Mimétisme: Qui s’assemble se ressemble (What if it was flocks that made birds of a feather ?)

https://i2.wp.com/www.fubiz.net/wp-content/uploads/2009/02/babeltalesscreamingdreamers.jpghttps://i2.wp.com/www.ethanham.com/blog/uploaded_images/CommunicatingCommunity-731129.jpghttps://i1.wp.com/www.v1gallery.com/artistimage/image/588/BABELTALES.MemoryLane.jpgIl leur dit: Allez! Ils sortirent, et entrèrent dans les pourceaux. Et voici, tout le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer, et ils périrent dans les eaux. Matthieu 8: 31-32
Ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers. Jean 8: 9
Comme le Père m’a aimé, je vous ai aussi aimés. Demeurez dans mon amour. Jésus (Jean 15: 9)
Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes.Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. Jésus (Matthieu 11: 28-30)
Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un, et aimera l’autre; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. Jésus (Matthieu 6: 24)
Si donc nous maintenons notre premier principe, à savoir que nos gardiens, dispensés de tous les autres métiers, doivent être les artisans tout dévoués de l’indépendance de la cité, et négliger ce qui n’y porte point, il faut qu’ils ne fassent et n’imitent rien d’autre ; s’ils imitent, que ce soient les qualités qu’il leur convient d’acquérir dès l’enfance : le courage, la tempérance, la sainteté, la libéralité et les autres vertus du même genre ; mais la bassesse, ils ne doivent ni la pratiquer ni savoir habilement l’imiter, non plus qu’aucun des autres vices, de peur que de l’imitation ils ne recueillent le fruit de la réalité. Ou bien n’as-tu pas remarqué que l’imitation, si depuis l’enfance on persévère à la cultiver, se fixe dans les habitudes et devient une seconde nature pour le corps, la voix et l’esprit ? Certainement, répondit-il. Nous ne souffrirons donc pas, repris-je, que ceux dont nous prétendons prendre soin et qui doivent devenir des hommes vertueux, imitent, eux qui sont des hommes, une femme jeune ou vieille, injuriant son mari, rivalisant avec les dieux et se glorifiant de son bonheur, ou se trouvant dans le malheur, dans le deuil et dans les larmes ; à plus forte raison n’admettrons-nous pas qu’ils l’imitent malade, amoureuse ou en mal d’enfant. Non, certes, dit-il. Ni qu’ils imitent les esclaves, mâles ou femelles, dans leurs actions serviles. Cela non plus. Ni, ce semble, les hommes méchants et lâches qui font le contraire de ce que nous disions tout à l’heure, qui se rabaissent et se raillent les uns les autres, et tiennent des propos honteux, soit dans l’ivresse, soit de sang-froid ; ni toutes les fautes dont se rendent coupables de pareilles gens, en actes et en paroles, envers eux-mêmes et envers les autres. Je pense qu’il ne faut pas non plus les habituer à contrefaire le langage et la conduite des fous; car il faut connaître les fous et les méchants, hommes et femmes, mais ne rien faire de ce qu’ils font et ne pas les imiter. Cela est très vrai, dit-il. Quoi donc? poursuivis-je, imiteront-ils les forgerons, les autres artisans, les rameurs qui font avancer les trirèmes, les maîtres d’équipage, et tout ce qui se rapporte à ces métiers ? Et comment, répliqua-t-il, le leur permettrait-on, puisqu’ils n’auront même pas le droit de s’occuper d’aucun de ces métiers ? Et le hennissement des chevaux, le mugissement des taureaux, le murmure des rivières, le fracas de la mer, le tonnerre et tous les bruits du même genre, les imiteront-ils ? Non, répondit-il, car il leur est interdit d’être fous et d’imiter les fous. Platon
Nous sommes automates dans les trois quarts de nos actions. Leibniz
Qu’est‑ce que nos principes naturels, sinon nos principes accoutumés ? Et dans les enfants, ceux qu’ils ont reçus de la coutume de leurs pères, comme la chasse dans les animaux ? Une différente coutume en donnera d’autres principes naturels. Cela se voit par expérience. Pascal
C’est la coutume…. qui fait tant de chrétiens ; c’est elle qui fait les Turcs, les païens, les métiers, les soldats. Pascal
C’est être superstitieux de mettre son espérance dans les formalités, mais c’est être superbe de ne vouloir s’y soumettre. (…) Il faut que l’extérieur soit joint à l’intérieur pour obtenir de Dieu; c’est-à-dire que l’on se mette à genoux, prie des lèvres, etc., afin que l’homme orgueilleux qui n’a voulu se soumettre à Dieu soit maintenant soumis à la créature. Attendre de cet extérieur le secours est être superstitieux; ne vouloir pas le joindre à l’intérieur est être superbe. (…) Les autres religions, comme les païennes, sont plus populaires, car elles sont en extérieur, mais elles ne sont pas pour les gens habiles. Une religion purement intellectuelle serait plus proportionnée aux habiles, mais elle ne servirait pas au peuple. La seule religion chrétienne est proportionnée à tous, étant mêlée d’extérieur et d’intérieur. Elle élève le peuple à l’intérieur, et abaisse les superbes à l’extérieur, et n’est pas parfaite sans les deux, car il faut que le peuple entende l’esprit de la lettre et que les habiles soumettent leur esprit à la lettre. (…) Car il ne faut pas se méconnaître, nous sommes automate autant qu’esprit. Et de là vient que l’instrument par lequel la persuasion se fait n’est pas la seule démonstration. Combien y a(-t-) il peu de choses démontrées? Les preuves ne convainquent que l’esprit, la coutume fait nos preuves les plus fortes et les plus rues. Elle incline l’automate qui entraîne l’esprit sans qu’il y pense. Qui a démontré qu’il sera demain jour et que nous mourrons, et qu’y a(-t-)il de plus cru? C’est donc la coutume qui nous en persuade. C’est elle qui fait tant de chrétiens, c’est elle qui fait les Turcs, les païens, les métiers, les soldats, etc. Il y a la foi reçue dans le baptême de plus aux chrétiens qu’aux païens. Enfin il faut avoir recours à elle quand une fois l’esprit a vu où est la vérité afin de nous abreuver et nous teindre de cette créance qui nous échappe à toute heure, car d’en avoir toujours les preuves présentes c’est trop d’affaire. Il faut acquérir une créance plus facile qui est celle de l’habitude qui sans violence, sans art, sans argument nous fait croire les choses et incline toutes nos puissances à cette croyance, en sorte que notre âme y tombe naturellement. Quand on ne croit que par la force de la conviction et que l’automate est incliné à croire le contraire ce n’est pas assez. Il faut donc faire croire nos deux pièces, l’esprit par les raisons qu’il suffit d’avoir vues une fois en sa vie et l’automate par la coutume, et en ne lui permettant pas de s’incliner au contraire. Inclina cor meum deus. La raison agit avec lenteur et avec tant de vues sur tant de principes, lesquels il faut qu’ils soient toujours présents, qu’à toute heure elle s’assoupit ou s’égare manque d’avoir tous ses principes présents. Le sentiment n’agit pas ainsi; il agit en un instant et toujours est prêt à agir. Il faut donc mettre notre foi dans le sentiment, autrement elle sera toujours vacillante. Pascal
Si un homme ne marche pas au pas de ses camarades, c’est qu’il entend le son d’un autre tambour. Thoreau
Il nous arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer (…) ce contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goùt pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il faut la protéger chaque jour. Proust
On ne peut pas observer les Dix commandments si on vit au sein d’une société qui ne les respecte pas. Un soldat doit porter l’uniforme et vivre à la caserne. Celui qui veut servir Dieu doit arborer les insignes de Dieu et s’écarter de ceux qui ne se soucient que d’eux-mêmes. La barbe, les papillottes, le châle de prière, les franges rituelles – tout cela fait partie de l’uniforme d’un juif. Ce sont les signes extérieurs de son appartenance au monde de Dieu, pas aux bas-fonds. Herz Dovid Grein (ombres sur l’Hudson, Isaac Bashevis Singer, 1957)
Pénétrez dans une demeure de paysan et regardez son mobilier : depuis sa fourchette et son verre jusqu’à sa chemise, depuis ses chenets jusqu’à sa lampe, depuis sa hache jusqu’à son fusil, il n’est pas un de ses meubles, de ses vêtements ou de ses instruments, qui, avant de descendre jusqu’à sa chaumière, n’ait commencé par être un objet de luxe à l’usage des rois ou des chefs guerriers, ou ecclésiastiques, puis des seigneurs, puis des bourgeois, puis des propriétaires voisins. Faites parler ce paysan : vous ne trouverez pas en lui une notion de droit, d’agriculture, de politique ou d’arithmétique, pas un sentiment de famille ou de patriotisme, pas un vouloir, pas un désir, qui n’ait été à l’origine une découverte ou une initiative singulière, propagée des hauteurs sociales, graduelle­ment, jusqu’à son bas-fonds. Tarde (1890)
I see Babel Tales as both musical and as a musical. A musical in the sense that it seems everyone in the images has stopped what they are doing to participate in some predetermined choreography – to tell a story, although perhaps it is one, which cannot be fully understood. They are musical in the sense that every person is like an instrument, they all have different sounds, but because they are all more or less performing the same actions, it’s as if they are playing a song together. These songs or stories are, in a way, a meta-story looking into the chaos of the mass of people; the mass of stories is exiting in one city. This fascination of mine comes from films where peoples’ paths cross in serendipitous or clandestine ways, particularly Short Cuts by Robert Altman and Magnolia by Paul Thomas Anderson. I am trying to show another way of finding commonalities between people, outside race or religion or any sort of predefined background. Where does the individual end and the group begin? And how do you define human behavior if this line is blurred? I think the answers lie somewhere when coincidences are too symbolic to be true, in magical points in time, or Cartier-Bresson’s decisive moment, where randomness always has a place where it clicks. Peter Frunch
Des neurones qui stimulent en même temps, sont des neurones qui se lient ensemble. Règle de Hebb (1949)
Le phénomène est déjà fabuleux en soi. Imaginez un peu : il suffit que vous me regardiez faire une série de gestes simples – remplir un verre d’eau, le porter à mes lèvres, boire -, pour que dans votre cerveau les mêmes zones s’allument, de la même façon que dans mon cerveau à moi, qui accomplis réellement l’action. C’est d’une importance fondamentale pour la psychologie. D’abord, cela rend compte du fait que vous m’avez identifié comme un être humain : si un bras de levier mécanique avait soulevé le verre, votre cerveau n’aurait pas bougé. Il a reflété ce que j’étais en train de faire uniquement parce que je suis humain. Ensuite, cela explique l’empathie. Comme vous comprenez ce que je fais, vous pouvez entrer en empathie avec moi. Vous vous dites : « S’il se sert de l’eau et qu’il boit, c’est qu’il a soif. » Vous comprenez mon intention, donc mon désir. Plus encore : que vous le vouliez ou pas, votre cerveau se met en état de vous faire faire la même chose, de vous donner la même envie. Si je baille, il est très probable que vos neurones miroir vont vous faire bailler – parce que ça n’entraîne aucune conséquence – et que vous allez rire avec moi si je ris, parce que l’empathie va vous y pousser. Cette disposition du cerveau à imiter ce qu’il voit faire explique ainsi l’apprentissage. Mais aussi… la rivalité. Car si ce qu’il voit faire consiste à s’approprier un objet, il souhaite immédiatement faire la même chose, et donc, il devient rival de celui qui s’est approprié l’objet avant lui ! (…) C’est la vérification expérimentale de la théorie du « désir mimétique » de René Girard ! Voilà une théorie basée au départ sur l’analyse de grands textes romanesques, émise par un chercheur en littérature comparée, qui trouve une confirmation neuroscientifique parfaitement objective, du vivant même de celui qui l’a conçue. Un cas unique dans l’histoire des sciences ! (…) Notre désir est toujours mimétique, c’est-à-dire inspiré par, ou copié sur, le désir de l’autre. L’autre me désigne l’objet de mon désir, il devient donc à la fois mon modèle et mon rival. De cette rivalité naît la violence, évacuée collectivement dans le sacré, par le biais de la victime émissaire. À partir de ces hypothèses, Girard et moi avons travaillé pendant des décennies à élargir le champ du désir mimétique à ses applications en psychologie et en psychiatrie. En 1981, dans Un mime nommé désir, je montrais que cette théorie permet de comprendre des phénomènes étranges tels que la possession – négative ou positive -, l’envoûtement, l’hystérie, l’hypnose… L’hypnotiseur, par exemple, en prenant possession, par la suggestion, du désir de l’autre, fait disparaître le moi, qui s’évanouit littéralement. Et surgit un nouveau moi, un nouveau désir qui est celui de l’hypnotiseur. (…)  et ce qui est formidable, c’est que ce nouveau « moi » apparaît avec tous ses attributs : une nouvelle conscience, une nouvelle mémoire, un nouveau langage et des nouvelles sensations. Si l’hypnotiseur dit : « Il fait chaud » bien qu’il fasse frais, le nouveau moi prend ces sensations suggérées au pied de la lettre : il sent vraiment la chaleur et se déshabille. (…) On comprend que la théorie du désir mimétique ait suscité de nombreux détracteurs : difficile d’accepter que notre désir ne soit pas original, mais copié sur celui d’un autre. Pr Jean-Michel Oughourlian
Les neurones miroirs sont des neurones qui s’activent, non seulement lorsqu’un individu exécute lui-même une action, mais aussi lorsqu’il regarde un congénère exécuter la même action. On peut dire en quelque sorte que les neurones dans le cerveau de celui/celle qui observe imitent les neurones de la personne observée; de là le qualitatif ‘miroir’ (mirror neurons). C’est un groupe de neurologues italiens, sous la direction de Giacomo Rizzolati (1996), qui a fait cette découverte sur des macaques. Les chercheurs ont remarqué – par hasard – que des neurones (dans la zone F5 du cortex prémoteur) qui étaient activés quand un singe effectuait un mouvement avec but précis (par exemple: saisir un objet) étaient aussi activés quand le même singe observait simplement ce mouvement chez un autre singe ou chez le chercheur, qui donnait l’exemple. Il existe donc dans le cerveau des primates un lien direct entre action et observation. Cette découverte s’est faite d’abord chez des singes, mais l’existence et l’importance des neurones miroirs pour les humains a été confirmée. Dans une recherche toute récente supervisé par Hugo Théoret (Université de Montréal), Shirley Fecteau a montré que le mécanisme des neurones miroirs est actif dans le cerveau immature des petits enfants et que les réseaux de neurones miroirs continuent de se développer dans les stades ultérieurs de l’enfance. Il faut ajouter ici que les savants s’accordent pour dire que ces réseaux sont non seulement plus développés chez les adultes (comparé aux enfants), mais qu’ils sont considérablement plus évolués chez les hommes en général comparé aux autres primates. Simon De Keukelaere
Faut-il se méfier de l’influence d’un ou d’une ami(e) obèse sur sa ligne ? Une étude américaine publiée, jeudi 26 juillet, dans la très sérieuse revue médicale New England Journal of Medecine, semble accréditer cette idée. Ainsi, le risque pour une personne de devenir obèse augmente de 57 % si il ou elle a un(e) ami(e) devenu(e) obèse. Si ce proche est du même sexe, la probabilité grimpe à 71 % et pour les hommes à 100 %. Las, s’il s’agit de son meilleur ami, le risque s’envole à 171 % ! Frères et soeurs représentent, eux, un risque accru de 40 % et les conjoint(e)s de 37 %. Le Monde
« Les gens qui sont entourés par beaucoup de gens heureux (…) ont plus de chance d’être heureux dans le futur. Les statistiques montrent que ces groupes heureux sont bien le résultat de la contagion du bonheur et non seulement d’une tendance de ces individus à se rapprocher d’individus similaires, » précisent les chercheurs. Les chances de bonheur augmentent de 8 % en cas de cohabitation avec un conjoint heureux, de 14 % si un proche parent heureux vit dans le voisinage, et même de 34 % en cas de voisins joyeux. Ces recherches « sont une raison supplémentaire de concevoir le bonheur, comme la santé, comme un phénomène collectif » expliquent-ils. Le Monde
Si le chant possède bien des vertus (lutte contre le stress, amélioration des capacités respiratoires), cet art quand il est pratiqué en groupe cache encore quelques mystères. Des scientifiques suédois viennent pourtant de révéler que lorsque plusieurs personnes chantent à l’unisson, leurs battements de cœur se synchronisent. En effet, non seulement les différentes voix d’une chorale s’harmonisent mais également ses pulsations du cœur. En prenant le pouls des participants de 15 chorales différentes, ils ont remarqué que leur rythme cardiaque s’accélérait ou ralentissait à la même vitesse. (…) Les recherches ont prouvé en outre que plus le morceau est structuré en différentes parties, plus les battements s’harmonisent. L’effet est encore plus visible quand le morceau choisi repose sur une rythmique lente. (…) Cette découverte rappelle ainsi la pratique du yoga dans lequel le contrôle de la respiration et son harmonisation joue un rôle important. Le HuffPost
Prier contre la maladie d’Alzheimer n’est pas seulement un acte de foi, mais peut être un geste thérapeutique. Selon une étude menée conjointement en Israël et aux États-Unis avec un financement de l’Institut national de la santé américain, la prière constitue un antidote très efficace qui permettrait de réduire de moitié chez les femmes les risques de contracter la maladie d’Alzheimer ou d’être victimes de pertes de mémoire et de démence «légères». Le Figaro
Revenons pour ce faire à notre précédent exemple du cri chez le bébé et observons tout d’abord que sa persistance dans le temps aura d’autant plus de chance de se produire que d’autres bébés se trouveront à proximité. C’est le phénomène bien connu de contagion du cri qui s’observe régulièrement lorsque plusieurs bébés sont rassemblés dans un même espace : pouponnière, crèche, etc. Dans un tel cadre, la hantise des soignants ou des éducateurs est que par ses cris, un bébé mette en émoi tout le groupe car le concert de cris peut alors durer de longues heures avant que la fatigue ne reprenne le dessus et permette un retour au calme toujours précaire. Remarquons que la hantise des responsables de ces tout petits hommes est exactement la même que celle de nos responsables politiques. Depuis la Révolution, ceux-ci ont bien compris que leur pire ennemi étaient les foules humaines solidarisées (prises en masse) dans un même élan acquis par imitation réciproque. Au XIXe siècle, les premières psychologies sociales (cf. Tarde, Le Bon, Sighele, Baldwin, etc.) répondent avant tout au besoin de comprendre (et de contrôler) ces « foules délinquantes » qui renversent l’ordre établi et font les révolutions. Toutes vont converger vers cet aspect fondamental de la psyché humaine qu’est l’imitation. Au XXe siècle, les mouvements fascistes en tireront d’ailleurs de très puissantes stratégies de manipulation des masses. (…) Tels des bébés qui, portés par l’imitation réciproque, se solidarisent dans un cri unanime et se canalisent donc les uns les autres vers une même activité à laquelle ils s’adonnent avec frénésie, de tout leur être, nous sommes dans quasiment tous les aspects de nos vies des êtres soumis aux normes des groupes et des communautés auxquels nous pensons appartenir, en particulier, celles de la société occidentale individualiste qui nous formate à l’idée que nous sommes des êtres rationnels, indépendants, autonomes, doués de libre-arbitre et donc rebelles à toutes les formes d’influence sociale. (…) Les meilleurs amis du monde sont souvent ceux qui, au travers d’un progressif « accordage » de leurs représentations, de leurs goûts et de leurs affects en viennent à être des « alter ego » l’un pour l’autre. Bien sûr, aucun ne cessera de voir ce qui le différencie de l’autre, mais leur proximité, et plus exactement leur similitude sur un grand nombre de points n’échappera pas à l’observateur extérieur. Cette logique d’accrochage automatique des cycles de l’habitude permet de comprendre l’omniprésence des phénomènes du genre il bâille, je bâille, il tousse, je tousse, il boit, j’ai soif, il mange, ça me donne faim, il regarde ici ou là, je regarde ici et là, il a peur, j’angoisse, il est serein, je suis rassuré, etc. (…) Que les choses soient claires : la soumission aux normes n’est jamais qu’un panurgisme, une imitation de la dynamique du troupeau auquel nous pensons appartenir. Manipulations et propagandes n’existent que parce que nous sommes toujours-déjà portés à l’imitation et au suivisme. Luc-Laurent Salvador

Et si c’était plutôt: qui s’assemble se ressemble ?

Conversation, combat, danse, amour, cris du bébé, baillements, toux, sourires, (fous) rires, chants, prières, prise alimentaire, obésité, anorexie/boulimie, rythmes respiratoire et cardiaque, mentruation (du latin mensis « mois », proche du grec mene « lune »), hystérie collective …

Alors qu’avec le dernier exemple en date du chant en groupe qui mène à l’harmonisation des rythmes cardiaques …

Mais aussi après les neurones-miroirs, les « bâtiments qui tombent malades », les choix politiques ou amoureux, les « orientations sexuelles », les bienfaits (ou méfaits) de la pratique religieuse ou parareligieuse (yoga, méditation), le bonheur, les épidémies de suicides,  attentats-suicides, divorces, émeutes

Pendant que sur la scène politique et aux cris d’allah akbar, le prétendu « printemps arabe » continue son inexorable et explosive progression …

La science comme l’actualité démontrent chaque jour un peu plus les effets de contagion dont, pour le meilleur comme pour le pire, sont faits les moindres de nos affects, émotions et comportements …

Comment ne pas voir le psychologue social Luc-Laurent Salvador …

Après Platon, Tarde et Girard …

Mais aussi contre la fiction moderne et occidentale de l’individualisme naturel et spontané (et de la commode et rassurante contre-fiction de la propagande et de la manipulation comme corruption de celui-ci) …

Et des bébés en crèche aux casseurs en meute ou aux fidèles assemblés …

Comme des simples amis ou amoureux en conversation aux ennemis ou combattants en lutte …

La formidable machine mimétique ou « machine à imiter » que nous sommes finalement tous ?

Théorie de la mimesis générale

Luc-Laurent Salvador
Agoravox
8 février 2013

Dans ce cinquième volet de notre introduction à la psychologie synthétique (cf. 1, 2, 3, 4), nous abordons la partie peut-être la plus fascinante de la psychologie humaine, à savoir, notre tendance à l’imitation. Bien connue depuis Platon, qui parlait de mimesis, elle n’a cessé depuis de faire l’objet d’un formidable déni au travers duquel nous tentons de croire en la vision romantique de l’être humain libre et indépendant dans ses désirs, ses choix et ses actes. De Spinoza à René Girard en passant par Tarde, Le Bon ou même Freud, nombre d’auteurs ont traité de l’imitation et de ses effets de contagion, mentale et comportementale, auxquels aucun aspect de l’humain n’échappe. Nul mécanisme explicatif de l’imitation n’a cependant fait l’objet d’un consensus. Nous allons nous tenir au plus ancien d’entre-eux, la réaction circulaire, qui n’est au fond qu’une formulation savante de l’habitude et dont le principe peut se retrouver dans chacun des mécanismes qui ont ensuite été proposés. Cette notion présentée dans le précédent article nous permettra de comprendre que si l’Homme est bien un être d’habitudes (postulat unique de la psychologie synthétique), alors, il est avant toute chose, une « machine à imiter ».

La première fois que j’ai présenté dans un cadre scientifique l’hypothèse selon laquelle l’humain serait une sorte de machine mimétique constamment portée à l’imitation, un auditeur malicieux m’a lancé « et quand on fait l’amour, on imite » ?

Si on pense que l’imitation c’est faire le perroquet, le mouton de panurge ou, au mieux, le bon élève, on pourrait voir là une objection sérieuse. Car lorsqu’ on fait l’amour, on est au plus près de soi-même, on se sent dans la pure spontanéité et certainement pas dans un quelconque suivisme.

Toutefois, réfléchissons, un couple qui fait l’amour, c’est quand même bien deux personnes qui tendent à maximiser leur similitude puisqu’elles sont … :

  • venues sur le même lieu
  • venues là au même moment
  • tôt ou tard, pareillement nues
  • toutes les deux dans le même contact peau à peau ; souvent elles sont lèvres à lèvres et, par hypothèse, sexe à sexe
  • toutes deux à se plonger dans le regard l’une de l’autre
  • toutes deux avec une respiration synchrone
  • toutes les deux à entretenir des mouvements de la zone pelvienne sur un même rythme, donc de manière synchrone.

Il apparaît donc que, par une imitation réciproque de tous les instants principalement affirmée dans l’accordage des rythmes, ces deux personnes en sont venues à se ressembler autant qu’il est possible et cela constitue, à mon sens, un parfait exemple d’imitation.

La seule différence remarquable qui persiste entre ces deux êtres, c’est celle des sexes — du moins pour un couple hétérosexuel. Mais là encore, le concave n’est-il pas une imitation en creux du convexe et inversement ? La serrure n’est-elle pas une reproduction en creux de la clé et inversement ?

Cette ressemblance active des partenaires fait leur unité et on peut même dire leur harmonie car on peut se faire à l’idée qu’elles se sont progressivement accordées un peu comme le feraient deux magnifiques instruments de musique disposés à jouer une symphonie proprement céleste.

Aussi étrange que cela puisse paraître, cet accordage est, toutes choses égales par ailleurs, le même que celui opéré par deux personnes en conversation ou deux personnes qui se battent. Les interlocuteurs ou les protagonistes se calent en effet sur les mêmes rythmes (ceux du tour de paroles ou du « coup pour coup ») et en viennent à se ressembler étrangement dans leur attitudes, leurs comportements, leurs émotions, etc.

Selon le psychosociologue Gabriel Tarde, toutes les interactions humaines seraient mimétiques d’une manière ou d’une autre. Autrement dit, l’imitation serait omniprésente et constituerait ni plus ni moins que « le fait social élémentaire ». Nous avons beaucoup de peine à imaginer la généralité et la puissance de ce processus, mais Tarde nous offre de remarquables illustrations… :

« Pénétrez dans une demeure de paysan et regardez son mobilier : depuis sa fourchette et son verre jusqu’à sa chemise, depuis ses chenets jusqu’à sa lampe, depuis sa hache jusqu’à son fusil, il n’est pas un de ses meubles, de ses vêtements ou de ses instruments, qui, avant de descendre jusqu’à sa chaumière, n’ait commencé par être un objet de luxe à l’usage des rois ou des chefs guerriers, ou ecclésiastiques, puis des seigneurs, puis des bourgeois, puis des propriétaires voisins. Faites parler ce paysan : vous ne trouverez pas en lui une notion de droit, d’agriculture, de politique ou d’arithmétique, pas un sentiment de famille ou de patriotisme, pas un vouloir, pas un désir, qui n’ait été à l’origine une découverte ou une initiative singulière, propagée des hauteurs sociales, graduelle­ment, jusqu’à son bas-fonds. » Tarde, Philosophie pénale, 1890 p. 39

Cette généralité du fait mimétique, quoi que nous en pensions, nous, — individus civilisés, libres et indépendants du XXIe siècle — n’y sommes pas étrangers, loin s’en faut

Que cela nous plaise ou non, nous prenons modèles, ici et là, d’un bout à l’autre de nos vies. Deux cas sont possibles : soit nous aimons être « tendance », suivre les modes, au gré des vents médiatiques, publicitaires et propagandistes, soit nous pensons résister à cela… en suivant d’autres modèles plus conservateurs, avec des valeurs et une culture que nous avons précédemment intériorisées — c’est-à-dire imitées — et auxquelles nous restons fidèles en les reproduisant avec constance.

Autrement dit, que nous ayons l’habitude du changement ou celle de la constance, nous sommes toujours dans l’habitude de l’imitation.

Au final, toute la différence entre ces deux extrêmes tient aux rythmes auxquels nous nous « accordons » aux autres : soit ils sont rapides et rendent le changement manifeste, soit ils sont lents et nous semblont alors cultiver la constance alors que, dans un cas comme dans l’autre, nous suivons le rythme et donc, nous imitons.

Comme le disait excellement le poète Thoreau : « si un homme ne marche pas au pas de ses camarades, c’est qu’il entend le son d’un autre tambour ». Comprenons qu’ à chaque instant, l’homme « reproduit » quelque chose, il imite donc. Ce qui n’enlève rien au fait qu’il puisse avoir sa propre manière de marcher. Disons le clairement une bonne fois pour toutes : la différence n’annule pas la ressemblance. Une reproduction peut être originale en amenant des variations ou des différences, elle n’en reste pas moins une reproduction.

Ceci étant, comment comprendre la généralité du fait mimétique, comment l’expliquer ?

Ainsi que je l’ai déjà suggéré plusieurs fois, si on considère l’habitude, comme étant (1) d’une absolue généralité et (2) une véritable « machine à imiter », l’omniprésence des phénomènes d’imitation cesse d’être un mystère.

C’est cette hypothèse que nous allons à présent explorer, l’objectif étant de comprendre comment il se pourrait faire que l’imitation soit le produit logique, nécessaire, automatique de l’habitude, c’est-à-dire, résulte inévitablement du fonctionnement des cycles perception-action ou des réactions circulaires dont nous sommes constitués.

Revenons pour ce faire à notre précédent exemple du cri chez le bébé et observons tout d’abord que sa persistance dans le temps aura d’autant plus de chance de se produire que d’autres bébés se trouveront à proximité. C’est le phénomène bien connu de contagion du cri qui s’observe régulièrement lorsque plusieurs bébés sont rassemblés dans un même espace : pouponnière, crèche, etc.

Dans un tel cadre, la hantise des soignants ou des éducateurs est que par ses cris, un bébé mette en émoi tout le groupe car le concert de cris peut alors durer de longues heures avant que la fatigue ne reprenne le dessus et permette un retour au calme toujours précaire.

Remarquons que la hantise des responsables de ces tout petits hommes est exactement la même que celle de nos responsables politiques. Depuis la Révolution, ceux-ci ont bien compris que leur pire ennemi étaient les foules humaines solidarisées (prises en masse) dans un même élan acquis par imitation réciproque.

Au XIXe siècle, les premières psychologies sociales (cf. Tarde, Le Bon, Sighele, Baldwin, etc.) répondent avant tout au besoin de comprendre (et de contrôler) ces « foules délinquantes » qui renversent l’ordre établi et font les révolutions. Toutes vont converger vers cet aspect fondamental de la psyché humaine qu’est l’imitation. Au XXe siècle, les mouvements fascistes en tireront d’ailleurs de très puissantes stratégies de manipulation des masses [1].

Notons que si on a beaucoup glosé sur la manipulation, c’est d’abord pour préserver l’idéal romantique du sujet en tant qu’être autonome dont le désir est absolument libre et absolument propre à sa personne ; c’est ensuite pour mieux masquer le fait que, le panurgisme étant ce qu’il est, le mensonge des dirigeants à l’égard du peuple a toujours été la norme et que nos « démocraties » capitalistes et consuméristes n’ont fait, en somme, qu’industrialiser une propagande (cf. The century of self) qui a été de toutes les époques.

Celle que nous connaissons actuellement a été d’autant plus efficace que tel un phare projettant dans nos esprits aveuglés le mythe de l’individu libre et autonome, elle a ipso facto produit la matrice d’une modernité dont elle se voudrait, autant que possible, absente.

Nous croyons mordicus en notre autonomie et notre libre-arbitre, nous les posons en principe explicatif de nos actes et, cette habitude de pensée, présente au plus intime de notre expérience quotidienne, structure automatiquement cette dernière de manière à se perpétuer indéfiniment, comme toute habitude digne de ce nom.

Autrement dit, si vous pensez vivre dans une société moderne, démocratique constituée d’individus libres et indépendants, il est clair que vous êtes vous-même victime de cette propagande née au XXe siècle. Vous pratiquez le même « grégarisme individualiste » que les Monty Python ont brillamment tourné en dérision dans cette séquence du savoureux film « La Vie de Brian ».

Tels des bébés qui, portés par l’imitation réciproque, se solidarisent dans un cri unanime et se canalisent donc les uns les autres vers une même activité à laquelle ils s’adonnent avec frénésie, de tout leur être, nous sommes dans quasiment tous les aspects de nos vies des êtres soumis aux normes des groupes et des communautés auxquels nous pensons appartenir, en particulier, celles de la société occidentale individualiste qui nous formate à l’idée que nous sommes des êtres rationnels, indépendants, autonomes, doués de libre-arbitre et donc rebelles à toutes les formes d’influence sociale.

Que les choses soient claires : la soumission aux normes n’est jamais qu’un panurgisme, une imitation de la dynamique du troupeau auquel nous pensons appartenir. Manipulations et propagandes n’existent que parce que nous sommes toujours-déjà portés à l’imitation et au suivisme. C’est pourquoi, avant de nous intéresser aux premières, il importe de comprendre la tendance à l’imitation.

D’où vient cette mimesis dont la puissance est telle que Platon allait jusqu’à nous prévenir de ne pas imiter ni la femme heureuse ou malheureuse, ni les esclaves, ni les méchants, ni les fous, ni « le hennissement des chevaux, le mugissement des taureaux, le murmure des rivières, le fracas de la mer, le tonnerre et tous les bruits du même genre… » (République 395d – 396b) ?

Platon nous met d’emblée sur la piste d’une affinité entre imitation et habitude qui est à présent bien connue :

« …n’as-tu pas remarqué que l’imitation, si depuis l’enfance on persévère à la cultiver, se fixe dans les habitudes et devient une seconde nature pour le corps, la voix et l’esprit ? » (République 395d – 396b)

C’est une évidence, l’imitation mène à la formation d’habitudes, bonnes ou mauvaises. Elle a donc constitué, depuis toujours, la base première de l’éducation. Mais cela ne suffit pas. Pour comprendre la généralité de l’imitation il importe que l’inverse soit vrai, à savoir, que l’habitude elle-même suscite l’imitation.

Le fait est que l’habitude est déjà un mécanisme de reproduction de comportements passés : les nôtres. Ne pourrait-elle aussi nous porter à la reproduction de comportements semblables, donc de comportements manifestés par nos semblables ?

C’est précisément ce que nous allons pouvoir constater. Pour cela, revenons à l’exemple de la réaction circulaire de cri du bébé qui est illustrée ci-dessous par la Figure 1. Pour résumer très vite, disons que cette réaction produit un cri qui est justement le stimulus qui la déclenche, l’entretient ou la stimule de sorte qu’elle ne cesse de se… reproduire.

Son mécanisme, excessivement simple, est constitué d’un simple lien sensori-(idéo)-moteur qui relie le percept à l’action motrice, faisant que l’actualité du premier amène la réalisation de la seconde.

En effet, à l’audition d’un stimulus, c’est-à-dire, d’un cri, la réaction circulaire qui le perçoit et le reconnaît comme semblable au sien va s’activer et reproduire le cri en question. Elle reproduit donc à nouveau « le stimulus qui la déclenche, l’entretient ou la stimule » et, dès lors, l’action consistant à crier va logiquement suivre, grâce le lien idéomoteur. La boucle est bouclée et peut se perpétuer ad libitum.

Ce modèle en cycle perception-action nous donne donc une explication très simple et immédiate du phénomène d’imitation : rien ne ressemblant plus à un cri de bébé qu’un autre cri de bébé, il est aisé de comprendre que le cri d’un quelconque bébé pourra stimuler la réaction circulaire de cri de n’importe quel autre bébé et souvent même de plusieurs autres. Ceci est illustré par la Figure 2.

En assimilant le cri de l’autre au sien propre, le bébé qui active sa réaction circulaire imite bel et bien son congénère puisqu’il reproduit son comportement en criant à son tour. Ce faisant, il renforce le stimulus et très vite les deux bébés crient de concert, produisant en chœur un signal plus puissant, plus stable qui entraînera progressivement tous les bébés alentours, même les plus sereins.

La phase clé de ce mécanisme mimétique est l’assimilation, c’est-à-dire, le fait qu’un individu perçoive le comportement de son congénère comme semblable au sien. C’est seulement parce que le bébé B assimile le cri de A au sien que cette perception peut enchaîner mécaniquement sur la production du même comportement, un cri, via le lien sensori-idéo-moteur constitutif de son habitude.

Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’une fois l’assimilation opérée, l’imitation suit automatiquement — sauf si un effort volontaire nous porte à inhiber ce comportement. Cette mécanicité de l’imitation peut déranger, mais elle ne peut nous surprendre dès lors qu’on la sait adossée à l’habitude, LE mécanisme automatique par excellence.

Considérons à présent ce qui se passe lorsque notre écosystème d’habitudes se trouve en présence d’une autre personne et donc d’un autre écosystème d’habitudes.

La chose est très simple : partout où les habitudes de l’un pourront assimiler les habitudes de l’autres, elles se verront activées et si rien ne vient les inhiber, il y aura reproduction, donc imitation, le plus souvent en toute inconscience.

Les meilleurs amis du monde sont souvent ceux qui, au travers d’un progressif « accordage » de leurs représentations, de leurs goûts et de leurs affects en viennent à être des « alter ego » l’un pour l’autre. Bien sûr, aucun ne cessera de voir ce qui le différencie de l’autre, mais leur proximité, et plus exactement leur similitude sur un grand nombre de points n’échappera pas à l’observateur extérieur.

Cette logique d’accrochage automatique des cycles de l’habitude permet de comprendre l’omniprésence des phénomènes du genre il bâille, je bâille, il tousse, je tousse, il boit, j’ai soif, il mange, ça me donne faim, il regarde ici ou là, je regarde ici et là, il a peur, j’angoisse, il est serein, je suis rassuré, etc.

C’est mathématique : si nous n’avons pas de raison d’inhiber, nous imitons, d’autant plus que nous nous sentons proches (semblables) des personnes avec qui nous sommes en interaction.

Lorsque deux personnes sont engagées dans une conversation amicale le simple fait de changer de posture d’une manière ou d’une autre — comme croiser ou décroiser les bras ou les jambes — augmente considérablement les chances que l’interlocuteur fasse de même car (a) non seulement il n’a concrètement aucune raison d’inhiber ce comportement mais (b) il a, au contraire, toutes les bonnnes raisons de le faire vu que l’impact en est très positif : c’est en effet le meilleur moyen de montrer une empathie « sincère », le fait que l’on est « en phase » avec le locuteur.

Même si nous n’en prenons généralement pas conscience, nous percevons et nous aimons que notre interlocuteur vienne se synchroniser avec nos rythmes, jusques et y compris le rythme respiratoire. Qui n’aime se sentir en accord, « accordé » et donc approuvé ?

Cet accrochage des rythme est d’ailleurs devenu la technique de manipulation de base de la PNL. Car celui à qui nous disons « oui » par notre attitude, celui que, manifestement, nous suivons, sera par la suite mimétiquement porté à nous dire « oui » lui aussi, il nous suivra beaucoup plus facilement. Cette imitation réciproque est ainsi un « accrochage » au sens propre car il y a alors moyen de « tirer » la personne concernée dans la direction souhaitée.

* *

*

En résumé, le modèle en réaction circulaire met en lumière ce grand secret de l’habitude qu’est sa tendance mimétique. L’habitude est un processus de reproduction qui, parce qu’il s’appuie sur une phase d’assimilation, ne peut pas ne pas être mimétique puisqu’il y a toujours moyen d’assimiler un semblable à soi et dès lors, la machinerie de reproduction de l’habitude ne pourra manquer de s’activer à une occasion ou une autre.

L’imitation a ainsi toutes raisons d’être aussi générale que l’habitude et c’est précisément ce qui n’a cessé d’être observé [2]. Non pas seulement au niveau du bâillement [3] mais dans absolument tous les registres de comportements.

Ceci est, bien sûr, davantage une annonce qu’un constat argumenté. Il conviendrait d’indiquer le lien qu’entretient précisément chaque domaine psychologique avec l’imitation. Il serait encore plus important d’expliquer comment et pourquoi l’imitation est tellement générale qu’elle concerne la biologie, la chimie et la physique — d’où le titre de cet article. Tout cela sera développé dans le prochain article car il est temps de donner une conclusion provisoire et donc, de revenir à la question de l’autisme.

Conclusion

Nous venons de faire l’hypothèse que tous les phénomènes de « contagion » comportementale ou mentale que nous connaissons peuvent se comprendre comme résultant d’une tendance mimétique inhérente au mécanisme de l’habitude.

En concevant celle-ci comme une réaction circulaire ou un cycle perception-action qui se ferme sur lui-même et tend donc à se répèter indéfiniment en assimilant le produit de sa propre activité, nous comprenons aisément que cette dernière pourra être déclenchée, entretenue ou stimulée si le cycle en question assimile pareillement le produit de l’activité d’un de ses semblables.

L’habitude et l’imitation dépendraient donc toutes deux de ce processus clé qu’est l’assimilation, c’est-à-dire, le fait de reconnaître deux formes comme semblables ; ce qu’en informatique et en sciences cognitives on désigne souvent par le terme anglais de « pattern matching ».

Ce constat devient particulièrement intéressant lorsque l’on sait que la plupart des animaux sont dotés d’une certaine capacité à reconnaître leur semblables. Et cela pour… :

  1. la reconnaissance, l’attachement et la relation du nouveau-né aux parents nourriciers (et réciproquement)
  2. la reconnaissance, l’attachement et toutes les formes de relation aux congénères tellement importantes pour les espèces sociales.
  3. la reconnaissance de l’autre en tant que possible partenaire sexuel

Ceci est, bien sûr, tout spécialement vrai pour le petit de l’Homme qui, dès la naissance, sait reconnaître et les formes et les mouvements humains. Ainsi, en voyant le dessin d’un visage, même très schématique, le bébé reconnaît un semblable, il se sent en sécurité et se met à sourire.

Ceci étant, demandons-nous ce qui se passerait pour un bébé qui, pour quelque raison que ce soit, ne serait pas capable de reconnaître la forme humaine, sa propre forme, et serait donc incapable de s’assimiler les êtres qui l’entourent ?

Mon hypothèse est que ce serait tout le tableau de l’autisme qui en découlerait. Comme je ne peux argumenter à présent, je vais me contenter d’illustrer ce que peut donner un déficit d’assimilation en citant Donna Williams, elle-même autiste et auteur d’un livre remarquable : « Nobody Nowhere » traduit en français sous le titre « Si on me touche, je n’existe plus ». Voici ce qu’elle écrivait :

« Je me rappelle mon premier rêve — ou du moins, c’est le premier dont je me rappelle. Je me déplaçais dans du blanc, sans aucun objet, juste du blanc. Des points lumineux de couleur duveteuse m’entouraient de toute part. Je passais à travers eux et ils passaient à travers moi. C’était le genre de choses qui me faisaient rire. Ce rêve est venu avant tous les autres où il y avait de la merde, des gens ou des monstres et certainement bien avant que je remarque la différence entre les trois. » (p. 3) (tr. auct.) C’est moi qui souligne

Au travers de ce rêve Donna Williams nous oriente directement vers la problématique de l’assimilation. C’est cette piste que nous tenterons de suivre dans le prochain article.


[1] Cf. le livre de Serge Moscovici (1985) L’ère des foules qui est très informatif sous ce rapport.

[3] cf. le moche et cependant très riche site baillement.com

Voir aussi:

Les chanteurs harmonisent leur rythme cardiaque quand ils pratiquent en groupe
Le HuffPost
Baptiste Piroja-Pattarone
11/07/2013

SANTÉ – Si le chant possède bien des vertus (lutte contre le stress, amélioration des capacités respiratoires), cet art quand il est pratiqué en groupe cache encore quelques mystères. Des scientifiques suédois viennent pourtant de révéler que lorsque plusieurs personnes chantent à l’unisson, leurs battements de cœur se synchronisent.

En effet, non seulement les différentes voix d’une chorale s’harmonisent mais également ses pulsations du cœur. En prenant le pouls des participants de 15 chorales différentes, ils ont remarqué que leur rythme cardiaque s’accélérait ou ralentissait à la même vitesse.

Inspirant, retenant leur souffle et expirant au même moment, les choristes coordonnent leur respiration sur le même tempo. « La pulsation s’accélère quand vous inspirez et ralentit quand vous expirez », explique le Dr Bjorn Vickhoff avant d’ajouter que « lorsque vous chantez, vous êtes en train d’expirer alors le rythme cardiaque augmente ».

Les recherches ont prouvé en outre que plus le morceau est structuré en différentes parties, plus les battements s’harmonisent. L’effet est encore plus visible quand le morceau choisi repose sur une rythmique lente.

« Quand vous soufflez, vous activez le nerf vague (un nerf très important qui régule la digestion, la fréquence cardiaque) qui part du tronc cérébral jusqu’au cœur. Et quand celui-ci est activé, le cœur bat moins vite », explique le docteur. Cette découverte rappelle ainsi la pratique du yoga dans lequel le contrôle de la respiration et son harmonisation joue un rôle important.

Voir également:

La prière, une arme contre Alzheimer

Le Figaro

Marc Henry

26/07/2012

La prière régulière réduirait de 50 % le risque de souffrir de la maladie, selon une étude en Israël.

Prier contre la maladie d’Alzheimer n’est pas seulement un acte de foi, mais peut être un geste thérapeutique. Selon une étude menée conjointement en Israël et aux États-Unis avec un financement de l’Institut national de la santé américain, la prière constitue un antidote très efficace qui permettrait de réduire de moitié chez les femmes les risques de contracter la maladie d’Alzheimer ou d’être victimes de pertes de mémoire et de démence «légères». L’étude, lancée en 2003 auprès d’un échantillon de 892 Arabes israéliens âgés de plus de 65 ans, a été présentée récemment lors d’un colloque sur la maladie d’Alzheimer en Israël.

Le Pr Rivka Inzelberg, de la faculté de médecine de Tel-Aviv, qui a supervisé l’enquête, a précisé au quotidien israélien Haaretz «que, dans l’échantillon choisi, 60 % des femmes priaient cinq fois par jour, comme le veut la coutume musulmane, tandis que 40 % ne priaient que de façon irrégulière». «Nous avons constaté, dix ans après le début de l’étude, que les femmes pratiquantes du premier groupe (celles qui priaient cinq fois par jour) avaient 50 % de chances de moins de développer des problèmes de mémoire ou la maladie d’Alzheimer que les femmes du deuxième groupe», a ajouté la spécialiste. La prière, selon l’étude, a également une influence deux fois plus importante que l’éducation pour protéger les femmes contre cette dégénérescence cérébrale. «La prière est une coutume qui nécessite un investissement de la pensée, c’est sans doute l’activité intellectuelle liée à la prière qui pourrait constituer un facteur de protection ralentissant le développement de la maladie d’Alzheimer», a ajouté le Pr Rivka Inzelberg. Les tests n’ont pas été effectués parmi les hommes de ce groupe dans la mesure où le pourcentage de ceux qui ne priaient pas n’était que de 10 %, un taux insuffisant d’un point de vue statistique pour aboutir à des conclusions fiables. L’enquête a également permis de confirmer que la probabilité de souffrir de la maladie d’Alzheimer est deux fois plus importante chez les femmes que chez les hommes.

Parmi les autres facteurs de risque de présenter une démence de type Alzheimer, les chercheurs ont également retrouvé dans ce travail l’hypertension, le diabète, l’excès de graisses dans le sang et plus globalement les antécédents de maladies cardio-vasculaires.

Les bienfaits de la cannelle

Détail important, ces conclusions ne sont pas les premières à établir un lien entre pratiques religieuses ou spirituelles et santé. En 2005, des recherches effectuées en Israël avaient permis de constater que les activités spirituelles ont tendance à ralentir le processus de dépendance provoqué par la maladie d’Alzheimer. Une autre étude, menée sur un tout autre sujet, aussi en Israël, avait conclu que le taux de mortalité parmi les enfants était inférieur au sein des communautés très pratiquantes que parmi la population laïque.

Par ailleurs, le Pr Michael Ovadia, de l’université de Tel-Aviv, a réussi récemment à isoler une substance extraite de la cannelle qui freinerait le développement de la maladie d’Alzheimer. «L’avantage évident est que la cannelle n’est pas un médicament, mais un produit naturel n’ayant aucun effet secondaire», a affirmé le Pr Ovadia. Des expérimentations ont été entreprises sur des souris. Pour le moment, toutefois, il n’a pas encore été possible de produire à large échelle la molécule aux vertus curatives. Seule certitude, le marché est énorme avec 70.000 personnes souffrant de la maladie d’Alzheimer en Israël et plus d’une vingtaine de millions dans le monde, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé. En France, la maladie concerne 850.000 personnes. Les stratégies de prévention basées sur la pratique d’activités intellectuelles, sur le lien social et l’exercice physique ne doivent pas être négligées.

Voir aussi:

La prière, qu’est-ce que c’est?

Sans être une thérapie en tant que telle, il est indéniable que la prière peut avoir de véritables effets thérapeutiques, au-delà des connotations spirituelles ou religieuses. On peut affirmer au moins 2 choses sur la prière, lorsqu’on la considère comme une « modalité thérapeutique » :

  • Elle a des effets positifs observables et mesurables sur la santé.
  • On ne comprend pas bien quels sont les mécanismes qui entraînent ces effets.

Bien sûr, ces affirmations exigent certaines nuances. Les études sur les effets spécifiques de la prière sont relativement peu nombreuses, mais certaines ont démontré des résultats positifs. Les données actuelles semblent donc prometteuses et justifient la poursuite des recherches. Mais elles ne sont toutefois pas suffisamment concluantes pour faire accéder la prière au rang de « traitement médical »1-6.

Beaucoup de chercheurs sceptiques affirmaient toutefois, jusqu’à tout récemment, qu’en l’absence d’explication rationnelle permettant de comprendre comment agirait la prière, on avait affaire au mieux à des effets placebos, au pire à des fraudes7. Ce point de vue prévaut toutefois de moins en moins. En effet, plusieurs hypothèses sont désormais étudiées sérieusement; elles vont de la théorie quantique à la psychoneuroimmunologie (approches corps-esprit) en passant par la réponse de relaxation et même l’intervention « d’entités spirituelles » (voir plus loin).

Les scientifiques sont toutefois peu enclins à envisager des explications qui fassent appel à des notions comme la spiritualité ou la transcendance. Sans nier l’existence de tels phénomènes, ni même leur influence réelle sur la santé, ils préfèrent généralement exclure ces notions de leurs champs d’investigation.

En ce qui concerne la pratique religieuse, les données sont plus concluantes. De nombreuses synthèses d’études et des méta-analyses établissent un lien clair entre la pratique religieuse et la santé. Cela a d’ailleurs mené à la création d’un nouveau champ d’études, l’épidémiologie de la religion. Ainsi, 2 études8,9 ayant porté sur des dizaines de milliers d’Américains ont établi un lien clair entre la pratique religieuse et l’espérance de vie. Les chercheurs ont constaté que les gens qui ne s’adonnaient à aucune pratique religieuse avaient presque 2 fois plus de risques de mourir dans les 8 prochaines années que ceux qui pratiquaient plus d’une fois par semaine. Et l’espérance de vie à l’âge de 20 ans de ces pratiquants était supérieure de 7 ½ ans à celle des non-pratiquants.

Les chercheurs se demandent toutefois dans quelle mesure ces bénéfices sont attribuables à la pratique religieuse comme telle, ou au mode de vie « santé » qui y est souvent associé10. En effet, les personnes qui ont une vie religieuse active auraient plus tendance à manger des fruits et des légumes, à bien déjeuner, à faire de l’exercice, à dormir au moins 7 heures par nuit et à porter la ceinture de sécurité11. Ils auraient aussi moins de comportements à risque en ce qui concerne le tabagisme, la consommation d’alcool et la sexualité, par exemple12.

De plus, la pratique religieuse permet souvent de nourrir des relations sociales, ce qui est un facteur propice à la santé. Enfin, certains chercheurs ont émis l’hypothèse que la religion et la spiritualité, en donnant un sens à la vie et en procurant un sentiment de maîtrise accru, permettraient d’affronter plus efficacement le stress, la maladie et les difficultés13,14.

De quoi parle-t-on?

La prière – et tout ce qui touche à la spiritualité – est un sujet délicat où se mêlent des éléments culturels et sociaux, moraux et éthiques, aussi bien que religieux et scientifiques. Dans ce contexte, il peut être utile de préciser le sens de quelques termes.

  • La prière. Elle peut se définir comme une communication ou une ouverture au sacré, à la transcendance, à un aspect non matériel et universel qui dépasse l’existence individuelle. La prière peut se pratiquer à l’intérieur d’un cadre religieux ou non.
    On distingue 2 catégories principales de prière. La première consiste à diriger des paroles ou des pensées (de paix ou de guérison, par exemple) vers soi-même ou vers d’autres personnes. On peut la qualifier de prière personnelle. La seconde, la prière par intercession, fait spécifiquement appel à une puissance extérieure – Dieu, Bouddha, l’Univers – qu’on prie d’intervenir.
  • La spiritualité. Elle implique la croyance en des forces plus grandes que soi, actives dans tout l’Univers, ainsi que l’intuition d’une unité et d’une interdépendance avec tout ce qui existe. Elle débouche souvent sur le développement de valeurs personnelles, comme la compassion, l’altruisme et la paix intérieure. Tout comme la prière, la spiritualité peut être associée ou non à une pratique religieuse15.
  • La religiosité. Elle consiste à adhérer aux croyances et aux pratiques d’une religion organisée tandis que la spiritualité est plutôt une quête de sens ou d’une relation personnelle avec une puissance supérieure. La plupart des études scientifiques portant sur la guérison « spirituelle » étudient les liens entre la santé et la pratique religieuse (la fréquence de la prière, la participation aux offices religieux, etc.) parce que la religiosité est plus facile à mesurer objectivement que la spiritualité2.
Quelques chiffres révélateurs (dans la population américaine)16-20

  • 82 % des personnes croient aux vertus thérapeutiques de la prière.
  • 73 % croient que de prier pour les autres peut avoir un effet guérisseur.
  • 69 % des personnes qui prient à cause d’un problème médical spécifique estiment que la prière est très efficace.
  • 64 % croient que les médecins devraient prier pour les patients qui le leur demandent.
  • 45 % ont eu recours à la prière quand ils ont connu des problèmes de santé en 2002, contre 35 % en 1997, et 25 % en 1991.
  • 45 % disent que la religion influencerait leurs décisions médicales en cas de maladie sérieuse.
  • 94 % estiment que les médecins devraient discuter des croyances religieuses de leurs patients gravement malades, ce qui, en pratique, est bien loin d’être le cas.

Les effets observables de la prière

Plusieurs synthèses de recherches et méta-analyses2,7,21 ainsi que 2 études épidémiologiques portant chacune sur près de 4 000 personnes sur une période de 6 ans28,51 tendent à démontrer un lien direct entre la pratique spirituelle (personnelle ou dans un cadre formel) d’une part, et une meilleure santé ou une plus grande longévité d’autre part.

Selon le Dr Larry Dossey, un des chercheurs les plus réputés du domaine, les conclusions des recherches ne font aucun doute : la religion et la spiritualité sont excellentes autant pour la santé en général que pour des problèmes particuliers, comme les troubles cardiaques, l’hypertension, le cancer, les problèmes digestifs, etc.1

En ce qui concerne les vertus de la prière en particulier, plusieurs synthèses d’études2-4,7,22,23 concluent que, malgré beaucoup d’imperfections méthodologiques, elles tendraient à démontrer les effets bénéfiques de la prière pour certaines maladies6, dont les problèmes cardiaques (voir Applications thérapeutiques).

Beaucoup d’experts demeurent sceptiques devant ces résultats. C’est notamment le cas du Dr Richard Sloan24, psychiatre et professeur à l’Université Columbia de New York. Selon lui, les études sur la prière par intercession manquent de rigueur et présentent d’importantes lacunes méthodologiques. De plus, il considère que la médecine outrepasse sa sphère d’activité quand elle se mêle de spiritualité. Même s’il admet que, pour beaucoup de personnes, la religion apporte un réconfort quand la maladie frappe, cela ne signifie pas pour autant que la médecine devrait considérer les pratiques religieuses comme un traitement complémentaire25.

C’est également l’avis du professeur en philosophie Derek Turner, pour qui le fait d’étudier la prière à distance, comme s’il s’agissait d’un médicament, est un non-sens éthique et méthodologique26. Il déplore que plusieurs études sur le sujet aient été conduites sans l’obtention du consentement éclairé des participants faisant ainsi abstraction du droit fondamental des gens de se retirer de tels projets. Cet auteur soulève également de nombreuses questions comme le fait que rien n’empêche les participants de recevoir des prières de leurs proches ou que les groupes de prière ne décident de prier également pour les participants du groupe témoin. Il termine en mentionnant que les études portant sur la prière à distance ne font, finalement, que reproduire les tensions ancestrales entre science et religion.

De possibles effets négatifs

La pratique de la religion pourrait aussi avoir des effets pervers. Voici quelques-unes des conclusions auxquelles en sont venus des chercheurs, après avoir recensé les études à ce sujet27.

  • La culpabilité vis-à-vis de la religion, l’incapacité de se conformer à ce qu’elle demande ou les peurs qu’elle suscite parfois peuvent contribuer à la maladie.
  • La guérison « par la foi », si elle cause le rejet des traitements médicaux, peut entraîner de graves conséquences allant jusqu’à la mort.
  • Des problèmes de dépression ont été associés à une pratique religieuse extrinsèque (lorsque la religion est surtout considérée comme utilitaire et comporte un Dieu extérieur à la fois tout puissant, mais aussi despotique, ou qu’on peut blâmer dans l’adversité).
  • Les relations interpersonnelles négatives et les critiques subies dans un cadre religieux accroîtraient aussi les risques de dépression.
  • Chez les personnes âgées ou gravement malades, les doutes et les conflits intérieurs au sujet de la foi sont liés à une augmentation significative du risque de mortalité.

Les mécanismes d’explication

Des facteurs psychosociaux ou l’effet placebo peuvent expliquer certains des effets de la pratique religieuse. Ce n’est toutefois pas le cas pour la prière par intercession. Selon le Dr Dale Matthews3, dans le cas des études à double insu sur la prière à distance, même quand on élimine toutes les variables confondantes (l’âge, l’état de santé préalable, les facteurs sociaux, etc.), les conclusions demeurent et ne peuvent pas être expliquées uniquement par la science classique. Rien dans la science médicale actuelle ne peut expliquer pourquoi des gens pour qui on a prié obtiendraient des résultats différents des autres. Ces différences ne pourraient être attribuables qu’à une force « surnaturelle » ou alors à un type « d’énergie » dont on ne connaît pas encore la nature.

Le Dr Harold Koenig, qui a publié plusieurs études sur la prière et la religiosité10,12,21,28, admet qu’on peut être tenté de croire que leurs conséquences sur la santé ne dépendent pas que du soutien social, du mode de vie ou de l’effet méditatif. Il y aurait « autre chose ». Les croyants diront que c’est l’intervention de Dieu. Les scientifiques diront qu’il s’agit de quelque chose qu’on ne peut pas expliquer pour le moment2. Voici certaines des hypothèses qui se profilent à l’horizon.

La psychoneuroimmunologie. Cette science, qui a vu le jour il y a tout juste 25 ans (voir la fiche Approches corps-esprit), étudie l’interdépendance entre le corps et l’esprit, entre la biologie et les pensées… Déjà en 200029, des chercheurs affirmaient, à partir d’une recension de recherches expérimentales et cliniques, qu’il était désormais certain que le corps et l’esprit s’influencent mutuellement que ce soit pour tendre vers la santé ou la maladie. D’autre part, il est reconnu scientifiquement qu’en dirigeant des pensées avec une intention précise, on peut jouer sur des systèmes aléatoires simples, même si les effets mesurés sont très faibles22.

Selon certains chercheurs, si on pouvait démontrer que des pensées dirigées intentionnellement – peu importe la distance – avaient une influence sur la guérison, cela impliquerait que les êtres humains sont beaucoup plus reliés entre eux et responsables les uns des autres qu’on ne l’aurait cru jusqu’à présent. Si ces liens existent, proviennent-ils de Dieu, de la conscience, de l’amour, des électrons ou d’une combinaison de tout cela? Des recherches futures y répondront peut-être…30

La physique quantique. La physique moderne explique que tout objet – un crayon ou une maison – peut être vu comme un amas de particules en mouvement contenant en réalité une infime quantité de « matière ». Ce qui donne leur forme, leur « matérialité », aux objets provient bien plus du mouvement rapide de leurs particules – de leur « énergie » – que de leur « matière ». La médecine moderne commence à imaginer qu’il puisse en être de même des organismes vivants qu’on pourrait décrire en tant qu’entités énergétiques.

De plus, la physique quantique a constaté que des particules subatomiques qui ont été en contact entre elles et qui sont ensuite séparées demeurent « en lien ». Un changement dans une particule est instantanément reproduit dans l’autre particule, même si elle se trouve à des milliers de kilomètres. C’est ce qu’on appelle la non-localité.

Se pourrait-il qu’un phénomène semblable se produise dans la pensée et explique le fonctionnement de la prière à distance? C’est la question sur laquelle se penchent actuellement certains scientifiques1,31,32.

L’effet méditatif et la réponse de relaxation. Une synthèse de recherches15 a confirmé que le fait de réciter des prières ou de s’adonner à des pratiques spirituelles induit un état de relaxation semblable à celui qui est procuré par la méditation. Cela stimule les fonctions neurologiques, endocrines, immunitaires et cardiovasculaires.

À la fin des années 1960, le Dr Herbert Benson, directeur émérite du Benson-Henry Institute for Mind Body Medicine, a constaté que la répétition de mouvements, de sons, de phrases ou de mots (comme dans le cas de la prière) crée un ensemble de réactions métaboliques et émotives. Parmi celles-ci, l’activation de certaines zones du cerveau, la diminution du rythme cardiaque et de la pression sanguine, et une quiétude généralisée33. Il a nommé ce phénomène la réponse de relaxation en opposition à la « réponse au stress » qui, elle, provoque une augmentation du rythme cardiaque, une montée d’adrénaline, plus de tension musculaire, etc. Cela pourrait expliquer en partie les bienfaits de la prière sur la santé. Selon le Dr Benson, l’état de bien-être et « d’unité » qui résulte d’une séance de prière pourra être interprété, encore une fois, comme une connexion divine par les croyants, et comme un simple attribut du cerveau par les non-croyants.

Mentionnons également qu’une autre étude34 a permis de constater que la récitation traditionnelle du rosaire (l’Ave Maria en latin) et du mantra yogique om-mani-padme-om entraînent tous deux un ajustement de la respiration à 6 cycles par minute. Des chercheurs ont constaté que ce rythme est particulièrement bénéfique pour les fonctions cardiovasculaires et respiratoires, l’oxygénation du sang et la résistance à l’effort. Ils émettent l’hypothèse que les rythmes des prières et des mantras ont été choisis parce qu’ils permettaient de se synchroniser avec certains rythmes bienfaisants inhérents à la physiologie humaine.

Et Dieu dans tout ça?

Il y a quelques années, par l’intermédiaire de la revue Archives of Internal Medicine de l’American Medical Association, plusieurs spécialistes se sont penchés sur l’opportunité de tenir compte d’une dimension « divine » dans les recherches scientifiques sur la prière35. Certains considèrent que la prière implique une relation directe entre les humains et une réalité transcendante, hors du cadre de la nature, et que, par conséquent, la science – qui étudie la nature – ne devrait pas s’en préoccuper.

D’autres affirment que, si la prière fait intervenir un élément « divin », doté de sa sagesse et de ses intentions propres, la science, ne pouvant contrôler cette « variable », devrait se retirer de ce champ d’investigation.

Un autre point de vue est qu’il serait souhaitable que la science et la médecine reconnaissent beaucoup plus l’importance de la religion et de la spiritualité sur la santé, même si elles ne peuvent appliquer la méthode scientifique aux recherches sur la prière.

Différentes traditions spirituelles, comme le bouddhisme et l’anthroposophie (voir la fiche Médecine anthroposophique), proposent un tout autre point de vue. Selon elles, on devrait inclure la science matérielle, telle que nous la connaissons actuellement, à l’intérieur du domaine plus vaste d’une véritable « science spirituelle ». Cette science inclusive serait dotée d’outils de mesure allant au-delà de nos 5 sens, de façon à inclure les phénomènes de l’esprit dans ses recherches.

Les médecins devraient-ils parler de spiritualité avec leurs patients?

Même si, selon des sondages américains, plus de 80 % des gens croient que la prière ou un contact avec Dieu peut avoir un effet thérapeutique, et que près de 70 % des médecins disent que les patients leur font des demandes de nature religieuse en phase terminale, seulement 10 % des médecins s’informeraient des pratiques ou des croyances spirituelles de leurs patients1.

À cet égard, une étude a conclu qu’en fonction des données scientifiques qui établissent un lien entre la pratique religieuse et la santé, et du besoin d’établir un contact plus humain entre les médecins et leurs patients, il est important pour les praticiens de la santé d’aborder les questions de religion et de spiritualité avec leurs patients de façon respectueuse, avec intégrité et dignité3. C’est d’ailleurs ce que réclament de plus en plus les patients, qui y voient entre autres une façon d’humaniser les soins.

Un chercheur australien, après s’être penché à fond sur la question en 200736, a conclu que :

  • Les plus récentes études démontrent l’importance d’inclure dans la pratique clinique les préoccupations spirituelles et religieuses des patients. Sinon, on risque de passer à côté d’éléments déterminants pour leur guérison et leur bien-être.
  • Quand ils se préoccupent de la dimension spirituelle de leur patient, les intervenants de la santé démontrent leur intérêt pour la personne toute entière. Cela peut améliorer la relation patient-intervenant et ainsi accroître l’effet des traitements.
  • Les professionnels de la santé ne devraient toutefois pas « prescrire » de pratiques religieuses ou faire la promotion de leurs propres croyances. Pour des consultations en profondeur, ils devraient pouvoir diriger leurs patients vers les personnes-ressources appropriées.
  • Les médecins pourraient inclure, dans le bilan de santé de leurs patients, des questions pour connaître leur histoire « spirituelle ». Voici les 4 questions proposées par un comité de l’American College of Physicians (le Collège des médecins américain).
    – Est-ce que la foi, la religion ou la spiritualité sont importantes pour vous?
    – Ont-elles été importantes à d’autres moments de votre vie?
    – Y a-t-il quelqu’un avec qui vous pouvez parler de ces questions?
    – Aimeriez-vous aborder ces questions avec quelqu’un?

Applications thérapeutiques de la prière

De nombreuses études se sont penchées sur les liens entre la spiritualité et la santé. Elles peuvent être divisées en 2 catégories principales. D’une part, les études sur la pratique religieuse, incluant la fréquentation de l’église, la prière personnelle, la méditation spirituelle et la lecture et l’étude de livres sacrés comme la Bible37,52. D’autre part, celles qui évaluent la prière par intercession, c’est-à-dire demander à Dieu, à l’Univers ou à une puissance supérieure d’intervenir en faveur d’un individu ou d’un patient7.

Pratique religieuse

Efficace Augmenter l’espérance de vie. Le lien entre l’implication religieuse et le taux de mortalité a fait l’objet d’une revue publiée en 20048. Les auteurs ont conclu qu’il existe un lien clair entre ces deux variables au sein de la population américaine. Le mécanisme par lequel l’implication religieuse influencerait la mortalité comprendrait des éléments comme l’intégration et le soutien social, la régulation sociale (normes à propos des drogues ou de l’alcool et de certains comportements, par exemple) ainsi que la disponibilité de ressources psychologiques.

Efficace Mieux réagir devant des situations stressantes. En 2005, dans une méta-analyse regroupant 49 études48, des chercheurs ont tenté de savoir si la présence de la religion dans la vie des gens pouvait avoir une influence sur leur capacité à affronter des situations stressantes. Les résultats indiquent que, lorsque la religion est vue « positivement » (je fais partie d’un grand tout spirituel, Dieu est un partenaire qui m’aide et me pardonne…), cela permet effectivement de combattre le stress de façon significativement plus efficace. Par contre, une vision « négative » de la religion (Dieu me guette et pourrait me punir, existe-t-Il vraiment…) entraîne à l’opposé une amplification des conséquences néfastes du stress, comme l’anxiété et la dépression.

En 2010, une étude aléatoire, réalisée auprès de 111 étudiants universitaires, avait pour objectif d’évaluer les changements de niveau de stress lors d’une entrevue de 4 minutes53. Au milieu de l’entrevue, ils devaient, pour se détendre, soit lire un texte neutre, un texte d’automotivation ou une prière. Les résultats ont montré qu’une plus grande réduction de stress a été observée chez les groupes automotivation et prière que chez le groupe témoin (texte neutre). Mais il n’y a pas eu de différence significative entre le groupe prière et le groupe automotivation.

Efficace Favoriser la bonne santé mentale. Dans les années 2006 à 2008, des revues de la littérature scientifique ont étudié le lien entre la religiosité et la santé mentale10,54,55. La majorité des études s’accordent sur le fait qu’une implication religieuse importante est positivement associée à des indicateurs de bien-être psychologique (satisfaction face à sa vie, bonheur, etc.) ainsi qu’à une moindre incidence de dépression, de pensées et comportements suicidaires, et d’abus ou de consommation d’alcool et de drogues. De plus, cet effet positif serait davantage marqué chez les personnes aux prises avec des situations stressantes. Les auteurs exposent également des théories pouvant expliquer cette association positive, par exemple le fait que la plupart des religions prônent des comportements et des styles de vie sains ou encore fournissent un soutien social et psychologique accessible en cas de besoin.

Efficace Promouvoir des comportements sains chez les adolescents. Une revue systématique (en 2006) regroupant 43 études s’est penchée sur l’association entre la religiosité/spiritualité des adolescents et les attitudes et comportements propices à favoriser une bonne santé49 : exercices, saines habitudes alimentaires, sommeil suffisant, pratiques sexuelles saines, etc. Plus de 3 études sur 4 ont conclu qu’il existait un lien entre la santé et la religiosité/spiritualité.

Efficacité incertaine Améliorer la qualité de vie en cas de cancer. Le lien entre la religiosité/spiritualité et le cancer a fait l’objet d’une revue systématique en 2006 dans laquelle 17 études ont été retenues50. De ce nombre, 7 ont conclu que la religiosité améliorerait l’adaptation à long terme à la maladie. Elle favoriserait entre autres le maintien de l’estime de soi et d’un sens et un but à la vie, ainsi que le bien-être émotionnel et l’espoir en l’avenir. Par contre, 7 études n’ont montré aucun lien significatif de cet ordre. Les 3 autres ont conclu que la religiosité pouvait même être néfaste lorsqu’un individu devait combattre contre le cancer. Selon les auteurs, pour le moment, aucune conclusion ferme ne peut être tirée au sujet du lien entre religiosité et l’adaptation au cancer.

Efficacité incertaine Atténuer les symptômes de la ménopause. En 2009, une enquête canadienne sur l’utilisation des médecines alternatives et complémentaires, réalisée auprès de femmes ménopausées, a été publiée56. Quatre-vingt-onze pour cent des femmes ont rapporté avoir utilisé une thérapie alternative et complémentaire, parmi lesquelles, 35,7 % utilisaient la prière pour soulager leurs symptômes de ménopause. Les auteurs ont observé que les thérapies considérées comme les plus efficaces par les utilisatrices étaient la prière et la spiritualité (73,2 %), la relaxation (71,0 %), le counseling (66,4 %) et le toucher thérapeutique ainsi que le Reiki (66,0 %).

Efficacité incertaine Améliorer la survie des personnes atteintes du VIH. Pendant 3 ans, 901 personnes atteintes du VIH ont été suivies afin de documenter l’utilisation des thérapies corps-esprit et spirituelles57. Les chercheurs ont constaté une association entre les activités spirituelles, comme la prière, la méditation et la visualisation et une amélioration du taux de survie. Cette relation était plus marquée chez les patients qui étaient moins gravement atteints par la maladie.

Prière par intercession

Efficacité incertaine Atténuer les problèmes de santé en général. Une revue de la littérature scientifique, comprenant uniquement des études cliniques aléatoires, a été publiée en 2009 à ce sujet6. Les auteurs jugent qu’on ne peut tirer de conclusions fiables de ces études, dont la plupart présentent des résultats équivoques. Ils constatent toutefois que, pour la fertilisation in vitro38, la prière pourrait avoir montré un certain effet positif (voir plus loin). Ils concluent tout de même que les résultats accumulés jusqu’à présent sont suffisamment intéressants pour justifier de continuer la recherche.

Efficacité incertaine Réduire les complications des chirurgies cardiaques. Quatre études cliniques aléatoires d’envergure ont évalué l’influence de la prière auprès de patients souffrant de problèmes cardiaques. Les 2 premières ont révélé des résultats positifs. Dans les 2 autres, la prière n’a montré aucun effet bénéfique. La quatrième étude a même fait état de résultats négatifs dans le cas où les gens savaient qu’on priait pour eux.

La première, publiée en 1988, comprenait 393 patients devant subir une chirurgie cardiaque39. Des chrétiens qui ne les connaissaient pas ont prié quotidiennement pour la moitié d’entre eux jusqu’à leur sortie de l’hôpital. Les participants du groupe prière ont eu besoin de moins d’assistance ventilatoire, d’antibiotiques et de diurétiques à la suite de l’opération en comparaison avec le groupe témoin.

La seconde étude, publiée en 199940, s’est penchée sur l’effet de la prière sur l’état général et la durée du séjour de patients cardiaques hospitalisés. Des 990 patients, 466 ont fait l’objet de prières quotidiennes durant 4 semaines. Les résultats ont favorisé le groupe prière pour un ensemble de paramètres comme l’hypotension, l’utilisation d’antibiotiques, les saignements gastro-intestinaux, etc. (appelés les scores MAHI-CCU). Cependant, aucune différence concernant la durée de séjour n’a été observée.

La troisième étude, publiée en 2001, a vérifié l’effet de la prière sur la progression de la maladie cardiovasculaire à la suite du congé de 799 patients d’une unité coronarienne5. Des volontaires ont prié pour la moitié d’entre eux, au moins 1 fois par semaine, durant 26 semaines. La prière n’a eu d’effet significatif sur aucun des éléments étudiés : taux de mortalité, arrêts cardiaques subséquents, réhospitalisations, visites à l’urgence liées à la maladie et nombre de revascularisations coronariennes.

Enfin, la quatrième étude, réalisée en 2006 et à laquelle ont participé 6 hôpitaux, a évalué l’effet de la prière sur 1 802 patients devant subir une chirurgie de déviation de l’artère coronaire41. Les participants ont été attribués au hasard à l’un des 3 groupes suivants :

  • ceux qui ne reçoivent pas la prière, mais ne savent pas s’ils la reçoivent ou non;
  • ceux qui reçoivent la prière, mais ne savent pas s’ils la reçoivent ou non;
  • ceux qui reçoivent la prière, et savent qu’ils la reçoivent.

Les prières ont été effectuées par des chrétiens pendant 14 jours. Les taux de complications postopératoires, de survenue d’événements majeurs ou de mortalité sont demeurés les mêmes, que l’on ait prié ou non pour les patients. Par contre, les gens qui étaient certains de recevoir la prière, et qui la recevaient effectivement, ont présenté un taux de complication de près de 10 % plus élevé que les autres. Les causes de ce phénomène sont loin d’être claires. Des auteurs42,43 ont émis l’hypothèse que les gens pourraient moins bien prendre la responsabilité de leur guérison lorsqu’ils savent que l’on prie pour eux. Des chercheurs ont fait le même constat dans une étude concernant les alcooliques44.

Efficacité incertaine Aider rétroactivement à soigner des personnes infectées. Un essai clinique aléatoire publié en 2001, et pour le moins inusité, a porté sur l’effet que la prière pourrait avoir sur des événements déjà passés45. Dans ce cas, il s’agissait des conséquences sur une hospitalisation consécutive à une infection sanguine. Ainsi, en 2000, 3 393 patients ayant eu infection sanguine entre 1990 et 1996 ont été séparés aléatoirement en 2 groupes : un groupe témoin (sans prière) et un groupe recevant a posteriori de la prière à distance. Les prières étaient effectuées par une personne demandant le bien-être et la récupération complète pour tout le groupe. Les résultats indiquent que la durée du séjour hospitalier et de la fièvre a été significativement moins longue pour le groupe de personnes pour lesquelles on allait prier des années plus tard, que pour les autres.

Inutile de dire que ces résultats, qui semblent défier la raison, ont suscité une grande controverse dans les milieux scientifiques et médicaux46,47. Une controverse qui ne semble pas prête d’être résolue.

Efficacité incertaine Améliorer la fertilisation in vitro. Une étude publiée en 2001 a évalué l’effet de la prière sur le taux de grossesse auprès de 219 femmes traitées par fertilisation in vitro38. Cette étude était multicentrique, les investigateurs provenant des États-Unis, les participants de la Corée, et les groupes de prière du Canada, d’Australie et des États-Unis. Les résultats indiquent que les taux d’implantation des embryons tout comme les taux de grossesse ont été significativement supérieurs dans le groupe prière. Les auteurs ont conclu que ces résultats étaient encourageants, mais ont précisé qu’ils n’étaient encore que préliminaires.

Prière – Références

Note : les liens hypertextes menant vers d’autres sites ne sont pas mis à jour de façon continue. Il est possible qu’un lien devienne introuvable. Veuillez alors utiliser les outils de recherche pour retrouver l’information désirée.

Bibliographie

Benson-Henry Institute for Mind Body Medicine. [Consulté le 2 décembre 2010]. www.mgh.harvard.edu
Center for Spirituality, Theology and Health. [Consulté le 2 décembre 2010]. www.dukespiritualityandhealth.org
Dossey Dr Larry. Do religion and spirituality matter in health? A response to the recent article in The Lancet. Altern Ther Health Med. 1999 May;5(3):16-8.
Dossey Dr Larry. How healing happens: exploring the nonlocal gap, Altern Ther Health Med. 2002 Mar-Apr;8(2):12-6, 103-10.
Gundersen Linda. Faith and Healing, Annals of Internal Medicine, 2000;132:169-172. [Consulté le 2 décembre 2010]. www.annals.org
PubMed – National Library of Medicine. www.ncbi.nlm.nih.gov

Notes

1. Dossey L. Do religion and spirituality matter in health? A response to the recent article in The Lancet. Altern Ther Health Med. 1999 May;5(3):16-8.
2. Gundersen L. Faith and healing. Ann Intern Med. 2000 Jan 18;132(2):169-72.
3. Matthews DA. Prayer and spirituality. Rheum Dis Clin North Am. 2000 Feb;26(1):177-87, xi
4. Townsend M, Kladder V, et al. Systematic review of clinical trials examining the effects of religion on health. South Med J. 2002 Dec;95(12):1429-34. Synthèse d’études.
5. Aviles JM, Whelan SE, et al. Intercessory prayer and cardiovascular disease progression in a coronary care unit population: a randomized controlled trial. Mayo Clin Proc. 2001 Dec;76(12):1192-8. Article complet accessible au www.mayoclinicproceedings.com [Consulté le 2 décembre 2010].
6. Roberts L, Ahmed I, Hall S. Intercessory prayer for the alleviation of ill health. Cochrane Database Syst Rev. 2009(2):CD000368.
7. Astin John A, Harkness E, Ernst E. The Efficacy of « Distant Healing »: A Systematic Review of Randomized Trials, Annals of Internal Medicine, 2000;132:169-172.
8. Hummer RA, Ellison CG, et al. Religious involvement and adult mortality in the United States: review and perspective. South Med J. 2004;97(12):1223-30.
9. Hummer RA, Rogers RG, et al. Religious involvement and U.S. adult mortality. Demography. 1999 May;36(2):273-85.
10. Moreira-Almeida A, Neto FL, Koenig HG. Religiousness and mental health: a review. Rev Bras Psiquiatr. 2006;28(3):242-50.
11. Wallace JM Jr, Forman TA. Religion’s role in promoting health and reducing risk among American youth. Health Educ Behav. 1998 Dec;25(6):721-41.
12. Koenig HG. Religion, spirituality and medicine in Australia: research and clinical practice. Med J Aust. 2007 May 21;186(10 Suppl):S45-6. Article complet accessible en cliquant sur eMJA Free Text.
13. Hill PC, Pargament KI. Advances in the conceptualization and measurement of religion and spirituality. Implications for physical and mental health research. Am Psychol. 2003 Jan;58(1):64-74. Review.
14. O’Mathuna DP. Prayer research. What are we measuring?J Christ Nurs. 1999 Summer;16(3):17-21. Review.
15. Parkman CA. Faith and healing.Case Manager. 2003 Jan-Feb;14(1):33-6. Synthèse d’études.
16. Wallis C. Faith and healing: can prayer, faith and spirituality really improve your physical health? Time, 1996; 147:58
17. Eisenberg DM, Davis RB, et al. Trends in alternative medicine use in the United States, 1990-1997: results of a follow-up national survey. JAMA. 1998 Nov 11;280(18):1569-75.
18. Ehman JW, Ott BB, et al. Do patients want physicians to inquire about their spiritual or religious beliefs if they become gravely ill?Arch Intern Med. 1999 Aug 9-23;159(15):1803-6.
19. Barnes PM, Powell-Griner E, et al. Complementary and alternative medicine use among adults: United States, 2002. Adv Data. 2004 May 27;(343):1-19. Article complet disponible au : www.cdc.gov [Consulté le 2 décembre 2010]
20. McCaffrey AM, Eisenberg DM, et al. Prayer for health concerns: results of a national survey on prevalence and patterns of use. Arch Intern Med. 2004 Apr 26;164(8):858-62.
21. McCullough ME, Hoyt WT, et al. Religious involvement and mortality: a meta-analytic review.Health Psychol. 2000 May;19(3):211-22.
22. Jonas WB. The middle way: realistic randomized controlled trials for the evaluation of spiritual healing.J Altern Complement Med. 2001 Feb;7(1):5-7.
23. Krucoff Dr Mitchell et Crater Suzanne. Dose Response and The Effects of Distant Prayer on Health Outcomes: The State of the Research, Integrative Medicine Consult, vol. 4, no 5, mai 2002.
24. Sloan RP, Bagiella E, Powell T. Religion, spirituality, and medicine. Lancet. 1999 Feb 20;353(9153):664-7. Synthèse d’études. Article complet disponible au www.thelancet.com [Consulté le 2 décembre 2010].
25. Sloan RP, Bagiella E. Data without a prayer.Arch Intern Med. 2000 Jun 26;160(12):1870
26. Turner DD. Just another drug? A philosophical assessment of randomised controlled studies on intercessory prayer. J Med Ethics. 2006;32(8):487-90.
27. Williams DR, Sternthal MJ. Spirituality, religion and health: evidence and research directions. Med J Aust. 2007 May 21;186(10 Suppl):S47-50. Article complet disponible en cliquant sur eMJA Free Text.
28. Koenig HG, Hays JC, et al. Does religious attendance prolong survival? A six-year follow-up study of 3,968 older adults. J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 1999 Jul;54(7):M370-6.
29. Masek K, Petrovicky P, et al. Past, present and future of psychoneuroimmunology.Toxicology. 2000 Jan 17;142(3):179-88. Synthèse d’études.
30. Targ E, Thomson KS. Can prayer and intentionality be researched? Should they be?Altern Ther Health Med. 1997 Nov;3(6):92-6.
31. Benor Dr Daniel J. Distant Healing, Wholistic Healing Research, 2000. [Consulté le 2 décembre 2010]. www.wholistichealingresearch.com
32. Dossey L. How healing happens: exploring the nonlocal gap. Altern Ther Health Med. 2002 Mar-Apr;8(2):12-6, 103-10.
33. The Relaxation Response, Benson-Henry Institute for Mind Body Medicine. [Consulté le 2 décembre 2010]. www.mgh.harvard.edu
34. Bernardi L, Sleight P, et al. Effect of rosary prayer and yoga mantras on autonomic cardiovascular rhythms: comparative study. BMJ. 2001 Dec 22-29;323(7327):1446-9. Article complet disponible en cliquant sur Full Text Free.
35. Chibnall JT, Jeral JM, Cerullo MA. Experiments on distant intercessory prayer: God, science, and the lesson of Massah. Arch Intern Med. 2001 Nov 26;161(21):2529-36.
36. D’Souza R. The importance of spirituality in medicine and its application to clinical practice. Med J Aust. 2007 May 21;186(10 Suppl):S57-9. Review. Article complet accessible en cliquant sur eMJA Free Text.
37. Easom LR. Prayer: folk home remedy vs. spiritual practice. J Cult Divers. 2006;13(3):146-51.
38. Cha KY, Wirth DP, Lobo RA. Does prayer influence the success of in vitro fertilization-embryo transfer? Report of a masked, randomized trial. J Reprod Med. 2001;46(9):781-7.
39. Byrd RC. Positive therapeutic effects of intercessory prayer in a coronary care unit population. South Med J. 1988 Jul;81(7):826-9.
40. Harris WS, Gowda M, et al. A randomized, controlled trial of the effects of remote, intercessory prayer on outcomes in patients admitted to the coronary care unit. Arch Intern Med. 1999 Oct 25;159(19):2273-8.
41. Benson H, Dusek JA, et al. Study of the Therapeutic Effects of Intercessory Prayer (STEP) in cardiac bypass patients: a multicenter randomized trial of uncertainty and certainty of receiving intercessory prayer. Am Heart J. 2006;151(4):934-42.
42. Hobbins P. A step towards more ethical prayer studies. Am Heart J. 2006 Oct;152(4):e33.
43. Palmer RF, Katerndahl D, Morgan-Kidd J. A randomized trial of the effects of remote intercessory prayer: interactions with personal beliefs on problem-specific outcomes and functional status. J Altern Complement Med. 2004 Jun;10(3):438-48.
44. Walker SR, Tonigan JS, et al. Intercessory prayer in the treatment of alcohol abuse and dependence: a pilot investigation. Altern Ther Health Med. 1997;3(6):79-86.
45. Leibovici L. Effects of remote, retroactive intercessory prayer on outcomes in patients with bloodstream infection: randomised controlled trial. BMJ. 2001;323(7327):1450-1. Article complet accessible en cliquant sur Full Text Free.
46. Olshansky B, Dossey L. Retroactive prayer: a preposterous hypothesis?BMJ. 2003 Dec 20;327(7429):1465-8. Article complet disponible en cliquant sur Full Text Free.
47. Bishop JP, Stenger VJ. Retroactive prayer: lots of history, not much mystery, and no science. BMJ. 2004 Dec 18;329(7480):1444-6. Review. Article complet disponible en cliquant sur Full Text Free.
48. Ano GG, Vasconcelles EB. Religious coping and psychological adjustment to stress: a meta-analysis. J Clin Psychol. 2005;61(4):461-80.
49. Rew L, Wong YJ. A systematic review of associations among religiosity/spirituality and adolescent health attitudes and behaviors. J Adolesc Health. 2006;38(4):433-42.
50. Thune-Boyle IC, Stygall JA, et al. Do religious/spiritual coping strategies affect illness adjustment in patients with cancer? A systematic review of the literature. Soc Sci Med. 2006;63(1):151-64.
51. Helm HM, Hays JC, et al. Does private religious activity prolong survival? A six-year follow-up study of 3,851 older adults.J Gerontol A Biol Sci Med Sci. 2000 Jul;55(7):M400-5.
52. Levin J. How faith heals: a theoretical model. Explore (NY). 2009;5(2):77-96.
53. Belding JN, Howard MG, McGuire AM, et al. Social buffering by God: prayer and measures of stress. J Relig Health. 2010;49(2):179-87.
54. Koenig HG. Spirituality and depression: a look at the evidence. South Med J. 2007;100(7):737-9.
55. Verghese A. Spirituality and mental health. Indian J Psychiatry. 2008;50(4):233-7.
56. Lunny CA, Fraser SN. The use of complementary and alternative medicines among a sample of Canadian menopausal-aged women. J Midwifery Womens Health. 2010;55(4):335-43.
57. Fitzpatrick AL, Standish LJ, et al. Survival in HIV-1-positve adults practicing psychological or spiritual activities for one year. Altern Ther Health Med. 2007;13(5):18-20, 22-4.

Voir par ailleurs en anglais:

Choir singers ‘synchronise their heartbeats’
Rebecca Morelle
BBC World Service
9 July 2013

Choir singers not only harmonise their voices, they also synchronise their heartbeats, a study suggests.

Researchers in Sweden monitored the heart rates of singers as they performed a variety of choral works.

They found that as the members sang in unison, their pulses began to speed up and slow down at the same rate.

Writing in the journal Frontiers in Psychology, the scientists believe the synchrony occurs because the singers coordinate their breathing.

Dr Bjorn Vickhoff, from the Sahlgrenska Academy at Gothenburg University in Sweden, said: « The pulse goes down when you exhale and when you inhale it goes up.

« So when you are singing, you are singing on the air when you are exhaling so the heart rate would go down. And between the phrases you have to inhale and the pulse will go up.

« If this is so then heart rate would follow the structure of the song or the phrases, and this is what we measured and this is what we confirmed. »

Sing from the heart

The scientists studied 15 choir members as they performed different types of songs.

When you exhale you activate the vagus nerve… that goes form the brain stem to the heart”

Dr Bjorn Vickhoff Gothenburg University

They found that the more structured the work, the more the singers’ heart rates increased or decreased together.

Slow chants, for example, produced the most synchrony.

The researchers also found that choral singing had the overall effect of slowing the heart rate.

This, they said, was another effect of the controlled breathing.

Dr Vickhoff explained: « When you exhale you activate the vagus nerve, we think, that goes from the brain stem to the heart. And when that is activated the heart beats slower. »

The researchers now want to investigate whether singing could have an impact on our health.

« There have been studies on yoga breathing, which is very close to this, and also on guided breathing and they have seen long-terms effects on blood pressure… and they have seen that you can bring down your blood pressure.

« We speculate that it is possible singing could also be beneficial. »

Voir encore:

Music ‘releases mood-enhancing chemical in the brain’
Sonya McGilchrist
BBC News
9 January 2011

Music releases a chemical in the brain that has a key role in setting good moods, a study has suggested.

The study, reported in Nature Neuroscience, found that the chemical was released at moments of peak enjoyment.

Researchers from McGill University in Montreal said it was the first time that the chemical – called dopamine – had been tested in response to music.

Dopamine increases in response to other stimuli such as food and money.

It is known to produce a feel-good state in response to certain tangible stimulants – from eating sweets to taking cocaine.

Dopamine is also associated with less tangible stimuli – such as being in love.

In this study, levels of dopamine were found to be up to 9% higher when volunteers were listening to music they enjoyed.

The report authors say it’s significant in proving that humans obtain pleasure from music – an abstract reward – that is comparable with the pleasure obtained from more basic biological stimuli.

Music psychologist, Dr Vicky Williamson from Goldsmiths College, University of London welcomed the paper. She said the research didn’t answer why music was so important to humans – but proved that it was.

« This paper shows that music is inextricably linked with our deepest reward systems. »

Musical ‘frisson’

The study involved scanning the brains of eight volunteers over three sessions, using two different types of scan.
Continue reading the main story
“Start Quote

This paper shows that music is inextricably linked with our deepest reward systems”

Dr Vicky Williamson Goldsmiths College, University of London

The relatively small sample had been narrowed down from an initial group of 217 people.

This was because the participants had to experience « chills » consistently, to the same piece of music, without diminishing on multiple listening or in different environments.

A type of nuclear medicine imaging called a PET scan was used for two sessions. For one session, volunteers listened to music that they highly enjoyed and during the other, they listened to music that they were neutral about.

In the third session the music alternated between enjoyed and neutral, while a functional magnetic resonance imaging, or fMRI scan was made.

Data gathered from the two different types of scans was then analysed and researchers were able to estimate dopamine release.

Dopamine transmission was higher when the participants were listening to music they enjoyed.
Consistent chills

A key element of the study was to measure the release of dopamine, when the participants were feeling their highest emotional response to the music.

To achieve this, researchers marked when participants felt a shiver down the spine of the sort that many people feel in response to a favourite piece of music.

This « chill » or « musical frisson » pinpointed when the volunteers were feeling maxim pleasure.

The scans showed increased endogenous dopamine transmission when the participants felt a « chill ». Conversely, when they were listening to music which did not produce a « chill », less dopamine was released.

What is dopamine?

Dopamine is a common neurotransmitter in the brain. It is released in response to rewarding human activity and is linked to reinforcement and motivation – these include activities that are biologically significant such as eating and sex

Dr Robert Zatorre said: « We needed to be sure that we could find people who experienced chills very consistently and reliably.

« That is because once we put them in the scanner, if they did not get chills then we would have nothing to measure.

« The other factor that was important is that we wanted to eliminate any potential confound from verbal associations, so we used only instrumental music.

« This also eliminated many of the original sample of people because the music they brought in that gave them chills had lyrics. »

5 commentaires pour Mimétisme: Qui s’assemble se ressemble (What if it was flocks that made birds of a feather ?)

  1. […] et de la manipulation comme corruption de celui-ci), rappelle la formidable machine mimétique ou « machine à imiter » que, du bébé en crèche aux militants en foule ou aux fidèles assemblée religieuse mais aussi […]

    J'aime

  2. […] repenser, après nos choix politiques, amoureux ou touristiques, à la formidable capacité d’imitation comme à la susceptibilité à la contagion qui sont les nôtres […]

    J'aime

  3. […] Il nous arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer (…) ce contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goùt pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il faut la protéger chaque jour. Proust […]

    J'aime

  4. […] Il nous arriverait, si nous savions mieux analyser nos amours, de voir que souvent les femmes ne nous plaisent qu’à cause du contrepoids d’hommes à qui nous avons à les disputer (…) ce contrepoids supprimé, le charme de la femme tombe. On en a un exemple dans l’homme qui, sentant s’affaiblir son goùt pour la femme qu’il aime, applique spontanément les règles qu’il a dégagées, et pour être sûr qu’il ne cesse pas d’aimer la femme, la met dans un milieu dangereux où il faut la protéger chaque jour. Proust […]

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :