council, circulated the resolution’s draft Wednesday night. Then President-elect Donald Trump issued a statement calling on the US to veto it. Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu spoke with Trump and with Egyptian President Abdel Fattah al-Sisi. Sisi called Trump, who leaned on him to withdraw the resolution. Sisi agreed.
The Egyptian leader looks forward to renewed relations with Washington, which have been icy. He evidently values strategic relations with Israel more than his fraught ties with Palestinian leaders. He also cares more about Trump than the outgoing president.
Meanwhile, during all this frantic activity, President Obama watched from Hawaii, where he’s on an end-of-year vacation.
For months, as the Palestinian-initiated resolution was brewing, America declined to reveal intentions, leaving UN diplomats wondering what it would do. But when Egypt withdrew from presenting the resolution on Thursday, Obama’s lieutenants finally got busy, leaking anonymously that they were going to let the resolution pass.
That signaled others to revive the resolution. Sure enough, Malaysia, Senegal, New Zealand and Venezuela brought the text up for a Friday vote.
Caracas’s UN ambassador, Rafael Ramirez, who lives high on the hog in New York while Venezuelans can’t get food or medicine and while crime ravages their streets, lectured Israel on all the injustice it inflicts on Palestinians.
Such macabre performances can lead someone to conclude that it’s “unwise for [the UN Security] Council to attempt to resolve the core issues that divide Israelis and Palestinians.”
That was the opinion expressed by Susan Rice, now Obama’s national security adviser, when, as UN ambassador, she vetoed a September 2011 resolution similar to the one her successor allowed to pass Friday.
But why did the United States merely allow the UN resolution to pass?
Maybe Obama thinks Israeli settlements are the key impediment to peace — so much so that it’s worth straying from the long US tradition of shielding the Jewish state from the ire of obsessed dictators at the United Nations, and going against the express wishes of his elected successor.
But if so, shouldn’t American diplomats then write the resolution, rather than hide behind the backs of Palestine, which isn’t even a UN member, rather than ally with Venezuela?
Instead, Obama passed the baton of handling Israeli-Palestinian relations to Turtle Bay. And there, the wolves gladly picked it up.
Under the resolution, a young Israeli renting an apartment in Maale Edomim, a Jewish suburb of Jerusalem, may be tried at The Hague for “flagrant violation of international law.”
If the mayor of Jerusalem decides to repaint a wall in the historic Old City’s Jewish Quarter, he can be hauled to court for refusing to “completely cease all settlement activity.”
And, oh, the resolution mandates a UN report on its implementation every three months until eternity — assuring lasting harm.
Sen. Lindsey Graham (R-NC) said on Friday he would launch a drive to slash US funding for the United Nations as result of this resolution. At the same time, members of the Security Council, who have long awaited an American president who would join their gang-up on Israel, applauded Power.
“As to the UN, things will be different after Jan. 20th,” Trump tweeted from Mar-a-Lago.
They can’t be much worse.
Voir également:
Trump was Right to Try to Stop Obama from Tying his Hands on Israel
Alan M. Dershovitz
Gatestone intitute
December 23, 2016
The Egyptian decision to withdraw the one-sided anti-Israel Security Council resolution should not mask the sad reality that it is the Obama administration that has been pushing for the resolution to be enacted. The United States was trying to hide its active ‘behind the scenes’ roll by preparing to abstain rather than voting for the resolution. But in the context of the Security Council where only an American veto can prevent anti-Israel resolutions from automatically passing, an abstention is a vote for the resolution. And because of this automatic majority, an anti-Israel resolution like this one cannot be reversed by a future American president. A veto once cast cannot be cast retroactively.
The effect, therefore of the Obama decision to push for, and abstain from, a vote on this resolution is to deliberately tie the hands of President Obama’s successors, most particularly President elect Trump. That is why Trump did the right thing in reaction to Obama’s provocation. Had the lame duck president not tried to tie the incoming president’s hands, Trump would not have intervened at this time. But if he had not urged the Egyptians to withdraw the resolution, he would have made it far more difficult for himself to try to bring about a negotiated resolution to the Israeli-Palestinian conflict.
The reason for this is that a Security Council resolution declaring the 1967 border to be sacrosanct and any building behind those boarders to be illegal would make it impossible for Palestinian leaders to accept less in a negotiation. Moreover, the passage of such a resolution would disincentivize the Palestinians from accepting Israel Prime Minister Netanyahu’s invitation to sit down and negotiate with no preconditions. Any such negotiations would require painful sacrifices on both sides if a resolution were to be reached. And a Security Council resolution siding with the Palestinians would give the Palestinians the false hope that they could get a state through the United Nations without having to make painful sacrifices.
President Obama’s lame duck attempt to tie the hands of his successor is both counterproductive to peace and undemocratic in nature. The lame duck period of an outgoing president is a time when our system of checks and balances is effectively suspended. The outgoing president does not have to listen to Congress or the people. He can selfishly try to burnish his personal legacy at the expense of our national and international interests. He can try to even personal scores and act on pique. That is what seems to be happening here. Congress does not support this resolution; the American people do not support this resolution; no Israeli leader – from the left, to the center, to the right – supports this resolution. Even some members of Obama’s own administration do not support this resolution. But Obama is determined – after 8 years of frustration and failure in bringing together the Israelis and Palestinians – to leave his mark on the mid-East peace process. But if he manages to push this resolution through, his mark may well be the end of any realistic prospect for a negotiated peace.
One would think that Obama would have learned from his past mistakes in the mid-East. He has alienated the Saudis, the Egyptians, the Jordanians, the Emirates and other allies by his actions and inactions with regard to Iran, Syria, Egypt and Iraq. Everything he has touched has turned to sand.
Now, in his waning days, he wants to make trouble for his successor. He should be stopped in the name of peace, democracy and basic decency.
But it now appears that Obama will not be stopped. Four temporary Security Council members have decided to push the resolution to a vote now. It is difficult to believe that they would have done so without the implicit support of the United States. Stay tuned.
Addendum
As predicted, the United States allowed the anti-Israel resolution to be approved by the United Nations Security Council. Votes in favor were cast by Russia, which has occupied Kornengsberg since 1945, after capturing that ancient German city, ethnically cleansing its population and bringing in hundreds of thousands of Russian settlers; China, which has occupied Tibet and brought in thousands of Chinese settlers; France who occupied and settled Algeria for many years; Great Britain which has occupied and colonized a significant portion of the globe; and assorted other countries, several of which have horrendous human rights records.
Israel on the other hand, offered to end the occupation and settlements in 2000-2001 and again in 2008 only to be rebuffed by the Palestinian leadership. But Israel is the only country to have been condemned by the Security Council for an occupation and settlement. This hypocrisy is typical of the United Nations as even our representative acknowledged when she explained why the United States abstained.
Now peace will be more difficult to achieve, as the Palestinians become further convinced that they do not have to accept Netanyahu’s offer to negotiate without preconditions.
Thank you, President Obama for completing your 8 years of failed foreign policy with a final blow against, peace, stability and decency.
Congress can ameliorate the impact of this destructive resolution by enacting a statute declaring that the resolution does not represent the United States’ policy, which is that peace will not come through the United Nations but only by direct negations between the parties. The law should also prohibit any United States funds to be spent directly or indirectly in support of this Security Council resolution. I suspect that the incoming president will be willing to sign such a law.
Voir encore:
Joining the Jackals
The Washington Post
Vote à l’ONU sur la colonisation : l’ultime mise en garde d’Obama à Israël
Il faut remonter à 1980 pour trouver un avertissement aussi clair des Etats-Unis que l’abstention lors du vote sur la colonisation au Conseil de sécurité vendredi.
Gilles Paris (Washington, correspondant)
Le Monde
24.12.2016
« Les Etats-Unis n’acceptent pas la légitimité de la continuation de la colonisation [israélienne]. Ces constructions violent les accords précédents et sapent les efforts consentis pour parvenir à la paix. Il est temps que ces colonies cessent. »
Le président des Etats-Unis, Barack Obama, prononça ces paroles le 4 juin 2009 au Caire, lors d’un discours sur le Proche-Orient. On peut y trouver la justification de l’abstention spectaculaire de Washington qui a permis l’adoption, vendredi 23 décembre, d’une résolution onusienne condamnant des implantations jugées illégales au regard du droit international.
Cette abstention, qui sonne comme une mise en garde, pourrait constituer le legs du président démocrate s’agissant de la question israélo-palestinienne.
Pendant huit années, M. Obama s’est tenu à une position de principe découlant d’une analyse clinique de la situation. Israël ne peut pas à la fois se dire attaché à la solution des deux Etats, que le premier ministre Benyamin Nétanyahou avait faite sienne sous conditions dans le discours de Bar-Ilan prononcé également en juin 2009, et vider cet horizon diplomatique de substance en rendant impossible sur le terrain la création d’un Etat palestinien.
A peine arrivé au pouvoir, le président démocrate avait ainsi nommé comme envoyé spécial l’ancien sénateur George Mitchell. Ce dernier était à l’origine d’un rapport international fustigeant huit ans plus tôt, en 2001, l’effet de la colonisation dans la détérioration du processus de paix engagé en 1994 et qui avait conduit à la seconde intifada.
Espoirs déçus
Pendant son premier mandat, M. Obama avait également obtenu de haute lutte un gel temporaire et partiel de la colonisation – excluant les quartiers orientaux de Jérusalem – en espérant qu’il permette de réamorcer le dialogue entre le camp israélien et l’Autorité palestinienne. Comme pour les deux présidents américains précédents, ses espoirs avaient été déçus, forçant M. Obama à abandonner ce dossier.
L’échec n’avait pourtant pas dissuadé les Etats-Unis, totalement isolés, de mettre leur veto en février 2011 à un projet de résolution condamnant la colonisation. L’ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies, Susan Rice, l’avait alors justifié, assurant qu’il ne constituait pas une approbation de la colonisation, mais qu’il visait à retirer aux deux parties un prétexte pour ne pas s’engager dans des discussions substantielles. Le secrétaire d’Etat, John Kerry, nommé par M. Obama après sa réélection, en 2012, s’y était attelé sans relâche, sans plus de succès.
Quatre ans plus tard, l’administration sortante n’a donc pas fait mine de croire qu’un nouveau veto permettrait d’entretenir cet espoir. Samantha Power, l’actuelle ambassadrice auprès des Nations unies, n’a eu qu’à égrener quelques chiffres pour montrer que la colonisation avait crû à un rythme accéléré depuis le veto de 2011.
Elle a progressé y compris dans la partie située à l’est de la « clôture de sécurité » érigée par Israël dans les territoires conquis en 1967, donc au-delà des « blocs » de colonies qui seraient annexés dans le cadre d’un accord de paix global.
Le projet de deux Etats est menacé
Il faut remonter à 1980 pour trouver un précédent. Le vote positif de l’administration Carter sur la résolution 465, condamnant la colonisation, reposait cependant sur un argumentaire juridique. Les administrations successives avaient privilégié par la suite une lecture politique, assurant régulièrement qu’elle constituait seulement une complication inutile.
L’abstention du 23 décembre déplace d’un cran le curseur de cette appréciation. A la veille du départ de M. Obama de la Maison Blanche, l’administration américaine dit que la colonisation menace désormais directement le projet des deux Etats.
Dans une conférence téléphonique avec la presse, Ben Rhodes, le conseiller diplomatique de M. Obama, a rappelé que près de six cent mille Israéliens vivaient désormais en territoire palestinien, y compris dans la partie orientale de Jérusalem, soit cent mille de plus depuis l’arrivée au pouvoir de M. Obama.
Répondant aux critiques qui se sont abattues mécaniquement sur l’administration, y compris de la part d’élus démocrates, M. Rhodes a rappelé le vote de 2011 et son inefficacité. « Qu’est-ce qui pourrait nous prouver [qu’user de notre veto] ralentirait le rythme de la colonisation ? », s’est-il interrogé.
« Il n’y a qu’un seul président à la fois »
Sur son compte Twitter, le président élu Donald Trump a promis que « les choses ser[aie]nt différentes après le 20 janvier » et son arrivée à la Maison Blanche. Contre tous les usages, M. Trump avait tenté de tordre le bras de M. Obama en publiant, jeudi, un message l’invitant à user de son veto. « Il n’y a qu’un seul président à la fois. Le président Obama est le président des Etats-Unis jusqu’au 20 janvier », lui a laconiquement répondu vendredi M. Rhodes.
Le conseiller diplomatique a fait remarquer que M. Trump, en nommant comme ambassadeur en Israël un avocat opposé à la solution des deux Etats, a clairement montré quelles étaient ses intentions en la matière.
Lors de la convention d’investiture de Cleveland (Ohio), en juillet, le Parti républicain a tourné le dos pour la première à la solution des deux Etats, qui a longtemps fait l’objet d’un consensus entre démocrates et républicains.
Avant même l’élection de M. Trump, le Grand Old Party a donc rompu le fil qui reliait la reconnaissance en 1982 par Ronald Reagan de « droits légitimes » pour les Palestiniens à la conférence de Madrid organisée en 1991 par George W. H. Bush, prélude aux accords d’Oslo, et à la « vision » de George W. Bush de « deux Etats vivant côte à côte dans la paix et la sécurité ».
Le Parti républicain ne mentionne plus, comme M. Trump a pu le faire à l’occasion, qu’une vague « paix complète et durable au Moyen-Orient », sans avancer le moindre paramètre, ni même mentionner la Palestine ou les Palestiniens. Un changement dramatique de paradigme dont les conséquences sont encore difficiles à mesurer.
Voir par ailleurs:
Colonisation israélienne: la résolution de l’ONU adoptée, les États-Unis s’abstiennent
Le Figaro avec AFP et Reuters
23/12/2016
Le Conseil de sécurité de l’Onu a adopté ce vendredi une résolution demandant l’arrêt des constructions visant à la colonisation par Israël de la Cisjordanie.
Une résolution réclamant l’arrêt de la colonisation israélienne dans les Territoires palestiniens a été adoptée aujourd’hui par le Conseil de sécurité de l’ONU après la décision des Etats-Unis de ne pas utiliser leur droit de veto. Dans un renversement de leur position habituelle sur ce dossier, les Etats-Unis se sont abstenus. Les 14 autres membres du Conseil de sécurité ont eux voté en faveur du texte.
« Israël rejette cette résolution anti-israélienne honteuse des Nations unies et ne s’y conformera pas », indique un communiqué des services de Benyamin Netanyahou. Il s’agit d' »un grand camouflet » pour Israël, a immédiatement réagi Nabil Abou Roudeina, porte-parole de la présidence palestinienne. « Il s’agit d’une condamnation internationale unanime de la colonisation et d’un fort soutien à une solution à deux Etats », a-t-il ajouté
Le vote, qui a été accueilli par des applaudissements, avait été réclamé par la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela. Ces quatre pays se sont impliqués après la volte-face du Caire qui avait proposé mercredi soir cette résolution rédigée par les Palestiniens et présentée au nom du groupe arabe à l’ONU. Mais l’Egypte avait demandé jeudi le report du vote initial, après une intervention du président élu américain Donald Trump auprès du président Abdel Fattah al-Sissi.
Ce texte qui exhorte Israël à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est », a déclenché une offensive diplomatique de la part de l’Etat hébreu qui s’est immédiatement tourné vers son allié américain. Washington a en effet utilisé son droit de veto trente fois pour bloquer des résolutions concernant Israël et les Palestiniens, selon l’organisation Security Council Report.
C’est en 2009, concernant un appel à un cessez-le-feu à Gaza, que les Etats-Unis se sont abstenus pour la dernière fois lors d’un vote au Conseil de sécurité quel qu’en soit le thème. En 2011, ils avaient opposé leur veto à une résolution similaire au projet égyptien. Mais cinq ans plus tard, la position de l’administration de Barack Obama, qui entretient des relations notoirement exécrables avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, faisait l’objet de nombreuses spéculations.
Il est finalement apparu clair aux Israéliens qu’à quelques jours de céder le pouvoir à Donald Trump –dont l’une des promesses de campagne est de reconnaître Jérusalem comme « capitale indivisible » d’Israël–, l’équipe Obama n’avait pas l’intention de faire usage de son droit de veto. « Quand ils ont eu connaissance du fait que (l’administration américaine actuelle) ne mettrait pas son veto à cette résolution, des responsables israéliens ont pris contact avec des membres de l’équipe de transition de M. Trump pour demander l’aide du président élu », a affirmé vendredi à l’AFP un responsable israélien sous couvert d’anonymat.
Obama et Kerry « derrière » le projet
Donald Trump qui avait très vite plaidé pour un veto américain dans une rare prise de position pour un président élu, a alors appelé le président Sissi, selon un communiqué de la présidence égyptienne. « Les deux dirigeants se sont mis d’accord sur l’importance de donner à la nouvelle administration américaine (que dirigera M. Trump à partir du 20 janvier) une chance de gérer tous les aspects de la cause palestinienne pour arriver à un accord complet » sur le dossier, d’après ce communiqué. « Concernant l’ONU, les choses seront différentes après le 20 janvier », a réagi le magnat de l’immobilier sur Twitter.
Le retournement du président égyptien a surpris mais il fait suite à de nombreuses preuves d’admiration pour M. Trump. Cet ancien officier de l’armée avait renversé son prédécesseur islamiste en 2013, un acte condamné par M. Obama. Un haut responsable israélien a aussi accusé vendredi Barack Obama et son secrétaire d’Etat John Kerry d’être à l’origine du projet de résolution égyptien. « L’administration américaine a secrètement concocté avec les Palestiniens une résolution anti-israélienne radicale, derrière le dos d’Israël, qui encouragerait le terrorisme et les boycotts », a-t-il déclaré à l’AFP sous couvert d’anonymat.
« Le texte que nous avons ne se concentre pas exclusivement sur les colonies. Il condamne également la violence et le terrorisme. Il appelle aussi à éviter toute incitation émanant du côté palestinien, donc c’est un texte équilibré », a cependant jugé l’ambassadeur de France auprès des Nations unies, François Delattre. « L’objectif principal que nous avons ici est de préserver et de réaffirmer une solution à deux Etats » palestinien et israélien qui cohabiteraient dans la paix et la sécurité, a expliqué M. Delattre.
Le projet égyptien considère à ce sujet que la colonisation est « dangereuse pour la viabilité d’une solution à deux Etats ». La colonisation est vue comme un frein majeur au processus de paix, les constructions israéliennes étant effectuées sur des terres qui pourraient appartenir à un futur Etat palestinien. Les Nations unies la considèrent comme illégale au regard du droit international et ont appelé à plusieurs reprises Israël à y mettre fin. Malgré cela, des responsables onusiens ont constaté une augmentation des constructions ces derniers mois et certains responsables israéliens voient l’élection de Donald Trump comme une opportunité d’étendre la colonisation.
Voir de plus:
Le Conseil de sécurité de l’ONU adopte une résolution condamnant la colonisation israélienne
La résolution 2334 a recueilli quatorze voix en sa faveur, passant grâce à l’abstention américaine ; une décision historique qui a suscité la réprobation d’Israël.
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)
Le Monde
23.12.2016
Barack Obama a décidé de laisser à son successeur, Donald Trump, un héritage qu’il ne pourra défaire : la résolution 2334, adoptée au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), vendredi 23 décembre. Ce texte dénonçant la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés a recueilli quatorze voix en sa faveur, passant grâce à l’abstention américaine.
Au terme de quarante-huit heures de tourbillon politique, l’administration Obama a décidé de replier le parapluie qu’elle avait systématiquement déployé depuis huit ans au-dessus d’Israël, au Conseil de sécurité. Ce coup de semonce est une défaite politique sévère pour le premier ministre Benyamin Nétanyahou et une sanction contre la promotion décomplexée de la colonisation par la droite israélienne.
Le texte de la résolution, contrairement aux affirmations des responsables israéliens, n’est pas fondamentalement hostile à l’Etat hébreu. Il s’inscrit dans la lignée de la résolution 465, adoptée en 1980, qui dénonçait déjà l’extension des colonies, jugées illégales.
Un souci d’équilibre
En outre, il se place à la suite du rapport du Quartet – Etats-Unis, Russie, Union européenne (UE), ONU –, publié le 1er juillet, qui dressait un état des lieux alarmant de la réalité, sur le terrain. La résolution 2334 estime elle aussi que la construction et l’extension des colonies mettent « gravement en danger la viabilité de la solution à deux Etats ».
Par ailleurs, dans un souci d’équilibre réclamé notamment par Paris et Washington, le texte « condamne tous les actes de violence contre les civils, dont les actes terroristes », une référence aux attaques palestiniennes. La résolution exige la « cessation immédiate » de la colonisation dans les territoires palestiniens occupés, dont Jérusalem-Est, et loue les efforts diplomatiques entrepris par la France, la Russie et l’Egypte, au cours des derniers mois, pour relancer un dialogue sur le conflit.
« C’est une victoire pour le terrorisme, la haine et la violence », s’est lamenté Danny Danon, l’ambassadeur israélien auprès de l’ONU, selon lequel la résolution représente un « non à la possibilité d’une paix ». Le bureau du premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a aussitôt rejeté cette « résolution anti-israélienne honteuse » et annoncé qu’Israël ne s’y conformera pas.
Amertume israélienne
A l’origine, le texte avait été présenté mercredi soir par l’Egypte, à la surprise générale. Mais Donald Trump est intervenu pour peser de tout son poids de président élu des Etats-Unis auprès d’Abdel Fattah Al-Sissi. Il a demandé au président égyptien de renoncer à son initiative. Son interlocuteur n’a pas voulu compromettre ses futures relations avec le président américain, et a donc retiré son texte.
Mais la volte-face de l’Egypte n’a pas condamné son initiative. Quatre membres non permanents du Conseil de sécurité – la Nouvelle-Zélande, la Malaisie, le Sénégal et le Venezuela – ont pris le relais du Caire, pour promouvoir la résolution dans une version identique.
Vendredi dans l’après-midi, sous couvert d’anonymat, des responsables israéliens exprimaient leur amertume – et aussi une certaine panique – dans les médias, en affirmant que Barack Obama et le secrétaire d’Etat américain John Kerry se trouvaient derrière ce « coup honteux » et qu’ils « abandonnaient » Israël.
L’accusation est d’autant plus injuste que, comme le rappelait vendredi soir l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, M. Obama a « démontré un engagement sans précédent pour la sécurité d’Israël ». La diplomate faisait implicitement référence au nouvel accord de défense sur dix ans, conclu entre les deux pays à l’automne pour un montant de 38 milliards de dollars (36,3 milliards d’euros).
590 000 colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est
Samantha Power a expliqué que les Etats-Unis ne votaient pas en faveur de la résolution parce qu’elle « se concentre trop étroitement sur les colonies » en ne tenant pas compte des autres facteurs dans le conflit.
Mais l’abstention se justifie, selon elle, par la continuité de la position américaine, d’un président à l’autre, républicain ou démocrate, depuis des décennies : elle se résume par une condamnation de la colonisation et un soutien à une solution à deux Etats. En 2011, l’administration Obama avait ainsi opposé son veto à une résolution condamnant la colonisation, dont la formulation avait été jugée trop déséquilibrée.
L’ambassadrice américaine a rappelé que le nombre de colons s’élevait à présent à 590 000 en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, dont 90 000 au-delà de la barrière de sécurité construite par les Israéliens.
L’examen actuel d’un projet de loi à la Knesset légalisant tous les avant-postes – colonies sauvages et illégales, même au regard du droit israélien – illustre la pente dangereuse suivie par le pays, alors que sera célébré, en juin 2017, le 50e anniversaire de l’occupation. « Il faut faire un choix entre les colonies et la séparation » avec les Palestiniens, a lancé Mme Power à l’attention du premier ministre Benyamin Nétanyahou.
La frustration de John Kerry
S’exprimant lors du Forum Saban à Washington, le 4 décembre, John Kerry, avait exprimé sa frustration vis-à-vis de la droite israélienne et son idée d’un « grand Israël » qui absorberait les territoires occupés.
Interrogé sur la position de l’administration Obama en cas de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU, M. Kerry avait traduit les hésitations de la Maison Blanche. « S’il s’agit d’une résolution biaisée et injuste prévue pour délégitimer Israël, nous nous y opposerons. Evidemment que nous le ferons. Nous l’avons toujours fait. Mais cela devient de plus en plus compliqué », ajouta-t-il, ne cachant pas sa frustration.
Lors de sa première élection, Barack Obama semblait décidé à agir sur ce dossier. Au second jour après son entrée en fonctions, il avait ainsi nommé un envoyé spécial pour le Proche-Orient, George Mitchell. Mais dès 2010, l’échec de sa première tentative de médiation avait découragé le président américain, qui avait délégué le dossier à son secrétaire d’Etat.
John Kerry a fourni beaucoup d’efforts, qui se sont révélés vains. Depuis l’effondrement des négociations israélo-palestiniennes en avril 2014, puis la guerre dans la bande de Gaza l’été suivant, les relations politiques entre les deux parties dans le conflit sont inexistantes. Seule la coordination sécuritaire fonctionne à plein.
Au cours des derniers mois, la droite nationale religieuse en Israël n’a pas caché sa satisfaction à l’idée de tourner la page des années Obama et de saisir l’occasion d’une remise à plat des relations bilatérales avec les Etats-Unis, grâce à l’arrivée de M. Trump à la Maison Blanche.
Ce dernier a réitéré son intention de déménager l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv à Jérusalem, en rupture complète avec la tradition diplomatique de son pays, selon laquelle le statut de Jérusalem ne sera déterminé que dans le cadre de négociations de paix. Enfin, le président élu a déjà annoncé l’identité du futur ambassadeur en Israël. Il s’agit de David Friedman, un ami avocat spécialiste de la banqueroute, connu pour son soutien idéologique à la colonisation et son opposition à un Etat palestinien.
L’« héritage » d’Obama
« Ce vote risque de pousser Trump à être encore plus pro-israélien, souligne un diplomate à Jérusalem. On risque d’assister par exemple à un déménagement accéléré de l’ambassade des Etats-Unis de Tel Aviv vers Jérusalem. »
Dans un tweet, Donald Trump a assuré vendredi soir que « les choses seront différentes après le 20 janvier ». Mais la résolution, elle, ne pourra être défaite. La seconde conférence pour la paix au Proche-Orient, que la France compte organiser le 15 janvier à Paris, après une première rencontre en juin, devrait se tenir dans une ambiance plus tendue que prévue.
En Israël, l’adoption de la résolution va dominer le débat public dès la fin du shabbat, samedi soir, alors que le pays s’apprête à fêter Hanoucca. Yaïr Lapid, le chef de file du parti de centre-droit Yesh Atid, aujourd’hui dans l’opposition, épouse totalement la ligne de M. Nétanyahou.
Au cours d’une conférence téléphonique, vendredi soir, avec des correspondants étrangers, M. Lapid a fait savoir qu’il s’était entretenu dans la journée avec un conseiller de Barack Obama pour exprimer sa vive inquiétude à l’idée d’une abstention américaine. L’ancien journaliste trouve « étrange » que le président démocrate laisse « ce genre d’héritage » sur le bureau de son successeur.
Mais il redoute surtout les conséquences pour Israël. « Cette résolution ne parle pas de sanctions, mais elle fournit l’infrastructure pour de futures sanctions, c’est ce qui est alarmant, dit-il. Cela peut donner corps à des plaintes devant des juridictions internationales contre Israël et ses responsables. Ce sera un chemin long et compliqué, et je vous assure que pendant cette période, il n’y aura pas de négociations. »
Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)
- Représailles diplomatiques d’Israël Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a ordonné, samedi 24 décembre, « une série de mesures diplomatiques » contre la Nouvelle-Zélande et le Sénégal qui ont obtenu qu’un vote soit organisé, vendredi, à l’ONU sur une résolution contre les colonies israéliennes. Le texte, initialement proposé par l’Egypte, a finalement été présenté à l’initiative de la Nouvelle-Zélande, du Sénégal, de la Malaisie et du Venezuela, après une volte-face du Caire. Israël n’entretient pas de relations diplomatiques avec la Malaisie et le Venezuela. M. Nétanyahou a annoncé le rappel « immédiat » de ses ambassadeurs en Nouvelle-Zélande et au Sénégal « pour consultations ». Il a aussi annulé la visite du ministre sénégalais des affaires étrangères, prévue en janvier, ordonné l’arrêt de tous les programmes d’aide au Sénégal, et l’annulation des visites en Israël des ambassadeurs non résidents du Sénégal et de Nouvelle-Zélande. Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères a réagi aux mesures israéliennes dans un communiqué samedi. « La position que nous avons adoptée est parfaitement en ligne avec notre politique de longue date sur la question palestinienne », a déclaré Murray McCully, ajoutant que « le vote (…) ne devrait surprendre personne ».
Voir aussi:
ONU : pourquoi Obama a « lâché » Israël
Intransigeance israélienne sur les colonies, relations exécrables avec Benjamin Netanyahu : l’abstention des États-Unis lors du vote à l’ONU était attendue.
Armin Arefi
Le Point
24/12/2016
Les termes peu amènes des responsables israéliens vis-à-vis de leur indéfectible allié américain témoignent du camouflet qu’ils viennent de subir aux Nations unies. « L’administration Obama a non seulement échoué à protéger Israël contre cette ligue anti-israélienne à l’ONU, mais elle s’y est également associée en coulisses », a fulminé vendredi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans un communiqué. « Ce soir, les États-Unis ont abandonné leur allié, leur seul ami au Moyen-Orient », a surenchéri le ministre de l’Énergie Yuval Steinitz, dans un entretien à la deuxième chaîne de télévision israélienne.
La colère est en effet à la hauteur de la secousse provoquée à New York. Pour la première fois en huit ans, l’ambassadeur américain à l’ONU s’est abstenu de bloquer une résolution du Conseil de sécurité sur le conflit israélo-palestinien, permettant à l’organe décisionnel de l’ONU d’adopter par quatorze voix à zéro un texte appelant Israël à « cesser immédiatement et complètement toute activité de colonisation en territoire palestinien occupé, dont Jérusalem-Est », qui « met en péril la viabilité de la solution à deux États », non sans rappeler son caractère illégal en vertu du droit international.
La résolution s’en prend également au camp palestinien en condamnant « tout acte de violence contre des civils, incluant les actes de terreur, aussi bien que les actes de provocation, d’incitation (à la haine) et de destruction ». « Le texte que nous avons ne se concentre pas exclusivement sur les colonies », a expliqué l’ambassadeur de France auprès des Nations unies, François Delattre. « Il condamne également la violence et le terrorisme. Il appelle aussi à éviter toute incitation émanant du côté palestinien, donc c’est un texte équilibré. »
100 000 colons israéliens de plus
Il n’empêche, pour la première fois de son histoire, l’administration Obama n’a pas opposé son veto à une résolution mettant en cause Israël, son plus grand allié au Moyen-Orient. En 2011, Washington avait déjà empêché l’adoption d’une résolution similaire au Conseil de sécurité, arguant que l’adoption de ce texte pouvait donner un prétexte aux Israéliens et aux Palestiniens pour ne pas s’engager dans des négociations sérieuses.
« Les circonstances ont dramatiquement changé. Depuis 2011, l’accroissement des colonies n’a fait qu’accélérer », a expliqué l’ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power, à l’issue du vote de ce vendredi. En effet, depuis l’arrivée au pouvoir de Barack Obama en 2009, le nombre de colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est a augmenté de près de 100 000, selon Ben Rhodes, le conseiller diplomatique du président américain, portant leur nombre à près de 600 000 dans l’ensemble des Territoires palestiniens, annihilant sur le terrain tout hypothétique État palestinien à venir.
S’il a reçu en 2009 le prix Nobel de la paix pour l’encourager dans la résolution de ce conflit vieux de 68 ans, Barack Obama ne s’est jamais directement engagé dans cet épineux dossier, chargeant plutôt son secrétaire d’État John Kerry d’arracher en juillet 2013 une reprise des négociations bilatérales entre Israéliens et Palestiniens. Neuf mois durant, le chef de la diplomatie américaine a alors fait la navette entre Washington, Tel-Aviv et Ramallah. Mais il s’est heurté à l’implacable poursuite de la colonisation israélienne, à Jérusalem-Est et en Cisjordanie.
Revanche d’Obama
Excédé par l’intransigeance israélienne, John Kerry s’était alors laissé aller à livrer le fond de sa pensée. « La poursuite de la colonisation donne l’impression qu’Israël ne négocie pas sérieusement », affirmait-il en novembre 2013 à la télévision israélienne, rompant avec les usages diplomatiques en vigueur. Et le secrétaire d’État de mettre en garde l’État hébreu : « Israël veut-il une troisième intifada ? […] Si la paix reste introuvable, Israël sera de plus en plus isolé. Il y aura un renforcement de la campagne de délégitimation au niveau international. »
Côté israélien, on estime que la colonisation n’est pas un vrai problème et que, si les gros blocs de colonies autour de Jérusalem-Est ne sont pas voués à être démantelés, d’autres en Cisjordanie pourraient faire l’objet d’échanges de territoire dans le cadre de négociations bilatérales avec les Palestiniens. Pourtant, un ancien ministre français des Affaires étrangères qui a côtoyé Benjamin Netanyahu affirme que ce dernier a en tête l’idée de finalement déplacer les Palestiniens en Jordanie. Et l’arrivée au pouvoir du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël, qui fait la part belle aux colons ultra-orthodoxes et aux nationalistes, ne laisse guère de place au compromis.
Depuis l’échec de l’initiative américaine en avril 2014, la relation entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu, déjà notoirement mauvaise, n’a fait que se dégrader. Au-delà du fiasco des pourparlers israélo-palestiniens, c’est surtout la volonté déclarée du Premier ministre israélien de torpiller les négociations sur le nucléaire iranien qui a irrité Barack Obama. En effet, le chef du gouvernement israélien est allé jusqu’à se faire inviter en mars 2015 au Congrès, dans le dos du président américain, pour fustiger cette initiative. Un geste sans précédent dans l’histoire des États-Unis, qui avait passablement heurté la Maison-Blanche.
Pas de changement sur le terrain
Si Barack Obama a tout de même réussi à conclure un accord historique avec l’Iran, il n’a pu que constater son échec sur l’épineux conflit israélo-palestinien. Dès lors, il se murmurait depuis plusieurs mois dans les couloirs de l’ONU que le président américain, libéré de toute contrainte électorale, pourrait consentir à un dernier « geste » à la fin de son mandat, pour débloquer cet inextricable dossier, qui plus est après la défaite de la démocrate Hillary Clinton au profit du républicain Donald Trump, défenseur inconditionnel de l’État hébreu.
Pressentant le revirement américain à venir, Benjamin Netanyahu a de nouveau rompu avec les usages en appelant à l’aide le milliardaire américain avec lequel il entretient une très bonne relation. Si le président élu n’est toujours pas aux manettes, il a pourtant réussi à convaincre le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi de reporter jeudi un premier projet de résolution condamnant la colonisation israélienne. Or, un texte similaire a été présenté dès le lendemain à la demande de la Nouvelle-Zélande, de la Malaisie, du Sénégal et du Venezuela.
Et à en croire la Maison-Blanche, Barack Obama n’aurait décidé de ne pas faire usage de son veto que quelques heures avant le vote décisif. « Le fait que cela arrive à la fin de nos 8 ans de mandat montre que ce n’était pas l’évolution que nous préférions », a admis Ben Rhodes, le conseiller diplomatique de Barack Obama. « Si c’était ce résultat que nous cherchions, nous l’aurions obtenu depuis longtemps. »
« Un message diplomatique »
Si l’effet symbolique de ce revirement américain est considérable, et que l’isolement d’Israël aux Nations unies est croissant, il n’en reste pas moins vrai que cette résolution ne changera rien à court terme à la situation sur le terrain. « La résolution a été adoptée sous le chapitre 6 de la charte de l’ONU, ce qui signifie qu’elle est non contraignante et ne constitue qu’une déclaration publique d’intention ainsi qu’une recommandation », analyse Barak Ravid, correspondant diplomatique du quotidien israélien Haaretz. « Il s’agit d’un message diplomatique à Israël qui résume le consensus international sur la question des colonies. »
Un texte gravé dans le marbre du Conseil de sécurité de l’ONU qui risque de contrarier la position israélienne, hostile aux frontières internationalement reconnues de 1967 (avant le début de la colonisation), dans le cadre de futures négociations avec les Palestiniens. Toutefois, Benjamin Netanyahu n’a pas dit son dernier mot, et a déjà les yeux fixés sur le 20 janvier prochain, date de l’entrée en fonction de Donald Trump, qui ne fait pas mystère de ses positions pro-israéliennes (il s’est déjà prononcé en faveur de la colonisation et pourrait établir l’ambassadeur américain à Jérusalem, et non plus Tel-Aviv, NDLR). Dans un tweet ravageur, le président élu a d’ores et déjà annoncé la couleur : « Quant à l’ONU, les choses seront différentes à partir du 20 janvier 2017. »
Voir également:
Djihad global : le crime de Barack Hussein Obama
L’attentat de Berlin a déjà presque chassé Alep de l’actualité. Il n’en reste pas moins que ce qui s’est passé ces derniers jours à Alep est atroce
Guy Millière
Dreuz
22 décembre 2016
Des massacres de civils par milliers ont eu lieu, des exécutions sommaires aussi. La ville est en ruines. L’horreur est absolue. Et il est effroyable de le dire, mais il n’y avait à Alep ces derniers jours pas un bon coté et un mauvais coté : les deux cotés étaient abjects.
D’un côté, celui qui vient de tomber, il y avait essentiellement des milices islamistes issues d’al-Qaida, donc des criminels djihadistes hostiles aux autres criminels djihadistes que sont les membres de l’Etat islamique, et de l’autre coté, celui qui l’a emporté, il y avait l’armée syrienne du régime Assad, l’armée russe, des Gardiens de la révolution iraniens et des membres du Hezbollah. Les premiers sont des barbares sanguinaires qui n’hésitent pas à utiliser les civils comme boucliers humains et à les assassiner sans remords ni scrupules, les seconds font peu ou prou la même chose.
Si à Alep les deux côtés étaient abjects, c’est parce que la seule puissance occidentale qui aurait pu éviter ce qui s’est passé, les Etats-Unis, était absente ou presque.
Et ce doit être rappelé, au moment où les huit longues années de la présidence Obama s’achèvent, l’absence des Etats-Unis est de la responsabilité de Barack Hussein Obama.
- C’est Barack Hussein Obama qui a retire les troupes américaines de combat d’Irak, tout en sachant parfaitement ce que seraient les conséquences, car outre George Walker Bush dans un discours de juillet 2007, les services de renseignement américains avaient dit très exactement ce qui allait se passer en cas de retrait prématuré des troupes américaines de combat d’Irak : un retour des islamistes et de la guerre au sein du pays.
- C’est Barack Hussein Obama qui a permis que l’Etat islamique se constitue, et s’empare des deux tiers de la Syrie et de plus de la moitié de l’Irak, en commettant partout où il est passé des crimes sans nom. Et c’est Barack Hussein Obama qui a permis que le gouvernement de Bagdad devienne un satellite du régime iranien.
- C’est Barack Hussein Obama qui a permis que la guerre civile en Syrie prenne de l’ampleur, et qui n’a pas tranché avant que les carnages deviennent ce qu’ils sont devenus : il aurait pu appuyer le renversement du régime Assad au printemps 2011, il aurait pu aussi opter d’emblée pour un soutien au régime Assad. Il n’a pas appuyé le renversement du régime Assad parce que celui-ci était ce qu’il est toujours, l’allié de l’Iran et de la Russie, et parce qu’Obama voulait s’entendre avec l’Iran et ne pas se confronter à la Russie. Il n’a pas soutenu le régime Assad, car cela aurait montré de manière trop flagrante la volonté d’Obama de s’entendre avec l’Iran et de ne pas se confronter a la Russie. Il a donc laissé le chaos s’installer. Il a prétendu tracer une ligne rouge à ne pas franchir pour Assad, et quand Assad l’a franchie, il n’a rien dit. Il a vaguement soutenu des groupes « rebelles » et vaguement soutenu les Kurdes, sans que le soutien permette autre chose que de voir des morts s’ajouter aux morts. Il a entériné le retour de la Russie au Proche-Orient au côté d’Assad.
Il laissera à son successeur une situation effroyable.
En Irak, l’armée irakienne à la solde de l’Iran mène une offensive contre l’Etat islamique, et si l’Etat islamique devait être vaincu, ce serait une victoire pour l’Iran. En Syrie, l’écrasement d’Alep est une victoire pour l’Iran et la Russie. L’Etat islamique, lui, vient de reprendre Palmyre, ce qui signifie que la guerre n’est pas finie. D’autres victoires de l’Iran et de la Russie sont à attendre.
Ce qui se profile est une hégémonie régionale de l’Iran, qui ira de Beyrouth à Téhéran, et sera acquise sur des montagnes de cadavres et de suppliciés.
Ce qui se profile est aussi une installation de la Russie en position de puissance tutélaire au-dessus de l’Iran, en position de complicité avec l’Iran, qui est plus que jamais le principal soutien mondial au terrorisme islamique, quand bien même il peut éliminer des groupes terroristes islamiques qui le gênent, comme les groupes liés à al-Qaida à Alep.
Comme on vient de le voir avec un grave attentat anti-chrétien au Caire, les islamistes sont toujours à l’offensive en Egypte. La Libye est toujours un grand champ de bataille contrôle par diverses factions djihadistes qui ne valent pas mieux que celles qui tenaient Alep.
Le monde musulman proche-oriental est en flammes et en cendres.
Comme on vient de le voir à Berlin, les islamistes sont toujours à l’offensive en Europe aussi.
Les huit années écoulées ont été positives pour le destructionnisme islamiste.
Elles n’ont cessé de voir l’horreur s’ajouter à l’horreur.
Elles ont été une immense défaite pour l’Occident tout entier. Elles ont montré ce qui découlait lorsque le peuple américain portait un gauchiste islamophile et né musulman à la Maison-Blanche.
Elles ont montré que lorsque les Etats-Unis ne se conduisent pas en première puissance du monde libre, il n’y a plus de monde libre.
Israël a dû se défendre et l’a fait remarquablement bien, mais Israël ne pouvait faire davantage et défendre le monde libre tout entier.
Les dirigeants européens ont montré qu’ils n’étaient rien ou pas grand-chose quand les Etats-Unis glissaient vers l’ornière.
La plupart d’entre eux ont suivi Obama, ce qui est indigne et honteux.
Aucun d’entre eux n’a incriminé Obama pour ses crimes et pour les centaines de milliers de morts qui en ont résulté.
Aucun d’eux n’a dit que la vague de réfugiés qui a déferlé sur l’Europe résultait de l’essor de l’Etat islamique, de la guerre en Syrie, de la destruction de la Libye, donc de la politique d’Obama.
Aucun d’eux n’a même dit que, ce qui vient s’ajouter à l’ensemble, le glissement de la Turquie vers le totalitarisme islamique et le soutien d’Erdogan à l’Etat islamique s’étaient opérés avec le soutien tacite d’Obama.
Aucun d’eux ne semble s’inquiéter de l’hégémonie régionale de l’Iran, et du rôle de principal soutien mondial au terrorisme islamique joué par l’Iran, à qui Obama a accordé des moyens financiers supplémentaires considérables : ils sont trop occupés à vendre à l’Iran la corde destinée à les pendre. Nombre d’entre eux, façon François Fillon ou Marine Le Pen, prennent Poutine pour un défenseur de l’Occident.
Un article récent dans un quotidien français disait que ce qui s’est passé à Alep resterait une tache indélébile sur la présidence Obama, il serait plus exact de dire que la présidence Obama restera une immense tache de sang sur l’histoire des Etats-Unis.
Nul article ne parle de l’hégémonie iranienne et russe qui s’installe au Proche-Orient grâce à Obama.
De nombreux articles reprennent avec un crétinisme lamentable le discours de l’administration Obama finissante, disant que Donald Trump serait quasiment au service de la Russie.
Si un homme a servi la Russie ces dernières années, c’est bien Obama. Il n’a, c’est vrai, pas seulement servi la Russie : il a servi l’Iran, l’islam et tout ce qui est anti-occidental.
Voir de même:
L’abjecte hypocrisie de la France officielle vis-à-vis d’Israël
Guy Millière
Dreuz
18 février 2016
L’hypocrisie de la France officielle vis-à-vis d’Israël me répugne depuis longtemps. Je viens d’achever un article en anglais, écrit pour le Gatestone Institute, qui fait le tour de la question. En l’écrivant, j’ai noté, avec accablement et colère, l’opiniatreté qui a été celle de la France à l’encontre d’Israël depuis le moment où le Général de Gaulle a choisi la cause arabe musulmane, en juin 1967, choix qu’il a confirmé en tenant les propos antisémites qui lui ont valu une réponse de Raymond Aron, sous la forme d’un livre que chacun devrait relire aujourd’hui, De Gaulle, les Juifs et la France
Michel Jobert, ministre des Affaires étrangères de Georges Pompidou, légitimait avec allégresse l’écrasement d’Israël qu’il pensait voir se profiler
J’ai relu les déclarations nauséabondes du dénommé Michel Jobert, ministre des Affaires étrangères de Georges Pompidou, qui, lors de la guerre de 1973, légitimait avec allégresse l’écrasement d’Israël qu’il pensait voir se profiler. J’ai relu Eurabia
J’ai parcouru les années Mitterrand, qui ont précédé les années Chirac, qui n’ont pas été plus nobles, puisque Mitterrand a été le premier à recevoir Arafat en visite officielle à Paris, puis l’a sorti du trou à rats où il se terrait à Beyrouth en 1982 aux fins qu’il puisse continuer depuis Tunis à programmer des assassinats de Juifs, mais qui aurait attendu autre chose de l’ami de René Bousquet, co-organisateur de la Rafle du Vélodrome d’hiver ?
j’ai revu en vidéo ce moment inoubliable où Nicolas Sarkozy a comparé l’Autorité Palestinienne au Vatican
J’ai parcouru aussi les années Sarkozy, et j’ai revu en vidéo ce moment inoubliable où Nicolas Sarkozy a comparé l’Autorité Palestinienne au Vatican (il fallait oser). J’aurais voulu imaginer que Manuel Valls était, lui, un véritable ami d’Israël. Mais un véritable ami d’Israël n’aurait pas admis si aisément le vote en faveur d’un Etat palestinien par la gauche dont il est issu à l’Assemblée Nationale, et aurait admis moins encore les manœuvres d’un Laurent Fabius, artisan avec Mahmoud Abbas d’une résolution infâme présentée à l’ONU fin décembre 2014 et, puisque la manœuvre a échoué en décembre 2014, d’une autre résolution infâme au contenu semblable destinée à être présentée à l’ONU à l’automne 2016. Il n’aurait pas admis cette volonté factice d’organiser une conférence pour la paix au Proche-Orient évoquée par Laurent Fabius avant qu’il quitte son poste et aurait dénoncé l’imposture que constitue l’idée d’une conférence dont l’organisateur annonce à l’avance la conclusion : la reconnaissance officielle par la France d’un Etat palestinien dans les « frontières de 1967 » (les lignes d’armistices de 1949), sans traité de paix entre cet Etat et Israël.
Il existe quelques hommes politiques plus courageux que d’autres en France, mais ils n’ont pas le pouvoir.
Ceux qui ont le pouvoir n’ont pas de scrupules et, s’ils ont une éthique, savent la garder dans leur poche au moment où elle pourrait servir.
L’hypocrisie de la France officielle vis-à-vis d’Israël me répugne depuis longtemps, oui. Il m’arrive souvent de la trouver abjecte.
J’admire d’autant plus Meyer Habib, pour qui j’ai une amitié fraternelle, quand il parle à l’Assemblée Nationale, souvent seul contre tous, entouré de gens qui font comme s’ils n’entendaient pas, parce qu’ils pratiquent la surdité volontaire.
Quand je lis des déclarations récentes de Jack Lang, évoquant un Musée National palestinien censé être créé par la France à Ramallah quand la « Palestine » sera enfin « libre », j’éprouve du dégoût, et je sais que je lis la pensée de la France officielle.
le consul actuel, en présentant ses vœux pour la nouvelle année, parvient à ne pas utiliser une seule fois le nom d’Israël
Quand je me rends sur le site du Consulat de France à Jérusalem, mon dégoût s’accentue encore, parce que je suis au cœur de la pensée officielle de la France.
Les consuls de France en poste à Jérusalem se suivent et se ressemblent : le consul actuel, en présentant ses vœux pour la nouvelle année, parvient à ne pas utiliser une seule fois le nom d’Israël. Un communiqué en date du 21 janvier, publié au nom du consulat, parle, par contre de « colonies israéliennes » et de « terres agricoles » confisquées en Cisjordanie.
L’expression « colonies » est biaisée et sous entend qu’Israël colonise la Judée-Samarie, qui ne serait sans doute pas « colonisée » si elle était ethniquement pure de toute présence juive. L’idée de confiscation de terres est très biaisée et sous entend qu’un vol est commis : aucune terre n’a jamais été volée par Israël, et on le sait au Consulat, mais on ment. L’idée que ces terres seraient « agricoles » sous entend que les Arabes de Judée-Samarie sont d’ardents cultivateurs, ce qui est une affirmation grotesque qui ne peut être proférée que par quelqu’un qui ne s’est jamais rendu en Judée Samarie. Continuer à parler de Cisjordanie pour qualifier des terres qui n’ont porté ce nom que pendant dix neuf ans, lorsqu’elles ont été prises de force par la Jordanie, équivaut à reconnaître que la Jordanie occupait ces terres légitimement et à falsifier l’histoire : pas seulement en ce qui concerne la guerre d’extermination contre Israël menée en 1948-49, mais aussi en ce qui concerne le Mandat palestinien confié au Royaume Uni après la Première Guerre Mondiale.
Entre biais, mensonges, affirmations grotesques et falsifications de l’histoire, la France officielle, lorsqu’il s’agit d’Israël, me paraît répugnante, oui. Et il m’arrive de la trouver abjecte, oui encore.
Et biais, mensonges, affirmations grotesques et falsifications de l’histoire se retrouvent très largement dans les grands médias français.
Il existe en tout cela depuis cinquante ans un acharnement contre Israël qui ne me semble pas seulement dicté par des calculs cyniques, une soif de pétrole et une volonté de signer des contrats sans être regardant sur les signataires.
Si la France officielle et les grands médias français imaginent qu’il leur est loisible de clamer leur hostilité à l’antisémitisme tout en ne cessant de s’acharner contre l’Etat juif, il serait temps de leur dire que l’imposture est trop énorme pour sembler innocente et se trouver passée sous silence.
On découvre qu’il y a une gastronomie « palestinienne »
Une « semaine de la gastronomie française en Palestine » vient d’être organisée (consulfrance-jerusalem.org/Semaine-de-la-Gastronomie) : l’intitulé sous-entend qu’il existe déjà un pays appelé Palestine. On découvre dans le descriptif que des chefs français ont rejoint les « cuisines les plus prestigieuses de Palestine ». On découvre que Jérusalem est, pour les organisateurs, en « Palestine ».
On découvre qu’il y a une gastronomie « palestinienne ».
Ce type d’initiative en un moment où quotidiennement des « Palestiniens » usent publiquement de couteaux pas du tout à des fins gastronomiques, est obscène.
Mais dès lors qu’il y a un centre culturel français dans le Hamastan de Gaza, devrais-je m’étonner ?
La France officielle prétend incarner les droits de l’homme et lutter contre le terrorisme.
Quand je la regarde sous l’angle de ses rapports à Israël, je la vois mépriser les droits de l’homme, et se coucher devant le terrorisme, en fermant les yeux de manière complice face aux crimes de l’Autorité Palestinienne. Et j’ai honte d’être Français.
Les grands médias français prétendent être du côté des droits de l’homme et de la lutte contre le terrorisme.
Quand je me penche sur eux sous l’angle de leurs rapports à Israël, je les vois ressembler à la France officielle. Et l’idée que des gens puissent songer être informés par de tels médias me plonge dans un mélange de colère et de consternation.
Voir enfin:
L’Antisémitisme de Jean-Luc Godard récompensé d’un Oscar ?
Souhail Ftouh
Identité juive
9 novembre 2010
L’organisation américaine ZOA (Zionist Organisation of America) ainsi que des médias américains et israéliens ont lancé un appel à l’Académie des Oscars afin que celle-ci revienne sur sa décision d’attribuer, le 13 novembre prochain, un Oscar au cinéaste franco- suisse Jean-Luc Godard pour l’ensemble de sa carrière.
Cet appel est motivé au fait que le metteur en scène de la “Nouvelle Vague” (1) s’est, à plusieurs reprises, illustré par des remarques et des attitudes antisémites virulentes.Il a mis fin à son amitié avec François Truffaut dès lors qu’il apprit que le père de ce dernier était juif.
Ainsi qu’un “sale Juif” lancé à la figure du producteur Pierre Braunberger, dans les années 1960, en présence d’un François Truffaut scandalisé.
Il estime également que “la démocratie, c’est d’accorder 15 minutes de temps de parole aux Juifs et 15 minutes à Hitler”…
En 1973, lorsqu’il reçoit un coup de téléphone du réalisateur Jean-Pierre Gorin, juif, qui lui réclame sa part de droits sur un film qu’ils ont tourné ensemble: “Ah, c’est toujours la même chose, les Juifs vous appellent quand ils entendent le bruit du tiroir-caisse”, répond-il ironiquement.
Godard a toujours dérapé de l’antisioniste militant au réflexe antisémite, sur le mode de l’insulte, généralement éco¬no¬mique, associant la caricature du Juif et l’argent. C’est par exemple ce qu’il répond ironiquement à Jean-Pierre Gorin, Juif, quand celui-ci l’appelle en 1973 pour réclamer sa part de droits sur le film Tout va bien: “Ah, c’est toujours la même chose, les Juifs vous appellent quand ils entendent le bruit du tiroir-caisse…”
Et ce mot du producteur Pierre Braunberger à François Truffaut, en mars 1968, accompagnant un chèque de soutien à l’Association de défense de la Cinémathèque, rapportant une violente altercation entre lui et Godard: “Je ne pardonnerai jamais à Godard son antisémitisme.
L’antisémitisme n’a porté bonheur à personne, ni au génial (et déjà godardien) Céline, ni au médiocre Autan-Lara. Je sais que maintenant vous ne pouvez que mépriser Godard sur le plan humain. “Sale Juif” est la seule insulte que je ne peux supporter, insulte qui me donne le goût de vengeance, un désir de meurtre. Si vous saviez ce que ces mots évoquent en moi, ce qu’ils font resurgir d’un passé encore si douloureux, vous viendrez m’embrasser. Votre ami Juif qui vous doit tant de son bonheur juif.”
Sur le conflit au Proche-Orient, le cerveau de la « Nouvelle Vague » déclare en 2006: “Les attentats suicides pour parvenir à faire exister un Etat palestinien ressemblent à ce que firent les Juifs en se laissant conduire comme des moutons et exterminer dans les chambres à gaz, se sacrifiant ainsi pour parvenir à faire exister l’Etat d’Israël”.
Jean-Luc Godard est un “anti¬sio¬niste pessimiste”: il ne croit pas la paix possible entre Israël et les Palestiniens, entre les Juifs et les Arabes au Moyen-Orient.
En 1976, ce cinéaste ant-juif, Jean-Luc Godard a réalisé et produit un film foncièrement anti-israélien, intitulé Ici et ailleurs, dédié à la “cause valeureuse” du peuple palestinien.
La thèse de ce film fut partial et farouchement antisioniste : l’État d’Israël fait subir aux Palestiniens ce que les Juifs ont souffert de la part des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Thèse classique et radicale martelée par l’extrême gauche européenne pro-palestinienne et anti¬sio¬niste, que Godard formule très clairement: “Les Juifs font aux Arabes ce que les nazis ont fait aux Juifs”.
Dans cette charge vitriolique contre l’État d’Israël, l’idée est illustrée, parfois jusqu’à la provocation, quand les visages de Golda Meir, pionnière de l’État juif, Premier ministre d’Israël de 1969 à 1974, et de Hitler clignotent l’un sur l’autre, ou quand une déploration en hébreu sur les camps de la mort nazis, Auschwitz, Madjanek, Treblinka… recouvre des images de cadavres d’enfants Palestiniens ou des corps calcinés de fedayins tués en septembre 1970, durant des affrontements sanglants avec l’armée jordanienne.
Le film justifie également la prise d’otages de la délégation israélienne par un commando terroriste palestinien lors des Jeux Olympiques de Munich en 1972, et les tueries qui s’ensuivirent, au nom du fait qu’il aurait fallu “passer une image des camps palestiniens avant chaque finale des Jeux Olympiques”, rappelle dans son livre Antoine de Baecque.
“À plusieurs reprises, Jean-Luc Godard est revenu, ou reviendra encore, sur cette question: il se définit clairement comme pro-palestinien et antisioniste, ne cesse d’établir un lien entre l’extermination des Juifs dans les camps de la mort nazis, la fondation de l’État d’Israël, l’impossibilité de régler le conflit israélo-palestinien, et plus généralement la guerre entre Juifs et Arabes. Comme si une malédiction historique pesait sur cette généalogie: Israël, né dans les camps nazis, se vengerait sur les Palestiniens de l’Holocauste, ce qui justifie tous les actes de résistance arabe, y compris le terrorisme, puisque, d’après Godard, Israël serait une forme paradoxale de résurgence historique du nazisme”, note son biographe.
L’identification entre l’État d’Israël et le nazisme revient à plusieurs re¬prises dans les films godardiens de cette ¬époque, dans un contexte historique où, faut-il le rappeler, l’image d’Israël, de la Guerre des Six Jours de 1967 à celle du Kippour de 1973, change du tout au tout.
“Israël n’est plus considéré comme un pays victime, faible et persécuté, mais comme un État surarmé, protégé par les États-Unis et deux fois vainqueur.
Dans un petit documentaire tourné en 1970 par la télévision allemande, Godard tient devant son visage un tract militant où figure la contraction “NazIsraël”, et lance au caméraman: “Tu nous fais un chèque de la télévision allemande qui est financée par les Sionistes et par ce connard de social-démocrate, Willy Brandt, et ça nous permettra d’acheter des armes pour les Palestiniens pour attaquer les Sionistes…””, relate Antoine de Baecque.
Jean-Luc Godard est gravement malade d’un antisémitisme qui court dans son sang et ses urines. C’est aussi un provocateur et un antisioniste.
Il y a un an, dans son Blog littéraire très fréquenté, La République des Livres, l’écrivain Pierre Assouline rapportait que Jean-Luc Godard projette d’adapter au cinéma le livre Les disparus de l’écrivain américain Daniel Mendelsohn. Un récit bouleversant ayant comme trame principale la Shoah. Pierre Assouline s’en étonne et s’en inquiète.
Ce dernier exprime ses craintes de voir un grand livre tomber entre les mains d’un homme qui “traîne de longue date une réputation d’antisémite”. Jean-Luc Godard aurait-il donc un problème avec les Juifs? “Ça se dit mais ne s’écrit guère”, poursuit Pierre Assouline, en se félicitant que la question soit enfin clairement posée par la première grande biographie consacrée au cinéaste: Everything is cinema. The working life of Jean-Luc Godard. Une somme publiée l’an dernier par le critique de la revue américaine New Yorker, Richard Brody, pas encore traduite en français. “Cette biographie révèle avec précision l’antisémitisme de Godard”, assène Pierre Assouline.
(1) La Nouvelle Vague est un mouvement cinématographique apparu en France à la fin des années 1950. La Nouvelle Vague se définit par ses techniques cinématographiques révolutionnaires pour l’époque mais aussi par ceux qui la composent tels François Truffaut, Éric Rohmer, Agnès Varda, Jean Eustache, Jacques Rivette, Claude Chabrol et Jean-Luc Godard qui constituent le cœur du mouvement.
Jean-Luc Godard privé d’Oscar en raison de son antisémitisme?
Philosémitisme
26 octobre 2010
Hollywood fut « inventé par des gangsters juifs ».
« Ah, c’est toujours la même chose, les Juifs vous appellent quand ils entendent le bruit du tiroir-caisse. »
Citations de Jean-Luc Godard reprises de l’article de Jean-Luc Douin, Le Monde (11/11/2009) (CICAD) :
« Les attentats-suicides des Palestiniens pour parvenir à faire exister un Etat palestinien ressemblent en fin de compte à ce que firent les juifs en se laissant conduire comme des moutons et exterminer dans les chambres à gaz, se sacrifiant ainsi pour parvenir à faire exister l’Etat d’Israël. »
« Décrivant la Bible comme un « texte trop totalitaire », il a déjà lâché à propos de ces juifs qui, selon lui, auraient sauvé Israël en mourant dans les camps: « Au fond, il y a eu six millions de kamikazes ». »
« Le peuple juif rejoint la fiction tandis que le peuple palestinien rejoint le documentaire. »
« Les Israéliens sont arrivés sur un territoire qui est celui de leur fiction éternelle depuis les temps bibliques… »
« Un catholique, je sais ce que c’est: il va à la messe. Mais un juif, je ne sais pas ce que c’est ! Je ne comprends pas ! »
« […] en négatif, ses propos sur Hollywood « inventé par des gangsters juifs », et sur l’invention du cinéma par ces producteurs émigrés d’Europe centrale ayant compris que « faire un film, c’est produire une dette ».
« Son biographe américain, Richard Brody, raconte le projet d’un film où Godard débattrait avec Claude Lanzmann. Bernard-Henri Lévy étant médiateur. Ce dernier déclare: « Lanzmann et moi étions les instruments de sa cure: celle d’un antisémite qui essaye de se soigner. J’étais prêt à jouer le jeu, mais il a changé de plan. »
Contexte: Are They Giving an Oscar to an Anti-Semite?, The Forward, Benjamin Ivry – Visiblement aux États-Unis on ne prend pas cette affaire à la légère.
Source: Guysen News
L’organisation américaine ZOA (Zionist Organisation of America) ainsi que des médias américains et israéliens ont lancé un appel à l’Académie des Oscars afin que celle-ci revienne sur sa décision d’attribuer, le 13 novembre prochain, un Oscar au cinéaste suisse Jean-Luc Godard pour l’ensemble de sa carrière. Cet appel est motivé au fait que le metteur en scène de la « nouvelle vague » s’est, à plusieurs reprises, illustré par des remarques et des attitudes antisémites virulentes.
Il a mis fin à son amitié avec Truffaut dès lors qu’il apprit que le père de ce dernier était juif. Ainsi qu’un « sale Juif » lancé à la figure du producteur Pierre Braunberger, dans les années 1960, en présence d’un François Truffaut scandalisé. Il estime également que « la démocratie, c’est d’accorder 15 minutes de temps de parole aux Juifs et 15 minutes à Hitler« …
En 1973, lorsqu’il reçoit un coup de téléphone du réalisateur Jean-Pierre Gorin, juif, qui lui réclame sa part de droits sur un film qu’ils ont tourné ensemble: « Ah, c’est toujours la même chose, les Juifs vous appellent quand ils entendent le bruit du tiroir-caisse », répond-il ironiquement. Sur le conflit au Proche-Orient, il déclare: « Les attentats suicides pour parvenir à faire exister un Etat palestinien ressemblent à ce que firent les Juifs en se laissant conduire comme des moutons et exterminer dans les chambres à gaz, se sacrifiant ainsi pour parvenir à faire exister l’Etat d’Israël ».
Rien de ceci ne figure sur la page Wikipédia en français consacrée à Godard, contrairement à celle en anglais où le sujet est évoqué : « Throughout his career, Godard has been accused of harboring anti-Semitic views. As film critic Richard Brody demonstrates in a recent book, Godard has expressed in interviews the traditional stereotypes of Jews as miserly usurers. In 1985, for example, Godard spoke of Hollywood in the following terms: « What I find interesting in the cinema is that, from the beginning, there is the idea of debt. The real producer is, all the same, the image of the Central European Jew. They’re the ones who invented the cinema, they brought it to Hollywood… Making a film is visibly producing debts. » In 1981 on television, Godard expressed himself even more clearly: « Moses is my principal enemy…Moses, when he received the commandments, he saw images and translated them. Then he brought the texts, he didn’t show what he had seen. That’s why the Jewish people are accursed. » Brody argues that these views towards Jews are likely the result of a variety of biographical and political elements in Godard’s life, such as his pro-Palestinian politics and repugnance towards Hollywood. » Richard Brody, Everything is Cinema: The Working Life of Jean-Luc Godard (New York: Metropolitan Books, 2008), 558-60.
Voir de même:
Godard et la question juive
Dans son nouveau livre, l’écrivain et cinéaste Alain Fleischer accuse Jean-Luc Godard d’avoir tenu des propos antisémites. Provocation ou dérapage ?
Jean-Luc Douin
Le Monde
10.11.2009
Filmé en 2006 par Alain Fleischer pour un film qui s’est appelé Morceaux de conversations avec Jean-Luc Godard, le cinéaste franco-suisse aurait tenu des propos très polémiques à l’encontre des juifs, en partie écartés au montage, dont certains sur les deux films de Claude Lanzmann Shoah et Tsahal.
Dans un roman intitulé Courts-circuits, récemment édité au Cherche Midi, Alain Fleischer raconte qu’en aparté, lors d’une pause, Jean-Luc Godard aurait lâché cette phrase monstrueuse à son ami et interlocuteur Jean Narboni, ex-rédacteur en chef des Cahiers du cinéma : « Les attentats-suicides des Palestiniens pour parvenir à faire exister un Etat palestinien ressemblent en fin de compte à ce que firent les juifs en se laissant conduire comme des moutons et exterminer dans les chambres à gaz, se sacrifiant ainsi pour parvenir à faire exister l’Etat d’Israël. »
Jean-Luc Godard est coutumier de ce type de provocations. La première est survenue en 1974, lorsque, illustrant sa notion du montage comme vision comparative de l’histoire, il faisait chevaucher dans Ici et ailleurs une image de Golda Meir, premier ministre israélien, avec celle d’Adolf Hitler.
Prenant fait et cause pour la Palestine, l’auteur de Bande à part s’est maintes fois plu à rappeler, entre autres dans JLG/JLG en 1994, que, dans les camps nazis, les détenus au seuil de la mort étaient désignés sous le terme de « musulmans ». Ignorant délibérément la nature des crimes commis et subis par les uns et par les autres, il sous-entend que les victimes d’hier sont devenues les bourreaux d’aujourd’hui. Décrivant la Bible comme un « texte trop totalitaire », il a déjà lâché à propos de ces juifs qui, selon lui, auraient sauvé Israël en mourant dans les camps : « Au fond, il y a eu six millions de kamikazes. »
Dans Notre musique, film au départ duquel il voulait reprendre le schéma du Silence de la mer, de Vercors, en imaginant un officier israélien installé chez des Palestiniens, il déclare que « le peuple juif rejoint la fiction tandis que le peuple palestinien rejoint le documentaire ». Avec démonstration rhétorique, photographies à l’appui. Champ : les Israéliens marchent dans l’eau vers la Terre promise. Contrechamp : les Palestiniens marchent dans l’eau vers la noyade. Il s’en explique dans Morceaux de conversations… : « Les Israéliens sont arrivés sur un territoire qui est celui de leur fiction éternelle depuis les temps bibliques… » Jean Narboni lui fait remarquer que le mot « fiction » est choquant. « Alors, réplique-t-il, on dira que les Israéliens sont sur TF1, c’est la télé-réalité. Et les autres, dans un film de Frédéric Wiseman ».
Ces raccourcis suscitent doutes et consternation chez ses thuriféraires. Lorsque Jean Narboni lui rappelle que la juxtaposition des images de Golda Meir et d’Hitler avait même troublé Gilles Deleuze, sympathisant palestinien, lequel avait pourtant tenté de le défendre, Godard répond cinglant : « Pour moi, il n’y a rien à changer… sauf d’avocat ! »
« Juif du cinéma«
« Un catholique, je sais ce que c’est : il va à la messe, dit-il dans le film d’Alain Fleischer à Jean Narboni. Mais un juif, je ne sais pas ce que c’est ! Je ne comprends pas ! » Jean-Luc Godard s’est pourtant autoproclamé « juif du cinéma » pour signifier son destin de cinéaste persécuté. Il dit que, culpabilisé de n’avoir pas été alerté dans son enfance par l’Holocauste, choqué par les propos antisémites de son grand-père maternel qui faisait des plaisanteries sur son « médecin youpin », il n’a pas trouvé d’autre moyen de comprendre le juif qu’en se considérant « pareil ».
Dans Deux ou trois choses que je sais d’elle, lorsque son héroïne, prostituée occasionnelle, emmène un client dans un hôtel et que celui-ci lui fait remarquer que c’est un hôtel réservé aux juifs parce qu’il a une étoile, elle ne trouve pas ça drôle. Sensibilisé par la Shoah, Godard n’a de cesse de dénoncer la faute inexpiable du cinéma de n’avoir jamais filmé les camps. Le « ce qui ne peut pas être dit » de Wittgenstein devient à ses yeux un « il vaut mieux voir que s’entendre dire ». Clamant que « l’image c’est comme une preuve dans un procès« , une formule que d’aucuns trouvent à la limite du négationnisme.
Cette certitude que rien n’est infilmable, même la Shoah, l’oppose à Claude Lanzmann, qui, lui, s’insurge contre le caractère suspicieux qu’auraient des images du génocide. Persuadé de l’inadéquation de celles-ci, Lanzmann se range à l’avis d’Elie Wiesel, qui craint que le cinéma ne transforme un événement innommable en « phénomène de superficialité ». Débat qui, dans les colonnes du Monde, suscite la réaction du psychanalyste Gérard Wacjman résumant l’affrontement : « Saint Paul Godard contre Moïse Lanzmann ».
La question juive obsède Godard. Parfois à bon escient : le rappel des forfaits perpétrés dans les stades, comme le Heysel, rappelle le Vél’d’Hiv dans Soigne ta droite. Ou ce reproche adressé à Romain Goupil durant le tournage d’Allemagne neuf zéro : « Tu te dis anti-fasciste et quand tu filmes le stade des JO de Berlin, tu ne filmes qu’un stade, pas celui d’Hitler ! » Mais, en négatif, ses propos sur Hollywood « inventé par des gangsters juifs », et sur l’invention du cinéma par ces producteurs émigrés d’Europe centrale ayant compris que « faire un film, c’est produire une dette ». Son biographe américain, Richard Brody, raconte le projet d’un film où Godard débattrait avec Claude Lanzmann. Bernard-Henri Lévy étant médiateur. Ce dernier déclare : « Lanzmann et moi étions les instruments de sa cure : celle d’un antisémite qui essaye de se soigner. J’étais prêt à jouer le jeu, mais il a changé de plan. » Ici antisioniste, là carrément antisémite, Godard se heurte à quelque chose qu’il ne comprend pas, homme d’image affichant un problème avec la parole.
Voir par ailleurs:
Noël et Hanouka, fêtes de la lumière
Hasard du calendrier, cette année juifs et chrétiens fêteront ensemble le 24 décembre. Alors que les chrétiens célébreront Noël, les juifs allumeront la première bougie de Hanoukka. Interview du rabbin Delphine Horvilleur, directrice de la rédaction du trimestriel Tenou’a.
Pèlerin
13/12/2016
Propos recueillis par Mikael Corre
Pèlerin
n°16 décembre 2016
Pourquoi avoir dédié le dernier numéro de votre trimestriel juif Tenou’a aux relations entre juifs et chrétiens ?
Rabbin Delphine Horvilleur : Ce n’est pas tous les ans que Noël et Hanouka sont fêtés le même jour ! Alors que les chrétiens fêteront la naissance de Jésus Christ, l’incarnation de Dieu pour eux, les juifs allumeront la première bougie de cette fête juive qui célèbre la victoire de la minorité contre la majorité, la lutte antique des Maccabé (une famille juive) contre l’assimilation à la culture Grecque. Noël comme Hanouka sont des fêtes de la lumière et de l’espoir. Des fêtes qui font du bien lorsque, dans le monde, il fait noir. Nous sommes au cœur de l’hiver, mais ce noir a évidemment un sens politique et métaphysique. Dans cette obscurité, la lumière surgit toujours de manière inattendue. Nous avons encore plus besoin de cette étincelle que d’habitude.
La concordance des fêtes de Noël et Hanouka est-elle un temps particulier pour dialoguer ?
Penser la fête de l’autre est une extraordinaire occasion de connaissance de soi. Lorsque j’étais à l’école rabbinique, nous avions un cours obligatoire intitulé « religions comparées ». Je n’ai jamais autant appris autant sur le Judaïsme que pendant ce cours. Regarder la maison de votre voisin, vous permet de prendre conscience de l’aménagement de votre salon ! Mais avant cela, il faut reconnaitre qu’il y a des chemins de vérité hors de sa tradition. Lors de Vatican II, les catholiques ont dit pour la première fois : hors de l’Église il y a un Salut. C’est très symbolique que cette concordance entre Noël et Hanouka arrive cinquante ans après l’Encyclique Nostra Aetate (déclaration en 1965 du Concile Vatican II sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes, en particulier le Judaïsme, NDLR).
Par exemple, pour vous, que représente la fête de Noël ?
En tant que juive, explorer la fête chrétienne de Noël, c’est explorer la question de l’incarnation de Dieu – une idée qui n’est fondamentalement pas juive. Le Judaïsme laisse une grande place à l’incarné, lors de la circoncision par exemple, mais rend un culte à un Dieu qui ne l’est pas. Cette différence nous oblige à réfléchir : l’idée commune est, je pense, celle d’une très grande humilité de Dieu. Il en faut de l’humilité pour, chez les chrétiens, naitre sous les traits d’un enfant. Il en faut tout autant, chez les Juifs, pour se retirer du monde. C’est l’idée juive du Tsimtsoum (Dieu aurait créé le monde en s’en retirant, laissant alors l’homme libre, NDLR). Ces visions de Dieu sont très différentes, mais j’aime le dialogue entre ces deux images, celle d’un Dieu-enfant, et celle d’un Dieu en retrait.
Pèlerin a décidé de consacrer son numéro double de Noël à la Paix. Qu’est-ce que cela vous évoque ?
Le mot paix est sans doute l’un des plus connu en hébreu : Shalom. Sa signification hébraïque exacte est « complétude ». Le problème est que cela suggère que la paix est forcément « pleine », « Unité », « homogénéité ». Je crois au contraire que – pour faire la paix – nous avons d’abord besoin de reconnaitre nos brisures, individuelles comme sociales. Lors des mariages juifs, nous brisons un verre. C’est ce que cette pratique raconte : le vivre-ensemble et la paix ne sont possibles que si nous acceptons de vivre avec nos brisures.
Qu’est-ce que Tenou’a ?
Tenou’a est un trimestriel qui s’intéresse à ce que la pensée juive peut dire sur des problématiques de société (migrants, Cop 21, relations avec les musulmans…) Pour ce numéro sur les relations entre chrétiens et musulmans, l’équipe de cette revue qui se présente comme un « Atelier de pensée(s) juive(s) » a choisi ce titre : Juifs, chrétiens, tout est-il pardonné ? « Au moment de la Une de Charlie Hebdo (publiée une semaine après l’attentat qui a décimé sa rédaction le 7 janvier 2015), beaucoup de juifs n’en ont pas compris le sens, explique le rabbin Delphine Horvilleur, tant le pardon est une référence chrétienne. »
Dans ce numéro, des universitaires s’intéressent aux relations, dans l’Antiquité, entre les deux « religions sœurs » et proposent des articles très décalés : un faux monologue de Jean-Baptiste, une lettre adressée à l’apôtre Paul, ainsi qu’un texte hilarant sur le sapin de Noël. Que ce serait-il passé si les juifs avaient intégré cet arbre à leurs coutumes ? Sans doute d’innombrables règles (manière de mettre les guirlandes, nombre de boules… ) répond un humoriste juif !
Voir aussi:
VIDÉO – Comme en 2015, le ministère de l’Intérieur a demandé aux préfets de prendre contact avec les prêtres afin d’assurer au mieux la sécurité des lieux de culte. Une série de consignes, similaire à 2015, leur a été transmise. Au total, 91.000 policiers, gendarmes et militaires seront mobilisés ce week-end sur tout le territoire.
Ce sont des consignes de sécurité qui deviennent presque habituelles dans les églises de France. Comme en 2015, tous les préfets ont reçu début décembre un télégramme du ministère de l’Intérieur leur demandant de prendre contact avec les représentants des cultes chrétiens pour assurer la sécurité des «rassemblements et offices de Noël», «qui pourraient constituer des cibles à la symbolique forte». En tout, ce sont plus de 91.000 policiers, gendarmes et militaires qui seront mobilisés ce week-end, a annoncé le ministre Bruno Le Roux vendredi.
Fin novembre, une réunion s’était tenue place Beauvau avec les cultes concernés à ce sujet. «Nous sommes sur les mêmes consignes que l’année dernière», fait savoir Mgr Olivier Ribadeau, secrétaire général et porte-parole de la Conférence des évêques de France (CEF). «La sécurité est l’affaire de tous», plaide-t-il. «C’est important que tout le monde soit vigilant et que chacun garde les mêmes réflexes que dans les grands magasins ou dans le métro».
Dans tous les départements, les préfets ont travaillé avec les responsables religieux. À Strasbourg, «nous avons dû faire l’inventaire de toutes les messes qui auront lieu les 24 et 25 sur l’ensemble du diocèse», rapporte P. Bernard Xibaut, chancelier de l’archevêché de la ville. Les consignes du préfet du Rhin, données avant l’attentat de Berlin, ont été claires: vigilance spécifique des véhicules stationnés à proximité des édifices religieux et signalement aux services de police de tout comportement suspect seront de rigueur. Il a aussi été demandé de limiter les accès aux bâtiments, tout en respectant les règles d’évacuation incendie, et d’assurer un contrôle visuel en effectuant des fouilles à l’entrée. Dans sa note, le ministère de l’Intérieur a demandé à ce que les polices municipales soient sollicitées. Ce sera notamment le cas à Cannes, où le maire LR David Lisnard a décidé de déployer, «parallèlement au dispositif de l’Etat», «plusieurs dizaines» d’agents «armés» pour sécuriser les offices religieux.
2391 églises surveillées de près
Après , le plan Vigipirate avait été renforcé autour des édifices religieux. État d’urgence oblige, des mesures de sécurité avaient été prises quelques mois plus tard pour les fêtes de Nöel et, à l’occasion des célébrations du 15 août, une circulaire avait été envoyée, trois jours après l’assassinat du père Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray. «Nous sommes en contact très régulier avec le préfet délégué en charge de la protection des lieux de culte», reprend Mgr Olivier Ribadeau de la CEF. Il est bien sûr impossible de protéger les 45.000 églises de France. Actuellement, 2391 sites chrétiens – dont 1117 en Île-de-France – font l’objet d’une surveillance particulière, selon le ministère de l’Intérieur. Un chiffre qui a presque doublé en un an: fin 2015, 1236 églises étaient concernées. «Cette liste a été allongée et déterminée en fonction des emplacements, de la symbolique et du taux de fréquentation des églises concernées», complète Mgr Ribadeau. Elles sont la plupart du temps surveillées par des patrouilles mobiles, assurées par des militaires de l’opération Sentinelle, des gendarmes ou des policiers.
À la cathédrale de Strasbourg, une seule entrée sera autorisée aux fidèles le 24 au soir. Ils devront se présenter une heure à l’avance et franchir deux barrages filtrants, tenus par du personnel et des bénévoles, pour assister à la messe de minuit. Bagages et poucettes seront proscrites. Les forces de l’ordre seront également présentes aux abords de l’édifice. Un dispositif qui pouvait agacer certains fidèles il y a encore quelques jours. «Mais depuis l’attentat de Berlin, plus personne ne dit rien», remarque Marie-Pierre Siffert, en charge de l’événementiel à la cathédrale. Elle craint néanmoins une baisse de la fréquentation cette année, le dispositif pouvant paraître contraignant. «Il est possible que les gens préfèrent se rendre dans de plus petites églises».
Important dispositif de sécurité à Cannes
À quelque 500 km de là, dans le Nord et le Pas-de-Calais, des patrouilles dynamiques tourneront toute la nuit de Noël et le 25 au matin dans les zones rurales. «Nous n’avons pas le don d’ubiquité donc nous sommes obligés d’être le plus mobile possible pour pouvoir couvrir l’ensemble des lieux de culte», explique le commandant Jean-Philippe Teneur, officier gendarmerie de la région de Lille. Les patrouilles de gendarmes se déplaceront d’églises en églises en ayant pris soin de sensibiliser la communauté en amont. «L’idée est que nous ayons un dispositif visible pour rassurer les paroissiens et dissuader toute action terroriste», ajoute-t-il. Idem dans la paroisse de Saint-Jacques, dans la Creuse. «Nous avons rencontré les gendarmes qui feront des rondes», assure le père Xavier Durand, qui entend accueillir plusieurs centaines de fidèles. «Il n’y aura pas de fouille à l’entrée mais nous resterons vigilants et nous collerons l’affiche Vigipirate à l’entrée de nos églises».
Dans certains diocèses, la question sécuritaire continue de mettre mal à l’aise. «Le plus important, c’est de célébrer la naissance du Christ et vivre la joie de Noël», élude-t-on au diocèse de Rouen, estimant qu’on parle trop de sécurité. Ailleurs, des mesures ont été prises sur le long terme. À la chapelle de la Médaille miraculeuse, dans le VIIe arrondissement de Paris, des vigiles contrôlent l’entrée depuis les attentats de janvier 2015, rapportait le quotidien La Croix cet été. Et depuis l’attaque de Saint-Etienne-du-Rouvray, les chapelains ont également fait appel à une société spécialisée dans la sécurité des lieux de culte.
Voir de plus:
Godard est-il antisémite? Pièces et documents inédits autour de quatre films inaboutis
Bernard-Henri Lévy
La règle du jeu
13 novembre 2010
Les notes et la correspondance inédites entre Godard et BHL autour du judaïsme et ses noms.
Jean-Luc Godard s’apprête à recevoir aujourd’hui, 13 novembre, un « Honorary Award » pour l’ensemble de sa carrière.
De nombreuses publications dont — pour ne citer qu’eux — le New York Times, le Los Angeles Times ou le journal israélien Haaretz se sont étonnées qu’un tel « honneur » puisse être rendu à un probable « antisémite ».
Si la perspective de cet hommage a suscité tant de réactions, l’on devine déjà ce qu’il en sera demain, après la cérémonie, et même si Godard, dans l’esprit de provocation qu’on lui connaît, a déclaré par avance qu’il n’irait pas chercher sa récompense.
La Règle du jeu avait déjà, il y a quelques mois, le 6 avril 2010, repris un Bloc-notes de son directeur, Bernard-Henri Lévy, sur ce sujet. Ce texte se référait à quatre projets de collaboration inaboutis avec le cinéaste franco-suisse et tournant tous, plus ou moins, autour de questions liées à « l’être-juif ».
Ces projets, jamais encore rendus publics, seront publiés ici, sur ce site, en plusieurs épisodes, à partir de lundi.
Nous publions, dès à présent, la courte introduction où Bernard-Henri Lévy expose les raisons qui lui ont fait prendre cette décision et le contexte général de cette publication.
Ce riche dossier permettra à chacun, dit-il, de juger sur pièces. Il permettra de ne plus se contenter, pour accoler à l’un des plus grands cinéastes de notre temps l’étiquette infâmante d’ »antisémite », de rumeurs, de phrases prononcées en privé, aussi troubles soient-elles.
Cette correspondance et les documents préparatoires qui y sont attachés constituent l’un des très rares témoignages fiables sur cette question et aussi, au passage, pour reprendre une formule d’Antoine de Baecque, ce 8 novembre, dans Rue 89, « un passionnant dossier » qui nous plonge « dans l’Histoire, la création, la pensée de notre temps ».
Voici le programme de ces mises en ligne. (Du lundi 15 novembre au jeudi 18 novembre)
I- Lundi, la proposition faite par Jean-Luc Godard à Bernard-Henri Lévy, en 1984, d’incarner Joseph dans son film « Je vous salue Marie » ;
II- Mardi, des éléments de la fiction qui devait se tourner en Inde et où Godard aurait joué sous la direction de Bernard-Henri Lévy ;
III- Mercredi, le cœur de ce dossier : « Pas un dîner de gala » – débat sur la Shoah entre Claude Lanzmann, Jean-Luc Godard et Bernard-Henri Lévy ;
IV- Jeudi, enfin, l’évocation, pour la première fois, d’un projet de film-voyage en Israël, « Terre promise », de Jean-Luc Godard et Bernard-Henri Lévy.
Le débat reste ouvert. Mais, nous l’espérons, sur un terrain qui, à partir de là, sera plus solide.
Maria de França
Préambule
Bernard-Henri Lévy
Ainsi, la question de « l’antisémitisme » de Godard est à nouveau posée. Et ce, alors que lui est attribué, ce samedi, 13 novembre, à Los Angeles, un « Honorary Award » pour l’ensemble de sa carrière.
Je n’aime pas, je le dis d’emblée, ce climat d’inquisition qui règne, aux Etats-Unis comme en Europe, dans le monde intellectuel et artistique. Et j’aurais préféré ne pas avoir à entrer, du tout, dans une bataille où il semble s’agir, comme souvent, de disqualifier une œuvre en invoquant les petitesses, voire les infamies, de son auteur. Mais puisque le débat est lancé, puisqu’il fait apparemment la Une des grands quotidiens américains et puisque nous vivons dans un monde où il risque d’être bientôt impossible de prononcer le nom du réalisateur d’« A bout de souffle » sans l’assortir de cette question qui est, évidemment, une question terrible : « Godard est-il antisémite ? », je me résous à apporter, ici, mon témoignage.
Non qu’il ait, en soi, ce témoignage, une autorité particulière. Mais il a deux caractéristiques que j’adjure ceux qui vont, à partir de demain, protester contre l’attribution de ce Prix et contre l’honneur qui sera ainsi fait au cinéaste controversé, de tenter de prendre en compte. C’est le témoignage d’un homme dont le moins que l’on puisse dire, d’abord, est qu’il n’a jamais transigé, non avec cette opinion, mais avec ce délit qu’est l’antisémitisme ; qu’il ne lui a jamais, au grand jamais, trouvé ni excuses ni circonstances atténuantes ; et qu’il ne s’est jamais privé, de surcroît, d’en reconnaître le visage sous tous ses masques et noms d’emprunt. Et puis c’est le témoignage, surtout, d’un écrivain que les hasards de l’existence ont, à quatre reprises depuis 25 ans, conduit à croiser la route de Jean-Luc Godard ; qui l’a fait, chaque fois, autour de projets cinématographiques qui se trouvaient tourner, précisément, autour de cette question des modalités, modernes ou non, de l’être-juif ; et qui dispose donc, sur cette question, c’est-à-dire sur l’objet même de la présente querelle, d’une expérience singulière et, par la force des choses, d’éléments de réflexion inédits.
J’avais, il y a un an, au moment de la parution de la biographie d’Antoine de Baecque, évoqué ces épisodes peu connus des biographes et, en particulier, de lui, de Baecque. Je l’avais fait dans un texte circonstancié, paru dans Le Point du 8 avril 2010 et qui partait d’une phrase que me prêtait l’autre biographe de Godard, l’Américain Richard Brody, et dont je sentais bien qu’elle était en train de servir de pièce à conviction dans l’instruction de ce qui devenait le « procès Godard ». Avais-je jamais vraiment dit que Jean-Luc Godard était « un antisémite qui essaie de se soigner » ? Oui, sans doute. Si le très sérieux Brody l’affirme c’est, certainement, que je l’ai dit. Mais, maintenant, à quelle occasion ? Dans quel contexte ? Et que fait-on quand une petite phrase de vous, un mot, peut-être juste un propos de table ou une blague, vient à l’appui de la plus grave accusation qui soit ? On donne son sentiment profond. On produit, en pesant ses mots, son intime conviction. C’est ce que je faisais, donc, dans ce texte – dont la conclusion était que le rapport de Godard au « fait juif » est, certes, « complexe, contradictoire, ambigu » ; que « son soutien du début des années 70 aux points de vue palestiniens les plus extrémistes » fait évidemment « problème » ; qu’il y a dans telles conversations privées rapportées, depuis, par l’écrivain et cinéaste Alain Fleischer des éléments qui « ébranlent » ; mais que conclure de cela à un péremptoire « Godard est antisémite » c’est, non seulement prendre le risque de faire comparaître une œuvre devant un tribunal où elle n’a, je le répète, pas sa place mais c’est, sur le point même qui fait problème, sur le nom à donner ou non à la politique godardienne, bref, sur le corps du délit, aller beaucoup trop vite en besogne, jouer avec des mots dont on ne devrait faire usage qu’avec le plus extrême scrupule et, à la fin des fins, s’égarer.
Restaient les documents. Restait le « paquet de notes et de documents » dont je disais, dans ce texte, que je les avais « conservés au fil de ces années » et qui, attestant de ces moments de ma vie en même temps que de celle de Jean-Luc Godard (et, pour une partie d’entre eux, de celle de Claude Lanzmann), fondaient également mon analyse et mon dire. Je m’étais contenté, alors, d’en indiquer l’existence mais sans juger bon de les rendre vraiment publics. Et je l’avais fait sans grand regret car il s’était agi, chacune de ces quatre fois, de films avortés dont je n’étais pas sûr, et dont je ne suis d’ailleurs toujours pas sûr, qu’il y eût grand intérêt à les tirer des limbes où nous avions, les uns et les autres, décidé de les laisser séjourner. Aujourd’hui, j’ai un avis différent. Devant l’ampleur qu’est en train de prendre cette affaire, devant l’accumulation d’à peu près, d’opinions ou de citations tirées de leur contexte et devenues folles dont se contentent, je le vois, des hommes et des femmes que, souvent, je connais et estime, devant – pourquoi ne pas le dire aussi ? – l’invitation que je devine, ici ou là (récemment encore, de Baecque, dans Rue 89…), à sortir du demi-mot et, pour « disculper définitivement Godard » (ou non…), à « publier les lettres, notes, documents préparatoires de ces projets » et, ce faisant, à produire « les pièces » d’un dossier dont j’aurais, jusqu’ici, trop dit ou pas assez, je prends la responsabilité, oui, après tout, de tout donner.
Les voici donc, ces ébauches, ces brouillons, ces notes. Les voici, ces correspondances inutiles, poussiéreuses, oubliées, qui n’étaient plus, pour moi comme, j’imagine, pour Godard, que le triste souvenir d’entreprises engagées dans l’enthousiasme mais mort-nées – et qui vont, là, un instant, reprendre vie et contribuer, j’espère, à un effort de clarification qui ne saurait tarder davantage. A chacun de se faire, à partir de là, son opinion. A chacun de juger, mais comme je l’ai fait moi-même fait : pièces en mains désormais – et avec probité. Lisez.
Godard et l’antisémitisme : pièces additionnelles et inédites
6 avril 2010
Il y a un épisode qui revient dans toutes les biographies de Jean-Luc Godard et dans celle, en particulier, d’Antoine de Baecque (Grasset) : celui du projet de film sur la Shoah que nous avons nourri, entre mars et octobre 1999, Godard, Lanzmann et moi […]
Il y a un épisode qui revient dans toutes les biographies de Jean-Luc Godard et dans celle, en particulier, d’Antoine de Baecque (Grasset) : celui du projet de film sur la Shoah que nous avons nourri, entre mars et octobre 1999, Godard, Lanzmann et moi. Et, quand cet épisode est évoqué, c’est à l’appui d’une question, pour ne pas dire d’une thèse, qui est celle de l’«antisémitisme » de l’auteur de « Pierrot le fou » : ne suis-je pas censé avoir moi-même, pour expliquer la naissance puis l’avortement de ce projet, déclaré que Jean-Luc Godard était « un antisémite qui essaie de se soigner » ?
Alors, comme je n’aime pas l’approximation, comme j’aime encore moins voir l’accusation d’antisémitisme invoquée à la légère et comme je déteste, de surcroît, me sentir instrumentalisé dans des débats grossiers et dont les instigateurs ne connaissent visiblement ni les aboutissants ni les tenants, je veux donner ici, et pour la première fois, ma version de cette affaire.
La vérité oblige à dire, d’abord, que nous n’en étions pas, lorsque Godard conçut ce projet de film-débat, à notre première idée de collaboration cinématographique : il m’avait déjà proposé, quinze ans plus tôt, le rôle de Joseph dans « Je vous salue Marie » ; et s’il est exact que j’avais décliné l’offre, c’était pour une série de raisons d’ordre plutôt privé et que l’on simplifie outrageusement en les réduisant, comme le fait Antoine de Baecque, aux scrupules d’un « jeune » penseur « effrayé » par la « perversité » du personnage.
La vérité oblige également à préciser que nous avions eu, Godard et moi, un autre projet de film avant ce projet avorté avec Lanzmann : c’était un projet, cette fois, de moi ; c’était une fiction qui devait se tourner en Inde et où il aurait joué le rôle d’une sorte de Kurtz-architecte, aux -prises avec les ténèbres d’une ville en ruine et qu’il était supposé reconstruire ; et, si le film ne s’est finalement pas fait, c’est pour des raisons, pour le coup, économiques – mais il est évident que je n’aurais pas songé un seul instant à en confier le rôle principal à un homme que j’eusse tenu, par ailleurs, pour cet antisémite que l’on nous décrit -désormais, partout ou presque, aux Etats-Unis comme en Europe, sur un ton de quasi-évidence.
La vérité, toute la vérité, oblige à rappeler enfin qu’il y a eu un autre projet encore, un troisième projet, que ne connaissent apparemment pas non plus les biographes de Jean-Luc Godard : c’est un projet de 2006, celui-là ; c’est un projet postérieur, donc, au projet Godard-Lanzmann-Lévy ; et c’est un projet qui consistait en un voyage en Israël qui devait s’intituler – proposition de Godard – « Terre promise ». Pourquoi ce troisième projet n’a-t-il, lui non plus, et malgré les efforts d’Alain Sarde, pas vu le jour ? Parce que Godard, au fil des échanges, a fini par sortir de son chapeau l’idée – je le cite – « dumézilienne » d’adjoindre à son « affiche » un troisième nom qui était, dans son esprit, celui de Tariq Ramadan et qui n’était, dans le mien, pas acceptable. Mais ce serait mentir, là aussi, que de ne pas l’admettre : jusqu’à l’irruption de ce « tiers » incongru, j’envisageais sans états d’âme d’aller confronter in situ, et fût-ce très contradictoirement, mon entendement de l’être juif avec le sien.
Alors, quant au « projet Shoah » enfin, quant à ce fameux « Pas un dîner de gala » que nous aurions dû cosigner, Godard, Lanzmann et moi, et qui fait visiblement fantasmer tout le petit monde des amateurs de l’œuvre godardienne, peut-être faudrait-il se décider, pour de bon, à interroger les protagonistes ; peut-être faudrait-il demander leur témoignage à Pierre Chevalier, d’Arte (qui, contrairement à ce qu’écrit de Baecque, n’a jamais ni « pris peur » ni « décliné l’offre ») ainsi qu’à Gilles Sandoz (qui était le maître d’œuvre de l’entreprise) ; peut-être la solution serait-elle de publier les pièces du dossier, c’est-à-dire, pour l’essentiel, les lettres de Godard décrivant par le menu, depuis le générique de début jusqu’aux dispositifs de tournage, la façon dont il voyait le film. Mais j’affirme, d’ores et déjà, qu’il y eut, de nouveau, maintes raisons à l’échec de l’aventure ; qu’il y en eut de contingentes et de nécessaires ; que certaines furent liées au souci que chacun avait de soi et d’autres à un malentendu plus profond entre nos visions du monde ; que la conception que nous avions de l’image, des images, ainsi que de leur régime de propriété, ne compta pas pour rien, non plus, dans la rupture finale – mais que, à mes yeux en tout cas, l’antisémitisme ne fut pas une de ces raisons.
Que le rapport de Godard au fait juif soit complexe, contradictoire, ambigu, que son soutien du début des années 70, dans « Ici et ailleurs » par exemple, aux points de vue palestiniens les plus extrémistes fasse problème, qu’il y ait dans les « Morceaux de conversations » d’Alain Fleischer (2009) des séquences que je ne connaissais par définition pas lorsque furent lancés chacun de ces projets et qui, aujourd’hui, m’ébranlent, cela est incontestable. Mais déduire de tout cela un péremptoire « Godard antisémite ! » et s’appuyer sur cet antisémitisme supposé pour, en une démarche de plus en plus courante en cette basse époque de police de l’art et de la pensée, tenter de disqualifier l’œuvre entière, c’est faire injure à un artiste considérable en même temps que jouer avec un mot – l’antisémitisme – à manier, je le répète, avec la plus extrême prudence.
J’ai hésité avant d’écrire ces lignes. J’ai lu et relu, pour cela, le paquet de notes et de documents que j’ai conservés au fil de ces années. Mais c’était affaire de clarté et, je crois, de probité.
Voir de même:
Interview
«Godard est parfois antisémite, comme un juif peut l’être»
Alain Fleischer revient sur les points polémiques de son livre
Eric Loret
Libération
8 mars 2011
De Rome, son «lieu» d’écriture, Alain Fleischer a répondu par mail à une série de questions sur la démonstration que mène Réponse du muet au parlant, à paraître au Seuil le 17 mars.
Vous écrivez que «pour un antisioniste, les juifs n’ont de place nulle part, et qu’ils sont indésirables partout»…
L’antisionisme est l’hostilité à l’installation des juifs en Israël, dans cette terre appelée Palestine par les Romains, qui fut une province de l’Empire ottoman, puis territoire sous mandat britannique. Je n’arrive pas à croire que des antisionistes comme l’amuseur public Dieudonné (qui a fait de l’antisionisme un parti politique français) préfèrent voir les juifs rester dans les pays de la diaspora… Faut-il alors expédier les juifs à Madagascar ou en Argentine, comme l’avaient envisagé les nazis ? Il faudrait poser la question aux antisionistes virulents : y a-t-il un lieu sur terre où la présence des juifs ne vous gênerait pas ? En fait, le sionisme est d’abord une question intéressant les juifs, et il y en a qui, sans être anti-israéliens, n’approuvent pas les aspirations du sionisme.
Que pensez-vous de la déclaration que vous a faite Godard hors caméra sur les Juifs «se laissant conduire comme des moutons et exterminer dans les chambres à gaz, se sacrifiant ainsi pour parvenir à faire exister l’Etat d’Israël» ?
Cette déclaration me semble inepte et inacceptable. En estimant que les juifs attachés à l’Europe se sont laissé faire sans résistance, il donne raison aux sionistes dans leur projet de créer un Etat juif, préférant cette cause à défendre, y compris militairement, aux vexations, aux spoliations et aux crimes dont ils ont été les victimes en Europe centrale et orientale, très tôt dans le XXe siècle. Mais il est absurde de dire que les juifs d’Europe se sont sacrifiés pour une cause – le sionisme – qui n’était justement pas la leur.
Favorable à la bombe atomique iranienne, Godard déclare dans Morceaux de conversation avec Jean-Luc Godard : «Ils se lanceront les bombes sur les autres ! Où est le problème ?» Comment analysez-vous ce lapsus ?
Cette anomalie de syntaxe montre Jean-Luc Godard en flagrant délit d’une élucubration inavouable dont il découvre le piège trop tard. Evitant de justesse de dire : «Ils lanceront les bombes sur les autres», il n’arrive pas à construire correctement : «Ils se lanceront des bombes les uns sur les autres», avant d’ajouter : «Où est le problème ?»
Croyez-vous que Godard soit antisémite ?
Il lui arrive d’être antisémite comme un juif peut l’être, dans des accès de critique contre ses congénères. Godard s’est dit lui-même le «juif du cinéma», alors qu’il déclarait le cinéma américain entre les mains de «voyous juifs». Godard dit aussi que, s’il sait qu’un catholique est quelqu’un qui va à la messe, il ignore ce qu’est un juif. Comme il ne va pas à la messe, il n’est donc pas catholique. Il me semble qu’à choisir, il se sentirait plutôt juif et, dans ce cas, en rébellion fréquente contre les siens. Je préfère le voir ainsi, comme je suis sûr qu’il eût été un dreyfusard.
Vous craignez que des «spectateurs sous influence» ne soient empoisonnés par les paroles de Godard. A qui pensez-vous ?
Je pense à ceux de ma génération qui furent jeunes en 1968 : nous admirions les inventions géniales du cinéma de Godard, nous aimions ses héros suicidaires et romantiques. L’enthousiasme qu’a suscité son œuvre à juste titre a donné à Godard un ascendant considérable sur les esprits, et le pouvoir d’imposer sans discussion des idées, des points de vue très discutables. Il est arrivé un moment où les admirateurs de Godard sont devenus des dévots, ânonnant le catéchisme d’un nouveau conformisme.
Analysant son style, vous écrivez que Godard «signe par le montage d’emprunts à ceux dont il fait disparaître la signature». Liez-vous théoriquement les idées politiques de Godard et une influence mortifère qu’il aurait eue sur le cinéma ?
Jean-Luc Godard est un monteur virtuose : des images, de la musique, des mots. Dans la convocation des citations, il est comme un phénomène du calcul mental. Pour Godard – en cela proche d’Aby Warburg, tel que lui rend hommage Georges Didi-Huberman dans son exposition «Atlas», au musée Reina Sofia, à Madrid -, le monde est un montage, sans cesse «à remonter». Les effets de sens du montage – surtout lorsque les emprunts et les citations ne sont ni identifiés ni restitués dans leur contexte original – peuvent être aussi bien lumineux, c’est-à-dire révélateurs de vérité, que ravageurs, c’est-à-dire producteurs d’illusions, de confusions et de mensonges. Il y a de tout cela dans l’œuvre considérable de Jean-Luc Godard et dans son influence sur le cours des idées.
Voir encore:
Oscars : « Non, Jean-Luc Godard n’est pas antisémite ! »
Antoine de Baecque, Historien
L’oBs
08/11/2010
Dans le journal israélien Haaretz, puis dans le New York Times et le Los Angeles Times, revient un sous-entendu qui a force d’évidence : en remettant leur récompense à Jean-Luc Godard, le 13 novembre, les Oscars rendent hommage à un antisémite. Il s’agit même d’une affirmation barrant en gros caractères la page culturelle du journal californien.
Alors que cette rumeur est un cliché péremptoire et faux concernant un cinéaste à l’œuvre incomparable, comme une tache permettant de déconsidérer les films, les écrits, la pensée et la personnalité du cinéaste.
En France, c’est davantage une question, comme la posait Le Monde sur une pleine page en début d’année 2010 : « Godard est-il antisémite ? » Question à laquelle il faut répondre par la négative : « Non, Godard n’est pas antisémite ! »
Dans son « bloc-notes » du Point, le 8 avril, Bernard-Henri Lévy réfutait lui aussi, en une réponse circonstanciée, cette réputation faite de rumeurs, de on-dit, de petites phrases cinglantes ou ignobles prononcées en privé mais jamais écrites, évidemment. BHL y voit une « démarche de disqualification de plus en plus courante en cette basse époque de police de l’art et de la pensée ».
Un engagement antisioniste ancien
Dans plusieurs chapitres de la biographie que j’ai consacrée récemment à Godard (Grasset), je reviens sur la « question juive » chez le cinéaste, sur une trentaine de pages.
Je tente d’expliquer, documents à l’appui, les positions du cinéaste qui, avec une extrême constance, de 1969 (quand il tourne dans les camps palestiniens un film militant intitulé « Jusqu’à la victoire ») à 2004 (« Notre musique ») et même au « Film socialisme » de 2010, se caractérisent par un antisionisme virulent, une solidarité profonde, y compris parfois aveugle, avec les Palestiniens, et un rapport permanent, interrogatif, critique, parfois obsessionnel, mais jamais haineux ni antisémite, au « fait juif ».
Pour Godard, la Shoah se place au centre de l’histoire du XXe siècle -il est le contraire d’un négationniste-, enclenchant une forme de malédiction : les anciennes victimes deviennent les bourreaux.
Ce qui fut fondateur de l’Etat d’Israël devient bientôt sa culpabilité, par un retournement paradoxal de l’Histoire : les Israéliens, en niant les Palestiniens, en occupant leur territoire, en les colonisant, se transforment en grand coupables.
« Les juifs font aux arabes, ce que les nazis ont fait aux juifs », lance Godard dans « Ici et ailleurs » en 1975 pour illustrer ce paradoxe. Phrase d’une extrême violence certes, mais absolument banale dans le contexte de l’engagement pro-palestinien de la gauche française après la Guerre des six jours (1967). Phrase qui vise non pas « le juif » comme peuple mais comme incarnation de l’Etat d’Israël.
De même, toujours dans « Ici et ailleurs », une image de Golda Meir, alors premier ministre israélienne, clignote parallèlement à celle d’Hitler. Ce rapprochement n’est pas une comparaison -ce n’est pas « Golda Meir = Hitler » – mais un montage, au sens godardien, mettant en rapport deux images qui ne sont pas équivalentes, mais dont la réunion produit du sens.
Ce sens -les anciennes victimes sont devenues les bourreaux- est sûrement excessif, historiquement et philosophiquement, mais il n’est pas antisémite. Ce sens peut, doit, être discuté, soulever des polémiques, être réfuté dans le cadre d’un débat d’opinions, il n’est pas condamnable au sens strict comme le serait une position antisémite.
Un antisioniste pessimiste qui ne croit pas la paix possible
Croit-on que BHL ou Claude Lanzmann discuteraient avec Godard s’il était un antisémite ? Godard est un antisioniste pessimiste qui ne croit pas la paix possible entre Israéliens et Palestiniens.
Sur ce sujet qu’il sait sensible, il joue cependant un jeu dangereux, adorant provoquer, susciter la controverse, et il parsème nombre de ses films et de ses entretiens, depuis plus de trente ans, de jugements à l’emporte-pièce, d’expressions de son radicalisme, ou de montages d’images sans doute caricaturaux, forcés, peu raisonnables.
Mais ceci relève de l’histrionnisme intellectuel et médiatique, non pas de l’antisémitisme.
Que la personnalité de Godard soit peu aimable, excessive, provocatrice, voire perverse, il n’y a guère de doute, mais attaquons-le sur ce point, sans placer dans la balance des reproches une accusation injuste.
Crier aujourd’hui au « Godard antisémite », c’est faire fi de l’Histoire et des engagements de la gauche française d’il y a quelques décennies auxquels le cinéaste reste fidèle. C’est ce décalage qui choque : quarante ans après, que reste-t-il à gauche de l’antisionisme ? , voilà la vraie question.
Qu’il y ait une part d’aveuglement, voire d’erreur, dans cet engagement, on peut le penser, mais y voir de l’antisémitisme, c’est je le crois un contre-sens, un jugement moral rétrospectif et déformant.
Dans son bloc-notes du Point, Bernard-Henri Lévy s’appuyait sur une série d’expériences personnelles : plusieurs projets, à chaque fois inaboutis, de collaboration avec Jean-Luc Godard.
- Le philosophe évoquait ainsi une fiction au cœur des ténèbres, tournée en Inde, où Godard en Brando crépusculaire aurait joué un Kurtz architecte dans une ville en ruines ;
- « Pas un dîner de gala », débat sur la Shoah entre Lanzmann et Godard arbitré par lui-même ;
- enfin, pas plus tard qu’en 2006, un film-voyage en Israël, « Terre promise », que devaient entreprendre le cinéaste et le philosophe, devant une caméra, projet qui échoua quand le premier proposa d’y adjoindre un troisième homme, Tariq Ramadan, ce que refusa le second.
Publier le projet de Godard et BHL
La meilleure façon de disculper définitivement Godard de l’accusation d’antisémitisme serait donc de publier les lettres, notes, documents préparatoires de ces projets, auxquels Bernard-Henri Lévy fait allusion. Mieux même : ce serait un passionnant dossier qui nous plongerait dans l’Histoire, la création, la pensée de notre temps.
Jean-Luc Godard devrait aller recevoir son Oscar, le 13 novembre, avec sérénité et fierté, le regard droit, le salut fraternel. Il n’a pas besoin de raser les murs ou de jouer les abonnés absents.
Et les autorités culturelles françaises, Frédéric Mitterrand depuis son ministère, Véronique Cayla depuis le Centre national du cinéma, devraient quant à elles apporter leur soutien officiel à un cinéaste franco-suisse dont l’œuvre a contribué, depuis cinquante ans, à la réputation de la France dans le monde.
Il y a peu de cinéastes français susceptibles de recevoir une telle récompense, et voici une occasion solennelle et spectaculaire, pour les huiles françaises, de montrer avec Godard une forme de solidarité dans l’adversité.
Voir enfin:
Full text of UNSC resolution, approved Dec. 23, demanding Israel stop all settlement activity
Approved by 14-0, with US abstaining, text seeks action ‘to reverse the negative trends on the ground that are imperiling the two-state solution’
The Times of Israel
December 23, 2016
The UN Security Council meets on December 23, 2016 (UN Screenshot)
Newsroom
The Security Council,
Reaffirming its relevant resolutions, including resolutions 242 (1967), 338 (1973), 446 (1979), 452 (1979), 465 (1980), 476 (1980), 478 (1980), 1397 (2002), 1515 (2003), and 1850 (2008),
Guided by the purposes and principles of the Charter of the United Nations, and reaffirming, inter alia, the inadmissibility of the acquisition of territory by force,
Reaffirming the obligation of Israel, the occupying Power, to abide scrupulously by its legal obligations and responsibilities under the Fourth Geneva Convention relative to the Protection of Civilian Persons in Time of War, of 12 August 1949, and recalling the advisory opinion rendered on 9 July 2004 by the International Court of Justice,
Condemning all measures aimed at altering the demographic composition, character and status of the Palestinian Territory occupied since 1967, including East Jerusalem, including, inter alia, the construction and expansion of settlements, transfer of Israeli settlers, confiscation of land, demolition of homes and displacement of Palestinian civilians, in violation of international humanitarian law and relevant resolutions,
Expressing grave concern that continuing Israeli settlement activities are dangerously imperilling the viability of the two-State solution based on the 1967 lines,
Recalling the obligation under the Quartet Roadmap, endorsed by its resolution 1515 (2003), for a freeze by Israel of all settlement activity, including “natural growth”, and the dismantlement of all settlement outposts erected since March 2001,
Recalling also the obligation under the Quartet roadmap for the Palestinian Authority Security Forces to maintain effective operations aimed at confronting all those engaged in terror and dismantling terrorist capabilities, including the confiscation of illegal weapons,
Condemning all acts of violence against civilians, including acts of terror, as well as all acts of provocation, incitement and destruction,
Reiterating its vision of a region where two democratic States, Israel and Palestine, live side by side in peace within secure and recognized borders,
Stressing that the status quo is not sustainable and that significant steps, consistent with the transition contemplated by prior agreements, are urgently needed in order to (i) stabilize the situation and to reverse negative trends on the ground, which are steadily eroding the two-State solution and entrenching a one-State reality, and (ii) to create the conditions for successful final status negotiations and for advancing the two-State solution through those negotiations and on the ground,
Israel’s UN ambassador Danny Danon addresses the Security Council on October 19, 2016. (UN Photo)
1. Reaffirms that the establishment by Israel of settlements in the Palestinian territory occupied since 1967, including East Jerusalem, has no legal validity and constitutes a flagrant violation under international law and a major obstacle to the achievement of the two-State solution and a just, lasting and comprehensive peace;
2. Reiterates its demand that Israel immediately and completely cease all settlement activities in the occupied Palestinian territory, including East Jerusalem, and that it fully respect all of its legal obligations in this regard;
3. Underlines that it will not recognize any changes to the 4 June 1967 lines, including with regard to Jerusalem, other than those agreed by the parties through negotiations;
4. Stresses that the cessation of all Israeli settlement activities is essential for salvaging the two-State solution, and calls for affirmative steps to be taken immediately to reverse the negative trends on the ground that are imperilling the two-State solution;
5. Calls upon all States, bearing in mind paragraph 1 of this resolution, to distinguish, in their relevant dealings, between the territory of the State of Israel and the territories occupied since 1967;
6. Calls for immediate steps to prevent all acts of violence against civilians, including acts of terror, as well as all acts of provocation and destruction, calls for accountability in this regard, and calls for compliance with obligations under international law for the strengthening of ongoing efforts to combat terrorism, including through existing security coordination, and to clearly condemn all acts of terrorism;
7. Calls upon both parties to act on the basis of international law, including international humanitarian law, and their previous agreements and obligations, to observe calm and restraint, and to refrain from provocative actions, incitement and inflammatory rhetoric, with the aim, inter alia, of de-escalating the situation on the ground, rebuilding trust and confidence, demonstrating through policies and actions a genuine commitment to the two-State solution, and creating the conditions necessary for promoting peace;
8. Calls upon all parties to continue, in the interest of the promotion of peace and security, to exert collective efforts to launch credible negotiations on all final status issues in the Middle East peace process and within the time frame specified by the Quartet in its statement of 21 September 2010;
9. Urges in this regard the intensification and acceleration of international and regional diplomatic efforts and support aimed at achieving, without delay a comprehensive, just and lasting peace in the Middle East on the basis of the relevant United Nations resolutions, the Madrid terms of reference, including the principle of land for peace, the Arab Peace Initiative and the Quartet Roadmap and an end to the Israeli occupation that began in 1967; and underscores in this regard the importance of the ongoing efforts to advance the Arab Peace Initiative, the initiative of France for the convening of an international peace conference, the recent efforts of the Quartet, as well as the efforts of Egypt and the Russian Federation;
10. Confirms its determination to support the parties throughout the negotiations and in the implementation of an agreement;
11. Reaffirms its determination to examine practical ways and means to secure the full implementation of its relevant resolutions;
12. Requests the Secretary-General to report to the Council every three months on the implementation of the provisions of the present resolution;
13. Decides to remain seized of the matter.