Piranhas: Attention, un mythe peut en cacher un autre ! (Blame it on the man who gave the world the Teddy bear !)

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Teddybear cartoon

Teddybear cartoon (Photo credit: Wikipedia)

A child can play with a bear like a doll – but a lot of children are not keen on dolls and if you are a boy you can play with it because it’s like a grizzly bear. Daniel Agnew (Christie’s)
Parle doucement et porte un gros bâton et tu iras loin. Proverbe africain 
They are the most ferocious fish in the world. Even the most formidable fish, the sharks or the barracudas, usually attack things smaller than themselves. But the piranhas habitually attack things much larger than themselves. They will snap a finger off a hand incautiously trailed in the water; they mutilate swimmers—in every river town in Paraguay there are men who have been thus mutilated; they will rend and devour alive any wounded man or beast; for blood in the water excites them to madness. They will tear wounded wild fowl to pieces; and bite off the tails of big fish as they grow exhausted when fighting after being hooked. But the piranha is a short, deep-bodied fish, with a blunt face and a heavily undershot or projecting lower jaw which gapes widely. The razor-edged teeth are wedge-shaped like a shark’s, and the jaw muscles possess great power. The rabid, furious snaps drive the teeth through flesh and bone. The head with its short muzzle, staring malignant eyes, and gaping, cruelly armed jaws, is the embodiment of evil ferocity; and the actions of the fish exactly match its looks. I never witnessed an exhibition of such impotent, savage fury as was shown by the piranhas as they flapped on deck. When fresh from the water and thrown on the boards they uttered an extraordinary squealing sound. As they flapped about they bit with vicious eagerness at whatever presented itself. One of them flapped into a cloth and seized it with a bulldog grip. Another grasped one of its fellows; another snapped at a piece of wood, and left the teeth-marks deep therein. They are the pests of the waters, and it is necessary to be exceedingly cautious about either swimming or wading where they are found. If cattle are driven into, or of their own accord enter, the water, they are commonly not molested; but if by chance some unusually big or ferocious specimen of these fearsome fishes does bite an animal—taking off part of an ear, or perhaps of a teat from the udder of a cow—the blood brings up every member of the ravenous throng which is anywhere near, and unless the attacked animal can immediately make its escape from the water it is devoured alive. Theodore Roosevelt
C’est en 1903 qu’apparaît le nom célèbre de l’ours en peluche : Teddy Bear, surnom repris dans de nombreux pays.Ce nom lui vient du président des États-Unis Theodore Roosevelt, qui était surnommé « Teddy » et qui était un grand amateur de chasse. Une anecdote raconte qu’un incident survint lors d’une chasse à l’ours dans le Mississippi en 1902 : des chasseurs acculèrent un ourson afin de satisfaire les cartouches du président, qui était bredouille depuis plusieurs jours. Roosevelt, outré, jugeant l’acte anti-sportif, refusa de tuer l’animal3,4. Cette histoire fut vite immortalisée : l’expression « Teddy’s Bear » a immédiatement été utilisée dans les caricatures de la presse, notamment par Clifford Berryman dans le Washington Post. Deux émigrants russes de Brooklyn, Rose et Morris Michtom créèrent puis commercialisèrent dès 1903, à partir des dessins publiés dans la presse, un ours en peluche qu’ils baptiseront Teddy3, avec la permission du président : le nom de « Teddy bear » se retrouve sur tous les ours de la production de Michtom. Les Michtom sont alors connus comme les premiers fabricants d’ours articulés en mohair; ils créeront ensuite leur entreprise « Ideal Novelty and Toy Co ». La vogue des Teddy’s Bear continuera, inspirant même des chansons comme « Teddy Bear’s Picnic », composée par John W. Bratton et chantée par Jimmy Kennedy. Wikipedia
Feeling old? Tired? There is something found around these parts that a lot of people say can help. Men in their retirement years eat it, start new families and swear by it. So do childless women, who drink it and give birth. Found in the Peruvian rain forests, the demand for it is phenomenal. But it isn’t some pharmaceutical corporation’s answer to Viagra, the impotence drug, nor is it available at a corner drugstore. In fact, an Amazonian witch doctor here must be consulted for a prescription. It’s piranha. The bitter-tasting flesh of the fish that have devoured so many villains in jungle B-movies is hailed here as the cure for problems dealing with fertility, virility, even baldness. It is said to be the ultimate aphrodisiac. « The power of the meat can cure many things, » said Flor, a Peruvian witch doctor who specializes in concoctions based on piranha meat. « It is one of the strongest medicines the world has known. » The scientific community, of course, scoffs at the anecdotal claims of the supporters of piranha-based cures. The meat, they say, is acidic, sometimes toxic and utterly without medicinal powers. « These claims about the power of the piranha fish meat have been around for a very long time, and there has never been any scientific evidence to support it, » said Celso Pardo, the dean of a Lima pharmacological institute. « People see an aggressive, macho animal, and they say, `I want to be more like that.’ «  Eric J. Lyman
Certaines tribus d’Amérique du Sud vénèrent le piranha depuis plusieurs siècles car il représente la force et la peur. Il y a environ 500 ans, les colons européens sont arrivés dans ces contrées, ils ont trouvé des piranhas et, au vu de leur dentition, ils ont tout naturellement redouté cet animal. De plus, ils ont entendu auprès de certaines tribus les récits mythiques à propos du piranha… Il n’en fallait pas plus pour que naisse une légende qui perdure encore aujourd’hui. A cette époque, rappelons que les marins pensaient que les baleines dévoraient les embarcations, que l’océan était terminé par un gouffre, etc. La science a aujourd’hui invalidé la plupart de ces mythes mais par ignorance, certaines de ces légendes perdurent encore. Le mythe des piranhas en fait partie ! Pour commencer, il faut savoir qu’il n’y a eu qu’une seule attaque mortelle envers les hommes de la part des piranhas. C’était en 1870, le Brésil était alors en guerre contre le Paraguay. Des soldats blessés, saignant parfois abondamment ont essayé de franchir le Rio Paraguay mais ils seront dévorés vivants… Il n’y a pas eu d’autres attaques vérifiées de piranhas ayant entraînées morts d’hommes. Par contre, le piranha aime les cadavres et s’attaque donc à tous les corps tombés ou jetés dans l’eau mais ils ne sont pas la cause du décès qui est souvent une noyade ou un meurtre. La réputation de tueur d’hommes est donc infondée ! Même s’il mord de temps à autre un pêcheur qui se lave les mains dans l’eau, ce poisson n’est donc pas une menace pour l’homme d’autant plus que son aire de répartition abrite des créatures bien plus redoutables comme les caïmans, les candirus, les raies venimeuses, les anguilles électriques, etc. (…) Comment expliquer cette persistance ? Pendant toute la durée d’exploration du continent sud américain (que l’on va considérer comme ayant commencée il y a 500 ans et terminée il y a un siècle) les aventuriers ont bien souvent étoffé leurs récits de balivernes pour faire sensations. Un aventurier en Afrique ne pouvait être pris au sérieux à son retour s’il n’avait pas combattu un lion et bien les piranhas étaient l’étape incontournable de l’Amazonie. Il est bien plus glorieux d’avoir traversé des étendues d’eau infestées de monstres sanguinaires que de simples poissons blancs. Les aventuriers n’ont donc pas hésité à exagérer la nature de ce poisson pour se magnifier. La légende avait donc traversé l’Atlantique pour arriver en Europe. Des personnes ont tout de suite compris l’intérêt financier qu’il y avait dans ce poisson tueur et ont contribué à en faire un monstre aux yeux du public. La littérature a répandu encore un peu plus cette idée tant les livres présentant les piranhas comme très dangereux sont encore nombreux. Puis est apparu le cinéma qui a lui aussi exploité le filon en faisant des films d’horreur sur le sujet. (…) Et enfin, plus proche de nous, la littérature aquariophile a classé ce poisson à part car dangereux et mangeant du coeur de boeuf régulièrement (alors que la plupart le digère très mal). Les vendeurs aquariophiles jouent encore un grand rôle puisque certains d’entre eux mettent une pancarte « Piranha – féroce et cannibale » sur les bacs de vente. A leur décharge, il convient de préciser que la majorité des personnes mordues par des piranhas sont des vendeurs, les conditions de vente, à savoir un petit aquarium surpeuplé sans décors pour se réfugier conduisant parfois les piranhas à mordre, faute de pouvoir fuir. Entre les livres aquariophiles réputés sérieux qui continuent de mentir sur ce poisson, les commerçants qui ont compris depuis bien longtemps que le sensationnel fait vendre et certains médias peu scrupuleux qui recherchent le spectacle quitte à affabuler ou a en rajouter un peu, il est vrai que rien n’est fait pour rétablir la vérité. Mais nous sommes les premiers responsables car nous préférons majoritairement continuer de croire qu’il s’agit d’un poisson exceptionnel plutôt que d’un poisson guère plus dangereux qu’un autre, le fantastique est tellement plus intéressant que le banal ! Pirahnas.fr

Attention: un mythe peut en cacher un autre !

Au lendemain d’une nouvelle attaque de piranhas en Argentine qui a vu une soixantaine de blessés …

Qui se souvient que la si féroce mais largement surfaite réputation de ce prétendu « poisson tueur » d’Amérique latine …

Nous vient en fait du même homme qui bien que grand explorateur et chasseur amateur de proverbes africains qui décéda de fièvres tropicales contractées en Amazonie …

Avait auparavant donné au monde, au grand bonheur de tant de petits garçons frustrés de ne pouvoir jouer à la poupée trop féminine,… le terrible grizzli en peluche ?

Piranha Attack! As 70 Christmas Day bathers are savaged, the truth about the fish with a bite more powerful than a T-rex

Bathers were attacked on the Rambla Catalunya beach in Argentina

Among revellers cooling off in 100-degree heat were 20 children, who were injured in the frenzied attack

Guy Walters

30 December 2013

The seven-year-old girl was just one of thousands in the water of the mighty River Parana on the afternoon of Christmas Day last week. For residents of the central Argentine city of Rosario, the festive season most certainly does not involve eating mince pies and drinking eggnog before sleeping it off in front of a fire. Instead, with the mercury hitting a sticky 100 degrees, most are keener to cool off than to gorge themselves. The best place for a dip is the city’s Rambla Catalunya, a mile-long stretch of sandy beach on South America’s second largest river. With bars, restaurants and fun fairs, the beach is a major attraction and last Wednesday was no exception. Tens of thousands had gathered to enjoy the holiday. Many took the opportunity to swim or paddle in the river.

That afternoon, as the little girl splashed up to her waist in the waters, everything seemed quite normal. Then, she suddenly felt a tugging at the little finger of her left hand. Instinctively, she pulled away, but the tugging grew more powerful. And then came a searing pain that caused her to cry out. She looked down at her finger, but all she could see was a trail of blood leaking into the dark water. As she ran for the shore, her screams startled the sunbathers. The top part of the girl’s finger had been completely torn away. There could be no doubt what had happened. The girl had been attacked by one of man’s most feared creatures — the deadly piranha fish. Word quickly spread up and down the Rambla Catalunya. Lifeguards ordered people to stay out of the water but, tragically, the heat was so intense and the atmosphere so jubilant that people continued to swim. What happened next was like a scene from a horror film.

That afternoon, some 70 people – around 20 of them children – were savaged by shoals of the razor-toothed fish. Those who were attacked had chunks of their naked and exposed flesh ripped away. They emerged from the waters with agonising wounds dripping blood onto the white sand. Deep cuts were reported on scores of fingers, ankles and toes. One injury resulted in an amputation. Pictures taken in the local hospital show one man with the whole underside of one toe missing. The attack was the most serious in the city since 2008, when 40 swimmers were hurt and, while mercifully no one was killed, the story made headlines around the world. There is something about this sinister fish that preys on our imaginations. Along with great white sharks, wolves, pythons and crocodiles, the piranha is the stuff of nightmares. Ever since Boy’s Own adventure stories described game hunters and explorers being devoured after daring to swim in piranha-infested waters, we have been taught that the piranha is one of the deadliest predators on the planet.

Most of us can create a horrific mental image of falling into a river – and being stripped to the bone in two minutes by a boiling shoal of flesh-eating fish. Just such a fate was memorably portrayed in the James Bond film You Only Live Twice, when the evil Blofeld dispatched Helga Brandt into a tank of piranhas for her failure to kill Bond. Although not as great a horror movie staple as the great white shark – immortalised in the Jaws films – our fascination with the piranha has made for box office success. Since 1978, there have been at least six films starring the piranha. The most recent was last year’s Piranha 3D. No wonder Londoners were alarmed when a piranha was discovered in the Thames in 2004. Experts stressed that the fish had in all likelihood been thrown away by a collector of rare fish, and further reassured anxious Londoners that the water of the Thames is far too cold to sustain these creatures.

Yet despite their awesome power, scientists insist piranhas are not the malicious predators the films would have you believe. They tend to attack humans only if trapped or hungry. So who is to blame for our fear of this fish? It is none other than Theodore Roosevelt, the 26th president of the U.S. In 1914, he published a travel book Through The Brazilian Wilderness, in which he described how piranhas could eat entire animals, such as cattle, alive. ‘They are the most ferocious fish in the world,’ Roosevelt wrote. ‘The head with its short muzzle, staring malignant eyes, and gaping, cruelly armed jaws, is the embodiment of evil ferocity; and the actions of the fish exactly match its looks.’ Roosevelt’s book was read by many, and the piranha entered into the public consciousness as one of mankind’s most vicious foes. However, what Roosevelt was not told was that the piranha attack he had witnessed on a cow was staged. For the benefit of the former president, the Brazilians had trapped hundreds of piranhas in a netted-off stretch of the river and had then starved them for days. This created the ideal conditions. When Roosevelt arrived, a sick old cow was led into the water, with its udder slit to release blood to further encourage an attack. Trapped, starving, and excited by blood, the piranhas did their job all too well. Rumours of deadly South American fish had been known since the time of the Spanish Conquistadors, who reported they were often attacked when they forded rivers.

In the 19th century, naturalist and explorer Alexander von Humboldt insisted the piranha was one of the continent’s greatest dangers. What sets them apart from other fish are their terrifying sharp teeth, tightly packed into highly muscular jaws. Relative to its size – they grow up to ten inches long – a piranha has a more powerful bite than that of a Tyrannosaurus Rex. Recently, scientists measured the bite force of the black piranha at 320 newtons, which is nearly three times greater than that exerted by an American alligator. That is more than enough to rip off a finger. What is disturbing is that these attacks are becoming more frequent. In November 2011, 15 swimmers were bitten by piranhas in the River Paraguay in western Brazil. One, 22-year-old Elson de Campos Pinto, recalled how he suddenly felt an agonising pain in his foot. ‘I saw that I had lost the tip of my toe,’ he said. ‘I took off running out of the river, afraid that I would be further attacked because of the blood. I’m not going back in for a long time.’ One local fisherman talked of catching some of the fish in his nets and often seeing blood on the banks. Despite relying on the river for his livelihood, Hildegard Galeno Alves said: ‘I would never even think of going in there.’

In Bolivia the following month, a drunk 18-year-old fisherman jumped out of his canoe, and was seized by a shoal of piranhas. Although he managed to get out of the water, he bled to death. Last year, a five-year-old Brazilian girl is said to have been attacked and killed in the water by a shoal of the fish. After the feeding frenzy in Argentina last week, Carlos Vacarezza, a local expert, said that the Christmas Day attack was ‘exceptional and unlikely to be repeated’. ‘What happened has no logical explanation,’ he told a local radio station. ‘In this area, the water flows too fast to create the warm and stagnant conditions where the fish are comfortable.’ While some observers claimed the piranha were attracted by debris left by fishermen, the only explanation Mr Vacarezza could suggest was that one of the fish had been injured – and the shoal had descended to eat it. Some of the human bathers simply got in the way. Certainly, cannibalism among piranhas is common, and larger, more aggressive fish will take a bite out of smaller rivals. The Christmas Day attack alone would have been enough to terrify most of us. But there have been more since.

On Boxing Day, in the town of Posadas, 600 miles up the River Parana (the name, although it sounds like that of the fish, actually translates as ‘big as the sea’) to the north-east, five children and teenagers were attacked by piranhas. All had to be treated in hospital. And then, on Friday, back at the Rambla Catalunya in Rosario, another attack took place. At four o’clock in the afternoon, a ten-year-old boy was bitten on his right hand, and he too had to be taken to hospital. The experts may like to reassure us that piranha attacks on humans are rare, but are they right? Perhaps the truth about the dreaded piranha may be closer to the horror movies after all.

Voir aussi:

La légende du poisson tueur

Emmanuel

Piranhas.fr

Le piranha a une réputation de poisson tueur, de nombreux livres le présentent comme étant un redoutable danger pour l’homme. Qu’en est il réellement ?

Il est difficile de répondre avec certitude à cette question. On peut cependant avancer quelques pistes…

Certaines tribus d’Amérique du Sud vénèrent le piranha depuis plusieurs siècles car il représente la force et la peur. Il y a environ 500 ans, les colons européens sont arrivés dans ces contrées, ils ont trouvé des piranhas et, au vu de leur dentition, ils ont tout naturellement redouté cet animal. De plus, ils ont entendu auprès de certaines tribus les récits mythiques à propos du piranha… Il n’en fallait pas plus pour que naisse une légende qui perdure encore aujourd’hui. A cette époque, rappelons que les marins pensaient que les baleines dévoraient les embarcations, que l’océan était terminé par un gouffre, etc. La science a aujourd’hui invalidé la plupart de ces mythes mais par ignorance, certaines de ces légendes perdurent encore. Le mythe des piranhas en fait partie !

Pour commencer, il faut savoir qu’il n’y a eu qu’une seule attaque mortelle envers les hommes de la part des piranhas. C’était en 1870, le Brésil était alors en guerre contre le Paraguay. Des soldats blessés, saignant parfois abondamment ont essayé de franchir le Rio Paraguay mais ils seront dévorés vivants… Il n’y a pas eu d’autres attaques vérifiées de piranhas ayant entraînées morts d’hommes. Par contre, le piranha aime les cadavres et s’attaque donc à tous les corps tombés ou jetés dans l’eau mais ils ne sont pas la cause du décès qui est souvent une noyade ou un meurtre. La réputation de tueur d’hommes est donc infondée ! Même s’il mord de temps à autre un pêcheur qui se lave les mains dans l’eau, ce poisson n’est donc pas une menace pour l’homme d’autant plus que son aire de répartition abrite des créatures bien plus redoutables comme les caïmans, les candirus, les raies venimeuses, les anguilles électriques, etc. N’en concluez pas cependant que ce poisson est un ange car il serait risqué de traverser une pièce d’eau isolée infestée de ces créatures en période sèche, et encore, ce n’est même pas sûr car dans la plaine de l’Orénoque par exemple, les cabiais en bonne santé (sorte de cobaye de la taille d’un cochon) traversent sans être jamais inquiétés ces pièces d’eau.

Comment expliquer cette persistance ? Pendant toute la durée d’exploration du continent sud américain (que l’on va considérer comme ayant commencée il y a 500 ans et terminée il y a un siècle) les aventuriers ont bien souvent étoffé leurs récits de balivernes pour faire sensations. Un aventurier en Afrique ne pouvait être pris au sérieux à son retour s’il n’avait pas combattu un lion et bien les piranhas étaient l’étape incontournable de l’Amazonie. Il est bien plus glorieux d’avoir traversé des étendues d’eau infestées de monstres sanguinaires que de simples poissons blancs. Les aventuriers n’ont donc pas hésité à exagérer la nature de ce poisson pour se magnifier. La légende avait donc traversé l’Atlantique pour arriver en Europe. Des personnes ont tout de suite compris l’intérêt financier qu’il y avait dans ce poisson tueur et ont contribué à en faire un monstre aux yeux du public. La littérature a répandu encore un peu plus cette idée tant les livres présentant les piranhas comme très dangereux sont encore nombreux. Puis est apparu le cinéma qui a lui aussi exploité le filon en faisant des films d’horreur sur le sujet. On peut citer la sortie récente du film « piranha 3D » d’alexandre Aja qui raconte l’histoire de piranhas retenus dans un lac souterrain depuis la préhistoire qu’un séisme libère. Ces films / navets sont apparus dans les années 1950. Dans Piranhas 2: Flying killer, les piranhas sont marins, volent et agressent les humains hors de l’eau. Dans Megapiranha, ce sont des piranhas géants qui engloutissent des navires…

Et enfin, plus proche de nous, la littérature aquariophile a classé ce poisson à part car dangereux et mangeant du coeur de boeuf régulièrement (alors que la plupart le digère très mal). Les vendeurs aquariophiles jouent encore un grand rôle puisque certains d’entre eux mettent une pancarte « Piranha – féroce et cannibale » sur les bacs de vente. A leur décharge, il convient de préciser que la majorité des personnes mordues par des piranhas sont des vendeurs, les conditions de vente, à savoir un petit aquarium surpeuplé sans décors pour se réfugier conduisant parfois les piranhas à mordre, faute de pouvoir fuir.

Entre les livres aquariophiles réputés sérieux qui continuent de mentir sur ce poisson, les commerçants qui ont compris depuis bien longtemps que le sensationnel fait vendre et certains médias peu scrupuleux qui recherchent le spectacle quitte à affabuler ou a en rajouter un peu, il est vrai que rien n’est fait pour rétablir la vérité. Mais nous sommes les premiers responsables car nous préférons majoritairement continuer de croire qu’il s’agit d’un poisson exceptionnel plutôt que d’un poisson guère plus dangereux qu’un autre, le fantastique est tellement plus intéressant que le banal !

De plus, sur les forums de discussions, il est encore fréquent que des personnes n’ayant jamais maintenu ni même vu de piranhas répondent à des sujets ayant trait à ce poisson en mettant par exemple en garde son propriétaire ! Ce genre de comportements est malheureusement celui de toute les discussions, aussi bien sur internet qu’au quotidien mais dans le cas du piranha, elle contribue à véhiculer une image aussi erronée que stupide. Il existe pourtant de la littérature sérieuse (un peu) et quelques reportages télévisés qui présentent la véritable nature de ce poisson. Certains aquariophiles ayant maintenu des piranhas en aquariums convaincus de leur férocité, sont déçus de leur timidité en captivité. Ils avancent qu’ils sont bien plus dangereux et agressifs en bancs dans la nature. C’est en réalité l’inverse, les piranhas sont plus agressifs dans nos bacs car, stressés et pris au piège par leur prison de verre, ils sont parfois capables de mordre alors qu’ils auraient fui dans leur milieu naturel.

Pour terminer et pour tenter de rétablir la vérité : un pêcheur sud-Américain vous le dira : le piranha n’est pas dangereux dans l’eau. Par contre, un piranha qui s’agite au fond d’une pirogue et claque de la mâchoire frénétiquement après avoir été péché peut sectionner un orteil ! Méfiez vous donc quand même de ces animaux. Ce ne sont pas des monstres, mais la mâchoire est puissante et un accident peut arriver.

Can piranhas really strip a cow to the bone in under a minute?

Julia Layton.

When Theodore Roosevelt went on a hunting expedition in Brazil in 1913, he got his money’s worth. Standing on the bank of the Amazon River, he watched piranhas attack a cow with shocking ferocity. It was a classic scene: water boiling with frenzied piranhas and blood, and after about a minute or two, a skeleton floating to the suddenly calm surface.

Roosevelt was horrified, and he wrote quite a bit about the vicious creatures in his 1914 book, « Through the Brazilian Wilderness. » He recounted the stories of townspeople who had been eaten alive, and others who’d lost body parts to piranhas while bathing in the river. « They are the most ferocious fish in the world, » Roosevelt announced to the world. « hey will snap a finger off a hand incautiously trailed in the water; they mutilate swimmers — in every river town in Paraguay there are men who have been thus mutilated; they will rend and devour alive any wounded man or beast; for blood in the water excites th­em to madness »

The legend of the piranha had begun.

Hollywood picked it up from there with the 1978 horror flick « Piranha » (« When flesh-eating piranhas are accidentally released into a summer resort’s rivers, the guests become their next meal »), 1981’s « Piranha II: The Spawning, » and a remake of the original B-movie that came out in 2010 [sources: IMDb, Movie Insider]. The killer piranha has made the gory jump into the 21st century.

But is the vicious reputation deserved? Roosevelt witnessed the now-famous cow stripping incident in Brazil, where piranhas live in especially high numbers. Howev­er, they’re native to and pretty common all along South America’s Amazon River — from Argentina to Colombia. So are South American bovines a regular meal for these ferocious fish? And why are there cows hanging out in the Amazon River?

Setting aside the account of a former U.S. president, piranhas stripping a cow — or a human — to the bone in less than a minute is a tough sell. How would that even be possible for a bunch of 10-inch, 3-pound fish?

Let’s find out.­

Tooth Fish

The name “piranha” is derived from the Tupi Indian language, native to Brazil. It’s a combination of the Tupi word pira, or “fish,” and ranha, meaning “tooth. »

The History of the Teddy Bear

Marianne Clay

Teddy bear & friends

2002

Today we can hardly imagine a world without that eager listener, confidante, and loyal friend, the teddy bear. But the teddy bear has not always been with us. In fact, the teddy bear did not make its entrance until late in 1902. Then, in one of life’s unexplainable synchronicities, the teddy bear appeared in the same year in two different parts of the world: Germany and the United States.

The History of the Teddy Bear

Drawing the Line in Mississippi by Clifford Berryman: This cartoon is believed to have triggered the teddy bear craze in the U.S.

The Early Years

In America, the teddy bear, according to tradition, got its start with a cartoon. The cartoon, drawn by Clifford Berryman and titled « Drawing the Line in Mississippi, » showed President Theodore Roosevelt refusing to shoot a baby bear. According to this often told tale, Roosevelt had traveled to Mississippi to help settle a border dispute between that state and Louisiana, and his hosts, wanting to please this avid hunter, took him bear hunting. The hunting was so poor that someone finally captured a bear and invited Roosevelt to shoot. Roosevelt’s refusal to fire at such a helpless target inspired Berryman to draw his cartoon with its play on the two ways Roosevelt was drawing a line—settling a border dispute and refusing to shoot a captive animal.

The cartoon appeared in a panel of cartoons drawn by Cliffored Berryman in The Washington Post on November 16, 1902. It caused an immediate sensation and was reprinted widely. Apparently this cartoon even inspired Morris and Rose Michtom of Brooklyn, New York, to make a bear in honor of the president’s actions. The Michtoms named their bear « Teddy’s Bear » and placed it in the window of their candy and stationery store. Instead of looking fierce and standing on all four paws like previous toy bears, the Michtoms’ bear looked sweet, innocent, and upright, like the bear in Berryman’s cartoon. Perhaps that’s why « Teddy’s Bear » made a hit with the buying public. In fact, the demand was so strong that the Michtoms, with the help of a wholesale firm called Butler Brothers, founded the first teddy bear manufacturer in the United States, the Ideal Novelty and Toy Company.

The History of the Teddy Bear

Made in the early days of teddy bear history, this 1904 Steiff hugs an early Steiff polar bear.

Meanwhile, across the ocean in Germany, Richard Steiff was working for his aunt, Margarete Steiff, in her stuffed toy business. Richard, a former art student, often visited the Stuttgart Zoo to sketch animals, particularly the bear cubs. In 1902, the same year the Michtoms made « Teddy’s Bear, » the Steiff firm made a prototype of a toy bear based on Richard’s designs.

Though both the Michtoms and Steiff were working on bears at the same time, certainly neither knew, at a time of poor transatlantic communication, about the other’s creation. Besides, the Michtoms’ bear resembled the wide-eyed cub in the Berryman cartoon, while the Steiff bear, with its humped back and long snout, looked more like a real bear cub.

A few months later, in March 1903, at the Leipzig Toy Fair, Steiff introduced its first bear—Baer 55PB. The European buyers showed little interest, but an American toy buyer, who was aware of the growing interest in « Teddy’s bears » in the States, ordered 3000. In America, people were beginning to get teddy bear fever, and Steiff was in the right place at the right time.

The History of the Teddy Bear

This 16-inch Steiff was made about 1908 and comes from the collection of teddy bear artist Audie Sison.

The Teddy Bear Craze

By 1906, the teddy bear craze was in full swing in the United States. The excitement probably compared to the frenzy for Cabbage Patch dolls in the 1980s and Beanie Babies in the 1990s. Society ladies carried their teddies everywhere, and children had their pictures taken with their teddy bears. President Roosevelt, after using a bear as a mascot in his re-election bid, was serving his second term. Seymour Eaton, an educator and a newspaper columnist, was writing a series of children’s books about the adventures of The Roosevelt Bears, and another American, composer J.K. Bratton, wrote « The Teddy Bear Two Step. » That song would become, with the addition of words, « The Teddy Bear’s Picnic. »

Meanwhile, American manufacturers were turning out bears in all colors and all kinds, from teddy bears on roller skates to teddy bears with electric eyes. « Teddy bear, » without the apostrophe and the s, became the accepted term for this plush bruin, first appearing in print in the October 1906 issue of Playthings Magazine. Even Steiff, a German company, adopted the name for its bears.

Steiff and Ideal were no longer the only players in the teddy bear business. In America, dozens of competitors sprang up. Almost all of these very early companies didn’t last, with the notable exception of the Gund Manufacturing Corporation. Gund made its first bears in 1906 and is still making bears today.

American teddy bear companies faced stiff competition from all the teddy bears imported from Germany, and many of the U.S. companies didn’t last long. In Germany, toymaking was an old and established industry, and many German firms, such as Bing, Schuco, and Hermann, joined with Steiff in making fine teddy bears.

In England, The J.K. Farnell & Co. got its start; in fact, the original Winnie the Pooh was a Farnell bear Christopher Robin Milne received as a first birthday present from his mother in 1921. Five years later, his father, A.A. Milne, would begin to publish the Winnie-the-Pooh books about his son Christopher’s adventures with his bear and his other stuffed animals. Today you can see the original toys that inspired the Winnie-the-Pooh books on permanent display in the Central Children’s Room of the Donnell Branch of the New York Public Library in New York City, while the Pooh books themselves are as popular as ever.

The History of the Teddy Bear

Made around 1929, this 9-inch mechanical duck by the German company of Bing was wound by a key.

More Great Years: The 1920s – 1940s

With the exception of the four years when World War I raged in Europe, the next 25 years were kind to the teddy bear. Mass production had not yet taken over the teddy bear world, and people still preferred to buy high quality, hand-finished teddy bears.

Because World War I interrupted the flow of teddy bears from Germany, new teddy bear industries developed outside Germany. Chad Valley, Chiltern, and Dean’s joined Farnell in England; Pintel and Fadap were begun in France, and Joy Toys in Australia. The bears themselves changed, too. Boot-button eyes were replaced by glass, and excelsior stuffing was replaced by a softer alternative, kapok.

The United States was relatively untouched by the war, and its teddy bear industry continued to grow. For example, the Knickerbocker Toy Company got its start in 1920 and continues to make teddy bears today. Nine years later, though, the U.S. was hit by the Depression, and most teddy bear companies were hurt by the financial crisis. After 1929, many American companies either found cheaper ways to produce bears, or they closed.

The History of the Teddy Bear

This 12-inch Schuco bear is called a yes/no bear, because this bear from the 1930s shakes his head no or nods yes, depending on how you move his tail.

In the 1920s and 30s, musical bears and mechanical bears were very popular, and they were produced all over the world. Perhaps the most noteworthy manufacturers of these novelty bears were Schuco and Bing. These two German companies made bears that walked, danced, played ball, and even turned somersaults.

But the outbreak of World War II in 1939 stopped the fun. Instead of making teddy bears, the world’s workers and factories were needed for the war effort. Some companies closed and never reopened.

The History of the Teddy Bear

Made about 1970, this 20-inch bear from the German company of Fechter wears its orignal ribbon.

The Lean Years: The 1950s – 1970s

While traditional teddy bear companies had always prided themselves on quality hand-finishing and had always used natural fibers to make their bears, all that changed after World War II. Fueled by a desire for washable toys, synthetic fibers were all the rage in the post-War years. Buyers liked the idea of washable toys, so bears were made from nylon or acrylic plush, and had plastic eyes and foam rubber stuffing.

While traditional teddy bear companies could adapt to this change in materials, they were not prepared to compete against the flood of much cheaper, mass-produced teddy bears coming from eastern Asia. Even the old, well-established companies were hurt by the onslaught of inexpensive teddy bears from the Far East.

The Teddy Bear’s Comeback: The Present

Strangely enough, the comeback of the teddy after years of mass-production was triggered, not by a bear maker, but by an actor. On television, British actor Peter Bull openly expressed his love for teddy bears and his belief in the teddy bear’s importance in the emotional life of adults. After receiving 2000 letters in response to his public confession, Peter realized he wasn’t alone. In 1969, inspired by this response, he wrote a book about his lifelong affection for teddy bears, Bear with Me, later called The Teddy Bear Book. His book struck an emotional chord in thousands who also believed in the importance of teddy bears. Without intending to, Bull created an ideal climate for the teddy bear’s resurgence. The teddy bear began to regain its popularity, not so much as a children’s toy, but as a collectible for adults.

The History of the Teddy Bear

Jenni, an 18-inch bear, was made by British teddy artist Elizabeth Lloyd.

In 1974, Beverly Port, an American dollmaker who also loved making teddy bears, dared to take a teddy bear she made to a doll show. At the show, she presented Theodore B. Bear holding the hand of one of her dolls. The next year, Beverly presented a slide show she had created about teddy bears for the United Federation of Doll Clubs. That show quickly became a sensation. Other people, first in the United States and then all over world, caught Beverly’s affection for the teddy bear. They, too, began applying their talents to designing and making teddy bears. One by one, and by hand, teddy bear artistry was born with Beverly, who coined the term « teddy bear artist, » often cited as the mother of teddy bear artistry. Today thousands of teddy bears artists, often working from their homes all over the world, create soft sculpture teddy bear art for eager collectors.

Artist bears also set the stage for a new kind of manufactured bear, the artist-designed manufactured bear. Today artist-designed manufactured bears are offered by Ganz, Gund, Dean’s, Knickerbocker, Grisly Spielwaren, and others; all offer collectors the opportunity to own artist-designed bears that cost less due to mass production.

The History of the Teddy Bear

American teddy bear artist Heather Stanley made 14-inch Simon.

This increased appreciation for the teddy bear as an adult collectible has also increased the value of antique teddy bears, the hand-finished, high-quality teddy bears manufactured in the first decades of the 20th century. In the 1970s and 1980s, these old, manufactured teddy bears began showing up in antique doll and toy auctions, and they began winning higher and higher bids. Today the current record price for one teddy bear, Teddy Girl by Steiff, is $176,000; that bear was sold at Christie’s auction house in 1994.

So what’s next for the teddy bear? Certainly our love affair with the teddy bear shows no signs of abating.

In 1999, in just the United States, collectors purchased $441 million worth of teddy bears. Certainly, as we begin our journey through a new century, we certainly need the teddy bear’s gift of uncondtional acceptance, love, and reassurance more than ever.

Voir aussi:

History of the Teddy Bear

Teddy Roosevelt and the Teddy Bear

Mary Bellis

Theodore (Teddy) Roosevelt, the 26th president of the United States, is the person responsible for giving the teddy bear his name. On November 14, 1902, Roosevelt was helping settle a border dispute between Mississippi and Louisiana. During his spare time he attended a bear hunt in Mississippi. During the hunt, Roosevelt came upon a wounded young bear and ordered the mercy killing of the animal. The Washington Post ran a editorial cartoon created by the political cartoonist Clifford K. Berryman that illustrated the event. The cartoon was called « Drawing the Line in Mississippi » and depicted both state line dispute and the bear hunt. At first Berryman drew the bear as a fierce animal, the bear had just killed a hunting dog. Later, Berryman redrew the bear to make it a cuddly cub. The cartoon and the story it told became popular and within a year, the cartoon bear became a toy for children called the teddy bear.

Who made the first toy bear called teddy bear?

Well, there are several stories, below is the most popular one:

Morris Michtom made the first official toy bear called the teddy bear. Michtom owned a small novelty and candy store in Brooklyn, New York. His wife Rose was making toy bears for sale in their store. Michtom sent Roosevelt a bear and asked permission to use the teddy bear name. Roosevelt said yes. Michtom and a company called Butler Brothers, began to mass-produce the teddy bear. Within a year Michtom started his own company called the Ideal Novelty and Toy Company.

However, the truth is that no one is sure who made the first teddy bear, please read the resources to the right and below for more information on other origins.

Voir également:

Holt Collier Guiding Roosevelt through the Mississippi Canebreaks

Minor Ferris Buchanan

When Holt Collier was chosen to guide President Theodore Roosevelt on the now famous bear hunt of 1902, he was a legend in Mississippi. He had cut roads into the wilderness and was known to have killed in excess of 3,000 bear.

Theodore Roosevelt had become a noted hunter by founding the Boone & Crockett Club and hunting almost all types of American game including grizzly bear, buffalo and pronghorn sheep. One trophy that eluded him was the Louisiana Black Bear. He desperately wanted to experience the thrill of the mounted bear chase. Though Roosevelt and his company had immeasurable finances and manpower, almost every aspect of the hunt was the responsibility of the uneducated 56-year-old Collier. He found a site on the banks of the Little Sunflower River in Sharkey County, about 15 miles west of the Smedes Station, a small farming platform.

Through the Mississippi towns of Tunica, Dundee, Lula, Clarksdale, Bobo, Alligator, Hushpuckena, Mound Bayou, Cleveland, Leland, Estill, Panther Burn, Nitta Yuma, Anguilla and Rolling Fork, the train carried Roosevelt and his entourage the maximum speed of 70 miles per hour.

At Smedes Station, several hundred spectators greeted the President. Almost all were children and grandchildren of slaves. Holt was immediately impressed by the man and his manner. Roosevelt was short but seemed palpably massive being a full 200 pounds of muscle. According to Collier, the President introduced himself by walking straight to him with his hand extended. “He say, ‘So dis is Holt, de guide. I hyar you’s er great bear hunter.’”

The party set out immediately on a field road that took them four miles through the plantation. A second four-mile stretch took them under an open forest carpeted with a knee-high briar tangle. The towering forest of virgin oak, ash and cypress was majestic. Then came the long stretch of Coon Bayou, a mud gully which attracted all types of wild game. On the other side of the bayou, lay the primal Delta swamp with briars and thickets 30 feet high and knit so tightly that the passage had been cut through like a tunnel.

The camp was pitched on the west bank of the Little Sunflower River, described then a fast- flowing, mud-banked stream of clear water. Between the tents, in the center of an open space, was a great cypress log, against which the camp fire was built. Dogs were everywhere. Someone had brought a large rustic armchair which was named the ‘Throne’. The President was an imposing figure in it. Roosevelt announced that in the woods he was to be addressed only as ‘Colonel’.

Roosevelt wanted to participate in the chase, but his demands for a shot on the first day and the timidity of his hosts condemned him to a stationary blind. He was placed to have a clear shot when the bear, driven by Holt’s pack of about 40 dogs, would emerge from the cane.

Roosevelt and companion Huger Foote waited on the stand all morning. The sounds of the dogs faded and increased in intensity as Holt’s pursuit ranged great distances in the canebrakes. After mid- afternoon the hunters broke for camp to have a late lunch.

Collier was annoyed that the stand had been abandoned. “That was eight o’clock in the mornin” when I hit the woods an’ roused my bear where I knowed I’d fin him. Den me an’ dat bear had a time, fightin’ an’ chargin’ an’ tryin’ to make him take a tree. Big ole bear but he wouldn’t climb nary tree. I could have killed him a thousand times. I sweated myself to death in that canebrake. So did the bear. By keeping between the bear and the river I knew he’d sholy make for that water hole where I left the Cunnel.

After a while the bear started that way and popped out of the gap where I said he’d go. But I didn’t hear a shot, and that pestered me….It sholy pervoked me because I’d promised the President to bring him a bear to that log, and there he was.”

At the very spot Holt had planned for the kill, the bear went to bay on the Holt Collier dogs. Collier was in a dilemma. He had been given specific orders to save the bear for Roosevelt, who was not to be found, and he had to protect the dogs from the deadly beast.

Holt dismounted, shouting at the bear. He quickly approached the bear with his rifle in his left hand and the lariat in his right. A rider rushed to camp for the President.

The dogs and the bear fought in a ferocious chorus. It wasn’t until the bear rose to his full height that Holt noticed his prize dog caught in the beast’s mighty death grip. He clubbed the rifle and leaped into the battle. He shouted again, and swung the stock of his gun through an arc that landed at the base of the bear’s skull. The bear was shaken, but he rose up, released the lifeless dog and stood a head higher than Holt. With the barrel of his rifle bent and useless, Collier had only one option. He positioned himself beside the raging animal, put his foot between the bear’s legs, and dropped the lariat over his neck. The injured bear was soon tied to a nearby willow tree.

Minutes later Roosevelt and Foote arrived. Roosevelt dismounted, ran into the water, and though everybody urged him to kill the bear, he declared that he would not shoot an animal tied to a tree. Roosevelt was in awe of the feat he was witness to.

For the entire hunt, Holt Collier was the center of attention. Sitting apart, he spoke simply and fearlessly, unmindful of any difference in social status from the powerful men about him. He told the story of his life, how he had killed white men and had gone unscathed, how he had met Union soldiers in hand-to-hand conflict, and how he fought off a band of vigilantes. His background and experience held the President’s imagination as he told stories of his years as a slave, his service as a Confederate scout, and his many years hunting bear.

The press had a field day with the story. Headlines and cartoons depicted the President as having been unprepared by satisfying his appetite. The story about the President being out-played by a lowly guide invited ridicule. The account of Holt Collier’s heroic efforts received detailed coverage.

At the conclusion of the hunt, Roosevelt declared that Holt Collier “ was the best guide and hunter he’d ever seen”, and that “before he is three years older, he will go back to the Little Sunflower, and, with Holt Collier as his only guide, will chase bears until he comes up with one and kills it, running free before the dogs.”

Clifford Kennedy Berryman ran two editorial cartoons of the incident on the front page of The Washington Post. The cute bear cub he drew immediately became a popular Roosevelt mascot. Morris Michtom saw the Berryman cartoon and designed a toy bear. He called it ‘Teddy’s Bear.’ His success selling the toys for a dollar and fifty cents resulted in formation of the Ideal Toy Corporation in 1903. When Michtom died in July 1938, the company was selling more than 100,000 bears each year.

This article is a condensed version of excerpts from the biography of Holt Collier by Minor Ferris Buchannan.

Voir encore:

TR’s Wild Side

As a Rough Rider in the Spanish-American War, Theodore Roosevelt’s attention to nature and love of animals were much in evidence, characteristics that would later help form his strong conservationist platform as president

Douglas Brinkley

American Heritage

Fall 2009

ON JUNE 3, 1898, 39 days into the Spanish-American War, Theodore Roosevelt and his Rough Riders arrived in Florida by train, assigned to the U.S. transport Yucatan. But the departure date from Tampa Bay for Cuba kept changing. Just a month earlier, the 39-year-old Teddy had quit his job as assistant secretary of the Navy, taken command of the 1,250-man 1st Volunteer Cavalry Regiment along with Leonard Wood, and began a mobilization to dislodge the Spanish from Cuba.

Roosevelt worried that if the ship didn’t leave soon, his men’s livers weren’t going to withstand all the booze they were consuming. The first day was incredibly humid, with a hot, glassy atmosphere and scant wind. Anxious for war, Teddy was unperturbed by the omnipresent swarms of chiggers and sandflies. To kill time he studied Florida’s botany, learning to distinguish lignum-vitae (holywood) trees from blue beech and ironwood at a glance.

The very word wild had a smelling-salt-like effect on Theodore Roosevelt. As a Harvard undergraduate he had studied nature from a scientific perspective, full of rigor and objectivity. To Roosevelt wilderness hunting and bird-watching were the ideal bootcamps for a military career. By studying how grizzly bears tracked their prey, he developed warrior skills. First-rate soldiers were best made in America, he believed, by learning to live in the wild. If a soldier understood how to read a meadowlark call or crow squawk, then his chances of battlefield survival were enhanced. An alertness to all things wild was, in Roosevelt’s eyes, a prerequisite for excelling in modern society. Success would fall upon the individual who could outfox a blizzard or survive a heat wave.

Roosevelt possessed in spades the qualities that Harvard naturalist Edward 0. Wilson has called “biophilia”: the desire to affiliate with other forms of life, the same impulse that lifts the heart at a sudden vision of a glorious valley, a red-rock canyon, or a loon scooting across a mud bog at dusk. Wilson suggests that, at heart, humans want to be touched by nature in their daily lives. His hypothesis offers a key to understanding why Roosevelt as president would add over 234 million acres to the public domain between 1901 and 1909. He responded both scientifically and emotively to wilderness. The shopworn academic debate over whether Roosevelt was a preservationist or a conservationist is really moot. He was both, and a passionate hunter to boot, too many sided and paradoxical to be pigeonholed. Even within the crucible of the Spanish-American War, Roosevelt managed to acquire exotic pets and to write about the Cuban environment, actions that provide valuable insight into Roosevelt’s developing conservationist attitudes.

While waiting to ship out, he studied the waterfowl along the wharf front and marshy inlets: ibis, herons, and double-crested cormorants, among scores of others. Beneath his cavalry boots on the Tampa beaches were sunrise tellin, wide-mouthed purpura, ground coral, bay mud, and tiny pebbles mixed with barnacles and periwinkles. Writing to his friend Henry Cabot Lodge, he turned quasi geobiologist, evoking Florida’s semitropical sun, palm trees, shark-infested shallows, and sandy beaches much like those on the French Riviera. The Gulf of Mexico, the ninth-largest body of water in the world, interested Roosevelt to no end.

Spending those days in Tampa Bay, various conservation historians believe, later influenced Roosevelt’s creation of federal bird sanctuaries along Florida’s coasts. What Roosevelt learned from being stationed on the Gulf Coast was that the market hunters were having a bad effect on Florida’s ecosystem, including the Everglades, Indian River, Lake Okeechobee, and the Ten Thousand Islands. The previous year, his friend the New York-based ornithologist Frank M. Chapman had warned him that tricolor herons and snowy egrets were being slaughtered for their feathers. Now huge mounds were heaped around the Tampa harbor, bird carcasses piled 20 or 30 yards high to rot in the sun. If the slaughter wasn’t stopped, the crowded, beautiful roosts of Florida would vanish and their inhabitants would go the way of the passenger pigeon, the ivory-billed woodpecker, and the Labrador duck.

Even as he shaped his regiment for combat, Roosevelt retained his fascination with animals, an aspect that distinguishes his war memoir The Rough Riders from all other accounts of the 1898 Cuban campaign. And in his 1913 autobiography Roosevelt presented his theory about the role of pets in sustaining morale. Compared with his accounts of military tactics and the toll of yellow fever, such passages can seem frivolous, but they do offer a valuable perspective on Roosevelt as a war leader and as a person.

Largely due to Roosevelt, the 1st Volunteer Cavalry Regiment took three animal mascots with them, all the way from basic training in San Antonio through their port stay in Tampa Bay. For starters, there was a young mountain lion, Josephine, given by trooper Charles Green of Arizona. Roosevelt spent as much time around the cougar cub as he could. Although he wrote in The Rough Riders that Josephine had an “infernal temper,” he adored everything about her: her sand-colored coat, dark rounded ears, white muzzle, and piercing blue eyes, which turned brown as she matured. Eventually Josephine would weigh at least 90 pounds and be able to pull down a 750-pound elk with her powerful jaws. The New York Times reported that she “rejoiced” when her name was uttered and was beloved by all the men. But one time she got loose, climbed into bed with a soldier, and began playfully chewing on his toes. Roosevelt later chuckled in The Rough Riders that “he fled into the darkness with yells, much more unnerved than he would have been by the arrival of any number of Spaniards.”

Another steadfast comrade from the wild was a New Mexican golden eagle nicknamed “Teddy” in Colonel Roosevelt’s honor. Roosevelt loved to watch these raptors swooping down to pluck a snake or other prey, and he even learned the art of falconry, wearing leather gloves and calling his namesake back to camp after it had gone hunting. “The eagle was let loose and not only walked at will up and down the company streets, but also at times flew wherever he wished,” Roosevelt recalled.

Josephine and Teddy had to be left behind in Tampa, but a “jolly dog” named Cuba and owned by Cpl. Cade C. Jackson of Troop A from Flagstaff, Arizona, did accompany the Rough Riders. Having dirty gray, poodle-like fur and the personality of a Yorkie, the little dog could be easily scooped up with the swipe of a hand. (One story, in fact, claims that Jackson had stolen Cuba just so from a railcar.) Frisky as a dog could be, Cuba accompanied the regiment “through all the vicissitudes of the campaign.” Aboard the Yucatan, Roosevelt asked a Pawnee friend to draw Cuba—who ran “everywhere round the ship, and now and then howls when the band plays”—for his daughter Ethel. Perhaps because Roosevelt was so comfortable with the trio of animals—knowing how to feed the eagle mice and to scratch Josephine behind the ears—the mascots added a compelling dimension to the press coverage of the Rough Riders. But even if TR did use the mascots to play to the cameras, they were part and parcel of his lifelong need to be associated with animals.

When the Yucatan finally set sail on June 13, Roosevelt was nearly giddy with joy at escaping Tampa. As the 49 vessels in the convoy steamed south in three columns, he noted that the Florida Keys area was “a sapphire sea, wind-rippled, under an almost cloudless sky” When he first caught sight of the shoreline of Santiago Bay, waves beating in diagonals, he wrote to his sister Corinne that “All day we have steamed close to the Cuban Coast, high barren looking mountains rising abruptly from the shore, and at a distance looking much like those of Montana. We are well within the tropics, and at night the Southern Cross shows low above the Horizon; it seems strange to see it in the same sky with the Dipper.”

At both San Antonio and Tampa Bay, his two horses Rain-in-the-Face and Texas practically never left his side. With Vitagraph motion picture technicians filming the Rough Riders wading ashore, a trooper was ordered to bring his steeds safely onto the beach. Alas, a huge wave broke over Rain-in-the-Face. Unable to burst free from his harness, he inhaled seawater and drowned. For the only time during the war Roosevelt went berserk, “snorting like a bull,” as Albert Smith of Vitagraph recalled, “split[ting] the air with one blasphemy after another.” As the other horses were brought ashore, Roosevelt kept shouting “Stop that god-damned animal torture!” every time saltwater got in a mare’s face.

On June 23 the Rough Riders debarked at the fishing village of Siboney about seven miles west of Daiquiri, behind Gen. Henry Ware Lawton’s 2nd Division and Gen. William Shafter’s 5th Corps. The soldiers took ashore blanket rolls, pup tents, mess kits, and weaponry, but no one thought to give them any insect repellent. There was no wind, and they felt on fire. The tangled jungles and chaparral of Cuba, particularly in early summer, were breeding grounds for flies that now swarmed the camps. Cuba also boasted 100 varieties of ants, including strange stinging ones that seemed to come from a different world. Unafraid of the soldiers, little crouching chameleons with coffin-shaped heads changed color from bright green to dark brown, depending on the foliage they rested on. “Here there are lots of funny little lizards that run about in the dusty roads very fast,” Roosevelt wrote to his daughter Ethel, “and then stand still with their heads up.”

Roosevelt’s letters crackle with the kind of martial detail also found in Stephen Crane’s 1895 Civil War novel The Red Badge of Courage. Yet they’re also crowded with natural history, with observations about the “jungle-lined banks,” “great open woods of palms,” “mango trees,” “vultures wheeling overhead by hundreds,” and even a whole command “so weakened and shattered as to be ripe for dying like rotten sheep.” There was a strange confluence in Cuba between Roosevelt and the genius loci, as he constantly sought to conjure up nature as a way to increase his personal power.

Both in Roosevelt’s correspondence and his war memoir, the land crab is everywhere, its predatory omnipresence almost the central metaphor of his Cuban campaign. Carcinologists had noted that the local species, Gecarcinus lateralis, commonly known as the blackback, Bermuda, or red land crab, leaves the tropical forests each spring to mate in the sea. It made for an eerie spectacle all along Cuba’s northern coast as these misshapen creatures, many with only one giant claw, crawled out of the forests across roads and beaches to reach the water. Swollen with eggs, the female red land crabs nevertheless made their journey to incubate in the Caribbean Sea, traveling five to six miles a day over every obstacle imaginable. Roosevelt noted that they avoided the sun’s glare, often struggling to shade just like wounded soldiers. While basically land creatures, these burrowing red crabs—their abalone-like shells thick with gaudy dark rainbow swirls—still had gills, so they needed to stay cool and moist. “The woods are full of land crabs, some of which are almost as big as rabbits,” Roosevelt wrote to Corinne. “When things grew quiet they slowly gathered in gruesome rings around the fallen.”

For the first time as an adult, Roosevelt was in the tropics. The very density of vegetation he encountered was daunting, the white herons often standing out against the greenery like tombstones. He now knew how Charles Darwin must have felt in the Galapagos and Tahiti. Cuba’s red land crabs were his tortoises or finches; everything about them spoke of evolution. Unlike the stone crabs of Maine, these red crabs weren’t particularly good-tasting. Still, with supplies sparse, the soldiers smashed them with rocks, discarded the shells, and mixed the meat into their hardtack, calling the dish “deviled crab.” Although the crabs were not dangerous, many Rough Riders were jarred awake at night by their formidable pincers. And they were persistent—a buddy would shake them scurrying away from the bedroll, only to find them back a short while later.

In The Rough Riders, Roosevelt vividly described the timeworn, brush-covered flats in the island village of Daiquiri on which the regiment camped one evening, on one side the jungle, on the other a stagnant malarial pool fringed with palm trees. After they stormed Santiago, many of his troops, a third of whom had served in the Civil War, lay wounded in ditches while flies buzzed around them. Sometimes after an American died, villagers would strip the corpse of all its equipment. Humans could be scavengers, too. Roosevelt turned to avian and crustacean imagery to convey the horrors of death. “No man was allowed to drop out to help the wounded,” he lamented. “It was hard to leave them there in the jungle, where they might not be found again until the vultures and the land-crabs came, but war is a grim game and there was no choice.”

Ever since Roosevelt had discovered Darwin’s writings as a boy growing up in New York City, analyzing species and subspecies characteristics became a daily habit. In his 1895 essay on “Social Evolution,” published in the North American Review, he offered a parable about when the dictates of natural selection superseded love of wildlife. “Even the most enthusiastic naturalist,” he wrote, “if attacked by a man-eating shark, would be much more interested in evading or repelling the attack than in determining the specific relations of the shark.” By this criterion, Roosevelt was a dual success in Cuba. He not only thwarted the Spanish sharks but managed to make detailed diary notes regarding vultures and crabs, which he planned to use in his memoir of the war.

What he would call his “crowded hour” occurred on July 1, 1898, when, on horseback, he led the Rough Riders (plus elements of the 9th and 10th Regiments of regulars, African American “buffalo soldiers,” and other units) up Kettle Hill near San Juan Hill in the battle of San Juan Heights. Once the escarpment was captured, Roosevelt, now on foot, killed a Spaniard with a pistol that had been recovered from the sunken Maine. Roosevelt later said that the charge surpassed all the other highlights of his life. Somewhat creepily, it was reported, Roosevelt had beamed through the blood, mutilation, horror, and death, always flashing a wide grin as he blazed into the enemy. Whether he was ordering up artillery support, helping men cope with the prostrating heat, finding canned tomatoes to fuel the troops, encouraging Cuban insurgentes , or miraculously procuring a huge bag of beans, he was always on top of the situation, doing whatever was humanly possible to help his men avoid both yellow fever and unnecessary enemy fire. There was no arguing about it: Colonel Roosevelt had distinguished himself at Las Guasimas, San Juan, and Santiago (although the journalists did inflate his heroics to make better copy).

By the Fourth of July, Roosevelt had become a home-front legend, the most beloved hero produced in what the soon-to¬be secretary of state John Hay called “a splendid little war.” With the fall of San Juan Heights and the Spanish fleet destroyed, Santiago itself soon surrendered. The war was practically over. The stirring exploits of Colonel Roosevelt were published all over the United States, turning him overnight into the kind of epic leader he had always dreamed of being.

But the hardships Roosevelt had suffered were real. Supplies like eggs, meat, sugar, and jerky were nonexistent. Hardtack biscuits—the soldiers’ staple—had bred hideous little worms. Just to stay alive, the Rough Riders began frying mangoes. Worse still, the 100°F heat caused serious de hydration. Then there was the ghastly toll from tropical diseases. Diarrhea and dysentery struck the outfit. Fatigue became the norm. So many Rough Riders were dying from yellow fever and malaria that Roosevelt eventually asked the War Department to bring the regiment home to the Maine coast. On August 14 the Rough Riders, following a brief stopover in Miami, arrived at Montauk Point at the tip of Long Island (not Maine) and were placed in quarantine for six weeks.

In hard, good health, taut and fit, his face tanned, and his hair crew-cut, Roosevelt was living out his boyhood fantasy of being a war hero. He had endured the vicissitudes of combat with commendable grit, and now it was all glory. Something in the American wilderness experience, Roosevelt believed, including his long stints of hunting in the Badlands and Bighorns in the 1880s, had given him an edge over the Spaniards. The same with the Rough Riders, who hailed from the Southwest—Arizona, New Mexico, Oklahoma, and Indian Territory. Not a single Rough Rider got cold feet or shrank back.

Roosevelt believed that the American fighting spirit would only continue as long as outdoorsmen didn’t get lazy and rest on their laurels. Slowly he was developing an underlying doctrine that he would call “the strenuous life.” The majestic open spaces of western America, such as the Red River Valley, the Guadalupe Mountains, the Black Mesa, the Sangre de Cristo Range, the Prescott Valley, and the Big Chino Wash, had hardened his men into the kind of self-reliance Emerson had invoked in his writings. Wouldn’t Rough Riders make terrific forest rangers? Didn’t the wildlife protection movement need no-nonsense men in uniform to stop poaching in federal parks? “In all the world there could be no better material for soldiers than that offered by these grim hunters of the mountains, these wild rough riders of the plains,” enthused Roosevelt.

While the Rough Riders recuperated under yellow-fever watch at Montauk, New York’s Republican Party was urging Roosevelt to run for governor that fall. As he contemplated his political future, everybody clamoring to shake his hand, he found respite watching the pervasive raccoons and white-tailed deer of Montauk. There was even Nantucket juneberry along the sandplains to study. One hundred years later, to honor the Rough Riders’ residence at Camp Wikoff in 1898, Montauk named a 1,157-acre wilderness area Roosevelt County Park.

In August the New York Times ran a feature story about Josephine, reporting that the colonel might raise the big cat at Oyster Bay. But his wife, Edith, put a stop to that plan, and Josephine was carted off to tour the West as a circus attraction. Unfortunately, she got loose or was stolen in Chicago and was never seen again.

The eventual fate of Teddy the golden eagle was just as disappointing. Quite sensibly, Roosevelt had given him to the Central Park Zoo, where he became a popular tourist attraction, but he was killed by two bald eagles put into his cage to keep him company. The body of the regiment’s mascot was shipped to Frank Chapman at the American Museum of Natural History to be stuffed.

Cuba the dog’s story, at least, had a happy ending. Discharged from quarantine, Corporal Jackson headed back to his home in Flagstaff and gave the celebrity terrier to Sam Black, a former Arizona Territory Ranger, with whose family he lived for 16 years in the lap of luxury. When Cuba died of natural causes, he was given a proper military funeral.

On August 20, 1898, Colonel Roosevelt was allowed to leave quarantine to return to his Oyster Bay home at Sagamore Hill for five days. By the time he got there, a groundswell of support had arisen for his gubernatorial candidacy. All around Oyster Bay, he was greeted with shouts of “Teddy!” (which he hated) and “Welcome, Colonel!” (which he loved). “I would rather have led this regiment,” Roosevelt wrote a friend, “than be Governor of New York three times.”

Cleverly, Roosevelt had kept diaries in Cuba, jotting down exact dialogue and stream-of-consciousness impressions. His editor at Charles Scribner’s Sons, Robert Bridges, worried that if Roosevelt ran for governor the war memoir they’d been discussing would have to be put on hold. “Not at all,” Roosevelt assured him. “You shall have the various chapters in the time promised.”

Once back at Camp Wikoff, Roosevelt wandered Montauk Point, care taking his golden eagle and taking little Cuba on walks. Roosevelt seemed like a changed man, disconcertingly calm, studying the undercarriage of wigeon ducks as they flew overhead. Sometimes, particularly when reporters were around, he rode his horse up and down the beach. By having “driven the Spaniard from the New World,” Roosevelt could relax— the burden of family cowardice and the shadow of his father’s hiring of a surrogate for his Civil War service had passed away forever. With nothing more to prove, he could excel as a powerful politician, soapbox expansionist, true-blue reformer, naturalist, and conservationist.

On September 13 a bugle called, and the surviving Rough Riders dutifully fell into formation. In front of them was a card table with a blanket draped over a bulky object. The 1st Volunteer Cavalry had a parting gift for their humane and courageous colonel. Eventually the blanket was lifted to reveal an 1895 bronze sculpture by Frederic Remington, Bronco Buster. (A cowboy was the western term for a cattle driver, while a bronco buster broke wild horses to the saddle.) Tears welled up in Roosevelt’s eyes, his voice choked, and he stroked the steed’s mane as if it were real. “I would have been most deeply touched if the officers had given me this testimonial, but coming from you, my men, I appreciate it tenfold,” Roosevelt said. The Rough Riders had found the best gift possible. It summed up Theodore Roosevelt well: a fearless cowboy, stirrup flying free, determined to tame a wild stallion by putting the spurs to it, a quirt in his right hand, and the reins gripped in the other. A Remington cast of the Bronco Buster now sits prominently in the White House Oval Office for President Barack Obama to appreciate.

The 42-year-old Roosevelt took more than just a Remington bronze to the White House in September 1901; his wilderness values and philosophy came with him, along with his saddle bag. Besides continuing to collect myriad White House pets, Roosevelt used his executive power to save such national heirlooms as the Grand Canyon, Crater Lake, Devils Tower, Mesa Verde, and the Dry Tortugas. On July 1, 1908, to help commemorate his “crowded hour” of battle at Santiago, President Roosevelt created 45 new national forests scattered throughout 11 western states. He also initiated many innovative protocols for range management, wildfire control, land planning, recreation, hydrology, and soil science throughout the American West. It was exactly a decade since his moment of military glory. His “crowded hour” 10 years later put much of the Rocky Mountains and the Pacific Northwest beyond the lumberman’s ax. Adding to the conservationist theme, TR hired as forest rangers men who had served with him in combat. These ex-Rough Riders now protected wild America from ruin under the banner of Rooseveltian conservationism.

What particularly worried President Roosevelt at the dawn of the 20th century was that citizens of New York, Philadelphia, and Boston could not understand the splendor of the American West. “To lose the chance to see frigate birds soaring in circles above the storm,” Roosevelt wrote, “or a file of pelicans winging their way homeward across the crimson afterglow of the sunset, or a myriad of terns flashing in the bright light of midday as they hover in the shifting maze above the beach—why the loss is like the loss of a gallery of masterpieces of the artists of old time.”

Adapted by the author from The Wilderness Warrior: Theodore Roosevelt and the Crusade for America , published by HarperCollins, © 2009

The truth about piranha attacks

Practical fishing

Piranhas aren’t the man-eaters folklore would suggest; you’re much more likely to lose a toe, according to the results of a new survey of piranha attacks in Suriname.

Humans are much more likely to be bitten when piranhas are removed from the water when fishing than they are while bathing in the water, the study claims.

« Many human deaths attributed to piranhas are probably cases of scavenging on drowned or otherwise already dead persons », says Jan Mol of the University of Suriname, who has just published the results of a study on human attacks by piranha.

« In 15 years of field work in Suriname, often wading for hours through ‘piranha-infested’ streams and catching piranhas with hook and line while bathing in the river, I was never injured by free-swimming piranhas.

« Piranhas are usually more dangerous out of the water than in it and most bites occur on shore or in boats when removing a piranha from a gillnet or hook, or when a ‘loose’ piranha is flopping about and snapping its jaws. »

Other studies have come to similar conclusions, but Mol suggests that under some situations the risk of piranha attack is very real.

« In the low-water season, when hungry fishes become concentrated in pools, some piranha species may be dangerous to any animal or human that enters the water. »

Serrasalmus rhombeusMol studied Serrasalmus rhombeus attacks at three locations in Suriname; the villages of Donderkamp and Corneiskondre on the Wayombo River and a recreation park at Overbridge on the Suriname River.

Dozens of people had been attacked at each location, with most injuries resulting in bites to the heel, soles of the feet and toes.

More serious deeper wounds were also inflicted to the legs, arms and body. Some bites were so severe that the fish completely removed the toes, including the phalange bone.

Reader Mike Rizzo suffered this bite from his rhombeus last year. Full story

The recovery of toe phalanges, complete with human flesh and bits of toenail, identified the culprits as Serrasalmus rhombeus, one of the largest and most aggressive piranhas.

« Individuals of this species tend to remain several weeks at one site and this may explain why the respective piranhas were caught at exactly the same spot after their attacks on bathers », says Mol.

« Also, characteristics of wounds of victims from Overbridge resembled bite marks previously documented as caused by S. rhombeus. Furthermore, no Surinamese freshwater fish other than a piranha could be responsible for the injuries reported here. »

None of the three locations surveyed had reported any human deaths due to piranha attacks.

Two epileptic bathers whose badly mutilated bodies were retrieved from the water are believed to have suffered seizures and then been scavenged by the fish.

Villagers interviewed by Mol claimed that piranha attacks in the small villages were unheard of until the population of the village began to rise in 1990.

When the human population peaked, the number of piranha attacks increased.

Feeding, not defenceWhile piranha attacks in other areas have been attributed to attacks by breeding piranhas defending their eggs and fry, Mol believes this is not the case in Suriname.

« In Surinamese rivers most of the reproductive activity of S. rhombeus occurred in the long rainy season of April to July, while most piranha attacks in Overbridge and Donderkamp occurred during the low-water (dry) season of September to November.

« Nevertheless, there is a small possibility that some individual piranhas were reproducing and guarding their spawn and/or spawning sites out of the main season. »

The sites not only lacked stereotypical spawning sites for the species, but the surveys revealed only sexually immature juvenile piranhas, so Mol believes that the attacks stem from feeding behaviour, not the defence of offspring.

How to avoid being eaten1. Piranhas are only found in certain rivers in the Amazon basin. Avoid swimming in South America, unless you have to. If you must bathe there, fill a bucket and wash on land. But look out for Centromochus!

Voir enfin:

Safety in numbers? Shoaling behaviour of the Amazonian red-bellied piranha

Helder Queiroz1 and Anne E Magurran2,*

Biology letters

2005 May 10

Abstract

Red-bellied piranha (Pygocentrus nattereri) shoals have a fearsome reputation. However, the variety and abundance of piranha predators in the flooded forests of the Amazon in which they live indicate that an important reason for shoal formation may be predator defence. Experiments using wild-caught piranhas supported the hypothesis that individual perception of risk, as revealed by elevated ventilatory frequency (opercular rate), is greater in small shoals. Moreover, exposure to a simulated predator attack by a model cormorant demonstrated that resting opercular rates are regained more quickly by piranhas in shoals of eight than they are in shoals of two. Together, these results show that shoaling has a cover-seeking function in this species.

1. Introduction

It is now well established that individual animals accrue significant anti-predator advantages by grouping with conspecifics; for example, in flocks of birds and schools of fishes (Elgar 1989; Magurran 1990; Pitcher & Parrish 1993; Cresswell 1994). However, although the protective properties of groups have been comprehensively investigated (Krause & Ruxton 2002), the individual decisions on which these advantages rest are much less well understood (Tien et al. 2004). Hamilton (1971) proposed that individuals take advantage of the cover provided by other group members to reduce their ‘domain of danger’. The prerequisite for cover-seeking behaviour is a heightened perception of risk by singletons or members of small groups.

Few species have attracted greater notoriety than the red-bellied piranha, Pygocentrus nattereri (Schulte 1988). The species is popularly believed to be a dangerous pack-hunting fish. However, a recent investigation of the red-bellied piranha found no support for cooperative hunting and suggested that an important function of shoaling behaviour in the species is defence against predation (Magurran & Queiroz 2003). This assertion is supported by the observation that, in the flooded forests of the Brazilian Amazon in which we work, piranhas are regularly predated by river dolphins, caiman, aquatic birds and large piscivorous fishes (Bannerman 2001).

Here, we test the hypothesis that piranha shoaling is a form of cover seeking. We make two predictions: first, that fishes will feel safer in larger groups—as indicated by a reduction in their physiological stress response; second, that fishes in larger shoals will recover more quickly from a simulated predator attack. We use ventilatory frequency (opercular beat rate) as our measure of fearfulness. Previous work has demonstrated that opercular rate increases in fishes under predation risk; for example, in the presence of alarm substance (Pfeiffer 1962) or in response to a predator model (Metcalfe et al. 1987; Hawkins et al. 2004). Ventilatory frequency is thought to rise in anticipation of predator evasion (Barreto et al. 2003), even in the absence of prior locomotory activity.

2. Methods

(a) Experiment 1: safety in numbers

We tested the prediction that piranhas perceive larger shoals as safer by measuring the opercular rate of fish as singletons and in shoals of two, four and eight individuals. The investigation took place at Flutuante Arapaima in the Mamirauá Reserve, Amazonas, Brazil. Piranhas are abundant in the flooded forest that comprises the reserve. Our study was conducted during the high‐water season in July 2004.

Fish were collected between 12 and 24 h before testing and held in an underwater cage in their natural habitat so that stress levels were minimized. Trials were conducted in sets of four to ensure comparability of handling, time of day and so on. The order in which the four shoal sizes were tested within a set was varied across the 12 replicates in the experiment. Water was changed regularly. Oxygen levels, which were frequently monitored, did not fall below natural levels. At the beginning of a trial, a shoal of fish was gently placed in the test tank and allowed to settle for 10 min. A focal individual was then selected and its opercular rate measured for 5 successive minutes. Focal individuals, which could be identified by small variations in fin morphology, were chosen haphazardly. Using a single focal individual per group size ensured that the same number of observations was collected in each treatment. The tank was screened to avoid disturbance and all fish were observed from above. We selected the median of the five records of opercular rate per minute for our analysis. Afterwards, all fish were removed and measured, before being returned to the wild. With minor exceptions to make up shoal sizes (less than 2% of cases), fish were not reused. The mean (± s.d.) fork length of fish was 15.5±2.09 cm.

(b) Experiment 2: response to predator ‘attack’

We exposed piranhas in shoals of two and eight to a simulated attack from a realistic model cormorant, to test the prediction that larger groups regain their previous ventilatory rate faster than smaller groups. The olivaceous cormorant, Phalacrocorax olivaceus, is an important predator of piranhas at Mamirauá (H. Queiroz and A. E. Magurran, personal observation). During each trial, the 75 cm-long model swooped from its perch and splashed into the water in the test tank (60×15×60 cm3 with water 20 cm deep). The model was then immediately removed. We recorded the opercular rate of a focal individual for five successive minutes after the attack. These values were contrasted with baseline opercular rate for the same focal individual, which had been measured for 1 min before the presentation of the model. There were 10 replicates per shoal size. No piranhas were tested more than once and different individuals were used in experiments 1 and 2.

3. Results

(a) Experiment 1: safety in numbers

Our first experiment revealed a marked reduction in opercular rate with increasing group size (figure 1). A repeated‐measures ANOVA on the untransformed data confirmed that the decline within sets was significant (F3,33=12.67, p<0.001). Post hoc analysis using the Bonferroni–Dunn test showed that there was no significant difference (p>0.05) in opercular rate between singletons and groups of two, nor between groups of four and eight. The opercular rate in shoals of eight was 25% lower than for singletons. Overall, there was no relationship between the size of the focal individual and its opercular rate (F1,46=0.005, p=0.94).

Opercular rate (per minute) of the focal individual as a proportion of the singleton’s opercular rate (indicated by the line through unity) in a set of four tests. Mean value (± s.e.) is shown.

(b) Experiment 2: response to predator ‘attack’

The second experiment took advantage of the observation that focal individuals in shoals of eight have a lower opercular rate than do individuals in shoals of two. Piranhas in both shoal sizes reacted vigorously to the predator model. Experiment 1 had shown that there was no trend in opercular rate over 5 min for groups of two and eight in the absence of direct threat: one sample t-test of slope coefficients of the relationship between opercular rate and time: shoal of two t11=0.254, p=0.80; shoal of eight t11=1.338, p=0.21. By contrast, opercular rates in was experiment, 2 increased dramatically following the presentation of the model (figure 2). We detected a significant difference between shoal sizes in response (repeated‐measures ANOVA on proportion data: F1,18=11.2, p=0.004) and a significant interaction between shoal size and time after presentation (F4,72=4.77, p=0.002), indicating that the pattern of recovery also differed (figure 2). Opercular rates returned to the baseline levels more rapidly in the larger shoals.

Mean opercular rate (± s.e.) of the focal individual in shoals of two and eight, in the 5 min period following predator attack, as a proportion of its baseline value (indicated by the line through unity). Diamond symbols represent …

4. Discussion

The popular image of red-bellied piranhas portrays them as more feared than fearful. However, the results of our investigation are consistent with an anti-predator function for shoaling in the species. We found that opercular rate, which typically increases under risk (Metcalfe et al. 1987; Barreto et al. 2003), and may be indicative of a fish’s preparedness to flee (Hawkins et al. 2004), was lower in larger groups, even in the absence of an overt predation threat. Furthermore, after a simulated attack, opercular rate remained elevated for longer in the smaller shoals. Because the size of red-bellied piranha shoals at Mamirauá ranges from fewer than 10 to about 100 (H. Queiroz and A. E. Magurran, personal observation), the grouping advantages detected in this experiment are applicable to fishes in the wild. Our study not only casts new light on the behaviour of a charismatic, though poorly researched species, but also reveals how a fish’s perception of risk is affected by shoal size.

In the flooded forest at Mamirauá, shoals of fishes (including piranhas) are constantly under risk of attack. A large body of literature attests to the many anti-predator advantages enjoyed by larger groups (Krause & Ruxton 2002). In addition to increased vigilance, there are benefits related to dilution and predator confusion. The probability that a predator will successfully capture a fish declines with shoal size (Neill & Cullen 1974). For these reasons fishes seek cover by placing themselves next to other individuals (Williams 1964; Hamilton 1971; Williams 1992). Previously, we showed that large, reproductively mature piranhas position themselves in the centre of a shoal, and take fewer risks than smaller, immature individuals during foraging (Magurran & Queiroz 2003). The present study strengthens the conclusion that individual piranhas join shoals to reduce their risk of capture. In our study, we examined fish that had no cover from the simulated predation attack. However, piranha shoals may occur in the flooded forest itself as well as in open water in Mamirauá lake, and it is probable that they use the cover provided by submerged branches to evade predators. It would be interesting to determine whether the benefits of shoaling as a cover-seeking device reduce in the presence of physical cover to shelter in.

Time devoted to predator avoidance is time lost from other activities such as foraging. This trade-off can be optimized by resuming previous behaviour as soon as possible after the threat has abated (Krause & Ruxton 2002). For this reason, membership of a larger shoal provides advantages over and above the differences in baseline ventilation frequency. Because higher opercular rate is associated with higher metabolic rate (Shelton 1970; Olson 1998), piranhas in smaller shoals probably also experience greater oxygen requirements. Physiological costs could be particularly significant in this habitat as the flooded forest is seasonally affected by low levels of dissolved oxygen, a result of high rates of decomposition (Henderson et al. 1998). Periodic mass fish kills are a natural phenomenon here (Henderson et al. 1998). Individual mysids (Euphasia superba) consume less oxygen in larger swarms than in small groups (Ritz 2000), even when performing escape responses (Ritz et al. 2001). Our results point towards a similar benefit in piranhas.

Acknowledgements

The authors acknowledge the Royal Society, Mamirauá Institute and the following people without whom our fieldwork would not have been possible: Dalvino and Jonas Costa collected fishes, Divina and Luzia dos Santos maintained the field laboratory and Danielle Cavalcante and Carlos Maciel helped in the pilot study. Two referees made insightful comments on the paper.

References

Bannerman M. Instituto de Desenvolvimento Sustenável Mamirauá; Tefé, Brazil: 2001. Mamirauá: a guide to the natural history of the Amazon flooded forest.

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Williams G.C. Oxford University Press; 1992. Natural selection: domains, levels and challenges.

2. Piranha attacks are greatest during the dry season when water levels are lowest and the fish breed, resulting in thousands of hungry young piranhas in the water.

3. Human attacks are most common in areas where human densities are highest in the water, such as popular swimming spots.

4. Noise and splashing attracts piranhas, so try to avoid making a commotion while you’re taking a dip. Piranha most commonly attack children for this reason.

5. If you’re a menstruating woman, don’t swim in the water, as any leaking blood may attract piranhas. In Amerindian villages, women in menstruation are not allowed to bathe for this reason, says Mol.

6. Don’t throw dead fish, offal or other food into the water. Piranhas are not strictly carnivorous, so any food in the water might attract them into the area.

7. Piranha attacks are not isolated incidents. If you spot any signs erected by locals saying « Warning Piranhas », it’s probably sensible to avoid bathing there.

For more information see the paper: Mol JH (2006) – Attacks on humans by the piranha Serrasalmus rhombeus in Suriname. Studies on Neotropical Fauna and Environment, December 2006; 41(3): 189-195.

Voir enfin:

This article originally appeared in Piranha meat: It can take a bite out of what ails you © 1998 Houston Chronicle Houston Chronicle Publishing Company Division (“The Chronicle”), © 1985 – 2002 Hearst Newspapers Partnership, L.P. All rights reserved. By ERIC J. LYMAN Special to the Chronicle PUCALLPA, Peru — Feeling old? Tired? There is something found around these parts that a lot of people say can help. Men in their retirement years eat it, start new families and swear by it. So do childless women, who drink it and give birth. Found in the Peruvian rain forests, the demand for it is phenomenal. But it isn’t some pharmaceutical corporation’s answer to Viagra, the impotence drug, nor is it available at a corner drugstore. In fact, an Amazonian witch doctor here must be consulted for a prescription. It’s piranha. The bitter-tasting flesh of the fish that have devoured so many villains in jungle B-movies is hailed here as the cure for problems dealing with fertility, virility, even baldness. It is said to be the ultimate aphrodisiac. « The power of the meat can cure many things, » said Flor, a Peruvian witch doctor who specializes in concoctions based on piranha meat. « It is one of the strongest medicines the world has known. » The scientific community, of course, scoffs at the anecdotal claims of the supporters of piranha-based cures. The meat, they say, is acidic, sometimes toxic and utterly without medicinal powers. « These claims about the power of the piranha fish meat have been around for a very long time, and there has never been any scientific evidence to support it, » said Celso Pardo, the dean of a Lima pharmacological institute. « People see an aggressive, macho animal, and they say, `I want to be more like that.’  » Such disparaging words do not faze the supporters of the bony fish. Piranha fisherman Miguel Socorro, for example, said his father had been sterile before eating piranha and fathering Socorro and his two siblings. Maria Luisa Quepo, a childless woman near Pulcallpa, gave birth to twins when she was in her 40s after drinking a piranha-based brew. And the mayor of a nearby village, a widower in his 60s, started a second family with the help of the fish. Countless couples here say they’ve used the seductive powers of the piranha to spice up otherwise unimaginative marriages. « The people helped by the fish don’t need proof from scientists, » said the witch doctor, Flor, whose name means « flower » in Spanish. Catching a piranha isn’t easy. The best fishermen start early in the morning by pouring buckets of blood around their boats to attract the fish, which gather with such ferocity that the water near the boat seems to be boiling. The fishermen slap the waters with their fishing poles to mimic the splashing sounds of an animal in distress — something that excites the piranha even more. Then they they drop in multipronged hooks baited with chunks of red meat. The piranha just nibble at the meat, but a slight tug at the hook-lines tells the fisherman to jerk the hooks upward, something as likely to snag the fish in the gills or tails as in the mouths, since the piranha do not allow hooks past their razor-sharp teeth. « The process is difficult, but a good fisherman can catch 12 or 15 piranhas before the sun gets too hot, » said Socorro, the fisherman. The piranhas sell for a little less than $1 each to witch doctors like Flor, meaning a successful fisherman can make the average weekly wage near Pulcallpa of $16 or so in a little more than a day of fishing. Flor charges about $4.25 for most of his signature brews, which use one or two fish each. « This is one of the most profitable businesses a man can get into near here, » Socorro said proudly. Some of the region’s piranha trading takes place at a fish market just outside Pulcallpa. On one edge of the market, away from the tables and mats where more traditional fish are bought and sold, a handful of fishermen and buyers go over the day’s piranha catch. Large black-bellied fish are generally worth a little less and are in highest demand by artisans, who make necklaces from the larger- than-normal jaws and teeth to sell to tourists. The meat from a red-bellied piranha, by contrast, is considered potent and is snapped up by healers. Meat from a baby piranha is thought to start working quicker; pregnant piranhas are used to solve fertility-related problems. According to Flor, medicinal uses of the piranha go back generations, though he said that he personally « discovered » the formulas he uses to make some of his most potent potions. « Medicine in the jungle is always changing, always becoming better, always discovering new cures and powers, » Flor said. « The things we can’t cure are only because we haven’t figured out how yet. » But Pardo, the pharmacist, said any power claimed to reside in the fish is purely psychological. « If there’s any effect at all, it’s due to somebody being convinced it will work, » he said, « and then it does. » « That’s not such a bad thing, » he added, « just as long as people don’t take it too seriously and start hailing it as the next great miracle cure. » Or the next new impotence drug. Whoever is right, the witch doctor or the pharmacist, it makes no difference to people like Quepo, the formerly childless woman who gave birth to twins when she was 43 — a miracle she attributes to piranha. « I don’t understand science, and I don’t know why it works, but it does, » she said. « Before I took the medicine, my husband and I were alone. Now, thank God, we have two little children. » After 5-hour trip into jungle, I’m at home with witch doctor The route to the home of the witch doctor known as Flor is long and difficult, but it doesn’t discourage visitors. Inside his wooden hut, a sweaty five hours by dugout canoe and foot from the Amazon jungle city of Pucallpa, Flor brews his mysterious potions and medicines for an average of three « clients » a day. « People, » he said plainly, « they want what I have. » They want it for dozens of reasons. Flor boasts cures for maladies ranging from infertility to baldness, from alcoholism to poor night vision. During a recent visit, Flor told me he could cure me of whatever ailed me. ` »You have all your hair, » he said, stroking his chin. « Any fertility problems? » I told him I was single, but he wasn’t deterred. « Do you have problems shooting an arrow straight? » he asked, a little more desperate. « Do you make too much noise when you walk through the jungle? Do your feet sweat when you sleep? » Flor wasn’t what I thought an Amazon witch doctor would be. He wasn’t dressed in bright robes, his face wasn’t painted in cryptic patterns. In fact, he was virtually indistinguishable from the 60 or so people in the nearby village of Nuevo Destino — Spanish for New Destiny — with his earth-tone clothes and high, Indian cheekbones. His Spanish was fairly articulate, given that it wasn’t his native language. The Shapibo Indian language is spoken by most people in the area. The route to his hut included a maze of minor river tributaries — some of which had to be blazed by breaking off or slipping under branches from fast-growing Amazon trees — and then a muddy, hourlong walk along an overgrown path. Flor’s hut, on the southern edge of Nuevo Destino, looks as if it grew out of the land around it. Weeds sprouted between the unevenly spaced floor and the wooden-and-palm-thatched roof seemed to absorb the tube of smoke rising up from the flame Flor used to heat the potion he was making for me. The brew he concocted for me included an ounce or two of piranha meat along with a ground-up mixture twigs, herbs, powders and some drops from an odd assortment of bottles that Flor kept on a shelf with the skull of a huge Caiman. The gritty potion tasted bitter, but Flor and my guide urged me to drink it down as they chatted in Shapibo. After I took a few hesitant sips, Flor took the clay pot back and smiled a toothless smile. He declared me almost cured. Of what? I asked Flor and my guide. They looked at me as if I should have perhaps asked for a cure for being dimwitted. A few seconds passed, and Flor spoke slowly. « You will find love, » he said, « within 30 days. » That time has nearly passed, but I haven’t given up hope. –By Eric J. Lyman July 17, 1998 – Page C-1

Voir enfin:

Theodore Roosevelt explorateur

Positivisme et mythe de la frontière dans l’expediçao cientifica Roosevelt-Rondon au Mato Grosso et en Amazonie (1913-1914)

Armelle Enders

Revue d’histoire d’Outremer. Explorations, colonisations, indépendances, Paris, t.85 (1998), n° 318, p.83-104.

Nuevo Mundo

14/02/2005

Résumé

De décembre 1913 à la fin d’avril 1914, l’ancien président des Etats-Unis Theodore Roosevelt dirige une expédition scientifique à l’intérieur des Etats brésiliens du Mato Grosso et d’Amazonie. Le but principal de celle-ci consiste à reconnaître environ 700 km du cours d’un fleuve considéré comme « inconnu », lequel reçoit le nom de « Roosevelt » au terme d’un voyage périlleux. La logistique de l’expédition est assurée par le gouvernement brésilien, représenté par le colonel Cândido Mariano Rondon, célèbre par ses explorations dans l’intérieur du pays et sa politique à l’égard des Amérindiens. A son retour dans l’hémisphère nord, Theodore Roosevelt met sa notoriété au service de sa propre légende, mais aussi de la propagande des missions militaires brésiliennes et des apports de celles-ci à l’extension de la Civilisation à travers la forêt vierge.

1Dans les années 1910, l’Amérique du Sud en général et le Brésil en particulier sont des destinations qu’empruntent un nombre croissant de personnalités. Ainsi, Anatole France, Clemenceau, Jaurès, s’arrêtent à Rio de Janeiro et São Paulo en 1910 et 1911, et, l’ancien président des Etats-Unis Theodore Roosevelt débarque le 21 octobre 1913 à Rio de Janeiro, où il inaugure une tournée de conférences et de visites qui doivent ensuite le mener à Montevidéo, Buenos Aires, et Santiago du Chili, conformément à un programme bien rôdé par les visiteurs étrangers. L’originalité du passage de Theodore Roosevelt (1858-1919) au Brésil réside dans dans la seconde partie de son voyage, beaucoup moins classique, qui commence le 12 décembre 1913 sur la frontière fluviale qui sépare le Paraguay du Brésil pour s’achever le 30 avril de l’année suivante à Manaus.

2Entre-temps, l’ancien président et son équipe de savants américains ont été confiés aux soins du colonel Cândido Maria da Silva Rondon (1865-1958) et les mondanités ont cédé la place à l’Expédition Scientifique Roosevelt-Rondon, dont l’objectif avoué consistait à parcourir plusieurs milliers de kilomètres dans des conditions périlleuses, collecter des spécimens de la faune locale, et, surtout, reconnaître le cours d’un fleuve oublié des cartographes depuis plusieurs siècles. Ne sachant trop s’il se jetait dans le Guaporé ou s’il s’écoulait en direction du Madeira, Rondon l’avait appelé « fleuve du Doute » (Rio da Dúvida), lors d’une reconnaissance effectuée dans la région en 1909. Sur les instances du gouvernement brésilien, il le rebaptise « Roosevelt » pour conclure glorieusement l’exploration. C’est ce nom, ou parfois celui de « rio Teodoro », que l’on lit toujours sur les cartes du Mato Grosso actuel.

1 « Roosevelt a débarqué à Manaus sur une civière, à l’abri des regards. Cf Esther de Viveiros, Rondon (…)

3Le tribut payé pour cet hommage est cependant élevé : tous les membres de l’expédition ont souffert de la faim et des fièvres, trois porteurs ont trouvé la mort, Kermit Roosevelt, le fils du président, a échappé de peu à la noyade, et, c’est un Roosevelt considérablement amaigri, fiévreux et blessé, qui est discrètement débarqué au petit matin à Manaus1. Ces souffrances ne sont même pas récompensées par l’admiration générale. L’exploit du chef des Rough Riders est immédiatement accueilli par un mélange d’éloges qui saluent l’exploit et de persiflages qui ironisent sur la validité de sa « découverte ». On peut donc se demander si les dangereuses tribulations de Theodore Roosevelt dans la jungle amazonienne ne répondaient pas à quelque dessein de la diplomatie brésilienne et si elles n’ont pas profité principalement à un groupe de militaires brésiliens, adeptes du positivisme et de la conquête des marches de leur pays et de leurs habitants.

« Que vient faire M. Roosevelt au Brésil ? »2

2 Titre du journal carioca Correio da Manhã, le 22 octobre 1913.

3 Roosevelt, Theodore, Through the Brazilian Wilderness, New York, Charles Scribner’s sons, 1914, et S (…)

4La minceur des apports scientifiques de l’Expedição Científica Roosevelt-Rondon ont fait classer celle-ci au chapitre mineur des activités cynégético-naturalistes de « TR ». Pourtant, le titre retenu pour le récit de voyage que l’ancien président publie dès son retour à New York chez Scribner’s Sons, Through the Brazilian Wilderness, suggère qu’il souhaite se placer dans le sillage de son compatriote Stanley, auteur d’une exploration remarquée du fleuve Congo à la fin des années 1870, exploration qu’il avait relatée dans un ouvrage intitulé Through the Dark Continent3.

4 Correio da Manhã, 20 octobre 1913.

5Lors de l’arrivée à Rio de l’homme d’Etat, le quotidien d’opposition carioca Correio da Manhã retrace brièvement les étapes biographiques de Roosevelt, présenté, à grand renfort de mots anglais, comme un « ancien cowboy qui a fait la guerre aux Indiens au Far-west », un « homme politique, écrivain, sportsman, soldat, globe-trotter »4.

6Depuis ses débuts en politique, Theodore Roosevelt a en effet alterné et cumulé les rôles. S’il n’a pas « fait la guerre aux Indiens », il s’est pris effectivement pris de passion pour le « far west » quelques années avant la fermeture de la « Frontière ». Le mot cowboy est souvent utilisé par les les milieux politiques et intellectuels brésiliens pour désigner le président américain avec une condescendance tout aristocratique, sans savoir que Roosevelt est, précisément, un des inventeurs du cowboy.

5 Miller, Nathan, Theodore Roosevelt, a life, New York, Quill/WilliamMorrow, 1992; et surtout, Ricard, (…)

6 Frederick J. Turner s’était rendu célèbre en prononçant à Chicago en 1893 une conférence intitulée  » (…)

7Au début des années 1880, Roosevelt, qui appartient à l’aristocratie new yorkaise la plus traditionnelle, se singularise en achetant un ranch dans le Dakota où il réside de longs mois5. Cette expérience est déterminante pour l’intellectuel qui découvre dans les grandes plaines ce qu’il perçoit comme l’essence de la nation américaine, la progression héroïque de la civilisation, la naissance d’un peuple dans la lutte contre des conditions hostiles. Il théorise ensuite cette expérience, avant Frederick J. Turner6, en publiant entre 1889 et 1896 une histoire de la conquête de l’Ouest, The winning of the West, qui obtient un gros succès et formule les clichés et les stéréotypes d’une mythologie naissante. Le dandy souffreteux et policé, diplômé de Harvard et de Columbia, rentre à New York transformé en pionnier viril, chantre de l’énergie et des vertus de l’Amérique profonde.

7 Sa seule prestation à l’Instituto Histórico Geográfico Brasileiro, par exemple, lui est payée 2000 $ (…)

8Depuis son départ de la Maison Blanche, qu’il a occupée de 1901 à 1909, la reconnaissance internationale de Theodore Roosevelt croît de manière inversement proportionnelle à sa fortune politique. En 1912, il n’obtient pas l’investiture républicaine pour l’élection présidentielle, il se présente à la tête d’une dissidence « progressiste », mais est battu par le démocrate Wilson qu’il honnit particulièrement. En revanche, les sociétés savantes et les académies du monde entier invitent volontiers le prix Nobel de la Paix de 1910, l’essayiste dévoreur de livres, l’amateur éclairé des sciences naturelles qu’est Theodore Roosevelt, et lui permettent ainsi de conforter ses revenus7.

9De l’Expédition scientifique Roosevelt-Rondon, « TR » peut escompter un regain d’admiration sur le plan politique intérieur et rappeler à l’opinion américaine qu’à cinquante-cinq ans, le colonel des Rough Riders possède toujours la vigueur du temps où il était le plus jeune président de l’histoire des Etats-Unis.

8 Cf. Ricard, Serge, « Theodore Roosevelt et l’avènement de la présidence médiatique aux Etats-Unis », V (…)

9 Correio da Manhã, 24 octobre 1913.

10 Correio da Manhã, 22 octobre 1913.

11 Zahm, J.A., (H.J. Mozans), Through South America’s southland with an account of the Roosevelt Scient (…)

10Expert dans l’art de manœuvrer la presse8, celui-ci prend soin de se faire surprendre par des journalistes à Rio, le doigt pointé sur les cartes de la Brazilian wilderness , alors qu’il s’entretient avec deux collaborateurs de Rondon9. Le Correio da Manhã rapporte ainsi ses propos : « M. Roosevelt a l’intention d’organiser des collections de plantes et d’animaux des Tropiques, y compris des insectes, et emportera, comme il le pourra, les dépouilles de la bataille qu’il va engager contre…l’inconnu. Il destine une part de ses collections (celle du lion) aux musées nord-américains, et l’autre, au Museu Nacional et à celui du Pará »10. Il y a sans doute, dans le voyage à travers le Brésil central, la volonté américaine de marquer le continent de son sceau scientifique. Dans le récit qu’il consacre à la tournée sud-américaine de Roosevelt, le père Zahm, familier de l’Amérique andine, se vante d’avoir pressé le président d’ouvrir la piste aux savants américains : « En comparaison avec les merveilleux résultats des explorateurs allemands, nos hommes de science américains n’ont pas accompli grand’chose dans l’intérieur des régions equinoxiales ; et il semble que si M. Roosevelt pouvait être convaincu de pénétrer le territoire peu connu du Mato Grosso et de l’Amazonie, il stimulerait ses compatriotes à consacrer plus de temps qu’auparavant à l’exploration des régions vastes et inconnues drainées par les eaux de l’Amazone et de l’Orénoque »11. Le titre du livre du père Zahm reste d’ailleurs fidèle au projet qui consistait à mettre sur pied une Roosevelt Scientific Expedition et fait disparaître Rondon du haut de l’affiche.

Sous la protection de Cândido Rondon

11Il y a lieu de croire, d’autre part, que les autorités brésiliennes n’ont pas promené sans dessein l’homme du Big stick, l’auteur du corollaire à la Doctrine Monroe, dans des régions que leurs diplomates et leurs militaires considèrent comme extrêmement sensibles et à propos desquelles ces derniers se sont toujours montrés particulièrement chatouilleux. Au-delà des enjeux diplomatiques évidents, qui visent à consolider le soutien des Etats-Unis d’Amérique aux Etats-Unis du Brésil en cas de litige sur la souveraineté de ceux-ci dans le bassin amazonien, un groupe de militaires positivistes trouve dans le passage de Roosevelt dans leur pays une occasion de promouvoir à l’étranger une facette particulière de la modernité brésilienne. L’illustre touriste ne témoignera pas seulement des réussites du Brésil littoral, de l’assainissement et de l’embellissement récents de la capitale fédérale, des travaux spectaculaires menés par le docteur Vital Brazil au Butantã, l’Institut ophidien de São Paulo, – étapes obligées des visiteurs de marque -, il verra aussi comment les Brésiliens participent à l’extension de la Civilisation dans des contrées sauvages et arriérées.

12 Lettre de Frank Harper, secrétaire de T.Roosevelt, au ministre des Relations Extérieures, Arquivo do (…)

13 Roosevelt,Theodore, Mes chasses en Afrique, Paris, Hachette, 1910.

12Le montage de l’expédition est due en grande partie au ministre brésilien des Relations Extérieures, Lauro Müller (1863-1926). Le projet initial de Roosevelt était plus modeste que la tournure prise ultérieurement par les événements, comme en témoigne la lettre détaillée adressée par l’ancien président aux autorités brésiliennes12. Roosevelt, qui a été invité par le Museo Social de Buenos Aires, est décidé à profiter de cette occasion pour parcourir l’intérieur du continent sud-américain, de l’estuaire de La Plata à Caracas, en suivant les voies fluviales des bassins du Paraguay et de l’Amazone. Pour ce faire, il sollicite du gouvernement brésilien la logistique nécessaire à ce voyage très aventureux à travers des régions à peine reliées au télégraphe en ce début du XXe siècle. Roosevelt entend être accompagné de quelques ornithologues de l’American Museum of Natural History de New York, comme il s’était entouré de naturalistes du Smithsonian Institute lors de son safari est-africain de 190913.

14 Roosevelt, Theodore, Through the Brazilian wilderness, New York, Charles Scribner’s sons, 1914, p. 8 (…)

15 Fausto, Boris (éd.), História Geral da Civilização Brasileira, III, 2, São Paulo, Difel, 1985, 3e ed (…)

16 Amado, Luiz Cervo, et Bueno, Clodoaldo, História da política exterior do Brasil, São Paulo,1992.

13Lauro Müller profite de l’aubaine pour donner à cette visite privée un retentissement important, couvrir Roosevelt d’hommages et faire connaître le Brésil à l’étranger14. Il avait succédé en 1912 au Palais Itamarati (le Quai d’Orsay brésilien) au baron de Rio Branco (1845-1912) qui avait occupé le poste pendant dix ans et marqué pour longtemps la diplomatie brésilienne. Premier ministre des affaires étrangères à s’être rendu en voyage officiel aux Etats-Unis15, Lauro Müller restait fidèle à l’héritage de Rio Branco qui privilégiait l’alliance avec la grande république du Nord16.

14Rio Branco devait son immense prestige à l’efficacité de ses méthodes qui avaient permis d’agrandir pacifiquement le territoire brésilien et d’en faire reconnaître internationalement la plupart des frontières. Ainsi, en 1900, Rio Branco parvient à un arrangement avec la France à propos de l’Amapá, il obtient de la Bolivie la cession de l’Acre (1903), règle les problèmes frontaliers avec la Grande-Bretagne (1904), le Vénézuela (1905), les Pays-Bas (1906), la Colombie (1907) et le Pérou (1909). Lorsque les positions semblent inconciliables, Rio Branco recourt à l’arbitrage international.

17 Cité dans Amado, Luiz Cervo, et Bueno, Clodoaldo, op.cit., p.171-172. Voir aussi, des mêmes auteurs, (…)

15Comme le Brésil est l’Etat du continent américain qui possède le plus de frontières avec des puissances européennes, l’impérialisme de celles-ci, qui achèvent de se partager l’Afrique, paraît bien plus menaçant à Rio Branco que les appétits nord-américains. Rio Branco redoute en effet que les Européens n’imposent au bassin de l’Amazone le régime de liberté de navigation et de commerce en vigueur dans le bassin conventionnel du Congo depuis la Conférence de Berlin. L’alliance privilégiée du Brésil avec les Etats-Unis, l’accueil favorable réservé au Corollaire Roosevelt de la Doctrine de Monroe (1904), ont pour but principal de préserver la souveraineté brésilienne en Amazonie, car, écrit Rio Branco, « si jamais les Etats-Unis invitaient des Etats européens à exploiter des terres en Amérique du Sud et à imposer la liberté complète de l’Amazonie, ils refuseraient difficilement l’invitation »17.

18 Sur les conceptions de Theodore Roosevelt, cf Ricard, Serge, op.cit.

16Le discours que prononce Roosevelt devant l’Instituto Histórico e Geográfico Brasileiro, en présence de Lauro Müller, à Rio en octobre 1913, fait écho aux paroles du baron de Rio Branco. Toute l’œuvre d’écrivain et d’homme politique de Theodore Roosevelt fait de l’expansion coloniale la victoire de la civilisation sur la barbarie, l’apanage des peuples forts, une sorte de darwinisme des peuples qui condamne les plus faibles à la disparition18. Cette tâche est l’affaire des Européens en Afrique et dans une partie de l’Asie. Par la Conquête de l’Ouest, les Etats-Unis ont accompli chez eux leur œuvre de Progrès et reçu de l’Histoire et de leur destin singulier une mission civilisatrice identique à celle exercée par la Grande-Bretagne et la France. La mise en valeur de territoires sauvages est même, pour Roosevelt, une condition de la sécurité. La « mission civilisatrice » justifie pleinement dans les années 1910, du point de vue du droit international, l’intervention d’une puissance tutélaire dans les régions considérées comme sauvage. Inversement, les puissances tutélaires qui faillissent à leur mission sont affaiblies sur la scène internationale, et même, encourent la déchéance de leurs droits. Roosevelt aborde ce thème dans les discours qu’il prononce à Rio en octobre 1913 : « Ici, en Amérique, les nations civilisées ne doivent pas craindre de grandes invasions militaires, pas plus que nous ne devons redouter l’existence de vastes territoires peuplés de sauvages qu’il incombe aux nations civilisées de contrôler et qui, à moins qu’ils ne tombent sous la tutelle d’une nation civilisée et préparée pour cela, deviendront facilement dans ces conditions la propriété d’une autre nation ». Plus loin, l’allusion se précise :

19 Discours prononcé à l’Instituto Histórico e Geográfico Brasileiro, le 24 octobre 1913, Revista do IH (…)

20 Roosevelt indique qu’il a été prévenu de la nouvelle dimension prise par son voyage en arrivant à Ri (…)

17″Il y a une doctrine cardinale sur laquelle nous sommes tous d’accord qui est que l’Amérique ne doit pas être traitée comme un champ de nouvelles colonisations ou d’agrandissement territorial de la part de toute puissance du Vieux Monde »19. C’est là la version civilisatrice du « corollaire Roosevelt ». Il appartient aux nations du continent américain de faire avancer leur propre « Frontière » de colonisation, de lancer leurs pionniers à l’assaut d’une nature vierge et d’une Humanité barbare, comme les Etats-Unis l’ont accompli avant eux, faute de quoi, les appétits s’aiguiseront et la paix du continent sera menacée. Dans une telle perspective, l’idée de l’Expedição Científica Roosevelt-Rondon , qui remplace in extremis la Colonel Roosevelt’s South American Expedition for the American Museum of Natural History20, est un coup de génie de Lauro Müller.

21 Le parallèle entre les deux hommes peut être poursuivi quarante ans après l’Expédition. A la fin des (…)

18Ce dernier ne se contente pas de faciliter le voyage des Américains dans une zone considérée comme stratégique, mais les fait encadrer par des militaires brésiliens fort patriotes. Pour la parfaite symétrie de l’expédition, l’institution new-yorkaise a pour pendant brésilien le Museu Nacional de Rio de Janeiro, et, le prestigieux colonel Roosevelt a pour homologue le colonel Cândido Mariano da Silva Rondon21. Personne, en effet, n’était plus qualifié que Rondon pour faire valoir les capacités du gouvernement brésilien à mettre en valeur les sertões du Mato Grosso et la selva amazonienne, ni ne pouvait saisir mieux que lui l’opportunité d’attirer sur son œuvre les feux de la grande presse américaine et la renommée internationale de Theodore Roosevelt.

22 Lettre à Henry Cabot Lodge, sur le fleuve Paraguay, 12 décembre 1913, Selection from the corresponde (…)

23 Ricardo, Cassiano, Marcha para o Oeste. A influência da « Bandeira » na formação social e política do (…)

19Né en 1865 à Mimoso, dans l’immense province du Mato Grosso, Rondon compte des aïeules Borôro et Terena du côté de sa mère. C’est d’ailleurs par cette particularité qu’il est présenté à Roosevelt qui pense avoir affaire à un « full blooded Indian »22. Orphelin et pauvre, Rondon s’engage dans l’Armée brésilienne et réussit à entrer à l’Ecole Militaire de Praia Vermelha à Rio de Janeiro, où il rencontre la brillante génération d’officiers gagnés aux idées positivistes par le professeur de mathématiques Benjamin Constant Botelho de Magalhães. Il y fait notamment la connaissance d’Euclides da Cunha, l’auteur de Os Sertões, publié en 1902, et de Lauro Müller. Comme ses camarades, Rondon participe à la Proclamation de la République mais ne quitte pas la carrière d’ingénieur militaire pour la politique comme Lauro Müller, qui représente pendant de nombreuses années son Etat du Santa Catarina au Congrès fédéral, fait une belle carrière ministérielle et appartient aux noms que l’on cite au moment des successions présidentielles. Lauro Müller avait conservé de la sympathie pour les idéaux colonisateurs de ses compagnons de jeunesse. En 1891, c’est lui qui rapporte l’article de la constitution qui prévoit le transfert de la capitale fédérale sur le plateau central du Brésil23.

24 Viveiros, Esther de, Rondon conta sua vida, Rio de Janeiro, Livraria São José, 1958, p.107.

25 Lima, Antônio Carlos de Souza, O santo soldado. Pacificador, bandeirante, amansador de Indios, civil (…)

20Toute sa vie, Rondon révère la mémoire et l’influence de Benjamin Constant Botelho de Magalhães (mort en 1891), au point de donner à sa première fille le nom de la fille de Benjamin Constant (Aracy) et d’appeler son fils Benjamin24. Un de ses compagnons et héritiers spirituels, n’est autre qu’Amílcar Botelho de Magalhães, neveu du grand homme25.

26 Viveiros, Esther de, op. cit. p.68 et sq.

27 Viveiros, Esther de, op. cit. p.107.

21Formé à l’astronomie, Rondon est envoyé en 1890 dans son Mato Grosso natal pour servir la Commision des Lignes télégraphiques Stratégiques de Cuiabá à l’Araguaia, confiée au major Ernesto Gomes Carneiro 26. L’extension du réseau de communication dans les régions frontalières du Paraguay et de la Bolivie obéissait d’abord à des considérations géopolitiques. La guerre contre le Paraguay un quart de siècle plus tôt, les disputes territoriales récurrentes avec les voisins, prouvaient suffisamment la nécessité de rappeler la souveraineté brésilienne sur ses marches peu peuplées et de raccourcir le voyage des informations entre le centre et les périphéries. A la fin du siècle dernier, on met au bas mot trois semaines à rallier le Mato Grosso depuis Rio de Janeiro. En 1892, Rondon met même trois mois à rejoindre Cuiabá après une route particulièrement semée d’embûches, de quarantaines et de contre-temps27.

22Sur le terrain, l’installation de la ligne à travers la forêt prend une tout autre dimension. Pour faire passer le télégraphe, il faut reconnaître des régions peu ou mal cartographiées, procéder à des relevés topographiques, rencontrer les populations de l’intérieur, des fazendeiros isolés et des Indiens misérables et exploités, se frotter aux Indiens réputés bravos, que l’on dit aussi nus, féroces et anthropophages que ceux que rencontra Hans Staden au XVIe siècle. L’euphorie missionnaire et civilisatrice gagne ces officiers progressistes que sont Gomes Carneiro et Cândido Rondon. Ils rêvent de chemins de fer, de colonisation, d’incorporation pacifique des aborigènes dans l’ensemble national.

28 Viveiros, Esther de, op. cit. p.227.

23Après la mort de Gomes Carneiro, Rondon dirige la « Commission des lignes télégraphiques stratégiques de Cuiabá à Corumbá », toujours au Mato Grosso (1 746 km de ligne), puis de 1906 à 1915, la « Commission des lignes télégraphiques stratégiques du Mato Grosso à l’Amazonie ». Sous la présidence d’Afonso Pena (1906-1909), le projet ambitieux de Rondon trouve un écho au sommet de l’Etat : « les travaux de reconnaissance et de relevés géographiques, l’étude des richesses minérales, de la constitution du sol, du climat, des forêts, des fleuves, avanceraient au même pas que les travaux de construction de la ligne télégraphique, du tracé des voies de pénétration, du lancement des futurs centres de peuplement, de l’installation des premières exploitations agricoles et des premiers fermes d’élevage »28.

29 Luiz Antônio Simas, O Evangelho segundo os jacobinos. Floriano Peixoto e o mito do salvador da repúb (…)

30 Série Amílcar Botelho de Magalhães, Casa Benjamin Constant, 903.09 a 958.07.30.

24Dans l’intervalle, Rondon a ajouté à ses convictions philosophiques positivistes une foi vibrante dans la religion de l’Humanité qu’il observe scrupuleusement en plein sertão en procédant chaque dimanche à la lecture publique du Catéchisme comtiste. Ce fait est suffisamment remarquable pour être souligné. Si les idées d’Auguste Comte s’étaient en effet répandues parmi les « Cadets » de l’Ecole militaire, principalement à travers l’enseignement de Benjamin Constant Botelho de Magalhães, les dérives religieuses de la doctrine, le culte de l’Humanité, de Clotilde de Vaux et des saints positivistes, séduisaient peu les ingénieurs et les soldats, qui se montraient plus enclins à transformer leur pays qu’à assister aux « conférences » dominicales célébrées par les Apôtres. L’Apostolat, chef du positivisme religieux, considérait la plupart des militaires comme « hétérodoxes »29. Rondon, en revanche, est un modèle d’orthodoxie et son exemple favorisera quelques conversions autour de lui. Ses séjours à Rio sont marqués par la fréquention assidue de l’Eglise positiviste et il adopte, dans sa correspondance personnelle, le calendrier de ses coreligionnaires. Ainsi un faire-part de la famille Rondon annonce-t-il un heureux événement daté du 16 de Shakespeare 115 (25 septembre 1903), d’après le calendrier positiviste30.

31 Le décret du 14 janvier 1890 instituait 9 fêtes nationales dont le sens est expliqué dans un ouvrage (…)

25Les rites du Positivisme religieux consiste essentiellement en la commémoration de dates et de figures qui sont censées représenter les grandes étapes du Progrès humain. Le gouvernement provisoire (novembre 1889-février 1891) avait d’ailleurs accordé à l’Apôtre de la religion de l’Humanité et à ses sectateurs un calendrier de fêtes civiques conformes à leurs vœux31.

32 La correspondance de Júlio Caetano Horta Barbosa, membre de la Commission Rondon, atteste de ces eff (…)

26Ainsi la route de Rondon est-elle jalonnée d’hommages et de pieuses pensées aux dates anniversaires de son histoire personnelle, de celle de son pays et de l’Humanité. Les premières stations télégraphiques inaugurées avec Gomes Carneiro portait les noms de « Benjamin Constant »(Botelho de Magalhães), « Floriano », »Demétrio Ribeiro », les héros des radicaux de la République. Laissé à sa propre intiative, Rondon se livre parfois à une véritable course contre la montre afin d’ouvrir ses stations pour les fêtes nationales : le 21 avril, jour de l’exécution de Tiradentes, le 7 septembre, celui de l’Indépendance du Brésil, le 15 novembre, anniversaire de la Proclamation de la République, le 31 décembre, fête de l’Humanité. Il étrenne toujours la ligne par des télégrammes envoyés aux autorités, mais aussi à Miguel Lemos et Raimundo Teixeira, directeurs de l’Apostolat de l’Eglise Positiviste du Brésil32.

33 Cité par Gagliardi, José Mauro, O índigena e a República, São Paulo, Hucitec, 1989, p.56.

27La caractéristique que Rondon veut retenir de son action dans les sertões est son approche nouvelle et pacifique des Indiens. Nul doute que son positivisme ne vienne fournir des arguments rationnels à son esprit de justice. L’Eglise positiviste du Brésil était une des rares institutions nationales à avoir manifesté de l’intérêt bienveillant pour la question indienne. Lors de l’instauration du régime républicain, l’Apôtre avait proposé que la nouvelle Constitution distingue entre les « Etats Occidentaux brésiliens », formés de la population issue de la fusion des « trois races » européenne, africaine et amérindienne, et les « Etats Américains Brésiliens », « empiriquement confédérés » et « constitués des hordes fétichistes éparses sur le territoire de toute la République »33, dont la sécurité et l’intégrité seraient garanties par le gouvernement fédéral.

28La doctrine positiviste en matière indigène reposait sur l’idée d’une dette contractée par les Européens envers les premiers et légitimes occupants du pays, décimés par les maladies, assassinés au cours des guerres, spoliés de leurs terres. Sans doute, selon cette conception, les aborigènes se trouvaient à un stade primitif de l’Humanité et se débattaient dans les ténèbres du fétichisme, mais rien de congénital ne leur interdisait d’accéder à la civilisation. Il fallait guider leur évolution vers l’âge scientifique de manière à leur épargner un passage inutile par la phase théocratique dont l’Occident se sortait à peine.

34 Cf. José Bonifácio de Andrada e Silva, Apontamentos para a civilisação dos Indios bravos do Império (…)

35 Viveiros, Esther de, op. cit. , p.365.

29Rondon prend donc la défense concrète des Indiens opprimés, s’efforce de faire délimiter leurs terres et veut persuader ses concitoyens que l’Indien n’est pas un obstacle au Progrès, qu’il est travailleur et astucieux. Il associe donc les Borôro et les Pareci, sous la direction de leurs propres chefs, aux travaux de la ligne télégraphique. La commémoration du 7 septembre fait l’objet d’un soin particulier dans la mesure où ce jour rappelle le souvenir de José Bonifácio de Andrada e Silva, passé à la postérité comme le père de l’indépendance brésilienne mais aussi comme un ardent défenseur des Indiens34. José Bonifácio est honoré d’une sorte de temple rustique et donne son nom à une station télégraphique où le drapeau brésilien est hissé par une petite indienne nhambiquara35.

36 Lima, Antônio Carlos de Souza cite longuement ce texte qui a fourni le titre de son livre sur le SPI (…)

37 Viveiros, Esther de, op. cit. , p.241.

30L’extension de la ligne vers l’Amazonie, à travers des régions délaissées depuis longtemps par les Blancs, suppose la transformation de la mission en véritable expédition ainsi qu’un renforcement de la méthode indienne de Rondon. Sur les rives du fleuve Juruena, à quarante-huit jours de marche de Diamantino, la dernière bourgade traversée, commence en effet le domaine des Nhambiquara, considérés comme hostiles. Des volées de flèches suivent immédiatement les premiers contacts entre les explorateurs et les habitants des lieux. C’est là que prend corps la doctrine de conquête pacifique de l’intérieur, que Rondon résume par une déclaration de principe : « Mourir s’il le faut, tuer, jamais » et compare à un vaste et patient « siège de paix » (« cerco de paz »)36. Aux Nhambiquara méfiants, il montre la pureté de ses intentions à distance en semant sur son chemin des présents, surtout des pièces de tissu et des machettes qu’il définit comme la « livre sterling du sertão »37 et qui doivent achever de les convaincre de la supériorité technologique de leurs visiteurs.

38 C’est la date retenue par le calendrier positiviste, bien que, selon la chronologie admise, la flott (…)

39 Viveiros, Esther de, op. cit. p.314.

40 O Paiz, 2 décembre 1913.

41 Lima, Antônio Carlos de Souza, Um grande cerco de paz…, op.cit., p.121.

31Rondon assimile symboliquement son œuvre à celle des « découvreurs » de l’Amérique. La troisième expédition, celle qui l’entraîne de Tapirapoan au fleuve Madeira, s’élance le 3 mai 1909, jour qui commémore la découverte du Brésil par Pedro Álvares Cabral38. Rondon file plusieurs fois la métaphore en décrivant sans originalité un « nouveau monde, plein de merveilles »39 . Dans un moment critique, il exhorte ses hommes à suivre l’exemple de Christophe Colomb. Le colonel Rondon pense ainsi rééditer la découverte de l’Amérique en effaçant le péché originel des souffrances infligées aux Indiens. Le journal carioca O Paiz, proche du gouvernement et des amis de Rondon, synthétise le rôle national de Rondon en même temps qu’il diffuse sa légende : « En découvrant de nouvelles terres, de nouveaux trésors aux confins des sertões du Goiás, en triomphant de tous les obstacles de la nature brute, parfois hostile, il ne se contente pas de signer des conquêtes pour la Patrie et pour la Science (…) : il fonde à l’intérieur de la Patrie une véritable nation »40. C’est bien d’ailleurs ce qu’entendent les positivistes à travers la politique indienne : poursuivre la « formation du peuple brésilien »41.

42 Lima, Antônio Carlos de Souza, Um grande cerco de paz…, op.cit., p.132.

43 Lima, Antônio Carlos de Souza, Um grande cerco de paz…, op.cit., passim et p.209 et suivantes.

32Conformément à toute une tradition, née de la politique du marquis de Pombal au XVIIIe siècle, réinterprétée par le romantisme brésilien et réactivée par l’Apostolat positiviste, la figure de l’Indien exprime à la fois l’être historique et le corps géographique de la Nation. En même temps qu’il incarne un vestige archéologique du Brésil d’avant le Brésil, du Brésil inconscient à lui-même, il personnifie ses frontières et se fait le gardien naturel de ses richesses42. Cette seconde représentation sert d’argument pour défendre l’existence toujours menacée de la Commission Rondon par ceux qui voient d’un mauvais œil les deniers publics se perdre dans la forêt ou qui veulent freiner l’intrusion d’une bande de soldats positivistes, mandatés par le gouvernement central, dans les affaires (surtout foncières) des Etats de la Fédération. Contre ses ennemis, Rondon compte sur le réseau de ses coreligionnaires et sur l’opinion publique qui s’est enflammée pour ses premiers exploits43.

44 Viveiros, Esther de, op. cit. , p.596

33Les positivistes ne constituent pas en effet une grande force capable de peser dans le jeu politique de la République des Etats-Unis du Brésil, – exception faite du Rio Grande do Sul -, et leur influence s’exerce à travers une poignée de fidèles et dans des secteurs particuliers. Les présidences de Nilo Peçanha (1909-1910) et du maréchal Hermes da Fonseca (1910-1914) témoignent de la sympathie pour les positivistes et les activités de la Commission Rondon. Le 7 septembre 1910 est créé le Serviço de Proteção aos Indios e de Localização de Trabalhadores Nacionais (SPILTN), qui dépend du tout nouveau Ministère de l’Agriculture, de l’Industrie et du Commerce (MAIC). Un descendant de José Bonifácio de Andrada e Silva assiste à la cérémonie inaugurale44. Cândido Rondon, qui avait servi dans les années 1880 sous les ordres de Hermes da Fonseca, en est le directeur plus symbolique que réel puisqu’il retourne, dès 1911, aux œuvres de la Commission des lignes télégraphiques stratégiques. C’est là que le trouve le télégramme de Lauro Müller lui confiant Theodore Roosevelt.

Portrait de Roosevelt en Stanley

45 Lima, Antônio Carlos de Souza, Um grande cerco de paz…., op. cit. p.123.

46 Certaines ont d’ailleurs été publiées : Conferências realizadas nos dias 5, 7 e 9 de outubro de 1915 (…)

47 Les archives de l’escritório central de Rondon se trouvent en grande partie au Fort de Copacabana. V (…)

48 Série Amílcar Botelho de Magalhães, Casa Benjamin Constant, pasta 3.

34Cândido Rondon est la vitrine idéale du Brésil civilisateur. Rondon est, de plus, en bon positiviste, un pédagogue hors pair. Comme l’a noté l’anthropologue Antônio Carlos de Sousa Lima, chez les positivistes religieux, tout est rite et tout rite est fondamentalement pédagogique45. Rondon est passé maître dans la mise en scène de sa vie et de son action. Ses séjours à Rio, entre deux expéditions dans les sertões, sont l’occasion de conférences publiques46, agrémentées de projections de films. Le cœur névralgique de la Commission des lignes télégraphiques stratégiques, le bureau central (escritório central47), comprend un service cinématographique depuis 191248. Le major Luiz Thomaz, cinéaste attaché à la Commission, suit aussi les pas de l’Expédition Roosevelt avec son matériel « Lumière Tropical » et en tire un documentaire.

49 Roosevelt, Theodore,Through the Brazilian …, op.cit., New York, Scribner, 1914, p.104.

50 Ibidem, p.100.

35Le trajet prévu par Rondon à travers son royaume est une véritable exposition coloniale in situ et comporte trois parties distinctes qui font parcourir en sens inverse aux Américains les phases successives de la progression vers l’Ouest. La première, qui conduit l’Expédition de Corumbá à São Luís de Cáceres, correspond à la zone pionnière. L’itinéraire est effectué par la voie fluviale. Il est ponctué d’étapes dans des fazendas accueillantes, de réceptions officielles, de parties de chasse et de détours touristiques. Roosevelt se retrouve en terrain connu. Ainsi compare-t-il le maître de la fazenda São João et son fils « au meilleur type des ranchmen et planteurs américains, de ces ranchmen et planteurs adeptes de sports audacieux et virils, qui sont des hommes d’affaires, et qui fournissent aussi à l’Etat des fonctionnaires compétents et fidèles »49. Il peut rêver à son aise sur l’avenir radieux de la région et affirmer que « cette région intérieure du Brésil, y compris l’Etat du Mato Grosso (…) est une région saine, excellemment adaptée la colonisation (settlement) ; des voies ferrées la pénétreront rapidement, et alors, on assistera à son développement étonnant « 50.

51 Ibidem, p.129.

36A partir de São Luís de Cáceres s’ouvrent la seconde phase du voyage et, comme le signale Roosevelt, le rideau sur la « scène des explorations du colonel Rondon », que l’Expédition sillonne pendant trente-sept jours avec un important convoi muletier51. TR peut admirer les lignes télégraphiques, les stations fondées par Rondon, comparables aux « stations de civilisation » implantées le long de la progression européenne en Afrique à la fin du XIXe siècle, et fait sien le futur mirifique que Rondon projette pour le plateau central du Brésil. De retour aux États-Unis, l’ancien président américain se chargera de diffuser l’épopée dans l’hémisphère nord en résumant longuement les travaux de la Commission Rondon :

52 Ibidem, p.212.

53 Rondon, Cândido Mariano da Silva, Expedição Roosevelt-Rondon, Rio de Janeiro, Typ. do « Jornal do Com (…)

37″Ce pays et les régions adjacentes, qui forment l’intérieur profond du Brésil occidental, alimenteront surement un jour une importante population industrielle ; dont l’arrivée sera accélérée, (…) si les anticipations du colonel Rondon sur le développement de l’extraction minière, surtout de l’or, se réalisent. De toute façon, la région deviendra une patrie saine pour une population considérable d’éleveurs et d’agriculteurs. Surtout, les nombreux rapides, avec leurs multiples cascades, dont certaines d’une hauteur et d’un débit importants, pour la croissance d’un nombre de gros centres industriels, reliés entre eux par les chemins de fer ainsi qu’à la côte atlantique et aux vallées du Paraguay, du Madeira et de l’Amazone, et qui commerceront avec les régions basses riches, chaudes et alluviales qui entourent ce territoire élevé »52. Signe de l’art consommé de Rondon pour la pédagogie ou la propagande, on sent plus d’une fois son influence dans les informations contenues dans Through Brazilian Wilderness qui, pour une bonne part, a été écrit au cours de l’Expédition53.

54 Ibidem.

38La troisième étape de la descente progressive dans la wilderness commence le 27 février avec la reconnaissance du Rio da Dúvida en canot. Il s’agit désormais d’exploration et Roosevelt prend soin de rappeler que Rondon et ses hommes sont les fondateurs de l' »école brésilienne » de cette discipline54.

55 Rondon, Cândido Mariano da Silva, op.cit…, p.76.

39Après avoir observé les réalisations de la Commission Rondon, Roosevelt peut la voir à l’œuvre dans son défrichement de la wilderness. Pendant quarante-huit jours, la partie inconnue des 1 409 km de méandres et des accidents du Rio da Dúvida sont l’objet de relevés effectués souvent dans des conditions périlleuses. Les cours d’eau rencontrés sont solennellement baptisés par Rondon du nom de « Kermit », le fils du président qui a failli disparaître dans les flots du Dúvida, de « Taunay », auteur brésilien que les deux Roosevelt ont lu, « Cardozo », d’après un compagnon de Rondon, et enfin de « Roosevelt », conformément aux ordres de Lauro Müller qui voulait rendre ainsi un hommage à la « grande République du Nord » en la personne de son ancien président55. Le 15 avril, l’Expédition aperçoit les premières habitations de seringueiros amazoniens : le Rio Roosevelt est un affluent du Madeira et porte en aval le nom de « Castanho ».

56 Série Amílcar Botelho de Magalhães, Casa Benjamin Constant, pasta 3.

57 Article « Rondon », dans Abreu, Alzira de, et Beloch, Israel (éd.), Dicionário biográfico-histórico Br (…)

40Pendant que Rondon retourne à ses travaux, Theodore Roosevelt s’en va divulguer les résultats de l’Expédition, chanter la gloire de son guide de par le monde et ses plus prestigieuses institutions savantes et montrer au public new yorkais les films réalisés par la Commission Rondon56. Cândido Rondon est honoré par la Société de Géographie de New York en 1914 du « Prix Livingstone »57, tandis que Roosevelt place la descente du fleuve qui porte désormais son nom dans la continuité des grandes explorations africaines du siècle passé. L’Amérique du Sud est présentée comme le nouveau « Dark continent » dont il faut dessiner la carte. C’est le sens du rapport qu’il présente le 6 juin 1914, un mois et demi après sa sortie de la Brazilian wilderness, dans le temple des explorateurs, la Royal Geographical Society de Londres, avec d’autant plus de force que les détracteurs sont nombreux.

58 A Epoca, 29 avril 1914.

59 Ibidem, passim.

41Un ingénieur brésilien, Inácio Moerbeck, n’attend même pas l’arrivée de l’expédition à Manaus pour affirmer dans la presse que le « Dúvida » est l’Aripuanã, affluent du Madeira, fréquenté par tout ce que la région compte de seringueiros et autres ramasseurs des drogas amazoniennes58. On fait la fine bouche sur le « rio Roosevelt », dont les cours supérieur et inférieur avaient déjà été rejoints par la « civilisation » et sur les relevés incomplets rapportés par une expédition malmenée par les éléments et que le président était pressé d’achever59.

42Le colonel Roosevelt se défend en affirmant qu’il a bien été le premier « civilisé » à descendre le cours moyen du Dúvida et à le « porter sur la carte » (put it on the map). Il ne lésine pas sur les références illustres devant les membres de la Royal Geographical Society :

60 Roosevelt, Theodore, « A journey in central Brazil », The Geographical Journal, n°2, février 1915, vol (…)

43″Laissez-moi définir ce que je veux dire quand je dis que nous avons porté ce fleuve sur la carte. J’utilise cette expression comme on le dirait, toute proportion gardée, en décrivant ce qu’ont fait Speke et Grant, et Baker, pour le cours supérieur du Nil. Le fleuve que nous avons descendu figure maintenant sur la carte au même sens que le Nil Victoria et le Nil Blanc l’ont été pendant des décennies après leur découverte et situation par les trois hommes que j’ai mentionnés. Depuis le temps de Ptolémée, les grands lacs du Nil supérieur était vaguement connus ; mais ils ont été « portés sur la carte » par Speke et Baker, et le relevé actuel n’a été fait que bien des années plus tard. Les sources du Niger et du Congo étaient connues bien avant qu’on sache où et comment leurs eaux s’écoulaient vers l’océan ; mais ils n’ont été portés sur la carte que lorsque leur cours furent, non relevés, mais situés par un certain nombre d’observations astronomiques quand les explorateurs les ont réellement parcourus ; Le « Columbia » fut « porté sur la carte » par Lewis et Clarke, bien que son embouchure ait été déjà connue, et qu’on n’ait pas procédé à son relevé avant bien longtemps »60.

61 Mille, Pierre, Au Congo belge, Paris, A.Colin, 1899.

62 « A journey in central Brazil : discussion », The Geographical Journal, n°2, février 1915, vol.XLV, p. (…)

44Les comparaisons entre le Brésil amazonien et l’Afrique équatoriale sont fréquentes à la Belle Epoque et fonctionnent dans les deux sens. Le journaliste français Pierre Mille ouvre par exemple son recueil d’articles contre l’Etat Indépendant du Congo sur les similitudes entre les deux pays61. Le président de la Royal Geographical Society ne modère pas l’emphase de Roosevelt à propos d’une haute Amazonie qui serait la dernière terre à conquérir par le peuple des cartographes, et l’intronise comme un nouveau Stanley. Il souhaite seulement que les Américains n’appliquent pas la doctrine de Monroe dans le domaine des explorations62.

63 Roosevelt, Theodore, Mes chasses en Afrique, Paris, Hachette, 1910, p.231.

64 A propos de l’équipe nord-américaine : « In its composition ours was a typical American expedition. (…)

45Cette remarque malicieuse met en lumière un des enjeux de l’Expédition Roosevelt-Rondon. A travers elle, les Américains du Nord et du Sud ont voulu montrer leur participation au mouvement d’expansion qui, depuis le milieu du XIXe siècle, étend la civilisation européenne à travers le monde. Ils ont voulu témoigner de la vocation civilisatrice de leur nation respective, et par conséquent, de la modernité et de la vocation de celle-ci à la puissance. Ils ont voulu, surtout, s’approprier leur continent. En 1909, l’Américain Peary avait atteint le pôle Nord sur un bateau appelé « Roosevelt » et proclamé « le pôle est à nous »63. De même, dans les sertões du Mato Grosso, les drapeaux brésiliens et américains accompagnent les pas de l’Expédition dont les membres sont décrits par Roosevelt comme la synthèse de leur peuple respectif64.

65 Cité par Leitão, C. de Melo, História das expedições científicas no Brasil, São Paulo, Cia editora N (…)

46Du côté brésilien, Roquette Pinto propose en 1915 que, de même que Cecil Rhodes avait laissé son nom à la Rhodésie, la région située entre les fleuves Juruena et Madeira porte le nom de « Rondônia »65. Ce sera chose faite en 1956.

66 Rondon, Cândido Mariano da Silva, op.cit…, p.121.

67 Ibidem, p.121.

47La « découverte », en assurant la prise de possession scientifique et symbolique du monde, suscite logiquement des polémiques. La plus significative naît à Lisbonne où Ernesto de Vasconcelos, secrétaire perpétuel de la Société de Géographie, conteste précisément les « découvertes » de l’Expédition Roosevelt-Rondon. Vasconcelos exhibe à cette fin la carte de la « Nova Luzitânia » de 1798 et attribue la première descente de l’Aripuanã au capitaine de frégate Antônio Pires da Silva Pontes, au nom de Sa Majesté le roi du Portugal66. C’est Rondon cette fois qui engage le fer et se charge de ridiculiser ce qu’il considère comme des contorsions cartographiques.67.

Les années quarante et la nouvelle actualité de l’Expedição Científica Rondon-Roosevelt

48En Europe et aux Etats-Unis où le temps des explorations est passé et où la guerre fait rage, l’Expédition Roosevelt-Rondon sombre dans l’oubli. L’ancien président meurt en janvier 1919. Son fleuve éponyme qui, comme il avait pu l’éprouver, était loin d’être une voie de pénétration du Brésil central, restait livré à ses enchevêtrements de lianes et de cataractes. Lauro Müller, d’origine allemande, fut pour sa part contraint de quitter l’Itamarati au moment où le Brésil choisit le camp des Alliés en 1917.

68 Lima, Antônio Carlos de Souza, Um grande cerco de paz…, op.cit., p.139.

49Cândido Rondon achève sa carrière active à la fin de la Première République qu’il sert sans faille. La « Révolution de 1930 » provoque sa disgrâce et sa retraite, mais le Serviço de Proteção aos Indios e de Localização de Trabalhadores Nacionais reste aux mains d’ingénieurs militaires positivistes sans solution de continuité jusqu’au milieu des années cinquante68.

69 Viveiros, Esther de, op.cit., annexes.

50Cette éclipse dure peu et Rondon est réintégré au Panthéon national sous l’Estado novo (1937-1945). Cette seconde vie héroïque naît du projet idéologique et de la politique d’exaltation nationale que promeut le gouvernement présidé par Getúlio Vargas. La grandeur du Brésil passe par la mise en valeur de ses régions périphériques. Or, qui incarne mieux que Rondon la « Marche vers l’Ouest » que lance l’Estado Novo en 1939 ? Cette année-là, Rondon reçoit de l’Instituto Histórico e Geográfico Brasileiro et des mains du ministres des Relations Extérieures Oswaldo Aranha, le titre inédit de « civilisateur des sertões »69. En 1940, Getúlio Vargas est le premier président brésilien à se rendre dans l’extrême ouest du pays et à visiter les Indiens Karajá sur l’île de Bananal.

51Les explorations redeviennent un thème fort en vogue dans l’édition brésilienne. Une História das expedições científicas no Brasil est publiée en 1941. Rondon fait l’objet d’innombrables hagiographies qui insistent sur son œuvre conquérante : Rondon, o bandeirante do século XX (1941), Rondon. A conquista do deserto brasileiro (1942), Rondon. Uma relíquia da Pátria (1942). En 1943 enfin, trente ans après sa publication aux Etats-Unis, Through the Brazilian Wilderness devient en portugais, Nas Selvas do Brasil, et est édité sous les auspices du ministère de l’Agriculture. Il paraît aussi en 1944 dans la collection Brasiliana de la Companhia Editora Nacional, sous le titre Através do sertão do Brasil.

52Une préface du ministre de l’Agriculture Apolônio Sales précède en 1943 le récit de Theodore Roosevelt pour en affirmer la double actualité. L’Expédition Roosevelt semble préfigurer la conjoncture des années 1940. Le Brésil s’est rapproché des Etats-Unis de Franklin D. Roosevelt et a déclaré la guerre à l’Axe. Theodore Roosevelt devient sous la plume du ministre le parangon des vertus nord-américaines : courageux, fait pour l’aventure, dévoué aux causes universelles, passionné de progrès scientifique. Tel était Roosevelt l’Ancien, ami du Brésil, tel est son neveu Roosevelt le Jeune, qui a rencontré Getúlio Vargas à Natal en janvier 1943.

70 Préface à Nas Selvas do Brasil, Rio de Janeiro, Serviço de informação agrícola, Ministério da Agricu (…)

71 Roosevelt, Theodore, Through the Brazilian…, op. cit., p.324.

53Le diagnostic porté par Theodore Roosevelt sur les sertões du Mato Grosso vient à l’appui de la « Marche vers l’Ouest ». « On dirait, écrit le ministre, que le grand homme d’Etat américain a prévu ce qu’aujourd’hui le président Vargas, avec une vision des nécessités sociales du pays qui n’est pas moindre, est en train de d’indiquer comme remède à la désorganisation de notre agriculture et à la pénurie qui règne en souveraine dans la plupart des régions agricoles du Brésil »70. Le lecteur est invité à s’inspirer de la leçon morale contenue dans le livre que Roosevelt terminait par une méditation sur la fin mondiale de la « Frontière » et le rôle des « pionniers » brésiliens : « ces hommes (…) et ceux qui, comme eux, partout sur la frontière entre la civilisation et l’état sauvage au Brésil, joue à présent le rôle qu’ont joué nos coureurs de bois quand ils entreprirent, voilà un siècle, la conquête du grand bassin du Mississipi ; le rôle joué par les Boers depuis environ un siècle en Afrique du Sud, et par les Canadiens, quand il y a moins de cinquante ans, ils commencèrent à prendre possession de leur Nord-Ouest. On répète que maintenant la « Dernière Frontière » se trouve au Canada ou en Afrique et qu’elle a presque disparu. On trouve cette frontière sur une bien plus grande échelle au Brésil – un pays grand comme l’Europe ou les Etats-Unis -, des décennies s’écouleront avant qu’elle ne disparaisse » »71.

72 Ricardo, Cassiano, Marcha para o Oeste. A influência da « Bandeira »na formação social e política do B (…)

73 Les bandeiras, composées de bandeirantes, sont les expéditions qui, du XVIe au XVIIIe siècles, parta (…)

54La mythologie hautement rooseveltienne de la Frontière est récupérée par l’Estado Novo et brésilianisée par l’écrivain ultra nationaliste Cassiano Ricardo. Son livre, Marcha para Oeste, publié pour la première fois en 1940, a pour sous-titre « l’influence de la Bandeira dans la formation sociale et politique du Brésil », dans une référence évidente à Turner72. Cassiano Ricardo passe toute l’histoire de son pays au crible du bandeirantismo. Les bandeirantes 73sont selon lui à l’origine de l’Etat, de la fondation des villes, du métissage, de la démocratie raciale, mais le bandeirantismo n’est pas un phénomène circonscrit dans le temps, c’est l’essence même de la nation brésilienne. Rondon est ainsi le type même du bandeirante moderne et Theodore Roosevelt lui a apporté son concours.

55L’Expedição Científica Rondon-Roosevelt a finalement rempli sa mission, qui consistait à donner, au Brésil même, la plus brillante justification aux entreprises contestées de la Commission Rondon, et à servir le prestige national dans l’hémisphère nord. Quant à Theodore Roosevelt, il avait trouvé au Brésil ce que l’Afrique coloniale lui avait refusé quelques années plus tôt. Le voyage organisé par les militaires brésiliens conjuguait ses deux imaginaires, celui de la Frontière, dont il avait vécu la fin aux Etats-Unis, et celui des explorations européennes du siècle précédent, que lui inspirait la nature tropicale et équatoriale des régions traversées.

56Cette vision s’accorde en grande partie à celle de Rondon avec lequel il partage la même passion contradictoire pour la wilderness et pour sa conquête par la civilisation technicienne. L’expansion méthodique du Progrès à l’intérieur du continent, telle qu’elle est exprimée dans Through the Brazilian Wilderness, frappe par son caractère anachronique et imaginaire. La poussée vers l’Ouest appuyée sur le chemin de fer, le mythe de la Frontière, même sommairement nationalisé sous la forme du bandeirantismo, a peu à voir avec le bourgeonnement désordonné de « fronts pionniers », suscités par quelques cultures spéculatives, qui ont caractérisé la construction de l’espace brésilien. Elle avait l’avantage de s’inscrire dans une conception évolutive de l’histoire, de promettre un futur à une nation qui se voyait comme inachevée, de lui fournir un modèle américain, plausible et épique.

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Notas

1″Roosevelt a débarqué à Manaus sur une civière, à l’abri des regards. Cf Esther de Viveiros, Rondon conta sua vida, Rio de Janeiro, Livraria São José, 1958, p.422.

2Titre du journal carioca Correio da Manhã, le 22 octobre 1913.

3Roosevelt, Theodore, Through the Brazilian Wilderness, New York, Charles Scribner’s sons, 1914, et Stanley, Henry Morton, Through the Dark Continent : Or the Sources of the Nile Around the Great Lakes of Equatorial Africa and down the Livingstone River to the Atlantic Ocean, 1878. Les souvenirs d’Afrique de Roosevelt s’appellent sobrement African Game trails (1910).

4Correio da Manhã, 20 octobre 1913.

5Miller, Nathan, Theodore Roosevelt, a life, New York, Quill/WilliamMorrow, 1992; et surtout, Ricard, Serge, Theodore Roosevelt : principes et pratique d’une politique étrangère, Aix-en-Provence, Presses universitaires de provence Aix-Marseille I, 1991.

6Frederick J. Turner s’était rendu célèbre en prononçant à Chicago en 1893 une conférence intitulée « The significance of the Frontier in the American history ». Cette analyse, devenue classique, faisait de l’expérience historique de la « Frontière » le creuset de la nation et de la démocratie américaines.

7Sa seule prestation à l’Instituto Histórico Geográfico Brasileiro, par exemple, lui est payée 2000 $ d’avance (Arquivo do Itamarati, lata 214, 3642-3643), ce qui est considérable quand on songe que le salaire du président des Etats-Unis au début du XXe siècle s’élevait à 50 000 $ par an, celui de vice-président à 8 000 $ annuels, cf Miller, Nathan, op.cit., p.334 et 360. Amílcar Botelho de Magalhães rapporte que l’on disait que Roosevelt touchait 1 $ par mot de son récit de voyage ! Rondon, uma reliquia da Pátria, Curitiba,Guaíra, 1942, p.175.

8Cf. Ricard, Serge, « Theodore Roosevelt et l’avènement de la présidence médiatique aux Etats-Unis », Vingtième siècle. Revue d’histoire, n°51, juillet-septembre 1996, p.15-26.

9Correio da Manhã, 24 octobre 1913.

10Correio da Manhã, 22 octobre 1913.

11Zahm, J.A., (H.J. Mozans), Through South America’s southland with an account of the Roosevelt Scientific Expedition to South America, New York, Appleton & Cy, 1916, p.5.

12Lettre de Frank Harper, secrétaire de T.Roosevelt, au ministre des Relations Extérieures, Arquivo do Itamarati, lata 214, 3642-3643, s.d.

13Roosevelt,Theodore, Mes chasses en Afrique, Paris, Hachette, 1910.

14Roosevelt, Theodore, Through the Brazilian wilderness, New York, Charles Scribner’s sons, 1914, p. 8.

15Fausto, Boris (éd.), História Geral da Civilização Brasileira, III, 2, São Paulo, Difel, 1985, 3e ed., p.381.

16Amado, Luiz Cervo, et Bueno, Clodoaldo, História da política exterior do Brasil, São Paulo,1992.

17Cité dans Amado, Luiz Cervo, et Bueno, Clodoaldo, op.cit., p.171-172. Voir aussi, des mêmes auteurs, A política externa brasileira, 1822-1985, São Paulo, Ática, 1986.

18Sur les conceptions de Theodore Roosevelt, cf Ricard, Serge, op.cit.

19Discours prononcé à l’Instituto Histórico e Geográfico Brasileiro, le 24 octobre 1913, Revista do IHGB, vol.128, t.76, parte II, p.679. Le discours a été publié aussi dans la presse quotidienne de Rio.

20Roosevelt indique qu’il a été prévenu de la nouvelle dimension prise par son voyage en arrivant à Rio, op.cit…, p.182.

21Le parallèle entre les deux hommes peut être poursuivi quarante ans après l’Expédition. A la fin des années cinquante, les admirateurs de Rondon se lancent (en vain) dans une campagne destinée à lui faire obtenir le prix Nobel de la Paix. TR avait été le premier Américain à recevoir cette récompense, toute catégorie confondue, en 1906.

22Lettre à Henry Cabot Lodge, sur le fleuve Paraguay, 12 décembre 1913, Selection from the correspondence of Theodore Roosevelt and Henry Cabot Lodge, New York, 1925, p.443.

23Ricardo, Cassiano, Marcha para o Oeste. A influência da « Bandeira » na formação social e política do Brasil, Rio de Janeiro, José Olympio, 1970, 4e éd., p.627.

24Viveiros, Esther de, Rondon conta sua vida, Rio de Janeiro, Livraria São José, 1958, p.107.

25Lima, Antônio Carlos de Souza, O santo soldado. Pacificador, bandeirante, amansador de Indios, civilizador dos sertões, apóstolo da humanidade. Uma leitura de Rondon conta sua vida de Esther de Viveiros, Museu Nacional, programa de Pós-graduação em antropologia social, comunicação n°21, 1990, p.20.

26Viveiros, Esther de, op. cit. p.68 et sq.

27Viveiros, Esther de, op. cit. p.107.

28Viveiros, Esther de, op. cit. p.227.

29Luiz Antônio Simas, O Evangelho segundo os jacobinos. Floriano Peixoto e o mito do salvador da república brasileira, mestrado, UFRJ, 1994, p.32.

30Série Amílcar Botelho de Magalhães, Casa Benjamin Constant, 903.09 a 958.07.30.

31Le décret du 14 janvier 1890 instituait 9 fêtes nationales dont le sens est expliqué dans un ouvrage recommandé à la jeunesse brésilienne : Rodrigo Octavio, Festas nacionais, Rio de Janeiro, Livraria Francisco Alves, 1893.

32La correspondance de Júlio Caetano Horta Barbosa, membre de la Commission Rondon, atteste de ces efforrts; CPDOC, HB 08 08 23.

33Cité par Gagliardi, José Mauro, O índigena e a República, São Paulo, Hucitec, 1989, p.56.

34Cf. José Bonifácio de Andrada e Silva, Apontamentos para a civilisação dos Indios bravos do Império do Brasil, 1823.

35Viveiros, Esther de, op. cit. , p.365.

36Lima, Antônio Carlos de Souza cite longuement ce texte qui a fourni le titre de son livre sur le SPITLN : Um grande cerco de paz. Poder tutelar, indianidade e formação do Estado no Brasil, Petrópolis, Vozes, 1995, p.130.

37Viveiros, Esther de, op. cit. , p.241.

38C’est la date retenue par le calendrier positiviste, bien que, selon la chronologie admise, la flotte de Cabral ait aperçu la terre le 22 avril 1500, célébré la « première messe » le 26, et appareillé vers les Indes le 2 mai.

39Viveiros, Esther de, op. cit. p.314.

40O Paiz, 2 décembre 1913.

41Lima, Antônio Carlos de Souza, Um grande cerco de paz…, op.cit., p.121.

42Lima, Antônio Carlos de Souza, Um grande cerco de paz…, op.cit., p.132.

43Lima, Antônio Carlos de Souza, Um grande cerco de paz…, op.cit., passim et p.209 et suivantes.

44Viveiros, Esther de, op. cit. , p.596

45Lima, Antônio Carlos de Souza, Um grande cerco de paz…., op. cit. p.123.

46Certaines ont d’ailleurs été publiées : Conferências realizadas nos dias 5, 7 e 9 de outubro de 1915 no Teatro Phenix de Rio de Janeiro, sobre os trabalhos da Expedição Roosevelt e da Commissão Telegráficas, Rio de Janeiro, Typ. do Jornal do commercio, 1916.

47Les archives de l’escritório central de Rondon se trouvent en grande partie au Fort de Copacabana. Voir aussi Os Indios em arquivos do Rio de Janeiro, Rio de Janeiro, UERJ, 2 vol., 1995 et 1996.

48Série Amílcar Botelho de Magalhães, Casa Benjamin Constant, pasta 3.

49Roosevelt, Theodore,Through the Brazilian …, op.cit., New York, Scribner, 1914, p.104.

50Ibidem, p.100.

51Ibidem, p.129.

52Ibidem, p.212.

53Rondon, Cândido Mariano da Silva, Expedição Roosevelt-Rondon, Rio de Janeiro, Typ. do « Jornal do Comércio », 1916, p.39.

54Ibidem.

55Rondon, Cândido Mariano da Silva, op.cit…, p.76.

56Série Amílcar Botelho de Magalhães, Casa Benjamin Constant, pasta 3.

57Article « Rondon », dans Abreu, Alzira de, et Beloch, Israel (éd.), Dicionário biográfico-histórico Brasileiro, 1930-1983, Rio de Janeiro, FGV/CPDOC, 1983.

58A Epoca, 29 avril 1914.

59Ibidem, passim.

60Roosevelt, Theodore, « A journey in central Brazil », The Geographical Journal, n°2, février 1915, vol.XLV, p.105-106.

61Mille, Pierre, Au Congo belge, Paris, A.Colin, 1899.

62″A journey in central Brazil : discussion », The Geographical Journal, n°2, février 1915, vol.XLV, p.109.

63Roosevelt, Theodore, Mes chasses en Afrique, Paris, Hachette, 1910, p.231.

64A propos de l’équipe nord-américaine : « In its composition ours was a typical American expedition. Kermit and I were of the old revolutionary stock, and in our veins ran about every strain of blood that there was on this side of the water during colonial times. (…) We were as varied in religious creed as in ethnic origin », Roosevelt, Theodore, Through the Brazilian …, op.cit., p.5.

65Cité par Leitão, C. de Melo, História das expedições científicas no Brasil, São Paulo, Cia editora Nacional, 1941, p.340.

66Rondon, Cândido Mariano da Silva, op.cit…, p.121.

67Ibidem, p.121.

68Lima, Antônio Carlos de Souza, Um grande cerco de paz…, op.cit., p.139.

69Viveiros, Esther de, op.cit., annexes.

70Préface à Nas Selvas do Brasil, Rio de Janeiro, Serviço de informação agrícola, Ministério da Agricultura, 1943.

71Roosevelt, Theodore, Through the Brazilian…, op. cit., p.324.

72Ricardo, Cassiano, Marcha para o Oeste. A influência da « Bandeira »na formação social e política do Brasil, Rio de Janeiro, José Olympio, 1970, 4e éd. Cf « The significance of the Frontier in the American history » de F.J. Turner, ainsi que les nombreuses variantes qu’il a lui-même écrit sur ce thème.

73Les bandeiras, composées de bandeirantes, sont les expéditions qui, du XVIe au XVIIIe siècles, partaient de São Paulo pour capturer des esclaves indiens dans l’intérieur du continent. Au début du XXe siècle, les historiens paulistas font des bandeirantes les créateurs de l’espace national.

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Para citar este artículo

Referencia electrónica

Armelle Enders, « Theodore Roosevelt explorateur », Nuevo Mundo Mundos Nuevos [En línea], BAC – Biblioteca de Autores del Centro, Enders, Armelle, Puesto en línea el 14 febrero 2005, consultado el 30 diciembre 2013. URL : http://nuevomundo.revues.org/607 ; DOI : 10.4000/nuevomundo.607

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Autor

Armelle Enders

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2 commentaires pour Piranhas: Attention, un mythe peut en cacher un autre ! (Blame it on the man who gave the world the Teddy bear !)

  1. sourire dit :

    Il est vrai que les ours dans la nature sont tous très gentils et affectueux, tellement plus que les piranhas ! :)
    Merci pour cet article qui par ces exemples touchent à beaucoup d’autres domaines parfois bien plus conséquents. (Pour la petite histoire, les habitants de la terre entière savaient que la terre était ronde, et depuis ‘des lustres’, sauf les … européens !

    Bonne année ! :)

    (si je puis me permettre une suggestion : résumer à peine plus l’article le rendrai un peu plus court)

    J'aime

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