Economie: Le pop-up store et l’airbnb confirment Laffer (Have store, will travel: pop-up stores bring Airbnb to retail until better times)

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L’impôt peut entraver l’industrie du peuple et le détourner de s’adonner à certaines branches de commerce ou de travail. Adam Smith
Un impôt exagéré détruit la base sur laquelle il porte. Jean-Baptiste Say
La courbe de Laffer (…) montre qu’il n’est pas fiscalement rentable de dépasser un certain taux de prélèvement (situé selon les études entre 50 et 80 % du PIB). Elle illustre l’idée selon laquelle à partir de t^* l’effet désincitatif sur l’offre de travail l’emporte sur les recettes attendues. Deux effets contradictoires entrent en jeu : un effet de substitution qui incite un agent à diminuer son temps de travail (occuper son temps à autre chose, voire émigrer), et un effet de revenu qui incite les agents à travailler plus afin de retrouver le niveau de salaire dont ils disposaient avant l’augmentation des impôts. Pour des taux d’imposition « élevés » l’effet de substitution l’emporte sur l’effet de revenu. Wikipedia
In this economic downturn, shoppers have tightened up, forcing retailers to pull back as well. Pop-ups provide a creative, low-cost way to get consumers out of their spending bunkers. John Challenger of Challenger, Gray and Christmas, an outplacement consulting firm, sees pop-ups as a reflection of our changing times. Retailers, he says, are simply taking their best-selling merchandise and plunking it down in smaller stores. They’re « shifting because it’s a new world, one with smarter shoppers. » But what about the pop-up workers? With millions of Americans unemployed, won’t these temporary jobs replace full-time work? Challenger says pop-ups provide seasonal and temporary work at a time when more people need multiple jobs to make ends meet. Perhaps not ideal for the worker seeking a 40-hour-a-week gig, but better than the alternative. As the economy heals, a surge in temporary workers is a leading indicator that real job growth shouldn’t be far behind. USA Today
C’est une constance chez les socialistes ! En 2012, comme en 1981, quand les socialistes arrivent au pouvoir, ils nient toute réalité économique, appliquent leurs vieilles recettes étatistes et keynésiennes et mettent deux ans (cf 1983 et 2014) pour admettre leurs erreurs et de faire demi-tour. Du temps de Mitterrand, les choses étaient plus faciles car nous pouvions dévaluer le franc pour retrouver de la compétitivité. Mais aujourd’hui, avec l’euro, cela nous est impossible et la France mettra beaucoup de temps à réparer les erreurs des socialistes. Mais Bruxelles, les marchés et les agences de notation nous en laisseront-ils le temps ? Je suis stupide, j’ai voté Hollande
Il faut en tout cas penser à l’après Valls, car Valls appartient déjà au passé. Valls s’est couché sous Hollande. Guy Millière
Pour augmenter les impôts, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a été rapide et efficace. La fiscalité est le seul domaine sur lequel les Français ont pu mesurer concrètement les résultats de l’action gouvernementale. Et c’est le choix d’augmenter les impôts que paie aujourd’hui le gouvernement. Les millions de ménages qui ont subi le coup d’assommoir lui en veulent. Et personne ne comprend exactement où sont partis les 32 milliards de la plus forte hausse d’impôt depuis la guerre. Car elle n’est pas visible dans la réduction du trou budgétaire: le déficit 2013, après avoir été annoncé à 3% du PIB, puis à 3,7 %, puis à 4,1 %, s’établit finalement à 4,3 %. On a rarement vu une telle glissade, alors que la conjoncture ne s’est pas détériorée. Où est donc passé tout cet argent, alors que la situation économique du pays ne s’est pas améliorée ? Tout d’abord, dans les dépenses supplémentaires. Elles ont augmenté de 2% en 2013, après un 3 % en 2012. Et le ralentissement de la hausse entre ces deux années n’est pas dû à la vertu soudaine, mais à la météo financière: les taux d’intérêt ont baissé, et la charge de la dette publique en a été réduite de près de 10 %. La dépense publique n’est donc en rien « stabilisée ». L’argent s’est ensuite volatilisé conformément aux prédictions d’Arthur Laffer, un économiste américain. Ce spécialiste de la fiscalité a expliqué naguère que le rendement de l’impôt décroît avec l’augmentation du taux de prélèvement. En clair, l’animal fiscal n’est pas plus bête qu’un autre. Lorsqu’il est malmené, il développe des comportements d’évitement. Travailler moins pour payer moins, ou travailler plus, mais au noir. Ou encore s’exiler à l’étranger. C’est exactement ce qui s’est passé chez nous. Laffer ne dit pas autre chose que les paysans et leur bon sens proverbial. Si le choc fiscal n’a pas eu d’effet sur les comptes, il a en revanche fait chuter l’investissement et les perspectives du pays.La seule inversion de courbe réussie à ce jour est celle de la confiance des agents économiques, au plus bas. François Lenglet
Pour Doug Stephens, la révolution est inévitable, les marques sont obligées de s’engager dans « des expériences de rupture » au sein de leurs boutiques. « Si elles ne le font pas, si elles se contentent d’observer ce qui se passe chez les concurrents, leurs jours sont comptés. » Séverine De Smeto
Il faut un bel endroit, un beau design, une histoire mise en scène. Quelque chose qui sorte de l’ordinaire pour qu’on ait envie d’y aller et d’en parler. La marque gagne si elle crée un effet boule de neige sur les réseaux sociaux et dans les médias.  Sophie Lubet (directrice du Salon Equipmag)
 Le but premier n’est pas de vendre, mais de « faire du buzz ». Dans ce cadre, chaque visiteur peut faire la publicité d’un produit. « La marque gagne si elle crée un effet boule de neige sur les réseaux sociaux et dans les médias », détaille Mme Lubet. Dans les pop-up stores, les visiteurs sont incités à se connecter à Facebook pour poster une photo ou participer à des jeux. Léonor Lumineau

A l’heure où, après les deux ans perdus imposés à son prédécesseur par le maitre du sur place de l’Elysée et jusqu’aux nominations aussi politicardes les unes que les autres, le soldat Valls est envoyé à son tour au casse-pipe sous les quolibets faciles de l’opposition …

Et où, de l’autre côté de l’Atlantique, la pression de l’opposition sur le Creuseur de déficits en chef de la Maison Blanche semble commencer à porter ses fruits …

Comment ne pas voir avec le développement, sous la pression conjuguée de la crise et du numérique, du pop-up store et du airbnb (matelas gonflable et petit déjeuner) et de toutes les variations du nouveau monde du travail de l’éphémère et de l’itinérant …

La confirmation de la courbe de Laffer comme le rappelle François Lenglet …

A savoir,  trop d’impôt tuant l’impôt, le simple développement des comportements d’évitement allant du moindre travail au travail au noir ?

La vogue des boutiques éphémères
Léonor Lumineau
Le Monde
14.01.2013

Elle avance à tâtons dans le couloir plongé dans le noir. Ses pieds rencontrent un tapis en laine de mouton. « Wahou, c’est doux ! », s’exclame Marion, 25 ans. Un peu plus loin dans une grande pièce, un studio photo est installé. Un photographe propose à la jeune femme de choisir une paire de bottes fourrées. La voilà qui prend la pose dans un énorme fauteuil en poils blancs.

Son quart d’heure de célébrité : la scène immortalisée par un cliché n’est autre qu’une réplique de la dernière campagne de publicité d’UGG Australia, le fabricant des célèbres bottes en peau de mouton, arborées par les adolescentes du monde entier.

C’est le marketing nouvelle génération. Malgré les apparences, nous sommes bien dans une boutique, où l’on peut faire ses achats. Installée dans le quartier des Halles à Paris, ses attractions doivent attirer les curieux. Si possible rapidement, car ce magasin pas comme les autres fermera en février, quatre mois seulement après son ouverture. « Cette boutique éphémère permet de faire parler de la marque pour annoncer l’ouverture de notre premier magasin en nom propre à Paris », explique Audrey Beylemans, directrice marketing France d’UGG Australia.

La traduction anglophone résume plutôt bien le concept : pop-up stores, en référence aux fenêtres qui apparaissent et disparaissent lorsqu’on navigue sur Internet. En 2009, Uniqlo a été un des premiers à ouvrir en France ce type d’espace très populaire aux Etats-Unis. La marque japonaise de prêt-à-porter annonçait ainsi son arrivée dans l’Hexagone.

Depuis, les pop-up stores se multiplient à Paris et dans quelques grandes villes de l’Hexagone. Ferrero, Prada, Timberland, Hermès, ou encore Karl Lagerfeld s’y sont essayés.

Plus surprenant, la Confédération nationale de la triperie française avait joué les pionnières fin 2010, dans le quartier parisien du Marais. « Le sujet n’était pas spontanément glamour », reconnaît aujourd’hui Thierry Bisseliches, directeur associé de My Pop Up Store, une agence spécialisée dans le créneau. Pour moderniser l’image des maîtres tripiers, il leur avait proposé d’installer un sushirail d’abats !

SORTIR DE L’ORDINAIRE

Réactiver l’univers d’une marque, lancer un produit, entrer sur un marché, ou fêter un anniversaire, les occasions de faire appel à l’éphémère sont nombreuses. D’autant que l’opération est plus économique qu’une campagne de publicité classique. « Le budget minimum est de 50 000 euros, pour une moyenne de 100 000 à 150 0000 euros. Pour un prix inférieur à une campagne d’affichage, la marque a des mentions dans les médias et sur les réseaux sociaux », souligne M. Bisseliches.

En juin 2012, Magnum a ainsi ravi les gourmands qui pouvaient personnaliser une glace dans un stand courte durée parisien. Un moyen de se rappeler aux consommateurs avant l’été.

A la rentrée, Reebok avait ouvert une boutique éphémère pour présenter sa nouvelle collection. La marque y exposait ses modèles mythiques, comme au musée. « Il faut un bel endroit, un beau design, une histoire mise en scène. Quelque chose qui sorte de l’ordinaire pour qu’on ait envie d’y aller et d’en parler », détaille Sophie Lubet, directrice du Salon Equipmag consacré au point de vente et à la distribution. Ici, le but premier n’est pas de vendre, mais de « faire du buzz ».

Dans ce cadre, chaque visiteur peut faire la publicité d’un produit. « La marque gagne si elle crée un effet boule de neige sur les réseaux sociaux et dans les médias », détaille Mme Lubet. Dans les pop-up stores, les visiteurs sont incités à se connecter à Facebook pour poster une photo ou participer à des jeux.

Un effet domino testé par Adopteunmec.com en septembre 2012. Le site de rencontres a exposé ses membres masculins grimés en « M. Chic », « M. Muscles » et autres « Surfeur » dans des boîtes géantes de poupées.

Pas forcément du meilleur goût, mais « en une semaine, nous avons eu plus de 1 500 visiteurs et 1 000 retombées presse dans 48 pays différents », se réjouit encore Thomas Pawlowski, le directeur marketing et communication. Résultat, « les inscriptions de filles ont augmenté de 50 % dans les quinze jours et celles des garçons – payantes – de 30 %. Et des investisseurs ont même proposé de développer le site à l’étranger ».

De son côté, UGG Australia assure plus modestement avoir triplé le nombre de ses fans sur le réseau social depuis l’ouverture de cet espace. Un chiffre qui sonne néanmoins tout doux aux oreilles de la marque.

Bienvenue dans la boutique du futur
Transférer les avantages du e-commerce dans les magasins de mode, c’est le nouvel enjeu du secteur.
Séverine De Smet0
Nouvel observateur
6/04/14

Imaginez Minority Report version shopping ou, pour les fans de Zola, Au Bonheur des Dames version XXIe siècle. Du 21 au 27 mars dernier à Paris, un des fers de lance du prêt-à-porter de luxe français, Kenzo, a ouvert dans le Marais une échoppe éphémère et digitale. Sur un écran géant qui remplaçait les cintres, les clients pouvaient se connecter à l’estore, choisir une pièce de la collection créée dans le cadre d’une collaboration avec la Blue Marine Foundation, qui lutte contre la surpêche, et repartir juste avec un ticket et un lien internet pour finaliser leur achat. La miniboutique peinte en bleu futuriste de Kenzo est une des preuves qu’une petite révolution s’opère dans les rayons : le magasin classique, avec ses murs et ses portants, ses vendeurs et ses cabines d’essayage, est en train de muter.

Pour résister aux poids lourds du e-commerce et renouveler l’expérience shopping, le commerce tel qu’on l’a toujours connu se tourne désormais vers des « gadgets » ultrapointus. Burberry, à Londres, fait figure de pionnier. Fin 2012, il ouvre sur Regent Street une boutique de près de 4 000 mètres carrés où le digital est gravé dans les murs : un écran géant au centre, des tablettes interactives en tête de rayon, des iPad pour créer un trench personnalisé…

En France, curieusement, c’est un géant de la grande distribution qui a été précurseur. Pendant quelques jours en mars, six magasins Carrefour ont proposé des cabines d’essayage virtuelles avec réalité augmentée et reconnaissance de mouvements. Le groupe s’est associé à Clear Channel, un des leaders de l’affichage publicitaire, pour créer un écran interactif sur lequel les clientes essaient une collection, peuvent se photographier et partager sur les réseaux sociaux.

Sur le même principe, une compagnie londonienne a créé un « Magic Mirror », déjà mis en service dans des boutiques comme Superdry à Londres ou Adidas en Allemagne. Début 2014, l’enseigne britannique Topshop avait invité une poignée de clientes à suivre dans son magasin d’Oxford Street la présentation de sa dernière collection, tenue un peu plus loin dans le Musée Tate Modern.

Au-delà du défilé diffusé en direct, qui paraît déjà appartenir à une autre époque, c’était une nouvelle expérience avec des lunettes-masque Oculus Rift sur le nez. Un outil de « gamers » qui a permis de suivre en 3D le show et les coulisses. A New York, le jeaner Levi’s a, lui, ouvert un pop-up store entièrement robotisé avec l’aide de Hointer, une compagnie créée par une ancienne d’Amazon. Les clients, smartphone à la main, remplissent un panier virtuel en scannant le code apposé sur de vrais vêtements qu’ils peuvent toucher, choisissent la taille, le coloris… et retrouvent directement dans la cabine l’article extrait dans l’arrière-boutique par des bras articulés.

Fini les piles de jeans et la recherche frénétique de la taille. La frontière entre les magasins physiques et les commerces en ligne semble de plus en plus mince et perméable. La marque américaine de vêtements pour homme Bonobos en est un bon exemple. S’appuyant sur un solide site internet de vente, elle a ouvert dans les principales villes du pays des « Guide Shop ». Une boutique où l’on ne peut rien acheter. Sur rendez-vous, on y rencontre des vendeurs qui conseillent sur les modèles proposés en ligne et on peut faire des essayages. Le vendeur se charge ensuite de faire la commande sur le Net, qui sera expédiée à domicile.

Les commerces classiques se sont en tout cas inspirés du e-commerce et de ses recettes couronnées de succès. Avec sa bouille d’acteur américain et sa chemise bien repassée, le Canadien Doug Stephens, presque 50 ans et vingt ans d’expérience dans le secteur, est un véritable gourou. Les marques et les médias s’arrachent les conseils de l’agence qu’il a fondée, Retail Prophet, qui étudie les nouvelles manières de consommer.

Fana de prospective, il est persuadé que nous vivons une étape révolutionnaire et historique dans notre façon d’acheter. Une analyse faite dans son ouvrage The Retail Revival, sorti en 2013. Selon lui, les boutiques traditionnelles mutent en sites internet physiques. « Grâce aux smartphones détectés par leur signal wi-fi ou à l’analyse vidéo, les commerçants seront capables de savoir combien de clients entrent dans leur officine, leur profil démographique, leur parcours dans l’espace du magasin, ce qu’ils ont touché, reposé ou acheté. Cette nouvelle intelligence permettra de comprendre ce qui se passe dans la boutique en temps réel et ça, pour l’instant, seuls les sites web de shopping pouvaient se le permettre. »

Souriez donc pendant votre shopping, vous êtes « trackés ». Des firmes outre-Atlantique comme Retail-Next à San Francisco, ThirdShelf à Montréal ou Nomi à New York se sont spécialisées dans la conception d’outils destinés aux marques afin de mieux analyser leur clientèle, par le biais notamment d’applications iPhone. Ce système, qui utilise des techniques du domaine de la robotique, est toutefois critiqué aux Etats-Unis et risque à l’avenir d’être régulé en raison de son côté un peu pirate, un peu « la NSA vous écoute » … D’autant plus que ces start-up, qui lèvent des millions de dollars de fonds, restent opaques sur l’identité de leurs clients.

Pour Doug Stephens, la révolution est inévitable, les marques sont obligées de s’engager dans « des expériences de rupture » au sein de leurs boutiques. « Si elles ne le font pas, si elles se contentent d’observer ce qui se passe chez les concurrents, leurs jours sont comptés. »

Voir également:

Airbnb, l’hôtelier 2.0 en quête de respectabilité
Audrey Fournier
Le Monde
08.04.2014

Des informations du Wall Street Journal ont fait état, le 21 mars, d’une levée de fonds prochaine de 400 à 500 millions de dollars (291 à 364 millions d’euros). Cette levée, non confirmée, valoriserait le site Airbnb à 10 milliards de dollars.

Sept ans après avoir accueilli chez eux leurs premiers voyageurs de passage sur un matelas gonflable – d’où le nom « Airbnb », abréviation de Air Bed and Breakfast –, Brian Chesky, Joe Gebbia et Nathan Blecharczyk sont à la tête d’une des plus importantes plates-formes de location saisonnière entre particuliers au monde.

Non coté en Bourse, le site, dont le siège est à San Francisco, ne communique pas de chiffre d’affaires. Des informations du Wall Street Journal ont fait état, le 21 mars, d’une levée de fonds prochaine de 400 à 500 millions de dollars (291 à 364 millions d’euros). Cette levée, non confirmée, valoriserait le site à 10 milliards de dollars, ce qui le ferait passer devant des pépites de l’Internet, comme Dropbox, Spotify ou Pinterest. Airbnb vaut désormais plus d’argent qu’une chaîne d’hôtels installée comme Hyatt.

Si ses 700 employés sont répartis dans treize bureaux dans le monde, Airbnb affirme concentrer son développement sur la plate-forme informatique, clé de voûte du système. Tous les développeurs et ingénieurs sont installés sur la côte ouest américaine et les données du site sont hébergées sur le cloud, en l’occurrence sur des serveurs appartenant à Amazon.

LE MODÈLE : UNE ÉCONOMIE DE PLATE-FORME

Les hôtes sont entièrement libres de fixer le prix auquel ils veulent proposer leur logement, même s’ils sont aidés pour le faire. Les commissions sont prélevées des deux côtés : sur l’hébergeur, 3 % du prix de la nuitée, et sur le locataire, qui paie, lui, un peu plus (entre 6 % et 12 %).

La plate-forme a l’originalité de proposer un paiement intégré. Du fait du cours fluctuant des devises, cela représente « un casse-tête technique », explique Olivier Grémillon, chef du bureau de Paris, « mais c’est un vrai plus pour l’utilisateur ».

Par sécurité, Airbnb ne transfère le paiement à l’hébergeur que vingt-quatre heures après le début de la période de location, afin d’éviter les fraudes. Pour parer aux incidents, le site a mis en place une « garantie hôte », qui couvre les dégradations éventuelles.

Cette combinaison d’offres libres adossées à des « garde-fous » a séduit : le site a franchi à l’été 2012 la barre des 10 millions de nuitées réservées. Plus de 6 millions d’« hôtes » sont inscrits sur la plateforme, et le site vient de lancer sa première campagne publicitaire dans le métro parisien.

LE DÉVELOPPEMENT : MULTIPLIER LES MARCHÉS

Le site consacre une part importante de ses efforts au développement des fonctionnalités sur l’application mobile. L’application existe en version iOS, Android, sur iPhone mais aussi sur iPad. La dernière version permet notamment, aux hôtes de lier leur compte Airbnb et leur calendrier afin de voir s’afficher les réservations.

Pour varier son activité, Airbnb mise aussi sur de nouvelles offres de services : depuis mars, le site teste un service de conciergerie dans certaines villes, avec possibilité de transport vers l’aéroport, remise de clés, ménage professionnel…

Autre axe de développement primordial : l’Asie, où le vivier de touristes est considérable, du fait de l’explosion des classes moyennes, mais où l’hébergement entre particuliers n’est pas encore développé. Le site a ouvert des bureaux à Singapour et à Delhi.

Airbnb compte des membres dans 30 000 villes et 192 pays, mais avec des densités très différentes. A Paris, première destination des membres en Europe, on frôle la saturation en termes d’offres. En Inde, la croissance est forte, mais se heurte aux réticences culturelles.

LOBBYING : FAIRE ACCEPTER LE MODÈLE

Le succès fulgurant du site n’est pas sans susciter la critique, notamment de la part des professionnels de l’hôtellerie, qui dénoncent une offre concurrente organisée, qui favorise l’évasion fiscale, échappe à toute réglementation et contribue à faire flamber les prix dans les centres-villes.

Si Airbnb se dédouane clairement de toute responsabilité en exhortant ses membres à respecter les lois en vigueur localement, certains risques juridiques pèsent depuis sa création sur la start-up, accusée d’encourager la location et la sous-location « au noir ».

En France, la loi ALUR (accès au logement et urbanisme rénové), entrée en vigueur le 26 mars, clarifie les règles. « Si l’hébergeur loue son habitation principale, il n’a aucune démarche particulière à faire, ce qui est une sorte de reconnaissance de notre modèle, puisque 83 % des hôtes Airbnb à Paris louent leur résidence principale », indique M. Grémillon.

Là où les choses changent, c’est pour les hébergeurs qui louent une résidence secondaire dans une grande ville : désormais, ces propriétaires devront demander une autorisation temporaire, qui leur sera accordée selon des critères propres à chaque mairie. « Cette loi donne de la flexibilité et conserve une distinction entre les professionnels et les particuliers. Surtout, elle reconnaît l’impact positif de notre modèle », se félicite M. Grémillon.

JURIDIQUE : CONJURER LE RISQUE FISCAL

Autre point sensible, sur lequel les municipalités s’arrachent les cheveux : le fait que les logeurs Airbnb ne déclarent pas toujours les sommes perçues et ne s’acquittent pas des taxes en vigueur. Mais à New York, par exemple, explique Nathan Blecharczyk, « collecter les taxes applicables sur ce type de location est quasi impossible, car on demande aux hôtes d’être enregistrés comme un hôtel ».

En mai 2013, un hébergeur new-yorkais a, à ce titre, été condamné à 2 400 dollars d’amende pour avoir sous-loué son appartement sans l’avoir déclaré. Un avocat d’Airbnb était à ses côtés pour plaider sa cause.

Dans certaines villes, comme à San Francisco, Airbnb s’est associé à la municipalité pour collecter les redevances : « Que nous soyons ou non d’accord avec les lois fiscales, nous voulons aider nos hôtes à respecter les règles », a expliqué le site dans un communiqué de presse lors de l’annonce de la décision.

Il en va de l’avenir du site dans les grandes villes touristiques : à Berlin, le sénat local a interdit en 2013 les locations entre particuliers comme celles que propose Airbnb, mais aussi tous les autres sites sur le même modèle.

Voir encore:

Le coup de Bruxelles
François Lenglet
Le Point
3/04/2014

Le redressement du pays n’est pas fini, a expliqué François Hollande au lendemain de la sanction électorale. Le président a raison. Le redressement n’est pas terminé, puisqu’il n’a tout simplement pas commencé. Lorsqu’ils sont arrivés au pouvoir, les socialistes ont trouvé une France en croissance zéro, une dette qui galopait et un chômage au plus haut. Deux ans plus tard, la France est en croissance zéro, la dette galope et le chômage est à un niveau record. Les deux seules choses qui ont changé sont le niveau des impôts et la crédibilité de la parole politique. Le premier a sensiblement monté, la seconde a sensiblement baissé, avec la promesse d’inversion de la courbe du chômage démentie par les indicateurs qui s’égrènent mois après mois. Ça n’était d’ailleurs pas si facile de faire bouger l’un et l’autre, car la majorité précédente avait déjà bien travaillé sur les deux sujets.

Pour éviter ces travers, le président et son nouveau Premier ministre pourraient être tentés d’accélérer le rythme sans changer de politique. Ce serait se méprendre. Une mauvaise politique mise en place rapidement n’en devient pas bonne pour autant. Au contraire. C’est bien l’orientation initiale qu’il faut mettre en cause : le choc fiscal. D’ailleurs, pour augmenter les impôts, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a été rapide et efficace. La fiscalité est le seul domaine sur lequel les Français ont pu mesurer concrètement les résultats de l’action gouvernementale.

Et c’est le choix d’augmenter les impôts que paie aujourd’hui le gouvernement. Les millions de ménages qui ont subi le coup d’assommoir lui en veulent. Et personne ne comprend exactement où sont partis les 32 milliards de la plus forte hausse d’impôt depuis la guerre. Car elle n’est pas visible dans la réduction du trou budgétaire : le déficit 2013, après avoir été annoncé à 3 % du PIB, puis à 3,7 %, puis à 4,1 %, s’établit finalement à 4,3 %. On a rarement vu une telle glissade, alors que la conjoncture ne s’est pas détériorée.

Où est donc passé tout cet argent, alors que la situation économique du pays ne s’est pas améliorée ? Tout d’abord, dans les dépenses supplémentaires. Elles ont augmenté de 2 % en 2013, après un 3 % en 2012. Et le ralentissement de la hausse entre ces deux années n’est pas dû à la vertu soudaine, mais à la météo financière : les taux d’intérêt ont baissé, et la charge de la dette publique en a été réduite de près de 10 %. La dépense publique n’est donc en rien « stabilisée ».

L’argent s’est ensuite volatilisé conformément aux prédictions d’Arthur Laffer, un économiste américain. Ce spécialiste de la fiscalité a expliqué naguère que le rendement de l’impôt décroît avec l’augmentation du taux de prélèvement. En clair, l’animal fiscal n’est pas plus bête qu’un autre. Lorsqu’il est malmené, il développe des comportements d’évitement. Travailler moins pour payer moins, ou travailler plus, mais au noir. Ou encore s’exiler à l’étranger. C’est exactement ce qui s’est passé chez nous. Laffer ne dit pas autre chose que les paysans et leur bon sens proverbial.

Si le choc fiscal n’a pas eu d’effet sur les comptes, il a en revanche fait chuter l’investissement et les perspectives du pays. La seule inversion de courbe réussie à ce jour est celle de la confiance des agents économiques, au plus bas. Alors, comment remettre le quinquennat d’équerre ? Il va falloir admettre s’être trompé. Baisser les impôts. Baisser en parallèle les dépenses publiques. Le tout dans une conjoncture hostile. Avec une légitimité politique fragile. Et zéro marge de manoeuvre.

Comment le nouveau Premier ministre pourra-t-il se tirer de cette tâche ardue, dans le calendrier serré qui lui est imposé ? La seule option est la confrontation européenne, pour réaménager une nouvelle fois la trajectoire budgétaire promise à Bruxelles. François Hollande l’a annoncé en filigrane lors de son intervention de lundi soir. Il va faire levier de la montée des populismes en Europe, à l’occasion des toutes prochaines élections, pour remettre en question la politique économique de la zone euro.

Il y a bien sûr quelque chose de désolant à voir tout nouveau gouvernement français depuis vingt ans prendre le Thalys de l’humiliation pour aller demander à Bruxelles l’éternel sursis des procrastinateurs. Cette fois-ci, pourtant, c’est différent. L’exaspération des Français dont témoignent les municipales, et dont témoigneront bientôt les européennes, exige des résultats concrets, après sept ans de crise et d’incurie gouvernementale. Nous sommes au dernier arrêt avant la catastrophe sociale. Si le sursis était pour une fois bien utilisé, pour préparer l’avenir, pour réformer, en somme, le jeu en vaudrait la chandelle. Si, en revanche, nous cédions à nouveau à la tentation de la ferblanterie habituelle – contrats aidés et subventions diverses -, ce nouveau gouvernement sera emporté par la prochaine secousse, et le président avec lui. Bonne chance, monsieur le Premier ministre.

Scoop : Valls est socialiste !
Guy Millière
Dreuz
10 avril 2014

De nombreux commentateurs ont parlé de Manuel Valls comme d’un « social-libéral », expression dépourvue de sens, comme Valls vient de le montrer lui-même.

Valls a eu quelques audaces dans le passé qui l’ont fait regarder du côté de Tony Blair. Il a rangé ses audaces au vestiaire. Il a dit qu’il se mettait au service de François Hollande et venait prolonger l’action de Jean-Marc Ayrault. Il vient de le confirmer. Et il vient de confirmer dès lors qu’il allait échouer, ce qui est sans doute ce qu’Hollande attend de lui.

Il n’y a, de fait, rien à retenir, du discours de Valls à l’Assemblée nationale.

Des mots vides. La compétitivité n’a été évoquée que pour être contrebalancée par la solidarité. Les baisses de charges et d’impôts seront compensées par des dépenses maintenues. Les baisses de dépense de l’Etat seront infimes, comme prévu et reposeront sur des bricolages et des châteaux de carte tels que la division par deux du nombre des régions.

La lubie inepte qu’est la « transition énergétique » est maintenue pour faire plaisir aux adeptes de la pastèque, tout comme les autres lubies de la gauche bobo en matière de famille, de justice et d’éducation. Les éléments de flexibilité qui seraient, outre la baisse des impôts et la baisse du poids de l’Etat, impérativement requis pour que baissent chômage et pauvreté sont rigoureusement absents.

Valls a pointé du doigt la valeur de l’euro, mais on peut douter que l’Allemagne se montre sensible à ses arguments : l’euro est trop fort pour la France, c’est vrai, mais il est trop fort pour la France parce que celle-ci a des sérieux handicaps en termes de productivité, et Valls ne changera pas quoi que ce soit à ces handicaps, ou alors très peu.

Il a demandé un délai pour que la France dispose de temps pour baisser ses déficits, mais les marchés mondiaux n’accordent pas de délai, et si Angela Merkel se taira, peut-être, les agences de notation, qui évaluent la crédibilité économique et financière des divers pays du monde, pourrait bien ne pas se taire très longtemps.

En dehors de cela ? Rien, disais-je.

Ou alors, si, peut-être : une évocation positive par Valls de l’arrogance de la France. Si Valls imagine faire autre chose que du sur place, et se distinguer de Jean-Marc Ayrault autrement qu’en semblant sous amphétamines alors qu’Ayrault semblait constamment sous anxiolytiques, c’est sans doute qu’il est arrogant.

Si la gauche de la gauche imagine encore qu’elle pourrait s’abstraire des règles du marché, c’est qu’elle est plus arrogante encore que Valls, et sans doute très française.

Quand Marine Le Pen voit de l’ultra libéralisme chez Valls, elle n’est pas arrogante, mais ressemble à un compteur qui disjoncte.

Y a-t-il quelqu’un pour sauver la France ? Je dois dire que j’ai des doutes.

Il faut en tout cas penser à l’après Valls, car Valls appartient déjà au passé. Valls s’est couché sous Hollande.

Je me dis qu’il méritait mieux.

Hollande, lui, continue. A force de sombrer dans l’impopularité, et à force de creuser la tombe du pays, je ne pense même pas qu’il finira par trouver du pétrole.

J’aurais préféré ne pas être déçu par Valls, car c’est un ami d’Israël, et il a prononcé sur le sujet des phrases courageuses, et que je salue. Malheureusement, il est, aussi, socialiste. Et il ose même en être fier.

Etre socialiste et en être fier : je ne vois pas là une lueur d’intelligence. De l’arrogance, peut-être ?

Oui : de l’arrogance, sans le moindre doute.

Voir par ailleurs:

Relation: du pep’s grace au pop
CMI 360°
mars 20, 2009

Une expérimentation intéressante, qui rencontre un vrai succès et éclaire les profondes mutations de la com et du marleting, est le pop-up store. Le pop-up store, c’est un magasin itinérant, plus ou moins éphémère, capable d’exister de manière très ponctuelle ou renouvelé, en modifiant ses itinéraires et ses capacités de stockage. Une vraie nouveauté dans le rapport à la distribution. Une vraie innovation en terme de contact, qui revisite la frontière entre com et marketing.

Un vrai choix malin de la part de petite marque, qui n’ont pas beaucoup de moyens. Bel exemple avec Oceanic, marque brésilienne de cosmétique peu fortunée, qui propose avec sa flotte de bus, des magasins ambulants. Joli sur-mesure puisque la marque est en capacité d’adapter sa cargaison en fonction de ses itinétaires: crèmes solaires pour les plages, soins de peau pour les abords des collèges… On est en pleine démarche de relation ciblée, avec une démarche proactive, personnalisée et basée sur la preuve.

Dans une autre perspective, la marque de textile Uniqlo, a proposé devant son flagship en construction, des pop-up shops permettant une appropriation et une découverte des produits par les prospects.

Dans une logique d’étude conso, la jeune entreprise de produits d’entretiens écologiques Method a crée son propre pop-up store pour réaliser sur trois mois une étude de marché.

L’avantage du pop-up store est de pouvoir tester les expérimentations. Dans une vraie logique d’écosystème qui repose sur des essais et de l’alchimie, ce « magasin champignon » permet de surprendre mais aussi d’essayer de nouvelles interactions relationnelles plus ou moins éphémères.

Du pop-up dans le lien
mars 22, 2009
CMI 360°

Suite et fin de la présentation sur les pop-up stores, ces magasins champignons ephémères.

L’avantage de ces lieux est aussi de pouvoir modifier le rapport aux clients comme aux parties prenantes. Exemple avec Freitag, marque de sacs recyclés, qui a disséminé pendant des mois des containers de manière aléatoire et éphémère vendant des produits à moitié prix. Cela a conduit à resserer les liens avec le consommateur, obligé de chercher les lieux afin d’obtenir les bonnes affaires, tout en l’invitant à se réapproprier son environnement.

Mieux, la marque de chaussures Camper a ouvert quelques mois une gallerie magasin à Londres, où les clients pouvaient venir acheter mais aussi peindre et dessiner leur vision de la marque sur les murs blancs.

Plus récemment, le Palais de Tokyo a proposé quelques semaines un hotel éphémère, l’Everland, permettant aux visiteurs de l’exposition du Palais, de dormir une nuit face à la Tour Eiffel.

La force du pop-up store est donc de pouvoir enrichir grandement les concepts mêmes d’évènementiel, de lieu de distribution et d’expériences, en réinventant non seulement les distances, les trajectoires entre marque et parties prenantes mais aussi l’interaction et la participation. Une bonne manière pour les marques de prouver leur capacité de régénérescence, qualité incontournable aujourd’hui, et d’alimenter une démarche relationnelle globale.

PS: Ci dessous un très bon schéma de l’agence Né Kid sur les possibilités du pop-up store

 

3 commentaires pour Economie: Le pop-up store et l’airbnb confirment Laffer (Have store, will travel: pop-up stores bring Airbnb to retail until better times)

  1. […] Pendant que, sur fond d’exil fiscal à la fois extérieur et intérieur,  toutes nos industries sont peu à peu happées par la numérisation du pop store et du airbnb… […]

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