Hastings/1066: La colonie française qui a mal tourné fête ses 950 ans (Written by the victors but sewed by the vanquished: The French colony gone wrong with its merely mispronounced French celebrates its 950th birthday)

hastingshastings2 hastings3L‘anglais ? Ce n’est jamais que du français mal prononcé. Clemenceau
À la Cour, ainsi que dans les châteaux des grands seigneurs, où la pompe et le cérémonial de la Cour étaient imités, la langue franco-normande était la seule en usage ; dans les tribunaux, les plaidoyers et les arrêts étaient prononcés dans la même langue ; bref, le français était la langue de l’honneur, de la chevalerie et même de la justice ; tandis que l’anglo-saxon, si mâle et si expressif, était abandonné à l’usage des paysans et des serfs, qui n’en savaient pas d’autre. Peu à peu, cependant, la communication obligée qui existait entre les maîtres du sol et les êtres inférieurs et opprimés qui cultivaient ce sol, avait donné lieu à la formation d’un dialecte composé du franco-normand et de l’anglo-saxon, dialecte à l’aide duquel ils pouvaient se faire comprendre les uns des autres, et de cette nécessité se forma graduellement l’édifice de notre langue anglaise moderne, dans laquelle l’idiome des vainqueurs et celui des vaincus se trouvent confondus si heureusement, et qui a été si heureusement enrichie par des emprunts faits aux langues classiques et à celles que parlent les peuples méridionaux de l’Europe. Walter Scott (Ivanhoe, 1820)
Eh bien ! reprit Wamba, comment appelez-vous ces animaux grognards, qui courent là-bas sur leurs quatre jambes ? Des pourceaux, bouffon, des pourceaux, dit Gurth ; le premier idiot venu sait cela. Et pourceaux, c’est du bon saxon, dit le railleur. Mais comment appelez-vous la truie, quand elle est écorchée et coupée par quartiers et suspendue par les talons comme un traître ? Du porc, répondit le pâtre. Je suis heureux de reconnaître aussi que tous les idiots savent cela, dit Wamba ; or, un porc, je pense, est du bon normand-français, de sorte que, tant que la bête est en vie et sous la garde d’un serf saxon, elle porte son nom saxon ; mais elle devient normande et on l’appelle porc quand elle est portée au château pour faire réjouissance aux seigneurs. Que dis-tu de cela, ami Gurth, hein ? Cette doctrine n’est que trop vraie, ami Wamba, de quelque manière qu’elle soit entrée dans ta folle tête. Oh ! je puis t’en dire davantage encore, fit Wamba sur le même ton. Vois ce vieux bailly l’ox, il continue à porter son nom saxon tant qu’il est sous la garde de serfs et d’esclaves tels que toi ; mais il devient beef, c’est-à-dire un fougueux et vaillant Français, quand on le place sous les honorables mâchoires qui doivent le dévorer ; monsieur calf aussi devient monsieur le veau de la même façon ; il est Saxon tant qu’il lui faut nos soins et nos peines, et il prend un nom normand aussitôt qu’il devient un objet de régal. Par saint Dunstan ! s’écria Gurth, tu ne dis là que de tristes vérités. On ne nous laisse à peu près que l’air que nous respirons, et on paraît nous l’avoir accordé en hésitant fort, et dans le seul but de nous mettre à même de porter le fardeau dont on charge nos épaules. Tout ce qui est beau et gras est pour les tables des Normands ; les plus belles sont pour leurs lits, les plus braves pour les armées de leurs maîtres à l’étranger, et ceux-là vont blanchir de leurs ossements les terres lointaines, ne laissant ici qu’un petit nombre d’hommes qui aient, soit la volonté, soit le pouvoir de protéger les malheureux Saxons. Wamba (bouffon saxon dans Ivanhoé, Walter Scott, 1819)
It changed English society, changed the way in which English politics worked, changes in architecture, the introduction of castles, the language we speak today is a result of 1066, that mixture of old English and French. Roy Porte (English Heritage)
The tapestry, thought to have been made in England, is history written by the victors but sewed by the vanquished; the Anglo-Saxon seamstresses who made it compelled to embroider the end of the Anglo-Saxon era. Space is made before the battle to outline William’s dubious claim to the English throne, while Norman atrocities in its aftermath are omitted. The Guardian
Guillaume sera, après sa mort, surnommé le Conquérant mais lui-même refusait ce surnom car il se considérait comme l’héritier légitime de la couronne anglaise et non comme un usurpateur ou un conquérant. Claude Laramé

Ecrite par les vainqueurs mais cousue par les vaincus …

En ce 950e anniversaire de la bataille de Hastings …

Et de la deuxième après celle de Claudius, et, après les échecs de Louis VIII, Philippe II d’Espagne, Napoléon et Hitler, dernière conquête de l’Angleterre …

Retour avec le site Hérodote …

Sur ce fameux Guillaume et ses ces hommes du nord qui avaient déjà obtenu du roi de France  l’embouchure de la Seine en échange du baptême et de l’hommage de vassalité …

Mais avaient vite adopté les mœurs féodales et la langue de leur pays d’adoption …

Avat de les imposer, à la faveur du voeu de chasteté de l’oncle d’Angleterre de leur chef et pour quelque 300 ans, à leur nouvelle conquête  …

Profitant de l’attaque de Norvégiens contre son cousin à l’autre bout du pays et à l’aide quand même d’une flotte d’un millier de navires avec quatre à six milliers d’hommes, mercenaires bretons, français et flamands compris, et quelques 3 000 chevaux …

Avant le couronnement de celui-ci le jour de Noël suivant à l’abbaye de Westminster de Londres et l’inscription de son haut fait pour la postérité sur la célèbre tapisserie dite de Bayeux (pas moins de 70 m de long !) …

Et l’imposition à son nouveau pays d’adoption, du haut de sa Tour de Londres et de quelque 500 forteresses, d’une loi commune (« Common Law ») et, collecte des impôts oblige, d’un recensement des terres (« Doomsday Book », se voulant aussi implacable que Livre le jugement dernier !)  …

Sans compter, malgré la langue longtemps commune, plus de 700 ans de luttes avec la mère patrie …

Confirmant les fameux jugements de Clémenceau sur la « colonie française qui a mal tourné » avec sa « langue qui n’était que du français mal prononcé » …

Hastings comme si vous y étiez

Hérodote

Le 14 octobre 1066, la bataille d’Hastings a livré au duc Guillaume de Normandie et à ses descendants le trône d’Angleterre.

Si l’événement paraît encore si proche de nous, près de mille ans après, c’est en grande partie grâce à la tapisserie de Bayeux ou « tapisserie de la reine Mathilde », trésor de l’humanité, source historique majeure. Et aussi ancêtre de la bande dessinée.

Jean-Charles Stasi
Les guerres féodales en vrai

La victoire du duc de Normandie Guillaume, le 14 octobre 1066 face à l’armée du roi anglo-saxon Harold Godwinson, va lui ouvrir la route de Londres où il sera sacré roi d’Angleterre, le 25 décembre de cette même année.

Et même si la conquête normande de l’Angleterre ne sera véritablement achevée que plusieurs années plus tard, la bataille d’Hastings marque un tournant dans l’histoire de ce pays, dont elle inaugure la période anglo-normande.

La tapisserie nous raconte cette entreprise mais pas seulement.

Elle relate aussi une expédition de Guillaume et de son armée jusqu’en Bretagne, avec la traversée du Couesnon au cours de laquelle plusieurs hommes manquent de périr dans les sables mouvants et les attaques contre Dol, Rennes et Dinan.

« On sait, par des sources écrites, que des récits de batailles ont été brodés au cours du Moyen Âge. Mais celui d’Hastings est le seul qui soit parvenu jusqu’à nous pratiquement intact, note Sylvette Lemagnen, conservatrice du Musée de la Tapisserie (Bayeux, Calvados). De manière générale, les tapisseries ou broderies qui ont traversé les siècles sont des pièces de petite taille, pour la plupart de quelques centimètres carrés à deux mètres carrés. Et dans les musées scandinaves, que ce soit à Oslo, Copenhague, Reykjavik ou Trondheim, elles présentent plutôt des sujets religieux que militaires. La tapisserie de Bayeux n’a rien à voir avec cela… »

Elle peut être considérée comme l’ancêtre de la bande dessinée, avec une succession de scènes soulignées d’un texte. Même si Sylvette Lemagnen préfère quant à elle y voir l’ancêtre du film d’animation avec des flashbacks et une décomposition des mouvements.

Son intérêt, il est vrai, va bien au-delà des récits de batailles. La tapisserie apporte surtout une mine d’informations exclusives sur la vie de nos aïeux du XIe siècle.

Ainsi nous apprend-elle comment s’habillaient les paysans et les guerriers, comment ils cuisinaient, chassaient et se déplaçaient, comment ils construisaient aussi les navires. Les historiens, romanciers, peintres, cinéastes et autres scénographes et reconstituants s’en inspirent très directement pour représenter la première féodalité.

« Cousu main »

Une précision technique s’impose : le terme de broderie serait plus approprié que celui de tapisserie pour désigner cette longue bande de 68,38 m sur 48 à 51 cm de large, composée de neuf lés assemblés par des coutures peu apparentes et dont le fond est constitué d’une toile de lin, fine et de couleur écrue. « On l’appelle communément tapisserie parce que, lorsqu’elle a été portée à la connaissance du public savant, au début du XVIIe siècle, on ne connaissait guère comme travaux de grande ampleur que des tapisseries, faites sur un métier sur lequel on dessine à la fois le fond et les sujets », explique la conservatrice.

Les motifs ont été brodés avec des laines teintes à partir des trois colorants végétaux : la garance (rouge), la gaude (jaune) et le pastel (bleu indigotine). Suivant leur utilisation pure ou mélangée, ces trois plantes tinctoriales ont donné une dizaine de coloris aux nuances variées : deux teintes de rouge (un rosé ou orangé et un brun violacé), un jaune moutarde, un beige, trois teintes de bleu (un bleu noir, un bleu foncé, un bleu moyen) et trois teintes de vert (un vert foncé, un vert moyen, un vert pâle).

Quatre points de broderie ont été utilisés.

Le point de chaînette et le point fendu réalisés avec deux fils sont peu présents.

Les plus usités sont le point de tige et le point de couchage. Le point de tige sert à tracer des visages, des mains, les nudités des personnages, ainsi que le texte qui court sous la bordure supérieure. Le point de couchage, dénommé aussi « point de Bayeux », s’exécute en trois temps. Le premier consiste à tendre des fils recouvrant presque le dessin ; le second à recouvrir perpendiculairement les premiers fils par des fils espacés d’environ 3 mm ; enfin, de petits points fixent le tout sur la toile.

Mystérieux commanditaire

Reste à savoir qui est à l’origine de ce chef-d’œuvre laineux. La plupart des historiens s’accordent aujourd’hui pour penser que son commanditaire est Odon de Conteville, demi-frère de Guillaume et évêque de Bayeux. Il aurait fait exécuter la tapisserie pour orner sa cathédrale qu’il était en train de reconstruire.

Joyau de l’architecture normande, la cathédrale de Bayeux sera dédicacée le 14 juillet 1077 par Odon, en présence de son demi-frère. « Odon a soutenu Guillaume de Normandie dans sa conquête de l’Angleterre. Et celui-ci, pour le récompenser de ses bons et loyaux services, lui a offert le comté du Kent dont la ville principale est Cantorbéry », argumente Sylvette Lemagnen.

À l’époque, Cantorbéry et sa région étaient connues pour la qualité de leurs ateliers de broderie. De plus se trouvait à Cantorbéry l’abbaye Saint-Augustin, dont le scriptorium a produit de magnifiques manuscrits. Le texte latin de la tapisserie a été écrit comme un Anglais de l’époque l’eût fait, et non pas comme un Français ou un Normand.

Enfin, son style pictural rappelle les enluminures sorties du scriptorium de l’abbaye Saint-Augustin. Tous ces éléments donnent à penser que la tapisserie a bien été commandée par Odon à des artisans saxons de la région de Cantorbéry. Sans doute autour des années 1070-1075, car le tissage des neuf lés sur un même métier et la broderie ont dû nécessiter de nombreuses années de travail.

Pérégrinations aventureuses

Faute d’archives, on suppose que la tapisserie, étant amovible, a été exposée dans différents châteaux et églises de part et d’autre de la Manche.

Tout ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’en 1476, elle ornait la cathédrale de Bayeux, comme l’atteste l’inventaire conservé aux Archives départementales du Calvados : « Une tente tres longue et estroicte de telle a broderie de ymages et escripteaulx faisans représentation du conquest dangleterre, laquelle est tendue environ la nef de l’eglise, le jour et par les octaves des reliques ».

Elle était ordinairement conservée dans un coffre que l’on peut encore voir dans le Trésor de la cathédrale et on l’étendait dans la nef, de pilier en pilier, durant la fête des Reliques, chaque année, à la fin du mois de juin.

Elle va échapper de la sorte aux incendies comme aux pillages puis au sac de la cathédrale par les huguenots en 1562. Au XVIIIe, elle est redécouverte par le monde savant. Antoine Lancelot (1724) et le moine bénédictin Dom Bernard de Montfaucon (1729-1730) en publient les motifs. Ils en attribuent la confection à la reine Mathilde, épouse de Guillaume le Conquérant, ce qui a l’heur d’émouvoir le public, d’où son nom usuel : « Tapisserie de la reine Mathilde ».

En 1792, quand la France de la Révolution entre en guerre contre l’Europe, des volontaires s’en emparent pour bâcher leur chariot. Elle est sauvée de justesse par Lambert Léonard Le Forestier, administrateur du district de Bayeux et érudit local, qui se lance à la poursuite du chariot et propose de payer de ses propres deniers une bâche pour récupérer la tapisserie.

Réinstallée à la cathédrale, l’œuvre est comptée au nombre des biens du clergé confisqués par l’État et inventoriée en 1794 par la Commission des Arts. Sous le Consulat, Bonaparte s’y intéresse. Au point de la faire venir à Paris et de l’exposer au Musée Napoléon (actuel musée du Louvre) de novembre 1803 à février 1804. « Envisageant la conquête de l’Angleterre, il veut l’examiner et s’en inspirer, mais surtout la faire connaître pour créer un climat favorable dans le milieu parisien », explique Sylvette Lemagnen.

Cette exposition va connaître un grand succès. Pour autant, Bonaparte devenu Napoléon 1er ne lancera jamais sa flotte à l’assaut de l’Angleterre. Et, une fois l’effervescence retombée, il renverra la tapisserie «  aux habitants de la ville de Bayeux ».

Plus près de nous, le IIIe Reich va lui aussi s’y intéresser. En juin 1941 débarque de Berlin une équipe de l’Ahnenerbe, un Institut de recherche pluridisciplinaire créé en 1935 par Himmler pour recueillir à travers le monde des preuves de la validité des théories nazies sur la supériorité raciale des « Aryens ».

Outre le fait que Hitler rêve lui aussi d’envahir l’Angleterre, l’intérêt des nazis pour cette broderie monumentale s’explique par le fait qu’ils prétendent être des descendants des Vikings comme les Normands. Placée sous la direction d’Herbert Jankuhn, archéologue réputé outre-Rhin pour ses fouilles sur des sites vikings, l’équipe de l’Ahnenerbe comprend un dessinateur, un photographe, un peintre et un spécialiste des tissus. Elle demeure dans le Bessin, la région de Bayeux, jusqu’au 1er août 1941.

Après son départ, la broderie est entreposée dans le château de Sourches (Sarthe) avec de nombreux autres meubles, objets patrimoniaux et œuvres d’art. Elle y reste jusqu’au 26 juin 1944, date à laquelle les Allemands ordonnent son transfert à Paris dans la perspective de son envoi outre-Rhin. De fait, le 21 août de cette même année, en pleine insurrection parisienne, deux officiers SS se présentent dans le bureau du général von Choltitz avec un ordre de Hitler pour emmener la célèbre broderie à Berlin. Dans ses Mémoires, le gouverneur militaire du Gross Paris raconte qu’il aurait répondu à ses interlocuteurs qu’ils n’avaient qu’à se servir. Ce que, heureusement, ils n’ont pas eu le temps de faire.

Paris libéré, la tapisserie sera exposée dans la galerie des primitifs italiens jusqu’en décembre 1944 avant de regagner définitivement la Normandie, le 2 mars 1945. Elle retrouve d’abord l’hôtel du Doyen, premier Musée de la Tapisserie, situé près de la cathédrale de Bayeux, puis sera transférée en 1983 au Centre Guillaume le Conquérant installé rue de Nesmond, dans les locaux de l’ancien Grand Séminaire.

Depuis, elle n’a plus bougé. Ce qui peut se comprendre quand on sait qu’il faut une soixantaine de personnes pour la manipuler. Elle voit défiler devant ses 58 scènes quelque 400 000 visiteurs chaque année, dont 65% d’étrangers. Le 2 août 2016, le Centre Guillaume le Conquérant a accueilli son 14e millionième visiteur depuis son ouverture, et il s’agissait d’un jeune Anglais de 9 ans.

Voir aussi:

Guillaume le Bâtard conquiert l’Angleterre

Le 14 octobre 1066, une petite armée féodale, à peine débarquée en Angleterre, bat les troupes du roi en titre. La victoire à Hastings du duc de Normandie Guillaume le Bâtard sur le roi Harold marque la naissance de l’Angleterre moderne.

À noter qu’après le débarquement de Guillaume, toutes les tentatives de conquête de l’Angleterre échoueront, dont celle de Louis, fils de Philippe Auguste, en 1215, celle de Philippe II et l’Invincible Armada en 1588, celle de Napoléon en 1805 et celle de Hitler en 1940.

André Larané

Le nouveau maître de l’Angleterre, Guillaume, est un robuste guerrier qui ne s’en laisse pas conter. Il descend d’un chef viking, Rollon.

Cent cinquante ans plus tôt, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte (911), Rollon a obtenu du roi carolingien de Francie occidentale, le faible Charles le Simple, le droit de s’établir à l’embouchure de la Seine, en échange du baptême et de l’hommage de vassalité.

Le duc Rollon et ses Vikings étendent très vite leur domination à l’ensemble de la région, à laquelle ils donnent leur nom, Normandie (« pays des hommes du Nord »). Ils adoptent dans le même temps les mœurs féodales et la langue de leur pays d’adoption, la France.

Guillaume, un bâtard formé à la dure

L’un des successeurs de Rollon, le duc Robert 1er le Magnifique (ou Robert le Diable), est un homme à poigne. Deuxième fils du duc Richard II, on le soupçonne d’avoir fait empoisonner son frère Richard III. Contre ses vassaux rebelles et leur protecteur le duc Alain de Bretagne, il s’allie au roi capétien Henri 1er, ce qui lui vaut de recevoir le Vexin français.

Il a de nombreuses concubines mais sa préférée est la fille d’un tanneur de Falaise, Arlette, qui donne naissance au futur Guillaume le Conquérant vers 1027.

Le 13 janvier 1035, le duc Robert, qui a décidé de faire un pèlerinage en Terre sainte, réunit tous ses vassaux à Caen et leur fait solennellement jurer fidélité à son fils Guillaume, alors âgé de sept ans ! Les barons prêtent serment, et comme Robert meurt sur le retour, à Nicée, le 22 juillet 1035, voilà son jeune fils bâtard duc de Normandie…

Pendant plusieurs années, le duché sombre dans l’anarchie. Dans la presqu’île du Cotentin en particulier, des seigneurs normands, attachés à leurs anciennes traditions et au paganisme, prennent les armes contre le nouveau duc. Guillaume et ses partisans font appel au roi de France Henri 1er, leur suzerain.

Avec une force de caractère remarquable, le jeune Guillaume rétablit son autorité. En 1047, il bat les insurgés au val-des-Dunes, près de Caen, et impose enfin par les armes sa domination sur l’ensemble de la Normandie. Il s’empare même de la province voisine du Maine. Enfin, avec le concours du clergé clunisien, il proclame la « paix de Dieu » sur ses terres. Sous sa férule, la Normandie ne tarde pas à devenir la principauté la mieux administrée d’Europe, l’une des plus paisibles et des plus riches.

La cousine Mathilde, sa première conquête

Mais Guillaume a plus de mal à conquérir les faveurs d’une bien-aimée cousine, Mathilde de Flandre, fille du comte Baudouin IV, qui hésite à convoler avec un bâtard. Qu’à cela ne tienne, il chevauche jusqu’à Lille et s’empare de la jeune fille. Il semble que celle-ci ne lui ait pas longtemps tenu rigueur de cette violence.

Le duc, qui a gardé un mauvais souvenir de sa bâtardise et veut s’affirmer comme un grand seigneur chrétien, aura huit enfants avec sa chère Mathilde. On ne lui connaît qui plus est aucun bâtard ni aucune maîtresse ou amante de rencontre ! Il fait aussi suffisamment confiance à sa femme pour lui confier la régence du duché pendant ses campagnes militaires.

Insensible à cet amour conjugal, le pape Léon IX rechigne à agréer le mariage de Guillaume et Mathilde pour cause de cousinage et aussi par méfiance à l’égard des Normands de Sicile qui menacent sa sécurité. Après maintes tractations, le couple obtient enfin de son successeur Nicolas V qu’il valide leur union. Il promet en contrepartie de construire deux abbayes à Caen. Dédiées la première à la sainte Trinité, la deuxième à saint Étienne, elles sont plus connues sous le nom d’abbaye aux Dames et d’abbaye aux Hommes. Mathilde et Guillaume prévoient de se faire inhumer dans le chœur de l’église de leur abbaye respective.

Caen est une ville nouvelle créée par Guillaume lui-même près du littoral de la Manche et non loin de sa ville natale de Falaise pour remplacer Rouen comme capitale de son duché. Une cité fortifiée d’environ neuf hectares, l’une des plus grandes d’Europe, est bâtie sur un piton rocheux, avec les deux fameuses abbayes de part et d’autre. Caen va grandir très vite et devenir la véritable capitale de l’ensemble des possessions anglo-normandes.

Un trône convoité

Le destin de Guillaume et Mathilde bascule avec la mort du roi d’Angleterre Édouard le Confesseur, le 5 janvier 1066.

Ce pieux roi avait fait vœu de chasteté et était mort sans descendance.

Les seigneurs anglo-saxons, qui dominent l’île depuis les invasions barbares, lui cherchent un successeur. Ils élisent l’un des leurs, Harold Godwinsson (la succession héréditaire est encore une exception à cette époque).

Mais le feu roi d’Angleterre avait de son vivant promis la couronne à beaucoup de prétendants, dont Guillaume, qui était son neveu.

Or, Harold, suite à un naufrage sur la côte normande, s’était un jour retrouvé prisonnier du duc Guillaume. Pour retrouver sa liberté, il avait juré qu’il défendrait le jour venu les droits de celui-ci à la couronne anglaise. Sans le savoir, il avait juré au-dessus d’un coffre rempli de saintes reliques, ce qui rendait son serment irrécusable du point de vue des témoins normands.

Guillaume le Bâtard conteste donc avec force l’élection de Harold comme roi d’Angleterre. Il plaide ses droits auprès des cours d’Europe. Le pape Alexandre II lui donne raison et, pour preuve de son appui, lui fait envoyer un étendard consacré et des reliques.

Sans attendre, le duc lance la construction d’une flotte de débarquement à l’embouchure de la Dive, près de Cabourg. De là, la flotte (un millier de navires tout de même) se dirige vers Saint-Valéry-sur-Somme et attend les vents favorables.

La bataille de Hastings

Apprenant qu’Harold a dû se rendre vers le Nord de son royaume à la rencontre d’envahisseurs norvégiens, Guillaume quitte la Normandie pour l’Angleterre avec quatre à six milliers d’hommes, y compris des mercenaires bretons, français et flamands, et de nombreux chevaux. Le duc débarque le 29 septembre 1066 sur la plage de Pevensey, là même où Jules César débarqua avec ses légions onze siècles plus tôt.

Harold arrive à sa rencontre avec ses troupes, au total sept ou huit mille hommes. Il dispose d’une infanterie réputée, les Housecarls. Il s’agit de Danois armés d’une longue hache. Mais ceux-ci sortent fourbus de leur victoire sur les Norvégiens, à Stanfordbridge, le 25 septembre 1066. Le roi d’Angleterre attend l’assaut de Guillaume sur la colline de Senhac, dans les environs de Hastings.

Le 14 octobre 1066, après un début de combat indécis, le duc de Normandie lance sa chevalerie (trois mille hommes) à l’assaut des lignes anglaises. Celles-ci résistent tant bien que mal aux chevaliers normands, pratiquement invincibles sur les champs de bataille.

À la fin de la journée, Guillaume ordonne à ses archers d’abandonner le tir en cloche pour adopter le tir tendu. C’est ainsi qu’Harold est blessé à l’oeil par une flèche. Aussitôt, un groupe de chevaliers se ruent sur lui et l’achèvent. La mort du roi entraîne la dispersion de ses troupes et la victoire définitive de Guillaume.

Sitôt après la victoire d’Hastings, le jour de Noël 1066, Guillaume est couronné roi d’Angleterre à l’abbaye de Westminster, à Londres, en présence d’un évêque anglais et d’un évêque normand. Les guerriers présents dans l’abbatiale lancent chacun des acclamations dans leur langue. À l’extérieur, les gardes normands, croyant à une bagarre, brûlent des maisons pour faire diversion. Toute l’assistance de l’église s’enfuit à l’exception du duc, troublé, et des deux évêques qui achèvent la cérémonie !

Mathilde, qui n’a pu arriver à temps, est à son tour couronnée deux ans plus tard.

La première bande dessinée de l’Histoire

À Bayeux, en Normandie, on peut voir une célèbre broderie dite « tapisserie de la reine Mathilde », du nom de l’épouse de Guillaume. Elle raconte l’histoire de la Conquête sur 70 mètres de long et environ 50 centimètres de haut.

Cette broderie a été commandée à des artisans saxons par l’évêque de Bayeux, Odon de Conteville, demi-frère du duc Guillaume, pour orner le chœur de sa cathédrale. C’est la première bande dessinée connue. Elle constitue un inestimable témoignage sur les mœurs et la mode vestimentaire de l’époque…

Un réformateur hardi

Le nouveau souverain a beaucoup de mal à imposer sa domination sur l’Angleterre, alors peuplée d’environ deux millions d’hommes de toutes origines : Celtes, Anglo-saxons, Danois, Normands… (l’Angleterre en compte aujourd’hui près de 60 millions).

Il commence par construire une puissante forteresse sur les bords de la Tamise pour maintenir ses nouveaux sujets dans l’obéissance : l’actuelle Tour de Londres ! Il impose aussi une loi commune (« Common Law ») à l’ensemble de ses sujets.  Il lance la construction de cinq cents forteresses pour tenir le pays, divise celui-ci en comtés ou « shires » et en confie l’administration à des officiers royaux ou « sheriffs ».

Guillaume ordonne par ailleurs un recensement des terres pour faciliter la collecte des impôts. Ce recensement, le premier du genre, est conservé dans un document célèbre, le « Doomsday Book » (en vieil anglais : le Livre du jugement dernier). Ce registre a été ainsi baptisé parce que l’on considérait qu’il était impossible de dissimuler quoi que ce soit aux enquêteurs… comme ce sera le cas le jour du Jugement dernier !

Les conquérants normands, au nombre d’une dizaine de milliers seulement, se partagent les seigneuries anglaises. Ils éliminent la noblesse issue des précédents envahisseurs, les Angles et les Saxons, et ils introduisent leur langue d’adoption, le français. Unies et protégées par leur insularité, les différentes populations du royaume ne vont pas tarder à fusionner en un seul peuple.

Amère vieillesse

Le roi Guillaume (en anglais William) a une fin de vie difficile… Veuf et privé du soutien de Mathilde, la seule femme qu’il ait jamais aimée, il doit faire face à de multiples séditions, y compris celle de son fils aîné Robert Courteheuse. Celui-ci s’irrite que la couronne d’Angleterre ait été promise à son frère puîné, Guillaume le Roux (ou Guillaume Rufus), le préféré de Guillaume.

Pressé de recueillir la Normandie et le Maine, ses héritages, Robert combat son propre père avec l’opportun concours du capétien Philippe 1er.

C’est ainsi que Guillaume le Conquérant meurt en 1087, suite à une glissade de son cheval, en combattant le roi de France. Il est enterré dans la discrétion à Saint-Étienne de Caen, l’abbaye de son conseiller Lanfranc, un éminent théologien originaire d’Italie devenu après la conquête archevêque de Cantorbéry.

Avec la fin de Guillaume débute une longue hostilité entre la France et l’Angleterre : pendant plus de 700 ans, les deux royaumes ne vont pratiquement jamais cesser de lutter l’un contre l’autre.

Une succession agitée

Guillaume sera, après sa mort, surnommé le Conquérant mais lui-même refusait ce surnom car il se considérait comme l’héritier légitime de la couronne anglaise et non comme un usurpateur ou un conquérant.

Sa descendance directe règne brièvement sur l’Angleterre.

Le roi Guillaume II le Roux, encore célibataire, a du mal à s’imposer face aux barons. Après la mort de Lanfranc, il laisse vacant l’archevêché de Cantorbéry de même que maints autres sièges ecclésiastiques. Cela lui permet de s’en approprier les revenus. Face à la pression du clergé et du pape, il finit par nommer à la tête de l’archevêché un disciple de Lanfranc, l’abbé de Bec-Hallouin, Anselme, un saint homme plus tard canonisé.

Les relations entre l’archevêque et le roi se tendent très vite. Guillaume le Roux est tué le 2 août 1100 d’une flèche au cours d’une chasse, peut-être à l’instigation du troisième fils du Conquérant, Henri Beauclerc. Celui-ci devient roi d’Angleterre au nez et à la barbe de l’aîné, Robert Courteheuse, parti à la croisade.

En 1106, le roi Henri Beauclerc trouve moyen d’enlever aussi à son frère le duché de Normandie. Mais il a le malheur de perdre ses propres fils dans le naufrage de la Blanche Nef, à la Noël 1120. À sa mort, le 1er décembre 1135, il lègue la couronne d’Angleterre à sa fille Mathilde mais la succession est contestée par un cousin de celle-ci, Étienne de Blois. Il s’ensuit quinze ans d’anarchie avant qu’Étienne ne se résigne à désigner comme héritier le fils de Mathilde, Henri II Plantagenêt. Celui-ci ceint la couronne le 19 décembre 1154.

Les îles britanniques : 2000 ans d’Histoire

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Cette série de 9 cartes illustre 2000 ans d’Histoire…

Elle nous mène de la conquête romaine à nos jours en passant par les invasions successives (Angles et Saxons, Danois, Normands) et les péripéties du dernier millénaire : guerres dynastiques, assaut espagnol et révolutions, unification de la Grande-Bretagne, crises irlandaises…

Bibliographie

Pour une approche de cette histoire, je ne saurais trop recommander le livre célèbre d’André Maurois, romancier français très anglophile : Histoire de l’Angleterre. C’est un excellent ouvrage de vulgarisation.

Voir également:

The Battle of Hastings – which marks its 950th anniversary on Friday – still reverberates through literature, film and art

John Dugdale

Bayeux tapestry ( c.1070s)

The tapestry, thought to have been made in England, is history written by the victors but sewed by the vanquished; the Anglo-Saxon seamstresses who made it compelled to embroider the end of the Anglo-Saxon era. Space is made before the battle to outline William’s dubious claim to the English throne, while Norman atrocities in its aftermath are omitted.

King John by William Shakespeare (1594-96)

As the earliest English (non-legendary) history play in terms of setting, King John is chronologically the nearest in time to the Norman invasion, yet it goes unmentioned, leaving a fascinating absence. It is almost as if Shakespeare is repressing the invasion, preferring to show England invading France. He makes no mention of William the Conqueror or the Battle of Hastings, even though the conquest shaped the reigns of the French-descended Angevin, Plantagenet, Lancaster and Yorkist kings he portrayed. But Henry V is pointedly referred to as “conqueror” three times, and in the same play a French courtier denounces “bastard Normans, Norman bastards”. As every schoolchild knows, William was illegitimate.

Ivanhoe by Walter Scott (1819)

Against a backdrop of the late 12th-century power struggle between John and his brother Richard I, Scott’s hit historical novel champions Saxon characters against the Normans, reflecting both the 19th-century’s enthusiasm for Anglo-Saxon culture and Napoleonic-era Francophobia. One of their allies was Robin Hood – Scott pioneered his deployment as anti-Norman insurgent, later copied by Hollywood. This was Tony Blair’s choice of book as Desert Island discs, presumably for the bits about the Crusades.

Sibyl by Benjamin Disraeli (1845)

Famous for its “two nations” speech inspiring one nation Toryism, the novel’s divisions are actually between Norman and Saxon as well as rich and poor (as Labour MP Tristram Hunt has pointed out). The future prime minister updates Scott’s theme of the “Norman yoke” for the Victorian era by portraying the exploiting class as descending from the usurping French aristocracy that still owns the property their ancestors stole from Saxons, whose descendants remain dispossessed.

Hereward the Wake by Charles Kingsley (1866)

The conquest itself is featured in Kingsley’s last work, rather than Anglo-Norman enmity that is said to have continued into the next century, as in Ivanhoe. Hereward leads resistance to the Normans after Hastings until defeated at Ely.

1066 and All That by WC Sellar and RJ Yeatman (1930)

Arguably the best one-off humour book of the 20th century, this brilliant spoof-crib consolidated Hastings’ status as the watershed moment in British history by putting it in the title. Mocking the certainties and priorities of textbook and popular history, it informed its readers that: “The Norman conquest was a good thing, as from this time onwards England stopped being conquered and thus was able to become top nation.”

The Conqueror by Georgette Heyer (1931)

Though best-known for her Regency romances, Heyer ventured into other periods and ambitiously tackled the 11th century in this Normandy-centred portrait of William the Conqueror that culminates with the battle and inevitably features his courtship of Matilda. Jean Plaidy also went where Shakespeare seemingly feared to tread, depicting William in her 1970s Norman trilogy.

Astérix and the Normans by Albert Uderzo and René Goscinny (1966)

Wittily marking the conquest’s 900th anniversary, the comic book series tells the tale of a defeated Norman invasion. The Normans (here portrayed as Vikings, as they originally were) try to conquer France and are seen off by the plucky and ingenious Gauls.

The Bruges speech by Margaret Thatcher (1988)

The foundational moment for the Eurosceptic movement that triumphed 28 years later in the Brexit referendum. Echoing past warriors for sturdy British independence, Thatcher opposed another threatened French invasion by the regulations France’s Jacques Delors said he would impose on EU countries as European commission president. “Our nation was – in that favourite community word – ‘restructured’ under Norman and Angevin rule in the 11th and 12th centuries,” she noted, drily drawing a parallel between the conquest’s fallout and Euro federalists’ homogenising schemes.

The Wake by Paul Kingsnorth (2014)

A Man Booker-shortlisted novel that remakes Hereward the Wake. Its hero is another Anglo-Saxon resistance fighter battling against Norman rule. Unlike Kingsley, Kingsnorth wages his own war against the invaders’ biggest and most lasting bequest: the English language as multicultural mishmash. The vast French vocabulary the Normans introduced – suspected by proponents of a blunter, more Saxon English, including George Orwell and Kingsley Amis, of embodying alien ways of thinking – is banished from the prose of the first-person narrative, and told in a version of Old English.

Voir encore:

Battle of Hastings 950th Anniversary: Why is William the Conqueror and 1066 so important?

TODAY marks the 950th anniversary of the Battle of Hastings, a day that changed the course of English history.

Fri, Oct 14, 2016
The Battle of Hastings is one of the most important events in English history
between William the Conqueror and the Anglo-Saxon King Harold II, which took place on October 14 1066.Thousands of people are expected to travel to Hastings in East Sussex with a weekend of events taking place around Battle Abbey, which is built on the site of the clash.The Royal Mint has commissioned a special 50p coin to commemorate the anniversary, set to go into circulation in the coming weeks.
What happened at the Battle of Hastings?William, Duke of Normandy, first landed on the Sussex on 28 September. He was a friend and cousin of King Edward, who had died in January.The Duke claimed that Edward had named his as his successor before his death, and so travelled to England with around 7,000 soldiers to reclaim the throne from Harold.Upon landing the Normans made their way to Hastings, erecting castles to strengthen their base and pillaging the surrounding areas.
Battle Abbey was built on the site of the clash
On October 14, William’s forces rode out to meet Harold’s army at Senlac Hill.The Norman army was much more experienced and was made up of infantry, cavalry and archers. The English army was made of just infantry and was recovering from the Battle of Stamford Bridge.The battle lasted all day and ended with Harold’s death,
William was crowned King of England and became known as William the Conqueror.Soon after the battle the Bayeux Tapestry was commissioned, which has become an important historical artefact.The 70m long piece of embroidered cloth tells the story of the invasion and is considered the final and best-known piece of Anglo-Saxon art.
Why is the Battle of Hastings so important?The Battle marked the end of the Anglo-Saxon period and ushered in Norman rule over England.The new King bought England closer to France and Europe and changed the course of our nation.Roy Porte of English Heritage described it as a “cataclysmic” event in our history.He told the BBC: « It changed English society, changed the way in which English politics worked, changes in architecture, the introduction of castles, the language we speak today is a result of 1066, that mixture of old English and French.”

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