Fondation Rockefeller/100e: A quoi sert de gagner tout l’or du monde (From permanent to immediate philanthropy ?)

https://i0.wp.com/media.economist.com/sites/default/files/imagecache/full-width/images/2012/11/articles/main/20130110_wbp006.jpgEt que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme? Jésus (Mattthieu 16: 26)
Il en sera comme d’un homme qui, partant pour un voyage, appela ses serviteurs, et leur remit ses biens. Il donna cinq talents à l’un, deux à l’autre, et un au troisième, à chacun selon sa capacité, et il partit. Aussitôt celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla, les fit valoir, et il gagna cinq autres talents. De même, celui qui avait reçu les deux talents en gagna deux autres. Celui qui n’en avait reçu qu’un alla faire un creux dans la terre, et cacha l’argent de son maître. Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint, et leur fit rendre compte. Celui qui avait reçu les cinq talents s’approcha, en apportant cinq autres talents, et il dit : Seigneur, tu m’as remis cinq talents; voici, j’en ai gagné cinq autres. Son maître lui dit : C’est bien, bon et fidèle serviteur ; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. Celui qui avait reçu les deux talents s’approcha aussi, et il dit: Seigneur, tu m’as remis deux talents; voici, j’en ai gagné deux autres. Son maître lui dit : C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de chose, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître. Celui qui n’avait reçu qu’un talent s’approcha ensuite, et il dit : Seigneur, je savais que tu es un homme dur, qui moissonnes où tu n’as pas semé, et qui amasses où tu n’as pas vanné ; j’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre; voici, prends ce qui est à toi. Son maître lui répondit: Serviteur méchant et paresseux, tu savais que je moissonne où je n’ai pas semé, et que j’amasse où je n’ai pas vanné ; il te fallait donc remettre mon argent aux banquiers, et, à mon retour, j’aurais retiré ce qui est à moi avec un intérêt. Ôtez-lui donc le talent, et donnez-le à celui qui a les dix talents. Car on donnera à celui qui a, et il sera dans l’abondance, mais à celui qui n’a pas on ôtera même ce qu’il a. Et le serviteur inutile, jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Jésus (Matthieu 25: 14 – 30)
Il y avait un homme riche, qui était vêtu de pourpre et de fin lin, et qui chaque jour menait joyeuse et brillante vie. Un pauvre, nommé Lazare, était couché à sa porte, couvert d’ulcères, et désireux de se rassasier des miettes qui tombaient de la table du riche; et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères. Le pauvre mourut, et il fut porté par les anges dans le sein d’Abraham. Le riche mourut aussi, et il fut enseveli. Dans le séjour des morts, il leva les yeux; et, tandis qu’il était en proie aux tourments, il vit de loin Abraham, et Lazare dans son sein. Il s’écria: Père Abraham, aie pitié de moi, et envoie Lazare, pour qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau et me rafraîchisse la langue; car je souffre cruellement dans cette flamme. Abraham répondit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu tes biens pendant ta vie, et que Lazare a eu les maux pendant la sienne; maintenant il est ici consolé, et toi, tu souffres. D’ailleurs, il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d’ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire. Le riche dit: Je te prie donc, père Abraham, d’envoyer Lazare dans la maison de mon père; car j’ai cinq frères. C’est pour qu’il leur atteste ces choses, afin qu’ils ne viennent pas aussi dans ce lieu de tourments. Abraham répondit: Ils ont Moïse et les prophètes; qu’ils les écoutent. Et il dit: Non, père Abraham, mais si quelqu’un des morts va vers eux, ils se repentiront. Et Abraham lui dit: S’ils n’écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand même quelqu’un des morts ressusciterait. Jésus (Luc 16:15-31)
Quand les riches s’habituent à leur richesse, la simple consommation ostentatoire perd de son attrait et les nouveaux riches se métamorphosent en anciens riches. Ils considèrent ce changement comme le summum du raffinement culturel et font de leur mieux pour le rendre aussi visible que la consommation qu’ils pratiquaient auparavant. C’est à ce moment-là qu’ils inventent la non-consommation ostentatoire, qui paraît, en surface, rompre avec l’attitude qu’elle supplante mais qui n’est, au fond, qu’une surenchère mimétique du même processus. (…) un rejet ostentatoire de l’ostentation. Le message est: « Je suis au-delà d’un certain type de consommation. Je cultive des plaisirs plus ésotériques que la foule. » S’abstenir volontairement de quelque chose, quoi que ce soit, est la démonstration ultime qu’on est supérieur à quelque chose et à ceux qui la convoitent. Plus nous sommes riches en fait, moins nous pouvons nous permettre de nous montrer grossièrement matérialistes car nous entrons dans une hiérarchie de jeux compétitifs qui deviennent toujours plus subtils à mesure que l’escalade progresse. A la fin, ce processus peut aboutir à un rejet total de la compétition, ce qui peut être, même si ce n’est pas toujours le cas, la plus intense des compétitions. (…) Ainsi, il existe des rivalités de renoncement plutôt que d’acquisition, de privation plutôt que de jouissance. (…) Dans toute société, la compétition peut assumer des formes paradoxales parce qu’elle peut contaminer les activités qui lui sont en principe les plus étrangères, en particulier le don. Dans le potlatch, comme dans notre société, la course au toujours moins peut se substituer à la course au toujours plus, et signifier en définitive la même chose. René Girard
Depuis la récession, les Américains riches sont à la recherche de nouveaux symboles de prestige, Les yachts, jets privés et villas au bord de la mer sont tellement 2007. Etre assez riche et généreux pour avoir son nom dans la liste « Giving Pledge » pourrait rapidement devenir l’ultime badge de prestige. Robert Franck (Wealth Report)
Richesse oblige is part of American culture. The peer pressure to give is great (for donors large and small), which is what makes US givers three times as generous as Britons. The Giving Pledge has upped that peer pressure and set an expectation that only serious generosity gets you into the new A-list of philanthropy. (…) If these billionaire philanthrocapitalists can follow Gates’s example their giving could be world-changing. The Guardian
In May 14th 2013 it will be 100 years since the birth of the Rockefeller Foundation, with its noble ambition to “promote the well-being of mankind throughout the world”. It soon became the most famous face of a golden age of philanthropy, putting to work the vast wealth of J.D. Rockefeller, its founder, in creating or helping to create many of the great institutions of 20th-century America, from the Red Cross to the University of Chicago, and helping save many millions of lives through its support of research in global public health (such as finding a vaccine for yellow fever) and agriculture (working with Norman Borlaug to bring about the “green revolution” in food productivity in Asia). The centenary comes as Bill Gates and Warren Buffett are ushering in what may be another golden age, both through their huge personal donations and their urging other billionaires to sign a Giving Pledge, promising half of their wealth to good causes. So what might the next century of philanthropy bring? The Rockefeller Foundation should still be around to celebrate in 2113, but the Bill & Melinda Gates Foundation may not be. J.D. Rockefeller established a permanent foundation; all the money given to the Gates Foundation must be spent within 50 years of the death of the last surviving founder (ie, Mr or Mrs Gates). The Gateses and Mr Buffett are part of a growing number of philanthropists who believe that their money will be better used if it is deployed while they are alive or still at least a living memory. The next ten years or so will be particularly important in shaping the future of philanthropy. Just as Rockefeller pursued what he called “scientific philanthropy”, gathering together experts to find answers to big problems, today the Gateses and others expect their giving to overcome some of the world’s most formidable challenges. If this is seen to work, many more successful businesspeople will give do-gooding a try, thinking they can make a difference, too. But if the results are indifferent in the next decade, there will be a strong temptation to dismiss philanthropy as a fad. Completing the eradication of polio in the three countries where it remains and continuing the recent dramatic decline in deaths from malaria will be closely watched litmus tests. Some quick wins for the new philanthropists would also take some of the heat out of the growing anti-rich sentiment around the world. It might even form the basis of a new social contract, in which large differences in personal wealth are tolerated if the rich make a serious effort to give generously and effectively. In Rockefeller’s day, with government still quite small, it was possible to think that a philanthropist could solve big problems on his own. Today, it is clear that solutions will be possible only if do-gooders can work effectively not just with the non-profit sector but also with business and government. Some see philanthropy as providing risk capital for social innovation, able to take the sort of controversial or long-term bets that other providers of finance avoid. The Economist
Il y a cent ans de cela, la Fondation Rockefeller ouvrait ses portes avec pour mission de promouvoir le bien-être de l’humanité partout dans le monde. Aujourd’hui, ce bien-être est de plus en plus lié à notre capacité de préparation et de résistance aux chocs et aux épreuves de notre monde moderne afin d’en ressortir plus fort. Il s’agit d’un objectif crucial pour les villes puisque les gens habitent de plus en plus dans les aires urbaines. Alors que la Fondation entame son deuxième centenaire, nous estimons que les questions de résilience urbaine sont dorénavant d’actualité. Notre objectif pour le défi du centenaire « 100 villes résilientes » est qu’il devienne un tremplin pour des actions de plus grande envergure qui rendront le monde plus résilient. Dr. Judith Rodin (Présidente de la Fondation Rockefeller)
Engagés aux coté des milliardaires américains Bill Gates et Warren Buffett, les plus grandes fortunes américaines se sont récemment engagées à donner la moitié de leurs fortunes à des fins philanthropiques auprès d’organisations caritatives mondiales. Thomas Blard commente cette campagne appelée « The Giving Pledge », un projet lié à la culture américaine de l’entreprenariat. Culturellement, la tradition américaine souligne que s’il faut laisser à ses héritiers suffisamment d’argent pour qu’ils puissent faire ce qu’ils veulent, il ne faut pas trop leur en laisser non plus, au risque qu’ils ne fassent rien. Une position très éloignée de la culture européenne et notamment de la culture française liée à l’héritage et à la transmission des biens. Ainsi, les plus grandes fortunes françaises ont été approchées, parmi lesquelles Arnaud Lagardère et Liliane Bettencourt mais jusqu’à présent ils ont refusé de prendre part au projet philanthropique américain. Terra femina

En ce 100e anniversaire de la création de la Fondation Rockefeller …

Qui voyait, avec le magnat du pétrole et peut-être la plus grande fortune de tous les temps John D. Rockefeller (l’équivalent de 200 milliards de dollars actuels avec sa fameuse Standard Oil – Esso), la naissance de l’universalisme philanthropique américain …

Et aujourd’hui, avec le Giving Pledge de  Buffett et Gates mais toujours sans nos Lagardère et Bettencourt (d’où peut-être le silence gêné de nos médias), un redéploiement de la philanthropie mondiale vers le don immédiat …

Retour, avec The Economist, sur l’avenir de la philanthropie …

Good business?

The future of philanthropy

The Economist

Nov 21st 2012

In May 14th 2013 it will be 100 years since the birth of the Rockefeller Foundation, with its noble ambition to “promote the well-being of mankind throughout the world”. It soon became the most famous face of a golden age of philanthropy, putting to work the vast wealth of J.D. Rockefeller, its founder, in creating or helping to create many of the great institutions of 20th-century America, from the Red Cross to the University of Chicago, and helping save many millions of lives through its support of research in global public health (such as finding a vaccine for yellow fever) and agriculture (working with Norman Borlaug to bring about the “green revolution” in food productivity in Asia).

The centenary comes as Bill Gates and Warren Buffett are ushering in what may be another golden age, both through their huge personal donations and their urging other billionaires to sign a Giving Pledge, promising half of their wealth to good causes. So what might the next century of philanthropy bring?

The Rockefeller Foundation should still be around to celebrate in 2113, but the Bill & Melinda Gates Foundation may not be. J.D. Rockefeller established a permanent foundation; all the money given to the Gates Foundation must be spent within 50 years of the death of the last surviving founder (ie, Mr or Mrs Gates). The Gateses and Mr Buffett are part of a growing number of philanthropists who believe that their money will be better used if it is deployed while they are alive or still at least a living memory.

The next ten years or so will be particularly important in shaping the future of philanthropy. Just as Rockefeller pursued what he called “scientific philanthropy”, gathering together experts to find answers to big problems, today the Gateses and others expect their giving to overcome some of the world’s most formidable challenges. If this is seen to work, many more successful businesspeople will give do-gooding a try, thinking they can make a difference, too. But if the results are indifferent in the next decade, there will be a strong temptation to dismiss philanthropy as a fad. Completing the eradication of polio in the three countries where it remains and continuing the recent dramatic decline in deaths from malaria will be closely watched litmus tests.

A contract for the one percent

Some quick wins for the new philanthropists would also take some of the heat out of the growing anti-rich sentiment around the world. It might even form the basis of a new social contract, in which large differences in personal wealth are tolerated if the rich make a serious effort to give generously and effectively.

In Rockefeller’s day, with government still quite small, it was possible to think that a philanthropist could solve big problems on his own. Today, it is clear that solutions will be possible only if do-gooders can work effectively not just with the non-profit sector but also with business and government. Some see philanthropy as providing risk capital for social innovation, able to take the sort of controversial or long-term bets that other providers of finance avoid.

The next ten years or so will be particularly important

Governments and philanthropists nowadays talk a lot about “partnering” each other. But will the practice of collaboration live up to the rhetoric? A big test will be whether givers concerned about climate change can use their money to shift the focus of politicians towards this long-term threat.

The idea that philanthropists should work with powerful companies will also come in for close scrutiny. It will become clear if companies such as Nike, Pepsico and Unilever are using such partnerships as fig leaves or as the means of driving fundamental changes to their business and the world. Some of the increased interest in social causes by companies stems from their belief that talented members of the generation now entering the workforce want to work for a firm that is about more than money. Will that belief be proved right?

Likewise, high hopes have been expressed about “impact investing”: investing to achieve simultaneously both a financial and a social or environmental gain. The signatories of the Giving Pledge will together take a close look at this form of investment in 2013.

The investment product that may produce a breakthrough is the social-impact bond, which encourages for-profit investment in schemes that promise to save the government money in the long run but tend to involve too much risk for cautious politicians to embrace. The investors in social-impact bonds get paid from the savings that result from the scheme. The first such bond was designed in Britain to support a programme that reduced reoffending by released prisoners, and was largely bought by philanthropists. The idea is now getting the attention of governments around the world, but because of the risks it may need philanthropic impact-investors (willing to lose their money) to step up and buy these bonds if they are to take off as a new asset class.

Giving will also grow increasingly global, as more countries become wealthy and produce more super-rich people. These countries may not copy exactly the sort of philanthropy practised in America, but will instead find ways that fit their own culture. As Messrs Buffett and Gates have discovered on their foreign evangelisation trips, tycoons in the emerging economies are not always as enthusiastic as their American peers about the Giving Pledge. Worried about their spoilt children, they are more likely to be turned on to philanthropy by the example of the Rockefeller family in using its giving to spread its dynastic values across the generations.

The global growth of social media will also transform philanthropy, just as it is changing almost everything else. For example, websites that give donors a direct interaction with an individual or community that needs their money will enhance and encourage giving by people with even relatively small sums to put to work. Even more important, the intended beneficiaries will get the ability like never before to give their feedback to donors, and even to shape how giving works.

In the long term, however, philanthropy’s future will depend above all on the world’s progress in tackling the problems of humanity. At the end of the 20th century a renewed awareness of global poverty and the new threat of climate change led to a shift to those more pressing causes and away from the arts. (“I don’t give to opera houses,” as Mr Gates put it.) If the 21st century ends with climate change seen off, or successfully adapted to, and poverty largely consigned to the history books, thanks in part to the catalytic role of philanthropy, this recent trend itself may be reversed. By 2113, perhaps philanthropy will no longer be focused on basic needs—job done—but on the arts and the other higher things. That would indeed be something to celebrate.

Matthew Bishop: New York bureau chief, The Economist, and co-author of “Philanthrocapitalism: How Giving Can Save the World” (A & C Black)

Voir aussi:

The Giving Pledge Goes Global — Warren Buffett Details America’s Latest ‘Export’

Randall Lane

Forbes

2/19/2013

Ever since Warren Buffett and Bill and Melinda Gates formed the Giving Pledge in 2010, enlisting American billionaires to commit at least half of their wealth to charity, one question has hovered: why did the founders focus solely on domestic fortunes? The reason, Buffett now tells Forbes: “I felt we had our hands full in the U.S.”

That changes later today when the Gates Foundation will announce that the Giving Pledge has expanded its reach globally, starting with 12 non-U.S. signatories from 8 different countries, from the U.K.’s Richard Branson to Malaysia’s Vincent Tan. These new “Pledgers” will swell the group’s total to 105. Buffett credits Bill Gates for the international expansion, likening his frequent globetrotting to a “trade mission”  which has now accelerated the global philanthropic half-life “by a generation.”

It wasn’t originally an easy sell. Shortly after launching the Giving Pledge, Gates and Buffett held group dinners with moguls in countries like China, India and Saudi Arabia, and faced cultural hurdles that ranged from civic modesty to perpetuating family dynasties. Often something was lost in translation. Industrialist Victor Pinchuk, Ukraine’s second-richest person and one of the dozen new Pledgers as of today, tells Forbes that he originally misunderstood the concept’s idea. Specifically, he believed that it contractually required him to give to specific charities or foundations, versus morally binding him to donate at least half his wealth during his lifetime, or at his death, to causes he saw fit.

Pinchuk says that Eli Broad, an early Pledger, corrected his thinking in September at the Clinton Global Initiative, and then Gates sealed the deal at World Economic Forum at Davos last month, via “a very soft” touch, where he conveyed this essence of the pledge and answered any questions the Ukrainian had.

“The decision was already inside me,” says Pinchuk, who Forbes currently estimates is worth $4.2 billion. “Philanthropy is a very important part of my life. In the 21st century, to be seen as a contemporary businessman, solving global problems is as important as making profits.”

Besides Branson (along with his wife, Joan), Pinchuk and Tan, the new Pledgers are: Andrew and Nicola Forrest (Australia), Patrice and Precious Motsepe (South Africa), Hasso Plattner (Germany), Vladimir Potanin (Russia), Azim Premji (India) and John Caudwell, Chris and Jamie Cooper-Hohn, Mo Ibrahim, David Sainsbury (all from the U.K).

Each of these people, according to Buffett, isn’t just committing to what in aggregate totals more than $10 billion of charitable good. The Giving Pledge is less about the financial promise than a public statement meant to inspire others, and a network that compares notes, especially at the group’s annual meeting in May, in order to increase the efficacy of their charitable endeavors.

Buffett says that this group of new Pledgers was specifically responsible for advocating the movement in their respective countries, serving both as role models and recruiters, with the goal of creating local ripple effects. One new Pledger, South Africa’s Mostepe, made the trek to Omaha for a one-on-one with Buffett, telling the Oracle that the Pledge had become increasingly top of mind among the ultra-wealthy of his country. “If we can get to South Africa,” says Buffett, “we can get to a lot of places.”

To that end, Pinchuk says that Gates has already asked him who else from Eastern Europe might also be a candidate. “Frankly speaking, I have some names in mind who potentially will be interested to formally join this,” says Pinchuk. “[Gates and Buffett] will be surprised how many conversations I’ve had from big businessmen in this part of the world.”

The ultimate goal, Buffett adds, is to get the Giving Pledge into every part of the world. “We always hoped that the U.S. would be an example,” says Buffett. “We’ve exported a lot of good ideas from this country.” Representative democracy. Free-market capitalism. If the Gateses and Buffett sign up most of the 1,226 global billionaires that Forbes has identified, perhaps entrepreneurial philanthropy will carry the same all-American connotation.

Voir également:

The Rockefeller Foundation Reflects On Successes, Controversy 100 Years On

David Crary

Huffington Post

05/12/13

NEW YORK — For the richest American family of their era, the goal was fittingly ambitious: « To promote the well-being of mankind throughout the world. »

With that mission, underwritten by the vast wealth of John D. Rockefeller Sr., the Rockefeller Foundation was chartered 100 years ago in Albany, N.Y. For several decades, it was the dominant foundation in the United States, breaking precedent with its global outlook and helping pioneer a diligent, scientific approach to charity that became a model for the field.

It earned the abiding gratitude of many beneficiaries, inspired imitators and – due to its power and influence – became a periodic target of criticism from both right and left.

« They were in a very small group of foundations that practiced idea-based philanthropy as opposed to just charity. They are willing to invest in ideas, » said Bradford Smith, who as president of the New York-based Foundation Center oversees research on philanthropy worldwide.

The next generation of philanthropists would be wise to study the history of the Rockefeller Foundation and its handful of peers, Smith said.

« The new money goes about this as if there wasn’t any history, » he said. « I think there is a lot to learn – what worked, what didn’t work. »

Now dwarfed by the largesse of Bill Gates and other contemporary philanthropists, the Rockefeller Foundation remains ambitious and well-funded, and is increasingly eager to work in partnerships.

It is celebrating its centennial by touting an array of forward-looking projects, ranging from global disease surveillance to strengthening vulnerable cities’ resilience to future calamities. It is also looking back, at a 100-year history replete with triumphs and controversy.

The Rockefeller Foundation played pivotal roles in introducing Western medicine to China, developing a vaccine for yellow fever, combating malaria, establishing prestigious schools of public health, and spreading the lifesaving agricultural advances of the Green Revolution. Recipients of its grants included Albert Einstein, writer Ralph Ellison and choreographer Bill T. Jones.

Still, detractors challenged the foundation’s work. From the left, activists accused it of being a front for U.S. corporate and national security interests. From the right, critics over the years faulted its support for population-control programs and for research by Alfred Kinsey and others into human sexuality.

During the 1930s, the foundation provided some financial support to the Kaiser Wilhelm Institute for Anthropology, Human Heredity, and Eugenics in Germany, which, among other projects, conducted research related to Nazi-backed eugenics and racial studies.

The foundation says that its grants to the institute were focused on straightforward genetic research, and that it cut off support for any projects that veered into social eugenics.

Also during the 1930s, and continuing after the start of World War II, the foundation funded a project to relocate scholars and artists, many of them Jewish, who were losing their positions in Germany under the Nazis.

Even before the foundation was first proposed, there were sharply mixed views about John D. Rockefeller Sr. and the fortune he amassed as the founder of Standard Oil.

Rockefeller was « perhaps the most reviled as well as the most generous man in America » in the early 1900s, according to a just-published history of the Rockefeller Foundation which it commissioned to mark its centennial. The book depicts Rockefeller as America’s first billionaire, with a fortune that today would be worth $231 billion.

On the advice of his inner circle, Rockefeller sought a congressional charter for a foundation that would coordinate his already substantial charitable giving.

Some government officials were suspicious of the endeavor and some newspaper editorialists suggested the project was a cynical effort to improve the family’s checkered image. The measure proposing a charter died in the U.S. Senate, prompting the Rockefellers to turn swiftly to New York state, where lawmakers unanimously approved a charter that was signed into law on May 14, 1913.

It was one of three major, still-operating foundations founded in that era, following the Russell Sage Foundation in 1907 and the Carnegie Corporation in 1911.

Judith Rodin, who has been the Rockefeller Foundation’s president since 2005, noted in an interview that the Rockefeller family started channeling huge sums into philanthropy at a time when the tax code didn’t reward such practices.

« Clearly they were improving their own images, » Rodin said. « But they had strong views that people with that much money should give it back to society. »

She also credited the family with establishing a broad, flexible mandate for the foundation so that its leaders, over the decades, could tackle a wide array of challenges, both in the United States and worldwide.

« We have the luxury and responsibility of picking the big, thorny problems, without worrying about offending governments or our donor base, » Rodin said.

In a summary on its website, the foundation touts the accomplishments of past leaders and staff in taking on those problems. « Through their efforts, » it says, « plagues such as hookworm and malaria have been brought under control; food production for the hungry in many parts of the world has been increased; and minds, hearts, and spirits have been lifted by the work of foundation-assisted filmmakers, artists, writers, dancers, and composers. »

Much the creative work has taken place at the foundation’s Bellagio Center in northern Italy. Maya Angelou and Susan Sontag did some of their writing there, and novelist Michael Ondaatje worked on « The English Patient » while in residence at the center.

Among the foundation’s proudest achievements was the Green Revolution – the nickname for a series of initiatives between the 1940s and 1970s that dramatically boosted agriculture production around the world. The concepts – such as improvements in irrigation, wiser use of fertilizer and pesticides, development of high-yield grains – were pioneered by agronomist and Nobel Peace Prize winner Norman Borlaug, and then spread to other nations via Rockefeller Foundation programs.

After several decades of dominance, the Rockefeller Foundation was overtaken by the Ford Foundation as the nation’s largest.

Now, according to the latest rankings compiled by the Foundation Center, the Rockefeller Foundation is the 16th largest, with total assets of $3.5 billion, compared to $34.6 billion for the Bill & Melinda Gates Foundation. In terms of total giving, the Rockefeller Foundation ranked 39th with gifts of $132.6 million in 2011, compared to more than $3.2 billion given by the Gates Foundation.

Those financial realities have prompted the Rockefeller Foundation to do most of its current work in partnerships, rather than operating solo. Partners have included the Gates Foundation, which Rodin sees as a positive influence on the entire foundation sector.

« It’s forced us to be even more strategic than if we didn’t have it, » she said. « It’s been beneficial for other foundations – it may have catalyzed more collaboration. »

Dwight Burlingame, a professor at Indiana University’s Center on Philanthropy, said such partnerships have become crucial to effective grant-making.

« Foundations need to be more nimble, » he said. « The number of players has dramatically increased – foundations have pushed recipients of their grants into getting more partners, so it’s not a single source. »

The number of foundations in the U.S. and worldwide has surged in recent years, and a new generation of billionaires in Asia and other regions is showing increased interest in philanthropy.

Rodin says the Rockefeller Foundation, in addition to its other projects, is holding conferences for aspiring philanthropists from developing countries to provide advice on effective giving. It’s been a leading proponent of « impact investing » – investments that can spur social and environmental progress as well as earn profits.

« We’ve tried not to be out there hectoring others to become philanthropists, but to be there as a resource for those who do want to give, » she said. « We’d like to help them not make the same mistakes over and over. »

Rodin, who came to the Rockefeller Foundation after serving as the University of Pennsylvania’s first female president, has served as co-chairwoman of the NYS 2100 Commission, an expert panel formed by New York Gov. Andrew Cuomo in the wake of Superstorm Sandy.

The commission’s task – to recommend ways that New York could more effectively respond to and recover from future storms – dovetails with some of the Rockefeller Foundation’s major initiatives of recent years. It has worked in New Orleans and several Asian cities to build resilience in response to super storms and man-made disasters.

Those efforts reflect the overlapping, interconnected nature of many modern-day challenges – climate change, environmental degradation, poverty and food security.

« The problems don’t land in neat packages, » Rodin said. « The problems are more complicated. The world is more networked. We need more partners. »

Voir encore:

Rockefeller Foundation celebrates 100 years

Shanaz Musafer

BBC News

As the Rockefeller Foundation celebrates its 100th anniversary, the head of the philanthropic organisation has warned of the challenges the world faces in the 21st Century.

Judith Rodin says the foundation is working on building greater resilience against unpreventable shocks.

It is also focusing on building more equitable growth, she told the BBC.

US industrialist John D Rockefeller set up the foundation « to promote the well-being of mankind throughout the world ».

Ms Rodin, who has been president of the Rockefeller Foundation since 2005, says over the past century the group has made several enormous achievements which it is proud of.

« We founded the field of public health and brought public health to dozens and dozens of countries around the world, » she says.

She also cites the foundation’s work on the Green Revolution, which started with agriculture development in Mexico in the 1940s and has since spread the research and technology development to other countries, and is credited with saving a billion lives.

‘Thought leadership’

John D Rockefeller made an initial gift to the foundation of $35m in 1913, and it now has an endowment of about $3.6bn.

It may have been the US’s first global foundation, but today the world in which it operates is very different, as there are many more global actors – both other philanthropic organisations and governments.

And of course, Rockefeller (and most other private foundations) is dwarfed in size by the Gates Foundation, which has assets of more than $36bn.

But Ms Rodin says that regardless of a foundation’s size, philanthropy is about being strategic and innovative.

The Gates Foundation is also Rockefeller’s partner in the Alliance for a Green Revolution in Africa, and Ms Rodin says it is a « terrific » partner.

« It’s [about] both thought leadership together as well as resources. Sometimes it’s not only about the money, it’s also about the history and the knowledge and the experience as well as the money, and we often provide that for many of our partners. »

Changing world

Ms Rodin believes there are two « huge fundamental » 21st Century challenges. The first involves building greater resilience.

« What we’ve seen in the last 10 or 15 years, and now occurring at an accelerated pace, is that we can’t predict everything or prevent it, whether it’s the next earthquake or massive flood… or the next financial ripple… or the next rebellion that’s going to shake some region of the world.

« So we’re going to have to learn to absorb those shocks and rebound more quickly and more effectively in the future, and Rockefeller has been doing an enormous amount of work on that resilience. »

The foundation has just launched the 100 Resilient Cities Centennial Challenge.

It will select 100 cities and provide $100m of technical support and resources to build resilience against such future shocks – for instance, by building more robust emergency management systems or improved drainage systems. It will also help cities to try to raise additional money from potential private sector funders to realise their plans.

The second challenge, Ms Rodin says, is to think about how to approach more equitable growth.

« How do we think about livelihoods and jobs and opportunity in a developed world that looks so different than it did 20 years ago? »

To mark its centenary, Rockefeller has chosen as its tagline, « Innovation for the next 100 years », and Ms Rodin says it takes this message very seriously.

She wants Rockefeller to be remembered for being willing to be risk takers, for being disruptors « creating transformational things », for building new fields, and for always betting on people.

It has certainly had some good « bets » pay off in the past, having funded 220 Nobel prize winners, including physicist Albert Einstein and Norman Borlaug, « father of the Green Revolution ».

As Ms Rodin says: « Because in the end, investing in great people with great ideas is what philanthropy should be about. »

Voir par ailleurs:

Les Américains donnent leur fortune, pourquoi ?

Terra femina

Engagés aux coté des milliardaires américains Bill Gates et Warren Buffett, les plus grandes fortunes américaines se sont récemment engagées à donner la moitié de leurs fortunes à des fins philanthropiques auprès d’organisations caritatives mondiales.

Thomas Blard commente cette campagne appelée « The Giving Pledge », un projet lié à la culture américaine de l’entreprenariat. Culturellement, la tradition américaine souligne que s’il faut laisser à ses héritiers suffisamment d’argent pour qu’ils puissent faire ce qu’ils veulent, il ne faut pas trop leur en laisser non plus, au risque qu’ils ne fassent rien. Une position très éloignée de la culture européenne et notamment de la culture française liée à l’héritage et à la transmission des biens.

Ainsi, les plus grandes fortunes françaises ont été approchées, parmi lesquelles Arnaud Lagardère et Liliane Bettencourt mais jusqu’à présent ils ont refusé de prendre part au projet philanthropique américain.

Voir aussi:

La Fondation Rockefeller lance un défi consistant à développer les capacités de résilience de 100 villes dans le monde

— Le défi « 100 villes résilientes » a été annoncé le jour du centenaire de la Fondation

— La fondation investit 100 millions de dollars visant à renforcer les capacités de résilience de plusieurs villes du monde

NEW YORK, 14 mai 2013 /PRNewswire/ — Depuis un siècle, la Fondation a ancré ses investissements dans l’innovation. Aujourd’hui, en tant que leader dans le domaine croissant des actions renforçant les capacités de résilience, la Fondation Rockefeller annonce un investissement de 100 millions $ en faveur de la résilience urbaine dans 100 villes réparties dans le monde entier. Le programme « 100 Resilient Cities Centennial Challenge » va permettre à la Fondation de sélectionner 100 villes dans le monde entier pour les aider à tirer parti de milliards de dollars supplémentaires en financement des infrastructures, à travers un soutien technique et des ressources pour l’élaboration et l’application de plans de résilience urbaine.

Les perturbations et les difficultés d’origine naturelle et humaine sont non seulement plus fréquentes mais elles prennent aussi plus d’ampleur et d’importance. Leurs effets se font ressentir dans tous les domaines et au-delà des frontières. Les villes se révèlent fortement désemparées face à ces désastres qu’elles ne peuvent ni gérer, ni supporter ni surmonter. Ce sont souvent les personnes les plus vulnérables qui sont le plus frappées par ces événements (ex : l’impact des changements climatiques ou les menaces pour la santé publique) car elles manquent de moyens pour les surmonter et elles ont besoin de plus de temps pour s’en remettre, ce qui entrave le quotidien (autrement dit, les revenus) et accroit les inégalités. Ainsi, il est urgent de se concentrer sur les questions de résilience, non seulement pour mieux se préparer aux prochaines catastrophes mais aussi pour améliorer le bien-être des personnes vulnérables et pauvres partout dans le monde.

« Il y a cent ans de cela, la Fondation Rockefeller ouvrait ses portes avec pour mission de promouvoir le bien-être de l’humanité partout dans le monde. Aujourd’hui, ce bien-être est de plus en plus lié à notre capacité de préparation et de résistance aux chocs et aux épreuves de notre monde moderne afin d’en ressortir plus fort », a déclaré le docteur Judith Rodin, Présidente de la Fondation Rockefeller. « Il s’agit d’un objectif crucial pour les villes puisque les gens habitent de plus en plus dans les aires urbaines. Alors que la Fondation entame son deuxième centenaire, nous estimons que les questions de résilience urbaine sont dorénavant d’actualité. Notre objectif pour le défi du centenaire « 100 villes résilientes » est qu’il devienne un tremplin pour des actions de plus grande envergure qui rendront le monde plus résilient ».

En lançant le défi « 100 villes résilientes » à l’occasion de son centenaire, la Fondation Rockefeller invite les villes du monde entier à envoyer leur candidature pour devenir l’une des 100 villes résilientes. Les candidats, soit des représentants municipaux ou des grandes institutions locales, devront fournir une description précise de la manière dont leur ville aborde ou conçoit les aménagements visant à renforcer leurs capacités de résilience, le tout à l’échelle de la ville et en prenant en compte les besoins des personnes pauvres et vulnérables. Le nom des lauréats sera divulgué en trois temps au cours des trois prochaines années. La dernière annonce aura lieu en 2015.

Chaque ville lauréate bénéficiera de trois types de soutien :

Soutien pour créer un plan de résilience en fournissant les outils, l’assistance technique et les ressources nécessaires à son application. La Rockfeller Foundation utilisera son expertise en financements innovants pour aider les villes à accéder aux milliards de dollars de soutien financier potentiel du secteur privé ainsi qu’aux fonds publics, afin de concrétiser leurs projets.

Elle deviendra membre d’un nouveau réseau en cours de création par la Fondation Rockefeller : le « 100 Resilient Cities Network » (le Réseau des 100 villes résilientes) dont le but sera de soutenir les villes membres et de partager de nouvelles connaissances ainsi que les meilleures pratiques relatives aux questions de résilience.

Elle aura les moyens d’engager un responsable en charge des questions de résilience (Chief Resilience Officer, CRO). La création de ce poste constitue une innovation qui permettra de garantir qu’une seule personne au sein du gouvernement local sera en charge du service de coordination des aménagements visant à renforcer les capacités résilientes de la ville. Le CRO pourra notamment superviser l’élaboration d’une stratégie de résilience pour la ville et faire partie, en tant que représentant du Réseau des 100 villes résilientes, d’un réseau de formation réunissant d’autres CRO.

« En tant qu’institution ayant contribué à la création de l’urbanisme, la Fondation Rockefeller poursuit ses travaux en proposant de nouvelles idées relatives aux villes et à la vie en milieu urbain qui répondent aux défis posés par le 21e siècle », a ajouté le docteur Rodin. « Nous espérons que le fait d’investir dans 100 villes du monde permettra de promouvoir davantage ce domaine et qu’en donnant aux villes les moyens d’accéder aux milliards de dollars disponibles pour développer leurs infrastructures nous offrirons aux zones urbaines des perspectives d’avenir et des capacités résilientes accrues pour les 100 prochaines années, et bien plus encore ».

Depuis plus de dix ans, la Fondation Rockefeller est un leader dans le domaine croissant des actions renforçant les capacités de résilience des zones urbaines et rurales. Elle a aidé les pays asiatiques à développer leur capacité de résilience face aux changements climatiques dans les zones urbaines à travers son Réseau dédié au développement des capacités de résilience des villes asiatiques face aux changements climatiques (Asian Cities Climate Change Resilience Network). Elle a aussi investi en Afrique afin de renforcer les capacités de résilience des zones rurales face aux changements climatiques. Elle a également financé un travail complet de planification à la Nouvelle-Orléans après le passage de l’ouragan Katrina. Dernièrement, elle a été à la tête d’une commission créée par le gouverneur de l’État de New York, Andrew Cuomo, après le passage de l’ouragan Sandy. La commission a présenté un plan ambitieux visant à renforcer sur le long terme les capacités de résilience de l’État de New York.

« La Fondation Rockefeller a été un partenaire essentiel dans la reconstruction de la Nouvelle-Orléans », a déclaré Mitch Landrieu, maire de la Nouvelle-Orléans. « Elle est avant-gardiste en matière d’idées et d’actions visant à favoriser les capacités de résilience. Les gouvernements municipaux travaillent en première ligne pour mettre en place une méthode de planification souple. À cet égard, le soutien de Rockefeller en matière d’innovation et de collaboration est à la fois vital et rare. La vision de la Fondation Rockefeller permet véritablement d’aider les villes à entreprendre une démarche proactive qui tient compte des besoins de tous nos concitoyens, favorise la croissance et permet de mieux nous préparer aux défis futurs. Je suis très heureux de présenter la Nouvelle-Orléans comme ville candidate au défi « 100 villes résilientes » lancé dans le cadre du centenaire de la Fondation ».

Chaque ville aura sa propre vision et ses propres besoins en matière d’aménagements favorisant les capacités de résilience, donc chacune aura besoin de ressources différentes. Parmi les actions envisageables en faveur d’une meilleure capacité de résilience des bâtiments, l’on pourrait trouver la construction d’infrastructures de gestion des urgences plus solides, l’installation de systèmes d’alerte complets, ou encore la mise à niveau intégrale des systèmes de drainage afin de faciliter la gestion des déchets solides et des inondations. Les villes pourraient songer à rendre leur système de santé plus réactif ou à mettre en valeur les écosystèmes urbains.

« Nous sommes fiers de voir que la ville de Durban a été à l’avant-garde des efforts déployés afin d’élaborer une stratégie globale visant à renforcer ses capacités de résilience face aux nombreux risques et facteurs de vulnérabilité en constante évolution, que ce soit en matière de changements climatiques, de sécurité des ressources en eau, de recul de la biodiversité ou d’urbanisation rapide », a déclaré James Nxumalo, maire de la ville de Durban en Afrique du Sud qui a récemment accueilli un sommet international sur les changements climatiques. « Que ce soit au niveau de la structure du gouvernement municipal ou de la façon dont les ressources sont allouées, les aménagements favorisant les capacités résilientes de la ville sont maintenant une priorité qui influence toutes les prises de décision et ce, dans tous les secteurs. Nous avons opéré d’importants changements dans le statu quo en seulement quelques années et nous en ressortons beaucoup plus forts. Nous avons découvert que les actions favorisant les capacités de résilience et d’adaptation représentent un véritable parcours, pas une destination. Je suis certain que le défi « 100 villes résilientes », à la fois actuel et vital, lancé par la Fondation Rockefeller, incitera plus de villes à agir ».

Pour de plus amples informations au sujet du défi « 100 villes résilientes » lancé par la Fondation Rockefeller dans le cadre de son centenaire, rendez-vous sur http://www.100resilientcities.org.

SOURCE The Rockefeller Foundation

RELATED LINKS

http://www.100resilientcities.org

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http://www.prnewswire.co.uk/news-releases/la-fondation-rockefeller-lance-un-defi-consistant-a-developper-les-capacites-de-resilience-de-100-villes-dans-le-monde-207339801.html

Voir enfin:

La fondation Rockefeller et la naissance de l’universalisme philanthropique américain

Ludovic Tournès

Critique Internationale

2007

Lorsque Bill Gates a annoncé le 15 juin 2006 son intention de quitter progressivement les affaires pour se consacrer à sa fondation créée six ans plus tôt 1 , cette décision, largement relayée par les médias, a parfois surpris. Son geste n’a fait pourtant que reproduire, à un siècle de distance, celui des grands industriels américains comme Andrew Carnegie (modèle revendiqué par B. Gates) ou John D. R ockefeller, dont les œuvres caritatives s’étaient rapidement transformées en grandes fondations intervenant sur le territoire américain puis dans le monde entier. Leur politique a suscité depuis 30 ans une importante littérature dans laquelle une des ligne s de fracture principale a opposé, au cours des années 1980, deux types d’interprétations : l’une, critique, d’inspiration gramscienne, analysant ces fondations comme des instruments de reproduction de l’hégémonie des élites et, plus largement, comme des o rganisations conservatrices destinées à assurer la stabilité du système capitaliste 2 ; l’autre, plus favorable, mettant l’accent sur leurs réalisations dans les domaines de l’éducation, de la recherche scientifique et du soutien aux activités artistiques 3 . Cette opposition, qui s’est 1 . Statement on Bill Gates’ Transition Plan, 15 juin 2006 [En ligne], Bill and Melinda Gates Foundation ( http://www.gatesfoundation.org/ AboutUs/Announcements/Announce – 060615.htm ) (consulté le 26 avril 2007). 2 . Voir par exemple Robert F. Arnove, Philanthropy and Cultural Imperialism: The Foundations at Home and Abroad , Boston, G. K. Hall, 1980 ; Donald Fisher, « The Role of Philanthropic Foundations in the Reproduction and Production of Hegemony: The Rockefeller Foundation and the Social Science », Sociology ( Journal of the British sociological association) , 17 (2), mai 1983, p. 206 – 233 ; Edward Bermann , The Ideology of Philanthropy: The Influence of the Carnegie, Ford and Rockefeller Foundations on American Foreign Policy , Albany, State University of New York Press, 1983. Cf ., plus récemment, Inderjeet Parmar, « To Relate Knowledge and Action: The Impact of the Rockefeller Foundation on F oreign Policy Thinking during America’s Rise to Globalism, 1939 – 1945 », Minerva , XL (3), 2002, p. 235 – 263. En France, les analyses développées par certains sociologues bourdieusiens s’inscrivent dans ce courant. Cf . par exemple Yves Dezalay, Bryan Garth, « Droits de l’hommes et philanthropie hégémonique », Actes de la recherche en sciences sociales , 121 – 122, mars 1998, p. 23 – 41 ; Nicolas Guilhot, Financiers, philanthropes : vocations éthiques et reproduction du capital à Wall Street depuis 1970 , Paris, Rais ons d’agir, 2004. 3 . Outre les ouvrages écrits par d’anciens officers ou trustees de fondations ( Waldemar A Nielsen, The Golden Donors: An Anatomy of the Great Foundations , New York, Truman Talley Book, 1985 par exemple ), cf ., entre autres, Martin et Joan Bulmer, « Philanthropy and Social Science in the 1920s, Beardsley Ruml and the Laura Spelman Rockefeller Memorial, 1922 – 1929 », Minerva , 19 (3), 1981, p. 347 – 407, et la polémique avec D. Fisher dans Sociology , 18 (4), novembre 1984, p. 572 – 587 ; Ellen Cond liffe – Lagemann, Private Power for the Public Good: A History of the Carnegie Foundation for the Advancement of Teaching , Middletown, Conn., Wesleyan University Press, 1983 ; Robert E. Kohler, Partners in Science: Foundations and Natural Scientists , 1900 – 19 45 , Chicago, University of halshs-00652589, version 1 – 16 Dec 2011 Manuscrit auteur, publié dans « Critique Internationale, 35 (2007) 173-197 » 2 estompée au cours des années 1990, a fait l’impasse sur la question de la motivation des industriels philanthropes : le plus souvent réduite à une stratégie mécanique de reproduction du capitalisme ou bien à une générosité dési ntéressée, elle n’a jamais été considérée comme un problème à part entière . Confronté à l’imposante liste des actions internationales des grandes fondations, de la création du Carnegie Endowment for International Peace en 1910 jusqu’aux 500 millions de dol lars promis par Bill Gates en août 2006 afin d’aider à la mise au point d’un vaccin contre le SIDA, l’historien n’ a – t – il pas d’autre alternative que de prendre au pied de la lettre les déclarations de ces philanthropes agissant « pour le bien – être de l’hum anité », ou de les considérer comme « le cache – sexe » de l’impérialisme américain et l’alibi d’une stratégie de conquête de capital symbolique destinée à faire oublier les conditions douteuses de leur enrichissement ? La réalité est plus complexe. C’est su r ce point que l’on voudrait apporter ici quelques réflexions, en se penchant sur question de l’universalisme américain, que l’on peut définir comme la certitude que ce qui est bon pour les États – Unis l’est également pour le monde entier. L’hypothèse qui s era développée ici consiste à considérer que les grandes fondations, en raison de leur projection internationale précoce, ont été l’un des lieux de cristallisation de cet universalisme. Certes, celui – ci existe avant la création de la grande philanthropie, puisque le discours relatif à la « Destinée manifeste » de ce pays – monde est formulé dès les années 1840 ; mais c’est à partir des années 1890 que les États – Unis possèdent les moyens de leur ambition internationale, et c’est à partir de ce moment que se fo rge dans les nouvelles élites américaines dont la grande philanthropie est l’émanation, un universalisme fondé sur la certitude que les États – Unis portent en eux l’avenir de l’Humanité. Il mûrira entre les années 1890 et l’entre – deux – guerres avant de se ma nifester dans toute sa force après 1945, à la faveur du statut de superpuissance acquis par les États – Unis. C’est dans cette perspective que doit être replacée l’action des fondations. Dès le début du XXe siècle, les plus grandes d’entre elles ont élaboré une politique mondiale liant étroitement la certitude d’incarner l’intérêt général et la volonté de diffuser un modèle américain, comme le montre le cas emblématique de la fondation Rockefeller, qui sera étudié ici. Sa politique s’ancre dans un contexte sp écifiquement américain, qui sera examiné en premier lieu; on analysera ensuite les étapes de la cristallisation de l’universalisme philanthropique, puis la manière dont la fondation Rockefeller construit au cours de l’entre – deux – guerres un important réseau international. Chicago Press, 1991 ; en français, voir Pierre Grémion, Intelligence de l’anticommunisme : le Congrès pour la liberté de la culture à Paris, Paris, Fayard, 1995. halshs-00652589, version 1 – 16 Dec 2011 3 ______________ La matrice progressiste Intérêt public Les grandes fondations philanthropiques (Russel Sage, Carnegie, Rockefeller, Milbank Memorial Fund, Julius Rosenwald Fund, Twentieth Century F und, Commonwealth Fund) sont créées au c ours des deux premières décennies du XX e siècle dans une Amérique en pleine explosion économique. Elles sont d’un côté les produits du capitalisme sauvage car fondées par les grands industriels qui en sont les acteurs (Carnegie, Rockefeller, Rosenwald, Fil ene…), mais se veulent également des organismes de régulation des problèmes sociaux engendrés par l’industrialisation effrénée des années 1860 – 1890. À mi – chemin entre le monde des « barons voleurs » et celui de la réforme sociale, elles sont des actrices a mbiguës de cette ère dite progressive des années 1890 – 1920 marquée par des réformes qui voient naître l’Amérique moderne 4 . La « nébuleuse réformatrice » 5 est ainsi une des matrices de la grande philanthropie américaine; matrice assurément conflictuelle, ca r les réformateurs se sont partiellement définis en opposition aux industriels considérés comme responsables des désordres sociaux ; mais matrice indéniable, comme le montre le parcours d’un certain nombre de s personnages issus des milieux réformateurs, qu i vont ensuite faire carrière dans les fondations. C’est dans le cadre de cette tension que prend corps le projet philanthropique 6 , dont l’alternative entre la générosité d’industriels devenus bienfaiteurs et le cynisme d’entrepreneurs désireux de faire o ublier à peu de frais leurs pratiques douteuses ne permet pas de saisir toute l’épaisseur. L’un des éléments fondateurs de ce projet est la volonté de dépasser le cadre d’intervention local de la philanthropie traditionnelle (dons à des associations carita tives et/ou religieuses) 4 . Sur le lien entre philanthropie et progressisme, voir Barry D. K arl, Stanley N. Katz, « The American Private Philanthropic Foundations and the Public Sphere (1890 – 1930) », Minerva , 19 (2), 1981, p. 253 et suivantes, et, plus récemment, Judith Sealander, Private Wealth and Public Life: Foundation Philanthropy and the Re shaping of American Social Policy from the Progressive Era to the New Deal , Baltimore, Johns Hopkins University Press, 1997. 5 . Cf . Christian Topalov (dir.), Laboratoires du nouveau siècle. La nébuleuse réformatrice et ses réseaux en France, 1880 – 1914 , Pa ris, Éditions de l’EHES, 1999. 6 . Sur la notion de projet philanthropique, voir Ludovic Tournès, « Une histoire intellectuelle des organisations internationales : le cas de la fondation Rockefeller (1913 – 1945) », dans Emmanuel Soler (dir.), Les intellectu els dans la Cité de l’Antiquité à nos jours , Rouen, Presses universitaires de Rouen et du Havre, à paraître en 2007. halshs-00652589, version 1 – 16 Dec 2011 4 pour prendre en charge des actions d’intérêt général. Cette mutation fondamentale dans l’histoire de la philanthropie américaine est bien illustrée par le parcours de John D. Rockefeller, Sr. (1839 – 1937) : dès les années 1860, le f utur magnat du pétrole a consacré une partie de ses gains à l’activité caritative, essentiellement sous forme de dons à des églises baptistes, mais c’est au cours de la décennie 1890 que se produit un changement radical 7 , symbolisé par sa rencontre avec le pasteur Frederick T. Gates (1853 – 1929). Les deux hommes se sont connus à la fin des années 1880, lorsque Rockefeller a été sollicité pour financer la création d’une université baptiste qui deviendra l’université de Chicago, à laquelle il donne deux millio ns de dollars entre 1889 et 1892. Gates devient cette année le conseiller personnel de Rockefeller et va jouer un rôle majeur dans la conception de la galaxie d’organisations philanthropiques créées par son patron à partir de 1901, dont la plus connue est la fondation Rockefeller née en 1913. Aussi à l’aise dans le prêche dominical que dans la gestion des actions de la Standard Oil, Frederick Gates, que l’on a pu qualifier d’« homme d’affaires en soutane 8 », illustre bien l’ancrage de la grande philanthropi e dans la sphère religieuse et la dimension missionnaire qui constituera, jusqu’au début des années 1920, un ressort important de son universalisation. Mais surtout, considérant que les problèmes posés par l’industrialisation sont d’une telle ampleur que l a philanthropie traditionnelle ne peut plus y répondre, il définit la nouvelle mission de la philanthropie Rockefeller, insistant sur la nécessité de s’investir dans ce qui s’appellera bientôt la public policy 9 . La forme « fondation » est en effet la répo nse donnée par les industriels américains à la contradiction entre la nécessité, devenue évidente à la fin du XIX e siècle, de réguler les inégalités sociales nées de l’industrialisation, et leur réticence à faire endosser cette régulation par une puissance publique supposée liberticide. Ils créent donc des organismes privés dont l’objectif est de prendre en charge le bien public pour éviter que l’État fédéral ne le fasse. Au reste, les attributions de celui – ci sont alors encore faibles, de sorte que les phi lanthropes n’auront guère à définir leur champ d’action en opposition par rapport à lui. Ils n’auront pas non plus à l’inscrire dans un cadre géographique national qui reste encore flou dans la culture américaine, non seulement en raison du nombre importan t d’immigrants dans la population du pays, mais aussi du fait de son unification territoriale récente (la « frontière » est déclarée 7 . Kathleen McCarthy, « U.S. Foundations and International Concerns », dans K. McCarthy (ed.), Philanthropy and Culture: The International Foundation Perspective , Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 1984, p. 4. 8 . E. Richard Brown, Rockefeller Medicine Men: Medicine and Capitalism in America , Berkeley, University of California Press, 1980 [1979], p. 38. 9 . J. Sealander, Private W ealth and Public Life: Foundation Philanthropy and the Reshaping of American Social Policy from the Progressive Era to the New Deal , op. cit ., p. 21 et suivantes. halshs-00652589, version 1 – 16 Dec 2011 5 atteinte en 1890 même si plusieurs États ne sont pas encore intégrés dans l’Union). L’intérêt public vu par les philanthrop es ne s’inscrit donc pas naturellement dans l’échelle nationale. Il oscille plutôt d’emblée entre l’échelle locale, celle de la ville où se trouvent les usines, et l’échelle mondiale, territoire naturel des trusts qui servent de matrice aux fondations; si bien que l’extension du projet philanthropique du local à l’international se fera rapidement et presque sans transition. Progrès Un autre moteur essentiel de l’investissement philanthropique dans la sphère publique est la croyance au progrès. Cette idée, avec toutes ses ambiguïtés , est au centre des débats qui agitent l’Amérique de l’ère progressive : d’un côté, la croissance énorme de l’économie américaine nourrit la croyance en un progrès sans limites ; de l’autre, les problèmes sociaux engendrés par une industrialisation forcenée où règne la loi du plus fort, lui apportent un démenti cinglant. C’est autour de ces notions de progrès, d’évolution, de darwinisme social et de loi naturelle que se structure le débat relatif à la « question sociale » dans les années 1880. Il peut se résumer par l’alternative suivante : faut – il laisser agir les lois naturelles ou mettre en place une action volontariste pour corriger les erreurs du capitalisme ? C’est de la volonté de répondre à cette question qu’est née la nébul euse réformatrice, guidée par une croyance dans le progrès de l’humanité qui plonge ses racines dans l’évolutionnisme 10 et le positivisme 11 . Ces deux doctrines connaissent beaucoup de succès aux États – Unis dans la seconde moitié du XIX e siècle et imprègnent, sous une forme vulgarisée, une partie des milieux réformateurs ; certains de leurs représentants, qui poursuivent leur carrière dans les fondations, y transportent une culture positiviste qui contribuera à façonner le projet philanthropique. Le parcours d e George s E. Vincent (1864 – 1941) est à cet égard éclairant. Le personnage est issu de cette mouvance réformatrice, et plus particulièrement de l’un de ses viviers les plus féconds, celui des sciences sociales en plein essor. Ses premiers pas professionnels ont lieu dans le cadre du Chautauqua System of Education, structure d’enseignement fondée en 1874 par son père, le pasteur méthodiste John Vincent, pour sensibiliser les pasteurs aux problèmes 10 . Daniel Becquemont, Laurent Mucchielli, Le cas Spencer . Religion, science et politique , Par is, PUF, 1998 ; Robert Bannister, Social Darwinism: Science and Myth in Anglo – American Social Thought , Philadelphia, Temple University Press, 1979. 11 . Gillis J. Harp, Positivist Republic: Auguste Comte and the Reconstruction of American Liberalism, 1865 – 1920 , University Park, Pennsylvania University Press, 1995 ; R. Bannister, Sociology and Scientism: The American Quest for Objectivity, 1880 – 1940 , Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1987. halshs-00652589, version 1 – 16 Dec 2011 6 sociaux de l’Amérique contemporaine 12 . En 1896, il est l’un des premiers docteurs en sociologie de l’université de Chicago, où il exercera en tant que professeur puis doyen jusqu’en 1911. En 1894, il a écrit en collaboration avec son maître Albion Small (l’un des pionniers de la sociologie américaine) le premier manue l de sociologie publié aux États – Unis, Introduction to the Study of Society . Dans ce vademecum méthodologique à l’usage d’une profession sociologique encore largement confondue avec l’activité réformatrice de terrain, le double héritage de l’évolutionnisme et du positivisme est très présent 13 : d’une part, la discipline sociologique y est décrite comme une science of social health 14 , métaphore biologique significative du fait que, même si les réformateurs s’inscrivent en faux contre l’évolutionnisme et le dar winisme social, leur cadre de réflexion en subit largement l’influence ; d’autre part, les deux auteurs inscrivent leur propos dans la lignée d’Auguste Comte, reprenant la loi des trois états et la croyance dans le progrès de l’Humanité, progrès auquel la sociologie peut apporter sa contribution en étudiant les problèmes sociaux et en suggérant aux acteurs politiques des réformes qui contribueront à « améliorer la société » 15 . C’est dans cette perspective que Vincent crée à l’université du Minnesota, dont il est devenu le président en 1911 , un département de « Sociology and Civic Work » 16 , qui deviendra au début des années 1920 l’un des plus importants du pays. En 1914, il intègre la Commission for the Relief in Belgium, créée pour venir en aide aux population s civiles après l’invasion allemande ; il la quitte en 1917 pour devenir président de la fondation Rockefeller jusqu’à sa retraite en 1929. Santé Lorsque la philanthropie Rockefeller entre dans sa phase organisationnelle à partir de 1901, son action porte surtout sur les questions d’hygiène et de santé, lesquelles sont également au cœur des préoccupations des réformateurs en raison des énormes problèmes sanitaires posés par les conditions de vie des immigrants entassés dans des villes à la croissance rapid e. Sous l’influence du pasteur Gates, le lien organique entre la santé des individus et le progrès du 12 . Theodore Morrison, Chautauqua: A Center for Educati on, Religion and the Arts in America , Chicago, The University of Chicago Press, 1974. 13 . Il l’est également dans l’ouvrage écrit par George E. Vincent en 1897, The Social Mind and Education . 14 . Albion W. Small, George E. Vincent, An Introduction to the Stu dy of Society , New York, American Book Company, 1894, p. 40. 15 . Ibid ., p. 77. 16 . R. Bannister, Sociology and Scientism: The American Quest for Objectivity, 1880 – 1940 , op. cit ., p. 128. halshs-00652589, version 1 – 16 Dec 2011 7 corps social est le fil conducteur de la philosophie Rockefellerienne 17 . Cette idée se concrétise par la création en 1901 du Rockefeller Institute for Medi cal Research, puis, en 1903, du General Education Board, puis en 1909 de la Sanitary Commission for the Eradication of Hookworm Disease destinée à promouvoir des pratiques d’hygiène pour éliminer l’ankylostomiase, maladie endémique du Sud des États – Unis. C ette commission est dirigée par Wickliffe Rose (1862 – 1931), autre figure majeure de la première génération des philanthropes Rockefeller, qui, en quelques années, devient l’un des personnages en vue parmi les réformateurs actifs dans le domaine de la santé publique 18 . La campagne témoigne bien de l’ambition du projet philanthropique, puisqu’au – delà de l’objectif immédiat, son but est de promouvoir l’éducation sanitaire sur le long terme. De fait, le travail de la Commission apportera une contribution décisiv e à la structuration de l’administration locale de la santé publique dans le Sud des États – Unis et à la mise en place d’une législation 19 . La même préoccupation sanitaire et organisatrice est à l’œuvre dans la réforme de l’enseignement médical, qui constitu e la grande action du General Education Board. Le niveau de formation des médecins est alors faible aux Etats – Unis. En 1908, l’American Medical Assocation demande à la Carnegie Foundation for the Advancement of Teaching d’entreprendre une étude sur ce suje t. Abraham Flexner (1866 – 1959), qui réalise l’enquête, n’est pas médecin, mais connaît bien les problèmes de l’enseignement supérieur américain alors en voie de structuration 20 . Dans l’épais rapport qu’il remet en 1910 à l’issue de son enquête dans les 155 écoles de médecine du pays 21 , il relit l’histoire de la médecine aux États – Unis selon une perspective toute comtienne, la voyant passer depuis le XVIII e siècle par « trois stades de développement » 22 dont le plus récent est celui de la médecine scientifique. Pour contribuer au « bien public » ( public good ) 23 en faisant bénéficier les malades de ces progrès encore très localisés dans quelques lieux (la faculté de médecine de l’université Johns Hopkins, créée en 1893, est citée comme modèle), A. F lexner préconis e une réforme en profondeur de la formation des médecins. Combinant volonté réformatrice et exigence de 17 . On retrouve dans cette métaphore organiciste la trace de l’héritage évolutionniste. 18 . John Ettling, The Germ of Laziness: Rockefeller Philanthropy and Public Health in the New South , Cambridge, Harvard University Press, 1981 ; Elizabeth Fee, Roy Acheson (eds), A History of the Education in Public Health , Oxford, Oxford Un iversity Press, 1991. 19 . J. Sealander, Private Wealth and Public Life: Foundation Philanthropy and the Reshaping of American Social Policy from the Progressive Era to the New Deal , op. cit ., p. 63. 20 . Abraham Flexner, The American College , New York, 1908. 21 . A. Flexner, Medical Education in the United States and Canada , Carnegie Foundation for the Advancement of Teaching, 1910. 22 . Ibid , p. 20. 23 . Ibid , p. 13. halshs-00652589, version 1 – 16 Dec 2011 8 rationalisation, il pointe avant tout la « surproduction » 24 de médecins et la médiocrité de leur formation, appelant à la diminution du nombre d’écoles ainsi qu’à une élévation du niveau et de la durée des études. Après avoir réalisé une enquête sur l’enseignement médical européen complétant son travail américain 25 , A. Flexner entre en 1913 au General Education Board, où il va piloter cette réorganisation, qui sera pour l’essentiel achevée au début des années 1930. _________________________ La cristallisation de l’universalisme philanthropique L’Amérique latine et l’Asie Dès 1905, Frederick. T. Gates émet l’idée d’élargir les activités de la philanthropie Rockefeller au monde entier, idée qui se concrétise en mai 1913 par la création de la fondation Rockefeller, dont l’objectif est de faire « le bien – être de l’humanité à travers le monde » 26 . La fondation organise immédiatement une International Health Commi ssion (qui devient l’International Health Board en 1916), afin « d’étendre les bénéfices de l’expérience américaine » 27 acquise dans le traitement de l’ankylostomiase, présente dans une cinquantaine de pays 28 , mais aussi de l’appliquer à d’autres maladies co mme la malaria ou la fièvre jaune. Entre 1913 et 1950, l’IHB investira 100 millions de dollars dans cette campagne sanitaire mondiale 29 . Mais cette vaste entreprise ne s’explique pas seulement par un volontarisme réformateur teinté de messianisme : elle s’i nscrit également dans la mise en place par le gouvernement américain de campagnes sanitaires dans les régions passées dans son orbite géopolitique, directe ou indirecte, dans les Caraïbes (Cuba, 1898 ; Panama, 1903 ; Haïti, 1905) et le Pacifique (Hawaï, 18 98 ; Philippines, 1898 ; Samoa, 1899). La sécurisation sanitaire de ces zones devient une préoccupation pour plusieurs raisons : d’une part, pour éviter la propagation (ou le retour) de maladies sur le territoire américain, notamment dans le 24 . Ibid, p. 14. 25 . A. Flexner, Medical Education in Europe, Carnegie Foundation for the Advancem ent of Teaching, 1912. 26 . Rockefeller Foundation, Annual Report (ci – après RFAR), 1913, p. 7 – 8. 27 . « Principles and Policy of Giving », octobre 1913, Rockefeller Foundation Archives, Pocantico Hills, États – Unis, Record Group 3, Series 900, Box 21, Folder 16 3 (ci – après RF 3/900/21/163). 28 . Cette maladie n’a jamais été éradiquée malgré les grandes campagnes ; elle fait partie de celles auxquelles s’intéresse aujourd’hui la fondation Bill et Melinda Gates. 29 . Emily S. Rosenberg, « Missions to the World: Philan thropy Abroad », dans Lawrence J. Friedman, Mark D. McGarvie (eds), Charity, Philanthropy and Civility in American History , Cambridge, Cambridge University Press, 2003, p. 253. Voir également John Farley, To Cast out Disease: A History of the International Health Division of the Rockefeller Foundation , Oxford, Oxford University Press, 2004. halshs-00652589, version 1 – 16 Dec 2011

2 Responses to Fondation Rockefeller/100e: A quoi sert de gagner tout l’or du monde (From permanent to immediate philanthropy ?)

  1. jcdurbant dit :

    TURNING RAGS INTO RICHES (How Spanish everyman became Europe’s richest and the world’s second richest man)

    Unlike many of Europe’s richest people, Ortega was not born into money. Here’s how the notoriously reclusive billionaire (until a few years ago there were barely any pictures of him in the public domain) went from humble beginnings to commanding Europe’s biggest fortune. Many of Europe’s richest individuals gain their wealth through their family history. In the European Union’s three largest countries, the richest people are Germany’s George Schaeffler, France’s Liliane Bettencourt, and the UK’s Gerald Grosvenor (better known as the Duke of Westminster), all of whom had inherited their wealth.

    That’s not true at all of Ortega, who started his life in relative poverty. According to Covadonga O’Shea, Ortega’s biographer, his early life was very humble. His father earned 300 pesetas per month — a meagre salary even for post-war Spain, where the economy took a long time to recover from the 1930s civil war. To put that in context, a dozen eggs in Spain would have cost Ortega’s father about a tenth of his monthly income.

    In a video, O’Shea tells an illuminating anecdote from Ortega’s childhood: « They went to buy some goods at the grocery, he heard someone that told his mother… they couldn’t keep giving her credit to buy the food that she needed for the family dinner that evening. »

    Ortega left school shortly after, at the age of 13 or 14 and went to work as a messenger boy in a shop.

    O’Shea says that experience was formative for Ortega: « This horrible moment in which he realised the dramatic situation of poverty would never happen again to his family. »

    She adds: “The consequence of that slap on the face he suffered when still he was a very young boy has been the creation of one of the most important Spanish enterprises… with a global presence in most of the world.”
    Founding Zara

    Zara was founded in 1975, when Ortega was nearly 40 years old, in La Coruna.

    According to fashion author Mark Tungate, Zara wasn’t the first choice for a name for the company:

    Originally the store was to be called Zorba, after the character played by Ortega’s favourite actor, Anthony Quinn, in the film Zorba the Greek. He couldn’t obtain permission to use the name, so he played with the letters until he arrived at Zara, which sounded feminine and exotic (the name should be pronounced the Spanish way: ‘Thara’.)

    Inditex was set up as a parent company to cope with rapid expansion 10 years later, and by 1989 the company had launched in Portugal. It hit Paris and London in the decade after that.

    Tungate goes on to explain the appeal Zara, which sells high-street styles at more affordable prices.

    The secret to Zara’s appeal is that, although shopping there is cheap, it doesn’t feel cheap. The stores are large, swish and centrally located. The clothes are given room to breathe and usually — unless it’s a Saturday afternoon during the sales — so are the customers. And then there are the clothes themselves. Zara is renowned for whisking budget interpretations of catwalk styles into its stores with break-taking speed. A designer dress photographed on a model during fashion week won’t arrive in a department store for months — but something like it can be spotted hanging in Zara in a couple of weeks. This infuriates the designers, but delights customers who can’t stretch to the originals — or no longer see the point of trying.

    Zara has been repeatedly praised for its inter-connected supply chains. The Economist called Zara « perhaps the most famous example of supply chain agility. » Designers, store managers, and Inditex factories (which do most of their work in Spain) operate like a well-oiled mechanism.

    The company spends little to nothing on advertising. According to High Point University economics professor Stephanie Crofton, Inditex spends just 0.3% of revenues on advertising, against 3.5% to 5% for other major retailers, allowing the clothes to simply speak to themselves.

    It’s a winning model — Zara now has 2,000 stores in 88 countries.
    The boom years

    Zara has now been around for four decades, but the majority of Ortega’s wealth has been built up over the last 10 years, during which time the share price of Inditex exploded.

    Zara and its parent company have outperformed through even the financial crisis and during a period in which the Spanish economy was plunged into a very deep recession.

    The company’s share price has risen by 570% in the last 10 years, and since Ortega owns 59% of the shares, his net worth has surged upwards too.

    Despite his success, Oretga has deliberately kept a low profile. Until recently there were extremely few pictures of him, and he has turned down media interviews for decades.

    O’Shea believes one reason Ortega shuns the media spotlight is because he is modest — he doesn’t want to take the sole credit for Zara and Inditex, which he thinks are a joint effort of the company as a whole.

    He stood down as Zara’s chairman in June 2011, at the age of 75.

    His daughter, Sandra Ortega Mera, is Spain’s richest woman, inheriting a 7% share in the company her father founded when her mother died.

    He has two other children, Marcos Ortega Mera and Marta Ortega Perez.

    In a foreword to Enrique Badia’s book on Zara, economic historian Carlos Rodriguez Braun sums up Amancio Ortega’s achievements pretty succinctly:

    Without any favourable conditions, in a sector that relies on invention yet restricts creativity, he decided to fight to the top relying on pure innovation. he found a great balance between quality and price, shortened the shelf life of his product by speeding up the design process, selected prime locations for his stores and extended their operating hours, and all of this was done with the goal of attracting the casual shopper. He made it all happen.

    Ortega doesn’t have much to be humble about, but he is regardless.

    http://uk.businessinsider.com/the-rags-to-riches-story-of-europes-richest-man-zara-founder-amancio-ortega-2015-5

    That career began when Ortega founded fast-fashion giant Zara with his then-wife Rosalia in 1975. Today, his retail company Inditex SA — which owns Zara, Massimo Dutti, and Pull&Bear — has over 6,600 outposts around the world.

    http://uk.businessinsider.com/europes-richest-man-zara-founder-amancio-ortegas-life-and-houses

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