RIO 2016: L’athlétisme va-t-il rejoindre les sports pharmacologiques ? (There’s more than the stride, stupid ! – The wierd science behind Usain Bolt’s speed)

crouch1887-Bobby-McDonald-kangoroo-start-Aborigines-in-Sport-Tatz-1987-p12boltBolt-ischio cupping_treatment cupping-therapy2On ne peut pas réécrire les livres d’histoire. Lamine Diack (ancien président de la Fédération Internationale des Associations d’Athlétisme)
Sacré dimanche lors du relais 4×100 mètres masculin, le nageur américain Michael Phelps a depuis remporté la médaille d’or du 200 mètres papillon mardi 9 août. Puis, quelques dizaines de minutes plus tard, c’est avec l’équipe américaine que le champion olympique a remporté l’or du relais 4×200 mètres nage libre. Celui qui a désormais 21 titres olympiques et quelque 25 médailles à son compteur, tous métaux confondus, semble désormais inarrêtable. Mais quel est son secret ? Il se pourrait bien que la recette de son succès réside dans un autre mystère : celui de ces énormes tâches, le long de son épaule notamment. À quoi peuvent-elles bien correspondre ? Elles sont tout simplement les marques laissées par la « cupping therapy », en français, la médecine dite des ventouses. Cette médecine n’est autre qu’un mélange de kinésithérapie, d’ostéopathie et de médecine chinoise dont le but est d’éliminer les toxines. Les ventouses, généralement en verre, sont chauffées puis appliquées sur le corps dans des zones stratégiques. Une fois refroidies, elles exercent ainsi une pression sur des points précis. Le tout élimine donc les toxines, mais améliore également la circulation du sang et supprime le stress et autres tensions rendant alors le sportif plus performant. L’internaute
Bolt isn’t kicking into another gear and running away from the field. Instead, he’s slowing down at a slower rate than anyone else. … Bolt is significantly taller than the competition, and his ability to take quick steps, known as stride frequency, is about as good as anyone else’s. He can cover more ground with fewer steps, allowing him to complete 100 meters with just 41 strides, while his opponents average about 45. If the muscles are becoming less powerful with each step, then by taking fewer steps, Bolt’s muscles are becoming less fatigued. That would explain why in the final 20 meters he essentially is slowing down slower than everyone else. So, take fewer steps and you can beat Bolt, right? Well, no. Sprinting effectively means finding the right balance between stride length and stride frequency. Long strides that stretch too far beyond a sprinter’s center of gravity act like a jab to the chin. Each too-long stride breaksforward momentum. However, strides that are too short don’t cover enough ground, and human legs can only turn over so quickly… The WSJ
Bolt invente le triple triplé (…) Et de trois qui font neuf. En l’emportant en finale du relais 4x100m (37 »27), les Jamaïcains (Asafa Powell, Yohan Blake, Nick Ashmeade et Usain Bolt) ont donné à Bolt son troisième titre olympique à Rio, et sa neuvième médaille d’or en trois olympiades (3 sur 100m, 3 sur 200m et 3 sur le relais 4x100m). Les Japonais, à la faveur d’un nouveau record d’Asie (37 »60), finissent surprenants deuxièmes, les Etats-Unis ont terminé troisièmes (37 »62) avant d’être disqualifiés pour mauvais passage de témoin, offrant le bronze au Canada. Usain Bolt n’aura donc perdu dans toute sa carrière qu’une seule des courses olympiques auxquelles il aura participé, à 17 ans en série du 200m des Jeux d’Athènes (2004). Les sprinters américains verront partir Bolt à la retraite avec plaisir. Depuis l’avènement de la star jamaïcaine à Pékin en 2008, et jusqu’à la victoire du relais jamaïcain hier sur 4x100m, les Américains n’ont plus gagné un seul titre olympique ou mondial en sprint. Que ce soit sur 100m, 200m ou le relais 4x100m, la Jamaïque a tout raflé. Sur 100m et 200m, Usain Bolt a quasiment tout emporté (6 titres olympiques, 5 titres aux championnats du monde). Sa seule fausse note date de la finale du 100m aux Mondiaux de 2011, où il avait été disqualifié pour un faux départ. Mais la victoire était revenue à son compatriote Yoann Blake. En relais 4×100, la Jamaïque s’est imposé à chaque échéance mondiale, en 2009, 2011, 2013 et 2015 aux mondiaux. En 2008, 2012 et donc 2016 aux JO. Libération
In 1887 at the Carrington Ground in Sydney, the Aboriginal sprinter Bobby McDonald from Cummeragunga Mission surprised everybody by starting from the crouch position, also known as the kangaroo or the Australian start. McDonald later described this in a letter to the Referee sporting journal in July 1913 as a position he had developed in at least 1884, because it was more efficient and also to ward off the cold when he was waiting on the track. This position was first seen in America at Long Island New York when it was demonstrated by C H Sherrill of Yale in 1888. Australia.gov
In 1887 Bobby McDonald, a talented young indigenous runner from Cummeragunga Mission in northern Victoria, became the first person to officially begin a running race using a crouch-start. He later explained that he’d been using position for a while. He talked of discovering its advantage by accident when a starter began a race while he was crouched down to avoid the cold wind while waiting at the start line. This start position was adopted by many competitive runners and is still used today, although the competitive advantage of starting from this position is debated. Australian geographic
Another aboriginal athlete highlighted is Bobby McDonald, who is said to have invented the 100-metre crouch in 1887, when he was cold before a race start. « Many believed it was modelled on the stance of the kangaroo, » writes Mr. Weller. The Globe and Mail
Qui, à rebours de l’évolution de l’espèce humaine, a un jour osé se mettre à quatre pattes au lieu de se redresser afin de mieux s’élancer ? Quel est le Fosbury du sprint, à l’instar de l’américain qui se mit dos à la barre pour remporter le concours du saut en hauteur aux Jeux de Mexico en 1968 ? De même que Dick Fosbury est resté dans la postérité pour son « flop », Thomas Burke, le champion des Jeux rénovés de 1896 est souvent associé au départ accroupi, alors qu’en fait, aucun des deux n’est l’inventeur de ces techniques. L’histoire du « crouch start » se perd entre les chroniques anglophones du XIXè siècle et les revendications d’invention, parfois sincères, de coachs ou d’athlètes. Le plus ancien document photographique attestant de cette pratique date du 12 mai 1888. Il montre quatre concurrents alignés lors d’un meeting amateur à Cedarhurst (New York). Charles Hitchcock Sherrill, longiligne athlète d’1 m 82 pour 59 kg, est le seul à ne pas partir debout et gagne, coïncidence ou pas, le 100 yards en 10 sec ½. Cet étudiant de Yale à l’éphémère parcours athlétique fera carrière en politique en tant qu’ambassadeur, avec une certaine fascination pour les dictateurs européens… Parmi les plus crédibles auto-attributions de découverte, il y a celle de Bobby McDonald. En 1887 au Carrington Ground à Sydney, le sprinteur aborigène fait sensation en partant les mains au sol… et l’emporte. Son auteur expliquera quelques années plus tard qu’il avait adopté ce « départ kangourou » dès 1884 après avoir observé l’animal. Le fléchissement des jambes induit une sorte de bondissement avant de se mettre en course. La technique a mis quelques années avant de se répandre, le temps que les athlètes perdent l’habitude d’utiliser à l’envi toutes les variantes possibles de départ : debout, fléchi, une main au sol, bras ouverts ou serrés… Jusqu’alors, la plupart des courses étaient des duels, fortement récompensés par des parieurs. Le départ était le plus souvent donné par consentement mutuel, qui était répété jusqu’à ce que les deux professionnels s’élancent enfin simultanément. Le nombre de faux-départ, parfois vingt à la suite, bien que permettant de faire durer le spectacle, était une épreuve pour les nerfs autant pour les concurrents que pour le public… Le show proposait parfois des courses à handicap, déjà en vogue au XVIIIe siècle, attribuant une avance de plusieurs mètres au moins côté, ou encore, à partir des années 1840, en pénalisant le favori par une position désavantageuse. Parmi elles : le départ accroupi ! La rumeur de son efficacité tient paradoxalement à des victoires inattendues, et certainement à un effet de mode suscité par les victoires telles que celles de Sherrill aux USA ou McDonald en Australie. L’avènement du sport universitaire et amateur déplace les compétitions des voies publiques vers les stades et va accélérer le processus d’adoption du départ accroupi. Les diverses positions des concurrents, de plus en plus nombreux, brouille en effet la lisibilité du départ. Les juges veillant à l’équité de la compétition plébiscitent cette méthode, où l’athlète peut rester stable et immobile en attendant le signal. Selon le décompte de l’entraîneur de Harvard J.G. Lathrop, sur 150 départs, aucun ne fut anticipé durant hiver 1891-92, et seulement un l’année suivante. Pierre-Jean Vazel
Avec un taux de 18 % de blessés, les athlètes sont souvent victimes de lésions musculaire et tendineuses. 61 % des problèmes surviennent à l’entraînement, une statistique qui devrait inciter à revoir les pratiques de préparation à l’effort. Le fait que les champions olympiques en titre (Usain Bolt, Shelly-Ann Fraser, Aries Merritt et Sally Pearson) des courses les plus courtes du programme (100 m, 100 m haies et 110 m haies), ainsi que les champions du monde en titre du 100 m (Yohan Blake et Carmelita Jeter) soient actuellement tous blessés aux ischio-jambiers et indisponibles pour la compétition montre bien la spécificité d’un sport où l’entraînement et la fréquence des compétitions poussent les organismes à leur extrême limite. Tous sports confondus, le maillon faible des sportifs semble d’ailleurs être la cuisse. Le rapport de 2008 montrait que 147 des 1108 blessures comptabilisées à Pékin se produisaient sur cette partie du corps, le plus souvent par des contractions ou ruptures musculaires. Suivie de près par le genou (12 %) et la tête (9 %). Pierre-Jean Vazel
Tyson Gay (…) explique ses blessures chroniques par le fait qu’il « court trop vite pour (son) corps ». C’est peut-être aussi le cas d’Usain Bolt, pour son anatomie hors norme : une taille d’1,96 m avec une scoliose (colonne vertébrale déformée dans les trois plans de l’espace) et une jambe droite plus courte d’1,5 cm que la gauche. Quand il court à près de 45 km/h, le Jamaïcain doit supporter lors de chaque appui une force verticale au sol équivalente à 4,5 fois le poids de son corps, d’après des mesures effectuées en Slovénie en 2011. Lors de son record du monde à Berlin en 2009, sa jambe droite produisait des foulées environ 20 cm plus petites que sa jambe gauche, ce qui a été confirmé en conditions expérimentales lors de tests réalisés en Grande-Bretagne avant les Jeux Olympiques (2 m 59 pour la jambe droite contre 2 m 79 pour la gauche). Ces asymétries ne sont pas évidentes lorsqu’on voit les foulées apparemment harmonieuses de l’homme le plus rapide du monde, pourtant, elles ont martyrisé ses ischios du côté gauche – le plus sollicité – depuis le début de sa carrière. D’avril à juillet 2004, le jeune Bolt, alors âgé de 17 ans, ne parvient pas à guérir cette cuisse qui l’empêche de participer aux Championnats du Monde Juniors. Il est alors envoyé à Munich dans la clinique du Dr Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt. Le médecin de l’équipe allemande de football, et particulièrement du Bayern Munich, était déjà réputé à l’époque pour avoir soigné les trois derniers champions olympique du 100m, Linford Christie, Donovan Bailey et Maurice Greene. Lors du Mondial 2006 en Allemagne, une polémique avait éclaté au sein de l’équipe de France quand Bixente Lizarazu, alors au Bayern Munich, avait conseillé à Patrick Vieira, blessé, de consulter le docteur Müller-Wohlfahrt pour se faire injecter de l’Actovegin. Le médecin des Bleus s’y était alors opposé. Car si l’Actovegin, une substance à base de sang de veau, ne figure pas sur la liste des produits interdits de l’Agence mondiale antidopage, sa vente est interdite en France et aux Etats-Unis, notamment. En 2000, l’Actovegin avait été au coeur de l’enquête judiciaire qui avait visé l’US Postal de Lance Armstrong après le Tour de France. Au moins, de ce côté de Munich, les meilleurs sprinteurs de la planète sont depuis longtemps sur un pied d’égalité puisque les convalescents Powell, Blake, Jeter et Gay sont aussi des clients réguliers du guérisseur controversé. (…) Müller-Wohlfahrt a observé empiriquement que la colonne vertébrale est impliquée dans 90 % des cas de problèmes musculaire, et on voit bien que la scoliose de l’homme le plus rapide du monde a fait l’objet de toutes les attentions. Comme il n’est pas possible de changer la forme de sa colonne, Bolt doit vivre et s’entrainer avec. Depuis deux olympiades, il s’astreint donc à des exercices spécifiques trois fois par semaine, il est suivi en permanence par un masseur et doit se rendre en moyenne trois fais par an à la clinique. Pierre-Jean Vazel

Après la natation qui avait failli rejoindre les sports mécaniques …

Au lendemain du triple triplé historique du sprinter jamaïcain Usain Bolt …

En une compétition qui nous a aussi fait découvrir outre des équipes mystérieusement qualifiées malgré les preuves massives de dopage d’Etat …

Des extraterrestres aux 31 ans et 25 médailles tout aussi mystérieusement tuméfiés pour cause de traitement à base de ventouses censées éliminer toxines, stress et autres tensions …

Retour sur cette étrange discipline où, « à rebours de l’évolution de l’espèce humaine », on « se met à quatre pattes au lieu de se redresser afin de mieux s’élancer » …

Où l’on est contraint à la redistribution des médailles et à la réécriture régulières de l’histoire ….

Et où quand ils n’ont pas purgé dix ans de suspension pour dopage, ses meilleurs champions « courent trop vite pour leur corps » …

Et ne peuvent en fait survivre qu’à coup de doses massives et régulières d’anesthésiants, acides aminés et anti-inflammatoires dans le dos pour « bloquer les fonctions nerveuses et améliorer le métabolisme » …

Pourquoi les sprinteurs partent accroupis ?
Pierre-Jean Vazel
Vazel blog
14 août 2016

Ils sont huit à s’agenouiller aux ordres du starter, prêts à bondir derrière la ligne de départ du 100 m olympique. Mais pourquoi ?

Départ kangourou

Qui, à rebours de l’évolution de l’espèce humaine, a un jour osé se mettre à quatre pattes au lieu de se redresser afin de mieux s’élancer ? Quel est le Fosbury du sprint, à l’instar de l’américain qui se mit dos à la barre pour remporter le concours du saut en hauteur aux Jeux de Mexico en 1968 ? De même que Dick Fosbury est resté dans la postérité pour son « flop », Thomas Burke, le champion des Jeux rénovés de 1896 est souvent associé au départ accroupi, alors qu’en fait, aucun des deux n’est l’inventeur de ces techniques.

L’histoire du « crouch start » se perd entre les chroniques anglophones du XIXè siècle et les revendications d’invention, parfois sincères, de coachs ou d’athlètes. Le plus ancien document photographique attestant de cette pratique date du 12 mai 1888. Il montre quatre concurrents alignés lors d’un meeting amateur à Cedarhurst (New York). Charles Hitchcock Sherrill, longiligne athlète d’1 m 82 pour 59 kg, est le seul à ne pas partir debout et gagne, coïncidence ou pas, le 100 yards en 10 sec ½. Cet étudiant de Yale à l’éphémère parcours athlétique fera carrière en politique en tant qu’ambassadeur, avec une certaine fascination pour les dictateurs européens…

Parmi les plus crédibles auto-attributions de découverte, il y a celle de Bobby McDonald. En 1887 au Carrington Ground à Sydney, le sprinteur aborigène fait sensation en partant les mains au sol… et l’emporte. Son auteur expliquera quelques années plus tard qu’il avait adopté ce « départ kangourou » dès 1884 après avoir observé l’animal. Le fléchissement des jambes induit une sorte de bondissement avant de se mettre en course.

Handicap

La technique a mis quelques années avant de se répandre, le temps que les athlètes perdent l’habitude d’utiliser à l’envi toutes les variantes possibles de départ : debout, fléchi, une main au sol, bras ouverts ou serrés… Jusqu’alors, la plupart des courses étaient des duels, fortement récompensés par des parieurs. Le départ était le plus souvent donné par consentement mutuel, qui était répété jusqu’à ce que les deux professionnels s’élancent enfin simultanément. Le nombre de faux-départ, parfois vingt à la suite, bien que permettant de faire durer le spectacle, était une épreuve pour les nerfs autant pour les concurrents que pour le public… Le show proposait parfois des courses à handicap, déjà en vogue au XVIIIe siècle, attribuant une avance de plusieurs mètres au moins côté, ou encore, à partir des années 1840, en pénalisant le favori par une position désavantageuse. Parmi elles : le départ accroupi ! La rumeur de son efficacité tient paradoxalement à des victoires inattendues, et certainement à un effet de mode suscité par les victoires telles que celles de Sherrill aux USA ou McDonald en Australie.

L’avènement du sport universitaire et amateur déplace les compétitions des voies publiques vers les stades et va accélérer le processus d’adoption du départ accroupi. Les diverses positions des concurrents, de plus en plus nombreux, brouille en effet la lisibilité du départ. Les juges veillant à l’équité de la compétition plébiscitent cette méthode, où l’athlète peut rester stable et immobile en attendant le signal. Selon le décompte de l’entraîneur de Harvard J.G. Lathrop, sur 150 départs, aucun ne fut anticipé durant hiver 1891-92, et seulement un l’année suivante.

Très bien, mais les sprinteurs partent-ils plus vite pour autant ? Même au sein de l’Université de Harvard, où la technique du crouch start est enseignée avec des consignes précises d’écart de pied et de répartitions de masses sur les appuis, la réponse n’est pas évidente: au début des années 1890, Edward Bloss, détenteur du record mondial du triple saut (14 m 78), possède aussi les meilleures références connues de l’époque sur 15, 20, 30, 40, 50 et 75 yards en salle grâce à son départ debout et certainement à son gabarit explosif (1 m 63 pour 62 kg).

Départs à bloc

Cette incertitude quant à l’efficacité de la station basse a-t-elle changé avec les starting-blocks ? Contrairement à l’idée reçue, il n’ont jamais fait l’unanimité : malgré le gain de 0 s 034 vendu par George Bresnahan, l’inventeur du « support de pied » dont il a déposé le brevet en 1927, de prestigieux sprinteurs s’en sont longtemps passé, malgré l’autorisation un peu tardive de l’appareil par la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) en 1937. Le record du monde du 100 yards de Georges Simpson en 1932 (de Ohio State, comme Jesse Owens) avait bien donné quelques idées au champion américain de l’époque Frank Wykoff, mais des essais infructueux l’ont reconduits à ses habitudes.

Le Britannique Allan Wells adepte du départ sans blocs, a dû s’y adapter pour remporter le titre olympique en 1980, forcé par un tout nouveau règlement de l’IAAF imposant dans chaque couloir un appareil de détection de faux-départ niché dans les starts. Est-ce un hasard si en passant de 10 s 15 en 1978 à 10 s 11 en ¼ de finale des JO, il s’est amélioré de la marge prévue par Bresnahan ?

Le départ accroupi a aussi connu une déclinaison, le trépied, osé par Valeri Borzov en 1974 lors des championnats d’Europe en salle et en plein air. Technique issue de tests secrets réalisés en URSS ? Blessure à la main ? Le champion olympique avait laissé malicieusement planer le doute sur ses réelles motivations face aux questions des curieux. En 2012, il m’a finalement expliqué avoir expérimenté toutes sortes de figures durant sa carrière, y compris le trépied, rapidement interdit par l’IAAF pour obliger de poser les deux mains au sol, mais rien ne lui avait permis de mieux jaillir et accélérer que le traditionnel « crouch start ».

À Rio, tous les concurrents du 100 m seront égaux sous les ordres du starter. Mais l’œil aiguisé décèlera quelques subtiles variantes : bassin plus ou moins élevé, espacement des bras et des jambes, orteils calés à l’extrémité haute des blocs, mains posées légèrement en décalage pour synchroniser leur premier mouvement avec celui des jambes… La médaille d’or se joue peut-être dans ces détails, avant même le coup de feu du starter !

Voir aussi:

Docteur Müller, plus fort que la douleur des sprinteurs
Pierre-Jean Vazel
Vazel blog
02 mai 2013

Les meilleurs sprinteurs mondiaux rendent régulièrement visite à Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt, le médecin des footballeurs du Bayern Munich, aux méthodes non conventionnelles. La plupart viennent consulter le « Docteur Müller » pour des douleurs aux ischio-jambiers. C’est le cas d’Usain Bolt, qui a annoncé ce mardi son forfait pour le 200 m du meeting de Kingston en raison d’une « légère contracture ». Éclairage sur le traitement atypique de la blessure typique des sprinteurs par l’homéopathe bavarois.

Trop vite pour leurs corps

Lors des Jeux Olympiques de Londres l’an passé, tous sports confondus, six blessures musculaires sur dix étaient localisées sur les cuisses. Chez les spécialistes du sprint, le maillon faible des chaines musculaires est la partie postérieure de la cuisse, où s’insèrent les ischio-jambiers. Leur fonction est de fléchir le genou, et en course de vitesse, ils contribuent, avec les fessiers notamment, à étendre la hanche. Alors que la saison d’athlétisme ne fait que commencer, Usain Bolt est la dernière victime en date de l’épidémie de blessures aux ischios qui perturbe les rentrées des stars du sprint. Le 30 mars, Asafa Powell, l’ancien détenteur du record du monde du 100 m, déclarait forfait pour la finale d’une compétition en Australie après avoir ressenti une gêne aux ischios gauches lors des séries. Puis ce fut au tour des champions du monde en titre du 100 m : Yohan Blake le 13 avril à Kingston, fauché en pleine course par ses ischios droits, et Carmelita Jeter sept jours plus tard à Walnut, forcée de ralentir alors qu’elle était sur la voie d’une meilleure performance mondiale de l’année.

Tyson Gay, lui, touche du bois. Épargné cette saison alors que son bilan médical est aussi long que son palmarès, il explique ses blessures chroniques par le fait qu’il « court trop vite pour (son) corps ». C’est peut-être aussi le cas d’Usain Bolt, pour son anatomie hors norme : une taille d’1,96 m avec une scoliose (colonne vertébrale déformée dans les trois plans de l’espace) et une jambe droite plus courte d’1,5 cm que la gauche. Quand il court à près de 45 km/h, le Jamaïcain doit supporter lors de chaque appui une force verticale au sol équivalente à 4,5 fois le poids de son corps, d’après des mesures effectuées en Slovénie en 2011. Lors de son record du monde à Berlin en 2009, sa jambe droite produisait des foulées environ 20 cm plus petites que sa jambe gauche, ce qui a été confirmé en conditions expérimentales lors de tests réalisés en Grande-Bretagne avant les Jeux Olympiques (2 m 59 pour la jambe droite contre 2 m 79 pour la gauche). Ces asymétries ne sont pas évidentes lorsqu’on voit les foulées apparemment harmonieuses de l’homme le plus rapide du monde, pourtant, elles ont martyrisé ses ischios du côté gauche – le plus sollicité – depuis le début de sa carrière.

D’avril à juillet 2004, le jeune Bolt, alors âgé de 17 ans, ne parvient pas à guérir cette cuisse qui l’empêche de participer aux Championnats du Monde Juniors. Il est alors envoyé à Munich dans la clinique du Dr Hans-Wilhelm Müller-Wohlfahrt. Le médecin de l’équipe allemande de football, et particulièrement du Bayern Munich, était déjà réputé à l’époque pour avoir soigné les trois derniers champions olympique du 100m, Linford Christie, Donovan Bailey et Maurice Greene.

Lors du Mondial 2006 en Allemagne, une polémique avait éclaté au sein de l’équipe de France quand Bixente Lizarazu, alors au Bayern Munich, avait conseillé à Patrick Vieira, blessé, de consulter le docteur Müller-Wohlfahrt pour se faire injecter de l’Actovegin. Le médecin des Bleus s’y était alors opposé. Car si l’Actovegin, une substance à base de sang de veau, ne figure pas sur la liste des produits interdits de l’Agence mondiale antidopage, sa vente est interdite en France et aux Etats-Unis, notamment. En 2000, l’Actovegin avait été au coeur de l’enquête judiciaire qui avait visé l’US Postal de Lance Armstrong après le Tour de France.

Au moins, de ce côté de Munich, les meilleurs sprinteurs de la planète sont depuis longtemps sur un pied d’égalité puisque les convalescents Powell, Blake, Jeter et Gay sont aussi des clients réguliers du guérisseur controversé. Tous sont sans doute repartis avec la liste d’exercices de renforcement musculaire que m’avait donné le docteur pour le champion de France Ronald Pognon, lors de notre première visite chez lui en 2007 sur les conseils de footballeurs. Il m’avait aussi remis un rapport de trente-cinq pages intitulé « diagnostic et traitement des contractures et ruptures de fibres musculaires chez les athlètes de haut niveau ». Un document intéressant puisqu’il n’a jamais été publié et qu’il donne un éclairage sur la blessure chronique dont Usain Bolt, en raison de sa scoliose, ne parviendra jamais à se débarrasser.

Les secrets du médecin du Bayern Munich

Dans son communiqué, Bolt fait état d’une « légère contracture (slight strain) » de « grade 1 », d’après le diagnostic effectué sur son lieu d’entrainement. Ce n’est pas exactement la terminologie utilisée par Müller-Wohlfahrt. Pas question non plus d’élongation, de claquage ou de déchirure. Pour lui, la distinction des blessures « ne peut pas se baser sur leur sévérité et leur grade ». La différence n’est donc pas quantitative mais qualitative et il ne voit que deux natures : les « contractures » et les « ruptures de fibres ». Une contracture est caractérisée par une détérioration neuromusculaire plutôt qu’une perturbation des fibres musculaires, elle altère la fonction de l’organe mais laisse l’anatomie intacte. « Chez les footballers, les contractures arrivent en général en première mi-temps ou dès les premières minutes, tandis que les ruptures interviennent en fin de match. » Müller-Wohlfahrt a observé empiriquement que la colonne vertébrale est impliquée dans 90 % des cas de problèmes musculaire, et on voit bien que la scoliose de l’homme le plus rapide du monde a fait l’objet de toutes les attentions. Comme il n’est pas possible de changer la forme de sa colonne, Bolt doit vivre et s’entrainer avec. Depuis deux olympiades, il s’astreint donc à des exercices spécifiques trois fois par semaine, il est suivi en permanence par un masseur et doit se rendre en moyenne trois fais par an à la clinique.

L’originalité de cette méthode repose moins sur le diagnostic que sur le traitement. Faire en sorte de réduire l’hypertonicité musculaire causée par des mauvais alignements du squelette, des amplitudes articulaires réduites, des rigidités causées par la fatigue et le stress émotionnel. Vous souffrez des ischios ? Pas de repos, le docteur vous met au boulot. Il passe une éponge glacée, masse, étire, puis vous allonge sur le ventre.  Les yeux fermés pour mieux palper l’épiderme du dos, il plante d’une main ferme et sûre six, sept, huit seringues, longues comme des couteaux de cuisine, de part et d’autre de la colonne. Les produits injectés, Meaverin, Actovegin et Traumeel (anesthésiants, acides aminés et anti-inflammatoires), sont censés bloquer les fonctions nerveuses et améliorer le métabolisme. La pharmacopée munichoise est en principe homéopathique, naturelle et non synthétique. Et dès le premier jour, il faut s’entrainer. Jogging ou vélo, « la course fait partie des modalités du traitement » pour stimuler l’organisme. Le lendemain et le surlendemain, deux entrainements d’endurance de 20 min et de nouvelles infiltrations, dans un protocole qui inclut kinésithérapie, électrothérapie et thermothérapie. Au 4ème jour, l’entrainement peut reprendre là où l’athlète l’avait laissé. En cas de rupture de fibres, le délai est de dix à quatorze jours minimum, si le patient est immédiatement pris en charge. Sinon, « chaque minute perdue dans les dix premières minutes suivant la blessure peut-être un jour de perdu ».

La contracture ayant eu lieu le week-end dernier, Bolt peut en théorie s’aligner sur le 100m du meeting des îles Caïman le 8 mai. La douleur, réveillée à la fin des championnats jamaïquains en juillet dernier, s’était tue jusqu’à ce printemps, et le dernier détour par Munich début avril n’a manifestement pas été suffisant. On pourrait donc ne pas revoir les foulées asymétriques de « la Foudre » avant le 6 Juin lors du meeting Rome. Il lui reste encore suffisamment de temps – 100 jours exactement – pour préparer les Mondiaux de Moscou (du 10 au 18 août) où il remerciera peut-être encore publiquement le Docteur Müller, comme il l’avait fait à Londres après ses trois titres olympiques.

Voir également:

La qualification de Bolt à Rio, quels scénarios ?

Pierre-Jean Vazel

02 juillet 2016

Un ischio (encore) récalcitrant lors des sélections jamaïcaines a contraint la nuit dernière Usain Bolt, champion olympique des 100 m, 200 m et relais 4×100 m en 2008 et 2012, au forfait pour la finale du 100 m, ainsi que pour l’épreuve du 200 m à Kingston. En théorie, seuls les 3 premiers sont qualifiés pour les Jeux, remplissant le quota autorisé de 3 athlètes par discipline et par pays. Et contrairement aux championnats du monde, les tenants du titre ne sont pas invités aux JO. Alors, depuis, la question agite les réseaux sociaux : Rio ne verrait donc pas la star du sprint tenter de tripler son triplé ?

Selon les règles jamaïcaines…

En pratique, des subtilités réglementaires permettent en fait au sprinteur, nonobstant l’évolution de sa blessure, d’être sélectionné dans les épreuves individuelles, sous certaines conditions. Tout d’abord, les modalités de sélections de l’Association administrative d’athlétisme jamaïcaine (JAAA) prévoient de sauver une star en difficulté : « Les athlètes classés/listés dans le top 3 mondial de leur épreuve qui sont malades ou blessés au moment des Championnats Nationaux et bénéficient d’une dispense de concourir aux championnats peuvent encore être sélectionnables, pourvu qu’ils soient capables de prouver l’état de forme de leur classement mondial avant la soumission finale des inscriptions pour la compétition. »

Bolt répond à ces critères sur 100 m puisqu’avec ses 9 s 88, il possède le 2e chrono de l’année derrière le Français Jimmy Vicaut (9 s 86). Par contre, il n’a pas encore couru de 200 m en 2016. Mais étant donné que les performances qualificatives pour Rio, selon le système fixé par la Fédération Internationale des Associations d’Athlétisme (IAAF), doivent être réalisées entre le 1er mai 2015 et le 11 juillet 2016, on peut imaginer que la JAAA inclura la notion de classement mondial dans cette période. Cette interprétation permettrait à Bolt d’être sélectionnable sur la base de sa victoire en août dernier lors des championnats du monde en 19 s 55, meilleur chrono de 2015.

Pour autant, Bolt n’est pas tiré d’affaire. Si sa sélection dans l’équipe du relais 4×100 m jamaïcain, invaincu en grands championnats depuis sa 2e place aux mondiaux de 2007 ne fait de doute pour personne, il reste que les athlètes qui constitueront les podiums des 100 m et des 200 m à Kingston prétendront légitimement à une sélection pour Rio en individuel. Et, second problème, Bolt ne pourra pas « prouver l’état de forme de son classement mondial » avant que sa cuisse ne guérisse et sa prochaine compétition à Londres prévue le 22 juillet, après la clôture des inscriptions olympiques fixée le 18 juillet. Quels scénarios s’offrent à Bolt pour que la JAAA inscrive sa star à Rio sans éliminer les médaillés de ses championnats nationaux ?

Selon les règles internationales…

Carole Fuchs, Administratrice aux Inscriptions Sportives lors des Jeux de Londres 2012, spécialiste d’athlétisme et rompue aux méandres des règlements, va nous aider à y voir plus clair en décrivant trois possibilités. Le texte qui suit est ce qu’elle nous écrit au sujet du cas de Bolt, d’après les procédures usuelles d’accréditation des athlètes :

Pour les championnats du monde il est possible d’engager 4 athlètes et de décider à la dernière minute quels sont les 3 engagés définitifs. Aux Jeux Olympiques, ça ne marche pas tout à fait de la même manière car le CIO ne peut pas se permettre d’accréditer des athlètes en catégorie AA (athlètes participants) si en fin de compte ils ne participent pas (question de la maîtrise du nombre final d’athlètes qui est un problème sensible pour la gestion des Jeux). En même temps, il y a un délai d’environ 4 semaines entre la clôture des inscriptions et le début des épreuves, donc plein de choses peuvent se passer dans cette période… En 2012, il y a eu presque 80 athlètes qui ont été engagés à la date limite des inscriptions des JO et qui n’ont finalement pas pris part à la compétition principalement pour blessure et dopage. Par conséquent, il y existe 3 manières de gérer les réserves :

N’ inscrire que 3 athlètes et le 4e n’a pas d’accréditation. Le remplacement se fait par la procédure du « remplacement tardif des athlètes«  en fournissant documents médicaux ou justificatifs, le remplacement doit être validé par le CIO et l’IAAF. Dernier délai: la réunion technique. L’athlète retiré perd son accréditation et son droit de concourir dans d’autres épreuves.
En inscrire 3 et inscrire la réserve pour « Athlètes remplaçants avec une accréditation P ». C’est une accréditation réduite qui permet d’accéder aux stades d’entraînement mais pas de dormir au village par exemple. L’athlète n’est pas dans le quota de la délégation. Tous les frais sont à la charge du comité olympique national. Là encore, le remplacement se fait par la procédure du « remplacement tardif des athlètes » en fournissant documents médicaux ou justificatifs, le remplacement doit être validé par le CIO et l’IAAF. Dernier délai: 24 heures avant la confirmation finale des participants pour l’épreuve. L’athlète retiré perd son accréditation et son droit de concourir dans d’autres épreuves.
Une réserve participant dans une autre épreuve. L’athlète a déjà une accréditation AA du fait qu’il participe dans une épreuve. Il peut être inscrit comme réserve dans une autre. Dans ce cas, du fait qu’il n’y a pas de changement d’accréditation à faire, la décision des 3 participants peut se faire au moment de la confirmation finale des participants pour l’épreuve, sans avoir à passer par le processus de « remplacement tardif des athlètes » .
Pour Bolt, on se retrouverait dans le cas 3, car à moins d’une blessure qui mette un terme à sa saison, il aura au minimum une inscription au 4×100 m. Donc la Jamaïque peut décider ce qu’elle veut à la dernière minute pour le 100 m et le 200 m. Le reste, c’est finalement une question de communication publique.

Voir encore:

Dopage : les records d’Europe d’athlétisme bientôt revus et corrigés
Pierre-Jean Vazel
19 mai 2016

Dans le sillage des derniers scandales de dopage, l’Association européenne d’athlétisme a pris une décision inédite : évaluer la crédibilité de chacun de ses records. Svein Arne Hansen, élu l’an dernier à la présidence de la fédération continentale, avait réagit mercredi à l’annonce des 31 nouveaux cas positifs des JO de Pékin 2008 par un message sur twitter:

A statement from our @SvenPres on @iocmedia & @Olympics findings following retesting of Beijing 2008 samples. pic.twitter.com/C0Mm5GhqtT

— European Athletics (@EuroAthletics) 17 mai 2016
« Suite aux résultats du CIO d’après les retests des échantillons des JO de Pékin 2008, je veux réaffirmer ma position qu’il n’est jamais trop tard pour corriger les erreurs du passé et de s’assurer que les athlètes propres soient légitimement récompensés ». Pour se faire, le président de l’AEA précise qu’il « supporte pleinement le retrait de tous les tricheurs des livres d’histoire, peu importe combien de temps après les dates originales des compétitions ».

Groupe de travail à l’étude

L’entraîneur américain Dan Pfaff (coach de champions olympiques et du monde dont le sprinteur Donovan Bailey et du sauteur en longueur Greg Rutherford) a alors interpelé Hansen sur l’acceptation des records établis par les Allemands de l’Est « faciles à corriger ». De nombreux documents et témoignages attestent l’existence d’un programme de dopage en RDA appelé plan d’État 14.25, l’administration de stéroïdes anabolisants à près de 10 000 sportifs – menée clandestinement pendant un quart de siècle jusqu’en 1989. Hansen a répondu que le Conseil de l’AEA vient tout juste d’approuver « un Groupe de travail chargé d’étudier la validité et la crédibilité de tous les records d’Europe. » Il s’agit de passer au crible les records des 41 épreuves masculines et 43 féminines, sans compter les records en salle et par catégorie d’âge.

@PfaffSC @EuroAthletics Council has just approved Working Group 2 study validity & credibility of all Euro Recs.Names to be announced in Jun

— Svein Arne Hansen (@SvenPres) 18 mai 2016
Pour le blog Plus vite, plus haut, plus fort, Svein Arne Hansen donne quelques précisions sur ce projet :

Le Président est en train de finaliser avec le Conseil exécutif de l’AEA la liste des personnes qui travailleront dans le Groupe de travail.
Les noms seront rendus publics courant juin 2016.
Le Groupe sera composé d’un large panel de gens représentant différents secteurs du sport.
Il décidera sur quels documents, témoignages ou preuves s’appuyer pour évaluer la probité de chaque record et communiquera les résultats de son travail au Conseil exécutif.
Il est encore trop tôt pour annoncer une date de publication de la nouvelle liste des Records d’Europe. (Toutefois, selon les Règlements des records continentaux, l’AEA doit publier la liste de ses record à chaque 1er janvier).
La position du président Svein Arne Hansen est à l’opposé de celle de son ancien homologue à la Fédération Internationale des Associations d’Athlétisme Lamine Diack qui avait déclaré qu’on ne pouvait pas « réécrire les livres d’histoire ». Pas très raccord non plus avec la prescription de l’Agence Mondiale Antidopage dans l’Article 17 de son Code mondial antidopage : « Aucune procédure pour violation des règles antidopage ne peut être engagée contre un sportif ou une autre personne sans que la violation des règles antidopage n’ait été notifiée conformément à l’article 7 ou qu’une tentative de notification n’ait été dument entreprise, dans les dix ans à compter de la date de la violation alléguée. »

Des aveux de dopage athlètes permettraient de supprimer leurs records, d’après la Condition 7 des Règlements des records continentaux, sans prescription. Les auteurs de certaines performances jugées imbattables, comme Marita Koch et ses 47 s 60 au 400 m qui ont fêté leurs 30 ans, ont toujours farouchement nié et il est peu probable que d’autres anciennes gloires se mettent à table.

Par où commencer ?

Une manière de se débarrasser de records gênants se trouve peut-être dans cette Condition du règlement : « Les tests (antidopage) doivent être en accord avec les Règles des Compétitions de l’IAAF en cours et des règlements antidopage concernant les Records du Monde. » En l’élargissant, on pourrait se servir de dates à partir desquelles les techniques de contrôles antidopage ont changé et considérer que les records établis auparavant ne correspondent plus aux critères actuels d’homologation. Un peu comme lorsqu’en 1977, les chronos manuels n’ont plus été reconnus comme records et ont été remplacés par les chronos électriques. De la même façon qu’un anémomètre est nécessaire pour valider une performance, l’AEA pourrait statuer que des contrôles antidopage utilisant des techniques modernes le sont aussi, et ne plus reconnaitre les records antérieurs à ces quatre dates, au choix :

1984 : décision que chaque record du monde devra être accompagné d’un certificat de contrôle antidopage, prise lors du Conseil de l’IAAF à Manille du 16-18 décembre 1983. 5 records d’Europe masculins et 5 féminins ont été établis sans ce certificat.

1986 : interdiction du dopage sanguin par le Code antidopage du Comité International Olympique, décidée lors de la 90ème Session du CIO à Berlin les 4 et 5 juin 1985. Cette pratique concernant surtout les épreuves de longue durée, 7 records d’Europe masculins et 5 féminins ont été établis avant que ne soient formellement interdites les transfusions sanguines.

1990 : introduction des contrôles antidopage hors compétitions dans les Règles de l’IAAF en 1989 ; le programme est défini lors de la Commission Dopage de l’IAAF à Londres les 6 et 7 janvier 1990. 14 records d’Europe masculins et 15 féminins ont été établis à une époque où les athlètes n’étaient pas contrôlés en dehors des compétitions.

2009 : amendement du Code mondial antidopage pour autoriser à partir du 1er janvier l’utilisation du profil longitudinal afin d’établir une violation des règles antidopage, sur la base du Passeport Biologique des Athlètes. 31 records d’Europe masculins et 39 féminins ont été établis avant que les athlètes ne soient contrôlés par cette méthode de contrôle antidopage dite indirecte.

Si ces considérations historiques devraient être évoquées par le Groupe de travail, les plus vieux records ne sont pas les plus en danger : le cas le plus évident est celui du 10000 m féminin détenu depuis 2008 par la Turque Elvan Abeylegesse, suspendue pour deux ans par sa fédération nationale en mars 2015 après le retest positif de son échantillon des championnats du monde 2007. Cette sanction devrait entraîner l’annulation de son record, mais l’athlète a entamé une action légale contre l’IAAF devant le Tribunal Abitral du Sport pour des erreurs techniques dans les procédures de son contrôle. Les retests des JO de 2008 et 2012 pourraient apporter d’autres éléments au dossier Abeylegesse et peut-être confondre d’autres détentrices de records, notamment des coureuses et marcheuses russes qui ont brillé lors ces des compétitions.

Un obstacle demeure à la destitution de certains records : dans la forme actuelle des Régulations de l’AEA, la Condition 2 impose qu’une performance ratifiée par l’IAAF soit automatiquement reconnue comme Record continental. On en trouve 28 chez les femmes contre 8 chez les hommes. Interpelé sur ce cas de figure, Svein Arne Hansen a répondu en mettant Sebastian Coe, actuel président de l’IAAF et toujours détenteur de 2 Records d’Europe (1000 m depuis 1981 et 4×800 m depuis 1982), face ses responsabilités : « Mon but est de restaurer un maximum de crédibilité et Seb Coe fera de même à l’IAAF ».

@pahunt1978 @PfaffSC My goal is to restore maximum credibility 2 @EuroAthletics & @sebcoe will do likewise @IAAF. #takestime #wewillgetthere

— Svein Arne Hansen (@SvenPres) 18 mai 2016
La France détient actuellement 10 records d’Europe senior en plein air :

Hommes

100 m 9 s 86 Jimmy Vicaut, Paris Saint-Denis, 2015
3000 m steeple 8 min 0 s 09 Mahiedine Mekhissi-Benabbad, Paris Saint-Denis, 2013
400 m haies 47 s 37 Stéphane Diagana, Lausanne, 1995
Perche 6 m 16 Renaud Lavillenie, Donetsk, 2014
Relais 4×200 m Equipe de France, Nassau, 2014
Marathon 2 h 06 s 36 Benoit Zwierchlewski, Paris, 2003
50,000 m marche (piste) 3 h 35 min 27 s 2 Yohann Diniz, Reims, 2011
20 km marche (route) 1 h 17 min 02 Yohann Diniz, Arles, 2015
50 km marche (route) 3 h 32 min 33 Yohann Diniz, Zurich, 2014

Femmes

100 m 10.73 Christine Arron, Budapest, 1998

(Les performances de Diniz sur 50,000 m  et 50 km et de Lavillenie sont aussi des Records du Monde)

Voir par ailleurs:

Schwazer: le module stéroïdien du passeport biologique en est marche

Pierre-Jean Vazel

24 juin 2016

Exemple de module stéroïdien typique (à gauche) et atypique (à droite) par le Laboratoire Suisse d’Analyse du Dopage
Le marcheur italien Alex Schwazer pourrait bien entrer dans l’histoire. Non pas comme un énième dopé repenti repris une nouvelle fois par la patrouille antidopage, mais comme le premier sportif confondu par le module stéroïdien du Passeport Biologique des Athlètes.
Le conditionnel s’impose tant que la procédure n’est pas terminée – l’athlète clame son innocence et évoque un complot – mais cette information publiée hier par le Corriere Della Sera indique que le passeport stéroïdien apporte enfin ses premiers résultats deux ans et demi après son instauration. Et qu’il va être fatal à de nombreux sportifs…

Sang, urine et hormones

On connaissait le module hématologique du Passeport, opérationnel depuis 2009, qui consiste à observer les variations de paramètres sanguins dans le temps chez un même sportif (hémoglobine, hématocrite, réticulocytes…) pour détecter les effets indirects de dopage sanguin, tel que transfusions sanguines ou prises d’EPO, souvent indétectables par les techniques d’analyses directes d’échantillons de sang. Sa première « prise » fut le marathonien portugais Hélder Ornelas en Mai 2012. Ce module concerne surtout les sportifs d’endurance bien qu’il ait aussi piégé des spécialistes de force-vitesse, tels que la double championne d’Europe du 100 m haies Nevin Yanit (Turquie). Or pour ces derniers, des scientifiques allemands, belges et suisses ont travaillé depuis plus de 10 ans sur l’élaboration de protocoles d’analyses permettant à l’Agence Mondiale Antidopage de valider la mise en place, officielle et légale depuis janvier 2014, d’un deuxième module, dit stéroïdien.

Depuis les années 80 et les travaux du Dr Donike, pour détecter un dopage à la testostérone, les laboratoires antidopage mesurent dans les échantillons urinaires le ratio entre la testostérone et une molécule quasi-jumelle, l’épitestostérone. Étant donné que le ratio naturel T/E est de 1.0 et qu’en cas de dopage stéroïdien, seule la part de testostérone augmente, un résultat supérieur à 4.0 – plafond statistique adopté par les autorités antidopage – est considéré comme une preuve. Preuve toute relative puisque les chercheurs savent que la concentration de ces marqueurs biologiques dans les urines diffèrent d’une personne à l’autre, selon ses conditions génétiques et ethniques (par exemple, la majorité de la population asiatique possède un ratio de 0.1). Or, les contrôles étant anonymes, il n’est pas possible de tenir compte de ces paramètres individuels et vire souvent au casse-tête, aux doutes bénéficiant au sportif voire aux joutes judiciaires.

C’est encore l’équipe du Dr Donike de Cologne qui a publié en 1994 une évaluation longitudinale et individuelle du ratio T/E, première étude scientifique sur le sujet (1). Vingt-deux ans plus tard, le labo allemand a pu passer de la théorie à la pratique avec le cas Schwazer. Selon Corriere, le ratio du marcheur a été mis en graphique à chaque contrôle de 2016 : les 1er et 24 janvier, le 2 février, le 27 avril, un autre en mars, jusqu’au dernier réalisé en compétition lors de son retour victorieux à la Coupe du Monde de marche à Rome le 8 mai afin de valider la procédure du passeport. C’est ce dernier qui a fait pencher la courbe et mis en évidence celui du 1er janvier, le rejetant hors de la variation physiologique naturelle tolérée. À la demande du laboratoire de Montréal, celui de Cologne a donc retesté l’échantillon en question par une procédure longue (48 heures) et coûteuse (environ 400 euro), l’analyse par « spectrométrie de masse de rapport isotopique » (SMRI), qui a révélé la présence de testostérone synthétique. Cette « prise » – si la procédure aboutit à une sanction – montre à nouveau que le dopage stéroïdien n’est pas plus le domaine des sportifs de force-vitesse que le dopage hématologique n’est celui des spécialistes d’endurance.

Le dopage favori

Le dopage stéroïdien est apparu selon certains témoignages vers la fin des années 50 aux États-Unis, probablement plus tard en URSS en raison de la répression politique stalinienne exercée sur les travaux scientifiques portant sur les hormones à partir de 1950 et qui s’est prolongée pendant une dizaine d’années. En Allemagne de l’Est, le Plan d’État 14.25 consistant en l’administration systématique de stéroïdes anabolisants, a permis des progressions de performances spectaculaires chez ses athlètes en l’espace d’une olympiade, selon les estimations d’un rapport de la Stasi de 1977 (2) :

400 m féminin : progrès de 4 à 5 sec
800 m féminin : 5 à 10 sec
1500 m féminin : 7 à 10 sec
Lancer du poids masculin : 2,5 m à 4 m ; féminin : 4,5 à 5m
Lancer du disque masculin : 10 à 12 m ; féminin : 11 à 20 m
Lancer du marteau masculin : 6 à 10 m
Lancer du javelot féminin : 8 à 15 m
Pentathlon féminin : 20 % de points

Les agents anabolisants sont encore les dopants « favoris » des tricheurs – et manifestement pas que des spécialistes de force-vitesse – si l’on croit le dernier Rapport de l’Agence Mondiale Antidopage. Il comptabilise 1479 résultats d’analyses anormaux, soit 48 % du total rapporté par le logiciel ADAMS en 2014, tous sports confondus. Mais après 217 762 contrôles effectués, cela représente 0,68 % de positifs, un taux qui reflète moins la réalité des pratiques dopantes que l’inefficacité de la méthode de contrôle analytique classique… Il n’existe pas d’étude évaluant la prévalence du dopage stéroïdien chez les athlètes, mais la Fédération Internationale des Associations d’Athlétisme avait estimé dans un article scientifique de 2011 (3) qu’une moyenne de 14 % d’athlètes élites avait eu recours au dopage sanguin sur la population étudiée durant la période 2001-2009 d’après les données du module hématologique. Le Passeport Biologique des Athlète n’était alors pas légalement approuvé, et donc ne pouvait être utilisé pour suspendre les athlètes.

Néanmoins, depuis sa mise en place, son taux de réussite en matière de contrôles pour le dopage sanguin n’a toujours pas dépassé le 1 %, et il s’est avéré être manipulable par ceux qui avaient la gestion des résultats. Malgré des « prises » prestigieuses qui auraient été impossibles sans le passeport, le bilan du module hématologique est loin d’être satisfaisant. L’Agence Mondiale Antidopage compte bien sur son nouveau module stéroïdien, resté au stade expérimental pendant 20 ans, pour inverser la tendance. Un troisième, l’endocrinien qui devra s’attaquer aux facteurs de croissance, est encore dans les cartons.

1) Donike M Évaluation d’études longitudinales, détermination des variations de références par sujets du ratio testostérone/épitestostérone. In Avancée récentes d’analyses de dopage, Actes du 11e Séminaire de Cologne sur les analyses de dopage. Sport und Buch Strausse Edition Sport, Cologne (1994).

2) Höppner M Rapport Technique du 3.3.1977, BStU, ZA, MfS, A/637/79, partie II, volume 2, p. 243-244.

3) Sottas P Prévalence du dopage sanguin dans les échantillons collectés sur des athlètes élite, f Clinical Chemistry, 57:5 p. 762-769 (2011)

Voir encore:

The Science Behind Sprinter Usain Bolt’s Speed
Usain Bolt, the fastest-ever human, appears to have an extra gear that propels him ahead of other sprinters. But that’s not what’s going on.
Matthew Futterman
July 28, 2016
Sprinters who have taken on Usain Bolt in the 100-meter dash often describe a moment in the second half of the race when the world’s fastest-ever human just runs away from them.

One minute they are shoulder-to-shoulder with Bolt, believing that this will be the night the legend will be toppled. The next they are staring at his back, watching him raise his hands in triumph, sometimes many meters before he crosses the finish line.

Last week Bolt expressed his usual, unflappable confidence, even though a hamstring injury kept him from Jamaica’s track and field trials. Granted a medical exemption by the country’s athletics federation, he was named to the team even though he couldn’t qualify at the national trials.

“My chances are always the same: Great!” he said. “If everything goes smoothly the rest of the time and the training goes well, I’m going to be really confident going to the championship.”

Rio Olympics 2016
Fans have grown familiar with his methods, too. Bolt, who is 6 feet, 5 inches tall, has won all but one Olympic and World Championship 100-meter race since 2008. The lone exception is the 2011 World Championships, where a false start got him disqualified.
“Anybody can be beaten, but he is a crazy talent and something that we have never seen in the sport,” said Lance Brauman, who has coached many of the world’s top sprinters, including Tyson Gay, who won the 100 at the 2007 World Championships, right before Bolt’s era of dominance began. “You are hoping you have your best day and hope he doesn’t have his.”

Bolt seems to have another gear that no one else does. He accelerates, and no one can keep up. At least that’s what our eyes tell us is happening—but it’s not so.

Bolt is no different from every other incredibly fast man, hitting his top speed of about 27 miles per hour at about the 70-meter mark. From there, his speed drops, if only by a few hundredths of a second for each 10 meters, but in a race that is determined by whiskers, every fraction of a second is vital.

What this means is that Bolt isn’t kicking into another gear and running away from the field. Instead, he’s slowing down at a slower rate than anyone else.

So, beating him should be simple, right? Just don’t slow down. Of course it’s not that easy, and scientists are still figuring out why humans—and cheetahs and pronghorns and other fast mammals—slow down so quickly.
Bolt crossed the finish line to win the final of the men’s 4×100 meter relay for the Jamaican team at the 2015 IAAF World Championships in Beijing in August 2015. Photo: FRANCK FIFE/AFP/Getty Images
For decades, researchers have theorized that deceleration starts as energy stored in the muscles is used up. “All mammals engaged in intense exercise, be it a human marathoner, a cheetah trying to catch prey or the prey trying to avoid becoming a meal, rely on energy stored in the body, usually as glycogen,” said Karen Steudel, a professor of zoology at the University of Wisconsin. “Once this is depleted, the human or cheetah is basically out of gas.”

However, a 2012 study by Matthew Bundle of the University of Montana in Missoula and Peter Weyand at Southern Methodist University in Dallas, showed that the greatest decrease in muscular performance occurs within the first seconds of a sprint when runners are still accelerating, which would suggest that deceleration in a race as short as 100 meters may not be related to how sprinters metabolize glycogen.

“Muscle fatigue happens contraction by contraction,” Weyand said. He argues that the biological process that causes the fatigue is still a mystery. It also is very hard to measure, because it is difficult to examine what is happening to an incredibly fast person’s muscles when he can only run at full speed for roughly three seconds.

Still, the idea that muscle fatigue begins instantaneously and with each muscle contraction may say plenty about why Bolt is so hard to beat.

Bolt is significantly taller than the competition, and his ability to take quick steps, known as stride frequency, is about as good as anyone else’s. He can cover more ground with fewer steps, allowing him to complete 100 meters with just 41 strides, while his opponents average about 45.

If the muscles are becoming less powerful with each step, then by taking fewer steps, Bolt’s muscles are becoming less fatigued. That would explain why in the final 20 meters he essentially is slowing down slower than everyone else.

So, take fewer steps and you can beat Bolt, right? Well, no. Sprinting effectively means finding the right balance between stride length and stride frequency. Long strides that stretch too far beyond a sprinter’s center of gravity act like a jab to the chin. Each too-long stride breaksforward momentum. However, strides that are too short don’t cover enough ground, and human legs can only turn over so quickly.

“You’re always asking, ‘How can I get a little stronger, have a little more finesse, have a little more patience and run faster?’ ” said John Smith, considered by many to be the top sprint coach in the U.S.

Every sprinter says the key to winning is to pay attention only to what is happening in one’s own lane, because that is all that can be controlled. Bolt is trying for an unprecedented “triple-triple”—gold medals in the 100, 200 and 400-by-100 meter relay. If he pulls it off, he will surely be considered the greatest track and field athlete of all time.

Go ahead, try not paying attention to that.

Voir enfin:

Athlétisme

Une nuit au stade: Bolt invente le triple triplé

Retour sur les temps forts d’une soirée qui a vu le Jamaïcain réussir son pari historique de gagner à nouveau le 4×100 m après le 100 et le 200m

Bolt, un 5000 mètres et une première pour le Tadjikistan : retour sur les temps fort de la soirée d’athlétisme de vendredi.

Cédric Mathiot, (à Rio)

20 août 2016

4x100m hommes : Bolt réussit son pari, le Japon créé la surprise

Et de trois qui font neuf. En l’emportant en finale du relais 4x100m (37 »27), les Jamaïcains (Asafa Powell, Yohan Blake, Nick Ashmeade et Usain Bolt) ont donné à Bolt son troisième titre olympique à Rio, et sa neuvième médaille d’or en trois olympiades (3 sur 100m, 3 sur 200m et 3 sur le relais 4x100m). Les Japonais, à la faveur d’un nouveau record d’Asie (37 »60), finissent surprenants deuxièmes, les Etats-Unis ont terminé troisièmes (37 »62) avant d’être disqualifiés pour mauvais passage de témoin, offrant le bronze au Canada.

Usain Bolt n’aura donc perdu dans toute sa carrière qu’une seule des courses olympiques auxquelles il aura participé, à 17 ans en série du 200m des Jeux d’Athènes (2004).  (Photo Reuters)

Bon débarras

Les sprinters américains verront partir Bolt à la retraite avec plaisir. Depuis l’avènement de la star jamaïcaine à Pékin en 2008, et jusqu’à la victoire du relais jamaïcain hier sur 4x100m, les Américains n’ont plus gagné un seul titre olympique ou mondial en sprint.

Que ce soit sur 100m, 200m ou le relais 4x100m, la Jamaïque a tout raflé. Sur 100m et 200m, Usain Bolt a quasiment tout emporté (6 titres olympiques, 5 titres aux championnats du monde). Sa seule fausse note date de la finale du 100m aux Mondiaux de 2011, où il avait été disqualifié pour un faux départ. Mais la victoire était revenue à son compatriote Yoann Blake. En relais 4×100, la Jamaïque s’est imposé à chaque échéance mondiale, en 2009, 2011, 2013 et 2015 aux mondiaux. En 2008, 2012 et donc 2016 aux JO.

Les filles du relais 4×100 américain doublent l’or

Les Américaines ont vengé les Américains. Le relais féminin 4x100m l’a emporté sur les Jamaïcaines en 41 »01 et conserve son titre olympique de Londres. Sur les quatre partantes du relais américain, trois avaient déjà gagné un médaille à Rio, mais aucune sur 100m. Tianna Bartoletta avait pris l’or à la longueur, Allyson Felix l’argent sur 400m et Tori Bowie le bronze sur 200m. (photo AFP)

Voir par ailleurs:

Sport
Michael Phelps : qu’est-ce que la Cupping therapy, à l’origine des grosses tâches sur son épaule ?

La Rédaction (La Rédaction), Mis à jour le 10/08/16 15:19

Sous le feu des projecteurs, Michael Phelps bat tous les records aux JO de Rio. Mais qu’en est-il de ces inquiétantes tâches sur son corps ?

[Mis à jour le 10 août 2016 à 15h19] Sacré dimanche lors du relais 4×100 mètres masculin, le nageur américain Michael Phelps a depuis remporté la médaille d’or du 200 mètres papillon mardi 9 août. Puis, quelques dizaines de minutes plus tard, c’est avec l’équipe américaine que le champion olympique a remporté l’or du relais 4×200 mètres nage libre. Celui qui a désormais 21 titres olympiques et quelque 25 médailles à son compteur, tous métaux confondus, semble désormais inarrêtable. Mais quel est son secret ?

Il se pourrait bien que la recette de son succès réside dans un autre mystère : celui de ces énormes tâches, le long de son épaule notamment. À quoi peuvent-elles bien correspondre ? Elles sont tout simplement les marques laissées par la « cupping therapy », en français, la médecine dite des ventouses. Cette médecine n’est autre qu’un mélange de kinésithérapie, d’ostéopathie et de médecine chinoise dont le but est d’éliminer les toxines. Les ventouses, généralement en verre, sont chauffées puis appliquées sur le corps dans des zones stratégiques. Une fois refroidies, elles exercent ainsi une pression sur des points précis. Le tout élimine donc les toxines, mais améliore également la circulation du sang et supprime le stress et autres tensions rendant alors le sportif plus performant.
« Selon l’endroit où est posée la ventouse, il est possible d’améliorer l’action par voie réflexe et l’action antalgique évite l’apparition de douleurs dues à l’effort. La méthode permet aussi de décongestionner certaines zones inflammatoires, redoutables donc pour prévenir les crampes. Enfin, en stimulant certains points [tirés de la médecine chinoise], la ventouse peut aider à mieux gérer ses émotions. Une sorte de ‘dopage soft physiologique' », comme le détaille Daniel Henry, spécialiste interviewé sur la question par Metronews. Et bonne nouvelle ! La cupping therapy n’est pas un art exclusivement réservé aux sportifs de haut niveau. Il existe d’ailleurs peut de contre-indications, hormis peut-être pour certaines personnes qui prennent des médicaments tels que des anticoagulants. Chacun est donc libre de s’offrir une petite séance revigorante !

 

 

 

 

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