A neuf mois du scrutin qui désignera son successeur, le président américain a pointé du doigt – sans les citer nommément – ceux de ses adversaires républicains qui font des amalgames entre « des actes terroristes et une religion ». C’est la première fois depuis son arrivée au pouvoir en 2009 que Barack Obama se rendait dans un lieu de culte musulman sur le sol américain.

Dans cette allocution, entamée en arabe par un « Salam aleikum » (« Que la paix soit sur vous »), Barack Obama a commencé par remercier les musulmans : « La première chose que je veux dire et que les musulmans américains n’entendent pas assez souvent, c’est merci. Merci de servir votre communauté, merci d’améliorer la qualité de vie de vos voisins, et de nous aider à rester forts et unis, comme une famille américaine. »

« Vous êtes musulmans ET américains »

« L’Islam a toujours fait partie de l’Amérique, a-t-il poursuivi, dénonçant la « rhétorique inexcusable contre les musulmans américains, des propos qui n’ont pas leur place dans notre pays ». Et Barack Obama de déclarer : « Vous n’êtes pas musulmans ou Américains, vous êtes musulmans ET américains. Vous n’avez pas à choisir entre votre foi et votre patriotisme ».

Soulignant l’importance de ne pas faire d’amalgame entre « une petite fraction de musulmans qui propagent une vision pervertie de l’Islam » et « une écrasante majorité des musulmans du monde qui voient leur religion comme une source de paix », le président américain a appelé ces derniers à dénoncer haut et fort toutes les dérives en leur sein. « A travers l’ensemble du monde islamique, les voix influentes devraient en permanence s’exprimer », a-t-il conseillé.

Comme Bush en 2001

Six jours après les attentats du 11 septembre 2001, revendiqués par Al-Qaïda, George W. Bush s’était rendu dans une mosquée de Washington. « L’islam, c’est la paix », avait-il lancé dans une brève allocution restée dans l’Histoire, soulignant que « le visage de la terreur » n’avait rien à voir avec cette religion pratiquée par des centaines de millions de personnes à travers le monde. Aujourd’hui, Barack Obama a certainement prononcé un discours tout aussi historique, n’en déplaise à Donald Trump.