Gaza: La France a le droit de se défendre (After Tel Avivians and Jerusalemites, will Parisians finally see the light?)

Lorsque nos ennemis apprirent que nous étions avertis, Dieu anéantit leur projet, et nous retournâmes tous à la muraille, chacun à son ouvrage. Depuis ce jour, la moitié de mes serviteurs travaillait, et l’autre moitié était armée de lances, de boucliers, d’arcs et de cuirasses. Les chefs étaient derrière toute la maison de Juda. Ceux qui bâtissaient la muraille, et ceux qui portaient ou chargeaient les fardeaux, travaillaient d’une main et tenaient une arme de l’autre; chacun d’eux, en travaillant, avait son épée ceinte autour des reins. (…) C’est ainsi que nous poursuivions l’ouvrage, la moitié d’entre nous la lance à la main depuis le lever de l’aurore jusqu’à l’apparition des étoiles. Néhémie 4: 15-21
Que celui qui n’a point d’épée vende son vêtement et achète une épée. Jésus (Luc 22: 36)
Vous avez appris qu’il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent. Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas tenir tête au méchant : au contraire, quelqu’un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends lui l’autre, veut-il te faire un procès et prendre ta tunique, laisse-lui même ton manteau. (Matthieu 5 : 38-40) La majorité des modernes voit dans ces recommandations une « utopie pacifiste » manifestement naïve et même condamnable car inutilement servile, doloriste et « probablement masochiste ». Cette interprétation porte la marque des idéologies qui voient des programmes politiques partout et attribuent « l’irrationalité » de nos rapports à la seule « superstition ». Jésus nous demande-t-il vraiment de ramper aux pieds du premier venu, de quémander les gifles que personne ne songe à nous donner, et de nous porter volontaires pour satisfaire les caprices des puissants ? Cette lecture n’est attentive qu’en apparence au texte de saint Matthieu. De quoi s’agit-il en vérité dans cette citation ? D’abord d’un furieux qui nous gifle sans provocation, ensuite d’un individu qui s’efforce de nous voler légalement notre tunique, le vêtement principal, souvent unique, dans l’univers de Jésus. Une conduite aussi exemplairement répréhensible suggère quelque arrière-pensée de provocation. Ces méchants ne désirent rien tant que de nous exaspérer, pour nous entrainer avec eux dans un processus de surenchère violente. Ils font leur possible, au fond, pour susciter les représailles qui justifieraient leurs déchainements ultérieurs. Ils aspirent à l’excuse de la légitime défense. Si nous les traitons comme ils nous traitent, ils vont bientôt maquiller leur injustice en représailles pleinement justifiées par notre violence à nous. Il faut les priver de la collaboration négative qu’ils réclament de nous. Il faut toujours désobéir aux violents, non seulement parce qu’ils nous poussent au mal mais parce que notre désobéissance peut seule couper court à cette entreprise collective qu’est toujours la pire violence, celle qui se répand contagieusement. Seule la conduite recommandée par Jésus peut étouffer dans l’œuf l’escalade à ses débuts. Un instant de plus et il sera trop tard. Si précieux soit-il, l’objet d’un litige est généralement limité, fini, insignifiant par rapport au risque infini qui accompagne la moindre concession à l’esprit de représailles, c’est-à-dire au mimétisme une fois de plus. Il vaut mieux abandonner l’objet. Pour bien comprendre le texte de saint Matthieu, on peut le rapprocher d’une phrase où saint Paul affirme que renoncer aux représailles c’est poser « des charbons ardents » sur la tête de son adversaire, autrement dit c’est mettre ce dernier dans une situation morale impossible. Ce langage de tacticien paraît éloigné de Jésus. Il suggère l’efficacité pratique de la non-violence avec une pointe de cynisme, semble-t-il. Cette impression est plus apparente que réelle. Parler de « cynisme » ici, c’est minimiser les exigences concrètes de la non-violence, à l’instant où la violence se déchaine contre nous… Mes propres remarques n’acquièrent tout leur sens que dans le monde où nous vivons, toujours menacé de sa propre violence désormais. Même s’il était possible jadis de tenir pour « irréaliste » le Sermon sur la montagne, c’est impossible désormais et, devant notre puissance de destruction toujours croissante, la naïveté a changé de camp. Tous les hommes désormais ont le même intérêt vital à la préservation de la paix. Dans un univers vraiment globalisé, le renoncement aux escalades violentes va forcément devenir, de façon toujours plus manifeste, la condition sine qua non de la survie. Rene Girard
Aimez-vous les uns les autres (…) est une formule héroïque qui transcende toute morale. Mais elle ne signifie pas qu’il faille refuser le combat si aucune autre solution n’est possible. René Girard
L’interdit du meurtre n’abroge pas le droit de mettre hors d’état de nuire un injuste agresseur. La légitime défense est un devoir grave pour qui est responsable de la vie d’autrui ou du bien commun. Catéchisme de l’Église Catholique
Aucune disposition de la présente Charte ne porte atteinte au droit naturel de légitime défense, individuelle ou collective, dans le cas où un Membre des Nations Unies est l’objet d’une agression armée, jusqu’à ce que le Conseil de sécurité ait pris les mesures nécessaires pour maintenir la paix et la sécurité internationales. Les mesures prises par des Membres dans l’exercice de ce droit de légitime défense sont immédiatement portées à la connaissance du Conseil de sécurité et n’affectent en rien le pouvoir et le devoir qu’a le Conseil, en vertu de la présente Charte, d’agir à tout moment de la manière qu’il juge nécessaire pour maintenir ou rétablir la paix et la sécurité internationales. Charte des nations Unies (Chapitre VII : Action en cas de menace contre la paix, de rupture de la paix et d’acte d’agression, article 51)
Le PCF exprime son émotion et sa totale condamnation devant l’agression israélienne à Gaza. Il appelle partout en France à des rassemblements et des initiatives de protestation contre cette nouvelle guerre contre le peuple palestinien. (…) Il appartient aux autorités françaises d’intervenir d’urgence auprès du gouvernement israélien afin d’obtenir l’arrêt immédiat de cette offensive militaire meurtrière, et que cessent les assassinats ciblés de responsables palestiniens. En annonçant le doublement du budget national pour la colonisation, en programmant 1200 nouveaux logements essentiellement dans les colonies de Jérusalem-Est, en allant jusqu’à menacer l’Autorité palestinienne de liquidation, le gouvernement israélien a pris une lourde responsabilité. Une fois encore, dans une impunité garantie, il attise les tensions et la violence en s’engageant dans une escalade de la provocation et dans une brutale logique de force. Les populations civiles doivent cesser de payer le prix d’une telle politique. Il est consternant que l’Union européenne, les pays européens et en particulier la France puissent encore tolérer, de la part des autorités de Tel Aviv, un tel mépris du droit et une telle volonté de poursuivre la spoliation du peuple palestinien, l’occupation militaire de la Palestine et le blocus de Gaza. Le PCF appelle à des sanctions françaises et européennes contre Israël jusqu’à ce que cet État accepte de respecter les résolutions de l’ONU. La France devra soutenir la résolution palestinienne présentée le 29 novembre prochain au vote de l’Assemblée générale des Nations-Unies pour que la Palestine voit son statut rehaussé pour accéder à celui d’État observateur. L’Humanité
Les attaques aériennes israéliennes doivent cesser. La société civile de Gaza a été et demeure la première victime des conflits. (…) la communauté internationale ne peut plus se contenter d’appeler à la « retenue » et ou de « déplorer » les affrontements et attaques. (…)  il faut coûte que coûte éviter une nouvelle opération Plomb durc comme en 2008/2009″. (…) Les Nations Unies et l’Union Européenne doivent exiger la fin des bombardements et des assassinats ciblés (…) ‘il est crucial de se prononcer favorablement pour que la Palestine soit reconnue comme Etat non membre au sein des Nations Unies le 29 novembre. (…) EELV appelle à joindre le rassemblement du +Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens+ à Paris et dans d’autres villes de France. Communiqué Europe Ecologie-Les Verts
Il y a des précédents. En 1996 et en 2009, quelques semaines avant les élections législatives, des opérations massives ont été lancées par des gouvernements sortants israéliens qui, d’ailleurs, n’en ont tiré aucun bénéfice. La thèse du calcul électoral qui expliquerait l’opération en cours est niée avec énergie par les autorités israéliennes. Il n’en reste pas moins que la coïncidence est troublante. Une opération de ce type est toujours à double tranchant. Elle témoigne de l’intérêt des autorités vis-à-vis des populations du sud d’Israël qui ont souffert d’une recrudescence des tirs palestiniens. Mais, en même temps, elle expose le pouvoir en place aux critiques si, malgré sa campagne militaire, les tirs ne cessent pas. Dans un premier temps, le gouvernement peut profiter d’un réflexe d’union nationale, patriotique. Il est cependant mis à l’épreuve si les choses traînent en longueur. (…) Le nombre de victimes palestiniennes est bien moindre que pendant les premiers jours de l’opération « Plomb durci », mais les choses changeraient immanquablement en cas d’incursion terrestre, compte tenu du fait que combattants et civils sont concentrés dans des zones urbaines particulièrement denses. (…) C’est d’ailleurs un paradoxe de l’offensive israélienne. Elle risque de ressouder un camp arabe divisé et elle détourne de la Syrie, alors que le gouvernement israélien a un intérêt stratégique bien supérieur aux enjeux de Gaza à voir chuter sous l’effet d’une pression, notamment arabe (Qatar, Arabie saoudite) le principal régime de la région allié à l’Iran.(…) Dans les phases d’affrontements entre Palestiniens et Israéliens, l’armement utilisé a généralement été conventionnel, à l’exception des attentats-suicides. C’est d’ailleurs le fait que les civils israéliens comme palestiniens soient les victimes principales qui constitue le plus grand problème. D’un côté comme de l’autre des crimes de guerre peuvent être alors signalés. l’essentiel des pertes constatées à Gaza à cette occasion a été le produit d’armes conventionnelles. L’exiguïté de Gaza et la tactique des groupes armés de se fondre dans la population multipliant les risques de pertes colatérales.(…) C’est un paradoxe, la France qui parle désormais ouvertement avec les partis islamistes au pouvoir en Tunisie, en Egypte ou en Libye, continue de boycotter le Hamas en vertu de la position adoptée par les Européens et les parrains occidentaux du « processus de paix » israélo-palestinien après la victoire du Hamas aux élections de janvier 2006. Gilles Paris (Le Monde)
J’appelle à la retenue parce que dans une région qui est déjà très troublée, ce serait une catastrophe qu’il y ait encore une escalade. Israël, bien sûr, a le droit à se défendre, mais on n’arrive à rien en pratiquant un regain de violence. Les Palestiniens ont droit à un Etat, il faut répéter cela, Israël a droit à la sécurité, mais ce n’est pas par la violence qu’on peut régler les problèmes. Laurent Fabius (ministre français des Affaires étrangères)
J’ai une prémonition qui ne me quittera pas: ce qui adviendra d’Israël sera notre sort à tous. Si Israël devait périr, l’holocauste fondrait sur nous. Eric Hoffer
Certains vont jusqu’à agir et parler comme si une nouvelle entente avec le monde musulman pouvait se concrétiser si seulement nous étions prêts à sacrifier l’État juif sur l’autel. (…) Que des pays occidentaux se rangent du côté de ceux qui remettent en question la légitimité d’Israël, jouent avec des questions de sécurité vitales pour Israël au sein des instances internationales, apaisent ceux qui s’opposent aux valeurs occidentales plutôt que de s’élever vigoureusement pour la défense de ces valeurs, n’est pas seulement une grave erreur morale, mais une erreur stratégique de premier ordre. Israël est une partie essentielle de l’Occident. L’Occident est ce qu’il est grâce à ses racines judéo-chrétiennes. Si l’élément juif de ces racines est déterré et Israël perdu, alors nous sommes perdus aussi. Que cela nous plaise ou non, notre destin est inextricablement lié. José Maria Aznar
Tous les islamologues patentés sont censés connaître ce partage dans l’imaginaire politique de l’islam entre la sphère musulmane où règnent la paix et l’harmonie de la charia, parce que majoritairement peuplée de musulmans et la sphère de la guerre, celle qui est à conquérir, celle qui est polluée par les mécréants, les croisés et les juifs, c’est à dire l’Europe et la Palestine du Jourdain à la mer. Ne pas vouloir voir que la haine des juifs est matricielle dans la lecture que le Hamas fait de l’islam est une considérable erreur d’appréciation de son idéologie. Elle est au cœur de la pensée islamiste et de ses épigones organisationnels. Le nazisme sans l’antisémitisme n’aurait été qu’un fascisme parmi d’autres. Tous les divers attendus de la stratégie de cet islam ont déjà été pensés et exprimés: la takia conseille d’avancer masqué pour dissimuler la réalité de son projet. Arafat était un virtuose de cette pratique : les mots de la paix dits en anglais et le jihad dit en arabe. Depuis douze ans le Hamas pratique une alternance de trêves et d’agressions, la hudna, conseille cette tactique de guerre qui permet de se réarmer en simulant la paix. L’idéologie du Hamas, son programme, écrit en toutes lettres dans sa charte n’a qu’un seul but: l’anéantissement d’Israël et l’assassinat des juifs. Le Hamas n’est pas une organisation de résistance mais le bras armé de l’offensive islamiste planétaire dont Israël constitue la ligne de front. Il ne vise pas à l’établissement d’un Etat pour le peuple arabe de Palestine, il vise à la reconquête par l’islam d’un espace dont il estime être le légitime propriétaire de droit divin. Tant que les Européens n’intègreront pas ces catégories dans leur grille de lecture de ce que les Frères musulmans ont irrigué dans l’espace musulman et celui du monde arabe, ils n’en comprendront pas les enjeux réels. Ils continueront à voir dans la Palestine la cause d’un tiers-monde désespéré là où il faudrait voir le fer d’une lance dirigée contre eux mêmes. (…) « Nous adorons la mort autant que les Américains aiment la vie », énonçaient les jihadistes du 11 septembre 2001. Peut-on négocier quoi que ce soit avec un monde qui a fait de la bombe humaine la figure héroïque de ses soldats? Peut on négocier une paix avec celui qui a fait de la destruction de l’autre l’âme de son projet? Ce projet mortifère, nous le voyons désormais à l’œuvre chez nous en France et en Europe. C’est la même idéologie qui inspirait Mohamed Merah et ses clones promus héros douteux de certaines banlieues. C’est cet islam tueur autant que suicidaire qui a frappé à Londres, Madrid, New York, Paris. C’est lui qui est en train de déplacer un front au nord du Mali, au Nord du Nigéria, au Tchad, au Soudan. En Egypte, ce sont les chrétiens coptes qui sont rejettés, au Liban ce sont les chrétiens qui sont grignotés et dans tous les cas ce sont les femmes qui sont les victimes premières. Faut-il être aveugle pour ne pas prendre conscience de cette menace globale? (…) Ne pas prendre la mesure des enjeux du conflit actuel consiste pour la énième fois à se voiler la face devant ce que cet affrontement représente. Par intérêt à court terme l’Occident a fait du Qatar son allié privilégié en feignant de ne pas voir que ses pétrodollars servent à acheter les banlieues françaises autant que des armes pour les futurs martyrs d’Allah. La diplomatie française gagnerait beaucoup en lucidité si elle comprenait que l’émir du Qatar est aussi notre meilleur ennemi ou notre pire ami. Les Américains ont fait et font la même erreur avec l’Arabie des Saoud. Il n’est pas trop tard pour ouvrir les yeux. Dans l’affrontement présent, Israël est dans son droit le plus absolu. Il combat son agresseur. Il lutte pour défendre son territoire et sa population. Il ne fait pas que cela. En affrontant la figure avancée d’un mouvement qui a pris en otage la population de Gaza il la fait souffrir sans doute et la libère en même temps. Le malheur qui lui est imposé n’est prioritairement pas le fait d’Israël mais la conséquence de la mainmise du Hamas sur cette population. Installer des rampes de missiles à côté d’une école ou d’un hôpital ne constitue pas un camouflage héroïque mais obéit à une effroyable stratégie de mort. Il ne faut pas être grand expert pour comprendre cela et comprendre qu’au-delà de ce qui se joue au Proche-Orient c’est probablement notre avenir, ici même, qui se joue. Pour qui se bat Israël? Il se bat pour lui, il se bat aussi pour nous. Ce qui menace Israël nous menace. Jacques Tarnero
Last night, for the first time in years, Tel Avivians finally landed on the ground. (…) Tel Avivians have finally woken up to the fact that they aren’t immune from attack. Last night, Hamas burst their bubble and they got the message loud and clear. It’s time for Israel to burst the international community’s bubble and get the message through … Deborah Danan
No one on this planet – not Biberman and certainly not the international community – can instruct us how to fight this war, simply because no one has ever won such a war. Deborah Danan

Et si le sort d’Israël, à l’image des oiseaux sentinelles des mines de nos grands-pères, n’était autre que celui qui finira bien un jour ou l’autre par nous atteindre tous?

A l’heure où, après avoir reçu plusieurs centaines de roquettes par jour sur ses villes du sud, les autorités israéliennes se voient à nouveau appelées à la retenue ou condamnées par les belles âmes des capitales occidentales pour avoir tenté de réduire la menace sur ses populations civiles …

Et où les villes israéliennes jusque là hors d’atteinte de Tel Aviv et Jérusalem découvrent ce que leurs compatriotes du sud endurent depuis des années à savoir l’angoisse d’une menace devenue quotidienne …

En ces temps étranges où, après les espoirs soulevés par la bombe atomique comme preuve ultime de l’impossibilité de toute guerre, la machine infernale est repartie de plus belle avec la logique encore plus folle du terrorisme international …

S’abritant de plus derrière la victimisation affichée et instrumentalisée (jusqu’au sacrifice de ses propres enfants!) et usant, grâce à la caisse de résonance elle aussi devenue planétaire, de toutes les perfidies possibles et imaginables rendant toute guerre désormais quasiment ingagnable …

Comment, avec l’excellente tribune de Deborah Danan dans le Jerusalem post d’il y a deux jours et derrière l’incongruité de notre titre, ne pas être atterré par l’incroyable mauvaise foi de nos belles âmes occidentales et le sensationalisme facile et pervers des gros titres de nos journaux?

Mais surtout par l’incroyable inconscience de populations jusqu’ici relativement préservées d’un fléau pourtant appelé lui aussi, comme déjà New York, Londres ou Madrid l’ont amèrement découvert, à l’inexorable mondialisation?

Self-defense in a game of lawfare and warfare

Deborah Danan

11/16/2012

Sadly, the phrase “Israel has the right to defend itself” has become almost a cliché. But until the int’l community finally nods its head in agreement, we’ll keep on saying it.

It’s funny. Just yesterday, a colleague penned an article on how life in the bubble of Tel Aviv is continuing as normal despite the fact that only a half hour away in the South, a million residents suddenly found themselves in the throes of conflict. No cancellations in any of the city’s restaurants, bars bursting at the seams as usual, and people generally living it up in the hedonistic fashion of Israel’s version of Sin City.

Well that was yesterday and as everyone who’s been in this country for more than 5 minutes knows, things change fast. Last night, a siren followed by two loud booms veritably burst Tel Aviv’s bubble. At the sounds of the siren—the first in the city since the Gulf War—residents darted around like startled deer caught in the headlights of war. Most of them had no idea what to do or where to run. The evacuation of the Azrieli Towers brought lawyers down from the ivory towers of their 50th floor offices to join the supermarket workers on the street below. Last night, for the first time in years, Tel Avivians finally landed on the ground.

Yes, it’s funny – but not funny ha-ha.

So being that Israel is due to hold elections in the new year, some cynics have been commenting that the government’s choice to go to war now was politically motivated. Yet it’s worth reminding those cynics of a couple of irrefutable facts: First, according to polls, Prime Minister Binyamin Netanyahu’s recent alliance with Foreign Minister Avigdor Liberman meant that election victory for Likud-Beytenu was almost certain. Be that as it may, why would Biberman –the newly-coined nom de plume for the two politicians’ partnership—take the risk of potentially thwarting an electoral triumph? Second—and far more pertinent—the term “choice to go to war” is simply erroneous. What “choice” did the country have when faced with hundreds of rockets a day?

The sentence “Israel has a right to defend itself” is one that has been floating around Facebook pages the past few days. The IDF is barraging us with slogans at the same rate that rockets are falling. Yet still, the international media fails to properly address what they view as a chicken-egg dilemma. At best, they see it as tit-for-tat, with no one side to pin the blame on for starting this latest round of violence. Headlines scream “IDF attack in Gaza,” yet for a decade they failed to mention the 12,000 rockets falling on the South, threatening the lives of 13 percent of the country’s population. The phrase “has a right to defend itself” is a preposterous example of something that should be obvious to every western democracy. Imagine that London – approximately 13 % of the UK’s own population – was under attack. “The UK has a right to defend itself” would never be the maxim accompanying retaliation. There would be no maxims and no slogans. There would be actions, not words. The UK would do what it needs to do to obliterate the threat and not pay mind to the tut-tutting of international busy-bodies.

Yet nothing is obvious when it comes to Israel. The thing is, the reason that Israel gets treated like no other country is because it has to fight wars that are like no other country’s. When a country has to contend with a whole range of unconventional, extenuating factors on the “battlefield” – including the very lack of a battlefield, or else the inevitable loss of civilian lives that results from a vile “war” tactic called human shields – eventually, warfare becomes lawfare, and ergo, the rules change.

Yet no one on this planet – not Biberman and certainly not the international community – can instruct us how to fight this war, simply because no one has ever won such a war. There will never be a victor; it’s a lose-lose situation. In this case, the difference between the two sides is that in the short-term, one side doesn’t mind “losing” while the other does. For Hamas, the loss of human lives is merely collateral damage—or beyond that, it’s even the shaheed’s privilege – so their feathers are barely ruffled. In such a scenario, the best that Israel can hope for is that eventually the rest of the world will just get it: This war cannot be won so no one has the right to say how it should be fought.

None of this is new. Israel will continue shouting the same party-line until it’s hoarse. But just because it’s been regurgitated ad nauseum doesn’t give us the right to stop saying it.

Tel Avivians have finally woken up to the fact that they aren’t immune from attack. Last night, Hamas burst their bubble and they got the message loud and clear. It’s time for Israel to burst the international community’s bubble and get the message through: The Jewish State has the right to defend itself.

Voir aussi:

Pour qui se bat Israël?

Jacques Tarnero

The Huffington post

17/11/2012

Ainsi pour Le Monde dans son éditorial daté du 15 novembre, l’actuelle offensive israélienne contre le Hamas à Gaza obéirait prioritairement à des considérations électorales de l’actuel premier ministre, Netanyahu. Quelle merveilleuse analyse du quotidien de référence qui projette sur autrui ses propres déterminants comportementaux à croire que l’intrigue pour le pouvoir constitue la première motivation des dirigeants d’Israël. Sous nos latitudes la muflerie sous le vernis de la mode et le mensonge dans les habits de la vérité constituent les paradigmes du quatrième pouvoir.

A la télévision, le prêt à penser médiatique n’oblige pas à la contre-enquête mais à la surenchère dans le conformisme. C’est une constante de la genèse de la pensée totalitaire que dissimuler sous des masques souriants une réalité qui l’est moins. La compassion pour l’agresseur et la perversité pour l’agressé. Cette mécanique est connue, elle est une constante dans le regard porté sur le conflit israélo palestinien désormais devenu israélo-islamiste.

Ce conflit ne constitue pas qu’un affrontement lointain, il n’est pas qu’une guerre de plus sur laquelle nous projetons en France ou en Europe des éléments de nos propres imaginaires et de nos histoires enfouies. Il est aussi un révélateur, un dévoilement. Ce sont d’autres comptes qui se règlent sous couvert d’analyses géopolitiques savantes ou d’indignations sélectives. Près de quarante mille morts en Syrie n’émeuvent guère et les Tibétains peuvent bien aller se faire brûler, ils n’intéressent personne dans la sphère de la bien-pensance. Seuls les gestes d’Israël excitent les attentions et seuls les monstrueux supposés crimes qui lui sont attribués viennent interpeller les consciences. Depuis les années 2000 la nazification d’Israël est le plus sûr moyen pour tous les «indignés» d’éponger le passé de l’Europe et pour les Arabes de faire passer le goulag islamiste pour le paradis pour tous.

Après avoir reçu des centaines de missiles sur son territoire, après avoir subi des actes terroristes incessants perpétrés depuis Gaza, Israël a décidé de frapper ceux qui empêchent ses habitants de vivre. Déjà des roquettes tombent plus au nord, sur le centre d’Israël menaçant le cœur du pays. Quel Etat supporterait une situation pareille sans cesse renouvelée? Quel Etat pourrait accepter sans coup férir que son sol reste sous la menace d’un feu ennemi discontinu? Quel peuple pourrait accepter de supporter cette menace incessante sans réagir?

De bons esprits indignés avaient déjà dénoncé en 2006 la disproportion de la riposte israélienne dans une précédente offensive qui avait déjà pour objet de riposter à une précédente agression terroriste. Ces indignés minimisaient l’action du Hamas au prétexte d’un usage d’armes artisanales faisant face à l’hyper puissance de l’armée d’Israël. Ainsi, le mensonge factuel vise à transformer l’agresseur en victime comme si les fusées iraniennes fournies au Hamas correspondaient à ces armes que les pauvres inventent par désespoir. Cette stratégie, les Etats arabes puis des groupes palestiniens l’ont répétée inlassablement depuis soixante ans. Elle a fait long feu.

Israël s’est totalement désengagé de la bande de Gaza en 2005. Depuis cette date ce territoire est libre et le blocus dont il est l’objet aurait cessé du jour au lendemain si une volonté de paix s’était affirmée et s’il ne s’était pas plutôt transformé en base terroriste. Ce départ, non négocié par Ariel Sharon, du seul fait de la décision d’Israël s’avère avoir été une erreur parce qu’il n’obligeait en aucune manière une responsabilité palestinienne. De ce territoire libéré de toute présence juive, qu’est ce qu’en ont fait les Palestiniens? Ont-ils choisi de construire un embryon d’Etat? Après un coup d’Etat sanglant contre l’Autorité Palestinienne de Mahmoud Abbas en juin 2007 le Hamas fait de la charia et de sa charte la matrice de son projet. Cela n’interdira pas à Stéphane Hessel de lui trouver bien des charmes, au cours d’une visite accompagnée par Régis Debray en 2010. Pour l’indigné au grand cœur, la cause était déjà entendue. Tout le monde peut prendre aujourd’hui la mesure de cette fable.

Il fut un temps, jusqu’à la fin des années 1980, où le mouvement nationaliste palestinien disait combattre pour fonder une patrie. Avec les accords d’Oslo l’illusion d’une paix de compromis avait irrigué les espoirs de tous ceux pour qui la perspective de deux Etats pour deux peuples apparaissait la solution possible de cette guerre de cent ans ou de mille ans pour peu qu’on en lise l’histoire dans la politique ou bien dans la Bible. Les paroles de paix étaient prononcées en anglais tandis que la guerre sainte se disait en arabe pour exalter la rue arabe si friande d’exaltations furieuses.

En Occident, pour tous les borgnes idéologiques, les révolutions arabes réactivaient le signal pavlovien qui fait se gaver d’illusions: l’avenir radieux se profilait à nouveau de Tunis au Caire sans voir que sous les pavés c’était la charia qui se profilait et non pas la plage. La fin de Kadhafi loin de porter la démocratie a mis en évidence un concept que l’on croyait oublié: les tribus menaient la danse. Pour avoir négligé de lire le monde arabe et celui né de l’islam sans tenir compte de ce que l’ethnologie avait pu révéler de ses constantes, le réveil progressiste est désormais douloureux. Tous les islamologues patentés sont censés connaître ce partage dans l’imaginaire politique de l’islam entre la sphère musulmane où règnent la paix et l’harmonie de la charia, parce que majoritairement peuplée de musulmans et la sphère de la guerre, celle qui est à conquérir, celle qui est polluée par les mécréants, les croisés et les juifs, c’est à dire l’Europe et la Palestine du Jourdain à la mer.

Ne pas vouloir voir que la haine des juifs est matricielle dans la lecture que le Hamas fait de l’islam est une considérable erreur d’appréciation de son idéologie. Elle est au cœur de la pensée islamiste et de ses épigones organisationnels. Le nazisme sans l’antisémitisme n’aurait été qu’un fascisme parmi d’autres. Tous les divers attendus de la stratégie de cet islam ont déjà été pensés et exprimés: la takia conseille d’avancer masqué pour dissimuler la réalité de son projet. Arafat était un virtuose de cette pratique : les mots de la paix dits en anglais et le jihad dit en arabe. Depuis douze ans le Hamas pratique une alternance de trêves et d’agressions, la hudna, conseille cette tactique de guerre qui permet de se réarmer en simulant la paix.

L’idéologie du Hamas, son programme, écrit en toutes lettres dans sa charte n’a qu’un seul but: l’anéantissement d’Israël et l’assassinat des juifs. Le Hamas n’est pas une organisation de résistance mais le bras armé de l’offensive islamiste planétaire dont Israël constitue la ligne de front. Il ne vise pas à l’établissement d’un Etat pour le peuple arabe de Palestine, il vise à la reconquête par l’islam d’un espace dont il estime être le légitime propriétaire de droit divin.

Tant que les Européens n’intègreront pas ces catégories dans leur grille de lecture de ce que les Frères musulmans ont irrigué dans l’espace musulman et celui du monde arabe, ils n’en comprendront pas les enjeux réels. Ils continueront à voir dans la Palestine la cause d’un tiers-monde désespéré là où il faudrait voir le fer d’une lance dirigée contre eux mêmes.

Le malheur arabe est réel, le malheur palestinien est réel, mais qui en est responsable depuis plus de soixante ans? Une constante du discours arabe motivant son désir de revanche trouve ses racines dans l’humiliation dont les Arabes seraient les victimes. Mais de qui et de quoi sont-ils les victimes sinon prioritairement de ce que des arabes ont fait aux arabes? Que s’est-il passé pour que des Saddam Hussein, Bachar Assad ou Bouteflika aient pris le relais de l’émir Abdel Khader, de Nasser, de Bourguiba ou de Mohamed V? Si il y a des raisons d’être humilié, n’est pas dans ce que le monde arabe a fait de sa propre histoire et de son glorieux passé qu’il faut les chercher ? Qui tue qui en Syrie aujourd’hui? Qui tuait qui en Algérie durant la décennie sanglante de la fin des années 1980? Qui a tué qui dans le conflit Iran-Irak, au Koweït, au Soudan, au Liban? La liste est trop longue des massacres arabo-arabes ou islamo-islamiques pour en dresser l’inventaire.

En projetant sur Israël l’unique raison de leur enfermement psychique, les Arabes évitent tout travail critique sur leur propre histoire et les musulmans font l’économie de toute réflexion sur ce que l’islam est en train de devenir sous la férule islamiste. A quelques exceptions admirables près, l’espace arabo-musulman jubile dans cet enfermement. On se prête à rêver devant ce film montrant le colonel Nasser se moquant des Frères musulmans et leur projet de mise sous voile des femmes égyptiennes. La salle rit et applaudit son raïs et on ne peut que rétrospectivement déplorer aujourd’hui l’aveuglement d’Israël qui avait favorisé les islamistes pour lutter contre l’OLP au cours des années 70. C’était au temps de la Guerre Froide et Nasser et l’OLP étaient dans le mauvais camp.

L’effondrement des tentatives laïques, (islamo-progressistes aurait dit Le Monde) des divers Baas a cédé la place devant la puissance de la révolution islamique en Iran de 1979. L’effondrement du communisme n’a pas seulement définitivement sifflé la fin de partie de l’affrontement Est-Ouest, celle du choc des blocs, elle a ouvert toute grande celle du choc de deux projets de civilisations: celui des islamistes, troisième grand totalitarisme et celui d’un monde libéral, celui envisagé par Francis Fukuyama dans son pronostic erroné de fin de l’histoire.

« Nous adorons la mort autant que les Américains aiment la vie », énonçaient les jihadistes du 11 septembre 2001. Peut-on négocier quoi que ce soit avec un monde qui a fait de la bombe humaine la figure héroïque de ses soldats? Peut on négocier une paix avec celui qui a fait de la destruction de l’autre l’âme de son projet?

Ce projet mortifère, nous le voyons désormais à l’œuvre chez nous en France et en Europe. C’est la même idéologie qui inspirait Mohamed Merah et ses clones promus héros douteux de certaines banlieues. C’est cet islam tueur autant que suicidaire qui a frappé à Londres, Madrid, New York, Paris. C’est lui qui est en train de déplacer un front au nord du Mali, au Nord du Nigéria, au Tchad, au Soudan. En Egypte, ce sont les chrétiens coptes qui sont rejettés, au Liban ce sont les chrétiens qui sont grignotés et dans tous les cas ce sont les femmes qui sont les victimes premières. Faut-il être aveugle pour ne pas prendre conscience de cette menace globale?

Avec un courage inouï, certains intellectuels issus de ce monde arabo-musulman, s’insurgent contre cette fatalité. Comprenant que le pire avenir -et que le pire à venir- résidait dans cette dérive, ils ont pris le parti de le dire et de le dénoncer. L’imam de Drancy, Hassen Chalghoumi, avec une autre délégation de religieux musulmans, vient en Israël, de briser ce carcan. Il vient présenter le visage d’un autre islam, celui des Lumières. Il n’est pas le seul.

Déjà en mai dernier Boualem Sansal s’était rendu en Israël à l’invitation du salon international des écrivains. Fraternellement l’auteur du Village de l’Allemand vient de lancer un appel pour la paix et le dialogue avec David Grossman.

Depuis longtemps déjà Fethi Benslama, Malek Chebel, Abdenour Bidar, Abdelwahab Medeb ont dénoncé le ferment psychique de l’enfermement arabe qui fait de la vengeance d’une humiliation fictive sa raison d’être. Ils proposent un lecture éclairée de la spiritualité de l’islam. Loin de libérer les Arabes et les musulmans, l’islamisme du Hamas et autres Hezbollah les condamne à la régression, à l’enfermement.

Ne pas prendre la mesure des enjeux du conflit actuel consiste pour la énième fois à se voiler la face devant ce que cet affrontement représente. Par intérêt à court terme l’Occident a fait du Qatar son allié privilégié en feignant de ne pas voir que ses pétrodollars servent à acheter les banlieues françaises autant que des armes pour les futurs martyrs d’Allah. La diplomatie française gagnerait beaucoup en lucidité si elle comprenait que l’émir du Qatar est aussi notre meilleur ennemi ou notre pire ami. Les Américains ont fait et font la même erreur avec l’Arabie des Saoud. Il n’est pas trop tard pour ouvrir les yeux.

Dans l’affrontement présent, Israël est dans son droit le plus absolu. Il combat son agresseur. Il lutte pour défendre son territoire et sa population. Il ne fait pas que cela. En affrontant la figure avancée d’un mouvement qui a pris en otage la population de Gaza il la fait souffrir sans doute et la libère en même temps. Le malheur qui lui est imposé n’est prioritairement pas le fait d’Israël mais la conséquence de la mainmise du Hamas sur cette population. Installer des rampes de missiles à côté d’une école ou d’un hôpital ne constitue pas un camouflage héroïque mais obéit à une effroyable stratégie de mort. Il ne faut pas être grand expert pour comprendre cela et comprendre qu’au-delà de ce qui se joue au Proche-Orient c’est probablement notre avenir, ici même, qui se joue. Pour qui se bat Israël? Il se bat pour lui, il se bat aussi pour nous. Ce qui menace Israël nous menace.

7 Responses to Gaza: La France a le droit de se défendre (After Tel Avivians and Jerusalemites, will Parisians finally see the light?)

  1. deborah dit :

    I wish I read french, but I did like Deborah Danan

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  2. deborah dit :

    Viva eretz Israel, Am Yisrael Chai!

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