Economie: Google-SNCF, même combat ! (One robber baron’s expenses are another robber baron’s revenues)

https://i1.wp.com/masdividendos.com/wp-content/uploads/2013/04/RobberBarons.jpgLes ouvriers bien rémunérés ont plus de loisirs, et ces loisirs deviennent des besoins. Ces désirs de loisirs vont bientôt devenir des besoins. Bien gérée, une entreprise paie des salaires élevés et vend à bas prix. Ses ouvriers ont le loisir de profiter de la vie et ont les moyens pour financer cette jouissance. L’industrie de ce pays ne pourra exister longtemps si nombre d’entreprises reviennent à la journée de dix heures de travail, car alors les gens n’auront plus de temps pour consommer les biens produits. Par exemple, le travailleur devrait avoir accès à l’automobile pour aller faire du shopping de l’aube jusqu’au crépuscule. Et cela aura des conséquences innombrables, pour l’automobile, en permettant aux gens de se déplacer rapidement et facilement, on leur donne une chance de découvrir ce qui se passe dans le monde – ce qui les conduit à une vie plus riche qui nécessite plus de nourriture, plus et de meilleurs produits, plus de livres, plus de musique – plus de tout. (…) Il est grand temps de nous débarrasser de l’idée que les loisirs pour les ouvriers sont soit “du temps perdu”, soit un privilège de classe. (…) c’est l’influence des loisirs sur la consommation qui rend si nécessaire la journée de travail courte et la semaine courte. Les personnes qui consomment la majeure partie des marchandises sont les gens qui les fabriquent. C’est un fait que nous ne devons jamais oublier. Et qui est le secret de notre prospérité. La valeur économique des loisirs n’a pas trouvé sa place dans la pensée des dirigeants industriels à une grande échelle. Alors que la vieille idée de ”temps perdu” nous a quittés, et qu’on ne croit plus que la réduction de la journée de travail de douze heures à huit heures diminue la production, la valeur positive industrielle – la valeur des dollars et des centimes – issue des loisirs, n’est toujours pas comprise.  (…)  nous devons prendre en considération (…) la valeur industrielle positive du temps libre, car elle augmente la consommation. Lorsque les gens travaillent plus longtemps et ont moins de loisirs, ils achètent donc moins de marchandises. Aucune de nos villes n’était aussi pauvre que celles de l’Angleterre où les gens, jusqu’aux enfants, travaillaient de quinze à seize heures par jour. Ils étaient pauvres parce que ces gens, surchargés de travail, étaient rapidement usés – ils ont eu de moins en moins de valeur en tant que travailleurs. C’est pourquoi, ils ont gagné de moins en moins et pouvaient acheter de moins en moins. Les affaires sont pour nous des échanges de marchandises. Les marchandises sont achetées uniquement quand elles répondent aux besoins. Ces besoins ne sont remplis que lorsqu’ils se font sentir. Ils se font principalement sentir durant les heures de loisir. L’homme qui a travaillé de quinze à seize heures par jour ne souhaite seulement qu’un coin où être à l’abri et un peu de nourriture. Il n’a pas le temps de cultiver de nouveaux besoins. Aucune industrie ne pourrait jamais être mise en place pour combler ses besoins, parce qu’il n’y en a aucun, sauf les plus primitifs. Pensez à la façon dont les affaires sont restreintes en ces terres où hommes et les femmes travaillent encore tous les deux toute la journée! Ils n’ont pas le temps de laisser les besoins de leurs vies se faire sentir. Ils n’ont pas de loisirs à acheter. Ils ne se développent pas. Quand, dans l’industrie américaine, les femmes ont été libérées de la nécessité du travail en usine et sont devenues les acheteurs pour la famille, les entreprises ont commencé à se développer. La femme américaine, en tant qu’agent d’achat des ménages, possède à la fois des loisirs et de l’argent, et les premiers sont tout simplement aussi importants que le second dans le développement de l’entreprise américaine. Les personnes ayant une semaine de cinq jours consommeront davantage de biens que les personnes ayant une semaine de six jours. Les gens qui ont plus de loisirs doivent avoir plus de vêtements. Ils doivent avoir une plus grande variété de nourriture. Ils doivent disposer de plus d’installations de transport. Ils doivent naturellement avoir plus de services de toutes sortes. Cette augmentation de la consommation exigera une plus grande production que celle dont nous disposons maintenant. Au lieu d’entreprises tournant au ralenti parce que les gens sont “hors travail”, elles seront en augmentation, parce que les gens consomment plus durant leurs loisirs que pendant leur temps de travail. Cela va conduire à plus de travail. Et cela pour plus de profits. Et cela pour des salaires plus élevés. Le résultat de plus de loisirs sera l’exact opposé de ce que la plupart des gens pourraient le supposer. Henry Ford (1926)
La révolution agricole et industrielle a fait disparaître les chevaux. La révolution numérique et l’ère de l’information feront-elles disparaître les conducteurs ? Albert Wenger (Union Square Ventures)
L’automatisation commence à détruire l’emploi, comme si la vieille peur du XIXe siècle devenait la réalité. A l’époque, il y avait cette inquiétude énorme que l’emploi des gens ordinaires était menacé par le progrès des machines. Quand les voitures ont remplacé les chevaux, les gens pensaient que cela devenait tellement facile de conduire qu’il n’y aurait plus de raison de payer pour le transport. Tous ceux qui travaillaient avec les chevaux allaient perdre leur emploi. Mais les syndicats étaient encore puissants. Ils ont imposé l’idée qu’il est normal de payer quelqu’un, même si le travail est moins pénible et qu’il est plus facile de conduire un taxi que de s’occuper de chevaux. Avec l’Internet, les choses deviennent tellement faciles que les gens rejettent cet arrangement payant. C’est une erreur. Cela a commencé avec Google, qui a dit : on vous donne un moteur de recherche gratuit ; en contrepartie, votre musique, vos photos, vos articles vont aussi être gratuits. Avec l’idée d’un équilibre : vous avez moins de revenus mais vous avez accès à des services gratuits. Mais ce n’est pas équilibré. Bientôt, les consommateurs vont accéder aux produits grâce aux imprimantes 3D. Graduellement, les choses physiques deviennent contrôlées par les logiciels, et tout devient gratuit. (…) L’objectif, au début de l’Internet, était que l’on donne du pouvoir à tout le monde parce que tout le monde aurait accès à l’information. En fait, Google, et tous ceux qui collectent les informations au sujet des autres parce qu’ils offrent ces services gratuits, deviennent de plus en plus puissants. Plus leurs ordinateurs sont gros, plus ils sont puissants. Même si vous regardez la même information que Google, Google en retire beaucoup plus de pouvoir que vous. L’autre remarque à faire est que, dès que quelqu’un prétend avoir une technologie qui peut remplacer les gens, c’est faux. Exemple : la traduction automatique. Vous pouvez prendre un document en anglais, l’entrer dans un ordinateur et le ressortir en français. Cela ne sera pas du bon français, mais quelque chose va ressortir. (…)  les sociétés qui font de la traduction automatique collectent des millions d’exemples de documents qui ont été traduits par des vraies personnes. Ils repèrent des morceaux de phrases qui sont semblables à ceux de votre document, les traduisent paquet par paquet et assemblent le puzzle. Cela ressemble à un cerveau électronique gigantesque mais, en fait, il s’agit du travail de tonnes de gens qui ne sont pas payés et ne savent même pas qu’ils sont utilisés. Pour chaque nouvelle technologie qui prétend remplacer l’humain, il y a en réalité des gens derrière le rideau. Il faut garder trace de ceux qui fournissent un vrai travail et leur permettre d’être indemnisés. L’automatisation dépend systématiquement des informations produites par un nombre élevé de gens, ce qu’on appelle le « Big Data ». Ces données ne viennent pas des anges ou de phénomènes surnaturels : elles viennent des hommes ! Si on les payait pour ces données, on pourrait soutenir l’emploi. (…)  les sociétés qui possèdent les puissants ordinateurs créent des modèles de chacun d’entre nous. Google a un modèle de vous. De même que l’Agence nationale de la sécurité américaine (NSA), Facebook, et même certaines organisations criminelles. Elles collectent des données sur vous et les utilisent pour faire des projections. Le but est de modifier les comportements.(…) les manipulations sont infimes. Cela peut être trouver le moyen de vous faire accepter un prêt qui n’est peut-être pas aussi intéressant qu’un autre. Ou comment vous inciter à faire tel ou tel achat. C’est un système froid, fondé seulement sur les statistiques. Il travaille très lentement. Mais, sur la durée, cela fait beaucoup d’argent. C’est comme cela que Google est devenu si riche : les gens qui paient Google peuvent obtenir une toute petite modification du modèle de comportement. C’est un système géant de modification comportementale. Un système différent du modèle traditionnel de publicité, qui a toujours été une forme de rhétorique, de persuasion, de style. Ici, il n’y a aucune créativité. C’est une forme de manipulation sans esthétique, mais très graduelle et très fiable, parce que ce sont juste des statistiques. Il s’agit aussi de manipuler le type d’informations que vous recevez. Si vous allez sur la Toile, vous ne voyez plus les mêmes informations qu’un autre : celles que vous voyez sont organisées spécifiquement pour vous par ces algorithmes. C’est un monde où tout est ouvert et où, en même temps, la plupart de ce que les gens voient est manipulé. Les gens qui manipulent ont des ordinateurs bien plus puissants que la plupart d’entre nous. (…) Le problème n’est pas qui a accès à l’information, mais qui fait quoi avec cette information. Si certains ont des ordinateurs beaucoup plus puissants, cela ne peut pas créer une société équitable. Au lieu d’essayer de plaider pour la transparence et le respect de la vie privée, nous devrions nous préoccuper de ce qui est fait avec les données accumulées. Nous vivons à une époque où il y a deux tendances contradictoires. D’un côté, tout le monde dit : n’est-ce pas formidable, cette décentralisation du pouvoir, grâce à Twitter, etc. De l’autre, la richesse est de plus en plus centralisée. Comment est-il possible que le pouvoir soit décentralisé et la richesse de plus en plus centralisée ? En fait, le pouvoir qui est décentralisé est un faux. Quand vous tweetez, vous donnez de vraies informations aux gros ordinateurs qui traquent vos mouvements. (…) je préconise un système universel de micropaiement. Les gens toucheraient une rémunération – fût-elle minime – pour l’information qui n’existerait pas s’ils n’existaient pas. Cette idée circulait déjà dans les années 1960, avant même que l’Internet soit inventé. C’est juste un retour aux origines. Si on arrivait à savoir combien les entreprises sont prêtes à payer pour avoir des informations, cela serait utile… Les gens pensent que le montant serait infime. Mais si on regarde en détail, c’est faux. Les données concernant M. Tout-le-Monde ont beaucoup de valeur. Cela serait un soutien économique puissant pour la nouvelle classe moyenne. Chaque donnée individuelle aurait une valeur différente. Certaines seraient plus cotées parce qu’elles sortent de l’ordinaire. (…) il faut regarder les résultats dans le monde réel. J’avais pensé que l’âge de l’Internet permettrait une augmentation fantastique de la richesse et des opportunités. A la place, on voit une concentration intense des richesses. C’est un phénomène mondial. Si la technologie concentre les richesses, elle va devenir l’ennemi de la démocratie, peu importe le nombre de tweets. Je refuse l’autosatisfaction quand je vois tous ces gens ordinaires qui perdent pied alors que leur situation ne devrait que s’améliorer grâce aux progrès technologiques. Jaron Lanier
Pourquoi la stagnation des salaires des classes moyennes fait du mal à l’économie ? Parce que les gens des classes moyennes dont les salaires sont stagnants sont les plus gros dépensiers de l’économie mondiale. Et quand ils n’ont pas d’argent à dépenser, leur manque de dépenses fait mal non seulement à eux mais à toutes les entreprises qui dépendent d’eux pour leurs recettes. Autrement dit, les dépenses d’une entreprise (salaires) sont les revenus d’une autre. Ainsi, collectivement, lorsque les entreprises réduisent les salaires, elles réduisent aussi leur propre croissance de revenus futurs. À l’heure actuelle, les entreprises sont tellement concentrées sur la réduction des salaires — en payant leurs employés aussi peu que possible et en les remplaçant par la technologie dans la mesure du possible — que les salaires en proportion de l’économie sont désormais s’approchent de leur plus bas niveau. Et cette faiblesse des salaires est la grande raison pour laquelle la demande  est si faible dans l’économie. Eric Schmidt
Si nous ne voulons pas devenir demain une nation de caristes et de manutentionnaires pour les géants du Net, il est urgent de réagir. (…) « Les géants américains du Net opèrent tous de la même façon. Facebook offre le système de reconnaissance faciale le plus abouti au monde à faire pâlir d’envie les services de renseignements américains. Et Google pousse son avantage pour organiser le commerce du monde en avançant masqué. Pascal Perri
La mondialisation a dévasté nos classes populaires, l’internet va dévorer nos classes moyennes. Pierre Bellanger
L’ordinatisation des métiers va à la fois toucher les métiers «simples» et «complexes», ce sont les métiers qui allient travail manuel et réflexion qui seront plus difficilement remplaçables. (…) Nous sommes évidemment à un stade avancé! Aux alentours de l’an 2000 s’est opéré un basculement où les machines ont effectivement pu être en mesure de mieux faire le travail que les hommes…. Et depuis, cela va très vite. Les ordinateurs s’imposent peu à peu, sans que nous ne nous en rendons forcément compte. Dans 5 à 10 ans maximum, nous ne pourrons plus nier cette mutation, et la domination des machines. Pour le moment, nous ne voulons pas admettre que nous sommes remplaçables. Et plus notre métier est prestigieux, plus l’on gagne de l’argent, et plus l’on a l’impression d’être irremplaçable! (…) Le métier de trader, par exemple! Pour l’assister dans ses tâches, le trader dispose de logiciels qui peuvent effectuer plus de 2000 opérations à la seconde… Il pourrait aussi faire ces opérations lui-même , mais beaucoup plus lentement. Aujourd’hui, le rôle du trader se limite donc à superviser ses machines, et ne comporte plus aucune part d’intuition, comme c’était le cas il y a quelques années… (…) Travailler moins. L’emploi et le travail sont voués à disparaître. Des questions essentielles se poseront alors: comment donner un revenu aux gens qui ne soit pas lié au travail? Comment occuper les gens? Au XIXe siècle déjà un philosophe émettait l’hypothèse suivante: si l’homme est un jour remplacé par une machine, alors il devrait avoir droit à la moitié des gains engendrés par la machine qui l’a remplacé. C’est un schéma auquel nous pouvons aujourd’hui penser. (…) La domination de la machine est impossible à éviter… Aujourd’hui, la seule chose qui manque aux logiciels et aux programmes informatiques est un facteur essentiel pour remplacer l’humain: il s’agit de l’émotion et de l’affect. Mais ce «manque» sera résolu dans 5 ans maximum. Paul Jorion
« L’automatisation peut faire disparaître des emplois. Mais quand elle rend l’entreprise compétitive et quand l’écoulement des produits est boosté par le processus d’automatisation, la production augmente. Ce qui peut plus que compenser les emplois qui ont été supprimés à l’origine», explique Norbert Irsch, économiste en chef de la banque d’Etat allemande KfW, qui publie chaque année une étude sur le lien entre innovation et emploi. Les petites et moyennes entreprises qui innovent créent donc plus d’emplois que celles qui s’intéressent moins à la recherche et au progrès. Forte de 230.000 emplois, l’industrie de l’automatisation allemande a vu son rôle changer au cours des dernières décennies, explique le Welt. Dans les années 1970, les robots ont d’abord pris la place des emplois manuels, ce qui a enfoncé leur réputation de tueurs de jobs. « L’automatisation est depuis longtemps une machine à jobs. Elle crée de nouvelles industries et pousse les anciennes à rester en Allemagne», explique Gunther Kegel, patron de l’entreprise Pepperl+Fuchs Allemagne, spécialisée dans le matériel de sécurité. Sans elle, l’industrie des semi-conducteurs, qui concerne la fabrication d’ordinateurs, de radios et de téléviseurs, n’existerait pas. Pas un seul des 1.000 éléments qui composent un iPad ne peut par exemple être soudé à la main. Même dans le domaine des économies d’énergie, l’automatisation joue également un rôle de taille. Elle permet de réduire jusqu’à 25% des coûts énergétiques, selon une étude publiée par la ZVEI, la fédération de l’industrie électronique et électrotechnique. Slate
Dans les années 2000, plusieurs grandes d’entreprises de la Silicon Valley se sont entendues pour ne pas démarcher leurs salariés en vue de les recruter, afin de ne pas faire monter les prix des salaires. Les preuves révélées par la justice américaines accablent en particulier Steve Jobs, l’ancien patron d’Apple, et le président de Google, Eric Schmidt. Numerama
Privé de tout mandat opérationnel, le président de Google, qui se contente désormais d’assurer les relations publiques à haut niveau du moteur de recherche, vient d’empocher 106 millions de dollars de gratifications au titre de l’année 2013. Une manne liée plus à son intéressement aux résultats, exceptionnels l’an dernier, qu’à ses mérites propres, et qui va grossir une fortune estimée à 8 milliards de dollars ! Qui plus est, le milliardaire Schmidt est un riche exhibitionniste. Il s’est acheté deux yachts, l’un à 12 et l’autre à 14 millions de dollars, en plus de son jet personnel, un Gulfstream à 20 millions. Il collectionne les demeures les plus luxueuses, ce qui ne l’a pas empêché de débourser 22 autres millions pour s’offrir la maison paradisiaque de la veuve de Gregory Peck à Los Angeles. Son penthouse à New York est si bluffant qu’il a fourni le décor de l’appartement de Gordon Gekko dans la suite de « Wall Street », le film d’Oliver Stone. Les Echos

Attention: un baron voleur peut en cacher un autre !

Alors qu’emportés par leur course à l’innovation technologique et à la robotisation toujours plus destructrice d’emplois, les nouveaux barons voleurs du numérique commencent,  88 ans après Henry Ford et à l’instar de l’ancien patron de Google prêt à toutes les ententes pour conserver ses yachts, jet personnel et autres petits palais, à se rendre compte qu’ils sont en train de scier la branche sur laquelle ils sont assis …

Pendant qu’après  les rémunérations, le temps de travail et les excès de communication,  l’on redécouvre  au détour d’un énième rapport de la Cour des comptes que l’entreprise nationale de chemins de fer en déficit perpétuel dépense entre 50 et 100 millions annuels pour assurer le transport gratuit ou quasi-gratuit de plus d’un million d’ayant droits entre retraités, concubins et pacsés, enfants, parents, grands-parents et arrière-grands-parents, enfants étudiants jusqu’à 28 ans, enfants à charge ou handicapés à vie sans compter les quelque 3360 médecins à temps complet ou partiel et leurs familles ainsi que certaines personnalités n’ayant aucun rapport avec l’entreprise pour seulement 15% de cheminots en activité  …

Et qu’un député socialiste admiratif décrit par le menu le gigantesque jeu de rôle auquel se réduit la dernière trouvaille de ce qui tient lieu de gouvernement à la cinquième puissance commerciale du monde, à savoir un plan de 50 milliards d’économies supplémentaires dont personne, et à commencer par son principal instigateur, ne croit réellement à la possiblité de réalisation …

Comment ne pas voir l’étrange convergence de deux modèles de société apparemment diamètralement opposés où  …

Entre la réduction des revenus de ses employés-clients entrainant la réduction de ses propres revenus …

Et la garantie de l’emploi à vie et l’augmentation toujours plus grande des avantages générant toujours plus de dépenses et de charges pour ses employés-contribuables …

L’on aboutit, jusqu’à la prochaine crise, à la même confiscation toujours plus grande des revenus des uns par les autres ?

Eric Schmidt (Google) veut que les salaires augmentent

Guillaume Champeau

Numerama

24 Janvier 2014

Eric Schmidt a profité du Forum économique de Davos pour mettre en garde les leaders économiques du monde entier sur l’asphyxie générée par la rigueur salariale. Il souhaite que l’économie soit relancée par l’augmentation du pouvoir d’achat dans les classes moyennes.

Les entreprises et les gouvernements ont-ils tiré trop fort sur la corde des salaires, en étant tellement préoccupés par la recherche des bénéfices et de la capacité d’investissement qu’ils n’ont pas vu qu’ils en asphyxiaient l’économie tout entière ? C’est l’hypothèse qu’aurait soutenue le président de Google Eric Schmidt lors d’une déclaration au forum économique de Davos, rapportée par Business Insider.

Reprenant au moins pour partie la logique keynésiasiste de l’économie, qui était passée de mode, Eric Schmidt aurait mis en garde les acteurs de l’économie libérale sur la stagnation voire la baisse des niveaux de rémunération de la classe moyenne, qui se révèle contre-productive pour l’ensemble de la chaîne économique, et pour Google. Pour lui, ce serait même l’une des principales causes du ralentissement global de la croissance, et de la durée particulièrement longue de la crise.

En effet, les salaires sont l’oxygène de l’économie. Ce sont eux qui permettent aux employés d’acheter les produits qui permettent aux entreprises d’en créer de nouveaux et donc de recruter les employés qui devront concevoir, fabriquer, transporter et vendre ces produits. Or si les salaires stagnent, il n’y a aucune raison que la croissance reparte.

Concrètement pour Google, ça ne sert à rien d’avoir un modèle économique basé sur la publicité, si les clients visés par les annonceurs n’ont pas les moyens de s’offrir les produits et services vantés par les publicités.

Dans son rapport mondial sur les salaires 2012/2013, l’Organisation Mondiale du Travail (OIT) pointait aussi du doigt le rétrécissement de « la part des salariés dans le revenu national », et l’impact sur l’économie.

« Dans 16 économies développées, la part moyenne du travail est tombée de 75% du revenu national au milieu des années 1970 à 65% dans les années qui ont précédé la crise. Elle a ensuite quelque peu rebondi pour décliner à nouveau après 2009 », constatait l’OIT :

La relance de l’économie par la hausse des salaires semble ainsi d’une logique implacable, mais c’est admettre que les entreprises doivent au moins temporairement rogner sur leurs marges bénéficiaires pour moins rémunérer les actionnaires, et mieux rémunérer les salariés. Ou c’est au minimum augmenter les investissements, donc là aussi rogner sur les dividendes, pour injecter de nouveaux consommateurs sur le marché par l’embauche d’actuels chômeurs.

Malgré tout conscients du problème, les représentants des entreprises veulent surtout actuellement que les salaires puissent augmenter par la baisse du coût du travail, hors salaire net. C’est, au moins en France, tout l’objet du débat sur la baisse des charges salariales et patronales, qui doit permettre d’augmenter le pouvoir d’achat des employés ou la capacité d’investissement sans altérer la marge des entreprises. Mais c’est aussi alors, sauf à considérer qu’une optimisation des coûts soit possible, sacrifier une part des prestations sociales, et faire qu’une partie du pouvoir d’achat soit consacrée au rachat de ces prestations dans le secteur privé. Ce qui pose alors d’autres problèmes d’inégalité d’accès aux prestations.

« Réduire les coûts du travail pour stimuler la compétitivité sur le marché de l’export semble être une option de plus en plus séduisante pour les pays frappés par la crise, mais rien ne garantit que cela évite la stagnation économique ou le déficit actuel de la balance des transactions courantes », prévenait l’OIT dans son rapport.

Voir aussi:

Des preuves d’entente accablent Steve Jobs et Eric Schmidt

Dans les années 2000, plusieurs grandes d’entreprises de la Silicon Valley se sont entendues pour ne pas démarcher leurs salariés en vue de les recruter, afin de ne pas faire monter les prix des salaires. Les preuves révélées par la justice américaines accablent en particulier Steve Jobs, l’ancien patron d’Apple, et le président de Google, Eric Schmidt.

Guillaume Champeau

Numerama

27 Janvier 2014

L’affaire remonte à 2005, mais elle prend une sonorité particulière huit ans plus tard, au moment où Eric Schmidt se rend à Davos pour expliquer qu’il faut relancer la croissance par la hausse des salaires dans les classes moyennes.

La semaine dernière, la juge Lucy Koh a ordonné la déclassification partielle de pièces à conviction dans l’enquête menée depuis 2010 par le Département de la Justice (DoJ) américain, relative à une entente sur les salaires entre sept géants de la Silicon Valley : Google, Apple, Intel, Adobe, Intuit, LucasFilm et Pixar. Elles montrent qu’effectivement, plusieurs grands dirigeants d’entreprises technologiques américaines s’étaient mises d’accord dans les années 2000 pour ne pas recruter les ingénieurs des sociétés concurrentes, afin de ne pas provoquer une mise aux enchères chez les employés tentés de partir négocier meilleur salaire ailleurs.

Les documents mis en ligne par Techcrunch accablent en particulier Steve Jobs, dont l’entreprise apparaît centrale dans l’organisation de l’entente illicite. Le fondateur d’Apple, décédé en 2011, semble même avoir usé de menaces pour parvenir à ses fins et recruté de gré ou de force de nouveaux conspirateurs.

Ainsi le 24 août 2007, l’ancien PDG de Palm Edward Colligan avait refusé de faire partie de la conspiration, et l’avait fait savoir dans un courriel à Steve Jobs. « Votre proposition selon laquelle nous acceptons qu’aucune des deux entreprises ne recrute les employés de l’autre, quelles que soient les volontés de l’individu, est non seulement mauvaise, mais aussi illégale », avait-il prévenu. Lors de son témoignage au tribunal, Colligan a affirmé que Steve Jobs avait menacé Palm de faire crouler le fabricant de tablettes et smartphones sous les procès en contrefaçon de brevets s’il n’acceptait pas se joindre à l’accord, ce que Palm aurait refusé. Depuis, Palm a été racheté par HP… pour exploiter ses brevets.

Un « Gentleman’s Agreement »

Entre autres éléments compromettants, les documents judiciaires montrent un extrait de courrier électronique daté 28 mai 2005, dans lequel le PDG d’Adobe Bruce Chizen écrit à Steve Jobs en citant un message de sa directrice des ressources humaines : « Bruce et Steve Jobs ont un accord selon lequel nous ne démarchons AUCUN employé d’Apple, et vice versa…. Merci de vous assurer que tous vos recruteurs à travers le monde sachent que nous ne démarchons aucun employé d’Apple. Je sais que Jerry en démarche un actuellement, donc il faudra qu’il fasse marche arrière ».

L’accord était essentiellement tacite, avec la volonté de ne pas laisser de traces écrites. Souvent, il est désigné sous le terme « Gentleman’s agreement », sans plus de précisions. Selon RT, le président de Google Eric Schmidt aurait demandé à sa directrice opérationnelle Shona Brown de ne mentionner l’accord que « verbalement, parce que je ne veux pas créer de traces écrites qui pourraient nous valoir un procès après ».

Les documents judiciaires font aussi remarquer que souvent, les présidents des sociétés concernées siègent dans les conseils d’administration des autres. Par exemple, Eric Schmidt était administrateur d’Apple, et Steve Jobs de Pixar, tandis que le PDG d’Intuit était au conseil de Google, tout comme celui d’Intel.

En 2010, le Département de la Justice américain a annoncé la conclusion d’un accord avec les parties concernées, dans lesquelles elles acceptaient de mettre fin à toute pratique d’entente sur les recrutements, même si elles ne reconnaissaient aucune faute. Le volet pénal est donc clos.

Mais le volet civil, qui permettra aux employés de réclamer des dommages et intérêts dans une procédure de class action, sera ouvert lors d’une première audience le 27 mai 2014.

Voir également:

Jaron Lanier : « Si la technologie concentre les richesses, elle va devenir l’ennemi de la démocratie »

Le Monde

20.10.2013

Propos recueillis par Corine Lesnes (Washington, correspondante)

Qui possède le futur ? » C’est la question-titre du livre de Jaron Lanier, Who Owns the Future ? (Simon & Schuster, 416 p., 28 dollars, soit environ 20,60 euros), publié en mai par ce gourou de l’Internet, créateur à répétition de start-up et inventeur des termes de « réalité virtuelle ». Il décrit un phénomène qu’il n’avait pas anticipé : la concentration des richesses dans un univers de réseaux censé aplanir les inégalités. L’économie, dit-il, repose de plus en plus sur l’information. Celle-ci n’étant pas assez monétisée, la richesse collective se dilue. Le tout-gratuit est sur le point de ruiner la classe moyenne et l’économie de marché.

Vous affirmez dans votre ouvrage que l’Internet détruit la classe moyenne. Que voulez-vous dire ?

Jaron Lanier : l’automatisation commence à détruire l’emploi, comme si la vieille peur du XIXe siècle devenait la réalité. A l’époque, il y avait cette inquiétude énorme que l’emploi des gens ordinaires était menacé par le progrès des machines. Quand les voitures ont remplacé les chevaux, les gens pensaient que cela devenait tellement facile de conduire qu’il n’y aurait plus de raison de payer pour le transport. Tous ceux qui travaillaient avec les chevaux allaient perdre leur emploi. Mais les syndicats étaient encore puissants. Ils ont imposé l’idée qu’il est normal de payer quelqu’un, même si le travail est moins pénible et qu’il est plus facile de conduire un taxi que de s’occuper de chevaux.

Avec l’Internet, les choses deviennent tellement faciles que les gens rejettent cet arrangement payant. C’est une erreur. Cela a commencé avec Google, qui a dit : on vous donne un moteur de recherche gratuit ; en contrepartie, votre musique, vos photos, vos articles vont aussi être gratuits. Avec l’idée d’un équilibre : vous avez moins de revenus mais vous avez accès à des services gratuits. Mais ce n’est pas équilibré. Bientôt, les consommateurs vont accéder aux produits grâce aux imprimantes 3D. Graduellement, les choses physiques deviennent contrôlées par les logiciels, et tout devient gratuit.

Mais certains s’enrichissent…

Jaron Lanier : l’objectif, au début de l’Internet, était que l’on donne du pouvoir à tout le monde parce que tout le monde aurait accès à l’information. En fait, Google, et tous ceux qui collectent les informations au sujet des autres parce qu’ils offrent ces services gratuits, deviennent de plus en plus puissants. Plus leurs ordinateurs sont gros, plus ils sont puissants. Même si vous regardez la même information que Google, Google en retire beaucoup plus de pouvoir que vous.

Lire : Google rejoint le club très select des actions à plus de 1 000 dollars

L’autre remarque à faire est que, dès que quelqu’un prétend avoir une technologie qui peut remplacer les gens, c’est faux. Exemple : la traduction automatique. Vous pouvez prendre un document en anglais, l’entrer dans un ordinateur et le ressortir en français. Cela ne sera pas du bon français, mais quelque chose va ressortir.

C’est gratuit. Quel est le problème ?

Jaron Lanier : les sociétés qui font de la traduction automatique collectent des millions d’exemples de documents qui ont été traduits par des vraies personnes. Ils repèrent des morceaux de phrases qui sont semblables à ceux de votre document, les traduisent paquet par paquet et assemblent le puzzle. Cela ressemble à un cerveau électronique gigantesque mais, en fait, il s’agit du travail de tonnes de gens qui ne sont pas payés et ne savent même pas qu’ils sont utilisés.

Pour chaque nouvelle technologie qui prétend remplacer l’humain, il y a en réalité des gens derrière le rideau. Il faut garder trace de ceux qui fournissent un vrai travail et leur permettre d’être indemnisés. L’automatisation dépend systématiquement des informations produites par un nombre élevé de gens, ce qu’on appelle le « Big Data ». Ces données ne viennent pas des anges ou de phénomènes surnaturels : elles viennent des hommes ! Si on les payait pour ces données, on pourrait soutenir l’emploi.

Quelles sont ces données qui ont tant de valeur ?

Jaron Lanier : les sociétés qui possèdent les puissants ordinateurs créent des modèles de chacun d’entre nous. Google a un modèle de vous. De même que l’Agence nationale de la sécurité américaine (NSA), Facebook, et même certaines organisations criminelles. Elles collectent des données sur vous et les utilisent pour faire des projections. Le but est de modifier les comportements.

Lire : Bataille géante autour du magot des données

Pour vous manipuler ?

Jaron Lanier : les manipulations sont infimes. Cela peut être trouver le moyen de vous faire accepter un prêt qui n’est peut-être pas aussi intéressant qu’un autre. Ou comment vous inciter à faire tel ou tel achat. C’est un système froid, fondé seulement sur les statistiques. Il travaille très lentement. Mais, sur la durée, cela fait beaucoup d’argent. C’est comme cela que Google est devenu si riche : les gens qui paient Google peuvent obtenir une toute petite modification du modèle de comportement. C’est un système géant de modification comportementale.

Un système différent du modèle traditionnel de publicité, qui a toujours été une forme de rhétorique, de persuasion, de style. Ici, il n’y a aucune créativité. C’est une forme de manipulation sans esthétique, mais très graduelle et très fiable, parce que ce sont juste des statistiques.

Il s’agit aussi de manipuler le type d’informations que vous recevez. Si vous allez sur la Toile, vous ne voyez plus les mêmes informations qu’un autre : celles que vous voyez sont organisées spécifiquement pour vous par ces algorithmes. C’est un monde où tout est ouvert et où, en même temps, la plupart de ce que les gens voient est manipulé. Les gens qui manipulent ont des ordinateurs bien plus puissants que la plupart d’entre nous.

Qui possède les plus gros ordinateurs ?

Jaron Lanier : personne ne le sait. Ils sont conservés dans des « villes » gigantesques d’ordinateurs. Ils sont en général placés dans des endroits isolés, près de rivières, qui permettent de refroidir les systèmes. Peut-être appartiennent-ils à Google, peut-être à la NSA. Personne ne le sait. En Europe, la plupart de ces ordinateurs se trouvent en Scandinavie.

Visuel interactif : Plongée dans la « pieuvre » de la cybersurveillance de la NSA

Le problème n’est pas qui a accès à l’information, mais qui fait quoi avec cette information. Si certains ont des ordinateurs beaucoup plus puissants, cela ne peut pas créer une société équitable. Au lieu d’essayer de plaider pour la transparence et le respect de la vie privée, nous devrions nous préoccuper de ce qui est fait avec les données accumulées. Nous vivons à une époque où il y a deux tendances contradictoires. D’un côté, tout le monde dit : n’est-ce pas formidable, cette décentralisation du pouvoir, grâce à Twitter, etc. De l’autre, la richesse est de plus en plus centralisée. Comment est-il possible que le pouvoir soit décentralisé et la richesse de plus en plus centralisée ? En fait, le pouvoir qui est décentralisé est un faux. Quand vous tweetez, vous donnez de vraies informations aux gros ordinateurs qui traquent vos mouvements.

Comment rémunérer nos tweets ?

Jaron Lanier : je préconise un système universel de micropaiement. Les gens toucheraient une rémunération – fût-elle minime – pour l’information qui n’existerait pas s’ils n’existaient pas.

Cette idée circulait déjà dans les années 1960, avant même que l’Internet soit inventé. C’est juste un retour aux origines. Si on arrivait à savoir combien les entreprises sont prêtes à payer pour avoir des informations, cela serait utile… Les gens pensent que le montant serait infime. Mais si on regarde en détail, c’est faux. Les données concernant M. Tout-le-Monde ont beaucoup de valeur. Cela serait un soutien économique puissant pour la nouvelle classe moyenne. Chaque donnée individuelle aurait une valeur différente. Certaines seraient plus cotées parce qu’elles sortent de l’ordinaire.

Vous êtes devenu antitechnologie ?

Jaron Lanier : pas du tout ! J’ai participé à l’arrivée des technologies de l’Internet, que je critique maintenant ! Mais il faut regarder les résultats dans le monde réel. J’avais pensé que l’âge de l’Internet permettrait une augmentation fantastique de la richesse et des opportunités. A la place, on voit une concentration intense des richesses. C’est un phénomène mondial.

Si la technologie concentre les richesses, elle va devenir l’ennemi de la démocratie, peu importe le nombre de tweets. Je refuse l’autosatisfaction quand je vois tous ces gens ordinaires qui perdent pied alors que leur situation ne devrait que s’améliorer grâce aux progrès technologiques.

Voir encore:

Un Président habile, presque trop….

Gaétan Gorce

17 février 2014

Le pacte de Responsabilité fait désormais l’actualité.

A ce stade, il faut saluer l’habileté tactique du Président qui a su imposer son agenda et reprendre ainsi la main.

Mais il est surprenant de voir tant de responsables et de commentateurs le prendre aussi au mot et s’inquiéter des conditions de la mise en œuvre de ce grand projet…..puisqu’il n’a pas été conçu pour l’être.

L’attitude du Président du Medef qui a failli par ses maladresses vendre la mèche l’autre jour aux États-Unis en dit long. S’il n’a jamais été question pour lui de véritables contreparties, c’est qu’il sait que le Pacte, et ce n’est déjà pas mince, n’a d’autre objet que de pérenniser sous une forme différente le CICE, mis en place voici plus d’un an sans exigence de réciprocité à l’égard du patronat.

Le Président n’a en effet ni les moyens, ni plus encore la volonté de dégager 50 milliards d’économies supplémentaires.

La méthode, très centralisée qu’il a choisi, en témoigne. En créant un Conseil stratégique à l’Elysée on donne un maximum de visibilité à une opération qui, sur le terrain , ne débouchera que sur des ersatz. Et ceci pour une raison simple : social – démocrate, le Président appartient toujours à la Gauche et n’a nullement l’intention d’infliger au pays une diète supplémentaire. Le voudrait-il, il sait que celui-ci ne le supporterait pas. Il s’agit donc d’un leurre visant à enfumer la Commission avec laquelle la France a rendez-vous en Avril. Passé cette date, le gouvernement n’oubliera pas les engagements pris, l’Exécutif étant bien conscient de la nécessité de ne pas laisser dériver les comptes, mais il les limitera au strict nécessaire. Un accord européen en Juin sur un début de relance par l’Investissement devrait clôturer cette remarquable opération de communication.

Mais il existe une double faille dans cette ingénieuse machine : ne suppose-t-elle pas d’abord pour réussir de ne pas être comprise ? Mais elle risque alors de devenir source de malentendu et de susciter l’opposition farouche de tous ceux qui, à gauche, n’auront pas vu le sens de la manœuvre. Ce qui ne manquera pas d’arriver….

L’opération suppose ensuite pour aboutir que la reprise tant attendue finisse par pointer le bout de son nez. Or, celle-ci ne pourra pas venir d’une relance des exportations permise par les baisses de charges, celles-ci restant au niveau actuel ( 20 mds) trop limitées. Elle ne viendra pas non plus de la demande, que le Président cherche en réalité à ne pas trop maltraiter, mais qui est déjà trop faible pour servir de moteur. Enfin, le compromis franco-allemand qui s’esquisse pour le printemps n’aura qu’un effet marginal et retardé. Si bien que le Président ne sera peut-etre à terme que parvenu à gagner du temps, ce qui, je le concède, dans ce contexte, n’est pas si mince..

Pour autant, une alternative existe-t-elle ? Non, si l’on renonce à pousser le débat aussi loin que possible à Bruxelles. Or, c’est précisément la voie choisie. Hollande cherche à épargner aux Français, et on lui en sait gré, une rigueur trop brutale mais ne croit manifestement pas, et on peut le lui reprocher, dans la capacité de la France à faire bouger le rapport de forces en Europe. C’est pourtant cette option qu’il faudrait privilégier en défendant à Bruxelles nos intérêts vitaux qui sont ceux de l’industrie et de l’emploi que nous ne pourrons sauver sans une relance par l’Investissement. C’est celle-ci qu’il faut proposer et promouvoir par tous moyens, sinon à quoi rime une Union dans laquelle le deuxième plus grand pays n’aurait d’autre choix que de sacrifier son avenir en tant que puissance économique? Cette question ne pourra être indéfiniment différée.

Si bien qu’à l’habileté du Président, qu’il faut saluer (au lieu de le dénigrer platement), je préférerais, comme beaucoup d’autres, un sursaut de volonté ! A l’évidence, tout est fait aujourd’hui pour que la question ne soit pas posée. F. Hollande fait du mieux qu’il peut avec les cartes qu’il a en mains. Quand c’est la règle du jeu qu’il faudrait changer !

106 millions de dollars de gratifications au titre de l’année 2013. Une manne liée plus à son intéressement aux résultats, exceptionnels l’an dernier, qu’à ses mérites propres, et qui va grossir une fortune estimée à 8 milliards de dollars ! Qui plus est, le milliardaire Schmidt est un riche exhibitionniste. Il s’est acheté deux yachts, l’un à 12 et l’autre à 14 millions de dollars, en plus de son jet personnel, un Gulfstream à 20 millions. Il collectionne les demeures les plus luxueuses, ce qui ne l’a pas empêché de débourser 22 autres millions pour s’offrir la maison paradisiaque de la veuve de Gregory Peck à Los Angeles. Son penthouse à New York est si bluffant qu’il a fourni le décor de l’appartement de Gordon Gekko dans la suite de « Wall Street », le film d’Oliver Stone.

les pays riches se réindustrialiser, mais sans créations d’emplois

Les Lois de Moore prévoient que la puissance des microprocesseurs double environ tous les 18 mois ou deux ans.

Tous les géants du numérique, forts de leurs immenses fermes de serveurs, sont aujourd’hui engagés dans une course vers l’intelligence artificielle, l’automatisation, via les algorithmes,

De plus en plus d’économistes pensent que les révolutions technologiques à venir auront un impact structurel plus important que les précédentes, et pourraient réduire de manière permanente le nombre d’emplois disponibles. Après les emplois peu qualifiés qui ont été laminés depuis les années 1970, ce sont des emplois qualifiés d’une partie de la classe moyenne qui pourraient ainsi disparaître dans les prochaines décennies, si de nouveaux métiers ne sont pas inventés rapidement.

Voir de même:

Billets gratuits de la SNCF: la Cour des comptes dénonce une facture trop salée

Emilie Lévêque

11/02/2014

Dérive du nombre de bénéficiaires, sous-estimation du coût… la Cour des comptes épingle dans son rapport public annuel le système de facilités de circulation dont bénéficient les personnels de la SNCF et leurs familles.

Billets gratuits de la SNCF: la Cour des comptes dénonce une facture trop salée

Plus de 1,1 million de personnes bénéficient de facilités de circulation sur le réseau de la SNCF, dont seulement 15% de cheminots en activité

REUTERS/Charles Platiau

La SNCF est régulièrement épinglée par la Cour des comptes dans son rapport public annuel. L’entreprise publique est de nouveau sur le grill cette année. Après avoir dénoncé en 2010 les rémunérations et le temps de travail des cheminots, en 2013 les excès de com’ de l’entreprise, la haute juridiction financière critique, dans son rapport public annuel 2014 publié ce mardi 11 février, le système de billets gratuits ou quasi-gratuits accordés aux salariés de la SNCF et à leurs proches.

Quels sont ces avantages?

Depuis sa création en 1938, la SNCF accorde à ses personnels et à leur famille des « facilités de circulation » sur son réseau. Les personnels de l’entreprise, actifs et retraités, bénéficient de la gratuité, avec quelques réserves: restrictions d’usage pendant les périodes de forte affluence, participation aux frais de réservation sur les lignes TGV. Cette participation, déjà modeste (par exemple, en 2013, 13,40 euros pour un billet TGV en première classe en période de pointe, 1,50 euro en période normale), est allégée par un quota annuel de 8 dispenses de paiement.

Les conjoints et enfants de moins de 21 ans des actifs et retraités bénéficient de 16 voyages gratuits par an et au-delà d’une réduction de 90% sur le prix des billets. Les ascendants (parents et grands-parents) des agents, actifs et retraités, ainsi que ceux de leurs conjoints, ont droit à 4 voyages gratuits par an.

Combien de personnes en bénéficient?

En cinquante ans, le champ des bénéficiaires a été considérablement élargi : aux concubins et partenaires de PACS ainsi qu’à leurs enfants, aux parents, grands-parents et arrière, aux enfants étudiants jusqu’à 28 ans, aux enfants à charge, aux enfants handicapés à vie. Par ailleurs, les quelque 3360 médecins exerçant à temps complet ou partiel pour la SNCF bénéficient, pour eux-mêmes et leurs familles, des mêmes facilités de circulation que les cheminots.

En 2011, le nombre de bénéficiaires automatiques de facilités de circulation s’élevait à 756.576, dont seulement 163.000 cheminots en activité (21,5% des bénéficiaires), derrière les retraités (24,3%) et largement derrière les ayants droit, qui, avec 409.000 personnes, en constituaient 54,1%. Ces chiffres ne concernent que les ayants droit qui reçoivent automatiquement leur dotation en titres de circulation, à savoir les partenaires de couple et les enfants de moins de 21 ans. Il faut y ajouter les bénéficiaires qui doivent faire une demande de transport gratuit ou à prix réduit (droit qualifié de « quérable »), soit plus de 340.000 personnes.

Le total des bénéficiaires des facilités de circulation s’établissait donc, à la fin de 2011, à plus de 1,1 million de personnes, dont seulement environ 15% de cheminots en activité. « Le grand nombre, parmi les bénéficiaires, de personnes dont les liens avec le chemin de fer sont pour le moins ténus, pose un problème au regard de l’égalité d’accès au service public ferroviaire », estime la Cour des comptes.

Quel est le coût pour la SNCF?

L’entreprise évalue ce coût à 9,7 millions d’euros en 2011 et considère ainsi qu’il est largement couvert par les contributions versées par les bénéficiaires (participation aux frais de réservation et part non couverte par les 90% de réduction, soit 19,8 millions d’euros au total en 2011). La Cour des comptes dénonce une « sous-estimation manifeste ». En effet, la SNCF ne compte pas les cotisations sociales (part patronale et salariale) dont elle s’acquitte sur ces avantages en nature que constituent les facilités de circulation, soit entre 13 et 15 millions d’euros. Le coût direct du dispositif se situe ainsi à près de 25 millions d’euros par an, presque le triple du chiffre fourni par la SNCF, calcule la Cour.

Surtout, une bonne estimation de l’impact de ce dispositif sur les comptes de l’entreprise ne doit pas se limiter au seul coût direct: elle doit inclure le manque à gagner commercial qu’il entraîne. La SNCF évalue le manque à gagner à 21 millions en 2010. La Cour des comptes juge ce chiffre « minimaliste ». Les Sages de la rue Cambon évaluent l’impact total des facilités de circulation du personnel et des ayants droit sur les comptes de la SNCF entre une cinquantaine de millions d’euros à plus de 100 millions d’euros par an. Les résultats financiers pour 2013 de la compagnie seront publiés le 13 février, mais on sait déjà qu’elle sera en perte.

Que recommande la Cour des comptes?

Il n’est pas interdit à une entreprise de faire bénéficier ses salariés d’avantages en nature et de tarifs préférentiels sur ses propres produits ou services. La Cour ne préconise donc pas la suppression des facilités de circulation que la SNCF accorde à ses personnels, mais d’en maîtriser l’ampleur et le coût. Elle appelle la SNCF à procéder à une remise à plat du système avec les institution représentatives du personnel.

La Cour formule plusieurs recommandations pour réduire le nombre de bénéficiaires : supprimer les facilités de circulation pour les ascendants, rendre quérables les facilités accordées aux autres ayants droit, ou encore augmenter le nombre de lignes et les périodes/plages horaires interdites à l’usage des facilités personnelles de circulation. La haute juridiction financière invite par ailleurs l’entreprise publique à se mettre en conformité avec le droit social et fiscal concernant ces facilités: l’assiette de calcul des charges sociales est largement sous-évaluée (seuls sont comptés les voyages avec réservation obligatoire) et ces avantages en nature ne sont pas déclarés à l’administration fiscale, donc exemptés d’impôt sur le revenu.

Voir aussi:

Un Président habile, presque trop….

Gaétan Gorce

17 février 2014

Le pacte de Responsabilité fait désormais l’actualité.

A ce stade, il faut saluer l’habileté tactique du Président qui a su imposer son agenda et reprendre ainsi la main.

Mais il est surprenant de voir tant de responsables et de commentateurs le prendre aussi au mot et s’inquiéter des conditions de la mise en œuvre de ce grand projet…..puisqu’il n’a pas été conçu pour l’être.

L’attitude du Président du Medef qui a failli par ses maladresses vendre la mèche l’autre jour aux États-Unis en dit long. S’il n’a jamais été question pour lui de véritables contreparties, c’est qu’il sait que le Pacte, et ce n’est déjà pas mince, n’a d’autre objet que de pérenniser sous une forme différente le CICE, mis en place voici plus d’un an sans exigence de réciprocité à l’égard du patronat.

Le Président n’a en effet ni les moyens, ni plus encore la volonté de dégager 50 milliards d’économies supplémentaires.

La méthode, très centralisée qu’il a choisi, en témoigne. En créant un Conseil stratégique à l’Elysée on donne un maximum de visibilité à une opération qui, sur le terrain , ne débouchera que sur des ersatz. Et ceci pour une raison simple : social – démocrate, le Président appartient toujours à la Gauche et n’a nullement l’intention d’infliger au pays une diète supplémentaire. Le voudrait-il, il sait que celui-ci ne le supporterait pas. Il s’agit donc d’un leurre visant à enfumer la Commission avec laquelle la France a rendez-vous en Avril. Passé cette date, le gouvernement n’oubliera pas les engagements pris, l’Exécutif étant bien conscient de la nécessité de ne pas laisser dériver les comptes, mais il les limitera au strict nécessaire. Un accord européen en Juin sur un début de relance par l’Investissement devrait clôturer cette remarquable opération de communication.

Mais il existe une double faille dans cette ingénieuse machine : ne suppose-t-elle pas d’abord pour réussir de ne pas être comprise ? Mais elle risque alors de devenir source de malentendu et de susciter l’opposition farouche de tous ceux qui, à gauche, n’auront pas vu le sens de la manœuvre. Ce qui ne manquera pas d’arriver….

L’opération suppose ensuite pour aboutir que la reprise tant attendue finisse par pointer le bout de son nez. Or, celle-ci ne pourra pas venir d’une relance des exportations permise par les baisses de charges, celles-ci restant au niveau actuel ( 20 mds) trop limitées. Elle ne viendra pas non plus de la demande, que le Président cherche en réalité à ne pas trop maltraiter, mais qui est déjà trop faible pour servir de moteur. Enfin, le compromis franco-allemand qui s’esquisse pour le printemps n’aura qu’un effet marginal et retardé. Si bien que le Président ne sera peut-etre à terme que parvenu à gagner du temps, ce qui, je le concède, dans ce contexte, n’est pas si mince..

Pour autant, une alternative existe-t-elle ? Non, si l’on renonce à pousser le débat aussi loin que possible à Bruxelles. Or, c’est précisément la voie choisie. Hollande cherche à épargner aux Français, et on lui en sait gré, une rigueur trop brutale mais ne croit manifestement pas, et on peut le lui reprocher, dans la capacité de la France à faire bouger le rapport de forces en Europe. C’est pourtant cette option qu’il faudrait privilégier en défendant à Bruxelles nos intérêts vitaux qui sont ceux de l’industrie et de l’emploi que nous ne pourrons sauver sans une relance par l’Investissement. C’est celle-ci qu’il faut proposer et promouvoir par tous moyens, sinon à quoi rime une Union dans laquelle le deuxième plus grand pays n’aurait d’autre choix que de sacrifier son avenir en tant que puissance économique? Cette question ne pourra être indéfiniment différée.

Si bien qu’à l’habileté du Président, qu’il faut saluer (au lieu de le dénigrer platement), je préférerais, comme beaucoup d’autres, un sursaut de volonté ! A l’évidence, tout est fait aujourd’hui pour que la question ne soit pas posée. F. Hollande fait du mieux qu’il peut avec les cartes qu’il a en mains. Quand c’est la règle du jeu qu’il faudrait changer !

Voir également:

A la recherche des 50 milliards d’euros d’économies

Patrick Roger

Le Monde

13.02.2014

Comment trouver 50 milliards d’économies ? La question revient, comme une ritournelle, depuis que François Hollande a réaffirmé l’objectif – qui figurait déjà dans la trajectoire des finances publiques tracée en 2013 – de dégager « au moins 50 milliards d’euros » d’économies supplémentaires entre 2015 et 2017, en sus des 15 milliards déjà prévus au budget 2014.

Le problème étant que le « au moins » peut se transformer en « beaucoup plus » si ces économies doivent aussi couvrir une baisse des charges des entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité sans que cela se traduise par un transfert vers les ménages ; si le gouvernement veut parvenir à dégager des marges pour arriver à baisser les impôts des ménages ; si, comme le laisse craindre le rapport annuel de la Cour des comptes, le rendement des mesures fiscales en 2014 était inférieur de 3 à 6 milliards d’euros aux prévisions.

Le président de la République, pour tenir l’engagement de ramener le déficit public en deçà de 3 % en 2015, a fait de la limitation de la dépense publique un objectif prioritaire. Il a constitué à cet effet un conseil stratégique de la dépense, dont il assume la présidence et qui s’est déjà réuni à deux reprises. Dans un entretien au Monde, le ministre de l’économie et des finances, Pierre Moscovici, en définissait la fonction : « Il devra dire où sont les grands gisements d’économies, par fonction transversale, comme l’organisation des pouvoirs publics ou la masse salariale globale. Il ne s’agit pas de réduire les salaires mais de voir comment la masse salariale globale – effectifs, salaires, primes – peut être redéployée. »

Lire aussi : Santé : des pistes d’économies très sensibles

Comment le gouvernement va-t-il arriver à contenir la masse salariale globale des fonctions publiques ? Le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, enfonce le clou : « Cela suppose d’engager enfin des réformes de fond dans les différentes administrations publiques », presse-t-il. Reprenant au bond l’intention affichée par le gouvernement de « maîtriser la masse salariale », il lui met les cartes en main : « Cela implique un certain nombre de choix : soit des baisses d’effectifs, soit le gel du point d’indice, soit une pause dans les mesures catégorielles, soit un étalement dans le temps des mesures d’avancement, explique-t-il dans son entretien au Monde du 12 février. C’est au politique d’arbitrer, de décider, d’expliquer et d’assumer ses choix. »

Les choix, pour l’heure, sont loin d’être arrêtés. Le gouvernement marche sur des oeufs. Pour tenir la feuille de route, il a été décidé d’avancer la procédure budgétaire, qui habituellement débute en avril. Depuis le début du mois de février, le ministre délégué chargé du budget, Bernard Cazeneuve, reçoit un à un l’ensemble des membres du gouvernement, pour étudier avec eux les économies structurelles qui peuvent être réalisées dans leurs ministères respectifs.

M. Cazeneuve garde sur ces entretiens un silence de tombe. Des consignes strictes – à peine écornées par Vincent Peillon – ont été passées au niveau de l’exécutif pour que rien ne fuite, tant des entretiens ministériels que des conseils stratégiques de la dépense. Une discrétion qui laisse place à toutes les supputations. « C’est un processus très encadré et très maîtrisé. Nous n’en sommes qu’au début, pas à la fin. Donc, ce qui est raconté ne correspond pas à la réalité », prévient l’entourage de M. Cazeneuve.

« ON TRAVAILLE, VOUS LE SAUREZ EN AVRIL »

Le ministre devrait rendre fin mars une synthèse de ses travaux et, dès avril, les membres du gouvernement recevront une lettre de cadrage individualisée. Les économies, cependant, ne porteront pas, loin de là, que sur la sphère de l’Etat, qui représente 33 % de l’ensemble des dépenses publiques mais, en 2014, a déjà contribué pour 47 % des économies réalisées. La sphère sociale, qui pèse pour 47 % dans les dépenses publiques, et les collectivités territoriales (20 %) devraient être davantage mises à contribution.

Lire également : « Sécu » : la droite et la gauche font-elles les mêmes économies ?

Jean-Marc Ayrault, a rappelé, jeudi 13 février sur Europe 1, que les trois secteurs seront sollicités. « Mais je ne veux pas couper brutalement, je veux engager des réformes de structure », a indiqué le premier ministre, sans donner plus de précisions sur les 50 milliards. « On travaille, vous le saurez en avril », a-t-il promis. C’est aussi le rendez-vous fixé pour la conclusion du pacte de responsabilité.

Voir encore:

12.000 emplois menacés en France

Une étude mesure le coût social de l’activité de Google pour la France. Devenu commerçant, il fragilise comparateurs de prix, e-marchands, agences de voyages.

Le JDD

9 février 2014

Google menace-t-il l’emploi en France? C’est la thèse de l’économiste Pascal Perri. Dans une étude menée par son cabinet PNC*, il chiffre la casse sociale provoquée par la multinationale entre 4.000 et 12.000 emplois à l’horizon 2017. « Si nous ne voulons pas devenir demain une nation de caristes et de manutentionnaires pour les géants du Net, il est urgent de réagir », assure Pascal Perri, qui a remis les résultats de son enquête aux ministres Arnaud Montebourg, Fleur Pellerin et Benoît Hamon.

Pour arriver à ces chiffres alarmants, l’auteur part du principe que Google n’est plus un simple moteur de recherche, mais un commerçant qui prélève un péage de plus en plus élevé sur tous ceux qu’il référence. Désormais, le moteur de recherche organise des enchères d’accès aux consommateurs pour les entreprises et opére comme une boutique en ligne, via Google Shopping et Google Flights. Cette stratégie a un effet appauvrissant. Pis, elle va avoir un coût social sur les entreprises qui n’existent que sur la Toile ou pure players, les entreprises dites cross canal, présentes sur Internet et dans les réseaux de distribution classiques et enfin dans les points de vente physiques traditionnels. On y trouve des sociétés comme Rue du commerce, Groupon, Vente-privée, des agences de voyages comme Opodo, Go Voyage et des comparateurs de produits ou services comme Twenga ou LeGuide. com. Mais aussi des acteurs comme La Redoute, la Fnac ou Darty, et un réseau des 5.000 agences de voyages.

Une logique de prédateur

« Nous pouvons estimer que 25 % des agences de voyages vont disparaître », juge Pascal Perri. Dans le scénario le plus noir, où 12.000 emplois seraient perdus, 20 % des effectifs dans le cross canal seraient touchés et autant dans le commerce physique. Méga leader du Net, Google est animé par une logique de prédation économique, selon l’auteur. « Les géants américains du Net opèrent tous de la même façon. Facebook offre le système de reconnaissance faciale le plus abouti au monde à faire pâlir d’envie les services de renseignements américains. Et Google pousse son avantage pour organiser le commerce du monde en avançant masqué », poursuit-il. Pour lui, la menace est claire : l’hyperpuissance de Google met désormais en jeu la souveraineté économique et fiscale des États.

* Économie numérique et emploi en France. Téléchargeable sur http://www.pnceconomic.com

Voir enfin:

“Pourquoi je suis pour la semaine de 5 jours de travail payés 6″

Henry Ford

World’s Work

1926

Les crises.fr

Dans cette interview avec Samuel Crowther, publiée dans la revue World’s Work en octobre 1926 (p. 613-616), Henry Ford (1863-1947) revient sur sa position socialement innovante de réduction du temps de travail.

Ce grand industriel récidivait 12 ans après avoir doublé les salaires de ses ouvriers le 5 juin 1914 – le fameux “Five Dollars a Day” (5 $ par jour).

Il avait bien compris le fonctionnement du capitalisme, qui a besoin d’entreprises qui produisent, mais surtout de consommateurs qui achètent… Je trouve fascinant l’aveuglement idéologique un siècle plus tard, où toute la nomenklatura prône des baisses de salaires, puis s’étonne ensuite de l’arrivée de la récession…

Cette traduction exclusive a été réalisée par Valérie Courteau pour http://www.les-crises.fr, que je remercie pour son aide.

Le constructeur automobile dans cette interview raconte à M. Crowther pourquoi il a réduit la semaine de travail dans les usines Ford du monde entier, à quarante heures sans diminution de salaire

Il y a juste douze ans, Henry Ford faisait une annonce qui, à l’époque, a révolutionné l’industrie et amené des ouvriers par dizaines de milliers à prendre d’assaut les emplois offerts par Ford. Son annonce stipulait que, désormais, le salaire minimum dans ses industries serait de cinq dollars pour une journée de huit heures. À cette époque, un bon salaire était de deux dollars et demi pour une journée de dix heures. À la suite de cela, il a fait une autre annonce beaucoup plus importante que celle-ci, laquelle a ensuite fait le tour du monde.

« Nous avons », a-t-il dit, « décidé et à la fois mis en vigueur dans toutes les branches de nos industries la semaine de cinq jours. Il n’y aura donc plus de travail chez nous le samedi et le dimanche. Ceux-ci seront des jours libres, mais les travailleurs, en fonction du mérite, recevront la même rémunération que pour une semaine complète de six jours par semaine. Une journée continuera d’être de huit heures, sans heures supplémentaires. »

« Pour l’instant, cela ne s’appliquera pas au chemin de fer, et bien sûr elle ne peut s’appliquer aux gardiens ou à certains emplois où les processus doivent être continus. Certains de ces hommes auront à travailler le samedi et le dimanche. Cependant ils représentent moins de un pour cent de notre force de travail et chacun d’eux aura deux jours de repos consécutifs au cours de la semaine. En bref, nous avons changé notre calendrier qui compte désormais une semaine de cinq jours ou de quarante heures. »

« La semaine de travail effective des usines sera également réduite à cinq jours. Mais bien sûr, une journée de huit heures pour un travailleur n’est pas la même chose qu’une journée de huit heures pour l’usine. Afin de rendre optimale l’utilisation de nos usines, nous devons au préalable organiser le travail des hommes en quarts, en équipes. Nous avons constaté il y a longtemps, toutefois, que cela n’est pas rentable de mettre les hommes au travail, à l’exception des opérations continues, de minuit jusqu’au matin. En tant qu’élément de la production à faible coût – et seule la production à faible coût peut permettre des salaires élevés – de gros investissements dans les usines et des machines puissantes sont nécessaires. Des outils coûteux ne peuvent pas rester inactifs. Ils doivent travailler vingt-quatre heures par jour, mais ici l’élément humain intervient. Bien que beaucoup d’hommes aiment travailler toute la nuit et avoir une partie de leur journée libre, ils ne travaillent pas aussi bien et ce n’est donc pas rentable, ou du moins pour ce qui est de notre expérience, de passer aux vingt-quatre heures de travail continu. Mais une usine moderne doit fonctionner plus de huit heures par jour. Elle ne peut pas rester inactive les deux tiers du temps, sinon cela aura un coût. »

« Cette décision de mettre en vigueur la semaine de travail courte n’est pas soudaine. Nous allons vers elle depuis trois ou quatre ans. Nous avons marché à tâtons. Nous avons, pendant une grande partie de ce temps, fonctionné sur une base de cinq jours. Mais nous avons alors payé seulement pour cinq jours de travail et non pas pour six. Et à chaque fois qu’un atelier de l’usine a été particulièrement sous pression, nous sommes retournés aux six jours – à quarante-huit heures. Maintenant, nous savons, par nos expériences de passage de six à cinq jours et vice et versa, que nous pouvons obtenir une production aussi importante en cinq jours qu’en six. Nous obtiendrons probablement une plus grande production car de la pression naissent de meilleures méthodes. Une semaine complète de salaire pour une semaine de travail de courte durée sera rentable. »

« Est-ce que cela signifie, » demandai-je, « que le salaire minimum actuel que vous proposez de six dollars par jour pour six jours atteindra-t-il plus de sept dollars par jour, le minimum pour cinq jours de travail restant à trente-six dollars ? »

« Nous travaillons actuellement sur ​​les grilles de salaires», a répondu M. Ford. « Nous avons cessé de penser en termes de salaire minimum. Cela appartient à hier, avant que nous sachions exactement ce que signifiait le paiement de salaires élevés. Actuellement si peu de personnes reçoivent le salaire minimum que nous ne nous en préoccupons pas du tout. Nous essayons de payer l’homme ce qu’il vaut et nous ne sommes pas enclins à garder un homme qui ne vaut pas plus que le salaire minimum. »

« Le pays est prêt pour la semaine de cinq jours. Cela va se généraliser à toute l’industrie. En l’adoptant nous-mêmes, nous la plaçons de fait dans une cinquantaine de secteurs, car nous sommes des mineurs de charbon, des mineurs de fer, des bûcherons, et ainsi de suite. La semaine courte sera généralisée, parce que, sans elle, le pays ne sera pas en mesure d’absorber sa production et de rester prospère. »

« Les ouvriers bien rémunérés ont plus de loisirs, et ces loisirs deviennent des besoins. Ces désirs de loisirs vont bientôt devenir des besoins. Bien gérée, une entreprise paie des salaires élevés et vend à bas prix. Ses ouvriers ont le loisir de profiter de la vie et ont les moyens pour financer cette jouissance. »

« L’industrie de ce pays ne pourra exister longtemps si nombre d’entreprises reviennent à la journée de dix heures de travail, car alors les gens n’auront plus de temps pour consommer les biens produits. Par exemple, le travailleur devrait avoir accès à l’automobile pour aller faire du shopping de l’aube jusqu’au crépuscule. Et cela aura des conséquences innombrables, pour l’automobile, en permettant aux gens de se déplacer rapidement et facilement, on leur donne une chance de découvrir ce qui se passe dans le monde – ce qui les conduit à une vie plus riche qui nécessite plus de nourriture, plus et de meilleurs produits, plus de livres, plus de musique – plus de tout. Les avantages du voyage ne sont plus limités à ceux qui peuvent se payer un coûteux voyage à l’étranger. Il y a plus à apprendre dans ce pays qu’il n’y en a à l’étranger. »

« Tout comme la journée de huit heures a inauguré notre chemin vers la prospérité, la semaine de cinq jours va ouvrir le chemin d’une prospérité encore plus grande. »

« Bien sûr, il y a un côté humaniste à la réduction du temps de travail quotidien et hebdomadaire. Cependant s’attarder sur ce point est susceptible de nous mettre dans l’embarras car alors les loisirs pourraient devenir prioritaires sur le travail au lieu de se situer après le travail – où ils doivent se situer. Il y a vingt ans, l’introduction de la journée de huit heures généralisée aurait créé de la pauvreté et non de la richesse. Il y a cinq ans, l’introduction de la semaine de cinq jours aurait eu le même résultat. Les heures de travail sont régies par l’organisation du travail et par rien d’autre. C’est l’augmentation du nombre de grands trusts et de leur capacité à utiliser l’énergie, à utiliser des machines conçues avec précision, et plus généralement à réduire les déchets, les matériaux et l’énergie humaine qui a permis d’arriver à la journée de huit heures. Puis, aussi, il y a le gain par le biais de la fabrication de précision. À moins que les pièces ne soient réalisées avec précision, les avantages de la production en quantité seront perdus à l’assemblage. Des progrès supplémentaires dans le même sens ont permis la semaine de cinq jours. La progression a été naturelle. »

« La loi relative aux huit heures de travail par jour ne fait que confirmer ce que l’industrie avait déjà découvert. S’il en était autrement, la loi créerait de la pauvreté au lieu de de la richesse. Un homme ne peut être payé un salaire supérieur à sa production. Dans le passé, avant que nous n’ayons le management et l’énergie, un homme devait travailler de longues journées dans le but d’obtenir une vie simple. Maintenant, les journées longues ne feraient que retarder la production et la consommation. À l’heure actuelle, la fixation par la loi d’une semaine de cinq jours serait imprudente dans un délai relativement court car l’industrie n’y est pas prête même si une grande partie l’est. C’est pourquoi je crois que la pratique sera généralisée dans l’industrie qui la rendra universelle.

« Il est grand temps de nous débarrasser de l’idée que les loisirs pour les ouvriers sont soit “du temps perdu”, soit un privilège de classe. »

« La nature a fixé les premières limites de travail, nous avons besoin des suivantes. L’inhumanité de l’homme envers l’homme a été liée à cela pendant une longue période, mais maintenant nous pouvons dire que le droit économique va finir le travail. »

« Les employeurs à l’ancienne ont l’habitude de s’opposer à nombre de jours fériés dans ce pays. Ils disent que les gens abusent des loisirs et seraient mieux sans en avoir autant. »

« Ce n’est que récemment qu’un professeur de français a parlé de la consommation accrue d’alcool en pointant la journée de huit heures, la dénonçant comme un dispositif qui donne plus le temps de boire aux ouvriers. »

« Il est généralement admis que si les hommes boivent, leurs familles sombrent dans la pauvreté et eux-mêmes dans la dégénérescence, donc moins ils ont de temps libre à y consacrer mieux c’est. Mais ce n’est pas valable pour les États-Unis. Nous sommes prêts pour les loisirs. La loi sur la prohibition, à travers la plus grande partie du pays, a permis aux hommes et à leurs familles de vraiment profiter de leur temps libre. Un jour de congé n’est plus un jour en état d’ébriété. Mais aussi un jour de congé n’est pas chose si rare qu’il doit être célébré. »

« Cela ne veut pas dire que le loisir ne peut pas être dangereux. Tout ce qui est bon est aussi dangereux. Quand cela est mal géré. Lorsque nous avons mis en vigueur notre salaire minimum de cinq dollars pour une journée de huit heures il y a quelques années, nous avons dû observer beaucoup de nos hommes pour voir ce qu’ils faisaient de leur temps libre et comment ils utilisaient leur argent. Quelques hommes ont pris des emplois supplémentaires – certains travaillant la journée avec nous et de nuit dans une autre usine ; certains autres ont bu leur rémunération supplémentaire. D’autres encore ont mis à la banque le surplus et ont continué de vivre comme auparavant. Mais en quelques années, tous se sont autorégulés et nous avons arrêté notre supervision devenue inutile. »

« Il n’est pas nécessaire du tout de mettre du sentiment dans cette question des loisirs des travailleurs. Le sentiment n’a pas sa place dans l’industrie. Dans les temps anciens, ceux qui pensaient que les loisirs étaient néfastes avaient généralement un intérêt dans les produits de l’industrie. Le propriétaire du moulin a rarement vu le bénéfice du temps de loisir pour ses employés, à moins qu’il ait pu contrôler ses émotions. Maintenant nous pouvons considérer à froid les loisirs comme une composante des affaires. »

« Il n’est pas facile alors de défendre les loisirs, vu la coutume qui les considère comme “du temps perdu”, du temps retiré à la production. C’était une suspension de l’activité du monde. Les considérations sur les loisirs étaient généralement axées sur le fait que les gens qui travaillent dur devraient avoir un peu de répit pour se remettre de leurs fatigues. Le motif est purement humaniste. Il n’y avait rien de concret à ce sujet. Les loisirs sont une perte qu’un bon employeur pourrait prendre sur ses profits. »

« Que le diable trouve du travail pour les mains oisives est probablement vrai. Mais il y a une différence profonde entre les loisirs et l’oisiveté. Nous ne devons pas confondre loisirs avec fainéantise. Nos employés sont parfaitement capables d’utiliser à bon escient le temps libre qu’ils ont après le travail. Cela a déjà été démontré par nos expériences au cours de ces dernières années. Nous constatons que les hommes reviennent, après un repos de deux jours, frais et dispos et qu’ils sont capables de mettre leur esprit ainsi que leurs mains immédiatement au travail. »

« Peut-être n’utilisent-ils pas leur temps libre au mieux. Ce n’est pas à nous de le dire, à condition que leur travail soit meilleur qu’il ne l’était lorsqu’ils n’avaient pas de temps libre. Nous ne sommes pas de ceux qui prétendent être en mesure de dire aux gens comment utiliser leur temps dans les commerces. Nous avons foi en ce que l’homme moyen trouvera de lui-même le meilleur chemin, même si cette façon de faire peut ne pas correspondre exactement avec les programmes des réformateurs sociaux. Nous savons que beaucoup d’hommes ont entrepris la construction de leurs propres maisons, et pour répondre à leur demande en bois de bonne qualité et pas cher, nous avons créé une scierie où ils peuvent acheter le bois de nos propres forêts. Les hommes s’entraident dans ce bâtiment et par conséquent répondent par eux-mêmes à l’un des problèmes de la cherté de la vie. »

« Nous pensons que, compte tenu de cette possibilité, les gens vont devenir de plus en plus experts dans l’utilisation efficace de leur temps libre. Et nous donnons cette chance. »

« Mais c’est l’influence des loisirs sur la consommation qui rend si nécessaire la journée de travail courte et la semaine courte. Les personnes qui consomment la majeure partie des marchandises sont les gens qui les fabriquent. C’est un fait que nous ne devons jamais oublier. Et qui est le secret de notre prospérité. »

« La valeur économique des loisirs n’a pas trouvé sa place dans la pensée des dirigeants industriels à une grande échelle. Alors que la vieille idée de ”temps perdu” nous a quittés, et qu’on ne croit plus que la réduction de la journée de travail de douze heures à huit heures diminue la production, la valeur positive industrielle – la valeur des dollars et des centimes – issue des loisirs, n’est toujours pas comprise. »

« La durée des journées de travail vient d’augmenter en Allemagne, dans l’illusion que la production pourrait augmenter. Elle est très probablement en train de diminuer. Avec la diminution de la durée de la journée de travail aux États-Unis, une augmentation de la production est advenue, parce de meilleures méthodes d’utilisation du temps des hommes ont été accompagnées par de meilleures méthodes consistant à utiliser leur énergie. Et c’est ainsi qu’une bonne chose en a apporté une autre. »

« Ces points de vue sont très familiers. Mais il y a un autre angle, cependant, que nous devons prendre en considération – la valeur industrielle positive du temps libre, car elle augmente la consommation. »

« Lorsque les gens travaillent plus longtemps et ont moins de loisirs, ils achètent donc moins de marchandises. Aucune de nos villes n’était aussi pauvre que celles de l’Angleterre où les gens, jusqu’aux enfants, travaillaient de quinze à seize heures par jour. Ils étaient pauvres parce que ces gens, surchargés de travail, étaient rapidement usés – ils ont eu de moins en moins de valeur en tant que travailleurs. C’est pourquoi, ils ont gagné de moins en moins et pouvaient acheter de moins en moins. »

« Les affaires sont pour nous des échanges de marchandises. Les marchandises sont achetées uniquement quand elles répondent aux besoins. Ces besoins ne sont remplis que lorsqu’ils se font sentir. Ils se font principalement sentir durant les heures de loisir. L’homme qui a travaillé de quinze à seize heures par jour ne souhaite seulement qu’un coin où être à l’abri et un peu de nourriture. Il n’a pas le temps de cultiver de nouveaux besoins. Aucune industrie ne pourrait jamais être mise en place pour combler ses besoins, parce qu’il n’y en a aucun, sauf les plus primitifs. »

« Pensez à la façon dont les affaires sont restreintes en ces terres où hommes et les femmes travaillent encore tous les deux toute la journée! Ils n’ont pas le temps de laisser les besoins de leurs vies se faire sentir. Ils n’ont pas de loisirs à acheter. Ils ne se développent pas. »

« Quand, dans l’industrie américaine, les femmes ont été libérées de la nécessité du travail en usine et sont devenues les acheteurs pour la famille, les entreprises ont commencé à se développer. La femme américaine, en tant qu’agent d’achat des ménages, possède à la fois des loisirs et de l’argent, et les premiers sont tout simplement aussi importants que le second dans le développement de l’entreprise américaine. »

« La semaine de cinq jours porte simplement cette réflexion plus avant. »

« Les personnes ayant une semaine de cinq jours consommeront davantage de biens que les personnes ayant une semaine de six jours. Les gens qui ont plus de loisirs doivent avoir plus de vêtements. Ils doivent avoir une plus grande variété de nourriture. Ils doivent disposer de plus d’installations de transport. Ils doivent naturellement avoir plus de services de toutes sortes. »

« Cette augmentation de la consommation exigera une plus grande production que celle dont nous disposons maintenant. Au lieu d’entreprises tournant au ralenti parce que les gens sont “hors travail”, elles seront en augmentation, parce que les gens consomment plus durant leurs loisirs que pendant leur temps de travail. Cela va conduire à plus de travail. Et cela pour plus de profits. Et cela pour des salaires plus élevés. Le résultat de plus de loisirs sera l’exact opposé de ce que la plupart des gens pourraient le supposer. »

« Le management doit suivre le rythme de cette nouvelle demande – et il le fait. Cela correspond à l’intersection de la puissance et des machines dans les mains de dirigeants, connexion qui a rendu plus courte la journée et la semaine de travail la plus réduite possible C’est un fait qu’il est bon de ne pas oublier. »

« Naturellement, les services ne peuvent pas fonctionner sur la base de cinq jours. Certains doivent être continus et d’autres ne sont pas encore organisés de telle sorte qu’ils puissent fonctionner cinq jours par semaine. Mais si l’objectif fixé est de produire plus en cinq jours que ce que nous faisons maintenant en six, alors le management trouvera le moyen de le réaliser. »

« La semaine de cinq jours n’est pas le but ultime, pas plus que la journée de huit heures. Il suffit de gérer ce que nous sommes en mesure de gérer et de laisser l’avenir prendre soin de lui-même. C’est ce qui se passera de toute façon. C’est habituel. Mais le prochain mouvement sera sans doute à la baisse du nombre d’heures travaillées par jour au lieu de la baisse du nombre de jours travaillés par semaine. »

Un commentaire pour Economie: Google-SNCF, même combat ! (One robber baron’s expenses are another robber baron’s revenues)

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