Nous venons de passer la semaine de Boston, et j’ai des sentiments profonds pour ce qui arrive quand il faut faire face à la violence, quand quelque chose qui arrive soudainement et vous perdez des gens qui sont proches et chers. Elle affecte la communauté; elle affecte le pays. Mais à l’avenir, vous le savez, nous devons trouver le meilleur moyen de rassembler les gens et annuler ces tensions et annuler ces stéréotypes tout en essayant de faire la paix. John Kerry (Ankara)
Il n’est jamais utile de faire des équivalences morales et de confondre les terroristes et leurs victimes. Comme nos amis américains en ont fait une nouvelle fois la cruelle expérience la semaine dernière, la seule façon de traiter les maux du terrorisme est de mener une guerre implacable contre ses auteurs où qu’ils se trouvent. Dany Danon (ministre adjoint israélien de la défense)
Should we not all be meditating on W.H. Auden’s haunting line: « Those to whom evil is done/do evil in return »? The American global domination project is bound to generate all kinds of resistance in the post- colonial world. In some respects, the United States has been fortunate not to experience worse blowbacks, and these may yet happen, especially if there is no disposition to rethink US relations to others in the world, starting with the Middle East. . . . Aside from the tensions of the moment, self-scrutiny and mid-course reflections on America’s global role is long overdue. Such a process is crucial both for the sake of the country’s own future security and also in consideration of the wellbeing of others. Such adjustments will eventually come about either as a result of a voluntary process of self-reflection or through the force of unpleasant events. How and when this process of reassessment occurs remains a mystery. Until it does, America’s military prowess and the abiding confidence of its leaders in hard power diplomacy makes the United States a menace to the world and to itself. . . . The signature irony is that the more American decline is met by a politics of denial, the more rapid and steep will be the decline, and the more abrupt and risky will be the necessary shrinking of the global leadership role so long played by the United States. We should be asking ourselves at this moment, « How many canaries will have to die before we awaken from our geopolitical fantasy of global domination? Richard Falk (special rapporteur of the United Nations Human Rights Council and professor emeritus at Princeton)
La radicalisation de Tamerlan Tsarnaev s’est faite contre les Etats-Unis. Il avait sans doute 14 ou 15 ans quand il est arrivé en Amérique, son frère 6 ou 7 ans. Leur socialisation a eu lieu dans ce pays. On a à faire à une construction de l’imaginaire. Se mêlent sans doute dans leur tête les images des dégâts commis par les Américains en Irak ou en Afghanistan. A quoi s’ajoute la discrimination dont ils ont pu se sentir victimes en tant que musulmans. Depuis le 11-Septembre, le climat dans le pays est très hostile vis-à-vis de l’Islam. Il y a une islamophobie religieuse très virulente de la part de protestants zélés qui décrivent le prophète Mohamed comme l’antéchrist. (…) La radicalisation de Tamerlan Tsarnaev s’est faite contre les Etats-Unis. Il avait sans doute 14 ou 15 ans quand il est arrivé en Amérique, son frère 6 ou 7 ans. Leur socialisation a eu lieu dans ce pays. On a à faire à une construction de l’imaginaire. Se mêlent sans doute dans leur tête les images des dégâts commis par les Américains en Irak ou en Afghanistan. A quoi s’ajoute la discrimination dont ils ont pu se sentir victimes en tant que musulmans. Depuis le 11-Septembre, le climat dans le pays est très hostile vis-à-vis de l’Islam. Il y a une islamophobie religieuse très virulente de la part de protestants zélés qui décrivent le prophète Mohamed comme l’antéchrist. (…) Il est quasiment impossible de parer à ce genre de dérive sans l’aide des communautés dont sont issus ces individus C’est très compliqué. Le renforcement de la traque des réseaux islamistes par les services de renseignement occidentaux font que des actions terroristes d’envergure comme le 11 septembre ou les attentats de Madrid et de Londres sont désormais peu probables. Ce succès a entraîné une mutation des modes d’actions des groupes djihadistes: les passages à l’acte sont désormais le fait de très petits groupes ou d’individus, comme on l’a vu dans le cas de Mohamed Merah. On a le même genre de phénomène en Europe: des jeunes qui se radicalisent se réclament d’Al Qaïda, mais les liens avec l’organisation sont ténus. Ils ont certes pu établir des contacts avec des groupes djihadistes structurés, via Internet où à l’occasion de voyages, mais la décision du passage à l’acte se fait de façon autonome. Ce qui laisse les autorités très démunies. Le FBI avait enquêté sur Tamerlan Tsarnaev mais n’avait rien trouvé de concret qui aurait permis d’agir contre lui. On ne peut rien contre ce genre d’agissement sans remettre en cause les principes démocratiques, notamment celui de la présomption d’innocence. Farhad Khosrokhavar
Certains utiliseront cette menace comme un argument contre l’immigration, mais cela serait punir tout le monde pour les péchés de quelques uns. La menace radicale intérieure est vraiment un argument à la vigilance, notamment au sein de communautés enclines à produire des terroristes. Autrement dit, surveiller les groupes d’étudiants étrangers aux États-Unis, certaines communautés d’immigrants qui ont produit des jihadistes et, oui, même les mosquées et d’autres lieux musulmans. L’important est d’être assez familier avec ces communautés, pour connaître et être suffisamment en confance avec leurs dirigeants de sorte que ces hommes et ces femmes alertent les forces de l’ordre lorsque que l’un de leurs membres semble s’être radicalisé. Cela offense certains défenseurs des libertés civiles et l’Associated Press qui s’en sont pris à la police de New York pour la pratique dans une série d’histoires en 2011. Dans le sillage de Boston, cela semble particulièrement peu judicieux. Les policiers de New York disent qu’ils ont poursuivi leur surveillance, en vertu de garanties juridiques appropriées, et nous espérons qu’ils continueront. Le gouvernement américain surveille des groupes extrémistes de droite, parce que nous savons qu’ils sont dangereux. La police ne devrait pas s’abstenir de faire la même chose pour les groupes musulmans ou immigrés simplement parce que cela serait jugé moins politiquement correct. Comme le montrent les événements de la semaine à Boston, ne pas le faire serait bien trop coûteux. Le Wall Street Journal
Attention, une pruderie peut en cacher une autre !
Dépennalisation du cannabis et diabolisation du tabac, apologie du sexe et déconciation de la galanterie (pardon: du « sexisme bienveillant »), cours de fac sur la masturbation ou la prostitution et poursuites judiciaires pour harcèlement sexuel, accès de la contraception aux moins de 16 ans protégées par ailleurs par le délit de détournement de minieures, observations sur les vêtements provocateurs souvent considérés comme plus graves que le port desdits vêtements, critiques de spectacles d’une Madonna à demi-nue qualifiés de plus grossières que les scènes simulées de celle-ci de cruxifixion ou de copulation, défense du mariage traditionnel par une Miss America condamnées presque aussi vivement que les amours tarifées d’un parlementaire …
A l’heure où, face à l’évidence d’une énième tuerie jihadiste, nos belles âmes comme nos médias rivalisent d’étonnement devant les « mobiles » prétendument incompréhensibles d’une telle violence …
Pendant qu’un secrétaire d’Etat américain compare les terroristes du Mavi Marmara aux victimes de Boston …
Et qu’un président français qui a toujours refusé le mariage pour lui-même veut l’imposer à tous …
De même que le même ministre de l’éducation qui prônait la dépennalisation du cannabis nous ressort à présent les cours de morale de grand-papa …
Retour, avec l’historien militaire américain Victor Davis Hanson, sur ces temps étranges de relativisme et de schizophrénie morale …
Où, hypercorrection politique oblige, la pruderie langagière la plus extrême cotoie le dévoiement moral le plus grave …
Victor Davis Hanson
In the age of relativism, popular morality hasn’t so much disappeared as become schizophrenic.
More than 500 people were murdered in Chicago last year. Yet Chicago mayor Rahm Emanuel still found time to berate the fast-food franchise Chick-fil-A for not sharing “Chicago values†— apparently, because its founder does not approve of gay marriage.
Two states have legalized marijuana, with more to come. Yet social taboos against tobacco smoking make it nearly impossible to light up a cigarette in public places. Marijuana, like alcohol, causes far greater short-term impairment than does nicotine. But legal cigarette smoking is now seen as a corporate-sponsored, uncool, and dirty habit that leads to long-term health costs for society at large — in a way homegrown, hip, and mostly illegal pot smoking apparently does not.
Graphic language, nudity, and sex are now commonplace in movies and on cable television. At the same time, there is now almost no tolerance for casual and slangy banter in the media or the workplace. A boss who calls an employee “honey†might face accusations of fostering a hostile work environment, yet a television producer whose program shows an 18-year-old having sex does not. Many colleges offer courses on lurid themes from masturbation to prostitution, even as campus sexual-harassment suits over hurtful language are at an all-time high.
A federal judge in New York recently ruled that the so-called morning-after birth-control pill must be made available to all “women†regardless of age or parental consent, and without a prescription. The judge determined that it was unfair for those under 16 to be denied access to such emergency contraceptives. But if vast numbers of girls younger than 16 need after-sex options to prevent unwanted pregnancies, why isn’t there a flood of statutory-rape charges being lodged against older teenagers for having consensual relations with younger girls?
Our schizophrenic morality also affects the military. When America was a far more traditional society, few seemed to care that General Dwight Eisenhower carried on an unusual relationship at the front in Normandy with his young female chauffeur, Kay Summersby. As the Third Army chased the Germans across France, General George S. Patton was not discreet about his female liaisons. Contrast that live-and-let-live attitude of a supposedly uptight society with our own hip culture’s tabloid interest in General David Petraeus’s career-ending affair with Paula Broadwell, or in the private e-mails of General John Allen.
What explains these contradictions in our wide-open but prudish society? Decades after the rise of feminism, popular culture still seems confused by it. If women should be able to approach sexuality like men, does it follow that commentary about sex should follow the same gender-neutral rules? Yet wearing provocative or inappropriate clothing is often considered less offensive than remarking upon it. Calling a near-nude Madonna onstage a “hussy†or “tart†would be considered crude in a way that her mock crucifixion and simulated sex acts are not.
Criminal sexual activity is sometimes not as professionally injurious as politically incorrect thoughts about sex and gender. Former New York governor Eliot Spitzer — found to have hired prostitutes on a number of occasions during his time in office — was given a CNN news show despite the scandal. But when former Miss California Carrie Prejean was asked in the Miss USA pageant whether she endorsed gay marriage, she said no — and thereby earned nearly as much popular condemnation for her candid defense of traditional marriage as Spitzer had for his purchased affairs.
Critics were outraged that talk-show host Rush Limbaugh grossly insulted birth-control activist Sandra Fluke. Amid the attention, Fluke was canonized for her position that federal health-care plans should pay for the contraceptive costs of all women. Yet in comparison to Fluke’s well-publicized victimhood, there has been a veritable news blackout for the trial of the macabre Dr. Kermit Gosnell, charged with killing and mutilating in gruesome fashion seven babies during a long career of conducting sometimes illegal late-term abortions. Had Gosnell’s aborted victims been canines instead of humans — compare the minimal coverage of the Gosnell trial with the widespread media condemnation of dog-killing quarterback Michael Vick — perhaps the doctor’s mayhem likewise would have been front-page news outside of Philadelphia.
Modern society also resorts to empty, symbolic moral action when it cannot deal with real problems. So-called assault weapons account for less than 1 percent of gun deaths in America. But the country whips itself into a frenzy to ban them, apparently to prove that at least it can do something, instead of wading into polarized racial and class controversies by going after illegal urban handguns, the real source of the nation’s high gun-related body count.
Not since the late-19th-century juxtaposition of the Wild West with the Victorian East has popular morality been so unbridled and yet so uptight. In short, we have become a nation of promiscuous prudes.
NRO contributor Victor Davis Hanson is a senior fellow at the Hoover Institution. His The Savior Generals will appear in the spring from Bloomsbury Books.


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