Ecoutes: Avec Hollande, la Stasi, c’est maintenant ! (Yes, we can tap your phones, too: After Obama administration, France’s socialists pull an NSA phone-tap trick on their opponents)

https://i2.wp.com/21stcenturywire.com/wp-content/uploads/2013/05/2013-05-01-Obama-Wiretapping.pnghttps://scontent-b-ams.xx.fbcdn.net/hphotos-ash3/t1.0-9/148840_4080342903973_1657063545_n.jpgMa propre ville de Chicago a compté parmi les villes à la politique locale la plus corrompue de l’histoire américaine, du népotisme institutionnalisé aux élections douteuses. Barack Obama (Nairobi, Kenya, 2006)
La vérité, c’est tout simplement que le pouvoir socialiste ne tombera pas comme un fruit mûr. Et ceux qui laissent entendre que nous pouvons, c’est-à-dire nous la droite, revenir au pouvoir dans les mois qui viennent, ou même dans les deux années qui viennent se trompent, et trompent les Français. François Hollande (France inter, 1983)
J’ai appris hier avec stupéfaction et colère les aveux de Jérôme Cahuzac devant les juges. Il a trompé les plus hautes autorités du pays: le chef de l’Etat, le chef du gouvernement, le Parlement et à travers lui tous les Français. (…) J’affirme ici que Jérôme Cahuzac n’a bénéficié d’aucune protection autre que celle de la présomption d’innocence et il a quitté le gouvernement à ma demande dès l’ouverture d’une information judiciaire. François Hollande (3 avril 2013)
Nous avons les preuves que le président a été parfaitement informé le 15 (…) Le 18, Edwy Plenel informe l’Elysée qu’ils ont toutes les preuves. Et Edwy Plenel est un ami personnel du président, ils ont même écrit un bouquin ensemble. (…)  je dis que le président, entre le 4 et le 18 décembre, a l’ensemble des informations lui permettant de se rendre compte que des preuves graves – selon lesquelles Jérôme Cahuzac détenait un compte en Suisse – existent.  Charles de Courson (président UDI de la commission Cahuzac)

 

Je vous l’assure : à l’instant où je l’ai appris, j’ai mis toute mon énergie pour faire en sorte que ce problème soit réglé. (…) Je peux vous affirmer que je n’étais au courant de rien à propos de ce rapport de l’inspection générale des services fiscaux avant qu’il n’y ait des fuites dans la presse. Barack Obama (16 mai 2013)
Beaucoup, à gauche comme à droite, soupçonnent Yves Bertrand d’avoir été la pièce maîtresse d’un cabinet noir piloté par Dominique de Villepin au service de Jacques Chirac. En essayant d’étouffer certaines affaires ou au contraire en soufflant sur les braises, YB aurait protégé l’ancien président de la République et déstabilisé ses ennemis ou concurrents. (…) Autres courroies de transmission entre l’Elysée et Yves Bertrand : Philippe Massoni, successivement préfet de police de Paris et chargé de mission pour les questions de sécurité auprès de Chirac à l’Elysée. (…) Dans les carnets secrets, on découvre l’ampleur des moyens déployés pour mettre hors jeu Charles Pasqua et Lionel Jospin dans la course à la présidentielle de 2002. Dès janvier 2000, le Premier ministre et son entourage (jusqu’à sa cousine germaine) font l’objet d’un véritable acharnement. La vie privée de chacun est passée à la loupe. (…) Nicolas Sarkozy n’a pas été épargné. Y compris lorsqu’il était ministre de l’Intérieur. Dès qu’il le pourra, Sarkozy se débarrassera d’ailleurs de l’inoxydable Bertrand-qui avait résisté à huit ministres de l’Intérieur et deux cohabitations-en l’exilant, en janvier 2004, à l’Inspection générale de l’administration. (…) Yves Bertrand est un pur produit de la vieille école RG. Celle d’une police politique qui n’hésitait pas à regarder par les trous de serrure. Cheveux poivre et sel tirant sur le blanc, à 64 ans, l’homme qui ressemble plus à un habitué des thés dansants qu’à un James Bond a commencé sa carrière sous le ministre de l’Intérieur Raymond Marcellin en faisant la chasse aux gauchistes. Ce qui ne l’empêchera pas d’être nommé à la tête des RG en 1992 par les socialistes.(…) Bertrand a su devancer les demandes inavouables des politiques de droite comme de gauche tout en leur faisant comprendre qu’il pouvait devenir leur pire fléau. (…) Pour faire la sale besogne, le patron des RG pouvait compter sur une poignée de fonctionnaires dévoués dont les noms apparaissent régulièrement dans ses carnets. On y croise aussi des barbouzes et quelques journalistes affidés, qui sont parfois rémunérés, comme le montrent les sommes d’argent en regard de certains noms. La presse, Yves Bertrand la fréquente assidûment. Chaque jour, il déjeune avec un journaliste ou en reçoit un dans son bureau. Certains le voient entre une et trois fois par mois. Les carnets secrets sont un effarant voyage sous les jupes de la République. On pourrait en sourire si ce travail de basse police n’avait parfois brisé des carrières, faussé le jeu démocratique et même détruit des vies. Le Point
François Hollande (…) a été élevé chez les frères De 4 à 11 ans, Hollande est élève chez les Frères des écoles chrétiennes Saint Jean-Baptiste de La Salle à Rouen. Son père était d’extrême droite George, qui dirige une clinique ORL, a été candidat malheureux en 1959 et en 1965 aux élections municipales de Rouen, sur une liste d’extrême droite. Il soutient l’avocat Jean-Louis Tixier-Vignancour, ancien camelot du roi, croix-de-feu. Il a affiché des sympathie pro-OAS et déteste le général de Gaulle. « Georges, en 1944, a été mobilisé quelques mois et garde de cette période une certaine fidélité au maréchal Pétain », écrit Raffy. La mère de François Hollande se sent, elle, proche de la gauche. (…) A 14 ans, il déménage de Rouen vers Neuilly-sur-Seine. Au lycée Pasteur, il compte parmi ses bons copains de classe Christian Clavier et Thierry Lhermitte. En première, Gérard Jugnot et Michel Blanc rejoindront la classe. Quand ils montent une troupe lycéenne, Hollande ne les suit pas. Il est trop sérieux pour cela. La troupe deviendra « Le Splendid ». Hollande, avec un autre choix, aurait peut-être terminé dans « Les Bronzés »… (…) Il entre à l’Elysée comme conseiller fantôme de Jacques Attali En mai 1981, Jacques Attali, sherpa de Mitterrand pour les sommets internationaux, a droit à deux conseillers officiels, des quadras rémunérés sur le budget de l’Elysée, Jean-Louis Bianco et Pierre Morel ; et à deux conseillers officieux : de jeunes hauts fonctionnaires rémunérés par leurs corps d’origine, tribunal administratif et Cour des comptes : Ségolène Royal et François Hollande. (…) Il se fait passer pour Caton, auteur d’un pamphlet téléguidé En 1983, Hollande a 29 ans, il est directeur de cabinet de Max Gallo, porte-parole du gouvernement de Pierre Mauroy. Mitterrand a une idée machiavélique : faire écrire un pamphlet par un prétendu leader de droite, mais qui se cacherait derrière un pseudonyme, Caton, et qui en réalité discréditerait la droite. Le journaliste André Bercoff accepte de tenir la plume ; le livre s’appelle ‘De la reconquête’. Pour ne pas qu’on reconnaisse Bercoff, Hollande accepte de prêter sa voix pour une interview de ‘Caton’ à France Inter. Rue 89
Sous la présidence Bush, Obama avait dénoncé comme un scandale un programme de collecte d’informations bien plus limité, qui permettait à la NSA d’espionner sans mandat judiciaire les conversations exclusivement vers l’étranger (et non au sein même des Etats-Unis) d’individus suspectés de terrorisme. Voir le même homme politique, devenu président, justifier la collecte systématique d’informations sur l’ensemble des citoyens américains montre son hypocrisie et son absence de principes. Or, aussi curieux que cela paraisse, lorsqu’un homme qui a démontré qu’il a ce type de caractère vous explique qu’il ne vous veut aucun mal, il n’est pas toujours universellement cru. (…) Pour le dire autrement, s’il fallait vraiment admettre que l’Etat rassemble toutes les informations sur les conversations téléphoniques et l’activité Internet des individus, beaucoup d’Américains auraient préféré que ce pouvoir ne soit pas donné à une équipe qui a utilisé les services fiscaux pour affaiblir ses opposants politiques ; placé sous écoute des dizaines de journalistes et les parents d’au moins l’un d’entre eux ; et fait envoyer en prison, sous un prétexte, l’auteur innocent d’une vidéo Youtube dont le président avait fait le bouc émissaire de sa propre inaction lors de l’attaque meurtrière d’un consulat américain. Sébastien Castellion
Il s’agit d’une information judiciaire traitée par des magistrats du siège (…) Il s’agit de juges du siège indépendants sans relation avec la Chancellerie et par conséquent la réponse est très claire, je n’avais pas l’information avant. Christiane Taubira
A l’occasion des révélations du Monde. Manuel Vals
Si on n’a rien à cacher, il n’y a pas de problème à être écouté. Benoît Hamon
On me met sur écoute en septembre 2013 pour des faits supposés de corruption qui auraient été commis en 2007! On le fait, non parce que l’on dispose d’indices, mais parce que l’on espère en trouver. Aujourd’hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu’elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n’est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l’Allemagne de l’Est et les activités de la Stasi. Il ne s’agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l’endroit de ses opposants. Il s’agit de la France. Suis-je en droit de m’interroger sur ce qui est fait de la retranscription de mes conversations? Je sais, la ministre de la Justice n’était pas au courant, malgré tous les rapports qu’elle a demandés et reçus. Le ministre de l’Intérieur n’était pas au courant, malgré les dizaines de policiers affectés à ma seule situation. De qui se moque-t-on? Nicolas Sarkozy

Attention: une police politique peut en cacher une autre !

Après l’Administration Obama, qui, après avoir tant critiqué son prédécesseur pour ses actions prétendument liberticides, lance le fisc sur ses opposants politiques et met sur écoute ses journalistes et la planète entière chefs d’Etat amis compris …

Et au-delà du cas particulier d’un ancien président et héritier d’une génération d’hommes politiques qui, entre la Mairie de Paris et la direction de l’Etat, sera l’une des plus corrompues de l’histoire …

Comment ne pas voir l’incroyable gémellité avec un gouvernement Hollande qui non content d’avoir imposé l’aberration du mariage homosexuel avant plus tard l’adoption et les mères porteuses pour tous …

Multiplie les mensonges d’Etat et fait à présent écouter, à l’instar de la véritable petite Stasi que les RG supprimés par son successeur avait été notamment pour les années Chirac, les adversaires politiques qu’il avait tant fustigés pour atteintes supposées aux libertés publiques et pour leurs frasques ?

Nicolas Sarkozy : «Ce que je veux dire aux Français»

Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy en appelle aux «principes sacré de notre République».

Le Figaro

20/03/2014

«J’ai longuement hésité avant de prendre la parole. D’abord, parce que je sais qu’il existe des sujets prioritaires pour nos compatriotes, à commencer par l’explosion du chômage. Ensuite, parce que, depuis deux ans, je me suis tenu à la décision de silence et de retrait que j’avais annoncée au soir du second tour de l’élection présidentielle de 2012. Contrairement à ce qui s’écrit quotidiennement, je n’éprouve nul désir de m’impliquer aujourd’hui dans la vie politique de notre pays. Je ne suis animé par aucune velléité de revanche et ne ressens nulle amertume à l’endroit des Français qui m’ont fait l’immense honneur de me confier, durant cinq ans, les rênes de notre pays. J’ai par ailleurs trop conscience des peines, des souffrances et des inquiétudes qu’endurent chaque jour tant de nos compatriotes pour ne pas mesurer la chance qui m’a si souvent accompagné tout au long de ma vie. Cette réalité mêlée à mon tempérament fait qu’aussi loin que je m’en souvienne je n’ai jamais aimé me plaindre. À 59 ans, il est sans doute trop tard pour changer. En tout cas, sur ce point…

Et pourtant, je crois qu’il est aujourd’hui de mon devoir de rompre ce silence. Si je le fais, c’est parce que des principes sacrés de notre République sont foulés aux pieds avec une violence inédite et une absence de scrupule sans précédent. Si je le fais par le moyen de l’écrit et non celui de l’image, c’est parce que je veux susciter la réflexion et non l’émotion.

Qui aurait pu imaginer que, dans la France de 2014, le droit au respect de la vie privée serait bafoué par des écoutes téléphoniques? Le droit au secret des conversations entre un avocat et son client volontairement ignoré? La proportionnalité de la réponse pénale, au regard de la qualité des faits supposés, violée? La présomption d’innocence désacralisée? La calomnie érigée en méthode de gouvernement? La justice de la République instrumentalisée par des fuites opportunément manipulées?

Que chacun réfléchisse à ce bref inventaire car demain il pourra, à son tour, être concerné. C’est de moi qu’il s’agit aujourd’hui. Je ne suis pas une victime. Je peux me défendre. Je peux en appeler au bon sens des Français, de gauche comme de droite. Tous n’auront pas et n’ont pas cette chance.

Ancien président de la République, je suis devenu un citoyen comme les autres. C’est la règle démocratique. Qui d’ailleurs pourrait prétendre que je l’ai, si peu que cela soit, enfreinte? En vingt mois, j’ai subi quatre perquisitions qui ont mobilisé trois juges et quatorze policiers. J’ai été interrogé durant vingt-trois heures parce que l’on me suspectait d’avoir profité de la faiblesse d’une vieille dame! Des milliers d’articles rédigés à charge ont été publiés. Sur le sujet, que reste-t-il de cette boue complaisamment répandue? Rien, si ce n’est une décision de non-lieu après que toutes les investigations possibles ont été engagées. J’ai eu envie de crier: «Tout cela pour cela.» Mais je n’ai rien dit au nom du devoir que me créent les responsabilités qui furent les miennes. J’ai tout accepté, confiant dans la justice et surtout dans la vérité.

Et que dire de la prétendue affaire Karachi où, après des années d’enquête, les magistrats ont fini par découvrir que je n’y avais, au final, assumé aucune responsabilité. Là aussi, cela n’a pas empêché des centaines d’articles à charge.

Puis l’on s’est aperçu que j’avais été le seul de tous les candidats à avoir dépassé, durant la campagne présidentielle de 2012, les montants de dépenses autorisés! De ce fait, je fus reconnu fautif d’un dépassement de 2,1 %. La sanction fut, pour la première fois dans l’histoire de la République, la suppression de 100 % des financements publics. Le 9 juillet 2013, il nous a fallu rembourser 11,3 millions d’euros, dont j’étais caution à titre personnel. Grâce aux soutiens de 137.000 Français et à la mobilisation de ma famille politique, ce fut réalisé en deux mois. Comment leur dire mon immense reconnaissance? Cette fois encore, je n’ai rien dit. J’ai tout accepté.

Sans l’ombre d’une preuve et contre toute évidence, me voici accusé d’avoir fait financer ma campagne de 2007 par M. Kadhafi. On a parlé d’un virement de 50 millions d’euros! Un détail… Après des mois d’enquête, des dizaines de commissions rogatoires, la justice n’a trouvé ni virement, ni banque de départ, ni banque d’arrivée. Toute l’accusation repose sur les témoignages «crédibles» du fils de M. Kadhafi et de son entourage, sans doute une référence morale, et de celui de M. Takieddine, dont on connaît aujourd’hui le passif judiciaire.

J’ai déposé plainte contre Mediapart pour faux et usage de faux à la suite de la publication d’un faux grossier. Ma plainte a paru suffisamment crédible pour que ses dirigeants soient placés par la justice sous statut de témoin assisté.

Le simple bon sens devrait amener à considérer que la guerre que nous avons conduite en Libye a duré dix mois. Durant cette période, si M. Kadhafi avait eu le moindre document à utiliser contre moi, pourquoi ne l’a-t-il pas fait, alors même que j’étais le chef de la coalition contre lui?

Or voici que j’apprends par la presse que tous mes téléphones sont écoutés depuis maintenant huit mois. Les policiers n’ignorent donc rien de mes conversations intimes avec ma femme, mes enfants, mes proches. Les juges entendent les discussions que j’ai avec les responsables politiques français et étrangers. Les conversations avec mon avocat ont été enregistrées sans la moindre gêne. L’ensemble fait l’objet de retranscriptions écrites dont on imagine aisément qui en sont les destinataires!

Ajoutant l’illégalité à l’illégalité, on n’hésite pas à publier des extraits tronqués et mensongers de ces mêmes enregistrements. Qui a donné ces documents alors même qu’aucun avocat n’a accès à la procédure? Les seuls détenteurs en sont les juges ou les policiers… Sont-ils au-dessus des lois sur le secret de l’instruction?

On me met sur écoute en septembre 2013 pour des faits supposés de corruption qui auraient été commis en 2007! On le fait, non parce que l’on dispose d’indices, mais parce que l’on espère en trouver. Aujourd’hui encore, toute personne qui me téléphone doit savoir qu’elle sera écoutée. Vous lisez bien. Ce n’est pas un extrait du merveilleux film La Vie des autres sur l’Allemagne de l’Est et les activités de la Stasi. Il ne s’agit pas des agissements de tel dictateur dans le monde à l’endroit de ses opposants. Il s’agit de la France.

Suis-je en droit de m’interroger sur ce qui est fait de la retranscription de mes conversations? Je sais, la ministre de la Justice n’était pas au courant, malgré tous les rapports qu’elle a demandés et reçus. Le ministre de l’Intérieur n’était pas au courant, malgré les dizaines de policiers affectés à ma seule situation. De qui se moque-t-on? On pourrait en rire s’il ne s’agissait de principes républicains si fondamentaux. Décidément, la France des droits de l’homme a bien changé…

Heureusement, des milliers d’avocats, quelles que soient leurs sensibilités, ont décidé que trop, c’était trop. Avec le bâtonnier à leur tête, ils veulent faire entendre cette vérité qu’un avocat dans l’exercice de ses fonctions doit être protégé de la même manière qu’un journaliste. Dans la République, on n’écoute pas les journalistes, pas davantage que les avocats dans l’exercice de leurs fonctions!

Mais cela n’est pas tout. Mon propre avocat se trouve accusé d’avoir abusé de son influence auprès de notre juridiction suprême. Cette fois, fini de rire, car c’est à pleurer d’indignation. Son «crime»: être l’ami depuis trente ans d’un avocat général à la Cour de cassation, un des plus fameux juristes de France, à qui il a demandé des avis sur la meilleure stratégie de défense pour son client. Le problème, c’est que le client, c’est moi. Alors «le conseil» devient un «trafic d’influence» supposé. Peu importe que ce magistrat ne puisse exercer la moindre influence sur une chambre criminelle dans laquelle il ne siège pas. Détail, encore, que le gouvernement monégasque ait solennellement déclaré qu’il n’y avait jamais eu la moindre intervention. Dérisoire, le fait que le poste, auquel ce magistrat postulait pour après sa retraite, ait été pourvu un mois avant qu’il ait pensé à en signaler l’existence à mon avocat.

Tout ceci ne résiste pas à l’évidence. Eh bien, cela n’a pas empêché trois juges et vingt policiers de multiplier les perquisitions aux domiciles et au bureau de mon avocat, quatorze heures durant! Après avoir démonté sa machine à laver et exigé, qu’au moment de sa douche, à 6 h 30 du matin, il laissât la porte ouverte. La juge en charge est repartie avec ses téléphones. Dois-je considérer comme une anecdote le fait que cette magistrate soit membre du Syndicat de la magistrature? Ce syndicat désormais célèbre pour avoir affiché dans ses locaux le tristement fameux «mur des cons», où j’occupe une place de choix! Dois-je considérer qu’il s’agit d’un exercice serein et impartial de la justice? Augmenterai-je la gravité de mon cas en informant mes lecteurs que l’un des juges qui enquêtent sur le prétendu financement Kadhafi est celui-là même qui a signé, en juin 2012, l’appel des quatre-vingt-deux juges d’instruction, dont le ciblage de ma personne et de ma politique est transparent? Au moins dois-je être tranquillisé sur la clarté des opinions politiques d’un magistrat dont le devoir est pourtant d’enquêter à charge et à décharge. Pour la charge, je crois que l’on peut être confiant, mais pour la décharge… Quel justiciable voudrait connaître une situation semblable?

Et pourtant, envers et contre tout, je garde confiance dans l’institution judiciaire, dans l’impartialité de l’immense majorité des juges, dans la capacité de la justice à ne pas se laisser instrumentaliser.

Mon propos n’est pas de me plaindre. Je ne demande à personne de s’apitoyer sur mon sort. Ce texte est un appel à la conscience, aux convictions, aux principes de tous ceux qui croient en la République.

Aux Français qui n’ont pas voté pour moi, je demande d’oublier mon cas personnel et de penser à la République et à la France. Au nom de leurs propres convictions, peuvent-ils accepter ces violations répétées de nos principes les plus chers?

À ceux qui me sont attachés, je veux dire que je n’ai jamais trahi leur confiance. J’accepte tous les combats à condition qu’ils soient loyaux. Je refuse que la vie politique française ne fasse place qu’aux coups tordus et aux manipulations grossières.

Je veux affirmer que je n’ai jamais demandé à être au-dessus des lois, mais que je ne peux accepter d’être en dessous de celles-ci.

Enfin, à tous ceux qui auraient à redouter mon retour, qu’ils soient assurés que la meilleure façon de l’éviter serait que je puisse vivre ma vie simplement, tranquillement… au fond, comme un citoyen «normal»!»

Voir aussi:

Ces métiers indispensables qui n’existeraient plus sans secret professionnel

Habitués aux violations perpétuelles du secret de l’instruction, on aurait tendance à oublier que les secrets sont nécessaires dans certaines professions.

Atlantico

15 mars 2014

Atlantico : Suite à la révélation par Le Monde des écoutes de Nicolas Sarkozy et de son avocat, Me Herzog, le ministre délégué de l’Economie sociale et solidaire, Benoît Hamon, a déclaré « quand on a rien à se reprocher, ce n’est pas grave d’être sur écoute ». Avoir un secret est-il devenu répréhensible ? Cela ne revient-il pas à assimiler le secret au mensonge ?

Françoise Gouzvinski : Ce n’est pas parce qu’on a un corps sculptural qu’on ouvre sa salle de bain à tout le monde… qu’on y soit nu ou pas d’ailleurs. On garde des choses pour soi pour avoir un lieu intime, à soi, qui permet d’être et de penser librement (Arendt : « le moi pensant vit toujours caché » (Hannah Arendt. La vie de l’esprit. Paris, P.U.F.1992. p.190) ou encore P. Aulagnier : « se préserver le droit et la possibilité de créer des pensées et plus simplement de penser, exige que l’on s’arroge celui de choisir les pensées que l’on communique et celles que l’on garde secrètes: c’est là une condition vitale (c’est l’auteur qui souligne) pour le fonctionnement du Je » (P. Aulagnier. Un interprète en quête de sens. p 229).

En l’espèce ce qui est en cause est la confiance attribuée au médium support de la transmission de l’information : téléphone, Internet ou dossiers papiers, etc. dont la démocratie, mais aussi la société devrait garantir qu’ils sont, selon les termes de J. P. Chrétien Goni des supports à « verrous de dévoilement contrôlé » (Goni-Chrétien : Le système du secret, Observations sur la pratique généralisée du secret. Paris EPE, Le Groupe familial, n°19, 1996). Tout montre que ce n’est pas « toujours » le cas (cf. paradigme du « risque » traité chez Ulrich Beck « La société du risque »). On vit alors, à juste titre, la surprise de ne pas se trouver seul (ou à deux) dans la salle de bain, comme une effraction. Donc avoir des choses secrètes et savoir les garder n’est pas répréhensible, au contraire, c’est un gage d’intelligence. Je suis convaincue que Monsieur Hamon le sait. Ce qui est grave et sérieux par contre c’est d’être mis sur écoute à son insu ; c’est pourquoi seule la justice peut décider d’une procédure qui prive le citoyen concerné de son droit à l’information.

Pour votre seconde question qui est plus morale – cela nécessiterait en soi un développement sur la notion du Vrai, mais aussi de la Honte – il faut savoir que depuis la nuit des temps, le fait de détenir un secret excite la curiosité. Encore si personne ne sait que vous avez un secret, cela pourra mettre quelques lustres avant qu’on ne le découvre, l’explore, le sonde… Mais si, comme c’est le cas pour la politique, votre fonction vous amène nécessairement à en faire (des secrets), l’effet paranoïaque alentour est décuplé. On suspecte celui qui a un secret ; on spécule, on fantasme… on a très probablement un peu peur. Vous l’avez vu jusqu’à présent je n’ai pas abordé la question du contenu du secret. Je vous parle de l’enveloppe, mais non de ce qu’il y a dedans. Alors le contenu qu’il soit vrai ou faux, louable ou répréhensible, c’est une autre question. Il y a des tas de gens qui conservent des secrets peut-être faux, répréhensibles il n’en demeure pas moins que cela peut être leur droit du moment qu’ils ne sont pas contraints par la loi à les dévoiler. Par contre que certaines personnes soient plus habiles (perverses ?) à dissimuler, cela ne fait aucun doute. Le droit au respect de la vie privée, comme le droit au secret professionnel sont des droits qui sont là pour protéger probablement ceux ou celles qui n’ont pas forcément les capacités à garder pour eux, à penser, à trouver des solutions, à élaborer tout seul.

Didier Martz : Au préalable, la notion de secret est particulièrement galvaudée. Le secret, à l’origine, c’est ce que personne ne peut connaître ou ne doit connaître. C’est la réalité profonde, énigmatique de quelqu’un, son intimité qui rend la relation possible. Le secret est pour ainsi dire sacré.

Aujourd’hui on appelle « secret » le fait de détenir une information et de la garder secrète. Evidemment, on passe assez facilement dans le champ de la morale : reproche, mensonge et au « quand on n’a rien à se reprocher ! » La question est d’abord politique et juridique à savoir est-ce que les citoyens ont le droit de savoir ou non, d’être éclairé pour exercer leur citoyenneté ? Et par conséquent, quels sont les contre-pouvoirs chargés d’apporter ces lumières ? Médias, chercheurs, juristes…

Certains métiers nécessitent d’être garants de pouvoir garder des secrets : avocats, journalistes, médecins etc. Ces métiers pourraient-ils exister sans secret ? Pourquoi ?

Françoise Gouzvinski : Le secret professionnel garantit l’usager c’est-à-dire celui qui confie son information au professionnel et ne saurait protéger une profession. Il appartient aux professionnels de ne pas révéler ce qu’on leur a confié. En l’occurrence il n’est pas nécessaire de se « retrancher » derrière le secret professionnel mais seulement de ne pas dire en usant de celui-ci. Savoir faire usage sans faire mention évite bien des polémiques. (C’est un droit codifié à l’article 226.13 et 14 du Nouveau Code de Procédure pénale). Notons que la réforme du Code de procédure pénale a supprimé la liste des professionnels soumis au secret professionnel et généralisé l’obligation de secret professionnel en ces termes : « La révélation d’une information à caractère secret par une personne qui en est dépositaire soit par état ou par profession, soit en raison d’une fonction ou d’une mission temporaire, est punie etc. »).

L’hypothèse de la possibilité d’existence de ces métiers sans le droit au secret professionnel est caduque puisque qui songerait à se confier s’il n’était pas a priori garanti que sa confidence ne soit gardée. La question philosophique est de savoir si, en la matière, l’amitié qui n’exclut pas l’assistance et les conseils reprendrait du galon.

Didier Martz : Le secret des sources est indispensable à leur exercice et fait partie de leur déontologie. A ne pas confondre avec le partage de l’information notamment avec ceux qui sont directement concernés : le médecin doit partagé l’information avec son patient, l’avocat avec son client, les médias avec ses lecteurs.

Le politique est lui sous un autre régime d’où la nécessité de contre-pouvoirs.

De quoi le secret est-il garant dans ces cas-là ?

Françoise Gouzvinski : Il est le garant que la personne qui a confié à… un professionnel en l’occurrence, reste détenteur de l’usage de ce qu’il a confié, et donc conserve sa subjectivité. La personne qui a recours à un professionnel pour penser ensemble un événement difficile à traiter en soi, acquiert le discernement et conserve le pouvoir de choisir à qui et comment elle souhaitera le « médiatiser » à quelqu’un d’autres, ou quelques autres éventuellement. Il appartient au professionnel d’être garant de l’étanchéité des lieux où sont confiés ou échangés des propos.

Didier Martz : De l’exercice de ces métiers. Sinon on est dans un régime totalitaire.

Quelles relations secret et démocratie entretiennent-ils ? Peut-on dire que la possibilité du secret est inhérente à la démocratie ?

Françoise Gouzvinski : On se rapprochera pour approfondir cette relation avec grand intérêt aux rapports « Transparence et secrets » (“Transparences et secrets” Etudes et documents – La Documentation Voltaire N° 47, 1995) produits par les travaux de la CADA (Commission d’accès aux documents administratifs). Voilà le tableau qu’il présente :

Il paraît évident que, pour ne pas vivre dans une société totalitaire et poussant à la délation, le respect de la vie privée est un fondement de la démocratie (voir aussi G. Simmel dans « Secret et sociétés secrètes »). L’Etat même s’il tend vers la transparence du fonctionnement publique conserve toujours des zones de fonctionnement secrètes, déclarées ou non, comme le citoyen. Pour que se joue la démocratie il faut que le droit de poser des questions reste actif. La démocratie doit garantir le respect du droit pour tous, mais chacun ou chacune peut être interrogé par la Justice. Les efforts réalisés depuis les années 80 vont dans l’appropriation par le citoyen de droits analogues visant à lui permettre à lui aussi d’interroger le fonctionnement publique.

Attention au sophisme. Le secret est inhérent au totalitarisme, et on le voit sur ce tableau aux sociétés traditionnelles presque plus qu’aux sociétés démocratiques libérales. Au passage cela permet de remiser la remarque de Monsieur Hamon au sein d’une société « innocente », euphémisme pour parler des sociétés sans Etat.

Didier Martz : Au prétexte de démocratie, on veut rendre tout transparent, tout exposable. On est allé même chez certains hommes ou femmes politiques déclarer qu’on avait un vélo ! C’est comme dit Debray devenu le règne de l’obscène. Et la mort de la démocratie. La transparence est devenue le leit-motiv de la postmodernité : on avoue tout partout, partout on se repend, on s’expose publiquement aux jugements du troupeau.

Quels risques prend-on à établir une distinction entre bons et mauvais secrets ? Quelqu’un peut-il seulement en décider ?

Françoise Gouzvinski : Un Secret (une information à caractère secret) obéit selon J. P. Chrétien-Goni à une double logique ; une tendance à l’enfouissement, une tendance à la propagation. Tenter de garder secret et le mouvement insidieux et lent agira dans le sens d’une révélation ; décider de dire, de révéler et l’oubli viendra faire œuvre. Je le répète, cette double logique autour d’un même événement ou propos, œuvre quelque soit sa qualité. Le droit français a fort bien négocié la question du bon ou mauvais secret, donnant quelques rares exceptions au « droit au secret » au moins jusqu’en ce début de siècle. Les mauvais secrets commencent à être listés de façon de plus en plus importantes dès lors que la société devient sécuritaire et que tout ou presque peut être qualifié de menace. Plus une société allonge la liste et distingue en lieu et place de ses sujets ce qui est « on à garder » de ce qui est « mauvais » et justifie d’être dévoilé, plus elle augmente son pouvoir d’aliénation sur les individus, et se rapproche d’un modèle anti-démocratique. A la question de savoir si quelqu’un peut en décider, il faut bien reconnaître que les lois font autorité et que le débat public est le cadre de leur exercice, de leurs mises en critique, en tensions et de leurs évolutions. Si la société tend à être confiante dans ses institutions elle devrait n’avoir besoin que de très peu de gardes fous pour que chaque individu, quelque soit son identité, se sente protégé. Les médias participent de ce travail et je vais vous étonner, mais je demeure assez confiante.

Didier Martz : A supposer qu’il y a une instance, un groupe, une commission… que sais-je encore possédant les dits secrets et en charge de décréter ceux qui sont bons ou non et par conséquent publiables ou non.

La question est à mettre en rapport avec la notion de vérité et la façon dont elle s’établit. Il n’y a pas de vérité en soi, ni de secret bon ou mauvais en soi. Elle se construit continûment via le débat démocratique notamment.

Propos recueillis par Marianne Mura

5 commentaires pour Ecoutes: Avec Hollande, la Stasi, c’est maintenant ! (Yes, we can tap your phones, too: After Obama administration, France’s socialists pull an NSA phone-tap trick on their opponents)

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