Esclavage: Les Noirs aussi ! (Black people practiced slavery and fought to defend their right to it)

Les archives départementales de la Réunion ou plus précisément de l’Ile Bourbon (commune de Saint André) possèdent et offrent pour en février 1848 un document essentiel, mais peu connu et moins encore cité. Il s’agit en effet du recensement des biens comme des esclaves de la famille Million des Marquets qui possédait alors une plantation d’une vingtaine d’hectares, à la Ravine Saint-Jean, à Saint-André, « quartier » où elle résidait. Cette famille de planteurs, dans l’île depuis 1767 se classait plutôt, on le devine, du côté des esclavagistes que des esclaves. Raymond Vergès, né à Saint Denis de la Réunion en 1882, père de Paul, grand-père de Françoise et fondateur de cette dynastie politique communiste réunionnaise, avait été élevé surtout par sa grand-mère Marie Hermelin de Million des Marquets, née en 1832 et qui avait épousé, en 1855, un modeste commis de marine, Adolphe Vergès. En 1848, la famille Million Des Marquets possédait, comme nous le montre le détail de ce recensement, 121 esclaves (dont 66 créoles, 12 malgaches, 39 mozambiques et 4 indiens ou malais). (…) Il faut croire que les historiens communistes réunionnais (il n’en a pas manqué pourtant) n’ont pas assez fréquenté les archives départementales ou ne s’y sont pas montrés assez vigilants, pour ne pas avoir fait disparaître un tel document, un peu gênant tout de même pour une telle famille ! Familier de ces lieux comme de ce document, je me suis souvent amusé des interventions de Françoise Vergès, qui se présentait en tant que réunionnaise spécialiste de l’histoire de l’esclavage, alors que cette spécialisation est récente et ne date guère que de l’intérêt médiatique pour ces questions. Elle se caractérise en outre par quelques errances initiales dans ce domaine, en particulier dans l’affaire Pétré-Grenouilleau, qui, lui, est un authentique historien de l’esclavage et reconnu comme tel, mais que F. Vergès et ses ami(e)s ont voulu faire exclure de l’université pour ses positions, au demeurant parfaitement fondées. (…) Elle a pour parler de l’esclavage un titre, dont par modestie sans doute, elle ne fait nulle part état. Loin d’être une descendante, fût-ce lointaine, d’esclaves réunionnais, ce que pourrait donner à penser sa physionomie quelque peu orientale et ses coiffures exotiques, la seule véritable ascendance réunionnaise, dont elle puisse faire état n’est nullement du côté des esclaves, comme on l’a vu, mais, bien au contraire, des esclavagistes de la Réunion. Voilà donc une femme que tout désigne pour parler, avec émotion et compétence, des horreurs de l’esclavage ! Robert Chaudenson
Les propriétaires d’esclaves n’étaient pas tous des colons blancs. Parmi eux des personnes de couleur : affranchies ou nées libres. (…) En Guyane, en 1848, 12 252 esclaves sont libérés. Les propriétaires au nombre de 1096 reçoivent 557 321,07 Francs, près de 2 millions d’euros aujourd’hui en numéraires assortis d’une rente annuelle.Un esclave valait à peu près 589, 32 Francs selon les estimations et les comparaisons du CNRS.
Les choses ne sont pas aussi binaires qu’on l’imagine parfois : ainsi, on retrouve des « libres de couleur » parmi les personnes indemnisées – ces esclaves affranchis étaient à leur tour devenus propriétaires d’esclaves. On a tendance à voir l’esclavage sous le seul prisme de l’opposition raciale blanc-noir, mais on oublie que c’était aussi un système économique et social. Myriam Cottias
Après avoir aboli l’esclavage pour la seconde fois le 27 avril 1848, la France accorde en 1849 une indemnité aux anciens propriétaires d’esclaves de l’empire colonial, à La Réunion, en Martinique, Guadeloupe, Guyane, au Sénégal et à Nosy Bé et Sainte-Marie de Madagascar. À travers cette mesure controversée, l’État tente de préserver ses intérêts économiques dans les colonies dont la possession est en péril, les colons menaçant de quitter ces territoires. 126 millions de francs or y seront consacrés sous forme de versement immédiat en numéraire (6 millions) et de rente annuelle de 6 millions sur 20 ans, selon des montants différents pour chaque colonie : une somme qui représente une part importante des dépenses publiques. Ce travail a permis de montrer que les indemnités n’étaient pas réservées seulement aux grands propriétaires : plus de 30 % des bénéficiaires étaient des personnes de couleur, qui possédaient quelques esclaves (dans ces sociétés, le salariat n’existait pas). Par ailleurs, certains titres ont changé de mains afin d’éponger les dettes des anciens propriétaires : on pouvait donc devenir porteur de tels titres en tant que créancier mais sans avoir possédé d’esclaves. CNRS
Nicolas Augustin Metoyer of Louisiana owned 13 slaves in 1830. He and his 12 family members collectively owned 215 slaves. Henry Louis Gates
The free colored population of Louisiana … own slaves, and they are dearly attached to their native land … and they are ready to shed their blood for her defense. They have no sympathy for abolitionism; no love for the North, but they have plenty for Louisiana … They will fight for her in 1861 as they fought [to defend New Orleans from the British] in 1814-1815. »  
A free black in Trimble County, Kentucky,  » … sold his own son and daughter South, one for $1,000, the other for $1,200. » … A Maryland father sold his slave children in order to purchase his wife. A Columbus, Georgia, black woman — Dilsey Pope — owned her husband. « He offended her in some way and she sold him …  » Fanny Canady of Louisville, Kentucky, owned her husband Jim — a drunken cobbler — whom she threatened to « sell down the river. » At New Bern, North Carolina, a free black wife and son purchased their slave husband-father. When the newly bought father criticized his son, the son sold him to a slave trader. The son boasted afterward that « the old man had gone to the corn fields about New Orleans where they might learn him some manners. »
Some of them were promised their freedom if they fought. Others went out of loyalty for their masters, and stayed with them in times of trouble. (…) Black men did fight on both sides, » he continued. There’s been a whole lot of credible work done about the side of the Union, but they have not given any scholarly research to the Confederate side. James Eaton (Florida A&M University)
Historians have estimated the total number of black men who served in the Confederate Army either as laborers or soldiers range anywhere from 60,000 to 90,000. Over 13,000 of these, « saw the elephant » also known as meeting the enemy in combat. These Black Confederates included both slave and free. James Davis

Après les Africains et les Indiens

Retour sur les propriétaires d’esclaves noirs !

Qui comme le confirment les registres d’indemnités distribuées au moment de l’abolition …

Jusqu’à l’équivalent actuel de 2 000 euros par tête, ce qui dit la valeur desdits esclaves et donc, contrairement à ce qui est souvent dit, l’intérêt à les ménager …

Pouvaient inclure jusqu’à 30% de personnes de couleur

A l’instar par exemple de la famille de cette présidente du Comité national pour la mémoire de l’esclavage et nièce du célèbre et sulfureux avocat Jacques Vergès …

Et qui notamment aux Etats-unis comme le rappelle Henry Louis Gates …

Pouvaient à l’occasion vendre les membres de leur propre famille !

Et, grande première dans l’histoire de l’intégration des noirs dans l’armée en Amérique, étaient prêts à s’engager dans l’armée sudiste pour en défendre le droit  …

Did Black People Own Slaves?

Henry Louis Gates Jr.

The Root

March 4, 2013

100 Amazing Facts About the Negro: Yes — but why they did and how many they owned will surprise you.

Editor’s note: For those who are wondering about the retro title of this black history series, please take a moment to learn about historian Joel A. Rogers, author of the 1934 book 100 Amazing Facts About the Negro With Complete Proof, to whom these « amazing facts » are an homage.

(The Root) — 100 Amazing Facts About the Negro No. 21: Did black people own slaves? If so, why?

One of the most vexing questions in African-American history is whether free African Americans themselves owned slaves. The short answer to this question, as you might suspect, is yes, of course; some free black people in this country bought and sold other black people, and did so at least since 1654, continuing to do so right through the Civil War. For me, the really fascinating questions about black slave-owning are how many black « masters » were involved, how many slaves did they own and why did they own slaves?

The answers to these questions are complex, and historians have been arguing for some time over whether free blacks purchased family members as slaves in order to protect them — motivated, on the one hand, by benevolence and philanthropy, as historian Carter G. Woodson put it, or whether, on the other hand, they purchased other black people « as an act of exploitation, » primarily to exploit their free labor for profit, just as white slave owners did. The evidence shows that, unfortunately, both things are true. The great African-American historian, John Hope Franklin, states this clearly: « The majority of Negro owners of slaves had some personal interest in their property. » But, he admits, « There were instances, however, in which free Negroes had a real economic interest in the institution of slavery and held slaves in order to improve their economic status. »

In a fascinating essay reviewing this controversy, R. Halliburton shows that free black people have owned slaves « in each of the thirteen original states and later in every state that countenanced slavery, » at least since Anthony Johnson and his wife Mary went to court in Virginia in 1654 to obtain the services of their indentured servant, a black man, John Castor, for life.

And for a time, free black people could even « own » the services of white indentured servants in Virginia as well. Free blacks owned slaves in Boston by 1724 and in Connecticut by 1783; by 1790, 48 black people in Maryland owned 143 slaves. One particularly notorious black Maryland farmer named Nat Butler « regularly purchased and sold Negroes for the Southern trade, » Halliburton wrote.

Perhaps the most insidious or desperate attempt to defend the right of black people to own slaves was the statement made on the eve of the Civil War by a group of free people of color in New Orleans, offering their services to the Confederacy, in part because they were fearful for their own enslavement: « The free colored population [native] of Louisiana … own slaves, and they are dearly attached to their native land … and they are ready to shed their blood for her defense. They have no sympathy for abolitionism; no love for the North, but they have plenty for Louisiana … They will fight for her in 1861 as they fought [to defend New Orleans from the British] in 1814-1815. »

These guys were, to put it bluntly, opportunists par excellence: As Noah Andre Trudeau and James G. Hollandsworth Jr. explain, once the war broke out, some of these same black men formed 14 companies of a militia composed of 440 men and were organized by the governor in May 1861 into « the Native Guards, Louisiana, » swearing to fight to defend the Confederacy. Although given no combat role, the Guards — reaching a peak of 1,000 volunteers — became the first Civil War unit to appoint black officers.

Like The Root on Facebook. Follow us on Twitter.

When New Orleans fell in late April 1862 to the Union, about 10 percent of these men, not missing a beat, now formed the Native Guard/Corps d’Afrique to defend the Union. Joel A. Rogers noted this phenomenon in his 100 Amazing Facts: « The Negro slave-holders, like the white ones, fought to keep their chattels in the Civil War. » Rogers also notes that some black men, including those in New Orleans at the outbreak of the War, « fought to perpetuate slavery. »

How Many Slaves Did Blacks Own?

So what do the actual numbers of black slave owners and their slaves tell us? In 1830, the year most carefully studied by Carter G. Woodson, about 13.7 percent (319,599) of the black population was free. Of these, 3,776 free Negroes owned 12,907 slaves, out of a total of 2,009,043 slaves owned in the entire United States, so the numbers of slaves owned by black people over all was quite small by comparison with the number owned by white people. In his essay,  » ‘The Known World’ of Free Black Slaveholders, » Thomas J. Pressly, using Woodson’s statistics, calculated that 54 (or about 1 percent) of these black slave owners in 1830 owned between 20 and 84 slaves; 172 (about 4 percent) owned between 10 to 19 slaves; and 3,550 (about 94 percent) each owned between 1 and 9 slaves. Crucially, 42 percent owned just one slave.

Pressly also shows that the percentage of free black slave owners as the total number of free black heads of families was quite high in several states, namely 43 percent in South Carolina, 40 percent in Louisiana, 26 percent in Mississippi, 25 percent in Alabama and 20 percent in Georgia. So why did these free black people own these slaves?

It is reasonable to assume that the 42 percent of the free black slave owners who owned just one slave probably owned a family member to protect that person, as did many of the other black slave owners who owned only slightly larger numbers of slaves. As Woodson put it in 1924’s Free Negro Owners of Slaves in the United States in 1830, « The census records show that the majority of the Negro owners of slaves were such from the point of view of philanthropy. In many instances the husband purchased the wife or vice versa … Slaves of Negroes were in some cases the children of a free father who had purchased his wife. If he did not thereafter emancipate the mother, as so many such husbands failed to do, his own children were born his slaves and were thus reported to the numerators. »

Moreover, Woodson explains, « Benevolent Negroes often purchased slaves to make their lot easier by granting them their freedom for a nominal sum, or by permitting them to work it out on liberal terms. » In other words, these black slave-owners, the clear majority, cleverly used the system of slavery to protect their loved ones. That’s the good news.

But not all did, and that is the bad news. Halliburton concludes, after examining the evidence, that « it would be a serious mistake to automatically assume that free blacks owned their spouse or children only for benevolent purposes. » Woodson himself notes that a « small number of slaves, however, does not always signify benevolence on the part of the owner. » And John Hope Franklin notes that in North Carolina, « Without doubt, there were those who possessed slaves for the purpose of advancing their [own] well-being … these Negro slaveholders were more interested in making their farms or carpenter-shops ‘pay’ than they were in treating their slaves humanely. » For these black slaveholders, he concludes, « there was some effort to conform to the pattern established by the dominant slaveholding group within the State in the effort to elevate themselves to a position of respect and privilege. » In other words, most black slave owners probably owned family members to protect them, but far too many turned to slavery to exploit the labor of other black people for profit.

Who Were These Black Slave Owners?

If we were compiling a « Rogues Gallery of Black History, » the following free black slaveholders would be in it:

John Carruthers Stanly — born a slave in Craven County, N.C., the son of an Igbo mother and her master, John Wright Stanly — became an extraordinarily successful barber and speculator in real estate in New Bern. As Loren Schweninger points out in Black Property Owners in the South, 1790-1915, by the early 1820s, Stanly owned three plantations and 163 slaves, and even hired three white overseers to manage his property! He fathered six children with a slave woman named Kitty, and he eventually freed them. Stanly lost his estate when a loan for $14,962 he had co-signed with his white half brother, John, came due. After his brother’s stroke, the loan was Stanly’s sole responsibility, and he was unable to pay it.

William Ellison’s fascinating story is told by Michael Johnson and James L. Roark in their book, Black Masters: A Free Family of Color in the Old South. At his death on the eve of the Civil War, Ellison was wealthier than nine out of 10 white people in South Carolina. He was born in 1790 as a slave on a plantation in the Fairfield District of the state, far up country from Charleston. In 1816, at the age of 26, he bought his own freedom, and soon bought his wife and their child. In 1822, he opened his own cotton gin, and soon became quite wealthy. By his death in 1860, he owned 900 acres of land and 63 slaves. Not one of his slaves was allowed to purchase his or her own freedom.

Louisiana, as we have seen, was its own bizarre world of color, class, caste and slavery. By 1830, in Louisiana, several black people there owned a large number of slaves, including the following: In Pointe Coupee Parish alone, Sophie Delhonde owned 38 slaves; Lefroix Decuire owned 59 slaves; Antoine Decuire owned 70 slaves; Leandre Severin owned 60 slaves; and Victor Duperon owned 10. In St. John the Baptist Parish, Victoire Deslondes owned 52 slaves; in Plaquemine Brule, Martin Donatto owned 75 slaves; in Bayou Teche, Jean B. Muillion owned 52 slaves; Martin Lenormand in St. Martin Parish owned 44 slaves; Verret Polen in West Baton Rouge Parish owned 69 slaves; Francis Jerod in Washita Parish owned 33 slaves; and Cecee McCarty in the Upper Suburbs of New Orleans owned 32 slaves. Incredibly, the 13 members of the Metoyer family in Natchitoches Parish — including Nicolas Augustin Metoyer, pictured — collectively owned 215 slaves.

Antoine Dubuclet and his wife Claire Pollard owned more than 70 slaves in Iberville Parish when they married. According to Thomas Clarkin, by 1864, in the midst of the Civil War, they owned 100 slaves, worth $94,700. During Reconstruction, he became the state’s first black treasurer, serving between 1868 and 1878.

Andrew Durnford was a sugar planter and a physician who owned the St. Rosalie plantation, 33 miles south of New Orleans. In the late 1820s, David O. Whitten tells us, he paid $7,000 for seven male slaves, five females and two children. He traveled all the way to Virginia in the 1830s and purchased 24 more. Eventually, he would own 77 slaves. When a fellow Creole slave owner liberated 85 of his slaves and shipped them off to Liberia, Durnford commented that he couldn’t do that, because « self interest is too strongly rooted in the bosom of all that breathes the American atmosphere. »

It would be a mistake to think that large black slaveholders were only men. In 1830, in Louisiana, the aforementioned Madame Antoine Dublucet owned 44 slaves, and Madame Ciprien Ricard owned 35 slaves, Louise Divivier owned 17 slaves, Genevieve Rigobert owned 16 slaves and Rose Lanoix and Caroline Miller both owned 13 slaves, while over in Georgia, Betsey Perry owned 25 slaves. According to Johnson and Roark, the wealthiest black person in Charleston, S.C., in 1860 was Maria Weston, who owned 14 slaves and property valued at more than $40,000, at a time when the average white man earned about $100 a year. (The city’s largest black slaveholders, though, were Justus Angel and Mistress L. Horry, both of whom owned 84 slaves.)

In Savannah, Ga., between 1823 and 1828, according to Betty Wood’s Gender, Race, and Rank in a Revolutionary Age, Hannah Leion owned nine slaves, while the largest slaveholder in 1860 was Ciprien Ricard, who had a sugarcane plantation in Louisiana and owned 152 slaves with her son, Pierre — many more that the 35 she owned in 1830. According to economic historian Stanley Engerman, « In Charleston, South Carolina about 42 percent of free blacks owned slaves in 1850, and about 64 percent of these slaveholders were women. » Greed, in other words, was gender-blind.

Why They Owned Slaves

These men and women, from William Stanly to Madame Ciprien Ricard, were among the largest free Negro slaveholders, and their motivations were neither benevolent nor philanthropic. One would be hard-pressed to account for their ownership of such large numbers of slaves except as avaricious, rapacious, acquisitive and predatory.

But lest we romanticize all of those small black slave owners who ostensibly purchased family members only for humanitarian reasons, even in these cases the evidence can be problematic. Halliburton, citing examples from an essay in the North American Review by Calvin Wilson in 1905, presents some hair-raising challenges to the idea that black people who owned their own family members always treated them well:

A free black in Trimble County, Kentucky,  » … sold his own son and daughter South, one for $1,000, the other for $1,200. » … A Maryland father sold his slave children in order to purchase his wife. A Columbus, Georgia, black woman — Dilsey Pope — owned her husband. « He offended her in some way and she sold him …  » Fanny Canady of Louisville, Kentucky, owned her husband Jim — a drunken cobbler — whom she threatened to « sell down the river. » At New Bern, North Carolina, a free black wife and son purchased their slave husband-father. When the newly bought father criticized his son, the son sold him to a slave trader. The son boasted afterward that « the old man had gone to the corn fields about New Orleans where they might learn him some manners. »

Carter Woodson, too, tells us that some of the husbands who purchased their spouses « were not anxious to liberate their wives immediately. They considered it advisable to put them on probation for a few years, and if they did not find them satisfactory they would sell their wives as other slave holders disposed of Negroes. » He then relates the example of a black man, a shoemaker in Charleston, S.C., who purchased his wife for $700. But « on finding her hard to please, he sold her a few months thereafter for $750, gaining $50 by the transaction. »

Most of us will find the news that some black people bought and sold other black people for profit quite distressing, as well we should. But given the long history of class divisions in the black community, which Martin R. Delany as early as the 1850s described as « a nation within a nation, » and given the role of African elites in the long history of the Trans-Atlantic slave trade, perhaps we should not be surprised that we can find examples throughout black history of just about every sort of human behavior, from the most noble to the most heinous, that we find in any other people’s history.

The good news, scholars agree, is that by 1860 the number of free blacks owning slaves had markedly decreased from 1830. In fact, Loren Schweninger concludes that by the eve of the Civil War, « the phenomenon of free blacks owning slaves had nearly disappeared » in the Upper South, even if it had not in places such as Louisiana in the Lower South. Nevertheless, it is a very sad aspect of African-American history that slavery sometimes could be a colorblind affair, and that the evil business of owning another human being could manifest itself in both males and females, and in black as well as white.

As always, you can find more « Amazing Facts About the Negro » on The Root, and check back each week as we count to 100.

Henry Louis Gates Jr. is the Alphonse Fletcher University Professor and the director of the W.E.B. Du Bois Institute for African and African-American Research at Harvard University. He is also the editor-in-chief of The Root. Follow him on Twitter.

Like The Root on Facebook. Follow us on Twitter.

100 Amazing Facts

100 Amazing Facts About the Negro

African American slave owners

African Americans who owned slaves

Carter G. Woodson

John Carruthers Stanly

Louisiana slave history

black slave holders

black slave owners

black slaveowners

free black slave owners

john hope franklin

Culture

Source URL: http://www.theroot.com/views/did-black-people-own-slaves

Links:

[1] http://www.theroot.com/users/henrylouisgates

[2] http://twitter.com/share

[3] http://www.theroot.com/printmail/70421

[4] http://www.theroot.com/javascript: void(0);

[5] http://www.theroot.com/views/100-amazing-facts-about-negro

[6] https://www.amazon.com/dp/0072963786/ref=as_li_ss_til?tag=root04c-20&camp=0&creative=0&linkCode=as4&creativeASIN=0072963786&adid=0H1DE8V34KNZF9VKJ1DP&

[7] http://www.jstor.org/discover/10.2307/27567319?uid=3739936&uid=2&uid=4&uid=3739256&sid=21101760539311

[8] https://www.amazon.com/dp/0316853445/ref=as_li_ss_til?tag=root04c-20&camp=0&creative=0&linkCode=as4&creativeASIN=0316853445&adid=1FTZYSM1FG8CKMAN44FE&

[9] https://www.amazon.com/dp/0807123366/ref=as_li_ss_til?tag=root04c-20&camp=0&creative=0&linkCode=as4&creativeASIN=0807123366&adid=1F9PJ65MQNNWTY6ACS6B&

[10] https://www.facebook.com/theRoot

[11] https://twitter.com/theroot247

[12] http://www.jstor.org/discover/10.2307/20064049?uid=3739936&uid=2&uid=4&uid=3739256&sid=21101760579761

[13] https://www.amazon.com/dp/0807845469/ref=as_li_ss_til?tag=root04c-20&camp=0&creative=0&linkCode=as4&creativeASIN=0807845469&adid=1WZ1WHFTYT21D37CKQDC&

[14] http://www.amazon.com/Black-Property-Owners-1790-1915-Blacks/dp/0252066340

[15] https://www.amazon.com/dp/0393303144/ref=as_li_ss_til?tag=root04c-20&camp=0&creative=0&linkCode=as4&creativeASIN=0393303144&adid=1VR5MTGXB4FQF6CK6VN1&

[16] http://www.amazon.com/Andrew-Durnford-Black-Planter-Antebellum/dp/156000200X

[17] http://www.amazon.com/Gender-Race-Rank-Revolutionary-Age/dp/0820321834

[18] http://www.blackpast.org/?q=aah/delany-major-martin-robison-1812-1885

[19] http://www.nytimes.com/2010/04/23/opinion/23gates.html?pagewanted=all&_r=0

[20] http://www.theroot.com/category/views-tags/100-amazing-facts-about-negro

[21] https://twitter.com/HenryLouisGates

[22] http://www.theroot.com/category/views-tags/100-amazing-facts

[23] http://www.theroot.com/category/views-tags/african-american-slave-owners

[24] http://www.theroot.com/category/views-tags/african-americans-who-owned-slaves

[25] http://www.theroot.com/category/views-tags/carter-g-woodson

[26] http://www.theroot.com/category/views-tags/john-carruthers-stanly

[27] http://www.theroot.com/category/views-tags/louisiana-slave-history

[28] http://www.theroot.com/category/views-tags/black-slave-holders

[29] http://www.theroot.com/category/views-tags/black-slave-owners

[30] http://www.theroot.com/category/views-tags/black-slaveowners

[31] http://www.theroot.com/category/views-tags/free-black-slave-owners

[32] http://www.theroot.com/category/views-tags/john-hope-franklin

[33] http://www.theroot.com/views/Culture

[34] http://www.theroot.com/print/70421

[35] http://www.theroot.com/views/why-you-cant-sue-yourself-sorority

[36] http://www.theroot.com/views/how-do-i-track-down-slave-plantation

[37] http://www.theroot.com/views/friend-told-her-man-my-private-info

[38] http://www.theroot.com/views/young-futurists/2013/facewall?wpisrc=nextbox

Voir aussi:

Was The Confederacy the first Rainbow Coalition?

Yesterday was the 150th anniversary of the beginning of the Civil War. Our Trailer Park correspondent Slow Pokey has penned a few lines for us.

THE CIVIL WAR – A Trailer Park Perspective

James “Slow Pokey” Ritter

Ramparts 360

April 12, 2011

April 12 1861, 150 years ago Fort Sumter was fired upon. There is still much misconception about the causes of our civil war and most of all about what society was like back then. So many have no idea how many blacks in the south were free men or that so many, including slaves, were business men and skilled craftsmen, journeymen of every trade and valuable members of the community. Yet the slavery issue is all we ever seem to hear about.

Here I wish to make the case that the southern Confederacy was in fact the first Rainbow Coalition. It drew upon it citizenry which consisted of every race, creed, color and religion and they fought against what could be considered a oppressive, indeed racist Federal government.

If you ever get a chance here’s a book with the truth and you can read a few pages here – Black Southerners in Gray: Essays on Afro-Americans in Confederate Armies

And here is a a study I think you will find informative: Minorities in the Confederate Army

Now I’m not going to say there were not some racial attitudes in the time period. I am going to say it wasn’t as portrayed by the PROGRESSIVES; I am going to say you won’t learn this information in the schools that are run by the PROGRESSIVES. Further, I am going to say as a boy in the early 60s if I showed disrespect for one of the black adult men or women – or any adult man or woman – in our neighborhood my daddy would have beat my butt right in the middle of the street in front of everyone. And every kid on the street regardless of skin color would have gotten the same from his daddy had he shown disrespect for any adult.

All that changed in the 60s and I don’t know why. Today the black community is a shadow of what it was just 40 years ago. There are unwed mothers, rampant drug use, high school drop outs and you would be hard pressed to find a journeyman of any trade. Many black Americans complain there are too many young black men in jail, as if they don’t know why. And it’s got nothing to do with racism.

The civil war is part of our history now and I for one would like there to be a better understanding of it amongst the Black and Hispanic population so maybe they to could feel the pride in the part their ancestors played in this greatest of national struggles.

I can recommend more links the reader might find informative:

http://www.plpow.com/POW_Blacks.htm

Diversity in the Confederate Armed Forces

COMPLEMENT:

La Réunion : La saga Vergès : de 1848 à nos jours (suite et fin provisoire)
Robert Chaudenson
Le blog de Robert Chaudenson
21 nov. 2016

Dans les « Remerciements de la famille Vergès et du Parti Communiste Réunionnais « , exprimés et publiés à la suite du décès de Paul Vergès, on trouve cette information :

« La famille Vergès va respecter la volonté de leur père, grand-père et arrière grand-père de restituer aux Archives départementales les documents lui ayant appartenu. Ce fonds permettra de rendre accessibles ces éléments à la connaissance du grand public et des chercheurs. Le Parti Communiste Réunionnais souscrit à cette démarche et entend prendre des initiatives dans ce sens.

La famille Vergès et le Parti Communiste Réunionnais appellent à la fidélité au combat mené par Paul Vergès. Dans cet esprit, la page Facebook « Hommage à Paul Vergès – officiel  » se transformera en une page « Mémoriel Paul Vergès ». ».

Compte tenu de l’intérêt que, depuis près d’un demi-siècle, j’ai toujours porté à la Réunion, à sa culture comme à son histoire, je me sens obligé d’apporter ma contribution, si modeste qu’elle puisse paraître, à l’entreprise mémorielle de la famille Vergès et du Parti Communiste Réunionnais.

En effet les archives départementales de la Réunion ou plus précisément de l’Ile Bourbon (commune de Saint André) possèdent et offrent pour en février 1848 un document essentiel, mais peu connu et moins encore cité. Il s’agit en effet du recensement des biens comme des esclaves de la famille Million des Marquets qui possédait alors une plantation d’une vingtaine d’hectares, à la Ravine Saint-Jean, à Saint-André, « quartier » où elle résidait. Cette famille de planteurs, dans l’île depuis 1767 se classait plutôt, on le devine, du côté des esclavagistes que des esclaves.

Raymond Vergès, né à Saint Denis de la Réunion en 1882, père de Paul, grand-père de Françoise et fondateur de cette dynastie politique communiste réunionnaise, avait été élevé surtout par sa grand-mère Marie Hermelinde Million des Marquets, née en 1832 et qui avait épousé, en 1855, un modeste commis de marine, Adolphe Vergès.

En 1848, la famille Million Des Marquets possédait, comme nous le montre le détail de ce recensement, 121 esclaves (dont 66 créoles, 12 malgaches, 39 mozambiques et 4 indiens ou malais). Nous en savons le nom et/ou le prénom et même l’âge et la taille ! Il faut croire que les historiens communistes réunionnais (il n’en a pas manqué pourtant) n’ont pas assez fréquenté les archives départementales ou ne s’y sont pas montrés assez vigilants, pour ne pas avoir fait disparaître un tel document, un peu gênant tout de même pour une telle famille !

Familier de ces lieux comme de ce document, je me suis souvent amusé des interventions de Françoise Vergès, qui se présentait en tant que réunionnaise spécialiste de l’histoire de l’esclavage, alors que cette spécialisation est récente et ne date guère que de l’intérêt médiatique pour ces questions. Elle se caractérise en outre par quelques errances initiales dans ce domaine, en particulier dans l’affaire Pétré-Grenouilleau, qui, lui, est un authentique historien de l’esclavage et reconnu comme tel, mais que F. Vergès et ses ami(e)s ont voulu faire exclure de l’université pour ses positions, au demeurant parfaitement fondées.

Dans les titres multiples et variables dont fait état Françoise Vergès pour justifier ses aspirations universitaires, tous ne paraissent pas très solidement établis (comme, par exemple, celui de « professeur d’Histoire à l’Université de Londres »), à la différence d’autres qui, hélas, ne garantissent guère de compétences scientifiques réelles (comme celui de « Vice-présidente du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage »). On n’a guère pu guère lui disputer, en revanche, à l’époque de sa nomination, la direction culturelle de l’éphémère « Maison des Civilisations et de l’Unité réunionnaise », puisque chacun savait que cette institution avait été créée par Paul Vergès, son père, Président du Conseil Régional à l’époque,  pour lui trouver un poste de type universitaire qu’il ne parvenait pas à lui obtenir autrement, en dépit de ses efforts. Nous y reviendrons plus loin !

Elle a pour parler de l’esclavage un titre, dont par modestie sans doute, elle ne fait nulle part état. Loin d’être une descendante, fût-ce lointaine, d’esclaves réunionnais, ce que pourrait donner à penser sa physionomie quelque peu orientale et ses coiffures exotiques, la seule véritable ascendance réunionnaise, dont elle puisse faire état n’est nullement du côté des esclaves, comme on l’a vu, mais, bien au contraire, des esclavagistes de la Réunion.

Voilà donc une femme que tout désigne pour parler, avec émotion et compétence, des horreurs de l’esclavage !

Mes fidèles lecteurs connaissent mon irrésistible propension à souligner les malices du hasard. Sans le vouloir, Françoise Vergès m’en fournit un exemple de plus. Le changement de majorité survenu à la Réunion lors des élections régionales de 2010 ayant fait perdre à Paul Vergès sa présidence du Conseil régional, le changement a entraîné la disparition de cette MCUR qu’il n’avait créée que pour donner un statut universitaire à sa fille. Il y avait été conduit en effet par ses échecs successifs pour lui faire créer un poste à l’université de la Réunion, ses multiples interventions en ce sens n’ayant pas connu le succès escompté.

Paradoxalement la récente nomination de Françoise Vergès comme maître de conférences d’histoire à l’Université de la Réunion ne tient , paradoxalement, qu’à la réforme de Valérie Pécresse (en tant que ministre des universités) qu’on appelle généralement la loi LRU !

Faute d’être sur place et quoique j’ai eu sur ce point nombre d’informations convergentes, je citerai pour cette affaire le blog de Pierrot Dupuy (97.4) en date du 5 décembre 2014 qui est extrêmement informé, détaillé et précis. Voici les passages pertinents de ce blog paru sous le titre « Françoise Vergès recrutée à l’université de la Réunion… ».

« Et bien grâce à Mohamed Rochdi, Président de l’Université de la Réunion, l’horizon de Françoise Vergès s’éclaircit enfin. Mohamed Rochdi qui, depuis la loi sur l’autonomie des universités a notamment la haute main sur les recrutements, a décidé  de  recruter Françoise Vergès comme maître de conférence en histoire.  Françoise Vergés  sera donc  recrutée sur le poste  laissé vacant suite à la disparition tragique de Sudel Fuma [ ce professeur d’histoire s’est noyé accidentellement et je n’irai pas jusqu’à supposer que le hasard universitaire est pour quelque chose dans cette affaire qui demeure à bien des égards mystérieuse], son poste de professeur ayant été recalibré en celui de maître de conférence [ il fallait en quelque sorte rétrograder le poste, car on ne pouvait guère imaginer tout de même que Françoise Vergès fût nommée directement professeur d’université].

En principe, pour pourvoir un emploi d’universitaire, ce sont les équipes concernées par le recrutement qui élaborent le profil en fonction des besoins, qui le font adopter ensuite par les responsables de la faculté qui transmettent en dernière instance au Président pour lancer la campagne de recrutement [C’est là précisément ce que V. Pécresse et la loi LRU ont changé]. C’est ce qui a été fait dans le cas d’espèce, sauf que Mohamed Rochdi a décidé de jeter à la poubelle le profil arrêté par les enseignants et les responsables de la Faculté pour en concocter un, sur mesure, intitulé « Esclavage et Engagisme ». Reste maintenant à connaître  la composition du Comité de  sélection  qui  auditionnera les candidats et les classera. Mais Françoise Vergès ne court plus aucun risque car c’est le Président qui compose la commission et, si d’aventure le classement fourni ne lui convenait pas, qui a le dernier mot [ C’est là le point majeur de la loi LRU qui désormais permet au président d’université de composer des commissions ad hoc en lieu et place des commissions de spécialités d’autrefois et ainsi de nommer qui bon lui semble].

Françoise Vergès, qui aura 63 ans en janvier prochain, pourra enfin disposer d’un statut stable et s’afficher comme universitaire. Dans l’année qui suit, elle sera titularisée. En 2016, elle pourra se présenter à la présidence de l’Université, et pourquoi pas avec Mohamed Rochdi comme premier vice-président ? ».

« Mersi Bon Dyé! » comme dit en pareil cas le créole local !

Voir aussi:

Quelles réparations pour l’esclavage?

Le Journal du CNRS
10.05.2017
À l’occasion de la journée de commémoration de l’esclavage en France, l’historienne Myriam Cottias revient sur la question des réparations : celles que des associations réclament de nos jours pour les descendants d’esclaves, mais aussi les indemnités accordées aux propriétaires esclavagistes au XIXe siècle, au moment de l’abolition…

Chaque 10 mai, depuis la décision du président Chirac en 2006, on célèbre en France la mémoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions. Depuis une dizaine d’années, la question des réparations, objet du projet « Repairs  » que vous coordonnez, est devenue centrale dans ces questions de mémoire…
Myriam Cottias1 : Que ce soit en Amérique du Nord et du Sud, aux Antilles, en Afrique ou dans l’océan Indien, la question des réparations est aujourd’hui au cœur des revendications des descendants des esclaves déportés depuis l’Afrique. En France, en 2005, le Mouvement international des réparations a par exemple réclamé 200 milliards d’euros à l’État français au titre de la compensation de la période de l’esclavage. Une demande jugée alors irrecevable car les juges ont estimé qu’il était impossible d’établir le montant des dommages pour des faits aussi anciens. Mais ces demandes de réparations ne sont pas seulement financières. En effet, elles posent directement la question du maintien, dans les sociétés contemporaines, de certains rapports sociaux racialisés et hiérarchisés hérités de l’esclavage. La mobilisation du passé sert alors à réclamer une nouvelle définition de la citoyenneté et à dénoncer le racisme et les discriminations.

En France, la loi Taubira de 2001 reconnaît l’esclavage comme un crime contre l’humanité et demande que cette période de l’histoire nationale soit enseignée de l’école primaire au lycée. Cette loi va-t-elle assez loin selon vous ?
M. C. : Cette loi est une première dans le monde : aucun autre pays à ce jour n’a voté une loi reconnaissant aussi directement les faits de traite et d’esclavage. Son objectif était de mettre fin à un siècle et demi d’oubli, durant lequel l’esclavage a été complètement passé sous silence par les institutions. C’était le résultat d’un contrat tacite entre la République et les ex-colonies : dès que l’abolition a été déclarée en 1848, les anciens esclaves sont devenus français et citoyens de plein exercice, en échange de quoi la République inaugurait un point « zéro » de l’histoire, le passé étant en quelque sorte effacé. Le problème, c’est qu’aujourd’hui encore il reste des traces de cette période dans nos rapports sociaux et que le passé ne cesse de ressurgir.

Que faire de plus, alors ?
M. C. : Sans pousser forcément dans le sens des compensations financières, qui posent selon moi de vrais problèmes juridiques et sociaux, il faut certainement aller plus loin dans le travail de mémoire collective. Même si elle est désormais enseignée à l’école, et qu’un concours national « La Flamme de l’Égalité » lui est par exemple consacrée, l’histoire de l’esclavage reste encore mal acceptée dans l’Hexagone. Pour la dépasser, il faut être capable de la regarder en face, et de sortir du seul aspect moralisateur et accusateur.

Il faut aller plus loin dans le travail de mémoire collective.

Il faut également inscrire cette histoire dans l’espace national et avoir des lieux pour y réfléchir. Aujourd’hui, ceux-ci sont très peu nombreux : il y a le « Mémorial ACTe », un lieu de mémoire inauguré à Pointe-à-Pitre en mai 2015, un mémorial à Nantes, une sculpture et une plaque dans le jardin du Luxembourg à Paris, un buste de Toussaint Louverture à Bordeaux, une statue du même, réalisée par Ousmane Sow à La Rochelle, quelques salles du musée d’Aquitaine à Bordeaux, et c’est à peu près tout.

D’autres lieux sont nécessaires ; certains sont déjà en cours de conception, grâce à la volonté de municipalités et de citoyens. On pourrait aussi imaginer un espace qui soit dédié à cette histoire : à la fois de médiation culturelle, d’exposition, de valorisation de la recherche, avec des lieux de rencontre pour les associations, un espace de citoyenneté. C’est important qu’une telle structure existe, à l’instar du Musée national afro-américain qui a été inauguré en 2016 par Barack Obama à Washington. C’est le projet que j’avais proposé au gouvernement lorsque j’étais présidente du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage, entre 2013 et 2016.

Parlons des États-Unis : où en est le débat sur les réparations, là-bas ?
M. C. : La société américaine reste marquée par des rapports sociaux très racialisés. Malgré la recommandation du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, qui a demandé explicitement aux États-Unis de réfléchir à des formes de réparations envers les Africains-Américains, aucune initiative publique n’a été prise à ce jour, à l’exception du musée que je viens de mentionner. En revanche, on voit fleurir des initiatives privées. La Chase Manhattan Bank, qui a été directement impliquée dans l’économie de l’esclavage en assurant les biens des propriétaires d’esclaves, consacre chaque année 5 millions de dollars à des bourses d’études destinées à de jeunes Afro-descendants de Louisiane. La faculté de droit d’Harvard a abandonné son blason qui était lié à l’un de ses membres fondateurs, propriétaire d’esclaves…

Ce qui étonne le plus, dans nos sociétés contemporaines, c’est que si les esclaves ou leurs descendants n’ont jamais été indemnisés pour les crimes subis, les propriétaires esclavagistes ont, eux, touché des indemnités après l’abolition. C’est difficile à comprendre aujourd’hui !
M. C. : C’est justement ce que dénoncent plusieurs associations d’Afro-descendants. Après l’abolition, en 1848, des indemnités ont été versées aux propriétaires d’esclaves des Antilles, de Maurice et de la Réunion, du Sénégal et de Nocibé à Madagascar, afin de compenser les pertes économiques que la fin de l’esclavage entraînait pour eux. Victor Schoelcher, le père de l’abolition, n’y était pas favorable et avait, lui, imaginé un système où les « esclavisés » seraient indemnisés… Mais il s’est rangé au parti de l’efficacité : les propriétaires esclavagistes étaient influents et avaient un vrai pouvoir de nuisance. Il a choisi de leur donner satisfaction, pour que l’abolition soit effective au plus vite.

On a tendance à voir l’esclavage sous le seul prisme de l’opposition raciale blanc-noir, mais c’était aussi un système économique et social.

Au Centre International de recherches sur les esclavages que je dirige, nous sommes d’ailleurs en train de constituer une base de données des indemnités accordées aux propriétaires dans tous les territoires concernés : accessible à tous, elle comportera le nom des personnes indemnisées, leur statut et le montant de l’indemnité reçue.

Nous n’en sommes qu’au début, mais nous constatons déjà que les choses ne sont pas aussi binaires qu’on l’imagine parfois : ainsi, on retrouve des « libres de couleur » parmi les personnes indemnisées – ces esclaves affranchis étaient à leur tour devenus propriétaires d’esclaves. On a tendance à voir l’esclavage sous le seul prisme de l’opposition raciale blanc-noir, mais on oublie que c’était aussi un système économique et social. Ce travail de recherche est crucial pour raconter l’histoire de l’esclavage et celle du post-esclavage dans toute leur complexité.

Vous êtes également en train de travailler à une base de données spécifique à Haïti…
Haïti est un cas particulier : dans les autres colonies, c’est l’État français qui a décidé de l’abolition de l’esclavage et a versé une indemnisation aux propriétaires esclavagistes. À Saint-Domingue, la plus importante colonie française à la fin du XVIIIe siècle, les esclaves se sont soulevés et la colonie est devenue indépendante en 1804. C’est la France de Charles X, en 1825, qui a exigé d’être dédommagée pour le compte des propriétaires français de plantations, en menaçant de ne pas reconnaître officiellement la République haïtienne. Le règlement des 150 millions de francs-or réclamés par la France s’est achevé en 18832.

Mais la question des réparations haïtiennes a ressurgi en 2004, quand Jean-Bertrand Aristide, le président de l’époque alors en grande difficulté politique, a décidé de réclamer le remboursement de cette somme injustement perçue par la France. Il a fait appel à un cabinet américain qui a estimé à 40 milliards de dollars la somme à verser par la France. Le contentieux n’est toujours pas réglé… Encore une fois, le droit français ne prévoit pas la rétroactivité. Et la loi Taubira, si elle reconnaît l’esclavage comme un crime contre l’humanité, est une loi déclarative qui n’ouvre pas la voie à des actions en justice. Le président Hollande a certes déclaré lors de l’inauguration du Mémorial ACTe la possibilité de réparations envers Haïti, mais il a immédiatement affirmé qu’il ne s’agirait pas de réparations financières mais symboliques.

Et qu’en est-il du reste des Caraïbes et de l’Amérique Latine ?
M. C. : En septembre 2013, sous l’égide de la Caricom (Caribbean Community), les États de la Caraïbe ont lancé une campagne visant la France, les Pays-Bas, le Royaume-Uni, l’Espagne, le Portugal, la Norvège, la Suède et le Danemark afin d’obtenir réparation. Ils ont assigné les États en demandant réparation des préjudices causés par l’esclavage et la colonisation tout en soulignant le cas particulier d’Haïti. Dans certains pays d’Amérique Latine, comme en Colombie ou en Équateur, la question ressurgit également. Les « afro-réparations » s’inscrivent dans le contexte politique du tournant multiculturel des années 1980 qui donne des droits spécifiques aux descendants d’esclaves.

À lire, pour aller plus loin : L’esclavage, du souvenir à la mémoire, par Christine Chivallon, éditions Karthala, collection « Esclavages », août 2012, 624 pages, 36 €.

Voir encore:

Abolition : 589,32 Francs le prix d’un esclave en Guyane en 1849

Les chercheurs du CNRS (centre national de la recherche scientifique) ont créé une base de données chiffrée permettant de retrouver les propriétaires d’esclaves indemnisés après l’Abolition de l’esclavage. En Guyane, 1096 personnes ont pu ainsi être indemnisées.

Les chercheurs du CNRS (centre national de la recherche scientifique) ont créé une base de données chiffrée permettant de retrouver les propriétaires d’esclaves indemnisés après l’abolition de l’esclavage.

Des propriétaires de couleur aussi

En Guyane, 1096 personnes ont pu ainsi être indemnisées. Ils sont 1096 propriétaires d’esclaves en Guyane à avoir été indemnisés au lendemain de l’Abolition de l’esclavage en 1848. En effet, la loi du 30 avril 1849 prévoit un dédommagement pour les colonies de Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion, Sénégal, Sainte Marie et Nosy Be. Ce sont 126 millions de Francs qui sont distribués. Le décret d’application est voté le 24 novembre 1849. Des propriétaires (individuels ou collectifs) mais aussi des marchands et créanciers coloniaux en bénéficient. Les propriétaires d’esclaves n’étaient pas tous des colons blancs. Parmi eux des personnes de couleur : affranchies ou nées libres.

…À travers cette mesure âprement débattue au sein de la commission d’indemnisation et de l’Assemblée Nationale, l’État tente de préserver ses grands intérêts économiques dans les colonies dont la possession se trouve menacée. D’un côté, les colons menacent de quitter les territoires, de l’autre, la menace d’une révolte inspirée par l’exemple haïtien pousse les législateurs à adopter cette mesure d’indemnisation permettant la mise à l’œuvre du processus d’abolition. L’indemnité coloniale apparaît comme une condition sine qua non à l’abolition…

Esclavage et indemnités

589,32 Francs le coût d’un esclave

En Guyane, en 1848, 12 252 esclaves sont libérés. Les propriétaires au nombre de 1096 reçoivent 557 321,07 Francs, près de 2 millions d’euros aujourd’hui en numéraires assortis d’une rente annuelle.Un esclave valait à peu près 589, 32 Francs selon les estimations et les comparaisons du CNRS. Le site classe les propriétaires par ordre alphabétique, le nombre de titres possédés et la somme perçue. Des informations sur le propriétaire et son lieu d’implantation géographique sont également communiqués. Les archives ont permis de les identifier.

…Sont exigés : les actes et titres justifiant les qualités en vertu desquelles ils procèdent, le dernier dénombrement dont ils devaient être porteur au moment de l’émancipation ou un extrait des registres matricules pour les esclaves qui auraient été l’objet d’une mutation de propriété dans l’intervalle écoulée depuis le dernier dénombrement jusqu’à la libération générale, tous les autres titres justificatifs de leur possession. (Décret du 24 novembre 1849, Article 3)

Esclavage et indemnités

Les titres finalement circulent servant même parfois de monnaies. Les créanciers les utilisent pour se rembourser et les propriétaires les vendent pour se procurer des liquidités ou les utilisent comme de la monnaie pour effectuer des achats. Pour les possesseurs de nombreux esclaves, ce sera le début de la fortune, pour les autres la compensation restera superficielle.

Mine d’or d’informations

Ce site, aux multiples ramifications, à travers ces données chiffrées, et le travail poussé des chercheurs de CNRS, donne un autre éclairage sur l’esclavage et les réparations. Il a fallu près de 2 ans pour l’élaborer en s’appuyant sur les archives. Il s’inscrit dans cadre du projet REPAIR qui « a pour objectif de faire une étude de l’indemnité, des réparations et des compensations au titre de l’esclavage, à la fois globale et située (selon les colonies et les sociétés post-coloniales) entre le XIXe et le XXIe siècle, sous l’angle de la philosophie politique, de l’histoire, de la sociologie et des sciences politiques ».

5 Responses to Esclavage: Les Noirs aussi ! (Black people practiced slavery and fought to defend their right to it)

  1. […] première dans l’histoire de l’intégration des noirs dans l’armée en Amérique, étaient prêts à s’engager dans l’armée sudiste pour en défendre le droit […]

    J’aime

  2. […] première dans l’histoire de l’intégration des noirs dans l’armée en Amérique, étaient prêts à s’engager dans l’armée sudiste pour en défendre le droit […]

    J’aime

  3. […] Esclavage: Les Noirs aussi ! (Black people owned slaves and fought to defend their right to it) (jcdurbant.wordpress.com) […]

    J’aime

  4. […] Esclavage: Les Noirs aussi ! (Black people owned slaves and fought to defend their right to it) (jcdurbant.wordpress.com) […]

    J’aime

  5. […] Esclavage: Les Noirs aussi ! (Black people owned slaves and fought to defend their right to it) […]

    J’aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

%d blogueurs aiment cette page :