Nucléaire iranien: Attention, une gifle peut en cacher une autre ! (Dangerously naive: After Israeli slap, Obama gets French tap on wrist)

https://thebsreport.files.wordpress.com/2010/04/obambi.jpg?w=450&h=448
As for their accusations of terrorizing the innocent, the children, and the women, these are in the category of ‘accusing others with their own affliction in order to fool the masses.’ The evidence overwhelmingly shows America and Israel killing the weaker men, women and children in the Muslim world and elsewhere. A few examples of this are seen in the recent Qana massacre in Lebanon, and the death of more than 600,000 Iraqi children because of the shortage of food and medicine which resulted from the boycotts and sanctions against the Muslim Iraqi people, also their withholding of arms from the Muslims of Bosnia-Herzegovina leaving them prey to the Christian Serbians who massacred and raped in a manner not seen in contemporary history. Not to forget the dropping of the H-bombs on cities with their entire populations of children, elderly, and women, on purpose, and in a premeditated manner as was the case with Hiroshima and Nagasaki. Osama bin Laden (Nida’ul Islam magazine October-November 1996)
Allah has ordered us to glorify the truth and to defend Muslim land, especially the Arab peninsula … against the unbelievers. After World War II, the Americans grew more unfair and more oppressive towards people in general and Muslims in particular. … The Americans started it and retaliation and punishment should be carried out following the principle of reciprocity, especially when women and children are involved. Through history, American has not been known to differentiate between the military and the civilians or between men and women or adults and children. Those who threw atomic bombs and used the weapons of mass destruction against Nagasaki and Hiroshima were the Americans. Can the bombs differentiate between military and women and infants and children? America has no religion that can deter her from exterminating whole peoples. Your position against Muslims in Palestine is despicable and disgraceful. America has no shame. … We believe that the worst thieves in the world today and the worst terrorists are the Americans. Nothing could stop you except perhaps retaliation in kind. We do not have to differentiate between military or civilian. As far as we are concerned, they are all targets, and this is what the fatwah says … . The fatwah is general (comprehensive) and it includes all those who participate in, or help the Jewish occupiers in killing Muslims. Osama bin Laden (May 1998)
La CIA a intercepté l’année dernière un message sibyllin mais qui fait froid dans le dos d’un membre d’al-Qaeda se vantant qu’Oussama Ben Laden préparait un ‘Hiroshima’ contre l’Amérique, selon des sources officielles. Le NYT (le 14 octobre 2001)
Ce qui se vit aujourd’hui est une forme de rivalité mimétique à l’échelle planétaire. Lorsque j’ai lu les premiers documents de Ben Laden, constaté ses allusions aux bombes américaines tombées sur le Japon, je me suis senti d’emblée à un niveau qui est au-delà de l’islam, celui de la planète entière. Sous l’étiquette de l’islam, on trouve une volonté de rallier et de mobiliser tout un tiers-monde de frustrés et de victimes dans leurs rapports de rivalité mimétique avec l’Occident. René Girard
Le problème n’est pas la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban ou les ingérences de la Syrie ou du Hezbollah : Le problème est centré sur l’effort de l’Iran à obtenir le Droit d’Abolir l’Exclusivité de la Dissuasion. La prolifération sauvage, le concept de «tous nucléaires» sera la fin de la Guerre Froide et le retour à la période précédant la Dissuasion. Les mollahs et leurs alliés, le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, la Corée du Nord et la Russie…, se militarisent à une très grande échelle sachant qu’ils vont bientôt neutraliser le parapluie protecteur de la dissuasion et alors ils pourront faire parler la poudre. Chacun visera à dominer sa région et sans que les affrontements se déroulent en Europe, l’Europe sera dépouillée de ses intérêts en Afrique ou en Amérique du Sud et sans combattre, elle devra déposer les armes. Ce qui est incroyable c’est la myopie de la diplomatie française et de ses experts. (…) Aucun d’entre eux ne se doute que la république islamique a des alliés qui ont un objectif commun: mettre un terme à une discrimination qui dure depuis 50 ans, la dissuasion nucléaire ! Cette discrimination assure à la France une position que beaucoup d’états lui envient. Ils attendent avec impatience de pouvoir se mesurer avec cette ancienne puissance coloniale que beaucoup jugent arrogante, suffisante et gourmande. Iran-Resist
L’Iran aurait pu être la Corée du Sud; il est devenu la Corée du Nord. (…) Mais n’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) Aujourd’hui, le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire ; il provient de la nature du régime islamique. (…) je ne crois pas que les mollahs soient assez fous pour penser un jour utiliser la bombe contre Israël: ils savent très bien qu’ils seraient aussitôt anéantis. Ce qu’ils veulent, c’est disposer de la bombe pour pouvoir s’institutionnaliser une fois pour toutes dans la région et étendre leurs zones d’influence. Ils rêvent de créer un califat chiite du XXIe siècle et entendent l’imposer par la bombe atomique (…) il est manifeste qu’un gouvernement paranoïaque crée des crises un peu partout pour tenter de regagner à l’extérieur la légitimité qu’il a perdue à l’intérieur. Les dérives du clan au pouvoir ne se limitent pas au soutien au Hamas, elles vont jusqu’à l’Amérique latine de Chavez. Il ne s’agit en rien d’une vision qui vise à défendre notre intérêt national. Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Dans les mois à venir, un jeu diplomatique peut s’engager, mais, au final, il ne faut pas se faire d’illusion. Même si Khatami revenait au pouvoir, le comportement du régime resterait identique, car le vrai décideur c’est Khamenei. Je ne vois aucune raison pour laquelle le régime islamiste accepterait un changement de comportement. Cela provoquerait, de manière certaine, sa chute. Il ne peut plus revenir en arrière. J’ai bien peur que la diplomatie ne tourne en rond une nouvelle fois et que la course à la bombe ne continue pendant ce temps. Reza Pahlavi
En tant que défenseur de la rue arabe, [l’Iran] ne peut pas avoir un dialogue apaisé avec les Etats-Unis, dialogue au cours duquel il accepterait les demandes de cet Etat qui est le protecteur par excellence d’Israël. Téhéran a le soutien de la rue arabe, talon d’Achille des Alliés Arabes des Etats-Unis, car justement il refuse tout compromis et laisse entendre qu’il pourra un jour lui offrir une bombe nucléaire qui neutralisera la dissuasion israélienne. Pour préserver cette promesse utile, Téhéran doit sans cesse exagérer ses capacités militaires ou nucléaires et des slogans anti-israéliens. Il faut cependant préciser que sur un plan concret, les actions médiatiques de Téhéran ne visent pas la sécurité d’Israël, mais celle des Alliés arabes des Etats-Unis, Etats dont les dirigeants ne peuvent satisfaire les attentes belliqueuses de la rue arabe. Ainsi Téhéran a un levier de pression extraordinaire sur Washington. Comme toute forme de dissuasion, ce système exige un entretien permanent. Téhéran doit sans cesse fouetter la colère et les frustrations de la rue arabe ! Il doit aussi garder ses milices actives, de chaînes de propagande en effervescence et son programme nucléaire le plus opaque possible, sinon il ne serait pas menaçant. C’est pourquoi, il ne peut pas accepter des compensations purement économiques offertes par les Six en échange d’un apaisement ou une suspension de ses activités nucléaires. Ce refus permanent de compromis est vital pour le régime. (…) Il n’y a rien qui fasse plus peur aux mollahs qu’un réchauffement avec les Etats-Unis : ils risquent d’y perdre la rue arabe, puis le pouvoir. C’est pourquoi, le 9 septembre, quand Téhéran a accepté une rencontre pour désactiver les sanctions promises en juillet, il s’est aussitôt mis en action pour faire capoter ce projet de dialogue apaisé qui est un véritable danger pour sa survie. Iran Resist
Des photos et des vidéos amateur prouvent que Qassem Soleimani, le commandant des forces d’élites iraniennes, est en Irak et se bat au côté des forces irakiennes – soutenues et armées par les États-unis – contre les jihadistes de l’organisation de l’État islamique. (…) Les preuves de la présence de ce commandant iranien en Irak se multiplient donc alors même que l’Iran refuse d’admettre sa participation dans la guerre en Irak contre l’organisation de l’État islamique, ce qui reviendrait à officialiser sa collaboration militaire de fait avec les États-Unis. France 24 (04.09.14)
The foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran. (…) The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State. (…) Our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East. This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches. (…) Neither the Iranians nor Daesh are ten feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now. David Petraeus
Depuis la révolution de 1979, qui a amené au pouvoir en Iran une théocratie chiite, les mollahs ont constamment utilisé l’arme du terrorisme à l’étranger afin de parvenir à leurs fins. Toutefois, Téhéran a toujours pris garde de systématiquement utiliser des intermédiaires, de manière à ne pas apparaître directement, ce qui aurait nuit à l’image de marque du régime, particulièrement dans les pays musulmans. (…) Les mollahs jouent à merveille de cette ambiguïté : ne pas reconnaître être derrière des opérations « Homo » (assassinats ciblés organisés par des services d’Etat), mais laisser entendre que toute personne qui s’oppose à leur politique peut constituer une cible potentielle. Rien de tel pour créer une indicible crainte, particulièrement au sein des pouvoirs politiques des pays démocratiques qui ne souhaitent pas que des vagues d’attentat terroristes aient lieu sur leur sol ou contre leurs intérêts à l’étranger. La réélection des gouvernements en place est souvent à ce prix. (…) L’objectif (…) est double pour Téhéran : créer des abcès de fixation qui empêchent les Américains d’envisager toute action militaire contre les installations nucléaires iraniennes et contrôler, autant que faire se peut, les différents mouvements autochtones dont les anciens gouvernants ont été considérés comme des ennemis importants de l’Iran. En conséquence, l’idée d’un Irak et d’un Afghanistan instables semble rencontrer la faveur des mollahs iraniens. (…) Le terrorisme est un moyen de combat au même titre que la guérilla. Téhéran a montré dans le passé qu’à défaut d’armes de destruction massive, il ne répugnait pas à recourir au terrorisme d’Etat car c’est en quelque sorte « l’arme du faible au fort ». L’Iran en a les moyens humains, techniques et pratiques grâce à ses réseaux qui couvrent une grande partie de la planète. Si un bras de fer sévère s’engage vraiment entre les Occidentaux et la république théocratique, il est très probable que des opérations terroristes seront déclenchées comme moyen de rétorsion. L’identification formelle du commanditaire sera difficile à faire car les services iraniens sont passés maîtres dans le domaine du brouillage de pistes en utilisant des mouvements qui servent d’écrans de dissimulation. Alain Rodier
L’ouvrage signé sous un pseudonyme – on parle d’un collectif d’opposants iraniens – revient d’abord sur l’organisation de l’appareil d’Etat iranien, avant d’analyser l’action de celui-ci à l’étranger, à travers le mouvement politique chi’ite mondial (POCHM) et la nébuleuse nationale-islamique iranienne (NINI), entre autres. Une approche très exhaustive s’attache à passer en revue les actions les plus déstabilisatrices et les réseaux d’amitiés / complicités de la république islamique sur l’ensemble de la planète, y compris dans des zones où une menace iranienne n’apparaissait pas évidente aux observateurs (de la Nouvelle Zélande à l’Uruguay, en passant par la Bolivie ou la Roumanie). (…) Malgré l’absence d’une hypothèse forte, sans doute due à l’effet-catalogue de ce travail, on voit bien la centralité des solidarités chi’ites à l’œuvre dans les réseaux présentés ici. (…) Il ne faut pas se fier au titre de cet ouvrage : il n’est pas question – ou si peu – du Hezbollah ici, ni en tant que tel, ni en tant que symptôme d’une méthode iranienne, consistant par exemple à transformer un pays arabe donné en « multivocal state », par l’établissement d’un pouvoir parallèle fondé sur la mise en œuvre d’un mouvement armé d’identité chi’ite mais capitalisant sur l’opposition à Israël. (…) On pourra, à partir des exemples nombreux qui sont passés en revue dans ce document, réfléchir à quelques problématiques qui en émergent : La question de l’animation, par l’Iran et d’autres, d’un réseaux de « politiques étrangères protestataires », solidaires entre elles, refusant les initiatives occidentales et leur « diplomatie de club » (pour reprendre l’expression de Bertrand Badie), politiques qui comptent des relais de téhéran à Caracas en passant par Pyongyang, Minsk, voire Pékin ou Moscou. La question de la nuisance en politique étrangère, qui consiste à contrer efficacement les initiatives dominantes au cas par cas, plutôt que de proposer une politique de puissance alternative avec une stratégie globale (ainsi l’Iran a-t-il davantage profité des erreurs américaines au Moyen-Orient, plutôt qu’il n’aurait bâti de stratégie a priori). Enfin, bien évidemment, la question de la mobilisation de ressources et de réseaux religieux à l’appui d’une action extérieure … Frédéric Charillon
Les opérations-suicide sont le sommet de la bravoure du peuple iranien … Le chef suprême Khamenei appelle les citoyens de toutes les régions d’Iran à se joindre volontairement aux forces qui luttent contre les ennemis de l’Islam. Les membres des saintes brigades suicidaires de la République islamique suivront une formation spéciale et partiront combattre Israël et les Américains… Ayatollah Messbah-Yazdi (annonce dans un journal iranien)
Si les Etats-Unis devaient attaquer l’Iran, le seul pays dirigé par Dieu, nous contre-attaquerions en Amérique latine et même à l’intérieur des Etats-Unis eux-mêmes. Nous avons les moyens et le savoir-faire. Nous saboterons le transport du pétrole de l’Amérique latine aux USA. Vous êtes prévenus. Commandante Teodoro (Chef de la filiale vénézuélienne du Hezbollah)
Nous pensions que nous ne verrions jamais le jour où un président français montrerait plus de résolution que le commandant en chef de l’Amérique pour affronter un des plus graves défis posés à la sécurité mondiale. Eh bien, nous y sommes. Le WSJ
Nous avons raison de parler de l’avenir (…) mais nous vivons dans un monde réel, pas dans un monde virtuel. (…) le Président Obama a même dit : « je rêve d’un monde où il n’y en aurait plus ». Et sous nos yeux, deux pays font exactement le contraire, en ce moment. L’Iran a violé, depuis 2005, cinq résolutions du Conseil de Sécurité. (…) Monsieur le Président Obama, je soutiens la main tendue des Américains. Qu’ont amené à la communauté internationale ces propositions de dialogue ? Rien. Plus d’uranium enrichi, plus de centrifugeuses et de surcroît, une déclaration des dirigeants iraniens proposant de rayer de la carte un membre de l’Organisation des Nations Unies. Nicolas Sarkozy (Conseil de sécurité, 24.09.09)
I think anyone who is going to build a Palestinian state today will be freeing up space to give an attack area to radical Islam against Israel. This is the reality created here in recent years. Anyone who ignores this sticks his head in the sand. The left does this, burying its head in the sand again and again. We are realistic and understand… [If you are elected head of state, no Palestinian state will come to fruition?] Indeed. [Construction in Jerusalem and the West Bank will renew?] We are continuing all the time, but that’s not a question about additional building. There is a real threat that the government of the left will join the international community and do their bidding…. Benjamin Netanyahu
I haven’t changed my policy. I never changed my speech in Bar-Ilan University six years ago calling for a demilitarized Palestinian state that recognizes the Jewish state. What has changed is the reality. Abu Mazen [Mahmoud Abbas], the Palestinian leader, refuses to recognize the Jewish state and has made a pact with Hamas that calls for the destruction of the Jewish state. And every territory that is vacated in the Middle East is taken up by Islamist forces… We want that to change, so we can realize a vision of real, sustained peace. And I don’t want a one-state solution. I want a sustainable, peaceful two-state solution. But for that, circumstances have to change. Benjamin Netanyahu
Il y a deux semaines, Benyamin Nétanyahou défiait Barack Obama depuis le Congrès, le présentant comme un naïf et un opportuniste, prêt à négocier avec l’Iran un «mauvais et dangereux accord» pour la sécurité d’Israël et du monde. Mais si le président américain, furieux de ce défi, espérait se débarrasser de lui à la faveur des élections israéliennes, le voilà bien déçu. La claire victoire de «Bibi» est un violent camouflet politique et stratégique pour Barack Obama, vu l’état catastrophique des relations bilatérales entre les deux hommes. D’anciens conseillers électoraux du président avaient même fait le voyage de Jérusalem pour tenter d’éviter sa réélection… «Ils détestent Bibi, et ils prient pour qu’il quitte le pouvoir», avait confié à Politico un ancien responsable de l’Administration Obama, mardi, juste avant les résultats. Les nouvelles n’en sont que plus «amères», note le Wall Street Journal. Signe des temps, les républicains ont été les premiers à se réjouir du succès de Nétanyahou, pavoisant bruyamment. «Félicitations au premier ministre Nétanyahou pour sa réélection. Il est un vrai leader qui continuera à assurer la sécurité et la force d’Israël», a écrit Jeb Bush, candidat quasi officiel à la Maison-Blanche sur Twitter. «Son succès électoral est d’autant plus impressionnant que des forces puissantes ont tenté de l’affaiblir, notamment, tristement, tout le poids de l’équipe politique d’Obama», a réagi le sénateur Ted Cruz, soutenu par les Tea Party. «Il aurait été ironique qu’Obama ait réussi à sortir Bibi mais pas Assad», a carrément plaisanté le représentant républicain, Steve King. Le maintien de Nétanyahou aux affaires va sérieusement compliquer la politique iranienne d’Obama, prévoit Martin Indyk, l’un des anciens conseillers du président pour la région. Avec la volte-face de dernière minute de Nétanyahou sur le fait qu’il n’accepterait jamais d’État palestinien – alors qu’il avait toujours affirmé soutenir ce projet défendu par Washington – «assainir ses relations empoisonnées avec le président sera encore plus difficile», écrit le New York Times dans un éditorial, dénonçant aussi la «vilaine campagne» menée par Bibi contre les électeurs arabes d’Israël. «C’est une claque à la face des États-Unis», confiait mardi au Figaro un ancien ambassadeur à Washington, évoquant les décennies passées par les présidents américains successifs à tenter d’arracher un État palestinien. (…)  L’opinion israélienne n’a pas été suffisamment choquée par la détérioration des relations avec Washington pour en faire une raison de renvoyer son premier ministre, semblant indiquer qu’elle compte plus sur lui pour défendre sa sécurité que sur l’alliance avec le grand ami américain. En filigrane, ce vote révèle les doutes que suscite aujourd’hui la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. La question est maintenant de savoir comment les deux alliés américain et israélien vont pouvoir fonctionner dans ce contexte de «guerre» politique ouverte. Le Figaro
France is again adopting the toughest line against Iran in negotiations aimed at curbing Tehran’s nuclear program, potentially placing Paris at odds with the Obama administration as a diplomatic deadline to forge an agreement approaches at month-end. (…) French diplomats have been publicly pressing the U.S. and other world powers not to give ground on key elements—particularly the speed of lifting United Nations sanctions and the pledge to constrain Iran’s nuclear research work—ahead of the March 31 target. Paris also appears to be operating on a different diplomatic clock than Washington, arguing that the date is an “artificial” deadline and that global powers should be willing to wait Tehran out for a better deal if necessary. (…) In a sign of France’s determination, Foreign Minister Laurent Fabius called his negotiating team in Lausanne on Thursday to insist no deal could be forged that allowed for the rapid easing of U.N. Security Council measures, according to European officials. France worries the quick repeal of the U.N. penalties could lead to a broader collapse of the West’s financial leverage over Tehran, according to these officials. Paris is demanding Tehran address evidence that it has conducted research into the development of nuclear weapons to get those U.N. penalties relaxed. Iran has for years denied the allegations and some officials fear that forcing Tehran to publicly reverse itself could break the diplomacy. Mr. Fabius has served as diplomatic foil in the Iranian diplomacy in the past. In November 2013, the former French prime minister said a deal that the U.S. had been negotiating with Tehran in Geneva was a “fool’s game” and didn’t go far enough in limiting Iran’s nuclear capabilities. His comments briefly delayed the signing of an interim agreement that modestly rolled back Tehran’s program. (…)  Obama administration officials have voiced frustration with France’s public posturing, arguing it isn’t constructive. Some U.S. officials privately believe France is seeking in part to maintain strong ties to Israel and to Arab countries deeply skeptical of Washington’s outreach to Tehran. French defense companies have signed lucrative arms deals with Saudi Arabia and the United Arab Emirates in recent years. French diplomats, however, say their strong stance against nuclear proliferation has been a central foreign policy tenet for years. WSJ
French leaders think the U.S. president is dangerously naïve on Iran’s ambitions, and that his notion of making Iran an « objective ally » in the war against ISIS, or even a partner, together with Putin’s Russia, to find a political solution to the Syrian crisis, is both far-fetched and « amateurish. » When Claude Angéli says that both France’s Foreign Minister, Laurent Fabius, and its President, François Hollande, have told friends that they rely on « the support of the US Congress » to prevent Obama from giving in to Iran’s nuclear ambitions, it is the kind of quote you can take to the bank. French diplomats worry that if Iran gets nuclear weapons, every other local Middle East power will want them. Among their worst nightmares is a situation in which Turkey, Egypt and Saudi Arabia join the Dr. Strangelove club. French diplomats may not like Israel, but they do not believe that the Israelis would use a nuclear device except in a truly Armageddon situation for Israel. As for Egypt, Saudi Arabia or Turkey going nuclear, however, they see terrifying possibilities: irresponsible leaders, or some ISIS-type terrorist outfit, could actually use them. In other words, even if they would never express it as clearly as that, they see Israelis as « like us, » but others potentially as madmen. The Quai d’Orsay (the French Foreign Ministry) may loathe, on principle, Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu: any briefing by French diplomats will, as a matter of course, explain how very wrong Israel is to alienate its « American ally. » All the same, France’s political stance on the projected U.S.-Iran deal is astonishingly close to that of the Israeli PM, as he outlined to the U.S. Congress on March 3. Laurent Fabius — once François Mitterrand’s youngest Prime Minister; today’s François Hollande’s seasoned Foreign Minister — is « fed up with Barack Obama’s nuclear laxity » regarding Iran, a Quai senior diplomat told Le Canard Enchaîné’s usually well-informed Claude Angéli, who can be relied on to give the unvarnished French view on matters foreign. « Just as in 2013, France will oppose any agreement too favorable to Iran if this turns out to be necessary. Fabius made this very clear to John Kerry when they met on Saturday March 7th. » This, Angéli points out, is far from the « soothing communiqué » issued at the end of the Kerry-Fabius meeting in which both men supposedly « shared » the same view of the Iran negotiations. The communiqué itself may have come as a surprise to a number of French MPs and Senators from their respective Foreign Affairs Committees. Fabius himself, in a meeting last week, made extremely clear his deep distrust (« contempt, really, » one MP says) of both John Kerry and Barack Obama. Another of the group quotes Fabius as saying: « The United States was really ready to sign just about anything with the Iranians, » before explaining that he himself had sent out, mid-February, a number of French ‘counter-proposals’ to the State Department and White House, in order to prevent an agreement too imbalanced in favor of Iran. Anne-Elisabeth Moutet

Après la leçon d’hébreu, la leçon de français !

A l’heure où un monde atterré commence à deviner toute l’étendue du véritable accident industriel que de bien imprudents électeurs américains ont remis il y a deux ans à la tête du Monde libre …

Et où face à une administration américaine qui n’a toujours pas compris qu’emporté par sa volonté mimétique de revanche, un régime totalitaire ne peut tout simplement pas renoncer, sous peine d’effondrement immédiat, à sa vitale capacité de nuisance …

La machine infernale lâchée sur le monde il y a quarante ans par Khomeny peut aujourd’hui se vanter, du Golan au Yemen et sans parler de son réseau terroriste mondial comme l’a tout récemment rappelé l’assassinat d’un juge argentin, d’une quasi-continuité territoriale avec ses pires ennemis israéliens ou saoudiens …

Comment s’étonner encore …

Après le double camouflet du discours au Congrès et de la réélection contre toute attente du Premier ministre israélien …

De cette nouvelle gifle, française de surcroît, à la veille de la fin supposée des négociations sur le nucléaire iranien …

Qu’évoque, à nouveau et à la suite du Canard enchainé comme le rappelle Anne-Elisabeth Moutet, le Wall Street Journal  ?

What France Really Thinks of U.S. Iran Policy
Anne-Elisabeth Moutet
Gateson institute

March 17, 2015

The Quai d’Orsay (the French Foreign Ministry) may loathe, on principle, Israel’s Prime Minister Benjamin Netanyahu: any briefing by French diplomats will, as a matter of course, explain how very wrong Israel is to alienate its « American ally. » All the same, France’s political stance on the projected U.S.-Iran deal is astonishingly close to that of the Israeli PM, as he outlined to the U.S. Congress on March 3.

Laurent Fabius — once François Mitterrand’s youngest Prime Minister; today’s François Hollande’s seasoned Foreign Minister — is « fed up with Barack Obama’s nuclear laxity » regarding Iran, a Quai senior diplomat told Le Canard Enchaîné’s usually well-informed Claude Angéli, who can be relied on to give the unvarnished French view on matters foreign. « Just as in 2013, France will oppose any agreement too favorable to Iran if this turns out to be necessary. Fabius made this very clear to John Kerry when they met on Saturday March 7th. »

This, Angéli points out, is far from the « soothing communiqué » issued at the end of the Kerry-Fabius meeting in which both men supposedly « shared » the same view of the Iran negotiations. The communiqué itself may have come as a surprise to a number of French MPs and Senators from their respective Foreign Affairs Committees. Fabius himself, in a meeting last week, made extremely clear his deep distrust (« contempt, really, » one MP says) of both John Kerry and Barack Obama. Another of the group quotes Fabius as saying: « The United States was really ready to sign just about anything with the Iranians, » before explaining that he himself had sent out, mid-February, a number of French ‘counter-proposals’ to the State Department and White House, in order to prevent an agreement too imbalanced in favor of Iran.

Le Canard Enchaîné (« The Manacled Mallard ») is France’s best-informed political gossip weekly. Long before the rest of the French press, away from General de Gaulle’s paralyzing shadow, started investigative reports of their own, Le Canard, using a contact network second to none, used to break scoops only rarely picked up by the rest of a servile media pack.

We owe it the story of conservative President Giscard d’Estaing’s ill-gotten gifts of diamonds (from Central Africa’s self-styled Emperor Bokassa). An equal-opportunity hitter, Le Canard also broke the story of the Socialist Mitterrand’s wiretaps of some 5,000 journalists and personalities, only stopping short of explaining why: Mitterrand wanted to hide from the public the existence of his mistress and their daughter Mazarine. Newer brash French tabloids have only very recently started to examine the private lives of politicians, and Le Canard still doesn’t care to do so. More recently, it revealed that the head of France’s Communist union CGT had his new luxury apartment entirely refurbished at the ailing union’s expense, complete with a home cinema: this cost him his job after an undignified couple of weeks of useless stonewalling.

So when Claude Angéli says that both Fabius and President François Hollande have told friends that they rely on « the support of the US Congress » to prevent Obama from giving in to Iran’s nuclear ambitions, it’s the kind of quote you can take to the bank. French leaders think the U.S. president is dangerously « naïve » on Iran’s ambitions, and that his notion of making Iran an « objective ally » in the war against ISIS, or even a partner, together with Putin’s Russia, to find a political solution to the Syrian crisis, is both far-fetched and amateurish.

The French are still smarting from the last-minute reprieve Obama granted Syria, as the French air force was about to bomb the Assad regime’s military positions back in 2013, because the U.S. President had been convinced by Russia that they had succeeded in making Syrian President Bashar al-Assad give up on the use of his chemical weapons. « Our Rafale fighters were about to scramble, » a French air force officer is quoted as saying; « Hollande was furious. »

When Laurent Fabius briefed members of the French parliament last week, he was, according to Angéli, quite precise, mentioning as conditions necessary in any agreement a « reconfiguration » of the Arak nuclear site, where Iran enriches the heavy water necessary to produce plutonium bombs, as well as a sharp limit to the number of Iranian centrifuges, and complete access to all nuclear sites for International Atomic Energy Agency (IAEA) inspections.

French diplomats are no angels, and they haven’t suddenly turned 180 degrees from their usual attitude of reflexive dislike toward Israel. They worry, however, that if Iran gets nuclear weapons, every other local Middle East power will want them. Among their worst nightmares is a situation in which Turkey, Egypt and Saudi Arabia join the Dr. Strangelove club. French diplomats may not like Israel, but they do not believe Israelis would use a nuclear device except in a truly Armageddon situation for Israel. As for Egypt, Saudi Arabia or Turkey going nuclear, however, they see terrifying possibilities: irresponsible leaders, or some ISIS-type terrorist outfit, could actually use them. In other words, even if they would never express it as clearly as that, they see Israelis as « like us, » but others potentially as madmen.

Voir aussi:

Middle East News
France Takes Toughest Line at Iran Nuclear Talks
Negotiations move closer to March 31 cutoff without a breakthrough
Jay Solomon and Laurence Norman
The Wall Street Journal

March 20, 2015

LAUSANNE, Switzerland—France is again adopting the toughest line against Iran in negotiations aimed at curbing Tehran’s nuclear program, potentially placing Paris at odds with the Obama administration as a diplomatic deadline to forge an agreement approaches at month-end.

President Barack Obama called French President François Hollande on Friday to discuss the Iran diplomacy and try to unify their positions. The presidents “reaffirmed their commitment” to a deal “while noting that Iran must take steps to resolve several remaining issues,” the White House said.

French diplomats have been publicly pressing the U.S. and other world powers not to give ground on key elements—particularly the speed of lifting United Nations sanctions and the pledge to constrain Iran’s nuclear research work—ahead of the March 31 target.

Paris also appears to be operating on a different diplomatic clock than Washington, arguing that the date is an “artificial” deadline and that global powers should be willing to wait Tehran out for a better deal if necessary.

Obama administration officials have said that expected moves by the U.S. Congress to put new sanctions on Iran as soon as next month limit their ability to extend the diplomacy. But French officials took exception.

“Making the end of March an absolute deadline is counterproductive and dangerous,” France’s ambassador to the U.S., Gérard Araud, said via Twitter after the latest round of negotiations in Switzerland concluded Friday.

“No agreement without concrete decisions on issues beyond the enrichment capability question,” he said a day earlier, specifically mentioning the need for extensive monitoring and clarity on Iran’s past research work. Western officials believe they included the pursuit of nuclear-weapon capabilities.

In a sign of France’s determination, Foreign Minister Laurent Fabius called his negotiating team in Lausanne on Thursday to insist no deal could be forged that allowed for the rapid easing of U.N. Security Council measures, according to European officials.

France worries the quick repeal of the U.N. penalties could lead to a broader collapse of the West’s financial leverage over Tehran, according to these officials.

Paris is demanding Tehran address evidence that it has conducted research into the development of nuclear weapons to get those U.N. penalties relaxed. Iran has for years denied the allegations and some officials fear that forcing Tehran to publicly reverse itself could break the diplomacy.

Mr. Fabius has served as diplomatic foil in the Iranian diplomacy in the past.

In November 2013, the former French prime minister said a deal that the U.S. had been negotiating with Tehran in Geneva was a “fool’s game” and didn’t go far enough in limiting Iran’s nuclear capabilities. His comments briefly delayed the signing of an interim agreement that modestly rolled back Tehran’s program.

Western officials in recent days have stressed that Washington and the other powers negotiating with Iran—France, the U.K., Germany, Russia and China—remain united. Still, Obama administration officials have voiced frustration with France’s public posturing, arguing it isn’t constructive.

‘Our nations have been separated by mistrust and fear. Now it is early spring. We have a chance—a chance—to make progress that will benefit our countries, and the world, for many years to come.’
—U.S. President Barack Obama.

Some U.S. officials privately believe France is seeking in part to maintain strong ties to Israel and to Arab countries deeply skeptical of Washington’s outreach to Tehran. French defense companies have signed lucrative arms deals with Saudi Arabia and the United Arab Emirates in recent years.

French diplomats, however, say their strong stance against nuclear proliferation has been a central foreign policy tenet for years. By remaining one of the world’s few nuclear powers, France can maintain an independent role in global affairs.

Secretary of State John Kerry wrapped up five days of direct talks with his Iranian counterpart, Javad Zarif, in Lausanne without a breakthrough. Mr. Kerry is traveling to London on Saturday to meet with Mr. Fabius and the foreign ministers of the U.K. and Germany.

These countries will return to Switzerland as soon as Wednesday to resume the negotiations.

“We’ve had a series of intensive discussions with Iran this week, and given where we are in the negotiations, it’s an important time for high-level consultations with our partners in these talks,” said State Department spokeswoman Marie Harf.

While U.S., Russian, Chinese and Iranian diplomats have stressed the progress made in the talks, others have been more cautious. One European diplomat said on Thursday: “I don’t think we have made sufficient progress. A lot of issues remain on the table.”

Wang Qun, China’s senior diplomat at the talks, said Friday there had been “good progress” this past week. “I do see some novelties in this round of negotiations,” he said, adding that both sides had shown “very strong political will.”

Failure to reach a political understanding on time could firm up political opposition to the negotiations in Washington.

On Thursday, Senators Bob Corker (R.-Tenn.) and Robert Menendez (D.-N.J.) said the Senate Foreign Relations Committee will vote April 14 on a bill that would give U.S. lawmakers an up-and-down vote on the agreement.

U.S. officials initially believed the negotiations could stretch until Sunday. But Iran’s delegation abruptly left on Friday, citing the death of the mother of President Hasan Rouhani. Iranian officials also said they wanted to return to Tehran for the beginning of the Persian New Year, called Nowruz.

In a meeting with his Iranian counterpart on Friday, Mr. Kerry expressed his condolences for the death of the president’s mother and called for “progress and peace” at the start of Nowruz.

Mr. Zarif responded: “I hope this new day will be a new day for the entire world.”

Both sides had hoped to wrap up the talks before the start of the Iranian holiday.

Mr. Obama also sent a Nowruz message to Iranians on Thursday. He stressed the importance of a deal in potentially opening a new era of cooperation between Washington and Tehran, who have been staunch adversaries since Iran’s 1979 Islamic revolution.

“Our nations have been separated by mistrust and fear. Now it is early spring. We have a chance—a chance—to make progress that will benefit our countries, and the world, for many years to come,” Mr. Obama said.

Voir également:

WorldViews
Five thoughts Petraeus has about the future of the Middle East
Liz Sly

The Washington Post

March 20

Gen. David H. Petraeus, who commanded U.S. troops during the 2007-2008 surge, was back in Iraq last week for the first time in more than three years. He was attending the annual Sulaimani Forum, a get-together of Iraqi leaders, thinkers and academics, at the American University of Iraq – Sulaimani in northern Iraq’s Kurdistan region.

In his most expansive comments yet on the latest crisis in Iraq and Syria, he answered written questions from The Post’s Liz Sly, offering insights into the mistakes, the prosecution and the prospects of the war against the Islamic State, which he refers to by its Arabic acronym, Daesh.

Here are the five key takeaways from the interview.

1. Shiite militias and Iran now pose a bigger regional threat than the Islamic State

The Islamic State is already “on a path to defeat,” at least in Iraq, thanks to international, regional and Iraqi effort to rally against them. The biggest threat now is the Shiite militias taking over former Islamic State territories, with Iranian support.

“The foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran.”

“The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State.”

2. You can’t find a solution to the Islamic State without empowering capable local Sunni forces

It will not be enough to have Shiite units of the Iraqi army or militias conquer territory. Capable Sunni forces that will be regarded “as liberators, not conquerors” will have to be identified before battles are launched. And that will require broad political reconciliation between Iraq’s Shiite-dominated government and the country’s Sunnis.

“The bottom line is that Daesh’s defeat requires not just hammering them on the battlefield, but simultaneously, revived political reconciliation with Sunnis. Iraq’s Sunnis need to be brought back into the fold. They need to feel as though they have a stake in the success of Iraq, rather than a stake in its failure.”

As it is, reports of atrocities committed by Shiite militias against Sunnis in areas they conquer “constitute Daesh’s best hope for survival, pushing Sunnis to feel once again the need to reject the Iraqi forces in their areas.”

3. Syria is a « geopolitical Chernobyl » and needs to be addressed immediately

Though the Obama administration is embarking on a program to train and equip moderate Syrian rebels to fight the Islamic State, the effort falls short. If the new force is to function effectively, steps will also be required to halt airstrikes by the Syrian government of President Bashar al-Assad against areas under opposition control.

“Legitimate questions … can be raised about the sufficiency of the present scale, scope, speed and resourcing of this effort.”

It is also not enough to focus on Iraq and set aside the problem of Syria’s war to be solved later.

“I am profoundly worried about the continuing meltdown of Syria, which is a geopolitical Chernobyl. Until it is capped, it is going to continue to spew radioactive instability and extremist ideology over the entire region.”

4. America’s influence is waning in the Middle East

The withdrawal of U.S. troops from Iraq, indications from the Obama administration that its priorities lay elsewhere and the lack of attention paid to Syria’s war have created the impression that American influence is waning.

“Our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East,” he says. “This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches.”

“Neither the Iranians nor Daesh are ten feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now. »

5. Petraeus told Iranian general Qasem Soleimani to “pound sand”

In 2008, as fierce battles raged in Baghdad between U.S. troops and Shiite militias – including those fighting against the Islamic State today – an Iraqi intermediary conveyed a message to Petraeus from Iran’s top general in Iraq, Qasem Soleimani, the head of the Quds Force of the powerful Iranian Revolutionary Guard Corps.

« General Petraeus, you should be aware that I, Qasem Soleimani, control Iran’s policy for Iraq, Syria, Lebanon, Gaza, and Afghanistan, » the message said.

Petraeus says he responded by telling the interlocutor to tell Soleimani to « pound sand. »

These days, Maj. Gen. Soleimani regularly visits the front lines in Iraq, much as Petraeus used to when he commanded troops in the country. Photos of his former adversary’s battlefield tours, widely posted on social media, provoke thoughts that Petraeus said he could not share.

“I have several thoughts when I see the pictures of him, but most of those thoughts probably aren’t suitable for publication in a family newspaper.”

Liz Sly is the Post’s Beirut bureau chief. She has spent more than 15 years covering the Middle East, including the Iraq war. Other postings include Africa, China and Afghanistan.

Voir encore:

WorldViews
Petraeus: The Islamic State isn’t our biggest problem in Iraq
Liz Sly

The Washington Post

March 20 2015

Gen. David H. Petraeus, who commanded U.S. troops in Iraq during the 2007-2008 surge, was back in that country last week for the first time in more than three years. He was attending the annual Sulaimani Forum, a get-together of Iraqi leaders, thinkers and academics, at the American University of Iraq – Sulaimani in northern Iraq’s Kurdistan region.

In his most expansive comments yet on the latest crisis in Iraq and Syria, he answered written questions from The Post’s Liz Sly, offering insights into the mistakes, the prosecution and the prospects of the war against the Islamic State, also known as ISIS, which he refers to by its Arabic acronym, Daesh.

How does it feel to be back in Iraq after four years away?

Iraq is a country I came to know well and the place where I spent some of the most consequential years of my life. So it has been a bit of an emotional experience to return here after my last visit in December 2011 as director of the CIA. I was very grateful for the chance to be back to see old friends and comrades from the past.

That said, it is impossible to return to Iraq without a keen sense of opportunities lost. These include the mistakes we, the U.S., made here, and likewise the mistakes the Iraqis themselves have made. This includes the squandering of so much of what we and our coalition and Iraqi partners paid such a heavy cost to achieve, the continuing failure of Iraq’s political leaders to solve longstanding political disputes, and the exploitation of these failures by extremists on both sides of the sectarian and ethnic divides.

Having said that, my sense is that the situation in Iraq today is, to repeat a phrase I used on the eve of the surge, hard but not hopeless. I believe that a reasonable outcome here is still achievable, although it will be up to all of us — Iraqis, Americans, leaders in the region and leaders of the coalition countries — to work together to achieve it.

You oversaw the gains of the surge in 2007-08. How does it make you feel to see what is happening today, with ISIS having taken over more of Iraq than its predecessor, AQI [al-Qaeda in Iraq], ever did?

What has happened in Iraq is a tragedy — for the Iraqi people, for the region and for the entire world. It is tragic foremost because it didn’t have to turn out this way. The hard-earned progress of the Surge was sustained for over three years. What transpired after that, starting in late 2011, came about as a result of mistakes and misjudgments whose consequences were predictable. And there is plenty of blame to go around for that.

Yet despite that history and the legacy it has left, I think Iraq and the coalition forces are making considerable progress against the Islamic State. In fact, I would argue that the foremost threat to Iraq’s long-term stability and the broader regional equilibrium is not the Islamic State; rather, it is Shiite militias, many backed by — and some guided by — Iran.

These militia returned to the streets of Iraq in response to a fatwa by Shia leader Grand Ayatollah Sistani at a moment of extreme danger. And they prevented the Islamic State from continuing its offensive into Baghdad. Nonetheless, they have, in some cases, cleared not only Sunni extremists but also Sunni civilians and committed atrocities against them. Thus, they have, to a degree, been both part of Iraq’s salvation but also the most serious threat to the all-important effort of once again getting the Sunni Arab population in Iraq to feel that it has a stake in the success of Iraq rather than a stake in its failure. Longer term, Iranian-backed Shia militia could emerge as the preeminent power in the country, one that is outside the control of the government and instead answerable to Tehran.

Beyond Iraq, I am also profoundly worried about the continuing meltdown of Syria, which is a geopolitical Chernobyl. Until it is capped, it is going to continue to spew radioactive instability and extremist ideology over the entire region.

Any strategy to stabilize the region thus needs to take into account the challenges in both Iraq and Syria. It is not sufficient to say that we’ll figure them out later.

[Related: ‘Daesh’: John Kerry starts calling the Islamic State a name they hate]

What went wrong?

The proximate cause of Iraq’s unraveling was the increasing authoritarian, sectarian and corrupt conduct of the Iraqi government and its leader after the departure of the last U.S. combat forces in 2011. The actions of the Iraqi prime minister undid the major accomplishment of the Surge. [They] alienated the Iraqi Sunnis and once again created in the Sunni areas fertile fields for the planting of the seeds of extremism, essentially opening the door to the takeover of the Islamic State. Some may contend that all of this was inevitable. Iraq was bound to fail, they will argue, because of the inherently sectarian character of the Iraqi people. I don’t agree with that assessment.

The tragedy is that political leaders failed so badly at delivering what Iraqis clearly wanted — and for that, a great deal of responsibility lies with Prime Minister Maliki.

As for the U.S. role, could all of this have been averted if we had kept 10,000 troops here? I honestly don’t know. I certainly wish we could have tested the proposition and kept a substantial force on the ground.

For that matter, should we have pushed harder for an alternative to PM Maliki during government formation in 2010? Again, it is impossible to know if such a gambit might have succeeded. But certainly, a different personality at the top might have made a big difference, depending, of course, on who that individual might have been.

Where I think a broader comment is perhaps warranted has to do with the way we came to think about Iraq and, to a certain extent, the broader region over the last few years. There was certainly a sense in Washington that Iraq should be put in our rearview mirror, that whatever happened here was somewhat peripheral to our national security and that we could afford to redirect our attention to more important challenges. Much of this sentiment was very understandable given the enormous cost of our efforts in Iraq and the endless frustrations that our endeavor here encountered.

In retrospect, a similar attitude existed with respect to the civil war in Syria — again, a sense that developments in Syria constituted a horrible tragedy to be sure, but a tragedy at the outset, at least, that did not seem to pose a threat to our national security.

But in hindsight, few, I suspect, would contend that our approach was what it might — or should — have been. In fact, if there is one lesson that I hope we’ve learned from the past few years, it is that there is a linkage between the internal conditions of countries in the Middle East and our own vital security interests.

Whether fair or not, those in the region will also offer that our withdrawal from Iraq in late 2011 contributed to a perception that the U.S. was pulling back from the Middle East. This perception has complicated our ability to shape developments in the region and thus to further our interests. These perceptions have also shaken many of our allies and, for a period at least, made it harder to persuade them to support our approaches. This has been all the more frustrating because, of course, in objective terms, we remain deeply engaged across the region and our power here is still very, very significant.

Neither the Iranians nor Daesh are 10 feet tall, but the perception in the region for the past few years has been that of the U.S. on the wane, and our adversaries on the rise. I hope that we can begin to reverse that now.

What are your thoughts when you see Qasem Soleimani, the IRGC’s Quds Force commander who funded and armed the militias who blew up U.S. troops and shelled the U.S. Embassy while you were in it, taking battlefield tours like you used to?

Yes, « Hajji Qasem, » our old friend. I have several thoughts when I see the pictures of him, but most of those thoughts probably aren’t suitable for publication in a family newspaper like yours. What I will say is that he is very capable and resourceful individual, a worthy adversary. He has played his hand well. But this is a long game, so let’s see how events transpire.

It is certainly interesting to see how visible Soleimani has chosen to become in recent months — quite a striking change for a man of the shadows.

Whatever the motivations, though, they underscore a very important reality: The current Iranian regime is not our ally in the Middle East. It is ultimately part of the problem, not the solution. The more the Iranians are seen to be dominating the region, the more it is going to inflame Sunni radicalism and fuel the rise of groups like the Islamic State. While the U.S. and Iran may have convergent interests in the defeat of Daesh, our interests generally diverge. The Iranian response to the open hand offered by the U.S. has not been encouraging.

Iranian power in the Middle East is thus a double problem. It is foremost problematic because it is deeply hostile to us and our friends. But it is also dangerous because, the more it is felt, the more it sets off reactions that are also harmful to our interests — Sunni radicalism and, if we aren’t careful, the prospect of nuclear proliferation as well.

You have had some interactions with Qasem Soleimani in the past. Could you tell us about those?

In the spring of 2008, Iraqi and coalition forces engaged in what emerged as a decisive battle between the Iraqi Security Forces and the Iranian-supported Shiite militias.

In the midst of the fight, I received word from a very senior Iraqi official that Qasem Soleimani had given him a message for me. When I met with the senior Iraqi, he conveyed the message: « General Petraeus, you should be aware that I, Qasem Soleimani, control Iran’s policy for Iraq, Syria, Lebanon, Gaza, and Afghanistan. » The point was clear: He owned the policy and the region, and I should deal with him. When my Iraqi interlocutor asked what I wanted to convey in return, I told him to tell Soleimani that he could « pound sand. »

If you look back at what happened when the surge of U.S. troops under your command turned the tide of the war, is there anything you would have done differently? What are your regrets?

There are always actions that, with the benefit of hindsight, you realize you misjudged or would have done differently. There are certainly decisions, in the course of my three deployments to Iraq, that I got wrong. Very candidly, there are several people who are causing enormous harm in Iraq today whom I wish we had taken off the battlefield when we had the chance to do so. Beyond that, there certainly were actions taken in the first year in Iraq, in particular, that made our subsequent effort that vastly more difficult that it needed to be. But those are well known.

What would be (or is, assuming people must be asking) your main advice on how best to prosecute the war against ISIS now?

In general terms, what is needed in Iraq at this point is all of the elements of the comprehensive, civil-military counterinsurgency campaign that achieved such significant progress during the Surge, with one huge difference — that Iraqis must perform a number of the critical tasks that we had to perform. Iraqis must, for example, provide the « boots on the ground, » albeit enabled by advisers and U.S. air assets, with tactical air controllers if necessary.

If the Iraqis cannot provide such forces, we should increase efforts to develop them. Iraqis must also be the ones who pursue reconciliation with Sunni leaders and the Sunni Arab community. We may help in various ways, but again, sustainable results can only be achieved by Iraqis — who clearly have the ability to do so, even if the will is sometimes not fully evident.

In more specific terms, I would offer the following:

First, it is critical that Iraqi forces do not clear areas that they are not able or willing to hold. Indeed, the « hold » force should be identified before the clearance operation begins. This underscores the need for capable, anti-Daesh Sunni forces that can go into Sunni-majority areas and be viewed as liberators, not conquerors or oppressors.

Second, the Iraqi forces that conduct(s) operations have to demonstrate much greater care in their conduct. I am deeply concerned by reports of sectarian atrocities — in particular by the Shiite militias as they move into Sunni areas previously held by the Islamic State. Kidnappings and reprisal killings, mass evictions of civilians from their homes — these kinds of abuses are corrosive to what needs to be accomplished. Indeed, they constitute Daesh’s best hope for survival — pushing Sunnis to feel once again the need to reject the Iraqi forces in their areas. The bottom line is that Daesh’s defeat requires not just hammering them on the battlefield, but simultaneously, revived political reconciliation with Sunnis. Iraq’s Sunnis need to be brought back into the fold. They need to feel as though they have a stake in the success of Iraq, rather than a stake in its failure.

Third, as I explained earlier, we need to recognize that the #1 long term threat to Iraq’s equilibrium — and the broader regional balance — is not the Islamic State, which I think is on the path to being defeated in Iraq and pushed out of its Iraqi sanctuary. The most significant long term threat is that posed by the Iranian-backed Shiite militias. If Daesh is driven from Iraq and the consequence is that Iranian-backed militias emerge as the most powerful force in the country — eclipsing the Iraqi Security Forces, much as Hezbollah does in Lebanon — that would be a very harmful outcome for Iraqi stability and sovereignty, not to mention our own national interests in the region.

Fourth, as long as we are talking about difficult problems, there is Syria. Any acceptable outcome [in Syria] requires the build-up of capable, anti-Daesh opposition forces whom we support on the battlefield. Although it is encouraging to see the administration’s support for this initiative, I think there are legitimate questions that can be raised about the sufficiency of the present scale, scope, speed, and resourcing of this effort. It will, for example, be impossible to establish a headquarters inside Syria to provide command and control of the forces we help train and equip as long as barrel bombs are dropped on it on a regular basis.

Voir de plus:

La présidente argentine Kirchner accusée d’avoir couvert les suspects iraniens d’un attentat
Libération/AFP

14 février 2015

Un procureur l’accuse d’avoir couvert de hauts dirigeants iraniens, soupçonnés d’être les commanditaires de l’attentat antisémite de 1994 à Buenos Aires.

La présidente argentine Cristina Kirchner a été formellement accusée par un procureur d’avoir couvert de hauts dirigeants iraniens, soupçonnés d’être les commanditaires de l’attentat antisémite de 1994 à Buenos Aires, accusation formulée avant sa mort par le procureur Alberto Nisman.

Vingt ans après, l’attentat contre la mutuelle juive AMIA qui a fait 85 morts et 300 blessés, n’a toujours pas été élucidé.

Avant Cristina  Kirchner, au pouvoir depuis 2007, un autre président, Carlos Menem (1989-1999), a été mis en cause et doit être jugé pour entrave, dans les années 1990, à l’enquête sur l’attentat contre l’AMIA.

Le procureur Nisman, en charge du dossier AMIA depuis 2004, a été retrouvé mort le 18 janvier dernier. Les premiers éléments de l’enquête indiquent un suicide, thèse à laquelle ne croient pas les Argentins. Le magistrat assurait que le pouvoir avait mis en place un plan pour protéger l’Iran de poursuites judiciaires en Argentine.

Pour Alberto Nisman, l’Iran avait commandité l’attentat et des hommes du groupe armé chiite libanais Hezbollah ont fait sauter le bâtiment abritant les principales institutions juives d’Argentine.

Le procureur Gerardo Pollicita a requis vendredi l’inculpation de Cristina Kirchner et de son ministre des Affaires étrangères, Hector Timerman, pour «les délits d’entrave à la justice et manquement au devoir d’un fonctionnaire».

Gerardo Pollicita a donné un nouvel élan au retentissant dossier d’accusation contre Cristina Kirchner, rendu public le 14 janvier par Alberto Nisman.

Le juge Daniel Rafecas devra désormais examiner le dossier de 300 pages, complété d’écoutes téléphoniques, et devra décider s’il ouvre ou non une procédure judiciaire contre Cristina Kirchner.

«Coup d’Etat judiciaire»
Cet ultime rebondissement dans le dossier Nisman/Kirchner intervient près d’un mois après la disparition non élucidée du procureur, dont la mort alors qu’il était sous le feu des projecteurs a consterné les Argentins.

Alberto Nisman, en charge de l’enquête sur l’attentat contre la mutuelle juive AMIA, a été retrouvé mort dans son appartement à la veille de son allocution devant le Congrès où il comptait étayer son accusation.

Avant l’attentat contre l’AMIA en 1994, une autre attaque menée avec un véhicule piégé avait visé l’ambassade d’Israël à Buenos Aires, tuant 29 personnes en mars 1992.

En 2013, Cristina Kirchner avait scellé avec Téhéran un mémorandum prévoyant l’audition en Iran des suspects iraniens dont l’Argentine demandait en vain l’extradition depuis 2007, pour les juger à Buenos Aires.

La communauté juive, l’opposition à Kirchner, les Etats-Unis et Israël estiment que cette initiative est une entrave à l’élucidation car elle écarte l’éventualité d’un procès en Argentine.

La procédure judiciaire contre Cristina Kirchner a peu de chances d’aboutir. Sa coalition de centre-gauche, le Front pour la victoire (FPV), détient la majorité dans les deux chambres du parlement, qui seraient éventuellement sollicitées pour lever son immunité.

Réagissant à un article du journal Clarin anticipant la mise en cause de Cristina Kirchner, le chef du gouvernement argentin Jorge Capitanitch a dénoncé «un coup d’état judiciaire».

«C’était prévisible et grave d’un point de vue politique et institutionnel. Je ne sais pas quel sera l’impact sur l’opinion publique. Les anti-Kirchner seront confortés dans leur position alors que ses sympathisants vont dénoncer une «tentative de déstabilisation», estime Matias Carugati, de l’institut de sondage Management & Fit.

L’enquête sur l’attentat de 1994 a été émaillée d’irrégularités. Des suspects sont arrêtés puis remis en liberté, dont des policiers et le fournisseur présumé du fourgon piégé Carlos Telleldin.

Le juge chargé de l’instruction du dossier de 1994 à 2003, Juan José Galeano, inculpé pour avoir remis 400000 dollars à Carlos Telleldin pour qu’il incrimine un suspect, l’ancien patron des services secrets et l’ex-président Carlos Menem doivent être jugés pour avoir freiné ou dévié l’enquête, mais la date du procès n’a pas encore été fixée.

Vendredi, la procureure générale argentine Alejandra Gils Carbo a annoncé la nomination d’une équipe de trois magistrats, Roberto Salum, Patricio Sabadini, Sabrina Namer, et d’un un coordinateur, à la tête du parquet spécial AMIA que dirigeait Alberto Nisman depuis 2004.

Mercredi, une marche silencieuse en hommage à Alberto Nisman, a été convoquée par des magistrats. Divers secteurs de l’opposition et les dirigeants de la communauté juive ont d’ores et déjà annoncé leur participation à la manifestation.

Voir encore:

NOTE D’ACTUALITÉ N°203
LE SOUTIEN DE L’IRAN AU TERRORISME INTERNATIONAL

Alain Rodier

F2R

21-01-2010

Depuis la révolution de 1979, qui a amené au pouvoir en Iran une théocratie chiite, les mollahs ont constamment utilisé l’arme du terrorisme à l’étranger afin de parvenir à leurs fins. Toutefois, Téhéran a toujours pris garde de systématiquement utiliser des intermédiaires, de manière à ne pas apparaître directement, ce qui aurait nuit à l’image de marque du régime, particulièrement dans les pays musulmans.

Parfois cette manière d’opérer a considérablement nuit à l’efficacité opérationnelle des actions entreprises. Ainsi, des « premiers couteaux » ont été arrêtés, mais jamais aucun système judiciaire de pays démocratique n’a réussi à prouver formellement l’implication du régime dans des actions répréhensibles. Seuls de forts soupçons concordants ont permis de lancer des mandats d’arrêt internationaux contre les plus hauts responsables du régime, mais comme ces derniers ne se sont évidemment pas présentés devant les juridictions concernées, leur responsabilité n’a pu être établie légalement. Les mollahs jouent à merveille de cette ambiguïté : ne pas reconnaître être derrière des opérations « Homo » (assassinats ciblés organisés par des services d’Etat), mais laisser entendre que toute personne qui s’oppose à leur politique peut constituer une cible potentielle. Rien de tel pour créer une indicible crainte, particulièrement au sein des pouvoirs politiques des pays démocratiques qui ne souhaitent pas que des vagues d’attentat terroristes aient lieu sur leur sol ou contre leurs intérêts à l’étranger. La réélection des gouvernements en place est souvent à ce prix.

Les buts poursuivis par Téhéran ont été multiples. En tête d’entre eux se trouve la lutte contre toute opposition. Suit la guerre contre les « grand et le petit Satan » (Etats-Unis et Israël), puis le règlement de litiges, comme cela a été le cas au milieu des années 1980 avec la France.

La lutte contre les opposants
La lutte acharnée contre les opposants au régime a toujours été une préoccupation majeure des mollahs. La liste des victimes d’attentats terroristes ciblés organisés par la Savama puis par le Vevak – les services spéciaux iraniens – et la force Al-Qods des Pasdaran est longue [1]. Elle comporterait plus d’une centaine de victimes, dont certaines sont particulièrement connues.

– Le 13 juillet 1989, Abdul Raman Gassemlou, le secrétaire général du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran (PDKI) est assassiné à Vienne en compagnie d’Abdullah Ghaderi Azar et d’Amir Mansur Bozorgian. Ils avaient été attirés dans un piège par de « pseudos négociations » initiées par le régime des mollahs qui avait exprimé son souhait de « régler une fois pour toutes » le problème kurde en Iran.

– Le professeur Kazem Radjavi, ancien ambassadeur de l’Iran auprès de l’ONU et surtout frère aîné de Massoud Radjavi, le leader du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), est assassiné par balles à Genève, le 24 avril 1990. Suite à cette affaire qui a mis en cause pas moins de treize agents iraniens couverts par l’immunité diplomatique, la justice suisse a lancé en 1996 un mandat d’arrêt contre Ali Fallahian qui était alors le chef du Vevak.

– Le 7 août 1991, Chapour Bakhtiar, le dernier Premier ministre du Shah, est assassiné à l’arme blanche avec son secrétaire à son domicile en banlieue parisienne. Le commando de trois hommes a fait preuve à l’occasion d’un professionnalisme et d’un sang froid extraordinaires. En effet, Chapour Bakhtiar était alors protégé par une section de CRS qui n’y a vu que du feu ! Il avait fait l’objet d’une première tentative de meurtre en juillet 1980 qui avait coûté la vie à un policier et à une voisine de son appartement de Suresnes.

– Le 4 juin 1992, le représentant en Turquie du CNRI, Ali Akbar Ghorbani, est enlevé à Istanbul. Son corps est retrouvé quelques mois plus tard dans un parc de la ville. Il porte de nombreuses marques de torture qui laissent entendre qu’il a été interrogé avant d’être exécuté. Le lendemain, un attentat à la voiture piégée échoue de peu devant le siège de l’OMPI à Istanbul.

– Le 16 mars 1993, Mohammad-Hussein Naghdi, le représentant du CNRI en Italie, est assassiné par balles à Rome.

– Le 17 septembre 1992, le secrétaire général du PDKI (et successeur d’Abdul Rahman Gassemlou), Mohammad Sadegh Sharafkandi, Fattah Abdoli, Homayoun Ardalan et Nouri Dehkordi sont assassinés dans le restaurant Mykonos à Berlin. Depuis 1997, Ali Fallahian fait l’objet d’un autre mandat d’arrêt international pour son rôle de commanditaire dans cette affaire.

– Le 20 février 1996, Zahra  Rajabi, une responsable du CNRI résidant en France, est assassinée alors qu’elle effectue un voyage à Istanbul.

Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. De nombreux autres Iraniens ayant fui le pays ont été rattrapés par les tueurs du régime et froidement assassinés, souvent « pour l’exemple ».

La lutte contre les Etats-Unis et Israël

Les attentats contre les intérêts ou ressortissants américains et israéliens ont également été nombreux :

– Le 18 avril 1983, une voiture kamikaze bourrée d’explosifs s’encastre dans l’immeuble abritant l’ambassade des Etats-Unis au Liban. 17 morts sont décomptés.

– Le 23 octobre de la même année, un camion explose dans le cantonnement des Marines à Beyrouth. 241 militaires américains sont tués lors de cette opération. Non seulement les expertises américaines prouvent que le camion Mercedes Benz qui a servi de vecteur à l’explosion provenait bien d’Iran, mais Hachemi Rafsandjani, alors représentant de l’ayatollah Khomeiny au sein du Conseil de la guerre, a revendiqué quasi-ouvertement cette opération.

Le but de ces deux attentats était de saper l’influence des Etats-Unis au Proche-orient en général et au Liban en particulier. La mission a été remplie car Washington a alors ordonné le départ des Marines de Beyrouth et Téhéran a ainsi pu étendre son influence sur le pays en passant par l’intermédiaire de son allié syrien et du Hezbollah libanais.

– Le 17 mars 1992, l’ambassade d’Israël en Argentine est visée par une attaque terroriste. 29 personnes sont tuées et 235 autres blessées. Ni les exécutants ni les commanditaires ne seront identifiés.

– Le 25 juin 1993, une bombe détruit de complexe d’Al Khobar en Arabie saoudite qui abrite des militaires américains. 19 Américains sont tués ainsi que 147 Saoudiens. Il semble que cette opération a été menée en liaison avec l’organisation naissante Al-Qaida [2]. Oussama Ben Laden, alors réfugié au Soudan entretenait, à cette époque les meilleures relations avec le Hezbollah libanais. Un certain nombre d’activistes ont ainsi été formés par le mouvement chiite libanais, particulièrement aux attentats suicide. L’objectif poursuivi par cet attentat était de mettre à mal le régime saoudien considéré comme un adversaire par Téhéran et comme un ennemi personnel par Oussama Ben Laden, qui venait de se faire retirer en mai sa nationalité saoudienne.

– Le 18 juillet 1994, le centre juif d’Amia à Buenos Aires est détruit par une voiture piégée. 84 morts et 230 blessés sont relevés. L’enquête révèle que cette opération a été décidée par Rafsandjani lors d’une réunion du Conseil suprême de la sécurité nationale [3] qui s’est tenue le 14 août 1993 dans la ville de Mashad. Selon l’institution judiciaire argentine, le but poursuivi consistait à punir Buenos Aires d’avoir arrêté sa coopération avec l’Iran dans le domaine nucléaire. L’opération aurait été menée par la force Al-Qods des Pasdaran, alors commandée par le général Ahmad Vahidi. Cette unité d’élite composée de fanatiques est une sorte de « service action » qui se charge de toutes les opérations sales déclenchées à l’étranger. L’enquête amènera le lancement d’un mandat d’arrêt international contre Hashemi Rasfandjani, ancien président de la république islamique d’Iran et actuellement président du Conseil de discernement du bien de l’Etat ; Ali Akbar Velayati, à l’époque ministre des Affaires étrangères ; Mohsen Rezaï, alors commandant les Pasdaran et aujourd’hui secrétaire du Conseil de discernement des intérêts de l’Etat et soit disant « opposant » au président Ahmadinejad ; Ahmad Vahidi, actuel vice-ministre de la Défense ; Ahmad Reza Askari, ancien troisième secrétaire auprès de la représentation diplomatique iranienne en Argentine, en fait officier supérieur des Pasdaran ; Mohsen Rabbani, chef des écoles théologiques à l’étranger et proche conseiller de Khamenei ; et Ali Fallahian, actuel conseiller en sécurité du Guide suprême de la révolution.

En Irak et en Afghanistan, Téhéran est fortement soupçonné avoir soutenu certains mouvements rebelles. Même Al-Qaida aurait servi de paravent à certaines opérations. En effet, une « branche iranienne » de l’organisation semble être active. Elle est commandée par l’ancien colonel des forces spéciales égyptiennes, Saif al-Adel. De plus, des membres de la famille d’Oussama Ben Laden y sont « accueillis » et servent en quelque sorte de « monnaie d’échange ». Même le chef d’Al-Qaida en Irak, Abou Moussab Al-Zarqaoui, tué le 7 juin 2006, aurait été, du moins à l’origine, un agent recruté par les services iraniens. Il se serait ensuite affranchi des liens l’unissant à ses mentors et se serait lancé dans les attentats à grande échelle contre les populations chiites d’Irak. Cela expliquerait sa fin : il aurait tout simplement été « donné » aux Américains par les services iraniens.

L’objectif dans ces deux Etats est double pour Téhéran : créer des abcès de fixation qui empêchent les Américains d’envisager toute action militaire contre les installations nucléaires iraniennes et contrôler, autant que faire se peut, les différents mouvements autochtones dont les anciens gouvernants ont été considérés comme des ennemis importants de l’Iran. En conséquence, l’idée d’un Irak et d’un Afghanistan instables semble rencontrer la faveur des mollahs iraniens.

Cette liste d’opérations terroristes ne prend pas en compte les attentats ciblés dirigés contre des membres des services Américains ou des Israéliens. Ces derniers font partie de la guerre secrète que se livrent les services concernés [4], mais ne peuvent être qualifiés d’« actes terroristes » qui, par définition, visent pour leur part à un maximum de publicité.

Litiges avec la France
Bien que la France ait accueilli l’ayatollah Rouhollah Khomeiny en France, à Neauphle-le-Château, d’octobre à 1978 à janvier 1979, le régime des mollahs ne montrera aucune sympathie à l’égard de Paris. Il faut dire qu’aux yeux de Téhéran, la France sera rapidement considérée comme un pays hostile. En effet, les opposants au régime trouveront en France la terre d’exil qui leur convient. Ensuite, Paris soutiendra l’Irak dans la guerre qui l’oppose à l’Iran, particulièrement en fournissant des armes, dont des Mirages F1, des Super étendards, des missiles Exocet et de nombreuses munitions.

La réponse de Téhéran sera énergique. Elle se traduit par des prises d’otages au Liban et des attaques terroristes. La plus spectaculaire est l’attentat au camion piégé qui a lieu à Beyrouth contre l’immeuble Drakkar , le 23 octobre 1983, qui fait 61 victimes françaises.

De nombreux attentats à la bombe ont également lieu sur le sol français, particulièrement en région parisienne, au cours de la période 1985-86 : 23 février 1985, magasin Marks & Spencer : un mort, 14 blessés ; 9mars 1985 cinéma Rivoli Beaubourg, 18 blessés ; 7 décembre 1985, double attentat contre les Galeries Lafayette et le Printemps Haussmann, 43 blessés ; 3 février 1986, hôtel Claridge, 8 blessés ; 4 février, magasin Gibert Jeune, 5 blessés ; FNAC Sport du Forum des Halles, 22 blessés ; 17 mars 1986, une bombe dans le TGV Paris-Lyon à hauteur de Brunoy, 29 blessés ; 8 septembre, bureau de poste de l’hôtel de ville à Paris, un mort et 21 blessés ; 12 septembre, cafétéria du super marché Casino à la Défense, 54 blessés ; 14 septembre, Pub Renault sur les Champs-Elysées, deux policiers et un maître d’hôtel sont tués alors qu’ils ont détecté l’engin explosif ; 15 septembre, locaux des services du permis de conduire de la Préfecture de police, un mort et 56 blessés ; 17 septembre, magasin Tati rue de Rennes, sept morts et 55 blessés.

La DST découvrira que le réseau Ali Fouad Saleh responsable de ces vagues de terreur était placé sous les ordres du Hezbollah libanais. L’officier traitant d’Ali Fouad Saleh aurait été Hussein Mazbou, un haut responsable du Hezbollah proche collaborateur d’Imad Fayez Mughniah, le responsable opérationnel pour l’étranger du mouvement [5].

Un autre litige provient du problème d’Eurodif, projet de production d’uranium enrichi dans lequel Téhéran était partie prenante depuis le Shah. Sous la pression, la France finira par rembourser Téhéran à hauteur de 1,6 milliard de dollars. A noter qu’à ce propos, un mystère entoure encore l’assassinat de Georges Besse, PDG de Renault mais également ancien président du directoire d’Eurodif. Il est abattu le 17 novembre 1986, jour du premier remboursement de la France à l’Iran. Certains experts avancent l’idée que le groupe Action Directe, qui a commis puis revendiqué cette opération, était en fait manipulé par les services secrets iraniens. Cela est du domaine du possible puisque les services iraniens ont toujours privilégié l’utilisation d’intermédiaires qui servaient de « fusibles ».

Aujourd’hui, les relations politiques bilatérales entre les deux Etats sont exécrables car Paris insiste sur le respect des Droits de l’Homme en Iran et occupe une place de premier rang au sein des pays qui s’opposent au développement du programme nucléaire iranien. Nul doute que si le besoin s’en fait sentir, Téhéran pourra utiliser de nouveau l’arme du terrorisme contre les intérêts français.

Les liens de Téhéran avec les mouvements terroristes étrangers

Téhéran a toujours maintenu secrètement des relations avec les mouvements terroristes étrangers de manière à pouvoir les utiliser à son profit. Cependant, les preuves formelles sont rares.

En 1995, une conférence secrète aurait eu lieu en Iran sous l’égide des Gardiens de la Révolution (Pasdaran). Elle a rassemblé des représentants des mouvements terroristes suivants : l’Armée rouge japonaise, l’Armée secrète arménienne, le PKK, le parti irakien Dawah, le Font islamique de libération du Bahrain et le Hezbollah libanais. Le but poursuivi à l’époque était la déstabilisation des Etats du Golfe persique. Téhéran aurait alors proposé son aide à ces différents mouvements, notamment en matière d’entraînement.

Aujourd’hui, Téhéran utilise surtout le Hezbollah libanais (voir ci-dessous) mais aurait également des contacts au sein de différents mouvements révolutionnaires sud-américains. Ces derniers auraient lieu au Venezuela – le président Hugo Chavez ne cache pas sa profonde sympathie pour le régime iranien – et dans la région des trois frontières (Foz de Iguaçu) située entre le Paraguay, l’Argentine et le Brésil.

Le Hezbollah libanais

Le Hezbollah libanais, fondé en juin 1982, est un mouvement chiite libanais qui possède une branche armée appelée la Résistance islamique. En fait, depuis l’origine, ce mouvement est infiltré, rémunéré et dirigé en sous-main par Téhéran. Il est utilisé non seulement au Liban, mais aussi à l’étranger pour servir les intérêts du régime des mollahs.

Son chef, le Cheikh Hassan Nasrallah, qui est sorti vainqueur, du moins sur le plan psychologique du conflit qui a opposé son mouvement à l’Etat d’Israël en juillet-août 2006, réorganise son mouvement et se prépare à de nouvelles opérations destinées à reprendre le combat si l’ordre lui en est donné.

Parallèlement, sur instructions de Téhéran, le Hezbollah fournirait armements et formations au Hamas et au Djihad islamique palestiniens (qui sont pourtant des mouvements sunnites) en vue d’un prochain conflit. En effet, la tactique envisagée par Téhéran en cas de frappes israéliennes sur ses installations nucléaires consiste à ouvrir d’autres fronts qui obligeraient l’adversaire à disperser ses forces. De l’aveu même de Galeb Abou Zeinab, un membre dirigeant du Hezbollah, «  la coopération avec le Hamas est la meilleure possible. Nous discutons en permanence ensembles et échangeons nos expériences. Le Hezbollah tente d’aider le Hamas du mieux qu’il le peut  ». La Cisjordanie n’est pas oubliée et le Hezbollah serait en train d’y déployer des activistes afin d’y constituer un front supplémentaire. Même les services de sécurité israéliens reconnaissent que la menace représentée par le Hezbollah dans cette zone y est supérieure à celle du Hamas et du Fatah ! Un autre front pourrait s’ouvrir dans le Golan, un nouveau mouvement ayant fait son apparition : le « Front de libération du Golan » qui serait en fait une émanation du Hezbollah libanais appuyé par des conseillers iraniens et syriens.

Le Hezbollah profite de l’importante communauté libanaise expatriée pour tisser ses réseaux à l’étranger. Très présent sur le continent africain, sud-américain, ce mouvement est capable d’apporter une aide logistique, voire opérationnelle, à des actions terroristes qui pourraient viser les intérêts occidentaux sur ces continents.

Le rôle des ambassades iraniennes
Bien qu’il s’en défende, l’Iran peut également fournir un appui logistique à des activistes à l’étranger, grâce à ses nombreuses représentations diplomatiques, culturelles ou même des ONG. Il est à remarquer que partout où des changements politiques ont amené au pouvoir des responsables hostiles aux Etats-Unis – tout particulièrement en Amérique latine – les représentations diplomatiques iraniennes ont été considérablement renforcées sans que les échanges politiques, économiques ou culturels avec ces Etats ne le justifie. Washington soupçonne Téhéran de mettre en fait en place un réseau logistique destiné à nuire aux Etats-Unis, peut-être en utilisant l’arme du terrorisme. C’est ainsi que des filières d’infiltration d’agents clandestins à destination de l’Amérique du Nord auraient été mises en place à partir du Nicaragua et du Venezuela.

Le terrorisme est un moyen de combat au même titre que la guérilla. Téhéran a montré dans le passé qu’à défaut d’armes de destruction massive, il ne répugnait pas à recourir au terrorisme d’Etat car c’est en quelque sorte « l’arme du faible au fort ». L’Iran en a les moyens humains, techniques et pratiques grâce à ses réseaux qui couvrent une grande partie de la planète. Si un bras de fer sévère s’engage vraiment entre les Occidentaux et la république théocratique, il est très probable que des opérations terroristes seront déclenchées comme moyen de rétorsion. L’identification formelle du commanditaire sera difficile à faire car les services iraniens sont passés maîtres dans le domaine du brouillage de pistes en utilisant des mouvements qui servent d’écrans de dissimulation.

[1] Voir les Notes d’actualité n°194 de novembre 2009 et n°200 de janvier 2010.
[2] Al-Qaida a été officiellement créée en 1991.
[3] CSSN, la plus haute juridiction en matière de défense en Iran.
[4] Voir les Notes d’actualité n°107 de novembre 2007 et n°117 de février 2008.
[5] Il a été assassiné à Damas le 12 février 2008, vraisemblablement par le Mossad.

http://www.iran-resist.org/mot102.html
« Kaveh Le Forgeron », Le Hezbollah Global. Les réseaux secrets de l’Iran

Frédéric Charillon

Carnets internationaux

29 novembre 2012

« Kaveh Le Forgeron », Le Hezbollah Global. Les réseaux secrets de l’Iran, Choiseul, Paris, 2012

L’ouvrage signé sous un pseudonyme – on parle d’un collectif d’opposants iraniens – revient d’abord sur l’organisation de l’appareil d’Etat iranien, avant d’analyser l’action de celui-ci à l’étranger, à travers le mouvement politique chi’ite mondial (POCHM) et la nébuleuse nationale-islamique iranienne (NINI), entre autres. Une approche très exhaustive s’attache à passer en revue les actions les plus déstabilisatrices et les réseaux d’amitiés / complicités de la république islamique sur l’ensemble de la planète, y compris dans des zones où une menace iranienne n’apparaissait pas évidente aux observateurs (de la Nouvelle Zélande à l’Uruguay, en passant par la Bolivie ou la Roumanie).

Le caractère systématique de l’ouvrage permet de passer en revue, pour différents pays, la liste des actions connues et répertoriées par la presse sur des points donnés. Exemple : la liste des opposants iraniens liquidés en Turquie, p.167-170.

Des dimensions mal connues du grand public sont analysées avec précision, ainsi la force des liens avec le Pakistan (p.107 et sqq.), le rôle des militaires pakistanais (p.123 et sqq.). D’autres dimensions pourtant mieux repérées sont tout de même éclairées avec pertinence également, par exemple sur le dossier nucléaire (p.86 et sqq.) ou sur l’Armée des Gardiens de la Révolution Islamique (p.70 et sqq.).

Malgré l’absence d’une hypothèse forte, sans doute due à l’effet-catalogue de ce travail, on voit bien la centralité des solidarités chi’ites à l’œuvre dans les réseaux présentés ici. Même si pour un lecteur français, le fait de traiter l’activité iranienne au Canada ou en Scandinavie, presque sur même pied que les passages consacrés au Liban, à la Syrie (p.261-262) ou à l’Irak (p.175-80), étonne.

Il ne faut pas se fier au titre de cet ouvrage : il n’est pas question – ou si peu – du Hezbollah ici, ni en tant que tel, ni en tant que symptôme d’une méthode iranienne, consistant par exemple à transformer un pays arabe donné en « multivocal state », par l’établissement d’un pouvoir parallèle fondé sur la mise en œuvre d’un mouvement armé d’identité chi’ite mais capitalisant sur l’opposition à Israël. Sur ces points, on se tournera plutôt, pour des sources françaises, vers les travaux de Sabrina MERVIN, Mona HARB, ou surtout, sur le dossier libanais, ceux de Bernard ROUGIER. Ou, pour des sources anglaises, vers Hala JABER ou Eitan AZANI.

Ce livre constitue néanmoins un document à consulter comme aide mémoire, pays par pays, sur la question de l’action extérieure iranienne. On pourra, à partir des exemples nombreux qui sont passés en revue dans ce document, réfléchir à quelques problématiques qui en émergent :
– – La question de l’animation, par l’Iran et d’autres, d’un réseaux de « politiques étrangères protestataires », solidaires entre elles, refusant les initiatives occidentales et leur « diplomatie de club » (pour reprendre l’expression de Bertrand BADIE), politiques qui comptent des relais de téhéran à Caracas en passant par Pyongyang, Minsk, voire Pékin ou Moscou.
– – La question de la nuisance en politique étrangère, qui consiste à contrer efficacement les initiatives dominantes au cas par cas, plutôt que de proposer une politique de puissance alternative avec une stratégie globale (ainsi l’Iran a-t-il davantage profité des erreurs américaines au Moyen-Orient, plutôt qu’il n’aurait bâti de stratégie a priori).
– – Enfin, bien évidemment, la question de la mobilisation de ressources et de réseaux religieux à l’appui d’une action extérieure (pour des exemples de travaux récents sur des cas comparés en monde musulman, on regardera Amélie BLOM sur le Pakistan ou Delphine ALLES sur l’Indonésie).

Voir également:

Un rapport US exclut le Hezbollah et l’Iran du chapitre sur les menaces terroristes

Dans la presse

Remis en février au Sénat, le document annuel du Renseignement national vient d’être rendu public.

L’Orient le jour
17/03/2015

L’Iran et le Hezbollah ont été exclus cette année du chapitre consacré aux menaces terroristes dans le rapport annuel remis en février au Sénat américain par le directeur du Renseignement national, James Clapper, et qui vient d’être rendu public.

Dans le rapport, intitulé « Worldwide Threat Assessment of the US Intelligence Community » (évaluation des  menaces mondiales par l’ensemble des services de renseignements) de 2015, la section terrorisme est largement consacrée aux mouvements sunnites extrémistes, notamment le groupe Etat islamique et le Front al-Nosra (en Irak et en Syrie), et la menace que représente leur montée en puissance pour les alliés des Etats-Unis, leurs partenaires et leurs intérêts.

En 2014, il était écrit dans le rapport que le Hezbollah et l’Iran continuaient de menacer directement les intérêts des alliés de Washington et que le parti chiite avait augmenté son « activité terroriste globale ». L’Iran et le Hezbollah figuraient également dans les éditions des années précédentes, dans la section terrorisme.

A noter que de manière générale, le rapport n’est pas l’équivalent de la liste officielle américaine des organisations considérées comme terroristes. La plupart des organisations inscrites sur la liste officielle ne sont, en effet, pas citées dans le rapport du Renseignement national.

Dans le document du Renseignement national, le Hezbollah, impliqué dans le conflit syrien au côté du régime de Bachar el-Assad, est cité dans la section intitulée « menaces régionales », en rapport avec l’activité des groupes jihadistes sunnites. « Le Liban subit la menace grandissante des groupes terroristes, dont l’EI et al-Nosra. Les extrémistes sunnites essaient d’établir des réseaux au Liban où ils ont multiplié les attaques contre des positions de l’armée libanaise et du Hezbollah à la frontière libano-syrienne »,  peut-on lire.

Quant à l’Iran, il est mentionné dans la section « menaces régionales » pour les Etats-Unis en raison de son soutien au président Bachar el-Assad, du développement de capacités militaires avancées et de la poursuite de son programme nucléaire. Le rapport note cependant l’aide de Téhéran dans la lutte contre l’expansion de l’EI en Irak. Téhéran est également cité dans les sections consacrées à la cybermenace et aux armes de destruction massive.

En 2013, l’Union européenne avait inscrit la branche armée du Hezbollah sur sa liste des organisations terroristes. Dans leur décision, les Européens n’étaient pas allés aussi loin que les Etats-Unis qui ont placé sur leur liste noire le Hezbollah dans toutes ses déclinaisons, estimant qu’il était impossible de distinguer entre ses branches politique et militaire.

A noter par ailleurs que la Russie et la Corée du nord sont mentionnées dans plusieurs parties du rapport.
Le rapport de James Clapper intervient alors que l’Iran et les grandes puissances sont dans la dernière ligne droite de leurs négociations en vue de résoudre la crise du programme nucléaire controversé de Téhéran et discuter de la levée des sanctions internationales qui frappent l’économie iranienne.

Après 12 ans de tensions entre l’Iran et les Occidentaux et 18 mois de pourparlers intenses, la République islamique et les grandes puissances du groupe 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Royaume-Uni, France, et Allemagne) se sont donné jusqu’au 31 mars pour sceller un règlement politique qui garantirait que l’Iran n’aura jamais la bombe atomique, en échange d’une levée des sanctions.

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