Contes de fées: Cachez cette violence que je ne saurai voir (Looking back at the disturbing origins of fairy tales)

  Locust plague"Jews caused the disease by poisoning the wells"
Cupid and Psyche (Giuseppe Maria Crespi)
Titania with donkey-faced Bottom (Midsummer's night dream, Johann Heinrich Füssli)
Pig King (Crane)
Pig  King (Anne Anderson)

Beauty and the Beast

Petrus Gonsalvus, by anonymoushttps://i0.wp.com/www.jcbourdais.net/journal/images_journal/fontana/anton1.jpg
Qu’est-ce qui est plus nuisible qu’aucun vice ? La compassion active pour tous les ratés et les faibles — le christianisme… Nietzsche
Le christianisme entend venir à bout des fauves : sa méthode consiste à les rendre malades — l’affaiblissement est la recette chrétienne de l’ apprivoisement, de la « civilisation ». Nietzsche
Le christianisme, c’est le mensonge dangereux d’un univers sans victime. Nietzsche
Les contes ont été relégués à la chambre d’enfants comme on relègue à la salle de jeux les meubles médiocres ou démodés, principalement du fait que les adultes n’en veulent pas et qu’il leur est égal qu’ils soient maltraités. JRR Tolkien
Peut-on imaginer personnage littéraire plus désagréable que le Dieu de l’Ancien Testament? Jaloux et en étant fier; obsédé de l’autorité, mesquin, injuste et impitoyable; vengeur et sanguinaire tenant de l’épuration ethnique; tyrannique, misogyne, homophobe, raciste, infanticide, génocidaire, fillicide, pestilentiel, mégalomane, sadomasochiste et capricieusement diabolique. Richard Dawkins
Dans certains des Psaumes l’esprit de haine nous frappe au visage comme la chaleur d’une fournaise. Dans d’autres cas, le même esprit cesse d’être effrayant mais c’est pour devenir (aux yeux de l’homme moderne) presque comique par sa naïveté. (…) Si nous excusons les poètes des Psaumes sous prétexte qu’ils n’étaient pas chrétiens, nous devrions pouvoir montrer que les auteurs païens expriment le même genre de choses et pire encore (….) Je peux trouver en eux de la lascivité, une bonne dose d’insensibilité brutale, une froide cruauté qui va de soi pour eux, mais certainement pas cette fureur ou cette profusion de haine…. La première impression que l’on en retire est que les Juifs étaient bien plus vindicatifs et acerbes que les païens. CS Lewis 
Il y a une quantité incroyable de violence dans des pièces telles que Médée ou les Bacchantes, dans la tradition dionysiaque dans son ensemble qui est centrée sur le lynchage. L’Iliade n’est rien d’autre qu’une chaîne d’actes de vengeance ; mais ce que C. S. Lewis et Nietzsche disent sur cette question est sans doute vrai si le problème est défini de la façon qu’ils le définissent il, à savoir en termes non pas de pure quantité de violence exposée mais de l’intensité de la rancoeur ou du ressentiment. (…) Même si les Bacchantes d’Euripide ne sont pas loin de prendre la défense de la victime, en fin de compte elles ne le font pas. Le lynchage du roi Penthée de la propre main de sa mère et de ses sœurs est horrible certes, mais pas mauvais; il est justifié. Le  roi Penthée est coupable de s’immiscer dans les rituels religieux des Bacchantes, coupable de s’opposer au dieu Dionysos lui-même. René Girard
On dit que les Psaumes de la Bible sont violents, mais qui s’exprime dans les psaumes, sinon les victimes des violences des mythes : “Les taureaux de Balaam m’encerclent et vont me lyncher”? Les Psaumes sont comme une fourrure magnifique de l’extérieur, mais qui, une fois retournée, laisse découvrir une peau sanglante. Ils sont typiques de la violence qui pèse sur l’homme et du recours que celui-ci trouve dans son Dieu. René Girard
De nombreux commentateurs veulent aujourd’hui montrer que, loin d’être non violente, la Bible est vraiment pleine de violence. En un sens, ils ont raison. La représentation de la violence dans la Bible est énorme et plus vive, plus évocatrice, que dans la mythologie même grecque. (…) Il est une chose que j’apprécie dans le refus contemporain de cautionner la violence biblique, quelque chose de rafraîchissant et de stimulant, une capacité d’indignation qui, à quelques exceptions près, manque dans la recherche et l’exégèse religieuse classiques. (…) Une fois que nous nous rendons compte que nous avons à faire au même phénomène social dans la Bible que la mythologie, à savoir la foule hystérique qui ne se calmera pas tant qu’elle n’aura pas lynché une victime, nous ne pouvons manquer de prendre conscience du fait de la grande singularité biblique, même de son caractère unique. (…) Dans la mythologie, la violence collective est toujours représentée à partir du point de vue de l’agresseur et donc on n’entend jamais les victimes elles-mêmes. On ne les entend jamais se lamenter sur leur triste sort et maudire leurs persécuteurs comme ils le font dans les Psaumes. Tout est raconté du point de vue des bourreaux. (…) Pas étonnant que les mythes grecs, les épopées grecques et les tragédies grecques sont toutes sereines, harmonieuses et non perturbées. (…) Pour moi, les Psaumes racontent la même histoire de base que les mythes mais retournée, pour ainsi dire. (…) Les Psaumes d’exécration ou de malédiction sont les premiers textes dans l’histoire qui permettent aux victimes, à jamais réduites au silence dans la mythologie, d’avoir une voix qui leur soit propre. (…) Ces victimes ressentent exactement la même chose que Job. Il faut décrire le livre de Job, je crois, comme un psaume considérablement élargi de malédiction. Si Job était un mythe, nous aurions seulement le point de vue des amis. (…) La critique actuelle de la violence dans la Bible ne soupçonne pas que la violence représentée dans la Bible peut être aussi dans les évènements derrière la mythologie, bien qu’invisible parce qu’elle est non représentée. La Bible est le premier texte à représenter la victimisation du point de vue de la victime, et c’est cette représentation qui est responsable, en fin de compte, de notre propre sensibilité supérieure à la violence. Ce n’est pas le fait de notre intelligence supérieure ou de notre sensibilité. Le fait qu’aujourd’hui nous pouvons passer jugement sur ces textes pour leur violence est un mystère. Personne d’autre n’a jamais fait cela dans le passé. C’est pour des raisons bibliques, paradoxalement, que nous critiquons la Bible. (…) Alors que dans le mythe, nous apprenons le lynchage de la bouche des persécuteurs qui soutiennent qu’ils ont bien fait de lyncher leurs victimes, dans la Bible nous entendons la voix des victimes elles-mêmes qui ne voient nullement le lynchage comme une chose agréable et nous disent en des mots extrêmement violents, des mots qui reflètent une réalité violente qui est aussi à l’origine de la mythologie, mais qui restant invisible, déforme notre compréhension générale de la littérature païenne et de la mythologie. René Girard
Ceux qui considèrent l’hébraïsme et le christianisme comme des religions du bouc émissaire parce qu’elles le rendent visible font comme s’ils punissaient l’ambassadeur en raison du message qu’il apporte. René Girard
Aujourd’hui on repère les boucs émissaires dans l’Angleterre victorienne et on ne les repère plus dans les sociétés archaïques. C’est défendu. René Girard
Au XIXe siècle, les spécialistes de religion comparée insistaient beaucoup sur les similitudes spectaculaires entre la Bible et les mythes du monde entier. Et ils conclurent trop vite que la Bible était un recueil de mythes identiques à tous les autres. Etant des « positivistes » et percevant un peu partout une plus ou moins grande ressemblance entre les données qu’ils étudiaient, ils ne notèrent aucune différence réelle entre la Bible et le reste. Un seul penseur a perçu cette différence cruciale : il s’agit de Friedrich Nietzsche. Dans la pensée de Nietzsche, du moins dans sa phase tardive, la dichotomie entre maîtres et esclaves doit d’abord se comprendre comme une opposition entre, d’un côté, les religions mythiques, qui expriment le point de vue des persécuteurs et considèrent toutes les victimes comme sacrifiables, et d’autre part la Bible et surtout les Evangiles, qui « calomnient » et sapent à la base les religions du premier groupe – et, en réalité, toutes les autres religions, car les Evangiles dénoncent l’injustice qu’il y a, dans tous les cas de figure, à sacrifier une victime innocente. (…) Il convient de voir dans les Ecritures judéo-chrétiennes la première révélation complète du pouvoir structurant de la victimisation dans les religions païennes ; quant au problème de la valeur anthropologique de ces Ecritures, il peut et doit être étudié comme un problème purement scientifique, la question étant de savoir si, oui ou non, les mythes deviennent intelligibles, comme je le crois, dès lors qu’on les interprète comme les traces plus ou moins lointaines d’épisodes de persécution mal compris. (…) Et pourtant, y a-t-il quelque chose qui soit plus naturel aux chercheurs que de traiter des textes similaires de façon similaire, ne serait-ce que pour voir ce que cela donne ? Un tabou inaperçu pèse sur ce type d’étude comparative. Les tabous les plus forts sont toujours invisibles. Comme tous les tabous puissants, celui-ci est antireligieux, c’est-à-dire, au fond, de nature religieuse. A partir de la Renaissance, les intellectuels modernes ont remplacé les Ecritures judéo-chrétiennes par les cultures anciennes. Puis, l’humanisme de Rousseau et de ses successeurs a glorifié à l’excès les cultures primitives et s’est également détourné de la Bible. Si la lecture que je propose est acceptée, notre vieux système de valeurs universitaires, fondé sur l’élévation des cultures non bibliques aux dépens de la Bible, va devenir indéfendable. Il deviendra clair que le véritable travail de démythification marche avec la mythologie, mais pas avec la Bible, car la Bible elle-même fait déjà ce travail. La Bible en est même l’inventeur : elle a été la première à remplacer la structure victimaire de la mythologie par un thème de victimisation qui révèle le mensonge de la mythologie. René Girard
Biblical reenactments are theatrical and very violent. Parents need to know that The Bible contains lots of violent and bloody scenes, including beatings, drownings, and the murdering of infants and adults. It also features a very lengthy and graphic reenactment of a crucifixion. Adultery is discussed; and men are often shown shirtless and in loin cloths and occasionally women are shown undressed (but no real nudity). Wine is sometimes consumed during religious ceremonies and over meals. All of this is offered in context, but it may be too intense for younger and/or sensitive viewers. Common sense media
From the Egyptian standpoint the departure of the Hebrews from Egypt was actually a justifiable expulsion. The main sources are the writings of Manetho and Apion, which are summarized and refuted in Josephus’s work Against Apion . . . Manetho was an Egyptian priest in Heliopolis. Apion was an Egyptian who wrote in Greek and played a prominent role in Egyptian cultural and political life. His account of the Exodus was used in an attack on the claims and rights of Alexandrian Jews . . . [T]he Hellenistic-Egyptian version of the Exodus may be summarized as follows: The Egyptians faced a major crisis precipitated by a group of people suffering from various diseases. For fear the disease would spread or something worse would happen, this motley lot was assembled and expelled from the country. Under the leadership of a certain Moses, these people were dispatched; they constituted themselves then as a religious and national unity. They finally settled in Jerusalem and became the ancestors of the Jews. James G. Williams
René Girard has changed the way that I interpret violence in the Bible, and, indirectly, in movies. Girard calls the Bible a “text in travail.” In other words, the Bible is a text that struggles with its own violence. Part of that struggle is its mere reflection of human violence, but where the Bible is unique in human history is that it challenges its own violence. While many stories in the Bible merely reflect human violence, other stories in the Bible reveal that violence will only lead to our own destruction and that God never demands violence. Girard writes that the Bible’s travail against its own violence and against a violent view of God “is not a chronologically progressive process, but a struggle that advances and retreats. I see the Gospels as the climactic achievement of that trend”. Girard claims that the Sermon on the Mount is one of those major advancements in the Bible, because in it Jesus “shows us a God who is alien to all violence and who wishes in consequence to see humanity abandon violence”, but Girard also points to the Joseph story as another major advancement. Indeed, you only need to finish reading the first book of the Bible for evidence that the Bible is a “text in travail.” Yes, in Genesis you will find all the violence mentioned above, but if you read to the end, you will discover the Joseph story – a story that provides the only true answer to the problem of violence. It’s a familiar story, so I won’t go into much detail. Joseph’s father loves him more than his 11 brothers, which makes his brothers jealous. Filled with jealousy, Joseph’s 11 brothers violently unite against him. As they leave him for dead in a pit, one brother suggests that they spare Joseph’s life and sell him as a slave. Joseph, now a slave, arrives in Egypt where he thrives and becomes Pharaoh’s right-hand man. Years later there is a famine and his brothers come to Egypt looking for help. They meet Joseph, who recognizes his brothers, but his brothers don’t recognize him. At this point in the story, Joseph held all the power. He could have responded to his brothers’ request by continuing the cycle of violence. It would be a mere reflection of human violence if Joseph said, “Remember when you planned to kill me, but then sold me as a slave? Well, I spent years in jail, and now you will too!” But that’s not how Joseph responds. Rather, Joseph reveals the only way out of violence by responding to his brothers with compassion and forgiveness. Many Christians have seen Joseph as a Christ-like figure. Indeed, Jesus responded to violence in the same way Joseph did. While hanging on the cross, Jesus prayed for his persecutors to be forgiven, “Father, forgive them, for they know not what they do.” Then, in the resurrection, Jesus only offered words of peace to those who betrayed him. Why is there so much violence in the Bible? Because human history shows that we have a tendency to be violent. Yet violence is not inevitable. As the Bible struggles with its own violence, it also reveals that forgiveness is the only solution to cycles of revenge. So, when it comes to storytelling, whether in the Bible or in movies, our concern shouldn’t be whether or not there is violence. Our concern should be whether these stories merely reflect human violence, or whether these stories are in travail against human violence. Good stories are like the Joseph and Jesus stories. They transform our identity away from violence and into an identity of forgiveness. That, I would offer, is the litmus test for any good story. Adam Ericksen
La Dysneyfication (sic) des contes depuis soixante-dix ans a insidieusement installé dans notre esprit l’image d’un monde simple où des gens beaux combattent des méchants plutôt laids et doivent faire face à des obstacles apparemment insurmontables dans leur quête d’une vie heureuse, aidés qu’ils sont par M. ou Mme (ou plus vraisemblablement SAS) Juste ; un monde où le bien triomphe toujours et où il n’est pas de meilleur mariage que ceux construits sur la grandeur d’un royaume.  David Barnett 

Cachez cette violence que je ne saurai voir  !

Expulsion de tout un peuple suite à des calamités naturelles ou imaginaires attribuées à un Dieu libérateur, sacrifice de jeunes filles vouées à la dévoration d’un monstre d’abord divinisé puis humanisé par l’amour …

A l’heure où un chroniqueur égyptien réclame des dommages et intérêts pour les plaies

Et où la chaine franco-allemande Arte revient sur l’histoire d’un homme atteint du syndrome rarissime de l’hypertrichose ayant pu inspirer le célèbre conte de mesdames de Villeneuve et de Beaumont (La Belle et la bête), aboutissement d’une longue liste de reprises historiques (d’Apulée et d’Ovide à Shakespeare, Satarapola et Grimm) …

Pendant qu’aux Etats-Unis, une mini-série sur la Bible se voit déconseillée aux enfants de moins de 14 ans

Comment ne pas s’étonner, avec René Girard, de cet étrange refus de nos historiens de voir dans les mythes les traces de persécution et de violences notamment anti-juives qu’ils repèrent si aisément dans les textes de notre propre Moyen-Age en quête de boucs émissaires face aux dévastations de la Peste noire ?

Mais comment aussi s’expliquer, au-delà  des habituelles édulcorations de nos psychanalystes et des scénaristes des studios Disney, ce non moins étrange aveuglement de nos folkloristes devant des contes de fées qui ne sont manifestement autres eux aussi que « les traces plus ou moins lointaines d’épisodes de persécution mal compris » ?

Faut-il interdire les Contes de Grimm aux enfants?
Bibliobs

21-10-2009

Les Anglais aiment les fées, les monstres et les légendes. Ils aiment aussi beaucoup en parler. La semaine dernière, après leur avoir demandé si une traduction peut améliorer un livre, le «Guardian» a même proposé le thème des contes de fées aux blogueurs de la section Books.

Chez BibliObs, on s’est beaucoup amusé à lire la prose de David Barnett, qui s’est attelé à creuser la difficile question de la violence dans les contes pour enfants. D’après lui,en effet :

« La Dysneyfication (sic) des contes depuis soixante-dix ans a insidieusement installé dans notre esprit l’image d’un monde simple où des gens beaux combattent des méchants plutôt laids et doivent faire face à des obstacles apparemment insurmontables dans leur quête d’une vie heureuse, aidés qu’ils sont par M. ou Mme (ou plus vraisemblablement SAS) Juste ; un monde où le bien triomphe toujours et où il n’est pas de meilleur mariage que ceux construits sur la grandeur d’un royaume ». (Qui a dit que l’écriture anglaise n’était pas grandiloquente?)

Pour Barnett, le monde de l’Oncle Walt est dessiné pour les enfants, alors que les Contes des Frères Grimm (1) dépeignent un monde sombre fait de forêts effrayantes où des méfaits encore plus sombres seraient commis, et sans être jamais punis…

Pour mieux s’en expliquer, ce jeune auteur du nord-est de la Grande-Bretagne cite un passage particulièrement sanglant extrait du « Fiancé voleur » :

« La bande arrive à la maison avec une jeune fille qu’ils ont enlevée. Complètement ivres, ils n’entendent pas ses cris et ses plaintes. Ils lui donnent du vin à boire, trois pleins verres. Un de blanc, un de rouge et un de jaune pour lui crever le cœur. Et là, ils lui ôtent sa fine robe, l’allongent sur la table et découpent son joli corps en petits morceaux puis versent du sel dessus. »

Les Frères Grimm, qui ont recueilli les contes de la bouche de plusieurs informateurs, en fait surtout des informatrices – Dorothea Viehmann, qui a fourni à elle seule plus de trente textes du recueil, et les filles des familles Hassenpflug, Wild et Haxthausen – s’étaient d’ailleurs opposés au titre que leur éditeur proposait, « Contes pour les enfants et la maison », comme le rappelle Heinz Rölleke, le grand spécialiste allemand des contes de Grimm dans une interview accordée à nos confrères d’Arte il y a quelques années :

« Jacob Grimm était convaincu qu’on ne pouvait « servir deux maîtres à la fois », qu’il n’était donc pas possible de rendre et commenter les textes correctement tout en les édulcorant pour en faire un livre pour enfants. Mais il finit par accepter, à contrecœur. Le grand écart est parfaitement réussi : au fil des éditions, Wilhelm Grimm, le frère cadet, a adapté les textes au goût des enfants, sans leur ôter de leur substance. C’était le seul moyen de faire de ce livre un succès mondial. »

David Barnett ne dit pas autre chose : pour lui, les contes sont d’abord « des histoires pour les adultes ». Mais il préfère citer J.R.R. Tolkien et son essai de 1938, « Du conte de fées », où l’auteur préféré des geeks de tous horizons nous signale que l’association entre les contes de fées et les enfants est un « un accident de notre histoire domestique » qui a fait que les contes ont été « relégués à la chambre d’enfants comme on relègue à la salle de jeux les meubles médiocres ou démodés, principalement du fait que les adultes n’en veulent pas et qu’il leur est égal qu’ils soient maltraités ».

(On en saura plus sur cet essai, en se rendant à cette adresse, grâce au travail de Laurent Femenias, directeur d’école en Côte-d’Or et fan d’Iron Maiden…)

Les livres pour enfants ne sont pas du tout faits pour les enfants. Mais pour Barnett, ce n’est pas un problème. Car, nous dit-il dans sa langue un rien emphatique, « ils aident à donner aux enfants le sens de la fantaisie qui est vital pour naviguer dans la forêt souvent sombre et dense de la vie adulte ».

Fantaisie dont Tolkien parlait aussi dans son essai, en disant que contrairement aux idées reçues elle « est fondée sur la dure reconnaissance du fait que les choses sont telles dans le monde qu’elles paraissent sous le soleil ; une reconnaissance du fait, mais non un esclavage à son égard ». Bien dit.

Une citation encore, de G.K. Chesterton (dont la page Wikipedia est passionnante), qu’un lecteur anglais de Barnett partage généreusement dans les commentaires de l’article :

« Les contes de fées ne disent pas aux enfants que les dragons existent. Les enfants savent déjà que les dragons existent. Les contes de fées disent aux enfants qu’on peut tuer les dragons. »

Et on sait qu’en la matière, les Anglais sont à l’avant-garde : leur saint patron est même le tueur de dragons le plus célèbre au monde.

Voir également:

Il était une fois
La véritable histoire des contes de fées
Lisa Melia
l’Express
21/03/2011

La Journée mondiale des contes qui a lieu ce dimanche est une occasion de célébrer un genre littéraire universel.

« Il était une fois… » les contes. Récits merveilleux qui divertissent chaque génération d’enfants, les contes d’aujourd’hui n’ont pourtant rien à voir avec leurs ancêtres moyenâgeux. « Les premières traces de contes datent du 12e siècle environ, explique Catherine Velay-Vallantin, maître de conférence à l’EHESS et auteur d’une Histoire des contes. Les prédicateurs franciscains et dominicains les utilisaient notamment pour illustrer leurs prêches. » Mais ce sont surtout les conteurs qui font vivre la tradition. Ils vont de foyer en foyer pour raconter des histoires et rassembler près du feu les parents et les enfants, divertissant les premiers et effrayant les seconds. Dès cette époque, trois exigences caractérisent le conte, qui demeure une tradition orale: concision narrative, inventivité esthétique, et logique. Il faudra attendre Charles Perrault au XVIIe siècle pour voir l’émergence d’un genre littéraire spécifique.

La vie est cruelle

Les versions originales sont bien plus violentes que leurs transpositions actuelles. « Le soleil, la lune et Thalie, le récit à l’origine de la Belle au bois dormant, remonte au 14e siècle, raconte Catherine Velay-Vallantin. Pour résumer, c’est l’histoire d’un viol. Le prince est déjà marié et viole la princesse dans son sommeil. Elle donne naissance à des jumeaux qui, cherchant son sein, suce son doigt et retire l’écharde qui la maintenait endormie. Elle se réveille alors et constate l’ampleur du désastre. » Les contes, à l’époque, se finissent souvent mal et sont empreints de violence, en écho à l’existence difficile des paysans. Ils confirment que la vie est cruelle. « Il existe quand même des contes pour enfants », tempère la chercheuse. Le conteur s’adapte à son public et ne choisit pas toujours la version la plus tragique. Les contes de « randonnées » ont un but didactique : apprendre à compter aux enfants. « Ils enseignent la logique », résume Catherine Velay-Vallantin.

Un premier adoucissement des histoires se produit avec Charles Perrault, au public bourgeois, qui commence à s’inquiéter des répercussions sur les enfants. Exclu de la Petite Académie par Colbert, Perrault connaît de sérieuses difficultés financières. Il écrit pour revenir à Versailles et choisit délibérément les versions les plus édulcorées pour répondre aux exigences morales de l’Eglise. « Charles Perrault est considéré aujourd’hui comme un bon père de famille, s’amuse Catherine Velay-Vallantin, alors que c’était un carriériste, et certainement pas un pédagogue. » En leur temps, les ouvrages de Perrault et ceux des frères Grimm ont rencontré un succès phénoménal. Presque autant lu que la Bible, ils ont été traduits et diffusés dans toute l’Europe.

Le monde de la recherche s’est penché sur leur richesse et continue à le faire. Du psychanalyste Bruno Bettelheim au sociologue Jack Zypes, en passant par les revues d’universitaires telles que La Grande Oreille. On peut être chercheur et avoir su garder son âme d’enfant.

Voir encore:

The Dark Side of the Grimm Fairy Tales
Jesse Greenspan
History
September 17, 2013

Jacob and Wilhelm Grimm’s collection of folktales contains some of the best-known children’s characters in literary history, from Snow White and Rapunzel to Cinderella and Little Red Riding Hood. Yet the brothers originally filled their book, which became known as “Grimm’s Fairy Tales,” with gruesome scenes that wouldn’t be out of place in an R-rated movie. The Grimms never even set out to entertain kids. The first edition of “Grimm’s Fairy Tales” was scholarly in tone, with many footnotes and no illustrations. Only later, as children became their main audience, did they take out some of the more adult content. Their stories were then further sanitized as they were adapted by Walt Disney and others. As the 150th anniversary of Jacob’s death approaches—he passed away on September 20, 1863, about four years after Wilhelm—check out some of the surprisingly dark themes that appear in the Grimms’ work.

1. Premarital sex
In the original version of “Rapunzel,” published in 1812, a prince impregnates the title character after the two spend many days together living in “joy and pleasure.” “Hans Dumm,” meanwhile, is about a man who impregnates a princess simply by wishing it, and in “The Frog King” a princess spends the night with her suitor once he turns into a handsome bachelor. The Grimms stripped the sex scenes from later versions of “Rapunzel” and “The Frog King” and eliminated “Hans Dumm” entirely.
But hidden sexual innuendos in “Grimm’s Fairy Tales” remained, according to psychoanalysts, including Sigmund Freud and Erich Fromm, who examined the book in the 20th century.

2. Graphic violence
Although the brothers Grimm toned down the sex in later editions of their work, they actually ramped up the violence. A particularly horrific incident occurs in “The Robber Bridegroom,” when some bandits drag a maiden into their underground hideout, force her to drink wine until her heart bursts, rip off her clothes and then hack her body into pieces. Other tales have similarly gory episodes. In “Cinderella” the evil stepsisters cut off their toes and heels trying to make the slipper fit and later have their eyes pecked out by doves; in “The Six Swans” an evil mother-in-law is burned at the stake; in “The Goose Maid” a false bride is stripped naked, thrown into a barrel filled with nails and dragged through the streets; and in “Snow White” the wicked queen dies after being forced to dance in red-hot iron shoes. Even the love stories contain violence. The princess in “The Frog King” turns her amphibian companion into a human not by kissing it, but instead by hurling it against a wall in frustration.

3. Child abuse
Even more shockingly, much of the violence in “Grimm’s Fairy Tales” is directed at children. Snow White is just 7 years old when the huntsman takes her into the forest with orders to bring back her liver and lungs. In “The Juniper Tree” a woman decapitates her stepson as he bends down to get an apple. She then chops up his body, cooks him in a stew and serves it to her husband, who enjoys the meal so much he asks for seconds. Snow White eventually wins the day, as does the boy in “The Juniper Tree,” who is brought back to life. But not every child in the Grimms’ book is so lucky. The title character in “Frau Trude” turns a disobedient girl into a block of wood and tosses her into a fire. And in “The Stubborn Child” a youngster dies after God lets him become sick.

4. Anti-Semitism
The Grimms gathered over 200 tales for their collection, three of which contained Jewish characters. In “The Jew in the Brambles” the protagonist happily torments a Jew by forcing him to dance in a thicket of thorns. He also insults the Jew, calling him a “dirty dog,” among other things. Later on, a judge doubts that a Jew would ever voluntarily give away money. The Jew in the story turns out to be a thief and is hanged. In “The Good Bargain” a Jewish man is likewise portrayed as a penny-pinching swindler. During the Third Reich, the Nazis adopted the Grimms’ tales for propaganda purposes. They claimed, for instance, that Little Red Riding Hood symbolized the German people suffering at the hands of the Jewish wolf, and that Cinderella’s Aryan purity distinguished her from her mongrel stepsisters.

5. Incest
In “All-Kinds-of-Fur” a king promises his dying wife that he will only remarry if his new bride is as beautiful as her. Unfortunately, no such woman exists in the whole world except his daughter, who ends up escaping his clutches by fleeing into the wilderness. While interviewing sources, the Grimms likewise heard versions of a different story–“The Girl Without Hands”–with an incestuous father. Nonetheless, in all editions of their book they recast this father as the devil.

6. Wicked mothers
Evil stepparents are a dime a dozen in fairy tales, but the Grimms originally included some evil biological mothers as well. In the 1812 version of “Hansel and Gretel,” a wife persuades her husband to abandon their children in the woods because they don’t have enough food to feed them. Snow White also has an evil mother, who at first wishes for and then become infuriated by her daughter’s beauty. The Grimms turned both of these characters into stepmothers in subsequent editions, and mothers have essentially remained off the hook ever since in the retelling of these stories.

Voir aussi:

Un chroniqueur égyptien : L’Egypte doit intenter un procès à Israël pour les dix plaies ; à la Turquie pour l’occupation ottomane ; à la France pour l’invasion napoléonienne et à la Grande-Bretagne pour le colonialisme
Memri No. 5686
Mars 20, 2014

Dans un article paru le 11 mars 2014 dans le quotidien égyptien Al-Yawm Al-Sabi, le chroniqueur égyptien Ahmad Al-Gamal, qui écrit également pour Al-Ahram et Al-Masri Al-Yawm, estime qu’il faudrait intenter un procès à Israël, la Turquie, la Grande-Bretagne et la France pour les dommages que tous ces pays ont causés à l’Egypte depuis les temps bibliques jusqu’au 20ème siècle. Selon lui, Israël devrait être poursuivi pour les dommages causés par les dix plaies d’Egypte (décrites dans la Bible) et pour les matériaux précieux utilisés par les Israélites pour construire le Saint Tabernacle dans le désert ; la Turquie devrait rendre des comptes pour avoir envahi l’Egypte à l’époque ottomane, recruté des artisans égyptiens à la construction de projets à Istanbul, avoir volé des antiquités, des manuscrits et des livres, et avoir comploté avec les sionistes contre l’Egypte dans les années 1950 et 1960. Quant à la France, elle doit payer des indemnités pour l’invasion de Napoléon à la fin du 18ème siècle et la campagne de Suez en 1956 ; et enfin, la Grande-Bretagne doit payer pour 72 ans d’occupation, au cours desquels l’Egypte a subi vols et usurpation.

Voir par ailleurs:

The Bible and Movies and Violence – Oh My!
Adam Ericksen
God’s Politics Blog
06-26-2013

This Thursday I’ll be interviewing Gareth Higgins on the Raven Foundation’s Voices of Peace radio show. Gareth is the founder of the very popular Wild Goose Festival. If you attend this summer, you will meet Raven friend James Alison, who will talk about his latest project, Jesus the Forgiving Victim: Listening to the Unheard Voice. Gareth is also a film critic and analyzes films from a Christian point of view on his website God Is Not Elsewhere. He wrote a book called How Movies Helped Save My Soul and, with Jett Loe, he is the co-host of Film Talk, an award-winning Internet radio show of cinema reviews and interviews. Since we are in the heat of the summer movie season, I’ll be talking with Gareth about both the Wild Goose Festival and his passion for religion and films.

Before talking with Gareth, I’d like to ask this: Do movies and the Bible have anything in common? Fill in the blank with either the word “Bible” or “movies” and you will be asking a familiar question:

Why is there so much violence in the _____?

Whenever I hear someone lament that kids these days need to read their Bibles, I tell them that the Bible should be rated R for violence, nudity, rape, drug deals, and even genocide – and that’s just in the first book! Of course, as a youth pastor, I’ve found that the best way to get kids interested in the Bible is to tell them that if someone made it into a movie, it would be rated R.

The Bible and movies tell stories. Gareth points out the importance of stories in his article “It’s the Movies’ Fault/It’s not the Movies’ Fault” in which he brilliantly states that, “we could benefit from recognizing that the relationship between storytelling and the formation of human identity is crucial.” Indeed, the stories we tell are crucial to the formation of human identity, but the Bible and movies tell stories that are permeated with violence. So, the question becomes, how do we make sense of those violent stories in terms of human identity?

René Girard has changed the way that I interpret violence in the Bible, and, indirectly, in movies. Girard calls the Bible a “text in travail.” In other words, the Bible is a text that struggles with its own violence. Part of that struggle is its mere reflection of human violence, but where the Bible is unique in human history is that it challenges its own violence. While many stories in the Bible merely reflect human violence, other stories in the Bible reveal that violence will only lead to our own destruction and that God never demands violence. Girard writes that the Bible’s travail against its own violence and against a violent view of God “is not a chronologically progressive process, but a struggle that advances and retreats. I see the Gospels as the climactic achievement of that trend” (Violent Origins, 141).

Girard claims that the Sermon on the Mount is one of those major advancements in the Bible, because in it Jesus “shows us a God who is alien to all violence and who wishes in consequence to see humanity abandon violence” (Things Hidden Since the Foundation of the World, 183), but Girard also points to the Joseph story as another major advancement. Indeed, you only need to finish reading the first book of the Bible for evidence that the Bible is a “text in travail.” Yes, in Genesis you will find all the violence mentioned above, but if you read to the end, you will discover the Joseph story – a story that provides the only true answer to the problem of violence.

It’s a familiar story, so I won’t go into much detail. Joseph’s father loves him more than his 11 brothers, which makes his brothers jealous. Filled with jealousy, Joseph’s 11 brothers violently unite against him. As they leave him for dead in a pit, one brother suggests that they spare Joseph’s life and sell him as a slave. Joseph, now a slave, arrives in Egypt where he thrives and becomes Pharaoh’s right-hand man. Years later there is a famine and his brothers come to Egypt looking for help. They meet Joseph, who recognizes his brothers, but his brothers don’t recognize him. At this point in the story, Joseph held all the power. He could have responded to his brothers’ request by continuing the cycle of violence. It would be a mere reflection of human violence if Joseph said, “Remember when you planned to kill me, but then sold me as a slave? Well, I spent years in jail, and now you will too!” But that’s not how Joseph responds. Rather, Joseph reveals the only way out of violence by responding to his brothers with compassion and forgiveness.

Many Christians have seen Joseph as a Christ-like figure. Indeed, Jesus responded to violence in the same way Joseph did. While hanging on the cross, Jesus prayed for his persecutors to be forgiven, “Father, forgive them, for they know not what they do.” Then, in the resurrection, Jesus only offered words of peace to those who betrayed him.

Why is there so much violence in the Bible? Because human history shows that we have a tendency to be violent. Yet violence is not inevitable. As the Bible struggles with its own violence, it also reveals that forgiveness is the only solution to cycles of revenge.

So, when it comes to storytelling, whether in the Bible or in movies, our concern shouldn’t be whether or not there is violence. Our concern should be whether these stories merely reflect human violence, or whether these stories are in travail against human violence. Good stories are like the Joseph and Jesus stories. They transform our identity away from violence and into an identity of forgiveness. That, I would offer, is the litmus test for any good story.

Adam Ericksen blogs at the Raven Foundation, where he uses mimetic theory to provide social commentary on religion, politics, and pop culture. Follow Adam on Twitter @adamericksen.

Egyptian Columnist: Egypt Should Sue Israel For The Ten Plagues, Turkey For The Ottoman Occupation, France For The Napoleonic Invasion, And Britain For Colonialism
Memri
Special Dispatch No. 5686
March 20, 2014

In a March 11, 2014 article in the Egyptian daily Al-Yawm Al-Sabi’, Egyptian columnist Ahmad Al-Gamal, who also writes for Al-Ahram and Al-Masri Al-Yawm, advocated suing Israel, Turkey, Britain, and France for damages they caused Egypt from biblical times until the 20th century. Israel, he said, should be sued for the damage caused by the Ten Plagues and for the precious materials used by the Israelites to build the Holy Tabernacle in the desert, and Turkey should pay damages for invading Egypt in the Ottoman period, for drafting Egyptian artisans to build projects in Istanbul, for stealing antiquities, manuscripts, and books, and for plotting with the Zionists against Egypt during the 1950s and 1960s. As for France, it must pay compensation for Napoleon’s invasion at the close of the 18th century and for the 1956 Suez Campaign, and Britain must pay for 72 years of occupation, during which Egypt was subjected to theft and robbery.

The following are excerpts from the article:[1]

Sue Israel For The Egyptian Gold And Silver The Israelites Took

« I tirelessly reiterate my demand to utilize all measures of the law and of customary law, and all ethical principles, to receive compensation for what the Israelis, Turks, French and English took from us. And if you ask me whether the Turks can be placed in the same category as [the Israelis, French and English], I will reply: Yes, absolutely. Erdogan, and his party, stream and orientation, are just as dangerous to Egypt and Arabism as the Zionists and imperialists. Had the [Turks] been in our place, and had we done to them what they did to us, they wouldn’t have left us alone for a moment without demanding their right many times over.

« We want compensation for the [Ten] Plagues that were inflicted upon [us] as a result of the curses that the Jews’ ancient forefathers [cast] upon our ancient forefathers, who did not deserve to pay for the mistake that Egypt’s ruler at the time, Pharaoh as the Torah calls him, committed. For what is written in the Torah proves that it was Pharaoh who oppressed the Children of Israel, rather than the Egyptian people. [But] they inflicted upon us the plague of locusts that didn’t leave anything behind them; the plague that transformed the Nile’s waters into blood, so nobody could drink of them for a long time; the plague of darkness that kept the world dark day and night; the plague of frogs; and the plague of the killing of the firstborn, namely every first offspring born to woman or beast, and so on.

« We want compensation for the gold, silver, copper, precious stones, fabrics, hides and lumber, and for [all] animal meat, hair, hides and wool, and for other materials that I will mention [below], when quoting the language of the Torah. All these are materials that the Jews used in their rituals. These are resources that cannot be found among desert wanderers unless they took them before their departure… »

Later in the article Al-Gamal wrote: « The stories of the Holy Scriptures state that the Israelites set off from the [Nile] valley at night and went to the Sinai Peninsula. This is known to be a desert, were there is no use for large quantities of gold, silver, precious stones, meats, oils, fabrics and the like. Therefore it is clear that the Israelites took all these things from Egypt before they left. Chapter 25 of Exodus, on the [Israelites’] departure [from Egypt], states: ‘The Lord said to Moses: Tell the Israelites to bring me an offering… These are the offerings you are to receive from them: gold, silver and bronze; blue, purple and scarlet yarn and fine linen; goat hair; ram skins dyed red and another type of durable leather; acacia wood; olive oil for the light; spices for the anointing oil and for the fragrant incense; and onyx stones and other gems to be mounted on the ephod and breastpiece. Then have them make a sanctuary for me, and I will dwell among them. Make this tabernacle and all its furnishings exactly like the pattern I will show you. Have them make an ark of acacia wood, two and a half cubits long, a cubit and a half wide, and a cubit and a half high. Overlay it with pure gold, both inside and out, and make a gold molding around it. Cast four gold rings for it and fasten them to its four feet, with two rings on one side and two rings on the other [Exodus 25:1-12]’…

« [Exodus 38:24 states]: ‘The total amount of the gold from the wave offering used for all the work on the sanctuary was 29 talents and 730 shekels, according to the sanctuary shekel…’

« I call upon everyone with an interest in Torah studies to instruct us on a scientific basis what is the [precise] meaning of the word ‘talent.’ How many grams is it currently worth, what was the weight of the sheqel during those days, especially as it was made out of solid pure gold and pure silver… »

Turkey Must Compensate Egypt For The Backwardness They Inflicted Upon It

About Turkey, Al-Gamal wrote: « As for the Turks, we must demand [from them] adequate compensation for the economic, social, cultural, intellectual and political backwardness that their presence in our midst imposed upon us, for the world during those centuries [i.e., during the Ottoman period] made tremendous progress in all areas. We want compensation from the Turks for the invasion of our country and for the attendant oppression and aggression, and for taking all our human capital: scholars, builders, tentmakers, carpenters, coal miners, blacksmiths and all skilled artisans and forcing them to go to Istanbul to build palaces, mosques, and the like. We also want compensation for the antiquities plundered by the Turks, and especially for some relics of the Prophet and for stolen manuscripts and books. This theft and plunder lasted for centuries, from the beginning of the 16th century until the early 20th century.

« Likewise, we want compensation from the Turks for damaging the Egyptian psyche through their racism and haughtiness, their contempt for Egypt and the Egyptians, and their disgraceful treatment of the peasant as someone who [merely] plows, sows and reaps – although the harvest from the sweat of his brow filled the stomachs of the indolent Ottomans. We also want damages for the Turkish-Zionist plot hatched during the 1950s and 1960s, when Egypt led the Arab and global liberation movement and opposed the plans of the imperialist alliance, [an alliance] in which Turkey and the Hebrew state constituted vital components. »

The British Owe Egypt Damages For 72 Years Of Occupation, The French For Napoleon’s Invasion

« Moving on to modern history, we must grab the Zionists, the French and the British by the throat in order to take the damages that are due us for Napoleon’s invasion and for the Franco-Anglo-Zionist plots against Egypt in 1956, in 1967 and also in 1973, because the British took part in preventing [Egypt] from realizing the fruits of its stupendous victory. We want compensation for 72 years of British occupation that imposed backwardness and dependency upon us, stole the resources of our country, drove a wedge between the sons of the homeland and turned [the members of] one social stratum into [British] agents who took no pity on the Egyptian poor… »

Al-Gamal concluded: « We have nothing to lose, let us sue [Turkish Premier Recep Tayyip] Erdogan, [Israeli Prime Minister Binyamin] Netanyahu, [British Prime Minister, David] Cameron, and others who stole from us and played a role in what befell us for generations. »

Endnotes:

[1] Al-Yawm Al-Sabi’ (Egypt), March 11, 2014.
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3 commentaires pour Contes de fées: Cachez cette violence que je ne saurai voir (Looking back at the disturbing origins of fairy tales)

  1. […] Source: Qu’est-ce qui est plus nuisible qu’aucun vice ? La compassion active pour tous les ratés et les faibles — le christianisme… Nietzsche […]

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