Juifs utiles: Plus de juifs, plus d’antisémitisme (Final solution: French essayist comes up with the ultimate solution to antisemitism)

Jewish Population in EuropeJewish Population in Europe
Anti-Semitism
Vous ne réfléchissez pas qu’il est dans votre intérêt qu’un seul homme meure pour le peuple, et que la nation entière ne périsse pas. Caïphe
Le peuple d’Israël est le premier, le seul peut-être de tous, qui ait cherché en soi-même la coupable origine de ses malheurs dans le monde. Au plus profond de chaque âme juive se cache ce même penchant à concevoir toute infortune comme un châtiment. Theodor Lessing
Les événements de l’histoire humaine, cette chaîne ininterrompue de changements fortuits du pouvoir et d’actions arbitraires, cet océan de sang, de fiel et de sueur serait insupportable si l’homme ne pouvait leur attribuer un sens. Il ne suffit pas pour lui d’assigner à chaque effet une cause, il lui faut donner un sens à chaque événement ; ainsi lorsqu’il dit  » à qui la faute ? », il a déjà émis un jugement moral. Même si les destins des peuples étaient fortuits et même si tout avait pu être autrement, l’homme n’en continuerait pas moins de chercher à interpréter l’événement au plan de la signification logique et de la valeur morale.  Ce besoin de conférer un sens, même à ce qui n’en a guère (c’est-à-dire une souffrance inexpliquée) intervient de deux manières : soit en faisant retomber la faute sur l’autre, soit en se déclarant soi-même coupable… Theodor Lessing
Tout le monde sait grosso modo ce qu’est un «bouc émissaire»: c’est une personne sur laquelle on fait retomber les torts des autres. Le bouc émissaire (synonyme approximatif: souffre-douleur) est un individu innocent sur lequel va s’acharner un groupe social pour s’exonérer de sa propre faute ou masquer son échec. Souvent faible ou dans l’incapacité de se rebeller, la victime endosse sans protester la responsabilité collective qu’on lui impute, acceptant comme on dit de «porter le chapeau». Il y dans l’Histoire des boucs émissaires célèbres. Dreyfus par exemple a joué ce rôle dans l’Affaire à laquelle il a été mêlé de force: on a fait rejaillir sur sa seule personne toute la haine qu’on éprouvait pour le peuple juif: c’était le «coupable idéal»… Ainsi le bouc émissaire est une «victime expiatoire», une personne qui paye pour toutes les autres: l’injustice étant à la base de cette élection/désignation, on ne souhaite à personne d’être pris pour le bouc émissaire d’un groupe social, quel qu’il soit (peuple, ethnie, entreprise, école, équipe, famille, secte). René Girard
Le peuple juif, ballotté d’expulsion en expulsion, est bien placé, certes, pour mettre les mythes en question et repérer plus vite que tant d’autres peuples les phénomènes victimaires dont il est souvent la victime. Il fait preuve d’une perspicacité exceptionnelle au sujet des foules persécutrices et de leur tendance à se polariser contre les étrangers, les isolés, les infirmes, les éclopés de toutes sortes. Cet avantage chèrement payé ne diminue en rien l’universalité de la vérité publique, il ne nous permet pas de tenir cette vérité pour relative. René Girard
Des « pieux » mensonges de Sartre pour ne pas désespérer Billancourt, couvrant ainsi les crimes communistes dont il devenait complice de fait… aux mensonges et falsifications de la meute anti-israélienne, couvrant ainsi les crimes terroristes arabo-islamistes dont ils se rendent complices, existe-il une différence de nature? (…) De quoi auraient l’air une Sallenave ou un Pascal Boniface ou encore une Leïla Shahid sans l’appoint d’un quelconque supplétif juif? David Dawidowicz
Le cas de Guy Sorman est révélateur, parce qu’il montre bien comment le rejet des origines conduit à douter de l’avenir d’Israël, et à remettre en cause le droit à l’existence de l’Etat juif. L’analyse du discours de Sorman et des autres « Alterjuifs » permet de comprendre la maladie qui atteint aujourd’hui une grande partie de l’establishment politique israélien : le refus d’assumer l’héritage national juif et la haine des origines »(…) Son livre Les Enfants de Rifaa 2, comporte un chapitre intitulé « Fin du peuple juif », dans lequel Sorman fait sienne l’idée de la disparition inéluctable de l’Etat d’Israël et du judaïsme tout entier. (…) Le point de départ de Sorman est la constatation de l’omniprésence de la question de la Palestine chez ses interlocuteurs musulmans (…) qui amène Sorman à s’interroger sur les causes du conflit israélo-arabe et sur les solutions à y apporter. Mais curieusement, alors même qu’il constate avec lucidité que le monde arabo-musulman « vit en fait dans l’attente de la disparition de l’Etat d’Israël », et qu’il ne se fait guère d’illusion sur la « solution andalouse », ce prétendu « âge d’or » des Juifs d’Andalousie que certains de ses interlocuteurs musulmans voudraient faire revivre en Palestine, sur les ruines de l’Etat d’Israël, Sorman ne développe pas son analyse par la revendication d’un nécessaire aggiornamento du monde musulman, sur ce point comme sur les autres précédemment abordés dans son livre. Et, loin d’encourager ses interlocuteurs musulmans à accepter le fait israélien, ce qui serait conforme à l’esprit général de son livre, Sorman en vient à faire siennes les conclusions de ceux-ci et à intérioriser le projet génocidaire du monde arabo-musulman envers Israël. (…) C’est au cours d’une visite dans la ville de Hébron, en l’an 2000, que Sorman a acquis la conviction que l’Etat d’Israël était une « erreur historique », et était voué à disparaître. (…) Cette description de l’arrivée au caveau des Patriarches à Hébron est pétrie de préjugés anti-israéliens, auxquels se mêle une hostilité visible au judaïsme. Tout d’abord, Sorman conteste le nom du tombeau d’Abraham, appellation consacrée de ce lieu depuis des générations. En mettant en doute la véracité de l’inhumation d’Abraham en ce lieu (rapportée par la Bible, dans le Livre de la Genèse), Sorman se conduit un peu comme un touriste béotien qui refuserait, en chaque endroit, d’accepter les traditions historiques et religieuses. Mais c’est contre la seule tradition juive qu’il dirige son scepticisme absolu. (…) Le chapitre des Enfants de Rifaa, intitulé « Fin du peuple juif » est, en réalité, antérieur au reste du livre. (…) l’ébauche de ce chapitre avait fait l’objet d’une tribune publiée dans Le Figaro du 24 décembre 2001. Dans cet article, intitulé « La survie d’Israël en question », Sorman envisageait l’hypothèse de la disparition de l’Etat juif, rayé de la carte par une bombe chimique ou nucléaire. « Ce scénario est réaliste » expliquait Sorman. « Il est probable que quelques Ben Laden l’ont en tête et que New York, ville juive autant que Tel Aviv, fût [sic] une répétition de ce nouvel holocauste possible ». Cette hypothèse l’amenait à s’interroger sur la survie du judaïsme tout entier, menacé de destruction physique en Israël et de disparition lente par assimilation en diaspora. Mais, loin de s’émouvoir de la possible disparition des Juifs, Sorman prétendait « envisageable » un monde sans Juifs, dans lequel subsisteraient, à titre de legs du judaïsme à l’humanité, le christianisme et l’islam, et aussi « l’ironie qui naît de l’exil ». « Peut-être leur œuvre est-elle achevée et les temps sont-ils mûrs pour qu’ils [les Juifs] nous quittent », concluait Sorman. C’est donc l’hypothèse d’une possible disparition de l’Etat d’Israël et du judaïsme de diaspora, d’abord envisagée dans cet article du Figaro, qui a fourni la trame au chapitre 11 des Enfants de Rifaa, intitulé « Fin du peuple juif » (sans point d’interrogation). (…) Sorman (…) choisit d’accepter froidement et sans le moindre regret la possibilité de la disparition de l’Etat d’Israël et du judaïsme tout entier (…) Dans son livre Les Enfants de Rifaa, Sorman va encore plus loin : il ne se contente pas d’envisager froidement la possibilité de la disparition du judaïsme, mais en fait la solution du « problème juif » : « il n’y a pas de bonne solution au fait d’être juif, hormis celle de cesser de l’être». L’attitude de Sorman rejoint celle d’autres juifs atteints de cette maladie très particulière, analysée par le philosophe Theodor Lessing : la haine de soi juive 11. Le cas le plus célèbre de cette pathologie est celui d’Otto Weininger, philosophe autrichien qui a résolu de manière radicale son « problème juif », d’abord en se faisant baptiser, puis en se suicidant à l’âge de vingt trois ans. Sorman, comme Weininger, considère le judaïsme comme un « problème » qu’il faut résoudre, de manière radicale. Il ne veut certes pas se suicider, étant attaché à sa propre vie, mais envisage avec sérénité la destruction de l’Etat d’Israël, qui ne lui apparaît pas comme un scandale (comme à Raymond Aron) mais comme la fin inéluctable de l’entreprise sioniste, vouée à l’échec dès l’origine. Cette conclusion n’est pas tant le fruit d’une réflexion indépendante sur la question juive (à laquelle Sorman ne s’est jamais, de son propre aveu, intéressé) que l’intériorisation du rejet d’Israël par ses interlocuteurs musulmans, rencontrés au cours de ses nombreux voyages. (…) Sorman justifie donc l’espoir de destruction de l’Etat juif, qu’il partage avec ses interlocuteurs musulmans « modérés ». Le raisonnement de Sorman peut se résumer ainsi : le conflit israélo-arabe est insoluble, puisque les musulmans, même modérés, n’accepteront jamais l’existence de l’Etat juif. Il vaut donc mieux que celui-ci disparaisse… Ce syllogisme ressemble à celui qui sous-tend l’attitude d’un Otto Weininger : puisque les antisémites ne m’accepteront jamais et me haïront toujours, il vaut mieux que je disparaisse. Weininger a choisi le suicide comme solution radicale de son « problème juif ». Sorman prône, quant à lui, la disparition d’Israël comme solution du conflit israélo-arabe. (…) L’idée que les Juifs auraient « achevé » leur œuvre et qu’ils pourraient donc disparaître évoque la conception chrétienne traditionnelle du Nouvel Israël ; mais le christianisme pré-conciliaire acceptait au moins que les Juifs subsistent en tant que témoins… Sorman, qui considère comme inéluctable (et même souhaitable) la disparition totale du judaïsme, est par contre convaincu qu’ « il restera toujours des musulmans ». Ainsi, son plaidoyer pour un islam moderne et éclairé prend un sens tout à fait different, au regard de ses positions radicales concernant Israël. Pour lui, l’émergence d’un islam éclairé n’implique absolument pas l’acceptation du fait israélien. (…) Sorman a beau jeu de prétendre que sa conception de la disparition nécessaire d’Israël relève de la spéculation intellectuelle, en écrivant que « Dieu seul sait si cette vision d’Apocalypse est excessive ou fondée »… Sa responsabilité d’intellectuel n’en est pas moins grande. En envisageant froidement la disparition des Juifs de la surface de la terre, Sorman apporte une caution inestimable à ceux qui œuvrent concrètement pour que cette « vision d’Apocalypse » devienne réalité. La thématique des Enfants de Rifaa est tout à fait significative de l’esprit du temps. Invoquer « l’islam des Lumières », faire preuve de compréhension envers les régimes musulmans les plus rétrogrades comme celui de l’Arabie Saoudite, et rejeter dans le même temps Israël du côté des ténèbres, tout en attendant sa prochaine disparition. Le discours d’un Sorman n’est pas sans conséquence : il sert, en effet, de légitimation aux volontés génocidaires des pires ennemis de l’Etat juif, et aux considérations de realpolitik des diplomates du Quai d’Orsay et des autres chancelleries occidentales, qui sont intimement persuadés, comme la majorité des interlocuteurs musulmans de Sorman, que l’Etat d’Israël est provisoire et qu’il aura bientôt disparu. Chaque époque a les intellectuels qu’elle mérite. En juin 1967, l’ombre d’Auschwitz, qui planait sur Israël, avait conduit de nombreux écrivains français, juifs et non juifs, à prendre la défense du petit Etat hébreu menacé de destruction. Quarante ans plus tard, il est beaucoup plus « tendance », pour un écrivain français, de célébrer « l’Islam des Lumières », de chanter les louanges de la charia, tout en prédisant la prochaine disparition d’Israël et des Juifs. P.I. Lurçat
D’abord à partir des années 2000, l’intégrisme islamique s’en est pris aux Français juifs qui jouissaient  jusqu’alors pleinement de leur appartenance à la nation française et de la protection dont peuvent se prévaloir tous les citoyens. La pression agressive que l’islamisme en France a fait peser sur eux, en toute impunité puisque l’origine du mal n’a jamais été mentionnée par nos dirigeants, a de facto scindée notre nation en deux. Ceux qui bénéficiaient de la protection de notre pays et ceux dont cette protection n’était plus totalement garantie dans les faits. Il s’agit donc d’une première dégradation infligée à notre pays, incapable de trouver en lui-même la volonté de défendre une partie de sa population dont la valeur symbolique est cependant très grande de par le pacte bicentenaire scellé entre la France, sa République et les juifs de notre pays. La France, première nation à leur reconnaître la pleine citoyenneté, tandis que ceux-ci  reconnaissaient et acceptaient pleinement leurs devoirs envers elle. Le symbole est d’autant plus fort que cette appartenance pleine et entière a donné à notre République, dès l’origine, un contenu concret au mot « Fraternité » de sa devise, ainsi que l’avait voulu Bonaparte, puis Napoléon. C’est cette Fraternité qui a été attaquée et mise à mal par les islamistes dans une presque totale   indifférence générale. Le symbole est également d’autant plus fort trois-quarts de siècle à peine après la trahison de Vichy, et alors que tout le monde avait dit « plus jamais ça ». Ainsi les Français juifs se retrouvèrent en première ligne dans l’affrontement que l’islam radical a déclenché contre notre pays. Tout en assouvissant leur passion hideuse antisémite, il s’agissait  de montrer que nous n’avons pas le courage de nos meilleures résolutions, que nous ne sommes pas à la hauteur de notre devise nationale, à la hauteur de notre histoire, que nous n’avons plus aucune valeur à défendre si ce n’est, chacun d’entre nous, sa propre vie, sa propre situation personnelle. Le contraire d’une nation rassemblée. Or, l’intégration du judaïsme à la France peut servir de modèle à l’intégration de l’islam à la France, et c’est ce modèle même que l’islamisme cherche à détruire. Puis, l’islam radical s’en est pris à ceux qui s’expriment, par le dessin avec Charlie, le cinéma avec Theo van Gogh, sans compter tous ceux qui ont été menacés de mort, des écrivains, des philosophes. Michel Houellebecq, avant de publier son dernier livre, l’a fait relire par des experts en radicalisme islamique pour s’assurer que sa vie ne sera pas trop menacée. L’intimidation et la menace se sont ainsi portées sur les voix capables d’exprimer les réalités que nos politiques feignaient de ne pas voir. Le front s’est donc ainsi étendu sur le champ de la parole et de la culture. Les attentats du Bataclan l’ont étendu à la population toute entière. Le déni commence à se dissiper partiellement, les politiques ne pouvant pas passer ces attentats par pertes et profits comme cela a été le cas avec Charlie. Néanmoins, ils peinent à en tirer toutes les conclusions. (…) Le contexte général est la montée mondiale de l’intégrisme islamique dans de nombreux pays à majorité ou à forte population musulmane, dont l’origine tient, au moins en partie, à l’idéologie wahhabite, au salafisme ou encore à celle des Frères musulmans qui se répandent par tout un réseau d’associations culturelles, de mosquées, de publications. L’état d’esprit de rejet de l’autre et de conquête qui en résulte chez les intégristes, n’a pas jusqu’alors rencontré la résistance nécessaire grâce à l’arme de la culpabilisation occidentale, à l’aide des complices de l’islamisme qui infusent la haine de soi depuis des décennies et à une grande lâcheté ou un grand désarroi de nos dirigeants.  (…) La notion de droits individuels qui tend à supplanter tout autre impératif collectif dans notre société a étendu le champ du droit au détriment du champ politique. C’est une tendance séculaire magistralement décrite par Jean-Claude Michéa dans un texte sur le libéralisme politique, de ses origines, à la fin des guerres de religions, jusqu’à aujourd’hui. Dès lors, il est de plus en plus difficile d’opposer des valeurs collectives à ce qui est présenté comme des revendications de droits individuels. Il suffit donc de présenter les revendications de l’islam politique comme étant de simples revendications de nouveaux droits individuels, tout en jouant sur toute une palette de sentiments que les intégristes musulmans connaissent parfaitement lorsqu’ils exercent leurs pressions sur nos édiles pour faire reculer le champ républicain, le champ national :  la culpabilité du représentant de la « puissance coloniale », la crainte de désordres éventuels que l’interlocuteur prétend pouvoir contrôler et calmer alors qu’il en est l’un des principaux organisateurs, le désir d’être réélu… (…) L’affaiblissement des élus et de tous les acteurs qui sont en première ligne est bien sûr aggravé par le discours général d’une partie des responsables politiques nationaux, de la presse parisienne et des radios et télévisions publiques et privées, ainsi que d’un grand nombre d’associations qu’elles relaient complaisamment. Certaines de ces associations dénigrent, dégradent, rabaissent tout ce que la France représente, toute prétention de sa part à une légitimité historique et politique et donc à représenter l’avenir. C’est le discours sur « la France rance ». Il devient dès lors de plus en plus difficile d’intégrer et d’assimiler à la nation des populations à qui l’on explique que leurs ancêtres ont été maltraités par une  France haineuse et dont les représentants d’aujourd’hui seraient les héritiers qui n’ont rien appris ni rien oublié. Les intégristes islamistes remplissent ainsi le champ politique abandonné par la France, et en repoussent progressivement les limites, en jouant donc sur la notion d’extension des droits individuels. Ce mouvement s’appuie sur l’habitude de notre société de toujours céder aux exigences de nouveaux droits individuels et sur la délégitimation de l’exigence du respect de valeurs collectives. Il s’appuie aussi sur le fait que le communautarisme tend, par construction, à amalgamer les individus à leur communauté supposée. Changer la règle pour une communauté donnée, dans l’esprit de certains de nos édiles, revient à donner des droits individuels à chacun de ses membres. Notre pays suit ainsi le chemin inverse qui avait été le sien lors de sa construction. La nation devient le cadre oppressif dont il faut se défaire pour recréer des communautés – des féodalités – émancipatrices de la nation. Pendant longtemps, l’islamisme violent, celui qui commet des attentats, celui qui tue, et l’intégrisme islamique ont évolué dans une relative indépendance l’un de l’autre. D’abord parce que l’islamisme violent, le djihadisme, n’existait pas chez nous. La montée de l’antisémitisme depuis les années 2000, la progression du communautarisme et le recul de la République ne sont ainsi pas la conséquence du djihadisme, mais du travail de sape constant de l’intégrisme islamique, du progrès de son discours et des progrès de la force de son emprise sur un nombre croissant de personnes. L’émergence du djihadisme est beaucoup plus récente, et on peut la faire remonter à Merah, même s’il y a eu de lâches et odieux  assassinats aux motivations antisémites auparavant, dont Ilan Halimi. Un objectif commun anime les intégristes musulmans et les djihadistes : l’extension de l’islam comme force politique supplantant la France républicaine, même si les méthodes sont différentes. Les discours des uns fournissent le substrat de la radicalisation des autres. Les djihadistes peuvent compter sur la complicité des intégristes, ou du moins de la partie la plus radicale d’entre eux, pour les cacher, les nourrir, les aider à mener une vie normale jusqu’au passage à l’acte, et leur fournir la logistique pour le faire. Sans cela, Salah Abdeslam aurait été arrêté depuis longtemps, alors que les polices belges et européennes continuent à le chercher. Il y a un continuum entre le simple rejet, la haine et la  radicalisation la plus extrémiste. Néanmoins, jusqu’alors, les deux phénomènes ont agi de manière relativement indépendante l’un de l’autre. Les menaces de mort dont une femme politique du Val d’Oise (Laurence Marchand-Taillade est secrétaire nationale du PRG, ndlr) est la cible annonce la convergence de leurs actions. Celle-ci a dénoncé la tenue d’un rassemblement de l’UOIF en présence de Tariq Ramadan. On peut trouver en effet dans ces rassemblements de nombreux intégristes aux discours incompatibles avec nos valeurs nationales et républicaines. Ces menaces djihadistes contre Laurence Marchand-Taillade annoncent ainsi que le djihadisme vient en support direct de l’intégrisme, en intimidant et en menaçant de faire taire ses opposants de manière définitive. Dorénavant, les personnes qui s’opposeront légalement et démocratiquement aux entreprises antidémocratiques, antirépublicaines et antifrançaises des intégristes tels que les Frères musulmans, feront l’objet des mêmes menaces de mort de la part des djihadistes, dont on sait qu’elles peuvent effectivement être mises à l’exécution. Cela rend la lutte contre l’islamisme radical, ainsi que le renforcement de notre détermination à défendre nos valeurs et nos institutions d’autant plus nécessaires et urgents. Robert Louis Norrès
In 1939, there were 16.6 million Jews worldwide, and a majority of them – 9.5 million, or 57% – lived in Europe, according to DellaPergola’s estimates. By the end of World War II, in 1945, the Jewish population of Europe had shrunk to 3.8 million, or 35% of the world’s 11 million Jews. About 6 million European Jews were killed during the Holocaust, according to common estimates. Since then, the global Jewish population – estimated by Pew Research at 14 million as of 2010 – has risen, but it is still smaller than it was before the Holocaust. And in the decades since 1945, the Jewish population in Europe has continued to decline. In 1960, it was about 3.2 million; by 1991, it fell to 2 million, according to DellaPergola’s estimates. Now, there are about 1.4 million Jews in Europe – just 10% of the world’s Jewish population, and 0.2% of Europe’s total population. Measuring Jewish populations, especially in places like Europe and the United States where Jews are a small minority, is fraught with difficulty. This is due to the complexity both of measuring small populations and of Jewish identity, which can be defined by ethnicity or religion. As a result, estimates vary, but Pew Research’s recent figures are similar to those reported by DellaPergola, one of the world’s leading experts on Jewish demography. In Eastern Europe, a once large and vibrant Jewish population has nearly disappeared. DellaPergola estimates that there were 3.4 million Jews in the European portions of the Soviet Union as of 1939. Many were killed in the Holocaust, and others moved to Israel or elsewhere. Today, a tiny fraction of the former Soviet republics’ population – an estimated 310,000 people – are Jews. Similar trends have occurred in Eastern European countries that were outside the USSR, including Poland, Hungary, Romania and several other nations. Collectively, they were home to about 4.7 million Jews in 1939, but now there are probably fewer than 100,000 Jews in all these countries combined. Much of the postwar decline has been a result of emigration to Israel, which declared its independence as a Jewish state in 1948. The Jewish population of Israel has grown from about half a million in 1945 to 5.6 million in 2010. But there are other possible factors in the decline of European Jewry, including intermarriage and cultural assimilation. Pew Research
Il faut savoir que le CCIF comptabilisait à l’époque comme «actes islamophobes» des faits aussi divers qu’une question posée à une jeune femme voilée lors d’un entretien à l’ANPE, des règlements de compte crapuleux, des vols relevant du simple droit commun, des propos jugés insultants et, beaucoup plus graves, des expulsions de prédicateurs violemment antisémites et appelant au djihad contre les infidèles et l’Occident, voire en lien avec des entreprises terroristes. (…) Je tiens ici à préciser que parmi les 806 actes antisémites constatés sur à peine 1 % de la population, il y a eu en 2015 quatre victimes juives massacrées à l’HyperCasher parce qu’elles étaient juives – et que la policière Clarissa Jean-Philippe a été abattue parce qu’elle était postée à proximité d’une synagogue et d’une école juive, ainsi que plusieurs agressions au couteau particulièrement graves, destinées à tuer et ayant entraîné des blessures sanglantes, portées dans la rue contre des concitoyens juifs parce que juifs. (…) Je pense d’ailleurs que l’on gagnerait en sérénité si, plutôt que se saisir de faits dont on ignore les causes et de les relayer dans tous les médias, on les considérait non pas en raison du nombre de plaintes déposées, mais après résultat d’enquêtes. Il faudrait analyser dans le détail les dates, les faits, les auteurs et les motivations. Peut-être conviendrait-il aussi d’étudier de près les menaces et les discours que des prédicateurs proches des courants fréristes, salafistes, wahhabites délivrent à leurs fidèles ou lancent contre des personnalités dont le seul tort est de s’exprimer. N’oublions jamais qu’être accusé d’être islamophobe tue. Isabelle Kersimon
« Dionysos contre le ‘crucifié’  » : la voici bien l’opposition. Ce n’est pas une différence quant au martyr – mais celui-ci a un sens différent. La vie même, son éternelle fécondité, son éternel retour, détermine le tourment, la destruction, la volonté d’anéantir pour Dionysos. Dans l’autre cas, la souffrance, le « crucifié » en tant qu’il est « innocent », sert d’argument contre cette vie, de formulation de sa condamnation.  (…) L’individu a été si bien pris au sérieux, si bien posé comme un absolu par le christianisme, qu’on ne pouvait plus le sacrifier : mais l’espèce ne survit que grâce aux sacrifices humains… La véritable philanthropie exige le sacrifice pour le bien de l’espèce – elle est dure, elle oblige à se dominer soi-même, parce qu’elle a besoin du sacrifice humain. Et cette pseudo-humanité qui s’institue christianisme, veut précisément imposer que personne ne soit sacrifié. Nietzsche
Dans sa dernière signification, l’émancipation juive consiste à émanciper l’humanité du judaïsme. Marx
Déposséder un peuple de l’homme qu’il célèbre comme le plus grand de ses fils est une tâche sans agrément et qu’on n’accomplit pas d’un cœur léger, surtout quand on appartient soi-même à ce peuple.  Freud
C’est la communauté juive qui détruit toujours cet ordre. Elle provoque constamment la révolte du faible contre le fort, de la bestialité contre l’intelligence, de la quantité contre qualité. Il a fallu quatorze siècles au christianisme pour atteindre le sommet de la sauvagerie et de la stupidité. Nous aurions donc tort de pécher par excès de confiance et proclamer notre victoire définitive sur le bolchevisme. Plus nous rendrons les Juifs incapables de nous nuire, plus nous nous protégerons de ce danger. Le Juif joue dans la nature le rôle d’un élément catalyseur. Un peuple débarrassé de ses Juifs retourne spontanément à l’ordre naturel. Adolf Hitler
Le coup le plus dur qui ait jamais frappé l’humanité fut l’avènement du christianisme. Le bolchevisme est un enfant illégitime du christianisme. Tous deux sont des inventions du Juif. C’est par le christianisme que le mensonge délibéré en matière de religion a été introduit dans le monde. Le bolchevisme pratique un mensonge de même nature quand il prétend apporter la liberté aux hommes, alors qu’en réalité il ne veut faire d’eux que des esclaves. Dans le monde antique, les relations entre les hommes et les dieux étaient fondées sur un respect instinctif. C’était un monde éclairé par l’idée de tolérance. Le christianisme fut la première croyance dans le monde à exterminer ses adversaires au nom de l’amour. Sa marque est l’intolérance.  Adolf Hitler (Libres propos sur la guerre et la paix recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, 11-12 juillet 1941)
Le christianisme est une rébellion contre la loi naturelle, une protestation contre la nature. Poussé à sa logique extrême, le christianisme signifierait la culture systématique de l’échec humain. […] Mais il n’est pas question que le national-socialisme se mette un jour à singer la religion en établissant une forme de culte. Sa seule ambition doit être de construire scientifiquement une doctrine qui ne soit rien de plus qu’un hommage à la raison […] Il n’est donc pas opportun de nous lancer maintenant dans un combat avec les Églises. Le mieux est de laisser le christianisme mourir de mort naturelle. Une mort lente a quelque chose d’apaisant. Le dogme du christianisme s’effrite devant les progrès de la science. La religion devra faire de plus en plus de concessions. Les mythes se délabrent peu à peu. Il ne reste plus qu’à prouver que dans la nature il n’existe aucune frontière entre l’organique et l’inorganique. Quand la connaissance de l’univers se sera largement répandue, quand la plupart des hommes sauront que les étoiles ne sont pas des sources de lumière mais des mondes, peut-être des mondes habités comme le nôtre, alors la doctrine chrétienne sera convaincue d’absurdité […] Tout bien considéré, nous n’avons aucune raison de souhaiter que les Italiens et les Espagnols se libèrent de la drogue du christianisme. Soyons les seuls à être immunisés contre cette maladie. Adolf Hitler (Libres propos sur la guerre et la paix recueillis sur l’ordre de Martin Bormann, , 10-14 octobre 1941)
Il n’y avait qu’un seul juif honnête, et il s’est suicidé. Adolf Hitler
J’ai été allemand à un tel point que je ne m’en rends vraiment compte qu’aujourd’hui. Fritz Haber
On a peine à imaginer qu’une nation de fugitifs issus du peuple le plus longtemps persécuté dans l’histoire de l’humanité, ayant subi les pires humiliations et le pire mépris, soit capable de se transformer en deux générations en peuple dominateur et sûr de lui, et à l’exception d’une admirable minorité en peuple méprisant ayant satisfaction à humilier. Les juifs d’Israël, descendants des victimes d’un apartheid nommé ghetto, ghettoîsent les palestiniens. Les juifs qui furent humiliés, méprisés, persécutés, humilient, méprisent, persécutent les palestiniens. Les juifs qui furent victimes d’un ordre impitoyable imposent leur ordre impitoyable aux palestiniens. Les juifs victimes de l’inhumanité montrent une terrible inhumanité . Les juifs, boucs émissaires de tous les maux, ‹ bouc-émissarisent › Arafat et l’Autorité palestinienne, rendus responsables d’attentats qu’on les empêche d’empêcher. Edgar Morin
Pour moi, l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie. L’armée israélienne ripostait au soulèvement palestinien par l’utilisation massive de tirs à balles réelles. (…) Du 29 septembre à la fin octobre 2000, 118 Palestiniens sont morts, parmi eux 33 avaient moins de 18 ans. Onze Israéliens ont été tués, tous adultes. Charles Enderlin
A Gaza et dans les territoires occupés, ils ont [les meurtres de violées] représenté deux tiers des homicides » (…) Les femmes palestiniennes violées par les soldats israéliens sont systématiquement tuées par leur propre famille. Ici, le viol devient un crime de guerre, car les soldats israéliens agissent en parfaite connaissance de cause. Sara Daniel (Le Nouvel Observateur, le 8 novembre 2001)
Changez les noms. Mettez ici à la place d’Itzhak Shamir et de Menahem Begin, anciens terroristes promus chefs de gouvernement, quelques noms de Palestiniens emprisonnés ou pourchassés, et vous ne perdrez pas tout espoir de voir un jour la paix. Régis Debray
J’ai trouvé des minorités chrétiennes assaillies par la violence, par l’exode, la dénatalité, le chômage. Entre l’étau israélien et l’hostilité islamique, ils sont suspects pour tout le monde. L’Occident les lâche : trop arabes pour la droite et trop chrétiens pour la gauche. Ce sont pourtant eux qui ont modernisé le monde arabe. Au Xe siècle, ils ont traduit en arabe la culture grecque et au XXe, ils ont été à la pointe de la laïcisation. Ils ont joué un peu le même rôle que les Juifs en Occident au XIXe et subissent un antichristianisme qui rappelle l’antisémitisme d’antan. Et l’invasion américaine en Irak a empiré la donne, en provoquant l’exode massif des chrétiens assimilés à une cinquième colonne. M. Bush a pour ainsi dire islamisé à mort toute la région. (…) Il est grotesque et contre-productif de couper les ponts avec ces forces-là. Nous entretenons leur expansion. Les Américains bien sûr, mais aussi les Européens qui se cachent derrière eux. La religion prend la relève d’une faillite des mouvements laïcs, à laquelle nous avons contribué. (…) Je suis partagé entre mon admiration éthico-intellectuelle pour un formidable exploit de modernité laïque et suis rebuté par la remontée d’un nationalisme théologique qui fait revenir au premier plan l’archaïque et le tribal. Quand je vois des colons, francophones ou américains, arborer devant le mur des Lamentations I am a superjew et faire les fiers-à-bras en tee-shirt devant les Arabes, je suis consterné. (…) L’Europe paie largement l’Autorité palestinienne et ses 150 000 fonctionnaires. Elle finance aussi les infrastructures des Territoires, routes, écoles, hôpitaux. Israël les démolit régulièrement. L’Europe paie et se tait ! Elle aurait pu conditionner son aide à l’Autorité, qui soulage l’occupant, au respect des accords et du calendrier en Cisjordanie, où la colonisation continue de plus belle. L’Europe s’offre une bonne conscience avec de l’humanitaire. Pourtant, sortir de sa passivité serait servir les intérêts à long terme d’Israël. Mais l’Europe ne peut pas se distinguer de l’Amérique pour des raisons historiques : elle craint de se faire taxer d’antisémitisme. Régis Debray (2009)
Ils ont tout, c’est connu. Vous êtes passé par le centre-ville de Metz ? Toutes les bijouteries appartiennent aux juifs. On le sait, c’est tout. Vous n’avez qu’à lire les noms israéliens sur les enseignes. Vous avez regardé une ancienne carte de la Palestine et une d’aujourd’hui ? Ils ont tout colonisé. Maintenant c’est les bijouteries. Ils sont partout, sauf en Chine parce que c’est communiste. Tous les gouvernements sont juifs, même François Hollande. Le monde est dirigé par les francs-maçons et les francs-maçons sont tous juifs. Ce qui est certain c’est que l’argent injecté par les francs-maçons est donné à Israël. Sur le site des Illuminatis, le plus surveillé du monde, tout est écrit. (…) On se renseigne mais on ne trouve pas ces infos à la télévision parce qu’elle appartient aux juifs aussi. Si Patrick Poivre d’Arvor a été jeté de TF1 alors que tout le monde l’aimait bien, c’est parce qu’il a été critique envers Nicolas Sarkozy, qui est juif… (…)  Mais nous n’avons pas de potes juifs. Pourquoi ils viendraient ici ? Ils habitent tous dans des petits pavillons dans le centre, vers Queuleu. Ils ne naissent pas pauvres. Ici, pour eux, c’est un zoo, c’est pire que l’Irak. Peut-être que si j’habitais dans le centre, j’aurais des amis juifs, mais je ne crois pas, je n’ai pas envie. J’ai une haine profonde. Pour moi, c’est la pire des races. Je vous le dis du fond du cœur, mais je ne suis pas raciste, c’est un sentiment. Faut voir ce qu’ils font aux Palestiniens, les massacres et tout. Mais bon, on ne va pas dire que tous les juifs sont des monstres. Pourquoi vouloir réunir les juifs et les musulmans ? Tout ça c’est politique. Cela ne va rien changer. C’est en Palestine qu’il faut aller, pas en France. Karim
Ce sont les cerveaux du monde. Tous les tableaux qui sont exposés au centre Pompidou appartiennent à des juifs. A Metz, tous les avocats et les procureurs sont juifs. Ils sont tous hauts placés et ils ne nous laisseront jamais monter dans la société. « Ils ont aussi Coca-Cola. Regardez une bouteille de Coca-Cola, quand on met le logo à l’envers on peut lire : « Non à Allah, non au prophète ». C’est pour cela que les arabes ont inventé le « Mecca-cola ». Au McDo c’est pareil. Pour chaque menu acheté, un euro est reversé à l’armée israélienne. Les juifs, ils ont même coincé les Saoudiens. Ils ont inventé les voitures électriques pour éviter d’acheter leur pétrole. C’est connu. On se renseigne. (…) Si Mohamed Merah n’avait pas été tué par le Raid, le Mossad s’en serait chargé. Il serait venu avec des avions privés. Ali
It’s often claimed that there’s… no causal nexus between Israeli actions and anti-Semitism, that you can’t blame it on Israel, that there’s no connection between the… spikes in Israeli violence against Palestinians and the upticks in anti-Semitic violence. When in fact if you go through the evidence collected over many years, that’s exactly what the evidence does show: each time Israel launches another of its murderous assaults, anti-semitic incidents peak in Europe. And they’re often perpetrated by disaffected angry Muslim youth. If in recent times, a larger fraction of these incidents are violent, it’s the blowback from the brutish fanaticism currently plaguing the Arab Muslim world. Now if you’re really concerned about these spurts of anti-Semitism, and you want to contain them, then there are obvious things you can do. Israel can simply stop calling itself a Jewish state, so Jews wouldn’t have to bear the burden for its criminal actions. And … official Jewish organizations in the diaspora, they could cease defending Israel’s criminal actions so it won’t appear as if Israel when it carries out these actions is acting in the name of the Jewish people. Norman Finkelstein
Deborah E. Lipstadt makes far too little of the relationship between Israel’s policies in the West Bank and Gaza and growing anti-Semitism in Europe and beyond. The trend to which she alludes parallels the carnage in Gaza over the last five years, not to mention the perpetually stalled peace talks and the continuing occupation of the West Bank. As hope for a two-state solution fades and Palestinian casualties continue to mount, the best antidote to anti-Semitism would be for Israel’s patrons abroad to press the government of Prime Minister Benjamin Netanyahu for final-status resolution to the Palestinian question. Rev. Bruce M. Shipman (Yale, Groton, Conn., Aug. 21, 2014)
Que le Président Nasser veuille ouvertement détruire un Etat membre des Nations Unies ne trouble pas la conscience délicate de Mme Nehru. Etacide, biensûr, n’est pas génocide. Et les Juifs français qui ont donné leur âme à tous les révolutionnaires noirs, bruns ou jaunes hurlent maintenant de douleur pendant que leurs amis hurlent à la mort. Je souffre comme eux, avec eux, quoi qu’ils aient dit ou fait, non parce que nous sommes devenus sionistes ou israéliens, mais parce que monte en nous un mouvement irrésistible de solidarité. Peu importe d’où il vient. Si les grandes puissances, selon le calcul froid de leurs intérêts, laissaient détruire le petit Etat qui n’est pas le mien, ce crime, modeste à l’échelle du nombre, m’enlèverait la force de vivre et je crois que des milliers et des milliers d’hommes auraient honte de l’humanité. Raymond Aron (Le Figaro littéraire, 4 juin 1967)
Parmi ce peuple, qui va se restreignant et se dissolvant, les citoyens de l’Etat d’Israël ne représentent à leur tour que la minorité d’une minorité. Si bien que ce qui est en jeu au Proche-Orient n’est pas tant le sort des Palestiniens que la disparition programmée d’Israël, comme Etat, comme peuple, comme porteur d’un message si message il y a. Au rebours des images, des violences, du bruit des armes et des commentaires dominants, à la mesure de l’histoire, le fort n’est donc pas celui que l’on croit et le faible n’est pas celui que l’on dit. Qu’est-ce en effet qu’une riposte israélienne aussi brutale soit-elle contre des Palestiniens que l’on qualifiera au choix de résistants ou terroristes? Au mieux du temps gagné. Mais à la mesure de l’histoire, pas même de l’histoire longue mais d’une génération, que pèsent trois millions d’Israéliens face à deux cents millions d’Arabes dont les Palestiniens ne constituent qu’une phalange avancée et militante. Les Palestiniens le savent et le monde arabe plus encore; à terme, le nombre l’emporte et la démographie sera probablement victorieuse sur toutes les stratégies et tous les pieux espoirs («processus») de paix. Quelle paix d’ailleurs?Imagine-t-on vraiment les Palestiniens et le monde arabe se satisfaisant d’un Etat-croupion, enclavé et non viable? L’Etat palestinien peut incarner l’espoir d’une élite locale en quête de reconnaissance internationale et de postes, mais en quoi le peuple palestinien y trouverait-il son compte, économique ou politique? L’aspiration ultime du monde arabo-musulman est de constituer la communauté des croyants sinon de l’islam tout entier mais au moins celle du monde arabe, une aspiration parfaitement légitime. Mais Israël n’y a pas sa place, la colonie juive est comme une encoche dans ce rêve; nulle surprise que ce songe arabe, légitime, répétons-le, ne conçoive pas Israël comme autre chose qu’un avatar de la colonisation franque; le royaume de Jérusalem dura un siècle, les Arabes se le rappellent. L’Israël moderne aurait-il déjà accompli la moitié de son parcours historique? Ou plus peut-être? Car il suffirait d’une bombe, une seule, chimique, nucléaire ou sale comme l’appellent aujourd’hui les stratèges pour qu’Israël soit rayé de la carte. Imaginons un instant l’équivalent de l’attentat du 11 septembre perpétré contre Tel-Aviv? Rien n’est moins simple désormais que de le concevoir puisque le précédent existe; les combustibles sont en libre circulation et le nombre des candidats au suicide à l’évidence plus que suffisant. Une bombe suffirait donc pour que disparaisse la plus grande part de la population d’Israël et que le reste fuit sans attendre son extermination finale. Ce scénario est réaliste; il est probable que quelques Ben Laden l’ont en tête et que New York, ville juive autant que Tel-Aviv, fut une répétition de ce nouvel holocauste possible. Que dirait alors le monde, ou «la communauté internationale?» Comme pour l’holocauste précédent, ils s’en repentiraient. Pourrait-on empêcher cela, le prévenir? On n’en prend pas le chemin puisque tout se passe, au niveau diplomatique et de l’opinion alimentée par les médias comme si une paix de type immobilier suffirait à mettre un terme à un conflit que l’on voudrait croire géographique mais qui est au moins métaphysique. La survie d’Israël et non pas celle des Palestiniens n’est pas véritablement prise en considération; elle supposerait d’ailleurs un accord non pas avec les seuls Palestiniens mais avec tous les Etats arabes environnants dont on ne voit pas qu’ils sont même sollicités pour respecter la survie d’Israël; au surplus, conclura-t-on jamais un traité respecté entre les arrière-pensées?. Juifs sans Israël?Si Israël disparaissait, il n’y aurait plus d’Israéliens. Resterait-il des juifs?La diaspora, avons-nous observé, est la condition historique quasi normale du peuple juif; n’a-t-il pas survécu deux mille ans en diaspora? Mais le monde a changé et les juifs aussi; aux Etats-Unis, en Europe, en Russie, en Argentine, les ultimes grandes communautés en exil, le taux des mariages mixtes évolue entre 50 et 70%; si les enfants de mères juives restent techniquement juifs si l’on peut dire, les enfants des hommes qui ne le sont pas cessent d’appartenir au peuple juif. (…) Imaginera-t-on un monde sans juifs? Pourquoi pas? Claude Lévi-Strauss interrogé sur cette perspective fit observer que les peuples disparus jonchent l’Histoire de l’humanité et qu’il s’en fallut de peu pour que les nazis ne réussissent leur pari d’extermination. Si les juifs disparaissaient, hors quelques sectes intégristes subsidiaires, qu’auraient-ils légué au monde? Le christianisme tout d’abord et aussi paradoxalement l’islam; sans les juifs, sans la Bible, pas de Christ, pas de Mahomet. Le judaïsme survivrait donc pour l’éternité prévisible chez ceux-là mêmes qui voudraient s’en défaire. Un autre legs aussi: l’ironie qui naît de l’exil. Parce que les juifs sont en exil, quel que soit le lieu où ils habitent, ils ont toujours porté sur le monde un regard distancié, qui éclaire leur humour insupportable et les théories qui en sont nées. Si tant de juifs ont interprété le monde autrement que du premier regard, de Freud à Marx, de Schomberg à Kandinsky, ce n’est pas du fait d’un génie particulier, mais parce qu’ils ont toujours occupé par rapport à ce monde une situation oblique. Ce décalage conduit à voir autrement ou à apercevoir une vérité qui porte au-delà de la réalité. Un monde sans juifs est-il envisageable? Il resterait alors le souvenir des juifs et une interprétation du monde qui n’eut pas été la même sans leur faculté de le décoder. Peut-être leur oeuvre est-elle achevée et les temps sont mûrs pour qu’ils nous quittent. Telle est du moins l’interrogation fondamentale que devrait susciter la fin possible d’Israël comme nation et celle de la diaspora qui va se dissolvant dans les étreintes conjugales. Cette jérémiade est-elle infondée? Dieu seul le sait. Guy Sorman
Où que l’on se trouve dans le monde musulman, quelle que soit la distance géographique qui sépare de la Palestine, la question surgit, même quand on voudrait l’éviter. Certes, plus on s’éloigne du monde arabe, vers le Bangladesh, Djakarta ou l’Afrique au sud du Sahara, les musulmans passent de l’engagement à l’inquiétude, de la posture à la rhétorique… Mais ne nions pas que, outre le Coran, les musulmans estiment avoir la Palestine en commun. (…) Certains événements minuscules ou cocasses modifient radicalement le regard que l’on porte sur le monde. Avant Hébron, je ne m’étais jamais trop interrogé sur l’Etat d’Israël : on ne peut penser à tout. Depuis Hébron j’ai une conviction bien ancrée : l’Etat d’Israël est une erreur historique, les Juifs n’avaient pas vocation à créer un Etat. (…) « Etes-vous juif ? » Au cours de ma déjà longue existence protégée d’intellectuel français né après l’Holocauste, cette question ne me fut jamais posée qu’une seule fois, sur un mode agressif. C’était en Palestine, en l’an 2000, à l’entrée de la ville d’Hébron… Le soldat était un Israélien d’origine éthiopienne : un Falacha, reconnu comme Juif en un temps où Israël manquait d’immigrés nouveaux pour meubler les bas échelons de la nation. Les Russes n’étaient pas encore arrivés !  (…) A l’entrée du tombeau dit d’Abraham, il me fallut à nouveau arbitrer entre les trois confessions issues de cet ancêtre… Je fus un instant tenté par l’islam chiite ; mon compagnon palestinien m’en dissuada. Je m’en retournai donc au judaïsme et empruntai le chemin réservé à ma race. A l’intérieur du sépulcre, chaque armée protégeait les siens . (…) il n’y a pas de bonne solution au fait d’être juif, hormis celle de cesser de l’être. (…) Pour ceux qui veulent bien écouter les Arabes, l’attente de la fin d’Israël, active ou contemplative, reflète une conviction profonde. Peu le disent, de crainte de passer pour des extrémistes ; tous le pensent plus ou moins confusément. Dans l’Egypte en paix avec Israël depuis plus de 20 ans, les plus tolérants font preuve de patience, tout en nourrissant l’espoir que leur pays ne sera pas impliqué dans la disparition d’Israël. (…) Les modérés à la manière de Hassan Hanafi se demandent pour quelle obscure raison les Juifs s’accrochent à ce lambeau de terre si inhospitalier, alors que le monde est si vaste et qu’un grand nombre d’Israéliens, en sus de leur passeport israélien, ont une nationalité en réserve : française, américaine, argentine, etc. On se le demande aussi. (…) Un monde sans Juifs est envisageable ; il y subsisterait le souvenir des Juifs, une interprétation du monde qui n’eût pas été possible sans leur faculté de le décoder. Peut-être leur œuvre est-elle achevée et les temps sont-ils mûrs pour qu’ils se dissolvent dans l’Occident ? (…) En revanche, il restera toujours des musulmans, Que cette vision d’Apocalypse sur la fin des Juifs soit excessive ou fondée, Dieu seul le sait. (…) La charia s’y applique : il arrive que l’on coupe en public la main d’un voleur ; certaines femmes adultères auraient été liquidées, sans témoins. Il faut s’en émouvoir, tout en sachant qu’en pratique ces châtiments publics sont rares, car les voleurs peu nombreux.  Guy Sorman (Les enfants de Rifaa)
Pour conclure sur une note moins optimiste, force est d’admettre que les nations semblent ne pas pouvoir se passer d’un bouc émissaire. Dans ce rôle tragique, l’Arabe n’a-t-il pas remplacé le Juif ? C’est envisageable et ceci invite à lutter contre l’islamophobie sans attendre une Shoah ou une affaire Dreyfus. Je ne néglige pas le “radicalisme islamique”, mais voila un tout autre sujet. Guy Sorman
On m’objectera, en France surtout, où la communauté juive est en majorité issue d’Afrique du Nord, que des Juifs sont victimes d’actes criminels. Rarissimes, ils sont commis par de jeunes Arabes qui reconstituent, dans leurs quartiers de Paris ou Marseille, le conflit israélo-palestinien. Or, on ne saurait confondre antisionisme et antisémitisme. L’antisionisme est fondé sur une situation réelle : les Palestiniens ne sont pas mythiques, leurs revendications non plus bien que difficiles à satisfaire. Guy Sorman

Bon sang, mais c’est bien sûr !

A l’heure où entre assimilation, pression antisémite et lâcheté ou déni de nos élites, la population juive mondiale semble se diriger vers une extinction naturelle

Et où, de Fabius à Sanders et hormis quelques derniers petits réduits de jeunes Arabes antisionistes, la place des juifs dans les plus hautes sphères ne semble plus faire problème …

Comment ne  pas voir l’évidence avec l’essayiste français et plus pur représentant du juif assimilé Guy Sorman ?

Le vieux rêve de l’extinction de l’antisémitisme est désormais à notre portée …

Puisqu’il ne dépend dorénavant plus… que de l’extinction du sionisme et de l’Etat d’Israël !

L’extinction de l’antisémitisme
Guy Sorman

L’Hebdo

19.02.2016

Bernie Sanders, candidat à la Maison Blanche, est juif : qui s’en soucie ? Nul n’en fait mention dans la campagne, les électeurs y sont indifférents. Ce n’aurait pas été le cas il y a une génération : rappelons que, jusque dans les années 1960, les universités américaines opposaient de fait un numerus clausus aux candidats juifs. En France, le nouveau président du Conseil constitutionnel, la plus haute instance juridique, Laurent Fabius, est d’origine juive : le fait est passé inaperçu. La nouvelle ministre de la Culture est juive : aurait-on imaginé cela au pays de l’affaire Dreyfus et du Maréchal Pétain, le collaborateur le plus enthousiaste du nazisme ? En Espagne, les descendants des Juifs expulsés en 1492, s’ils le demandent, peuvent retrouver leur nationalité d’origine. On m’objectera, en France surtout, où la communauté juive est en majorité issue d’Afrique du Nord, que des Juifs sont victimes d’actes criminels. Rarissimes, ils sont commis par de jeunes Arabes qui reconstituent, dans leurs quartiers de Paris ou Marseille, le conflit israélo-palestinien. Or, on ne saurait confondre antisionisme et antisémitisme.

L’antisionisme est fondé sur une situation réelle : les Palestiniens ne sont pas mythiques, leurs revendications non plus bien que difficiles à satisfaire. L’antisémitisme, lui, était entièrement mythique : le Juif n’était pas une personne réelle, mais une construction, mystique et politique. L’extermination des communautés juives, qui commence en France et en Allemagne aux environs de l’An Mille, puis dans le sillage des Croisades, débute presque toujours par une accusation de crime rituelle : un enfant chrétien aurait été égorgé pour que son sang soit mêlé à la confection du pain de la Pâque juive. Les ultimes pogroms, en Russie, au début du XXe siècle, démarrent encore sur ce mythe. Pendant mille ans, le Juif fut, en Occident, le bouc émissaire de référence qui explique mauvaises récoltes, crises économiques, faillites bancaires. Pendant mille ans, les Juifs supposés tous riches alors qu’ils vivent à peu près tous dans la misère, seront expulsés, massacrés, dépouillés de ce qu’ils ne possèdent pas. Et l’antisémitisme ordinaire se fonde sur l’accusation de “Déicide”, jusqu’à ce que le Concile Vatican II efface cette mention de l’office de Pâques. Ce caractère mythique de l’antisémitisme est attesté par l’absence de relation entre le nombre de Juifs et la virulence de l’antisémitisme : quand éclate l’affaire Dreyfus, ils ne sont pas soixante mille en France et occupent un rang médiocre dans la société. Dreyfus lui-même n’est qu’un modeste colonel. Lorsque Hitler prend le pouvoir en 1933, les Juifs en Allemagne ne sont pas cent mille. En Pologne, où subsiste aujourd’hui un modeste courant antisémite avec radio et journaux, les Juifs ont disparu : le Juif n’est pas nécessaire à l’antisémitisme.

Une nouvelle objection que l’on entend en France, reprise par la presse new-yorkaise aux aguets : 7 000 Juifs français émigreraient, chaque année, preuve que vivre Juif en France est insoutenable. Mais ce chiffre, 1% environ de la population juive, est trompeur car il mêle les exilés économiques – qui ne sont pas que Juifs – avec ceux qui, pour des raisons religieuses, souhaitent poursuivre leur vie en Israël.

Rendons-nous à l’évidence, le Juif n’est plus le bouc émissaire et c’est à peine s’il se distingue de la population non juive. Parce que les Juifs se sont intégrés ? Ceci n’est pas une explication, car les Juifs ont toujours manifesté un patriotisme étonnant partout où ils furent en exil : en 1914, mes ancêtres, juifs autrichiens, combattaient dans l’armée autrichienne et mes ancêtres russes dans l’armée du czar. Je n’avais pas encore d’ancêtres français, mais nul doute que, comme Dreyfus, ils se seraient précipités au front. Ce ne sont pas les Juifs qui ont changé, mais la société occidentale : la découverte de la Shoah en 1945, bien entendu, a révélé à jamais que l’antisémitisme était diabolique, mais ce n’est pas la seule explication de la fin de l’antisémitisme : il a d’ailleurs persisté en Pologne, dans la Russie stalinienne, voire dans la France de l’immédiat après-guerre : je peux en témoigner, certains de mes professeurs de lycée étant ouvertement antisémites. Je daterai plutôt la fin de l’antisémitisme du Procès Eichmann en 1961, qui révèle la médiocrité de cette idéologie. Cette “banalité du mal”, selon la philosophe Hannah Arendt, fait qu’aucun bureaucrate (“je suis un bureaucrate qui a obéi aux ordres”, se défend Eichmann), ni aucun intellectuel ne peut plus, après ce procès, se dire antisémite : l’antisémitisme, qui fut en Europe chez des intellectuels chrétiens à droite, anticapitalistes à gauche, une posture élégante, devient, après Eichmann, grotesque. Il s’en suit Vatican II, en 1962, déjà cité, dont l’influence reste fondamentale : l’Eglise est devenue sincèrement philosémite.

Pour ceux qui, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, me considèrent trop optimiste, en raison d’attentats qui mêlent antisémitisme à l’ancienne et antisionisme contemporain, je réplique qu’en 1940, la police française avait déporté ma famille ; maintenant, elle la protège. Pour conclure sur une note moins optimiste, force est d’admettre que les nations semblent ne pas pouvoir se passer d’un bouc émissaire. Dans ce rôle tragique, l’Arabe n’a-t-il pas remplacé le Juif ? C’est envisageable et ceci invite à lutter contre l’islamophobie sans attendre une Shoah ou une affaire Dreyfus. Je ne néglige pas le “radicalisme islamique”, mais voila un tout autre sujet.

Voir aussi:

L’extinction de l’antisémitisme

Le Juif n’est plus le bouc émissaire des sociétés occidentales

Guy Sorman

Tribune juive

Bernie Sanders, candidat à la Maison Blanche, est juif : qui s’en soucie ? Nul n’en fait mention dans la campagne, les électeurs y sont indifférents. Ce n’aurait pas été le cas il y a une génération : rappelons que, jusque dans les années 1960, les universités américaines opposaient de fait un numerus clausus aux candidats juifs. En France, le nouveau président du Conseil constitutionnel, la plus haute instance juridique, Laurent Fabius, est d’origine juive : le fait est passé inaperçu. La nouvelle ministre de la Culture est juive : aurait-on imaginé cela au pays de l’affaire Dreyfus et du Maréchal Pétain, le collaborateur le plus enthousiaste du nazisme ? En Espagne, les descendants des Juifs expulsés en 1492, s’ils le demandent, peuvent retrouver leur nationalité d’origine. On m’objectera, en France surtout, où la communauté juive est en majorité issue d’Afrique du Nord, que des Juifs sont victimes d’actes criminels. Rarissimes, ils sont commis par de jeunes Arabes qui reconstituent, dans leurs quartiers de Paris ou Marseille, le conflit israélo-palestinien. Or, on ne saurait confondre antisionisme et antisémitisme.

L’antisionisme est fondé sur une situation réelle : les Palestiniens ne sont pas mythiques, leurs revendications non plus, bien que difficiles à satisfaire. L’antisémitisme, lui, était entièrement mythique : le Juif n’était pas une personne réelle, mais une construction, mystique et politique. L’extermination des communautés juives, qui commence en France et en Allemagne aux environs de l’An Mille, puis dans le sillage des Croisades, débute presque toujours par une accusation de crime rituelle : un enfant chrétien aurait été égorgé pour que son sang soit mêlé à la confection du pain de la Pâque juive. Les ultimes pogroms, en Russie, au début du XXe siècle, démarrent encore sur ce mythe. Pendant mille ans, le Juif fut, en Occident, le bouc émissaire de référence qui explique mauvaises récoltes, crises économiques, faillites bancaires. Pendant mille ans, les Juifs supposés tous riches alors qu’ils vivent à peu près tous dans la misère, seront expulsés, massacrés, dépouillés de ce qu’ils ne possèdent pas. Et l’antisémitisme ordinaire se fonde sur l’accusation de “déicide”, jusqu’à ce que le Concile Vatican II efface cette mention de l’office de Pâques. Ce caractère mythique de l’antisémitisme est attesté par l’absence de relation entre le nombre de Juifs et la virulence de l’antisémitisme : quand éclate l’affaire Dreyfus, ils ne sont pas soixante mille en France et occupent un rang médiocre dans la société. Dreyfus lui-même n’est qu’un modeste colonel. Lorsque Hitler prend le pouvoir en 1933, les Juifs en Allemagne ne sont pas cent mille. En Pologne, où subsiste aujourd’hui un modeste courant antisémite avec radio et journaux, les Juifs ont disparu : le Juif n’est pas nécessaire à l’antisémitisme.

Une nouvelle objection que l’on entend en France, reprise par la presse new-yorkaise aux aguets : 7 000 Juifs français émigreraient, chaque année, preuve que vivre juif en France est insoutenable. Mais ce chiffre, 1% environ de la population juive, est trompeur car il mêle les exilés économiques – qui ne sont pas que Juifs – avec ceux qui, pour des raisons religieuses, souhaitent poursuivre leur vie en Israël.

Rendons-nous à l’évidence, le Juif n’est plus le bouc émissaire et c’est à peine s’il se distingue de la population non juive. Parce que les Juifs se sont intégrés ? Ceci n’est pas une explication, car les Juifs ont toujours manifesté un patriotisme étonnant partout où ils furent en exil : en 1914, mes ancêtres, juifs autrichiens, combattaient dans l’armée autrichienne et mes ancêtres russes dans l’armée du tsar. Je n’avais pas encore d’ancêtres français, mais nul doute que, comme Dreyfus, ils se seraient précipités au front. Ce ne sont pas les Juifs qui ont changé, mais la société occidentale. La découverte de la Shoah en 1945, bien entendu, a révélé à jamais que l’antisémitisme était diabolique, mais ce n’est pas la seule explication de la fin de l’antisémitisme ; il a d’ailleurs persisté en Pologne, dans la Russie stalinienne, voire dans la France de l’immédiat après-guerre : je peux en témoigner, certains de mes professeurs de lycée étant ouvertement antisémites. Je daterai plutôt la fin de l’antisémitisme du Procès Eichmann en 1961, qui révèle la médiocrité de cette idéologie. Cette “banalité du mal”, selon la philosophe Hannah Arendt, fait qu’aucun bureaucrate (“je suis un bureaucrate qui a obéi aux ordres”, se défend Eichmann), ni aucun intellectuel ne peut plus, après ce procès, se dire antisémite : l’antisémitisme, qui fut en Europe chez des intellectuels chrétiens à droite, anticapitalistes à gauche, une posture élégante, devient, après Eichmann, grotesque. Il s’en suit Vatican II, en 1962, déjà cité, dont l’influence reste fondamentale : l’Église est devenue sincèrement philosémite.

Pour ceux qui, en France, en Belgique, aux Pays-Bas, me considèrent trop optimiste, en raison d’attentats qui mêlent antisémitisme à l’ancienne et antisionisme contemporain, je réplique qu’en 1940, la police française avait déporté ma famille ; maintenant, elle la protège. Pour conclure sur une note moins optimiste, force est d’admettre que les nations semblent ne pas pouvoir se passer d’un bouc émissaire. Dans ce rôle tragique, l’Arabe n’a-t-il pas remplacé le Juif ? C’est envisageable et ceci invite à lutter contre l’islamophobie sans attendre une Shoah ou une affaire Dreyfus. Je ne néglige pas le “radicalisme islamique”, mais voila un tout autre sujet.

Par Guy Sorman

Chroniqueur de la mondialisation et spécialiste de la Chine, Guy Sorman a enseigné l’économie à Sciences Po Paris et dans de nombreuses universités étrangères (Chine, USA, Russie et Argentine). Il est notamment l’auteur de « Le bonheur français », « Le progrès et ses ennemis », « Le Génie de l’Inde » ou « L’année du coq ».

Israel could reduce anti-Semitic violence by not calling itself the Jewish state, Finkelstein says

Philip Weiss
April 10, 2015

Last month at the University of Wisconsin in Madison, Norman Finkelstein gave a speech on “the new anti-semitism” to the Students for Justice in Palestine chapter. The speech contained a number of interesting ideas; let me summarize a few.

The most important one involves Zionism’s role in fostering anti-Semitism. Jewish organizations assert that there is no connection at all between Israel’s actions and anti-semitic activities; but the opposite is the case, Finkelstein said. And Israel and Jewish groups could do a lot to reduce anti-Semitism by disavowing Israel’s actions or disavowing that Israel is a Jewish state. Finkelstein:

It’s often claimed that there’s… no causal nexus between Israeli actions and anti-Semitism, that you can’t blame it on Israel, that there’s no connection between the… spikes in Israeli violence against Palestinians and the upticks in anti-Semitic violence. When in fact if you go through the evidence collected over many years, that’s exactly what the evidence does show: each time Israel launches another of its murderous assaults, anti-semitic incidents peak in Europe. And they’re often perpetrated by disaffected angry Muslim youth. If in recent times, a larger fraction of these incidents are violent, it’s the blowback from the brutish fanaticism currently plaguing the Arab Muslim world.

Now if you’re really concerned about these spurts of anti-Semitism, and you want to contain them, then there are obvious things you can do.
Number one, Israel can stop carrying out massacres….

Another thing is: Israel can simply stop calling itself a Jewish state, so Jews wouldn’t have to bear the burden for its criminal actions.

And the third thing is, official Jewish organizations in the diaspora, they could cease defending Israel’s criminal actions so it won’t appear as if Israel when it carries out these actions is acting in the name of the Jewish people.

The problem hasn’t been helped by the fact that Netanyahu “in a new phase of his megalomania” is calling himself the representative of the entire Jewish people.

When Muslim youths in Europe take him at his word, and they exact revenge on those whom he claims to represent, it might not be right, but it’s not surprising either.

That is a bracing and honest way to consider the attack on the kosher grocery in Paris. Notice that when Rev. Bruce Shipman said something far milder last summer during the Gaza massacre, he lost his job at Yale.

Finkelstein criticized a recent poll purporting to show that half of Britons hold anti-Semitic views. He scoffed at several of the indices of alleged anti-semitic attitudes. For instance, one measure is the view that Jews think that they are better than other people: 17 percent of Brits agreed with that characterization of Jews. Finkelstein says most Jews are anti-Semitic under that definition.

Between the spectacular success of Jews in the western world on the one hand, and the belief in a theological chosenness on the other, in fact most Jews themselves believe in their group superiority. That’s why Jews, present speaker included, like to kvell– that’s the Yiddish word for boast or brag– over the Jewish pedigree of 20 percent of Nobel laureates. I still remember as a child being very proud of the fact that the seminal figures of modernity, Marx, Einstein, and Freud, they were all Jewish…. If it were true that the belief that Jews think that they are superior is proof of anti-Semitism, the inexorable corollary would have to be that most Jews are anti-Semitic because they think they are better than other people.

These comments exactly mirror my own experience. And I’m glad that Finkelstein is talking about Jewish success, a central condition of Jewish life today. Far from being a liability, being Jewish brings “cachet,” he said, tapping people into “networks of privilege and power.” In western Europe, Canada, and the U.S., being Jewish “opens many doors and it closes none.” He cited Chelsea Clinton’s marriage, and observed that she had not slipped a rung on the social ladder by exchanging vows with a Jew.

Then there is the supposedly antisemitic belief that Jews are disproportionately represented in the media.

The fact of the matter is that even as the ADL– the Anti Defamation League– Abraham Foxman wrote in his book on the New Anti-Semitism, he says, yes it’s true Jews are proportionally overrepresented as a group in influential media, whether it be Hollywood, book publishing, opinion journals or newspapers…. but it has no cultural repercussions because he says if you’re in a position of power say in Hollywood, your only concern is the bottom line.

But that’s plainly not the case, Finkelstein said. There is surely a link between the overrepresentation of Jews in Hollywood and the omnipresence of the Holocaust as a cinematic concern, “putting all other human suffering in the shade.” He said there were 110 Holocaust films produced in the last three decades; but only 36 about slavery in the U.S. and the bombings of Hiroshima and Nagasaki combined.

And why shouldn’t people conclude that there is a connection between who sits in seats of influence and the content they produce. We accept such arguments when it comes to race and gender, Finkelstein said:

It’s perfectly fair in liberal precincts – politically-correct liberal precincts – to say that white people as against people of color, they have too much power in the media. Or it’s perfectly correct to say, men as against women, they have too much power in the media. Because everybody understands that if you‘re a man against a woman… there’s going to be a kind of natural propensity to give unfair time to yourself, your group, your gender. So it’s perfectly fine to say that white people as against people of color have too much power in the media, or men as against women have too much power in the media. Why, then, does it become anti-Semitic to flag the overrepresentation of Jews in the media? (17:45 min)

I don’t think that anyone has expressed that idea more clearly.

Finkelstein went on to question how much discrimination Jews face. Being Jewish carries a stigma, he said, but it is less of a burden than other forms of social prejudice, say those against being fat, short, bald, or unattractive. These are all life’s “stigmata,” he said– “God’s roll of the dice”– and people have to learn to live with them.

The evidence offered that being Jewish invites discrimination or violence is laughable, he said. The correlation of incidents involving violence and Jews in the west is flimsy; and if being Jewish was a bar to opportunity, then why are there so many Jews at leading universities. Forty percent of the student bodies of Columbia and the University of Pennsylvania– and 2 percent of the overall population. Twenty to 25 percent at Yale, Harvard and Cornell, 13 percent at Princeton and Brown. “This is hardly evidence of anti-Semitism.”

In fact, anti-Semitism has been “vanquished,” he said, and is approaching zero; and Finkelstein said he thought the argument that Jews are actually being favored in admissions at Ivy League schools to the detriment of Asian-Americans is intriguing.

In the last part of his lecture Finkelstein engaged the charge that it is anti-Semitic to single Israel out when many other countries do bad or worse stuff. Finkelstein took the charge seriously and had a very good answer, chiefly involving the special character and longevity of the injustice in Palestine.

The Q-and-A was notable for a couple of comments. Finkelstein differed with Noam Chomsky over the role of the Israel lobby. He said that the lobby was the reason the U.S. supports the Israeli occupation of Palestine. The U.S. has “no stake in the occupation” and would “be euphoric” if Israel withdrew from the occupation.

Then there was Finkelstein’s defense of the two-state solution. I’ve often heard him defend it before, but what struck me as remarkable is that on the one hand he said that the two-state solution was what apartheid South Africa had hoped to achieve by creating the Bantustans, a solution that the world resisted successfully (something Ali Abunimah said many years ago); but on the other the two-state solution should be supported in Israel and Palestine because it reflects international law and world opinion.

Citing global political and public opinion on the question, Finkelstein asked, “What is the maximum, the maximum one could hope to extract?” A Palestinian state in 20 percent of historical Palestine, he said. “Name me one country in the world that supports one state,” he went on challengingly. Even the Greens and Sinn Fein support two states.

“It’s not politics in my opinion,” he said, to demand one state, given that context. “You are imposing a personal opinion on a conflict, as if your personal opinion had anything to do with it.”

Addressing the BDS movement, or boycott, divestment and sanctions, Finkelstein said it was failing a “selfless” Gandhian test in insisting on Palestinians’ rights but not respecting the “reciprocal obligations” to honor the rights of the antagonist. He referred here to the rights of Israelis to their state, which is recognized under international law. BDS has no position on Israeli rights, he said, and in fact “discards Israeli rights”– and that is not a winnable position. There is a tendency among BDS supporters to believe that BDS can liberate Palestine. He called this “a naïve and almost silly position,” and one that did not reflect the South Africa experience, where a mass movement liberated the country.

(I disagree with Finkelstein’s points here, as to one state being a political movement, as to there being no country that supports one state (Israel does), as to BDS’s respect for Israelis’ rights and the effectiveness of BDS; but I will leave the countering to others, or another time.)

Thanks to Annie Robbins for picking up the lecture, seizing on many of the ideas above, and preparing notes for me on it.

Voir encore:

Pew Report: European Jews Disappearing
With rising anti-Semitism, spotlight has shone on whether Europe’s Jews will stay or go. But actually, the Jewish population of Europe has been declining since World War II.
Haaretz

Feb 10, 2015

Pew report published Monday finds Jewish population in Europe is dwindling. Some Jewish leaders have been talking about a Jewish exodus from Europe in response to rising anti-Semitism and extremism.

But though events such as the increasing anti-Semitism during the summer’s Gaza war and the deadly attack on a kosher supermarket in Paris last month have focused the world’s attention on the issue, the truth is the Jewish population of Europe has been steadily declining since World War II, as a recent Pew report demonstrates.

The steepest drop, of course, was between 1939 and 1945, when 6 million Jews were killed in the Holocaust and the Jewish population went from 9.5 million to 3.8 million.

But that number has been steadily dropping over the past several decades, especially in Eastern Europe and the former Soviet Union, according to the Pew Research Center’s Global Religious Landscape report of 2012 and research by Sergio DellaPergola of the Hebrew University of Jerusalem.

Those data show that in 1960 the Jewish population of Europe dropped to 3.2 million, then to 2 million in 1991, the year the Soviet Union collapsed, and 1.4 million in 2010 – 10 percent of the world’s Jewish population and 0.2 percent of Europe’s total population.

Expect more to come: The past two years have seen a dramatic rise in Jewish immigration from France, and 2015 looks to be a banner year for the French Jewish exodus.

 Voir enfin:

February 9, 2015

The continuing decline of Europe’s Jewish population

It’s been seven decades since the end of the Holocaust, an event that decimated the Jewish population in Europe. In the years since then, the number of European Jews has continued to decline for a variety of reasons. And now, concerns over renewed anti-Semitism on the continent have prompted Jewish leaders to talk of a new “exodus” from the region.

There are still more than a million Jews living in Europe, according to 2010 Pew Research Center estimates. But that number has dropped significantly over the last several decades – most dramatically in Eastern Europe and the countries that make up the former Soviet Union, according to historical research by Sergio DellaPergola of the Hebrew University of Jerusalem.

In 1939, there were 16.6 million Jews worldwide, and a majority of them – 9.5 million, or 57% – lived in Europe, according to DellaPergola’s estimates. By the end of World War II, in 1945, the Jewish population of Europe had shrunk to 3.8 million, or 35% of the world’s 11 million Jews. About 6 million European Jews were killed during the Holocaust, according to common estimates.

Since then, the global Jewish population – estimated by Pew Research at 14 million as of 2010 – has risen, but it is still smaller than it was before the Holocaust. And in the decades since 1945, the Jewish population in Europe has continued to decline. In 1960, it was about 3.2 million; by 1991, it fell to 2 million, according to DellaPergola’s estimates. Now, there are about 1.4 million Jews in Europe – just 10% of the world’s Jewish population, and 0.2% of Europe’s total population.

Measuring Jewish populations, especially in places like Europe and the United States where Jews are a small minority, is fraught with difficulty. This is due to the complexity both of measuring small populations and of Jewish identity, which can be defined by ethnicity or religion. As a result, estimates vary, but Pew Research’s recent figures are similar to those reported by DellaPergola, one of the world’s leading experts on Jewish demography.

In Eastern Europe, a once large and vibrant Jewish population has nearly disappeared. DellaPergola estimates that there were 3.4 million Jews in the European portions of the Soviet Union as of 1939. Many were killed in the Holocaust, and others moved to Israel or elsewhere. Today, a tiny fraction of the former Soviet republics’ population – an estimated 310,000 people – are Jews.

Similar trends have occurred in Eastern European countries that were outside the USSR, including Poland, Hungary, Romania and several other nations. Collectively, they were home to about 4.7 million Jews in 1939, but now there are probably fewer than 100,000 Jews in all these countries combined.

Much of the postwar decline has been a result of emigration to Israel, which declared its independence as a Jewish state in 1948. The Jewish population of Israel has grown from about half a million in 1945 to 5.6 million in 2010. But there are other possible factors in the decline of European Jewry, including intermarriage and cultural assimilation.

In addition, Jewish populations have not decreased uniformly in every European country. For example, we estimate that there were about as many Jews in France as of 2010 (310,000) as DellaPergola estimates there were in 1939 (320,000), although recent reports have indicated a surge in Jewish emigration from France.

The United Kingdom also continues to have a significant Jewish population (about 280,000 in 2010, down from DellaPergola’s estimate of 345,000 in 1939). But a new report released this week found a record level of anti-Semitism in the U.K., with more than 1,000 anti-Semitic incidents recorded in 2014.

Voir de plus:

Derrière les menaces de mort contre Laurence Marchand-Taillade
La convergence des intégristes et des djihadistes?
Robert Louis Norrès
Chercheur, diplômé de l’ENS.
Causeur

19 février 2016

Pour Robert Louis Norrès, les menaces de mort dont la présidente de l’Observatoire de la laïcité du Val d’Oise est la cible, annonce «la convergence des actions des intégristes musulmans et des djihadistes».

La présidente de l’Observatoire de la laïcité du Val d’Oise Laurence Marchand-Taillade, a été menacée de mort après avoir dénoncé la tenue d’un rassemblement de l’UOIF, dont on connaît les accointances avec les Frères musulmans et en présence du putatif leader d’un prochain parti islamique de France, Tariq Ramadan. Après les attaques contre les juifs depuis 2000 environ, les menaces de morts contre Charlie et l’exécution de ces menaces, puis les attentats du Bataclan, une nouvelle étape a ainsi été franchie dans la montée en puissance de la terreur islamiste dans notre pays.

D’abord à partir des années 2000, l’intégrisme islamique s’en est pris aux Français juifs qui jouissaient  jusqu’alors pleinement de leur appartenance à la nation française et de la protection dont peuvent se prévaloir tous les citoyens. La pression agressive que l’islamisme en France a fait peser sur eux, en toute impunité puisque l’origine du mal n’a jamais été mentionnée par nos dirigeants, a de facto scindée notre nation en deux. Ceux qui bénéficiaient de la protection de notre pays et ceux dont cette protection n’était plus totalement garantie dans les faits. Il s’agit donc d’une première dégradation infligée à notre pays, incapable de trouver en lui-même la volonté de défendre une partie de sa population dont la valeur symbolique est cependant très grande de par le pacte bicentenaire scellé entre la France, sa République et les juifs de notre pays. La France, première nation à leur reconnaître la pleine citoyenneté, tandis que ceux-ci  reconnaissaient et acceptaient pleinement leurs devoirs envers elle. Le symbole est d’autant plus fort que cette appartenance pleine et entière a donné à notre République, dès l’origine, un contenu concret au mot « Fraternité » de sa devise, ainsi que l’avait voulu Bonaparte, puis Napoléon. C’est cette Fraternité qui a été attaquée et mise à mal par les islamistes dans une presque totale   indifférence générale. Le symbole est également d’autant plus fort trois-quarts de siècle à peine après la trahison de Vichy, et alors que tout le monde avait dit « plus jamais ça ». Ainsi les Français juifs se retrouvèrent en première ligne dans l’affrontement que l’islam radical a déclenché contre notre pays. Tout en assouvissant leur passion hideuse antisémite, il s’agissait  de montrer que nous n’avons pas le courage de nos meilleures résolutions, que nous ne sommes pas à la hauteur de notre devise nationale, à la hauteur de notre histoire, que nous n’avons plus aucune valeur à défendre si ce n’est, chacun d’entre nous, sa propre vie, sa propre situation personnelle. Le contraire d’une nation rassemblée. Or, l’intégration du judaïsme à la France peut servir de modèle à l’intégration de l’islam à la France, et c’est ce modèle même que l’islamisme cherche à détruire.

Le déni commence à se dissiper mais…
Puis, l’islam radical s’en est pris à ceux qui s’expriment, par le dessin avec Charlie, le cinéma avec Theo van Gogh, sans compter tous ceux qui ont été menacés de mort, des écrivains, des philosophes. Michel Houellebecq, avant de publier son dernier livre, l’a fait relire par des experts en radicalisme islamique pour s’assurer que sa vie ne sera pas trop menacée. L’intimidation et la menace se sont ainsi portées sur les voix capables d’exprimer les réalités que nos politiques feignaient de ne pas voir. Le front s’est donc ainsi étendu sur le champ de la parole et de la culture. Les attentats du Bataclan l’ont étendu à la population toute entière. Le déni commence à se dissiper partiellement, les politiques ne pouvant pas passer ces attentats par pertes et profits comme cela a été le cas avec Charlie. Néanmoins, ils peinent à en tirer toutes les conclusions.

Que s’est-il passé pendant ces quinze dernières années ? L’islam intégriste et conquérant a étendu son emprise sur le terrain, dans les esprits, dans les communes, en faisant croître les territoires perdus de la République, en conquérant de nouveaux territoires où il peut de plus en plus faire régner sa loi, et non plus celle de notre pays. L’islam radical qui frappe, qui tue, n’est en effet que le bras armé plus ou moins contrôlé ou incontrôlable de l’intégrisme islamique qui mène lui l’offensive non pas à coup de kalachnikovs mais de grignotages constants de nos institutions. L’infiltration intégriste se voit dans les communes où des maires sans courage et complaisants, ou peut-être tout simplement se sentant abandonnés, louent temporairement la paix civile en cédant devant les exigences intégristes. Il y a l’exemple bien connu des piscines. Mais il y a aussi tous ces quartiers où les fonctions régaliennes sont déléguées aux pires ennemis de notre République, pour le plus grand malheur des populations qui y vivent livrées aux plus entreprenants des leaders intégristes. Cette infiltration se voit également dans les écoles où l’autorité des professeurs est battue en brèche et où les contenus enseignés sont décriés ouvertement, et dans certaines entreprises publiques où par facilité on recrute des personnels intégristes pour apaiser les extrémistes des « cités ». La montée de la violence islamiste s’est donc accompagnée du déclin de notre République, de nos institutions et du soutien qu’elles apportent à tous ceux qui les servent en première ligne : les enseignants, les policiers, les médecins, les infirmières, les conducteurs de bus, les agents de l’électricité, tous ceux qui sur le terrain témoignent de l’existence de notre Etat. Ce déclin, voire cette reddition dans les territoires de conquête de l’islamisme, a été accompagné par un déclin général dans toute la société des valeurs collectives et de la confiance en ces valeurs qui auraient pu soutenir la résistance.

Les mécanismes de la montée en puissance de l’intégrisme
Quels ont été les mécanismes principaux de la montée en puissance de l’intégrisme islamique dans nos villes ? Le contexte général est la montée mondiale de l’intégrisme islamique dans de nombreux pays à majorité ou à forte population musulmane, dont l’origine tient, au moins en partie, à l’idéologie wahhabite, au salafisme ou encore à celle des Frères musulmans qui se répandent par tout un réseau d’associations culturelles, de mosquées, de publications. L’état d’esprit de rejet de l’autre et de conquête qui en résulte chez les intégristes, n’a pas jusqu’alors rencontré la résistance nécessaire grâce à l’arme de la culpabilisation occidentale, à l’aide des complices de l’islamisme qui infusent la haine de soi depuis des décennies et à une grande lâcheté ou un grand désarroi de nos dirigeants. Pour ce qui est des menaces proférées à l’égard de Laurence Marchand-Taillade, on peut se demander si les dénis du président de l’Observatoire de la laïcité (dont l’Observatoire de la laïcité du Val d’Oise n’est pas une émanation, ndlr), Jean-Louis Bianco, n’ont pas été interprétés comme un encouragement par les fanatiques qui voient toute faiblesse comme un appel à l’action.

Mais toutes ces pistes ne suffisent pas à expliquer cette montée en puissance de l’intégrisme islamique. La notion de droits individuels qui tend à supplanter tout autre impératif collectif dans notre société a étendu le champ du droit au détriment du champ politique. C’est une tendance séculaire magistralement décrite par Jean-Claude Michéa dans un texte sur le libéralisme politique, de ses origines, à la fin des guerres de religions, jusqu’à aujourd’hui. Dès lors, il est de plus en plus difficile d’opposer des valeurs collectives à ce qui est présenté comme des revendications de droits individuels. Il suffit donc de présenter les revendications de l’islam politique comme étant de simples revendications de nouveaux droits individuels, tout en jouant sur toute une palette de sentiments que les intégristes musulmans connaissent parfaitement lorsqu’ils exercent leurs pressions sur nos édiles pour faire reculer le champ républicain, le champ national :  la culpabilité du représentant de la « puissance coloniale », la crainte de désordres éventuels que l’interlocuteur prétend pouvoir contrôler et calmer alors qu’il en est l’un des principaux organisateurs, le désir d’être réélu…

L’affaiblissement des élus
L’affaiblissement des élus et de tous les acteurs qui sont en première ligne est bien sûr aggravé par le discours général d’une partie des responsables politiques nationaux, de la presse parisienne et des radios et télévisions publiques et privées, ainsi que d’un grand nombre d’associations qu’elles relaient complaisamment. Certaines de ces associations dénigrent, dégradent, rabaissent tout ce que la France représente, toute prétention de sa part à une légitimité historique et politique et donc à représenter l’avenir. C’est le discours sur « la France rance ». Il devient dès lors de plus en plus difficile d’intégrer et d’assimiler à la nation des populations à qui l’on explique que leurs ancêtres ont été maltraités par une  France haineuse et dont les représentants d’aujourd’hui seraient les héritiers qui n’ont rien appris ni rien oublié. Les intégristes islamistes remplissent ainsi le champ politique abandonné par la France, et en repoussent progressivement les limites, en jouant donc sur la notion d’extension des droits individuels. Ce mouvement s’appuie sur l’habitude de notre société de toujours céder aux exigences de nouveaux droits individuels et sur la délégitimation de l’exigence du respect de valeurs collectives. Il s’appuie aussi sur le fait que le communautarisme tend, par construction, à amalgamer les individus à leur communauté supposée. Changer la règle pour une communauté donnée, dans l’esprit de certains de nos édiles, revient à donner des droits individuels à chacun de ses membres. Notre pays suit ainsi le chemin inverse qui avait été le sien lors de sa construction. La nation devient le cadre oppressif dont il faut se défaire pour recréer des communautés – des féodalités – émancipatrices de la nation.

Pendant longtemps, l’islamisme violent, celui qui commet des attentats, celui qui tue, et l’intégrisme islamique ont évolué dans une relative indépendance l’un de l’autre. D’abord parce que l’islamisme violent, le djihadisme, n’existait pas chez nous. La montée de l’antisémitisme depuis les années 2000, la progression du communautarisme et le recul de la République ne sont ainsi pas la conséquence du djihadisme, mais du travail de sape constant de l’intégrisme islamique, du progrès de son discours et des progrès de la force de son emprise sur un nombre croissant de personnes. L’émergence du djihadisme est beaucoup plus récente, et on peut la faire remonter à Merah, même s’il y a eu de lâches et odieux  assassinats aux motivations antisémites auparavant, dont Ilan Halimi.

Extension de l’islam comme force politique
Un objectif commun anime les intégristes musulmans et les djihadistes : l’extension de l’islam comme force politique supplantant la France républicaine, même si les méthodes sont différentes. Les discours des uns fournissent le substrat de la radicalisation des autres. Les djihadistes peuvent compter sur la complicité des intégristes, ou du moins de la partie la plus radicale d’entre eux, pour les cacher, les nourrir, les aider à mener une vie normale jusqu’au passage à l’acte, et leur fournir la logistique pour le faire. Sans cela, Salah Abdeslam aurait été arrêté depuis longtemps, alors que les polices belges et européennes continuent à le chercher. Il y a un continuum entre le simple rejet, la haine et la  radicalisation la plus extrémiste. Néanmoins, jusqu’alors, les deux phénomènes ont agi de manière relativement indépendante l’un de l’autre.

Les menaces de mort dont une femme politique du Val d’Oise (Laurence Marchand-Taillade est secrétaire nationale du PRG, ndlr) est la cible annonce la convergence de leurs actions. Celle-ci a dénoncé la tenue d’un rassemblement de l’UOIF en présence de Tariq Ramadan. On peut trouver en effet dans ces rassemblements de nombreux intégristes aux discours incompatibles avec nos valeurs nationales et républicaines. Ces menaces djihadistes contre Laurence Marchand-Taillade annoncent ainsi que le djihadisme vient en support direct de l’intégrisme, en intimidant et en menaçant de faire taire ses opposants de manière définitive. Dorénavant, les personnes qui s’opposeront légalement et démocratiquement aux entreprises antidémocratiques, antirépublicaines et antifrançaises des intégristes tels que les Frères musulmans, feront l’objet des mêmes menaces de mort de la part des djihadistes, dont on sait qu’elles peuvent effectivement être mises à l’exécution. Cela rend la lutte contre l’islamisme radical, ainsi que le renforcement de notre détermination à défendre nos valeurs et nos institutions d’autant plus nécessaires et urgents.

Voir enfin:

« Islamophobie » : les chiffres du CCIF ne sont pas fiables
Alexandre Devecchio

Le Figaro

20/01/2016

FIGAROVOX/ ENTRETIEN – Bernard Cazeneuve a annoncé que les actes antimusulmans avait triplé cette année. Le Collectif contre l’islamophobie en France annonce des chiffres bien plus élevés. Le décryptage d’Isabelle Kersimon.

Isabelle Kersimon est journaliste. Elle est l’auteur de, Islamophobie: la contre-enquête (Plein Jour, 288p, 19€, octobre 2014).

Dans une interview au journal La Croix, Bernard Cazeneuve a annoncé les chiffres des actes antisémites, antimusulmans et antichrétiens pour l’année 2015. Les actes antimusulmans ont plus que triplé et s’établissent à «environ 400». Pourtant, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) évoque des chiffres bien plus élevés concernant les actes «islamophobes». Comment expliquez-vous un tel décalage? Comment ces chiffres sont-ils obtenus?

Isabelle Kersimon: Les chiffres du CCIF ne sont absolument pas fiables: son rôle est d’alimenter le sentiment de persécution des musulmans par les non-musulmans et de faire entériner le concept d’islamophobie pour imposer l’interdit de «diffamer les religions, surtout l’islam», ainsi que de faire abroger les lois de 2004 et 2010 sur le voile «islamique» à l’école et le voile intégral. J’ai étudié l’ensemble de leurs statistiques entre fin 2003 et 2012. Leurs rapports annuels étaient alors disponibles sur leur site, constitués de listes totalement imprécises, avec des doublons et des triplets visiblement comptabilisés pour autant d’actes «islamophobes». J’ai donc fait des recherches poussées sur chaque doléance, en me basant sur les informations fournies par le CCIF et en parvenant le plus souvent à les recouper avec des informations parues dans la presse régionale ou nationale, à partir d’un nom, d’une ville, d’un lieu ou d’une simple date. Au-delà de ce relevé précis qui permettait dans un premier temps d’établir un acte unique pour trois mentions, par exemple, j’ai voulu connaître les suites données: enquêtes de police, puis jugements.

Il faut savoir que le CCIF comptabilisait à l’époque comme «actes islamophobes» des faits aussi divers qu’une question posée à une jeune femme voilée lors d’un entretien à l’ANPE, des règlements de compte crapuleux, des vols relevant du simple droit commun, des propos jugés insultants et, beaucoup plus graves, des expulsions de prédicateurs violemment antisémites et appelant au djihad contre les infidèles et l’Occident, voire en lien avec des entreprises terroristes.

Les relevés du CCIF ne sont plus disponibles sur leur site. En revanche, il a conservé sa spécificité: délivrer de fausses informations, amplifier des phénomènes, accumuler des faits invérifiables. Agissant sur les réseaux sociaux en véritables commandos groupés, ses membres pratiquent ce que ReputatioLab appelle «cloudsurfing», contraignant ainsi les médias à se tourner vers eux et, de ce fait, à légitimer leur discours. À l’aide de hashtags affolants (#PerquisitionnezMoi, par exemple), ils mobilisent des comptes dont on ignore tout de la tangibilité dans le monde réel. La question se pose vraiment, car nombre de musulmans ne s’y retrouvent absolument pas et refusent cette instrumentalisation victimaire. À propos des perquisitions, le porte-parole du CCIF, Yasser Louati, a ainsi déclaré sur Al-Jazeera qu’elles consistaient en «raids brutaux» et humiliaient des «millions de musulmans»…

J’alerte depuis longtemps sur les manipulations statistiques du CCIF. L’exemple le plus frappant reste sans doute le faux meurtre «islamophobe» de Dreux sur un homme sortant d’une mosquée, Archane Anouar. L’enquête a montré que deux criminels ont été jugés en cour d’assises en mars 2011 et que l’un d’eux, Nassim Djellal, a été condamné à dix ans de prison pour violences volontaires ayant entraîné la mort, sans que le juge relève l’aggravation d’«islamophobie»… Il s’agissait d’une sordide affaire de règlement de compte. Deux jours après les attentats atroces de novembre, le CCIF a alerté sur le «tabassage» («islamophobe») de deux «passants d’origine maghrébine» lors d’une manifestation raciste à Pontivy. Yasser Louati déclare même sur Al Jazeera que la victime est tombée dans le coma. Un simple appel à la mairie de Pontivy m’a suffi pour, encore une fois, démonter l’imposture: lors d’un affrontement entre identitaires et antifascistes, un Pontivien d’origine antillaise a eu des dents cassées et une lèvre fendue…

Le ministère travaille avec le CFCM et comptabilise les plaintes reçues. D’où le décalage saisissant entre ces deux sources.

Le ministre de l’Intérieur fait état d’une diminution de 5% des «actes antisémites», qui restent cependant «à un niveau élevé, avec 806 actes constatés». Constater une diminution des actes antisémites, l’année de l’attentat contre l’HyperCasher, n’est-ce pas paradoxal? Ces actes sont-ils classés selon leur degré de gravité?

Non, la gravité des actes n’entre pas en considération dans la froideur statistique. Je tiens ici à préciser que parmi les 806 actes antisémites constatés sur à peine 1 % de la population, il y a eu en 2015 quatre victimes juives massacrées à l’HyperCasher parce qu’elles étaient juives – et que la policière Clarissa Jean-Philippe a été abattue parce qu’elle était postée à proximité d’une synagogue et d’une école juive, ainsi que plusieurs agressions au couteau particulièrement graves, destinées à tuer et ayant entraîné des blessures sanglantes, portées dans la rue contre des concitoyens juifs parce que juifs.

Les lieux de cultes et cimetières chrétiens, qui sont les plus nombreux en France, «ne sont pas épargnés avec 810 atteintes», soit une «hausse de 20%», a indiqué Bernard Cazeneuve. Les actes antichrétiens sont plus nombreux et moins médiatisés que les actes antimusulmans ou antisémites. Sans tomber dans la concurrence victimaire, a-t-on tendance à banaliser cette violence?

Le ministère ne minimise absolument pas les actes antichrétiens, ni ne les traite avec moins de sévérité.Le patrimoine cultuel chrétien est en effet celui qui est le plus touché en nombre par les dégradations. Il est aussi le plus important en nombre, en France. Encore une fois, il faudrait être en mesure de connaître le détail de chaque dégradation ou violence envers les personnes en raison de leur confession pour répondre correctement à une telle question. Je déplore que certains chrétiens versent en effet dans une forme de concurrence victimaire.S’exprime surtout la crainte d’être dépossédé non du nombre d’exactions, mais d’une part de son identité historique.Il est vrai que les médias, quant à eux, ne relaient pas en boucle sur le ton le plus offusqué les exactions antichrétiennes. Dans la logique qui est la mienne, je considère que c’est heureux car ces escalades médiatiques ne présagent rien de bon.

Quel que soit la réalité des chiffres, l’augmentation de ces actes n’est-elle pas préoccupante?

La crispation autour du fait religieux est indéniable en France et le manque crucial d’éducation est, pour moi, sans aucun doute à l’origine de nombre d’actes de vandalisme, voire de profanations. L’augmentation du nombre de profanations concerne les trois grands monothéismes et est, en effet, très préoccupante. Il faut cependant distinguer, à mon sens, ce qui relève de «traditions» d’extrême droite en général assez localisées – je n’ai pas encore décrypté les chiffres de 2015, mais entre 2003 et 2012, nombre de profanations de lieux de culte et de sépultures musulmans et juifs avaient eu lieu au même endroit et au même moment, et, pour ce qui concerne les lieux chrétiens, les actes motivés par des groupuscules satanistes. Cela dit, les inscriptions racistes sur les mosquées, les jets de chair porcine, les menaces adressées à des responsables musulmans et les dégradations spécifiquement antimusulmanes se sont en effet multipliées, surtout après les attentats de janvier, comme une réponse abjecte à l’horreur des massacres. La hausse a été moins forte après les attentats de novembre. Et c’est cela qu’il faut comprendre de toute urgence: ne pas céder à une tentation vengeresse en réponse aux tueries des djihadistes.

Je pense d’ailleurs que l’on gagnerait en sérénité si, plutôt que se saisir de faits dont on ignore les causes et de les relayer dans tous les médias, on les considérait non pas en raison du nombre de plaintes déposées, mais après résultat d’enquêtes. Il faudrait analyser dans le détail les dates, les faits, les auteurs et les motivations.

Peut-être conviendrait-il aussi d’étudier de près les menaces et les discours que des prédicateurs proches des courants fréristes, salafistes, wahhabites délivrent à leurs fidèles ou lancent contre des personnalités dont le seul tort est de s’exprimer. N’oublions jamais qu’être accusé d’être islamophobe tue.

2 commentaires pour Juifs utiles: Plus de juifs, plus d’antisémitisme (Final solution: French essayist comes up with the ultimate solution to antisemitism)

  1. jcdurbant dit :

    Rappelons quelques faits :

    1. L’écrasante majorité des agressions à caractère raciste, dans des pays comme la France et la Belgique, sont portées contre des Juifs (par agression, je vise les catégories pénales : meurtre, coups et blessures, etc.). La probabilité pour un Juif, en France, de faire l’objet d’une agression physique à caractère raciste est deux cents fois supérieure à la probabilité qu’un musulman ne soit victime d’un acte comparable. Ces chiffres sont ceux du ministère français de l’Intérieur pour 2012, pondérés des volumes de populations estimés. En données brutes, pour 2012 : 175 agressions racistes contre des Juifs, 9 agressions racistes contre des musulmans (Le Monde, 20.02.2013) ;

    2. Pour juger de la réalité de l’antisémitisme, dans l’Europe de 2016, suggérons à toute personne curieuse de « l’extinction » du phénomène de déambuler tranquillement dans les rues de Paris, Marseille, Bruxelles ou Lille, avec une kippa vissée sur le chef ;

    3. Quant à la « preuve par Fabius », rappelons qu’en 1938 Léon Blum était président du Conseil (Premier ministre) ;

    4. La phrase « Dans ce rôle tragique, l’Arabe n’a-t-il pas remplacé le Juif ? C’est envisageable et ceci invite à lutter contre l’islamophobie sans attendre une Shoah ou une affaire Dreyfus » est typique de la négligence qui étreint certains intellectuels dès qu’il s’agit de religion. Rappelons que a) l’islam n’est pas une race, c’est une religion et un projet politique, 2) la majorité des musulmans de par le monde ne sont pas arabes, et c) comme rejet tout intégral d’un héritage religieux particulier, l’islamophobie est un droit constitutionnel, au même titre que l’athéisme ou le rejet de la religion catholique.

    S’il y a bien un sujet que nous, Européens, devons envisager avec sérieux, n’est-ce pas la réalité de l’antisémitisme ?

    Drieu Godefridi

    J'aime

  2. jcdurbant dit :

    Aussi horribles fussent ces armes et mégalomane sa stratégie, il était possible de comprendre Ben Laden. Sans doute cette interprétation est-elle plus aisée aujourd’hui qu’elle ne le fut à l’époque : la réponse occidentale en Afghanistan puis en Irak n’était sans doute pas appropriée, là encore avec le recul du temps. Une destruction ciblée d’Al Qaïda aurait, peut-être, été plus opportune que la tentative toujours non couronnée de succès d’imposer l’état de droit et la démocratie dans les deux pays envahis …

    Guy Sorman

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :