Nucléaire iranien: Plus ça change … (Surprise! Iran’s Persian statement on ‘deal’ turns out to contradict Obama’s claims)

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Les faucons affirment (…) que le président Ahmadinejad a déclaré vouloir “rayer Israël de la carte”. Mais cet argument repose sur une mauvaise traduction de ses propos. La traduction juste est qu’Israël “devrait disparaître de la page du temps”. Cette expression (empruntée à un discours de l’ayatollah Khomeiny) n’est pas un appel à la destruction physique d’Israël. Bien que très choquant, son propos n’était pas un appel à lancer une attaque, encore moins une attaque nucléaire, contre Israël. Aucun État sensé ne peut partir en guerre sur la foi d’une mauvaise traduction. John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt (2007)
Si des pays comme l’Iran sont prêts à desserrer le poing, ils trouveront une main tendue de notre part. Barack Hussein Obama (27.01.09)
Let there be no doubt: America is determined to prevent Iran from getting a nuclear weapon, and I will take no options off the table to achieve that goal. Barack Hussein Obama (24.01.12)
 Aujourd’hui, les estimations indiquent que l’Iran est à seulement deux ou trois mois de l’acquisition des matières premières qui pourraient être utilisées pour produire une seule bombe nucléaire. En vertu de cet accord, l’Iran a accepté de ne pas stocker les matériaux nécessaires pour construire une arme. Même s’il violait l’accord, pour les dix prochaines années au moins, l’Iran serait à un minimum d’un an de l’acquisition d’assez de matériaux pour fabriquer une bombe. (…) L’Iran a donné son accord pour un régime de transparence et les inspections les plus approfondies jamais négociées dans l’histoire des programmes nucléaires. Si l’Iran triche, le monde le saura. (…)  C’est un bon accord qui répond à nos objectifs fondamentaux, y compris des limites strictes sur le programme de l’Iran afin de couper toutes les voies que Téhéran pourrait prendre pour développer une arme nucléaire. (…) Puisque le chef suprême de l’Iran a émis une fatwa contre le développement des armes nucléaires, ce cadre donne à l’Iran la possibilité de vérifier que son programme est bien pacifique. Barack Hussein Obama (2015)
In return for Iran’s actions, the international community, including the United States, has agreed to provide Iran with phased relief from certain sanctions. If Iran violates the deal, sanctions can be snapped back into place (…) —even though that’s always led to Iran making more progress in its nuclear program … Barack Hussein Obama
A l’époque, pendant que nous étions en train de discuter avec les Européens à Téhéran, nous installions des équipements dans certaines parties d’Ispahan, et le projet était sur le point d’être complété. En réalité, c’est en créant un climat de sérénité, que nous avons pu achever Ispahan. Hassan Rohani (03.11.03)
Israël doit disparaître (…) Israël est une vieille blessure sur le corps du monde musulman. Hassan Rohani (2013)
Les grandes puissances ont reconnu à l’Iran le droit à l’enrichissement (…) Certains pensent qu’il faut soit se battre avec le monde, soit se rendre face aux grandes puissances. Nous croyons à une troisième option, nous pouvons coopérer avec le monde. Hassan Rohani (2015)
What has been released by the website of the White House as a fact sheet is a one-sided interpretation of the agreed text in Geneva and some of the explanations and words in the sheet contradict the text of the Joint Plan of Action (the title of the Iran-powers deal), and this fact sheet has unfortunately been translated and released in the name of the Geneva agreement by certain media, which is not true. Marziyeh Afkham (Foreign Ministry spokeswoman, 26.11.13)
The White House version both underplays the concessions and overplays Iranian commitments (…) Why don’t we all stick to what we agreed to ? Why do we need to produce different texts ? (…) The terminology is different. The White House tries to portray it as basically a dismantling of Iran’s nuclear program. That is the word they use time and again (…) And I urge you to read the entire text. If you find a single, a single word, that even closely resembles dismantling or could be defined as dismantling in the entire text, then I would take back my comment. (…) What Iran has agreed is not to enrich above 5%. We did not agree to dismantle anything. Javad Zarif (Iranian foreign minister, 23.01.14)
We expected that the Iranians would need to spin this for their domestic political purposes, and are not surprised they are doing just that. Senior Obama administration official (23.01.14)
La victoire résidera dans la lutte entre les différentes interprétations. Javan (journal iranien proche des Gardiens de la révolution)
Le poing que l’Iran a agité à la face du Grand Satan, n’est pas encore complètement relâché. Mais les doigts se détendent, et l’accord, bien qu’incomplet, laisse la possibilité qu’ils se transforment en poignée de main. NYT
Just hours after the announcement of what the United States characterized as a historic agreement with Iran over its nuclear program, the country’s leading negotiator lashed out at the Obama administration for lying about the details of a tentative framework. Iranian Foreign Minister Javad Zarif accused the Obama administration of misleading the American people and Congress in a fact sheet it released following the culmination of negotiations with the Islamic Republic. (…) The pushback from Iran’s chief diplomat follows a pattern of similar accusations by senior Iranian political figures after the announcement of previous agreements. Following the signing of an interim agreement with Iran aimed at scaling back its nuclear work, Iran accused the United States of lying about details of the agreement. Free Beacon
It only took North Korea 12 years to get a nuclear weapon from the time we reached the agreed framework in 1994 to the time they tested their first weapon in 2006. Tom Cotton
La Corée du Nord a appris au monde qu’au poker nucléaire la folie feinte vous vaut de l’aide étrangère ou l’attention planétaire — du fait que même la certitude qu’on a affaire à un bluff à 99% reste suffisante pour effrayer les opinions publiques occidentales. La Corée du nord est le proverbial envieux psychopathe du quartier qui agresse constamment ses voisins prospères d’à côté, en partant du principe que les voisins ne pourront manquer de prendre en compte ses menaces aussi sauvages qu’absurdes parce qu’il n’a rien et qu’ils ont tout à perdre. (…) L’Iran pourrait reprendre à l’infini le modèle de Kim — menaçant une semaine de rayer Israël de la carte, faisant machine arrière la semaine d’après sous prétexte de problèmes de traduction. L’objectif ne serait pas nécessairement de détruire Israël (ce qui vaudrait à l’Iran la destruction de la culture persane pour un siècle), mais d’imposer une telle atmosphère d’inquiétude et de pessimisme à l’Etat juif que son économie en serait affaiblie, son émigration en serait encouragée et sa réputation géostratégique en serait érodée. La Corée du nord est passée maître dans de telles tactiques de chantage nucléaire. A certains moments, Pyongyang a même réussi à réduire les deux géants asiatiques – Japon et Corée du Sud – à la quasi-paralysie. (…) Un Iran nucléaire n’aurait à s’inquiéter ni d’un ennemi existentiel avec une population d’un milliard d’habitants à côté tel que l’Inde ni d’un mécène tout aussi peuplé comme la Chine susceptible d’imposer des lignes rouges à ses crises de folie périodiques. Téhéran serait libre au contraire de faire et de dire ce qu’il veut. Et son statut de puissance nucléaire deviendrait un multiplicateur de force pour son énorme richesse pétrolière et son statut auto-proclamé de leader mondial des musulmans chiites. Si la Corée du Nord est un danger, alors un Iran nucléaire plus gros, plus riche et sans dissuasion serait un cauchemar. Victor Davis Hanson
Like so many things in in life, one can learn a lot from Saddam Hussein. (…) Following the war (…) The authorities that the Security Council mandated for UNSCOM and IAEA inspectors to verify Iraq’s disarmament were extraordinary and probably well beyond anything Iran will accept. In essence, inspectors could go anywhere in Iraq, interview anyone, fly their own aircraft and helicopters, install sensors or cameras anywhere, take possession of documents, etc. (…) And yet, with all of these authorities and tools, we were unable to complete the tasks given by the Security Council. UNSCOM and the IAEA after more than seven years of operations inside Iraq could not verify that Saddam had completely disarmed. Ironically, we later learned, Saddam had, eventually, pretty much given up his WMD program by 1997-98. But we could not verify his claims, and by that time no one was giving him the benefit of the doubt. Moreover, as he told us in debriefings, he retained the intent to restart the programs once conditions permitted. In practice, Saddam (…) pursued two tracks—one of grudging incremental revelations about WMD and the second track was the divide the Security Council and cause sanctions to erode. (…) Indeed, almost from the start, some members of the Security Council were in close consultation with Iraq. Some had longstanding business relations with Saddam—especially France and Russia. In manipulating the Security Council, Saddam applied the same tactics to countries as he did to individuals. He offered reward or punishment. He gave some members a stake in his survival. We know all this from debriefings of Saddam and his top lieutenants following the 2003 war as well as from the regime documents we obtained, particularly those concerning disbursement of oil allocations during the so-called Oil-for-Food program. (…) Iran will have learned from Saddam’s experience too. Tehran will know that support can be bought in the Security Council. Tehran will know that some countries have an immediate financial interest that Tehran can exploit. And some Council members will have a political incentive to build a relationship with Iran. The leaders in Iran, like Saddam in Iraq, play a long game. So do the Russians. (…) If I were John Kerry, I would not want to be defending a deal that depends upon Vladimir Putin. Charles Duelfer
Iran’s habit of lulling the world with a cascade of small infractions is an ingenious way to advance its program without provoking a crisis. A year may simply not be enough time to build an international consensus on measures to redress Iranian violations. Michael Hayden, Olli Heinonen and Ray Takeyh (former CIA director, former IAEA deputy chief and Iran expert)
After negotiations with North Korea (shortened here to “NK”)—and after the CIA reports that NK has separated enough plutonium for one or two nuclear weapons—the U.S. and NK in 1994 sign the Agreed Framework in Geneva. With NK promising to eliminate its ability to produce nuclear weapons, the Agreed Framework is hailed as a major diplomatic triumph for the Clinton presidency. Through 1996-97, the U.S. negotiates with NK over ballistic-missile proliferation. (…) In October 2002, the U.S. says North Korea has admitted it has had a secret program to enrich weapons-grade uranium. (…) North Korea then cuts the IAEA seals on its nuclear factories, withdraws from the Non-Proliferation treaty and restarts a nuclear reactor. Talks resume in Beijing in April 2003. North Korea says it possesses nuclear weapons—but will dismantle its “nuclear facility” in return for fuel oil and food. In February 2005, NK’s foreign ministry says again that it has produced nuclear weapons. Months later, the Koreans now say they are willing to abandon “all nuclear weapons” and rejoin the nonproliferation treaty. A new round of talks begin. (…) In October, North Korea explodes a nuclear device in an underground test. (…)  NK says it is no longer “bound” by any agreements. On May 25, 2009, North Korea conducts its second underground nuclear test. (…) In November 2010, NK announces it has a 2,000-centrifuge uranium enrichment factory. In early 2012, the Obama administration offers to give 240,000 metric tons of food in return for “strict monitoring.” (…) In early 2013, a monitoring group detects activity with “explosion-like characteristics” at North Korea’s underground test site. (…) Last November, Russian Foreign Minister Sergei Lavrov said that North Korea is ready to the resume six-party talks. Every member of the Senate should read the full 81-page chronology. North Korea proves, irrefutably, that the “talks” model, absent credible measures of coercion or threat, won’t work. Iran knows it has nuclear negotiators’ immunity: No matter how or when Iran debauches any agreement, the West, abjectly, will request—what else?—more talks. Iran’s nuclear-bomb and ballistic-missile programs will go forward, as North Korea’s obviously did, no matter what. Bret Stephens
Les Russes ont réagi à la vitesse de l’éclair, dès l’accord de Lausanne sur le nucléaire conclu. Puisque cet accord est conclu, puisque le nucléaire militaire iranien n’est plus considéré comme une possibilité, qu’il est en principe sur la voie d’être enterré, qu’est-ce qui justifie encore l’installation du réseau anti-missiles US en Europe (…), lequel fut officiellement lancé et développé contre une menace iranienne principalement ? (…) La rapidité de réaction de communication des Russes à peine l’accord de Lausanne bouclé pour faire ressortir l’affaire du réseau BMDE témoigne, outre leur maîtrise de la communication, de plusieurs points essentiels. Tous ces points ne sont pas que de simples constats, ils sont promis à un développement dans l’avenir et pourraient aggraver un cas ou l’autre, – une crise ou l’autre, – montrant par là qu’il est, aujourd’hui, dans le cadre de la crise d’effondrement du Système, absolument impossible de résoudre une crise seule, d’une façon indépendante, – si tant est que la crise du nucléaire iranien soit complètement et vraiment résolue, ce qui reste à voir. Justement, comme on va le voir, toutes les crises sont liées, interconnectées, dépendantes les unes des autres. (…) Le troisième point est l’attitude des Russes vis-à-vis de l’Iran à l’ombre de l’affaire du BMDE. Nul doute qu’ils vont activer, en même temps que certaines sanctions devraient être levées, leur démarche consistant à finalement livrer des S-300 de défense aérienne à l’Iran, dans le cadre du marché qu’ls avaient d’abord refuse d’honorer (à cause des sanctions, du temps de Medvedev, en 2009), et qu’ils proposeraient finalement d’honorer. Mais on devrait aller bien au-delà des S-300, et les Russes devraient effectivement proposer des S400 beaucoup plus avancés. (…) C’est une question d’abord commerciale, certes, mais, désormais, surtout stratégique. Les Russes feront tout pour renforcer la défense des Iraniens contre toute menace stratégique, à la fois pour réduire encore plus l’argument des BMDE mais aussi pour contrecarrer les menaces qui continuent à se développer d’une éventuelle frappe contre l’Iran, – des Israéliens, mais aussi des USA dans des cas extrêmes. Bref, les Russes feront tout pour renforcer la défense de l’Iran dans la balance stratégique face au bloc BAO, dans un cadre général stratégique où, à cause du réseau BMDE qui continue à se développer, ils doivent jouer à fond la carte du renforcement stratégique de l’Iran. D’autre part, certes, ils doivent tout faire pour renforcer leurs liens stratégiques avec l’Iran, et cela devrait commencer par l’admission comme membre effectif de l’Iran à l’Organisation de Coopération de Shanghai, en juillet prochain. Le paradoxe est ainsi que la résolution possible/probable de la crise iranienne pourrait conduire, sinon devrait conduire à un renforcement notable des tensions stratégiques générales du bloc BAO avec la Russie, notamment à partir de la crise ukrainienne qui en est son point de fixation central. L’Iran, “libéré” des contraintes internationales, et s’il l’est officiellement, va désormais être sollicité par les évènements eux-mêmes pour jouer un jeu important dans les grandes crises en cours. Certes, on pense naturellement et irrésistiblement à la crise générale et confuse du Moyen-Orient, mais c’est un aspect très opérationnel. Nous pensons surtout à l’aspect d’une grande stratégie diplomatique et de communication, et c’est vers le Nord et vers le Nord-Est que l’Iran va être sollicité, vers l’axe Moscou-Pékin, vers l’OCS ; et également vers des crises comme celles de l’Ukraine et les autres qui opérationnalisent le grand schisme entre le bloc BAO et les autres. L’Iran ne pourra pas observer une neutralité dans ce cas, il devra choisir son camp. On a vu (…) que ce n’est pas le camp du bloc BAO qui nous paraît le choix probable de l’Iran. Dedefensa
Les résolutions du Conseil de sécurité exigeaient l’arrêt des centrifugeuses. Aujourd’hui, on accorde à l’Iran le droit d’en conserver 6 000. Donc, petit à petit, les Iraniens, qui ne sont pas sur une même échelle du temps que les démocraties occidentales, obtiennent des concessions diplomatiques réelles et cruciales, tout en violant les lois internationales. Jean-Sylvestre Mongrenier
The first thing to know about the highly hyped “historic achievement” that President Obama is trying to sell is that there has been no agreement on any of the fundamental issues that led to international concern about Iran’s secret nuclear activities and led to six mandatory resolutions by the United Nations Security Council and 13 years of diplomatic seesaw. All we have is a number of contradictory statements by various participants in the latest round of talks in Switzerland, which together amount to a diplomatic dog’s dinner. (…) It is not only in their length that the texts differ. They amount to different, at times starkly contradictory, narratives. The Mogherini and French texts are vague enough to be ultimately meaningless, even as spin. The Persian text carefully avoids words that might give the impression that anything has been agreed by the Iranian side or that the Islamic Republic has offered any concessions. The Iranian text is labelled as a press statement only. The American text, however, pretends to enumerate “Parameters for a Joint Comprehensive Plan of Action” and claims key points have been “decided.” What remains to be done is work out “implementation details. » (…) Obama is playing a bizarre game that could endanger regional peace and threaten the national security of the US and its allies. He insisted that Kerry secure “something, anything” before April 14 to forestall the US Congress’ planned moves on Iran. He also wanted to stick it to Netanyahu, settle scores with Republicans, and please his faction within the Democratic Party; in other words, taking strategic risks with national security and international peace in the pursuit of dubious partisan gains. Amir Taheri

Attention: un déjà vu peut en cacher un autre !

Différences de longueur (291 en anglais pour la version irano-européenne, 512 pour la version persane, 231 pour la française, 1,318 pour l’américaine), différences de contenu (modèle de vacuité pour les versions irano-européenne ou française, « étonnantes spécificité et exhaustivité » du côté américain), différences d’étiquetage (simple « communiqué de presse » pour les Iraniens, « Paramètres d’un Plan d’action conjoint et exhaustif » pour les Américains), différences syntaxiques (réduction, dans la version persane, de tout ce que la version américaine présente comme des « décisions » à des spéculations impersonnelles pour ce qui pourrait apparaitre comme des concessions iraniennes, précision persane au contraire pour les concessions occidentales), oppositions diamétrales (arrêt contre continuation de l’utilisation de centrifugeuses avancées, démantèlement contre modernisation du réacteur d’Arak, levée progressive contre immédiate des sanctions), disparitions pures et simples (supervision sur 10, 15 ou même 25 ans annoncées par les Obama et Kerry eux-même disparaissant totalement des versions persane, italienne et française), flagrantes contre-vérités (les 800 centrifugeuses iraniennes du début du premier mandat du président américain passant mystérieusement dans sa bouche à 6 000, toutes les voies coupées pour atteindre une bombe atomique qui pourraient néanmoins permettre l’obtention de celle-ci en un an, la fausse alternative entre la reddition préemptive actuelle et la guerre) …

Au lendemain d’un prétendu accord

Que tant le prétendu chef du Monde libre que ses thuriféraires …

Nous avaient vendu comme « historique » et « modèle de succès de la diplomatie multilatérale » ayant « toutes les chances d’être encore enseigné dans trente ans au sein des universités de sciences politiques du monde entier »  …

A coup de « plus inspecté que n’importe quel autre pays dans le monde » et d’ « aucun pays au monde n’a accepté de telles restrictions en matière nucléaire » …

Avec son imparable pièce maitresse de sanctions qu’il suffit en cas de tricherie de remettre en place même si bien sûr on sait qu’elles sont inefficaces

Et contre lequel étaient censés se « déchainer » les conservateurs de tout poil alors que « les détails ne sont pas connus avant l’échéance du 30 juin »…

Alors que quelques heures à peine après ledit accord, les négociateurs iraniens accusaient déjà comme ils l’avaient fait il y a deux ans la Maison Blanche de mensonges sur la teneur exacte des termes du prétendu accord …

Et que Moscou attend son tour pour demander le démantèlement du bouclier antimissile européen et renforcer contre d’éventuelles frappes israéliennes ou occidentales la défense anti-aérienne iranienne …

Comment ne pas voir avec l’iranologue Tamer Aheri …

Derrière l’étrange impression de déjà vu munichois que les plus indécrottables des néoconservateurs avaient osé évoquer …

Comme d’un certain accord-cadre nord-coréen dont un certain président Clinton nous avait il y a onze ans dit tant de bien …

Et sans parler, concernant l’autre pièce maitresse du système, du fiasco lui aussi historique des inspections contre l’Irak de Saddam

La routine à présent bien rodée, après bientôt treize ans d’âpres négociations et pas moins de six résolutions contraignantes de l’ONU, de maitres-casuistes …

A qui on s’en souvient on devait déjà l’incomparable poésie d’un Israël …

Qui ne devait pas être « rayé de la carte » comme une traduction fautive nous l’avait un temps fait croire …

Mais tout simplement… « disparaitre de la page du temps » ?

Iran’s Persian statement on ‘deal’ contradicts Obama’s claims

Amir Taheri

April 4, 2015

“Iran Agrees to Detailed Nuclear Outline,” The New York Times headline claimed on Friday. That found an echo in the Washington Post headline of the same day: “Iran agrees to nuclear restrictions in framework deal with world powers.”

But the first thing to know about the highly hyped “historic achievement” that President Obama is trying to sell is that there has been no agreement on any of the fundamental issues that led to international concern about Iran’s secret nuclear activities and led to six mandatory resolutions by the United Nations Security Council and 13 years of diplomatic seesaw.

All we have is a number of contradictory statements by various participants in the latest round of talks in Switzerland, which together amount to a diplomatic dog’s dinner.

First, we have a joint statement in English in 291 words by Iranian Foreign Minister Muhammad Javad Zarif and the European Union foreign policy point-woman Federica Mogherini, who led the so-called P5+1 group of nations including the US in the negotiations.

Next we have the official Iranian text, in Persian, which runs into 512 words. The text put out by the French comes with 231 words. The prize for “spinner-in-chief” goes to US Secretary of State John Kerry who has put out a text in 1,318 words and acts as if we have a done deal.

It is not only in their length that the texts differ.

They amount to different, at times starkly contradictory, narratives.

The Mogherini and French texts are vague enough to be ultimately meaningless, even as spin.

The Persian text carefully avoids words that might give the impression that anything has been agreed by the Iranian side or that the Islamic Republic has offered any concessions.

The Iranian text is labelled as a press statement only. The American text, however, pretends to enumerate “Parameters for a Joint Comprehensive Plan of Action” and claims key points have been “decided.” What remains to be done is work out “implementation details.”

When referring to what Iran is supposed to do, the Iranian text uses a device of Persian grammar known as “nakarah,” a form of verbs in which the authorship of a deed remains open to speculation.

For example: “ It then happened that . . .” or “that is to be done.”

But when it comes to things the US and allies are supposed to do, the grammatical form used is “maerfah” which means the precise identification of the author.

This is an example of the first form: “The nuclear facilities at Fordow shall be developed into a center for nuclear research and advanced Physics.” It is not clear who is going to do those things, over what length of time, and whether that would be subject to any international supervision

An example of the second form: “The United Nations shall abrogate its previous resolutions while the United States and the European Union will immediately lift sanctions [imposed on] financial, banking, insurance, investment and all services related to oil, gas, petrochemicals and car industry.”

The Iranian text opens by insisting that it has absolutely no “legal aspect” and is intended only as “a guideline for drafting future accords.”

The American text claims that Iran has agreed to do this or that, for example reducing the number of centrifuges from 19,000 to 6,500.

The Iranian text, however, says that Iran “shall be able to . . .” or “qader khahad boud” in Farsi to do such a thing. The same is true about enrichment in Fordow. The Americans say Iran has agreed to stop enrichment there for 15 years. The Iranian text, however, refers to this as something that Iran “will be able to do,” if it so wished.

Sometimes the two texts are diametrically opposed.

The American statement claims that Iran has agreed not to use advanced centrifuges, each of which could do the work of 10 old ones. The Iranian text, however, insists that “on the basis of solutions found, work on advanced centrifuges shall continue on the basis of a 10-year plan.”

The American text claims that Iran has agreed to dismantle the core of the heavy water plutonium plant in Arak. The Iranian text says the opposite. The plant shall remain and be updated and modernized.

In the past two days Kerry and Obama and their apologists have been all over the place claiming that the Iranian nuclear project and its military-industrial offshoots would be put under a kind of international tutelage for 10, 15 or even 25 years.

However, the Persian, Italian and French texts contain no such figures.

The US talks of sanctions “ relief” while Iran claims the sanctions would be “immediately terminated.”

The American text claims Tehran has agreed to take measures to reassure the international community on military aspects of its nuclear project, an oblique reference to Iran’s development, with help from North Korea, of missiles designed to carry nuclear warheads. There is absolutely no echo of that in the Iranian and other non-American texts.

In his jubilatory remarks in the Rose Garden Thursday, Obama tried to sell the Americans a bill of goods.

He made three outrageous claims.

The first was that when he became president Iran had “ thousands of centrifuges” which would now be cut down to around 6,000. In fact, in 2008, Iran had only 800 centrifuges. It was on Obama’s watch and because of his perceived weakness that Iran speeded up its nuclear program.

The second claim was that thanks to the scheme he is peddling “all of Iran’s paths” to developing a nuclear arsenal would be blocked. And, yet, in the same remarks he admitted that even if the claimed deal is fully implemented, Iran would still be able to build a bomb in just a year, presumably jumping over the “blocked paths.”

Obama’s worst claim was that the only alternative to his attempts at surrendering to the obnoxious Khomeinist regime would be US involvement in “another ground war in the Middle East.”

He ignores the fact that forcing Iran through diplomatic action, sanctions and proximity pressures to abide by six UN resolutions could also be regarded as an alternative. In other words, preemptive surrender is not the only alternative to war.

Obama is playing a bizarre game that could endanger regional peace and threaten the national security of the US and its allies. He insisted that Kerry secure “something, anything” before April 14 to forestall the US Congress’ planned moves on Iran.

He also wanted to stick it to Netanyahu, settle scores with Republicans, and please his faction within the Democratic Party; in other words, taking strategic risks with national security and international peace in the pursuit of dubious partisan gains.

Voir aussi:

Iranian official on nuke deal: ‘We did not agree to dismantle anything’
Tom Cohen

CNN
January 23, 2014

(CNN) — Iranian Foreign Minister Mohammad Javad Zarif insisted Wednesday that the Obama administration mischaracterizes concessions by his side in the six-month nuclear deal with Iran, telling CNN in an exclusive interview that « we did not agree to dismantle anything. »

Zarif told CNN Chief National Security Correspondent Jim Sciutto that terminology used by the White House to describe the agreement differed from the text agreed to by Iran and the other countries in the talks — the United States, Britain, France, Russia, China and Germany.

« The White House version both underplays the concessions and overplays Iranian commitments » under the agreement that took effect Monday, Zarif said in Davos, Switzerland, where he was attending the World Economic Forum.

As part of the accord, Iran was required to dilute its stockpile of uranium that had been enriched to 20%, well above the 5% level needed for power generation but still below the level for developing a nuclear weapon.

In addition, the deal mandated that Iran halt all enrichment above 5% and « dismantle the technical connections required to enrich above 5%, » according to a White House fact sheet issued in November after the initial agreement was reached.

Zarif accused the Obama administration of creating a false impression with such language.

« The White House tries to portray it as basically a dismantling of Iran’s nuclear program. That is the word they use time and again, » he said, urging Sciutto to read the actual text of the agreement. « If you find a single, a single word, that even closely resembles dismantling or could be defined as dismantling in the entire text, then I would take back my comment. »

He repeated that « we are not dismantling any centrifuges, we’re not dismantling any equipment, we’re simply not producing, not enriching over 5%. »

« You don’t need to over-emphasize it, » Zarif said of the White House language. A separate summary sent out by the White House last week did not use the word dismantle.

In an interview with CNN’s Fareed Zakaria on Wednesday, Iranian President Hassan Rouhani echoed Zarif’s statement, saying the government will not destroy existing centrifuges. However, he added: « We are ready to provide confidence that there should be no concern about Iran’s program. »

Responding to Zarif’s comments to CNN, a senior administration official said « we expected that the Iranians would need to spin this for their domestic political purposes, and are not surprised they are doing just that. »

Iranian and U.S. officials have tried to sell the nuclear agreement to domestic opponents in their respective countries who could scuttle it.

Iranian officials have called the interim pact a victory and said it failed to halt the nation’s nuclear development program, while U.S. officials say the agreement essentially froze Iran’s nuclear program and rolled back some capabilities.

Zarif noted the political pressure facing both sides, which includes a push in Congress for more sanctions against Iran that Tehran warns would destroy any chance for success in talks on a long-range nuclear agreement intended to prevent development of an Iranian nuclear weapon.

« All of us are facing difficulties and oppositions and concerns and misgivings, » he said, noting he had been summoned Wednesday to Iran’s parliament to answer questions.

Asked about his relationship with Secretary of State John Kerry, Zarif called it « very difficult because we’re both going into these negotiations with a lot of baggage. »

Progress has been made, he said, but « it’s yet too early to talk about trust. »

Zarif and Rouhani traveled to Switzerland for annual gathering of world political and business leaders in Davos as a new round of Syrian talks started in Montreux before moving to Geneva.

Iran, a major backer of Syrian President Bashar al-Assad, was invited to the Syrian talks by U.N. Secretary General Ban Ki-moon, then disinvited under pressure from the United States because Tehran refused to endorse conditions in a previous agreement setting up the talks.

« We do not like the way Iran was treated, » he said, adding « it did not enhance the credibility of the United Nations or the office of the Secretary General. »

Zarif expressed hope that the Syrian talks could succeed, but he criticized Syrian opposition groups and their supporters that opposed Iran’s participation in the talks for what he called spreading extremism and trying to impose their will on the Syrian people.

He explained Iran’s support for the Syrian government, a longtime ally, by saying « Iran finds itself in a situation where we see the very prominent and serious danger of terrorism, extremism, sectarian tension being fed from outside and creating a very dangerous environment in Syria. »

To Zarif, an agreement among Syrians that brings a democratically elected government is the only solution, and he dismissed concerns that a free and fair vote would be impossible with al-Assad in power and running as a candidate.

Kerry said earlier Wednesday in Montreux that there was « no way » al-Assad will be part of a transitional government sought by the Geneva talks.

« Why don’t we talk about it? » Zarif asked. « And why don’t we allow the Syrians to talk about how they can conduct a free and fair election? Why do people need to set an agenda and impose their agenda on the Syrian people? »

Sciutto also asked Zarif about his visit last week to lay a wreath at the grave of Hezbollah leader Imad Mugniyah in Lebanon.

The United States condemned the gesture, saying Mugniyah was « responsible for heinous acts of terrorism that killed hundreds of innocent people, including Americans, » said a statement by National Security Council spokesperson Caitlin Hayden.

Zarif responded that his visit should be seen in the same context as the U.S. delegation that attended the recent funeral of Ariel Sharon, the former Israeli leader who was defense minister when mass killings occurred at refugee camps under his command in 1982.

« It’s a decision based on national perceptions and national beliefs, » he said, describing Mugniyah as a revered figure for resisting Israeli occupation while calling Sharon responsible for the massacre of Palestinians and Lebanese in the Sabra and Shatila camps.

« I believe Sabra and Shatila were crimes against humanity, » Zarif said.

 Voir également:

Prominent Iranian Analyst, Author, And Columnist Amir Taheri: Nobody Has Actually Seen Khamenei’s Anti-Nuclear Fatwa, Which Obama Often Quotes
In a March 14, 2014 article in the London daily Al-Sharq Al-Awsat, titled « Obama, the Bomb and the Fatwa, » prominent Iranian Middle East analyst, author, and columnist Amir Taheri berates U.S. President Barack Obama for citing an anti-nuclear fatwa allegedly issued by Iranian Supreme Leader Ali Khamenei and presenting it as proof that Iran’s nuclear program is peaceful.[1]

MEMRI

March 17, 2014

Taheri, who was editor of the Iranian daily Kayhan before the Islamic revolution and today resides in Europe, notes that neither Obama nor anyone else has ever seen this fatwa, and that, even if it exists, it is likely to be phrased so ambiguously as to be open to countless interpretations. Moreover, he says, Iranian clerics recently voiced opinions suggesting that the religious ban on nuclear weapons is by no means absolute. One ayatollah even implied that building a nuclear bomb is a necessary condition for the return of the Mahdi, the Shi’ite messiah.

Taheri concludes that, before touting this fatwa, Obama should at least demand to see it. He also advises him to remember that Khamenei is not considered a big religious authority in Iran, so his fatwa, if it exists, does not necessarily carry much weight.

The following is the article, as it appeared in the English edition of Al-Sharq Al-Awsat:[2]

Amir Taheri

« When lobbying to prevent further sanctions against Iran over its nuclear program, US President Barack Obama often refers to a fatwa, an Islamic religious opinion. According to Obama, the fatwa supposedly issued by ‘Supreme Guide’ Ali Khamenei, confirms Tehran’s claims that its nuclear program is entirely peaceful. Obama does not quote the text of the mysterious fatwa, nor does he tell us where and when he saw it.

« The trouble is that no one has actually seen the fatwa, although many people comment on it. In a bizarre twist, some mullahs even quote Obama as the source that confirms the existence of the fatwa. ‘Our Supreme Guide has issued a fatwa against the use of nuclear weapons, as confirmed by the President of the United States,’ Ayatollah Mahmoud Yussefwand told the official Islamic Republic News Agency (IRNA) last week.

« Presented as a ‘Theological Expert of the Scientific Center,’ the ayatollah was one of more than 100 mullahs and government officials who attended a two-day conference in Tehran on ‘A Theological View of Nuclear Weapons.’ None of the speakers claimed that he had seen the text of the fatwa. Nor did anyone suggest that the fatwa—if there were such a thing—was meant to stop the Islamic Republic from securing the means of making a bomb.

« A few speakers, including Yussefwand, suggested that the use, though not the building and/or stockpiling of such weapons, might be haram, or forbidden. ‘Islam uses the term ifsad [corruption] to ban a number of weapons of mass destruction,’ Yussefwand said. ‘The term specifically designates poisoning water resources, the cutting down of forests and the use of arson as a weapon of war.’ The ayatollah then wondered whether the principle could also apply to nuclear weapons. He did not offer a definite opinion. In other words, no such ban exists at the moment.

« Another theologian, Ali-Reza Qorban-Nia, explained that adopting an ‘Islamic position’ on nuclear weapons would not be easy. On the one hand, he argued, such weapons could be banned because they ‘are blind in targeting,’ in the sense that they could ‘wipe out believers and kuffar [infidels] alike.’ On the other hand, ‘Shi’ite Islamic rules of war’ strongly recommend the use of any weapon that could accelerate the destruction of the enemies of the Umma. According to Qorban-Nia, this is indicated in the principle of ma-yarji bel-fatah, or ‘that which creates hopes of victory.’ Thus, if a nuclear bomb could ensure ultimate victory for the believers, it should not be shunned.

« To confuse matters further, Ayatollah Bahman Akbari claimed that Khamenei’s statements, though not the fatwa, which may not even exist, show that the Islamic Republic sees nuclear weapons as ‘a deterrent that assures the reciprocal destruction of the adversary.’ In other words, developing a nuclear arsenal for deterrent purposes could be licit. Akbari also suggested that the issue of a nuclear arsenal be examined ‘in the context of other weapons of mass destruction, including chemical and biological.’ This means that nuclear weapons should not be discussed as a special category, presumably the ultimate evil.

« During the seminar, two theologians, Mahmoud Hekmati-Nia and Hashem Zaafarani, criticized Akbari for not actually referring to Khamenei’s fatwa. The reason, of course, was that neither Akbari nor anyone else had seen the non-existent document.

« The closest reference to Khamenei’s fatwa came in a speech by the spokesman for the Iranian Atomic Energy Agency, Behruz Kamalvand, when he said: ‘Our Supreme Leader has fixed our slogan: ‘Nuclear weapons for no nation, nuclear energy for all nations! » In other words, the Islamic Republic would be prepared to abandon the military aspects of its nuclear program only in the context of global nuclear disarmament. And, if others had nuclear weapons, why should Iran deny itself such an instrument?

« While the conference was under way, Ayatollah Hassan Mamduhi, a member of the Assembly of (Clerical) Experts, offered an enigmatic quotation from the late Ayatollah Aziz-Allah Khoshwaqt to the effect that the Hidden Imam would conclude his Grand Occultation only when his ‘sword’ was ready. ‘The Return of the Mahdi is conditional on what our nuclear scientists are doing,’ Mamduhi said, without elaborating. The Tehran media, however, claimed that ‘The Sword of the Imam’ in the modern world could only mean a nuclear arsenal.

« A week later, Ayatollah Ahmad Jannati, head of the Council of the Guardians of the Constitution, claimed in a Friday sermon that the return of the Hidden Imam was ‘ imminent’ thanks to ‘fantastic progress’ achieved by the Islamic Republic in Iran. Ayatollah Khoshwaqt, who died last year, was regarded as Khamenei’s teacher and ‘guru’ and a strong opponent of negotiations to limit any aspect of the Islamic Republic’s nuclear program. His views have found echoes among a number of Khomeinist clerics who argue that, with the US in retreat under Obama, there is no reason to make concessions to the P5+1 group.

« One prominent cleric, Ayatollah Mahmoud Nabawian, has published a 40-page essay arguing that Tehran is now in a position to tell the rest of the world to ‘get lost.’ Another critic is Muhammad-Javad Larijani, son of an ayatollah and brother of Chief Justice Sadeq Larijani. He argues that Islamic powers should only ask non-Islamic nations to ‘submit’ to God’s ‘Final Word.’ In 1988, he carried a letter from Ayatollah Khomeini to Mikhail Gorbachev, inviting him to convert to Shi’ism.

« Obama would do well to consider three points before beating the drums for the mullahs. The first is that the famous fatwa either does not exist or is couched in the style of obfuscation that would open it to countless interpretations. The least that Obama should do is demand to see the fatwa that he is defending as a text that trumps even international law. The second point is that Khamenei, though a major political figure in Tehran, is not generally regarded as a theological heavyweight. In religious terms, any of the 10 or 12 grand ayatollahs and hundreds of lower-ranked clerics could overrule Khamenei’s fatwas.

Finally, Obama should know that the Iran nuclear project is a political issue and not a religious issue to be settled with a fatwa, which is, in any case, just an opinion and in no way legally binding on any individual, let alone the Islamic Republic as a nation-state. »

Endnotes:

[1] On the fatwa and Obama’s endorsement of it, see:

Special Dispatch No. 5406, « Release Of Compilation Of Newest Fatwas By Iranian Supreme Leader Khamenei – Without Alleged Fatwa About Nuclear Bomb, » August 13, 2013;

MEMRI Special Dispatch No. 5461, « President Obama Endorses The Lie About Khamenei’s ‘Fatwa’ Against Nuclear Arms, » September 29, 2013;

MEMRI Inquiry & Analysis No. 1022, « The Official Iranian Version Regarding Khamenei’s Alleged Anti-Nuclear Weapons Fatwa Is A Lie, » October 4, 2013.
[2] Aawsat.net, March 14, 2014.

Fact Checker
Did Iran’s supreme leader issue a fatwa against the development of nuclear weapons?
Glenn Kessler

Washington Post

November 27, 2013

A handout picture released by the official website of Iran’s supreme leader, Ayatollah Ali Khamenei, shows him delivering a speech in Tehran on November 20, 2013. (AFP PHOTO/ KHAMENEI.IR)

“Iran’s supreme leader has issued a fatwa against the development of nuclear weapons.”

– President Obama, statement regarding conversation with President Rouhani, Sept. 27, 2013

“The supreme leader of Iran has said that there is a fatwa to development of a nuclear weapon.”

– Senior administration official, background briefing, Nov. 24, 2013

“So I close by saying to all of you that the singular objective that brought us to Geneva remains our singular objective as we leave Geneva, and that is to ensure that Iran does not acquire a nuclear weapon. In that singular object, we are resolute. Foreign Minister [Mohammad Javad] Zarif emphasized that they don’t intend to do this, and the supreme leader has indicated there is a fatwa, which forbids them to do this.”

– Secretary of State John F. Kerry, remarks to the media, Geneva, Nov. 24, 2013

As part of the administration’s diplomacy with Iran, senior officials have claimed that the supreme leader, Ayatollah Ali Khamenei, has issued a fatwa against the development of nuclear weapons. A fatwa is a ruling by a religious authority, often with judicial implications. As Khamenei is the ultimate authority in Iran, his statements would seem to carry significant weight.

But there is a fine line between a fatwa and mere statements made by the leader to the media. As Abbas Milani of Stanford University put it, “The issue of the fatwa is complicated. Whether it actually exists and even whether Mr. Khamenei is entitled to issue fatwas and finally how changeable are fatwas are all contested matters.”

It may not even matter if the fatwa exists. Karim Sadjadpour, an expert on Khamenei at the Carnegie Endowment for International Peace, said that it appears that Obama is referencing the fatwa in order to give the Iranians an easier route to compromise — because of their religious beliefs, not because of U.S.-led sanctions.

“I don’t think Ayatollah Khamenei’s fatwa reassures Obama that Iran doesn’t seek a nuclear weapons capability,” Sadjadpour said. “But if he can offer Khamenei a graceful way to stand down, that’s in his interests.”

With that in mind, let’s explore what is known about the alleged fatwa.
The Facts

Caitlin Hayden, a spokeswoman for the White House National Security Council, said the Iranian government was the best source for information. But she added: “Many Iranian officials have spoken of the fatwa publicly, and their comments are publicly available. There are various descriptions of it in the public domain. And importantly, the Iranians have also referenced the fatwa in our negotiations.”

Indeed, the Iranian government’s slick new Web site on its nuclear program, http://www.nuclearenergy.ir, includes an entire section on the nuclear fatwa.

The Iranian Web site appears to trace the roots of Khamenei’s fatwa, which it claims was first issued in 2003, to a fatwa uttered by his predecessor, Ayatollah Ruhollah Khomeini, concerning a ban on the production and use of chemical weapons during the Iran-Iraq war.

But there’s one problem: Iran admitted to chemical weapons production after it ratified the Chemical Weapons Convention (CWC) in 1997, and U.S. intelligence agencies suspected Iran of maintaining a chemical weapons stockpile at least until 2003. So what does it say if the origin of the supposed fatwa is based on an apparently misleading statement?

[Update: Gareth Porter, in a rebuttal to this column, says that Iran only said that it had « chemical weapons capability, while maintaining the policy not to resort to these weapons. » He argues that the distinction between production and capability had been lost through years of inaccurate reporting. He is certainly correct we should have linked to an original document, but we could not find one, and are pleased to do so now. One of the Wikileaks cables included a statement from Iran to the United States in 2004 that chemical weapons agents were produced but not weaponized.]

Khamenei also has referred to Iran not having produced chemical weapons. Here is an excerpt from a March 2003 speech, as translated from the Persian by Mehdi Khalaji of the Washington Institute for Near East Studies.

“Nuclear technology is different than producing nuclear bomb. Nuclear technology is considered to be a scientific progress in a field that has lots of benefits. Those who want nuclear bomb can pursue that field and get the bomb. We do not want bomb. We are even against chemical weapons. Even when Iraq attacked us by chemical weapons, we did not produce chemical weapons.”

Khalaji, who in 2011 collaborated with Michael Eisenstadt on an in-depth look at the supposed fatwa, notes that on many occasions, Khomeini abruptly shifted course, despite a previously issued ruling. Khalaji says this is quite common among senior Shiite religious figures. So Khomeini said the modern tax system in Iran was against Islam — until he came to power and said such laws should be obeyed. He also was against women’s suffrage when the shah was in power — and then after the revolution urged women to vote. He was also against the eating of sturgeon — until he was for it.

Oddly, the Iranian Web site does not provide the text of the original fatwa — and then mostly cites Western news reports as evidence that Khamenei has reiterated it on several occasions. The fatwa does not appear to be written, but in the Shiite tradition equal weight is given to oral and written opinions.

The most definitive written account of the fatwa appears in a statement that an Iranian official read at an emergency meeting of the International Atomic Energy Agency in 2005: “The Leader of the Islamic Republic of Iran, Ayatollah Ali Khamenei, has issued the fatwa that the production, stockpiling, and use of nuclear weapons are forbidden under Islam and that the Islamic Republic of Iran shall never acquire these weapons.”

But Khalaji also documents an interesting evolution in Khamenei’s statements over time. Whereas in 2005 Khamenei said that the “production of an atomic bomb is not on our agenda,” more recent statements have focused on use of nuclear weapons, often dropping references to the “development” of such weapons.

There is also an issue of translation, often a problem when dealing with Iran. One English language account has Khamenei saying this in 2012:

“We do not pursue to build nuclear weapons. In reality, having nuclear weapons is not to our benefit. From the viewpoint of ideology, theory, and the Islamic jurisprudence, we consider this as forbidden and proliferation of nuclear weapons as a wrong decision. We consider the use of such weapons a great sin while stockpiling it is not only pointless, but also harmful and hazardous. Therefore, we will never try to acquire such weapons.”

But Khalaji looked up the actual speech, as displayed in Persian on Khamenei’s official Web site, and rendered his own translation. There’s quite a difference:

“In fact, nuclear weapon is not economically useful for us. Furthermore, intellectually, theoretically and juridically [from Sharia point of view] we consider it wrong and consider this action wrong. We believe using such weapons are a great sin and stockpiling them are futile and harmful and dangerous and never go after it. They [big powers] know this too but they pressure on this point in order to stop this action [the nuclear program].”

The Pinocchio Test

Just about every Alfred Hitchcock thriller had what he called a “MacGuffin” — a plot device that gets the action going but is unimportant to the overall story. The Iranian fatwa thus appears to be a diplomatic MacGuffin — something that gives the Americans a reason to begin to trust the Iranians and the Iranians a reason to make a deal. No one knows how this story will end, but just as in the movies, the fatwa likely will not be critical to the outcome.

Even if one believes the fatwa exists — and will not later be reversed — it clearly appears to have evolved over time. U.S. officials should be careful about saying the fatwa prohibits the development of nuclear weapons, as that is not especially clear anymore. The administration’s statements at this point do not quite rise to the level of earning Pinocchios, but we will keep an eye on this issue.

Verdict Pending

Ces non-dits de l’Iran qui plombent les pourparlers
Nucléaire Les négociations à Lausanne ont du mal à aboutir. Le passé dissimulateur de Téhéran n’y est pas pour rien.
Andrés Allemand

La Tribune de Genève

01.04.2015

Faut-il se fier à Téhéran? Peut-on vraiment être sûr qu’un accord nucléaire à Lausanne permettrait de s’assurer que l’Iran ne se dotera jamais de l’arme atomique? Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou n’en croit pas un mot. La monarchie saoudienne non plus. Même parmi les puissances occidentales, le doute est permis. Mercredi, un accord nucléaire paraissait introuvable, même au lendemain de la date butoir. Difficile de lever toute sanction contre un pays qui a souvent dissimulé ses installations sensibles. Voyez plutôt.

1. Le secret de Natanz

Le premier choc a lieu en 2002. Un dissident iranien révèle l’existence de deux sites nucléaires: une installation d’enrichissement d’uranium à Natanz (en partie souterraine) et un réacteur à eau lourde à Arak, susceptible de fournir à terme du plutonium. Il s’agit des deux voies possibles pour fabriquer l’arme atomique.

En 2003, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) confir­me que depuis dix-huit ans l’Iran développe en secret son programme nucléaire. Téhéran jure qu’il est destiné à un usage strictement civil et qu’il était caché parce que les Etats-Unis voulaient priver la République islamique de l’accès à l’énergie nucléaire. Pour rétablir la confiance, l’Iran suspend l’enrichissement d’uranium. En 2005, le président Mahmoud Ahmadinejad le redémarre.

2. Fordo sous la montagne

En 2009, l’Iran annonce à l’AIEA qu’un autre site d’enrichissement d’uranium est en construction, sans préciser où. En fait, Téhéran limite les dégâts: les services occidentaux observaient depuis 2006 le chantier clandestin de Fordo, creusé sous la montagne près de la ville de Qom. Assez grand pour accueillir 3000 centrifugeuses et produire une tête nucléaire par an, à l’abri de frappes aériennes.

3. L’uranium très enrichi

En 2010 l’Iran, qui sait enrichir l’uranium à 3,5% (pour un usage civil), annonce qu’il est capable d’aller jusqu’à 20%, officiellement pour servir de combustible à un réacteur de recherche médicale à Téhéran. Mais techniquement, cela permet aussi de monter très vite à 90% (pour une bombe).

4. L’inquiétant Lavizan

En février dernier, des opposants iraniens en exil ont dénoncé «l’existence d’un programme nucléaire parallèle et secret» enterré sous une base militaire dans les faubourgs de Téhéran. Baptisé «Lavizan-3», ce site caché servirait depuis 2008 à développer des centrifugeuses plus sophistiquées pour l’enrichissement d’uranium. Impossible de confirmer. Mais le même groupe avait dévoilé l’existence de Natanz et de Fordo.

Accords sur le nucléaire iranien: pourquoi cette question pose problème à l’Occident depuis plus de 10 ans
Le HuffPost

Maxime Bourdeau

02/04/2015

INTERNATIONAL – Après un an et demi de marathon diplomatique et plus d’une décennie de conflit, les négociations internationales sur le nucléaire iranien ont enfin débouché sur un accord ce jeudi 2 avril. Les grandes puissances et l’Iran sont en effet parvenus à s’entendre à Lausanne sur les « paramètres clés » pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, étape fondamentale sur la voie d’un accord final d’ici au 30 juin, ont annoncé les dirigeants occidentaux et iranien.

C’est sur twitter que les Occidentaux et Iraniens, dont le président Hassan Rohani en personne, ont tous annoncé qu’un accord cadre avait été conclu à l’issue de plusieurs journées de négociations marathon.

« Des solutions sur les paramètres clés du dossier nucléaire de l’Iran ont été trouvées. L’écriture (d’un accord final) doit commencer immédiatement, pour être terminée d’ici le 30 juin », a écrit Hassan Rohani. On a « maintenant les paramètres » pour résoudre les principales questions, a confirmé le secrétaire d’Etat américain John Kerry. « Grand jour (…) Retour au travail bientôt sur un accord final », a-t-il tweeté.

Le président Barack Obama a quant à lui salué la conclusion d’une entente « historique » et annoncé un sommet à Camp David avec les pays du Golfe au printemps.

Mais pourquoi États-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne ont eu tant de mal pour trouver un accord? Quel est le problème avec le nucléaire en Iran? Le HuffPost vous propose de faire le tour de la question revenant sur 5 périodes clés depuis le début du conflit.

2002 : La découverte

Membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Iran a signé en 1968 le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) des Nations unies qui a pour objectif principal d’empêcher les États dotés d’armes nucléaires d’en transférer ou d’aider ceux qui n’en ont pas à en produire tout en garantissant le droit à chaque pays de développer la recherche, la production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.

La différence entre ces deux types de produit (civil et militaire) et leur utilisation potentielle repose sur leur niveau d’enrichissement en uranium 235. Pour être utilisé dans des centrales nucléaires l’uranium a besoin d’être faiblement enrichi, c’est-à-dire entre 3 et 5 %. Au-delà de 20 %, l’uranium est considéré comme hautement enrichi et peut-être utilisé, en théorie, pour concevoir des bombes atomiques. En pratique, ce métal lourd radioactif est enrichi à plus de 85% lors d’utilisations militaires.

Le conflit avec l’Iran démarre en 2002, sur cette distinction. Alors que le pays se démène depuis 1975 pour terminer la construction de sa première centrale nucléaire à Bouchehr, un dissident révèle l’existence de deux sites nucléaires inconnus du reste du monde à Natanz et à Arak. Washington accuse alors Téhéran de chercher à hautement enrichir de l’uranium et de construire des armes de destruction massive et Téhéran décide d’autoriser les agents de l’AIEA à inspecter ces installations.

2003 – 2004 : Premier pas vers les négociations

Après la visite de l’AIEA — qui trouve des traces d’uranium enrichi et qui annonce que Natanz est en train de construire plus de 1000 centrifugeuses —, la Grande-Bretagne, l’Allemagne et la France demandent durant l’été 2003 à l’Iran de négocier sur le nucléaire.

Ces trois pays, surnommés « UE3 », envoient sur place chacun leur chef de la diplomatie pour une réunion historique qui débouche sur un accord: l’Iran accepte des inspections surprises de l’Agence internationale de l’énergie atomique sur les sites nucléaires.

L’année suivante, Téhéran signe avec l’UE3 un nouvel accord et annonce au mois de novembre 2004 suspendre son programme d’enrichissement de l’uranium.

2005 – 2010 : Ahmadinejad ferme la porte aux discussions

Mahmoud Ahmadinejad remporte l’élection présidentielle en juin 2005 et change radicalement la ligne diplomatique du pays sur ce dossier. Deux mois plus tard, l’Iran reprend l’enrichissement d’uranium dans son usine d’Ispahan. Le nouveau président défend devant l’ONU le droit du pays à développer un programme nucléaire civil.

Au mois de janvier 2006, l’Iran lève des scellés de l’AIEA sur plusieurs centres de recherche nucléaire ce qui déclenche le transfert de cette affaire devant le Conseil de sécurité de l’ONU qui décrète quelques mois plus tard la suspension obligatoire de « toutes les activités liées à l’enrichissement » dans le pays.

Face à cette décision qu’elle juge « illégale » et aux premières sanctions économiques qui tombent, Téhéran réduit sa coopération avec l’AIEA à partir de 2007. A la fin de cette même année, Mahmoud Ahmadinejad assure que le pays abrite maintenant plus de 3000 centrifugeuses. Ce qui lui permettrait en théorie d’obtenir suffisamment d’uranium hautement enrichi pour fabriquer une bombe atomique en moins d’un an.

En 2008, les cinq membres du Conseil de sécurité (États-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne) et l’Allemagne — surnommé le groupe des 5+1 — lancent une nouvelle salve de négociations qui prend vite fin quand l’Iran inaugure à Ispahan sa première usine de combustible nucléaire.

Les discussions ne reprennent qu’en 2009 et la diplomatie internationale propose alors à l’Iran un accord prévoyant que le faible enrichissement de l’uranium iranien se fasse à l’étranger. Mais Téhéran refuse de se faire transiter ce métal lourd radioactif en dehors de ses frontières. En 2010, l’Iran commence à enrichir de l’uranium à 20 %.

2011 – 2012 : Accélération des sanctions internationales

Si en 2010 de nouvelles sanctions sont votées par l’ONU mais aussi par les États-Unis et l’Union Européenne, c’est à partir de 2011 que les répercussions prennent de l’ampleur.

Un renforcement des sanctions est décidé avant que plusieurs nouveaux rapports de l’AIEA ne soient publiés, dont un faisant mention de « sérieuses inquiétudes » sur la situation et évoquant une « possible dimension militaire du programme nucléaire » qui se développe dans le pays.

En guise de représailles, un embargo sans précédent sur le pétrole iranien décidé par l’Union Européenne entre en vigueur au 1er juillet, accompagné de suppressions de visas et de gels d’avoirs. Les négociations entre les 5+1 et l’Iran reprennent plusieurs fois mais n’avancent pas.

L’année 2012 se termine avec un nouveau rapport de l’AIEA prévenant que le site de Fordo fonctionne et permet à l’Iran d’augmenter significativement sa capacité d’enrichissement.

2013 – aujourd’hui : L’espoir d’un (difficile) accord

La situation prend un tournant nouveau en juin 2013 avec l’élection du président modéré Hassan Rohani. Ce dernier affirme être ouvert à des « négociations sérieuses ». Symbole de ce changement de ton, le coup de fil historique entre Obama et Rohani, premier contact d’un président américain avec un président iranien depuis 1979.

Les négociations reprennent à Genève quelques semaines plus tard entre l’Iran et le groupe des 5+1. Téhéran se dit alors prêt à accepter de nouveau le principe d’inspections surprises de ses sites nucléaires, comme en 2003. Un accord provisoire est enfin établi: l’arrêt du programme d’enrichissement contre la levée d’une partie des sanctions économiques.

Commence ensuite une longue série de sessions de négociations pour se mettre d’accord sur les détails du projet définitif. D’un commun accord, l’échéance fixée à juillet 2014 est repoussée car certains points clés posent problème comme la réduction du nombre de centrifugeuses et de stocks d’uranium en Iran.

La nouvelle échéance est maintenant fixée au 30 juin 2015 et les P5+1 et l’Iran étaient censés parvenir mardi 31 mars avant minuit à un premier compromis fondamental sur ce dossier inextricable pour tenir cette date butoir. Avec ce « cadre commun » décidé aujourd’hui, ce dossier a franchi une étape majeure.

Voir également:

US, Iran publicly at odds over 6 key aspects of nuke deal, Israeli expert finds
Declared differences over what was agreed in Lausanne relate to issues such as when sanctions will be lifted and how long enrichment restrictions will apply
Times of Israel

April 4, 2015

Two days after the US-led powers and Iran hailed a historic framework understanding designed to ensure Iran’s nuclear program not enable it to build nuclear weapons, a leading Israeli analyst on Saturday highlighted six gaping areas of discrepancy between American and Iranian accounts of what the agreement actually entails.

Ehud Ya’ari, Middle East analyst for Israel’s Channel 2 News and an international fellow at the Washington Institute think tank, said the six discrepancies represent “very serious gaps” at the heart of the framework accord. They relate to issues as basic as when sanctions will be lifted, and how long restrictions on uranium enrichment will remain in place.

Referring to Thursday’s American-issued “Parameters for a Joint Comprehensive Plan of Action,” on the one hand, and the “fact sheet” issued Friday by the Iranian Foreign Ministry, on the other, Ya’ari noted that no deal was actually signed on Thursday, and that the leaders’ statements and the competing fact sheets were thus critical to understanding what had been agreed.

Ya’ari also highlighted the highly similar language used by President Barak Obama to hail the framework agreement as a good deal that would make the world safer, on Thursday, and president Bill Clinton in presenting the failed US framework deal aimed at thwarting North Korea’s nuclear program in 1994.

Ya’ari cited the following central gulfs between the two sides’ accounts of what was resolved at the Lausanne negotiations last week:

1. Sanctions: Ya’ari said the US has made clear that economic sanctions will be lifted in phases, whereas the Iranian fact sheet provides for the immediate lifting of all sanctions as soon as a final agreement is signed, which is set for June 30.

(In fact, the US parameters state that sanctions will be suspended only after Iran has fulfilled all its obligations: “US and EU nuclear-related sanctions will be suspended after the IAEA has verified that Iran has taken all of its key nuclear-related steps.” By contrast, the Iranian fact sheet states: “all of the sanctions will be immediately removed after reaching a comprehensive agreement.”)

2. Enrichment: The American parameters provide for restrictions on enrichment for 15 years, while the Iranian fact sheet speaks of 10 years.

3. Development of advanced centrifuges at Fordo: The US says the framework rules out such development, said Ya’ari, while the Iranians say they are free to continue this work.

4. Inspections: The US says that Iran has agreed to surprise inspections, while the Iranians say that such consent is only temporary, Ya’ari said.

5. Stockpile of already enriched uranium: Contrary to the US account, Iran is making clear that its stockpile of already enriched uranium — “enough for seven bombs” if sufficiently enriched, Ya’ari said — will not be shipped out of the country, although it may be converted.

6. PMD: The issue of the Possible Military Dimensions of the Iranian program, central to the effort to thwart Iran, has not been resolved, Ya’ari said.

(The US parameters make two references to PMD. They state, first: “Iran will implement an agreed set of measures to address the IAEA’s concerns regarding the Possible Military Dimensions (PMD) of its program.” And they subsequently add: “All past UN Security Council resolutions on the Iran nuclear issue will be lifted simultaneous with the completion, by Iran, of nuclear-related actions addressing all key concerns (enrichment, Fordo, Arak, PMD, and transparency).” The Iranian fact sheet does not address PMD.)

The differences between the sides became apparent almost as soon as the framework agreement was presented in Lausanne on Thursday night. Iran’s Foreign Minister Mohammad Javad Zarif issued a series of tweets late Thursday, for instance, that protested the US State Department’s assertion that the nuclear deal struck between Iran and world powers would only see sanctions on the Islamic Republic removed “in phases.”

Nonetheless, the White House expressed optimism on Friday that the June 30 deadline for a final deal would be met, and Obama reiterated that the deal reached Thursday represented a “historic understanding.”

Israel has castigated the framework as a bad deal, and a dangerous capitulation, that paves the way to an Iranian nuclear bomb.

Voir de plus:

L’accord-cadre nucléaire suscite des interrogations en Iran
L’agence Fars a souligné les différences entre le texte présenté par la délégation iranienne et celui diffusé par les Américains
AFP

5 avril 2015

L’accord-cadre conclu entre les grandes puissances et Téhéran sur le dossier nucléaire suscitait samedi de multiples interrogations dans la presse iranienne, notamment sur le calendrier toujours vague de la levée des sanctions internationales qui étouffent l’économie.

La presse conservatrice affichait son scepticisme sur les résultats obtenus en Suisse, profitant du silence observé par le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, l’ultime décisionnaire dans ce dossier.

La presse réformatrice et modérée saluait le travail des négociateurs iraniens mené par le chef de la diplomatie Mohammad Javad Zarif, mais les journaux conservateurs pointaient les différentes interprétations possibles, au détriment de la République islamique, du document publié à Lausanne.

L’agence de presse Fars a également souligné les différences entre le texte présenté par la délégation iranienne et celui diffusé par le département d’Etat américain.

« Qui est le véritable gagnant ? » s’interrogeait en Une le quotidien anglophone Iran News. Vatan-Emrooz (conservateur) se chargeait d’apporter une réponse en affirmant qu’ »il y a une grande différence entre ce qu’on donne et ce qu’on reçoit de l’accord de Lausanne ». Pour Javan, réputé proche des Gardiens de la révolution, l’armée d’élite du régime, « la victoire résidera dans la lutte entre les différentes interprétations » du texte.

L’ultra-conservateur Kayhan reprenait avec ironie l’expression d’un « accord gagnant-gagnant: le nucléaire va partir, les sanctions vont rester ».

L’Iran veut une levée totale et immédiate des sanctions imposées par l’ONU, les Etats-Unis et l’Union européenne, contre une levée graduelle évoquée par les grandes puissances.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, a souligné vendredi que cette question était « un point qui est encore très compliqué » et « pas encore tout à fait réglé ».

Les sanctions imposées les Etats-Unis seront levées « par étapes », à mesure que Téhéran respecte ses engagements dans le cadre de l’accord final censé être conclu d’ici fin juin, a affirmé jeudi soir le secrétaire d’Etat américain John Kerry.

« L’accord de Lausanne montre que les choses que l’Iran a acceptées sont claires et vérifiables, mais ce que l’autre côté a accepté est vague et sujet à interprétation », estimait samedi dans un éditorial le directeur de Kayhan, Hossein Shariatmadari. « L’accord parle de suspension des sanctions et pas de leur levée », ajoute le responsable, directement nommé à son poste par l’ayatollah Khamenei.

Mansour Haghighatpour, vice-président de la commission parlementaire sur la sécurité nationale et la politique étrangère, a estimé que les négociateurs avaient outrepassé leurs prérogatives.

« Nous avons offert une clé pour des inspections occidentales sur les installations militaires et le protocole additionnel (du traité de non-prolifération nucléaire), alors que les décisions sur ces questions sont la compétence du Parlement », a-t-il dit, cité par l’agence Tasnim.

Voir par ailleurs:

The Iran Deal’s Fatal Flaw

Nothing can work without tough inspections and enforcement. And for that we must rely on … Vladimir Putin.

Charles Duelfer

Politico

April 02, 2015

We don’t yet know all the details of the nuclear agreement that Iran, the United States and five other world powers announced Thursday they are aiming to complete by June 30. What we do know is that any acceptable final deal will depend on a strong weapons inspection element. In his remarks in the Rose Garden, President Obama declared Tehran had agreed to precisely that. “If Iran cheats, the world will know,” he said.

Yet weapons inspectors can be no tougher than the body that empowers them—in this instance the UN Security Council. And herein lies the agreement’s fundamental weakness—and perhaps its fatal flaw. Do we really want to depend on Vladimir Putin? Because Russia will be able to decide what to enforce in any deal—and what not to.

Like so many things in in life, one can learn a lot from Saddam Hussein. Certainly Tehran will have learned from Saddam’ s experience in trying to evade the scrutiny of the UN Security Council, weapons inspectors, sanctions, and individual governments.

Sanctions were imposed on Iraq when Saddam invaded Kuwait in 1990. Washington led a response in the UN Security Council that produced a broad coalition unified around the objective of getting Saddam out of Kuwait. Ultimately this required military action—the Gulf War—despite the back-channel efforts of Russia’s special Iraq liaison, Yevgeny Primakov, to broker a deal.

Following the war, the Security Council passed a ceasefire resolution that retained the sanctions on Iraq, but linked them to additional requirements; Iraq must verifiably disclose and account for all its WMD, and Iraq must accept a monitoring system to assure they would not reconstitute their WMD programs in the future.

The Security Council created a new body of weapons inspectors (dubbed UNSCOM) who reported directly to the council. The IAEA also had a role in accounting for the extensive nuclear aspects of Saddam’s programs. This was a case of coercive disarmament as distinct from an arms control agreement like the Nuclear Non-Proliferation Treaty (NPT). It was akin to the disarmament provisions of the Versailles Treaty and ultimately suffered a similar fate.

The authorities that the Security Council mandated for UNSCOM and IAEA inspectors to verify Iraq’s disarmament were extraordinary and probably well beyond anything Iran will accept. In essence, inspectors could go anywhere in Iraq, interview anyone, fly their own aircraft and helicopters, install sensors or cameras anywhere, take possession of documents, etc. Moreover, the chairman or his deputy had authority to designate any location in Iraq as a site for inspection. And that included “no-notice’ inspections.

UNSCOM and the IAEA operated helicopters from a base inside Iraq. We had dedicated missions of the US U-2 aircraft (todays drones would be a cheaper more effective tool to provide aerial surveillance). UNSCOM operated a full-time monitoring center in a dedicated building in Baghdad.

Backing up the inspectors was the threat of force—at least on paper. The resolutions empowering the inspections were passed under Chapter 7 of the UN Charter. The key resolution, UNSCR 687, was a ceasefire resolution. If the Security Council found Iraq in material breech of its provisions, i.e. if Saddam did not comply with the inspectors, military actions could resume. On a few occasions over the ensuing years, some bombing strikes occurred.

And yet, with all of these authorities and tools, we were unable to complete the tasks given by the Security Council. UNSCOM and the IAEA after more than seven years of operations inside Iraq could not verify that Saddam had completely disarmed. Ironically, we later learned, Saddam had, eventually, pretty much given up his WMD program by 1997-98. But we could not verify his claims, and by that time no one was giving him the benefit of the doubt Moreover, as he told us in debriefings, he retained the intent to restart the programs once conditions permitted. It would be interesting to ask Saddam if he thought the IAEA inspectors given the intrusive access we had in Iraq, would be sufficient to detect and deter Iranian cheating.

Does anyone believe such access will be agreed, voluntarily, by Tehran?

In practice, Saddam regularly obstructed and delayed inspectors. He tested, from the start, the will of the Security Council. He cooperated only when he had no other option. And the only reason he cooperated at all, was to get out of sanctions. Saddam pursued two tracks—one of grudging incremental revelations about WMD and the second track was the divide the Security Council and cause sanctions to erode.

Critically, it is important to recall that as the inspection process went on, the unity of in the Security Council decayed. This is natural. As time goes on the objectives and priorities of fifteen nations will evolve and diverge. Saddam recognized and accelerated this trend. Indeed, almost from the start, some members of the Security Council were in close consultation with Iraq. Some had longstanding business relations with Saddam—especially France and Russia.

In manipulating the Security Council, Saddam applied the same tactics to countries as he did to individuals. He offered reward or punishment. He gave some members a stake in his survival. We know all this from debriefings of Saddam and his top lieutenants following the 2003 war as well as from the regime documents we obtained, particularly those concerning disbursement of oil allocations during the so-called Oil-for-Food program.

At the same time as inspectors were struggling to gain access to sites in Iraq, some members of the Security Council were strategizing with Baghdad on how to get rid of sanctions. Saddam knew that some members of the Security Council would not vote to authorize force against Iraq. His downside was thus limited. He worked to maximize his upside, i.e. get the sanctions officially removed, but alternatively cause them to collapse. The role of Russia stands out in this regard.

Russia (and to a lesser extent France), were the key advocates in the Security Council for Iraq. We now know unequivocally, that Saddam was buying influence. When I ran the Iraq Survey Group in 2004, we created a team to collect as much information about Iraq’s resources and how it expended them. The broad goal was to understand Iraq’s strategic intentions and understand where WMD fit in. We had a unique opportunity to record how his regime operated and how it managed to manipulate the international environment. As a priority, we obtained all the Iraqi records of the oil transactions.

Over some political objections, I published these records in the so-called Duelfer Report in 2004 (see “Comprehensive Report of the Special Advisor to the DCI on Iraq’s WMD,” Volume 1, section 2, “Regime Finance and Procurement.” These records (and extensive debriefings of top Iraqi officials) clearly show that Iraq was compensating Russian officials, and other individuals. Included among the beneficiaries in the list of Iraqi oil allocations were “the Russian Communist Party,” “the son of the Russian ambassador,” “the Russian Foreign Ministry,” and, “the Russian Presidential Office.” Putin was also a key actor in many of the Russian commercial entities that were engaged in oil transactions and the illicit export of weapons to Iraq while sanctions were in place.

The list of benefactors is long and includes three or four Americans as well as many foreign governments. But Russia dominated the list. Ultimately the UN sponsored an investigation (chaired by former Federal Reserve Chairman Paul Volcker). Many countries conducted their own prosecutions, but notably Russia did not.

It is also worth remembering that the Russian ambassador to the UN during most of this period was Sergei Lavrov—now foreign minister and negotiating with the P-5 + 1 on the Iran deal. Lavrov, in my judgment, was by far the sharpest ambassador in the Security Council. And like Putin, he is not especially friendly toward the United States.

Iran will have learned from Saddam’s experience too. Tehran will know that support can be bought in the Security Council. Tehran will know that some countries have an immediate financial interest that Tehran can exploit. And some Council members will have a political incentive to build a relationship with Iran. The leaders in Iran, like Saddam in Iraq, play a long game. So do the Russians.

The IAEA inspectors will be reporting whatever evidence they are permitted to collect to a Council that will have competing aims. They will be pressed to make judgments that suit various members. Iran would have to do something incredibly blatant for some Council members to not be able to debate the meaning of the evidence. Council members coached Saddam; they will coach Tehran as well.

Inspectors are also subject to direct actions by interested parties—for and against the inspected country. Iraqi weapons inspectors encountered active steps being taken by Council members to warn Iraq of upcoming inspections. This is to say nothing of the measures Iraq took to penetrate UNSCOM inspection planning and actions. IAEA will also be a prime target for Iranian intelligence. In my experience in Iraq, even with all the measures UNSCOM took, I doubt there was ever a truly “surprise” inspection. The IAEA will be a similar target.

If and when a detailed verification plan is agreed for an Iran nuclear agreement, the inspectors will have less access than in Iraq. The world may point to them as credible investigators—and they are. But whatever they report will go through the kaleidoscope of the Security Council. It will not be the IAEA that decides to re-impose sanctions. It will be the Security Council.

Putin will not give up his right to a veto. Nor will other members. Russia (and others) will have a stake in sustaining access to Iran’s markets, not re-imposing sanctions. The track record of Putin and Lavrov in the Iraq case suggests that they will be working bi-lateral deals with Tehran. Director of National Intelligence James Clapper will get tough questions in closed hearings, not just on whether American intelligence and IAEA inspectors can reliably detect prohibited Iranian nuclear activities, also what deals Moscow or Beijing or others may have with Tehran.

If I were John Kerry, I would not want to be defending a deal that depends upon Vladimir Putin.

Charles Duelfer served as special advisor to the Director of Central Intelligence for Iraq’s weapons of mass destruction and led the Iraq Survey Group, which conducted the investigation of the scope of Iraq’s WMD. Later, at the UN, Duelfer served as the deputy executive chairman and acting chairman of the UN Special Commission on Iraq (UNSCOM) from 1993 until its termination in 2000.

Voir de plus:

Nucléaire iranien: Obama salue une «entente historique»
Laure Mandeville
Le Figaro

03/04/2015

VIDÉOS – Très critiqué par Israël, l’accord d’étape sur le programme nucléaire iranien est une victoire diplomatique pour le président américain, et valide toute sa stratégie de négociation avec l’Iran.

Correspondante à Washington

Moment sobre mais savouré pour Barack Obama, ce jeudi, dans le jardin aux roses de la Maison Blanche, après ce qu’il a solennellement qualifié «d’entente historique» avec l’Iran sur le nucléaire. Le président a annoncé qu’un accord cadre avait fini par être trouvé entre Téhéran et le groupe P5+1 – donnant l’espoir d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire si la négociation aboutit à un accord final d’ici au 30 juin.

Ce succès inespéré, fruit de longs mois de négociations, largement supervisés par la diplomatie américaine, représente l’aboutissement d’une politique de négociation défendue par Obama depuis le début de sa présidence. «Les négociations iraniennes ont réussi, exactement comme nous l’avions prévu», a-t-il souligné, non sans satisfaction. Pour lui, ce n’est pas une mince affaire, même si de nombreux points obscurs restent problématiques, comme celui concernant le sort qui sera réservé aux stocks d’uranium enrichi dont dispose l’Iran.

«C’est toute la philosophie de politique étrangère d’Obama qui se trouve validée» – une théorie selon laquelle il est possible de parler et de trouver des compromis avec des pays adversaires, a noté le journal Politico. Dès son discours d’investiture en janvier 2009, le patron de l’Amérique avait appelé l’Iran au dialogue, se disant prêt à «tendre sa main si l’autre partie est prête à desserrer le poing». Accusé de naïveté et d’irresponsabilité, il n’a jamais vraiment dévié de cette ligne, et pourrait aujourd’hui être en passe d’engranger un vrai succès, concret, de politique étrangère. S’il est confirmé le 30 juin, l’accord pourrait ouvrir une nouvelle ère dans les relations entre l’Iran et l’Occident. C’est en tout cas, clairement, l »espoir que caresse la Maison Blanche d’Obama. «C’est un moment de vérité», a noté ce jeudi le New York Times parlant «d’un pari» qui n’est pas encore gagné. «Le poing que l’Iran a agité à la face du Grand Satan, n’est pas encore complètement relâché. Mais les doigts se détendent, et l’accord, bien qu’incomplet, laisse la possibilité qu’ils se transforment en poignée de main», ajoute le grand journal new-yorkais.

«Si l’Iran triche, le monde le saura»
Soucieux de prévenir les attaques et le scepticisme qui ont déjà commencé de fuser chez les républicains du Congrès, persuadés qu’on ne peut faire confiance aux Iraniens, Obama a affirmé qu’il s’agissait «d’un bon accord» car «si l’Iran triche, le monde le saura». «L’Iran a donné son accord pour un régime de transparence et les inspections les plus approfondies jamais négociées dans l’histoire des programmes nucléaires», a expliqué le président américain qui martèle depuis des mois sa conviction que la voie diplomatique est «de loin, la meilleure».

Les sanctions américaines et européennes seront levées en fonction du respect de ses engagements par l’Iran. Elles seront rétablies «si l’accord n’est pas appliqué». Autant d’assurances que le président Obama s’est empressé de donner au roi d’Arabie Saoudite Salman puis au Premier ministre Benjamin Netanyahu, lors de coups de fils successifs. Bien sûr, de nombreuses interrogations pèsent encore sur le processus. Les détails techniques devront être mis noir sur blanc. Le Congrès devra renoncer à mettre en péril les trois mois de négociations qui doivent mener à l’accord final, et l’Iran respecter ses engagements à la lettre. Autant de conditions difficiles à remplir. «Le travail n’est pas fini», a d’ailleurs souligné le président avec force. Mais un processus vient de s’engager, faisant naître un espoir.

Nucléaire iranien : les principaux points de l’accord-cadre
Le Point

02/04/2015

Voici les principaux « paramètres » de l’accord-cadre pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, les détails de la mise en oeuvre étant « encore à négocier ».

Les grandes puissances – États-Unis, Grande-Bretagne, Chine, France, Allemagne, Russie – et l’Iran ont conclu jeudi à Lausanne, à l’issue de négociations marathons, un accord cadre pour résoudre le dossier du nucléaire iranien, étape fondamentale sur la voie d’un accord final d’ici au 30 juin. Voici les principaux « paramètres » de cet accord-cadre tels que présentés par les autorités américaines qui soulignent cependant que « les détails de leur mise en oeuvre sont encore à négocier » et que « rien n’est accepté tant que tout n’est pas accepté ».

Enrichissement

– Le nombre de centrifugeuses de l’Iran passera de 19 000 à 6 104 (réduction de deux tiers). Sur les 6 104, seules 5 060 auront le droit de produire de l’uranium enrichi pendant dix ans. Il s’agira de centrifugeuses de la première génération.

– Téhéran va réduire son stock d’uranium faiblement enrichi (LEU) de 10 000 kg à 300 kg enrichi à 3,67 % pendant quinze ans.

– L’Iran a accepté de ne pas enrichir d’uranium à plus de 3,67 % pendant au moins quinze ans.

– Le matériel excédentaire sera entreposé sous surveillance de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et ne pourra servir qu’à des remplacements.

– Téhéran a accepté de ne pas construire de nouvelles installations d’enrichissement d’uranium pendant quinze ans.

Breakout time

Le « breakout time » est dans le jargon des experts le temps nécessaire pour fabriquer assez d’uranium enrichi pour produire une arme atomique. Ce « breakout time », qui est actuellement de deux à trois mois, sera d’un an au moins, et ce, pendant au moins dix ans.

Fordo, Natanz

– L’Iran accepte de ne plus enrichir d’uranium pendant au moins quinze ans dans le site de Fordo, enfoui sous la montagne et de ce fait impossible à détruire par une action militaire. Il n’y aura plus de matières fissiles à Fordo pendant au moins quinze ans. Le site restera ouvert mais n’enrichira pas d’uranium. Environ deux tiers des centrifugeuses de Fordo seront retirées du site.

– Natanz : c’est la principale installation d’enrichissement iranienne, avec quelque 17 000 centrifugeuses IR-1 de la première génération, un millier d’IR-2M plus rapides et une capacité d’en accueillir au total 50 000. Téhéran a accepté que Natanz devienne son unique installation d’enrichissement. Elle devra être dotée de seulement 5 060 centrifugeuses IR-1 de la première génération pendant dix ans. Les centrifugeuses IR-2M seront enlevées et placées sous contrôle de l’AIEA.
Contrôle

– L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sera chargée de contrôler régulièrement tous les sites nucléaires iraniens.

– Les inspecteurs de l’AIEA pourront accéder aux mines d’uranium et aux lieux où l’Iran produit le « yellowcake » (un concentré d’uranium) pendant vingt-cinq ans.
Arak

– Le coeur de ce réacteur à eau lourde, qui aurait pu produire du plutonium, sera détruit ou sera déplacé en dehors du territoire iranien. Le réacteur sera reconstruit pour se limiter à la recherche et à la production de radio-isotopes médicaux, sans production de plutonium à capacité militaire. Le combustible utilisé sera envoyé à l’étranger pendant toute la vie du réacteur.

– Téhéran ne pourra pas construire de nouveau réacteur à eau lourde pendant quinze ans.
Sanctions

Les sanctions américaines et européennes seront levées dès que le respect de ses engagements par l’Iran aura été certifié par l’AIEA. Elles seront rétablies si l’accord n’est pas appliqué. Les résolutions de l’ONU seront levées dès que l’Iran respectera tous les points-clés de l’accord. Une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU maintiendra les interdictions de transfert de technologies sensibles et soutiendra l’application de cet accord.

Périodes d’application

Elles varient de dix à quinze ans selon les activités et sont valables pendant vingt-cinq ans pour les inspections de la chaîne d’approvisionnement en uranium.

Voir encore:

Lausanne et les antimissiles

Dedefensa

04/04/2015

Les Russes ont réagi à la vitesse de l’éclair, dès l’accord de Lausanne sur le nucléaire conclu. Puisque cet accord est conclu, puisque le nucléaire militaire iranien n’est plus considéré comme une possibilité, qu’il est en principe sur la voie d’être enterré, qu’est-ce qui justifie encore l’installation du réseau anti-missiles US en Europe (gardons l’appellation BMDE pour Ballistic Missile Defense in Europe), lequel fut officiellement lancé et développé contre une menace iranienne principalement ? Alors que les travaux et les initiatives en faveur du BMDE se poursuivent, avec il y a quelques jours la visite du général Breedlove, le SACEUR de l’OTAN, en Roumanie, pour convaincre les Roumains d’accepter l’installation d’un élément du BMDE sur leur sol, – toujours pour nous protéger encore mieux de la menace iranienne ?

(Les USA avaient parlé accessoirement de la menace nord-coréenne, mais le ridicule de l’argument, bien plus encore que l’argument iranien déjà proche du grotesque, fait qu’on ne l’a plus guère évoqué. Nous parlons d’argument de pure communication, c’est-à-dire pour le cas des USA de pure narrative, qui constituent des arguments aussi piètres que de circonstance pour justifier le BMDE. Il n’empêche, puisqu’ils ont toujours été avancés officiellement par les USA, il importe de les accepter comme tels, surtout au moment où la narrative se défait dangereusement. Ce cas est d’abord une affaire de communication et l’affrontement, la guerre” du bloc BAO avec la Russie est d’abord une “guerre de communication”.)

Les grands groupes russes de communication ont donc aussitôt rouvert le dossier BMDE. RT consacre un article à la question, le 4 avril 2015. La réaction de l’OTAN au premier abord est significative, du type très pavlovien “l’accord de Lausanne ne change rien à la nécessité du système BMDE parce que l’accord de Lausanne ne change rien à la nécessité du système BMDE parce que l’accord…” Si, il y a tout de même un argument, époustouflant de puissance, “la menace posée par la prolifération des missiles balistiques contre la pays de l’OTAN continue à s’accroître…” («The threat to NATO countries posed by the proliferation of ballistic missiles continues to increase… the framework [of the Iran nuclear program] agreement does not change that fact.») En matière d’activités de ses porte-parole, l’OTAN a, depuis longtemps, dépassé son maître en la matière, l’URSS brejnévienne au plus haut de sa dialectique relevant d’une sorte de parler automatique.

Sputnik-français a eu l’idée intéressante d’interviewer plusieurs experts de différents pays d’Europe et de l’Iran, en évitant comme la peste les experts en fonction des pays du bloc BAO dont il n’y a rien à attendre puisque tout est dit de leur pensée profonde dans la réaction de la porte-parole de l’OTAN telle qu’on l’a lue plus haut. Ces experts travaillent en général pour des think tank, y compris et surtout européens, qui peuvent continuer leur travail si nécessaire grâce à des donations qui vont bien, essentiellement US mais pas seulement… (Sputnik-français, le 3 avril 2015).

• Miroslav Lazanski, analyste militaire, éditorialiste du journal Politika (Belgrade): «Dès le moment où le déploiement du bouclier antimissile en Europe a été évoqué pour la première fois, j’ai toujours affirmé qu’il n’était lié ni au programme nucléaire iranien, ni aux missiles nord-coréens. Son unique vocation est de neutraliser le potentiel nucléaire russe.

»Les négociations avec l’Iran constituent le meilleur test pour l’Occident. A l’heure actuelle, il n’existe plus de raisons formelles pour poursuivre la création de ce bouclier. Cependant, les Etats-Unis continuent de le faire, car cela s’inscrit dans leur politique visant à «encercler» la Russie. Le danger principal du bouclier consiste dans le fait que les missiles intercepteurs peuvent être facilement remplacés par des missiles offensifs dotés d’ogives nucléaires.»

• Orhan Gafarli, expert en matière de sécurité eurasiatique, Centre analytique d’études stratégiques (Turquie): «Suite à la conclusion de l’accord de Lausanne, la nécessité d’installer des systèmes antimissiles américains en Europe de l’Est a disparu. Si le déploiement de ces systèmes près des frontières russes se poursuit, il sera clair pour tout le monde qu’ils sont dirigés contre la Russie. Dans ce cas, les Etats-Unis ne réussiront plus à induire l’opinion mondiale en erreur concernant leurs véritables intentions.»

• Marek Toczek, contre-amiral polonais à la retraite: «L’Iran n’est plus considéré aujourd’hui comme une menace, et je ne pense pas que la Pologne ait vraiment besoin de ce prétendu bouclier antimissile. Toute décision concernant le système de ce gendre profiterait à quelqu’un d’autre, mais pas à la Pologne. Si des structures et des sites de ce type étaient mis en place en Pologne, cela provoquerait manifestement une dissonance. Il fut un temps où nous étions fiers de voir les troupes étrangères quitter le territoire de notre pays. Nous sommes accédés à l’indépendance, tout au moins dans le domaine militaire. Si soutenons ce projet, cela signifie que nous n’avons tiré aucune leçon du passé. Nous accepterons donc une dictature qui nous causera à l’avenir un préjudice beaucoup plus important.»

• Emad Abshenass, expert en géopolitique, rédacteur en chef du journal Iran Press: «L’accord de Lausanne n’a pas apporté de changements fondamentaux aux relations irano-américaines. Mais les responsables politiques du monde entier savent que dans certains cas, des ennemis politiques jurés peuvent devenir amis et vice versa. Les dirigeants iraniens et américains continuent de se haïr. Des notes négatives à l’adresse de la République islamique se sont fait entendre hier dans le discours de Barack Obama. Il y a quelques jours, l’ayatollah Khamenei a pour sa part de nouveau employé sa formule habituelle “Mort à l’Amérique!” Donc, rien n’a changé dans les relations entre les deux pays. Washington n’a pas l’intention de démanteler ses éléments de défense antimissile en Europe de l’Est. Ces systèmes sont toujours dirigés à la fois contre l’Iran et la Russie.»

La rapidité de réaction de communication des Russes à peine l’accord de Lausanne bouclé pour faire ressortir l’affaire du réseau BMDE témoigne, outre leur maîtrise de la communication, de plusieurs points essentiels. Tous ces points ne sont pas que de simples constats, ils sont promis à un développement dans l’avenir et pourraient aggraver un cas ou l’autre, – une crise ou l’autre, – montrant par là qu’il est, aujourd’hui, dans le cadre de la crise d’effondrement du Système, absolument impossible de résoudre une crise seule, d’une façon indépendante, – si tant est que la crise du nucléaire iranien soit complètement et vraiment résolue, ce qui reste à voir. Justement, comme on va le voir, toutes les crises sont liées, interconnectées, dépendantes les unes des autres.

• Le premier point est une confirmation. Il s’agit de l’importance stratégique pour les Russes du réseau antimissiles US/OTAN, d’un point de vue stratégique. Cela explique en bonne partie la rapidité de leurs réactions au niveau de la communication. Les Russes n’abandonneront jamais cette affaire et n’accepteront jamais un compromis qui laisse passer la moindre possibilité que ce réseau BMDE représente pour eux une menace stratégique non contrôlée (quitte à prendre des contre-mesures draconiennes si le BMDE est tout de même installé). L’affaire du BMDE est, du point de vue stratégique nucléaire, aussi importante que la crise ukrainienne du point de vue de la stratégie géographique. Ce sont des domaines sur lesquels les Russes ne transigeront pas…. Ils transigeront d’autant moins que la crise ukrainienne a rendu d’autant plus importante, même si l’on n’en a guère parlé, la ”crise des antimissiles”. Les deux crises s’exacerbent l’une l’autre.

• Cela nous conduit au second point, qui est, justement, celui de l’interconnectivité des crises. On ne peut, aujourd’hui, traiter la crise iranienne sans prendre en considération ses connexions avec d’autres crises, dont certaines qui nous conduisent au cœur de la crise haute qui est celle de l’affrontement entre le bloc BAO et la Russie. Le cas du BMDE en est l’exemple-type, avec dans ce cas, la connexion avec la crise ukrainienne, ce qui lie indirectement la crise iranienne avec la crise ukrainienne. De ce point de vue, on ne peut donc considérer l’accord de Lausanne comme une démarche diplomatique achevée, qui clôt un chapitre crisique important. Tout juste peut-on parle d’une étape, qui peut conduire à d’autres développements qui ne seront pas nécessairement apaisés, tant s’en faut.

• Le troisième point est l’attitude des Russes vis-à-vis de l’Iran à l’ombre de l’affaire du BMDE. Nul doute qu’ils vont activer, en même temps que certaines sanctions devraient être levées, leur démarche consistant à finalement livrer des S-300 de défense aérienne à l’Iran, dans le cadre du marché qu’ls avaient d’abord refuse d’honorer (à cause des sanctions, du temps de Medvedev, en 2009), et qu’ils proposeraient finalement d’honorer. Mais on devrait aller bien au-delà des S-300, et les Russes devraient effectivement proposer des S400 beaucoup plus avancés. (Voir le 24 février 2015.) C’est une question d’abord commerciale, certes, mais, désormais, surtout stratégique. Les Russes feront tout pour renforcer la défense des Iraniens contre toute menace stratégique, à la fois pour réduire encore plus l’argument des BMDE mais aussi pour contrecarrer les menaces qui continuent à se développer d’une éventuelle frappe contre l’Iran, – des Israéliens, mais aussi des USA dans des cas extrêmes. Bref, les Russes feront tout pour renforcer la défense de l’Iran dans la balance stratégique face au bloc BAO, dans un cadre général stratégique où, à cause du réseau BMDE qui continue à se développer, ils doivent jouer à fond la carte du renforcement stratégique de l’Iran. D’autre part, certes, ils doivent tout faire pour renforcer leurs liens stratégiques avec l’Iran, et cela devrait commencer par l’admission comme membre effectif de l’Iran à l’Organisation de Coopération de Shanghai, en juillet prochain.

• Le paradoxe est ainsi que la résolution possible/probable de la crise iranienne pourrait conduire, sinon devrait conduire à un renforcement notable des tensions stratégiques générales du bloc BAO avec la Russie, notamment à partir de la crise ukrainienne qui en est son point de fixation central. L’Iran, “libéré” des contraintes internationales, et s’il l’est officiellement, va désormais être sollicité par les évènements eux-mêmes pour jouer un jeu important dans les grandes crises en cours. Certes, on pense naturellement et irrésistiblement à la crise générale et confuse du Moyen-Orient, mais c’est un aspect très opérationnel. Nous pensons surtout à l’aspect d’une grande stratégie diplomatique et de communication, et c’est vers le Nord et vers le Nord-Est que l’Iran va être sollicité, vers l’axe Moscou-Pékin, vers l’OCS ; et également vers des crises comme celles de l’Ukraine et les autres qui opérationnalisent le grand schisme entre le bloc BAO et les autres. L’Iran ne pourra pas observer une neutralité dans ce cas, il devra choisir son camp. On a vu (le 1er avril 2015) que ce n’est pas le camp du bloc BAO qui nous paraît le choix probable de l’Iran.

Voir encore:

Statement by the President on the Framework to Prevent Iran from Obtaining a Nuclear Weapon

Rose Garden

April 02, 2015

THE PRESIDENT:  Good afternoon, everybody.  Today, the United States — together with our allies and partners — has reached a historic understanding with Iran, which, if fully implemented, will prevent it from obtaining a nuclear weapon.

As President and Commander-in-Chief, I have no greater responsibility than the security of the American people.  And I am convinced that if this framework leads to a final, comprehensive deal, it will make our country, our allies, and our world safer.

This has been a long time coming.  The Islamic Republic of Iran has been advancing its nuclear program for decades.  By the time I took office, Iran was operating thousands of centrifuges, which can produce the materials for a nuclear bomb — and Iran was concealing a covert nuclear facility.  I made clear that we were prepared to resolve this issue diplomatically, but only if Iran came to the table in a serious way.  When that did not happen, we rallied the world to impose the toughest sanctions in history — sanctions which had a profound impact on the Iranian economy.

Now, sanctions alone could not stop Iran’s nuclear program. But they did help bring Iran to the negotiating table.  Because of our diplomatic efforts, the world stood with us and we were joined at the negotiating table by the world’s major powers — the United Kingdom, France, Germany, Russia, and China, as well as the European Union.

Over a year ago, we took the first step towards today’s framework with a deal to stop the progress of Iran’s nuclear program and roll it back in key areas.  And recall that at the time, skeptics argued that Iran would cheat, and that we could not verify their compliance and the interim agreement would fail. Instead, it has succeeded exactly as intended.  Iran has met all of its obligations.  It eliminated its stockpile of dangerous nuclear material.  Inspections of Iran’s program increased.  And we continued negotiations to see if we could achieve a more comprehensive deal.

Today, after many months of tough, principled diplomacy, we have achieved the framework for that deal.  And it is a good deal, a deal that meets our core objectives.  This framework would cut off every pathway that Iran could take to develop a nuclear weapon.  Iran will face strict limitations on its program, and Iran has also agreed to the most robust and intrusive inspections and transparency regime ever negotiated for any nuclear program in history.  So this deal is not based on trust, it’s based on unprecedented verification.

Many key details will be finalized over the next three months, and nothing is agreed to until everything is agreed.  But here are the basic outlines of the deal that we are working to finalize.

First, Iran will not be able to pursue a bomb using plutonium, because it will not develop weapons-grade plutonium.  The core of its reactor at Arak will be dismantled and replaced. The spent fuel from that facility will be shipped out of Iran for the life of the reactor.  Iran will not build a new heavy-water reactor.  And Iran will not reprocess fuel from its existing reactors — ever.

Second, this deal shuts down Iran’s path to a bomb using enriched uranium. Iran has agreed that its installed centrifuges will be reduced by two-thirds.  Iran will no longer enrich uranium at its Fordow facility.  Iran will not enrich uranium with its advanced centrifuges for at least the next 10 years.  The vast majority of Iran’s stockpile of enriched uranium will be neutralized.

Today, estimates indicate that Iran is only two or three months away from potentially acquiring the raw materials that could be used for a single nuclear bomb.  Under this deal, Iran has agreed that it will not stockpile the materials needed to build a weapon.  Even if it violated the deal, for the next decade at least, Iran would be a minimum of a year away from acquiring enough material for a bomb.  And the strict limitations on Iran’s stockpile will last for 15 years.

Third, this deal provides the best possible defense against Iran’s ability to pursue a nuclear weapon covertly — that is, in secret.  International inspectors will have unprecedented access not only to Iranian nuclear facilities, but to the entire supply chain that supports Iran’s nuclear program — from uranium mills that provide the raw materials, to the centrifuge production and storage facilities that support the program.  If Iran cheats, the world will know it.  If we see something suspicious, we will inspect it.  Iran’s past efforts to weaponize its program will be addressed.  With this deal, Iran will face more inspections than any other country in the world.

So this will be a long-term deal that addresses each path to a potential Iranian nuclear bomb.  There will be strict limits on Iran’s program for a decade.  Additional restrictions on building new facilities or stockpiling materials will last for 15 years.  The unprecedented transparency measures will last for 20 years or more.  Indeed, some will be permanent.  And as a member of the Nuclear Non-Proliferation Treaty, Iran will never be permitted to develop a nuclear weapon.

In return for Iran’s actions, the international community has agreed to provide Iran with relief from certain sanctions — our own sanctions, and international sanctions imposed by the United Nations Security Council.  This relief will be phased as Iran takes steps to adhere to the deal.  If Iran violates the deal, sanctions can be snapped back into place.  Meanwhile, other American sanctions on Iran for its support of terrorism, its human rights abuses, its ballistic missile program, will continue to be fully enforced.

Now, let me reemphasize, our work is not yet done.  The deal has not been signed.  Between now and the end of June, the negotiators will continue to work through the details of how this framework will be fully implemented, and those details matter.  If there is backsliding on the part of the Iranians, if the verification and inspection mechanisms don’t meet the specifications of our nuclear and security experts, there will be no deal.  But if we can get this done, and Iran follows through on the framework that our negotiators agreed to, we will be able to resolve one of the greatest threats to our security, and to do so peacefully.

Given the importance of this issue, I have instructed my negotiators to fully brief Congress and the American people on the substance of the deal, and I welcome a robust debate in the weeks and months to come.  I am confident that we can show that this deal is good for the security of the United States, for our allies, and for the world.

For the fact is, we only have three options for addressing Iran’s nuclear program.  First, we can reach a robust and verifiable deal — like this one — and peacefully prevent Iran from obtaining a nuclear weapon.

The second option is we can bomb Iran’s nuclear facilities, thereby starting another war in the Middle East, and setting back Iran’s program by a few years — in other words, setting it back by a fraction of the time that this deal will set it back.  Meanwhile we’d ensure that Iran would race ahead to try and build a bomb.

Third, we could pull out of negotiations, try to get other countries to go along and continue sanctions that are currently in place or add additional ones, and hope for the best — knowing that every time we have done so, Iran has not capitulated but instead has advanced its program, and that in very short order, the breakout timeline would be eliminated and a nuclear arms race in the region could be triggered because of that uncertainty.  In other words, the third option leads us very quickly back to a decision about whether or not to take military action, because we’d have no idea what was going on inside of Iran.
Iran is not going to simply dismantle its program because we demand it to do so.  That’s not how the world works, and that’s not what history shows us.  Iran has shown no willingness to eliminate those aspects of their program that they maintain are for peaceful purposes, even in the face of unprecedented sanctions.  Should negotiations collapse because we, the United States, rejected what the majority of the world considers a fair deal, what our scientists and nuclear experts suggest would give us confidence that they are not developing a nuclear weapon, it’s doubtful that we can even keep our current international sanctions in place.

So when you hear the inevitable critics of the deal sound off, ask them a simple question:  Do you really think that this verifiable deal, if fully implemented, backed by the world’s major powers, is a worse option than the risk of another war in the Middle East?  Is it worse than doing what we’ve done for almost two decades, with Iran moving forward with its nuclear program and without robust inspections?  I think the answer will be clear.

Remember, I have always insisted that I will do what is necessary to prevent Iran from acquiring a nuclear weapon, and I will.  But I also know that a diplomatic solution is the best way to get this done, and offers a more comprehensive — and lasting — solution.  It is our best option, by far.  And while it is always a possibility that Iran may try to cheat on the deal in the future, this framework of inspections and transparency makes it far more likely that we’ll know about it if they try to cheat — and I, or future Presidents, will have preserved all of the options that are currently available to deal with it.

To the Iranian people, I want to reaffirm what I’ve said since the beginning of my presidency.  We are willing to engage you on the basis of mutual interests and mutual respect.  This deal offers the prospect of relief from sanctions that were imposed because of Iran’s violation of international law.  Since Iran’s Supreme Leader has issued a fatwa against the development of nuclear weapons, this framework gives Iran the opportunity to verify that its program is, in fact, peaceful.  It demonstrates that if Iran complies with its international obligations, then it can fully rejoin the community of nations, thereby fulfilling the extraordinary talent and aspirations of the Iranian people.  That would be good for Iran, and it would be good for the world.

Of course, this deal alone — even if fully implemented — will not end the deep divisions and mistrust between our two countries.  We have a difficult history between us, and our concerns will remain with respect to Iranian behavior so long as Iran continues its sponsorship of terrorism, its support for proxies who destabilize the Middle East, its threats against America’s friends and allies — like Israel.  So make no mistake: We will remain vigilant in countering those actions and standing with our allies.

It’s no secret that the Israeli Prime Minister and I don’t agree about whether the United States should move forward with a peaceful resolution to the Iranian issue.  If, in fact, Prime Minister Netanyahu is looking for the most effective way to ensure Iran doesn’t get a nuclear weapon, this is the best option.  And I believe our nuclear experts can confirm that.

More importantly, I will be speaking with the Prime Minister today to make clear that there will be no daylight, there is no daylight, when it comes to our support for Israel’s security and our concerns about Iran’s destabilizing policies and threats toward Israel.  That’s why I’ve directed my national security team to consult closely with the new Israeli government in the coming weeks and months about how we can further strengthen our long-term security cooperation with Israel, and make clear our unshakeable commitment to Israel’s defense.

Today, I also spoke with the King of Saudi Arabia to reaffirm our commitment to the security of our partners in the Gulf.  And I’m inviting the leaders of the six countries who make up the Gulf Cooperation Council — Saudi Arabia, the United Arab Emirates, Kuwait, Oman, Qatar, and Bahrain — to meet me at Camp David this spring to discuss how we can further strengthen our security cooperation, while resolving the multiple conflicts that have caused so much hardship and instability throughout the Middle East.

Finally, it’s worth remembering that Congress has, on a bipartisan basis, played a critical role in our current Iran policy, helping to shape the sanctions regime that applied so much pressure on Iran and ultimately forced them to the table.  In the coming days and weeks, my administration will engage Congress once again about how we can play — how it can play a constructive oversight role.  I’ll begin that effort by speaking to the leaders of the House and Senate today.

In those conversations, I will underscore that the issues at stake here are bigger than politics.  These are matters of war and peace, and they should be evaluated based on the facts and what is ultimately best for the American people and for our national security.  For this is not simply a deal between my administration and Iran.  This is a deal between Iran, the United States of America, and the major powers in the world — including some of our closest allies.  If Congress kills this deal — not based on expert analysis, and without offering any reasonable alternative — then it’s the United States that will be blamed for the failure of diplomacy.  International unity will collapse, and the path to conflict will widen.

The American people understand this, which is why solid majorities support a diplomatic resolution to the Iranian nuclear issue.  They understand instinctively the words of President Kennedy, who faced down the far greater threat of communism, and said:  “Let us never negotiate out of fear, but let us never fear to negotiate.”  The American people remember that at the height of the Cold War, Presidents like Nixon and Reagan struck historic arms control agreements with the Soviet Union, a far more dangerous adversary — despite the fact that that adversary not only threatened to destroy our country and our way of life, but had the means to do so.  Those agreements were not perfect.  They did not end all threats.  But they made our world safer.  A good deal with Iran will do the same.

Today, I’d like to express my thanks to our international partners for their steadfastness and their cooperation.  I was able to speak earlier today with our close allies, Prime Minister Cameron and President Hollande and Chancellor Merkel, to reaffirm that we stand shoulder-to-shoulder in this effort.

And most of all, on behalf of our nation, I want to express my thanks to our tireless — and I mean tireless — Secretary of State John Kerry and our entire negotiating team.  They have worked so hard to make this progress.  They represent the best tradition of American diplomacy.  Their work — our work — is not yet done and success is not guaranteed.  But we have an historic opportunity to prevent the spread of nuclear weapons in Iran, and to do so peacefully, with the international community firmly behind us.  We should seize that chance.

Thank you.  God bless you.  God bless the United States of America.

Voir enfin:

La Maison Blanche sur les paramètres d’un plan d’action relatif au programme nucléaire iranien
03 avril 2015

La Maison Blanche
Bureau du secrétaire de presse
Washington, D.C.
Le 2 avril 2015

Paramètres d’un Plan d’action conjoint et exhaustif relatif au programme nucléaire de la République islamique d’Iran

Nous présentons ci-dessous les paramètres du Plan d’action conjoint et exhaustif relatif au programme nucléaire de la République islamique d’Iran, décidés à Lausanne (Suisse). Ces éléments serviront de fondation au texte définitif du Plan d’action conjoint, qui sera rédigé d’ici au 30 juin. Ils sont la manifestation des importants progrès réalisés dans le cadre des discussions entre le groupe P5+1, l’Union européenne et l’Iran. D’importants détails de mise en œuvre sont encore sujets à négociation, et rien n’est convenu tant que tout n’est pas convenu. Nous allons travailler afin de conclure le plan d’action conjoint sur la base de ces paramètres pendant les mois à venir.

Enrichissement

• L’Iran a accepté de réduire d’environ deux tiers son parc de centrifugeuses installées. L’Iran passera d’environ 19 000 centrifugeuses installées aujourd’hui à 6 104 unités dans le cadre de l’accord, dont 5 060 seulement enrichiront de l’uranium pendant les 10 années à venir. Ces 6 104 centrifugeuses seront du type IR-1, c’est-à-dire de première génération en Iran.

• L’Iran a accepté de ne pas enrichir d’uranium au-delà d’une teneur de 3,67 % pendant au minimum 15 ans.

• L’Iran a accepté de réduire son stock actuel, qui est d’environ 10 tonnes d’uranium faiblement enrichi (UFE), à 300 kilos d’UFE enrichi à 3,67 %, pendant une période de 15 années.

• Toutes les centrifugeuses et infrastructures d’enrichissement surnuméraires seront placées dans des entrepôts surveillés par l’AIEA ; elles seront affectées exclusivement au remplacement de centrifugeuses et équipements en exploitation.

• L’Iran a accepté de ne construire aucune nouvelle installation aux fins d’enrichir de l’uranium, et ce pendant 15 ans.

• Le « break-out time » de l’Iran, c’est-à-dire le temps qui lui serait nécessaire pour obtenir une quantité de matière fissile suffisante pour fabriquer une bombe nucléaire, est actuellement estimé entre deux et trois mois. Ce délai sera allongé à un an au minimum dans le cadre prévu, et cela pendant une période d’au moins dix ans.

L’Iran va reconvertir ses installations de Fordo afin qu’elles ne soient plus utilisées aux fins d’enrichir l’uranium

• L’Iran a accepté de ne pas enrichir d’uranium dans ses installations de Fordo pendant au minimum 15 ans.

• L’Iran a accepté de reconvertir ses installations de Fordo de façon à qu’elles ne soient utilisées qu’à des fins pacifiques, sous forme d’un centre de recherche sur la physique et la technologie nucléaires.

• L’Iran a accepté de ne conduire à Fordo aucune activité de recherche et développement liée à l’enrichissement de l’uranium, et ce pendant 15 ans.

• L’Iran ne détiendra aucune matière fissile à Fordo pendant 15 ans.

• Près des deux tiers des centrifugeuses et infrastructures de Fordo seront enlevées. Les centrifugeuses restantes n’enrichiront pas d’uranium. Toutes les centrifugeuses et infrastructures connexes seront soumises aux contrôles de l’AIEA.

L’Iran n’enrichira l’uranium que dans ses installations de Natanz, avec seulement 5 060 centrifugeuses IR-1 de première génération pendant dix ans.

• L’Iran a accepté de n’enrichir l’uranium qu’avec ses centrifugeuses de première génération (type IR-1) à Natanz, et ce pendant dix ans, en enlevant ses centrifugeuses de technologie plus avancée.

• L’Iran enlèvera les mille centrifugeuses de type IR-2M déjà installées à Natanz et les mettra pendant dix ans dans un entrepôt soumis aux contrôles de l’AIEA.

• Pendant dix ans au moins, l’Iran s’abstiendra d’utiliser ses centrifugeuses de type IR-2, IR-4, IR-5, IR-6 ou IR-8 pour produire de l’uranium enrichi. L’Iran utilisera ses centrifugeuses de technologie avancée pour des activités de recherche et développement limitées, selon un calendrier et des paramètres convenus par le groupe P5+1.

• Pendant dix ans, l’enrichissement et les activités de recherche et développement dans le domaine de l’enrichissement seront limités de façon à assurer un break-out time d’au moins un an. Au-delà de ces dix années, l’Iran devra respecter son plan d’enrichissement et de R&D en matière d’enrichissement, tel que soumis à l’AIEA, et, conformément au Plan d’action, le Protocole additionnel induisant certaines limitations en termes de capacités d’enrichissement.

Inspections et transparence

• L’AIEA disposera d’un accès régulier à toutes les installations nucléaires d’Iran, y compris aux installations iraniennes d’enrichissement de Natanz et aux anciennes installations d’enrichissement de Fordo, et pourra utiliser les technologies modernes de contrôle les plus récentes.

• Les inspecteurs auront accès à la chaine d’approvisionnement qui alimente le programme nucléaire iranien. Les nouveaux mécanismes de transparence et d’inspection assureront un contrôle étroit des matériaux et/ou composants, afin de prévenir tout détournement au profit d’un programme secret.

• Les inspecteurs auront accès aux mines d’uranium et assureront un contrôle continu des usines de traitement où l’Iran produit ses concentrés d’uranium, et cela pendant une période de 25 ans.

• Pendant 20 ans, les inspecteurs assureront un contrôle continu des installations de production et stockage des rotors et cylindres de centrifugeuses. La filière iranienne de fabrication des centrifugeuses sera gelée et soumise à une surveillance continue.

• Toutes les centrifugeuses et infrastructures d’enrichissement retirées des installations de Fordo et de Natanz seront placées sous surveillance continue de l’AIEA.

• À titre de mesure de transparence supplémentaire, un canal d’approvisionnement dédié sera mis en place pour le programme nucléaire iranien, afin de surveiller et d’approuver au cas par cas la fourniture, la vente ou le transfert à l’Iran de certaines matières et technologies liées au nucléaire ou à double usage.

• L’Iran a accepté d’appliquer le Protocole additionnel de l’AIEA, donnant à cette dernière un bien meilleur accès au programme nucléaire iranien, et à des informations beaucoup plus développées à cet égard, au titre des installations déclarées comme non déclarées.

• L’Iran sera tenu de donner accès à l’AIEA pour lui permettre d’enquêter sur les sites suspects ou les allégations d’existence d’une installation clandestine de production de concentrés d’uranium, de conversion ou d’enrichissement d’uranium, ou de fabrication de centrifugeuses, et cela en tout lieu dans le pays.

• L’Iran a accepté d’appliquer le Code 3.1 modifié, qui impose une notification accélérée en cas de construction de nouvelles installations.

• L’Iran déploiera une série de mesures convenues pour répondre aux inquiétudes de l’AIEA en ce qui concerne le volet militaire possible du programme iranien.

Réacteurs et retraitement

• L’Iran a accepté de modifier la conception et de reconstruire un réacteur de recherche à eau lourde à Arak, sur la base d’un modèle validé par le groupe P5+1, lequel réacteur ne produira pas de plutonium de qualité militaire et contribuera à la recherche nucléaire et à la production d’isotopes à des fins pacifiques.

• Le cœur d’origine du réacteur, qui aurait permis de produire des quantités significatives de plutonium de qualité militaire, sera détruit ou retiré du pays.

• Pendant toute la durée de vie du réacteur, l’Iran expédiera à l’étranger la totalité du combustible usé du réacteur.

• L’Iran s’est engagé indéfiniment à ne conduire aucune activité de retraitement de combustible irradié ou de recherche et développement relative au combustible irradié.

• L’Iran s’interdit d’accumuler de l’eau lourde au-delà des besoins du réacteur d’Arak tel que modifié, et vendra pendant quinze ans sur le marché international toute quantité d’eau lourde résiduelle.

• L’Iran s’interdit de construire de nouveaux réacteurs à eau lourde pendant une période de 15 ans.

Sanctions

• L’Iran bénéficiera de mesures de levée des sanctions si le pays respecte ses engagements de manière vérifiable.

• Les sanctions des États-Unis et de l’Union européenne liées au nucléaire seront suspendues lorsque l’AIEA aura vérifié que l’Iran a pris toutes les mesures clés de sa responsabilité en matière nucléaire. Ces sanctions s’appliqueront à nouveau immédiatement si l’Iran manque à ses engagements à quelque moment que ce soit.

• L’architecture des sanctions américaines liées au nucléaire à l’égard de l’Iran sera maintenue pendant une grande partie de la durée de l’accord et permet le rétablissement immédiat des sanctions en cas de non-respect significatif.

• Toutes les résolutions adoptées dans le passé par le Conseil de sécurité de l’ONU sur la question nucléaire iranienne seront abrogées simultanément lorsque l’Iran aura pris dans le domaine nucléaire les mesures réglant tous les principaux problèmes (enrichissement, Fordo, Arak, volet militaire possible, et transparence).

• Toutefois, les dispositions fondamentales des résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, à savoir celles traitant des transferts de technologies et d’activités à caractère sensible, seront reprises dans une nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, validant le Plan d’action conjoint et appelant à sa mise en œuvre intégrale. Elle créera également le canal d’approvisionnement mentionné ci-dessus, qui constituera une mesure de transparence essentielle. Cette nouvelle résolution intégrera également d’importantes restrictions relatives aux armes conventionnelles et aux missiles balistiques, ainsi que des dispositions permettant l’inspection des expéditions correspondantes et des gels d’actifs.

• Un mécanisme de résolution des différends sera prévu, afin de permettre à tout participant au Plan d’action conjoint de chercher une solution aux différends pouvant concerner l’exécution des engagements figurant audit Plan d’action conjoint.

• Toutes les sanctions préexistantes de l’ONU pourront être réimposées si un désaccord portant sur une non-performance significative ne peut être résolu dans le cadre de ce mécanisme.

• Les sanctions prises par les États-Unis à l’égard de l’Iran au titre du terrorisme, des missiles balistiques et des violations des droits de l’homme restent en vigueur dans le cadre de l’accord.

Calendrier

• Pendant dix ans, l’Iran limitera ses capacités d’enrichissement domestiques et ses activités de recherche et développement, de façon à assurer un break-out time d’au minimum un an. Au delà, l’Iran sera tenu par son plan à plus long terme pour l’enrichissement et la R&D dans le domaine de l’enrichissement, qui a été partagé avec le groupe P5+1.

• Pendant quinze ans, l’Iran limitera d’autres aspects de son programme. À titre d’exemple, l’Iran ne saurait construire de nouvelles installations d’enrichissement ou de nouveaux réacteurs à eau lourde, limitera ses stocks d’uranium enrichi et accepte des procédures de transparence renforcées.

• Des mesures importantes en matière d’inspection et de transparence seront maintenues bien au-delà de 15 années.

• Le respect par l’Iran du Protocole additionnel de l’AIEA est une mesure permanente, y compris en ce qui concerne les importantes obligations prévues en matière d’accès et de transparence. Les mesures vigoureuses prévues en matière d’inspection de la chaine d’approvisionnement en uranium de l’Iran s’appliqueront pendant 25 ans.

• Même après la période d’application des mesures de limitation les plus sévères à l’égard du programme nucléaire iranien, l’Iran restera partie au Traité de non-prolifération (TNP), qui interdit le développement ou l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran et soumet son programme nucléaire au régime de contrôle de l’AIEA.

2 commentaires pour Nucléaire iranien: Plus ça change … (Surprise! Iran’s Persian statement on ‘deal’ turns out to contradict Obama’s claims)

  1. jcdurbant dit :

    Confirmation par le patron lui-même:

    I neither support nor oppose it. Everything is in the details; it may be that the deceptive other side wants to restrict us in the details …

    The White House put out a statement just a few hours after our negotiators finished their talks…this statement, which they called a ‘fact sheet’, was wrong on most of the issues …

    What has been achieved so far does not guarantee a deal or even that the negotiations will continue to the end …

    I was never optimistic about negotiating with America… nonetheless I agreed to the negotiations and supported, and still support, the negotiators …

    Ali Khamenei

    Je ne suis ni pour, ni contre …

    j’ai toujours soutenu et soutiendrai encore l’équipe des négociateurs iraniens …

    L’industrie nucléaire est une nécessité pour l’énergie, pour transformer l’eau de mer en eau potable, dans le domaine des médicaments, de l’agriculture et d’autres secteurs …

    L’Iran ne cherche pas à faire d' »explosion nucléaire, de test nucléaire ni d’armes nucléaires …

    Ce qui a été fait jusqu’à maintenant ne garantit ni l’accord en lui-même, ni son contenu, ni même que les négociations iront jusqu’au bout …

    Tout est dans le détail, il se peut que l’autre partie, qui est déloyale, veuille limiter notre pays dans les détails …

    J’ai vu le texte (…) ce ne sera pas la base d’un accord …

    Ali Khamenei

    Les sanctions seront suspendues de manière progressive et sous condition de vérification que l’Iran respecte ses engagements, conformément à un plan d’action complet et définitif …

    Nous n’allons pas répondre à chaque déclaration publique faite par un responsable iranien, ni négocier en public …

    Jeffrey Rathke (porte-parole du département d’Etat)

    http://www.dailymotion.com/video/k1YqXpkNWZJpHRaHDnh?start=20

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  2. jcdurbant dit :

    The incredible disappearing deal !

    The U.S. fact sheet is a U.S. version and not acceptable to Iran … Obama administration claims about Iranian nuclear concessions are a wish list. None of these issues—including inspections of Iranian nuclear sites, the rollback of international sanctions, and Tehran’s right to continue enrichment—have been resolved.

    The Americans have mentioned a version of the negotiations from their own point of view. They are known to the world for having such methods, and yet they have even made the Europeans object.

    There is no agreement yet. There can be no agreement until all the issues are finalized.

    Marziyeh Afkham (Iranian Foreign Ministry spokeswoman)

    It’s become the incredible disappearing deal. The Iranians have a completely different conception of what was agreed than Kerry and team. Obama now asks the United States to embrace a deal that according to the Iranians doesn’t permit full inspections, doesn’t eliminate plutonium production, provides sanctions relief based on Iranian promises and not behavior, and doesn’t eliminate Iran’s path to a bomb. It’s a historic deal, but for all the wrong reasons.


    Michael Rubin
    (Former Pentagon adviser)

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