Présidentielle américaine: Vous avez dit effet John Oliver ? (Love trumps hate: Even his Iraq combat vet wife couldn’t help brilliant Brit stand up from missing the story of a lifetime)

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S’il est clair que vous aimez la chose que vous critiquez, ça aide. John Oliver
How the fuck did we get here? Well clearly there are many possible answers to that question, including misleading forecasts that bred complacency, a flawed candidate who failed to appeal to white, rural, and working class voters, and – and this is worth repeating – deep racism and/or indifference to it. For those, including us, who were shocked by Tuesday, we’re going to be examining all of this for years. But for tonight, let’s look at just one narrow element that may have helped bring us here, because it will be important going forward, and that is our media. Specifically how a system that is supposed to catch a serial liar failed. (…) Weird conspiracy bullshit has always been bubbling under the surface. But Trump was the first major candidate to harness and fully legitimize it. And it’s obvious in hindsight: He came along and told millions of people every crazy email you’ve ever forwarded was true. And that, at least in part, is why he will be our next president. (…) So keep reminding yourself: This is not normal. Write it on a Post-It note, and stick it on your refrigerator. Hire a skywriter once a month. Tattoo it on your ass. Because a Klan-backed, misogynist internet troll is going to be delivering the next State of the Union address. And that is not normal, it is fucked up. John Oliver
We recognized much earlier than most that there was a little bit of a phenomenon to Donald Trump. I’d say that if we made a mistake last year it’s that we probably did put on too many of his campaign rallies in those early months unedited and just let them run. You never knew what he was going to say. You never knew what was going to happen. Jeff Zucker (president of CNN Worldwide)
It may not be good for America, but it’s damn good for CBS, that’s all i gotta say. (…) So what can I say? The money’s rolling in, this is fun. (…) They’re not even talking about issues. They’re throwing bombs at each other and I think the advertising reflects that. (…) I’ve never seen anything like this and this is going to be a very good year for us. Sorry. It’s a terrible thing to say, but bring it on, Donald, go ahead, keep going. Les Moonves (chief executive of CBS)
Attention, l’Amérique a la rage (…) La science se développe partout au même rythme et la fabrication des bombes est affaire de potentiel industriel. En tuant les Rosenberg, vous avez tout simplement esayé d’arrêter les progrès de la science. Jean-Paul Sartre (« Les animaux malades de la rage », Libération, 22 juin 1953)
L’Amérique des grandes villes, des jeunes et des minorités, n’est qu’une partie de ce grand pays. Elle cache une autre Amérique, plus continentale, plus blanche, qui remâche des haines recuites. Trump a été acclamé par les hommes blancs sans diplômes, souvent laissés pour compte de la mondialisation, et qui ont le sentiment d’être déclassés. (…) Avec beaucoup d’intuition, Trump s’est également emparé du déclassement du monde ouvrier américain, en promettant de dénoncer les traités internationaux, de construire des murs et de rouvrir les mines et les usines. Trump a été acclamé par les hommes blancs sans diplômes, souvent laissés pour compte de la mondialisation, dont la situation n’est pas toujours précaire, loin s’en faut, mais qui ont néanmoins le sentiment d’être déclassés. Cette Amérique-là a la «rage», pour reprendre une formule célèbre de Sartre. Pap Ndiaye
It was plainly wrong though to see the White House lit up in rainbow colors to celebrate the Supreme Court’s legalization of same-sex marriage. That was not cool to me. Tonya Register
Pour le dire crûment, les médias sont passés à côté. Le Washington Post
Toute la technologie éblouissante, l’utilisation des bases de données et la modélisation sophistiquée que les rédactions américaines ont apportées pour l’analyse de la politique pendant cette élection présidentielle, n’ont pas permis aux journalistes d’être à nouveau derrière l’histoire, derrière le reste du pays. (…) Les médias ont raté ce qu’il se passait autour d’eux (…) les chiffres n’étaient pas simplement un piètre guide pour la nuit électorale, ils étaient à mille lieues de ce qui se passait réellement. Le raté de ce mardi soir était beaucoup plus qu’un échec dans le scrutin, c’était aussi l’échec de la compréhension de la colère bouillante d’une grande partie de l’électorat américain, qui se sent laissée de côté par une récupération sélective et trahie par des accords commerciaux qu’elle considère comme des menaces à ses emplois. (…)  Les journalistes n’ont pas remis en question les sondages quant ils confirmaient leur intuition que Donald Trump ne pourrait jamais devenir président. Ils ont décrit les partisans du candidat qui croyaient encore qu’il avait une chance comme déconnectés de la réalité. En fait, c’était l’inverse. (…)  Si les médias ne parviennent pas à présenter un scénario politique basé sur la réalité, alors ils ont échoué dans l’accomplissement de leur fonction la plus fondamentale (…) l’Amérique profonde n’est pas un lieu, c’est un état d’esprit – c’est dans certaines parties de Long Island et Queens, beaucoup de Staten Island, certains quartiers de Miami ou même de Chicago. Et, oui, elle est largement – mais pas exclusivement – concerne les travailleurs de la classe blanche. Ils pensent que quelque chose va tellement mal que toutes les vérifications factuelles de M. Trump cette année, les innombrables rapports sur ses mensonges – qu’il a prononcés plus que Mme Clinton – et l’enquête vigoureuse de son entreprise et de ses transgressions personnelles, les a dérangés bienomins que les maux nationaux perçus que M. Trump a pointés et promis de traiter. Selon l’avis des électeurs américains, le gouvernement était cassé, le système économique était cassé, et nous l’avons entendu si souvent, les médias étaient cassés. Eh bien, quelque chose est sûrement rompu. Il peut être réparé, mais il faut le faire une bonne fois pour toutes. Le New York Times
Il y a même une partie de moi qui aime ce gars. John Oliver
Le problème, c’est que même lorsque l’on peut prouver par la démonstration que Trump a tort, cela n’a en quelque sorte pas d’importance. (…) Et c’est peut-être parce qu’il a passé des décennies à transformer son nom en une marque, synonyme de succès et de qualité (…), une marque dont il est lui-même la mascotte (…). Mais s’il faut vraiment qu’il soit le candidat républicain à l’élection présidentielle, il est urgent d’arrêter de penser à la mascotte et de commencer à regarder l’homme. Un candidat à la présidence doit proposer une série de propositions cohérentes. Quoi que vous pensiez de Marco Rubio ou de Ted Cruz, au moins, vous savez plus ou moins ce qu’ils pensent. Les opinions de Trump, à l’inverse, sont largement incohérentes. Il a été successivement pour et contre l’avortement, pour et contre l’interdiction de la vente de fusils d’assaut, pour l’immigration de réfugiés et pour l’idée de les expulser hors du pays. (…) Ce qui fait peur, c’est que nous n’avons aucun moyen de savoir lesquelles de ces opinions contradictoires il défendra s’il gagne l’élection. (…) Cette campagne a été dominée par les scandales, mais il est dangereux de penser qu’il y en a un nombre égal des deux côtés. Et vous pouvez être irrité par certains des scandales d’Hillary – c’est compréhensible – mais vous devriez alors être foutument scandalisé par ceux de Trump.  John Oliver
Il est évident que, sans la presse, tout ce que les journaux télévisés auraient à nous montrer, ce serait des présentateurs occupés à jouer à la baballe. (…) Nous devrons tôt ou tard payer pour le travail journalistique, ou alors nous finirons tous par en payer le prix. Non seulement cela laisserait la voie libre aux pires manipulations, mais, en plus, tous les futurs films de journalistes risqueraient de ressembler à ça. John Oliver
Voilà un type qui aime se saisir de sujets ennuyeux et les rendre intéressants. Si vous pouvez faire la même chose que ce qu’il s’est passé avec la FCC et la neutralité du Net, imaginez le niveau d’intérêt des gens pour des questions encore plus proches d’eux. Cyrus Habib
Il n’a pas les défauts d’autres animateurs satiriques. Il ne donne jamais l’impression qu’il méprise son public ou les gens dont il parle. Son humour n’est pas cynique, et ses sujets semblent magnifiquement enquêtés. Jean Lesieur (France 24)
Oliver a d’étonnantes audaces: parler plus de quinze minutes sans interruption face caméra, aborder des sujets techniques (le lobbying des télécoms,
la Cour suprême) ou controversés (les médicaments, le tabac). (…) John Oliver possède la distance nécessaire (un Anglais
 en Amérique) pour faire marrer, et en plus, il informe, sensibilise, et parvient même à déclencher l’engagement de ses téléspectateurs pour des combats politiques. A l’heure où l’on accuse de plus en plus l’infotainment de promouvoir des opinions (voire des mensonges) sous couvert d’humour, 
John Oliver aurait-il inventé la formule parfaite ? Grazia
John Oliver n’a pas peur d’aborder des thèmes polémiques qui divisent fortement la société américaine comme l’avortement ou la peine de mort. Et si ses vidéos culminent à plus de huit millions de vues sur Youtube en moyenne ce n’est pas par hasard. Plutôt que d’aborder rapidement le sujet, John et l’équipe de Last Week Tonight ont fait le choix de consacrer une vingtaine de minutes environ à un sujet précis, sur lequel ils enquêtent (comme de véritables journalistes) et qu’ils présentent de façon claire et argumentée. (…) La démarche d’Oliver s’inscrit dans un héritage, celui de la satire politique. Traduction : c’est terriblement drôle. La grande force du Britannique est de se présenter comme un comédien (c’est son métier après tout) et non pas un journaliste d’investigation. Il cherche à illustrer les absurdités d’une société où chacun cherche à imposer son point de vue de façon plus ou moins violente, et choisit comme arme l’humour. L’effet est garanti. (…) L’impertinence d’Oliver diffère à mon sens de celle d’un Yann Barthès par exemple, en ce qu’elle ne s’attaque pas qu’aux dérapages de représentants politiques ou de la vie civile, mais en ce qu’elle oblige la société américaine à affronter ses contradictions (aussi diverses soient-elles) et son hypocrisie manifeste. Y compris l’hypocrisie de l’axe politique que défend Oliver, celui des libéraux (qui correspondrait à la gauche en France). Ce que n’arrive pas à faire (ou ne souhaite pas?) le Petit Journal, précisément parce qu’exceptés les sketchs d’Eric et Quentin ou d’Alex Lutz et Bruno Sanchez, la rédaction est composée de journalistes, là où l’équipe d’Oliver s’appuie sur des auteurs et comédiens. Or, cette liberté de ton propre à l’exercice de la satire me parait plus efficace pour dénoncer les excès et dérapage d’une société. Louise Michel
L’animateur du “Last Week Tonight” (…) s’est fait le meilleur vulgarisateur des problèmes américains, dont les diatribes ont souvent des conséquences dans la vraie vie. C’est ce qu’on pourrait appeler le « John Oliver effect ». Provoquer une réaction citoyenne avec une simple tribune humoristique hebdomadaire en fin de soirée sur HBO – et qui recommence, pour une saison 3, ce dimanche 14 février. Depuis que l’acteur anglais a pris les commandes du Last Week Tonight en avril 2014, ses sermons dominicaux sur les problèmes qui minent les Etats-Unis (de la cause transgenre aux problèmes des insfrastructures publiques), ont réussi à faire changer les choses. Cet ancien disciple de Stephen Colbert et Jon Stewart n’a pas seulement fidélisé une solide base de téléspectateurs prêts à faire ce qu’il leur dicte, il a aussi poussé les politiques à se saisir de questions aussi austères qu’essentielles, qu’il traite avec son œil de citoyen britannique, émigré aux Etats-Unis depuis une quinzaine d’années et marié à une vétéran de la guerre d’Irak. Entouré d’une équipe qui travaille trois semaines sur des sujets dont il s’offusque, John Oliver ne souhaite pas forcément clouer son pays d’adoption au pilori : « Je ne cherche pas à ce que l’éviscération soit la caractéristique qui définisse notre boulot hebdomadaire », explique-t-il d’ailleurs à USA Today. Il réalise seulement un boulot unique, rigoureux et pédagogue. Et si le meilleur journaliste télé des Etats-Unis était en fait un humoriste ? Détail de ses coups d’éclat qui ont fait bouger les lignes. Télérama
John Oliver avait prévenu : la primaire ne l’intéresse qu’assez peu. Mais le présentateur du LastWeekTonight, le show le plus corrosif de la télévision américaine, pouvait difficilement s’abstenir de parler de Donald Trump. Alors que le candidat à la primaire républicaine remporte les Etats les uns après les autres (et pourrait de ce fait remporter le ticket – réponse partielle mardi 1er mars), il devenait de plus en plus urgent de s’intéresser à sa campagne et ses idées fluctuantes. Dans son émission du 28 février (que l’on n’espère pas noyée par les Oscars), avec la rigueur et la puissance comique qu’on lui connaît, l’Anglais émigré aux Etats-Unis a cliniquement dézingué l’homme politique, qualifié de « grain de beauté dans le dos » : « inoffensif il y a un an, tellement gros maintenant qu’il serait inconscient de l’ignorer ». Durant vingt minutes, John Oliver expose rigoureusement les faits, entrecoupés de piques comiques pour les appuyer. « Cet homme paraît séduisant… jusqu’à ce qu’on y regarde de plus près » : oui, Donald Trump est drôle, mais non, tout ce qu’il dit n’est pas vrai. Oui, il finance sa campagne, mais non, celle-ci ne repose pas que sur ses sous à lui. Oui, il est riche, mais non, il ne pèse pas 10 milliards de dollars (plutôt entre 150 et 250 millions). Oui, son nom est synonyme de succès, mais non, toutes ses affaires ne sont pas florissantes. On sent toutefois Oliver moins sarcastique qu’à l’accoutumé. Car l’heure est grave : « S’il devient vraiment le candidat républicain, il faut arrêter de penser à la mascotte Trump et commencer à penser à l’homme. » Un homme qui est, selon John Oliver, inconstant politiquement (tantôt pro-avortement, pro-migrants, pro-armes, et tantôt contre) et très trouble sur ses positions : « Il n’y a aucun moyen de savoir où se situeront ses convictions quand il sera à la Maison Blanche. » Et Oliver de sortir, l’air grave, le programme de Trump pour combattre l’Etat islamique (« Nous devons tuer leurs familles ») : « Ça, c’est le probable futur candidat républicain qui préconise un crime de guerre. » Prophétique, il prévient que le 20 janvier 2017, si Trump est élu et prête serment ce jour-là, « des voyageurs du futur viendront pour empêcher cela ». Aussi, pour tenter de saper l’influence de sa marque, qui capitalise sur le sens anglais de son nom (« trump » = atout), Oliver rappelle que celui-ci n’est pas le véritable nom d’origine de la famille : « Un de ses ancêtres a fait changer son nom de Drumpf à Trump. C’est bien moins magique et cela reflète sa personnalité. » Télérama
« Cette campagne cauchemardesque » et Donald Trump étaient du petit lait pour l’animateur britannique, qui a élevé le candidat républicain au rang de meilleur ennemi. Si, au début de la primaire républicaine, il s’est refusé à parler de lui, le comédien s’est finalement laissé aller à un portrait en forme de missile scud en février : vingt minutes de diatribe aussi jouissive qu’explosive. Les vannes étaient ouvertes : presque chaque semaine ensuite, l’élection aux mille noms a fait l’objet d’un traitement dont Trump avait les faveurs, défis et piques assassines en bonus. Jusqu’à l’émission de dimanche dernier, dans laquelle John Oliver avoue sa part de responsabilité : « Il y a quelques temps, on eut pu trouver drôle une candidature de Trump », explique l’Anglais, qui fait son mea culpa en diffusant des images de 2013. Alors animateur intérimaire du Daily Show, il appelait de ses vœux une candidature du milliardaire « à la coupe cheveux ridicule ». « Je suis un idiot », regrette-t-il, hilare, demandant aux Américains d’aller voter. Quand on connaît sa force de persuasion auprès de ses ouailles, on peut espérer qu’ils l’écoutent. Télérama
There is an outsider mentality as well as a faux authority thing that probably helps me comedically. (…) There’s a respect for authority in America that is a little odd to me. You respect the office, and never mind the person in it. That is not the case in England. In England, you always want to punch up. There is no respect for the office, the building, or any of the people who go in or out of it. There is much more deep-rooted contempt. (…) There is nothing I can accuse America of doing that Britain has not done worse in its history. So I’m coming from a point of self-criticism at the start. That helps in a way. And if it’s clear that you love the thing that you’re criticizing, that helps. John Oliver
She is very American with a capital A,” and “once you’ve bled for America, you definitely get to say you’re an American in a slightly louder tone of voice. (…) She grounds me in the fact that what I do doesn’t really matter at all, and also I’m a little more defensive of how America is perceived overseas. America takes a lot of [expletive], much of it well earned, from the rest of the world. And yet when something terrible goes down, people are waiting for Americans to fall out of the sky and help them. (…) If you don’t have anyone in your family who’s serving, you can very easily think that we’re not at war now. But we are. This is a country at war. There’s a massive disconnect between America and its military, and being married to a veteran removes that disconnect in a very substantial way. John Oliver
I can’t come home and say I had a really tough day at work today and see her roll her eyes and go, ‘Really?’ And she would be like, ‘I can’t imagine how difficult it was for you. You clown!’ Rightly, I have no place to whine about anything. That’s the problem with living with someone who has fought a war. You lose the moral high ground. John Oliver
It’s the most emasculating thing I could possibly do to go out with someone who has actually done something valuable with their life. John Oliver
There’s a long tradition of people from another nation being able to present their cultural criticism or satire as having a distance that a native seemingly doesn’t have. It feels like Oliver understands us differently than we do because he wasn’t born here. He’s seeing America as this other thing that he can hold at arm’s length. It creates the illusion of a perspective that he does a good job of playing up. He captures this outraged confusion at whatever crazy thing he’s talking about in current events. Jason Mittell (Middlebury College)
As a covert operative for the liberal elite, Oliver was working behind enemy lines at the RNC. When convention security chased after him for entering into a restricted area Oliver, who was still on a temporary work visa, found himself at risk for potential deportation. Attempting to avoid arrest and subsequent Breturn, the reporter and his camera crew happened upon a group of veterans who offered to help them hide. In a meet-cute befitting a beloved political satirist, one of those veterans was Oliver’s future wife—U.S. Army combat medic Kate Norley. After exchanging emails (aww, 2008) Oliver and Norley struck up a friendship; in 2010, the bespectacled Brit proposed in St. Thomas, and the couple tied the knot one year later. Norley, who Oliver describes as “Very American with a capital A,” is already a fan hero for (permanently!) saving her celebrity husband from deportation, but she’s also a straight-up American hero. At age 19, Norley enlisted in the military after the 9/11 attacks, serving as a combat medic in Fallujah and a mental health specialist in Ramadi, providing counsel to returning soldiers. In addition to being the only female combat-stress specialist, she was awarded the Combat Medic badge for providing medical care while under fire. Stateside, she worked as a veteran’s rights advocate for Vets for Freedom; the organization, which was founded in 2006, advocated on behalf of victory in the War on Terror, and promoted like-minded politicians. To say that Norley keeps Oliver grounded seems like an understatement. In classic self-effacing style, Oliver explained, “It’s the most emasculating thing I could possibly do to go out with someone who has actually done something valuable with their life.” Long-term emasculation aside, Norley’s combat experience gives the comedian some much-needed perspective: “I can’t come home and say I had a really tough day at work today and see her roll her eyes and go, ‘Really?’ And she would be like, ‘I can’t imagine how difficult it was for you. You clown!’ Rightly, I have no place to whine about anything. That’s the problem with living with someone who has fought a war. You lose the moral high ground.” When Oliver was offered his current gig hosting his own show, Last Week Tonight with John Oliver, at HBO, his Daily Show departure was huge entertainment news. But as Oliver tells it, Norley knew just how to keep him humble. As the comedian was making a career-defining move, his wife was on emergency deployment in the Philippines as a first responder to Typhoon Haiyan. “I got to speak to her once on this spotty satellite phone,” he recalls, “and she’s saying, ‘We had to do emergency C-sections and amputations and there are dead bodies everywhere, it’s worse than people are letting on, it’s just death, death, everywhere.’ And there’s no point at which you can go, ‘I’ve got some news as well!’ It just doesn’t matter.” Oliver distinguishes himself from the late night pack with his British accent, across-the-pond intellectualism, and genuine outsider’s confusion. But after eight years with a proud vet, Oliver has proven himself to be quite the patriot. After his 2013 break with The Daily Show was finalized, John and Kate headed to Afghanistan as part of the USO Tour. The unconventional second honeymoon found the Oliver’s sleeping in the barracks, eating with the troops, and performing at more than half a dozen forward operating bases. Last Week Tonight viewers might be surprised to learn that Oliver’s wife is a Republican—let alone a Republican who’s advocated on behalf of GOP politicians on Fox News. The unabashedly liberal HBO show has been credited with real change, otherwise known as the “John Oliver effect.” Oliver’s ability to synthesize and sensationalize under-reported topics into viral videos has led to political victories for causes ranging from unfair bail requirements to FCC regulations. And while Oliver is an equal opportunity satirist, his popular “Make Donald Drumpf Again” campaign suggests that He’s with Her. In an increasingly polarized political climate, it’s rare and refreshing to see bipartisan cooperation—let alone wedlock. And while Oliver hasn’t publicly commented on any political squabbles at home, he’s unequivocally supportive of his wife and her veteran activism: “Once you’ve bled for America, you definitely get to say you’re an American in a slightly louder tone of voice.” The Daily Beast

Attention: un effet peut en cacher un autre !

Anglais en Amérique, diplomé de Cambridge, monologues de 15 minutes face caméra et sans interruption, sujets techniques (lobbying des télécoms, 
Cour suprême) ou controversés (médicaments, tabac), distancié mais pas méprisant, désopilant mais pas cynique, sujets magnifiquement enquêtés qui parviennent à informer, sensibiliser et même mobiliser les téléspectateurs …

Au lendemain d’une élection américaine proprement historique par ses résultats aussi prévisibles qu’imprévus …

Et où après le fiasco des sondeurs et sans parler des différentes officines – y compris balkaniques – pressant jusqu’à la dernière goutte le citron de la Trumpmania …

C’est aux journalistes eux-mêmes de faire leur mea culpa …

Pendant qu’avec la même violence qu’ils reprochaient à leurs opposants, les partisans du pouvoir en place montrent leurs vraies couleurs …

Quelle meilleure mesure de la véritable hystérie collective et de l’auto-aveuglement massif …

Qui s’est emparé de nos belles âmes et de nos beaux esprits …

Que de voir comment le si longtemps célébré effet John Oliver

Ce mélange rare du meilleur de l’université (Cambridge, s’il vous plait !) et de l’humour (Monty Python) britanniques du plus brillant des animateurs satiriques de la télévision américaine …

Mais tristement réduit à la fin aux attaques ad hominem (sur la tête ou le nom du candidat) voire au degré zéro du simple juron

Qui réussissait, joignant la critique la plus implacable et le respect du public le plus exigeant, à avoir des conséquences dans la vraie vie …

A fini lui aussi, malgré son épouse ancienne combattante de la guerre d’Irak, par enfermer un peu plus son public dans son auto-aveuglement …

Son dézingage finalement assez convenu des notoires incohérences et  revirements du candidat républicain …

Lui faisant passer complètement à côté lui aussi de la colère et du profond rejet d’au moins la moitié de l’électorat américain …

Pour la condescendance et l’arrogance d’élites aussi bien-pensantes que protégées des effets de leurs idées complètement déconnectées du réel ?

Vu sur le web
John Oliver réussit une charge virulente contre Donald Trump
Jérémie Maire
Télérama
29/02/2016
Le présentateur du “LastWeekTonight” s’est (enfin) attaqué à Donald Trump. Brillant et nécessaire.

John Oliver avait prévenu : la primaire ne l’intéresse qu’assez peu. Mais le présentateur du LastWeekTonight, le show le plus corrosif de la télévision américaine, pouvait difficilement s’abstenir de parler de Donald Trump. Alors que le candidat à la primaire républicaine remporte les Etats les uns après les autres (et pourrait de ce fait remporter le ticket – réponse partielle mardi 1er mars), il devenait de plus en plus urgent de s’intéresser à sa campagne et ses idées fluctuantes.

Dans son émission du 28 février (que l’on n’espère pas noyée par les Oscars), avec la rigueur et la puissance comique qu’on lui connaît, l’Anglais émigré aux Etats-Unis a cliniquement dézingué l’homme politique, qualifié de « grain de beauté dans le dos » : « inoffensif il y a un an, tellement gros maintenant qu’il serait inconscient de l’ignorer ».

Durant vingt minutes, John Oliver expose rigoureusement les faits, entrecoupés de piques comiques pour les appuyer. « Cet homme paraît séduisant… jusqu’à ce qu’on y regarde de plus près » : oui, Donald Trump est drôle, mais non, tout ce qu’il dit n’est pas vrai. Oui, il finance sa campagne, mais non, celle-ci ne repose pas que sur ses sous à lui. Oui, il est riche, mais non, il ne pèse pas 10 milliards de dollars (plutôt entre 150 et 250 millions). Oui, son nom est synonyme de succès, mais non, toutes ses affaires ne sont pas florissantes.

On sent toutefois Oliver moins sarcastique qu’à l’accoutumé. Car l’heure est grave : « S’il devient vraiment le candidat républicain, il faut arrêter de penser à la mascotte Trump et commencer à penser à l’homme. » Un homme qui est, selon John Oliver, inconstant politiquement (tantôt pro-avortement, pro-migrants, pro-armes, et tantôt contre) et très trouble sur ses positions : « Il n’y a aucun moyen de savoir où se situeront ses convictions quand il sera à la Maison Blanche. » Et Oliver de sortir, l’air grave, le programme de Trump pour combattre l’Etat islamique (« Nous devons tuer leurs familles ») : « Ça, c’est le probable futur candidat républicain qui préconise un crime de guerre. » Prophétique, il prévient que le 20 janvier 2017, si Trump est élu et prête serment ce jour-là, « des voyageurs du futur viendront pour empêcher cela ».

Aussi, pour tenter de saper l’influence de sa marque, qui capitalise sur le sens anglais de son nom (« trump » = atout), Oliver rappelle que celui-ci n’est pas le véritable nom d’origine de la famille : « Un de ses ancêtres a fait changer son nom de Drumpf à Trump. C’est bien moins magique et cela reflète sa personnalité. » Son émission ne serait pas complète sans une tentative (vaine ?) de John Oliver pour changer les choses : « Nous avons rempli les dossiers nécessaires pour déposer le nom “Drumpf”, lâche-t-il, et nous avons ouvert le site DonaldJDrumpf.com sur lequel vous pouvez télécharger une extension pour votre navigateur, qui transformera les occurrences “Trump” en “Drumpf” [on a testé, ça marche, NDLR]. »

« Ne restons pas aveuglés par la magie de son nom, finit-il, déchaîné. Ne votez pas pour lui en gobant ce qu’il dit : c’est un artiste de la connerie. Monsieur Trump, j’attends votre procès. F*ck Donald Trump. »

Maintenant, il ne reste plus qu’à surveiller si le John Oliver effect prendra. Tout le monde retient son souffle.

Voir aussi:

Décryptage
John Oliver revient pour une troisième saison : va-t-il encore faire bouger les lignes ?
Jérémie Maire
Télérama
14/02/2016

L’animateur du “Last Week Tonight” rempile pour une troisième saison le 14 février sur HBO. En l’espace de deux ans et fort de téléspectateurs dévoués, l’humoriste s’est fait le meilleur vulgarisateur des problèmes américains, dont les diatribes ont souvent des conséquences dans la vraie vie.

C’est ce qu’on pourrait appeler le « John Oliver effect ». Provoquer une réaction citoyenne avec une simple tribune humoristique hebdomadaire en fin de soirée sur HBO – et qui recommence, pour une saison 3, ce dimanche 14 février. Depuis que l’acteur anglais a pris les commandes du Last Week Tonight en avril 2014, ses sermons dominicaux sur les problèmes qui minent les Etats-Unis (de la cause transgenre aux problèmes des insfrastructures publiques), ont réussi à faire changer les choses. Cet ancien disciple de Stephen Colbert et Jon Stewart n’a pas seulement fidélisé une solide base de téléspectateurs prêts à faire ce qu’il leur dicte, il a aussi poussé les politiques à se saisir de questions aussi austères qu’essentielles, qu’il traite avec son œil de citoyen britannique, émigré aux Etats-Unis depuis une quinzaine d’années et marié à une vétéran de la guerre d’Irak. Entouré d’une équipe qui travaille trois semaines sur des sujets dont il s’offusque, John Oliver ne souhaite pas forcément clouer son pays d’adoption au pilori : « Je ne cherche pas à ce que l’éviscération soit la caractéristique qui définisse notre boulot hebdomadaire », explique-t-il d’ailleurs à USA Today. Il réalise seulement un boulot unique, rigoureux et pédagogue. Et si le meilleur journaliste télé des Etats-Unis était en fait un humoriste ? Détail de ses coups d’éclat qui ont fait bouger les lignes.

Avoir – presque – fait disparaître le nom de Trump du web

Tout le monde l’attendait et il l’a enfin fait. Le 28 février, deux jours avant le premier « Super Tuesday » de ces primaires démocrates et républicaine, John Oliver s’attaque enfin à Donald Trump. Durant 20 minutes, l’Anglais, méticuleux et brillant, démonte les finances moribondes, les ambitions nauséabondes, l’inconstance politique crasse et même le véritable nom du candidat qui pourrait, malheureusement, prendre la tête du parti républicain en vu de l’élection présidentielle de novembre prochain. Finalement, Oliver rappelle que l’un des ancêtres de Trump a fait changer le nom de famille de Drumpf à Trump.

L’effet Oliver : De la même manière que Trump a transformé son nom en marque, Oliver propose, dans sa grandiloquence habituelle, de « Make Donald Drumpf again », ou, d’après le slogan de sa campagne « Make America great again », de rebaptiser Trump sur le Net. « C’est bien moins magique et cela reflète sa personnalité », explique-t-il et assure : « Nous avons rempli les dossiers nécessaires pour déposer le nom “Drumpf” et nous avons ouvert le site DonaldJDrumpf.com sur lequel vous pouvez télécharger une extension pour votre navigateur, qui transformera les occurrences “Trump” en “Drumpf” [on a testé, ça marche, NDLR]. »

Le résultat : Si l’efficace charge d’OIiver n’a pas empêcher Trump de sortir vainqueur du « Super Tuesday » du 1er mars, l’introduction du nom « Donald Drumpf », elle, a pleinement marché. Car, durant 24 heures, le nom « Donald Drumpf » a plus été recherché sur Google que les noms de Marco Rubio et Ted Cruz. « On peut dire que M. Oliver et son mouvement #MakeDonaldDrumpfAgain ont effectué une meilleure campagne que Ms Rubio et Cruz », ironise le New York Times qui révèlent les chiffres.

Avoir protégé la neutralité du web

Dans un segment consacré à l’épineux mais – avouons-le – très chiant problème de la neutralité du Net (pour faire simple : éviter un internet à deux vitesses, permettant à des sociétés qui paieraient plus aux fournisseurs de pouvoir envoyer leur contenu plus vite que les autres), John Oliver a accusé la FCC, le gendarme américain des télécoms, de vouloir mettre à mal ce principe. Il en a appelé, non sans lyrisme, les internautes à canaliser leur colère de façon utile, en se connectant et en écrivant, tous ensemble, à la FCC.

L’effet Oliver : Les téléspectacteurs et internautes ont pris au pied de la lettre les recommandations de John Oliver et se sont massivement rendus sur le site gouvernemental… au point de le faire planter.

Le résultat : Face à un tel effet – totalement inattendu même pour les équipes d’Oliver –, la FCC a finalement voté l’adoption de régulations pour la neutralité du Net. Chapeau.

S’être fait le héraut de la lutte anti-corruption à la Fifa

A une semaine de la Coupe du monde de foot au Brésil en juin 2014, John Oliver, en bon Anglais qui se respecte, crie tout l’amour qu’il porte au football, et en profite surtout pour dénoncer l’instance dirigeante du foot mondial. Une démonstration intelligente de la corruption (alors seulement soupçonnée) de ses leaders, de leur amour pour l’argent (« Imaginez l’argent comme des poils pubiens et la Fifa comme de la cire. Une fois que vous l’arrachez, elle emporte tout avec elle », explique-t-il, pédagogue), des méthodes cavalières de ses dirigeants, dont Sepp Blatter, pour imposer des propres lois aux pays hôtes, etc.

L’effet Oliver : Si le scandale de la Fifa a éclaté un an après sa diatribe grâce à une enquête des autorités américaines sur la base d’un indic au sein de l’organisation, John Oliver a tout de même le mérite d’avoir porté à la connaissance de ceux qui l’ignoraient le système mafieux qui régit le foot mondial. Et d’avoir fait connaître United Passions, le film à la gloire de la Fifa… produit par la Fifa.

Le résultat : L’occasion était trop belle pour ne pas y revenir au moment du scandale qui a coûté la tête de plusieurs de ses dirigeants, dont Sepp Blatter et Michel Platini. En fin d’édito, Oliver supplie Budweiser, sponsor historique de la Fifa au même titre qu’Adidas ou McDonald’s, de lâcher la Fédération : « Je ferai l’ultime sacrifice : si vous participez à l’éviction de Blatter, je boirai l’une de vos bières dégoûtantes. Si vous vous débarrassez de ce démon suisse, cette merde aura le goût de champagne. » La tête de Blatter a fini par tomber, et Oliver a tenu sa promesse.

Avoir limité les confiscations de biens personnels par la police

Aux Etats-Unis, et aussi curieux que cela puisse paraître, la police a le droit de confisquer les biens personnels (argent liquide, maison, voiture…) à des gens arrêtés sans qu’ils soient forcément accusés du moindre crime. Ces biens saisis sont automatiquement coupables (oui, comme un humain) jusqu’à ce que le citoyen prouve le contraire. Une aberration de la justice américaine que John Oliver a dénoncée durant seize minutes lors d’une émission en octobre 2014, en racontant des anecdotes plus folles les unes que les autres : un homme sur le point d’acheter un véhicule d’occasion dépossédé de son argent, un commando de police saisissant des voitures se rendant à une fête (avec vidéo de surveillance à l’appui) ou le témoignage surréaliste d’un policier qui avoue l’arbitraire de ces saisies (« Comme de l’argent tombé du ciel pour acheter des jouets » – une machine à margarita par exemple, histoire vraie). Si le « civil forfeiture » peut se montrer efficace dans la lutte contre le trafic de drogue, il reste « du vol organisé » dans la majeure partie des cas et a généré trois milliards de dollars entre 2008 et 2015. Pour appuyer son discours, Oliver a convoqué Jeff Goldblum dans une parodie de la série New York : unité spéciale des saisies de biens personnels.

L’effet Oliver : L’animateur s’est emparé du sujet à la suite de deux enquêtes du Washington Post et du New Yorker sur cet important vice du droit américain, donnant une visibilité sans précédent à ce système mis en place lors de « guerre contre la drogue » des années 1980.

Le résultat : En janvier 2015, le procureur général des Etats-Unis de l’époque, Eric Holder, a annoncé que les Etats et les officiers de police ne seraient plus autorisés à utiliser la loi fédérale pour saisir des biens sans preuve tangible qu’un crime a été commis. En juillet, le Montana et le Nouveau-Mexique ont changé leur droit : la saisie ne peut s’opérer que s’il y a conviction de crime et le bien accusé bénéficie de la présomption d’innocence. L’argent saisi n’est d’ailleurs plus encaissé par la police mais par le gouvernement local.

Avoir fait plier sur les cautions de prison

Si un citoyen est arrêté et suspecté, il a trois choix : payer une caution qui lui sera rendue s’il se présente à son jugement, plaider coupable et revenir se faire juger, ou attendre d’être jugé en prison. S’il a l’argent, tant mieux, sinon, et cela concerne les plus pauvres des Américains, c’est passage par la case prison ou par l’aveu de sa culpabilité. Un dilemme cornélien et un vieux « problème systémique » d’une justice à deux vitesses : un riche soupçonné de meurtre (par exemple, Robert Durst) peut vivre libre dans l’attente de son procès quand un pauvre ayant commis une infraction mineure (comme rouler avec un permis périmé) peut se retrouver à Rikers Island dans l’attente de son procès. Selon les chiffres sortis par Oliver, près de 40 % des détenus aux Etats-Unis le sont parce qu’ils ne peuvent payer leur caution. « La prison devrait être réservée aux dangereux criminels. Si 40 % d’un groupe ne correspond pas aux critères basiques pour y être, cela devrait changer votre perception de ce groupe », commente-t-il. Avec les conséquences dramatiques qu’une incarcération, même très courte, ou qu’un aveu de culpabilité peuvent engendrer : perte d’emploi, perte de logement, mise au ban de la société, etc. « La prison peut vous détruire. » Et Oliver de dénoncer le commerce parallèle des prêteurs sur gage, bien moins classieux que Robert Forster dans Jackie Brown, et de leurs corollaires, les chasseurs de prime.

L’effet Oliver : Diffusé en juin 2015, le message de l’émission, très remonté mais très pédagogue n’a pris qu’un seul mois à infuser, notamment dans l’esprit du maire de New York, Bill de Blasio.

Le résultat : En juillet 2015, Bill de Blasio et la municipalité de New York donnent le pouvoir aux juges de relâcher 3000 détenus à faible risque en attente de leur jugement des prisons du comté, et de les surveiller afin qu’ils se rendent bien à leur procès. « Ce système de caution est un vrai problème car certaines personnes sont emprisonnées sur la taille de leur compte en banque et non sur le risque qu’ils posent », a commenté le maire de la ville. La prison de Rikers se verrait ainsi délester de 200 détenus par jour.

Avoir financé des bourses pour les étudiantes ingénieures

Le saviez-vous ? Aux Etats-Unis, l’organisation qui gère l’élection de Miss America est le plus gros donateur de bourses pour femmes dans le monde. Selon elle, elle financerait, chaque année, 45 millions de dollars de bourses. Comme si le Comité Miss France donnait une partie de ses revenus en taxe d’apprentissage aux universités ou grandes écoles françaises. « C’est un peu bizarre parce que Miss America ne donne qu’aux femmes qui participent au concours », introduit Oliver dans son émission du 21 septembre 2014. Et cela pose un léger problème, car, pour participer à Miss America, les jeunes femmes doivent déclarer ne pas être mariées et ne pas être ou avoir été enceinte. Mais c’est surtout le chiffre de 45 millions de dollars qui a taraudé l’Anglais. Après examen minutieux et complet de milliers de pages d’impôts, l’équipe du Last Week Tonight, a en fait découvert que Miss America est loin, très loin, de donner autant d’argent. Tout juste 4 millions en 2012 selon leurs calculs. Mais, même si Miss America truque ses chiffres, la réalité est tout de même là : l’organisation reste bel et bien le plus gros donateur de bourses pour femmes dans le monde.

L’effet John Oliver : Lors de sa présentation, le présentateur a rappelé que les dons de Miss America dépassaient de loin ceux d’autres organisations plus respectables. Et de citer plusieurs fondations. « Vous pouvez tout à fait donner à ces organismes si vous voulez changer le fait que le plus gros donateur pour étudiantes leur demande de ne pas être mariées et d’avoir un utérus en parfait état. » Ce qu’ont écouté les téléspectateurs dans un effort de dons surnommé le « sursaut John Oliver ».

Le résultat : Ce « John Oliver bounce », appelé ainsi par la Société des femmes ingénieures de Chicago, a permis à cette organisation de récolter 25 000 dollars (soit 15% de leurs dons annuels) durant les seuls trois jours qui ont suivi la diffusion de l’émission. La fondation a aussi vu le trafic doubler sur son site web et sa présence sur les réseaux sociaux boostée.

Avoir fait un don de 70 000 dollars à Médecins sans frontières

La religion et les bigots, l’une des marottes de John Oliver. Dans un épisode d’août 2015, l’Anglais a minutieusement et durant vingt minutes présenté le pas très catholique business des télévangélistes, ces prédicateurs qui, en plus de promettre de guérir des cancers à travers les écrans de télévision, engrangent des millions de dollars soutirés à leurs ouailles (parfois vulnérables voire malades) pour acheter jets privés et villas. Ces demandes de dons sont parfaitement légales… et totalement nettes d’impôts. Le fisc américain est d’ailleurs très vague sur la notion d’église et n’est absolument pas regardant sur les croyances – même fantasques – qu’elles prônent. Aussi, après avoir correspondu pendant sept mois avec un télévangéliste (et envoyé près de 300 dollars), John Oliver a décidé de fonder lui-même sa propre église, Our Lady of Perpetual Exemption, et de récolter légalement les dons, nets d’impôts, de ses fidèles à lui.

L’effet John Oliver : Le pasteur Oliver a donc réclamé à ses fidèles téléspectateurs de « planter leurs graines » et de lui envoyer de l’argent, rappelant : « Tout ceci est très légal. » Ce qui est vrai.

Le résultat : Une semaine plus tard, John Oliver commence son émission par rappeler que son Eglise, fondée quelques jours auparavant, a rencontré un succès surprise : « Bizarrement, vous étiez plus nombreux à répondre que nous l’attendions. » Deux semaines plus tard, devant des boîtes pleines de courriers, de vrais sacs de graines et d’autres offrandes graveleuses, le pasteur Oliver annonce fermer son Eglise parce que quatre téléspectateurs ont trouvé malin d’envoyer leur véritable semence. « Fonder une Eglise est marrant jusqu’à ce que quelqu’un vous envoie son sperme dans une enveloppe », regrette-t-il. Mais l’honneur est sauf : avec sa fausse congrégation, John Oliver a réussi à récolter 70 000 dollars, entièrement reversés à Médecins sans frontières. En attendant, le fisc américain n’a pas touché à sa législation.

Rendre les suppliques citoyennes au gouvernement par vidéo possible

Toutes ces causes qui ont évolué grâce à des vidéos reprises en boucle sur Internet ont forcément donné des idées. En janvier 2015, le sénateur démocrate de l’Etat de Washington Cyrus Habib a demandé à introduire, dans un amendement, la possibilité aux citoyens d’envoyer, sous la forme de vidéos, leurs avis et leurs témoignages sur les lois en cours de vote. Le sénateur n’aurait ainsi qu’à se connecter sur une plateforme vidéo pour écouter les suppliques des électeurs, tandis que le citoyen n’aurait pas à se déplacer à son parlement local ou à faire appel à des lobbyistes pour se faire entendre. Pratique et surtout directement inspiré par John Oliver : « Voilà un type qui aime se saisir de sujets ennuyeux et les rendre intéressants, a expliqué Cyrus Habib. Si vous pouvez faire la même chose que ce qu’il s’est passé avec la FCC et la neutralité du Net, imaginez le niveau d’intérêt des gens pour des questions encore plus proches d’eux. »

Avec l’énorme boulot pour que le monde commence à tourner rond et la très grande base de fans prêts à faire tout ce qu’il leur demande, il y a fort à parier que la saison 3 réservera son lot de surprises. Et pourquoi pas permettre à l’effet Oliver de faire tomber de son piédestal sa tête de Turc favorite, le candidat Donald Trump.

Voir également:

Dernière salve
Election américaine : les dernières heures de la campagne vues par les late shows
Jérémie Maire
Télérama
08/11/2016

Avec parfois une dernière charge pour la route, les late shows américains ont géré de différentes manières l’avant-scrutin.

Ils ont multiplié les sketchs et les éditos engagés, fait commenter leurs invités du showbiz, et même reçus tous les candidats : les late shows, ces émissions de fin de soirée très appréciés par les téléspectateurs américains, ont joué un rôle important dans la campagne présidentielle. Mais Jimmy Fallon, Stephen Colbert, Jimmy Kimmel ou encore James Corden ont approché de manière très différente les derniers jours avant le scrutin.

Stephen Colbert, le plus droit dans ses bottes

Si le très politique animateur de CBS a tout de même invité Trump une fois sur son plateau – un passage presque obligé –, il s’est contenté par la suite de recevoir son double en dessin animé, tout aussi orange et vulgaire que l’original. Mais, pour sa dernière émission avant le scrutin, il est resté dans la droite lignée de son engagement anti-Trump : une nouvelle fois aidé par Jon Stewart, son prédécesseur (et mentor), Colbert a monté une mini-comédie musicale afin d’inciter les gens à voter… mais surtout à faire le bon choix et ne pas offrir sa voix à ce « connard en colère ».

Jimmy Fallon, le plus silencieux

Jimmy Fallon a beau être le présentateur de late show le plus efficace de la télé depuis qu’il a repris les rênes du Tonight Show en 2014, il a prouvé, lors de cette campagne, qu’il est aussi le plus complaisant. Dans le but d’être sympa avec tout le monde (et sûrement ne pas s’aliéner son public), il a aussi bien fait le foufou avec Hillary Clinton qu’avec Donald Trump, qu’il a, par exemple, décoiffé, tout évoquant, du bout des lèvres, certains points de son programme. Résultat, il s’est senti obligé de faire son mea culpa, insistant sur le fait qu’il n’« aime pas » le candidat républicain. On n’en doutait pas. Mais quand même : ses derniers shows étaient 100 % divertissement, 0 % politique, malgré quelques discrètesquoiqu’amusantes – allusions. Dommage. La veille de l’élection, il a tout de même reçu son confrère de HBO, le plus politique Bill Maher, qui a tenu à remettre les points sur les « I » : « Donald Trump n’est pas drôle. » Une pique à peine déguisée à Fallon, que celui-ci a prise toujours avec le sourire.

James Corden, le plus inattendu

On pourrait penser qu’avec ses karaokés de stars en voiture, ses talents de danseur et chanteur, et sa nationalité anglaise, James Corden ne s’aventurerait pas sur le terrain politique. Perdu. Même s’il n’a reçu aucun invité politique sur le plateau de son Late Late Show, il s’est tout de même placé sur le terrain de la campagne, avec quelques éditos et sketchs bien sentis (comme cette diatribe chantée contre Trump).

Pour sa dernière émission avant-scrutin, son compatriote Benedict Cumberbatch lui lit le Conte de l’élection 2016 : un résumé enfantin, mais drôle, très ironique, rigoureusement vrai et très, très anti-Trump. Ça vaut le coup d’œil :

John Oliver, le plus désolé

« Cette campagne cauchemardesque » et Donald Trump étaient du petit lait pour l’animateur britannique, qui a élevé le candidat républicain au rang de meilleur ennemi. Si, au début de la primaire républicaine, il s’est refusé à parler de lui, le comédien s’est finalement laissé aller à un portrait en forme de missile scud en février : vingt minutes de diatribe aussi jouissive qu’explosive. Les vannes étaient ouvertes : presque chaque semaine ensuite, l’élection aux mille noms a fait l’objet d’un traitement dont Trump avait les faveurs, défis et piques assassines en bonus.

Jusqu’à l’émission de dimanche dernier, dans laquelle John Oliver avoue sa part de responsabilité : « Il y a quelques temps, on eut pu trouver drôle une candidature de Trump », explique l’Anglais, qui fait son mea culpa en diffusant des images de 2013. Alors animateur intérimaire du Daily Show, il appelait de ses vœux une candidature du milliardaire « à la coupe cheveux ridicule ». « Je suis un idiot », regrette-t-il, hilare, demandant aux Américains d’aller voter. Quand on connaît sa force de persuasion auprès de ses ouailles, on peut espérer qu’ils l’écoutent.

Jimmy Kimmel, le plus malin

Entre Jimmy Fallon et Jimmy Kimmel, c’est une petite guerre. Qui sera le king du late show ? Si Fallon a peut-être une longueur d’avance sur le fun, Kimmel est plus fort sur le rire intelligent. Lui aussi a invité chacun des candidats (y compris des primaires) sur son plateau, blaguant avec eux. Lui aussi a été plutôt sympa avec Donald Trump, même s’il ne s’est pas privé pour le basher sur ses propostions invraisemblables. Mais, lui ne s’est jamais laissé compromettre. Régulièrement dans ses monologues ou ses sketchs, celui qui se rêve vice-président a étrillé le candidat républicain. Et dans cette dernière ligne droite, il a lancé une nouvelle séquence hilarante, Drunk Donald Trump, dans laquelle il s’amuse à ralentir les discours du candidat pour le faire passer pour un soulard. Lundi soir, Kimmel a fait encore plus fort : en remontant de vrais compliments faits par Trump à Clinton, il a transformé les propos du républicain en clip de soutien à son adversaire démocrate. A s’y méprendre mais plutôt naturel quand on sait que Trump est une girouette.

Seth Meyers, le plus radical

Dans le show qui suit Jimmy Fallon sur NBC, pas de compromission : Seth Meyers est résolument anti-Trump et ne s’est même pas embarrassé à l’inviter dans son Late Night. Armé du sourire narquois qui ne le quitte jamais, le fringant animateur s’est fait le pourfendeur du républicain dans pas loin de la totalité de ses A Closer Look, sorte d’édito quotidien au vitriol. Et pour son dernier, il ne s’est pas retenu, en reprenant les aberrations de Trump durant cette « chaotique » fin de campagne : ses soutiens (dont le rockeur sudiste aux sorties sexistes et antisémites Ted Nugent) bien miséreux à côté de ceux de Clinton, son compte Twitter qui lui est retiré par ses équipes de campagne, ses promesses de vengeance post-élection ou encore sa vaine tentative de récupération lors du retour du scandale des e-mails. Assez brillant.

Voir encore:

FALSE EQUIVALENCY

John Oliver: ‘Dangerous’ Donald Trump’s Scandals Far Worse Than Hillary Clinton’s

The ‘Last Week Tonight’ host broke down the so-called scandals associated with the two presidential candidates and found Trump’s to be far, far worse.

Marlow Stern

09.26.16

On the eve of the first presidential debate, a broadcast event moderated by NBC News’ Lester Holt that’s expected to attract as many as 100 million viewers, John Oliver returned to his Last Week Tonight hosting duties after a month-long hiatus (and one big Emmy win).

There was, of course, a lot for the comedian to unpack on Sunday night’s edition of his acclaimed HBO series, so Oliver chose to dedicate the meat of his program to the 2016 election, or as he called it: “The electoral equivalent of seeing someone puking so you start puking and then someone else is puking and pretty soon everyone is puking 2016.”

Oliver took it upon himself to inform the voting masses about the two scandal-ridden candidates, Hillary Clinton and Donald Trump, by running down all of their alleged scandals.

First came Hillary. “I do know that even talking about her scandals will irritate some of you, given that her opponent is an unambiguously racist scarecrow stuffed with scrunched-up copies of Jugs magazine, and that’s fair,” said Oliver. “But not being as bad as Donald Trump is a low bar to clear, and if you focus on nothing but him, you fail to vet a woman who might be president.”

The British political satirist then ran down the list of Hillary’s so-called scandals, many of which have already been “heavily litigated” in the past.

“For instance: Whitewater. More than six years of investigations by three different prosecutors and multiple committees failed to find sufficient evidence of wrongdoing,” offered Oliver. “Then there was Benghazi: Now, eight congressional investigations broadly concluded the State Department could have done more to increase security at the embassy but none found evidence of wrongdoing by Clinton. And then there is the problematic issue of the Swiss File Transfer, and while, yes, investigators found that Hillary was in Zurich at the time of the transfer, and documents show she was aware the transfer took place, and yes, the Clintons did have something to gain financially from it, the fact is the Swiss File Transfer is something I just made up right now, but the very fact that for a second you kind of remembered it says something about the tone of coverage surrounding Clinton.”

But the two big current scandals surrounding Clinton concern emailgate (or that Hillary used an unsecure private server to transmit classified information as secretary of state) and the Clinton Foundation pay-for-play allegations. Oliver found that these two scandals were pretty overblown.

“The FBI found 113 such emails [sent by Hillary that were classified in nature], though in fairness, only three of them had classification markers and were not in the header of the email as they should have been. And while the FBI found Clinton and her staff to be ‘extremely careless,’ they said they couldn’t ‘find a case that would support bringing criminal charges.’ So it’s not good, but it’s not as bad as it looks,” Oliver said of Clinton’s email scandal.

As far the Clinton Foundation, which has “helped millions around the world access lower-cost HIV treatment,” Oliver and his crack team of researchers went through the only seemingly legitimate allegation against the foundation—that the State Department approved the sale of a uranium mine to Putin’s Russia as a key player in the deal made four separate donations to the Clinton Foundation totaling $2.35 million.

“Not only was Hillary not involved in that decision,” said Oliver, “but eight other federal agencies—plus the Nuclear Regulatory Commission—also had to sign off, which they did. So this donation was legal, but very annoyingly handled. Any suggestion of pay-for-play fails to account for the separate actions of nine unrelated government agencies.”

“We’ve spent several frustrating weeks trolling through all the innuendo and exaggerations surrounding [Hillary’s] email and foundation scandals, and the worst thing you can say is: They both look bad, but the harder you look, the less you actually find,” continued Oliver. “There’s not nothing there; what is there is irritating rather than grossly nefarious. And this is where it’s instructive to compare her to her opponent: Donald Trump, America’s wealthiest hemorrhoid.”

Oliver added: “He’s quantifiably worse.”

First, as far as honesty goes, Oliver cited PolitiFact, which found that 13 percent of Hillary’s statements were flatly false throughout the course of the campaign, compared to 53 percent of Trump’s. Then there’s the issue of Trump’s taxes, which unlike his opponent, he has thus far refused to release—an unprecedented move among recent POTUS candidates.

“Bear in mind: We know nothing about Trump’s finances, and that is not good. He’s the first major party nominee since 1980 not to release his tax returns, and his justification is pathetic,” said Oliver, referencing Trump’s lame excuse that he can’t release his returns because they’re currently under audit (the IRS has explicitly said he still can release them).

“On top of Trump’s personal tax records, there are unanswered questions about his business dealings,” added Oliver. “As many experts have pointed out, his investments, debts, and business ties span the globe and could present unprecedented ethical challenges for a president.”

First, Trump has claimed that he wouldn’t place his financial holdings in a “blind trust”—instead stating time and again that his various companies would be run by his children, whom he’d undoubtedly have regular contact and communication with.

Then there is the matter of the Trump Foundation. “If the financial actions of the Clinton Foundation annoy you, let me introduce you to the Trump Foundation,” cracked Oliver.

The Washington Post’s investigations have found, among other things, that: Trump has not given any of his personal money to the foundation since 2008; that the foundation spent a quarter of a million dollars in donor money to settle lawsuits against Trump businesses; and that Trump used foundation money to purchase ridiculous items for himself—like $10,000 at a charity auction in 2014 for a Trump portrait painting (the second time he’d used charity funds to purchase a portrait of himself), as well as $12,000 for a signed Tim Tebow helmet. Trump’s foundation also donated $25,000 to Florida AG Pam Bondi around the time she was considering investigating Trump University.

“The thing is, we have barely scratched the surface of [Trump’s] scandals,” said Oliver, running out of time. “There is everything, from the ongoing lawsuits against that bullshit university, to the alleged use of undocumented workers when building Trump Tower, to the fact that he received an illegal $3.5 million loan from his father in the form of a purchase of chips from one of Trump’s casinos.”

“The point is, this campaign has been dominated by scandals, but it is dangerous to think there is an equal number on both sides,” he concluded. “You can be irritated by some of Hillary’s—that is understandable—but you should then be fucking outraged by Trump’s…He is ethically compromised to an almost unprecedented degree.”

How John Oliver Found Love in a Hopeless Place: The Republican National Convention

Last Week Tonight host John Oliver once found love in the unlikeliest of places: the Republican National Convention.

Amy Zimmerman

The Daily Beast

07.18.16

With a xenophobic Cheeto calling the shots, this year’s RNC is fated to be the most stripper-tastic, soul-crushing convention yet. But before Trump touches down in Sodom and Gomorrah aka Cleveland, let’s journey back to a more innocent time and place: St. Paul, Minnesota, 2008. John McCain was at the helm of the GOP, amateur geographer Sarah Palin was his first mate, and love was in the air.

At the time, comedian John Oliver was two years into his gig as Senior British Correspondent for The Daily Show with Jon Stewart. As a covert operative for the liberal elite, Oliver was working behind enemy lines at the RNC. When convention security chased after him for entering into a restricted area Oliver, who was still on a temporary work visa, found himself at risk for potential deportation. Attempting to avoid arrest and subsequent Breturn, the reporter and his camera crew happened upon a group of veterans who offered to help them hide. In a meet-cute befitting a beloved political satirist, one of those veterans was Oliver’s future wife—U.S. Army combat medic Kate Norley. After exchanging emails (aww, 2008) Oliver and Norley struck up a friendship; in 2010, the bespectacled Brit proposed in St. Thomas, and the couple tied the knot one year later.

Norley, who Oliver describes as “Very American with a capital A,” is already a fan hero for (permanently!) saving her celebrity husband from deportation, but she’s also a straight-up American hero. At age 19, Norley enlisted in the military after the 9/11 attacks, serving as a combat medic in Fallujah and a mental health specialist in Ramadi, providing counsel to returning soldiers. In addition to being the only female combat-stress specialist, she was awarded the Combat Medic badge for providing medical care while under fire. Stateside, she worked as a veteran’s rights advocate for Vets for Freedom; the organization, which was founded in 2006, advocated on behalf of victory in the War on Terror, and promoted like-minded politicians.

To say that Norley keeps Oliver grounded seems like an understatement. In classic self-effacing style, Oliver explained, “It’s the most emasculating thing I could possibly do to go out with someone who has actually done something valuable with their life.” Long-term emasculation aside, Norley’s combat experience gives the comedian some much-needed perspective: “I can’t come home and say I had a really tough day at work today and see her roll her eyes and go, ‘Really?’ And she would be like, ‘I can’t imagine how difficult it was for you. You clown!’ Rightly, I have no place to whine about anything. That’s the problem with living with someone who has fought a war. You lose the moral high ground.”
When Oliver was offered his current gig hosting his own show, Last Week Tonight with John Oliver, at HBO, his Daily Show departure was huge entertainment news. But as Oliver tells it, Norley knew just how to keep him humble. As the comedian was making a career-defining move, his wife was on emergency deployment in the Philippines as a first responder to Typhoon Haiyan. “I got to speak to her once on this spotty satellite phone,” he recalls, “and she’s saying, ‘We had to do emergency C-sections and amputations and there are dead bodies everywhere, it’s worse than people are letting on, it’s just death, death, everywhere.’ And there’s no point at which you can go, ‘I’ve got some news as well!’ It just doesn’t matter.”

Oliver distinguishes himself from the late night pack with his British accent, across-the-pond intellectualism, and genuine outsider’s confusion. But after eight years with a proud vet, Oliver has proven himself to be quite the patriot. After his 2013 break with The Daily Show was finalized, John and Kate headed to Afghanistan as part of the USO Tour. The unconventional second honeymoon found the Oliver’s sleeping in the barracks, eating with the troops, and performing at more than half a dozen forward operating bases.

Last Week Tonight viewers might be surprised to learn that Oliver’s wife is a Republican—let alone a Republican who’s advocated on behalf of GOP politicians on Fox News. The unabashedly liberal HBO show has been credited with real change, otherwise known as the “John Oliver effect.” Oliver’s ability to synthesize and sensationalize under-reported topics into viral videos has led to political victories for causes ranging from unfair bail requirements to FCC regulations. And while Oliver is an equal opportunity satirist, his popular “Make Donald Drumpf Again” campaign suggests that He’s with Her.

In an increasingly polarized political climate, it’s rare and refreshing to see bipartisan cooperation—let alone wedlock. And while Oliver hasn’t publicly commented on any political squabbles at home, he’s unequivocally supportive of his wife and her veteran activism: “Once you’ve bled for America, you definitely get to say you’re an American in a slightly louder tone of voice.”

Voir aussi:

7 Extraordinary Reasons Kate Norley Is Even More Badass Than Her Husband, John Oliver

Bustle

Despite the time off, Last Week Tonight host John Oliver has had a busy few months. He and his wife, Kate Norley, recently welcomed their first child into the world in November. And both have taken to parental duties, as the two are certainly a caring couple. Oliver has shown his compassion for others in his more vibrant Last Week Tonight segments, and, well, Norley’s kindness runs even deeper as an Iraq War veteran, veterans advocate, and all around awesome human being. It’s quite likely that Kate Norley is even more badass than John Oliver.

Her background is amazing, and her upbringing is simply unbelievable. The child of affluent parents, Norley has made it explicitly clear that money has never made for an easy, lazy life for her. She’s previously described her mother as being incredibly altruistic and committed to volunteering and has similarly taken to acts of kindness, such as her efforts with Project Rubicon, a nonprofit dedicated to providing disaster relief in some of the most dangerous, underserved areas in the world.

When Norley was just 16, a reckless driver collided with her while she was riding her bike. She subsequently suffered severe head trauma and was forced to relearn vital language components, including reading and writing. Norley somehow was able to use the devastating injury to motivate her altruistic efforts and dedication to serving, marveling that « the Army has given me a chance to do things I never dreamed I was capable of doing. » Here are just some of the many ways she’s excelled and seriously outshined Oliver.

She’s An Iraqi War Veteran

Norley enlisted shortly after the Sept. 11 attacks. She felt compelled to serve, she told Stars and Stripes, and soon found herself in a role with the 1st Cavalry Division’s 15th Forward Support Battalion in Baghdad working as a 91 X, or mental health specialist. The veteran spent a majority of her deployment helping her fellow soldiers suffering from combat fatigue.

She’s Also A Veterans Advocate

Norley’s advocacy position with Vets for Freedom is what led her to meet her husband. The two crossed paths at the 2008 Republican National Convention in St. Paul, Minnesota. Norley and her group helped hide Oliver and his crew when the then Daily Show correspondent saw security approaching. Realizing his work visa would put him in a precarious position and that he was in a restricted area, Oliver desperately sought help. Vets for Freedom came to their rescue, he and Norley began a correspondence, and were married three years later.

Her Heroic Efforts Include Helping Iraqi Citizens

Some of Norley’s most fulfilling moments while deployed were spent helping locals near Camp Blackjack in Baghdad, she’s said. It’s near the 1st Cavalry Division base that squatters and the underserved gather and where Norley spent her scant free time tending to Iraqi children.

She’s Part Of Team RubiconTeam Rubicon works to send veterans and qualified civilians with first responder skills to disaster sites and at-risk areas to perform relief efforts ranging from medical care to infrastructure repair. Given her background, it’s no wonder that Norley would take to the noble nonprofit’s cause and work with them.

She’s A Proud Half-Marathon Participant

This is Iraq War veteran and US Army medic Kate Norley Oliver. She’s racing hard and racing with resolve on the…

… And not just any half-marathon: the 2014 New York City Half-Marathon, which benefits the low-income homeowner advocacy nonprofit Rebuilding Together. In addition to successfully raising more than $1,000 and competing in the marathon, Norley was also able to participate in volunteer opportunities with Rebuilding Together as part of their Race2Rebuild initiative with the NYC Marathon and Half-Marathon.

Her Dream Is To Start A Women-Led Nonprofit

Outside of the armed forces, the veteran is reportedly looking to help even more women living in underserved areas through female empowerment. Norley’s ultimate dream is « to send American women to the Third World so other women can see what it’s like to have rights and power, » she said in a moving profile that appeared in Stars and Stripes.

Her Husband Is In Awe Of Her

Oliver has spoken repeatedly about how inspiring his wife is and how much the work she’s doing means to him. The Last Week Tonight host has stated that having a veteran spouse has changed his very idea of what it means to be an American and made him that much more appreciative of her current role as a veterans advocate. « When you’ve married someone who’s been at war, there is nothing you can do that compares to that level of selflessness and bravery, » Oliver stated in a late night appearance.

Voir également:

Ever since Briton John Oliver appeared as a correspondent on The Daily Show, I’ve wanted to see more of his work, and have hoped to some day be able to talk to him. Thanks to a Comedy Central special, I got to do both this past week. On Sunday, Mr. Oliver starred in his own one-hour stand-up special, “Terrifying Times,” in which he discussed the scariness that is world politics. Instead of crude humor, Mr. Oliver made intelligent observations about serious situations put in a comedic light. A few days before “Terrifying Times” aired, I was able to talk to Mr. Oliver by phone about his transition into comedy, his work on The Daily Show, and his new comedy special. Below is an excerpt.

The Tech: You went to Cambridge University. What was your major there and how did you go from Cambridge to comedy?

John Oliver: I did English there, which was easy because I’m already English. So I was bound to be good at it. And there’s quite a famous comedy troupe there called the Footlights, which gave birth to Peter Cook and Monty Python and many, many other people. I was involved in that, so I started doing comedy there at Cambridge writing.

TT: You mentioned in the special that comedians don’t choose comedy until all the career dreams of their parents are in the gutter. Did you choose comedy before your parents’ dreams for you died?

JO: What, were smashed? No, I think my dad probably realized that his dream for me was dying early. He desperately wanted me to become a football player. But I think it became pretty clear that I didn’t have the physical attributes for that … I guess by the time I got to university they had probably pretty much given up. I was putting all my eggs in one very shaky basket. And I think they knew I was going to do something stupid, like try a career in comedy.

TT: And how did you transition from comedy to The Daily Show?

JO: Well, I was writing and doing stand-up in London. And I’m not entirely sure how they heard of what I was doing over there … It’s the kind of thing you don’t want to ask too many questions about. I was flown over to meet them and I was offered a job on the spot. It was my favorite show before I came here — I’d never been to America before I came here to work here. It happened fast. I can’t really explain it now.

TT: When you were doing comedy in England, did you always do political humor?

JO: Maybe not, I guess, when I started off. But as I got better at writing, I started writing about what I cared about more, and I’ve always been interested in politics.

TT: Did your work include American political humor, or was it more focused on English politics?

JO: People in Europe and I guess around the world know more about American politics than Americans think they do. We have to because what happens here impacts our lives very directly, especially in Britain with our special, special relationship. And don’t think we’re not grateful for that every morning as well. So, yeah, it very much touched on American policies because America runs the world in the way that we used to.

TT: Do you have any vices?

JO: Vices! Not really. I don’t really drink. I don’t smoke. I’m emotionally repressed as any good British person is. So, I don’t know. I like sport. I really like sport, and I could watch sport all day, everyday, and in fact, can get pretty close to that … I’m about as far from [John] Belushi that you can be without becoming a Mormon.

TT: What is it like being a Daily Show correspondent?

JO: It’s great. It’s kind of my dream job, really. I guess my experience is slightly different because I’m a writer on the show as well. I come in at 9:00 every morning and we start the writing meetings. So then, if I’m on the show, I’ll be writing something for that. If I’m not, I’ll be writing something for somebody else.

TT: How are the correspondents chosen for each piece? Is there competition?

JO: No, not competition. Usually we kind of decide as we’re coming up with the bit; usually it’s pretty obvious who would be the best for it, then we’ll write for that person.

TT: Have you been surprised by your success on the show, and now having your own special?

JO: Yeah, of course. I mean, when I first moved over here, my manager in England advised me not to sign a lease or rent longer than a month because he reckoned I’d be fired within three weeks. So to be honest, anything from there became a surprise because my expectations were so low … I’ve been absolutely amazed by how it’s all gone, and I couldn’t be happier. I was fully expecting to be fired due to lack of talent and be back in England by now, by a long stretch.

TT: What are the biggest things that have surprised you about America and working on The Daily Show?

JO: The food in America has different flavors than I’m used to. I’m used to one flavor in food, and that flavor is nothing. So having anything more than that has been a great surprise. And in terms of working on The Daily Show, it’s just quite strange the kind of guests you end up meeting. I met [Pervez] Musharraf, the current prime minister of Pakistan. It’s very strange on days like that. None of us can understand why he’s here. That’s true of all the candidates when they come on. You feel it’s just a cable comedy show. We work in a small office above a small studio and we just try to make each other laugh all day. And then all of a sudden someone running for leader of the free world will show up to do a five minute bit. It’s very strange. We tend to be quite an enclosed community on this show, so it’s hard to — we tend not to think about the wider implications of what we’re doing at all.

TT: I hate to go back to the less political part of your answer, but what’s your favorite food?

JO: I like Indian food a lot because I come from England and the food we eat more than anything else is Indian food.

TT: Do you feel like Indian food is one of the better results of English imperialism?

JO: Definitely. We got some great trophies from our empire. Indian food, that was good. We also got carpets, and pretty much everything inside the British Museum was stolen. It’s basically like a warehouse for gangsters, the British Museum … There’s nothing in there that we genuinely legally own, other than perhaps the Magna Carta.

TT: In the special, you talk about being fascinated by an inflatable barbeque in a mall. Do you like to visit malls?

JO: No. I very much do not like visiting malls because they sap my will to live.

TT: Finally, where do you see yourself in five years?

JO: I’d like to still be here. I get asked that a lot by journalists, I guess because what other people have gone on to do — like [Steve] Carell or [Stephen] Colbert, and I guess [Ed] Helms now. If I was doing anything else in America, I would be trying to get on this show. So now I’m just trying not to get fired. I just don’t want to leave, so I’ll very happily be here in five years.

Voir encore:

Grazia

03 mars 2015

LA NOUVELLE STAR US

HBO a trouvé sa nouvelle star, et l’Amérique, un cousin d’une élégance rare au Petit Journal de Canal+. Début février a ainsi démarré la deuxième saison du Last Week Tonight, un « late show » né au printemps 2014 et mené par John Oliver. Comment ce « lunetteux » bien peigné à l’accent savoureusement britannique est-il devenu en quelques mois la coqueluche des médias, des téléspectateurs et des internautes (ses émissions dépassent régulièrement les 3 millions de vues sur YouTube)?

MERCI RICKY GERVAIS

Il a fallu tout le flair du comique anglais Ricky Gervais qui, en 2006, conseille 
à Jon Stewart, le pape de l’infotainment américain depuis 1999 avec son Daily Show (Yann Barthès lui rend un discret hommage en reproduisant chaque soir certaines de ses mimiques), de le recevoir pour un casting. Gervais ne le connaît pas, mais
 il l’a entendu car à l’époque, John Oliver tente de percer dans les médias britanniques en animant
 des chroniques de satire politique. Oliver débarque donc en Amérique pour incarner le « correspondant britannique senior » du Daily Show. La collaboration est si fructueuse que Jon Stewart décide de se faire remplacer par Oliver quelques semaines lorsqu’il part réaliser un film en 2013. L’enjeu est de taille : l’émission est l’une des plus influentes, dit-on, auprès des jeunes décideurs américains. Oliver livre une prestation d’une telle qualité qu’HBO lui propose aussitôt son propre show, avec toute la liberté qu’offre cette chaîne payante affranchie de la pub.

LE MARATHON DU TALK

C’est ainsi que démarre Last Week Tonight, où Oliver a d’étonnantes audaces: parler plus de quinze minutes sans interruption face caméra, aborder des sujets techniques (le lobbying des télécoms,
la Cour suprême) ou controversés (les médicaments, le tabac). « Il n’a pas les défauts d’autres animateurs satiriques, estime Jean Lesieur, cofondateur de France 24 et grand observateur des médias US. Il ne donne jamais l’impression qu’il méprise son public ou les gens dont il parle. Son humour n’est pas cynique, et ses sujets semblent magnifiquement enquêtés. » John Oliver possède la distance nécessaire (un Anglais
 en Amérique) pour faire marrer, et en plus, il informe, sensibilise, et parvient même à déclencher l’engagement de ses téléspectateurs pour des combats politiques. A l’heure où l’on accuse de plus en plus l’infotainment de promouvoir des opinions (voire des mensonges) sous couvert d’humour,
John Oliver aurait-il inventé la formule parfaite ?

Voir de plus:

Une émission américaine fait de la pub au Petit Journal… pour ridiculiser Shy’M
Allyson Jouin-Claude

Le Figaro

24/11/2015

LE SCAN TÉLÉ / VIDÉOS – La notoriété du programme de Yann Barthès dépasse nos frontières. Pour illustrer la chute de la chanteuse, l’animateur John Oliver a diffusé un extrait de l’émission de Canal+.

Après les attentats, le coup de gueule de John Oliver, animateur anglais qui officie dans un late-show américain sur HBO, a fait le tour du web et a fait du bien à la France. Il y insultait allègrement les terroristes et montrait un soutien franc et cocasse à la France.

D’ailleurs, lors de son émission spéciale, Le Petit Journal avait salué l’intervention de John Oliver en diffusant un extrait de son monologue incisif, parmi les nombreux hommages rendus à Paris.
Coïncidence amusante et sympathique clin d’œil, le week-end dernier, c’est John Oliver qui a, à son tour, diffusé un extrait du Petit Journal. Le but étant de… se moquer de la chute de la chanteuse Shy’M qui a fait rire la France (ou au moins une bonne grosse partie des internautes), la semaine dernière. En montrant le saut raté de l’artiste (et le fait que personne dans le public ne l’ait rattrapée), John Oliver a souligné: «Ça, c’est le Paris qu’on connaît et qu’on aime!». Et l’animateur a même diffusé l’extrait des comédiens Eric et Quentin qui se sont moqués de cette chute avec des riverains parisiens, provoquant le fou rire ces derniers. En clôturant, Oliver a précisé qu’il s’agissait «là du meilleur signe que la France irait mieux [après les attentats]».
Conclusions:

1. La chute de Shy’M fait rire le monde entier.

2. Le Petit Journal est devenu bon au point d’être (souvent) cité, même à l’étranger.

3. C’est bien joli de se faire des clins d’œil par émission interposée, mais à quand la rencontre Yann Barthès / John Oliver?

Voir enfin:

John Oliver – l’impertinence au service de l’information

J’invite tous ceux qui pensent lire ici une biographie de John Oliver, homme politique canadien né le 31 juillet 1856 à passer leur chemin, car cet article a pour sujet son non moins célèbre homonyme (John Oliver était sûrement célèbre aux yeux des paysans de la Colombie-Britannique au XIXe siècle) John William Oliver, comédien britannique originaire de Birmingham!

Le vrai John Oliver (pas le canadien mort au XIXe siècle)

Ceux qui me lisent sont donc déjà perdus et se demandent « mais qui est donc ce « je » qui nous harangue à coup de John Oliver? Déjà il ne peut y avoir qu’un John, notre Johnny national (je parle ici de l’homme primé aux Oscars pour son rôle dans Optic 2000 mon amour) et ensuite que peut m’apporter cet énergumène qui ressemble drôlement à Harry Potter? »

Pour des raisons de sécurité nationale, mon identité doit rester secrète, mais sachez qu’il m’arrive d’errer dans les couloirs de Louise Michel à mes heures perdues, afin de dispenser le peu de savoir dont je dispose. En réalité tout cela est beaucoup moins sexy que ça en a l’air. J’effectue ici un Service Civique (Allons enfants de la patriiiiie) dans le cadre d’une mission d’alphabétisation et d’aide aux devoirs.

En ce qui concerne ce cher John, je vous assure qu’il peut vous apporter beaucoup. Certes, il vit de l’autre coté de l’Atlantique. Certes, il s’exprime dans la langue de la Perfide Albion et tout le monde ne peut donc le suivre. Mais croyez-moi, ce brun ténébreux à lunettes (je m’emporte) constitue à lui seul une révolution dans l’univers des Late Show américains.

Mon totem

Ma première rencontre avec John date de l’époque où il travaillait encore au Daily Show with Jon Stewart, le grand satiriste de la vie politique américaine du XXIe siècle, le fabuleux Jon Stewart, celui que les Américains veulent voir comme modérateur du débat de la présidentielle de 2016 (autant dire que David Pujadas à côté c’est Popeye dans les Bronzés), un Mark Twain des temps modernes et mentor de John Oliver. Le Daily Show est donc un vrai-faux journal télévisé (un modèle dont s’est inspiré le Petit Journal de Yann Barthès) mais dont la volonté était de réellement informer ses téléspectateurs, notamment en dénonçant les excès (et stupidités) des médias américains (comme la chaîne d’information Fox News)

Un peu de bon sens dans ce monde de brutes

Informer donc, mais en s’amusant, contrairement à ce que pourraient faire de « vrais » journalistes. Et c’est dans cette verve que s’inscrit la démarche de Last Week Tonight, l’émission animée par John Oliver depuis 2014 sur la chaîne câblée HBO (vous savez, cette petite PME connue pour avoir produit une série sur les dragons et l’inceste).

Le décor est planté, le personnage peut monter sur scène et vous déclamer son texte. Car arrivés à ce stade de l’article (si vous n’avez pas renoncé entre-temps) vous vous dites sûrement : « c’est bien joli toute cette histoire de la satire politique aux Etats-Unis, mais de quoi parle Emmett Brickowoski? ».

De tout mes chers amis. De tout. John Oliver n’a pas peur d’aborder des thèmes polémiques qui divisent fortement la société américaine comme l’avortement ou la peine de mort. Et si ses vidéos culminent à plus de huit millions de vues sur Youtube en moyenne ce n’est pas par hasard. Plutôt que d’aborder rapidement le sujet, John et l’équipe de Last Week Tonight ont fait le choix de consacrer une vingtaine de minutes environ à un sujet précis, sur lequel ils enquêtent (comme de véritables journalistes) et qu’ils présentent de façon claire et argumentée.
Et si cela peut paraître rasoir de prime abord, n’oubliez pas ce que je vous ai dit plus tôt! La démarche d’Oliver s’inscrit dans un héritage, celui de la satire politique. Traduction : c’est terriblement drôle. La grande force du Britannique est de se présenter comme un comédien (c’est son métier après tout) et non pas un journaliste d’investigation. Il cherche à illustrer les absurdités d’une société où chacun cherche à imposer son point de vue de façon plus ou moins violente, et choisit comme arme l’humour. L’effet est garanti.

Par exemple si je vous parle de la neutralité du net, je parie que se réveille en vous une envie de fuir très loin. Au moins à Troyes. Et de rester cacher là-bas. Ou comme le dit John « je préférerais lire un livre de Thomas Friedman plutôt que d’en entendre parler, je préférerais m’asseoir avec ma nièce et regarder Caillou, un dessin animé sur la vie d’un enfant canadien chauve à qui il n’arrive absolument rien. »

Mais comme il le signale par la suite, « la neutralité sur le net est un enjeu très important. Concrètement, cela signifie que toutes les données sont traitées de façon égale, peu importe qui les créent. C’est pourquoi le monde d’internet est un grand terrain de jeu et c’est comme cela que des start-ups ont pu devancer des grandes marques de l’establishment. C’est comme cela que Facebook a supplanté MySpace, qui avait supplanté Friendster qui avait déjà supplanté le fait d’avoir des amis. Vous vous souvenez de l’amitié avec de vraies personnes en face de vous? C’était atroce, vous ne pouviez pas taper sur la tête des gens pour les faire partir ».

Un sujet de société en somme très sérieux et qui nous concerne tous (vous êtes actuellement sur internet) et qui paraitrait vraiment ennuyeux à n’importe qui s’il n’était pas traité sur le ton de l’humour. Or l’impact d’Oliver est réel, puisqu’il lance un appel aux trolls d’internet à la fin de cette vidéo, les exhortant à délivrer leur haine sur le site de la FFC, et cela fonctionne : le site a connu un bug monumental.

Petit message d’amour à la FFC « Ooops il semble que vous ayez crashé le site de la FFC, j’espère que vous êtes fiers de vous »

Pouvez-vous imaginer une émission de divertissement partir en guerre contre le CSA au nom de la liberté sur internet? Et tout cela en réussissant à vous faire rire et à vous faire découvrir Caillou (comment ne pas succomber au charme de ce crâne chauve)? Et à ceux qui me rétorquent que cette émission existe déjà en France et qu’elle est diffusée à partir de 20h10 sur Canal + du lundi au vendredi je répondrai un « gnnnn ce n’est pas tout à fait la même chose ».

L’impertinence d’Oliver diffère à mon sens de celle d’un Yann Barthès par exemple, en ce qu’elle ne s’attaque pas qu’aux dérapages de représentants politiques ou de la vie civile, mais en ce qu’elle oblige la société américaine à affronter ses contradictions (aussi diverses soient-elles) et son hypocrisie manifeste. Y compris l’hypocrisie de l’axe politique que défend Oliver, celui des libéraux (qui correspondrait à la gauche en France). Ce que n’arrive pas à faire (ou ne souhaite pas?) le Petit Journal, précisément parce qu’exceptés les sketchs d’Eric et Quentin ou d’Alex Lutz et Bruno Sanchez, la rédaction est composée de journalistes, là où l’équipe d’Oliver s’appuie sur des auteurs et comédiens. Or, cette liberté de ton propre à l’exercice de la satire me parait plus efficace pour dénoncer les excès et dérapage d’une société.

Je côtoie cet humoriste depuis quelques années maintenant et mon avis ne peut être parfaitement objectif à son sujet (je rappelle que j’ai un badge sur mon effigie sur mon sac à dos. Hello à tous les stalkeurs) mais je ne pense pas être la seule personne sensible à l’impertinence de John Oliver et à ce qu’il a pu (peut et pourra) apporter au paysage politique américain (et mondial!) dans son exercice critique. Mon ultime conseil sera donc de vous inviter fortement à aller voir ses vidéos sur YouTube (il suffit de taper Last Week Tonight dans le moteur de recherche et c’est la première chaîne qui s’affiche) d’abord pour rire et ensuite pour vous souvenir que les démocraties que nous défendons à cors et à cris ne sont pas exemptes de défauts substantiels. Le rire cristallin (et ironique) de ce  cher Britannique peut constituer une piqûre de rappel…

Lu sur le Web
Trump président : le “New York Times” et le “Washington Post” font déjà leur mea culpa
Jean-Baptiste Roch
Télérama
09/11/2016

Les deux journaux de référence, par la voix de leurs éditorialistes, soulignent l’aveuglement des journalistes, y compris de leur rédaction, face aux sondages tout-puissants. Et plus largement, l’incapacité de la presse à prendre le pouls du pays.

« Pour le dire crûment, les médias sont passés à côté.»  A l’heure où les Etats-Unis se sont endormis avec l’image de Donald Trump, leur nouveau Président, le constat de Margaret Sullivan, éditorialiste au Washington Post, est sans détour. Et sonne clairement comme un aveu d’échec, naissant, d’une partie de la presse américaine.

Le New York Times, autre grand quotidien de référence sur la côte Est – et qui s’était engagé comme son homologue de Washington en faveur d’Hillary Clinton –, exprime, quelques heures après la victoire de Trump, un sentiment similaire, par la voix de Jim Ruthenberg, le médiateur du journal, dans un article en forme de mea culpa. « Les médias d’informations ont échoué dans les grandes largeurs à comprendre ce qui était en train de se passer », déplore à chaud le journaliste.

On ne peut s’empêcher de penser que Sullivan, comme Ruthenberg, expriment une partie de l’auto-critique probablement à l’oeuvre – ou à venir – dans les rédactions américaines, qui avaient annoncé ces dernières semaines l’élection confortable d’Hillary Clinton, en dépit de signaux contraires et sur la foi de sondages érigés en majesté.

Au-delà de la confiance aveugle et excessive accordée à ces enquêtes d’opinions, les deux éditorialistes pointent du doigt l’incapacité des journalistes à prendre eux-mêmes le pouls du pays. « Ils ont échoué à capter la colère d’une large part de l’électorat américain, qui se sent mis de côté, (…) et ignoré par les élites de Washington, Wall Street et des médias de masse », analyse Ruthenberg.

Sullivan, elle, met en cause la sociologie même de la classe journalistique, comme un élément structurant de l’éloignement vis-à-vis de la réalité du terrain, et du peuple américain. « Les journalistes – diplômés, urbains, et pour une bonne part, libéraux [adjectif qui aux Etats-Unis désigne les partisans d’un état plutôt interventionniste, NDLR], sont encore susceptibles de vivre et travailler dans des villes comme New York, Washington ou sur la côté Ouest. Et bien que nous nous soyons tous rendus dans les Etats les plus favorables aux Républicains, ou que nous ayons interviewé des mineurs ou des chômeurs de l’industrie automobile dans la Rust Belt, la région ouvrière du Nord-Ouest des Etats-Unis, nous ne les avons pas pris au sérieux. Ou pas suffisamment.»

Et l’éditorialiste du Washington Post de citer les paroles récentes de Peter Thiel, le milliardaire qui a entraîné la faillite du défunt site Gawker. « Les médias ne prennent jamais Trump au sérieux, mais pourtant toujours au pied de la lettre.» Tandis que les électeurs américains, eux, sont allés au-delà de ses formules provocatrices : quand Trump promet la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, ils comprennent surtout qu’il s’empare de la question de l’immigration dans le pays.

« Trump – qui a qualifié les journalistes de déchets et corrompus – nous a tellement détourné de l’essentiel que nous n’étions pas capables de voir ce qui était pourtant sous nous yeux », conclut Sullivan. Une thèse que développait déjà en juin dernier Jack Shafer, journaliste à Politico, dans un article intitulé « Avons-nous créé Trump ? » , où il expliquait que ce dernier était certes un populiste, mais aussi un redoutable manipulateur des médias de masse. Il y citait notamment une réflexion du désormais président, prononcée en 1987 :  « Si vous êtes un peu différent, ou choquant… La presse parlera de vous ».

Voir de même:

Journalists didn’t question the polling data when it confirmed their gut feeling that Mr. Trump could never in a million years pull it off. They portrayed Trump supporters who still believed he had a shot as being out of touch with reality. In the end, it was the other way around.

It was just a few months ago that so much of the European media failed to foresee the vote in Britain to leave the European Union. Election 2016, thy name is Brexit.

Election Day had been preceded by more than a month of declarations that the race was close but essentially over. And that assessment held even after the late-October news that the Federal Bureau of Investigation was reviewing a new batch of emails related to Mrs. Clinton’s private server.

Mrs. Clinton’s victory would be “substantial but not overwhelming,” The Huffington Post had reported, after assuring its readers that “she’s got this.” That more or less comported with The New York Times’s Upshot projection early Tuesday evening that Mrs. Clinton was an 84 percent favorite to win the presidency.

Then came a profound shift, as mainstream media organizations scrambled to catch the bus that had just run them over. By 10:30 p.m., the Upshot projection had switched around, remarkably, to 93 percent in favor of Mr. Trump.

Other major sites also flipped from a likely Clinton victory to a likely Trump victory. John King of CNN proclaimed to his huge election night audience that during the previous couple of weeks, “We were not having a reality-based conversation” given the map he had before him, showing Mr. Trump with a clear opportunity to reach the White House.

That was an extraordinary admission; if the news media failed to present a reality-based political scenario, then it failed in performing its most fundamental function.

The unexpected turn in the election tallies immediately raised questions about the value of modern polling: Can it accurately capture public opinion when so many people are now so hard to reach on their unlisted cellphones?

“I think the polling was a mess,” Stanley Greenberg, a Democratic pollster, told me Tuesday night. “But I think a lot of it was interpretation of the polls.”

Mike Murphy, a Republican strategist, said on MSNBC, “My crystal ball has been shattered into atoms’’ because he predicted the opposite outcome. “Tonight data died,’’ he added.

Regardless of the outcome, it was clear that the polls, and the projections, had underestimated the strength of Mr. Trump’s vote, and the movement he built, which has defied all predictions and expectations since he announced his candidacy last year.

And that’s why the problem that surfaced on Tuesday night was much bigger than polling. It was clear that something was fundamentally broken in journalism, which has been unable to keep up with the anti-establishment mood that is turning the world upside down.

Politics is not just about numbers; data can’t always capture the human condition that is the blood of American politics. And it is not the sole function of political reporting to tell you who will win or who will lose. But that question — the horse race — has too often shadowed everything else, and inevitably colors other reporting, too.

You have to wonder how different the coverage might have been had the polls, and the data crunching, not forecast an almost certain Clinton victory. Perhaps there would have been a deeper exploration of the forces that were propelling Mr. Trump toward victory, given that so much of his behavior would have torpedoed any candidate who came before him.

Maybe we’d know a lot more about how Mr. Trump’s plan to build a wall along the southern border would fare in Congress, or what his proposal to make it easier to sue journalists might actually look like. How about his plan to block people from countries with links to terrorism?

Then there was the drop in the global stock market on Tuesday night, which wasn’t just figures on a screen but wealth being erased. The expectations were out of whack, and Wall Street doesn’t do out-of-whack well.

What’s amazing is how many times the news media has missed the populist movements that have been rocking national politics since at least 2008. It failed to initially see the rise of the Tea Party, which led to the Republican wave of elections of 2010 and 2014, which was supposed to be the year the so-called Republican establishment regained control over its intraparty insurgency.

Then, of course, there was Mr. Trump’s own unexpected rise to the nomination. And after each failure came a vow to learn lessons, and not ever allow it to happen again. And yet the lessons did not come fast enough to get it right when it most mattered.

In an earlier column, I quoted the conservative writer Rod Dreher as saying that most journalists were blind to their own “bigotry against conservative religion, bigotry against rural folks, and bigotry against working class and poor white people.”

Whatever the election result, you’re going to hear a lot from news executives about how they need to send their reporters out into the heart of the country, to better understand its citizenry.

But that will miss something fundamental. Flyover country isn’t a place, it’s a state of mind — it’s in parts of Long Island and Queens, much of Staten Island, certain neighborhoods of Miami or even Chicago. And, yes, it largely — but hardly exclusively — pertains to working-class white people.

They think something is so wrong that all the fact-checking of Mr. Trump this year, the countless reports of his lies — which he uttered more than Mrs. Clinton did — and the vigorous investigation of his business and personal transgressions, bothered them far less than the perceived national ills Mr. Trump was pointing to and promising to fix.

In their view the government was broken, the economic system was broken, and, we heard so often, the news media was broken, too. Well, something surely is broken. It can be fixed, but let’s get to it once and for all.

Voir par ailleurs:

The Surprising Origin of the Phrase ‘Flyover Country’
Everyone knows where it is, especially in an election year. But the people who call the heartland « flyover country » aren’t who you think.
The meaning of « flyover country » is obvious. Its origin is a bit more mysterious.
The National Geographic
March 14, 2016

The term « flyover country » is often used to derisively refer to the vast swath of America that’s not near the Atlantic or Pacific coasts. It sounds like the ultimate putdown to describe places best seen at cruising altitude, the precincts where political and cultural sophisticates visit only when they need to.

But in fact, as a saying, flyover country isn’t quite the elitist insult we imagine. And it’s not even all that old.

The Oxford English Dictionary’s first citation for flyover country is from 1980, 59 years after “fly-over” was first used to describe an aircraft passing over a place, and about 30 years after the advent of nonstop transcontinental commercial flights. Thomas McGuane began an Esquire article about the landscape painter Russell Chatham with the line: “Because we live in flyover country, we try to figure out what is going on elsewhere by subscribing to magazines.”

Note the “we.” McGuane was born in Michigan and, like Chatham, lived in Montana. “This must have come from the time I worked in movies, an industry that seemed to acknowledge only two places, New York and Los Angeles,” McGuane says when asked how he came to the phrase. “I recall being annoyed that the places I loved in America were places that air travel allowed you to avoid.”

A search through Google’s massive archive of scanned books and periodicals finds that many subsequent occurrences of flyover country come from people who, like McGuane, put the phrase in someone else’s mouth. Rarely is it ever used by a New Yorker or Angelino as a pejorative.

“It’s a stereotype of other people’s stereotypes,” lexicographer Ben Zimmer says. But it’s not as if the stereotypes are entirely imagined. Zimmer says the concept behind flyover country is present in older phrases, like middle America, “which has been used to talk about, geographically, the middle part of the U.S. since 1924, but then also has this idea of not only the geographic middle but the economic and social middle of the country as well, that kind of middle-ness that’s associated with the Midwest.” Another term for the same place, Zimmer notes, is heartland, which is “for people who want to valorize a particular social or political value.”

And the heartland gets a lot of attention when it has votes that can be won. Politicians across the spectrum paint this place as more real than the coasts. This year, Ted Cruz blasted fellow Republican presidential candidate Donald Trump’s “New York values.” And in 2008, vice presidential candidate Sarah Palin quoted columnist Westbrook Pegler’s heartland-boosting line “We grow good people in our small towns.” All this is a way of championing a set of values that is imagined to exist outside of big urban centers. It treats middle America like a time capsule from a simpler era, which, when you consider the Dust Bowl, the circumstances that led to the existence of Rust Belt, and the Civil Rights struggles before and after the Great Migration, never really existed for many people.

Romanticizing can also read as patronizing for people in the middle of the country.

“You know when you’re being ignored. You know when you’re being looked down on,” says journalist Sarah Kendzior, who grew up in Connecticut, but now lives in Missouri. Kendzior’s 2013 essay “The View From Flyover Country” details how easily outsiders overlook the nuances of the middle of the country. “It’s just ignored as a region unless it’s politically convenient. Unless something happens like a mass protest or a presidential primary, reporters don’t pay attention to it,” she says.

Hence the self-coining of flyover country—it’s a way for Midwesterners (and Southerners and people from the plains and mountains) to define themselves relative to the rest of the country. It’s defensive but self-deprecating, a way of shouting out for attention but also a means for identifying yourself by your home region’s lack of attention. It’s the linguistic nexus of Minnesota nice and Iowa stubborn. This self-identification has become a celebration. The country singer Jason Aldean angrily defended flyover states in a hit single, while indie singer Pokey LaFarge has reveled in his region’s slightly inconvenient time zone. (Both, perhaps, responses to the Talking Heads’ 1978 song “The Big Country,” which is—likely sarcastically—sung from the perspective of a person flying over the heartland.)

Aldean, LaFarge, Kendzior, and McGuane all come from different parts of the middle of the country, but they all belong to the same, self-identified place, a place rooted more in attitude than in soil. As a concept, flyover country can exist almost anywhere in the United States. As a phrase, it’s become almost a dare, a way for Midwesterners to cajole the coastal elites into paying attention to a place they might otherwise overlook. But it’s also a bond for Midwesterners—a way of forging an identity in a place they imagine being mocked for its lack of identity. It’s a response to an affront, real or imagined, and a way to say “Well, maybe we don’t think that much of you, either.

 Voir encore:

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Dix sites web innovants pour suivre différemment l’élection américaine
Romain Jeanticou
28/10/2016

D’Hillary Clinton et de Donald Trump, lequel livre le plus de données incorrectes ? Quel traitement accordent les médias à la campagne présidentielle ? Qui finance qui ? Autant de questions auxquelles répondent les dix sites Internet ici sélectionnés.

Qui finance la campagne d’Hillary Clinton ? Donald Trump pourra-t-il vraiment fermer l’entrée des Etats-Unis aux musulmans ? Pourquoi est-il interdit de faire un selfie dans l’isoloir ? Si vous vous passionnez pour l’élection américaine mais ne savez où trouver les informations face aux dantesques flux qui nous assaillent tous les jours, voici dix sites innovants pour suivre et comprendre en temps réel le duel entre Hillary Clinton et Donald Trump.

Pour les pronostics : FiveThirtyEight

Le statisticien Nate Silver, ancien blogueur du New York Times, est le roi du poker politique. Avec l’équipe de FiveThirtyEight, il analyse les tendances et les possibles aboutissants de l’élection à partir d’un seul et même matériau brut : les données. En croisant quotidiennement résultats passés, statistiques et sondages, le site s’engage directement sur le résultat de chacun des 50 Etats. En 2012, Silver avait correctement prédit l’issue du scrutin pour 49 d’entre eux, avant de faire un sans-faute à l’élection suivante. Cette année, c’est plus compliqué…

Pour le fact-checkingPolitiFact

PolitiFact fait partie des pionniers du fact-checking en ligne, ce type de journalisme qui s’attache à vérifier les assertions des personnalités publiques. Lancé en 2007 par le quotidien Tampa Bay Times en Floride, son succès tient à sa simplicité et à son aspect ludique : un baromètre juge la véracité de chaque affirmation sur une échelle allant de « vrai » à « flagrant délit de mensonge ». Un classement permet ensuite de visualiser quelle personnalité lance le plus de contre-vérités (spoiler : il a un prénom de palmipède).

Pour les finances : Crowdpac

Indépendant et non partisan, Crowdpac cherche à « rendre la politique aux citoyens » en mettant en lumière l’apport financier des lobbies et des grosses industries aux candidats. Sa page « Money race » offre toutes les indications numéraires liées au financement des campagnes, aux donateurs et aux systèmes d’influence. De quoi donner envie de se présenter soi-même, ce qu’encourage Crowdpac via divers outils de participation à la vie politique américaine.

Pour l’analyse : The Upshot, du New York Times

Cette section du grand quotidien américain a été créée en 2014 en préparation de l’élection présidentielle et en réaction au départ de son blogueur à succès Nate Silver, parti exporter ses statistiques sur son propre site (voir FiveThirtyEight). Porté par le puissant travail de data du New York Times, The Upshot n’est cependant pas une accumulation de graphiques et de pourcentages, l’expertise du journal permettant de tirer des chiffres, sélectionnés et éditorialisés, une analyse pour comprendre les tenants de la course à la Maison Blanche.

Pour les vidéos : la chaîne YouTube de Vox

L’excellent site d’information et d’opinion fondé par Ezra Klein a réussi à bâtir une jeune audience grâce à un ton informel et à une approche explicative de ses sujets. Les vidéos pleines de malice de Vox poussent encore davantage le curseur de la pédagogie, servies par une réalisation sans faille. Les thèmes traités ont très peu en commun, mais lorsqu’ils touchent à la politique ou au sociétal, les vidéos offrent un brillant éclairage sur les Etats-Unis, leur histoire et les déchirements qui les traversent.

Pour les rats de bibliothèque : Ballotpedia

Réservé aux plus assidus, Ballotpedia est, comme le suggère son titre, le Wikipedia de l’élection. Y sont rassemblées toutes les informations liées aux candidats, aux thèmes de la campagne, aux scrutins, aux institutions ou aux Etats. La quantité de contenu encyclopédique rebute un peu, mais l’internaute cherchant une précision particulière ou voulant tout savoir sur tout peut commencer par là.

Pour le plaisir des yeux : Election 2016 Graphics, du Wall Street Journal

Infographies, gifs, visualisation de données, contenus tirés des réseaux sociaux : l’équipe de graphistes et de développeurs du quotidien économique s’en donne à cœur joie pour offrir la couverture data la plus visuelle et la plus ludique de l’élection américaine. La mise en scène des données – tout en diversité d’angles et en couleurs flashy – aide à avaler la complexité des informations apportées.

Pour la politique pure et dure : RealClearPolitics

Les junkies des affaires publiques trouveront leur pain quotidien sur Real Clear Politics, agrégateur d’informations politiques et de sondages basé à Chicago. Très prisé des journalistes et des politiques eux-mêmes, le site rassemble les nouvelles études d’opinion liées à la campagne et une sélection éclectique d’articles tirés de publications aussi bien libérales que conservatrices et locales qu’internationales, proposant une revue de presse synthétique mais diversifée.

Pour les étudiants : PBS Election Central

Le réseau américain public de télévision PBS a mis en place un programme en ligne destiné aux professeurs et à leurs étudiants pour comprendre le système politique du pays, parfois kafkaïen, et son processus électoral tout aussi abscons. Un ensemble d’outils éducatifs en vidéos, cartes ou graphiques pour comprendre, débattre… et améliorer son anglais.

Pour la bataille médiatique : Election Tracker

La lorgnette par laquelle Election Tracker observe la campagne est médiatique. Il ne s’agit pas d’un site d’information mais d’une application créée par l’entreprise de gestion canadienne OpenText qui analyse en data la couverture de l’élection aux Etats-Unis. Temps de parole des candidats, mentions en une des journaux, sujets de prédilection, articles à charge ou à défense : tout est quantifié et comparé, offrant une cartographie du paysage médiatique américain et de son rapport à Clinton et Trump depuis le début de la campagne.

Voir enfin:

How Teens In The Balkans Are Duping Trump Supporters With Fake News
BuzzFeed News identified more than 100 pro-Trump websites being run from a single town in the former Yugoslav Republic of Macedonia.
Craig Silverman
Lawrence Alexander
BuzzFeed
Nov. 4, 2016

“This is the news of the millennium!” said the story on WorldPoliticus.com. Citing unnamed FBI sources, it claimed Hillary Clinton will be indicted in 2017 for crimes related to her email scandal.

“Your Prayers Have Been Answered,” declared the headline.

For Trump supporters, that certainly seemed to be the case. They helped the baseless story generate over 140,000 shares, reactions, and comments on Facebook.

Meanwhile, roughly 6,000 miles away in a small town in the former Yugoslav Republic of Macedonia, a young man watched as money began trickling into his Google AdSense account.

Over the past year, the Macedonian town of Veles (population 45,000) has experienced a digital gold rush as locals launched at least 140 US politics websites. These sites have American-sounding domain names such as WorldPoliticus.com, TrumpVision365.com, USConservativeToday.com, DonaldTrumpNews.co, and USADailyPolitics.com. They almost all publish aggressively pro-Trump content aimed at conservatives and Trump supporters in the US.

The young Macedonians who run these sites say they don’t care about Donald Trump. They are responding to straightforward economic incentives: As Facebook regularly reveals in earnings reports, a US Facebook user is worth about four times a user outside the US. The fraction-of-a-penny-per-click of US display advertising — a declining market for American publishers — goes a long way in Veles. Several teens and young men who run these sites told BuzzFeed News that they learned the best way to generate traffic is to get their politics stories to spread on Facebook — and the best way to generate shares on Facebook is to publish sensationalist and often false content that caters to Trump supporters.

As a result, this strange hub of pro-Trump sites in the former Yugoslav Republic of Macedonia is now playing a significant role in propagating the kind of false and misleading content that was identified in a recent BuzzFeed News analysis of hyperpartisan Facebook pages. These sites open a window into the economic incentives behind producing misinformation specifically for the wealthiest advertising markets and specifically for Facebook, the world’s largest social network, as well as within online advertising networks such as Google AdSense.

“Yes, the info in the blogs is bad, false, and misleading but the rationale is that ‘if it gets the people to click on it and engage, then use it,’” said a university student in Veles who started a US politics site, and who agreed to speak on the condition that BuzzFeed News not use his name.

Sample stories from US politics sites run by Macedonians.

Using domain name registration records and online searches, BuzzFeed News identified over 100 active US politics websites being run from Veles. The largest of these sites have Facebook pages that boast hundreds of thousands of followers.

BuzzFeed News also identified another 40 US politics domains registered by people in Veles that are no longer active. (An April report from the Macedonian website Meta.mk identified six pro-Trump sites being run from Veles. A Guardian report identified 150 politics sites.)

Their reasons for launching these sites are purely financial, according to the Macedonians with whom BuzzFeed News spoke.

“I started the site for a easy way to make money,” said a 17-year-old who runs a site with four other people. “In Macedonia the economy is very weak and teenagers are not allowed to work, so we need to find creative ways to make some money. I’m a musician but I can’t afford music gear. Here in Macedonia the revenue from a small site is enough to afford many things.”

Most of the posts on these sites are aggregated, or completely plagiarized, from fringe and right-wing sites in the US. The Macedonians see a story elsewhere, write a sensationalized headline, and quickly post it to their site. Then they share it on Facebook to try and generate traffic. The more people who click through from Facebook, the more money they earn from ads on their website.

Earlier in the year, some in Veles experimented with left-leaning or pro–Bernie Sanders content, but nothing performed as well on Facebook as Trump content.

“People in America prefer to read news about Trump,” said a Macedonian 16-year-old who operates BVANews.com.

BuzzFeed News’ research also found that the most successful stories from these sites were nearly all false or misleading.

For example, the most successful post BuzzFeed News found from a Macedonian site is based on a story from a fake news website. The headline on the story from ConservativeState.com was “Hillary Clinton In 2013: ‘I Would Like To See People Like Donald Trump Run For Office; They’re Honest And Can’t Be Bought.’” The post is a week old and has racked up an astounding 480,000 shares, reactions, and comments on Facebook. (To put that into perspective, the New York Times’ exclusive story that revealed Donald Trump declared a $916 million loss on his 1995 income tax returns generated a little more than 175,000 Facebook interactions in a month.)

The viral Clinton story was sourced from TheRightists.com, a site that admits it publishes both real and fake content. According to emails released by WikiLeaks, Clinton said in a private speech to Goldman Sachs that she would like to see more successful business people enter politics. But she did not mention Donald Trump in any way. The quote used in the headline is false.

The original hoax from The Rightists. The Rightists

Four of the five most successful posts from the Macedonian sites BuzzFeed News identified are false. They include the false claim that the pope endorsed Trump, and the false claim that Mike Pence said Michelle Obama is the “most vulgar first lady we’ve ever had.” Those four posts together generated more than 1 million shares, reactions, and comments on Facebook. That resulted in huge traffic and significant ad revenue for the owners of these sites, with many people being misinformed along the way.

The Macedonians BuzzFeed News spoke to said the explosion in pro-Trump sites in Veles means the market has now become crowded, making it harder to earn money. The people who launched their sites early in 2016 are making the most money, according to the university student. He said a friend of his earns $5,000 per month, “or even $3,000 per day” when he gets a hit on Facebook.

The 16-year-old who operates BVANews.com with a partner said he also runs health websites in addition to the US politics site. They launched the site in early 2016 and it’s now averaging 1 million page views a month, said his partner. (The teens declined to share revenue figures.)

The 17-year-old and his three partners are still waiting for Google’s AdSense program to approve their site for ads. As of now, they’re only generating about 800 views a day and aren’t earning any revenue. The university student launched his site in August and stopped updating it in order to focus on another, more successful site he has that’s focused on health and well-being. He estimated there are “thousands” of health-related sites being run out of Veles. US politics is just this year’s opportunity, thanks to a combination of Trump and Facebook.

“I stopped because I didn’t really enjoy doing it and we didn’t actually make any money from it since there are so many people posting already,” the university student said. “The people who started early are the ones reaping the rewards.”

BVA News / Via bvanews.com

Aside from the allure of easy money, they also have an element of pride that web-savvy people — including teenagers — in a small country like Macedonia can earn money by gaming Facebook, Google, and Americans.

“A good chunk of the world thinks Macedonia is primitive, but that is not true,” the 17-year-old said.

The young men running these sites know the Trump traffic bonanza will soon come to an end. They expect traffic and revenue to decline significantly once the election is over. But they also hold out hope that a Trump win will keep their sites afloat.

“If Trump loses I plan to redirect my site to sports,” the 16-year-old’s partner said. “It means that there will be no more politics [worth covering].”

Un commentaire pour Présidentielle américaine: Vous avez dit effet John Oliver ? (Love trumps hate: Even his Iraq combat vet wife couldn’t help brilliant Brit stand up from missing the story of a lifetime)

  1. jcdurbant dit :

    I took too many shots at Mr. Trump’s voters rather than at the candidate himself. Millions of voters in the general election were not blind to his faults but chose him as the lesser evil. They deserved less scorn and more understanding. The incoming Trump administration also deserves an open mind, as Hillary Clinton graciously put it in her concession speech. It should be a rule in democracies that candidates for high office should be judged guilty till proven innocent, while the winners deserve to be held innocent till proven guilty. To root for Mr. Trump to fail is worse than unpatriotic. It’s self-defeating.

    Bret Stephens

    http://www.wsj.com/articles/a-columnists-responsibility-1479168515

    Content de voir Stephens reconnaitre la dimension stratégique du choix des électeurs de Trump et récuser le mépris et l’incompréhension dont ils ont été l’objet.

    Déçu en revanche de le voir s’appuyer sur des arguments aussi faiblards que l’accusation de « juif renégat » de David Horowitz dans Breibart …

    I am a Jew who has never been to Israel and has never been a Zionist in the sense of believing that Jews can rid themselves of Jew hatred by having their own nation state. But half of world Jewry now lives in Israel, and the enemies whom Obama and Hillary have empowered — Iran, the Muslim Brotherhood, Hezbollah, ISIS, and Hamas — have openly sworn to exterminate the Jews. I am also an American (and an American first), whose country is threatened with destruction by the same enemies. To weaken the only party that stands between the Jews and their annihilation, and between America and the forces intent on destroying her, is a political miscalculation so great and a betrayal so profound as to not be easily forgiven.

    David Horowitz

    http://www.breitbart.com/2016-presidential-race/2016/05/15/bill-kristol-republican-spoiler-renegade-jew/

    J'aime

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