Relativisme: Ne pas distinguer entre terrorisme et résistance participe d’une anomie lexicale générale (Where nothing is unspeakable, nothing is undoable)

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Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu’en matière de gouvernement la majorité d’un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l’origine de tous les pouvoirs. Suis-je en contradiction avec moi-même? Il existe une loi générale qui a été faite ou du moins adoptée, non pas seulement par la majorité de tel ou tel peuple, mais par la majorité de tous les hommes. Cette loi, c’est la justice. La justice forme donc la borne du droit de chaque peuple. Une nation est comme un jury chargé de représenter la société universelle et d’appliquer la justice qui est sa loi. Le jury, qui représente la société, doit-il avoir plus de puissance que la société elle-même dont il applique les lois? Quand donc je refuse d’obéir à une loi injuste, je ne dénie point à la majorité le droit de commander; j’en appelle seulement de la souveraineté du peuple à la souveraineté du genre humain. Il y a des gens qui n’ont pas craint de dire qu’un peuple, dans les objets qui n’intéressaient que lui-même, ne pouvait sortir entièrement des limites de la justice et de la raison, et qu’ainsi on ne devait pas craindre de donner tout pouvoir à la majorité qui le représente. Mais c’est là un langage d’esclave. Qu’est-ce donc une majorité prise collectivement sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraire à un autre individu qu’on nomme la minorité? Or, si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité? Les hommes, en se réunissant, ont-ils changé de caractère? Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts? Pour moi je ne le saurais le croire; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs. (…) La toute-puissance me semble en soi une chose mauvaise et dangereuse. Son exercice me parait au-dessus des forces de l’homme, quel qu’il soit, et je ne vois que Dieu qui puisse sans danger être tout-puissant, parce que sa sagesse et sa justice sont toujours égales à son pouvoir. II n’y a pas donc sur la terre d’autorité si respectable en elle-même, ou revêtue d’un droit si sacré, que je voulusse laisser agir sans contrôle et dominer sans obstacles. Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu’on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu’on l’exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis: là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d’autre lois. Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu’on l’a organisé aux Etats-Unis, ce n’est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible. Et ce qui me répugne le plus en Amérique, ce n’est pas l’extrême liberté qui y règne, c’est le peu de garantie qu’on y trouve contre la tyrannie. Tocqueville
 Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur de ce monde. Camus
Là où rien n’est inqualifiable, rien n’est impensable. Alexander Bickel
Pour un journaliste de gauche, le devoir suprême est de servir non pas la vérité, mais la révolution. Salvador Allende
Mon livre est provoqué par le fait que dans le système médiatique, dans les milieux intellectuels, chez les académiciens, il est accepté de cibler l’islam et les musulmans en général comme notre problème de civilisation (…) De Claude Guéant à Manuel Valls, sous la dissemblance partisane, d’une droite extrémisée à une gauche droitisée, nous voici donc confrontés à la continuité des obsessions xénophobes et, particulièrement, antimusulmanes (…) Aujourd’hui, et cela a été conquis de haute lutte, nous ne pouvons pas dire sans que cela provoque de réaction – il y a un souci de civilisation qui serait le judaïsme, les Juifs en France – . Eh bien je réclame la même chose pour ces compatriotes qui sont au coeur de ce qu’est notre peuple. (…) Je ne défends pas ceux qui trahissent leur religion en commettant des crimes, je défends nos compatriotes qui n’y sont pour rien et qui sont en même temps stigmatisés ou oubliés. Edwy Plenel
Comme l’exemple d’usage chimique contre les populations kurdes de 1987-1988 en avait apporté la preuve, ces armes avaient aussi un usage interne. Thérèse Delpech
The public was misled for a decade. I love it when I hear, ‘Oh there weren’t any chemical weapons in Iraq’. Jarrod L. Taylor (former Army sergeant on hand for the destruction of mustard shells that burned two soldiers in his infantry company)
In September 2004, months after Sergeant Burns and Private Yandell picked up the leaking sarin shell, the American government issued a detailed analysis of Iraq’s weapons programs. The widely heralded report, by the multinational Iraq Survey Group, concluded that Iraq had not had an active chemical warfare program for more than a decade. The group, led by Charles A. Duelfer, a former United Nations official working for the Central Intelligence Agency, acknowledged that the American military had found old chemical ordnance: 12 artillery shells and 41 rocket warheads. It predicted that troops would find more. The report also played down the dangers of the lingering weapons, stating that because their contents would have deteriorated, “any remaining chemical munitions in Iraq do not pose a militarily significant threat.” (…) During 2003 and 2004, the United States hunted for unconventional weapons and evidence that might support the rationale for the invasion. But as the insurgency grew and makeshift bombs became the prevailing cause of troops’ wounds, the search became a lower priority for the rank-and-file. Some saw it as a distraction. (…)  In the difficult calculus of war, competing missions had created tensions. If documenting chemical weapons delayed the destruction of explosive weapons that were killing people each week, or left troops vulnerable while waiting for chemical warfare specialists to arrive, then reporting chemical weapons endangered lives. Many techs said the teams chose common sense. “I could wait all day for tech escort to show up and make a chem round disappear, or I could just make it disappear myself,” another tech said. The NYT
La France sera toujours aux côtés des artistes comme je le suis aux côtés de Paul McCarthy, qui a été finalement souillé dans son oeuvre, quel que soit le regard que l’on pouvait porter sur elle. Nous devons toujours respecter le travail des artistes. François Hollande
Most researchers tend to believe that an objective and internationally accepted definition of terrorism can never be agreed upon; after all, they say, ‘one man’s terrorist is another man’s freedom fighter.’ The question of who is a terrorist, according to this school of thought, depends entirely on the subjective outlook of the definer. This article argues that an objective definition of terrorism is not only possible; it is also indispensable to any serious attempt to combat terrorism. A correct and objective definition of terrorism can be based upon accepted international laws and principles regarding what behaviors are permitted in conventional wars between nations. This normative principle relating to a state of war between two countries can be extended without difficulty to a conflict between a nongovernmental organization and a state. This extended version would thus differentiate between guerrilla warfare and terrorism. The aims of terrorism and guerrilla warfare may well be identical; but they are distinguished from each other by the targets of their operations. The guerrilla fighter’s targets are military ones, while the terrorist deliberately targets civilians. By this definition, a terrorist organization can no longer claim to be ‘freedom fighters’ because they are fighting for national liberation. Even if its declared ultimate goals are legitimate, an organization that deliberately targets civilians is a terrorist organization. Boaz Ganor
We are not criminals and we are not vandals, but men of ideals. Molqi (terroriste de « La Mort de Klinghoffer »)
Mon opéra traite la mémoire de Leon et Marilyn Klinghoffer avec dignité et condamne son exécution brutale. Il reconnaît au même titre les rêves et les souffrances des peoples israéliens et palestiniens, et ne tolère ni ne promeut aucune forme de violence, terrorisme ou anti-sémitisme. John Adams
Suppose the opera had been about a different murder and the Met offered an intense, two-sided operatic discussion of the desirability of the murder of, say, President Kennedy in a work called “The Death of JFK. ” Or a production about the murder of Dr. Martin Luther King Jr. in which singers on the “side” of that assassination offer racist views in support of the murder. Or how about one on the death of one of the thousands of victims of the 9/11 attack that contained an extended operatic debate between her killers and herself about whether her death was justified. (…) Why then offer one that equates—sympathetically, no less—the murderers of Leon Klinghoffer with their victim? “Grievances” there may be on both sides in the Middle East conflict, but there was no moral justification for the murder of Klinghoffer. John Adams has defended his focus on the motivation of the killers by saying that it helps to explain “what in the mythology that they grew up with, forced them or dared them to take this action.” But the killers were not “forced” to murder Klinghoffer. Nor were they dared to do so. They chose to commit their crime. So did Lee Harvey Oswald, James Earl Ray and Osama bin Laden. We can expect no arias to be sung in their defense at the Metropolitan Opera, and there is no justification for any to be sung for the Klinghoffer killers. Floyd Abrams
Met Opera General Manager Peter Gelb has a constitutional and artistic right to produce whatever he wants. Yet showcasing this opera is equivalent to a college president’s inviting a member of ISIS, Hamas, or the Taliban to speak on campus because “all sides must be heard” and “all points of view are equally valid.” (…) “Klinghoffer” begs us to sympathize with the villains — terrorists. This is something new. “The Death of Klinghoffer” also demonizes Israel — which is what anti-Semitism is partly about today. It incorporates lethal Islamic (and now universal) pseudo-histories about Israel and Jews. It beatifies terrorism, both musically and in the libretto. Composer John Adams has given the opening “Chorus of Exiled Palestinians” a beautiful, sacred musical “halo,” à la Bach. “Chorus of Exiled Jews,” by contrast, is dogged, mechanical, industrial, aggressive — relentless, military, hardly angelic. This opera treats 6 million murdered Jews of the Holocaust as morally equivalent to perhaps 600,000 Palestinian Arabs who left during Israel’s founding. They were not murdered, not ethnically cleansed, but rather pushed to flee their homes by Arab leaders who told them they’d return as soon as the Jews had been slaughtered. “Klinghoffer” does not, of course, mention the at least 820,000 Arab, North African and Central Asian Jews forced into exile between 1948 and 1972. Nor that many Arabs didn’t flee. Today, Israel has 1.7 million Arab Muslim and Christian citizens, about 20 percent of its population. Jews are willing to live with Muslims and Christians — it is the Arab Muslim leaders who want to ethnically cleanse Jews and other infidels from allegedly Muslim lands. (…) The hijacking of the Achille Lauro was a 14-man Palestine Liberation Organization operation ordered by Arafat and Abu Abbas. Eight terrorists simply walked out of Italy, claiming a spurious diplomatic status. The rest received sentences that ranged from four to 30 years, with early releases. All were considered heroes across the Arab world. Choosing to stage “The Death of Klinghoffer” at the Met automatically confers upon it a prestige it does not deserve. The opera betrays the truth entirely and, in effect, joins the low-brow ranks of propagandists against Jewish survival. Phyllis Chesler
The opera’s problem is not that it proffers an anti-Semitic agenda, but that it drifts for far too long, indulging too many narrators and avoiding a point of view. The (mostly) fictionalized characters are chips floating on a torrent of events, carried toward destiny with no agency of their own. Only halfway through does the wheelchair-bound Klinghoffer emerge as the opera’s moral core, the one fully functioning human being. But then, of course, he’s killed. The creative team bridled at the dismissive term “CNN opera,” and in fact The Death of Klinghoffer more closely resembles the Nightline of the ’80s, the granddaddy of the moderated shout-down show. Evenhandedness in journalism can be a virtue; in opera, it’s such a colossal cop-out that audiences have trouble even recognizing its existence. (…) Perhaps they just got into the spirit of victimology that permeates the Middle East, but an opera that’s ostensibly about understanding has bred bullheadedness all around. (…) Actually, what’s astounding is that a group of right-thinking artists should turn a real-life episode of unthinking rage and appalling cruelty into a volatile work of art — and then sputter in disbelief when it triggers powerful reactions. Whether ­Adams & Co. like it or not, it is a shocking experience to hear a terrorist sing: ­“Wherever poor men are gathered, they can find Jews getting fat. You know how to cheat the simple, exploit the virgin, pollute where you have exploited, defame those you cheated, and break your own law with idolatry.” On the other hand, if you’re going to put Palestinian terrorists onstage, these are the sorts of sentiments they are going to express. In an interview for The John Adams Reader, a collection of essays edited by Thomas May, Sellars declared the music drama superior to journalism as a way of grasping current events, because it deals with motivation. “Opera is able to go inside to a place where the headlines aren’t going,” he said. “Whether it’s about suicide bombers or 9/11 or any of these events that have happened to America, the question that is not allowed to be asked to this day is ‘Why would people do this?’ That’s the question, of course, that drama asks.” Leaving aside the fact that reporters risk their lives and die on a regular basis to ask exactly that question, and often return with plausible answers, Sellars’s statement demands that we at least try to take Klinghoffer seriously as history. (…) In the opening choruses, each side gets a chance to state its case. Above a gently pulsing F-minor chord that glistens with passing dissonances, the “Chorus of Exiled Palestinians” recalls: “My father’s house was razed / In 1948 / When the Israelis passed / Over our street.” Within 30 seconds of the first downbeat, Adams and Goodman have already called down the ire of fact-checkers, who would point out that in 1948, it was the Arab nations that created a population of refugees by attacking Israel and starting a war. This is not a chorus of historians, however; it is the statement of a creation myth, sung by its inheritors. The “Chorus of Exiled Jews” follows, with more lugubrious minor-mode pulsations, more plangent harmonies and muffled strings. The symmetry is infuriating, suggesting that Shoah (the Holocaust) and ­Nakba (the Palestinian exodus) are equivalent calamities — that the Jews were victims of the first and perpetrators of the second, their suffering canceled by their sins. This is tendentious stuff, but is it anti-Semitic? (…) In its attempt to explain the bloodshed on the deck of the Achille Lauro, the opera reaches even further back, rewinding to the biblical stories of Hagar, Isaac, and Ishmael, the juncture where Jews split off from the people who would many centuries later become Muslims. As news analysis, this hardly improves on the sound-bite-­peddling experts who perform their shticks on cable. Sellars is wrong: Explaining historical events is not an opera’s job, and never has been. (…) Adams might have modeled this most political of operas on stirring Russian epics or Verdi rabble-rousers; instead he drew on Bach’s Passions, ritualistic settings of a religious tale that ends with an execution. In a famously prosecutorial Times article from 2001, the musicologist Richard Taruskin accused the composer of using the form as a front for pro-Palestinian propaganda. “In the St. Matthew Passion,” Taruskin pointed out, “Bach accompanies the words of Jesus with an aureole of violins and violas that sets him off as numinous, the way a halo would do in a painting. There is a comparable effect in Klinghoffer: long, quiet, drawn-out tones in the highest violin register … accompany virtually all the utterances of the choral Palestinians or the terrorists.” Taruskin is a formidable scholar who can pry succulent meaning from a two-note motif. Here, though, his interpretation is downright perverse, because he listens selectively and mistakes convention for content. If there is one character in Adams’s opera who expresses love and rage and doubt and sorrow in the space of a few ravishing measures, who is physically weak and morally strong, who pays with his life for the sins of others and is eloquent even after death, that person is Klinghoffer himself. The plush “aureole” of strings swaddles the aria that his dead body sings after it has been pushed overboard, sanctifying his memories of a house ravaged by war and weather. This moment of beauty, this shining crux, might actually be the most offensive thing about the opera, since a Jewish murder victim is conscripted to serve as a Christian symbol of redemption. (…) When the opera first opened, in 1991, many critics winced at the rhetorical and musical imbalance between the Palestinians, who delivered orotund abstractions, and the Jews, who chattered about trivia. It seemed as though Adams and Goodman were setting up a contest between freedom fighters and bourgeois materialists. (Most of the discussion focused on a scene in a New Jersey living room that has since been deleted and that I never saw.) But Newsday’s critic Peter Goodman pointed out that the differences mirrored the way each group saw itself: the Jews as unassuming but complicated people, appreciative of everyday pleasures and close, if fractious, families; the Palestinians as fearsome actors on a historical stage. “Are we to see the opera’s Jews — and by extension, all Americans — as wrong just because they bicker over trivialities?” Goodman asked. “Are Palestinians to be considered right because they are single-mindedly seeking revenge?” The opera captures the disjunction that has become depressingly familiar but no less horrifying in the 30 years since the Achille Lauro hijacking, the clash of the death wish with the cultivation of a peaceable life. There are grounds for disliking the opera, including its view of history, but to claim that it pits noble terrorists against nattering Jews is to listen with one ear closed. Justin Davidson
Tout gouvernement révolutionnaire exerce la tyrannie en se prétendant dépositaire d’une volonté générale qui, si elle pouvait se manifester, le renverserait, et qui le fait, d’ailleurs, dès qu’elle le peut. Les révolutionnaires sont toujours contre l’État jusqu’à ce qu’ils s’en soient emparés, puis pour l’État total après leur conquête du pouvoir. S’ils échouent dans cette conquête, ce qui fut le cas, ils se réfugient souvent dans le terrorisme, qui procède de la logique jacobino-bolchevique: une minorité se conçoit et se sacre majorité par l’imagination, et entend imposer par la violence ses vues à la vraie majorité. Comme celle-ci n’en veut nullement, la majorité imaginaire croit alors devoir agir par la terreur sur la majorité réelle. La seule différence est que les communistes agissent contre la démocratie du dedans de l’appareil d’État, et les terroristes en dehors de lui. Mais les uns et les autres sont des totalitaires parce que des révolutionnaires. Jean-François Revel
Où sont les routes et les chemins de fer, les industries et les infrastructures du nouvel Etat palestinien ? Nulle part. A la place, ils ont construit kilomètres après   kilomètres des tunnels souterrains, destinés à y cacher leurs armes, et lorsque les choses se sont corsées, ils y ont placé leur commandement militaire. Ils ont investi  des millions dans l’importation et la production de roquettes,  de lance-roquettes, de mortiers, d’armes légères et même de drones. Ils les ont délibérément placés dans des écoles, hôpitaux, mosquées et habitations privées pour exposer au mieux  leurs citoyens. Ce jeudi,  les Nations unies ont annoncé  que 20 roquettes avaient été découvertes dans l’une de leurs écoles à Gaza. Ecole depuis laquelle ils ont tiré des roquettes sur Jérusalem et Tel-Aviv. Pourquoi ? Les roquettes ne peuvent même pas infliger de lourds dégâts, étant presque, pour la plupart,  interceptées par le système anti-missiles « Dôme de fer » dont dispose Israël. Même, Mahmoud Abbas, le Président de l’Autorité palestinienne a demandé : « Qu’essayez-vous d’obtenir en tirant des roquettes ? Cela n’a aucun sens à moins  que vous ne compreniez, comme cela a été expliqué dans l’éditorial du Tuesday Post, que le seul but est de provoquer une riposte de la part d’Israël. Cette riposte provoque la mort de nombreux Palestiniens et  la télévision internationale diffuse en boucle les images de ces victimes. Ces images étant un outil de propagande fort télégénique,  le Hamas appelle donc sa propre population, de manière persistante, à ne pas chercher d’abris lorsqu’Israël lance ses tracts avertissant d’une attaque imminente. Cette manière d’agir relève d’une totale amoralité et d’une stratégie  malsaine et pervertie.  Mais cela repose, dans leur propre logique,  sur un principe tout à fait  rationnel,  les yeux du monde étant constamment braqués sur  Israël, le mélange d’antisémitisme classique et d’ignorance historique presque totale  suscitent  un réflexe de sympathie envers  ces défavorisés du Tiers Monde. Tout ceci mène à l’affaiblissement du soutien à Israël, érodant ainsi  sa  légitimité  et  son droit à l’auto-défense. Dans un monde dans lequel on constate de telles inversions morales kafkaïennes, la perversion du Hamas  devient tangible.   C’est un monde dans lequel le massacre de Munich n’est qu’un film  et l’assassinat de Klinghoffer un opéra,  dans lesquels les tueurs sont montrés sous un jour des plus sympathiques.  C’est un monde dans lequel les Nations-Unies ne tiennent pas compte de l’inhumanité   des criminels de guerre de la pire race,  condamnant systématiquement Israël – un Etat en guerre depuis 66 ans – qui, pourtant, fait d’extraordinaires efforts afin d’épargner d’innocentes victimes que le Hamas, lui, n’hésite pas à utiliser  en tant que boucliers humains. C’est tout à l’honneur des Israéliens qui, au milieu de toute cette folie, n’ont  perdu ni leur sens moral, ni leurs nerfs.  Ceux qui sont hors de la région, devraient avoir l’obligation de faire état de cette aberration  et de dire la vérité. Ceci n’a jamais été aussi aveuglément limpide. Charles Krauthammer
Suppose the opera had been about a different murder and the Met offered an intense, two-sided operatic discussion of the desirability of the murder of, say, President Kennedy in a work called “The Death of JFK. ” Or a production about the murder of Dr. Martin Luther King Jr. in which singers on the “side” of that assassination offer racist views in support of the murder. Or how about one on the death of one of the thousands of victims of the 9/11 attack that contained an extended operatic debate between her killers and herself about whether her death was justified. Surely we recoil at all of these. They all would be protected by the First Amendment. The First Amendment is basically—and gloriously—content-neutral. It protects not only enduring works of art but also the dregs of human imagination, ranging from films of animals being tortured and killed to the publication of “Mein Kampf.” But it is inconceivable that the Metropolitan Opera would have chosen to offer the public any of the operas I have just hypothesized. Why then offer one that equates—sympathetically, no less—the murderers of Leon Klinghoffer with their victim? “Grievances” there may be on both sides in the Middle East conflict, but there was no moral justification for the murder of Klinghoffer. John Adams has defended his focus on the motivation of the killers by saying that it helps to explain “what in the mythology that they grew up with, forced them or dared them to take this action.” But the killers were not “forced” to murder Klinghoffer. Nor were they dared to do so. They chose to commit their crime. So did Lee Harvey Oswald, James Earl Ray and Osama bin Laden. We can expect no arias to be sung in their defense at the Metropolitan Opera, and there is no justification for any to be sung for the Klinghoffer killers. Suppose the Oxford Union proposed a debate on the topic of Mr. Adams’s opera and it was phrased this way—“Resolved that the killing of Leon Klinghoffer was justified.” Suppose you were asked to take the negative side of that debate and to argue that he should not have been murdered. Would you do so? I hope not. I hope you would say that the subject is not one on which any rational, let alone morally justifiable, debate is possible. One can argue passionately about the Middle East, Israel or Palestinians, but nothing makes the Klinghoffer murder morally tolerable. The great scholar Alexander Bickel recalled in “The Morality of Consent” (1975) that he had heard that in the tumultuous late 1960s a crowd had gathered outside an ROTC building at a great university, where members of the faculty joined students discussing “the question whether or not to set fire to the building.” The faculty members, Bickel surmised, took the negative, the matter was ultimately voted on, and the affirmative side narrowly won. Bickel’s conclusion: The “negative taken by the faculty was only one side of a debate which the faculty rendered legitimate by engaging in it. Where nothing is unspeakable, nothing is undoable.” That’s where I come out on the Met’s decision to offer this opera. What Prof. Bickel wrote applies here: Where nothing is unspeakable, nothing is undoable. Leon Klinghoffer’s murder was an unspeakable act. Period. His demise is not a proper subject of debate, only of mourning. And of how best to prevent future murderous attacks. Floyd Abrams
Pour la supposée sauvegarde de la Révolution, les robespierristes reprennent à leur compte les attributs de la tyrannie identifiée par Aristote. Dans ce retournement, la tyrannie, pourvu qu’elle serve le dessein révolutionnaire, cesse d’être ce à quoi résister, blanchie par l’idéologie qu’elle est censée servir. Si la résistance sui generis fait objection, obstacle, à la libido dominandi, la terreur, signal anticipé de la politique à venir de ses tenants, contredit de facto l’horizon émancipateur de tout projet de libération. Associée en réhabilitation à la perspective révolutionnaire, la terreur honnie regagne une légitimité scélérate. Elle revient en héritage chez les «attentateurs» anarchistes du XIXe siècle qui glisseront du «tyrannicide» strict à la négligence méprisante des victimes collatérales, puis à l’anonymat de victimes en masse en finalité attentatoire ; chez les nationalistes divers ; chez les bolcheviques – appel à la «terreur en masse» contre les ouvriers grévistes antibolcheviques. «Terrorisme» et «résistance» auraient dû se définir selon une logique ordinaire d’opposition et d’exclusion, à l’instar, par exemple, de «barbarie» et «civilisation». Ça s’est embrouillé. Pire, un adage d’un relativisme inconséquent a pris consistance : que le terrorisme pour les uns est la résistance pour les autres, ou inversement.
C’est dans cette contextualisation et à cette aune qu’il faut établir l’opposition en valeur absolue entre terrorisme et résistance. [La «confusion lexicale»] confond deux modalités de guerre, deux mentalités de combat. Il y a dans le terrorisme une «héroïsation de la violence» pour elle-même, voire de la mort en fonction d’idéaux, dont il tire gloire. Tandis que dans la résistance, il y a un «consentement» à la violence si elle est inéluctable. Notons d’ailleurs que le nom de résistance tel qu’il s’est constitué au cours de la Seconde Guerre mondiale inclut au côté des actions armées les actions non armées de résistance civile et de sauvetage des populations persécutées, pas moins héroïques que celle des partisans armés. Le terrorisme consonne avec les patterns mortifères de la modernité. Notamment l’objectif de la mort en masse de populations indistinctes, au moyen de tous les instruments possibles, détournés de leur fonction initiale. Quand bien même s’habillerait-il actuellement d’«enthousiasme» religieux d’apparences prémodernes, il en constitue un des aspects. De moyens encore limités dans un dessein illimité, il vise le meurtre en masse. Il véhicule la montée d’une kyrielle de personnages aux figures mentales archaïques. Omnipotence et destructivité constituent ses modalités et attributs flagrants. Elles ne sont pas antinomiques à cette modernité dans le versant sombre de laquelle elles trouvent accueil, relais, instruments. En tout cas, il n’est pas anodin d’observer la porosité entre groupes terroristes et diverses mafias et réseaux trafiquants qui s’imitent en violence et s’interpénètrent en intérêt. Pratiques d’intimidation, promotions internes réglées sur l’aptitude à la violence extrême, chosification des victimes désignées, se ressemblent. Même mépris pour les populations «civiles», celles adverses et celles dont les terroristes sont issus. Il est «totalitaire» si on veut le dire ainsi. A l’opposé, la résistance et ses fins : abattre la tyrannie, sous forme d’oppression ou d’occupation, sauvegarder quelque chose de la Menschlichkeit, du «sentiment d’humanité», éléments constitutifs d’une civilisation de vie, bornaient les moyens en retenue. La résistance ne se permet pas tout. La légitimité des moyens y était corrélée à l’équité des fins. Ce faisant, la résistance solidarisa des individualités dans un lien social peu exploré : la société éthique. Fût-elle provisoire… Le terrorisme invente des procédés de mort, y compris contre les «siens», la résistance sollicite des processus de solidarités, jusque chez ses adversaires.
Le langage comme ordre propre de l’humain s’inscrit dans le réel et le transforme. Il constitue l’un des points par lequel se situe le rattachement du pôle de la subjectivité à la collectivité. Ce que Freud a établi cliniquement… Il agit comme un opérateur, détermine les compréhensions du monde en ce que le monde est découpé par les possibilités du langage. La pensée n’est pas seulement exprimée par les mots, elle vient à l’existence à travers les mots. Ne pas distinguer entre terrorisme et résistance participe d’une anomie lexicale générale, destructrice des aptitudes à penser, conditions de l’autonomie et de la liberté. Une telle anomie est conséquence et vecteur d’une «carence éthique», comme on dit «carence affective». Elle habille de surcroît de la légitimité déclarative de «résistance» une réalité terroriste. Les confondre, c’est se faire affidé d’une terreur mortifère dans une déshérence complaisante, et saper le sens de l’esprit de résistance ; c’est disqualifier son éthique pratique par l’assimilation inclusive de pratiques terroristes. Et, du même coup, saborder le droit de résistance dans la civilisation, et la civilisation de ce droit. Gérard Rabinovitch

Attention: un terrorisme peut en cacher un autre !

En ces temps étranges où un simple arbre de Noël finit par être plus choquant qu’un jouet sexuel géant exposé en place publique …

Où un probable faux massacre d’enfants soulève plus de foules qu’un vrai

Où un prétendu mensonge sur les ADM d’un tyran et menteur notoire compte plus que l’utilisation passée desdites armes par ledit tryran sur sa propre population …

Où rappeler les exactions des membres d’une prétendue religion de paix vous voit accuser de stigmatiser toute une communauté

Et où, entre deux distorsions historiques, un opéra sur l’assassinat en direct d’un retraité juif-américain en chaise roulante transforme la victime en vulgaire passion chrétienne…

 Retour avec le philosophe Gérard Rabinovitch …

Sur cette équivalence morale qui, confondant démagogiquement la volonté du plus grand nombre avec la réalité, en arrive à assimiler terroristes et résistants …

Et nous condamnent, devant les périls qui montent, à l’anomie lexicale et éthique généralisée …

Gérard Rabinovitch: « Confondre terrorisme et résistance, c’est confondre deux mentalités de combat »
Edouard Launet

Libération

29 août 2014

IDÉES Le chercheur Gérard Rabinovitch dénonce la «confusion lexicale», et au-delà politique, entre les deux termes. Un amalgame entretenu depuis la Révolution française.

Aujourd’hui, ce qui est terrorisme pour les uns peut être résistance pour les autres, et inversement. Le chercheur Gérard Rabinovitch, dont les travaux sont au confluent de la philosophie politique, de l’histoire et de l’anthropologie freudienne, s’inquiète de cette confusion lexicale. Il en a analysé les origines et pointé les effets sur la société humaine dans un récent ouvrage.

Depuis quand parle-t-on de terrorisme et de résistance ?
L’usage du mot «résistance» remonte au milieu du XIIIe siècle. Au XVIe siècle, il prend une connotation politique. Avec la Révolution française, il se sédimente dans l’expression «droit de résistance à l’oppression» incluse dans la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et dans celle de 1793. Le terme de «terreur», une peur extrême qui paralyse, on le trouve déjà chez Corneille. Puis il prend le sens de peur collective pour briser une population, en désignant l’ensemble des mesures d’exception et de liquidation instaurées entre la chute des Girondins [juin 1793, ndlr] et celle de Robespierre [juillet 1794]. Le terme de «terrorisme» désigna la politique de terreur de cette période, pointant l’emploi systématique de la violence pour atteindre un but politique, et celui des actes de violence qu’une organisation exécute pour impressionner une population et créer un climat d’insécurité. Quant à son inclusion dans la langue universelle, elle se fit à l’occasion de l’attentat de la rue Saint-Nicaise visant Bonaparte, perpétré par des chouans le 24 décembre 1800. Un baril explosif à mèche posé sur une carriole attachée à une placide jument constitua le modèle séminal de la voiture-piégée. Il manqua sa cible mais tua 22 personnes et en blessa une centaine.

«Terrorisme» et «résistance» sont donc entrés dans la sémantique politique moderne à la même période, mais à deux moments distincts de la Révolution. «Résistance» s’inscrit avant l’élimination des Girondins, «Terreur» est le fruit du Comité de salut public jacobin.

Comment le sens de ces termes a-t-il évolué ensuite ?
Pour la notion de résistance, tout est simple. Elle appartient à la logique interne éthico-politique antityrannique, congruente à l’humanisme de l’élan révolutionnaire de la première époque. Sa scène fondatrice : l’épopée biblique de la sortie de la servitude en Egypte. Son modèle pratique : les «codes» éthiques de combat en valeur absolue, acquis durant la Seconde Guerre mondiale.

Pour la notion de terrorisme, tout se complique. Pour la supposée sauvegarde de la Révolution, les robespierristes reprennent à leur compte les attributs de la tyrannie identifiée par Aristote. Dans ce retournement, la tyrannie, pourvu qu’elle serve le dessein révolutionnaire, cesse d’être ce à quoi résister, blanchie par l’idéologie qu’elle est censée servir. Si la résistance sui generis fait objection, obstacle, à la libido dominandi, la terreur, signal anticipé de la politique à venir de ses tenants, contredit de facto l’horizon émancipateur de tout projet de libération. Associée en réhabilitation à la perspective révolutionnaire, la terreur honnie regagne une légitimité scélérate. Elle revient en héritage chez les «attentateurs» anarchistes du XIXe siècle qui glisseront du «tyrannicide» strict à la négligence méprisante des victimes collatérales, puis à l’anonymat de victimes en masse en finalité attentatoire ; chez les nationalistes divers ; chez les bolcheviques – appel à la «terreur en masse» contre les ouvriers grévistes antibolcheviques.

«Terrorisme» et «résistance» auraient dû se définir selon une logique ordinaire d’opposition et d’exclusion, à l’instar, par exemple, de «barbarie» et «civilisation». Ça s’est embrouillé. Pire, un adage d’un relativisme inconséquent a pris consistance : que le terrorisme pour les uns est la résistance pour les autres, ou inversement. Un «asile d’ignorance», aurait pu en dire Spinoza, qui dispense d’en identifier des critères distinctifs. En valeur de minimum éthique partageable pour l’espèce humaine.

Que nous dit la philosophie de ces deux notions ?
La philosophie politique, inséparable de l’éthique, ne peut les éviter. Sur son établi de travail, il lui faut prendre acte des désastres du XXe siècle, le «siècle des génocides»,«machine à liquider permanente», comme l’a nommé l’écrivain Imre Kertész. Terrorisme et résistance accompagnent la modernité politique. Or cette modernité est non univoque.

D’un côté, un idéal progressiste a porté – dans une marche précaire mais continue au XIXe siècle – des libertés diverses, arborescentes, sous le signifiant-maître de l’émancipation.

De l’autre, dans l’ombre de ce processus, dès la seconde moitié du XIXe, en interaction d’un scientisme rayonnant et d’un éventail d’idéologies politiques du ressentiment et de la haine, on observe l’apparition de tout un lexique imbibé d’exclusion et d’anéantissement dans un continuum sémantique mortifère : «racisme», «dégénérescence», «machine vivante», «vies qui ne valent pas la peine d’être vécues», «eugénisme», «extermination», «antisémitisme» entre autres… Ce lexique n’a pas été hétéronome aux mouvements d’opposition antidémocratiques de «gauche». Du côté des politiques coloniales, ce lexique trouve son pendant sur l’axe de la domination dans l’initiation de pratiques émergentes d’enfermement des populations en masse – «camps de concentration» durant la guerre des Boers – ou de massacres de masse planifiés – «extermination» des Hereros en Namibie. Leurs langages s’entremêlent en rhétorique. Ainsi s’est dessiné à travers l’Europe un «motif» de langage fortement chargé de morbidité dans lequel le nazisme fit son nid. Ainsi prit corps en précipité, dans l’ombre des avancées démocratiques, une réversion spirituelle. Les «attentateurs» terroristes ne manquèrent pas de contribuer à cette «ambiance», ni d’en être les jouets. Les deux guerres mondiales, en hubris de la «brutalisation» observée par l’historien George Mosse, accomplirent ces attendus, et inscrivirent une rupture symbolique dont nos sociétés restent entachées et tributaires. C’est dans cette contextualisation et à cette aune qu’il faut établir l’opposition en valeur absolue entre terrorisme et résistance.

Quelle est alors la nature de la «confusion lexicale» que vous pointez ?
Elle confond deux modalités de guerre, deux mentalités de combat. Il y a dans le terrorisme une «héroïsation de la violence» pour elle-même, voire de la mort en fonction d’idéaux, dont il tire gloire. Tandis que dans la résistance, il y a un «consentement» à la violence si elle est inéluctable. Notons d’ailleurs que le nom de résistance tel qu’il s’est constitué au cours de la Seconde Guerre mondiale inclut au côté des actions armées les actions non armées de résistance civile et de sauvetage des populations persécutées, pas moins héroïques que celle des partisans armés.

Le terrorisme consonne avec les patterns mortifères de la modernité. Notamment l’objectif de la mort en masse de populations indistinctes, au moyen de tous les instruments possibles, détournés de leur fonction initiale. Quand bien même s’habillerait-il actuellement d’«enthousiasme» religieux d’apparences prémodernes, il en constitue un des aspects. De moyens encore limités dans un dessein illimité, il vise le meurtre en masse. Il véhicule la montée d’une kyrielle de personnages aux figures mentales archaïques. Omnipotence et destructivité constituent ses modalités et attributs flagrants. Elles ne sont pas antinomiques à cette modernité dans le versant sombre de laquelle elles trouvent accueil, relais, instruments. En tout cas, il n’est pas anodin d’observer la porosité entre groupes terroristes et diverses mafias et réseaux trafiquants qui s’imitent en violence et s’interpénètrent en intérêt. Pratiques d’intimidation, promotions internes réglées sur l’aptitude à la violence extrême, chosification des victimes désignées, se ressemblent. Même mépris pour les populations «civiles», celles adverses et celles dont les terroristes sont issus. Il est «totalitaire» si on veut le dire ainsi.

A l’opposé, la résistance et ses fins : abattre la tyrannie, sous forme d’oppression ou d’occupation, sauvegarder quelque chose de la Menschlichkeit, du «sentiment d’humanité», éléments constitutifs d’une civilisation de vie, bornaient les moyens en retenue. La résistance ne se permet pas tout. La légitimité des moyens y était corrélée à l’équité des fins. Ce faisant, la résistance solidarisa des individualités dans un lien social peu exploré : la société éthique. Fût-elle provisoire… Le terrorisme invente des procédés de mort, y compris contre les «siens», la résistance sollicite des processus de solidarités, jusque chez ses adversaires.

Quels sont les effets de cette confusion ?
Le langage comme ordre propre de l’humain s’inscrit dans le réel et le transforme. Il constitue l’un des points par lequel se situe le rattachement du pôle de la subjectivité à la collectivité. Ce que Freud a établi cliniquement… Il agit comme un opérateur, détermine les compréhensions du monde en ce que le monde est découpé par les possibilités du langage. La pensée n’est pas seulement exprimée par les mots, elle vient à l’existence à travers les mots. Ne pas distinguer entre terrorisme et résistance participe d’une anomie lexicale générale, destructrice des aptitudes à penser, conditions de l’autonomie et de la liberté. Une telle anomie est conséquence et vecteur d’une «carence éthique», comme on dit «carence affective». Elle habille de surcroît de la légitimité déclarative de «résistance» une réalité terroriste. Les confondre, c’est se faire affidé d’une terreur mortifère dans une déshérence complaisante, et saper le sens de l’esprit de résistance ; c’est disqualifier son éthique pratique par l’assimilation inclusive de pratiques terroristes. Et, du même coup, saborder le droit de résistance dans la civilisation, et la civilisation de ce droit.

Quels enjeux de culture, alors ?
Freud achevant Malaise dans la civilisation exprime un doute sur qui l’emportera au final entre Eros et Thanatos. Reformulons-le ainsi : qui l’emportera entre éthique de vie et jouissance de mort ? L’alternative n’est pas réductible à la seule distinction entre résistance et terrorisme.

Dessin Yann Legendre
Recueilli par Édouard LaunetTerrorisme/ Résistance : d’une  confusion lexicale à l’époque des sociétés de masse de Gérard Rabinovitch éd. Le Bord de l’eau, 72 pp., 6,60 €.

Voir aussi:

Klinghoffer and the ‘Two Sides’ of Terrorism
Would the Metropolitan Opera offer a work called ‘The Death of Martin Luther King Jr.’ with racist views in support of the assassination?
Floyd Abrams
Oct. 15, 2014

The Metropolitan Opera in New York on Monday will present John Adams ’s opera “The Death of Klinghoffer. ” The organization’s decision to mount the production has already spurred protests, with more to come.

A too-brief summary: In 1985 Leon Klinghoffer, a 69-year-old disabled man, and his wife, Marilyn, were passengers on an Italian cruise ship, the Achille Lauro. The ship was hijacked by Palestinian terrorists, who shot Klinghoffer in the head and threw him overboard in his wheelchair.

John Adams is a serious artist, recognized as a leading creator of modern operas. “The Death of Klinghoffer,” first produced in 1991, contains a running debate between the killers—who voice a number of undisguisedly anti-Semitic slurs in the course of justifying their conduct—and their victim. Protesters are demanding that the opera be canceled; defenders couch their position, as has the New York Times , in terms of artistic freedom or—as one letter-writer to the Times put it—of helping us “understand the anger, frustration and grievances of other people.”

So, in Joan Rivers ’s much repeated phrase, can we talk? Some things are easy. Mr. Adams’s opera is protected by the First Amendment and so is the Metropolitan Opera in its decision to offer it. It would be a gross and obvious constitutional violation if government sought to bar the opera from being publicly produced or imposed any punishment for doing so.

Beyond that, canceling any public artistic performance because it expresses unpopular or even outrageous views is dangerous. I represented the Brooklyn Museum when then-New York City Mayor Rudolph Giuliani in 1999 sought to shut it down because he viewed some of its art—I use his language now—as “sick,” “disgusting” and sacrilegious. I argued then, successfully, that the mayor’s conduct violated the First Amendment.

But the controversy over the Adams opera cannot be dealt with by simple reference to the First Amendment or artistic freedom. Those who direct the Metropolitan Opera made a choice when they decided to offer Mr. Adams’s opera, and it is altogether fitting that they be publicly judged by that choice.

Suppose the opera had been about a different murder and the Met offered an intense, two-sided operatic discussion of the desirability of the murder of, say, President Kennedy in a work called “The Death of JFK. ” Or a production about the murder of Dr. Martin Luther King Jr. in which singers on the “side” of that assassination offer racist views in support of the murder. Or how about one on the death of one of the thousands of victims of the 9/11 attack that contained an extended operatic debate between her killers and herself about whether her death was justified.

Surely we recoil at all of these. They all would be protected by the First Amendment. The First Amendment is basically—and gloriously—content-neutral. It protects not only enduring works of art but also the dregs of human imagination, ranging from films of animals being tortured and killed to the publication of “Mein Kampf.” But it is inconceivable that the Metropolitan Opera would have chosen to offer the public any of the operas I have just hypothesized.

Why then offer one that equates—sympathetically, no less—the murderers of Leon Klinghoffer with their victim? “Grievances” there may be on both sides in the Middle East conflict, but there was no moral justification for the murder of Klinghoffer. John Adams has defended his focus on the motivation of the killers by saying that it helps to explain “what in the mythology that they grew up with, forced them or dared them to take this action.”

But the killers were not “forced” to murder Klinghoffer. Nor were they dared to do so. They chose to commit their crime. So did Lee Harvey Oswald, James Earl Ray and Osama bin Laden. We can expect no arias to be sung in their defense at the Metropolitan Opera, and there is no justification for any to be sung for the Klinghoffer killers.

Suppose the Oxford Union proposed a debate on the topic of Mr. Adams’s opera and it was phrased this way—“Resolved that the killing of Leon Klinghoffer was justified.” Suppose you were asked to take the negative side of that debate and to argue that he should not have been murdered. Would you do so? I hope not. I hope you would say that the subject is not one on which any rational, let alone morally justifiable, debate is possible. One can argue passionately about the Middle East, Israel or Palestinians, but nothing makes the Klinghoffer murder morally tolerable.

The great scholar Alexander Bickel recalled in “The Morality of Consent” (1975) that he had heard that in the tumultuous late 1960s a crowd had gathered outside an ROTC building at a great university, where members of the faculty joined students discussing “the question whether or not to set fire to the building.” The faculty members, Bickel surmised, took the negative, the matter was ultimately voted on, and the affirmative side narrowly won. Bickel’s conclusion: The “negative taken by the faculty was only one side of a debate which the faculty rendered legitimate by engaging in it. Where nothing is unspeakable, nothing is undoable.”

That’s where I come out on the Met’s decision to offer this opera. What Prof. Bickel wrote applies here: Where nothing is unspeakable, nothing is undoable.Leon Klinghoffer’s murder was an unspeakable act. Period. His demise is not a proper subject of debate, only of mourning. And of how best to prevent future murderous attacks.

Mr. Abrams is a senior partner in the law firm Cahill Gordon & Reindel LLP. This op-ed is adapted from a lecture to be given on Thursday night at the Annenberg Public Policy Center of the University of Pennsylvania.

Voir encore:

Opera v. truth: The fetid fouls of ‘Death of Klinghoffer’
Phyllis Chesler
New Yorl Post

October 19, 2014

I love opera. For almost three years, I regularly contributed to NPR’s “At the Opera.” I attend the Metropolitan Opera House as often as I can. But the decision to stage “The Death of Klinghoffer” represents an abdication of moral responsibility, political sensitivity and gravitas.

Met Opera General Manager Peter Gelb has a constitutional and artistic right to produce whatever he wants. Yet showcasing this opera is equivalent to a college president’s inviting a member of ISIS, Hamas, or the Taliban to speak on campus because “all sides must be heard” and “all points of view are equally valid.”

As a feminist, I wouldn’t boycott an opera because the female heroes are betrayed, go mad or are murdered. As in life, our great operas are tragedies in which the heroes die.

But, where there are heroes there are also villains.

The villain in Puccini’s “Tosca” is unmistakable: He is Scarpia, the police chief of Rome who tortures political prisoners and attempts to rape the great singer, Floria Tosca. We don’t get a backstory about Scarpia’s dysfunctional childhood, nor do we sympathize or identify with him.

He is a heartless villain and the opera doesn’t allow (let alone ask) us to pity or sympathize with him. We are meant to fear and despise him, perhaps even hate him.

“Klinghoffer” begs us to sympathize with the villains — terrorists. This is something new.

“The Death of Klinghoffer” also demonizes Israel — which is what anti-Semitism is partly about today. It incorporates lethal Islamic (and now universal) pseudo-histories about Israel and Jews. It beatifies terrorism, both musically and in the libretto.

Composer John Adams has given the opening “Chorus of Exiled Palestinians” a beautiful, sacred musical “halo,” à la Bach. “Chorus of Exiled Jews,” by contrast, is dogged, mechanical, industrial, aggressive — relentless, military, hardly angelic.

This opera treats 6 million murdered Jews of the Holocaust as morally equivalent to perhaps 600,000 Palestinian Arabs who left during Israel’s founding. They were not murdered, not ethnically cleansed, but rather pushed to flee their homes by Arab leaders who told them they’d return as soon as the Jews had been slaughtered.

“Klinghoffer” does not, of course, mention the at least 820,000 Arab, North African and Central Asian Jews forced into exile between 1948 and 1972. Nor that many Arabs didn’t flee. Today, Israel has 1.7 million Arab Muslim and Christian citizens, about 20 percent of its population.

Jews are willing to live with Muslims and Christians — it is the Arab Muslim leaders who want to ethnically cleanse Jews and other infidels from allegedly Muslim lands.

Contrary to all claims, the libretto is not even-handed. The villains have more lines.

For example, the terrorists command 11 arias — 12, with the “Chorus of Exiled Palestinians.” The Klinghoffers have two arias each, toward the end of the opera; add the exiled Jewish chorus and you have five arias for the innocent victims versus 12 for their victimizers.

And better lines: The Palestinians sing: “My father’s house was razed / in nineteen forty-eight / when the Israelis passed / Over our street.”

The Jews sing: “When I paid off the taxi, I had no money left.”

Indeed, the obsession with Jews and money is reminiscent of Nazi propaganda. The terrorist Rambo sings: “But wherever poor men / Are gathered they can / Find Jews getting fat . . . America / Is one big Jew.”

The terrorists tell us they are “men of ideals,” and that “this is an action for liberation.” Hah. In reality, they didn’t allow Marilyn Klinghoffer, who was exhausted and in pain from colon cancer, to lie down.

They forced the passengers to stand under the broiling Mediterranean sun for days and to hold live grenades.

Leon Klinghoffer had suffered several strokes. He lacked full use of his hands, his legs were paralyzed, his speech slurred — and this is whom Molqui murders and throws overboard with his wheelchair.

Only a dead and murdered Jew — “Leon Klinghoffer’s body” — is allowed to sing his death with some measure of grace (although most of the lyrics are incomprehensible).

The hijacking of the Achille Lauro was a 14-man Palestine Liberation Organization operation ordered by Arafat and Abu Abbas.

Eight terrorists simply walked out of Italy, claiming a spurious diplomatic status. The rest received sentences that ranged from four to 30 years, with early releases. All were considered heroes across the Arab world.

Choosing to stage “The Death of Klinghoffer” at the Met automatically confers upon it a prestige it does not deserve. The opera betrays the truth entirely and, in effect, joins the low-brow ranks of propagandists against Jewish survival.

Phyllis Chesler is a CUNY emerita professor of psychology. Her books include “Women and Madness” and “The New Anti-Semitism.” Her latest, “An American Bride in Kabul,” won a National Jewish Book Award.

Voir de même:

The Trouble With Klinghoffer Isn’t Quite What You Think
Justin Davidson

Vulture

10/21/2014

This piece originally ran on Sept. 21, 2014. Last night, The Death of Klinghoffer opened at the Met and was met, as predicted with protesters outside the auditorium — including former New York City mayor Rudy Giuliani — and hecklers inside. Justin Davidson will have a full review of the opera later today.

Will an opera about terrorists ever not be timely? Can The Death of Klinghoffer ever stop incandescing? John Adams’s work had its premiere in 1991, when the events it was based on — the 1985 hijacking of the cruise ship Achille Lauro and the murder of an American passenger, Leon Klinghoffer — were still raw memories. In the years that followed, occasional new productions and weekly bursts of lethal fanaticism kept reactivating the arguments about the opera. Now that it’s finally coming to the Metropolitan Opera, Palestinian hijackers seem almost to belong to another era, before 9/11, before Iraq and Afghanistan, before anti-Jewish riots in Paris, before drone strikes, Iron Dome, and YouTube beheadings. Through all of that, Klinghoffer hasn’t lost its sting.
“This anti-Semitic opera viciously falsifies history to malign and incite hatred against Israel and the Jewish people,” the Zionist Organization of America recently declared. “The opera is a disgrace and should be canceled immediately.” That’s not going to happen, but, under pressure from the Anti-Defamation League, the Met’s general manager, Peter Gelb, did cancel planned broadcasts to movie theaters worldwide. The Guggenheim Museum scrapped a “Works & Process” performance of excerpts from the opera, citing a scheduling conflict. And audiences arriving at Lincoln Center for the opera’s Met premiere on October 20 will likely have to run a gauntlet of protesters.

I will be in the house with my mixed feelings, not out on the street nursing an ill-­informed certainty. I am eager to hear David Robertson conduct Adams’s very fine score, and to see whether Tom Morris’s staging can vanquish some serious dramatic flaws. I find Klinghoffer sporadically splendid, historically dubious, and politically troubling. I’m fine with that: Operagoers must be able to hold contradictory thoughts in their heads, because why else would they pay so much to complain with such addictive passion?
I don’t believe that this imperfect opera denigrates Jews, incites hatred, endorses libels, or casts collective blame. It doesn’t glorify terrorists or justify their crimes. What it does do is embed a spasm of thuggish violence in a broad historical context, a job that Adams, librettist Alice Goodman, and the original production’s director and all-around inspiration man, Peter Sellars, have fumbled badly. The opera’s problem is not that it proffers an anti-Semitic agenda, but that it drifts for far too long, indulging too many narrators and avoiding a point of view. The (mostly) fictionalized characters are chips floating on a torrent of events, carried toward destiny with no agency of their own. Only halfway through does the wheelchair-bound Klinghoffer emerge as the opera’s moral core, the one fully functioning human being. But then, of course, he’s killed. The creative team bridled at the dismissive term “CNN opera,” and in fact The Death of Klinghoffer more closely resembles the Nightline of the ’80s, the granddaddy of the moderated shout-down show. Evenhandedness in journalism can be a virtue; in opera, it’s such a colossal cop-out that audiences have trouble even recognizing its existence.

The opera has cast a resentful spell on its creators. Adams has spent years defending the thing. Goodman, who walked away from her Jewish upbringing halfway through writing the libretto to become a rector in the Anglican Church, complained that the project finished her opera career. “I couldn’t get work after Klinghoffer,” she told the Guardian in 2012. “I was uncommissionable.” Perhaps they just got into the spirit of victimology that permeates the Middle East, but an opera that’s ostensibly about understanding has bred bullheadedness all around. Penny Woolcock, who directed a powerfully realistic TV version for the BBC, expressed her surprise at accusations that had, at that point, been dogging the opera for more than a decade. “I find it kind of astounding that anyone would interpret it like that,” she told the Times. “And I would never have filmed it if I thought it was anti-Semitic. If the opera is about anything, it’s that we have to forgive the unforgivable. Otherwise, we’re lost as a species.”
One way to start the forgiveness cycle and rescue humanity might be to try empathizing with those who find the work upsetting, including, for example, Klinghoffer’s daughters. Actually, what’s astounding is that a group of right-thinking artists should turn a real-life episode of unthinking rage and appalling cruelty into a volatile work of art — and then sputter in disbelief when it triggers powerful reactions. Whether ­Adams & Co. like it or not, it is a shocking experience to hear a terrorist sing: ­“Wherever poor men are gathered, they can find Jews getting fat. You know how to cheat the simple, exploit the virgin, pollute where you have exploited, defame those you cheated, and break your own law with idolatry.” On the other hand, if you’re going to put Palestinian terrorists onstage, these are the sorts of sentiments they are going to express.

In an interview for The John Adams Reader, a collection of essays edited by Thomas May, Sellars declared the music drama superior to journalism as a way of grasping current events, because it deals with motivation. “Opera is able to go inside to a place where the headlines aren’t going,” he said. “Whether it’s about suicide bombers or 9/11 or any of these events that have happened to America, the question that is not allowed to be asked to this day is ‘Why would people do this?’ That’s the question, of course, that drama asks.” Leaving aside the fact that reporters risk their lives and die on a regular basis to ask exactly that question, and often return with plausible answers, Sellars’s statement demands that we at least try to take Klinghoffer seriously as history. Okay, here goes.
In the opening choruses, each side gets a chance to state its case. Above a gently pulsing F-minor chord that glistens with passing dissonances, the “Chorus of Exiled Palestinians” recalls: “My father’s house was razed / In 1948 / When the Israelis passed / Over our street.” Within 30 seconds of the first downbeat, Adams and Goodman have already called down the ire of fact-checkers, who would point out that in 1948, it was the Arab nations that created a population of refugees by attacking Israel and starting a war. This is not a chorus of historians, however; it is the statement of a creation myth, sung by its inheritors.
The “Chorus of Exiled Jews” follows, with more lugubrious minor-mode pulsations, more plangent harmonies and muffled strings. The symmetry is infuriating, suggesting that Shoah (the Holocaust) and ­Nakba (the Palestinian exodus) are equivalent calamities — that the Jews were victims of the first and perpetrators of the second, their suffering canceled by their sins. This is tendentious stuff, but is it anti-Semitic? In The New Yorker last year, the Israeli writer Ari Shavit, too, saw the dispossessed Palestinians of 1948 as heirs to the Jewish legacy of persecution: “[Brigade commander] Mula Cohen, standing by his command car, also watched the people of Lydda depart, carrying on their backs heavy sacks made of blankets and sheets. Gradually, they cast aside the sacks; they couldn’t carry them any farther. Old men and women, suffering from terrible thirst in the heavy heat, collapsed. Like the ancient Jews, the people of Lydda went into exile.”
In its attempt to explain the bloodshed on the deck of the Achille Lauro, the opera reaches even further back, rewinding to the biblical stories of Hagar, Isaac, and Ishmael, the juncture where Jews split off from the people who would many centuries later become Muslims. As news analysis, this hardly improves on the sound-bite-­peddling experts who perform their shticks on cable. Sellars is wrong: Explaining historical events is not an opera’s job, and never has been. The art form brims with inexplicable revolutions and preposterously fictionalized intrigue folded into rich and marvelous dramas. What matters is how vast events frame a human drama, translated into musical form. Don Carlo, for instance, is not about the Inquisition or a Flemish uprising, but about the relationship between a powerful father and a frustrated son.

Adams might have modeled this most political of operas on stirring Russian epics or Verdi rabble-rousers; instead he drew on Bach’s Passions, ritualistic settings of a religious tale that ends with an execution. In a famously prosecutorial Times article from 2001, the musicologist Richard Taruskin accused the composer of using the form as a front for pro-Palestinian propaganda. “In the St. Matthew Passion,” Taruskin pointed out, “Bach accompanies the words of Jesus with an aureole of violins and violas that sets him off as numinous, the way a halo would do in a painting. There is a comparable effect in Klinghoffer: long, quiet, drawn-out tones in the highest violin register … accompany virtually all the utterances of the choral Palestinians or the terrorists.” Taruskin is a formidable scholar who can pry succulent meaning from a two-note motif. Here, though, his interpretation is downright perverse, because he listens selectively and mistakes convention for content. If there is one character in Adams’s opera who expresses love and rage and doubt and sorrow in the space of a few ravishing measures, who is physically weak and morally strong, who pays with his life for the sins of others and is eloquent even after death, that person is Klinghoffer himself. The plush “aureole” of strings swaddles the aria that his dead body sings after it has been pushed overboard, sanctifying his memories of a house ravaged by war and weather. This moment of beauty, this shining crux, might actually be the most offensive thing about the opera, since a Jewish murder victim is conscripted to serve as a Christian symbol of redemption.Other critics, too, have suggested that, in his zeal to elevate a crime into an allegory, Adams treats the four terrorists as a single unit, an ensemble of noble creatures who lend the opera their point of view and whose music is threaded together by a common, elevated sound. This is simply not true.

We hear first from Molqi during the initial takeover, barking orders in choppy phrases while strings hack brutally at fragmentary, jagged motifs. He controls the situation, and the score, for barely a minute before pandemonium takes over. A passenger howls, the brass blares in fortissimo panic, and the orchestra breaks out into deafening tremors. Molqi takes advantage of a moment of terrified quiet to utter the lines that have provoked so much anti-Klinghoffer ire: “We are not criminals and we are not vandals, but men of ideals.” The PR-driven conflict in the Middle East is partly a war of terminology. What Molqi calls men of ideals, we would call fanatics; he says soldiers, we say terrorists. In the opera, nobody pays much attention to his declaration, and the spotlight quickly passes to the Swiss Grandmother, who’s trying to lull a little boy into believing that the whole scene is a marvelous escapade.

The terrorists talk very little among themselves. They are always hectoring, cajoling, persuading, or threatening, so we see them through the other characters’ responses. Molqi is obsessed with getting a reaction — from America, Syria, or the PLO — and the hectic jumbles of dissonances and agitated percussion express his frustration with the silence on the other end of the radio. It is he who shoots Klinghoffer in the head, and the violin’s high, drawn-out tone, which is abruptly snuffed out, signals not “numinous” nobility but the horrific suspension of time on the threshold between life and inflicted death. Bach has been banished from this passage; instead we’ve wandered into the murder scene from Alban Berg’s opera Wozzeck: the same spasm of ruthless madness, same wild percussion and clanging harmonies, same high, creepy violins. Adams and Berg both provide context for their characters’ lethal rages, and it has nothing to do with ideals. Molqi and Wozzeck are both the children of sick societies, and the only remedy they know is to lash out.
Effective propaganda strives to convince; in The Death of Klinghoffer, all attempts at persuasion are futile. The creators don’t just field two teams, but a collection of characters who inhabit separate worlds and sing past each other, unable to listen or learn. Molqi and the Swiss Grandmother shout past each other, the hijacker called Rambo swaps jeers and lectures with Klinghoffer, and the captain tries to save his passengers by drawing the pensive terrorist Mamoud into conversation. Nothing works, which is what makes it a tragedy.

Taruskin and others have focused on Mamoud’s nocturnal aria on the bridge. Musing and philosophical, he turns the short-wave dial and reflects on the songs that go scudding above the waves. The vocal line is warm and pliant, the orchestra a surface as phosphorescent as the sea. He unburdens himself to the captain: his suffering mother, his dead brother, the refugee camps. Touched, the captain responds in the same intimate murmur: “I think if you could talk like this sitting among your enemies, peace would come.” The terrorist’s aria, its tenderness and sophistication, raises the captain’s hope that Mamoud understands the sanctity of life, even though he has said he welcomes death. But it’s a bluff. Mamoud snaps that a negotiated peace would kill both him and hope. Then this terrorist, who only moments before was beguiling the captain with his soft, sung words, negates the possibility of talk with an Old Testament reference: “My speech is slow and rough,” he says. “Esau cannot argue.” Which is to say: He can, but he’d rather kill.

When the opera first opened, in 1991, many critics winced at the rhetorical and musical imbalance between the Palestinians, who delivered orotund abstractions, and the Jews, who chattered about trivia. It seemed as though Adams and Goodman were setting up a contest between freedom fighters and bourgeois materialists. (Most of the discussion focused on a scene in a New Jersey living room that has since been deleted and that I never saw.) But Newsday’s critic Peter Goodman pointed out that the differences mirrored the way each group saw itself: the Jews as unassuming but complicated people, appreciative of everyday pleasures and close, if fractious, families; the Palestinians as fearsome actors on a historical stage. “Are we to see the opera’s Jews — and by extension, all Americans — as wrong just because they bicker over trivialities?” Goodman asked. “Are Palestinians to be considered right because they are single-mindedly seeking revenge?” The opera captures the disjunction that has become depressingly familiar but no less horrifying in the 30 years since the Achille Lauro hijacking, the clash of the death wish with the cultivation of a peaceable life. There are grounds for disliking the opera, including its view of history, but to claim that it pits noble terrorists against nattering Jews is to listen with one ear closed.

The opera’s pivotal confrontation between humanism and barbarity comes roughly halfway through. When we finally hear from the title character, it’s in the form of a righteous lecture. “I’ve never been a violent man … but somebody’s got to tell you the truth,” Klinghoffer sings to the impetuous goon Rambo. The orchestra insists that we believe him. Timpani hammer out a series of falling octaves, triggering a solemn brass chorale and a cascade of running pizzicati. The mixture of march and flow, of plucked notes and sustained tones, and the tolling of open fifths give the aria its urgent nobility. “We’re human. We are the kind of people you like to kill” — these lines are a brave reproach from an ordinary man in mortal danger, with no weapon but his moral compass. The aria unnerves his tormentor, who spits out hate-filled clichés in jerky rhythms, while a spatter of plucked dissonances and jittery percussion illustrates his state of mind. Rambo is a caricature, a genuine opera villain. A synthesizer whines nasally like a noodling kazoo. He is not even lucid enough to be a fanatic. A disembodied choir, presumably inside his head, echoes his words (“Kneel! Beg!”) in syncopated interjections, muddying his speech into a psychotic soliloquy. When he’s done, and the synth’s obstinate loop runs out of juice, Klinghoffer is still there, still sane, still human. He uses the minutes he has left to console his wife in a few lilting phrases, gentle as a lullaby. The Palestinians boarded the ship proclaiming the glory of martyrdom, yet they wind up shuffling toward ignominious arrest, while the Jew from New Jersey, Leon Klinghoffer, meets the fate they claimed to want for themselves. As I listen to the final chord shimmering into silence, I wonder at the fresh waves of fury the score created, and whether the various factions will have any more success communicating than their armed counterparts fighting over biblical lands.

*This article appears in the September 22, 2014 issue of New York Magazine.

Voir par ailleurs:

L’islam modéré n’existe pas

Jean-François Revel

(extrait de l’Obsession anti-américaine, 2002)

Les deux mois qui ont suivi le déclenchement de la guerre islamo-terroriste contre la démocratie en général et les Etats-Unis en particulier auront été un banc d’essai fort intéressant et révélateur, puisque l’on a vu s’exacerber au cours de cette période les phobies et les mensonges de l’anti-américanisme traditionnel et du néototalitarisme.

Le plus épais de ces mensonges consiste, de la part des musulmans, à justifier l’islamo-terroriste en attribuant à l’Amérique une hostilité ancienne et générale à leur encontre. Or, dans le passé lointain ou proche, les Etats-Unis ont sans comparaison possible beaucoup moins nui aux pays musulmans que le Royaume-Uni, la France ou la Russie. Ces puissances européennes les ont souvent conquis, occupés, voire opprimés pendant des dizaines d’années et parfois plus d’un siècle. Les Américains n’ont en revanche jamais colonisé de pays musulman. Ils ne sont pas davantage hostiles à l’Islam en tant que tel aujourd’hui. Tout au contraire, leurs interventions en Somalie, en Bosnie, au Kosovo, de même que leurs pressions sur le gouvernement macédonien ont eu ou ont pour objet de défendre des minorités islamiques. J’ai rappelé plus haut qu’ils ne sont pas non plus la cause historique de l’émergence d’Israël, due à l’antisémitisme des Européens. La coalition de vingt-huit pays à laquelle ils ont fourni l’essentiel de sa force militaire contre l’armée irakienne en 1991 ne visait pas Saddam Hussein en tant que musulman, elle le visait en tant qu’agresseur. Cette coalition fut d’ailleurs formée à la demande de l’Arabie Séoudite, inquiète de la menace que représentait pour elle et pour tous les émirats le dictateur de Bagdad. On peut donc souligner qu’en l’occurence les Etats-Unis et leurs alliés ont défendu, là encore, un petit pays musulman, puisque l’Irak est en théorie laïc et puisque Saddam massacre volontiers à l’arme chimique les chiites du sud de son pays et les Kurdes du nord, eux aussi musulmans. Il est donc curieux que les musulmans américanophobes ne voient aucun inconvénient à ce que l’Irak, dont la population est majoritairement musulmane, attaque d’autres musulmans, l’Iran d’abord en 1981, puis le Koweït en 1990, selon les procédés de l’impérialisme belliciste le plus primitif. Aussi bien, en Algérie, depuis 1990, ce sont des musulmans qui massacrent d’autres musulmans. Combien il est étrange que les prétendus défenseurs des peuples musulmans n’en soient nullement scandalisés !
Les musulmans pourraient aussi éventuellement se rappeler qu’en 1956 ce sont les Etats-Unis qui ont arrêté l’offensive militaire anglo-franco-israélienne contre l’Egypte, dite « expédition de Suez ».

Un deuxième mensonge a été cultivé après le 11 septembre 2001, c’est le mythe d’un islam tolérant et modéré. Ce mythe est partagé en deux volets. Le premier relève de l’histoire des religions et de l’exégèse des textes sacrés. C’est l’affirmation selon laquelle le Coran enseignerait la tolérance et ne contiendrait aucun verset autorisant la violence l’usage de la violence contre les non-musulmans ou contre les apostats. Malheureusement, cette légende lénifiante ne résiste pas au plus sommaire examen du Livre saint de l’islam, qui fourmille, au contraire, de passages faisant obligation aux croyants d’exterminer les infidèles. Dans les discussions à ce sujet, ravivées de plus belle après les attentats, de nombreux commentateurs rappelèrent cette vérité, en citant force versets l’illustrant et la démontrant sans contestation possible. Je citerai, entre autress, le livre de Jacques Rollet, Religion et Politique (1) ou encore l’article de Ibn Warraq, « L’Islam, une idéologie totalitaire » (2). Ibn Warraq est un Indo-Pakistanais, auteur d’un livre retentissant intitulé Pourquoi je ne suis pas musulman (3). Depuis la publication de son livre, il doit vivre caché (comme, depuis 1989, Salman Rushdie, l’auteur des Versets sataniques, ou la Bangladaise Taslima Nasreen, qui osa protester, en 1993, contre la condition des femmes en pays d’islam). Repéré, Ibn Warraq se ferait abattre par ses infiniments tolérants ex-coreligionnaires. Il transcrit un chapelet édifiant de sourates coraniques, par exemple celle-ci (sourate IV, verset 76): « Tuez les idolâtres partout ou vous les trouverez. » C’est d’ailleurs le pieux devoir que n’ont pas manqué d’accomplir les bons musulmans barbus qui, le dimanche 28 octobre 2001, à Bahawalpur, au Pakistan, firent irruption avec des mitraillettes dans un temple protestant où se déroulait l’office, tuèrent le pasteur et seize fidèles (quatre enfants, sept femmes et cinq hommes) auxquels s’ajoutèrent plusieurs dizaines de blessés graes, dont une fillette de deux ans. Il y a, noyés permis cent quarante millions de musulmans, environ deux milions de chrétiens pakistanais, catholiques ou protestants, qui ne peuvent évidemment être, ni de près ni de loin, fautifs des méfaits que les fous d’Allah imputent à l’Occident. C’est donc bien et uniquement en qualité d’infidèles que ces victimes innocentes ont été assassinées. D’ailleurs, Ben Laden venait de lancer le mot d’ordre: « Tuez les chrétiens !  » Il a été entendu. Peu après, il a tourné sa prunelle meurtrière contre Kofi Annan, le secrétaire général de l’ONU, qualifié par lui de « criminel ». A propos de « victimes innocentes », il ne m’est pas revenu que la gauche européenne ait versé beaucoup de pleurs sur ces chrétiens pakistanais.

Ce qui dicte la vision du monde des musulmans, c’est que l’humanité entière doit respecter les impératifs de leur religion, alors qu’ils ne doivent eux-mêmes aucun respect aux religions des autres, puisqu’ils deviendraient alors des renégats méritant l’exécution immédiate. La « tolérance » musulmane est à sens unique. Elle est celle que les musulmans exigent pour eux seuls et qu’ils ne déploient jamais envers les autres. Soucieux de se montrer tolérant, le pape a autorisé, encouragé même, l’édification d’une mosquée à Rome, ville où est enterré Saint Pierre. Mais il ne saurait être question de contruire une église à La Mecque, ni nulle part en Arabie Saoudite, sous peine de profaner la terre de Mahomet. En octobre 2001, des voix islamiques, mais aussi occidentales, ne cessèrent d’inviter l’Administration américaine à suspendre les opérations militaires en Afghanistan durant le mois du ramadan, qui allait commencer à la mi-novembre. Guerre ou pas guerre, la décence – disaient les bien-intentionnés – impose certains égards pour les fêtes religieuses de tous. Belle maxime, sauf que les musulmans s’en tiennent pour les seuls exemptés. En 1973, l’Egypte n’a pas hésité à attaquer Israël le jour même du Kippour, la plus importante fête religieuse juive, guerre qui est restée dans l’histoire précisément sous l’appellation la « guerre du Kippour ».

Le deuxième volet du mythe de l’islam tolérant consiste à soutenir hautement que le gros des populations musulmanes désapprouve le terrorisme, et au premier rang l’immense majorité des musulmans résidents ou citoyens des pays démocratiques d’Europe ou d’Amérique. Les muphtis ou recteurs des principales mosquées en Occident se sont fait une spécialité de ces assurances suaves. Après chaque déferlement d’attentats meurtriers, par exemple en France en 1986 et en 1995, ou après la fatwa ordonnant de tuer Salman Rushdie en 1989 ou Taslima Nasreen en 1993 pour « blasphème », ils n’ont pas leurs pareils pour garantir que les communautés religieuses dont ils ont la charge spirituelle sont foncièrement modérées. Dans les milieux politiques et médiatiques, on leur emboîte avec empressement le pas, tant la crainte nous étrangle de passer pour racistes en constatant simplement les faits. Comme le dit encore Ibn Warraq, « la lâcheté des Occidentaux m’effraie autant que les islamistes (4). »

Ainsi, le quotidien Le Parisien-Aujourd’hui, dans son numéro du 12 septembre 2001, publie un reportage sur l’atmosphère de liesse qui a régné durant toute la soirée du 11 dans le XVIIIe arrondissement de Paris, où vit une importante communauté musulmane. « Ben Laden, il va tous vous niquer ! On a commencé par l’Amérique, après ce sera la France. » Tel était le type de propos « modérés » adressés aux passants dont le faciès semblait indiquer qu’ils n’étaient pas maghrébins. Ou encore : « Je vais faire la fête ce soir car je ne vois pas ces actes [les attentats de New York et de Washington] comme une entreprise criminelle. C’est un acte héroïque. Ca va donner une leçon aux Etats-Unis. Vous, les Français, on va tous vous faire sauter. » Ce reportage du Parisien n’a eu d’équivalent dans aucun autre organe de la presse écrite et fut passé sous silence par la quasi-totalité des médias. En tout cas, auditeur assidu, chaque matin, des diverses revues de presse radiophoniques, je ne l’ai entendu mentionner dans aucune d’entre elles, sauf erreur, ce 12 septembre.

Malgré l’imprécision des statistiques, on considère que la population vivant en France compte entre quatre et cinq millions de musulmans. C’est la communauté musulmane la plus nombreuse d’Europe, suivie, loin derrière, par celles d’Allemagne et de Grande-Bretagne. Si « l’immense majorité » de ces musulmans était modérée, comme le prétendent les muphtis et leurs suiveurs médiatico-politiques, il me semble que cela se verrait un peu plus. Par exemple, après les bombes de 1986 puis de 1995, à Paris, qui tuèrent plusieurs dizaines de Français et en blessèrent bien davantage, il aurait bien pu se trouver, sur quatre millions et demi de musulmans, dont une bonne part avait la nationalité française, quelques milliers de « modérés » pour organiser une manifestation et défiler de la République à la Bastille ou sur la Canebière. Nul n’en a jamais vu l’ombre.

En Espagne, des manifestations rassemblant jusqu’à cent mille personnes ont souvent eu lieu en 2001 pour honnir les assassins de l’ETA militaire. Elles se sont déroulées non seulement dans l’ensemble du pays, mais au Pays basque même, où les manifestants pouvaient craindre des représailles, quoique les partisans des terroristes y fussent effectivement très minoritaires, comme l’ont encore prouvé les élections régionales de novembre 2000.

Si, au rebours, les musulmans modérés en France osent si peu se manifester, la raison n’en serait-elle pas qu’ils savent que ce sont eux les minoritaires au sein de leur communauté et non les extrémistes ? Voilà pourquoi ils sont modérés… avec modération. Il en va de même en Grande-Bretagne, où l’on vit, en 1989, les musulmans, pour la plupart d’origine pakistanaise, se déchaîner pour hurler à la mort contre Salman Rushdie, mais où l’on ne vit aucun d’entre eux protester contre ces cris barbares. Après le 11 septembre, tel porte-parole qualifié des musulmans britanniques, El Misri, définit les attentats contre les World Trade Center comme des actes de « légitime défense ». Tel autre, Omar Bakri Mohammed, lança une fatwa ordonnant de tuer le président du Pakistan, coupable d’avoir pris positionent en faveur de George Bush contre Ben Laden (5). Chacun a eu beau tendre l’oreille, personne n’a entendu la moindre foule « modérée » islamo-britannique protester dans les rues contre ces appels au meurtre, parcqu’il n’en existe aucune, pas plus qu’il n’y a de foule « modérée » islamo-française. La notion que « l’immense majorité » des musulmans fixés en Europe serait modérée se révèle n’être qu’un rêve, ce qui fut mis spectaculairement en lumière durant les deux mois qui suivirent les attentats contre les Etats-Unis.

1. Grasset, 2001. Voir les propos de cet auteur dans Le Point du 21 septembre 2001, n°1514.
2. Marianne, 24 septembre 2001.
3. L’Âge d’homme, 1999.
4. Le Figaro Magazine, 6 octobre 2001. Qu’on me permette de renvoyer sur ce point à mon livre Le Regain démocratique, op.cit., chapitre XIIe: « Démocratie islamique ou islamo-terrorisme ?  »
5. Voir « Londres, les forcenés de l’Islam », Le Point, 2 novembre 2001, n° 1520.

Voir encore:

Alexis de Tocqueville
Tyrannie de la Majorité

extrait de
De la Démocratie en Amérique, vol I
(Deuxième Partie : Chapitre VII)

(1835)
Note

Un écrit magistral sur la tyrannie et le servilisme que la démocratie (c’est-à-dire la tyrannie de la majorité) entraîne partout et auprès de tout le monde.

Je regarde comme impie et détestable cette maxime, qu’en matière de gouvernement la majorité d’un peuple a le droit de tout faire, et pourtant je place dans les volontés de la majorité l’origine de tous les pouvoirs. Suis-je en contradiction avec moi-même?Il existe une loi générale qui a été faite ou du moins adoptée, non pas seulement par la majorité de tel ou tel peuple, mais par la majorité de tous les hommes. Cette loi, c’est la justice.
La justice forme donc la borne du droit de chaque peuple.
Une nation est comme un jury chargé de représenter la société universelle et d’appliquer la justice qui est sa loi. Le jury, qui représente la société, doit-il avoir plus de puissance que la société elle-même dont il applique les lois?

Quand donc je refuse d’obéir à une loi injuste, je ne dénie point à la majorité le droit de commander; j’en appelle seulement de la souveraineté du peuple à la souveraineté du genre humain. Il y a des gens qui n’ont pas craint de dire qu’un peuple, dans les objets qui n’intéressaient que lui-même, ne pouvait sortir entièrement des limites de la justice et de la raison, et qu’ainsi on ne devait pas craindre de donner tout pouvoir à la majorité qui le représente. Mais c’est là un langage d’esclave.

Qu’est-ce donc une majorité prise collectivement sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraire à un autre individu qu’on nomme la minorité? Or, si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité? Les hommes, en se réunissant, ont-ils changé de caractère? Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts?

Pour moi je ne le saurais le croire; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs.

Ce n’est pas que, pour conserver la liberté, je crois qu’on puisse mélanger plusieurs principes dans un même gouvernement, de manière à les opposer réellement l’un à l’autre.
Le gouvernement qu’on appelle mixte m’a toujours semblé une chimère. Il n’y a pas, à vrai dire, de gouvernement mixte (dans le sens qu’on donne a ce mot), parce que, dans chaque société, on finit par découvrir un principe d’action qui domine tous les autres.

L’Angleterre du dernier siècle, qu’on a particulièrement citée comme exemple de ces sortes de gouvernements, était un État essentiellement aristocratique, bien qu’il se trouvât dans son sein de grands éléments de démocratie; car les lois et les moeurs y étaient ainsi établies que l’aristocratie devait toujours, à la longue, y prédominer et diriger à sa volonté les affaires publiques.

L’erreur est venue de ce que, voyant sans cesse les intérêts des grands aux prises avec ceux du peuple, on n’a songé qu’à la lutte, au lieu de faire attention au résultat de cette lutte, qui était le point important. Quand une société en vient à avoir réellement un gouvernement mixte, c’est-à-dire également partagé entre des principes contraires, elle entre en révolution ou elle se dissout.

Je pense donc qu’il faut toujours placer quelque part un pouvoir social supérieur à tous les autres, mais je crois la liberté en péril lorsque ce pouvoir ne trouve devant lui aucun obstacle qui puisse retenir sa marche et lui donner le temps de se modérer lui-même.

La toute-puissance me semble en soi une chose mauvaise et dangereuse. Son exercice me parait au-dessus des forces de l’homme, quel qu’il soit, et je ne vois que Dieu qui puisse sans danger être tout-puissant, parce que sa sagesse et sa justice sont toujours égales à son pouvoir.

II n’y a pas donc sur la terre d’autorité si respectable en elle-même, ou revêtue d’un droit si sacré, que je voulusse laisser agir sans contrôle et dominer sans obstacles. Lors donc que je vois accorder le droit et la faculté de tout faire à une puissance quelconque, qu’on appelle peuple ou roi, démocratie ou aristocratie, qu’on l’exerce dans une monarchie ou dans une république, je dis: là est le germe de la tyrannie, et je cherche à aller vivre sous d’autre lois.

Ce que je reproche le plus au gouvernement démocratique, tel qu’on l’a organisé aux Etats-Unis, ce n’est pas, comme beaucoup de gens le prétendent en Europe, sa faiblesse, mais au contraire sa force irrésistible. Et ce qui me répugne le plus en Amérique, ce n’est pas l’extrême liberté qui y règne, c’est le peu de garantie qu’on y trouve contre la tyrannie.

2 commentaires pour Relativisme: Ne pas distinguer entre terrorisme et résistance participe d’une anomie lexicale générale (Where nothing is unspeakable, nothing is undoable)

  1. […] Le langage comme ordre propre de l’humain s’inscrit dans le réel et le transforme. Il constitue l’un des points par lequel se situe le rattachement du pôle de la subjectivité à la collectivité. Ce que Freud a établi cliniquement… Il agit comme un opérateur, détermine les compréhensions du monde en ce que le monde est découpé par les possibilités du langage. La pensée n’est pas seulement exprimée par les mots, elle vient à l’existence à travers les mots. Ne pas distinguer entre terrorisme et résistance participe d’une anomie lexicale générale, destructrice des aptitudes à penser, conditions de l’autonomie et de la liberté. Une telle anomie est conséquence et vecteur d’une «carence éthique», comme on dit «carence affective». Elle habille de surcroît de la légitimité déclarative de «résistance» une réalité terroriste. Les confondre, c’est se faire affidé d’une terreur mortifère dans une déshérence complaisante, et saper le sens de l’esprit de résistance ; c’est disqualifier son éthique pratique par l’assimilation inclusive de pratiques terroristes. Et, du même coup, saborder le droit de résistance dans la civilisation, et la civilisation de ce droit. Gérard Rabinovitch […]

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