Droits de l’homme: Attention, une religion peut en cacher une autre ! (When Western secularism devours its own children)

VraiGénieles-droits-de-lhomme-contre-le-peuple-198x300Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
L’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la « différence », alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la « concurrence », la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence. Sans doute le terrorisme est-il lié à un monde « différent » du nôtre, mais ce qui suscite le terrorisme n’est pas dans cette « différence » qui l’éloigne le plus de nous et nous le rend inconcevable. Il est au contraire dans un désir exacerbé de convergence et de ressemblance. (…) Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. (…) Ce sentiment n’est pas vrai des masses, mais des dirigeants. Sur le plan de la fortune personnelle, on sait qu’un homme comme Ben Laden n’a rien à envier à personne. Et combien de chefs de parti ou de faction sont dans cette situation intermédiaire, identique à la sienne. Regardez un Mirabeau au début de la Révolution française : il a un pied dans un camp et un pied dans l’autre, et il n’en vit que de manière plus aiguë son ressentiment. Aux Etats-Unis, des immigrés s’intègrent avec facilité, alors que d’autres, même si leur réussite est éclatante, vivent aussi dans un déchirement et un ressentiment permanents. Parce qu’ils sont ramenés à leur enfance, à des frustrations et des humiliations héritées du passé. Cette dimension est essentielle, en particulier chez des musulmans qui ont des traditions de fierté et un style de rapports individuels encore proche de la féodalité. (…) Cette concurrence mimétique, quand elle est malheureuse, ressort toujours, à un moment donné, sous une forme violente. A cet égard, c’est l’islam qui fournit aujourd’hui le ciment qu’on trouvait autrefois dans le marxisme. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
On peut parler aujourd’hui d’invasion arabe. C’est un fait social. Combien d’invasions l’Europe a connu tout au long de son histoire ! Elle a toujours su se surmonter elle-même, aller de l’avant pour se trouver ensuite comme agrandie par l’échange entre les cultures. Pape François
Que t’est-il arrivé, Europe humaniste, paladin des droits de l’homme, de la démocratie et de la liberté ? Que t’est-il arrivé, Europe terre de poètes, de philosophes, d’artistes, de musiciens, d’hommes de lettres ? Que t’est-il arrivé, Europe mère de peuples et de nations, mère de grands hommes et de grandes femmes qui ont su défendre et donner leur vie pour la dignité de leurs frères ? (… ) Une Europe fatiguée et vieillie, stérile et sans vitalité, où les grands idéaux qui ont inspiré l’Europe semblent avoir perdu leur force attractive ; une Europe en déclin qui semble avoir perdu sa capacité génératrice et créative. Une Europe qui est en train de ‘se retrancher’ au lieu de privilégier des actions qui promeuvent de nouveaux dynamismes dans la société ; des dynamismes capables d’impliquer et de mettre en mouvement tous les acteurs sociaux (groupes et personnes) dans la recherche de solutions nouvelles aux problèmes actuels. Pape François
Le révisionnisme historique va faire son entrée dans l’un des plus prestigieux festivals de cinéma au monde. Le film « Munich: A Palestinian Story » du réalisateur Nasri Hadjadj, libanais d’origine arabe palestinienne, va être projeté lors du prochain Festival de Cannes. Il ne fait toutefois pas partie du programme officiel du festival mais sera projeté en marge, dans le cadre d’un Festival du Film arabe , sous les couleurs de la « Palestine ». Le réalisateur affirme vouloir « montrer cet attentat selon la version palestinienne »!! A titre d’exemple, le film décrit les terroristes comme des « combattants de la liberté » et explique que « tout s’est terminé lorsque les forces de sécurité allemandes ont donné l’assaut, tuant cinq Palestiniens et onze sportifs israéliens ». Nasri Hadjadj explique « vouloir montrer pourquoi un tel attentat s’est produit » (avec les réponses que l’on peut imaginer), et décrit son film comme « la première réalisation documentaire palestinienne sur ces événements, qui jettera de la lumière sur beaucoup de zones d’ombres… LPHinfo
Il est impossible de ne pas être sensible à l’histoire de Khan, qu’on partage ou non ses idées: fils d’un conducteur de bus pakistanais, il a grandi dans une council house (un HLM) et fait son chemin dans l’école d’Etat, gratuite, jusqu’à devenir avocat spécialiste des droits de l’homme. Sa «success story» est exemplaire. Ensuite, la campagne de Khan a elle-même énormément mis l’accent non seulement sur son origine sociale, mais aussi religieuse. Ses prospectus ont parfaitement joué sur ce registre, et ont fait pleurer dans les chaumières comme il se doit. Et je dis cela sans condescendance: je suis la première, à la vue de ces prospectus, à avoir admiré le parcours et l’homme, et senti la force de la méritocratie à l’œuvre… On voit ici la puissance du storytelling moderne. En face de Khan, vous trouviez un conservateur, fils de milliardaire – les commentateurs sceptiques ne manquent pas de le rappeler dès qu’ils le peuvent -, formé à Eton, l’école privée la plus emblématique, arborant toujours le même costume bleu distingué, sa «classe» se lisant sur son visage et dans le moindre de ses gestes. Deux images du Royaume-Unis se sont opposées dans cette bataille, jusqu’à la caricature. (…) dans le même temps, l’ «identitarisation» relative de cette élection a excédé beaucoup d’électeurs. De fait, le soupçon est toujours présent que la gauche joue trop sur les identités, et cela peut avoir des effets négatifs. Par exemple, une petite minorité, au sein du Labour, montre une certaine tolérance à l’égard de l’antisémitisme. Les récentes déclarations de Ken Livingstone, l’ancien maire de la ville, qui a fait de Hitler un sioniste, l’ont bien montré. Même si Khan a aussitôt condamné Livingstone, l’épisode a été dévastateur pour le Labour et a quelque peu nui à la campagne de Khan, d’autant qu’il y a dix ans, Khan et Livingstone avaient des opinions bien plus proches, notamment sur Israël. La politique identitaire est toujours à double tranchant. Les activités professionnelles de Khan – il était avocat spécialiste des droits de l’homme – l’ont, dit-il, mené à côtoyé des représentants de l’islam radical, voire à dialoguer avec eux lors de débats. Mais comment distinguer ses obligations professionnelles d’une possible tolérance indue? (…)  En 2004, il a par exemple participé, en tant que candidat à la députation pour le Labour, à une conférence avec cinq extrémistes islamistes, organisée par Friends of Al-Aqsa, un groupe pro-palestinien qui a publié des travaux du révisionniste (selon les termes du Guardian) Paul Eisen. A cet événement, les femmes devaient emprunter une entrée distincte des hommes! La même année, président des affaires juridiques du Muslim Council of Britain, il a participé à la défense de l’intellectuel musulman Dr Yusuf Al-Qaradawi et nié le fait que celui-ci soit un extrémiste. Il est pourtant l’auteur d’un livre, The Lawful and Prohibited in Islam, où il justifie la violence domestique à l’égard des femmes et soutient les opérations martyres contre les Israéliens. Cependant, pendant la campagne électorale, Khan n’a cessé de condamner l’extrémisme, et demandé la suspension de Livingstone après ses remarques antisémites. Il est aussi haï par certains radicaux car il soutient le mariage gay. Ce changement d’attitude est-il pure tactique ou est-il sincère? Inversement, sa supposée proximité ancienne avec certains radicaux était-elle sincère, où là encore tactique? Dans tous les cas, je ne crois pas que Khan cautionne l’extrémisme. En revanche, il représente une voix assez commune à gauche – surtout dans ce que j’appelle «la gauche du ressentiment» représentée par Corbyn, que Khan a d’ailleurs soutenu en septembre dernier pour son élection à la tête du Labour: celle qui consiste à expliquer les attitudes des extrémistes et des terroristes par la seule et unique faute de l’Occident. Ainsi en 2006, élu député, Khan était l’un des signataires d’une lettre au Guardian qui attribuait la responsabilité des attentats terroristes – comme celui du 7 juillet 2005 à Londres – à la politique étrangère britannique, notamment son soutient à Israël. Cette position et l’ambiguïté passée de Khan ont forcément créé un soupçon en sa défaveur. (…) En Grande-Bretagne, en apparence, tout se passe bien. Les musulmans modérés sont tout à fait intégrés. Ce qui est assez problématique – comme dans d’autres villes européennes -, c’est l’existence de quartiers entiers où le séparatisme identitaire est visible. C’est le cas dans l’Est de London, notamment dans le borough de Tower Hamlets. 30% de la population y est musulmane, concentrée dans des council houses. En 2014, l’ancien maire, Lutfur Rahman, a été limogé après des soupçons de fraude et de favoritisme communautaire. A Tower Hamlets, beaucoup de femmes sont voilées de pied en cap, suivies de près par leurs maris. La difficulté qui en découle est à la fois anecdotique et majeure: vous ne pourriez pas, si vous en aviez envie, engager la conversation avec elles, car ce voile crée une barrière. Situation rare en France, elle est très fréquente ici. Et pourtant ce quartier abrite l’une des meilleures universités de Londres, Queen Mary University, qui brasse des étudiants du monde entier. Les populations se côtoient donc sans se parler, sans se connaître. Difficile d’y voir un multiculturalisme heureux – ni malheureux d’ailleurs: c’est bien plutôt un multiculturalisme de l’indifférence. Le multiculturalisme commence cependant à perdre de son lustre. Deux séries d’affaires retentissantes, depuis 2014, ont bouleversé le pays: d’abord celle du «Trojan Horse» en 2014 et 2015, où furent découvertes des tentatives concertées de mettre en œuvre, dans plusieurs écoles de Birmingham, une philosophie et des pratiques islamistes ou salafistes. Pire, on a mis a jour dans les dernières années de nombreux cas d’abus sexuels sur mineurs, perpétrés par des «gangs» dont les membres étaient d’origine musulmane. Ce fut le cas à Rotherham entre 1997 and 2013, où 1400 jeunes filles ont été violées. Cinq hommes d’origine Pakistanaise ont été condamnés. On a découvert des horreurs similaires à Rochdale, Derby et Telford. Le cas le plus récent est celui d’Oxford, où un groupe de sept hommes, entre 2006 et 2012, a exploité sexuellement 300 mineures, avec une violence parfois épouvantable. La multiplicité des cas est frappante. Surtout, tous les membres des gangs étaient à chaque fois d’origine musulmane, et les jeunes filles – âgées parfois de 12 ans – blanches. C’est pourquoi depuis 2014, date où les premiers rapports officiels ont été publiés, on s’interroge sur une éventuelle motivation ethnique des agresseurs. Par ailleurs, dans de nombreux cas, on a constaté que la police et les conseils locaux avaient tardé à prendre au sérieux les plaintes des victimes, quand ils ne leur riaient pas tout simplement au nez. Aujourd’hui, les autorités émettent sérieusement l’hypothèse que cette timidité et ce déni pourraient provenir de la crainte de la police et des conseils locaux de se voir, à l’époque, accusés de racisme. Ces épisodes sont absolument dramatiques, et en même temps, ils sont peut-être le début d’une prise de conscience salutaire que la tolérance multiculturelle s’est muée, dans certains cas, en aveuglement. Laetitia Strauch-Bonart
Le programme de la haine de soi et de son pays est aujourd’hui devenu la pensée officielle, imposée par le politiquement correct de la religion des droits de l’homme. Les droits de l’homme, inventés par l’Occident pour protéger ses citoyens contre les risques d’arbitraire du pouvoir, sont devenus depuis un demi-siècle une religion séculière suicidaire pour les Occidentaux. Jean-Louis Harouel
Qu’elles veuillent l’admettre ou non, les sociétés occidentales sont chrétiennes. La laïcité est une invention spécifiquement chrétienne. Le christianisme a inventé la distinction du sacré et du profane, du religieux et du politique, du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. Cette distinction est la marque spécifique et le fondement même de la civilisation chrétienne. C’est ce qui rend celle-ci profondément différente des autres civilisations, à commencer par celle qui se pose actuellement comme sa grande rivale : la civilisation islamique. (…) La disjonction chrétienne du politique et du religieux constitue la source du succès de l’Occident. C’est d’elle qu’est née la liberté de l’individu, laquelle est à l’origine non seulement des libertés publiques européennes mais encore de la dynamique occidentale. C’est en effet à la désintrication du spirituel et du temporel, à la dissociation du sacré et du profane, qu’il faut rapporter l’invention par l’Europe occidentale – et non par d’autres grandes civilisations – du progrès technique et du développement économique, dont bénéficie aujourd’hui une grande partie de l’humanité. L’avènement de la science et de la technique moderne est certes un miracle européen, mais plus profondément encore un miracle chrétien. (…) Sans le christianisme, nous piocherions tous la terre comme dans les civilisations anciennes. Celui qui est aujourd’hui ingénieur, cadre commercial, haut fonctionnaire ou général, n’a pas conscience que, sans le progrès technique et le développement économique permis par lui, il serait presque fatalement un paysan vivant durement et pauvrement. (…) Bien que le thème soit relativement peu présent dans la pensée actuelle, le lien entre le christianisme et l’invention du développement économique se rencontre chez plusieurs auteurs importants. Dès les années 1930-1940, le grand historien anglais Christopher Dawson insistait sur l’« importance primordiale [du] facteur religieux » comme explication de la suprématie matérielle des nations occidentales sur le reste du monde. Le fait « qu’un petit groupe de peuples de l’Europe occidentale ait pu acquérir dans un laps de temps relativement court le pouvoir de transformer le monde et de s’émanciper de la dépendance millénaire qui maintenait l’homme soumis aux forces naturelles » ne résultait pas « d’un héritage propre  à un type biologique particulier ». Dawson était parvenu à la conclusion que c’était la religion chrétienne qui constituait la cause de « l’évolution particulière de l’homme d’Occident». Jean-Louis Harouel
Le fait que ce soit la civilisation chrétienne occidentale et non la civilisation musulmane qui ait inventé le progrès technique et le développement économique est d’autant plus étonnant que la première souffrait au départ d’un très lourd handicap par rapport à la seconde, laquelle partait avec une colossale avance. En effet, elle a directement bénéficié d’un prodigieux capital intellectuel, auquel la chrétienté occidentale n’a eu accès que bien plus difficilement et beaucoup plus tard. Car l’islam s’est emparé de la partie restée riche et hautement civilisée du monde antique, tandis que sa partie occidentale européenne avait été appauvrie et désorganisée par les crises politiques et économiques ainsi que par deux siècles de conquête par les barbares. Le christianisme s’est trouvé pour une bonne part cantonné dans la partie barbarisée et déculturée du monde romain. Il se trouvait dans une situation peu enviable au regard de celle de l’islam, qui avait raflé en quelques années toute une série de provinces romaines en bon état de marche, avec leurs élites du savoir et leur vie intellectuelle intactes. Le pouvoir impérial arabe s’est substitué au pouvoir de l’empereur romain d’Orient dans des territoires restés riches et intellectuellement actifs. (…) Mais l’islam ne va pas aller au-delà. Le savoir antique tant européen qu’asiatique fut pour lui un point de départ et un point d’arrivée, dans une version médiévale qui l’enrichit quelque peu. Des « progrès significatifs » furent obtenus dans des domaines « qui n’exigeaient aucune base théorique », tels que « certains aspects de l’astronomie et de la médecine ». Du moins dans un premier temps, car graduellement « même cette forme de progrès cessa ».  (…) Le spectaculaire décollage de l’Occident eut pour conséquence le déclassement de la civilisation musulmane – tout comme d’ailleurs celui des autres grandes civilisations telles que la Chine et l’Inde. Contrairement à l’idée communément admise, il ne semble pas y avoir eu de crise du monde islamique. Il s’est seulement trouvé dépassé par une civilisation chrétienne occidentale qui a connu un progrès fulgurant. Au sein du monde musulman, on a mis beaucoup de temps à en prendre conscience et à l’admettre. Selon Bernard Lewis, il faut attendre pour cela le voyage effectué en Prusse en 1790 par l’ambassadeur ottoman Azmi Effendi : « Le premier, il écrit que la faiblesse de son pays n’est pas due à une décadence morale et religieuse comme le prétendent les mémorialistes ottomans, mais à la force acquise par les Européens. » Il n’y a pas eu de crise du monde musulman, mais une stagnation, une immobilité, conforme à son génie. Cette fixité est à mettre en rapport, souligne Jacques Ellul, avec le fait que « la doctrine tout entière de l’Islam (y compris sa pensée religieuse) a pris un aspect juridique ». Or, « le juridique a une orientation très nette : fixer ». L’immobilité du monde musulman évoque la stabilité millénaire de la civilisation égyptienne, qui fascinait tant Platon. L’islam a manifesté une exceptionnelle aptitude à se mobiliser pour conquérir, et pour conserver ses conquêtes. L’islam est une civilisation conquérante, guerrière, normative. Par la conquête, l’islam a raflé un prodigieux patrimoine matériel et intellectuel. Il en a joui – ce fut la fameuse civilisation islamique classique –, mais il ne l’a guère développé. Il n’y a pas eu de déclin islamique, mais un déclassement islamique. Alors qu’une civilisation progresse spectaculairement comme l’a fait la civilisation chrétienne occidentale, quand les autres civilisations restent immobiles, c’est comme si elles reculaient. Jean-Louis Harouel
 Si on vise ainsi des héritages du christianisme alors même que l’islamisme vient encore de tuer en France, c’est tout simplement parce que le christianisme ne fait absolument pas peur et que l’islam fait très peur. Si on voulait vraiment protéger efficacement la laïcité – ou plus précisément la sécularisation de la société –, on s’en prendrait au foulard islamique (hidjab) qui inonde l’espace public et apporte ainsi une immense visibilité à l’islam. (…) Or, maintenant qu’il est très implanté en Europe et un peu aux États-Unis, l’islam prétend imposer aux Occidentaux cette interdiction de la liberté de pensée et d’expression. (…) l’islam prétend intimider les pouvoirs publics et les médias occidentaux. Il les contraint à une forte auto-censure afin de ne pas offusquer les musulmans. C’est ainsi que la municipalité d’Oxford a abandonné l’usage du mot « Noël » dans les documents émanant d’elle. Ce faisant, les Occidentaux se comportent en dhimmi, en inférieurs qui s’inclinent devant l’islam. Il est décidément moins dangereux de s’en prendre aux vestiges pittoresques et inoffensifs de notre civilisation chrétienne. (…) C’est une stratégie catastrophique. C’est une erreur de considérer l’islam seulement comme une religion. C’est une erreur de définir sa place dans les sociétés occidentales du point de vue de la seule liberté religieuse. À la fois religion et régime politique, l’islam forme un ensemble de règles prétendument divines dont beaucoup sont de nature juridique. Contenu dans la charia, ce code de droit institue l’infériorité juridique des femmes ainsi que celle des non-musulmans, et il cautionne l’esclavage. Si bien que, sur les marchés d’esclaves du califat auto-proclamé d’Irak et de Syrie, on peut acheter une esclave chrétienne pour quelques dizaines d’euros, en toute conformité à la loi divine. Système total, l’islam rejette l’idée de la disjonction du politique et du religieux, principe d’origine chrétienne né du fameux : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Fondatrice de ce qui est appelé en France la laïcité, cette disjonction a été la source d’où a pu naître la liberté de l’individu, avec toutes ses conséquences positives : esprit critique et liberté de l’esprit, tolérance, progrès intellectuel et pensée scientifique, progrès technique et enrichissement de la société. Tout cela est issu de la dualité chrétienne entre les pouvoirs temporel et spirituel. Au contraire, pour l’islam, le sacré englobe le profane. La légitimité de l’État résulte exclusivement de son action au service de l’islam. Et dans les pays musulmans où a été instaurée une sécularisation de l’État – Turquie, Indonésie –, elle est aujourd’hui menacée par une forte réislamisation des esprits. Les religions ont des effets très différents sur la sécularité de la société. Celle-ci n’est nullement menacée par les clochers et les croix des cimetières, les pardons bretons et les bénédictions de navires, les saintes vierges et les calvaires des villages, ni par les jours fériés correspondant à des fêtes chrétiennes. D’ailleurs, la disjonction du politique et du religieux étant une invention chrétienne, la croix pourrait légitimement être revendiquée comme un emblème de la laïcité, et plus généralement de la sécularité des sociétés occidentales. (…) La prodigieuse réussite scientifique, technique, économique et sociale de l’Europe n’aurait pas pu avoir lieu si elle n’avait pas chassé de son sol les dominations musulmanes qui s’y étaient établies par la conquête (Sicile, Italie du Sud, Espagne, France méridionale, Balkans) et repoussé les grandes offensives militaires musulmanes, en dernier lieu devant Vienne voici trois siècles. C’est parce que l’Europe a su rester chrétienne qu’elle a construit des sociétés laïques, libres, tolérantes, économiquement développées, à haut niveau de vie moyen et socialement généreuses. Ces sociétés sont le produit historique de la civilisation chrétienne européenne. Jean-Louis Harouel
Angela Merkel est atteinte, à son tour du syndrome de la Castafiore : « Ah ! Je ris de me voir si belle en ce miroir ! ». Chaleureusement félicitée, l’autre jour, par Barack Obama pour sa politique migratoire, voilà la chancelière allemande qui s’enhardit dans ses prêches moraux contre les populistes. Mardi, au lycée français de Berlin, elle a répondu ceci, à une question d’un élève qui l’interrogeait sur la montée du FN : « Je vais essayer de contribuer à ce qu’évidemment d’autres forces soient plus fortes que le Front national, pour autant qu’on puisse le faire de l’étranger ». Sur la montée de l’afD dans son propre pays, elle a dit : « Nous avons assez de bons arguments pour nous confronter » à eux « sans avoir l’écume à la bouche ». La Belle contre la Bête. Le problème est que Merkel, persuadée de représenter le Bien au point de s’ingérer dans la politique intérieure française, ne voit pas qu’elle est elle-même à la source, avec d’autres « humanistes » fascinés par l’Autre, de ce qu’elle dénonce. Le populisme n’est, en effet, que la réponse des peuples abandonnés par leurs élites aveuglées. (…) En disant non au FN mais oui aux Turcs, la chancelière a ainsi contribué à affermir le pouvoir, autoritaire et dominateur, du sultan Erdogan, qui en est à dicter ses conditions à l’Union européenne, déracinée et soumise. Ce mercredi, la commission européenne a proposé d’entériner une exemption de visas pour les citoyens turcs, sous certaines conditions, en échange d’une rétention des réfugiés sur le sol turc. La Turquie étant devenue la plateforme migratoire du monde musulman depuis qu’elle a elle-même supprimé les visas avec l’Egypte, les pays du Maghreb, la Syrie ou l’Irak, la suite de cet accord est imprévisible. Reste que l’inversion des forces est telle, depuis l’ouverture irréfléchie de Merkel aux migrants, que ce n’est plus la Turquie qui demande son intégration dans l’Europe, mais l’Europe qui quémande la protection d’Ankara. Ivan Rioufol

Attention: une religion peut en cacher une autre !

A l’heure où entre journées du hijab dans nos grandes écoles, interdiction des crèches dans nos mairies et apologie du terrorisme sur tapis rouge à Cannes, nos élites redoublent d’efforts pour délégitimer nos traditions judéochrétiennes et « accomoder » nos sociétés aux usages musulmans …

Et où après celle du premier président américain d’origine afro-musulman de l’histoire, c’est devant l’élection du premier maire musulman d’une grande capitale occidentale que les mêmes nous somment à présent de nous émerveiller …

Pendant qu’entre l’abandon de l’Irak aux mains des djihadistes et l’appel à l’accueil illimité de leurs victimes, des responsables politiques ou religieux qui ont tant fait pour déstabiliser l’Europe se permettent à présent de dénoncer les réactions des populations autochtones qu’ils ont eux-mêmes provoquées

Et qu’après la géographie, c’est à l’histoire d’une des plus anciennes civilisations et seule véritable démocratie du Moyen-Orient que l’on s’en prend désormais sur fond d’épuration religieuse généralisée

Comment ne pas voir avec le l’éditorialiste Ivan Rioufol et l’universitaire Jean-Louis Harouel…
Que les droits de l’homme « inventés par l’Occident pour protéger ses citoyens contre les risques d’arbitraire du pouvoir sont devenus », face à un islam en plein essor à nouveau, une véritable « religion séculière suicidaire » ?
Angela Merkel est atteinte, à son tour du syndrome de la Castafiore : « Ah ! Je ris de me voir si belle en ce miroir ! ». Chaleureusement félicitée, l’autre jour, par Barack Obama pour sa politique migratoire, voilà la chancelière allemande qui s’enhardit dans ses prêches moraux contre les populistes. Mardi, au lycée français de Berlin, elle a répondu ceci, à une question d’un élève qui l’interrogeait sur la montée du FN : « Je vais essayer de contribuer à ce qu’évidemment d’autres forces soient plus fortes que le Front national, pour autant qu’on puisse le faire de l’étranger ». Sur la montée de l’afD dans son propre pays, elle a dit : « Nous avons assez de bons arguments pour nous confronter » à eux « sans avoir l’écume à la bouche ». La Belle contre la Bête. Le problème est que Merkel, persuadée de représenter le Bien au point de s’ingérer dans la politique intérieure française, ne voit pas qu’elle est elle-même à la source, avec d’autres « humanistes » fascinés par l’Autre, de ce qu’elle dénonce. Le populisme n’est, en effet, que la réponse des peuples abandonnés par leurs élites aveuglées. Comme le démontre efficacement l’universitaire Jean-Louis Harouel (1) : « Le programme de la haine de soi et de son pays est aujourd’hui devenu la pensée officielle, imposée par le politiquement correct de la religion des droits de l’homme.« . Or Harouel l’assure, avec raison : « Les droits de l’homme, inventés par l’Occident pour protéger ses citoyens contre les risques d’arbitraire du pouvoir, sont devenus depuis un demi-siècle une religion séculière suicidaire pour les Occidentaux ».
Merkel est un des gourous de cette secte devenue dangereuse. En disant non au FN mais oui aux Turcs, la chancelière a ainsi contribué à affermir le pouvoir, autoritaire et dominateur, du sultan Erdogan, qui en est à dicter ses conditions à l’Union européenne, déracinée et soumise. Ce mercredi, la commission européenne a proposé d’entériner une exemption de visas pour les citoyens turcs, sous certaines conditions, en échange d’une rétention des réfugiés sur le sol turc. La Turquie étant devenue la plateforme migratoire du monde musulman depuis qu’elle a elle-même supprimé les visas avec l’Egypte, les pays du Maghreb, la Syrie ou l’Irak, la suite de cet accord est imprévisible. Reste que l’inversion des forces est telle, depuis l’ouverture irréfléchie de Merkel aux migrants, que ce n’est plus la Turquie qui demande son intégration dans l’Europe, mais l’Europe qui quémande la protection d’Ankara. Merci Merkel ?
(1)  Les droits de l’homme contre le peuple ; Desclée de Brouwer, à paraître le 19 mai

Pourquoi la société française ferait mieux d’assumer son héritage chrétien plutôt que de vouloir combattre l’islam radical par le laïcisme

L’Association des maires de France a récemment publié un manifeste pour la laïcité, dans lequel la religion chrétienne est attaquée. La tendance au durcissement de la laïcité consiste donc à s’en prendre aux plus discrets et pourtant aux fondements de nos racines.

Jean-Louis Harouel

Pater Noster

Atlantico
22 Novembre 2015

Atlantico : Pourquoi viser ainsi des héritages du christianisme alors que c’est avec une partie de l’islam que la laïcité semble rencontrer actuellement une remise en question ?

Jean-Louis Harouel : Si on vise ainsi des héritages du christianisme alors même que l’islamisme vient encore de tuer en France, c’est tout simplement parce que le christianisme ne fait absolument pas peur et que l’islam fait très peur. Si on voulait vraiment protéger efficacement la laïcité – ou plus précisément la sécularisation de la société –, on s’en prendrait au foulard islamique (hidjab) qui inonde l’espace publique et apporte ainsi une immense visibilité à l’islam.

L’islam fait peur, et c’est en premier chef aux musulmans qu’il fait peur. Sauf rarissimes exceptions, des intellectuels d’origine musulmane n’ont pas osé se dresser ouvertement contre l’islam. C’est trop dangereux. Le Coran (XVI, 108) et plusieurs hadiths frappent les coupables d’apostasie de sanctions pouvant aller jusqu’à la mort. Or le musulman qui refuse de s’acquitter de l’obligation légale de la prière est réputé apostat et donc passible de la mort. On ne peut, sans risquer sa vie, rejeter l’islam et encore moins l’insulter, comme l’ont fait tant d’Européens avec les dogmes et les rites chrétiens. Une mécanique répressive de nature terroriste protège l’islam contre la liberté de l’esprit.

Même chez les musulmans les plus libéraux, la liberté de penser et de communiquer sa pensée  pose problème. La Déclaration sur les droits de l’homme en islam n’autorise en effet la liberté d’expression qu’à condition de ne rien exprimer qui soit « en contradiction avec les impératifs de la Charia ».

Or, maintenant qu’il est très implanté en Europe et un peu aux États-Unis, l’islam prétend imposer aux Occidentaux cette interdiction de la liberté de pensée et d’expression. Car la loi divine – la charia – ordonne aux non-musulmans de parler de l’islam avec respect. Lourde de menaces, cette injonction s’adressait jadis aux dhimmi, aux chrétiens et aux juifs tolérés dans le monde islamique sur le mode de l’infériorité juridique et de l’humiliation. Aujourd’hui, l’islam prétend intimider les pouvoirs publics et les médias occidentaux. Il les contraint à une forte auto-censure afin de ne pas offusquer les musulmans. C’est ainsi que la municipalité d’Oxford a abandonné l’usage du mot « Noël » dans les documents émanant d’elle. Ce faisant, les Occidentaux se comportent en dhimmi, en inférieurs qui s’inclinent devant l’islam.

 Il est décidément moins dangereux de s’en prendre aux vestiges pittoresques et inoffensifs de notre civilisation chrétienne.

Est-ce une bonne stratégie de réduire l’influence de la tradition chrétienne sur la société pour faire rentrer l’islam dans la laïcité ?

C’est une stratégie catastrophique. C’est une erreur de considérer l’islam seulement comme une religion. C’est une erreur de définir sa place dans les sociétés occidentales du point de vue de la seule liberté religieuse. À la fois religion et régime politique, l’islam forme un ensemble de règles prétendument divines dont beaucoup sont de nature juridique. Contenu dans la charia, ce code de droit institue l’infériorité juridique des femmes ainsi que celle des non-musulmans, et il cautionne l’esclavage. Si bien que, sur les marchés d’esclaves du califat auto-proclamé d’Irak et de Syrie, on peut acheter une esclave chrétienne pour quelques dizaines d’euros, en toute conformité à la loi divine.

Système total, l’islam rejette l’idée de la disjonction du politique et du religieux, principe d’origine chrétienne né du fameux : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu ». Fondatrice de ce qui est appelé en France la laïcité, cette disjonction a été la source d’où a pu naître la liberté de l’individu, avec toutes ses conséquences positives : esprit critique et liberté de l’esprit, tolérance, progrès intellectuel et pensée scientifique, progrès technique et enrichissement de la société. Tout cela est issu de la dualité chrétienne entre les pouvoirs temporel et spirituel.

Au contraire, pour l’islam, le sacré englobe le profane. La légitimité de l’État résulte exclusivement de son action au service de l’islam. Et dans les pays musulmans où a été instaurée une sécularisation de l’État – Turquie, Indonésie –, elle est aujourd’hui menacée par une forte réislamisation des esprits.

Les religions ont des effets très différents sur la sécularité de la société. Celle-ci n’est nullement menacée par les clochers et les croix des cimetières, les pardons bretons et les bénédictions de navires, les saintes vierges et les calvaires des villages, ni par les jours fériés correspondant à des fêtes chrétiennes. D’ailleurs, la disjonction du politique et du religieux étant une invention chrétienne, la croix pourrait légitimement être revendiquée comme un emblème de la laïcité, et plus généralement de la sécularité des sociétés occidentales.

On ne peut que souhaiter le maintien de la prédominance en Europe des signes religieux chrétiens. Ce sera l’indice que la sécularisation de la société engendrée par le christianisme y résiste encore.

En revanche, tout est à craindre d’un islam rendu redoutable à l’Europe par son poids démographique. La multiplication des signes islamiques dans l’espace public et la satisfaction des revendications vestimentaires, alimentaires et autres des musulmans sont lourdes de menaces pour la laïcité de l’État et la préservation de sociétés sécularisées.

Qu’avons-nous à perdre à gommer toutes les spécificités culturelles de notre société liées au christianisme ? Dans quelle mesure l’imprègnent-elles ?

Nous avons tout à perdre à gommer ces spécificités, d’autant que le vide qui en résulterait serait immédiatement investi par l’islam. Nier ces spécificités reviendrait à nier ce que nous sommes.  Dans la très longue durée, ce qui caractérise fondamentalement l’Europe, c’est son refus de l’islam pour rester un continent chrétien. Si l’Europe était devenue musulmane, le cours de l’histoire en eût été totalement changé. Le monde serait resté sous-développé, le progrès scientifique et technique ne serait jamais intervenu, il n’y aurait pas eu de développement économique ni intellectuel de l’humanité. Il n’y aurait pas eu de liberté individuelle, de liberté de l’esprit. Car tout cela a résulté de la dualité chrétienne entre les pouvoirs temporel et spirituel, et c’est en Europe occidentale que cette dualité s’est le plus pleinement accomplie. Si l’Europe était devenue musulmane, il n’y aurait certainement jamais eu de Révolution industrielle et d’invention du développement.

La prodigieuse réussite scientifique, technique, économique et sociale de l’Europe n’aurait pas pu avoir lieu si elle n’avait pas chassé de son sol les dominations musulmanes qui s’y étaient établies par la conquête (Sicile, Italie du Sud, Espagne, France méridionale, Balkans) et repoussé les grandes offensives militaires musulmanes, en dernier lieu devant Vienne voici trois siècles. C’est parce que l’Europe a su rester chrétienne qu’elle a construit des sociétés laïques, libres, tolérantes, économiquement développées, à haut niveau de vie moyen et socialement généreuses. Ces sociétés sont le produit historique de la civilisation chrétienne européenne.

C’est parce que l’Europe est demeurée chrétienne qu’elle a pu édifier une civilisation intellectuelle et technique apportant une connaissance du réel et une action sur lui qui ont révolutionné la condition humaine. Et non seulement la science née de la civilisation européenne a permis un développement sans équivalent de la puissance et de la richesse matérielles, mais encore elle a su jeter sur sa propre civilisation aussi bien que sur les autres civilisations un regard curieux et objectif qui a permis la construction d’un immense savoir universel. L’Europe a inventé aussi bien l’histoire moderne que l’anthropologie, l’archéologie ou la sociologie. Chose sans précédent, la science européenne a voulu connaître et comprendre les autres civilisations. C’est ainsi que, pour la civilisation née du creuset de l’Europe chrétienne, l’art musulman ou l’art hindou sont un objet d’étude et de dilection, au même titre que son propre patrimoine artistique.

Nous autres, Européens, nous sommes tous – athées, agnostiques, anti-cléricaux et anti-chrétiens compris – le produit historique de près de deux millénaires de chrétienté. Pour ce qui est de l’histoire, de la civilisation, des valeurs, il est bien évident que l’Europe est un héritage chrétien et ne peut le nier à peine de se renier entièrement, de perdre totalement son sens. Si l’Union européenne s’était souciée de la réalité, elle aurait placé, au centre du cercle d’étoiles de son drapeau, une croix pareille à celle du drapeau suisse : une croix qui, pas plus que celle-ci ne serait un signe religieux, mais bien l’emblème de l’histoire et de la civilisation de l’Europe.

Voir aussi:

La laïcité, cette invention spécifiquement chrétienne

Le christianisme a inventé la distinction du sacré et du profane, du religieux et du politique, du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. Cette distinction est le fondement même de la civilisation chrétienne, ce qui la distingue des autres. Extraits de « Le vrai génie du christianisme » (1/2).

Bonnes feuilles
Atlantico
24 Novembre 2012

« Qu’elles veuillent l’admettre ou non, les sociétés occidentales sont chrétiennes. La laïcité est une invention spécifiquement chrétienne. Le christianisme a inventé la distinction du sacré et du profane, du religieux et du politique, du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel. Cette distinction est la marque spécifique et le fondement même de la civilisation chrétienne. C’est ce qui rend celle-ci profondément différente des autres civilisations, à commencer par celle qui se pose actuellement comme sa grande rivale : la civilisation islamique.

La disjonction chrétienne du politique et du religieux constitue la source du succès de l’Occident. C’est d’elle qu’est née la liberté de l’individu, laquelle est à l’origine non seulement des libertés publiques européennes mais encore de la dynamique occidentale. C’est en effet à la désintrication du spirituel et du temporel, à la dissociation du sacré et du profane, qu’il faut rapporter l’invention par l’Europe occidentale – et non par d’autres grandes civilisations – du progrès technique et du développement économique, dont bénéficie aujourd’hui une grande partie de l’humanité. L’avènement de la science et de la technique moderne est certes un miracle européen, mais plus profondément encore un miracle chrétien.

1. L’identité chrétienne des sociétés occidentales

Le thème des racines chrétiennes de l’Europe n’a pas bonne presse dans l’intelligentsia. Leur évocation suscite, comme l’a noté Jean de Boishue, « une levée de boucliers » de la part de ceux « qui tiennent le christianisme pour une espèce de maladie infantile ». Pourtant, la présence du christianisme dans les sociétés européennes est encore plus forte que cela. Ce n’est pas seulement du passé qu’il s’agit, mais bel et bien du présent. Ce n’est pas seulement de nos racines chrétiennes qu’il s’agit, mais – hic et nunc – de la nature chrétienne de nos valeurs, qui relèvent de manière évidente d’un christianisme sécularisé.

Nous verrons à la fin de ce livre que la sécularisation de ces valeurs d’origine évangélique et surtout la volonté de les traduire en règles de droit n’ont pas été sans les dénaturer, produisant ainsi de graves effets pervers funestes pour les nations concernées6. Mais, pour l’heure, il ne s’agit que d’identifier le caractère indubitablement chrétien des pays européens.

 Le christianisme, matrice des valeurs de l’Occident

Il est désormais bien connu que le christianisme a été historiquement la matrice des valeurs de la modernité démocratique : individualisme, égalité, solidarité, valorisation de la femme, droits de l’homme, etc. Ce sont là des valeurs inventées par le christianisme, qui ont été ensuite sécularisées au fur et à mesure que le monde occidental devenait « laïc et désenchanté », si bien que Luc Ferry considère que la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 24 août 1789 « n’est bien souvent pas autre chose que du christianisme laïcisé et rationalisé ». C’est d’ailleurs ce que pensaient déjà à la fin du XIXe siècle les fondateurs de la laïcité française.

 […]

 Le christianisme est à l’origine du développement économique intervenu depuis deux siècles, et donc de l’enrichissement du monde. Certes, rien n’est plus loin des intentions manifestées par le Christ, rien n’est plus éloigné de son refus d’agir sur le monde. Le christianisme est une religion sans projet terrestre, qui n’a en conséquence jamais eu la volonté d’apporter le progrès technique, l’enrichissement de la société, l’élévation des niveaux de vie, le bien-être matériel. Et pourtant, historiquement, il a apporté tout cela.

Sans le christianisme, nous piocherions tous la terre comme dans les civilisations anciennes. Celui qui est aujourd’hui ingénieur, cadre commercial, haut fonctionnaire ou général, n’a pas conscience que, sans le progrès technique et le développement économique permis par lui, il serait presque fatalement un paysan vivant durement et pauvrement. Le grand économiste français Jean Fourastié l’a noté cum grano salis : « Le haut fonctionnaire d’aujourd’hui […], s’il se pense vivant en 1820 […], ne pense pas un seul instant [que], vivant dans une société pauvre, il aurait eu au moins neuf chances sur dix d’être paysan pauvre. » Au lieu de quoi, du fait de l’enrichissement de la société, il est cadre, car « c’est une loi du progrès
technique de multiplier les cadres ».

Le lien historique entre christianisme occidental et développement

Bien que le thème soit relativement peu présent dans la pensée actuelle, le lien entre le christianisme et l’invention du développement économique se rencontre chez plusieurs auteurs importants. Dès les années 1930-1940, le grand historien anglais Christopher Dawson insistait sur l’« importance
primordiale [du] facteur religieux » comme explication de la suprématie matérielle des nations occidentales sur le reste du monde. Le fait « qu’un petit groupe de peuples de l’Europe occidentale ait pu acquérir dans un laps de temps relativement court le pouvoir de transformer le monde et de s’émanciper de la dépendance millénaire qui maintenait l’homme soumis aux forces naturelles » ne résultait pas « d’un héritage propre  à un type biologique particulier ». Dawson était parvenu à la conclusion que c’était la religion chrétienne qui constituait la cause de « l’évolution particulière de l’homme d’Occident».

Voir également:

Le décollage de l’Occident a entraîné le déclassement de la civilisation musulmane
Jean-Louis Harouel explique comment le monde musulman s’est trouvé dépassé par une civilisation chrétienne occidentale qui a connu un progrès fulgurant. Extrait de « Le vrai génie du christianisme » (2/2).
Gagnant-perdant
Jean-Louis Harouel
Atlantico
25 Novembre 2012

Le fait que ce soit la civilisation chrétienne occidentale et non la civilisation musulmane qui ait inventé le progrès technique et le développement économique est d’autant plus étonnant que la première souffrait au départ d’un très lourd handicap par rapport à la seconde, laquelle partait avec une colossale avance. En effet, elle a directement bénéficié d’un prodigieux capital intellectuel, auquel la chrétienté occidentale n’a eu accès que bien plus difficilement et beaucoup plus tard. Car l’islam s’est emparé de la partie restée riche et hautement civilisée du monde antique, tandis que sa partie occidentale européenne avait été appauvrie et désorganisée par les crises politiques et économiques ainsi que par deux siècles de conquête par les barbares. Le christianisme s’est trouvé pour une bonne part cantonné dans la partie barbarisée et déculturée du monde romain. Il se trouvait dans une situation peu enviable au regard de celle de l’islam, qui avait raflé en quelques années toute une série de provinces romaines en bon état de marche, avec leurs élites du savoir et leur vie intellectuelle intactes. Le pouvoir impérial arabe s’est substitué au pouvoir de l’empereur romain d’Orient dans des territoires restés riches et intellectuellement actifs.

Au même moment, le christianisme du Haut Moyen Âge vit sur les ruines du monde antique. La civilisation urbaine a quasiment disparu. L’une des villes mérovingiennes les plus importantes, Reims, n’a que 6.000 habitants. Parallèlement, l’héritage intellectuel antique est quasi perdu. Le christianisme occidental est un monde sinistré, qui repart de très bas, alors que l’islam s’est emparé de la partie du monde gréco-romain restée à un haut niveau de civilisation, avec une civilisation urbaine restée florissante. L’empire islamique va bénéficier de tout cela, l’entretenir, vivre sur ce fabuleux capital intellectuel et scientifique, le compléter et l’enrichir ponctuellement, principalement en complétant la science de la Grèce par celle de la Perse et celle de l’Inde (les fameux chiffres « arabes », etc.).

[…]

Mais l’islam ne va pas aller au-delà. Le savoir antique tant européen qu’asiatique fut pour lui un point de départ et un point d’arrivée, dans une version médiévale qui l’enrichit quelque peu. Des « progrès significatifs » furent obtenus dans des domaines « qui n’exigeaient aucune base théorique », tels que « certains aspects de l’astronomie et de la médecine ». Du moins dans un premier temps, car graduellement « même cette forme de progrès cessa ».

[…]

Le spectaculaire décollage de l’Occident eut pour conséquence le déclassement de la civilisation musulmane – tout comme d’ailleurs celui des autres grandes civilisations telles que la Chine et l’Inde. Contrairement à l’idée communément admise, il ne semble pas y avoir eu de crise du monde islamique. Il s’est seulement trouvé dépassé par une civilisation chrétienne occidentale qui a connu un progrès fulgurant. Au sein du monde musulman, on a mis beaucoup de temps à en prendre conscience et à l’admettre. Selon Bernard Lewis, il faut attendre pour cela le voyage effectué en en Prusse en 1790 par l’ambassadeur ottoman Azmi Effendi : « Le premier, il écrit que la faiblesse de son pays n’est pas due à une décadence morale et religieuse comme le prétendent les mémorialistes ottomans, mais à la force acquise par les Européens. »

Il n’y a pas eu de crise du monde musulman, mais une stagnation, une immobilité, conforme à son génie. Cette fixité est à mettre en rapport, souligne Jacques Ellul, avec le fait que « la doctrine tout entière de l’Islam (y compris sa pensée religieuse) a pris un aspect juridique ». Or, « le juridique a une orientation très nette : fixer »117. L’immobilité du monde musulman évoque la stabilité millénaire de la civilisation égyptienne, qui fascinait tant Platon. L’islam a manifesté une exceptionnelle aptitude à se mobiliser pour conquérir, et pour conserver ses conquêtes. L’islam est une civilisation conquérante, guerrière, normative. Par la conquête, l’islam a raflé un prodigieux patrimoine matériel et intellectuel. Il en a joui – ce fut la fameuse civilisation islamique classique –, mais il ne l’a guère développé. Il n’y a pas eu de déclin islamique, mais un déclassement islamique. Alors qu’une civilisation progresse spectaculairement comme l’a fait la civilisation chrétienne occidentale, quand les autres civilisations restent immobiles, c’est comme si elles reculaient.

Voir encore:

Ce que révèle l’élection de Sadiq Khan à la mairie de Londres
Alexandre Devecchio
Le Figaro
06/05/2016
FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Sadiq Khan, candidat travailliste à la mairie de Londres, est devenu le premier maire musulman d’une grande capitale occidentale. Essayiste française, Laetitia Strauch-Bonnart habite à Londres. Elle décrypte les raisons d’une victoire très symbolique.
Laetitia Strauch-Bonart a été chercheuse dans un think tank français. Elle vit à Londres où elle prépare un PhD en histoire sur les penseurs conservateurs et les questions morales après 1945. Vous avez dit conservateur? est son premier essai.

Sadiq Khan, candidat travailliste à la mairie de Londres est devenu le premier maire musulman d’une grande capitale occidental. Cela est-il un symbole important en Grande-Bretagne?

Laetitia Strauch Bonnart: Cette victoire reflète le profond changement démographique qui s’est opéré en Grande-Bretagne et surtout à Londres depuis les dernières décennies, puisque les musulmans représentent aujourd’hui 12,4% de la population de la capitale, une proportion qui croît d’ailleurs bien plus vite que celle des autres communautés.

Cependant, le fait même de se concentrer sur l’identité religieuse de Khan pose problème: c’est réduire la politique à une «politique d’identités», où l’origine et l’appartenance comptent davantage que les programmes politiques. C’est aussi penser que les électeurs se déterminent en fonction de ces identités, alors que la victoire de Khan a certainement d’autres facteurs, à commencer par la faiblesse de son principal opposant conservateur, Zac Goldsmith. En réalité, dans les derniers mois, la focalisation du débat électoral sur les questions d’origine, voulue ou non, a empêché d’évoquer les vraies questions importantes pour la ville, à commencer par l’immobilier et le manque criant de logements pour une population en constante croissante. Aucun des candidats principaux, que ce soit Khan ou Goldsmith, n’a proposé le semblant d’une solution crédible à ce sujet!

Sadiq Khan est le fils d’un conducteur de bus pakistanais. Ses origines culturelles et sa religion ont-elles joué un rôle dans cette élection? Lequel?

En effet, elles ont joué un rôle, même s’il reste difficile à quantifier. Il est impossible de ne pas être sensible à l’histoire de Khan, qu’on partage ou non ses idées: fils d’un conducteur de bus pakistanais, il a grandi dans une council house (un HLM) et fait son chemin dans l’école d’Etat, gratuite, jusqu’à devenir avocat spécialiste des droits de l’homme. Sa «success story» est exemplaire. Ensuite, la campagne de Khan a elle-même énormément mis l’accent non seulement sur son origine sociale, mais aussi religieuse. Ses prospectus ont parfaitement joué sur ce registre, et ont fait pleurer dans les chaumières comme il se doit. Et je dis cela sans condescendance: je suis la première, à la vue de ces prospectus, à avoir admiré le parcours et l’homme, et senti la force de la méritocratie à l’œuvre… On voit ici la puissance du storytelling moderne. En face de Khan, vous trouviez un conservateur, fils de milliardaire – les commentateurs sceptiques ne manquent pas de le rappeler dès qu’ils le peuvent -, formé à Eton, l’école privée la plus emblématique, arborant toujours le même costume bleu distingué, sa «classe» se lisant sur son visage et dans le moindre de ses gestes. Deux images du Royaume-Unis se sont opposées dans cette bataille, jusqu’à la caricature.

Sauf qu’on ne peut pas fonder son choix politique, à mon sens, sur ces seuls éléments. Or curieusement, l’origine semble avoir aujourd’hui un effet important sur les opinions des électeurs, et un effet en ciseaux: catalyseur de sympathie quand elle est modeste, elle est de plus en plus critiquée quand elle est aisée. Autrefois, l’appartenance à l’establishment aurait suffi pour faire élire Golsmith, et c’est une bonne chose que ce ne soit plus le cas, car en l’occurrence son programme n’était pas suffisamment solide. Cependant, ses origines ont clairement joué en sa défaveur, beaucoup lui reprochant simplement d’être fils de milliardaire. Pour plaire aujourd’hui, il vaut mieux un héritage de déshérité, une histoire personnelle faite de difficultés et d’ascension sociale. Qu’on trouve cela ridicule ou non, c’est l’esprit du temps, et Goldsmith n’est pas du bon côté!

Dans l’ensemble, cependant, les origines de Khan ont joué un rôle autant négatif que positif. Elles lui ont apporté du soutien et de la sympathie chez les électeurs et les médias de gauche ; dans le même temps, l’ «identitarisation» relative de cette élection a excédé beaucoup d’électeurs. De fait, le soupçon est toujours présent que la gauche joue trop sur les identités, et cela peut avoir des effets négatifs. Par exemple, une petite minorité, au sein du Labour, montre une certaine tolérance à l’égard de l’antisémitisme. Les récentes déclarations de Ken Livingstone, l’ancien maire de la ville, qui a fait de Hitler un sioniste, l’ont bien montré. Même si Khan a aussitôt condamné Livingstone, l’épisode a été dévastateur pour le Labour et a quelque peu nui à la campagne de Khan, d’autant qu’il y a dix ans, Khan et Livingstone avaient des opinions bien plus proches, notamment sur Israël. La politique identitaire est toujours à double tranchant.

Sadiq Khan a été accusé d’affinité avec les islamistes. Est-ce le cas? Ce soupçon a-t-il pu jouer en sa défaveur?

Il est très difficile de répondre à cette question. Les activités professionnelles de Khan – il était avocat spécialiste des droits de l’homme – l’ont, dit-il, mené à côtoyé des représentants de l’islam radical, voire à dialoguer avec eux lors de débats. Mais comment distinguer ses obligations professionnelles d’une possible tolérance indue?

On observe surtout un changement d’attitude depuis dix ans. En 2004, il a par exemple participé, en tant que candidat à la députation pour le Labour, à une conférence avec cinq extrémistes islamistes, organisée par Friends of Al-Aqsa, un groupe pro-palestinien qui a publié des travaux du révisionniste (selon les termes du Guardian) Paul Eisen. A cet événement, les femmes devaient emprunter une entrée distincte des hommes! La même année, président des affaires juridiques du Muslim Council of Britain, il a participé à la défense de l’intellectuel musulman Dr Yusuf Al-Qaradawi et nié le fait que celui-ci soit un extrémiste. Il est pourtant l’auteur d’un livre, The Lawful and Prohibited in Islam, où il justifie la violence domestique à l’égard des femmes et soutient les opérations martyres contre les Israéliens.

Cependant, pendant la campagne électorale, Khan n’a cessé de condamner l’extrémisme, et demandé la suspension de Livingstone après ses remarques antisémites. Il est aussi haï par certains radicaux car il soutient le mariage gay. Ce changement d’attitude est-il pure tactique ou est-il sincère? Inversement, sa supposée proximité ancienne avec certains radicaux était-elle sincère, où là encore tactique? Dans tous les cas, je ne crois pas que Khan cautionne l’extrémisme. En revanche, il représente une voix assez commune à gauche – surtout dans ce que j’appelle «la gauche du ressentiment» représentée par Corbyn, que Khan a d’ailleurs soutenu en septembre dernier pour son élection à la tête du Labour: celle qui consiste à expliquer les attitudes des extrémistes et des terroristes par la seule et unique faute de l’Occident. Ainsi en 2006, élu député, Khan était l’un des signataires d’une lettre au Guardian qui attribuait la responsabilité des attentats terroristes – comme celui du 7 juillet 2005 à Londres – à la politique étrangère britannique, notamment son soutient à Israël. Cette position et l’ambiguïté passée de Khan ont forcément créé un soupçon en sa défaveur.

Londres est-elle la ville du multiculturalisme heureux?

Oui et non! Tout dépend ce que vous entendez par multiculturalisme. Si vous pensez à la diversité des nationalités représentées à Londres, il y a en effet quelque chose d’admirable dans cette ville et sa capacité à faire vivre ensemble des personnes d’origines différentes.

Mais quand on parle multiculturalisme en Europe aujourd’hui, on le prend dans un sens plus politisé, celui de la complexe relation entre la population d’origine, chrétienne ou athée à coloration chrétienne, et les populations plus ou moins récentes de confession musulmane. En Grande-Bretagne, en apparence, tout se passe bien. Les musulmans modérés sont tout à fait intégrés. Ce qui est assez problématique – comme dans d’autres villes européennes -, c’est l’existence de quartiers entiers où le séparatisme identitaire est visible. C’est le cas dans l’Est de London, notamment dans le borough de Tower Hamlets. 30% de la population y est musulmane, concentrée dans des council houses. En 2014, l’ancien maire, Lutfur Rahman, a été limogé après des soupçons de fraude et de favoritisme communautaire. A Tower Hamlets, beaucoup de femmes sont voilées de pied en cap, suivies de près par leurs maris. La difficulté qui en découle est à la fois anecdotique et majeure: vous ne pourriez pas, si vous en aviez envie, engager la conversation avec elles, car ce voile crée une barrière. Situation rare en France, elle est très fréquente ici. Et pourtant ce quartier abrite l’une des meilleures universités de Londres, Queen Mary University, qui brasse des étudiants du monde entier. Les populations se côtoient donc sans se parler, sans se connaître. Difficile d’y voir un multiculturalisme heureux – ni malheureux d’ailleurs: c’est bien plutôt un multiculturalisme de l’indifférence.

L’insécurité culturelle que traverse la France est-elle aussi une réalité en Grande-Bretagne?

Les Britanniques ne parleraient jamais, comme nous le faisons, d’ «insécurité culturelle». A mon sens, l’insécurité culturelle à la française vient autant du sentiment d’une menace extérieure que d’une perte de confiance dans notre propre modèle. Les Britanniques, malgré la présence de cette «gauche du ressentiment», sont moins enclins au dénigrement de soi. Ensuite, leur interprétation des faits diverge de la nôtre. Beaucoup de Britanniques ne voient aucun mal à la séparation que je viens de vous décrire – pour eux, il s’agit simplement de l’expression de la volonté de certains musulmans attachés à leurs traditions. Tant qu’ils respectent la loi, pourquoi leur en vouloir? Pendant longtemps, la mise en garde vis-à-vis d’une supposée trop faible intégration des musulmans est restée l’apanage des conservateurs britanniques les plus traditionalistes.

Le multiculturalisme commence cependant à perdre de son lustre. Deux séries d’affaires retentissantes, depuis 2014, ont bouleversé le pays: d’abord celle du «Trojan Horse» en 2014 et 2015, où furent découvertes des tentatives concertées de mettre en œuvre, dans plusieurs écoles de Birmingham, une philosophie et des pratiques islamistes ou salafistes.

Pire, on a mis a jour dans les dernières années de nombreux cas d’abus sexuels sur mineurs, perpétrés par des «gangs» dont les membres étaient d’origine musulmane. Ce fut le cas à Rotherham entre 1997 and 2013, où 1400 jeunes filles ont été violées. Cinq hommes d’origine Pakistanaise ont été condamnés. On a découvert des horreurs similaires à Rochdale, Derby et Telford. Le cas le plus récent est celui d’Oxford, où un groupe de sept hommes, entre 2006 et 2012, a exploité sexuellement 300 mineures, avec une violence parfois épouvantable.

La multiplicité des cas est frappante. Surtout, tous les membres des gangs étaient à chaque fois d’origine musulmane, et les jeunes filles – âgées parfois de 12 ans – blanches. C’est pourquoi depuis 2014, date où les premiers rapports officiels ont été publiés, on s’interroge sur une éventuelle motivation ethnique des agresseurs. Par ailleurs, dans de nombreux cas, on a constaté que la police et les conseils locaux avaient tardé à prendre au sérieux les plaintes des victimes, quand ils ne leur riaient pas tout simplement au nez. Aujourd’hui, les autorités émettent sérieusement l’hypothèse que cette timidité et ce déni pourraient provenir de la crainte de la police et des conseils locaux de se voir, à l’époque, accusés de racisme. Ces épisodes sont absolument dramatiques, et en même temps, ils sont peut-être le début d’une prise de conscience salutaire que la tolérance multiculturelle s’est muée, dans certains cas, en aveuglement.

Voir enfin:

Laïcité : l’AMF demande plus de neutralité aux maires
Bernard Gorce
La Croix
18/11/2015

L’association des maires de France (AMF) présente ce mercredi 18 novembre un « vade-mecum » qui entend éclairer les élus sur leurs relations avec les cultes et leurs réponses aux demandes religieuses.

L’association des maires de France (AMF) présente en fin de matinée, ce 18 novembre, les suites de son travail lancé il y a un an sur la laïcité. Leur « vade-mecum » se veut un mode d’emploi très pratique à l’intention de tous les élus dans lequel sont abordées des questions aussi variées que sensibles, comme les tenues scolaires ou la présence des élus aux cérémonies religieuses.

En juin dernier, le président de l’AMF François Baroin (LR) et le vice président André Laignel (PS) avaient déjà formulé des propositions en faveur de la laïcité, à partir des réflexions d’un groupe de travail dirigé par leurs confrères Gilles Platret (LR) et Patrick Molinoz (PRG).

Lors de cette présentation, les responsables avaient tenu des propos très fermes sur la laïcité, n’appréhendant le fait religieux et la présence des cultes que sous l’angle de la défiance. « Ces dernières années, il y a eu toute une série d’accommodements avec la laïcité qui ont conduit à une dérive, expliquait André Laignel (PS) premier vice-président de l’AMF. Certains de nos collègues sont perdus, ils ont besoin d’être confortés. »

Les élus invités à ne pas manifester leurs croyances

Dans cet esprit, le document présenté aujourd’hui formule un certain nombre de prescriptions très précises. Par exemple, le vade-mecum suggère aux élus quelle attitude adopter à titre personnel : « L’AMF invite les élus, dans leur action publique, à s’abstenir de faire montre de leurs propres convictions religieuses ou philosophiques (…) Dans ce cadre, la participation à des cérémonies religieuses, en tant qu’élu, devra se faire dans le strict respect de la neutralité républicaine, c’est-à-dire sans manifestation de sa propre croyance ou non croyance ».

Le document va loin dans les détails : ainsi il rappelle que le fait de ne pas se déchausser dans une mosquée peut représenter « une offense grave vis-à-vis de cette religion » et donc une « entorse à la laïcité ». Le port d’une kippa dans une synagogue relève en revanche d’un « simple usage », précise le document.

Une passion de Bach

L’association invite aussi les maires à respecter la pluralité de l’offre culturelle : ainsi, « la programmation culturelle d’une commune peut naturellement comporter des moments artistiques à connotation religieuse (exemple, en matière musicale : un concert de musique soufie, de musique juive, de Gospel ou une messe de la passion de Bach.) mais à condition de respecter équilibre et diversité. »

Le document met en garde les maires contre de « potentielles entorses à la laïcité dans le cadre du soutien apporté à des manifestations considérées comme traditionnelles (processions, tromenies (Les pardons en Bretagne NDLR), baptêmes de navire, bénédiction de bâtiments…) ».

Une loi contre les crèches dans les mairies

Enfin sur le dossier de l’installation de crèches de noël dans les bâtiments publics, qui a donné lieu ces derniers mois à plusieurs décisions de justice contradictoires, l’AMF prend une position de principe : leur présence dans l’enceinte des mairies n’est pas « compatible avec la laïcité ».

Sur ce point, constatant qu’une jurisprudence « non concordante (…) nuit à la compréhensionde la laïcité », l’AMF a interpellé le ministre de l’intérieur, en charge des cultes et estime souhaitable « une clarification législative ».

Des « tenues homogènes » dans les écoles

À côté de ces prescriptions, l’AMF formule aussi plusieurs demandes : elle alerte l’Ordre des médecins du problème de certificats médicaux de complaisance délivrés pour permettre à des filles de ne pas participer à certaines activités. Le Vade-mecum « suggère qu’il soit éventuellement fait appel à un avis du médecin scolaire ».

L’association, relevant la difficulté des maires « devant la déscolarisation d’un certain nombre d’enfants, et surtout de filles, dont le nombre irait croissant » a « alerté les pouvoirs publics » pour demander un renforcement des contrôles sur « ce phénomène très préoccupant ».

Le document précise aussi que l’AMF a « évoqué avec le ministre en charge de l’éducation nationale l’idée du port de tenues homogènes marquant l’appartenance à l’établissement scolaire ».

Enfin, concernant la petite enfance, l’AMF a saisi la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) et l’association des départements de France (ADF). Elle s’inquiète d’une application différente des règles de la laïcité pour les assistants maternels selon qu’ils exercent dans une crèche familiale publique (le devoir de neutralité s’impose), une crèche privée ou à domicile (l’obligation de neutralité ne s’exerce pas).

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PLUSIEURS NOUVEAUX OUTILS POUR LES COMMUNES

– Créé à l’automne 2014, le groupe de travail laïcité de l’Amf compte une quarantaine de membres. Le vade-mecum est consultable sur le site www.amf.asso.fr (onglet « dossier »).

– Le Centre national de la fonction publique territoriale a réalisé en juin, en collaboration avec le ministère de l’Intérieur et l’Observatoire de la laïcité, un ouvrage intitulé « Les fondamentaux de la laïcité et les collectivités territoriales » : sur le site www.cnfpt.fr (onglet « s’informer »)

– L’observatoire de la laïcité vient de réactualiser un guide intitulé « laïcité et collectivités locales ». Sur le site  : http://www.gouvernement.fr/observatoire-de-la-laicite (onglet « documents »).

L’Association des maires de France relativise la portée de son « vade-mecum » de la laïcité
M.M avec AFP
La Croix
27/11/2015

L’Association des maires de France (AMF) a tenu à préciser le 26 novembre que son « vade-mecum », vivement critiqué et traitant notamment de la présence des crèches de Noël dans les bâtiments publics, visait « simplement à aider les maires » et qu’il ne comportait « aucune valeur contraignante ».

« Sur ce dossier sensible et complexe (la laïcité, ndlr), la démarche de l’Association des maires de France (AMF) vise simplement à aider les maires en leur donnant toutes les informations possibles et à les alerter sur d’éventuels risques juridiques », a précisé l’association présidée par François Baroin (Les Républicains) dans un communiqué du 26 novembre.

Ces précisions de l’AMF interviennent au lendemain d’une montée au créneau de plusieurs élus LR et de l’extrême droite suite à la publication d’un « vade-mecum » répertoriant les bonnes pratiques en matière de laïcité et demandant davantage de neutralité aux maires.

Ainsi, Xavier Bertrand, tête de liste aux régionales en Nord-Pas-De-Calais Picardie, ou l’ancien président de l’Assemblée nationale Bernard Accoyer, se sont élevés contre ce texte. « Nous n’avons pas à nous excuser de qui nous sommes », avait notamment déclaré M. Bertrand.

De son côté le maire de Nice Christian Estrosi (LR) avait défendu sa sainte famille vivante sur une place de la ville, au nom d’une « tradition immémoriale ». Au pays des santons, le député LR du Vaucluse Julien Aubert a déposé des propositions de loi pour « défendre le folklore provençal et l’installation des crèches de Noël », au moyen de dispositions devant compléter la loi de 1905. Le député-maire LR d’Ajaccio Laurent Marcangeli évoquant une « tradition séculaire » fera aussi installer une crèche à la mairie.

Une jurisprudence ‘discordante’

À l’extrême droite le maire de Béziers (Hérault) Robert Ménard, proche du FN, avait promis une crèche de la Nativité « encore plus belle » que l’an passé.

Et les maires varois FN de Cogolin, Fréjus et du Luc-en-Provence, respectivement Marc-Etienne Lansade, David Rachline et Patricia Zirilli, avaient annoncé mercredi leur départ de l’AMF qui, selon ces élus, « bafoue la culture et les traditions » françaises.

Une pétition a été lancée par le député Républicain Hervé Mariton pour demander le retrait du vade-mecum. De son côté, Jean-Frédéric Poisson, du parti démocrate-chrétien, a affirmé que la pétition de sa formation politique en faveur de la présence des crèches dans les mairies avait recueilli près de 89000 signatures.

Mais si l’AMF relativise la portée de ses conseils, pas question pour autant de revenir sur le fond. Dans son communiqué, l’Association rappelle qu’elle évoquait dans son vade-mecum « la nécessité d’appliquer la règle définie à l’article 28 de la loi du 9 décembre 1905, qui proscrit “tout signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit” », et ainsi que « la présence de crèches de Noël dans l’enceinte des mairies n’est pas », de son point de vue, « compatible avec la laïcité ».

Le texte « n’a bien évidemment aucune valeur contraignante, chaque conseil municipal étant libre de ses choix », explique le communiqué, il avait vocation à « nourrir un important débat sur la laïcité prévue en ouverture » du 98e congrès de l’AMF.

L’association des maires de France souligne une fois encore que la jurisprudence est « discordante sur ce sujet », ce pourquoi elle avait « interpellé le ministre de l’Intérieur (le 1er juillet 2015) sur l’hétérogénéité actuelle des jurisprudences qui nuit à la compréhension de la règle par les élus et les citoyens. »

Un commentaire pour Droits de l’homme: Attention, une religion peut en cacher une autre ! (When Western secularism devours its own children)

  1. jcdurbant dit :

    Voir aussi sur la nouvelle religion et la dérive droits-de-l’hommiste:

    Autant il est aisé de condamner au nom de l’Évangile les violences provoquées ou cautionnées par la religion chrétienne, autant il n’est guère possible de condamner la violence musulmane au nom des textes saints de l’islam, dès lors que l’invitation à la violence y est expressément et abondamment inscrite. Concernant l’homosexualité masculine – la seule ayant été prise en compte -, les sociétés chrétiennes l’ont certes longtemps réprouvée et punie sévèrement au motif que la Bible (Genèse, 19) rapporte que Yahvé a lancé le feu du ciel sur Sodome et Gomorrhe. Mais, déjà dans la France de Louis XV, ainsi que l’a constaté l’historien Maurice Lever dans son livre Les bûchers de Sodome (1985) où il notait l’absence des bûchers à cette époque, la royauté de droit divin faisait preuve d’une grande modération. Au contraire, les textes saints de l’islam sont féroces. Il y a en particulier un hadith terrible du Prophète qui invite les croyants à tuer les homosexuels: «L’envoyé d’Allah – Bénédiction d’Allah et Salut sur Lui – a dit: Qui que vous trouviez qui agit à la manière des gens de Loth, tuez l’actif et le passif». Ce texte figure dans la Sunna (rassemblant les actes, dires et approbations de Mahomet: les hadiths) dont la réunion avec le Coran constitue la Charia. Or celle-ci est le guide de ceux qui veulent revenir au respect de la loi divine. Le lien avec le massacre d’Orlando est plus qu’évident. C’est un déni de réalité que de mettre systématiquement sur le même plan les religions monothéistes afin de ne pas avoir à prononcer de critique envers l’islam. Ce déni de réalité est pratiqué par les démocraties occidentales au nom d’un «politiquement correct» qui n’est qu’un aspect d’une religion séculière que l’on peut appeler religion des droits de l’homme. Dans la seconde moitié du XXe siècle, cette religion a très largement occupé le vide creusé en Europe occidentale à la fois par l’effondrement de la pratique religieuse chrétienne et par l’implosion du communisme soviétique. Avatar de la religion de l’humanité, le culte des droits de l’homme a remplacé depuis quelques décennies le communisme – dont il partage la nature de religion séculière – dans son rôle d’utopie censée instaurer le règne du bien sur la terre. Dans cette nouvelle religion séculière, les droits de l’homme sont en charge de la promesse du royaume de Dieu sur la terre, en charge du projet d’une humanité réconciliée grâce à l’instauration d’une société parfaite, au moyen de la mutation du monde ancien en un monde nouveau entièrement cosmopolite et fondé exclusivement sur les droits des individus. À la suite de François Furet, l’historien américain Samuel Moyn a confirmé en 2010 dans The last Utopia que l’hégémonie de l’idéologie des droits de l’homme depuis les dernières décennies du XXe siècle s’est édifiée sur les ruines des idéologies révolutionnaires. C’est de l’implosion des utopies antérieures qu’est née la «dernière utopie» que sont les droits de l’homme comme norme suprême censée faire advenir un monde meilleur.

    Dans la mesure où ils favorisent le succès des revendications musulmanes, les droits de l’homme contribuent à la montée en puissance de l’islam en France et dans les autres pays occidentaux. Lorsque, au nom du principe de non-discrimination, des droits individuels sont reconnus (par la loi, le juge ou l’administration) à des membres d’un groupe identitaire au titre de leur appartenance à ce groupe, ces droits deviennent des droits du groupe, et donc des droits collectifs. La sacralisation des droits individuels par la religion séculière des droits de l’homme aboutit finalement à la mise en place de droits identitaires, ce dont l’islam a su tirer un grand profit. L’islam ne manque jamais d’utiliser l’arme des droits de l’homme pour contraindre les pays européens à adopter un profil bas face à la population musulmane qui y vit. Sous couvert de non-discrimination et de respect de la liberté religieuse, c’est une civilisation antagoniste de la civilisation européenne qui poursuit son entreprise de conquête et de domination. En Europe occidentale, l’islam a profité à plein des droits de l’homme. C’est sur eux que se fondent les revendications vestimentaires, alimentaires et autres des musulmans, lesquelles relèvent en réalité d’une prise de pouvoir de nature politique, d’une appropriation de territoires, d’une domination de secteurs de la société. L’islam combinant en lui le politique, le juridique et le religieux, toute concession faite à l’islam comme religion est aussi une concession faite à l’islam politique et juridique, avec pour effet de transformer peu à peu les pays européens concernés en terres musulmanes.(…) beaucoup d’immigrants s’introduisent et s’incrustent en Europe occidentale simplement pour des raisons d’intérêt personnel, pour jouir d’un niveau de vie et de conditions d’existence infiniment meilleurs que dans leur pays. Ils n’ont pas d’arrière-pensées colonisatrices ou conquérantes. Mais les Wisigoths, les Burgondes et les Francs jadis autorisés par le pouvoir impérial à trouver refuge et à s’installer sur le territoire de l’Empire romain d’Occident n’avaient pas non plus d’intentions conquérantes. Simplement, deux générations plus tard, ils avaient pris le pouvoir et s’étaient taillé des royaumes sur le territoire de l’Empire anéanti. L’histoire montre par de nombreux exemples qu’une immigration numériquement minoritaire mais vigoureuse peut s’emparer durablement du pouvoir et dominer la population autochtone. Aussi bien certaines personnalités musulmanes ne cachent-elles pas leurs intentions conquérantes en Europe. Tel le cheikh Youssouf al Quaradawi, l’un des principaux de l’UOIE (Union des organisations islamiques européennes, dont la branche française est l’UOIF), qui déclarait en 2002: «Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons. Avec nos lois coraniques nous vous dominerons.»

    On ne peut pas ne pas secourir les réfugiés. Pour autant, nous n’avons pas les moyens de les accueillir sur la base des niveaux de vie et modes de vie occidentaux. Ils ne peuvent raisonnablement attendre de nous que des conditions de logement ainsi que des prestations sociales et médicales minimales. De plus, il ne faut pas leur laisser penser qu’ils vont s’installer durablement chez nous. Il faut leur faire savoir que, dès que la situation sera rétablie dans leur pays, ils seront invités à y repartir. D’ailleurs, autant l’accueil s’impose moralement pour les enfants, les mères et les vieillards, autant la place normale des hommes jeunes et adultes n’est pas ici mais dans leur pays, sur le sort duquel ils semblent avoir bien vite tiré un trait. Dans bien des cas, la qualité même réelle de réfugié dissimule plus ou moins une immigration motivée par la recherche d’une vie plus facile, c’est-à-dire une immigration économique. Or, étant donné l’énorme accroissement démographique au sud de la Méditerranée, l’Europe doit s’attendre à voir prochainement déferler une immigration économique d’une ampleur encore jamais vue, se comptant en dizaines de millions d’individus s’invitant dans nos pays dans l’espoir d’y améliorer leurs conditions de vie. Mais l’Europe occidentale sera incapable d’absorber une telle masse d’immigrés. Elle périra à moins que les immigrants économiques ne soient systématiquement reconduits dans leur pays. Cependant, pour que les États concernés acceptent de favoriser la reconduite de leurs ressortissants, il est évident qu’il sera indispensable de rétribuer leur bonne volonté par une énorme augmentation de l’aide au développement. (…) Pour mettre fin à l’appel d’air permanent qui attire par millions les immigrants d’origine extra-européenne, il faut restaurer la discrimination fondatrice de l’idée de cité: celle qui traite différemment le citoyen et le non-citoyen, le national et l’étranger. Il faudrait idéalement qu’il n’y ait plus d’intérêt matériel à s’incruster illégalement sur le sol français. Or cela va à l’encontre de la religion séculière des droits de l’homme. Dès l’aube des années 1980, Marcel Gauchet avait bien vu que, si les démocraties européennes faisaient des droits de l’homme leur politique, elles se condamneraient à l’impuissance collective. La religion des droits de l’homme handicape très dangereusement la France face au déferlement de l’immigration et à la présence sur son sol d’un islam de masse. Instaurant une morale d’État vertueusement suicidaire, la religion des droits de l’homme interdit à nos dirigeants d’envisager ces problèmes et d’y répondre d’un point de vue politique. La religion des droits de l’homme est la négation des droits collectifs des nations européennes. Elle refuse à la collectivité nationale le droit de vivre comme elle le souhaite. La souveraineté démocratique consiste dans la propriété d’un groupe humain sur lui-même, son destin, son identité, son sol, son patrimoine matériel et immatériel. Refusant cette souveraineté, la religion des droits de l’homme détruit l’idée de patrimoine d’un groupe humain, elle prétend le contraindre à le partager, le mettre en commun. Bref, c’est une nouvelle forme de communisme.

    La religion séculière des droits de l’homme n’est pas, malgré les apparences, d’origine chrétienne, car elle découle de deux grandes hérésies: la gnose et le millénarisme. Les droits de l’homme comme religion ne sont pas un prolongement du christianisme: c’est un système de croyances post-chrétien. La religion (ou utopie) des droits de l’homme qui règne aujourd’hui ne relève pas des «fondamentaux de l’Occident» au même titre que ses racines chrétiennes. Inspirée par une compassion cosmique indifférente aux États et aux nations, sa conception des droits individuels est profondément différente de la conception classique, celle des déclarations américaines et française de la fin du XVIIIe siècles, lesquelles ont établi avant tout les libertés publiques des citoyens au sein des États-nations démocratiques. D’ailleurs, ces deux réalités très différentes sont désignées dans la langue anglaise par des appellations distinctes: pour les droits de l’homme actuels, human rights, terme apparu seulement au milieu du XXe siècle ; tandis que, pour les droits individuels reconnus aux citoyens en 1776 et 1789, on parlait de rights of man. À cela répond en France la distinction entre d’une part les «libertés publiques», centrées sur les seuls nationaux, et d’autre part les «droits fondamentaux» – terme introduit dans les années 1970 – dont les grands bénéficiaires sont les étrangers, systématiquement admis à tous les acquis et avantages des peuples européens. La fidélité aux «fondamentaux de l’Occident» passe par le rejet du délire anti-discriminatoire suicidaire de la religion séculière des droits de l’homme et le retour aux droits de l’homme conçus comme protecteurs des citoyens contre le pouvoir, c’est-à-dire aux libertés publiques – centrées sur les seuls nationaux – qui sont notre patrimoine juridique. (…) Nous sommes confrontés à deux impératifs vitaux: bloquer d’urgence les flux migratoires et arrêter le processus de la conquête musulmane. Pour cela, il nous faut résister à la religion séculière des droits de l’homme qui favorise notre submersion par une immigration extra européenne sans limite et la domination d’une civilisation musulmane conquérante qui veut imposer ses mœurs et son droit. Pour tenter de survivre comme peuple, nous n’avons pas le choix: nous sommes dans l’obligation de rétablir ou de créer des discriminations, lesquelles ne contredisent d’ailleurs nullement la démocratie, bien au contraire. Les fanatiques d’une immigration érigée en droit de l’homme prétendent mener en faveur des étrangers entrés clandestinement un combat citoyen. C’est une imposture: leur combat est un combat contre la cité et la citoyenneté, un combat anti-citoyen et anti-démocratique. La démocratie repose sur l’idée de discrimination. En son article 3, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 énonce que «le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation». Il n’y a pas de démocratie possible en l’absence d’un cadre territorial et humain bien précis. Ainsi que l’écrit Rousseau au début de l’Émile, «où il n’y a pas de patrie, il ne peut plus y avoir de citoyens». Patrie, démocratie: dans les deux cas, il s’agit du peuple, d’un peuple particulier. L’existence d’une démocratie suppose une discrimination entre citoyens et non-citoyens, entre nationaux et étrangers. Quant à une discrimination à l’égard de l’islam, elle n’est pas davantage contraire à la démocratie. D’ailleurs, c’est la démocratie la plus ancienne et la plus exemplaire du monde, la démocratie helvétique, qui nous en donne l’exemple et nous montre la voie. En interdisant la construction de minarets, le peuple suisse n’a aucunement restreint la liberté religieuse, il a instauré une discrimination d’ordre symbolique destinée à faire comprendre aux musulmans vivant dans le pays que la Suisse n’était pas une terre d’islam, que la civilisation arabo-musulmane n’y était pas chez elle et ne devait pas chercher à y imposer ses mœurs et ses règles de droit prétendument divines. Dans le même esprit, il est vital d’adopter en France et dans les autres pays européens des mesures discriminatoires l’égard de l’islam. C’est une discrimination amplement justifiée par le fait que l’islam est avant tout un système politique et juridique, qui fonctionne en France et dans les autres pays européens comme une machine de guerre dirigée contre la civilisation européenne dans le but de lui substituer la civilisation arabo-musulmane. De toute manière, si nous laissons se poursuivre la conquête musulmane, nous sortirons purement et simplement des droits de l’homme, car les textes fondateurs de l’islam sont porteurs d’un système structurellement ultra-discriminatoire (à l’encontre des non-musulmans, des femmes, des esclaves) et négateur de la liberté d’expression. La Déclaration sur les droits de l’homme en islam de 1990 interdit d’exprimer toute opinion «en contradiction avec les principes de la Charia».

    Jean-Louis Harouel

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