Iran: La paix pour notre temps (Peace for our time and a new Chamberlain for America)

https://i1.wp.com/cdn.jewsnews.netdna-cdn.com/wp-content/uploads/2015/01/1611.jpgMes bons amis, voici la seconde fois que nous rentrons d’Allemagne à Downing Street avec une paix honorable. Je crois qu’il s’agit de la paix pour notre temps. Nous vous remercions du fond du cœur. À présent, je vous conseille de rentrer chez vous, et dormez en paix. Chamberlain
A l’époque, pendant que nous étions en train de discuter avec les Européens à Téhéran, nous installions des équipements dans certaines parties d’Ispahan, et le projet était sur le point d’être complété. En réalité, c’est en créant un climat de sérénité, que nous avons pu achever Ispahan. Hassan Rohani (03.11.03)
What has been released by the website of the White House as a fact sheet is a one-sided interpretation of the agreed text in Geneva and some of the explanations and words in the sheet contradict the text of the Joint Plan of Action (the title of the Iran-powers deal), and this fact sheet has unfortunately been translated and released in the name of the Geneva agreement by certain media, which is not true. Marziyeh Afkham (Foreign Ministry spokeswoman, 26.11.13)
Un haut responsable israélien a révélé au quotidien Haaretz qu’Israël avait connaissance des entretiens secrets depuis le début de l’été 2013, bien avant avoir été averti officiellement par l’administration américaine. Les contacts secrets entre les Etats-Unis et l’Iran auraient débuté avant l’élection de Hassan Rohani à la présidence de la République islamique, plus précisément à partir de mars 2013, alors que Mahmoud Ahmadinejad était encore en fonction. Depuis l’accession au pouvoir de Rohani, il y aurait encore eu quatre rencontres, deux en août et deux en octobre, la plupart s’étant tenues dans le sultanat d’Oman. (…) Selon le Haaretz, Netanyahou aurait été avisé par M. Obama, un jour avant son discours à l’ONU début octobre, des deux réunions du mois d’août, mais pas de celles qui s’étaient tenues avant l’élection présidentielle iranienne. I24news
Iran is already in violation of a number of Security Council resolutions demanding it cease all uranium enrichment and heavy water activity – a process used to create weapons-grade plutonium. Furthermore, none of this activity is even remotely necessary if Iran, as it claims, only wants a peaceful nuclear program. There are many countries that have nuclear power that do not have the capability to enrich their own fuel. They buy it from abroad and that’s what Iran could do. And that’s what the media are neglecting to tell you. There are over thirty countries around the world that have nuclear power programs but according to the World Nuclear Association, only eleven have the capacity to enrich their own fuel. Here are some of the countries that have nuclear energy but don’t enrich their own nuclear fuel: Argentina, Armenia, Belgium, Bulgaria, Canada, Czech Republic, Finland, Hungary, South Korea, Lithuania, Mexico, Romania, Slovakia, Slovenia, South Africa, Spain, Sweden, Switzerland, Ukraine. The fact is that, of countries that have enrichment capabilities, the majority also possess nuclear weapons. Countries that enrich nuclear materials but do not have nuclear weapons include Germany, Japan and the Netherlands. Countries that enrich and do have nuclear weapons include Pakistan, Russia and China. When you think of Iran, do you think it fits in with Germany, Japan and the Netherlands? Or, does it fit better with Pakistan, Russia and China? If that isn’t enough to make you uncomfortable, in a speech to the Supreme Cultural Revolutionary Council in 2005, Rouhani himself said: A country that could enrich uranium to about 3.5 percent will also have the capability to enrich it to about 90 percent. Having fuel cycle capability virtually means that a country that possesses this capability is able to produce nuclear weapons. Since Argentina, Armenia, Sweden and Spain can buy nuclear fuel from abroad, why can’t Iran? Since our neighbors Canada and Mexico can pursue this policy, why can’t Iran? Camera
Les faucons affirment (…) que le président Ahmadinejad a déclaré vouloir “rayer Israël de la carte”. Mais cet argument repose sur une mauvaise traduction de ses propos. La traduction juste est qu’Israël “devrait disparaître de la page du temps”. Cette expression (empruntée à un discours de l’ayatollah Khomeiny) n’est pas un appel à la destruction physique d’Israël. Bien que très choquant, son propos n’était pas un appel à lancer une attaque, encore moins une attaque nucléaire, contre Israël. Aucun État sensé ne peut partir en guerre sur la foi d’une mauvaise traduction. John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt
Le problème n’est pas la sécurité d’Israël, la souveraineté du Liban ou les ingérences de la Syrie ou du Hezbollah : Le problème est centré sur l’effort de l’Iran à obtenir le Droit d’Abolir l’Exclusivité de la Dissuasion. La prolifération sauvage, le concept de «tous nucléaires» sera la fin de la Guerre Froide et le retour à la période précédant la Dissuasion. Les mollahs et leurs alliés, le Venezuela, l’Algérie, la Syrie, la Corée du Nord et la Russie…, se militarisent à une très grande échelle sachant qu’ils vont bientôt neutraliser le parapluie protecteur de la dissuasion et alors ils pourront faire parler la poudre. Chacun visera à dominer sa région et sans que les affrontements se déroulent en Europe, l’Europe sera dépouillée de ses intérêts en Afrique ou en Amérique du Sud et sans combattre, elle devra déposer les armes. Ce qui est incroyable c’est la myopie de la diplomatie française et de ses experts. (…) Aucun d’entre eux ne se doute que la république islamique a des alliés qui ont un objectif commun: mettre un terme à une discrimination qui dure depuis 50 ans, la dissuasion nucléaire ! Cette discrimination assure à la France une position que beaucoup d’états lui envient. Ils attendent avec impatience de pouvoir se mesurer avec cette ancienne puissance coloniale que beaucoup jugent arrogante, suffisante et gourmande. Iran-Resist
L’équilibre de la terreur était en fait d’une grande fragilité, comme de nombreux incidents, mais surtout une crise majeure, la crise des missiles de Cuba, l’a révélé en 1962. Le problème a moins concerné la relation entre les Etats-Unis et l’Union soviétique que la présence d’un troisième acteur, Fidel Castro, qui a failli faire basculer le « système bipolaire » dans la guerre nucléaire. Cette crise mérite qu’on y revienne, non seulement parce que, si elle se reproduit, nous n’aurons probablement pas la même chance, mais aussi parce que le monde contemporain a désormais plusieurs acteurs nucléaires de type Fidel Castro, qui, à la différence de Kennedy ou de Khrouchtchev, partisans de la dissuasion, n’hésiteront pas à recourir à l’arme nucléaire comme à un moyen de coercition. Thérèse Delpech
La Corée du Nord a appris au monde qu’au poker nucléaire la folie feinte vous vaut de l’aide étrangère ou l’attention planétaire — du fait que même la certitude qu’on a affaire à un bluff à 99% reste suffisante pour effrayer les opinions publiques occidentales. La Corée du nord est le proverbial envieux psychopathe du quartier qui agresse constamment ses voisins prospères d’à côté, en partant du principe que les voisins ne pourront manquer de prendre en compte ses menaces aussi sauvages qu’absurdes parce qu’il n’a rien et qu’ils ont tout à perdre. (…) L’Iran pourrait reprendre à l’infini le modèle de Kim — menaçant une semaine de rayer Israël de la carte, faisant machine arrière la semaine d’après sous prétexte de problèmes de traduction. L’objectif ne serait pas nécessairement de détruire Israël (ce qui vaudrait à l’Iran la destruction de la culture persane pour un siècle), mais d’imposer une telle atmosphère d’inquiétude et de pessimisme à l’Etat juif que son économie en serait affaiblie, son émigration en serait encouragée et sa réputation géostratégique en serait érodée. La Corée du nord est passée maître dans de telles tactiques de chantage nucléaire. A certains moments, Pyongyang a même réussi à réduire les deux géants asiatiques – Japon et Corée du Sud – à la quasi-paralysie.(…) Un Iran nucléaire n’aurait à s’inquiéter ni d’un ennemi existentiel avec une population d’un milliard d’habitants à côté tel que l’Inde ni d’un mécène tout aussi peuplé comme la Chine susceptible d’imposer des lignes rouges à ses crises de folie périodiques. Téhéran serait libre au contraire de faire et de dire ce qu’il veut. Et son statut de puissance nucléaire deviendrait un multiplicateur de force pour son énorme richesse pétrolière et son statut auto-proclamé de leader mondial des musulmans chiites. Si la Corée du Nord est un danger, alors un Iran nucléaire plus gros, plus riche et sans dissuasion serait un cauchemar. Victor Davis Hanson
One of the best peace speeches I ever read was one delivered back in the 1930s — by Adolf Hitler. He knew that peace speeches would keep the Western democracies from matching his military buildup with their own, or attacking him to prevent his buildup from continuing. Peace speeches by Iran today serve the same purpose of buying time — until they can create a nuclear bomb. Thomas Sowell
The Iranian agreement comes not in isolation, unfortunately. The Syrian debacle instructed the Iranians that the Obama administration was more interested in announcing a peaceful breakthrough than actually achieving it. The timing is convenient for both sides: The Obama administration needed an offset abroad to the Obamacare disaster, and the Iranians want a breathing space to rebuild their finances and ensure that Assad can salvage the Iranian-Hezbollah-Assad axis. The agreement is a de facto acknowledgement that containing, not ending, Iran’s nuclear program is now U.S. policy. After all, to what degree would an Iranian freeze really retard development of a bomb, or simply put it on hold? In other words, has Iran already met some of its requirements for weaponization, and now simply wishes to take a breather, rebuild its economy, and strengthen its image in the West — before the final and rather easy development of a deliverable bomb? If the sanctions are not only lifted, but incentives are added in place of them, why then would Iran not agree to dismantle completely elements of its program that exceed domestic energy purposes? (Or for that matter, why would a nation with among the world’s largest reserves of gas and oil feel the need to fund an expensive nuclear energy program in the first place?) (…) Collate reset, lead from behind, “redlines,” “game-changers,” ”deadlines,” the Arab Spring confusion, the skedaddle from Iraq, Benghazi, the Eastern European missile pullback, and the atmosphere is comparable to the 1979–80 Carter landscape, in which after three years of observation, the opportunists at last decided to act while the acting was good, from Afghanistan to Central America to Tehran. There is not a good record, from Philip of Macedon to Hitler to Stalin in the 1940s to Carter and the Soviets in the 1970s to radical Islamists in the 1990s, of expecting authoritarians and thugs to listen to reason, cool their aggression, and appreciate democracies’ sober and judicious appeal to logic — once they sense in the West greater eagerness to announce new, rather than to enforce old, agreements. Victor Davis Hanson
Iran will gradually shake free of sanctions and glide into a zone of nuclear ambiguity that will keep its adversaries guessing until it opts to make its capabilities known. Saudi Arabia will move swiftly to acquire a nuclear deterrent from its clients in Islamabad; Saudi billionaire Prince Alwaleed bin Talal made that clear to the Journal last week when he indiscreetly discussed « the arrangement with Pakistan. » Egypt is beginning to ponder a nuclear option of its own while drawing closer to a security alliance with Russia. As for Israel, it cannot afford to live in a neighborhood where Iran becomes nuclear, Assad remains in power, and Hezbollah—Israel’s most immediate military threat—gains strength, clout and battlefield experience. The chances that Israel will hazard a strike on Iran’s nuclear sites greatly increased since Geneva. More so the chances of another war with Hezbollah. Bret Stephens
After World War II the U.S. created a global system of security alliances to prevent the kind of foreign policy freelancing that is again becoming rampant in the Middle East. It worked until President Obama decided in his wisdom to throw it away. If you hear echoes of the 1930s in the capitulation at Geneva, it’s because the West is being led by the same sort of menIf the parties do not even agree to what they’ve just signed in the 18 hours after inking a document, how well is verification going to go? Mohammed Zarif, Iran’s chief negotiator, asserted that the agreement takes the threat of force off the table, and enshrines Iran’s “right” to enrich uranium. Kerry flatly denies both. Nice start. (…) Iran controls the world’s fourth largest supply of oil and second largest reserve of natural gas. Are we to believe that Iran is pursuing nuclear power because of concern about climate change? How exactly would Iran’s active research on nuclear-weapons design and development of ballistic-missile technology suit that explanation? It has been obvious for more than two decades that Iran is determined to join the nuclear club — a goal America’s allies in the region and right-thinking people the world over view with horror and dread. Five Security Council resolutions have demanded that Iran suspend all enrichment of uranium. The Obama administration itself has repeatedly and starkly declared that Iran’s possession of nuclear weapons is “unacceptable.” (…) Nor is it correct that the only alternative to this capitulation was war. The sanctions that this agreement supersedes were working well to force the Iranian regime to come to terms. Their nation is struggling with high prices, shortages, and a collapsing currency due to sanctions. This should have been a moment of maximum leverage for the United States and other powers. Yet the deal they’ve achieved does next to nothing to reverse Iran’s march to a bomb and does a great deal to undermine the fragile, painfully achieved world consensus to impose sanctions. Mona Charen
Sur le long terme, Obama et son entourage ont toujours fantasmé sur une réconciliation globale entre les Etats-Unis et l’islamisme, qu’il s’agisse de l’islamisme sunnite des Frères musulmans ou de l’islamisme chiite iranien. C’était le sens, dès 2009, du discours-manifeste du Caire, prononcé, il ne faut pas l’oublier, au moment même où le pouvoir des mollahs écrasait dans le sang un « printemps iranien ». Cela a été également le sens, par la suite, de la temporisation d’Obama sur la question du nucléaire iranien : Washington s’est prononcé en faveur de sanctions économiques de plus en plus lourdes, mais n’a pas envisagé sérieusement une action militaire contre l’Iran ni accordé de feu vert à une éventuelle action militaire israélienne.(…) Des négociations discrètes ont été menées au début de l’été entre Washington et Téhéran, et elles avaient suffisamment abouti dès le mois d’août – quand Rouhani a pris officiellement ses fonctions – pour que plusieurs revues américaines influentes diffusent presque immédiatement des articles préparant l’opinion à cette « détente », sinon à ce renversement d’alliance. La New York Review of Books publie dans sa livraison datée du 15 août un long article en faveur d’un « nouvelle approche envers l’Iran » cosigné, de manière significative – l’union sacrée, pourrait-on dire -, par un universitaire pro-iranien, William Luers, un ancien ambassadeur aux Nations Unies, Thomas Pickering et un homme politique républicain, Jim Walsh. Quant à Foreign Affairs, elle consacre sa couverture de septembre-octobre au chef véritable du régime iranien, l’ayatollah et Guide spirituel Ali Khamenei. Akbar Ganji, un journaliste prestigieux, souvent présenté comme le « Soljénitsyne iranien », y affirme à la fois que Rouhani ne peut se rapprocher des Etats-Unis sans l’accord préalable et l’appui de Khamenei, ce qui est vrai ; et que les Etats-Unis doivent saisir cette « chance », ce qui est plus discutable. (…) On compare souvent Rouhani à Mikhaïl Gorbatchev. Quand celui-ci a lancé sa perestroika en 1986 et décidé de mettre fin à la guerre froide, beaucoup d’Occidentaux ont cru à une ruse et refusé de lui faire confiance – sauf, curieusement, les deux leaders occidentaux les plus anticommunistes, l’Américain Ronald Reagan et la Britannique Margaret Thatcher. Mais Rouhani n’est pas à l’Iran actuel ce que Gorbatchev était à l’URSS des années 1980. Gorbatchev était le maître absolu, le « tsar rouge », de son pays : chef de l’Etat et du parti, commandant en chef des armées, chef suprême des services secrets. Rouhani, en dépit de son titre de chef d’Etat, n’est qu’un rouage relativement secondaire d’un régime théocratique dirigé par l’ayatollah Khamenei et la technostructure des Gardiens de la Révolution. Tout laisse donc à penser que son « ouverture » n’est – ne peut être – qu’une manœuvre permettant à l’Iran de desserrer l’étau des sanctions internationales, de gagner du temps sur le plan du nucléaire et de sauvegarder, avec la complicité active de la Russie, ses alliés syrien (Assad) et libanais (le Hezbollah). (…) A un autre niveau, à plus court terme, Obama a sans doute vu dans un rapprochement avec l’Iran le moyen d’effacer ou de faire oublier ses échecs répétés au Moyen-Orient : en Libye, en Egypte et finalement en Syrie. Une Grande Puissance, c’est un pays qui peut faire la guerre et qui, par voie de conséquence, est en mesure d’imposer sa volonté à d’autres pays. Et « pouvoir faire la guerre », en amont, cela suppose à la fois des moyens techniques (une armée, des armements, des technologies), et des moyens politiques ou moraux (une vision du monde, des objectifs, une détermination). L’Amérique d’Obama a toujours les moyens techniques d’une Très Grande Puissance, mais elle s’est comportée en Syrie, à travers ses tergiversations et finalement sa capitulation diplomatique devant la Russie de Poutine, comme si elle n’en avait plus les moyens politiques ou moraux. Ce que les alliés traditionnels des Etats-Unis ne sont pas près de pardonner au président sur le plan international (des Etats du Golfe à la France de Hollande), ni les Américains eux-mêmes en politique intérieure.(…) Les clés d’Obama se trouvent dans son livre autobiographique, Les Rêves de mon père. Deux faits, qu’il rapporte avec beaucoup de franchise : d’abord, un drame intime : il n’a pratiquement pas connu son père ; ensuite, un drame identitaire : l’Amérique traditionnelle – anglo-saxonne, judéo-chrétienne, blanche – est pour lui une sorte de pays étranger. Il est certes né aux Etats-Unis, mais il n’y a pas passé son enfance. Il n’a pas été élevé dans la foi chrétienne, mais dans un mélange d’humanisme athée et d’islam libéral. Et bien que sa mère soit blanche, il a toujours été considéré comme un Noir. Comment surmonte-t-il ces deux drames ? A travers l’action politique en vue d’une Amérique nouvelle, multiraciale, multireligieuse, multiculturelle. En fait, il veut enfanter cette nouvelle Amérique qui lui ressemblerait, être à la fois son propre père et celui d’une nation remodelée à son image. Ce qui passe, entre autre choses, par une réconciliation – fusionnelle – avec un islam qui est le contraire même de l’Amérique traditionnelle. Ce n’est là qu’un fantasme. La politique rationnelle d’Obama se réfère à d’autres considérations, d’autres raisonnements. Mais les fantasmes sont souvent aussi puissants ou plus puissants que la rationalité. Et qui plus est, les fantasmes personnels du président actuel recoupent ceux d’une bonne partie de la société américaine : les Noirs, les non-Blancs en général, mais aussi les milieux blancs d’extrême-gauche, une partie des élites intellectuelles… (…) Qui peut encore soutenir sérieusement qu’Israël est au cœur de tous les problèmes du Proche Orient et que tout passe, dans cette région, par la « résolution » du « problème palestinien » ? Depuis près de quatre ans, le monde arabe et islamique n’en finit pas de se décomposer et de se recomposer sous nos yeux, entraîné par ses pesanteurs propres. Une analyste géopolitique, Robin Wright, vient même de prédire dans le New York Times, le quotidien le plus pro-Obama des Etats-Unis, le remplacement de cinq Etats moyen-orientaux (la Syrie, l’Irak, l’Arabie Saoudite, la Libye, le Yemen) par quinze nouveaux Etats à caractère ethnoreligieux. Voilà qui merite au moins autant d’attention que les articles promouvant le « nouvel Iran » du président Rouhani. Et qui relativise le « processus de paix » Jérusalem-Ramallah. Michel Gurfinkiel

Après les printemps arabes, Benghazi et Damas, le nouveau Carter (ou Chamberlain ?) noir pouvait-il résister à un nouveau fiasco, iranien cette fois ?

A l’heure où, se félicitant d’un prétendu accord historique (aussitôt dénoncé, à la nord-coréenne, par les intéressés eux-mêmes!), ceux qui nous tiennent lieu de gouvernants et d’informateurs  …

Nous proposent de desserrer, au moment même où elles commencent à porter leurs fruits, des sanctions qu’on avait mis tant de temps à mettre en place …

Concernant un programme nucléaire officiellement non-existent …

Et avec un régime dont l’actuel pantin de service se vantait il y a dix ans d’avoir floué l’Occident et dont le véritable homme fort appelait à nouveau il y a quelques jours à peine à la disparition (« de la page du temps », s’il vous plait!) d’un de ses voisins …

Comment ne pas voir, avec les quelques voix encore lucides comme celle de Michel Gurfinkiel, l’évidence d’une énième et longuement préparée manoeuvre dilatoire ?

Entretien/ Obama entre échecs et fantasmes

Pour l’Iran, la « détente » avec les Etats-Unis est une brillante manœuvre diplomatique, préparée avant même l’élection de Rouhani. Une interview accordée à l’hebdomadaire Hamodia.

Michel Gurfinkiel

October 3 2013

HAMODIA. Pourquoi cette soudaine cette idylle entre les Etats-Unis et l’Iran ?

MICHEL GURFINKIEL. Il faut distinguer entre deux niveaux. D’une part, sur le long terme, Obama et son entourage ont toujours fantasmé sur une réconciliation globale entre les Etats-Unis et l’islamisme, qu’il s’agisse de l’islamisme sunnite des Frères musulmans ou de l’islamisme chiite iranien. C’était le sens, dès 2009, du discours-manifeste du Caire, prononcé, il ne faut pas l’oublier, au moment même où le pouvoir des mollahs écrasait dans le sang un « printemps iranien ».

Cela a été également le sens, par la suite, de la temporisation d’Obama sur la question du nucléaire iranien : Washington s’est prononcé en faveur de sanctions économiques de plus en plus lourdes, mais n’a pas envisagé sérieusement une action militaire contre l’Iran ni accordé de feu vert à une éventuelle action militaire israélienne.

L’élection à la présidence iranienne, le 15 juin dernier, de Hassan Rouhani, un homme qui, dans le contexte du régime khomeiniste, peut passer pour un modéré et sait user de cette image, a évidemment relancé ce fantasme. Des négociations discrètes ont été menées au début de l’été entre Washington et Téhéran, et elles avaient suffisamment abouti dès le mois d’août – quand Rouhani a pris officiellement ses fonctions – pour que plusieurs revues américaines influentes diffusent presque immédiatement des articles préparant l’opinion à cette « détente », sinon à ce renversement d’alliance.

La New York Review of Books publie dans sa livraison datée du 15 août un long article en faveur d’un « nouvelle approche envers l’Iran » cosigné, de manière significative – l’union sacrée, pourrait-on dire -, par un universitaire pro-iranien, William Luers, un ancien ambassadeur aux Nations Unies, Thomas Pickering et un homme politique républicain, Jim Walsh. Quant à Foreign Affairs, elle consacre sa couverture de septembre-octobre au chef véritable du régime iranien, l’ayatollah et Guide spirituel Ali Khamenei. Akbar Ganji, un journaliste prestigieux, souvent présenté comme le « Soljénitsyne iranien », y affirme à la fois que Rouhani ne peut se rapprocher des Etats-Unis sans l’accord préalable et l’appui de Khamenei, ce qui est vrai ; et que les Etats-Unis doivent saisir cette « chance », ce qui est plus discutable.

HAMODIA. Et à autre niveau ?

MG. A un autre niveau, à plus court terme, Obama a sans doute vu dans un rapprochement avec l’Iran le moyen d’effacer ou de faire oublier ses échecs répétés au Moyen-Orient : en Libye, en Egypte et finalement en Syrie. Une Grande Puissance, c’est un pays qui peut faire la guerre et qui, par voie de conséquence, est en mesure d’imposer sa volonté à d’autres pays. Et « pouvoir faire la guerre », en amont, cela suppose à la fois des moyens techniques (une armée, des armements, des technologies), et des moyens politiques ou moraux (une vision du monde, des objectifs, une détermination). L’Amérique d’Obama a toujours les moyens techniques d’une Très Grande Puissance, mais elle s’est comportée en Syrie, à travers ses tergiversations et finalement sa capitulation diplomatique devant la Russie de Poutine, comme si elle n’en avait plus les moyens politiques ou moraux. Ce que les alliés traditionnels des Etats-Unis ne sont pas près de pardonner au président sur le plan international (des Etats du Golfe à la France de Hollande), ni les Américains eux-mêmes en politique intérieure.

HAMODIA. Mais que pouvait faire Obama en Syrie ? Son opinion ne s’opposait-elle pas nettement à une intervention militaire ?

MG. En règle générale, les Américains font bloc derrière leur président quand celui-ci décide de mener une opération militaire à l’extérieur – quitte à critiquer par la suite la gestion de l’opération. C’est là un réflexe démocratique et patriotique ancré dans leur culture : un réflexe au moins aussi puissant que la tentation récurrente de l’isolationnisme, du repli sur soi. Mais sur la Syrie, ce réflexe n’a pas joué : l’Amérique n’avait plus confiance en Obama sur les questions du Moyen-Orient. Ni sur le fond (l’analyse des situations et des enjeux), ni sur la forme (la mise en place de politiques).

HAMODIA. Imaginons que sur l’Iran, Obama gagne tout de même son pari…

On compare souvent Rouhani à Mikhaïl Gorbatchev. Quand celui-ci a lancé sa perestroika en 1986 et décidé de mettre fin à la guerre froide, beaucoup d’Occidentaux ont cru à une ruse et refusé de lui faire confiance – sauf, curieusement, les deux leaders occidentaux les plus anticommunistes, l’Américain Ronald Reagan et la Britannique Margaret Thatcher. Mais Rouhani n’est pas à l’Iran actuel ce que Gorbatchev était à l’URSS des années 1980. Gorbatchev était le maître absolu, le « tsar rouge », de son pays : chef de l’Etat et du parti, commandant en chef des armées, chef suprême des services secrets. Rouhani, en dépit de son titre de chef d’Etat, n’est qu’un rouage relativement secondaire d’un régime théocratique dirigé par l’ayatollah Khamenei et la technostructure des Gardiens de la Révolution. Tout laisse donc à penser que son « ouverture » n’est – ne peut être – qu’une manœuvre permettant à l’Iran de desserrer l’étau des sanctions internationales, de gagner du temps sur le plan du nucléaire et de sauvegarder, avec la complicité active de la Russie, ses alliés syrien (Assad) et libanais (le Hezbollah). Dans son article de Foreign Affairs, Akbar Ganji note que Khamenei a laissé entendre publiquement dès mars 2013 – quatre mois avant l’élection présidentielle – qu’un arrangement avec les Etats-Unis était possible et donc souhaitable. Il y a lieu de penser que Rouhani a été choisi dès ce moment pour mener cette nouvelle politique. Et que les comités qui, dans le régime iranien, sélectionnent les candidats à la présidentielle, ont reçu l’ordre de le favoriser – en le faisant apparaître comme un « libéral ».

HAMODIA. Qui profite de la désagrégation de la position américaine au Moyen-Orient ? La Russie ?

MG. Poutine a manœuvré brillamment face à un président américain faible et incompétent. Mais la Russie de 2013, ce n’est pas grand chose. Son PNB ne représente que le huitième du PNB américain et ne repose que sur des ventes d’armes, d’énergie et de matières premières. Son budget militaire ne représente qu’un peu plus du septième du budget militaire américain. Elle est moitié moins peuplée que l’Amérique et semble engagée de surcroit dans un effritement démographique irréversible : de 149 millions d’habitants en 1990 à 143 millions aujourd’hui. A terme, le véritable rival, c’est la Chine qui, à la différence de la Russie, a su se doter depuis trente ans d’une base économique, technologique et militaire moderne. C’est vers elle que les déçus de l’Amérique seront tentés de se tourner. Sauf si un président fort et compétent – un nouveau Reagan – remplace Obama en 2017, ce qui n’aurait rien d’impossible.

HAMODIA. Vous mentionniez le « fantasme islamique » d’Obama. A quoi tient-il ?

MG. Les clés d’Obama se trouvent dans son livre autobiographique, Les Rêves de mon père. Deux faits, qu’il rapporte avec beaucoup de franchise : d’abord, un drame intime : il n’a pratiquement pas connu son père ; ensuite, un drame identitaire : l’Amérique traditionnelle – anglo-saxonne, judéo-chrétienne, blanche – est pour lui une sorte de pays étranger. Il est certes né aux Etats-Unis, mais il n’y a pas passé son enfance. Il n’a pas été élevé dans la foi chrétienne, mais dans un mélange d’humanisme athée et d’islam libéral. Et bien que sa mère soit blanche, il a toujours été considéré comme un Noir.

Comment surmonte-t-il ces deux drames ? A travers l’action politique en vue d’une Amérique nouvelle, multiraciale, multireligieuse, multiculturelle. En fait, il veut enfanter cette nouvelle Amérique qui lui ressemblerait, être à la fois son propre père et celui d’une nation remodelée à son image. Ce qui passe, entre autre choses, par une réconciliation – fusionnelle – avec un islam qui est le contraire même de l’Amérique traditionnelle.

Ce n’est là qu’un fantasme. La politique rationnelle d’Obama se réfère à d’autres considérations, d’autres raisonnements. Mais les fantasmes sont souvent aussi puissants ou plus puissants que la rationalité. Et qui plus est, les fantasmes personnels du président actuel recoupent ceux d’une bonne partie de la société américaine : les Noirs, les non-Blancs en général, mais aussi les milieux blancs d’extrême-gauche, une partie des élites intellectuelles…

HAMODIA. Comment Nethanyahu va-t-il réagir ? Son discours sur la persistance du danger iranien, à l’Onu, était-il à la hauteur ?

MG. Benjalin Nethanyahu est un leader prudent. Il a toujours su éviter un affrontement direct avec Obama. Son discours, à l’Onu, s’adressait avant tout, media voce, à une opinion publique américaine qui se méfie à la fois d’Obama et de Rouhani. Et aux réalistes arabes.

HAMODIA. Obama a lié le dossier iranien au processus de paix israélo-arabe…

Qui peut encore soutenir sérieusement qu’Israël est au cœur de tous les problèmes du Proche Orient et que tout passe, dans cette région, par la « résolution » du « problème palestinien » ? Depuis près de quatre ans, le monde arabe et islamique n’en finit pas de se décomposer et de se recomposer sous nos yeux, entraîné par ses pesanteurs propres. Une analyste géopolitique, Robin Wright, vient même de prédire dans le New York Times, le quotidien le plus pro-Obama des Etats-Unis, le remplacement de cinq Etats moyen-orientaux (la Syrie, l’Irak, l’Arabie Saoudite, la Libye, le Yemen) par quinze nouveaux Etats à caractère ethnoreligieux. Voilà qui merite au moins autant d’attention que les articles promouvant le « nouvel Iran » du président Rouhani. Et qui relativise le « processus de paix » Jérusalem-Ramallah.

(Propos recueillis par Daniel Haïk)

Voir aussi:

A Victory for Iran

The Obama administration’s “interim” agreement is an exercise in wishful thinking.

Mona Charen

National Review on line

November 26, 2013

Ninety percent of the American opinion elite will fall for the old “historic breakthrough” conceit every time. The appeal of getting enemies in a room together where they will shed their animosity and “reason together” is so profound that nothing as tiresome as experience can diminish its allure.

Don’t talk to Secretary Kerry or President Obama about the League of Nations (which enjoyed such success ensuring world peace) or the Kellogg–Briand Pact, the 1928 treaty that outlawed war as an instrument of national policy. Fifty-four countries, including all of the major belligerents of World War II, signed the pact. Don’t mention the series of “breakthrough agreements” between the United States and North Korea, in which we thrice (1994, 2005, 2007) offered security guarantees, food aid, diplomatic concessions, and cash in exchange for North Korea’s promise to discontinue its nuclear program. The very same person who handled negotiations with North Korea for the Clinton administration, Wendy Sherman, is now heading up the U.S. team stroking the Iranians. (The Bush administration, more immune than most to the siren call of diplomatic breakthroughs, did fall into the trap with North Korea.)

Secretary Kerry, denying that the Geneva accord is a naïve exercise in wishful thinking, pleads that we need to “put to the test Iran’s words and intentions.” Any contract requires a meeting of the minds. Kerry keeps saying that we don’t need to trust the Iranians because we will be checking them at every stage. But if the parties do not even agree to what they’ve just signed in the 18 hours after inking a document, how well is verification going to go? Mohammed Zarif, Iran’s chief negotiator, asserted that the agreement takes the threat of force off the table, and enshrines Iran’s “right” to enrich uranium. Kerry flatly denies both. Nice start.

Secretary Kerry also challenged Iran to “prove” to the world that its nuclear program is only for “peaceful purposes.” Is that a question an adult, far less America’s chief diplomat, should pose? Iran controls the world’s fourth largest supply of oil and second largest reserve of natural gas. Are we to believe that Iran is pursuing nuclear power because of concern about climate change? How exactly would Iran’s active research on nuclear-weapons design and development of ballistic-missile technology suit that explanation?

It has been obvious for more than two decades that Iran is determined to join the nuclear club — a goal America’s allies in the region and right-thinking people the world over view with horror and dread. Five Security Council resolutions have demanded that Iran suspend all enrichment of uranium. The Obama administration itself has repeatedly and starkly declared that Iran’s possession of nuclear weapons is “unacceptable.”

As with so many things President Obama has said, though, this pronouncement is nothing more than a windsock — it shows which way the wind is blowing, but doesn’t hold anything. Like the “red line” about Syria’s use of chemical weapons, the stentorian injunctions against Iran’s nuclear pursuit are also just so much wind.

Both Kerry and Obama have repeatedly argued that negotiation is the only alternative to war. By blurting this in an attempt to dissuade Congress from passing further sanctions they completely neuter any implied threat of military force. Iran certainly notices the Obama administration’s eagerness for a deal as well as its rejection of military action.

Nor is it correct that the only alternative to this capitulation was war. The sanctions that this agreement supersedes were working well to force the Iranian regime to come to terms. Their nation is struggling with high prices, shortages, and a collapsing currency due to sanctions. This should have been a moment of maximum leverage for the United States and other powers. Yet the deal they’ve achieved does next to nothing to reverse Iran’s march to a bomb and does a great deal to undermine the fragile, painfully achieved world consensus to impose sanctions.

“For the first time in nearly a decade, we have halted the progress of the Iranian nuclear program,” Mr. Obama intoned. But we’ve seen this story unfold many times before, most recently with North Korea. Our eagerness for pieces of paper that can be brandished as “peace” trumps cold reality every time. Iran has slipped the sanctions noose. It will soon become a nuclear power — not despite our best efforts, but with our tacit acquiescence. We will look back on this agreement with bitterness in the very near future.

Voir également:

Peace for Our Time

Victor Davis Hanson

National review on line

November 24, 2013

The Iranian agreement comes not in isolation, unfortunately. The Syrian debacle instructed the Iranians that the Obama administration was more interested in announcing a peaceful breakthrough than actually achieving it. The timing is convenient for both sides: The Obama administration needed an offset abroad to the Obamacare disaster, and the Iranians want a breathing space to rebuild their finances and ensure that Assad can salvage the Iranian-Hezbollah-Assad axis. The agreement is a de facto acknowledgement that containing, not ending, Iran’s nuclear program is now U.S. policy.

After all, to what degree would an Iranian freeze really retard development of a bomb, or simply put it on hold? In other words, has Iran already met some of its requirements for weaponization, and now simply wishes to take a breather, rebuild its economy, and strengthen its image in the West — before the final and rather easy development of a deliverable bomb? If the sanctions are not only lifted, but incentives are added in place of them, why then would Iran not agree to dismantle completely elements of its program that exceed domestic energy purposes? (Or for that matter, why would a nation with among the world’s largest reserves of gas and oil feel the need to fund an expensive nuclear energy program in the first place?)

Aside from the details of this new Sword of Damocles pact, one wonders about the following: In the case of violations, will it be easier for Iran to return to weaponization or for the U.S. to reassemble allies to reestablish the sanctions? Will Israel now be more or less likely to consider preemption? Will the Sunni states feel some relief or more likely pursue avenues to achieve nuclear deterrence? Will allies like Japan or South Korea feel that the U.S. has reasserted its old global clout, or further worry that their patron might engage in secret talks with, say, China rather than reemphasize their security under the traditional U.S. umbrella?

The president’s dismal polls are only a multiplier of that general perception abroad that foreign policy is an auxiliary to fundamental transformation at home, useful not so much to create international stability per se, as to enhance Obama influence in pursuing his domestic agenda. Collate reset, lead from behind, “redlines,” “game-changers,” ”deadlines,” the Arab Spring confusion, the skedaddle from Iraq, Benghazi, the Eastern European missile pullback, and the atmosphere is comparable to the 1979–80 Carter landscape, in which after three years of observation, the opportunists at last decided to act while the acting was good, from Afghanistan to Central America to Tehran.

There is not a good record, from Philip of Macedon to Hitler to Stalin in the 1940s to Carter and the Soviets in the 1970s to radical Islamists in the 1990s, of expecting authoritarians and thugs to listen to reason, cool their aggression, and appreciate democracies’ sober and judicious appeal to logic — once they sense in the West greater eagerness to announce new, rather than to enforce old, agreements.

Voir encore:

Worse Than Munich

In 1938, Chamberlain bought time to rearm. In 2013, Obama gives Iran time to go nuclear.

Bret Stephens

The WSJ

Nov. 25, 2013

To adapt Churchill : Never in the field of global diplomacy has so much been given away by so many for so little.

Britain and France’s capitulation to Nazi Germany at Munich has long been a byword for ignominy, moral and diplomatic. Yet neither Neville Chamberlain nor Édouard Daladier had the public support or military wherewithal to stand up to Hitler in September 1938. Britain had just 384,000 men in its regular army; the first Spitfire aircraft only entered RAF service that summer. « Peace for our time » it was not, but at least appeasement bought the West a year to rearm.

The signing of the Paris Peace Accords in January 1973 was a betrayal of an embattled U.S. ally and the abandonment of an effort for which 58,000 American troops gave their lives. Yet it did end America’s participation in a peripheral war, which neither Congress nor the public could indefinitely support. « Peace with honor » it was not, as the victims of Cambodia’s Killing Fields or Vietnam’s re-education camps can attest. But, for American purposes at least, it was peace.

By contrast, the interim nuclear agreement signed in Geneva on Sunday by Iran and the six big powers has many of the flaws of Munich and Paris. But it has none of their redeeming or exculpating aspects.

Consider: Britain and France came to Munich as military weaklings. The U.S. and its allies face Iran from a position of overwhelming strength. Britain and France won time to rearm. The U.S. and its allies have given Iran more time to stockpile uranium and develop its nuclear infrastructure. Britain and France had overwhelming domestic constituencies in favor of any deal that would avoid war. The Obama administration is defying broad bipartisan majorities in both houses of Congress for the sake of a deal.

As for the Vietnam parallels, the U.S. showed military resolve in the run-up to the Paris Accords with a massive bombing and mining campaign of the North that demonstrated presidential resolve and forced Hanoi to sign the deal. The administration comes to Geneva fresh from worming its way out of its own threat to use force to punish Syria’s Bashar Assad for his use of chemical weapons against his own people.

The Nixon administration also exited Vietnam in the context of a durable opening to Beijing that helped tilt the global balance of power against Moscow. Now the U.S. is attempting a fleeting opening with Tehran at the expense of a durable alliance of values with Israel and interests with Saudi Arabia. « How to Lose Friends and Alienate People » is the title of a hilarious memoir by British author Toby Young —but it could equally be the history of Barack Obama’s foreign policy.

That’s where the differences end between Geneva and the previous accords. What they have in common is that each deal was a betrayal of small countries—Czechoslovakia, South Vietnam, Israel—that had relied on Western security guarantees. Each was a victory for the dictatorships: « No matter the world wants it or not, » Iranian President Hasan Rouhani said Sunday, « this path will, God willingly, continue to the peak that has been considered by the martyred nuclear scientists. » Each deal increased the contempt of the dictatorships for the democracies: « If ever that silly old man comes interfering here again with his umbrella, » Hitler is reported to have said of Chamberlain after Munich, « I’ll kick him downstairs and jump on his stomach. »

And each deal was a prelude to worse. After Munich came the conquest of Czechoslovakia, the Nazi-Soviet pact and World War II. After Paris came the fall of Saigon and Phnom Penh and the humiliating exit from the embassy rooftop. After Geneva there will come a new, chaotic Mideast reality in which the United States will lose leverage over enemies and friends alike.

What will that look like? Iran will gradually shake free of sanctions and glide into a zone of nuclear ambiguity that will keep its adversaries guessing until it opts to make its capabilities known. Saudi Arabia will move swiftly to acquire a nuclear deterrent from its clients in Islamabad; Saudi billionaire Prince Alwaleed bin Talal made that clear to the Journal last week when he indiscreetly discussed « the arrangement with Pakistan. » Egypt is beginning to ponder a nuclear option of its own while drawing closer to a security alliance with Russia.

As for Israel, it cannot afford to live in a neighborhood where Iran becomes nuclear, Assad remains in power, and Hezbollah—Israel’s most immediate military threat—gains strength, clout and battlefield experience. The chances that Israel will hazard a strike on Iran’s nuclear sites greatly increased since Geneva. More so the chances of another war with Hezbollah.

After World War II the U.S. created a global system of security alliances to prevent the kind of foreign policy freelancing that is again becoming rampant in the Middle East. It worked until President Obama decided in his wisdom to throw it away. If you hear echoes of the 1930s in the capitulation at Geneva, it’s because the West is being led by the same sort of men, minus the umbrellas.

Voir de même:

Hassan Rouhani: A Wolf in Sheep’s Clothing

Majid Rafizadeh

FrontPage Magazine

July 24, 2013

In the Western world, the media and political leaders have created a narrative averring that Iran’s seventh president, Hassan Rouhani, will introduce a new chapter to the Islamic Republic of Iran’s history of nuclear defiance. Meanwhile, under Ahmadinejad’s rule, Tehran will continue to spin its centrifuges in attempt to obtain nuclear weapons and arsenals until Rouhani assumes presidency. While the West and other regional countries have suspended all diplomatic initiatives, talks and pressures until Rouhani comes to power, Iranian leaders have taken advantage of this opportunity to speed up their enrichment of uranium so as to sooner reach the critical point of obtaining nuclear weapons.

The “logic” that the Obama administration and other liberal leaders are utilizing to uphold the argument that diplomatic initiatives have to wait until Rouhani comes to power is that Rouhani is a centrist, moderate, realist, and rational Iranian politician who comprehends the concerns and rules of the international community, the International Atomic Energy Agency, the United Nations, and P5+1. They argue that Rouhani will comply with rules and halt Iran’s nuclear program in several cities including Bushehr, Qum, Esfahan, Arak and Natanz.

Nevertheless, these arguments do not take into account the ideological nuances, political agenda and structure of the Iranian centrists. In addition, and more fundamentally, these arguments can easily be repudiated not only by the career, personal, ideological, and political background of Hassan Rouhani, but also by the most recent statements that Rouhani has made in Persian media and the state’s outlets.

In a recent interview, Hassan Abedini, the host of one of Iran’s state media channels, IRIB, criticized Rouhani by stating that Iran’s nuclear work had been halted as a result of the negotiations that Rouhani took part in when he was chief nuclear negotiator. Rouhani then immediately interrupted Abedini by exclaiming, “What you said is a lie. You know it’s a lie. This statement is what ignorant people say; you are taught in this….Maybe the person speaking to you in your earpiece doesn’t know, but you know.” After the television host pressured Rouhani further, Rouhani said “We suspended the [nuclear] program? We completed the [nuclear] program. This is unethical act of the IRIB [channel] that has permeated into you. And the person who is talking with you into your earpiece, this unethical act has permeated into him, as well.”

In this interview, Rouhani supported the position that although the West and international community believe that Iran was halting its nuclear program, Rouhani – as the chief nuclear negotiator – was in fact completing it. In addition, at the Supreme Cultural Revolution Council, Rouhani further clarified, “While we were talking with the Europeans in Tehran, we were [simultaneously] installing equipment in parts of the [nuclear] facility in Isfahan, but we still had a long way to go to accomplish the project. In fact, by creating a tranquil environment, we were able to finish the work in Isfahan.”

Furthermore, after Rouhani was elected as the Iran’s seventh president, he publicly declared that the United States must recognize Iran’s nuclear rights and pledge not to interfere in its internal and domestic affairs. Additionally, in his press conference, the president-elect clearly stated, “The era of [enrichment] suspension is gone.”

The critical fact remains that although on one hand the Iranian centrists support using softer and more diplomatic tones on regional and international platforms, on the other hand, they also strongly insist on preserving Tehran’s current political status quo, foreign policy objectives, and continued assistance towards the survival of the Shiite cleric-ruled regime. While Rouhani is nicknamed the diplomatic sheikh and while he calls for employing less hostile language when dealing with the West, it is nevertheless unrealistic to argue that Rouhani will alter Tehran’s nuclear program and foreign policies or challenge the Supreme Leader.

Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu, whose country would be the most affected if Iran obtained nuclear weapons, responded to Rouhani’s remarks about the era of nuclear suspension being gone. In an interview with CBS News, Netanyahu accurately characterized the political ideology of Rouhani and Iran’s centrist political spectrum by stating, “He [Rouhani] is criticizing his predecessor for being a wolf in wolf’s clothing. His strategy is to be a wolf in a sheep’s clothing. Smile and build a bomb.” Netanyahu also stated previously, “Let us not delude ourselves. The international community must not become caught up in wishful thinking and be tempted to relax the pressure on Iran to stop its nuclear program.”

Hassan Rouhani and the centrist party are the founders and beneficiaries of the theocratic political system of Iran’s Ayatollahs. It would be irrational to argue that Rouhani will stand against the current system, which he assisted in creating, and it is illogical to believe that he will risk his power and accumulated wealth by halting the centrifuges from spinning. Rouhani was the chief advisor of the Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei, as well as the head of Iran’s National Security Council. It is thus inevitable that Rouhani will avoid challenging the Supreme Leader so as to preserve all the benefits and powers he has accumulated.

In a very Machiavellian-like approach, the Islamic Republic of Iran will continue spinning its centrifuges under the rule of Rouhani, but in the meanwhile will use a much softer tone when interacting with the international community. This shrewdness will allow Iran to buy time, manipulate the international community, take advantage of the International Atomic Energy Agency’s loopholes, delude the rest of world and ultimately reach their nuclear and hegemonic ambitions.

Voir de plus:

Rohani, bilan d’une modération de façade en Iran

National Council of Resistance of Iran

12 Oct 2013

CNRI – Voilà près de 100 jours que Hassan Rohani a pris ses fonctions de nouveau président du régime iranien. Les médias font une grande place à l’offensive du lobby des mollahs pour donner à la dictature religieuse un vernir de modération via l’image de Rohani, un homme du sérail depuis 30 ans. Le but étant uniquement de desserrer l’étau des sanctions internationales qui l’étranglent. Cependant, on peut déjà se faire une idée de sa véritable identité à travers son bilan.

Avant son accession à la présidence

Hassan Rohani se vantait d’avoir réussi à tromper les Occidentaux dans les négociations sur le nucléaire. Voici son intervention, le 3 novembre 2003, au Conseil suprême de la Révolution culturelle, paru en septembre 2005 dans le semestriel RAHBORD, une publication du Centre de Recherche stratégique du Conseil de Discernement de l’État :

« Durant l’été 2002, des clameurs se sont levées dans les médias occidentaux affirmant que l’Iran s’emploie à construire une bombe atomique (…) Quand nous avons invité les trois ministres (des Affaires étrangères européennes) nous cherchions à savoir comment nous pourrions donner une vue d’ensemble du programme nucléaire et de nos précédentes activités, tout en évitant d’être renvoyés devant le Conseil de sécurité. Si nous avions refusé de déclarer nos activités passées, cela aurait signifié pour l’agence (AIEA) que nous n’avions pas l’intention de coopérer. Car la plupart des activités menées à l’insu de l’agence, lui avait été communiquées par les pays avec lesquels nous avions traité (…) Avec les renseignements venus de la Libye, ils se sont rendus compte que nous avions pu obtenir des choses de notre négociant sans les déclarer. En effet, nous avions déclaré les équipements reçus du négociant, à une exception : la (centrifugeuse) P2 (…)

«Graduellement, les Européens ont conclu que nous n’avions pas accepté la suspension dans les domaines où nous avions des difficultés technologiques, et que la suspension (de l’enrichissement) s’appliquait seulement aux cas où nous n’avions pas de difficultés techniques. C’est une question qu’ils ont soulevée récemment dans les négociations. Ainsi, s’agissant de l’U.C.F et de l’usine d’Ispahan qui transforme le yelow cake en du UF4 et UF6, nous avons réussi à le terminer pendant la période de la suspension. À l’époque, pendant que nous étions en train de discuter avec les Européens à Téhéran, nous installions des équipements dans certaines parties (de l’usine) d’Ispahan, et le projet était sur le point d’être complété. En réalité, c’est en créant un climat de sérénité, que nous avons pu achever Ispahan. Dieu soit loué, Ispahan a été complété et nous pouvons transformer le yellow cake en du UF4 et UF6, et c’est très important (…) Nous avions certaines choses et nous pensions que personne n’en était informé. Mais ces mêmes choses que nous avions dissimulées, avaient malheureusement été publiées dans le passé dans des thèses de doctorat et des articles scientifiques (iraniens). En outre, d’autres faits avaient été communiqués par la Chine et la Russie à l’Agence.»

Discours d’Hassan Rohani, premier vice-président du parlement, dans un rassemblement de la milice du Bassidj, publié le 17 mai 1995 par le quotidien officiel Etela’at:

« Si certains endiablés venaient dire jusqu’à récemment à nos chers jeunes gens que l’antiaméricanisme de la révolution s’est édulcorée, aujourd’hui cependant, il est avéré à la face du monde que ces paroles sont erronées et infondées. Notre système, notre gouvernement, notre parlement, nos responsables, et à leur tête notre vénérable Guide suprême, à l’instar de l’imam (Khomeiny), sont tous des antiaméricains convaincus. Aujourd’hui l’admirable slogan de « mort à l’Amérique » est de plus en plus une source d’unité dans notre pays. Aujourd’hui le slogan « mort à l’Amérique » a fait que notre cheminement est plus clair, plus transparent et plus défini que jamais.» https://khodnevis.org/article/52750#.Uk1VB4bwZpw

Après son arrivée à la présidence

Sur le programme atomique :

« Accepter le droit naturel, légal et inaliénable de l’Iran, comme l’ordonne avec sagesse le guide suprême, est le moyen le plus simple de résoudre le dossier nucléaire atomique. »

« La technologie nucléaire, notamment l’enrichissement de l’uranium, est parvenue au stade de production à grande échelle. Imaginer qu’en faisant obstruction au programme atomique de l’Iran par le biais de pressions illégales, on peut garantir que le programme est pacifique, relève de la fiction totale. »

Discours à l’Assemblée générale de l’ONU, New York, 24 septembre 2013.

– Selon l’AIEA : les réserves d’uranium enrichi à 20% en Iran au mois de février avaient augmenté de 9 %

20 aout 2013, agence Reuters

– 28 aout : Dans son rapport trimestriel, l’AIEA a annoncé : en installant des centaines d’autres centrifugeuses, l’Iran a augmenté sa capacité à enrichir l’uranium. Ces centrifugeuses, qui sont d’un modèle plus avancé (IR-2), se trouvent dans le site nucléaire de Natanz, dans la province d’Ispahan. Le rapport ajoute : l’Iran a aussi commencé la production de combustible pour le réacteur d’eau lourde.

Rapport de l’AEIA, 28 aout

– Dans la visite que nous avons effectuée aujourd’hui au site de Fordo (…) les activités de ce site se poursuivent sans la moindre faille et l’enrichissement se fait à 20%. »

1 octobre, agences de presse officielles iraniennes

Sur les missiles balistiques :

Dans un défilé militaire en Iran en présence de Rohani, « les forces armée iraniennes ont présenté 30 missiles balistique de type Sejil et Ghadr d’une portée annoncée de 2000 km ».

AFP – 22 septembre 2013

Sur Israël :

« Le régime sioniste est depuis des années une plaie sur le corps monde musulman et il faut se débarrasser de cette plaie. » Quelques heures plus tard, la phrase a été corrigée de la manière suivante : « Dans notre région, dans l’ombre occupée du territoire palestinien et de notre chère Qods (Jérusalem), une plaie a été infligée au corps du monde musulman et cela nous rappelle que le peuple musulman n’oubliera pas son droit historique et résistera à l’oppression et à l’agression. »

3 aout 2013 – Discours à la manifestation annuel contre Israël du nom de « Journée Qods »

http://www.president.ir/fa/70000

Sur la Corée du Nord :

« L’Iran et la Corée du nord ont toujours entretenu de bonnes relations et il est certain que le niveau de relation de ces deux pays se développera dans le 11e gouvernement (…) Les relations de la république islamique d’Iran et de la Corée du Nord au fil des ans ont toujours été bonnes et en plein développement. Je suis certain que les relations entre les deux pays vont se poursuivre avec le 11e gouvernement et continueront de se développer plus qu’auparavant. »

3 aout 2013 – Dans une rencontre avec le président nord coréen

http://www.president.ir/fa/70017

Sur la Syrie :

« La république islamique d’Iran est préoccupée par la présence de terroristes et les ingérences étrangères en Syrie et le condamne. » « Le président de la république, adressant ses remerciements pour le message de Bachar Assad, le président syrien, a mis l’accent sur le développement des relations entre les deux pays dans divers domaines. »

4 aout 2013 – Rencontre avec le premier ministre syrien

http://www.president.ir/fa/70427

Sur le guide suprême et la constitution de la dictature religieuse :

« Nous sommes fiers de tous nous trouver en république islamique dont le pilier centrale est le guide suprême. »

19 aout 2013, lors de la présentation du ministre de l’Intérieur

http://www.president.ir/fa/70641

« La constitution est extrêmement progressiste et dynamique, le principe de la constitution peut parfaitement satisfaire les droits civils de la population. »

6 aout 2013, lors de sa première conférence de presse.

http://www.president.ir/fa/70470

Sur la situation économique :

« Deux années consécutives, la croissance économique du pays s’est révélée négative. C’est la première fois qu’après la guerre imposée [contre l’Irak], notre croissance économique est négative. C’est la première fois qu’à côté de la croissance négative, le pays connait une inflation extrêmement élevée, la plus haute inflation de la région, voire du monde. Le pays connait une inflation de 42%, le pays connait le chômage (…) Regardez les chiffres : de 2006 à 2011, quel est le nombre d’emplois ? 14.000 personnes par an ? C’est le nombre d’emplois de ces dernières années dans notre pays. »

3 aout 2013, dans une réunion avec les députés au Majlis.

http://www.president.ir/fa/70004

« La situation actuelle du pays dans tous les domaines est difficile et complexe. Dans le domaine économique, le pays connait une inflation élevée, un taux d’investissements réduit, une réduction des entreprises de production, et beaucoup de liquidités, en autres problèmes économiques.

« Dans le domaine de la politique étrangère, nous sommes confrontés aux sanctions qui nous oppriment, aux défis régionaux et aux tensions politiques aigues au Moyen-Orient. »

15 aout 2013, discours de clôture en défense des ministres présentés au parlement.

http://www.president.ir/fa/70547

Un dossier sur Hassan Rohani

Rohani au pouvoir en Iran quelles sont les conséquences

Voir enfin:

Iran Strongly Rejects Text of Geneva Agreement Released by White House

FARS

Nov 26, 2013

TEHRAN (FNA)- The Iranian Foreign Ministry on Tuesday called invalid a press release by the White House alleged to be the text of the nuclear agreement struck by Iran and the Group 5+1 (the US, Russia, China, Britain and France plus Germany) in Geneva on Sunday.

“What has been released by the website of the White House as a fact sheet is a one-sided interpretation of the agreed text in Geneva and some of the explanations and words in the sheet contradict the text of the Joint Plan of Action (the title of the Iran-powers deal), and this fact sheet has unfortunately been translated and released in the name of the Geneva agreement by certain media, which is not true,” Foreign Ministry Spokeswoman Marziyeh Afkham said on Tuesday.

She said that the four-page text under the name of the Joint Plan of Action (which has been released by the Iranian foreign ministry) was the result of the agreement reached during the Geneva talks and all of its sentences and words were chosen based on the considerations of all parties to the talks. In fact one of the reasons why negotiations between Iran and the G5+1 took so long pertained to the accuracy which was needed for choosing the words for the text of the agreement, Afkham said, explaining that the Iranian delegation was much rigid and laid much emphasis on the need for this accuracy.

Afkham said that the text of the Joint Plan of Action was provided to the media a few hours after the two sides agreed on it.

After the White House released a modified version of the deal struck by Iran and the six world powers in Geneva early Sunday morning, the Iranian Foreign Ministry released the text of the agreement.

The full text of the deal is as follows:

Geneva, 24 November 2013

Joint Plan of Action

Preamble

The goal for these negotiations is to reach a mutually-agreed long-term comprehensive solution that would ensure Iran’s nuclear programme will be exclusively peaceful. Iran reaffirms that under no circumstances will Iran ever seek or develop any nuclear weapons. This comprehensive solution would build on these initial measures and result in a final step for a period to be agreed upon and the resolution of concerns. This comprehensive solution would enable Iran to fully enjoy its right to nuclear energy for peaceful purposes under the relevant articles of the NPT in conformity with its obligations therein. This comprehensive solution would involve a mutually defined enrichment programme with practical limits and transparency measures to ensure the peaceful nature of the programme. This comprehensive solution would constitute an integrated whole where nothing is agreed until everything is agreed. This comprehensive solution would involve a reciprocal, step-bystep process, and would produce the comprehensive lifting of all UN Security Council sanctions, as well as multilateral and national sanctions related to Iran’s nuclear programme.

There would be additional steps in between the initial measures and the final step, including, among other things, addressing the UN Security Council resolutions, with a view toward bringing to a satisfactory conclusion the UN Security Council’s consideration of this matter. The E3+3 and Iran will be responsible for conclusion and implementation of mutual near-term measures and the comprehensive solution in good faith. A Joint Commission of E3/EU+3 and Iran will be established to monitor the implementation of the near-term measures and address issues that may arise, with the IAEA responsible for verification of nuclear-related measures. The Joint Commission will work with the IAEA to facilitate resolution of past and present issues of concern.

Elements of a first step The first step would be time-bound, with a duration of 6 months, and renewable by mutual consent, during which all parties will work to maintain a constructive atmosphere for negotiations in good faith. Iran would undertake the following voluntary measures:

• From the existing uranium enriched to 20%, retain half as working stock of 20% oxide for fabrication of fuel for the TRR. Dilute the remaining 20% UF6 to no more than 5%. No reconversion line.

• Iran announces that it will not enrich uranium over 5% for the duration of the 6 months.

• Iran announces that it will not make any further advances of its activities at the Natanz Fuel Enrichment Plant1, Fordow2, or the Arak reactor3, designated by the IAEA as IR-40.

• Beginning when the line for conversion of UF6 enriched up to 5% to UO2 is ready, Iran has decided to convert to oxide UF6 newly enriched up to 5% during the 6 month period, as provided in the operational schedule of the conversion plant declared to the IAEA.

• No new locations for the enrichment.

• Iran will continue its safeguarded R&D practices, including its current enrichment R&D practices, which are not designed for accumulation of the enriched uranium.

• No reprocessing or construction of a facility capable of reprocessing.

• Enhanced monitoring:

o Provision of specified information to the IAEA, including information on Iran’s plans for nuclear facilities, a description of each building on each nuclear site, a description of the scale of operations for each location engaged in specified nuclear activities, information on uranium mines and mills, and information on source material. This information would be provided within three months of the adoption of these measures.

o Submission of an updated DIQ for the reactor at Arak, designated by the IAEA as the IR-40, to the IAEA.

o Steps to agree with the IAEA on conclusion of the Safeguards Approach for the reactor at Arak, designated by the IAEA as the IR-40.

o Daily IAEA inspector access when inspectors are not present for the purpose of Design Information Verification, Interim Inventory Verification, Physical Inventory Verification, and unannounced inspections, for the purpose of access to offline surveillance records, at Fordow and Natanz.

o IAEA inspector managed access to:

centrifuge assembly workshops4;

centrifuge rotor production workshops and storage facilities; and, uranium mines and mills.

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Footnotes:

1 Namely, during the 6 months, Iran will not feed UF6 into the centrifuges installed but not enriching uranium. Not install additional centrifuges. Iran announces that during the first 6 months, it will replace existing centrifuges with centrifuges of the same type.

2 At Fordow, no further enrichment over 5% at 4 cascades now enriching uranium, and not increase enrichment capacity. Not

feed UF6 into the other 12 cascades, which would remain in a non-operative state. No interconnections between cascades.

Iran announces that during the first 6 months, it will replace existing centrifuges with centrifuges of the same type.

3 Iran announces on concerns related to the construction of the reactor at Arak that for 6 months it will not commission the reactor or transfer fuel or heavy water to the reactor site and will not test additional fuel or produce more fuel for the reactor or install remaining components.

4 Consistent with its plans, Iran’s centrifuge production during the 6 months will be dedicated to replace damaged machines.

In return, the E3/EU+3 would undertake the following voluntary measures:

• Pause efforts to further reduce Iran’s crude oil sales, enabling Iran’s current customers to purchase their current average amounts of crude oil. Enable the repatriation of an agreed amount of revenue held abroad. For such oil sales, suspend the EU and U.S. sanctions on associated insurance and transportation services.

• Suspend U.S. and EU sanctions on:

o Iran’s petrochemical exports, as well as sanctions on associated services.5 o Gold and precious metals, as well as sanctions on associated services.

• Suspend U.S. sanctions on Iran’s auto industry, as well as sanctions on associated services.

• License the supply and installation in Iran of spare parts for safety of flight for Iranian civil aviation and associated services. License safety related inspections and repairs in Iran as well as associated services.6

• No new nuclear-related UN Security Council sanctions.

• No new EU nuclear-related sanctions.

• The U.S. Administration, acting consistent with the respective roles of the President and the

Congress, will refrain from imposing new nuclear-related sanctions.

• Establish a financial channel to facilitate humanitarian trade for Iran’s domestic needs using Iranian oil revenues held abroad. Humanitarian trade would be defined as transactions involving food and agricultural products, medicine, medical devices, and medical expenses incurred abroad. This channel would involve specified foreign banks and non-designated Iranian banks to be defined when establishing the channel.

o This channel could also enable:

transactions required to pay Iran’s UN obligations; and, direct tuition payments to universities and colleges for Iranian students studying abroad, up to an agreed amount for the six month period.

• Increase the EU authorisation thresholds for transactions for non-sanctioned trade to an agreed amount.

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Footnotes

5 « Sanctions on associated services » means any service, such as insurance, transportation, or financial, subject to the underlying U.S. or EU sanctions applicable, insofar as each service is related to the underlying sanction and required to facilitate the desired transactions. These services could involve any non-designated Iranian entities.

6 Sanctions relief could involve any non-designated Iranian airlines as well as Iran Air.

Elements of the final step of a comprehensive solution*

The final step of a comprehensive solution, which the parties aim to conclude negotiating and commence implementing no more than one year after the adoption of this document, would:

• Have a specified long-term duration to be agreed upon.

• Reflect the rights and obligations of parties to the NPT and IAEA Safeguards Agreements.

• Comprehensively lift UN Security Council, multilateral and national nuclear-related sanctions, including steps on access in areas of trade, technology, finance, and energy, on a schedule to be agreed upon.

• Involve a mutually defined enrichment programme with mutually agreed parameters consistent with practical needs, with agreed limits on scope and level of enrichment activities, capacity, where it is carried out, and stocks of enriched uranium, for a period to be agreed upon.

• Fully resolve concerns related to the reactor at Arak, designated by the IAEA as the IR-40.

No reprocessing or construction of a facility capable of reprocessing.

• Fully implement the agreed transparency measures and enhanced monitoring. Ratify and implement the Additional Protocol, consistent with the respective roles of the President and the Majlis (Iranian parliament).

• Include international civil nuclear cooperation, including among others, on acquiring modern light water power and research reactors and associated equipment, and the supply of modern nuclear fuel as well as agreed R&D practices.

Following successful implementation of the final step of the comprehensive solution for its full duration, the Iranian nuclear programme will be treated in the same manner as that of any non-nuclear weapon state party to the NPT.

* With respect to the final step and any steps in between, the standard principle that « nothing is agreed until everything is agreed » applies.

5 commentaires pour Iran: La paix pour notre temps (Peace for our time and a new Chamberlain for America)

  1. Bruno dit :

    La comparaison avec Chamberlain, par certains côtés, est tentante. Elle serait plus ajustée si:
    Le nazisme avait été une religion et Chamberlain un adepte
    Et qu’Obama ne soit pas musulman
    La situation d’aujourd’hui est beaucoup plus grave de ce point de vue.

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  2. […] qu’au lendemain d’un prétendu accord, digne de Münich, avec les autocrates iraniens […]

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  3. […] que de l’Afghanistan à l’Iran et à l’Ukraine, le Munichois en chef de la Maison Blanche multiplie les gestes […]

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  4. […] Depuis près de quatre ans, le monde arabe et islamique n’en finit pas de se décomposer et de se recomposer sous nos yeux, entraîné par ses pesanteurs propres. Une analyste géopolitique, Robin Wright, vient même de prédire dans le New York Times, le quotidien le plus pro-Obama des Etats-Unis, le remplacement de cinq Etats moyen-orientaux (la Syrie, l’Irak, l’Arabie Saoudite, la Libye, le Yemen) par quinze nouveaux Etats à caractère ethnoreligieux. Voilà qui merite au moins autant d’attention que les articles promouvant le « nouvel Iran » du président Rouhani. Et qui relativise le « processus de paix » Jérusalem-Ramallah. Par Michel Gurfinkiel source […]

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