Je suis Charlie: Qui se souvient d’Aji al-Ali ? (Who remembers the world’s first assassinated cartoonist was the victim of Arafat and Abbas’s OLP ?)

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L’union nationale autour des victimes oui, l’hypocrisie sur les coupables non (…) Le terrorisme islamiste vient de tuer, mais les responsables sont ceux qui le dénonçaient. Logique. Puisque tout ceci n’a rien à voir avec une quelconque religion. Elisabeth Lévy
Suis-je un citoyen indigne, pour tout dire un salaud, parce que je ne vais pas «marcher contre la terreur», pour écrire comme Le Monde, ou «me lever contre le terrorisme», selon l’exhortation du président de la République? Je pourrais déjà tenter de m’absoudre en soulignant que cette immense émotion, depuis le 7 janvier, et qui culminera le 11 va représenter, sur un mode pervers, la victoire odieuse de criminels qui ont atteint leur but puisque l’ampleur de l’indignation était probablement espérée par ces sanguinaires de l’intégrisme. Notre pays certes solidaire a ainsi, aussi, manifesté la gravité des blessures qui lui ont été causées. En ce sens, il est clair que cette «marche républicaine» va être purement symbolique, quoique multiforme, puisqu’elle ne va rigoureusement pas avoir le moindre effet sur les menaces, les attentats, les représailles et les tragédies à venir et qu’elle n’est destinée, dans une sorte de béatitude collective satisfaite d’elle-même, qu’à persuader la nation que durant quelques jours elle aura été à peu près unie. J’entends bien que cette argumentation peut apparaître mesquine en refusant à la communauté nationale le droit de se faire du bien parce qu’elle se rassemble autour de l’abjecte malfaisance de Charlie Hebdo, de la policière abattue à Montrouge, des quatre otages supprimés dans l’épicerie casher. Avec des assassins que nos forces de police exemplaires ne pouvaient que blesser mortellement puisque leur rêve était de mourir en «martyrs» et que probablement ils le sont devenus pour des admirateurs, des émules, leurs inspirateurs et si on se fonde sur les innombrables messages téléphoniques de haine et de violence adressés à divers commissariats dans la soirée du 9. (…) Malgré le comportement apparemment irréprochable de nos gouvernants, le soupçon de l’instrumentalisation politique d’une terrifiante douleur qui aurait pu demeurer sincère avec plus de discrétion et un Etat moins omniprésent. Dans cette «marche contre la terreur», combien sont profondément épris de la liberté d’expression sous toutes ses latitudes, et pas seulement de celle de Charlie Hebdo? Combien, au contraire, ne se sont souvenus de cette dernière qu’après les massacres, défenseurs opportunistes sur lesquels le dessinateur Willem et Charlie Hebdo «vomissent»? Pour se lever contre le terrorisme au sein d’une multitude, encore faut-il être assuré que l’humanisme n’est pas hémiplégique et que pour d’autres causes jugées moins nobles, moins «porteuses», on ne moquerait pas notre exigence de sécurité au nom d’une idéologie discutable et compassionnelle? (…) Que signifie ce consensus factice, cette concorde superficielle qui prétendent, au prétexte que nous aurions le cœur sec en nous abstenant, faire oublier, sans y parvenir, les déchirements, les fractures, les divisions profondes de la France? Le verbe, la résistance de proclamation et défiler seraient-ils essentiels alors que, se recueillant sur le passé si proche encore, ils n’auront pas la moindre incidence sur le futur? Est-il honteux de proférer que plutôt que de concevoir cette phénoménale marche internationale, avec un incroyable risque d’insécurité, il n’aurait pas mieux valu, modestement, efficacement, appréhender l’avenir pour convaincre le citoyen que non seulement il ne doit pas avoir peur mais que notre état de droit rendra, autant que faire se peut, inconcevable cette angoisse parce que notre démocratie sera mieux armée, saura mieux suivre et contrôler, sera moins laxiste et libérera moins vite? Les destinées des trois assassins abattus auraient dû être prioritaires plus qu’une grande messe républicaine sans conséquence opératoire. Et lundi, on fera quoi? Philippe Bilger
Le slogan «Je suis Charlie» ou «Nous sommes Charlie» me paraît relever à la fois du romantisme, du narcissisme et de l’indécence. Nous ne sommes pas Charlie pour la bonne raison qu’ils sont morts en raison des risques qu’ils ont pris de continuer à faire leur travail, souvent sous les accusations les plus odieuses de ceux qui ont invoqué le manque de respect, le mauvais goût, l’abus de la liberté d’expression, le racisme ou l’islamophobie… La presse pourrait légitimement arborer ce slogan si, de concert, elle republiait l’ensemble des caricatures qui a valu la mort à ces valeureux caricaturistes. À cette condition seulement. Il n’est pas inutile de rappeler que Charb était sixième sur la liste des cibles prioritaires dans Inspire du 1/3/2013, le journal d’Al-Qaïda: «Wanted Dead or Alive for Crime Against Islam». Cet avis de recherche lancé par Inspire combinait une liste de noms (avec photo pour les neuf hommes de la liste) et la photo en grand du pasteur Terry Jones, qui s’était vanté d’avoir brûlé le Coran, un revolver en action sur la tempe, sous-titrée d’un «Yes we can» agrémenté du pastiche d’un dicton «A Bullet a Day Keeps the Infidel Away». Le MRAP qui, dans son tract du 9 janvier, appelle à manifester ce dimanche, s’il s’émeut des assassinats perpétrés à Charlie Hebdo, Vincennes et Montrouge s’inquiète principalement d’une «escalade dangereuse», en raison des réactions violentes qui se sont produites, en les mettant exactement sur le même plan. Elles sont bien évidemment déplorables et doivent être condamnées. Mais elles ne peuvent être comparées aux attentats islamistes qui ont fait 17 morts. Certes, sur son site, le MRAP dénonce «l’assaut inhumain à la liberté d’expression». Mais, sur la même page figure la justification datée du 11 février 2006 qu’il donnait au procès qu’il avait intenté à France Soir, pour avoir publié le dessin du prophète au turban explosif. D’après le MRAP, ce dessin assimilait musulman à islamiste et à terroriste. Le MRAP n’hésitait pas à faire le parallèle avec les années Trente et voyait dans le dessin «un détournement raciste de la liberté d’expression». Il parlait de piteuse provocation. Il s’agissait là sans doute d’un assaut humain à la liberté d’expression. (…) Combien de politiques qui n’ont aujourd’hui que la liberté d’expression à la bouche, ont, lors de la publication des caricatures danoises, soutenu la liberté d’expression sans restriction, sans invoquer l’esprit de responsabilité, de mesure, de respect, le caractère inopportun ou provocateur des dessins? Beaucoup ont joué la stratégie de l’apaisement. La dénonciation aujourd’hui de l’atteinte à la liberté par la mosquée de Paris et l’UOIF, qui appellent à manifester demain, aurait plus poids si elles n’avaient pas poursuivi Charlie Hebdo en justice alors qu’il exerçait précisément sa liberté. N’oublions pas non plus qu’il s’est trouvé une association musulmane de Seine-Saint-Denis, l’UAM-93, pour demander un vote sur une loi condamnant le blasphème, demande relayée et soutenue par Eric Raoult. Ce que cherche à obtenir sans relâche l’Organisation de la coopération islamique (OCI) aux Nations unies. Et que dire de l’Union européenne qui a abandonné le Danemark en rase campagne quand celui-ci devait faire face à la rage orchestrée contre lui en 2005-2006? Flemming Rose (qui a eu été à l’origine de la publication des caricatures dans le Jyllands-Posten) raconte, dans son livre Tyranny of Silence, que l’UE avait, au contraire, dépêché Javier Solana au Moyen-Orient pour tenter de calmer la colère. Ce dernier s’apprêtait à signer un accord avec l’OCI le 26 janvier 2006 visant à bannir la diffamation des religions. Finalement l’UE ne fut pas représentée lors de la réunion au Qatar. Mais l’Espagne, la Turquie et Koffi Anan signèrent cet accord avec l’OCI alors que cette dernière avait contribué à allumer la mèche. Le gouvernement français appelle à manifester demain en hommage aux victimes des attentats meurtriers. Cet appel est incongru en ce qu’il se substitue à la société civile et, d’une certaine manière, la court-circuite. L’État n’a pas à manifester dans la rue, il doit réfléchir à ce qui arrive et prendre des mesures. Et pas seulement des mesures de sécurité. Au lieu d’arpenter le pavé parisien, on aimerait que ces politiciens français et européens s’engagent à protéger la liberté d’expression, par exemple en introduisant l’équivalent d’un 1er amendement à l’américaine, et à cesser les politiques d’apaisement conduites jusque-là vis-à-vis de l’islamisme. Cette protection de la liberté d’expression est d’autant plus nécessaire que les attentats récents vont avoir un effet de sidération sur tous ceux qui sont amenés à s’exprimer sur l’islam que ce soit sérieusement ou non. Les exemples d’autocensure sont déjà légion. Ils sont appelés à se multiplier. On pourrait même soutenir que l’idée de subversion artistique, littéraire ou autre est morte avec les dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo à partir du moment où il existe un périmètre interdit sous peine de mort. On peut juste espérer, avec Flemming Rose, que les Occidentaux cesseront de camoufler leur peur derrière des justifications morales ou humanitaires. Michèle Tribalat
L’émotion, l’indignation et l’indispensable unité nationale ne doivent pas nous empêcher de réfléchir et de commencer à tirer les leçons de l’épreuve que nous traversons. Avec ces meurtres terroristes de sang froid, c’est toute une mentalité pacifiste et angélique, présente en France et dans nombre de pays européens depuis plus de trente ans, qui vole en éclats. Il n’en résulte pas nécessairement une claire compréhension de ce qui nous arrive et de ce à quoi nous avons affaire. La vision de la souffrance et de la mort, relayée et diffusée en continu à la télévision, nous confronte soudainement à l’horreur, déstabilise les repères du sens commun. Tels sont du reste les buts visés par ces criminels qui jouent sur la terreur et ses effets de sidération. Devant la barbarie, l’émotion et l’indignation risquent de tout emporter. Les effort de compréhension et de résistance semblent un moment suspendus: comment cela a-t-il été possible? Comment peut-on en arriver à commettre de tels actes barbares? Le terrorisme cherche à créer un sentiment d’impuissance devant une menace diffuse qui semble pouvoir surgir à tout instant. Il installe ainsi un climat permanent d’angoisse et d’insécurité dans la population. Le terrorisme islamiste s’accompagne d’un discours de haine contre l’Occident, contre «les juifs et les croisés» et tous les représentants de Satan. Pour des citoyens vivant dans un pays démocratique moderne qui a pu se croire à l’abri des désordres du monde, ce vocabulaire paraît fou et d’un autre âge, accentuant un peu plus le caractère incompréhensible des crimes commis. Un sociologisme réducteur qui a longtemps prévalu – et a encore des restes – est censé apporter une explication. Il considère que les discours de haine et les actes criminels ne sont que les symptômes des conditions économiques et sociales, des discriminations, de la domination des pays riches sur les pays pauvres… L’illusion consiste alors à penser que la lutte contre le terrorisme peut se limiter à «assécher son terreau» en s’attaquant aux conditions économiques, sociales, politiques… qui le rendent possible. C’est comme si, nous retrouvant face à un meurtrier bien décidé à nous tuer et qui nous le fait savoir, notre premier réflexe serait de ne pas le prendre tout à fait au sérieux, l’important en l’affaire étant avant tout de connaître les causes «objectives» (et non «idéologiques») qui le poussent à vouloir nous supprimer. Une telle perversion de la pensée qui se coupe du monde et de l’expérience commune n’est pas sans rappeler la réaction d’intellectuels qui, face à la montée du nazisme en Allemagne, avaient chacun leur théorie sur Hitler et se laissaient prendre au piège de leur propre construction. Un tel type de posture et de réaction première s’apparente à un aveuglement, à un refus de se confronter à une mentalité fanatique qui désarçonne nos références morales et nos cadres de pensée. Ce discours de l’excuse a assez duré. Avec ce qui vient de se passer, cette attitude présente chez une partie de la jeunesse, d’intellectuels gauchistes et de journalistes militants est désormais en morceaux. On peut encore essayer de se raccrocher à des explications psychologiques (des «fous» accomplissant des actes insensés) et les cellules psychologiques sont là pour aider à sortir du traumatisme. Mais, là aussi, si la dimension psychologique, psychiatrique, est bien réelle, elle ne saurait pour autant rassurer. Le fanatisme religieux, en l’occurrence islamiste, les idéologies meurtrières ne sont pas seulement l’expression débridée de pulsions destructrices, ils s’articulent à un système de croyances qui ont leur consistance propre, mettent en jeu des conceptions du monde, de la vie et de la mort, du pouvoir…, désignent l’ennemi à combattre et à éliminer. C’est cette réalité qu’ont du mal à affronter des individus autocentrés qui voient le monde comme le prolongement d’eux-mêmes, de leurs relations affectives et de leurs sentiments. Dans une société morcelée et déconnectée de l’histoire, la psychologie a tendance à s’ériger en nouvelle explication globale du monde, tandis que l’émotion et la morale des bons sentiments envahissent le discours politique. Telles me paraissent être les failles de notre compréhension et de nos réactions. Il ne faut pas craindre d’affronter lucidement la question des faiblesses internes des démocraties, sur lesquelles cherche précisément à s’appuyer le terrorisme islamiste. C’est une condition de l’efficacité du combat contre lui. En France et au sein d’autres pays européens, une partie de l’opinion a encore du mal à admettre que nous puissions avoir des ennemis qui veulent nous détruire et qu’il faut combattre avec la plus grande fermeté dans le cadre d’un État de droit. On signe des pétitions, on allume des bougies, on se tient la main, on manifeste en silence… Ces manifestations expriment l’indignation et la solidarité avec les victimes, elles montrent l’unité d’un pays dans le refus du terrorisme. Mais la façon dont elles font valoir les valeurs démocratiques ne saurait laisser entendre que tout pourrait être affaire d’ouverture, de tolérance, en dehors de la force, de la puissance, de la fermeté qui permettent de défendre ces valeurs démocratiques. Il n’y a pas si longtemps, en 2004, la «nuit blanche» de la mairie à Paris fut dédiée à la fois à Françoise Sagan («une femme qui a aimé la nuit») et à tous ceux qui étaient pris en otage, ce qui en dit long sur le décalage existant entre un certain type de mentalité festive et les nouveaux défis qui sont posés aux sociétés démocratiques. Le problème, est, que même si vous ne voulez pas d’ennemi, «c’est l’ennemi qui vous désigne»: «Et s’il vous choisit vraiment comme ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles prestations d’amitié. Du moment qu’il veut que vous soyez l’ennemi, vous l’êtes. Et il vous empêchera de cultiver votre jardin .»(…) Qu’on le veuille ou non, la France est en guerre contre le terrorisme islamiste en Afghanistan, au Mali, en Irak et ce terrorisme a des relais au sein de notre pays. Ce sont précisément ces réalités que beaucoup d’entre nous ont du mal à regarder en face parce qu’ils vivent depuis des années dans l’illusion d’une monde pacifié. En France, en guise de récit national, une mémoire pénitentielle et victimaire a pris le dessus, encouragée et entretenue par des associations et des groupes de pression communautaires qui ont développé le ressentiment et la haine de soi. Après la chute du mur de Berlin, la proclamation d’une supposée «fin de l’histoire» n’impliquait pas seulement l’idée que le libéralisme économique pouvait désormais s’épanouir sans entrave, mais celle d’une relégation des conflits et des guerres dans une sorte de préhistoire antidémocratique. La perspective supposée d’une fin de l’histoire impliquait en même temps celle de la fin du tragique qui lui est inhérent. L’Union européenne s’est construite sur une volonté de paix légitime entre les peuples européens. Celle-ci s’est accompagnée d’une éthique des droits de l’homme et d’un libéralisme économique qui ont pu laisser croire que tout était désormais affaire de «gouvernance», de respect du droit et de dialogue entre les peuples, en oubliant le jeu des intérêts, des rapports de force, des volontés de puissance… Les politiques qui s’y trouvaient confrontés ne pouvaient l’ignorer, mais la façon dont ils ont fait valoir la construction européenne a renforcé les illusions existant au sein d’une partie de l’opinion qui a tendance à confondre la politique avec les «droits de l’homme», voire avec la morale de la bonne intention. Tel a été le point aveugle des sociétés démocratiques européennes «post-totalitaires», encore marquées par les souvenirs des guerres dévastatrices et des barbaries qui ont eu lieu sur leur sol. En France, en guise de récit national, une mémoire pénitentielle et victimaire a pris le dessus, encouragée et entretenue par des associations et des groupes de pression communautaires qui ont développé le ressentiment et la haine de soi. Cette mentalité nous divise et nous désarme face à ceux qui ont juré de mettre à bas notre pays et les démocraties partout dans le monde. L’unité nationale dans le combat contre le terrorisme islamiste implique d’en finir avec cette mésestime de soi. J’ai eu la même réaction que Jean-François Kahn – et je ne suis pas le seul -, en écoutant la première déclaration de Marine le Pen qui parlait clairement face à l’embarras de certains hommes politiques à dire que nous étions en guerre et à nommer nos ennemis. Antérieurement, on a voulu essayer de remplacer à tout prix «État islamique» par «Daesh», en expliquant que cela éviterait une «confusion avec islam, islamisme, musulmans». La crainte justifiée des amalgames ne peut servir d’argument pour ne pas regarder la réalité en face, en parlant d’un terrorisme indéfini créé ex nihilo, venant d’on ne sait où et s’abattant sur le pays comme une catastrophe naturelle. Il en va de même des craintes et des allusions constantes à la montée de l’extrême droite en Europe qui «zappent» et évitent le sujet. Sans parler des allusions constantes à la «zemmourisation des esprits», voire au livre de Houellebecq et aux amalgames les plus grossiers de journalistes militants de gauche qui, depuis des années, ont transformé l’antifascisme en posture identitaire et de valorisation dans les médias bien-pensants. Tout cela est dérisoire et lamentable, pour ne pas dire indigne, face aux épreuves que connaît notre pays. Il faut le dire clairement: la reductio a Hitlerium, l’obsession du «fascisme montant» sur le modèle passé sont une forme d’enfermement mental qui se refuse à affronter les nouveaux défis du présent et fait le lit de l’extrême droite. Ce petit jeu propre à une gauche bête et sectaire, qui ne vit que dans un face à face délétère avec ce qu’elle dénonce, a assez duré. L’unité du pays dans l’épreuve et la lutte contre le terrorisme islamiste exige une autre tenue. De ce point de vue, les cafouillages de la gauche dans l’organisation d’une manifestation symbolisant l’unité du pays et son refus d’y inclure le Front national, qui représente désormais une partie importante de l’électorat, a été ressentie par une bonne partie de l’opinion comme une manœuvre de récupération politicienne, une incapacité d’être à la hauteur de la situation que connaît notre pays. Un tel ostracisme vis-à-vis du Front national ne peut, une fois de plus, que le renforcer. Enfin, le refus de tout amalgame, la lutte contre l’islamophobie et la répression des attaques contre les mosquées, comme tous les autres lieux de culte, ne sauraient passer outre des questions légitimes que se pose l’opinion: comment en est-on arrivé à ce que la France soit devenue un pays où l’on tue des citoyens pour blasphème et liberté d’opinion, où l’on agresse et l’on assassine des enfants et des citoyens parce qu’ils sont «juifs»? Comment de jeunes Français convertis à l’islam en sont-ils arrivés à adhérer à l’islamisme radical et à des groupes barbares et sanguinaires? Comment ont-ils pu partir faire le «djihad» dans des pays en guerre et revenir pour apporter la terreur dans notre pays et dans d’autres pays démocratiques? Répondre à de telles questions n’implique pas seulement de comprendre les situations et la psychologie particulières des «djihadistes» ou de les envisager seulement comme de simples mécanismes sectaires, mais de réexaminer la façon dont depuis des années on a laissé se développer un islam fondamentaliste qui, s’il ne se confond pas avec le terrorisme, n’en a pas moins été souvent le terreau premier des tueurs en question? Ce qui implique d’aborder clairement le délicat problème du financement des mosquées et des imans prêchant un islam intégriste et liés à des pays avec qui nous entretenons de bonnes relations il en va de même pour les discours de haine et l’antisémitisme qui se déploient quotidiennement sur les réseaux sociaux. Ces questions concernent tous les citoyens, en même temps que nos compatriotes musulmans et leurs représentants ont un rôle décisif à jouer pour que domine en France et dans l’Union européenne un islam qui s’intègre à l’héritage des Lumières et à notre modèle républicain.(…) Les événements tragiques que connaît notre pays sont une cruelle épreuve du retour de la réalité après des années de déni ou d’édulcoration de phénomènes comme la montée du communautarisme et de l’intégrisme, les nouvelles formes de banditisme, le développement de l’antisémitisme et de l’islamisme radical…, dont les acteurs de terrain ont une conscience aigüe depuis longtemps. Les travailleurs sociaux dans les quartiers, les enseignants dans des classes difficiles, les magistrats, les policiers et les gendarmes, les services de renseignements… n’ont cessé d’alerter les pouvoirs publics. On n’en a pas moins laissé s’accumuler les tensions et les points de fractures en les recouvrant d’une langue de bois sociologisante, de rapports et d’«outils» d’évaluation en tout genre qui se sont montrés globalement impuissants à contrer ces phénomènes délétères. Le chômage de masse n’a rien arrangé. Affronter ces réalités sans pour autant se sentir désarmé n’a rien d’évident. Dans ce domaine comme dans les autres, le travail de reconstruction ne se fera pas en un jour. Mais encore s’agit-il de cesser de dénigrer nos idéaux républicains au nom d’un «multiculturalisme» invertébré, d’un communautarisme et d’un individualisme victimaires qui laminent la confiance en nous-mêmes. Nous ne pouvons plus en rester à un relativisme culturel et politique qui élude constamment la question de savoir ce qui nous spécifie comme pays et comme civilisation. Un pays qui rend insignifiant son passé se condamne à ne plus inventer un avenir discernable porteur des espérances d’émancipation ; un pays qui ne croit plus en lui-même est ouvert à toutes les servitudes. (…) Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de manifester une compassion envers les victimes et leur rendre hommage, mais d’affirmer avec force ce à quoi nous tenons dans notre héritage politique et culturel, français et européen. Jean-Pierre Le Goff
Le Mouvement de la Résistance Islamique croit que la Palestine est un Waqf [patrimoine religieux] islamique consacré aux générations de musulmans jusqu’au Jugement Dernier. Pas une seule parcelle ne peut en être dilapidée ou abandonnée à d’autres […] (Art. 31 et 11). Charte du Hamas
Je suis prêt à accepter une troisième partie qui contrôle l’exécution de l’accord, par exemple les forces de l’OTAN, mais je n’accepterai pas qu’il y ait des Juifs dans ces forces ni un Israélien sur la Terre de Palestine. Mahmoud Abbas
Nous sommes indignés Nous, associations issues de l’immigration et associations de solidarité, avons appris avec consternation la participation de hauts responsables de l’Etat d’Israël à la manifestation de solidarité avec les victimes de l’attentat meurtrier contre « Charlie Hebdo » qui aura lieu ce dimanche 11 janvier 2015 ; Prenant pour prétexte le meurtre raciste et odieux de quatre otages de confession juive le 9 janvier – que nous condamnons avec toute notre énergie –, les responsables des  crimes commis contre le peuple palestinien veulent aujourd’hui se draper d’une virginité anti-raciste, respectueuse des droits de l’Homme et de la liberté d’expression en venant manifester à Paris. Ils sont les mêmes qui assassinent des enfants à Gaza et dans les territoires occupés. Ils sont les mêmes qui ont assassiné le caricaturiste palestinien Naji Al Ali en 1987. Ils oublient que les caricaturistes de « Charlie Hebdo » assassinés ont toujours défendu le droit des Palestiniens à leur Etat. Cette participation est cautionnée par le gouvernement français, qui les accueille et accepte de les faire participer à son cortège officiel. Non, la lutte pour la liberté d’expression et de conscience et contre la barbarie ne peut être menée avec les ennemis de la liberté ! Non, les criminels de guerre n’ont pas leur place dans les cortèges de la dignité et de la solidarité. Leur place est devant les tribunaux internationaux. Communiqué de presse (associations issues de l’Immigration signataires de l’ Appel « Solidarité  Charlie Hebdo » (Paris, le 11 janvier 2015)
Who is responsible for the murder of Naji al-Ali? Who is responsible for the murder of tens of Palestinians — we all know who they are — who paid for their freedom of conscience with their lives?”“It was our silence and our fear that made us accept without protest the curtailment of free discussion and to allow terrorism to determine the way our differences are settled. History has shown that when liberation movements stifle liberty they become incapable of carrying out the task of liberation; they close in upon themselves and blindly submit to violence. There is in the murder of Naji al-Ali a lesson, which if we fail to understand we will lose the ability to liberate ourselves and to determine our destiny […] Without free and uninhibited debate, the achievement potential the Palestinians have in all fields will continue to be repressed or wasted, and with it their ability to confront and solve their problems. If the catastrophe toward which the Palestinians now seem to be heading is allowed to occur, they will have no one to blame but themselves. Professor Hisham Sharabi (Georgetown University)
A friend of Naji al-Ali was quoted saying that he had been warned his life was in danger in a telephone call from a senior member of the PLO in Tunis. The telephone call, two weeks before the murder, came after the publication of a cartoon attacking a female friend of PLO leader Yasser Arafat. “The cartoon was famous in the Arab community,” the friend said. The caller said: “You must correct your attitude.” “Don’t say anything against the honest people, otherwise we will have business to sort you out,” the caller continued. Naji al-Ali ignored the warning and published a cartoon lampooning Arafat and his henchmen on 24 June. Arjan El Fassed
Relations between MI6 and Mossad reached a new low in 1987 after the London-based Nagy el-Ali el-Adami was shot on the doorstep of the offices in Chelsea of the Middle Eastern newspaper El-Kabas, where he worked. He was noted for his witty and satirical cartoons against the Israeli occupation but also against the Palestinian leadership and Yasser Arafat, whom he lampooned as being gay. The Israelis had two double agents in PLO London hit- teams involved in the killing but had not warned the British. Both agents were arrested by Scotland Yard after the murder and disclosed that they were working for the Israelis. One was a hit-team quartermaster and had 145kg of Semtex in his possession. Mossad had not told MI6 about their London agents or the planned killing. The British were furious and threw out three Israeli diplomats, including an embassy attache identified as the handler for the two agents. Ha’aretz disclosed that MI6 froze all contacts with the Israeli secret services over an extended period. Yoav Biran, who became the Israeli ambassador after the killing, said that the British remained angry. « I know Israel promised the British several times there would be no repetition of this kind of behaviour. » Five years earlier the boot had been on the other foot. British security services are reported not to have passed on information warning of the impending attack on the Israeli ambassador to London. The Independent

Qui se souvient qu’un des premiers dessinateurs assassinés de l’histoire fut la victime de l’OLP d’Arafat et d’Abbas ?

A l’heure où, pour appuyer un gouvernement discrédité, le monde s’apprête à crier Je suis Charlie aux côtés de Mahmoud Abbas

Pendant que certaines de nos chères têtes blondes célèbrent l’occasion à leur façon …

Et qu’à Hambourg, un premier journal qui avait osé publier les caricatures de Mahomet voit ses locaux incendiés

Qui se souvient de Naji al-Ali ?

Victime non d’agents du Mossad comme le prétendent certains ou même (jusqu’à ma correction) le Wikipedia français

Mais profitant des désaccords de l’époque entre les services secrets britanniques et israéliens dont aucun ne voulait dévoiler l’existence de ses informateurs …

D’agents de l’OLP pour avoir osé se moquer de son président …

Naji al-Ali: The timeless conscience of Palestine
Arjan El Fassed
The Electronic Intifada
22 July 2004

On Wednesday July 22 1987 at five in the afternoon, Palestinian cartoonist Naji Al-Ali parked his car in southwest London, and walked a few meters towards the offices of the Kuwaiti newspaper Al-Qabas where he worked. He was shot in the head by a gunman, dressed in a denim jacket, who walked calmly away down Draycott, near Sloane Square and vanished.

One of the first on the scene was Andre Muller, aged 27, of Putney, who was working in the Peter Jones store adjacent to Ives Street. He was summoned to the scene because of his first-aid skills. He said: “I felt his pulse to see if he was breathing and a few minutes later the police came along and told me to stay with him.”

After five weeks in a coma on a life support machine at St Stephen’s hospital and the neurosurgical department of Charing Cross hospital in London, Naji al-Ali died at 5am on Saturday, August 30, 1987 at the age of 49.

A friend of Naji al-Ali was quoted saying that he had been warned his life was in danger in a telephone call from a senior member of the PLO in Tunis. The telephone call, two weeks before the murder, came after the publication of a cartoon attacking a female friend of PLO leader Yasser Arafat. “The cartoon was famous in the Arab community,” the friend said. The caller said: “You must correct your attitude.”

“Don’t say anything against the honest people, otherwise we will have business to sort you out,” the caller continued. Naji al-Ali ignored the warning and published a cartoon lampooning Arafat and his henchmen on 24 June.

Naji al-Ali came to London in 1985. He was married and had five children. The editor of Al-Qabas, who was quoted in the London Times said that Naji al-Ali had received more than a hundred death threats over the years. “I don’t know who could be responsible because he has been a critic of so many groups. But because of the way things are in Arab politics, nothing surprises me,” he said. “Our paper is an independent one and is not a strong critic of any particular group, so I cannot see why there should be an attack on us. I think it was meant as a direct attack on him.”

In an article in Middle East International (10 October 1987), Professor Hisham Sharabi of Georgetown University wrote:

“Who is responsible for the murder of Naji al-Ali? Who is responsible for the murder of tens of Palestinians — we all know who they are — who paid for their freedom of conscience with their lives?”“It was our silence and our fear that made us accept without protest the curtailment of free discussion and to allow terrorism to determine the way our differences are settled. History has shown that when liberation movements stifle liberty they become incapable of carrying out the task of liberation; they close in upon themselves and blindly submit to violence. There is in the murder of Naji al-Ali a lesson, which if we fail to understand we will lose the ability to liberate ourselves and to determine our destiny […] Without free and uninhibited debate, the achievement potential the Palestinians have in all fields will continue to be repressed or wasted, and with it their ability to confront and solve their problems. If the catastrophe toward which the Palestinians now seem to be heading is allowed to occur, they will have no one to blame but themselves.”
Naji al-Ali is one of the most influential commentators on Palestine. His works influenced all kinds of people, who used to wait impatiently every morning, to see his drawings on the last page of many Arab dailies. Every cartoon that al-Ali drew, featured his famous hand-made character-the bare-foot little boy ‘Hanthalah’ who turned his back to the world and who became a trademark throughout his long career. The idea came to him when he was working in Kuwait during the early 1960s. “I created this character to symbolize my lost childhood,” he said.

“This child, as you can see is neither beautiful, spoiled, nor even well-fed. He is barefoot like many children in refugee camps. Those who came to know ‘Hanthala,’ as I discovered later, adopted him because he is affectionate, honest, outspoken, and a bum. He is an icon that stands to watch me from slipping. And his hands behind his back are a symbol of rejection of all the present negative tides in our region.”

Frequently detained by police and frequently censored, al-Ali was expelled from Kuwait in 1985. He moved to London where he continued to work until he was shot. Naji Al-Ali’s death marked the end of an era, and ironically the beginning of the Intifada in occupied Palestine.

Born in Al Shajarah village near Nazareth in 1937, he was a victim of the Nakba in 1948. His family was forced to leave to Ein Hilwa refugee camp in south Lebanon. His artistic career began in Lebanon during the late 1950s. “I started to use drawing as a form of political expression while in Lebanese jails. I was detained by the Deuxième Bureau (the Lebanese intelligence service) as a result of the measures the Bureau were undertaking to contain political activities in the Palestinian camps during the sixties. I drew on the prison walls.”

The late Palestinian novelist Ghassan Kanafani, who owned al-Horiya magazine in Lebanon, and who was assassinated in Beirut in 1971, saw some of his drawings and encouraged him to continue, and eventually published two cartoons in his magazine.

The years spent in the refugee camp influenced Naji al-Ali immensely, and it was there that he first witnessed the constraints imposed on the Palestinian people. He swore then to immerse himself in politics and serve the Palestinian revolution by all the means at his disposal. Al-Ali was originally trained as a mechanic, but his first love was always drawing, which led him to a one-year art course at the Lebanese Art Academy. It wasn’t until later, when he worked as a journalist in Kuwait, where he first worked as an editor, reporter, and even as a secretary, at Al Tale’ah weekly magazine.

“I was able there to express my feelings and thoughts through the medium of cartoons.” Al Ali said. He often defined himself as a realist, one aligned to his social class, the poor. This point of view was apparent in the majority of his cartoons. “The poor people are those who suffer, are sentenced to jail, and die without shedding tears,” al-Ali once said. Later on, he returned to the old camp in south Lebanon, and found work with Al-Safir newspaper, but he was dismayed at the change in attitudes.

“When I left the camp, everyone held dearly to the idea of liberating the whole of Palestine, but on my return, I found that people were content with liberating less than half of it,” al-Ali was once quoted. He thought that the pursuit of money was responsible for the change in principles.

During the Israeli invasion of Lebanon in 1982, Al-Ali was forced to leave his home again, but this time on ships filled with hundreds of Palestinian fighters. After several years of displacement, he finally settled back in Kuwait, where he found work with the prominent Arab daily, Al-Qabbas. He soon found pressure and threats from certain political groups, and was forced to move to Al Qabass’ branch in London. It was his last move before his death in 1987.

Naji Al-Ali used only simple lines and traces to depict his ideas and thoughts onto paper. His works and thoughts were impressive and unusual.

In 1992 an Arabic motion picture about his life was made. The movie “Naji al-Ali” featuring Egyptian actor Noor El-Sharif gained widespread admiration and respect from around the Arab world.

Ten months after Naji al-Ali was shot, Scotland Yard arrested a Palestinian student who turned out to be a Mossad agent. Under interrogation, the Jerusalem-born man, Ismail Suwan, said that his superiors in Tel Aviv had been briefed well in advance of the plot to kill the cartoonist.

By refusing to pass on the relevant information to their British counterparts, Mossad earned the displeasure of Britain, which retaliated by expelling two Israeli diplomats from London. A furious Margaret Thatcher, then prime minister, closed Mossad’s London base in Palace Green, Kensington. Undeterred by the British reaction, Mossad used forged passports of another Western government to send its agents to Tunisia to lay the groundwork for the assassination of Abu Jihad.

Israel and Britain had been in contact for several months via diplomatic channels concerning Suwan’s revelations that he had worked with the Mossad. Newspapers reported that the action was partially a result of accumulating British grievances against the Mossad, including the abduction of Mordechai Vanunu and the use of British passports, found in a phone booth in West Germany in 1987. However, despite the arrests by Scotland Yard and an investigation by MI5, the assassin’s identity has never been revealed.

Throughout history artists have faced the threat of violence when their work offended the state or the political elite. The late Palestinian cartoonist Naji Al-Ali produced thousands of cartoons satirizing the powers that be in the Middle East, and paid the ultimate price for his expression.

Naji al-Ali is still the most popular artist in the Arab world, loved for his defense of the ordinary people, and for his criticism of repression and despotism. Paradoxically, strict censorship and widespread illiteracy in the Arab world helped him to achieve his remarkable success. His unrelenting cartoons exposed the brutality of the Israeli army and the hypocrisy of the PLO, earning him many powerful enemies.

Voir aussi:

MI5 was feuding with Mossad while known terrorists struck in London

Paul Lashmar and Shraga Elam

19 June 1999

THE BRITISH and Israeli secret services failed to prevent terrorist attacks, including « hits » by Palestinians on the streets of London, because of inter-agency feuds, according to newly published evidence:
The poor relations resulted in a number of fiascoes:

The British knew of the plan in 1982 to assassinate Shlomo Argov, the Israeli ambassador to London, but the Israelis were not warned.

The Israelis knew the Palestinian satirical cartoonist Nagy el-Ali el-Adami was to be assassinated in London in 1987 by his countrymen. The British were not told because Israel did not want to expose its double agents in the PLO’s London-based cells.

In 1986 suitcases of explosives were sent to Israel from locations in Europe. One came from Heathrow. It became clear, according to Mossad sources, that the British knew of the suitcase but did not see fit to pass the information to the Israelis.

The former MI5 officer David Shayler has also said it received warning from a reliable source of the planned 1994 bombing attack on the Israeli embassy but the information was not passed on.

These were just the worst cases to arise from long-standing distrust between the British and Israeli services.

An Israeli stationed in London said the relationship between the services has been difficult: « And on the British side there has never been much openness. »

The source said the British relationship with Israeli intelligence was worse than any other European country’s.

The evidence is in articles in the Ha’aretz Israeli paper, which did a two-year investigation into the feud.

It discloses that relations between MI6 and Mossad reached a new low in 1987 after the London-based Nagy el-Ali el-Adami was shot on the doorstep of the offices in Chelsea of the Middle Eastern newspaper El-Kabas, where he worked.

He was noted for his witty and satirical cartoons against the Israeli occupation but also against the Palestinian leadership and Yasser Arafat, whom he lampooned as being gay.

The Israelis had two double agents in PLO London hit- teams involved in the killing but had not warned the British. Both agents were arrested by Scotland Yard after the murder and disclosed that they were working for the Israelis.

One was a hit-team quartermaster and had 145kg of Semtex in his possession. Mossad had not told MI6 about their London agents or the planned killing.

The British were furious and threw out three Israeli diplomats, including an embassy attache identified as the handler for the two agents. Ha’aretz disclosed that MI6 froze all contacts with the Israeli secret services over an extended period.

Yoav Biran, who became the Israeli ambassador after the killing, said that the British remained angry.

« I know Israel promised the British several times there would be no repetition of this kind of behaviour. »

Five years earlier the boot had been on the other foot. British security services are reported not to have passed on information warning of the impending attack on the Israeli ambassador to London.

New evidence has been provided by a British murderer, Ronald Waldron, who is in prison on the Isle of Wight. He said that he gave « hot » warning of the planned attack on Mr Argov to the British security services.

Mr Argov was shot in the head outside the Dorchester Hotel in 1982 but survived the attack by a hit-team that was run by the Palestinian terrorist Abu Nidal. Three Palestinians, including the failed assassin Hussein Rassan Sa’id, were caught and jailed for life for the attack.

In the mid-1970s Waldron, a psychopath with an IQ of 130, became an informer for the Liverpool CID. In pubs in Liverpool, and sometimes London, he came into contact with activists in left-wing, pro-Arab or pro-Palestinian groups. He passed information to the Special Branch.

From prison Waldron told Ha’aretz reporters that he met Sa’id and other Palestinian terrorists as early as 1977. He described a complex web of organisations of which he had been a member, supplying addresses and names of activists and handlers of agents. The Israeli reporters said many of these details were confirmed by Israeli intelligence sources.

Waldron was arrested in 1983 for the murder of his five- year-old nephew and for attacking his sister-in-law. He was jailed for life. The Special Branch had paid his water, electricity and phone bills, in addition to pounds 100 for every item of information he provided.

He said he supplied his handlers with a detailed warning about the attempt on Mr Argov’s life: « I gave them everything, the group’s whole list of targets. I told them that they were planning to kill Argov. They knew that Argov was on the list, but they still left him with one bodyguard, completely exposed to the assassins’ bullets. That was really a crime. »

Waldron says Sa’id’s girlfriend, a Briton who also worked for the security services, gave a similar warning. David Alton – now Lord Alton – then a Liberal MP, looked into the case at the request of Waldron’s wife. Lord Alton says he believes that to this day « someone is trying to hide something. I don’t known exactly what. »

Sa’id also gave Ha’aretz the first interview since he was jailed. He too believes the British security services knew of the plan in advance. He said the two conspirators who fled the scene to their flat were arrested by police within 40 minutes. « We all thought they had some kind of advance information and that there was a traitor inside the (Abu Nidal) organisation. »

Mr Argov, now 69, suffered brain damage in the shooting and is a permanent patient in the rehabilitation ward of Jerusalem’s Hadassah Hospital. Sa’id said: « I am very sorry about the wound that Mr Argov suffers from. I wish him, like all victims of the Israeli- Arab conflict, recovery and peace. »

By all accounts, relations between the British and Israeli security services are still uneasy.

Voir encore:

Charlie Hebdo : Je marcherai mais n’essayez pas de me faire marcher
L’union nationale autour des victimes oui, l’hypocrisie sur les coupables non
Causeur

11 janvier 2015

Bon, j’irai « marcher contre la terreur ». D’abord, quand mon président et mon premier ministre m’invitent, c’est difficile de refuser. Et puis, j’ai un cœur moi aussi. N’empêche, je suis contente d’avoir un alibi – le journalisme. Il faut dire qu’on n’a pas tous les jours l’occasion d’assister en vrai à un tel barnum planétaire. La Reine d’Angleterre et le pape n’ont pas encore confirmé, mais pour le reste, il y aura du lourd. Cameron, Renzi et Merkel, et toute l’Europe en rang d’oignon : tous Charlie, même le Hongrois Viktor Orban. Pour l’Amérique, je parierais sur Kerry et Hillary Clinton, Charlie en diable. Charlie évidemment, Mahmoud Abbas et Benyamin Netanyahou, dont on ne sait pas s’ils défileront cote à cote, ce qui aurait une certaine allure. Certes, certains grincheux dotés d’un peu de mémoire pourraient trouver que la présence du Premier ministre turc Ahmet Davutoglu ne s’imposait pas : on ne se rappelle pas que son patron, Recep Tayyip Erdogan, fût un partisan acharné de la liberté d’expression, à l’époque des caricatures, en 2006, il était même salement remonté. Et son gouvernement a cru bon de dénoncer, en même temps que le terrorisme, la montée de « l’islamophobie » et de la xénophobie en Europe. Dans le genre, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a été plus classe : « Ces groupes, a-t-il déclaré, ont porté atteinte au prophète et aux musulmans plus que leurs ennemis (…), plus que les livres, les films et les caricatures ayant injurié le prophète. ». Passons. Dommage qu’on n’ait pas invité l’émir du Qatar, on aurait pu lui envoyer la note.

Après tout, Davutoglu il n’est pas, loin s’en faut, le seul charliste de la onzième heure. En 2011, après l’incendie des locaux de l’hebdomadaire qui publiait son « Charia Hebdo », beaucoup de ceux qui arborent aujourd’hui un air affligé trouvaient que nos rigolos exagéraient, qu’ils jetaient de l’huile sur le feu et que, le droit à la satire, bien sûr, mais à condition de n’offenser personne et surtout pas les musulmans. Et un paquet de ces défenseurs acharnés de la liberté ont une fâcheuse tendance à insulter ceux qui ne pensent pas comme eux, ce qui, à la réflexion, est un brin contradictoire. Rappelons-leur que le refus du désaccord peut tuer.

On ne va pas gâcher l’ambiance pour si peu, puisque c’est l’union sacrée et qu’on est tous Charlie. Tout de même, ça me chiffonne, cette union dont on a expulsé un parti qui représente un cinquième à un quart des électeurs. Il paraît qu’on peut défiler avec ce monsieur Davutoglu, mais pas avec Marine Le Pen : questions de valeurs. On sait bien que des valeurs, elle n’en a pas. Le président a essayé de rattraper la bourde de Cambadélis en affirmant que tout le monde était invité, mais on ne voit pas pourquoi Le Pen se priverait du cadeau que lui font ses adversaires. Du reste, d’après Claude Askolovich, qui a oublié de nous dire ce que ses « amis salafs » pensaient des événements, il faut s’interroger sur la responsabilité du FN. Celle-là, elle est bien bonne.

C’est ça qui est chouette quand on est de gauche : on a le droit de dire qui fait partie du peuple et qui est au piquet. Au nom de la tolérance : toi oui, toi non. Idées rances. Bref, le coup de l’unité nationale, c’est le vieux truc de la gauche pour désigner les méchants et mobiliser son camp. Et les méchants, je vous le donne en mille, ce sont les islamophobes. Le terrorisme islamiste vient de tuer, mais les responsables sont ceux qui le dénonçaient. Logique. Puisque tout ceci n’a rien à voir avec une quelconque religion. En attendant, la preuve que le grand rassemblement républicain commence à avoir un air de manif de gauche, c’est qu’il se conclura par une grande fête organisée par Jean-Michel Ribes.

À part ça, on est tous Charlie, c’est écrit sur tous nos écrans et placardé dans toutes nos villes, on finira par le psalmodier dans les églises. Dans les médias, on est déjà entrés en religion. Un ami rédacteur en chef de JT me l’explique sans ambages : jusqu’à demain, il n’y aura pas la moindre voix dissonante, pas le moindre débat. On devrait avoir droit toute la soirée à un défilé de people et de politiques venus dire leur horreur de la barbarie, de toutes les barbaries – on ne va pas stigmatiser une barbarie particulière.

Tous Charlie, donc, mais je demande si on parle tous du même Charlie. En tout cas, on ne va pas à la même manif. Va pour « marcher contre la terreur », comme nous y invite Le Monde, quoi qu’il eût été utile de préciser de quelle terreur il est question. Mais voilà que d’aussi éminents commentateurs que Plenel appellent à défiler contre le Front national (sic !). Clémentine Autain, elle, marchera « contre les attaques envers les musulmans. Contre toutes les formes de racisme et de xénophobie. Contre les fascismes » (serait-elle pour la maladie ?). Soyons clairs : toute attaque contre une mosquée ou une institution musulmane, et bien sûr, contre les personnes, doit être dénoncée et sévèrement sanctionnée. Mais alors que des journalistes, des policiers et des juifs (es qualités si on peut dire) viennent d’être tués au nom de l’islam, la violence contre l’islam est-elle la principale menace ?

N’empêche, je suis bien contente d’avoir un alibi. Parce que, autant l’avouer,, j’ai beau savoir que l’unanimité est toujours suspecte, je suis plutôt bon public pour le coup du « tous ensemble ». Comme pas mal de mes semblables, dans les crises, j’aime bien faire peuple, me dire que ce qui nous rassemble, etc. etc. Et puis, je suis certaine que mes concitoyens ont plus de bon sens que leurs supposés représentants et qu’ils ont une vague idée de la nature de l’ennemi. Alors, je veux bien être Charlie avec tout le monde. Mais pas avec n’importe qui.

Voir de plus:

Non, nous ne sommes pas Charlie
Michèle Tribalat
Le Figaro

11/01/2015

FIGAROVOX/ TRIBUNE – Michèle Tribalat s’insurge contre le double discours de certaines associations qui défendent aujourd’hui la liberté d’expression après avoir accusé Charlie Hebdo de «racisme» et d’«islamophobie».

Michèle Tribalat a mené des recherches sur les questions de l’immigration en France, entendue au sens large, et aux problèmes liés à l’intégration et à l’assimilation des immigrés et de leurs enfants. Son dernier livre , «Assimilation: la fin du modèle français» est paru aux éditions du Toucan.
Le slogan «Je suis Charlie» ou «Nous sommes Charlie» me paraît relever à la fois du romantisme, du narcissisme et de l’indécence. Nous ne sommes pas Charlie pour la bonne raison qu’ils sont morts en raison des risques qu’ils ont pris de continuer à faire leur travail, souvent sous les accusations les plus odieuses de ceux qui ont invoqué le manque de respect, le mauvais goût, l’abus de la liberté d’expression, le racisme ou l’islamophobie… La presse pourrait légitimement arborer ce slogan si, de concert, elle republiait l’ensemble des caricatures qui a valu la mort à ces valeureux caricaturistes. À cette condition seulement.

Il n’est pas inutile de rappeler que Charb était sixième sur la liste des cibles prioritaires dans Inspire du 1/3/2013, le journal d’Al-Qaïda: «Wanted Dead or Alive for Crime Against Islam». Cet avis de recherche lancé par Inspire combinait une liste de noms (avec photo pour les neuf hommes de la liste) et la photo en grand du pasteur Terry Jones, qui s’était vanté d’avoir brûlé le Coran, un revolver en action sur la tempe, sous-titrée d’un «Yes we can» agrémenté du pastiche d’un dicton «A Bullet a Day Keeps the Infidel Away».

Sur son site, le MRAP dénonce « l’assaut inhumain à la liberté d’expression ». Mais, sur la même page figure la justification datée du 11 février 2006 qu’il donnait au procès qu’il avait intenté à France Soir, pour avoir publié le dessin du prophète au turban explosif.
Le MRAP qui, dans son tract du 9 janvier, appelle à manifester ce dimanche, s’il s’émeut des assassinats perpétrés à Charlie Hebdo, Vincennes et Montrouge s’inquiète principalement d’une «escalade dangereuse», en raison des réactions violentes qui se sont produites, en les mettant exactement sur le même plan. Elles sont bien évidemment déplorables et doivent être condamnées. Mais elles ne peuvent être comparées aux attentats islamistes qui ont fait 17 morts. Certes, sur son site, le MRAP dénonce «l’assaut inhumain à la liberté d’expression». Mais, sur la même page figure la justification datée du 11 février 2006 qu’il donnait au procès qu’il avait intenté à France Soir, pour avoir publié le dessin du prophète au turban explosif. D’après le MRAP, ce dessin assimilait musulman à islamiste et à terroriste. Le MRAP n’hésitait pas à faire le parallèle avec les années Trente et voyait dans le dessin «un détournement raciste de la liberté d’expression». Il parlait de piteuse provocation. Il s’agissait là sans doute d’un assaut humain à la liberté d’expression. Si l’on veut disposer d’interprétations un peu plus subtiles de ce dessin, il faut lire les commentaires de Jens-Martin Eriksen et Frederik Stjernfelt dans leur livre Les Pièges de la culture, Les contradictions démocratiques du multiculturalisme, publié chez MétisPresses en 2012.

Combien de politiques qui n’ont aujourd’hui que la liberté d’expression à la bouche, ont, lors de la publication des caricatures danoises, soutenu la liberté d’expression sans restriction, sans invoquer l’esprit de responsabilité, de mesure, de respect, le caractère inopportun ou provocateur des dessins? Beaucoup ont joué la stratégie de l’apaisement. La dénonciation aujourd’hui de l’atteinte à la liberté par la mosquée de Paris et l’UOIF, qui appellent à manifester demain, aurait plus poids si elles n’avaient pas poursuivi Charlie Hebdo en justice alors qu’il exerçait précisément sa liberté. N’oublions pas non plus qu’il s’est trouvé une association musulmane de Seine-Saint-Denis, l’UAM-93, pour demander un vote sur une loi condamnant le blasphème, demande relayée et soutenue par Eric Raoult. Ce que cherche à obtenir sans relâche l’Organisation de la coopération islamique (OCI) aux Nations unies.

Et que dire de l’Union européenne qui a abandonné le Danemark en rase campagne quand celui-ci devait faire face à la rage orchestrée contre lui en 2005-2006 ?
Et que dire de l’Union européenne qui a abandonné le Danemark en rase campagne quand celui-ci devait faire face à la rage orchestrée contre lui en 2005-2006? Flemming Rose (qui a eu été à l’origine de la publication des caricatures dans le Jyllands-Posten) raconte, dans son livre Tyranny of Silence, que l’UE avait, au contraire, dépêché Javier Solana au Moyen-Orient pour tenter de calmer la colère. Ce dernier s’apprêtait à signer un accord avec l’OCI le 26 janvier 2006 visant à bannir la diffamation des religions. Finalement l’UE ne fut pas représentée lors de la réunion au Qatar. Mais l’Espagne, la Turquie et Koffi Anan signèrent cet accord avec l’OCI alors que cette dernière avait contribué à allumer la mèche.

Le gouvernement français appelle à manifester demain en hommage aux victimes des attentats meurtriers. Cet appel est incongru en ce qu’il se substitue à la société civile et, d’une certaine manière, la court-circuite. L’État n’a pas à manifester dans la rue, il doit réfléchir à ce qui arrive et prendre des mesures. Et pas seulement des mesures de sécurité. Au lieu d’arpenter le pavé parisien, on aimerait que ces politiciens français et européens s’engagent à protéger la liberté d’expression, par exemple en introduisant l’équivalent d’un 1er amendement à l’américaine, et à cesser les politiques d’apaisement conduites jusque-là vis-à-vis de l’islamisme. Cette protection de la liberté d’expression est d’autant plus nécessaire que les attentats récents vont avoir un effet de sidération sur tous ceux qui sont amenés à s’exprimer sur l’islam que ce soit sérieusement ou non. Les exemples d’autocensure sont déjà légion. Ils sont appelés à se multiplier. On pourrait même soutenir que l’idée de subversion artistique, littéraire ou autre est morte avec les dessinateurs et journalistes de Charlie Hebdo à partir du moment où il existe un périmètre interdit sous peine de mort. On peut juste espérer, avec Flemming Rose, que les Occidentaux cesseront de camoufler leur peur derrière des justifications morales ou humanitaires.

Voir aussi:

Pourquoi je ne participe pas à «la marche républicaine»
Philippe Bilger
Le Figaro

11/01/2015

FIGAROVOX/HUMEUR – Notre chroniqueur a décidé de s’abstenir de participer à la grande marche citoyenne de ce dimanche. Il s’en explique dans FigaroVox.

Suis-je un citoyen indigne, pour tout dire un salaud, parce que je ne vais pas «marcher contre la terreur», pour écrire comme Le Monde, ou «me lever contre le terrorisme», selon l’exhortation du président de la République?

Je pourrais déjà tenter de m’absoudre en soulignant que cette immense émotion, depuis le 7 janvier, et qui culminera le 11 va représenter, sur un mode pervers, la victoire odieuse de criminels qui ont atteint leur but puisque l’ampleur de l’indignation était probablement espérée par ces sanguinaires de l’intégrisme. Notre pays certes solidaire a ainsi, aussi, manifesté la gravité des blessures qui lui ont été causées.

En ce sens, il est clair que cette «marche républicaine» va être purement symbolique, quoique multiforme, puisqu’elle ne va rigoureusement pas avoir le moindre effet sur les menaces, les attentats, les représailles et les tragédies à venir et qu’elle n’est destinée, dans une sorte de béatitude collective satisfaite d’elle-même, qu’à persuader la nation que durant quelques jours elle aura été à peu près unie.

J’entends bien que cette argumentation peut apparaître mesquine en refusant à la communauté nationale le droit de se faire du bien parce qu’elle se rassemble autour de l’abjecte malfaisance de Charlie Hebdo, de la policière abattue à Montrouge, des quatre otages supprimés dans l’épicerie casher.

Avec des assassins que nos forces de police exemplaires ne pouvaient que blesser mortellement puisque leur rêve était de mourir en «martyrs» et que probablement ils le sont devenus pour des admirateurs, des émules, leurs inspirateurs et si on se fonde sur les innombrables messages téléphoniques de haine et de violence adressés à divers commissariats dans la soirée du 9.

J’ose soutenir, si cette compétition n’était pas indécente et absurde, avoir éprouvé autant de révolte, d’indignation et de besoin de justice que quiconque devant ces actes répétés innommables. Ces sentiments ne conduisent pas forcément à la fusion de dimanche.

Mais y aurait-il une obligation à la fois morale et civique qui contraindrait «l’honnête homme» à se rendre dans ce défilé dominical qui va mêler tant de publics hétérogènes, tant de pensées contradictoires, pour ne pas dire incompatibles, tant d’attitudes conventionnelles, tant d’hypocrisies à tant d’illusions?

Cette union nationale qui ne pointe son visage emblématique qu’après les désastres et pour si peu de temps.

Malgré le comportement apparemment irréprochable de nos gouvernants, le soupçon de l’instrumentalisation politique d’une terrifiante douleur qui aurait pu demeurer sincère avec plus de discrétion et un Etat moins omniprésent.

Dans cette «marche contre la terreur», combien sont profondément épris de la liberté d’expression sous toutes ses latitudes, et pas seulement de celle de Charlie Hebdo? Combien, au contraire, ne se sont souvenus de cette dernière qu’après les massacres, défenseurs opportunistes sur lesquels le dessinateur Willem et Charlie Hebdo «vomissent»?

Pour se lever contre le terrorisme au sein d’une multitude, encore faut-il être assuré que l’humanisme n’est pas hémiplégique et que pour d’autres causes jugées moins nobles, moins «porteuses», on ne moquerait pas notre exigence de sécurité au nom d’une idéologie discutable et compassionnelle?

Combien, dans cette masse, pourront dire, en conscience, comme Patrick Modiano a su magnifiquement l’exprimer dans son seul commentaire sur ces crimes, qu’ils rejettent toute violence?

Que signifie ce consensus factice, cette concorde superficielle qui prétendent, au prétexte que nous aurions le cœur sec en nous abstenant, faire oublier, sans y parvenir, les déchirements, les fractures, les divisions profondes de la France?

Le verbe, la résistance de proclamation et défiler seraient-ils essentiels alors que, se recueillant sur le passé si proche encore, ils n’auront pas la moindre incidence sur le futur?

Est-il honteux de proférer que plutôt que de concevoir cette phénoménale marche internationale, avec un incroyable risque d’insécurité, il n’aurait pas mieux valu, modestement, efficacement, appréhender l’avenir pour convaincre le citoyen que non seulement il ne doit pas avoir peur mais que notre état de droit rendra, autant que faire se peut, inconcevable cette angoisse parce que notre démocratie sera mieux armée, saura mieux suivre et contrôler, sera moins laxiste et libérera moins vite?

Les destinées des trois assassins abattus auraient dû être prioritaires plus qu’une grande messe républicaine sans conséquence opératoire.

Et lundi, on fera quoi?

Non, décidément, je ne crois pas être un salaud parce que je vais m’abstenir aujourd’hui.

Voir encore:

Jean-Pierre Le Goff : « Le désir d’union ne doit pas nous empêcher d’affronter la réalité »
Alexandre Devecchio
Le Figaro

10/01/2015

FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Le sociologue se réjouit de la marche organisée ce dimanche en hommage aux victimes du terrorisme. Il rappelle néanmoins qu’il ne s’agit pas seulement de manifester une compassion, mais aussi d’affirmer avec force ce à quoi nous tenons dans notre héritage politique et culturel.

Jean-Pierre Le Goff, né en 1949, est philosophe de formation, écrivain et sociologue au CNRS. Ses ouvrages portent , sur les évolutions problématiques de la société françaises, notamment les paradoxes de Mai 68 et le gauchisme culturel. Son dernier livre La Fin du village. Une histoire française est paru chez Gallimard en 2012.
PROPOS RECUEILLIS PAR ALEXANDRE DEVECCHIO @AlexDevecchio

FIGAROVOX: Après le massacre de Charlie Hebdo une marche citoyenne est organisée ce dimanche. Que vous inspire celle-ci? Que révèle-t-elle de notre société?

Jean-Pierre Le Goff: Le mouvement d’indignation et de solidarité qui s’est élevé dans tout le pays contre la barbarie du terrorisme islamiste fait chaud au cœur. C’est un fort sentiment patriotique et d’attachement au valeurs républicaines qui s’exprime avec force, avec l’appui fraternel des autres pays européens, des États-Unis et de tous les peuples du monde attachés aux valeurs démocratiques. Telle est la première leçon essentielle qu’il s’agit de retenir. Elle nous réconforte. Mais l’émotion, l’indignation et l’indispensable unité nationale ne doivent pas nous empêcher de réfléchir et de commencer à tirer les leçons de l’épreuve que nous traversons.

Avec ces meurtres terroristes de sang froid, c’est toute une mentalité pacifiste et angélique, présente en France et dans nombre de pays européens depuis plus de trente ans, qui vole en éclats. Il n’en résulte pas nécessairement une claire compréhension de ce qui nous arrive et de ce à quoi nous avons affaire. La vision de la souffrance et de la mort, relayée et diffusée en continu à la télévision, nous confronte soudainement à l’horreur, déstabilise les repères du sens commun. Tels sont du reste les buts visés par ces criminels qui jouent sur la terreur et ses effets de sidération. Devant la barbarie, l’émotion et l’indignation risquent de tout emporter. Les effort de compréhension et de résistance semblent un moment suspendus: comment cela a-t-il été possible? Comment peut-on en arriver à commettre de tels actes barbares?

Un tel type de posture et de réaction première s’apparente à un aveuglement, à un refus de se confronter à une mentalité fanatique qui désarçonne nos références morales et nos cadres de pensée. Ce discours de l’excuse a assez duré.
Le terrorisme cherche à créer un sentiment d’impuissance devant une menace diffuse qui semble pouvoir surgir à tout instant. Il installe ainsi un climat permanent d’angoisse et d’insécurité dans la population. Le terrorisme islamiste s’accompagne d’un discours de haine contre l’Occident, contre «les juifs et les croisés» et tous les représentants de Satan. Pour des citoyens vivant dans un pays démocratique moderne qui a pu se croire à l’abri des désordres du monde, ce vocabulaire paraît fou et d’un autre âge, accentuant un peu plus le caractère incompréhensible des crimes commis.

Un sociologisme réducteur qui a longtemps prévalu – et a encore des restes – est censé apporter une explication. Il considère que les discours de haine et les actes criminels ne sont que les symptômes des conditions économiques et sociales, des discriminations, de la domination des pays riches sur les pays pauvres… L’illusion consiste alors à penser que la lutte contre le terrorisme peut se limiter à «assécher son terreau» en s’attaquant aux conditions économiques, sociales, politiques… qui le rendent possible. C’est comme si, nous retrouvant face à un meurtrier bien décidé à nous tuer et qui nous le fait savoir, notre premier réflexe serait de ne pas le prendre tout à fait au sérieux, l’important en l’affaire étant avant tout de connaître les causes «objectives» (et non «idéologiques») qui le poussent à vouloir nous supprimer. Une telle perversion de la pensée qui se coupe du monde et de l’expérience commune n’est pas sans rappeler la réaction d’intellectuels qui, face à la montée du nazisme en Allemagne, avaient chacun leur théorie sur Hitler et se laissaient prendre au piège de leur propre construction. Un tel type de posture et de réaction première s’apparente à un aveuglement, à un refus de se confronter à une mentalité fanatique qui désarçonne nos références morales et nos cadres de pensée. Ce discours de l’excuse a assez duré. Avec ce qui vient de se passer, cette attitude présente chez une partie de la jeunesse, d’intellectuels gauchistes et de journalistes militants est désormais en morceaux. On peut encore essayer de se raccrocher à des explications psychologiques (des «fous» accomplissant des actes insensés) et les cellules psychologiques sont là pour aider à sortir du traumatisme.

Mais, là aussi, si la dimension psychologique, psychiatrique, est bien réelle, elle ne saurait pour autant rassurer. Le fanatisme religieux, en l’occurrence islamiste, les idéologies meurtrières ne sont pas seulement l’expression débridée de pulsions destructrices, ils s’articulent à un système de croyances qui ont leur consistance propre, mettent en jeu des conceptions du monde, de la vie et de la mort, du pouvoir…, désignent l’ennemi à combattre et à éliminer. C’est cette réalité qu’ont du mal à affronter des individus autocentrés qui voient le monde comme le prolongement d’eux-mêmes, de leurs relations affectives et de leurs sentiments. Dans une société morcelée et déconnectée de l’histoire, la psychologie a tendance à s’ériger en nouvelle explication globale du monde, tandis que l’émotion et la morale des bons sentiments envahissent le discours politique. Telles me paraissent être les failles de notre compréhension et de nos réactions. Il ne faut pas craindre d’affronter lucidement la question des faiblesses internes des démocraties, sur lesquelles cherche précisément à s’appuyer le terrorisme islamiste. C’est une condition de l’efficacité du combat contre lui.

Il n’y a pas si longtemps, en 2004, la « nuit blanche » de la mairie à Paris fut dédiée à la fois à Françoise Sagan (« une femme qui a aimé la nuit ») et à tous ceux qui étaient pris en otage, ce qui en dit long sur le décalage existant entre un certain type de mentalité festive et les nouveaux défis qui sont posés aux sociétés démocratiques.
Le désir d’union et de rassemblement, pour important qu’il soit, ne peut-il pas développer une certaine naïveté face à des ennemis armés et implacables?

En France et au sein d’autres pays européens, une partie de l’opinion a encore du mal à admettre que nous puissions avoir des ennemis qui veulent nous détruire et qu’il faut combattre avec la plus grande fermeté dans le cadre d’un État de droit.

On signe des pétitions, on allume des bougies, on se tient la main, on manifeste en silence… Ces manifestations expriment l’indignation et la solidarité avec les victimes, elles montrent l’unité d’un pays dans le refus du terrorisme. Mais la façon dont elles font valoir les valeurs démocratiques ne saurait laisser entendre que tout pourrait être affaire d’ouverture, de tolérance, en dehors de la force, de la puissance, de la fermeté qui permettent de défendre ces valeurs démocratiques. Il n’y a pas si longtemps, en 2004, la «nuit blanche» de la mairie à Paris fut dédiée à la fois à Françoise Sagan («une femme qui a aimé la nuit») et à tous ceux qui étaient pris en otage, ce qui en dit long sur le décalage existant entre un certain type de mentalité festive et les nouveaux défis qui sont posés aux sociétés démocratiques. Le problème, est, que même si vous ne voulez pas d’ennemi, «c’est l’ennemi qui vous désigne»: «Et s’il vous choisit vraiment comme ennemi, vous pouvez lui faire les plus belles prestations d’amitié. Du moment qu’il veut que vous soyez l’ennemi, vous l’êtes. Et il vous empêchera de cultiver votre jardin .»

La France et les sociétés démocratiques occidentales en paix depuis 50 ans, ont-elles perdu toute conscience du tragique de l’Histoire?

Qu’on le veuille ou non, la France est en guerre contre le terrorisme islamiste en Afghanistan, au Mali, en Irak et ce terrorisme a des relais au sein de notre pays. Ce sont précisément ces réalités que beaucoup d’entre nous ont du mal à regarder en face parce qu’ils vivent depuis des années dans l’illusion d’une monde pacifié.

En France, en guise de récit national, une mémoire pénitentielle et victimaire a pris le dessus, encouragée et entretenue par des associations et des groupes de pression communautaires qui ont développé le ressentiment et la haine de soi.
Après la chute du mur de Berlin, la proclamation d’une supposée «fin de l’histoire» n’impliquait pas seulement l’idée que le libéralisme économique pouvait désormais s’épanouir sans entrave, mais celle d’une relégation des conflits et des guerres dans une sorte de préhistoire antidémocratique. La perspective supposée d’une fin de l’histoire impliquait en même temps celle de la fin du tragique qui lui est inhérent. L’Union européenne s’est construite sur une volonté de paix légitime entre les peuples européens. Celle-ci s’est accompagnée d’une éthique des droits de l’homme et d’un libéralisme économique qui ont pu laisser croire que tout était désormais affaire de «gouvernance», de respect du droit et de dialogue entre les peuples, en oubliant le jeu des intérêts, des rapports de force, des volontés de puissance… Les politiques qui s’y trouvaient confrontés ne pouvaient l’ignorer, mais la façon dont ils ont fait valoir la construction européenne a renforcé les illusions existant au sein d’une partie de l’opinion qui a tendance à confondre la politique avec les «droits de l’homme», voire avec la morale de la bonne intention. Tel a été le point aveugle des sociétés démocratiques européennes «post-totalitaires», encore marquées par les souvenirs des guerres dévastatrices et des barbaries qui ont eu lieu sur leur sol. En France, en guise de récit national, une mémoire pénitentielle et victimaire a pris le dessus, encouragée et entretenue par des associations et des groupes de pression communautaires qui ont développé le ressentiment et la haine de soi. Cette mentalité nous divise et nous désarme face à ceux qui ont juré de mettre à bas notre pays et les démocraties partout dans le monde. L’unité nationale dans le combat contre le terrorisme islamiste implique d’en finir avec cette mésestime de soi.

Il faut le dire clairement : la reductio a Hitlerium, l’obsession du « fascisme montant » sur le modèle passé sont une forme d’enfermement mental qui se refuse à affronter les nouveaux défis du présent et fait le lit de l’extrême droite.
Les responsables politiques ont dénoncé la barbarie de cet attentat et appelé à éviter les amalgames. Mais comme l’a rappelé Jean-François Kahn, il a fallu un communiqué du FN pour que les mots «terrorisme islamiste» soient employés. Comment expliquez-vous cette difficulté à nommer nos ennemis?

J’ai eu la même réaction que Jean-François Kahn – et je ne suis pas le seul -, en écoutant la première déclaration de Marine le Pen qui parlait clairement face à l’embarras de certains hommes politiques à dire que nous étions en guerre et à nommer nos ennemis. Antérieurement, on a voulu essayer de remplacer à tout prix «État islamique» par «Daesh», en expliquant que cela éviterait une «confusion avec islam, islamisme, musulmans». La crainte justifiée des amalgames ne peut servir d’argument pour ne pas regarder la réalité en face, en parlant d’un terrorisme indéfini créé ex nihilo, venant d’on ne sait où et s’abattant sur le pays comme une catastrophe naturelle. Il en va de même des craintes et des allusions constantes à la montée de l’extrême droite en Europe qui «zappent» et évitent le sujet. Sans parler des allusions constantes à la «zemmourisation des esprits», voire au livre de Houellebecq et aux amalgames les plus grossiers de journalistes militants de gauche qui, depuis des années, ont transformé l’antifascisme en posture identitaire et de valorisation dans les médias bien-pensants. Tout cela est dérisoire et lamentable, pour ne pas dire indigne, face aux épreuves que connaît notre pays. Il faut le dire clairement: la reductio a Hitlerium, l’obsession du «fascisme montant» sur le modèle passé sont une forme d’enfermement mental qui se refuse à affronter les nouveaux défis du présent et fait le lit de l’extrême droite. Ce petit jeu propre à une gauche bête et sectaire, qui ne vit que dans un face à face délétère avec ce qu’elle dénonce, a assez duré. L’unité du pays dans l’épreuve et la lutte contre le terrorisme islamiste exige une autre tenue.

De ce point de vue, les cafouillages de la gauche dans l’organisation d’une manifestation symbolisant l’unité du pays et son refus d’y inclure le Front national, qui représente désormais une partie importante de l’électorat, a été ressentie par une bonne partie de l’opinion comme une manœuvre de récupération politicienne, une incapacité d’être à la hauteur de la situation que connaît notre pays. Un tel ostracisme vis-à-vis du Front national ne peut, une fois de plus, que le renforcer.

Comment en est-on arrivé à ce que la France soit devenue un pays où l’on tue des citoyens pour blasphème et liberté d’opinion, où l’on agresse et l’on assassine des enfants et des citoyens parce qu’ils sont « juifs » ?
Enfin, le refus de tout amalgame, la lutte contre l’islamophobie et la répression des attaques contre les mosquées, comme tous les autres lieux de culte, ne sauraient passer outre des questions légitimes que se pose l’opinion: comment en est-on arrivé à ce que la France soit devenue un pays où l’on tue des citoyens pour blasphème et liberté d’opinion, où l’on agresse et l’on assassine des enfants et des citoyens parce qu’ils sont «juifs»? Comment de jeunes Français convertis à l’islam en sont-ils arrivés à adhérer à l’islamisme radical et à des groupes barbares et sanguinaires? Comment ont-ils pu partir faire le «djihad» dans des pays en guerre et revenir pour apporter la terreur dans notre pays et dans d’autres pays démocratiques?

Répondre à de telles questions n’implique pas seulement de comprendre les situations et la psychologie particulières des «djihadistes» ou de les envisager seulement comme de simples mécanismes sectaires, mais de réexaminer la façon dont depuis des années on a laissé se développer un islam fondamentaliste qui, s’il ne se confond pas avec le terrorisme, n’en a pas moins été souvent le terreau premier des tueurs en question? Ce qui implique d’aborder clairement le délicat problème du financement des mosquées et des imans prêchant un islam intégriste et liés à des pays avec qui nous entretenons de bonnes relations il en va de même pour les discours de haine et l’antisémitisme qui se déploient quotidiennement sur les réseaux sociaux. Ces questions concernent tous les citoyens, en même temps que nos compatriotes musulmans et leurs représentants ont un rôle décisif à jouer pour que domine en France et dans l’Union européenne un islam qui s’intègre à l’héritage des Lumières et à notre modèle républicain.

Nous ne pouvons plus en rester à un relativisme culturel et politique qui élude constamment la question de savoir ce qui nous spécifie comme pays et comme civilisation.
Iriez-vous jusqu’à dire que l’on paie aujourd’hui le prix d’un certain déni du réel et d’une forme de relativisme culturel? La «bulle protectrice» dans laquelle nous vivions semble être sur le point de voler en éclat, mais y sommes-nous réellement préparés?

Les événements tragiques que connaît notre pays sont une cruelle épreuve du retour de la réalité après des années de déni ou d’édulcoration de phénomènes comme la montée du communautarisme et de l’intégrisme, les nouvelles formes de banditisme, le développement de l’antisémitisme et de l’islamisme radical…, dont les acteurs de terrain ont une conscience aigüe depuis longtemps. Les travailleurs sociaux dans les quartiers, les enseignants dans des classes difficiles, les magistrats, les policiers et les gendarmes, les services de renseignements… n’ont cessé d’alerter les pouvoirs publics. On n’en a pas moins laissé s’accumuler les tensions et les points de fractures en les recouvrant d’une langue de bois sociologisante, de rapports et d’«outils» d’évaluation en tout genre qui se sont montrés globalement impuissants à contrer ces phénomènes délétères. Le chômage de masse n’a rien arrangé. Affronter ces réalités sans pour autant se sentir désarmé n’a rien d’évident. Dans ce domaine comme dans les autres, le travail de reconstruction ne se fera pas en un jour. Mais encore s’agit-il de cesser de dénigrer nos idéaux républicains au nom d’un «multiculturalisme» invertébré, d’un communautarisme et d’un individualisme victimaires qui laminent la confiance en nous-mêmes. Nous ne pouvons plus en rester à un relativisme culturel et politique qui élude constamment la question de savoir ce qui nous spécifie comme pays et comme civilisation. Un pays qui rend insignifiant son passé se condamne à ne plus inventer un avenir discernable porteur des espérances d’émancipation ; un pays qui ne croit plus en lui-même est ouvert à toutes les servitudes.

Nous ne manquons pas de ressources. Le peuple français et ses représentants ont su relever les défis et surmonter les épreuves tout au long de l’histoire. Aujourd’hui, il ne s’agit pas seulement de manifester une compassion envers les victimes et leur rendre hommage, mais d’affirmer avec force ce à quoi nous tenons dans notre héritage politique et culturel, français et européen. En ce sens, le mouvement qui s’est affirmé dans tout le pays peut être un levier d’un renouveau démocratique face au terrorisme islamiste, aux barbaries et aux désordres du nouveau monde. Tel est du moins mon souhait. En l’affaire, rien n’est joué d’avance, mais la France et l’Europe n’ont pas dit leur dernier mot.

Voir aussi:

Allemagne: incendie volontaire d’un journal qui a publié les caricatures de Charlie Hebdo
L’Express avec AFP

11/01/2015

Le journal allemand Hamburger Morgenpost, qui avait publié des caricatures de Charlie Hebdo, a été incendié ce dimanche. Deux suspects ont été arrêtés et une enquête a été lancée.

Le siège du journal allemand Hamburger Morgenpost a été incendié ce dimanche. Ce journal avait publié les caricatures de Charlie Hebdo après l’attentat qui a touché le journal satirique français.

Un incendie volontaire contre le journal Hamburger Morgenpost en Allemagne a été déclaré ce dimanche. Ce dernier avait décidé de publier les caricatures de Charlie Hebdo.

Le quotidien de Hambourg (nord de l’Allemagne) avait publié des caricatures de Mahomet provenant du magazine satirique français en soutien aux attaques meurtrières qui ont secoué la France.

3 commentaires pour Je suis Charlie: Qui se souvient d’Aji al-Ali ? (Who remembers the world’s first assassinated cartoonist was the victim of Arafat and Abbas’s OLP ?)

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