Brexit: C’est les sans-dents, imbécile ! (Not thick or racist, but just poor: By forcing Britain to quit the EU, Brexit voters have given a bloody nose to an elite that views them with contempt)

PeasantsRevoltlevellersChartistsSwingRiotsDeathWatTylerFull
Dolci_MadonnaEUFlag
BrexitToon
‘Savage hordes approached the city like waves of the sea/At their head a peasant captain urged the madmen on/With cruel eagerness for slaughter, he shouted: “Burn and Kill.” John Gower
Je défie le pape et toutes ses lois, et si Dieu me prête vie, je ferai qu’en Angleterre le garçon qui pousse la charrue connaisse l’Écriture mieux que le pape lui-même.William Tyndale
Quand Adam bêchait et Ève filait, où donc était le gentilhomme ? John Ball
De quel droit ceux qui s’appellent seigneurs, dominent-ils sur nous ? À quel titre ont-ils mérité cette position ? Pourquoi nous traitent-ils comme des serfs ? Puisque nous descendons des mêmes parents, Adam et Ève, comment peuvent-ils prouver qu’ils valent mieux que nous, si ce n’est qu’en exploitant nos labeurs, ils peuvent satisfaire leur luxe orgueilleux ? John Ball
Wat About Di Working Claas? Linton Kwesi Johnson
J’apprends que le gouvernement estime que le peuple a ‘trahi la confiance du régime’ et ‘devra travailler dur pour regagner la confiance des autorités’. Dans ce cas, ne serait-il pas plus simple pour le gouvernement de dissoudre le peuple et d’en élire un autre ? Bertolt Brecht
 Il s’est présenté comme l’homme qui n’aime pas les riches. En réalité, le président n’aime pas les pauvres. Lui, l’homme de gauche, dit en privé : ‘les sans-dents’, très fier de son trait d’humour. Valérie Trierweiler
Si j’étais législateur, je proposerais tout simplement la disparition du mot et du concept de “mariage” dans un code civil et laïque. Le “mariage”, valeur religieuse, sacrale, hétérosexuelle – avec voeu de procréation, de fidélité éternelle, etc. -, c’est une concession de l’Etat laïque à l’Eglise chrétienne – en particulier dans son monogamisme qui n’est ni juif (il ne fut imposé aux juifs par les Européens qu’au siècle dernier et ne constituait pas une obligation il y a quelques générations au Maghreb juif) ni, cela on le sait bien, musulman. En supprimant le mot et le concept de “mariage”, cette équivoque ou cette hypocrisie religieuse et sacrale, qui n’a aucune place dans une constitution laïque, on les remplacerait par une “union civile” contractuelle, une sorte de pacs généralisé, amélioré, raffiné, souple et ajusté entre des partenaires de sexe ou de nombre non imposé.(…) C’est une utopie mais je prends date. Jacques Derrida
C’est le sens de l’histoire (…) Pour la première fois en Occident, des hommes et des femmes homosexuels prétendent se passer de l’acte sexuel pour fonder une famille. Ils transgressent un ordre procréatif qui a reposé, depuis 2000 ans, sur le principe de la différence sexuelle. Evelyne Roudinesco
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Vous allez dans certaines petites villes de Pennsylvanie où, comme dans beaucoup de petites villes du Middle West, les emplois ont disparu depuis maintenant 25 ans et n’ont été remplacés par rien d’autre (…) Et il n’est pas surprenant qu’ils deviennent pleins d’amertume, qu’ils s’accrochent aux armes à feu ou à la religion, ou à leur antipathie pour ceux qui ne sont pas comme eux, ou encore à un sentiment d’hostilité envers les immigrants. Barack Hussein Obama
Part of the reason that our politics seems so tough right now, and facts and science and argument does not seem to be winning the day all the time, is because we’re hard-wired not to always think clearly when we’re scared. Barack Obama
Il y a un manuel de stratégie à Washington que les présidents sont censés utiliser. (…) Et le manuel de stratégie prescrit des réponses aux différents événements, et ces réponses ont tendance à être des réponses militarisées. (…) Au milieu d’un défi international comme la Syrie, vous êtes jugé sévèrement si vous ne suivez pas le manuel de stratégie, même s’il y a de bonnes raisons. (…) Je suis très fier de ce moment.  Le poids écrasant de la sagesse conventionnelle et la machinerie de notre appareil de sécurité nationale était allés assez loin. La perception était que ma crédibilité était en jeu, que la crédibilité de l’Amérique était en jeu. Et donc pour moi d’appuyer sur le bouton arrêt à ce moment-là, je le savais, me coûterait cher politiquement. Le fait que je pouvais me débarrasser des pressions immédiates et réfléchir sur ce qui  était dans l’intérêt de l’Amérique, non seulement à l’égard de la Syrie, mais aussi à l’égard de notre démocratie, a été une décision très difficile – et je crois que finalement, ce fut la bonne décision à prendre. (…) Je suppose que vous pourriez me qualifier de réaliste qui croit que nous ne pouvons pas soulager toute la misère du monde. Barack Hussein Obama
Nous qui vivons dans les régions côtières des villes bleues, nous lisons plus de livres et nous allons plus souvent au théâtre que ceux qui vivent au fin fond du pays. Nous sommes à la fois plus sophistiqués et plus cosmopolites – parlez-nous de nos voyages scolaires en Chine et en Provence ou, par exemple, de notre intérêt pour le bouddhisme. Mais par pitié, ne nous demandez pas à quoi ressemble la vie dans l’Amérique rouge. Nous n’en savons rien. Nous ne savons pas qui sont Tim LaHaye et Jerry B. Jenkins. […] Nous ne savons pas ce que peut bien dire James Dobson dans son émission de radio écoutée par des millions d’auditeurs. Nous ne savons rien de Reba et Travis. […] Nous sommes très peu nombreux à savoir ce qu’il se passe à Branson dans le Missouri, même si cette ville reçoit quelque sept millions de touristes par an; pas plus que nous ne pouvons nommer ne serait-ce que cinq pilotes de stock-car. […] Nous ne savons pas tirer au fusil ni même en nettoyer un, ni reconnaître le grade d’un officier rien qu’à son insigne. Quant à savoir à quoi ressemble une graine de soja poussée dans un champ… David Brooks
Tout ce que demande aujourd’hui le Kansas, c’est qu’on lui donne un petit coup de main pour se clouer à sa croix d’or.(…) Votez pour interdire l’avortement et vous aurez une bonne réduction de l’impôt sur le capital (…). Votez pour faire la nique à ces universitaires politiquement corrects et vous aurez la déréglementation de l’électricité (…). Votez pour résister au terrorisme et vous aurez la privatisation de la sécurité sociale. Thomas Frank
I do think that when you combine that demographic change with all the economic stresses that people have been going through because of the financial crisis, because of technology, because of globalization, the fact that wages and incomes have been flatlining for some time, and that particularly blue-collar men have had a lot of trouble in this new economy, where they are no longer getting the same bargain that they got when they were going to a factory and able to support their families on a single paycheck. You combine those things, and it means that there is going to be potential anger, frustration, fear. Some of it justified, but just misdirected. I think somebody like Mr. Trump is taking advantage of that. That’s what he’s exploiting during the course of his campaign. Barack Hussein Obama
Trop menacer les gens est en fait une insulte à leur intelligence et la leçon de la visite d’Obama est encore plus fascinante. Voici l’homme le plus puissant du monde en provenance d’un pays pour lequel nous avons toujours eu un respect énorme … et un grand nombre de gens en Grande-Bretagne se sont dits: «Comment le président américain ose-t-il venir ici et nous dire ce qu’il faut faire? Et cela s’est retourné contre lui et je pense que nous avons eu un rebond Obama Brexit parce que les gens ne veulent pas que les dirigeants étrangers leur disent comment penser et comment voter. Nigel Farage
Wat Tyler (? – 15 juin 1381) est un paysan anglais, soldat démobilisé des guerres de France, qui a pris la tête d’une révolte des siens en lutte contre les impôts excessifs. Il n’est pas l’instigateur de la Révolte des Travailleurs mais il en a été certainement le fer de lance. Depuis le milieu du XIVe siècle, la situation du paysan anglais a sérieusement empiré. C’est lui qui a la lourde charge de payer la guerre du roi d’Angleterre en France. Le Statut des travailleurs de 1351, empêchant une hausse des salaires, a augmenté le mécontentement. En 1380, le Parlement décide la levée d’une nouvelle poll tax et l’envoi de commissaires royaux dans les campagnes pour éviter les fraudes. C’en est trop pour les paysans. Au début de 1381, la révolte éclate en Essex et se répand vite dans le Kent, le Sussex, le Norfolk. Partout, les nobles fuient, les châteaux brûlent. L’un des meneurs, le prédicateur John Ball, prêche l’égalité entre les humains. Arrêté en mai par les gardes de l’archevêque de Cantorbéry, Simon de Sudbury, il annonce: « Il y aura 20 000 hommes qui vont me libérer. » Après la guerre française, Wat Tyler était retourné travailler sur sa terre dans le Kent. Un percepteur royal se présente chez lui et tente de se payer en essayant de violer sa fille de 15 ans. Encouragé par ses voisins, Tyler assassine à coups de marteau l’agresseur de sa fille. Les paysans du Kent, qui connaissent sa valeur, l’élisent chef des rebelles. Celui-ci, qui ne peut plus revenir en arrière, accepte. Leur première direction est Cantorbéry où ils libèrent John Ball. Puis ils décident de marcher sur Londres. Sur leur chemin, ils ouvrent les prisons et décapitent les juges qui tombent entre leurs mains. Le 10 juin, lorsqu’ils arrivent aux portes de la capitale, ils sont près de 100 000 insurgés qui exigent de parler au roi. Wat Tyler ne veut pas renverser le gouvernement mais exige des réformes. C’est pourquoi il veut négocier avec le roi. C’est pourquoi aussi il impose une discipline à ses hommes en interdisant les pillages et en punissant de mort les fautifs. Finalement Richard II accepte de le rencontrer. Le jeune roi de 15 ans arrive à bord d’une barque sur la Tamise, mais il prend peur et décide de rebrousser chemin. Il va se réfugier à la Tour de Londres avec quelques notables, dont Simon Sudbury, l’archevêque de Cantorbéry. Tyler assiège alors la Tour qui est prise entre deux feux. Sudbury est arrêté et assassiné, peut-être à l’instigation de John Ball. Richard II rencontre Tyler à Mile End, un faubourg de Londres. Le capitaine des insurgés exige l’abolition du servage, de la poll tax et du privilège de la chasse et de la pêche de la noblesse. Le roi veut gagner du temps car il sait que Robert Knolles est en train de lever une armée non loin de là. Il accepte tout et fixe rendez-vous au lendemain pour finaliser les détails de l’entente. Le 15 juin, Tyler et le roi se rencontrent donc de nouveau à Smithfield. Richard II s’est entouré de provocateurs qui s’amusent à insulter le chef des insurgés. Celui-ci sort son épée. Prenant prétexte de vouloir défendre son roi, le Lord-maire de Londres, William Walworth, lui porte un coup d’épée qui le renverse. Il est aussitôt achevé par un écuyer. Richard, qui a belle prestance, parvient à calmer les insurgés présents. Il leur fait croire que Tyler est un traître qui a voulu l’assassiner et que lui, le roi, est leur véritable chef. Il leur promet qu’il respectera sa promesse et leur demande de se disperser. Ce sera leur faute. Robert Knolles les attend à la sortie de Londres. Ils sont écrasés. Ceux qui ne sont pas tués s’éparpillent dans toutes les régions. Les représailles suivent. Des milliers de paysans sont exécutés. John Ball, capturé dans une ancienne abbaye, est pendu et écartelé. Ce n’est que le 30 août qu’un ordre royal suspend les représailles. Par la suite, il ne fut plus question avant longtemps d’abolir le servage ni la poll tax. Wikipedia
L’égoïsme sacré du nationalisme restera toujours plus accessible à la moyenne des individus que l’altruisme sacré du sentiment européen? Stefan Zweig
Abattre les murs de l’État, ce n’est pas créer un monde sans murs, c’est créer un millier de petites forteresses. Michael Walzer
Le Brexit sera-t-il un choc salutaire ou le début de la fin d’une grande aventure collective ? Je n’ai pas de réponse. Mais, ce que je peux d’ores et déjà affirmer, c’est que les eurocrates ne l’ont pas volé, car ils se sont acharnés à faire de l’Union européenne le cheval de Troie de la déseuropéanisation. Ces politiciens et ces fonctionnaires ne se vivent pas comme les dépositaires d’une grande civilisation, mais comme les héritiers du « plus jamais ça » : plus jamais la guerre, plus jamais le racisme hitlérien ni colonial. Pour éviter le retour des discours ou des comportements maléfiques, ils emploient donc les grands moyens. Ils refusent d’incarner l’Europe, par son histoire, ses paysages, ses monuments, ses villes, ses cafés, ses œuvres, une forme de vie, un mode de présence sur Terre, car ce serait tracer une ligne de partage entre un dedans et un dehors, entre un nous et un eux. Ils ne veulent pas mettre le doigt dans cet engrenage fatal. Ils effacent donc le passé. Ils s’offensent, avec Pierre Moscovici, quand on parle des racines chrétiennes de l’Europe. Le « plus jamais ça » exige que l’Europe ne soit rien de substantiel, qu’elle n’affirme que des valeurs, qu’elle ne se définisse que par des droits et des procédures, afin de pouvoir s’ouvrir sans discrimination à tous et à tout. C’est ce que disait textuellement le grand sociologue allemand Ulrich Beck. (…) J’aurais moi-même pu penser de la sorte si je n’avais pas croisé la route de grands écrivains d’Europe centrale : Czeslaw Milosz, Kazimierz Brandys et surtout Milan Kundera. Ce sont eux qui ont fait de moi un Européen. Face au communisme russe, ils ne défendaient pas seulement la démocratie et les droits de l’homme, ils défendaient aussi une civilisation. L’Europe était leur identité. Ils m’ont réveillé de mon universalisme facile et ils m’ont fait comprendre que le passé de l’Europe ne se réduisait pas à ses crimes. (…) Il ne faut pas faire le cadeau de l’Europe à Hitler. L’Allemagne, c’est Bach, Goethe, Caspar Friedrich. De même, l’histoire de France ne se réduit pas à la collaboration ou à la guerre d’Algérie. Avec le sens de la continuité historique, les peuples européens doivent retrouver la véritable signification de l’hospitalité. Être hospitalier, c’est offrir quelque chose à celui qu’on reçoit. D’où le rôle névralgique de l’école. (…) La veille du référendum, j’ai vu un reportage sur la ville de Peterborough, en Angleterre. On découvrait des rues commerçantes avec des magasins afghans, pakistanais et polonais. Les habitants disaient que les Britanniques étaient désormais minoritaires et on apprenait qu’il n’y avait plus qu’un seul pub dans toute la ville. J’ai pris conscience, en regardant ces images, de la nouvelle grande division des sociétés européennes. Elles se partagent désormais entre les planétaires et les sédentaires, les globaux et les locaux, les hors-sol et les autochtones. Les premiers sont non seulement mieux lotis économiquement, mais ils se croient politiquement et moralement supérieurs. Ils traitent les autochtones de « ploucs », voire de « salauds », ils soulignent élégamment leur âge avancé, ils font tomber sur eux le triple diagnostic d’europhobie, de xénophobie et de passéisme, alors même que, ce qu’ils leur opposent, c’est un cosmopolitisme de galerie marchande et, en guise de déracinement, une complète absorption dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Le village global est un village, avec ses fausses évidences, ses œillères, sa mentalité étriquée. Les pubs font partie intégrante de la civilisation européenne. Ils sont la version anglaise du café. Ceux qui refusent la transformation de l’Angleterre ne sont pas antieuropéens, ils veulent juste que l’Angleterre reste l’Angleterre et que l’Europe reste l’Europe. (…) L’immigration a été un thème central de la campagne britannique, mais ce serait le cas dans tous les pays européens qui choisiraient la voie du référendum. L’Union européenne a voulu combiner la morale humanitaire et l’intérêt économique. Puisque nos pays se dépeuplent et vieillissent, elle a cru qu’il suffisait d’importer les enfants et les travailleurs qu’ils n’ont plus. Mais les hommes ne sont pas interchangeables. Il y a des mondes, il y a des civilisations. L’autarcie n’est certes pas la solution, les frontières ne doivent pas devenir hermétiques. Il reste que, comme l’a écrit un grand philosophe américain de gauche, Michael Walzer : « Abattre les murs de l’État, ce n’est pas créer un monde sans murs, c’est créer un millier de petites forteresses. » Nous voyons les sociétés européennes se fragmenter en communautés hostiles. Même si la libre circulation des personnes à l’intérieur de l’espace européen ne pose pas les mêmes problèmes que l’immigration arabo-musulmane, il faut savoir respecter les proportions. (…) Je ne considère pas que le fait de vouloir être majoritaire dans son propre pays relève de l’égoïsme. C’est une aspiration absolument légitime, qu’il est absurde de criminaliser. Dans son article capital Un Occident kidnappé, la tragédie de l’Europe centrale, Milan Kundera raconte qu’en septembre 1956, le directeur de l’agence de presse de Hongrie envoya par télex dans le monde entier ce message sur l’offensive russe déclenchée contre Budapest et qui allait écraser son bureau : « Nous mourrons pour la Hongrie et pour l’Europe. » Il affirmait d’un même souffle son identité nationale et son identité européenne. (…) Il faut arrêter de se payer de mots : nul n’est prêt à mourir. Mais on peut vouloir se défendre. Si renaît le patriotisme en France, si les bobos de la génération Bataclan en viennent à se réconcilier avec le drapeau tricolore et l’hymne national, c’est parce que notre pays est attaqué et, par-delà notre pays, l’Occident « idolâtre », « impie », « dominé par les juifs ». La découverte de cette fragilité peut faire renaître un sentiment européen. Mais nous payons aussi l’enseignement de l’oubli. La culture occupe une place de plus en plus réduite dans nos sociétés. J’éprouve un sentiment de tristesse, d’accablement lorsque je regarde le concours de l’Eurovision. L’Europe, c’était le maximum de diversité dans le minimum d’espace ; l’Eurovision, c’est l’apothéose de l’uniformité. Tous les chanteurs hurlent en anglais et leurs musiques sont devenues indiscernables. L’Europe se vide d’elle-même. (…) l’école ne fait plus son travail. L’enseignement humaniste a créé l’Europe. Nous aurions dû rester fidèles à cette inspiration. Mais la culture, si longtemps garante de l’unité de l’Europe, est maintenant chassée de partout, même des billets de banque, qui ne représentent plus que des aqueducs ou des ponts. (…) La pluralité est essentielle à l’Europe. Pluralité des langues et des nations. En même temps, il existe une histoire commune : la Bible, la Grèce, Rome, la féodalité, la Renaissance, la Réforme, les Lumières et le romantisme. De là vient qu’un Français éprouve, en Italie ou aux Pays-Bas, un sentiment mêlé d’étrangeté et de familiarité, de dépaysement et de reconnaissance. (…) J’ai vu que Donald Trump, allant inaugurer un golf en Écosse, s’est réjoui du vote britannique. Mais il représente autre chose : il est la Némésis du politiquement correct. Goya a dessiné une gravure intitulée Le sommeil de la raison engendre des monstres. On pourrait adapter cette formule à notre situation : le déni de réalité produit des monstres comme Trump. Si le danger islamiste n’est pas nommé surgit un candidat républicain qui souhaite interdire aux musulmans d’entrer sur le sol américain. Je ne suis pas sûr que le vote anglais relève exactement du même phénomène. Cette vieille démocratie européenne manifeste par ce vote sa volonté de reprendre son destin en main. Alain Finkielkraut
Nous sommes en train de passer d’une société où les deux tiers de la population s’estimaient satisfaites de leur sort, à un monde dans lequel ceci n’est plus vrai que pour un tiers de la population. Cette victoire n’a pour moi rien d’inattendu ; elle est le résultat de tendances de fond qui affectent différentes couches du peuple britannique. En leur permettant de se fédérer, le référendum a été pour ces groupes l’occasion d’un contrecoup décisif. Je pense en effet que nous sommes en train de passer d’une société où les deux tiers de la population environ s’estimaient satisfaites de leur sort, à un monde dans lequel ceci n’est plus vrai que pour un tiers de la population. Dit autrement, le vote en faveur du Brexit exprime le plus grand rejet de la mondialisation qu’ait connu dans les urnes le monde occidental. Les bénéficiaires de la mondialisation, tous ceux qui culturellement comme financièrement se trouvent en phase avec le nouvel ordre du monde, sont désormais minoritaires dans la société. Cette révolte contre la mondialisation ne regroupe pas seulement les catégories sociales les plus défavorisées. On y distingue aussi une population plutôt aisée, composée pour l’essentiel de personnes âgées vivant en province et qui se sentent culturellement menacés par l’immigration. Cette même population a le sentiment que le système de valeurs qui a historiquement caractérisé l’Angleterre – sans doute l’un des plus influents et des précieux dans le monde – est aujourd’hui remis en cause par l’arrivée d’une population qui lui est indifférente voire dans certains cas, carrément hostile, et que la Grande-Bretagne a abdiqué sa souveraineté face à une puissance étrangère en adhérant à l’Union Européenne. (…)La tragédie du Brexit, toutefois, c’est que la plupart des dirigeants et promoteurs du camp du «Leave» sont des partisans extrêmes du libre-échange. Ces derniers haïssent une Europe qui s’identifie pour eux à la régulation et la social-démocratie et ils ont convaincu une partie de la gauche de voter la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Nous faisons face à ce paradoxe: des classes populaires en quête de protection face à la mondialisation ont suivi des libertariens qui pensent que la Grande-Bretagne devrait abolir de manière unilatérale ses tarifs douaniers! (…) Ce divorce entre les bobos et les classes populaires se retrouve lui aussi en Grande-Bretagne – de fait, il est à l’œuvre dans l’ensemble du monde occidental. La raison tient en grande partie aux séductions comme aux échecs du libéralisme. Pour les classes moyennes, le libéralisme a plusieurs attraits: économiquement, il leur permet (ou du moins il leur permettait) d’exploiter avantageusement leur position via l’école, les réseaux ou les possibilités de carrière dans l’entreprise ; socialement, il se traduit par une licence totale en matière de choix de vie ou de comportements. Pour les classes populaires au contraire, le libéralisme est un désastre économique et culturel: économique, parce qu’il détruit leur pouvoir de négociation collective et les expose à une concurrence interne sur le marché du travail: dans une telle situation, leurs salaires ne peuvent que baisser ; sociale, parce que le libéralisme a détruit toutes les formes d’allégeance et de stabilité familiale, en laissant pour seul héritage des foyers brisés et des pères absents. En somme, le libéralisme a détruit toute notion de solidarité et c’est cela qui a le plus certainement condamné les plus pauvres à leur sort. (…) Je crois que nous devrions nous poser des questions plus fondamentales, qui de mon point de vue seraient les suivantes: pourquoi nous séparons-nous, pourquoi cherchons-nous la solidarité seulement au sein de groupes composés de personnes qui nous sont proches ou qui nous ressemblent? C’est parce que nous avons perdu nos universaux, nous avons oublié la leçon tant de Platon que d’Aristote pour lesquels il existe des universaux qui s’appliquent aux choses. Dans la mesure où nous avons laissé la croyance dans le monde objectif verser dans le pur subjectivisme, comment espérer un jour nous unir? C’est pourquoi la véritable tâche politique est de retrouver ce qui nous relie, au delà de l’inepte discours contemporain sur les droits de l’homme. Le discours sur les droits est en effet toujours dérivé, il requiert un discours plus fondamental ; c’est pour cela que vous ne pouvez arbitrer entre des droits différents et pourquoi le droit ne peut vous dire ce qui est juste. Aussi, tant que nous n’aurons pas recouvré notre héritage – c’est à dire tant que nous ne serons pas revenus aux universaux – nous ne pourrons jamais aider personne, jamais réduire aucune division ni soigner aucun mal. (…) L’affrontement droite/ gauche appartient au passé: si vous regardez les mouvements qui ont émergé récemment, leur discours emprunte des éléments issus des doctrines des deux côtés de l’échiquier politique. Prenez le Front National, par exemple: son programme nationaliste le porte évidemment à l’extrême-droite, mais ses propositions sur l’Etat-providence et les services publics semblent toutefois exhumées d’un discours socialiste des années 1970. Il en est de même en Angleterre avec UKIP, qui pourrait tout à fait devenir le parti de la classe ouvrière britannique et se substituer au parti Travailliste en offrant un mélange droite/gauche similaire. (…) Dans un certain sens, c’est à une victoire «inversée» du Red Toryism à laquelle nous avons assisté. Ce que je cherchais à promouvoir en effet, c’était l’alliance du meilleur de la tradition de droite et de celle de la gauche dans un nouveau discours positif. Ce qui est à l’œuvre ici, c’est la naissance d’un composé hybride d’une toute autre nature, au sein duquel ce serait au contraire les gènes récessifs des deux traditions qui se seraient associés dans leur mutation. (…) Là où je proposais par exemple un affranchissement économique massif des plus pauvres, au moyen d’une redistribution de l’accès à la propriété, les voilà qui mettent en avant la promotion de l’Etat providence, une politique qui a échoué de manière désastreuse par le passé. Que produit l’Etat providence en effet, sinon la perte de l’autonomie des individus et l’érosion de leur sens de la propriété, ainsi que la légitimation délétère d’une culture de l’assistance. De la droite, je garde l’idée de conservatisme social, à savoir la volonté de tisser à nouveau les liens qui naissent des affections locales comme familiales, et ce afin que la fraternité se re-déploie «par le bas», à travers les communautés concrètes. Ce qu’ils défendent en regard, ce sont les concepts délétères de l’origine, de la classe ou de la couleur de peau. Là où je souhaite un renouveau de la culture civique, ils attendent celui de la culture ethnique. Phillip Blond
It is this man, Wat Tyler, whose name will go down in history. As leader of the Peasants’ Revolt of 1381, he will be remembered for the uprising that saw tens of thousands of his poorest countrymen come close to overthrowing the establishment. Until now, we have had only the illustrations in history books to help us picture their struggle. But thanks to the work of British photographer Red Saunders, we can come closer than ever to appreciating their deadly determination.Saunders specialises in photographing huge tableaux vivants, living pictures in which dozens of actors recreate key moments in British history. His latest creations, showcased in a new exhibition in Bradford, include this depiction of the Peasants’ Revolt, and it offers many fascinating insights into why the uprising happened — and why it took the bloody course that it did. The first lies in the extraordinary array of weapons featured in the photograph. Alongside the swords and pikes, whose steel glints in the fiery glow over London, we see pick-axes, pitchforks and scythes more usually wielded on farms, but put to lethal new use as implements of death. This reminds us that the insurgents were not political saboteurs, but ordinary men and women, usually content to fight only the elements as they struggled to make a living from the land, but driven to mutiny and murder by the actions of their over-bearing and greedy rulers. Just 30 years previously, the Black Death had killed a third of the population — which then numbered between two and three million. Many of those depicted in the photograph will have lost family or friends to a catastrophe unimaginable by modern standards. Though it would not have helped these peasants in their grief, there was one ‘benefit’ of this sudden cull of much of the nation’s workforce. With fewer labourers to work the land, demand for their services was all the higher. Their wages should have risen accordingly, but in the years leading up to the Peasants’ Revolt a series of statutes were introduced imposing an ungenerous limit on the wages farm labourers could be paid. On top of this were the frustrations of serfdom, the centuries-old practice by which some peasants were still forced to work part of the time free of charge for their rich and powerful landlords. And then there was the introduction of a series of poll taxes to help fund the latest wars with France. Everyone had to pay a shilling — a pittance for the ruling classes, but a significant amount for those bound to them in serfdom. As if this was not provocative enough, the commissioners sent out to enforce these payments often abused their power, particularly when it came to investigating whether young girls in a household were over 15, the age at which the poll tax became payable. Frightened girls were forced to lift their skirts while these officials examined them for signs of maturity and sexual experience. If a girl was no longer a virgin, she was deemed old enough to pay the poll tax, whether she had reached 15 or not. Such outrages fomented public opinion, and matters appear to have reached a tipping point in May 1381, following the visit of a tax collector to the Essex village of Fobbing.The residents took great umbrage at his presence and threw him out, later giving the same treatment to soldiers sent to re-establish law and order by the 14-year-old Richard II.Unrest spread quickly throughout the South-East. The following month, a group of men marched on Rochester Castle in Kent and freed a man imprisoned for refusing to work as a serf. They were led by Wat Tyler, a man we know little about except that, as his name suggests, he may have been a roofer by trade. The efficiency with which he led his forces suggests he had experience as a soldier, perhaps as part of a militia raised by the local lord to join in the war against France. Professor John Gillingham
L’Union européenne est calquée, dans son essence, sur l’Eglise de Rome et sur le fonctionnement de la foi catholique (dans sa période moyen-âgeuse): dirigée par un pape président de la Commission européenne désigné et contrôlé par la Curie des Etats-membres, elle est la gardienne d’un dogme profane intransigeant dont elle contrôle la stricte observance par ses fidèles à travers l’Europe, sous peine de procès en hérésie et de mises à l’index. Il est donc évident, pour qui se penche sur le temps long de l’histoire européenne, que le Brexit a un sens éminemment religieux: c’est le remake de la fondation de l’Eglise anglicane. Ainsi vit-on David Cameron, nouvel Henry VIII, exiger en vain de la Commission, Vatican des européistes, qu’elle accorde au Royaume-Uni le droit de divorcer de certains de ses règlements, de la même façon que le souverain anglais avait tenté de faire annuler son mariage avec Catherine d’Aragon pour épouser Anne Boleyn. L’intransigeance du pape Clément VI n’eut d’égal que celle de l’évêque de Bruxelles Jean-Claude Juncker vis-à-vis des demandes britanniques, la première provoquant la rupture avec la papauté par l’édiction en 1534 de l’Acte de suprématie qui fit du roi d’Angleterre le chef suprême de son Eglise, la seconde amenant les Britanniques à quitter l’Union européenne. Le désarroi qui saisit les Britanniques à la suite du Brexit est d’ailleurs absolument similaire aux doutes qui traversèrent l’Angleterre du XVIème siècle et qui amenèrent Marie Tudor, fille d’Henry VIII, à vainement tenter de restaurer le catholicisme, provoquant à cette occasion de nombreuses violences. C’est peut-être le souvenir inconscient de ces évènements qui poussa David Cameron, pour couper court à tout contre-Brexit belliqueux mais vain, à proclamer haut et fort que ce dernier était définitif. Si l’on admet la similitude de nature entre le dogme bruxellois et le catéchisme romain, alors le Brexit emporte une signification plus profonde, qui nous emmène au-delà de l’épopée d’Albion. L’idéologie européenne doit en effet son succès à l’essence millénariste de son projet: faire advenir le Royaume de la paix sur l’Europe, pour se donner en exemple à imiter dans le monde entier ; et pour cela, en terminer, une fois pour toutes, avec l’Histoire. Seul le libéralisme intégral prôné par Bruxelles peut accueillir une telle ambition, et une telle dévotion, en tant qu’il se propose de remplacer l’homme d’avant, attaché à sa terre, à sa foi, à ses valeurs, à sa culture, à sa liberté politique, autant de forces qui actionnent les leviers tragiques de l’Histoire, par un homme nouveau, qui ne serait plus animé que par une seule préoccupation: la satisfaction consumériste de ses besoins. Le marché européen pourrait donc, dans cette optique, remplacer le politique et ses disputes surannées, et offrir enfin aux hommes européens le Saint Graal de la fin de l’Histoire: l’avènement d’un monde immobile vitrifié par l’échange marchand. La loi de l’offre et de la demande, qui donnerait à tout désir son juste prix, pourrait enfin stopper le cours des guerres, la marche des siècles, voire l’expansion de l’univers. Mais voilà que patatras, le Royaume-Uni vient, à son corps défendant, de briser le mythe! Voilà que l’ «Anglois abominatif», qui a nourri en son sein les pères de l’Eglise du libre-échange (David Ricardo), de la toute-puissance du marché (Adam Smith) et de l’utilitarisme (Jeremy Bentham), piliers idéologiques et religieux de l’Europe de la CECA (ancien testament), du traité de Rome (évangile), de l’Acte (de l’apôtre) unique et de toutes ses directives (canoniques), a subitement décidé de redémarrer l’Histoire, comme on le ferait du moteur poussiéreux d’une vieille Bentley décapotable qui n’aurait ni la climatisation ni le radar de parking, mais qui nous rendrait nos vingt ans et le goût de l’aventure. Ce qu’ont exprimé les Britanniques, ce n’est pas tant le souhait de reprendre leur indépendance vis-à-vis d’une Europe dont il font de toute façon partie que de rompre avec l’idéologie mortifère par laquelle Bruxelles essaie de convaincre les peuples, depuis près de soixante ans, qu’il doivent cesser de désirer quoique ce soit d’autre que de prier dans les supermarchés. Je n’ai aucune fascination pour le tragique de l’Histoire, dont ma famille a, comme beaucoup d’autres, payé le prix. Mais cette Histoire enseigne justement que les plus grandes utopies de paix définitive ont engendré, au nom du Bien et du Progrès, les plus vilains massacres. Pierre-Henri Argenson
The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes. But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business. The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity. On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania. Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform. In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract. The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention. Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights. No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays. (…) In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection. Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun. In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant. The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh. Victor Davis Hanson
The most striking thing about Britain’s break with the EU is this: it’s the poor wot done it. Council-estate dwellers, Sun readers, people who didn’t get good GCSE results (which is primarily an indicator of class, not stupidity): they rose up, they tramped to the polling station, and they said no to the EU. It was like a second peasants’ revolt, though no pitchforks this time. The statistics are extraordinary. The well-to-do voted Remain, the down-at-heel demanded to Leave. The Brexiteer/Remainer divide splits almost perfectly, and beautifully, along class lines. (…) of the 50 areas of Britain that have the highest number of people in social classes D and E — semi-skilled and unskilled workers and unemployed people — only three voted Remain. Three. That means 47 very poor areas, in unison, said no to the thing the establishment insisted they should say yes to. Let’s make no bones about this: Britain’s poor and workless have risen up. And in doing so they didn’t just give the EU and its British backers the bloodiest of bloody noses. They also brought crashing down the Blairite myth of a post-class, Third Way Blighty, where the old ideological divide between rich and poor did not exist, since we were all supposed to be ‘stakeholders’ in society. Post-referendum, we know society is still cut in two, not only by economics but by politics too. This isn’t just about the haves and have-nots: it’s a war of views. The wealthier sections of society like it when politics involves detached cosmopolitan institutions and the poorer people don’t. The less well-off have just asserted their stake in society and the chattering classes — who peddled all the nonsense about a ‘stakeholder society’ in the first place — aren’t happy about it. This peasants’ revolt has sent shockwaves through the elite and, like anthropologists investigating some mysterious tribe, they’re now frantically trying to work out why it happened. They’ve come up with two answers — one fuelled by rage, the other by something worse: pity. The ragers say the plebs voted Leave because they’re a bit racist and got hoodwinked by the shiny, xenophobic demagoguery of the likes of Nigel Farage. This idea — that the poor are easy prey for demagogues — is the same claptrap the Chartists had to put up with in the 1840s. Their snooty critics frequently told them that, since the poor do not have a ‘ripened wisdom’ they are ‘more exposed than any other class… to be converted to the vicious ends of faction’. Now, the metropolitan set once again accuse the little people of exactly the same thing. Surveys, however, dent this claim that the anti-EU throng was driven by disdain for foreigners. In a post-vote ComRes poll, only 34 per cent of Leave voters cited concern about immigration as their main reason for voting out (and concern about immigration isn’t necessarily racism). A majority, 53 per cent, said they rejected the EU because they think Britain should make its own laws. So this swath of the country, defamed as a brainless pogrom-in-waiting, was actually voting for democracy. Then came the pitiers. Their diagnosis was a therapeutic one: that the less well-off suffered a spasm of anger. That they felt so ignored they decided to lash out crazily, but understandably. Don’t be sucked in by this seemingly caring, Oprah-esque analysis of the masses, for it is also a way of demeaning their democratic choice by treating it as a primal scream rather than a political statement. It turns a conscious rebellion against the establishment outlook into a soppy plea for more listening exercises. But my take, from talking to numerous Leave voters, is not that they feel slighted by the political class but that they oppose it. Their concern isn’t that the elite is ignoring them but rather that it is interfering too much. They are sick of being castigated for their way of life. People have a strong sense of being ruled over by institutions that fundamentally loathe them, or at least consider them to be in dire need of moral and social correction. (…) They feel patronised, slandered and distrusted, not ignored. They feel their working-class culture and attitudes are viewed with contempt. These are the kind of people looked upon by officialdom as unhealthy and un-PC, too rowdy at the football, too keen to procreate, too fond of booze, too sweary: too attached to the idea of England. This rebellion wasn’t caused by racism or a paroxysm of infantile anger. It was considered. The workers spied an opportunity to take the elite that despises them down a peg or two — and they seized it. They asserted their power, and in the process, blimey: they changed the world. Brendan O’Neill

 C’est les sans-dents, imbécile !

Au lendemain du fiasco électoral que l’on sait …

Comment ne pas voir avec le Spectator et les fameux tableaux vivants de Red Saunders

Derrière la folie tant d’un système de décision

Que de responsables politiques particulièrement irresponsables

Et loin des explications faciles de nos belles âmes et de nos beaux esprits …

La même hypocrisie et le même mépris face à des masses laborieuses prétendument racistes et rétrogades

Qui avaient inspiré il y a quelque 600 ans …

Toute une génération de survivants de la Peste noire …

Paysans mais surtout artisans et membres frustrés du clergé ou de la noblesse …

Poussés à bout par la levée de nouvelles taxes pour financer la Guerre dite de cent ans …

A marcher sur Londres jusqu’à faire vaciller un moment  le pouvoir royal lui-même ?

Brexit voters are not thick, not racist: just poor
By forcing Britain to quit the EU they have given a bloody nose to an elite that views them with contempt
Brendan O’Neill
The Spectator
2 July 2016

The most striking thing about Britain’s break with the EU is this: it’s the poor wot done it. Council-estate dwellers, Sun readers, people who didn’t get good GCSE results (which is primarily an indicator of class, not stupidity): they rose up, they tramped to the polling station, and they said no to the EU.

It was like a second peasants’ revolt, though no pitchforks this time. The statistics are extraordinary. The well-to-do voted Remain, the down-at-heel demanded to Leave. The Brexiteer/Remainer divide splits almost perfectly, and beautifully, along class lines. Of local authorities that have a high number of manufacturing jobs, a whopping 86 per cent voted Leave. Of those bits of Britain with low manufacturing, only 42 per cent did so. Of local authorities with average house prices of less than £282,000, 79 per cent voted Leave; where house prices are above that figure, just 28 per cent did so. Of the 240 local authorities that have low education levels — i.e. more than a quarter of adults do not have five A to Cs at GCSE — 83 per cent voted Leave. Then there’s pay, the basic gauge of one’s place in the pecking order: 77 per cent of local authorities in which lots of people earn a low wage (of less than £23,000) voted Leave, compared with only 35 per cent of areas with decent pay packets.

It’s this stark: if you do physical labour, live in a modest home and have never darkened the door of a university, you’re far more likely to have said ‘screw you’ to the EU than the bloke in the leafier neighbouring borough who has a nicer existence. Of course there are discrepancies. The 16 local authorities in Scotland that have high manufacturing levels voted Remain rather than Leave. But for the most part, class was the deciding factor in the vote. This, for me, is the most breathtaking fact: of the 50 areas of Britain that have the highest number of people in social classes D and E — semi-skilled and unskilled workers and unemployed people — only three voted Remain. Three. That means 47 very poor areas, in unison, said no to the thing the establishment insisted they should say yes to.

Let’s make no bones about this: Britain’s poor and workless have risen up. And in doing so they didn’t just give the EU and its British backers the bloodiest of bloody noses. They also brought crashing down the Blairite myth of a post-class, Third Way Blighty, where the old ideological divide between rich and poor did not exist, since we were all supposed to be ‘stakeholders’ in society. Post-referendum, we know society is still cut in two, not only by economics but by politics too. This isn’t just about the haves and have-nots: it’s a war of views. The wealthier sections of society like it when politics involves detached cosmopolitan institutions and the poorer people don’t. The less well-off have just asserted their stake in society and the chattering classes — who peddled all the nonsense about a ‘stakeholder society’ in the first place — aren’t happy about it.

This peasants’ revolt has sent shockwaves through the elite and, like anthropologists investigating some mysterious tribe, they’re now frantically trying to work out why it happened. They’ve come up with two answers — one fuelled by rage, the other by something worse: pity. The ragers say the plebs voted Leave because they’re a bit racist and got hoodwinked by the shiny, xenophobic demagoguery of the likes of Nigel Farage.

This idea — that the poor are easy prey for demagogues — is the same claptrap the Chartists had to put up with in the 1840s. Their snooty critics frequently told them that, since the poor do not have a ‘ripened wisdom’ they are ‘more exposed than any other class… to be converted to the vicious ends of faction’. Now, the metropolitan set once again accuse the little people of exactly the same thing.

Surveys, however, dent this claim that the anti-EU throng was driven by disdain for foreigners. In a post-vote ComRes poll, only 34 per cent of Leave voters cited concern about immigration as their main reason for voting out (and concern about immigration isn’t necessarily racism). A majority, 53 per cent, said they rejected the EU because they think Britain should make its own laws. So this swath of the country, defamed as a brainless pogrom-in-waiting, was actually voting for democracy.

Then came the pitiers. Their diagnosis was a therapeutic one: that the less well-off suffered a spasm of anger. That they felt so ignored they decided to lash out crazily, but understandably. Don’t be sucked in by this seemingly caring, Oprah-esque analysis of the masses, for it is also a way of demeaning their democratic choice by treating it as a primal scream rather than a political statement. It turns a conscious rebellion against the establishment outlook into a soppy plea for more listening exercises.

But my take, from talking to numerous Leave voters, is not that they feel slighted by the political class but that they oppose it. Their concern isn’t that the elite is ignoring them but rather that it is interfering too much. They are sick of being castigated for their way of life. People have a strong sense of being ruled over by institutions that fundamentally loathe them, or at least consider them to be in dire need of moral and social correction.

In Burnt Oak, the tiny working-class suburb in north-west London where I grew up, it wasn’t hard to find Leave voters, even though the borough, Barnet, voted Remain by 100,000 to 61,000 votes. All said a similar thing: ‘They look down on us.’ Everyone I spoke to said they’d had a gutful of being branded racist simply because they feel British. To prove that foreigner-bashing isn’t their thing, many of them point out that they work and socialise with Romanians (of whom there are huge numbers in Burnt Oak).

They feel patronised, slandered and distrusted, not ignored. They feel their working-class culture and attitudes are viewed with contempt. These are the kind of people looked upon by officialdom as unhealthy and un-PC, too rowdy at the football, too keen to procreate, too fond of booze, too sweary: too attached to the idea of England.

This rebellion wasn’t caused by racism or a paroxysm of infantile anger. It was considered. The workers spied an opportunity to take the elite that despises them down a peg or two — and they seized it. They asserted their power, and in the process, blimey: they changed the world.

Voir aussi:

The London Riots 1381: The blood-soaked uprising which changed the face of England forever
Professor John Gillingham
The Daily Mail
30 September 2011

They make for a rag-tag army. One of them is an elderly shepherd armed with nothing more deadly than his crook, another is a young boy who clings for protection to the drum with which he has bravely set the pace of their advance.

Nearby, a fierce-looking youth is spattered with blood from the severed head he carries on top of a long pole.

Others brandish the flaming torches with which they have set London ablaze, and in front of them stands a  thick-set brute, his face glistening with sweat from the battles recently won and his sword drawn ready for those that lie ahead.

Rag-tag army: The Peasants’ Revolt of 1381 was the uprising that saw tens of thousands of England’s poorest countrymen come close to overthrowing the establishment
It is this man, Wat Tyler, whose name will go down in history. As leader of the Peasants’ Revolt of 1381, he will be remembered for the uprising that saw tens of thousands of his poorest countrymen come close to overthrowing the establishment.

Until now, we have had only the illustrations in history books to help  us picture their struggle. But thanks  to the work of British photographer  Red Saunders, we can come closer than ever to appreciating their deadly determination.

Saunders specialises in photographing huge tableaux vivants, living pictures in which dozens of actors recreate key moments in British history.

His latest creations, showcased in a new exhibition in Bradford, include this depiction of the Peasants’ Revolt, and it offers many fascinating insights into why the uprising happened — and why it took the bloody course that it did.

The first lies in the extraordinary array of weapons featured in the photograph. Alongside the swords and pikes, whose steel glints in the fiery glow over London, we see pick-axes, pitchforks and scythes more usually wielded on farms, but put to lethal new use as implements of death.

This reminds us that the insurgents were not political saboteurs, but ordinary men and women, usually content to fight only the elements as they struggled to make a living from the land, but driven to mutiny and murder by the actions of their over-bearing and greedy rulers.

Just 30 years previously, the Black Death had killed a third of the population — which then numbered between two and three million.

Many of those depicted in the photograph will have lost family or friends to a catastrophe unimaginable by modern standards.

Though it would not have helped these peasants in their grief, there was one ‘benefit’ of this sudden cull of much of the nation’s workforce. With fewer labourers to work the land, demand for their services was all  the higher.

Their wages should have risen accordingly, but in the years leading up to the Peasants’ Revolt a series of statutes were introduced imposing an ungenerous limit on the wages farm labourers could be paid.

On top of this were the frustrations  of serfdom, the centuries-old practice by which some peasants were still forced to work part of the time free of charge for their rich and powerful landlords.

And then there was the introduction of a series of poll taxes to help fund the latest wars with France.

Everyone had to pay a shilling — a pittance for the ruling classes, but a significant amount for those bound to them in serfdom.

As if this was not provocative enough, the commissioners sent out to enforce these payments often abused their power, particularly when it came to investigating whether young girls in a household were over 15, the age at which the poll tax became payable.

Frightened girls were forced to lift their skirts while these officials examined them for signs of maturity and sexual experience. If a girl was no longer a virgin, she was deemed old enough to pay the poll tax, whether she had reached 15 or not.

Such outrages fomented public opinion, and matters appear to have reached a tipping point in May 1381, following the visit of a tax collector to the Essex village of Fobbing.

Fascinating insight: Just 30 years previously, the Black Death killed a third of the population. Many of those in the image will have lost family or friends to the catastrophe

The residents took great umbrage at his presence and threw him out, later giving the same treatment to soldiers sent to re-establish law and order by the 14-year-old Richard II.

Unrest spread quickly throughout the South-East. The following month, a group of men marched on Rochester Castle in Kent and freed a man imprisoned for refusing to work as a serf.

They were led by Wat Tyler, a man we know little about except that, as his name suggests, he may have been a roofer by trade.

The efficiency with which he led his forces suggests he had experience as a soldier, perhaps as part of a militia raised by the local lord to join in the war against France.

Deadly: As the drunken in this part of the image suggests, some of the rebels liked a drink. A few were burnt to death when they became too inebriated to escape fire
Soon there were two great  peasant armies marching on London — one led by Tyler, the other a  contingent from Essex under the command of a man called Jack Straw, most likely a thatcher.

Many thousands in number, their ranks included trained soldiers, as suggested by the photograph, but there were many civilians, too, including those like the blood-smeared blacksmith seen on Wat Tyler’s right, the understandably fearful-looking shepherd next to the drummer boy, and the young farmhand placing a protective arm around his pregnant wife, who is presumably a camp follower.

In the words of medieval poet John Gower: ‘Savage hordes approached the city like waves of the sea/At their head a peasant captain urged the madmen on/With cruel eagerness for slaughter, he shouted: “Burn and Kill.” ’

En route, they destroyed many tax records and registers, and beheaded several tax officials who tried to stop them.

Their march must have been a  terrifying prospect for the nation’s rulers, but it’s important to understand these people were not rising up against the young King. They were patriots, as suggested by the flag of St George on the right of the photograph.

Indeed, the Kent contingent gave instructions that no one living within ten miles of the South Coast was allowed to join them because these men were needed to repel any French invaders who might take advantage of their absence.

Their argument was with the King’s advisers and, with the help of Londoners who opened the gates of the city for them, they began their attacks on those they believed responsible for their oppression.

Along the way, their targets included many lawyers, as representatives of the judicial system that had kept peasants in serfdom and wages low — it is perhaps one of these unfortunates whose head is being paraded so proudly by the rebels in the photograph.

Soon they reached their ultimate prize, the Palace of Savoy, the  official residence of John of Gaunt, the King’s uncle and the real power behind the throne.

It is this great fortress — where the Savoy hotel stands today — that can be seen burning in the picture.

Luckily for John of Gaunt, he was away at the time, dealing with border disputes in Scotland, for he would almost certainly have been executed, too.

As it was, his palace was virtually destroyed though not, it’s interesting to note, looted.

As the drunken man to the right of the photograph suggests, some of the rebels liked a drink. A few of them were burnt to death when they invaded the palace’s wine  cellar and became too inebriated to escape the flames from a fire started by their fellow peasants.

But when another raider stole a piece of silver from the treasury and tried to hide it, his companions threw both it and him into the fire, saying they were lovers of truth and justice, not thieves.

The sack of the Savoy Palace must have been an electrifying moment for the rebels. Soon they went on to storm the Tower of London, seizing and beheading the Archbishop of Canterbury and the Prior of St John’s, Clerkenwell.

This was not because these two unfortunates were churchmen, but because they held high political office, being the equivalent of the prime minister and Chancellor of the Exchequer today.

Historical ‘evidence’: Leveller Women in the English Revolution, 1647 is another of Red Saunders’ ‘tableaux vivants’ which recreates famous – and not so famous – scenes from the past
To avoid further trouble, the King agreed to meet Tyler in Smithfield, just outside the eastern city walls.

Whether or not this was a deliberate trap has been debated ever since, but during the meeting the Mayor of London, outraged by Tyler’s demands and his arrogant manner when talking to the King, drew his dagger and stabbed him in the neck.

The rebel leader was taken to St Barts hospital but, on the Mayor’s orders, he was dragged from his bed and beheaded.

Suddenly, the revolt was over, just a few days after it began, and 150 of the protesters were later hanged for treason.

Yet the revolt had not been entirely in vain. The poll tax was abolished soon afterwards and it would be another 300 years before the ministers of Charles I would attempt to reintroduce it.

Successive governments, it seemed, were haunted by the ‘people power’ demonstrated during the Peasants’ Revolt. Looking at the rather fearsome bunch of characters assembled in this photograph, it’s easy to understand why.

Voir également:

Anti-Brexit Elites Aren’t the Ones Who Suffer from Their Policies
Victor Davis Hanson
National Review Online
July 1, 2016

Following the Brexit, Europe may witness even more plebiscites against the undemocratic European Union throughout the continent.

The furor of ignored Europeans against their union is not just directed against rich and powerful government elites per se, or against the flood of mostly young male migrants from the war-torn Middle East. The rage also arises from the hypocrisy of a governing elite that never seems to be subject to the ramifications of its own top-down policies. The bureaucratic class that runs Europe from Brussels and Strasbourg too often lectures European voters on climate change, immigration, politically correct attitudes about diversity, and the constant need for more bureaucracy, more regulations, and more redistributive taxes.

But Euro-managers are able to navigate around their own injunctions, enjoying private schools for their children; generous public pay, retirement packages and perks; frequent carbon-spewing jet travel; homes in non-diverse neighborhoods; and profitable revolving-door careers between government and business.

The Western elite classes, both professedly liberal and conservative, square the circle of their privilege with politically correct sermonizing. They romanticize the distant “other” — usually immigrants and minorities — while condescendingly lecturing the middle and working classes, often the losers in globalization, about their lack of sensitivity.

On this side of the Atlantic, President Obama has developed a curious habit of talking down to Americans about their supposedly reactionary opposition to rampant immigration, affirmative action, multiculturalism, and political correctness — most notably in his caricatures of the purported “clingers” of Pennsylvania.

Yet Obama seems uncomfortable when confronted with the prospect of living out what he envisions for others. He prefers golfing with celebrities to bowling. He vacations in tony Martha’s Vineyard rather than returning home to his Chicago mansion. His travel entourage is royal and hardly green. And he insists on private prep schools for his children rather than enrolling them in the public schools of Washington, D.C., whose educators he so often shields from long-needed reform.

In similar fashion, grandees such as Facebook billionaire Mark Zuckerberg and Univision anchorman Jorge Ramos do not live what they profess. They often lecture supposedly less sophisticated Americans on their backward opposition to illegal immigration. But both live in communities segregated from those they champion in the abstract.

The Clintons often pontificate about “fairness” but somehow managed to amass a personal fortune of more than $100 million by speaking to and lobbying banks, Wall Street profiteers, and foreign entities. The pay-to-play rich were willing to brush aside the insincere, pro forma social-justice talk of the Clintons and reward Hillary and Bill with obscene fees that would presumably result in lucrative government attention.

Consider the recent Orlando tragedy for more of the same paradoxes. The terrorist killer, Omar Mateen — a registered Democrat, proud radical Muslim, and occasional patron of gay dating sites — murdered 49 people and wounded even more in a gay nightclub. His profile and motive certainly did not fit the elite narrative that unsophisticated right-wing American gun owners were responsible because of their support for gun rights.

No matter. The Obama administration and much of the media refused to attribute the horror in Orlando to Mateen’s self-confessed radical Islamist agenda. Instead, they blamed the shooter’s semi-automatic .223 caliber rifle and a purported climate of hate toward gays.

Many Americans were bewildered by the logic. It’s reasonable to conclude that the shooter was conflicted over his religion’s strict prohibitions about his lifestyle — and especially the American brand of tolerance as exemplified by the nightclub. Mateen’s immigrant father from Afghanistan is a crude homophobe who had praised the murderous Taliban. Mateen somehow had cleared all background checks and on at least two occasions had been interviewed and dismissed by the FBI.

In sum, elites ignored the likely causes of the Orlando shooting: the appeal of ISIS-generated hatred to some young, second-generation radical Muslim men living in Western societies, and the politically correct inability of Western authorities to short-circuit that clear-cut connection.

Instead, the establishment all but blamed Middle America for supposedly being anti-gay and pro-gun.

In both the U.S. and Britain, such politically correct hypocrisy is superimposed on highly regulated, highly taxed, and highly governmentalized economies that are becoming ossified and stagnant.

The tax-paying middle classes, who lack the romance of the poor and the connections of the elite, have become convenient whipping boys of both in order to leverage more government social programs and to assuage the guilt of the elites who have no desire to live out their utopian theories in the flesh.

America’s version of the British antidote to elite hypocrisy is the buffoonish populist Donald Trump. Like the architects of Brexit, he arose not from what he was for, but what he said he was against.

Voir encore:

Le Brexit face à Bruxelles, c’est l’Eglise anglicane face au Vatican
Pierre-Henri d’Argenson
Le Figaro
01/07/2016

FIGAROVOX/TRIBUNE : Pour Pierre-Henri d’Argenson, le Brexit ressemble à la fondation de l’Eglise anglicane par Henry VIII. Portant le «religieux projet européen, Mgr Juncker, évêque de Bruxelles, rêve d’apporter la paix libérale au monde et de suspendre l’histoire».

Pierre-Henri d’Argenson est haut-fonctionnaire, titulaire d’un master de politique européenne ( London School of Economics), fin connaisseur des affaires européennes et ancien maître de conférences à Sciences Po Paris en Questions internationales.

L’Union européenne est calquée, dans son essence, sur l’Eglise de Rome et sur le fonctionnement de la foi catholique (dans sa période moyen-âgeuse): dirigée par un pape président de la Commission européenne désigné et contrôlé par la Curie des Etats-membres, elle est la gardienne d’un dogme profane intransigeant dont elle contrôle la stricte observance par ses fidèles à travers l’Europe, sous peine de procès en hérésie et de mises à l’index.

Il est donc évident, pour qui se penche sur le temps long de l’histoire européenne, que le Brexit a un sens éminemment religieux: c’est le remake de la fondation de l’Eglise anglicane. Ainsi vit-on David Cameron, nouvel Henry VIII, exiger en vain de la Commission, Vatican des européistes, qu’elle accorde au Royaume-Uni le droit de divorcer de certains de ses règlements, de la même façon que le souverain anglais avait tenté de faire annuler son mariage avec Catherine d’Aragon pour épouser Anne Boleyn. L’intransigeance du pape Clément VII

le Brexit a un sens éminemment religieux : c’est le remake de la fondation de l’Eglise anglicane. Ainsi vit-on David Cameron, nouvel Henry VIII, exiger en vain de la Commission, Vatican des européistes, qu’elle accorde au Royaume-Uni le droit de divorcer de certains de ses règlements.
n’eut d’égal que celle de l’évêque de Bruxelles Jean-Claude Juncker vis-à-vis des demandes britanniques, la première provoquant la rupture avec la papauté par l’édiction en 1534 de l’Acte de suprématie qui fit du roi d’Angleterre le chef suprême de son Eglise, la seconde amenant les Britanniques à quitter l’Union européenne.

Le désarroi qui saisit les Britanniques à la suite du Brexit est d’ailleurs absolument similaire aux doutes qui traversèrent l’Angleterre du XVIème siècle et qui amenèrent Marie Tudor, fille d’Henry VIII, à vainement tenter de restaurer le catholicisme, provoquant à cette occasion de nombreuses violences. C’est peut-être le souvenir inconscient de ces évènements qui poussa David Cameron, pour couper court à tout contre-Brexit belliqueux mais vain, à proclamer haut et fort que ce dernier était définitif.

Si l’on admet la similitude de nature entre le dogme bruxellois et le catéchisme romain, alors le Brexit emporte une signification plus profonde, qui nous emmène au-delà de l’épopée d’Albion. L’idéologie européenne doit en effet son succès à l’essence millénariste de son projet: faire advenir le Royaume de la paix sur l’Europe, pour se donner en exemple à imiter dans le monde entier ; et pour cela, en terminer, une fois pour toutes, avec l’Histoire. Seul le libéralisme intégral prôné par Bruxelles peut accueillir une telle ambition, et une telle dévotion, en tant qu’il se propose de remplacer l’homme d’avant, attaché à sa terre, à sa foi, à ses valeurs, à sa culture, à sa liberté politique, autant de forces qui actionnent les leviers tragiques de l’Histoire, par un homme nouveau, qui ne serait plus animé que par une seule préoccupation: la satisfaction consumériste de ses besoins.

L’idéologie européenne doit en effet son succès à l’essence millénariste de son projet : faire advenir le Royaume de la paix sur l’Europe, pour se donner en exemple à imiter dans le monde entier ; et pour cela, en terminer, une fois pour toutes, avec l’Histoire.
Le marché européen pourrait donc, dans cette optique, remplacer le politique et ses disputes surannées, et offrir enfin aux hommes européens le Saint Graal de la fin de l’Histoire: l’avènement d’un monde immobile vitrifié par l’échange marchand. La loi de l’offre et de la demande, qui donnerait à tout désir son juste prix, pourrait enfin stopper le cours des guerres, la marche des siècles, voire l’expansion de l’univers.

Mais voilà que patatras, le Royaume-Uni vient, à son corps défendant, de briser le mythe! Voilà que l’ «Anglois abominatif», qui a nourri en son sein les pères de l’Eglise du libre-échange (David Ricardo), de la toute-puissance du marché (Adam Smith) et de l’utilitarisme (Jeremy Bentham), piliers idéologiques et religieux de l’Europe de la CECA (ancien testament), du traité de Rome (évangile), de l’Acte (de l’apôtre) unique et de toutes ses directives (canoniques), a subitement décidé de redémarrer l’Histoire, comme on le ferait du moteur poussiéreux d’une vieille Bentley décapotable qui n’aurait ni la climatisation ni le radar de parking, mais qui nous rendrait nos vingt ans et le goût de l’aventure. Ce qu’ont exprimé les Britanniques, ce n’est pas tant le souhait de reprendre leur indépendance vis-à-vis d’une Europe dont il font de toute façon partie que de rompre avec l’idéologie mortifère par laquelle Bruxelles essaie de convaincre les peuples, depuis près de soixante ans, qu’il doivent cesser de désirer quoique ce soit d’autre que de prier dans les supermarchés. Je n’ai aucune fascination pour le tragique de l’Histoire, dont ma famille a, comme beaucoup d’autres, payé le prix. Mais cette Histoire enseigne justement que les plus grandes utopies de paix définitive ont engendré, au nom du Bien et du Progrès, les plus vilains massacres. La vie est mouvement, et les hommes de paix valent mieux que tous les petits livres.

C’est vrai, finalement, ce Brexit a le goût du péché, et il n’est sûrement pas très raisonnable. Mais Dieu qu’il fait du bien!

Voir de plus:

Alain Finkielkraut : « Nul n’est prêt à mourir pour l’Europe »
Sans essayer de deviner quelle sera la suite pour l’UE et le Royaume-Uni, le philosophe explique les raisons du désaveu anglais de la cause européenne.
Propos recueillis par Saïd Mahrane

Le Point

30 juin 2016

Le Point : Le Brexit n’est-il pas, selon vous, la preuve de la difficulté pour les peuples d’éprouver un sentiment à la fois national et européen ?

Alain Finkielkraut : Le Brexit sera-t-il un choc salutaire ou le début de la fin d’une grande aventure collective ? Je n’ai pas de réponse. Mais, ce que je peux d’ores et déjà affirmer, c’est que les eurocrates ne l’ont pas volé, car ils se sont acharnés à faire de l’Union européenne le cheval de Troie de la déseuropéanisation. Ces politiciens et ces fonctionnaires ne se vivent pas comme les dépositaires d’une grande civilisation, mais comme les héritiers du « plus jamais ça » : plus jamais la guerre, plus jamais le racisme hitlérien ni colonial. Pour éviter le retour des discours ou des comportements maléfiques, ils emploient donc les grands moyens. Ils refusent d’incarner l’Europe, par son histoire, ses paysages, ses monuments, ses villes, ses cafés, ses œuvres, une forme de vie, un mode de présence sur Terre, car ce serait tracer une ligne de partage entre un dedans et un dehors, entre un nous et un eux. Ils ne veulent pas mettre le doigt dans cet engrenage fatal. Ils effacent donc le passé. Ils s’offensent, avec Pierre Moscovici, quand on parle des racines chrétiennes de l’Europe. Le « plus jamais ça » exige que l’Europe ne soit rien de substantiel, qu’elle n’affirme que des valeurs, qu’elle ne se définisse que par des droits et des procédures, afin de pouvoir s’ouvrir sans discrimination à tous et à tout. C’est ce que disait textuellement le grand sociologue allemand Ulrich Beck.

Mais beaucoup d’intellectuels de votre génération, qui ont grandi avec le récit traumatique de la Seconde Guerre mondiale, pensent précisément comme Ulrich Beck…

J’aurais moi-même pu penser de la sorte si je n’avais pas croisé la route de grands écrivains d’Europe centrale : Czeslaw Milosz, Kazimierz Brandys et surtout Milan Kundera. Ce sont eux qui ont fait de moi un Européen. Face au communisme russe, ils ne défendaient pas seulement la démocratie et les droits de l’homme, ils défendaient aussi une civilisation. L’Europe était leur identité. Ils m’ont réveillé de mon universalisme facile et ils m’ont fait comprendre que le passé de l’Europe ne se réduisait pas à ses crimes.

Comment dépasser ces traumatismes historiques qui, selon vous, interdisent la transmission de l’héritage européen ?

Il ne faut pas faire le cadeau de l’Europe à Hitler. L’Allemagne, c’est Bach, Goethe, Caspar Friedrich. De même, l’histoire de France ne se réduit pas à la collaboration ou à la guerre d’Algérie. Avec le sens de la continuité historique, les peuples européens doivent retrouver la véritable signification de l’hospitalité. Être hospitalier, c’est offrir quelque chose à celui qu’on reçoit. D’où le rôle névralgique de l’école.

Quand on habite dans une cité ouvrière d’Everton, dans le nord de l’Angleterre, ou dans une zone périurbaine en France, cet héritage est difficilement perceptible à l’œil nu…

La veille du référendum, j’ai vu un reportage sur la ville de Peterborough, en Angleterre. On découvrait des rues commerçantes avec des magasins afghans, pakistanais et polonais. Les habitants disaient que les Britanniques étaient désormais minoritaires et on apprenait qu’il n’y avait plus qu’un seul pub dans toute la ville. J’ai pris conscience, en regardant ces images, de la nouvelle grande division des sociétés européennes. Elles se partagent désormais entre les planétaires et les sédentaires, les globaux et les locaux, les hors-sol et les autochtones. Les premiers sont non seulement mieux lotis économiquement, mais ils se croient politiquement et moralement supérieurs. Ils traitent les autochtones de « ploucs », voire de « salauds », ils soulignent élégamment leur âge avancé, ils font tomber sur eux le triple diagnostic d’europhobie, de xénophobie et de passéisme, alors même que, ce qu’ils leur opposent, c’est un cosmopolitisme de galerie marchande et, en guise de déracinement, une complète absorption dans les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Le village global est un village, avec ses fausses évidences, ses œillères, sa mentalité étriquée. Les pubs font partie intégrante de la civilisation européenne. Ils sont la version anglaise du café. Ceux qui refusent la transformation de l’Angleterre ne sont pas antieuropéens, ils veulent juste que l’Angleterre reste l’Angleterre et que l’Europe reste l’Europe.

Certes, mais durant cette campagne, une hostilité s’est manifestée à l’endroit du travailleur polonais, qui est blanc, européen, chrétien…

L’immigration a été un thème central de la campagne britannique, mais ce serait le cas dans tous les pays européens qui choisiraient la voie du référendum. L’Union européenne a voulu combiner la morale humanitaire et l’intérêt économique. Puisque nos pays se dépeuplent et vieillissent, elle a cru qu’il suffisait d’importer les enfants et les travailleurs qu’ils n’ont plus. Mais les hommes ne sont pas interchangeables. Il y a des mondes, il y a des civilisations. L’autarcie n’est certes pas la solution, les frontières ne doivent pas devenir hermétiques. Il reste que, comme l’a écrit un grand philosophe américain de gauche, Michael Walzer : « Abattre les murs de l’État, ce n’est pas créer un monde sans murs, c’est créer un millier de petites forteresses. » Nous voyons les sociétés européennes se fragmenter en communautés hostiles. Même si la libre circulation des personnes à l’intérieur de l’espace européen ne pose pas les mêmes problèmes que l’immigration arabo-musulmane, il faut savoir respecter les proportions.

Que vous inspire cette phrase de Stefan Zweig : « L’égoïsme sacré du nationalisme restera toujours plus accessible à la moyenne des individus que l’altruisme sacré du sentiment européen » ?

Je ne considère pas que le fait de vouloir être majoritaire dans son propre pays relève de l’égoïsme. C’est une aspiration absolument légitime, qu’il est absurde de criminaliser. Dans son article capital Un Occident kidnappé, la tragédie de l’Europe centrale, Milan Kundera raconte qu’en septembre 1956, le directeur de l’agence de presse de Hongrie envoya par télex dans le monde entier ce message sur l’offensive russe déclenchée contre Budapest et qui allait écraser son bureau : « Nous mourrons pour la Hongrie et pour l’Europe. » Il affirmait d’un même souffle son identité nationale et son identité européenne.

Alors, précisément, qui serait prêt aujourd’hui à mourir pour l’Europe ?

Il faut arrêter de se payer de mots : nul n’est prêt à mourir. Mais on peut vouloir se défendre. Si renaît le patriotisme en France, si les bobos de la génération Bataclan en viennent à se réconcilier avec le drapeau tricolore et l’hymne national, c’est parce que notre pays est attaqué et, par-delà notre pays, l’Occident « idolâtre », « impie », « dominé par les juifs ». La découverte de cette fragilité peut faire renaître un sentiment européen. Mais nous payons aussi l’enseignement de l’oubli. La culture occupe une place de plus en plus réduite dans nos sociétés. J’éprouve un sentiment de tristesse, d’accablement lorsque je regarde le concours de l’Eurovision. L’Europe, c’était le maximum de diversité dans le minimum d’espace ; l’Eurovision, c’est l’apothéose de l’uniformité. Tous les chanteurs hurlent en anglais et leurs musiques sont devenues indiscernables. L’Europe se vide d’elle-même.

D’aucuns, tel Daniel Cohn-Bendit, considèrent que l’exaltation de l’identité nationale dessert la cause européenne. Vous sentez-vous fautif ?

Absolument pas. Durant dix ans j’ai dirigé une revue intitulée Le Messager européen. J’ai publié notamment un très beau texte de Ludvik Vaculik, l’un des grands protagonistes du printemps de Prague. Il y disait notamment que « c’est par les différences de langue, de foi, de métier que l’Européen a cultivé sa personnalité ». Cette personnalité multiple ne doit pas mourir. Défaire l’Europe pour faire l’Europe, ce n’est pas le bon chemin.

Qu’y a-t-il de commun, selon vous, entre un Irlandais et un Grec ?

Yeats et Cavafy [William Butler Yeats et Constantin Cavafy, poètes irlandais et grec : NDLR].

Très élitiste !

C’est élitiste, car l’école ne fait plus son travail. L’enseignement humaniste a créé l’Europe. Nous aurions dû rester fidèles à cette inspiration. Mais la culture, si longtemps garante de l’unité de l’Europe, est maintenant chassée de partout, même des billets de banque, qui ne représentent plus que des aqueducs ou des ponts.

La langue n’est-elle pas un frein définitif au sentiment d’appartenance européen ? Hannah Arendt disait : « Chaque langue a une façon d’interpréter le monde et les grandes énigmes, produit des investissements imaginaires qui lui sont propres. Elle crée un trait identitaire entre les personnes qui la parlent. C’est une façon de voir et de sentir. »

La pluralité est essentielle à l’Europe. Pluralité des langues et des nations. En même temps, il existe une histoire commune : la Bible, la Grèce, Rome, la féodalité, la Renaissance, la Réforme, les Lumières et le romantisme. De là vient qu’un Français éprouve, en Italie ou aux Pays-Bas, un sentiment mêlé d’étrangeté et de familiarité, de dépaysement et de reconnaissance.

Peut-on faire, selon vous, un lien entre le vote pro-Brexit, le vote trumpiste et le vote lepéniste ?

J’ai vu que Donald Trump, allant inaugurer un golf en Écosse, s’est réjoui du vote britannique. Mais il représente autre chose : il est la Némésis du politiquement correct. Goya a dessiné une gravure intitulée Le sommeil de la raison engendre des monstres. On pourrait adapter cette formule à notre situation : le déni de réalité produit des monstres comme Trump. Si le danger islamiste n’est pas nommé surgit un candidat républicain qui souhaite interdire aux musulmans d’entrer sur le sol américain. Je ne suis pas sûr que le vote anglais relève exactement du même phénomène. Cette vieille démocratie européenne manifeste par ce vote sa volonté de reprendre son destin en main.

Voir par ailleurs:

La polémique sur les « sans-dents » en cinq actes

France tvinfo

 11/09/2014

C’est l’une des révélations de « Merci pour ce moment » les plus dévastatrices pour François Hollande. Depuis la publication du livre, le chef de l’Etat tente d’éteindre la polémique lancée par son ex-compagne Valérie Trierweiler.

« Je suis catastrophé », a-t-il écrit par SMS à une amie. Selon les dires de son entourage, François Hollande a été « atterré » lorsqu’il a appris la publication, à la surprise générale, de Merci pour ce moment, le livre choc de Valérie Trierweiler. Et pour cause : l’ex-Première dame brosse un portrait accablant du chef de l’Etat qui, selon elle, « n’aime pas les pauvres ». Elle lui attribue même une expression hautement polémique, les « sans-dents », pour parler des plus défavorisés.

Une attaque très dure pour un président de gauche. François Hollande s’est dit blessé par la charge de son ancienne compagne, sans toutefois démentir farouchement l’expression. D’après les informations de L’Express, Valérie Trierweiler se dit maintenant prête à fournir les preuves, en cas de procès pour diffamation, de la véracité de ses propos. Retour sur la vraie bombe à retardement de Merci pour ce moment.

Acte 1 : Trierweiler attribue « les sans-dents » à Hollande

La veille de la sortie du récit du passage éphémère de Valérie Trierweiler à l’Elysée, mercredi 3 septembre, l’hebdomadaire Paris Match, employeur de l’ancienne Première dame, publie les bonnes feuilles de l’ouvrage. Parmi les extraits révélés, un passage en particulier retient l’attention. « Il s’est présenté comme l’homme qui n’aime pas les riches, écrit Valérie Trierweiler à propos de François Hollande. En réalité, le président n’aime pas les pauvres. Lui, l’homme de gauche, dit en privé : ‘les sans-dents’, très fier de son trait d’humour. »

Acte 2 : François Hollande s’exprime sur le sujet

Vendredi 5 septembre, à l’issue un sommet de l’Otan à Newport (Royaume-Uni), François Hollande réagit à la publication de Merci pour ce moment« Je n’accepterai jamais, déclare-t-il, que puisse être remis en cause ce qui est l’engagement de toute ma vie. » Et le président de la République d’ajouter, en référence à l’expression « les sans-dents » qui lui est attribuée : « Je suis à leur service, les plus humbles, les plus fragiles, les plus pauvres, c’est ma raison d’être. »

Acte 3 : les proches du président prennent sa défense

Dans la foulée, plusieurs membres de la classe politique contestent les faits rapportés par l’ex-Première dame. C’est « n’importe quoi« , réplique Ségolène Royal, la ministre de l’Ecologie, sur BFMTV« C’est le contraire de l’engagement politique d’un grand responsable de gauche, socialiste. C’est le contraire de son identité politique », poursuit-elle. Pour Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, « le portrait implicite qui est décrit de [François Hollande] n’est absolument pas la réalité que l’on peut percevoir ».

Ségolène Royal estime en outre qu’il faut « juger les hommes politiques sur leurs actes », rappelant « l’attention portée aux plus précaires » en Corrèze, lorsque François Hollande était à la tête du département. Sophie Dessus, actuelle députée de Corrèze, fait même visiter la chambre d’étudiant (spartiate) du chef de l’Etat lorsqu’il était maire de Tulle, en espérant sans doute démontrer la simplicité du président.

Acte 4 : François Hollande se dit blessé par ces attaques

Le 10 septembre, François Hollande tente, à nouveau, d’éteindre la polémique déclenchée par la petite phrase. Dans une interview au Nouvel Observateur, il se défend de ne pas aimer les « pauvres ». « Je ne veux pas qu’on puisse dire ou écrire que je me moque de la douleur sociale, car c’est un mensonge qui me blesse, riposte le chef de l’Etat. Cette attaque sur les pauvres, les démunis, je l’ai vécue comme un coup porté à ma vie tout entière. » Et d’ajouter : « Dans toutes mes fonctions, dans tous mes mandats, je n’ai pensé qu’à aider, qu’à représenter ceux qui souffrent. »

Acte 5 : Valérie Trierweiler dit avoir une preuve

Mais le président ne nie pas, dans cet entretien à l’Obs, avoir employé la formule. Et ce n’est pas un hasard, selon L’Express, puisque Valérie Trierweiler détiendrait la preuve de ce qu’elle avance dans son livre. L’hebdomadaire croit savoir que l’ex-Première dame a ainsi confié à des proches qu’elle pourrait la sortir si besoin. Et potentiellement en cas de procès pour diffamation ?

En outre, l’ancienne compagne de Hollande aurait conservé tous les textos du chef de l’Etat. Ce qui représente « une arme nucléaire entre les mains d’une femme prête à tout pour prendre sa revanche », lâche L’Express.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :