Affaire Theranos: Une montée et une chute qui est loin d’être une licorne (The rise and fall of Theranos illustrates Silicon Valley’s perverse incentives for both investors and consumers)

damelicorne

holmesQuand Elizabeth Holmes était dans les petits papiers de Forbes et Fortune. - DR

La licorne voudra-t-elle te servir, ou demeurera-t-elle à ta crèche? Job 39: 9
Le lion et la licorne se disputaient la couronne Le lion battit la licorne
tout autour de la ville. Lewis Carroll
J’ai des sabots d’ivoire, des dents d’acier, la tête couleur de pourpre, le corps couleur de neige, et la corne de mon front porte les bariolures de l’arc en ciel. Je voyage de la Chaldée au désert tartare, sur les bords du Gange et dans la Mésopotamie. Je dépasse les autruches. Je cours si vite que je traîne le vent. Je frotte mon dos contre les palmiers. Je me roule dans les bambous. D’un bond, je saute les fleuves. Des colombes volent au-dessus de moi. Une vierge seule peut me brider.  Gustave Flaubert (La Tentation de saint Antoine)
On a cru très tard à l’existence de la licorne, alors même que la médecine ou les sciences naturelles avaient fait des grands progrès. Il y a, aujourd’hui encore, des pharmacies qui s’appellent « A la licorne » en référence aux vertus médicinales que l’on prêtait à la poudre de corne de licorne. (…) Elle endosse plusieurs symboles liés à la pureté, la naïveté, tout ce qui disparaît, s’évanouit quand on le cherche sans en être digne. (…) La licorne, c’est l’animal qu’on découvre quand on s’y attend le moins. Michel Pastoureau
Le parc lexico-zoologique des licornes continue de se peupler. Boston Globe
J’aime beaucoup ce nouvel emploi métaphorique de la licorne en tant que modificateur car il contient un élément de surprise, qui rappelle que la chose dont nous sommes en train de parler, un job, un partenaire, etc., n’est pas seulement rare mais n’existe peut-être pas du tout. L’expression “job de rêve” veut théoriquement dire la même chose mais je pense que la notion de rêve est devenue trop commune. Anne Curzan (université du Michigan)
Les images fondées sur les objets qui sont à la fois familiers et exotiques (comme les animaux africains, ou imaginaires) marchent grâce à leur cocasserie. Nous parlons de la politique de l’autruche, […] de zèbres, de dinosaures pour quelque chose d’obsolète, etc. Tout ce qui se niche avec force dans l’esprit des enfants est matière à créer des métaphores dans lesquelles on retrouve la qualité de l’objet. Orin Hargraves
La licorne, parfois nommée unicorne, est une créature légendaire à corne unique. Connue en Occident depuis l’Antiquité grecque par des récits de voyageurs en Perse et en Inde, sous le nom de monocéros, elle est peut-être en partie issue du chamanisme oriental à l’origine du Qilin (ou licorne chinoise) et du récit sanskrit d’Ekasringa. La licorne occidentale se différencie toutefois nettement de sa consœur asiatique par son apparence, son symbolisme et son histoire. Sous l’influence du premier des bestiaires, le Physiologos, les bestiaires médiévaux occidentaux et leurs miniatures la décrivent comme un animal sylvestre très féroce, symbole de pureté et de grâce, attiré par l’odeur de la virginité. Les chasseurs utiliseraient une jeune fille vierge pour la capturer. Sa forme se fixe entre le cheval et la chèvre blanche. La licorne se voit dotée d’un corps équin, d’une barbiche de bouc, de sabots fendus et surtout d’une longue corne au milieu du front, droite, spiralée et pointue, qui constitue sa principale caractéristique comme dans la série de tapisseries La Dame à la licorne. Elle devient l’animal imaginaire le plus important du Moyen Âge à la Renaissance. La croyance en son existence est omniprésente grâce au commerce de sa corne et à sa présence dans certaines traductions de la Bible. Des objets présentés comme d’authentiques « cornes de licorne » s’échangent à prix d’or, crédités du pouvoir de purifier les liquides des poisons et de guérir la plupart des maladies. Peu à peu, on découvre qu’il s’agit en réalité de dents de narval, un mammifère marin arctique. Il est admis que les multiples descriptions de licornes dans les récits de voyages correspondent aux déformations d’animaux réels, comme le rhinocéros et l’antilope. La croyance en l’existence de la licorne reste toutefois discutée jusqu’au milieu du XIXe siècle et de tous temps, cette bête légendaire intéresse des théologiens, médecins, naturalistes, poètes, gens de lettres, ésotéristes, alchimistes, psychologues, historiens et symbolistes. Son aspect symbolique, très riche, l’associe à la dualité de l’être humain, la recherche spirituelle, l’expérience du divin, la femme vierge, l’amour et la protection. Carl Gustav Jung lui consacre une quarantaine de pages dans Psychologie et alchimie. (…) La licorne figure depuis la fin du XIXe siècle parmi les créatures typiques des récits de fantasy et de féerie, grâce à des œuvres comme De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll, La Dernière Licorne de Peter S. Beagle, Legend de Ridley Scott, ou encore Unico d’Osamu Tezuka. Son imagerie moderne s’éloigne de l’héritage médiéval, pour devenir celle d’un grand cheval blanc « magique » avec une corne unique au milieu du front. Son association récente à des univers fictifs tels que, entre autres, My Little Pony, lui donne une image plus mièvre, au point qu’elle est parodiée à travers le culte de la Licorne rose invisible, la web série Charlie la licorne ou encore le jeu Robot Unicorn Attack (…) Les observations mal comprises d’animaux réels expliquent en grande partie les multiples descriptions de la licorne occidentale, mais l’histoire de cette créature se révèle bien plus longue et complexe, notamment en raison de sa symbolique. Création du haut Moyen Âge, la licorne est une chimère. Elle ne provient pas d’une mythologie puisqu’elle ne présente aucun lien avec la création du mondeNote 1, les gestes héroïques ou la fondation d’une ville. Elle naît d’un mélange entre traditions orales et écrites, récits de voyageNote 2 et descriptions des naturalistes. Son origine est à rechercher dans les premiers bestiaires inspirés du Physiologos et les textes gréco-romains, eux-mêmes issus d’observation d’animaux exotiques: d’après Odell Shepard, la licorne occidentale est issue du mélange entre le récit de sa capture par une vierge dans le Physiologos, et la description de Ctésias qui en a fait un animal féroce ne pouvant être chassé par des techniques conventionnelles (…) Le narval joue, malgré lui, un rôle central dans la pérennité de la licorne occidentale. La grande dent unique de ce mammifère marin se vend comme corne de licorne de la fin du Moyen Âge à la Renaissance, en particulier au XVIe siècle. La première mention d’un narval cornu figure dans l’Atlas Minor, ouvrage savant de 160730. Une autre description détaillée paraît en 1645 grâce à Thomas Bartholin, mais sans faire de lien entre « licorne de mer » et licorne terrestre. (…) L’introduction de la licorne dans certaines traductions bibliques est l’une des causes de son inclusion à la mythologie chrétienne, entraînant son symbolisme médiéval. Dans les livres de la Bible hébraïque, le mot hébreu re’em (רְאֵם), équivalent de l’arabe rim aujourd’hui traduit par « bœuf sauvage » ou « buffle », apparaît à neuf reprises avec ses cornes, comme une allégorie de la puissance divine. Par ailleurs, le livre de Daniel utilise l’image d’un bouc avec une grande corne entre les yeux dans un contexte différent : comme métaphore du royaume d’Alexandre le Grand. Au IIIe siècle av. J.-C. et IIe siècle av. J.-C., quand les juifs hellénisés d’Alexandrie traduisent les différents livres hébreux pour en faire une version grecque appelée Septante, ils utilisent pour traduire re’em le mot monoceros (μoνoκερως), qu’ils doivent connaître par Ctésias et Aristote. À partir du IIe siècle, le judaïsme rabbinique rejette la tradition hellénistique et revient à l’hébreu (le texte massorétique). Par contre, la Septante devient l’Ancien Testament du Christianisme et dans sa version latine, la Vulgate, le grec monoceros est traduit soit par unicornis, soit par rhinocerotis83. Selon Roger Caillois, les kabbalistes auraient noté les lettres de la licorne (en tant que Re’em) : resch, aleph et mem, celles de la corne étant (Queren) qoph, resch et nun. Ce passage est fréquemment cité pour justifier du caractère indomptable de la licorne (…) Jusqu’au milieu du XIXe siècle, la licorne est parfois encore considérée comme réelle. La revue de l’orient de 1845 en fait une description encyclopédique, insistant sur le fait qu’« elle court toujours en ligne droite car la roideur de son cou et son corps ne lui permet guère de se tourner par le côté. Elle peut difficilement s’arrêter quand elle a pris son élan et renverse avec sa corne, ou coupe avec ses dents, les arbres de médiocre grosseur qui gênent son passage. On compose d’excellents remèdes avec sa corne, ses dents, son sang et son cœur, qui se vendent très cher ». En 1853, l’explorateur Francis Galton la cherche désespérément en Afrique australe, offrant de fortes récompenses pour sa capture : « Les Bushmen parlent de la licorne, elle a la forme et la taille d’une antilope, avec au milieu du front une corne unique pointée vers l’avant. Des voyageurs en Afrique tropicale en ont aussi entendu parler, et croient en son existence. Il y a bien de la place pour des espèces encore ignorées ou mal connues dans la large ceinture de terra incognita au centre du continent ». Le Glossaire archéologique du Moyen Âge, de Victor Gay, en 1883, est le dernier ouvrage à la mentionner comme réelle. Elle se retrouve sur de nombreux filigranes de la fin du XIXe siècle à la première moitié du XXe siècle. Ils possèdent des interprétations symboliques inspirées des signes de reconnaissances de sociétés secrètes, comme les cathares, les alchimistes, les sociétés antichrétiennes, maçonniques ou rosicruciennes. Wikipedia
Le terme romance l’histoire les entreprises technologiques: il les fait passer de quelque chose de lointain et de compliqué à quelque chose de magique et même sympathique, tout en étant rare et puissant. J’aurais certainement de meilleurs sentiments  envers des startups technologiques megariches si je pouvais les imaginer semblables à des licornes. Robin Lakoff (Berkeley)
Lee’s article isn’t the only reason the term has become so popular. Over the past decade, two major changes in the tech industry have created the need for a term that could quickly describe private billion-dollar tech companies. The first is is that these days, there’s no real math to startup valuations — the numbers are based mostly on a company’s potential, and they are essentially just made up. This has made it easier for companies to earn billion-dollar valuations. The other tectonic change is that venture-backed companies are staying private much longer than in the past. In 2000, the median time to an initial public offering was 3.1 years, according to the National Venture Capital Association. That number increased to 7.4 years in 2013, in part because many startups want to take advantage of the friendly valuation environment before they go public. Additionally, the emergence of private markets has made it easy for unicorn shareholders to cash out their investments without forcing their startups to go public and under the microscope of Wall Street’s unforgiving eyes. This is why companies like Dropbox ($10 billion) and Airbnb ($25.5 billion) remain private despite both being more than seven years old. Combined, these two changes have lead to there being more unicorns than ever before. Lee, who revisited her findings in July, saw the number of U.S. public and private unicorns go from 39 in 2013 to 84 in 2015, a whopping 115 percent increase in the span of 20 months. Though unicorns are still rare, there are now so many that they “warrant a special term that captures the mythical/aspirational quality and yet is light-hearted enough to be shared rapidly,” said Bob Goodson, co-founder of Quid. Salvador Rodriguez
Stealing critical data on customers, employees, products and business partners inflicts far more actual and potential damage than any physical theft ever could. Chris Beck (Clements Worldwide)
In the university city of Tartu in Estonia, Rove Digital established its offices and, from the outside,  it looked just like any other legitimate Internet service provider (ISP), with an official website and at one point it posted more than $5 million in revenue and had more than 50 employees. Rove Digital was however a sophisticated cybercrime operation run by  Vladimir Tsastsin which infected more than four million PCs in over 100 countries using malware known as DNSChanger with the U.S. government claiming this one operation alone earned the criminals $14 million before an FBI-led sting saw Tsastsin and his colleagues arrested. In July 2015 Tsastsin pled guilty to wire fraud and computer intrusion charges and faces a maximum 25 years in jail. (…) While most of the world’s unicorns are located in Silicon Valley, the majority of cybercrime gangs operate out of the former Soviet states, including Russia, Ukraine, and Estonia. However they are not limited to these locations with significant operations being run out of other European countries like Romania and Moldova while more recent cyrbercrime hotspots include Vietnam and Brazil. Hypponen says that one region of the globe has yet to establish itself as having a significant cybercrime presence, but he worries that in the coming years, Africa could product the next cybercrime unicorn. « I am worried about whether we will see more cybercrime coming out of Africa, hitting the rest of the world, » Hypponen says — and other experts agree. The reason for his concern is the exponential growth in connectivity which the continent is expected to experience in the coming years. At the moment the outbound bandwidth of the entire continent, which has a population of 1.1 billion, is the same as that of Finland, which has a population of 5 million. With companies like Facebook and Google are aggressively investigating ways to quickly connect the continent, this could mean that just like the rest of the world, Africa could soon be home to major cybercrime operations. David Gilbert
Une licorne (en anglais : unicorn) est une startup, principalement de la Silicon Valley, valorisée à plus d’un milliard de dollars. Cette expression a été inventé par Aileen Lee en 20132. Aileen Lee est une spécialiste américaine du capital-risque qui réalise en 2013 une étude, démontrant que moins de 0,1% des entreprises dans lesquelles investissaient les fonds de capital-risque atteignaient des valorisations supérieures à 1 milliard de dollars. Afin de réserver la meilleure publicité à son analyse, elle cherche un terme vendeur pour qualifier ces investissements rares. Elle trouve alors le mot « licorne » parfait car il renvoie à quelque chose de rare, relié au rêve et à l’heroic fantasy, une culture compatible avec celle des geeks. Par exemple, Airbnb, Dropbox, Xiaomi, Snapchat, SpaceX, Uber, Pinterest, Alumni Galaxy ou encore BlaBlaCar, sont des licornes. En août 2015, le magazine Fortune listait près de 140 licornes. Cette terminologie fait écho au GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) qui sont les quatre grandes firmes américaines qui dominent le marché mondial du numérique. Wikipedia
Les licornes, aux Etats-Unis, ont une caractéristique commune. Elles contribueraient à faire gonfler une nouvelle bulle. Qui n’est pas une bulle boursière, comme dans les années 2000, mais le fait des investisseurs privés qui misent des sommes colossales sur ces entreprises, leur faisant atteindre des niveaux de valorisation sans commune mesure avec les profits qu’elles génèrent. Les Uber, Twitter, Snapchat, Airbnb, Pinterest et consorts brûlent aussi énormément de cash, comme leurs ancêtres de la bulle internet.  (…) Tout d’abord parce que les investisseurs ont beaucoup de liquidités à placer. Ils savent qu’une valorisation élevée facilite le recrutement des meilleurs, tout comme elle assoit une réputation. Ils peuvent ainsi profiter d’un cercle vertueux.  Ensuite, (…) les licornes font saliver les fonds d’investissement avec des indicateurs financiers non conventionnels, qui mettent leur business en valeur, ce qu’elles ne peuvent pas faire quand elles s’introduisent en Bourse. De leur côté, les investisseurs, notamment ceux qui placent d’habitude plutôt leur argent en Bourse, comme les fonds de pension, les fonds souverains et les fonds spéculatifs, mettent en place des mécanismes leur garantissant un maximum de protection en cas de baisse de la valorisation lors de tours de table ultérieurs ou de vente. Ce qui alimente la bulle, et ainsi de suite. Si cette bulle-là explose, ce ne sera pas en raison d’une revente massive de titres, mais d’introductions en Bourse ou de rachats à une valorisation corrigée. Toutes n’y survivront pas. Raphaële Karayan
La valeur de marché peut traduire la sagesse des foules – la meilleure estimation possible étant donnée les informations disponibles, agrégeant de nombreux jugements individuels; mais elle peut être aussi sujette à des emballements, des erreurs collectives. Si la valeur d’une chose est ce que les autres sont prêts à payer pour l’avoir, on peut se retrouver dans un mécanisme dans lequel A achète parce que B achète, B achète parce qu’il sait que C est prêt à acheter, et C achète parce qu’il a vu A acheter. Ce mécanisme peut causer la valeur de marché d’un actif, en l’absence d’autres informations, à atteindre des niveaux énormes. Mais la valeur fondamentale ne disparaît pas pour autant. On finit par se rendre compte que les revenus ne sont pas au rendez-vous, ou ne justifient pas la valorisation. Et brusquement, le prix de l’actif s’effondre. Ceux qui le détenaient, s’ils s’étaient endettés en se croyant riches, se retrouvent dans l’obligation de le revendre à toute vitesse. La valeur de marché, après avoir été surévaluée, devient brusquement très sous-évaluée. Lorsque la panique se termine, le prix atteint la valeur fondamentale. Les fluctuations boursières ne sont rien d’autre que ces passages brutaux de la valeur de marché à la valeur fondamentale. Theranos, l’entreprise créée par Elizabeth Holmes, avait pour vocation de révolutionner les examens sanguins, en remplaçant la prise de sang (une expérience déplaisante, comme chacun sait) par un simple prélèvement d’une petite quantité de sang au bout du doigt. L’idée était non seulement de remplacer tous les tests existant (les analyses médicales sont un secteur peu concurrentiel, à fortes marges) et d’aller encore plus loin: grâce aux nouvelles technologies, de révolutionner le diagnostic médical, remplacé par des analyses de sang. Sur la base de cette idée, l’entreprise a levé des fonds, en abusant du mécanisme des start-ups pour gonfler leur valeur apparente. Rappelons le mécanisme: supposons que 1000 investisseurs soient prêts à mettre un million dans l’entreprise. Il suffit de ne mettre sur le marché que 10% du capital, et ces 10% seront payés en tout un milliard; on pourra dire alors que la valeur de l’entreprise est de 10 milliards – et que la fortune du fondateur s’élève à 9 milliards, puisqu’il détient les 90% du capital restant. Theranos a largement usé de ce mécanisme, en particulier, en ne faisant pas appel aux professionnels du capital-risque, mais en trouvant des investisseurs aux poches bien remplies et conquis par la belle histoire racontée par  la fondatrice de l’entreprise, et les articles complaisants la présentant comme la version féminine de Steve Jobs. Pour les attirer, la solution a consisté à leur vendre des actions préférentielles, qui en cas de liquidation leur permettent d’être les premiers actionnaires servis sur les actifs de l’entreprise. Ces actions préférentielles, vendues à des prix élevés, créaient la fortune virtuelle d’Elizabeth Holmes. Et puis les problèmes ont fini par arriver. Il est apparu que le plus souvent, les tests sanguins de Theranos n’utilisaient pas une technologie spéciale: ils se contentaient de diluer des petits échantillons de sang pour ensuite effectuer des tests standard, conçus pour des échantillons de sang normaux. Du coup, de nombreux tests sont faux… et l’entreprise court le risque de procès, sans compter le fait qu’elle n’a pas tenu ses promesses, et qu’elle ne gagnera jamais la fortune espérée. Forbes a donc brutalement ramené la valeur de marché de la fortune d’Elizabeth Holmes à sa valeur fondamentale: zéro, les bénéfices que l’on peut raisonnablement attendre pour Theranos. Alexandre Delaigue
Le sexe et la quête d’audience à tout prix aura eu raison du site américain d’informations à sensation Gawker. Vendredi 10 juin, il s’est placé sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les défaillances d’entreprise, qui permet à une société de se restructurer sans mettre obligatoirement la clef sous la porte, selon un document déposé devant un tribunal de New York. Ce dépôt de bilan intervient trois mois après que le célèbre catcheur Hulk Hogan a remporté une poursuite de 140 millions de dollars américains contre l’éditeur en ligne. Dans les documents déposés, l’entreprise new-yorkaise révèle qu’elle détient une dette de 500 millions de dollars américains et que ses actifs valent jusqu’à 100 millions. La situation comptable de la société était donc déjà très déséquilibrée, mais dans la liste des créanciers du groupe figure en première ligne Terry Gene Bollea, plus connu sous le nom de Hulk Hogan. Hulk Hogan a en effet traîné Gawker devant les tribunaux après que le site a diffusé une vidéo filmée à l’insu du catcheur, dans laquelle il a une relation sexuelle avec la femme d’un ami. (…) Après ce dépôt de bilan, Gawker a annoncé avoir trouvé un accord avec le groupe de médias Ziff Davis, qui va racheter l’essentiel de ses actifs pour un prix non dévoilé, selon un communiqué. Fin mai, le milliardaire Peter Thiel, cofondateur d’eBay, avait révélé avoir financé la défense d’Hulk Hogan lors du procès. Le milliardaire avait une bonne raison d’en vouloir à Gawker : c’est ce site qui avait révélé son homosexualité en 2007. Le milliardaire se défend toutefois d’avoir voulu se venger. Atlantico
Révolution concrète dans la santé ou rêve prématuré ? Theranos, une startup américaine qui propose plus de 200 tests sanguins, de l’hépatite C au taux de glucose en passant par la tuberculose, suscite le doute des autorités de santé en ce qui concerne l’efficacité de ses tests. Au point que l’entreprise est sous le coup d’une enquête de la SEC, l’autorité boursière américaine. De la création de la startup aux derniers démêlés avec les autorités en passant par les énormes levées de fonds, chronologie d’une success story d’une dizaine d’années en train de se transformer en cauchemar pour Elizabeth Holmes, la fondatrice. 2003: C’est une histoire de self-made woman comme les Etats-Unis les aiment qui démarre cette année-là. A 19 ans, Elizabeth Holmes quitte l’université de Stanford et utilise l’argent que sa famille a mis de côté afin de payer ses études pour créer une startup technologie et santé: Theranos. C’est la contraction de therapy (traitement) et diagnosis (diagnostic). Elle est basée à Palo Alto dans la Silicon Valley. 2003-2013: Pendant dix ans, la startup embauche des scientifiques, développe des prototypes, et cela, dans le secret quasi-total. Selon Bloomberg, du fait de la compétition faisant rage dans les industries technologiques, Theranos aurait eu tort de dévoiler la teneur de ses activités. Dans cette période, la startup recrute plusieurs personnalités de renom dans son conseil d’administration, dont l’ancien patron de Wells Fargo & Company Richard Kovacevich  ou encore Henry A. Kissinger, ancien secrétaire d’Etat des Etats-Unis et prix Nobel de la paix en 1973. Novembre 2013: Theranos annonce un partenariat avec Walgreens, une chaîne de pharmacie présente sur l’ensemble du territoire américain, et sort ainsi de l’ombre. Elle commence à proposer dans la ville de Phoenix des tests sanguins à bas prix allant du cholestérol au cancer. Ceux-ci sont effectués avec un prélèvement sans aiguille. Elizabeth Holmes explique qu’avec une goutte sang, il est possible de réaliser plusieurs centaines de tests sanguins et promet des résultats au bout de quatre heures. Juin 2014: Suite à une levée de fonds de 400 millions de dollars, après un nouveau tour de table, la startup qui emploie 500 personnes est valorisée à 9 milliards de dollars. Elizabeth Holmes, actionnaire majoritaire de Theranos, se retrouve alors à la tête d’une fortune de 3,6 milliards de dollars, selon Forbes. A trente ans, elle devient la sixième patronne américaine âgée de moins de 40 ans la plus riche des Etats-Unis. 2015: Theranos propose 240 types de tests sanguins et espère à terme en proposer plus de 1000, grâce à des coûts défiant toute concurrence. Par exemple, le test pour mesurer le taux cholestérol coûte 3 dollars avec Theranos contre 50 dollars dans les laboratoires classiques. Octobre 2015: Le Wall Street Journal publie plusieurs articles à charge contre Theranos. Dans un papier publié en octobre, le quotidien écrit qu’un employé reproche à la compagnie d’avoir omis de rapporter des résultats de tests sanguins aux autorités de santé. Par ailleurs, plusieurs employés émettent des doutes quant à la fiabilité de la machine Edison, utilisée par Theranos pour analyser les tests sanguins. Pis, le quotidien avance qu’une très faible partie des tests de Theranos est effectuée avec ses propres instruments. Une majorité serait effectuée avec… des instruments classiques. Suite à ces révélations, les enquêtes des autorités de santé s’intensifient. Janvier 2016: Une branche du département de la Santé américain (CMS) dénonce à son tour des « pratiques déficientes » qui « présentent des dangers immédiats pour la santé et la sécurité des patients » dans l’un des deux laboratoires de Theranos, à Newark en Californie. Le plus gros partenaire de cette biotech, la chaîne de pharmacies Walgreens, annonce alors la suspension des services d’analyses de Theranos dans la succursale où elle les proposait jusqu’ici en Californie. Néanmoins, une quarantaine d’autres centres Theranos hébergés par Walgreens restent ouverts dans l’Etat voisin d’Arizona. 13 avril 2016: Les autorités de santé américaines (Federal health regulators) proposent dans une lettre d’exclure Elizabeth Holmes du business de tests sanguins au moins deux ans en raison des problèmes « majeurs » constatés en Californie. Selon le Wall Street Journal, qui s’appuie sur une copie de la missive qu’il a pu consulter, la startup aurait pourtant proposé des solutions. Mais elles auraient été jugées insuffisantes. La Tribune
La montée et la chute observée chez Theranos est loin d’être un cas rare. En fait, il illustre les incitations perverses rencontrées par les start-ups de la Silicon Valley lors de leur lancement. Quelque chose ne va pas avec ce modèle d’investissement dans lequel les entreprises de technologie peuvent lever des centaines de millions de dollars venant de nulle part et se retrouver du jour au lendemain comme saignées à blanc.  Les investisseurs de la Silicon Valley n’entrent en général  pas dans le jeu parce qu’ils espèrent  aider les entrepreneurs à bâtir des entreprises. Ils jouent à la roulette et espèrent gagner gros. Mais il faut du temps pour bâtir une entreprise durablement rentable et les investisseurs de la Valley veulent une croissance rapide et spectaculaire. Dans la recherche de la prochaine «licorne» – une start-up non cotée en bourse et valorisées à plus d’un milliard de dollars – les investisseurs privilégient les revenus exponentiels aux dépens des résultats durables. Comme la controverse Theranos le montre, la pression de la croissance rapide conduit les entreprises à prendre des raccourcis et à se livrer à des pratiques  douteuses – et parfois à de la fraude pure et simple. Prenez l’exemple de Zynga, l’entreprise de jeux vidéo et créatrice  de Farmville, qui lui a valu le surnom d’ «Arnaqueville» pour sa publicité présumée trompeuse. Le co-fondateur de Zynga, Mark Pincus, a déclaré «Je savais que j’avais besoin de revenus …. Comme j’ai besoin de revenus maintenant. Alors, j’ai financé l’entreprise moi-même, mais j’ai utilisé toutes les ficelles … juste pour obtenir des revenus tout de suite « . Déclaration publique par laquelle, aussi incroyable que cela puisse être, Pincus exprimait en fait le sentiment privé d’innombrables entrepreneurs face au tic-tac de l’horloge du capital risque. (…) Cela est mauvais pour les investisseurs, y compris les investisseurs de capital-risque qui se soucient peu de la croissance. (Les entreprises frauduleuses sont, au mieux, une source fiable de revenus.) Mais la quête effrénée de la croissance se fait souvent aussi au détriment des consommateurs. Et ceci parce que pour se développer rapidement, les entreprises élargissent par tous les moyens leurs bases d’utilisateurs, dans un processus appelé «piratage de croissance. » L’un des exemples les plus courants de cela implique le « spam-viting» ou le détournement de la liste de contacts d’un consommateur pour les faire saturer de SMS ou d’ e-mails, en violation flagrante de diverses lois fédérales ou d’Etats. Les entreprises utilisent les spams vocaux parce que ça marche. L’envoi de millions de SMS ou d’e-mails aux consommateurs, déguisés en appels d’amis de ces consommateurs, est une manière illégale de faire croître une entreprise rapidement. LinkedIn, par exemple, a réglé un litige de 13 millions de dollars pour sa pratique consistant à envoyer des e-mails « ajouter des connexions » à répétition à l’ensemble de la liste de contacts de messagerie d’un nouvel utilisateur. Et TextMe, un réseau social basé sur le texte, a généré sa croissance par l’envoi massif de SMS à tous les contacts d’un nouvel utilisateur, mais il a finalement gagné sa bataille juridique avec la Federal Communications Commission. La pression à la croissance-pirate engendre la pression à ne pas respecter la loi, au moins temporairement. Une pression similaire explique pourquoi, par exemple, tant de joueurs de baseball de la ligue mineure utilisaient des stéroïdes à l’époque où le dopage était à ses sommets dans le baseball. Tout le monde le faisait, et il n’y avait aucun moyen d’accéder aux majors sans tricher aussi. Maintenant, on a créé un système dans lequel les startups sont tentées de ne pas servir leurs utilisateurs, mais de les traiter avec négligence. On a presque pris l’habitude de perdre notre vie privée pour le bien de LinkedIn ou de Facebook. Mais comme les accusations contre Theranos le montrent, les entreprises de technologie médicale qui répondent aux incitations des investisseurs pourraient nous amener à perdre quelque chose de bien pire. Quartz

Attention: une licorne peut en cacher bien d’autres !

Uber, Twitter, Snapchat, Airbnb, Pinterest, Dropbox, Xiaomi, SpaceX, Alumni Galaxy, BlaBlaCar …

A l’heure où la science confirme l’existence d’animaux jusqu’ici qualifiés de légendaires ….

Et où dans une Silicon Valley littéralement noyée par l’argent facile …

Mais aussi les procès et menaces de poursuites …

Une entreprise de haute technologie médicale peut avec l’aide de médias complaisants …

Gagner ou perdre 9 milliards de dollars presque du jour au lendemain …

Comment ne pas voir …

Sans compter sur fond à l’occasion de règlements de compte personnels les méthodes souvent très limite de levée de fonds et de traitement des consommateurs …

La nouvelle bulle qui pointe …

De ces start-ups non cotées en bourse et valorisées à plus d’un milliard de dollars …

Plus connues sous le nom faussement rassurant de licornes ?

BOOM OR BUST

Theranos exposes the perverse incentives at work in Silicon Valley

Theranos, the health technology company once valued at $9 billion, is making its investors’ blood run cold.

The business founded by Elizabeth Holmes 13 years ago promised to use finger-pricking technology to make blood testing faster and more accessible. Yet while Holmes has landed covers on Forbes, Fortune, and Inc., her company has yet to produce a working product. In January, an investigation by the US Centers for Medicare and Medicaid Services found that the company’s finger stick was unreliable and included deficiencies that posed a threat to patient safety. The Center is currently scrutinizing the company for a host of failures to comply with regulations. Meanwhile, the Department of Justice has opened a criminal investigation against Theranos as well, and the Securities and Exchange Commission is investigating the accuracy of the company’s disclosures to investors as it raised $700 million. The company’s apparent practice of cutting corners undermines confidence in everything it does, from the accuracy of its devices to how it is protecting the medical records it collects.

While the rise and fall of Theranos has been dramatic, it is far from a rare case. In fact, it illustrates the perverse incentives faced by every startup in Silicon Valley. As bad as these incentives are for investors, they might be even worse for consumers.

Many people in Silicon Valley aren’t interested in drawing lessons from Theranos. Instead, they’re trying to distance themselves from the backlash. This perspective was supported by a recent op-ed in the New York Times, in which columnist Randall Stross argues that the overvaluation of Theranos had nothing to do with systemic problems in startup investment. Sophisticated venture-capital firms that invest in life sciences passed on Theranos’s pitches, he says. It was the media and trend-seeking investors who were fooled.

But this account overlooks an obvious issue. Something is wrong with an investment model in which tech companies can raise hundreds of millions of dollars out of thin air, and lose it just as quickly.

Investors in Silicon Valley are, by and large, not in the game because they hope to help entrepreneurs build businesses. They’re playing roulette, and hoping to win big. But it takes time to build a sustainably profitable business, and Valley investors want rapid, stunning growth. In the search for the next “unicorn”—a privately-held $1 billion startup—investors prioritize exponential returns over lasting results.

As the Theranos controversy shows, the pressure to grow quickly leads companies to take shortcuts and engage in sloppy practices—and sometimes outright fraud. Take Zynga, the gaming company responsible for Farmville, which has earned the moniker “Scamville” for its allegedly deceptive advertising. The co-founder of Zynga, Mark Pincus, famously said, “I knew I needed revenues…. Like I needed revenues now. So I funded the company myself but I did every horrible thing in the book … just to get revenues right away.” While Pincus, incredibly, made this statement in public, he expressed the private sentiment of countless entrepreneurs faced with the ticking of the VC clock. (Disclosure: our law firm, Edelson PC, has brought class-action lawsuits against Zynga and some of the other companies mentioned below, but not for the conduct discussed in this article.)

This is bad for investors, including venture investors who care just about growth. (Fraudulent companies are, at best, an unreliable source of revenue.) But the reckless pursuit of growth often comes at consumers’ expense as well. That’s because the way that companies grow rapidly is to expand their user bases by hook or by crook, in a process called “growth hacking.”

One of the most common examples of this involves “spam-viting,” or hijacking a consumer’s contact list to blast them with text messages or emails, knowingly in violation of various federal and state statutes. Companies spam-vite because it works. Sending millions of text messages or e-mails to consumers, dressed up as if they came from those consumers’ friends, is a viable, illegal way to grow a business quickly. LinkedIn, for example, settled a lawsuit for $13 million over its practice of repeatedly sending “add connections” emails to a new user’s entire email contact list. And TextMe, a text-based social network, generated its growth by sending a large volume of text messages to new user’s phone contacts, although it eventually won its legal battle with the Federal Communications Commission.

The pressure to growth-hack begets pressure to disregard the law, at least temporarily. A similar pressure explains why, for example, so many minor league baseball players were using steroids during the height of the doping era in baseball. Everyone was doing it, and there was just no way to get to the majors unless you cheated, too.

Now we’ve created a system in which startups are tempted not to serve their users but to treat them carelessly. We’ve almost grown accustomed to losing our privacy for the sake of LinkedIn or Facebook. But as accusations against Theranos show, medical tech companies responding to investors’ incentives could lead us to lose something far worse.

 Voir aussi:

Comment perdre 4,5 milliards de dollars
Classe éco
Alexandre Delaigue, professeur d’économie à Lille I

En 2015, le classement Forbes des milliardaires estimait la fortune Elisabeth Holmes, fondatrice de la compagnie Theranos, à 4,5 milliards de dollars. Selon un récent calcul du même magazine, cette fortune est désormais… à zéro.

Si vous voulez vous faire une idée de ce que cela signifie, perdre 4,5 milliards de dollars, c’est un dollar par an depuis l’apparition du système solaire. Mieux: cela signifie perdre environ 12 millions de dollars par jour; ou 500 000 dollars par heure; 8300 dollars par minute, ou encore, 140 dollars par seconde pendant un an. Des chiffres qui pris à la lettre, donnent le vertige. Et posent une question très importante, celle de la signification de la richesse et de la valeur.

Valeur fondamentale et valeur de marché

La fortune estimée d’Elisabeth Holmes avait une source unique: les actions qu’elle détient dans son entreprise, 50% du capital. Ce sont ces titres qui ont fait, et défait, sa fortune.

Il y a deux façons d’estimer la valeur d’un actif: la valeur fondamentale et la valeur de marché. La valeur fondamentale correspond à la valeur totale des revenus que cet actif rapportera dans le temps. Par exemple, la valeur fondamentale d’un appartement est la somme de tous les loyers (moins les coûts liés à sa détention) qu’il va rapporter (ou, si vous l’habitez, les loyers que vous économisez). La valeur fondamentale d’une action est la somme des dividendes que l’on en retirera (ou, si l’entreprise ne verse pas de dividende et garde tout, la plus value de revente). La valeur d’un champ sera celle des récoltes que l’on pourra y faire. Etc, etc.

La valeur de marché, quant à elle, est simplement le prix que l’on pourrait obtenir en revendant cet actif. Donc le prix que quelqu’un d’autre serait prêt à payer pour l’avoir.

En théorie, ces deux valeurs devraient être identiques. Qui paierait 101 euros un actif qui lui rapportera 100 euros? Et qui vendrait 99€ quelque chose qui rapporte 100? En pratique, il peut y avoir des écarts pour différentes raisons. Certains actifs peuvent par exemple avoir une valeur « sentimentale » qui s’ajoute à leur valeur fondamentale (j’achète des actions airbus non pas parce qu’elles rapportent, mais parce que les avions me font rêver).

Surtout, la valeur fondamentale d’un actif est souvent inconnue a priori. C’est le ças pour tous les actifs, c’est d’autant plus le cas pour les titres d’une nouvelle entreprise. La valeur de marché devient alors la seule valeur de référence possible.

La valeur de marché peut traduire la sagesse des foules – la meilleure estimation possible étant donnée les informations disponibles, agrégeant de nombreux jugements individuels; mais elle peut être aussi sujette à des emballements, des erreurs collectives. Si la valeur d’une chose est ce que les autres sont prêts à payer pour l’avoir, on peut se retrouver dans un mécanisme dans lequel A achète parce que B achète, B achète parce qu’il sait que C est prêt à acheter, et C achète parce qu’il a vu A acheter. Ce mécanisme peut causer la valeur de marché d’un actif, en l’absence d’autres informations, à atteindre des niveaux énormes.

Mais la valeur fondamentale ne disparaît pas pour autant. On finit par se rendre compte que les revenus ne sont pas au rendez-vous, ou ne justifient pas la valorisation. Et brusquement, le prix de l’actif s’effondre. Ceux qui le détenaient, s’ils s’étaient endettés en se croyant riches, se retrouvent dans l’obligation de le revendre à toute vitesse. La valeur de marché, après avoir été surévaluée, devient brusquement très sous-évaluée. Lorsque la panique se termine, le prix atteint la valeur fondamentale. Les fluctuations boursières ne sont rien d’autre que ces passages brutaux de la valeur de marché à la valeur fondamentale.

De cent à zéro pour sang

Theranos, l’entreprise créée par Elizabeth Holmes, avait pour vocation de révolutionner les examens sanguins, en remplaçant la prise de sang (une expérience déplaisante, comme chacun sait) par un simple prélèvement d’une petite quantité de sang au bout du doigt. L’idée était non seulement de remplacer tous les tests existant (les analyses médicales sont un secteur peu concurrentiel, à fortes marges) et d’aller encore plus loin: grâce aux nouvelles technologies, de révolutionner le diagnostic médical, remplacé par des analyses de sang.

Sur la base de cette idée, l’entreprise a levé des fonds, en abusant du mécanisme des start-ups pour gonfler leur valeur apparente. Rappelons le mécanisme: supposons que 1000 investisseurs soient prêts à mettre un million dans l’entreprise. Il suffit de ne mettre sur le marché que 10% du capital, et ces 10% seront payés en tout un milliard; on pourra dire alors que la valeur de l’entreprise est de 10 milliards – et que la fortune du fondateur s’élève à 9 milliards, puisqu’il détient les 90% du capital restant.

Theranos a largement usé de ce mécanisme, en particulier, en ne faisant pas appel aux professionnels du capital-risque, mais en trouvant des investisseurs aux poches bien remplies et conquis par la belle histoire racontée par  la fondatrice de l’entreprise, et les articles complaisants la présentant comme la version féminine de Steve Jobs. Pour les attirer, la solution a consisté à leur vendre des actions préférentielles, qui en cas de liquidation leur permettent d’être les premiers actionnaires servis sur les actifs de l’entreprise.

Ces actions préférentielles, vendues à des prix élevés, créaient la fortune virtuelle d’Elizabeth Holmes. Et puis les problèmes ont fini par arriver. Il est apparu que le plus souvent, les tests sanguins de Theranos n’utilisaient pas une technologie spéciale: ils se contentaient de diluer des petits échantillons de sang pour ensuite effectuer des tests standard, conçus pour des échantillons de sang normaux. Du coup, de nombreux tests sont faux… et l’entreprise court le risque de procès, sans compter le fait qu’elle n’a pas tenu ses promesses, et qu’elle ne gagnera jamais la fortune espérée.

Forbes a donc brutalement ramené la valeur de marché de la fortune d’Elizabeth Holmes à sa valeur fondamentale: zéro, les bénéfices que l’on peut raisonnablement attendre pour Theranos.

Qu’est-ce que la richesse?

Si vous avez 4500 euros sur votre livret de caisse d’épargne, vous savez ce que vous avez. A tout moment vous pouvez utiliser cet argent pour éteindre une dette, partir en vacances, ou autre dépense. Il s’agit d’un actif liquide.

Mais peut-on dire qu’Elizabeth Holmes, avec ses 4,5 milliards de dollars virtuels en actions Theranos, est un million de fois plus riche que vous? d’un certain point de vue, oui.

Mais dans toutes les définitions normales de ce qu’apporte la richesse, non. Si Elizabeth Holmes avait essayé de vendre plus d’actions, la valeur de celles-ci aurait fortement diminué. La  valeur papier de ses titres ne tenait qu’à plusieurs conditions – la première, ne pas les vendre. La seconde, maintenir une illusion.

Comme le rappelle Noah Smith, une fortune n’est une fortune que dans la mesure ou elle est raisonnablement liquide, et diversifiée. Sans cela, il ne s’agit que d’un nombre virtuel qui ne vaut que dans la mesure où il existe des gens qui y croient. Cela rappelle que la fortune réelle des gens très riches, dans le sens ou nous entendons tous la fortune – la possibilité de l’utiliser – n’est pas si grande que cela. Cela rappelle surtout que traiter ces très grandes fortunes virtuelles comme le patrimoine de vous et moi n’a pas grand sens – une leçon qu’on a trop souvent tendance à oublier. Elizabeth Holmes n’a jamais été riche que d’un rêve.

Voir également:

Elizabeth Holmes, la PDG qui valait 4,5 milliards de dollars… puis zéro
Jean-Philippe Louis

Les Echos

05/06/2016

Valorisée à 9 milliards de dollars en 2015, la société Theranos dirigée par la jeune femme de 32 ans ne vaudrait aujourd’hui que 800 millions de dollars. Une chute vertigineuse qui interroge sur la pertinence du modèle économique des start-up dans la Silicon Valley.

On se posait la question à l’époque. De quel groupe sanguin était composée Elizabeth Holmes pour avoir ce génie ? C’était il y a un an, lorsque le magazine Forbes, spécialiste de l’estimation de fortune en tous genres, la classait dans le top 6 des milliardaires américains de moins de 40 ans. Il se disait qu’elle était la plus jeune et la plus riche « Self-made women » des Etats-Unis.

Son parcours était idyllique. C’était une femme riche et non héritière. Sa société Theranos, jouissait d’une réputation de bienfaitrice : elle voulait faciliter, grâce à la technologie, les tests sanguins. On comptait plus de 240 types d’essais. Du cholestérol au cancer. Theranos devait révolutionner le monde du laboratoire en réalisant des tests sanguins à partir d’une simple piqûre sur le doigt.

Pour Les Echos, elle faisait même partie des trois PDG à suivre en 2015 aux côté de Dick Costolo (ancien PDG de Twitter) et Sacha Romanovitch (Grant Thornton) . Elle proposait l’Uber des test médicaux, elle était « entrepreneur prodige » . Et un an plus tard, le résultat est plutôt inattendu…

Après une nouvelle estimation du patrimoine financier de la jeune femme, Forbes surprend. Et de découvrir que ce n’est pas une période faste pour la PDG. Pire, c’est le néant. La fortune d’Elizabeth Holmes atteint désormais la somme de zéro selon le magazine.

Fiabilité des tests

Certes, les contrariétés ne sont pas rares dans le milieu de l’entreprise, y compris au sein des jeunes pousses de la Silicon Valley, mais quand même : perdre des milliards en un an, il fallait que Forbes ait une sacrée raison. Elizabeth Holmes jouissait d’une entreprise valorisée à 9 milliards de dollars et d’une bonne aura médiatique.

Jusqu’à ce que les soupçons s’accumulent autour de la compagnie, notamment via plusieurs enquêtes du Wall Street Journal. La technologie développée par Holmes semble bien trop belle, bien peu chère. La fiabilité des tests sont dès lors remis en question. Le quotidien économique américain interroge deux employés qui accusent la société d’avoir effacé des données pouvant remettre en cause la pertinence de la méthode de prélèvement. Plusieurs agences de santé mènent l’enquête. Le département américain dénonce des pratiques dangereuses pour les patients.

Notre estimation était fondée sur les 50 % des parts de Theranos qu’elle possède

Après les révélations du Wall Street Journal, Theranos supprime une phrase sur son site internet qui précisait que ses tests «ne nécessitent que quelques gouttes de sang ». Preuve d’un certain malaise.

Soupçons et dévalorisation

Face à ses nombreux soupçons, c’est au tour de la SEC, de lancer une enquête en avril dernier. L’estocade pour Holmes. Elle est accusée d’avoir fait miroiter une révolution aux investisseurs en présentant une technologie pas forcément novatrice. Il faut dire que la valorisation de Theranos a été fulgurante. Depuis son lancement en 2003, la société a réalisé huit tours de table dont la dernière – en private equity – de 348,5 millions en mars 2015.

Ce sont ces atermoiements qui expliquent la nouvelle estimation du patrimoine de la PDG. « Notre estimation de la fortune d’Elizabeth Holmes était fondée sur les 50% des parts de Theranos qu’elle possède », a indiqué Forbes pour justifier la baisse.

Le magazine a interrogé une douzaine de sociétés de capital-risque, des analystes et des experts de l’industrie des biotechs, et a conclu que la valorisation de Theranos devrait plutôt se situer autour de 800 millions de dollars , au lieu des 9 milliards annoncés lors du dernier tour de table. Ces milliards n’étant basés que sur « les meilleures hypothèses des investisseurs », dit The New York Times . Et pour Forbes, les 50% de Holmes ne valent donc rien. Car, même si elle possède bien la moitié de la compagnie, une grande partie de cette valeur ne proviendrait que d’investisseurs extérieurs. Face à l’article décrivant la chute de Holmes, Theranos se débat. La société, étant une compagnie privée, refuse « de partager des informations confidentielles avec Forbes (…) L’article du magazine ne se base donc que sur des spéculations et des articles de presse », précise-t-elle dans un communiqué. Pour autant, si l’enquête de la SEC aboutissait, la sanction irait bien au-delà de la mauvaise presse. Holmes pourrait ne plus travailler dans le secteur des biotechs.

Et les médias de s’alarmer sur la pertinence des investissements colossaux au sein de la Sillicon Valley. « La montée et la chute observée chez Theranos est loin d’être un cas rare. En fait, il illustre les incitations perverses rencontrées par les start-up de la Silicon Valley lors de leur lancement, dit le site spécialisé Quartz.

« Quelque chose ne va pas avec ce modèle d’investissement dans lequel les entreprises de technologie peuvent lever des centaines de millions de dollars venant de nulle part », et se retrouver du jour au lendemain comme saignées à blanc.

Voir encore:

Elizabeth Holmes’s fall from hero to zero highlights problems of rich lists

Holmes went from Forbes’s richest self-made woman to a net worth of zero but while some super-rich feel undervalued by rich lists others are glad to be omitted
Elizabeth Holmes beat Oprah to head Forbes’s inaugural lists of America’s richest self-made women but now faces a federal investigation into whether her company misled investors.

Suzanne McGee

The Guardian

5 June 2016

From hero to zero – literally. That’s the journey 32-year-old Elizabeth Holmes has taken in only a year, courtesy of Forbes and its annual lists of the US’s richest citizens.

Every summer the magazine offers up rankings of the rich for our perusal, sliced and diced for our voyeuristic delectation. There’s the Big List (the richest 400 Americans, in aggregate), and the wealthiest self-made Americans (winnowing out all those who inherited their loot, like Walmart’s Walton family). Then there is an array of subsidiary lists, from the richest entertainers to the most affluent women (who get their own list because there’s a gender gap among the 0.1% and the 1%, just as there is everywhere else).

In general, the same set of billionaires jostle to hold their positions from one year to the next. Rarely are we treated to the kind of fall from grace that we’ve witnessed with Holmes, founder of Theranos, a blood-testing startup that took Silicon Valley, and some sections of the financial press, by storm.

Forbes’ previous estimates pegged Holmes’s net worth at a cool $4.5bn based on her holdings in her (still privately held) business, a tech “unicorn” with a valuation headed for the stratosphere. Theranos promised to “disrupt” (the word alone guarantees a billion) the business of healthcare testing, making it faster and simpler for everyone, including patients, and cheaper for the industry.

Alas and alack. Last fall, when investors valued the company at $9bn, the Wall Street Journal disclosed that, according to insiders, Theranos was using its proprietary “pinprick” technology – the company’s key selling point and the reason for that unicorn valuation – for only a fraction of the tests it conducted.

By now, of course, Holmes has far more important things to worry about than her status (or lack of same) on the Forbes rich list. Federal prosecutors have kicked off a criminal investigation into whether Theranos misled investors about the technology and its operations. Nonetheless, Forbes has cut its estimate of Holmes’s net worth to zero. Although the company may still be worth $800m, her stake ranks junior to the equity provided by other backers, so the magazine figures that her company’s fall from grace has left her with nothing. A mighty fall, indeed, after topping last year’s debut list of America’s richest self-made women, beating out the likes of Oprah.

The rest of us, however, might want to take this as a chance to ponder the value of rich lists – and the inherent problems involved in compiling them.

That’s particularly true, given that so many billionaires actually want to fly beneath the radar, whether out of a desire to keep the details of their wealth private or out of concern for their family’s security. Some just don’t want to be taxed on it. The UK Sunday Times just released its latest rich list, including the estimated net worth of 120 British billionaires. The first to hit newsstands since the Panama Papers disclosed the myriad ways some of the world’s wealthiest dodged disclosing just how wealthy they are, those estimates only include the listed assets, not offshore trusts that papers and magazines can’t possibly track, in the absence of more such disclosures.

For Brazillionaires, an upcoming book by Bloomberg reporter Alex Cuadros (to be published next month by Spiegel & Grau) about his quest to identify all of Brazil’s billionaires while reflecting on the growth in the ranks of the ultra-rich in a country with significant inequality, Cuadros met João Marinho, one of three brothers who jointly run parts of the Globo media empire. Each of them, he estimates, is worth about as much as Rupert Murdoch ($12.7bn according to Forbes). Cuadros showed Marinho a copy of Bloomberg’s own global rich list, and asked for his opinion. “We don’t like to be on it,” Marinho told him, adding that the family doesn’t want to be known for how much money it has. “We want to be known for what we do.”

The fact remains that the rest of world doesn’t agree with him, or the other secretive types. Sure, we want to know what they do. But we believe that knowing how much they make isn’t just voyeurism. Money talks, and if we don’t know who owns that money, it gets a lot more difficult to figure out who’s setting agendas, or precisely how much firepower they have at their disposal. There’s a difference between knowing that the Koch brothers are billionaires, and being aware that they have approximately $43.9bn each at their disposal, in terms of net worth.

But if it’s important to try to figure out not just who controls our economy, but how many billions they actually are worth (whether it’s made up of stakes in public or private companies, real estate, inherited wealth held in trusts, or other assets), doing so can be tricky, as the Theranos mess shows all too clearly.

If a group of intoxicated venture capitalists choose to describe a company as somehow being “worth” $9bn, because a group of equally intoxicated investors had invested $400m, who is to say they are wrong. Nobody. We just don’t know what a private company is worth, and in the absence of any kind of test (such as an IPO), extrapolations like that are at best interesting guidelines. They’ve got no real merit unless and until another round of investors confirm that value, over and over, by continuing to purchase at that price. The wider that group of investors, too, the more robust the valuation.

Almost certainly, there are more unicorn founders on various rich lists whose net worth numbers aren’t quite what the architects of those lists present them to be. Home-sharing and ride-sharing have turned the founders of both Airbnb and Uber into billionaires by Forbes’s calculations; they made their debut on the Forbes 400 list last year.

Neither Uber nor Airbnb is publicly traded, and neither has the kind of hard assets that would have made the net worth of the typical robber baron of yesteryear easy to value: railroads, oil wells, mines, real estate. Nonetheless, Forbes now pegs the net worth of Blair Chesky of Airbnb at $3.3bn; Uber’s CEO, Travis Kalanick, Forbes says, has seen his net worth soar to $6bn, despite the company’s business difficulties and in part because of Saudi Arabia’s recent $3.5bn investment in the company, which sustained the company’s valuation at $62.5bn.

If some billionaires try to duck the scrutiny of the rich lists, it’s in the interest of others – including CEOs of unicorn companies – to see their rank and their “number” sustained or increased year over year.

A tiny handful of individuals get so caught up in this that their very identity or ego seems to be at stake. The most famous example may be the Republican presidential candidate Donald Trump, who has squabbled continually with Forbes over the latter’s refusal to value him at his own estimation. “They don’t really know my assets very well,” he retorted, miffed.

Saudi Arabia’s Prince Al-Waleed bin-Talal went even further, suing Forbes in 2013 for – wait for it – defamation. The magazine’s crime? It said the Saudi prince was worth a mere $20bn, $9.6bn less than he believed the correct number to be. (The lawsuit was settled “on mutually agreeable terms” in 2015.) Now that is rich.

Voir aussi:

Theranos : de la révolution annoncée à la désillusion
Depuis lundi, la startup américaine valorisée 9 milliards de dollars et qui propose des tests sanguins à bas prix est visée par une enquête du gendarme boursier américain. Un nouveau coup dur pour Theranos qui a nourri jusque-là beaucoup d’espoirs.
Jean-Yves Paillé
La Tribune
19/04/2016

Révolution concrète dans la santé ou rêve prématuré ? Theranos, une startup américaine qui propose plus de 200 tests sanguins, de l’hépatite C au taux de glucose en passant par la tuberculose, suscite le doute des autorités de santé en ce qui concerne l’efficacité de ses tests. Au point que l’entreprise est sous le coup d’une enquête de la SEC, l’autorité boursière américaine.

De la création de la startup aux derniers démêlés avec les autorités en passant par les énormes levées de fonds, chronologie d’une success story d’une dizaine d’années en train de se transformer en cauchemar pour Elizabeth Holmes, la fondatrice.

Self made woman
2003: C’est une histoire de self-made woman comme les Etats-Unis les aiment qui démarre cette année-là. A 19 ans, Elizabeth Holmes quitte l’université de Stanford et utilise l’argent que sa famille a mis de côté afin de payer ses études pour créer une startup technologie et santé: Theranos. C’est la contraction de therapy (traitement) et diagnosis (diagnostic). Elle est basée à Palo Alto dans la Silicon Valley,

2003-2013: Pendant dix ans, la startup embauche des scientifiques, développe des prototypes, et cela, dans le secret quasi-total. Selon Bloomberg, du fait de la compétition faisant rage dans les industries technologiques, Theranos aurait eu tort de dévoiler la teneur de ses activités. Dans cette période, la startup recrute plusieurs personnalités de renom dans son conseil d’administration, dont l’ancien patron de Wells Fargo & Company Richard Kovacevich  ou encore Henry A. Kissinger, ancien secrétaire d’Etat des Etats-Unis et prix Nobel de la paix en 1973.

Sortie de l’ombre
Novembre 2013: Theranos annonce un partenariat avec Walgreens, une chaîne de pharmacie présente sur l’ensemble du territoire américain, et sort ainsi de l’ombre. Elle commence à proposer dans la ville de Phoenix des tests sanguins à bas prix allant du cholestérol au cancer. Ceux-ci sont effectués avec un prélèvement sans aiguille. Elizabeth Holmes explique qu’avec une goutte sang, il est possible de réaliser plusieurs centaines de tests sanguins et promet des résultats au bout de quatre heures.

Juin 2014: Suite à une levée de fonds de 400 millions de dollars, après un nouveau tour de table, la startup qui emploie 500 personnes est valorisée à 9 milliards de dollars. Elizabeth Holmes, actionnaire majoritaire de Theranos, se retrouve alors à la tête d’une fortune de 3,6 milliards de dollars, selon Forbes. A trente ans, elle devient la sixième patronne américaine âgée de moins de 40 ans la plus riche des Etats-Unis.

2015: Theranos propose 240 types de tests sanguins et espère à terme en proposer plus de 1000, grâce à des coûts défiant toute concurrence. Par exemple, le test pour mesurer le taux cholestérol coûte 3 dollars avec Theranos contre 50 dollars dans les laboratoires classiques.
L’efficacité des tests sévèrement mise en doute

Octobre 2015: Le Wall Street Journal publie plusieurs articles à charge contre Theranos. Dans un papier publié en octobre, le quotidien écrit qu’un employé reproche à la compagnie d’avoir omis de rapporter des résultats de tests sanguins aux autorités de santé. Par ailleurs, plusieurs employés émettent des doutes quant à la fiabilité de la machine Edison, utilisée par Theranos pour analyser les tests sanguins. Pis, le quotidien avance qu’une très faible partie des tests de Theranos est effectuée avec ses propres instruments. Une majorité serait effectuée avec… des instruments classiques. Suite à ces révélations, les enquêtes des autorités de santé s’intensifient.
Janvier 2016: Une branche du département de la Santé américain (CMS) dénonce à son tour des « pratiques déficientes » qui « présentent des dangers immédiats pour la santé et la sécurité des patients » dans l’un des deux laboratoires de Theranos, à Newark en Californie. Le plus gros partenaire de cette biotech, la chaîne de pharmacies Walgreens, annonce alors la suspension des services d’analyses de Theranos dans la succursale où elle les proposait jusqu’ici en Californie. Néanmoins, une quarantaine d’autres centres Theranos hébergés par Walgreens restent ouverts dans l’Etat voisin d’Arizona.

Theranos acculée par les autorités
13 avril 2016: Les autorités de santé américaines (Federal health regulators) proposent dans une lettre d’exclure Elizabeth Holmes du business de tests sanguins au moins deux ans en raison des problèmes « majeurs » constatés en Californie. Selon le Wall Street Journal, qui s’appuie sur une copie de la missive qu’il a pu consulter, la startup aurait pourtant proposé des solutions. Mais elles auraient été jugées insuffisantes.

18 avril 2016: Elizabeth Holmes semble plus que jamais sur la sellette. Theranos est visée par plusieurs enquêtes. Dans un mémo envoyé lundi à ses partenaires, l’entreprise détaille être visée par des enquêtes menées par le gendarme boursier américain (SEC). La startup assure néanmoins que deux autres enquêtes, lancées par les départements de la Santé des Etats de Pennsylvanie et d’Arizona, ont été closes.

Voir de même:

KO

Mis au tapis par Hulk Hogan, le site américain Gawker dépose le bilan
Le site d’information à sensation Gawker a été condamné mi-mars à verser 140 millions de dollars de dommages et intérêts après avoir diffusé une sex-tape du catcheur Hulk Hogan.
Atlantico
11 Juin 2016

Le sexe et la quête d’audience à tout prix aura eu raison du site américain d’informations à sensation Gawker. Vendredi 10 juin, il s’est placé sous la protection du chapitre 11 de la loi sur les défaillances d’entreprise, qui permet à une société de se restructurer sans mettre obligatoirement la clef sous la porte, selon un document déposé devant un tribunal de New York.

Ce dépôt de bilan intervient trois mois après que le célèbre catcheur Hulk Hogan a remporté une poursuite de 140 millions de dollars américains contre l’éditeur en ligne.

Dans les documents déposés, l’entreprise new-yorkaise révèle qu’elle détient une dette de 500 millions de dollars américains et que ses actifs valent jusqu’à 100 millions.

La situation comptable de la société était donc déjà très déséquilibrée, mais dans la liste des créanciers du groupe figure en première ligne Terry Gene Bollea, plus connu sous le nom de Hulk Hogan.

Hulk Hogan a en effet traîné Gawker devant les tribunaux après que le site a diffusé une vidéo filmée à l’insu du catcheur, dans laquelle il a une relation sexuelle avec la femme d’un ami. Au terme du procès, Hulk Hogan a obtenu 115 millions de dollars américains en dommages-intérêts compensatoires et 25,1 millions en dommages-intérêts punitifs. Gawker avait fait appel de la décision mais avait mandaté des banquiers pour étudier tous les scénarios possibles en cas de confirmation de la décision, y compris la vente du site.

Après ce dépôt de bilan, Gawker a annoncé avoir trouvé un accord avec le groupe de médias Ziff Davis, qui va racheter l’essentiel de ses actifs pour un prix non dévoilé, selon un communiqué.

Fin mai, le milliardaire Peter Thiel, cofondateur d’eBay, avait révélé avoir financé la défense d’Hulk Hogan lors du procès. Le milliardaire avait une bonne raison d’en vouloir à Gawker : c’est ce site qui avait révélé son homosexualité en 2007. Le milliardaire se défend toutefois d’avoir voulu se venger.

Voir aussi:

Mais pourquoi certaines start-up sont appelées « licornes »?

Raphaële Karayan
L’Expansion
17/09/2015

Blablacar, le leader du covoiturage, prend du galon en levant 200 millions de dollars, à une valorisation de 1,4 milliard. Le français rejoint ainsi le club des « licornes », ces start-up qui valent plus d’un milliard. Mais ce n’est pas leur seul point commun.

Grâce à sa nouvelle levée de fonds record de 200 millions de dollars, l’entreprise française Blablacar entre désormais dans le cercle restreint des « licornes », ces start-ups des nouvelles technologies, non cotées en Bourse, dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Blablacar serait valorisée, selon les estimations des spécialistes, 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros).

La première licorne française

Les licornes, malgré leur nom, n’ont rien de l’animal imaginaire, ni même de la bête rare. A vrai dire, leur nombre a rapidement augmenté ces deux dernières années, comme l’atteste le baromètre de CB Insights, qui en dénombre actuellement 134 dans le monde. En revanche, les licornes s’observent surtout aux Etats-Unis, et plus particulièrement dans la Silicon Valley, leur écosystème d’origine.

En France, Vente-privée.com aurait pu entrer dans cette catégorie. Sa valorisation, estimée à 3 milliards de dollars par la banque d’affaires GP Bullhound en 2014, lui accorderait ce label. Mais Vente-privée a depuis longtemps dépassé le stade de la start-up, et contrairement à la majorité des licornes, elle est déjà rentable. Ce qui n’est pas le cas de BlaBlaCar. Quant à Criteo, l’autre grande réussite française, elle est cotée au Nasdaq.

D’où viennent les licornes ?

L’expression licorne a été inventée par une femme, Aileen Lee. Cette spécialiste américaine du capital-risque a réalisé en 2013 une étude, démontrant que moins de 0,1% des entreprises dans lesquelles investissaient les fonds de capital-risque atteignaient des valorisations supérieures à 1 milliard de dollars. Soucieuse de réserver la meilleure publicité à son analyse, elle a cherché un terme vendeur pour qualifier ces pépites. Elle a trouvé le mot « licorne » parfait: renvoyant à quelque chose de rare, relié au rêve et à l’heroic fantasy, une culture totalement compatible avec celle des geeks.

« Le terme romance l’histoire les entreprises technologiques: il les fait passer de quelque chose de lointain et de compliqué à quelque chose de magique et même sympathique, tout en étant rare et puissant », explique Lee à l’International Business Times, qui raconte la genèse de l’expression. La suite est allée très vite: publiée par Techcrunch fin 2013, le terme a tout de suite pris.

La bulle des licornes

Les licornes, aux Etats-Unis, ont une caractéristique commune. Elles contribueraient à faire gonfler une nouvelle bulle. Qui n’est pas une bulle boursière, comme dans les années 2000, mais le fait des investisseurs privés qui misent des sommes colossales sur ces entreprises, leur faisant atteindre des niveaux de valorisation sans commune mesure avec les profits qu’elles génèrent. Les Uber, Twitter, Snapchat, Airbnb, Pinterest et consorts brûlent aussi énormément de cash, comme leurs ancêtres de la bulle internet.

Pourquoi les fonds placent-ils autant d’argent dans ces licornes ? Tout d’abord parce que les investisseurs ont beaucoup de liquidités à placer. Ils savent qu’une valorisation élevée facilite le recrutement des meilleurs, tout comme elle assoit une réputation. Ils peuvent ainsi profiter d’un cercle vertueux.

Ensuite, d’autres mécanismes, plus complexes, sont à l’oeuvre. Les licornes font saliver les fonds d’investissement avec des indicateurs financiers non conventionnels, qui mettent leur business en valeur, ce qu’elles ne peuvent pas faire quand elles s’introduisent en Bourse. De leur côté, les investisseurs, notamment ceux qui placent d’habitude plutôt leur argent en Bourse, comme les fonds de pension, les fonds souverains et les fonds spéculatifs, mettent en place des mécanismes leur garantissant un maximum de protection en cas de baisse de la valorisation lors de tours de table ultérieurs ou de vente. Ce qui alimente la bulle, et ainsi de suite.

Si cette bulle-là explose, ce ne sera pas en raison d’une revente massive de titres, mais d’introductions en Bourse ou de rachats à une valorisation corrigée. Toutes n’y survivront pas.

Voir de plus:

Cybercrime is the No. 1 concern for managers at multinational companies and a contributing factor in the slowing global economy, according to a new report. While the rise of cybercriminals has caused hundreds of millions of dollars of damage to individuals, companies and even governments in recent years, it has also led to the rise of cybercrime gangs who are earning hundreds of millions but who are operating like any legitimate startup would. Meet the cybercrime unicorns.

Unicorns are mythical creatures and in many ways so too are many of the billion-dollar tech companies given the same name, with valuations based on little more than potential and no revenue to speak of. On the flip side, cybercrime gangs are hugely profitable with small teams of dedicated experts, with no investors to answer to and no IPO to plan for.

« If you have a cybercrime organization and you are losing money, you are doing something wrong, » security researcher Mikko Hypponen, who first coined the term cybercrime unicorn, told International Business Times. According to a study by the Ponemon Institute, the average annual losses to U.S. companies from cybercrime in 2015 exceeded $15 million, a 15 percent rise over the previous year. The Clements Worldwide Risk Index for 2016 suggests that cybercrime is the number one threat feared by managers at multinational corporations and is slowing the level of investment and expansion. “Stealing critical data on customers, employees, products and business partners inflicts far more actual and potential damage than any physical theft ever could,” said Chris Beck, president of Clements Worldwide.

While the effect on legitimate businesses is worsening, the rewards for the criminals is only increasing. According to a report from the Cyber Threat Alliance, the cybercrime gang operating the pernicious ransomware called Cyptowall has amassed a fortune of over $325 million. The researchers were able to reach this figure by tracking the bitcoin wallets the gang used to store the ransoms paid by hundreds of thousands of victims across the globe.

One of the key aspects of tech unicorns like Uber and Airbnb, is that they have backing from investors sometimes worth billions of dollars. Due to limited information available about the murky and shadowy world of cybercrime, it is unclear if a similar set up exists for these criminal gangs, but Hypponen does not rule it out. The researcher says it is possible there are  « honchos in the shadows » who get these groups up-and-running, but « we know very little about these cybercrime groups » so it is impossible to say with any certainty.

What we can say for certain is that many of these gangs have setups operating just as any startup would. While they may lack the beanbags, free food and Friday afternoon ping-pong matches, their operations are run like any business in order to maximize profits.

The offices of cybercrime operations may not be as funky or fun as those of startups like Airbnb, but they are still run like any other business. Photo: Martin Bureau/Getty Images

In the university city of Tartu in Estonia, Rove Digital established its offices and, from the outside,  it looked just like any other legitimate Internet service provider (ISP), with an official website and at one point it posted more than $5 million in revenue and had more than 50 employees.

Rove Digital was however a sophisticated cybercrime operation run by  Vladimir Tsastsin which infected more than four million PCs in over 100 countries using malware known as DNSChanger with the U.S. government claiming this one operation alone earned the criminals $14 million before an FBI-led sting saw Tsastsin and his colleagues arrested. In July 2015 Tsastsin pled guilty to wire fraud and computer intrusion charges and faces a maximum 25 years in jail.

« This was a startup for all practical purposes, » Hypponen says. « except that it was in the business of cybercrime. »

Comparing cybercrime gangs to tech unicorns is of course problematic. These are not private companies which have valuations and while the likes of Snapchat, Palantir and Airbnb have to pay taxes and abide by laws and regulations, these criminal gangs operate as they want.

While most of the world’s unicorns are located in Silicon Valley, the majority of cybercrime gangs operate out of the former Soviet states, including Russia, Ukraine, and Estonia. However they are not limited to these locations with significant operations being run out of other European countries like Romania and Moldova while more recent cyrbercrime hotspots include Vietnam and Brazil.

Hypponen says that one region of the globe has yet to establish itself as having a significant cybercrime presence, but he worries that in the coming years, Africa could product the next cybercrime unicorn. « I am worried about whether we will see more cybercrime coming out of Africa, hitting the rest of the world, » Hypponen says — and other experts agree. The reason for his concern is the exponential growth in connectivity which the continent is expected to experience in the coming years.

At the moment the outbound bandwidth of the entire continent, which has a population of 1.1 billion, is the same as that of Finland, which has a population of 5 million. With companies like Facebook and Google are aggressively investigating ways to quickly connect the continent, this could mean that just like the rest of the world, Africa could soon be home to major cybercrime operations.

Voir de même:

Jennifer Lawrence to play Elizabeth Holmes in movie about Theranos
Lawrence will portray the founder of the embattled biotech firm that was once valued at $9bn before journalists demolished many of the company’s claims
Nicky Woolf in San Francisco

The Guardian
9 June 2016

Jennifer Lawrence has signed on to play Elizabeth Holmes in a movie about the embattled Silicon Valley biotech firm Theranos, which at one point was worth $9bn.

The film is set to be produced by Adam McKay, who was behind the recent film about the financial crisis The Big Short, based on the book of the same name by Michael Lewis.

Deadline Hollywood, which first reported the story, said Lawrence will play the company’s 32-year-old founder.

Theranos was once touted as a “unicorn” – the Silicon Valley moniker for startups with multibillion-dollar valuations. Its much-touted new blood testing system claimed to be able to perform tests on a “pinprick” of blood rather than a much larger amount drawn by syringe, which is the current best available method.

The efficacy of Theranos’s system was reported breathlessly by much of the Silicon Valley press until an investigation by the Wall Street Journal demolished many of their claims.

Theranos still disputes the Journal’s findings, but the company’s public trust and reputation have been significantly damaged.

Subsequent regulatory inspections of Theranos labs found evidence that issues causing “immediate jeopardy to patient health and safety”, and inspectors threatened to ban the company from operating any laboratories after it said the problems were not rectified. The company is also being investigated by federal prosecutors to find out if investors were intentionally misled.

After the exposé, Holmes experienced a fall from grace of cinematic proportions, going from the richest self-made woman on Forbes’s rich list to having a net worth of almost literally zero practically overnight.

Voir aussi:

Bill Gurley predicts ‘dead unicorns’ in startup-land this year

Erin Griffith

Fortune

March 15, 2015

A crash would affect more than just startups.Bill Gurley, the prominent investor behind Uber and Snapchat, has been sounding the tech bubble alarm for months now. He’s preached about the dangerous appetite for risk in the market, the alarmingly high burn rates and the excess of capital sloshing around in Silicon Valley.

At the South by Southwest Interactive festival in Austin, Texas, Gurley rang the alarm once again. We may not be in a tech bubble, the venture capitalist said, but we’re in a risk bubble.

“There is no fear in Silicon Valley right now,” he said. “A complete absence of fear.” He added that more people are employed by money-losing companies in Silicon Valley than ever before.

Will there be a crash? “I do think you’ll see some dead unicorns this year,” he said, using the term used to describe startups with valuations higher than $1 billion. (For more on startup unicorns and Bill Gurley, see Fortune’s February 2015 cover story, “The Age of Unicorns.”)

If the free flowing capital, which is driven by low interest rates, ever dries up, it will affect more than just money-losing startups. It will affect the San Francisco real estate market, Gurley noted. And more importantly, it will affect a number of companies whose revenue is increasingly reliant on spending by venture-backed startups.

Take Facebook, for example. A significant portion of its income now comes from venture-backed apps that are spending heavily to promote app downloads within Facebook, Gurley said. “As you get more of these dependancies, it increases the likelihood that if anything slows we’ll have [problems],” Gurley said.

Gurley said the best way to prepare for the worst is to have a back-up plan, so that if everything falls apart, the company can quickly change courses and get to profitability. “The best entrepreneurs already think that way,” he said. “The younger ones don’t.”

Nonetheless, when asked which companies Gurley wishes he had invested in, he immediately named two unicorns: Airbnb, which is rumored to be raising capital at a $20 billion valuation, and Slack, the youngest company to get to a $1 billion valuation.

Voir également:

The Age of Unicorns

Erin Griffith, Dan Primack
Fortune
January 22, 2015

The billion-dollar tech startup was supposed to be the stuff of myth. Now they seem to be … everywhere.

Stewart Butterfield had one objective when he set out to raise money for his startup last fall: a billion dollars or nothing. If he couldn’t reach a $1 billion valuation for Slack, his San Francisco business software company, he wouldn’t bother. Slack was hardly starving for cash. It was a rocket ship, with thousands of people signing up for its workplace collaboration tools each week. What Slack needed, Butterfield believed, was the cachet of the billion-dollar mark.

“Yes, it’s arbitrary because it’s a big round number,” says Butterfield, 41. “It does make a difference psychologically. One billion is better than $800 million because it’s the psychological threshold for potential customers, employees, and the press.”

Sure enough, in October—less than a year after the company released its namesake product—Slack announced the close of a $120 million round of financing. Its valuation? One billion dollars. Butterfield’s wish had come true: Slack was the tech world’s newest “unicorn.”

It wasn’t long ago that the idea of a pre-IPO tech startup with a $1 billion market value was a fantasy. Google GOOG -1.26% was never worth $1 billion as a private company. Neither was Amazon AMZN -1.34% nor any other alumnus of the original dotcom class.

Today the technology industry is crowded with billion-dollar startups. When Cowboy Ventures founder Aileen Lee coined the term unicorn as a label for such corporate creatures in a November 2013 TechCrunch blog post, just 39 of the past decade’s VC-backed U.S. software startups had topped the $1 billion valuation mark. Now, casting a wider net, Fortune counts more than 80 startups that have been valued at $1 billion or more by venture capitalists (full list here). And given that these companies are privately held, a few are sure to have escaped our detection. The rise of the unicorn has occurred rapidly and without much warning, and it’s starting to freak some people out.

“It used to be that unicorns were these mythical creatures,” says Jason Green, a venture capitalist at Emergence Capital Partners whose investments include Yammer, which sold to Microsoft MSFT -0.27% for $1.2 billion. “Now there are herds of unicorns.”

Not content to run with the pack—or “blessing,” as a group of unicorns is sometimes known—venture capitalists have begun targeting even bigger game. They’re now hunting startups with the potential to rapidly reach a $10 billion valuation—or, as Green calls them, “decacorns.” In late 2013 just one private company had crossed that threshold: Facebook FB -1.64% . Now there are at least eight, including Uber, the on-demand car service worth $41.2 billion. Its valuation is higher than the market capitalization of at least 70% of the companies in the Fortune 500.

Technology is driving the boom. Smartphones, cheap sensors, and cloud computing have enabled a raft of new Internet-connected services that are infiltrating the most tech-averse industries—Uber is roiling the taxi industry; Airbnb is disrupting hotels. Investors see massive opportunity in the upheaval.

Then there are the broader financial trends. A nearly six-year-old raging bull market in public stocks has produced a tailwind for private company valuations and convinced the latest crop of tech entrepreneurs that there will be plenty of time to cash in when they feel like it. Record-low interest rates also have caused some big institutional investors to search for returns in the high-risk, high-reward world of venture capital. Add to that a lack of regulation: After the passage of the JOBS Act in 2012, which aimed to make it easier for small businesses to raise capital, startups could take on many more investors before the Securities and Exchange Commission effectively forced them to go public.

Finally, there is the intangible element of perception. In the startup world, a valuation of $1 billion says that you’re no longer a fly-by-night startup with plans to quickly sell out to Google.

“It absolutely gives us credibility and the ability to hire some very important people,” says Apoorva Mehta, the 28-year-old CEO of on-demand grocery delivery service Instacart, which has been in business for only two years but reportedly is valued at $2 billion. “And it tells the world that we’re looking to build a long-lasting worldwide brand instead of looking to get acquired.”

Venture capitalists justify these soaring valuations by looking backward. After the dotcom crash, a wave of prudence swept over the Valley. Investors kept valuations low and tried not to overcapitalize their companies. That strategy lasted until Hurricane Facebook came along. All of the cautious types who passed on investing in the social network early, because it was too expensive at $250 million or $500 million, were left scarred and paranoid when it went public in May 2012 with a market cap of $104 billion. If a startup is going to be worth billions of dollars in a few years, why quibble over a few million on the entry price?

As a result, the median valuation of a Series A round of funding soared 135% between 2012 and 2014, according to the law firm Cooley LLP. This has created an echo effect, with new gains setting the bar higher for each subsequent round of funding. So venture capitalists have recruited unlikely new partners in the form of traditional money managers such as Fidelity Investments (which led the latest deal for Uber) and Wellington Management (which backed DocuSign and Moderna Therapeutics) to support unicorn-level rounds. Call it trickle-up economics.

It also doesn’t hurt that American corporations have record-breaking stockpiles of cash on their balance sheets. Facebook set tongues wagging when it paid $19 billion for instant-messaging startup WhatsApp last March, then followed it up a month later by shelling out $2 billion for virtual reality headset maker Oculus VR. In 2014, Google paid $3.2 billion for smart thermostat maker Nest, Apple AAPL -0.81% acquired headphone maker Beats for $3 billion, and Microsoft spent $2.5 billion to own the Swedish gaming startup responsible for Minecraft. Even health care VCs cashed in, selling Seragon Pharmaceuticals to Genentech for upwards of $1.7 billion.

All of this has begun to feel bubblicious, especially to those who lived through the last cycle. “If you are a CEO today and you’re age 35 or below, you did not go through 2000, which means you have not actually seen the capital markets shut off,” says venture capitalist Marc Andreessen, who nonetheless remains bullish. “People who went through 2000 are psychologically scarred and arguably have been risk-averse for the last 15 years. If you didn’t go through it you’re in danger of always believing you can raise money at a higher valuation.”

Greycroft Partners founder Alan Patricof, who has been investing in startups for more than four decades, is wary. “People are buying traffic growth and revenue growth, but it’s the ‘emperor has no clothes’ theory,” he says. “At some point all of these companies will be valued on a multiple of Ebitda. If the IPO market goes away, or for any reason there’s a blip in the outlook, people could be left holding a lot of inventory they wish they didn’t have.”

Proponents of the unicorn boom posit that this time—no, seriously!—is different. Many of the billion-dollar startups, they argue, have the actual customers and revenue that companies of the dotcom days lacked. But no one in the VC world is so sanguine as to suggest that, sooner or later, we won’t experience a market pullback.

Not surprisingly, many venture capitalists have begun preaching caution to their portfolio companies. A brief swoon in publicly traded tech stock prices last April—particularly in the enterprise sector—was seen industrywide as a warning shot that startups should control their “burn rates” and raise as much new money as possible to protect against a future funding drought. Entrepreneurs listened, at least to the second part: U.S.-based companies raised more venture capital in the fourth quarter of 2014 than they did in any other quarter over the prior 13 years, according to the National Venture Capital Association.

That explains, in part, why a company like Instacart raised $120 million in new funding earlier this month at its reported $2 billion valuation just six months after raising $44 million at a $400 million valuation. Or why social media company Pinterest raised $625 million over three rounds of funding between February 2013 and May 2014, doubling its valuation from $2.5 billion to $5 billion.

But more aggressive fundraising is no guarantee that unicorns will grow into their valuations. “Going from $0 to $50 million in revenue is a lot different from going from $50 million to several hundred million,” says Green. “A lot of folks don’t make that transition. Most don’t. Maybe half of those companies won’t fulfill their potential.” (For a look at a startup struggling to break through, read the story on Jawbone.)

Several unicorns have already experienced a pullback. Open-source software company Hortonworks HDP -4.63% was valued at $1 billion by private investors but lowered its market cap to $666 million when it went public last December. (It has since crossed back over the $1 billion mark in market value.) Box, the data storage company credited with making enterprise technology cool, was preparing to hold an IPO just days after this magazine went to press. Its initial valuation was expected to be at least 30% lower than the $2.4 billion it commanded from private investors like TPG Capital last summer.

And then there is Fab, the design-focused e-commerce site that said it would generate $250 million in revenue in 2013. It ended up bringing in around $100 million. (At one point, it burned as much as $14 million per month.) Fab shrank from 750 employees to 150, and CEO Jason Goldberg repositioned the company as a custom furniture business. Fab was widely reported to have raised some of its $336 million in funding at a $1 billion valuation, but Goldberg acknowledges to Fortune that its valuation never actually topped $875 million. He acknowledges the company isn’t worth close to that today. “If you allow yourself to believe you’re worth $1 billion after two to three years of being in business, you’re going to get yourself caught up in trouble,” Goldberg says.

Even in the best of times, of course, startup investing is high risk. As quickly as the Age of Unicorns arrived, the conditions that created it could reverse and leave entrepreneurs and investors wistful for what might have been.

“I think you’re going to see a lot of failure in 2015,” says Benchmark Capital partner Bill Gurley, who sits on Uber’s board of directors. “If you’re a public company worth $3 billion and your stock trades down to $1 billion, you can survive it because you can still issue options to hire new employees, etc.  If it happens when you’re private, though, it becomes immediately harder to hire or to get incremental investment.”

In the meantime, expect more billion-dollar startups to emerge—at least for now. “You can’t choose not to play,” Gurley says. “If you’re in the enterprise segment and your competitors are raising $150 million at high valuations and pouring it into sales, you either can do something similar or be conservative and no longer matter.” Which might explain why some VCs continue to invest even as they predict failure. There’s always the hope and belief that the value created by a few successful unicorns will offset the losses of those that fail.

Butterfield knows the easy venture money will dry up at some point. It’s one reason Slack has spent only 1% of the money it’s raised. “You’d have to be in a meteors-hitting-the-Earth scenario before Slack as a business would get into trouble,” he boasts. Staying thrifty is a smart move. The prestige of being a unicorn diminishes with each passing quarter. When it’s gone, he’ll have a whole new fantasy to chase: profitability.

Additional reporting by Daniel Roberts and Deena Shanker.

Voir encore:

If you follow tech, you know that Silicon Valley cannot stop talking about unicorns — shorthand for the growing herd of startups valued at $1 billion or more. Dow Jones counts 77 of them in the U.S. alone and 106 worldwide, including Uber ($50 billion), Palantir ($20 billion), Snapchat ($16 billion) and SpaceX ($12 billion).

Whether or not the stunning growth of this group (increasing from 34 in 2013) constitutes a bubble is open for debate. What isn’t is who ascribed the name of a mythical creature to the world’s most promising and valuable startups. All credit, or blame, goes to Aileen Lee.

Lee, a longtime tech venture capitalist and the founder of Cowboy Ventures, wanted to know how realistic it is to discover and invest in one of these companies, so she did some research in 2013 and found that 0.07 percent of venture-backed companies attained valuations of more than $1 billion (although that figure has since grown to 0.14 percent, which some say is a sign the tech industry may once again be in a bubble). Lee decided she wanted to share her findings, but not before coming up with a term that could properly describe these kinds of companies.

“I was trying to come up with a word that would make it easier to use over and over again,” Lee said in an interview. “I played with different words like ‘home run,’ ‘megahit,’ and they just all sounded kind of ‘blah.’ So I put in ‘unicorn’ because they are — these are very rare companies in the sense that there are thousands of startups in tech every year, and only a handful will wind up becoming a unicorn company. They’re really rare.”

Besides describing the rarity of these startups, « unicorn » for Lee carried a mythical and playful feeling, which she said captures the essence of many of these companies. “A lot of the entrepreneurs and founders have big dreams and are on a mission to build things that the world has never seen before,” she said. “‘Home run’ or something like that doesn’t really capture that spirit.”

That the term itself is laden with elements of fantasy and sci-fi — popular genres among techies — has no doubt helped solidify its place in Silicon Valley business-speak. « In a way, the term romanticizes techno-companies: takes them from the remote and unintelligible to the magical and even lovable, while also being rare and powerful, » said Robin Lakoff, professor of linguistics at the University of California, Berkeley. « I certainly would feel nicer toward megarich tech startups if I could think of them as unicornlike. »

After Lee settled on the right terminology, her findings were published on TechCrunch as “Welcome To The Unicorn Club: Learning From Billion-Dollar Startups” on Nov. 2, 2013, and the story immediately took off. The piece has been shared more than 19,000 times. The next day, Business Insider published a piece that referenced unicorns, and a few days later, other influences in the tech industry, like venture capitalist Hunter Walk, began making references to unicorns. “I honestly didn’t think anyone was going to read it,” Lee said. “I had no idea it was going to be of interest to anyone.”

Since then, usage of the term in the press has see a compounded annual growth rate of 775 percent, according to Quid, a business analytics startup. There have been more than 1,700 stories published featuring the words « unicorn, » « tech » and « valuation » since August 2013, Quid said. Unicorn is often applied to companies like Square ($6 billion) and Pinterest ($11 billion), and individuals like Snapchat CEO Evan Spiegel and Slack CEO Stewart Butterfield are often associated with it.

For many in tech, Lee’s article has changed their vocabulary. Manny Fernandez, CEO and co-founder of San Francisco angel investment platform Dreamfunded and a self-described “unicorn hunter,” said there isn’t a day that he doesn’t hear talk of unicorns. “We are in the era of the unicorns,” Fernandez said.

http://datawrapper.dwcdn.net/F6pC8/1/But Lee’s article isn’t the only reason the term has become so popular. Over the past decade, two major changes in the tech industry have created the need for a term that could quickly describe private billion-dollar tech companies. The first is is that these days, there’s no real math to startup valuations — the numbers are based mostly on a company’s potential, and they are essentially just made up. This has made it easier for companies to earn billion-dollar valuations.

The other tectonic change is that venture-backed companies are staying private much longer than in the past. In 2000, the median time to an initial public offering was 3.1 years, according to the National Venture Capital Association. That number increased to 7.4 years in 2013, in part because many startups want to take advantage of the friendly valuation environment before they go public. Additionally, the emergence of private markets has made it easy for unicorn shareholders to cash out their investments without forcing their startups to go public and under the microscope of Wall Street’s unforgiving eyes. This is why companies like Dropbox ($10 billion) and Airbnb ($25.5 billion) remain private despite both being more than seven years old.

Combined, these two changes have lead to there being more unicorns than ever before. Lee, who revisited her findings in July, saw the number of U.S. public and private unicorns go from 39 in 2013 to 84 in 2015, a whopping 115 percent increase in the span of 20 months. Though unicorns are still rare, there are now so many that they “warrant a special term that captures the mythical/aspirational quality and yet is light-hearted enough to be shared rapidly,” said Bob Goodson, co-founder of Quid.

So if you’re ever around San Francisco or hanging out with a techie, don’t be alarmed if you hear talk of unicorns — it’s probably a reference to a tech company, and not “My Little Pony.” As for Lee, she and Cowboy Ventures are still on the lookout for a few unicorns of their own, but for now, well, she’s just “happy that people read the piece.”

Voir de plus:

Welcome To The Unicorn Club: Learning From Billion-Dollar Startups

Aileen Lee
Techcrunch
Nov 2, 2013

Editor’s note: Aileen Lee is founder of Cowboy Ventures, a seed-stage fund that backs entrepreneurs reinventing work and personal life through software. Previously, she joined Kleiner Perkins Caufield & Byers in 1999 and was also founding CEO of digital media company RMG Networks, backed by KPCB. Follow her on Twitter @aileenlee

Many entrepreneurs, and the venture investors who back them, seek to build billion-dollar companies.

Why do investors seem to care about “billion dollar exits”? Historically, top venture funds have driven returns from their ownership in just a few companies in a given fund of many companies. Plus, traditional venture funds have grown in size, requiring larger “exits” to deliver acceptable returns. For example – to return just the initial capital of a $400 million venture fund, that might mean needing to own 20 percent of two different $1 billion companies, or 20 percent of a $2 billion company when the company is acquired or goes public.

So, we wondered, as we’re a year into our new fund (which doesn’t need to back billion-dollar companies to succeed, but hey, we like to learn): how likely is it for a startup to achieve a billion-dollar valuation? Is there anything we can learn from the mega hits of the past decade, like Facebook, LinkedIn and Workday?

To answer these questions, the Cowboy Ventures team built a dataset of U.S.-based tech companies started since January 2003 and most recently valued at $1 billion by private or public markets. We call it our “Learning Project,” and it’s ongoing.

With big caveats that 1) our data is based on publicly available sources, such as CrunchBase, LinkedIn, and Wikipedia, and 2) it is based on a snapshot in time, which has definite limitations, here is a summary of what we’ve learned, with more explanation following this list*:

Learnings to date about the “Unicorn Club”:

We found 39 companies belong to what we call the “Unicorn Club” (by our definition, U.S.-based software companies started since 2003 and valued at over $1 billion by public or private market investors). That’s about .07 percent of venture-backed consumer and enterprise software startups.

  1. On average, four unicorns were born per year in the past decade, with Facebook being the breakout “super-unicorn” (worth >$100 billion). In each recent decade, 1-3 super unicorns have been born.

  1. Consumer-oriented unicorns have been more plentiful and created more value in aggregate, even excluding Facebook.

  1. But enterprise-oriented unicorns have become worth more on average, and raised much less private capital, delivering a higher return on private investment.

  1. Companies fall somewhat evenly into four major business models: consumer e-commerce, consumer audience, software-as-a-service, and enterprise software.

  1. It has taken seven-plus years on average before a “liquidity event” for companies, not including the third of our list that is still private. It’s a long journey beyond vesting periods.

  1. Inexperienced, twentysomething founders were an outlier. Companies with well-educated, thirtysomething co-founders who have history together have built the most successes

  1. The “big pivot” after starting with a different initial product is an outlier.

  1. San Francisco (not the Valley) now reigns as the home of unicorns.

  1. There is very little diversity among founders in the Unicorn Club.

Some deeper explanation and additional findings:

1) Welcome to the exclusive, 39-member Unicorn Club: the Top .07%

  • Figuring out the denominator to unicorn probability is hard. The NVCA says over 16,000 internet-related companies were funded since 2003; Mattermark says 12,291 in the past 2 years; and the CVR says 10-15,000 software companies are seeded each year. So let’s say 60,000 software and internet companies were funded in the past decade. That would mean .07 percent have become unicorns. Or, 1 in every 1,538.

  • Takeaway: it’s really hard, and highly unlikely, to build or invest in a billion dollar company. The tech news may make it seem like there’s a winner being born every minute — but the reality is, the odds are somewhere between catching a foul ball at an MLB game and being struck by lightning in one’s lifetime. Or, more than 100x harder than getting into Stanford.

  • That said, these 39 companies have shown it’s possible  – and they do offer a lot that can be learned from.

2) Facebook is the super-unicorn of the decade (by our definition, worth >$100B). Every major technology wave has given birth to one or more super-unicorns

  • Facebook is what we call a super-unicorn: it accounts for almost half of the $260 billion aggregate value of the companies on our list. (As such, we excluded them from analysis related to valuations or capital raised)

  • Prior decades have also given birth to tech super-unicorns. The 1990s gave birth to Google, currently worth nearly 3x Facebook; and Amazon, worth ~ $160 billion. The 1980’s: Cisco. The 1970s: Apple (currently the most valuable company in the world), Oracle, and Microsoft; and Intel was founded in the 1960s.

  • What do super-unicorns have in common? The 1960s marked the era of the semiconductor; the 1970s, the birth of the personal computer; the 1980s, a new networked world; the 1990s, the dawn of the modern Internet; and in the 2000s, new social networks were built.

  • Each major wave of technology innovation has given rise to one or more super-unicorns  — companies that could change your life to work at or invest in, if you’re not lucky/genius enough to be a co-founder. This leads to more questions. What is the fundamental technology change of the next decade (mobile?); and will a new super-unicorn or two be born as a result?

Only four unicorns are born per year on average. But not all years have been as fertile:

  • The 38 companies on our list outside of Facebook are worth about $3.6 billion on average. This might feel like a letdown after reading about super-unicorns, but remember, startups generally start as ideas that most people think are crazy, dumb, or not that important (remember when people ridiculed Twitter as the place to share that you were eating a ham sandwich?). Only after many years and extraordinary good fortune, a few grow into unicorns, which is extremely rare and pretty awesome.

  • Unicorn founding was not front-end-loaded in the past decade. The best year was 2007 (8 of 36); the fewest were born in 2003, 2005 and 2008 (as far as we know today; there are none yet founded in 2011 to today). From this snapshot in time, it’s not clear whether the number of unicorns per year is changing over time.

  • It would be interesting to plot the trajectory of unicorns over time  — which become more valuable and which fall off the list — and to understand the list of potential unicorns-in-waiting, currently valued at <$1 billion. Hopefully for a future post.

3) Consumer-oriented companies have created the majority of value in the past decade

Venture investing into early-stage consumer tech companies has cooled significantly in the past year. But it’s worth realizing that:

  • Three consumer companies — Facebook, Google and Amazon — have been the super-unicorns of the past two decades.

  • There are more consumer-oriented than enterprise unicorns, and they have generated more than 60 percent of the aggregate value on our list outside of Facebook.

  • Our list likely seriously underestimates the value of consumer tech. Of the 14 still-private companies on our list, 85 percent are consumer-oriented (e.g. Twitter, Pinterest, Zulily). They should see a significant step up in value if/when a liquidity event occurs, increasing the aggregate value of the consumer unicorns.

4) Enterprise-oriented unicorns have delivered more value per private dollar invested

  • One reason why enterprise ventures seem so attractive right now: the average enterprise-oriented unicorn on our list raised on average $138 million in the private markets – and they are currently worth 26x their private capital raised to date.

  • The companies that seriously improved this metric are Nicira, Splunk and Tableau, who all raised <$50 million in private markets and are worth $3.8 billion today on average.

  • Plus Workday, ServiceNow and FireEye who are currently worth >60x the private capital raised. Wow.

  • Contrary to conventional VC wisdom about enterprise companies requiring more early-stage capital, we didn’t see a difference in Series A dollars raised by enterprise versus consumer unicorns.

Consumer companies have delivered less value per private dollar invested

  • The consumer unicorns have raised $348 million on average, ~2.5x more private capital than enterprise unicorns; and they are worth about 11x the private capital raised.

  • Companies who raised lots of private money relative to their most recent valuation are Fab, Gilt Groupe, Groupon, HomeAway and Zynga.

  • It may just take more capital to build a super successful consumer tech company in a “get big fast” world; and/or, founders and investors are guilty of over-capitalizing consumer Internet companies at too-high valuations in the past decade, driving lower returns for consumer tech investors.

5) Four primary business models drive the value and network effects help

  • We categorized companies into four business models, which share fairly equally in driving value in aggregate: 1) E-commerce: the consumer pays for goods or services (11 companies); 2) Audience: free for consumers, monetization through ads or leads (11 companies); 3) SaaS: Users pay (often via a “freemium” model) for cloud-based software (7 companies); and 4) Enterprise: Companies pay for larger scale software (10 companies).

  • None of the e-commerce companies on our list hold physical inventory as a key part of their business models. Despite that, e-commerce companies raised the most private dollars on average — delivering the lowest valuations vs capital raised, and likely driving the recent cool down in e-commerce investing.

  • Only four of the 38 companies are mobile-first. Not surprising, the iPhone was only launched in 2007 and the first Android device in 2008.

  • Another characteristic almost half of the companies on our list share: network effects. Network effects in the social age can help companies scale users dramatically, seriously reducing capital requirements (YouTube and Instagram) and/or increasing valuations quickly (Facebook).

6) It’s a marathon, not a sprint: it takes 7+ years to get to a “liquidity event”

  • It took seven years on average for 24 companies on our list to go public or be acquired, excluding extreme outliers YouTube and Instagram, both of which were acquired for over $1 billion in about two years since founding.

  • 14 of the companies on our list are still private, which will increase the average time to liquidity to eight-plus years.

  • Not surprisingly, enterprise companies tend to take about a year longer to see a liquidity event than consumer companies

  • Of the nine companies that have been acquired, the average valuation was $1.3 billion; likely a valuation sweet spot for acquirers to take them off the market before they become less affordable

7) The twentysomething inexperienced founder is an outlier, not the norm

  • The companies on our list were generally not founded by inexperienced, first-time entrepreneurs. The average age on our list of founders at founding is 34. Yes, the founders of Facebook were on average 20 when it was founded; but the founders of LinkedIn, the second-most valuable company on our list, were 36 on average; and the founders of Workday, the third-most valuable, were 52 years old on average.

  • Audience-driven companies like Facebook, Twitter and Tumblr have the youngest founders, with an average age at founding of 30 (seemingly imminent unicorn Snapchat will lower this average). SaaS and e-commerce founders averaged aged 35 and 36; enterprise software founders were 38 on average at founding.

Co-founders with years of history together have driven the most successes

  • A supermajority (35) of the unicorns on our list have chosen to blaze trails with more than one founder — with three co-founders on average. The role of co-founders varies from Co-CEOs (Workday) to technical co-founders who live in a different country (Fab.com). Looking at co-founder equity stakes at liquidity might be another interesting way to look at founder status, which we have not done.

  • Ninety percent of co-founding teams comprise people who have years of history together, either from school or work; 60 percent have co-founders who worked together; and 46 percent who went to school together.

  • Teams that worked together have driven more value per company than those who went to school together.

  • Only four teams of co-founders didn’t have common work or school experience, but all had a common thread. Two were known and introduced by the investors at founding/funding; one team was friends in the local tech scene; and one team met while working on similar ideas.

  • That said, the four unicorns with sole founders (ServiceNow, FireEye, RetailMeNot, Tumblr — half enterprise, half consumer) have all had liquidity events and are worth more on average than companies with co-founders.

Most founding CEOs scale their companies for the long run. But not all founders stay for the whole journey

  • An impressive 76 percent of founding CEOs led their companies to a liquidity event, and 69 percent are still CEO of their company, many as public company CEOs. This says a lot about these founders in terms of their long-term vision, commitment and their capability to scale from almost nothing in terms of money, product, and people, to their current unicorn company status.

  • That said, 31 percent of companies did make a CEO change along the way; and those companies are worth more on average. One reason: about 40 percent of the enterprise companies made a CEO change (versus 25 percent of consumer companies). And all CEO changes prior to a liquidity event were at enterprise companies that added seasoned, “brand-name” leaders to their helms prior to being bought or going public.

  • Only half of the companies on our list show all original founders still working in the company. On average, 2 of 3 co-founders remain.

Not their first rodeo: founders have lots of startup and tech experience

  • Nearly 80 percent of unicorns had at least one co-founder who had previously founded a company of some sort. Some founders showed their entrepreneurial DNA as early as junior high. The list of prior startups co-founded spans failure and success; and from tutoring and bagel delivery companies, to PayPal and Twitter.

  • All but two companies had founders with prior experience working in tech/software; and only three of 38 did not have a technical co-founder on board (HomeAway and RetailMeNot, founded as industry rollups; and Box, founded in college).

  • The majority of founding CEOs, and 90 percent of enterprise CEOs have technical degrees from college.

An educational barbell: many “top 10 school grads” and dropouts

  • The vast majority of all co-founders went to selective universities (e.g. Cornell, Northwestern, University of Illinois).  And more than two-thirds of our list has at least one co-founder who graduated from a “top 10 school.”

  • Stanford leads the roster with an impressive one-third of the companies having at least one Stanford grad as a co-founder. Former Harvard students are co-founders in eight of 38 unicorns; Berkeley in five; and MIT grads in four of the 38 companies.

  • Conversely, eight companies had a college dropout as a co-founder. And three out of five of the most valuable companies (Facebook, Twitter and ServiceNow) on our list were or are led by college dropouts, although dropouts with tech-company experience, with the exception of Facebook.

8) The “big pivot” is also an outlier, especially for enterprise companies

  • Few companies are the result of a successful pivot. Nearly 90 percent of companies are working on their original product vision.

  • The four “pivots” after a different initial product were all in consumer companies (Groupon, Instagram, Pinterest and Fab).

9) The Bay Area, especially San Francisco, is home to the vast majority of unicorns

  • Probably not a surprise, but 27 of 39 on our list are based in the Bay Area. What might be a surprise is how much the center of gravity has moved to San Francisco from the Valley: 15 unicorns are headquartered in San Francisco; 11 are on the Peninsula; and one is in the East Bay.

  • New York City has emerged as the No. 2 city for unicorns, home to three. Seattle (2) and Austin (2) are the next most-concentrated cities for unicorns.

10) There is A LOT of opportunity to bring diversity into the founders club

  • Only two companies have female co-founders: Gilt Groupe and Fab, both consumer e-commerce. And no unicorns have female founding CEOs.

  • While there is some ethnic diversity on founding teams, the diversity of founders in the unicorn club is far from the diversity of college grads with relevant technical degrees. Feels like some important records to break.

So, what does this all mean?

For those aspiring to found, work at, or invest in future unicorns, it still means anything is possible. All these companies are technically outliers: they are the top .07 percent. As such, we don’t think this provides a unicorn-hunting investor checklist, i.e. 34-year-old male ex-PayPal-ers with Stanford degrees, one who founded a software startup in junior high, where should we sign?

That said, it surprised us how much the unicorn club has in common. In some cases, 90 percent in common, such as enterprise founder/CEOs with technical degrees; companies with 2+ co-founders who worked or went to school together; companies whose founders had prior tech startup experience; and whose founders were in their 30s or older.

It is also good to be reminded that most successful startups take a lot of time and commitment to break out. While vesting periods are usually four years, the most valuable startups will take at least eight years before a “liquidity event,” and most founders and CEOs will stay in their companies beyond such an event. Unicorns also tend to raise a lot of capital over time — way beyond the Series A. So these founding teams had the ability to share a compelling company vision over many years and rounds of fundraising, plus scale themselves and recruit teams, despite economic ups and downs.

We tip our hats to these 39 companies that have delighted millions of customers with fantastic products and generated so much value in just 10 years despite a crowded startup environment. They are the lucky/genius few of the Unicorn Club – and we look forward to learning about (and meeting) those who will break into this elite group next.

————-

*  Many thanks to the Cowboy crew who helped with this, including Noah Lichtenstein, Meg He, Lauren Kolodny, Kim Stromberg and Jennifer Gee.

** Our data is based on information in news articles, company websites, CrunchBase, LinkedIn, Wikipedia and public market data. It is also based on a snapshot in time (as of 10/31/13) and current market conditions, which are currently fairly “hot.”

*** Yes we know the term “unicorn” is not perfect – unicorns apparently don’t exist, and these companies do – but we like the term because to us, it means something extremely rare, and magical

**** By our rough definition, consumer companies = e-commerce + audience business models; enterprise companies = Software as a Service + Enterprise business models

***** Our definition of “top 10 school” is according to US News & World Report.

Voir de même:

Blablacar est une «licorne» qui vaut de l’or

Anissa Boumediene

ECONOMIE Le leader mondial du covoiturage vient de lever 200 millions de dollars et compte bien poursuivre son ascension…

Ça y est, Blablacar passe dans la cour des grands et intègre le cercle très fermé des « licornes », ces start-up non cotées en bourse et valorisées à plus d’un milliard de dollars. Ce jeudi, le leader mondial du covoiturage a annoncé une levée de fonds de 200 millions d’euros, et est désormais valorisé à 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros). 20 Minutes s’est penché sur ce succès à la française.

Un modèle économique qui fonctionne

« C’est une entreprise qui a trouvé un modèle économique qui fonctionne bien : un modèle de développement propre au numérique, de mise en relation, qui a fait le succès d’autres start-up comme Airbnb, Uber ou encore Le Bon Coin », analyse Thierry Pénard, directeur du Master Economie des technologies de l’information et du e-business à l’Université de Rennes I et auteur de Economie du numérique et de l’internet (éd. Vuibert).

Si Blablacar fonctionne aussi bien en France qu’à l’international, c’est parce qu’elle est rapidement devenue la plateforme incontournable dans son secteur. Elle repose sur un effet de réseau. Mais aussi parce que « l’entreprise a été pensée à l’américaine : d’abord créée pour le marché intérieur, ici la France, mais déclinable à l’international. D’où l’importance de la levée de fonds pour y parvenir », poursuit-il.

Un investissement rentable

Et les investisseurs, Blablacar sait les séduire. Aujourd’hui valorisée à 1,6 milliard de dollars, l’entreprise française a réussi à lever 200 millions de dollars (177 millions d’euros) auprès d’investisseurs américains. « Une première en France », précise Laure Wagner, porte-parole et toute première employée de Blablacar. « Les licornes sont presque toutes américaines. C’est rare qu’on ait un tel succès pour une entreprise française. Il y a bien eu Criteo, qui s’adresse aux entreprises et aux annonceurs, mais Blablacar est un modèle grand public », précise Thierry Pénard.

« Les premières levées de fonds sont souvent les plus difficiles pour de jeunes entreprises, qui manquent de visibilité. Mais aujourd’hui, Blablacar n’a plus ce problème, elle bénéficie de la confiance des investisseurs, américains notamment, qui savent qu’elle représente un investissement rentable. Ils se basent sur sa croisssance, l’augmentation de ses marges et sa position de leader dans les pays où elle est implantée », décrypte l’économiste. « Après chaque levée de fonds, nous avons réussi à atteindre les objectifs que nous nous étions fixés, abonde Laure Wagner. Mais les investisseurs sont là pour nous aider et pas l’inverse ».

Poursuivre son expansion

La société française ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Avec ces 200 millions de dollars, Blablacar suit sa « roadmap », comme l’appelle sa porte-parole. « Nous allons poursuivre notre expansion à l’international, indique Laure Wagner. Après le Mexique, nous travaillons actuellement sur le Brésil ». Et le reste de l’Amérique du sud et l’Asie du sud-est devraient suivre.

Les marchés existants ne sont pas oubliés pour autant et Blablacar planche encore pour développer le marché en Turquie ou encore en Europe de l’est, où l’entreprise s’est récemment implantée. « Nous avons aujourd’hui 20 millions de membres dans 19 pays, nous avons encore de la marge. Et même dans les marchés matûres comme la France, l’Italie ou l’Allemagne, nous pouvons continuer et à trouver de nouveaux leviers, comme l’assurance supplémentaire, et démocratiser encore le covoiturage », espère la première employée recrutée par Blablacar.

Et pour mener à bien son expansion, la start-up, qui a co-lancé l’opération « Reviens Léon, on innove à la maison » pour attirer les expatriés français, recherche de nouveaux talents.

Voir aussi:

Procès UberPop : 800.000 euros d’amende pour Uber

Mounia Van de Casteele
La Tribune
09/06/2016
Le tribunal correctionnel de Paris a infligé jeudi 800.000 euros d’amende, dont la moitié avec sursis, à Uber pour le service UberPop. Voilà la société fixée sur son sort concernant le service un temps proposé sur sa plateforme et qui permettait à des particuliers d’en transporter d’autres.

Fin du suspense. Comme prévu, le tribunal correctionnel de Paris a rendu ce jeudi sa décision au sujet des dirigeants d’Uber France (Thibaud Simphal) et Europe de l’Ouest (Pierre-Dimitri Gore-Coty à l’époque des faits), notamment concernant le service de transport entre particuliers UberPop, déjà suspendu depuis un an.

Verdict : le tribunal correctionnel de Paris condamne Uber à une amende de 800.000 euros d’amende (dont la moitié avec sursis). La société risquait jusqu’à 1,5 million d’euros d’amende. La peine est donc minorée par rapport à ce qu’avait requis le parquet, le 12 février, à savoir un million d’euros d’amende contre la société Uber, désormais valorisée plus de 60 milliards de dollars, grâce à l’investissement de l’Arabie saoudite.

Mais elle l’est encore plus pour les deux dirigeants Thibaud Simphal et Pierre-Dimitri Gore-Coty. Ceux-ci ont en effet écopé de 30.000 et 20.000 euros d’amende, dont la moitié avec sursis, tandis que le parquet avait requis quelque 50.000 et 70.000 euros d’amende en plus de l’interdiction de gestion, d’administration et de direction de toute entreprise pendant 5 ans.

Plusieurs chefs de poursuite

La société et les deux dirigeants ont été déclarés coupables principalement des délits d' »organisation illégale d’un système de mise en relation de clients » avec des chauffeurs non-professionnels, complicité d’exercice illégal de la profession de taxi et pratique commerciale trompeuse.

Pour rappel, ces derniers et la société en elle-même étaient également poursuivis devant le tribunal correctionnel pour avoir avoir traité et conservé illégalement des données informatiques, concernant leurs partenaires chauffeurs dont ils ont enregistré des données à caractère personnel. A savoir, des fichiers contenant les informations relatives aux cartes d’identité et permis de conduire des chauffeurs, leurs extraits de casiers judiciaires, ou encore une base de données sur les interpellations des chauffeurs. Ces dernières infractions ne visaient pas uniquement les conducteurs UberPop, mais plus généralement les partenaires chauffeurs d’Uber.

« Violations réitérées et durables » de loi

Au terme de la lecture détaillée des motivations du jugement, la présidente a souligné que les prévenus se sont rendus coupables de « violations réitérées et durables » de loi, rappelant les troubles et incidents lors des manifestations de taxis contre UberPop. La magistrate a également souligné qu’Uber n’a suspendu UberPop qu’après le placement en garde à vue de ses dirigeants.

Les 38 parties civiles, dont plusieurs syndicats de taxis, demandaient au total 114 millions d’euros de dommages et intérêts pour le préjudice matériel et 5,2 millions pour le préjudice moral. Mais le tribunal n’a retenu que le préjudice moral, et a alloué des montants qui se chiffrent en dizaines de milliers d’euros.

Uber va faire appel « immédiatement »

Un porte-parole d’Uber a fait part de la déception de l’entreprise quant à cette décision, surtout dans un contexte où la Commission européenne semble pourtant encourager l’innovation. Et a tenu à rappeler que la décision n’avait pas d’impact sur l’activité d’Uber en France aujourd’hui. L’entreprise va d’ailleurs « faire appel immédiatement », a-t-il précisé.

Reste à savoir ce que décideront les juges au sujet de la jeune pousse française Heetch, le 22 juin. Ce jour-là, les deux dirigeants de Heetch seront jugés en correctionnelle, soupçonnés de concurrence illégale avec les taxis. Outre ses dirigeants, Heetch comparaîtra en tant que personne morale pour « organisation illicite de mise en relation« , de « complicité d’exercice illégal de l’activité d’exploitant de taxi » et de « pratique commerciale trompeuse ».

En attendant, la plateforme continue à fonctionner en France et accélère son développement en Europe. Les dirigeants estiment cependant ne pas proposer le même service qu’UberPop étant donné que les revenus des chauffeurs sont plafonnés à environ 6.000 euros par an et que la plateforme n’impose aucun prix pour les courses. Elle se contente de suggérer une somme. Ensuite le client donne ce qu’il veut. Leur ligne de défense sera-t-elle convaincante ?

Voir enfin:

Comment les licornes sont devenues la métaphore de l’extraordinaire

Les licornes ne se résument pas à une frénésie issue des méandres d’internet: l’animal mythique a aussi intégré notre langage et nos figures de style.

Les licornes sont partout, tout le temps. Il est difficile de définir précisément le moment où cet animal fantastique un peu kitsch est devenu à la mode. Qu’elle soit capillaire ou commerciale, la frénésie autour de ces chevaux à corne a progressivement imprégné le langage courant.

Pour les entreprises de la Silicon Valley valorisées à plus d’un milliard de dollars avant même d’être cotées en bourse, on parle de licornes. Pour un joueur de basket au profil atypique, on parle de licorne. Pour décrire une situation tout à fait quotidienne et banale, on dit qu’il ne s’agit pas de licorne.

«Le parc lexico-zoologique des licornes continue de se peupler», constate le Boston Globe. Le terme est devenu un qualificatif à valeur de superlatif absolu, dépouillant au passage d’autres expressions de leur force. «J’aime beaucoup ce nouvel emploi métaphorique de la licorne en tant que modificateur car il contient un élément de surprise, qui rappelle que la chose dont nous sommes en train de parler, un job, un partenaire, etc., n’est pas seulement rare mais n’existe peut-être pas du tout, relève Anne Curzan, professeure d’anglais à l’université du Michigan, auprès du Boston Globe. L’expression “job de rêve” veut théoriquement dire la même chose mais je pense que la notion de rêve est devenue trop commune.»

Les métaphores animales ne se sont toutefois jamais cantonnées aux licornes. «Les images fondées sur les objets qui sont à la fois familiers et exotiques (comme les animaux africains, ou imaginaires) marchent grâce à leur cocasserie, explique le lexicographe Orin Hargraves au Boston Globe. Nous parlons de la politique de l’autruche, […] de zébras, de dinosaures pour quelque chose d’obsolète, etc. Tout ce qui se niche avec force dans l’esprit des enfants est matière à créer des métaphores dans lesquelles on retrouve la qualité de l’objet.»

Mais pourquoi se contenter des licornes, quand il existe des centaines de créatures mythiques prêtes à servir de métaphore au prochain phénomène hors du commun?

Porzingis, une licorne lettonne au pays de l’Oncle Sam
Christophe Remise

12/02/2016

En quatre mois, Kristaps Porzingis est passé d’un joueur que l’on sifflait sans le connaître à l’un des basketteurs les plus suivis de la planète basket. Itinéraire d’un surdoué qui n’a pas fini de surprendre.

Sifflets, quolibets, railleries en tous genres… Krirstaps Porzingis n’a pas été épargné par les fans de New York, le public en général et même les médias lors de son arrivée en NBA. Trop grand, trop lourd, trop pataud : ce jeune (20 ans) international letton, débarqué aux Etats-Unis en provenance de la Liga espagnole et de Séville, où il a passé les cinq dernières années, a fait craindre à beaucoup un nouvel accident industriel chez des Knicks. Lesquels sortaient de la pire saison de leur histoire. Les supporters new-yorkais présents au Barclays Center de Brooklyn au printemps dernier, lors de la Draft 2015, ne se sont donc pas privés pour huer ce grand échalas de 2,21m au visage poupon et à l’allure gauche. Le tout alors que Phil Jackson, le président de la franchise de «Big Apple», a rapidement laissé entendre qu’il faudrait attendre plusieurs années pour que Porzingis démontre réellement l’étendue de son potentiel. Finalement, quatre mois ont suffi à l’intéressé pour mettre l’exigeante New York et tout le reste de la planète basket dans sa poche.

Durant voit en lui une… licorne
Aujourd’hui, on le compare à Dirk Nowitzki ou Anthony Davis, ceux qui l’ont sifflé lors de la Draft se prennent en photo avec lui et son maillot était arrivé en quatrième position des ventes sur le site de la boutique officielle de l’Association après les trois premiers mois de la saison. Le prochain «franchise player» des Knicks ? Peut-être… Nous n’en sommes pas encore là, et le présent se nomme toujours Carmelo Anthony. Une chose est sûre : Krirstaps Porzingis présente un profil rare, voire inédit dans l’univers du basket. Un ovni de la grosse balle orange. «Il peut shooter, il joue juste, il défend, un grand qui peut tirer même au-delà de la ligne à trois points, c’est rare. Il contre des ballons aussi. C’est une licorne dans cette Ligue», a récemment osé Kevin Durant, avant un match entre NYC et Oklahoma City. L’illustre allemand Nowitzki, lui, estime que le jeune ailier fort de «Gotham City» est peut-être en avance sur lui au même âge.

Une telle «hype» vient évidemment en partie du poids du marché new-yorkais. Mais contrairement à la folie Jeremy Lin ces dernières années, Krirstaps Porzingis semble réellement parti pour durer. L’ex-Sévillan dispose de qualités techniques étonnantes pour un joueur de sa taille, un bagage complet, en défense (7,7 rebonds, 1,9 contre) comme en attaque (13,9 pts, 34,9% à trois points, 84,8% aux lancers-francs), de l’agilité et de bonnes mains. Il est dur au mal et n’a eu aucune difficulté à s’adapter aux exigences physiques et tactiques du jeu NBA, à la différence de nombreux Européens. New York n’a pas oublié la mauvaise expérience Frédéric Weis et personne n’avait envie d’un nouveau Darko Milicic au Madison Square Garden.

Il n’y aura rien de tout cela avec le grand Letton. Ce dernier dispose d’une confiance en lui inébranlable. Et dieu sait qu’elle a été mise à rude épreuve dès la Draft… Sans doute l’un des principaux facteurs de sa réussite précoce et des espoirs qu’il suscite. Porzingis, qui a grandi auprès de deux frères anciens basketteurs professionnels et reste très proche de sa famille, sait aussi déjà se montrer drôle en anglais, simple avec les fans. Il avait déjà la culture US en général et de la NBA en particulier avant de traverser l’Atlantique.

Karl-Anthony Towns ou Kristaps Porzingis ?
Assurément une excellente surprise pour les N.Y. Knicks, qui peuvent enfin regarder l’avenir avec optimisme. En attendant, ils vont s’attacher à remonter la pente au présent, après une sale série qui les a vu dégringoler au classement et contraint le président Phil Jackson (entre autres choses) à faire sauter le fusible Derek Fisher. Krirstaps Porzingis, lui, va s’offrir une parenthèse de détente du côté de Toronto. Il fait partie du casting du Rising Stars Challenge, ce match de gala qui verra s’affronter, dans la nuit de vendredi à samedi, les meilleurs joueurs de première et deuxième année américains et les étrangers, et y sera notamment opposé au numéro 1 de la dernière Draft, l’intérieur des Minnesota Timberwolves Karl-Anthony Towns. Les deux joueurs sont les principaux prétendants au titre de Rookie de l’année. Mais il sera plus question de faire le show que de marquer des points en vue de cette distinction sur les planches de Toronto.

C’est la fin d’un mythe: l’homme a bien côtoyé la licorne
Repéré par Fatma-Pia Hotait

Slate.fr

29.03.2016

D’après de récentes découvertes, les licornes de Sibérie se sont éteintes beaucoup plus tard que ce que l’on pensait.

Licorne de Sibérie. C’est le nom attribué à l’Elasmotherium sibiricum, rhinocérotidé éteint qui était présent en Asie et en Europe. Les chercheurs de l’université de Tomsk, en Russie, ont découvert des restes du crâne «bien conservé» de l’animal à Pavlodar Itrysh, au Kazakhstan, rapporte Phys.org. Ils détaillent leurs trouvailles dans un article paru en février 2016 dans l’American Journal of Applied Science. Alors que jusqu’à maintenant, les scientifiques pensaient que l’Elasmotherium sibiricum s’était éteint il y a 350.000 ans, cette découverte laisse à penser que son extinction ne date que d’il y a 29.000 ans.

Si cette licorne a survécu de si nombreuses années malgré le refroidissement global, c’est peut-être que «l’ouest de la Sibérie était un refuge, où ce type de rhinocéros a survécu plus longtemps que ses semblables», estime Andrei Shpanski, paléontologue à l’université de Tomsk, à Phys.org. «Une autre possibilité serait que cette espèce pouvait migrer et s’installer dans des zones plus au Sud», avance l’expert.

Deux mètres de haut pour cinq tonnes
Cette nouvelle date laisse donc à penser que l’Homme a côtoyé cet animal. De quoi peut-être expliquer la légende de la licorne, même si l’Elasmotherium sibiricum est loin de l’image majestueuse que nous avons en tête. Plus proche du rhinocéros que du cheval mythologique, l’animal faisait près de «4,5 mètres de long, et était haut deux mètres». Son poids est estimé à cinq tonnes. Sa corne, «beaucoup plus longue que celle d’un rhinocéros», faisait plusieurs mètres de long, rapporte Mother Nature Network.

Cette découverte nous en dit plus sur l’animal, mais aussi sur ses conditions de vie et son extinction tardive. «Comprendre le passé nous permet de prédire les processus naturels qui auront lieu dans le futur avec plus de précision, explique Shpanski. Et ce, également dans le domaine du climat.»

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :