Expo Ahlam Shibli/Jeu de Paume: Dur dur de se faire remarquer dans le monde impitoyable de la photo (Suicide bomber art: How about a bin Laden photo show in a Paris museum ?)

https://i0.wp.com/s3.vidimg02.popscreen.com/original/41/NTE3MTQyMzQ3MjA=_o_mom-defends-daughters-photos.jpgAamna Aqeel racist photoshoothttp://thepossessionofstyle.files.wordpress.com/2011/11/01vogue02_650.jpghttp://www.blogcdn.com/www.luxist.com/media/2008/09/vogueindia(2).jpghttp://mannequin-model.com/mannequinat/0-Victim-of-Beauty-12-magazine-Vasil-Germanov-Gabriela-Dasheva-Nora-Shopova.jpg
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Le roi de Moab, voyant qu’il avait le dessous dans le combat, (…) prit alors son fils premier-né, qui devait régner à sa place, et il l’offrit en holocauste sur la muraille. Et une grande indignation s’empara d’Israël, qui s’éloigna du roi de Moab et retourna dans son pays. 2 Rois 3: 26-27
Il faut se souvenir que le nazisme s’est lui-même présenté comme une lutte contre la violence: c’est en se posant en victime du traité de Versailles que Hitler a gagné son pouvoir. Et le communisme lui aussi s’est présenté comme une défense des victimes. Désormais, c’est donc seulement au nom de la lutte contre la violence qu’on peut commettre la violence. René Girard
Nous avons constaté que le sport était la religion moderne du monde occidental. Nous savions que les publics anglais et américain assis devant leur poste de télévision ne regarderaient pas un programme exposant le sort des Palestiniens s’il y avait une manifestation sportive sur une autre chaîne. Nous avons donc décidé de nous servir des Jeux olympiques, cérémonie la plus sacrée de cette religion, pour obliger le monde à faire attention à nous. Nous avons offert des sacrifices humains à vos dieux du sport et de la télévision et ils ont répondu à nos prières. Terroriste palestinien (Jeux olympiques de Munich, 1972)
Les Israéliens ne savent pas que le peuple palestinien a progressé dans ses recherches sur la mort. Il a développé une industrie de la mort qu’affectionnent toutes nos femmes, tous nos enfants, tous nos vieillards et tous nos combattants. Ainsi, nous avons formé un bouclier humain grâce aux femmes et aux enfants pour dire à l’ennemi sioniste que nous tenons à la mort autant qu’il tient à la vie. Fathi Hammad (responsable du Hamas, mars 2008)
J’espère offrir mon fils unique en martyr, comme son père. Dalal Mouazzi (jeune veuve d’un commandant du Hezbollah mort en 2006 pendant la guerre du Liban, à propos de son gamin de 10 ans)
Nous n’aurons la paix avec les Arabes que lorsqu’ils aimeront leurs enfants plus qu’ils ne nous détestent. Golda Meir
A chaque nouvel épisode sanglant dans un pays arabe, le culte de la mort de l’islam que les foules expriment devant les caméras ne peut manquer de nous interpeller. (…) D’un point de vue ethnologique, nous pourrions nous contenter d’observer ces différences sans les juger. Mais cela n’est pas possible, car de ces comportements envers les morts naissent des comportements envers les vivants qu’il n’est pas possible d’ignorer et de ne pas condamner. Le sang appelle la vengeance du sang. La vengeance, ce n’est pas l’action que l’on entreprend pour se débarrasser d’une menace ou d’un ennemi. La vengeance ne trouve pas sa récompense dans l’élimination de l’ennemi, mais dans le sang qu’on lui fait verser. Cette différence est importante, elle explique pourquoi les groupes terroristes n’ont pas d’état d’âme quant à leurs cibles. Leur but n’est pas d’affaiblir la force armée qui les opprimerait, mais de faire couler le sang de l’ennemi. L’armée d’Israël ne cherche pas à tuer des civils innocents, mais à éliminer les donneurs d’ordre des factions terroristes. Le seul but de ses interventions, c’est l’élimination d’une menace. Ceux qui prétendent que les groupes terroristes utilisent les moyens qui sont à leur disposition face à une armée sur-puissante font l’impasse sur l’aspect strictement culturel du mode de fonctionnement de ces assassins. C’est leur rapport à la mort qui dicte leur stratégie, et non pas le contexte du rapport de force. Tirer sur des civils est un acte délibéré qui est directement inspiré par leur psyché. Ceci mis au point, il devient légitime de se demander si ce rapport à la mort est lié à leur religion. Le christianisme envisage la mort des martyrs comme une béatification. En aucune façon le martyr doit entraîner ses persécuteurs dans la mort. Ce qui l’attend est de l’ordre du spirituel, une félicité éternelle qui n’est pas de ce monde. Le judaïsme parle d’un monde futur où règne une paix éternelle où sensualité et contingence terrestre auront disparu au profit d’un rapprochement de Dieu. L’islam, en tout cas celui des foules analphabètes et d’un certain nombre de meneurs psychopathes, imagine un au-delà de stupre et de plaisirs on ne peut plus sensuels. Pour le judaïsme et le christianisme, la mort est le passage vers un état spirituel qui n’a plus rien à voir avec la vie d’ici-bas. Pour cet islam, la mort est le passage vers une vie « idéale » où tous les sens du monde réel seront satisfaits, y compris les plaisirs sexuels qui nous sont interdit dans notre vie terrestre. Comment ne pas comprendre que cette mort fantasmée, cette vision obscène et perverse de l’au-delà a des conséquences directes sur la perception de la mort, de la sienne et de celle qu’on inflige à autrui.  Adam Harishon
La mort de Mohammed annule, efface celle de l’enfant juif, les mains en l’air devant les SS, dans le Ghetto de Varsovie. Catherine Nay (Europe 1)
Je ne suis pas une militante […] Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger. Ahlam Shibli
Je n’ai pas envie de jouer la médiatrice, de dire ‘voilà ce qu’il faut regarder’. Il y a quelque chose d’irreprésentable dans la cause palestinienne comme dans la condition de l’enfant orphelin, que je cherche néanmoins à montrer, tout du moins à suggérer. C’est l’un des challenges de la photographie. Ahlam Shibli
Ces images ne peuvent en aucun cas être une apologie du terrorisme : elles pourraient tout aussi bien être vues comme une critique du culte du martyr, avec sa profusion de clichés d’hommes en armes, paradant dans les foyers au milieu des enfants et des grand-mères, ou sur les murs de la ville. Les images d’Ahlam Shibli ne portent aucun jugement, attestant simplement d’une réalité. La photographe prouve (et c’est son rôle d’artiste) que toute image possède une dimension anthropologique et historique dont il faut tenir compte. Télérama
Quand des œuvres sont menacées de censure, est-il encore possible de les considérer d’un point de vue esthétique ? L’exercice critique reste-t-il pertinent ? Plus que jamais. Car la censure, toujours, nie les œuvres en tant que telles. Ceux qui par des pressions, comme celles exercées notamment par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ou par des actes violents (alertes à la bombe, menaces de mort…) tentent d’obtenir la fermeture de l’exposition consacrée actuellement à Ahlam Shibli au musée du Jeu de paume, à Paris, intitulée Foyers fantômes, n’ont pour la plupart pas vu les œuvres qu’ils incriminent. Quand bien même ce serait le cas, le simple fait que le Crif invoque la notion d’« apologie du terrorisme » à propos de ces photographies atteste de son aveuglement. Non qu’il y ait une approche des œuvres plus « objective » que d’autres. Mais la moindre des choses est de se rendre disponible pour les accueillir, de mettre à distance ses a priori et d’être attentif aux signes, aux images qui sont proposés. En outre, parce qu’il y a aveuglement, la voix de la censure est irrationnelle. Pour la contrer, le geste critique est nécessaire, qui s’efforce de produire un discours articulé. (…) Dans la salle Death, qui pose problème aux censeurs, Ahlam Shibli a apposé un texte de présentation. On peut y lire : « Death montre plusieurs façons pour ceux qui sont absents de retrouver une présence, une “représentation” : combattants palestiniens tombés lors de la résistance armée aux incursions israéliennes, et victimes de l’armée israélienne tuées dans des circonstances diverses […] ; militants ayant mené des actions où ils étaient certains de laisser leur vie, entre autres les hommes et les femmes bardés d’explosifs qu’ils ont mis à feu pour assassiner des Israéliens […] ; et enfin prisonniers ». Face aux attaques, Ahlam Shibli a précisé : « Je ne suis pas une militante […]. Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger. » Dans le communiqué du ministère de la Culture, censé soutenir l’artiste et l’institution du Jeu de paume, mais qui en réalité s’en dédouane, Aurélie Filippetti a cru bon d’interpréter cette phrase comme la revendication d’une « neutralité ». Erreur. Ahlam Shibli, comme tout artiste digne de ce nom, assume un point de vue. (…) Certains clichés de Death sont particulièrement éloquents, surtout ceux où l’on voit des familles autour des effigies de leurs morts. Sur l’un d’eux, un garçon regarde son père avec amour et admiration. Sur un autre, la photo encadrée est époussetée par la sœur du défunt. Dans les maisons, ces portraits sont largement exposés sur les murs, les protagonistes souvent en situation : ce sont des saints guerriers, ou des « martyrs », comme les nomment les Palestiniens, dont la présence s’impose aux vivants. Ahlam Shibli a photographié « de l’intérieur ». L’absence de prise de distance est consubstantielle à son projet artistique. C’est pourquoi l’accuser de reprendre à son compte le mot « martyrs » dans les cartels de la salle Death, sans guillemets, comme il le lui a été reproché, relève du faux procès. Mais l’usage des cartels à portée informative, plus développé dans cette salle que dans les autres, a tendance à affaiblir les images de leur charge narrative et même émotionnelle. Contrairement à ce que certains ont réclamé, c’est-à-dire une plus grande contextualisation des photographies, la force de l’œuvre d’Ahlam Shibli est de donner à voir sans filtre l’univers mental de dominés au cœur du chaos de l’histoire. Le scandale est de ne pas admettre que cette œuvre s’avère par là même, et sans provocation aucune, nécessairement scandaleuse. Politis
Face aux gesticulations communautaristes (très parisiennes : l’exposition vient de Barcelone où nul n’a tenté de la censurer, et elle va au Portugal, où, très probablement, nul ne le fera), il est important que les spectateurs réalisent que le travail d’Ahlam Shibli est, non pas une apologie du terrorisme comme des propagandistes obtus voudraient le faire croire, mais une réflexion critique sur les ambiguïtés dont nul n’est exempt, sur la manière dont les hommes réagissent face à l’absence ou à la destruction de leur foyer, et s’adaptent aux contraintes qui en résultent. Les visiteurs du Jeu de Paume auront certainement l’intelligence de le comprendre, et de s’élever contre les tentatives de censure de cette exposition. (…) Des organes de presse ici et là ont repris les éléments de langage de la propagande du CRIF et de ses soutiens selon laquelle cette exposition ne serait consacrée qu’aux auteurs d’attentats-suicide : ‘ »Death » montre des habitants des territoires occupés palestiniens, qui vivent au quotidien avec les photographies des membres de leur famille morts ayant commis un attentat-suicide » (Le Monde, corrigé depuis) et « murs tapis de photos à l’effigie des «martyrs» disparus: terroristes s’étant fait sauter » (Slate); le CRIF, lui, dit  que l’exposition montre « comment les familles ou la société palestinienne entretiennent la mémoire des terroristes qui ont été tués lors d’attentats-suicide perpétrés en Israël ». Il suffit d’analyser même succinctement les données disponibles (sur les cartels ou dans le catalogue) pour voir que le CRIF détourne la vérité (pas la 1ère fois, me direz-vous) : sur les 68 photos de la série Death (rappelons-le, une des six séries de l’exposition), 10 sont des vues d’ensemble sans ‘martyr’ identifié. Parmi les personnes nommées sur les 58 autres photos (certaines à plusieurs reprises), 11 sont des prisonniers, 31 ont été tuées soit au combat, soit par des raids de l’armée israélienne, et 9 sont morts dans des attentats-suicide, d’après les légendes des photographies. Et on ne parle que de ces neuf là. Mais pour le CRIF et ses amis, c’est tellement plus facile de réduire la résistance palestinienne aux kamikazes … Lunettes rouges
Les personnes qui se sont déplacées hier dimanche pour visiter l’exposition d’Ahlam Shibli, au Musée du Jeu de Paume dans le Jardin des Tuileries à Paris, ont trouvé ses portes fermées, la LDJ ayant annoncé une « descente » sur le musée ce jour là ! Ainsi ce gouvernement de lâches, cette ministre de la Culture qui se couche quand les chiens du lobby israélien aboient, n’ont pas été en mesure de protéger l’accès à cette exposition ? Nous ne payons pas assez d’impôts pour que la culture soit respectée ? Ou bien s’agit-il de faire plaisir au CRIF et consorts ? Ou encore M. Valls et Mme Philipetti ont peur des bandes armées de la LDJ ? Alors qu’ils les interdisent ! (…)  Nous rappelons que l’exposition de la photographe palestinienne Ahlam Shibli esrt exposée au Musée du Jeu de Paume à Paris jusqu’au 1er septembre, que c’est une exposition magnifique et très instructive, et qu’il faut aller la voir ! (notamment) les réflexions et interrogations qu’elles suscitent sur divers problèmes, dont (…) des orphelins ou enfants abandonnés polonais qui recréent là un monde à eux (…) des homosexuels hommes et femmes qui ont dû fuir leurs pays, le plus souvent musulmans (pour… Tel Aviv ! – note de l’éditeur), où ils ne pouvaient assumer leurs choix de vie. la résistance à l’occupation pendant la deuxième guerre mondiale et l’engagement dans des luttes de conquêtes coloniales, par les mêmes personnes, en Corrèze, avec des lieux célébrant les deux à la fois et au même endroit ! et la manière dont les Palestiniens tentent de conserver leur dignité, qu’ils soient en prison ou dans des camps de réfugiés à Naplouse, sous occupation. Comment ils tentent, au milieu de la mort constamment présente, et de la négation de leur histoire, de leur liberté, de conserver la mémoire de leurs proches, ces martyrs tués en combattant l’armée d’occupation, à un check-point, ou en commettant des attentats suicide, signes d’un désespoir tel que leur vie ne leur semblait plus présenter la moindre utilité.Rappelons que cette très belle expo vient de Barcelone où nul n’a tenté de la censurer, et elle va au Portugal cet automne, où, très probablement, nul ne le fera. Les visiteurs normalement constitués, et surtout honnêtes, comprennent bien que le travail d’Ahlam Shibli est, non pas une apologie du terrorisme comme le lobby israélien voudrait le faire croire, mais une réflexion sur la manière dont les hommes réagissent face à l’absence ou à la destruction de leur foyer, et s’adaptent aux contraintes qui en résultent. Médiapart
Ahlam Shibli, artiste internationalement reconnue, propose une réflexion critique sur la manière dont les hommes et les femmes réagissent face à la privation de leur foyer qui les conduit à se construire, coûte que coûte, des lieux d’appartenance. Dans la série Death, conçue spécialement pour cette rétrospective, l’artiste Ahlam Shibli présente un travail sur les images qui ne constitue ni de la propagande ni une apologie du terrorisme, contrairement à ce que certains messages que le Jeu de Paume a reçus laissent entendre. Comme l’artiste l’explique elle-même : « Je ne suis pas une militante […] Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger ». Death explore la manière dont des Palestiniens disparus — « martyrs », selon les termes repris par l’artiste — sont représentés dans les espaces publics et privés (affiches et graffitis dans les rues, inscriptions sur les tombes, autels et souvenirs dans les foyers…) et retrouvent ainsi une présence dans leur communauté. L’exposition monographique réunit cinq autres séries de l’artiste questionnant les contradictions inhérentes à la notion de « chez soi » dans différents contextes : celui de la société palestinienne, mais aussi des communautés d’enfants recueillis dans les orphelinats polonais, des commémorations de soulèvements de la Résistance contre les nazis à Tulle (Corrèze) et des guerres coloniales en Indochine et en Algérie, ou encore des ressortissants des pays orientaux qui ont quitté leur pays afin de vivre librement leur orientation sexuelle. La plupart de ces photographies sont accompagnées de légendes écrites par l’artiste, inséparables des images, qui les situent dans un temps et un lieu précis. Des mesures ont été prises par le Jeu de Paume pour le rappeler aux visiteurs. La rétrospective dédiée à Ahlam Shibli s’inscrit dans la volonté de montrer de nouvelles pratiques de la photographie documentaire, après les expositions consacrées à Sophie Ristelhueber (2009), Bruno Serralongue (2010) ou Santu Mofokeng (2011). La programmation du Jeu de Paume a pour objectif de s’interroger de façon critique sur les différentes formes de représentation des sociétés contemporaines et, dans cette démarche, revendique la liberté d’expression des artistes. Le Jeu de Paume ne souhaite pas esquiver le débat ni passer sous silence l’émoi que l’exposition suscite auprès d’un certain nombre de personnes, bien au contraire, il invite chacun à la découvrir sereinement. Après le MACBA de Barcelone (25 janvier-28 avril 2013) et avant la Fondation Serralves de Porto (15 novembre 2013-9 février 2014), tous deux coproducteurs, le Jeu de Paume présente, pour la première fois en France, l’œuvre de l’artiste palestinienne Ahlam Shibli avec l’exposition « Foyer Fantôme », du 27 mai au 1er septembre 2013. Musée du Jeu de Paume
Without question, Shibli’s new series, « Death » (2011-12), commissioned by the three museums co-hosting her retrospective (MACBA, the Jeu de Paume, Paris, and the Museu de Arte Contemporânea de Serralves, Porto), is her most ambitious and difficult work to date. It provides an in-depth study of commemorative images of Palestinian martyrs in the city of Nablus, a bastion of Palestinian resistance during the Second Intifada (2000-05). A martyr in these circumstances is any Palestinian killed due to the Israeli occupation, including soldiers who died in confrontations with Israeli forces, civilians killed in Israeli attacks and suicide bombers who carried out attacks in Israel. Shibli sought out the families and friends of these people as well as contacted martyr support associations. The resulting 68 medium and large color prints present posters, murals, banners, paintings, photographs and graffiti of some of the most revered martyrs in Nablus (such as the first Palestinian woman to carry out a suicide bombing in Israel). The subjects are typically shown brandishing a weapon, with backgrounds that include patriotic decorative elements like the Palestinian flag and handwritten exaltations. In the public spaces of Nablus, a cult of martyrdom seems omnipresent. Commemorations are seen on concrete walls pockmarked by bullet holes, or in the shabby interiors of cafes. Large, framed pictures of prominent martyrs are mounted on metal structures above the crumbling entrance of an oft-visited cemetery. Shibli provides lengthy descriptive captions for each photograph (available at MACBA as printed gallery notes), indicating details about the people pictured. Perhaps the most disturbing photos are the ones taken in the intimacy of family homes, such as Untitled (Death, no. 37), in which a living room is dominated by a painting of Kayed Abu Mustafá (aka Mikere), a grim-faced young man with his finger on the trigger of an assault rifle. Mikere’s son looks up at the portrait of his father with pride, as his mother, daughter and young nephew sit nearby. Shibli’s « Death » series seems to be the culmination of many years of reflecting on her homeland. She has probed deeply into the devastating impact that the frustrated quest for a home has had, and presents a terrifying portrait of a place where a continuing cult of martyrdom—and terrorism—appears inevitable. This viewer wonders if the questions that « Death » poses are best served by its presentation in the rarefied context of a contemporary art museum. Kim Bradley
Ahlam Shibli montre, photographies alignées, des affiches faisant l’apologie de ces «martyrs» sur les murs de camps de réfugiés de Balata, sur ceux de la ville de Naplouse. Des hommes avec des poses de Rambo mais ayant tué pour de vrai. D’autres images montrent des foyers, murs tapis de photos à l’effigie des «martyrs» disparus: terroristes s’étant fait sauter. Ils sont fascinants ces foyers-mausolées.Cette série montre un monde fascinant où les terroristes sont adulés. Elle montre comment les images suppléent au discours et gardent vivants des morts pour que la force de leurs actions persiste. Elle pourrait montrer la façon dont un discours peut être renversé, une idéologie servie, des terroristes présentés en héros. Mais ces «représentations» sont livrées sans distance, sans regard de biais. Sans critique. Dans les légendes, les terroristes sont décrits en martyrs, en combattants, en victimes.(…) En mettant sur le même plan ces terroristes et les personnages des autres séries, victimes de régimes homophobes, d’occupants nazis en France, orphelins abandonnés, ces terroristes sont assimilés aux victimes. Dans cette région du monde où la propagande est si violente, l’artiste semble avoir été contaminée par le discours iconographique abêtissant. Et le Jeu de Paume, qui aurait pu se servir de ce travail pour montrer et la réalité et son travestissement en images, aussi. Slate
Il s’agit d’éviter à tout prix de rappeler le contexte historique et les drames qui ont été occasionnés par ces multiples attentats. Combien de bus israéliens éventrés? Combien de magasins ou de restaurants israéliens calcinés? Combien d’enfants israéliens assassinés? Combien de rues déchiquetées? Crif
A quand la glorification d’un Mohamed Merah ou d’un Ben Laden dans nos musées nationaux, financée par nos impôts ?!!! (…) La photographe Ahlam Shibli affirme je cite « je ne suis pas une militante, mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni juger ». Alors pourquoi n’évoque t-elle pas les nombreuses victimes de ces attentats terroristes ? Pourquoi a t-elle choisi délibérément de traduire certains passages dans ses cartels et passer sous silence les appels à la mort ? Pourquoi ne nous informe t-elle pas sur le nombre des victimes innocentes ? Pourquoi ne nous montre t-elle pas leur portrait ?!! JSSNews
Il travaille dans un garage et voulait juste se faire un peu d’argent.  Aamna Aqeel
Lighten up, Vogue is about realizing the power of fashion and the shoot was saying that fashion is no longer a rich man’s privilege. Anyone can carry it off and make it look beautiful. Priya Tanna (Vogue India editor)
This provocative juxtaposition of luxury and poverty is something of a Campos hallmark. In shot after shot, fashion models and expensive clothes are set against backdrops of urban poverty. Personally, I find the images thought-provoking and beautiful. They free the fashion world from its ivory tower isolation and allow it to circle ethical issues — without forcing any particular conclusions on the viewer. They also raise the question of whether the beautiful artifacts of a traditional culture like India aren’t a match for the most expensive couture. Which raises, in turn, the worrying idea that, by thinking this way, we may be romanticizing (and therefore justifying) poverty. (…)  Revisiting Bringing the War Home, a set of Vietnam War-themed images  she made between 1967 and 1972, Rosler created a montage series in 2004, which imagined fashion shoots taking place on the streets of Baghdad. “Assembled from the pages of Life magazine,” Laura Cottingham wrote in an essay, “…Rosler’s montages re-connect two sides of human experience, the war in Vietnam, and the living rooms of America, which have been falsely separated.” The Campos images, with their uncomfortable beauty and ambiguous juxtapositions, may be making the same point about the “false separation” between luxury and poverty — with, perhaps, more seductive subtlety. Nick Currie
Martha Rosler: Bringing the War Home is the first museum exhibition to bring together Rosler’s two landmark series of photomontages. In the pioneering series, Bringing the War Home: House Beautiful (1967-1972), news photos of the Vietnam War are combined with images from contemporary architectural and design magazines. The prosperity of postwar America is integrated with images of soldiers, corpses and the wounded. Made during the height of the war, these images were originally disseminated in underground newspapers and on flyers and were made, in part, as a response to the artist’s frustration with media images, reporting techniques, and even some anti-war propaganda. The recent group, Bringing the War Home: House Beautiful, New Series (2004) combines news photos of the Iraq War with elegant landscapes and interiors from magazines, raising questions about the connections between advertising, journalism, politics, sexism, and violence. Rosler’s montages re-connect two sides of human experience that have been falsely separated – distant wars and the living rooms of America. Laura Cottingham
Une série mode intitulée « Victim of Beauty » publiée dans le magazine bulgare « 12 Magazine » a créé la polémique internationale : une séance photo éditoriale provocante réalisée par le photographe Vasil Germanov qui met en scène les mannequins Gabriela Dasheva et Nora Shopova relookées en femmes violemment battues. Yeux au beurre noir, lèvres fendues, gorge tranchée, brûlures nauséabondes… des blessures réalistes en maquillage effets-spéciaux par Daniela Avramova qui provoquent l’indignation des associations de victimes de violences conjugales : les militants pour la cause féminine condamnent cette représentation « scandaleuse et perverse » de la beauté. Les éditeurs du magazine bulgare se défendent de faire l’apologie de la violence et déclarent que « la photo de mode n’est qu’une imitation de la réalité ». Mannequin-model.com
Cette petite fille qui est née le 05 Avril 2001 en France, s’appelle Thylane et a fait sa première grande apparition par l’intermédiaire de Carine Roitfeld pour des photos qui font surface avec 7 mois de retard aux États-Unis… L’ex redac’chef confirme malgré tout qu’elle est dotée d’un sens aiguisé dans la découverte de futurs talents. Car oui, au delà de la polémique sur le fait d’avoir maquillé et habillé cette jeune fille en femme plus âgée dans les pages du Vogue Paris en décembre dernier, Thylane n’en reste pas moins une fillette de 10 ans qui voit une carrière de Top et d’égérie à succès se profiler à l’horizon. Sa mère, qui n’est autre que l’animatrice Veronika Loubry (reconvertie d’ailleurs dans la création de vêtements et la photo) l’encourage dans cette voie bien qu’elle affirme refuser les 3/4 des projets proposés. Il faut reconnaitre que malgré son jeune âge, elle est extrêmement douée et photogénique : un air de Bardot par-ci, d’Abbey Lee par là, elle possède l’esthétisme que l’on réclame aux mannequins d’aujourd’hui (excepté bien sur les mensurations qui seront déterminantes pour la suite). La question qui se pose aujourd’hui outre-Atlantique est de savoir si oui ou non il est néfaste pour une fillette d’adopter des postures et expressions d’adultes ou de poser topless ? Une limite est-elle franchie à cause de son âge ou est-ce uniquement de l’art? La mode « enfant » est un secteur en pleine expansion de nos jours, chose que les marques et les magazines ont bien intégré ; outre le fait qu’actuellement du scandale naît la notoriété, Thylane sera certainement une modèle à surveiller de près. Jules fashion
Nous avons voulu exposer de beaux articles de mode dans un contexte intéressant et plein de charme. Nous avons vu une immense beauté, de l’innocence et de la fraîcheur sur les visages que nous avons saisis. « La mode n’est plus le privilège des riches. N’importe qui peut la porter et la rendre magnifique. Priya Tanna (rédactrice en chef du magazine Vogue India)
Rabaisser la pauvreté à ce niveau de frivolité enlève tout sérieux à ce qu’elle représente réellement. Comme si les bébés indiens pauvres, dont la vie est menacée par la malnutrition, pouvaient profiter d’un déjeuner sympathique en portant un bavoir Fendi.  Archana Jahagirdar (Business Standard)
L’intervention du magazine ressemble à celle des premiers missionnaires, apportant Hermès et Miu Miu, comme des outils de civilisation. Amrita Shah (« La pauvreté comme papier peint », The Indian Express)
Le problème est que les Indiens aisés sont devenus complètement aveugles à la misère. Pavan Mehta
Mis en scène dans un contexte si différent, les pauvres ne suscitent plus l’indifférence. Les Indiens aisés prendront au moins conscience de leur existence. Hemant Sagar (couturier de Lecoanet Hemant)
Pas facile de produire une séance photo de mode mémorable; les photos de jolies filles portant de jolis vêtements peuvent vite devenir ennuyeuses. Les meilleures photos de mode sont engageantes, captivantes et imaginatives ; elles supposent talent, travail acharné et vision de designer, styliste, photographe et modèle. Bien sûr, si vous ne pouvez pas gérer tout cela, l’autre moyen de vous faire remarquer est de faire des photos de mode tellement controversées et d’un tel mauvais goût que l’attention des médias est garantie. Le dernier shooting de la créatrice Aamna Aqeel intitulé « Sois mon esclave » tombe carrément dans cette catégorie. De toute évidence conçu pour choquer, il montre un modèle servi par un enfant esclave à la peau noire. Les images sont répugnantes à connotation raciste et colonialiste.  Le fait que l’esclave dans les publicités est un enfant rend les images encore plus inexcusables. Aqeel ne travaille que depuis à peine deux ans. Elle a remporté quelques succès critiques lors de la cinquième édition de la Fashion Week du Pakistan qui s’est tenue récemment à Karachi, mais elle reste vraiment un designer émergent avec beaucoup à prouver. Il semble qu’elle ait décidé que le temps était venu, coûte que coûte, de se faire remarquer. La mode aime être provocante et parfois il semble que rien n’est tabou. Vogue France avait fait une séance avec des images sexualisées de modèles de dix ans, Vogue India un reportage avec des Indiens pauvres portant des parapluies de Burberry et des bavoirs Fendi à 100 dollars. Un magazine bulgare (12)  avait fait une série intitulée « Victime de la beauté » présentant des modèles meurtris qui semblait glorifier la violence domestique. A chaque fois, les magazines avaient une explication à donner, à savoir qu’ils essayaient de mettre en évidence l’utilisation de modèles de l’enfant, ou tenter de dire que la mode était pour tout le monde ou de montrer la juxtaposition entre les films d’horreur et le maquillage et la beauté. Dans chaque cas, la véritable raison était simple : commander des photos de mauvais goût pour s’assurer une couverture médiatique et stimuler les ventes. Salima Feerasta

Les temps sont décidément cruels !

Yeux au beurre noir, lèvres fendues, gorge tranchée, brûlures nauséabondes, petites filles de 10 ans hypersexualisées, vieil homme en haillons sous un parasol Burberry, bébé d’une femme édentée en bavoir Fendi à 100 dollars, femme portant au bras un sac Hermes à plus de 10 000 dollars, modèle blanc abritée par l’ombrelle d’un enfant noir vêtu d’un simple pagne …

A l’heure où, en Egypte, un jeune idéaliste juif américain vient de payer au prix fort sa dévotion pour les tenants de la religion d’amour de tolérance et de paix …

Et où, une fois de plus et dans l’indifférence ou l’incompréhension générales, le musée national du Jeu de Paume réaffirme courageusement son indéfectible soutien à la liberté culturelle et aux jeunes talents face au monde impitoyable qu’est devenue la création internationale …

Comment ne pas compatir à la diffculté que rencontrent de plus en plus pour se faire un nom nos jeunes créateurs et artistes ?

Surtout quand en plus ils se donnent tant de mal à lancer le débat sur l’esclavage, le travail des enfants, les femmes battues ….

Ou, à l’instar d’un Miki Kratsman israélien ou de notre Enderlin national (voire de votre serviteur dans le musée lui-même aujourd’hui), la manipulation en un véritable culte de la mort des terroristes-suicide ou des enfants boucliers humains …

Aamna Aqeel: It’s certainly not fashion!

Salima Feerasta

The Express Tribune

May 9, 2013

KARACHI:

It’s not easy producing a memorable fashion shoot; pictures of pretty women wearing pretty clothes can get boring fast. The best fashion shoots are engaging, compelling and imaginative; they require talent, hard work and vision from the designer, stylist, photographer and model. Of course, if you can’t manage all of that, the other way to ensure you get noticed is to make a fashion shoot so controversial and tasteless that getting media attention is guaranteed.

Designer Aamna Aqeel’s latest shoot titled “Be My Slave” falls squarely into this category. Obviously designed to shock, it shows a model being pandered to by a dark-skinned child slave. The images are repulsive with racist and colonialist overtones. The fact that the slave in the advertisements is a child, makes the images that much more inexcusable.

Aqeel has barely been designing for two years. She won some critical acclaim at the fifth edition of Fashion Pakistan Week held recently in Karachi, but she remains very much an emerging designer with a lot to prove. It seems that she’s decided, by hook or by crook, it’s time to get noticed.

Fashion loves to be provocative and sometimes it seems nothing is taboo. French Vogue did a shoot with sexualised images of models as young as 10, Vogue India did a feature with impoverished Indians carrying Burberry umbrellas and wearing $100 Fendi bibs. A Bulgarian magazine 12 did a shoot called “Victim of Beauty” showing bloodied, bruised models that appeared to glamourise domestic violence.

In each case, the magazines had an explanation to give, that they were trying to highlight the use of child models, or attempting to say fashion was for everyone or trying to show the juxtaposition between horror flick make-up and beauty. In each case, the real reason was simple: commissioning distasteful fashion shoots to ensure media coverage and boost sales.

When contacted, Aqeel vehemently denied any racist angle to the shoot at all. According to her, the choice of a dark-skinned Baloch child was purely incidental. “He works in a garage and wanted some work,” she said. Obviously the parents of usual child models wouldn’t have agreed to the shoot. The pampered little cuties who advertise soap, toothpaste and biscuits on TV may not have looked right for the part but even if they had, no one would have let their child play such a degrading role.

Aqeel’s argument is that she wanted to spark a debate on child labour. She says she is involved with a children’s charity and wanted to highlight how ‘society madams’ employ child labour in their homes. She is educating and supporting the child used in the shoot — it seems the least she can do after exploiting him in this fashion.

It’s facetious of the designer to claim that she was trying to stimulate a debate on child labour. The model wearing her clothes is clearly comfortable with her dominant position. She is not made up in a way that shows her to be the villain of the piece. The use of a dark skinned child in a shoot entitled “Be My Slave” certainly reeks of racism, however much the designer may deny it. And if anything, the shoot seems to condone child labour.

Aqeel went on to deny that this was a publicity-seeking move on her part and says she is happy at the pace her brand is developing. Her purpose for this shoot was apparently not to publicise her brand, but to raise public awareness of a social issue. Apparently, she feels so blessed with her success that she wants to give back to society and feels that it’s every individual’s duty to do what he or she can to make life better for the underprivileged.

To me, Aqeel’s stance stinks of hypocrisy. Designers do fashion shoots to sell a vision of their brand and to raise their profile. I wonder at the magazine that published the pictures. The stylist and photographer may have had to bend to the designer’s vision but the magazine had no such compulsion. I feel ashamed to be involuntarily publicising the shoot but we need to speak up against vile images of racism and exploitation. There are some taboos fashion shouldn’t break.

Oxford-grad Salima Feerasta is a social commentator and lover of style in any form or fashion. She blogs at karachista.blogspot.com and tweets @karachista

Voir encore:

The Post-Materialist | Fashion and Poverty

Women’s Fashion
Nick Currie
The NYT
September 5, 2008

A report from our Berlin correspondent on design and society.

Should poor people appear in fashion shoots for expensive clothing? What’s the difference between a $2 umbrella and a $200 umbrella? What’s the role of a magazine like Vogue in a nation where more than 75% of the population lives on less than $2 a day? Can cheap clothes enhance — even trump — expensive ones? Do couture items look cheap mixed into a poor person’s outfit?

These were some of the questions raised by an article by Heather Timmons in Sunday’s New York Times. Vogue’s Fashion Photos Spark Debate in India described — and showed — a photo shoot by Jean-François Campos which appeared in the August edition of Vogue India.

Since its launch last October, the Indian edition of Vogue has tended to concentrate on glitzy, aspirational images; Western models appear alongside Indian models whose styling (colored contact lenses and lightened skin tones — the subject of another New York Times article) nudges them in the direction of Western norms. Campos’s story — featuring impoverished Indians sporting a Fendi baby bib, a Burberry umbrella and a $10,000 Hermès Birkin bag — departs, provocatively, from that line.

Glance at his portfolio at creative agency Michele Filomeno and you’ll see that this provocative juxtaposition of luxury and poverty is something of a Campos hallmark. In shot after shot, fashion models and expensive clothes are set against backdrops of urban poverty. Personally, I find the images thought-provoking and beautiful. They free the fashion world from its ivory tower isolation and allow it to circle ethical issues — without forcing any particular conclusions on the viewer. They also raise the question of whether the beautiful artifacts of a traditional culture like India aren’t a match for the most expensive couture. Which raises, in turn, the worrying idea that, by thinking this way, we may be romanticizing (and therefore justifying) poverty.

When I wrote about the Vogue India controversy on my own blog, Click Opera, the South African artist Candice Breitz sent me some images by veteran New York artist Martha Rosler. Revisiting Bringing the War Home, a set of Vietnam War-themed images she made between 1967 and 1972, Rosler created a montage series in 2004, which imagined fashion shoots taking place on the streets of Baghdad.

“Assembled from the pages of Life magazine,” Laura Cottingham wrote in an essay, “…Rosler’s montages re-connect two sides of human experience, the war in Vietnam, and the living rooms of America, which have been falsely separated.” The Campos images, with their uncomfortable beauty and ambiguous juxtapositions, may be making the same point about the “false separation” between luxury and poverty — with, perhaps, more seductive subtlety.

Voir encore:

Sick poverty chic: Outrage as Pakistan designers underline rich-poor divide in adverts

Deepti Jakhar

Daily Mail

18 March 2012

Fashion is arguably about aspiration with its limited editions and price-on- request adornments. But when fashion, in the name of aspiration, creates an ugly divide between the haves and have-nots, it’s bound to create outrage.

That’s what Pakistani designer duo Sana-Safinaz is seemingly facing. The designers, considered one of the biggest names in luxurious design in their country, are no strangers to publicity – the most recent being their designs worn to the Oscars and the Vanity Fair party by Pakistan’s Oscar debutant Sharmeen Obaid-Chinoy.

Their ‘Lawn’ collection print advertisement is, however, garnering the wrong kind of publicity with most labelling it as ‘distasteful’.

As soon as the design house posted a picture of its latest spring/summer ad campaign on Facebook, it received a slew of angry comments. The campaign shows model Neha Ahmed posing in front of coolies with Louis Vuitton luggage, most of whom can never think of affording a LV with a lifetime of earnings and savings.

The advertisement reminds the fashion-conscious of Vogue India’s 2008 issue when it used poor people not as models but as props for obscenely expensive brands such as Burberry and Fendi.

Poor as prop: A toddler wearing a Fendi bib in another Vogue ad

Poor as prop: A toddler wearing a Fendi bib in another Vogue ad

The issue that featured an old woman holding a child wearing a Fendi bib; a family squeezing on to a motorbike with the mother holding a Hermès Birkin bag; and a barefoot man holding a Burberry umbrella, created a lot of furore online about its vulgar display of luxury, juxtaposing it with extreme poverty.

For countries such as India and Pakistan – where the divide between the rich and the poor is so stark – campaigns that bring both the worlds together seem to be mocking the gap more than anything else.

The same is being experienced once again as Twitter and Facebook are full of critical remarks for the designers.

‘The image uses the poor as props. It not only dehumanises them, it also trivialises and celebrates the stark contrast,’ a post on Twitter read.

Designer Safinaz Munir has reacted to the angry tweets in an interview, saying: ‘We’re public figures and it goes with the territory… everyone uses porters for luggage. No one carries their own luggage.’

 Voir encore:

Far too much, far too young: Outrage over shocking images of the 10-YEAR-OLD model who has graced the pages of Vogue

Daily Mail

10 August 2011

Wearing heavy make-up and gold stilettos, Thylane Blondeau sprawls seductively on leopard print bed covers.

The provocative pose might seem like nothing unusual for a Vogue fashion shoot – except that Miss Blondeau is just ten years old.

Now the shocking images of the French child model have brought condemnation from parents’ groups and MPs.

And they are likely to take centre stage at a summit called by Prime Minister David Cameron and the Mothers’ Union aimed at cracking down on the sexualisation of children in advertising and the media.

Fleur Dorrell, of the Mothers’ Union, yesterday described the images as ‘physically disturbing’ and said they were ‘blurring all thoughts of beauty’.

And Labour MP Helen Goodman accused Vogue of being ‘disgraceful and totally irresponsible’ by publishing the pictures, saying it should have known better. ‘They have descended into the gutter by doing this,’ she said.

‘The sexualisation of children is one of the most pernicious ills of our era. They should not have done this.’

Born in the Ivory Coast, Miss Blondeau is the daughter of Véronika Loubry, an actress and television presenter, and former Sheffield Wednesday and Watford footballer Patrick Blondeau.

She walked the catwalk for Jean Paul Gaultier at the age of four and already boasts an impressive modelling CV, with several magazine shoots to her name.

In Paris, her piercing eyes, waist-length hair and pouting lips have brought comparisons with a youthful Brigitte Bardot, who was herself just 15 when she modelled for Elle magazine.

But it is the 15-page spread in a French Vogue issue guest-edited by fashion designer Tom Ford back in January that has emerged at the centre of the current debate on the over-sexualisation of children.

Miss Blondeau’s entry into the fashion world follows a recent trend for younger models.

Hollywood child actresses Elle Fanning, 13, and 14-year-old Hailee Steinfeld have both recently signed modelling deals with Marc Jacobs and Miu Miu respectively.

Last night the Mothers’ Union issued a damning criticism of Miss Blondeau’s Vogue pictures.

‘We have grave concerns about the modelling agency who represent Miss Blondeau, which clearly does not know if it represents a child or an adult,’ it said.

‘Photo shoots requiring her, a ten-year-old-girl, to dress in full make-up, teetering heels and a dress with a cleavage cut to the waist across her prepubescent body deny Miss Blondeau the right to be the child she is.’

Bloggers also attacked the images. One said on Tumblr: ‘This isn’t edgy. It’s inappropriate, and creepy.’

And Dr Emma Gray of the British CBT & Counselling Service (www.thebritishcbtcounsellingservice.co.uk) said: ‘This picture is the antithesis of what childhood in our society should be; a child being exposed to a world she is not yet equipped to deal with solely to serve the needs of the adults around her.’

Mothers’ Union chief executive Reg Bailey has been commissioned to carry out an independent review on the pressures faced by children and, with Mr Cameron, has invited the fashion and advertising industries to an inquiry in October.

Vogue’s publisher Condé Nast was unavailable for comment last night.

THE CHANGING FACE OF SOCIETY

The ‘ideal’ body image created by the media and the fashion industry are intertwined.

The advertising industry target women and younger girls as commodities, as well as important consumers.

A UK online survey in 2005 showed that 63 per cent of young girls between 15 to 19 years aspired to be glamour models rather than doctors or teachers.

The sociological reason for this can be debated but may be linked to a false sense of increased self esteem and confidence, associated with society’s acceptance of increasingly feminine role models.

It’s probably not ‘cool’ to be clever. Increased focus on not having the ideal ‘air brushed’ body may give rise to increased anxiety and worries related to body image, eating disorders in young people as young as 14 years, clinical depression and adjustment difficulties with usual life stresses.

As a doctor treating young people with emotional difficulties, one often faces the reality of aspiration and broken dreams of young people. It’s not enough to be just ‘cool’ to go through life.

DR SOUMITRA DATTA, Consultant Child & Adolescent Psychiatrist, London Medical

Environnement

POLÉMIQUE

« Be my slave »: quand l’esclavage devient fashion

Après l’affaire des bijoux « style esclave » de Mango, et celle de la mannequin blanche maquillée en femme noire, les photos de mode intitulées « Be my slave » (« Sois mon esclave »), réalisées par la créatrice pakistanaise Aamna Aqeel, ont provoqué un tollé.

Dans le monde impitoyable de la mode, une des façons de se faire remarquer, « c’est de faire un shooting de mode si controversé et de si mauvais goût que l’attention des médias est garantie ».

« Le dernier shooting de la créatrice Aamna Aqeel intitulé « Be My Slave » tombe carrément dans cette catégorie. De toute évidence conçu pour choquer, il montre un modèle servi par un enfant esclave à la peau noire. Les images sont répugnantes à connotation raciste et colonialiste », écrit la bloggeuse pakistanaise Salima Feerasta, dans un article publié par l’Express Tribune.

Dérapages en série

Ce n’est pas la première fois que le milieu de la mode dérape sur des sujets aussi sensibles. En janvier 2012 déjà, un article publié par le magazine Elle sur le « style black » provoquait un tollé : la journaliste, qui proposait une analyse du style vestimentaire des femmes noires, déclarait que « le chic [était] devenu une option plausible pour une communauté jusque-là arrimée à ses codes streetwear », évoquant également les « codes blancs » désormais intégrés par la « black-geoisie ».

Plus récemment, des photos d’une mannequin blanche maquillée en femme noire, publiées dans le magazine Numéro, ont également scandalisé la fashion sphere. Et la marque de vêtements Mango en a remis une couche, avec sa gamme de bijoux « style esclave ».

Le choc des photos

C’est maintenant au tour de la créatrice de mode pakistanaise Aamna Aqeel, qui travaille pour Diva Magazine au Pakistan, de créer la polémique. Sur ses photos (désormais retirées de sa page Facebook), on voit un modèle blanc, à côté d’un enfant noir vêtu d’un simple pagne, qui protège la femme d’une ombrelle, porte son sac, lui tient sa tasse de thé ou dors à même le sol…

Pour le journaliste pakistanais Usama Hamayun, qui publie sur son blog Style Inn, « jouer avec un thème si sensible dans un pays où le racisme et le travail forcé sont des questions cruciales n’est en aucun cas acceptable ou esthétique. Vous pouvez être à la pointe de la mode et repousser les limites, mais ces photos relèvent d’un manque de goût et sont offensantes ».

Lancer le débat sur le travail infantile ?

Aamna Aqeel a déclaré que les photos n’étaient pas racistes et que son intention était de lancer le débat sur le travail des enfants au Pakistan. Quant au choix d’engager cet enfant pour les photos, elle s’est défendue en déclarant qu’elle le « soutenait financièrement et pourvoyait à sa scolarisation ». Celui-ci « travaillait dans un garage et voulait gagner un peu d’argent », selon la créatrice.

Voir aussi:

L’Inde lance la mode du « pauvre chic »

Julien Bouissou

Le Monde

11.09.2008

Ils sont pauvres. Leurs corps sont maigres et leurs visages cernés. Mais ils font l’effort de sourire devant l’objectif du photographe. Dans les bras d’une vieille femme édentée, un bébé porte un bavoir de la marque Fendi, d’une valeur de 100 dollars (72 euros).

Dans la cour d’une maison construite en pisé, un paysan mal rasé, vêtu d’une tunique sale et trouée, se protège du soleil en portant un parapluie de la marque Burberry, à 200 dollars. Les noms des marques de luxe sont les seuls à être mentionnés dans les légendes. Les personnages, eux, sont anonymes. On sait juste qu’ils habitent un village pauvre du Rajasthan, dans l’ouest de l’Inde.

Les seize pages de photographies ont été publiées par le magazine Vogue India, dans son édition du mois d’août, en vente à chaque carrefour des grandes villes indiennes. « Nous avons voulu exposer de beaux articles de mode dans un contexte intéressant et plein de charme. Nous avons vu une immense beauté, de l’innocence et de la fraîcheur sur les visages que nous avons saisis », déclare simplement Priya Tanna, la rédactrice en chef du magazine Vogue India.

Les commentateurs de la presse indienne ont surtout été choqués de voir des pauvres assurer la promotion d’articles de luxe. « Rabaisser la pauvreté à ce niveau de frivolité enlève tout sérieux à ce qu’elle représente réellement. Comme si les bébés indiens pauvres, dont la vie est menacée par la malnutrition, pouvaient profiter d’un déjeuner sympathique en portant un bavoir Fendi », écrit Archana Jahagirdar dans les colonnes du quotidien indien Business Standard. Mme Tanna croit au contraire que le luxe n’est plus interdit aux pauvres : « La mode n’est plus le privilège des riches. N’importe qui peut la porter et la rendre magnifique. »

Si la mode devient accessible à tous, est-ce le signe que toute l’Inde s’enrichit ? Les statistiques affirment le contraire. Quelques jours après la publication des clichés de pauvres drapés dans des vêtements de luxe, la Banque mondiale rendait publics les chiffres de la pauvreté. Quelque 456 millions d’Indiens vivent avec moins de 1,25 dollar par jour. Le luxe, loin de réduire le fossé entre les riches et les exclus de la croissance, est même perçu par Amrita Shah comme une nouvelle forme de colonisation. « L’intervention du magazine ressemble à celle des premiers missionnaires, apportant Hermès et Miu Miu, comme des outils de civilisation », regrette la journaliste dans un article intitulé « La pauvreté comme papier peint », publié dans le quotidien The Indian Express.

La pauvreté est loin d’avoir disparu, mais le regard porté sur elle change. « Le problème est que les Indiens aisés sont devenus complètement aveugles à la misère », estime Pavan Mehta, l’auteur d’un essai intitulé Quand l’Inde s’éveillera. Le couturier Hemant Sagar, de Lecoanet Hemant, en conclut que les photographies controversées auront au moins le mérite d’ouvrir les yeux sur la misère : « Mis en scène dans un contexte si différent, les pauvres ne suscitent plus l’indifférence. Les Indiens aisés prendront au moins conscience de leur existence. »

Vogue Inde, la polémique

Coco

Tendances de mode

03 septembre 2008

Lancé en octobre dernier, le Vogue Inde essuie son premier scandale. Il faut dire que dans un pays où la disparité entre les catégories sociales est si intense, il est difficile de prôner l’apogée du luxe sans risquer de tomber dans l’indécence…

Alors que le pays compte désormais plus d’un milliard d’habitants, la classe émergente de la population s’annonce comme le nouvel eldorado des marques de luxe. En effet, en Inde comme en Chine, les individus aiment faire état de leur réussite par le biais de produits haut de gamme, symbole d’avènement social.

Dans ce contexte, le groupe Condé Nast s’est empressé « d’éduquer » le peuple indien en lançant chez eux la 17e édition de Vogue. Depuis quelques mois, les Indiens ont ainsi la possibilité de découvrir les fastes de la société occidentale. Les magnats du secteur ont d’ailleurs tous répondu présents : Gucci, Fendi, Burberry, Hermès… pas un ne veut manquer l’opportunité d’accompagner la croissance indienne.

Cependant, on sait très bien que si le pays voit effectivement certains de ses ressortissants accéder à l’univers du luxe, la majorité d’entre eux vit avec moins d’1 dollar par jour, et est confrontée à une misère immense. C’est pourquoi un minimum de décence est nécessaire si l’on ne veut pas devenir complètement inhumain, gangrené par l’appât du gain. C’est ce « minimum » qui a malheureusement fait défaut à l’une des séries mode de la parution du mois d’août.

En effet, 16 pages – consacrées à la mise en valeur de sacs, parapluies et autres accessoires – furent shootées non pas dans un studio avec tel ou tel mannequins ou stars de Bollywood, mais dans la rue avec pour figurants des Indiens plus préoccupés par la survie au quotidien que par les dernières tendances.

Sur cette série, on peut ainsi voir un vieil homme s’abritant sous un parapluie Burberry, un bébé en bavoir Fendi ou encore une femme portant au bras un Birkin, entourée de ses 3 enfants vêtus de nippes… Certes, les photos sont superbes, le peuple indien possédant cette lumière, cette joie de vivre qui irradierait n’importe quel cliché, néanmoins leur incongruité révolte les journalistes du pays. Confronter une mère qui se bat pour nourrir sa famille à un sac coûtant plus de 10 000 dollars est en effet presque malsain…

Dans un pays ou l’on se suicide parfois pour échapper à une pauvreté écrasante, les médias luxe ne peuvent se permettre des inepties de ce genre. Pour sa défense, Vogue assure avoir voulu illustrer « la nouvelle Inde », où il est possible de réaliser une ascension sociale fulgurante et d’en afficher les signes. Qu’à cela ne tienne, lorsqu’on réalise que les légendes des photos ne font pas référence aux mannequins d’un jour mais simplement aux marques de sacs, on réalise à quel point Vogue n’a que faire du facteur humain…

Alors certes, il est évident que l’industrie du luxe va déferler en Inde et que seuls quelques élus y auront accès, et cela en soi n’est pas critiquable. Ce qui l’est plus, c’est de mélanger les genres de façon unilatérale. Que les sacs Hermès restent donc dans les boutiques de Mubai, et que les photographes se contentent de Gisele, on évitera peut-être ainsi des images malheureuses…

Voir aussi:

Thylane Blondeau : La fille de Véronika Loubry fait scandale

Sophie Bernard

News de stars

07 août 2011

Elle s’appelle Thylane Blondeau, elle a dix ans, c’est la fille de Véronika Loubry et de Patrick Blondeau, elle est mannequin et certaines de ses photos font scandale aux Etats-Unis.

Vous ne la connaissiez pas il y a une semaine, mais Thylane Blondeau c’est un peu la Kate Moss du mannequinat enfant. Comprenez par là qu’elle est le visage incontournable de la mode enfantine… En effet, la fille de Véronika Loubry – personnalité de la télévision française – et de Patrick Blondeau – ancien footballeur – est dans une agence de mannequins pour enfants et elle fait des pubs ainsi que des défilés depuis qu’elle est toute petite.

Mais ce n’est pas son succès qui fait parler aux Etats-Unis. Une série de clichés qu’elle a réalisés pour un numéro du Vogue français soulève la polémique outre-Atlantique. Sur ces photographies, Thylane est habillée avec des vêtements de femme adulte, elle porte entre autres des escarpins léopard, elle est très maquillée et elle joue le model comme une grande.

Est-elle trop jeune pour poser ainsi ? Fait-elle trop femme ? Voici les questions que se posent les Américains. L’émission Good Morning America diffusée sur ABC a consacré l’une de ses rubriques à ce sujet. Des associations US trouvent que ces images vont trop loin dans la sexualisation de la fillette. Chloe Angyal – directrice du site Feminsting – affirme « C’est inapproprié et choquant’, tandis que les internautes lancent des commentaires plus virulents comme ALSMac1 qui a posté sur le site de ABC : « Les photos sont un rêve pour les pédophiles. C’est dégoûtant ».

Véronika Loubry s’est justifiée sur le blog de Jean-Marc Morandini : »Le seul élément qui me choque sur cette photo, c’est le collier qu’elle porte, qui vaut trois millions d’euros! […] Je trouve beaucoup plus choquante une photo pour Petit Bateau, d’une petite fille de 11 ans qui a les seins qui pointent. Là, ma fille n’est pas nue, il ne faut pas exagérer! »

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Voir par ailleurs:

Ahlam Shibli : l’exposition polémique qui agite Paris

Arts et scènes | La Palestinienne Ahlam Shibli photographie son pays pour témoigner des traumatismes de son peuple. Une démarche qui n’est pas acceptée par tout le monde.

Frédérique Chapuis

Télérama

22/06/2013

Depuis l’ouverture de l’exposition « Foyer fantôme » consacrée à l’artiste palestinienne Ahlam Shibli, l’équipe du musée du Jeu de Paume est harcelée, menacée, et obligée d’évacuer son public à la suite d’alertes à la bombe… Des organisations extrémistes accusent l’artiste et l’institution de faire l’apologie du terrorisme. Même le ministère de la Culture et de la Communication cède aux pressions en exigeant du Jeu de Paume qu’il clarifie le propos de l’artiste et distingue la proposition d’Ahlam Shibli de ce qu’exprime l’institution…

Principale accusée, la série Death, pour laquelle Ahlam Shibli s’est rendue à Naplouse et dans les camps de réfugiés des alentours, afin d’enquêter sur le culte des martyrs de la seconde intifada (2000- 2005). Un travail artistique montrant l’ominiprésence des défunts dans le quotidien palestinien.

Ces images ne peuvent en aucun cas être une apologie du terrorisme : elles pourraient tout aussi bien être vues comme une critique du culte du martyr, avec sa profusion de clichés d’hommes en armes, paradant dans les foyers au milieu des enfants et des grand-mères, ou sur les murs de la ville. Les images d’Ahlam Shibli ne portent aucun jugement, attestant simplement d’une réalité. La photographe prouve (et c’est son rôle d’artiste) que toute image possède une dimension anthropologique et historique dont il faut tenir compte. Retour sur un parcours et une démarche artistique remarquable.

L’enfance de l’art

C’est à côté de Jenine, dans un village de Galilée, qu’est née Ahlam Shibli, en 1970. La maison familiale est remplie de livres mais aussi de onze enfants, dont neuf filles. Ahlam est l’avant-dernière de la fratrie. Elle se souvient du jour où son frère, étudiant en ville, revint un week-end avec un appareil photo : « Dès lors, trois de mes soeurs et moi nous avons pris l’habitude de nous déguiser puis de prendre la pose. Ma mère autorisait que l’on emprunte ses vêtements ou le beau chapeau de mon père. Et nous avions exceptionnellement le droit d’aller dans son jardin pour les prises de vue. C’est en découvrant le résultat sur les tirages papier, que mon frère nous rapportait des semaines plus tard, que j’ai compris ce que signifiait une narration et la mise en scène de ses propres histoires. Ma vocation d’artiste est probablement née là. » En attendant, Ahlam rêve d’être électricienne. Son père refuse. Aspirant à aider la communauté palestinienne, elle devient conseillère d’éducation, monte un projet pour les enfants défavorisés où elle utilise l’art thérapie, et finit par reprendre des études de cinéma et de photographie. Pour être bien certaine d’avoir trouvé sa voie, elle s’exerce beaucoup, réfléchit longuement à l’acte photographique. Elle avoue qu’elle n’a pas eu confiance en elle jusqu’en 1996, année où, le travail et la maturité aidant, elle découvre enfin ce qu’elle a à dire et comment le montrer.

Son père, qui a fermement encouragé l’épanouissement de tous ses enfants, sera le premier à découvrir les neuf carnets de Wadi al-Salib (« Vallée de la croix »). Un travail photographique où sont reconstituées des scènes quotidiennes dans les maisons en ruine d’un quartier d’Haïfa, abandonné depuis l’expulsion des familles palestiniennes par les Israéliens en 1948. Cette série d’images annonce les questions du chez-soi, du traumatisme de l’expulsion et de la discrimination qui traversent l’oeuvre d’Ahlam Shibli. Une oeuvre résumée dans « Phantom Home » (« Foyer fantôme »), l’exposition qui lui est consacrée pour la première fois en France.

Ni empathie ni désespoir

Parmi les six séries d’images proposées, « Trackers » (2005) et « Death » (2012) ont pour sujet la condition du peuple palestinien ; « Dom Dziecka : la maison meurt de faim quand tu n’es pas là » (2008) s’attache aux orphelinats polonais ; et « Eastern LGBT » (2006) pose la question de la non-reconnaissance et de l’exil des gays, travestis et transexuels orientaux. Quant à la série « Trauma » (2009), réalisée en Corrèze lors de cérémonies de commémoration, elle montre qu’une victime du nazisme a pu, selon le cours de l’histoire, devenir à son tour un bourreau pendant les guerres coloniales d’Indochine et d’Algérie. « Ces images, précise Ahlam Shibli, posent la question de l’utilisation qui est faite du souvenir. Pour la Palestine, on recycle toujours les mêmes clichés de gens qui fuient ou des scènes de massacre. A tel point que les mots « martyr » et « palestinien  » sont devenus synonymes. » Sa série la plus récente, « Death », comprend soixante-huit photos montrant, jusqu’à la nausée, la glorification des martyrs sur les affiches placardées dans les rues, sur les images qui envahissent les tombes et les murs des maisons ; qu’ils aient été tués par l’armée israélienne ou qu’ils aient donné la mort lors d’une opération suicide. La photographe dévoile l’intimité touchante des familles et le message politique, le portrait d’un individu et les symboles religieux. Mais la question que pose Ahlam Shibli est immuable : la représentation de la cause palestinienne est-elle possible ou, au contraire, irrémédiablement vouée à l’échec ? Pour autant, elle ne cède ni à l’empathie ni au désespoir, accompagnant ses images de légendes précises et factuelles.

Au côté de ces résistants palestiniens qui risquent l’expulsion ou voient leur maison détruite par les bulldozers israéliens, l’artiste évoque aussi le statut des « trackers », nomades d’origine bédouine, dont certains se sont mis au service de l’armée israélienne afin d’acquérir un bout de terre… subtilisé à d’autres Palestiniens. Là encore, elle ne porte aucun jugement. Sur l’une des photographies de la série « Trackers », on voit un homme en tenue militaire, les oreilles préservées du bruit par des bouchons, le regard perdu au loin. Il s’appuie sur une tige en fer plantée dans la terre et rongée par la rouille qui ne peut plus soutenir grand-chose. Au premier abord, la scène est anodine, mais à la regarder de près, cette image, sans prétention esthétique, se révèle tragique ; dans ce paysage de désolation, la solitude de cet homme est palpable.

« Quelque chose d’irreprésentable »

« Je n’ai pas envie de jouer la médiatrice, de dire « voilà ce qu’il faut regarder », affirme Ahlam Shibli. Il y a quelque chose d’irreprésentable dans la cause palestinienne comme dans la condition de l’enfant orphelin, que je cherche néanmoins à montrer, tout du moins à suggérer. C’est l’un des challenges de la photographie. » Au fond, qu’est-ce qui nous regarde avec insistance dans l’histoire de cet « autre », pour reprendre la formule du philosophe Georges Didi-Huberman ? A la question de l’altérité, donc, elle ne répond pas en sociologue mais veille toutefois à préserver une distance discrète. Les longues recherches documentaires menées pour chacun de ses sujets lui permettent sans doute de se défaire de la trop forte charge émotionnelle pour ne se concentrer que sur l’espace de son cadre photographique ; un chez-soi où elle est libre et son seul maître. D’ailleurs, à la question « Croyez-vous en Dieu ? », la jeune Palestinienne répond en riant et avec dérision : « Absolument pas ! Comment la croyance peut-elle s’appuyer sur le châtiment ? Dieu c’est moi ! »

A voir :

Exposition « Foyer fantôme », jusqu’au 27 août Jeu de Paume.

Voir encore:

Culture

Ahlam Shibli au Jeu de paume : La critique contre la censure

Une série de photos d’Ahlam Shibli est accusée d’« apologie du terrorisme ». Analyse d’une œuvre qui travaille le thème de la disparition.

Christophe Kantcheff

27 juin 2013

Politis n° 1259

Quand des œuvres sont menacées de censure, est-il encore possible de les considérer d’un point de vue esthétique ? L’exercice critique reste-t-il pertinent ? Plus que jamais. Car la censure, toujours, nie les œuvres en tant que telles. Ceux qui par des pressions, comme celles exercées notamment par le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), ou par des actes violents (alertes à la bombe, menaces de mort…) tentent d’obtenir la fermeture de l’exposition consacrée actuellement à Ahlam Shibli au musée du Jeu de paume, à Paris, intitulée Foyers fantômes, n’ont pour la plupart pas vu les œuvres qu’ils incriminent. Quand bien même ce serait le cas, le simple fait que le Crif invoque la notion d’« apologie du terrorisme » à propos de ces photographies atteste de son aveuglement. Non qu’il y ait une approche des œuvres plus « objective » que d’autres. Mais la moindre des choses est de se rendre disponible pour les accueillir, de mettre à distance ses a priori et d’être attentif aux signes, aux images qui sont proposés. En outre, parce qu’il y a aveuglement, la voix de la censure est irrationnelle. Pour la contrer, le geste critique est nécessaire, qui s’efforce de produire un discours articulé.

Dans cette exposition, qui regroupe l’essentiel de l’œuvre photographique réalisée depuis une dizaine d’années par Ahlam Shibli, on voit des enfants polonais vivant en foyer (Dom Dziecka), des lesbiennes, des gays, des bi et des trans exilés (Eastern LGBT), des Arabes israéliens d’origine bédouine ayant intégré l’armée israélienne (Trackers), les marques du souvenir des combattants de la Seconde Guerre mondiale et des guerres coloniales (Trauma), et la manière dont sont utilisées, dans des intérieurs ou dans l’espace public, les images des combattants défunts de la cause palestinienne (Death).

Thématiquement, ce qui relie ces nombreux clichés n’a rien d’une évidence. Les fils sont parfois directs, d’autres fois souterrains ou métaphoriques. Ahlam Shibli travaille sur les manifestations de résistance à la disparition et à l’invisibilité. Les personnes concernées, ses « sujets », ont pour la plupart perdu leur foyer, au sens large : leur famille pour les enfants polonais ; leur pays réprimant ce qu’ils sont pour les personnes LGBT ; les Palestiniens, quant à eux, ont vu leur existence gommée et leur État nié ; tandis que certains résistants à l’Occupation allemande se sont retrouvés, quelques années plus tard, faisant partie du mauvais camp en Indochine ou en Algérie. En outre, l’exposition s’ouvre sur une série intitulée Self Portrait, où une fille et un garçon inventent une histoire dans le village où a grandi l’artiste (elle-même Arabe israélienne d’origine bédouine). Il s’agit là d’une reconstitution, ou d’une fiction autobiographique, qui rend visible un souvenir, une émotion, un « foyer intime ».

Dans la salle Death, qui pose problème aux censeurs, Ahlam Shibli a apposé un texte de présentation. On peut y lire : « Death montre plusieurs façons pour ceux qui sont absents de retrouver une présence, une “représentation” : combattants palestiniens tombés lors de la résistance armée aux incursions israéliennes, et victimes de l’armée israélienne tuées dans des circonstances diverses […] ; militants ayant mené des actions où ils étaient certains de laisser leur vie, entre autres les hommes et les femmes bardés d’explosifs qu’ils ont mis à feu pour assassiner des Israéliens […] ; et enfin prisonniers ». Face aux attaques, Ahlam Shibli a précisé : « Je ne suis pas une militante […]. Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger. » Dans le communiqué du ministère de la Culture, censé soutenir l’artiste et l’institution du Jeu de paume, mais qui en réalité s’en dédouane, Aurélie Filippetti a cru bon d’interpréter cette phrase comme la revendication d’une « neutralité ». Erreur. Ahlam Shibli, comme tout artiste digne de ce nom, assume un point de vue. Celui-ci est présent dans toutes les salles de l’exposition, pas seulement dans Death. Mais ce point de vue est à hauteur des personnes photographiées. Il cherche à se fondre avec celui de ses sujets, à s’identifier au leur. Afin de montrer quels types de représentations ils se fabriquent, quelle forme d’être-ensemble, de visibilité dans le champ social ou de souvenirs ils élaborent. La photographe révèle ainsi une construction d’identité, à l’image de la série Self Portrait, mais qui dans ce cas s’applique à elle-même. Il s’agit, dans tous les cas, d’« histoires qu’on se raconte sur soi ». La dimension documentaire de son œuvre n’exclut donc pas l’imagination, ni même la fiction.

Certains clichés de Death sont particulièrement éloquents, surtout ceux où l’on voit des familles autour des effigies de leurs morts. Sur l’un d’eux, un garçon regarde son père avec amour et admiration. Sur un autre, la photo encadrée est époussetée par la sœur du défunt. Dans les maisons, ces portraits sont largement exposés sur les murs, les protagonistes souvent en situation : ce sont des saints guerriers, ou des « martyrs », comme les nomment les Palestiniens, dont la présence s’impose aux vivants.

Ahlam Shibli a photographié « de l’intérieur ». L’absence de prise de distance est consubstantielle à son projet artistique. C’est pourquoi l’accuser de reprendre à son compte le mot « martyrs » dans les cartels de la salle Death, sans guillemets, comme il le lui a été reproché, relève du faux procès. Mais l’usage des cartels à portée informative, plus développé dans cette salle que dans les autres, a tendance à affaiblir les images de leur charge narrative et même émotionnelle. Contrairement à ce que certains ont réclamé, c’est-à-dire une plus grande contextualisation des photographies, la force de l’œuvre d’Ahlam Shibli est de donner à voir sans filtre l’univers mental de dominés au cœur du chaos de l’histoire. Le scandale est de ne pas admettre que cette œuvre s’avère par là même, et sans provocation aucune, nécessairement scandaleuse.

Voir de plus:

Aurélie Philipetti : choisit le camp des fascistes de la Ligue de Défense Juive (LDJ)

Di-Léta

Mediapart

02 juillet 2013

Expo Jeu de Paume : le gouvernement encourage le terrorisme

Les personnes qui se sont déplacées hier dimanche pour visiter l’exposition d’Ahlam Shibli, au Musée du Jeu de Paume dans le Jardin des Tuileries à Paris, ont trouvé ses portes fermées, la LDJ ayant annoncé une « descente » sur le musée ce jour là !

Ainsi ce gouvernement de lâches, cette ministre de la Culture qui se couche quand les chiens du lobby israélien aboient, n’ont pas été en mesure de protéger l’accès à cette exposition ?

Nous ne payons pas assez d’impôts pour que la culture soit respectée ? Ou bien s’agit-il de faire plaisir au CRIF et consorts ? Ou encore M. Valls et Mme Philipetti ont peur des bandes armées de la LDJ ? Alors qu’ils les interdisent !

C’est une honte !

Alors, la LDJ n’a qu’à annoncer un « raid » tous les jours, et on fermera le musée définitivement ?

Et quand on pense que ce sont des militants de la liberté et des droits de l’homme que le gouvernement poursuit en justice pour « entrave » quand nous nous contentions de distribuer pacifiquement des tracts aux consommateurs pour expliquer pourquoi il n’est pas éthique d’acheter des produits de l’occupant israélien !

C’est assez incroyable.

Le gouvernement français est minable : il encourage le terrorisme, l’intimidation et les menaces de ceux qui provoquent des alertes à la bombe, envoient des menaces de mort et harcèlent la direction du musée.

Nous rappelons que l’exposition de la photographe palestinienne Ahlam Shibli esrt exposée au Musée du Jeu de Paume à Paris jusqu’au 1er septembre, que c’est une exposition magnifique et très instructive, et qu’il faut aller la voir !

Nous sommes allés visiter cette exposition, et nous en sommes revenus bouleversés. Elle est passionnante et non réservée à des militants. Les visiteurs de tous âges et de tous milieux qui en prenaient connaissance, et profitaient des explications très intéressantes de la guide du Musée, n’ont pas émis la moindre critique, n’ont pas été choqués par une seule photographie. Ils étaient au contraire favorablement impressionnés par la beauté des photos,les réflexions et interrogations qu’elles suscitent sur divers problèmes, dont :

celui de l’exil et de la notion de foyer. Toujours intéressée par les précarités, les déracinements, les transplantations, Ahlam Shibli nous présente, dans la série « Maison d’enfants » des orphelins ou enfants abandonnés polonais qui recréent là un monde à eux. Elle traite par ailleurs des homosexuels hommes et femmes qui ont dû fuir leurs pays, le plus souvent musulmans, où ils ne pouvaient assumer leurs choix de vie.

la résistance à l’occupation pendant la deuxième guerre mondiale et l’engagement dans des luttes de conquêtes coloniales, par les mêmes personnes, en Corrèze, avec des lieux célébrant les deux à la fois et au même endroit !

et la manière dont les Palestiniens tentent de conserver leur dignité, qu’ils soient en prison ou dans des camps de réfugiés à Naplouse, sous occupation. Comment ils tentent, au milieu de la mort constamment présente, et de la négation de leur histoire, de leur liberté, de conserver la mémoire de leurs proches, ces martyrs tués en combattant l’armée d’occupation, à un check-point, ou en commettant des attentats suicide, signes d’un désespoir tel que leur vie ne leur semblait plus présenter la moindre utilité.

Rappelons que cette très belle expo vient de Barcelone où nul n’a tenté de la censurer, et elle va au Portugal cet automne, où, très probablement, nul ne le fera.

Les visiteurs normalement constitués, et surtout honnêtes, comprennent bien que le travail d’Ahlam Shibli est, non pas une apologie du terrorisme comme le lobby israélien voudrait le faire croire, mais une réflexion sur la manière dont les hommes réagissent face à l’absence ou à la destruction de leur foyer, et s’adaptent aux contraintes qui en résultent.

AGIR :

Il faut impérativement dire à notre ministre de la Culture ce que nous dénonçons sa complaisance vis à vis des terroristes, de ceux qui n’ont qu’une seule culture, celle de la violence et de l’intolérance :

ET QUE NOUS REFUSONS QUE CES TERRORISTES EMPÊCHENT L’OUVERTURE DU MUSEE, CE QUI EST UN SCANDALE !

Aurélie Philipetti : sp.ministre@culture.gouv.fr

CAPJPO-EuroPalestine : http://www.europalestine.com/spip.php?article8376

Voir également:

Ahlam Shibli: quand les terroristes deviennent des martyrs

La photographe palestinienne est exposée au Jeu de Paume. En filigrane de son travail, on peut lire un discours pro-palestinien qui excuse étonnamment le terrorisme. Voire le justifie. Voire le magnifie.

Slate.fr
11/06/2013
Ahlam Shibli, Sans titre (Death n° 48 ), Palestine, 2011-2012 / Jeu de Paume

MIS A JOUR LE 13/06 AVEC LA REACTION DU JEU DE PAUME

Au Jeu de Paume, à Paris, plusieurs expositions en cours. L’une d’elles est de la photographe palestinienne Ahlam Shibli: Foyer Fantôme. L’artiste aborde «les contradictions inhérentes à la notion de foyer», explique le musée.

Pour aborder ces contradictions, six séries photos parlent de déracinement, de déplacement, de spoliation. Des portraits d’homosexuels ou de transgenres contraints de quitter leurs foyers au Pakistan ou au Liban pour vivre leur sexualité comme ils l’entendent, des enfants grandissant dans des orphelinats en Pologne. Ahlam Shibli met tous ces parias sur ses images et ils sont soudain dans un chez-soi, inclus dans un ensemble.

Mais en filigrane, se dessine dans Foyer Fantôme une autre logique. Un discours pro-palestinien qui excuse étonnamment le terrorisme. Voire le justifie. Voire le magnifie.

Dès la série Trackers, quelque chose de complexe se dessine. Le texte d’introduction de la série est le suivant:

«Série réalisée en 2005, porte sur les Palestiniens d’origine bédouine qui ont servi ou servent encore comme volontaires de l’armée israélienne. Ce projet s’interroge sur le prix qu’une minorité colonisée est obligée de payer à une majorité. Composée de colons, peut-être pour se faire accepter, peut-être pour changer d’identité, peut-être pour survivre, peut-être aussi pour toutes ces raisons et pour d’autres encore.»

Les photos montrent des Palestiniens déracinés, peut-être, mais surtout contraints ou traîtres. Comme sur ces trois portraits, accrochés les uns au-dessus des autres. Les deux premiers ont les lèvres entrouvertes, comme quand on reprend douloureusement son souffle. Les trois ont de la peinture sur le visage, comme travestis contre leur gré. Changés en autres, prostitués.

Death

Mais c’est la série finale, Death, qui choque. Le Jeu de Paume a mis un petit carton dans la salle pour prévenir que les textes étaient de la photographe, comme une prise de distance. La photographe, donc, est celle qui écrit le texte d’introduction de la série:

«Ce travail porte sur la demande de reconnaissance née de la deuxième Intifada, le soulèvement palestinien contre la puissance coloniale dans les territoires occupés par Israël depuis 1967. La deuxième Intifada, qui a duré de 2000 à 2005, a fait plusieurs milliers de morts dans le camp palestinien.

Death montre plusieurs façons pour ceux qui sont absents de retrouver une présence, une représentation: combattants palestiniens, tombés lors de la résistance armée aux incursions israéliennes, et victimes de l’armée israélienne tuées dans des circonstances diverses (chahid et chahida); militants ayant mené des actions où ils étaient certains de laisser leur vie, entre autre les hommes et les femmes bardés d’explosifs qu’ils ont mis à feu pour assassiner les Israéliens (istichhadi et istichhadiya); et enfin prisonniers. Les premiers sont morts, les derniers vivants, condamnés à la prison pour le reste de leurs jours ou presque.

Ces représentations font de toute personne ayant perdu la vie par suite de l’occupation israélienne en Palestine un martyr.

Death se limite à quelques moyens de représentations des martyrs et des détenus (…) Toutes ces formes de représentations émanent des familles, des amis et des associations de combattants.»


Ahlam Shibli, Sans titre (Death n° 47), Palestine, 2011-2012, Camp de réfugiés de Balata, 7 mars 2012[1]

Représentations

Ce sont des «représentations», la photographe le dit bien. Ahlam Shibli montre, photographies alignées, des affiches faisant l’apologie de ces «martyrs» sur les murs de camps de réfugiés de Balata, sur ceux de la ville de Naplouse. Des hommes avec des poses de Rambo mais ayant tué pour de vrai.

D’autres images montrent des foyers, murs tapis de photos à l’effigie des «martyrs» disparus: terroristes s’étant fait sauter. Ils sont fascinants ces foyers-mausolées.


Ahlam Shibli, Sans titre (Death n° 33), Palestine, 2011-2012 © Ahlam Shibli

Cette série montre un monde fascinant où les terroristes sont adulés. Elle montre comment les images suppléent au discours et gardent vivants des morts pour que la force de leurs actions persiste. Elle pourrait montrer la façon dont un discours peut être renversé, une idéologie servie, des terroristes présentés en héros.

Mais ces «représentations» sont livrées sans distance, sans regard de biais. Sans critique. Dans les légendes, les terroristes sont décrits en martyrs, en combattants, en victimes. Pour la photo ci-dessus, la légende dit:

«Photos du martyr Khalil Marchoud qu’est en train d’épousseter sa sœur dans le séjour de la maison familiale. Sur l’affiche, cadeau des Brigades Abu Ali Mustafa, il est présenté comme le secrétaire général des Brigades des martyrs d’al-Aqsa à Balata.»

En mettant sur le même plan ces terroristes et les personnages des autres séries, victimes de régimes homophobes, d’occupants nazis en France, orphelins abandonnés, ces terroristes sont assimilés aux victimes. Dans cette région du monde où la propagande est si violente, l’artiste semble avoir été contaminée par le discours iconographique abêtissant. Et le Jeu de Paume, qui aurait pu se servir de ce travail pour montrer et la réalité et son travestissement en images, aussi.

Colère

Le Crif s’est ému de cette exposition. Une première fois, précisant dans un communiqué que l’exposition faisait «l’apologie du terrorisme»:

«Ces gens sont pour la plupart membres des Brigades d’al-Aqsa, Issal-dinal-Qassam et du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), considérées comme des organisations terroristes par le Conseil de l’Union européenne»

Puis une seconde:

«Il s’agit d’éviter à tout prix de rappeler le contexte historique et les drames qui ont été occasionnés par ces multiples attentats. Combien de bus israéliens éventrés? Combien de magasins ou de restaurants israéliens calcinés? Combien d’enfants israéliens assassinés? Combien de rues déchiquetées?»

La polémique a voyagé jusqu’en Israël, dont l’ambassade à Paris est allée voir l’exposition et a «décidé de saisir les autorités pour leur demander des explications».

Ce mardi, le Jeu de Paume était un peu embarrassé par l’affaire. Marta Gili, directrice du Jeu de Paume et commissaire de l’exposition, n’avait pas le temps de parler à la presse. Mais elle revenait du ministère de la Culture où une stratégie devait se décider.

Mercredi, un communiqué était envoyé aux rédactions:

«Le Jeu de Paume réfute fermement les accusations d’apologie du terrorisme ou de complaisance à l’égard de celui-ci, et portera plainte contre toutes les personnes lui adressant des menaces.

Ahlam Shibli, artiste internationalement reconnue, propose une réflexion critique sur la manière dont les hommes et les femmes réagissent face à la privation de leur foyer qui les conduit à se construire, coûte que coûte, des lieux d’appartenance.

Dans la série Death, conçue spécialement pour cette rétrospective, l’artiste Ahlam Shibli présente un travail sur les images qui ne constitue ni de la propagande ni une apol ogie du terrorisme, contrairement à ce que certains messages que le Jeu de Paume a reçus laissent entendre. Comme l’artiste l’explique elle-même : « Je ne suis pas une militante […] Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger ».

Death explore la manière dont des Palestiniens disparus – « martyrs », selon les termes repris par l’artiste – sont représentés dans les espaces publics et privés (affiches et graffitis dans les rues, inscriptions sur les tombes, autels et souvenirs dans les foyers…) et retrouvent ainsi une présence dans leur communauté.»

C.P.

[1] Légende complète de l’image telle qu’affichée au Jeu de Paume: «Mémorial du martyr Hamouda Chtewei aménagé devant la maison familiale. Au mur, une peinture du martyr, enveloppé des couleurs palestiniennes, dans sa tombe, sur laquelle poussent des oliviers; au-dessus, un portrait de lui. Les mémoriaux de ce genre sont souvent décorés de plantes et d’arbres pour symboliser la vie qui continue. Ici, il s’agit d’un figuier. En haut, au balcon, la famille a accroché une affiche de Chtewei où l’on lit: “Beaucoup ont une arme, mais peu la portent jusqu’à la poitrine de l’ennemi.” Chtewei était un combattant qui figurait sur la liste des personnes recherchées par Israël. Après avoir échappé à plusieurs tentatives d’assassinat, il a été tué dans ce camp le 22 février 2006 lors d’un accrochage avec l’armée israélienne. Courtesy de l’artiste, © Ahlam Shibli.»

Voir aussi:

Le parti-pris du Musée du jeu de Paume

Marc Knobel

CRIF

11 Juin 2013

Dans un long article publié le 10 juin 2013, France 24 (1) revient sur l’exposition de photographies qui provoque la polémique, puisque le CRIF à ce sujet a parlé « d’apologie du terrorisme » (2) : la série prise par la Palestinienne Ahlam Shibli, exposée au Musée du jeu de Paume, à Paris depuis le 28 mai. 

Cet ensemble s’intitule Death. Rappelons ici que Shibli veut montrer « quelques moyens de représentation des martyrs et des détenus » dans Naplouse et comment les familles ou la société palestinienne entretiennent la mémoire des terroristes qui ont été tués lors d’attentats-suicide perpétrés en Israël. Mais, ce qui est incroyable dans cet article, c’est la réaction du Musée. Hallucinant.

Selon France 24, le musée du Jeu de Paume souhaite rester discret sur le sujet, pour ne pas alimenter davantage la polémique. Le Musée spécifie cependant que les légendes ont été rédigées entièrement par Ahlam Shibli, à la demande de l’artiste, et qu’elles font partie intégrante de l’œuvre. Étrange commentaire. D’abord, on comprend que les commissaires du Musée soient embarrassés. Et pour cause, on le serait à moins. Par ailleurs, comment aurait-il été possible que le Musée rédige les légendes ? Le scandale eut été encore plus grand. Bref, ce n’est pas une explication. Tout juste, un tour de passe-passe. Le musée rappelle qu’un texte de présentation, rédigé par les commissaires de l’exposition, remet ces photographies et ces légendes en contexte, selon France 24. La photographie d’Ahlam « suspend l’autonomie de l’image et fait basculer celle-ci dans un régime qui ne l’utilise plus dans un but informatif », estiment ainsi les commissaires. Le travail de la photographe « évite une obsession historique propre à ce médium, celle de fournir des preuves à tout prix. Ses images refusent d’expliquer le conflit ».

Les commissaires font siennes les explications tordues de la photographe palestinienne. Car il s’agit d’éviter à tout prix de rappeler le contexte historique et les drames qui ont été occasionnés par ces multiples attentats. Combien de bus israéliens éventrés ? Combien de magasins ou de restaurants israéliens calcinés ? Combien d’enfants israéliens assassinés ? Combien de rues déchiquetées ? Le commentaire des commissaires est invraisemblable. Il faut « éviter une obsession historique », disent-ils. Par contre, il ne faut (surtout) pas éviter de faire l’apologie de ces terroristes, terroristes glorifiés par la société palestinienne, rappelons-le ici. Ce sont des « martyrs », qui ont été tués en témoignage de leur foi ou de leur cause, selon Shibli. Une cause sacralisée par cette photographe. Et les kamikazes se trouvent donc légitimés, les attentats sont justifiés, les victimes sont oubliées. Et cette soi-disant « œuvre » n’est qu’une « œuvre » de basse propagande.

L’art peut interpeller et être subversif. Il questionne en Israël aussi. Mais l’exposition au Musée du Jeu de Paume ne répond pas à ces critères. Cette série de photographie est une entreprise de propagande peu conforme à la neutralité d’un établissement public et culturel.

Notes :

1.http://www.france24.com/fr/20130610-exposition-paris-photos-martyrs-palestiniens-polemique-ahlam-shibli-musee-jeu-paume-crif

2.http://www.crif.org/fr/lecrifenaction/une-exposition-inacceptable-au-mus%C3%A9e-du-jeu-de-paume/37353

Voir également:

Ahlam Shibli

American Art

5/20/13

MACBA

Kim Bradley

Barcelona

Ahlam Shibli’s first major retrospective, « Phantom Home, » featured nine series of her documentary-style photographs, dating from 2000 to 2012. For Shibli, who was born in Galilee in 1970 and lives in Haifa, the concept of home is multilayered, encompassing one’s family home, one’s homeland and one’s body.

A Palestinian of Bedouin descent, Shibli has often focused on her homeland. All her projects involve months of investigation as well as direct contact with her subjects. The mostly black-and-white photos in « Goter » (2002-03) were taken in two types of areas where Bedouin families live: villages that they’ve inhabited for centuries but are unrecognized by the Israeli government, and « recognized » townships set up by the government. The images show barren, rocky terrains and desolate, flat landscapes, sometimes with a solitary building in the distance. Occasionally, people appear: we see children playing in dirt berms, and a family going about daily tasks in a simple home. The viewer cannot easily tell the types of villages apart; in both, a sense of desolation and impermanence prevails.

Shibli’s interest in the body as home led to « Eastern LGBT » (2004/2006), a group of works portraying the lives of lesbian, gay, bisexual and transgender Eastern Europeans who have fled the repression in their countries to live more freely in Tel Aviv, Barcelona, London and Zurich. One photo features a lone man adjusting his slinky red belly-dancing outfit in an empty concrete hallway. Others depict expats helping each other dress up for a night out.

Without question, Shibli’s new series, « Death » (2011-12), commissioned by the three museums co-hosting her retrospective (MACBA, the Jeu de Paume, Paris, and the Museu de Arte Contemporânea de Serralves, Porto), is her most ambitious and difficult work to date. It provides an in-depth study of commemorative images of Palestinian martyrs in the city of Nablus, a bastion of Palestinian resistance during the Second Intifada (2000-05). A martyr in these circumstances is any Palestinian killed due to the Israeli occupation, including soldiers who died in confrontations with Israeli forces, civilians killed in Israeli attacks and suicide bombers who carried out attacks in Israel.

Shibli sought out the families and friends of these people as well as contacted martyr support associations. The resulting 68 medium and large color prints present posters, murals, banners, paintings, photographs and graffiti of some of the most revered martyrs in Nablus (such as the first Palestinian woman to carry out a suicide bombing in Israel). The subjects are typically shown brandishing a weapon, with backgrounds that include patriotic decorative elements like the Palestinian flag and handwritten exaltations.

In the public spaces of Nablus, a cult of martyrdom seems omnipresent. Commemorations are seen on concrete walls pockmarked by bullet holes, or in the shabby interiors of cafes. Large, framed pictures of prominent martyrs are mounted on metal structures above the crumbling entrance of an oft-visited cemetery. Shibli provides lengthy descriptive captions for each photograph (available at MACBA as printed gallery notes), indicating details about the people pictured.

Perhaps the most disturbing photos are the ones taken in the intimacy of family homes, such as Untitled (Death, no. 37), in which a living room is dominated by a painting of Kayed Abu Mustafá (aka Mikere), a grim-faced young man with his finger on the trigger of an assault rifle. Mikere’s son looks up at the portrait of his father with pride, as his mother, daughter and young nephew sit nearby.

Shibli’s « Death » series seems to be the culmination of many years of reflecting on her homeland. She has probed deeply into the devastating impact that the frustrated quest for a home has had, and presents a terrifying portrait of a place where a continuing cult of martyrdom—and terrorism—appears inevitable. This viewer wonders if the questions that « Death » poses are best served by its presentation in the rarefied context of a contemporary art museum.

« Phantom Home » travels to the Jeu de Paume, Paris, May 28- Sept. 1, and the Museu de Arte Contemporânea de Serralves, Porto, Portugal, October 2013-February 2014.

Voir de même:

Martha Rosler: Bringing the War Home

the remains of the web

 04/09/2012

For a long time Martha Rosler was con­sid­ered to be an “under­ground artist”, as she pio­neered using dif­fer­ent media and com­bin­ing them.

Her work fre­quently con­trasts the domes­tic lives of women with inter­na­tional war, repres­sion and pol­i­tics, and pays close atten­tion to the mass media and archi­tec­tural structures.

Over the last 40 years she has com­mit­ted to an art that engages a pub­lic beyond the con­fines of the art world, Rosler inves­ti­gates how socioe­co­nomic real­i­ties and polit­i­cal ide­olo­gies dom­i­nate ordi­nary life. Rosler uses a vari­ety of medi­ums, but her most rec­og­niz­able medium is photo-collage and photo-text. She also works cre­ates video instal­la­tions and per­for­mance art.

We think of pho­tomon­tage works by the Ger­mans of the 1920s (John Heart­field and Han­nah Hoch) we also recall the Sit­u­a­tion­ists in France who, as part of their attack on the “spec­ta­cle” of media-capitalism, altered comic strips and advertisements.

In the 1960s she made pho­tomon­tages that protested the Viet­nam War and the objec­ti­fi­ca­tion of women. Dur­ing the 1970s she became known for her videos — some quite hilar­i­ous — that cri­tiqued female social roles.

She began mak­ing polit­i­cal pho­tomon­tages to protest the Viet­nam War, and reac­ti­vated the project dur­ing the 2004 pres­i­den­tial elec­tion, in response to the Iraq war. They are com­pos­ites con­structed from the incon­gru­ous pho­tographs com­monly found cheek by jowl in com­mer­cial news media: adver­tis­ing images of ide­al­ized Amer­i­can homes con­joined with com­bat scenes from overseas.

The ear­lier series, made from about 1967 to 1972, brought the war home; she intro­duced Viet­namese refugees and Amer­i­can troops into images of sub­ur­ban liv­ing rooms. The pieces were intended to be pho­to­copied and passed around at anti­war ral­lies in New York and Cal­i­for­nia, where Ms. Rosler, a Brook­lyn native, lived on and off through­out the 1970s.

The pho­tomon­tages of the 2000s dif­fer in that they are large, vibrantly col­ored, dig­i­tally printed and hung in a com­mer­cial gallery. In them Ms. Rosler often col­lages Amer­i­cans onto scenes from Iraq and Afghanistan.

Ini­tially Ms. Rosler felt some trep­i­da­tion about reviv­ing the project. “The down­side was that peo­ple could say, ‘She’s revis­it­ing some­thing she did 30 years ago,’ ” she said. “But I thought that actu­ally was a plus, because I wanted to make the point that with all the dif­fer­ences, this is exactly the same sce­nario. We haven’t advanced at all in the way we go to war.”, “Tout la change, tout la même chose.” — Martha Rosler, on “Bring­ing the War Home: House Beautiful”.

Martha Rosler teaches at the Mason Gross School of the Arts at Rut­gers Uni­ver­sity and the Städelschule in Frankfurt

Voir enfin:

Le Jeu de Paume répond aux accusations qui lui sont faites à propos de l’exposition de l’artiste palestinienne Ahlam Shibli

Le Jeu de Paume qui veille, depuis sa création, à promouvoir la pluralité des expressions artistiques autour de l’image sous toutes ses formes, regrette la polémique naissante autour de l’exposition « Foyer Fantôme » de l’artiste Ahlam Shibli.

Ces derniers jours, l’institution a reçu de nombreux messages de protestation à propos de cette exposition et plus particulièrement de l’une des séries présentées, intitulée Death.

Le Jeu de Paume réfute fermement les accusations d’apologie du terrorisme ou de complaisance à l’égard de celui-ci, et portera plainte contre toutes les personnes lui adressant des menaces.

Ahlam Shibli, artiste internationalement reconnue, propose une réflexion critique sur la manière dont les hommes et les femmes réagissent face à la privation de leur foyer qui les conduit à se construire, coûte que coûte, des lieux d’appartenance.

Dans la série Death, conçue spécialement pour cette rétrospective, l’artiste Ahlam Shibli présente un travail sur les images qui ne constitue ni de la propagande ni une apologie du terrorisme, contrairement à ce que certains messages que le Jeu de Paume a reçus laissent entendre. Comme l’artiste l’explique elle-même : « Je ne suis pas une militante […] Mon travail est de montrer, pas de dénoncer ni de juger ».

Death explore la manière dont des Palestiniens disparus — « martyrs », selon les termes repris par l’artiste — sont représentés dans les espaces publics et privés (affiches et graffitis dans les rues, inscriptions sur les tombes, autels et souvenirs dans les foyers…) et retrouvent ainsi une présence dans leur communauté.

L’exposition monographique réunit cinq autres séries de l’artiste questionnant les contradictions inhérentes à la notion de « chez soi » dans différents contextes : celui de la société palestinienne, mais aussi des communautés d’enfants recueillis dans les orphelinats polonais, des commémorations de soulèvements de la Résistance contre les nazis à Tulle (Corrèze) et des guerres coloniales en Indochine et en Algérie, ou encore des ressortissants des pays orientaux qui ont quitté leur pays afin de vivre librement leur orientation sexuelle.

La plupart de ces photographies sont accompagnées de légendes écrites par l’artiste, inséparables des images, qui les situent dans un temps et un lieu précis. Des mesures ont été prises par le Jeu de Paume pour le rappeler aux visiteurs.

La rétrospective dédiée à Ahlam Shibli s’inscrit dans la volonté de montrer de nouvelles pratiques de la photographie documentaire, après les expositions consacrées à Sophie Ristelhueber (2009), Bruno Serralongue (2010) ou Santu Mofokeng (2011). La programmation du Jeu de Paume a pour objectif de s’interroger de façon critique sur les différentes formes de représentation des sociétés contemporaines et, dans cette démarche, revendique la liberté d’expression des artistes.

Le Jeu de Paume ne souhaite pas esquiver le débat ni passer sous silence l’émoi que l’exposition suscite auprès d’un certain nombre de personnes, bien au contraire, il invite chacun à la découvrir sereinement.

Après le MACBA de Barcelone (25 janvier-28 avril 2013) et avant la Fondation Serralves de Porto (15 novembre 2013-9 février 2014), tous deux coproducteurs, le Jeu de Paume présente, pour la première fois en France, l’œuvre de l’artiste palestinienne Ahlam Shibli avec l’exposition « Foyer Fantôme », du 27 mai au 1er septembre 2013.

16 Responses to Expo Ahlam Shibli/Jeu de Paume: Dur dur de se faire remarquer dans le monde impitoyable de la photo (Suicide bomber art: How about a bin Laden photo show in a Paris museum ?)

  1. […] qu’à l’instar des féministes, universitaires ou artistes qui n’ont que le boycott à la bouche, nos militants pro-homosexuels dénoncent pour […]

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  2. […] que, de l’apologie muséographique du terrorisme-suicide, à notre DSK national et à notre ministre de […]

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