Etoile jaune/71e: Les étoiles ne sont pas toujours belles (From Muslim dhimmi hoods and belts to medieval wheels and Nazi yellow badges)

Les étoiles ne sont pas toujours belles, elles ne portent pas toujours bonheur, les étoiles ne sont pas toujours belles quand on les accroche sur le cœur. Hugues Aufray (1968)
Qui a vu le crapaud traverser une rue ? C’est un tout petit homme, une poupée n’est pas plus minuscule. Il se traîne sur les genoux : il a honte, on dirait…? Non ! Il est rhumatisant. Une jambe reste en arrière, il la ramène ! Où va-t-il ainsi ? Il sort de l’égout, pauvre clown. Personne n’a remarqué ce crapaud dans la rue. Jadis personne ne me remarquait dans la rue, maintenant les enfants se moquent de mon étoile jaune. Heureux crapaud, tu n’as pas l’étoile jaune. Max Jacob (Amour du prochain, au curé de Saint-Benoit, Drancy, 1944)
On ne m’ôtera pas de l’idée que, pendant la dernière guerre mondiale, de nombreux Juifs ont eu une attitude carrément hostile à l’égard du régime nazi. Il est vrai que les Allemands, de leur côté, cachaient mal une certaine antipathie à l’égard des Juifs. Ce n’était pas une raison pour exacerber cette antipathie en arborant une étoile à sa veste pour bien montrer qu’on n’est pas n’importe qui, qu’on est le peuple élu … Pierre desproges (On me dit que des Juifs se sont glissés dans la salle ?, 1968)
Chez les Chrétiens, le jaune signifiait aussi trahison : Judas est représenté avec une robe jaune ainsi que les Juifs. Vers la fin du Moyen Age, le jaune est lié au désordre, à la folie : les bouffons et les fous sont habillés en jaune (le nain jaune). Le jaune est associé à Lucifer, au soufre, et aux traîtres. Paradoxalement il correspond aux maris trompés alors qu’originellement il indiquait le trompeur. Mémoire juive et éducation
Des pressions païennes formidables vont s’exercer sur nous-mêmes et sur nos familles pour tenter de nous entraîner à une soumission passive à l’idéologie totalitaire. Si l’on ne parvient pas tout de suite à soumettre nos âmes, on voudra soumettre tout au moins nos corps. Le devoir des chrétiens est d’opposer à la violence exercée sur leur conscience les armes de l’Esprit. Pasteur André Trocmé (1940)
Suivant une légende populaire, le roi Christian X portait une étoile jaune afin de montrer son soutien envers les Juifs danois durant l’occupation nazie du Danemark. Dans une autre version, c’est la population du Danemark qui décida de porter une étoile jaune pour la même raison. Ces deux légendes sont pure fiction. Cependant, cette légende est basée sur une vérité historique importante : le roi et la population danoise apportèrent leur soutien à leurs concitoyens juifs et jouèrent un rôle crucial dans les opérations de sauvetage qui permirent à la grande majorité d’entre eux d’échapper à la persécution nazie et à la mort. USHMM (courtesy of Leo Goldberger)
A côté des Justes, de nombreux Français se montrèrent solidaires envers les Juifs en portant l’étoile jaune par choix citoyen, avec la mention Zazou, Auvergnat, Bouddhiste, Papou, etc. Arrêtés et mis dans les camps en France, ils ne furent pas déportés. C. Gruat et C. Leblanc reviennent sur les parcours de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants. (Résumé de « Amis des Juifs: les résistants aux étoiles« , Cédric Gruat et Cécile Leblanc)
C’est exceptionnel dans l’Ouest de la France, et grâce à un réseau de femmes et d’hommes, Juifs et Français, entre Paris et la Vendée. Il a fallu que s’écoulât un demi-siècle pour que la conspiration du silence qui a permis d’héberger dans des familles d’accueil ces enfants à Chavagnes soit brisée. Il faut aussi sans doute rapprocher cette solidarité d’une culture de la résistance héritée de la contre-révolution vendéenne, et de l’influence des pères Louis-Marie Baudouin et Jacques Jaunet. Jean Rousseau
Ils furent souvent aidés dans cette tâche par les protestants, qui avaient gardé la mémoire des persécutions passées. Ce n’est pas un hasard si une organisation comme la Cimade fut en pointe dans les opérations de sauvetage, si beaucoup d’enclaves de protection se situaient en pays huguenot.
Dans le sillage de Mgr Saliège, archevêque de Toulouse auteur d’une admirable lettre pastorale lue en chaire, cinq évêques élevèrent une protestation publique au moment des grandes rafles.
Ce qu’on sait moins en revanche, c’est que l’assemblée des évêques fit pression en privé sur Pétain et Laval, avec une relative efficacité. Serge Klarsfeld voit dans ces démarches la cause du ralentissement des déportations à l’automne 1942: «Confronté aux réactions de l’opinion publique en zone libre et aux interventions déterminantes du haut clergé, Vichy s’est vu contraint de freiner sa coopération massive et de refuser de remplir le programme d’octobre 1942 de livraison des juifs», écrit l’auteur de Vichy-Auschwitz. Pourtant proche de Pétain, le cardinal Gerlier mit la «logistique» de l’Eglise à la disposition des réseaux de sauveurs d’enfants: le primat des Gaules sera d’ailleurs fait «Juste parmi les nations» à titre posthume en 1980. «Juste» aussi, l’évêque de Nice, Paul Rémond (oncle de l’historien René Rémond), qui, quoique n’ayant guère protesté au moment des rafles, couvrit, dans les Alpes-Maritimes, les activités clandestines du réseau Abadi, grâce auquel on parvint à sauver 500 enfants. L’Express

Retour, en ce triste 71e anniversaire de l’application (un an après l’Allemagne) du décret de port de l’étoile jaune en France et avec le site « mémoire juive et éducation »….

Sur cette hélas longue tradition, apparemment rapportée des Croisades (des pratiques issues du statut de dhimmi musulman, chrétiens compris) à partir du XIIe siècle d’Innocent III et de Saint Louis et jusqu’au XVIe (XVIIe pour Venise qui nous donnera le mot ghetto), des signes distinctifs juifs (de la rouelle aux couvre-chefs, jaunes pour la trahison) pour éviter officiellement les mariages avec les chrétiens  …

Qui, redépoussiérée par les nazis au milieu du XXe siècle en Europe et malgré les quelques protestations en France d’une petite minorité (des clergés catholique et protestants, aux descendants des huguenots des Cévennes ou de quelques zazous) ou, derrière leurs élites encore solides (au contraire de la Pologne ou des Pays-Bas qui avaient vu les leurs décimées ou exilées ou plus tard la Bulgarie suite à l’intervention du Grand Moufti de Jérusalem lui-même) comme le roi Christian X du Danemark, de quelques rares pays comme le Danemark justement non affecté, contrairement à la légende, par ladite législation …

Ou les quelques exemptions dument prévues par la loi ou obtenues par relations …

Avait fait regretter au poète juif converti Max Jacob le statut de crapaud  auquel les juifs avaient droit jusque là …

Dernière modification de cette page : 01/22/2012 21:47:24

Le début du port de l’étoile jaune

Clarisse Bouzat, collégienne à Toulouse (31), me demande: «A partir de quand les Juifs ont porté l’étoile?»
Tu ne me demandes pas si c’est en France ou dans le reste de l’Europe. Alors je vais répondre le plus largement possible.
Une autre question : « Bonjour je m’appelle Romain. Je voudrais savoir ce que symbolisait l’étoile jaune que portaient les juifs. »

Au Moyen-Age, il y avait déjà eu des signes distinctifs

En France, en Espagne et en Italie, la loi obligeait les Juifs à porter la «rouelle», un rond jaune, sur la poitrine.
C’est l’Eglise catholique et plus précisément le Pape qui voulait qu’on puisse repérer les Juifs et éviter des unions entre Juifs et Chrétiens.
Le pape Innocent III publie un décret en 1215, lors du quatrième Concile de Latran, ordonnant que les Juifs portent des vêtements différents de ceux des Chrétiens. Il s’agit d’empêcher des mariages entre Juifs et Chrétiens.
Le Concile de Vienne en 1267 qui ordonne le port d’un chapeau particulier, le Judenhut.
En France, c’est Louis IX dit « Saint Louis » qui ordonne en 1269 le port de deux signes jaune l’un dans le dos, l’autre sur le poitrine, à partir de 14 ans.

Pourquoi le jaune ?

Chez les Chrétiens, le jaune signifiait aussi trahison : Judas est représenté avec une robe jaune ainsi que les Juifs. Vers la fin du Moyen Age, le jaune est lié au désordre, à la folie : les bouffons et les fous sont habillés en jaune (le nain jaune). Le jaune est associé à Lucifer, au soufre, et aux traîtres. Paradoxalement il correspond aux maris trompés alors qu’originellement il indiquait le trompeur.


Enluminure sur un manuscrit du Moyen-Age :
vers 1460, un juif allemand porte la rouelle.
Manuscrit Add. 14762, British Library, Londres

Dessin représentant des Juifs allemands,
portant le chapeau juif
Manuscrit Add 662, Universitary Library, Cambridge

En Allemagne, c’est un chapeau que doivent porter les Juifs : le «Judenhut» est imposé par un décret du Concile de Vienne en 1267. C’est un chapeau plat surmonté d’une tige avec une boule comme on le voit très bien sur les armoiries suivantes où trois chapeaux juifs sont représentés.

Vers 1300, en Allemagne,
écu portant trois « chapeaux juifs »
Manuscrit SP II 252, Biblioteca Ambrosiana, Milan


    Mais tout ce marquage des Juifs est abandonné progressivement. Au XVIème siècle, ces vêtements, couvre-chefs et marques de reconnaissance ont disparu partout, sauf à Venise où l’obligation du port du chapeau dura jusqu’à la fin du XVIIIème siècle.
Il faudra le XXème siècle et sa barbarie pour que réapparaissent ces « marques d’infamie » :


En Pologne, dès 1939, pas d’étoile mais un brassard

C’est dès 1939 que les nazis qui ont occupé la Pologne, obligent les habitants à porter, non une étoile, mais un brassard sur lequel il y avait une étoile. L’étoile est un vieux symbole juif : le « Maguen David » ou bouclier de David, probablement l’ancien bouclier des soldats de l’armée d’Israël du temps du roi David :

I. Tous les Juifs et Juives seront obligés de porter un brassard blanc d’une largeur de 10 cm au moins sur la manche droite de leur vêtement ou pardessus, à partir du 1er décembre 1939.II. Les Juifs et les Juives se procureront eux-mêmes les brassards et les revêtiront d’inscriptions correspondantes.

III. 1) Les contrevenants seront punis de prison.
2) Les tribunaux spéciaux sont compétents à cet effet.

IV. Les dispositions d’application seront publiées par le directeur de la section d’administration intérieure.

Cracovie, le 23 novembre 1939.

Signé: FRANK,
Gouverneur Général pour les territoires polonais occupés.

Voici un exemple de cette obligation :

A Cracovie, en janvier 1941 : le dernier wagon du tramway est seul autorisé aux Juifs (pancarte FUR JUDEN).
Ceux qui montent portent le brassard au bras droit.

En Allemagne, dès 1941

Le décret du 19 septembre 1941, obligeait les Juifs à porter sur le côté gauche de la poitrine une large étoile jaune avec le mot « Jude ».

Etoile jaune Voici l’explication de cette mesure par les nazis. On remarque qu’ils inversent tout : ce sont les Juifs qui tenteraient de les « anéantir »… Il est clair qu’il s’agit de séparer les Juifs des autres Allemands et de leur faire payer ensuite leur «responsabilité collective»

« Cette mesure a pour but d’empêcher les Juifs de se camoufler pour tenter d’entrer en contact avec les Allemands. Les batailles de l’Est ont pleinement montré l’infamie des procédés juifs, ainsi que le danger universel que représente pour les peuples libres la politique juive d’anéantissement. Dans ces conditions, on ne peut plus tolérer que des Allemands risquent d’entrer en contact avec des Juifs qui dissimulent leur véritable race. La séparation entre Allemands et Juifs sera réalisée de façon aussi complète que possible dans les circonstances actuelles. Ainsi sera proclamée à la face du monde la responsabilité collective de tous les Juifs pour les abominations commises contre les aryens dans l’Est. Les Juifs du monde entier portent cette responsabilité accablante.»

En France, en Belgique et aux Pays-Bas, en 1942

Celui qui organise la mise en place de l’étoile jaune en France s’appelle Hellmuth Knochen. Cest l’adjoint d’Oberg à partir du printemps 1942. Il dirige la mise en place de l’extermination des juifs de France. Son activité, comme le montre la lettre ci-desous s’étend à la Belgique et à la Hollande :

Lettre du SS Knochen annonçant la mise en place de l’étoile jaune :

IV J SA 221 b                      Paris, le 10 mars 1942
Dan / Bir
.Au service de Bruxelles
Sturmbannfuhrer Ullers.

Objet : Insigne distinctif des Juifs.
Référence: Réunion des spécialistes des questions juives à Berlin, le 4 mars 1942.

Ainsi que cela a été convenu à Berlin, il apparaît opportun d’introduire l’insigne distinctif des Juifs, simultanément dans les territoires occupés hollandais, belges et français.

J’ai choisi le 14 mars pour date de la conférence, à laquelle assistera également le spécialiste des questions juives du service d’Amsterdam.

Je vous prie de bien vouloir me donner votre accord, et de m’aviser de la date de votre arrivée.

Signé : Dr KNOCHEN.

La décision est publiée en France le 1er juin 1942. Voici le texte de l’ordonnance :

HUITIÈME ORDONNANCE
du 29 mai 1942 concernant les mesures contre les Juifs

En vertu des pleins pouvoirs qui m’ont été conférés par le Fûhrer und Oberster Befehischaber der Wehrmacht, j’ordonne ce qui suit:§1
Signe distinctif pour les Juifs

I. Il est interdit aux Juifs, dès l’âge de six ans révolus, de paraître en public sans porter l’étoile juive.

II. L’étoile juive est une étoile à six pointes ayant les dimensions de la paume d’une main et les contours noirs. Elle est en tissu jaune et porte, en caractères noirs, l’inscription «Juif». Elle devra être portée bien visiblement sur le côté gauche de la poitrine, solidement cousue sur le vêtement.

§2
Dispositions pénales

Les infractions à la présente ordonnance seront punies d’emprisonnement et d’amende ou d’une ces peines. Des mesures de police, telles que l’internement dans un camp de Juifs, pourront s’ajouter ou être substituées à ces peines.

§3
Entrée en vigueur

La présente ordonnance entrera en vigueur le 7 juin 1942.

DER MlLITÀRBEFEHLSHABER IN FRANKREICH.

Voici les étoiles portées dans ces trois pays :

Etoile portée en Belgique :
Le « J » signifie « JOOD » pour les Flamands
et « JUIF » pour les Wallons
Etoile jaune portée en France.
Etoile portée aux Pays-Bas Etoile portée aux Pays-Bas

Et dans d’autres régions d’Europe :

Etoile portée en Allemagne Etoile portée en Allemagne
Brassard à l'étoile jaune, porté en Croatie. Brassard à étoile, porté en Croatie.

La presse parisienne annonce le port de l’étoile jaune

Le Petit Parisien - Lundi 8 juin 1942
Le Petit Parisien, Lundi 8 juin 1942
Article et caricature L’article, en première page, est accompagné d’une caricature :

« – Je vous parle la main sur le coeur…
– Hum ! Qu’est-ce que ça cache encore ? … »

(Cette caricature veut dire que les Juifs sont dissimulateurs, se cachent pour monter de sales coups. Grâce à l’obligation du port de l’étoile jaune, ils ne pourront plus se cacher)

Tous les juifs
quelle que soit leur nationalité
portent depuis hier
l’étoile de David
     C’est à partir d’hier dimanche que le port de l’insigne jaune devenait obligatoire pour les juifs.
On en avait déjà aperçu quelques-uns vers la fin de la semaine précédente. Mais la plupart des israélites avait attendu l’échéance exacte pour se conformer à cette prescription.
Cette première journée fournit à la plupart des Français un sujet d’étonnement et, espérons-le,  de méditation : à savoir le nombre considérable – et qu’ils ne soupçonnaient pas jusqu’alors – des juifs dans certains quartiers. Sans parler des quartiers Saint-Paul, Saint-Antoine, Mouffetard, Lancry, Porte-Saint-Denis ou Clignancourt, déjà connus comme comptant une forte densité israélite, on put constater une éclosion inatendue d’étoiles de David dans des arrondissements chics tels que les Ternes, Passy et Auteuil. On en vit aussi pas mal à Longchamps.
Précisons que cette décision est d’ordre général et qu’elle concerne tous les juifs, quelle que soit la nationalité dont ils croiraient pouvoir se réclamer. L’étoile de David, qui n’est nulelment un signe de dérision, mais un symbole racial, doit être portée découpée et cousue solidement, de façon apparente, sous peine de sanctions graves.
Le journal collaborateur Le Petit Parisien, du Lundi 8 juin 1942, annonce, en première page, l’obligation du port de l’étoile jaune.
Le journaliste collaborateur, qui ne signe pas son article, se réjouit de cette obligation qui permet, selon lui, de repérer les Juifs qui se cachaient dans des quartiers populaires de Paris, mais aussi dans des quartiers chics. Il insiste sur l’obligation faite à tous les Juifs, même ceux qui ont la nationalité française. Pour lui, un Juif ne peut pas être vraiment un Français ; on voit cela dans l’expression qu’il emploie : « quelle que soit la nationalité dont ils croiraient pouvoir se réclamer ». Pour lui, les Juifs « croient » être français et se « réclament », toujours à tort, de cette nationalité.

Sur les réactions à ce port obligatoire, voir la page La déportation dans le département de l’Aisne : repérer et humilier, avant d’arrêter

Bibliographie :

  • Léon Poliakov, L’étoile jaune, Editions Grancher, 1999
  • Thérèse et Mendel Metzger, La vie juive au Moyen-Age, Editions Vilo, Paris, 1982
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La Resistance Danoise

US Holocaust memorial museum

Peu après le début de l’occupation allemande du Danemark le 9 avril 1940, le gouvernement danois signa un accord dans le cadre duquel le gouvernement et l’armée du pays restaient sous contrôle danois. Seul le ministère des affaires étrangères fut transféré aux Allemands. Pendant plusieurs années, les Juifs danois continuèrent à vivre dans une relative tranquillité. Chaque fois que le spectre d’une législation anti-juive et de la persécution des Juifs était soulevé par les Nazis, le public exprimait fortement son opposition. La position forte adoptée par le peuple danois et par son gouvernement sur cette question, associée au nombre relativement faible de Juifs danois, persuada les Allemands de reporter la « question juive » au Danemark jusqu’après la victoire.

Le status quo changea notablement en août 1943. Les opérations de la résistance danoise et juive avaient pris de l’ampleur et les Alliés gagnaient du terrain sur les Allemands. Lorsque le gouvernement danois démissionna plutôt que d’accepter les exigences des Nazis, le commandant militaire allemand déclara un état d’urgence et lança rapidement une opération pour déporter les Juifs danois vers des camps d’extermination. En réponse, le peuple danois lança un effort national de sauvetage, faisant passer les Juifs en contrebande vers des cachettes ou les transportant dans des bateaux de pêche vers la Suède, où ils seraient en sécurité. Tout d’abord spontanée et désorganisée, la résistance danoise mit rapidement au point ses opérations de sauvetage.

Pendant ce temps, le roi Christian X continuait d’exprimer de fortes objections aux plans de déportation allemands ; il joua un rôle crucial en apportant un support moral visible et son encouragement à ses compatriotes. Les universités fermèrent leurs portes pour permettre aux étudiants de participer aux efforts de sauvetage. Depuis leurs chaires, les membres du clergé danois encourageaient leurs congrégations à aider les Juifs. La police danoise refusa de coopérer avec les Nazis pour ce qui était des arrestations et des déportations. En fin de compte, les Allemands parvirent à arrêter environ 500 Juifs qu’ils déportèrent vers Theresienstadt, un ghetto et camp de concentration de Tchécoslovaquie. Même alors, le peuple danois réussit à envoyer de la nourriture et des provisions à ses compatriotes juifs. Il est fort probable que c’est cet intense intérêt public qui sauva les Juifs danois de Theresienstadt d’un transfert vers Auschwitz et une mort imminente.

L’histoire de l’unification du peuple danois dans un effort de résistance pacifique aux Nazis représente un chapitre unique dans l’histoire de l’Holocauste. Aujourd’hui, les expositions permanentes à Yad Vashem en Israël et au Musée mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis comprennent toutes deux un bateau de pêche danois original ayant servi à amener des Juifs en lieu sûr.

Bateau de sauvetage danois

Bateau de sauvetage danois

USHMM Photo Archives

(#89222-1)

Ce bateau, nommé « Sunshine » (et précédemment nommé « Lurifax »), fut utilisé durant la seconde guerre mondiale pour transporter des réfugiés danois du Danemark, occupé par les Allemands, vers la Suède, un pays neutre. Il fait actuellement partie de l’Exposition permanente du Musée mémorial de l’Holocauste des Etats-Unis.

Voir encore:

La face cachée de l’étoile jaune

11 décembre 2011

Au service de la police anti-juive

PQJ (Police aux questions juives), SEC (Section d’enquêtes et de contrôle du Commissariat général aux questions juives), troisième section des renseignements généraux, service spécial des Affaires juives à la direction de la police judiciaire de la Préfecture de police…

Les policiers français seront très actifs aux côtés du service IV-B de la Sipo SD (Sicherheitspolizei/Sicherheitsdienst). (1)

Un service constitué de  » volontaires avides de chasse au Juif, grisés par leur énorme pouvoir et irrésistiblement séduits par les multiples possibilités d’enrichissement crapuleux », écrira Georges Wellers, dans  » Un Juif sous Vichy « . (2)

Parmi eux, André Haffner, directeur de la SEC, qui employait de nombreux indicateurs.

 » Des israélites que l’on arrêtait, puis que l’on relâchait à condition qu’ils « donnent » des affaires. Quand ils avaient ainsi permis l’arrestation de tous leurs coréligionnaires de leur quartier, on les envoyait à Drancy à leur tour  » : la méthode est donnée dans ce témoignage accablant qui figure dans le rapport de l’officier de police Jacques Delarue, en juillet 1957, devant le Tribunal des Forces Armées de Paris. (3)

Dans sa déposition, en octobre 1946, Kurt Schendel, ancien secrétaire du service de liaison de l’UGIF, fait également allusion aux pratiques de Robert Jodkun, de la Sipo-SD, qui  » avait à sa solde des indicateurs, hommes et femmes « . (4)

Une liste de 32 personnes sera fournie lors de l’interrogatoire de l’inspecteur Henri Jalby, recueilli dans le cadre de la même commission rogatoire. Plusieurs indicateurs sont Juifs. (5)

Ainsi, Serge Epstein, qui aurait  » fait arrêter des centaines de ses coréligionnaires « , affirme Jalby en précisant que cet indicateur du sous-officier Schmit, de la rue des Saussaies,  » était autorisé par lui

à sortir sans étoile « .

Le 30 novembre 1942, Epstein s’était d’ailleurs vu accorder une exemption d’étoile jaune par Röthke.

Serge Epstein se prénommait en réalité Samuel. (6)

Une fiche du camp de Drancy du 22 janvier 1944 signale son internement, pour  » services rendus à la Gestapo » mais on ne trouve nulle trace de sa déportation. Trafiquant d’or, il aurait réalisé une fortune  » de plus d’un million de francs  » affirmait Jalby dans son interrogatoire.

Autre personnage très impliqué, exempté d’étoile : Maurice Lopatka. (7)

Né à Varsovie le 7 juin 1883, Moszek Lopatka est considéré par Léon Poliakov comme le  » plus terrible des informateurs juifs, employé par les services anti-juifs tant allemands que français. Responsable de l’arrestation de centaines de juifs qu’il faisait chanter avant de les dénoncer pour toucher des deux côtés « . (8)

Une accusation que l’on retrouve dans l’interrogatoire par la commission d’épuration, d’Alfred Jurgens, ce traducteur alsacien, détaché aux Affaires juives de la Gestapo :

 » Vous connaissez Lopadka ? « 

Réponse :  » C’est un sale juif, dénonciateur de centaines de ses coréligionnaires « . (9)

Arrêté par les FFI à la Libération de Paris, détenu dans la prison clandestine de la villa Saïd

(ancienne résidence de Pierre Laval, transformée en centre de détention), il sera transféré à Fresnes et fusillé. (10)

Six autres exemptions

Six autres exemptions d’étoile seront demandées par Röthke pour des juifs travaillant avec la police anti-juive. Elles concernent :

Roger Nowina, 47 ans, les frères Robert et Claude Lambert, 43 et 42 ans, Gaston Naxara, 35 ans, et deux femmes, Hildegard Bergmann, 20 ans, et Camille Wilenski, 44 ans. (11)

Les frères Lambert, épiciers, seront déportés avec leurs familles, par le convoi n°62, du 20 novembre 1943.

Marianne-Sarah Lambert, née Maus, épouse de Claude, avec ses enfants Gérard, Francine et Jean-Pierre, mais aussi Suzanne Lambert, née Bloch, épouse de Robert, avec ses enfants, Michel et Jacques.

Daniel Lambert, le père de Claude et Robert, fut arrêté le 4 décembre 1943, et déporté par le convoi n° 63, du 17 décembre. Aucun ne revinrent.

Quant à Hildegard Bergmann, secrétaire allemande (née à Fürth en Bavière), domiciliée 78, rue Beaubourg, dans le 3e arrondissement, elle sera déportée à Auschwitz par le convoi n° 55, du 23 juin 1943, mais sera libérée du camp de Ravensbruck, en mai 1945, par l’armée américaine. Elle sera de retour à Paris le 11 juin 1945. (12)

Signalons aussi l’exemption accordée à l’indicateur Eduard Laemle, né à Bône (Algérie). En février 1944, Röthke demandera son arrestation mais en mars, il présente des papiers prouvant son appartenance à  » la race aryenne « . (13)

(1) Des liens mis en évidence par Jean-Marc Berlière, dans  » Les policiers français sous l’Occupation  » (Perrin, 2001) et par Maurice Rajsfus, dans  » La police de Vichy  » (Le Cherche Midi, 1995).

(2) Georges Wellers :  » Un Juif sous Vichy  » (Tiresias, 1991), p. 59.

(3) CDJC-DXL VI-73 Rapport de 25 pages de l’officier de police Jacques Delarue, du 11 juillet 1957.

André Haffner (1909-1987), ancien avocat à Tunis, sa ville natale, sera administrateur de Tunis Journal, directeur éditorialiste de Radio-Tunis où il invite chaque jour la population à collaborer. Evacué par avion par les Allemands le 13 mai 1943, il se réfugie en Italie et arrive à Paris. Le 1er juin, il entre à la SEC où il sera directeur du 1er novembre 1943 au 30 mai 1944. Condamné à mort par contumace par la Cour de justice de la Seine le 3 novembre 1949. Se rend en février 1955 après 10 ans de cavale. Sera acquitté en 1956 par le Tribunal des Forces Armées de Paris.

(4) CDJC-XCVI-56 bis Déposition du 7 octobre 1946 de Kurt Schendel, ancien secrétaire du service de liaison de l’Union générale des israélites de France (UGIF), impliquant Joseph Antignac, Robert Jodkun, Franz Schmid, Henri Jalby, Lucien Knabel, MM. Goepfert et Juergens pour leur collaboration durant l’occupation allemande, établie auprès de René Seyvoz, commissaire de police à la direction des Renseignements généraux.

(5) CDJC-XCVI-61 Déposition du 15 octobre 1946 d’Henri Jalby, ancien inspecteur à la Police des questions juives, impliquant plusieurs personnes ayant dénoncé et fait arrêter des personnes juives, établie auprès de René Seyvoz, commissaire de police à la direction des Renseignements généraux.

(6) CDJC-XXVa-179 Exemption accordée jusqu’au 15 septembre 1942, prolongée jusqu’au 31 décembre. Samuel Epstein est né en Russie le 20 mai 1888.

Epstein recevra également une  » autorisation de voyager pour se procurer les documents nécessaires concernant son ascendance « , ce qui facilitait ses activités.

(7) CDJC-XXVa-189 Certificat du 24 juillet 1942, signé par Röthke. Exemption jusqu’au 31 août 1942, prolongée par trois fois jusqu’au 3 avril 1943.

(8) Léon Poliakov :  » L’Etoile jaune – La Situation des Juifs en France sous l’Occupation – Les Législations nazie et vichyssoise  » (Editions Grancher, 1999), p. 70.

(9) Archives de la Préfecture de police de Paris. Dossier d’épuration n° KB 59.

(10) Jean Bocagnano :  » Quartier des Fauves, prison de Fresnes  » (Editions du Fuseau, 1953) p. 83-84.

(11) CDJC-XXVa-165 et 166.

CDJC-XXVa-206 : l’exemption de Camille Wilenski sera renouvelée quatre fois jusqu’au 31 août 1943.

(12) Documentation de l’ITS (International Tracing Service, Croix-Rouge, Arolsen)

(13) CDJC-XXVa-183 Trois documents du 15 mai 1943 au 14 mars 1944.

CDJC-VI-140 Laemle fait partie d’une liste de personnes, anciens combattants, qui font l’objet d’une demande de remise en liberté, en avril 1942, suite à leur internement à Drancy et Compiègne.

Voir enfin:

BADGE:

JewishEncyclopedia.com

Mark placed on the dress of Jews to distinguish them from others. This was made a general order of Christendom at the fourth Lateran Council of 1215. At the instigation of Innocent III., the decision of the Council ordered the Jews, in the following terms, to bear a Badge:

« Contingit interdum quod per errorem christiani Judæorum seu Saracenorum et Judæi seu Saraceni christianorum mulieribus commisceantur. Ne igitur tam damnatæ commixtionis excessus per velamentum erroris hujusmodi, excusationis ulterius possint habere diffugium, statuimus ut tales utriusque sexus in omni christianorum provincia, et omni tempore qualitate habitus publice ab aliis populis distinguantur. »

From this it would appear that the motive of the order was to prevent illicit intercourse between Jews and Christian women; but it is scarcely doubtful that this was little more than a pretext, the evidence of such intercourse being only of the slightest (see Abrahams, « Jewish Life in the Middle Ages, » pp. 93-95). It was no doubt the general policy of the Church to make a sharp line of demarcation between the true believer and the heretic; and the Badge came as the last stage in a series of enactments in the twelfth century, intended to prevent social relations between Jews and Christians, the chief of these being the prohibition of Christians becoming servants of the Jews. The Badge had a most deleterious effect upon their social relations; and the increasing degradation of the position of Jews in Christendom was due in a large measure to this outward sign of separation, which gave the official stamp of both Church and state to the discrimination of social status against the Jew. The idea of such a discrimination seems to have been derived from Islam, in which the dress of the Jews was distinguished by a different color from that of the true believer as early as the Pact of Omar (640), by which Jews were ordered to wear a yellow seam on their upper garments (D’Ohsson, « Histoire des Mogols, » 1854, iii. 274). This was a distinct anticipation of the Badge. In 1005 the Jews of Egypt were ordered to wear bells on their garments and a wooden calf to remind them of the golden one (S. Lane-Poole, « History of Egypt, » 1901, vi. 126). Later on, in 1301, they were obliged to wear yellow turbans (ib. pp. 300, 301). It may have been some sort of retaliation for a similar restriction placed upon the Christians in Islam, since the order of the Council applied to Saracens as well as to Jews.

Badges on Garments of Jewish Priests: According to the « Bible Historiale de Pierre Comestor, » 14th Century.(From « Revue des Etudes Juives. »)Badges and Hats Worn by Jews. From the « Bible Historiale de Pierre Comestor, » 14th Century.(From « Revue des Etudes Juives. »)In France.

The most usual form in which the Badge appeared was that of a ring sewn on the upper garment and of a different color to it. This was called « the wheel » (Latin, « rota »; French, « roue, rouelle »), and was the distinguishing mark used in the Romance countries, France, Italy, and Spain. This form seems to have existed in the diocese of Paris even before the Lateran Council; for it is mentioned among the synodal statutes of Bishop Eudes de Sully, who died July 13, 1208. After the Lateran Council it was ordered in the whole of ecclesiastical France at the Council of Narbonne in 1227 (« deferant signum rotæ, » Mansi, « Concilia, » xiii., 1186). This was repeated by local councils at Arles 1234 and 1260, Béziers 1246, Albi 1254, Nîmes 1284 and 1365, Avignon 1326 and 1337, Rodez 1336, and Vanves 1368.

The state followed the Church in imposing the Badge upon the Jews in France. Saint Louis published an ordinance to that effect (June 19, 1269); and his example was followed by the kings of Francedown to Charles VI. It was generally made imperative on both sexes; but at times Jewesses had to wear a veil called « orales » or « cornalia. » The age at which it was worn varied from seven years at Marseilles to thirteen at Arles and fourteen at Avignon. It was mainly worn upon the breast.; but during the reign of Philippe le Hardi a second Badge was worn on the back. The color at first ordered was saffron yellow, but under King John it was particolored red and white. The size varied; it was generally about three or four fingerbreadths from one side to the other, the circle of the Badge one finger-breadth in thickness. Under King John it was of the size of the great seal, about 35 mm. in diameter, and in the time of Charles V. as large as 50 mm.

English Jew wearing Tablet-shaped Badge.(From a Cottonian MS. in the British Museum.)

When a Jew was found without the Badge he was fined various sums, ranging from five sous at Marseilles to ten Tours livres under Saint Louis. Charles V. reduced this to twenty Parisian sous. For special reasons and doubtless for payment the Jew was allowed to go without the Badge; but the instances of this permission in France are rare, and generally only for travel. Adding injury to insult, the authorities forced the Jews to pay an annual sum for the use of the badges, and, curiously enough, one finds them left as pledges (« Revue Etudes Juives, » v. 307, 308). When the Jews left the rest of France the wearing of the Badge was still kept up at Avignon, which was under the rule of the popes; and evidence of the Badge is found there as late as 1592.

Spain, Italy, and England.

In Spain the use of the Badge varied in the different kingdoms. Pope Honorius III. gave a dispensation (1219) to the Jews of Castile; whereas James I. in 1228 ordered those of Aragon to wear it. His example was followed by the king of Navarre, and even by the emir of Granada, Ismael Abu-I-Walid (1315-26). The practise of wearing the Badge does not appear to have continued long in Spain. The Council of Zamora, 1313, complains of its not having been put into force; and many instances are given of permission to Jews to discontinue it. In 1371 the ordinances were revived, and a bull of Benedict XIII. (May 11, 1415) insisted upon the Jews carrying a yellow and red Badge, the men on their breast, the women on their forehead.

Italy appears to have been troubled less with injunctions about the Badge than the other parts of Christendom. Throughout the thirteenth century the Badge is only known in Sicily (Zunz, « Z. G. » p. 488); but in the fourteenth and fifteenth centuries local injunctions are found in Venice, Verona, Parma, Rome, Asola, and Genoa. It was known as the « O. » from its shape, and appears to have resembled the form used in France rather than that customary in Spain. In several instances it was accompanied by the pointed hat (see Judenhut); while in Venice the hat entirely replaced the Badge. The age at which it was worn, and the place upon which it was fixed, varied as much as in France; but, as a rule, the former was thirteen years.

In England the form of the Badge varied from that worn in the rest of Europe, at least in later years. It was first imposed upon the Jews in England by Stephen Langton, archbishop of Canterbury, in 1222, and was in the form of a band, two fingers broad and four long. It was at first white, and afterward changed to yellow. In 1274, under Edward I., its shape became that of the Tables of the Law. In Germany the earliest mention of the Badge is in a dispensation accorded to the Jews of Erfurt, Oct. 16, 1294; but it would appear that throughout the fourteenth century the hat was the chief mark of identification used, though the Badge was reintroduced by Emperor Sigismund in 1434 at Augsburg. Similar restrictions are given at Nuremberg, Bamberg, and Frankfort in the middle of the fifteenth century. Here, in almost every case, the Badge was a yellow sign (compare G. Wolf, « Geschichte der Israelitischen Cultusgemeinde in Wien, » p. 68, Vienna, 1861). Schudt, in his « Jüdische Merkwürdigkeiten, » gives facsimiles of those used at Frankfort in the years 1613-16, which vary from 92 to 48 mm.

Other Countries. FORMS of the BADGE worn by MEDIEVAL JEWS1. From the « Green Book » of Barcelona (1335)2. From an illuminated « Revelations » (1500)IN THE NEW YORK PUBLIC LIBRARY.3. From a MS. in the Public Library Hamburg (15th Cent.)4. From a MS. in the Bibliothèque Nationale, Paris (14th Cent.)5. From Kretschmer, « Trachten der Völker » (1500)6. From the « Liber Judæorum » at Manresa (1347)

In Austria it would appear that the hat was the only sign of distinction according to the Council of Vienna, 1267, whereas in Hungary, 1279, the Badge was placed on the left breast. In Poland there is no trace of the Badge, but only of the hat, while in Crete up to the present day some of the houses of Jews were marked with the « O. »

Bibliography:

Ulysse Robert, Les Signes d’lnfamie, Paris, 1891, in which he reproduces the substance of his article in Revue des Etudes Juives, vi. 81-95, vii. 94-102, with insignificant additions. Robert gives full and elaborate references for all the above statements, which summarize his main conclusions.

One Response to Etoile jaune/71e: Les étoiles ne sont pas toujours belles (From Muslim dhimmi hoods and belts to medieval wheels and Nazi yellow badges)

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