François Hollande: Chéri, j’ai rétréci le président (After America’s kid president, the incredible shrinking presidency of France’s head of state)

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Face à Poutine, « on sent Obama perdu, désarçonné, désorienté » – See more at: http://droite.tv/eric-zemmour-face-a-poutine-on-sent-obama-perdu-desarconne-desoriente/#sthash.114rMqAY.dpuf
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It was hard to watch President Obama during Tuesday’s State of the Union address and not see a man who has had his coat trimmed and his ambitions adjusted. He touted his accomplishments, as he should have, but in laying out the parameters of his “year of action” he outlined goals that didn’t ask America to dream as much as adjust to the paralysis, abandoning big moves for smaller ones. Republican lawmakers have made clear that they have no desire to work with him and that they have every intention of opposing him, even if that means the legislative branch passes almost no laws. And that’s exactly what they’ve done. In December, Politico put it this way: using “public laws passed” or “bills passed” as the measurement, “the 113th Congress has passed just 58 laws so far, the lowest since 1947.” Charles M. Blow
Les mots saillants du discours d’inauguration de Barack Obama: le mariage homosexuel, le réchauffement climatique, le contrôle des armes personnelles. Autant de projectiles contre la Droite américaine. Mais est-ce vraiment ce que les Américains et le reste du monde attendent du Président des Etats-Unis ? Guy Sorman
Face à Poutine, on sent Obama perdu, désarçonné, désorienté … Eric Zemmour
Franchement, vous imaginez Hollande président de la République ? On rêve ! Laurent Fabius (18 avril 2011)
Dans les banlieues, Hollande a réalisé des scores de dictateur africain. Eric Zemmour
Je suis plutôt favorable à ce qu’il y ait une désignation démocratique. Je ne vois pas pourquoi on sauterait par-dessus en disant: il y a une sorte de plébiscite. Julien Dray
Il est trop tôt pour donner les clés de la désaffection qui s’est traduite par une abstention massive mais l’électorat musulman, que le PS considérait comme captif, ne l’est plus. Les musulmans sont entrés dans le processus démocratique, ils sont inscrits sur des listes, ils votent, s’abstiennent de manière différenciée. De plus, cet électorat est non seulement sensible à la situation sociale mais aussi aux débats moraux qui agitent la société tel celui sur le mariage pour tous. Il ne s’exprime plus par un vote d’adhésion au PS et peut laisser la place à un vote de droite voire, plus rarement, d’extrême droite. Un tabou a sauté. Gilles Kepel
L’épouvantable gestion de la question du «mariage pour tous» a radicalisé un peuple de droite particulièrement déterminé. «La Manif pour tous» a permis que des jonctions se fassent, qu’une génération de cadres émerge… Cela s’est payé dans les urnes aux municipales. (…) La victoire des droites aux municipales est d’ailleurs, quand on regarde bien dans le détail, moins la victoire des appareils politiques de droite que celle d’un peuple de droite radicalisé contre un peuple «de gauche» démobilisé et désaligné… (…) La victoire en 2017, pour la gauche, n’a rien d’acquis… c’est le moins qu’on puisse dire. Evidemment, une présidentielle revêt une dimension d’incarnation… Mais il y a un problème de fond… Il n’est pas acquis que la gauche existe encore dans dix ans. Il y a, en Europe en général et en France en particulier, une question relative au projet politique de la gauche et une question relative à la base sociale dont la social-démocratie comme la gauche radicale doivent être les représentantes… (…) il y a une évidente difficulté à mener ce qu’on appelle le «combat culturel», à le mener sur un projet nouveau… (…) Parler à des gens «d’inversion de courbe du chômage», «d’observatoire des contreparties», de «pactes», de «chartes» etc, est totalement incompréhensible… (…) Il faut revenir aux fondamentaux et s’adresser à tous les citoyens, pas par un prêchi-prêcha moralisateur mais par un discours et un projet politiques clairs, fondé sur les réalités et les rapports de forces du monde actuel, sur une idée d’émancipation et ses applications concrètes, sur la foi en une République qui se refonderait et qui ne serait pas qu’un moulin à prières impuissant etc… Un projet émancipateur, aux conséquences concrètes, une vision du monde, ce sont les ingrédients du sursaut. Gaël Brustier
Pour clore cette séquence, le chef de l’Etat fut confronté à une crise déclenchée par sa vie personnelle, inscrivant dans l’imagination publique la figure d’un homme ailleurs, hors de l’Élysée, oubliant ou quittant le rôle que les Français lui avaient confié. Par un contraste saisissant, la succession de ces tableaux donnait à penser que les attributs de la fonction présidentielle étaient récupérés par le locataire de la place Beauvau. Le choix du nouveau Premier ministre ne faisait donc aucun doute, sauf à risquer la crise de régime. Ainsi, pour l’opinion, l’arrivée de Manuel Valls à Matignon procède de l’esprit des institutions, de la nécessité d’attribuer une fonction délaissée. Voilà pourquoi l’opinion publique ne peut imputer à François Hollande le mérite de ce choix. Voilà la cause de cet écart sans précédent de popularité. C’est au terme des élections municipales de mars 2014 que la passation de pouvoir a eu lieu. Mais c’est la gauche qui a été sanctionnée, provoquant un remaniement dont le seul indicateur de changement est l’accès de Manuel Valls au poste de chef du gouvernement. Aussitôt, pour l’opinion, le Premier ministre est devenu un président de fait. Or, son arrivée a été provoquée par une victoire électorale de la droite et du centre. Ceux qui espèrent une dissolution doivent comprendre que, d’une certaine manière, elle vient d’avoir lieu. Nous sommes entrés en cohabitation. François Hollande dont le titre de président est désormais publiquement disputé, ne restera pas sans réagir. Passé l’état de grâce de son Premier ministre, qu’il serait inutile de contrarier, il cherchera à le replacer à l’intérieur de limites plus étroites. Mais la riposte sera difficile, car l’échec de Valls placerait le président dans une situation catastrophique et accroitrait les chances d’un second tour sans candidat PS en 2017. En revanche, si Valls résiste jusqu’à l’élection présidentielle, c’est qu’il aura profondément changé la donne. Il deviendra alors capable de prétendre à la candidature. Mais, dans ce cas, Valls placerait la droite dans une situation inédite et très inconfortable. Le socialisme de Hollande permet le maintien d’une droite sans imagination, classique et routinière; le social-libéralisme de Valls d’un côté, et le populisme patrimonial de Marine Le Pen de l’autre, nécessitent une droite régénérée et radicalement innovante que le retour des rodomontades anti-européennes ou la défense du social-étatisme n’annoncent pas. Dominique Reynié

Attention: un président qui rétrécit peut en cacher un autre !

A l’heure où face à l’insolence de l’ours russe, celui que ses propres compatriotes ont baptisé « the incredible shrinking president » est plus que jamais aux abonnés absents

Et qu’avec 17% et l’élimination au premier tour en cas de présidentielle, sondage après sondage jouent à « chérie, j’ai rétréci le président », confirmant l’effondrement historique et complètement inédit d’un président français qui avait déjà au départ bénéficié d’une élection littéralement accidentelle (l’implosion en vol et totalement inattendue de DSK) …

Pendant que suite à des élections municipales catastrophiques (où, avec l’aberration du « mariage homosexuel » ou de la théorie du genre, la gauche a même perdu  l’électorat immigré qui l’avait amené au pouvoir il y a deux ans !) et avec 58%, la cote du nouveau premier ministre est encore plus haute que celle du premier ministre de début l’actuel mandat présidentiel  …

Comment ne pas voir, avec le politologue Dominique Reynié, ce que tout le monde sent plus ou moins consciemment …

A savoir que nous sommes effectivement passés à une cohabitation de fait …

Où cette fois, à l’instar de sa vie personnelle, c’est le président lui-même qui n’habite plus la fonction et s’est auto-dissolu  …

Au profit d’un premier ministre dont le modernisme et le volontarisme (la nature ayant horreur du vide) ont fait un président de fait …

Et qui, s’il réussit son pari, menace non seulement dans son propre camp la réélection de celui qui l’a prétendument nommé …

Mais risque aussi de ramener, dans le camp adverse, une droite et une extrême-droite en panne d’idées au rayon des accessoires ?

De Hollande à Valls: une passation de pouvoir?
Dominique Reynié
Huffington Post
16/04/2014

16 avril 2014: le Premier ministre Manuel Valls précise le plan d’économies de 50 milliards d’euros. Son intervention a lieu depuis la présidence de la République. Tout serait-il dit dans cette scène étonnante?

Les instituts de sondages mesurent un écart considérable de popularité entre le président de la République et son Premier ministre. La soudaineté de cet écart -il intervient quelques jours après le remaniement ministériel-, montre que l’élan provoqué par le changement de Premier ministre ne profite pas au Chef de l’Etat qui devrait pourtant être reconnu comme son initiateur.

Je suggère une hypothèse explicative: l’arrivée de Manuel Valls à Matignon a été interprétée par les Français comme une passation de pouvoir entre le président de la République et son Premier ministre.

Il a été maintes fois observé que François Hollande peine à endosser le rôle de président de la République. Ces difficultés sont aussi bien la marque d’une personnalité lucide, mal à l’aise avec la vanité des prétentions à la toute puissance contenues dans la fonction et, plus encore, dans la procédure électorale qui en désigne le titulaire. Cependant, on ne peut s’émanciper ni des codes ni de la mise en scène de soi qu’appellent un tel système et la légende qui le traverse. Le choix d’inscrire son mandat sous le signe d’un « président normal » n’a pas empêché François Hollande d’être élu président mais de le devenir, car ni cette fonction ni cette élection n’ont à voir avec la « normalité ».

Depuis le départ de Nicolas Sarkozy, l’annonce d’une présidence normale, jugée à l’aune d’une politique économique inefficace, a été peu à peu interprétée par l’opinion comme un abandon de la fonction présidentielle. Si le choix de Jean-Marc Ayrault pouvait convenir à un « hyper-président », il ne pouvait en revanche apporter la complémentarité nécessaire à François Hollande dont le style est dominé par une forme de retrait en porte-à-faux avec l’esprit de cette élection et une bonhomie aux antipodes de la gravité attendue par une opinion profondément inquiète.

En revanche, depuis 2012, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls n’a jamais manqué une occasion de mettre en scène l’attitude que les Français associent précisément à l’exercice de la fonction présidentielle. Il faut se souvenir de la séquence qui court de la fin de l’année 2013 jusqu’aux débuts de l’année 2014. Elle englobe l’affaire Léonarda, l’affaire Dieudonné, l’échec de l’inversion de la courbe du chômage et l’affaire Julie Gayet. Au cours de cette période, c’est le ministre de l’Intérieur qui semblait prendre en charge la fermeté de l’État -dont l’expulsion de Léonarda Dibrani devenait l’expression- et la lutte pour la défense des valeurs républicaines – en surjouant une mobilisation énergique contre les spectacles de Dieudonné. Dans l’affaire Léonarda, le ministre de l’Intérieur paraissait même contredit par un président indécis et empêtré dans une négociation déroutante.

L’affaire Dieudonné ne semblait accorder aucun rôle à la garde des Sceaux, tandis que son ministère n’était pas moins concerné; le président de la République laissait tout l’espace à son ministre de l’Intérieur. François Hollande fit l’inverse de ce qui était attendu par l’opinion: laisser le ministre s’occuper de l’affaire Léonarda et rappeler pendant l’affaire Dieudonné que la Justice devait avoir son mot à dire. Pour clore cette séquence, le chef de l’Etat fut confronté à une crise déclenchée par sa vie personnelle, inscrivant dans l’imagination publique la figure d’un homme ailleurs, hors de l’Élysée, oubliant ou quittant le rôle que les Français lui avaient confié.

Par un contraste saisissant, la succession de ces tableaux donnait à penser que les attributs de la fonction présidentielle étaient récupérés par le locataire de la place Beauvau. Le choix du nouveau Premier ministre ne faisait donc aucun doute, sauf à risquer la crise de régime. Ainsi, pour l’opinion, l’arrivée de Manuel Valls à Matignon procède de l’esprit des institutions, de la nécessité d’attribuer une fonction délaissée. Voilà pourquoi l’opinion publique ne peut imputer à François Hollande le mérite de ce choix. Voilà la cause de cet écart sans précédent de popularité.

C’est au terme des élections municipales de mars 2014 que la passation de pouvoir a eu lieu. Mais c’est la gauche qui a été sanctionnée, provoquant un remaniement dont le seul indicateur de changement est l’accès de Manuel Valls au poste de chef du gouvernement. Aussitôt, pour l’opinion, le Premier ministre est devenu un président de fait. Or, son arrivée a été provoquée par une victoire électorale de la droite et du centre. Ceux qui espèrent une dissolution doivent comprendre que, d’une certaine manière, elle vient d’avoir lieu. Nous sommes entrés en cohabitation. François Hollande dont le titre de président est désormais publiquement disputé, ne restera pas sans réagir. Passé l’état de grâce de son Premier ministre, qu’il serait inutile de contrarier, il cherchera à le replacer à l’intérieur de limites plus étroites.

Mais la riposte sera difficile, car l’échec de Valls placerait le président dans une situation catastrophique et accroitrait les chances d’un second tour sans candidat PS en 2017. En revanche, si Valls résiste jusqu’à l’élection présidentielle, c’est qu’il aura profondément changé la donne. Il deviendra alors capable de prétendre à la candidature. Mais, dans ce cas, Valls placerait la droite dans une situation inédite et très inconfortable. Le socialisme de Hollande permet le maintien d’une droite sans imagination, classique et routinière; le social-libéralisme de Valls d’un côté, et le populisme patrimonial de Marine Le Pen de l’autre, nécessitent une droite régénérée et radicalement innovante que le retour des rodomontades anti-européennes ou la défense du social-étatisme n’annoncent pas.

Dominique Reynié dirige la Fondapol, Fondation pour l’innovation politique, think tank libéral progressiste et européen.

Voir aussi:

Sondage : Hollande ne serait pas au second tour de la présidentielle
Le Nouvel Observateur avec AFP
16-04-2014

Si la présidentielle avait lieu aujourd’hui, Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen seraient les deux finalistes. Comme un air de 21 avril 2002.

Les enquêtes d’opinion n’en finissent pas de donner le président de la République au plus bas. Après le baromètre Ifop/JDD d’il y a trois jours où il ne recueillait que 18% de satisfaits, contre 58% pour son Premier ministre Manuel Valls, un autre sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI publié mercredi 16 avril donne François Hollande troisième de l’élection présidentielle. Si elle devait avoir lieu aujourd’hui, le chef de l’Etat obtiendrait 19% des suffrages, et serait devancé par Nicolas Sarkozy (29%) et Marine Le Pen (25%). Cet hypothétique second tour verrait donc s’affronter le FN et l’UMP, comme lors du 21 avril 2002 où Jean-Marie Le Pen et Jacques Chirac étaient les deux finalistes du premier scrutin.

Au second tour, Nicolas Sarkozy obtiendrait 67%, et Marine Le Pen 33%. Un tiers des sondés n’ont pas exprimé d’intention de vote en cas d’opposition entre le président sortant en 2012 et la présidente du Front national. S’il était au second tour, François Hollande serait écrasé par Nicolas Sarkozy (39% contre 61%) et battrait Marine Le Pen, mais par une marge relativement étroite (54% contre 46%).

17% d’opinions positives pour Hollande

Selon ce sondage, 83% des personnes interrogées se déclarent mécontentes de l’action de François Hollande (9 points de plus qu’il y a un an), et 17% se disent satisfaites.

La lutte contre le chômage est le domaine qui suscite le plus de mécontents (88%). En revanche, la manière dont François Hollande défend les intérêts de la France à l’étranger suscitant le plus d’approbation, tout en ne recueillant que 35% d’avis positifs.

Dans des proportions frôlant ou dépassant les 80%, les personnes interrogées trouvent que François Hollande n’est pas capable de rassembler les Français, n’explique pas bien son action, ne sait pas où il va, ne dit pas la vérité aux Français, n’est pas à l’écoute des préoccupations de l’opinion.

Par ailleurs, une majorité de 57% des Français estiment que la situation du pays « se détériore », 7% seulement jugeant qu’elle « s’améliore ».

– Sondage réalisé en ligne du 11 au 13 avril auprès d’un échantillon de 1.023 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Méthode des quotas. Marge d’erreur de deux à trois points.

Voir également:
Hollande au plus bas : la gauche a-t-elle déjà perdu 2017 ?
Alexandre Devecchio
Le Figaro
15/04/2014

FIGAROVOX/ANALYSE -Le politologue Gaël Brustier analyse les résultats de l’enquête OpinionWay pour Le Figaro qui prédit la défaite de François Hollande dès le premier tour en 2017. Pour lui, la gauche doit se refonder entièrement pour ne pas mourir.

Gaël Brustier est un politologue membre du PS. Son dernier livre, «La guerre culturelle aura bien lieu» est paru aux éditions Mille et une nuits en 2013.

D’après l’enquête OpinionWay pour Le Figaro et LCI refaisant le match de la présidentielle de 2012, François Hollande serait distancé par Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy et ne passerait pas le cap du premier tour. Que vous inspire ce résultat? Selon vous, ce sondage est-il significatif?

Gaël Brustier: Il ne s’agit que d’un sondage à trois ans d’une élection! C’est une photographie de l’opinion… Mais le quinquennat a, en vérité, fort mal commencé. D’abord, en Europe, les socialistes – «la social-démocratie» – ont une difficulté croissante à donner un sens à l’expérience quotidienne de nos concitoyens. A contrario, les droites – dans leur diversité et à des degrés divers – ont une réelle facilité à expliquer le monde. Elles misent sur l’idéologie du déclin, que chacun interprète à l’aune de sa propre expérience…

Sur le plan économique et social, le choix délibéré de ne pas gagner du temps sur le plan européen en termes de dépense publique a fait du début du mandat un infernal bourbier politique…

Ensuite, l’épouvantable gestion de la question du «mariage pour tous» a radicalisé un peuple de droite particulièrement déterminé. «La Manif pour tous» a permis que des jonctions se fassent, qu’une génération de cadres émerge… Cela s’est payé dans les urnes aux municipales.

On ne gouverne pas innocemment… mais pour le coup les innocents sont au pouvoir! (rires).

La victoire des droites aux municipales est d’ailleurs, quand on regarde bien dans le détail, moins la victoire des appareils politiques de droite que celle d’un peuple de droite radicalisé contre un peuple «de gauche» démobilisé et désaligné…

La gauche a-t-elle déjà perdu la présidentielle de 2017? François Hollande est-il toujours le candidat naturel du PS?

La victoire en 2017, pour la gauche, n’a rien d’acquis… c’est le moins qu’on puisse dire. Evidemment, une présidentielle revêt une dimension d’incarnation… Mais il y a un problème de fond… Il n’est pas acquis que la gauche existe encore dans dix ans. Il y a, en Europe en général et en France en particulier, une question relative au projet politique de la gauche et une question relative à la base sociale dont la social-démocratie comme la gauche radicale doivent être les représentantes… La question de l’incarnation se posera, elle est importante mais, en revanche, la question des personnes est presque secondaire à l’heure actuelle…

Projet, stratégie, base sociale, rien de ces questions n’a aujourd’hui été tiré au clair à gauche… C’est un peu la base de tout… Ce ne sont pas les intelligences qui manquent à gauche, ce ne sont pas les énergies qui manquent dans la société mais il y a une évidente difficulté à mener ce qu’on appelle le «combat culturel», à le mener sur un projet nouveau…

Quelle est la bonne stratégie pour rebondir? La stratégie de Terra Nova, qui préconisait au PS de se tourner vers les jeunes, les diplômés, les femmes et les immigrés, plutôt que vers les classes populaires, est-elle toujours d’actualité?

Une bonne stratégie c’est d’abord un bon projet. Un bon projet, c’est un horizon qui se traduit par des mesures concrètes et la clé de voute de l’édifice c’est une bonne interprétation du monde, qui donne sens à ce que les citoyens vivent au quotidien…

Au cœur de tout, il y a l’activité économique. Agir sur le processus de production, retrouver de la croissance, faire en sorte que cette croissance soit ressentie directement «à la caisse de la supérette», dans la poche de chacun, par un petit mieux-être pour chacune et chacun… C’est important et c’est même essentiel. Parler à des gens «d’inversion de courbe du chômage», «d’observatoire des contreparties», de «pactes», de «chartes» etc, est totalement incompréhensible…

Laissons de coté la note de Terra Nova… Disons les choses simplement. Les électeurs de gauche potentiels c’est tout le monde! Le socialisme tend à se confondre avec l’humanité tout entière, disait, je crois, Léon Blum…qui disait d’ailleurs que le «socialisme est né de la conscience de l’égalité humaine». Mais sans projet et sans vision du monde, le «tout le monde» se transforme vite en «pas grand monde». Il y a des enjeux historiques: la mondialisation et la globalisation, l’intégration européenne, la nécessité de refonder la République, de redéfinir les rapports sociaux… Il faut revenir aux fondamentaux et s’adresser à tous les citoyens, pas par un prêchi-prêcha moralisateur mais par un discours et un projet politiques clairs, fondé sur les réalités et les rapports de forces du monde actuel, sur une idée d’émancipation et ses applications concrètes, sur la foi en une République qui se refonderait et qui ne serait pas qu’un moulin à prières impuissant etc… Un projet émancipateur, aux conséquences concrètes, une vision du monde, ce sont les ingrédients du sursaut…

Voir encore:

Un président qui rétrécit à vue d’oeil
Agnès Gruda
La Presse
03 novembre 2013

(Paris) Comment François Hollande est-il tombé si bas? Deux sondages récents dessinent le portrait d’un président abandonné par les trois quarts de sa population et fracassant des records d’impopularité. Ils s’ajoutent à des sondages antérieurs à peine plus encourageants.

Le dernier baromètre mensuel de la firme BVA est impitoyable. François Hollande y récolte 26% d’opinions favorables, contre 73% d’avis défavorables. C’est le plus bas niveau d’approbation jamais enregistré par cette firme depuis sa création, il y a plus de 30 ans. Et c’est un déclin de six points depuis le coup de sonde précédent.

Autre sondage, même déprime. À peine 23% des Français accordent leur confiance au président Hollande, selon une enquête SOFRES publiée cette semaine.

La cote de popularité du président Hollande n’a cessé de s’effriter depuis son élection, il y a 17 mois. Dès le mois d’août 2012, son taux d’approbation est passé sous les 50%. Pour atteindre des creux inédits, cet automne. Pourquoi?

À court terme, en raison du cas de Leonarda, cette écolière kosovare expulsée de France, en octobre, que le président a invitée à revenir au pays, mais sans sa famille. Avec cette intervention maladroite, François Hollande s’est attiré les foudres de toutes parts. À droite, on l’a trouvé trop mou. À gauche, trop inhumain. Et partout, on lui a reproché cette offre de compromis défiant la raison.

Ce dérapage s’est ajouté à une rentrée politique que la firme BVA qualifie de «calamiteuse». Un automne tout en zigzags, notamment sur des questions fiscales, dont une «écotaxe» qui devait être imposée sur les poids lourds. Et que le gouvernement vient de suspendre, reculant devant la contestation qui gagnait la Bretagne, où cette mesure passe mal.

Ce retrait fait pousser les hauts cris chez les verts, partenaires du gouvernement. Mais n’éteint pas le mouvement de protestation qui appelle maintenant à la suppression de la taxe.

Comme avec l’affaire Leonarda, François Hollande en sort écorché, donnant l’impression d’être à la barre d’un navire qui ne sait plus où il va.

Puis, il y a le nombre record de 3,3 millions de chercheurs d’emploi enregistrés en septembre, chiffre que François Hollande a interprété comme un signe d’essoufflement de la progression du chômage – sans convaincre personne.

Quoi d’autre? Ah oui: la gifle de Barack Obama, alors que le président Hollande était prêt à attaquer le régime syrien et qu’il s’est retrouvé seul au front.

Cette semaine, la libération de quatre otages français détenus au Sahel aurait pu lui donner un répit. Si ce n’était les révélations du quotidien Le Monde sur une rançon d’environ 30 millions qui aurait été versée aux ravisseurs. Il n’y a pas si longtemps, François Hollande jurait que jamais, au grand jamais, il ne donnerait d’argent à des terroristes…

Chômage, ras-le-bol fiscal, isolement sur la question de la Syrie, Leonarda, écotaxe: tous ces facteurs ont contribué à esquinter l’image d’un président qui paraît faible, indécis et inconstant.

Libération lui reproche de se livrer à «un exercice d’équilibrisme permanent déguisé en manière de gouverner». Le Monde évoque une «spirale infernale» et se demande comment François Hollande peut «redevenir le maître d’un échiquier politique dont les pièces semblent chaque jour lui échapper».

Devant cette débandade, la rumeur d’un remaniement ministériel se fait de plus en plus persistante. Une opération de sauvetage qui placerait à la tête du gouvernement le populaire ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Qui surpasse tous ses collègues avec une cote d’approbation de… 70%.

Coup de sonde dévastateur

Selon le baromètre politique de la firme BVA:

> Seuls 3% des Français ont une très bonne opinion de François Hollande, et 23% en ont une opinion plutôt bonne. Pour un total de 26% d’opinions favorables.

> L’appui à François Hollande est passé de 61% en mai 2012 à 26% en octobre 2013.

> Le premier ministre Jean-Marc Ayrault ne s’en tire pas mieux avec un taux d’opinions favorables de 25%.

> 74% des Français estiment que la politique menée par François Hollande n’est pas juste.

> 25% croient qu’elle est juste.

> 84% jugent que la politique menée par François Hollande est inefficace.

> 14% disent qu’elle est efficace.

> 70% des Français ont une bonne opinion du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls.

> 29% en ont une opinion défavorable.

Voir encore:

Obama rétrécit

Guy Sorman

10 janvier 2013

A Washington, ce jour, Greg Roberts, président de Greater DC Cares , organisation de volontaires , estime avoir fait le plein de ce qui lui sera nécessaire pour gérer les foules qui assisteront à l’ Inauguration de Barack Obama devant le Capitole, le 21 janvier : 25 000 volontaires pour 800 000 spectateurs attendus. Soit deux fois moins qu’il y a quatre ans.

L’ excitation est moindre , admet Greg. Mais des volontaires, aux Etats-Unis , il s’en trouve toujours. Il leur suffit de s’inscrire sur un site web et d’indiquer la section dans laquelle on souhaite intervenir. Chacun aura droit à un Teeshirt. Trés motivant le Teeshirt dit Greg. Ce qui motive les jeunes aussi est l’obligation de faire du volontariat cent heures par an, pour obtenir son baccalauréat ( high school degree). De plus , le 21 janvier sera une fête nationale, Martin Luther King Day, consacrée de tradition à faire acte de volontariat. En faisant coïncider l’Inauguration ( qui se fera légalement le 20 mais en privé) avec cette fête, Obama accroitra mécaniquement son audience.

Un poéte ouvrira la cérémonie, une tradition qui remonte à John Kennedy (Robert Frost en 1960): cette fois-ci, Richard Blanco récitera un texte écrit pour la circonstance. Toute l’oeuvre de Blanco est une méditation sur la complexité d’être à la fois cubain et homosexuel. Un choix d’Obama : Blanco est à sa manière, comme le Président, un métis devenu américain.

Au secours , on a rétréci le Président !

Guy Sorman

22 janvier 2013

Les mots saillants du discours d’inauguration de Barack Obama: le mariage homosexuel, le réchauffement climatique, le contrôle des armes personnelles. Autant de projectiles contre la Droite américaine. Mais est-ce vraiment ce que les Américains et le reste du monde attendent du Président des Etats-Unis ?

Voir par ailleurs:

The Incredible Shrinking President
Two videos distill the meaning of a campaign, and a presidency.
Mark Steyn
National review online
October 26, 2012

‘We’re going to have that person arrested and prosecuted that did the video,” said Hillary Clinton. No, not the person who made the video saying that voting for Barack Obama is like losing your virginity to a really cool guy. I’ll get to that in a moment. But Secretary Clinton was talking about the fellow who made the supposedly Islamophobic video that supposedly set off the sacking of the Benghazi consulate. And, indeed, she did “have that person arrested.” By happy coincidence, his bail hearing has been set for three days after the election, by which time he will have served his purpose. These two videos — the Islamophobic one and the Obamosexual one — bookend the remarkable but wholly deserved collapse of the president’s reelection campaign.

You’ll recall that a near-month-long attempt to blame an obscure YouTube video for the murder of four Americans and the destruction of U.S. sovereign territory climaxed in the vice-presidential debate with Joe Biden’s bald assertion that the administration had been going on the best intelligence it had at the time. By then, it had been confirmed that there never had been any protest against the video, and that the Obama line that Benghazi had been a spontaneous movie review that just got a little out of hand was utterly false. The only remaining question was whether the administration had knowingly lied or was merely innocently stupid. The innocent-stupidity line became harder to maintain this week after Fox News obtained State Department e-mails revealing that shortly after 4 p.m. Eastern, less than a half hour after the assault in Benghazi began, the White House situation room knew the exact nature of it.

We also learned that, in those first moments of the attack, a request for military back-up was made by U.S. staff on the ground but was denied by Washington. It had planes and special forces less than 500 miles away in southern Italy — or about the same distance as Washington to Boston. They could have been there in less than two hours. Yet the commander-in-chief declined to give the order. So Glen Doherty and Tyrone Woods fought all night against overwhelming odds, and died on a rooftop in a benighted jihadist hellhole while Obama retired early to rest up before his big Vegas campaign stop. “Within minutes of the first bullet being fired the White House knew these heroes would be slaughtered if immediate air support was denied,” said Ty Woods’s father, Charles. “In less than an hour, the perimeters could have been secured and American lives could have been saved. After seven hours fighting numerically superior forces, my son’s life was sacrificed because of the White House’s decision.”
Why would Obama and Biden do such a thing? Because to launch a military operation against an al-Qaeda affiliate on the anniversary of 9/11 would have exposed the hollowness of their boast through convention week and the days thereafter — that Osama was dead and al-Qaeda was finished. And so Ty Woods, Glen Doherty, Sean Smith, and Chris Stevens were left to die, and a decision taken to blame an entirely irrelevant video and, as Secretary Clinton threatened, “have that person arrested.” And, in the weeks that followed, the government of the United States lied to its own citizens as thoroughly and energetically as any totalitarian state, complete with the midnight knock on the door from not-so-secret policemen sent to haul the designated fall-guy into custody.

This goes far beyond the instinctive secretiveness to which even democratic governments are prone. The Obama administration created a wholly fictional story line, and devoted its full resources to maintaining it. I understand why Mitt Romney chose not to pursue this line of argument in the final debate. The voters who will determine this election are those who voted for Obama four years ago and this time round either switch to the other fellow or sit on their hands. In electoral terms, it’s probably prudent of Mitt not to rub their faces in their 2008 votes. Nevertheless, when the president and other prominent officials stand by as four Americans die and then abuse their sacrifice as contemptuously as this administration did, decency requires that they be voted out of office as an act of urgent political hygiene.

At the photo-op staged for the returning caskets, Obama et al. seem to have been too focused on their campaign needs to observe even the minimal courtesies. Charles Woods says that at the ceremony Joe Biden strolled over to him and by way of condolence said in a “loud and boisterous” voice, “Did your son always have balls the size of cue balls?” One assumes charitably that the vice president is acknowledging in his own inept and blundering way the remarkable courage of a man called upon to die for his country on some worthless sod halfway across the planet. But the near-parodic locker-room coarseness is grotesque both in its inaptness and in its lack of basic human feeling for a bereaved family forced to grieve in public and as crowd-scene extras to the political bigshot. Just about the only formal responsibility a vice president has is to attend funerals without embarrassing his country. And this preening buffoon of pseudo-blue-collar faux-machismo couldn’t even manage that.

But a funny thing happened over the next six weeks: Obama’s own cue balls shriveled. Biden had offered up a deft campaign slogan encompassing both domestic and foreign policy: “Osama’s dead and General Motors is alive.” But, as the al-Qaeda connections to Benghazi dribbled out leak by leak, the “Osama’s dead” became a problematic boast and, left to stand alone, the General Motors line was even less credible. Avoiding the economy and foreign affairs, Obama fell back on Big Bird, and binders, and bayonets, just to name the “B”s in his bonnet. At the second presidential debate, he name-checked Planned Parenthood, the General Motors of the American abortion industry, half a dozen times, desperate to preserve his so-called gender gap. Yet oddly enough, the more furiously Obama and Biden have waved their binders and talked up Sandra Fluke, the more his supposed lead among women has withered away. So now he needs to enthuse the young, who turned out in such numbers for him last time. Hence, the official campaign video (plagiarized from Vladimir Putin of all people) explaining that voting for Obama is like having sex. The saddest thing about that claim is that, for liberals, it may well be true.

Both videos — the one faking Obamagasm and the one faking a Benghazi pretext — exemplify the wretched shrinkage that befalls those unable to conceive of anything except in the most self-servingly political terms. Both, in different ways, exemplify why Obama and Biden are unfit for office. One video testifies to a horrible murderous lie at the heart of a head of state’s most solemn responsibility, the other to the glib shallow narcissism of a pop-culture presidency, right down to the numbing relentless peer pressure: C’mon, all the cool kids are doing it; why be the last hold-out?

If voting for Obama is like the first time you have sex, it’s very difficult to lose your virginity twice. A flailing, pitiful campaign has now adopted Queen Victoria’s supposed wedding advice to her daughter: “Lie back and think of England.” Lie back and think of America. And then get up and get dressed. Who wants to sleep with a $16 trillion broke loser twice?

Voir encore:

The Incredible Shrinking Presidency

Charles M. Blow

The New York Times

Jan. 29, 2014

It was hard to watch President Obama during Tuesday’s State of the Union address and not see a man who has had his coat trimmed and his ambitions adjusted.

He touted his accomplishments, as he should have, but in laying out the parameters of his “year of action” he outlined goals that didn’t ask America to dream as much as adjust to the paralysis, abandoning big moves for smaller ones.

Republican lawmakers have made clear that they have no desire to work with him and that they have every intention of opposing him, even if that means the legislative branch passes almost no laws. And that’s exactly what they’ve done. In December, Politico put it this way: using “public laws passed” or “bills passed” as the measurement, “the 113th Congress has passed just 58 laws so far, the lowest since 1947.”

What would Martin or Malcolm (or Mandela) have done had they been in Mr. Obama’s shoes? … None of the Big 3 would have squandered five years playing Tiddlywinks with an ‘intractable’ opposition.

So, the president pledged Tuesday that he would work with Congress where he could, but would move forward without Congress if necessary, saying, “Wherever and whenever I can take steps without legislation to expand opportunity for more American families, that’s what I’m going to do.”

His plans were noble enough, and they were poll-friendly — raising the minimum wage, working for universal high-quality pre-K, equal pay for women, a new “MyRA” retirement savings plan — but they are not nearly large enough proposals to solve our most intractable problems.

There was only one line devoted to fixing our “upside-down tax code” for individuals, and that was in reference to the retirement account. Gone were the appeals to get Congress to have the wealthy pay their fair share.

Last year, the president put it this way:

“We can’t ask senior citizens and working families to shoulder the entire burden of deficit reduction while asking nothing more from the wealthiest and the most powerful.”

He continued:

“Most Americans — Democrats, Republicans and independents — understand that we can’t just cut our way to prosperity. They know that broad-based economic growth requires a balanced approach to deficit reduction, with spending cuts and revenue, and with everybody doing their fair share.”

Last year, on the issue of new gun control legislation, the president said:

“It has been two months since Newtown. I know this is not the first time this country has debated how to reduce gun violence. But this time is different. Overwhelming majorities of Americans — Americans who believe in the Second Amendment — have come together around common-sense reform, like background checks that will make it harder for criminals to get their hands on a gun.”

This year, he mentioned gun violence only once, saying:

“Citizenship means standing up for the lives that gun violence steals from us each day.”

The only big proposal that even has a chance this year is comprehensive immigration reform, and its prospects are far from certain.

« And it has been sad to watch a president full of hope and promise be stymied at nearly every turn and have to reframe his objectives. »I am…

Last year, the president spoke extensively about passing immigration reform, repeating, “Now is the time to do it. Now is the time to get it done. Now is the time to get it done.” He spoke about stronger border security, a pathway to citizenship and decreasing waiting times for highly skilled immigrants.

This year, he spoke of immigration in a single passage, with no specifics other than to cite this: “Independent economists say immigration reform will grow our economy and shrink our deficits by almost $1 trillion in the next two decades.”

The president seems to have been reduced by the resistance. He seems to be concentrating on what can be done rather than on what should be done. This is a rational reaction, I suppose, to irrational opposition, but nonetheless it’s a sad indictment of our politics.

The president has had failures and missteps, to be sure. Every administration has some. None are perfect. But the idea of grinding government to a halt in opposition to one leader — as Republicans have done — has been an extraordinary and infuriating thing to behold.

And it has been sad to watch a president full of hope and promise be stymied at nearly every turn and have to reframe his objectives.

In an article this week in The New Yorker, Obama attempted to give context to his struggles and place his term in the long sweep of history:

“And I think America was very lucky that Abraham Lincoln was President when he was President. If he hadn’t been, the course of history would be very different. But I also think that, despite being the greatest President, in my mind, in our history, it took another hundred and fifty years before African-Americans had anything approaching formal equality, much less real equality. I think that doesn’t diminish Lincoln’s achievements, but it acknowledges that at the end of the day we’re part of a long-running story. We just try to get our paragraph right.”

The president who was fond of proclaiming that under his leadership, the country was beginning a “new chapter” on everything from diplomacy to climate change, is now just trying to get his paragraph right.

Voir également:

The shrinking President
As Obama sells his signature plan, his second term goes off the rails
New York Daily News
November 3, 2013

Just one year after winning reelection, President Obama has lost control of seemingly everything. His second term is at present a disaster zone, largely of his own making.

The administration’s unbelievably botched rollout of Obamacare has reduced the commander in chief to essentially an ever-more-enthusiastic and partisan pitchman for his health-insurance product.

Meanwhile, on the international scene, the White House has essentially admitted that the National Security Agency tapped the telephone conversations of German Chancellor Angela Merkel and other key allies.

Worse, Obama had no idea what the NSA was up to, the administration has said, while tiresomely spreading blame for the mess on the convenient villain of George W. Bush, under whose watch the listening reportedly began.

The Obamacare fiasco is Obama’s alone, and it threatens to consume the President’s domestic agenda for as far as the eye can see. Republicans are going to town with it, and Democrats are starting to flee. Job creation? Immigration reform? This President is in no position to lead the charge.

After more than three years of work, he invited Americans to enter the brave new world of his massively reconfigured health insurance marketplace through the internet portal of Healthcare.gov. He had no idea what he was doing, nor, apparently, did anyone around him.

It just didn’t work. Prices were misleading; product descriptions were incomplete and opaque. Statewide exchange websites, like New York’s, were clunky and user-hostile.

No wonder, according to recently obtained confidential documents, Day One produced a pitiful six enrollments nationwide and 248 enrollments by the end of day two.

How many have signed up since? The White House hasn’t said, which is both a very bad sign and the reason that Obama keeps promising that the program is so good that the uninsured just have to wait to see it to believe it and make their purchase.

Obama will need to average 39,000 enrollees a day to hit the target of 7 million by March 1. That’s not an arbitrary goal; when creating health insurance pools, there’s strength in numbers — and lethal weakness in the lack thereof.

Still more, following Obama’s regulations, health-insurance companies are cancelling the plans of millions of Americans — despite Obama’s oft-repeated bit of salesmanship, “If you like your plan, you can keep it.”

In Florida, at least 300,000 people are losing their coverage. In New York, it’s 100,000.

Obama now says that this was the design from the start. He claims that he is rescuing health-care consumers from coverage that his law deems substandard by having them buy new insurance through the so-called exchanges that are now unworkable. Many will be hit with higher prices.

On Wednesday in Boston’s Faneuil Hall, Salesman Obama played to the crowd: “The deal is good; the prices are low. . . . and I expect more people will be able to buy conveniently online every single day as we move forward.”

Taking the stage at a campaign-style rally can help defeat an opponent at the ballot box. It will not fix the vexing problems that have made a hash of an exceedingly complex program. That requires a chief executive who actually executes.

Voir encore:

The Incredible Shrinking President

RightinSanFrancisco (Diary) |

Red state

March 13th, 2014

Back in the day Pedro Martinez, the ace Red Sox pitcher, let slip after a losing effort against the Yankees that perhaps they were his Daddy. It seems that within the social strata where male parentage is frequently problematical, the phrase refers to a particular kind of dominance on the street. For the balance of his otherwise brilliant career, every appearance at Yankee Stadium was met by the cheer “Who’s your Daddy? Who’s your Daddy?”

So it is with Barack Obama and Vladimir Putin. The Obama White House and the Clinton State Department believed that a “reset” with Russia – forgetting the 2008 invasion of neighboring Georgia, unilaterally deciding to pull back on missile defense in Poland and the Czech Republic; welcoming the Russians to the meetings of the major international economic powers – would solidify a partnership, to be made “more flexibile” after Obama’s reelection. Enter Syria and Putin’s demonstration that he knew how to play chess while Obama was struggling with checkers. Now the Ukraine. One can only hope that Putin believes it is in Russia’s interest to prevent Iran from obtaining nuclear weapons.

The domestic equivalent began when the Republicans recaptured the House in 2010, but it became painfully bipartisan when Democratic Senate majority leader Harry Reid declared in January that he opposed Obama’s call for European Union and Asia-Pacific free trade agreements – the day after Obama had touted them in his State of the Union address. White rook to queen’s knight 3. Check.

A domestic sequel occured this week when the Senate, despite the 2013 rules change to approve nominations by a simple majority vote, rejected the nomination of Debo Adegbile to head the civil rights division of the Justice Department. In picking the lead defense attorney in the liberal cause celebre case of the killing of a Philadelphia policeman in 1982, Obama and Eric Holder put too many Red State Democrats in the position of voting against the National Fraternal Order of Police which called the nomination “a thumb in the eye of our nation’s law enforcement officers.” White knight to king’s bishop 4. Check.

Things promise to get worse. Despite objections from the deficit hawks the Republicans have decided to make Obamacare the predominant focus of of the 2014 elections. With CBS polls showing the president’s approval rating down to 37% and Obamacare approval at 31%, that seems like a winning strategy – and a good opportunity to test Republican catch-up efforts on big data and social media. Look to a marriage of three data bases supporting Republican phone banks and precinct walkers: the voting records of all House and Senate members; the publicly available individual voter records for swing districts to identify who will likely be voting; and the identities of the millions of voters who have had their insurance cancelled. The Tea Party was a spontaneous uprising in 2010; this time there will be both a major media blitz and a targeted, professional Get Out The Vote effort – as seen in the Vidak and Faulconer elections in California and the Jolly election in Florida.

2015 and 2016 promise to be lonely years at 1600 Pennsylvania Avenue as world leaders bypass Washington to visit Silicon Valley. Over his presidency Obama has not followed the lead of presidents from Reagan to Clinton and Bush to kindle personal relationships which can be called upon during a crisis – not Merkel in Germany; not Cameron in Great Britain; not Abe in Japan; not Harper in Canada; not Xi Jinping in China; not Netanyahu in Israel. With his Senate leader openly challenging him and an increasing likelihood that he will start to need to use his veto pen on legislation that is approved by both houses, he will have plenty of time to work on his golf game.

Hopefully, the nation and the world can hang on until January 2017.

Voir encore:

Nicolas Sarkozy
The incredible shrinking président
His ambitions seem to have shrunk along with his poll ratings. Time to rediscover the original grand vision
The Economist

Sep 9th 2010

By the standards of other European countries, the French pension reform is timid. Mr Sarkozy plans to raise the minimum retirement age from 60 to just 62, in a country where men spend six more years in retirement than the OECD average and where the state pension-fund faces a shortfall of €42 billion ($53 billion) by 2018. A bolder president would have raised the retirement age higher still. Yet, flush with the success of this week’s manif, union leaders are pushing for concessions even to the current modest plan. The palaeolithic Socialists joined in the demonstrations, calling for the legislation to be thrown out and claiming that they would revert to retirement at 60 if they won the presidency in 2012. From his offices in Washington, Dominique Strauss-Kahn, a potential Socialist presidential candidate and presently boss of the IMF, must have blushed as red as the banners on the boulevards of Paris.

Fear of the French street, where all great battles are won or lost, is understandable. Recent history is littered with examples of street protests that have defeated government plans: pension reform in 1995 under Alain Juppé, one of President Jacques Chirac’s prime ministers; a new job contract for the young in 2006 under Dominique de Villepin, another former prime minister. The French are proud of their cradle-to-grave welfare benefits, and do not give them up without a good old theatrical fight. Their recalcitrance led Mr Chirac to conclude that they were too fragile to cope with unpopular change.

That is too pessimistic now. One encouraging trend has been a growing French acceptance of the need to adapt. The euro-zone crisis has focused minds, and even the French—or, at least, those not marching this week—know that they cannot expect Europe’s new austerity to apply to everybody except them. They approve of protest: in one poll this week 70% backed the strikes. That does not, however, mean that they think the government should cave in. The same poll showed 53% thought Mr Sarkozy’s plan to raise the retirement age to 62 was “acceptable”. This is a turnaround from 15 years ago, when a majority wanted the government to back down.

For years the French elected politicians who were happy to sustain the illusion that generous benefits and snug protections were indefinitely affordable by building up the debts they leave to future generations. The fact that they voted for Mr Sarkozy demonstrated that they were hungry for change. But now he seems unwilling to bring change about.

The good news is that Mr Sarkozy says he will not budge on retirement at 62. Yet, no sooner had the demonstrators folded up their banners this week than he announced exceptions to the new rule, for farmers and other hard labourers. This fits a pattern (see article). Even when the president’s popularity was sky-high, he tended to give too much ground in order to secure a headline-grabbing deal. More worrying, his advisers say that, once the pension plan is passed, there are no further big reforms in the diary.

The idea that France is fixed and that there is nothing useful to do for the next 18 months is preposterous. While the German economy is surging ahead, Christine Lagarde, the finance minister, recently cut the forecast for French GDP growth in 2011 from 2.5% to 2%. This will make it harder for the government to curb its deficit as promised, from 8% this year to 6% next; no French government has balanced its budget for over 30 years. The young are shut out of work because excessive rules and costs discourage employers from creating jobs. The heavily immigrant banlieues that encircle French towns are steeped in unemployment, gang violence and rage. The strengths that protected France’s economy from the worst of the recession are turning into weaknesses in the recovery.

Point him in the right direction, someone

At his best, Mr Sarkozy is a thrilling politician; at his worst, a shameless opportunist who bends with the wind. His inconsistencies make it hard to know what he really wants, if he even knows himself. Before the next election there is still time for him to demonstrate the qualities that once made him so beguiling, and to reassert both his reformist streak and his previously open approach towards ethnic minorities and integration. Holding firm on pension reform would be a start.

The current, timid, reactionary Sarkozy may judge that he stands to gain little from further reform. His grander former self would decide that he has little to lose from trying either.

Voir également:

3 commentaires pour François Hollande: Chéri, j’ai rétréci le président (After America’s kid president, the incredible shrinking presidency of France’s head of state)

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