CPI: Les Palestiniens ont fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de leurs propres civils (Unlawful and deadly: Amnesty international confirms Palestinians’s war crimes on their own people)

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Les drones américains ont liquidé plus de monde que le nombre total des détenus de Guantanamo. Pouvons nous être certains qu’il n’y avait parmi eux aucun cas d’erreurs sur la personne ou de morts innocentes ? Les prisonniers de Guantanamo avaient au moins une chance d’établir leur identité, d’être examinés par un Comité de surveillance et, dans la plupart des cas, d’être relâchés. Ceux qui restent à Guantanamo ont été contrôlés et, finalement, devront faire face à une forme quelconque de procédure judiciaire. Ceux qui ont été tués par des frappes de drones, quels qu’ils aient été, ont disparu. Un point c’est tout. Kurt Volker
Le plus clair du temps, précise Motaghi, les Américains se font les avocats des thèses du régime iranien, poussant leurs alliés à admettre l’accord. (…) C’est Paris qui se montre le plus circonspect ; non que les Français soient tenaillés par l’inquiétude d’entériner un accord qui mettrait, outre Israël, l’Europe sous la menace des ogives nucléaires khomeynistes, mais parce que les bailleurs de fonds qui maintiennent la France en respiration artificielle – l’Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe – font pression sur elle. Fait extrêmement inhabituel, Riad a béni le récent voyage sur les bords de Seine du ministre israélien du Renseignement stratégique, Youval Steinitz, venu expliquer à Laurent Fabius, au nom de tous les détracteurs du compromis avec Téhéran, les points sur lesquels il ne fallait en aucun cas céder à Obama et à Khamenei. La réaction des Arabes est des plus compréhensibles, lorsque l’on sait qu’ils affrontent indirectement les Iraniens dans la campagne qu’ils mènent contre les chiites au Yémen. Ils voient aussi les Pasdaran s’incruster dans la Guerre Civile Irakienne, paralyser le Liban, s’approcher du royaume hachémite et s’instiller sur le Golan face à Israël. Et ils constatent que ça n’a absolument pas l’air de déranger Barack Obama, qui réserve les missiles de ses avions aux seuls sunnites partout où ils interviennent. Quant aux images que nous avons diffusées du Hezbollah chiite libanais guerroyant en Syrie sur du matériel américain à peine sorti des cartons, elles font sauter les Arabes au plafond. L’Iran tente militairement de bâtir un empire dans tout le Moyen Orient. L’Amérique d’Obama coopère avec lui en Irak et en Syrie, tout en s’efforçant, à n’importe quel prix, de signer un accord trismégiste avec Téhéran, qui lui permettra : 1. de construire légalement des bombes atomiques dans dix ans et de se préparer à le faire en attendant ; 2. de récupérer des milliards de dollars et de redresser son économie ; 3. de réintégrer les travées de la communauté internationale, de reprendre le commerce des armes et de concurrencer les pays arabes sur le marché pétrolier. Metula News Agency
La domination militaire des communautés chiites embrigadées par l’Iran provoque une rupture stratégique majeure aux Proche et Moyen-Orients. Que les négociations sur le nucléaire aboutissent ou non, Téhéran devient une puissance incontournable, qui structure les communautés chiites. Pourtant, son ascension a été jalonnée d’obstacles: il a déjoué un millefeuille de sanctions pour s’imposer. Dès qu’elles seront levées, il disposera du dégel de 100 milliards de dollars et aura les moyens d’accentuer son influence et de développer ses arsenaux. (…) Les attentats du 11 septembre commis par des djihadistes sunnites ont effacé des mémoires les multiples attaques (QG des Marines, des Marsouins et de l’ambassade américaine à Beyrouth), assassinats, prises d’otages… commis par des chiites aux ordres de l’Iran. La propagande des djihadistes chiites maîtrise une communication parfaitement lissée, comparée à la mise en scène d’actes de barbarie commis par les djihadistes sunnites. Pourtant, sur le champ de bataille les djihadistes chiites pratiquent la même horreur. Les «crimes de guerre» dénoncés par Amnesty en Irak, l’usage d’armes chimiques par Assad et les 11.000 suppliciés morts sous la torture dans ses geôles suscitent moins d’émotion que les exactions de Daech. (…) La bombe iranienne, ou tout au moins l’arrivée au seuil nucléaire, annonce une prolifération régionale: l’Arabie, l’Égypte et la Turquie chercheraient alors à rejoindre Israël et l’Iran dans le club des nations atomiques. Téhéran serait tenté de provoquer des troubles en Arabie pour la détourner du lancement d’un programme fiable. Le conflit qui oppose les djihadistes chiites et sunnites n’est pas prêt de s’estomper, d’autant plus que l’Amérique d’Obama n’exerce plus son rôle arbitral. Le «Yalta» régional que Téhéran voudrait négocier avec Obama remettra en cause les frontières de Sykes-Picot, cent ans après leur instauration. Mais l’hégémonie iranienne ne saurait être synonyme de paix régionale. Le Yémen en est l’éclatante illustration. Antoine Basbous
L’Irak ne gagnera pas le combat contre l’État islamique, qui a commis de nombreuses atrocités, si ses propres forces se livrent à des attaques contre les civils en violation des lois de la guerre et de la décence humaine. Les exactions commises par les milices affectent les personnes plus vulnérables en Irak, et exacerbent les rivalités communautaires. (…) À l’évidence, l’Irak est exposé à de graves menaces dans le conflit qui l’oppose à l’EI, mais les exactions commises par les forces qui combattent l’EI sont tellement insidieuses et extrêmes qu’elles constituent une menace sur le long terme pour l’Irak. Les Irakiens se retrouvent pris en étau entre les horreurs commises par l’EI et le comportement répréhensible des milices. Et ce sont les civils irakiens qui en paient le prix. Joe Stork (Human Rights Watch)
Devant la recrudescence de la violence au Yémen, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) se déclare préoccupé par les informations faisant état de victimes civiles suite aux frappes aériennes perpétrées dans la capitale Sanaa et dans d’autres parties du pays. La population yéménite – déjà durement éprouvée par des années de conflit – doit à présent endurer les effets de cette escalade. « Toutes les parties impliquées dans le cycle de violence actuel sont liées par les règles régissant la conduite des hostilités », déclare Cédric Schweizer, qui dirige la délégation du CICR au Yémen. En vertu du droit international humanitaire, les pays qui participent aux opérations militaires de la coalition, ainsi que les forces armées et les groupes armés yéménites, doivent tous se conformer aux principes de distinction, de proportionnalité et de précaution, et s’efforcer de ne pas nuire aux civils et de ne pas causer de dommages aux biens de caractère civil. Le CICR a également appelé toutes les parties impliquées dans le conflit à respecter la vie humaine, à traiter les détenus correctement et à veiller à ce que les blessés aient accès aux soins médicaux dont ils ont besoin. Les structures médicales doivent être protégées, et ne peuvent pas être attaquées. CICR
Devinez un peu qui est le Numéro Un absolu parmi tous les violateurs du droit des femmes dans le monde, à ce jour? Israël. Qui viole le droit des femmes palestiniennes. Du moins est-ce la vision de l’organisme des droits des femmes, au sommet de l’ONU, la Commission sur le droit des femmes (CSW). Le CSW a achevé sa rencontre annuelle de ce vendredi 20 mars, en ne condamnant qu’un seul et unique des 193 Etats-membres pour ses « violations » du droit des femmes : Israël.  Ce n’est pas la Syrie. Où les forces gouvernementales utilise le viol, de façon routinière et d’autres formes de violence sexuelle et de torture contre les femmes en tant que tactique de guerre. Où, en 2014, le régime Assad a ffâmé, torturé et tué au moins 24.000 civils, et où 3 millions de personnes – essentiellement des femmes et des enfants – sont des réfugiés. (…) Cela ne peut pas être l’Arabie Saoudite. Où les femmes sont punies physiquement de tenues vestimentaires obligatoires, sont presque totalement exclues de la vie politique, ne peuvent pas conduire, ne peuvent pas voyager sans la présence d’un proche de sexe mâle, où elles ne reçoivent que la moitié de l’héritage de leurs frères, et où leur témoignage devant la loi ne vaut pas plus de la moitié de celui d’un homme. Pas le Soudan. Où la violence domestique n’est pas interdite ni sanctionnée. Où il n’y a pas d’âge minimal pour les rapports sexules « consentis ». Où l’âge légal du mariage pour les filles est fixé à … 10 ans. Où 88% des femmes de moins de 50 ans ont subi des mutilations génitales de leur féminité. Où on dénie des droits égaux aux femmes dans le mariage, l’héritage et le divorce.  Pas plus l’Iran. Où chaque femme qui a tenté de se faire enregistrer comme candidate présidentielle au cours des dernières élections, a été disqualifiée. Où « l’adultère » est punissable de mort par lapidation. Où les femmes qui se défendent contre leur violeur et tue leurs aggresseurs sont systématiquement exécutées. La constitution interdit aux femmes de devenir Juge. Et les femmes doivent, d’abord, obtenir le consentement de leur mari pour travailler hors de la maison. Anne Bayefsky
La Cour est également compétente pour les crimes commis par les citoyens palestiniens (…), l’adhésion au Statut de Rome impliquant des droits et des devoirs. Fadi el-Abdallah (porte-parole de la CPI)
La diplomatie palestinienne cherche à tout prix à être reconnue et à partager sa cause, et cherche à le faire à travers des institutions légales et légitimes. C’est plus une réalisation diplomatique qu’autre chose. Chafik al-Masri (professeur de droit international)
Cette adhésion peut aussi se révéler être une arme à double tranchant : d’abord parce qu’Israël a déjà commencé à répliquer avec des actions en justice devant des juridictions ordinaires. Par exemple, avec des plaintes contre l’Autorité palestinienne pour les bombardements du Hamas qui ont perturbé le trafic de l’aéroport de Tel Aviv l’été dernier. Par ailleurs, (…) les Palestiniens pourraient par exemple devoir répondre devant la CPI de crimes commis par le Hamas ou depuis Gaza, alors même que le contrôle sur ce territoire échappe totalement à l’Autorité palestinienne. France 24
La démarche palestinienne est toutefois une arme à double tranchant et pourrait avoir des conséquences désastreuses : si les Palestiniens décident de poursuivre des Israéliens en justice, l’inverse est également vrai. Ainsi, des membres du Hamas, qui contrôle de facto la bande de Gaza, pourraient être amenés à comparaître devant un tribunal pour avoir visé des civils lors de l’opération israélienne en 2014. Ce qui pourrait court-circuiter ou presque l’offensive judiciaire des Palestiniens en les obligeant à répondre de ces accusations.  L’Orient le jour
Nous  avons  réussi,  notre  récit  a  pris  le dessus ! Ismaël  Haniyeh (ancien premier  ministre  du  Hamas, Al-Jazeera, 29 août 2014)

Les groupes armés palestiniens doivent mettre fin à l’ensemble des attaques directes visant les civils et des attaques menées sans discrimination. Ils doivent aussi prendre toutes les précautions possibles afin de protéger les civils de la bande de Gaza des conséquences de ces attaques. Cela suppose d’adopter toutes les mesures qui s’imposent pour éviter de placer combattants et armes dans des zones densément peuplées ou à proximité. (…) Les éléments selon lesquels il est possible qu’une roquette tirée par un groupe armé palestinien ait causé 13 morts civiles dans la bande de Gaza soulignent à quel point ces armes sont non discriminantes et les terribles conséquences de leur utilisation. (…) L’impact dévastateur des attaques israéliennes sur les civils palestiniens durant ce conflit est indéniable, mais les violations commises par un camp dans un conflit ne peuvent jamais justifier les violations perpétrées par leurs adversaires. (…) La communauté internationale doit aider à prévenir de nouvelles violations en luttant contre la banalisation de l’impunité, et en cessant de livrer aux groupes armés palestiniens et à Israël les armes et équipements militaires susceptibles d’être utilisés pour commettre de graves violations du droit international humanitaire.
Philip LutherAmnesty International demande à tous les États de soutenir la Commission d’enquête des Nations unies et la compétence de la Cour pénale internationale concernant les crimes commis par toutes les parties au conflit. Amnesty international
Des groupes armés palestiniens ont fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de civils, en lançant de nombreuses attaques aveugles à l’aide de roquettes et de mortiers en direction de zones civiles en Israël durant le conflit de juillet-août 2014, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public jeudi 26 mars. Ce document, intitulé Unlawful and deadly: Rocket and mortar attacks by Palestinian armed groups during the 2014 Gaza/Israel conflict (…), fournit des éléments tendant à prouver que plusieurs attaques lancées depuis la bande de Gaza constituaient des crimes de guerre. Six civils, dont un petit garçon de quatre ans, ont été tués en Israël dans le cadre d’attaques de ce type, au cours de ce conflit ayant duré 50 jours. Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile tiré depuis la bande de Gaza s’est écrasé dans le camp de réfugiés d’al Shati. (…) Toutes les roquettes utilisées par les groupes armés palestiniens sont des projectiles non guidés, avec lesquels on ne peut pas viser avec précision de cible spécifique et qui sont non discriminantes par nature ; recourir à ces armes est interdit par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre. Les mortiers sont eux aussi des munitions imprécises et ne doivent jamais être utilisés pour attaquer des cibles militaires situées dans des zones civiles ou à proximité. (…) Selon les données des Nations unies, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers ont été tirés depuis Gaza vers Israël au cours de ce conflit. Sur ces milliers de roquettes et mortiers, environ 224 auraient atteint des zones résidentielles israéliennes, tandis que le Dôme de fer, le système de défense anti-missile israélien, en a intercepté de nombreux autres. (…) Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien durant ce conflit, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile a explosé à côté d’un supermarché, dans le camp – surpeuplé – de réfugiés d’al Shati (bande de Gaza) le 28 juillet 2014, premier jour de l’Aïd al Fitr. Les enfants jouaient dans la rue et achetaient des chips et des boissons sucrées au supermarché au moment de l’attaque. Si les Palestiniens ont affirmé que l’armée israélienne était responsable de cette attaque, un expert indépendant, spécialiste des munitions, ayant examiné les éléments de preuve disponibles pour le compte d’Amnesty International, a conclu que le projectile utilisé dans le cadre de cette attaque était une roquette palestinienne. (…) Mahmoud Abu Shaqfa et son fils Khaled, âgé de cinq ans, ont été gravement blessés lors de cette attaque. Muhammad, son fils de huit ans, a été tué. (…) Il n’y pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte en place pour protéger les civils dans la bande de Gaza. Le rapport décrit en détail d’autres atteintes au droit international humanitaire commises par des groupes armés palestiniens durant le conflit, comme le fait de stocker des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, ainsi que des cas dans lesquels des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques ou stocké des munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés. Amnesty international

Attention: un crime de guerre peut en cacher un autre !

Attaques aveugles à l’aide de roquettes et de mortiers en direction de zones civiles en Israël (six civils, dont un petit garçon de quatre ans,) mais aussi sur Gaza même (13 civils palestiniens, dont 11 mineurs dans le camp de réfugiés d’al Shati, faussement attribués à Israël), placement de combattants et armes dans des zones densément peuplées ou à proximité, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers tirés depuis Gaza pendant 50 jours, pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte pour protéger les civils dans la bande de Gaza, stockage de roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, attaques ou stockage de munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés …

A l’heure où poursuivant son intifada diplomatique et judiciaire à La Haye, l’Autorité dite palestinienne devient officiellement (non, ce n’est pas un poisson d’avril !) membre de la Cour pénale internationale

Et que sur 193 pays, le seul Etat d’Israël se voit condamné comme pire violateur des droits des femmes

Pendant qu’à Genève en cette treizième année de négociations qui n’ont jamais servi qu’à gagner du temps, le Predator in chief assure les relations publiques pour ceux qui sont en train, du Golan au Yemen et via leurs milices chiites, de mettre le Moyen-orient à feu et à sang …

Et qu’audit Yémen, des armées arabes sont à leur tour confrontées aux bavures à l’occasion de frappes dirigées contre des forces qui se cachent au milieu de civils …

Comment ne pas voir avec cette confirmation que vient de publier Amnesty international …

Huit mois après le témoignage d’un alors bien seul journaliste italien et contre l’infâme matraquage de nos médias tout au long de la guerre lancée par le Hamas à Gaza l’été dernier …

L’ultime preuve du manque total, de la part des ennemis d’Israël en général et du Hamas en particulier, de respect pour la vie humaine …

Que ces massacres désormais dument documentés de leur propre population ?

Des groupes palestiniens ont tué des civils des deux camps dans des attaques constituant des crimes de guerre en 2014

Amnesty International

26/03/2015

Des groupes armés palestiniens ont fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de civils, en lançant de nombreuses attaques aveugles à l’aide de roquettes et de mortiers en direction de zones civiles en Israël durant le conflit de juillet-août 2014, écrit Amnesty International dans un nouveau rapport rendu public jeudi 26 mars.

Ce document, intitulé Unlawful and deadly: Rocket and mortar attacks by Palestinian armed groups during the 2014 Gaza/Israel conflict [en cours de traduction en français], fournit des éléments tendant à prouver que plusieurs attaques lancées depuis la bande de Gaza constituaient des crimes de guerre. Six civils, dont un petit garçon de quatre ans, ont été tués en Israël dans le cadre d’attaques de ce type, au cours de ce conflit ayant duré 50 jours. Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile tiré depuis la bande de Gaza s’est écrasé dans le camp de réfugiés d’al Shati.

« Des groupes armés palestiniens, dont la branche armée du Hamas, ont à maintes reprises lancé des attaques illégales durant ce conflit, tuant six civils et en blessant d’autres. En menant ces attaques, ils ont fait preuve d’une indifférence flagrante vis-à-vis du droit international humanitaire et des conséquences de leurs violations sur les civils, que ce soit en Israël ou dans la bande de Gaza », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

Toutes les roquettes utilisées par les groupes armés palestiniens sont des projectiles non guidés, avec lesquels on ne peut pas viser avec précision de cible spécifique et qui sont non discriminantes par nature ; recourir à ces armes est interdit par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre. Les mortiers sont eux aussi des munitions imprécises et ne doivent jamais être utilisés pour attaquer des cibles militaires situées dans des zones civiles ou à proximité.

« Les groupes armés palestiniens doivent mettre fin à l’ensemble des attaques directes visant les civils et des attaques menées sans discrimination. Ils doivent aussi prendre toutes les précautions possibles afin de protéger les civils de la bande de Gaza des conséquences de ces attaques. Cela suppose d’adopter toutes les mesures qui s’imposent pour éviter de placer combattants et armes dans des zones densément peuplées ou à proximité », a déclaré Philip Luther.

Au moins 1 585 civils palestiniens, parmi lesquels plus de 530 mineurs, ont été tués à Gaza, et au moins 16 245 logements ont été détruits ou rendus inhabitables par les attaques israéliennes menées durant le conflit, dont certaines constituent également des crimes de guerre.

« L’impact dévastateur des attaques israéliennes sur les civils palestiniens durant ce conflit est indéniable, mais les violations commises par un camp dans un conflit ne peuvent jamais justifier les violations perpétrées par leurs adversaires », a déclaré Philip Luther.

« Le fait que des groupes armés palestiniens semblent avoir perpétré des crimes de guerre en tirant des roquettes et des mortiers à l’aveugle ne dispense pas les forces israéliennes de respecter leurs obligations aux termes du droit international humanitaire. Ce conflit a tué, détruit et blessé à un niveau sans précédent pour les 1,8 million de personnes vivant dans la bande de Gaza, et certaines des attaques israéliennes susceptibles de constituer des crimes de guerre doivent donner lieu à des enquêtes.

« Les autorités israéliennes et palestiniennes doivent coopérer avec les investigations de la Commission d’enquête des Nations unies et la Cour pénale internationale pour mettre fin à des décennies d’impunité, qui ont perpétué le cercle infernal des violations auquel les civils des deux côtés ont payé un lourd tribut. »

Selon les données des Nations unies, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers ont été tirés depuis Gaza vers Israël au cours de ce conflit. Sur ces milliers de roquettes et mortiers, environ 224 auraient atteint des zones résidentielles israéliennes, tandis que le Dôme de fer, le système de défense anti-missile israélien, en a intercepté de nombreux autres.

La mort de Daniel Tregerman, un garçon de quatre ans, le 22 août 2014, illustre clairement les conséquences tragiques de l’utilisation d’armes imprécises telles que des mortiers contre des zones civiles. Sa famille avait fui son domicile au kibboutz de Nahal Oz à cause des combats, puis y était retournée un jour avant qu’il ne soit tué. Quelques instants après le déclenchement des sirènes d’alarme, un mortier tiré depuis Gaza a frappé la voiture familiale garée devant la maison. Daniel est mort sous les yeux de sa petite sœur, qui était également présente.

« Mon époux et mon fils étaient dans le salon et je leur hurlais de venir dans l’abri. Des éclats [de mortier] ont atteint Daniel à la tête, le tuant sur le coup », a expliqué Gila Tregerman, sa mère, à Amnesty International.

Cette attaque a été revendiquée par les Brigades al Qassam, la branche armée du Hamas.

Le rapport souligne par ailleurs la réticence des autorités israéliennes à protéger adéquatement certaines populations civiles vulnérables dans le cadre du conflit, en particulier des villages bédouins de la région israélienne du Néguev, dont beaucoup ne sont pas officiellement reconnus par le gouvernement israélien. Ouda Jumian al Waj a été tuée par une roquette qui s’est écrasée dans le village bédouin de Qasr al Sir, près de la ville israélienne de Dimona, le 19 juillet.

La plupart des villages bédouins sont classifiés comme des « espaces ouverts » non résidentiels par les autorités israéliennes. Le système du Dôme de fer ne les protège donc pas et il n’y a pas d’abris contre les bombes sur place. Plus de 100 000 personnes vivent dans des villages bédouins dans le sud d’Israël.

« Les civils qui vivaient dans des villages bédouins pendant le conflit se sont retrouvés livrés à eux-mêmes et exposés au danger, exemple des discriminations qu’ils subissent au quotidien. Les autorités israéliennes doivent garantir que tous les résidents se voient accorder le même niveau de protection », a déclaré Philip Luther.

Les autres civils tués par les attaques lancées depuis la bande de Gaza incluent un travailleur agricole originaire de Thaïlande, Narakorn Kittiyangkul, qui a perdu la vie lorsqu’un mortier s’est abattu sur un site de production de tomates où il travaillait, dans le sud d’Israël. Zeev Etzion et Shahar Melamed ont été tués lors d’une attaque au mortier contre le kibboutz de Nirim, le 26 août.

Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien durant ce conflit, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile a explosé à côté d’un supermarché, dans le camp – surpeuplé – de réfugiés d’al Shati (bande de Gaza) le 28 juillet 2014, premier jour de l’Aïd al Fitr. Les enfants jouaient dans la rue et achetaient des chips et des boissons sucrées au supermarché au moment de l’attaque.

Si les Palestiniens ont affirmé que l’armée israélienne était responsable de cette attaque, un expert indépendant, spécialiste des munitions, ayant examiné les éléments de preuve disponibles pour le compte d’Amnesty International, a conclu que le projectile utilisé dans le cadre de cette attaque était une roquette palestinienne.

« Les éléments selon lesquels il est possible qu’une roquette tirée par un groupe armé palestinien ait causé 13 morts civiles dans la bande de Gaza soulignent à quel point ces armes sont non discriminantes et les terribles conséquences de leur utilisation », a déclaré Philip Luther.

Mahmoud Abu Shaqfa et son fils Khaled, âgé de cinq ans, ont été gravement blessés lors de cette attaque. Muhammad, son fils de huit ans, a été tué.

« La roquette est tombée près de la voiture […] le véhicule tout entier a été criblé d’éclats. Un morceau m’a transpercé […] Mon fils [Khaled] est venu vers moi. Il criait  » Papa lève-toi, lève-toi […] » Ma jambe entière était déchiquetée et mon bras était tordu vers l’arrière. »

Il n’y pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte en place pour protéger les civils dans la bande de Gaza.

Le rapport décrit en détail d’autres atteintes au droit international humanitaire commises par des groupes armés palestiniens durant le conflit, comme le fait de stocker des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, ainsi que des cas dans lesquels des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques ou stocké des munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés.

« La communauté internationale doit aider à prévenir de nouvelles violations en luttant contre la banalisation de l’impunité, et en cessant de livrer aux groupes armés palestiniens et à Israël les armes et équipements militaires susceptibles d’être utilisés pour commettre de graves violations du droit international humanitaire », a déclaré Philip Luther.

Amnesty International demande à tous les États de soutenir la Commission d’enquête des Nations unies et la compétence de la Cour pénale internationale concernant les crimes commis par toutes les parties au conflit.

Voir aussi:

Italian journalist: Al Shati ‘massacre’ caused by Hamas misfire, not Israel
July 29, 2014

Various news outlets are reporting that it was a ‘suspected’ Israeli air strike that killed 10 at the Al Shati refugee camp in Gaza.

Middle East Eye: In pictures: Death and devastation at al-Shati refugee camp

A suspected Israeli strike on a playground in the western Gaza City’s Al-Shati Camp killed 10 children on Monday, though the Israeli army denied culpability –

The Nation: Missile Strike at Al-Shati Refugee Camp Kills 10, Including 8 Children

Ten people were killed in the attack, including eight children, and forty were injured, thirty-two of them children, according to Gaza’s Health Ministry. Israel claimed a misfired militant rocket caused the carnage, but several eyewitnesses blamed the explosion on an airstrike.

The Daily Beast: Israel’s Campaign to Send Gaza Back to the Stone Age

In the emergency room yesterday afternoon, young children writhed in pain on gurneys waiting for scrambling ER doctors to attend to them following an air strike on the Al Shati Refugee camp. Nine of the ten people killed in the attack were children and are many more were wounded.

However, Italian journalist Gabriele Barbati on the ground in Gaza affirms the Israeli claim that the “massacre” at the Al Shati refugee camp was actually caused by a misfired Hamas rocket.

There will be journalists in Israel who report that the IDF caused these deaths. They will do so without fear of retaliation from Israel. That should tell you something.

How should the Supreme Court rule on gay marriage?

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Adhésion de la Palestine à la CPI : une arme à double tranchant
France 24

31/03/2015

La Palestine devient mercredi membre de la Cour pénale internationale (CPI), avec l’intention d’y faire juger les dirigeants israéliens pour crimes de guerre. Au-delà du symbole, les conséquences de cette démarche restent néanmoins incertaines.
La menace d’adhérer à la Cour pénale internationale (CPI) était brandie de longue date par les Palestiniens. C’est désormais acté : mercredi 1er avril, la Palestine va devenir formellement membre de l’instance internationale qui siège à La Haye, aux Pays-Bas. Cette adhésion au Statut de Rome – qui régit la CPI – donne, après la reconnaissance comme État membre de l’ONU, une arme diplomatique à l’Autorité palestinienne. Celle-ci peut toutefois s’avérer dangereuse à manier.

En intégrant la CPI, les Palestiniens ne cachent pas qu’ils veulent faire juger des dirigeants israéliens pour crimes de guerre, en lien ou non avec l’occupation. Il est du ressort de cette cour indépendante et permanente, créée en 2002, de juger les auteurs des crimes les plus graves qui touchent la communauté internationale : génocides, crimes contre l’humanité ou crimes de guerre. Elle ne peut être saisie qu’en dernier recours, après échec devant les juridictions nationales, et peut seulement poursuivre des individus, non des États.

Cette adhésion risque de compliquer un peu plus sérieusement les relations israélo-palestiniennes, déjà particulièrement tendues par le conflit à Gaza durant l’été 2014 et récemment encore, à la suite des déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou sur la solution à deux États. L’Autorité palestinienne vient ainsi d’annoncer une révision de sa politique de coopération sécuritaire avec Israël.

Dépôt de plaintes dès l’adhésion formelle

Certains responsables palestiniens ont promis les premières plaintes dès l’annonce de l’adhésion formelle. Il reviendra toutefois à la procureure Fatou Bensouda de décider de l’opportunité des poursuites à partir des faits portés à son attention. Les espérances palestiniennes pourraient ne pas être entièrement satisfaites. Les Israéliens avaient pris les devants, en punissant d’avance les Palestiniens et décidé de geler environ 100 millions d’euros de taxes prélevées par Israël pour leur compte. Une mesure que Benjamin Netanyahou a décidé de lever. Cette décision a-t-elle fait l’objet d’un marchandage contre une attitude plus modérée des Palestiniens à la CPI ? Certains medias israéliens l’affirment et l’Autorité palestinienne le nie.

Mais cette adhésion peut aussi se révéler être une arme à double tranchant : d’abord parce qu’Israël a déjà commencé à répliquer avec des actions en justice devant des juridictions ordinaires. Par exemple, avec des plaintes contre l’Autorité palestinienne pour les bombardements du Hamas qui ont perturbé le trafic de l’aéroport de Tel Aviv l’été dernier.

Des droits et des devoirs

Par ailleurs, le porte-parole de la CPI, Fadi el-Abdallah, interrogé par France 24, souligne que la Cour « est également compétente pour les crimes commis par les citoyens palestiniens (…), l’adhésion au Statut de Rome impliquant des droits et des devoirs ». Dès mercredi, les Palestiniens pourraient par exemple devoir répondre devant la CPI de crimes commis par le Hamas ou depuis Gaza, alors même que le contrôle sur ce territoire échappe totalement à l’Autorité palestinienne.

L’usage que feront les Palestiniens de ce nouveau droit est encore incertain et s’inscrit dans une logique « d’intifada diplomatique », mais on est sans doute encore loin de voir Benjamin Netanyahou jugé à la Haye. Pour Éric David, professeur de droit international à l’Université libre de Bruxelles, « le simple fait d’adhérer est déjà un évènement en soi » mais « il faut être plus prudent et patient quant au résultat ».

Voir également:

Moyen Orient et Monde
Palestiniens et CPI : le jeu en vaut-il la chandelle ?
Proche-Orient: L’adhésion à l’instance judiciaire internationale pourrait se révéler une arme à double tranchant, l’État hébreu pouvant à son tour poursuivre le Hamas pour crimes de guerre.
Samia Medawar
L’Orient le jour
01/04/2015

Aujourd’hui, la Palestine devrait devenir officiellement membre de la Cour pénale internationale (CPI). Ce moment décisif survient alors que les élections législatives israéliennes ont été emportées haut la main par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, déterminé à empêcher la création d’un État palestinien. Plus que jamais, les pourparlers de paix sont au point mort ; la situation, surtout économique, des territoires palestiniens est plus que précaire, particulièrement dans la bande de Gaza, dévastée par l’opération israélienne « Bordure protectrice » en été 2014.

Déjà État observateur non membre de l’Onu, la Palestine a promis d’user du droit de faire appel aux instances judiciaires internationales pour faire juger des dirigeants ou des militaires israéliens devant la CPI pour crimes de guerre ou en rapport avec la colonisation dénoncée comme illégale par la communauté internationale. En effet, contrairement à la Cour internationale de justice, une instance onusienne qui règle des contentieux judiciaires entre États, la CPI se charge, elle, de poursuivre des individus.

Prochaine étape
Que sera la prochaine étape pour les Palestiniens ? « Après l’adhésion, de premières plaintes concernant des situations précises devraient être présentées à la procureure générale », en l’occurrence Fatou Bensouda, explique Chafik al-Masri, professeur de droit international. « Cette dernière décide ou pas si le processus a lieu d’être lancé. Si c’est le cas, elle redirige la plainte vers la chambre préliminaire, qui décidera si l’accusation peut être présentée devant la chambre de première instance » si les charges sont confirmées. Pour rappel, la CPI découle directement du Statut de Rome, adopté en 1998, et signé et ratifié par plus de 120 États. Israël a signé le traité, sans le ratifier. L’État hébreu n’est donc pas obligé de reconnaitre la CPI, mais la signature en elle-même, si elle n’est pas retirée par l’État, représente un geste de bonne volonté. « Le plus important, explique le professeur Masri, est le fait que le statut de membre de la Palestine à la CPI permettrait, si la plainte était acceptée, la convocation obligatoire d’Israéliens devant un tribunal, quitte à demander l’intervention « musclée » du Conseil de sécurité selon le chapitre VII de la Charte des Nations unies », c’est-à-dire l’émission d’un mandat d’arrêt à l’encontre des récalcitrants.

La démarche palestinienne est toutefois une arme à double tranchant et pourrait avoir des conséquences désastreuses : si les Palestiniens décident de poursuivre des Israéliens en justice, l’inverse est également vrai. Ainsi, des membres du Hamas, qui contrôle de facto la bande de Gaza, pourraient être amenés à comparaître devant un tribunal pour avoir visé des civils lors de l’opération israélienne en 2014. Ce qui pourrait court-circuiter ou presque l’offensive judiciaire des Palestiniens en les obligeant à répondre de ces accusations.

Par ailleurs, les négociations de paix, même moribondes, pourraient se retrouver définitivement enterrées. « Israël a récemment affirmé qu’en cas de poursuites judiciaires, les Palestiniens le regretteraient… »
En attendant, déposer une plainte à la CPI revient à entamer un processus interminable qui pourrait prendre des années si jamais il aboutissait. Au point de se demander si cela en vaut la peine… « Les ingérences politiques ralentissent énormément le travail de la CPI. La preuve, (le président soudanais) Omar Béchir, sous le coup d’un mandat d’arrêt, court toujours. Mais la diplomatie palestinienne cherche à tout prix à être reconnue et à partager sa cause, et cherche à le faire à travers des institutions légales et légitimes. C’est plus une réalisation diplomatique qu’autre chose », estime M. Masri. Les instances judiciaires représentent donc le dernier recours d’une Autorité palestinienne acculée dans ses derniers retranchements, excédée par des décennies d’occupation et de brimades, de colonisation croissante, de guerres, de dénuement total, de revendications vaines.

Voir encore:

Ramallah (Territoires palestiniens)
La Palestine devient membre de la CPI et veut juger les dirigeants israéliens
L’Express/AFP

30/03/2015

Cette adhésion est un pas de plus dans la confrontation diplomatique et judiciaire engagée en 2014 par la direction palestinienne.

C’est aussi une démarche aux conséquences incertaines, non seulement parce que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et d’autres dirigeants israéliens semblent loin de comparaître un jour à La Haye, siège de la CPI, mais aussi parce qu’on ignore où mènera cette nouvelle dégradation annoncée dans les relations.

Les Palestiniens disent n’en avoir cure. Exaspérés par des décennies de vaines négociations, sans aucune perspective de voir naître prochainement l’Etat auquel ils aspirent depuis longtemps, ils ont fait le choix d’internationaliser leur cause.

Fin 2014, ils ont décidé de rejoindre la CPI, qui a pour vocation de poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, après avoir vu rejeter par le Conseil de sécurité un projet de résolution mettant fin à l’occupation sous trois ans.

« La Palestine emploie et continuera à employer tous les moyens légitimes à sa disposition pour se défendre contre la colonisation israélienne et les autres violations du droit international », disait alors le dirigeant palestinien Saëb Erakat.

– ‘Le train a quitté le quai’ –

La CPI était brandie de longue date comme l’une des armes ultimes des Palestiniens. Depuis, ils en ont dégainé une autre sur la voie du non-retour: la fin de la coopération sécuritaire, cruciale, avec les Israéliens.

Les rapports ont continué à se tendre. L’éventualité d’enquêtes de la CPI révulse Israël. M. Netanyahu a accusé le gouvernement palestinien, incluant le Hamas considéré comme terroriste par Israël, de « manipuler » la Cour.

En représailles, Israël a cessé de reverser à l’Autorité palestinienne les plus de 100 millions d’euros de taxes qu’il prélève chaque mois pour son compte.

Les récentes élections israéliennes ont donné lieu à une nouvelle surenchère. M. Netanyahu a enterré l’idée d’un Etat palestinien si – comme ce fut le cas – il restait à son poste.

Depuis, M. Netanyahu a accepté de débloquer les sommes dues à l’Autorité palestinienne, essentielle aux finances d’une institution aux abois qui fait vivre des dizaines de milliers de Palestiniens.

Différents journaux israéliens ont fait état d’un donnant-donnant: en échange de l’argent, les Palestiniens accepteraient de ne pas déposer leurs premières plaintes devant la CPI le 1er avril.

« C’est un énorme mensonge », réagit Xavier Abou Eid, un porte-parole de la direction palestinienne, « ces taxes n’ont rien à voir avec notre démarche à la CPI. Le train de la CPI a déjà quitté le quai ».
– Des ‘abîmes d’absurdité’ –

Dans les faits, le 1er avril risque d’avoir surtout une dimension cérémonielle quand sera remise au ministre palestinien Ryiad al-Malki la copie du Statut de Rome, fondateur de la CPI.

Certains dirigeants palestiniens ont annoncé de premières plaintes dès mercredi. En réalité, les Palestiniens pourraient attendre, ne serait-ce que parce qu’un Etat membre ne peut déposer de telles plaintes, mais porter à l’attention de la cour des situations précises, à charge pour la procureure d’enquêter ou non.

Ensuite, cette même procureure, Fatou Bensouda, qui a participé au tribunal international pour le Rwanda, a déjà décidé le 16 janvier de se pencher sur le conflit israélo-palestinien.

En même temps qu’il demandait l’adhésion à la CPI, le président palestinien Mahmoud Abbas avait envoyé à la cour un document autorisant la procureure à enquêter sur des crimes présumés commis dans les Territoires palestiniens depuis le 13 juin 2014.

Les évènements de juin 2014 avaient déclenché une escalade culminant dans la guerre de Gaza, qui a fait près de 2.200 morts côté palestinien et 73 côté israélien.

Pour l’instant, aucune enquête n’est ouverte et les faits en sont à l’examen préliminaire. Aucun délai n’est fixé. Mais les Palestiniens se veulent confiants que les choses ne devraient pas traîner étant donné « toute l’attention accordée à la Palestine » à la CPI selon eux.

Ils rejettent l’objection selon laquelle les dirigeants israéliens n’auront jamais de compte à rendre puisqu’Israël n’est pas signataire du Statut de Rome. La Cour peut aussi poursuivre des faits commis sur le territoire d’un Etat membre comme la Palestine, disent-ils.

« Dans quels abîmes d’absurdité la CPI a-t-elle sombré », avait demandé M. Netanyahu en commentant l’examen préliminaire. Parmi différentes formes de riposte, Israël soutient les plaintes de victimes d’attentats. En février, un jury new-yorkais a signalé que de tels procès pouvaient avoir des effets désastreux pour les Palestiniens, en condamnant l’Autorité et l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à des centaines de millions de dollars d’indemnités aux familles.

 Voir encore:

Yémen : le CICR préoccupé par les victimes civiles prises dans l’escalade de la violence
Communiqué de presse
26 mars 2015

Sanaa/Genève (CICR) – Devant la recrudescence de la violence au Yémen, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) se déclare préoccupé par les informations faisant état de victimes civiles suite aux frappes aériennes perpétrées dans la capitale Sanaa et dans d’autres parties du pays. La population yéménite – déjà durement éprouvée par des années de conflit – doit à présent endurer les effets de cette escalade.

« Toutes les parties impliquées dans le cycle de violence actuel sont liées par les règles régissant la conduite des hostilités », déclare Cédric Schweizer, qui dirige la délégation du CICR au Yémen.

En vertu du droit international humanitaire, les pays qui participent aux opérations militaires de la coalition, ainsi que les forces armées et les groupes armés yéménites, doivent tous se conformer aux principes de distinction, de proportionnalité et de précaution, et s’efforcer de ne pas nuire aux civils et de ne pas causer de dommages aux biens de caractère civil.

Le CICR a également appelé toutes les parties impliquées dans le conflit à respecter la vie humaine, à traiter les détenus correctement et à veiller à ce que les blessés aient accès aux soins médicaux dont ils ont besoin. Les structures médicales doivent être protégées, et ne peuvent pas être attaquées.

Ces derniers jours, le CICR, en étroite collaboration avec le ministère de la Santé publique et de la Population, a fait don de tentes de triage à l’hôpital Al-Joumhouria à Aden, qui permettront d’accélérer les procédures d’évaluation de l’état de santé des patients et de les orienter vers les services adéquats. Des médicaments et d’autres secours ont également été distribués. À ce jour, l’hôpital aurait pris en charge une quarantaine de patients.

À Taïz, de violentes manifestations auraient fait huit morts et plus de 140 blessés. Le CICR a fourni un kit pour blessés de guerre contenant des secours médicaux pour traiter entre 50 et 70 patients.

Au fur et à mesure que la situation évolue, des secours sont acheminés aux structures de santé dans les gouvernorats d’Al-Dhale et de Lahij, tous deux touchés par la violence.

À Sanaa, en réponse aux attentats perpétrés contre les mosquées Badr et Al-Hachouch qui ont fait au moins 140 morts et 340 blessés, le CICR a fourni deux kits pour blessés de guerre et des secours médicaux aux trois hôpitaux qui ont pris en charge la plupart des victimes.

Le CICR, qui dispose d’une équipe de 300 personnes réparties à Sanaa, Saada, Taïz et Aden, se tient prête à répondre aux besoins humanitaires les plus urgents et à agir en tant qu’intermédiaire neutre. Il coordonne également les interventions d’urgence en étroite collaboration avec le Croissant-Rouge du Yémen.

Voir par ailleurs:

P5 +1 : Avis de tempête sur le lac Léman
Jean Tsadik

Metula News Agency

Mar 31, 2015
Il plane une grande confusion sur ce qui se déroule entre les quatre murs de la salle de négociations de l’hôtel Beau Rivage à Lausanne entre les P5+1 et la délégation iranienne.
Il existe encore, certes, divers différends à résoudre entre les protagonistes. Mais à en croire le journaliste iranien Amir Hossein Motaghi, qui suivait les discussions, qui fut longtemps le principal conseiller du « Président » Hassan Rouhani, et qui vient de demander l’asile politique aux autorités helvétiques, il s’y déroule d’autres événements fort préoccupants.

D’après Motaghi, qui s’est confié au Telegraph de Londres, le rôle principal des Etats-Unis ne consiste pas à arracher des compromis aux représentants des ayatollahs, mais à persuader les autres membres des 5+1, le Royaume-Uni, la France, la Chine, la Russie et l’Allemagne, d’accepter les revendications perses présentées par Javad Zarif.

Le plus clair du temps, précise Motaghi, les Américains se font les avocats des thèses du régime iranien, poussant leurs alliés à admettre l’accord. Un texte dont la prégnance s’est réduite au fur et à mesure des difficultés, suivant ainsi la dévaluation de son intitulé, étant passé d’ « agrément cadre » à « déclaration de principes », pour n’être plus désormais qu’une « entente diplomatique ».

Le Secrétaire d’Etat, John Kerry, se contenterait actuellement d’un document d’un ou deux feuillets qui permettrait la poursuite des rencontres en vue d’un traité ultérieur – qui ne sera vraisemblablement pas finalisé à la date butoir fixée initialement au 30 juin prochain. Ce document a minima se bornerait, par la force des choses, à indiquer les problèmes à résoudre, et, de manière très laconique, la marche à suivre pour en venir à bout.

Dans certaines des autres délégations on craint une nouvelle entourloupe du genre du faux accord non signé de novembre 2013, qui ne consistait, comme la Ména l’avait révélé en exclusivité, qu’en un document de travail non paraphé, privé de toute force contraignante.

Cette fois, il sera toutefois plus difficile pour le Président Obama de brandir devant les caméras un document préparé par ses conseillers et présenté au monde comme le traité signé avec les Téhéranais.

En effet, les membres du Congrès ont désigné le 31 mars courant [demain] comme la date limite pour la signature par l’Administration du pré-accord définitif avec Khamenei. La majorité Républicaine dans les deux chambres, mais aussi un grand nombre de Démocrates, ont déjà annoncé que, s’ils ne voyaient pas, à la fin du mois, un mémo qui les satisfasse, tant au niveau du fond que de la forme, ils envisageraient sérieusement de décider de nouvelles sanctions à l’encontre de la théocratie chiite. Cette décision mettrait probablement un terme aux tentatives de Messieurs Obama et Kerry de résoudre le problème du nucléaire persan par la voie diplomatique.

La Maison Blanche s’est elle aussi exprimée à ce sujet, avertissant qu’elle imposerait son veto à l’adoption de telles sanctions. Cependant, elle ne pourra le faire que si elles sont votées par moins des trois quarts des représentants et des sénateurs.

Or le nombre des parlementaires indécis qui se détermineront dans un sens ou dans l’autre, dépendra, dans une large mesure, de ce que l’Administration va leur présenter. Un brouillon bâclé ne résolvant pas leurs principales inquiétudes, ou un constat d’échec mal documenté par le gouvernement, mettraient M. Obama dans une situation très délicate.

Cela explique le forcing entrepris par John Kerry en Romandie pour arrondir les angles avec Zarif, qu’il a déjà rencontré huit fois cette semaine, mais aussi pour inviter ses alliés à la souplesse, voire à la complaisance.

Pourtant, tous ne sont pas prêts à se montrer débonnaires en acceptant n’importe quoi. C’est d’abord le cas de la France, suivie du Royaume-Uni et de l’Allemagne. C’est Paris qui se montre le plus circonspect ; non que les Français soient tenaillés par l’inquiétude d’entériner un accord qui mettrait, outre Israël, l’Europe sous la menace des ogives nucléaires khomeynistes, mais parce que les bailleurs de fonds qui maintiennent la France en respiration artificielle – l’Arabie Saoudite et les Emirats du Golfe – font pression sur elle.

Fait extrêmement inhabituel, Riad a béni le récent voyage sur les bords de Seine du ministre israélien du Renseignement stratégique, Youval Steinitz, venu expliquer à Laurent Fabius, au nom de tous les détracteurs du compromis avec Téhéran, les points sur lesquels il ne fallait en aucun cas céder à Obama et à Khamenei.

La réaction des Arabes est des plus compréhensibles, lorsque l’on sait qu’ils affrontent indirectement les Iraniens dans la campagne qu’ils mènent contre les chiites au Yémen. Ils voient aussi les Pasdaran s’incruster dans la Guerre Civile Irakienne, paralyser le Liban, s’approcher du royaume hachémite et s’instiller sur le Golan face à Israël. Et ils constatent que ça n’a absolument pas l’air de déranger Barack Obama, qui réserve les missiles de ses avions aux seuls sunnites partout où ils interviennent. Quant aux images que nous avons diffusées du Hezbollah chiite libanais guerroyant en Syrie sur du matériel américain à peine sorti des cartons, elles font sauter les Arabes au plafond.

L’Iran tente militairement de bâtir un empire dans tout le Moyen Orient. L’Amérique d’Obama coopère avec lui en Irak et en Syrie, tout en s’efforçant, à n’importe quel prix, de signer un accord trismégiste avec Téhéran, qui lui permettra : 1. de construire légalement des bombes atomiques dans dix ans et de se préparer à le faire en attendant ; 2. de récupérer des milliards de dollars et de redresser son économie ; 3. de réintégrer les travées de la communauté internationale, de reprendre le commerce des armes et de concurrencer les pays arabes sur le marché pétrolier.

Pour ces raisons, les créanciers de la France lui demandent de ne pas se contenter d’un accord privant la junte cléricale chiite de l’accès à la Bombe durant 10 ans, comme Washington est prêt à l’accepter, mais d’exiger que la durée de l’agrément soit de 20 ans à tout le moins.

Autre objection arabo-israélienne soutenue par le Quai d’Orsay : l’obligation sine qua non de voir les Perses accepter contractuellement des inspections inopinées par les inspecteurs de l’AIEA des sites de leur choix. Cette condition s’ajoute à celle de l’installation de caméras de surveillance émettant en direct et 24h sur 24h dans les installations jugées à risque, et à l’obligation, pour le régime de Téhéran, d’adopter et de respecter le Protocole Additionnel du Traité de Non-prolifération Nucléaire. Jusqu’à ce mardi matin, les ayatollahs s’opposaient au principe des visites surprises.

Toujours au chapitre des visites des commissaires : la France, les Arabes et Israël exigent que les Iraniens permettent enfin aux inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique de visiter des sites militaires iraniens dont ils sont tenus à l’écart, en particulier, celui de Perchin.

L’AEIA suspecte fortement que les Perses s’y soient livrés à des séries de tests, au début des années 2000, liés à la production d’armes atomiques.

Cette exigence est peut-être la plus cruciale de toutes, puisque Téhéran persiste à affirmer n’avoir jamais entretenu de programme nucléaire à finalité militaire ; au cas où les inspecteurs trouveraient sur ces emplacements les traces qu’ils sont convaincus qu’ils trouveraient, le mensonge iranien serait mis à nu, ce qui remettrait en question l’ensemble de la coopération avec les ayatollahs et accentuerait de façon dramatique les revendications de la communauté internationale.

Ce n’est toutefois pas l’avis des Etats-Unis, qui tentent de persuader les Européens de se concentrer sur l’avenir et d’oublier les tests qui ont eu lieu dans le passé.

Des divergences persistent également quant à la levée des sanctions qui sont de trois types : les avoirs encore bloqués dans les banques occidentales, l’interdiction de commercer avec les banques iraniennes et d’acheter du pétrole perse, et la levée des sanctions à l’ONU.

Les 5+1 continuent à proposer une levée graduelle, simultanée à l’obtention des évidences démontrant que Téhéran respecte sa part d’engagements, alors que les ayatollahs, dont la situation économique est critique, campent sur une annulation immédiate des sanctions du Conseil de Sécurité et des entraves commerciales.

La France, les Arabes et Israël s’opposent également avec fermeté à la poursuite par les chiites des activités de recherche et de développement, particulièrement à la mise au point de nouvelles centrifugeuses. Pour ces pays, si ces occupations se poursuivaient pendant la durée de l’accord, le breakout time menant à la capacité atomique à l’issue de celui-ci ne serait que de trois à quatre mois.

Les négociations de Lausanne ont avancé dans les autres domaines en suspens, notamment le nombre de centrifugeuses que la théocratie serait autorisée à maintenir en opération. Elles se chiffrent à 6 000, alors que la demande initiale des grandes puissances se limitait à quelques centaines. De plus, Téhéran n’aurait aucune obligation de détruire les autres centrifugeuses qu’il possède, ce qui génère la colère et l’incompréhension des Israéliens, sur les thèmes : mais que va-t-il bien faire avec autant de minerai enrichi dont il n’a aucun usage, et pourquoi conserver 19 000 centrifugeuses si l’on ne compte pas confectionner des bombes atomiques ?

La « République » Islamique entrepose déjà quelques huit tonnes d’uranium enrichi entre 3,5 et 5 pour cent ; de quoi, si le processus de purification se poursuivait à 90 % et au-delà, assembler cinq ou six bombes.

Les interrogations légitimes de Jérusalem demeurent sans réponses, ce qui ne semble pas non plus inquiéter la Maison Blanche. Jusqu’à hier, celle-ci se rassurait en rappelant que Zarif avait donné son accord pour transférer la plus grande partie de ses stocks en Russie et recevoir du carburant nucléaire en barres (inutilisable pour faire des bombes) afin de faire tourner sa centrale de Bushehr.

Quel est le rationnel, pour un pays ruiné, de fabriquer et d’exporter du matériel inutile à coups de centaines de millions de dollars ? Ce qui n’est pas raisonnable est suspect, dit-on à Métula…

Aujourd’hui, du reste, Zarif a retiré la proposition d’envoyer ces matières en Russie. Il sait parfaitement que l’Amérique veut si désespérément un accord qu’elle acceptera presque certainement cette rupture fondamentale de l’équilibre des négociations.

Les interrogations concernent aussi le réacteur à eau lourde en construction à Arak. Khamenei aurait accepté de modifier son architecture afin qu’il ne produise plus que des quantités négligeables de plutonium, avec lequel on peut également confectionner des bombes atomiques.

Mais si quelqu’un connaît la raison pour laquelle l’Iran a besoin d’un réacteur à eau lourde, à part pour fabriquer des armes atomiques, qu’il parle maintenant ou qu’il se taise à jamais. Il mérite assurément un Prix Nobel.

Tant de questions cruciales, d’intérêts divergents et de flou artistique entourent les négociations de Lausanne. On y voit les Etats-Unis dans un rôle inédit, suivant des orientations stratégiques improbables, abandonnant leurs alliés moyen-orientaux pour signer à tout prix et jusqu’à demain un traité qui ne fait l’affaire de personne. Et certainement pas la leur.

C’est une situation étrange, ingérable, presque infantile, dans laquelle on se demande bien ce que pensent les 4+1 en regardant John Kerry gesticuler et se ridiculiser de manière désordonnée devant les Iraniens. Une situation qui permet à Binyamin Netanyahu d’évoquer un axe Iran-Lausanne-Yémen. Dans les salons de l’hôtel Beau Rivage, les négociateurs sont effectivement assis sur une bombe. On se demande, sur notre rocher, comment Barack Obama va s’en sortir. Et jusqu’où ses alliés le suivront dans son délire ? Réponse à partir de demain : on est au comble de l’attente et de notre curiosité.

Voir de plus:

L’Iran, une puissance si indomptable ?
Antoine Basbous
Le Figaro

31/03/2015

FIGAROVOX/TRIBUNE-. Antoine Basbous met en garde contre l’hégémonie iranienne au Proche et Moyen -Orients qui s’accroît au fil des conflits entre les djihadistes chiites et sunnites, comme récemment au Yemen.

La domination militaire des communautés chiites embrigadées par l’Iran provoque une rupture stratégique majeure aux Proche et Moyen-Orients. Que les négociations sur le nucléaire aboutissent ou non, Téhéran devient une puissance incontournable, qui structure les communautés chiites. Pourtant, son ascension a été jalonnée d’obstacles: il a déjoué un millefeuille de sanctions pour s’imposer. Dès qu’elles seront levées, il disposera du dégel de 100 milliards de dollars et aura les moyens d’accentuer son influence et de développer ses arsenaux.

Le premier coup d’arrêt aux conquêtes iraniennes est intervenu ce 25 mars: tombé aux mains d’une faction chiite, les Houthis, le Yémen devient le théâtre d’une réplique militaire d’une coalition sunnite menée par l’Arabie. Il s’agit d’un sursaut à l’encerclement de Riyad par son rival régional. Mais l’Iran maintient sa supériorité stratégique. Des voix s’élèvent discrètement à Téhéran pour demander que le «Chiistan» irakien élargi, puisse être intégré à l’Iran afin de devenir la première puissance énergétique, devant l’Arabie.

Les desseins iraniens sont servis par un prétexte religieux: huit des douze sanctuaires les plus saints du chiisme se trouvent en Irak. L’antagonisme identitaire entre Arabes et Perses a été gommé au profit de l’accentuation de l’opposition confessionnelle entre Sunnites et Chiites, vieille de 14 siècles.

La vision stratégique iranienne est animée par une foi messianique dans la victoire du chiisme qui prépare le retour du Mahdi (le 12ème imam caché). Elle semble aujourd’hui triompher, notamment grâce aux Gardiens de la Révolution qui mettent en œuvre une diplomatie militaire basée sur des réseaux souterrains au sein des communautés chiites.

Les attentats du 11 septembre commis par des djihadistes sunnites ont effacé des mémoires les multiples attaques (QG des Marines, des Marsouins et de l’ambassade américaine à Beyrouth), assassinats, prises d’otages… commis par des chiites aux ordres de l’Iran.
Outre les révoltes arabes, une conjoncture a contribué aux succès du plan iranien: les États-Unis se sont perdus dans les excès de George W. Bush qui a frappé sans discernement au lendemain du 11 septembre, puis de Barack Obama, brillant orateur mais diplomate frileux, qui, à l’inverse, a renié les responsabilités internationales de l’Amérique. Obama voulait désengager l’Amérique des deux guerres dont il a hérité, celles d’Afghanistan et d’Irak et d’éviter tout réengagement des États-Unis sur de nouveaux théâtres. Comme la Russie dans ses ex-satellites de l’Europe de l’Est, l’Iran y a perçu une opportunité qu’il n’a pu que saisir.

Les attentats du 11 septembre commis par des djihadistes sunnites ont effacé des mémoires les multiples attaques (QG des Marines, des Marsouins et de l’ambassade américaine à Beyrouth), assassinats, prises d’otages… commis par des chiites aux ordres de l’Iran. La propagande des djihadistes chiites maîtrise une communication parfaitement lissée, comparée à la mise en scène d’actes de barbarie commis par les djihadistes sunnites. Pourtant, sur le champ de bataille les djihadistes chiites pratiquent la même horreur. Les «crimes de guerre» dénoncés par Amnesty en Irak, l’usage d’armes chimiques par Assad et les 11.000 suppliciés morts sous la torture dans ses geôles suscitent moins d’émotion que les exactions de Daech.

L’inconsistance des arabes sunnites, qui ont toujours compté sur le «bouclier» américain, a contribué à l’accession de Téhéran au rang de première puissance régionale. Là où la «Mollahrchie» dispose d’une structure offensive et centralisée et de la volonté d’exporter sa «Révolution islamique», les pays arabes se perdent dans des querelles stériles, sans redresser le caractère schizophrénique de leurs sociétés. Et si la richesse se trouve dans les monarchies dépeuplées du Golfe, l’Égypte, pays sunnite le plus peuplé, est encore handicapé par une transition politique. Quant aux pays du Maghreb, ils sont focalisés sur leurs querelles autour du Sahara Occidental.

Le principal théâtre de la confrontation entre Sunnites et Chiites se situe dans le triangle Beyrouth-Téhéran-Sanaa, où l’Iran a patiemment implanté ses cellules et collectionné les succès depuis plus de trente ans. Le Hezbollah a légitimé l’ingérence perse dans l’espace arabe et permis à l’Iran de revendiquer le titre de premier ennemi d’Israël, gagnant les faveurs des Arabes humiliés. Parallèlement, les Iraniens ont noué des alliances avec les alaouites de Syrie (secte intégrée au chiisme par une fatwa de 1972) et les chiites d’Irak dont ils ont hébergé les représentants persécutés par Saddam Hussein. Après la chute de ce dernier, Téhéran a créé son «Croissant chiite», de la Caspienne à la Méditerranée.

Le « feu orange » dont bénéficient les Iraniens pour exercer leur hégémonie, pousse l’Arabie à lancer son programme nucléaire en s’appuyant sur l’expertise du Pakistan dont elle a financé l’accès à la Bombe.
Lorsque le «Tsunami» arabe a frappé à la porte de Damas, cette alliance s’est activée pour secourir Assad. La détermination de Téhéran, doublée de celle de Moscou, a fait avorter le rêve de renverser Assad, lequel a transformé une révolution initialement pluraliste et porteuse de valeurs démocratiques en une guérilla confessionnelle, justifiant l’afflux de dizaines de milliers de mercenaires chiites au nom de la défense de leurs rares sanctuaires et autant de djihadistes sunnites pour évincer le dictateur. Si les chiites sont efficaces et coordonnés, les muhajireen sunnites se battent davantage contre les rebelles et les affaiblissent.

En s’emparant de plusieurs capitales arabes et en le revendiquant avec arrogance, les djihadistes chiites ont dopé leurs homologues sunnites qui cultivent le germe de l’extrémisme, au prétexte de contrer l’hégémonie chiito-iranienne. Ainsi, le «Croissant chiite» a été brisé en son centre par la prise de Mossoul et Raqqa, en juin 2014, à la satisfaction dissimulée des États sunnites du Golfe. Mais ces derniers se trouvent doublement bernés: l’Irak sous tutelle iranienne leur interdit d’intervenir contre Daech sur son sol, alors que l’Iran est autorisé à envoyer ses Pasdarans et ses bombardiers pour combattre les djihadistes sunnites et créer des milices chiites qui sont devenues plus puissantes que la fantomatique armée irakienne. Aussi, en Syrie, les aviations arabes partenaires de la Coalition n’ont le droit que de bombarder Daech, sans jamais pouvoir cibler les forces d’Assad, ni les factions chiites.

En se plaçant sous les ordres de Washington, les Arabes se sont mis de facto au service de l’Iran qui intervient en Irak et en Syrie aux dépens des communautés sunnites locales. Cette situation est très inconfortable pour les arabes qui devront justifier cette posture contreproductive. En France, des voix encore timides s’interrogent sur la pertinence de placer les moyens de l’armée française sous la tutelle du Pentagone, au moment où Washington semble tenté d’exercer un condominium avec l’Iran sur la région.

Le roi Salman d’Arabie doute désormais de la validité de «l’assurance tous risques», contractée par son père auprès d’Eisenhower en 1945. Le «feu orange» dont bénéficient les Iraniens pour exercer leur hégémonie, pousse l’Arabie à lancer son programme nucléaire en s’appuyant sur l’expertise du Pakistan dont elle a financé l’accès à la Bombe.

La bombe iranienne, ou tout au moins l’arrivée au seuil nucléaire, annonce une prolifération régionale: l’Arabie, l’Égypte et la Turquie chercheraient alors à rejoindre Israël et l’Iran dans le club des nations atomiques. Téhéran serait tenté de provoquer des troubles en Arabie pour la détourner du lancement d’un programme fiable.

Le conflit qui oppose les djihadistes chiites et sunnites n’est pas prêt de s’estomper, d’autant plus que l’Amérique d’Obama n’exerce plus son rôle arbitral. Le «Yalta» régional que Téhéran voudrait négocier avec Obama remettra en cause les frontières de Sykes-Picot, cent ans après leur instauration. Mais l’hégémonie iranienne ne saurait être synonyme de paix régionale. Le Yémen en est l’éclatante illustration.

Voir de plus:

Irak : Des attaques menées par des milices contre des villages ont conduit au déplacement de milliers de personnes
De graves exactions ont été commises au cours de la lutte contre l’État islamique
18 mars 2015

(New York) – Des milices, des combattants volontaires et des forces de sécurité irakiennes se sont livrés à la destruction délibérée de biens civils après avoir obligé les combattants de l’État islamique (EI) à battre en retraite de la ville d’Amerli et des alentours après les frappes aériennes menées par les États-Unis et l’Irak début septembre 2014, a indiqué Human Rights Watch dans un rapport paru aujourd’hui. Le gouvernement irakien devrait contrôler les milices afin de mettre fin aux abus, et les pays qui participent à la lutte contre l’EI, notamment les États-Unis et l’Iran, devraient veiller à ce que les opérations militaires et les autres actions menées dans le cadre de ce combat n’ouvrent pas la voie à de telles exactions.

Le rapport de 31 pages intitulé « After Liberation Came Destruction: Iraqi Militias and the Aftermath of Amerli » (« Après la libération, la destruction : Les milices irakiennes et les conséquences de l’assaut contre Amerli ») documente, au moyen de visites sur le terrain, de l’analyse d’images satellite, d’entretiens avec des témoins et des victimes et l’étude de photos et de vidéos, le fait que des milices ont pillé les biens de civils sunnites qui avaient fui les combats, incendié leurs habitations et commerces et détruit entièrement au moins deux villages. Ces actes ont violé les lois de la guerre. Human Rights Watch a également confirmé l’enlèvement de 11 hommes au cours de l’opération, en septembre et en octobre.

« L’Irak ne gagnera pas le combat contre l’État islamique, qui a commis de nombreuses atrocités, si ses propres forces se livrent à des attaques contre les civils en violation des lois de la guerre et de la décence humaine », a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Les exactions commises par les milices affectent les personnes plus vulnérables en Irak, et exacerbent les rivalités communautaires. »

Le 2 mars 2015, les forces de sécurité irakiennes et des milices chiites ont lancé une attaque sur Tikrit, la capitale de la province de Salah al-Din afin de déloger l’EI de la région. En juin dernier, Tikrit a été le théâtre du massacre par l’EI d’au moins 1 000 soldats irakiens.

Fin août, à la suite d’un siège de trois mois par l’EI, des opérations terrestres menées par des milices chiites progouvernementales et des forces gouvernementales irakiennes et kurdes sur le terrain, ont délogé l’EI d’Amerli, dans la province de Salah al-Din province. À l’exception de quelques affrontements sporadiques, la zone est depuis restée largement exempte de la présence des combattants de l’EI, selon les résidents.

À l’issue des opérations menées pour mettre un terme au siège, les milices, les combattants volontaires et les forces de la sécurité ont attaqué des villages sunnites et les environs d’Amerli dans les provinces de Salah al-Din et Kirkuk. Nombre d’entre eux étaient des villages que l’EI avait traversés et, dans certains cas, utilisés comme des bases. Les milices semblent avoir prévu à l’avance au moins certaines de leurs attaques, soulevant la question de savoir si les instances politiques et militaires du gouvernement qui supervisent les milices sont responsables de la planification de ces attaques.
Ailleurs en Irak et en Syrie, Human Rights Watch a documenté de graves exactions et des crimes de guerre commis par Al-Qaïda, puis l’EI, qui sont vraisemblablement des crimes contre l’humanité.

De nombreux résidents sunnites ont fui la zone pendant le siège d’Amerli par l’EI. Les personnes interrogées par Human Rights Watch ont rapporté que l’EI avait pris pour cibles les habitations et les biens de ceux qu’ils estimaient être liés au gouvernement irakien, mais qu’ils avaient épargné les autres résidents.

Vingt-quatre témoins, notamment des représentants peshmerga et des cheikhs locaux ont affirmé à Human Rights Watch avoir assisté au pillage des villages autour d’Amerli par les milices après la fin de l’offensive contre l’EI, juste avant qu’elles ne détruisent les habitations de la ville. Ils ont déclaré avoir vu les hommes de la milice s’emparer d’objets de valeur, comme des réfrigérateurs, des postes de télévision, des vêtements et même du câblage électrique avant de mettre le feu aux habitations.

Les résidents ont expliqué à Human Rights Watch que les milices, dont les véhicules et les insignes les ont identifiés comme appartenant aux brigades Badr, Asa’ib Ahl al-Haqq, Kita’ib Hezbollah et Saraya Tala’a al-Khorasani, notamment, ont détruit entièrement ou partiellement, de nombreux villages situés entre les villes de al-Khales, dans le sud de la province de Diyala et d’Amerli, à environ 50 kilomètres au nord.

Des représentants des forces kurdes peshmerga qui se sont joints au gouvernement dans l’opération menée contre Amerli ont déclaré à Human Rights Watch avoir vu 47 villages détruits dont les habitations, les commerces, les mosquées et les bâtiments publics avaient été saccagés.

Les images satellite analysées par Human Rights Watch ont corroboré les dires des témoins. Les images ont montré que l’essentiel des dégâts avait été causé par des incendies volontaires et la démolition intentionnelle de bâtiments ayant eu lieu après la levée du siège d’Amerli par les milices et les forces de la sécurité et après la fuite de l’EI de la zone, entre début septembre et la mi-novembre.

Human Rights Watch n’a pas documenté les homicides perpétrés contre des civils dans cette opération, mais a signalé des allégations d’homicides perpétrés par les milices ainsi que d’autres exactions ayant eu lieu dans de nombreux autres lieux irakiens dans plusieurs rapports publiés en 2013 et 2014. Les rapports des médias sur les homicides perpétrés par les milices au cours des combats ont augmenté considérablement entre fin 2014 et 2015. Le 17 février, le chef religieux chiite Moqtada al-Sadr a condamné les exactions commises par les milices et annoncé le gel des activités des deux milices qu’il supervise, Yawm al-Maw’oud et Saraya al-Salam, qui avaient aussi combattu contre l’EI.

Dans un courrier daté du 12 mars, le bureau du Premier ministre Hayder al-Abadi a répondu à une lettre du 25 février de Human Rights Watch résumant les principaux constats de son rapport. Le bureau du Premier ministre a reconnu l’existence de « défaillances individuelles sans lien avec la conduite du gouvernement ». Le courrier a indiqué qu’il y avait eu des arrestations dans certains cas individuels, mais que les victimes présumées n’avaient pas comparu devant le tribunal afin de témoigner en personne. Le courrier a en outre affirmé que les violations imputées aux forces de la milice Hashd al-Shaabi (« Mobilisation populaire ») avaient en fait été perpétrées par l’État islamique, et que « la plupart des informations sur des sites Internet » étaient des « séquences [vidéo] fabriquées ». Le courrier n’a pas abordé la question des images satellite, qui montrent que la majorité des dégâts dus à des incendies dans certaines zones n’ont été visibles qu’après la prise de ces zones par Hashd al-Shaabi et par d’autres milices.

Le gouvernement irakien devrait contrôler les milices dans le but de les démanteler, a déclaré Human Rights Watch. Le Premier ministre Hayder al-Abadi devrait prendre immédiatement des mesures de protection des civils dans les zones de combat des milices, d’évaluation et d’offre en matière de besoins humanitaires des populations déplacées par les milices. Il devrait aussi tenir les dirigeants et les combattants des milices responsables des graves exactions commises, comme celles signalées dans ce rapport.

Dans une tribune parue dans le Wall Street Journal le 18 décembre 2014, le Premier ministre Hayder al-Abadi s’est engagé à « faire passer (…) sous le contrôle étatique tous les groupes armés. Aucun groupe ou milice armée n’agira en dehors ou en parallèle des Forces de sécurité irakiennes ». Les exactions signalées par Human Rights Watch montrent qu’il est impératif pour Hayder al-Abadi d’honorer sa promesse.

Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies devrait documenter publiquement les exactions commises par les milices et les forces de la sécurité à l’encontre des civils ainsi que les crimes perpétrés par l’EI, a affirmé Human Rights Watch. Les pays fournissant une aide militaire à l’Irak, notamment les États-Unis et l’Iran, devraient demander au gouvernement d’apporter la preuve des mesures prises pour mettre un terme aux très graves exactions commises par les milices.

« À l’évidence, l’Irak est exposé à de graves menaces dans le conflit qui l’oppose à l’EI, mais les exactions commises par les forces qui combattent l’EI sont tellement insidieuses et extrêmes qu’elles constituent une menace sur le long terme pour l’Irak », a conclu Joe Stork. « Les Irakiens se retrouvent pris en étau entre les horreurs commises par l’EI et le comportement répréhensible des milices. Et ce sont les civils irakiens qui en paient le prix. »

Voir enfin:

Le pire violateur du droit des femmes? C’est Israël, pardi!
Ane Bayevski

Fox news
22/03/2015

Adaptation : Marc Brzustowski

Le pire violateur des droits des femmes à travers le monde? C’est Israël bêle l’ONU.

Devinez un peu qui est le Numéro Un absolu parmi tous les violateurs du droit des femmes dans le monde, à ce jour? Israël. Qui viole le droit des femmes palestiniennes.

Du moins est-ce la vision de l’organisme des droits des femmes, au sommet de l’ONU, la Commission sur le droit des femmes (CSW). Le CSW a achevé sa rencontre annuelle de ce vendredi 20 mars, en ne condamnant qu’un seul et unique des 193 Etats-membres pour ses « violations » du droit des femmes : Israël.

Ce n’est pas la Syrie. Où les forces gouvernementales utilise le viol, de façon routinière et d’autres formes de violence sexuelle et de torture contre les femmes en tant que tactique de guerre. Où, en 2014, le régime Assad a ffâmé, torturé et tué au moins 24.000 civils, et où 3 millions de personnes – essentiellement des femmes et des enfants – sont des réfugiés.

 En fait, il n’existe aucune possibilité que cette Commission de l’ONU sur le statut des femmes puisse jamais critiquer l’Iran, puisque l’Iran est un membre élu de la CSW. Le Soudan – dont le Président El-Béchir est inculpé de génocide et de crimes contre l’humanité est, actuellement, Vice-Président de cette « Commission pour le droit de la femme »!
Cela ne peut pas être l’Arabie Saoudite. Où les femmes sont punies physiquement de tenues vestimentaires obligatoires, sont presque totalement exclues de la vie politique, ne peuvent pas conduire, ne peuvent pas voyager sans la présence d’un proche de sexe mâle, où elles ne reçoivent que la moitié de l’héritage de leurs frères, et où leur témoignage devant la loi ne vaut pas plus de la moitié de celui d’un homme.

Pas le Soudan. Où la violence domestique n’est pas interdite ni sanctionnée. Où il n’y a pas d’âge minimal pour les rapports sexules « consentis ». Où l’âge légal du mariage pour les filles est fixé à … 10 ans. Où 88% des femmes de moins de 50 ans ont subi des mutilations génitales de leur féminité. Où on dénie des droits égaux aux femmes dans le mariage, l’héritage et le divorce.

Pas plus l’Iran. Où chaque femme qui a tenté de se faire enregistrer comme candidate présidentielle au cours des dernières élections, a été disqualifiée. Où « l’adultère » est punissable de mort par lapidation. Où les femmes qui se défendent contre leur violeur et tue leurs aggresseurs sont systématiquement exécutées. La constitution interdit aux femmes de devenir Juge. Et les femmes doivent, d’avbord, obtenir le consentement de leur mari pour travailler hors de la maison.

En fait, il n’existe aucune possibilité que cette Commission de l’ONU sur le statut des femmes puisse jamais critiquer l’Iran, puisque l’Iran est un membre élu de la CSW. Le Soudan – dont le Président El-Béchir est inculpé de génocide et de crimes contre l’humanité est, actuellement, Vice-Président de cette « Commission pour le droit de la femme »!

La résolution 2015 de la CWS sur Israël répètera, comme elle le fait chaque année, que « l’occupation israélienne demeure l’obstacle majeur pour les femmes palestiniennes, en ce qui concerne leur avancement, leur autonomie et leur intégration dans le développement de leur société… «

Et ce n’est pas à cause des hommes palestiniens. Pas plus que de leurs règles et tradition. Qui n’est pas une culture de violence. Qui n’est pas un système éducatif bâti dans le rejet de toute coexistence pacifique et de tolérance.

Au lieu de cela, la faute majeure, pour ces statistiques de l’ONU comme celles-ci – une moyenne de 17% de femmes palestiniennes ont rejoint la force de travail pour 70% d’hommes palestiniens – repose entièrement sur les épaules du boucx-émissaire juif.

Ce fait provient de l’un des seulement neuf rapports officiels produits par l’ONU en vue de cette réunion annuelle de 2015 à la CSW. Huit était de nature procédurale ou générale et un seul s’intitulait : « La situation des femmes palestiniennes et l’assistance qu’on leur prête ».

En comparaison, il n’y avait aucun rapport sur les femmes et les filles chinoises, un demi-milliard de personnes, sans droits civils et politiques élémentaires, qui sont encore confrontées à la perspective d’être forcées à avorter et à être stérilisées.

Pas un seul rapport sur les femmes de Somalie, où la mutilation génitale est ominprésente, où la violence sexuelle est courante et où les femmes sont systématiquement subordonnées aux hommes.

Pas de rapport, non plus, sur les femmes du Yémen, où le code pénal innocente les tueurs de femmes, à cause du comprtement « immodeste » et défiant de celles-ci, où il n’y a pas, non plus, d’âge minimal pour le mariage forcé, où les femmes n’ont pas de droits égaux à la propriété, à l’emploi, au crédit, au salaire, à l’éducation ni au logement.

Et la scène théâtrale du « droit des femmes » n’est pas la seule imposture vis-à-vis des libertés, à l’ONU.

L’organisme des droits de l’homme au sommet de l’ONU, le Conseil des Droits de l’Homme (CDH), se réunira en session principale la semaine prochaine pour adopter un minimum d’au moins 4 fois plus de résolutions fustigeant Israël que n’importe quel autre pays sur la planète.

Ces condamnations d’Israël comprendront une résolution exigeant qu’Israël restitue immédiatement les hauteurs du Golan (actuellement occupées par un corps expéditionnaire iranien) à la Syrie – un endroit où les Syriens se battent actuellement contre leur propre gouvernement et ses alliés et tentent de lui échapper pour obtenir des soins médicaux israéliens, seuls capables de leur sauver la vie.

Si on totalise toutes les résolutions et décisions condamnant un Etat spécifique, tout au lmong de l’histoire du Conseil des Droits de l’homme, un tiers a été uniquement dirigé contre Israël.

Vous vous souvenez de l’Ukraine? Au cours de l’année passée, on compte au moins 5.500 morts confirmés – et un récent rapport allemand suggère que le total pourrait être de 50.000 morts- en plus d’un million de personnes déplacées. Mais le score se chiffre à 67 résolutions et décisions du conseil qui attaquent Israël et zéro en ce qui concerne la Russie.

Mais qui mène la barque au Conseil? En se penchant de plus près sur la composition de ces membres, il s’avère que des lumières des droits de l’homme, tels que le Qatar – qui finance les organisations terroristes comme le Hamas- aux côtés de la Chine, du Pakistan, de la Russie et de l’Arabie Saoudite distribuent les cartes.

Il est impossible d’additionner tout cela ensemble sans conclure que le traitement de l’ONU envers Israël puisse être autre chose que purement et sauvagement discriminatoire. Dans la novlangue orwélienne des droits de l’homme à l’ONU, le moyen pour y parvenir est un verbiage sur l’égalité, lorsque le résultat du jeu aboutit au pire préjugé.

L’Administration Obama a une réponse à proposer à ce dilemme. Elle se contente de voter contre les résolutions, tout en payant l’addition pour la gestion de ces organismes qui les adoptent. Se joindre à cette institution pour la rendre parfaitement légitime, tout en tâchant de consoler les pauvres délégitimés en leur disant qu’elle ressent leur peine et leur douleur…

Comme l’a bien dit le Secrétaire d’Etat Kerry devant ce Conseil, le 2 mars 2015 : « Le Président Obama et moi-même soutenons totalement le HCR… » et « L’obsession du HCR envers Israël risque réellement d’entacher la crédibilité de cette organisation toute entière ». Ce la « risque d’entacher » – qui s’oppose à  » a déjà grossièrement entaché ».

Cette attitude, envers la diabolisation d’Israël consommée à l’ONU, préfigure la politique de cette administration à l’égard de l’Etat Juif dans les temps à venir : une politique que n’affecte absolument pas les résultats des élections.

Les Palestiniens continueront d’utiliser l’ONU et la Cour Pénale Internationale pour tenter d’accomplir, grâce à des politiques toxiques et mortelles ce qu’ils n’ont jamais réussi à faire grâce à la force létale du terrorisme. Et le Président Obama leur tiendra toute grande la porte.

Anne Bayefsky is director of the Touro Institute on Human Rights and the Holocaust. Follow her on Twitter @AnneBayefsky.

2 commentaires pour CPI: Les Palestiniens ont fait preuve d’un mépris flagrant pour la vie de leurs propres civils (Unlawful and deadly: Amnesty international confirms Palestinians’s war crimes on their own people)

  1. […] Ce document, intitulé Unlawful and deadly: Rocket and mortar attacks by Palestinian armed groups during the 2014 Gaza/Israel conflict (…), fournit des éléments tendant à prouver que plusieurs attaques lancées depuis la bande de Gaza constituaient des crimes de guerre. Six civils, dont un petit garçon de quatre ans, ont été tués en Israël dans le cadre d’attaques de ce type, au cours de ce conflit ayant duré 50 jours. Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile tiré depuis la bande de Gaza s’est écrasé dans le camp de réfugiés d’al Shati. (…) Toutes les roquettes utilisées par les groupes armés palestiniens sont des projectiles non guidés, avec lesquels on ne peut pas viser avec précision de cible spécifique et qui sont non discriminantes par nature ; recourir à ces armes est interdit par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre. Les mortiers sont eux aussi des munitions imprécises et ne doivent jamais être utilisés pour attaquer des cibles militaires situées dans des zones civiles ou à proximité. (…) Selon les données des Nations unies, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers ont été tirés depuis Gaza vers Israël au cours de ce conflit. Sur ces milliers de roquettes et mortiers, environ 224 auraient atteint des zones résidentielles israéliennes, tandis que le Dôme de fer, le système de défense anti-missile israélien, en a intercepté de nombreux autres. (…) Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien durant ce conflit, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile a explosé à côté d’un supermarché, dans le camp – surpeuplé – de réfugiés d’al Shati (bande de Gaza) le 28 juillet 2014, premier jour de l’Aïd al Fitr. Les enfants jouaient dans la rue et achetaient des chips et des boissons sucrées au supermarché au moment de l’attaque. Si les Palestiniens ont affirmé que l’armée israélienne était responsable de cette attaque, un expert indépendant, spécialiste des munitions, ayant examiné les éléments de preuve disponibles pour le compte d’Amnesty International, a conclu que le projectile utilisé dans le cadre de cette attaque était une roquette palestinienne. (…) Mahmoud Abu Shaqfa et son fils Khaled, âgé de cinq ans, ont été gravement blessés lors de cette attaque. Muhammad, son fils de huit ans, a été tué. (…) Il n’y pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte en place pour protéger les civils dans la bande de Gaza. Le rapport décrit en détail d’autres atteintes au droit international humanitaire commises par des groupes armés palestiniens durant le conflit, comme le fait de stocker des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, ainsi que des cas dans lesquels des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques ou stocké des munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés. Amnesty international […]

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  2. […] Ce document, intitulé Unlawful and deadly: Rocket and mortar attacks by Palestinian armed groups during the 2014 Gaza/Israel conflict (…), fournit des éléments tendant à prouver que plusieurs attaques lancées depuis la bande de Gaza constituaient des crimes de guerre. Six civils, dont un petit garçon de quatre ans, ont été tués en Israël dans le cadre d’attaques de ce type, au cours de ce conflit ayant duré 50 jours. Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile tiré depuis la bande de Gaza s’est écrasé dans le camp de réfugiés d’al Shati. (…) Toutes les roquettes utilisées par les groupes armés palestiniens sont des projectiles non guidés, avec lesquels on ne peut pas viser avec précision de cible spécifique et qui sont non discriminantes par nature ; recourir à ces armes est interdit par le droit international et leur utilisation constitue un crime de guerre. Les mortiers sont eux aussi des munitions imprécises et ne doivent jamais être utilisés pour attaquer des cibles militaires situées dans des zones civiles ou à proximité. (…) Selon les données des Nations unies, plus de 4 800 roquettes et 1 700 mortiers ont été tirés depuis Gaza vers Israël au cours de ce conflit. Sur ces milliers de roquettes et mortiers, environ 224 auraient atteint des zones résidentielles israéliennes, tandis que le Dôme de fer, le système de défense anti-missile israélien, en a intercepté de nombreux autres. (…) Lors de l’attaque la plus mortelle attribuée à un groupe armé palestinien durant ce conflit, 13 civils palestiniens, dont 11 mineurs, ont été tués lorsqu’un projectile a explosé à côté d’un supermarché, dans le camp – surpeuplé – de réfugiés d’al Shati (bande de Gaza) le 28 juillet 2014, premier jour de l’Aïd al Fitr. Les enfants jouaient dans la rue et achetaient des chips et des boissons sucrées au supermarché au moment de l’attaque. Si les Palestiniens ont affirmé que l’armée israélienne était responsable de cette attaque, un expert indépendant, spécialiste des munitions, ayant examiné les éléments de preuve disponibles pour le compte d’Amnesty International, a conclu que le projectile utilisé dans le cadre de cette attaque était une roquette palestinienne. (…) Mahmoud Abu Shaqfa et son fils Khaled, âgé de cinq ans, ont été gravement blessés lors de cette attaque. Muhammad, son fils de huit ans, a été tué. (…) Il n’y pas d’abri contre les bombes ni de système d’alerte en place pour protéger les civils dans la bande de Gaza. Le rapport décrit en détail d’autres atteintes au droit international humanitaire commises par des groupes armés palestiniens durant le conflit, comme le fait de stocker des roquettes et d’autres munitions dans des immeubles civils, y compris des écoles administrées par les Nations unies, ainsi que des cas dans lesquels des groupes armés palestiniens ont lancé des attaques ou stocké des munitions très près de zones où se réfugiaient des centaines de civils déplacés. Amnesty international […]

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