Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus: Et qui est mon prochain? Jésus reprit la parole, et dit: Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s’en allèrent, le laissant à demi mort. Un sacrificateur, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre. Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l’ayant vu, passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu’il le vit. Il s’approcha, et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui. Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l’hôte, et dit: Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands? C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi. Et Jésus lui dit: Va, et toi, fais de même. Luc 10: 25-37
Car j’ai eu faim, et vous m’avez donné à manger; j’ai eu soif, et vous m’avez donné à boire; j’étais étranger, et vous m’avez recueilli;j’étais nu, et vous m’avez vêtu; j’étais malade, et vous m’avez visité; j’étais en prison, et vous êtes venus vers moi.Les justes lui répondront: Seigneur, quand t’avons-nous vu avoir faim, et t’avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t’avons-nous donné à boire?Quand t’avons-nous vu étranger, et t’avons-nous recueilli; ou nu, et t’avons-nous vêtu?Quand t’avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi?Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites. Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j’ai eu faim, et vous ne m’avez pas donné à manger; j’ai eu soif, et vous ne m’avez pas donné à boire; j’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli; j’étais nu, et vous ne m’avez pas vêtu; j’étais malade et en prison, et vous ne m’avez pas visité.Ils répondront aussi: Seigneur, quand t’avons-nous vu ayant faim, ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t’avons-nous pas assisté?Et il leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n’avez pas fait ces choses à l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne les avez pas faites. Jésus (Matthieu 25: 35-45)
Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. Paul (Galates 3: 28)
Ne croyez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre; je ne suis pas venu apporter la paix, mais l’épée. Car je suis venu mettre la division entre l’homme et son père, entre la fille et sa mère, entre la belle-fille et sa belle-mère; et l’homme aura pour ennemis les gens de sa maison. Jésus (Matthieu 10 : 34-36)
Vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres: gardez-vous d’être troublés, car il faut que ces choses arrivent. Mais ce ne sera pas encore la fin. Une nation s’élèvera contre une nation, et un royaume contre un royaume, et il y aura, en divers lieux, des famines et des tremblements de terre. Tout cela ne sera que le commencement des douleurs. Alors on vous livrera aux tourments, et l’on vous fera mourir; et vous serez haïs de toutes les nations, à cause de mon nom. Jésus (Matt. 24: 6-9)
Et même l’heure vient où quiconque vous fera mourir croira rendre un culte à Dieu. Jésus (Jean 16: 1)
Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc rusés comme les serpents et candides comme les colombes. Matthieu 10: 16
The Schmidts obeyed, and marched on Poland, And there an Anton Schmidt, Feldwebel, Performed uncommon things, not safe, Nor glamorous, nor profitable. (…) I know he had unusual eyes Whose powers no orders might determine, Not to mistake the men he saw, As others did, for gods or vermin. For five months, till his execution, Aware that action has its dangers, He helped the Jews to get away, – Another race at that, and strangers. He never did mistake for bondage The military job, the chances, The limits; he did not submit To the blackmail of his circumstance. I see him in the Polish snow, His muddy wrappings small protection, Breathing the cold air of his freedom And treading a distinct direction. Thom Gunn
I have only acted as a human being. Anton Schmid
And in those two minutes which appeared to be like a sudden burst of light in the midst of impenetrable, unfathomable darkness, a single thought stood out clearly, irrefutably, beyond question – how utterly different everything would be to day in this court room, in Israel, in Germany, in all of Europe, and perhaps in all countries of the world, if only more such stories could have been told. Hannah Arendt
For decades the name Feldwebel Anton Schmid has been like a saint for me. Simon Wiesenthal
Was Anton Schmid a saint? Officially speaking he has not been recognised as one by his own church, which is otherwise often quick to create saints. For our Jewish brothers and sisters he proved to be a saint. And with the historian Wolfram Wette, who devoted his most recent study to Anton Schmid, I hope that this Feldwebel will be widely recognised as a shining example of a human being who heard and answered the higher call of a greater obligation than military orders. Werner Jeanrond
Nous sommes comme des nains assis sur des épaules de géants. Si nous voyons plus de choses et plus lointaines qu’eux, ce n’est pas à cause de la perspicacité de notre vue, ni de notre grandeur, c’est parce que nous sommes élevés par eux. Bernard de Chartres
Bernard de Chartres avait l’habitude de dire que nous sommes comme des nains sur les épaules de géants, afin que nous puissions voir plus qu’eux et les choses plus éloignées, pas en vertu d’une netteté de la vue de notre part, ou d’une distinction physique, mais parce que nous sommes portés haut et soulevé vers le haut par leur taille gigantesque. John de Salisbury (1159)
Si j’ai vu plus loin que les autres, c’est parce que j’ai été porté par des épaules de géants. Isaac Newton (1676)
Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu’à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l’irriter encore plus. Pascal
Il n’y a que l’Occident chrétien qui ait jamais trouvé la perspective et ce réalisme photographique dont on dit tant de mal: c’est également lui qui a inventé les caméras. Jamais les autres univers n’ont découvert ça. Un chercheur qui travaille dans ce domaine me faisait remarquer que, dans le trompe l’oeil occidental, tous les objets sont déformés d’après les mêmes principes par rapport à la lumière et à l’espace: c’est l’équivalent pictural du Dieu qui fait briller son soleil et tomber sa pluie sur les justes comme sur les injustes. On cesse de représenter en grand les gens importants socialement et en petit les autres. C’est l’égalité absolue dans la perception. René Girard
On apprend aux enfants qu’on a cessé de chasser les sorcières parce que la science s’est imposée aux hommes. Alors que c’est le contraire: la science s’est imposée aux hommes parce que, pour des raisons morales, religieuses, on a cessé de chasser les sorcières. René Girard
Les mondes anciens étaient comparables entre eux, le nôtre est vraiment unique. Sa supériorité dans tous les domaines est tellement écrasante, tellement évidente que, paradoxalement, il est interdit d’en faire état. René Girard
Notre monde est de plus en plus imprégné par cette vérité évangélique de l’innocence des victimes. L’attention qu’on porte aux victimes a commencé au Moyen Age, avec l’invention de l’hôpital. L’Hôtel-Dieu, comme on disait, accueillait toutes les victimes, indépendamment de leur origine. Les sociétés primitives n’étaient pas inhumaines, mais elles n’avaient d’attention que pour leurs membres. Le monde moderne a inventé la “victime inconnue”, comme on dirait aujourd’hui le “soldat inconnu”. Le christianisme peut maintenant continuer à s’étendre même sans la loi, car ses grandes percées intellectuelles et morales, notre souci des victimes et notre attention à ne pas nous fabriquer de boucs émissaires, ont fait de nous des chrétiens qui s’ignorent. René Girard
On n’arrive plus à faire la différence entre le terrorisme révolutionnaire et le fou qui tire dans la foule. L’humanité se prépare à entrer dans l’insensé complet. C’est peut-être nécessaire. Le terrorisme oblige l’homme occidental à mesurer le chemin parcouru depuis deux mille ans. Certaines formes de violence nous apparaissent aujourd’hui intolérables. On n’accepterait plus Samson secouant les piliers du Temple et périr en tuant tout le monde avec lui. Notre contradiction fondamentale, c’est que nous sommes les bénéficiaires du christianisme dans notre rapport à la violence et que nous l’avons abandonné sans comprendre que nous étions ses tributaires. René Girard
L’inauguration majestueuse de l’ère « post-chrétienne » est une plaisanterie. Nous sommes dans un ultra-christianisme caricatural qui essaie d’échapper à l’orbite judéo-chrétienne en « radicalisant » le souci des victimes dans un sens antichrétien. (…) Jusqu’au nazisme, le judaïsme était la victime préférentielle de ce système de bouc émissaire. Le christianisme ne venait qu’en second lieu. Depuis l’Holocauste , en revanche, on n’ose plus s’en prendre au judaïsme, et le christianisme est promu au rang de bouc émissaire numéro un. (…) Le mouvement antichrétien le plus puissant est celui qui réassume et « radicalise » le souci des victimes pour le paganiser. (…) Comme les Eglises chrétiennes ont pris conscience tardivement de leurs manquements à la charité, de leur connivence avec l’ordre établi, dans le monde d’hier et d’aujourd’hui, elles sont particulièrement vulnérables au chantage permanent auquel le néopaganisme contemporain les soumet. René Girard
Le christianisme est la seule religion qui aura prévu son propre échec. Cette prescience s’appelle l’apocalypse. René Girard
Aimez-vous les uns les autres (…) est une formule héroïque qui transcende toute morale. Mais elle ne signifie pas qu’il faille refuser le combat si aucune autre solution n’est possible. René Girard
Je me souviens très bien de la remilitarisation de la Rhénanie en 1935. Si les Français étaient entrés en Allemagne, ils auraient pu changer le cours des événements : les Allemands étaient incapables de leur opposer la moindre résistance. Seulement Albert Sarraut [président du Conseil] et le gouvernement français seraient passés pour les salopards qui empêchaient le monde de revenir à la normale. Ils n’étaient pas assez forts moralement pour tenir le coup. Par la suite, on a beaucoup reproché à Sarraut sa passivité. Mais il était dans une situation inextricable. René Girard
Les moyens dits pacifiques ne sont pas toujours ni même nécessairement les meilleurs pour préserver une paix existante. On sait aujourd’hui que si les Français et les Anglais avaient eu une autre attitude lors de l’entrée des troupes allemandes dans la zone démilitarisée en 1935, on aurait peut-être réussi à faire tomber Hitler et ainsi empêché la guerre de 1939. Il y a également de fortes chances qu’une action offensive des Alliés les aurait fait passer pour coupables aux yeux de l’opinion mondiale. En général ; on ne connaît qu’après coup l’utilité d’une guerre préventive pour préserver la paix. Julien Freund
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. Plus encore, il célèbre la contribution (totalement inexistante) de l’Islam à l’essor de l’Amérique, et il se fend d’une révérence au sanglant et sectaire roi d’Arabie, l’Abdullah de la haine. Il annule la ceinture anti-missiles sise en Alaska et propose un désarmement nucléaire inutile. (…) Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. (…) Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. Laurent Murawiec
Le manque de soutien des Américains aux Français est, en vérité, la marque de fabrique de Barack Obama (…) Le Président américain avait trouvé une stratégie d’évitement pour ne pas intervenir, à condition que le gouvernement syrien renonce à son arsenal chimique : toutes les autres formes d’assassinat de masse restaient donc tolérées par le Président américain. Un million de morts et deux millions de réfugiés plus tard n’empêchent apparemment pas Barack Obama de dormir la nuit : il a d’autres priorités, tel lutter contre un hypothétique dérèglement du climat ou faire fonctionner une assurance maladie, moralement juste et pratiquement dysfonctionnelle. On connaît les arguments pour ne pas intervenir en Syrie : il serait difficile de distinguer les bons et les mauvais Syriens, les démocrates authentiques et les islamistes cachés. Mais ce n’est pas l’analyse du sénateur John Mc Cain, plus compétent qu’Obama sur le sujet : lui réclame, en vain, que les États-Unis arment décemment les milices qui se battent sur les deux fronts, hostiles au régime de Assad et aux Islamistes soutenus par l’Iran. Par ailleurs, se laver les mains face au massacre des civils, comme les Occidentaux le firent naguère au Rwanda – et longtemps en Bosnie et au Kosovo – n’est jamais défendable. Il est parfaitement possible, aujourd’hui encore en Syrie, d’interdire le ciel aux avions de Assad qui bombardent les civils, de créer des couloirs humanitaires pour évacuer les civils, d’instaurer des zones de sécurité humanitaire. C’est ce que Obama refuse obstinément à Hollande. Comment expliquer cette obstination et cette indifférence d’Obama : ne regarde-t-il pas la télévision ? Il faut en conclure qu’il s’est installé dans un personnage, celui du Président pacifiste, celui qui aura retiré l’armée américaine d’Irak, bientôt d’Afghanistan et ne l’engagera sur aucun autre terrain d’opérations. Obama ignorerait-il qu’il existe des « guerres justes » ? Des guerres que l’on ne choisit pas et qu’il faut tout de même livrer, parce que le pacifisme, passé un certain seuil, devient meurtrier. « À quoi sert-il d’entretenir une si grande armée, si ce n’est pas pour s’en servir ? », avait demandé Madeleine Albright, Secrétaire d’État de Bill Clinton, au Général Colin Powell, un militaire notoirement frileux. Les États-Unis sont le gendarme du monde, la seule puissance qui compte : les armées russes et chinoises, par comparaison, sont des nains. On posera donc à Obama – si on le pouvait – la même question que celle de Madeleine Albright : « À quoi sert l’armée américaine et à quoi sert le Président Obama ? ». Il est tout de même paradoxal que Hollande, un désastre en politique intérieure, pourrait passer dans l’Histoire comme celui qui aura dit Non à la barbarie et Barack Obama, Prix Nobel de la Paix, pour celui qui se sera couché devant les Barbares. Guy Sorman
Depuis que l’ordre religieux est ébranlé – comme le christianisme le fut sous la Réforme – les vices ne sont pas seuls à se trouver libérés. Certes les vices sont libérés et ils errent à l’aventure et ils font des ravages. Mais les vertus aussi sont libérées et elles errent, plus farouches encore, et elles font des ravages plus terribles encore. Le monde moderne est envahi des veilles vertus chrétiennes devenues folles. Les vertus sont devenues folles pour avoir été isolées les unes des autres, contraintes à errer chacune en sa solitude. G.K. Chesterton
Il vous faut abandonner les armes que vous avez car elles n’ont aucune utilité pour vous sauver vous ou l’humanité. Vous inviterez Herr Hitler et signor Mussolini à prendre ce qu’ils veulent des pays que vous appelez vos possessions…. Si ces messieurs choisissent d’occuper vos maisons, vous les évacuerez. S’ils ne vous laissent pas partir librement, vous vous laisserez abattre, hommes, femmes et enfants, mais vous leur refuserez toute allégeance. Gandhi (conseil aux Britanniques, 1940)
Si j’étais né en Allemagne et y gagnais ma vie, je revendiquerais l’Allemagne comme ma patrie au même titre que le plus grand des gentils Allemands et le défierais de m’abattre ou de me jeter au cachot; je refuserais d’être expulsé ou soumis à toute mesure discriminatoire. Et pour cela, je n’attendrais pas que mes coreligionaires se joignent à moi dans la résistance civile mais serais convaincu qu’à la fin ceux-ci ne manqueraient pas de suivre mon exemple. Si un juif ou tous les juifs acceptaient la prescription ici offerte, ils ne pourraient être en plus mauvaise posture que maintenant. Et la souffrance volontairement subie leur apporterait une force et une joie intérieures que ne pourraient leur apporter aucun nombre de résolutions de sympathie du reste du monde. Gandhi (le 26 novembre, 1938)
Des juifs sont persécutés, volés, maltraités, torturés, assassinés. Et vous, Mahatma Gandhi, dites que leur position dans le pays où ils souffrent tout ceci est un parallèle exact avec la position des Indiens en Afrique du sud au moment où vous inauguriez votre célèbre « force de la vérité » ou « force de la campagne d’âme » (Satyagraha) (…) Mais, Mahatma, savez-vous ou ne savez-vous pas ce qu’est un camp de concentration et ce qui s’y passe? Martin Buber
Capitalism is the way of the devil and exploitation. If you really want to look at things through the eyes of Jesus Christ–who I think was the first socialist–only socialism can really create a genuine society. Hugo Chávez
Imagine (…) no religion (…) all the people living life in peace… You may say I’m a dreamer But I’m not the only one I hope someday you’ll join us And the world will be as one … John Lennon
Nous sommes ici aujourd’hui parce que le printemps de Prague – parce que la quête, simple et légitime, de liberté et de perspectives d’avenir – a couvert de honte ceux qui s’appuyaient sur le pouvoir des tanks et des armes pour écraser la volonté du peuple. Nous sommes ici aujourd’hui parce que, il y a vingt ans, les gens de cette ville sont descendus dans la rue pour réclamer la promesse d’un jour nouveau et les droits humains fondamentaux qui leur avaient été refusés depuis bien trop longtemps. Sametová revoluce (la « révolution de velours ») nous a enseigné beaucoup de choses. Elle nous a montré qu’une protestation pacifique pouvait ébranler les fondations d’un empire et révéler la vanité d’une idéologie. Elle nous a montré que de petits pays pouvaient jouer un rôle pivot dans les événements du monde, et que des gens jeunes pouvaient montrer le chemin pour surmonter d’anciens conflits. Et elle a prouvé que le pouvoir moral était plus puissant que n’importe quelle arme. (…) Tout comme nous nous sommes dressés au XXe siècle pour défendre la liberté, nous devons nous dresser ensemble au XXIe siècle pour vivre libres de toute peur. Et en tant que puissance nucléaire – en tant qu’unique puissance nucléaire ayant eu recours à l’arme nucléaire -, les Etats-Unis ont la responsabilité morale d’agir. Nous ne pouvons réussir seuls dans cette entreprise, mais nous pouvons la conduire. Ainsi, aujourd’hui, j’affirme clairement et avec conviction l’engagement de l’Amérique à rechercher la paix et la sécurité dans un monde sans armes nucléaires. Ce but ne pourra être atteint avant longtemps, sans doute pas de mon vivant. Il faudra de la patience et de l’obstination. Mais maintenant, c’est à nous d’ignorer les voix qui nous disent que le monde ne peut pas changer. (…) Nous soutiendrons le droit de l’Iran à disposer d’une énergie nucléaire pacifique dans le cadre de contrôles rigoureux. Barack Hussein Obama (2009)
Pour les personnes persécutées pour des raisons politiques, le droit fondamental d’asile ne connaît pas de limite. Merkel (2015)
Donors in Southern states, for instance, give roughly 5.2 percent of their discretionary income to charity — both to religious and to secular groups — compared with donors in the Northeast, who give 4.0 percent. Before you jump to conclusions that religion and generosity were somehow connected, keep in mind that those numbers included giving “both to religious and to secular groups”… In other words, church counted as charity. But when you excluded donations given to churches and religious groups, the map changed dramatically, giving an edge to the least religious states in the country. Friendly atheist
Nos observations remettent en question le fait que la religion serait vitale pour le développement moral, et appuient l’idée que la sécularisation du discours moral ne va pas diminuer la bonté humaine – en fait, elle fera tout le contraire. Jean Decety
Il n’y a pas d’interprétation présentée pour la propension des enfants musulmans à proposer des punitions plus sévères. Angela Sirigu (Centre de neurosciences cognitives de Lyon)
Les auteurs invoquent un mécanisme de « licence morale » : la religiosité étant perçue en elle-même comme un gage de bonté, les pratiquants pourraient s’autoriser – « inconsciemment », précise Jean Decety – un plus grand égoïsme au quotidien. (…) dès le XIXe siècle, on avait constaté que les prisons de droit commun comptaient une proportion très faible d’athées, et dans les années 1940 aux Etats-Unis, des psychologues avaient montré la moindre générosité et la plus grande prévalence des préjugés envers les minorités chez les croyants, « ce qui avait constitué un grand choc ». En Afrique du Sud, la majorité des opposants blancs à l’apartheid étaient des non-croyants, « juifs séculiers », souligne aussi Jean Decety, actuellement en année sabbatique dans ce pays. Benny Beit-Hallahmi estime que les chercheurs qui traquent l’avantage évolutif offert par la religion se fourvoient : « la coopération sociale, observée chez d’autres animaux, est un comportement tellement élémentaire qu’elle n’a pas besoin de substrat moral. Le vrai enjeu moral, c’est de faire le bien envers autrui, quel qu’il soit, indépendamment de la crainte d’être puni dans l’au-delà. » Une exigence apparue selon lui récemment dans l’histoire du monde, incarnée par des organisations séculières, « universalistes », comme Médecins sans frontière. « Il y a un siècle, rappelle-t-il, faute d’athées, une telle étude comparative aurait été impossible. » Le Monde
C’est une explication plausible. D’autres recherches ont montré que la religiosité traditionnelle est associée à des dons charitables plus élevés, mais pas avec une aide offerte dans des situations spontanées, ce qui concorde avec la présente étude. Luke Gallen (université du Nebraska)
323 said they were non-religious, 3 were agnostic and 2 ticked the box marked “other”. The Economist
Methodological problems that limit the interpretation of religious prosociality studies include the use of inappropriate comparison groups and the presence of criterion contamination in measures yielding misleading conclusions. Specifically, it is common practice to compare high levels of religiosity with “low religiosity” (e.g., the absence of denominational membership, lack of church attendance, or the low importance of religion), which conflates indifferent or uncommitted believers with the completely nonreligious. Finally, aspects of religious stereotype endorsement and ingroup bias can contribute to nonprosocial effects. Luke W. Galen
In sum, Decety et al. have amassed a large and valuable dataset, but our reanalyses provide different interpretations of the authors’ initial conclusions. Most of the associations they observed with religious affiliation appear to be artifacts of between-country differences, driven primarily by low levels of generosity in Turkey and South Africa. However, children from highly religious households do appear slightly less generous than those from moderately religious ones. Azim M. Shariff
In our paper, we reported cross-cultural differences in how the religious environment of a child negatively impacted their sharing, their judgments of the actions of others, and how their parents evaluated them. An error in this article, our incorrect inclusion of country of origin as a covariate in many analyses, was pointed out in a correspondence from Shariff, Willard, Muthukrishna, Kramer, and Henrich. When we reanalyzed these data to correct this error, we found that country of origin, rather than religious affiliation, is the primary predictor of several of the outcomes. While our title finding that increased household religiousness predicts less sharing in children remains significant, we feel it necessary to explicitly correct the scientific record, and we are therefore retracting the article. We apologize to the scientific community for any inconvenience caused. Jean Decety
Le pays d’origine, plutôt que l’affiliation religieuse, était le principal prédicteur de plusieurs des résultats. Bien que le résultat indiquant qu’une religiosité familiale croissante prédisait une moindre propension au partage chez les enfants, repris dans le titre, reste notable, nous pensons qu’il est nécessaire de corriger explicitement ce dossier scientifique, c’est pourquoi nous rétractons cet article. Jean Decety
Attention: une subversion peut en cacher une autre !
Au lendemain de la mort, au vénérable âge de 91 ans, de l’anthropologue franco-américain de la violence et apologiste assumé du christianisme René Girard …
Et à l’heure où avec le plus rapide prix Nobel de la paix de l’histoire et fidèle de 20 ans du pasteur Wright à la tête du Monde libre et la fille de pasteur élevée au lait du communisme Mother Angelica à la tête de l’Union européenne …
Un Moyen-Orient à feu et à sang voit la résurgence, au nom d’Allah même, d’une barbarie d’un autre âge et la reconnaissance par ledit Monde libre du droit à l’arme nucléaire d’un régime appelant explicitement à l’annihilation d’un de ses voisins …
Et que derrière une hiérarchie catholique qui oublie tant son propre peuple persécuté que ses propres héros …
Une Europe qui n’arrive même plus à assurer sa reproduction démographique s’abandonne aux flots d’une invasion grosse potentiellement de millions de migrants clandestins issue pour l’essentiel de ladite religion …
Pendant que sous prétexte que les athées seraient plus généreux que les croyants, une étude franco-américaine – depuis d’ailleurs rétractée – se félicite aussi sottement qu’un Gandhi ou qu’un John Lennon d’avoir démontré rien de moins que la nocivité de la religion pour le développement moral …
Comment ne pas voir à la lumière des travaux du plus américain des penseurs français …
Non seulement la formidable force subversive des Evangiles et l’incroyable chaos que peut déclencher à l’échelle à présent de la planète entière l’application la plus radicale de leurs principes …
Mais surtout, au-delà des évidents problèmes méthodologiques et notamment d’échantillonnage (eg. l’invention récente et justement occidentale et souvent issue de milieux favorisés de l’athéisme – combien d’athées au Pakistan ?) …
Et l’impasse sur les quelque 100 millions de victimes d’un régime athée comme le communisme …
La non moins incroyable fatuité de tous nos Monsieur Jourdain du christianisme …
Et qui, tels ces nains assis sur les épaules de géants, n’ont même pas conscience qu’ils ne font que vérifier l’enseignement évangélique …
Qui 2 000 ans avant eux sous les traits du bon samaritain avait averti les croyants du risque de l’empathie limitée à son propre groupe ?
Les enfants non religieux sont plus altruistes que ceux élevés dans une famille de croyants
Hervé Morin
Le Monde
05.11.2015
Certains observateurs attentifs de l’actualité des derniers millénaires l’avaient déjà noté : la religion n’est pas toujours un gage de concorde et de fraternité. Une étude publiée jeudi 5 novembre dans la revue Current Biology suggère que le mode de transmission des valeurs et des pratiques religieuses d’une génération à l’autre risque de faire perdurer cette situation. Menée dans six pays auprès de 1 170 enfants de cinq à douze ans, elle montre que l’altruisme n’est pas la chose la mieux partagée chez ceux issus de familles pratiquant une religion. Ils présenteraient aussi une prédilection pour l’application de châtiments plus sévères que les rejetons de familles se définissant comme « non religieuses ».
Conduite au Canada, en Chine, en Jordanie, en Turquie, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud, cette étude dirigée par Jean Decety (Département de psychologie de l’université de Chicago) avait pour objectif de mesurer si la religion, ainsi qu’on le croit fréquemment, renforce les comportements dits « prosociaux ».
L’enquête est financée par une bourse de la Fondation américaine John Templeton. D’inspiration chrétienne, celle-ci avait en 2007 remis son prix (mieux doté que le Nobel) au philosophe canadien Charles Taylor, qui défend l’idée selon laquelle les sociétés laïques occidentales ne sont pas aptes à satisfaire la quête humaine de sens.
Sont-elles pour autant moins « morales » ? La fondation risque d’être déçue par la réponse. Les chercheurs réunis par Jean Decety concluent en effet que leurs observations « remettent en question le fait que la religion serait vitale pour le développement moral, et appuient l’idée que la sécularisation du discours moral ne va pas diminuer la bonté humaine – en fait, elle fera tout le contraire ». Un manifeste politique, inhabituel dans une revue de biologie. Jean Decety y tient, notamment du fait qu’aux Etats-Unis, où ce Français naturalisé américain est installé depuis 14 ans, il est impossible à quiconque se déclarant non croyant d’espérer accéder à de hautes fonctions, notamment électives, « car il serait suspecté d’être immoral, voire amoral ».
Capacité d’empathie
Qu’a montré son équipe ? Elle a d’abord mesuré le niveau de pratique religieuse des familles dont elle a étudié les enfants. Pour des raisons de robustesse statistique, ceux-ci ont été divisés en trois groupes – non religieux (dont athées), chrétiens, musulmans – les autres cultes étant sous-représentés dans l’échantillon. Les chercheurs ont demandé aux parents d’évaluer la capacité d’empathie et la sensibilité à l’injustice de leurs enfants. Les chrétiens et musulmans les estimaient plus élevées que ce que rapportaient les parents non croyants.
Les chercheurs ont ensuite fait visionner par chaque enfant des petites vidéos montrant d’autres enfants se poussant ou se faisant trébucher, de façon intentionnelle ou non, en leur demandant de noter le niveau de « méchanceté » et celui des punitions méritées par les fautifs, sur une échelle graduée, mais non spécifique – « on ne proposait pas 40 coups de fouets ! », précise Jean Decety. Les enfants religieux estimaient en moyenne ces actes plus répréhensibles, et – que les méfaits aient été ou non volontaires – proposaient des punitions plus sévères que les athées, les petits musulmans étant les plus intransigeants.
« Jeu du dictateur »
Enfin, pour évaluer la générosité des enfants, les chercheurs ont fait appel à une adaptation du « jeu du dictateur », imaginé par les économistes : parmi trente autocollants, ils leur ont proposé de choisir leurs dix préférés, en précisant qu’ils n’auraient pas le temps d’en distribuer à tous les écoliers. Ils leur demandaient ensuite s’ils seraient prêts à en donner pour leurs camarades moins chanceux. Le nombre d’autocollants cédés, hors de la vue de l’expérimentateur, augmentait avec l’âge (un effet déjà connu du développement de l’altruisme chez l’enfant). Mais les petits athées se montraient significativement plus généreux que leurs pairs croyants, chez qui les dons étaient inversement proportionnels à l’intensité de la pratique religieuse – « quelle que soit la culture, c’est-à-dire le pays d’origine », précise Jean Decety, en réponse à des objections sur la répartition statistique des données.
Comment expliquer ce dernier phénomène ? Les auteurs invoquent un mécanisme de « licence morale » : la religiosité étant perçue en elle-même comme un gage de bonté, les pratiquants pourraient s’autoriser – « inconsciemment », précise Jean Decety – un plus grand égoïsme au quotidien. « C’est une explication plausible, commente Luke Gallen (université du Nebraska). D’autres recherches ont montré que la religiosité traditionnelle est associée à des dons charitables plus élevés, mais pas avec une aide offerte dans des situations spontanées, ce qui concorde avec la présente étude. »
Angela Sirigu, chercheuse au Centre de neurosciences cognitives de Lyon (et contributrice de cartes blanches pour le cahier Science & Médecine du Monde) juge l’étude « très intéressante », mais reste sur sa faim sur l’explication de comportements mis en lumière. « Il n’y a pas d’interprétation présentée pour la propension des enfants musulmans à proposer des punitions plus sévères », commente-t-elle.
Voltaire et les athées
Pour Benny Beit-Hallahmi (université de Haifa), auteur d’une somme sur la psychologie et la religion, l’étude de Current Biology « est une contribution très importante car elle confirme pour la première fois chez un grand nombre d’enfants de différentes cultures, pays et religions, des observations connues chez les adultes ».
Certes, Voltaire lui-même se méfiait de l’athéisme, « estimant qu’il fallait des limites religieuses pour border les comportements moraux », rappelle-t-il. Mais dès le XIXe siècle, on avait constaté que les prisons de droit commun comptaient une proportion très faible d’athées, et dans les années 1940 aux Etats-Unis, des psychologues avaient montré la moindre générosité et la plus grande prévalence des préjugés envers les minorités chez les croyants, « ce qui avait constitué un grand choc ». En Afrique du Sud, la majorité des opposants blancs à l’apartheid étaient des non-croyants, « juifs séculiers », souligne aussi Jean Decety, actuellement en année sabbatique dans ce pays.
Benny Beit-Hallahmi estime que les chercheurs qui traquent l’avantage évolutif offert par la religion se fourvoient : « la coopération sociale, observée chez d’autres animaux, est un comportement tellement élémentaire qu’elle n’a pas besoin de substrat moral. Le vrai enjeu moral, c’est de faire le bien envers autrui, quel qu’il soit, indépendamment de la crainte d’être puni dans l’au-delà. » Une exigence apparue selon lui récemment dans l’histoire du monde, incarnée par des organisations séculières, « universalistes », comme Médecins sans frontière. « Il y a un siècle, rappelle-t-il, faute d’athées, une telle étude comparative aurait été impossible. »
Aujourd’hui, 5,8 milliards d’humains, soit 84 % de la population de la planète, s’identifient comme croyants, rappellent Jean Decety et ses collègues.
Voir aussi:
Matthew 22:39
Far from bolstering generosity, a religious upbringing diminishes it
The Economist
Nov 7th 2015
AN ARGUMENT often advanced for the encouragement of religion is that, to paraphrase St Matthew’s report of Jesus’s words, it leads people to love their neighbours as themselves. That would be a powerful point were it true. But is it? This was the question Jean Decety, a developmental neuroscientist at the University of Chicago, asked in a study just published in Current Biology.
Dr Decety is not the first to wonder, in a scientific way, about the connection between religion and altruism. He is, though, one of the first to do it without recourse to that standard but peculiar laboratory animal beloved of psychologists, the undergraduate student. Instead, he collaborated with researchers in Canada, China, Jordan, South Africa and Turkey, as well as with fellow Americans, to look at children aged between five and 12 and their families. Altogether, Dr Decety and his colleagues recruited 1,170 families for their project, and focused on one child per family. Five hundred and ten of their volunteer families described themselves as Muslim, 280 as Christian, 29 as Jewish, 18 as Buddhist and 5 as Hindu. A further 323 said they were non-religious, 3 were agnostic and 2 ticked the box marked “other”.
Follow-up questions to the faithful among the sample then asked how often they engaged in religious activities, and also about spirituality in the home. That let Dr Decety calculate how religious each family was. He found that about half the children in religious households came from highly observant homes; the spiritual lives of the other half were more relaxed. He then arranged for the children to play a version of what is known to psychologists as the dictator game—an activity they use to measure altruism.
In truth, the dictator game is not much of a game, since only one of the participants actually plays it. In Dr Decety’s version, each child was presented with a collection of 30 attractive stickers and told that he or she could keep ten of them. Once a child had made his selection, the experimenter told him that there was not time to play the game with all the children at the school, but that he could, if he wished, give away some of his ten stickers to a random schoolmate who would not otherwise be able to take part. The child was then given a few minutes to decide whether he wanted to give up some of his stickers—and, if so, how many. The researchers used the number of stickers surrendered as a measure of altruism.
The upshot was that the children of non-believers were significantly more generous than those of believers. They gave away an average of 4.1 stickers. Children from a religious background gave away 3.3. And a further analysis of the two largest religious groups (Jews, Buddhists and Hindus were excluded because of their small numbers in the sample), showed no statistical difference between them. Muslim children gave away 3.2 stickers on average, while Christian children gave away 3.3. Moreover, a regression analysis on these groups of children showed that their generosity was inversely correlated with their households’ religiosity. This effect remained regardless of a family’s wealth and status (rich children were more generous than poor ones), a child’s age (older children were more generous than younger ones) or the nationality of the participant. These findings are, however, in marked contrast to parents’ assessments of their own children’s sensitivity to injustice. When asked, religious parents reported their children to be more sensitive than non-believing parents did.
This is only one result, of course. It would need to be replicated before strong conclusions could be drawn. But it is suggestive. And what it suggests is not only that what is preached by religion is not always what is practised, which would not be a surprise, but that in some unknown way the preaching makes things worse.
Voir également:
Some Modern Saints? Anton Schmid (1900–42)
Werner Jeanrond
1 Trinity College Cambridge
20 October 2013
“I have only acted as a human being.” One September evening in 1941, Luisa Emaitisaite, a young Lithuanian woman found herself outside the Jewish Ghetto of Vilnius. Trying to avoid the on-going anti-Jewish raids that day, she had failed to return to the ghetto before the curfew and now did not know what to do on this side of the locked up ghetto door. Her situation appeared to be hopeless. If discovered by any member of the occupying German Wehrmacht, she risked being shot on the spot. She was hiding in the entrance of a house when she noticed a uniformed German walking through the street in the dark, cigarette in hand. She mustered all her courage, approached him directly, and out of desperation asked him for help.
The German Wehrmacht-soldier was Anton Schmid who was on his way home from work. In occupied Vilnius he was in charge of the office responsible for gathering scattered soldiers who had lost their units in the war and for re-integrating them into the army. Although wearing a German uniform, he did in fact come from Vienna where he had left his wife and daughter upon being drafted into Hitler’s war. Anton was posted in Vilnius which was often referred to as the Jerusalem of the East since a large population of Jewish men, women and children (60 000 of a total population of 215 000) had been living there for generations. Since the arrival of the Germans, however, their lives were threatened. Outside of Vilnius in a forest near a village called Ponary (or Paneriai) thousands of Jews had already been murdered by the Nazis, including all of Luisa’s relatives. Undoubtedly Anton Schmid knew of the horrific and carefully orchestrated mass murder of Jews. But he must also have been aware that anybody, and in particular any soldier, who ignored the order to treat Jews as enemies and hid them from the Nazi murder-machine risked his own life.
Luisa Emaitisaite risked everything by asking a German soldier for help, and Anton Schmid risked everything by deciding to help her. Luisa asked Anton if he would be so kind as to rent her a room in a cheap hotel so that she could feel secure for the night. However, Anton answered that such a move would be too dangerous for her given the constant controls by the German authorities, and instead he suggested that he could hide her in his own army flat. When Luisa and Anton realised the next day that the raids were continuing, and that therefore Luisa’s life would be in danger the moment she left his flat, he decided to keep her there for the whole week. Then he suggested to Luisa that he would save her life by arranging a new ‘arian ’ identity for her. That required a somewhat complex strategy:
First, Anton took Luisa to see a Polish Carmelite monk in the nearby church of Ostra Brama. There he explained the situation to Fr Andreas Gdowski and as ked him to issue a document identifying Luisa as a Catholic, well known to the monastery. Moreover, Fr Gdowski was to confirm that Luisa’s parents had been deported by the Soviets and that at that point all her papers had been lost. The monk commented: “An old man like me has no need to be afraid of people, and in front of God I can well justify this fraud.” He gave Luisa a typewriter so that she herself could type the desired document on the Monastery’s official paper. Fr Andreas signed and sealed the document which made Luisa now a Polish Catholic. Thereafter, Anton accompanied his protégé to five different offices of the occupying German bureaucracy in order to be able to employ Luisa in his own army office. She needed first a work permit, then a permit to rent a room, then an identity card, and finally a certificate from the residents’ regi stration office. Once Luisa was in possession of all these documents, she no longer needed to live in fear of the continuing political and antisemitic raids. She could move freely, and she could start to work in Anton Schmid’s office. Her new identity protected her. She did survive the war and the holocaust.
Why did Anton Schmid act in this way? Why did he risk his life by saving this young Jewish woman whom he had never met before? He never demanded or received any financial reward. He did not ask any questions. Rather he was confronted with a concrete human need and he responded to it. As far as we know, Schmid never composed any protest letter against the on-going persecution and murder of Jewish women, men and children. He did not write to any German authority to demand a stop to the holocaust. He was not known as a member of any official resistance group against Hitler and his followers. However, we do know that Luisa was not the only person he saved in Vilnius.
The first Jew he had saved from the Nazi death squads in Vilnius was Max Salinger, a young Polish man. We do not know any details of how the two had met. After the war Max Salinger visited Anton Schmid’s wife Stefanie and told her how Anton had saved his life. Anton had given Max a fallen soldier’s registration book and identity; put him into a Wehrmacht uniform, and drafted him in to his own army office to work.
Anton Schmid then continued to save many more Jews in Vilnius, among them the writer Hermann Adler and the opera singer Anita Distler who had met and married in Vilnius. Again, Hermann Adler had approached Anton in the street and asked him for help. He later admitted that he knew from the church of Ostra Brama that Schmid had helped a Jewish girl, namely Luisa. Later on the Adlers suggested to Schmid that he organise some form of secret transport of Jews from the ghetto in Vilnius to the city of Bialystok. Schmid recalled that a friend of his from Vienna was stationed in Bialystok. He offered the couple something to eat and asked them to come back in a few days. When they returned he gave them a room in his office where they lived for the next three months and functioned as the connecting link be tween the emerging Jewish resistance movement in the ghetto and Schmid. A number of convoys between Vilnius and Bialystock were organised by Schmid, Salinger and the Adlers to bring around 300- 350 Jews into the relative security of that pa rticular city.
In Vilnius itself Schmid was also in charge of a number of workshops. Here he employed displaced German soldiers, Russian prisoners of war and Jews from the ghetto. He issued documents to the prisoners and Jews which confirmed that they worked for the Wehrmacht in an essential capacity in the respective workshop. Thus, these workers were somewhat protected against arbitrary controls, raids, arrests and executions by the German SS troops and their Lithuanian auxiliary police in the streets of Vilnius. It is reckoned that Schmid managed to employ and thus to protect around 150 Jewish craftsmen in his workshops where there was work for no more than 50 people. In this way he probably saved many Jews from certain death.
As we have seen, Schmid also made his army flat available for secret gatherings of the Jewish resistance parties from the Vilnius ghetto. Some of those present at these meetings could at first not believe their eyes that their conspirational meetings were in fact taking place in a flat belonging to the German army.
Needless to say, Anton Schmid ran a major risk by helping individual Jews and Jewish organisations as well as the emerging Jewish resistance groups in Vilnius. At the end of January 1942 he was arrested by the German secret field police outside of Vilnius. We do not know exactly why or whether or not he had been denounced. But we do know that his arrest happened in connection with one of the clandestine transportation of Jews out of Vilnius. Schmid was put into prison and then tried. On 25 February 1942 he was condemned to death. The papers of the trial are lost, so we do not know with which criminal offence he actually was charged. Saving Jews was not a crime listed in German military law. Some historians assume therefore that he was charged with treason and support of the enemy – Jews were considered enemies in Nazi thinking; both offences were deemed to deserve capital punishment. Anton Schmid was executed on 13 April 1942 by a firing squad in a Vilnius prison.
When it became known in Vienna that sergeant Schmid had been executed because he had attempted to save Jews, his wife and daughter were made to suffer being harassed and defamed. Their windows were smashed. During the subsequent fifteen years they received no support from the Austrian state until eventually in the late nineteen fifties Anton Schmid was declared to have been a victim of the NS state. Although the Jews whom he had saved and who were lucky enough to survive the Holocaust honoured Schmid and his family, the wider public first learned about his attempts to help and save Jews in 1961 during the Eichmann trial in Jerusalem. In her book about Eichmann in Jerusalem Hannah Arendt reports how witnesses referred to the saving action of Feldwebel Anton Schmid and that a complete silence of two minutes was observed in the court when Schmid’s deeds were recounted. She adds: ‘And in those two minutes which appeared to be like a sudden burst of light in the midst of impenetrable, unfathomable darkness, a single thought stood out clearly, irrefutably, beyond question – how utterly different everything would be to day in this court room, in Israel, in Germany, in all of Europe, and perhaps in all countries of the world, if only more such stories could have been told.’ In 1964 Anton Schmid was one of the first Germans and Austrians to be honoured by the State of Israel at Yad Vashem as ‘Righteous among the Nations’.
In today’s gospel reading we heard of the Samaritan, who when he saw the beaten man on the road took pity on him and helped him. And we heard a reading from the first of two letters which Schmid wrote to his wife and daughter before his execution. Here he explained: ‘I have only acted as a human being ’. In his last letter, written on the day of his execution, he refers again to the fact that he merely saved the lives of other human beings, albeit Jews, and lost his life as a result of his deeds. ‘As I have always done everything for others in my life, so have I sacrificed my everything for others.’ He then committed himself into the hand of God. The Roman Catholic padre Fritz Kropp offered Schmid pastoral support during his last hours. Later he wrote to Schmid’s widow Steffi that Anton had remained strong until his death, received the sacraments of the church and prayed the Lord’s Prayer before being shot.
Many Jews have said that, for them, Anton Schmid was something like a saint. For example, in a letter to the German government in the year 2000 Simon Wiesenthal wrote: ‘For decades the name Feldwebel Anton Schmid has been like a saint for me.’ It is remarkable that Anton Schmid counts as a saint for Je ws, though not, or not yet, for Christians. When again in the year 2000 the German government decided to name a military barracks in his honour, many people raised protests. I have not come across any Roman Catholic acknowledgement of the saintly self-sacrifice of this ordinary Catholic conscript from Vienna. ‘I have only acted as a human being.’ As a member of the German Wehrmacht he defended human and Christian values by seeing the other human being as human. He did not obey his orders to consider Jews as Untermenschen, but resisted such orders and defended every instance of humanity through his spontaneous and courageous actions.
Was Anton Schmid a saint? Officially speaking he has not been recognised as one by his own church, which is otherwise often quick to create saints. For our Jewish brothers and sisters he proved to be a saint. And with the historian Wolfram Wette, who devoted his most recent study to Anton Schmid, I hope that this Feldwebel will be widely recognised as a shining example of a human being who heard and answered the higher call of a greater obligation than military orders.
Further Reading Wolfram Wette, Feldwebel Anton Schmid: Ein Held der Humanität, Frankfurt am Main: S. Fischer, 2013. Wolfram Wette, Karl Jäger: Mörder der litauischen Juden, Frankfurt am Main: Fischer Taschenbuch, 2011. Hannah Arendt, Eichmann in Jerusalem: A Repo rt on the Banality of Evil, New York: Penguin, [1963] 2006.
Voir de plus:
Does Religious Belief Promote Prosociality? A Critical Examination
Luke Galen
Voir enfin:
Religion in the United States is in a slump. Since 1990, the share of Americans who reject any religious affiliation has climbed sharply, from 8 percent to more than 22 percent. Among younger Americans, the trend is especially pronounced. According to the Public Religion Research Institute, 38 percent of Americans under 30 describe themselves as having no religious identity.
If present trends continue, these “nones” will outnumber Catholics by 2020, and will be more numerous than Protestants by 2035.
Of course, present trends may not continue. There have been at least three “Great Awakenings” — periods of religious revival — in American history. Maybe another such awakening will materialize. For now, however, there is no doubt that the United States is becoming less religious. As the Pew Research Center has documented, fewer Americans believe in God, pray regularly, or consider religion very important in their lives.
Many Americans aren’t just turning from religion, but against religion. In 2016, Pew found that only 58 percent of US adults believed that “churches, synagogues, and other houses of worship” contribute at least in part to solving important social problems. Fully 39 percent said they contribute little or nothing to alleviating social ills. Other surveys have found that Americans are evenly split on whether religion is part of the solution to what ails America — or part of the problem.
This shift in attitude should worry all Americans, believers and nonbelievers alike. Because religious faith and institutions, whatever might be wrong with them, are the strongest drivers of philanthropic works in US society. If religion in this country is going down, charitable giving and volunteering are likely to go down, too.
“Religious practice links us in webs of mutual knowledge, responsibility, and support like no other influence,” writes Karl Zinsmeister in the current issue of the journal Philanthropy. Zinsmeister, the editor of the Almanac of American Philanthropy , notes that numerous studies have confirmed that “religious practice is the behavioral variable with the strongest and most consistent association with generous giving.” Researchers at Indiana University’s Lilly School of Philanthropy reported in October that the average annual contribution of religiously unaffiliated households is $695, less than half the $1,590 given by the average household with a religious affiliation. Regular churchgoers are also much more likely to do donate their time: According to Pew, 45 percent of them had done volunteer work within the past seven days. The comparable figure for all other Americans was 27 percent.
“The capacity of religion to motivate pro-social behavior goes way beyond volunteering,” Zinsmeister observes. “Religious people are more involved in community groups [and] have stronger links with their neighbors.” They are more likely to adopt children, to resettle refugees, to rehabilitate prisoners, and to help the homeless.
They’re also concerned with helping the needy far away. Religious-affiliated humanitarian organizations, such as World Vision, the Catholic Medical Mission Board, and the American Jewish World Service, collectively distribute tens of billions of dollars annually to relieve poverty, disease, and suffering in the developing world.
All of which indicates why a decline in religious ties is ominous for reasons having nothing to do with theology.
America has always been extraordinarily charitable. But that generosity has been disproportionately linked to faith. As faith shrinks, charity — and the good works charity sustains — will take a hit.
Already there are signs that this is happening. Between 2000 and 2014, Nonprofit Quarterly recently documented, the share of households donating to charity fell from 66 percent to 55.5 percent. Volunteering is down, too. In 2015, according to the University of Maryland’s Do Good Institute, the proportion of Americans doing volunteer work dropped to 24.9 percent — a 15-year low. So far, the raw total of dollars donated remains at record levels, but that is because wealthy donors are giving more.
To be sure, charitable giving is not the only means of doing good in the world. Religious faith is not the only way to imbue existence with meaning. But both have been singularly characteristic of the US way of life — and closely connected to each other. Less religion in the nation’s future may not trouble many Americans. But how many of us want to live in a less generous America?
Jeff Jacoby can be reached at jacoby@globe.com. Follow him on Twitter @jeff_jacoby. To subscribe to his free weekly newsletter, Arguable, click here.
Les enfants non religieux sont plus altruistes que ceux élevés dans une famille de croyants (ou pas)
Une étude réalisée dans six pays démontre les effets positifs d’une éducation séculière, qui favorise la générosité et la clémence chez les plus jeunes. ATTENTION L’étude scientifique qui a inspiré cet article a été rétracté le 5 août 2019
Attention, l’étude scientifique de 2015 qui a inspiré cet article a été rétractée à la demande des auteurs par la revue Current Biology le 5 août 2019, trois ans après qu’une autre équipe de recherche a soulevé des objections sur le mode de traitement statistique des données.
Les auteurs indiquent dans la notice de rétractation que quand ils ont réanalysé les données pour faire suite aux critiques méthodologiques, ils ont effectivement trouvé que « le pays d’origine, plutôt que l’affiliation religieuse, était le principal prédicteur de plusieurs des résultats ». « Bien que le résultat indiquant qu’une religiosité familiale croissante prédisait une moindre propension au partage chez les enfants, repris dans le titre, reste notable, nous pensons qu’il est nécessaire de corriger explicitement ce dossier scientifique, c’est pourquoi nous rétractons cet article », écrivent les auteurs. Dont acte. Il convient donc de considérer que les lignes qui suivent sont elles aussi caduques. Nous avons cependant conservé en l’état notre article original, ci-dessous, comme témoignage de la façon dont les publications scientifiques, y compris dans les journaux bénéficiant du « contrôle qualité » de la relecture par les pairs, peuvent parfois être invalidées par des analyses ultérieures ou lors de tentatives infructueuses de reproduction des résultats.
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Certains observateurs attentifs de l’actualité des derniers millénaires l’avaient déjà noté : la religion n’est pas toujours un gage de concorde et de fraternité. Une étude publiée jeudi 5 novembre dans la revue Current Biology suggère que le mode de transmission des valeurs et des pratiques religieuses d’une génération à l’autre risque de faire perdurer cette situation. Menée dans six pays auprès de 1 170 enfants de cinq à douze ans, elle montre que l’altruisme n’est pas la chose la mieux partagée chez ceux issus de familles pratiquant une religion. Ils présenteraient aussi une prédilection pour l’application de châtiments plus sévères que les rejetons de familles se définissant comme « non religieuses ».
Conduite au Canada, en Chine, en Jordanie, en Turquie, aux Etats-Unis et en Afrique du Sud, cette étude dirigée par Jean Decety (Département de psychologie de l’université de Chicago) avait pour objectif de mesurer si la religion, ainsi qu’on le croit fréquemment, renforce les comportements dits « prosociaux ».
L’enquête est financée par une bourse de la Fondation américaine John Templeton. D’inspiration chrétienne, celle-ci avait en 2007 remis son prix (mieux doté que le Nobel) au philosophe canadien Charles Taylor, qui défend l’idée selon laquelle les sociétés laïques occidentales ne sont pas aptes à satisfaire la quête humaine de sens.
« La sécularisation du discours moral ne va pas diminuer la bonté humaine – en fait, elle fera tout le contraire »
Sont-elles pour autant moins « morales » ? La fondation risque d’être déçue par la réponse. Les chercheurs réunis par Jean Decety concluent en effet que leurs observations « remettent en question le fait que la religion serait vitale pour le développement moral, et appuient l’idée que la sécularisation du discours moral ne va pas diminuer la bonté humaine – en fait, elle fera tout le contraire ». Un manifeste politique, inhabituel dans une revue de biologie. Jean Decety y tient, notamment du fait qu’aux Etats-Unis, où ce Français naturalisé américain est installé depuis 14 ans, il est impossible à quiconque se déclarant non croyant d’espérer accéder à de hautes fonctions, notamment électives, « car il serait suspecté d’être immoral, voire amoral ».
Capacité d’empathie
Qu’a montré son équipe ? Elle a d’abord mesuré le niveau de pratique religieuse des familles dont elle a étudié les enfants. Pour des raisons de robustesse statistique, ceux-ci ont été divisés en trois groupes – non religieux (dont athées), chrétiens, musulmans – les autres cultes étant sous-représentés dans l’échantillon. Les chercheurs ont demandé aux parents d’évaluer la capacité d’empathie et la sensibilité à l’injustice de leurs enfants. Les chrétiens et musulmans les estimaient plus élevées que ce que rapportaient les parents non croyants.
Les chercheurs ont ensuite fait visionner par chaque enfant des petites vidéos montrant d’autres enfants se poussant ou se faisant trébucher, de façon intentionnelle ou non, en leur demandant de noter le niveau de « méchanceté » et celui des punitions méritées par les fautifs, sur une échelle graduée, mais non spécifique – « on ne proposait pas 40 coups de fouets ! », précise Jean Decety. Les enfants religieux estimaient en moyenne ces actes plus répréhensibles, et – que les méfaits aient été ou non volontaires – proposaient des punitions plus sévères que les athées, les petits musulmans étant les plus intransigeants.
« Jeu du dictateur »
Enfin, pour évaluer la générosité des enfants, les chercheurs ont fait appel à une adaptation du « jeu du dictateur », imaginé par les économistes : parmi trente autocollants, ils leur ont proposé de choisir leurs dix préférés, en précisant qu’ils n’auraient pas le temps d’en distribuer à tous les écoliers. Ils leur demandaient ensuite s’ils seraient prêts à en donner pour leurs camarades moins chanceux. Le nombre d’autocollants cédés, hors de la vue de l’expérimentateur, augmentait avec l’âge (un effet déjà connu du développement de l’altruisme chez l’enfant). Mais les petits athées se montraient significativement plus généreux que leurs pairs croyants, chez qui les dons étaient inversement proportionnels à l’intensité de la pratique religieuse – « quelle que soit la culture, c’est-à-dire le pays d’origine », précise Jean Decety, en réponse à des objections sur la répartition statistique des données.
Comment expliquer ce dernier phénomène ? Les auteurs invoquent un mécanisme de « licence morale » : la religiosité étant perçue en elle-même comme un gage de bonté, les pratiquants pourraient s’autoriser – « inconsciemment », précise Jean Decety – un plus grand égoïsme au quotidien. « C’est une explication plausible, commente Luke Gallen (université du Nebraska). D’autres recherches ont montré que la religiosité traditionnelle est associée à des dons charitables plus élevés, mais pas avec une aide offerte dans des situations spontanées, ce qui concorde avec la présente étude. »
Angela Sirigu, chercheuse au Centre de neurosciences cognitives de Lyon (et contributrice de cartes blanches pour le cahier Science & Médecine du Monde) juge l’étude « très intéressante », mais reste sur sa faim sur l’explication de comportements mis en lumière. « Il n’y a pas d’interprétation présentée pour la propension des enfants musulmans à proposer des punitions plus sévères », commente-t-elle.
Voltaire et les athées
Pour Benny Beit-Hallahmi (université de Haifa), auteur d’une somme sur la psychologie et la religion, l’étude de Current Biology « est une contribution très importante car elle confirme pour la première fois chez un grand nombre d’enfants de différentes cultures, pays et religions, des observations connues chez les adultes ».
Certes, Voltaire lui-même se méfiait de l’athéisme, « estimant qu’il fallait des limites religieuses pour border les comportements moraux », rappelle-t-il. Mais dès le XIXe siècle, on avait constaté que les prisons de droit commun comptaient une proportion très faible d’athées, et dans les années 1940 aux Etats-Unis, des psychologues avaient montré la moindre générosité et la plus grande prévalence des préjugés envers les minorités chez les croyants, « ce qui avait constitué un grand choc ». En Afrique du Sud, la majorité des opposants blancs à l’apartheid étaient des non-croyants, « juifs séculiers », souligne aussi Jean Decety, actuellement en année sabbatique dans ce pays.
Benny Beit-Hallahmi estime que les chercheurs qui traquent l’avantage évolutif offert par la religion se fourvoient : « la coopération sociale, observée chez d’autres animaux, est un comportement tellement élémentaire qu’elle n’a pas besoin de substrat moral. Le vrai enjeu moral, c’est de faire le bien envers autrui, quel qu’il soit, indépendamment de la crainte d’être puni dans l’au-delà. » Une exigence apparue selon lui récemment dans l’histoire du monde, incarnée par des organisations séculières, « universalistes », comme Médecins sans frontière. « Il y a un siècle, rappelle-t-il, faute d’athées, une telle étude comparative aurait été impossible. »
Aujourd’hui, 5,8 milliards d’humains, soit 84 % de la population de la planète, s’identifient comme croyants, rappellent Jean Decety et ses collègues.