Antiracisme: Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, ce sont des terroristes (Dying of encouragement: From Palestine to US and French ghettos, the same culture of excuses produces the same results)

Obama & friendsAbbasi want to stab jewTarantinoDemo
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djihadistes-francaisLe quartier parisien de Barbès, lorsque la manifestation interdite de juillet 2014 - Crédits photo: JACQUES DEMARTHON/AFPhttp://www.youtube.com/watch?v=TYqrXVNfYUI

Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. Exode 20: 16
Le faux témoin ne restera pas impuni, Et celui qui dit des mensonges périra. Proverbes 19: 9
Le monde moderne n’est pas mauvais : à certains égards, il est bien trop bon. Il est rempli de vertus féroces et gâchées. Lorsqu’un dispositif religieux est brisé (comme le fut le christianisme pendant la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices qui sont libérés. Les vices sont en effet libérés, et ils errent de par le monde en faisant des ravages ; mais les vertus le sont aussi, et elles errent plus férocement encore en faisant des ravages plus terribles. Le monde moderne est saturé des vieilles vertus chrétiennes virant à la folie.  G.K. Chesterton
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
When it came to treating her citizens of African decent fairly, America failed. She put them in chains. The government put them in slave quarters, put them on auction blocks, put them in cotton fields, put them in inferior schools, put them in substandard housing, put them in scientific experiments, put them in the lowest paying jobs, put them outside the equal protection of the law, kept them out of their racist bastions of higher education and locked them into position of hopelessness and helplessness. The government gives them the drugs, builds bigger prisons, passes a three-strike law, and then wants us to sing “God Bless America.” No, no, no. Not “God Bless America”; God Damn America! That’s in the Bible, for killing innocent people. God Damn America for treating her citizen as less than human. God Damn America as long as she keeps trying to act like she is God and she is supreme! Jeremiah Wright
America’s chickens are coming home, to roost.  Violence begets violence.  Hatred begets hatred, and terrorism begets terrorism. Jeremiah Wright
Obama demande pardon pour les faits et gestes de l’Amérique, son passé, son présent et le reste, il s’excuse de tout. Les relations dégradées avec la Russie, le manque de respect pour l’Islam, les mauvais rapports avec l’Iran, les bisbilles avec l’Europe, le manque d’adulation pour Fidel Castro, tout lui est bon pour battre la coulpe de l’Amérique. (…) Mais où Obama a-t-il donc appris ces inepties ? D’où vient cet amoncellement de mécomptes du monde, d’idées fausses et difformes? D’où provient ce prurit du je-vous-demande pardon ? On est habitué au Jimmycartérisme, qui se mettait à quatre pattes devant Khomeiny (« un saint »), l’URSS, Cuba, le tiers monde, le terrorisme musulman. D’où vient qu’Obama ait – dirigeant d’une république – courbé la tête devant le roi d’Arabie ? C’est là qu’il convient de se souvenir de l’homme qui fut son pasteur pendant vingt ans, ce qui est très long quand on n’en a pas encore cinquante : le pasteur Jeremy Wright, de l’Eglise de la Trinité à Chicago, dont Obama ne se sépara que contraint et forcé, pour cause de déclarations insupportablement anti-américaines et antioccidentales, délirantes et conspirationnistes, et qui « passaient mal» dans la campagne.(…) C’est Wright qui fait du diplômé de Harvard qui est maintenant un agitateur local (community organizer), un politicien en vue à Chicago. N’oublions pas que la carrière politique locale d’Obama est lancée par les fanatiques de la haine de l’Amérique, les ultragauchistes terroristes des Weathermen, à Chicago, qui répètent et confirment la même antienne idéologique. Tous les aquariums où a nagé le têtard avaient la même eau. Obama est la version manucurée de Wright : il est allé à Harvard. Il n’éructe pas, il ne bave pas, il ne montre pas le poing. Il n’émet pas de gros mots à jet continu comme le fait son gourou. Elégant, Il est tout miel – mais les dragées, même recouvertes de sucre, n’en sont pas moins au poivre. Le fond est identique. Wright insulte l’Amérique, Obama demande pardon : dans les deux cas, elle est coupable. Wright est pasteur, Obama est président. Plus encore, cette déplorable Amérique a semé le désordre et le mal partout dans le monde. Au lieu de collaborer multilatéralement avec tous, d’œuvrer au bien commun avec Poutine, Chavez, Ahmadinejad, Saddam Hussein, Bachir al-Assad, et Cie, l’insupportable Bush en a fait des ennemis. Quelle honte ! Il faut réparer les torts commis. L’Amérique ne trouvera sa rédemption que dans le retrait, la pénitence, la contrition, et une forme de disparition. (…) Il faut, à tout prix, trouver des terrains d’entente avec tous. Il faut aller loin, très loin, dans les concessions : l’autre côté finira bien par comprendre. Kim Jong-Il, Hugo Chavez, l’ayatollah Khamenei, Assad, le Hamas, on trouvera les compromis nécessaires à un deal avec les avocats des partie adverses. Sans entente, on retombe dans les errements de l’Amérique honnie. L’Amérique, quelle horreur, se laisse aller à défendre ses alliés contre ses ennemis. On se bat au Vietnam et en Corée contre le communisme agresseur. On se bat contre le Communisme soviétique. Que croyez-vous que l’Obama de la campagne électorale ait signifié à Berlin, en disant, non sans délire, que le monde avait gagné la Guerre froide « en s’unissant » comme s’il n’y avait un qu’un seul camp dans cette guerre ! L’Amérique doit être réduite dans ses prétentions et dans sa puissance. Le monde doit être réduit à un seul camp, celui des faiseurs de paix, avec lesquels l’entente est toujours trouvable. Il n’y a pas d’ennemis, il n’y a que des malentendus. Il ne peut y avoir d’affrontements, seulement des clarifications. (…) Notons à propos que la mêlée des «réalistes»de la politique étrangère, qui préconise justement de se débarrasser des alliés afin de s´arranger avec les méchants, est aux anges, et participe à la mise en oeuvre de l´obamisterie. Ah! finalement, on ne s´embarrasse plus d´autre chose que la «stabilité» à court terme. (…) Obama ne sépare ni le blanc du noir, ni l´ami de l´ennemi. Il a gratuitement offensé les Anglais en méprisant la «relation spéciale». Il a offensé le Japon, en ne se souciant pas de lui ni du survol de son territoire par le missile nord-coréen. Il n´a pas eu un mot pour l´allié taïwanais. Il prépare avec acharnement une crise avec Israel. Il a montré à la Tchéquie et à la Pologne, sur l´affaire de la défense anti- missiles, qu´il ne faut pas compter sur Washington et qu´ils seront sacrifiés sur l´autel du «nouveau départ» avec Moscou. Pour tous, la leçon est brutale: à l´ère d´Obama, mieux vaut être un ennemi qu´un ami: ami, on vous jettera aux orties. Ennemi, on fera tout pour vous plaire. Laurent Murawiec
Savez-vous que les Noirs sont 10 pour cent de la population de Saint-Louis et sont responsables de 58% de ses crimes? Nous avons à faire face à cela. Et nous devons faire quelque chose au sujet de nos normes morales. Nous savons qu’il y a beaucoup de mauvaises choses dans le monde blanc, mais il y a aussi beaucoup de mauvaises choses dans le monde noir. Nous ne pouvons pas continuer à blâmer l’homme blanc. Il y a des choses que nous devons faire pour nous-mêmes. Martin Luther King (St Louis, 1961)
Only Malcolm X’s autobiography seemed to offer something different. His repeated acts of self-creation spoke to me; the blunt poetry of his words, his unadorned insistence on respect, promised a new and uncompromising order, martial in its discipline, forged through sheer force of will. All the other stuff, the talk of blue-eyed devils and apocalypse, was incidental to that program, I deceided, religious baggage that Malcolm himself seemed to have safely abandoned toward the end of his life. And yet, even as I imagined myself following Malcolm’s call, one line in the book stayed me. He spoke of a wish he’d once had, the wish that the white blood that tan through him, there by an act of violence, might somehow be expunged. I knew that, for Malcolm, that wish would never be incidental. I knew as well that traveling down the road to self-respect my own white blood would never recede into mere abstraction. I was left to wonder what else I would be severing if and when I left my mother and my grandparents at some uncharted border. Barack Hussein Obama (Dreams of my father)
La fusillade dans l’église a été le point de basculement… mais ma colère s’est construite sur la durée. Je suis une poudrière humaine depuis un bon moment. Juste en attente d’un BOUM. Bryce Williams (Vester Lee Flanagan)
En abattant froidement deux de ses confrères journalistes en plein direct avant de se donner la mort, Vester Lee Flanagan, décrit comme violent, n’a négligé aucun détail. S’il a filmé son crime et diffusé lui-même la vidéo en ligne, l’homme, qui s’est suicidé après son acte, a également pris le temps de rédiger un long manifeste décousu faxé mercredi à la chaîne ABC News pour justifier son passage à l’acte. ABC News, qui explique avoir reçu le Fax « près de deux heures » après les coups de feu ayant coûté la vie à deux journalistes de la chaîne de télévision locale WDBJ7, a publié de très brefs extraits et résumé le contenu du manifeste sur son site internet. « Il dit qu’il a souffert de discrimination, de harcèlement sexuel et de bizutage au travail. Il dit avoir été attaqué par des hommes noirs et par des femmes blanches et raconte avoir été attaqué pour le fait qu’il est un homme noir et homosexuel ». Le manifeste, dont l’auteur dit « être Bryce Williams », nom sous lequel travaillait le tueur, affirme que son sentiment d’ostracisation était doublé d’une vive colère après la tuerie de Charleston en juin. Ce massacre, commis par un jeune Blanc de 21 ans partisan de la « suprématie blanche » dans une église fréquentée par la communauté noire, avait fait neuf morts parmi les fidèles. (…) Né en 1973 et diplômé de l’université d’Etat de San Francisco en 1995 après une enfance passée à Oakland, en Californie, Vester Lee Flanagan dit avoir subi toute sa vie des discriminations. Il avait d’ailleurs poursuivi la chaîne en justice pour discriminations raciale et sexuelle, des accusations qui ont abouti à un non-lieu, et sont balayées par Jeffrey Marks, directeur général de WDBJ7. Ce dernier, qui qualifie M. Williams d’« homme malheureux », affirme l’avoir licencié « après de nombreux incidents liés à sa violence ». Le Monde
As I’m sure you all know, a few days ago there was a shooting in Virginia. A man named Vester Flanagan opened fire on two former colleagues on live tv. He also recorded his own footage of the event. While reading about the event, I read some excerpts of his manifesto the media was releasing. And I have to say, anyone who knew him could have seen this coming. People like him have nothing left to live for, and the only thing left to do is lash out at a society that has abandoned them. His family described him as alone, no partner/lover. A victim not only of his own perception but also of our social media soaked enviroment. He posted the footage on facebook and twitter as well tweeting while he was running from the cops because he wanted the world to see his actions, much like many others post menial and trivial details of their life online and expect us to see it. Only his was at least a bit more interesting. On an interesting note, I have noticed that so many people like him are all alone and unknown, yet when they spill a little blood, the whole world knows who they are. A man who was known by no one, is now known by everyone. His face splashed across every screen, his name across the lips of every person on the planet, all in the course of one day. Seems the more people you kill, the more your’re in the limelight. Sorry if this seems a bit disjointed, but these are just my thoughts on the matter. I thought I’d post this seeing as how my last blog post generated some good comments. Also, if anyone gets the chance, go on youtube and see the footage of him shooting those people. It’s a short video but good nonetheless. Will post more later. Chris Harper
« J’ai pris contact avec des directeurs de Caf [Caisse d’allocations familiales]qui m’ont confirmé qu’en effet certaines personnes continuaient à recevoir des allocations alors qu’elles étaient parties pour la Syrie. Ainsi un couple recevait 2200 euros par mois pour partir faire le djihad aux frais de la République!», assure le député UMP. Selon lui, les personnes concernées établissent des procurations à des tiers qui touchent l’argent en numéraire puis les renvoient aux personnes dans les pays d’accueil. Mais, comme les conseils généraux, la CAF n’a pas connaissance des noms des personnes parties pour le djihad. Alain Marsaud demande donc qu’«il soit possible de croiser des fichiers des caisses d’allocations avec ceux des services de sécurité». Pour l’instant ce n’est pas possible, «sous prétexte d’attaque aux libertés individuelles», déplore-t-il. Il propose également d’allouer «davantage de moyens aux Caisses d’allocations familiales afin que les versements d’indemnités de toutes sortes à ces individus puissent être rapidement stoppés». D’après M. Marsaud, plusieurs centaines de personnes seraient concernées «Tous les gens qui sont partis là-bas sont plus ou moins allocataires, le temps qu’on s’en aperçoive, ils ont déjà touché plusieurs mois, c’est de l’argent qui va directement dans la poche de terroristes! Je dis donc bravo à M. Ciotti et j’invite tous les présidents de conseils généraux soucieux du bien public à suivre son exemple». Il s’étonne d’ailleurs que son projet de résolution «n’ait pour l’instant reçu aucun soutien ni encouragement du groupe UMP à l’Assemblée». Le Figaro
Amedi, 27 ans, rencontre Sarkozy cet après-midi Il a passé toute sa vie dans le quartier de la Grande-Borne à Grigny et il rencontrera aujourd’hui Nicolas Sarkozy. Amedi Coulibaly, 27 ans, travaille en contrat de professionnalisation à l’usine Coca-Cola de sa ville natale. Accompagné de neuf autres personnes, comme lui en formation en alternance, il va rendre visite au président de la République, qui souhaite rencontrer des entreprises engagées en faveur de l’emploi des jeunes. « A la limite, si le président peut aider à me faire embaucher » « Cela me fait plaisir, souriait hier Amedi. Je ne sais pas ce que je vais lui dire. Déjà, je vais commencer par Bonjour ! » Il lui racontera surtout son parcours professionnel, son poste actuel, qui se termine le 30 septembre. « A la limite, si le président peut aider à me faire embaucher… », souffle-t-il. Mais la mission d’Amedi ne s’arrêtera pas à un simple salut et à raconter son histoire. Unique garçon entouré de neuf soeurs, il est chargé de rapporter de nombreux « autographes et photos pour la famille ! ». Il risque d’être intimidé par le protocole. « A Grigny, nous n’avons pas l’habitude d’aller souvent à l’Elysée. Les réceptions, je ne connais pas, déclare-t-il. En plus, dans les cités, auprès des jeunes, Sarkozy n’est pas vraiment très populaire. Mais cela n’a rien de personnel. En fait, c’est le cas de la majorité des politiques. » Mais pas question pour lui de revendiquer quoi que ce soit une fois en face de Nicolas Sarkozy : « Le rencontrer en vrai, c’est impressionnant. Qu’on l’aime ou pas, c’est quand même le président. »Le Parisien (15 Juil. 2009)
The absurdity of Jesse Jackson and Al Sharpton is that they want to make a movement out of an anomaly. Black teenagers today are afraid of other black teenagers, not whites. … Trayvon’s sad fate clearly sent a quiver of perverse happiness all across America’s civil rights establishment, and throughout the mainstream media as well. His death was vindication of the ‘poetic truth’ that these establishments live by. Shelby Steele
Before the 1960s the black American identity (though no one ever used the word) was based on our common humanity, on the idea that race was always an artificial and exploitive division between people. After the ’60s—in a society guilty for its long abuse of us—we took our historical victimization as the central theme of our group identity. We could not have made a worse mistake. It has given us a generation of ambulance-chasing leaders, and the illusion that our greatest power lies in the manipulation of white guilt. Shelby Steele
Tout le monde se demande ce que nous devrions faire. Nous frapperons à toutes les portes possibles, afin de faire entendre la voix de Jérusalem. Nous avançons, avec l’aide d’Allah. Nous vous saluons, ainsi que tous les hommes et femmes au ribat [sur la ligne de front]. Nous saluons chaque goutte de sang versé pour la cause de Jérusalem. Ce sang est du sang propre et pur, versé au nom d’Allah, avec l’aide d’Allah. Chaque martyr aura sa place au Paradis, et tous les blessés seront récompensés par Allah. Chers frères, nous sommes tous ici au nom de Jérusalem. Je vous le dis en toute honnêteté, un Etat palestinien sans Jérusalem n’existera jamais. L’Etat palestinien doit inclure sa capitale, la noble Jérusalem – avec sa capitale, Jérusalem-Est, qui a été occupée en 1967. Nous n’autorisons aucune de leurs mesures. Toutes ces divisions… La mosquée Al-Aqsa et l’église du Saint-Sépulcre sont nôtres. Elles sont entièrement nôtres, et ils n’ont pas le droit de les souiller de leurs pieds sales. Nous ne leur permettrons pas de le faire, et nous ferons tout en notre pouvoir pour protéger Jérusalem. Mahmoud Abbas
Je m’adresse au Conseil de sécurité, en lui demandant plus urgemment que jamais de mettre en place un régime de protection internationale du peuple palestinien immédiatement. La situation des droits humains dans le territoire palestinien, y compris à Jérusalem-Est, est la plus critique et la pire depuis. Cela requiert une intervention forte et décisive, avant qu’il ne soit trop tard, de l’ONU et de ses Etats membres. Nous avons besoin de votre protection. Protégez-nous, protégez-nous. Nous avons besoin de vous. Le désespoir profond, les pressions, le sentiment d’insécurité dans lesquels vit la population palestinienne depuis longtemps sont des facteurs qui exacerbent la frustration de la jeunesse et la poussent à se révolter. Il ne sert plus à rien de perdre du temps dans des négociations stériles. Il faut mettre fin à l’occupation. Mahmoud Abbas (Conseil des droits de l’homme de l’ONU)
C’est extrêmement important d’accélérer ce processus (…) si Israël pense bénéficier d’impunité, qu’est-ce qui l’empêchera de multiplier les victimes ? (…) Nous espérons que la Cour conclura bientôt … qu’elle a une base solide et assez de preuves pour prouver qu’Israël a commis des crimes de guerre et crimes contre l’humanité (…) Le nouveau document remis à Mme Bensouda « fait référence aux exécutions extra-judiciaires, aux destructions de maisons et punitions collectives, montrant des exemples de cas d’agressions par Israël sur ces 40 derniers jours … Riyad al-Maliki (ministre palestinien des Affaires étrangères)
Même si les deux situations n’ont rien à voir, la préfiguration de ce musée m’a rappelé celle du Musée de la résistance Salvador Allende au Chili. (…) Lorsque l’on mène un combat, tout est important. Aujourd’hui la situation est très difficile. Elle n’a même jamais été aussi désespérante. Le gouvernement israélien est totalement hostile à une Palestine libre. Les Palestiniens sont pour leur part divisés, ce qui les pousse à commettre des actes de désespoir d’une extrême violence. Vus de Loin, ils apparaissent comme un pauvre peuple abandonné, alors que c’est un peuple combattant, combattif, créatif, qui regorge de talents, et qui prend son destin en main. Mettre en place un musée national d’art moderne et contemporain est un signe de combat. D’autres s’engagent également sur la voie de la culture. Tel l’homme d’affaires palestinien Omar Qattan, avec qui l’IMA a noué des liens, et qui inaugurera en mai prochain à Rammallah un musée destiné à rayonner sur toute la Palestine, dédié à sa culture, à son histoire. Il est important de montrer cela. De donner une image positive du pays. A l’Institut, nous mettons beaucoup l’accent sur la Palestine. Nous y avons par exemple organisé une conférence de la coopération décentralisée, réunissant maires et élus français et palestiniens pour qu’ils travaillent sur des sujets concrets. Nous réfléchissons aussi à un grand événement qui donnerait à voir cette richesse culturelle. Car c’est par le biais de la culture que nous parviendrons à faire comprendre au monde que ce peuple ne demande qu’à vivre et à éduquer ses enfants. Jack Lang
Je ne peux qu’imaginer ce qu’endurent ses parents. Et quand je pense à ce garçon, je pense à mes propres enfants. Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon. Obama
There is nothing more painful to me at this stage in my life than to walk down the street and hear footsteps and start thinking about robbery. Then look around and see somebody white and feel relieved. . . . After all we have been through. Just to think we can’t walk down our own streets, how humiliating. Jesse Jackson
How do we turn pain into power? How do we go from a moment to a movement that curries favor? (…) The blood of the innocent has power.  Jesse Jackson
Hollywood: the only town where you can die of encouragement. Pauline Kael
Before Reservoir Dogs, everything was constantly a big build up to a huge let down. Pauline Kael used to say that Hollywood is the only town where people ‘can die of encouragement’ and that kind of was my situation. Quentin Tarentino
Quand je vois des meurtres, je ne reste pas là sans rien faire… Il faut appeler les meurtriers des meurtriers. Quentin Tarantino
Je suis un être humain doué de conscience. Si vous estimez que des meurtres sont commis, alors vous devez vous insurger contre cet état de fait. Je suis ici pour dire que je suis du côté de ceux qui ont été assassinés. Quentin Tarantino
Ce n’est pas étonnant que quelqu’un qui gagne sa vie en glorifiant le crime et la violence déteste les policiers. Les officiers de police que Tarantino appelle des meurtriers ne vivent pas dans une de ses fictions dépravées sur grand écran. Ils prennent des risques et doivent parfois même sacrifier leur vie afin de protéger les communautés des vrais crimes. (…) Il est temps de boycotter les films de Quentin Tarantino. Patrick Lynch (président d’une association d’agents des forces de l’ordre de New York)
When I read what my son said, it upset me. [We] have three cousins from the NYPD. I’ve seen and heard the things they go through, and to see them so discredited like this is really sad. The police getting such a bad rap, especially coming from my own son, is really sickening to me. It would really be great if he issued a public apology for the statements he made. I’m just disappointed in [Quentin] and anyone who comes down against any police department anywhere. If anyone breaks the law, they should be tried and prosecuted. But don’t go out in public and call them murderers and killers. Yes, there have been police officers guilty of crimes, but you can’t condemn a whole department just because of a few bad apples. Tony Tarantino
I love my son and have great respect for him as an artist but he is dead wrong in calling police officers, particularly in New York City where I grew up, murderers, He is a passionate man and that comes out in his art but sometimes he lets his passion blind him to the facts and to reality. I believe that is what happened when he joined in those anti-cop protests. I wish he would take a hard, dispassionate look at the facts before jumping to conclusions and making these kinds of hurtful mistakes that dishonor an honorable profession. We have many friends and relatives who have served honorably in the NYPD and the LAPD and clearly, they risk their lives to keep the rest of us safe. Cops are not murderers, they are heroes. Tony Tarantino
I totally disagree with everything he said. And I thought the timing of the whole thing was horrible. The men and women of the NYPD do a phenomenal job and don’t get enough credit. Whenever someone says something like [what Quentin said], it makes police officers’ jobs a lot harder. It’s much more dangerous today than in my time. You hear about shootings constantly. It’s gotten very bad for police officers to do their job. And my heart goes out to them. Anthony Massaro (cousin de Tony Tarentino)
The chickens have come home to roost for director Quentin Tarantino, a thousand of them in fact, as the National Association of Police Organizations announces that it, and the 1,000 police units and associations it represents, will join the boycott against “The Hateful Eight.”Add to that number nearly a quarter of a million law enforcement officers represented by this group. In a cynical attempt to boost his standing with the left-wing black media, the sheltered, out-of-touch Tarantino joined a Black Lives Matter-affiliated anti-cop hate rally and called police officers “murderers.” Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” is reportedly “furious” at Tarantino and “desperate” to see the director apologize for his objectively appalling comments. Weinstein has somewhere around $80 million invested in the three-hour Western, and after a lousy year, desperately needs a box office hit and an Oscar contender. You can’t succeed in Hollywood at the level Tarantino has without being smart. His problem is that he’s bubble-dumb, so shielded and removed from real life that he thought spewing anti-police hate at a hate rally was good public relations. Breitbart
Le président américain Barack Obama a condamné ce dimanche «inconditionnellement» l’assassinat à New York de deux policiers abattus de sang froid par un homme seul, à un moment où la mort de Noirs non armés entre les mains de la police a exacerbé les tensions. (…) Les deux policiers -Wenjian Liu, marié depuis deux mois et Rafael Ramos- ont été tués par balles samedi après-midi à Brooklyn dans leur voiture, «assassinés» par un homme noir de 28 ans qui s’est ensuite suicidé, a annoncé la police de New York. Le double meurtre, commis en plein jour dans la plus grande ville des Etats-Unis absorbée par les préparatrifs de Noël, a choqué la population. L’attaque a eu lieu à Brooklyn, dans le quartier de Bedford Stuyvesant à 14h50 locales (20h50 à Paris), dans un contexte tendu du fait de manifestations à répétition à New York, après la récente décision d’un grand jury de ne pas poursuivre un policier impliqué dans la mort d’Eric Garner, père de six enfants soupçonné de vente illégale de cigarettes mort en juillet dernier lors d’une interpellation musclée à Staten Island, et après la mort d’un autre Noir non armé, tué dans la cage d’escalier obscure d’une HLM de Brooklyn le 20 novembre par un policier débutant. Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, a tiré à plusieurs reprises à travers la fenêtre du passager sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture de patrouille et n’ont pas eu le temps de sortir leur arme, les atteignant à la tête. «Ils ont été tués par balle, sans avertissement. Ils ont été purement et simplement assassinés», a déclaré, très ému, le chef de la police Bill Bratton, lors d’une conférence de presse. Le meurtrier, qui n’aurait pas de lien terroriste, était venu de Baltimore, à 300 km au sud de New York. Pourchassé par d’autres policiers alors qu’il s’enfuyait à pied, il a mis fin à ses jours sur un quai de métro à proximité, a ajouté le chef de la police. Selon Bill Bratton, il avait auparavant posté sur les réseaux sociaux des commentaires très hostiles à la police. Il y mentionnait Eric Garner et Michael Brown, un jeune noir tué par la police à Ferguson (Missouri) en août, selon les médias locaux. Le double meurtre a profondément traumatisé la plus importante force de police des Etats-Unis, dont deux membres avaient déjà été attaqués le 24 octobre par un homme armé d’une hachette. Le maire de New York Bill de Blasio, démocrate dont les relations sont difficiles avec sa police, a dénoncé samedi soir un «assassinat ressemblant à une exécution». 20 minutes
Je condamne inconditionnellement le meurtre aujourd’hui de deux policiers à New York. Deux hommes courageux ne rentreront pas chez eux ce soir retrouver leurs proches, et pour cela il n’y a aucune justification. Aujourd’hui, je demande aux gens de rejeter la violence et les mots qui blessent et de préférer les mots qui guérissent. Barack Hussein Obama
Let me say something at the outset. The questions that have been asked so far in this debate illustrate why the American people don’t trust the media. This is not a cage match. And, you look at the questions – Donald Trump, are you a comic book villain? Ben Carson, can you do math? John Kasich, will you insult two people over here? Marco Rubio, why don’t you resign? Jeb Bush, why have your numbers fallen? How about talking about the substantive issues people care about? The contrast with the Democratic debate where every fawning question from the media was – ‘Which of you is more handsome and wise?’ And let me be clear. The men and women on this stage have more ideas, more experience, more commonsense, than every participant in the Democratic debate. That debate reflected a debate between the Bolsheviks and the Mensheviks. And nobody watching at home believes that any of the moderators has any intention of voting in a Republican primary. The questions that are being asked shouldn’t be trying to get people to tear into each other. It should be ‘What are your substantive solutions to people that are hurting?’  Ted Cruz
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, février 2008)
Ils croient qu’ils sont opprimés en raison de leur foi islamique, mais en réalité c’est l’État-providence lui-même qui a créé cette classe de perdants. Gunnar Heinsohn
Another source of Palestinian suffering: the “support” the Palestinian leadership gets from outsiders, particularly 1) the Europeans, 2) the UN, 3) the “progressive left,” and 4) the media. For the last three decades, since the mid-1970s, these parties have become increasingly anti-Israel and, supposedly, pro-Palestinian. (…) Yassir Arafat’s feckless leadership has done immense damage to the Palestinians, from his financial corruption, to his addiction to honor and violence, to his systematic mendacity and incapacity to make the shift from “guerrilla” to statesmen. And yet European leaders have lionized him, even at the height of his terrorist activities in the 1970s. (…) The UN has spent up to 40% of its time condemning Israel, illustrating the dangers of anti-Zionism as a Weapon of Mass Distraction. By giving the irredentist Palestinian cause international support, they have strengthened precisely the forces most dedicated to victimizing Palestinians. And of course, Palestinians, not understanding who was benefited from such one-sided condemnations, cheered on the process. (…) Chirac’s whole foreign policy, and specifically his role in the failure to staunch the violence in early October 2000 that led to the disastrous “Second Intifada,” was itself only a continuation of so much of French foreign policy in the Middle East. They, like so many “pro-Palestinian” diplomats, have betrayed everyone but the warmongers. (…) Rather than urging the Palestinians to develop the kind of qualities necessary for a progressive state that takes care of its citizens and encourages freedom of thought and expression (e.g., public self-criticism, protection of dissidents), the Left has systematically “explained” Palestinian violence as the result of Israeli (and American) policies. As a result, the Left reinforces the most regressive and fascist elements in Palestinian culture, even as they claim to work for peace and civil society. (…) The contribution of the Media to Palestinian suffering may be the most subtle, but also the most pervasive. The nature of media coverage – if it bleeds it leads – has always favored violence, and in particular fed the need of terrorists for attention. Its superficial and dramatic news has encouraged the systematic victimization of Arabs for the purposes of international sympathy. By ignoring or playing down the Palestinian calls for genocide against Israel and hatred of the West, while at the same time portraying Israel as the cause of war and of whatever damage Palestinians do to themselves, the media have contributed to a profound misunderstanding of the sources of – and therefore the solutions to – the conflict. (…) But the principle “if it bleeds it leads” actually takes second seat in the MSM coverage of the Arab-Israeli conflict to who commits the violence. When Israeli kills a Palestinian child, it receives a good deal of coverage; when the Palestinians kill Palestinian children, newsreports are laconic at best. (Google Palestinians kill Palestinian child and you get only entries on Israelis killing Palestinian children.) (…) Given the extraordinary sensitivity of Arab honor-shame culture to public disapproval, one might even argue that the sympathy and understanding that the media grant to the most depraved of Palestinian terrorists, represents an enormous opportunity cost. When 500 Palestinian intellectuals denounced suicide terrorism, they did so because it did not serve the Palestinian cause — indeed it lost them international sympathy. Were the international community to have condemned it with even greater insistence, these voices would have had even greater strength. When the media mis-reported the outbreak of Oslo War in late 2000, arousing world-wide support for the Palestinians in their struggle for “freedom”, they encouraged Arafat to believe that “the whole world is behind him” so that he had no need to work to lessen the violence. By promoting and diffusing stories of alleged atrocities committed by Israel without a solid background check, the media reinforce the hate-mongering propaganda of the Palestinian leadership. “Balancing” negative coverage of the Arabs with unfounded accusations of the Israelis, for example, balancing stories of “honor killings” with accusations of rape of Palestinian women by Israelis and seizing on Palestinian accusation of “massacres.” Richard Landes
Mahmoud Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens afin qu’ils puissent continuer à assassiner les civils israéliens avec des couteaux, des pierres, des voitures-béliers, toutes sortes d’ustensiles. On doit protéger les assassins, non les victimes. Il a été entendu et applaudi.C’est une nouvelle mode adoptée par les tueurs de s’en prendre dans le dos aux passants, aux femmes, aux enfants, aux civils désarmés, dans les autobus, les foules, les rues, n’importe où. Pour tuer. Nulle doute que cette mode fera certainement beaucoup d’adeptes, comme celles des détournements d’avions, des massacres, des prises d’otages, du terrorisme international, modes initiées aussi par les Palestiniens et que l’Europe appelle « résistance » quand ses victimes sont israéliennes ou juives, et partout ailleurs « terrorisme ». Aujourd’hui ce modèle breveté palestinien s’est répandu sur toute la planète. (…) Que la démarche d’Abbas rejoigne celle de la France, ne doit pas surprendre. Arafat, la créature de la France, lui permit de maintenir le conflit ouvert, de s’opposer à toute paix séparée, à toute solution qui aurait compromis l’élimination d’Israël par sa réduction à une exiguïté territoriale indéfendable. Acharnée à lui arracher lambeaux par lambeaux des pans de son histoire, de ses monuments, de ses terres, la France tente d’écraser enfin sous l’infamie le peuple à la nuque raide, sorti vainqueur de la Shoah et de la dhimmitude. Même les chrétiens du Liban furent sacrifiés à ce dessein. Jamais il n’y eut de temple juif à Jérusalem, rien que des mosquées, Jésus allait prier à la mosquée. Les juifs sont des pilleurs d’histoire – de l’histoire musulmane. L’Europe en est aussi convaincue et a voté pour l’islamisation des lieux saints juifs, débaptisant le Mont du Temple en esplanade des mosquées. (…) Grâce aux révélations de NGO Monitor, on connait les montants fabuleux versés par chaque Etat, les Eglises, les fondations et l’Union européenne ainsi que les ONGs récipiendaires. Il faut en finir avec Israël, car les centaines de milliers d’immigrants musulmans qui accourent en Europe et qu’elle accueille à bras ouverts avec une sollicitude attendrissante auront besoin de ces fonds pour leur nouvelle installation… Bat Ye’or
La situation a évolué dans le mauvais sens. Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. Il n’y a pas d’efficacité car il y a une mécompréhension du problème. Au-delà des clivages, la question des banlieues a toujours été vécue comme: ‘Ce sont des quartiers pauvres et modestes, quand l’économie ira mieux, ça ira mieux dans les quartiers’. Or, l’aspect économique n’est pas le coeur du problème, qui est beaucoup plus vaste. Malek Boutih (député socialiste des Essones, ancien président de SOS-Racisme)
Le secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur envisage une discrimination positive en faveur des jeunes garçons blancs issus des classes populaires à l’université, alors que le nombre d’inscrits a fortement chuté. (…) Les déclarations du secrétaire d’Etat à l’enseignement britanniques interviennent alors que les inscriptions à l’université chutent au Royaume-Uni, avec une baisse de 6,3 % en 2012 ,les jeunes hommes étant particulièrement touchés. Ils étaient 54.000 de moins en 2012 qu’en 2011, ce qui représente une diminution de 13%, quatre fois plus que les filles. (…) Seuls 66% des enfants bénéficiant de la gratuité dans les cantines avaient acquis le niveau attendu en maths et en anglais à ces examens, contre 82% des autres enfants. Les «petits blancs» sont particulièrement touchés, puisqu’ils n’étaient que 60% à y parvenir, contre 68% de noirs. (…) Les enseignants sont d’ailleurs nombreux à mettre en cause les frais de scolarité, qui ont bondi, l’année dernière, de 4000€ à plus de 10.000€ dans la plupart des universités, afin de compenser la baisse de la contribution du gouvernement, qui passera en 2014 de 4,6 milliards à 2 milliards de livres sterling. Sur BBC Radio 4, David Willets s’est défendu de vouloir laisser des jeunes sur le côté: «Quand les droits d’inscription à l’université ont augmenté, l’une des choses que nous avons fait avec l’argent supplémentaire était de dire aux universités: vous devez investir un tiers de cet argent pour tendre la main aux plus défavorisés et améliorer leur accès au supérieur. Cet argent représente des centaines de millions de livres qui sont aujourd’hui disponibles pour remplir cet objectif. Nous voulons les voir utilisés aussi efficacement que possible». Le Figaro
En 2002, nous étions encore habités par le mot «République», agité comme un talisman, comme un sésame salvateur. Or, la République est d’abord une forme de régime. Elle ne désigne pas un ancrage culturel ou historique. La nation, elle, est l’adhésion à un ensemble de valeurs et rien d’autre. Ce n’est pas le sang, pas le sol, pas la race. Peut être Français, quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion, celui qui adhère au roman national selon la définition bien connue d’Ernest Renan: «Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.» Nous avions un peu délaissé cette définition pour mettre en avant les valeurs de la République. Nous avons fait une erreur de diagnostic. Nous n’avions pas vu que la nation, et non seulement la République, était en train de se déliter. Une partie de la population française, née en France, souvent de parents eux-mêmes nés en France, a le sentiment de ne pas appartenir à celle-ci. Alors qu’ils sont français depuis deux générations pour beaucoup, certains adolescents dans les collèges et lycées, comme aussi certains adultes, n’hésitent plus à affirmer que la France n’est pas leur pays. Ajoutant: «Mon pays c’est l’Algérie…» (ou la Tunisie, etc…). Les incidents lors de la minute de silence pour les assassinés de Merah comme pour ceux de janvier 2015 furent extrêmement nombreux. On a cherché comme toujours à masquer, à minimiser, à ne pas nommer. Dans la longue histoire de l’immigration en France, cet échec à la 3° génération est un fait historique inédit. Certains historiens de l’immigration font remarquer, à juste titre, qu’il y eut toujours des problèmes d’intégration, même avec l’immigration européenne. Mais pour la première fois dans l’Histoire nous assistons à un phénomène de désintégration, voire de désassimilation. C’est pourquoi, ce n’est pas la République seule qui est en cause, mais bien la nation française: notre ancrage historique, nos valeurs, notre langue, notre littérature et notre Histoire. Toute une partie de la jeunesse de notre pays se reconnaît de moins en moins dans notre culture. Elle lui devient un code culturel étranger, une langue morte et pas seulement pour des raisons sociales. Nous sommes en train d’assister en France à l’émergence de deux peuples au point que certains évoquent des germes de guerre civile. (…)  la culture est tout sauf une essence. Ce qui est essence s’appelle «la race». Lorsqu’on est né dans un groupe ethnique, on n’en sort pas. On restera toujours ethniquement parlant Juif du Maroc ou Sénégalais peul. En revanche, la culture s’acquiert. Elle est dynamique. On peut être Juif du Maroc ou Sénégalais peul, lorsqu’on vit en France et qu’on finit par aimer ce pays, on devient français. La culture est le contraire absolu de l’essence. L’histoire culturelle, c’est l’histoire des mentalités, des croyances, de la mythologie, des valeurs d’une société qui permet de comprendre l’imaginaire des hommes d’un temps donné. Cette histoire n’est pas fixe. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir à la conception de l’enfant dans la culture occidentale, à l’image qu’on s’en faisait au Moyen-Age, au XVIIIe siècle, au XXe siècle. Il s’agit là d’un processus dynamique, rien d’un fixisme. Mais si la culture est le contraire de la race, pourquoi une telle frilosité à faire de l’histoire culturelle, une telle peur de nommer les problèmes culturels par leurs noms? Dans un domaine moins polémique, pourquoi certains ont-ils encore peur de dire que le nazisme est un enfant de l’Allemagne et pas seulement de l’Europe? Qu’il y a dans le nazisme des éléments qui n’appartiennent qu’à la culture allemande traditionnelle depuis Luther et même bien avant. Les grands germanistes français du XX° siècle le savaient, depuis Edmond Vermeil jusqu’à Rita Thalmann et plus près de nous Edouard Husson. Est-ce faire du racisme anti-allemand que le dire? Est-ce faire du racisme que constater dans la culture musulmane, le Coran et les hadiths sont présents des éléments qui rendent impossible la coexistence sur un pied d’égalité avec les non musulmans. Je ne parle pas de la tolérance du dhimmi. Je parle d’égalité et de culture du compromis et de la négociation. Travaillant plusieurs années sur l’histoire des juifs dans le monde arabe aux XIXe et au XXe siècle (pour juifs en pays arabes. Le grand déracinement, 1850-1975, Tallandier, 2012), j’avais constaté l’existence d’une culture arabo-musulmane, du Maroc à l’Irak, entachée d’un puissant antijudaïsme, et ce bien avant le sionisme et la question d’Israël et de la Palestine. Il existe en effet, et de longue date, une culture arabo-musulmane anti-juive, souvent exacerbée par la colonisation (mais qui n’en fut toutefois jamais à l’origine). Il fallait faire de l’histoire culturelle pour comprendre comment, pourquoi et quand la minorité juive qui s’était progressivement émancipée grâce à l’école, s’était heurtée à une majorité arabo-musulmane aux yeux de laquelle l’émancipation des juifs était inconcevable et irrecevable. Il n’était question alors ni de sionisme, ni d’Israël ni de Gaza. Et encore moins de «territoires occupés» qui, pour les ignorants et les naïfs, constituent le cœur du problème actuel. Ce conflit entre une majorité qui ne supporte pas que le dominé de toujours s’émancipe, et le dominé de toujours qui ne supporte plus la domination d’autrefois, se traduit par un divorce, et donc un départ. Il s’agit là d’histoire culturelle. Où est le racisme? Georges Bensoussan
L’antisémitisme traditionnel en France est originellement marqué par l’Eglise, l’extrême droite et le nationalisme: c’est l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus qui connaît son acmé sous Vichy. L’antisémitisme nouveau est un antisémitisme d’importation. Il est lié à la fois à la culture traditionnelle des pays magrébins, à l’islam et au contexte colonial. En Algérie, le décret Crémieux qui permit aux juifs de devenir français dès 1870 attise la jalousie des musulmans. En Tunisie et au Maroc, les juifs n’étaient pas français mais leur émancipation par le biais de l’école leur a donné une large avance sur le plan scolaire et social sur la majorité musulmane. Cela s’est terminé par le départ de la minorité juive. Cet antisémitisme-là s’est transposé sur notre territoire par le truchement de l’immigration familiale (c’est cela qui a été importé et pas le conflit israélo-palestinien comme le répètent les médias). Un antisémitisme qui préexistait toutefois auparavant (mais en mode mineur) comme le rappellent les affrontements survenus à Belleville en juin 1967 ou le Mouvement des Travailleurs arabes au début des années 1970. Paradoxalement, cet antisémitisme ne s’est pas dilué, mais enkysté. C’est dans les familles qu’il se transmet et s’apprend. Arrivé à l’école, l’affaire est déjà jouée. Nouveau par les formes et l’origine, il épouse parfois le vocabulaire de l’antisémitisme traditionnel. Par exemple, le mot «youpin», qui avait tendance à disparaître en France, est réutilisé dans des milieux de banlieues qui ne le connaissaient pas. Bref, les différentes branches de l’antisémitisme sont en train de se conjuguer. L’extrême droite traditionnelle qui connait un renouveau, une certaine ultra gauche qui par le biais de l’antisionisme a parfois du mal à maquiller son antisémitisme (l’enquête Fondapol d’octobre 2014 menée par Dominique Reynié était édifiante à cet égard). On a oublié que l’antisémitisme plongeait de longues racines à gauche, depuis Proudhon jusqu’aux propos de Benoît Frachon en juin 1967, secrétaire général de la CGT. Mais la branche la plus massive, et de loin, est la branche arabo-islamiste. Celle-là seule passe aux actes, elle insulte, frappe et tue. Elle n’est d’ailleurs pas seulement arabo-islamiste car elle déborde aujourd’hui dans les banlieues. Nombre de jeunes qui ne sont pas issus de l’immigration arabo-musulmane adoptent pourtant le code culturel de l’antisémitisme, lequel est devenu un code d’intégration dans les cités. Ainsi, ici, l’intégration à la France se fait-elle à rebours, en chassant la part juive de la société française. Adopter ces clichés et ce langage c’est se donner plus de chances d’être intégré dans l’économie sociale des banlieues. Et pour parler comme la banlieue, il faut parler «anti-feuj». (…) En tant qu’historien, je suis frappé par la stupidité d’une telle comparaison [sort des musulmans aujourd’hui à celui des juifs hier]. Je n’ai pas souvenir dans l’histoire des années 30 d’avoir entendu parler de l’équivalent juif de Mohammed Merah, de Mehdi Nemmouche ou des frères Kouachi se mettant à attaquer des écoles françaises, des boutiques ou des Eglises. Assistait-on dans les années 1930 à un repli communautaire des juifs? Tout au contraire, s’agissait-il d’une course éperdue vers l’intégration et l’assimilation. Les juifs cherchaient à se faire le plus petit possible. Ils étaient 330 000, dont 150 000 juifs étrangers qui vivaient dans la crainte d’être expulsés. Beaucoup étaient des réfugiés de la misère, d’autres fuyaient le nazisme et les violences antisémites d’Europe orientale. Aujourd’hui, place Beauvau, on estime la minorité musulmane entre six et dix millions de personnes. Ils n’ont pas été chassés par un régime qui veut les exterminer mais sont venus ici, dans l’immense majorité des cas, pour trouver des conditions de vie meilleures. Les situations sont incomparables, ne serait-ce qu’au regard des effectifs concernés: en Europe, aujourd’hui, un musulman sur quatre vit en France. Cette question est toutefois intéressante à un autre titre: pourquoi une partie de la population française d’origine maghrébine est-elle habitée par un mimétisme juif, une obsession juive, voire une jalousie sociale comme si l’histoire du Maghreb colonial se perpétuait ici? L’histoire de la Shoah est-elle en cause? Elle n’a pas été surestimée, il s’agit bien de la plus profonde coupure anthropologique du siècle passé, et elle dépasse de loin la seule question antisémite. En réalité, c’est la trivialisation de cette tragédie historique qui a produit des effets pervers. Car la Shoah, elle, au-delà de toutes les instrumentalisations, reste une question d’histoire cardinale qui interroge politiquement toutes les sociétés. Qu’est-ce qu’un génocide? Comment en est-on arrivé-là? Pourquoi l’Allemagne? Pourquoi l’Europe? Pourquoi les juifs? Comment une idéologie meurtrière se met-elle en place? Comment des hommes ordinaires, bons pères de famille, deviennent-ils parfois des assassins en groupe? Cette césure historique, matrice d’un questionnement sans fin, a été rabaissée à un catéchisme moralisateur («Plus jamais ça!») et à une avalanche assez niaiseuse de bons sentiments qui, pédagogiquement, ne sont d’aucune utilité. Et qui fait que nous passons parfois à côté des mécanismes politiques qui régulent des sociétés de masse d’autant plus dangereuses qu’anomiées. Le discours de la repentance a pu stériliser la pensée et frapper de silence des questions jugées iconoclastes. Comme les questions d’histoire culturelle évoquées tout à l’heure. Comme si invoquer le facteur culturel à propos de minorités dont l’intégration est en panne serait emprunter le «chemin d’Auschwitz». Cet affadissement a paralysé la réflexion politique, enté sur la conviction erronée que les situations se reproduisent à l’identique. Or, si les mécanismes sont les mêmes, les situations ne le sont jamais. Le travail de l’historien illustre sans fin le mot d’Héraclite: «On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve…» (…) Mais ces lois [mémorielles]ont des effets pervers. Dans des sociétés de masse animées par la passion de l’égalité, toute différence, est perçue comme une injustice. La Shoah étant perçue comme le summum de la souffrance, le peuple juif aux yeux de certains est devenu le «peuple élu de la souffrance». De là une concurrence des mémoires alimentée plus encore par un cadre de références où la victime prend le pas sur le citoyen. Comme s’il fallait avoir été victime d’une tragédie historique pour être reconnu. Second élément de la dérive, la transgression qui permet d’échapper à l’anonymat. Et dans une société qui a fait de la Shoah (contre les historiens) une «religion civile», la meilleure façon de transgresser est de s’en prendre à cette mémoire soit dans le franc négationnisme hier, soit dans la bêtise de masse (qui se veut dérision) type Dieudonné aujourd’hui. Sur ce plan, tous les éléments sont réunis pour favoriser la transgression qui canalise les frustrations innombrables d’un temps marqué au sceau du «désenchantement du monde». C’est d’ailleurs pourquoi on a tort de réagir à chacune des provocations relatives à la Shoah. C’est précisément ce qu’attend le provocateur, notre indignation est sa jouissance. (…) Pour une journée de jumelage avec Tel-Aviv, il a fallu déployer 500 CRS. L’ampleur de la polémique me parait disproportionnée. Israël n’est pas un Etat fasciste et le conflit avec les Palestiniens est de basse intensité. Il y a pratiquement tous les jours entre cinquante et cent morts par attentats dans le monde arabo-musulman dans l’indifférence générale. La guerre civile en Syrie a fait à ce jour, et en quatre ans, 240 000 morts. Le conflit israélo-palestinien en aurait fait 90 000 depuis 1948. La disproportion est frappante. Peu importe que des Arabes tuent d’autres Arabes. Tout le monde s’en moque. Les juifs seuls donnent du prix à ces morts. Dès qu’ils sont de la partie, on descend dans la rue. Cette passion débordante, disproportionnée, n’interroge pas le conflit. Elle interroge ce que devient la société française. Les menaces sur Tel Aviv sur scène sont venues des mêmes milieux qui ont laissé faire les violences de Barbès en juillet 2014, la tentative d’assaut contre la la synagogue de la rue de la Roquette à Paris et une semaine plus tard contre celle de Sarcelles. Bref, je le redis, ce n’est pas le conflit qui a été importé, c’est l’antisémitisme du Maghreb. Les cris de haine d’aujourd’hui sont l’habillage nouveau d’une animosité ancienne. (…) A la lecture de Christophe Guilluy, on comprend d’ailleurs qu’il n’y a pas deux France, mais trois. La France périphérique méprisée par les élites, qui souffre et est tenue de se taire. Elle constitue le gros du vivier FN. La France des biens nés, intégrée socialement, plus aisée et qui regarde avec condescendance la France populaire qui «pense mal». Enfin, une troisième France, tout aussi en souffrance que la première, en voie de désintégration sous l’effet de la relégation géographique, sociale, scolaire, et dont une frange se radicalise. Mais l’erreur, ici, serait de lier la poussée islamiste à la seule déshérence sociale: dès lors que des jeunes intégrés, et diplômés basculent vers la radicalité islamiste, on comprend que le facteur culturel a été longtemps sous-estimé. (…) A force de nier le réel, on a fait le lit du FN. Les millions de Français qui sont aujourd’hui sympathisants du Front national n’ont pas le profil de fascistes. Beaucoup d’entre eux votaient jadis à gauche, et le FN authentiquement parti d’extrême droite, est aussi aujourd’hui le premier parti ouvrier de France. Comment en est-on arrivé-là? Quelle responsabilité ont les classes dominantes dans ce naufrage et, notamment la classe intellectuelle? Voilà les questions qui importent vraiment. En revanche, la question rhétorique du «plus grand danger», FN ou islamisme, vise à nous faire taire. Avec à la clé ce chantage: «A dénoncer la poussée de l’islamisme, du communautarisme, la désintégration d’une partie de l’immigration de masse, vous faites le jeu du Front national!». Tenter de répondre à la question ainsi formulée, c’est tomber dans ce piège rhétorique. Il faudrait, au contraire, retourner cette question à ceux qui la posent: n’avez-vous pas fait le jeu du FN en invalidant la parole d’une partie du peuple français, en le qualifiant de «franchouillard», de raciste, de fasciste? Et en sous estimant le sentiment d’abandon et de mépris vécu par ces dominés de toujours? Georges Bensoussan
Nous avons collectivement abdiqué. Au nom du communautarisme, nous avons abandonné le modèle républicain. Au nom du différentialisme, l’école a arrêté de jouer son rôle d’assimilation. Pour le dire de manière un peu caricaturale, on a préféré construire des salles de sport en banlieue plutôt que des bibliothèques. Le Comte de Bouderbala, d’origine kabyle, résume ça très bien à travers un sketch où il explique qu’à chaque émeute en Seine-Saint-Denis, on organise un concert de rap. Et d’ironiser sur les fautes de grammaire et de syntaxe des rappeurs. Sous couvert d’antiracisme, on a enfermé ces populations dans leur milieu social et culturel. Une partie des enfants d’immigrés aspire à l’excellence alors que les élites, en particulier de gauche, consciemment ou inconsciemment les tirent vers le bas. Jeannette Bougrab
Le catalogue de mesures présenté par le gouvernement à l’occasion du comité interministériel qui s’est tenu aux Mureaux est à la fois touffu, car il reprend nombre de mesures déjà en vigueur, en durcit d’autres, en généralise également, et assez pauvre car il ne comporte que des mesures techniques à la fois disparates et, surtout, insuffisantes au regard des défis. Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part, en y menant des interventions publiques spécifiques, à l’aide de moyens financiers massifs, notamment en matière de rénovation urbaine – on a favorisé les lieux plutôt que les personnes selon le vieil adage de la sociologie urbaine. Ce qui a contribué à renforcer la «ghettoïsation» que les mêmes responsables publics, nationaux et locaux, de gauche comme de droite, qui l’ont mise en oeuvre ne cessent par ailleurs de dénoncer. Chacun peut aujourd’hui constater que la situation des «banlieues» – en fait de ces quartiers urbains qui cumulent les difficultés de tous ordres – ne s’est pas améliorée. Qu’il s’agisse du chômage, notamment des jeunes, de la réussite scolaire, de la délinquance ou du «vivre ensemble» dont la place dans le discours semble inversement proportionnelle à la réalité vécue ou ressentie par nos concitoyens. (…) C’est symboliquement le plus terrible car c’est la représentation la plus criante de cette politique qui exclut au lieu d’inclure. A gauche comme à droite d’ailleurs, même si la gauche semble s’être fait une spécialité depuis les années 1980 de cette manière de considérer nos concitoyens vivant dans ces quartiers difficiles, les plus jeunes en particulier, comme des artistes ou des sportifs avant tout! Comme s’il n’y avait que l’art (et un art spécifique bien évidemment que l’on retrouve inscrit dans ces prescriptions de politiques publiques culturelles sorties tout droit des années 1980) ou le sport comme horizon, et donc comme si les quelques artistes ou sportifs connus issus de ces quartiers résumaient à eux seuls le modèle d’intégration que la République a à proposer à une partie de ses enfants. On est au coeur du sujet. Ce dont nous avons tous besoin, que l’on vive dans un de ces quartiers ou dans une zone périurbaine lointaine, en centre-ville ou à la campagne, c’est de commun. C’est de pouvoir nous projeter ensemble dans des représentations et des réalisations communes, certainement pas d’être sans cesse renvoyé par les médias et, a fortiori, par les responsables politiques à des marqueurs identitaires de toutes natures qui apparaissent comme indélébiles, surtout s’ils sont inscrits et renforcés dans les politiques publiques. (…) Ce parti comme l’essentiel de la gauche ne conçoit plus désormais la République que comme une incantation en forme d’exorcisme contre le Front national. Mais c’est une République sans contenu ni substance puisque tout ce qui fait la spécificité républicaine à la française a été délaissé ou même tout simplement abandonné: le lien indispensable entre souveraineté nationale et souveraineté populaire ; la laïcité comme ferment de notre contrat social ; l’idée de solidarité liée à celle d’identité collective… Cet abandon de la République, auquel on a assisté aussi à droite sous d’autres formes – le fait que le principal parti de la droite s’approprie le label «Les Républicains» en dit long à ce sujet -, est aujourd’hui une des causes fondamentales de la progression du FN. Les républicains de tous bords ont laissé à ce parti – issu de la tradition antirépublicaine d’extrême-droite! – tout un champ de manoeuvre politique autour de la solidarité, de la nation ou de la laïcité. Le PS porte, à gauche, en tant que parti dominant depuis 30 ans, une part de responsabilité majeure dans cette évolution. Laurent Bouvet
Dans ce paysage brouillé et opaque, une illumination: le 26 octobre, aux Mureaux, le ministère de la Culture et de la Communication instaure un diplôme national supérieur professionnel de la danse hip-hop. Il va également encourager, de manière sonnante et trébuchante, la réalisation d’œuvres de street art dans le cadre de la commande publique. Il va enfin soutenir le développement de toutes les créativités grâce au Buzz Booster. Quand Fleur Pellerin entend le mot «culture urbaine», elle sort, sous les bravos, son carnet de chèques. (…) Tout se passe comme si, désormais, le moindre cri contestataire, qu’il soit graphique, sonore ou audiovisuel, doit être dans tous les sens du terme, «assisté» par l’Etat providence. André Bercoff
La focalisation sur le « problème des banlieues » fait oublier un fait majeur : 61 % de la population française vit aujourd’hui hors des grandes agglomérations. Les classes populaires se concentrent dorénavant dans les espaces périphériques : villes petites et moyennes, certains espaces périurbains et la France rurale. En outre, les banlieues sensibles ne sont nullement « abandonnées » par l’État. Comme l’a établi le sociologue Dominique Lorrain, les investissements publics dans le quartier des Hautes Noues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) sont mille fois supérieurs à ceux consentis en faveur d’un quartier modeste de la périphérie de Verdun (Meuse), qui n’a jamais attiré l’attention des médias. Pourtant, le revenu moyen par habitant de ce quartier de Villiers-sur-Marne est de 20 % supérieur à celui de Verdun. Bien sûr, c’est un exemple extrême. Il reste que, à l’échelle de la France, 85 % des ménages pauvres (qui gagnent moins de 993 € par mois, soit moins de 60 % du salaire médian, NDLR) ne vivent pas dans les quartiers « sensibles ». Si l’on retient le critère du PIB, la Seine-Saint-Denis est plus aisée que la Meuse ou l’Ariège. Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne. (…)  En se désindustrialisant, les grandes villes ont besoin de beaucoup moins d’employés et d’ouvriers mais de davantage de cadres. C’est ce qu’on appelle la gentrification des grandes villes, symbolisée par la figure du fameux « bobo », partisan de l’ouverture dans tous les domaines. Confrontées à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires, pour leur part, cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. En outre, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de ces métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales pour accéder à la propriété et acquérir un pavillon. On assiste ainsi à l’émergence de « villes monde » très inégalitaires où se concentrent à la fois cadres et catégories populaires issues de l’immigration récente. Ce phénomène n’est pas limité à Paris. Il se constate dans toutes les agglomérations de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Grenoble), hormis Marseille. (…) On a du mal à formuler certains faits en France. Dans le vocabulaire de la politique de la ville, « classes moyennes » signifie en réalité « population d’origine européenne ». Or les HLM ne font plus coexister ces deux populations. L’immigration récente, pour l’essentiel familiale, s’est concentrée dans les quartiers de logements sociaux des grandes agglomérations, notamment les moins valorisés. Les derniers rapports de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) montrent qu’aujourd’hui 52 % des habitants des ZUS sont immigrés, chiffre qui atteint 64 % en Île-de-France. Cette spécialisation tend à se renforcer. La fin de la mixité dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux, qui font souvent beaucoup d’efforts. Mais on ne peut pas forcer des personnes qui ne le souhaitent pas à vivre ensemble. L’étalement urbain se poursuit parce que les habitants veulent se séparer, même si ça les fragilise économiquement. Par ailleurs, dans les territoires où se côtoient populations d’origine européenne et populations d’immigration extra-européenne, la fin du modèle assimilationniste suscite beaucoup d’inquiétudes. L’autre ne devient plus soi. Une société multiculturelle émerge. Minorités et majorités sont désormais relatives. (…)  ces personnes habitent là où on produit les deux tiers du PIB du pays et où se crée l’essentiel des emplois, c’est-à-dire dans les métropoles. Une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine est ainsi apparue. Dans les ZUS, il existe une vraie mobilité géographique et sociale : les gens arrivent et partent. Ces quartiers servent de sas entre le Nord et le Sud. Ce constat ruine l’image misérabiliste d’une banlieue ghetto où seraient parqués des habitants condamnés à la pauvreté. À bien des égards, la politique de la ville est donc un grand succès. Les seuls phénomènes actuels d’ascension sociale dans les milieux populaires se constatent dans les catégories immigrées des métropoles. Cadres ou immigrés, tous les habitants des grandes agglomérations tirent bénéfice d’y vivre – chacun à leur échelle. En Grande-Bretagne, en 2013, le secrétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts, s’est même déclaré favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’est effondré et est inférieur à celui des enfants d’immigrés. (…) Le problème social et politique majeur de la France, c’est que, pour la première fois depuis la révolution industrielle, la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, on a fait venir les paysans dans les grandes villes pour travailler en usine. Aujourd’hui, on les fait repartir à la « campagne ». C’est un retour en arrière de deux siècles. Le projet économique du pays, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte. (…) L’absence d’intégration économique des catégories modestes explique le paradoxe français : un pays qui redistribue beaucoup de ses richesses mais dont une majorité d’habitants considèrent à juste titre qu’ils sont de plus en plus fragiles et déclassés. (…) Les catégories populaires qui vivent dans ces territoires sont d’autant plus attachées à leur environnement local qu’elles sont, en quelque sorte, assignées à résidence. Elles réagissent en portant une grande attention à ce que j’appelle le «village» : sa maison, son quartier, son territoire, son identité culturelle, qui représentent un capital social. La contre-société s’affirme aussi dans le domaine des valeurs. La France périphérique est attachée à l’ordre républicain, réservée envers les réformes de société et critique sur l’assistanat. L’accusation de «populisme» ne l’émeut guère. Elle ne supporte plus aucune forme de tutorat – ni politique, ni intellectuel – de la part de ceux qui se croient «éclairés». (…) Il devient très difficile de fédérer et de satisfaire tous les électorats à la fois. Dans un monde parfait, il faudrait pouvoir combiner le libéralisme économique et culturel dans les agglomérations et le protectionnisme, le refus du multiculturalisme et l’attachement aux valeurs traditionnelles dans la France périphérique. Mais c’est utopique. C’est pourquoi ces deux France décrivent les nouvelles fractures politiques, présentes et à venir. Christophe Guilluy

Attention: une victimisation peut en cacher une autre !

A l’heure où, perversion des perversions et cynisme des cynismes, le président non élu de l’Autorité palestinienne en appelle à la « protection » de ceux qui depuis un mois multiplient les assassinats à l’aveugle au couteau de boucher ou à la voiture-bélier dans les rues israéliennes …

Et où, après les pétages de plomb de Virginie ou d’Orégon et une série de meurtres de policiers, l’un des plus violents cinéastes de l’histoire (une NRA à lui tout seul !) se permet de traiter les policiers de meurtriers …

Pendant que dix ans après les émeutes qui ont détruit en France quelque 300 bâtiments publics et 10 000 voitures mais aussi tué deux hommes qui avaient le malheur d’être un peu trop blancs, nos gouvernants rachètent à nouveau la paix sociale à coups de  stèle, noms de rue et autres  BEP de hip hop ou de street art …

Comment ne pas voir …

Les mêmes causes produisant les mêmes effets …

Des ghettos américains aux ghettos français …

Et de Gaza à Ramallah ou Jérusalem-est ou en Syrie-Irak …

Les tristes fruits de la même culture de l’excuse et, jusqu’aux allocations pour djiahdistes, de la même politique des bons sentiments

A savoir  éclipsant les pourtant réels progrès derrière les milliards et les bonnes paroles

Et se retournant contre ceux là mêmes qu’elles étaient censées servir …

Les émeutiers devenus meurtriers ou terroristes ?

Les banlieues : des sas, non des ghettos

Brice Couturier

France Culture

30.10.2015

Carlo Rosselli, intellectuel et politique italien, assassiné en France en 1937 sur ordre de Mussolini, écrivait dans son livre Socialisme libéral : le socialisme, c’est « quand la liberté arrive dans la vie des gens les plus pauvres ». Lui fait écho, quelques décennies plus tard, le concept de capability, forgé par Amartya Sen, qui le définit comme « liberty to achieve », liberté d’accomplir quelque chose, qu’on rend aussi par « liberté substantielle ».

C’est de cette liberté-là que parlait Manuel Valls lorsqu’il a déploré que les habitants de certaines banlieues soient « assignés à leur lieu de résidence », s’y « sentent bloqués, entravés dans leurs projets ». Sans doute a-t-il eu tort de parler « d’apartheid ». La République française ne pratique par la discrimination raciale géographique sur une base légale. Et si certains quartiers sont perçus comme des lieux de relégation, des enclaves, mal desservies par les transports publics, leur population n’y est aucunement fixée.

C’est ce que démontre le géographe Christophe Guilluy, qui propose de remplacer le mot de ghetto, inadéquat, par celui de sas. « On y entre beaucoup et on les quitte beaucoup », dit-il, des fameux « quartiers sensibles ». A la différence des ghettos américains, où des populations noires et pauvres sont confinées de manière définitive, nos banlieues « créent de la classe moyenne ». Les jeunes, aussitôt diplômés, les quittent pour accéder à des zones d’habitat plus sûres.

L’impression de pauvreté que provoquent les zones urbaines sensibles est partiellement fondée – le chômage y est deux fois plus élevé que dans la France entière -, mais elle est surtout relative : fixées à la périphérie des grandes métropoles mondialisées et gentryfiées, elles accueillent surtout des primo-arrivants. Aux uns, très qualifiés, les professions bien rémunérées, aux autres, la précarité ou l’économie informelle. Le contraste entre ces deux mondes, géographiquement voisins, mais culturellement et financièrement aux antipodes, accentue le sentiment de décrochage. Il y a aussi beaucoup de pauvreté dans les petites villes et les villages, mais elle est moins visible.

Beaucoup d’argent a été consacré à la politique de la ville. Le Programme national de rénovation urbaine a utilisé 43 milliards d’euros d’argent public. La Cour des comptes critique ce qu’elle appelle « une politique de moyens et non de résultats ». Mais enfin, de nombreuses « barres », construites dans les années 1960, ont été remplacées par des habitations modernes et dotées d’équipements collectifs de qualité.

Pour quels résultats ? Sur les banlieues, vous rencontrez deux sons de cloche. Les uns, comme Malek Boutih, député socialiste des Essones, jugent que la situation s’est dégradée depuis les émeutes de 2005. « La situation a évolué dans le mauvais sens », disait-il récemment sur une radio. « Je pense qu’il y a un toboggan dans lequel on est installés depuis plusieurs années et qui nous amène à l’irréparable, puisque maintenant, ces quartiers produisent des terroristes. Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, non, ce sont des terroristes. » Pour l’ancien président de SOS-Racisme, les banlieues, les quartiers sont le miroir grossissant de la société tout entière et celle-ci est en crise grave, en proie au chômage et au communautarisme.

Pour d’autres, les choses s’arrangent. Le comte de Bouderbala dit dans un sketch qu’à chaque émeute en Seine-Saint-Denis, les pouvoirs publics ont réagi en organisant un concert de rap… La ministre de la culture a récemment annoncé la création d’un Diplôme national supérieur de danse hip-hop. Elle a promis de consacrer un budget au financement d’œuvres de street-art. Comme dit Jeannette Bougrab, maître des requêtes au Conseil d’Etat, elle dont les parents, arrivés d’Algérie, ne savaient ni lire, ni écrire, « sous couvert d’antiracisme, on a enfermé ces populations dans leur milieu social et culturel. » Alors que les familles attendent du système éducatif qu’il tire leurs enfants vers les qualifications. De son côté, le politologue Laurent Bouvet, estime qu’il y a quelque condescendance à ne vouloir reconnaître comme talents, chez les jeunes des quartiers que les performances sportives et les cultures urbaines.

Quelque chose, pourtant, se passe dans les quartiers : c’est là que s’inventent de nouvelles façons de travailler, souvent en phase avec la révolution numérique. Saviez-vous que c’est en Seine-saint-Denis que se créent le plus d’entreprises en France ? Les associations, les fondations, les entreprises y poussent comme des champignons, en phase avec la jeunesse et le dynamisme de leurs habitants. Pour se développer, elles ont besoin de deux choses : de la sécurité et un accès au financement. Bref, de la capability, comme dirait Amartya Sen….

Voir aussi:

Christophe Guilluy : «Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne»
Guillaume Perrault

Le Figaro

11/09/2014

Christophe Guilluy est géographe et consultant auprès de collectivités locales et d’organismes publics. En 2010, son livre connaissent un réel succès critique et plusieurs hommes (sic) politiques de droite comme de gauche affirment s’inspirer des analyses de ce dernier essai. Un documentaire intitulé La France en face, réalisé par Jean-Robert Viallet et Hugues Nancy, diffusé sur France 3 le 27 octobre 2013, est également très fortement inspiré de ce livre.

Notre pays connaît une crise économique et politique de grande ampleur. Les travaux du géographe Christophe Guilluy permettent de dépasser la conjoncture et d’éclairer les causes profondes du mal français. Dans son nouvel ouvrage, La France périphérique – Comment on a sacrifié les classes populaires (Flammarion), en librairie le 17 septembre, l’auteur démontre comment la mondialisation a entraîné une recomposition des catégories sociales et a bouleversé l’organisation de l’espace français.

LE FIGARO. – Vous critiquez un amalgame entre milieux populaires et banlieues. Pourquoi ?

Christophe GUILLUY. – La focalisation sur le « problème des banlieues » fait oublier un fait majeur : 61 % de la population française vit aujourd’hui hors des grandes agglomérations. Les classes populaires se concentrent dorénavant dans les espaces périphériques : villes petites et moyennes, certains espaces périurbains et la France rurale. En outre, les banlieues sensibles ne sont nullement « abandonnées » par l’État. Comme l’a établi le sociologue Dominique Lorrain, les investissements publics dans le quartier des Hautes Noues à Villiers-sur-Marne (Val-de-Marne) sont mille fois supérieurs à ceux consentis en faveur d’un quartier modeste de la périphérie de Verdun (Meuse), qui n’a jamais attiré l’attention des médias. Pourtant, le revenu moyen par habitant de ce quartier de Villiers-sur-Marne est de 20 % supérieur à celui de Verdun. Bien sûr, c’est un exemple extrême. Il reste que, à l’échelle de la France, 85 % des ménages pauvres (qui gagnent moins de 993 € par mois, soit moins de 60 % du salaire médian, NDLR) ne vivent pas dans les quartiers « sensibles ». Si l’on retient le critère du PIB, la Seine-Saint-Denis est plus aisée que la Meuse ou l’Ariège. Le 93 n’est pas un espace de relégation, mais le cœur de l’aire parisienne. L’État prend conscience – avec retard – de cette réalité. Début 2014, le gouvernement a réorienté la politique de la ville pour prendre également en compte la France des sous-préfectures.

Comment expliquer que les catégories populaires (ouvriers, employés) et les classes moyennes inférieures (artisans et une partie des commerçants) aient déserté les métropoles ?
Le marché foncier crée les conditions d’accueil des populations dont la ville a besoin. En se désindustrialisant, les grandes villes ont besoin de beaucoup moins d’employés et d’ouvriers mais de davantage de cadres. C’est ce qu’on appelle la gentrification des grandes villes, symbolisée par la figure du fameux « bobo », partisan de l’ouverture dans tous les domaines. Confrontées à la flambée des prix dans le parc privé, les catégories populaires, pour leur part, cherchent des logements en dehors des grandes agglomérations. En outre, l’immobilier social, dernier parc accessible aux catégories populaires de ces métropoles, s’est spécialisé dans l’accueil des populations immigrées. Les catégories populaires d’origine européenne et qui sont éligibles au parc social s’efforcent d’éviter les quartiers où les HLM sont nombreux. Elles préfèrent déménager en grande banlieue, dans les petites villes ou les zones rurales pour accéder à la propriété et acquérir un pavillon. On assiste ainsi à l’émergence de « villes monde » très inégalitaires où se concentrent à la fois cadres et catégories populaires issues de l’immigration récente. Ce phénomène n’est pas limité à Paris. Il se constate dans toutes les agglomérations de France (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Grenoble), hormis Marseille.

La mixité sociale des HLM dans les grandes villes est donc un vœu pieux ?

On a du mal à formuler certains faits en France. Dans le vocabulaire de la politique de la ville, « classes moyennes » signifie en réalité « population d’origine européenne ». Or les HLM ne font plus coexister ces deux populations. L’immigration récente, pour l’essentiel familiale, s’est concentrée dans les quartiers de logements sociaux des grandes agglomérations, notamment les moins valorisés. Les derniers rapports de l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) montrent qu’aujourd’hui 52 % des habitants des ZUS sont immigrés, chiffre qui atteint 64 % en Île-de-France. Cette spécialisation tend à se renforcer. La fin de la mixité dans les HLM n’est pas imputable aux bailleurs sociaux, qui font souvent beaucoup d’efforts. Mais on ne peut pas forcer des personnes qui ne le souhaitent pas à vivre ensemble. L’étalement urbain se poursuit parce que les habitants veulent se séparer, même si ça les fragilise économiquement. Par ailleurs, dans les territoires où se côtoient populations d’origine européenne et populations d’immigration extra-européenne, la fin du modèle assimilationniste suscite beaucoup d’inquiétudes. L’autre ne devient plus soi. Une société multiculturelle émerge. Minorités et majorités sont désormais relatives.

Observe-t-on une ascension sociale dans une partie de la population d’origine étrangère ?

Oui, car ces personnes habitent là où on produit les deux tiers du PIB du pays et où se crée l’essentiel des emplois, c’est-à-dire dans les métropoles. Une petite bourgeoisie issue de l’immigration maghrébine et africaine est ainsi apparue. Dans les ZUS, il existe une vraie mobilité géographique et sociale : les gens arrivent et partent. Ces quartiers servent de sas entre le Nord et le Sud. Ce constat ruine l’image misérabiliste d’une banlieue ghetto où seraient parqués des habitants condamnés à la pauvreté. À bien des égards, la politique de la ville est donc un grand succès. Les seuls phénomènes actuels d’ascension sociale dans les milieux populaires se constatent dans les catégories immigrées des métropoles. Cadres ou immigrés, tous les habitants des grandes agglomérations tirent bénéfice d’y vivre – chacun à leur échelle. En Grande-Bretagne, en 2013, le secrétaire d’État chargé des Universités et de la Science de l’époque, David Willetts, s’est même déclaré favorable à une politique de discrimination positive en faveur des jeunes hommes blancs de la « working class » car leur taux d’accès à l’université s’est effondré et est inférieur à celui des enfants d’immigrés.

En France, ouvriers et employés sont-ils moins nombreux en 2014 qu’en 1980 ?

La baisse de la proportion d’ouvriers est réelle, mais elle s’est accompagnée d’une augmentation de la proportion d’employés. Les catégories populaires – qui comprennent aussi les petits agriculteurs – n’ont donc nullement disparu. Elles sont désormais moins visibles, puisqu’elles vivent loin des grands centres urbains où se concentrent décideurs publics et privés. Si l’on considère l’ensemble du territoire national, la part des catégories populaires dans la population française est restée à peu près stable depuis un demi-siècle. Le problème social et politique majeur de la France, c’est que, pour la première fois depuis la révolution industrielle, la majeure partie des catégories populaires ne vit plus là où se crée la richesse. Au XIXe siècle, lors de la révolution industrielle, on a fait venir les paysans dans les grandes villes pour travailler en usine. Aujourd’hui, on les fait repartir à la « campagne ». C’est un retour en arrière de deux siècles. Le projet économique du pays, tourné vers la mondialisation, n’a plus besoin des catégories populaires, en quelque sorte.

En définitive, « le peuple », aujourd’hui, qui est-ce ?

Actuellement, 50 % des salariés gagnent moins de 1 650 euros net par mois. Par ailleurs, les frontières sociales entre classes populaires et classes moyennes inférieures – artisans et commerçants, patrons de TPE – ont disparu. Ceux-ci ont conscience d’un vécu commun qui bouleverse les définitions classiques du «peuple». La fronde des «bonnets rouges» illustre ce phénomène. La révolte n’est pas partie des grandes métropoles de l’Ouest, mais des petites villes qui en étaient le plus éloignées. La contestation n’était pas seulement sociale, mais aussi identitaire. Des ouvriers, des employés, des agriculteurs, des chauffeurs routiers et des chefs de petites entreprises ont défilé ensemble, ce qui a beaucoup déconcerté Jean-Luc Mélenchon.

Vu l’ampleur colossale des dépenses publiques et sociales, n’est-il pas injuste de prétendre qu’on a «sacrifié» les classes populaires ?
Certes, il y a beaucoup de redistribution des métropoles vers la France périphérique. Le revenu n’est pas en chute libre. La présence d’une part importante d’emplois publics et parapublics et le développement des services à la personne ont aussi permis de limiter les effets de la désindustrialisation. Mais la France des catégories populaires ne se résume pas à la question des bas revenus ou de la pauvreté. Considérées dans leur ensemble, depuis le début des années 2000, les catégories populaires n’ont plus de perspectives d’ascension sociale. En dépit de certaines réussites individuelles brillantes, ce qui se joue, c’est le sentiment de ne plus être intégré au projet économique, de ne pas vivre sur les territoires qui comptent et qui créent de l’emploi. C’est l’immense différence avec la « classe moyenne » des Trente Glorieuses dont les revenus relatifs n’étaient pas plus élevés mais dont l’intégration économique et une forme d’ascension sociale étaient assurées. C’est dans ce contexte qu’il faut poser la question des revenus et de l’impôt. L’absence d’intégration économique des catégories modestes explique le paradoxe français : un pays qui redistribue beaucoup de ses richesses mais dont une majorité d’habitants considèrent à juste titre qu’ils sont de plus en plus fragiles et déclassés.

Qu’appelez-vous la «contre-société» qui, selon vous, apparaît dans la France des fragilités sociales ?

Dans la France périphérique, le champ des possibles est beaucoup plus restreint en raison d’une mobilité sociale et géographique très faible. Un déplacement régulier vers le travail en voiture à 20 kilomètres de chez soi coûte environ 250 euros par mois, soit le quart du smic. Surtout, quand on perd son travail dans une ville de taille moyenne, on sait qu’on éprouvera beaucoup de difficultés à vendre son logement pour se rapprocher d’un bassin d’emplois dynamique. Les catégories populaires qui vivent dans ces territoires sont d’autant plus attachées à leur environnement local qu’elles sont, en quelque sorte, assignées à résidence. Elles réagissent en portant une grande attention à ce que j’appelle le «village» : sa maison, son quartier, son territoire, son identité culturelle, qui représentent un capital social. La contre-société s’affirme aussi dans le domaine des valeurs. La France périphérique est attachée à l’ordre républicain, réservée envers les réformes de société et critique sur l’assistanat. L’accusation de «populisme» ne l’émeut guère. Elle ne supporte plus aucune forme de tutorat – ni politique, ni intellectuel – de la part de ceux qui se croient «éclairés».

On assiste donc à une guerre culturelle des deux France ?

Sans aucun doute. Il devient très difficile de fédérer et de satisfaire tous les électorats à la fois. Dans un monde parfait, il faudrait pouvoir combiner le libéralisme économique et culturel dans les agglomérations et le protectionnisme, le refus du multiculturalisme et l’attachement aux valeurs traditionnelles dans la France périphérique. Mais c’est utopique. C’est pourquoi ces deux France décrivent les nouvelles fractures politiques, présentes et à venir.

Voir également:

Laurent Bouvet : l’égalité selon le PS, faire de la banlieue une entité à part
Alexandre Devecchio
Le Figaro
27/10/2015
FIGAROVOX/ENTRETIEN – Après la visite de Manuel Valls aux Mureaux, Laurent Bouvet juge inefficace et «ghettoïsante» la politique que mènent les socialistes en direction des banlieues.

Laurent Bouvet est directeur de l’Observatoire de la vie politique (Ovipol) à la Fondation Jean-Jaurès. Son dernier ouvrage, L’insécurité culturelle, est paru chez Fayard.

LE FIGARO. – Dix ans après les émeutes nées à Clichy-sous-Bois, le président et le Premier ministre ont annoncé une batterie de mesures. Ces dernières vous semblent-elles à la hauteur de l’enjeu?

Laurent BOUVET. – Le catalogue de mesures présenté par le gouvernement à l’occasion du comité interministériel qui s’est tenu aux Mureaux est à la fois touffu, car il reprend nombre de mesures déjà en vigueur, en durcit d’autres, en généralise également, et assez pauvre car il ne comporte que des mesures techniques à la fois disparates et, surtout, insuffisantes au regard des défis.

Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part.
Le plus frappant est tout de même la poursuite d’une politique qui a déjà trente ans, sans vision ni idée neuve. Cette politique a consisté à faire de la banlieue une entité à part, en y menant des interventions publiques spécifiques, à l’aide de moyens financiers massifs, notamment en matière de rénovation urbaine – on a favorisé les lieux plutôt que les personnes selon le vieil adage de la sociologie urbaine. Ce qui a contribué à renforcer la «ghettoïsation» que les mêmes responsables publics, nationaux et locaux, de gauche comme de droite, qui l’ont mise en oeuvre ne cessent par ailleurs de dénoncer.

Chacun peut aujourd’hui constater que la situation des «banlieues» – en fait de ces quartiers urbains qui cumulent les difficultés de tous ordres – ne s’est pas améliorée. Qu’il s’agisse du chômage, notamment des jeunes, de la réussite scolaire, de la délinquance ou du «vivre ensemble» dont la place dans le discours semble inversement proportionnelle à la réalité vécue ou ressentie par nos concitoyens.

Certaines peuvent prêter à sourire: la création d’un diplôme national supérieur professionnel (DNSP) de danse hip-hop qui doit permettre la professionnalisation des danseurs dans ce domaine ; le soutien à la réalisation d’oeuvres réalisées par des artistes de street-art dans le cadre de la commande publique en 2015 et 2016 ; le soutien au développement du «Buzz Booster», dispositif dédié au repérage de jeunes talents du rap… Cela traduit-il finalement une forme de condescendance d’une certaine gauche à l’égard des habitants des banlieues?

C’est symboliquement le plus terrible car c’est la représentation la plus criante de cette politique qui exclut au lieu d’inclure. A gauche comme à droite d’ailleurs, même si la gauche semble s’être fait une spécialité depuis les années 1980 de cette manière de considérer nos concitoyens vivant dans ces quartiers difficiles, les plus jeunes en particulier, comme des artistes ou des sportifs avant tout! Comme s’il n’y avait que l’art (et un art spécifique bien évidemment que l’on retrouve inscrit dans ces prescriptions de politiques publiques culturelles sorties tout droit des années 1980) ou le sport comme horizon, et donc comme si les quelques artistes ou sportifs connus issus de ces quartiers résumaient à eux seuls le modèle d’intégration que la République a à proposer à une partie de ses enfants.

On est au coeur du sujet. Ce dont nous avons tous besoin, que l’on vive dans un de ces quartiers ou dans une zone périurbaine lointaine, en centre-ville ou à la campagne, c’est de commun. C’est de pouvoir nous projeter ensemble dans des représentations et des réalisations communes, certainement pas d’être sans cesse renvoyé par les médias et, a fortiori, par les responsables politiques à des marqueurs identitaires de toutes natures qui apparaissent comme indélébiles, surtout s’ils sont inscrits et renforcés dans les politiques publiques.

Plus largement, qu’est-ce que cela dit du rapport actuel du PS à la République?

On remarquera d’abord que le PS est resté, pour des raisons idéologiques (le tournant européen et libéral) et sociologiques (le faible renouvellement de son personnel politique et les voies très étroites de renouvellement quand il existe), un parti des années 1980. C’est dans ces années-là que le PS s’est détaché de l’idée républicaine.

Ce parti comme l’essentiel de la gauche ne conçoit plus désormais la République que comme une incantation en forme d’exorcisme contre le Front national. Mais c’est une République sans contenu ni substance puisque tout ce qui fait la spécificité républicaine à la française a été délaissé ou même tout simplement abandonné: le lien indispensable entre souveraineté nationale et souveraineté populaire ; la laïcité comme ferment de notre contrat social ; l’idée de solidarité liée à celle d’identité collective…

Cet abandon de la République, auquel on a assisté aussi à droite sous d’autres formes – le fait que le principal parti de la droite s’approprie le label «Les Républicains» en dit long à ce sujet -, est aujourd’hui une des causes fondamentales de la progression du FN. Les républicains de tous bords ont laissé à ce parti – issu de la tradition antirépublicaine d’extrême-droite! – tout un champ de manoeuvre politique autour de la solidarité, de la nation ou de la laïcité. Le PS porte, à gauche, en tant que parti dominant depuis 30 ans, une part de responsabilité majeure dans cette évolution.

Voir encore:

Angleterre : le ministre veut plus de blancs à l’université
Quentin Blanc
Le Figaro étudiant

07/01/2013

Le secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur envisage une discrimination positive en faveur des jeunes garçons blancs issus des classes populaires à l’université, alors que le nombre d’inscrits a fortement chuté.

David Willets, secrétaire d’État britannique de l’Enseignement supérieur ,a déclaré en ce début d’année qu’il aimerait voir les jeunes blancs issus des classes populaires être considérés comme un groupe prioritaire pour le recrutement dans les universités anglaises, aux côtés des autres catégories défavorisées. «Il y a un impressionnant gâchis de talents de certains jeunes gens qui pourraient vraiment bénéficier d’un passage à l’université mais qui n’y vont pas».

Le bureau pour un accès équitable (OFFA), chargé de s’assurer que les universités anglaises favorisent les inscriptions de personnes défavorisées, «prend en compte de nombreux critères, comme la classe sociale ou l’origine ethnique, lorsqu’ils mettent en place des critères d’accès. Je ne vois donc pas pourquoi ils ne pourraient pas cibler les garçons blancs issus des classes populaires», a expliqué David Willets à The Independent .

À l’heure actuelle, les établissements possèdent des informations sur l’origine sociale et les résultats scolaires des candidats, et peuvent savoir si le candidat était le premier de sa famille à aller à l’université. En revanche, si l’origine ethnique figure sur les formulaires d’inscription, elle n’est pas communiquée aux services d’admission.

Les filles plus nombreuses que les garçons à l’université
Les déclarations du secrétaire d’Etat à l’enseignement britanniques interviennent alors que les inscriptions à l’université chutent au Royaume-Uni, avec une baisse de 6,3 % en 2012 ,les jeunes hommes étant particulièrement touchés. Ils étaient 54.000 de moins en 2012 qu’en 2011, ce qui représente une diminution de 13%, quatre fois plus que les filles.

Les difficultés des enfants issus des classes populaires anglaises ne sont pas nouvelles. Elles sont manifestes dès la sixième. Seuls 66% des enfants bénéficiant de la gratuité dans les cantines avaient acquis le niveau attendu en maths et en anglais à ces examens, contre 82% des autres enfants. Les «petits blancs» sont particulièrement touchés, puisqu’ils n’étaient que 60% à y parvenir, contre 68% de noirs.

Il faut se mobiliser pour «convaincre certains groupes de gens que l’université est aussi pour eux», estime Sally Hunt, secrétaire générale de l’University and College Union, un syndicat de professeurs. Mais l’augmentation des droits d’inscription constitue de fait une barrière importante, selon elle. «Nous avons besoin que nos plus brillants élèves puissent poursuivre leurs rêves. Cependant, la politique du gouvernement actuel a fait de l’université une option bien plus coûteuse qu’auparavant, ce qui est confirmé par la chute des inscriptions enregistrées».

La hausse des droits d’inscription pointée du doigt
Les enseignants sont d’ailleurs nombreux à mettre en cause les frais de scolarité, qui ont bondi, l’année dernière, de 4000€ à plus de 10.000€ dans la plupart des universités, afin de compenser la baisse de la contribution du gouvernement, qui passera en 2014 de 4,6 milliards à 2 milliards de livres sterling .

Sur BBC Radio 4, David Willets s’est défendu de vouloir laisser des jeunes sur le côté: «Quand les droits d’inscription à l’université ont augmenté, l’une des choses que nous avons fait avec l’argent supplémentaire était de dire aux universités: vous devez investir un tiers de cet argent pour tendre la main aux plus défavorisés et améliorer leur accès au supérieur. Cet argent représente des centaines de millions de livres qui sont aujourd’hui disponibles pour remplir cet objectif. Nous voulons les voir utilisés aussi efficacement que possible».

Voir de plus:

Protéger les Palestiniens pour les laisser poignarder les Israéliens

Mahmoud Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens afin qu’ils puissent continuer à assassiner les civils israéliens avec des couteaux, des pierres, des voitures-béliers, toutes sortes d’ustensiles.
On doit protéger les assassins, non les victimes. Il a été entendu et applaudi.

Bat Ye’or

Dreuz

31 octobre 2015

C’est une nouvelle mode adoptée par les tueurs de s’en prendre dans le dos aux passants, aux femmes, aux enfants, aux civils désarmés, dans les autobus, les foules, les rues, n’importe où. Pour tuer. Nulle doute que cette mode fera certainement beaucoup d’adeptes, comme celles des détournements d’avions, des massacres, des prises d’otages, du terrorisme international, modes initiées aussi par les Palestiniens et que l’Europe appelle « résistance » quand ses victimes sont israéliennes ou juives, et partout ailleurs « terrorisme ».

Aujourd’hui ce modèle breveté palestinien s’est répandu sur toute la planète.

Moi je l’appelle jihadisme, car les tueries et la terreur constituent depuis treize siècles les stratégies du jihad. L’Europe devrait le savoir, elle qui n’a cessé d’en subir les attaques par terre et par mer. Mais il est vrai qu’elle a décrété qu’Israël était le danger – un peu comme les nazis qui déclaraient que les juifs les menaçaient pour se donner le prétexte de les exterminer – et qu’elle a choisi de se complaire dans une amnésie d’amoureuse béatitude palestinophile arrosée de pétrodollars.

Que la démarche d’Abbas rejoigne celle de la France, ne doit pas surprendre.

Arafat, la créature de la France, lui permit de maintenir le conflit ouvert, de s’opposer à toute paix séparée, à toute solution qui aurait compromis l’élimination d’Israël par sa réduction à une exiguïté territoriale indéfendable. Acharnée à lui arracher lambeaux par lambeaux des pans de son histoire, de ses monuments, de ses terres, la France tente d’écraser enfin sous l’infamie le peuple à la nuque raide, sorti vainqueur de la Shoah et de la dhimmitude. Même les chrétiens du Liban furent sacrifiés à ce dessein.

Mahmoud Abbas évoque 70 ans de souffrance, d’injustice et d’occupation…

On le comprend, son peuple est si frustré de voir des Israéliens libres ! C’est qu’il pense avec nostalgie aux treize siècles de dhimmitude des indigènes juifs et chrétiens victimes du jihad, des expropriations par les envahisseurs arabes, des femmes et des enfants violés et enlevés au cours des siècles, comme Boko Haram le fait maintenant, des esclaves sexuelles dhimmis, des rançons et de l’extorsion fiscale, de l’esclavage, des massacres et pillages périodiques, des lois discriminatoires, des expulsions des villes et des villages, des vêtements spécifiques pour les dhimmis, de leurs lieux de culte islamisés, pillés, détruits, de la destruction de leur culture (comme le fait l’Etat islamique maintenant), faits divers quotidiens de la dhimmitude en Terre sainte islamisée.

Jamais il n’y eut de temple juif à Jérusalem, rien que des mosquées, Jésus allait prier à la mosquée. Les juifs sont des pilleurs d’histoire – de l’histoire musulmane. L’Europe en est aussi convaincue et a voté pour l’islamisation des lieux saints juifs, débaptisant le Mont du Temple en esplanade des mosquées.

Le bon vieux temps, quand juifs et chrétiens rasaient les murs
Abbas plaide pour un retour aux temps de la dhimmitude dont la Syrie, la Libye, l’Afghanistan, le Yémen sont les prototypes. Ça c’était le bon vieux temps, quand juifs et chrétiens rasaient les murs, les yeux baissés, cédant le chemin aux musulmans, désarmés car ils n’avaient pas le droit de se défendre… le temps de la tolérance sous la charia, du vivre-ensemble harmonieux et dans la paix de l’islam.

Abbas demande à l’ONU de lui restituer ces privilèges.

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Qu’il se rassure, il aura derrière lui toute l’Europe qui respecte les droits de l’homme – sauf ceux des Israéliens. Mais sont-ils des hommes ? L’Europe hésite entre colons et singes, colons en tous cas !

D’ailleurs c’est peut-être elle qui a suggéré à Abbas cette démarche ? Sans doute en a-t-elle assez de payer des milliards à ses ONGs pour diffuser au plan planétaire la haine d’Israël.

D’autant plus que tout le monde le sait maintenant. Grâce aux révélations de NGO Monitor, on connait les montants fabuleux versés par chaque Etat, les Eglises, les fondations et l’Union européenne ainsi que les ONGs récipiendaires.

Il faut en finir avec Israël, car les centaines de milliers d’immigrants musulmans qui accourent en Europe et qu’elle accueille à bras ouverts avec une sollicitude attendrissante auront besoin de ces fonds pour leur nouvelle installation…

Voir de même:

A Genève, Mahmoud Abbas demande une protection internationale «urgente»
Lors d’une réunion spéciale du Conseil des droits de l’homme, durant laquelle Israël ne pouvait pas répliquer, le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé l’ONU à créer de toute urgence «un régime de protection internationale du peuple palestinien»

Le Temps

28 octobre 2015

Le président palestinien Mahmoud Abbas a appelé mercredi à Genève l’ONU à créer de toute urgence «un régime de protection internationale du peuple palestinien». La situation dans les territoires est la pire depuis 1948, a-t-il dit.

«Je m’adresse au Conseil de sécurité, en lui demandant plus urgemment que jamais de mettre en place un régime de protection internationale du peuple palestinien immédiatement», a déclaré Mahmoud Abbas lors d’une réunion spéciale du Conseil des droits de l’homme de l’ONU convoquée à sa demande.

«La situation des droits humains dans le territoire palestinien, y compris à Jérusalem-Est, est la plus critique et la pire depuis», s’est exclamé Mahmoud Abbas. «Cela requiert une intervention forte et décisive, avant qu’il ne soit trop tard, de l’ONU et de ses Etats membres», a déclaré le président palestinien.

Espoirs «annihilés»
«Nous avons besoin de votre protection. Protégez-nous, protégez-nous. Nous avons besoin de vous», a-t-il lancé. Pour Mahmoud Abbas, «il est inacceptable d’imaginer que la situation actuelle persiste car cela annihilera tous les espoirs d’une paix fondée sur une solution de deux Etats».

Mahmoud Abbas a accusé les «forces d’occupation» israéliennes d’avoir «récemment intensifié leurs pratiques criminelles au point de mener des exécutions extrajudiciaires contre des civils palestiniens sans défense». Depuis le 1er octobre, les territoires palestiniens, Jérusalem et Israël sont le théâtre d’une spirale de violences dans le cadre de la «guerre des couteaux» qui fait craindre une troisième Intifada.

«Le désespoir profond, les pressions, le sentiment d’insécurité dans lesquels vit la population palestinienne depuis longtemps sont des facteurs qui exacerbent la frustration de la jeunesse et la poussent à se révolter», a averti le président palestinien.

Des ovations, et pas de réponse
La communauté internationale se doit d’agir pour veiller au respect du droit international, a encore dit le président palestinien, en demandant que la déclaration adoptée l’an dernier à Genève par les Etats parties aux Conventions de Genève sur le respect de ces Conventions dans les territoires occupés soit pleinement appliquée.

«Il ne sert plus à rien de perdre du temps dans des négociations stériles. Il faut mettre fin à l’occupation», a lancé Mahmoud Abbas, dans un discours ovationné debout par la plupart des Etats présents. Les membres du Conseil des droits de l’homme, dont Israël, ne pouvaient pas répondre au discours du président palestinien, dans le cadre de cette réunion spéciale dite «de courtoisie» – ce n’est donc pas une session extraordinaire.

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme évoque une «catastrophe»
S’exprimant avant Mahmoud Abbas, le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a pour sa part estimé que la crise entre Israël et les Palestiniens était «extrêmement dangereuse» et allait mener à une «catastrophe» si rien n’est fait pour que cessent immédiatement les violences.

Il a dénoncé la montée de la peur qui peut mener à «une confrontation plus large et plus terrible». «Il faut cesser les attaques terroristes, que les gens ne soient plus poignardés. Les actions des colons à Jérusalem-Est doivent cesser, l’emploi excessif de la police israélienne doit cesser, les démolitions de maison doivent cesser, et le blocus de Gaza aussi», a dit le haut-commissaire.

Il a par ailleurs dénoncé un «recours disproportionné à la force» par les forces de sécurité israéliennes «qui nous amènent à soupçonner fortement des exécutions extrajudiciaires».

Voir de plus:

Abbas demande à l’ONU de protéger les Palestiniens
Conseil des droits de l’hommeLe chef de l’Autorité palestinienne poursuit sa bataille diplomatique devant le Conseil des Droits de l’homme.
Mahmoud Abbas, le chef de l’Autorité palestinienne Image: EPA
Alain Jourdan

28.10.2015

Mahmoud Abbas, continue sa tournée en Europe et poursuit son offensive diplomatique pour tenter de gagner des soutiens et affaiblir Israël. Ce mercredi, c’est à la tribune du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève que le président de l’Autorité palestinienne a lancé de nouveau un appel à la communauté internationale. «Chacun doit assumer ses responsabilités avant qu’il ne soit trop tard», a-t-il prévenu avant de réclamer «la mise en place d’urgence d’un régime spécial de protection international pour les Palestiniens».

Mahmoud Abbas a rejeté la responsabilité des événements qui agitent Jérusalem et les territoires occupés sur Israël, son armée et ses colons. «C’est la conséquence de l’étau mis sur la population: le doublement des colonies, les constructions illicites sous la mosquée Al-Aqsa, l’édification d’un mur pour aliéner les quartiers palestiniens, les exécutions extrajudiciaires…», a expliqué le président de l’Autorité palestinienne. Il a affirmé qu’Israël avait protégé «les forces extrémistes qui s’en prennent aux sites religieux chrétiens et musulmans».

«Toute tentative de remise en cause du statu quo de 1967 pourrait avoir de très graves conséquences. Cela risquerait de transformer ce conflit politique en un conflit religieux», a mis en garde Mahmoud Abbas avant d’exhorter l’ONU à faire respecter toutes les résolutions adoptées ces dernières années. «Le temps n’est-il pas venu pour la communauté internationale de cesser de parler de la cause palestinienne, de prendre enfin des mesures pratiques et de lancer des procédures qui iraient dans le sens de la justice?», a-t-il lancé. Et d’ajouter un peu plus tard: «Nous avons vécu 70 ans de souffrance, d’injustice et de perpétuation (…) de la plus longue occupation de l‘histoire moderne, c’est assez!»

Pour le président de l’Autorité palestinienne, «la paix est encore à portée de main» mais plus pour longtemps. «La formule à appliquer est simple. Israël doit mettre un terme à l’occupation de nos terres, stopper l’oppression et empêcher les colons de commettre des actes criminels», a-t-il expliqué. Et d’ajouter: «Nous réclamons l’unité de notre terre et de notre peuple, nous refusons toute solution autre intérimaire ou partielle».

Pendant près de quarante minutes, devant un parterre de diplomates très attentifs, Mahmoud Abbas a étiré son argumentaire, assurant que le futur Etat palestinien veillerait à respecter tous les plus hauts standards du droit international.

Comme à New York, le 30 septembre dernier, le chef de l’Autorité palestinienne a répété qu’un accord était sans valeur dès lors que l’une des deux parties ne le respectait pas. «Nous n’aurons pas la sécurité et la stabilité tant que l’occupation israélienne continuera et tant que la Palestine n’aura pas son indépendance avec Jérusalem Est pour capitale, dans le respect des frontières de 1967», a martelé Mahmoud Abbas.

Voir enfin:

Palestine : nouvelles données transmises à la CPI
Le Monde.fr avec AFP et Reuters

31.10.2015

C’est le troisième dossier déposé depuis le début de l’année. L’Autorité palestinienne a transmis vendredi 30 octobre à la Cour pénale internationale (CPI) de nouveaux éléments pour tenter d’obtenir l’adjonction des dernières violences dans les territoires palestiniens à l’enquête liée au conflit de l’été 2014 dans la bande de Gaza.

Après une réunion avec la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, le ministre palestinien des affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a déclaré que le nouveau dossier contenait des preuves d’« exécutions extrajudiciaires, de démolition d’habitations, de sanctions collectives », y compris des faits remontants aux quarante derniers jours.

Depuis le 1er octobre, une vague de heurts, d’agressions et d’attentats anti-israéliens a fait 63 morts (dont un Arabe israélien), côté palestinien, et neuf, côté israélien, dans les territoires à Jérusalem et en Israël. La moitié des Palestiniens tués ont été abattus en commettant des attentats.

Un rapport d’Amnesty international, publié le 27 octobre, recense quatre cas avérés où des Palestiniens « ont été délibérément abattus par les forces israéliennes alors qu’ils ne posaient pas de danger immédiat à leur vie, dans ce qui apparaît comme des exécutions extrajudiciaires. »

Visite à Gaza impossible
L’Autorité palestinienne a adhéré à la CPI au début de l’année, suscitant des protestations de la part d’Israël, des Etats-Unis et de plusieurs pays européens. Dès janvier, la CPI a ouvert une enquête préliminaire sur la guerre de cinquante jours qui a fait 2 100 morts, côté palestinien, pour la plupart des civils, et plus de 70 morts côté israélien, presque exclusivement des soldats, à l’été 2014 dans la bande de Gaza.

Mais les responsables de La Haye n’ont pas encore pu se rendre sur place, les Israéliens leur défendant d’accéder à l’enclave palestinienne. Le ministre palestinien rapporte qu’ils « ont promis qu’ils poursuivraient leurs efforts pour obtenir les autorisations (…) d’une visite ».

Centaines de logements dans des colonies, « légalisés » par Israël
Dans le climat de tension exacerbée entre Israéliens et Palestiniens, le gouvernement a légalisé rétroactivement vendredi près de 800 logements dans des colonies de Cisjordanie occupée. Les habitations se trouvent dans les colonies de Yakir (377 logements), Itamar (187) et Shiloh (94), dans le nord de la Cisjordanie, et de Sansana (97) dans le sud du territoire palestinien, selon des informations publiées sur le site du ministère de l’intérieur israélien.

La décision date d’il y a deux semaines mais vient juste d’être rapportée dans la presse israélienne. Pour la communauté internationale, toutes les colonies israéliennes en Cisjordanie sont illégales, mais Israël fait la distinction entre colonies « légales » et sauvages.

« Même si cela n’a pas l’impact de l’annonce de nouvelles constructions, il s’agit indéniablement d’un gage accordé aux colons par (Benjamin) Nétanyahou », le premier ministre israélien, a déclaré à l’AFP Hagit Ofran, une des responsables de l’organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.

Voir par ailleurs:

Londres a sous-estimé l’islamisme au nom du politiquement correct
Fayez Nureldine
Sputnik

01.11.2015

Le ministre des Affaires étrangères britannique a avoué que le gouvernement britannique fermait les yeux sur la propagation de l’activité extrémiste dans le pays au nom de « multiculturalisme ».

La Grande-Bretagne a réalisé trop tard le danger lié à l’extrémisme islamiste, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères Philip Hammond lors d’une visite au Bahreïn.

Selon lui, la montée en puissance des tendances extrémistes est le « défi principal » du monde contemporain.

« En Grande-Bretagne, nous l’avons réalisé un peu trop tard, mais nous devons résister à toutes les formes d’extrémisme, et pas uniquement celles qui impliquent de la violence », a-t-il déclaré.

« Nous avons reconnu à contrecœur le lien entre une forme agressive d’extrémisme et toutes les autres formes d’extrémisme. Pendant des décennies, nous avons à tort fait une différence entre ces deux formes. Au nom de multiculturalisme, nous avons toléré et même salué des idées, un modèle de comportement et l’activité d’organisations qui semaient la division et l’intolérance », a souligné le chef de la diplomatie britannique.

Philip Hammond a expliqué que la stratégie de lutte antiterroriste du gouvernement comprendra entre autre l’examen des raisons de ce qui pousse « des jeunes hommes et femmes à refuser un bon travail et des perspectives afin de mourir sous le drapeau noir de l’Etat islamique ».

« Personne ne devient terroriste en une nuit. C’est tout un processus de radicalisation, c’est une voie qui commence par des expériences naïves avec un système des valeurs simplifié et qui finit par l’autodestruction », a-t-il ajouté.

Il est à noter qu’un département spécial d’analyse de l’extrémisme a été créé au sein du ministère de l’Intérieur du Royaume-Uni afin de détecter les terroristes potentiels.

Au Royaume-Uni, les terroristes potentiels se comptent par milliers
Auparavant, les médias britanniques ont rapporté, en se référant à des sources au sein des services de renseignement, que près de 3.000 islamistes prêts à perpétrer des attentats à tout moment se trouvent sur le territoire du Royaume-Uni. La moitié des suspects habite à Londres, mais d’autres régions sont qualifiées de « problématiques », notamment le comté des Midlands de l’Ouest et la ville de Manchester (nord-ouest).

Selon les dernières informations, plus de 28.000 ressortissants d’Europe, d’Asie et d’Amérique ont rejoint les rangs des organisations djihadistes Al-Qaïda et Etat islamique, des hommes âgés de 15 à 35 ans pour la plupart, principalement motivés par l’idéologie extrémiste. Les autres raisons qui les poussent à se joindre aux djihadistes sont la rémunération ainsi que la lassitude liée à la vie quotidienne dans leurs pays d’origine.

Début 2014, le groupe djihadiste Etat islamique cherche à créer un califat sur les territoires irakiens et syriens tombés sous son contrôle. Il est à noter que les terroristes visent également les pays occidentaux. Ainsi, le nombre d’attentats dans les pays européens s’est considérablement accru en 2015.

Voir encore:

Was Chris Mercer Harper Inspired by Vester Flanagan?
Sam Prince

October 1, 2015

A blog post allegedly written by reported Umpqua Community College gunman Chris Mercer Harper seems to idolize Vester Flanagan, the man who killed two WDBJ7 TV reporters on-camera last month. A post written on August 31, in a blog allegedly operated by Harper, states:

A transcript reads:

As I’m sure you all know, a few days ago there was a shooting in Virginia. A man named Vester Flanagan opened fire on two former colleagues on live tv. He also recorded his own footage of the event. While reading about the event, I read some excerpts of his manifesto the media was releasing. And I have to say, anyone who knew him could have seen this coming. People like him have nothing left to live for, and the only thing left to do is lash out at a society that has abandoned them.

His family described him as alone, no partner/lover. A victim not only of his own perception but also of our social media soaked enviroment. He posted the footage on facebook and twitter as well tweeting while he was running from the cops because he wanted the world to see his actions, much like many others post menial and trivial details of their life online and expect us to see it. Only his was at least a bit more interesting.

On an interesting note, I have noticed that so many people like him are all alone and unknown, yet when they spill a little blood, the whole world knows who they are. A man who was known by no one, is now known by everyone. His face splashed across every screen, his name across the lips of every person on the planet, all in the course of one day. Seems the more people you kill, the more your’re in the limelight.

Sorry if this seems a bit disjointed, but these are just my thoughts on the matter. I thought I’d post this seeing as how my last blog post generated some good comments.

Also, if anyone gets the chance, go on youtube and see the footage of him shooting those people. It’s a short video but good nonetheless. Will post more later
Flanagan opened fire during a live interview with a member of the local Chamber of Commerce. Cameraman Adam Ward, 27, and reporter Alison Parker, 23, of WDBJ 7 TV, were killed. The woman being interviewed, Vicki Gardner, was also shot and wounded, the Roanoke Times reports, but recovered. Gardner is the executive director at the Smith Mountain Lake Regional Chamber of Commerce.

Most notably, Flanagan posted video of the shooting on his Facebook and Twitter pages. The video shows him approaching the victims, and pointing a gun at them. He is behind them for several moments as Parker interviews Gardner. He holds the gun out until Ward turns the camera back toward Parker and Gardner, and then begins firing. The camera then shakes and drops as he opens fire. The camera continues recording, with a black screen, as screams and several more gunshots are heard. Flanagan fired 15 times, emptying the entire magazine of the Glock handgun he was carrying. He purchased the gun legally two weeks before the shooting.

Flanagan was later confronted by police in Fauquier County, about three hours away from where the shooting occurred.

Voir enfin:

Monde
VIDEO. Etats-Unis: Un policier a été abattu d’une balle dans la tête à New York
FAITS DIVERS Il était âgé de 33 ans…

20 Minutes avec AFP

21.10.2015

La balle l’a frappé en pleine tête. Et il n’a pas survécu. Un policier new-yorkais âgé de 33 ans est mort dans la nuit de mardi à mercredi. Originaire du Guyana en Amérique du Sud, Randolph Holder travaillait dans la police de New York depuis cinq ans.

Son père et son grand-père étaient également policiers au Guyana, a précisé le chef de la police Bill Bratton lors d’une conférence de presse. Randolph Holder s’était rendu à Harlem avec plusieurs collègues après des coups de feu dans un parc près d’un quartier HLM.

Le suspect a été arrêté
Une victime sur place a affirmé qu’un homme armé venait de lui voler son vélo. Le suspect à vélo a été localisé, et un échange de coups de feu a suivi, durant lequel le policier, qui était en civil, a été atteint d’une balle en pleine tête. Il est décédé peu après, a raconté le chef de la police.

Un suspect a été arrêté. Il a été blessé à la jambe lors d’un échange de coups de feu, a précisé Bratton. Trois autres hommes ont également été interpellés, soupçonnés d’avoir participé aux événements de la nuit.

Bratton a rendu hommage à Randolph Holder, soulignant qu’après avoir «reçu un appel, il avait couru vers le danger. C’est la dernière fois qu’il répondra à cet appel», a-t-il ajouté. Randolph Holder est le quatrième policier new-yorkais tué depuis décembre 2014.

Quatrième policier tué
Deux agents des forces de l’ordre, Wenjian Liu, 32 ans, et Rafael Ramos, 40 ans, avaient été tués par balle le 20 décembre 2014 alors qu’ils étaient assis dans leur voiture à Brooklyn. Leur meurtrier, qui semblait vouloir venger ainsi la mort de deux noirs tués par la police aux Etats-Unis, s’était ensuite suicidé.

En mai dernier, un autre policier de 25 ans, Brian Moore, avait été tué par balle dans sa voiture dans le quartier du Queens. Un suspect a été arrêté et inculpé.

Voir de même:

New York: Deux policiers abattus dans leur voiture, Obama condamne
ENQUETE Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, 28 ans, a tiré à plusieurs reprises sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture, à travers la fenêtre du passager, les atteignant à la tête…

20.12.2014

Le président américain Barack Obama a condamné ce dimanche «inconditionnellement» l’assassinat à New York de deux policiers abattus de sang froid par un homme seul, à un moment où la mort de Noirs non armés entre les mains de la police a exacerbé les tensions.

«Je condamne inconditionnellement le meurtre aujourd’hui de deux policiers à New York. Deux hommes courageux ne rentreront pas chez eux ce soir retrouver leurs proches, et pour cela il n’y a aucune justification», a déclaré le président Obama dans un communiqué. «Aujourd’hui, je demande aux gens de rejeter la violence et les mots qui blessent et de préférer les mots qui guérissent», a ajouté le président.

Contexte tendu
Les deux policiers -Wenjian Liu, marié depuis deux mois et Rafael Ramos- ont été tués par balles samedi après-midi à Brooklyn dans leur voiture, «assassinés» par un homme noir de 28 ans qui s’est ensuite suicidé, a annoncé la police de New York. Le double meurtre, commis en plein jour dans la plus grande ville des Etats-Unis absorbée par les préparatrifs de Noël, a choqué la population.

L’attaque a eu lieu à Brooklyn, dans le quartier de Bedford Stuyvesant à 14h50 locales (20h50 à Paris), dans un contexte tendu du fait de manifestations à répétition à New York, après la récente décision d’un grand jury de ne pas poursuivre un policier impliqué dans la mort d’Eric Garner, père de six enfants soupçonné de vente illégale de cigarettes mort en juillet dernier lors d’une interpellation musclée à Staten Island, et après la mort d’un autre Noir non armé, tué dans la cage d’escalier obscure d’une HLM de Brooklyn le 20 novembre par un policier débutant.

«Purement et simplement assassinés»
Le tueur, Ismaaiyl Brinsley, a tiré à plusieurs reprises à travers la fenêtre du passager sur les policiers, qui étaient assis dans leur voiture de patrouille et n’ont pas eu le temps de sortir leur arme, les atteignant à la tête. «Ils ont été tués par balle, sans avertissement. Ils ont été purement et simplement assassinés», a déclaré, très ému, le chef de la police Bill Bratton, lors d’une conférence de presse.

Le meurtrier, qui n’aurait pas de lien terroriste, était venu de Baltimore, à 300 km au sud de New York. Pourchassé par d’autres policiers alors qu’il s’enfuyait à pied, il a mis fin à ses jours sur un quai de métro à proximité, a ajouté le chef de la police. Selon Bill Bratton, il avait auparavant posté sur les réseaux sociaux des commentaires très hostiles à la police.

Police traumatisée
Il y mentionnait Eric Garner et Michael Brown, un jeune noir tué par la police à Ferguson (Missouri) en août, selon les médias locaux. Le double meurtre a profondément traumatisé la plus importante force de police des Etats-Unis, dont deux membres avaient déjà été attaqués le 24 octobre par un homme armé d’une hachette. Le maire de New York Bill de Blasio, démocrate dont les relations sont difficiles avec sa police, a dénoncé samedi soir un «assassinat ressemblant à une exécution».

Le procureur de l’Etat de New York Eric Schneiderman a évoqué un «acte affreux de violence» et de nombreux policiers des différents commissariats de New York ont exprimé leur choc sur Twitter, envoyant condoléances et prières aux familles des victimes. C’est la septième fois depuis 1972 que des policiers travaillant à deux sont ainsi tués à New York, selon Bill Bratton.

Le meurtrier avait aussi blessé par balle samedi matin son ex-petite amie à Baltimore, avant de partir pour New York, a indiqué Bill Bratton. Il a expliqué que Brinsley utilisait apparemment le compte instagram de la jeune femme pour ses commentaires anti-police.

Voir par ailleurs:

Report: ‘Desperate’ Harvey Weinstein ‘Wants Tarantino to Apologize’ For Cop Hate

John Nolte

31 Oct 2015

Page Six reports that no less than Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” has joined much of the rest of the world in expressing his anger at director Quentin Tarantino’s anti-cop hate rhetoric. According to the report, Weinstein, who probably has close to $80 million invested in the three-hour Western, is “desperate” for “Tarantino to apologize, or at least walk back his comments.”

Apparently, Weinstein is said to be considering “conciliatory moves, such as special screenings of “The Hateful Eight” for police officers and their families.”

But it is hard to imagine Tarantino being okay with that.

Why would the director want “murderers” and their families to enjoy a free screening of one of his movies?

Last weekend, at an anti-cop hate rally in New York, that’s what Tarantino repeatedly called police officers: “murderers.” And now the roof is caving in as one powerful, big city police union after another joins a boycott against “The Hateful Eight,” which hits theaters this Christmas.

It is no secret that Weinstein has had one of his worst years ever at the box office. After publicity costs, “Paddington” probably didn’t break even. Same with “Woman In Gold.” The Weinstein Company desperately needs “Hateful Eight” to not just refill the company coffers but to be in Oscar contention.

Weinstein is no stranger to controversy. Like his director, Weinstein has been afflicted with the bubble-dumbness that comes with years of living in the provincial world of left-wing Hollywood. In 2009, Weinstein led the charge in one of Hollywood’s worst public relations debacles ever — in defense of Roman Polanski, a man who fled justice and has never paid a price for drugging, raping, and sodomizing a 13 year-old girl.

As the American population has increased over the last 15 years, ticket sales have flat-lined.  Hollywood is the only business in the world that regularly insults half its customers and then deludes themselves into believing it doesn’t matter.

It does. And in the age of New Media, where the corrupt legacy media can no longer bottleneck or manipulate information inconvenient to Hollywood’s bottom line, the problem is only going to get worse.

Voir aussi:

Roof Caves In On Cop-Hater Tarantino: 1,000 Police Organizations Join ‘Hateful Eight’ Boycott

John Nolte

31 Oct 2015

The chickens have come home to roost for director Quentin Tarantino, a thousand of them in fact, as the National Association of Police Organizations announces that it, and the 1,000 police units and associations it represents, will join the boycott against “The Hateful Eight.”

Add to that number nearly a quarter of a million law enforcement officers represented by this group.

In a cynical attempt to boost his standing with the left-wing black media, the sheltered, out-of-touch Tarantino joined a Black Lives Matter-affiliated anti-cop hate rally and called police officers “murderers.”

Harvey Weinstein, producer of “The Hateful Eight,” is reportedly “furious” at Tarantino and “desperate” to see the director apologize for his objectively appalling comments. Weinstein has somewhere around $80 million invested in the three-hour Western, and after a lousy year, desperately needs a box office hit and an Oscar contender.

You can’t succeed in Hollywood at the level Tarantino has without being smart. His problem is that he’s bubble-dumb, so shielded and removed from real life that he thought spewing anti-police hate at a hate rally was good public relations.

Mr. Tarantino needs to turn off CNN, grow a beard, and move to Wyoming for a year.

Provincialism does not become him personally, nor does it become his art.

Voir enfin:

Palestinian Suffering

Richard Landes

The Augean stables

PALESTINIAN SUFFERING

Few people have suffered more constant misery and daily oppression in the last 50 years than the Palestinians. The key issue, however, concerns not the amount — although it has obviously been grossly exaggerated — but the source of that suffering. There are wildly varying accounts of who is to blame. Our purpose here is not to assess how much blame to assign – that everyone must do on their own – but to list the major contributors to Palestinian suffering, and what is the nature of that contribution. We welcome comment, further examples, suggestions, links, reflections, additions.

ISRAEL:

The most obvious source of Palestinian suffering is the Israelis. According to the dominant Palestinian “victim” narrative, the Zionists came into the region, took their land, and, when war broke out in 1948, drove almost a million of them from their homes and relegated those who remained to second-class citizenship. The dominant Israeli narrative has argued that they came as civilians, purchasing property, developing the economy, clearing malaria-infested swamps. Israelis claim that most of the refugees were created by the Arab armies that sought to destroy Israel and urged the Arab inhabitants to leave. Arabs, whose own leaders openly declared their intention to massacre Israelis, naturally believed that the Israelis would do the same to them.

Recently Israeli “new” or “post-Zionist” historians have questioned the Israeli version, arguing that there were concerted efforts to drive out Arab populations, as well as some actual massacres of Arab civilians. This revisionist work has received sharp criticism from historians who argue that these writers have misrepresented, even distorted the contents of the archives on which they base their work. (That Israeli historians would distort history to criticize their own country may strike some as bizarre if not inexplicable, but such a move combines both hyper-self-criticism with therapeutic history: If we apologize, maybe they’ll stop hating us.) Not surprisingly, the Palestinian reaction to Israeli post-Zionism has been more favorable: they think it confirms their narrative, and affirms their grievances.

Since the conquest of the West Bank and Gaza Strip in the 1967 war, over 2 million Palestinians have come under the military rule of Israel; and since the two uprisings of 1987-92 and 2000-?, the hostilities have produced a particularly onerous situation, in which Palestinian suffering most obviously derives from Israeli actions – curfews, check-points and shut-downs. To those who do not know the history of the conflict, the image of the Palestinian David throwing rocks and the Israeli Goliath in his tanks and planes seems not only accurate but poetically ironic.

the new intifada
Book cover for The New Intifada: Resisting Israel’s Apartheid

Most observers who, consciously or unconsciously accept the way that Arab and Palestinian leadership have framed the struggle in terms of zero-sum outcomes, stop here. This is the foundation of both the Politically-Correct and the Post-Colonial Paradigms (PCP1 & 2). For the politically correct, who would not dream of challenging the Arab mind-set, there is no need to go further. Indeed some, exceptionally self-critical Israelis go still farther in the same direction: It is the Arabs who have sought peace and the Israelis who have rebuffed them. Obviously, Israeli victories mean Palestinian defeats; obviously Israeli presence means Palestinian displacements; obviously Israeli independence is a Palestinian Naqba. Obviously Israel and its ally America are the greatest contributors to Palestinian suffering. And were this the only way to conceive of the conflict, such a narrative might well be true.

But from the perspective of progressive, positive-sum interactions and the civil society such interactions foster, this can hardly be the whole story. On the contrary, when Zionists first came to Palestine the population was under a million. Today it pushes 10 million. Modern civil society and the culture of abundance that it produces can create many new opportunities for all involved. This need not have been a zero-sum conflict, and while some Zionists, observing the growing dominion of al Husseini, argued for kicking Arabs out, many more continued to argue for a productive collaboration. So we now turn to the other sources of Palestinian suffering, those who have either forced or encouraged the Palestinians to see it only as a zero-sum game, and to see the Israelis only through the lens of their own political rules: Dominate or be dominated.

ARAB POLITICAL CULTURE:

The contribution of Arab political culture to the suffering of Palestinians is less evident to those who do not know the history of the conflict. Arab political culture before Zionism was among the most autocratic and exploitative of the many “traditional” political cultures: With Turkish administrators, wealthy Arab landlords living in Egypt, and Bedouin tribes raiding whenever they could, the plight of the Palestinian peasant had involved plenty of suffering. That kind of suffering continues endemically throughout the Arab world today, regardless of whether the populace lives in an oil-rich state or not.

It is characteristic of prime-divider societies run by adherents of the dominating imperative.

But the Arab-Israeli conflict has increased the role of Arab political culture in the specific suffering of the Palestinians as a people. Fundamentally committed to zero-sum outcomes in this conflict – Israel should not exist, and nothing short of the elimination of the “Zionist entity” could resolve the conflict – Arab political culture has consistently chosen wars they lose to resolution in this conflict. In the inability to succeed in this goal, Arab political culture has largely preferred negative-sum solutions than exploring mutually beneficial solutions.

In 1958, Ralph Galloway, former UNWRA director wrote:

“The Arab states do not want to solve the refugee problem. They want to keep it as an open sore, as an affront to the United Nations, and as a weapon against Israel. Arab leaders do not give a damn whether Arab refugees live or die.”

One might even make a more damning assertion: they do care; they want and need them to suffer.

ARAB LEAGUE:

Thus when the UN resolution of 1947 created two states, with the Palestinian one significantly greater than the Israeli, which consisted of three scarcely contiguous units, the largest of which was desert wilderness, the Arab League, without consultation with the Palestinian people (just coordination with the Nazi ally al-Husseini, rejected the partition and prepared for a war of annihilation.

The ensuing disaster (al-Naqba) produced a much larger and contiguous Israel with a substantial minority of Arab residents, and a widely dispersed population of Arab war refugees. At this point, rather than negotiate the best possible situation for the refugees, the Arab League unanimously chose to continue the war and confine the Palestinian refugees to camps, as a weapon against Israel. The Palestinians became the sacrificial pawn of Arab politics, forced to live in squalor, indoctrinated with Nazi-inspired propaganda in their schools, and held up to the world as an example of Israeli crimes against humanity. And of course, the worse they suffer, the worse the crime.

But whose crime?

This state of affairs beggars the liberal imagination. Indeed many observers just assume that it was the Israelis who put the refugees in camps and kept them there. Michael Moore speaks about a visit to the refugee camps in 1988:

Although in my life I had already traveled through Central America, China, Southeast Asia, and other parts of the Middle East. I wasn’t ready for what I saw in the refugee camps in the Occupied Territories. I had never encountered such squalor, debasement, and utter misery. To force human beings to live in these conditions – and deo so at the barrel of a gun, for more than forty years — just made no sense. Stupid White Men, p. 178.

Now Moore seems to presume that it’s the Israelis who have done this to the Palestinians. (His next paragraph goes into how badly the Jews have been treated in the past and how sad that they should turn around and do it to someone else — the favorite formula of those attracted to moral Schadenfreude.) He seems to have no awareness that for the first (and critical) half of the Palestinian experience of refugee confinement, it was Arab rulers and Arab guns who kept them in misery, and that once Israel took over they tried to move these unfortunate victims out into decent housing, and it was the Arabs who pushed UN Resolutions insisting that they be returned to the squalor of the camps.

How much more nonsensical is that — it’s the Arabs who want their misery, not the Israelis?

Unless one thinks in terms of Domineering Cognitive Egocentrism, and the Honor-Jihad Paradigm.

After the second Naqba of 1967, with the Israelis offering to return most of the conquered territories in exchange for peace, the Arab League met at Khartoum and issued the “Three No’s” – “No negotiations, no recognition, no peace!” In the context of contributing to Palestinian suffering, this decision of the Arab League — with Arafat, al-Husseini’s nephew, representing the Palestinian people’s “interests” — reveals perhaps more than anything, the “incomprehensible” skew of this conflict. To save the “honor” of the Arab nation and not have to recognize or make peace with this rebellious, tiny, Dhimmi people, these Arab leaders preferred to leave over two million Arabs under Israeli rule. And given how for an Arab Muslim, it is a stain to one’s honor to live under the rule of another people — above all, a people who should be subject — they knew that this “occupation” they were sanctioning, would poison the Israeli’s world no matter how beneficent or economically advantageous Israeli rule might prove.

And when the Palestinians threatened the stability of the Hashemite kingdom in Jordan – the only Arab country to offer them citizenship – King Hussein’s troops massacred as many as 10,000 Palestinian men, women and children in one month, remembered in Palestinian lore as Black September. PLO troops fled to Israel rather than fall into Jordanian hands. Many Palestinians and other Arabs acknowledge their victimization by their “fellow” Arabs. Current Palestinian Authority Prime-Minister Mahumud Abbas said in 1976 that,

…the Arab armies entered Palestine to protect the Palestinians from Zionist tyranny but, instead, they abandoned them, forced them to emigrate, and to leave their homeland, and threw them into prisons similar to the ghettos in which the Jews used to live.” (Falastin a-Thaura, March 1976).

However, such honest remarks by Palestinians are tempered partly by their desire to enlist support from the very Arabs who victimized them, partly by their fear of reprisal, partly by their honor-bound need to believe that the Israelis are their greatest enemies.

PALESTINIAN LEADERSHIP: Palestinian political culture, from the earliest period of Zionist settlement, has fostered the zero-sum mentality whenever possible. The uprising of 1936-9, supposedly fighting the British and the Zionists, ended up killing far more Arabs (vendettas, looting) than either English or Jews. The Peel Commission (1939) asked Arab rioters why, despite the increased levels of prosperity brought to Palestine by their arrival, they attacked the Jews, one Arab responded:

You say we are better off: you say my house has been enriched by the strangers who have entered it. But it is my house, and I did not invite the strangers in, or ask them to enrich it, and I do not care how poor it is if I am only master of it.” (Weathered by Miracles, p. 207)

The pattern whereby the Palestinians suffered more from the militant policies of their leadership than Israelis became a standard feature of all the “uprisings,” from the “nationalist uprising” of 1936-39, to the “intifada” of the late 1980s and the “second intifada” of 2000. In general, terrorists almost never limit their aggression to the “enemy”, and since their own populations do not have the protection that enemies can mobilize, they tend to suffer the daily impositions of their “militants” far more. And until it becomes completely unbearable, most people in such terror-dominated societies stay silent.

“SECULAR” PALESTINIAN LEADERSHIP: The degree to which Palestinian leadership has followed the lead of Arab League politics in victimizing its own people can best be seen in the formation of the PLO in 1964. Rather than demand the West Bank and the Gaza Strip, governed by Jordan, as a sovereign nation in which they might begin the long-overdue process of getting people out of the refugee camps and into decent housing and work situations, they ignored the plight of their brethren, and focused on the elimination of the Zionist entity. National Liberation consistently took second place to the annihilation of another nation.

The widespread practice of executing “collaborators” without trial, even women, has throttled any “moderate” Palestinian leadership from emerging. Rape and sexual assault of women is a common form of intimidating other Palestinians into cooperation and as a way of rewarding one’s “soldiers” for their efforts. Palestinians themselves often acknowledge how much of their suffering derives from the corruption of their own leaders, but rarely do they take it the further step to wonder whether this is not merely corruption or violence, but also an endemic problem of their political culture.

ISLAMIC POLITICAL CULTURE: The emergence of a powerful culture of Jihad in Palestinian circles (Islamic Jihad and Hamas) have intensified the dynamic of self-inflicted suffering. Promoting a culture of death that encourages youth to die trying to kill Israelis has contributed immeasurably to the casualties among Palestinian youth, whether intentionally or unintentionally. The notion that suffering in this world wins rewards in the world to come gives a particularly powerful motivation to self-destruction. Indeed, Islamic Jihad gives a new meaning to positive-sum outcomes within the framework of negative-sum behavior: if a Muslim dies in battle with the infidel, he goes to heaven; if he succeeds in winning the Jihad, his reward is in this world as well. The war begun in October 2000, in which Islamic Jihad has played a particularly prominent role, has inflicted immense suffering on the Palestinians, perhaps more than almost any earlier catastrophic rush to violence.

INTERNATIONAL FOREIGN POLICY

Once one factors in the ways in which Arab political culture thrives on victimizing the Palestinians, one becomes aware of another source of Palestinian suffering: the “support” the Palestinian leadership gets from outsiders, particularly 1) the Europeans, 2) the UN, 3) the “progressive left,” and 4) the media. For the last three decades, since the mid-1970s, these parties have become increasingly anti-Israel and, supposedly, pro-Palestinian.

The mistake appears in the very formulation. By falling into the zero-sum formulations of the Arab and Palestinian leadership, these major world forces reinforce the very figures who have most to win from victimizing the Palestinians.

LEFT:

The role of the Left may be the single most striking illustration of the ironic reversals in this conflict. One might argue in the last decade that the Palestinians have become the “chosen people” of the Left, in that anyone who is more critical of them than of the Israelis is considered a right-wing neo-conservative (at best). And yet, the Palestinians have hardly flourished under this “progressive” solicitude. Rather than urging the Palestinians to develop the kind of qualities necessary for a progressive state that takes care of its citizens and encourages freedom of thought and expression (e.g., public self-criticism, protection of dissidents), the Left has systematically “explained” Palestinian violence as the result of Israeli (and American) policies. As a result, the Left reinforces the most regressive and fascist elements in Palestinian culture, even as they claim to work for peace and civil society.

MEDIA:

The contribution of the Media to Palestinian suffering may be the most subtle, but also the most pervasive. The nature of media coverage – if it bleeds it leads – has always favored violence, and in particular fed the need of terrorists for attention. Its superficial and dramatic news has encouraged the systematic victimization of Arabs for the purposes of international sympathy. By ignoring or playing down the Palestinian calls for genocide against Israel and hatred of the West, while at the same time portraying Israel as the cause of war and of whatever damage Palestinians do to themselves, the media have contributed to a profound misunderstanding of the sources of – and therefore the solutions to – the conflict.

But the principle “if it bleeds it leads” actually takes second seat in the MSM coverage of the Arab-Israeli conflict to who commits the violence. When Israeli kills a Palestinian child, it receives a good deal of coverage; when the Palestinians kill Palestinian children, newsreports are laconic at best. (Google Palestinians kill Palestinian child and you get only entries on Israelis killing Palestinian children.)

Given the extraordinary sensitivity of Arab honor-shame culture to public disapproval, one might even argue that the sympathy and understanding that the media grant to the most depraved of Palestinian terrorists, represents an enormous opportunity cost. When 500 Palestinian intellectuals denounced suicide terrorism, they did so because it did not serve the Palestinian cause — indeed it lost them international sympathy. Were the international community to have condemned it with even greater insistence, these voices would have had even greater strength. When the media mis-reported the outbreak of Oslo War in late 2000, arousing world-wide support for the Palestinians in their struggle for “freedom”, they encouraged Arafat to believe that “the whole world is behind him” so that he had no need to work to lessen the violence. By promoting and diffusing stories of alleged atrocities committed by Israel without a solid background check, the media reinforce the hate-mongering propaganda of the Palestinian leadership. “Balancing” negative coverage of the Arabs with unfounded accusations of the Israelis, for example, balancing stories of “honor killings” with accusations of rape of Palestinian women by Israelis and seizing on Palestinian accusation of “massacres.”

There is no question how much Palestinians have suffered and continued to suffer, but there are many sources to this suffering. To truly sympathize and help improve the wretched condition of Palestinians, one must understand the wide range the factors that cause their suffering. One way to conceive of this problem is to ask, what if the Palestinians had their own state? Would their conditions improve? To judge by their conditions under Jordanian rule (1948-67), or their conditions in Lebanon when the PLO had power (1970-82), or Gaza after withdrawal (2005-), or by the fate of other Arab peoples ruled over by their own elites… no. If the state and its governors are committed to ruling for the people, if they pursue positive-sum strategies both domestically and with the Israeli neighbors, then we can hope for a dramatic improvement in their condition. But for that to happen, we progressives would need to put our shoulders behind a very different wheel.

Can we do it? What’s preventing us?

Voir par ailleurs:

En Syrie, un djihadiste occidental sur trois serait français
Edouard de Mareschal
Le Figaro
05/09/2014

INFOGRAPHIE – Plus de 3000 Occidentaux seraient partis combattre aux côtés des djihadistes en Syrie. Parmi eux, entre 700 et 900 sont français.

Le djihad attire de plus en plus d’Occidentaux. Fin mai, ils étaient au moins 3000 à avoir rejoint les rangs des islamistes radicaux qui combattent en Syrie, selon le Soufan Group, un organisme de renseignement basé à New York. La France est la plus «représentée» en nombre de tous les pays occidentaux. Elle compte 700 ressortissants sur place, selon des données compilées par The Economist. Une estimation plus basse que celle des services du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, selon lesquels 900 Français étaient concernés à la mi-août. Vient ensuite la Grande-Bretagne, avec 400 ressortissants actuellement en Syrie. Puis l’Allemagne (270 ressortissants), talonnée par les Belges, avec 250 ressortissants.

10 à 15% de femmes
Mais lorsqu’on regarde la proportion de combattants par rapport à la population de leurs pays d’origine, le classement est sensiblement différent. La Belgique arrive largement en tête, avec 22 ressortissants partis au djihad pour un million d’habitants. Le Danemark arrive en deuxième position, avec 17 ressortissants pour un million d’habitants. La France arrive en troisième position: on compte 11 Français partis en Syrie pour un million d’habitants. Il est important pour l’État islamique de compter des Occidentaux dans ses rangs. Le choc provoqué par l’accent londonien de(s) assassin(s) de James Foley et Steven Sotloff en est la meilleure illustration. «Des otages libérés des griffes de l’État islamique ont dit qu’ils avaient été gardés par trois anglophones. Les djihadistes étrangers peuvent également contacter par e-mail les familles d’otages dans leurs propres langues pour demander des rançons», explique l’hebdomadaire.

Le Soufan Group estime que jusqu’en mai, quelque 12.000 combattants issus de 81 pays différents avaient rejoint le djihad en Syrie. Mais ce chiffre doit être bien plus important aujourd’hui. Car depuis que l’État islamique a fondé le «califat» le 29 juin, «le recrutement a explosé», assure le journal. «La Syrie a attiré des combattants plus vite que n’importe quel autre conflit dans le passé, que ce soit la guerre d’Afghanistan dans les années 1980 ou celle d’Irak après l’invasion américaine de 2003.» La guerre sainte prônée par l’État islamique fait venir essentiellement des hommes en dessous de 40 ans. Mais elle séduit de plus en plus de femmes. Elles représentent environ 10 à 15% de ceux qui voyagent en Syrie, estime-t-on au Centre international d’étude sur la radicalisation, un groupe de réflexion basé à Londres.

Mais les plus gros pourvoyeurs de combattants étrangers pour l’État islamique restent les pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Parmi les plus notables, on trouve la Tunisie, qui dénombre pas moins de 3000 ressortissants actuellement en Syrie. L’Arabie saoudite en compte 2500, la Jordanie 2089… La présence de ces étrangers dans les rangs des radicaux islamistes laisse leurs gouvernements respectifs dans l’embarras. Car ils sont difficiles à tracer à leur retour, à l’image de Mehdi Nemmouche, qui aurait passé un an à combattre en Syrie avant de commettre la tuerie du Musée juif de Bruxelles en mai dernier.

Voir enfin:

Le casse-tête juridique de la suppression des allocations aux djihadistes partis en Syrie
Eugénie Bastié
Le Figaro
05/11/2014

Eric Ciotti a annoncé lundi sa volonté de radier du RSA une personne partie faire le djihad en Syrie. Une décision qui semble légale mais qui sera difficile à généraliser, les conseils généraux et les CAF ne disposant pas de l’identité des personnes concernées.

Coup de com’ ou vraie décision politique? Lundi, le président du Conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a annoncé une mesure inédite en France: «j’ai décidé de procéder à la radiation d’un allocataire du RSA identifié comme étant parti en Syrie pour combattre dans les rangs de l’Etat islamique».

Pour mettre en œuvre sa décision, il s’appuie sur un cadre juridique bien précis. En effet, une des conditions essentielles pour pouvoir toucher le RSA est de «résider en France de manière stable et effective». L’article R.262-5 du Code d’action sociale et des familles précise ce critère: une résidence stable et effective signifie une résidence permanente. La personne qui touche le RSA peut accomplir hors de France un ou plusieurs séjours «dont la durée de date à date ou la durée totale par année civile n’excède pas trois mois». Normalement, le département aurait donc dû attendre trois mois après le départ de la personne pour la Syrie avant de la suspendre ou la radier. Mais pour Eric Ciotti, il était hors de question de donner un centime de plus à des «terroristes». «Les personnes parties à l’étranger dans la perspective de mener une guerre aux côtés d’un état terroriste n’ont pas vocation à continuer à bénéficier de la solidarité nationale» a-t-il argumenté.

Il a donc mis en avant un récent avis du Conseil d’Etat pour élargir les critères d’appréciation de la condition de résidence stable ou effective. Celui-ci précise en effet qu’«il y a lieu de tenir compte de son logement, de ses activités ainsi que de toutes circonstances particulières relatives à sa situation, parmi lesquelles le nombre, les motifs et la durée d’éventuels séjours à l’étranger et ses liens personnels et familiaux».

«La décision de M. Ciotti paraît à la fois légitime et légale»
Pour Virginie Ribeiro, avocate spécialiste du RSA, la décision du député parait tout à fait fondée juridiquement. «Dans le cadre du contexte actuel, et étant donné la gravité d’un départ pour la Syrie, la décision de M. Ciotti paraît à la fois légitime et légale car elle a pour objectif le maintien de l’ordre public».

Faut-il, dans ce cas, faire une loi pour généraliser la suppression des allocations aux djihadistes partis en Syrie? «Ce n’est pas nécessaire. Je pense que la décision de M. Ciotti sera suivie», estime Virginie Ribeiro. «L’article du CASF, combiné à la jurisprudence du Conseil d’Etat, me paraissent suffisants. On peut bien sûr envisager que la personne en question intente un recours devant le tribunal administratif à son retour de Syrie, mais étant donné les circonstances, il y a peu de chances que sa plainte soit entendue».

Théoriquement, la décision d’Eric Ciotti pourrait donc être appliquée dans tous les départements. Mais pratiquement, une difficulté subsiste: les noms des personnes parties en Syrie ne sont ni forcément connus, ni, quand c’est le cas, communiqués aux conseils généraux.

Le député Alain Marsaud (UMP) a déposé le 10 octobre dernier avec Thierry Mariani une résolution à l’Assemblée nationale pour la «création d’une commission d’enquête aux abus de versements des prestations sociales aux Français ayant quitté le territoire dans le but de participer au djihad». Selon lui, il avait déjà prévenu le ministre de l’Intérieur Manuel Valls au mois de juin qui «ignorait totalement le sujet».

Croiser les fichiers de la CAF avec ceux des renseignements
«J’ai pris contact avec des directeurs de Caf [Caisse d’allocations familiales]qui m’ont confirmé qu’en effet certaines personnes continuaient à recevoir des allocations alors qu’elles étaient parties pour la Syrie. Ainsi un couple recevait 2200 euros par mois pour partir faire le djihad aux frais de la République!», assure le député UMP. Selon lui, les personnes concernées établissent des procurations à des tiers qui touchent l’argent en numéraire puis les renvoient aux personnes dans les pays d’accueil.

Mais, comme les conseils généraux, la CAF n’a pas connaissance des noms des personnes parties pour le djihad. Alain Marsaud demande donc qu’«il soit possible de croiser des fichiers des caisses d’allocations avec ceux des services de sécurité». Pour l’instant ce n’est pas possible, «sous prétexte d’attaque aux libertés individuelles», déplore-t-il. Il propose également d’allouer «davantage de moyens aux Caisses d’allocations familiales afin que les versements d’indemnités de toutes sortes à ces individus puissent être rapidement stoppés».

D’après M. Marsaud, plusieurs centaines de personnes seraient concernées «Tous les gens qui sont partis là-bas sont plus ou moins allocataires, le temps qu’on s’en aperçoive, ils ont déjà touché plusieurs mois, c’est de l’argent qui va directement dans la poche de terroristes! Je dis donc bravo à M. Ciotti et j’invite tous les présidents de conseils généraux soucieux du bien public à suivre son exemple». Il s’étonne d’ailleurs que son projet de résolution «n’ait pour l’instant reçu aucun soutien ni encouragement du groupe UMP à l’Assemblée».

Voir par ailleurs:

Moyen-Orient
Jack Lang : “Un musée destiné à une Palestine libre et souveraine”
Yasmine Youssi
Télérama
29/10/2015

L’Institut du monde arabe va participer à la création du Musée national d’art moderne et contemporain de Palestine. Il propose son hospitalité aux collections, en attendant qu’elles puissent être exposées. Jack Lang nous en dit plus.

Le 16 octobre dernier, l’Institut du monde arabe, présidé par Jack Lang, signait avec l’intellectuel Elias Sanbar, actuel ambassadeur de la Palestine auprès de l’Unesco, un partenariat en vue de la création du Musée national d’art moderne et contemporain de Palestine. Jack Lang revient pour nous sur la genèse et la nécessité d’une telle institution.

Comment est née l’idée de ce musée?

C’est le poète palestinien Elias Sanbar qui a imaginé la préfiguration de ce Musée national d’art moderne et contemporain. Nous nous connaissons depuis de longues années et j’ai énormément de respect pour lui. Elias est un homme de paix. Avec l’aide de Gérard Voisin et d’Ernest Pignon-Ernest, il a réuni une centaine d’œuvres remarquables données par d’autres artistes, essentiellement français. Il y a là des tableaux d’Henri Cueco, de Gérard Fromanger, des œuvres de Tardi ou de Barthélémy Toguo, des photos d’Henri Cartier-Bresson ou de Robert Doisneau. Restait à stocker ces œuvres avant l’édification et l’ouverture du musée dans une Palestine que nous espérons libre et souveraine. Je me suis alors dit que l’Institut du monde arabe pouvait offrir l’hospitalité à cette collection en attendant qu’elle puisse être exposée.

Faudra-t-il attendre la création d’un Etat Palestinien pour découvrir cette collection?

Pas forcément. Il existe plusieurs hypothèses et la décision finale revient bien sûr aux Palestiniens. Ça serait une bonne chose que ces œuvres soient présentées au public à l’IMA ou ailleurs. Il n’est pas exclu qu’elles le soient à Ramallah, avant la création d’un Etat palestinien auquel je crois. Même si les deux situations n’ont rien à voir, la préfiguration de ce musée m’a rappelé celle du Musée de la résistance Salvador Allende au Chili.

En 1975, deux ans après le coup d’Etat de Pinochet, de grands artistes latino-américains avaient eu la même idée et avaient ainsi constitué une collection. Le peintre surréaliste Roberto Matta avait donné des œuvres, tout comme le peintre et sculpteur d’origine argentine Julio Le Parc, et bien d’autres encore. Comme je présidais le Festival de théâtre universitaire de Nancy, je leur avais proposé d’y organiser la première exposition de la collection en 1977. Une fois nommé ministre de la Culture, j’ai souhaité que le Centre Pompidou présente la collection. Et lorsque Pinochet a été vaincu, la France a financé le transfert des œuvres à Santiago du Chili. Le musée est désormais installé au sein du bâtiment jadis occupé par la police politique du dictateur.

N’y a-t-il pas d’autres priorités que la construction d’un musée en Palestine?

Lorsque l’on mène un combat, tout est important. Aujourd’hui la situation est très difficile. Elle n’a même jamais été aussi désespérante. Le gouvernement israélien est totalement hostile à une Palestine libre. Les Palestiniens sont pour leur part divisés, ce qui les pousse à commettre des actes de désespoir d’une extrême violence. Vus de Loin, ils apparaissent comme un pauvre peuple abandonné, alors que c’est un peuple combattant, combattif, créatif, qui regorge de talents, et qui prend son destin en main.

Mettre en place un musée national d’art moderne et contemporain est un signe de combat. D’autres s’engagent également sur la voie de la culture. Tel l’homme d’affaires palestinien Omar Qattan, avec qui l’IMA a noué des liens, et qui inaugurera en mai prochain à Rammallah un musée destiné à rayonner sur toute la Palestine, dédié à sa culture, à son histoire. Il est important de montrer cela. De donner une image positive du pays.

A l’Institut, nous mettons beaucoup l’accent sur la Palestine. Nous y avons par exemple organisé une conférence de la coopération décentralisée, réunissant maires et élus français et palestiniens pour qu’ils travaillent sur des sujets concrets. Nous réfléchissons aussi à un grand événement qui donnerait à voir cette richesse culturelle. Car c’est par le biais de la culture que nous parviendrons à faire comprendre au monde que ce peuple ne demande qu’à vivre et à éduquer ses enfants.

Vous dites que le partenariat de l’IMA avec le Musée national d’art moderne et contemporain est un geste de soutien à la création d’un Etat palestinien. S’agit-il du soutien de la France, de l’IMA ou de Jack Lang ?

Des trois à la fois.

Voir par ailleurs:

Des territoires perdus de la République aux territoires perdus de la nation (1/2)
Alexandre Devecchio
Le Figaro
14/08/2015

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – En 2002, Georges Bensoussan a dirigé Les territoires perdus de la République. A l’occasion de la republication de ce livre controversé, il analyse le phénomène de déliquescence de la nation que des politiques, conscients mais impuissants, ne réussisent pas à endiguer.

Georges Bensoussan est historien, spécialiste d’histoire culturelle de l’Europe des XIXe et XXe siècles, et en particulier des mondes juifs. Il a dirigé l’ouvrage Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits, 2002) rassemblant les témoignages d’enseignants et chefs d’établissements scolaires.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE DEVECCHIO @AlexDevecchio

FIGARO. – La première édition des Territoires perdus de la République date de septembre 2002. Vous y dénonciez les maux qui rongent l’école, mais aussi la société française: la violence, l’islamisme, l’antisémitisme. A l’époque, le livre avait été accueilli par un long silence médiatique. Rétrospectivement, comment expliquez-vous cette omerta?

Georges BENSOUSSAN. – L’omerta fait partie des problèmes dénoncés dans le livre. Il y a peur de dire ce que l’on voit comme si dire le réel, c’était le faire exister. A l’époque, nous constations que l’intégration d’une partie des populations de banlieues, progressivement reléguée dans des cités et frappée par le chômage de masse, était en panne. Après avoir fonctionné jusque dans les années 80, l’intégration s’est bloquée à la fin des années 90, ce que l’on constate aujourd’hui avec la hausse des unions endogames. Or, il semblait difficile en France de faire ce simple constat car on risquait d’être accusé de racisme, de stigmatiser et d’amalgamer des populations. C’est d’ailleurs l’accusation qui nous fut d’emblée imputée. Une culture d’une partie de la gauche dominante (à distinguer de la gauche antitotalitaire dans la lignée d’Orwell) nous a enfermés dans la frilosité. Il est devenu presque impossible de dénoncer certains périls sans être accusé d’appartenir au camp du mal. Pourtant, les sept auteurs de la première édition, tout comme les treize de la seconde, venaient tous, quasiment sans exception, des rangs de la gauche. Le silence médiatique autour de ce livre, puis sa stigmatisation, était révélateur d’un climat de terrorisme intellectuel qui n’a d’ailleurs rien de nouveau. Les réactions qui ont entouré Les territoires perdus de la République sont de même nature que celles qui ont entourées les débats politiques français des années 50-60, quand une pensée antitotalitaire était accusée de faire le jeu de la bourgeoisie. Pour s’en convaincre, il faut relire les joutes qui opposèrent Albert Camus, Raymond Aron ou Arthur Koestler à toute une partie de la gauche. Une gauche qui était à l’époque dominée culturellement par le Parti communiste. Nombre d’intellectuels se posaient moins la question de la vérité que celle de savoir de qui «on faisait le jeu». Aujourd’hui, certains intellectuels de gauche n’entendent pas, disent-ils, pas faire le jeu du FN, comme leurs aïeux autrefois, communistes ou proches du PC (les «compagnons de route»), ne voulaient pas faire le jeu du grand capital. Pour un intellectuel, une seule question devrait se poser: les faits sont-ils avérés ou non? Dans les années 1940 en Angleterre, Orwell avait été confronté au même problème. Bien que venant des rangs de la gauche travailliste, il se voyait reprocher de faire le jeu des conservateurs anglais. Les blocages auxquels nous nous sommes heurtés avec ce livre sont les mêmes que ceux qui ont marqué le XXe siècle, c’est le débat entre totalitarisme et antitotalitarisme.

Vous écrivez que nous sommes passés des territoires perdus de la République aux territoires perdus de la nation … De septembre 2002 aux attentats de janvier 2015, avons-nous perdu une décennie?

En 2002, nous étions encore habités par le mot «République», agité comme un talisman, comme un sésame salvateur. Or, la République est d’abord une forme de régime. Elle ne désigne pas un ancrage culturel ou historique. La nation, elle, est l’adhésion à un ensemble de valeurs et rien d’autre. Ce n’est pas le sang, pas le sol, pas la race. Peut être Français, quelle que soit sa couleur de peau ou sa religion, celui qui adhère au roman national selon la définition bien connue d’Ernest Renan: «Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis.» Nous avions un peu délaissé cette définition pour mettre en avant les valeurs de la République. Nous avons fait une erreur de diagnostic. Nous n’avions pas vu que la nation, et non seulement la République, était en train de se déliter. Une partie de la population française, née en France, souvent de parents eux-mêmes nés en France, a le sentiment de ne pas appartenir à celle-ci. Alors qu’ils sont français depuis deux générations pour beaucoup, certains adolescents dans les collèges et lycées, comme aussi certains adultes, n’hésitent plus à affirmer que la France n’est pas leur pays. Ajoutant: «Mon pays c’est l’Algérie…» (ou la Tunisie, etc…). Les incidents lors de la minute de silence pour les assassinés de Merah comme pour ceux de janvier 2015 furent extrêmement nombreux. On a cherché comme toujours à masquer, à minimiser, à ne pas nommer. Dans la longue histoire de l’immigration en France, cet échec à la 3° génération est un fait historique inédit. Certains historiens de l’immigration font remarquer, à juste titre, qu’il y eut toujours des problèmes d’intégration, même avec l’immigration européenne. Mais pour la première fois dans l’Histoire nous assistons à un phénomène de désintégration, voire de désassimilation. C’est pourquoi, ce n’est pas la République seule qui est en cause, mais bien la nation française: notre ancrage historique, nos valeurs, notre langue, notre littérature et notre Histoire. Toute une partie de la jeunesse de notre pays se reconnaît de moins en moins dans notre culture. Elle lui devient un code culturel étranger, une langue morte et pas seulement pour des raisons sociales. Nous sommes en train d’assister en France à l’émergence de deux peuples au point que certains évoquent des germes de guerre civile. Dans le cadre de la préparation d’un nouvel ouvrage, j’ai été frappé en écoutant plusieurs de mes interlocuteurs de voir que l’expression «guerre civile», qui aurait fait ricaner il y a dix ans ou surpris il y a cinq ans, est aujourd’hui dans les bouches d’un grand nombre, tant d’élus de terrain, de policiers, de médecins hospitaliers (service des urgences par exemple) ou de banlieue. Le sentiment que deux peuples sont en train de se former, côte à côte, et qui se regardent souvent avec hostilité, ce sentiment-là est aujourd’hui partagé par beaucoup.

Pourquoi, selon vous, personne n’est descendu dans la rue au moment de l’affaire Merah?

En mai 1990, après la profanation du cimetière juif de Carpentras, des centaines de milliers de Français étaient descendus dans la rue, y compris le président de la République. En 2012, une génération plus tard, pour Ilan Halimi en 2006, en mémoire aux victimes de Merah en 2012, de Nemmouche en 2014, il n’y avait plus personne, sauf des juifs. La montée du communautarisme, du repli sur soi et de l’indifférence sont patents, signe d’un morcellement de la société française, d’un repli sur soi moins hédoniste que désespéré est en train de l’emporter qui multiplie les gestes et les mots du découragement: «on ne peut rien y faire», «ça ne changera jamais», «c’est trop tard», etc…. Mais aussi, hélas, et le fait n’est pas nouveau, le massif «ce n’est pas notre affaire». Cela posé, la raison essentielle de cette désaffection est peut être ailleurs: l’affaire Merah témoignait d’un antisémitisme qui ne venait pas d’où on l’attendait, l’extrême droite. De là un malaise général. Souvenons-nous de la période qui sépare les meurtres de la mort de Merah sous les balles du GIGN. Il s’est écoulé une semaine durant laquelle un grand nombre des bien-pensants de ce pays, et en particulier les spécialistes du déni de réalité, étaient convaincus que l’assassin était un néo-nazi, un Breivik à la française. Le fait que Mohammed Merah fût musulman en a gêné plus d’un. Ainsi, l’ennemi n’était pas le bon. Pour descendre dans la rue, il fallait qu’il soit conforme, breveté d’extrême droite et blanc. Une certaine instrumentalisation de l’histoire, mais pas cette histoire elle-même évidemment, a paralysé la réflexion politique. On n’a cessé de rejouer les années noires en télescopant les situations jusqu’à voir dans tout immigré clandestin un Juif du Vel d’Hiv en 1942, comme s’il fallait racheter la mollesse et l’indifférence des aïeux. De surcroît, troublant était le fait que Merah était français, né en France… et qu’il était au collège au moment de la première édition des Territoires perdus de la République. Je veux dire par là que cela interroge l’Education nationale, et notamment cette idée un peu simple selon laquelle un bon enseignement de la Shoah ( ce qui est le cas en France) suffirait à endiguer racisme et antisémitisme.

Aujourd’hui, les politiques et les médias ont-ils suffisamment ouvert les yeux?

Les élus de terrain, tant de droite que de gauche, sont conscients des réalités. Mais beaucoup ont peur de parler. A fortiori du coté des hommes politiques dont le courage n’est pas la qualité première à l’exception de quelques-uns. Comme s’ils craignaient, en parlant, de faire sauter un baril de poudre tant la situation leur parait (et ici ils ont raison) dangereuse. La France est en effet l’un des pays d’Europe parmi les plus exposés au risque de conflits internes.

La peur d’être taxé de racisme joue son rôle dans la paralysie française. Et la désespérance du plus grand nombre dont la parole est d’emblée invalidée au nom d’un antiracisme dévoyé. Cette crainte va jusqu’à reprendre un discours concocté par l’adversaire sans s’interroger sur la pertinence des «mots». Ainsi du mot «islamophobie», un terme particulièrement inepte en effet qui réintroduit en France la notion de blasphème. On peut s’opposer à la religion, qu’elle soit juive, catholique ou musulmane, sans être raciste. Le combat laïque, c’est le refus qu’une religion quelle qu’elle soit prévale sur la loi civile. Ce combat difficile a finalement été gagné en France entre 1880 et 1905. Céder sur ce plan, c’est détricoter deux siècles de Révolution française pour parler comme François Furet et plus d’un siècle d’une histoire de France qui a fait de la République non seulement un régime mais une culture. Il nous faut comprendre que le mot islamophobie, forgé par des associations musulmanes, crée à dessein de la confusion pour culpabiliser les tenants du combat républicain. Pour faire entendre, en bref, que ce seraient des racistes à peine dissimulés. En invoquant à contre-emploi le racisme et en usant d’un antiracisme défiguré ( celui-là même qu’on a vu à Durban en 2001 où l’on entendait le cri de «One Jew, one bullet»), il s’agit de faire taire toute voix dissidente. En instrumentalisant l’histoire au passage, c’est ce que Leo Strauss appelait la Reductio ad Hitlerum.

L’un des premiers soucis de la classe médiatique et politique après les crimes de Merah et les attentats de janvier 2015 fut d’éviter les «amalgames». Comme si les premières victimes des violences étaient les Français d’origine maghrébine ou les musulmans. Près de soixante-dix ans plus tôt, en novembre 1945, après les terribles pogroms qui venaient d’ensanglanter la communauté juive de Tripoli en Libye (plus de quarante assassinats dans des conditions atroces), les dignitaires musulmans de la ville estimaient que les premières victimes étaient moins les juifs qu’eux-mêmes, car disaient-ils, ils risquaient d’être désormais «montrés du doigt». En revanche, il n’y eut pas condamnation publique de ces actes. Comme aujourd’hui. Quand en avril 2012 l’imam Chalghoumi organisa une manifestation de protestation contre les agissements de Merah, il ne réunit qu’une cinquantaine de personnes.

Vous faites référence au monde imaginé par Orwell dans son roman d’anticipation 1984. Notre système peut-il vraiment être qualifié de totalitaire?

Nous ne sommes pas dans un système totalitaire, mais dans un système d’avachissement de la démocratie que Tocqueville avait annoncé. Cet avachissement est marqué par le triomphe de l’intérêt individuel et le désintérêt pour la chose publique. Dans le contexte historique particulier qui est celui de la France, cela se traduit par une pensée a-critique et frileuse, même si cette frilosité, voire cette lâcheté ne sont pas chose nouvelle. On n’en finirait pas de faire la généalogie du déclin de ce qui fut jadis la «Grande Nation». Nul doute qu’à cet égard le XX° siècle français, jusqu’à nos jours même, paie l’énorme saignée de la Grande Guerre. De ce désastre-là, la France ne s’est jamais remise. Elle avait gagné la guerre mais perdu ses hommes et à long terme son vouloir vivre national. Toutes les campagnes françaises se font l’écho d’une tragédie qui naturellement appelait dans son sillage une immigration de peuplement qui, chaque jour plus nombreuse, a atteint un seuil tel que la machine à intégrer s’est finalement enrayée. Un pays est capable d’intégrer des minorités par capillarité. C’est moins vrai quand il s’agit depuis 40 ans de flux démographiques de masse.

Vous reprochez à l’Etat et notamment à l’école d’avoir fait trop de concessions aux revendications communautaires. Que pensez-vous du débat actuel sur les menus de substitution?

Il est posé de manière caricaturale car on voit bien la volonté de certains politiques de surfer sur la polémique. Il pose cependant une question de fond comme il est symptomatique aussi d’un danger qui guette la société française. Il faut rappeler d’abord que la cantine n’est pas obligatoire. Introduire les menus de substitution dans les écoles, c’est donner prise à des pratiques communautaires qui n’auront dès lors aucune raison de s’arrêter. Là est le risque, c’est ce premier pas qui permettra tous les autres et qui conduira à détricoter le tissu laïque et à nous engager sur un chemin contraire à celui qui depuis deux siècles a fait la nation française.

Le terreau des réalités que vous décrivez est-il social ou culturel?

Les deux. Les causes sociales sont une évidence. Mais celui qui y réduirait son analyse se condamnerait à ne rien entendre à la complexité de la situation comme l’a bien montré Hugues Lagrange. En banlieue, le taux de chômage des moins de 25 ans avoisine parfois les 40- 50%. L’arrivée d’une immigration de masse à partir de 1975, au moment où les Trente Glorieuses s’achevaient, est un premier jalon dans cette histoire. On peut d’ailleurs se demander pourquoi, sept ans seulement après Mai 1968, la bourgeoisie française a favorisé cette immigration de masse à laquelle le PCF s’opposait dès 1980, ce qu’on a souvent oublié. Pourquoi est-ce sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing, l’homme du retour au pouvoir de la droite libérale non gaulliste, qu’a été mis en place le regroupement familial alors que les emplois se faisaient de plus en plus rares? Dès lors qu’il ne s’agissait plus d’une immigration de travail, mais d’immigration familiale progressivement reléguée dans des cités, l’intégration était compromise. Conjugué au chômage, à la pauvreté, au confinement géographique des mêmes cultures et des mêmes nationalités, le facteur culturel, dégradé en repli identitaire, ne pouvait que jouer sur fond de frustration et de ressentiment.

Un repli identitaire qui a d’abord concerné des populations jeunes et nombreuses, venues d’un monde musulman en expansion et qui, au même moment, trouvait son expression politique dans l’islamisme et non plus dans le nationalisme arabe qui avait échoué. Ajoutez à cela l’environnement médiatique, la télévision par câble, satellite et internet qui a favorisé la diffusion des thèses islamistes et d’un antisémitisme virulent qui viennent du Moyen-Orient. La conjonction de ces facteurs, démographiques, sociaux, culturels et médiatiques a divisé le pays. La réaction aux attentats de janvier 2015, loin de montrer une nation unie, a mis en lumière deux pays côte à côte mais qui ne font plus nation. Ce phénomène, je le redis, est nouveau dans la longue histoire de l’immigration en France. Pour certains, ce fossé pourra se combler demain. J’en suis moins convaincu, il semble que la situation ait atteint un seuil d’irréversibilité.

Le risque n’est-il pas de sombrer dans une forme d’essentialisation?

C’est effectivement le principal reproche qui nous est fait. Cependant, la culture est tout sauf une essence. Ce qui est essence s’appelle «la race». Lorsqu’on est né dans un groupe ethnique, on n’en sort pas. On restera toujours ethniquement parlant Juif du Maroc ou Sénégalais peul. En revanche, la culture s’acquiert. Elle est dynamique. On peut être Juif du Maroc ou Sénégalais peul, lorsqu’on vit en France et qu’on finit par aimer ce pays, on devient français. La culture est le contraire absolu de l’essence. L’histoire culturelle, c’est l’histoire des mentalités, des croyances, de la mythologie, des valeurs d’une société qui permet de comprendre l’imaginaire des hommes d’un temps donné. Cette histoire n’est pas fixe. Il suffit pour s’en convaincre de réfléchir à la conception de l’enfant dans la culture occidentale, à l’image qu’on s’en faisait au Moyen-Age, au XVIIIe siècle, au XXe siècle. Il s’agit là d’un processus dynamique, rien d’un fixisme.

Mais si la culture est le contraire de la race, pourquoi une telle frilosité à faire de l’histoire culturelle, une telle peur de nommer les problèmes culturels par leurs noms? Dans un domaine moins polémique, pourquoi certains ont-ils encore peur de dire que le nazisme est un enfant de l’Allemagne et pas seulement de l’Europe? Qu’il y a dans le nazisme des éléments qui n’appartiennent qu’à la culture allemande traditionnelle depuis Luther et même bien avant. Les grands germanistes français du XX° siècle le savaient, depuis Edmond Vermeil jusqu’à Rita Thalmann et plus près de nous Edouard Husson. Est-ce faire du racisme anti-allemand que le dire? Est-ce faire du racisme que constater dans la culture musulmane, le Coran et les hadiths sont présents des éléments qui rendent impossible la coexistence sur un pied d’égalité avec les non musulmans. Je ne parle pas de la tolérance du dhimmi. Je parle d’égalité et de culture du compromis et de la négociation. Travaillant plusieurs années sur l’histoire des juifs dans le monde arabe aux XIXe et au XXe siècle (pour juifs en pays arabes. Le grand déracinement, 1850-1975, Tallandier, 2012), j’avais constaté l’existence d’une culture arabo-musulmane, du Maroc à l’Irak, entachée d’un puissant antijudaïsme, et ce bien avant le sionisme et la question d’Israël et de la Palestine. Il existe en effet, et de longue date, une culture arabo-musulmane anti-juive, souvent exacerbée par la colonisation (mais qui n’en fut toutefois jamais à l’origine). Il fallait faire de l’histoire culturelle pour comprendre comment, pourquoi et quand la minorité juive qui s’était progressivement émancipée grâce à l’école, s’était heurtée à une majorité arabo-musulmane aux yeux de laquelle l’émancipation des juifs était inconcevable et irrecevable. Il n’était question alors ni de sionisme, ni d’Israël ni de Gaza. Et encore moins de «territoires occupés» qui, pour les ignorants et les naïfs, constituent le cœur du problème actuel. Ce conflit entre une majorité qui ne supporte pas que le dominé de toujours s’émancipe, et le dominé de toujours qui ne supporte plus la domination d’autrefois, se traduit par un divorce, et donc un départ. Il s’agit là d’histoire culturelle. Où est le racisme?

Voir enfin:

Georges Bensoussan : «Nous assistons à l’émergence de deux peuples» (2/2)

Alexandre Devecchio
Le Figaro
14/08/2015

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Georges Bensoussan évoque la montée en puissance de l’antisémitisme et du racisme anti-blanc dans les banlieues. L’auteur des Territoires perdus de la République analyse les nouvelles fractures françaises.

Georges Bensoussan est historien, spécialiste d’histoire culturelle de l’Europe des XIXe et XXe siècles, et en particulier des mondes juifs. Il a dirigé l’ouvrage Les Territoires perdus de la République (Mille et une nuits, 2002) rassemblant les témoignages d’enseignants et chefs d’établissements scolaires.

PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE DEVECCHIO

Dans Les territoires perdus de la République, vous évoquiez pour la première fois l’antisémitisme des banlieues. En quoi se distingue-t-il de l’antisémitisme traditionnel?

L’antisémitisme traditionnel en France est originellement marqué par l’Eglise, l’extrême droite et le nationalisme: c’est l’antisémitisme de l’affaire Dreyfus qui connaît son acmé sous Vichy. L’antisémitisme nouveau est un antisémitisme d’importation. Il est lié à la fois à la culture traditionnelle des pays magrébins, à l’islam et au contexte colonial. En Algérie, le décret Crémieux qui permit aux juifs de devenir Français dès 1870 attise la jalousie des musulmans. En Tunisie et au Maroc, les juifs n’étaient pas français mais leur émancipation par le biais de l’école leur a donné une large avance sur le plan scolaire et social sur la majorité musulmane. Cela s’est terminé par le départ de la minorité juive. Cet antisémitisme-là s’est transposé sur notre territoire par le truchement de l’immigration familiale ( c’est cela qui a été importé et pas le conflit israélo-palestinien comme le répètent les médias). Un antisémitisme qui préexistait toutefois auparavant (mais en mode mineur) comme le rappellent les affrontements survenus à Belleville en juin 1967 ou le Mouvement des Travailleurs arabes au début des années 1970.

Paradoxalement, cet antisémitisme ne s’est pas dilué, mais enkysté. C’est dans les familles qu’il se transmet et s’apprend. Arrivé à l’école, l’affaire est déjà jouée. Nouveau par les formes et l’origine, il épouse parfois le vocabulaire de l’antisémitisme traditionnel. Par exemple, le mot «youpin», qui avait tendance à disparaître en France, est réutilisé dans des milieux de banlieues qui ne le connaissaient pas. Bref, les différentes branches de l’antisémitisme sont en train de se conjuguer. L’extrême droite traditionnelle qui connait un renouveau, une certaine ultra gauche qui par le biais de l’antisionisme a parfois du mal à maquiller son antisémitisme (l’enquête Fondapol d’octobre 2014 menée par Dominique Reynié était édifiante à cet égard). On a oublié que l’antisémitisme plongeait de longues racines à gauche, depuis Proudhon jusqu’aux propos de Benoît Frachon en juin 1967, secrétaire général de la CGT. Mais la branche la plus massive, et de loin, est la branche arabo-islamiste. Celle-là seule passe aux actes, elle insulte, frappe et tue. Elle n’est d’ailleurs pas seulement arabo-islamiste car elle déborde aujourd’hui dans les banlieues. Nombre de jeunes qui ne sont pas issus de l’immigration arabo-musulmane adoptent pourtant le code culturel de l’antisémitisme, lequel est devenu un code d’intégration dans les cités. Ainsi, ici, l’intégration à la France se fait-elle à rebours, en chassant la part juive de la société française. Adopter ces clichés et ce langage c’est se donner plus de chances d’être intégré dans l’économie sociale des banlieues. Et pour parler comme la banlieue, il faut parler «anti-feuj».

Certains vont jusqu’à comparer les sort des musulmans aujourd’hui à celui des juifs hier. La sacralisation de la Shoah nous empêche-t-elle de comprendre le présent?

En tant qu’historien, je suis frappé par la stupidité d’une telle comparaison. Je n’ai pas souvenir dans l’histoire des années 30 d’avoir entendu parler de l’équivalent juif de Mohammed Merah, de Mehdi Nemmouche ou des frères Kouachi se mettant à attaquer des écoles françaises, des boutiques ou des Eglises. Assistait-on dans les années 1930 à un repli communautaire des juifs? Tout au contraire, s’agissait-il d’une course éperdue vers l’intégration et l’assimilation. Les juifs cherchaient à se faire le plus petit possible. Ils étaient 330 000, dont 150 000 juifs étrangers qui vivaient dans la crainte d’être expulsés. Beaucoup étaient des réfugiés de la misère, d’autres fuyaient le nazisme et les violences antisémites d’Europe orientale. Aujourd’hui, place Beauvau, on estime la minorité musulmane entre six et dix millions de personnes. Ils n’ont pas été chassés par un régime qui veut les exterminer mais sont venus ici, dans l’immense majorité des cas, pour trouver des conditions de vie meilleures. Les situations sont incomparables, ne serait-ce qu’au regard des effectifs concernés: en Europe, aujourd’hui, un musulman sur quatre vit en France.

Cette question est toutefois intéressante à un autre titre: pourquoi une partie de la population française d’origine maghrébine est-elle habitée par un mimétisme juif, une obsession juive, voire une jalousie sociale comme si l’histoire du Maghreb colonial se perpétuait ici? L’histoire de la Shoah est-elle en cause? Elle n’a pas été surestimée, il s’agit bien de la plus profonde coupure anthropologique du siècle passé, et elle dépasse de loin la seule question antisémite. En réalité, c’est la trivialisation de cette tragédie historique qui a produit des effets pervers. Car la Shoah, elle, au-delà de toutes les instrumentalisations, reste une question d’histoire cardinale qui interroge politiquement toutes les sociétés. Qu’est-ce qu’un génocide? Comment en est-on arrivé-là? Pourquoi l’Allemagne? Pourquoi l’Europe? Pourquoi les juifs? Comment une idéologie meurtrière se met-elle en place? Comment des hommes ordinaires, bons pères de famille, deviennent-ils parfois des assassins en groupe? Cette césure historique, matrice d’un questionnement sans fin, a été rabaissée à un catéchisme moralisateur («Plus jamais ça!») et à une avalanche assez niaiseuse de bons sentiments qui, pédagogiquement, ne sont d’aucune utilité. Et qui fait que nous passons parfois à côté des mécanismes politiques qui régulent des sociétés de masse d’autant plus dangereuses qu’anomiées. Le discours de la repentance a pu stériliser la pensée et frapper de silence des questions jugées iconoclastes. Comme les questions d’histoire culturelle évoquées tout à l’heure. Comme si invoquer le facteur culturel à propos de minorités dont l’intégration est en panne serait emprunter le «chemin d’Auschwitz». Cet affadissement a paralysé la réflexion politique, enté sur la conviction erronée que les situations se reproduisent à l’identique. Or, si les mécanismes sont les mêmes, les situations ne le sont jamais. Le travail de l’historien illustre sans fin le mot d’Héraclite: «On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve…»

De même, les lois mémorielles ont-elles entraîné la concurrence victimaire?

Sur le plan juridique, la loi Gayssot n’est pas une mauvaise réponse car il n’y pas débat en effet sur le fait que Auschwitz ait existé, de même qu’il n’y a pas débat sur le fait que la bataille de Verdun ait eu lieu. La loi mémorielle désencombre les prétoires. Elle permet d’éviter des procès de plusieurs années mobilisant inutilement les historiens. Et de voir aussi plus clairement que le négationnisme est une variante de l’antisémitisme.

Mais ces lois ont des effets pervers. Dans des sociétés de masse animées par la passion de l’égalité, toute différence, est perçue comme une injustice. La Shoah étant perçue comme le summum de la souffrance, le peuple juif aux yeux de certains est devenu le «peuple élu de la souffrance». De là une concurrence des mémoires alimentée plus encore par un cadre de références où la victime prend le pas sur le citoyen. Comme s’il fallait avoir été victime d’une tragédie historique pour être reconnu. Second élément de la dérive, la transgression qui permet d’échapper à l’anonymat. Et dans une société qui a fait de la Shoah (contre les historiens) une «religion civile», la meilleure façon de transgresser est de s’en prendre à cette mémoire soit dans le franc négationnisme hier, soit dans la bêtise de masse (qui se veut dérision) type Dieudonné aujourd’hui. Sur ce plan , tous les éléments sont réunis pour favoriser la transgression qui canalise les frustrations innombrables d’un temps marqué au sceau du «désenchantement du monde». C’est d’ailleurs pourquoi on a tort de réagir à chacune des provocations relatives à la Shoah. C’est précisément ce qu’attend le provocateur, notre indignation est sa jouissance.

Que vous inspire la polémique autour de la plage de Tel-Aviv sur Seine?

Cela met en lumière les fractures que nous évoquions. Pour une journée de jumelage avec Tel-Aviv, il a fallu déployer 500 CRS. L’ampleur de la polémique me parait disproportionnée. Israël n’est pas un Etat fasciste et le conflit avec les Palestiniens est de basse intensité. Il y a pratiquement tous les jours entre cinquante et cent morts par attentats dans le monde arabo-musulman dans l’indifférence générale. La guerre civile en Syrie a fait à ce jour, et en quatre ans, 240 000 morts. Le conflit israélo-palestinien en aurait fait 90 000 depuis 1948. La disproportion est frappante. Peu importe que des Arabes tuent d’autres Arabes. Tout le monde s’en moque. Les juifs seuls donnent du prix à ces morts. Dès qu’ils sont de la partie, on descend dans la rue. Cette passion débordante, disproportionnée, n’interroge pas le conflit. Elle interroge ce que devient la société française. Les menaces sur Tel Aviv sur scène sont venues des mêmes milieux qui ont laissé faire les violences de Barbès en juillet 2014, la tentative d’assaut contre la la synagogue de la rue de la Roquette à Paris et une semaine plus tard contre celle de Sarcelles. Bref, je le redis, ce n’est pas le conflit qui a été importé, c’est l’antisémitisme du Maghreb. Les cris de haine d’aujourd’hui sont l’habillage nouveau d’une animosité ancienne.

A la sortie du livre, vous aviez beaucoup insisté sur cet antisémitisme des banlieues. Avec le recul, regrettez-vous de ne pas avoir davantage évoqué le sort des classes populaires, victimes du racisme anti-blanc?

Absolument. Nous n’avions pas vu alors cette réalité émerger. Un certain nombre d’études sociologiques comme celle de Christophe Guilluy sur les fractures françaises, celle de Laurent Bouvet sur l’insécurité culturelle ou celle d’Hugues Lagrange sur le déni des cultures n’étaient pas parus. Les territoires perdus de la République ne sont pas un livre de sociologie, juste le fruit d’un travail de terrain empirique. Nous n’avons jamais prétendu faire un panorama. De surcroit, en 2002, le phénomène ne faisait que débuter. Et nombre de professeurs qui avaient participé à la rédaction étaient eux-mêmes tétanisés à l’idée d’évoquer un racisme anti-blanc ou anti-Français. Cette réalité est aujourd’hui bien connue. A la lecture de Christophe Guilluy, on comprend d’ailleurs qu’il n’y a pas deux France, mais trois. La France périphérique méprisée par les élites, qui souffre et est tenue de se taire. Elle constitue le gros du vivier FN. La France des biens nés, intégrée socialement, plus aisée et qui regarde avec condescendance la France populaire qui «pense mal». Enfin, une troisième France, tout aussi en souffrance que la première, en voie de désintégration sous l’effet de la relégation géographique, sociale, scolaire, et dont une frange se radicalise. Mais l’erreur, ici, serait de lier la poussée islamiste à la seule déshérence sociale: dès lors que des jeunes intégrés, et diplômés basculent vers la radicalité islamiste, on comprend que le facteur culturel a été longtemps sous-estimé.

Dans ces conditions, doit-on continuer à mettre sur le même plan la menace FN et celle de l’islamisme et de l’antisémitisme des banlieues?

A force de nier le réel, on a fait le lit du FN. Les millions de Français qui sont aujourd’hui sympathisants du Front national n’ont pas le profil de fascistes. Beaucoup d’entre eux votaient jadis à gauche, et le FN authentiquement parti d’extrême droite, est aussi aujourd’hui le premier parti ouvrier de France. Comment en est-on arrivé-là? Quelle responsabilité ont les classes dominantes dans ce naufrage et, notamment la classe intellectuelle? Voilà les questions qui importent vraiment. En revanche, la question rhétorique du «plus grand danger», FN ou islamisme, vise à nous faire taire. Avec à la clé ce chantage: «A dénoncer la poussée de l’islamisme, du communautarisme, la désintégration d’une partie de l’immigration de masse, vous faites le jeu du Front national!». Tenter de répondre à la question ainsi formulée, c’est tomber dans ce piège rhétorique. Il faudrait, au contraire, retourner cette question à ceux qui la posent: n’avez-vous pas fait le jeu du FN en invalidant la parole d’une partie du peuple français, en le qualifiant de «franchouillard», de raciste, de fasciste? Et en sous estimant le sentiment d’abandon et de mépris vécu par ces dominés de toujours?

4 commentaires pour Antiracisme: Dix ans après, ce ne sont plus des émeutiers, ce sont des terroristes (Dying of encouragement: From Palestine to US and French ghettos, the same culture of excuses produces the same results)

  1. jcdurbant dit :

    IT WAS THE SWISS, STUPID ! (Ten years on, who remembers the now famous Bondy blog was in fact the initiative of a Swiss magazine ?)

    We came from outside and tried to cover their reality as best as we could. We want now to help them do it by themselves, using the tools of journalism and of blogging to become actors in their own social space.

    Serge Michel (L’Hedo)

    When riots erupted on the outskirts of French cities last autumn, many reporters struggled to find a way to tell the story of the bleak industrial suburbs known as the banlieues. A Swiss magazine took the opportunity to try a new approach to online journalism, an experiment in which old media incorporated the tools of the new media. At the height of the riots early in November, the Swiss weekly, L’Hebdo, decided to send reporters to the town of Bondy, northeast of Paris, on rotations of 7 to 10 days. Working from a tiny room borrowed from a local soccer club, the reporters have been doing a lot more than writing their typical weekly stories for the magazine, which is based in Lausanne and has a circulation of 44,000. They have posted short and long reports several times a day, as well as photos, on the BondyBlog (www.hebdo.ch/bondyblog.cfm). Months later, the reporters are still there. While L’Hebdo is starting blogs on other subjects, there are still a few reporters in the Lausanne newsroom who have not yet taken their turn in Bondy. They will do so in the coming weeks — including Mr. Jeannet, the editor — and in March the exercise will gradually come to an end. But it will return in a new form: L’Hebdo plans to announce this week that it will gather a group of young people from Bondy, bring them to Lausanne for journalism training then hand them the digital keys to BondyBlog, while continuing to support them technically and editorially.Closing the loop, the project will be financed in an old-media way: A major French publisher is expected to turn the blog into a book, and the proceeds will go toward supporting blogging in the banlieue …

    International Herald Tribune (January 30, 2006)

    Voir aussi:

    Sur France Inter, ils ont longtemps relayé la voix des oubliés des banlieues. Dix ans après les émeutes de Clichy-sous-Bois, les jeunes reporters du Bondy Blog nous bousculent par leur ton libre et combatif …

    Télérama

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  2. jcdurbant dit :

    Merci à nos apprentis-sorciers qui n’ont toujours pas compris et continuent à vouloir nous imposer des centaines de milliers et bientôt des millions de ces crieurs d’Allah Akbar tout en dénonçant le seul pays qui lui depuis des décennies a vraiment compris ce qui est en train de se jouer !

    J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous.

    Eric Hoffer

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  3. jcdurbant dit :

    On sait maintenant que la violence des banlieues peut traverser le périphérique et venir percuter les quartiers branchés de la capitale …

    Longtemps la violence des banlieues a été circonscrite de l’autre côté du périphérique. On sait maintenant qu’elle peut venir percuter les quartiers branchés de la capitale. Une jeunesse enfiévrée par une mystique mortifère de l’islam radical en a visé une autre. Une jeunesse perçue comme privilégiée et qui avait les charmes de l’innocence. Ils étaient venus supporter leur équipe de foot, applaudir leur groupe de rock préféré ou savourer en terrasse les derniers jours de douceur de l’automne. Leurs parents n’avaient pas connu la guerre et rêvé d’une société où il serait interdit d’interdire. Cette jeunesse devait être à l’avant-garde d’une humanité «festive, plurielle et métissée», pionnière d’un monde sans frontières qui communierait dans le culte de la consommation et du vivre-ensemble. Après les attentats de janvier, elle avait cru que les marches blanches et les slogans suffiraient à congédier les ombres. Moins d’un an plus tard, elle découvre de la façon la plus épouvantable que l’on puisse imaginer que l’Histoire est tragique.

    Bien avant «Charlie», une troisième jeunesse se construit dans l’angoisse: celle de la France périphérique. Une jeunesse silencieuse qui se considère victime de l’insécurité physique et culturelle liée à l’immigration. Celle des «petits Blancs» dont les parents ne sont pas assez aisés pour vivre dans les quartiers protégés des grandes métropoles et qui sont relégués dans des villes dortoirs où les barres de béton encerclent les quartiers pavillonnaires. Humiliée de devoir baisser les yeux devants les caïds et les petits ayatollahs, c’est cette jeunesse qui crie les soirs d’élections: «On est chez nous!» Le FN y récolte en masse des électeurs et même des militants. Il n’est pas impossible qu’elle bascule un jour, elle aussi, dans la violence …
    Alexandre Devecchio

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  4. jcdurbant dit :

    Molenbeek, le Waterloo de la gauche belge

    La région de Bruxelles est peuplée à 40 % d’immigrés dont beaucoup ont acquis la nationalité belge. Soucieux de capter cet électorat, les édiles socialistes et écologistes y organisent le communautarisme, subventionnent les salafistes et laissent se développer l’antisémitisme, le sexisme et l’homophobie. Un sénateur belge décrit la genèse d’une pépinière terroriste.

    Alain Destexhe

    Causeur N° 30

    03 décembre 2015

    En Belgique, la gauche ne s’est pas contentée, comme le think tank Terra Nova en France, de conceptualiser la figure de l’immigré, nouveau prolétaire appelé à remplacer une classe ouvrière déclinante. Depuis vingt ans, Bruxelles est devenue le laboratoire du communautarisme ethnique et religieux.

    Dopée au cocktail détonnant du multiculturalisme et du déni des réalités, la capitale belge est également devenue celle de l’islamisme radical en Europe et une base arrière du terrorisme djihadiste. Le problème est loin de se résumer à Molenbeek, aujourd’hui symbole de toutes les dérives.

    Comment en est-on arrivé là ? Immigration incontrôlée et communautarisme ont causé un dérapage. Pas un de ces petits « dérapages » que les médias belges autant que français aiment traquer avec jouissance. Plutôt une sortie de route fracassante et une collision de valeurs avec des conséquences funestes.

    Rapportée à la taille de sa population, la Belgique est le pays qui fournit le plus de djihadistes à la Syrie et à… l’Europe. Pourquoi ? Le monde politique belge préfère éviter de se poser la question.

    Tentons une explication. L’immigration massive et incontrôlée est une première réponse. Depuis les années 2000, la Belgique, et Bruxelles en particulier, a connu un choc migratoire, pudiquement qualifié de « démographique ». En douze ans, plus d’un million de personnes ont immigré dans un pays d’à peine dix millions d’habitants1.

    Sur cette période, en pourcentage, le solde migratoire est quatre fois plus important que celui de la France et de l’Allemagne, et dépasse celui des pays traditionnels d’immigration comme les États-Unis ou le Canada. Regroupement familial (50 % de l’immigration !), mariages blancs, régularisation des clandestins, générosité du système social, acquisition de la nationalité facilitée jusqu’à l’absurde (une simple preuve de résidence suffit à devenir belge), toutes les politiques publiques se renforcent mutuellement pour transformer la population et la physionomie des villes du royaume. Aucun débat public n’accompagne cette évolution majeure2.

    S’y ajoute une marche forcée vers le communautarisme. Au pays de Magritte, point de politique d’intégration. Le terme même est contesté, la gauche lui préférant celui d’« inclusion sociale », qui a l’avantage de transférer l’obligation d’intégration du migrant vers la société d’accueil.

    Le problème culturel que constitue l’arrivée massive de populations musulmanes, surtout marocaines et turques, a été nié. Sans problème, il ne peut y avoir de solution. L’intégration était censée se faire naturellement grâce au miracle du brassage multiculturel. Il suffisait de l’encourager par des fonds publics et en muselant, par l’accusation d’islamophobie ou de racisme, le téméraire qui oserait le contester.

    À Molenbeek, ces politiques ont été poussées au paroxysme par les édiles locaux. Visites dans les mosquées, subventions versées à des associations musulmanes, mise à disposition des locaux publics pour des écoles coraniques, grands frères transformés en agents communaux, clientélisme, candidats aux élections proches des mosquées, participation aux fêtes musulmanes (mais jamais à celles catholiques) ainsi qu’à des défilés anti-israéliens où l’on scande des slogans antisémites, sans jamais les condamner.

    Un climat de tolérance s’y est instauré, par rapport aux infractions à la loi, à la multiplication des mosquées (une cinquantaine à Molenbeek pour 100.000 habitants), aux discours salafistes et extrémistes.

    Certains quartiers sont devenus peu à peu des zones de non-droit. De tolérance en renoncements, un terreau favorable au développement de l’islamisme radical puis aux apprentis terroristes s’est progressivement créé.

    Encore ne s’agit-il que de la partie émergée de l’iceberg. Sous le radar de la presse et du monde politique, ce sont les valeurs démocratiques qui souffrent en silence dans ces quartiers.

    La liberté élémentaire d’aller et venir en portant une tenue de son choix n’existe plus, sauf si, comme plus de la moitié des femmes, on porte le voile. La liberté d’exposer des œuvres de nus est inconcevable. Celle d’exprimer une opinion dissonante de la majorité sociologique non plus.

    Sexisme et homophobie sont bien présents. Un antisémitisme virulent, généralisé mais nié, sévit dans ces quartiers. Les professeurs identifiés comme juifs ont dû partir.

    En 2013, l’école juive Maïmonide a décidé de quitter Anderlecht, la ville du célèbre club de football voisine de Molenbeek. Le monument aux déportés juifs qui s’y trouve doit être protégé sous peine d’être vandalisé.

    Récemment, les écoles publiques de la Ville de Bruxelles3 sont devenues Judenrein4, le dernier enfant juif ayant quitté ces écoles, à la suite des intimidations de ses « camarades » musulmans. L’histoire de la Shoah n’y est plus enseignée. Un député socialiste de Molenbeek a même pu traiter l’expert en terrorisme Claude Moniquet de « crapule sioniste » sans encourir la moindre sanction.

    Cerise sur le gâteau, le PS local a produit il y a deux ans une caricature antisémite sur une affiche invitant à un débat. Le décalage entre les discours officiels lors des commémorations de la Shoah – attribuant l’antisémitisme contemporain à l’extrême droite – et la réalité de son contexte musulman dans les quartiers devient abyssal.

    Outre cet antisémitisme presque identitaire, l’échec de l’intégration a créé le communautarisme qui lui-même a favorisé le développement de courants radicaux et fondamentalistes qui ont, parfois, sombré dans la violence.

    En Wallonie et à Bruxelles, contrairement à la Flandre, le monde politique belge francophone est dominé par la gauche. Le Parti socialiste, le cdH – Centre démocrate humaniste (sic), d’inspiration sociale-chrétienne – et les écologistes (Ecolo) sont, ensemble, largement majoritaires.

    Pour capter ce nouveau vote immigré – 40 % environ de la population bruxelloise est désormais musulmane –, ils se sont lancés dans une surenchère permanente.

    Ecolo est ainsi devenu le champion des « accommodements raisonnables », sur le modèle canadien, issu de la Commission Bouchard-Taylor5. Le PS compte aujourd’hui une majorité d’élus d’origine étrangère, dont l’élection dépend souvent d’un vote exclusivement communautaire.

    On trouve désormais des tracts électoraux rédigés en turc, ourdou, arabe… Des candidats utilisent la liste des électeurs pour ne cibler que les Turcs, Congolais, Pakistanais ou autres.

    En 2009, le cdH, le parti démocrate-chrétien, fit élire la première femme voilée dans un Parlement européen. La députée belge Mahinur Özdemir, proche du président turc Erdogan, a ainsi joué un rôle important pour faire régresser le statut des femmes en Turquie. Après tout, si le voile est autorisé au Parlement belge, pourquoi ne pas l’autoriser en Turquie où, suivant la ligne d’Atatürk, il était interdit ?

    Longtemps, la ministre de l’Intérieur de ce parti a traité les départs de jeunes Belges en Syrie sous un angle humanitaire, les présentant comme des victimes de la société plutôt que comme de dangereux terroristes. Elle a été jusqu’à faciliter le retour de Syrie d’une femme enceinte de son compagnon djihadiste, afin qu’elle puisse « accoucher en Belgique dans de bonnes conditions ».

    Aujourd’hui ministre de l’Enseignement, elle ferme les yeux sur le non-respect des obligations scolaires dans les écoles de ces quartiers : les absences des filles aux cours de sport, les difficultés d’enseigner certaines matières telles que la biologie (Darwin), le français (Voltaire) ou l’histoire de l’art (cachez ces nus indécents!).

    La responsabilité de la gauche dans cette descente aux enfers est écrasante, mais elle l’a fait dans un climat médiatique et intellectuel, favorable et complaisant. Les quelques universitaires qui travaillent sur ces questions sont davantage des militants du multiculturalisme que des chercheurs rigoureux.

    Selon eux, « la Wallonie et Bruxelles sont vouées à être diversifiées tant culturellement qu’au plan des identifications collectives ». Il y a donc lieu de reconnaître ces nouvelles identités et « le fait communautaire » : « c’est la raison pour laquelle nous préférons parler de citoyenneté multiculturelle plutôt qu’interculturelle ». Une évolution dont pourtant la majorité de la population ne veut à aucun prix, mais elle n’a pas vraiment voix au chapitre.

    Médias, intellectuels, politiques ont cultivé le mythe du vivre-ensemble et de Bruxelles comme modèle de diversité multiculturelle. Par adhésion à un concept où il fallait à chaque incident « éviter de jeter de l’huile sur le feu », les problèmes ont été minimisés, voire niés6.

    L’immigration de masse couplée à l’absence de politique d’immigration dans un contexte de montée en puissance de l’islamisme s’est transformée en poison mortel.

    Il faut ajouter à ces facteurs le morcellement des compétences et même le délitement de l’État belge, ainsi que la présence de coalitions politiques différentes aux nombreux niveaux de pouvoir qui empêchent de mener une politique cohérente contre le radicalisme. L’immigration est ainsi une compétence fédérale, tandis que l’intégration relève des Régions et l’enseignement des Communautés!

    Du côté francophone du pays, le système éducatif est encore plus sinistré qu’en France. Des dizaines de milliers de jeunes, surtout issus de l’immigration, végètent dans des « classes poubelles » sans perspective d’obtenir un diplôme valorisé sur le marché de l’emploi.

    Dans certains quartiers, le chômage des jeunes atteint 40 %. Si souvent invoquée, l’explication sociale du radicalisme – l’arbre qui cache la forêt de la dimension politico-religieuse de l’islamisme radical – ne tient cependant pas quand on analyse le parcours de la majorité des djihadistes.

    Avant de céder aux charmes du communautarisme prôné par Terra Nova ou d’autres, la France ferait bien d’analyser de près le « modèle bruxellois », longtemps présenté comme une réussite au prix d’une fable digne d’Orwell. Ou plutôt d’une farce qui se termine en tragédie.

    Alain Destexhe est sénateur belge et ex-secrétaire général de Médecins sans frontières.

    ————
    1. Une partie de cette immigration est d’origine européenne, un élément souvent mis en avant pour masquer l’importance de sa dimension extra-européenne. La population de Molenbeek a augmenté de 30 % en quinze ans, une croissance due en grande partie à une immigration en provenance du Maghreb.
    2. Il faudra attendre 2014 et un gouvernement de centre droit dont, pour la première fois depuis vingt ans, les socialistes sont exclus, pour inverser la tendance… avant que la crise des réfugiés ne remette en cause ce tournant.
    3. La Région de Bruxelles-Capitale est composée de 19 communes dont la ville de Bruxelles, mais aussi Molenbeek, Anderlecht, Schaerbeek, Saint-Josse où, avec Bruxelles, les problèmes de communautarisme sont les plus aigus. Contrairement à la France, les quartiers à problèmes ne sont pas situés dans les banlieues mais au cœur des grandes villes. Il en va de même à Anvers, Liège, Verviers, Charleroi, etc.
    4. La Commission Bouchard-Taylor a été créée le 8 février 2007 par le Premier ministre du Québec afin d’examiner les questions liées aux accommodements raisonnables consentis au Québec.
    5. La Commission Bouchard-Taylor a été créée le 8 février 2007 par le Premier ministre du Québec afin d’examiner les questions liées aux accommodements raisonnables consentis au Québec.
    6. Pour ne pas être systématiquement écarté du pouvoir, le parti libéral de centre-droit auquel j’appartiens n’a pas toujours non plus dénoncé assez haut et fort les dérives communautaristes.

    http://www.causeur.fr/molenbeek-belgique-islamisme-daech-35672.html

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