Sexisme: La Bible serait-elle recalée au test de Bechdel ? (Would the Bible pass the Bechdel test ?)

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Toutes ces relations entre femmes, pensai-je, en me remémorant rapidement la galerie magnifique des personnages féminins dans la fiction, sont trop simples. Tant a été laissé de côté, sans même essayer de le prendre en compte. Et je tentai de me souvenir d’une occasion, dans le cours de mes lectures, où je rencontrai deux femmes représentées comme des amies. Elles sont confidentes, évidemment, chez Racine et les tragédiens grecs. Elles sont, de temps en temps, mères et filles. Mais, presque sans exception, elles sont montrées dans leur rapport aux hommes. Il était étrange de songer que toutes les grandes femmes de fiction étaient, jusqu’à l’époque de Jane Austen, non seulement vues par l’autre sexe, mais vues exclusivement dans leur relation à l’autre sexe. Il était étrange de songer à quelle petite partie de la vie d’une femme cela représentait, et même ainsi, au peu qu’un homme pouvait en connaître, quand il l’observait à travers les lunettes noires ou roses que le sexe lui mettait sur le nez. De là, peut-être, l’étrange nature de la femme dans la fiction, les saisissants extrêmes de sa beauté et de son horreur, l’alternance entre divine bonté et dépravation infernale ; car c’est ainsi que la voit un amant, selon que son amour soit naissant ou mourant, prospère ou malheureux. Cela n’est pas vrai des romanciers du dix-neuvième siècle, bien sûr. La femme devient alors beaucoup plus changeante et complexe. […] Imaginez, par exemple, que les hommes ne soient représentés en littérature que comme les amants des femmes, et ne soient jamais amis d’autres hommes, soldats, penseurs, rêveurs ; combien peu de rôles alors leur seraient réservés dans les pièces de Shakespeare ! Combien la littérature en souffrirait ! Peut-être aurait-on la plupart d’Othello, et une bonne partie d’Antoine ; mais pas de César, pas de Brutus, pas d’Hamlet, pas de Lear, pas de Jaques : la littérature en serait incroyablement appauvrie, tout comme d’ailleurs elle est appauvrie, au-delà de ce qu’on peut imaginer, par toutes les portes qui se sont refermées sur les femmes. Mariées contre leur gré, gardées dans une seule pièce, occupées à une chose seulement, comment un dramaturge aurait-il pu rendre compte de manière complète ou intéressante de leur vie ? L’amour était le seul interprète possible. Le poète était forcé d’être soit passionné soit amer, à moins bien sûr qu’il ne choisisse de « haïr les femmes », ce qui signifiait le plus souvent qu’il ne leur plaisait pas. Virginia Woolf
Peut-on imaginer personnage littéraire plus désagréable que le Dieu de l’Ancien Testament? Jaloux et en étant fier; obsédé de l’autorité, mesquin, injuste et impitoyable; vengeur et sanguinaire tenant de l’épuration ethnique; tyrannique, misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire, fillicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste et capricieusement diabolique. Richard Dawkins
How does it happen that four such smart women have nothing to talk about but boyfriends? It’s like seventh grade with bank accounts! Sex and the city
Resident evil … matches all – lead character – Alice – Mila listed over the title. The second lead Sienna Guillory is listed in the opening credits as Sienna Guillory as Jill Valentine. Bingbing Li has a first and last name – Ada Wong. Michelle Rodriguez has a first name. All the women **SPOILER** survive until the end. The men are the throw away characters. All the ladies talk, fight, interact – they are not the girlfriends. Bechdel movie list
Gravity … only has three named characters (two of them male), and only two, a man and a woman, are significant to the story. But while it doesn’t pass the test, the woman is the primary protagonist, and the story is largely about her working through a desperate situation. So in terms of portraying a nuanced, interesting, sympathetic woman rather than using women as props or backdrops, it beats out many 2013 films that do squeak by the test. Bechdel movie list
Noah (…) scraps by. Ila and Naameh talk about Ila’s female children and other matters. The overriding conflict is what Noah will choose to do with those children. But they don’t always talk about it directly. Bechdel movie list
Il est assez extraordinaire de voir combien de films ne réussissent pas ce test, parce que ce n’est même pas un signe que le film est féministe ou que c’est un bon film, mais seulement qu’il y a des femmes dedans et qu’elles se parlent d’autre chose que d’un homme. Anita Sarkeesian
Parmi les vingt-cinq films ayant fait le plus d’entrées au cinéma en France en 2011, 84% échouent au test Bechdel. Pour 40% des films soumis au test, les deux femmes nommées ne font qu’échanger quelques mots (parfois simplement « bonjour, ça va ? », ou un bref échange entre une mère et sa fille, ou entre une femme et une schtroumpfette…) ! Ainsi, si l’on considère uniquement les films dans lesquels les deux femmes ont une vraie conversation (de plus de 3 phrases), alors 16% des films seulement réussissent le test. 44% échouent catégoriquement, avec des personnages féminins qui ne parlent que d’hommes, ou qui ne s’adressent jamais la parole, ou encore avec un seul personnage féminin nommé. Les résultats montrent donc de façon évidente que les femmes sont considérablement moins présentes à l’écran que les hommes, tant quantitativement que qualitativement. Lorsqu’elles apparaissent, elles sont quasi systématiquement représentées en relation avec un ou des hommes. Comme si elles n’existaient qu’en fonction d’eux ! Certaines scènes montrent des femmes échangeant quelques mots, mais c’est soit au sujet d’un homme, soit dans le cadre de relations mère-fille ou de préparatifs de mariage, quand il ne s’agit pas de paroles futiles ou insultantes à l’égard d’une autre femme… Dans la majorité des cas, les personnages féminins ne se parlent pas, et quand elles le font, c’est souvent pour mieux conforter un stéréotype sexiste. Seuls quatre films sur vingt-cinq proposent des personnages féminins qui ont une vraie conversation autour d’autre chose qu’un homme. Les vingt-cinq films soumis au test ne visent pas forcément à refléter la réalité, toutefois il ne faut pas négliger leur impact sur l’imaginaire collectif, sur la représentation que nous nous faisons des genres. Si l’on ne peut pas exiger de chaque film une représentation équitable et réfléchie des femmes et des hommes, on peut cependant appeler à la création de personnages de femmes et de filles plus construits et plus présents à l’écran et qui interagissent entre eux. Vivement une représentation moins stéréotypée des femmes ! Osez le féminisme
Si peu de films et de séries incluent des personnages féminins multiples, développés et importants, qui participent à faire avancer l’histoire. Imaginez à quel point il serait difficile d’éviter une scène où deux hommes parlent de quelque chose d’autre que de femmes. Pourquoi est-ce que c’est si dur? Parce que presque tous les films et les séries contiennent des personnages masculins multiples, développés et importants, qui participent à faire avancer l’histoire.  (…) Les personnages féminins sont traditionnellement à la périphérie des personnages masculins. En les rendant périphériques, l’auteur s’est assuré que les femmes ne pouvaient pas faire avancer l’histoire à moins qu’elles ne nous disent quelque chose sur les hommes qui sont au coeur du scénario. C’est ça, le problème que ce test souligne. Jennifer Kesler
What is so frightening about women talking to each other without the mediation of their supposed interest in men/marriage/babies ? Does cinema/literature have a duty to representation such that it is duty bound to include such scenes… ? Nina Power
Where have all the interesting women gone? If the contemporary portrayal of womankind were to be believed, contemporary female achievement would culminate in the ownership of expensive handbags, a vibrator, a job, a flat and a man. Of course, no one has to believe the TV shows, the magazines and adverts, and many don’t. But how has it come to this? Did the desires of twentieth-century women’s liberation achieve their fulfilment in the shopper’s paradise of ‘naughty’ self-pampering, playboy bunny pendants and bikini waxes? That the height of supposed female emancipation coincides so perfectly with consumerism is a miserable index of a politically desolate time. Much contemporary feminism, particularly in its American formulation, doesn’t seem too concerned about this coincidence. Nina Power
Yeah, I’m very glad people are talking about the « Bechdel Rule, » even though I’m a little ambivalent about that name. When I talked to the NPR reporter, I suggested changing it to « Ripley’s Rule, » after the Sigourney Weaver character in « Alien. » Since at the time of the rule’s inception, that was the only movie that fit its criteria. But she didn’t use that part of the interview. It’s funny to me that it’s getting so much play all of a sudden. For me, the Rule is kind of like feminism in a bottle—applied theory, quick and easy. I think whatever name one gives it, the rule should be applied to everything everywhere, including real life. Alison Bechdel
The entire Lord of the Rings trilogy, all Star Wars movies, The Social Network, Pulp Fiction and all but one of the Harry Potter movies fail this test. Ellen Tejle
It doesn’t tell you whether it’s a good film. But it is at least presenting information that can contribute to a necessary debate. It would be great if our culture reflected who we were and didn’t have to seek out information about whether we are included. Melissa Silverstein (the Women and Hollywood website)
We make sense of ourselves through cinema. Its first principle is one of identification. How you make sense of who you are, where you are in the world – we do this through cinema. There are plenty, it seems, who are fatigued by watching films, in the words of Honess Roe, about « men running around blowing each other up while women sit about in inappropriate clothes, waiting to be rescued. Kate Gerova (director of the Bird’s Eye film festival)
On the 100 top-‐grossing fictional  films in 2008 (…) 32.8 percent of speaking characters were female. Put differently, a ratio of  roughly  2 males to every one female  was observed across the 100 top‐grossing films. Though still grossly  imbalanced given that females represent over half of the U.S. population, this is the highest percentage of females in film we have witnessed across multiple studies. The presence of women working behind‐the‐camera is still abysmal. Only, 8% of directors, 13.6 % of writers, and 19.1 % of producers are female. This calculates to  a ratio of 4.90  males to every one female. Films with female directors, writers, and producers  were associated with a higher number of girls and women on screen than were films with only males in these gate‐keeping positions. To illustrate, the percentage of female characters jumps 14.3% when one or more female screen writers were involved in penning the script. Females continue to be hypersexualized in film, particularly 13­‐to 20‐year old girls. A substantially higher percentage of young females, in comparison to  young males, are shown wearing sexually revealing attire (39.8% vs. 6.7%), partially naked (30.1% vs. 10.3%), with a small waist (35.1% vs. 13.6%), and physically attractive (29.2% vs. 11.1%).  Stacy L. Smith &  Marc Choueti
Personally, I too have reservations about the validity of Bechdel test, if we’re going to take it so seriously, because it would « fail » some of the best films I’ve seen this year at festivals like the London film festival. Jonathan Glazer’s magnificent Under the Skin probably wouldn’t come up to snuff, given Scarlett Johansson’s character is practically the only woman in it, and yet it’s a film deeply concerned with female power and agency that in its sly metaphoric way says way more about gender than, say, The Iron Lady. Nicole Holofcener’s acclaimed bittersweet examination of a love-triangle Enough Said might fail on the grounds that the two women in it mostly talk about men. Even the relentlessly slushy but effective Saving Mr Banks, which stars Emma Thompson as children’s author PL Travers locking horns with Tom Hanks’ Walt Disney over adapting Mary Poppins, would also fail, even though it features one of the stronger female protagonists of the year. Charlotte Higgins
The test – whose origins are in a 1985 storyline in Alison Bechdel’s comic strip Dykes to Watch Out For – may sound like an incredibly low bar. But an alarming number of films showing in cinemas fail to reach it. « The entire Lord of the Rings trilogy, all Star Wars movies, The Social Network, Pulp Fiction and all but one of the Harry Potter movies fail this test, » said Ellen Tejle, who runs Stockholm’s Bio Rio, one of a number of independent cinemas that has instituted the classification. To that one might add a number of current releases and Oscar contenders: Alfonso Cuarón’s Gravity, despite its starring role for Sandra Bullock; Lee Daniels’ The Butler, about a presidential servant and the civil rights movement; and Captain Phillips, Paul Greengrass’s piracy drama, which involves an all-male gang of pirates attacking an all-male shipping crew. The WikiLeaks film Fifth Estate, which is partly set in the offices of the Guardian, fails the test. Oddly enough, Thor (in which Chris Hemsworth plays the Nordic god, come to save us all from Christopher Ecclestone) does pass, since it features a scene in which Natalie Portman and Kat Dennings discuss nuclear physics. (…) Claire Binns, director of programming and exhibition for the UK-based Picturehouse chain, said the classification idea would not be taken up in her cinemas anytime soon, but it certainly highlighted a real problem – a « criminal » lack of parts for older women in cinema, a desperate lack of women working behind the camera and a failure of the film industry to bring to the screen « women with real stories – women that aren’t just there to be killed in reel three or raped in reel four ». … But the Bechdel test is, some argue, a crude way of assessing films for gender equality. Dr Bella Honess Roe, lecturer in film studies at Surrey University, pointed out that The Hurt Locker would not pass the test, though « it was a watershed moment for women directors when Kathryn Bigelow won an Oscar for it ». Films that are, arguably, problematic in other ways, such as The Help, which was criticised for its race politics, would pass, she added. « If we are going to classify for gender equality then surely we would have to examine class, race, ethnicity and sexuality bias, » she said. Charlotte Higgins
Le test de Bechdel, ou test de Bechdel-Wallace, est un test qui vise à démontrer par l’absurde à quel point certains films, livres et autres œuvres scénarisées sont centrés sur les hommes. Une œuvre réussit le test si les trois affirmations suivantes sont vraies : l’œuvre a deux femmes identifiables (elles portent un nom) ; elles parlent ensemble ; elles parlent d’autre chose que d’un homme. (…) Le test ne juge pas de la qualité artistique. Son but est de montrer la grande quantité de films et autres œuvres qui ne réussissent pas à valider ces trois affirmations1. Le test n’est pas une preuve absolue de sexisme ou non. Ainsi un film très sexiste peut faire parler deux femmes de sujets stéréotypés. À l’inverse, un film centré sur les relations homme-femme peut ne faire parler les hommes que des femmes et les femmes que des hommes. Un film ayant très peu d’acteurs peut aussi rater le test. Ainsi le test de Bechdel ne sert pas à prouver qu’un film est sexiste ou pas, mais à souligner qu’un grand nombre d’œuvres et en particulier de films ne passent pas un test aussi simple. Nommé d’après Alison Bechdel, il apparaît sous cette forme dans sa bande dessinée Lesbiennes à suivre en 19852. Bechdel y crédite son amie Liz Wallace pour l’idée originale. Plusieurs variantes du test existent, dont l’une requiert que les deux locutrices aient un nom. Selon le site collaboratif bechdeltest.com, 46 % des milliers de films répertoriés échoueraient à ce test. Le test donne une idée du « taux de présence » des femmes dans les films en général. Il ne détermine pas la qualité d’une l’œuvre et n’indique pas si elle est sexiste ou non. Des films aux contenus sexistes peuvent réussir le test alors que d’autres contenant des personnages féminins forts peuvent échouer. Wikipedia

La Bible (ou la vraie vie) réussirait-elle le test de Bechdel ?

Star wars, Lord of the rings,  The Social network, Avatar, Gravity, Sex and the city

A l’heure où avec « Noé », sort en France le premier d’une longue série en cette année hollywoodienne de la Bible

Pendant que le gros de films réalisés par pas moins de 95% d’hommes  continue à fournir à nos enfants, entre deux images de femmes plus ou moins déshabillées attendant d’être secourues quand elles ne finissent pas violées ou tuées, leur lot quotidien de jeunes gens se courant après pour s’exploser la tête  …

Comment ne pas être inquiet avec la grille de lecture qui, appliquée déjà depuis l’an dernier certaines salles de cinéma suédoises, éliminerait pour sexisme plus de la moitié des films dont toute la saga de Star wars ou celle quasiment d’Harry Potter ou même le nec plus ultra féministe de « Sex and the city » ?

A savoir le fameux test de Bechdel, créé il y a presque trente ans par l’auteure de BD du même nom et inspiré apparemment par un texte de Virginia Wolf …

Selon lequel une œuvre ne réussit le test que si elle a au moins deux femmes ayant un nom et parlant ensemble d’autre chose que d’hommes ?

Car  si « Noé » – on vous rassure tout de suite – passe de justesse avec ses deux femmes parlant d’enfants,  qu’en sera-t-il de « Son of God » (tiré de la mini-série télé « The Bible », elle-même déjà déconseillée pour violence excessive aux moins de 14 ans) et « Exodus » (programmé pour la fin de l’année) qui n’ont toujours pas été testés ?

Le Test de Bechdel, un label féministe
SEXISME
Peu de films obtiennent la moyenne à cette évaluation qui note les œuvres «women friendly».

Olivier Séguret

Libération

28 janvier 2014

Dans sa procédure comme dans son principe, le test de Bechdel est d’une simplicité biblique. Prenez n’importe quel film, et soumettez-le à trois questions. Ce film comporte-t-il au moins deux personnages féminins identifiables par un nom ? Ces deux femmes se parlent-elles ? Se parlent-elles d’autre chose que d’un homme ? Cela a l’air trivial, mesquin voire vraiment trop facile, mais les candidats susceptibles de réussir ce test, ce qui suppose de répondre affirmativement aux trois questions posées, sont beaucoup plus rares qu’on ne l’imaginerait spontanément.

Ce test, qui connaît une popularité médiatique croissante aux Etats-Unis et ailleurs, doit son nom à la cartoonist américaine Alison Bechdel, qui en exposa la teneur dans une bande dessinée lesbienne publiée en 1985, Dykes to Watch Out For, sans en imaginer la postérité. Elle confia d’ailleurs que l’idée originale de ce test n’était pas d’elle, mais revenait à une amie, Liz Wallace, ce qui explique son autre nom, qui circule aussi : test de Bechdel-Wallace. A son tour, cette amie rendit à Virginia Woolf la maternité du concept, dont la romancière britannique ébauche la réflexion dans son essai pamphlétaire et féministe Une chambre à soi.

Destiné, au fond, à déterminer le degré de bienveillance d’un film à l’égard des femmes, sa teneur women friendly, son niveau de féminisme, le test de Bechdel n’est pas un instrument infaillible : certains teen movies graveleux le réussissent accidentellement et des films a priori aussi politiquement corrects que Shrek, ou aussi inoffensifs sur ces questions que Pacific Rim, le ratent en beauté.

La Suède est à ce jour le seul pays à avoir accordé quelque crédit officiel au test de Bechdel. En novembre, le Swedish Film Institute annonçait en effet soutenir l’initiative d’une chaîne câblée et de quelques salles du pays, qui font figurer le test dans les catalogues et notations de leurs programmes. Selon le classement qu’ils ont établi pour l’année 2013, une dizaine seulement de films distribués en Suède a réussi le test. Parmi ceux-ci : The Bling Ring de Sofia Coppola, Frances Ha de Noah Baumbach ou Blue Jasmine de Woody Allen. Plus inattendu, Kick-Ass 2 de Jeff Wadlow passe également la barre. En revanche, on ne s’étonnera pas que la Vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche obtienne haut la main son diplôme de Bechdel.

La semaine dernière, le Washington Post s’amusait à faire passer le test aux films en lice pour les prochains oscars. Sur la liste des neuf prétendants au titre du meilleur film, seuls Dallas Buyers Club (lire page IV),Nebraska et Philomena passent l’épreuve. Tous les autres (le Loup de Wall Street, Capitaine Phillips…) échouent, y compris l’unanimement apprécié Gravity, ce qui laisse tout de même planer un doute sérieux sinon sur la pertinence du test du moins sur son universalité : ce n’est pas parce qu’il manque une interlocutrice à Sandra Bullock que le film d’Alfonso Cuarón perd sa profonde qualité féminine… Et féministe.

Voir aussi:

Le dernier film que vous avez vu passe-t-il le test de Bechdel?
Des cinémas indépendants suédois attribuent un label aux films qui ont deux personnages féminins qui se parlent à un moment d’autre chose que d’un homme. Pas si facile…
Cécile Dehesdin
Slate
07/11/2013

Réfléchissez deux minutes au dernier film que vous avez vu, au cinéma ou à la télé et posez-vous ces trois questions:

1) Est-ce qu’il y avait au moins deux personnages féminins dont on connaissait le nom?
2) Est-ce qu’elles se parlaient à un moment du film?
3) Est-ce qu’elles se parlaient d’autre chose que d’un homme?

Si vous avez répondu oui à ces trois questions, votre film vient de passer le «test de Bechdel», du nom de l’auteure de bande-dessinées Alison Bechdel. En 1985, dans Dykes to watch out for, elle dessinait une planche intitulée «La règle», où deux amies envisageaient d’aller au cinéma. L’une d’entre elles explique avoir comme règle de n’aller voir un film que s’il remplit trois préalables de base: avoir au moins deux femmes qui parlent d’autre chose que d’un homme.

Si le dernier film que vous avez vu remplit ces trois critères, il aurait également droit au label lancé par quatre cinémas indépendants suédois, qui attribuent un «A» –comme Approuvé et Alison Bechdel. Comme le note le site de l’initiative, le label est une façon d’évoquer le problème de l’inégalité hommes-femmes dans le cinéma, et le test de Bechdel un «outil utile qui peut nous aider à viser l’égalité».

Il signale également qu’un film labellisé «A» n’est pas nécessairement un bon film… mais permet de soulever la question de «qui a le droit de parler dans les films aujourd’hui, et qui sont les personnes dont on raconte l’histoire».

D’ailleurs, un film qui passe le test de Bechdel n’est pas nécessairement un film non-sexiste, vu qu’un échange de quelques secondes sur un long métrage de plusieurs heures suffit (certains estiment d’ailleurs qu’il faudrait au moins 60 secondes de discussion pour le comptabiliser comme un échange).

Comme le notait la toujours passionnante Anita Sarkeesian en 2009, «il est assez extraordinaire de voir combien de films ne réussissent pas ce test, parce que ce n’est même pas un signe que le film est féministe ou que c’est un bon film, mais seulement qu’il y a des femmes dedans et qu’elles se parlent d’autre chose que d’un homme». S.O.S Fantômes, Men In Black, Shrek, Fight Club, Quand Harry rencontre Sally sont autant d’exemples de films qui n’ont pas deux personnages féminins nommés parlant d’autre chose que d’un homme.

A l’inverse, Blue Jasmine, L’Ecume des Jours, La vie d’Adèle ou Les Flingueuses sont quelques exemples de films qui réussissent le test (vous pouvez voir et participer à une liste ici).

Comme l’expliquait Jennifer Kesler en 2010 sur son blog Thehathorlegacy, le but du test de Bechdel n’est pas de le réussir –avec une scène prétexte de 30 secondes sans aucun intérêt histoire de dire qu’on n’est pas sexiste–, mais de faire réfléchir les gens à la rareté de ces scènes:

«Si peu de films et de séries incluent des personnages féminins multiples, développés et importants, qui participent à faire avancer l’histoire. Imaginez à quel point il serait difficile d’éviter une scène où deux hommes parlent de quelque chose d’autre que de femmes. Pourquoi est-ce que c’est si dur? Parce que presque tous les films et les séries contiennent des personnages masculins multiples, développés et importants, qui participent à faire avancer l’histoire.»

Les personnages féminins sont traditionnellement à la périphérie des personnages masculins, poursuit-elle:

«En les rendant périphériques, l’auteur s’est assuré que les femmes ne pouvaient pas faire avancer l’histoire à moins qu’elles ne nous disent quelque chose sur les hommes qui sont au coeur du scénario. C’est ça, le problème que ce test souligne.»

En 2008, la même Jennifer Kesler expliquait que lors de ses études de cinéma, plusieurs de ses professeurs lui avaient dit qu’elle ne réussirait jamais dans le milieu si elle continuait d’écrire des scenarii avec des femmes se parlant d’autre chose que d’hommes… Un professionnel de l’industrie lui avait finalement expliqué:

«Le public ne veut pas écouter des femmes qui parlent de ce dont les femmes parlent.»

Voir également:

Votre film préféré passera-t-il le nouveau test de Bechdel?

Un collectif faisant la promotion de la diversité à l’écran réinvente le test de Bechdel permettant de déterminer à quel point nos films racontent des histoires d’hommes blancs hétérosexuels.

Iris Mazzacurati

L’Express

18/03/2014 à 14:31

Connaissez-vous le test de Bechdel? Ce petit test simple, apparu pour la première fois dans la bande dessinée Lesbiennes à suivre d’Alison Bechdel en 1985, permet en trois questions de déterminer si une oeuvre cinématographique est centrée sur les hommes.

Une oeuvre réussit le test si elle contient au moins deux personnages féminins, dont on connaît le nom, et qui parlent ensemble d’autre chose que d’un homme

Or le concept est aujourd’hui repris, réinventé et réévalué par le collectif The Rep Project dans le cadre de sa campagne pour la diversité à l’écran.

LeRep Test, lui, multiplie les items et comprend des questions telles que « Le film fait-il apparaître une ou plusieurs femmes de couleur, dans un rôle parlant, et qui ne sont PAS réduites à un stéréotype racial? ». Ouvrant la gamme de réflexions à la représentation de la communauté LGBT ou aux clichés racistes.

Le Daily Dot a passé au crible du Rep test, Avengers et la trilogie Batman Dark Knight, qui décrochent -sans grande surprise- la note de D, soit 1 ou 3 points sur un total possible de 27, Hunger Games: L’embrasement final, lui, oscille ente un A et un B selon l’interprétation que l’on fait des différents handicaps des personnages de Peeta et Katniss (le test donne des points bonus de diversité si des personnages sont handicapés).

Une lettre ouverte publiée dans le Los Angeles Times et envoyée aux principales maisons de production hollywoodiennes a lancé la campagne le 1er mars dernier.

Le but final de The Rep Project est de compiler toutes les réponses aux Rep test et de les utiliser comme outil pédagogique dans les écoles.

Et vous? Quel est le dernier film que vous avez-vous vu et qui pourrait obtenir la note A?

Voir encore:

En Suède, les films passent un test de parité
Dans la trilogie du Seigneur des anneaux, les femmes sont là. Mais parlent-elles entre elles…et d’autre chose que des hommes?
Christelle Granja (Paris)
Osez le féminisme
07/11/2013

Le sexisme au cinéma ne date pas d’hier. Sa dénonciation non plus. Mais désormais, en Suède, il est exposé aux yeux de tous: les films reçoivent une note en fonction de la place qu’ils accordent aux personnages féminins.

Interdits aux moins de 12 ans, de 18 ans ou encore classés X : en France et ailleurs en Europe, les films sont distingués selon l’âge du public autorisé. La présence de scènes angoissantes, violentes, érotiques ou pornographiques motive le classement.

Mais en Suède, depuis le mois dernier, un indice d’une tout autre nature renseigne le spectateur sur la fiction de son choix. Son objectif: mettre en évidence le degré de représentation féminine, et participer ainsi à la promotion de l’égalité des sexes. Pour obtenir un « A », le film doit réussir le « test Bechdel ». Ce dernier n’est ni une étude de la qualité cinématographiques d’une œuvre, ni une appréciation morale. Il se résume à trois petites questions :

Est-ce que dans ce film deux femmes ont des « vrais » rôles ?
Est-ce que deux femmes ont au moins une conversation entre elles ?
Est-ce qu’elles parlent d’autre chose que d’un ou des hommes ?

Pour valider le test, le long-métrage doit réunir -au moins une fois- ces trois conditions. Rien de plus simple a priori. Mais pas si fréquent, quand on y regarde de plus près. De nombreux films, parmi lesquels des blockbusters à succès, échouent au test. The Independent dresse la liste des recalés: la trilogie de The Lord of the Rings, Star Wars, The Social Network, Pulp Fiction ou encore l’un des derniers épisodes de Harry Potter.

84% des films recalés au test

Si le « test Bechdel » n’est pas nouveau, son application concrète, comme outil de classement cinématographique, est inédite. Sa création remonte aux années 80. On la doit à l’auteure éponyme de bandes dessinées Alison Bechdel. Trente ans plus tard, force est de constater qu’il n’a rien perdu de son actualité.

Le New York Mag s’est récemment attelé à un exercice de calcul sur le nombre de femmes dans les films diffusés l’été aux Etats-Unis de 1989 à aujourd’hui. Conclusion: si 2013 a été un très mauvais cru pour la présence des femmes au cinéma, les autres années ne sont pas plus exemplaires! Une étude récente d’une université californienne, l’USC Annenberg Centre, chiffre cette sous-représentation des femmes : moins d’un tiers (seulement 28,4%) des personnages qui parlent (dans les films sortis en 2012) sont des femmes.

Nul besoin de franchir l’Atlantique pour constater cette inégalité de traitement: en 2011, Osez le féminisme a passé au crible les vingt-cinq films ayant fait le plus d’entrées au cinéma en France… 84% d’entre eux échouent au test Bechdel!

Pour 40% des films soumis au test, les deux femmes nommées ne font qu’échanger quelques mots (parfois simplement ‘bonjour, ça va ?’, ou un bref échange entre une mère et sa fille, ou entre une femme et une schtroumpfette…)! »

précise le collectif. Et si l’on considère uniquement les films dans lesquels les deux femmes ont une vraie conversation (de plus de 3 phrases), alors 16% des films seulement réussissent le test.

Super-héroïnes pour modèles

La mise en place de cette « note » bechdel est donc, pour le cinéma suédois, une manière de favoriser une prise de conscience large de la réalité du sexisme. Les représentations données au cinéma influencent les schémas mentaux d’une société : « une super-héroïne ou une personne de sexe féminin qui fait face à des défis passionnants et les surmonte » permet d’ouvrir l’horizon des possibles féminins, argumente Ellen Tejle. Cette directrice du centre culturel Bio Rio, dédié au cinéma, défend l’initiative:

L’objectif est de voir sur les écrans davantage d’histoires de femmes et de perspectives féminines. »

Bio Rio est l’une des quatre structures suédoises à avoir appliqué ce nouvel indice dès le mois dernier. « Pour certaines personnes, cela a permis une prise de conscience », confie-t-elle à l’Associated Press.

Ces pionnières ont su convaincre les pouvoirs publics, via l’Institut suédois du Film. Cet équivalent du CNC français soutient le test Bechdel, dont l’application se développe au-delà des salles de cinéma: la chaîne cablée Viasat Film, séduite, a déjà programmé pour le 17 novembre son premier film noté « A ».

Pour autant, le test ne fait pas l’unanimité: le critique de cinéma Hynek Pallas juge dérangeant que l’Etat, par son soutien à la mise en place de cet indice, « envoie des consignes au sujet de ce que l’on devrait ou ne devrait pas inclure dans un film ».

Par ailleurs, les trois fameuses questions ont bien sûr leur limite: un film non sexiste ne réussira pas le test s’il a pour cadre un environnement masculin ; inversement, des films sexistes pourront le réussir. Mais l’initiative représente un premier pas. C’est un outil parmi d’autres, sans doute provisoire, davantage qu’une solution unique à des stéréotypes profondément ancrés.

Si l’on ne peut pas exiger de chaque film une représentation équitable et réfléchie des femmes et des hommes, on peut cependant appeler à la création de personnages de femmes et de filles plus construits et plus présents à l’écran et qui interagissent entre eux, » conclut Osez le féminisme.

La démarche de notation peut sembler anecdotique, mais elle démontre une fois de plus le volontarisme égalitaire suédois. Le dernier classement du Forum Economique mondial sur les inégalités entre les sexes classe d’ailleurs le pays scandinave en tête de peloton (4ème sur 136 pays étudiés). Loin devant la France, qui arrive péniblement à la 67ème place.

Voir de plus:

Cinéma & représentations des femmes : le test de Bechdel
Mélanie Dubost
Osez le féminisme
20/02/2014

L’idée du test de Bechdel est apparue dans les années 1980, sous la plume de l’auteure de bandes dessinées Alison Bechdel. Il repose sur trois questions simples :
1- Y a-t-il dans le film au moins deux personnages de sexe féminin ? (Qui sont nommés, il ne s’agit pas de compter les figurantes)
2- Ces deux femmes ont-elles une conversation entre elles ?
3- Si oui, parlent-elle d’autre chose que d’un homme ?
Pour réussir ce test, il faut réunir au moins une fois ces trois conditions au cours du film.

Le groupe Médias/Culture d’Osez le féminisme ! a donc décidé de se pencher sur la question : nous avons soumis au test les vingt-cinq films ayant fait le plus d’entrées en 2011. Il n’est pas ici question d’évaluer la qualité artistique des films, ni de porter un jugement de valeur sur les thèmes abordés. Le fait de passer avec succès le test de Bechdel ne garantit absolument pas qu’un film soit féministe : il s’agit d’évaluer la présence (ou l’absence) de personnages féminins dans les films d’aujourd’hui et de questionner les représentations faites des femmes dans le cinéma.

Seuls deux de ces vingt-cinq films ont été réalisés par des femmes (Polisse, de Maïwenn et Kung Fu Panda 2, de Jennifer Yuh). Quatre seulement ont été écrits ou co-écrits par des femmes :
– Polisse, coécrit par deux femmes ;
– Twilight chapitre IV : Révélation, première partie, écrit par une femme. Ce film n’est absolument pas féministe, bien au contraire ;
– La planète des singes : Les origines, co-écrit par une femme et un homme
– X-men : Le commencement, quatre co-scénaristes, dont une seule femme

Vingt de ces vingt-cinq films ont donc été écrits et réalisés uniquement par des hommes et un seul a été écrit et réalisé uniquement par des femmes (Polisse, de Maïwenn, dix-huitième au box-office, prix du jury du festival de Cannes 2011).
Parmi les vingt-cinq films ayant fait le plus d’entrées au cinéma en France en 2011, 84% échouent au test Bechdel. Pour 40% des films soumis au test, les deux femmes nommées ne font qu’échanger quelques mots (parfois simplement « bonjour, ça va ? », ou un bref échange entre une mère et sa fille, ou entre une femme et une schtroumpfette…) ! Ainsi, si l’on considère uniquement les films dans lesquels les deux femmes ont une vraie conversation (de plus de 3 phrases), alors 16% des films seulement réussissent le test. 44% échouent catégoriquement, avec des personnages féminins qui ne parlent que d’hommes, ou qui ne s’adressent jamais la parole, ou encore avec un seul personnage féminin nommé.

Réussissent le test sans hésitation (16%) :
– Au-delà (bref échange entre le personnage de Cécile de France et une docteure)
– Black Swan
– Les Femmes du 6ième étage
– Polisse

Échange de quelques mots (40%) :
– Le Discours d’un roi (Court échange mère-fille)
– Harry Potter et les reliques de la mort 2e partie (« Don’t touch my daughter, bitch ! »)
– Kung Fu Panda 2
– Minuit à Paris (Échange mère-fille au sujet des cadeaux de mariage)
– Un Monstre à Paris (Quelques mots entre tante et nièce)
– Les Schtroumpfs (« Quelle jolie robe ! » et « Je n’ai jamais eu d’amie fille. »)
– Thor (à peine quelques mots entre le personnage de Portman et son assistante)
– Transformers 3 : La Face cachée de la Lune
– Twilight chapitre IV : Révélation. Première partie (au sujet du mariage)
– X-men : Le commencement

Échouent catégoriquement au test (44%) :
– Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne
– Cars 2
– Case départ (échanges de quelques mots, mais systématiquement au sujet de l’un ou l’autre des personnages masculins)
– Le Chat Potté
– Fast & Furious 5 (Echange de quelques mots, mais au sujet d’un homme : « Est-ce qu’il sait [que tu es enceinte] ?»)
– Intouchables
– Pirates des Caraïbes : La Fontaine de jouvence
– La Planète des singes : Les origines
– Rien à déclarer
– Rio
– Very Bad Trip 2

Les résultats montrent donc de façon évidente que les femmes sont considérablement moins présentes à l’écran que les hommes, tant quantitativement que qualitativement. Lorsqu’elles apparaissent, elles sont quasi systématiquement représentées en relation avec un ou des hommes. Comme si elles n’existaient qu’en fonction d’eux !
Certaines scènes montrent des femmes échangeant quelques mots, mais c’est soit au sujet d’un homme, soit dans le cadre de relations mère-fille ou de préparatifs de mariage, quand il ne s’agit pas de paroles futiles ou insultantes à l’égard d’une autre femme… Dans la majorité des cas, les personnages féminins ne se parlent pas, et quand elles le font, c’est souvent pour mieux conforter un stéréotype sexiste. Seuls quatre films sur vingt-cinq proposent des personnages féminins qui ont une vraie conversation autour d’autre chose qu’un homme.

Les vingt-cinq films soumis au test ne visent pas forcément à refléter la réalité, toutefois il ne faut pas négliger leur impact sur l’imaginaire collectif, sur la représentation que nous nous faisons des genres. Si l’on ne peut pas exiger de chaque film une représentation équitable et réfléchie des femmes et des hommes, on peut cependant appeler à la création de personnages de femmes et de filles plus construits et plus présents à l’écran et qui interagissent entre eux. Vivement une représentation moins stéréotypée des femmes ! Espérons que le box-office de 2012 obtienne de meilleurs résultats au test Bechdel !

Les films qui réussissent le test et que nous avons aimés : Donoma, Melancholia, TomBoy, Polisse.

Voir aussi:

Connaissez-vous le test Bechdel?
Marie-Claude Martin
Le Temps
10 janvier 2014

Jane Campion, qui vient d’être nommée présidente du jury au prochain Festival de Cannes, sera-t-elle sensible aux critères de ce label qui vise l’égalité?

Quelle jolie robe! Je n’ai jamais eu d’amie fille. Les Schtroumpfs 2

C’est donc Jane Campion qui présidera le jury du 67e Festival de Cannes, du 14 au 25 mai. Elle est la dixième femme à occuper ce poste mais la première réalisatrice. Le choix est artistique, sans aucun doute. Il est aussi politique. Peut-on imaginer meilleure caution pour déjouer la rituelle polémique concernant la sous-représentation des femmes dans un festival qui se veut la vitrine du monde?

La cinéaste néo-zélandaise a tout juste: révélée à Cannes avec son court-métrage Peel, elle est la seule femme à avoir décroché la Palme d’or (avec La Leçon de piano en 1993), alors que sa filmographie est entièrement consacrée à des figures féminines fortes, des héroïnes qui ne cèdent ni sur leur désir, ni sur leur liberté. Jane Campion, c’est le label Bechdel du Festival de Cannes.

Le quoi? Je vous explique. Le test de Bechdel, du nom d’une dessinatrice de BD qui en fait un argument dans une de ses planches, consiste à mesurer la représentativité des femmes au cinéma. Pour passer le test, un film doit pouvoir répondre oui à ces trois questions: 1. Est-ce qu’il y a au moins deux personnages féminins dont on connaît le nom? 2. Est-ce qu’elles se parlent à un moment du film? 3. Si oui, parlent-elles d’autre chose que d’un homme?

A priori, ces trois conditions paraissent assez faciles à remplir. Détrompez-vous. Sur l’année 2013, par exemple, parmi les dix films qui ont fait le plus d’entrées en Europe, 66% auraient été recalés. Il faut dire que les block­busters ne cachent pas leurs intentions: du muscle, de la testostérone et des effets spéciaux. Mais, plus surprenant, ces films que l’on appelle chick flicks, destinés au public féminin, ne font guère mieux, échouant soit à la seconde, soit à la troisième question. Le phénomène est particulièrement vrai à Hollywood.

Soyons clairs: le test Bechdel ne garantit pas la qualité d’un film, et pas d’avantage son engagement. Il n’est qu’un indice de la présence des femmes à l’écran, de leur capacité à raconter une histoire, à en être le moteur et pas seulement les éléments décoratifs. Il a le mérite de rendre visible un déséquilibre devenu quasiment naturel à force d’habitude. A titre indicatif, si on inversait la proposition et qu’on remplaçait les femmes par les hommes, le taux de réussite serait à peu près de 70%.

Déjà adopté comme label par quatre cinémas indépendants en Suède, cet «indice de l’égalité» a ses limites. Gravity, par exemple, ne passerait pas le test parce que son héroïne, aussi exceptionnelle soit-elle, ne parle pas à une autre femme. Et que penser d’une comédie comme Guillaume et les garçons à table!, où le comédien joue le rôle de sa mère? Le label ne prémunit pas non plus contre le sexisme. Un film sans femmes, comme L’Inconnu du lac, est-il forcément plus misogyne qu’une comédie qui remplirait toutes les conditions parce qu’une fille dirait à une autre: «Quoi, t’es une fille et t’as pas de shampoing!?»

Enfin, comme tout système de cotation, le test comporte ses aberrations. En écrivant cette chronique, je m’aperçois que La Leçon de piano de Jane Campion raterait son Bechdel: son héroïne est muette.

Voir encore:

Au tour de la littérature de passer le test de Bechdel
Silvia Ricci Lempen
Le Temps
15 janvier 2014

Silvia Ricci Lempen juge que le test de Bechdel, malgré ses limites, est utile pour démasquer l’imaginaire patriarcal inconscient à l’œuvre dans le cinéma, mais aussi dans d’autres domaines artistiques

Tiens, on reparle du test de Bech­del. Coup sur coup, Miso et Maso dans Le Courrier (08.01.2014) et Marie-Claude Martin (LT du 10.01.2014) con­sacrent une chronique à cet instrument d’analyse, inventé il y a déjà bientôt trente ans par une auteure états-unienne, qui vise à faire réfléchir sur la représentation des femmes dans les productions culturelles. Alison Bechdel s’intéressait tout particulièrement au cinéma, mais rien n’empêche d’appliquer le test à d’autres ­catégories d’œuvres d’art de type narratif.

Le terrain est miné. S’il y a un domaine où le concept d’égalité est hors de propos, c’est bien celui des contenus de la culture. Que les déesses nous préservent d’une ­police du symbolique, qui se mêlerait d’évaluer la qualité des œuvres d’art à l’aune du nombre de femmes qu’elles mettent en scène, ou du rôle qu’on leur fait jouer. De plus, le test de Bechdel est assez approximatif et pas ­vraiment fiable. Pourtant, il a un immense mérite, qui est d’attirer ­l’attention sur la domination persistante de l’imaginaire collectif patriarcal (à ne pas confondre avec les hommes en tant qu’individus!) dans le champ de la création artistique.

Cette domination est inscrite dans l’inconscient de très nombreux créateurs et créatrices, qui en nourrissent leurs œuvres sans nécessairement s’en rendre compte, comme dans celui de la plupart des critiques et des responsables des instances de légitimation culturelle qui sont appelés à juger ces œuvres, aux yeux de qui elle semble rester le plus souvent invisible. Les œuvres sont et doivent être jugées pour leur valeur artistique, pas pour leur teneur démocratique: c’est ce qui différencie un film ou un roman d’une loi sur la famille ou d’une grille de salaires. Quant à celles et ceux qui les produisent, leur liberté d’expression est et doit rester intangible. Le problème, c’est que le respect (sacro-saint) de ces spécificités du champ culturel fait du même coup écran à la pure et simple perception de l’infrastructure encore massivement patriarcale de la culture contemporaine, en tout cas s’agissant de la culture mainstream.

Le test de Bechdel, quels que soient ses défauts et ses insuffisances, peut favoriser cette perception. Bien entendu, pas dans le but d’orienter les productions des artistes dans le sens d’une plus grande justice dans la représentation des rapports entre les sexes, et encore moins dans celui de sanctionner celles qui contreviennent à cette justice (répétons-le, le critère de la justice est absolument non pertinent dans l’art). Mais dans le but d’éclairer un aspect omniprésent et pourtant obstinément ignoré de notre imaginaire collectif.

Parmi les trois questions du test de Bechdel, la troisième est la plus intéressante. En admettant que, dans le film analysé, il y ait bel et bien au moins deux femmes ­ (première question), et que ces femmes se parlent entre elles (deuxième question), leur arrive-t-il au moins une fois de parler d’autre chose que d’un homme? Cette formulation doit être prise cum grano salis; si elles se parlent, par exemple, de produits de beauté, le film va passer le test, mais c’est du pipeau, étant donné que, jusqu’à nouvel avis, la fonction principale des produits de beauté est de rendre les femmes attrayantes aux yeux des hommes, ou d’un homme.

En fait, il faudrait poser la question de manière un peu plus élaborée: arrive-t-il à ces deux femmes de parler entre elles des sujets dont les hommes, eux, parlent ­habituellement entre eux dans la quasi-totalité de la cinématographie et de la littérature mondiale? Du genre: la politique, la morale, la dégradation de l’environnement ou les cours de la bourse? En somme, leur arrive-t-il de s’approprier les sujets dits «universels» sans la médiation d’un personnage masculin (ce que les femmes font tous les jours, si, si, dans la vraie vie)? Que je sache, la question ainsi formulée n’a jamais été posée dans le cadre d’une recherche quantitative sur la production culturelle contemporaine mais, si elle l’avait été, les résultats seraient à coup sûr encore plus catastrophiques que ceux du test de Bechdel originaire (66% des dix films qui ont fait le plus d’entrées en Europe en 2013 ne le passent pas).

Ces résultats ne sont rien d’autre qu’un symptôme d’un phénomène qui mériterait une analyse plus approfondie: la persistance de la confusion, dans la culture contemporaine, entre le masculin et l’humain en général, qui fait que les différentes facettes de l’humain non assignables a priori à l’un des deux sexes sont incarnées de préférence par des personnages masculins. Cette confusion vient de très loin, elle est ancrée dans les strates les plus anciennes du psychisme individuel et social, et il n’est évidemment pas question de la dissiper au Kärcher idéologique. Ce qui ­serait déjà bien, c’est qu’elle commence à être vue.

Un petit exercice pour se mettre en appétit? Comme ma spécialité n’est pas le cinéma, je vous suggère de faire un détour par la littérature. Relisez, à la lumière des considérations qui précèdent, les deux grands best-sellers suisses de ces dernières années, Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier et La Vérité sur l’affaire Harry Quebert de Joël Dicker. Intéressant, non?

Voir de même:

Why film schools teach screenwriters not to pass the Bechdel test

Jennifer Kesler

The Hathor legacy

June 30, 2008

While writing Female characters exist to promote male leads for network profits, I realized something I had never quite put together in so many words. It’s important enough to deserve its own article (thanks, Bellatrys!), so here it is: my screenwriting professors taught me not to write scripts that passed the Bechdel/Mo Movie Measure/”Dykes To Watch Out For” test, and I can tell you why, and this needs to be known.

The “Dykes to Watch Out For” test, formerly coined as the “Mo Movie Measure” test and Bechdel Test, was named for the comic strip it came from, penned by Alison Bechdel – but Bechdel credits a friend named Liz Wallace, so maybe it really should be called the Liz Wallace Test…? Anyway, the test is much simpler than the name. To pass it your movie must have the following:

1) there are at least two named female characters, who

2) talk to each other about

3) something other than a man.

So simple, and yet as you go through all your favorite movies (and most of your favorite TV shows, though there’s a little more variety in TV), you find very few movies pass this test.

It’s not a coincidence. It’s not that there aren’t enough women behind the camera (there aren’t, but that’s not the reason). Here’s what we’re up against (and for those who have requested a single post that summarizes my experiences in film for linking reference, now you’ve got it).

When I started taking film classes at UCLA, I was quickly informed I had what it took to go all the way in film. I was a damn good writer, but more importantly (yeah, you didn’t think good writing was a main prerequisite in this industry, did you?) I understood the process of rewriting to cope with budget (and other) limitations. I didn’t hesitate to rip out my most beloved scenes when necessary. I also did a lot of research and taught myself how to write well-paced action/adventure films that would be remarkably cheap to film – that was pure gold.

There was just one little problem.

I had to understand that the audience only wanted white, straight, male leads. I was assured that as long as I made the white, straight men in my scripts prominent, I could still offer groundbreaking characters of other descriptions (fascinating, significant women, men of color, etc.) – as long as they didn’t distract the audience from the white men they really paid their money to see.

I was stunned. I’d just moved from a state that still held Ku Klux Klan rallies only to find an even more insidious form of bigotry in California – running an industry that shaped our entire culture. But they kept telling me lots of filmmakers wanted to see the same changes I did, and if I did what it took to get into the industry and accrue some power, then I could start pushing the envelope and maybe, just maybe, change would finally happen. So I gave their advice a shot.

Only to learn there was still something wrong with my writing, something unanticipated by my professors. My scripts had multiple women with names. Talking to each other. About something other than men. That, they explained nervously, was not okay. I asked why. Well, it would be more accurate to say I politely demanded a thorough, logical explanation that made sense for a change (I’d found the “audience won’t watch women!” argument pretty questionable, with its ever-shifting reasons and parameters).

At first I got several tentative murmurings about how it distracted from the flow or point of the story. I went through this with more than one professor, more than one industry professional. Finally, I got one blessedly telling explanation from an industry pro: “The audience doesn’t want to listen to a bunch of women talking about whatever it is women talk about.”

“Not even if it advances the story?” I asked. That’s rule number one in screenwriting, though you’d never know it from watching most movies: every moment in a script should reveal another chunk of the story and keep it moving.

He just looked embarrassed and said, “I mean, that’s not how I see it, that’s how they see it.”

Right. A bunch of self-back-slapping professed liberals wouldn’t want you to think they routinely dismiss women in between writing checks to Greenpeace. Gosh, no – it was they. The audience. Those unsophisticated jackasses we effectively worked for when we made films. They were making us do this awful thing. They, the man behind the screen. They, the six-foot-tall invisible rabbit. We knew they existed because there were spreadsheets with numbers, and no matter how the numbers computed, they never added up to, “Oh, hey, look – men and boys are totally watching Sarah Connor and Ellen Ripley like it’s no big deal they’re chicks instead of guys.” They always somehow added up to “Oh, hey, look – those effects/that Arnold’s so awesome, men and boys saw this movie despite some chick in a lead role.”

According to Hollywood, if two women came on screen and started talking, the target male audience’s brain would glaze over and assume the women were talking about nail polish or shoes or something that didn’t pertain to the story. Only if they heard the name of a man in the story would they tune back in. By having women talk to each other about something other than men, I was “losing the audience.”

Was I?

There certainly are still men in this world who tune out women when we talk, but – as I and other students pointed out – this was getting less common with every generation, and weren’t we supposed to be targeting the youngest generation? These young men had grown up with women imparting news on national TV (even I can remember when that was rare), prescribing them medicine, representing people around them in court, doling out mortgages and loans. Those boys wouldn’t understand those early ’80s movies where women were denied promotions because “the clients want to deal with men” or “who would take a woman doctor/lawyer/cop seriously”? A lot of these kids would need it explained to them why Cagney & Lacey was revolutionary, because many of their moms had worked in fields once dominated by men.

We had a whole generation too young to remember why we needed second wave feminism, for cryin’ out loud, and here we were adhering to rules from the 1950s. I called bullshit, and left film for good, opting to fight the system from without. There was no way Hollywood really believed what it was saying about boys who’d grown up with Ellen Ripley and Sarah Connor as action heroes, and so there was no way to change the system from within. I concluded Hollywood was was dominated by perpetual pre-adolescent boys making the movies they wanted to see, and using the “target audience” – a construct based on partial truths and twisted math – to perpetuate their own desires. Having never grown up, they still saw women the way Peter Pan saw Wendy: a fascinating Other to be captured, treasured and stuffed into a gilded cage. Where we didn’t talk. To each other. About anything other than men.

Voir également:

The Bechdel test: it’s not about passing

Jennifer Kesler

December 28, 2010

There seems to be a lot of confusion about the Bechdel test. Many people think the goal is to pass the test, but actually, that’s not it at all.

For those who don’t know, the “test” comes from a comic in which one character cleverly gets out of going to the movies with another by saying she will only go to a movie that contains two named female characters having a conversation with each other about something other than men. That rules out every movie available because, well – think about all the movies you can think of. These scenes are stunningly rare.

Make this observation in the context of discussions on how women are represented in the media, and you often get a response like: “Oh, so I’m supposed to shoehorn this stupid scene into my story so the PC police will get off my back?” But that’s a thought process short-circuited. How on earth would inserting a scene as potentially dull as the one described in the comic make a movie less sexist?

The point of the Bechdel test is something else entirely. Upon realizing how rare these scenes are, the average person is stunned enough to wonder precisely why these scenes are so rare?

Answer: because so few movies and TV shows include multiple, developed, relevant women characters who have any part in advancing the story. Imagine how hard it would be to avoid a scene in which two named men chat about something other than women. Why do you suppose that is? Because virtually every movie and TV show contains multiple, developed, relevant male characters who have some part in advancing the story. See?

Female characters are traditionally peripheral to male ones. That’s why we don’t want to hear them chatting about anything other than the male characters: because in making them peripheral, the writer has assured the women can’t possibly contribute to the story unless they’re telling us something about the men who drive the plot. That is the problem the test is highlighting. And that’s why shoehorning an awkward scene in which two named female characters discuss the price of tea in South Africa while the male characters are off saving the world will only hang a lantern on how powerfully you’ve sidelined your female characters for no reason other than sexism, conscious or otherwise.

It’s not that the audience doesn’t want to hear what “women” characters have to say, as one film pro told me (see above-linked article). It’s that we don’t want to hear what’s said by irrelevant, underdeveloped characters who have nothing to do with the plot. If this was the only role 99.9% of male characters were allowed in film, we might get the idea that male characters never say anything relevant, and should therefore just shut up and look hot.

This, by the way, is why I retain a warm spot in my heart for Xena, despite its flaws: it rarely passed the reverse Bechdel test, thus proving men are not remotely essential for exciting, action-packed stories. Like Xena, Buffy the Vampire Slayer featured women doing exciting things. Neither show could’ve avoided passing the Bechdel test regularly if they’d wanted to: the plots, which relied on women characters, would’ve stalled out in the first act.

Whether or not your story includes the Bechdel scene says absolutely nothing about whether it’s sexist or not. The measure of sexism is whether your story denies women the opportunity to participate in it.

Cinema programmers beware: feminist films can flunk the Bechdel test
The decision of some Swedish cinemas to vet what they show using the test should be applauded with caution – its creator had satire in mind, and its enforcers may yet be motivated by money

With its excellent health care, superb state-sponsored child-minding provision, and greener-than-Kermit environmental policies, Sweden is practically a metonym for social progressiveness; the canary in the coalmine for putting politically correct policies into practice. It therefore comes as no surprise that cinemas in Stockholm are the first in the world to make gender representation a factor in an unofficial ratings system, pledging to give an A rating to films that pass the Bechdel test. So should feminists and other folk of a liberal minded persuasion round the world be throwing their copies of The Second Sex in the air with joy, and blessing the Swedes’ hand-knitted socks?

The Bechdel test was invented in the mid-1980s when Alison Bechdel’s comic strip Dykes to Watch Out For featured a character who refused to watch a movie that didn’t have at least two women who talk to each other about something besides a man. It’s a notion rather beautiful in its stringent simplicity, which is why it’s stuck around, come to be taken so seriously, and even applied to forms of media other than film. Bechdel actually introduced it in wry light-hearted fashion, via two women debating in the street what to go see at the cinema. The punchline was that the only film that the character who proposed the theory saw as qualifying was Ridley Scott’s Alien, which was five or six years old at the time the strip was published.

Today, if sticking to the letter of the Bechdel test, there wouldn’t be much more at regular multiplexes for the characters to choose from, especially given the dominance now of effects-driven, male-demographic-skewed blockbusters. Ellen Tejle, the director of one of the four cinemas in Stockholm to adopt the Bechdel-driven rating system, said that the campaign has been aimed at opening viewers’ eyes to how rarely they see « a female superhero or a female professor or person who makes it through exciting challenges and masters them, » and that « the goal is to see more female stories and perspectives on cinema screens. »

Well, good for her and the other theatre managers, and good for the Swedish Film Institute for supporting the initiative if this means getting audiences to think more about how feminine perspectives and relationships are missing from so many movies. I’d like it more if they were highlighting the shocking paucity of female directors working today, down, according to a 2012 report, to only 5% of active directors in Hollywood, a 2% reduction on 2010, but you can’t win ’em all.

However, I’m not so sure if I feel so supportive of TV channel Viasat Film. Their idea of promoting Tejle and Co’s Bechdel test-initiative is to have a « Super Sunday » on 17 November, showing surefire-ratings earner The Hunger Games (fair enough), the loathsome Margaret Thatcher biopic whitewash The Iron Lady, and Oliver Stone’s Savages, not exactly a woman-centric film even if it does technically pass the Bechdel test. Maybe any publicity is good publicity – but really? Is that the best they could do?

Judging by the comments beneath the original article in the Guardian, this kind of affirmative-action programming still has the power to get people’s knickers in a serious twist, provoking howls of fury about the « nanny state » (the Swedish government is not making this a law, guys – it’s just a few cinemas creating publicity) and how flawed the test is if it « fails » films like the Lord of the Rings cycle, The Shawshank Redemption or, oh God the pity, Thunderbolt and Lightfoot.

Personally, I too have reservations about the validity of Bechdel test, if we’re going to take it so seriously, because it would « fail » some of the best films I’ve seen this year at festivals like the London film festival. Jonathan Glazer’s magnificent Under the Skin probably wouldn’t come up to snuff, given Scarlett Johansson’s character is practically the only woman in it, and yet it’s a film deeply concerned with female power and agency that in its sly metaphoric way says way more about gender than, say, The Iron Lady. Nicole Holofcener’s acclaimed bittersweet examination of a love-triangle Enough Said might fail on the grounds that the two women in it mostly talk about men. Even the relentlessly slushy but effective Saving Mr Banks, which stars Emma Thompson as children’s author PL Travers locking horns with Tom Hanks’ Walt Disney over adapting Mary Poppins, would also fail, even though it features one of the stronger female protagonists of the year. At least the wonderful Frances Ha would be safe.

Voir aussi:

No sexism please, we’re Swedish – films classified by representation of women
Rating movies by gender equality may be a blunt tool but it raises serious issues

Charlotte Higgins, chief arts writer
The Guardian

6 November 2013

Cinemas in Sweden have instituted a classification system for films, based not on the violence or sexual content they contain, but on how sexist they are.

To be awarded the highest A rating for gender equality, a film must pass the so-called Bechdel test: the movie must contain at least two named women characters who talk to each other about something other than a man.

The test – whose origins are in a 1985 storyline in Alison Bechdel’s comic strip Dykes to Watch Out For – may sound like an incredibly low bar. But an alarming number of films showing in cinemas fail to reach it. « The entire Lord of the Rings trilogy, all Star Wars movies, The Social Network, Pulp Fiction and all but one of the Harry Potter movies fail this test, » said Ellen Tejle, who runs Stockholm’s Bio Rio, one of a number of independent cinemas that has instituted the classification.

To that one might add a number of current releases and Oscar contenders: Alfonso Cuarón’s Gravity, despite its starring role for Sandra Bullock; Lee Daniels’ The Butler, about a presidential servant and the civil rights movement; and Captain Phillips, Paul Greengrass’s piracy drama, which involves an all-male gang of pirates attacking an all-male shipping crew. The WikiLeaks film Fifth Estate, which is partly set in the offices of the Guardian, fails the test.

Oddly enough, Thor (in which Chris Hemsworth plays the Nordic god, come to save us all from Christopher Ecclestone) does pass, since it features a scene in which Natalie Portman and Kat Dennings discuss nuclear physics.

But some classics fail to meet the test, with the Shawshank Redemption, which regularly tops viewers’ polls, falling foul of the Bechdel criteria.

Claire Binns, director of programming and exhibition for the UK-based Picturehouse chain, said the classification idea would not be taken up in her cinemas anytime soon, but it certainly highlighted a real problem – a « criminal » lack of parts for older women in cinema, a desperate lack of women working behind the camera and a failure of the film industry to bring to the screen « women with real stories – women that aren’t just there to be killed in reel three or raped in reel four ».

She said that she « did her utmost » to seek out for her chain films with strong female stories, mentioning the forthcoming Bright Days Ahead, directed by Marion Vernoux and starring French actor Fanny Ardant as a dentist embarking on an affair with a younger man.

She also said Picturehouse had decided not to show the violent, macho cop drama The Sweeney on London screens, a film « which I found quite offensive ».

In Sweden the experiment is reflective of a much more ardent debate on gender equality than in Britain or North America, said Sofia Nyblom, a Swedish journalist and arts consultant. It comes against the background of the Swedish film institute’s gender equality directive, which states that 50% of its funding should go to women filmmakers.

In other artforms, too, patience was running out with gender inequality, she said, citing Kvast, a body set up to agitate for better representation of women composers by performing groups and broadcasters. « I don’t think this will attract sneers, » she said.

But the Bechdel test is, some argue, a crude way of assessing films for gender equality. Dr Bella Honess Roe, lecturer in film studies at Surrey University, pointed out that The Hurt Locker would not pass the test, though « it was a watershed moment for women directors when Kathryn Bigelow won an Oscar for it ».

Films that are, arguably, problematic in other ways, such as The Help, which was criticised for its race politics, would pass, she added. « If we are going to classify for gender equality then surely we would have to examine class, race, ethnicity and sexuality bias, » she said.

Clio Barnard, acclaimed as one today’s most exciting British film-makers, notes that her most recent film, The Selfish Giant, with three male protagonists, fails the test. So does her debut feature The Arbor (on a formal technicality: its two main characters are both women, but they never speak to each other). « It’s a good thing if it raises the question, » she said. « But I’d like to have a discussion about changing the rules. »

A women’s viewpoint behind the camera was at least as important as the characters on screen, she said – recalling her excitement at seeing Andrea Arnold’s debut feature Red Road, and its « brilliant exploration of female sexual desire ».

Melissa Silverstein, founder and editor of the Women and Hollywood website, acknowledged the crudeness of test (« it doesn’t tell you whether it’s a good film »). But it is at least presenting information that can contribute to a necessary debate, she said. « It would be great if our culture reflected who we were and didn’t have to seek out information about whether we are included. »

And it matters, said Kate Gerova, the director of the Bird’s Eye film festival, which screens work by women filmmakers. « We make sense of ourselves through cinema, » she said. « Its first principle is one of identification. How you make sense of who you are, where you are in the world – we do this through cinema. » There are plenty, it seems, who are fatigued by watching films, in the words of Honess Roe, about « men running around blowing each other up while women sit about in inappropriate clothes, waiting to be rescued. »

Voir également:

On the Bechdel Test
beccaaryan

Feminism and tea

July 1, 2013

This is a (slightly edited for blog purposes because Harvard referencing doesn’t really work for blogs) paper I wrote for my Men in Contemporary Society class last semester on ‘Growing up Masculine’.
While there are many factors which influence how boys ‘grow up masculine’, or are socialised into hegemonic masculinity, this paper will focus primarily on how movies and other similar media teach masculinity, concentrating on the Bechdel Test (or Bechdel-Wallace Test).

Movies and TV shows are often a dominating aspect of a child’s life. There are few children growing up in Ireland without a TV, and many will go to the cinema or watch movies at home. With a decline in reading among young people, movies and shows are often the way in which children learn about the world outside the family and school, and their allure can cause their messages and views to override those taught at school or at home.
The Bechdel Test was first developed in a 1985 comic strip called ‘The Rule’ and its premise is simple: in order to pass, a movie/show/novel must have two (named) female characters who interact with each other at some point, and their conversation must be about something other than a man. The idea behind this is to ensure that there are at least two female characters in the story who are relatively developed and complex. For the purpose of this test, gender identity, rather than biological sex, is the defining factor, as such, members of the trans* community who identify as female are included in the list of female characters (despite the lack of trans* characters in pop culture media). While it seems like an easy test to pass, very few of IMDB’s top 250 movies pass (including many with female protagonists), along with only a small number of movies released in the last few years, with very few box office hits passing the test. While this obviously impacts the way young girls are socialised into adulthood, it also affects young boys. The message which far too many movies and shows portray is one which reinforces the idea that women’s lives not only revolve around men, but that they remain the stereotypical ‘damsel in distress’ we remember from fairy tales, or the object of affection which the hero of the story ‘wins’ after overcoming some internal or external struggle. This in itself reinforces the idea of ‘ownership’ of women by men among young children, as well as their supposed simplicity and frivolity. In her book ‘One Dimensional Woman’, Nina Power notes that “if the contemporary portrayal of womanhood were to be believed, contemporary female achievement would culminate in ownership of expensive handbags, a vibrator, a job, a flat and a man”, and this trait isn’t isolated to Bechdel Test failures.

Since, according to R.W. Connell “masculinities are constructed, over time, in young people’s encounters with a system of gender relations” and “the configurations of practice associated with the social position of men”, this leads on to the way in which young boys are directly taught masculinity and manhood through movies and shows, just as young girls are arguably taught femininity through the Disney princess concept. Hegemonic masculinities are reinforced through the portrayal of boys and men – as the tough man, the brave fighter, the hero who overcomes the struggle on his own. As such, How Movies Teach Manhood (a TED talk by Colin Stokes which can be found here and well worth a watch) notes that there’s little room left for “other relationships and other journeys”. Although this hero character is often ‘rewarded’ with getting the girl in the end, it is not always the focus of his journey. These heroes/protagonists are often seen to be good role models for young men, which further reinforces the hero complex aspect of hegemonic masculinities. While the move away from the focus on violence and fighting among male characters is a welcome relief, even the shy, outcast boy who we see more and more of in pop culture reinforces hegemonic masculinities. They struggle on alone, choosing the ‘brave’ route of individual accomplishment over their setbacks, rather than asking for help or co-operating with others in order to ease their load. However, co-operation and asking for help is a trait associated with female characters in supporting roles and protagonist roles.

Scheiner-Fisher & Russell, in their paper about using historical films to promote gender equity, admit that “often when women are included in a film for the sake of simply having a female in the film, she is relegated to a stock character role” (also known as the ‘Smurfette Principal’), most often cast as the love interest, ‘dumb blond’, nurse, tomboy, or ‘bad girl’. There is a problem in this way of teaching masculinity through film when we do not present young boys, and men in general, with female characters who are strong, relatable and complex. Through movies and shows which fail the Bechdel test, and which promote the ‘lone, brave hero’ male character trope, we are teaching a certain type of masculinity, one which reinforces patriarchal and ‘macho’ behaviour. Debbie Ging states that many young men “understand images of hypermasculinity and misogyny not as parody but rather as masculinities with subversive or subcultural appeal”. As such, these ideas often win out those which acknowledge different ‘types’ of masculinity and being masculine, and those which provide both genders with strong female role models.

Teaching masculinity, through any channel, needs to focus on how men interact with other men, as well as with women. Hegemonic masculinity, typically, ignores the ability of women to create meaningful ideas and contribute to conversations, merely reducing them to objects of desire or focusing on their reproductive role as mothers. While this view is obviously harmful to women, it also affects the development of masculinity in a harmful way, most notably through reinforcing discriminatory behaviours and placing less emphasis on co-operation and the importance of seeking help.
Despite the increasing equality between the sexes in real life as opposed to the fantasy of film and TV, Ging is concerned that “regressive images of masculinity might be doing more than merely lagging behind a more progressive reality”. How Movies Teach Manhood (2012) shows us that movies and other media are doing a relatively good job at teaching girls how to “defend against the patriarchy”, but they’re not doing the same for boys. The patriarchy affects both sexes in negative ways, and since there is no model for boys to rebel against this discrimination, the way they learn masculinity and grow up masculine is continually impacted upon in a negative way by movies and similar forms of media.

Voir enfin:

Useful Notes: The Bechdel Test

« Your women characters are awful. None of them have anything to say for themselves, and most of them either get shot or stabbed to death within five minutes… and the ones that don’t probably will later on. »
—Hans Kieslowski, Seven Psychopaths

The Bechdel Test, Bechdel-Wallace Test, or the Mo Movie Measure , is a litmus test for female presence in fictional media. The test is named for Alison Bechdel, creator of the comic strip Dykes To Watch Out For, who made it known to the world with this strip.

In order to pass, the film or show must meet the following criteria:

It includes at least two women,
who have at least one conversation,
about something other than a man or men,

If that sounds to you like a pretty easy standard to meet, it is. That’s the point! Yet, try applying the test to the media you consume for a while. There’s a good chance you’ll be surprised; mainstream media that passes is far less common than you might think.

Now, by limiting yourself to shows/movies that pass the test, you’d be cutting out a lot of otherwise-worthy entertainment; indeed, a fair number of top-notch works have legitimate reasons for including no women (e.g. ones set in a men’s prison, or on a WWII military submarine, or back when only men served on juries), or with no conversations at all, or having only one or two characters; hell, if its a romantic comedy, then it’s natural that the female characters would talk about men and romance – the male characters will likely only talk about women too. You may even be cutting out a lot of works that have feminist themes (it’s been revealed that Mulan, the quintessential Sweet Polly Oliver story and generally held up as one of the most feminist movies in the Disney Canon, failed – though with good reason, as she spends the majority of the movie as the sole woman in a male-only group of soldiers and the rest of the time being around women who are fixated on her wedding, something she was obviously uncomfortable with). But that’s the point; the majority of fiction created today, for whatever reason, seems to think women aren’t worth portraying except in relation to men. Things have changed since the test was first formulated (the strip in which it was originally suggested was written in 1985), but Hollywood still needs to be prodded to put in someone other than The Chick.

The test is often misunderstood. The requirements are just what they say they are – it doesn’t make any difference if, for instance, the male characters the women talk about are their fathers, sons, brothers, platonic friends, mortal enemies, patients they’re trying to save or murderers they’re trying to catch, rather than romantic partners. Conversely, if a work seems to pass, it doesn’t matter if male characters are present when the female characters talk, nor does it matter if the women only talk about stereotypically girly topics like shoe shopping – or even relationships, as long as it is not relationships with men.

This is because the Bechdel Test is not meant to give a scorecard of a work’s overall level of feminism. It is entirely possible for a film to pass without having overt feminist themes – in fact, the original example of a movie that passes is Alien, which, while it has feminist subtexts, is mostly just a sci-fi/action/horror flick. A movie can easily pass the Bechdel Test and still be incredibly misogynistic. For instance, the infamously bad « Manos » The Hands of Fate passes the test, but its treatment of women is incredibly squicky. So does The Bikini Carwash Company, which is little more than tasteless pandering. Conversely, it’s also possible for a story to fail the test and still be strongly feminist in other ways, and there’s nothing necessarily wrong with that. What’s a problem is that it becomes a pattern – when so many movies fail the test, while very few show male characters whose lives seem to revolve around women, that says uncomfortable things about the way Hollywood handles gender. There are also lesser-known variations of the test, such as the Race Bechdel Test, in which two characters of colour talk about anything other than the white leads, and the Reverse Bechdel Test, with the roles of men and women swapped.

It’s obviously easier for a TV series, especially one with an Ensemble Cast, to pass this test than a film, because there’s far more time for the conversation to occur in. To compensate for this, Bechdel-inspired analyses of television often look episode-by-episode, or compare the series’ passing Bechdel’s Test with its passing a « reverse Bechdel test » (even without such compensation, it’s often surprising to notice how long it takes many TV shows to pass). Another tactic would be the probability that a typical two-hour collection of episodes would pass.

Compare The Smurfette Principle – works that follow The Smurfette Principle include a female character strictly for demographic appeal but make no real attempt to treat her as an interesting character in her own right, outside of her relationships with the male characters. See also Never a Self-Made Woman, which shows that even a well rounded female character with her own goals is most often only relevant to the story by her relationship to a man. Finally, see Token Romance and Romantic Plot Tumor for the effects of Hollywood’s belief that both male and female audiences are generally uninterested in female characters except in the context of romance with a male character. See also Deggans Rule, which is a similar rule regarding race.

For other tropes regarding the representation of gender in media, see Gender-Equal Ensemble (self-explanatory) and Chromosome Casting (works featuring only male characters or only female, but not both; the former would be the exact reverse of this trope, whereas the latter could be something resembling its logical extreme).

And for those curious, it’s pronounced Bec-tal, as in rhymes with Rectal.
Works that reference the Bechdel Test (named or not):

Comic Books

Lampshaded by She-Hulk in JLA/Avengers: « Yo, Star-shorts! I figured that you’d be getting bored so I thought I’d hang with you. We can talk girl-talk. Y’know, butt-kicking, name-taking, like that. »

Fanfiction

The novel-length Chronicles Of Narnia fanfic King Edmund’s Crusade lampshades it, though not by name.
A wholly feminine conversation was a novelty to Elizabeth, and perhaps to Susan as well. Both of them lived … in a world where masculinity either ruled or was present. Here, in their private conversations, they found they not only could but wanted to move away from that. The conversation over the next four weeks was not of lipsticks and nylons and invitations; for such things are only feminine, they realized, in so far as defined by men.

Film

Alluded to in Seven Psychopaths when Hans reads Marty’s script; not only does he note that they have nothing interesting to say for themselves, but the only notable thing they do is die horribly five minutes later.
Hans: Your women characters are awful. None of them have anything to say for themselves, and most of them either get shot or stabbed to death within five minutes… and the ones that don’t probably will later on.
Marty: Well… it’s a hard world for women. You know? I guess that’s what I’m trying to say.
Hans: Yeah, it’s a hard world for women, but most of the ones I know can string a sentence together.

Literature

The Doctor Who fandom book Chicks Dig Time Lords includes an essay about companion Nyssa of Traken. The author points out that many of Nyssa’s episodes pass the Bechdel test, and includes a brief explanation of what the test is.

Live-Action TV

In the Smallville episode Magnetic Lana Lang and Chloe Sullivan are enjoying a day at the Lowell County fair, their « girls’ day out » when Lana mentions Clark by name. Chloe responds with, « And we almost went through an entire day without mentioning our favorite farm boy. »
In The Big Bang Theory Amy and Bernadette comment that, without Penny around, they can talk candidly about their work instead of it devolving into a discussion about guys and relationships. This falls apart when some prospective suitors at a bar send them some drinks, and they turn into giggling schoolgirls.
Mystery Science Theater 3000 once had a host segment lampshading how the show sort of fails this due to The Smurfette Principle. Crow begins a discussion of how women are poorly represented, which promptly derails into a conspiracy rant about how women don’t actually exist.

Webcomics

Questionable Content references the reverse Bechdel test in the title of this strip.
Discussed starting in this Dumbing of Age strip. Also played with — as pointed out in the last panel, most lesbian porn will automatically pass the Bechdel Test. It further elaborates on the flaws of the test not necessarily indicating feminism, and later one male character implies that his own life would not pass the reverse Bechdel Test.
Skin Horse namechecks it here, when even the lesbian cast member decides it’s fine to discuss local Memetic Sex God Tip.
Leftover Soup: « Bechdel Test passed, bitches. »
In Magick Chicks, when Cerise and Callista go to a date, Callista complains that the movie they’ve seen didn’t pass the test.
Unwinders Tall Comics references the test on page 100 with the Rastov Test (which, instead of dealing with feminism, is a dig at overly-elaborate Space Operas and Techno Babble).
Unwinder: You may know a bit about [Warren Rastov] actually. Ever heard of the Rastov test?
Barbecue Sauce: Is that like where a book or movie is only good if it has less than four warring factions, and they have to say at least one sentence that isn’t full of made-up space jargon?
Unwinder: That’s the one. It was actually a pretty direct response to his father’s work. They had some issues.
In Sinfest, it’s part of the flood of words that beat down Slick when he searches on feminism. Later, Slick writes a screenplay that, strictly speaking, passes the test.
In Skull Panda Loves Everything, Rikk Estoban creates a series of « Skull Panda Passes the Bechdel Test » strips.
In Wondermark, Punching Stuff Until it Blows Up 2: Strong Female Character passes the Bechdel Test: she talks to the ROBOT QUEEN about EXPLOSIONS!
« Roommates #304 – Bechdel » And yes, it has girls talking about something else than men (revenge). In general it’s not a female centric work, but a fangirl oriented meta fanservice comic with Cast Full of Pretty Boysnote .
In Bad Machinery, Lottie has heard of the Test, though she seems to be a bit unclear on the details. Later, she invokes it to show that there’s a problem with the timeline she’s in. Or at least with one of her friends.
Bravoman: In the Webcomic titled « Test Failed Bravowoman and Waya Hime get into a fight when Waya Hime mistakes Bravowoman for Bravoman’s wife. Bravowoman lampshades it, and Alpha man says her meta jokes are better than Bravoman’s. They later realize that the strip would be getting angry letters if the only two females killed each other off so Bravoman stops the fight.
« This is Stupid! You realize that we’re the first two female characters in this series and we’re fighting over a dude? You’re ruining our Bechdel Test score! »
Level 30 Psychiatry: the author comments for this strip mention that it is the first with an all male cast, thus passing the Reverse Bechdel Test.
Sandra and Woo features an Affectionate Parody strip titled ‘A Talk Between Women’, passing, um, with flying colours the ‘something other than men’ part of the test.
Toki No Tanaka: the author comments on this page point out that it’s the first with only male characters, therefore passing the reverse test.

Web Original

A Feminist Frequency video shows a large number of popular movies that fail the test. In a running joke, Anita yawns, wanders away, comes back with an apple, and eats it, while the movie posters are still blinking steadily along in the background.
Anita discusses the test again here. She proposes that the test be modified so that the scene in question must last at least sixty seconds to pass. She also describes a variant of the test for people of color, where at least two named non-white characters discuss something other than a white person. She rejects the concept of the Reverse Bechdel Test as she believes it contributes to the idea that women aren’t oppressed.
Name Dropped in AH Dot Com The Creepy Teen Years episode 2×19. It’s noted as being the first time the series actually passed the test. The two women are discussing vacation plans.
Linkara brings up the importance of the third point during his review of Sultry Teenage Super Foxes. Yes, the cast is almost uniformly female, but they never talk about anything but men. Unless you count the villains, that is. Even the protagonists obtaining superpowers was nothing more than a means to the end of them attracting men.
In « The Culling: Legion Lost #9 » review he notes that Rose Wilson and Caitlin Fairchild technically pass during their Designated Girl Fight, where they talk about betrayal and the latter’s Heel-Face Turn. « So I guess there’s another positive we can give to this idiotic story. »
Talked about in Extra Credits in the episode « Diversity ».
The Nostalgia Chick:
In her review of X-Men: First Class, she pointed out that it was one of the only superhero movies to pass the test. She then told her audience to go look up what the Bechdel Test was.
When she reviewed Matilda, guest reviewer Mara Wilson mentions that everyone’s gender in the movie seems entirely incidental, and that it passes the test.
In Vampire Reviews (a spin-off of The Nostalgia Chick, above), Maven, desperately trying to find ten positive things to say about Twilight, notes that it technically passes the test when Bella talks to other women about shoes and having babies.
Stuff You Like references this when reviewing Underworld here. The scene is Selene and Erika (briefly) discussing dresses (before going on to talk about… umm… men).
Subtitles: Did they just pass the Bechdel Test?
The website of Bitch magazine (« Feminist responses to pop culture ») has posted an entire article on this subject.
Bernie Su, a writer of The Lizzie Bennet Diaries, comments as Word of God on passing the test with episode 16, in which Lizzie and depressed Charlotte discuss their career plans and prospects. Bernie Su says it was fairly late episode, but not that surprising when you consider that Pride and Prejudice is the source material for their adaptation. However, earlier episodes might count as passing with flying colours, e.g. episode 2 has Lizzie and her sister Jane discussing Jane’s professional life.
In Cracked’s The 4 Best Moments in the Worst Movies Ever Made, Luke McKinney points out that the movie based on the video game Dead or Alive « physically beats the shit out of the Bechdel test » « within the first 10 minutes ».
A Platypus Comix article dedicated to the obscure Archie Comics series Marvelous Maureen comments on a scene of Maureeen and Clarissa DuBois arguing over Wonder Blunder like so:
…if they’re trapped in the vacuum of space with a presumably finite air supply, and they want to spend their time flunking the Bechdel Test, then I guess so be it.
Referenced by Doug Walker in the Sibling Rivalry of Despicable Me 2, as he complains that the movie would have been better if Lucy and the daughters had actually talked to each other. His brother and co-reviewer (Rob) however, thinks that’s a stupid thing to complain about in a kid’s movie and makes him drop it.
While agreeing with every point about female representation, and even stating the test, when taken on the whole, is useful for provoking thought, Bob Chipman delivered a scathing criticism of making too much of a particular movie passing or failing. He points out that Terminator 2: Judgment Day with Linda Hamilton’s kick-ass Sarah Connor, and the very progressive Pacific Rim with its strong leading lady Mako Mori, would both fail. Meanwhile, Debbie Does Dallas and The Bikini Carwash Company – two movies which, to state the obvious, are about as far removed from the feminist movement as could be – would both pass with flying colors, as would many Nicholas Sparks movies note He proposes an alternative test, one that judges films by whether they have
at least one major female character,
who has a fully-developed story arc,
that doesn’t revolve around a male character.

Other

While she didn’t call it by name, Lauren Faust referenced this trope, claiming that a focus on romantic plots and subplots is what ruins a lot of girl’s shows.
This blog references the Bechdel Test as it relates to Disney animated movies and that one that passes the test is not as rare as you might think. Pixar is much worse in this regard. Many Disney films have two female characters interacting about something other than a man, but fail to pass the test due to one of the parties being an animal.
This article explains why so few movies pass the test lately, identifying it as a systemic problem that has its roots in what Hollywood producers believe about women and their difficulty with the characterization of women in general.
In November 2013, several Swedish arthouse cinemas will commence using the Bechdel test to give an indication of the level of gender bias in films, similar to warnings about films containing violence, sex, language etc.
This blog applies the Bechdel test to every movie featured on Mystery Science Theater 3000.

2 commentaires pour Sexisme: La Bible serait-elle recalée au test de Bechdel ? (Would the Bible pass the Bechdel test ?)

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