Repentance: C’est la faute à Jésus, imbécile ! (Between Mother Teresa and John Wayne: The moral double bind which the West and the world currently face is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded cultures under biblical influence)

Time1993cherchez-femmehiroshima-pourquoi-le-japon-prefere-quobama-ne-sexcuse-pas-web-tete-021973685430ObamaGreetingsYairGolanHeroPolicemanbatmanvsupermanOn vit la vie en regardant en avant mais on ne peut la comprendre qu’en regardant en arrière. Kierkegaard
Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. (…) Vous savez que les chefs des nations les tyrannisent, et que les grands les asservissent. Il n’en sera pas de même au milieu de vous. Mais quiconque veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur; et quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit votre esclave. Jésus (Matthieu 20:16-27)
Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Jésus (Matthieu 5: 43-45)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe (Jean 11: 50)
Une nation ne se régénère que sur un monceau de cadavres. Saint-Just
L’arbre de la liberté doit être revivifié de temps en temps par le sang des patriotes et des tyrans. Jefferson
Qu’un sang impur abreuve nos sillons! Rouget de Lisle
Ils disent: nous avons mis à mort le Messie, Jésus fils de Marie, l’apôtre de dieu. Non ils ne l’ont point tué, ils ne l’ont point crucifié, un autre individu qui lui ressemblait lui fut substitué, et ceux qui disputaient à son sujet ont été eux-mêmes dans le doute, ils n’ont que des opinions, ils ne l’ont pas vraiment tué. Mais Dieu l’a haussé à lui, Dieu est le puissant, Dieu est le sage. Le Coran (Sourate IV, verset 157-158)
Où est Dieu? cria-t-il, je vais vous le dire! Nous l’avons tué – vous et moi! Nous tous sommes ses meurtriers! Mais comment avons-nous fait cela? Comment avons-nous pu vider la mer? Qui nous a donné l’éponge pour effacer l’horizon tout entier? Dieu est mort! (…) Et c’est nous qui l’avons tué ! (…) Ce que le monde avait possédé jusqu’alors de plus sacré et de plus puissant a perdu son sang sous nos couteaux (…) Quelles solennités expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer? Nietzsche
« Dionysos contre le « crucifié » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation. (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Je condamne le christia­nisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusa­tions, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme (…) L’ « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne… (…) Le christianisme a pris parti pour tout ce qui est faible, bas, manqué (…) La pitié entrave en somme la loi de l’évolution qui est celle de la sélection. Elle comprend ce qui est mûr pour la disparition, elle se défend en faveur des déshérités et des condamnés de la vie. Par le nombre et la variété des choses manquées qu’elle retient dans la vie, elle donne à la vie elle-même un aspect sombre et douteux. On a eu le courage d’appeler la pitié une vertu (— dans toute morale noble elle passe pour une faiblesse —) ; on est allé plus loin, on a fait d’elle la vertu, le terrain et l’origine de toutes les vertus. Nietzsche
A l’origine, la guerre n’était qu’une lutte pour les pâturages. Aujourd’hui la guerre n’est qu’une lutte pour les richesses de la nature. En vertu d’une loi inhérente, ces richesses appartiennent à celui qui les conquiert. Les grandes migrations sont parties de l’Est. Avec nous commence le reflux, d’Ouest en Est. C’est en conformité avec les lois de la nature. Par le biais de la lutte, les élites sont constamment renouvelées. La loi de la sélection naturelle justifie cette lutte incessante en permettant la survie des plus aptes. Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. Hitler
Jésus a tout fichu par terre. Le Désaxé (Les braves gens ne courent pas les rues, Flannery O’Connor)
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude.  G.K. Chesterton
La Raison sera remplacée par la Révélation. À la place de la Loi rationnelle et des vérités objectives perceptibles par quiconque prendra les mesures nécessaires de discipline intellectuelle, et la même pour tous, la Connaissance dégénérera en une pagaille de visions subjectives (…) Des cosmogonies complètes seront créées à partir d’un quelconque ressentiment personnel refoulé, des épopées entières écrites dans des langues privées, les barbouillages d’écoliers placés plus haut que les plus grands chefs-d’œuvre. L’Idéalisme sera remplacé par Matérialisme. La vie après la mort sera un repas de fête éternelle où tous les invités auront 20 ans … La Justice sera remplacée par la Pitié comme vertu cardinale humaine, et toute crainte de représailles disparaîtra … La Nouvelle Aristocratie sera composée exclusivement d’ermites, clochards et invalides permanents. Le Diamant brut, la Prostituée Phtisique, le bandit qui est bon pour sa mère, la jeune fille épileptique qui a le chic avec les animaux seront les héros et héroïnes du Nouvel Age, quand le général, l’homme d’État, et le philosophe seront devenus la cible de chaque farce et satire. Hérode (Pour le temps présent, oratorio de Noël, W. H. Auden, 1944)
Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. » (…) Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged. (…) Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. (…) European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World. Robert Hughes (24.06.2001)
La vérité biblique sur le penchant universel à la violence a été tenue à l’écart par un puissant processus de refoulement. (…) La vérité fut reportée sur les juifs, sur Adam et la génération de la fin du monde. (…) La représentation théologique de l’adoucissement de la colère de Dieu par l’acte d’expiation du Fils constituait un compromis entre les assertions du Nouveau Testament sur l’amour divin sans limites et celles sur les fantasmes présents en chacun. (…) Même si la vérité biblique a été de nouveau  obscurcie sur de nombreux points, (…) dénaturée en partie, elle n’a jamais été totalement falsifiée par les Églises. Elle a traversé l’histoire et agit comme un levain. Même l’Aufklärung critique contre le christianisme qui a pris ses armes et les prend toujours en grande partie dans le sombre arsenal de l’histoire de l’Eglise, n’a jamais pu se détacher entièrement de l’inspiration chrétienne véritable, et par des détours embrouillés et compliqués, elle a porté la critique originelle des prophètes dans les domaines sans cesse nouveaux de l’existence humaine. Les critiques d’un Kant, d’un Feuerbach, d’un Marx, d’un Nietzsche et d’un Freud – pour ne prendre que quelques uns parmi les plus importants – se situent dans une dépendance non dite par rapport à l’impulsion prophétique. Raymund Schwager
The gospel revelation gradually destroys the ability to sacralize and valorize violence of any kind, even for Americans in pursuit of the good. (…) At the heart of the cultural world in which we live, and into whose orbit the whole world is being gradually drawn, is a surreal confusion. The impossible Mother Teresa-John Wayne antinomy Times correspondent (Lance) Morrow discerned in America’s humanitarian 1992 Somali operation is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded those cultures under biblical influence. Gil Bailie
Dans la Bible, c’est la victime qui a le dernier mot et cela nous influence même si nous ne voulons pas rendre à la Bible l’hommage que nous lui devons. René Girard
Je crois que le moment décisif en Occident est l’invention de l’hôpital. Les primitifs s’occupent de leurs propres morts. Ce qu’il y a de caractéristique dans l’hôpital c’est bien le fait de s’occuper de tout le monde. C’est l’hôtel-Dieu donc c’est la charité. Et c’est visiblement une invention du Moyen-Age. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la « victime inconnue », comme on dirait aujourd’hui le « soldat inconnu ». Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste, en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. René Girard
Dans la foi musulmane, il y a un aspect simple, brut, pratique qui a facilité sa diffusion et transformé la vie d’un grand nombre de peuples à l’état tribal en les ouvrant au monothéisme juif modifié par le christianisme. Mais il lui manque l’essentiel du christianisme : la croix. Comme le christianisme, l’islam réhabilite la victime innocente, mais il le fait de manière guerrière. La croix, c’est le contraire, c’est la fin des mythes violents et archaïques. René Girard
Tu vois, ce que nous appelons Dieu dépend de notre tribu, Clark Joe, parce que Dieu est tribal; Dieu prend parti! Aucun homme dans le ciel n’est intervenu quand j’étais petit pour me délivrer du poing et des abominations de papa. J’ai compris depuis longtemps que Si Dieu est tout puissant, il ne peut pas être tout bienveillant. Et s’il est tout bienveillant, il ne peut pas être tout puissant. Et toi non plus ! Lex Luthor
Cette sorte de pouvoir est dangereux. (…) Dans une démocratie, le bien est une conversation et non une décision unilatérale. Sénatrice Finch (personnage de Batman contre Superman)
La bonne idée de ce nouveau film des écuries DC Comics, c’est de mettre en opposition deux conceptions de la justice, en leur donnant vie à travers l’affrontement de deux héros mythiques. (…) Superman et Batman ne sont pas des citoyens comme les autres. Ce sont tous les deux des hors-la-loi qui œuvrent pour accomplir le Bien. Néanmoins, leur rapport à la justice n’est pas le même: l’un incarne une loi supérieure, l’autre cherche à échapper à l’intransigeance des règles pour mieux faire corps avec le monde. Le personnage de Superman évoque une justice divine transcendante, ou encore supra-étatique. À plusieurs reprises, le film met en évidence le défaut de cette justice surhumaine, trop parfaite pour notre monde. Superman est un héros kantien, pour qui le devoir ne peut souffrir de compromission. Cette rigidité morale peut alors paradoxalement conduire à une vertu vicieuse, trop sûre d’elle même. On reprochait au philosophe de Königsberg sa morale de cristal, parfaite dans ses intentions mais prête à se briser au contact de la dure réalité. Il en va de même pour Superman et pour sa bonne volonté, qui vient buter sur la brutalité de ses adversaires et sur des dilemmes moraux à la résolution impossible. Le personnage de Batman incarne quant à lui une justice souple, souterraine, infra-étatique et peut-être trop humaine. Le modèle philosophique le plus proche est celui de la morale arétique du philosophe Aristote. Si les règles sont trop rigides, il faut privilégier, à la manière du maçon qui utilise comme règle le fil à plomb qui s’adapte aux contours irréguliers, une vertu plus élastique. Plutôt que d’obéir à des impératifs catégoriques, le justicier est celui qui sait s’adapter et optimiser l’agir au cas particulier. Paradoxalement, cette justice de l’ombre peut aller jusqu’à vouloir braver l‘interdit suprême ; le meurtre; puisque Batman veut en finir avec Superman. (…) De la même façon, le film pose dès le départ, à travers les discours d’une sénatrice, le problème critique du recours au super-héros. Ce dernier déresponsabilise l’homme, court-circuite le débat démocratique et menace par ses super-pouvoirs toute possibilité d’un contre-pouvoir. Les « Watchmen », adaptation plus subtile de l’oeuvre de Alan Moore par le même Zack Snyder posait déjà la question : « Who watches the Watchmen ? » Le Nouvel Obs
Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur. Mais Deschamps, il a un nom très français. Peut-être qu’il est le seul en France à avoir un nom vraiment français. Personne dans sa famille n’est mélangé avec quelqu’un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique. Eric Cantona
 As often as not in Israel, military leaders and security officials are to the left of the public and their civilian leadership. (…) At a ceremony marking Holocaust Remembrance Day earlier this month, Yair Golan, Israel’s deputy chief of staff, compared trends in Israeli society to Germany in the 1930s. When Mr. Netanyahu rebuked him—correctly—for defaming Israel and cheapening the memory of the Holocaust, Mr. Ya’alon leapt to the general’s defense and told officers that they should feel free to speak their minds in public. Hence his ouster. At stake here is no longer the small question about Sgt. Azariah, where the military establishment is in the right. It’s the greater question of civilian-military relations, where Israel’s military leaders are dead wrong. A security establishment that feels no compunction about publicly telling off its civilian masters is on the road to becoming a law unto itself—the Sparta of Mr. Tyler’s imagination, albeit in the service of leftist goals.(…) It was Israel’s security establishment, led by talented former officers such as Yitzhak Rabin and Ehud Barak, that led Israelis down the bloody cul-de-sac formerly called the peace process. If their views are no longer regarded as sacrosanct, it’s a sign of Israel’s political maturity, not decline. There’s a larger point here, relevant not only to Israel, about the danger those who believe themselves to be virtuous pose to those who merely wish to be free. In the Middle East, the virtuous are often the sheikhs and ayatollahs, exhorting the faithful to murder for the sake of God. In the West, the virtuous are secular elites imposing what Thomas Sowell once called “the vision of the anointed” on the benighted masses. Mr. Lieberman is nobody’s idea of an ideal defense minister. And both he and his boss are wrong when it comes to the shameful case of Sgt. Azariah. But those who believe that Israel must remain a democracy have no choice but to take Mr. Netanyahu’s side. Bret Stephens
La scène est surréaliste. Montrant le contre-champ des images qui ont circulé toute la journée et sur lesquelles ont peut voir un véhicule de police incendié par des casseurs en marge de la manifestation « anti-flic » ce mercredi 18 mai à Paris, la séquence permet de mesurer la violence qui s’est abattue sur ces policiers (…). Avant que le véhicule disparaisse dans les flammes, on peut le voir arriver sur le quai de Valmy, alors que la circulation est perturbée par les manifestants. La patrouille se retrouve donc bloquée, sans issue, constituant une cible de choix pour les casseurs les plus déterminés. Un individu attaque à coups de pieds la vitre côté conducteur, alors que divers projectiles commencent à pleuvoir. Les jeunes encagoulés vont alors ensuite entreprendre de se servir d’objets plus lourds, comme des bornes anti-stationnement, pour attaquer le véhicule. À force de coups répétés, la vitre arrière se brise et l’un d’eux entreprend de jeter un objet enflammé dans l’habitacle, alors toujours occupé par les policiers. Quand le conducteur du véhicule sort, il est pris à partie par un manifestant qui lui assène plusieurs coups de bâtons. L’agent de police garde son calme, esquivant les coups jusqu’à tourner les talons. Huffington Post
Je serais ravi de les rencontrer pour les remercier d’être dans ce pays, et présenter mes excuses auprès d’eux au nom du Parti républicain pour Donald Trump. Bob Bennett
Une chose m’effraie. C’est de relever les processus nauséabonds qui se sont déroulés en Europe en général et plus particulièrement en Allemagne, il y a 70, 80 et 90 ans. Et de voir des signes de cela parmi nous en cette année 2016. La Shoah doit inciter à une réflexion fondamentale sur la façon dont on traite ici et maintenant l’étranger, l’orphelin et la veuve.  Il n’y a rien de plus simple que de haïr l’étranger, rien de plus simple que de susciter les peurs et d’intimider… Yaïr Golan (chef d’état major de l’armée israélienne)
L’ensemble du musée célèbre une forme d’année « zéro » du Japon, passé soudain, en août 1945, du statut d’agresseur brutal de l’Asie à celui de victime. Non loin de là, dans le mémorial pour les victimes de la bombe atomique, construit au début des années 2000 par le gouvernement, quelques lignes expliquent vaguement « qu’à un moment, au XXe siècle, le Japon a pris le chemin de la guerre » et que « le 8 décembre 1941, il a initié les hostilités contre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres ». Nulle évocation de la colonisation brutale de la région par les troupes nippones au début des années trente. Rien sur les massacres de civils et les viols de masse commis en Chine, à Nankin. Pas une ligne sur le sort des milliers de jeunes femmes asiatiques transformées en esclaves sexuelles pour les soldats nippons dans la région. Aucune mise en perspective permettant aux visiteurs japonais de tenter un travail de mémoire similaire à celui réussi en Allemagne dès la fin du conflit. Les enfants japonais n’ont pas d’équivalent de Dachau à visiter. Beaucoup ont, un temps, espéré que Barack Obama bouleverserait cette lecture, qui a été confortée par des années d’un enseignement et d’une culture populaire expliquant que le pays et son empereur, Hirohito, avaient été entraînés malgré eux par une poignée de leaders militaires brutaux. Le dirigeant allait, par un discours de vérité, forcer le Japon à se regarder dans le miroir. Mais le président américain a déjà annoncé qu’il ne prononcerait pas à Hiroshima les excuses symboliques qui auraient pu contraindre les élites nippones à entamer une introspection sur leur vision biaisée de l’histoire. Le responsable devrait essentiellement se concentrer sur un discours plaidant pour un monde sans armes nucléaires, au grand soulagement du Premier ministre nippon, Shinzo Abe, qui estime que son pays a, de toute façon, suffisamment demandé pardon et fait acte de contrition. (…) S’ils craignent que la venue du président américain à Hiroshima n’incite le Japon à se cloîtrer dans cette amnésie et cette victimisation, les partisans d’un réexamen du passé nippon veulent encore croire que la seule présence de Barack Obama alimentera un débat sur la capacité de Tokyo à entamer une démarche similaire auprès de ses grands voisins asiatiques et de son allié américain. Déjà, mercredi soir, des médias ont embarrassé Shinzo Abe en le questionnant publiquement sur son éventuelle visite du site américain de Pearl Harbor, à Hawaii. Le 7 décembre 1941, cette base américaine fut attaquée par surprise par l’aéronavale japonaise et 2.403 Américains furent tués au cours du raid, qui reste vécu comme un traumatisme aux Etats-Unis. Les médias sud-coréens et chinois vont, eux, défier le Premier ministre japonais d’oser venir dans leur pays déposer des fleurs sur des monuments témoins de l’oppression nippone d’autrefois. A quand une visite de Shinzo Abe à Nankin, demanderont-ils. Jamais, répondra le gouvernement conservateur. En déstabilisant Pékin, qui nourrit sa propagande des trous de mémoire de Tokyo, un tel geste symbolique témoignerait pourtant d’une maturité du Japon plus marquée et lui donnerait une aura nouvelle dans l’ensemble de l’Asie-Pacifique. Yann Rousseau
Formuler des excuses pour un chef d’Etat reste très compliqué, Barack Obama ne serait sans doute pas hostile à l’idée d’exprimer des regrets pour les souffrances infligées, mais d’un point de vue diplomatique, s’excuser revient à ouvrir un débat historique qui n’a jamais existé. Lorsque la guerre s’est terminée, une sorte de compromis a été établi entre les Américains et les Japonais, visant à ne plus évoquer le mal fait dans les deux camps. Guibourg Delamotte
I’m not too proud of Hollywood these days with the immorality that is shown in pictures, and the vulgarity. I just have a feeling that maybe Hollywood needs some outsiders to bring back decency and good taste to some of the pictures that are being made. Ronald Reagan (1989)
An advertent and sustained foreign policy uses a different part of the brain from the one engaged by horrifying images. If Americans had seen the battles of the Wilderness and Cold Harbor on TV screens in 1864, if they had witnessed the meat-grinding carnage of Ulysses Grant’s warmaking, then public opinion would have demanded an end to the Civil War, and the Union might well have split into two countries, one of them farmed by black slaves. (…) The Americans have ventured intoSomalia in a sort of surreal confusion, first impersonating Mother Teresa and now John Wayne. it would help to clarify that self-image, for to do so would clarify the mission, and then to recast the rhetoric of the enterprise. Lance Morrow (1993)
It is never too soon to learn to identify yourself as a victim. Such, at least, is the philosophy of today’s college freshman orientation, which has become a crash course in the strange new world of university politics. Within days of arrival on campus, « new students » (the euphemism of choice for « freshmen ») learn the paramount role of gender, race, ethnicity, class and sexual orientation in determining their own and others’ identity. Most important, they are provided with the most critical tool of their college career: the ability to recognize their own victimization. Heather Mac Donald (24.09.1992)
All the patched clothes seen around town recently were not a result of the present recession, nor yet of nostalgia for the Great Depression of the 1930’s, when patching clothes was a necessity. Today’s patches are all about status and style.Christian Francis Roth’s clothes have intricate patch inserts that are part of Mr. Roth’s designs. Patched jeans have been around since the 1960’s. The newer ones are imitating Mr. Roth’s more expensive designs with appliqued patches that don’t cost as much. And not to be confused with those styles are the rap-style patches with fringed — or frayed — edges on denim clothes. New York Times
Bailie livre une sorte d’Apocalypse — « révélation » où il ne s’agit pas tant de montrer la violence que de la dire — de la dire dans des termes irrécusables alors que, précisément, toute l’histoire de l’humanité pourrait se résumer en cette tentative pour taire la violence, pour nier qu’elle fonde toute société, et qu’elle doit être dépassée. Choix de taire ou de dire, choix de sacraliser ou de démasquer pour toujours. Un livre qui (…) révèle avec tant de clarté et de lucidité les « choses cachées » depuis la fondation du monde : il nous révèle dans un aujourd’hui pressant des choix qui nous concernent. Il traque le sens qui se cache au coeur des monstres sacrés ( ! ) de la littérature ou des faits retentissants de notre actualité. Impossible d’échapper à l’interpellation, de ne pas re-considérer toutes ces « choses » et surtout ce sujet — la violence — qui fait tellement partie de notre quotidien qu’on en oublie son vrai visage. (…) un cheminement révélateur pour parcourir des sentiers que nous empruntons : la littérature, la philosophie, la politique, la culture, l’information, bref, tout ce qui fait de nous des membres de cette humanité convoquée pour une lecture violente de notre heure. (…) La Violence révélée propose une analyse de la crise anthropologique, culturelle et historique que traversent les sociétés contemporaires, à la lumière de l’oeuvre de René Girard. Dans La Violence et le sacré, puis Des choses cachées depuis la fondation du monde, Girard avait montré le rôle essentiel de la violence pour les sociétés : un meurtre fondateur est à l’origine de la société. Girard met en évidence la logique victimaire : pour assurer la cohésion, le groupe désigne un bouc émissaire et défoule la violence sur lui — violence qui devient sacrée puisque ritualisée. Le meurtre et le sacrifice rituel renforcent les liens de la communauté qui échappe ainsi au chaos de la violence désorganisée. La violence sur le bouc émissaire a donc une fonction cathartique. Elle reste de la violence mais elle est dépouillée de son effet anarchique et destructeur. Les mythes garderaient mémoire de ce sacrifice mais tairaient la violence faite à la victime en la rationalisant : « le mythe ferme la bouche et les yeux sur certains événements » [p. 50]. Voilà donc le grand « mensonge », relayé par les rituels, des religions archaïques qui sont incapables de découvrir le mécanisme victimaire qui les fonde. Un autre concept girardien fondamental est celui du « désir mimétique ». Les passions (jalousie, envie, convoitise, ressentiment, rivalité, mépris, haine) qui conduisent à des comportements violents trouvent leur origine dans ce désir mimétique. Dans l’acceptation girardienne du terme, le désir représente l’influence que les autres ont sur nous ; le désir, « c’est ce qui arrive aux rapports humains quand il n’y a plus de résolution victimaire, et donc plus de polarisations vraiment unanimes, susceptibles de déclencher cette résolution » [Girard, cité p. 128]. La « mimesis », souvent traduite par « imitation » (ce qui est inexact, ainsi que le souligne Bailie, car ce terme comporte une dimension volontaire alors que ce n’est pas conscient) est cette « propension qu’a l’être humain à succomber à l’influence des désirs positifs, négatifs, flatteurs ou accusateurs exprimés par les autres » [p. 68]. Personne n’échappe à cette logique. D’où l’effet de foule qui exacerbe les comportements mimétiques. La rivalité qui naît de la mimesis — on désire ce que désire l’autre — oblige à résoudre le conflit en le déplaçant sur une victime. Or le Christianisme démonte le schéma sacrificiel en révélant l’innocence de la victime : la Croix révèle et dénonce la violence sacrificielle. Elle met à nu l’unanimité fallacieuse de la foule en proie au mimétisme collectif et la violence contagieuse : la foule, elle, « ne sait pas ce qu’elle fait », pour reprendre les paroles du Christ en croix. Jésus propose une voie hors de la logique des représailles et de la vengeance en invitant à « tendre l’autre joue ». La non-violence révèle à la violence sa propre nature et la désarme. A partir des concepts girardiens, Bailie examine les conséquences de la révélation évangélique pour la société humaine. Il entreprend l’exploration systématique de l’histoire de l’humanité et sa tentative pour sortir du schéma de la violence sacrificielle. Son hypothèse centrale est que « la compassion d’origine biblique pour les victimes paralyse le système du bouc émissaire dont l’humanité dépend depuis toujours pour sa cohésion sociale. Mais la propension des êtres humains à résoudre les tensions sociales aux dépens d’une victime de substitution reste » [p. 75]. Ce que les Ecritures « doivent accomplir, c’est une conversion du coeur de l’homme qui permettra à l’humanité de se passer de la violence organisée sans pour autant s’abîmer dans la violence incontrôlée, dans la violence de l’Apocalypse » [p. 31]. Or qu’en est-il ? La Bible, en proposant la compassion pour les victimes, a permis « l’éclosion de la première contre-culture du monde, que nous appelons la ‘‘culture occidentale’’ » [p. 150]. La Bible, notre « cahier de souvenirs » [p. 214], est une chronique des efforts accomplis par l’homme pour renoncer aux formes primitives de religion et aux rituels sacrificiels, et s’extirper des structures de la violence sacrée. Ainsi, avec Abraham, le sacrifice humain est abandonné ; les commandements de Moise indiquent la voie hors du désir mimétique (« tu ne convoiteras pas » car c’est la convoitise qui mène à la rivalité et la violence). Baillie s’attarde sur le récit biblique car pour lui il contient une valeur anthropologique essentielle ; il permet en effet d’observer « les structures et la dynamique de la vie culturelle et religieuse conventionnelles de l’humanité et d’être témoin de la façon dont ces structures s’effondrent sous le poids d’une révélation incompatible avec elles » [p. 186]. Peut-être peut-on parler de prototype de l’avènement de l’humanité à elle-même. Dans la Bible, la révélation est en cours et l’on peut mesurer les conséquences déstabilisantes sur le peuple de cette révélation. Pas un hasard, donc, que le Christ se soit incarné dans la tradition hébraïque déjà aux prises avec la révélation. (…) Les Evangiles, donc, ont rendu moralement et culturellement problématique le recours au système sacrificiel. Toutefois, « les passions mimétiques qu’il pouvait jadis contrôler ont pris de l’ampleur, jusqu’à provoquer la crise sociale, psychologique et spirituelle que nous connaissons » [p. 131]. L’Occident, en effet, est sorti du schéma de la violence sacrificielle, mais son impossibilité à embrasser le modèle proposé par l’Evangile a pour conséquence la descente dans la violence première. La distinction morale entre « bonne violence » et « mauvaise violence » n’est plus « un impératif catégorique » [p. 81]. Puisque nous vivons dans un monde où la violence a perdu son prestige moral et religieux, « La violence a gagné en puissance destructrice » [p. 70] : elle a perdu «  son pouvoir de fonder la culture et de la restaurer » [p. 72]. L’effondrement de la distinction cruciale entre violence officielle et violence officieuse se révèle par exemple dans le fait que les policiers ne sont plus respectés (Bailie oppose cela à la scène finale de Lord of the Flies où les enfants sont arrêtés dans leur frénésie de violence par la simple vue de l’officier de marine : son « autorité morale » bloque le chaos). Donc, puisque le violence a perdu son aura religieuse, « la fascination que suscite sa contemplation n’entraîne plus le respect pour l’institution sacrée qui en est à l’origine. Au contraire, le spectacle de la violence servira de modèle à des violences du même ordre » [p. 104]. De la violence thérapeutique, on risque fort de passer à une violence gratuite, voire ludique. A l’instar du Christ qui utilise les paraboles pour « révéler les choses cachées depuis la fondation du monde  » [p.  24], Bailie utilise des citations tirées de la presse contemporaine « de façon à montrer quelles formes prend la révélation de la violence dans le monde d’aujourd’hui » [p. 24]. Bailie note plusieurs résurgences du « religieux », dans le culte du nationalisme par exemple. Le nationalisme fournit en effet une forme de transcendance sociale qui renforce le sentiment communautaire, et devient un « ersatz de sacré » [p. 277] qui conduit encore à la violence sur des « boucs émissaires ». Il note aussi comment la rhétorique de la guerre légitime (mythifie même) la violence. Ainsi ce général salvadorien chargé du massacre de femmes et d’enfants en 1981 s’adresse à son armée en ces termes : « Ce que nous avons fait hier et le jour d’avant, ça s’appelle la guerre. C’est ça, la guerre […] Que les choses soient claires, il est hors de question qu’on vous entende gémir et vous lamenter sur ce que vous avez fait […] c’est la guerre, messieurs. C’est ça la guerre » [p. 280]. La philosophie même, pour Bailie, participerait du sacré mais n’en serait peut-être que le simulacre car « elle a érigé des formes de rationalité dont la tâche a été d’empêcher la prise de conscience de la vérité » [p. 271]. D’ou son impasse en tant que vraie transcendance. Dans le combat entre les forces du sacrificiel et de la violence collective, et la « déconstruction à laquelle se livre l’Evangile » [p. 282], qu’en est-il de l’autre protagoniste du combat, celui qui représente la révélation évangélique ? Sa puissance est d’un autre ordre. Bailie la voit à l’oeuvre, par exemple, dans deux moments, le chant d’une victime sur la montagne de la Cruz, et la prière d’un Juif à Buchenwald : « Paix à tous les hommes de mauvaise volonté  ! Qu’il y ait une fin à la vengeance, à l’exigence de châtiments et de représailles » [p. 284]. Et Bailie de conclure : « si nous ne trouvons le repos auprès de Dieu, c’est notre propre inquiétude qui nous servira de transcendance » [p. 284]. Le texte de l’Apocalypse « révèle » ce que les hommes risquent de faire « s’ils continuent, dans un monde désacralisé et sans garde-fou sacrificiel, de tenir pour rien la mise en garde évangélique contre la vengeance » [p. 32]. La seule façon d’éviter que l’Apocalypse ne devienne une réalité est d’accueillir l’impératif évangélique de l’amour. Pour Girard, « l’humanité est confrontée à un choix […] explicite et même parfaitement scientifique entre la destruction totale et le renoncement total à la violence » [p. 32]. A sa suite, Bailie identifie deux alternatives : soit un retour à la violence sacrée dans un contexte religieux non biblique, soit une révolution anthropologique que la révélation chrétienne a générée. Il s’agira donc d’arriver à résister au mal pour en empêcher la propagation : « la seule façon d’éviter la transcendance fictive de la violence et de la contagion sociale est une autre forme de transcendance religieuse au centre de laquelle se trouve un dieu qui a choisi de subir la violence plutôt que de l’exercer » [p. 84]. Marie Liénard

Vous avez dit double contrainte ?

Premier réseau social du monde contraint de s’excuser d’avoir censuré la photo en bikini d’un mannequin clairement obèse, sénateur américain implorant le pardon des musulmans de la planète entière pour la proposition de moratorium migratoire du candidat de son propre parti face à la menace du terrorisme islamiste, président israélien accusé de dérive belliciste face à la folie meurtrière de ses voisins djihadistes par ses propres généraux, policier français astreint à une abnégation quasi-christique face à des militants d’extrême-gauche prêts à l’incinérer vivant, sélectionneur de l’équipe de France de football suspecté de port de nom trop français, superhéros sommés de répondre des conséquences du moindre de leurs  actes…

En ces temps tellement étranges …

Qu’on n’en remarque même plus l’incroyable singularité …

Où le président de la plus grande puissance de la planète se voit à la fois reproché de ne pas s’être excusé pour Hiroshima et Nagasaki …

Et secrètement remercié de n’avoir pas ce faisant impliqué ses hôtes dans  la ronde sans fin des excuses …

Comment ne pas voir …

Avec la véritable et hélas méconnue mise à jour de l’Apocalypse qu’avait fait il y a plus de vingt ans le girardien Gil Bailie (La violence révélée : l’humanité à l’heure du choix) …

Et derrière l’apparemment irrépressible montée du chaos que nous connaissons …

L’influence délétère et bimillénaire de « l’immortelle flétrissure de l’humanité » et de cette « rebellion contre la loi naturelle » qu’avaient si bien repéré Nietzsche et son émule Hitler

A savoir ce maudit christianisme qui avec les conséquences potentiellement apocalyptiques que l’on sait …

Est en train d’imposer bientôt à la planète entière comme l’avait aussi prédit Auden

Son irresponsable et incontrôlable inversion de toutes les hiérarchies et de toutes les valeurs ?

La Violence révélée : l’humanité à l’heure du choix
Gil Bailie
Traduction Claude Chastagner
Castelnau-le-Lez : Climats, 2004.
25 euros, 290 pages + notes, ISBN 2-84158-254-X.

Marie Liénard
Ecole polytechnique

Le titre ne laisse rien présager de la richesse de l’ouvrage. Il semble en effet sacrifier à l’effet d’une mode qui a rendu la thématique de la violence omniprésente. Certes l’avant-propos de René Girard attire l’attention. On garde en mémoire la révolution opérée par La Violence et le sacré (1972) dont les concepts fondateurs — désir mimétique et bouc émissaire — font presque partie du langage courant. Le sous-titre, l’humanité à l’heure du choix, laisse entendre une certaine urgence — et intrigue.

Bailie livre une sorte d’Apocalypse — « révélation » où il ne s’agit pas tant de montrer la violence que de la dire — de la dire dans des termes irrécusables alors que, précisément, toute l’histoire de l’humanité pourrait se résumer en cette tentative pour taire la violence, pour nier qu’elle fonde toute société, et qu’elle doit être dépassée. Choix de taire ou de dire, choix de sacraliser ou de démasquer pour toujours.

Un livre qui bouscule, intellectuellement d’abord. Un livre difficile, comme nous en avertit Girard dans son avant-propos. Difficile, ensuite, en ce qu’il révèle avec tant de clarté et de lucidité les « choses cachées » depuis la fondation du monde : il nous révèle dans un aujourd’hui pressant des choix qui nous concernent. Il traque le sens qui se cache au coeur des monstres sacrés ( ! ) de la littérature ou des faits retentissants de notre actualité. Impossible d’échapper à l’interpellation, de ne pas re-considérer toutes ces « choses » et surtout ce sujet — la violence — qui fait tellement partie de notre quotidien qu’on en oublie son vrai visage.

On ne peut que regretter que ce rendez-vous ne parvienne aux lecteurs non anglophones que neuf ans après la parution du livre aux Etats-Unis sous le titre Violence Unveiled: Humanity at the Crossroads en 1995 (The Crossroad Publishing Company). Par ailleurs, on se plait à imaginer ce que l’auteur aurait à dire — révéler — des récents événements, de l’après 11 septembre en particulier.

Pour moi, donc, un livre incontournable pour quiconque s’intéresse à aujourd’hui — à l’aujourd’hui d’un monde dans lequel nous sommes « embarqués », dirait Pascal. Livre à laisser et à reprendre, sans doute. Mais un cheminement révélateur pour parcourir des sentiers que nous empruntons : la littérature, la philosophie, la politique, la culture, l’information, bref, tout ce qui fait de nous des membres de cette humanité convoquée pour une lecture violente de notre heure.

Le livre contient 14 chapitres suivis de notes (pas de bibliographie). Dans l’avant-propos, René Girard avertit que « La Violence révélée parle de la crise spirituelle que traverse notre époque » [p. 11], et qu’il s’agit d’un « livre magnifique sur le christianisme et sur la culture contemporaire … un superbe ouvrage de critique littéraire » [p. 12]. L’éditeur Frédéric Joly le présente comme un « ouvrage de critique sociale profondément original » [p. 6]. Finalement, seul le lecteur, avec ses convictions et ses intérêts, pourra se situer avec justesse.

La Violence révélée propose une analyse de la crise anthropologique, culturelle et historique que traversent les sociétés contemporaires, à la lumière de l’oeuvre de René Girard. Dans La Violence et le sacré, puis Des choses cachées depuis la fondation du monde, Girard avait montré le rôle essentiel de la violence pour les sociétés : un meurtre fondateur est à l’origine de la société. Girard met en évidence la logique victimaire : pour assurer la cohésion, le groupe désigne un bouc émissaire et défoule la violence sur lui — violence qui devient sacrée puisque ritualisée. Le meurtre et le sacrifice rituel renforcent les liens de la communauté qui échappe ainsi au chaos de la violence désorganisée. La violence sur le bouc émissaire a donc une fonction cathartique. Elle reste de la violence mais elle est dépouillée de son effet anarchique et destructeur. Les mythes garderaient mémoire de ce sacrifice mais tairaient la violence faite à la victime en la rationalisant : « le mythe ferme la bouche et les yeux sur certains événements » [p. 50]. Voilà donc le grand « mensonge », relayé par les rituels, des religions archaïques qui sont incapables de découvrir le mécanisme victimaire qui les fonde.

Un autre concept girardien fondamental est celui du « désir mimétique ». Les passions (jalousie, envie, convoitise, ressentiment, rivalité, mépris, haine) qui conduisent à des comportements violents trouvent leur origine dans ce désir mimétique. Dans l’acceptation girardienne du terme, le désir représente l’influence que les autres ont sur nous ; le désir, « c’est ce qui arrive aux rapports humains quand il n’y a plus de résolution victimaire, et donc plus de polarisations vraiment unanimes, susceptibles de déclencher cette résolution » [Girard, cité p. 128]. La « mimesis », souvent traduite par « imitation » (ce qui est inexact, ainsi que le souligne Bailie, car ce terme comporte une dimension volontaire alors que ce n’est pas conscient) est cette « propension qu’a l’être humain à succomber à l’influence des désirs positifs, négatifs, flatteurs ou accusateurs exprimés par les autres » [p. 68]. Personne n’échappe à cette logique. D’où l’effet de foule qui exacerbe les comportements mimétiques. La rivalité qui naît de la mimesis — on désire ce que désire l’autre — oblige à résoudre le conflit en le déplaçant sur une victime.

Or le Christianisme démonte le schéma sacrificiel en révélant l’innocence de la victime : la Croix révèle et dénonce la violence sacrificielle. Elle met à nu l’unanimité fallacieuse de la foule en proie au mimétisme collectif et la violence contagieuse : la foule, elle, « ne sait pas ce qu’elle fait », pour reprendre les paroles du Christ en croix. Jésus propose une voie hors de la logique des représailles et de la vengeance en invitant à « tendre l’autre joue ». La non-violence révèle à la violence sa propre nature et la désarme.

A partir des concepts girardiens, Bailie examine les conséquences de la révélation évangélique pour la société humaine. Il entreprend l’exploration systématique de l’histoire de l’humanité et sa tentative pour sortir du schéma de la violence sacrificielle. Son hypothèse centrale est que « la compassion d’origine biblique pour les victimes paralyse le système du bouc émissaire dont l’humanité dépend depuis toujours pour sa cohésion sociale. Mais la propension des êtres humains à résoudre les tensions sociales aux dépens d’une victime de substitution reste » [p. 75]. Ce que les Ecritures « doivent accomplir, c’est une conversion du coeur de l’homme qui permettra à l’humanité de se passer de la violence organisée sans pour autant s’abîmer dans la violence incontrôlée, dans la violence de l’Apocalypse » [p. 31]. Or qu’en est-il ?

La Bible, en proposant la compassion pour les victimes, a permis « l’éclosion de la première contre-culture du monde, que nous appelons la ‘‘culture occidentale’’ » [p. 150]. La Bible, notre « cahier de souvenirs » [p. 214], est une chronique des efforts accomplis par l’homme pour renoncer aux formes primitives de religion et aux rituels sacrificiels, et s’extirper des structures de la violence sacrée. Ainsi, avec Abraham, le sacrifice humain est abandonné ; les commandements de Moise indiquent la voie hors du désir mimétique (« tu ne convoiteras pas » car c’est la convoitise qui mène à la rivalité et la violence). Baillie s’attarde sur le récit biblique car pour lui il contient une valeur anthropologique essentielle ; il permet en effet d’observer « les structures et la dynamique de la vie culturelle et religieuse conventionnelles de l’humanité et d’être témoin de la façon dont ces structures s’effondrent sous le poids d’une révélation incompatible avec elles » [p. 186]. Peut-être peut-on parler de prototype de l’avènement de l’humanité à elle-même. Dans la Bible, la révélation est en cours et l’on peut mesurer les conséquences déstabilisantes sur le peuple de cette révélation.

Pas un hasard, donc, que le Christ se soit incarné dans la tradition hébraïque déjà aux prises avec la révélation. Bailie relit le Nouveau Testament en montrant comment le Christ déjoue le mécanisme de victimisation mimétique. Face à la Trinité divine, Bailie décrit une trinité diabolique : « diabolos », « satan », « skandalov » [p. 225]. Il rappelle l’étymologie du diable (celui qui divise), de Satan (celui qui accuse) et de « scandale » (offense, obstacle). Le diabolos sème la discorde en déclenchant les passions mimétiques ; le satan, c’est l’accusateur — celui qui désigne le bouc émissaire ; le scandalov, c’est le piège de l’indignation qui peut engendrer précisément ce qui l’avait provoquée. Or le Christ désamorce en proposant pardon, miséricorde et amour. Bailie propose une lecture extrêmement intéressante du passage de la femme adultère (en particulier du rapport de Jésus à la foule : en l’obligeant à sortir de l’anonymat, il désamorce la contagion violente) ; de la différence entre le ministère de Jean et celui du Christ, de la multiplication des Pains (« Jésus ouvrit leur coeur et, en retour, la foule ouvrit ses sacs » [p.  230]) ; Jésus invite à « sortir du cocon culturel » [p. 238]) ; de Barabbas , le « fils du père » face au Christ, «  le fils du Père » [p. 239]. Le récit évangélique annonce comment passer du logos de la violence au Logos d’amour.

Les Evangiles, donc, ont rendu moralement et culturellement problématique le recours au système sacrificiel. Toutefois, « les passions mimétiques qu’il pouvait jadis contrôler ont pris de l’ampleur, jusqu’à provoquer la crise sociale, psychologique et spirituelle que nous connaissons » [p. 131]. L’Occident, en effet, est sorti du schéma de la violence sacrificielle, mais son impossibilité à embrasser le modèle proposé par l’Evangile a pour conséquence la descente dans la violence première. La distinction morale entre « bonne violence » et « mauvaise violence » n’est plus « un impératif catégorique » [p. 81]. Puisque nous vivons dans un monde où la violence a perdu son prestige moral et religieux, « La violence a gagné en puissance destructrice » [p. 70] : elle a perdu «  son pouvoir de fonder la culture et de la restaurer » [p. 72]. L’effondrement de la distinction cruciale entre violence officielle et violence officieuse se révèle par exemple dans le fait que les policiers ne sont plus respectés (Bailie oppose cela à la scène finale de Lord of the Flies où les enfants sont arrêtés dans leur frénésie de violence par la simple vue de l’officier de marine : son « autorité morale » bloque le chaos). Donc, puisque le violence a perdu son aura religieuse, « la fascination que suscite sa contemplation n’entraîne plus le respect pour l’institution sacrée qui en est à l’origine. Au contraire, le spectacle de la violence servira de modèle à des violences du même ordre » [p. 104]. De la violence thérapeutique, on risque fort de passer à une violence gratuite, voire ludique.

A l’instar du Christ qui utilise les paraboles pour « révéler les choses cachées depuis la fondation du monde  » [p.  24], Bailie utilise des citations tirées de la presse contemporaine « de façon à montrer quelles formes prend la révélation de la violence dans le monde d’aujourd’hui » [p. 24]. Bailie note plusieurs résurgences du « religieux », dans le culte du nationalisme par exemple. Le nationalisme fournit en effet une forme de transcendance sociale qui renforce le sentiment communautaire, et devient un « ersatz de sacré » [p. 277] qui conduit encore à la violence sur des « boucs émissaires ». Il note aussi comment la rhétorique de la guerre légitime (mythifie même) la violence. Ainsi ce général salvadorien chargé du massacre de femmes et d’enfants en 1981 s’adresse à son armée en ces termes : « Ce que nous avons fait hier et le jour d’avant, ça s’appelle la guerre. C’est ça, la guerre […] Que les choses soient claires, il est hors de question qu’on vous entende gémir et vous lamenter sur ce que vous avez fait […] c’est la guerre, messieurs. C’est ça la guerre » [p. 280]. La philosophie même, pour Bailie, participerait du sacré mais n’en serait peut-être que le simulacre car « elle a érigé des formes de rationalité dont la tâche a été d’empêcher la prise de conscience de la vérité » [p. 271]. D’ou son impasse en tant que vraie transcendance.

Dans le combat entre les forces du sacrificiel et de la violence collective, et la « déconstruction à laquelle se livre l’Evangile » [p. 282], qu’en est-il de l’autre protagoniste du combat, celui qui représente la révélation évangélique ? Sa puissance est d’un autre ordre. Bailie la voit à l’oeuvre, par exemple, dans deux moments, le chant d’une victime sur la montagne de la Cruz, et la prière d’un Juif à Buchenwald : « Paix à tous les hommes de mauvaise volonté  ! Qu’il y ait une fin à la vengeance, à l’exigence de châtiments et de représailles » [p. 284].

Et Bailie de conclure : « si nous ne trouvons le repos auprès de Dieu, c’est notre propre inquiétude qui nous servira de transcendance » [p. 284]. Le texte de l’Apocalypse « révèle » ce que les hommes risquent de faire « s’ils continuent, dans un monde désacralisé et sans garde-fou sacrificiel, de tenir pour rien la mise en garde évangélique contre la vengeance » [p. 32]. La seule façon d’éviter que l’Apocalypse ne devienne une réalité est d’accueillir l’impératif évangélique de l’amour. Pour Girard, « l’humanité est confrontée à un choix […] explicite et même parfaitement scientifique entre la destruction totale et le renoncement total à la violence » [p. 32]. A sa suite, Bailie identifie deux alternatives : soit un retour à la violence sacrée dans un contexte religieux non biblique, soit une révolution anthropologique que la révélation chrétienne a générée. Il s’agira donc d’arriver à résister au mal pour en empêcher la propagation : « la seule façon d’éviter la transcendance fictive de la violence et de la contagion sociale est une autre forme de transcendance religieuse au centre de laquelle se trouve un dieu qui a choisi de subir la violence plutôt que de l’exercer » [p. 84].

Bailie est amené, au cours de son exposé, à traiter de plusieurs phénomènes contemporains. Son analyse offre ainsi un éclairage stimulant sur la place de la superstition et de ses nouvelles formes dans nos sociétés (il rejoindrait en cela des remarques de Carl Sagan dans A Candle in the Dark par exemple), ou le culte des stars et autres célébrités télévisuelles. La lecture qu’il fait de l’intervention en Somalie [pp. 33-36] — et de la réaction du public américain aux victimes somaliennes puis américaines  — éclaire, indirectement, la situation iraquienne ; l’opinion publique américaine, après s’être enthousiasmée pour « free the Iraki people », a fait preuve du même retournement. La décision du gouvernement américain de ne pas montrer les images que Michael Moore montrera dans son film ne relève pas seulement de la censure ou du balisage du journalisme de guerre, ou même d’une « politique du mensonge », comme le suggèrerait l’analyse de Baillie. Par ailleurs, son hypothèse peut arriver à rendre compte du choc moral ressenti au cours d’une exécution publique, même si on sait que la victime est coupable, à cause de « l’innocence structurelle » de la victime isolée [p. 100]. Enfin son analyse de la portée mythique de la rhétorique de la guerre invite à reconsidérer la « War on Terror » et les discours qui se rattachent aux interventions militaires. Lynn Spigel suggère ainsi dans American Quarterly de juin 2004 : « Whatever one thinks about Bush’s speech, it is clear that the image of suffering female victims was a powerful emotional ploy through which he connected his own war plan to a sense of moral righteousness and virtue » [« Entertainment Wars », p. 248].

D’autre part, à l’heure où la référence religieuse dans la Constitution européenne a donné l’occasion de réfléchir à ce qui fondait l’Occident, le livre de Bailie offre quelques pistes de réflexion. Dans un autre registre, les questions soulevées par la définition girardienne du désir nous interpellent au moment où l’on parle d’individualisme et de développement personnel (et du coaching qui y est associé). D’autre part, en mettant à nu les désordres engendrés par le désir mimétique et ses corollaires (envie et ambition par exemple) Bailie jette un éclairage pertinent sur la logique de la performance et de la compétitivité de nos sociétés : on mesure déjà le potentiel destructeur de cette dynamique dans un contexte économique où le profit est devenu le seul impératif catégorique.

Enfin, l’ouvrage propose des remarques intéressantes — même si elles sont un peu rapides — pour considérer le rapport entre sexualité et violence [p. 206] ; question au coeur, entre autres, du débat sur la pornographie et son évolution vers des contenus très violents.

Dans son avant-propos, Girard introduit le livre en indiquant qu’il s’agit « d’une pièce essentielle d’un combat intellectuel et spirituel aux conséquences capitales pour notre avenir » [p.  11]. Comme tout combat, il est animé, parfois emporté dans la logique de sa propre légitimité. Cette passion amène par moments l’auteur à des redites : maladresse ? geste pédagogique envers un lecteur qu’il risque de perdre, ou qui risque de se perdre ? volonté de convaincre ? En tout cas, signe d’une pensée « au travail », selon son expression.

Dans les remerciements, Bailie mentionne sa rencontre avec Howard Thurman qui lui aurait dit : « Ne te demande pas ce dont le monde a besoin. Demande-toi ce qui te fait vivre et te fait agir, parce que ce dont le monde a besoin, c’est de gens vivants » [p. 15]. La lecture de ce livre nous invite à être des « gens vivants » — vivants dans le choix à faire entre la fascination et le dégoût, ou l’accueil d’une révélation qui nous dévoile la violence pour la dévisager et faire entendre son cri sans chercher à la faire taire. Ainsi, enfin, nous saurons ce que nous faisons…

Voir aussi:

The Fraying Of America
Robert Hughes
Time

June 24, 2001

Just over 50 years ago, the poet W.H. Auden achieved what all writers envy: making a prophecy that would come true. It is embedded in a long work called For the Time Being, where Herod muses about the distasteful task of massacring the Innocents. He doesn’t want to, because he is at heart a liberal. But still, he predicts, if that Child is allowed to get away, « Reason will be replaced by Revelation. Instead of Rational Law, objective truths perceptible to any who will undergo the necessary intellectual discipline, Knowledge will degenerate into a riot of subjective visions . . . Whole cosmogonies will be created out of some forgotten personal resentment, complete epics written in private languages, the daubs of schoolchildren ranked above the greatest masterpieces. Idealism will be replaced by Materialism. Life after death will be an eternal dinner party where all the guests are 20 years old . . . Justice will be replaced by Pity as the cardinal human virtue, and all fear of retribution will vanish . . . The New Aristocracy will consist exclusively of hermits, bums and permanent invalids. The Rough Diamond, the Consumptive Whore, the bandit who is good to his mother, the epileptic girl who has a way with animals will be the heroes and heroines of the New Age, when the general, the statesman, and the philosopher have become the butt of every farce and satire. »What Herod saw was America in the late 1980s and early ’90s, right down to that dire phrase « New Age. » A society obsessed with therapies and filled with distrust of formal politics, skeptical of authority and prey to superstition, its political language corroded by fake pity and euphemism. A nation like late Rome in its long imperial reach, in the corruption and verbosity of its senators, in its reliance on sacred geese (those feathered ancestors of our own pollsters and spin doctors) and in its submission to senile, deified Emperors controlled by astrologers and extravagant wives. A culture that has replaced gladiatorial games, as a means of pacifying the mob, with high-tech wars on television that cause immense slaughter and yet leave the Mesopotamian satraps in full power over their wretched subjects.

Mainly it is women who object, for due to the prevalence of their mystery- religions, the men are off in the woods, affirming their manhood by sniffing one another’s armpits and listening to third-rate poets rant about the moist, hairy satyr that lives inside each one of them. Meanwhile, artists vacillate between a largely self-indulgent expressiveness and a mainly impotent politicization, and the contest between education and TV — between argument and persuasion by spectacle — has been won by TV, a medium now more debased in America than ever before, and more abjectly self-censoring than anywhere in Europe.

The fundamental temper of America tends toward an existential ideal that can probably never be reached but can never be discarded: equal rights to variety, to construct your life as you see fit, to choose your traveling companions. It has always been a heterogeneous country, and its cohesion, whatever cohesion it has, can only be based on mutual respect. There never was a core America in which everyone looked the same, spoke the same language, worshipped the same gods and believed the same things.

America is a construction of mind, not of race or inherited class or ancestral territory. It is a creed born of immigration, of the jostling of scores of tribes that become American to the extent to which they can negotiate accommodations with one another. These negotiations succeed unevenly and often fail: you need only to glance at the history of racial relations to know that. The melting pot never melted. But American mutuality lives in recognition of difference. The fact remains that America is a collective act of the imagination whose making never ends, and once that sense of collectivity and mutual respect is broken, the possibilities of American-ness begin to unravel.

If they are fraying now, it is at least in part due to the prevalence of demagogues who wish to claim that there is only one path to virtuous American- ness: paleoconservatives like Jesse Helms and Pat Robertson who think this country has one single ethic, neoconservatives who rail against a bogey called multiculturalism — as though this culture was ever anything but multi! — and pushers of political correctness who would like to see grievance elevated into automatic sanctity.

BIG DADDY IS TO BLAME

Americans are obsessed with the recognition, praise and, when necessary, the manufacture of victims, whose one common feature is that they have been denied parity with that Blond Beast of the sentimental imagination, the heterosexual, middle-class white male. The range of victims available 10 years ago — blacks, Chicanos, Indians, women, homosexuals — has now expanded to include every permutation of the halt, the blind and the short, or, to put it correctly, the vertically challenged.

Forty years ago, one of the epic processes in the assertion of human rights started unfolding in the U.S.: the civil rights movement. But today, after more than a decade of government that did its best to ignore the issues of race when it was not trying to roll back the gains of the ’60s, the usual American response to inequality is to rename it, in the hope that it will go away. We want to create a sort of linguistic Lourdes, where evil and misfortune are dispelled by a dip in the waters of euphemism. Does the cripple rise from his wheelchair, or feel better about being stuck in it, because someone back in the early days of the Reagan Administration decided that, for official purposes, he was « physically challenged »?

Because the arts confront the sensitive citizen with the difference between good artists, mediocre ones and absolute duffers, and since there are always more of the last two than the first, the arts too must be politicized; so we cobble up critical systems to show that although we know what we mean by the quality of the environment, the idea of quality in aesthetic experience is little more than a paternalist fiction designed to make life hard for black, female and gay artists.

Since our newfound sensitivity decrees that only the victim shall be the hero, the white American male starts bawling for victim status too. Hence the rise of cult therapies teaching that we are all the victims of our parents, that whatever our folly, venality or outright thuggishness, we are not to be blamed for it, since we come from « dysfunctional families. » The ether is jammed with confessional shows in which a parade of citizens and their role models, from LaToya Jackson to Roseanne Arnold, rise to denounce the sins of their parents. The cult of the abused Inner Child has a very important use in modern America: it tells you that nothing is your fault, that personal grievance transcends political utterance.

The all-pervasive claim to victimhood tops off America’s long-cherished culture of therapeutics. Thus we create a juvenile culture of complaint in / which Big Daddy is always to blame and the expansion of rights goes on without the other half of citizenship: attachment to duties and obligations. We are seeing a public recoil from formal politics, from the active, reasoned exercise of citizenship. It comes because we don’t trust anyone. It is part of the cafard the ’80s induced: Wall Street robbery, the savings and loan scandal, the wholesale plunder of the economy, an orgy released by Reaganomics that went on for years with hardly a peep from Congress — events whose numbers were so huge as to be beyond the comprehension of most people.

Single-issue politics were needed when they came, because they forced Washington to deal with, or at least look at, great matters of civic concern that it had scanted: first the civil rights movement, and then the environment, women’s reproductive rights, health legislation, the educational crisis. But now they too face dilution by a trivialized sense of civic responsibility. What are your politics? Oh, I’m antismoking. And yours? Why, I’m starting an action committee to have the suffix -man removed from every word in every book in the Library of Congress. And yours, sir? Well, God told me to chain myself to a fire hydrant until we put a fetus on the Supreme Court.

In the past 15 years the American right has had a complete, almost unopposed success in labeling as left-wing ordinary agendas and desires that, in a saner polity, would be seen as ideologically neutral, an extension of rights implied in the Constitution. American feminism has a large repressive fringe, self- caricaturing and often abysmally trivial, like the academic thought police who recently managed to get a reproduction of Goya’s Naked Maja removed from a classroom at Pennsylvania State University; it has its loonies who regard all sex with men, even with consent, as a politicized form of rape. But does this in any way devalue the immense shared desire of millions of American women to claim the right of equality to men, to be free from sexual harassment in the workplace, to be accorded the reproductive rights to be individuals first and mothers second?

The ’80s brought the retreat and virtual disappearance of the American left as a political, as distinct from a cultural, force. It went back into the monastery — that is, to academe — and also extruded out into the art world, where it remains even more marginal and impotent. Meanwhile, a considerable and very well-subsidized industry arose, hunting the lefty academic or artist in his or her retreat. Republican attack politics turned on culture, and suddenly both academe and the arts were full of potential Willie Hortons. The lowbrow form of this was the ire of figures like Senator Helms and the Rev. Donald Wildmon directed against National Endowment subventions for art shows they thought blasphemous and obscene, or the trumpetings from folk like David Horowitz about how PBS should be demolished because it’s a pinko-liberal-anti- Israel bureaucracy.

THE BATTLES ON CAMPUS

The middle-to-highbrow form of the assault is the ongoing frenzy about political correctness, whose object is to create the belief, or illusion, that a new and sinister McCarthyism, this time of the left, has taken over American universities and is bringing free thought to a stop. This is flatly absurd. The comparison to McCarthyism could be made only by people who either don’t know or don’t wish to remember what the Senator from Wisconsin and his pals actually did to academe in the ’50s: the firings of tenured profs in mid- career, the inquisitions by the House Committee on Un-American Activities on the content of libraries and courses, the campus loyalty oaths, the whole sordid atmosphere of persecution, betrayal and paranoia. The number of conservative academics fired by the lefty thought police, by contrast, is zero. There has been heckling. There have been baseless accusations of racism. And certainly there is no shortage of the zealots, authoritarians and scramblers who view PC as a shrewd career move or as a vent for their own frustrations.

In cultural matters we can hardly claim to have a left and a right anymore. Instead we have something more akin to two puritan sects, one masquerading as conservative, the other posing as revolutionary but using academic complaint as a way of evading engagement in the real world. Sect A borrows the techniques of Republican attack politics to show that if Sect B has its way, the study of Milton and Titian will be replaced by indoctrination programs in the works of obscure Third World authors and West Coast Chicano subway muralists, and the pillars of learning will forthwith collapse. Meanwhile, Sect B is so stuck in the complaint mode that it can’t mount a satisfactory defense, since it has burned most of its bridges to the culture at large.

In the late ’80s, while American academics were emptily theorizing that language and the thinking subject were dead, the longing for freedom and . humanistic culture was demolishing European tyranny. Of course, if the Chinese students had read their Foucault, they would have known that repression is inscribed in all language, their own included, and so they could have saved themselves the trouble of facing the tanks in Tiananmen Square. But did Vaclav Havel and his fellow playwrights free Czechoslovakia by quoting Derrida or Lyotard on the inscrutability of texts? Assuredly not: they did it by placing their faith in the transforming power of thought — by putting their shoulders to the immense wheel of the word. The world changes more deeply, widely, thrillingly than at any moment since 1917, perhaps since 1848, and the American academic left keeps fretting about how phallocentricity is inscribed in Dickens’ portrayal of Little Nell.

The obsessive subject of our increasingly sterile confrontation between the two PCs — the politically and the patriotically correct — is something clumsily called multiculturalism. America is a place filled with diversity, unsettled histories, images impinging on one another and spawning unexpected shapes. Its polyphony of voices, its constant eddying of claims to identity, is one of the things that make America America. The gigantic, riven, hybridizing, multiracial republic each year receives a major share of the world’s emigration, legal or illegal.

To put the argument for multiculturalism in merely practical terms of self- interest: though elites are never going to go away, the composition of those elites is not necessarily static. The future of American ones, in a globalized economy without a cold war, will rest with people who can think and act with informed grace across ethnic, cultural, linguistic lines. And the first step in becoming such a person lies in acknowledging that we are not one big world family, or ever likely to be; that the differences among races, nations, cultures and their various histories are at least as profound and as durable as the similarities; that these differences are not divagations from a European norm but structures eminently worth knowing about for their own sake. In the world that is coming, if you can’t navigate difference, you’ve had it.

Thus if multiculturalism is about learning to see through borders, one can be all in favor of it. But you do not have to listen to the arguments very long before realizing that, in quite a few people’s minds, multiculturalism is about something else. Their version means cultural separatism within the larger whole of America. They want to Balkanize culture.

THE AUTHORITY OF THE PAST

This reflects the sense of disappointment and frustration with formal politics, which has caused many people to look to the arts as a field of power, since they have power nowhere else. Thus the arts become an arena for complaint about rights. The result is a gravely distorted notion of the political capacity of the arts, just at the moment when — because of the pervasiveness of mass media — they have reached their nadir of real political effect.

One example is the inconclusive debate over « the canon, » that oppressive Big Bertha whose muzzle is trained over the battlements of Western Civ at the black, the gay and the female. The canon, we’re told, is a list of books by dead Europeans — Shakespeare and Dante and Tolstoy and Stendhal and John Donne and T.S. Eliot . . . you know, them, the pale, patriarchal penis people. Those who complain about the canon think it creates readers who will never read anything else. What they don’t want to admit, at least not publicly, is that most American students don’t read much anyway and quite a few, left to their own devices, would not read at all. Their moronic national baby-sitter, the TV set, took care of that. Before long, Americans will think of the time when people sat at home and read books for their own sake, discursively and sometimes even aloud to one another, as a lost era — the way we now see rural quilting bees in the 1870s.

The quarrel over the canon reflects the sturdy assumption that works of art are, or ought to be, therapeutic. Imbibe the Republic or Phaedo at 19, and you will be one kind of person; study Jane Eyre or Mrs. Dalloway, and you will be another. For in the literary zero-sum game of canon-talk, if you read X, it means that you don’t read Y. This is a simple fancy.

So is the distrust of the dead, as in « dead white male. » Some books are deeper, wider, fuller than others, and more necessary to an understanding of our culture and ourselves. They remain so long after their authors are dead. Those who parrot slogans like « dead white male » might reflect that, in writing, death is relative: Lord Rochester is as dead as Sappho, but not so moribund as Bret Easton Ellis or Andrea Dworkin. Statistically, most authors are dead, but some continue to speak to us with a vividness and urgency that few of the living can rival. And the more we read, the more writers we find who do so, which is why the canon is not a fortress but a permeable membrane.

The sense of quality, of style, of measure, is not an imposition bearing on literature from the domain of class, race or gender. All writers or artists carry in their mind an invisible tribunal of the dead, whose appointment is an imaginative act and not merely a browbeaten response to some notion of authority. This tribunal sits in judgment on their work. They intuit their standards from it. From its verdict there is no appeal. None of the contemporary tricks — not the fetishization of the personal, not the attempt to shift the aesthetic into the political, not the exhausted fictions of avant-gardism — will make it go away. If the tribunal weren’t there, every first draft would be a final manuscript. You can’t fool Mother Culture.

That is why one rejects the renewed attempt to judge writing in terms of its presumed social virtue. Through it, we enter a Marxist never-never land, where all the most retrograde phantoms of Literature as Instrument of Social Utility are trotted forth. Thus the Columbia History of the American Novel declares Harriet Beecher Stowe a better novelist than Herman Melville because she was « socially constructive » and because Uncle Tom’s Cabin helped rouse Americans against slavery, whereas the captain of the Pequod was a symbol of laissez-faire capitalism with a bad attitude toward whales.

With the same argument you can claim that an artist like William Gropper, who drew those stirring cartoons of fat capitalists in top hats for the New Masses 60 years ago, may have something over an artist like Edward Hopper, who didn’t care a plugged nickel for community and was always painting figures in lonely rooms in such a way that you can’t be sure whether he was criticizing alienation or affirming the virtues of solitude.

REWRITING HISTORY

It’s in the area of history that PC has scored its largest successes. The reading of history is never static. There is no such thing as the last word. And who could doubt that there is still much to revise in the story of the European conquest of North and South America that historians inherited? Its basic scheme was imperial: the epic advance of civilization against barbarism; the conquistador bringing the cross and the sword; the red man shrinking back before the cavalry and the railroad. Manifest Destiny. The notion that all historians propagated this triumphalist myth uncritically is quite false; you have only to read Parkman or Prescott to realize that. But after it left the histories and sank deep into popular culture, it became a potent myth of justification for plunder, murder and enslavement.

So now, in reaction to it, comes the manufacture of its opposite myth. European man, once the hero of the conquest of the Americas, now becomes its demon; and the victims, who cannot be brought back to life, are sanctified. On either side of the divide between Euro and native, historians stand ready with tarbrush and gold leaf, and instead of the wicked old stereotypes, we have a whole outfit of equally misleading new ones. Our predecessors made a hero of Christopher Columbus. To Europeans and white Americans in 1892, he was Manifest Destiny in tights, whereas a current PC book like Kirkpatrick Sale’s The Conquest of Paradise makes him more like Hitler in a caravel, landing like a virus among the innocent people of the New World.

The need for absolute goodies and absolute baddies runs deep in us, but it drags history into propaganda and denies the humanity of the dead: their sins, their virtues, their failures. To preserve complexity, and not flatten it under the weight of anachronistic moralizing, is part of the historian’s task.

You cannot remake the past in the name of affirmative action. But you can find narratives that haven’t been written, histories of people and groups that have been distorted or ignored, and refresh history by bringing them in. That is why, in the past 25 years, so much of the vitality of written history has come from the left. When you read the work of the black Caribbean historian C.L.R. James, you see a part of the world break its long silence: a silence not of its own choosing but imposed on it by earlier imperialist writers. You do not have to be a Marxist to appreciate the truth of Eric Hobsbawm’s claim that the most widely recognized achievement of radical history « has been to win a place for the history of ordinary people, common men and women. » In America this work necessarily includes the histories of its minorities, which tend to break down complacent nationalist readings of the American past.

By the same token, great changes have taken place in the versions of American history taught to schoolchildren. The past 10 years have brought enormous and hard-won gains in accuracy, proportion and sensitivity in the textbook treatment of American minorities, whether Asian, Native, black or ^ Hispanic. But this is not enough for some extremists, who take the view that only blacks can write the history of slavery, only Indians that of pre- European America, and so forth.

That is the object of a bizarre document called the Portland African- American Baseline Essays, which has never been published as a book but, in photocopied form, is radically changing the curriculums of school systems all over the country. Written by an undistinguished group of scholars, these essays on history, social studies, math, language and arts and science are meant to be a charter of Afrocentrist history for young black Americans. They have had little scrutiny in the mainstream press. But they are popular with bureaucrats like Thomas Sobol, the education commissioner in New York State — people who are scared of alienating black voters or can’t stand up to thugs like City College professor Leonard Jeffries. Their implications for American education are large, and mostly bad.

WAS CLEOPATRA BLACK?

The Afrocentrist claim can be summarized quite easily. It says the history of the cultural relations between Africa and Europe is bunk — a prop for the fiction of white European supremacy. Paleohistorians agree that intelligent human life began in the Rift Valley of Africa. The Afrocentrist goes further: the African was the cultural father of us all. European culture derives from Egypt, and Egypt is part of Africa, linked to its heart by the artery of the Nile. Egyptian civilization begins in sub-Saharan Africa, in Ethiopia and the Sudan.

Hence, argued the founding father of Afrocentrist history, the late Senegalese writer Cheikh Anta Diop, whatever is Egyptian is African, part of the lost black achievement; Imhotep, the genius who invented the pyramid as a monumental form in the 3rd millennium B.C., was black, and so were Euclid and Cleopatra in Alexandria 28 dynasties later. Blacks in Egypt invented hieroglyphics, and monumental stone sculpture, and the pillared temple, and the cult of the Pharaonic sun king. The habit of European and American historians of treating the ancient Egyptians as other than black is a racist plot to conceal the achievements of black Africa.

No plausible evidence exists for these claims of Egyptian negritude, though it is true that the racism of traditional historians when dealing with the cultures of Africa has been appalling. Most of them refused to believe African societies had a history that was worth telling. Here is Arnold Toynbee in A Study of History: « When we classify mankind by color, the only one of the primary races . . . which has not made a single creative contribution to any of our 21 civilizations is the black race. »

No black person — indeed, no modern historian of any race — could read such bland dismissals without disgust. The question is, How to correct the record? Only by more knowledge. Toynbee was writing more than 50 years ago, but in the past 20 years, immense strides have been made in the historical scholarship of both Africa and African America. But the upwelling of research, the growth of Black Studies programs, and all that goes with the long-needed expansion of the field seem fated to be plagued by movements like Afrocentrism, just as there are always cranks nattering about flying saucers on the edges of Mesoamerican archaeology.

To plow through the literature of Afrocentrism is to enter a world of claims about technological innovation so absurd that they lie beyond satire, like those made for Soviet science in Stalin’s time. Afrocentrists have at one time or another claimed that Egyptians, alias Africans, invented the wet-cell battery by observing electric eels in the Nile; and that late in the 1st millennium B.C., they took to flying around in gliders. (This news is based not on the discovery of an aircraft in an Egyptian tomb but on a silhouette wooden votive sculpture of the god Horus, a falcon, that a passing English businessman mistook some decades ago for a model airplane.) Some also claim that Tanzanians 1,500 years ago were smelting steel with semiconductor technology. There is nothing to prove these tales, but nothing to disprove them either — a common condition of things that didn’t happen.

THE REAL MULTICULTURALISM

Nowhere are the weaknesses and propagandistic nature of Afrocentrism more visible than in its version of slave history. Afrocentrists wish to invent a sort of remedial history in which the entire blame for the invention and practice of black slavery is laid at the door of Europeans. This is profoundly unhistorical, but it’s getting locked in popular consciousness through the new curriculums.

It is true that slavery had been written into the basis of the classical world. Periclean Athens was a slave state, and so was Augustan Rome. Most of their slaves were Caucasian. The word slave meant a person of Slavic origin. By the 13th century slavery spread to other Caucasian peoples. But the African % slave trade as such, the black traffic, was an Arab invention, developed by traders with the enthusiastic collaboration of black African ones, institutionalized with the most unrelenting brutality, centuries before the white man appeared on the African continent, and continuing long after the slave market in North America was finally crushed.

Naturally this is a problem for Afrocentrists, especially when you consider the recent heritage of Black Muslim ideas that many of them espouse. Nothing in the writings of the Prophet forbids slavery, which is why it became such an Arab-dominated business. And the slave traffic could not have existed without the wholehearted cooperation of African tribal states, built on the supply of captives generated by their relentless wars. The image promulgated by pop- history fictions like Roots — white slavers bursting with cutlass and musket into the settled lives of peaceful African villages — is very far from the historical truth. A marketing system had been in place for centuries, and its supply was controlled by Africans. Nor did it simply vanish with Abolition. Slave markets, supplying the Arab emirates, were still operating in Djibouti in the 1950s; and since 1960, the slave trade has flourished in Mauritania and the Sudan. There are still reports of chattel slavery in northern Nigeria, Rwanda and Niger.

But here we come up against a cardinal rule of the PC attitude to oppression studies. Whatever a white European male historian or witness has to say must be suspect; the utterances of an oppressed person or group deserve instant credence, even if they’re the merest assertion. The claims of the victim do have to be heard, because they may cast new light on history. But they have to pass exactly the same tests as anyone else’s or debate fails and truth suffers. The PC cover for this is the idea that all statements about history are expressions of power: history is written only by the winners, and truth is political and unknowable.

The word self-esteem has become one of the obstructive shibboleths of education. Why do black children need Afrocentrist education? Because, its promoters say, it will create self-esteem. The children live in a world of media and institutions whose images and values are created mainly by whites. The white tradition is to denigrate blacks. Hence blacks must have models that show them that they matter. Do you want your children to love themselves? Then change the curriculum. Feed them racist claptrap a la Leonard Jeffries, about . how your intelligence is a function of the amount of melanin in your skin, and how Africans were sun people, open and cooperative, whereas Europeans were ice people, skulking pallidly in caves.

It is not hard to see why these claims for purely remedial history are intensifying today. They are symbolic. Nationalism always wants to have myths to prop itself up; and the newer the nationalism, the more ancient its claims. The invention of tradition, as Eric Hobsbawm has shown in detail, was one of the cultural industries of 19th century Europe. But the desire for self-esteem does not justify every lie and exaggeration and therapeutic slanting of evidence that can be claimed to alleviate it. The separatism it fosters turns what ought to be a recognition of cultural diversity, or real multiculturalism, tolerant on both sides, into a pernicious symbolic program. Separatism is the opposite of diversity.

The idea that European culture is oppressive in and of itself is a fallacy that can survive only among the fanatical and the ignorant. The moral and intellectual conviction that inspired Toussaint-Louverture to focus the rage of the Haitian slaves and lead them to freedom in 1791 came from his reading of Rousseau and Mirabeau. When thousands of voteless, propertyless workers the length and breadth of England met in their reading groups in the 1820s to discuss republican ideas and discover the significance of Shakespeare’s Julius Caesar, they were seeking to unite themselves by taking back the meanings of a dominant culture from custodians who didn’t live up to them.

Americans can still take courage from their example. Cultural separatism within this republic is more a fad than a serious proposal; it is not likely to hold. If it did, it would be a disaster for those it claims to help: the young, the poor and the black. Self-esteem comes from doing things well, from discovering how to tell a truth from a lie and from finding out what unites us as well as what separates us. The posturing of the politically correct is no more a guide to such matters than the opinions of Simon Legree.

Voir également:

Welcome, Freshman! Oppressor or Oppressed?

Heather Mac Donald

The Wall Street Journal

Sep. 29, 1992

It is never too soon to learn to identify yourself as a victim. Such, at least, is the philosophy of today’s college freshman orientation, which has become a crash course in the strange new world of university politics. Within days of arrival on campus, « new students » (the euphemism of choice for « freshmen ») learn the paramount role of gender, race, ethnicity, class and sexual orientation in determining their own and others’ identity. Most important, they are provided with the most critical tool of their college career: the ability to recognize their own victimization.

An informal survey shows that two themes predominate at freshmen orientation programs – oppression and difference — foreshadowing the leitmotifs of the coming four years. Orientations present a picture of college life in which bias lurks around every corner. This year, for example, the University of California at Berkeley changed the focus of its freshman orientation from « stereotyping » to « racism, homophobia, status-ism, sexism, and age-ism. » According to Michele Frasier, assistant director of the new student program at Berkeley, the program organizers « wanted to talk more specifically about specific issues the students will face ». The objective of the emphasis on discrimination is « to make students aware [of the] issues they need to think about, so they’re not surprised when they face them. »

Various Forms of ‘Isms’

Dartmouth’s assistant dean of freshmen, Tony Tillman, offered no less bleak a vision of the academic community. A mandatory program for freshmen, « Social Issues, » presented skits on « the issues first year students face, » which he defined as « the various forms of ‘isms’: sexism, racism, classism, etc. » If the content of the skits overlapped, such overlap was, according to Mr. Tillman, unavoidable. The experience of discrimination cannot be compartmentalized: « It’s not as if today, I have a racist experience, tomorrow, a sexist [one] . In any one day, one may be up against several issues. Some issues of sexism have a racist foundation, and vice versa. »

The point of the program (and, indeed, of much of the subsequent education at Dartmouth and other schools) is to « try to weave a common thread » through these various instances of oppression. If one can’t fit oneself into the victim role, however, today’s freshmen orientation offers an alternative: One can acknowledge oneself as the oppressor. Columbia University brought in a historian from the National Museum of American History in Washington to perform, in effect, an ideological delousing of the students. Her mission, as she said in her speech, was to help students recognize their own beliefs that foster inequality. By describing the stereotypes in American society that support racism and prejudice, she hoped to give students a chance to « re-evaluate [and] learn new things. »

Learning to see yourself as a victim is closely tied to seeing yourself as different. At Columbia, freshmen heard three of their classmates read essays on what being different–gay, black and Asian American – had meant in their lives. According to assistant dean Michael Fenlon, « the goal is to initiate an awareness of difference and the implications of difference for the Columbia community. And this is not a one-shot program. We expect it will continue through their four years here, not just in the classrooms, but in the residence halls, on the playing fields, and in every aspect of student life. »

« Faces of Community, » a program organized by Stanford’s « multicultural educator, » presented freshmen with a panel of students and staff who each embodied some officially recognized difference. James Wu, orientation coordinator of Stanford’s Residential Education program, says that the « Faces » program « gives students a sense that everyone’s different. » At Bowdoin, the assistant to the president for multicultural programs hosted a brown-bag lunch for freshmen entitled « Defining Diversity: Your Role in Racial-Consciousness Raising, Cultural Differences, and Cross-Cultural Social Enhancers. » Oberlin shows its new students a performance piece on « differences in race, ethnicity, sexuality, gender, and culture, » and follows up with separate orientation programs for Asian-Americans, blacks, Latinos, and gay, lesbian and bisexual students.

The presupposition behind the contemporary freshman initiation is the need for political re-education. Columbia’s assistant dean for freshmen, Kathryn Balmer, explained that « you can’t bring all these people together and say, ‘Now be one big happy community,’ without some sort of training…. It isn’t an ideal world, so we need to do some education. » That students have somehow managed for years to form a college community in the absence of such « education » has apparently escaped administrative attention.

Stanford’s outgoing multicultural educator, Greg Ricks, revealed the dimensions of the task: « White students need help to understand what it means to be white in a multicultural community. We have spent a lot of money and a lot of time trying to help students of color, and women students, and gay and disabled students to figure out what it means for them. But for the white heterosexual male who feels disconnected and marginalized by multiculturalism, we’ve got to do a lot of work here. »

* * *

Obsessive Emphasis on Difference If all this sounds more appropriate for a war-crimes trial than for the first year of college, the incoming student can at least look forward to one unexpected area of freedom at Duke. According to President Brodie, « gender » is a « preference » that should be respected. Anyone who feels oppressed by their chromosomes can apparently simply « prefer » to be of the opposite sex. »

Today’s freshman orientations, prelude to the education to come, raise one of the great unexplained mysteries of our time: how the obsessive emphasis on « difference » and victimization will lead to a more unified, harmonious culture. Students who have been taught from day one to identify themselves and their peers with one or another oppressed or oppressing group are already replicating those group divisions in their intellectual and social lives.

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Ms. Mac Donald is a lawyer living in New York.

Voir encore:

Hiroshima : pourquoi le Japon préfère qu’Obama ne s’excuse pas

Barack Obama a choisi de ne pas prononcer d’excuses, au grand soulagement de Shinzo Abe et des élites japonaises, tant cette tragédie occulte encore aujourd’hui le vrai rôle du Japon pendant la guerre.
Yann Rousseau
Les Echos

Au Japon, c’est la saison des voyages scolaires. Jeudi, à la veille de la visite historique de Barack Obama, premier président américain en exercice à venir dans la ville martyre, des milliers d’élèves de primaire et de secondaire se pressaient dans les allées du musée de la Paix d’Hiroshima pour tenter d’appréhender le drame.

Ils ont vu les statues de cire, à taille réelle, représentant des enfants brûlés vifs dans les trois secondes qui ont suivi l’explosion, le 6 août 1945, de la bombe atomique « Little Boy » au-dessus de la ville. Plus loin, des restes de peau et d’ongles prélevés par une mère sur le cadavre de son fils. Et des images atroces, en noir et blanc, de corps irradiés. Dans le dernier couloir, ils ont signé un livret appelant la communauté internationale à renoncer aux armes nucléaires. Enfin, ils sont ressortis effarés par la violence et l’inhumanité du drame qu’a vécu leur nation il y a soixante et onze ans. A aucun moment, ils n’auront été exposés aux causes du drame.

L’ensemble du musée célèbre une forme d’année « zéro » du Japon, passé soudain, en août 1945, du statut d’agresseur brutal de l’Asie à celui de victime. Non loin de là, dans le mémorial pour les victimes de la bombe atomique, construit au début des années 2000 par le gouvernement, quelques lignes expliquent vaguement « qu’à un moment, au XXe siècle, le Japon a pris le chemin de la guerre » et que « le 8 décembre 1941, il a initié les hostilités contre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et d’autres ».

Pas d’excuses, pas d’introspection

Nulle évocation de la colonisation brutale de la région par les troupes nippones au début des années trente. Rien sur les massacres de civils et les viols de masse commis en Chine, à Nankin. Pas une ligne sur le sort des milliers de jeunes femmes asiatiques transformées en esclaves sexuelles pour les soldats nippons dans la région. Aucune mise en perspective permettant aux visiteurs japonais de tenter un travail de mémoire similaire à celui réussi en Allemagne dès la fin du conflit. Les enfants japonais n’ont pas d’équivalent de Dachau à visiter.

Beaucoup ont, un temps, espéré que Barack Obama bouleverserait cette lecture, qui a été confortée par des années d’un enseignement et d’une culture populaire expliquant que le pays et son empereur, Hirohito, avaient été entraînés malgré eux par une poignée de leaders militaires brutaux. Le dirigeant allait, par un discours de vérité, forcer le Japon à se regarder dans le miroir. Mais le président américain a déjà annoncé qu’il ne prononcerait pas à Hiroshima les excuses symboliques qui auraient pu contraindre les élites nippones à entamer une introspection sur leur vision biaisée de l’histoire. Le responsable devrait essentiellement se concentrer sur un discours plaidant pour un monde sans armes nucléaires, au grand soulagement du Premier ministre nippon, Shinzo Abe, qui estime que son pays a, de toute façon, suffisamment demandé pardon et fait acte de contrition.

Il est vrai que plusieurs responsables politiques japonais ont, au fil des décennies, formulé des excuses fortes pour les exactions commises par l’armée impériale avant et pendant la Seconde Guerre mondiale. Mais autant de dirigeants ont fait douter, ces dernières années, de la sincérité de ces regrets. Plusieurs membres de l’actuel gouvernement ont eux aussi flirté avec un révisionnisme malsain. Des ministres proches de la droite nationaliste continuent aussi de se rendre plusieurs fois par an au sanctuaire shinto de Yasukuni, à Tokyo, considéré à Pékin et Séoul comme le symbole odieux du passé militariste du Japon. Ils y honorent les 2,5 millions de morts pour le Japon dans les derniers grands conflits, mais aussi 14 criminels de guerre condamnés pour leurs exactions dans la région lors de la Seconde Guerre mondiale. Et l’exécutif n’émet jamais de communiqué clarifiant sa position sur ces visites controversées.

Amnésie et victimisation

S’ils craignent que la venue du président américain à Hiroshima n’incite le Japon à se cloîtrer dans cette amnésie et cette victimisation, les partisans d’un réexamen du passé nippon veulent encore croire que la seule présence de Barack Obama alimentera un débat sur la capacité de Tokyo à entamer une démarche similaire auprès de ses grands voisins asiatiques et de son allié américain. Déjà, mercredi soir, des médias ont embarrassé Shinzo Abe en le questionnant publiquement sur son éventuelle visite du site américain de Pearl Harbor, à Hawaii. Le 7 décembre 1941, cette base américaine fut attaquée par surprise par l’aéronavale japonaise et 2.403 Américains furent tués au cours du raid, qui reste vécu comme un traumatisme aux Etats-Unis.

Les médias sud-coréens et chinois vont, eux, défier le Premier ministre japonais d’oser venir dans leur pays déposer des fleurs sur des monuments témoins de l’oppression nippone d’autrefois. A quand une visite de Shinzo Abe à Nankin, demanderont-ils. Jamais, répondra le gouvernement conservateur. En déstabilisant Pékin, qui nourrit sa propagande des trous de mémoire de Tokyo, un tel geste symbolique témoignerait pourtant d’une maturité du Japon plus marquée et lui donnerait une aura nouvelle dans l’ensemble de l’Asie-Pacifique.

Voir de plus:

Hiroshima : Obama a-t-il tort de ne pas s’excuser pour la bombe atomique ?
Metronews
23-05-2016

POLITIQUE – A quatre jours de sa visite à Hiroshima, le président américain a prévenu qu’il ne s’excuserait pas pour le mal causé par le bombardement de la ville à l’arme atomique en 1945. Guibourg Delamotte, maître de conférences en sciences politiques au département Japon à Inalco, nous explique les raisons de ce refus.

Barack Obama a-t-il raison de ne pas s’excuser pour Hiroshima ?

Barack Obama se rendra à Hiroshima ce vendredi à l’issue d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du G7 organisé à Ise-Shima, dans le centre du Japon. Il sera le premier président américain en exercice à mettre les pieds dans la ville ravagée par l’attaque nucléaire américaine du 6 août 1945. Ce matin-là, à 8h15, un bombardier américain, l’Enola Gay, larguait au-dessus d’Hiroshima la première bombe atomique de l’histoire, tuant 75 000 personnes d’un coup.

Aussi symbolique soit aujourd’hui le geste de Barack Obama, il n’en reste pas moins refréné. Le chef d’Etat a en effet prévenu dans une déclaration à la chaîne japonaise NHK qu’il ne présenterait pas d’excuses. « Non, car je pense qu’il est important de reconnaître qu’en pleine guerre, les dirigeants doivent prendre toutes sortes de décisions ». Et de poursuivre : »C’est le rôle des historiens de poser des questions et de les examiner mais je sais, ayant moi-même été à ce poste depuis sept ans et demi, que tout dirigeant prend des décisions très difficiles, en particulier en temps de guerre ».

►Les Japonais aussi disposaient d’un « outil nucléaire »

De nombreux historiens ont pourtant établi, au fil des décennies, que la bombe atomique n’avait pas joué de rôle majeur pour gagner la Seconde guerre mondiale, le Japon ayant à l’époque, déjà décidé de capituler. Qu’en est-il vraiment ?

Contacté par metronews, Guibourg Delamotte, maître de conférences en sciences politiques au département Japon à Inalco, rappelle que les Japonais disaient également disposer « d’un outil nucléaire » à cette époque. D’autre part, « les effets de la bombe nucléaire sur la santé n’étaient pas encore connus. Les Américains eux-mêmes sous-estimaient les risques et restaient à quelques centaines de mètres des essais réalisés dans le désert, avec pour seule protection des lunettes de soleil ».

►Pourquoi Barack Obama ne s’excuse-t-il pas ?

« Formuler des excuses pour un chef d’Etat reste très compliqué », explique Guibourg Delamotte. « Barack Obama ne serait sans doute pas hostile à l’idée d’exprimer des regrets pour les souffrances infligées, mais d’un point de vue diplomatique, s’excuser revient à ouvrir un débat historique qui n’a jamais existé. Lorsque la guerre s’est terminée, une sorte de compromis a été établi entre les Américains et les Japonais, visant à ne plus évoquer le mal fait dans les deux camps ». Les Américains laissaient les Japonais tranquilles, en échange de quoi ces derniers ne demandaient pas d’excuses.

►A-t-il tort de ne pas le faire ?

Selon une enquête réalisée par l’agence japonaise Kyodo, 78,3%  des 115 survivants des attaques atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki ne demandent pas d’excuses. « La visite du président américain constitue un geste de réconciliation symbolique et une reconnaissance du mal fait aux Japonais par les Américains », estime la spécialiste. Et de conclure : « Ne pas s’excuser est une sage décision diplomatique ».

Voir également:

Obama à Hiroshima : si, si, les USA s’excusent parfois, du bout des lèvres
Le président américain l’a annoncé : il ne s’excusera pas pour Hiroshima. Les Américains n’aiment pas la repentance. Cela leur est pourtant arrivé de présenter des excuses, tardivement et sans publicité.
Pascal Riché
Nouvel Obs

23 mai 2016

La visite d’un président américain à Hiroshima, le 27 mai prochain, est une première historique. Mais Barack Obama n’ira pas plus loin : il ne s’excusera pas au nom des Etats-Unis. Il l’a déclaré à la télévision japonaise NHK, en expliquant que dans le brouillard de la guerre, les leaders prenaient des décisions très difficiles.
Les Américains détestent l’exercice des excuses, cela n’entre pas dans le cadre dessiné par leurs ambitions universalistes : la grande puissance modèle, gardienne des valeurs démocratiques et humanistes, ne peut avoir commis de crimes. S’excuser n’est jamais neutre pour l’identité d’un pays : c’est une entaille portée à la narration qu’on essaye d’imposer.

Il est toutefois arrivé aux Etats-Unis, à quelques rares reprises, de présenter des excuses d’Etat. La plupart du temps à reculons et sans tambour ni trompette.

1. Le massacre des indiens

Il a fallu attendre avril 2009 pour qu’un début de repentance soit officiellement exprimé. Et encore : ces excuses n’ont pas été claironnées, elles n’ont pas été clamées lors d’une cérémonie devant les chefs des tribus indiennes réunies sur la colline du Capitole. Elles ont été camouflées dans un recoin des 67 pages de la loi portant sur le budget de la Défense pour 2010.

Les médias n’ont même pas été invités à assister à la signature, par Barack Obama le 19 décembre 2009, de cette résolution par laquelle le peuple américain s’excuse des « violences » et des « mauvais traitements » subies par les peuples natifs. Une repentance en catimini.

2. L’esclavage

Il aura fallu attendre 143 ans après l’abolition de l’esclavage pour que les Etats-Unis formulent des excuses. Mais sans grande publicité, sans signature présidentielle et en deux temps. En 2008, avant l’élection présidentielle qui a porté Obama à la Maison Blanche, la chambre des représentants a voté une première résolution ; puis, après l’investiture d’Obama, le Sénat a a son tour voté un texte allant dans le même sens.

Les deux n’ont pas été fusionnés et le président n’a pas eu à les signer. Ces textes n’ont donc, pour reprendre une comparaison faite par The Atlantic,  « pas plus de poids que des résolutions félicitant l’équipe victorieuse du Super Bowl ».

Auparavant, Bill Clinton avait exprimé pour la première fois des « regrets » et George W. Bush, à Gorée, avait qualifié l’esclavage « d’un des plus grands crime de l’histoire« , mais sans aller plus loin.

3. Les camps d’internement de Japonais

En 1988, le Congrès a voté une résolution pour présenter des excuses concernant les rafles de japonais après Pearl Harbour en 1942. Toutes les familles japonaises ou d’origine japonaise, devenues subitement suspectes, avaient été jetées dans des camps d’internement sans autre forme de procès. La majorité des parlementaires républicains a voté contre cette résolution qui déplore une « injustice fondamentale », présente des « excuses au nom du peuple américain » et prévoit une indemnisation pour les survivants et descendants des victimes. Mais la très grande majorité des démocrates a voté pour et Ronald Reagan l’a signée le 10 août, en s’en félicitant malgré les réserves de son camp : « Je pense que c’est une belle journée ».

4. les recherches sur la syphilis

Un médecin prélève du sang sur des « cobayes » à Tuskegee (Archives nationales)

Ces excuses aussi sont passées par un discours présidentiel. Bill Clinton, en 1997 a demandé pardon pour l’étude Tuskegee sur la syphilis. Un monstrueux programme de recherche sur l’évolution de la maladie, engagé dans les années 30 et se poursuivant sur plusieurs décennies, qui passait par des expérimentations sur des métayers noirs d’Alabama atteints de la maladie. On leur refusait tout traitement comme la pénicilline, tout en leur faisant croire qu’ils étaient soignés. Le scandale a fini par éclater dans les années 1970 mais il a fallu encore attendre 20 ans avant d’obtenir des excuses de la Maison Blanche :

« Le peuple américain est désolé, pour les pertes, pour les années de souffrance. Vous n’aviez rien fait de mal, vous avez été gravement victimes d’une mauvaise action. Je présente des excuses et je suis désolé qu’elles aient mis tant de temps à venir ».

Par ailleurs, en octobre 2010, Barack Obama s’est excusé publiquement, auprès du peuple du Guatemala, pour les recherches sur la syphilis pratiquées dans les années 1940 sur 1.500 citoyens de ce pays. Ces cobayes avaient été sciemment infectés par le virus de la Syphilis afin d’étudier l’efficacité de la pénicilline.

5. Les coups d’Etat et les coups tordus à l’étranger

Sur ces sujets là, très sensibles, les Etats-Unis sont très avares de repentance. En 1993, Bill Clinton s’est excusé, au nom des Etats-Unis, pour le coup d’Etat à Hawai en 1893. La reine Lili’uokalani, suspectée de vouloir prendre trop d’indépendance vis-à-vis des occidentaux, avait été déposée à la suite d’un débarquement américain.

Bill Clinton signe les excuses américaines pour avoir organisé un coup d’Etat en 1893 à Hawai (Willima J.Clinton Library)

Mais c’est une exception à la règle. Les Etats-Unis ne se sont jamais excusé d’avoir aidé les dictatures en Amérique latine dans les années 70. Du bout des lèvres, le 24 mars 2016, à Buenos Aires, devant la liste des noms des victimes de la dictature militaire gravés sur le mur du Parc de la Mémoire, Barack Obama a admis que les Etats-Unis « avaient tardé à défendre les droits de l’homme en Argentine et dans d’autres pays ». De même, on attend toujours les excuses américaines pour avoir soutenu l’apartheid en Afrique du Sud, envoyé du napalm au Vietnam. Ou lâché des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki.

Mais des excuses vis-à-vis d’un autre pays sont des opérations qui se discutent à deux, et celui qui « coince » n’est pas toujours celui auquel on pense. En 2011, il était déjà question d’une visite d’Obama à Hiroshima et d’excuses publiques. Mais comme on peut le lire dans un télégramme diplomatique dévoilé par Wikileaks, le gouvernement japonais a alors nettement repoussé l’idée, qui risquait notamment selon lui de renforcer dans son opinion publique le camp des antinucléaires.

Voir de plus:

Dying GOP Senator spends his last days apologizing to Muslims for Trump

This story epitomizes how hysterical and thoughtless the public discourse is nowadays. Trump is presented by the late Bob Bennett and the Daily Beast as an “Islamophobe” — someone with an irrational hatred of or fear of Islam and Muslims. In reality, he hasn’t said anything about Islam at all except that clearly there is a “problem,” and there obviously is. He has called for a temporary moratorium on Muslim immigration as an attempt to stop Islamic jihadis from entering the country. Did Bennett address that problem? Not from the looks of this story. Did Bennett propose an alternative method for keeping jihadis out of the country? No, and neither have any of the others who have likened Trump to Hitler for suggesting this. We are apparently just supposed to allow Muslims into the country without question, and accept that there will be jihad mass murder attacks in the U.S., because the alternative — appearing “racist,” even though Islam is not a race — is far worse. Death before political incorrectness.

“Dying GOP Senator Apologizes to Muslims for Donald Trump,” by Tim Mak, Daily Beast, May 18, 2016:

Bob Bennett spent his last days letting Muslims know how sorry he was that an Islamophobe had become his party’s all-but-certain nominee.

Former GOP senator Bob Bennett lay partially paralyzed in his bed on the fourth floor of the George Washington University Hospital. He was dying.

Not 48 hours had passed since a stroke had complicated his yearlong fight against pancreatic cancer. The cancer had begun to spread again, necessitating further chemotherapy. The stroke had dealt a further blow that threatened to finish him off.

Between the hectic helter-skelter of nurses, doctors, and well wishes from a long-cultivated community of friends and former aides, Bennett faced a quiet moment with his son Jim and his wife Joyce.

It was not a moment for self-pity.

Instead, with a slight slurring in his words, Bennett drew them close to express a dying wish: “Are there any Muslims in the hospital?” he asked.

“I’d love to go up to every single one of them to thank them for being in this country, and apologize to them on behalf of the Republican Party for Donald Trump,” Bennett told his wife and son, both of whom relayed this story to The Daily Beast.

The rise of Donald Trump had appalled the three-term Utah senator, a Republican who fell victim to the tea-party wave of the 2010 midterms. His vote for the Troubled Asset Relief Program, or TARP, had alienated many conservative activists in his state, who chose lawyer Mike Lee as the GOP nominee for Senate instead.

But as Bennett reflected on his life and legacy in mid-April, following the stroke, he wasn’t focused on the race that ended his political career. Instead, he brought up the issue of Muslims in America—over and over again.

He mentioned it briefly in a hospital interview with the Deseret News, a Utah news outlet. “There’s a lot of Muslims here in this area. I’m glad they’re here,” the former senator told the newspaper in April, describing them as “wonderful.”

“In the last days of his life this was an issue that was pressing in his mind… disgust for Donald Trump’s xenophobia,” Jim Bennett said. “At the end of his life he was preoccupied with getting things done that he had felt was left undone.”

Trump’s proposal to ban Muslim immigrants from America had outraged the former senator, his wife Joyce said, triggering his instincts to do what he could on a personal level. They ultimately did not canvass the hospital, but Bennett had already made an effort in his last months of life.

As they traveled from Washington to Utah for Christmas break, Bennett approached a woman wearing a hijab in the airport.

“He would go to people with the hijab [on] and tell them he was glad they were in America, and they were welcome here,” his wife said. “He wanted to apologize on behalf of the Republican Party.”

“He was astonished and aghast that Donald Trump had the staying power that he had… He had absolutely no respect for Donald Trump, and I think got angry and frustrated when it became clear that the party wasn’t going to steer clear of Trumpism,” his son relayed.

Bennett’s Mormon faith also played into his beliefs on Trump and Muslims: the billionaire’s proposal to ban Muslims prompted the LDS Church to issue a statement in support of religious freedom, quoting its founder saying he would “die in defending the rights… of any denomination who may be unpopular and too weak to defend themselves.”

“That was something my father felt very keenly—recognizing the parallel between the Mormon experience and the Muslim experience. [He] wanted to see these people treated with kindness, and not ostracized,” Jim Bennett said….

He died Wednesday, May 4.

Voir de même:

Israël : des généraux de Tsahal se mettent le pays à dos

En comparant l’atmosphère en Israël à celle de l’Allemagne des années 1930, le chef d’état-major de l’armée a mis en colère le gouvernement et l’opinion.

Danièle Kriegel

 Le Point
09/05/2016

PHOTO. Facebook s’excuse pour avoir censuré l’image d’un mannequin grande taille

24/05/2016
RÉSEAUX SOCIAUX – Facebook a dû faire machine arrière après avoir interdit la photographie d’un mannequin aux formes généreuses en bikini dans une publicité australienne destinée à promouvoir l’image positive du corps, jugeant que le corps en question était montré sous un jour « indésirable« . Le réseau social a ensuite présenté ses excuses aux organisateurs expliquant avoir mal jaugé la publicité.

Facebook avait, dans un premier temps, bloqué la publicité de l’association de Melbourne « Cherchez la femme » pour un événement baptisé « graisse et féminisme », disant que la photo contrevenait à ses règlements.

Une publicité qui ne répondait pas « à leurs critères »

Lorsque les organisateurs se sont inquiétés de la décision, Facebook a expliqué que la publicité ne répondait pas à leurs critères en matière de santé et de fitness car « l’image dépeint un corps ou des parties du corps d’une manière indésirable ». « Les publicités de ce type ne sont pas permises car elles entraînent chez ceux qui les voient une mauvaise image d’eux-mêmes », écrit Facebook à l’une des organisatrices de l’événement Jessamy Gleeson, qui a publié sur internet une capture d’écran de la lettre.

Mme Gleeson s’est dit abasourdie que Facebook « ne sache apparemment pas que des rondes, des femmes qui se décrivent comme grosses, peuvent se sentir très bien dans leur peau ». Elle a appelé les internautes à « crier fort contre quiconque tenterait de nous dire que certains corps sont plus désirables que d’autres ».

« Facebook n’a pas tenu compte du fait que notre événement va aborder l’image corporelle positive, qui peut concerner tous les types de corps, mais dans notre cas en l’occurrence les gros corps », ajoute-t-elle.

Voir aussi:
T’as vu ?

Pour Facebook, un mannequin grande taille ne peut pas être une icône de pub

WEB Facebook a bloqué la promotion d’un message en raison d’une photo jugée «inopportune»…

Le message en question était censé promouvoir un panel de discussion nommé « Le féminisme et les gros ». Plutôt raccord, donc. Mais Facebook a considéré que la pub montrait le corps « de manière inopportune ». Il a donc bloqué la diffusion du message auprès d’un large public, ce que permet le réseau social contre rémunération, sans pour autant le supprimer. « Les publicités ne doivent pas faire la promotion d’un état de santé ou d’un poids parfait ou à l’inverse non désirable », justifie ainsi l’entreprise dans un message à l’adresse de Cherchez la Femme. Avant de préciser : « Les pubs comme celle-ci ne sont pas admises parce qu’elles mettent les spectateurs mal à l’aise. »

Une réponse trollissime

De quoi faire « enrager » le groupe australien, contacté par The Telegraph. D’autant que Facebook lui conseille d’utiliser à la place une image « d’une activité pertinente [au regard du sujet], comme la course ou le vélo ». « Facebook ignore le fait que notre événement consiste à discuter du corps… et conclut que nous mettons les femmes mal à l’aise en postant la photo d’un mannequin grande taille », soupire un porte-parole de Cherchez la Femme.

Prenant le réseau social au mot, le groupe a changé la photo de son post promotionnel. Sur sa nouvelle image, un vélo… chevauché par une femme ronde.

Voir encore:

Le fonc­tion­naire âgé de 29 ans a fait preuve d’un sang-froid incroyable alors que sa vie était en danger. Les inter­nautes lui rendent hommage.

 Luca Andreolli

VSD

19 mai 2016

Hier, une mani­fes­ta­tion assez inédite s’est tenue à Paris. Les syndi­cats de police ont appelé les repré­sen­tants des forces de l’ordre à dénon­cer la « haine anti-flics » qui semble se répandre dans les diffé­rents cortèges orga­ni­sés contre la loi Travail depuis des semaines. Cette contre-offen­sive poli­cière fait direc­te­ment écho au slogan « Tout le monde déteste la police », crié à tue-tête par les mani­fes­tants les plus véhé­ments. L’idée était ainsi d’ap­pe­ler « au soutien de la popu­la­tion » et à la condam­na­tion des groupes orga­ni­sés de « casseurs » qui sévissent dans les rues de France. Ce coup de commu­ni­ca­tion bien orches­tré a été renforcé par la viru­lence de jeunes mani­fes­tants, qui ont, quant à eux, tenu à se réunir en marge du rassem­ble­ment poli­cier, malgré les inter­dic­tions formu­lées par la préfec­ture.

Et une fois de plus, la situa­tion a dégé­néré. Preuve de la gravité des faits commis, une enquête a même été ouverte pour « tenta­tive d’ho­mi­cide volon­taire » suite à l’at­taque d’une voiture de police, qui a débou­ché sur l’inter­pel­la­tion de cinq personnes. La scène a déjà fait le tour du monde et choqué l’opi­nion publique. Elle a été filmée par une caméra embarquée, offrant un point de vue simi­laire à celui des assaillants. La séquence a été postée sur Youtube et a été vision­née plus de 245 000 fois. Elle a donné lieu à de nombreuses réuti­li­sa­tions, notam­ment sur Twit­ter, où des inter­nautes ont isolé quelques courts passages pour en faire des GIF ou des Vine, c’est-à-dire des vidéos de quelques secondes.

Dans ce flot de conte­nus très expli­cites, on découvre une violence inouïe. Une voiture de poli­ciers se retrouve isolée dans une rue proche de la place de la Répu­blique, où déboulent des dizaines de mani­fes­tants hostiles. Beau­coup sont masqués par des écharpes ou des cagoules. Les insultes pleuvent et les coups sur la carlingue commencent à défer­ler. À l’in­té­rieur, les deux fonc­tion­naires (un homme et une femme) sont en très fâcheuse posture. Mais ils ne peuvent rien faire, étant bloqués par la file de voitures qui les précèdent. Soudain, un casseur assène un violent coup de pied dans la vitre du conduc­teur, qui explose en mille morceaux. Un autre se préci­pite pour s’en prendre direc­te­ment au poli­cier coincé à l’in­té­rieur. Puis, c’est au tour de la plage arrière d’être prise d’as­saut.

Plusieurs projec­tiles sont utili­sés pour malme­ner les forces de l’ordre, notam­ment des bornes anti-station­ne­ment. Un objet incen­diaire est fina­le­ment balancé à l’in­té­rieur du véhi­cule, qui commence à prendre feu. Le conduc­teur semble alors char­ger son arme, avant de sortir pour sauver sa peau. On découvre une carrure impo­sante se déga­ger de ce brasier. Mais pas las d’har­ce­ler les poli­ciers, un casseur se présente avec un long bâton pour frap­per de nouveau le fonc­tion­naire. Celui-ci ne se démonte pas pour autant. Il somme son agres­seur de s’ar­rê­ter. Ce dernier, décon­te­nancé par le gaba­rit de son oppo­sant, semble esquis­ser un geste de recul, mais tente malgré tout d’as­sé­ner d’autres coups. Le poli­cier choi­sit de parer chaque tenta­tive, sans attaquer, en se conten­tant simple­ment d’avan­cer de quelques pas pour dissua­der le casseur de conti­nuer. Il est fina­le­ment secouru par des collègues et s’échappe calme­ment et sans se retour­ner, lais­sant la voiture s’em­bra­ser derrière lui.

Une preuve de courage et un sang-froid unani­me­ment salués depuis par de nombreux Twit­tos, qui ont notam­ment utilisé le mot dièse #KungFuFigh­ting. Quant au « héros » du jour, peu d’in­for­ma­tions sur lui ont filtré. Le préfet de Paris, Bernard Cadot, a simple­ment précisé que le poli­cier de 29 ans était un adjoint de sécu­rité, membre de « la brigade du péri­phé­rique », et que l’agres­sion dont il a été victime s’est produite en rentrant d’in­ter­ven­tion. Même s’il a échappé au pire et ne souffre que de bles­sures super­fi­cielles, il a néan­moins passé la nuit en obser­va­tion à l’hô­pi­tal Bégin de Saint-Mandé. Le ministre de l’In­té­rieur, Bernard Caze­neuve, lui a d’ailleurs visite pour « louer son courage abso­lu­ment formi­dable, comme la plupart des poli­ciers qui sont mobi­li­sés dans la période ».

Voir aussi:

Equipe de France : Cantona accuse Deschamps d’être trop français
Valeurs actuelles
26 Mai 2016

Accusations. L’ancien joueur de l’équipe de France, Eric Cantona, a attaqué violemment le sélectionneur des Bleus Didier Deschamps. Il lui reproche un nom « très français » et une famille qui n’est « pas mélangée, comme les Mormons ». Il l’accuse de n’avoir pas convoqué dans le groupe les attaquants Karim Benzema et Hatem Ben Arfa en raison de leurs origines.

Eric Cantona n’a pas sa langue dans sa poche, même quand il s’agit de jeter des accusations pour le moins étranges. Dans une interview au Guardian, l’ancienne star de Manchester United s’en est pris à Didier Deschamps, le sélectionneur de l’équipe de France : « Benzema est un grand joueur, Ben Arfa est un grand joueur. Mais Deschamps, il a un nom très français. Peut-être qu’il est le seul en France à avoir un nom vraiment français. Personne dans sa famille n’est mélangé avec quelqu’un, vous savez. Comme les Mormons en Amérique. Je ne suis pas surpris qu’il ait utilisé la situation de Benzema pour ne pas le prendre. Surtout après que Valls ait dit qu’il ne devrait pas jouer pour la France. Ben Arfa est peut-être le meilleur joueur en France aujourd’hui, mais il a des origines. Je suis autorisé à m’interroger à propos de ça ».
Des propos à peine surprenants pour l’ancien joueur de l’équipe de France, habitué des sorties hasardeuses et investi dans la lutte contre le racisme. Plus tard dans l’interview, il en a rajouté lorsqu’on lui a demandé si les choix de Didier Deschamps étaient racistes : « Peut-être non, peut-être oui. Pourquoi pas ? Une chose est sûre, Benzema et Ben Arfa sont deux des meilleurs joueurs français et ne seront pas à l’Euro. Et pour sûr, Benzema et Ben Arfa ont des origines nord-africaines. Donc le débat est ouvert ».

En équipe de France, d’autres excellents joueurs
Eric Cantona fait preuve de mauvaise foi dans ses propos. Si Karim Benzema n’est pas sélectionné malgré son excellent niveau, c’est en raison de son implication dans un chantage à la sextape à l’encontre de l’un de ses anciens coéquipiers en bleu, Mathieu Valbuena. L’attaquant du Real Madrid, s’il n’est plus sous contrôle judiciaire, reste mis en examen dans cette affaire. Quant à Hatem Ben Arfa, il sort effectivement d’une saison brillante avec son club de Nice. Mais la concurrence en attaque est très rude chez les Bleus. Affirmer que ces deux joueurs sont les meilleurs joueurs français est discutable. Antoine Griezmann joue par exemple la finale de la Ligue des champions samedi prochain, et a pris une place de leader dans l’une des meilleures équipes d’Europe, l’Atletico Madrid. On peut également citer des joueurs comme Paul Pogba ou Blaise Matuidi, deux joueurs français très cotés qui participeront à l’Euro.

Voir enfin:

Je condamne le christia­nisme
Friedrich Nietzsche

L’Antréchrist

(1895)

Je termine ici et je prononce mon jugement. Je condamne le christia­nisme, j’élève contre l’Église chrétienne la plus terrible de toutes les accusa­tions, que jamais accusateur ait prononcée. Elle est la plus grande corruption que l’on puisse imaginer, elle a eu la volonté de la dernière corruption possible. L’Église chrétienne n’épargna sur rien sa corruption, elle a fait de toute valeur une non-valeur, de chaque vérité un mensonge, de chaque intégrité une bassesse d’âme.

Qu’on ose encore me parler de ses bienfaits « humanitaires ». Supprimer une misère était contraire à sa plus profonde utilité, elle vécut de misères, elle créa des misères pour s’éterniser… Le ver du péché par exemple : une misère dont l’Église seulement enrichit l’huma­nité ! — L’ « égalité des âmes devant Dieu », cette fausseté, ce prétexte aux rancunes les plus basses, cet explosif de l’idée, qui finit par devenir Révo­lution, idée moderne, principe de dégénérescence de tout l’ordre social — c’est la dynamite chrétienne… les bienfaits « humanitaires » du christia­nisme ! Faire de l’humanitas une contradiction, un art de pollution, une aversion, un mépris de tous les instincts bons et droits ! Cela serait pour moi des bienfaits du christianisme ! — Le parasitisme, seule pratique de l’Église, buvant, avec son idéal d’anémie et de sainteté, le sang, l’amour, l’espoir en la vie ; l’au-delà, négation de toute réalité ; la croix, signe de ralliement pour la conspiration la plus souterraine qu’il y ait jamais eue, — conspiration contre la santé, la beauté, la droiture, la bravoure, l’esprit, la beauté d’âme, contre la vie elle-même…

Je veux inscrire à tous les murs cette accusation éternelle contre le chris­tianisme, partout où il y a des murs, — j’ai des lettres qui rendent voyants même les aveugles… J’appelle le christianisme l’unique grande calamité, l’unique grande perversion intérieure, l’unique grand instinct de haine qui ne trouve pas de moyen assez venimeux, assez clandestin, assez souterrain, assez petit — je l’appelle l’unique et l’immortelle flétrissure de l’humanité…

Un commentaire pour Repentance: C’est la faute à Jésus, imbécile ! (Between Mother Teresa and John Wayne: The moral double bind which the West and the world currently face is simply a contemporary manifestation of the tension that for centuries has hounded cultures under biblical influence)

  1. jcdurbant dit :

    L’initiative ministérielle [campagne ministérielle contre le sexisme] est un indice supplémentaire, s’il en fallait, de ce que la Présidence Hollande se sera exténuée jusqu’au bout dans des batailles soit vaines soit destructrices – comme dans le cas de l’école où, sous couvert de refondation, il ne s’agit rien de moins que de parachever sa transformation en centre d’animation, ou du mariage, institution qui a été vidée de toute signification: consacrer l’amour entre deux êtres n’était pas sa fonction. Or, le pays réclame des actions qui ne devraient souffrir aucun délai, et ce, spécialement dans le domaine dont Madame Rossignol a la responsabilité. Les femmes deviennent un véritable enjeu de la guerre que l’islamisme mène avec détermination contre notre civilisation. Plutôt que d’exhiber des chiffres qui disent tout et rien, je voudrais que l’on reconnaisse une fois pour toutes que si régression de l’égalité entre les sexes il y a en France, si domination et patriarcat il y a dans notre pays, cet état de fait est lié exclusivement à l’importation, sur notre sol, des mœurs musulmanes, et non à je ne sais quelle survivance du passé. Plutôt que des sondages qui noient dans la généralité et l’abstraction des chiffres, des réalités fort contrastées – car quoi de commun entre une femme qui s’interdit de porter telle tenue vestimentaire par crainte d’entendre ses collègues masculins l’en complimenter et une femme qui, en banlieue, exclut de porter une jupe ou un short par soumission aux codes dictés par un islam rigoriste dont les Grands frères se font les gardiens? -, plutôt que ces sondages donc, Madame Rossignol ferait bien de lire par exemple, l’essai de Géraldine Smith, Rue Jean-Pierre Timbaud. Une vie de famille entre barbus et bobos. Elle y apprendrait, entre autres choses tout aussi édifiantes, qu’il est des boulangeries, en plein cœur de la capitale, où les hommes sont systématiquement servis avant les femmes. La croisade contre le sexisme et la reconquête de ces territoires ne se fera pas à coup de manifestations festives. Plutôt que de divertir la nation avec la mobilisation de «people» contre le sexisme ordinaire et la distribution de badge estampillé «Sexisme, pas notre genre», le gouvernement devrait porter le fer là où s’exerce une véritable domination masculine, en commençant par les territoires perdus de la République, ces enclaves ayant fait sécession d’avec nos mœurs, nos lois, nos principes, dont l’égalité des sexes, vivant sous l’autorité et la règle d’un islam radical. Les femmes qui se dressent vaillamment contre leur assujettissement, s’y retrouvent bien seules. Il est vrai que cela suppose un courage qui n’est pas notre fort. Autant il est aisé de mobiliser contre le mâle blanc hétérosexuel de plus de cinquante ans, autant il est inenvisageable de réunir Julie Gayet ou Axel Kahn, pour ne citer que deux des parrains de l’opération de Madame Rossignol, contre la mise sous tutelle des femmes par l’islamisme. J’aimerais les voir aux côtés de Nadia Remadna, la présidente de la Brigade des mères à Sevran par exemple. (…) Cette «campagne culturelle» est l’ultime invention des communicants d’un président aux abois. S’agit-il de reconquérir un électorat perdu? Doit-on y voir une tentative de diversion, afin de faire oublier l’incurie et l’impéritie du gouvernement? Et avec quelle ardeur et quel zèle les médias relayent la campagne du gouvernement. Je pense notamment à France Inter qui a ouvert le bal en recevant dès lundi, Laurence Rossignol, laquelle leur a fait l’honneur de «dévoiler» des chiffres alarmistes sur les humiliations, les injustices dont les femmes seraient victimes. Or, c’est sur cette même antenne que, quelques jours auparavant, Thomas Legrand vociférait contre ceux, dont je suis, qui avaient eu la faiblesse de prendre au sérieux l’irruption sur nos plages de ce vêtement qui dit non seulement la sécession d’avec la communauté nationale mais la soumission des femmes à des diktats masculins. «Surenchère normative» dénonçait-il, et complicité implicite avec le Front national. (…) L’esprit qui préside à cette campagne ministérielle s’inscrit dans la continuité du rapport sur «le harcèlement sexiste et les violences sexuelles dans les transports en commun» et poursuit le même objectif. Il s’agit de conduire les femmes à ne pas oublier qu’elles sont et demeurent les victimes des hommes, c’est-à-dire, je le répète, des mâles blancs hétérosexuels et, suspects entre tous, de plus de cinquante ans, partant que la lutte continue. Ces néo-féministes ne redoutent rien tant que de voir les femmes considérer que l’égalité est acquise – ce qui est, soit dit en passant. Lorsque le rapport sur les transports en commun fut rendu public, l’information a été couverte par tous les médias, unanimement et presque toujours dans les mêmes termes: «Harcèlement dans les transports en commun: 100% des femmes en ont été victimes». Ce score, si je puis dire, m’intrigua. Je lus donc attentivement le rapport. La conclusion était quelque peu hâtive, la réalité était que 100% des femmes avait fait l’expérience d’un regard suggestif, d’une apostrophe flatteuse, d’un sourire enjôleur. Or, et là était le problème, pour le Haut Conseil à l’Egalité dont émanait ce rapport, les femmes n’identifient pas spontanément et nécessairement ces signes à du harcèlement, ni l’homme sensible à leur charme à un agresseur. L’enjeu de la campagne était donc de faire prendre conscience aux femmes qu’elles étaient victimes d’agression. Naïves que nous sommes, nous interprétons comme un hommage à notre féminité ce que nous devrions ipso facto identifier comme une offense! Le scénario est toujours le même avec ces belles âmes, il y a d’un côté, les consciences instruites et de l’autre, les masses ignorantes qu’il faut éclairer. (…) L’usage du mot sexisme ne vise rien d’autre qu’à diaboliser, criminaliser toute perception, toute pensée, toute exaltation de la dualité sexuelle. Cette épithète est absolument redoutable, elle vise à surveiller et punir les hommes en tant qu’ils s’obstinent à voir dans les femmes des femmes et à n’y être pas indifférents. Cette notion de sexisme est, à dessein, une nébuleuse. Elle est une sorte d’enseigne destinée à recevoir les réalités les plus floues: N’importe quelle parole, n’importe quel comportement suspect de pactiser avec le «mythe» de la différence des sexes est menacé d’y être expédié. Où commence, où finit le sexisme? La frontière ne peut être tracée. C’est donc une chasse illimitée et sans merci qui s’ouvre. Il n’est pas inutile de rappeler que le mot de sexisme a été forgé sur le modèle du terme racisme. Il n’est donc pas fortuit qu’il en partage les dérives. De la même façon que se trouve assimilé à une attitude raciste tout attachement à la nation, à ses mœurs, à son histoire, à sa singularité et la hantise de la voir se dissoudre ; se trouve rangé sous le vocable de sexisme, toute attitude qui témoigne de l’attachement à une certaine idée du masculin, du féminin et du jeu qui se noue entre eux, et l’obstination à les perpétuer. La ministre se réjouissait sur France Inter de ce que ce vocable de sexisme, longtemps confiné dans les cercles militants, se soit diffusé dans l’ensemble de la société. La présidence Hollande, avec Najat Vallaud-Belkacem qui occupa ce ministère de 2012 à 2014, chaperonnée par l’inénarrable Caroline de Haas, y aura amplement contribué. Souvenons-nous des séminaires de sensibilisation aux préjugés sexistes imposés en 2012 à l’ensemble de son gouvernement par le Premier ministre d’alors, Jean-Marc Ayrault, et ce à l’initiative de la future ministre de l’Education nationale. Ces stages visaient à immuniser nos ministres contre toute parole qui ferait référence à une quelconque différence des sexes. La fondatrice d’ «Osez le féminisme» leur projetait des images de babygros, afin de démontrer qu’à peine né, chacun des sexes se trouvait assigné à un rôle, fatalement dévalorisant pour le sexe féminin (gourmande, jolie), flatteur pour le sexe masculin (vaillant, robuste). Et voilà comment le destin des hommes et des femmes serait à jamais scellés! Les ministres ressortaient édifiés, incapables d’objecter quoi que ce soit à ces démonstrations purement idéologiques. [«les stéréotypes, les représentations, les comportements nichés dans l’inconscient collectif» dont parle justement Madame Rossignol] ne désignent rien de moins que l’imaginaire collectif, les significations que nous avons attachées au masculin, au féminin, au relation et au jeu qui se nouent entre eux et qui cimentent la communauté nationale. Nous avons perdu le sens de la gratitude pour nos mœurs, on nous a tympanisé les oreilles avec l’idée que la différence des sexes n’avait été pensée, conçue qu’en termes de domination. Le paradigme des rapports de force hérité de Michel Foucault s’est imposé comme grille de lecture exclusive, nous rendant inaccessibles au moindre sentiment de dette. Dans l’esprit de ce féminisme converti à la radicalité anglo-saxonne et acquis aux thèses du Genre, le premier des préjugés est de croire en la différence des sexes. Ces néo-féministes aspirent à vivre dans un monde où il n’y aurait plus ni homme ni femme, seulement des individus neutres, délestés de toute enveloppe charnelle.(…) l’islamisme et le néo-féminisme inspiré du féminisme américain se rejoignent dans une même hantise du désir que l’homme et la femme s’inspirent respectivement. La croisade des féministes est tournée contre l’hétérosexualité. La rédemption, à leurs yeux, est dans l’homosexualité: le désir du même pour le même mettrait à l’abri du rapport de domination qui sature la relation homme/femme.(…) Ce décalage s’explique par le deux-poids deux-mesures de l’islamo-gauchisme. Les néo-féministes en offrirent un funeste exemple lors des agressions sexuelles de Cologne la nuit de la saint-Sylvestre. Les agresseurs étaient musulmans. Entre deux maux – la violence faite aux femmes et la crainte de se rendre suspect d’islamophobie, de faire le jeu du Front national – les égéries du néo-féminisme n’hésitent pas un instant. Elles sacrifient les femmes. La barbarie peut croître, leur conscience est sauve: elles restent du côté de ceux qu’elles ont définitivement rangés dans le camp des opprimés, des reprouvés, des damnés de la terre. Ces égéries comptent des hommes, notamment Eric Fassin qui, à la faveur de cet événement, a déployé une rhétorique destinée à déresponsabiliser les coupables, tout à fait ignominieue. L’idéologie triomphe de toute exigence de vérité et de tout principe de réalité. On songe à la phrase de Tartuffe au sujet d’Orgon: «Je l’ai mis au point de tout voir sans rien croire». Cela vaut pour le féminisme contemporain.

    http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/09/09/31001-20160909ARTFIG00147-la-veritable-domination-masculine-se-trouve-dans-les-territoires-perdus-de-la-republique.php

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