France: Face à la France des rentes sociales, François Hollande finira-t-il balayé du pouvoir comme Louis XVI ? (From Louis XVI to Hollande: Stuck with no way forward, and an atavistic wing trying to pull it backward)

https://i1.wp.com/www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2013/09/Hollande-Louis-XVI-majest%C3%A9-258x300.pngLa taxe à 75%, c’est Cuba sans le soleil! Emmanuel Macron
François Hollande aujourd’hui, il est enfermé à l’Elysée. Il fait penser à qui ? Vous savez, en 1789, Louis XVI, enfermé à Versailles, il faisait de l’horlogerie. François Hollande aujourd’hui est enfermé à l’Elysée. Je ne sais pas s’il fait de l’horlogerie, je ne sais pas très bien ce qu’il fait, il est en séminaire avec lui-même et il ne veut pas écouter. Nathalie Kosciusko-Morizet
Avec cette feuille de route, François Hollande s’inspire très explicitement du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder. Au début des années 2000, le dirigeant allemand avait lancé son fameux « Agenda 2010 », un programme de réformes radicales du marché du travail et de la protection sociale, avec pour objectif une amélioration de la compétitivité du pays. Avec un chômage en baisse et une croissance qui résiste mieux qu’ailleurs, l’Allemagne tire aujourd’hui les bénéfices de cette stratégie. Comme Schröder, Hollande veut donc rendre le marché du travail français « plus souple », tout en renforçant la sécurité des salariés. Il préconise, pour alléger le coût du travail, une réduction des charges qui pèsent sur les salaires. Et il demande aux partenaires sociaux d’imaginer, d’ici à la fin de l’année, des solutions qui soient « gagnant-gagnant ». Le chef de l’Etat est, en effet, convaincu que, pour faire accepter des réformes radicales, il faut qu’elles soient justes et consensuelles, qu’elles aient fait l’objet d’une réelle concertation. Compte tenu de « la gravité exceptionnelle de la crise » (selon sa formule à Châlons-en-Champagne), l’agenda aurait mérité plus de clarté. Il ne saurait être une parenthèse. Courageux sur le plan budgétaire – l’austérité annoncée est assumée -, le président l’est moins s’agissant de ces réformes-là. Schröder avait imposé à son pays des mesures impopulaires. Il avait tranché, personnellement. Il en a payé le prix politique. Trois ans après le lancement de son « Agenda », il était sanctionné par les urnes. François Hollande a pour sa part cinq ans et tous les pouvoirs, ou presque. Le redressement de la compétitivité française passe par de profondes réformes. Il les a esquissées. A lui de les clarifier et de les mettre en oeuvre. Avec fermeté. N’est pas Schröder qui veut. Le Monde (2012)
C’est une aimable approximation que de comparer l’agenda 2014 improvisé par le président français à l’Agenda 2010 qui fut mis en oeuvre – avec quel succès ! -, au cours de la dernière décennie, par l’ex-chancelier allemand Gherard Schröder. Hormis le fait que l’un et l’autre témoignent de la louable subordination des politiques sociales-démocrates à l’impérative résorption des déficits, ces deux agendas n’ont encore de commun que le nom. L’initiative française diffère de l’illustre référence germanique tant par les objectifs affichés que par la méthode retenue. Lancé en 2003, avec 3,7 % de déficit public, l’Agenda 2010 participait d’une stratégie méditée de croissance à long terme. Typiquement allemande, elle misait, pour surmonter des chocs fussent-ils conjoncturels, sur la réforme des structures de l’économie et de la société. Des réformes toutes dédiées à la santé financière des entreprises : indemnisation des chômeurs revue à la baisse, allongement du temps de travail… La moindre de ces réformes ne fut pas, comme le relevait au printemps une note de la fondation Robert Schuman, de mieux lier les rémunérations à la productivité. Ce n’était pas l’austérité pour l’austérité, mais l’austérité pour la compétitivité. (…) A contrario, la stratégie budgétaire est claire : elle repose sur le levier fiscal. (…) Taxer plus plutôt qu’économiser plus : c’est le contraire de la pratique allemande, laquelle consiste depuis dix ans à réduire les budgets publics pour alléger la pression fiscale. On peut certes faire crédit à François Hollande de sa volonté de tailler dans les dépenses de l’Etat. Mais pour que les économies annoncées ne se résument pas à de purs arbitrages budgétaires, encore faudrait-il avoir quelques réformes structurelles de l’Etat providence à présenter. Ce n’est pas encore le cas. Le 31 mai, Gherard Schröder, lui-même, relevait dans la France de François Hollande « un manque de volonté de mettre en place des réformes structurelles ». Et il insistait sur le « temps » nécessaire au redressement… Les Echos (2012)
François Hollande n’a pas d’autre solution que de mettre en oeuvre avec la plus grande énergie la politique qu’il estime la plus pertinente pour la France. S’agissant à l’évidence d’une politique de rigueur budgétaire, le FMI vient encore de le rappeler, il ne pourra la conduire sans annoncer qu’il ne se représentera pas à la prochaine élection présidentielle. Seule cette disposition lui permettra de faire face en toute sérénité aux difficultés qu’il rencontrera inévitablement avec une politique de réduction des déficits. François Hollande deviendrait alors ipso facto le Président le plus détesté de la 5e République, mais aussi celui qui a su mettre la France au-dessus de ses contingences personnelles, avec comme référence le général de Gaulle à droite et Pierre Mendès France à gauche. Mieux qu’un rebond hypothétique et si la réussite est au bout, il rentrerait alors à jamais dans l’Histoire. Gérard Pancrazi
Ce consultant financier féru d’histoire souligne d’abord le rôle central du Parlement dans le processus de la réforme en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie aussi. En France, il en va autrement. Tout procède du chef de l’Etat. « L’ordre public tout entier émane de moi », disait Louis XV en 1766. « L’autorité indivisible de l’Etat est confiée tout entière au président par le peuple qui l’a élu », lui fait écho Charles de Gaulle en 1964. Aucun de ses successeurs à l’Elysée, normal ou non, n’a remis en question cette conception. Sous la Ve République, la France est devenue, selon Alain Fabre, une « monarchie républicaine élective limitée », la limitation venant du Parlement, qui borne l’exécutif sans participer réellement à son action. Comme au XVIIIe siècle, le pouvoir est bloqué. « Capable d’améliorations de détail efficaces et même humaines, l’Ancien Régime était tout à fait incapable d’une réforme profonde », estimait l’historien Pierre Goubert dans un jugement d’une étonnante actualité. Et le blocage a la même racine : la base politique qui soutient le régime. Sous l’Ancien Régime, l’Eglise et la noblesse finançaient le roi, qui, en échange, préservait leurs rentes. Et aujourd’hui ? La thèse de Fabre va faire bondir : « A l’âge démocratique, la France n’est pas le pays qui a aboli les privilèges mais celui qui les a rendus possibles à tous. » Et de préciser en note de bas de page (c’est une manie !) que « la France des rentes sociales représente 66 % des suffrages exprimés » : fonctionnaires, professions libérales protégées par des ordres professionnels, retraités, chômeurs et même syndicats ! Les uns votent plutôt à gauche, d’autres à droite. La coalition naturelle en France est celle du statu quo, et non celle du mouvement espérée par Hubert Védrine. La Ve République, tout comme l’Ancien Régime, n’est apte « ni à pouvoir ni à vouloir entreprendre les réformes dont l’objet serait précisément la remise en cause des rentes sociales ». Sans aller jusqu’à perdre la tête, François Hollande, ou son successeur, finira-t-il balayé du pouvoir comme Louis XVI ? Jean-Marc Vittori

Attention: un Louis XVI peut en cacher un autre !

A l’heure où, après avoir perdu l’Irak et avant de perdre l’Afghanistan, le plus indécis président américain que les Etats-Unis et le monde ont probablement jamais connu se cache  à nouveau derrière une coalition pour réagir enfin face à la montée du péril djihadiste …

Et où, coincée entre une gauche plus archaïque que jamais (« Cuba sans le soleil ») et le charlatanisme tout aussi dépassé de son extrême-droite et malgré un encourageant mais tardif début de clarification …

La France d’un François Hollande au zénith de l’impopularité continue à refuser l’obstacle devant l’urgence de la réforme …

Comment avec nombre de commentateurs y compris anglo-saxons

Ne pas voir les parallèles avec la France pré-révolutionnaire d’un certain Louis XVI …

Où, prisonnière d’un éxécutif tout-puissant et faute d’un parlement réellement actif, une société se voit interdite toute réforme profonde …

Par une coalition du statu quo qui, à l’instar de l’Eglise et de la noblesse qui finançaient le roi sous l’Ancien Régime …

Regroupe, entre fonctionnaires, professions libérales protégées par des ordres professionnels, retraités, chômeurs et même syndicats, une véritable coalition de rentiers sociaux ?

A moins, comme le suggère un commentateur et l’évoquaient déjà il y a deux ans Le Monde ou Les Echos que perdu pour perdu et  calvaire pour calvaire le recordman toutes catégories de l’impopularité ne se décide enfin à « sortir par le haut » en une sorte de « sacrifice fly » bien connu des joueurs de baseball …

Comme une sorte de Schröder français, il aurait été le président le plus détesté de l’histoire mais au moins pour une bonne cause:

Imposer à un pays qui les refuse depuis toujours les réformes structurelles dont elle a tant besoin et par lesquelles sont passées depuis plus de vingt ans aussi bien la Suède que le Canada ou la Nouvelle-Zélande ?

De Louis XVI à François Hollande, le même blocage
Jean-Marc Vittori
Les Echos
04/03/2014

La France se cabre devant la réforme. L’ancien ministre Hubert Védrine rêve d’une coalition du changement. Mais l’expert Alain Fabre souligne que la base du pouvoir est hostile à la réforme… comme sous Louis XVI.

C’était en fin de dîner. Comme souvent, la discussion avait roulé sur la politique française et ses tribulations. Kerstin, une amie allemande qui vit en France depuis quinze ans, s’étonna : « Mais enfin, comment se fait-il qu’il soit si difficile chez vous de réformer ? » C’était évidemment une excellente question : dans un monde qui va de plus en plus vite, qui est de plus en plus ouvert, la France devra retrouver de la souplesse, au niveau de l’Etat, comme sur son marché du travail. Les éclairages de l’immobilisme se multiplièrent. Le plus vieil Etat du monde, devenu fossile. L’incapacité à se faire confiance. La révolution, seul moyen de faire sauter les blocages. Les hommes providentiels et leurs impulsions, d’Henri IV à Charles de Gaulle. Une France pas encore assez malade pour en venir à ces extrémités. Mais était-ce la faute au saint-joseph ? Tout cela n’était guère structuré, et Kerstin ne semblait pas très convaincue.

Comme par un fait exprès, non pas un mais deux livres arrivèrent le lendemain matin au courrier, donnant chacun un autre éclairage. Le premier vient d’Hubert Védrine (1). Comme cela arrive parfois, celui qui passa près de quinze ans au coeur de la machine à décider qu’est l’Elysée, aux côtés du président socialiste François Mitterrand, commence par émettre une hypothèse essentielle dans une note de bas de page : la France, vieux pays catholique « où la Contre-Réforme a triomphé de la Reforme, voit la « réforme » comme une hérésie dont il est légitime de se prémunir ». Le terme même de « réforme » a d’ailleurs une connotation péjorative en français : un cheval « mis à la réforme », un soldat « réformé » par incapacité. L’ancien ministre des Affaires étrangères démolit l’un des arguments que nous avions avancés, se moquant des professeurs de sciences politiques qui « ont rabâché que les Français préféraient la révolution à la réforme, les extrêmes, les intermédiaires et tous les intérêts corporatistes se liguant, en excitant les peurs des populations, pour que rien ne change ». Mais, en même temps, il admet que « notre système, tel qu’il est devenu, est défavorable au changement, ce dernier supposant soit une autorité supérieure, très forte, soit de pouvoir bâtir un consensus réformateur ».

En bon démocrate, Hubert Védrine rêve de ce consensus. Il prône une coalition où « les jeux partisans seraient mis entre parenthèses pour un temps bref et dans un but précis ». Mais il ne dit pas comment forger ce consensus, qui bute sur un scrutin majoritaire poussant à l’affrontement. Védrine donne toutefois un exemple : la LOLF, ou loi d’orientation des finances publiques, votée en 2001 à la quasi-unanimité. Sauf que ce nouveau cadre budgétaire, où la dépense publique devait s’inscrire dans une logique d’efficacité, a échoué. Didier Migaud et Alain Lambert, les deux parlementaires qui avaient porté le projet, estimaient par exemple que la réduction du nombre de ministres et de leurs conseillers était une condition essentielle de la réussite !

Pour comprendre le blocage français, il faut donc aller plus loin, en recourant à l’économie politique. C’est ce que propose Alain Fabre dans « Sociétal » (2), une ancienne revue trimestrielle sur les enjeux de société devenue livre annuel. Parmi la trentaine d’articles, on a tout de suite été attiré par le titre de sa contribution : « Le Pacte absolutiste français : réforme impossible, rémission improbable ». Ce consultant financier féru d’histoire souligne d’abord le rôle central du Parlement dans le processus de la réforme en Allemagne, au Royaume-Uni, en Italie aussi. En France, il en va autrement. Tout procède du chef de l’Etat. « L’ordre public tout entier émane de moi », disait Louis XV en 1766. « L’autorité indivisible de l’Etat est confiée tout entière au président par le peuple qui l’a élu », lui fait écho Charles de Gaulle en 1964. Aucun de ses successeurs à l’Elysée, normal ou non, n’a remis en question cette conception. Sous la Ve République, la France est devenue, selon Alain Fabre, une « monarchie républicaine élective limitée », la limitation venant du Parlement, qui borne l’exécutif sans participer réellement à son action.

Comme au XVIIIe siècle, le pouvoir est bloqué. « Capable d’améliorations de détail efficaces et même humaines, l’Ancien Régime était tout à fait incapable d’une réforme profonde », estimait l’historien Pierre Goubert dans un jugement d’une étonnante actualité. Et le blocage a la même racine : la base politique qui soutient le régime. Sous l’Ancien Régime, l’Eglise et la noblesse finançaient le roi, qui, en échange, préservait leurs rentes. Et aujourd’hui ? La thèse de Fabre va faire bondir : « A l’âge démocratique, la France n’est pas le pays qui a aboli les privilèges mais celui qui les a rendus possibles à tous. » Et de préciser en note de bas de page (c’est une manie !) que « la France des rentes sociales représente 66 % des suffrages exprimés » : fonctionnaires, professions libérales protégées par des ordres professionnels, retraités, chômeurs et même syndicats ! Les uns votent plutôt à gauche, d’autres à droite. La coalition naturelle en France est celle du statu quo, et non celle du mouvement espérée par Hubert Védrine. La Ve République, tout comme l’Ancien Régime, n’est apte « ni à pouvoir ni à vouloir entreprendre les réformes dont l’objet serait précisément la remise en cause des rentes sociales ». Sans aller jusqu’à perdre la tête, François Hollande, ou son successeur, finira-t-il balayé du pouvoir comme Louis XVI ? Kerstin n’a pas fini d’être étonnée.

@jmvittori
(1) « La France au défi », Fayard.(2) « Sociétal 2014 » : « France : la fin du déni ? », Eyrolles.

Voir aussi:

French Malaise, From Louis XVI to Hollande
An irresolute leader, a state crippled by debt and a public angered by economic woes. Sound familiar
Jonathan Fenby
WSJ
Sept. 10, 2014

A country with a deeply unpopular leader who can recognize the need for change but is hostage to the status quo forces around him. A soggy, debt-burdened economy outpaced by its principal neighbor. A disaffected population, scandals and character assassinations of those in high places.

The France of today? Yes. But also the France of the late 1780s before the sparks ignited, leading to the storming of the Bastille and the Revolution. Consider the parallels.

Louis XVI was irresolute, one moment following the advice of reformist ministers, the next falling back into the embrace of nobles fearful of losing their privileges. That sentence can be rewritten with « President François Hollande,  » « Prime Minister Manuel Valls  » and « the beneficiaries of the entitlement system France cannot afford and the significant rump of the Socialist Party that is allied with them » in place of the main nouns.

The state was crippled by debt—then as a result of spending to back the rebels against British rule in America, today as the result of excessive expenditure at a time of low growth. Now Germany puts France in the shade, despite its own challenges; then it was the neighbor across the Channel.

The prerevolutionary discontent was fueled by economic woes in the shape of bad harvests, rising food prices and the resulting economic squeeze. Today it stretches from persistently high unemployment to tension over immigration feeding in to a national malaise laced with real anger at the failure of politicians over three decades to manage the country better.

Scandals and accusation of hypocrisy in high places persist. The unflattering allegations about Mr. Hollande in the newly released book by the his former partner, Valérie Trierweiler, hardly rank with the libelous pamphlets about Marie-Antoinette. But they come after three decades of drip-feed revelations of bad behavior at the top, and are catching the imaginations of a public already disillusioned with Mr. Hollande’s economic failures.

Misdeeds of an official nature are just as bad as those in private. Following shortly after the embarrassing resignation last year of a budget minister who had a secret bank account in Switzerland, a junior minister who castigated tax exiles has just stepped down after only nine days in office for having been less than frank in his own fiscal declarations.

Only the quality of opposition-thinking today makes for a contrast from the France of 1789, and not for the better. The French of that day had Voltaire and Diderot. The Frenchman of today has Marine Le Pen of the far-right National Front, whose opinion poll rankings are double those of Mr. Hollande’s 13%.

At his press conference at the North Atlantic Treaty Organization summit on Friday, the man once known as President Normal was grim-faced and heavy-voiced as he pledged to continue his mandate to 2017, despite his unprecedented unpopularity. But, shocked as he may be by the depths to which he has plunged himself by his incoherent, wishful policies, it is hard to see a route to salvation.

Mr. Hollande’s promise at his election in 2012 to bring France together and reignite the economy has fallen badly flat. Growth this year is officially forecast at 0.5%. Unemployment remains stubbornly high. No president has ever had approval ratings so low, while the « Hollande drag » has halved the initially high-riding Mr. Valls’s approval to 30%. Like the hapless Louis XVI who blundered his way to the guillotine, Mr. Hollande seems somebody to keep clear of if you have an ambition to survive.

So does a new 1789 loom? No, and therein lies the big problem for France. Nobody wants to take charge except, possibly, for two people. One is Ms. Le Pen, who has softened the edges of her father’s bully-boy persona, but whose snake-oil policy proposals offer merely a knee-jerk reaction against current causes of discontent. The other is former economy minister Arnaud Montebourg, who would institute his own brand of specious protectionist, Socialism-in-one-country magic—backed, no doubt, by the demagogic Left Party that takes in the relics of the once-powerful Communist Party and was able to edge into double digits at the first round of the 2012 presidential poll.

There are no other options, no De Gaulle figure waiting in the wings. For all the supply-side hopes he raised before getting to the Élysée in 2007, Nicolas Sarkozy failed as president but has enough support to block others on the mainstream right. The left is deeply divided, as was evident at Socialist Party’s recent conference in La Rochelle.

So France is stuck with no way forward, and an atavistic wing trying to pull it backward. Therein may lie the biggest threat to the euro zone. The bond vigilantes have been kind to France. How long will that last when markets wake up? Louis XVI did not attract many investors in 1788. What price Mr. Hollande’s France in 2015?

Mr. Fenby is author of « France on the Brink » (SkyHorse, 2014).

Voir également:

France’s government
Adieu, Cuba à la française
By getting rid of its leftists, François Hollande has created a more cohesive government. But the president’s job will still be hard
Aug 30th 2014
PARIS

THE return to work after the summer break, known in France as la rentrée, is always a time of uncertainty and change. But nobody expected such a political upheaval. On August 25th the entire government was forced to resign after simmering disagreements over economic policy under President François Hollande erupted into the open. This prompted the eviction of anti-austerity ministers, and the formation of a fresh government under the same reformist prime minister, Manuel Valls. The upshot is greater clarity over economic policy, but more political uncertainty over putting it into effect.

The turmoil began when Arnaud Montebourg, the firebrand left-wing industry minister, lashed out at the government’s economic policy in a newspaper interview and then at a political rally. Amid bottles of burgundy and plates of local chicken at a fête in his old constituency, Mr Montebourg denounced austerity. It was a “financial absurdity” and an “economic aberration”, he declared, and France should not be “aligning itself with the obsessions of the German right”.

Mr Montebourg, who has a taste for theatrics, has seldom been shy about voicing disagreements with his ministerial colleagues. But this outburst was a step too far for Mr Valls. After discussion with Mr Hollande, the prime minister handed in the government’s resignation, evicting at a sweep both Mr Montebourg and two other ministers—Benoît Hamon at education and Aurélie Filippetti at culture—who supported him.

Mr Valls’s new government, unveiled on August 26th, left most of the senior ministers in place, including Michel Sapin at finance, Laurent Fabius at the foreign ministry and Jean-Yves Le Drian at defence. But there was one surprise, as encouraging as it was symbolic: Mr Montebourg was replaced by Emmanuel Macron, a former investment banker and economic adviser at the Elysée. A centre-left moderate, Mr Macron saw his mission under Mr Hollande as steering the Socialists towards a more business-friendly, less ideological stance. When Mr Hollande promised during his 2012 election campaign to slap on a 75% top income-tax rate, a dismayed Mr Macron muttered: “It’s Cuba, without the sun!”

Mr Macron’s appointment follows others in recent months that hint at a takeover by moderate social democrats at the expense of left-wing Socialists. Jean-Pierre Jouyet, a former Europe minister under Nicolas Sarkozy, the centre-right ex-president, is now Mr Hollande’s chief of staff. Laurence Boone, formerly an economist at Bank of America Merrill Lynch, has become his economic adviser. Jean Pisani-Ferry, a pragmatic economist, is in charge of long-term economic strategy.

The upshot should be less muddle over French economic policy. Never one to choose clarity over ambiguity if he could avoid it, Mr Hollande has presided since 2012 over a zigzagging economic policy, first raising taxes and vowing to punish the rich and put an end to austerity, then trying to lower taxes, curb public spending and support business instead. Now, says one French investment banker, there is a single coherent line: a “dramatic change”. On August 27th Mr Valls received a standing ovation after making a markedly pro-business speech at the summer school of Medef, the French employers’ federation.

The trouble, however, is that such clarity may come at the price of even more political obstructions to Mr Valls. From the viewpoint of the French left, his new team represents a betrayal of the policies that they thought they had elected Mr Hollande to enact. Laurent Baumel, a Socialist deputy and one of a group of left-wing rebels, called Mr Macron’s appointment “a derisory provocation”. Pierre Laurent, head of the Communist Party, dismissed the entire new government as “right-wing”.

So Mr Valls faces a perilous period. The first test will be the 2015 budget, containing some €21 billion of savings, which is due to go to parliament before October 7th. Already, Mr Valls has had to face down a group of Socialist rebels who abstained in recent parliamentary votes. The Greens have refused to take any part in Mr Valls’s government. And his own poll ratings, until recently as high as Mr Hollande’s were dismally low, have begun to tumble. In August Mr Valls lost nine points in one month, falling to 36%, according to Ifop, a pollster (see chart).

In the short run, it is unlikely that any of the Socialist rebels will vote against the government, and thus provoke an election that would put their own seats at risk, and probably bring the centre-right back into power. But they can still make Mr Valls’s life difficult by sniping from the sidelines. It is the cue for a battle for ideas on the French left in the run-up to the 2017 presidential election.

With an eye on a challenge himself, Mr Montebourg will continue to defy the government over austerity. The French economy stagnated in both the first and second quarters of this year, investment has dried up, the construction industry is at a standstill and the number of unemployed rose again in July, to almost 3.5m. With his usual panache, Mr Montebourg declared after his ousting that austerity was sinking France—and that both America’s Barack Obama and the IMF’s Christine Lagarde agreed with him.

At the euro zone level, he has a point. Yet in France, the trouble has not been too much German-imposed austerity through spending cuts, of which there have been almost none, but too many tax increases, a collapse of confidence, rigid labour markets and bad policies, such as new rent-control rules brought in by Mr Hollande, which have choked the building industry.

In truth, France has let its budget-deficit targets slip, easing fiscal consolidation. Mr Sapin has already said that the target of 3.8% of GDP for 2014 will not be met. The best hope for Mr Valls will be to secure more time to get to 3%, which France was meant to reach by 2015, by stressing the reform-minded nature of his new government. “By reassuring its European partners on reforms, we think it will be easier for Paris to obtain further leeway on fiscal issues,” argues Gilles Moëc, chief European economist at Deutsche Bank.

With a political rebellion on his left at home, and the ever-present National Front on the far right, Mr Valls will need all the support he can muster in Brussels and Berlin—however sceptical they may be about France’s habitual inability to honour its previous promises.

Voir encore:

French politics
Rocard’s return
The former prime minister’s ideas are making a comeback
Sep 6th 2014
PARIS

The left wing of the French Socialist Party was still reeling this week after the shock eviction of Arnaud Montebourg, a populist industry minister, and his replacement by Emmanuel Macron, a former investment banker. François Hollande, after all, was elected Socialist president in 2012 declaring that his main “adversary” was “the world of finance”. Yet on August 31st, in a defiant speech to party members in the port of La Rochelle, Manuel Valls, his prime minister, made no apology, reasserting the government’s more pro-business line.

The most important shift taking place within the government, however, may not be the appointment of a single new young minister. It is rather the closet takeover by social democrats linked to Michel Rocard, France’s prime minister from 1988 to 1991.

Mr Valls himself is the spiritual son of Mr Rocard, and got his first government job serving as the former prime minister’s parliamentary attaché. In his book “Pouvoir” (Power) Mr Valls writes admiringly of Mr Rocard, citing “the force of his intelligence and the frankness of his words”. These fired Mr Valls’s political imagination as a teenager and secured his loyalty for the next 15 years, as Mr Rocard, then a rising star of the left, tried but failed to impose his centre-left thinking on the Socialist Party as an alternative to the socialism of François Mitterrand.

Rocardiens have been installed in all corners. Mr Valls’s current political adviser, Yves Colmou, is one, having also served on Mr Rocard’s political staff. So did Sylvie Hubac, who now runs Mr Hollande’s staff at the Elysée Palace. Bernard Cazeneuve, Mr Valls’s interior minister, got his first job as an adviser of a member of Mr Rocard’s government. Mr Macron is a close friend of Mr Rocard and invited him to his wedding.

At the same time, those on the party’s left have been sidelined. Two other left-wing ministers were thrown out along with Mr Montebourg. Their departure was preceded by that of Aquilino Morelle, a confidant of Mr Montebourg and a presidential adviser, after a scandal involving the shining of lots of pairs of Mr Morelle’s posh leather shoes at the Elysée palace.

“The Rocardiens have clearly won the day,” notes another ex-member of Mr Rocard’s prime-ministerial cabinet. Mr Valls, who insists that the left must make peace with business, is now partly unpicking a rent-control law passed by his predecessor. Mr Macron has hinted at loosening rules governing the 35-hour working week; Mr Cazeneuve has urged common-sense immigration control, echoing Mr Rocard in 1989. As if all this were not suggestive enough, there is a further link: one of the former prime minister’s sons, Loïc Rocard, now works in Mr Valls’s cabinet.

Voir de plus:

François Hollande est-il un nouveau Louis XVI ?
Division interne, calculs partisans, manque d’autorité… François Hollande, à force de gérer la France comme un parti politique risque fort de se confronter à la dure expérience qu’a vécu Louis XVI en son temps.

Atlantico

le 23 Octobre 2012

De Louis XVI, les Français ont gardé le souvenir, au demeurant injuste, d’un bon Roi victime des événements, maltraité par l’Histoire, emporté par une inéluctable Révolution. Et l’historiographie marxiste, qui conteste le rôle des hommes et croit à l’inéluctabilité des grands conflits historiques, a nourri cette perspective finalement indulgente pour le dernier des Capet. Le mythe de la révolution bourgeoise est au fond un hommage posthume rendu au monarque, comme s’il avait été le jouet de l’Histoire malgré lui.

La réalité était tout autre : Louis XVI n’avait guère de bienveillance pour son peuple, mais il avait vu juste sur un certain nombre de réformes à entreprendre : réduire les pensions versées aux nobles, réformer la fiscalité et la géographie administrative, réformer la bureaucratie.

Le mouvement des physiocrates qui le talonnait en avait fait son fond politique : les sujets majeurs de l’Ancien Régime s’appelaient réforme fiscale, réforme de l’État et crise de la dette.

Ce qui manquait à Louis XVI, c’était l’esprit de décision: quand il entrevoyait une réforme nécessaire, il faisait un pas vers elle, et tout de suite la somme de difficultés à affronter pour parvenir à ses fins le faisait reculer.
Cette indécision, qui résonnait dans l’esprit des Français comme le signal de la faiblesse, eut raison de notre monarchie décadente. Ainsi, en convoquant les États Généraux le 1er mai 1789, Louis XVI eut l’intuition géniale que seule une consultation large permettrait de surmonter les résistances à une réforme fiscale, indispensable pour financer la dette. Mais, dans son souci de ne pas aller trop loin, il voulut placer ces États sous l’autorité de la noblesse qui ne représentait plus rien. Lorsque le Tiers État, lors de la fameuse séance du Jeu de Paume, refusa ce principe, Louis XVI céda.

Quelques jours plus tard, il rassembla des troupes loyalistes autour de Paris pour reprendre la situation en main. Mais le peuple prit la Bastille pour s’armer, et Louis XVI recula à nouveau. La monarchie se désagrégea peu à peu, à force d’atermoiements et d’indécision.

Comment ne pas voir que la France de François Hollande se promet aux mêmes affres ? François Hollande élu sur le principe d’une renégociation du traité budgétaire ? Quelques semaines suffisent à enterrer l’idée.

François Hollande élu sur la promesse d’une réforme fiscale majeure ? La loi de finances se limite à créer une contribution exceptionnelle pour quelques centaines de ménage, et le reste est oublié. Avait-il juré qu’une loi sur les licenciements boursiers protégerait les salariés contre des patrons voyous ? Il ne reste plus qu’Arnaud Montebourg pour défendre une forteresse fantôme où les futurs chômeurs vérifient jour après jour l’abandon dans lequel le gouvernement les laisse.

L’affaire du rapport Gallois constitue, de ce point de vue, une sorte de zénith dans la dénégation, le reniement, la velléité faite gouvernance.

Lors de la conférence sociale de juillet, le gouvernement avait annoncé un grand chantier sur la réforme du financement de la sécurité sociale. Le projet avait du sens. Dans un premier temps, les experts documentaient les différentes pistes possibles. Parallèlement, Louis Gallois devait établir la cohérence d’un transfert de cotisations vers l’impôt pour diminuer le coût du travail. Rappelons clairement que cette concomitance n’a jamais fait de doute, puisque le document de synthèse de cette conférence présentait la remise de ce rapport comme un préalable à la concertation qui devait rassembler, au premier trimestre 2013, les partenaires sociaux sur l’avenir du financement de la sécurité sociale.

Voir de même:

François Hollande: le syndrome de Louis XVI

Johann Elbory

Mediapart

24 juin 2013

Au lendemain des résultats de l’élection législative partielle de Villeneuve-sur-Lot, les réactions de l’ensemble des dirigeants politiques, en premier lieu de ceux du Parti socialiste, mettent en lumière leur incapacité à offrir des débouchés concrets à la crise systémique que connaît notre pays et, plus largement, l’ensemble de l’Europe. Il est en effet évident que les principaux partis de pouvoir se trouvent dans l’impossibilité totale d’incarner une quelconque forme d’alternative. Dans le contexte actuel d’austérité, la grande majorité de la population perd ainsi peu à peu son enthousiasme pour un régime où le pouvoir est alternativement incarné par une droite et une gauche qui, au final, applique des politiques fondamentalement identiques. La recherche d’un véritable changement politique entraîne alors une nouvelle polarisation à la gauche de la gauche et à la droite de la droite. En France, cette polarisation radicale est incarnée par les deux seules forces politiques qui semblent actuellement avoir une dynamique assez forte : le Front national et le Front de gauche. Il est évident que la bataille décisive du processus historique que nous connaissons opposera, au final, ces deux forces. Reste à déterminer laquelle de ces deux alternatives remportera ce duel.

Les partis majoritaires, premiers responsables de la crise et de ses conséquences, rendus impopulaires par leur politique antisociale et antidémocratique sont, quant à eux, destinés à la disparition. Si, en France, ce processus n’en est qu’à ses débuts, nous pouvons observer que dans certains pays où la décomposition du système est plus avancé que chez nous, l’hégémonie passée de ces organisations est déjà passablement fissurée lorsqu’elle n’a pas totalement disparu comme c’est le cas du PASOK en Grèce. Celui-ci est crédité, en cas d’élection, d’environ 6% des voix, ce qui n’est pas génialissime pour une organisation qui était au pouvoir il y a encore moins de deux ans…

Ces prévisions n’ont rien de prophétiques ni d’exagérées. Elles s’appuient sur des faits concrets indéniables. Nous avons d’ailleurs encore eu la preuve de l’amorce de cette tendance durant les derniers jours. Pourtant, il semblerait que les tenants du système politique actuel n’aient pas exactement saisi le degrés de gravité de la situation, ni la fragilité exponentielle de leur pouvoir…

Bien sûr, si nos dirigeants mènent actuellement cette politique, c’est avant tout parce que celle-ci répond aux impératifs économiques des capitalistes. L’austérité est une règle qui sert en effet à remplir les poches de ceux que l’on appelle désormais les « banksters ». Cependant, certaines de leurs décisions semblent être en contradiction totale avec leur propre conservation du pouvoir. Et ils n’ont pas vraiment l’air d’en prendre conscience…

La politique d’austérité que mène le Parti socialiste en France ne fait qu’accélérer le processus de désintégration de celui-ci. A chacune de ses mesures, Hollande s’éloigne de ceux qui l’ont élu, mettant en danger son gouvernement, son parti, et l’avenir de sa propre personne. Les résultats de toutes les législatives partielles ayant eu lieu cette année le prouvent : le PS est sur une très mauvaise pente. Sa réforme des retraites en cours devrait d’ailleurs l’achever.

Mais alors pensez-vous, quel intérêt personnel ont-il à continuer dans ce sens ? Certes ils défendent leurs intérêts de classe, mais pourquoi s’acharnent-ils à détruire leurs intérêts propres ? Pourquoi ne voient-ils pas les risques qui menacent notre pays s’ils continuent cette politique ? Nos dirigeants seraient-ils, en réalité, de parfaits abrutis ?

Lorsqu’on lit les discours récents du PS, on a pourtant l’impression que tout va bien. Que c’est une mauvaise passe et que tout va s’arranger. Que l’idiot utile du capitalisme qu’est le Front national va rester une force d’appoint des deux grands partis de gouvernement, et que tout va rentrer dans l’ordre très bientôt. Il suffit de voir le mépris des dirigeants socialistes vis à vis des avertissements du Front de gauche pour se rendre compte que quelque chose ne tourne pas rond. Et pourtant, il semblerait que Hollande et ses amis soient honnêtes dans leur bêtise. Ils ne se foutent pas de nous, ils comprennent juste rien à ce qu’ils font ! Inutile dès lors d’essayer de les convaincre, ils sont, par leurs analyses faussées, définitivement à coté de la plaque.

Le syndrome Louis XVI

Les socialistes français, à l’image des autres dirigeants européens, sont touchés par le syndrome de Louis XVI.

La chute de Louis XVI, puis son exécution, font partie d’un processus de suicide politique du roi qui commence dès le début de son règne. Dès son avènement, Louis XVI est confronté à un malaise social grandissant dans le pays. Convaincu de sa profonde légitimité, et de l’aspect immuable de sa personne, il n’a jamais rien fait pour endiguer la montée révolutionnaire. Pire, il a même passé son temps à jeter de l’huile sur le feu, persuadé d’être à l’abri de tout. Il finira même par convoquer des États généraux, dont le but est, rappelons le, de donner la parole au peuple, alors même que ce dernier est clairement en opposition avec sa politique générale, ce qui n’est pas très finot…

Après la Révolution, il ne fera rien pour arranger son cas. Alors que sa personne est encore respectée par les révolutionnaires, qu’il reste le roi, et que l’instauration d’une monarchie parlementaire semble encore être une solution politique probable, lui et sa crétine de femme passent leur temps à comploter contre la Révolution avec les autres noblesses européennes. Ils finissent même par s’enfuir pour tenter de prendre la tête des troupes réunies à l’Est dans le but d’abattre la Révolution. Ayant déclenché la colère générale contre leurs personnes le couple va, comme nous le savons tous, très mal finir.

Louis XVI avait le même rapport avec le pouvoir que les dirigeants socialistes français. Faisant partie d’une classe ayant le pouvoir depuis presque toujours, dans un système existant depuis presque toujours, il a cru bon de penser que tout cela était naturel et immuable, et que même si l’ensemble du peuple venait à réclamer sa tête, il ne se passerait rien. Il n’a cessé de considérer la Révolution comme une mauvaise passe dont il allait se tirer tout seul à la Rambo, et qui finirait en aventure épique à raconter pour amuser la galerie lors des rencontres avec les autres cours européennes… Sauf que ça a foiré.

François Hollande, c’est le Louis XVI d’aujourd’hui. La situation du pays est catastrophique, sa cote de popularité est au plus bas, son échec est complet, mais pour lui tout va bien. Sa classe sociale est au pouvoir depuis très longtemps, le régime n’a pas été renversé depuis des décennies… Donc c’est bon ! Le pire qu’il puisse lui arriver c’est de perdre les élections de 2017, mais c’est pas très grave. Comme la droite ne fera pas mieux, le PS retrouvera son pouvoir en 2022 ! Peut être même avec lui…

Pourtant, cette fois-ci, il y a peu de chances que ça se produise ainsi. Le PS ne survivra pas à cette politique. La Vème République elle même ne pourra y survivre bien longtemps… Le peuple gronde et, poussé par le ras-le-bol des politiques d’austérité, envisage de plus en plus de foutre le régime par terre. Hollande et les autres ne s’en rendent pas compte et, comme leurs semblables du Siècle des Lumières, continuent d’en rajouter une louche dès qu’ils peuvent, convaincus que rien ni personne ne viendra jamais les menacer…

Espérons juste à François Hollande de mieux finir que Louis XVI !

Voir aussi:

Louis XVI et François Hollande, vrai ou faux parallèle ?
Publié le 29 septembre 2013 dans Politique
On entend souvent comparés François Hollande et Louis XVI, pour leur immobilisme et consensualisme. Une comparaison bien peu adaptée pourtant.

P-A. Berryer

Contrepoints

29 septembre 2013

On retrouve souvent cette comparaison d’un François Hollande qui se retrouve comparé au malheureux Louis XVI afin de souligner son immobilisme, sa nullité et son consensualisme mou. La démarche est pourtant maladroite car l’Histoire est une maîtresse exigeante et ne se complaît pas dans les faux rapprochements.

Le premier reproche que l’on fait souvent à notre cher Grand Leader est son immobilisme, son incapacité à faire des réformes. La comparaison avec Louis XVI vient de l’impression que ce roi a laissé, celui d’un monarque incapable de réformer le royaume, conduisant inévitablement au drame de la Révolution française. Pourtant rien n’est plus faux. Louis XVI accède au pouvoir en 1774 et jusqu’en 1789 il essaya de réformer son royaume. Ce n’est pas anodin que son premier principal ministre fut Turgot, figure éminente de l’École française d’Économie (il a publié ses Réflexions sur la formation et la distribution des richesses en 1766, dix ans avant Adam Smith qui lui doit beaucoup). Par la suite, avec Necker, Calonne et Brienne il a tenté de réformer la France, ces dernières tentatives se brisant sur les résistances de la société d’Ancien Régime (bien plus à même de résister à l’oppression que nos sociétés modernes).

Louis XVI était un réformateur, un vrai, on ne peut en dire autant de François II de Hollande. Quelle grande réforme a-t-il fait jusqu’à présent ? Aucune. L’essentiel de ses mesures a été de défaire ce que son prédécesseur avait fait. Cela ressemble plus à de la mesquinerie de l’élève médiocre envers le premier de la classe (c’est pour l’image, n’y voyez pas une apologie du prédécesseur). Peut-on qualifier le mariage gay de grande réforme ? Pas vraiment, c’était plus un moyen de faire détourner les yeux de sujets plus brûlants (ô la jolie dette, ô le beau déficit, au revoir crédibilité internationale). Il a préféré briser la société civile que de réformer l’État-gabegie afin de satisfaire une extrême minorité de son électorat qui ne serait pas allée voir ailleurs de toute façon. Bref, on a là un lâche qui joue les stratèges de salon mais pour ce qui est des réformes il préfère taper sur les faibles (famille, auto-entrepreneurs, start-up, etc).

Une des raisons de l’échec de Louis XVI vient de la société d’Ancien Régime et son extraordinaire capacité de résistance doublée d’un profond conservatisme. Les corps sociaux se sont arc-boutés sur leurs privilèges et ont tout fait pour empêcher les réformes. Le rôle du Roi de France est d’être « source de Justice », c’est-à-dire rendre à chacun le sien, il est le garant de l’harmonie de la société. Louis XVI était conscient de son rôle et violer les corps sociaux pour imposer les réformes nécessaires n’était pas une option pour lui. Il était, avec son ministre, seul contre tous, sa Cour et même sa femme se sont opposées à ses réformes. Il a vraiment goûté à cette solitude du pouvoir.

Notre François Le Mou, lui, ne vit pas vraiment la même chose. Il y a un gouffre entre la Cour aristocratique de Louis XVI et le grand raout servile qui accompagne Hollande. On a vu ces grands messieurs (et dames, ne soyons pas sexistes) du PS se rallier au surprenant vainqueur. Ce grand bourgeois de Fabius (eh oui les socialistes sont rarement prolos, on se demande pourquoi… l’analyse vaut également pour les dirigeants communistes) qui, après l’avoir traité de « fraise des bois » se retrouve Ministre des Affaires Étrangères ! On se rallie à qui mieux mieux pour servir le Prince et recevoir ses prébendes. Certes on rue parfois dans les brancards mais on s’incline plus bas que terre. Quant à l’opposition de la société civile on s’assoie dessus ou on la gaze, c’est selon l’humeur du moment.

Ne soyons pas assassins de l’Histoire et gardons nous de faire des comparaisons trop faciles. D’une certaine manière Louis XVI a été bien plus libéral que François Hollande, il a refusé d’abuser de son pouvoir même pour une bonne cause, il n’est pas sûr que notre actuel chef de l’État ait les mêmes scrupules…

Voir par ailleurs:

Hollande: voyage au bout de l’enfer

Eric Mandonnet et Marcelo Wesfreid

L’Express

10/09/2014

Ce n’est plus un quinquennat, c’est un calvaire. Autant que l’action du président, la personnalité de François Hollande attire maintenant des critiques assassines. La situation devient grave, les menaces pèsent sur le système politique tout entier.

C’est jour de séisme. Le 2 septembre surgit une information sensationnelle : dans quelques heures, Valérie Trierweiler publie un livre sur sa vie avec François Hollande. Impassible, celui-ci inaugure un collège en Seine-Saint-Denis. Au terme de son allocution, il taquine Najat Vallaud-Belkacem en lui glissant à l’oreille : « Ne pleure pas, ne pleure pas ! » La ministre de l’Education nationale a reçu un hommage appuyé de Manuel Valls, trois jours plus tôt, à La Rochelle, suivi d’une ovation des militants socialistes. Certains ont cru déceler des larmes sur son visage. « Pas du tout ! Mais je ne l’ai pas fait la dernière fois non plus », chuchote-t-elle au chef de l’Etat. On ne pleure pas chez François Hollande. Si on rit, parfois, souvent, c’est juste pour s’échapper.

Un président déshumanisé, qui tiendrait à distance respectable toute forme de lucidité depuis qu’il est entré à l’Elysée. Un chef de l’Etat convaincu que l’enfer, c’est les autres. Un peu comme ses prédécesseurs, François Hollande se pense, se voit, se vit au-dessus des autres. En toute impunité, à l’abri de la réalité. Hillary Clinton candidate à la présidentielle américaine, après son mari? « Grotesque ! » Seuls Ségolène Royal et lui pouvaient se succéder dans la quête du pouvoir suprême.

« De l’indifférence à la haine »

Le livre de Valérie Trierweiler (Merci pour ce moment, éd. les Arènes) aurait pu être uniquement perçu comme un long numéro de Closer. Or le public s’en saisit comme s’il s’agissait d’un bulletin de vote, les files d’attente devant les points de vente sont là pour l’ouverture de la chasse. La chasse à Hollande. « C’est le moment, dans ce quinquennat, où l’on passe du rejet politique au rejet personnel, s’alarme un conseiller ministériel. Et ce rejet est violent ; d’un coup on passe de l’indifférence à l’égard de l’homme Hollande à la haine. » Devant ses visiteurs, Nicolas Sarkozy assène : « Jusqu’où est-il descendu! On n’a jamais vu un tel niveau d’abaissement de la fonction présidentielle. »

La gravité de l’instant n’échappe pas au principal concerné. « Il fallait réagir politiquement aux propos sur les sansdents, cette attaque était mortelle, pointe un ami de François Hollande. Comme cet homme est tout sauf méprisant, il a trouvé les mots qu’il fallait pendant sa conférence de presse [le 5 septembre], il a réussi à montrer son humanité profonde. La balle est passée à côté. »

Cette rentrée est une sortie du chemin. Hors des sentiers battus s’ouvre l’inconnu. « Jacques Chirac disait que les merdes volent en escadrille. Je la trouve un peu grosse, l’escadrille… » confiait un ministre parmi les intimes du président, juste avant que l’escadrille ne se renforce encore, avec l’arrivée d’un nouvel élément : l’affaire Thomas Thévenoud, un élu qui réussit à sortir de l’anonymat en même temps que du gouvernement, rattrapé par la patrouille, en l’occurrence la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.

« Y a-t-il un fond? »

Alors que les mauvais chiffres économiques suffiraient à noircir le moral se succèdent un psychodrame gouvernemental, la provocation de Christiane Taubira à La Rochelle, les sifflets de certains militants socialistes entendant des gros mots comme « Hollande » ou « entreprises », et puis le livre, et puis le ministre qui ne paie pas ses impôts. « Pas digne », convient un conseiller du président.

Comment persuader le pays que le redressement est en cours quand la situation vous échappe à ce point ? « Avant l’été, nous nous sommes vus à plusieurs reprises, avec le chef de l’Etat et le Premier ministre, raconte le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone. Nous nous disions que nous devions mieux réussir la rentrée et ne pas faire les mêmes erreurs que l’année dernière. On n’a pas fait comme l’année dernière… » Un ténor de la majorité ose la question : « Y a-t-il un fond ? »

A ce point de décomposition, on ne sait plus ce qui est déraison, ce qui est dérision. Le 3 septembre, le service de presse de la présidence s’interroge, car le prince Albert de Monaco vient de prendre sa part au Ice Bucket Challenge et de poster une vidéo : « I would like to nominate President François Hollande in France to accept this challenge. » Il est décidé à ne pas en rajouter : la coupe est pleine depuis les trombes d’eau de l’île de Sein.

Nouveau record d’impopularité

Le même jour, l’Elysée reçoit une autre douche froide, une étude de TNS Sofres en plusieurs points historiques. Parce que le chef de l’Etat y établit, comme chaque semaine, un nouveau record d’impopularité tous présidents confondus, mais aussi parce que deux chiffres laissent songeurs ses collaborateurs : 3% des sondés jugent que les choses vont en s’améliorant en France, contre 85% qui pensent l’inverse. Et aucun parti ne dépasse les 30% de bonnes opinions. Aussi le pari pris par François Hollande de se blottir derrière les institutions pour se sauver est-il audacieux. Le respect n’est plus de saison. C’est la représentation politique tout entière qui vacille.

Le président a « une immense qualité », oui, et c’est Valérie Trierweiler qui l’écrit : « Regarder d’abord devant et ne jamais s’attarder sur ce qui est fait. » Son Premier ministre, Manuel Valls, avoue, en privé, être habité par une « sérénité triste », certain d’avoir tiré la sonnette d’alarme bien avant 2012, en exhortant son camp à mener sa révolution culturelle. Lui n’a plus qu’un objectif, s’il n’est pas déjà trop tard : convaincre le pays qu’avec Hollande, c’est du sérieux.

Voir également:

« François Hollande ou l’impossible rebond »
Gérard Pancrazi

Quelle que soit la suite des événements politiques, François Hollande est voué à devenir le Président le plus détesté de la cinquième République. Démonstration par notre contributeur Gérard Pancrazi.

L’Express

08/09/2014
Au début de son mandat, François Hollande a donné l’impression qu’il cherchait plus à temporiser, qu’à rentrer véritablement dans la partie. Gagner du temps, calmer le jeu, telle a été sa stratégie, convaincu semble-t-il que la crise était liée à l’un de ces cycles économiques qui ont traversé régulièrement notre pays au cours de son histoire et qu’elle était sur le point de s’achever.

Il en était si persuadé, qu’il avait pris le risque d’annoncer une inversion de la courbe du chômage pour la fin de l’année 2013 et une reprise de la croissance pour 2014.

Mais le balancier restera bloqué et il lui a fallu reconnaitre que la crise était bien structurelle. Sa résolution aura lieu avec Bruxelles et sa solution dépendra avant tout de la bonne santé des entreprises, certainement pas de leur confrontation avec les travailleurs.

D’où la nomination de Manuel Valls à Matignon et corrélativement l’éviction d’Arnaud Montebourg qui suivit.

Le changement que François Hollande avait annoncé dans sa campagne ne sera donc pas au rendez- vous, les Français lui en tiennent rigueur, ils le lui manifestent à chaque échéance électorale.

Les sondages vont confirmer un rejet de plus en plus important de sa politique. Le président en est arrivé à devoir désormais se protéger. Il va se « replier » sur l’international et sur le secteur consensuel des évènements mémoriels et des inaugurations. L’affaire Gayet est loin. Il s’agit de travailler sur la personnalité du Président, le père de la nation, au-dessus de la mêlée et laisser le Premier ministre en première ligne prendre les coups.

Seule solution: la rigueur budgétaire
Au moment où cette stratégie s’est mise en place, dans un contexte des plus difficiles, son ancienne compagne a sorti un brûlot visant à le détruire. François Hollande n’avait certainement pas besoin de cela. Certains commentateurs ont alors parlé de démission, tandis que d’autres ont assuré que c’en était fini pour lui. Un sondage IFOP-JDD publié dimanche 7 septembre va dans ce sens: pour 85% des français, François Hollande ne doit pas se représenter.

Mais on sait qu’en politique, rien n’est jamais acquis ni perdu et on rappelle à cet égard les 3% que pesait François Hollande, à deux ans de l’élection présidentielle. En présence d’une situation qui ne connait pas de précédent, la question se pose tout naturellement de savoir si le président peut rebondir.

Président le plus détesté de la 5ème République

François Hollande n’a pas d’autre solution que de mettre en oeuvre avec la plus grande énergie la politique qu’il estime la plus pertinente pour la France. S’agissant à l’évidence d’une politique de rigueur budgétaire, le FMI vient encore de le rappeler, il ne pourra la conduire sans annoncer qu’il ne se représentera pas à la prochaine élection présidentielle.

Seule cette disposition lui permettra de faire face en toute sérénité aux difficultés qu’il rencontrera inévitablement avec une politique de réduction des déficits. François Hollande deviendrait alors ipso facto le Président le plus détesté de la 5e République, mais aussi celui qui a su mettre la France au-dessus de ses contingences personnelles, avec comme référence le général de Gaulle à droite et Pierre Mendès France à gauche.

Mieux qu’un rebond hypothétique et si la réussite est au bout, il rentrerait alors à jamais dans l’Histoire.

 Voir enfin:

L’agenda 2014 : n’est pas Schröder qui veut
Erik Izraelewicz, directeur du Monde

Le Monde

10.09.2012
Un cap, un capitaine, un agenda. Face aux impatiences, voire aux inquiétudes, qui montent dans le pays, François Hollande a tenté, dimanche soir sur TF1, de reprendre la main. Comme dans la campagne, le chef de l’Etat continue à s’inspirer de François Mitterrand : il a expliqué aux Français que face aux difficultés du moment, il fallait « donner du temps au temps ».

Mais il amorce une évolution de style qui n’est pas sans rappeler Nicolas Sarkozy. « J’accélère », a-t-il répondu, ferme et déterminé, à Claire Chazal, en se présentant comme « un président de combat » et en multipliant les annonces – sur la croissance révisée à la baisse, sur l’austérité budgétaire, sur le gel du barème de l’impôt sur le revenu… Le « je » présidentiel a remplacé le « nous » de la campagne.

Il y a donc un cap : les Français vivront mieux en 2017 qu’en 2012. Il y a un capitaine : le président de la République, ni « roi fainéant » ni « hyperprésident ». Il y a surtout un agenda : réforme du marché du travail dès 2013, inversion de la courbe du chômage dans un an, redressement des comptes publics d’ici à 2014, construction ensuite d’une « société solidaire ».

Avec cette feuille de route, François Hollande s’inspire très explicitement du chancelier social-démocrate Gerhard Schröder. Au début des années 2000, le dirigeant allemand avait lancé son fameux « Agenda 2010 », un programme de réformes radicales du marché du travail et de la protection sociale, avec pour objectif une amélioration de la compétitivité du pays. Avec un chômage en baisse et une croissance qui résiste mieux qu’ailleurs, l’Allemagne tire aujourd’hui les bénéfices de cette stratégie.

Comme Schröder, Hollande veut donc rendre le marché du travail français « plus souple », tout en renforçant la sécurité des salariés. Il préconise, pour alléger le coût du travail, une réduction des charges qui pèsent sur les salaires. Et il demande aux partenaires sociaux d’imaginer, d’ici à la fin de l’année, des solutions qui soient « gagnant-gagnant ».

Le chef de l’Etat est, en effet, convaincu que, pour faire accepter des réformes radicales, il faut qu’elles soient justes et consensuelles, qu’elles aient fait l’objet d’une réelle concertation. Compte tenu de « la gravité exceptionnelle de la crise » (selon sa formule à Châlons-en-Champagne), l’agenda aurait mérité plus de clarté. Il ne saurait être une parenthèse.

Courageux sur le plan budgétaire – l’austérité annoncée est assumée -, le président l’est moins s’agissant de ces réformes-là. Schröder avait imposé à son pays des mesures impopulaires. Il avait tranché, personnellement. Il en a payé le prix politique. Trois ans après le lancement de son « Agenda », il était sanctionné par les urnes.

François Hollande a pour sa part cinq ans et tous les pouvoirs, ou presque. Le redressement de la compétitivité française passe par de profondes réformes. Il les a esquissées. A lui de les clarifier et de les mettre en oeuvre. Avec fermeté. N’est pas Schröder qui veut.
Erik Izraelewicz, directeur du Monde

Voir enfin:

Problème d’agenda
Les Echos

11/09/2012

C’est une aimable approximation que de comparer l’agenda 2014 improvisé par le président français à l’Agenda 2010 qui fut mis en oeuvre – avec quel succès ! -, au cours de la dernière décennie, par l’ex-chancelier allemand Gherard Schröder. Hormis le fait que l’un et l’autre témoignent de la louable subordination des politiques sociales-démocrates à l’impérative résorption des déficits, ces deux agendas n’ont encore de commun que le nom. L’initiative française diffère de l’illustre référence germanique tant par les objectifs affichés que par la méthode retenue.

Lancé en 2003, avec 3,7 % de déficit public, l’Agenda 2010 participait d’une stratégie méditée de croissance à long terme. Typiquement allemande, elle misait, pour surmonter des chocs fussent-ils conjoncturels, sur la réforme des structures de l’économie et de la société. Des réformes toutes dédiées à la santé financière des entreprises : indemnisation des chômeurs revue à la baisse, allongement du temps de travail… La moindre de ces réformes ne fut pas, comme le relevait au printemps une note de la fondation Robert Schuman, de mieux lier les rémunérations à la productivité. Ce n’était pas l’austérité pour l’austérité, mais l’austérité pour la compétitivité. Rien de tel n’émerge du discours tenu dimanche soir par François Hollande.

Sans le dire, l’exécutif invite bien les partenaires sociaux à négocier des éléments de flexibilité de l’emploi en même temps que de nouvelles garanties pour les salariés. Mais cela ne suffit pas à définir une politique de compétitivité. On cherche en vain une stratégie économique, quelle qu’elle soit. A contrario, la stratégie budgétaire est claire : elle repose sur le levier fiscal. Avec, au menu 2013, 20 milliards d’euros d’impôts en plus et 10 milliards seulement d’économies théoriques dans les dépenses de l’Etat, l’agenda 2014 s’éloigne un peu plus de l’Agenda 2010. Taxer plus plutôt qu’économiser plus : c’est le contraire de la pratique allemande, laquelle consiste depuis dix ans à réduire les budgets publics pour alléger la pression fiscale.

On peut certes faire crédit à François Hollande de sa volonté de tailler dans les dépenses de l’Etat. Mais pour que les économies annoncées ne se résument pas à de purs arbitrages budgétaires, encore faudrait-il avoir quelques réformes structurelles de l’Etat providence à présenter. Ce n’est pas encore le cas. Le 31 mai, Gherard Schröder, lui-même, relevait dans la France de François Hollande « un manque de volonté de mettre en place des réformes structurelles ». Et il insistait sur le « temps » nécessaire au redressement…

7 commentaires pour France: Face à la France des rentes sociales, François Hollande finira-t-il balayé du pouvoir comme Louis XVI ? (From Louis XVI to Hollande: Stuck with no way forward, and an atavistic wing trying to pull it backward)

  1. jcdurbant dit :

    13% des Français ne peuvent pas tous se tromper …

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