Hanouka/2180e: Comment la plus insignifiante devint la plus américaine des fêtes juives (Counter-Christmas: It’s penis envy, stupid !)

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President Barack Obama and first lady Michelle Obama wave with the Easter Bunny as they greet families participating in the White House Easter Egg Roll on the South Lawn of White House in Washington, Monday, April 6, 2015. Thousands of children gathered at the White House for the annual Easter Egg Roll. This year's event features live music, cooking stations, storytelling, and of course, some Easter egg roll. (AP Photo/Jacquelyn Martin)
En ces jours-là surgit d’Israël une génération de vauriens qui séduisirent beaucoup de personnes en disant : « Allons, faisons alliance avec les nations qui nous entourent, car depuis que nous nous sommes séparés d’elles, bien des maux nous sont advenus. » (…) Plusieurs parmi le peuple s’empressèrent d’aller trouver le roi, qui leur donna l’autorisation d’observer les coutumes païennes. Ils construisirent donc un gymnase à Jérusalem, selon les usages des nations, se refirent des prépuces et renièrent l’alliance sainte pour s’associer aux nations. 1 Maccabées 1: 11-15
Il n’était même pas permis de célébrer le sabbat, ni de garder les fêtes de nos pères, ni simplement de confesser que l’on était Juif. On était conduit par une amère nécessité à participer chaque mois au repas rituel, le jour de la naissance du roi et, lorsqu’arrivaient les fêtes dionysiaques, on devait, couronné de lierre, accompagner le cortège de Dionysos. (…) Ainsi deux femmes furent déférées en justice pour avoir circoncis leurs enfants. On les produisit en public à travers la ville, leurs enfants suspendus à leurs mamelles, avant de les précipiter ainsi du haut des remparts. D’autres s’étaient rendus ensemble dans des cavernes voisines pour y célébrer en cachette le septième jour. Dénoncés à Philippe, ils furent brûlés ensemble, se gardant bien de se défendre eux-mêmes par respect pour la sainteté du jour. (…) Eléazar, un des premiers docteurs de la Loi, homme déjà avancé en âge et du plus noble extérieur, était contraint, tandis qu’on lui ouvrait la bouche de force, de manger de la chair de porc. Mais lui, préférant une mort glorieuse à une existence infâme, marchait volontairement au supplice de la roue,non sans avoir craché sa bouchée, comme le doivent faire ceux qui ont le courage de rejeter ce à quoi il n’est pas permis de goûter par amour de la vie. 2 Maccabées 6 : 6-20
La crise maccabéenne n’est pas un affrontement entre un roi grec fanatique et des Juifs pieux attachés à leurs traditions. C’est d’abord une crise interne au judaïsme, d’un affrontement entre ceux qui estiment qu’on peut rester fidèle au judaïsme en adoptant néanmoins certains traits de la civilisation du monde moderne, le grec, la pratique du sport, etc.., et ceux qui au contraire, pensent que toute adoption des mœurs grecques porte atteinte de façon insupportable à la religion des ancêtres. Si le roi Antiochos IV intervient, ce n’est pas par fanatisme, mais bien pour rétablir l’ordre dans une province de son royaume qui, de plus, se place sur la route qu’il emprunte pour faire campagne en Égypte. (…) Là où Antiochos IV commettait une magistrale erreur politique, c’est qu’il n’avait pas compris qu’abolir la Torah ne revenait pas seulement à priver les Juifs de leurs lois civiles, mais conduisait à l’abolition du judaïsme. Maurice Sartre
Chanukah is the festival of lights Instead of one day of presents, we have eight crazy nights When you feel like the only kid in town without a Christmas tree … Adam Sandler
Le Père Noël a été sacrifié en holocauste. A la vérité le mensonge ne peut réveiller le sentiment religieux chez l’enfant et n’est en aucune façon une méthode d’éducation. Cathédrale de Dijon (communique de presse aux journaux, le 24 décembre 1951)
Comme ces rites qu’on avait cru noyés dans l’oubli et qui finissent par refaire surface, on pourrait dire que le temps de Noël, après des siècles d’endoctrinement chrétien, vit aujourd’hui le retour des saturnales. André Burguière
Grâce à l’autodafé de Dijon, voici donc le héros reconstitué avec tous ses caractères, et ce n’est pas le moindre des paradoxes de cette singulière affaire qu’en voulant mettre fin au Père Noël, les ecclésiastiques dijonnais n’aient fait que restaurer dans sa plénitude, après une éclipse de quelques millénaires, une figure rituelle dont ils se sont ainsi chargés, sous prétexte de la détruire, de prouver eux-mêmes la pérennité. (…) La croyance où nous gardons nos enfants que leurs jouets viennent de l’au-delà apporte un alibi au secret mouvement qui nous incite, en fait, à les offrir à l’au-delà sous prétexte de les donner aux enfants […] Les cadeaux de Noël restent un sacrifice véritable à la douceur de vivre, laquelle consiste d’abord à ne pas mourir. (…) Les cadeaux seraient donc une prière adressée aux petits enfants – incarnation traditionnelle des morts, pour qu’ils consentent, en croyant au Père Noël, « à nous aider à croire en la vie ». Claude Lévi-Strauss
De nos jours, le jour de Noël est toujours considéré comme férié par le gouvernement des États-Unis. Cependant, des groupes de liberté de pensée, soutiennent que des traditions de Noël financées par le gouvernement violeraient la constitution américaine, plus particulièrement le premier amendement interdisant au Congrès la mise en place d’une religion d’État. Le débat sur l’opportunité des manifestations religieuses dans les écoles publiques, les palais de justice et autres bâtiments gouvernementaux, ont eu lieu au cours des dernières années. La Cour suprême, lors du procès Lynch contre Donnelly en 1984, a autorisé le financement par le gouvernement de manifestations fêtant Noël. Les limites exactes de cette décision sont imprécises et des affaires judiciaires continuent, par exemple sur le fait d’autoriser des chants de Noël dans les écoles publiques. Mais aucun cas n’est remonté jusqu’à la Cour suprême américaine. En 1984, la Cour suprême a déclaré par 5 voix contre 4 qu’une crèche était constitutionnelle notamment car elle faisait partie d’un ensemble avec d’autres éléments plus laïques tels qu’un arbre de Noël et une maison du père Noël. Mais en 1988, la Cour a statué à nouveau, par 5 voix contre 4, déclarant qu’une crèche dans un palais de justice était inconstitutionnelle car cette fois, la crèche n’était pas accompagnée par un arbre de Noël ou une maison du père Noël. Pour ajouter à la confusion, la Cour, dans la même affaire, a autorisé un chandelier à neuf branches juif de 6 mètres mais apparemment seulement parce que celui-ci était près d’un arbre de Noël de 15 mètres. Au cours des dernières décennies aux États-Unis, pour respecter la sensibilité d’une population très multiculturelle, le gouvernement fédéral et les entreprises ont eu tendance à diminuer l’emploi du mot « Noël » et au profit du terme générique de « vacances d’hiver ». Cela permet d’inclure sous le même vocable les fêtes non chrétiennes concomitantes telles que la fête juive d’Hanoukka ou la fête afro-américaine de Kwanzaa. Les aspects non-religieux de Noël, comme les arbres de Noël, les lumières et la décoration sont encore mis en évidence. Ils sont présents dans plusieurs chaînes de grands distributeurs américains, comme Wal-Mart, Macy’s et Sears. La formule d’accueil des clients « Joyeuses Fêtes » a remplacé le « Joyeux Noël ». En 2008, en Floride, faute de respecter ces consignes, une jeune femme, Tonia Thomas, a été licenciée « . Au début des années 2010, les camps favorables et opposés à la célébration de Noël s’affrontaient à coup de campagne publicitaire. Les médias ont surnommé cela « War on Christmas » (la Guerre de Noël). Ainsi en 2012, Une association athéiste américaine écrivait sur de grandes affiches à Times Square, New York « Keep The Merry, Dump The Myth » : « Gardez le joyeux, oubliez le mythe », chacune de ces propositions étant respectivement suivie d’une photo du père Noël et d’une image de Jésus. À cela le « Tea Party » répondait ‘It is Not happy holidays, It’s Merry Chrismas ». En 2014, il semble que les partisans de Noël aient gagné cette « War on Christmas »: 72 % des Américains disent que les crèches devraient être autorisées dans les espaces publics gouvernementaux. 44 % le confirment même si les symboles d’autres confessions religieuses sont interdits. Seuls 20 % des Américains disent que les crèches ne devraient pas être autorisés dans les espaces publics gouvernementaux. 4 Américains sur 5 préfèrent « Joyeux Noël » à Joyeuses vacances ». De même, 3 Américains non-religieux sur 4 préfèrent « Joyeux Noël ». En décembre 2014, des personnes de la communauté juive, se plaignent qu’à la bibliothèque publique de Boston, le Chandelier à neuf branches juif de la fête simultanée de Hanoucca n’est pas présenté à égalité avec les décorations chrétiennes de Noël. Les Américains juifs et non juifs mélangent de plus en plus les fêtes de Hanouca et de Noël. Le Mot-valise ‘Chrismukkah’ désigne ce Syncrétisme. Cela inquiète les juifs les plus orthodoxes car ils craignent que cela soit un pas supplémentaire vers l’assimilation complète des juifs américains. Cela favoriserait, en effet les rencontres puis les mariages mixtes. Ceux-ci croissent significativement 6% en 1950, 25% in 1974, 45 % en 2000, 71 % en 2013. À terme, cela conduirait à la disparition des juifs américains en tant que communauté. Les juifs orthodoxes et des organismes israéliens lancent des campagnes agressives pour critiquer les membres de leur communauté qui fêtent Noël. Certaines sectes et communautés chrétiennes rejettent l’observance de Noël pour des raisons théologiques. Wikipedia
Au début des années 2010, des plaintes ont été déposées concernant la présence de crèches dans l’espace public. Jusqu’aux années 2000, la mairie de Paris, par exemple, présentait une crèche sur la place de l’hôtel de ville. La crèche qui a lancé la polémique de 2014 au conseil général de Vendée était présente depuis la création de l’hôtel de département; le 13 octobre 2015, la cour administrative d’appel de Nantes autorise finalement l’installation de crèche de Noël. La multiplication des plaintes s’explique à la fois par un refus accru de la présence de tout signe religieux chrétien dans l’espace public, par les libres penseurs et par les autres religions, mais aussi par la multiplication de ces crèches par des personnes voulant rappeler le passé chrétien de la France. Ce problème de crèches dans des lieux publics n’avait, avant 2010, jamais été soulevé devant un tribunal français. Alors qu’aux États-Unis, par exemple, ce cas a été traité par la Cour suprême dès 1984. En 2010, pour la première fois; le tribunal administratif d’Amiens annule la délibération du conseil municipal de Montiers prévoyant d’installer une crèche sur la place du village. En 2011, des polémiques surgissent en région parisienne. En 2013, la crèche de la gare de Villefranche-de-Rouergue est masquée. En décembre 2014, le débat prend de l’ampleur lorsqu’à la demande de la Fédération nationale de la libre-pensée le juge administratif de Nantes refuse qu’une crèche de Noël soit installée dans l’enceinte du conseil général de Vendée. Simultanément, le préfet de l’Hérault demande à Robert Ménard, maire de Béziers, de retirer la crèche de sa mairie car elle contreviendrait « aux dispositions constitutionnelles et législatives garantissant le principe de laïcité ». Pour protester contre ces interdictions, plusieurs maires décident d’installer des crèches dans leur mairie. Quelques jours plus tard, le tribunal administratif de Montpellier rejette la demande d’enlèvement d’une crèche dans la mairie de Béziers. Une décision identique est rendue à Melun. Selon un sondage Ifop « 71 % des Français sont « plutôt favorables » à la présence de crèches de Noël dans les administrations et les bâtiments publics ». (…) Parmi les trois décisions contradictoires des tribunaux administratifs, aucune ne peut faire jurisprudence. Seule une décision du Conseil d’État, instance judiciaire administrative la plus élevée, peut s’imposer à toutes les juridictions. Les tribunaux s’opposent car leur refus de la crèche est basé sur l’article 28 de la loi de 1905 qui interdit de disposer des symboles religieux dans les lieux publics et leur compréhension de l’article 4 de cette même loi, dans laquelle l’État laisse aux Églises le soin de définir « leurs règles générales d’organisation ». Face aux divergences des juges du fond, il n’y a que trois sorties juridiques possibles : un arrêt du Conseil d’État, une intervention du législateur par une loi spécifique ou une saisine de la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Certains responsables politiques pointent le risque d’extension de la visibilité dans l’espace public à d’autres religions. Ainsi, depuis quelques années, des chandeliers à neuf branches de la fête juive de Hanoucca sont aussi installés dans la mairie de Béziers, dans le centre-ville de Créteil ou place de la Bastille et au Champ de Mars à Paris. (…) En 2014, des représentants des religions minoritaires, comme Raphaël Draï, suggèrent, qu’au nom de l’égalité de tous en France, il serait juste, soit d’interdire toute manifestation de tradition catholique dans l’espace public, soit d’autoriser les manifestations des traditions de toutes les autres religions. Jean-François Colosimo lui rétorque que, si l’égalité des individus est garantie en France, il n’y a pas, en revanche, égalité des religions dans l’histoire de France. La religion catholique est largement dominante dans cette histoire et cela transparaît naturellement dans les traditions visibles aujourd’hui dans l’espace public. La loi de 1905, suivie des 2 000 pages de jurisprudence qui en ont découlé, est une loi d’équilibre, que certains ont appelée de « catho-laïcité ». Il a été assez précisément défini ce qui était permis ou non. Ce qui n’était pas le sujet à l’époque n’a pas été traité. Ainsi, par exemple, d’après Cynthia Fleury, la sonnerie des cloches des églises est autorisée, l’appel du muezzin musulman n’a pas été traité. Cette loi a donc cristallisé la situation de 1905. Autoriser les traditions des nouvelles religions en France, en supprimer des chrétiennes, revient à rouvrir le débat pour la modification de la loi de 1905, ce qu’aucun responsable politique ne souhaite. En novembre 2015, l’association des maires de France, l’AMF, interpelle « le ministre en charge de l’Intérieur sur l’hétérogénéité actuelle des jurisprudences, en particulier concernant l’installation des crèches de Noël en mairie ou dans des bâtiments publics, qui nuit à la compréhension de la règle par les élus et par les citoyens. Une clarification législative lui semble en effet souhaitable ». Cette volonté de limitation d’une pratique jugée plus culturelle que cultuelle et surtout quelques jours après la vague d’attentats islamistes à Paris provoque un tollé. Wikipedia
Il est nécessaire de diffuser le miracle de Hanouka. Allumer les bougies en public permet aux Juifs de se réunir, de partager. Il est indispensable de transmettre aux autres l’importance de cette fête ». Pour lui, l’objectif est clair. « Il faut donner l’envie aux gens, lorsqu’ils voient les flammes de Hanouka dans la rue, de les allumer chez eux. La victoire des Maccabées témoigne de la résistance face à l’assimilation. Le message de Hanouka n’a jamais été autant d’actualité. Haïm Nisembaum (mouvement Loubavitch)
À y regarder de plus près, la religion catholique semble s’imposer davantage que les autres dans l’espace public. Aussi les croix de mission que l’on trouve au croisement de deux chemins doivent-elles être dressées sur un terrain privé et non communal. A-t-on déjà vu des emblèmes religieux du culte protestant, musulman ou israélite dans l’espace public? Jean Regourd (Libre pensée de Vendée)
Ce n’est pas la crèche en tant que telle qui pose problème, c’est le message qu’elle pourrait envoyer. L’Etat doit montrer qu’il n’a pas de religion et ne discrimine pas ses citoyens. Une crèche provencale n’aurait pas posé de problèmes par exemple. Là, les juges ont estimé que la crèche était un emblème religieux incontestable et qu’en plus, il risquait d’être exposé longuement et donc susciter des interprétations. Aucun texte ne dit que la France a des racines chrétiennes, ce serait contre l’idée même de laïcité. Nicolas Cadène (Observatoire de la laïcité)
La justice serait-elle incohérente ? Une affaire de crèche de Noël en Vendée, identique à celle de Melun, vient d’obtenir les décisions juridiques exactement inverses, et à toutes les étapes de la procédure. Le conseil départemental de Vendée avait installé une crèche de Noël dans son hall. Le tribunal administratif l’a fait retirer à l’automne 2014 estimant que son caractère religieux était contraire au principe de laïcité des lieux publics. Le 13 octobre, la cour administrative d’appel de Nantes a annulé cette décision, estimant au contraire que la crèche s’inscrit « dans le cadre d’une tradition relative à la préparation de la fête familiale de Noël, ne revêt pas la nature d’un signe ou emblème religieux » et qu’elle n’est pas ostentatoire. Le Parisien
Dire que les crèches ne font pas partie de notre culture c’est nier l’évidence. Le fanatisme laïciste épouse ici la crétinerie la plus crasse. Bien sûr que la crèche fait partie de notre culture ! N’importe quel enfant le sait ! Nier cela pour, substituer à notre culture le culte du vide symbolique, sans mémoire, sans intelligence, sans promesse, c’est aggraver encore la crise que traverse notre pays. Et, finalement, faire le jeu du Front national, qui prospère précisément sur ce terrain laissé en jachère par les partis modérés, exactement comme il le fait en s’emparant de Jeanne d’Arc, du drapeau bleu blanc rouge, de la nation… Reste que pour les chrétiens, c’est un vrai dilemme. Car justement, pour nous, la crèche n’est pas seulement un élément de culture, ou alors notre foi est vaine, comme dirait saint Paul. Elle est encore moins un instrument de revendication politique. Certes, comme citoyens, nous pouvons nous inquiéter des ravages que fait cette machine à remplacer le lien par le rien. Mais comme chrétiens nous avons aussi de bonnes raisons de ne pas nous montrer dupes, par exemple, des intentions des maires comme Robert Ménard, à Béziers. Ces petits malins n’ont que faire du christianisme. Ils détournent la crèche à des fins de propagande politique. Et comme chrétiens, à l’école de François d’Assise, nous ne voulons pas que la crèche soit autre chose qu’un signe de la venue d’un Dieu pauvre rejeté et persécuté par les puissances du monde. De leur crèche, le Fils de Dieu est absent. Bref, nous devons nous méfier non seulement des obsédés de la Libre Pensée, mais aussi des obscènes récupérations politiques et de tous ceux qui veulent, en réalité, utiliser la religion soit comme un élément de folklore, soit comme un matériau promotionnel destiné à leur commerce. Gardons-nous donc de tous côtés. (…) Personne ne s’est donné la peine de savoir ce qu’est et ce que veut la Libre Pensée, à l’origine de l’affaire. Or ce n’est pas n’importe quelle association. Il suffit de lire ses statuts, en particulier l’article 2, pour voir qu’il s’agit d’une bande d’allumés voulant tout simplement éradiquer les religions, regardées « comme les pires obstacles à l’émancipation de la pensée. » La Croix
It really bothered my two kids. My son was like, ‘Dad, I really don’t feel comfortable getting these flyers, telling me to go to church. I thought churches are not supposed to mix with schools.’ Majed Moughni (Dearborn)
It would be one thing if this were an Easter egg hunt in an otherwise secular setting, say, the White House Easter egg hunt. But this invitation was for an Easter egg hunt at a Christian church — and so the event has much clearer religious connotations. Context matters. (…) The younger the children, the greater the concern. Children are more impressionable than adults, and elementary schoolchildren are more impressionable than any other students. And so the school district has to be especially careful about appearing to endorse … a particular religion. Greg Lipper (Americans United for Separation of Church and State)
Hanukkah’s strongest American advocates seem to have been those who felt the complexities of American Jewish life most acutely. It’s so simple, so conveniently vague, that it has been used by rabbis, advertisers, Zionists, Hebrew school teachers, and parents to promote everything from ethnic pride and nationalism to engagement in Jewish life and buying stuff. (…) Today, these giant menorahs are just a part of the American winter landscape. The White House menorah lighting is an annual tradition. No doubt, this public visibility has been one reason why Hanukkah has risen in prominence in American culture. But there’s also an irony here. Chabad exists to help Jews engage with Jewish life, yet the holiday that Chabad most visibly promotes—Hanukkah—is one of the least liturgically important holidays of the year. Dianne Ashton
The story of Hanukkah doesn’t even appear in the Torah—the books of 1 and 2 Maccabees are in the Catholic Bible, not the Hebrew one. The saga is briefly described in the Talmud—a tale of armed Jewish rebellion against the Hellenistic King Antiochus IV, paired with a parable about miracle oil that kept the eternal flame of the Temple burning for eight nights when it should have only lasted for one. It is both theologically thin and celebratory of violent nationalism. For most of Jewish history, the holiday has been of little consequence. “Hanukkah is … a minor holiday that America has elevated into something much more,” said Josh Plaut, the head rabbi at the Reform Metropolitan Synagogue in New York City. “Jews have been part of that magnification of Hanukkah. It suits our purposes.”    Emma Green

Attention: une commercialisation peut en cacher une autre !

En cette fin de Hanouka

Où, véritable miracle de l’histoire, le peuple juif continue à jouer son improbable survie

Pendant qu’entre crèches, chasse aux oeufs ou voeux de fin d’année, nos nouveaux croisés de la laïcité et leurs nouveaux damnés de la terre s’acharnent sur les derniers lambeaux du christianisme

Tout en redécouvrant sur le tard, face à la barbarie islamique en ces temps étranges d’idées chrétiennes devenues folles, les vertus soudain réconfortantes de symboles nationaux jusqu’ici relegués aux magasin des accessoires d’un FN honni …

Retour avec The Atlantic …

Sur l’étrange parcours de la plus insignifiante des fêtes juives (même pas retenue dans la Torah et ne devant sa survie qu’au Talmud et aux canons catholique et orthodoxe) …

Devenue tout à la fois sur le sol américain …

Contre-fête de Noël pour les enfants (pour les jouets) et objet de fierté identitaire (avec ses menorahs publiques) …

Mais aussi, à l’instar du Noël chrétien, sommet de la plus kitsch des commercialisations (pour ses hommes d’affaires) …

Et ce faisant entrée dans la culture américaine (et peut-être bientôt mondiale ?) …

Au prix certes d’une commercialisation frisant souvent (ours de Hanuka ?) le ridicule …

Mais à des années-lumières finalement de la confondante niaiserie …

Sans parler de la naissance du Messie et de l’Incarnation même dégradées, non sans résistance, en papa gâteau porteur de cadeaux …

Du salut de l’humanité réduit à une dérisissime chasse aux oeufs sur la pelouse de la Maison-Blanche ?

Hanukkah, Why?
Cultural critics often blame Christmas for the Festival of Lights’ commercialized kitsch. The real story is much more complicated.
Emma Green
Dec 9, 2015

As far as holidays go, Hanukkah sucks. Contrary to the popular public-school-kid myth, eight days of presents doesn’t mean the holiday is super-Christmas; it means the presents are junk, a proliferation of crap. Dreidl is a terrible game that requires no strategy and practically no skill. Somehow, the world’s entire gelt supply seems to have been manufactured in 1993, so even if you do win, your reward is stale, filmy-white, sub-par chocolate. Worst of all, Jews are forever manufacturing kitschy alternatives to Christmas customs: What’s with the Hanukkah bear, anyways? Arguably, latkes are one merit of the Festival of Lights, but woe to the holiday that relies upon potatoes as its only defense.The story of Hanukkah doesn’t even appear in the Torah—the books of 1 and 2 Maccabees are in the Catholic Bible, not the Hebrew one. The saga is briefly described in the Talmud—a tale of armed Jewish rebellion against the Hellenistic King Antiochus IV, paired with a parable about miracle oil that kept the eternal flame of the Temple burning for eight nights when it should have only lasted for one. It is both theologically thin and celebratory of violent nationalism. For most of Jewish history, the holiday has been of little consequence. “Hanukkah is … a minor holiday that America has elevated into something much more,” said Josh Plaut, the head rabbi at the Reform Metropolitan Synagogue in New York City. “Jews have been part of that magnification of Hanukkah. It suits our purposes.”
So why, in America, has Hanukkah taken on outsized significance? Because it serves a particular purpose: an opportunity to negotiate the twin, competing pressures of ethnic tension and assimilation. As the Rowan University historian Dianne Ashton writes in her book, Hanukkah in America, “Hanukkah’s strongest American advocates seem to have been those who felt the complexities of American Jewish life most acutely.” It’s so simple, so conveniently vague, that it has been used by rabbis, advertisers, Zionists, Hebrew school teachers, and parents to promote everything from ethnic pride and nationalism to engagement in Jewish life and buying stuff.No doubt, Hanukkah is an incredibly important part of the story of Jews in America. Why, then, is this holiday—the most public Jewish celebration in the United States—so silly?
* * *Like much of Jewish American life, Hanukkah’s evolution in the U.S. is a story of immigrants. In the 19th century, the Jewish population in the United States was very small—roughly 250,000 by 1880, Ashton estimates. As different groups of immigrant Jews came to the country from central and Eastern Europe, a debate emerged: “What is going to be the form of Judaism that will thrive in the United States?” Ashton said. Many of the institutions of Jewish life, such as schools and synagogues, were in Europe; coming to America was starting over, and in a very new context. “Freedom of religion was a shocking experience,” she said. “Jews had not encountered that before.”In the middle of the 19th century, some of the first Jews to promote Hanukkah in America were the rabbis who led the Reform Movement, which was largely based in Cincinnati, Ohio. Their Judaism was intellectual and sermon-heavy—“it really had nothing for the kids,” Ashton said. So “they came up with this idea of a synagogue festival for kids at Hanukkah as a way to interest kids in the synagogue: candle-lighting, singing songs, teaching the kids little skits, and then treating them to oranges and ice cream.”During this period in American history, Hanukkah wasn’t really celebrated in the home beyond the lighting of the menorah, Ashton said, but it did have certain domestic qualities. “The rabbis would stand up in the front [of the synagogue] and talk to the kids, but the women organized the kids, and fed the kids, and taught the kids the songs,” she said. This, in itself, was another way of reinforcing synagogue life, creating a role for women in promoting children’s education.
This was in keeping with a larger trend in American culture: a sentimental Victorian fascination with domesticity. A number of home-based festivals, such as birthday parties, emerged in the second half of the 19th century, and Hanukkah crept toward the home along similar lines. One of the Cincinnati rabbis, Isaac Mayer Wise, purposefully played into this. Over the course of 39 weeks around 1860, he serialized a romance novel based on the story of the Maccabees, playing into Victorian tropes like “religious virtues, patriotism, and strong gender distinctions,” Ashton writes. This was a way of educating Jews about Hanukkah, but it was also a form of reassurance: Yes, Jews could be part of American culture.
Elsewhere in the United States, some Jewish communities were wary of their surrounding culture. “Immigrant Jews had a deep and abiding anxiety about Christmas—this commercialized, merry, fun, sparkly Christmas was altogether new to them,” said Jenna Weissman Joselit, a professor of history at George Washington University. Toward the end of the 19th century, as more and more kids entered public schools, this fear grew. “The Yiddish press, particularly the Jewish Daily Forward, sought to explain America to these new immigrants,” she said. “They spent a lot of time trying to defang Christmas and assuage any concerns that pogrom was at their doorstep.” Memories lingered from events like the Warsaw pogrom of 1881, when Jewish businesses were destroyed and their owners attacked for two days around Christmas time.
If only by an accident of timing, Hanukkah served as a counter-balance to this fear of Christmas in Jewish communities—its celebration was a way of asserting Jewish identity. There may have been mild elements of competition to it, too. “That’s the cheap and dirty way of looking at it—that Hanukkah is penis envy, that Jews need to have their own equivalent of Christmas,” Weissman Joselit said. But it also marked all sorts of other things, such as Jews’ economic success, especially in places like New York City. “Immigrants needed reassurance that they were succeeding, that this gamble of coming to the U.S., to this new country an ocean away from everyone they know, was worth [it],” Ashton said. “One measure of success was being able to buy presents for their children.”And so the Hanukkah industry emerged. Yiddish newspapers made money by running advertisements for gifts—“‘presents’ was one of the earliest words that appeared in English in Yiddish newspapers,” Ashton said. Restaurant owners crafted special dishes for the holiday; shopkeepers made toys for parents to buy. This commercialization had the effect of “undermining traditional religious authority, empowering ordinary Jews, and tying religion inextricably to the market,” Ashton wrote. As Jews suburbanized in the middle of the century, the holiday suburbanized along with them, Weissman Joselit said. The kid-centered-ness of Hanukkah fit well with broader Leave It To Beaver norms of American culture. “I came across recipes [from] the ‘40s and ‘50s: little Maccabees fashioned out of cottage cheese or tuna fish,” she said.
As Hanukkah grew, so did the complexities of American Judaism. The holiday had been connected with Zionism for decades before the 1950s; Theodore Herzl, one of the founders of the movement, “placed the celebration of Hanukkah in the center of the modern Jew’s capacity to bolster one’s own self-respect while living as a minority,” Ashton writes. But particularly in the ’60s and ’70s, American Jews found urgency in the story of the Maccabees because of political affairs in Israel, Weissman Joselit said. Once again, some believed, Jews were an embattled minority in a strange land. Once again, their fate was unsure. Too, many Jews felt like an embattled minority in the United States. “There was a commitment in American Jewry writ large, based on the European experience, that a mixture of government and religion just never augured well for the Jews,” said Marc Stern, a lawyer at the American Jewish Committee. “That mix was ideologically repugnant.”In the 1970s and ’80s, these feelings contributed to a curious set of legal battles within the Jewish community. In 1973, the Chabad-Lebuvitch Rebbe Menachem M. Schneerson began a campaign: Help Jews across America light the menorah on Hanukkah. Religious law commands Jews to light the menorah on Hanukkah, preferably in public. In addition to distributing tin candleholders, the organization orchestrated and sponsored menorah lightings in American parks, city halls, and village greens—on government-held land, in other words. By 1979, President Jimmy Carter was participating in a lighting ceremony.
These public displays made many Jews uncomfortable. The Chabad campaign tested the “bulk of the Jewish community’s repudiation of the separation of church and state,” Stern said. “As a tactic, it was thought that the best way to avoid Christian symbols—with all their power, because they’re the majority, they’re the norm, and because in many places we weren’t going to match them one-for-one—[was] if we simply gave up on government and did our own thing.” And always, there was that lingering fear of violence against the Jewish community. “There were still, 25, 30 years ago, Jews who believed: Keep your head down. Don’t call attention to yourself. The menorah campaign was a challenge to that attitude,” he said. Working at the time with the American Jewish Congress, Stern was part of the team of litigators who submitted court briefs in opposition to Chabad’s menorahs, including the 1989 Supreme Court case County of Allegheny v. ACLU. The case was a little bizarre. The Court considered two displays, one crèche and one 18-foot menorah. Five years earlier, it had ruled in the case Lynch v. Donnelly that nativity scenes and other religious displays on government property were generally okay. In Allegheny, “the Court somehow ended up with the weirdest of all possible results,” Stern said, “which was that the menorah was okay, and this crèche was not.” The justices reasoned while the nativity scene displayed language designed primarily to promote religion, the menorah did not.
In other words: Chabad won. Today, these giant menorahs are just a part of the American winter landscape. The White House menorah lighting is an annual tradition. No doubt, this public visibility has been one reason why Hanukkah has risen in prominence in American culture. But there’s also an irony here. Chabad exists to help Jews engage with Jewish life, yet the holiday that Chabad most visibly promotes—Hanukkah—is one of the least liturgically important holidays of the year. “Chabad can’t be doing things at the White House on Yom Kippur because they’re in shul,” Ashton said. “The religious events that have more significance and that are under more control by the clergy—you can’t play around with [them] as easily.”As far as the options for Jewish gateway holiday go, Hannukah is a pretty poor choice. Some, like Chabad, explicitly intend for it to be a means of drawing Jews into observance, yet there’s not much theological or ritual complexity to the celebration. For many Jews, it’s fraught time of year, full of identity pissing contests that match plastic yard reindeers against giant light-up menorahs; as Ashton put it, “There’s a lot about display in December.” This public performance gives the holiday a distinct air of trying too hard: to compete with Christmas, to be colorful and loud, to demonstrate Jewishness, all without having to deal with Jewish theology, law, or morals. It has become a blue and white kaleidoscope of vague Jewishness, one that tacitly enables Christmas-style material excess.
* * *
Any examination of Hanukkah’s role in American Jewish life is inevitably self-parody. What more Jewish question could there be than Is this good for the Jews? But Judaism is a forward-looking religion; all its great dilemmas take place on an infinite Mount Nebo, one generation looking to the Promised Land and wondering what will become of the next.It’s a little much to claim that Hanukkah hinders the continuation of the Jewish people. But this is a holiday that is all about children and their education, especially in America. For some Jews, Hanukkah is the only time of year when they engage with their heritage. Plaut, the congregational rabbi in New York who also wrote the book A Kosher Christmas, spent many years as a campus rabbi at the Hillels of MIT and Trinity College in Connecticut. In his experience, Hanukkah celebrations “usually brought in non-religious students on campus to celebrate Hanukkah. That probably comes from what they experienced as children, growing up,” he said. Where there’s an event that might involve drinking and food, there are young people, and for rabbis, this presents a rare opportunity. “In the world we live in, you take people when they come to you, and you try and create the need for them constantly. Hanukkah is an easy, non-threatening way to do that,” Plaut said.But what does Hanukkah really teach anyone about being Jewish? That Jews have boring games, cherry sufganiyot are disgusting, and singing bear dolls are obnoxious? Even “the miracle of the oil is more a legend than a reality,” Plaut said. “The thinness of the theological basis—in some ways, it makes it easier to reach out to the younger generations who might not want that religious depth initially,” he said. “Hanukkah can be an easy way to celebrate one’s Jewish identity without a lot of baggage.”
And it’s true: Judaism, like any religion, comes with “baggage,” whether a Jew grew up Reform, Conservative, Orthodox, or without any observance at all. Jewish identity is complicated even further in interfaith households, which are increasingly common. Doing both Hanukkah and Christmas can seem like a cultural compromise for parents feeling familial pressure, and precisely because of its simplicity, Hanukkah can seem like an easy entrée into Judaism for kids.That may be true, but unlike many Jewish holidays, Hanukkah doesn’t reveal much of what Jewish life is about. It’s an empty celebration, and in its lack of substance, it has become filled with literal stuff. “Nobody’s buying anything for Yom Kippur … other than break-fast food and some bagels,” said Neal Hoffman, a former Hasbro employee who invented Mensch on a Bench. This, if you haven’t heard, is the Jewish alternative to Elf on a Shelf, first made in 2013 and now sold in places like Target and Bed Bath & Beyond.

“We as Jews have not shown that we want to buy things for other holidays. I don’t think that’s necessarily bad, that we’re keeping the other holidays a little more pure.”

The immaculate conception of Mensch on a Bench is, in many ways, the story of contemporary American Judaism. Hoffman is married to a Catholic; his two sons, Jacob and Alex, are being raised Jewish. Around Christmas time, his boys kept asking for trees and presents and the dreaded Elf on a Shelf. Hoffman would retort, “Jesus is the meal, Christmas is the dessert. And you can’t have dessert if you don’t have your dinner.” But he didn’t want to have to play defense against Christmas; he wanted his kids to have pride in their own cultural heritage. Thus, the Mensch—a stuffed incarnation of the mythical, long-ago Jew who sat on a bench in the Temple and made sure the oil didn’t burn down. In three years, Hoffman said, he has sold 120,000 dolls, and his company has started making books even for off-market holidays like Yom Kippur. “The truth is, we lose money on those,” he said. “We as Jews have not shown that we want to buy things for other holidays. I don’t think that’s necessarily bad, that we’re keeping the other holidays a little more pure. We’re keeping Passover about Seder and keeping Yom Kippur about the fast.”

The word he used, pure, is telling—even this Hanukkah pusher acknowledges that the Festival of Lights is a lesser holiday, fine to adulterate with endless products. It is a low-stakes, low-consequence celebration, and yet for a lot of American Jews, it has probably become one of the few times they encounter their religious culture during the year. Hoffman, of course, wouldn’t sell it that way. For him, the Mensch experience has been one of pride, not just professionally, but for his family. “I have a thousand of my Mensch menorahs in the house. They all have this Try Me button,” which produces a little song. “If you’ve been near a 3-year-old, you know that if they see a Try Me button, they’ll press it every time,” he explained. (Oy, the patience his wife must have—bless her.) “Now I find [my son] walking around by himself, and he’s singing the Hanukkah prayers year-round, mumbling to himself. I’m so proud of that, so happy about. That it’s all coming from the brand I created—I’m proud of that.”Perhaps this should be enough—it’s a Hanukkah miracle of its own sort for a 3-year-old to slowly start to embrace his Jewish heritage. The holiday may be ridiculous and totally lacking in substance, but “it’s part of the joke that we do all this stuff for this unimportant holiday,” said Ashton. “We all know what we’re doing. We know we’re making something grand out of a minor festival because, culturally, we need a much more grand, fun, event” in December. And besides, griping about Hanukkah is a tradition of its own. Every year, Jews kvetch about commercialism, “saying how distasteful it is, or this is completely distorting what this holiday is about,” Ashton said. “People have been saying that for more than 100 years.”

Voir aussi:

Some Muslim parents are concerned about public schools in Dearborn handing out flyers to all students advertising an Easter egg hunt, saying it violates the principle of church and state separation.

A flyer headlined “Eggstravaganza!” was given to students this week at three elementary schools in the Dearborn Public Schools district, which has a substantial number of Muslim students. The flyer described an April 12 event at Cherry Hill Presbyterian Church in Dearborn featuring an egg hunt, relay race, and egg toss. It asked students to RSVP “to secure your free spot” and included images of eggs and a bunny.

“It really bothered my two kids,” said parent Majed Moughni, who is Muslim and has two children, ages 7 and 9, in Dearborn elementary schools. “My son was like, ‘Dad, I really don’t feel comfortable getting these flyers, telling me to go to church. I thought churches are not supposed to mix with schools.’ ”

Moughni said he’s concerned about “using school teachers paid by public funds … to pass out these flyers that are being distributed by a church. I think that’s a serious violation of separation of church and state.”

David Mustonen, spokesman for Dearborn Public Schools, did not respond Thursday to several requests by the Free Press for comment.

The pastor of Cherry Hill Presbyterian Church defended the flyer, saying it was approved for distribution by Dearborn Public Schools and is not promoting a religious event.

“It’s designed to be an opportunity to invite the community to come for a day of activity,” said Pastor Neeta Nichols of Cherry Hill. “There is not a religious component to this event.”

“Part of our ministry in Dearborn is to invite the community to let them know we’re here,” she added. “We’re offering various kinds of programming, fun opportunities, so what we can be engaged with the community.”

But Moughni and others are worried that churches are trying to convert their youth through the Dearborn schools. Moughni said his children received flyers for Halloween events at another church last year.

And in recent years, other Muslim parents have complained about what they say are attempts to convert their children. The Conquerors, a Grandville-based group of Christian athletes who display feats of strength to spread the message of Jesus, have performed in Dearborn schools, drawing some concern. In 2009, there was controversy over an assistant wrestling coach who some parents said was trying to convert Muslim wrestlers, which the coach denied.

Moughni said he greatly respects Christianity, but believes that schools should not promote events related to religious holidays. He said he would oppose flyers that promoted events at mosques as well.

Part of the debate centers around whether Easter is entirely a religious holiday, or one that combines Christian and Western cultural traditions such as the Easter bunny and eggs.

Greg Lipper, senior litigation counsel at Americans United for Separation of Church and State, said he has some concerns about the flyer since the event is being held at a church.

“It would be one thing if this were an Easter egg hunt in an otherwise secular setting,” say, the White House Easter egg hunt, he said. “But this invitation was for an Easter egg hunt at a Christian church — and so the event has much clearer religious connotations. Context matters.”

Lipper added that the legality of flyer distribution in schools depends on whether the district is favoring some institutions over others. Schools can’t favor one religion, he said.

“The younger the children, the greater the concern,” Lipper said. “Children are more impressionable than adults, and elementary schoolchildren are more impressionable than any other students. And so the school district has to be especially careful about appearing to endorse … a particular religion.”

Voir encore:

Hanoukka, la fête de la lumière, s’affiche dans les villes de France

Alors que traditionnellement, Hanoukka est célébrée en famille, de nombreux allumages publics ont été organisés à travers la France entre le 1er et le 8 décembre
Julien Duriez
9/12/10

Place de la Bastille à Paris, sous une pluie mêlée de neige, au pied d’une ménora – candélabre doré à neuf branches – de plus de cinq mètres de haut, se tiennent une soixantaine de personnes, venues assister à l’allumage public. Philippe Chebi, un des organisateurs de l’allumage, est habillé, comme près de la moitié des hommes présents, d’un long manteau noir et du chapeau à larges bords propre aux loubavitchs, mouvement juif minoritaire.

Comme chacun des soirs de la fête de Hanoukka, qui a eu lieu cette année du 1er au 8 décembre, le Beth Loubavitch de Paris invite les juifs de la capitale à se rassembler à un endroit stratégique de la ville pour allumer ensemble une des huit bougies que compte la ménora (la neuvième bougie, appelée le chamash, sert à enflammer les huit autres). Après l’allumage, réalisé à partir de la nacelle d’une grue, place à la musique et à la fête. Une quinzaine d’hommes, tous loubavitchs, dansent et chantent en se tenant la main autour de la ménora.

La Hanoukka, fête de la lumière, commémore le « miracle de l’huile ». Au IIe siècle avant Jésus-Christ, après avoir battu le roi grec Antiochus IV qui interdisait aux juifs de pratiquer leur culte, ces derniers ont repris possession du temple de Jérusalem et ont allumé pour l’inaugurer la seule bougie à n’avoir pas été détruite. Prévue pour se consumer en une journée, elle a duré huit jours. « La Hanoukka célèbre la victoire de la lumière et de la chaleur. Elle représente aussi la victoire contre le paganisme et la défense de la liberté religieuse, une valeur importante pour toutes les confessions », détaille à sa descente de la nacelle Binyamin Merghi, membre du Beth Loubavitch, qui vient de présider la bénédiction de l’allumage.

A l’initiative des loubavitchs

Traditionnellement, l’allumage se fait en famille. Mais le phénomène des allumages publics se développe en France, principalement à l’initiative des loubavitchs. « Cette piété très démonstrative a pour objectif de raviver l’enthousiasme des non-pratiquants, mais aussi d’attirer l’attention des non-juifs, analyse Régine Azria, sociologue des religions. L’objectif de visibilité et d’affirmation identitaire, qui s’exprime déjà par la manière dont les loubavitchs s’habillent, passe aujourd’hui par une occupation de l’espace public. »

Près de 70 manifestations comme celles de la place de la Bastille ont été organisées en Île-de-France, sans compter celles programmées en province. Le plus important de ces allumages a eu lieu le dimanche à proximité de la tour Eiffel pour le cinquième soir de la fête. Un événement qui se voulait « intercontinental », des opérations de la même nature ayant lieu le même jour en Afrique du Sud, au Brésil, en Australie ou encore à New-York, ville d’où est originaire le fondateur du mouvement loubavitch, Rabbi Shneur Zalman, décédé en 1812. « C’est le Rabbi Shneur qui a le premier instauré les allumages publics. Il nous a demandé d’apporter la lumière sur toutes les places du monde », détaille Philippe Chebi.

Sur place, Alexandre et Lucie, tous deux étudiants, sont venus en voisins. « Même si nous ne sommes pas d’accord avec beaucoup d’idées des loubavitchs, nous sommes contents qu’ils organisent cet allumage, explique le jeune homme, kippa sur la tête, qui fréquente une synagogue libérale : c’est l’occasion, une fois par an, de s’afficher comme juif, ce qui n’est pas toujours évident. »

Pour Hanouka, les Juifs allument les rues de Paris!

Année après année, les allumages publics abondent. Un seul mot d’ordre pour cette fête phare du calendrier juif : la diffusion du miracle.

Contrairement aux autres fêtes de l’année qui se célèbrent à huis clos et à l’ombre des regards, dans les synagogues et autour de tables garnies, la fête de Hanouka a pour principal objectif de dévoiler au monde entier le fameux miracle de la fiole d’huile. Il s’agit donc d’organiser les allumages dans le plus d’endroits possibles. Pour cela, le Beth Loubavitch de France redouble d’efforts pour multiplier les hanoukiot dans les rues de Paris.

Ainsi, rendez-vous était pris mardi soir dès 19h30 pour l’allumage de la première bougie Place de la République. Le lendemain, ce fut sur la Place de la Bastille. La troisième bougie sera allumée Place du Maréchal Juin. La Place du Châtelet sera à l’honneur samedi soir 20 heures, et le lendemain à la même heure sera allumée la sixième flamme au Champs de Mars. La fête finira mardi 23 décembre à 18h30 sur la Place de l’Opéra.

Pour Haïm Nisembaum, porte-parole du mouvement Loubavitch, ces allumages publics sont essentiels pour la communauté. « Il est nécessaire de diffuser le miracle de Hanouka. Allumer les bougies en public permet aux Juifs de se réunir, de partager. Il est indispensable de transmettre aux autres l’importance de cette fête ». Pour lui, l’objectif est clair. « Il faut donner l’envie aux gens, lorsqu’ils voient les flammes de Hanouka dans la rue, de les allumer chez eux. La victoire des Maccabées témoigne de la résistance face à l’assimilation. Le message de Hanouka n’a jamais été autant d’actualité ».

Journée d’animation pour les enfants malades

Comme chaque année, l’Aumônerie Israélite des Hôpitaux de France organise des allumages avec les enfants. Dimanche  21 décembre aura lieu à l’hôpital Debré, dans le XIXe arrondissement, une journée d’animation avec cadeaux, clown et buffet, pour les enfants malades. « Nous avons eu du mal à obtenir les autorisations », témoigne le rabbin et aumônier général des Hôpitaux de France Mikaël Journo. « Mais nous avons finalement réussi à organiser ces allumages pour les Juifs des hôpitaux ». Des allumages sont aussi prévus à l’hôpital Necker, Trousseau et à Créteil. « Lorsqu’un Juif ne peut pas se déplacer, c’est Hanouka qui vient à lui », précise le rabbin.

Pour motsaé Chabbath, un grand mélavé malka sera organisé à Vitry (94) en présence du grand rabbin de France Haïm Korsia. La cinquième bougie sera allumée samedi 20 avec beignets, barbe à papa et tombola. Lundi 22 décembre à 18h30, un allumage aura lieu sur le site du camp de Drancy à 18h30. Enfin, un rassemblement sous le signe de la fraternité aura lieu mardi 23 à 18 heures à l’Hôtel de Ville de Bondy, en Seine-Saint-Denis. À l’initiative du président du Beth Habad de Bondy, les huit flammes de Hanouka scintilleront au dernier jour de la fête.

Crèches de Noël interdites: la défense de la laïcité va-t-elle trop loin?

Jérémie Pham-Lê

04/12/2014

Des élus UMP et FN de Vendée et de Béziers ont été sommés de ne pas installer des crèches de Noël au sein des édifices publics. Certains y voient le signe d’un durcissement de la laïcité. A juste titre?

Les crèches de Noël sont-elles des symboles de culte ou de culture? En apparence anodine, la question suscite de vifs débats après que des élus ont été priés de ne pas exposer de telles installations dans les lieux publics.

La polémique a débuté en Vendée, où le tribunal administratif de Nantes a ordonné au Conseil général, présidé par l’UMP Bruno Retailleau, de retirer une crèche de la nativité installée dans le hall. Motif: cette dernière ne respecte pas « la neutralité du service public à l’égard des cultes ». Ce jeudi, c’est au tour de la mairie FN de Béziers, tenue par Robert Ménard, de revoir sa décoration de Noël. Le Midi Libre révèle que la préfecture de l’Hérault s’est opposée au projet d’installation d’une crèche pour les mêmes raisons.

Racines chrétiennes?

L’article 28 de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat prévoit ceci:

« Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »

Dans une tribune au Figaro, l’élu Bruno Retailleau dénonce une « décision grotesque ». Il estime que si effectivement, les crèches revêtent un caractère religieux, elles font surtout partie d’un patrimoine et relèvent de la culture et « des racines chrétiennes » de la France. Il a reçu le soutien du FN, d’un certain nombre de Vendéens mais aussi d’internautes sur Twitter, lesquels ont lancé le hashtag #TouchePasAMaCrèche. Certains parlent « d’excès de zèle ».

Emblème religieux incontestable

Joint par L’Express, Nicolas Cadène, rapporteur général auprès de l’Observatoire de la laïcité, ne voit pas de polémique. « Ce n’est pas la crèche en tant que telle qui pose problème, c’est le message qu’elle pourrait envoyer. L’Etat doit montrer qu’il n’a pas de religion et ne discrimine pas ses citoyens. Une crèche provencale n’aurait pas posé de problèmes par exemple. Là, les juges ont estimé que la crèche était un emblème religieux incontestable et qu’en plus, il risquait d’être exposé longuement et donc susciter des interprétations. Aucun texte ne dit que la France a des racines chrétiennes, ce serait contre l’idée même de laïcité. »

Selon lui, c’est parce qu’il y a une représentation de Jésus et de Marie en miniature que la structure ne peut être exposée. Contrairement au sapin par exemple, qui est utilisé dans d’autres contextes. De même, le contre-exemple de la galette des rois à l’Elysée, avancé par Bruno Retailleau, ne tient pas: elle n’est pas un symbole religieux en tant que tel et l’article de 1905 prévoit des exceptions pour les manifestations ponctuelles, comme les crèches vivantes ou les processions religieuses, par exemple.

« II ne faut pas que la laïcité devienne une arme anti-religion »

Le rapporteur reconnaît néanmoins qu’il faut examiner au cas par cas et ne pas être excessif. « Il y a 20 ans, ce genre de choses n’aurait pas posé problème. Si ici, cela semble justifié, il ne faut pas que la laïcité devienne une arme anti-religion alors que c’est un outil de vivre ensemble. En temps de crise, elle est parfois détournée à des fins de raidissement, de repli sur soi ou de discrimination de l’autre. »

Ce piège, l’élu Bruno Retailleau semble tomber dedans. Dans sa tribune, il fustige la montée du communautarisme et assure qu’il y a deux poids deux mesures avec les musulmans, qui auraient droit à des « horaires aménagés et des repas hallal dans les cantines scolaires ». Il estime qu’il y aurait une plus grande tolérance envers cette communauté, oubliant que la France a interdit le port du voile intégral dans l’espace public et le port du voile à l’école. Pour l’homme à l’origine de la saisine du tribunal administratif en Vendée, au contraire, « la religion catholique semble s’imposer davantage que les autres dans l’espace public ». « A-t-on déjà vu des emblèmes religieux du culte protestant, musulman ou israélite dans l’espace public? », s’interroge-t-il dans une tribune au Plus de L’Obs.

Voir encore:

Melun : la crèche de Noël à la mairie interdite par la cour d’appel

Marine Legrand

Il n’y aura plus de crèche de Noël dans la cour de la mairie de Melun durant les fêtes de fin d’année. Ainsi vient d’en décider la cour administrative d’appel de Paris, saisie par la fédération des libres penseurs de Seine-et-Marne. Un revirement de situation inattendu dans cette affaire qui fait polémique depuis 2014.

Libre Pensée 77, une association de défense de la laïcité, et la justice considèrent que la crèche de la Nativité a le caractère « d’un emblème religieux ». « Elle représente la naissance de Jésus et est installée au moment où les chrétiens célèbrent cette naissance », justifie la cour dans sa décision du 8 octobre.

Pourtant, le 22 décembre 2014, le tribunal administratif de Melun, saisi par l’association, avait eu un jugement totalement opposé. Il considérait que cette crèche devait être vue comme une décoration traditionnelle. « L’installation d’une crèche peut n’être, à l’époque de Noël, que la manifestation d’une tradition locale et une simple décoration festive dépourvue de signification symbolique », défendait Gérard Millet (LR), le maire de Melun.

Le 8 octobre, la cour d’appel a donc annulé purement et simplement la décision de ses confrères melunais. Elle enfonce le clou en imposant à la mairie de verser 1 500€ d’indemnités aux libres penseurs au titre des frais de justice.

La ville rappelle que sa crèche n’était pas implantée de manière « ostentatoire ou revendicative », ce qui lui aurait valu d’être étiquetée d’emblème religieux et d’être alors interdite. Mais la cour administrative d’appel de Paris constate que cette crèche est dans l’enceinte de l’hôtel de ville, ce qui est « contraire au principe de neutralité des services publics ». « Le maire n’a pas à invoquer des traditions pour s’opposer à la loi, affirme l’association Libre-pensée 77. La crèche de Noël est un objet religieux. La loi du 9 décembre 1905 dit que les institutions publiques doivent respecter la liberté de conscience des citoyens et la neutralité. »

Gérard Millet, lui, ne compte pas en rester là. Il annonce faire appel devant le conseil d’Etat et va « réfléchir rapidement » s’il installera quand même une crèche à la mairie à Noël. Si non, « un grand panneau expliquera pourquoi la crèche est absente », prévient-il.

À Nantes, même affaire mais décision opposée La justice serait-elle incohérente ? Une affaire de crèche de Noël en Vendée, identique à celle de Melun, vient d’obtenir les décisions juridiques exactement inverses, et à toutes les étapes de la procédure. Le conseil départemental de Vendée avait installé une crèche de Noël dans son hall. Le tribunal administratif l’a fait retirer à l’automne 2014 estimant que son caractère religieux était contraire au principe de laïcité des lieux publics. Le 13 octobre, la cour administrative d’appel de Nantes a annulé cette décision, estimant au contraire que la crèche s’inscrit « dans le cadre d’une tradition relative à la préparation de la fête familiale de Noël, ne revêt pas la nature d’un signe ou emblème religieux » et qu’elle n’est pas ostentatoire.

Crèche de Noël interdite en Vendée : je me suis battu au nom de la laïcité
Pour ce Noël 2014, il n’y aura pas de crèche de la Nativité dans l’enceinte du Conseil général de Vendée. Au nom de la laïcité, le tribunal administratif de Nantes a fait retirer l’installation. Une crèche a-t-elle sa place dans un bâtiment d’État ? Jean Regourd, président de la fédération de la Libre pensée de Vendée, a demandé le retrait de cet emblème religieux. Il nous explique ses raison

Édité et parrainé par Louise Auvitu

Décembre 2010. Comme tout citoyen, je me rends au Conseil général. J’y découvre alors une crèche célébrant la Nativité dans le hall d’entrée. La vierge Marie, Joseph, etc., impossible de ne pas la voir. Un an plus tard, je me rends compte que la crèche est une nouvelle fois installée, mais il est trop tard pour réagir.

Ce n’est qu’en 2012 que j’ai pris les devants en envoyant une missive au Conseil général de Vendée pour demander au président de ne pas aménager cette crèche. N’ayant aucune réponse, la Fédération de la libre pensée de Vendée a saisi le tribunal administratif pour excès de pouvoir.

Lundi 1er décembre, nous avons obtenu gain de cause :

« La décision implicite du président du Conseil général de la Vendée refusant d’exercer ses pouvoirs pour interdire l’installation d’une crèche de la nativité dans le hall de l’hôtel du département est annulée. »

Cette année, il n’y aura donc pas de crèche au Conseil général de Vendée. Et c’est bien normal.

La loi doit être respectée

Une crèche est un emblème religieux qui n’a absolument pas sa place dans l’espace public. Le premier article de la Constitution de 1958 est clair :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

Tout comme l’article 28 de la loi de 1905 instaurant la séparation de l’Église et de l’État :

« Il est interdit, à l’avenir, d’élever ou d’apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l’exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires ainsi que des musées ou expositions. »

Alors une collectivité territoriale peut-elle imposer à l’ensemble de ses citoyens sa vision du monde ? Je n’avais aucune envie d’être le redresseur de torts, mais la loi se doit d’être respectée.

Une crèche est un objet de culte

Ne pas respecter le principe de laïcité, c’est aller à l’encontre de la liberté de conscience des citoyens. En imposant des emblèmes religieux sur les lieux publics, le risque est de tomber dans le communautarisme, le groupe qui se reconnaît dans ce culte pouvant alors revendiquer des droits particuliers et différents des autres citoyens.

Comprenez bien, je ne suis pas pour une interdiction des crèches ailleurs que dans l’espace public. J’estime simplement que les emblèmes religieux n’ont rien à faire dans un lieu qui appartient aux collectivités territoriales, et représentent l’État, la République.

Je ne m’opposerai pas à des guirlandes décorant les rues de ma ville ou à une étoile en haut d’un sapin, car, jusqu’à preuve du contraire, ils ne font pas l’objet d’un culte.

La frontière entre le cultuel et le culturel

Ce n’est pas la première fois que le principe de laïcité n’est pas respecté. Il est primordial que notre société comprenne que tout ce qui est cultuel n’est pas culturel. La culture est universelle, les cultes ne concernent que quelques citoyen(ne)s. La loi de 1905 stipule qu’il est également interdit que l’État subventionne d’une quelconque façon un culte.

Quand il y a une procession dans un village ou des cloches qui sonnent, c’est le maire qui en est responsable, mais il ne doit en aucun cas utiliser les fonds publics.

Les Ostensions limousines, par exemple, sont des processions qui se déroulent tous les sept ans dans certaines communes du Limousin. En 2014, le Conseil d’État a débouté les associations qui les organisent et celles-ci doivent restituer les sommes versées – notamment par le Conseil régional du Limousin qui avait versé des subventions pour l’organisation de l’événement – du fait du non-respect de la loi de séparation de l’Église et de l’État.

La crèche au Conseil général de la Vendée est de présence récente ! La loi de décentralisation de 1982-1983 donne une autonomie aux Conseils généraux. Ces derniers quittent alors souvent les préfectures (il n’y avait pas de crèches !) pour s’installer dans leurs propres bâtiments datant alors des années 1990. La crèche a dû être installée dans ces années-là. Comme « tradition culturelle », on est en droit de s’interroger !

La religion catholique plus présente que d’autres ?

Certains Vendéens voudraient nous faire croire que cette crèche est rattachée aux traditions, qu’ici elle a davantage sa place qu’ailleurs, mais la Vendée est un département comme un autre où l’espace public ne doit pas devenir un lieu de culte.

À Béziers, Robert Ménard a lui aussi décidé d’installer une crèche dans la mairie. Cela va à l’encontre de nos lois.

À y regarder de plus près, la religion catholique semble s’imposer davantage que les autres dans l’espace public. Aussi les croix de mission que l’on trouve au croisement de deux chemins doivent-elles être dressées sur un terrain privé et non communal.

A-t-on déjà vu des emblèmes religieux du culte protestant, musulman ou israélite dans l’espace public? La laïcité s’y impose à tous sans exception.

Que doit-on penser des bénédictions de cartables auxquelles on peut assister en Vendée à chaque rentrée ? Soit, mais elles doivent se tenir exclusivement dans des lieux de culte. C’est aussi simple que ça.

On sait que l’Église est en crise, alors peut-être essaye-t-elle d’attirer les fidèles par ce genre d’initiative, ou par l’intermédiaire des autorités locales. Ces dernières n’en ont pas le droit.

Faire appel semble difficile

Nous avons laissé la justice se prononcer sur cette affaire et elle a tranché en notre faveur. Il semblerait que le Conseil général souhaite faire appel de la décision, mais le jugement me semble difficilement attaquable.

Notre but, je le répète, est de faire respecter la liberté de conscience de tous les citoyens sur ce qu’est un emblème religieux dans l’espace public et donc de faire respecter leur « égalité devant la loi sans distinction d’origine, de race, ou de religion ».

Propos recueillis par Louise Auvitu

Voir de même:

Les croisés de la crèche
Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction
La Croix
09/12/2014

La crèche installée par le conseil général de Vendée est-elle contraire aux règles de la laïcité ? Depuis plusieurs jours, la polémique n’a cessé d’enfler… Personne ne s’est donné la peine de savoir ce qu’est et ce que veut la Libre Pensée, à l’origine de l’affaire. Or ce n’est pas n’importe quelle association. Il suffit de lire ses statuts, en particulier l’article 2, pour voir qu’il s’agit d’une bande d’allumés voulant tout simplement éradiquer les religions, regardées « comme les pires obstacles à l’émancipation de la pensée. »

Petit extrait : la Libre Pensée « regarde les religions comme les pires obstacles à l’émancipation de la pensée ; elle les juge erronées dans leurs principes et néfastes dans leur action. Elle leur reproche de diviser les hommes et de les détourner de leurs buts terrestres en développant dans leur esprit la superstition et la peur de l’au-delà, de dégénérer en cléricalisme, fanatisme, impérialisme et mercantilisme, d’aider les puissances de réaction à maintenir les masses dans l’ignorance et la servitude. Dans leur prétendue adaptation aux idées de liberté, de progrès, de science, de justice sociale et de paix, la Libre Pensée dénonce une nouvelle tentative, aussi perfide qu’habile, pour rétablir leur domination sur les esprits. » Même quand elle est obligée de constater que les religions ne font aucun mal, elle n’en veut pas ! C’est donc une sorte de croisade, osons le mot, qui est menée par les laïcards les plus obtus, les plus réactionnaires, les plus ringards.

La laïcité n’est pas l’étouffement de la religion. On se sent obligé de le rappeler, parce que parfois on a du mal à s’en souvenir, à force ! Elle n’est pas même l’interdiction de la religion dans l’espace public, la privatisation de la croyance. En aucun cas. Ce n’est ni l’esprit ni la lettre de la loi de 1905. Elle est un principe de liberté des consciences, garantie par la séparation entre l’Eglise et l’Etat, par la neutralité de l’Etat.

Mais, comme toujours en droit, ce principe est équilibré par celui de la liberté de culte et par la distinction fondamentale entre culte et culture. C’est d’ailleurs ce que rappelle, avec modération, l’Observatoire de la laïcité, un organisme tout ce qu’il y a de plus officiel. Installer une crèche n’est pas célébrer un culte. Par contre, dire que les crèches ne font pas partie de notre culture c’est nier l’évidence. Le fanatisme laïciste épouse ici la crétinerie la plus crasse. Bien sûr que la crèche fait partie de notre culture ! N’importe quel enfant le sait ! Nier cela pour, substituer à notre culture le culte du vide symbolique, sans mémoire, sans intelligence, sans promesse, c’est aggraver encore la crise que traverse notre pays. Et, finalement, faire le jeu du Front national, qui prospère précisément sur ce terrain laissé en jachère par les partis modérés, exactement comme il le fait en s’emparant de Jeanne d’Arc, du drapeau bleu blanc rouge, de la nation…

Reste que pour les chrétiens, c’est un vrai dilemme. Car justement, pour nous, la crèche n’est pas seulement un élément de culture, ou alors notre foi est vaine, comme dirait saint Paul. Elle est encore moins un instrument de revendication politique. Certes, comme citoyens, nous pouvons nous inquiéter des ravages que fait cette machine à remplacer le lien par le rien. Mais comme chrétiens nous avons aussi de bonnes raisons de ne pas nous montrer dupes, par exemple, des intentions des maires comme Robert Ménard, à Béziers.

Ces petits malins n’ont que faire du christianisme. Ils détournent la crèche à des fins de propagande politique. Et comme chrétiens, à l’école de François d’Assise, nous ne voulons pas que la crèche soit autre chose qu’un signe de la venue d’un Dieu pauvre rejeté et persécuté par les puissances du monde. De leur crèche, le Fils de Dieu est absent. Bref, nous devons nous méfier non seulement des obsédés de la Libre Pensée, mais aussi des obscènes récupérations politiques et de tous ceux qui veulent, en réalité, utiliser la religion soit comme un élément de folklore, soit comme un matériau promotionnel destiné à leur commerce. Gardons-nous donc de tous côtés.

La crèche installée par le conseil général de Vendée est-elle contraire aux règles de la laïcité ? Depuis plusieurs jours, la polémique n’a cessé d’enfler… Personne ne s’est donné la peine de savoir ce qu’est et ce que veut la Libre Pensée, à l’origine de l’affaire. Or ce n’est pas n’importe quelle association. Il suffit de lire ses statuts, en particulier l’article 2, pour voir qu’il s’agit d’une bande d’allumés voulant tout simplement éradiquer les religions, regardées « comme les pires obstacles à l’émancipation de la pensée. »

Petit extrait : la Libre Pensée « regarde les religions comme les pires obstacles à l’émancipation de la pensée ; elle les juge erronées dans leurs principes et néfastes dans leur action. Elle leur reproche de diviser les hommes et de les détourner de leurs buts terrestres en développant dans leur esprit la superstition et la peur de l’au-delà, de dégénérer en cléricalisme, fanatisme, impérialisme et mercantilisme, d’aider les puissances de réaction à maintenir les masses dans l’ignorance et la servitude. Dans leur prétendue adaptation aux idées de liberté, de progrès, de science, de justice sociale et de paix, la Libre Pensée dénonce une nouvelle tentative, aussi perfide qu’habile, pour rétablir leur domination sur les esprits. » Même quand elle est obligée de constater que les religions ne font aucun mal, elle n’en veut pas ! C’est donc une sorte de croisade, osons le mot, qui est menée par les laïcards les plus obtus, les plus réactionnaires, les plus ringards.

La laïcité n’est pas l’étouffement de la religion. On se sent obligé de le rappeler, parce que parfois on a du mal à s’en souvenir, à force ! Elle n’est pas même l’interdiction de la religion dans l’espace public, la privatisation de la croyance. En aucun cas. Ce n’est ni l’esprit ni la lettre de la loi de 1905. Elle est un principe de liberté des consciences, garantie par la séparation entre l’Eglise et l’Etat, par la neutralité de l’Etat.

Mais, comme toujours en droit, ce principe est équilibré par celui de la liberté de culte et par la distinction fondamentale entre culte et culture. C’est d’ailleurs ce que rappelle, avec modération, l’Observatoire de la laïcité, un organisme tout ce qu’il y a de plus officiel. Installer une crèche n’est pas célébrer un culte. Par contre, dire que les crèches ne font pas partie de notre culture c’est nier l’évidence. Le fanatisme laïciste épouse ici la crétinerie la plus crasse. Bien sûr que la crèche fait partie de notre culture ! N’importe quel enfant le sait ! Nier cela pour, substituer à notre culture le culte du vide symbolique, sans mémoire, sans intelligence, sans promesse, c’est aggraver encore la crise que traverse notre pays. Et, finalement, faire le jeu du Front national, qui prospère précisément sur ce terrain laissé en jachère par les partis modérés, exactement comme il le fait en s’emparant de Jeanne d’Arc, du drapeau bleu blanc rouge, de la nation…

Reste que pour les chrétiens, c’est un vrai dilemme. Car justement, pour nous, la crèche n’est pas seulement un élément de culture, ou alors notre foi est vaine, comme dirait saint Paul. Elle est encore moins un instrument de revendication politique. Certes, comme citoyens, nous pouvons nous inquiéter des ravages que fait cette machine à remplacer le lien par le rien. Mais comme chrétiens nous avons aussi de bonnes raisons de ne pas nous montrer dupes, par exemple, des intentions des maires comme Robert Ménard, à Béziers.

Ces petits malins n’ont que faire du christianisme. Ils détournent la crèche à des fins de propagande politique. Et comme chrétiens, à l’école de François d’Assise, nous ne voulons pas que la crèche soit autre chose qu’un signe de la venue d’un Dieu pauvre rejeté et persécuté par les puissances du monde. De leur crèche, le Fils de Dieu est absent. Bref, nous devons nous méfier non seulement des obsédés de la Libre Pensée, mais aussi des obscènes récupérations politiques et de tous ceux qui veulent, en réalité, utiliser la religion soit comme un élément de folklore, soit comme un matériau promotionnel destiné à leur commerce. Gardons-nous donc de tous côtés.

Voir par ailleurs:

Hanukkah With the Jews for Jesus

What it’s like to be part of Messianic Judaism during the holidays—and how its ever-growing outreach organization has upped its evangelization efforts

« Emma Green

The Atlantic

Dec 23, 2014

Hanukkah parties can be measured in a few ways: the number of latkes present; the horribleness of the soundtrack, which inevitably includes small children singing about dreidels; the degree to which menorah-themed decorations have taken over. The get-together I attended last week at the Gottlieb household in Fairfax Station, Virginia, hit all these holiday standards, and more—they even had whitefish salad laid out on their festive blue-and-silver tablecloth.The biggest difference between this party and all the other Hanukkah parties I’ve ever attended was the involvement of Jesus.

« I wanted to be a rockstar, » said Val, one of the first women I spoke with, by way of introduction. « Then Jesus came into my life and said, ‘Eh, that’s not what I have planned for you.' »

Val was one of 30 to 40 people at the party, which is hosted every year by the Washington, D.C., branch of Jews for Jesus. Attendees identified themselves in lots of ways: Jewish believers in Jesus, Messianic Jews, Jewish Christians, and, sometimes, just Christians. Many worship together at the McLean Bible Church; for the most part, Jewish believers in Jesus go to evangelical churches, rather than synagogues.

But for one reason or another, everyone there wanted to participate in and learn about the rituals of Hanukkah, from lighting the menorah to telling the story of the Maccabees. There were babies, teenagers, and older single ladies; the group even included a couple from Iran, a black woman, and an Asian woman. Some grew up practicing Jewish traditions in conservative and Orthodox households; others had never seen a menorah before. Jews for Jesus exists for all these people—they educate Christians, and they also offer community to Jewish believers in Jesus.But most of their work focuses on another kind of person: Jews, or rather, Jews who don’t believe in the divinity of Christ. At this particular Hanukkah party, there was only one person who fit that description: me.

* * *

When Jews for Jesus was founded in San Francisco in 1973, it was called by a different name—Hineni Ministries, after the Hebrew word Abraham and Moses use to respond to God when he speaks to them in the Bible. « Jews for Jesus » was one of the organization’s slogans, along with « Jesus made me kosher » and « if you don’t like being born, try being born again, » said David Brickner, the executive director of the organization, in a phone interview. « The media were the ones who glommed onto that slogan and started calling us the Jews for Jesus, and we thought, well, okay. »

Brickner’s background isn’t typical of most people who identify as Messianic Jews: On his mother’s side, he says, he’s part of the fifth generation of Jewish believers in Jesus. Especially in the early days, Jews for Jesus was mostly made up of Jews who had starting believing in Jesus later in life. The Messianic Jewish community developed in tandem with the Jesus People movement, which was a kind of hippy Christian revival in the 1960s and 70s. Jews for Jesus offered ways for people to maintain a connection to their Jewish identity while embracing Christian spirituality.

Before Brickner took over leadership of the organization in 1996, it was led by its original founder, a Jew from Kansas named Moishe Rosen. Like Brickner, Rosen was an ordained Baptist minister; after going through a conversion in 1953, he made it his life’s work to proselytize to Jews. Ultimately, this is the mission of Jews for Jesus: « We want to make the Messiahship of Jesus an unavoidable issue to our Jewish people worldwide, » Brickner said.To say the least, this was met with skepticism, particularly in the American Jewish community. For example: « ‘Hebrew Christians’ Trouble Jews, » declared The New York Times in May 1977. The author wrote that « the growth of such communities and their proselytizing have raised considerable anxieties in the Jewish community, » and Rabbi James Rudin, then an assistant director at the American Jewish Committee, said « the Jewish attraction to the cults is a stunning indictment of our inability to relate to our youngsters on a spiritual level. » The Times published 50 such articles mentioning Jews for Jesus or Messianic Judaism in the 1970s alone.

Stephen Katz, the director of the Jews for Jesus’s missionary work in North America, became a follower of Christ around this time. When he was a first-semester college student, he was assigned to write a term paper on the Messianic expectations of Jews during the life of Christ. In the course of his research about Jesus’s teachings, he told me at the Jews for Jesus Hanukkah party, « I started to lean toward it being true—which was threatening. »

This word—threatening—comes up a lot in conversations about Jews for Jesus. Katz had been raised in a conservative Jewish household in Chicago; when his parents found out that he considered himself a follower of Christ, they were shocked. « My mother said I was brainwashed. My father said I was trying to put up wall between us. They had my uncle, who’s a rabbi, come over and try to straighten me out, » Katz said.

Their attitudes were specifically shaped by world events at the time, he added: In 1975, the United Nations passed a resolution determining that « Zionism is a form of racism and racial discrimination. » (It was revoked in 1991.) « My mother said, ‘Stephen, there’s going to be a new wave of anti-Semitism in this country, and you’re just trying to hide.' »To Jews—and especially those who live in diaspora, or places other than Israel—the mission of Jews for Jesus can seem like an attack « from within »: They evangelize by creating a sense of commonality and shared values.But at least to some extent, the organization’s leaders are aware of this perception. »It’s is a frontal assault on identity, » Katz said. « Jesus is not only seen as foreign—[Christianity] is seen as destructive to Jewish identity. »Jews are a people long persecuted, often in the name of Christ. Proselytization is never just a high-minded exchanged of metaphysical worldviews—and to Jews, it can seem like an attempt to undermine the core beliefs and traditions that define their faith.This can lead to hostility—and, sometimes, violence. « You might be spat upon, depending on what part of the world you’re in, » said Larry Dubin, the head of the Washington, D.C., branch of Jews for Jesus at the Hanukkah party. »My wife was attacked a couple of times. One woman took her glasses and destroyed them. A Jewish man, much taller than she was, basically knocked her to the ground, » he said. « She was proclaiming that Jesus, or Yeshua, is the messiah, and they didn’t like it. »
This, he says, is just « part of the business. The prophets were rejected. The messiah was rejected. Do you think people are going to say, ‘Oh! It’s Stephen Katz! Let’s go see what he has to say’? »It’s been a battle of the ages. »* * *For all this hostility, Jews for Jesus still seems to have a good sense of humor about its work. This holiday season, its North American offices distributed cards that remix Hanukkah and Christmas—adding some Hebrew to depictions of the nativity, making a menorah out of Rudolph’s antlers, that sort of thing.




Humor seems to be the organization’s schtick. This summer, I happened to pick up a flyer put out by the D.C. branch of Jews for Jesus, asking passersby whether they feel #connected with @God.



But for all its efforts to reach out to the young and the hashtag dependent (« Last summer we were trending on Twitter! » Brickner told me excitedly), the organization has seen a drop-off in engagement—and, to a certain extent, press coverage.

« Jews for Jesus was oftentimes seen in America as counter-cultural and rather intriguing to young Jews who were disaffected, » Brickner, the organization’s executive director, said. « It has more recently been seen as part of the wallpaper. »

Or, a bit more tangibly: From the organization’s founding in the mid-1970s until the early 2000s, there was a steady rise in the number of books that mentioned Jews for Jesus, Messianic Jews, and Messianic Judaism. But starting roughly ten years ago, that number plummeted.


 


That data, from Google ngrams, only extends through 2008. But according to Google trends, which traces search trends from 2004 forward, a similar pattern continued throughout the aughts, at least in terms of news headlines about Jews for Jesus, Messianic Jews, and Messianic Judaism.


Perhaps the novelty has worn off. This is what Brickner thinks, anyways—which, he says, is why the organization is now seeing its greatest successes in Israel, rather than the United States.

« There’s probably a greater openness [in Israel]—in terms of attitude, and willingness to discuss the concept—than in any of the other 14 countries we’re currently operating in, » Brickner said. « There’s a great curiosity about a whole host of things, spiritually. That’s why you’ve got people, fresh from the Israeli army, going off to India and Nepal, following the hummus trail. »Of the roughly 200 staff members who work for Jews for Jesus across the world, about 30 of them work out of the organization’s office in Tel Aviv. Although the organization sent its first missionaries to Israel starting in the spring of 1975, for 25 years, these were only short-term efforts. Then, in the summer of 2000, the Jews for Jesus received an amutah, or official government recognition as a non-profit organization. Since then, its Israeli operation has been growing—they’ve now got a second office in Beersheba, for example.Of course, this alleged Israeli « openness » to Jews for Jesus is very different depending on which Israelis you’re talking about. Katz called it « ambivalence »— there may be a sense of friendly curiosity among the secular public, but others have fought the presence of Jews for Jesus in Israel for reasons of religion or nationalism. For example, when the organization bought its offices in Tel Aviv, Katz said, the Orthodox, anti-missionary organization Yad L’Achim « posted everywhere, warning everyone to keep the missionaries away and complain to the municipality. »

For organizations like Yad L’Achim, this is a matter of preserving faith, and numbers— »we don’t give up on even a single Jew, » their website blares. But for some of the modern Orthodox, the argument is more nationalistic, Katz said. « [People] say, ‘We got this in Europe and elsewhere. We have one little piece of turf. Leave us alone.' »

* * *

The funny thing about holiday parties, though, is that it’s very hard to look at people slurping latkes in dorky sweaters and see the complex, centuries-old tension between Christians and Jews.

I met Rachel, who grew up going to Messianic summer camp and got introduced to her husband through Jews for Jesus. Their baby, Micah, had hands sticky with the red sprinkles of what looked like a misplaced Christmas cookie.

I met Suzanne and her twentysomething daughter, Cassidy, who traditionally hit this Hanukkah party as their once-a-year bout with Judaism. After becoming a Christian at the age of 17, Suzanne didn’t speak with any members of her conservative Jewish family for 20 years.

If it seems rude to ask strangers about decades-old family feuds at a crashed Hanukkah party, well, it is. But the people I met were remarkably willing to talk about their paths to believing in Jesus, and the pain that accompanied it. They also shot back questions: What faith was I raised with? How much had I been exposed to Christianity? Do I attend religious services?

Occasionally, when people heard I’m Jewish, they would « casually » suggest that I try reading the New Testament. Maybe in another context, this would have felt threatening. But it didn’t. That is part of who they are, just as being Jewish in my own, complicated way is part of who I am.

Because identity is never clean, no matter who you are. We are all dorky people slurping food at holiday parties; we are all symbols of centuries-old religious tension.

During our conversation, Katz told me about a dinner party he attended at his parents’ house in the mid-90s. His mom’s friends kept asking him what he did for a living; at that time, he was managing a bookstore for Jews for Jesus in San Francisco. He followed his mom into the kitchen during a lull in the meal.

« I don’t want to embarrass you and dad in front of your friends, » he told her.

« And my mom’s response was, ‘Oh Stephen, don’t worry about it. I mention that you’re with Jews for Jesus all the time,' » he said.

« Before that, I didn’t realize she had reached that point of comfort with what her son is. »

Voir enfin:

Pour en finir avec la laïcité

15 août 2012

Quel jour meilleur qu’aujourd’hui, jour de l’Assomption et de Lugnasad, fête de Marie et de Diane Aventine, en plein Ramadan et à trois jours de l’Aid El Fitr, à mi chemin entre Chavouot et Roch Achana, Fête des strip-teaseuses et de la bière pour les Pastafariens (mais selon le Calendrier pastafarien, c’est tous les jours la fête des strip-teaseuses et de la bière), quel meilleur jour qu’aujourd’hui, à part peut-être le 9 décembre, pour vous parler de la laïcité ?

S’il est une notion mal comprise, ou plutôt que chacun comprend à sa guise, c’est celle-là. Or ça tombe bien, c’est une notion de droit. De pur droit, car elle a été instaurée par une loi, avant d’être reprise dans notre Constitution, loi qui pose des obligations et des interdictions à l’État et à ses citoyens. La laïcité n’est pas une notion politique, expression qui ne veut pas dire grand chose d’ailleurs, et au contraire, vous allez voir que la politique est précisément celle qui n’a eu de cesse de vouloir lui faire dire tout ce qu’elle ne dit pas. Bref, on est sur mes terres. Souffrez que je vous guide.

La Génèse

Si en France tout finit par des chansons, en droit, tout commence par de l’Histoire. L’Historien est le meilleur ami du juriste, et j’ose croire la réciproque exacte. Les deux se font d’ailleurs régulièrement tancer pour leur approche des faits volontairement dépourvue de passion et ont la curieuse sensation de se faire houspiller de bien faire leur travail.

Dans les sociétés antiques, la religion est au cœur de la société. Le culte des dieux et des ancêtres est le ciment social, et tout manquement à ce culte est très mal vu (voire un crime) car la survie de la société (la Cité, la tribu, la République) dépendant du culte des dieux, y manquer met toute la société en danger. Ainsi, la femme romaine adultère pouvait être mise à mort par le mari car susceptible de donner naissance à un enfant n’ayant pas le sang des ancêtres donc inapte à leur vouer un culte. Le dirigeant de la société est une figure centrale du culte (Pharaon et empereurs se voyaient déifier à leur mort) même s’il n’appartient généralement pas au clergé quand il y en a un. Chaque cité antique avait son dieu tutélaire (Jupiter Capitolin à Rome, Athéna à Athènes, Lacédémon à Sparte, qui porte le nom de l’épouse de ce dieu fils de Zeus).

Le christianisme va supplanter toutes les religions existantes dans l’Empire romain en moins d’un siècle (313 : édit de Constantin, le christianisme devient autorisé ; 382 : édit de Théodose : il devient religion officielle. Aucun lobbyiste n’a fait mieux depuis).

Dans un premier temps, le christianisme va reposer sur la distinction entre le spirituel et le temporel, ou théorie des deux glaives (qui comme vous le verrez est l’ancêtre de la laïcité). À l’Empereur le pouvoir temporel, la charge des corps, à l’Église la charge des âmes. Elle ne s’immiscera pas dans l’exercice du pouvoir temporel, hormis pour conseiller d’Empereur et le rappeler à l’ordre s’il s’éloigne des enseignements de Dieu. Tout allait pour le mieux dans le meilleurs des empires jusqu’en 476 où l’Empire disparut. Pas du jour au lendemain, bien sûr, mais des royaumes indépendants se constituèrent un peu partout dans l’ancien territoire, composé de peuples germaniques dont la plupart n’étaient pas catholiques (mais de nombreux étaient chrétiens ariens, une hérésie niant la divinité du Christ. L’Église fut fort près de disparaître en ce 5e siècle, et, pour faire simple, c’est son alliance avec un jeune roi belge, Clovis (Clovis est natif de Tournai, il est donc plus belge que Français ou Allemand) qui la sauva. L’Église ne va jamais oublier ce moment où elle a vu sa fin si proche. Son obsession va alors devenir unique : recréer l’Empire romain ou son équivalent, le seul de nature à assurer la paix, l’Empire étant le moyen, la paix, la fin. L’Église est d’ailleurs organisée jusqu’à aujourd’hui selon un modèle calqué sur l’administration romaine : une pyramide hiérarchisée avec les évêques dans chaque diocèse (qui est à l’origine une division de la province romaine), équivalent des vicaires, les archevêques au niveau de la Province (équivalent du Gouverneur), avec au sommet le Pape, équivalent de l’Empereur. Aujourd’hui encore, le Pape exerce seul le pouvoir législatif dans la Cité du Vatican.

Clovis va diviser le royaume entre ses fils, selon la coutume germanique, ce qui engendrera des guerres sans fin sous la dynastie mérovingienne (476-751), au point que l’Église appuiera une nouvelle dynastie franque, les carolingiens, dont le roi Charlemagne sera sacré empereur le 25 décembre 800, un peu par surprise. Cet évènement sera lourd de répercussion de par sa forme. Charlemagne en est sorti furieux. Il s’était rendu à Rome porter secours au Pape Léon III en mauvaise posture. Il ramena la paix civile à grand coups de glaives et lors de la messe de Noël, alors qu’il s’était agenouillé pour prier, le Pape lui a déposé la couronne sur la tête. En ce temps là, les symboles étaient puissants. En posant cette couronne, le Pape montrait au monde que c’était l’Église qui avait couronné l’Empereur, laissant entendre qu’elle pouvait le découronner. Elle se mettait en position de supériorité, et Charlemagne n’était pas du genre à accepter d’avoir un patron. C’est pourquoi mille ans plus tard, Napoléon Ier se couronnera lui même empereur sous le nez du Pape, pour lui signifier que cette couronne, il ne la doit qu’à lui même, et que s’il n’était pas content, il n’avait qu’à aller se faire mitre (le mot est apocryphe).

Las, Charlemagne n’apportera pas plus la paix que Clovis, reprenant la coutume désastreuse de diviser le royaume entre ses successeurs, ce qui aboutira en 843 à la division durable de l’Europe entre un bloc germanique à l’est et latin à l’ouest, la bande entre les deux étant l’objet de guerres incessantes. Quand je vous dirai que le Traité qui a ainsi divisé l’Europe a été juré à Verdun, vous savez désormais pourquoi tant de gens sont morts en 1916 pour prendre cette position dont l’intérêt stratégique ne justifiait pas de concentrer à elle seule 10% des morts de la Première guerre mondiale.

Revenons en à notre Église des premiers temps. La couronne impériale survivra aux carolingiens, et donnera naissance au Saint Empire Romain Germanique, qui ne nous concerne pas directement. La France connaîtra un statut à part. Disons que face à l’incapacité des rois temporels à instaurer cette fichue paix, l’Église va mettre fin à la séparation du spirituels et du temporel et va à la place adopter la théocratie pontificale. Le Pape s’arroge le droit de déposer un roi qui manquerait aux commandements de l’Église, se plaçant au-dessus de lui. Le conflit pape-empereur prendra la forme de la querelle des investitures et sera remporté par le Pape en 1077 à Canossa, où l’Empereur Henri IV dût attendre de manière humiliante 3 jours dans la neige avant d’être reçu par le pape pour le supplier de lever son excommunication.

Car l’image d’une France, “fille aînée de l’Église”, soumise docilement à Rome et au Pape est un cliché et une contre-vérité historique. Si la France fut la fille aînée de l’Église, ce fut le modèle adolescente turbulente qui dit merde à sa maman.

De fait, l’arrivée de la dynastie capétienne (987-1789 avec un reboot plutôt raté en 1815-1832) va ouvrir une longue période de conflit entre les rois de France, très jaloux de leurs prérogatives, et la papauté. Le conflit éclatera sous Philippe le Bel, qui s’arrogera le droit de taxer les biens de l’Église, et sera remporté par celui-ci, qui installera la papauté en Avignon pour la garder à l’œil. C’est la naissance du gallicanisme, courant durable qui mettra l’Église française dans une certaine autonomie par rapport au Pape (les évêques sont ainsi nommés par le roi), qui durera jusqu’à la fin du XIXe siècle. Bossuet, au 17e siècle, est un grand représentant de ce courant, et publie en 1682 les 4 articles gallicans. Les guerres de religion ne traduisent pas une prise de position théologique, l’Édit de Nantes en est la preuve.

Le XIXe siècle sera une période charnière. Il s’ouvre avec le Concordat de 1801 (encore en vigueur dans 3 départements : le Haut-Rhin, le Bas-Rhin et la Moselle, qui n’étaient pas Français en 1905) qui assure le libre exercice du culte et la rémunération des prêtres et évêques par l’État (oui, c’est encore le cas en Alsace-Moselle), que la Révolution avaient supprimés, mais exclut tout statut de religion officielle. Napoléon voyait dans la religion un élément de stabilité sociale mais croyait à la nécessité du pluralisme religieux, et se ferme avec l’adoption en 1870 de l’Infaillibilité Pontificale, qui proclame que le Pape est l’autorité suprême en matière de dogme, et oblige le gallicanisme à se soumettre ou à devenir hérésie. C’est cette doctrine qui mettra en branle le mouvement républicain anticlérical qui aboutira à la loi de 1905.

L’Exode

La loi de 1905, loin d’être une victoire anticléricale, est un texte de compromis. Voulu par Emile Combes, portée par Aristide Briand, rapporteur du texte, combattu à sa droite par les conservateurs et les royalistes et à sa gauche par les guesdistes et l’aile gauche du PSF (mentionons Maurice Allard qui voulait aller jusqu’à interdire le port de la soutane), partisans d’un texte beaucoup plus radical, il sera sauvé par le soutien de jean Jaurès qui se ralliera à la position modérée de Briand. L’Assemblée nationale a mis en ligne un dossier très complet avec l’intégralité des débats.

La Sainte Parole

Nous voici donc à la laïcité. Que dit-elle, cette loi ? Commençons par ce qu’elle en dit pas : laïcité. Ce mot est totalement absent de la loi.

Laïc est un terme signifiant au départ qui n’appartient pas au clergé ou à un ordre religieux. Il ne signifie pas athée (tout catholique pratiquant qui n’a pas reçu le diaconnat est un laïque), juste extérieur à l’Église.

Tout tient en deux articles, qui ne peuvent être lus séparément. Mais elle commence par un titre. “Loi portant séparation des Églises et de l’État”. Ce pluriel est important. DES Églises. Même si l’Église catholique était visée, elle concerne toutes les religions (le mot Église était employé en ce sens, le mot religion ne l’a supplanté que par la suite). Elle n’abroge pas le Concordat, qui a été dénoncé en 1904.

Voici ses articles 1er et 2, qui contiennent toute l’essence de la loi.

ARTICLE PREMIER. – La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l’intérêt de l’ordre public.

ART. 2.- La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte. En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l’exercice des cultes. Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d’aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons.

Les reste de la loi, que vous pouvez lire ici, règle le sort des biens immobiliers, des établissements dissous, et la police des cultes. Notons les articles 31 et suivants qui font des délits le fait d’user de voies de fait pour contraindre ou empêcher quiconque d’exercer librement son culte, entraveront par les mêmes moyens le déroulement de l’exercice d’un culte, et pour un ministre d’un culte le fait d’outrager ou diffamer une personne exerçant une mission de service public ou appelant à la sédition ou à la violence dans un prêche.

La loi commence par proclamer la liberté de conscience, et s’oblige à garantir le libre exercice des cultes. C’est à dire que la République est tenue de mettre en œuvre les moyens protégeant ce libre exercice. Ainsi, une procession sur la voie publique est légale, mais encore la République doit assurer la sécurité et l’ordre de cette procession, en fermant la rue à la circulation, et installant les déviations nécessaires. De même que la force publique doit écarter toute manifestation visant à empêcher l’exercice d’un culte, comme l’irruption d’une foule au milieu d’un office. L’ordre public, tel qu’apprécié par l’administration sous le contrôle du juge, peut justifier que certaines manifestations du culte soient interdites ou cantonnées à certains lieux. C’est aussi ce qui justifie que l’État puisse effectuer à ses frais des travaux de voirie permettant la circulation et le stationnement aux abords d’un édifice de culte sans subventionner illégalement un culte (dès lors que quiconque peut utiliser ces infrastructures librement : vous pouvez vous garer sur le parking d’une église ou d’une mosquée, même à l’heure du culte).

La loi impose ensuite à la République une obligation de neutralité religieuse, notamment financière. Pas de subvention du culte, même indirecte, pas de statut privilégié d’un culte. Le Conseil d’État a tiré les conséquences de cette obligation en en déduisant une obligation de neutralité des agents de l’État. Un fonctionnaire ne peut porter dans l’exercice de ses fonctions un signe ostensible religieux (juge portant le hidjab, policier portant la kippa), de même qu’un bâtiment public ne peut arborer aucun signe religieux (sous réserve du statut des édifices de culte antérieurs à 1905).

Les termes “La République ne reconnait aucun culte” est souvent mal interprété par des partisans d’une laïcité tenant plus de l’athéisme d’État comme signifiant qu’aucun culte n’a la moindre valeur à ses yeux. C’est une erreur grossière, incompatible avec l’article 1er. Cette phrase exclut simplement que toute religion ait le statut de religion d’État, ou jouisse de privilèges que n’auraient pas les autres.

Le Conseil d’État a eu l’occasion de rappeler le sens et la porté de la laïcité, à la suite de la controverse dite du “foulard islamique”, qu’on appelait à l’époque du terme persan Tchador. Cette affaire est à mon sens emblématique. Elle est une défaite de la laïcité, non parce qu’on n’a pas réussi à empêcher ces jeunes filles de porter le hidjab, mais précisément parce qu’on a fait tout ce que les auteurs de la loi de 1905 voulaient éviter.

En septembre 1989, trois lycéennes d’un établissement de Creil se sont présentées revêtues de ce foulard peu discret ce qui mit la République en émoi (il faut dire que Jean-Marie Le Pen avait fait 14% à la présidentielle l’année précédente). La direction de l’établissement refusa de les recevoir si elles n’enlevaient pas ce foulard, elles refusèrent, au nom de leur foi. Controverse nationale, les uns disant que le libre exercice du culte leur permettait de porter ce voile qu’aucune loi n’interdisait, les autres disant que la laïcité s’opposait à ce qu’un voile islamique fût porté dans une école républicaine (on ne m’enlèvera pas de l’idée que c’est parce que ce voile était islamique que le problème s’est posé). Le ministre de l’éducation nationale a donc saisi le Conseil d’État pour avis, espérant obtenir de la plus haute juridiction administrative sa bénédiction pour excommunier les élèves.

Perdu. Dans un avis du 27 novembre 1989, le Conseil d’État rappelle l’évidence : l’obligation de neutralité ne s’applique qu’aux agents, et en aucun cas aux usagers du service public, protégés par l’article 1er de la loi de 1905. La seule limite est l’ordre public (pas de provocation, de pression, de prosélytisme ou de propagande), et les obligations légales auxquelles sont tenus les élèves, notamment celle d’assiduité. Le port du foulard ne doit pas empêcher de suivre des cours, et bien sûr des motifs religieux ne permettent pas de refuser telle partie de l’enseignement, sinon, des sanctions disciplinaires sont encourues. Lisez tout l’avis, il est très clair. Enfin, pas tant que ça, puisque les tenants de la ligne dure ont vu dans le mot “ostentatoire” leur Salut : le hidjab étant ostentatoire, il était selon eux licite de l’interdire (alors même que le Conseil d’État ne mettait dans ce mot qu’un moyen pour atteindre une fin illicite : la provocation, la pression, la propagande et le prosélytisme).

Le mal était fait, car porter le hidjab était devenu un acte de rébellion. Si en 1989, 3 jeunes filles s’étaient présentées portant ce fichu, à la rentrée 1994, c’est 300 jeunes filles qui l’arboraient. Le ministre de l’éducation de l’époque, François Bayrou, prit une circulaire “ligne dure” interdisant le port du hidjab comme étant un signe ostensible illicite en soi. Des sanctions disciplinaires furent prononcées allant jusqu’à l’exclusion, qui toutes ou presque furent annulées en justice pour violation de la laïcité (certaines furent confirmées car les élèves refusaient de participer aux classes de sport pour des motifs religieux, ce qui est illicite). Avec en attendant autant de jeunes filles mineures privées d’éducation illégalement. Le désastre était complet. Et Jean-Marie Le Pen fit 15% l’année suivante.

Complet ? Non, le pire est toujours possible, et il prit la forme du président Chirac, qui, après avoir été confronté à Jean-Marie Le Pen au second tour en 2002, relança le débat et fit voter une loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 encadrant, en application du principe de laïcité, le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. Cette loi ne s’applique qu’aux élèves des écoles publiques (pas privées et privées sous contrat) et, votée par une large majorité, n’a pas été soumise au Conseil constitutionnel. Sa conformité au principe constitutionnel de laïcité n’a donc jamais été vérifiée, aucune QPC n’ayant à ce jour été déposée. En attendant, les juges administratifs n’ont d’autre choix que de valider les mesures qu’ils jugeaient illégales auparavant. Et comme — ô surprise ! — cette loi n’a pas réglé le problème mais n’a fait qu’exacerber les tensions et pousser à la surenchère les candidats au martyr républicain, et que le Front national garde des scores flatteurs, ce sera au tour du niqab de passer dans le collimateur du législateur, avec la loi tartuffienne de dissimulation du visage dans l’espace public, que tout le monde appelle la loi anti-niqab sauf le législateur qui l’a voté pour interdire le niqab, qui dit bien que ça s’applique à tout le monde sauf une longue liste d’exceptions qui ne laisse de fait que le miqab de concerné. Et le désastre est à présent complet car l’intolérance est désormais du côté de la République qui se targue de promouvoir la tolérance. Et Marine Le Pen fit 18%.

Revenons-en à l’Église catholique.

Celle-ci a pris à plusieurs reprises des positions conservatrices sur des questions relatives à la famille. Elle ne cache pas son opposition au mariage homosexuel et à l’adoption par des parents de même sexe. À l’occasion de la fête de Marie (qui est aussi la fête des familles), une proposition de prière bien anodine à mis le feu aux poudres des anticléricaux, qui ont visiblement cru que les catholiques appelaient à ce que la foudre divine frappât les homosexuels et les partisans du mariage et de l’adoption homosexuels. Abstraction faite de l’habituelle vulgate anticalotine qui ne présente aucun intérêt, pas même celui de la nouveauté, un argument récurent était que la séparation de l’Église et de l’État (notez le singulier) interdisait à l’Église de se mêler de questions politiques comme le vote prochain d’une loi sur le sujet.

Errare humanum est, perseverare diabolicum. Cette affirmation est on ne peut plus fausse. Alors je m’adresse à vous, pauvres brebis égarées. Relisez la loi de 1905. Elle n’interdit nullement à quelque culte que ce soit de se mêler de politique. La liberté d’expression s’y oppose même frontalement. Tout culte peut, par la voix de ses représentants, prendre publiquement position sur tel ou tel projet de loi, et même appeler ses fidèles à exercer leur vote de façon à permettre le succès ou au contraire faire échec au vote d’une loi. La République vit de la confrontation pacifique des idées, et cette confrontation n’a de sens que si celles contraires aux nôtres peuvent s’exprimer. Il est tentant de disqualifier l’adversaire par un argument dit ad hominem : “peu importe ce que vous dites, je vous dénie le droit de le dire en raison de ce que vous êtes”. Ça tient en un tweet et ça ne donne pas d’ampoule au cerveau. Mais si vous le relisez, vous verrez l’incompatibilité avec la démocratie.

Pour information, aucun ministre du culte, aucun religieux même d’un ordre reclus comme un moine ou une nonne n’est de ce fait privé du droit de vote (ils peuvent notamment l’exercer par procuration). Il y a eu des abbés députés dans l’assemblée qui a voté la loi de 1905. Ils sont citoyens à part entière, comme vous et moi. Au nom de quoi leur dénierait-on le droit à la parole en République ? Et comment justifieriez-vous ce traitement différencié au regard de la laïcité de la république ? Cette prière là, qui se mêlait de politique, l’auriez-vous aussi condamnée au nom de la laïcité ? La République a récompensé et honoré son auteur.

La laïcité de la république n’est pas la prohibition du fait religieux dans l’espace public. Ceux qui disent qu’ils n’ont rien contre les religions à condition qu’elles s’exercent dans un cadre strictement privé, généralement restreint au domicile et aux établissement du culte, portes dûment closes, mais désapprouvent tout signe indiquant la croyance religieuse de celui l’arbore dans la rue, deux-là ne respectent pas la laïcité. Une loi réalisant leur désir violerait la laïcité, en restreignant arbitrairement l’exercice d’un culte pour des raisons n’ayant aucun lien avec l’ordre public (la vue d’une kippa ou d’un hidjab ne trouble pas l’ordre public, même si elle vous trouble vous ; dans ce cas ce n’est pas la religion le problème mais votre intolérance).

Cette liberté ne bride en rien la vôtre. Pas plus que vous ne pouvez interdire à l’Église de s’exprimer, elle ne peut vous interdire de répliquer au nom du respect de ses croyances (notez qu’elle ne le fait pas). Alors répliquez aux arguments de l’Église plutôt que de vous réfugier derrière un texte pour tenter de lui interdire de parler. Expliquez-lui, expliquez aux catholiques en quoi, selon vous ils se trompent (aux dernières nouvelles, 45% le savent déjà). Et laissez cette pauvre laïcité tranquille. On lui a déjà bien fait du mal ces dernières années.

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