MLK Day: Attention, une Rosa Parks peut en cacher une autre (But Colvin was not the only casualty of this distortion. Parks was, too)

Il y a plus inconnu que le soldat inconnu: sa femme. Banderole féministe (août 1970)
Je suis fière de ce que j’ai fait. Je pense que ce que j’ai fait a été une étincelle et que cela a pris. Claudette Colvin
Je ne pouvais pas me lever ce jour-là. L’histoire m’a clouée sur mon siège. J’ai senti la main de Harriet Tubman sur une de mes épaules et celle de Sojourner Truth sur l’autre. Claudette Colvin
Ma famille et moi, on était originaires de King Hill, le faubourg le plus pauvre parmi les plus pauvres. On ne faisait pas partie des initiés, je veux dire par là qu’on n’était pas des Noirs de la classe moyenne pour lesquels il n’était sûrement pas question d’ériger en modèles des gens de notre milieu. Claudette Colvin (1995, 2005)
It would have been different if I hadn’t been pregnant, but if I had lived in a different place or been light-skinned, it would have made a difference, too. They would have come and seen my parents and found me someone to marry. (however)  They picked the right person. They needed someone who could bring together all the classes. They wouldn’t have followed me. They wanted someone who would shake hands and go to banquets. They wanted someone they could control, and they knew, as a teenager, they couldn’t control me. Claudette Colvin
“It’s an important reminder that crucial change is often ignited by very plain, unremarkable people who then disappear,” said David J. Garrow, a Pulitzer Prize-winning biographer of Dr. King. Even Mrs. Parks was forgotten for the better part of 20 years, only re-emerging as a world-famous figure in the early 1970s after magazine articles and attention in several children’s books. Brooks Barnes
En décembre 1955, soit neuf mois après l’arrestation de Claudette, une couturière de 42 ans du nom de Rosa Parks fut arrêtée pour avoir pris la même position dans un bus bondé de la même ville. Désormais préparés, en partie grâce à l’expérience vécue avec Claudette, les chefs de la communauté noire de Montgomery apportèrent leur soutien à Rosa Parks et organisèrent rapidement un boycott de tous les bus de la ville. Trente-cinq mille tracts furent distribués, demandant à la population noire de se déplacer à pied ou de se grouper à plusieurs en voiture jusqu’à ce que les autorités municipales changent la façon dont les passagers noirs étaient traités dans les bus publics. Les dirigeants noirs, notamment Martin Luther King, prirent leurs distances vis-à-vis de Claudette Colvin, préférant utiliser Rosa Parks seule, comme icône de la contestation contre les bus. Pourquoi ? Certains dirigeants de la communauté pensaient qu’une adolescente suffisamment rebelle pour résister aux forces de l’ordre qui la faisaient sortir manu militari d’un bus serait difficile à contrôler lors d’une manifestation soigneusement organisée. Claudette, quant à elle, estime qu’elle ne fut pas choisie car, contrairement à Rosa Parks, sa peau était noire, ses cheveux crépus et sa famille plus pauvre que les personnalités noires en ville. « Nous ne faisions pas partie du cercle fermé, déclara-t-elle plus tard. Les Noirs de la classe moyenne ne voulaient pas de nous comme modèle. » Après des mois de boycott des bus et de refus de négociations des responsables municipaux, les dirigeants noirs décidèrent de poursuivre la ville de Montgomery devant le tribunal fédéral, arguant que les lois ségrégationnistes étaient une violation de la Constitution des États-Unis. Mais trouver des plaignants était difficile. Participer à une action en justice dénonçant ouvertement le système Jim Crow, c’était mettre sa vie en péril. À la fin, seulement quatre femmes acceptèrent de déposer plainte, dont Claudette Colvin, alors âgée de 16 ans. Philip Hoose
Pourquoi Claudette Colvin n’a-t-elle pas suscité les mêmes réactions que Rosa Parks ? Selon Claudette Colvin, différentes raisons expliquent cela. La première des raisons serait son âge : en effet, Claudette n’a que quinze ans quand les faits se déroulent et la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) préférerait un ou une adulte pour porter ce combat. Mais la raison qui a empêché Claudette Colvin d’accéder au statut d’icône a probablement à voir avec le fait que, peu de temps après son arrestation, elle tombe enceinte, devenant ainsi un symbole peu approprié pour la lutte. En effet, sa grossesse ne pouvait que scandaliser la pieuse communauté noire, empêcher une unité bien nécessaire pour relever ce combat et surtout donner aux partisans de la ségrégation une arme pour combattre les revendications des populations noires. C’est d’une personne sans reproche et au-delà de tout soupçon dont la NAACP avait besoin pour lutter contre cette ségrégation et mener son combat jusqu’à la Cour Suprême. Et de toute évidence, Claudette Colvin n’était pas la bonne personne. C’est à la suite de plusieurs événements similaires que Rosa Parks fut finalement choisie pour être le point de départ de la lutte pour la défense des droits de la population noire aux Etats-Unis. Parce que Rosa Parks, contrairement à Claudette Colvin, semblait irréprochable, elle pouvait porter le flambeau de ce combat et ainsi entrer dans l’histoire. Cyril Mondy
Ma mère m’a conseillé de garder le silence sur ce que j’avais fait. Elle m’a dit : ’Laisse Rosa passer au premier plan. Les blancs ne vont pas l’embêter : elle a la peau plus claire que la tienne et ils l’aiment bien’ (…) Je savais au fond de mon cœur qu’elle était (Rosa Parks) celle qu’il fallait. Claudette Colvin
Claudette a donné à chacun d’entre nous du courage moral. Si elle n’avait pas fait ce qu’elle a fait,  je ne suis pas sûr que nous aurions pu monter le soutien que nous avons montré à Mme Parks. Fred Gray (ancien avocat de Claudette Colvin)
But Colvin was not the only casualty of this distortion. Parks was, too. Her castng as the prim, ageing, guileless seamstress with her hair in a bun who just happened to be in the wrong place at the right time denied her track record of militancy and feminism. She appreciated, but never embraced, King’s strategy of nonviolent resistance, remains a keen supporter of Malcolm X and was constantly frustrated by sexism in the movement. « I had almost a life history of being rebellious against being mistreated against my colour, » she said. But the very spirit and independence of mind that had inspired Parks to challenge segregation started to pose a threat to Montgomery’s black male hierarchy, which had started to believe, and then resent, their own spin. Nixon referred to her as a « lovely, stupid woman »; ministers would greet her at church functions, with irony, « Well, if it isn’t the superstar. » Reverend Ralph Abernathy, who played a key role as King’s right-hand man throughout the civil rights years, referred to her as a « tool » of the movement. Those who are aware of these distortions in the civil rights story are few. Betty Shabbaz, the widow of Malcolm X, was one of them. In a letter published shortly before Shabbaz’s death, she wrote to Parks with both praise and perspective: « ‘Standing up’ was not even being the first to protest that indignity. Fifteen-year-old Claudette Colvin was the first to be arrested in protest of bus segregation in Montgomery. « When ED Nixon and the Women’s Political Council of Montgomery recognised that you could be that hero, you met the challenge and changed our lives forever. It was not your tired feet, but your strength of character and resolve that inspired us. » It is a letter Colvin knew nothing about. Colvin is not exactly bitter. But, as she recalls her teenage years after the arrest and the pregnancy, she hovers between resentment, sadness and bewilderment at the way she was treated. « They just dropped me. None of them spoke to me; they didn’t see if I was okay. They never came and discussed it with my parents. They just didn’t want to know me. » She believes that, if her pregnancy had been the only issue, they would have found a way to overcome it. « It would have been different if I hadn’t been pregnant, but if I had lived in a different place or been light-skinned, it would have made a difference, too. They would have come and seen my parents and found me someone to marry. » When the boycott was over and the African-American community had emerged victorious, King, Nixon and Parks appeared for the cameras. « It’s interesting that Claudette Colvin was not in the group, and rarely, if ever, rode a bus again in Montgomery, » wrote Frank Sikora, an Alabama-based academic and author. After her arrest and late appearance in the court hearing, she was more or less forgotten. Later, she would tell a reporter that she would sometimes attend the rallies at the churches. « I would sit in the back and no one would even know I was there. » The upshot was that Colvin was left in an incredibly vulnerable position. A poor, single, pregnant, black, teenage mother who had both taken on the white establishment and fallen foul of the black one. It is this that incenses Patton. « I respect my elders, but I don’t respect what they did to Colvin, » she says. « For a while, there was a real distance between me and Mrs Parks over this. Colvin was a kid. She needed support. » If that were not enough, the son, Raymond, to whom she would give birth in December, emerged light-skinned: « He came out looking kind of yellow, and then I was ostracised because I wouldn’t say who the father was and they thought it was a white man. He wasn’t. » She became quiet and withdrawn. « I wasn’t with it at all. All I could do is cry. » Gary Younge

Attention: une Rosa Parks peut en cacher une autre !

Trop jeune, trop pauvre, trop inculte, trop noire, trop immorale …

Au lendemain, coïncidence du calendrier (deuxième de l’histoire après celle de Clinton) dont l’Imposteur en chef a évidemment tiré le maximum, de la double célébration de l’Anniversaire de Martin Luther King et de l’inauguration de Barack Obama …

Où, 50 ans après et pendant que le discours même du King himself était interdit sur youtube, la seule femme à avoir obtenu (après s’être batttue pour l’obtenir)  l’autorisation de parler à la fameuse Marche de Washington d’août 1963 mais empêchée par les circonsatances, a pu enfin, grâce à l’Invocation qui lui a ét confiée, être enfin reconnue …

Qui se souvient de la première femme à avoir refusé de se lever (parmi d’autres) mais surtout à avoir plaidé non-coupable ?

Agée de seulement 15 ans mais très vite fille mère d’un enfant trop clair, Claudette Colvin fut, commme d’autres mais pour des raisons compréhensibles en ces années 50 du sud profond américain,  non retenue comme symbole du fameux boycott des bus (qui ne fut pas non plus le premier) de Montgomery …

Mais qui sait le mal qui sera fait à la fameuse Rosa Parks dont l’actif et la longue expérience de militante furent systématiquement gommés …

Réduite, dans l’hagiographie traditionnelle, à cette vielle dame trop fatiguée pour se lever …

Retour, avec le Guardian, sur ces oubliées de la lutte pour les droits civiques des noirs américains …

A savoir, comme Claudette Colvin, Myrlie Evers-Williams ou même Rosa Parks,  les femmes …

She would not be moved

Rosa Parks is a heroine to the US civil rights movement. Yet months before her arrest on a bus in Montgomery, Alabama, a 15-year-old girl was charged with the same ‘crime’. Why has Claudette Colvin been denied her place in history? Gary Younge investigates

Gary Younge

The Guardian

16 December 2000

This much we know. On Thursday, December 1, 1955, Rosa Parks, a 42-year-old black seamstress, boarded a bus in Montgomery, Alabama, after a hard day’s work, took a seat and headed for home. The bus went three stops before several white passengers got on. The driver, James Blake, turned around and ordered the black passengers to go to the back of the bus, so that the whites could take their places. « Move y’all, I want those two seats, » he yelled.

The bus froze. Blake persisted. « Y’all better make it light on yourselves and let me have those seats, » he said.

The three black passengers sitting alongside Parks rose reluctantly. Parks stayed put. Blake approached her. « Are you going to stand up? » he asked.

« No, » said Parks.

« Well, I’m going to have you arrested, » he replied.

« You may do that, » said Parks, who is now 87 and lives in Detroit.

It was an exchange later credited with changing the racial landscape of America. Parks’s arrest sparked a chain reaction that started the bus boycott that launched the civil rights movement that transformed the apartheid of America’s southern states from a local idiosyncrasy to an international scandal. It was her individual courage that triggered the collective display of defiance that turned a previously unknown 26-year-old preacher, Martin Luther King, into a household name.

It was a journey not only into history but also mythology. « She was a victim of both the forces of history and the forces of destiny, » said King, in a quote now displayed in the civil rights museum in Atlanta. « She had been tracked down by the zeitgeist – the spirit of the times. » And, from there, the short distance to sanctity: they called her « Saint Rosa », « an angel walking », « a heaven-sent messenger ». « She gave me the feeling that I was the Moses that God had sent to Pharaoh, » said Fred Gray, the lawyer who went on to represent her.

But somewhere en route they mislaid the truth. Rosa Parks was neither a victim nor a saint, but a long-standing political activist and feminist. Moreover, she was not the first person to take a stand by keeping her seat and challenging the system. Nine months before Parks’s arrest, a 15-year-old girl, Claudette Colvin, was thrown off a bus in the same town and in almost identical circumstances.

Like Parks, she, too, pleaded not guilty to breaking the law. And, like Parks, the local black establishment started to rally support nationwide for her cause. But, unlike Parks, Colvin never made it into the civil rights hall of fame. Just as her case was beginning to catch the nation’s imagination, she became pregnant. To the exclusively male and predominantly middle-class, church-dominated, local black leadership in Montgomery, she was a fallen woman. She fell out of history altogether.

King Hill, Montgomery, is the sepia South. In this small, elevated patch of town, black people sit out on wooden porches and watch an impoverished world go by. Broken-down cars sit outside tumble-down houses. The pace of life is so slow and the mood so mellow that local residents look as if they have been wading through molasses in a half-hearted attempt to catch up with the past 50 years.

« Middle-class blacks looked down on King Hill, » says Colvin today. « We had unpaved streets and outside toilets. We used to have a lot of juke joints up there, and maybe men would drink too much and get into a fight. It wasn’t a bad area, but it had a reputation. » It is here, at 658 Dixie Drive, that Colvin, 61, was raised by a great aunt, who was a maid, and great uncle, who was a « yard boy », whom she grew up calling her parents.

Today, she sits in a diner in the Bronx, her pudding-basin haircut framing a soft face with a distant smile. Her voice is soft and high, almost shrill. The urban bustle surrounding her could not seem further away from King Hill. She now works as a nurses’ aide at an old people’s home in downtown Manhattan. She turns, watches, wipes, feeds and washes the elderly patients and offers them a gentle, consoling word when they become disoriented.

« I make up stories to convince them to stay in bed. » Her rhythm is simple and lifestyle frugal. She works the night shift and sleeps « when the sleep falls on her » during the day. She shops with her workmates and watches action movies on video. Until recently, none of her workmates knew anything of her pioneering role in the civil rights movement.

But go to King Hill and mention her name, and the first thing they will tell you is that she was the first. They remember her as a confident, studious, young girl with a streak that was rebellious without being boisterous. « She was a bookworm, » says Gloria Hardin, who went to school with Colvin and who still lives in King Hill. « Always studying and using long words. »

« She was an A student, quiet, well-mannered, neat, clean, intelligent, pretty, and deeply religious, » writes Jo Ann Robinson in her authoritative book, The Montgomery Bus Boycott And The Women Who Started It.

Colvin was also very dark-skinned, which put her at the bottom of the social pile within the black community – in the pigmentocracy of the South at the time, and even today, while whites discriminated against blacks on grounds of skin colour, the black community discriminated against each other in terms of skin shade. The lighter you were, it was generally thought, the better; the closer your skin tone was to caramel, the closer you were perceived to be to whatever power structure prevailed, and the more likely you were to attract suspicion from those of a darker hue.

From « high-yellas » to « coal-coloureds », it is a tension steeped not only in language but in the arts, from Harlem Renaissance novelist Nella Larsen’s book, Passing, to Spike Lee’s film, School Daze. « The light-skinned girls always thought they were better looking, » says Colvin. « So did the teachers, too. That meant most of the dark complexion ones didn’t like themselves. »

Not so Colvin. They had threatened to throw her out of the Booker T Washington school for wearing her hair in plaits. As well as the predictable teenage fantasy of « marrying a baseball player », she also had strong political convictions. When Ms Nesbitt, her 10th grade teacher, asked the class to write down what they wanted to be, she unfolded a piece of paper with Colvin’s handwriting on it that said: « President of the United States. »

« I wanted to go north and liberate my people, » explains Colvin. « They did think I was nutty and crazy. »

One incident in particular preoccupied her at the time – the plight of her schoolmate, Jeremiah Reeves. Reeves was a teenage grocery delivery boy who was found having sex with a white woman. The woman alleged rape; Reeves insisted it was consensual. Either way, he had violated the South’s deeply ingrained taboo on interracial sex – Alabama only voted to legalise interracial marriage last month (the state held a referendum at the same time as the ballot for the US presidency), and then only by a 60-40 majority. « When I was in the ninth grade, all the police cars came to get Jeremiah, » says Colvin. « They put him on death row. » Four years later, they executed him.

It was this dark, clever, angry young woman who boarded the Highland Avenue bus on Friday, March 2, 1955, opposite Martin Luther King’s church on Dexter Avenue, Montgomery. Colvin took her seat near the emergency door next to one black girl; two others sat across the aisle from her. The law at the time designated seats for black passengers at the back and for whites at the front, but left the middle as a murky no man’s land. Black people were allowed to occupy those seats so long as white people didn’t need them. If one white person wanted to sit down there, then all the black people on that row were supposed to get up and either stand or move further to the back.

As more white passengers got on, the driver asked black people to give up their seats. The three other girls got up; Colvin stayed put. « If it had been for an old lady, I would have got up, but it wasn’t. I was sitting on the last seat that they said you could sit in. I didn’t get up, because I didn’t feel like I was breaking the law. »

To complicate matters, a pregnant black woman, Mrs Hamilton, got on and sat next to Colvin. The driver caught a glimpse of them through his mirror. « He asked us both to get up. [Mrs Hamilton] said she was not going to get up and that she had paid her fare and that she didn’t feel like standing, » recalls Colvin. « So I told him I was not going to get up, either. So he said, ‘If you are not going to get up, I will get a policeman.' »

The atmosphere on the bus became very tense. « We just sat there and waited for it all to happen, » says Gloria Hardin, who was on the bus, too. « We didn’t know what was going to happen, but we knew something would happen. »

Almost 50 years on, Colvin still talks about the incident with a mixture of shock and indignation – as though she still cannot believe that this could have happened to her. She says she expected some abuse from the driver, but nothing more. « I thought he would stop and shout and then drive on. That’s what they usually did. »

But while the driver went to get a policeman, it was the white students who started to make noise. « You got to get up, » they shouted. « She ain’t got to do nothing but stay black and die, » retorted a black passenger.

The policeman arrived, displaying two of the characteristics for which white Southern men had become renowned: gentility and racism. He could not bring himself to chide Mrs Hamilton in her condition, but he could not allow her to stay where she was and flout the law as he understood it, either. So he turned on the black men sitting behind her. « If any of you are not gentlemen enough to give a lady a seat, you should be put in jail yourself, » he said.

A sanitation worker, Mr Harris, got up, gave her his seat and got off the bus. That left Colvin. « Aren’t you going to get up? » asked the policeman.

« No, » said Colvin.

He asked again.

« No, sir, » she said.

« Oh God, » wailed one black woman at the back. One white woman defended Colvin to the police; another said that, if she got away with this, « they will take over ».

« I will take you off, » said the policeman, then he kicked her. Two more kicks soon followed.

For all her bravado, Colvin was shocked by the extremity of what happened next. « It took on the form of harassment. I was very hurt, because I didn’t know that white people would act like that and I … I was crying, » she says. The policeman grabbed her and took her to a patrolman’s car in which his colleagues were waiting. « What’s going on with these niggers? » asked one. Another cracked a joke about her bra size.

« I was really afraid, because you just didn’t know what white people might do at that time, » says Colvin. In August that year, a 14-year-old boy called Emmet Till had said, « Bye, baby », to a woman at a store in nearby Mississippi, and was fished out of the nearby Tallahatchie river a few days later, dead with a bullet in his skull, his eye gouged out and one side of his forehead crushed. « I didn’t know if they were crazy, if they were going to take me to a Klan meeting. I started protecting my crotch. I was afraid they might rape me. »

They took her to City Hall, where she was charged with misconduct, resisting arrest and violating the city segregation laws. The full enormity of what she had done was only just beginning to dawn on her. « I went bipolar. I knew what was happening, but I just kept trying to shut it out. »

She concentrated her mind on things she had been learning at school. « I recited Edgar Allan Poe, Annabel Lee, the characters in Midsummer Night’s Dream, the Lord’s Prayer and the 23rd Psalm. » Anything to detach herself from the horror of reality. Her pastor was called and came to pick her up. By the time she got home, her parents already knew. Everybody knew.

« The news travelled fast, » wrote Robinson. « In a few hours, every Negro youngster on the streets discussed Colvin’s arrest. Telephones rang. Clubs called special meetings and discussed the event with some degree of alarm. Mothers expressed concern about permitting their children on the buses. Men instructed their wives to walk or to share rides in neighbour’s autos. »

It was going to be a long night on Dixie Drive. « Nobody slept at home because we thought there would be some retaliation, » says Colvin. An ad hoc committee headed by the most prominent local black activist, ED Nixon, was set up to discuss the possibility of making Colvin’s arrest a test case. They sent a delegation to see the commissioner, and after a few meetings they appeared to have reached an understanding that the harassment would stop and that Colvin would be allowed to clear her name.

When the trial was held, Colvin pleaded innocent but was found guilty and released on indefinite probation in her parents’ care. « She had remained calm all during the days of her waiting period and during the trial, » wrote Robinson. « But when she was found guilty, her agonised sobs penetrated the atmosphere of the courthouse. »

Nonetheless, the shock waves of her defiance had reverberated throughout Montgomery and beyond. Letters of support came from as far afield as Oregon and California. She still has one – a handwritten note from William Harris in Sacramento. It reads: « The wonderful thing which you have just done makes me feel like a craven coward. How encouraging it would be if more adults had your courage, self-respect and integrity. Respectfully and faithfully yours. »

But even as she inspired awe throughout the country, elders within Montgomery’s black community began to doubt her suitability as a standard-bearer of the movement. « I told Mrs Parks, as I had told other leaders in Montgomery, that I thought the Claudette Colvin arrest was a good test case to end segregation on the buses, » says Fred Gray, Parks’s lawyer. « However, the black leadership in Montgomery at the time thought that we should wait. »

Some in Montgomery, particularly in King Hill, think the decision was informed by snobbery. « It was partly because of her colour and because she was from the working poor, » says Gwen Patton, who has been involved in civil rights work in Montgomery since the early 60s. « She lived in a little shack. It was a case of ‘bourgey’ blacks looking down on the working-class blacks. »

« They never thought much of us, so there was no way they were going to run with us, » says Hardin. Others say it is because she was a foul-mouthed tearaway. « It bothered some that there was an unruly, tomboy quality to Colvin, including a propensity for curse words and immature outbursts, » writes Douglas Brinkly, who recently completed a biography of Parks. But people in King Hill do not remember Colvin as that type of girl, and the accusation irritates Colvin to this day. « I never swore when I was young, » she says. « Never. »

Everyone, including Colvin, agreed that it was news of her pregnancy that ultimately persuaded the local black hierarchy to abandon her as a cause célèbre. For Colvin, the entire episode was traumatic: « Nowadays, you’d call it statutory rape, but back then it was just the kind of thing that happened, » she says, describing the conditions under which she conceived. She refused to name the father or have anything to do with him. « When I told my mother I was pregnant, I thought she was going to have a heart attack. If I had told my father who did it, he would have killed him. »

A personal tragedy for her was seen as a political liability by the town’s civil rights leaders. In his Pulitzer prize-winning account of the civil rights years, Parting The Waters, Taylor Branch wrote: « Even if Montgomery Negroes were willing to rally behind an unwed, pregnant teenager – which they were not – her circumstances would make her an extremely vulnerable standard bearer. »

« If the white press got ahold of that information, they would have [had] a field day, » said Rosa Parks. « They’d call her a bad girl, and her case wouldn’t have a chance. »

Montgomery’s black establishment leaders decided they would have to wait for the right person. And that person, it transpired, would be Rosa Parks. « Mrs Parks was a married woman, » said ED Nixon. « She was morally clean, and she had a fairly good academic training … If there was ever a person we would’ve been able to [use to] break the situation that existed on the Montgomery city line, Rosa L Parks was the woman to use … I probably would’ve examined a dozen more before I got there if Rosa Parks hadn’t come along before I found the right one. »

‘Facts speak only when the historian calls on them, » wrote the historian EH Carr in his landmark work, What Is History? « It is he who decides which facts to give the floor and in what order or context. It is the historian who has decided for his own reasons that Caesar’s crossing of that petty stream, the Rubicon, is a fact of history, whereas the crossing of the Rubicon by millions of other people before or since interests nobody at all. »

Montgomery was not home to the first bus boycott any more than Colvin was the first person to challenge segregation. Two years earlier, in Baton Rouge, Louisiana, African-Americans launched an effective bus boycott after drivers refused to honour an integrated seating policy, which was settled in an unsatisfactory fudge. And, like the pregnant Mrs Hamilton, many African-Americans refused to tolerate the indignity of the South’s racist laws in silence.

Nor was Colvin the last to be passed over. In the nine months between her arrest and that of Parks, another young black woman, Mary Louise Smith, suffered a similar fate. Smith was arrested in October 1955, but was also not considered an appropriate candidate for a broader campaign – ED Nixon claimed that her father was a drunkard; Smith insists he was teetotal.

But there were two things about Colvin’s stand on that March day that made it significant. First, it came less than a year after the US supreme court had outlawed the « separate but equal » policy that had provided the legal basis for racial segregation – what had been custom and practice in the South for generations was now against federal law and could be challenged in the courts.

Second, she was the first person, in Montgomery at least, to take up the challenge. « She was not the first person to be arrested for violation of the bus seating ordinance, » said J Mills Thornton, an author and academic. « But according to [the commissioner], she was the first person ever to enter a plea of not guilty to such a charge. »

It is a rare, and poor, civil rights book that covers the Montgomery bus boycott and does not mention Claudette Colvin. But it is also a rare and excellent one that gives her more than a passing, dismissive mention. However, not one has bothered to interview her. Most Americans, even in Montgomery, have never heard of her. She has literally become a footnote in history.

For we like our history neat – an easy-to-follow, self-contained narrative with dates, characters and landmarks with which we can weave together otherwise unrelated events into one apparently seamless length of fabric held together by sequence and consequence. Complexity, with all its nuances and shaded realities, is a messy business. So we choose the facts to fit the narrative we want to hear.

While this does not happen by conspiracy, it is often facilitated by collusion. In this respect, the civil rights movement in Montgomery moved fast. Rosa Parks was thrown off the bus on a Thursday; by Friday, activists were distributing leaflets that highlighted her arrest as one of many, including those of Colvin and Mary Louise Smith: « Another Negro woman has been arrested and thrown in jail because she refused to get up out of her seat on the bus for a white person to sit down, » they read. « It is the second time since the Claudette Colvin case that a Negro woman has been arrested for the same thing. »

By Monday, the day the boycott began, Colvin had already been airbrushed from the official version of events. Meanwhile, Parks had been transformed from a politically-conscious activist to an upstanding, unfortunate Everywoman. « And since it had to happen, I’m happy it happened to a person like Mrs Parks, » said Martin Luther King from the pulpit of the Holt Street Baptist Church.

« For nobody can doubt the boundless outreach of her integrity. Nobody can doubt the height of her character, nobody can doubt the depth of her Christian commitment and devotion to the teachings of Jesus. » Though he didn’t say it, nobody was going to say that about the then heavily pregnant Colvin.

But Colvin was not the only casualty of this distortion. Parks was, too. Her casting as the prim, ageing, guileless seamstress with her hair in a bun who just happened to be in the wrong place at the right time denied her track record of militancy and feminism. She appreciated, but never embraced, King’s strategy of nonviolent resistance, remains a keen supporter of Malcolm X and was constantly frustrated by sexism in the movement. « I had almost a life history of being rebellious against being mistreated against my colour, » she said.

But the very spirit and independence of mind that had inspired Parks to challenge segregation started to pose a threat to Montgomery’s black male hierarchy, which had started to believe, and then resent, their own spin. Nixon referred to her as a « lovely, stupid woman »; ministers would greet her at church functions, with irony, « Well, if it isn’t the superstar. » Reverend Ralph Abernathy, who played a key role as King’s right-hand man throughout the civil rights years, referred to her as a « tool » of the movement.

Those who are aware of these distortions in the civil rights story are few. Betty Shabbaz, the widow of Malcolm X, was one of them. In a letter published shortly before Shabbaz’s death, she wrote to Parks with both praise and perspective: « ‘Standing up’ was not even being the first to protest that indignity. Fifteen-year-old Claudette Colvin was the first to be arrested in protest of bus segregation in Montgomery.

« When ED Nixon and the Women’s Political Council of Montgomery recognised that you could be that hero, you met the challenge and changed our lives forever. It was not your tired feet, but your strength of character and resolve that inspired us. » It is a letter Colvin knew nothing about.

Colvin is not exactly bitter. But, as she recalls her teenage years after the arrest and the pregnancy, she hovers between resentment, sadness and bewilderment at the way she was treated. « They just dropped me. None of them spoke to me; they didn’t see if I was okay. They never came and discussed it with my parents. They just didn’t want to know me. »

She believes that, if her pregnancy had been the only issue, they would have found a way to overcome it. « It would have been different if I hadn’t been pregnant, but if I had lived in a different place or been light-skinned, it would have made a difference, too. They would have come and seen my parents and found me someone to marry. »

When the boycott was over and the African-American community had emerged victorious, King, Nixon and Parks appeared for the cameras. « It’s interesting that Claudette Colvin was not in the group, and rarely, if ever, rode a bus again in Montgomery, » wrote Frank Sikora, an Alabama-based academic and author. After her arrest and late appearance in the court hearing, she was more or less forgotten. Later, she would tell a reporter that she would sometimes attend the rallies at the churches. « I would sit in the back and no one would even know I was there. »

The upshot was that Colvin was left in an incredibly vulnerable position. A poor, single, pregnant, black, teenage mother who had both taken on the white establishment and fallen foul of the black one. It is this that incenses Patton. « I respect my elders, but I don’t respect what they did to Colvin, » she says. « For a while, there was a real distance between me and Mrs Parks over this. Colvin was a kid. She needed support. »

If that were not enough, the son, Raymond, to whom she would give birth in December, emerged light-skinned: « He came out looking kind of yellow, and then I was ostracised because I wouldn’t say who the father was and they thought it was a white man. He wasn’t. » She became quiet and withdrawn. « I wasn’t with it at all. All I could do is cry. »

She would not be moved

Robinson recalls: « She needed encouragement, for since her conviction as a law violator her head was not held so high. She did not look people straight in the eye as before. » She received a scholarship to the local, historically black university, Alabama State, even though the college authorities were none too keen on having a « troublemaker » on campus.

The tears kept coming. She dropped out. She could not find work in Montgomery because as soon as white people found out what she had done, they fired her. « I just couldn’t get a job. I’d change my name so that I could work in a restaurant, and they’d find out who I was and that was it. I ran out of identities. » Even when she did get work, it was humiliating. « I had this baby of my own and yet I had to leave him with my mother so I could babysit for white people who hated me. »

In the space of a few years, a confident A-grade student had passed through the eye of a political storm and emerged a bedraggled outcast. « It changed my life, » she says. « I became aware of how the world is and how the white establishment plays black people against each other. »

She believes, however, that they were right to choose someone such as Rosa Parks as a standard-bearer. « They picked the right person. They needed someone who could bring together all the classes. They wouldn’t have followed me. They wanted someone who would shake hands and go to banquets. They wanted someone they could control, and they knew, as a teenager, they couldn’t control me. »

But she also believes that they were wrong not to support her in her time of need. « They weren’t there for me when I tried to make a comeback. I thought maybe they would help me get a degree, or talk to someone about getting me work. I thought they could get me together with Rosa Parks and we could go out together and talk to children. »

Similarly, Patton believes that the pragmatic decision not to put Colvin in the spotlight at first was probably correct, but that it does not excuse a wilful negligence to acknowledge her contribution afterwards. « I have no problem with them not lifting up Colvin in 1955. I have a problem with them not lifting her up in 1970. Rosa Parks could have said many times [in the intervening years. ‘And there were others’. »

Colvin’s life after Montgomery is a metaphor for postwar black America. As the struggle moved from civil rights to economic rights, Colvin followed the route of the great migration and went north to a low-paid job and urban deprivation. She left Montgomery for New York in 1958 to work as a live-in domestic and soon became accustomed to the differences and similarities between north and south.

While the power relationship of maid and madam was the same, she encountered less petty racism and institutionalised indignity in the north. In the south, a live-in domestic would never dream of washing her own clothes with those of her employers. So when she came down one day to find her employer’s laundry dumped on top of hers with a polite request to wash them at the same time, she was shocked. « That’s when I knew I was out of the South. That could just never have happened there. »

At the start, she occasionally travelled back to Montgomery by bus with baby Raymond to see her parents and look for work in a place where her family could lend support, but no one would employ her. A year later, she fell pregnant again, and in 1960 gave birth to Randy. The pressure of making ends meet in the urban north with two infants and no family became too much.

In what was a common arrangement at the time, she left Raymond and Randy with her mother in Montgomery as she sought work in the north. Things got tough. A couple of times she even considered going into prostitution. « The only thing that kept me out of it was the other things that go with it. Stealing, drugging people. I figured that after the first time the physical thing wouldn’t matter so much, but I couldn’t get involved in all the other stuff. »

At one and the same time, she had become both more independent and more vulnerable, and looking for some evidence for the gains of the civil rights era in her own life. « What we got from that time was what was on the books anyhow. Working-class people were the foot soldiers, but where are they now – they haven’t seen any progress. It was the middle classes who were able to take advantage of the laws. »

Her two boys took wildly divergent paths. Like many African-American men, Raymond, the unborn child she was carrying during the heady days of 1955, joined the US army. Like all too many, he later became involved in drugs and died of an overdose in her apartment. Like many others, Randy emerged successful and moved back down south, to Atlanta, where he now works as an accountant. Colvin has five grandchildren.

Earlier this month, Troy State University opened a Rosa Parks museum in Montgomery to honour the small town’s place in civil rights history on its 45th anniversary. Roy White, who was responsible for much of what went into the museum, called Colvin to ask if she would appear in a video to tell her story. She refused. « They’ve already called it the Rosa Parks museum, so they’ve already made up their minds what the story is. »

He suggested that maybe she would achieve some closure by participating. « What closure can there be for me? » she asks with exasperation. « There is no closure. This does not belong in a museum, because this struggle is not over. We still don’t have all that we should have. And, personally, there can be no closure. They took away my life. If they want closure, they should give it to my grandchildren. »

Voir aussi:

Obama’s inauguration to provide landmark moment for civil rights titan

Myrlie Evers-Williams, 79, will deliver the invocation at Monday’s ceremony, placing the contribution of women firmly centre stage

Gary Younge

18 January 2013

The Guardian

Myrlie Evers-Williams will be the first women and layperson to deliver the invocation at a presidential inauguration. Photograph: Rogelio V Solis/AP

On the evening of 11 June 1963, Myrlie Evers-Williams lay in bed in Jackson, Mississippi, allowing her three small children stay up with her to watch President John F Kennedy deliver a landmark address on civil rights.

« If an American, because his skin is dark, cannot eat lunch in a restaurant open to the public, » said the president. « If he cannot send his children to the best public school available; if he cannot vote for the public officials who will represent him; if, in short, he cannot enjoy the full and free life which all of us want, then who among us would be content to have the color of his skin changed and stand in his place? Who among us would then be content with the counsels of patience and delay? »

They were still up when her husband Medgar, field secretary for the Mississippi chapter of the National Association for the Advancement of Coloured People (NAACP), came home just after midnight from a meeting with activists in a local church. Lurking in the honeysuckle bushes across the road from his house was Byron De La Beckwith, a fertilizer salesman and Klansman from nearby Greenwood, with a high-powered hunting rifle. The sound of Medgar slamming the car door was followed quickly by gunfire. The children dived on to the floor just as they had been taught. Evers-Williams ran downstairs to find her husband slumped on the doorstep. The bullet went through his back and came out of his chest. He died in the early hours of 12 June.

The assassination, just as the civil rights movement was cresting, would place Evers-Williams in the national spotlight, the most prominent of what would become known – problematically – as a ‘civil rights widow’. She would be joined before the decade was out by Corretta Scott King and Betty Shabbazz, Malcolm X’s wife.

« We came to realise, in those last few days, last few months, that our time was short, » she said later. « It was simply in the air. You knew that something was going to happen, and the logical person for it to happen to was Medgar. »

The rifle was traced back to Beckwith, whose fingerprints were found on the rifle’s telescopic sight. Some witnesses reported seeing a man who looked like him in the area that night as well as a car that looked like his white Plymouth Valiant. Nonetheless, all-white juries twice failed to reach a verdict in 1964. During the second trial, Mississippi governor Ross Barnett interrupted the trial to shake hands with him while Myrlie was testifying. He would not be convicted until 1994, thanks in no small part to Evers-Williams’ meticulous collection of evidence.

On Monday, on Martin Luther King day, Evers-Williams, 79, will deliver the invocation at Barack Obama’s second inauguration, making her the first woman and layperson to do so. In a day pregnant with symbolism – the first black president being sworn in on a federal holiday day dedicated to the nation’s most revered black, historical figure – Obama will be using King’s bible to take the oath of office.

Asked if she ever imagined back in the dark days of segregation then that there might be one day be a black president, Evers-Williams told the Religious News Service: « Of course, we all knew, we hoped, we worked, we prayed that one day there would be a man or a woman of African American descent who would become the president of the United States of America.

« That has been a dream come true, but if we look at the politics leading up to particularly his second term, there were blocks that came during this time of getting people to register and to vote that are reminiscent of some of those actions that took place 50 years ago to keep people of my race and others away from the polls. »

Half a century after Medgar’s death, Evers-Williams, who remarried in 1975, is comfortable still being closely associated with the memory of her first husband. « I have always wanted to see Medgar be recognised for what he did, » she says. « Medgar’s remains are in Arlington Cemetery, only about four to five miles away from the spot where the inauguration will take place. It’s kind of a miracle for me that all of this is happening at this particular time. »

But her inclusion in the ceremony sees her take centre stage again as a political figure in her own right. After Beckwith’s second trial, Evers-Williams moved to California, went to university and twice, unsuccessfully, ran for Congress. During the mid-1990s when the NAACP, the nation’s oldest civil rights organisation, was mired in scandal and economic difficulty, she became its chair and was instrumental in turning it around.

But as she takes to the podium on Monday, she will help restore to public memory the vital contributions that women made to the civil rights movement that were often denigrated within the movement at the time and have been omitted from the historical record since. Church-led and male dominated, the civil rights leadership often gave its female footsoldiers little or no credit for the essential work they did and the extraordinary sacrifices they made.

In Montgomery, Alabama, for example, the first woman to plead not guilty after she refused to sit at the back of the bus – 15-year-old Claudette Colvin – was dropped after she became pregnant. After Rosa Parks stepped up, and the bus boycott that would propel King to national attention was under way, she would be marginalised after she refused to simply be a benign figurehead. One of the leading local activists, AD Nixon, referred to her as a « lovely, stupid woman »; ministers greeted her at church functions with irony: « Well, if it isn’t the superstar. » And one of King’s key aides, Reverend Ralph Abernathy referred to her as a « tool » of the movement.

During the march on Washington, where King delivered his « I have a dream » speech, no women were scheduled to speak and women leaders were not allowed to march alongside the men. Only after an uproar from some women activists was Evers-Williams, who’d lost her husband just 10 weeks earlier, included on the roster. She could not get there. « That was one thing that has haunted me over the years, » she says. « Fifty years later, I receive an invitation to deliver the invocation. »

Evers-Williams was set to speak alongside the Rev Louie Giglio, who pulled out from giving the benediction following an outcry over a homophobic sermon he gave in the 90s. Evers-Williams’ denominational affiliation can best be described as promiscuous. « I have been Baptist, I have been Methodist, I have been Presbyterian. I have attended all those churches depending on where I have lived my life. »

Evers-Williams has been on the lecture circuit since Medgar’s assassination, but admits to being nervous about her participation in Monday’s ceremony. « To pray is nothing new. To pray in public is nothing new. But to pray in a setting where there will be thousands and thousands of people who will listen. I am asking for guidance. I am asking for direction and I am asking to, please God, help me stay within three minutes that I have been given. »

Back in 1963 at the march on Washington, after much complaining from many quarters, the organisers hastily arranged a « tribute to women » in which the female civil rights leaders were asked to stand on stage and be applauded by the crowd. At the time, Parks turned to a fellow campaigner, Daisy Bates, and said « Our time will someday come. »

Half a century later, Evers-Williams has finally arrived to take centre stage in the capital.

Voir encore:

Claudette Colvin, la première Afro-Américaine à refuser de céder son siège

Ambassade américaine de Paris

Phillip Hoose

21 février 2012

L’article ci-après fait partie de la revue « Portraits de femmes noires exemplaires ».

La guerre de Sécession mit fin à l’esclavage sans mettre fin aux préjugés raciaux. Dans les décennies qui suivirent, les Américains d’origine européenne promulguèrent des centaines de lois (pour la majorité dans le Sud) destinées à empêcher les Blancs et les Noirs de vivre, de travailler, voire de prendre les transports en commun, ensemble. Ils n’avaient même pas le droit d’être enterrés dans le même cimetière. Surnommées « Jim Crow », d’après le personnage d’une chanson interprétée par des Blancs grimés en Noirs, ces lois étaient souvent appliquées par la force.

L’un des premiers gestes réussis de contestation aux lois Jim Crow se produisit à Montgomery, dans l’Alabama : en mars 1955, une adolescente du nom de Claudette Colvin fut arrêtée pour avoir refusé de céder sa place à une Blanche dans un bus et, pour la première fois dans les annales de l’histoire de la ville, porta l’affaire en justice. Même si les chefs des mouvements noirs ne choisirent pas Claudette pour icône lors du boycott des bus de Montgomery qui allait suivre – optant neuf mois plus tard pour Rosa Parks, âgée de 42 ans – le procès fournit des informations tactiques et politiques qui allaient plus tard s’avérer utiles pour les organisateurs du boycott, dont le jeune pasteur Martin Luther King. L’important, c’est que Claudette Colvin contribua à l’heureuse conclusion du boycott – et de la ségrégation raciale dans les transports publics de l’État – par son courage devant les tribunaux dans le procès historique Browder contre Gayle.

L’après-midi du 2 mars 1955, Claudette Colvin, âgée de 15 ans, monta dans le bus de Highland Gardens, dans le centre-ville de Montgomery, et s’assit pour le long trajet urbain qui allait l’emmener chez elle. Elle connaissait bien le règlement en vigueur dans les bus – tout le monde le connaissait. Les dix premiers sièges étaient réservés aux Blancs. Les 26 autres sièges, derrière, étaient contrôlés par le conducteur du bus, qui regardait constamment dans le rétroviseur pour s’assurer que personne n’enfreignait la réglementation. Une fois que les dix premiers sièges réservés aux Blancs étaient pris, le conducteur ordonnait alors aux passagers noirs de céder leur place au milieu et à l’arrière du bus aux nouveaux passagers blancs.

Lorsque Claudette monta à bord du bus ce jour-là, il n’y avait pas encore de passagers blancs. La plupart étaient comme elle des élèves qui rentraient de l’école. Claudette se glissa sur un siège au milieu du bus près de la fenêtre. Trois de ses camarades prirent place dans la même rangée. Claudette se plongea dans ses pensées tandis que le bus commençait à se remplir. Bientôt, une dame blanche avança dans le couloir central et attendit devant elle de manière délibérée. Claudette sortit subitement de sa rêverie et se rendit compte qu’elle devait se lever et lui céder sa place.

Le conducteur jeta un coup d’œil dans le rétroviseur et ordonna aux jeunes Afro-Américaines de prendre des sièges plus à l’arrière. Les camarades de Claudette obéirent et partirent lentement vers l’arrière du bus. Mais Claudette ne dit pas un mot et ne se leva pas. « Hé, lève-toi ! » cria le conducteur. Claudette resta assise. Le conducteur ouvrit la porte automatique et héla au passage un policier des transports pour lui demander de monter à bord et d’appliquer la réglementation en vigueur. Mais le policier n’était pas autorisé à procéder à des arrestations. Une rue plus loin, le conducteur interpella deux policiers qui étaient assis dans leur voiture de service. Ils montèrent dans le bus et ordonnèrent à la jeune fille de se lever. Lorsqu’elle refusa, ils la saisirent par les poignets et la soulevèrent brutalement du siège, faisant voler ses livres de classe. Criant qu’elle avait le droit constitutionnel de s’asseoir où elle voulait, Claudette se força à ne pas lutter. « Je ne pouvais pas me lever ce jour-là, se souvint-elle, des années plus tard. L’histoire m’a clouée sur mon siège. J’ai senti la main de Harriet Tubman sur une de mes épaules et celle de Sojourner Truth sur l’autre. »

Les policiers menottèrent Claudette, la jetèrent dans une voiture de police et l’emmenèrent à la mairie, en l’injuriant tout au long du chemin. L’adolescente de 15 ans fut écrouée et incarcérée dans une cellule de la prison pour adultes. La porte en fer se referma sur elle bruyamment et fut verrouillée. Claudette se retrouva toute seule dans une petite pièce pourvue d’un lit de camp sans matelas et de W.-C. rouillés. Sa mère savait-elle où elle était ? Claudette tomba à genoux, en sanglotant et en priant.

Des heures plus tard, sa mère et son pasteur obtinrent sa mise en liberté sous caution et la raccompagnèrent chez elle. Mais Claudette se trouvait dans une situation juridique très grave. Elle était accusée par la ville d’avoir troublé l’ordre public, violé la loi de ségrégation et « agressé » les policiers qui l’avaient sortie du bus. Dans le passé, d’autres passagers afro-américains avaient déjà été arrêtés pour avoir refusé de céder leur place à des Blancs, mais personne ne s’était défendu contre les accusations. Ils avaient payé une amende et étaient rentrés chez eux. Claudette agit différemment. Des fonds furent levés pour recruter un avocat avec l’appui de l’Association nationale pour le progrès des gens de couleur (NAACP) et des congrégations noires de la ville.

À l’audience, le président du tribunal rejeta les deux premiers chefs d’accusation mais garda celui de l’agression. Claudette fut mise en liberté surveillée sous la garde de ses parents. Son avocat fit appel, mais en vain. Aucun juge de la ville n’allait casser le jugement qui avait été prononcé contre elle.

Après le procès, Claudette retourna au lycée Booker Washington et s’efforça de finir son année scolaire. Au lieu de la traiter en héroïne, beaucoup de ses camarades de classe se moquèrent d’elle. Découragée, elle se mit à déprimer. « Parfois, j’avais le sentiment d’avoir fait quelque chose de mal… J’ai perdu beaucoup d’amis », devait-elle avouer plus tard.

En décembre 1955, soit neuf mois après l’arrestation de Claudette, une couturière de 42 ans du nom de Rosa Parks fut arrêtée pour avoir pris la même position dans un bus bondé de la même ville. Désormais préparés, en partie grâce à l’expérience vécue avec Claudette, les chefs de la communauté noire de Montgomery apportèrent leur soutien à Rosa Parks et organisèrent rapidement un boycott de tous les bus de la ville. Trente-cinq mille tracts furent distribués, demandant à la population noire de se déplacer à pied ou de se grouper à plusieurs en voiture jusqu’à ce que les autorités municipales changent la façon dont les passagers noirs étaient traités dans les bus publics.

Les dirigeants noirs, notamment Martin Luther King, prirent leurs distances vis-à-vis de Claudette Colvin, préférant utiliser Rosa Parks seule, comme icône de la contestation contre les bus. Pourquoi ? Certains dirigeants de la communauté pensaient qu’une adolescente suffisamment rebelle pour résister aux forces de l’ordre qui la faisaient sortir manu militari d’un bus serait difficile à contrôler lors d’une manifestation soigneusement organisée. Claudette, quant à elle, estime qu’elle ne fut pas choisie car, contrairement à Rosa Parks, sa peau était noire, ses cheveux crépus et sa famille plus pauvre que les personnalités noires en ville. « Nous ne faisions pas partie du cercle fermé, déclara-t-elle plus tard. Les Noirs de la classe moyenne ne voulaient pas de nous comme modèle. »

Après des mois de boycott des bus et de refus de négociations des responsables municipaux, les dirigeants noirs décidèrent de poursuivre la ville de Montgomery devant le tribunal fédéral, arguant que les lois ségrégationnistes étaient une violation de la Constitution des États-Unis. Mais trouver des plaignants était difficile. Participer à une action en justice dénonçant ouvertement le système Jim Crow, c’était mettre sa vie en péril. À la fin, seulement quatre femmes acceptèrent de déposer plainte, dont Claudette Colvin, alors âgée de 16 ans.

Lorsque la jeune fille fut appelée à témoigner au procès le 11 mai 1956, elle s’avança à la barre et s’assit, levant la main droite et lissant sa robe bleue. Elle jeta un regard aux trois juges blancs sur sa droite, à l’air réprobateur. L’avocat de la ville se mit immédiatement à l’attaque, s’efforçant de piéger la jeune fille afin de lui faire avouer que Martin Luther King avait manipulé les Noirs de Montgomery pour les inciter à boycotter les bus contre leur gré.

« Qui sont vos chefs ? » demanda-t-il.

« …Seulement nous, nous seules », répondit Claudette, d’une voix égale.

« Pourquoi avez-vous cessé de prendre le bus le 5 décembre ? » demanda l’avocat, se référant à la date du début du boycott.

Le regard acéré, Claudette répondit : « Parce qu’on nous traitait mal, de façon injuste et odieuse. »

L’un des avocats des autres plaignantes devait ensuite déclarer : « Si nous devions nommer un témoin vedette… ce serait Claudette Colvin. »

Plusieurs mois plus tard, après plus d’un an de boycott, les juges déclarèrent que les lois ségrégationnistes réglementant les bus de Montgomery dans l’Alabama étaient anticonstitutionnelles. La Cour suprême des États-Unis confirma cette décision, obligeant la municipalité à mettre un terme à la ségrégation dans les transports publics.

Deux ans après le procès, à l’âge de 18 ans, Claudette Colvin quitta Montgomery pour New York où elle travailla pendant cinquante ans comme aide-soignante dans une maison de retraite de Manhattan. À New York, elle ne parla jamais de son rôle historique de catalyseur du boycott des bus de Montgomery, sauf à une poignée de journalistes et d’historiens intéressés par le mouvement des droits civiques et qui, redécouvrant son histoire, lancèrent une enquête. Claudette, qui a maintenant 70 ans, est à la retraite et a cinq petits-enfants. Elle est fière d’avoir pu, à 15 ans, préparer la voie à la première grande victoire du mouvement des droits civiques aux États-Unis.

« Quand il s’agit de justice, déclare Claudette, il n’y a pas de moyen facile de l’obtenir. On ne peut pas l’édulcorer. Il faut prendre position et dire : « Ce n’est pas juste. » Et je l’ai fait. »

Phillip Hoose a remporté en 2009 le Prix national du livre dans la catégorie des jeunes lecteurs pour son livre intitulé Claudette Colvin : Twice Toward Justice. Il est l’auteur de nombreux livres, articles, essais et nouvelles, notamment The Race to Save the Lord God Bird, Hey, Little Ant (écrit avec sa fille Hannah) et We Were There Too ! Young People in U.S. History, ouvrage qui a également été finaliste du Prix national du livre. Diplômé de l’école de foresterie et des sciences environnementales de l’université Yale, Philippe Hoose travaille à l’association écologiste The Nature Conservancy depuis 1977. Il est également auteur-compositeur et musicien. Il habite à Portland, dans le Maine.

Cet article est extrait de la brochure Stories of African-American Achievement publiée par le bureau IIP du département d’État des États-Unis.

Voir également:

N’oublions pas Claudette Colvin, Rosa Parks et M Luther King JR

 Gérard Sarda

Avertissement :

J’avais écrit initialement une version à peine différente du texte qui suit, en décembre 1995. Jamais publié jusqu’ici, il a seulement été distribué à quelques amis et connaissances.

J’en ai modifié ci-après l’économie générale, quelques passages aussi, et l’ai allégé pour le publier en 2010 à la rubrique « en ligne » proposée par mon éditeur, l’Harmattan, dans son catalogue, en tant qu’auteur du livre  » Le procès Konhu en Nouvelle Calédonie une nouvelle affaire Outreau ? ». Je laisse tout ce qui a conservé selon moi son actualité, en particulier les éléments historiques nécessaires à sa compréhension.

J’en autorise la citation, partielle ou intégrale, avec mention d’origine bien sûr.

Plus de 55 ans après la décision de la Cour Suprême des Etats Unis, le racisme n’a pas disparu loin s’en faut, pas plus aux Etats Unis que dans bien d’autres endroits de la planète, alors même que pour la première fois dans l’histoire, un citoyen noir a accédé à la Maison Blanche. Ce fléau demande quelquefois une certaine circonspection pour être combattu, ce qui exige de ne jamais baisser la garde.

Mon texte de 1995, portait comme titre  » Il y a 40 ans, C Colvin, R Parks et M L King, Jr, aux avant postes du combat pour les Droits civiques aux Etats unis ». Il avait été gracieusement « tapé » chez elle par l’épatante Andrée Maugin qui déchiffrait les manuscrits comme personne et assurait alors le secrétariat général de l’IUFM de l’académie de Nantes.

En voici donc ma nouvelle version, actualisée et raccourcie.

Plus de cinq décennies se sont écoulées entre les actes de désobéissance civile de noirs américains et l’accession de Barak Obama à la présidence des Etats Unis.

Héritage de l’esclavage pourtant aboli après la guerre de sécession, l’abominable doctrine dite « de l’Egalité dans la séparation » avait eu, jusqu’en 1954, un caractère « officiel, légal, constitutionnel ».

« Ma famille et moi, on était originaires de King Hill, le faubourg le plus pauvre parmi les plus pauvres. On ne faisait pas partie des initiés, je veux dire par là qu’on n’était pas des Noirs de la classe moyenne pour lesquels il n’était sûrement pas question d’ériger en modèles des gens de notre milieu ». C’est ainsi que se présente, en 1995, la quadragénaire Claudette Colvin dans l’ interview qu’elle donne, le 29 novembre 2005 au quotidien « USA Today ».

En 1954, elle est une illustre inconnue, une adolescente de 15 ans. Son institutrice, Géraldine Nesbitt, à qui elle rend hommage, encourageait ses élèves à « penser par elles-mêmes » indiquera-t-elle au journaliste. Le 2 mars 1955 dans l’après midi, alors qu’elle est assise, immobile, dans un bus, Robert Cleer, le chauffeur, lui demande de céder sa place et quitter sa rangée pour permettre à des lycéens blancs de s’installer. Elle refuse. Son attitude ne surprend pas vraiment celles de ses camarades qui connaissaient un peu son état d’esprit. Simplement, elle ne supporte plus de voir sa mère qui hait la situation terrible que subissent les gens de couleur, faire assaut de politesses à l’égard des blancs. Alors, sans plus de réflexion et d’un seul mouvement, elle refuse obstinément d’obéir.

Du jamais vu ! Son refus fige de stupéfaction tous les passagers, noirs et blancs. « Il faut que tu changes de place », insiste le chauffeur.

« L’école des blancs et l’école des gens de couleur, le restaurant pour blancs et le restaurant pour les gens de couleur… » ; ainsi vivaient les habitants de Mongomery et de bien d’autres villes et bourgs du sud des USA, séparés. Finalement, les bus avaient un bien maigre avantage: gens de couleur et blancs se partageaient les sièges, distingués par rangées. Les blancs occupaient les rangées de devant et les gens de couleur celles du fond. Il n’était pas question de voir un noir sur une même rangée qu’un blanc et pour faire face aux fluctuations d’effectifs, quelques rangées intermédiaires pouvaient être exceptionnellement attribuées à des passagers de couleur, à condition qu’ils cèdent leur place à des blancs à la demande! La plupart du temps, ni un voyageur blanc ni le chauffeur ne disait mot tant la règle en vigueur était intériorisée par ceux qui en souffraient. De toute façon, des panonceaux, déplacés de rangée en rangée par le chauffeur selon la situation, indiquaient clairement à chacun où s’installer. La pratique de la loi raciste applicable en Alabama était en la matière parfaitement codifiée.

Dans les années 90, un de mes collègues d’alors, Monsieur Stindel, se souvenait qu’à l’occasion d’un voyage qui, dans sa jeunesse, l’avait conduit dans le sud des Etats Unis, il s’était fait vertement rabrouer par le chauffeur et les passagers blancs d’un autobus car il avait eu l’extrême audace de céder sa place à une maman noire portant son bébé dans les bras. Humiliante dans les écoles, les restaurants ou les cinémas, la ségrégation raciale l’était davantage encore dans les bus où, paradoxalement, la « séparation » n’était pas totale.

Mais pour revenir à Claudette, adolescente rebelle, personne dans le bus, n’a compris son attitude. Ses camarades ne sont pas loin de penser qu’elle a un grain. Quant aux voyageurs noirs plus âgés, ils ressentent cette initiative comme une provocation plus susceptible de leur attirer des ennuis supplémentaires, comme par exemple des conditions d’accès plus sévères dans des bus, par ailleurs confortables et fiables, que de remettre en cause la séparation des races. Pour les blancs, pareil refus d’obtempérer constitue une gravissime infraction.

Un autre lycéen noir va pourtant faire entendre sa solidarité, en ces termes défaitistes: « la seule chose qui lui reste à faire c’est d’en finir avec sa vie de négresse ». A peine a-t il poussé ce cri de désespoir que deux policiers se sont engouffrés dans le bus. Ils trainent Claudette hors du bus. Celle-ci se débat et hurle. Ils sont « assourdis par ses cris et ses vociférations » indiquent les archives de la police. Elle est emprisonnée sur le champ mais sortira vite, son père ayant réglé la caution demandée pour sa libération. Un procès suivra, et la NAACP (National association for the advancement of coloured people) décide de soutenir les Colvin.

Cette action isolée de désobéissance civile va donner des idées à d’autres. Et d’ailleurs, quand, en 1995, Claudette Colvin fait appel à ses souvenirs et à ce qu’elle ressentit à l’époque, elle fait part au journaliste d’ « USA To-day » d’une sorte d’amertume. Parlant de celles et ceux qui ont finalement repris son initiative en lui donnant une toute autre ampleur, elle déclare : « Le boycott c’était leur affaire », et brisant alors un long silence, elle ajoute : « ça serait bien si on se rappelait un peu aujourd’hui de l’action que nous avons menée. Ca me ferait plaisir si mes petits enfants réalisaient que leur grand-mère s’est battue pour quelque chose, il y a bien longtemps ».

Si Claudette Colvin a ouvert la voie au boycott, celui ci n’a pris une forme organisée que 9 mois après son action d’éclat. Pour l’historien Louis E. Lomax, « ce qui était devenu possible neuf mois plus tard ne l’était pas neuf mois plus tôt »(dans « The negro revolt »,a signet book, 1963).L’affaire fera quelques vagues, même si la SCLC, « Southern Christian leadership conference », sa section de Montgomery en particulier, saura en tirer des leçons. Des organisations de femmes noires implantées en Alabama prennent aussi bonne note de l’évènement.

Claudette finira par adhérer à la section locale de la NAACP mais pour autant, l’idée du boycott ne surgit pas tout de suite dans l’esprit de ses dirigeants, ou plutôt, l’idée fait son chemin mais est vite contestée: pour nombre d’ adhérents, cette « gaminerie », si elle était étendue, ne déboucherait que sur l’ interdiction infligée aux gens de couleur d’utiliser les bus.

Dans les locaux de la NAACP, Claudette va rencontrer une veuve élégante (sic), une mère de trois enfants qui travaille dans un grand magasin de vêtements. En 1955, cette quadragénaire est une responsable écoutée. Le premier décembre, 9 mois après Claudette, Rosa Parks que son statut social avait probablement fait échapper jusque là à la fréquentation des bus au profit d’un véhicule particulier, va se comporter exactement de la même manière que l’adolescente. Mais là, l’initiative a fait l’objet d’une préparation minutieuse, et c’est une sacrée différence.

Quand, le 5 décembre, Rosa Parks se voit condamnée à une amende de 14 dollars, 20 000 usagers de couleur vont réagir en refusant de monter dans les bus. Le boycott durera plus d’un an et le mot d’ordre ne sera levé que lorsque les lois prônant la ségrégation dans les transports en commun auront été déclarées non conformes à la Constitution américaine, dans le droit fil, du reste, de l’abandon auparavant, sur décision de la Cour suprême, de la doctrine de « l’égalité dans la séparation ».

Claudette Colvin, dont j’espère avoir, à ma modeste échelle, rappelé le rôle initial, Rosa Parks à qui revient incontestablement la maternité du boycott des autobus de Montgomery, Martin Luther King Junior, porte parole emblématique de cette action collective majeure, ont ainsi fait tourner en avant la roue de l’histoire, avec l’appui également, de divers mouvements chrétiens, comme l’indique l’historien américain David Garrow dans son ouvrage, « Bearing the cross ».

Leur œuvre a une portée universelle. Elle est hélas, loin d’être achevée.

Repris à Nouméa le 29 août 2010 d’un texte initialement écrit à Nantes en décembre 2005. Gérard Sarda

Voir encore:

Claudette Colvin, une Rosa Parks avant l’heure

La lutte pour les droits civiques et l’égalité entre Noirs et Blancs

Cyril Mondy

24 nov. 2009

Si Rosa Parks fut retenue par l’histoire, Claudette Colvin avant même Rosa Parks, refusa de céder sa place à un passager blanc dans la ville de Montgomery, Alabama.

Si nul n’ignore l’existence de Rosa Parks, ce petit bout de femme qui, le 1er décembre 1955, a refusé de céder sa place à un passager blanc dans un bus de la ville de Montgomery, en Alabama, entraînant l’intervention de la police et provoquant, dans les jours qui suivirent, la mise en place d’un boycott de la compagnie de bus par la population noire, combien savent qu’en réalité, avant Rosa Parks, d’autres avaient déjà affirmé leur rejet de cette discrimination, en refusant de se lever et de céder leur place?

En effet, avant Rosa Parks, plusieurs personnes dont Claudette Colvin firent un geste similaire. Pourtant ce nom là, l’histoire ne semble pas l’avoir retenu.

Claudette Colvin : l’histoire d’un refus

C’est le 2 mars 1955, soit 9 mois avant Rosa Parks, que Claudette Colvin, lycéenne de 15 ans, a été interpellée à Montgomery, menottée et expulsée du bus pour avoir refusé de se lever et de laisser son siège à un passager blanc.

Différentes raisons semblent avoir poussé Claudette Colvin à agir ainsi. Elle affirmait, en effet, qu’ayant payé son ticket de bus, elle avait tout autant le droit qu’un autre passager d’être assise. De plus, elle considérait qu’en lui demandant de céder sa place, on violait ses droits constitutionnels. Mais, lorsqu’elle se rappelle ce moment de sa vie, elle n’oublie pas de mentionner qu’à cette période-là, elle étudiait les leaders noirs (Harriet Tubman ou Sojourner Truth) à l’école. Et cela l’a probablement poussée à se rebeller contre l’autorité des blancs.

Claudette Colvin : une icône contestable ?

Pourtant, contrairement à Rosa Parks, cet acte ne fut pas l’étincelle qui déclencha un mouvement d’ampleur. Pourquoi Claudette Colvin n’a-t-elle pas suscité les mêmes réactions que Rosa Parks ?

Selon Claudette Colvin, différentes raisons expliquent cela. La première des raisons serait son âge : en effet, Claudette n’a que quinze ans quand les faits se déroulent et la NAACP (National Association for the Advancement of Colored People) préférerait un ou une adulte pour porter ce combat. Mais la raison qui a empêché Claudette Colvin d’accéder au statut d’icône a probablement à voir avec le fait que, peu de temps après son arrestation, elle tombe enceinte, devenant ainsi un symbole peu approprié pour la lutte. En effet, sa grossesse ne pouvait que scandaliser la pieuse communauté noire, empêcher une unité bien nécessaire pour relever ce combat et surtout donner aux partisans de la ségrégation une arme pour combattre les revendications des populations noires.

C’est d’une personne sans reproche et au-delà de tout soupçon dont la NAACP avait besoin pour lutter contre cette ségrégation et mener son combat jusqu’à la Cour Suprême. Et de toute évidence, Claudette Colvin n’était pas la bonne personne. C’est à la suite de plusieurs événements similaires que Rosa Parks fut finalement choisie pour être le point de départ de la lutte pour la défense des droits de la population noire aux Etats-Unis. Parce que Rosa Parks, contrairement à Claudette Colvin, semblait irréprochable, elle pouvait porter le flambeau de ce combat et ainsi entrer dans l’histoire.

Voir de plus:

Claudette Colvin, une rebelle non conventionnelle

Benjamin Delombre

Agoravox

21 décembre 2009

Claudette Colvin, une dame âgée de 70 ans aujourd’hui, témoigne sur la résistance à la ségrégation dans laquelle elle s’est engagée, huit mois avant que Rosa Parks ne soit arrêtée pour le même motif : refus de laisser sa place dans un bus à une personne de couleur blanche.

Le 2 mars 1955, Claudette Colvin, 15 ans, lycéenne de Montgomery dans l’Alabama, prend le bus comme chaque jour pour rentrer chez elle après sa journée de cours. Elle était assise deux rangs derrière la sortie de secours lorsque quatre hommes blancs montèrent dans le bus. Le chauffeur lui ordonna alors de se lever afin de laisser sa place aux derniers arrivants suivant les lois sur la ségrégation en vigueur. Mlle Colvin ne se déplaça cependant pas, continuant à fixer le dehors. La jeune fille fut alors évacuée de force du véhicule par deux policiers qui la mirent de fait en état d’arrestation.

Cet événement rappelle à nos mémoires le cas de Rosa Parks, l’activiste pour les droits civiques, qui, le 2 décembre 1955 refusa alors, elle aussi, de laisser sa place à une personne de couleur blanche et rentra dans les livres d’histoire du même coup. Simplement, ce qui permit à Mme Parks de figurer dans le classement des cent personnalités ayant le plus influencées le XXème siècle se déroula six mois après l’acte de rébellion de Claudette Colvin. Alors, pourquoi associons-nous aujourd’hui le nom de Rosa Parks et non celui de Mlle Colvin avec cet acte de rébellion pour l’égalité ?

Une jeune fille rebelle

En cette décennie 1950, l’Association Nationale pour le Progrès des Gens de Couleur (NAACP) devient un organe important de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, époque où les noirs ne sont pas égaux en droit aux blancs. Elle cherche alors une publicité qui pourrait mettre un peu plus en avant son combat. La mésaventure de Mlle Colvin tombe alors à point nommé pour l’organisation et ses leaders tel que Martin Luther King. A plus fortes raisons, le fait divers fait la une des journaux notamment lors du procès de la jeune fille de quinze ans. Le journaliste de l’Alabama Journal qui couvrait cette « violation de la ségrégation » rapporta que Mlle Colvin, « une lycéenne à lunettes d’apparence studieuse » avait accepté le verdict « avec autant de détachement que celui qu’elle avait manifesté » au cours de l’audience.

Mlle Colvin reçut alors des dizaines de lettres de soutien expédiées par le biais de Mme Rosa Parks, alors secrétaire du NAACP à Montgomery.

Cependant, ce fait divers finit par tomber dans l’oubli. En effet, les leaders du NAACP « craignaient de ne pas pouvoir gagner avec elle » explique Philip Hoose, auteur de Claudette Colvin : Twice toward justice. Il explique aussi qu’on la trouvait trop « bagarreuse » et « émotive ». Ces caractères qu’il paraît bien normal de rencontrer chez une adolescente de quinze ans confrontée aux tumultes d’une affaire judiciaire ne se retrouvent pas chez Mme Parks, considérée comme « impassible, calme et imperturbable » par son entourage. En plus de cela, Mlle Colvin tomba enceinte peu de temps après d’un homme marié. De ce fait, l’histoire de la lycéenne de Montgomery perdit encore un peu plus de sa superbe et risquait de choquer une population afro-américaine très pieuse.

Un autre événement comparable à celui-ci intervint avant que Rosa Parks ne refuse à son tour de laisser sa place dans un bus à une personne de couleur blanche. En effet, une autre adolescente de Montgomery, Mary Louise Smith, fut arrêtée après ne pas avoir satisfait aux demandes du chauffeur qui lui ordonnait de se lever de son siège en vertu de ces lois sur la ségrégation. Simplement, il se trouva qu’elle ne fut pas, elle non plus, retenue comme symbole de la lutte pour l’égalité suite à des rumeurs concernant un goût trop prononcé de son père pour l’alcool.

« Laisse Rosa passer au premier plan »

Une question se pose alors : Pourquoi Mlle Colvin n’a-t-elle jamais reparlé de son histoire ? Sans pour autant souhaiter détruire le mythe, elle aurait tout de même pu raconter cet événement pour obtenir un peu de reconnaissance, reconnaissance qu’elle mérite elle aussi. La réponse se trouve dans les paroles de sa mère juste après l’affaire. L’ancienne infirmière, elle a pris sa retraite en 2004, témoigne sans amertume, « Ma mère m’a conseillé de garder le silence sur ce que j’avais fait. Elle m’a dit :’Laisse Rosa passer au premier plan. Les blancs ne vont pas l’embêter : elle a la peau plus claire que la tienne et ils l’aiment bien’ ». Claudette Colvin ajoute « je savais au fond de mon cœur qu’elle était (Rosa Parks) celle qu’il fallait ». La jeune fille est devenue une femme et tout au long de sa vie, elle n’a dit mot de ce fait divers suivant ainsi les conseils de sa mère, par peur aussi de perdre son emploi, « Je n’allais pas prendre ce risque » confie-t-elle.

Toutefois, aujourd’hui, Claudette Colvin souhaite sortir un peu de l’anonymat qui entoure sa vie d’habitante du Bronx à New York, ville où elle réside depuis 1958. Ne craignant plus rien aujourd’hui, elle a envie d’associer, elle aussi, son nom aux luttes contre les discriminations. « Les jeunes croient que Rosa Parks a mis fin à la ségrégation en s’asseyant dans le bus, mais cela ne s’est pas du tout passé comme ça, explique celle qui marche aujourd’hui avec une canne. Peut-être que, si je raconte mon histoire, ce que j’ai eu peur de faire pendant longtemps, les jeunes comprendront mieux la genèse de la lutte pour les droits civiques. »

Derrière cette volonté, il n’y a point de rancœur vis-à-vis du NAACP ou de Rosa Parks qui mérite, peu importe le fait qu’elle ait été la première ou non a refusé de laisser sa place dans un bus, son statut d’actrice principale de la lutte contre les discriminations faites aux gens de couleur. Son engagement dans le NAACP en témoigne. Simplement, Mlle Colvin espère qu’on lui fasse une petite place aux côtés de Mme Parks et de M. Luther King, afin qu’on lui reconnaisse le mérite de s’être battu pour une vie meilleure.

Voir enfin:

From Footnote to Fame in Civil Rights History

Brooks Barnes

The New York Times

November 26, 2009

traduction partielle sur Courrier international

On that supercharged day in 1955, when Rosa Parks refused to give up her bus seat to a white passenger in Montgomery, Ala., she rode her way into history books, credited with helping to ignite the civil rights movement.

But there was another woman, named Claudette Colvin, who refused to be treated like a substandard citizen on one of those Montgomery buses — and she did it nine months before Mrs. Parks. The Rev. Dr. Martin Luther King Jr. made his political debut fighting her arrest. Moreover, she was the star witness in the legal case that eventually forced bus desegregation.

Yet instead of being celebrated, Ms. Colvin has lived unheralded in the Bronx for decades, initially cast off by black leaders who feared she was not the right face for their battle, according to a new book that has plucked her from obscurity.

Last week Phillip Hoose won the National Book Award for Young People’s Literature for “Claudette Colvin: Twice Toward Justice,” published by Farrar, Straus & Giroux. The honor sent the little-selling title shooting up 500 spots on Amazon.com’s sales list and immediately thrust Ms. Colvin, 70, back into the cultural conversation.

“Young people think Rosa Parks just sat down on a bus and ended segregation, but that wasn’t the case at all,” Ms. Colvin said in an animated interview at a diner near her apartment in the Parkchester section of the Bronx. “Maybe by telling my story — something I was afraid to do for a long time — kids will have a better understanding about what the civil rights movement was about.”

Ms. Colvin made her stand on March 2, 1955, and Mrs. Parks made hers on Dec. 1 that same year. Somehow, as Mrs. Parks became one of Time Magazine’s 100 most important people of the 20th century, and streets and schools were named after her, Ms. Colvin managed to let go of any bitterness. After Ms. Colvin was arrested, Mrs. Parks, a seasoned N.A.A.C.P. official, sometimes let her spend the night at her apartment. Ms. Colvin remembers her as a reserved but kindly woman who fixed her snacks of peanut butter on Ritz crackers.

“My mother told me to be quiet about what I did,” Ms. Colvin recalled. “She told me: ‘Let Rosa be the one. White people aren’t going to bother Rosa — her skin is lighter than yours and they like her.’ ”

Ms. Colvin said she came to terms with her “raw feelings” a long time ago. “I know in my heart that she was the right person,” she said of Mrs. Parks.

Ms. Colvin was riding the bus home from school when the driver demanded that she give up her seat for a middle-age white woman, even though three other seats in the row were empty, one beside Ms. Colvin and two across the aisle.

“If she sat down in the same row as me, it meant I was as good as her,” Ms. Colvin said.

Two police officers, one of them kicking her, dragged her backward off the bus and handcuffed her, according to the book. On the way to the police station, they took turns trying to guess her bra size.

At the time, the arrest was big news. Black leaders, among them Dr. King, jumped at the opportunity to use her case to fight segregation laws in court. “Negro Girl Found Guilty of Segregation Violation” was the headline in The Alabama Journal. The article said that Ms. Colvin, “a bespectacled, studious looking high school student,” accepted the ruling “with the same cool aloofness she had maintained” during the hearing.

As chronicled by Mr. Hoose, more than 100 letters of support arrived for Ms. Colvin — sent in care of Mrs. Rosa Parks, secretary of the Montgomery branch of the N.A.A.C.P.

But Ms. Colvin was ultimately passed over.

“They worried they couldn’t win with her,” Mr. Hoose said in an interview from his home in Portland, Me. “Words like ‘mouthy,’ ‘emotional’ and ‘feisty’ were used to describe her.”

Mrs. Parks, on the other hand, was considered “stolid, calm, unflappable,” he said. The final straw: Ms. Colvin became pregnant by a married man.

A second Montgomery teenager, Mary Louise Smith, was also arrested for refusing to give up her bus seat — after Ms. Colvin’s arrest but before Ms. Parks’s — and she was also deemed an unsuitable symbol for the movement partly because of rumors that her father had an alcohol problem.

Although Ms. Colvin quickly left Montgomery, she returned during the peak of the bus boycott that Mrs. Parks had subsequently sparked, and testified in federal court in Browder v. Gayle, the landmark case that effectively ended bus segregation.

“It’s an important reminder that crucial change is often ignited by very plain, unremarkable people who then disappear,” said David J. Garrow, a Pulitzer Prize-winning biographer of Dr. King.

Even Mrs. Parks was forgotten for the better part of 20 years, only re-emerging as a world-famous figure in the early 1970s after magazine articles and attention in several children’s books.

Ms. Colvin, who relies on a cane to steady herself, retired in 2004 after 35 years as a nurse’s aide at a Manhattan nursing home. She contributed to her own obscurity: after settling in New York, she never talked about how her arrest helped prompt the famous bus boycott.

“She continued to heed her mother’s advice, and worried that drawing attention to herself would result in the loss of her job. “I wasn’t going to take that chance,” she said.

So she settled into living an average life. She never married. The son she had in Montgomery died at age 37; a second son is an accountant in Atlanta. She watches television — “Who Wants to Be a Millionaire” is a favorite — and is a regular at the diner.

Ms. Colvin said she reads two newspapers every day to keep up on current events, chatting about recent Nobel Prize winners. She likes Chris Rock and Alicia Keys. Aretha Franklin could stand to lose a few pounds, but she wore a good hat to President Obama’s inauguration. Don’t get Ms. Colvin started on Sarah Palin.

She has fond memories of Dr. King. “He was just an average-looking fellow — it’s not like he was Kobe Bryant or anything,” she said, fluttering her eyelashes. “But when he opened his mouth he was like Charlton Heston playing Moses.”

Mr. Hoose said he stumbled across Ms. Colvin’s story while researching a previous book, “We Were There, Too! Young People in U.S. History.” Several sources told him to investigate what had almost become an urban myth: that a teenager had beaten Mrs. Parks to the punch in Montgomery.

He eventually tracked down Ms. Colvin, who has an unlisted telephone number. She refused to talk to Mr. Hoose for almost four years.

Mr. Hoose won over his reluctant subject over a long lunch at the diner. It was clear, he said, that she yearned to have her story told despite protests to the contrary. “It was easy to find the rebel girl inside of her,” he said.

One of her first questions: “Can you get it into schools?”

3 Responses to MLK Day: Attention, une Rosa Parks peut en cacher une autre (But Colvin was not the only casualty of this distortion. Parks was, too)

  1. jcdurbant dit :

    L’engagée restée dans l’ombre : « Noire » de Tania de Montaigne

    La vie méconnue de Claudette Colvin, tel est le sous-titre de ce récit qui a le mérite de nous faire découvrir celle qui, seulement âgée de 15 ans, refusa de se lever et de laisser sa place sous prétexte qu’elle était noire. Nous sommes en Alabama, en 1955, et la lutte anti ségrégation n’en est encore qu’à ses balbutiements. On apprend aussi pourquoi, enceinte d’un homme blanc marié, cette véritable héroïne fut moins mise en avant qu’une certaine Rosa Parks…

    Glamour

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