Iran: The show must go on (How do you say tweedle dee tweedle dum in Farsi ?)

https://i0.wp.com/www.richgibson.com/blog/wp-content/uploads/2012/03/tweedle-dee-dum.jpgN’oubliez pas qu’Ahmadinejad n’est que le représentant d’un régime de nature totalitaire, qui ne peut se réformer et évoluer, quelle que soit la personne qui le représente. (…) le problème ne vient pas de l’idée de se doter de l’énergie nucléaire; il provient de la nature du régime islamique (…) Si le régime veut survivre, il doit absolument mettre en échec le monde libre, combattre ses valeurs. La République islamique ne peut pas perdurer dans un monde où l’on parle des droits de l’homme ou de la démocratie. Tous ces principes sont du cyanure pour les islamistes. Comment voulez-vous que les successeurs de Khomeini, dont le but reste l’exportation de la révolution, puissent s’asseoir un jour à la même table que le président Sarkozy ou le président Obama? Reza Pahlavi
Le fond du problème est que ce régime ne veut pas reprendre ses négociations avec les Occidentaux car au bout de compte, il devrait accepter des compromis contraires à ses intérêts. Ces intérêts résident dans le fait d’être l’adversaire idéologique de l’Occident pour demeurer dans le rôle intéressant d’agitateur régional arbitre du conflit israélo-arabe. Pour cela, il doit séduire la rue arabe avec des slogans anxiogènes et disposer de milices armées. S’il faisait le moindre geste d’apaisement, il perdrait l’appui de la rue arabe et de ces milices qui peuvent aller proposer leurs services à d’autres protecteurs qui souhaitent contrôler cette force de nuisance (Syrie, Russie ou Chine). Iran Resist
La révolution iranienne fut en quelque sorte la version islamique et tiers-mondiste de la contre-culture occidentale. Il serait intéressant de mettre en exergue les analogies et les ressemblances que l’on retrouve dans le discours anti-consommateur, anti-technologique et anti-moderne des dirigeants islamiques de celui que l’on découvre chez les protagonistes les plus exaltés de la contre-culture occidentale. Daryiush Shayegan (1992)
Inspiré par les campagnes américaines, et particulièrement celle de Barack Obama, Mir Hussein Moussavi, s’est souvent montré avec sa femme lors de la campagne. Il lui a même publiquement tenu la main lors d’un meeting. Du jamais-vu, rappelle le Wall Street Journal qui explique qu’elle a aussi organisé ses propres meetings et a clairement annoncé qu’elle jouerait « un rôle actif socialement et politiquement si elle devenait première dame ». Le Monde
Quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle en Iran, le vainqueur sera l’ayatollah Ali Khamenei. (…) En Iran, le véritable pouvoir est entre les mains du Guide. Le président de la République n’est, en fait, qu’un Premier ministre, qui n’a pas d’autorité sur les grandes institutions : l’armée, les forces de sécurité, la police, les gardiens de la révolution, les médias, les grandes fondations (qui disposent de beaucoup d’argent dont le gouvernement ne contrôle pas l’utilisation). Cette réalité, nombreux sont ceux en Occident, qui, pour des raisons idéologiques, ont voulu l’occulter lorsque le président Mahmoud Ahmadinejad prenait manifestement, pour des raisons de politique intérieure iranienne, un malin plaisir à les choquer. Mais Ahmadinejad n’avait pas les clés de la maison Iran, même s’il se donnait une certaine liberté de manoeuvre, et était entré en conflit quasi ouvert avec le Guide cette dernière année. Si Ali Khamenei a toujours le dernier mot, dans ce pays qui n’est pas une dictature classique, il doit composer, en dépit de sa toute-puissance, avec les multiples courants du pouvoir. Pour cette élection, Hassan Rouhani semble avoir le vent en poupe dans les sondages (ils existent). Faut-il encore que l’ayatollah Ali Khamenei et son entourage veuillent le laisser gagner.(…) De plus, même si Hassan Rouhani devenait le prochain président de la République, il ne bouleverserait pas l’Iran. Il est, lui aussi, un religieux et un conservateur. Même si on le classe parmi les pragmatiques. Chef des négociations sur le nucléaire avec les Occidentaux pendant le second mandat du président Khatami, de 2001 à 2005, il avait montré de la souplesse dans les pourparlers. Mais la politique était décidée ailleurs. (…) Tout dépend donc du Guide et de sa volonté de se rapprocher ou non de l’Occident. Voudra-t-il lâcher du lest sur la politique nucléaire ? Ceci permettrait de sortir l’Iran de sa déprime en relançant l’économie (30 % de chômeurs) mise à mal par les sanctions occidentales. Mais il ne voudra pas (ni aucun Iranien d’ailleurs) perdre la face. Reste à trouver une parade acceptable par tous. Le choix du nouveau président sera peut-être une première indication. Le Point
Four years ago, almost to the day, I wrote a blog post, “Rooting for Ahmadinejad,” that explained why I wanted the worst of the candidates on Iran’s election day in 2009 to win the election. Whoever is elected president, whether Mahmoud Ahmadinejad or his main opponent, Mir Hossein Mousavi, will have limited impact on the issue that most concerns the outside world – Iran’s drive to build nuclear weapons, which Khamene’i will presumably continue apace, as he has in prior decades. Therefore, while my heart goes out to the many Iranians who desperately want the vile Ahmadinejad out of power, my head tells me it’s best that he remain in office. (…) Following the same logic, that it’s better to have an aggressive Saeed Jalili than a sweet talking Hassan Rouhani, I am, despite myself, rooting for the vile Jalili. Daniel Pipes
De fait, l’Iran est un régime de type totalitaire. Les élections y sont un simulacre. Le pouvoir réel n’est pas entre les mains du Président élu, mais entre celles du Guide suprême de la Révolution, successeur de l’ayatollah Khomeiny, et le nom du Guide présentement en place est connu. Celui qui lui servira de marionnette sortira d’un décompte qui ne sera pas vraiment le résultat des suffrages exprimés, car les choses se passeront comme en 2009, mais l’expression de la volonté du Guide. Les journalistes qui voudront faire croire que l’élection est autre chose qu’un simulacre en rendront compte : ils en parlent déjà. Ils essaieront de discerner des nuances entre les sept prétendants qui sont en lice, et diront que celui-ci est « modéré », que tel autre est plus « radical » : je ne sais s’il y avait des modérés et des radicaux au sein du Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands au temps d’Hitler, je sais seulement qu’ils étaient tous membres du Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands, ce qui m’incline à les mettre dans la même benne à ordures. (…) Ceux qui se sont présentés à la présidence ont accepté à l’avance d’être une marionnette. C’est leur choix. Les Iraniens qui voteront auront l’illusion de décider de quelque chose, mais ce sera une illusion. En 2009, il y avait des prétendants un peu moins immondes, juste un peu moins : s’ils avaient été autre chose qu’immondes, ils auraient été réduits immédiatement au silence. Les Iraniens se sont soulevés parce qu’ils ont eu l’illusion qu’ils pouvaient décider et que la décision leur avait été confisquée. Leur soulèvement était porteur moins d’un appui aux prétendants moins immondes que d’un désir d’en finir avec un régime qui les condamne à l’obscurité, au désespoir et à la déchéance. Ils ont voulu espérer un appui du monde occidental, et ils ont demandé à Obama s’il était avec eux ou contre eux. Obama a fait comprendre qu’il n’était pas avec eux et a laissé le régime écraser le soulèvement dans le sang. (…) Le danger représenté par le régime iranien restera ce qu’il est aujourd’hui. L’avancée de l’Iran vers l’arme nucléaire se poursuivra. Des diplomates iraniens roués continueront à rouler dans la farine leurs homologues occidentaux. (…) un régime iranien sanctuarisé pourrait financer et armer davantage encore qu’aujourd’hui des groupes terroristes islamiques. Guy Millière

Comment dit-on bonnet blanc-blanc bonnet en persan ?

Alors que, quatre ans après le mensonge du Mouvement vert et face à nouveau à une Administration américaine plus affaiblie que jamais, le régime totalitaire iranien nous prépare pour un nouveau tour sa dernière mascarade électorale  …

Qui devrait, entre le chef du Conseil de sécurité du régime, responsable des « négociations nucléaires » et auteur des discours incendiaires d’Ahmadinejad (un certain Jalili) et le modéré de service lui aussi ancien « négociateur nucléaire » et même issu du clergé s’il vous plait (un certain Rouhani), adouber comme prévu sa dernière marionnette en date …

Petite remise des pendules à l’heure,  avec Guy Millière, sur la seule question vraiment d’importance …

A savoir derrière tant la question existentielle pour nos amis et alliés israéliens que l’oppression depuis 40 ans d’une population iranienne largement abandonnée à son sort …

La nécessité d’empêcher par tous les moyens la sanctuarisation nucléaire d’un régime qui pourrait alors financer et armer davantage encore les groupes terroristes islamiques de la planète entière …

Iran : je regrette déjà Ahmadinejad

Guy Millière

Dreuz

Une élection présidentielle a lieu ce jour en Iran.

On connaîtra les résultats assez vite. Je peux en réalité d’ores et déjà les communiquer : le vainqueur s’appellera Ali Khamenei. De fait, l’Iran est un régime de type totalitaire. Les élections y sont un simulacre. Le pouvoir réel n’est pas entre les mains du Président élu, mais entre celles du Guide suprême de la Révolution, successeur de l’ayatollah Khomeiny, et le nom du Guide présentement en place est connu. Celui qui lui servira de marionnette sortira d’un décompte qui ne sera pas vraiment le résultat des suffrages exprimés, car les choses se passeront comme en 2009, mais l’expression de la volonté du Guide. Les journalistes qui voudront faire croire que l’élection est autre chose qu’un simulacre en rendront compte : ils en parlent déjà. Ils essaieront de discerner des nuances entre les sept prétendants qui sont en lice, et diront que celui-ci est « modéré », que tel autre est plus « radical » : je ne sais s’il y avait des modérés et des radicaux au sein du Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands au temps d’Hitler, je sais seulement qu’ils étaient tous membres du Parti National Socialiste des Travailleurs Allemands, ce qui m’incline à les mettre dans la même benne à ordures.

En Iran, il n’y a pas de Parti National Socialiste des Travailleurs Iraniens. Il y a une doctrine, le velayat e faqih, le « gouvernement du docte », depuis 1979. Et nul ne peut y déroger. Il y a un « docte », qu’on pourrait qualifier de Führer islamique. Il y a un programme, défini par le « docte » et par un « Conseil des gardiens », constitué de « doctes » aussi dogmatiques, cyniques et sectaires que le « docte » en chef. Ceux qui se sont présentés à la présidence ont accepté à l’avance d’être une marionnette. C’est leur choix. Les Iraniens qui voteront auront l’illusion de décider de quelque chose, mais ce sera une illusion. En 2009, il y avait des prétendants un peu moins immondes, juste un peu moins : s’ils avaient été autre chose qu’immondes, ils auraient été réduits immédiatement au silence. Les Iraniens se sont soulevés parce qu’ils ont eu l’illusion qu’ils pouvaient décider et que la décision leur avait été confisquée. Leur soulèvement était porteur moins d’un appui aux prétendants moins immondes que d’un désir d’en finir avec un régime qui les condamne à l’obscurité, au désespoir et à la déchéance. Ils ont voulu espérer un appui du monde occidental, et ils ont demandé à Obama s’il était avec eux ou contre eux. Obama a fait comprendre qu’il n’était pas avec eux et a laissé le régime écraser le soulèvement dans le sang. Je ne pense pas qu’il y aura de nouveau un soulèvement cette année : les Iraniens savent qui est Obama, et le savent bien mieux que la plupart des Européens. S’il devait y avoir un soulèvement, il s’achèverait comme en 2009, et le régime a déjà pris toutes les dispositions requises.

En Europe, on scrutera le nouveau « Président » : « modéré » ou « radical », comme disent les journalistes. Pourquoi pas « radical modéré » ou l’inverse ? Chez Obama, on proposera à nouveau de tendre la main au nouveau « Président » qui, vraisemblablement, ne saisira pas la main qu’on lui tend, car Khamenei ne veut pas.

Une décision importante sera donc prise aussi à Jérusalem.

Le danger représenté par le régime iranien restera ce qu’il est aujourd’hui. L’avancée de l’Iran vers l’arme nucléaire se poursuivra. Des diplomates iraniens roués continueront à rouler dans la farine leurs homologues occidentaux. Les décisions importantes seront prises à Moscou et à Pékin, car seules la Russie et la Chine ont un poids réel sur les décisions de l’Iran. Poutine entend, surtout, sauver ce qui reste du régime Assad et semble avoir dit à Binyamin Netanyahou qu’il se chargeait de calmer l’Iran. Binyamin Netanyahou semble lui avoir répondu que si la ligne rouge israélienne était atteinte, Israël n’en ferait pas moins ce qui s’impose, et Poutine semble n’avoir rien répondu. Si Israël ne s’en prend pas à Assad, la Russie pourra faire preuve de ce qu’en termes choisis, on appelle le pragmatisme, et cela signifiera une forme de feu vert pour Israël lorsqu’il s’agit des bases nucléaires iraniennes. Les dirigeants chinois semblent avoir des positions proches de celles de Poutine. Obama laissera faire ce que Poutine et les dirigeants chinois laisseront faire. Une décision importante sera donc prise aussi à Jérusalem.

Si Israël ne frappe pas, nul ne frappera, et l’Iran sera bientôt sanctuarisé

Que décidera, de son côté, Khamenei ? Telle est la question qui devrait être posée. Disons que pour l’heure, il entend lui-même sauver ce qui reste du régime Assad et sauver l’emprise du Hezbollah sur le Liban. Disons qu’il entend aussi sanctuariser le régime qu’il dirige. Disons qu’il est fort peu vraisemblable qu’il déclare la guerre à Israël et déclenche une guerre régionale plus vaste que celle qui broie la Syrie aujourd’hui. Mais disons aussi qu’un régime iranien sanctuarisé pourrait financer et armer davantage encore qu’aujourd’hui des groupes terroristes islamiques. Disons que si Israël ne frappe pas, nul ne frappera, et l’Iran sera bientôt sanctuarisé. Disons que si Israël frappe, les moyens de rétorsion de Khamenei sont aujourd’hui très amoindris, au vu de la situation en Syrie et au Liban. Disons que le reste se passe dans la tête de Khamenei.

Une autre question pourrait être posée. Pourquoi un régime totalitaire organise-t-il des élections ? La réponse, là, est plus simple. Un régime totalitaire organise des élections parce que cela lui permet de dire qu’il est « démocratique » : même si c’est une imposture, il y a des imbéciles qui le croient et des journalistes qui parlent des élections organisées. Un régime totalitaire peut aussi vouloir donner à la population l’illusion qu’elle peut décider de quelque chose. Les régimes totalitaires ne sont pas les seuls à vouloir donner à une population ce genre d’illusions.

En tout cas, je regretterai Ahmadinejad. Je le regrette déjà. C’était un être abject, et ses discours étaient absolument répugnants. Il permettait à ceux qui en auraient douté de voir que le régime iranien était lui-même abject et absolument répugnant. Je crains que son successeur ne soit plus terne, moins histrionique, moins atroce, plus à même d’endormir des opinions occidentales déjà presque endormies. Dans certains cas, avoir en face de soi un être abject et entendre des discours absolument répugnants est utile, très utile.

Voir aussi:

Rooting for Jalili

Daniel Pipes

National review

June 14, 2013

Four years ago, almost to the day, I wrote a blog post, “Rooting for Ahmadinejad,” that explained why I wanted the worst of the candidates on Iran’s election day in 2009 to win the election.

Whoever is elected president, whether Mahmoud Ahmadinejad or his main opponent, Mir Hossein Mousavi, will have limited impact on the issue that most concerns the outside world – Iran’s drive to build nuclear weapons, which Khamene’i will presumably continue apace, as he has in prior decades.

Therefore, while my heart goes out to the many Iranians who desperately want the vile Ahmadinejad out of power, my head tells me it’s best that he remain in office. When Mohammed Khatami was president, his sweet words lulled many people into complacency, even as the nuclear weapons program developed on his watch. If the patterns remain unchanged, better to have a bellicose, apocalyptic, in-your-face Ahmadinejad who scares the world than a sweet-talking Mousavi who again lulls it to sleep, even as thousands of centrifuges whir away.

And so, despite myself, I am rooting for Ahmadinejad.

Following the same logic, that it’s better to have an aggressive Saeed Jalili than a sweet talking Hassan Rouhani, I am, despite myself, rooting for the vile Jalili.

Voir également:

Elections en Iran: le modéré Hassan Rohani en tête

L’Express

15/06/2013

Plusieurs heures après la fin du premier tour vendredi, le modéré Hassan Rohani était en tête avec 49,87% des voix, sur 10% des bureaux de vote. Ce religieux de 64 ans, candidat unique des modérés et réformateurs, a remercié dans un communiqué ses partisans qui se sont mobilisés pour « créer cette merveille ».

Plusieurs heures après la fin du premier tour vendredi, le modéré Hassan Rohani était en tête avec 49,87% des voix, sur 10% des bureaux de vote. Ce religieux de 64 ans, candidat unique des modérés et réformateurs, a remercié dans un communiqué ses partisans qui se sont mobilisés pour « créer cette merveille ».

Le modéré Hassan Rohani mène largement la course à la présidentielle en Iran, avec 49,87% des voix, selon un décompte effectué dans 10% des bureaux de vote, d’après des résultats parcellaires indiqués par le ministre de l’Intérieur iranien à la télévision publique, samedi matin.

Hassan Rohani, soutenu par les courants modérés et réformateurs, a recueilli 1,46 million de voix sur 2,92 millions de bulletins à dépouiller. Il devance ainsi le maire conservateur de Téhéran Mohammad Bagher Ghalibaf.

« L’exactitude ne doit pas aller au détriment de la vitesse »

« L’exactitude (des résultats) ne doit pas aller au détriment de la vitesse », a expliqué à la télévision le ministre, qui s’exprimait pour la première fois peu avant 06H00 (01H30 GMT), soit sept heures après la fermeture des derniers bureaux de vote.

Les six candidats en lice ont appelé leurs partisans au calme, leur demandant de ne pas participer à des rassemblements avant cette annonce officielle. Toute la journée, les Iraniens s’étaient massivement mobilisés pour ce premier tour.

Hassan Rohani, un religieux de 64 ans et candidat unique des modérés et réformateurs, a remercié dans un communiqué ses partisans qui se sont mobilisés pour « créer cette merveille ». « Cette participation et l’unité (des réformateurs et modérés) aidera l’Iran a prendre une nouvelle voie », a-t-il ajouté.

Mohammad Bagher Ghalibaf a pour sa part salué une élection qui menait vers une « épopée politique », comme l’avait proclamé le guide suprême iranien Ali Khamenei.

Forte affluence dans les bureaux de vote

Les opérations de vote se sont terminées à 23H00 (18H30 GMT) à Téhéran, une heure plus tard que dans le reste du pays, après plusieurs reports en raison de l’affluence d’électeurs dans les bureaux de vote qui devaient initialement fermer à 18H00.

Le taux de participation devrait atteindre 70% dans la province de Téhéran, selon le responsable des élections pour la région, voire dépassé dans d’autres régions, selon des responsables locaux cités par les médias. En 2009, le taux de participation avait officiellement atteint 85%.

Le président sortant Mahmoud Ahmadinejad ne peut pas briguer un troisième mandat consécutif, selon la Constitution.

Aucun résultat n’avait été donné avant l’intervention du ministre, contrairement aux élections précédentes. Le porte-parole du Conseil des gardiens de la Constitution, chargé de superviser les opérations de vote, s’était borné à indiquer qu’aucune irrégularité n’avait été établie.

La prudence de mise

Plus tôt, le Conseil avait mis en garde contre toute annonce de victoire d’un candidat avant que celle-ci soit confirmée par le ministère.

Dans un communiqué commun, les représentants des six candidats ont fait part de « rumeurs » sur « l’organisation de fêtes de victoire », demandant « au peuple de ne pas y prêter attention et d’éviter tout rassemblement avant l’annonce des résultats officiels ».

En 2009, l’annonce de la réélection de Mahmoud Ahmadinejad dès le premier tour avait provoqué des heurts entre police et partisans des deux candidats réformateurs, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, puis plusieurs semaines de manifestations de masse dénonçant des fraudes massives. Le mouvement avait été sévèrement réprimé par le pouvoir et les deux ex-candidats sont en résidence surveillée depuis 2011.

Avec AFP

Voir encore:

Élection présidentielle iranienne : un seul vainqueur, le Guide suprême

Le Point

14/06/2013

Quel que soit le vainqueur de l’élection présidentielle en Iran, le vainqueur sera l’ayatollah Ali Khamenei. Décryptage.

En Iran, le véritable pouvoir est entre les mains du Guide. Le président de la République n’est, en fait, qu’un Premier ministre, qui n’a pas d’autorité sur les grandes institutions : l’armée, les forces de sécurité, la police, les gardiens de la révolution, les médias, les grandes fondations (qui disposent de beaucoup d’argent dont le gouvernement ne contrôle pas l’utilisation). Cette réalité, nombreux sont ceux en Occident, qui, pour des raisons idéologiques, ont voulu l’occulter lorsque le président Mahmoud Ahmadinejad prenait manifestement, pour des raisons de politique intérieure iranienne, un malin plaisir à les choquer. Mais Ahmadinejad n’avait pas les clés de la maison Iran, même s’il se donnait une certaine liberté de manoeuvre, et était entré en conflit quasi ouvert avec le Guide cette dernière année. Si Ali Khamenei a toujours le dernier mot, dans ce pays qui n’est pas une dictature classique, il doit composer, en dépit de sa toute-puissance, avec les multiples courants du pouvoir.

Pour cette élection, Hassan Rouhani semble avoir le vent en poupe dans les sondages (ils existent). Faut-il encore que l’ayatollah Ali Khamenei et son entourage veuillent le laisser gagner. En 1997, la victoire du réformateur Mohammad Khatami avec près de 70 % des voix au second tour contre un candidat très conservateur, Ali Akbar Nateq-Nouri, avait été une véritable surprise. Cette année-là, les élections avaient été transparentes. Il n’est pas certain que le clan conservateur coure ce risque une nouvelle fois. La répression sanglante de 2009 contre les réformateurs qui contestaient la réélection de Mahmoud Ahmadinejad permet d’en douter.

Nucléaire

De plus, même si Hassan Rouhani devenait le prochain président de la République, il ne bouleverserait pas l’Iran. Il est, lui aussi, un religieux et un conservateur. Même si on le classe parmi les pragmatiques. Chef des négociations sur le nucléaire avec les Occidentaux pendant le second mandat du président Khatami, de 2001 à 2005, il avait montré de la souplesse dans les pourparlers. Mais la politique était décidée ailleurs.

Ainsi Mohammad Khatami, le président réformateur, avait ouvert de réelles fenêtres de liberté dans la presse, le secteur de la culture, les associations… Mais faute de tenir les vrais leviers du pouvoir, ses décisions étaient systématiquement contrées par les durs du système. Et les assassinats politiques n’avaient jamais été si nombreux que sous le sage et modéré Khatami, hormis au début de la révolution.

Tout dépend donc du Guide et de sa volonté de se rapprocher ou non de l’Occident. Voudra-t-il lâcher du lest sur la politique nucléaire ? Ceci permettrait de sortir l’Iran de sa déprime en relançant l’économie (30 % de chômeurs) mise à mal par les sanctions occidentales. Mais il ne voudra pas (ni aucun Iranien d’ailleurs) perdre la face. Reste à trouver une parade acceptable par tous. Le choix du nouveau président sera peut-être une première indication.

Voir enfin:

Elections en Iran : les six finalistes

Libération
13 juin 2013
Les six candidats à la présidence.

Les six candidats à la présidence. ((Photos Reuters)

Portraits Après des désistements, ils ne sont plus que six à briguer la succession de Mahmoud Ahmadinejad vendredi, dont un seul modéré.

Emiliana Malfatto

La présidentielle en Iran se tient ce vendredi. Avec le retrait de l’unique candidat réformateur à la présidentielle, Mohammad Reza Aref, et de son adversaire conservateur Gholam Ali Hadad Adel, ils ne sont plus que six à briguer la succession de Mahmoud Ahmadinejad, à qui la Constitution interdit de briguer un troisième mandat consécutif.

Les favoris

Côté conservateur

Saïd Jalili, le chouchou du guide suprême

Iran's chief nuclear negotiator Saeed Jalili arrives at the Iranian Consulate before his meeting with European Union foreign policy chief Catherine Ashton in Istanbul May 15, 2013. The United Nations' nuclear agency failed to persuade Iran on Wednesday to let it resume an investigation into suspected atomic bomb research, leaving the high-stakes diplomacy in deadlock. REUTERS/Osman Orsal (TURKEY - Tags: POLITICS ENERGY) - RTXZNSYLe benjamin des candidats (47 ans) est aussi le favori des inconditionnels du guide suprême Ali Khamenei. Jalili est en effet le candidat le plus proche de l’ayatollah – censé demeurer au-dessus des luttes partisanes – dont il est le représentant direct pour les négociations internationales sur le programme nucléaire iranien. Son intransigeance face aux grandes puissances lui garantit le soutien des ultra-conservateurs, sa relation avec le guide celui de la mouvance «principaliste», composée de militaires et religieux attachés à l’autorité absolue de Khamenei.

Le principal handicap de cet homme discret et effacé est précisément sa stature internationale : il est plus connu à l’étranger que dans son propre pays. Les médias iraniens ont longtemps ignoré ce diplomate originaire de Mashhad, dans le nord-est du pays, qui a perdu sa jambe droite à la guerre contre l’Irak en 1987. Depuis l’annonce de sa candidature, son équipe de campagne a tenté de le rendre plus visible en lui créant un compte Twitter, ainsi que sur Instagram… Deux réseaux officiellement bloqués en Iran.

Ali Akbar Velayati, le partisan du compromis avec l’Occident

Ali Akbar Velayati, Iran's Supreme Leader Ayatollah Ali Khamenei's top adviser on international affairs, attends a news conference at the Iranian embassy in Damascus August 9, 2010. REUTERS/Khaled al-Hariri        (SYRIA - Tags: POLITICS) - RTR2H6EMSi Jalili est le candidat de l’intransigeance, Velayati représente l’homme du compromis avec les puissances occidentales. A 67 ans, ce pédiatre, formé aux Etats-Unis, a une longue expérience des affaires gouvernementales, puisqu’il a passé plus de seize ans (1981-1997) à la tête du ministère des Affaires étrangères.

Devenu conseiller pour les affaires internationales auprès de Khamenei – dont il est proche – Velayati s’impose comme le principal détracteur de son adversaire Saïd Jalili, critiquant son intransigeance face aux grandes puissances sur le dossier du nucléaire. Velayati prône un changement de diplomatie afin de réduire les sanctions internationales qui pèsent sur le pays.

Mohammad Bagher Ghalibaf, le policier qui veut devenir Président

Iranian presidential candidate Mohammad Baqer Qalibaf talks to supporters in Tehran June 14, 2005. Allies of Akbar Hashemi Rafsanjani, front-runner in Iran's presidential race, said on Tuesday he would probably fall short of an outright win in polls on Friday which analysts say are the closest in the Islamic state's history. REUTERS/Raheb Homavandi  CJF/JJ - RTRECSSA 51 ans, Mohammad Bagher Ghalibaf a déjà porté de nombreuses casquettes. Il a été gardien de la révolution, puis chef de la police nationale avant de s’imposer comme maire de Téhéran en 2005, après son élimination au premier tour de l’élection présidentielle de la même année.

Une fois installé à la mairie, il n’a de cesse de faire oublier son passé policier au profit d’une image de technocrate moderne et efficace. Il lance de grands travaux pour améliorer cette métropole de 12 millions d’habitants, construisant espaces verts, autoroutes et lignes de métro. Au bout de huit ans, il aborde aujourd’hui les élections présidentielles en se prévalant d’un bilan positif et d’une grande popularité dans la capitale.

Côté modéré

Hassan Rohani, le seul espoir des modérés et réformateurs

Iran's chief nuclear negotiator Hassan Rohani speaks to Reuters correspondent during an interview in Tehran May 18, 2005. Iran's decision to resume nuclear work opposed by the West is irreversible but it may delay the work for a few weeks if talks with European powers go well, chief negotiator Hassan Rohani said on Wednesday. REUTERS/Raheb Homavandi  CJF/PN - RTRBLWQAvec la défection de Mohammad Reza Aref, Hassan Rohani, religieux de 64 ans, devient le chef de file des courants modérés et réformateurs. Proche de l’ancien président réformateur Akbar Hachémi Rafsandjani, Rohani est connu pour avoir dirigé les négociations nucléaires avec l’Occident jusqu’en 2005, et avoir obtenu, en 2003, une suspension temporaire de l’enrichissement de l’uranium – un compromis considéré comme une «trahison» par les conservateurs.

Seul candidat à être issu du clergé – il a effectué sa formation théologique à Qom et à Téhéran – Rohani peut séduire non seulement les déçus de l’ère Ahmadinejad, mais aussi les électeurs désireux de voir s’apaiser les tensions internationales autour de l’Iran. Il bénéficie en outre de soutiens de poids pour le scrutin : les anciens présidents réformateurs Mohammad Khatami et Akbar Hachémi Rafsandjani ont appelé à voter pour lui vendredi.

Les figurants

Seyed Mohammad Gharazi, candidat pour la forme

File photo taken June 8, 2013 shows former Iranian Oil Minister and presidential candidate Mohammad Gharazi. The Iranian presidential election will be held June 14. REUTERS/Fars News (IRAN - Tags: POLITICS ELECTIONS PROFILE) ATTENTION EDITORS - THIS IMAGE WAS PROVIDED BY A THIRD PARTY. FOR EDITORIAL USE ONLY. NOT FOR SALE FOR MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS. THIS PICTURE IS DISTRIBUTED EXACTLY AS RECEIVED BY REUTERS, AS A SERVICE TO CLIENTS - RTX10KSLAncien ministre du Pétrole et candidat modéré, Mohammad Gharazi, 72 ans, continue la course à la présidentielle malgré son manque d’atouts : il n’a ni notoriété, ni, selon ses propres dires, «argent, porte-parole, structure de campagne».

Retiré de la vie politique depuis des années, il a axé sa campagne sur la lutte contre l’inflation, préoccupation majeure de la population. Cet ingénieur en informatique de formation est le seul candidat à avoir fait partie, sous le régime du Shah, de l’Organisation des moudjahidins du peuple iranien. Il a dû quitter l’Iran en 1976, rejoignant l’ayatollah Khomeini en exil à Neauphle-le-Château.

Moshen Rezaïe, en course pour la troisième fois

File photo taken May 10, 2013 shows Iranian presidential candidate and former Revolutionary Guards commander Mohsen Rezaie. The Iranian presidential election will be held June 14. REUTERS/Fars News    (IRAN - Tags: POLITICS ELECTIONS PROFILE) ATTENTION EDITORS - THIS IMAGE WAS PROVIDED BY A THIRD PARTY. FOR EDITORIAL USE ONLY. NOT FOR SALE FOR MARKETING OR ADVERTISING CAMPAIGNS. THIS PICTURE IS DISTRIBUTED EXACTLY AS RECEIVED BY REUTERS, AS A SERVICE TO CLIENTS - RTX10KS6Ancien chef des Gardiens de la révolution, Moshen Rezaïe, 58 ans, n’en est pas à sa première campagne présidentielle : il s’est déjà présenté en 2005 (pour se désister deux jours avant le scrutin), et en 2009, où il a obtenu 1,7% des voix. Rezaïe est par ailleurs docteur en économie et chef d’entreprise.

4 Responses to Iran: The show must go on (How do you say tweedle dee tweedle dum in Farsi ?)

  1. jcdurbant dit :

    Le régime, tout en fustigeant l’injustice de l’Occident, prétendait surmonter les sanctions par la diversification de son économie et une stratégie de « résistance ». Mais la réalité a fini par être la plus forte : les revenus pétroliers ont chuté de moitié en 2012 par rapport à l’année précédente ; la production automobile s’effondre (de 1,5 million de véhicules en 2011, elle est tombée à 1 million en 2012 et probablement la moitié en 2013) ; les salaires sont payés avec difficulté ; les médicaments importés sont introuvables sur le marché, et la monnaie nationale a perdu 75 % de sa valeur en un an et demi.

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