Chine: Bienvenue au pays où la religion est interdite aux moins de 18 ans (No religion, please, we’re Chinese!)

https://i2.wp.com/feralhouse.com/wp/wp-content/uploads/2005/05/X-Rated-Bible.jpegImagine (…) no religion  (…) all the people living life in peace… You may say I’m a dreamer But I’m not the only one I hope someday you’ll join us And the world will be as one … John Lenin
Le parti est comme Dieu,  il est partout, mais vous ne pouvez pas le voir. Universitaire chinois
Oui, on entend cela [que la Chine n’est pas faite pour la démocratie], et pas seulement en Chine, de la part d’occidentaux aussi. Que l’on arrête avec ces stupidités dégradantes pour notre peuple, pour moi, la démocratie, c’est tout simplement la justice et le parti unique conduit forcément aux injustices. Et quoi, la justice ne serait pas faite pour la Chine ? L’air, l’eau, le ciel ne conviennent pas à la Chine ? L’ordinateur ou le téléphone portable ne sont pas faits pour la Chine? Bao Tong (Ancien bras droit de Zhao Ziyang, le patron du PC au moment de Tiananmen)
Le mariage pour tous, au Festival de Cannes, est célébré en grande pompe sur les écrans de la compétition. Après « Ma vie avec Liberace », de Steven Soderbergh où Matt Damon et Michael Douglas campent un couple gay sous les paillettes kitsch du Las Vegas des années 70, c’est au tour des filles entre elles d’aimanter le regard dans « La Vie d’Adèle, chapitre 1 et 2 », le nouveau Abdellatif Kechiche (sortie prévue le 9 octobre 2013). (…) Fidèle à sa manière réaliste qui excelle comme aucune autre dans le cinéma français contemporain à enregistrer les soubresauts de l’existence et l’agitation intérieure, le cinéaste de « L’Esquive » interroge la question du genre et de la « conformité », de l’identité sexuelle et de ses ambiguïtés, du déterminisme social et des frontières qu’il impose. (…) Du coup, si l’on ose dire, le cinéaste, en toute cohérence avec son projet, filme avec une intensité fiévreuse les deux filles qui font l’amour, au lit et ailleurs, et n’en peuvent plus d’avoir toujours envie de recommencer et de jouir, dans toutes les positions. Ces scènes, capitales et indispensables au récit, ne manqueront pas de beaucoup faire parler d’elles, puisqu’il est rarissime que le « cinéma traditionnel » montre « pour de vrai » le sexe, sans faux semblants ni pudeur hypocrite. Espérons qu’elles feront parler d’elles en bien, car « La Vie d’Adèle, chapitre 1 et 2 » – en rien pour l’anecdote – fait accomplir un pas de géant au cinéma hors X sur la question capitale de la représentation du sexe à l’écran. Une raison supplémentaire pour le jury cannois, que l’on n’espère non contaminé par le puritanisme émanant des œuvres complètes de son président Steven Spielberg, de célébrer ce film comme il se doit. A défaut de palme d’or, Abdellatif Kechiche a de toute façon déjà gagné la palme du cœur. Rue 89
Elle est belle, s’appelle Isabelle et elle fête ses 17 ans avec ses parents un bel été ensoleillé au cours duquel elle rencontre également un beau garçon avec lequel elle perd sa virginité. La rentrée venue, de retour à Paris, l’héroïne retrouve ses condisciples au lycée Henri IV. A priori, elle a toutes les raisons de poursuivre sagement ses études dans les beaux quartiers bourgeois, les seuls qu’elle connaisse. Sauf que… sans raison apparente, Isabelle (la quasi-néophyte Marine Vacht) mène désormais une double vie et, sous un autre prénom, Léa, se livre à la prostitution dans les hôtels de luxe où elle retrouve des clients fortunés qu’elle a aguichés sur le net au préalable. Voir la bande-annonce. Dans « Jeune et jolie », présenté aujourd’hui en compétition, le prolifique François Ozon, invisible à Cannes depuis 2003 et « Swimming Pool », suit à la trace son héroïne, une ravissante fille de « bonne famille » qui s’adonne à la prostitution sans en « avoir besoin », ni financièrement (l’argent, chez elle, coule à flot) ni érotiquement (le plaisir sexuel n’est pas de mise et la jeune fille ne fantasme pas sur les aventures tarifées). Rue 89
De ce tour d’horizon, il ressort que 75 % des cas de persécution religieuse concernent les chrétiens, dont la condition se détériore en de nombreux endroits. En tête de liste, outre le Moyen-Orient, l’AED place la Corée du Nord, la Chine, le Vietnam, l’Inde, le Pakistan, le Soudan et Cuba. Si l’on tente de classer ces phénomènes de christianophobie en fonction de leur origine, il ressort que leur premier vecteur, à l’échelle de la planète, est constitué par l’islam politique ou le fondamentalisme musulman. (…) Même s’il est géographiquement limité, l’hindouisme constitue un deuxième facteur de persécution antichrétienne. Si cette idéologie politico-religieuse est rejetée par le gouvernement central de New Delhi, elle inspire des forces actives dans plusieurs États de la fédération indienne, provoquant des violences qui ont culminé en 2009, mais qui n’ont pas cessé depuis. Troisième vecteur antichrétien: le marxisme. En Corée du Nord, toute activité religieuse est qualifiée de révolte contre les principes socialistes, et des milliers de chrétiens sont emprisonnés. En Chine, le Parti communiste fait paradoxalement bon ménage avec le capitalisme, mais les vieux réflexes sont loin d’avoir disparu: l’État tient à contrôler les religions. (…) Le 10 décembre dernier a été publié, à Vienne, un rapport de l’Observatoire sur l’intolérance et les discriminations contre les chrétiens en Europe, concernant les années 2005-2010. Ce document recense les actes de vandalisme contre les églises et les symboles religieux, les manifestations de haine et les brimades contre les chrétiens observées sur le continent européen au cours des dernières années. La liste est impressionnante, mais les faits incriminés ont suscité une émotion bien discrète ici. Aux facteurs aggravants de la situation des chrétiens dans le monde, peut-être faudrait-il ajouter l’indifférentisme religieux en Occident: si les Européens ne respectent pas le christianisme chez eux, comment aideraient-ils les chrétiens persécutés aux quatre points de l’horizon? Le Figaro
Sous Mao Zedong (de 1949 à sa mort, en 1976), la Chine était, de fait, un Etat totalitaire. En ces temps obscurs, les employés ordinaires ne pouvaient se marier (et emménager avec leur conjoint) sans l’autorisation de leur supérieur hiérarchique. Il leur fallait également attendre l’aval de l’administration pour commencer à fonder une famille. Depuis, le Parti communiste a compris qu’une telle ingérence dans la vie des Chinois pouvait desservir son principal projet: la création d’une économie moderne. Durant la période des grandes réformes initiées par Den Xiaoping (à la fin des années 1970), le Parti a peu à peu relâché son emprise sur la vie privée des citoyens, à l’exception des dissidents les plus récalcitrants. Dans les années 1980 et 1990, la disparition progressive de l’ancien système de prise en charge complète des citoyens (entreprises d’Etat, services médicaux et autres aides sociales) a également mis fin à un dispositif de contrôle particulièrement complexe, construit autour des comités de quartier, et dont l’un des objectifs étaient d’espionner la population. Cette réforme a grandement profité au Parti. Certes, de nombreux jeunes ne savent plus vraiment à quoi sert ce dernier, estimant qu’il ne joue plus aujourd’hui de rôle notable dans leurs vies. Mais les dirigeants s’en réjouissent: les citoyens ordinaires ne sont pas sensés s’intéresser aux rouages internes du parti. Ses organes les plus puissants (comme les départements de la propagande et de l’organisation) ne veulent pas se faire remarquer; on ne trouve aucune plaque à leurs noms devant leurs bureaux, et leurs numéros de téléphone ne figurent pas dans les annuaires. La stratégie de la discrétion s’est avérée payante: elle leur permet de cacher leurs opérations à la population tout en permettant au parti de récolter tous les lauriers d’une croissance économique éclair. C’est ainsi que fonctionne aujourd’hui le contrat social de la Chine: le parti permet au citoyens d’améliorer leur niveau de vie comme bon leur semble, à condition que ces derniers ne se mêlent pas de politique. Richard McGregor
After a country’s new leader proclaims the overriding authority of the constitution – a document that guarantees freedom of speech and press – it’s worth noting afterward when the same government heavily censors all discussion about that constitution. That’s what’s happening in an ongoing debate in China over “constitutionalism,” a term the government’s propaganda officials have spent recent weeks trying to reign in. Given the near constant international criticism of China on human rights, rule of law and authoritarian governance, it might surprise some even to learn China has a constitution. President Xi Jinping, in one of his first speeches after assuming leadership of China and its ruling Communist Party, vowed, “No organization or individual has the privilege to overstep the Constitution and law.” When Xi first took power in November, some Chinese eager for change were encouraged by his looser and friendlier style, seeing his words as a sign that political reforms may be coming. But the first skirmish came in January, when censors pulled an article titled “Dream of China, Dream of Constitutionalism” from the front page of an outspoken Chinese newspaper called Southern Weekend. In following months, however, the discussion stayed alive on Weibo, China’s equivalent of Twitter. On Friday, more than 7 million posts contained the word “constitutionalism,” but by Monday morning, only 1.9 million were left, the rest apparently deleted by censors. Washington Post
Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté de leurs croyances religieuses. Constitution de 1954 (article 88)
Les citoyens jouissent de la liberté de parole, d’écriture, de presse, de réunion, d’association, de défilés, de manifestations et du droit de grève et ils jouissent également de la liberté de croire ou de ne pas croire et de propager l’athéisme. Constitution de 1975 (article 28)
Les citoyens jouissent de la liberté de croire à une religion ou de ne pas y croire et de propager l’athéisme.  Constitution de 1978 (article 46)
Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté de croire à une religion. Aucun organe de l’Etat, aucun organisme public ou privé ne peut contraindre les citoyens à croire ou à ne pas croire à une religion. L’Etat protège les activités religieuses normales. Personne ne peut, au nom d’une religion, organiser des actions qui troublent l’ordre public, qui nuisent à la santé des citoyens ou qui entravent le système éducatif de l’Etat. Les corps religieux et les affaires religieuses ne doivent pas être l’objet d’une domination étrangère. Constitution de 1982 (article 36)
Le pouvoir politique dans un Etat socialiste ne peut en aucune façon être exercé pour promouvoir toute religion, ni être exercé pour interdire toute religion, à condition que ce soit une question de croyances et de pratiques religieuses normales. Parallèlement, la religion n’a pas le droit de s’immiscer dans les affaires juridiques ou administratives de l’Etat, ni d’intervenir dans les écoles ou dans l’enseignement public. Il est absolument interdit de contraindre quiconque, particulièrement les jeunes de moins de 18 ans, à devenir membre d’une Eglise, à devenir moine ou moniale bouddhiste, ou à aller dans les temples ou les monastères pour y étudier l’Ecriture sainte bouddhiste. Document n° 19 – Point de vue fondamental et politique relatif aux questions religieuses au cours de la période socialiste de notre pays », diffusé par le Conseil des affaires d’Etat, 1982)
Les citoyens jouissent de la liberté de croyance religieuse. Aucun organisme ou individu ne peut contraindre des citoyens à croire ou à ne pas croire à une religion quelle qu’elle soit. Il ne peut pas non plus y avoir de discrimination envers des citoyens qui ont une croyance religieuse (ci-après désignés comme citoyens religieux) ou envers des citoyens qui n’en ont pas (ci-après désignés comme des citoyens non croyants). Les citoyens religieux et les citoyens non croyants doivent se respecter mutuellement et vivre en bonne entente, de même que les citoyens qui croient à différentes religions. Dispositions relatives aux affaires religieuses (article 2, Conseil des affaires d’Etat, 2005)
L’Etat, en conformité avec la loi, protège les activités religieuses normales et garantit les droits légaux ainsi que les intérêts légitimes des corps religieux, des lieux pour les activités religieuses et des citoyens religieux. Les corps religieux, les lieux pour les activités religieuses et les citoyens religieux doivent se conformer aux termes de la Constitution, aux lois, aux dispositions et aux règlements pour préserver l’unité du pays, la solidarité nationale et la stabilité de la société. Aucune organisation ou individu ne peut tirer profit de la religion pour déclencher des mouvements qui troublent l’ordre public, nuisent à la santé, ou s’immiscent dans le système éducatif de l’Etat ou dans tout autre activité qui causerait du tort à l’Etat, aux intérêts publics ou à l’exercice des droits légitimes des citoyens. Dispositions relatives aux affaires religieuses (article 3, Conseil des affaires d’Etat, 2005)
La Constitution chinoise est très claire. Elle commence par quatre principes cardinaux auxquels la Chine ne peut pas se soustraire. La République populaire et démocratique de Chine ne peut, premièrement, qu’accepter la dictature du prolétariat, deuxièmement, suivre la voie socialiste, troisièmement, être dirigée par le Parti communiste, et quatrièmement, adopter les principes du marxisme-léninisme. (…) contrôle idéologique sévère, musèlement de la liberté d’expression, des libertés syndicales, restrictions nombreuses de l’usage d’Internet, encadrement sourcilleux des médias, quasi-interdiction pour des étrangers de participer à l’information ou même de s’exprimer publiquement, répression au quotidien des religions et des minorités ethniques, volonté ferme des plus hauts dirigeants chinois de maintenir à tout prix le monopole du pouvoir au Parti communiste. Celui-ci est toujours et partout présent, d’une présence étouffante et accaparante. Tout doit passer par ses fourches caudines et rien ne peut se faire sans lui. Il est l’incarnation de l’unique légitimité possible. Sa domination sans partage depuis plus de soixante ans engendre corruption, abus de pouvoir et d’innombrables violations des droits de la personne. Il a commencé par être l’expression des classes sociales les plus pauvres de Chine mais, au fil des ans, s’est transformé pour devenir, aujourd’hui, l’instrument de la classe dominante. Eglises d’Asie
Après avoir énoncé les libertés reconnues aux citoyens, il est écrit en réalité que l’Etat peut fixer des limites à la religion (réglementation des activités religieuses « normales »). L’Etat est en position de déterminer quelles sont les activités religieuses qui peuvent être considérées comme « normales ». L’Etat doit fixer quelles activités sont considérées perturbatrices de l’ordre social, nuisent à la santé de la société et interfèrent dans le système éducatif. Selon certains universitaires et juristes reconnus de Chine populaire, la première partie de l’article protège effectivement la liberté religieuse alors que la seconde moitié la restreint. (…) Cependant, en fin de compte, peu importe vraiment ce que la Constitution énonce ou non car, dans le système juridique en Chine, les tribunaux n’ont pas le pouvoir d’examiner la loi quant au fond. En d’autres termes, ils ne peuvent s’appuyer sur la Constitution quand ils ont à juger de telle ou telle affaire. Cela leur est tout simplement impossible et doit donc être tenu pour non pertinent.
Cela fait des années que nous entendons ou lisons que la Constitution chinoise interdit l’enseignement de la religion aux jeunes de moins de 18 ans. La bonne nouvelle, comme nous pouvons le constater, est que ce n’est pas vrai. La Constitution chinoise ne dit rien de tel. La mauvaise nouvelle, en revanche, est que cette interdiction figure bien dans le « Document n° 19 – Point de vue fondamental et politique relatif aux questions religieuses au cours de la période socialiste de notre pays », diffusé par le Conseil des affaires d’Etat (le gouvernement) en 1982. (…) En d’autres termes, les Chinois peuvent croire ce qu’ils veulent, mais l’Etat se réserve le droit de mettre des limites à la pratique de leur religion. Joann Pitttmann

La Chine invente le carré blanc religieux!

En ces temps étranges où après avoir été élu contre la politique son prédécesseur, le plus rapide Prix Nobel de la paix de l’histoire en a non seulement repris mais, des assassinats ciblés aux écoutes, largement aggravé toutes les dimensions …

Et où, au Pays autoproclamé des droits de l’homme, un président vivant ostensiblement dans le péché depuis toujours impose à tous le mariage qu’il refuse pour lui-même

Pendant qu’à Cannes Hollywood lui-même célèbre en grande pompe les amours saphiques de toutes jeunes filles filmées par un musulman ou au choix les amours tarifées via internet d’une lycéenne dans les hôtels de luxe parisiens …

Retour au lendemain d’un 24e anniversaire d’un massacre passé aussi inaperçu que cette fameuse constitution chinoise  …

Qui, à l’image de ses dispositions sur la religion (John Lenin- pardon: Lennon – l’avait rêvée: ils l’ont fait ! – nous, il y a longtemps qu’on a plus la religion, mais on a le sexe pour tous), promet tout… à condition de ne jamais en parler !

Chine: Que dit la Constitution chinoise au sujet de la religion ?

Vietcatholic news

Eglises d’Asie

4/18/2013

La Constitution chinoise est très claire. Elle commence par quatre principes cardinaux auxquels la Chine ne peut pas se soustraire. La République populaire et démocratique de Chine ne peut, premièrement, qu’accepter la dictature du prolétariat, deuxièmement, suivre la voie socialiste, troisièmement, être dirigée par le Parti communiste, et quatrièmement, adopter les principes du marxisme-léninisme.

De ces quatre grands piliers inamovibles du régime, les partisans du Parti communiste chinois se félicitent, car ils attribuent à ce dernier bien des mérites : il a mené la Chine sur la route de l’indépendance nationale, de la reconnaissance internationale et du progrès économique. Grâce à la stabilité interne et à la très stricte discipline à laquelle sont soumis les membres du Parti, celui-ci donne au pays une armature solide et l’empêche de sombrer dans le désordre et la guerre civile. Le Parti communiste permet aux différentes provinces de cet immense pays qu’est la Chine de rester unies et solidaires dans les difficultés, malgré une population composée de tant d’ethnies différentes. Finalement, et ce n’est pas rien, il a rendu sa fierté au peuple chinois.

Les accusateurs du Parti, quant à eux, ne mâchent pas leurs mots : contrôle idéologique sévère, musèlement de la liberté d’expression, des libertés syndicales, restrictions nombreuses de l’usage d’Internet, encadrement sourcilleux des médias, quasi-interdiction pour des étrangers de participer à l’information ou même de s’exprimer publiquement, répression au quotidien des religions et des minorités ethniques, volonté ferme des plus hauts dirigeants chinois de maintenir à tout prix le monopole du pouvoir au Parti communiste. Celui-ci est toujours et partout présent, d’une présence étouffante et accaparante. Tout doit passer par ses fourches caudines et rien ne peut se faire sans lui. Il est l’incarnation de l’unique légitimité possible. Sa domination sans partage depuis plus de soixante ans engendre corruption, abus de pouvoir et d’innombrables violations des droits de la personne. Il a commencé par être l’expression des classes sociales les plus pauvres de Chine mais, au fil des ans, s’est transformé pour devenir, aujourd’hui, l’instrument de la classe dominante.

Dans ce contexte, chacun, au sein du Parti comme en dehors de lui, parle ouvertement de la nécessité d’une réforme du système. Dans un pays qui n’a pas connu d’Etat de droit et au sein d’une République populaire qui, un temps au cours de son histoire, a pu se passer de Constitution ou l’ignorer complètement, la réforme passe certes par une refonte de la Constitution mais aussi par une mise à plat de la place et du rôle du droit dans la société. Dans cette perspective, Pékin observe sans doute de près ce qui se passe aujourd’hui au Vietnam, où le pouvoir a initié une consultation publique au sujet de la refonte de la Constitution du pays et voit cette consultation lui échapper, la société civile – et notamment l’Eglise catholique – mettant en cause du rôle dirigeant du Parti communiste sur la politique et la société.

L’article ci-dessous, traduit par la rédaction d’Eglises d’Asie, présente succinctement ce que dit la Constitution de la République populaire de Chine de la religion, et notamment le fait, souvent repris à l’étranger, que la loi chinoise interdit l’instruction religieuse aux jeunes âgés de moins de 18 ans. L’auteur, Joann Pittman, a longuement vécu à Pékin et collabore aujourd’hui à China Source. Basé aux Etats-Unis, fondé en 1997, China Source vise à réunir et rassembler informations et analyses concernant les communautés chrétiennes de Chine. Son article « What Does the Chinese Constitution Say About Religion? » est daté du 20 mars 2013.

Que dit la Constitution chinoise au sujet de la religion ?

Joann Pittmann

Les idées fausses abondent au sujet des dispositions concernant la religion qui sont inscrites dans la Constitution de la République populaire de Chine. Le gouvernement affirme que « la liberté de croyance religieuse » est inscrite au cœur dans la Constitution. Et pourtant souvent, nous entendons que la Constitution interdit l’enseignement de la religion aux personnes âgées de moins de 18 ans. Il n’est donc pas inintéressant de jeter un œil sur ce que la Constitution énonce réellement au sujet de la religion et de la liberté religieuse.

Depuis sa fondation en 1949, la République populaire de Chine a connu quatre textes constitutionnels différents. La première Constitution a été ratifiée en 1954 et a énoncé les principes directeurs, ainsi que l’établissement des structures de l’Etat et les droits et devoirs des citoyens. Une deuxième Constitution de la République populaire de Chine a été ratifiée en 1975, puis une troisième version amendée a été ratifiée en 1978. La Constitution actuelle de la République populaire de Chine date de 1982 (et a fait l’objet de révisions en 1988, 1993, 1999 et 2004). Chacune de ces Constitutions reflète les conditions politiques et sociales particulières qui avaient cours en Chine au moment de leur ratification.

Chacune de ces Constitutions comporte un article qui traite des « croyances religieuses ».

L’article 88 de la Constitution de 1954 dispose : « Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté de leurs croyances religieuses. »

Pendant la Révolution culturelle, la Constitution a été mise de côté et Mao a gouverné par ordonnances. A la fin de la Révolution culturelle, la Constitution a été reprise et révisée.

L’article 28 de la Constitution de 1975 dispose : « Les citoyens jouissent de la liberté de parole, d’écriture, de presse, de réunion, d’association, de défilés, de manifestations et du droit de grève et ils jouissent également de la liberté de croire ou de ne pas croire et de propager l’athéisme. »

L’article 46 de la Constitution de 1978 dispose : « Les citoyens jouissent de la liberté de croire à une religion ou de ne pas y croire et de propager l’athéisme. »

L’article 36 de la Constitution (actuelle) de 1982 dispose : « Les citoyens de la République populaire de Chine jouissent de la liberté de croire à une religion. Aucun organe de l’Etat, aucun organisme public ou privé ne peut contraindre les citoyens à croire ou à ne pas croire à une religion. L’Etat protège les activités religieuses normales. Personne ne peut, au nom d’une religion, organiser des actions qui troublent l’ordre public, qui nuisent à la santé des citoyens ou qui entravent le système éducatif de l’Etat. Les corps religieux et les affaires religieuses ne doivent pas être l’objet d’une domination étrangère. »

Le point commun à tous ces articles est de conférer le droit à croire ou à ne pas croire à une religion. On constate aussi que l’article 36 est le plus précis de tous les articles au sujet des protections que la Constitution semble offrir aux citoyens. Ceux-ci ne peuvent pas être contraints de croire à une religion. Ceux qui croient à une religion ne doivent pas être l’objet de mesures discriminatoires.

Cependant, les dispositions de la seconde moitié de cet article 36 semblent infirmer ou du moins définir des limites à la liberté promise dans la première partie. Après avoir énoncé les libertés reconnues aux citoyens, il est écrit en réalité que l’Etat peut fixer des limites à la religion (réglementation des activités religieuses « normales »). L’Etat est en position de déterminer quelles sont les activités religieuses qui peuvent être considérées comme « normales ». L’Etat doit fixer quelles activités sont considérées perturbatrices de l’ordre social, nuisent à la santé de la société et interfèrent dans le système éducatif. Selon certains universitaires et juristes reconnus de Chine populaire, la première partie de l’article protège effectivement la liberté religieuse alors que la seconde moitié la restreint. (Et, s’il m’est permis d’ajouter un commentaire : « rien n’est tel qu’il paraît être »sur ce point).

Cependant, en fin de compte, peu importe vraiment ce que la Constitution énonce ou non car, dans le système juridique en Chine, les tribunaux n’ont pas le pouvoir d’examiner la loi quant au fond. En d’autres termes, ils ne peuvent s’appuyer sur la Constitution quand ils ont à juger de telle ou telle affaire. Cela leur est tout simplement impossible et doit donc être tenu pour non pertinent.

Comme je l’ai précisé précédemment, cela fait des années que nous entendons ou lisons que la Constitution chinoise interdit l’enseignement de la religion aux jeunes de moins de 18 ans. La bonne nouvelle, comme nous pouvons le constater, est que ce n’est pas vrai. La Constitution chinoise ne dit rien de tel. La mauvaise nouvelle, en revanche, est que cette interdiction figure bien dans le « Document n° 19 – Point de vue fondamental et politique relatif aux questions religieuses au cours de la période socialiste de notre pays », diffusé par le Conseil des affaires d’Etat (le gouvernement) en 1982.

Ce texte est un document détaillé, faisant ressortir comment la religion peut être pratiquée ou non dans la société. Il précise : « Le pouvoir politique dans un Etat socialiste ne peut en aucune façon être exercé pour promouvoir toute religion, ni être exercé pour interdire toute religion, à condition que ce soit une question de croyances et de pratiques religieuses normales. Parallèlement, la religion n’a pas le droit de s’immiscer dans les affaires juridiques ou administratives de l’Etat, ni d’intervenir dans les écoles ou dans l’enseignement public. Il est absolument interdit de contraindre quiconque, particulièrement les jeunes de moins de 18 ans, à devenir membre d’une Eglise, à devenir moine ou moniale bouddhiste, ou à aller dans les temples ou les monastères pour y étudier l’Ecriture sainte bouddhiste. »

En 2005, le Conseil des affaires d’Etat a promulgué un texte intitulé « Dispositions relatives aux affaires religieuses » dans lequel il indique plus précisément de quelle manière les affaires religieuses doivent être gérées en Chine. Il est intéressant de noter que, dans ce dernier texte, il n’est pas fait mention d’interdictions concernant les moins de 18 ans.

L’article 2 énonce : « Les citoyens jouissent de la liberté de croyance religieuse. Aucun organisme ou individu ne peut contraindre des citoyens à croire ou à ne pas croire à une religion quelle qu’elle soit. Il ne peut pas non plus y avoir de discrimination envers des citoyens qui ont une croyance religieuse (ci-après désignés comme citoyens religieux) ou envers des citoyens qui n’en ont pas (ci-après désignés comme des citoyens non croyants). Les citoyens religieux et les citoyens non croyants doivent se respecter mutuellement et vivre en bonne entente, de même que les citoyens qui croient à différentes religions. »

L’article 3 énonce : « L’Etat, en conformité avec la loi, protège les activités religieuses normales et garantit les droits légaux ainsi que les intérêts légitimes des corps religieux, des lieux pour les activités religieuses et des citoyens religieux. Les corps religieux, les lieux pour les activités religieuses et les citoyens religieux doivent se conformer aux termes de la Constitution, aux lois, aux dispositions et aux règlements pour préserver l’unité du pays, la solidarité nationale et la stabilité de la société. Aucune organisation ou individu ne peut tirer profit de la religion pour déclencher des mouvements qui troublent l’ordre public, nuisent à la santé, ou s’immiscent dans le système éducatif de l’Etat ou dans tout autre activité qui causerait du tort à l’Etat, aux intérêts publics ou à l’exercice des droits légitimes des citoyens. »

En d’autres termes, les Chinois peuvent croire ce qu’ils veulent, mais l’Etat se réserve le droit de mettre des limites à la pratique de leur religion.

Pour aller plus loin :

– Pour une analyse détaillée de ces dispositions, je recommande l’article « Analyse sémantique des mots-clés relatifs aux dispositions pour les affaires religieuses » de Zhang Shoudong, universitaire de Chine continentale.

– Le Centre sur la religion et la société chinoise de l’Université Purdue (université publique de l’Indiana, Etats-Unis) dispose d’une collection de traductions en langue anglaise des documents du gouvernement chinois sur la religion.

– On pourra aussi lire sur Eglises d’Asie l’article suivant : « Retour vers le futur : mise en œuvre d’une politique religieuse pré-moderne dans une Chine post-sécularisée » ainsi que « La politique religieuse de la Chine : 1981-1999 »

(Source: Eglises d’Asie, 18 avril 2013)

Voir aussi:

China’s constitution debate hits a sensitive nerve

Li Qi and William Wan

Washington post

June 3, 2013

BEIJING – After a country’s new leader proclaims the overriding authority of the constitution – a document that guarantees freedom of speech and press – it’s worth noting afterward when the same government heavily censors all discussion about that constitution.

That’s what’s happening in an ongoing debate in China over “constitutionalism,” a term the government’s propaganda officials have spent recent weeks trying to reign in.

Given the near constant international criticism of China on human rights, rule of law and authoritarian governance, it might surprise some even to learn China has a constitution.

President Xi Jinping, in one of his first speeches after assuming leadership of China and its ruling Communist Party, vowed, “No organization or individual has the privilege to overstep the Constitution and law.”

When Xi first took power in November, some Chinese eager for change were encouraged by his looser and friendlier style, seeing his words as a sign that political reforms may be coming. But the first skirmish came in January, when censors pulled an article titled “Dream of China, Dream of Constitutionalism” from the front page of an outspoken Chinese newspaper called Southern Weekend.

In following months, however, the discussion stayed alive on Weibo, China’s equivalent of Twitter. On Friday, more than 7 million posts contained the word “constitutionalism,” but by Monday morning, only 1.9 million were left, the rest apparently deleted by censors.

At the heart of the fight are different interpretations of what “constitutionalism” means in China. Some, like Tong Zhiwei, a professor at East China University of Political Science and Law, have used it to talk about a fuller implementation of China’s constitution and a way to “prescribe a limit to the party’s power.” Further on the spectrum are radical liberals who want to altogether change China’s one-party political system, in which the Communist Party rules all, and advocate a western-style constitutional government.

Concerned about keeping their grip on power, party leaders have pushed back against such interpretations in recent days, arguing through party journals and newspapers that the secret mission of constitutionalism talk is “to abrogate the leadership of the Communist Party and to overthrow the socialism regime,” as Party Construction journal put it on May 29.

According to the party journal Red Flag Manuscript, constitutionalist systems “only belong to capitalism and bourgeoisie dictatorship and not to socialist people’s democracy.”

Professors and intellectuals say the party has been circulating a list of “seven taboos” – topics they are banned from discussing in class. Many of those topics, they say, touch on the very same rights guaranteed by the constitution: freedom of speech, judicial independence, universal values, civil society, civil rights and past mistakes of the party.

The order was first described by Zhang Xuezhong, a professor at East China University of Political Science and Law, on his microblog, which was quickly deleted. But it has since been described by other professors. The document is difficult to confirm, intellectuals say, because, as with many sensitive party documents, the order is read out loud at meetings to prevent widespread circulation.

For younger teachers, the party has issued another document – made public last week by China’s Ministry of Education – that demands for intensified “ideological and political” training for college lecturers, including monitoring their online conversations.

“A small number of young teachers have confused political belief and fuzzy ideal and faith,” the document reads. “Teachers should be self-disciplined when lecturing in class and stop words and deeds that harm the national interest.”

Some observers have joked about the new rules on social media.

“I suggest we only lecture about how to dream a dream”, wrote Feng Wei, a Fudan University professor, on his microblog account.

Shanghai-based professor Yang Shiqun wrote, “You should be well-disciplined even when you are dreaming a dream, for you cannot dream about the seven topics.”

Voir encore:

Scandale Verizon : Washington défend la saisie de millions de données téléphoniques

Le Monde avec AFP

06.06.2013

Après le scandale provoqué par les révélations du Guardian sur la saisie automatique des centaines de millions de données téléphoniques de citoyens américains, c’est l’argument de la « lutte contre le terrorisme » que l’administration Obama a brandi pour se défendre.

Le quotidien britannique a révélé que, dans le cadre d’un programme hérité de l’ère Bush et de la lutte antiterroriste, une ordonnance de justice secrète obligeait l’opérateur américain Verizon à livrer quotidiennement à l’agence nationale de sécurité (NSA) la totalité des données téléphoniques de ses abonnés.

La seule réaction de l’administration Obama est venue jeudi 6 juin au matin d’un haut responsable américain qui, sous couvert d’anonymat, a expliqué que cette collecte d’information est un « outil crucial » pour lutter contre le terrorisme.

Sans confirmer explicitement les faits, mais sans non plus les nier, ce dernier a insisté sur le fait que l’ordonnance « ne permettait pas au gouvernement d’écouter les conversations téléphoniques de quelqu’un » et ne portait pas sur « le contenu des communications ou le nom des abonnés ». Il s’agit de « métadonnées, tels qu’un numéro de téléphone ou la durée d’un appel », a souligné ce responsable

De son côté, la sénatrice de Californie, la démocrate Dianne Feinstein, a déclaré à la presse que l’ordonnance secrète révélée par The Guardian n’était que le renouvellement – d’une durée de trois mois, du 25 avril au 19 juillet – d’une pratique courante. D’autres parlementaires ont également insisté sur le fait que cette pratique était parfaitement légale, en raison du Patriot Act en vigueur depuis 2001.

« AU-DELÀ D’ORWELL »

Ce scandale éclaire d’une nouvelle lumière le Patriot Act, loi antiterroriste votée dans la foulée des attentats du 11-Septembre, et qui suscite beaucoup de critiques depuis des années parmi les défenseurs des libertés individuelles.

« Cela va au-delà d’Orwell », a dénoncé Jameel Jaffer, de la grande ONG American Civil Liberty Union (ACLU), en référence au livre d’anticipation de George Orwell, 1984. ACLU est allée en justice pour forcer le gouvernement à s’expliquer sur l’utilisation du Patriot Act.

« C’est une nouvelle preuve de l’étendue avec laquelle les droits démocratiques de base sont remisés au second plan, en secret, au profit des agences de renseignement qui n’ont de comptes à rendre à personne ».

LE PATRIOT ACT EN QUESTION

En 2006, déjà, les Américains avaient été choqués d’apprendre que la NSA avait collecté secrètement des données de communications passées entre un interlocuteur situé aux Etats-Unis et un autre à l’étranger. L’administration de George W. Bush avait ensuite modifié le programme pour que les demandes de saisies passent par un juge d’une cour secrète, dédiée aux écoutes.

En 2011, le Congrès a prolongé le Patriot Act et l’exécutif semble avoir tenu au courant certaines commissions parlementaires de son utilisation de la loi pour réclamer des données en vrac, et non ciblées sur des suspects de terrorisme.

Deux sénateurs membres de la commission du renseignement avaient toutefois écrit au ministre de la justice, Eric Holder, pour conjurer l’administration de rendre publics les documents juridiques légitimant le programme de surveillance, sans pouvoir eux-mêmes en révéler les détails, classés secrets.

Verizon livre les relevés de ses abonnés aux renseignements américains

Le Monde avec Reuters

06.06.2013

Les données transmises par Verizon à la NSA comprennent le lieu, la date et la durée des appels, ainsi que les numéros de téléphone qui y ont participé. La NSA n’a en revanche pas connaissance du contenu des conversations.

Un nouveau scandale menace la Maison Blanche. Le quotidien britannique The Guardian révèle dans son édition du 6 juin que l’opérateur téléphonique américain Verizon remet quotidiennement à la National Security Agency (NSA), l’une des principales agences de renseignements des Etats-Unis, les relevés de dizaines de millions d’abonnés.

Le journal a eu accès à l’ordonnance secrète, datant du 25 avril, du tribunal fédéral relatif au renseignement étranger (Foreign Intelligence Surveillance Court, FISC, un organisme créé par le Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) de 1978) des Etats-Unis, qui donne à la NSA un accès illimité aux données concernées, pour une période comprise entre le 25 avril et le le 19 juillet. Les données comprennent le lieu, la date et la durée des appels nationaux et internationaux, ainsi que les numéros de téléphone qui y ont participé. L’agence n’a, en revanche, pas connaissance du contenu des conversations.

PRATIQUES INCHANGÉES

La surveillance massive des citoyens américains qui avait marqué l’ère Bush après le 11-Septembre semble ainsi avoir perduré à grande échelle sous l’administration Obama, observe le Guardian. Barack Obama avait promis de renforcer le contrôle sur les écoutes téléphoniques sans mandat. Dans la pratique, il a conservé le programme mis en place par l’administration Bush, avec la coopération des compagnies de téléphone. Mais il a renforcé le contrôle du Congrès sur la loi qui régit la collecte de renseignements (Foreign Intelligence Surveillance Act).

Quant au Patriot Act (la loi antiterroriste, votée en octobre 2001 dans la foulée des attentats du 11-Septembre, elle a été reconduite en mai 2011 sans modification et Barack Obama l’a promulguée sans sourciller. Le ministère de la justice a néanmoins tenté d’en atténuer les dispositions les plus contestées dans ses décrets d’application.

Un nouveau scandale menace de faire dérailler pour de bon le second mandat de Barack Obama.

Le dossier risque de faire d’autant plus de remous, que tous les utilisateurs sont visés, sans distinction. D’ordinaire, relève le journal, les décisions du FISC ciblent des sujets soupçonnés d’être liés à des groupes terroristes, des agents de pays étrangers, ou des groupes d’individus identifiés.

Interrogés à ce sujet, la NSA et Verizon impliqué se sont abstenus de tout commentaire. « On ignore si Verizon est le seul fournisseur visé par ce type d’ordonnance, mais de précédents comptes rendus laissaient entendre que la NSA avait recueilli les relevés téléphoniques de tous les principaux réseaux mobiles », souligne le journal. Difficile également de savoir si l’ordonnance, qui court sur 3 mois, relève d’une décision ponctuelle ou s’avère la dernière d’une longue série.

Un expert, mentionné par le Washington Post, assure que ce type de requête, renouvelée tous les 90 jours, existe depuis 2006 sans pour autant être lié à une quelconque enquête du FBI ou de toute autre agence de renseignement.

FISC et FISA : la Foreign Intelligence Surveillance Court (FISC) est un organisme créé par le Foreign Intelligence Surveillance Act (FISA) de 1978, qui décrit les procédures des surveillances physiques et électronique, ainsi que la collecte d’information sur des puissances étrangères soit directement, soit par l’échange d’informations avec d’autres puissances étrangères. Elle a été amendée par le USA Patriot Act, une loi antiterroriste qui a été votée par le Congrès des Etats-Unis et signée par George W. Bush le 26 octobre 2001.

Voir enfin:

Palme du cœur

L’amour et le sexe entre filles filmés par Kechiche : bouleversant

Rue 89

Olivier De Bruyn | Journaliste

23/05/2013

Le mariage pour tous, au Festival de Cannes, est célébré en grande pompe sur les écrans de la compétition. Après « Ma vie avec Liberace », de Steven Soderbergh où Matt Damon et Michael Douglas campent un couple gay sous les paillettes kitsch du Las Vegas des années 70, c’est au tour des filles entre elles d’aimanter le regard dans « La Vie d’Adèle, chapitre 1 et 2 », le nouveau Abdellatif Kechiche (sortie prévue le 9 octobre 2013).

Chamboulement des corps et des âmes, le cinéaste de « La Graine et le mulet » prend tous les risques et sidère. C’est un film important, bouleversant, subtil, gonflé et beaucoup d’autres choses encore.

Portrait de femme

« Le Bleu est une couleur chaude » de Julie Maroh

Libre adaptation du « Bleu est une couleur chaude », la bande dessinée de Julie Maroh, le film suit au plus près, en trois heures de temps balisées par de brutales ellipses, quelques années dans la vie d’Adèle, une jeune femme de Lille, d’abord lycéenne, puis institutrice.

Chapitre un et deux, comme ceux d’une fin d’adolescence et d’une entrée dans la discutable et normative vie adulte.

Premier temps : Adèle, dans sa classe littéraire, se passionne pour les livres et pour les garçons. Elle éprouve son âge des possibles sous les yeux de ses parents, de ses profs, de ses copines et se débat sans même s’en apercevoir contre les usages et les conformismes venus de partout.

Amour caché

Elle rencontre un jeune type qui l’aime, couche avec lui, mais quelque chose cloche. Quelque chose cloche, parce qu’Adèle, un jour, a croisé une fille dans la rue, les cheveux teints en bleus, enlacée à une autre jeune femme, et qu’elle ne s’est pas remise de cette apparition et d’un regard furtivement échangé.

Adèle ne se lasse pas de cette image et de ce souvenir entêtant. Le jour, il habite ses pensées confuses et, la nuit, hante ses songes érotiques ardents. Bientôt, Adèle parcourt les bars gays et lesbiens de la ville et retrouve celle qu’elle cherche. Elle, c’est Emma, étudiante aux Beaux-Arts, tempérament irréductible et identité sexuelle assumée.

Les deux jeunes femmes entament leur histoire, douce et tumultueuse, sensuelle et nécessaire, unique et violente. Passé le prologue de ce long film qui passe si vite, premier et second temps de la fiction raconteront (entre autres) leur amour, dont il ne faut rien dire.

Soubresauts et agitation

Dans son nouveau film, Abdellatif Kechiche, non content de signer l’un des plus beaux portraits de femme vus ces dernières années au cinéma, aborde et creuse une quantité invraisemblable de thèmes, sans jamais s’abîmer dans la démonstration et la leçon de choses.

Fidèle à sa manière réaliste qui excelle comme aucune autre dans le cinéma français contemporain à enregistrer les soubresauts de l’existence et l’agitation intérieure, le cinéaste de « L’Esquive » interroge la question du genre et de la « conformité », de l’identité sexuelle et de ses ambiguïtés, du déterminisme social et des frontières qu’il impose.

Sus au discours

La puissance du film, comme celle de toute œuvre majeure, repose sur sa mise en scène, son art si subtil de donner à voir et à éprouver plutôt que d’expliquer et de souligner les intentions.

Dans ce film d’une richesse et d’une sensibilités inouïes, Kechiche ne perd jamais le fil essentiel de son récit : l’histoire d’amour entre ses deux héroïnes, incarnées (le mot est vraiment approprié) par une débutante surdouée (Adèle Exarchopoulos) et une moins débutante admirable (Léa Seydoux).

L’amour, bien sûr, est aussi et surtout une affaire de corps et d’attraction physique. Ce que le cinéma ne sait et ne veut que trop rarement regarder en face… Abdellatif Kechiche, lui, sans jamais céder au bluff, au voyeurisme ou à la performance, sait et veut.

Du coup, si l’on ose dire, le cinéaste, en toute cohérence avec son projet, filme avec une intensité fiévreuse les deux filles qui font l’amour, au lit et ailleurs, et n’en peuvent plus d’avoir toujours envie de recommencer et de jouir, dans toutes les positions.

Ces scènes, capitales et indispensables au récit, ne manqueront pas de beaucoup faire parler d’elles, puisqu’il est rarissime que le « cinéma traditionnel » montre « pour de vrai » le sexe, sans faux semblants ni pudeur hypocrite. Espérons qu’elles feront parler d’elles en bien, car « La Vie d’Adèle, chapitre 1 et 2 » – en rien pour l’anecdote – fait accomplir un pas de géant au cinéma hors X sur la question capitale de la représentation du sexe à l’écran.

Une raison supplémentaire pour le jury cannois, que l’on n’espère non contaminé par le puritanisme émanant des œuvres complètes de son président Steven Spielberg, de célébrer ce film comme il se doit. A défaut de palme d’or, Abdellatif Kechiche a de toute façon déjà gagné la palme du cœur.

3 Responses to Chine: Bienvenue au pays où la religion est interdite aux moins de 18 ans (No religion, please, we’re Chinese!)

  1. […] ne pas voir, face cette fois-ci à l’autre "petite frappe" de la planète actuelle et sous couvert du sacro-saint politiquement correct, la même lâcheté […]

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  2. […] ces temps où, coup sur coup, les parangons de liberté tant de Moscou que de Pékin se paient le luxe de faire la leçon au supposé chef de file du Monde […]

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