Russie: Ce qui reste du communisme quand on a tout oublié (Last refuge of the scoundrel: For Putin’s new robber baron Russia, anti-Americanism is the name of the game)

Russian Pollster: Kremlin Nurtures Rising Anti-AmericanismUn des grands problèmes de la Russie – et plus encore de la Chine – est que, contrairement aux camps de concentration hitlériens, les leurs n’ont jamais été libérés et qu’il n’y a eu aucun tribunal de Nuremberg pour juger les crimes commis. Thérèse Delpech
La destruction de l’URSS fut la plus grande catastrophe géopolitique du siècle. Poutine (25.04. 05)
Les dirigeants européens et américains espèrent que les tyrans et les autocrates du monde vont disparaître tout seuls. Mais les dinosaures comme Vladimir Poutine, Hugo Chávez et les ayatollahs iraniens ne vont pas s’effacer comme cela. Ils ne doivent leur survie qu’au manque de courage des chefs du Monde libre. Garry Kasparov
Les lecteurs dans d’autres pays pourront être tentés de se réjouir, un tant soit peu, des difficultés des États-Unis. Une telle réaction ne devrait surprendre personne. Les États-Unis et ceux qui les représentent ont été accusés d’arrogance, car les États-Unis peuvent souvent être considérés comme une nation incontournable, mais il serait préférable si c’étaient les autres pays qui attiraient l’attention sur ce point. De plus, les exemples d’incohérences entre ce que les États-Unis pratiquent et ses principes suscitent à juste titre des accusations d’hypocrisie. La source de ressentiment réside dans le fait que les États-Unis n’appliquent pas les principes que ses propres représentants prêchent aux autres. Mais, comme pour d’autres tentations, il est de mise de résister à l’envie de se réjouir des imperfections et des difficultés des États-Unis. Les gens du monde entier doivent prendre garde de ne pas souhaiter trop fort que les États-Unis ne réussissent pas à résoudre ses problèmes intérieurs, car le prix d’un tel dénouement pourrait bien être exorbitant. En fait, le reste du monde a presque autant d’intérêt au succès des États-Unis que les Américains eux-mêmes. Une partie de la raison est économique. L’économie américaine compte encore pour le quart de la production mondiale. L’accélération de la croissance américaine augmentera le pouvoir d’achat des États-Unis pour des biens et services d’autres pays, améliorant du même coup les perspectives de croissance mondiale. Au moment où l’économie de l’Europe est à la dérive et où celle de l’Asie se refroidit, les États-Unis (ou, plus précisément, l’Amérique du Nord) ont le potentiel de remettre l’économie mondiale sur les rails de la relance. Les États-Unis sont encore un formidable creuset d’innovations. La plupart des citoyens du monde communiquent par l’entremise d’appareils portables dont la technologie est issue de Silicon Valley; comme l’Internet qui a pris son essor en Amérique. Plus récemment, de nouvelles technologies créées en Amérique augmentent grandement la capacité d’extraction de pétrole et de gaz naturel. Ces technologies de forage sont en train de faire le tour de la planète entière, ce qui permet à d’autres sociétés d’accroître leur production énergétique et de diminuer leur dépendance sur les importations tout en réduisant leurs émissions de carbone. Les États-Unis sont également une source inépuisable d’idées. Ses universités de classe internationale forment une forte proportion des futurs dirigeants du monde. Plus fondamentalement, les États-Unis ont été à la fine pointe de tout ce que les économies de marché et la démocratie politique peuvent accomplir. Les gens et les gouvernements du monde entier seront d’autant plus ouverts que le modèle américain sera perçu comme une réussite. Enfin, la communauté internationale fait face à plusieurs défis importants : elle doit stopper la prolifération des armes de destruction de masse, lutter contre les changements climatiques et maintenir un ordre économique mondial qui facilite le commerce et l’investissement. Elle doit aussi se préoccuper de la réglementation des pratiques dans le cyberespace, de l’amélioration de la santé dans le monde et de la prévention de conflits armés. Ces problèmes ne s’en iront pas de sitôt et ne se régleront pas d’eux-mêmes. Même si la « main invisible » d’Adam Smith est ce qui fait fonctionner le libre marché, elle est inopérante dans le monde de la géopolitique. Pour atteindre un certain équilibre dans les affaires mondiales, une main dirigiste visible est nécessaire pour formuler et réaliser des solutions mondiales aux problèmes mondiaux. Ne nous méprenons pas ! Rien de tout cela ne veut dire que les États-Unis puissent vraiment régler tous les problèmes du monde. L’unilatéralisme produit rarement l’effet désiré. Ce n’est pas simplement que les États-Unis n’en ont pas les moyens ; la nature même des problèmes mondiaux contemporains nous permet de penser que seules les mesures collectives ont de bonnes chances de réussite. Évidemment, il est plus facile de faire l’apologie de solutions multilatérales que de les formuler et de les mettre en œuvre. Pour l’instant, un seul candidat est prêt à jouer ce rôle : les États-Unis. Aucun autre pays n’a la combinaison requise de la capacité et de la volonté de le faire. Richard Haas
Au lieu de recevoir Poutine avec des pincettes, au lieu de l’humilier en bloquant la construction du centre orthodoxe du quai Branly et de bouder l’inauguration du monument à la mémoire des soldats russes morts pour la France durant la Grande Guerre, le gouvernement français devrait faire preuve de réalisme et d’un peu de courage pour construire une relation de confiance avec la Russie! Ce n’est pas à New York que la crise syrienne se dénouera, c’est à Moscou. Que Poutine lâche le régime syrien, et il tombera comme le fruit pourri qu’il est. Si j’étais François Hollande, je prendrais l’avion maintenant pour Moscou, si possible avec Angela Merkel, et je chercherais à offrir à la Russie de véritables garanties sur sa sécurité et sur une relation de confiance avec l’Otan, qui doit inclure la question de la défense antimissile à laquelle les Russes doivent être réellement associés. L’ours russe n’est dangereux que quand il a peur. Offrons-lui sans détour la perspective d’un accord historique d’association avec l’Europe. Ce que François Hollande ne comprend pas, c’est qu’il faut ancrer la Russie à l’espace européen. Je sais bien que les diplomates trouveront dix mille raisons qui empêchent cette avancée historique: l’insuffisance de l’État de droit en Russie, l’instabilité des règles juridiques et commerciales, la corruption… Tout cela est vrai mais tout cela ne peut justifier que nous restions inactifs face au piège infernal qui est en train de s’armer aux confins de la Perse, de la Mésopotamie et l’Assyrie. Que notre président normal comprenne qu’il n’y a rien de normal dans le monde dont il est désormais l’un des principaux responsables. Qu’il prenne des risques, qu’il abandonne ses postures bourgeoises et atlantistes version guerre froide. Qu’il parle avec la Russie. François Fillon (2012)
Je veux aller porter le témoignage de notre reconnaissance, éternelle, au combat des Russes lors de cette bataille. (…) Je pense que les Russes sont profondément européens. Ils appartiennent pour une très large part à la civilisation européenne, et c’est une raison suffisante pour mettre en œuvre tous les efforts nécessaires afin de faire progresser cette unité du continent européen. L’avenir commun de la Russie et de l’Europe est dans ce partenariat stratégique qui a été proposé. François Fillon
La politique de « redémarrage » des relations russo-américaines proposée par le président Obama a été interprétée à Moscou comme l’indice de la prise de conscience par les Américains de leur faiblesse, et par conséquent comme une invitation à Moscou de pousser ses pions (…) Le contrat d’achat des Mistrals présente un triple avantage: d’abord, la Russie acquiert des armements de haute technologie sans avoir à faire l’effort de les développer elle-même ; deuxièmement, elle réduit à néant la solidarité atlantique et la solidarité européenne ; troisièmement, elle accélère la vassalisation du deuxième grand pays européen après l’Allemagne. Un expert russe a récemment comparé cette politique à celle de la Chine face aux Etats-Unis : selon lui, à Washington le lobby pro-chinois intéressé aux affaires avec la Chine est devenu si puissant que les Etats-Unis sont désormais incapables de s’opposer à Pékin; la même chose est déjà vraie pour l’Allemagne face à la Russie et elle le sera pour la France après la signature du contrat sur les Mistrals. (…) Aujourd’hui, Moscou (…) se pose en rempart de la civilisation « du Nord », ce qui ne manque pas de sel quand on se souvient avec quelle persévérance Moscou a défendu le programme nucléaire iranien, contribuant grandement à l’émergence de cette « menace » du Sud, et avec quel enthousiasme elle célébrait, il y a un an encore, le naufrage de la civilisation occidentale. (…) On l’a vu dans les années 1930, la présence d’un Etat revanchard sur le continent européen peut réduire à néant toutes les tentatives de fonder un ordre international sur le droit et l’arbitrage. Françoise Thom
During the reform period, which witnessed a massive effort to remake Russian society and the Russian economy, Russia once again fell victim to a false idea. The victory over communism was a moral victory. Millions took to the streets not because of shortages but in protest over communism’s attempt to falsify history and change human nature. As a new state began to be built, however, all attention shifted to the building of capitalism and, in particular, to the creation of a group of wealthy private owners whose control over the means of production, it was assumed, would lead automatically to a free market economy and a law-based democracy. This approach, dubious under the best of conditions, could not but be disastrous in the case of Russia. It meant that, in a country with a need for moral values after more than seven decades of spiritual degradation under communism, the introduction of capitalism came to be seen as an end in itself. (…) The decision to transform the economy of a huge country without the benefit of the rule of law led not to a free market democracy but to a kleptocracy with several dangerous economic and psychological features. (…) Perhaps more important than these economic features, however, was the new system’s social psychology, which was characterized by mass moral indifference. If under communism, universal morality was denied in favor of the supposed “interests of the working class,” under the new reform government, people lost the ability to distinguish between legal and criminal activity. (…) The young reformers were lionized in the West, but, as the years passed and the promised rebirth of Russia did not materialize, arguments broke out in Russia over whether progress was being prevented by the resistance of the Duma, inadequate assistance from the West, or the inadequacies of the Russian people themselves. These arguments, however, had a surrealistic quality because they implicitly assumed that, with the right economic combination, it was possible to build a free market democracy without the rule of law. In fact, a market economy presupposes the rule of law because only the rule of law is able to assure the basis of a free market’s existence, which is equivalent exchange. Without law, prices are dictated not by the market but by monopolization and the use of force. The need for a framework of law was particularly pronounced in the case of Russia because socialism for ordinary Russians, in addition to being an economic system, was also a secular religion that lent a powerful, albeit false, sense of meaning to millions of lives. When the Soviet Union fell, it was necessary to replace not only the socialist economic structures but also the “class values” that gave that system its higher sanction. This could only be done by establishing the authority of transcendent, universal values, which, as a practical matter, could only be assured by establishing the rule of law. David Satter
Russian anti-Americanism is likely to intensify. Unlike the Soviet Union, Russia has no universal ideology capable of inspiring loyalties that transcend national boundaries. Anti-Americanism is a kind of substitute. It allows Russia to carve out a prominent role for itself in world affairs that it could never have if it were concerned only with acting positively. At the same time, the regime is threatened by a deteriorating economy. In the second quarter of this year, growth fell to 1.2%. During the 2000s, the rate was 7.2%. Because of its immense corruption, Russia is critically dependent on high oil prices, and these are supported by Middle East instability. Under such circumstances, the U.S. is not only a helpful distraction but a convenient scapegoat. Mr. Putin is losing support in Moscow, but his defense of the Assad regime evokes nostalgia for the Soviet empire and strengthens his support among the conservative and provincial part of the population. As Mr. Putin’s political position weakens further, his antagonism toward the U.S. will almost certainly increase.(…) At the same time, and probably more important, anti-Americanism can be used to distract Russians from the corruption of the Putin regime and the pillaging of the country. Mr. Putin and his associates stand at the apex of a corrupt system and, according to some estimates, control 15% of the national wealth. During protest demonstrations last year over the falsification of elections, Mr. Putin was openly referred to as a « thief, » a serious development in a society where the charge is widely believed but usually not made publicly. David Satter

Quand la Russie redécouvre les vertus de ce qui reste du communisme quand on a tout oublié

Corruption systématisée, violence institutionnalisée, pillage, indifférence morale généralisée …

A l’heure où, face au plus velléitaire des présidents américains et de la Syrie à l’Iran et à l’Affaire Snowden, la Russie de Poutine semble engranger les succès diplomatiques …

Pendant que, fidèle à son habitude, la France de l’Obama corrézien reprend à son compte avec les bonimenteurs de Téhéran (ou de Moscou pour l’opposition) la politique de « redémarrage » dont on a vu l’efficacité avec la Russie …

Remise des pendules à l’heure avec le politologue américain David Slatter sur une kleptocratie russe …

Réduite, face à une économie étouffée par la corruption, à attiser les flammes de l’instabilité au Moyen-Orient pour faire remonter les prix du pétrole qui ont fait sa fortune …

Et contrainte, face à son discrédit intérieur, à jouer la facile diversion de l’anti-américanisme …

Russia’s Anti-American Foreign Policy
Putin needs high oil prices and a distraction from his domestic troubles.
David Satter
The Wall Street Journal
September 22, 2013

Moscow

The difference in values between the U.S. and Russia—and the subordination of Russian foreign policy to the personal interests of the members of a corrupt regime—should have been obvious to the Obama administration from the beginning. But it did nothing to forestall the policy of « reset. » At the 2009 Moscow Summit, Mr. Obama praised the « extraordinary work » that Vladimir Putin, who was then officially the prime minister, had done for Russia. Mr. Obama described Mr. Putin as « sincere, just and deeply interested in the welfare of the Russian people. »

The praise was never reciprocated, in part because Russian leaders fear and distrust their own population, and they understand that Western advocacy of the rule of law and human rights is a potential threat to their rule. In recent years, U.S. officials have often said that it is difficult to solve the world’s problems without Russia. Unfortunately, it is often even harder to solve them with it.

The U.S. needs three things from Russia: understanding in defense matters, assistance in the war on terror, and help in curbing the ambitions of rogue states. In each case, the record of the Putin regime is one of relentless obstruction.

One source of conflict has been Russian objections to U.S. plans to construct an antimissile shield in Europe to protect U.S. allies against an attack from Iran. Russia has treated the shield as a threat to its nuclear deterrent, despite the opinion of Russia’s own experts that the missiles pose no threat to the Russian ICBM force and are intended for a completely different purpose.

In 2009, Mr. Obama canceled plans for antimissile installations in Poland and the Czech Republic, in part to improve U.S.-Russian relations. But the U.S. is now preparing to station interceptors in Romania. In response, Russia is demanding legal guarantees that the missiles will not be used against Russia and is threatening to target U.S. missile-defense sites if there is no agreement.

NATO Secretary-General Anders Fogh Rasmussen described the Russian position as « crazy. » « You can’t in any rational way think that NATO constitutes a threat against Russia, » he told the AP in February 2012. « It’s a complete waste of money to deploy offensive weapons and capabilities against NATO territory. »

Russia has also undermined U.S. efforts to combat terror. Two striking recent examples are the cases of the Boston Marathon bomber, Tamerlan Tsarnaev, and the NSA leaker, Edward Snowden.

Tsarnaev spent six months in the Dagestan region of Russia in 2012 before the attack on April 15. Two of his contacts, Mahmud Nigal, a suspected link with the Islamist underground, and William Plotnikov, a Russian-Canadian Islamic radical, were killed by Russian forces while he was there. Yet the Russians insist that Tsarnaev was not under surveillance in Dagestan and never questioned. If this is true, it is in complete contradiction to all known Russian practice. Tsarnaev left Russia freely through Moscow’s Sheremetevo Airport and the Federal Security Service never warned the U.S. about his contacts in Dagestan.

Russia also showed little concern for efforts to protect U.S. civilians in its decision to shelter Edward Snowden. In light of the quantity and quality of what Mr. Snowden stole, an adequate damage assessment depends on getting him back to the U.S. Until that happens, the efforts of the NSA and other agencies to defend the U.S. against terror are going to be crippled.

Aware of this, Mr. Putin seems to be mainly concerned with subjecting the U.S. to ridicule. The Russian media have published articles about Mr. Snowden’s « new life, » « proposals of marriage » and a future career defending human rights. At the same time, although Mr. Putin said that a condition of Mr. Snowden’s asylum was that he « stop harming our American partners, » the leaks of NSA information have continued.

Russian obstruction of the U.S. has had its gravest consequences, however, in interstate relations. Russia has defended Iran against Western economic sanctions, arguing that they are « a violation of international law. » Moscow also has been unswerving in its support for Bashar Assad in Syria, from voting to block three U.N. Security Council resolutions on sanctions against Syria to insisting that the chemical-weapons attack on Aug. 21 that killed more than 1,400 Syrians was carried out by the rebels.

The U.S. will now try to enforce a U.S.-Russian agreement on the elimination of Syria’s chemical weapons under conditions in which Russia and Syria can use delay, obfuscation and disinformation to string out the process indefinitely. Meanwhile, the Syrian opposition, which has endured chemical-weapons attacks without seeing a serious response from the civilized world, is likely to continue to radicalize.

Russian anti-Americanism is likely to intensify. Unlike the Soviet Union, Russia has no universal ideology capable of inspiring loyalties that transcend national boundaries. Anti-Americanism is a kind of substitute. It allows Russia to carve out a prominent role for itself in world affairs that it could never have if it were concerned only with acting positively.

At the same time, and probably more important, anti-Americanism can be used to distract Russians from the corruption of the Putin regime and the pillaging of the country. Mr. Putin and his associates stand at the apex of a corrupt system and, according to some estimates, control 15% of the national wealth. During protest demonstrations last year over the falsification of elections, Mr. Putin was openly referred to as a « thief, » a serious development in a society where the charge is widely believed but usually not made publicly.

At the same time, the regime is threatened by a deteriorating economy. In the second quarter of this year, growth fell to 1.2%. During the 2000s, the rate was 7.2%. Because of its immense corruption, Russia is critically dependent on high oil prices, and these are supported by Middle East instability.

Under such circumstances, the U.S. is not only a helpful distraction but a convenient scapegoat. Mr. Putin is losing support in Moscow, but his defense of the Assad regime evokes nostalgia for the Soviet empire and strengthens his support among the conservative and provincial part of the population. As Mr. Putin’s political position weakens further, his antagonism toward the U.S. will almost certainly increase.

In the wake of the Russian initiative over Syria, the U.S. is now much more reliant on Russia than it should ever have permitted itself to be. In our fixation with « deliverables, » we forgot that what really matters in relations between states are intangibles, such as good faith. That’s something Mr. Putin has not shown toward America in the past, and U.S. policy makers would be unwise to rely on it in the future.

Mr. Satter is affiliated with the Hudson Institute, Johns Hopkins University and the Foreign Policy Research Institute in Philadelphia. He is the author, most recently, of « It Was a Long Time Ago and It Never Happened Anyway: Russia and the Communist Past » (Yale, 2011).

Voir aussi:

The Rise of the Russian Criminal State
David Satter
Hoover Digest
July 30, 2003

During the decade following the fall of communism, Russia became mired in poverty and crime. Hoover fellow David Satter explains what went wrong.

Few at that time could have foreseen the outlines of what exists today. Many former communist countries, in the intervening years, experienced a rebirth of freedom, but Russia came to be dominated by poverty, intimidation, and crime.

The reason is that, during the reform period, which witnessed a massive effort to remake Russian society and the Russian economy, Russia once again fell victim to a false idea.

The victory over communism was a moral victory. Millions took to the streets not because of shortages but in protest over communism’s attempt to falsify history and change human nature. As a new state began to be built, however, all attention shifted to the building of capitalism and, in particular, to the creation of a group of wealthy private owners whose control over the means of production, it was assumed, would lead automatically to a free market economy and a law-based democracy.

This approach, dubious under the best of conditions, could not but be disastrous in the case of Russia. It meant that, in a country with a need for moral values after more than seven decades of spiritual degradation under communism, the introduction of capitalism came to be seen as an end in itself.

No Questions Asked

The “young reformers” were in a hurry to build capitalism, and they pressed ahead in a manner that paid little attention to anything except the transformation of economic structures.

“The calculation was sober,” said Aliza Dolgova, an expert on organized crime in the office of the general prosecutor. “Create through any means a stratum in Russia that could serve as the support of reform. . . . All capital was laundered and put into circulation. No measures of any kind were enacted to prevent the legalization of criminal income. No one asked at [privatization] auctions: Where did you get the money? Enormous sums were invested in property and there was no register of owners. A policy similar to this did not exist in a single civilized country.”

Kleptocracy in the Guise of Reform

The decision to transform the economy of a huge country without the benefit of the rule of law led not to a free market democracy but to a kleptocracy with several dangerous economic and psychological features.

In the first place, the new system was characterized by bribery. All resources, at first, were in the hands of the state; businessmen thus competed to “buy” critical government officials. The winners were in a position to buy more officials, with the result that the practice of giving bribes grew up with the system.

Besides bribery, the new system was marked by institutionalized violence. Gangsters were treated like normal economic actors, which tacitly legitimized their criminal activities. At the same time, they became the partners of businessmen who used them as guards, enforcers, and debt collectors.

The new system was also characterized by pillage. Money obtained as a result of criminal activities was illegally exported to avoid the possibility of its being confiscated at some point in the future. This outflow deprived Russia of billions of dollars in resources that were needed for its development.

Perhaps more important than these economic features, however, was the new system’s social psychology, which was characterized by mass moral indifference. If under communism, universal morality was denied in favor of the supposed “interests of the working class,” under the new reform government, people lost the ability to distinguish between legal and criminal activity.

Official corruption came to be regarded as “normal,” and it was considered a sign of virtue if the official, in addition to stealing, also made an effort to fulfill his official responsibilities. Extortion also came to be regarded as normal, and vendors, through force of habit, began to regard paying protection money as part of the cost of doing business.

At the same time, officials and businessmen took no responsibility for the consequences of their actions, even if they led to hunger and death. Government officials helped organize pyramid schemes that victimized persons who were already destitute, police officials took bribes from leaders of organized crime to ignore extortion, and factory directors stole funds marked for the salaries of workers who had already gone months without pay.

Lawlessness

The young reformers were lionized in the West, but, as the years passed and the promised rebirth of Russia did not materialize, arguments broke out in Russia over whether progress was being prevented by the resistance of the Duma, inadequate assistance from the West, or the inadequacies of the Russian people themselves. These arguments, however, had a surrealistic quality because they implicitly assumed that, with the right economic combination, it was possible to build a free market democracy without the rule of law.

In fact, a market economy presupposes the rule of law because only the rule of law is able to assure the basis of a free market’s existence, which is equivalent exchange. Without law, prices are dictated not by the market but by monopolization and the use of force.

The need for a framework of law was particularly pronounced in the case of Russia because socialism for ordinary Russians, in addition to being an economic system, was also a secular religion that lent a powerful, albeit false, sense of meaning to millions of lives. When the Soviet Union fell, it was necessary to replace not only the socialist economic structures but also the “class values” that gave that system its higher sanction. This could only be done by establishing the authority of transcendent, universal values, which, as a practical matter, could only be assured by establishing the rule of law.

A Cautionary Tale

On May 10, 1997, the Greek police found in a shallow grave under an olive tree, two miles from the Athenian suburb of Saronida, the dismembered body of Svetlana Kotova, one of Russia’s top models and a former “Miss Russia.” It was learned that she had been the guest of Alexander Solonik (Sasha Makedonsky), Russia’s number one professional killer who had himself been found strangled three months earlier in the Athenian suburb of Baribobi.

Svetlana’s story evoked intense interest in Russia because of her youth and beauty and because there was something about the romance between a 21-year-old beauty queen and a professional killer that was symbolic of the condition of modern Russia.

Svetlana met Solonik in a Moscow nightclub on New Year’s night, 1997, and traveled to Greece on January 25 at his invitation. She was met at the bottom of the staircase from the airplane with armloads of flowers. Waiting for her was a Mercedes with an elegant chauffeur. The rent on the villa where she stayed was about $90,000 a year. There was a swimming pool, gym, basketball court, golf course, and gardens with sculptures. From the 26th on, she called her mother every evening and said that this was not life but a miracle.

In the villa and in Solonik’s car were a large quantity of firearms and other weapons, but it is not known whether Svetlana was aware of them. For five nights, she lived as if in a dream, but on the 30th, gangsters from the Kurgan criminal organization, a supplier of hired killers to the Russian underworld, arrived at the villa. While they were talking to Solonik, someone threw a thin cord around his neck and strangled him from behind. The visitors then came for Svetlana, who was on the second floor.

When word of Svetlana’s murder was released, the Russian newspapers were full of her pictures: Svetlana with flowing black hair in a long black gown with thin shoulder straps, Svetlana in a bathing suit looking out shyly from behind spread fingers, Svetlana with her head cupped in her hands, Svetlana in an evening dress with her hair off her forehead in a bun. From her appearance, it seemed that no one could have been less prepared for the devilish game that she had fallen into.

Yet the fate of Svetlana Kotova had something in common with the fate of her nation, which was freely delivered into the hands of criminals during the period of reform. The rewards were quick and easy. There was a willful desire not to know.

It remains to be seen whether, in the long run, Russia will share Svetlana’s fate.

David Satter was a research fellow at the Hoover Institution from 2003 to 2008.

Adapted from David Satter’s new book Darkness at Dawn: The Rise of the Russian Criminal State. Published by Yale University Press (800.405.1619).

Voir par ailleurs:

Un monde sans l’Amérique
Richard N. Haas
Project syndicate
Apr 30, 2013

NEW YORK – Je voudrais d’emblée avancer l’idée assez peu répandue que les principales menaces avec lesquelles les États-Unis doivent composer maintenant ou dans un proche avenir ne découlent pas de la montée de la Chine, du comportement irrationnel de la Corée du Nord, d’un Iran doté de l’arme nucléaire, des nouvelles formes de terrorisme ou des changements climatiques. Même si ces facteurs constituent des menaces potentielles ou réelles, les enjeux les plus importants auxquels les États-Unis doivent faire face gravitent autour de sa dette galopante, de ses infrastructures en décrépitude, de la qualité médiocre de son système d’enseignement primaire et secondaire, de son système d’immigration désuet et de la faiblesse de sa croissance économique : tous des éléments qui affectent directement les forces vives de la nation américaine.

Les lecteurs dans d’autres pays pourront être tentés de se réjouir, un tant soit peu, des difficultés des États-Unis. Une telle réaction ne devrait surprendre personne. Les États-Unis et ceux qui les représentent ont été accusés d’arrogance, car les États-Unis peuvent souvent être considérés comme une nation incontournable, mais il serait préférable si c’étaient les autres pays qui attiraient l’attention sur ce point. De plus, les exemples d’incohérences entre ce que les États-Unis pratiquent et ses principes suscitent à juste titre des accusations d’hypocrisie. La source de ressentiment réside dans le fait que les États-Unis n’appliquent pas les principes que ses propres représentants prêchent aux autres.

Mais, comme pour d’autres tentations, il est de mise de résister à l’envie de se réjouir des imperfections et des difficultés des États-Unis. Les gens du monde entier doivent prendre garde de ne pas souhaiter trop fort que les États-Unis ne réussissent pas à résoudre ses problèmes intérieurs, car le prix d’un tel dénouement pourrait bien être exorbitant. En fait, le reste du monde a presque autant d’intérêt au succès des États-Unis que les Américains eux-mêmes.

Une partie de la raison est économique. L’économie américaine compte encore pour le quart de la production mondiale. L’accélération de la croissance américaine augmentera le pouvoir d’achat des États-Unis pour des biens et services d’autres pays, améliorant du même coup les perspectives de croissance mondiale. Au moment où l’économie de l’Europe est à la dérive et où celle de l’Asie se refroidit, les États-Unis (ou, plus précisément, l’Amérique du Nord) ont le potentiel de remettre l’économie mondiale sur les rails de la relance.

Les États-Unis sont encore un formidable creuset d’innovations. La plupart des citoyens du monde communiquent par l’entremise d’appareils portables dont la technologie est issue de Silicon Valley; comme l’Internet qui a pris son essor en Amérique. Plus récemment, de nouvelles technologies créées en Amérique augmentent grandement la capacité d’extraction de pétrole et de gaz naturel. Ces technologies de forage sont en train de faire le tour de la planète entière, ce qui permet à d’autres sociétés d’accroître leur production énergétique et de diminuer leur dépendance sur les importations tout en réduisant leurs émissions de carbone.

Les États-Unis sont également une source inépuisable d’idées. Ses universités de classe internationale forment une forte proportion des futurs dirigeants du monde. Plus fondamentalement, les États-Unis ont été à la fine pointe de tout ce que les économies de marché et la démocratie politique peuvent accomplir. Les gens et les gouvernements du monde entier seront d’autant plus ouverts que le modèle américain sera perçu comme une réussite.

Enfin, la communauté internationale fait face à plusieurs défis importants : elle doit stopper la prolifération des armes de destruction de masse, lutter contre les changements climatiques et maintenir un ordre économique mondial qui facilite le commerce et l’investissement. Elle doit aussi se préoccuper de la réglementation des pratiques dans le cyberespace, de l’amélioration de la santé dans le monde et de la prévention de conflits armés. Ces problèmes ne s’en iront pas de sitôt et ne se régleront pas d’eux-mêmes.

Même si la « main invisible » d’Adam Smith est ce qui fait fonctionner le libre marché, elle est inopérante dans le monde de la géopolitique. Pour atteindre un certain équilibre dans les affaires mondiales, une main dirigiste visible est nécessaire pour formuler et réaliser des solutions mondiales aux problèmes mondiaux.

Ne nous méprenons pas ! Rien de tout cela ne veut dire que les États-Unis puissent vraiment régler tous les problèmes du monde. L’unilatéralisme produit rarement l’effet désiré. Ce n’est pas simplement que les États-Unis n’en ont pas les moyens ; la nature même des problèmes mondiaux contemporains nous permet de penser que seules les mesures collectives ont de bonnes chances de réussite.

Évidemment, il est plus facile de faire l’apologie de solutions multilatérales que de les formuler et de les mettre en œuvre. Pour l’instant, un seul candidat est prêt à jouer ce rôle : les États-Unis. Aucun autre pays n’a la combinaison requise de la capacité et de la volonté de le faire.

Ce qui me ramène à l’argument que les États-Unis doivent remettre de l’ordre dans leurs affaires intérieures, sur les plans économiques, matériels, sociaux et politiques, pour que le pays puisse disposer des ressources requises pour assurer la paix dans le monde. Tout le monde devrait espérer que l’Amérique y arrive : la perspective d’un monde mené par les États-Unis n’est pas un monde dirigé par la Chine, l’Europe, la Russie, le Japon, l’Inde, ou tout autre pays, mais plutôt un monde qui serait à la dérive où crises et conflits chroniques régneraient fort probablement. Une situation dont les Américains pâtiraient certainement, mais également la grande majorité des habitants de la planète.

Traduit de l’anglais par Pierre Castegnier

Voir enfin:
Un peu de courage, Monsieur le Président !
François Fillon
Le Figaro
12/08/2012

Dans une tribune publiée ce lundi dans les colonnes du Figaro, l’ancien premier ministre, François Fillon, exhorte François Hollande à prendre sans attendre le chemin de Moscou, avec Angela Merkel, pour demander à Vladimir Poutine de lâcher le régime syrien de Bachar el-Assad.

La politique étrangère de la France offre une nouvelle illustration de la méprise qu’a constituée la campagne de François Hollande. Le candidat n’avait pas de mots assez durs pour qualifier l’effacement de l’Hexagone de la scène internationale et les erreurs à répétition de Nicolas Sarkozy.

L’intervention auprès du gouvernement russe pour stopper la guerre contre la Géorgie fut approuvée du bout des lèvres après qu’elle eut réussi. La finalisation de notre retour complet dans l’Otan fut condamnée avec une violence qui rend grotesques les tortillements du nouveau président de la République pour justifier son renoncement à tout retour en arrière. La dénonciation du renforcement de nos moyens en Afghanistan, au moment où nos alliés nous le demandaient parce que l’avenir de la fragile reconstruction d’un État afghan en dépendait, témoignait d’une politique de l’émotion, pas d’une stratégie responsable appuyée sur une vision de long terme. Les longs mois de silence devant le coup d’État de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire resteront une tache indélébile dans l’histoire du Parti socialiste français. La condamnation de l’inaction supposée de la France dans les révolutions arabes fut immédiatement suivie de commentaires inutiles et suffisants sur l’inspiration de l’intervention militaire en Libye, qui a été la décision de Nicolas Sarkozy, presque seul contre tous, avant d’être rejoint par les innombrables supporteurs de la victoire. Quant aux efforts incessants de la France pour obtenir une décision du Conseil de sécurité des Nations unies pour mettre fin aux massacres en Syrie, ils ont été salués par des commentaires irréfléchis sur la présence de Bachar el-Assad au lancement de l’Union pour la Méditerranée, à Paris.

Après ce festival de condamnations, de critiques condescendantes et de postures «droit-de-l’hommistes», on s’attendait à un festival d’initiatives françaises sur la scène internationale, à une omniprésence de François Hollande et de Laurent Fabius, en deux mots, à de l’action et à des résultats. La déception est à la hauteur des excès de critiques dont les socialistes nous ont accablés durant cinq ans.

Oui, il y a une grande différence entre la politique de Sarkozy et celle de Hollande: le premier prenait des risques, cherchait à renouveler une politique étrangère trop souvent synonyme d’immobilisme et de faux-semblants; le second ne se préoccupe que de sa «normalitude» et préfère de beaucoup son image à la recherche de résultats!

En Afghanistan, la page française, ouverte par Chirac et Jospin, est refermée sans aucune perspective. En Libye, le courageux peuple libyen se dit abandonné par la France et par l’Europe. On attend toujours un discours de la France sur les événements qui disloquent peu à peu le plus grand pays du Moyen-Orient, l’Égypte. Le silence français sur l’Iran est assourdissant. Mais le comble est atteint avec la Syrie, où le gouvernement français fait le service minimum.

Pendant la campagne électorale, François Hollande avait indiqué qu’il était favorable à une intervention militaire de la France dans ce conflit pour peu que le Conseil de sécurité l’autorise. J’ai toujours pensé qu’une telle intervention militaire serait une très grave erreur stratégique. Faire de la Syrie un nouvel Irak, théâtre des pires affrontements entre chiites et sunnites manipulés en sous-main par un Iran qui reste la menace numéro un pour la paix dans le monde, n’est pas une option. Sans compter que la Russie n’apportera jamais son soutien à une telle initiative; pire, elle la combattra sur le plan diplomatique, mais aussi avec d’autres moyens dont elle a gardé la maîtrise. Si l’on veut vraiment allumer la mèche d’un conflit généralisé au Proche et au Moyen-Orient et recréer les conditions d’une nouvelle guerre froide, il ne faudrait pas s’y prendre autrement.

Alors, plutôt que de s’invectiver lamentablement quand des hommes et des femmes meurent sous les bombes et les tortures, il vaudrait mieux chercher à débloquer le véritable verrou de ce conflit: la position de Moscou! J’ai beaucoup parlé de cette crise avec Vladimir Poutine. Ses arguments, que je réfute, ne sont pas méprisables! Il redoute une contagion fondamentaliste à l’ensemble de la région, dont la Russie est plus proche et plus dépendante que l’Europe et l’Amérique. Il sait que les Américains auront bientôt quitté l’Afghanistan, qui risque de redevenir un foyer terroriste aux portes de la Russie. Il constate que l’intervention américaine en Irak a conduit au chaos pour longtemps. Il redoute le retour en arrière de l’Égypte aux mains des fondamentalistes. Il ne veut pas ajouter la Syrie à la liste des foyers de déstabilisation de ses frontières sud.

Nous ne pouvons pas accepter cette position et nous ne l’avons jamais acceptée, mais nous ne pouvons pas non plus rester les bras croisés face à ce blocage diplomatique. L’incompréhension est telle entre la Russie et les États-Unis que seuls les Européens peuvent engager avec la Russie le dialogue qui peut résoudre la crise. C’est pourquoi la France peut jouer un rôle clé avec l’Allemagne pour faire bouger Poutine. Le sujet n’est plus du niveau des ministres des Affaires étrangères, il est maintenant du seul ressort des chefs d’État.

Au lieu de recevoir Poutine avec des pincettes, au lieu de l’humilier en bloquant la construction du centre orthodoxe du quai Branly et de bouder l’inauguration du monument à la mémoire des soldats russes morts pour la France durant la Grande Guerre, le gouvernement français devrait faire preuve de réalisme et d’un peu de courage pour construire une relation de confiance avec la Russie! Ce n’est pas à New York que la crise syrienne se dénouera, c’est à Moscou. Que Poutine lâche le régime syrien, et il tombera comme le fruit pourri qu’il est.

Si j’étais François Hollande, je prendrais l’avion maintenant pour Moscou, si possible avec Angela Merkel, et je chercherais à offrir à la Russie de véritables garanties sur sa sécurité et sur une relation de confiance avec l’Otan, qui doit inclure la question de la défense antimissile à laquelle les Russes doivent être réellement associés. L’ours russe n’est dangereux que quand il a peur. Offrons-lui sans détour la perspective d’un accord historique d’association avec l’Europe.

Ce que François Hollande ne comprend pas, c’est qu’il faut ancrer la Russie à l’espace européen. Je sais bien que les diplomates trouveront dix mille raisons qui empêchent cette avancée historique: l’insuffisance de l’État de droit en Russie, l’instabilité des règles juridiques et commerciales, la corruption… Tout cela est vrai mais tout cela ne peut justifier que nous restions inactifs face au piège infernal qui est en train de s’armer aux confins de la Perse, de la Mésopotamie et l’Assyrie.

Que notre président normal comprenne qu’il n’y a rien de normal dans le monde dont il est désormais l’un des principaux responsables. Qu’il prenne des risques, qu’il abandonne ses postures bourgeoises et atlantistes version guerre froide. Qu’il parle avec la Russie.

Pour ma part, je le soutiendrai même s’il devait échouer dans cette tentative de la dernière chance.

3 Responses to Russie: Ce qui reste du communisme quand on a tout oublié (Last refuge of the scoundrel: For Putin’s new robber baron Russia, anti-Americanism is the name of the game)

  1. […] ces temps où, coup sur coup, les parangons de liberté tant de Moscou que de Pékin se paient le luxe de faire la leçon au chef de file du Monde libre […]

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  2. […] où (avant d’autres nations comme la Moldavie ?) l’ours russe vient de ne faire qu’une bouchée d’une partie d’un pays dont nous nous étions […]

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