Délinquance: Cachez ces chiffres que je ne saurai voir (No crime figures please, we’re French)

Vos questions vont singulièrement vous compliquer l’existence. Une meute de persécuteurs polyvalents, d’antifascistes oniriques, de suffragettes de ligues de vertu, va vous tomber sur le poil. Xavier Raufer (criminologue)
Ce livre est parfaitement scandaleux. C’est le dernier avatar du lobby sécuritaire. C’est du marketing commercial pour faire peur aux gens car ces chiffres étaient connus depuis longtemps. Il finit en conclusion par dire que la violence, c’est la faute des immigrés. Bref, du sous-journalisme au service du tout sécuritaire. Laurent Mucchielli (auteur de l’ « Invention de la violence »)
L’immense majorité des journalistes (94% selon une enquête de Marianne) et des étudiants en journalisme (jusqu’à 100% d’entre eux dans certaines écoles) se revendiquent de la gauche et de l’extrême gauche. Ils ont un logiciel idéologique dans la tête, qui n’est pas compatible avec le devoir d’informer. Par réflexe, ils nient la réalité, l’édulcorent, la minimisent, éventuellement méprisent, culpabilisent ou insultent ceux qui osent la montrer du doigt. Entre grands médias, c’est une compétition à celui qui ira le plus loin dans l’excuse et la compréhension du criminel. Les gens le savent, donc ils ne lisent plus cette presse-là, qui est maintenue en vie par des subventions publiques plus ou moins déguisées, pour donner l’illusion qu’une information indépendante existe encore et que notre démocratie se porte bien. Tout ça est un théâtre et même, hélas, une tragédie(…) La plupart des grands médias se taisent, et nous font parfois savoir, comme La Croix ou Le Parisien, qu’ils le font pour des raisons idéologiques. Or des milliers de victimes témoignent que l’insécurité n’est pas une idéologie. (…) L’hétérogénéité d’une nation est non seulement un facteur de criminalité, mais aussi un facteur d’incivisme, de précarité, d’effondrement du “capital social”, comme l’a démontré le célèbre sociologue – de gauche – Robert Putnam, duquel je parle longuement dans La France orange mécanique. C’est un constat : les pays hétérogènes sont plus violents que les pays homogènes. Il n’est pas question de réécrire cette réalité sous prétexte qu’elle pousserait des gens à se radicaliser. Aujourd’hui, dans notre pays, des milliers de criminels radicaux agressent, violent et tuent d’honnêtes gens sans que ça n’intéresse personne. Ceux qui fuient cette réalité en brandissant le fantasme de l’extrême droite se font les complices de ces criminels. Mais ils n’ont plus le choix : leur idéologie est boiteuse, et ce fantasme de l’extrême droite est leur seule béquille. (…) Je note que cette radicalisation est consubstantielle aux populations musulmanes installées en Europe. Elle est un accélérateur identitaire de la tribalisation de certaines communautés. (…) Leur morale est celle de leur groupe, hiérarchisé selon des règles qui ne sont pas les nôtres. C’est une loi anthropologique : tuer un membre de son groupe est interdit, tuer un étranger est admis, parfois encouragé. En témoigne le soutien sans faille des “proches” de “jeunes” interpellés par la police, quoi qu’ils aient fait. (…) Je constate que les villes aux populations homogènes, qui comportent leur lot d’habitants pauvres, sont très peu criminelles. Le Paris du début du XXe siècle ou même du XIXe était particulièrement pauvre et surpeuplé. Pourtant, il était beaucoup moins violent qu’il ne l’est depuis les années 60. La ville ne fait pas le criminel, disons qu’elle lui sert de refuge. Ce qui fait le criminel, c’est la sous-adaptation culturelle, la tribalisation du pays, le laxisme judiciaire, la morale de l’excuse. (…) Entre la paperasse, la politique du chiffre, la barbarie de la rue, les consignes pour ne pas “provoquer”, le mépris médiatique, la colère populaire, les policiers, désabusés, font ce qu’ils peuvent, avec courage et efficacité. En revanche, la justice ne suit plus depuis longtemps. 53 000 places de prison, 67 000 détenus. 82 000 peines non exécutées chaque année, faute de place. Construire des prisons ? “Ça coûte cher”, nous explique-t-on sans trembler du côté du syndicat de la magistrature. Pas un seul gouvernement n’a eu le courage de mettre au pas son administration pour construire des prisons. Pourquoi ? Parce que construire des prisons serait reconnaître l’explosion de la criminalité depuis l’ordonnance de 1945 et la généralisation du laxisme judiciaire. Idéologiquement, les progressistes ne peuvent pas admettre l’échec de leurs utopies. Ils préfèrent couler à la barre du navire. Ce qu’ils décident n’a rien à voir avec la réalité empirique, ce sont des “avancées” morales sur lesquelles personne ne doit jamais revenir. C’est un comportement suicidaire. (…) Dans tous les pays d’Europe, la criminalité a explosé à partir des années 1950, avec la mondialisation, l’immigration et la fin de la justice strictement punitive. Ce n’est pas une fatalité : les pays qui ont abandonné le laxisme judiciaire, comme les États-Unis, ont obtenu d’excellents résultats en matière de lutte contre la criminalité. Aujourd’hui, la criminalité des États-Unis est proportionnellement inférieure à celle de la France. Laurent Obertone

 Cachez ces chiffres que je ne saurai voir !

Chiffres de la délinquance trois fois plus élevé que ceux du ministère de l’Intérieur, 53 000 places de prison pour 67 000 détenus, 82 000 peines non exécutées chaque année faute de place …

A l’heure où, entre manque chronique de places de prison et arrivée massive d’immigrés irréguliers comme laxisme judiciaire et relativisme culturel, la fracture sécuritaire ne cesse de s’aggraver entre les belles âmes protégées des beaux quartiers et rien de moins que la majorité de la population …

Pendant qu’entre propositions de dépénalisation du cannabis (du ministre de l’Education, s’il vous plait!) et d’élections pour les étrangers comme de mariage et bientôt gestation pour tous, un gouvernement d’irresponsables enfonce chaque jour un peu plus le pays dans le chômage et les déficits …

Et que, pour ne prendre qu’un exemple ô combien symptomatique, nos concitoyens juifs en sont depuis des années réduits à pratiquer leur religion sous protection policière …

Retour, dans Causeur, avec l’auteur (sous pseudonyme ?) de « La France Orange mécanique »

Sur ces chiffres que personne ne veut voir …

La criminalité a explosé

Entretien avec Laurent Obertone, auteur de La France Orange mécanique

Causeur

08 février 2013

Dans La France Orange Mécanique (Ring éditions), Laurent Obertone décrit « l’ensauvagement d’une nation » et montre une France où l’ultra-violence progresse sans rencontrer d’autre opposition qu’une culture de l’excuse institutionnalisée. Rencontre avec un journaliste brise-tabous, sans œillères ni langue de bois.

Votre essai s’appuie sur des chiffres différents de ceux du ministère de l’Intérieur. En quoi sont-ils plus fiables que les statistiques officielles ?

En France, toutes les 24 heures, on compte 13 000 vols, 2 000 agressions et 200 viols. Ces chiffres sont ceux de l’Office national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), institut public qui réalise depuis plusieurs années des enquêtes de victimisation auprès de 17 000 personnes. Ces enquêtes jugées fiables par les criminologues (et désormais par Manuel Valls) recensent 12 millions de crimes et délits, soit trois fois plus que les chiffres avancés par le ministère de l’Intérieur, basés uniquement sur les plaintes, et sujets à quantité de manipulations. L’enquête de l’ONDRP y échappe, et échappe donc aux indécentes petites querelles politiciennes autour d’oscillations infimes d’un taux de criminalité qui a explosé depuis les années 60, et qu’aucune politique n’a su ou voulu contenir.

Vous semblez nourrir une très mauvaise opinion des médias français. Sont-ils vraiment tous aveugles et angéliques face à l’insécurité ?

L’immense majorité des journalistes (94% selon une enquête de Marianne) et des étudiants en journalisme (jusqu’à 100% d’entre eux dans certaines écoles) se revendiquent de la gauche et de l’extrême gauche. Ils ont un logiciel idéologique dans la tête, qui n’est pas compatible avec le devoir d’informer. Par réflexe, ils nient la réalité, l’édulcorent, la minimisent, éventuellement méprisent, culpabilisent ou insultent ceux qui osent la montrer du doigt. Entre grands médias, c’est une compétition à celui qui ira le plus loin dans l’excuse et la compréhension du criminel. Les gens le savent, donc ils ne lisent plus cette presse-là, qui est maintenue en vie par des subventions publiques plus ou moins déguisées, pour donner l’illusion qu’une information indépendante existe encore et que notre démocratie se porte bien. Tout ça est un théâtre et même, hélas, une tragédie.

Mais la presse parle de votre livre…

Une certaine presse. Valeurs actuelles, Atlantico, Éric Brunet, Éric Zemmour… La plupart des grands médias se taisent, et nous font parfois savoir, comme La Croix ou Le Parisien, qu’ils le font pour des raisons idéologiques. Or des milliers de victimes témoignent que l’insécurité n’est pas une idéologie.

En pointant le multiculturalisme comme source de la délinquance, ne redoutez-vous pas de radicaliser certaines personnes, soit vers l’extrême droite soit vers un fanatisme de type salafiste ?

L’hétérogénéité d’une nation est non seulement un facteur de criminalité, mais aussi un facteur d’incivisme, de précarité, d’effondrement du “capital social”, comme l’a démontré le célèbre sociologue – de gauche – Robert Putnam, duquel je parle longuement dans La France orange mécanique. C’est un constat : les pays hétérogènes sont plus violents que les pays homogènes. Il n’est pas question de réécrire cette réalité sous prétexte qu’elle pousserait des gens à se radicaliser. Aujourd’hui, dans notre pays, des milliers de criminels radicaux agressent, violent et tuent d’honnêtes gens sans que ça n’intéresse personne. Ceux qui fuient cette réalité en brandissant le fantasme de l’extrême droite se font les complices de ces criminels. Mais ils n’ont plus le choix : leur idéologie est boiteuse, et ce fantasme de l’extrême droite est leur seule béquille.

Quid de la dérive islamiste ?

Je note que cette radicalisation est consubstantielle aux populations musulmanes installées en Europe. Elle est un accélérateur identitaire de la tribalisation de certaines communautés.

À vous lire, certains délinquants sont parfaitement de bonne foi lorsqu’ils pensent ne transgresser aucun interdit en commettant des délits ou des viols…

En effet. Leur morale est celle de leur groupe, hiérarchisé selon des règles qui ne sont pas les nôtres. C’est une loi anthropologique : tuer un membre de son groupe est interdit, tuer un étranger est admis, parfois encouragé. En témoigne le soutien sans faille des “proches” de “jeunes” interpellés par la police, quoi qu’ils aient fait.

Vous expliquez que, contrairement à une idée bien ancrée, la délinquance et la criminalité ne sont pas liées à des facteurs économiques. Mais peut-on sérieusement comparer des départements ruraux, certes classés parmi les plus pauvres et des zones hyper urbanisées comme le 93?

Je constate que les villes aux populations homogènes, qui comportent leur lot d’habitants pauvres, sont très peu criminelles. Le Paris du début du XXe siècle ou même du XIXe était particulièrement pauvre et surpeuplé. Pourtant, il était beaucoup moins violent qu’il ne l’est depuis les années 60. La ville ne fait pas le criminel, disons qu’elle lui sert de refuge. Ce qui fait le criminel, c’est la sous-adaptation culturelle, la tribalisation du pays, le laxisme judiciaire, la morale de l’excuse.

D’où vient la quasi-impunité que vous dénoncez ? De la police ou de la justice?

Entre la paperasse, la politique du chiffre, la barbarie de la rue, les consignes pour ne pas “provoquer”, le mépris médiatique, la colère populaire, les policiers, désabusés, font ce qu’ils peuvent, avec courage et efficacité. En revanche, la justice ne suit plus depuis longtemps. 53 000 places de prison, 67 000 détenus. 82 000 peines non exécutées chaque année, faute de place. Construire des prisons ? “Ça coûte cher”, nous explique-t-on sans trembler du côté du syndicat de la magistrature. Pas un seul gouvernement n’a eu le courage de mettre au pas son administration pour construire des prisons. Pourquoi ? Parce que construire des prisons serait reconnaître l’explosion de la criminalité depuis l’ordonnance de 1945 et la généralisation du laxisme judiciaire. Idéologiquement, les progressistes ne peuvent pas admettre l’échec de leurs utopies. Ils préfèrent couler à la barre du navire. Ce qu’ils décident n’a rien à voir avec la réalité empirique, ce sont des “avancées” morales sur lesquelles personne ne doit jamais revenir. C’est un comportement suicidaire.

Ce n’est donc pas de la responsabilité de Christiane Taubira, l’actuelle Garde des Sceaux ?

Taubira est autant responsable de la situation que ses prédécesseurs, elle a l’immense mérite de passer pour ce qu’elle est.

Plus que le niveau de sécurité, n’est-ce pas notre seuil de tolérance face à la criminalité et à la délinquance qui a fléchi au cours des dernières décennies ?

Si les médias tentaient d’amplifier ce phénomène, ils commenceraient sans doute par ne plus parler de “sentiment”, de “jeunes”, ou “d’incivilités”. Dans La France orange mécanique, je montre que la criminalité française était insignifiante des années 1830 aux années 1950. Dans tous les pays d’Europe, la criminalité a explosé à partir des années 1950, avec la mondialisation, l’immigration et la fin de la justice strictement punitive. Ce n’est pas une fatalité : les pays qui ont abandonné le laxisme judiciaire, comme les États-Unis, ont obtenu d’excellents résultats en matière de lutte contre la criminalité. Aujourd’hui, la criminalité des États-Unis est proportionnellement inférieure à celle de la France.

Votre constat est effrayant, mais quelles solutions préconisez-vous ?

Aucune, ce n’est pas mon rôle. Je suis un témoin, je pose un constat. Constat de faillite judiciaire, de faillite du multiculturalisme, de faillite de la morale progressiste. Avant de s’attaquer à la réalité, il faut cesser de l’ignorer. C’est tout le thème de mon livre.

Laurent Obertone, La France orange mécanique (Ring éditions).

Voir aussi:

« France Orange mécanique » : omerta à tous les étages…

André Bercoff

Ecrivain, journaliste.

Il fut notamment journaliste à l’Express, directeur de la rédaction de France-Soir et directeur littéraire dans plusieurs maisons d’édition dont Belfond et Robert Laffont. Auteur d’une quarantaine de livres.

Voici un drôle d’OINI (objet imprimé non identifié). Pas normal. Pas formaté. Loin de la juste ligne du camp du Bien, celui de la Morale et des Droits de certains Hommes à disposer des autres. Pis : il les combat, les décrypte, les dénude. Si l’on considère « La France orange mécanique » du jeune journaliste Laurent Obertone du point de vue de l’intelligentsia bobocratique, la messe est dite : cet infâme torchon se situe à la droite de Le Pen, stigmatise des minorités aussi visibles que victimes, et contribue à la division des Français mille fois plus que les honorables causes du mariage gay et du droit de vote des étrangers. Laurent Obertone serait, au mieux, un réac identitaire, plus vraisemblablement un néonazi qui ne s’ignore pas. Fermez le ban. Omerta à tous les étages.

Il se trouve que l’auteur a fait tout simplement un travail de journaliste. Plus précisément de documentaliste. Il a recensé, en feuilletant pendant des mois la presse locale et régionale de ce cher et doux pays – presse qu’on ne cite pratiquement jamais – et y a relevé les faits de violence, d’incivilité, d’agression, de viol – faits que l’on baptise si pudiquement « divers » – et autres bonnes actions qui se répandent comme une traînée de poudre dans la France de ce début de XXIe siècle. Les chiffres parlent : toutes les 24 heures, 13 000 vols, 2 000 agressions, 200 viols. Excusez du peu. Ces chiffres sont connus mais l’un des apports d’Obertone est qu’il reproduit, en citant à chaque fois ses sources, le détail de ces « petits » crimes au quotidien. De ce fait, il rappelle la souffrance infinie de cette population que les grands médias ignorent quand elles ne viennent pas du Mexique ou d’ailleurs : les victimes. Celles qui n’ont rien demandé, qui passaient par là, qui ne voulaient de mal à personne, en un mot innocentes, et qui se font massacrer pour un regard, une cigarette refusée, un portable ou, si elles sont femmes, violer dans un train ou sous une porte cochère, devant des témoins aussi muets que passifs. Quand on vit, soit dans des beaux quartiers, soit dans des villes protégées, quand on est loin du chaos qui, lui, a bien réussi son intégration, on se dit que l’auteur exagère, mais les descriptions sont là et elles sont accablantes.

Mais le livre va évidemment plus loin. Il analyse le pourquoi de cette violence, pointe là aussi le poids de certaines communautés dans les prisons, la perte absolue des repères et des valeurs qui transforment des individus en tribus qui n’ont d’autres objectifs que défendre leurs territoires pour y exercer leurs trafics et leurs tournantes et pour qui le vivre ensemble (c’est-à-dire, avec les autres citoyens) ne veut strictement rien dire. De ces semeurs de haine, Obertone montre la magnifique complicité, voire l’appui des fabricants d’excuses : les moralistes des médias et de la politique, les experts, journalistes, juges, universitaires, qui n’ont de cesse d’expliquer la violence uniquement par l’économie et le social, la ghettoïsation et l’appauvrissement, alors que, si l’on regarde, comme le fait l’auteur, les statistiques, les départements les plus pauvres de France sont ceux où il y a le moins d’agressions, et surtout l’évidence : il y a huit millions de pauvres en France. Je ne sache pas qu’il y ait huit millions d’agresseurs actifs. Évidence trop aveuglante pour nos autruches assermentées.

Mais l’ouvrage pointe aussi du doigt la formidable lobotomisation des victimes elles-mêmes, devenues pratiquement consentantes, soit par peur de représailles et on les comprend ; soit – et c’est là où le bât blesse – pour ne pas « amalgamer », stigmatiser, etc. Elles ont dans certains cas – heureusement, il y a des exceptions – tellement intégré le fait qu’elles appartiennent à la frange « souchienne », colonialiste, petite bourgeoise, coupable, qu’elles pardonnent à l’avance à leurs bourreaux. Mieux : elles lui trouvent des excuses. L’exemple est frappant (c’est le cas de le dire) d’une agression dans un Noctilien parisien en décembre 2008. La caméra posée dans le bus a filmé un jeune homme de 19 ans violemment tabassé pendant un quart d’heure par d’autres jeunes encapuchonnés. Quelques mois plus tard, la vidéo circule sur Internet et la victime, retrouvée par Le Figaro, déclare : « La vidéo de mon agression apparaît comme très stéréotypée car, ce soir-là, je suis habillé de façon bourgeoise et je suis face à quatre jeunes qui faisaient beaucoup de bruit. En aucun cas, je ne veux passer pour l’incarnation d’une certaine image sociale qui aurait été prise à parti par des étrangers. Je ne l’ai pas ressenti comme cela… Il y a eu un grave amalgame entre la réalité de cette scène et sa représentation. Cette vidéo a circulé sur des sites extrémistes et a été exploitée par des politiques. Or, je ne veux pas être instrumentalisé. » Cette personne était à l’époque étudiant à Sciences Po. L’un de ses professeurs, Olivier Duhamel, a félicité son jeune étudiant pour sa réaction exemplaire. À ce niveau, cela devient beau comme l’antique.

On peut certes reprocher à « La France orange mécanique », des lourdeurs, des répétitions, et un éloge certain de l’agressivité considérée comme une vertu cardinale qui peut, elle aussi, donner lieu à de sacrés débordements. Il n’empêche : la réalité que décrit Obertone a été – et est encore – tellement occultée par la pensée et les médias dominants, que cette piqûre d’éveil mérite largement d’être connue. Et encouragée.

André Bercoff, le 31 janvier 2013

Voir également:

Orange mécanique : le livre choc qui donne (enfin) à voir la délinquance telle qu’elle est

Dans « La France Orange Mécanique », Laurent Obertone ose s’intéresser aux deux violences faites à la société d’aujourd’hui : la délinquante et la médiatique.

Pierre Cormary

Atlantico

« On appelle ça une victime. En un sens, docteur, je trouve ça peut-être plus répugnant à voir que le coupable. »

(Le personnage du maire dans Monsieur Ouine de Bernanos.)

Sur ce livre choc qui en défrisera plus d’un, et, comme le remarque malicieusement Xavier Raufer dans sa préface, fera passer son auteur d’abord comme un falsificateur indigne doublé d’un répressif tout azimut à la solde du Front National (et sans lire ce que celui-ci dit vraiment du FN et la façon dont il lui règle son compte), puis, une fois qu’on aura vérifié la véracité hallucinante de ses informations, comme un défonceur de portes ouvertes qui n’a rien inventé et se contente d’accumuler la liste des horreurs pour semer la panique dans les foyers, enfin, quand tout aura été digéré, repensé, reconnu, pour un vrai journaliste qui a fait son boulot et osé, le salaud, nous parler de cette chose répugnante qui s’appelle « le réel », on pourra dire cinq choses.

5. La France Orange mécanique est avant tout un livre d’informations. Un document incroyablement fourni sur tout ce qui se passe depuis vingt ans au pays des Droits de l’Homme en matière de délinquance et de criminalité. Un recensement accablant, quasi surréaliste, où il apparaît, d’après l’ « office national d’observation de la délinquance et des réponses pénales » (l’ONDRP), qu’il y a en France chaque jour près de 6000 atteintes aux bien, 1300 atteintes à l’intégrité physique, 1000 escroqueries économiques et infractions financières, 470 véhicules détruits ou dégradés, 330 violences physiques crapuleuses, 100 incendies volontaires de biens privés. Pire, qu’on compte 200 viols toutes les 24 heures – et un nombre impressionnant de violeurs rejetés dans la nature.

De ce triste livre des records, on apprendra aussi comment toutes les formes de délinquance ont explosé, à commencer par celle des mineurs (il n’est plus rare de voir des assassins de quinze au treize ans) et celle des filles (le taux d’adolescentes mises en cause entre 1996 et 2009 a connu une augmentation de 113 %). Facile de convaincre par des listes, rétorqueront les « sceptiques », ces gens à qui il n’est jamais rien arrivé et qui prennent toujours de haut les plaintes de ceux à qui il est arrivé quelque chose. Le réel est racoleur, c’est bien connu. Et il a bien souvent le mauvais goût d’être démocratique et égalitaire : on peut être un ado et violer une octogénaire comme en juin 2012 à Marseille (20 minutes, 16/06/12) comme on peut être un septuagénaire et, quelques jours plus tard, séquestrer, filmer et violer une jeune femme à Lessard-le-National (Le journal de Saône-et-Loire, 30/06/12). Sans oublier ces cas d’école qui seraient comiques s’il n’étaient pas vrais, comme cet homme jugé en novembre 2012 à Saint Nazaire pour avoir tué sa femme enceinte de 33 coups de couteau, parce qu’elle voulait appeler leur bébé « Yanis » et lui préférait « Gianni » (Ouest-France, 09/11/12).

4. Bien entendu, il ne manquera pas d’âmes sensibles pour stigmatiser la violence intrinsèque de ce livre conçu lui-même, avec son titre spectaculaire et sa couverture orange brutale, comme un compte à rebours façon Irréversible de Gaspard Noé (les chapitres allant de 10 à un hypothétique quoique « explosif » zéro) ou même comme une thérapie de choc destinée à excéder le lecteur en le saturant d’informations toutes plus horribles les unes que les autres et finir par le persuader que décidément la violence est partout et que lui-même peut en être la victime, un peu comme ce que l’on fait justement subir à Alex dans le film de Stanley Kubrick. C’est là l’indéniable côté « traitement Luduvico » de cette France Orange mécanique – à la différence de taille qu’il s’agit là non d’endormir les conscience mais bien de les réveiller.

Certes, Laurent Obertone n’y va pas avec le dos de la cuillère et n’est pas toujours à l’abri de facilités, de raccourcis ou de jugement à l’emporte pièce dont on peut comprendre qu’ils représentent un défouloir mais qui finissent par altérer la réflexion. De même sa vision, disons génético-animalière du monde, étayée, d’ailleurs brillamment, par les thèses du biologiste Richard Dawkins selon lesquelles nous serions prisonniers de nos gènes et du zoologiste Konrad Lorenz pour qui l’agressivité est déjà dans la bactérie, pourra apparaître quelque peu univoque – même si l’on comprend que pour le criminologue, c’est le monde entier qui devient à un certain moment criminogène. Il n’empêche que la subjectivité, parfois discutable, du jugement est toujours amortie par l’objectivité du constat. N’en déplaise aux esprits forts, c’est le réel qui est choquant, non le dégoût qu’il suscite.

3. Voici donc un livre certainement excessif mais d’un excès qui est à la mesure de la réalité. Et une réalité qui, comme toujours, a l’art de contrarier les dogmes de la sociologie dominante. Ainsi, un bourdivin sera fort irrité d’apprendre que la criminalité ne va pas forcément de pair avec la pauvreté, l’environnement et le chômage, et que, par exemple, des départements comme la Creuse, le Cantal et le Lot, qui ont le PIB le plus bas de France, sont aussi ceux qui ont le taux de criminalité et de délinquance le moins élevé alors que des départements à forte criminalité comme l’Essonne, le Val-de-Marne ou la Seine-et-Marne, sont beaucoup plus riches, beaucoup plus entreprenants, et le comble, beaucoup plus subventionnés.. C’est que contrairement à ce que pensent nos journalistes officiels, évidemment tous de gauche (car comme le rappelle Obertone, citant une étude étonnamment sérieuse de Marianne datant du 23 avril 2001 : 94 % des journalistes votent à gauche – ou au centre pour les plus subversifs d’entre eux), les problèmes sont parfois beaucoup moins « sociaux » qu’ethniques et religieux. Et force est de constater, avec Eric Zemmour, Malek Boutih, les sociologues Hugues Lagrange et Sébastien Roché, et n’importe quel Ministre de l’Intérieur qui daignerait montrer ses chiffes, qu’il y a en effet une sur-délinquance des Noirs et des Arabes. Mais qu’on se rassure, la criminalité des autochtones a augmenté elle aussi. Ouf !

2. Mais tout de même, et quelle que soit la justesse du constat, n’est-ce pas faire le jeu du Front National que d’exposer tout cela au grand public, s’inquiètera telle grande conscience citoyenne et vigilante tant il est vrai que pour elle l’inquiétant n’est pas tant ce qui se passe dans la rue que dans la tête des gens qui habitent cette rue, et que l’essentiel est moins de protéger les gens des voyous que d’eux-mêmes et de leurs réflexes xénophobes. La culture de l’excuse pour tous mais pas pour le raciste, attention ! Lui n’a aucune circonstance atténuante, aucune possibilité de repentance ou de remise de peine, aucune chance morale et pénale – et l’on se dit alors que si l’on traitait médiatiquement, moralement et pénalement les délinquants comme on traite les racistes, ça rigolerait beaucoup moins dans le neuf trois. Il n’empêche que le Front National, loin d’apparaître comme ce qui pourrait nous assurer le salut, ne sort au contraire pas du tout indemne de la critique obertonienne : « le Front National de Marine Le Pen, écrit ce dernier, ne propose rien qui permette de sortir de la spirale à emmerdements : en souhaitant réserver les prestations sociales aux Français (et même les augmenter), il ne fera qu’amorcer la fabrication de sous-sociaux bien de chez nous, made in France. (…) Son programme relève du gauchisme social, l’origine de beaucoup de nos maux. » On ne saurait à la fois être plus engagé et moins partisan.

1. Ce que montre en définitive cette enquête, c’est qu’en France les « débats » sont la plupart du temps idéologiquement faussés. Ainsi des féministes, toujours prêtes à se battre contre un « mademoiselle » ou une campagne de mode jugée putassière, mais rarement sur place lorsqu’il s’agit de juger de ce qui se passe vraiment dans les cités – au contraire de ce documentaire de Cathy Sanchez, intitulé La Cité du Mâle, diffusé, après moult hésitations par peur d’être accusé de « discrimination », sur Arte en septembre 2010, et dans lequel des djeuns, nourris au rap et au RnB, parlaient librement de leur conception de la femme, assez éloignée, il faut le reconnaître, de celle de Marianne. Pour certains commentateurs officiels, c’était ces jeunes que la réalisatrice avait « piégés ». Culpabiliser les coupables, ça ne se fait pas. En revanche, ce sont les innocents qu’il faut convaincre de mauvaise conscience. Et le travail de sape par les médias est telle que l’on tombe parfois sur des victimes d’agression qui plutôt de s’indigner de leur agression, s’indignent qu’on « l’instrumentalise » – tel ce jeune homme de 19 ans qui en décembre 2008 se voit provoqué, volé et tabassé par une bande de voyous en plein Noctilien parisien, et qui, parce qu’on a filmé son agression et qu’elle est passée sur Internet, ne trouve rien de mieux à dire qu’il ne veut surtout pas qu’on en fasse un « amalgame », parce que ce soir là, il était habillé « de façon bourgeoise » (donc sans doute un chouïa provocante pour les voyous qui l’ont pris à partie) et qu’il ne voudrait surtout pas qu’on stigmatise ces derniers, tant il tient plus que tout à ce que l’on préserve ce vivre-ensemble plutôt que son instinct de survie à lui. Il est vrai qu’à notre époque, l’ordre est devenu caduque, alors que c’est le premier besoin de l’âme, comme le disait Simone Weil, et le premier souci des pauvres – un souci qui n’est visiblement pas celui de Christine Taubira ni de Noël Mamère pour qui « la justice n’est pas là pour envoyer des gens en prison ». Punir, pour ces gens qui raisonnent comme le maire de Monsieur Ouine, c’est ajouter du mal au mal, c’est dramatiser encore plus un meurtre ou un viol, c’est insister trop sur le scandale de la violence. Malheur à celui par qui le scandale arrive ! Malheur, surtout, à la victime qui oserait se rebeller – tel ce père qui ose gifler le violeur de 13 ans de sa fillette de 4 ans et qui se voit traîner au tribunal par la mère du premier et condamné à 200 euros d’amende avec sursis. « La part des victimes, c’est la part des ténèbres », écrit superbement Obertone dans ce livre qui pourrait, pour ceux qui croient encore à la justice et au contrat social, être une lueur d’espoir.

Laurent Obertone, La France Orange Mécanique, Editions Ring, 352 pages, 18 euros, n vente le 17 janvier 2013.

3 Responses to Délinquance: Cachez ces chiffres que je ne saurai voir (No crime figures please, we’re French)

  1. […] en matière de réinsertion ?  Même identifiés et condamnés, le criminel de 2013 sait que 82 000 peines sont non exécutées chaque année, faute de place. Taubira ne rêve d’ailleurs que de vider lesdites tout à fait. Quant aux peines “bracelets […]

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