Football: La continuation de la guerre par d’autres moyens ? (Is sport war minus the shooting ?)

https://i1.wp.com/data2.collectionscanada.ca/e/e428/e010696733-v8.jpghttps://i0.wp.com/www.nam.ac.uk/images/online/sporting-soldiers/images/1011959.jpg
https://i0.wp.com/www.sofoot.com/IMG/img-supporters-militaires-1372978046_620_400_crop_articles-170818.jpghttps://jcdurbant.files.wordpress.com/2013/07/c6dda-ww1-sport.jpgle football est un sport de gentlemen pratiqué par des voyous. Anonyme
Le concept de fair-play est totalement étranger à la mentalité des Français ; un peuple qui a produit des générations d’aristocrates, mais pas un seul gentleman; une culture où le droit remplace la justice; une langue où l’unique mot pour désigner le fair-play est emprunté à l’anglais. Trevanian
Who’s for the game, the biggest that’s played, the red crashing game of a fight?  Jessie Pope
One day, when the Yankees accept peaceful coexistence with our country, we shall beat them at baseball, too, and the advantages of revolutionary over capitalist sport will become clear to all. Fidel Castro (1974)
Pratiqué avec sérieux, le sport n’a rien à voir avec le fair-play. il déborde de jalousie haineuse, de bestialité, du mépris de toute règle, de plaisir sadique et de violence; en d’autres mots, c’est la guerre, les fusils en moins. George Orwell
Inévitablement, nous considérons la société comme un lieu de conspiration qui engloutit le frère que beaucoup d’entre nous ont des raisons de respecter dans la vie privée, et qui impose à sa place un mâle monstrueux, à la voix tonitruante, au poing dur, qui, d’une façon puérile, inscrit dans le sol des signes à la craie, ces lignes de démarcation mystiques entre lesquelles sont fixés, rigides, séparés, artificiels, les êtres humains. Ces lieux où, paré d’or et de pourpre, décoré de plumes comme un sauvage, il poursuit ses rites mystiques et jouit des plaisirs suspects du pouvoir et de la domination, tandis que nous, »ses« femmes, nous sommes enfermées dans la maison de famille sans qu’il nous soit permis de participer à aucune des nombreuses sociétés dont est composée sa société. Virginia Woolf (1938)
Le privilège masculin est aussi un piège et il trouve sa contrepartie  dans la tension et la contention permanentes, parfois poussées jusqu’à l’absurde, qu’impose à chaque homme le devoir d’affirmer en toute circonstance sa virilité. (…) Tout concourt ainsi à faire de l’idéal impossible de virilité le principe d’une immense vulnérabilité. C’est elle qui conduit, paradoxalement, à l’investissement, parfois forcené, dans tous les jeux de violence masculins, tels dans nos sociétés les sports, et tout spécialement ceux qui sont les mieux faits pour produire les signes visibles de la masculinité, et pour manifester et aussi éprouver les qualités dites viriles, comme les sports de combat. Pierre Bourdieu (1998)
Sporting myths (…) thankfully survive close scrutiny. Captain Nevill did encourage his troops over the top in the First World War by kicking a football into no-man’s land, and the heavy, quartered leather football remains; there were countless ad hoc matches between British and German troops, normally on Christmas Day or New Year’s Day, and their details are faithfully recorded. One German captain presented a splendid bierstein to his opposite number after a hard-fought game. Brendan Gallagher
Les bidasses aussi jouent au football. Depuis 1948, le Conseil international du sport militaire organise en effet tous les deux ans sa Coupe du monde de football. Une épreuve intégrée depuis 1995 aux Jeux mondiaux militaires, juste entre le saut en parachute et le lancer de grenades. (…) 1946. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quelques militaires amateurs de sport se disent qu’il serait sympa d’organiser une compétition entre les différentes armées du monde. Apres tout, le football est bien la continuation de la guerre par d’autres moyens et, les massacres terminés, autant se mettre à jouer au ballon. C’est donc en 1948 que naît le Conseil international du sport militaire. Le Français Henri Debrus, ancien résistant et vice-président du Conseil des sports des forces alliées, crée l’institution et en devient le premier président. Le conseil crée très vite des championnats du monde de plusieurs disciplines et, évidemment, le football n’échappe pas à la règle. Le premier tournoi disputé en 1946 (avant la création du CISM) est remporté par l’Angleterre à Prague. Pendant près de 20 ans, l’Europe aura ensuite une hégémonie totale sur le football militaire, ne laissant aucun titre aux autres continents. D’ailleurs, l’Italie mène la danse, et d’assez loin, avec 8 titres. La France, avec cinq victoires, n’est pas ridicule. Mais comment s’explique ce talent des troufions français pour le ballon rond ? En fait, si les Bleus ont gagné 5 fois le titre mondial, c’est avant tout grâce au Bataillon de Joinville. En 1956, alors que tout un chacun doit effectuer son service militaire, l’armée crée une entité spéciale pour les sportifs de renom : le fameux BJ qui a vu passer dans ses rangs Platini, Bossis, Lizarazu ou Djorkaeff. Durant leur année de conscription, les heureux élus du Bataillon sont intégrés à l’équipe de France militaire. Un privilège qui leur permet d’éviter le récurage de chiottes et la plupart des autres corvées généralement réservées aux bidasses. Les joueurs ont aussi la permission de rejoindre leurs clubs dès le jeudi. En échange de ça, ils doivent représenter la France lors du championnat du monde militaire. Grâce à cet échange de bons procédés, la France aligne tous les 2 ans une équipe compétitive lors de la compétition. En 1995, les Coqs, drivés par Roger Lemerre, remportent leur dernier titre mondial à Rome. En finale, Dhorasoo, Sommeil, Dacourt, Maurice et les autres tapent l’Iran 1-0 devant un Stade olympique vide grâce à un but de Wagneau Eloi, héros bleu de la compétition. Mais l’âge d’or du football militaire français a fait son temps. En 1997, la fin de la conscription obligatoire entraîne dans sa chute le Bataillon de Joinville dissous en 2002. Dès lors, la France, privée de ses footballeurs professionnels, décline. (…) Désormais, ce sont les pays qui ont les armées les plus importantes en nombre d’hommes qui dominent, et armée nombreuse rime souvent avec régime autoritaire. D’ailleurs, le championnat du monde militaire dans l’histoire, c’est un peu la coupe du monde des dictateurs. À ce niveau-là, le palmarès est éloquent. En 1969, pendant le régime des colonels, la Grèce est championne du monde. Dix ans plus tard, c’est l’Irak de Saddam qui remporte le Graal. Les années 2000, elles, seront dominées par l’armée égyptienne, à l’exception de l’édition 2004 remportée par la Corée du Nord. Le football militaire, c’est aussi cette opportunité formidable d’être champion du monde pour des pays qui n’ont jamais rien gagné au niveau mondial « dans la vraie vie ». L’Algérie le sait bien, elle défendra chèrement son premier titre acquis en 2011, lors de la compétition qui débute le 2 juillet en Azerbaïdjan. So foot
Ils voulaient en découdre. Moi, j’ai couru me mettre à l’abri et, heureusement, certains de mes joueurs ont eu le réflexe de protéger les arbitres pour qu’ils ne soient pas pris à partie. On aurait dit la guerre! Alain Borel (président de club amateur, Val de Fontenay)
C’est à ce moment qu’ont débarqué une cinquantaine de jeunes, surtout des petits de 14-15 ans, tous avec des capuches et des objets en main, allant du couteau, à la batte de base-ball en passant par des sabres et même une pelle de chantier. Joueur amateur
Aujourd’hui, le niveau des violences et des incivilités recensées dans le foot amateur a tendance à se stabiliser. Lors de la saison 2011-2012, sur 1000 rencontres de foot amateur disputées, en moyenne 18,2 matchs ont été entachés d’au moins un incident. « Et pour la saison qui vient de s’écouler, nous devrions connaître une stabilité, voire même une légère baisse », confie Patrick Wincke, directeur de l’Observatoire des comportements à la Fédération française de football. Les remontées du terrain permettent pourtant de nuancer ces chiffres, et certains dirigeants évoquent une réalité plus sombre. « C’est plus tendu cette saison, raconte le président du District de Belfort-Montbéliard. Nous sommes entre 2,2 et 2,3% de matchs avec des incidents, soit plus que la moyenne nationale. Et les clubs où certains ne veulent plus aller jouer augmentent. Le foot n’est que le reflet du climat social ambiant, et les matchs où ça dérape sont souvent le fait de clubs qui sont en souffrance de dirigeants. Le taux d’encadrement est faible. Le Parisien

Comment dit-on fair play en anglais ? (ou même en portugais ?)

Stades vandalisés, bagarres dégénérant en batailles rangées, arbitres agressés, à moitié étranglés, bousculés, battus à mort, lynchés …

A l’heure où, entre la violence urbaine et la violence politique, le Brésil semble s’acheminer vers une tenue de la Coupe du monde de football problématique …

Et où justement un arbitre vient de subir un véritable dépeçage...

Pendant que d’Afrique du sud à la France, on ne compte plus les incidents …

Retour, avec un vieux texte polémique de George Orwell, sur la question du sport en général et du football en particulier (dont les armées ont d’ailleurs aussi leur propre coupe du monde) comme moyen de rapprochement des peuples …

The Sporting Spirit

George Orwell

Now that the brief visit of the Dynamo football team has come to an end, it is possible to say publicly what many thinking people were saying privately before the Dynamos ever arrived. That is, that sport is an unfailing cause of ill-will, and that if such a visit as this had any effect at all on Anglo-Soviet relations, it could only be to make them slightly worse than before.

Even the newspapers have been unable to conceal the fact that at least two of the four matches played led to much bad feeling. At the Arsenal match, I am told by someone who was there, a British and a Russian player came to blows and the crowd booed the referee. The Glasgow match, someone else informs me, was simply a free-for-all from the start. And then there was the controversy, typical of our nationalistic age, about the composition of the Arsenal team. Was it really an all-England team, as claimed by the Russians, or merely a league team, as claimed by the British? And did the Dynamos end their tour abruptly in order to avoid playing an all-England team? As usual, everyone answers these questions according to his political predilections. Not quite everyone, however. I noted with interest, as an instance of the vicious passions that football provokes, that the sporting correspondent of the russophile News Chronicle took the anti-Russian line and maintained that Arsenal was not an all-England team. No doubt the controversy will continue to echo for years in the footnotes of history books. Meanwhile the result of the Dynamos’ tour, in so far as it has had any result, will have been to create fresh animosity on both sides.

And how could it be otherwise? I am always amazed when I hear people saying that sport creates goodwill between the nations, and that if only the common peoples of the world could meet one another at football or cricket, they would have no inclination to meet on the battlefield. Even if one didn’t know from concrete examples (the 1936 Olympic Games, for instance) that international sporting contests lead to orgies of hatred, one could deduce it from general principles.

Nearly all the sports practised nowadays are competitive. You play to win, and the game has little meaning unless you do your utmost to win. On the village green, where you pick up sides and no feeling of local patriotism is involved. it is possible to play simply for the fun and exercise: but as soon as the question of prestige arises, as soon as you feel that you and some larger unit will be disgraced if you lose, the most savage combative instincts are aroused. Anyone who has played even in a school football match knows this. At the international level sport is frankly mimic warfare. But the significant thing is not the behaviour of the players but the attitude of the spectators: and, behind the spectators, of the nations who work themselves into furies over these absurd contests, and seriously believe — at any rate for short periods — that running, jumping and kicking a ball are tests of national virtue.

Even a leisurely game like cricket, demanding grace rather than strength, can cause much ill-will, as we saw in the controversy over body-line bowling and over the rough tactics of the Australian team that visited England in 1921. Football, a game in which everyone gets hurt and every nation has its own style of play which seems unfair to foreigners, is far worse. Worst of all is boxing. One of the most horrible sights in the world is a fight between white and coloured boxers before a mixed audience. But a boxing audience is always disgusting, and the behaviour of the women, in particular, is such that the army, I believe, does not allow them to attend its contests. At any rate, two or three years ago, when Home Guards and regular troops were holding a boxing tournament, I was placed on guard at the door of the hall, with orders to keep the women out.

In England, the obsession with sport is bad enough, but even fiercer passions are aroused in young countries where games playing and nationalism are both recent developments. In countries like India or Burma, it is necessary at football matches to have strong cordons of police to keep the crowd from invading the field. In Burma, I have seen the supporters of one side break through the police and disable the goalkeeper of the opposing side at a critical moment. The first big football match that was played in Spain about fifteen years ago led to an uncontrollable riot. As soon as strong feelings of rivalry are aroused, the notion of playing the game according to the rules always vanishes. People want to see one side on top and the other side humiliated, and they forget that victory gained through cheating or through the intervention of the crowd is meaningless. Even when the spectators don’t intervene physically they try to influence the game by cheering their own side and “rattling” opposing players with boos and insults. Serious sport has nothing to do with fair play. It is bound up with hatred, jealousy, boastfulness, disregard of all rules and sadistic pleasure in witnessing violence: in other words it is war minus the shooting.

Instead of blah-blahing about the clean, healthy rivalry of the football field and the great part played by the Olympic Games in bringing the nations together, it is more useful to inquire how and why this modern cult of sport arose. Most of the games we now play are of ancient origin, but sport does not seem to have been taken very seriously between Roman times and the nineteenth century. Even in the English public schools the games cult did not start till the later part of the last century. Dr Arnold, generally regarded as the founder of the modern public school, looked on games as simply a waste of time. Then, chiefly in England and the United States, games were built up into a heavily-financed activity, capable of attracting vast crowds and rousing savage passions, and the infection spread from country to country. It is the most violently combative sports, football and boxing, that have spread the widest. There cannot be much doubt that the whole thing is bound up with the rise of nationalism — that is, with the lunatic modern habit of identifying oneself with large power units and seeing everything in terms of competitive prestige. Also, organised games are more likely to flourish in urban communities where the average human being lives a sedentary or at least a confined life, and does not get much opportunity for creative labour. In a rustic community a boy or young man works off a good deal of his surplus energy by walking, swimming, snowballing, climbing trees, riding horses, and by various sports involving cruelty to animals, such as fishing, cock-fighting and ferreting for rats. In a big town one must indulge in group activities if one wants an outlet for one’s physical strength or for one’s sadistic impulses. Games are taken seriously in London and New York, and they were taken seriously in Rome and Byzantium: in the Middle Ages they were played, and probably played with much physical brutality, but they were not mixed up with politics nor a cause of group hatreds.

If you wanted to add to the vast fund of ill-will existing in the world at this moment, you could hardly do it better than by a series of football matches between Jews and Arabs, Germans and Czechs, Indians and British, Russians and Poles, and Italians and Jugoslavs, each match to be watched by a mixed audience of 100,000 spectators. I do not, of course, suggest that sport is one of the main causes of international rivalry; big-scale sport is itself, I think, merely another effect of the causes that have produced nationalism. Still, you do make things worse by sending forth a team of eleven men, labelled as national champions, to do battle against some rival team, and allowing it to be felt on all sides that whichever nation is defeated will “lose face”.

I hope, therefore, that we shan’t follow up the visit of the Dynamos by sending a British team to the USSR. If we must do so, then let us send a second-rate team which is sure to be beaten and cannot be claimed to represent Britain as a whole. There are quite enough real causes of trouble already, and we need not add to them by encouraging young men to kick each other on the shins amid the roars of infuriated spectators.

1945

George Orwell: ‘The Sporting Spirit’

First published: Tribune. — GB, London. — December 1945.

Reprinted:

— ‘Shooting an Elephant and Other Essays’. — 1950.

— ‘The Collected Essays, Journalism and Letters of George Orwell’. — 1968.

Voir aussi:

Brésil : un arbitre poignarde un joueur et est décapité

N.H

Le Parisien

 07.07.2013

Scène d’horreur sur un terrain de foot. Un arbitre de football amateur brésilien d’à peine 20 ans a été décapité après avoir lui-même poignardé un joueur qui n’acceptait pas son carton rouge, dimanche 30 juin, dans le nord du Brésil, à Pio XII dans l’Etat du Maranhão.

Le joueur, Josenir dos Santos Abreu (31 ans), aurait donné un coup de pied à l’arbitre, Otávio Jordão da Silva Cantanhede, qui aurait sorti un couteau de poche et frappé à la poitrine le jeune homme, décédé sur le chemin de l’hôpital.

Décapité, la tête au bout d’une perche

Les supporters révoltés sont ensuite descendus agresser l’arbitre, dès lors ligoté, lapidé puis décapité, pour enfin planter sa tête au bout d’une perche.

Ce lynchage a été filmé par portable et les vidéos amateurs se sont retrouvées sur les réseaux sociaux. Elles ont par ailleurs permis l’arrestation, mardi, de Luís Moraes Sousa, 27 ans, un des suspects. Deux autres suspects ont également été identifiés : son frère, Francisco Moraes Sousa, et le surnommé «Pirolo», Josimar de Sousa. Tous deux sont recherchés par la police.

Le premier aurait frappé Cantanhede au visage avec une bouteille et son frère aurait coupé la tête, les jambes et les bras de la victime à la faucille après que Pirolo a poignardé dans la nuque l’arbitre.

L’explication donnée par Luis, affirmant que Pirolo appartenait à la famille du joueur décédé, est contestée par le commissaire en charge de l’enquête, Válter Costa dos Santos. Le policier a souligné : «Un crime ne peut jamais en justifier un autre.»

Du déjà-vu dans le football brésilien

En 2010, un arbitre avait poignardé à mort un joueur lors d’un match amateur au nord-est du pays, à Barreira.

VIDEO. Agression d’un arbitre brésilien en février 2012. Moins tragique mais tout aussi choquant.

Un arbitre violemment agressé au Brésil par evidenceprod

Dans un an, le mondial de football se tiendra au Brésil alors que le pays enregistre presque 50 000 homicides par an.

Voir également:

Exclusif.

VIDEO. L’incroyable vidéo qui ébranle le foot amateur

L’irruption filmée de jeunes armés pendant un match dans le Val-de-Marne désole le monde du foot, qui tente d’éradiquer la violence.

Frédéric Gouaillard

Le Parisien

15.06.2013

C’est une vidéo de 7’38 qui témoigne de la violence qui gangrène encore et toujours le football amateur. Ce document, que nous nous sommes procuré, et dont les principaux extraits sont à voir sur notre site, reflète la triste réalité des terrains de foot du dimanche

Ce match en date du 2 juin, où les spectateurs s’affrontent à coups de batte de base-ball, de barre de fer ou de bombe lacrymogène, se déroulait à Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne. Toutefois, il aurait bien pu se tenir dans le Doubs, où un arbitre a manqué d’être étranglé récemment, ou dans une autre région de France. « Et, pourtant, c’était un match à enjeu mais qui n’était pas classé à risque, témoigne Thierry Mercier, le président du District du Val-de-Marne où se sont déroulés les faits. Mais on n’est pas à l’abri, tout peut arriver. »

La Fédération cherche de nouvelles solutions

Aujourd’hui, le niveau des violences et des incivilités recensées dans le foot amateur a tendance à se stabiliser. Lors de la saison 2011-2012, sur 1000 rencontres de foot amateur disputées, en moyenne 18,2 matchs ont été entachés d’au moins un incident. « Et pour la saison qui vient de s’écouler, nous devrions connaître une stabilité, voire même une légère baisse », confie Patrick Wincke, directeur de l’Observatoire des comportements à la Fédération française de football. Les remontées du terrain permettent pourtant de nuancer ces chiffres, et certains dirigeants évoquent une réalité plus sombre.

« C’est plus tendu cette saison, raconte le président du District de Belfort-Montbéliard. Nous sommes entre 2,2 et 2,3% de matchs avec des incidents, soit plus que la moyenne nationale. Et les clubs où certains ne veulent plus aller jouer augmentent. Le foot n’est que le reflet du climat social ambiant, et les matchs où ça dérape sont souvent le fait de clubs qui sont en souffrance de dirigeants. Le taux d’encadrement est faible. » Sans nier ces faits, la FFF cherche de nouvelles solutions qui vont au-delà de la simple répression, pas toujours efficace. Dès la saison prochaine, des mesures visant à faire disparaître la compétition chez les enfants vont être mises en œuvre pour renforcer le foot éducatif. « Cela va concerner les jeunes jusqu’à 13, voire 15 ans. Les joueurs auront aussi tous les mêmes temps de jeu et ils pourront aussi arbitrer », détaille Patrick Wincke.

Voir encore:

Le jour où un arbitre s’est vu « mourir »

Frédéric Gouaillard

Le Parisien

15 juin 2013

Le 2 avril dernier, l’arbitre Nathanaël Pinel (33 ans) a été étranglé par un joueur lors d’un match départemental. Son agresseur a été suspendu vingt ans par le District de Belfort-Montbéliard (Doubs). Son club a fait appel. Lundi, c’est le tribunal correctionnel de Montbéliard qui doit se prononcer sur cette affaire et les dommages et intérêts éventuels après la plainte de l’arbitre pour coups et blessures. L’homme en noir livre un récit édifiant du moment où il a bien cru « y passer ».

Le match. « C’était une action banale, un contact entre deux footballeurs. J’ai arrêté le jeu, un autre joueur est arrivé et a dit à un de ses coéquipiers : Nique-le, à propos d’un des deux à terre. J’ai sorti un carton rouge, et je me suis retrouvé avec cinq ou six joueurs devant moi. L’un d’entre eux n’était pas dans son état normal. Il n’arrêtait pas de dire : Y a qu’à moi que tu parles. »

Son agression. « Ensuite il m’a bousculé, je lui ai aussi donné un rouge et c’est là qu’il m’a étranglé jusqu’au moment où j’ai perdu ma respiration. Je me suis retrouvé par terre et j’ai reçu un coup de poing sur ma pommette gauche. J’ai fait une crise d’épilepsie et ensuite, je ne me souviens de rien. Je suis sujet à ce type de crises. J’ai repris connaissance dans le couloir des vestiaires vingt minutes après, avant d’être transporté à l’hôpital. »

Les blessures. « J’ai eu 3 jours d’ITT et un arrêt maladie du 7 avril au 23 mai. J’étais choqué et démoralisé. Heureusement, j’ai eu le soutien de beaucoup de monde à commencer par mes collègues arbitres. Aujourd’hui encore, je ne suis pas à 100%, il y a encore des soirs où j’y pense et où je me demande ce qui s’est passé dans leur tête. »

La peur. « J’ai cru que j’allais mourir. Quand je me suis retrouvé par terre et que j’ai reçu le coup de poing, je me suis dit : Je vais y passer. Il y avait une vingtaine de gars autour de moi, j’étais recroquevillé en position fœtale avec les bras devant la tête. »

Son agresseur suspendu vingt ans. « On dit toujours que ce n’est pas assez, mais personnellement je trouve que c’est pas mal. Ça va lui permettre de réfléchir, en plus cette sanction s’étend aux autres sports en compétition.

Son avenir. « Le lendemain, je voulais rendre ma licence. Après je me suis dit : Réfléchis, ne fais pas de bêtises. Je pense que je vais continuer, car c’est ma passion et en général, tous les dimanches, ça se passait bien avec les clubs. »

Les mauvais exemples. « Quand on voit comment les joueurs s’en prennent aux arbitres… Et puis Leonardo (NDLR : directeur sportif du PSG) qui ose nier avoir bousculé M. Castro alors que tout le monde l’a vu… Comment voulez-vous ensuite que ça se passe bien dans un match de District? »

Voir de plus:

VIDEOS. Italie : fous de rage, les supporteurs vandalisent leur stade

A.C.

Le Parisien

17.06.2013

Envahissement de terrain, joueurs menacés, bancs de touche vandalisés, vitres explosées… Après le match nul de leur équipe (1-1) contre Carpi, les supporteurs de Lecce ont laissé exploser leur rage dimanche, transformant leur stade en terrain d’affrontements et de pillage.

La raison de leur colère ? Ce résultat prive leur équipe d’une montée en deuxième division.

Selon La Stampa, un journal italien, les ultras de Lecce ont également mis le feu à un véhicule de police. Selon les secours, plusieurs personnes ont été blessées légèrement, certains pour des contusions, d’autres pour des intoxications dues à la fumée. Les policiers, qui ont répliqué avec des tirs de gaz lacrymogènes, compteraient plusieurs blessés dans les rangs à cause de jets de pierre, selon un autre média italien.

VIDEO. Les supporteurs de Lecce détruisent leur propre stade

En France, le week-end a été marqué par la diffusion sur notre site d’une vidéo d’une rare violence faisant état d’affrontements début juin après un match amateur à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Samedi, deux arbitres ont été frappés par des spectateurs en colère au Plessis-Trévise (Val-de-Marne) après un match entre équipes de jeunes. Trois suspects ont été placés en garde à vue. Après ces événements, la ministre des Sports Valérie Fourneyron a condamné samedi ces agressions, rappelant que «le sport (ne devait pas) être pris en otage par la violence».

Aux Pays-bas cette fois, huit personnes ont été condamnés ce lundi à de la prison ferme pour avoir battu à mort un arbitre.

Voir par ailleurs:

Mais qui es-tu, le football militaire ?

So foot

5 Juillet 2013

Les bidasses aussi jouent au football. Depuis 1948, le Conseil international du sport militaire organise en effet tous les deux ans sa Coupe du monde de football. Une épreuve intégrée depuis 1995 aux Jeux mondiaux militaires, juste entre le saut en parachute et le lancer de grenades. Et devinez quoi ? La France est quintuple championne du monde.

1946. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, quelques militaires amateurs de sport se disent qu’il serait sympa d’organiser une compétition entre les différentes armées du monde. Apres tout, le football est bien la continuation de la guerre par d’autres moyens et, les massacres terminés, autant se mettre à jouer au ballon. C’est donc en 1948 que naît le Conseil international du sport militaire. Le Français Henri Debrus, ancien résistant et vice-président du Conseil des sports des forces alliées, crée l’institution et en devient le premier président. Le conseil crée très vite des championnats du monde de plusieurs disciplines et, évidemment, le football n’échappe pas à la règle. Le premier tournoi disputé en 1946 (avant la création du CISM) est remporté par l’Angleterre à Prague. Pendant près de 20 ans, l’Europe aura ensuite une hégémonie totale sur le football militaire, ne laissant aucun titre aux autres continents. D’ailleurs, l’Italie mène la danse, et d’assez loin, avec 8 titres. La France, avec cinq victoires, n’est pas ridicule. Mais comment s’explique ce talent des troufions français pour le ballon rond ?

Le récurage de chiottes

En fait, si les Bleus ont gagné 5 fois le titre mondial, c’est avant tout grâce au Bataillon de Joinville. En 1956, alors que tout un chacun doit effectuer son service militaire, l’armée crée une entité spéciale pour les sportifs de renom : le fameux BJ qui a vu passer dans ses rangs Platini, Bossis, Lizarazu ou Djorkaeff. Durant leur année de conscription, les heureux élus du Bataillon sont intégrés à l’équipe de France militaire. Un privilège qui leur permet d’éviter le récurage de chiottes et la plupart des autres corvées généralement réservées aux bidasses. Les joueurs ont aussi la permission de rejoindre leurs clubs dès le jeudi. En échange de ça, ils doivent représenter la France lors du championnat du monde militaire. Grâce à cet échange de bons procédés, la France aligne tous les 2 ans une équipe compétitive lors de la compétition. En 1995, les Coqs, drivés par Roger Lemerre, remportent leur dernier titre mondial à Rome. En finale, Dhorasoo, Sommeil, Dacourt, Maurice et les autres tapent l’Iran 1-0 devant un Stade olympique vide grâce à un but de Wagneau Eloi, héros bleu de la compétition.

La coupe du monde des dictateurs

Mais l’âge d’or du football militaire français a fait son temps. En 1997, la fin de la conscription obligatoire entraîne dans sa chute le Bataillon de Joinville dissous en 2002. Dès lors, la France, privée de ses footballeurs professionnels, décline. L’Italie, qui avait adopté un système similaire et alignait dans ses équipes des joueurs tels que Del Piero ou Delvecchio, ne gagne plus non plus. Désormais, ce sont les pays qui ont les armées les plus importantes en nombre d’hommes qui dominent, et armée nombreuse rime souvent avec régime autoritaire. D’ailleurs, le championnat du monde militaire dans l’histoire, c’est un peu la coupe du monde des dictateurs. À ce niveau-là, le palmarès est éloquent. En 1969, pendant le régime des colonels, la Grèce est championne du monde. Dix ans plus tard, c’est l’Irak de Saddam qui remporte le Graal. Les années 2000, elles, seront dominées par l’armée égyptienne, à l’exception de l’édition 2004 remportée par la Corée du Nord. Le football militaire, c’est aussi cette opportunité formidable d’être champion du monde pour des pays qui n’ont jamais rien gagné au niveau mondial « dans la vraie vie ». L’Algérie le sait bien, elle défendra chèrement son premier titre acquis en 2011, lors de la compétition qui débute le 2 juillet en Azerbaïdjan.

Voir enfin:

How Orwell misread the sporting spirit

Christmas bonus: Army officers play an impromptu game of football in 1918

Brendan Gallagher

30 Jul 2004

George Orwell wasn’t wrong about much but he was way off beam with his famously jaundiced view of sport. In 1941, with war waging and Britain contemplating a grim future, he wrote: « Serious sport has nothing to do with fair play, it is bound up with hatred and jealousy, boastfulness, disregard of all the rules and sadistic pleasure in unnecessary violence. In other words it is war minus the shooting. »

The words of a man who never played competitive sport – a perplexed observer. A solitary, introvert man who had no concept of teamwork and no comprehension of the passion which motivates sportsmen and women. No wonder his Big Brother vision of the future in 1984 was bleak and soulless.

Those able to visit the Imperial War Museum (North) in Manchester over the coming months can make their own judgment about sport’s relationship with war. The museum is staging a stunning exhibition entitled « The Greater Game » which tells the story of sportsmen in war and examines sport’s relationship with politics.

It sounds dry and serious; in reality it is fascinating, humorous and moving. How could sport be otherwise? Make a weekend of it because you will want to pop in more than once. That I can guarantee.

Sporting myths are examined and thankfully survive close scrutiny. Captain Nevill did encourage his troops over the top in the First World War by kicking a football into no-man’s land, and the heavy, quartered leather football remains; there were countless ad hoc matches between British and German troops, normally on Christmas Day or New Year’s Day, and their details are faithfully recorded. One German captain presented a splendid bierstein to his opposite number after a hard-fought game.

There is a wonderful collection of War Office recruitment posters which cynically exploit the common man’s close affinity with sport; another striking image is German prisoners of war peering over the stable doors at Newbury racecourse where they were incarcerated. Most cricket fans have read of E W Swanton’s 1939 Wisden which gave solace to many Allied soldiers in Japanese prisoner of war camps. To see its dog-eared, yellow pages is thought-provoking in the extreme.

You can learn about truly exceptional individuals. There are the stories, in minute detail, of 11 sportsmen, a randomly selected First XI of sporting heroes. Some you will have heard of, like rugby’s Edgar Mobbs who formed his own First World War regiment, and former England cricket captain Lionel Tennyson, who was wounded three times and twice mentioned in dispatches at Loos, Ypres, the Somme and Cambrai. After surviving those battles, batting one-handed against the Australian fast bowlers, as he did in a Test in 1921, was a doddle.

Maurice Turnbull, Hedley Verity and Learie Constantine are also well known, but football’s Walter Tull, Donald Bell and Jimmy Spiers, rugby league forward and world wrestling champion Douglas Clark, Australian Test cricketer Ross Gregory and jockey Frank Furlong may be new names to you. Their stories are extraordinary and inspiring and we offer just a taste on these pages.

Sportsmen make great soldiers because they are generally fit, courageous, aggressive, skilled, self-sacrificing and disciplined. What Orwell overlooked is that most sportsmen bring a generosity of spirit, dignity and integrity to everything they do, including going to war. With few exceptions, they behave better on the sporting field than the rest of mankind do in their everyday lives and over the years they have taken those qualities into the battlefield. They raise the bar, especially when the going gets tough.

Politicians and political commentators will never understand sport. In 1974, Cuba’s Fidel Castro started getting on his high horse: « One day, when the Yankees accept peaceful coexistence with our country, we shall beat them at baseball, too, and the advantages of revolutionary over capitalist sport will become clear to all. » Only somebody who knew nothing of sport and human nature would say that.

Un commentaire pour Football: La continuation de la guerre par d’autres moyens ? (Is sport war minus the shooting ?)

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