Gaza: Ne jamais rappeler son imbécilité à un imbécile (Lesson in cartooning: Israeli Foreign Ministry pulls cartoon that angered foreign press)

La guerre des drones, privilégiée par le président des Etats-Unis, Barack Obama, pour éviter le déploiement au sol de troupes américaines dans la lutte contre des organisations terroristes, a-t-elle atteint ses limites ? Paradoxale en apparence au lendemain de l’élimination d’un haut responsable yéménite d’Al-Qaida pour la péninsule Arabique, Nasser Al-Wahishi, cette interrogation est étayée par la publication d’un article du New York Times, mercredi 17 juin, confirmant une information du site Defense One, le 18 mai, selon laquelle l’armée de l’air américaine aurait commencé à réduire le nombre quotidien de sorties de ces aéronefs sans personne à bord. Ce nombre serait passé progressivement de 65 à 60 en raison d’un « burn-out » des pilotes de drones, sous l’effet de l’augmentation constante des demandes et de la baisse continue des effectifs.(…) Une nouvelle enquête interne non publiée ferait apparaître l’importance du stress lié à la crainte des dommages collatéraux des frappes alors que, selon le responsable de la base, la juxtaposition des tâches de la vie quotidienne et des missions de combat produit déjà de nouvelles formes de tensions psychologiques. L’épuisement des équipes chargées de ces missions s’ajoute aux interrogations sur leur portée. S’exprimant, début juin, au cours d’une conférence à Washington, un ancien responsable de la CIA estimait que le recours massif aux drones permettait « au mieux de tondre la pelouse », c’est-à-dire décapiter régulièrement les organisations visées sans les désorganiser durablement. Si la légalité de ces assassinats extrajudiciaires ne fait plus l’objet de véritables débats depuis longtemps, c’est donc bien leur efficacité qui pose question même si la Maison Blanche met régulièrement en avant la menace permanente que constituent les drones pour les responsables de groupes terroristes, notamment au Yémen. Le Monde
What had seemed to be a benefit of the job, the novel way that the crews could fly Predator and Reaper drones via satellite links while living safely in the United States with their families, has created new types of stresses as they constantly shift back and forth between war and family activities and become, in effect, perpetually deployed. “Having our folks make that mental shift every day, driving into the gate and thinking, ‘All right, I’ve got my war face on, and I’m going to the fight,’ and then driving out of the gate and stopping at Walmart to pick up a carton of milk or going to the soccer game on the way home — and the fact that you can’t talk about most of what you do at home — all those stressors together are what is putting pressure on the family, putting pressure on the airman,” Colonel Cluff said. While most of the pilots and camera operators feel comfortable killing insurgents who are threatening American troops, interviews with about 100 pilots and sensor operators for an internal study that has not yet been released, he added, found that the fear of occasionally causing civilian casualties was another major cause of stress, even more than seeing the gory aftermath of the missile strikes in general. A Defense Department study in 2013, the first of its kind, found that drone pilots had experienced mental health problems like depression, anxiety and post-traumatic stress disorder at the same rate as pilots of manned aircraft who were deployed to Iraq or Afghanistan. Trevor Tasin, a pilot who retired as a major in 2014 after flying Predator drones and training new pilots, called the work “brutal, 24 hours a day, 365 days a year.” The exodus from the drone program might be caused in part by the lure of the private sector, Mr. Tasin said, noting that military drone operators can earn four times their salary working for private defense contractors. In January, in an attempt to retain drone operators, the Air Force doubled incentive pay to $18,000 per year. (…) The colonel said the stress on the operators belied a complaint by some critics that flying drones was like playing a video game or that pressing the missile fire button 7,000 miles from the battlefield made it psychologically easier for them to kill. He also said that the retention difficulties underscore that while the planes themselves are unmanned, they need hundreds of pilots, sensor operators, intelligence analysts and launch and recovery specialists in foreign countries to operate. Some of the crews still fly their missions in air-conditioned trailers here, while other cockpit setups have been created in new mission center buildings. The NYT
Les groupes armés palestiniens doivent mettre fin à l’ensemble des attaques directes visant les civils et des attaques menées sans discrimination. Ils doivent aussi prendre toutes les précautions possibles afin de protéger les civils de la bande de Gaza des conséquences de ces attaques. Cela suppose d’adopter toutes les mesures qui s’imposent pour éviter de placer combattants et armes dans des zones densément peuplées ou à proximité. (…) Les éléments selon lesquels il est possible qu’une roquette tirée par un groupe armé palestinien ait causé 13 morts civiles dans la bande de Gaza soulignent à quel point ces armes sont non discriminantes et les terribles conséquences de leur utilisation. (…) L’impact dévastateur des attaques israéliennes sur les civils palestiniens durant ce conflit est indéniable, mais les violations commises par un camp dans un conflit ne peuvent jamais justifier les violations perpétrées par leurs adversaires. (…) La communauté internationale doit aider à prévenir de nouvelles violations en luttant contre la banalisation de l’impunité, et en cessant de livrer aux groupes armés palestiniens et à Israël les armes et équipements militaires susceptibles d’être utilisés pour commettre de graves violations du droit international humanitaire. Philip Luther
Amnesty International demande à tous les États de soutenir la Commission d’enquête des Nations unies et la compétence de la Cour pénale internationale concernant les crimes commis par toutes les parties au conflit. Amnesty international
Des groupes armés palestiniens ont fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de civils, en lançant de nombreuses attaques aveugles à l’aide de roquettes et de mortiers en direction de zones civiles en Israël durant le conflit de juillet-août 2014, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public jeudi 26 mars. Ce document, intitulé Unlawful and deadly: Rocket and mortar attacks by Palestinian armed groups during the 2014 Gaza/Israel conflict (…), fournit des éléments tendant à prouver que plusieurs attaques lancées depuis la bande de Gaza constituaient des crimes de guerre. Six civils, dont un petit garçon de quatre ans, ont été tués en Israël dans le cadre d’attaques de ce type, au cours de ce conflit ayant duré 50 jours. Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile tiré depuis la bande de Gaza s’est écrasé dans le camp de réfugiés d’al Shati. (…) Toutes les roquettes utilisées par les groupes armés palestiniens sont des projectiles non guidés, avec lesquels on ne peut pas viser avec précision de cible spécifique et qui sont non discriminantes par nature ; recourir à ces armes est interdit par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre. Les mortiers sont eux aussi des munitions imprécises et ne doivent jamais être utilisés pour attaquer des cibles militaires situées dans des zones civiles ou à proximité. (…) Selon les données des Nations unies, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers ont été tirés depuis Gaza vers Israël au cours de ce conflit. Sur ces milliers de roquettes et mortiers, environ 224 auraient atteint des zones résidentielles israéliennes, tandis que le Dôme de fer, le système de défense anti-missile israélien, en a intercepté de nombreux autres. (…) Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien durant ce conflit, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile a explosé à côté d’un supermarché, dans le camp – surpeuplé – de réfugiés d’al Shati (bande de Gaza) le 28 juillet 2014, premier jour de l’Aïd al Fitr. Les enfants jouaient dans la rue et achetaient des chips et des boissons sucrées au supermarché au moment de l’attaque. Si les Palestiniens ont affirmé que l’armée israélienne était responsable de cette attaque, un expert indépendant, spécialiste des munitions, ayant examiné les éléments de preuve disponibles pour le compte d’Amnesty International, a conclu que le projectile utilisé dans le cadre de cette attaque était une roquette palestinienne. (…) Mahmoud Abu Shaqfa et son fils Khaled, âgé de cinq ans, ont été gravement blessés lors de cette attaque. Muhammad, son fils de huit ans, a été tué. (…) Il n’y pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte en place pour protéger les civils dans la bande de Gaza. Le rapport décrit en détail d’autres atteintes au droit international humanitaire commises par des groupes armés palestiniens durant le conflit, comme le fait de stocker des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, ainsi que des cas dans lesquels des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques ou stocké des munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés. Amnesty international
Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués. (…) Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press. (…) Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza. Association de la presse étrangère en Israël et dans les territoires palestiniens
Le porte-parole des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a défendu le film en expliquant qu’il tournait en dérision le fait que la presse étrangère n’avait selon lui rapporté que plusieurs semaines après la fin de la guerre les méfaits du Hamas, comme les tirs de roquettes depuis des zones résidentielles et l’utilisation, « de façon criante et répétée », de civils comme boucliers humains. Le Point

Attention: une bêtise peut en cacher une autre !

Au lendemain de la publication d’un énième rapport de l’ONU dénonçant comme d’habitude les prétendus crimes de guerre de l’Armée israélienne lors de la guerre de Gaza de l’été dernier …

Et le retrait, suite aux moqueries et protestations de la presse étrangère, d’un petit film d’animation du ministère israélien des Affaires étrangères moquant un peu trop gentiment l’incroyable myopie et partialité de leur couverture de ladite guerre …

Pendant qu’à la tête du Monde libre et jusqu’à épuiser ses pilotes, le plus rapide prix Nobel de l’histoire mutliplie tranquillement, entre deux parties de golf et deux bavures, les éliminations ciblées

Petite leçon avec le caricaturiste israélo-américain Yaakov Kirschen …

Montrant que bien choisir sa cible et son objectif ne suffit pas toujours …

Et surtout, comme le rappellent tant la Bible que le Talmoud, qu’il ne faut jamais rappeler à un imbécile sa propre imbécilité !

A Lesson in Cartooning

Basic principles of successful activist cartooning
1. Target: Pick your « Target » audience.
2. Goal: Your goal should be a way to change, if only for a moment, the beliefs of your « Target » by cleverly slipping under their « defensive radar »
3. The Secret Sentence: The sentence that your cartoon will cause your « Target » to involuntarily say in his/her head (thus reaching your goal).

How the Foreign Ministry Cartoon Fails
1. Target: The « Target » is the foreign press (as revealed by the punchline « open your eyes »)
2. Goal: To change the beliefs of foreign reporters by cleverly slipping under their « defensive radar »???
3. The Secret Sentence: The sentence created in the mind of the foreign journalist is « the Israeli Foreign Ministry says I’m Stupid and Blind! »

* * *
I assume that readers would want to see an example of how the topic is taught in the Academy:

The analysis:
1. Target: The foreign press
2. Goal: Use humor to change reporters’ beliefs that their reports are believed
3. The Secret Sentence: The sentence created in the mind of the foreign journalist is « The public doesn’t believe us anymore »

Voir aussi:

PROCHE-ORIENT Le dessin animé indigne l’association représentant la presse étrangère en Israël 

VIDEO. Gaza: Les journalistes étrangers cibles d’un film de la diplomatie israélienne

20 Minutes avec AFP

16.06.2015

L’association représentant la presse étrangère en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés s’est alarmée d’une animation produite par les Affaires étrangères israéliennes et ridiculisant la couverture par les journalistes internationaux de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014.

Le dessin animé, en anglais, de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère des Affaires étrangères met en scène un journaliste en direct, que ses commentaires naïfs tournent en ridicule. Il explique comment les Gazaouis «tentent de vivre des vies tranquilles» alors qu’un homme armé lance une roquette derrière lui.

Retrouvez la vidéo intégrale en cliquant ici.«Un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués»

Il rapporte que Gaza est en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entrent dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien. Il affirme qu’il n’y a «pas de doute que la société palestinienne ici est libérale et pluraliste», alors qu’en arrière-plan un homme armé et encagoulé kidnappe un vendeur de rue dont le stand est décoré du drapeau homosexuel.

Le film se conclut sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots «Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza», s’inscrivent à l’écran. L’animation coïncide avec la campagne engagée par le gouvernement pour défendre les agissements de l’armée israélienne lors de la guerre de l’été 2014, en prévision de la prochaine publication d’un rapport onusien dont Israël s’attend à ce qu’il lui soit très défavorable.

L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents, s’est dite «surprise» et «alarmée». «Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués», dit la FPA dans un communiqué.

17 journalistes sont morts en couvrant le conflit

Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press. «Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza», dit-elle.

Le porte-parole des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a défendu le film en expliquant qu’il tournait en dérision le fait que la presse étrangère n’avait selon lui rapporté que plusieurs semaines après la fin de la guerre les méfaits du Hamas, comme les tirs de roquettes depuis des zones résidentielles et l’utilisation, «de façon criante et répétée», de civils comme boucliers humains.

Israël présente sa version de la guerre à Gaza
Cyrille Louis
Le Figaro

17/06/2015

VIDÉO – L’État hébreu vient de publier un rapport qui rejette sur le Hamas la responsabilité des immenses destructions perpétrées l’été dernier lors de l’Opération bordure protectrice.
Correspondant à Jérusalem

Un rapport et un dessin animé. En l’espace de quarante-huit heures, les autorités israéliennes ont dévoilé leurs moyens de défense face aux accusations qui s’accumulent à l’horizon. La commission des droits de l’homme de l’ONU, chargée d’enquêter sur le déroulement de l’Opération bordure protectrice, en juillet-août 2014 dans la bande de Gaza, doit publier sous peu ses conclusions. Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, qui prête à cette instance un fort biais anti-israélien, a préféré tirer le premier. Sans surprise, il rejette sur le Hamas la responsabilité du déclenchement de la guerre ainsi que de son lourd bilan matériel et humain, non sans accuser au passage la presse internationale d’avoir dissimulé les exactions perpétrées par les factions palestiniennes.

Pièce maîtresse de ce système de défense, le rapport de 277 pages publié par le ministère israélien des Affaires étrangères revient tout d’abord sur le contexte dans lequel a éclaté ce nouvel épisode de violence. Un conflit armé, rappellent les auteurs, oppose depuis plus d’une décennie l’État hébreu aux groupes armés implantés dans la bande de Gaza. Plus de 1265 Israéliens ont été tués par des attaques du Hamas depuis l’an 2000 tandis que 15.200 roquettes ont été tirées depuis le territoire palestinien, y compris après le désengagement décidé en 2005 par Ariel Sharon.

« Je salue la publication de ce rapport, qui présente le vrai visage de l’opération Bordure protectrice »

Benyamin Nétanyahou, premier ministre israélien
Le 7 juillet 2014, l’armée israélienne a décidé de lancer une opération aérienne afin de faire cesser les tirs de projectiles qui, depuis l’arrestation récente de dizaines de cadres du Hamas en Cisjordanie, étaient en nette recrudescence. Plus de 4500 projectiles ont été tirés durant le conflit, rappellent les auteurs du rapport, si bien que 10.000 Israéliens ont été contraints de fuir la zone frontalière. Dix jours après le début des hostilités, Tsahal décidait de conduire une opération terrestre «limitée» dans l’enclave, afin de détruire les 32 tunnels offensifs percés par le mouvement islamiste pour conduire des infiltrations en territoire israélien. Cette confrontation, qui a duré 51 jours au total, s’est soldée par la mort d’environ 2200 palestiniens, ainsi que de 67 soldats israéliens et de six civils résidant près de la frontière.

Fidèles à l’argumentaire employé par Tsahal durant le conflit, les auteurs du rapport accusent le Hamas non seulement d’avoir visé de manière indiscriminée des civils israéliens, mais aussi d’avoir délibérément mis en danger la population palestinienne en dissimulant ses lance-roquettes et ses combattants au cœur de zones densément peuplées. 18.000 habitations ont été détruites par les bombardements israéliens, selon le décompte de l’ONU. «L’armée israélienne, plaident les rapporteurs, a été confrontée à des combattants déguisés en civils ou en soldats israéliens, à des habitations converties en postes de commandement militaire, à des immeubles de plusieurs étages employés comme points de surveillance, à des minarets utilisés par des snipers, à des écoles transformées en entrepôts d’armes, à des structures civiles piégées au moyen d’explosifs et à des ouvertures de tunnels situés au beau milieu de quartiers d’habitations.»

Les auteurs, qui accusent les factions palestiniennes d’avoir exploité avec cynisme l’émotion suscitée par les nombreuses victimes, citent des manuels du Hamas découverts par l’armée israélienne. Ces documents «démontrent que la stratégie était d’importer les hostilités en milieu urbain, et d’utiliser les zones bâties et la présence de population civile pour en tirer un avantage tactique et politique», précisent-ils, avant d’affirmer: «C’est dans ce contexte que les dommages infligés à la population et aux infrastructures civiles doivent être évalués».

S’appuyant sur les analyses conduites par l’armée israélienne, le rapport affirme que 44 % des tués palestiniens étaient des combattants affiliés au Hamas, au djihad islamique ou à d’autres factions. Cette estimation contredit de façon spectaculaire celle avancée par l’ONU, selon laquelle plus de 75 % des victimes étaient des civils non engagés dans les combats. «Je salue la publication de ce rapport, qui présente le vrai visage de l’opération Bordure protectrice, a déclaré Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien. Ce document prouve de manière incontestable que les opérations conduites par l’armée israélienne étaient conformes au droit international.»

Les autorités israéliennes, qui attendent avec une certaine inquiétude le rapport de la commission des droits de l’homme de l’ONU, estiment avoir allumé un efficace contre-feu. Elles espèrent par ailleurs couper l’herbe sous le pied de la Cour pénale internationale, qui s’interroge sur l’opportunité d’ouvrir une enquête sur d’éventuels crimes de guerre commis l’été dernier à Gaza.

« Il est déconcertant de constater que le ministère des Affaires étrangères perd son temps à produire une vidéo qui vise à ridiculiser le travail des journalistes en temps de guerre »

L’Association de la presse étrangère à Jérusalem
Pour faire bonne mesure, le ministère des Affaires étrangères a mis en ligne un dessin animé qui vise manifestement à discréditer la couverture du conflit par la presse internationale. Ce document d’une quarantaine de secondes met en scène un reporter de télévision présenté comme un doux imbécile, qui refuse de voir les exactions perpétrées par le Hamas. En l’absence de journalistes israéliens, qui ont interdiction d’entrer dans la bande de Gaza, le travail des journalistes étrangers durant le conflit a été régulièrement critiqué par les autorités israéliennes.

Ceux-ci se sont notamment vus reprocher de ne pas avoir diffusé d’images montrant les sites de lancements de roquettes ou les combattants du Hamas en milieu urbain. Mais des témoignages de militaires israéliens publiés par l’ONG Breaking the silence ont depuis lors confirmé que ceux-ci opéraient très largement à l’abri des regards. «Il est déconcertant de constater que le ministère des Affaires étrangères perd son temps à produire une vidéo qui vise à ridiculiser le travail des journalistes en temps de guerre», a regretté l’Association de la presse étrangère à Jérusalem.

Voir aussi:

Gaza : Israël retire un dessin animé qui ridiculisait la presse étrangère
la Presse

21/06/2015

Le ministère israélien des Affaires étrangères a retiré de son site internet une animation qui avait ému la presse étrangère, tournée en dérision dans la vidéo, a-t-il indiqué dimanche. « L’objet de cette vidéo était d’illustrer les crimes du Hamas » au pouvoir dans la bande de Gaza, a dit le porte-parole des Affaires étrangères, « nous l’avons retirée quand cela a prêté à malentendus ». Le dessin animé en anglais de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère ridiculisait la couverture de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014 par les journalistes étrangers. Un journaliste en direct expliquait comment les Gazaouis « tentent de vivre des vies tranquilles » alors qu’un homme lance une roquette derrière lui. Il rapportait que Gaza était en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entraient dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien. Le film se concluait sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots « Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza » ne s’inscrivent à l’écran. L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents en Israël et dans les Territoires palestiniens, avait exprimé son émotion devant cette vidéo.
Par : AFP

Voir également:

Israël retire une vidéo qui ridiculisait la presse étrangère
Le dessin animé tournait en dérision la couverture dans la bande de Gaza de l’opération Bordure protectrice

i24news avec AFP

Le ministère israélien des Affaires étrangères a retiré de son site internet une animation qui avait ému la presse étrangère, tournée en dérision dans la vidéo, a-t-il indiqué dimanche.

« L’objet de cette vidéo était d’illustrer les crimes du Hamas » au pouvoir dans la bande de Gaza, a dit le porte-parole des Affaires étrangères, « nous l’avons retirée quand cela a prêté à malentendus ».

Le dessin animé en anglais de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère ridiculisait la couverture de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014 par les journalistes étrangers.

Un journaliste en direct expliquait comment les Gazaouis « tentent de vivre des vies tranquilles » alors qu’un homme lance une roquette derrière lui. Il rapportait que Gaza était en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entraient dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien.

Le film se concluait sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots « Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza » ne s’inscrivent à l’écran.

L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents en Israël et dans les Territoires palestiniens, avait exprimé son émotion devant cette vidéo.

« Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2.100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués », a annoncé la FPA dans un communiqué.

« Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press ». a-t-elle souligné.

« Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza », pouvait-on encore lire dans le communiqué.

 Voir encore:

Gaza : les journalistes étrangers cibles d’un film de la diplomatie israélienne

Le Point

17/06/2015

VIDÉO. Un dessin animé dénonce l’extrême naïveté supposée de la couverture médiatique de la guerre, à l’été 2014, par les journalistes étrangers.

La diffusion du film intervient peu avant la publication d’un rapport de l’Onu attendu comme très défavorable à Israël.

L’association représentant la presse étrangère en Israël et dans les Territoires palestiniens occupés s’est alarmée d’une animation produite par les Affaires étrangères israéliennes et ridiculisant la couverture par les journalistes internationaux de la bande de Gaza et de la guerre de l’été 2014. Le dessin animé, en anglais, de 50 secondes présenté sur la page d’accueil du site du ministère des Affaires étrangères, met en scène un journaliste en direct, que ses commentaires naïfs tournent en ridicule.

Il explique comment les Gazaouis « tentent de vivre des vies tranquilles » alors qu’un homme armé lance une roquette derrière lui. Il rapporte que Gaza est en train de mettre au point le premier métro palestinien pendant que des hommes armés entrent dans le réseau de tunnels construits par le Hamas et les groupes armés palestiniens pour s’infiltrer en territoire israélien. Il affirme qu’il n’y a « pas de doute que la société palestinienne ici est libérale et pluraliste », alors qu’en arrière-plan un homme armé et encagoulé kidnappe un vendeur de rues dont le stand est décoré du drapeau homosexuel. Le film se conclut sur une jeune femme remettant une paire de lunettes au journaliste, avant que les mots « Ouvrez les yeux, le terrorisme est au pouvoir à Gaza », s’inscrivent à l’écran.

17 journalistes morts

L’animation coïncide avec la campagne engagée par le gouvernement pour défendre les agissements de l’armée israélienne lors de la guerre de l’été 2014, en prévision de la prochaine publication d’un rapport onusien dont Israël s’attend à ce qu’il lui soit très défavorable.

L’Association de la presse étrangère (FPA), qui compte environ 360 adhérents, s’est dite « surprise » et « alarmée ». « Il est déconcertant de voir que le ministère passe son temps à produire une vidéo de 50 secondes dont le but est de ridiculiser des journalistes couvrant un conflit dans lequel 2 100 Palestiniens et 72 Israéliens ont été tués », dit la FPA dans un communiqué. Et 17 journalistes sont morts en couvrant le conflit, dont un photographe italien travaillant pour Associated Press. « Le corps diplomatique israélien veut qu’on le prenne au sérieux dans le monde. Mettre en ligne des vidéos trompeuses et mal conçues sur YouTube est inapproprié, vain et fragilise le ministère, qui dit respecter la presse étrangère et sa liberté de travailler à Gaza », dit-elle. Le porte-parole des Affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a défendu le film en expliquant qu’il tournait en dérision le fait que la presse étrangère n’avait selon lui rapporté que plusieurs semaines après la fin de la guerre les méfaits du Hamas, comme les tirs de roquettes depuis des zones résidentielles et l’utilisation, « de façon criante et répétée », de civils comme boucliers humains.

Voir encore:

Guerre à Gaza : la commission d’enquête de l’ONU accuse Israël et le Hamas
Cyrille Louis
Le Figaro

22/06/2015

Un rapport dénonce les exactions commises par l’armée israélienne et l’organisation palestinienne lors de l’Operation bordure protectrice à Gaza en 2014.
Correspondant à Jérusalem

La commission indépendante chargée par l’ONU d’enquêter sur le déroulement de l’Opération bordure protectrice, du 7 juillet au 26 août 2014 dans la bande de Gaza, indique avoir recueilli «des informations substantielles mettant en évidence de possibles crimes de guerre commis à la fois par Israël et par les groupes armés palestiniens». «L’étendue des dévastations et de la souffrance humaine provoquées à Gaza est sans précédent», a dénoncé lundi Mary McGowan Davis, la présidente de cette commission, au moment de publier son rapport. Ce document de 183 pages sera débattu le 29 juin devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

«L’étendue de dévastations et de la souffrance humaine provoquées à Gaza est sans précédent»

Les auteurs de l’enquête, qui n’ont été autorisés à se rendre ni à Gaza, ni en Israël, ni dans les territoires palestiniens occupés, ont néanmoins pu interroger plus de 280 victimes et témoins de cette guerre. Ils ont également exploité quelque 500 dépositions livrées par écrit. Le ministère israélien des Affaires étrangères a d’emblée rejeté leur rapport, jugeant qu’«il a été commandé par une institution notoirement partiale». «Il est regrettable que ce document ne tienne pas compte de la différence profonde entre le comportement moral d’Israël durant l’opération Bordure protectrice, et celui des organisations terroristes auquel nous avons été confrontées», dénonce un communiqué officiel du gouvernement.

Les auteurs du rapport d’enquête rappellent que les factions armées palestiniennes ont tiré de manière indiscriminée 4881 roquettes et 1753 obus de mortier en direction d’Israël durant les 51 jours de guerre, terrorisant la population, tuant six civils et en blessant plus de 1600. Ils dénoncent aussi l’utilisation de 14 tunnels offensifs creusés pour permettre des incursions militaires sur le sol israélien. «La présence de ces infrastructures a traumatisé les civils israéliens, qui ont eu peur de pouvoir être attaqués à tout moment par des hommes armés venus du sous-sol», précisent-ils.

Mais c’est incontestablement à l’armée et aux dirigeants israéliens que la commission d’enquête réserve ses flèches les plus acérées. Elle condamne notamment l’«usage intensif d’armes conçues pour tuer et blesser sur un large périmètre». «Bien qu’elles ne soient pas illégales, leur utilisation dans des zones densément peuplées a rendu hautement probable la mort indiscriminée de civils et de combattants», écrivent les auteurs. Ils soulignent que 142 familles ont perdu au moins trois de leurs membres dans ce type de frappes. Au total, la commission affirme que 1462 civils Palestiniens, dont 551 enfants, ont trouvé la mort durant ce conflit.

«Israël ne commet pas de crimes de guerre»

S’il ne lui appartient pas de caractériser d’éventuelles infractions au droit international, la commission d’enquête dénonce le manque d’empressement de l’Etat hébreu à sanctionner ces «violations». «Israël doit rompre avec son incapacité lamentable à poursuivre les auteurs d’infractions», insiste Mary McGowan Davis, qui dénonce un climat d’«impunité». «Nous avons été très déçus d’apprendre que l’enquête criminelle ouverte après la mort de quatre enfants sur la plage de Gaza, le 16 juillet 2014, avait été classée sans suite», a-t-elle notamment dénoncé, regrettant que les nombreux journalistes présents ce jour-là n’aient pas été interrogés par l’armée israélienne.

Sans surprise, les dirigeants israéliens ont repoussé ces accusations. «Israël ne commet pas de crimes de guerre», a déclaré lundi Benyamin Nétanyahou, qui a récemment invité les Israéliens à ne pas «perdre de temps» à lire ce rapport de l’ONU. Le premier ministre a mis en doute l’honnêteté de la commission d’enquête dès sa constitution, en septembre 2014. Son gouvernement a notamment pris pour cible et obtenu la démission de son président. William Schabas, un professeur de droit canadien, a été vilipendé pour d’anciennes prises de position anti-israéliennes. Les diplomates israéliens ont depuis lors continué de faire référence à la «commission Schabas», espérant ainsi discréditer un rapport dont ils redoutaient depuis plusieurs mois les conclusions.

Voir de plus:

Washington demande à l’ONU d’ignorer le rapport « partial » de la guerre de Gaza
Le porte-parole du Département d’Etat affirme qu’il n’est pas nécessaire que le Conseil de Sécurité débatte de ce rapport
Times of Israel Staff

24 juin 2015

Le rapport de l’ONU émis à propos des possibles crimes de guerre pendant le conflit de Gaza l’été dernier ne doit pas être présenté au Conseil de sécurité ou utilisé dans d’autres travaux des Nations unies, ont exhorté les Etats-Unis mardi contestant l’équité du Conseil des droits de l’Homme (CDH) à l’origine de l’enquête.

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Le porte-parole du département d’Etat, John Kirby, a déclaré que Washington considérait le CDH comme ayant un « parti pris évident » contre Israël, ce qui ternis le rapport publié lundi, qui a accusé Israël et les membres des groupes armés palestiniens de possibles crimes de guerre lors du conflit de 50 jours l’été dernier.

« [N] ous contestons le fondement même sur lequel ce rapport a été rédigé, et nous ne croyons pas qu’il y ait un appel ou une nécessité pour tout autre travail du Conseil de sécurité sur cette

», a déclaré Kirby lors d’une conférence de presse.

« [N] ous rejetons le fondement en vertu duquel cette commission particulière d’enquête a été établie en raison de sa partialité très nette contre Israël ».

Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) devrait discuter du rapport le 29 juin et pourrait voter de l’envoyer au Conseil de sécurité qu’il poursuive l’action. Lundi, Kirby a déclaré que les Etats-Unis ne feraient pas partie de ce processus.

Lorsqu’on lui a demandé si le rapport devait être déférée à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye pour qu’elle d’enquête sur les deux parties pour crimes de guerre, Kirby a simplement répondu que les Etats-Unis ne « souten[aient] aucun autre travail de l’ONU sur ce rapport ».

La CPI a été créée par les Nations unies, mais pas directement sous son égide.

Kirby a également précisé que les États-Unis continuaient à évoquer avec Israël ses préoccupations sur la conduite de l’armée pendant la guerre de l’été dernier.

« Nous nous sommes montrés très clairs sur les problèmes que nous avions à l’époque avec l’usage de la force et nous nous sommes montrés très clairs auprès du gouvernement israélien sur nos préoccupations au sujet de ce qui se passait pendant ce conflit », a-t-il souligné.

« Nous avons un dialogue permanent avec le gouvernement d’Israël sur toutes ces sortes de choses ; le dialogue a continué et continue ».

Lundi, le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a déclaré que l’administration étudiait le rapport.

Même si Israël a un « droit à l’auto-défense », les Etats-Unis « ont exprimé sa profonde préoccupation au sujet des civils dans la bande de Gaza qui étaient en danger [pendant la guerre].

« Et nous avons exhorté toutes les parties à faire tout leur possible pour protéger les civils innocents qui ont été essentiellement pris dans les échanges de tirs de ce conflit », a déclaré Earnest. « Nous attendons d’autres conclusions du gouvernement israélien sur cette question en particulier ».

Le rapport de l’ONU, qui a constaté que les frappes aériennes israéliennes sur les bâtiments résidentiels ont causé de nombreux morts parmi les civils et les a suggéré que les dirigeants israéliens les ont sciemment mis en danger, a été fermement rejeté par les responsables israéliens.

L’une des premières réponses au rapport étaient celle du ministère des Affaires étrangères qui a déclaré que le gouvernement israélien était en train d’examiner les conclusions, mais a rejeté le mandat « moralement vicié » donné à l’UNHRC pour enquêter sur la guerre.

« Il est regrettable que le rapport ne parvienne pas à reconnaître la profonde différence entre le comportement moral d’Israël lors de l’opération Bordure protectrice et les organisations terroristes auxquelles il s’est confronté », a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Ce rapport a été commandé par une institution notoirement partiale, qui a donné un mandat évidemment partial, et a initialement été dirigé par un président grossièrement biaisé, William Schabas », a indiqué le communiqué, notant le traitement démesuré du CDH – par rapport aux principaux pays violant les droits de l’Homme comme l’Iran, la Corée du Nord et d’autres – des infractions alléguées d’Israël.

« Israël est une démocratie attachée à la primauté du droit, forcé de se défendre contre les terroristes palestiniens qui commettent un double crime de guerre : ils ciblent aveuglément des civils israéliens tout en mettant en danger de manière délibérée des civils palestiniens, dont des enfants, en les utilisant comme des boucliers humains », a conclu le communiqué israélien.

Le rapport a également constaté que des roquettes des « groupes armés palestiniens » avaient tiré aveuglément sur des civils israéliens, une constatation qui a été rejetée par le groupe terroriste du Hamas qui est de facto au pouvoir à Gaza.

Les responsables israéliens ont refusé de coopérer avec la commission d’enquête et l’ont rejetée depuis la formation du panel car ils l’ont considérée comme étant partiale et écrite à l’avance.

Schabas, le professeur juif canadien qui a d’abord dirigé la commission d’enquête du HRC, a démissionné en février en raison des accusations de partialité de la part d’Israël qui pesaient contre lui et a été remplacé par l’ancienne juge de New York Mary McGowan Davis.

AFP et Mitch Ginsburg ont contribué à cet article.

Voir par ailleurs:

Le « burn-out » des pilotes de drone de l’armée américaine
Gilles Paris (Washington, correspondant)

Le Monde

17.06.2015

La guerre des drones, privilégiée par le président des Etats-Unis, Barack Obama, pour éviter le déploiement au sol de troupes américaines dans la lutte contre des organisations terroristes, a-t-elle atteint ses limites ? Paradoxale en apparence au lendemain de l’élimination d’un haut responsable yéménite d’Al-Qaida pour la péninsule Arabique, Nasser Al-Wahishi, cette interrogation est étayée par la publication d’un article du New York Times, mercredi 17 juin, confirmant une information du site Defense One, le 18 mai, selon laquelle l’armée de l’air américaine aurait commencé à réduire le nombre quotidien de sorties de ces aéronefs sans personne à bord.

Ce nombre serait passé progressivement de 65 à 60 en raison d’un « burn-out » des pilotes de drones, sous l’effet de l’augmentation constante des demandes et de la baisse continue des effectifs. Le responsable de la base de Creech, dans le Nevada, où sont conduites les missions à distance, le colonel James Cluff, avait expliqué en mai que cette réduction visait à maintenir le groupe constitué par ces pilotes « en bon état ». Le nombre de missions (« Combat Air Patrol ») a quasiment doublé entre 2008 et 2014. Selon les chiffres donnés par le quotidien new-yorkais, les Predator et Reaper ont effectué 3 300 sorties et tiré 875 missiles depuis le mois d’août.

Alors que la base de Creech est visée régulièrement par des manifestations pacifistes, le New York Times rappelle qu’un rapport du Pentagone, en 2013, avait montré que les pilotes de drones subissaient les mêmes pressions psychologiques que les pilotes d’avions de guerre.

Stress lié à la crainte des dommages collatéraux

Une nouvelle enquête interne non publiée ferait apparaître l’importance du stress lié à la crainte des dommages collatéraux des frappes alors que, selon le responsable de la base, la juxtaposition des tâches de la vie quotidienne et des missions de combat produit déjà de nouvelles formes de tensions psychologiques.

L’épuisement des équipes chargées de ces missions s’ajoute aux interrogations sur leur portée. S’exprimant, début juin, au cours d’une conférence à Washington, un ancien responsable de la CIA estimait que le recours massif aux drones permettait « au mieux de tondre la pelouse », c’est-à-dire décapiter régulièrement les organisations visées sans les désorganiser durablement. Si la légalité de ces assassinats extrajudiciaires ne fait plus l’objet de véritables débats depuis longtemps, c’est donc bien leur efficacité qui pose question même si la Maison Blanche met régulièrement en avant la menace permanente que constituent les drones pour les responsables de groupes terroristes, notamment au Yémen.

Le recours massif aux frappes de drones avait été développé initialement par l’armée israélienne au cours de la seconde intifada. Il avait permis la mise hors combat de dizaines de miliciens et de responsables politiques, notamment à Gaza, sans pour autant parvenir à affaiblir durablement leurs organisations. La première frappe de drone répertoriée au Yémen avait été conduite le 3 novembre 2002. Elles se sont multipliées depuis sans contrecarrer l’implantation des djihadistes.

 Voir enfin:

CREECH AIR FORCE BASE, Nev. — After a decade of waging long-distance war through their video screens, America’s drone operators are burning out, and the Air Force is being forced to cut back on the flights even as military and intelligence officials are demanding more of them over intensifying combat zones in Iraq, Syria and Yemen.

The Air Force plans to trim the flights by the armed surveillance drones to 60 a day by October from a recent peak of 65 as it deals with the first serious exodus of the crew members who helped usher in the era of war by remote control.

Air Force officials said that this year they would lose more drone pilots, who are worn down by the unique stresses of their work, than they can train.

“We’re at an inflection point right now,” said Col. James Cluff, the commander of the Air Force’s 432nd Wing, which runs the drone operations from this desert outpost about 45 miles northwest of Las Vegas.

The reduction could also create problems for the C.I.A., which has used Air Force pilots to conduct drone missile attacks on terrorism suspects in Pakistan and Yemen, government officials said. And the slowdown comes just as military advances by the Islamic State have placed a new premium on aerial surveillance and counterattacks.

Some top Pentagon officials had hoped to continue increasing the number of daily drone flights to more than 70. But Defense Secretary Ashton B. Carter recently signed off on the cuts after it became apparent that the system was at the breaking point, Air Force officials said.

The biggest problem is that a significant number of the 1,200 pilots are completing their obligation to the Air Force and are opting to leave. In a recent interview, Colonel Cluff said that many feel “undermanned and overworked,” sapped by alternating day and night shifts with little chance for academic breaks or promotion.

At the same time, a training program is producing only about half of the new pilots that the service needs because the Air Force had to reassign instructors to the flight line to expand the number of flights over the past few years.

Colonel Cluff said top Pentagon officials thought last year that the Air Force could safely reduce the number of daily flights as military operations in Afghanistan wound down. But, he said, “the world situation changed,” with the rapid emergence of the Islamic State, and the demand for the drones shot up again.

Officials say that since August, Predator and Reaper drones have conducted 3,300 sorties and 875 missile and bomb strikes in Iraq against the Islamic State.

What had seemed to be a benefit of the job, the novel way that the crews could fly Predator and Reaper drones via satellite links while living safely in the United States with their families, has created new types of stresses as they constantly shift back and forth between war and family activities and become, in effect, perpetually deployed.

“Having our folks make that mental shift every day, driving into the gate and thinking, ‘All right, I’ve got my war face on, and I’m going to the fight,’ and then driving out of the gate and stopping at Walmart to pick up a carton of milk or going to the soccer game on the way home — and the fact that you can’t talk about most of what you do at home — all those stressors together are what is putting pressure on the family, putting pressure on the airman,” Colonel Cluff said.

While most of the pilots and camera operators feel comfortable killing insurgents who are threatening American troops, interviews with about 100 pilots and sensor operators for an internal study that has not yet been released, he added, found that the fear of occasionally causing civilian casualties was another major cause of stress, even more than seeing the gory aftermath of the missile strikes in general.

A Defense Department study in 2013, the first of its kind, found that drone pilots had experienced mental health problems like depression, anxiety and post-traumatic stress disorder at the same rate as pilots of manned aircraft who were deployed to Iraq or Afghanistan.

Trevor Tasin, a pilot who retired as a major in 2014 after flying Predator drones and training new pilots, called the work “brutal, 24 hours a day, 365 days a year.”

The exodus from the drone program might be caused in part by the lure of the private sector, Mr. Tasin said, noting that military drone operators can earn four times their salary working for private defense contractors. In January, in an attempt to retain drone operators, the Air Force doubled incentive pay to $18,000 per year.

Another former pilot, Bruce Black, was part of a team that watched Abu Musab al-Zarqawi, the founder of Al Qaeda in Iraq, for 600 hours before he was killed by a bomb from a manned aircraft.

“After something like that, you come home and have to make all the little choices about the kids’ clothes or if I parked in the right place,” said Mr. Black, who retired as a lieutenant colonel in 2013. “And after making life and death decisions all day, it doesn’t matter. It’s hard to care.”

Colonel Cluff said the idea behind the reduction in flights was “to come back a little bit off of 65 to allow some breathing room” to replenish the pool of instructors and recruits.

The Air Force also has tried to ease the stress by creating a human performance team, led by a psychologist and including doctors and chaplains who have been granted top-secret clearances so they can meet with pilots and camera operators anywhere in the facility if they are troubled.

Colonel Cluff invited a number of reporters to the Creech base on Tuesday to discuss some of these issues. It was the first time in several years that the Air Force had allowed reporters onto the base, which has been considered the heart of the drone operations since 2005.

The colonel said the stress on the operators belied a complaint by some critics that flying drones was like playing a video game or that pressing the missile fire button 7,000 miles from the battlefield made it psychologically easier for them to kill. He also said that the retention difficulties underscore that while the planes themselves are unmanned, they need hundreds of pilots, sensor operators, intelligence analysts and launch and recovery specialists in foreign countries to operate.

Some of the crews still fly their missions in air-conditioned trailers here, while other cockpit setups have been created in new mission center buildings. Anti-drone protesters are periodically arrested as they try to block pilots from entering the base, where signs using the drone wing’s nickname say, “Home of the Hunters.”

Un commentaire pour Gaza: Ne jamais rappeler son imbécilité à un imbécile (Lesson in cartooning: Israeli Foreign Ministry pulls cartoon that angered foreign press)

  1. mobile-basketball-hoops

    Gaza: Ne jamais rappeler son imbécilité à un imbécile (Lesson in cartooning: Israeli Foreign Ministry pulls cartoon that angered foreign press) | jcdurbant

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