Antisémitisme: Attention, un crime peut en cacher un autre ! (Anti-semitism in France: It’s not Dieudonné, it’s France Télévisions, stupid !)

Pour moi, l’image correspondait à la réalité de la situation non seulement à Gaza, mais aussi en Cisjordanie. L’armée israélienne ripostait au soulèvement palestinien par l’utilisation massive de tirs à balles réelles. (…) Du 29 septembre à la fin octobre 2000, 118 Palestiniens sont morts, parmi eux 33 avaient moins de 18 ans. Onze Israéliens ont été tués, tous adultes. Charles Enderlin
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Ce n’est pas une politique de tuer des enfants. Chirac (accueillant Barak à Paris, le 4 octobre 2000)
Je n’ai pas le droit à la prison, c’est évidemment une très très grande déception, parce que je m’y étais préparé, ça faisait partie de ma campagne promotionnelle. Dieudonné
Nous sommes entrés dans un mouvement qui est de l’ordre du religieux. Entrés dans la mécanique du sacrilège : la victime, dans nos sociétés, est entourée de l’aura du sacré. Du coup, l’écriture de l’histoire, la recherche universitaire, se retrouvent soumises à l’appréciation du législateur et du juge comme, autrefois, à celle de la Sorbonne ecclésiastique. Françoise Chandernagor
Même si pas grand monde en France ne mesure l’importance exacte du Conseil d’Etat, l’asservissement de « la plus haute juridiction administrative » au gouvernement est une étape noire pour le droit administratif français et, plus largement, pour les libertés publiques. … Sans entrer dans la controverse juridique entre le Tribunal administratif de Nantes qui considérait que les saillies antisémites ne constituaient pas le coeur du spectacle de Dieudonné, et le Conseil d’Etat qui a jugé l’inverse quelques heures plus tard sans avoir eu le temps matériel d’analyser le jugement de Nantes, et en l’absence d’un des avocats de Diouedonné qui se trouvait à Nantes, c’est le simple timing, qui condamne le Conseil d’Etat. Ce recours de Valls dans les minutes suivant le jugement de Nantes, et cette précipitation des juristes parisiens à rendre l’arrêt attendu avant les journaux de 20 Heures, et le début du spectacle : on ne décide pas de la liberté d’expression, en moins de temps qu’il n’en faut pour livrer une pizza quatre fromages. Daniel Schneidermann
Colporter complaisamment l’idée que notre pays serait raciste a l’immense inconvénient, au-delà du caractère infondé de ce jugement simpliste, de déculpabiliser tous ceux qui manifestent effectivement des tendances racistes. L’imitation et le mimétisme étant au coeur des dynamiques sociales, l’écho excessif donné au moindre «dérapage» participe involontairement au développement du phénomène qu’il prétend dénoncer.Car le «dérapant» de service joue un rôle crucial dans la comédie contemporaine. Il est l’exutoire idéal d’une société malade d’anxiété alterophobe qui s’exonère ainsi à bon compte de ses réflexes les moins avouables.Il existe encore des dérapages savamment contrôlés. Ceux-ci permettent à leurs auteurs d’attirer l’attention d’un public stupéfait. Les médias disent, avec une admiration à peine dissimulée, que la malheureuse petite phrase incriminée a permis, à toutes fins utiles, d’«ouvrir le débat». Marine Le Pen, comme Jean-Luc Mélenchon mais aussi François Fillon ou Jean-François Copé, ont usé de ce procédé. Le dérapage devient alors une provocation calculée destinée à forcer l’attention d’un auditoire rendu bien peu attentif par l’omniprésent bruit médiatique. Il n’est pas absolument certain que la qualité du débat public en sorte gagnante. Eric Dupin
L’image d’une salle de spectacle, encadrée par un cordon de CRS, restera un moment fort du rétablissement d’un ordre moral en France. Demain, le ministre de l’Intérieur obligera les opérateurs internet à retirer certaines vidéos. Après-demain, on devra obtenir une autorisation administrative avant de poster un tweet. «Laissons parler les imbéciles», écrivions-nous le mois dernier, en conclusion de notre rapport sur la liberté d’expression pour le think tank Generation libre. Aujourd’hui, l’imbécile s’appelle Dieudonné, et il faut le laisser parler, au nom des principes qui fondent notre démocratie; des principes énoncés par les encyclopédistes et inscrits dans la Déclaration des droits de l’homme. L’interdiction ex ante d’un spectacle fait prendre à notre pays une pente totalitaire. Le Conseil d’Etat a invoqué «l’ordre public». Mais en l’absence de troubles violents, l’ordre public consiste au contraire à garantir la liberté de réunion (…) Au lieu de fermer les guichets de Dieudonné, la police n’aurait-elle pas dû être déployée pour en garantir l’accès contre d’éventuels fauteurs de troubles ? Pour contourner cette objection, le Conseil d’Etat a introduit dans la jurisprudence, à l’évidence sous pression politique, la notion d’«atteinte à la dignité humaine» comme composante de l’ordre public. Voilà qui ouvre la voie à toutes les dérives. Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’homme, y a vu «une décision lourde de périls». Allons-nous laisser le juge définir notre dignité ? Le Conseil d’Etat estimera-t-il un jour que les films de Lars von Trier portent «atteinte à la dignité humaine» et qu’il faut les interdire préventivement ? Que Jonathan Littell, en décrivant le psychisme d’un officier SS, épouse les pensées de son héros et qu’il faut mettre les Bienveillantes au pilon ? On espère que la Cour européenne des droits de l’homme, qui a déjà maintes fois condamné la France pour violation de la liberté d’expression, sera saisie d’une telle aberration. Allons plus loin. Les lois mêmes qui répriment les propos antisémites (et tout autre propos «incitant à la discrimination» en fonction de la race, de la religion…) et l’incitation à la haine raciale sont discutables. En se substituant à l’exercice de la raison, elles déresponsabilisent. Une société forte doit pouvoir tolérer le pire (dans les limites de l’appel à la violence) car elle doit savoir y répondre, par l’argumentation et la critique. Une société faible ne sait qu’interdire, réduisant ses plus nobles valeurs en un «dogme mort», pour reprendre John Stuart Mill. Notre dogme mort, aujourd’hui, ce sont ces fameuses «valeurs de la République» que chacun brandit mais que plus personne ne se donne la peine d’exposer. Sacralisées, jugées irréfutables et donc jamais débattues, elles se vident de leur force. Aux Etats-Unis, le premier amendement garantit une liberté d’expression presque absolue. Craig Cobb, white supremacist ouvertement antisémite, raciste et hitlérien, fait donc régulièrement le tour des plateaux télé. Résultat, lorsqu’il a voulu organiser un grand rassemblement dans le Dakota pour Noël, une seule personne s’est présentée… et Craig Cobb est devenu la risée du pays. Si vous voulez vraiment combattre l’antisémitisme, répondez aux antisémites. Pour pouvoir leur répondre, laissez-les parler. Ecoutez leurs raisonnements, et réfutez-les. Si vous croyez en nos valeurs, refusez que l’Etat les impose par la force. Plutôt que d’ériger Dieudonné en héros antisystème, poursuivi par les caméras dans une voiture aux vitres teintées, invitons-le à discuter. Sortons sa haine au grand jour. Mettons-le face à ses lacunes. Gaussons-nous de ses vitupérations. Et il reviendra ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un petit imbécile. Gaspard KOENIG Philosophe, président du think tank Generation libre et Aurélien PORTUESE Juriste, maître de conférences à l’université de Westminster
Si je fais cette chronique, c’est parce que je tiens très très vite à prouver que l’on peut dépasser les limites, que l’on n’est pas forcément Manuel Valls, pas un cul cousu, un frileux… Sans pour autant véhiculer des idées dégueulasses. Cette chronique, c’est pour m’adresser à Dieudonné, à ses fans et aussi à tous les censeurs en puissance qui vont profiter de cette affaire Dieudonné pour nous empêcher de dépasser les limites, transgresser les règles. Comme c’est dit par la plupart des pro-Dieudonné: Valls est le meilleur attaché de presse de Dieudonné. Oui, il a mal géré cette affaire, évidemment! Il fait la une partout: pour certains illuminés, par lui-même, certains individus notamment les plus jeunes dont il viole la conscience, il est en train de passer pour Jésus Christ, pour une idole! Ils n’attendent que ça! Nicolas Bedos
Maintenant que le tumulte Dieudonnesque retombe un peu et que les matamores et autres tartuffes font mine d’avoir gagné, il est nécessaire de rappeler que Dieudonné a fabriqué moins d’antisémites que France Télévisions depuis plus d’une décennie. Il y a bien évidemment le fameux faux reportage al Dura de son correspondant à Jérusalem Charles Enderlin qui a coûté la vie à tant de gens dans le monde entier – Juifs ou non. Rappelons qu’à ce jour, France Télévisions continue à protéger cette propagande antisémite avec de l’argent public, l’argent du contribuable et de la redevance. Il y a aussi les documentaires trompeurs et mensongers de Thierry Thuillier qui ont participé au mouvement de détestation des Juifs et de l’Etat d’Israël ces quinze dernières années. Thierry Thuillier est devenu entre temps patron de France 2 et est toujours directeur de « l’information »… sur cette chaîne, on est obligé de mettre des guillemets quand on utilise le mot « information ». Par exemple, ce samedi 11 janvier 2014, dans les premières secondes du 20h, on a pu entendre le blondinet inculte, Laurent Delahousse ouvrir son journal par : «Ariel Sharon, une personnalité connue pour les massacres de Sabra et Chatilla en 1982… » Est-il utile de rappeler ici que ces massacres ont été effectués par des milices chrétiennes en riposte à l’assassinat de leur président, Bechir Gemayel ? Il y a aussi et surtout le matraquage permanent de la propagande anti-israélienne aux différents JT et dans les émissions de « débat » sur France Télévisions. Débat entre guillemets car ce n’en sont pas. Ce sont des émissions où des antisémites patentés débattent avec des gens qui ne sont qu’ « antisionistes », comme si cette distinction avait un sens. Des gens comme Pascal Boniface, en son temps idéologue du PS qui recommandait de placer l’Etat d’Israël dans « l’axe du mal » et qui suggérait à son parti de prendre à cœur la cause des « palestiniens » car il y a plus de musulmans en France que de Juifs… Des gens comme Dieudonné qui passaient des plateaux d’Ardisson à ceux de Frédéric Taddéï. On en a vu tellement aller d’un plateau à l’autre. Des Stéphane Hessel, des Tariq Ramadan, des Alain Soral, des Marc-Edouard Nabe… Marc-Edouard Nabe… c’est sur lui que j’aimerais conclure en rappelant une de ses citations (parmi tant d’autres abjectes) : « La Licra, vous savez ce que c’est ? Ce sont des gens qui se servent du monceau de cadavres d’Auschwitz comme du fumier pour faire fructifier leur fortune. » C’est aussi lui qui, sur France Télévisions, chez Frédéric Taddeï, défendait la légitimité des actions terroristes de Ben Laden. Selon lui, le terroriste saoudien « veut simplement punir les méchants qui se permettent de massacrer les terres des musulmans — qui sont ses frères — et qui se comportent comme des porcs sur toute la planète depuis des centaines d’années ». Philippe Karsenty

Attention: un crime peut en cacher un autre !

Au lendemain d’une polémique Dieudonné qui a non seulement porté un nouveau coup à la liberté d’expression en France mais a aussi accordé à ce dernier le brevet de victime et de martyr qu’il recherchait …

Et à l’heure où l’on apprend qu’un juif brûlé en Lorraine vient enfin d’être reconnu innocent du crime rituel dont il avait été faussement accusé il y a presque trois siècles et demi …

Comment ne pas pas se demander combien il faudra encore attendre pour enfin innocenter l’Armée israélienne de la fausse accusation d’assassinat d’enfant

Qui, depuis bientôt 14 ans, lui colle à la peau suite à la véritable campagne de désinformation qu’ont monté contre elle France 2 et son indéboulonnable correspondant et faussaire Charles Enderlin ?

Et ne pas voir, comme le rappelle l’infatigable Philippe Karsenty, que ces derniers et les médias français en général ont fait et continuent à faire bien plus pour l’antisémitisme en France que notre Dieudonné national ?

L’antisémitisme en France, ce n’est pas Dieudonné, c’est France Télévisions

14 jan 2014

Philippe Karsenty

Dreuz

Maintenant que le tumulte Dieudonnesque retombe un peu et que les matamores et autres tartuffes font mine d’avoir gagné, il est nécessaire de rappeler que Dieudonné a fabriqué moins d’antisémites que France Télévisions depuis plus d’une décennie.

Il y a bien évidemment le fameux faux reportage al Dura de son correspondant à Jérusalem Charles Enderlin qui a coûté la vie à tant de gens dans le monde entier – Juifs ou non.

Rappelons qu’à ce jour, France Télévisions continue à protéger cette propagande antisémite avec de l’argent public, l’argent du contribuable et de la redevance.

Il y a aussi les documentaires trompeurs et mensongers de Thierry Thuillier qui ont participé au mouvement de détestation des Juifs et de l’Etat d’Israël ces quinze dernières années.

Thierry Thuillier est devenu entre temps patron de France 2 et est toujours directeur de « l’information »… sur cette chaîne, on est obligé de mettre des guillemets quand on utilise le mot « information ».

Par exemple, ce samedi 11 janvier 2014, dans les premières secondes du 20h, on a pu entendre le blondinet inculte, Laurent Delahousse ouvrir son journal par : «Ariel Sharon, une personnalité connue pour les massacres de Sabra et Chatilla en 1982… » Est-il utile de rappeler ici que ces massacres ont été effectués par des milices chrétiennes en riposte à l’assassinat de leur président, Bechir Gemayel ?

Il y a aussi et surtout le matraquage permanent de la propagande anti-israélienne aux différents JT et dans les émissions de « débat » sur France Télévisions. Débat entre guillemets car ce n’en sont pas.

Ce sont des émissions où des antisémites patentés débattent avec des gens qui ne sont qu’ « antisionistes », comme si cette distinction avait un sens.

Des gens comme Pascal Boniface, en son temps idéologue du PS qui recommandait de placer l’Etat d’Israël dans « l’axe du mal » et qui suggérait à son parti de prendre à cœur la cause des « palestiniens » car il y a plus de musulmans en France que de Juifs…

Des gens comme Dieudonné qui passaient des plateaux d’Ardisson à ceux de Frédéric Taddéï. On en a vu tellement aller d’un plateau à l’autre. Des Stéphane Hessel, des Tariq Ramadan, des Alain Soral, des Marc-Edouard Nabe…

Marc-Edouard Nabe… c’est sur lui que j’aimerais conclure en rappelant une de ses citations (parmi tant d’autres abjectes) : « La Licra, vous savez ce que c’est ? Ce sont des gens qui se servent du monceau de cadavres d’Auschwitz comme du fumier pour faire fructifier leur fortune. »

C’est aussi lui qui, sur France Télévisions, chez Frédéric Taddeï, défendait la légitimité des actions terroristes de Ben Laden. Selon lui, le terroriste saoudien « veut simplement punir les méchants qui se permettent de massacrer les terres des musulmans — qui sont ses frères — et qui se comportent comme des porcs sur toute la planète depuis des centaines d’années ».

Eh bien, pour parler de l’affaire Dieudonné, c’est Marc-Edouard Nabe que Taddéï est allé chercher vendredi dernier. Heureusement qu’Emilie Frèche était sur le plateau pour signaler cette incongruité : Emilie Frèche interpelle Frédéric Taddeï.

Oui, à court terme, Dieudonné est réduit au silence. Mais pour si peu de temps, et après avoir profité d’une des plus belles campagnes de communication planétaire.

De plus, la relève antisémite est déjà sur le pont, déjà sur les écrans, prête à distiller sa haine, en connaissant maintenant les limites à ne pas dépasser pour ne pas risquer l’exclusion médiatique.

Les apprentis propagandistes de l’antisionisme/ antisémitisme, ont retenu la leçon et nul doute que de médiocres personnages, que nous ne connaissons pas encore, prendront le relais pour propager la haine du Juif et d’Israël de façon … plus feutrée.

Sur France Télévisions en avant première, bien sûr, et ensuite partout ailleurs…

Voir aussi:

Philippe Karsenty menacé par France Télévisions répond : “chiche !”

22 jan 2014

Philippe Karsenty

Le 14 janvier 2014, j’ai publié sur Dreuz.info que : “L’antisémitisme en France, ce n’est pas Dieudonné, c’est France Télévisions”. L’article faisait suite à mon interview vidéo : « Dieudonné a déshonoré l’antisionisme, c’est pour ça qu’ils lui en veulent. »

En réponse, France Télévisions a envoyé le message suivant à Dreuz.info :

Demande de retrait

Nous vous écrivons afin d’attirer votre attention sur les commentaires d’un article paru sur votre site internet, disponible à l’URL suivant :

http://www.dreuz.info/2014/01/lantisemitisme-en-france-ce-nest-pas-dieudonne-cest-france-televisions/

Cet article contient à l’encontre de France Télévisions et de Monsieur Thierry Thuillier des propos gravement attentoires à leur honneur et considération constitutifs du délit de diffamation à leur encontre prévu et réprimé par la loi du 28 juillet 1881. Ainsi, par la présente, nous vous prions de retirer cet article de votre site internet dans les plus brefs délais. Nous faisons par ailleurs les plus expresses réserves de nos droits.

La direction juridique

France Télévisions

Mesdames et Messieurs de France Télévisions, nous nous connaissons assez bien maintenant, vous savez où me trouver.

Alors je vous invite à engager au plus vite des poursuites à mon encontre afin que nous puissions débattre publiquement de la propagande antisémite que vous déversez depuis plus de 13 ans dans les esprits de nos concitoyens français.

Car ce débat ne pourra se dérouler que devant des magistrats, puisque vous avez toujours refusé d’informer vos téléspectateurs des critiques sérieuses qui sont portées contre votre « travail ».

Je sais, la procédure que vous avez engagée en 2004 contre moi dans le cadre du faux reportage sur la mise en scène de la « mort » de Mohamed al Dura n’est pas terminée, puisque nous allons prochainement nous retrouver devant la Cour de cassation.

Cet article vous a intéressé ? Inscrivez-vous à notre newsletter pour recevoir les nouveaux articles de Dreuz, une fois par jour en fin d’après-midi.

Mais, Messieurs Pflimlin et Thuillier, n’hésitez pas à lancer cette nouvelle procédure.

Dans l’attente de recevoir votre papier bleu, je vous prie de croire à l’expression de mon impatience de débattre à nouveau avec vous.

Voir encore:

Voltaire ne reconnaîtrait plus son pays

Gaspard KOENIG Philosophe, président du think tank Generation libre et Aurélien PORTUESE Juriste, maître de conférences à l’université de Westminster

Libération

16 janvier 2014

L’image d’une salle de spectacle, encadrée par un cordon de CRS, restera un moment fort du rétablissement d’un ordre moral en France. Demain, le ministre de l’Intérieur obligera les opérateurs internet à retirer certaines vidéos. Après-demain, on devra obtenir une autorisation administrative avant de poster un tweet. «Laissons parler les imbéciles» (1), écrivions-nous le mois dernier, en conclusion de notre rapport sur la liberté d’expression pour le think tank Generation libre. Aujourd’hui, l’imbécile s’appelle Dieudonné, et il faut le laisser parler, au nom des principes qui fondent notre démocratie; des principes énoncés par les encyclopédistes et inscrits dans la Déclaration des droits de l’homme. L’interdiction ex ante d’un spectacle fait prendre à notre pays une pente totalitaire. Le Conseil d’Etat a invoqué «l’ordre public». Mais en l’absence de troubles violents, l’ordre public consiste au contraire à garantir la liberté de réunion : c’est le sens de la jurisprudence Benjamin. En 2011, les autorités avaient protégé sur cette base les théâtres jouant la pièce de Romeo Castellucci Sur le concept du visage du fils de Dieu, jugée «christianophobe». Au lieu de fermer les guichets de Dieudonné, la police n’aurait-elle pas dû être déployée pour en garantir l’accès contre d’éventuels fauteurs de troubles ?

Pour contourner cette objection, le Conseil d’Etat a introduit dans la jurisprudence, à l’évidence sous pression politique, la notion d’«atteinte à la dignité humaine» comme composante de l’ordre public. Voilà qui ouvre la voie à toutes les dérives. Pierre Tartakowsky, président de la Ligue des droits de l’homme, y a vu «une décision lourde de périls». Allons-nous laisser le juge définir notre dignité ? Le Conseil d’Etat estimera-t-il un jour que les films de Lars von Trier portent «atteinte à la dignité humaine» et qu’il faut les interdire préventivement ? Que Jonathan Littell, en décrivant le psychisme d’un officier SS, épouse les pensées de son héros et qu’il faut mettre les Bienveillantes au pilon ? On espère que la Cour européenne des droits de l’homme, qui a déjà maintes fois condamné la France pour violation de la liberté d’expression, sera saisie d’une telle aberration.

Allons plus loin. Les lois mêmes qui répriment les propos antisémites (et tout autre propos «incitant à la discrimination» en fonction de la race, de la religion…) et l’incitation à la haine raciale sont discutables. En se substituant à l’exercice de la raison, elles déresponsabilisent. Une société forte doit pouvoir tolérer le pire (dans les limites de l’appel à la violence) car elle doit savoir y répondre, par l’argumentation et la critique. Une société faible ne sait qu’interdire, réduisant ses plus nobles valeurs en un «dogme mort», pour reprendre John Stuart Mill. Notre dogme mort, aujourd’hui, ce sont ces fameuses «valeurs de la République» que chacun brandit mais que plus personne ne se donne la peine d’exposer. Sacralisées, jugées irréfutables et donc jamais débattues, elles se vident de leur force.

Aux Etats-Unis, le premier amendement garantit une liberté d’expression presque absolue. Craig Cobb, white supremacist ouvertement antisémite, raciste et hitlérien, fait donc régulièrement le tour des plateaux télé. Résultat, lorsqu’il a voulu organiser un grand rassemblement dans le Dakota pour Noël, une seule personne s’est présentée… et Craig Cobb est devenu la risée du pays.

Si vous voulez vraiment combattre l’antisémitisme, répondez aux antisémites. Pour pouvoir leur répondre, laissez-les parler. Ecoutez leurs raisonnements, et réfutez-les. Si vous croyez en nos valeurs, refusez que l’Etat les impose par la force. Plutôt que d’ériger Dieudonné en héros antisystème, poursuivi par les caméras dans une voiture aux vitres teintées, invitons-le à discuter. Sortons sa haine au grand jour. Mettons-le face à ses lacunes. Gaussons-nous de ses vitupérations. Et il reviendra ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un petit imbécile.

(1) «Libération» du 20 décembre.

Gaspard KOENIG Philosophe, président du think tank Generation libre et Aurélien PORTUESE Juriste, maître de conférences à l’université de Westminster

Voir enfin:

Un village lorrain réhabilite un juif brûlé en 1670

Le Figaro.fr avec AFP

19/01/2014

Raphaël Levy avait été condamné à tort d’un meurtre rituel il y a 344 ans. Le village avait depuis été déclaré «maudit» et aucun juif n’y mettait plus les pieds.

La commune de Glatigny en Moselle a réhabilité dimanche un juif innocent, 344 ans après sa condamnation à mort en 1670 à Metz pour le meurtre d’un garçonnet du village. Raphaël Levy, un marchand de bestiaux juif originaire de Boulay, avait été désigné coupable d’avoir enlevé et tué le petit Didier Lemoine, un enfant du village âgé de 3 ans.

Des membres du Consistoire israélite de Moselle, le président du Consistoire central de Paris Joël Mergui, le maire Victor Stallone (sans étiquette) et le préfet de Moselle ont dévoilé une plaque rendant hommage au « martyr juif de Boulay » accusé d’un « crime rituel qu’il n’avait pas commis ». La cérémonie solennelle a rassemblé plus d’une centaine de personnes, selon les participants. Des descendants de Raphaël Levy étaient également présents.

«Glatigny était maudite»

« Aujourd’hui nous repartons à zéro, nous sommes réconciliés, nous reprenons des relations normales avec la communauté juive », a réagi avec satisfaction le maire. « Glatigny était maudite depuis cette époque en raison d’un arrêté moral pris par la communauté israélite. »

Henry Schumann, en charge du patrimoine au sein du Consistoire de Moselle, a qualifié cet hommage de « grand moment de réconciliation républicaine ». Le village avait depuis 1670 été déclaré « gessaert » (maudit) interdisant à tout juif d’y passer la nuit, une interdiction qui était encore respectée de nos jours. « Depuis cette époque il n’y a jamais eu aucun juif à Glatigny », a expliqué Henry Schumann. La réhabilitation de Raphaël Levy permet désormais aux juifs de se rendre à nouveau dans le village.

«Nous avons tourné une page»

« La réconciliation n’a pas été facile. Aujourd’hui nous avons levé symboliquement cet interdit. Nous avons tourné une page », a réagi Henry Schumann soulignant avoir entamé les premières recherches historiques sur cet homme il y a quatre ans. Le nom de Raphaël Levy avait été quasiment oublié de la mémoire du village, a souligné le maire. « En fin de compte ce qui nous a séparés nous a réconciliés », a commenté l’élu.

2 commentaires pour Antisémitisme: Attention, un crime peut en cacher un autre ! (Anti-semitism in France: It’s not Dieudonné, it’s France Télévisions, stupid !)

  1. […] qu’en ces temps de retour à la police de la pensée où on va bientôt se faire trainer devant les tribunaux pour avoir osé […]

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :