Affaire Cahuzac: Attention, un séisme peut en cacher un autre ! (From butterfly effect to perfect storm: Will the French government be the first collateral victim of OffshoreLeaks?)

https://i0.wp.com/img2.imagesbn.com/p/9780393337013_p0_v1_s260x420.JPGWhat $40 will buy Fascinating story in The West Australian on Saturday that unfortunately isn’t posted on the internet. It tells the tale of a Perth internet cafe owner Henk Beugelaar who purchased a job-lot of items at the Firepower liquidation sale. One of the items was a computer that, when fired up, spat out about 9,000 emails and documents – a small glimpse of the early history of Firepower in Perth. The newspaper devoted three pages to the saga, emphasising the continuing interest in Australia’s most spectacular fraud. Gerard Ryle
I find it funny to see how the media describes me as a happy hippy. I spend 3 months investigating the firepower server computer and have now placed it on the internet.I did a hardcopy printout for the AU government and now he is busted because of my work. I am not an egotist but don’t like to be taken for an idiot.The download is at http://www.mininova.org/tor/3158221 No offence meant. Henk Beugelaar
La cascade de révélations qui se déverse actuellement dans la presse mondiale, et notamment en France sur l’ancien trésorier de campagne de François Hollande, Jean-Jacques Augier, est partie d’un disque dur truffé de données reçu il y a plus de 18 mois par Gerard Ryle alors qu’il était journaliste d’investigation en Australie où il venait de boucler une enquête sur une vaste fraude financière. « Ces données étaient quasiment impossibles à lire. Elles faisaient planter mon ordinateur à répétition. Il y avait beaucoup de noms de personnes de partout dans le monde mais qui ne me disaient rien », raconte-t-il à l’AFP. Gerard Ryle ne dit pas à quel moment précis il a reçu ce mystérieux et précieux envoi. Son instinct lui dit qu’il s’agit de quelque chose de « gros ». Le hasard va lui permettre d’en avoir le coeur net. Après avoir reçu ce colis, Gerard Ryle quitte son pays d’origine et émigre à Washington à l’automne 2011 pour prendre la tête du Consortium des journalistes indépendants (ICIJ), une organisation non-gouvernementale fondée en 1997 pour coordonner le travail des reporters sur la corruption. « J’ai toujours eu en tête de demander de l’aide à des reporters à travers le monde. C’était l’instrument idéal », souligne-t-il. Sur le modèle de Wikileaks, qui avait publié des câbles diplomatiques, Gerard Ryle va faire appel à un réseau de grands journaux à travers le monde (The Guardian, Le Monde, The Washington Post…) pour l’aider à recouper les informations, à en évaluer l’intérêt pour le grand public et coordonner quinze mois d’enquête. « Il ne suffisait pas de s’asseoir et d’écrire un article. Les dossiers sont incroyablement complexes et il fallait avoir le contexte. On se demandait tout le temps: est-ce qu’il y a une histoire ? », poursuit-il, ajoutant que certaines investigations, au Japon notamment, n’ont pas abouti. Challenges

Effet papillon ou tempête du siècle ?

2,5 millions de fichiers, plus de 120.000 sociétés et trust offshore (îles Vierges britanniques, Caïmans, îles Cook, Samoa, Singapour), gangsters et oligarques, politiciens et simples particuliers, entre 1.000 et 1.600 milliards de dollars annuels (pour un total du PIB des Etats-Unis et du Japon réunis), 170 pays (entre Australie, Indonésie, Amérique du nord, Europe, Chypre, Russie, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Thaïlande, Philippines, Birmanie, Zimbabwe et Iran), centaine de Français potentiellment impliqués, sur près de 30 années, 160 fois WikiLeaks, 86 journalistes de 46 pays, 15 mois de dépouillement …

Au lendemain du véritable séisme qui vient d’atteindre le gouvernement Hollande et la gauche en général (l’improbable conjonction, que nous évoquions hier et que les anglo-saxons nomment « tempête parfaite » – fonctionnaire sanctionné-élu battu-femme bafouée-site d’information attendant son rainbow warrior) …

Suivi – incroyable hasard du calendrier ! – aujourd’hui même par le début de publication, par un consortium international de grands journaux, d’une montagne de documents dite Offshore leaks (2, 5 millions de fichiers, plus de 160 fois plus importante que la fuite Wikileaks d’il y a trois ans) révélant les secrets de plus de 120.000 sociétés et trust offshore aynt permis la fraude fiscale à grande échelle de centaines de politiciens, escrocs et très grosses fortunes à travers le monde dont l’ancien trésorier de la campagne Hollande …

Retour, sur l’homme qui a lancé l’affaire il y a six ans, le journaliste australien Gerard Ryle enquêtant alors sur l’escroquerie massive dite du Firepower, du nom d’une pilule miracle censée, selon son initiateur un certain Tim Johnston, à la fois réduire et purifier la consommation d’essence mais qui en fait couvrait une opération massive de détournement et blanchiment d’argent …

Mais aussi sur le propriétaire d’un café internet de Perth, un certain Henk Beugelaar, qui eut l’idée de racheter un lot de matériel de la société mise en liquidation judiciaire dont, pour 40 malheureux dollars australiens (à peine plus de 30 euros), un ordinateur qui avait gardé en mémoire quelque 9 000 emails et documents qu’il fera passer à la justice de son pays et à la presse australienne ..

Suscitant ainsi indirectement, via l’envoi quelques années plus tard à Gerard Ryle d’une mine d’informations confidentielles par d’anciens salariés de deux entreprises de services financiers offshore, l’actuel raz de marée …

Qui, hélas pour l’équipe socialiste actuellement au pouvoir en France et à l’instar du battement d’ailes du papillon déclenchant une tornade de l’effet du même nom, pourrait se révéler encore bien plus dévastatrice …

Qu’est-ce que l’opération « Offshore Leaks »?

Challenges

04-04-2013

Menée par l’International consortium of investigative journalists (ICIJ) et 36 médias internationaux, cette investigation a ouvert une brèche dans le secret des paradis fiscaux.

2,5 millions de fichiers secrets et 48 pays concernés: la vaste enquête journalistique qui a donné naissance à une sorte de « WikiLeaks » des paradis fiscaux n’aurait jamais vu le jour sans une petite ONG de Washington (ICIJ) et l’envoi d’un mystérieux courrier par la poste.

La cascade de révélations qui se déverse actuellement dans la presse mondiale, et notamment en France sur l’ancien trésorier de campagne de François Hollande, Jean-Jacques Augier, est partie d’un disque dur truffé de données reçu il y a plus de 18 mois par Gerard Ryle alors qu’il était journaliste d’investigation en Australie où il venait de boucler une enquête sur une vaste fraude financière.

« Ces données étaient quasiment impossibles à lire. Elles faisaient planter mon ordinateur à répétition. Il y avait beaucoup de noms de personnes de partout dans le monde mais qui ne me disaient rien », raconte-t-il à l’AFP.

Gerard Ryle ne dit pas à quel moment précis il a reçu ce mystérieux et précieux envoi. Son instinct lui dit qu’il s’agit de quelque chose de « gros ».

Sur le modèle de Wikileaks

Le hasard va lui permettre d’en avoir le coeur net. Après avoir reçu ce colis, Gerard Ryle quitte son pays d’origine et émigre à Washington à l’automne 2011 pour prendre la tête du Consortium des journalistes indépendants (ICIJ), une organisation non-gouvernementale fondée en 1997 pour coordonner le travail des reporters sur la corruption.

« J’ai toujours eu en tête de demander de l’aide à des reporters à travers le monde. C’était l’instrument idéal », souligne-t-il.

Sur le modèle de Wikileaks, qui avait publié des câbles diplomatiques, Gerard Ryle va faire appel à un réseau de grands journaux à travers le monde (The Guardian, Le Monde, The Washington Post…) pour l’aider à recouper les informations, à en évaluer l’intérêt pour le grand public et coordonner quinze mois d’enquête.

« Il ne suffisait pas de s’asseoir et d’écrire un article. Les dossiers sont incroyablement complexes et il fallait avoir le contexte. On se demandait tout le temps: est-ce qu’il y a une histoire ? », poursuit-il, ajoutant que certaines investigations, au Japon notamment, n’ont pas abouti.

L’appel à la presse étrangère se fait autant par vocation que par nécessité. L’ICIJ ne compte que trois salariés permanents qui ne sont pas en mesure de traiter une masse d’informations qui serait, selon l’ONG, « 160 fois » plus vaste que celle collectée par Wikileaks.

Un vaste réseau de journaliste dans le monde

L’ICIJ a également bénéficié de l’aide cruciale d’une société australienne qui leur a fourni gratuitement un logiciel de lecture et de décryptage de données complexes.

« Je les ai contactés et je leur dit: +ne me demandez pas pourquoi j’en ai besoin mais acceptez-vous de me le donner ?+ », se souvient Gerard Ryle, soulignant que l’ICIJ n’avait « absolument pas les moyens » de se payer un tel logiciel.

En professionnel averti, Gerard Ryle savait aussi qu’il y avait un autre obstacle à franchir: faire travailler ensemble des journalistes d’investigation. « Ce n’est pas quelque chose que nous faisons traditionnellement. Nous préférons travailler chacun de son côté et garder nos secrets ».

Il en est aujourd’hui convaincu: l’enquête n’a de valeur que parce qu’elle associe « un vaste réseau » de journalistes dans le monde.

A présent, le patron de l’ICIJ assure que d’autres révélations « sont à venir » mais récuse tout rôle de procureur et affirme ne pas se soucier de savoir si des enquêtes pénales et fiscales sont lancées.

« Notre travail est d’informer le public sur des faits qu’il ne connaît pas. Ce qu’en font les gens et les autorités après ne regarde qu’eux ».

(Avec AFP)

Voir aussi:

Offshore Leaks: voici l’enquête internationale

Une mémoire tampon de 2,5 millions de fichiers a trahi les secrets de plus de 120.000 sociétés et trust offshore (à l’étranger), révélant au grand jour des arrangements cachés de politiciens, d’escrocs et de très grosses fortunes à travers le monde. Ces fichiers obtenus par l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ). Les enregistrements mettent à nu les noms derrière les entreprises clandestines et les trusts privées dans les îles Vierges britanniques, les îles Cook et d’autres refuges offshore.

Parmi ceux-ci, des dentistes et médecins américains, des bourgeois grecs ainsi que des familles et associés de despotes de longues dates, des escrocs de Wall Street, des milliardaires d’Europe de l’Est, des dirigeants d’entreprises russes, des marchands d’armes internationaux, une société écran dirigée par un homme de paille que l’Union européenne a étiqueté comme l’un des rouages de l’élaboration du programme de développement nucléaire de l’Iran.

Les fuites fournissent faits et chiffres – des transactions en espèces, des dates d’incorporation (assimilation?), des liens entre entreprises et particuliers – qui illustrent à quel point le secret financier offshore s’est largement propagé dans le monde entier. Qui permet aux riches et aux longs bras d’éluder les impôts et d’alimenter la corruption et les maux économiques dans de nombreux pays, riches et pauvres. Les documents détaillent les avoirs offshore d’entreprises et de particuliers dans plus de 170 pays et territoires.

Ce trésor de données représente la plus grande réserve d’informations confidentielles sur le système offshore jamais obtenue par un organe de presse. La taille totale des fichiers, mesurée en gigaoctets, est plus de 160 fois plus importante que la fuite du département d’État des États-Unis interceptée par Wikileaks en 2010.

Pour analyser ces documents, les 86 journalistes de 46 pays ont utilisé des outils high-tech de traitement de données et investigué en profondeur pour passer au crible emails, livres de comptes et autres fichiers couvrant près de trente années.

Gangsters et oligarques

La vaste flux d’argent offshore – légal et illégal, personnes physiques et morales – peut perturber des économies et monter des nations les unes contres les autres. La persistance de la crise financière européenne a été alimentée par une catastrophe fiscale grecque et exacerbée par la fraude fiscale offshore et par une grave crise bancaire dans le minuscule paradis fiscal de Chypre, où les actifs des banques locales ont été gonflés par des vagues de liquidités en provenance de Russie. La Stolen Asset Recovery Initiative, un programme de la Banque mondiale et de l’Organisation des Nations Unies, a estimé que les flux transfrontaliers des recettes mondiales des crimes financiers totalisaient un montant annuel estimé entre 1.000 et 1.600 milliards de dollars.

Les clients offshore identifiés dans les documents :

– Des particuliers et des sociétés liés à l’affaire Magnitski en Russie, un scandale de fraude fiscale qui a égratigné les relations américano-russes. Il en avait résulté l’interdiction pour les Américains d’adopter des orphelins russes.

– Un magnat de l’entreprise qui a gagné des milliards de dollars en contrats en plein boom de la construction du Président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, alors même qu’il officiait en tant que directeur des sociétés offshore détenues par des filles du président.

– Des milliardaires indonésiens ayant des liens avec l’ancien dictateur Suharto, qui a enrichi un cercle d’élites au cours de ses décennies au pouvoir.

Les documents fournissent également de possibles nouveaux indices sur des crimes et pistes financières non-résolus ou abandonnés.

Après avoir appris que l’ICIJ avait identifié la fille aînée de l’ancien dictateur Ferdinand Marcos, Maria Imelda Marcos Manotoc, en tant que bénéficiaire d’un trust des Îles Vierges Britanniques, les responsables philippins n’ont pas caché leur impatience de savoir si les actifs du trust faisaient partie des 5 milliards de dollars (estimation) que son père a amassés par la corruption. Manotoc, un gouverneur de province aux Philippines a refusé de répondre à une série de questions sur ledit trust.

D’autres noms de haut niveau ont été identifiés dans les données offshore. Ils comprennent l’épouse du Premier vice-Premier ministre russe, Igor Chouvalov, et deux cadres supérieurs chez Gazprom, le plus gros extracteur de gaz naturel au monde, propriété du Gouvernement russe. Les fichiers récupérés montrent que la femme de Chouvalov et les responsables de Gazprom ont tous les trois des participations dans des sociétés sur les Îles Vierges britanniques.

L’essor de l’offshore

L’anonymat du monde offshore rend les flux d’argent difficiles à tracer. Une étude réalisée par James S. Henry, ancien économiste en chef au sein de McKinsey & Company, estime que les personnes riches ont entre 21.000 et 32.000 milliards de dollars en patrimoine financier privé niché dans les paradis offshore – à peu près l’équivalent des économies américaine et japonaise additionnées.

Même si l’économie mondiale a trébuché, le monde offshore a continué de croître, a déclaré Henry, qui est un membre du conseil du Tax Justice Network, un groupe international de recherche et d’influence critique à l’égards des paradis fiscaux. Ses recherches montrent, par exemple, que les actifs gérés par les 50 plus grandes “banques privées” du monde – qui utilisent souvent des paradis fiscaux pour servir leurs clients à “valeur nette élevée » – sont passés de 5.400 milliards de dollars en 2005 à plus de 12.000 milliards de dollars en 2010.

Les défenseurs de l’offshore répliquent que la plupart des clients offshore sont engagés dans des opérations légales. Les centres offshore, disent-ils, permettent aux entreprises et aux particuliers de diversifier leurs investissements, forger des alliances commerciales à travers les frontières nationales et faire des affaires dans les zones favorables à l’entrepreneuriat qui ne s’embarrassent pas des règles et des lourdes formalités administratives du monde onshore.

Une grande partie du rapport de l’ICIJ a mis l’accent sur les travaux de deux sociétés offshore, l’une, Portcullis TrustNet, basée à Singapour et l’autre, Commonwealth Trust Limited (CTL), sur les Îles vierges britaniques. Celles-ci auraient aidé des dizaines de milliers de personnes à créer des sociétés et trusts offshore ainsi que des comptes en banque difficiles à tracer. Les organismes de régulation des Îles Vierges britanniques ont révélé que CTL a violé à plusieurs reprises les lois anti-blanchiment entre 2003 et 2008 en omettant de vérifier et d’enregistrer les identités et l’antécédents de ses clients. «Cette entreprise a connu des problèmes de blanchiment d’argent systémique au sein de son organisation», a déclaré l’année dernière un responsable de la Commission des Services financiers des Îles vierges britanniques.

Les documents montrent, par exemple, que CTL a mis sur pied 31 entreprises en 2006 et 2007 pour un individu identifié par la suite par le tribunal britannique comme un homme de paille pour Mukhtar Ablyazov, un magnat de la banque kazakhe accusé d’avoir volé 5 milliards de dollars de l’une des plus anciennes banques de Russie. Ablyazov dément avoir commis le moindre acte répréhensible.

L’examen des documents de TrustNet a également permis d’identifier 30 clients américains accusés de fraude, de blanchiment d’argent, ou de tout autre faute financière grave dans des procès ou des affaires criminelles. Ils comprennent les ex-titans de Wall Street Paul Bilzerian, un “raider” d’entreprise reconnu coupable de fraude fiscale et de violation de valeurs mobilières en 1989, et Raj Rajaratnam, un gestionnaire de fonds de couverture milliardaire envoyé en prison en 2011 à l’issue de l’un des plus grands scandales de délits d’initiés de l’histoire américaine. TrustNet a refusé de répondre à une série de questions à ce sujet.

“Guichet unique”

Les clients offshore sont servis par une industrie d’intermédiaires grassement rétribués. Des comptables, des avocats et des banques qui leur procurent un abri et leur montent des structures financières et des actifs aléatoires en leur nom.

Des documents obtenus par l’ICIJ montrent comment deux premières banques suisses, UBS et Clariden, ont travaillé avec TrustNet à fournir à leurs clients des sociétés secrètes et blindées dans les Îles Vierges britanniques et d’autres centres offshore. Clariden, détenue par le Credit Suisse, aurait requis de tels niveaux de confidentialité pour certains clients qu’un responsable chez TrustNet a décrit la demande de la banque comme le «Saint Graal» des entités offshore – une entreprise tellement anonyme que la police et les régulateurs tomberaient sur un “mur blanc” s’ils essayaient de découvrir les identités des propriétaires (actionnaires).

Un porte-parole d’UBS a déclaré que la banque applique «les plus hautes normes internationales» pour lutter contre le blanchiment d’argent et que TrustNet « est l’un des 800 fournisseurs de services à l’échelle mondiale avec qui les clients UBS choisissent de travailler pour subvenir à leurs besoins de richesses et de planification de la relève. Ces fournisseurs de services sont également utilisés par les clients d’autres banques. »

TrustNet se décrit comme un «guichet unique» – son personnel comprend des avocats, des comptables et autres experts qui peuvent façonner des “packages” secrets pour s’adapter aux besoins et aux valeurs nettes de ses clients. Ces forfaits peuvent être simples et pas chers, comme une société à affrétée dans les îles Vierges britanniques. Ou ils peuvent prendre la forme de structures complexes qui tissent de multiples couches de trusts, des sociétés, des fondations, des produits d’assurance et ces fameux administrateurs et actionnaires “nominés”.

Quand ils créent des entreprises pour leurs clients, les entreprises de services offshore nomment souvent de faux administrateurs et actionnaires – des procurations qui font office de “stands-in” lorsque les véritables propriétaires d’entreprises ne veulent pas que leur identité soit connue. Grâce à la prolifération d’administrateurs et d’actionnaires de paille, les traqueurs de blanchiment d’argent et autres crimes financiers se retrouvent souvent dans des impasses quand ils essayent de découvrir qui se trouve réellement derrière les sociétés offshore.

Une analyse menée de concert par l’ICIJ, la BBC et le Guardian a identifié un groupe de 28 administrateurs de paille qui ont servi en tant que représentants sur le papier de plus de 21.000 entreprises entre elles. Ces administrateurs représentant 4.000 entreprises chacun.

Parmi les hommes de paille identifiés dans les documents obtenus par l’ICIJ figure un agent britannique qui a servi en tant qu’administrateur pour une société basée aux Îles vierges britanniques, Tamalaris Consolidated Limited. Organisation que l’Union européenne a étiqueté comme une société écran de la Compagnie de Navigation de la République islamique d’Iran. L’UE, l’ONU et les Etats-Unis ont accusé l’IRISL d’aider l’Iran à l’élaboration de son programme nucléaire.

Article rédigé par Gerard Ryle, Marina Walker Guevara, Michael Hudson, Nicky Hager, Duncan Campbell and Stefan Candea.

Ont également contribué à l’enquête : Mar Cabra, Kimberley Porteous, Frederic Zalac, Alex Shprintsen, Prangtip Daorueng, Roel Landingin, Francois Pilet, Emilia Díaz-Struck, Roman Shleynov, Harry Karanikas, Sebastian Mondial et Emily Menkes.

Traduit de l’anglais par Olivier Croughs.

« Offshore Leaks » : une enquête choc aux multiples ressorts

Constance Jamet

Le Figaro

04/04/2013

Une trentaine de médias publient les résultats d’une longue enquête collaborative sur les sociétés offshore et leurs riches clients. Parmi les noms mentionnés dans les données figure celui du trésorier de campagne de François Hollande.

Après WikiLeaks, Vatileaks, Offshore Leaks sera-t-il le nouveau scandale mondial en vue? Une trentaine de médias étrangers et Le Monde pour la France publient jeudi matin les résultats d’une longue enquête collaborative sur les sociétés offshore et les paradis fiscaux. Plus de 2,5 millions de documents ont été analysés, expliquent le journal suisse Le Matin et le Guardian , deux des titres impliqués dans l’enquête. Mises à disposition par le consortium journalistique d’investigation américain ICIJ, les données exploitées sont issues de deux sociétés spécialisées dans les domiciliations offshore: Commonwealth Trust Limited, à Tortola, dans les îles Vierges britanniques et Portcullis Trustnet, basée à Singapour.

«Ces fuites, qui ont le potentiel de causer un choc sismique, montrent à quel point la finance offshore s’est répandue dans le monde», explique le Guardian. Les données – contrats, photocopies de passeport, feuilles de calcul, livres de comptes – concernent environ 122 000 entités, liées à plus de 130 000 personnes dans 140 pays, précise Le Matin. Le Guardian souligne la diversité des utilisateurs d’investisseurs offshore. Dans cette liste de noms, «on trouve des dentistes américains, des proches de despotes, des villageois de la classe moyenne grecque, des escrocs de Wall Street, des milliardaires indonésiens et d’Europe de l’Est, des dirigeants russes, des marchands d’armes et une société présentée comme la tête de pont du programme nucléaire iranien», énumèrele Guardian. «Le fait que des milliers de gens ordinaires apparaissent dans ces fichiers indique que les sociétés offshore ne sont pas uniquement le repaire de malfrats ou de politiciens voulant dissimuler de l’argent. Des anonymes adoptent ce système car ils ne se sentent pas à l’abri dans les institutions bancaires de leur propre pays», insiste la directrice adjointe de l’ICIJ.

Un disque dur de 260 gigaoctets

Le Guardian a mis en exergue quelques personnalités mentionnées dans ces documents. On y trouve l’ancien ministre des Finances de Mongolie, le président d’Azerbaïdjan et sa famille, l’épouse du premier ministre adjoint russe Igor Chouvalov, l’époux d’une sénatrice canadienne, la collectionneuse d’art espagnole la baronne Carmen Thyssen-Bornemisza. Côté français, 130 individus seraient concernés mais le nom qui fait le plus de bruit est celui de Jean-Jacques Augier. Le trésorier de la campagne présidentielle de François Hollande, qui a racheté le magazine Têtu, est actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans, via son holding financier Eurane, affirment Le Monde et le Guardian. «J’ai investi dans cette société par l’intermédiaire de la filiale d’Eurane en Chine. L’investissement dans International Bookstores apparaît au bilan de cette filiale. Rien n’est illégal», a déclaré l’intéressé au Monde. Jean-Jacques Augier souligne ne détenir «ni compte bancaire personnel ouvert aux Caïmans ni investissement personnel direct dans ce territoire». Les rares personnalités citées dans le Guardian et qui ont accepté de s’expliquer, comme la baronne Carmen Thyssen-Bornemisza, assurent, elles aussi, de la légalité de leurs investissements.

Les coulisses de cette enquête internationale qui a réuni 86 journalistes et 35 publications sont aussi fascinantes que ses conclusions. Tout a commencé, il y a quinze mois, avec l’envoi anonyme d’un paquet en Australie. Son destinataire est le journaliste Gerard Ryle, qui sort d’une investigation de trois ans sur le scandale du Firepower. À la réception du disque dur, Gerard Ryle s’en va trouver le consortium ICIJ pour bénéficier de son expertise en matière de collaboration internationale. Mais contrairement à WikiLeaks, les données ne sont ni organisées, ni classées, un programmeur a donc construit une base de données pour permettre aux reporters de télécharger et de chercher les documents et mis en place un forum pour faciliter la communication. Le disque dur d’Offshore Leaks contient 260 gigaoctets de fichiers, soit un volume 160 fois plus important que les câbles diplomatiques américains publiés par WikiLeaks en 2010. De quoi distiller des révélations sur toute une année.

Voir encore:

Firepower: the most spectacular fraud in Australian history

Gerard Ryle

Investigative journalist

The book originated from a newspaper article I wrote for The Sydney Morning Herald in January 2007, raising questions about the validity of a mysterious fuel technology company called Firepower that had suddenly become the biggest sporting sponsor in the country.

Firepower reacted by taking out four lawsuits – two against my newspaper and two against me personally. We fought the lawsuits in the courts for more than 18 months before Firepower’s own lawyers moved to have the company placed into liquidation because of unpaid bills.

But initially everyone from the Australian Prime Minister, John Howard, to the various professional bodies that run sport in Australia, as well as the corporate watchdog, the Australian Securities and Investment Commission, were all seemingly content to adopt the myth that Firepower was a business miracle.

By then, millions of shares in Firepower had been sold to about 1300 enthusiastic investors, including high-profile sports personalities, diplomats, doctors, accountants, and senior media figures.

It took more than 60 newspaper articles over a two-year period to demolish the fairytale, exposing a wobbly financial pyramid and revealing the company’s main product – a fuel pill said to cut fuel consumption and reduce emissions – was little more than the same white tar fumigant used in mothballs.

The story had tentacles that spread around the world; from the Federal Government, to the KGB; from high-flying Australian diplomats, to international arms dealers; from convicted drug dealers, to the Australian Trade Commission.

The full implications are set to send quakes through the business, political and sporting worlds for years to come. The immediate ramifications however saw Federal Court charges brought against those selling the shares.

Firepower caused havoc in each of the sporting teams the company sponsored. It led to the death of the Sydney Kings – the most successful basketball franchise in the country – and it threw the future of the entire National Basketball League into question. Firepower contributed to unrest in the private ownership of the iconic South Sydney Rabbitohs, between Hollywood star Russell Crowe and the businessman Peter Holmes a Court.

The Western Force Super-14 club was fined $150,000 (since reduced) after revelations about secret payments by Firepower to high-profile Wallaby players, and it too faces both an exodus of star players and a financial crisis now that the Firepower dream is dead.

There were many other inquiries along the way … by the tax office, the Department of Foreign Affairs, the West Australian Department of Consumer and Employment Protection, hearings in the Industrial Relations Commission and two separate actions by liquidators.

My stories were eventually followed up nationally and internationally, including by Four Corners and by every major television and newspaper outlet in the country. They led to a worldwide manhunt for Firepower founder Tim Johnston, with the international media dubbing him ‘The Most Wanted Man in Australia’.

The book explains in detail the rise and fall of Tim Johnston, the man behind Firepower. It traces the history of his life through numerous previous frauds and it provides the context that allowed him to pull it off. It portrays a man of many contradictions, not least his preference for studying the Bible while flying first-class on his way to negotiate what turned out to be imaginary multi-million dollar deals.

The book raises serious questions about the corporate regulatory system in Australia – one that allowed Johnston to sell nearly $100 million worth of shares in a British Virgin Islands entity without so much as a prospectus.

It asks why Firepower benefited from such enthusiastic government support, getting huge taxpayer grants, when some of the Firepower-related entities the Federal Government helped promote never even existed. They were simply made up.

Voir encore:

Pop goes the pill prince

Firepower was a $100 million fraud on investors too eager for profits and too distracted to demand proper answers to the right questions, writes Gerard Ryle.

Business day

May 2, 2009

Tim Johnston needed a distraction. In Australia, none comes bigger than sport, a national obsession. Where else would athletes regularly nudge aside doctors, scientists and humanitarians to the nation’s highest honours?

Johnston’s friend Peter O’Meara had a sporting team. O’Meara was chief executive of the Western Force, a Perth-based franchise in the world’s best rugby union competition, which pitted against each other the finest players from Australia, New Zealand and South Africa. But O’Meara’s team was the league’s worst. Could O’Meara get Johnston the big distraction he wanted?

It was 2006 and by then Johnston had moved from poverty to plenty with barely a hitch in his stride. Already people were tipping him for greatness. Just as Thomas Edison had revolutionised the world with the invention of the light bulb, many believed Johnston was about to radically affect the biggest emergency facing mankind – the global energy crisis. Some of Australia’s brightest business leaders figured him to be the new Bill Gates, the founder of the world’s biggest company, Microsoft. Johnston was surely about to enjoy the same commercial success. Like Edison, his product also fitted neatly into the palm of one hand. It was a little brown pill about the size of a 5 cent piece.

Johnston was 50 and given to hyperbole. He had been asked by the then prime minister, John Howard, to advise the country on the pressing issue of climate change. The British prime minister, Tony Blair, was a silent investor in his various schemes. Both houses of the Russian parliament had ordered his technology to be adopted in every farm, factory and furnace. The contracts were worth millions. Perhaps billions.

It was difficult to know where untruths began and ended with Johnston. His world was filled with unexpected surprise. John Howard invited him to dinner at the Lodge, the prime ministerial residence in Canberra.

They dined with Julie Bishop, the minister for science, and they discoursed on the issue of Johnston’s great invention. The prime minister invited him back to dine again. And Johnston, who liked to study the Bible, gave thanks to his God for the meals. His favourite topic of conversation – outside his yearning to save the planet – was his professed desire for honesty and integrity.

The contradiction was not always immediately apparent.

Johnston began his marketing career as a shampoo salesman. His clean-cut image served him well when he moved to other things. Like selling bacteria that ate cow dung, or cures for medical ailments, or paint that was so light that aircraft manufacturers were animated about its fuel-saving possibilities.

And it was here, in the area of fuel saving, that he finally hit it big. Not with the paint, but with the little brown pill.

It was easy to see the attraction. By the time Johnston truly arrived on the scene in Australia, the public had breached another oil consumption record. The number of cars and trucks nearly matched the Australian population, and consumed 36 billion litres of petrol and diesel a year.

Johnston’s little brown pill promised to cut this $29 billion annual bill by 20 per cent in one easy stroke. Moreover, he claimed the pill would effectively eliminate all poisonous emissions from vehicles.

The excitement over his invention allowed Johnston to collect money from all corners of the globe. The message was clear: invest in Firepower or lose out on the chance of a lifetime. The pill, he said, would make everyone extremely wealthy. By the time Johnston finished, investors had handed over more than $100 million.

Johnston surrounded himself with substantial people. His business partners included Gordon Hill, a former West Australian police minister.

There was Warren Anderson, one of the country’s better known property developers, and Grigory Luchansky, a Russian oligarch who regularly featured in newspaper stories around the world. Both the former governor-general Michael Jeffery and the then Queensland premier, Peter Beattie, turned up for Firepower-sponsored events.

Bill Moss, the former Macquarie Bank director, was scheduled to be the chairman of Firepower and Firepower’s chief executive officer was John Finnin, one of Australia’s most senior public servants. Johnston told everyone they were going to be rich when he listed his company in London. Even in those heady days, Firepower appeared too good to be true. So good in fact that rumours sprang up that it was really a money-laundering front for the Russian mafia, or a product of the KGB or the CIA. The reasons were never quite clear. Nobody seemed to care as long as the money flowed.

And flow it did, while few took the time to learn what Firepower was really about, or to look into Johnston’s colourful history.

Johnston spent much of 2006 on board first-class flights and on private jets. He spent long hours explaining the deals he was signing up. World leaders – prime ministers and presidents – begged for his help. They wanted to improve their refineries, their factories and their methods of food production. His technology, he indicated, also had military applications. That made it a danger to powerful interests – not least the big oil companies. Johnston came to feel the panic, the rush of doubt, well before the end of 2006. Various strands of his story grew contradictory. The portrait he had built up remained unconvincing. Despite the millions of words that were poured into explaining the gulf between science and science fiction, the two remained unreconciled. In short, Johnston needed a distraction. He needed something to draw attention from the fundamental questions – the scientific proof, the stock market listing. Johnston found it in sport.

Johnston conceived his plan for the big distraction over Sunday afternoon drinks at his friend Peter O’Meara’s comfortable pad in the Perth beachside suburb of Cottesloe, not far from the $16 million mansion Johnston had recently occupied. He began by luring the best rugby players in the land, including Matt Giteau and Drew Mitchell, the stars of the Australian national team. Johnston was soon the most powerful person in West Australian rugby.

But Johnston had mammoth ambitions. As his boasts grew, so did the distraction. He began to build the biggest sporting sponsorship portfolio Australia had seen. The Firepower name was soon brashly displayed across the country, in boxing rings, on horse tracks, on racing cars, on motorbikes, even on surfboards. He began sponsoring the Sydney Kings, Australia’s best-known basketball team, and ended up buying the franchise.

Johnston’s brash style often clashed with the culturally conservative, but many people were drawn to his fervour and his money. He was good at identifying weaknesses in others. He was good at understanding rules and laws and the ways they could be broken. He was good at making sure people who might have spoken up couldn’t, because they were compromised.

Those who probably should have known better often left their good sense behind when they signed on for the camaraderie, the dollars, and the excitement. And like a children’s party, people didn’t doubt the integrity of the magician.

At the height of his popularity, in September 2006, a 4200-tonne navy guided missile frigate was handed over at taxpayers’ expense for a gala sponsorship function soon after Defence Force chiefs became Firepower investors. HMAS Sydney was moored at the navy’s base at Garden Island, with views over the Opera House, when it was used for the official launch of the Sydney Kings basketball season. By then, the Chief of Defence Force, Air Chief Marshal Angus Houston, the Deputy Chief of Navy, Rear Admiral Davyd Thomas, a former senior naval officer, Commodore Kevin Taylor, and the former air force chief, Air Marshal Errol McCormack, were all on board the dream as investors, though none was involved in the decision to hand over the ship.

Johnston’s attentions were not confined to Australia. His sporting heroes were scattered across the world, from New Zealand to Tonga to Russia. He had his people draw up plans to sponsor Chelsea soccer club in the English Premier League and formula one motor racing. He was funding a Welsh rugby team.

All things seemed possible. Johnston began socialising with Russell Crowe, the Oscar-winning Hollywood actor, and Peter Holmes a Court, one of Australia’s best-known businessmen. The two men owned the South Sydney Rabbitohs rugby league team. Firepower had just become a major sponsor, its millions helping revive South’s on-field struggle.

Investors came from all walks of life – and included doctors, accountants, media figures and public servants. They came from the airy elite of international diplomacy, like the Australian high commissioner to Pakistan, Zorica McCarthy. They even came from the centre of Johnston’s own big distraction – the world of sport.

A group of Australian rules footballers decided Firepower was the next big thing. Leading the investment scramble was Mark Ricciuto, captain of the Adelaide Crows, and Wayne Carey, the former all-Australian captain. Carey told current and former players it was a great way to increase their money tenfold. Most Adelaide Crows signed up, including coaches. And Johnston drew up plans to share profits from the sale of his pills with the Crows Foundation, the club’s charitable arm.

A former player and Firepower investor hosted an Adelaide radio show on the Triple-M network. Players and former players began a game, competing on air to see how many times they could name Firepower during interviews. Adelaide’s newspaper wrote about it in the social pages. The private comedy became public. And everyone was laughing at Johnston’s distraction.

But the real joke was on them.

This is an edited extract from Gerard Ryle’s Firepower, published by Allen and Unwin from Monday, $35.

Voir enfin:

Rise of a man with a magic mystery pill

Gerard Ryle

The Sydney Morning Herald

January 8, 2007

FOR A man determined to remain a mystery, Tim Johnston makes some contradictory moves.

Over a series of remarkable weeks in November, the chairman of the little-known Perth-based fuel technology company Firepower was revealed as the main sponsor of the South Sydney Rabbitohs.

The reported $3 million deal was unveiled by the Rabbitohs’ part-owner Russell Crowe – on Jay Leno’s American Tonight show. The ink had barely dried on that when Firepower said it would also be throwing its financial clout behind the Sydney Kings basketball team, which changed its name to the Firepower Sydney Kings. Days later, Johnston bought the Kings.

In three smooth steps, Johnston had thrust deep into the Australian sporting scene. He went from zero to hero in a world that rarely asks too many questions as long as you have the answer when they throw out the challenge that matters most. It’s the Jerry Maguire test: « Show me the money! »

And therein lies the real mystery of Tim Johnston and Firepower. Just how does the company make its money, and are its eye-popping business deals all that they appear? Firepower has been the beneficiary of enthusiastic Federal Government support in its push overseas, but there are questions over how much Australian agencies know about the company they support and the products it promotes. And those products – bits of fuel-technology wizardry, including a pill to improve vehicle efficiency and reduce pollution – may be the biggest Firepower mystery of all. Have they been properly tested, do they work, how many are sold, and who is using them?

The answers are obscure in a story whose ripples reach as far as the arms trade in Romania and a multi-level marketing scheme based in New Zealand, and features links to a Russian who won a multimillion-dollar legal suit against The Times in London over claims he was involved in one of the world’s biggest money-laundering scandals.

It embraces the Prime Minister, John Howard; the Queensland Premier, Peter Beattie; and a former West Australian police minister, Gordon Hill. It also involves several Federal Government-funded trade missions, where some of the companies that have represented Australia are unknown to the corporate regulator.

Those familiar with Firepower’s range of products swear with the zeal of an Amway salesman that they are the best thing since sliced bread. « Look out the window in Sydney and see the haze out there, » urges Michael Powe, who distributes the products in Tasmania. « If everybody used Firepower you would probably would be able to reduce that by 50 per cent. »

One of the products is a pill about the size of a five cent piece that you put in your fuel tank every time you fill up.

The pills cost $1.50 and anonymous testimony on the back of the product – from « Joseph and Julie in Fiji » – claims that they not only reduce pollutants, but make fuel 12 per cent more efficient.

The pills are claimed to be on sale in more than 50 countries. Press clippings state that Firepower’s pollution reducing/fuel extending products – four are in liquid form – are used by heavy industry, in power generation, by railways and by the armed forces of Australia, New Zealand, Russia, Thailand and Indonesia.

Rumours abound – that the company has a joint venture with Shell, and that it is already in the pocket of Macquarie Bank.

On its website, Firepower says it is working in a technical capacity with General Motors Holden. Mr Johnston says it is about to list on the London Stock Exchange.

Prominent on the Firepower website is a picture of Mr Howard and the Pakistani Prime Minister, Shaukat Aziz at the signing of a memorandum of understanding in November 2005 between Firepower and a Pakistani company over a reported $US35 million facility to be built in Karachi.

The deal is one of many, collectively worth hundreds of millions of dollars, which the company says it has signed. Many are centred in Russia and other parts of the former Soviet bloc.

In June, Firepower and the Queensland Government – in that order – were sponsors of Australia Week in Moscow, an annual fair organised by the Australian Trade Commission (Austrade).

« The only thing wrong with Firepower is that they’re not in Queensland, » Peter Beattie told The Bulletin at the time.

The magazine reported that Mr Beattie, who attended the show, was trying to woo Firepower away from Perth after the company said it had ended the week with joint venture deals worth $400 million.

« Firepower Group is a wonderful example of the innovative thinking and advanced technology that Australian companies produce, » said Gregory Klumov, Austrade’s senior trade commissioner in Moscow.

From the extent of Firepower’s sporting patronage, its public statements and press coverage, you might expect to find a $1 billion company. Aside from the Rabbitohs and the Kings, the company is involved in V8 Supercar racing, and is a patron of the Western Force rugby team, the Tongan national rugby team, the Porsche Carrera Cup and the Australian Superbike Championship.

But scratch the surface and it soon becomes clear that Firepower products are sold domestically in only a few dozen motorcycle outlets and truck stops in Western Australia and Darwin, and a marine supply shop in Hobart.

There is no joint venture with Shell, nor a technical agreement with General Motors Holden, nor any association with Macquarie Bank, according to representatives of those companies. And neither the Australian nor the New Zealand military has any record of having purchased Firepower products.

The Australian Securities and Investments Commission has no record of a company called Firepower Group Pty Ltd, the company presented by the taxpayer-funded Austrade as an export success story in Russia.

Nor does the commission have any records of a company that represented Australia in another Austrade investment mission to Malaysia in August last year – Firepower International Pty Ltd. The commission does not even have records of the company that appears on the Firepower website – Firepower Technology Ltd.

The business listed in the phone book – Firepower Operations Pty Ltd – is a $1 company, first registered in December 2004. It is owned by Firepower Holdings Group Ltd, a company with an address in the British Virgin Islands.

Mr Johnston offers little explanation. « I don’t know you. You say you are from The Sydney Morning Herald but I don’t know, » he states, after demanding questions in writing. The questions are never answered. Meetings never take place. Conference calls never eventuate.

The latter offer comes at the end of weeks of trying to get information on the company, weeks that included the following exchange with a company spokesman:

What sort of sales did you have last year in Australia?

« No comment on that. »

What about overseas?

« No comment. »

Is there any reason?

« It is basically the way that it operates. »

How does the company sell its product?

« Again, no comment. We have to leave it at that. I can’t divulge any more … On the website, that’s the information that is released to the public. »

Before another question can be answered, the spokesman hangs up.

Some of the wilder rumours share the features of a John Le Carre novel, taking in organisations such as the former Russian spy agency, the KGB, and the American space agency, NASA.

Take Firepower’s joint venture partner in Russia, who was revealed at the Moscow trade show. He is Grigory Luchansky, a dual Russian-Israeli citizen who was the subject of a Time magazine investigation in 1996.

At the time, Luchansky was the head of a Vienna-based company called Nordex. According to other reports, Nordex was created in 1989 as a source of hard currency for the KGB.

Luchansky has reportedly been the subject of intense scrutiny by Interpol, Britain’s MI6 and Israeli law enforcement. He has at times been banned from entering Canada and once was denied entry to Britain and the US.

Apart from spending some years in a gulag early in his life, he has never been prosecuted. He rejects the charges made by Time. Luchansky successfully sued The Times when it later reported that the CIA had described Nordex as an organisation associated with Russian criminal activity.

He was photographed at a White House fund-raising dinner with then-president Bill Clinton in October 1993, but the claims did not stop. The Times repeated allegations that Nordex may have been involved in the smuggling of nuclear material.

The newspaper also accused Luchansky of being linked to one of the world’s biggest money-laundering investigations – an alleged plot to launder $US7 billion in Russian organised crime proceeds through the Bank of New York.

Luchansky has repeatedly denied all of the accusations levelled against him, and the Herald is not suggesting he or anyone involved in Firepower is guilty of committing any offence.

In refusing an appeal by The Times, the English courts held that the newspaper had no prospect of proving the laundering claim, and that it did not attempt to prove the other accusations.

The shadowy threat of Russian organised crime raised its head in relation to Tim Johnston last year when he allegedly received death threats after Firepower signed a multimillion deal with the country’s largest coal producer, Kuzbassrazrezugol.

The Australian embassy in Moscow took the threat so seriously it organised four bodyguards from Russia’s special forces unit to accompany Mr Johnston during the trade show. The bodyguards were paid by Firepower, an Austrade spokesman said.

« The threat came from Kuzbass, in Siberia, where we reduced fuel consumption [at Kuzbassrazrezugol] by 40 per cent, » Mr Johnston told the Herald at the time.

« We’ve been selling a lot there, and the people who had been supplying [the mining company] with diesel fuel weren’t happy. I didn’t get a Christmas card. They said: ‘Tim Johnston, you keep out of Russia, or else’. »

The link between Luchansky and Firepower appears to have been known to Austrade. And it seems clear Austrade has been an integral part of Mr Johnston’s recent success.

Deals cut in Russia, Kazakhstan, Malaysia and Romania with the help of Austrade have allowed his company to be portrayed as a multimillion-dollar exporter of fuel technology.

Those deals helped Mr Johnston parlay his small business of the late 1990s into a player on the international scene, with offices in Australia, Germany, Romania and Russia.

What also seems certain is that Austrade did not check whether all the companies that attended its trade missions or sponsored its trade fairs, according to the names that appeared in press releases, were registered in Australia.

« It concerns me, » said an Austrade spokesman when the Herald produced the evidence that some were not.

« The Firepower Group is not a company, as you quite clearly [point out] … They exist as an Australian business, they don’t exist as a registered company. »

He added: « We are not assisting the company that is registered in the Virgin Islands. What we are assisting is an Australian business that operates out of Perth, which is public knowledge and which is on the internet. »

One of the deals set up through Austrade was to have a Firepower product – a machine that cleans fuel systems – manufactured in Romania under an arrangement with a British arms dealer, BAE Systems.

The Herald understands that BAE Systems assisted in the manufacture of the machines to satisfy what is known as an « offset agreement » with the Romanian Government. Offset agreements are common practice in large international arms deals. They require a supplier to direct some benefits – usually work or technology – back to the purchaser as a condition of the sale.

While the Herald does not suggest that the deal involving Firepower’s products was anything other than a normal business transaction, allegations concerning some of BAE Systems’ dealings in Romania and four other countries are being investigated by the Serious Fraud Office in Britain. The company did not respond to a Herald request for comment.

One of the people pictured in Pakistan with John Howard in November 2005 is Don Klick, who was described in the photo caption as Firepower’s president for international business. Mr Klick also represented the apparently non-existent Firepower International Pty Ltd during the Austrade mission to Malaysia.

The Herald understands Mr Klick is an American Vietnam War veteran who once worked with the giant US military contractor Dyncorp.

Other people associated with Firepower include Mr Hill, a former police minister in the former West Australian Labor government of Brian Burke. Until February this year he was the only other director, with Mr Johnston, of Firepower Operations Pty Ltd, the company listed in the phone book.

The Herald understands Mr Hill was recruited to help get the company a listing on the Alternative Investment Market in London, which is part of the London Stock Exchange. It was something Mr Johnston boasted to The Bulletin would happen in October. The listing has yet to go ahead.

Mr Hill declined to comment on his directorship with Firepower other than to say he was no longer involved with the company. Nor would he comment on an action being taken in the West Australian Supreme Court by the wife of another former Firepower executive, Trevor Nairn.

Lawyers representing Rhonda Nairn and Mr Hill first appeared in court in October, where it was alleged that the value of 12.5 million shares in the company held by Mrs Nairn was lost as part of the restructuring of the Firepower group of companies in 2004 and 2005. The action is believed to have since been settled after shares were issued in the Virgin Islands holding company.

Mr Nairn, who also declined to comment on the case or on his involvement in Firepower, is a Perth accountant.

Mr Nairn and Mr Johnston were directors of a number of companies that preceded Firepower, such as TLC Engine Care System Pty Ltd and TPS Group Pty Ltd. These companies were registered in 2000 and 1999 respectively.

They were small companies. And back then, according to those familiar with the businesses, Mr Johnston was living in a rented house in Perth – just another struggling small businessman with a good idea.

Today, he lists his residence as a $9 million mansion in Perth, bought in April last year by the property tycoon Warren Anderson. Mr Anderson’s involvement, if any, with Firepower is unclear. A spokesman said Mr Anderson preferred not speak to the media.

7 Responses to Affaire Cahuzac: Attention, un séisme peut en cacher un autre ! (From butterfly effect to perfect storm: Will the French government be the first collateral victim of OffshoreLeaks?)

  1. […] au pouvoir en France et à l’instar du battement d’ailes du papillon déclenchant une tornade de l’effet du même nom, pourrait bien tout emporter sur son passage […]

    J'aime

  2. […] Peut-être ça ?   (à lire jusqu’au bout même si c’est long, en Anglais et en Français) […]

    J'aime

  3. jcdurbant dit :

    Voir aussi:

    Et si l’évasion fiscale industrialisée était le prochain gros scandale à faire trembler le pouvoir ? (…) L’évasion fiscale concernerait en France 150 à 200 000 personnes pour un montant de 590 milliards d’euros, dont 108 rien qu’en Suisse. (…) A qui profite cette évasion massive, excepté évidemment aux grosses fortunes ? Peillon y va franco : l’évasion fiscale a servi au financement politique illégal du parti de Nicolas Sarkozy et au trafic d’influence. Ce scandale en rejoint un autre : celui de l’affaire Bettencourt. Car la vieille dame de L’Oréal possède de nombreux comptes en Suisse, dont certains chez UBS. Il est avéré que les mouvements suspects sur ces comptes, entre 2005 et 2008, sont carastéristiques de l’évasion fiscale. 20 millions ont ainsi pu être dissimulés au fisc français. Une somme qui a pu finir dans de petites enveloppes en papier kraft à destination des hommes politiques. Conclusion de Peillon : « les générosités de la milliardaire vis-à-vis des champions politiques expliqueraient-elles cette timidité judiciaire ? »

    Arrêts sur images (12/04/2012)

    « Mais évidemment, qu’il a un compte en Suisse ! » C’était le 12 décembre 2012, au tout début de « l’affaire Cahuzac ». Le spécialiste des questions de sécurité Alain Bauer, qui connaît aussi bien le monde du renseignement que la Rocardie et la franc-maçonnerie, lâche la confidence au Monde, au détour d’une conversation.

    Proche de Nicolas Sarkozy, Alain Bauer n’a jamais conseillé Jérôme Cahuzac. Mais comment imaginer que cet intime de Stéphane Fouks, le patron d’Havas Worldwide (ex-EuroRSCG), n’ait pas évoqué avec ce dernier le cas du ministre du budget ? Qu’il n’ait pas échangé un mot du sujet avec son autre ami de trente ans, le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, étrangement silencieux depuis le début de cette affaire ?

    Le Monde

    Au printemps 2012, l’ancien trotskiste Julien Dray, adepte des montres de luxe et que l’univers policier fascine, avait mis en garde François Hollande. La rumeur d’un compte suisse courait les couloirs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, vieil ami d’Alain Bauer, dément pourtant vigoureusement l’existence d’une quelconque note rédigée à ce sujet. Est-ce à dire qu’elle n’a jamais circulé ? (…) information que l’avocat agenais Michel Gonelle, le détenteur de l’enregistrement où Jérôme Cahuzac dit que cela « l’emmerde » d’avoir un compte en Suisse, tient pour certaine. « Je sais de bonne source que ce compte, vraisemblablement en 2008, a fait l’objet d’un signalement de la part d’un officier de la Douane judiciaire. Signalement qui a ensuite été transmis aux services de renseignement. »

    Éric Woerth, François Baroin et Valérie Pécresse ont-ils pu ignorer le soupçon pesant déjà sur l’élu socialiste ? « Le 11 juin 2008, j’ai adressé un mémoire à Éric Woerth. Ma hiérarchie avait engagé une procédure disciplinaire contre moi pour avoir utilisé sans son aval une base de données et consulté le dossier fiscal de Jérôme Cahuzac, rappelle Remy Garnier, l’inspecteur du fisc lot-et-garonnais. J’avais eu vent de cette histoire de compte suisse non déclaré. Naturellement, je l’avais mentionné dans mon courrier à Éric Woerth. »

    Sud-Ouest

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  4. […] l’heure où, menacée d’être emportée par le séisme Cahuzac mais une vingtaine d’années après la Scandinavie, le Canada ou l’Allemagne […]

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  5. […] l’heure, où strip poker suite à l’affaire Cahuzac oblige, nos gouvernants nous bombardent de leurs scooters et de leurs vélos […]

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  6. InternetDev dit :

    Par quel « hasard », Sarkozy et Hollande ont-ils fait pour employer le même truand dans des postes si stratègique contre la fraudes fiscale et le contrôle des éluts ???

    Par quel Hasard, J. Cahuzac a-t-il chosit UBS, la banque ou travaillera Olivier Sarkozy ?

    Par quel hasard, Eric Woerth et B. Tappie ont-il défendue leurs défensseur, au part avant, J. Cahuzac?

    Par quel hasard, la presse télé Française a-t-elle chosit d’attaquer Mediapart, plutôt que d’enquêter elle-même…

    Par quel Hasard
    La France est un pays tiermondiste en devenir depuis 2002 ?

    Par quel hasard, un guard de marine Lepen se retrouve être celui qui a ouvert le compte chez UBS

    Qu’est-ce que Reyl ? que fait la Suisse avec ces banque discretes ?

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  7. […] qu’avec l’Affaire du député et ministre socialiste Jérome Cahuzac un secret bancaire suisse déjà bien mal en […]

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